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Échec du SRAS-CoV-2 à infecter ou à se répliquer chez les moustiques : un défi extrême

Traduction & compléments par Jacques Hallard
mercredi 22 juillet 2020 par isias


ISIAS Coronavirus Moustiques

Échec du SRAS-CoV-2 à infecter ou à se répliquer chez les moustiques : un défi extrême

L’article d’origine a été publié le 17 juillet 2020 sous le titre « SARS-CoV-2 failure to infect or replicate in mosquitoes : an extreme challenge » - Auteurs de la publication citée : Yan-Jang S. Huang, Dana L. Vanlandingham, Ashley N. Bilyeu, Haelea M. Sharp, Susan M. Hettenbach & Stephen Higgs – Accès à la publication : https://www.nature.com/articles/s41598-020-68882-7

Référence : Scientific Reports volume 10, Article number : 11915 (2020) Cite this article - Metrics details

Résumé

Cette recherche répond à une spéculation émanant du public selon laquelle le SRAS-CoV-2 [Coronavirus 2 du syndrome respiratoire aigu sévère] pourrait être transmis par les moustiques. L’Organisation mondiale de la santé a déclaré : « À ce jour, il n’y a eu aucune information ni preuve suggérant que le nouveau coronavirus pourrait être transmis par les moustiques ».

Nous fournissons ici les premières données expérimentales pour étudier la capacité du SRAS-CoV-2 à infecter et à être transmis par les moustiques. Trois espèces de moustiques sont largement répandues ; Aedes aegypti, Ae. albopictus et Culex quinquefasciatus, représentant les deux genres les plus importants de vecteurs d’arbovirus [Voir Anna-Bella Failloux - Arbovirus et Insectes Vecteurs (AIV ...research.pasteur.fr › arboviruses-and-insect-vectors[ ] ->https://www.google.fr/url?sa=t&...;;rct=j&q=&esrc=s&source=web&cd=&cad=rja&uact=8&ved=2ahUKEwjcjMqBid7qAhXM3oUKHe1ACWAQFjAEegQIBBAB&url=https%3A%2F%2Fresearch.pasteur.fr%2Ffr%2Fteam%2Farboviruses-and-insect-vectors%2F&usg=AOvVaw3TIEsyPmB-wORM-ZRLW6PK]infectant les êtres humains ; elles ont été testées.

Nous démontrons que même dans des conditions extrêmes, le virus SRAS-CoV-2 est incapable de se répliquer chez ces moustiques et ne peut donc pas être transmis aux humains, même dans le cas peu probable où un moustique se nourrirait d’un hôte porteur de ce virus.

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Introduction

La question a été posée de savoir si le SRAS-CoV-2, l’agent causal de la pandémie de COVID-19, peut infecter et être transmis par les moustiques. L’OMS a définitivement déclaré que les moustiques ne pouvaient pas transmettre le virus1, et lors d’entretiens, divers experts ont également dissipé à l’unanimité et définitivement l’idée que le SRAS-CoV-2 pourrait être transmis par les moustiques. La présomption peut être fondée sur diverses observations et faits extrapolés à partir d’autres coronavirus [Voir Maladie à coronavirus 2019 (COVID-19) : questions-réponses].

Par exemple, ni le SRAS-CoV, ni le MERS (Voir [MERS-CoV : informations et traitements - Institut Pasteur ] ->https://www.google.fr/url?sa=t&...;;rct=j&q=&esrc=s&source=web&cd=&cad=rja&uact=8&ved=2ahUKEwigy8LJiN7qAhUyx4UKHRYqCr0QFjAAegQIAhAB&url=https%3A%2F%2Fwww.pasteur.fr%2Ffr%2Fcentre-medical%2Ffiches-maladies%2Fmers-cov&usg=AOvVaw2XhjCgnrWuJFt_9BSBDHrg], étroitement apparentés, ne produisent le niveau de virus dans le sang qui, pour les virus typiques transmis par les arthropodes tels que la dengue et la fièvre jaune, serait considéré comme suffisamment élevé pour infecter les moustiques. Des études récentes sur des humains infectés et des primates non humains infectés par le SRAS-CoV-2, n’ont trouvé aucun virus détectable dans le sang périphérique 2,3.

L’absence de virus est également suggérée par le fait que ni le SRAS-CoV ni le MERS n’ont résulté de transfusions sanguines ou de transplantations d’organes. La transmission mécanique des virus par les arthropodes nécessitant une teneur en particules très élevée 4 , même si les moustiques étaient interrompus lorsqu’ils se nourrissaient à partir d’une personne infectée par le SRAS-CoV-2, les pièces buccales ne seraient pas contaminées.

Bien que nous ne connaissions pas la durée de l’infectiosité du virus sur les surfaces contaminées, la transmission mécanique par des arthropodes non hématophages semble hautement improbable, et même si ce n’est pas impossible, entraînerait très peu d’infections humaines, voire aucune, et ne serait pas épidémiologiquement pertinente. Malgré l’absence de virémie détectable, des expériences pour déterminer le rôle potentiel des moustiques dans la transmission du SRAS-CoV-2 sont nécessaires car des expériences antérieures ont démontré que les moustiques peuvent être infectés par des virus même lorsqu’ils sont exposés à des niveaux de virus infectieux inférieurs au niveau de détection 5,6,7.

Pour être un vecteur biologique de virus, les moustiques doivent absorber suffisamment de virus pour infecter les cellules épithéliales de l’intestin moyen, et le virus doit ensuite se disséminer pour infecter d’autres organes de l’hémocèle, notamment les glandes salivaires. Surmonter l’infection du mésogastre [Région de l’abdomen située à la hauteur de l’ombilic] et échapper aux barrières est essentiel pour qu’un virus soit transmissible par les moustiques.

[Selon Wikipédia, « Chez les Panarthropodes et les mollusques, l’hémocœle est une cavité interne contenant l’hémolymphe dans laquelle baignent les organes de l’organisme et dont le rôle est analogue au sang et au liquide interstitiel chez les vertébrés. L’hémocœle est issu de la fusion, par disparition des dissépiments (parois entre deux segments), du blastocœle embryonnaire et des vésicules cœlomiques symétriques métamérisées… » - Source : https://fr.wikipedia.org/wiki/H%C3%A9moc%C5%93le ]

Suite de la traduction

Si ces barrières sont contournées par l’inoculation directe du virus dans l’hémocèle, même les moustiques non sensibles peuvent être infectés. L’inoculation intrathoracique 8,9 du virus directement dans l’hémocèle peut entraîner une infection à court terme d’insectes qui ne pourraient jamais être infectés naturellement parce qu’ils ne se nourrissent pas de sang. Ceux-ci incluent non seulement les moustiques non hématophages tels que Toxorhynchites spp, mais aussi les moustiques mâles et même les coléoptères et les papillons 10,11.

Le recours à l’inoculation intrathoracique a également permis de répondre aux rapports publiés selon lesquels la rupture physique naturelle de la paroi de l’intestin moyen par le filarien peut permettre une coïnfection disséminée de virus chez les moustiques résistants 12.

À l’instar de plus de 500 virus transmis par les arthropodes 13, à l’exception du virus de la peste porcine africaine, les coronavirus ont un génome à ARN. Malgré la récupération de coronavirus ou d’agents de type coronavirus à partir de divers arthropodes 14,15, aucun virus de la famille n’a été isolé à partir de moustiques.

À ce jour, un seul rapport sur les coronavirus épidémiques et les moustiques a été publié 16. Cette étude qui a évalué l’utilisation potentielle des moustiques pour la surveillance, comprenait l’alimentation du virus MERS aux moustiques Anopheles gambiae. L’ARN viral résiduel, probablement dans les restes de farine de sang dans l’intestin moyen, a été détecté jusqu’à 1 jour après l’alimentation. De même, une détection par PCR positive a été observée pour Bacillus anthracis, Trypanosoma brucei gambiensis et virus Zika, dont aucun n’infecte ou n’est transmis par An. gambiae. Les niveaux d’ARN détecté étaient égaux ou inférieurs au niveau d’entrée, indiquant un manque de réplication. En analysant des échantillons en utilisant la culture in vitro, plutôt qu’en utilisant des approches moléculaires, nous nous sommes concentrés spécifiquement sur la détection de virus infectieux plutôt que sur l’ARN.

[Détection de virus infectieux - Module ’Santé et environnement - Maladies transmissibles’ - Le diagnostic virologique des infections virales – Introduction -
La majorité des infections virales présentent un tableau clinique très évocateur et régressent d’elles-mêmes sans que le clinicien ait recours au diagnostic virologique. Par contre, dans certaines situations, le diagnostic précis d’un virus responsable de la pathologie observée est nécessaire et il faut faire appel au laboratoire de Virologie pour :

  • Apporter la preuve de l’origine virale des signes cliniques observés et diagnostiquer le virus en cause (ex : hépatites, herpès) suivre l’évolution biologique de l’infection (ex : quantification du virus dans le sang : VIH, VHB, VHC),
  •  Suivre une évolution biologique de l’infection (ex : VIH, Hépatite B),
  • Permettre une décision thérapeutique et juger de l’efficacité des traitements antiviraux (ex : traitement d’une infection à cytomégalovirus par ganciclovir),
  • Prévenir la transmission d’infections virales à l’occasion du don de sang, d’organes et de tissus,
  • Apprécier l’état immunitaire (ex : rubéole),
  • Etudier les marqueurs sériques en population (ex : enquêtes de prévalence, études épidémiologiques.
    Le diagnostic virologique doit se faire uniquement dans des conditions précises. Les infections virales fréquentes chez les sujets immunodéprimés nécessitent tout particulièrement des diagnostics rapides et le suivi des traitements antiviraux. Le diagnostic virologique fait appel à deux groupes de techniques réalisant :

Suite de la traduction

Comme illustré par, par exemple, l’utilisation de techniques d’inactivation spécifiquement développées pour permettre une manipulation et un transport sûrs de matériel viral, la simple présence d’ARN ne signifie pas qu’un virus infectieux est réellement présent. Il est bien connu que l’ARN viral peut être détecté chez les moustiques simplement parce qu’ils se sont nourris d’un hôte porteur de virus, et donc la détection d’ARN ne doit jamais être interprétée comme une preuve de la sensibilité des moustiques à l’infection et de la capacité de transmettre le virus…

Référence : https://www.nature.com/articles/s41598-020-68882-7 - Lire la suite du document à cette référence – Nature

Prof. Bart Deplancke’s Research group

Nature(journal) - From Wikipedia, the free encyclopedia

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Pour un suivi de la pandémie, voir ce site Coronavirus (COVID-19) - Santé publique Francewww.santepubliquefrance.fr › dossiers › coronavirus-c... - Chiffres clés, interviews d’experts, questions-réponses, outils de prévention... toutes les informations sur le coronavirus (SARS-CoV-2), COVID-19, son évolution ...

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Accès à nos publications antérieures concernant les moustiques et postées sur le site ISIAS : https://isias.lautre.net/spip.php?page=recherche&amp ;recherche=moustiques

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Traductions, compléments et intégration de liens hypertextes : Jacques HALLARD, Ingénieur CNAM, consultant indépendant 21/07/2020

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Fichier : ISIAS Coronavirus Moustiques Échec du SRAS CoV 2 à infecter ou à se répliquer chez les moustiques.2

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