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"Pour un moratoire sur tous les arbres génétiquement modifiés et pour une interdiction des arbres forestiers génétiquement modifiés" par Le Professeur Joe Cummins et le Dr. Mae-Wan Ho

Traduction et compléments de Jacques Hallard
dimanche 18 février 2007 par Cummins Professeur Joe, Ho Dr Mae-Wan

OGM
Pour un moratoire sur tous les arbres génétiquement modifiés et pour une interdiction des arbres forestiers génétiquement modifiés
Les arbres génétiquement modifiés (OGM) présentent tous les risques inhérents à toutes les plantes génétiquement modifiées, en pire. Les arbres forestiers génétiquement modifiés, en particulier, constituent une ultime menace pour les populations et pour la planète. Le Professeur Joe Cummins et le Dr. Mae-Wan Ho font une mise à jour de la dernière revue complète d’ISIS sur les risques sanitaires et écologiques. (Voir l’article GM Forest Trees - The Ultimate Threat , dans la revue Science in Society N° 26).

Communiqué de presse de l’institut ISIS 18/02/2007
La version originale en anglais s’intitule " Moratorium on all GM Trees and Ban on GM Forest Trees " ; elle comprend toutes les références et elle peut être envoyée, comme tous les autres rapports d’ISIS, par e-mail moyennement un règlement de 3.50 £. SVP donner le titre du rapport à : report@i-sis.org.uk

Une version de cet article a été soumise sous les auspices de l’Institut ISIS au Secrétariat de la Convention des Nations Unies sur la Diversité Biologique le 26 novembre 2006, à l’appui d’un moratoire sur la dissémination des arbres génétiquement modifiés dans l’environnement. SVP, diffusez ce document le plus largement possible.

 Des arbres génétiquement modifiés sans aucune précaution

Il y a une pression croissante dans le but de commercialiser de nombreuses espèces d’arbres génétiquement modifiés avec une large gamme de transgènes. L’une des raisons principales est le fait que l’on a proposé des arbres génétiquement modifiés pour des plantations, en partant d’une conception erronée selon laquelle ces arbres pourraient épargner des émissions de carbone, d’une part, et d’avoir ainsi accès à des subventions dans le cadre du mécanisme du développement propre inscrit dans le protocole de Kyoto, d’autre part.

Dans le même temps, la demande mondiale croissante en biocarburants a offert une possibilité pour que les partisans des plantes génétiquement modifiées, - devant l’échec commercial chronique de celles-ci - privilégient l’utilisation des plantes à usage énergétique. (Voir l’encadré 1). Malheureusement, les plantes à usage énergétique, y compris les plantations d’arbres génétiquement modifiés, sont loin d’être soutenables, durables ou inoffensives pour l’environnement. [1-3] ( Biofuels for Oil Addicts , SiS 30 ; Biofuels : Biodevastation, Hunger & False Carbon Credits , Biofuels Republic Brazil , SiS 33).

Mais dans la précipitation avec laquelle les arbres génétiquement modifiés vont être disséminés, la prudence et l’attention risquent de s’envoler aux quatre vents, comme le pollen des arbres génétiquement modifiés qui sont actuellement en cours d’expérimentation.

Encadré 1


L’industrie des OGM débite ses propos sur les plantes énergétiques qui seraient génétiquement modifiées pour permettre une économie des émissions de carbone

L’industrie biotechnologique, qui sponsorise le Service international pour l’acquisition des applications en agronomie et dans les biotechnologies, (International Service for the Acquisition of Agrobiotechnology Applications = ISAAA), poursuit ses évaluations annuellement exagérées sur les surfaces emblavées avec des plantes génétiquement modifiées [4] (voir l’article " Global GM Crops Area Exaggerated " , dans la revue Science in Society N° 33).

Elle fait par ailleurs des déclarations non fondées et très probablement fausses sur la façon dont les plantes génétiquement modifiées peuvent contribuer à des économies d’émissions de gaz à effet de serre, sur le dos du rapport Stern traitant de "L’économie du changement climatique" (voir l’article " The Economics of Climate Change " [5] (dans la revue Science in Society 33).

Pour remettre les choses en ordre, le rapport Stern ne soutient pas les plantes génétiquement modifiées ; et, avec juste raison, il ne favorise pas non plus les biocarburants fabriqués avec des plantes énergétiques (voir le texte principal).

Néanmoins, l’ISAAA indique que les plantes génétiquement modifiées épargnent des émissions de carbone en réduisant l’utilisation de pesticides par l’usage des plantes insecticides Bt et en séquestrant le carbone dans le sol par des travaux du sol appropriés avec des plantes cultivées qui sont tolérantes aux herbicides [4].

Cette organisation affirmait en 2005 que les économies combinées étaient équivalentes à 9 millions de tonnes de gaz carbonique, ou encore à soustraire l’équivalent de 4 millions de véhicules sur les routes. Et se tournant vers le futur, cet organisme affirmait encore que des contributions plus importantes pourraient être apportées par la culture de surfaces supplémentaires avec des plantes énergétiques génétiquement modifiées pour produire de l’éthanol et du biodiesel.

 Des champs expérimentaux et des disséminations à des fins commerciales

Quoique le premier arbre génétiquement modifié, le papayer, ait été autorisé pour sa dissémination commerciale il y a plus de dix ans, il y a eu seulement deux demandes pour un statut non réglementé : le premier pour un autre événement chez le papayer génétiquement modifié, l’autre pour un prunier résistant à un virus [6, 7] ] ( USDA Proposes to Deregulate Its Own Transgenic Plum , SiS 31).

Cependant, les Etats-Unis ont entrepris environ 264 disséminations de nombreux arbres génétiquement modifiés, dans des expérimentations sur le terrain, réparties sur la plupart des états et des possessions du pays. Les espèces modifiées incluent des arbres tropicaux (bananier, avocatier, agrumes comme le pamplemoussier, papayer et caféier), des arbres fruitiers horticoles (pommier, prunier, poirier et noyer), ainsi que de nombreux arbres forestiers ou d’ombrage tels que l’eucalyptus, la châtaigne américaine, l’orme américain, le peuplier, le cotonnier, le tremble, le sapin blanc et le pin.

Les caractères transgéniques s’étendent de la résistance à une maladie ou à un insecte, à la tolérance à un herbicide, aux modifications de la lignine, à la stérilité et à des propriétés dans un but de bioremédiation [8].

Le Canada a entrepris 33 disséminations d’arbres génétiquement modifiés, dans des expérimentations en plein air, principalement près de la ville du Québec ; ceux-ci sont limités à la résistance à des insectes ou à une tolérance à un herbicide chez les sapins noirs et les sapins blancs [9].

Parmi les 205 autorisations accordées dans une liste arrêtée à la date de fin 2003, les applications concernaient 73,5 pour cent en provenance des Etats-Unis, 23 pour cent venant d’autres pays membres de l’OCDE (en particulier la Belgique, le Canada, la France, la Finlande, la Nouvelle Zélande, la Norvège, le Portugal, l’Espagne et la Suède) et 3.5 pour cent d’autres origines (le Brésil, la Chine, le Chili, l’Afrique du Sud et l’Uruguay) [10].

Quatre caractères concernent 80 pour cent des applications autorisées : tolérance à des d’herbicides (32 pour cent), gènes marqueurs (27 pour cent), résistance à des insectes (12 pour cent) et une modification de la lignine (9 pour cent).
Les espèces d’arbres impliquées, Populus, Pinus, Liquidambar (arbre à gomme douce) et eucalyptus, recouvrent 85 pour cent des applications.

Risques potentiels liés aux arbres génétiquement modifiés
Les arbres génétiquement modifiés (GM) présentent tous les risques, et peut-être plus encore, que ceux qui sont inhérents aux autres organismes génétiquement modifiés ou OGM (encadré 2) [11] ]( Genetic Engineering Dream or Nightmare ).

Encadré 2
Les risques potentiels des OGM

1.Les gènes synthétiques et les produits de gènes nouveaux en terme d’évolution, peuvent se montrer toxiques pour les êtres humains et pour d’autres animaux, ou encore provoquer de sérieuses réactions immunitaires

2.Le processus incontrôlable et imprécis impliqué dans la fabrication des OGM, peut produire des produits toxiques et immunogènes fortuits, aggravés par l’instabilité des lignées transgéniques

3.Des virus endogènes, qui causent des maladies, pourraient être activés par le processus transgénique

4.Les gènes synthétiques dans les OGM, y compris des copies des gènes de bactéries et de virus qui causent des maladies, aussi bien que les gènes de résistance aux antibiotiques, peuvent être transférés à d’autres espèces par l’intermédiaire du pollen, ou par l’intégration directe dans d’autres génomes par un transfert génétique horizontal

5.Des virus et des bactéries pathogènes sont créés par transfert horizontal et la recombinaison des gènes synthétiques et, pour le moins, la modification génétique facilite et augmente considérablement les transferts génétiques horizontaux et les recombinaisons

6.Les ADN génétiquement modifiés sont conçus pour envahir des génomes et leur insertion dans le génome des animaux, y compris des êtres humains, peut conduire à une mutagénèse d’insertion : certains d’entre eux peuvent déclencher des cancers

7.Les plantes GM tolérantes à un herbicide accumulent cet herbicide et ses résidus qui pourraient être fortement toxiques chez les êtres humains et les animaux, ainsi que chez les végétaux.

Les arbres sont plus grands et à plus longue durée de vie et ils peuvent donc disperser des transgènes très loin, alors que leurs systèmes racinaires très étendus sont une source pour le transfert génétique horizontal et les recombinaisons.

 Des études différées portant sur les incidences et les impacts sur l’environnement, montrent que le pollen des arbres génétiquement modifiés ne peut pas être contenu ni maîtrisé

L’ISIS a déjà alerté le public sur les incidences sanitaires et les impacts environnementaux des arbres GM en sylviculture [10] ] ( GM Forest Trees - The Ultimate Threat , SiS 26), ainsi que sur les applications pour la bioremédiation et les bois à faible teneur en lignine. [12] ( GM Trees Alert , SiS 16).

De nombreuses mises en place en cultures extérieures ont été approuvées, en l’absence d’informations sur la diffusion du pollen et des graines, en matière d’écologie des forêts et des cultures fruitières. Ce n’est que tout récemment que des modèles d’études de la dispersion du pollen des arbres forestiers ont commencé à apparaître. Des quantités significatives de pollen de chênes ont été déposées jusqu’à 30 kilomètres d’une colonie de chêne et de faibles quantités ont été déposées jusqu’à 100 kilomètres [13]. On prétendait auparavant que le pollen des conifères se dispersait entre 6 et 800 m d’une source donnée ; mais une étude complémentaire a permis de réviser ces données et en situant la distance de dispersion entre 8 et 33 kilomètres [14, 15].

Le pollen d’eucalyptus est répandu par de petits insectes qui peuvent porter le pollen à des distances qui peuvent atteindre 1,6 kilomètre, bien que la majeure partie des croisements ont été observés à moins de 200 m de la plantation [16]. Il est essentiellement impossible de contenir des arbres génétiquement modifiés ; la probabilité de propagation des transgènes des conifères GM est de 100 pour cent à une distance d’un kilomètre d’une source donnée [17].

Des graines de pins pignons sont également transportés sur de grandes distances : la probabilité que des graines soient transportées au-delà d’un kilomètre d’une source, a été estimée à près de 100 pour cent [18]. Les autorités chargées de la réglementation au Canada conviennent que la retenue des transgènes n’est pas possible chez des arbres forestiers GM ; ils suggèrent maintenant que les règlements devraient être modifiés pour s’adapter à la dissémination non contrôlée des arbres GM avec des transgènes pour la tolérance aux herbicides, la résistance aux insectes ou les faibles teneurs en lignine [19].

Le caractère de faible teneur en lignine est tout à fait souhaité par les forestiers car il aboutit à des coûts considérablement réduits pour la fabrication industrielle de la pâte à papier. Cependant, ce caractère a comme conséquence une diminution de la résistance aux vents chez les arbres GM et tend à rendre ceux-ci sensibles à certaines maladies [20] ( Low Lignin GM Trees and Forage Crops , SiS 23).

Une étude récente sur le terrain a montré que les arbres GM avec une teneur réduite en lignine se sont décomposés plus rapidement dans le sol et que la dégradation était associé principalement à une restructuration des communautés microbiennes du sol ; les impacts défavorables restent à être évalués plus précisément [21].

 Les arbres "Terminator" n’apportent aucune réponse quant à leur endiguement et à leur maîtrise dans l’environnement

Les "arbres Terminator" sont des arbres qui ont été modifiés génétiquement pour ne produire aucune fleur ou aucun pollen. Pour la plupart, les méthodes de contrôle de la floraison interfèrent avec le programme génétique pour le développement floral, ou bien avec celui qui tue les cellules impliquées dans le développement floral [22] ] ( Terminator Trees , SiS 26).

Le contrôle de la destruction des cellules est réalisé en utilisant une enzyme barnase qui détruit l’ARN, en combinaison avec un inhibiteur spécifique appelé barstar [23]. Le système barnase-barstar a été autorisé pour quelques plantes vivrières transgéniques, mais sa toxicité et son immunogénicité ont été ignorées ou écartées [24] ] ( Chronicle of An Ecological Disaster Foretold , SiS 18).

Beaucoup d’efforts sont consacrés à la fabrication des événements de mâle-stérilité ou de modification de la stérilité, qui sont censés empêcher la diffusion des transgènes. Un promoteur spécifique des cônes mâles, issu de Pinus radiata, a été employé pour conduire un gène de la synthèse dy stilbène chez la vigne et qui a été transféré dans le tabac (dans un premier temps à des fins de modification génétique chez le pin) ; ceci aboutit à une réduction considérable de la viabilité du pollen chez le tabac transgénique. La synthèse du stilbène inhibe la synthèse du flavonol, ce qui a pour résultat que le pollen est stérile [25]. Le système se manifeste toujours en début de développement et il semble tout à fait « perméable » du fait que du pollen viable est produit. Le gène de destruction utilisé dans ce système de mâle-stérilité est beaucoup moins toxique pour les êtres humains et pour les animaux que beaucoup d’autres, mais le caractère de mâle-stérilité a une plus grande propension à contaminer les plantes non-GM et les espèces naturelles.

Lorsque des arbres GM viennent à être disséminés pour un usage commercial, beaucoup de ces disséminations sont susceptibles de faire appel à des gènes "Terminator" ( Chronicle of An Ecological Disaster Foretold , SiS 18). De tels gènes, indépendamment de leur toxicité inhérente, produiront les arbres qui n’hébergeront pas beaucoup d’espèces parmi les mammifères, les oiseaux et les insectes qui se nourrissent à partir des graines ou du pollen. Les plantations et les forêts naturelles contaminées pourraient devenir d’immenses déserts verts.

Il a été formulé une suggestion qui vise à utiliser d’anciennes forêts comme des zones tampons afin de contenir et circonscrire les arbres GM [26] et la Dr. Claire Williams de l’Université Duke, en Caroline du Nord aux Etats-Unis, considère la contamination transgénique comme inévitable et présente les arbres forestiers GM comme l’ouverture d’une boîte de Pandore, en termes écologiques. Ce pourrait être une recette conduisant à un désastre : si le pollen d’arbres GM contamine des espèces indigènes dans les forêts naturelles et anciennes, on peut s’attendre à une perturbation de son écologie circulaire finement équilibrée, laquelle est essentielle pour une régulation efficace du climat [27] (pourquoi Gaia a besoin de forêts tropicales, SiS 20).

 La thérapie génique peut tourner au cauchemar pour les arbres

La thérapie génique utilise des vecteurs pour transporter des gènes visant à soigner des maladies ou pour augmenter la croissance chez des êtres humains ou des animaux. Des vecteurs de gènes viraux ont également été développés pour produire rapidement de grandes quantités de protéines pharmaceutiques à partir de plantes. A partir du virus de la mosaïque du peuplier, un vecteur d’inactivation génétique, localement répliqué, a été développé pour transporter des séquences génétiques d’ARN inactivateur [28].

Les gènes d’inactivation offrent un moyen de réguler les voies métaboliques et de contrôler des maladies des plantes et de petites molécules synthétiques d’ARN ont été développées pour contrôler des virus infectant des végétaux [29, 30].

De telles molécules synthétiques d’ARN sont aisément transportées et mises en place en utilisant les vecteurs viraux : elles pourraient être pulvérisés sur des peuplements forestiers au moyen d’hélicoptères, par exemple, comme on le pratique couramment pour appliquer des herbicides et des éléments fertilisants. Les petites molécules d’ARN exigent des évaluations de sûreté soigneuses et approfondies, puisque des souris ayant reçu une « thérapie génique » avec de petits ARN interférants, périrent en très grand nombre [31, 32] ( Gene Therapy Nightmare for Mice , SiS 31 ). Les forêts pulvérisées avec de petits vecteurs d’ARN sont susceptibles d’avoir des effets désastreux sur les plantes et sur les animaux, y compris sur les êtres humains, qui viendraient à se trouver là.

 De nouvelles modifications génétiques chez les arbres forestiers

Les centres d’intérêts principaux, en ce qui concerne les modifications génétiques chez les arbres forestiers, ont été : la tolérance aux herbicides, la résistance aux insectes et la biologie florale, comme nous l’avons vu antérieurement [10, 20, 22], mais il y a eu quelques autres nouveaux développements et applications.
Un peuplier transgénique avec une croissance plus rapide a été fabriqué en utilisant le gène d’uridinediphosphoglycosyltransferase, provenant du maïs, accompagné d’un gène de la petite crucifère Arabidopsis pour la protéine de liaison acyl—Co-enzyme A, qui a comme effet une augmentation de la production d’une hormone de croissance végétale : l’acide indolacétique. Le peuplier transgénique s’est développé beaucoup plus rapidement que le peuplier non modifié génétiquement [33].

Un promoteur inductible par l’éthanol, provenant du champignon Aspergillus, et conduisant le gène marqueur de couleur GUS, a été employé pour transformer le tremble. L’éthanol ou la vapeur d’éthanol à des concentrations aussi faibles que 0,5 pour cent, induit l’activité du gène marqueur [34] et ceci a vraisemblablement des applications au niveau du laboratoire et dans les champs en plein air.

Un gène bactérien pour produire du mannitol à partir du fructose a été employé pour induire la tolérance à la salinité dans le peuplier blanc de Chine (Populus tomentosa). Le peuplier transgénique s’est développé aussi rapidement, d’environ la moitié, aussi bien en présence et en absence de niveaux élevés de concentration en sel, alors que le peuplier non transformé génétiquement n’a pas survécu dans un environnement avec une teneur en sel élevée [35].
La transformation d’un hybride de peuplier avec le gène de décarboxylase du tryptophane, provenant de l’espèce Camptotheca acuminata (l’arbre de vie, l’arbre pour le cancer) a provoqué une augmentation de l’expression du gène. Le décarboxylase du tryptophane convertit le tryptophane en tryptamine : cette dernière confère la résistance aux chenilles du papillon ’livrée des forêts’ Malacosoma disstria [36].

L’excès de la tryptamine peut avoir comme conséquence des propriétés hallucinogènes ; mais cet aspect n’a pas été exploré dans le rapport.

Un facteur de transcription provenant du piment Capsicum annuum, qui a été transféré chez le pin, a eu comme conséquence une augmentation de la tolérance à plusieurs stress : sécheresse, salinité et gelée). Le facteur de transcription augmente la biosynthèse de polyamines [37-39]. Mais les polyamines tels que le putrescine et la cadavérine sont toxiques pour les êtres humains.

La Chine a planté plus d’un million de peupliers transgéniques depuis 2002. Les plantations sont situées principalement dans les régions du nord-ouest de la province de Xinjang, alors que 400.000 autres arbres ont été plantés dans les collines bordant le Fleuve Jaune et le Yang Tsé Kiang [40] ( GM Trees Lost in China’s Forests , SiS 26).

La Chine a un programme étendu d’amélioration génétique des peupliers comprenant la technologie transgénique et la sélection assistée par marqueur. Des peupliers modifiés génétiquement avec le gène Bt Cry1Ac ou encore avec une fusion du gène Cry1Ac avec le gène d’inhibition de la protéase issue de la dolique de Chine, ont été intensivement travaillés en Chine. Le niveau de la résistance des arbres transgéniques aux insectes principaux ciblés n’a pas baissé depuis la dissémination, mais quelques insectes sont tolérants aux arbres transgéniques [41]. Il n’y a eu aucun rapport qui indique si les insectes ravageurs ont, ou non, proliféré depuis que les arbres transgéniques ont été disséminés.

 Et puis maintenant des arbres fruitiers transgéniques

Les arbres fruitiers sont encore beaucoup travaillés que les arbres forestiers, par les ingénieurs généticiens. Les pruniers et les papayers résistants aux virus furent les premiers arbres autorisés ou qui avaient fait l’objet de demandes d’autorisation pour une dissémination à des fins commerciales aux Etats-Unis, avec une négligence flagrante en matière de sûreté [6, 42] ( Allergenic GM Papaya Scandal , SiS 18).

Une étude à long terme portant sur la stabilité de gène marqueur transgénique chez le cerisier pleureur de Higan (Prunus subhirtella), a montré que les marqueurs étaient relativement stables mais 91 pour cent des événements de transformation ont également présenté diverses longueurs de la structure du vecteur, un plasmide bactérien : la transformation à l’aide de l’agrobactérie est loin d’être précise [43].

Un gène de synthèse du stilbène chez la vigne, accompagné d’un gène spécial pour la tolérance à un herbicide, a été employé pour transformer la pommier afin d’augmenter la production du glucoside resvératrol dans la pomme. Il s’agit à la fois d’une phytoalexine intervenant dans le contrôle des parasites et d’un antioxydant ayant des effets favorables sur la santé. [44].

La maladie du feu bactérien constitue un problème majeur chez le poirier et le pommier. Des poiriers ont été transformés avec un gène provenant d’un bactériophage qui dissout le polysaccharide extracellulaire des bactéries parasites.
Les poiriers transgéniques se sont montré seulement partiellement résistants à l’agent pathogène bactérien, mais les chercheurs pensent que des améliorations du procédé pourraient être possibles [45].

Dans une expérience pilote, des orangers transgéniques, avec un gène marqueur GUS, conduit par le promoteur du CaMV et accompagné d’un gène de résistance à l’antibiotique néomycine, ont eu des fruits altérés au moment de la récolte. Les fruits ont été transformés pour faire du jus d’orange, auquel ont été ajoutés de l’ADN de plasmide bactérien, de l’ADN de levure en plus de l’ADN d’orange transgénique. Le jus d’orange, complémenté avec les ADN, a été alors pasteurisé et stocké. La pasteurisation et le milieu acide du jus d’orange ont dégradé toutes les molécules d’ADN endogènes et additionnelles, d’une taille moléculaire inférieure à la taille exigée pour réaliser une transformation bactérienne [46]. L’expérience aurait été plus instructive si la capacité du jus d’orange transgénique de transformer réellement des bactéries avaient été étudiées. La transformation peut se produire avant que tous les ADN n’aient été dégradés.

L’oranger trifolié (Poncirus trifoliate) est un membre de la famille des Rutacées, étroitement lié au citron, et parfois inclus dans ce genre, du fait qu’il lui est étroitement apparenté, au point d’être employé comme porte-greffe pour le citronnier. La plante est assez robuste et tolère assez bien un gel modéré et un peu de neige ; c’est un grand arbuste ou un petit arbre de 4-8 m de hauteur. En raison de la robustesse relative de ce Poncirus sp., le citronnier greffé sur ce porte-greffe est habituellement plus robuste que lorsqu’il se développe sur ses propres racines.

Un gène de l’Arabidopsis CiFT, qui favorise la transition du développement végétatif vers le développement floral, a été transféré à l’oranger trifolié. Les orangers transgéniques ont fleuri au bout de 12 semaines de croissance avec une culture sous serre, alors que la plante non transformée ne fleurit normalement qu’au bout de plusieurs années [47]. La réduction du temps de génération peut considérablement faciliter l’amélioration génétique du porte-greffe pour la production commerciale de citrons, à condition de s’assurer d’une évaluation satisfaisante en termes de sûreté.

La biotechnologie des arbres fruitiers des régions tempérées et des vignes a été passée en revue en 2005 avec la sélection assistée par marqueur [48]. Il semble très probable que cette dernière application technique de sélection assistée par marqueur puisse fournir la meilleure voie pour l’amélioration génétique des arbres fruitiers, et ceci d’une manière soutenable ou durable..

 Pour un moratoire sur les disséminations de tous les arbres génétiquement modifiés en général et pour une interdiction des arbres forestiers génétiquement modifiés en particulier

En conclusion, quoique la majeure partie des travaux sur les arbres transgéniques, aussi bien forestiers que fruitiers, soit bien mise en exergue et qu’elle offre de belles perspectives de retour sur investissement, aucun arbre GM ne devrait être commercialisé ou disséminé actuellement. Un moratoire sur la dissémination de tous les arbres GM est essentiel et, en particulier, les arbres forestiers GM, devraient être interdits. La diffusion inévitable des transgènes sous forme de pollen et de graines ne peut pas être évitée.

Les arbres stériles ne promettent aucun vrai remède, car les forêts stériles constitueront au mieux des desserts verts ou, au pire, elles transformeront des puits de carbone efficaces en sources massives de carbone, aggravant de ce fait considérablement le réchauffement planétaire [10].

voir document complet en pdf sur demande à yonne.lautre@laposte.net


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