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"Santé OGM : De dangereuses expérimentations, prévues au champ, avec une bactérie génétiquement modifiée non pathogène" par le Professeur Joe Cummins et le Dr. Mae-Wan Ho

Traduction et compléments de Jacques Hallard
lundi 16 juillet 2007 par Cummins Professeur Joe, Ho Dr Mae-Wan

Des bactéries non pathogènes et génétiquement modifiées portent non seulement des gènes marqueurs de résistance à des antibiotiques, mais des expérimentations au champ qui sont proposées vont également impliquer la dissémination du type de bactérie sauvage qui est un agent pathogène du riz et qui peut causer des maladies chez les êtres humains, nous précisent le Professeur Joe Cummins et le Dr. Mae-Wan Ho

Ce rapport a été soumis, sous l’égide de l’Institut ISIS, à l’USDA, le Département de l’Agriculture aux Etats-Unis.

SVP faites circuler largement cette information.

Communiqué de presse de l’Institut ISIS en date du 16/07/2007

L’article original en anglais intitulé Dangerous Field Test of Non-pathogenic GM Bacteria est accessible sur le site suivant http://www.i-sis.org.uk/gmBacteriaFieldtest.php

 Une maladie bactérienne, ’rice panicle blight’, la pourriture des panicules du riz, chez lequel elle cause des dégâts importants

Le Ministère de l’agriculture des Etats-Unis et le Service d’inspection sanitaire des animaux et des plantes (USDA/APHIS) ont effectué une évaluation environnementale [1] en réponse à une demande d’autorisation (06-111-01r) reçue du Dr. Milton Rush de l’Université de l’Etat de la Louisiane, aux Etats-Unis, pour réaliser un essai sur le terrain avec deux souches non pathogènes et génétiquement modifiées de Burkholderia glumae ; ce document est disponible pour avis auprès du public à partir du 19 juillet 2007 au site suivant :

http://www.regulations.gov/fdmspublic/component/main
Burkholderia glumae Kurita et Tabei est un agent pathogène bactérien des plantes chez lesquelles il cause, notamment, une affection bactérienne des panicules du riz et qui est transmis par les semences infectées. Cette bactérie a été décrite au Japon comme la cause d’une maladie de la pourriture des graines et de la décomposition des semences ; elle a été considérée, au Japon, comme la maladie la plus importante chez le riz.

Les épidémies de la pourriture des panicules du riz se sont produites dans la région de production de cette espèce dans le Sud des Etats-Unis, pendant les saisons de cultures en 1995 et 1998, avec des pertes élevées de rendement dans quelques champs, estimées à 40 pour cent. Il n’y a actuellement aucune méthode de contrôle et de lutte pour la pourriture des panicules du riz aux Etats-Unis, où les variétés de riz les plus développées pour le commerce sont sensibles à cette maladie.

La mise en œuvre d’expérimentations au champ avec des souches transgéniques et non pathogènes de B.glumae, est censée fournir des informations sur l’infection bactérienne concernant cette maladie et indiquer les itinéraires possibles pour la lutte contre cet agent pathogène.

 Une bactérie non pathogène qui contient deux marqueurs de résistance aux antibiotiques

B. glumae a été modifiées génétiquement en perturbant le gène responsable de la maladie, dont le résultat est l’obtention de souches transgéniques non pathogènes et non virulentes.

Le facteur de virulence de B. glumae est le composé toxoflavine, une substance jaunâtre qui a comme conséquence l’induction de dommages significatifs chez les plantes de riz infectées. La toxoflavine est produite chez la bactérie Burkholderia par un opéron (groupe de gènes ayant une fonction définie) comprenant le groupe de gènes associés (toxABCDE), sous la conduite du gène de toxR qui est activé quand la bactérie envahit la plante de riz..

La perturbation du gène toxA (méthyltransférase) a comme conséquence l’apparition de mutants qui ne produisent pas la toxoflavine.

Le vecteur de clonage contient également deux marqueurs de sélection, le gène (nptII) pour le phosphotransférase de la néomycine provenant de Streptomyces kanamyceticus et le gène (bla) pour la bêta-lactamase issu d’Escherichia coli, qui fournissent respectivement la résistance à la kanamycine et à l’ampicilline. Le promoteur pour chacun de ces deux gènes est celui du bactériophage T7 et le terminateur est une séquence de codon TAA. Les séquences d’ADN de donneur sont intégrées de façon stable et irréversible dans le génome bactérien, où ils sont maintenus et hérités comme tous les autres gènes de la cellule bactérienne [1].

La souche non pathogène avirulente porte donc également la résistance stable aux antibiotiques kanamycine et ampicilline. Le potentiel pour le transfert génétique horizontal des marqueurs de résistance aux antibiotiques vers les bactéries de sol est reconnu dans l’évaluation de l’USDA/APHIS, mais il est présumé que ce mécanisme ne peut avoir que des conséquences insignifiantes.

Cette présomption n’est pas confirmée à travers une foule de preuves que nous avons présentées à plusieurs reprises aux autorités chargées de la réglementation et des contrôles, la dernière fois remontant en juin 2007 [2] (GM Food Nightmare Unfolding in the Regulatory Sham [¤] , ISIS scientific publication)

[¤] La version en français intitulée "Le cauchemar de la dissémination des aliments génétiquement modifiés, résulte de la tromperie des organismes chargés de la réglementation et des contrôles" est accessible soit à partir de la version en anglais, puis French version , soit directement sur le site suivant : yonne.lautre.net/rubrique.php3 ?id_rubrique=131

 Une bactérie de type sauvage, qui est pathogène, va être disséminée dans des expérimentations avec des souches non pathogènes

Deux expériences seront entreprises ; la première va évaluer la toxoflavine comme agent pathogène, en soumettant les plantes de riz au type sauvage de B. glumae ; la seconde expérimentation va impliquer l’inoculation du riz avec la bactérie avirulente transgénique, suivie d’une inoculation avec la souche virulente pour vérifier si la présence de la souche avirulente va protéger le riz contre l’infection par B. glumae.

Il s’agit d’expériences qui sont évidemment dangereuses à réaliser dans des champs en plein air car l’agent pathogène de type sauvage pourrait facilement se disperser à partir des champs expérimentaux, vers d’autres cultures de riz. Les risques sont injustifiables, particulièrement quand il y a d’autres stratégies disponibles qui sont plus sûres.

Une approche alternative pour contrôler la bactérie B. glumae est possible par l’intermédiaire du ‘quorum sensing’, un réseau de régulation qui influence la virulence sur la base de la densité locale des bactéries qui communiquent entre elles. Le ‘quorum sensing’ peut se produire au sein d’une seule espèce bactérienne ou bien entre des espèces différentes et ce mécanisme peut régler une foule de processus différents, en servant essentiellement de simple réseau de communication.

Les bactéries s’envoient des signaux de l’une à l’autre par l’intermédiaire de molécules spécifiques. Par exemple, le toxoflavine est régulée par un mécanisme ‘quorum sensing’ qui fait appel aux lactones d’homosérine n-acyliques, comme molécules de signal. Une bactérie Burkholderia endophyte (une bactérie qui vit à l’intérieur de la plante) a été sélectionnée à partir du riz : elle s’est avérée non pathogène chez le riz et capable d’inhiber des champignons pathogènes.

L’endophyte, modifié avec un gène de Bacillus thuringiensis indiquant les lactones n-acyliques d’homosérine, s’est avéré capable d’empêcher la synthèse de la toxoflavine et la virulence de B. glumae [3].

La modification génétique qui fait appel au ‘quorum sensing’, fournit une alternative et elle évite également l’utilisation des gènes de résistance aux antibiotiques décrits ci-dessus, parce que la toxoflavine peut être détectée par sa fluorescence et son absence est aisément détectée.

Un autre danger présenté par les bactéries B. glumae transgéniques qui sont proposées pour une dissémination, réside dans le fait que ce genre bactérien comprend de graves agents pathogènes pour les humains :

* B. cepacia est un microbe pathogène dangereux [4] ] (Bio-remediation Without Caution, SiS 230) ;

* B. thailandensis cause une pneumonie et une septicémie [5] ;
* B. dolosa est pathogène pour les personnes atteintes de fibrose cystique [6] ;

* B. gladioli a causé une kératite oculaire chez un individu souffrant de diabète et cette bactérie a également été trouvée dans d’autres maladies [7] ;

* enfin un certain nombre d’autres espèces de Burkholderia sont associées à des infections chez les êtres humains.

Il n’est pas du tout surprenant qu’une infection par B. glumae ait été observée chez un enfant en bas âge atteint de la maladie granulomateuse chronique [8].

Des recherches et des investigations complémentaires sur la souche de B. glumae, isolée médicalement, ont prouvé que la bactérie causait des symptômes pathologiques graves chez le riz, et une lipase, secrétée et régulée par un ‘quorum sensing’, a été impliquée dans la pathogénie de la souche clinique concernée [9].

L’évaluation des organismes états-uniens USDA/APHIS n’a pas considéré l’infection humaine par B. glumae d’une façon sérieuse [1] car elle est basée sur un seul cas humain ; elle n’a pas non plus recommandé de précaution pour ceux qui travaillent avec cet agent pathogène et qui pourraient très probablement véhiculer le microbe pathogène chez eux, à leurs familles et à leurs voisins.

Les dangers de la bactérie B. glumae transgénique, qui est elle-même un microbe pathogène potentiel, armé de deux gènes marqueurs de résistance à des antibiotiques, sont que cette bactérie pourrait être transférée horizontalement à d’autres agents pathogènes connus du genre Burkholderia : cela semblent avoir complètement échappé à la notification de l’USDA/APHIS.

Ces derniers organismes des Etats-Unis, USDA/APHIS, et les scientifiques qui y sont impliqués, devraient être tenus pour responsables de tout dommage, quel qu’il soit, qui viendrait à être causé à des personnes et à des plantes, s’ils permettaient à cette dissémination de se réaliser.

Pour recevoir le dossier complet avec les notes du traducteur scientifique, Jacques Hallard, nous écrire.

yonne.lautre@laposte.net


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