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"Les téléphones portables et les oiseaux en voie de disparition" par le Dr. Mae-Wan Ho

Traduction et compléments de Jacques Hallard
mercredi 30 mai 2007 par Ho Dr Mae-Wan

Santé - Champs électromagnétiques - Oiseaux
Les téléphones portables et les oiseaux en voie de disparition

Les oiseaux vivant près des stations d’antennes relais, servant pour le téléphone portable, ne se reproduisent pas normalement, nous signale le Dr. Mae-Wan Ho

Communiqué de presse de l’Institut ISIS en date du 29/05/2007

Une version entièrement référencée de cet article, intitulé Mobile Phones & Vanishing Birds , est accessible par les membres d’ISIS sur le site suivant :
www.i-sis.org.uk/MPVB.php

Une version électronique de ce rapport, ou de n’importe quel autre rapport émanant de l’ ISIS, avec toutes les références bibliographiques, peuvent être expédiées sur demande effectuée par messagerie électronique, moyennant une participation de 3,50 £. S’adresser à : report@i-sis.org.uk

 Où tous les moineaux sont-ils donc passés ?

Il y a au moins quatre ans, les moineaux ont disparu complètement des villes de Grande-Bretagne, depuis que les téléphones portables sont devenus très populaires et nombreux.

Les téléphones portables de la troisième génération (3G) ont été présentés en 2003 et il y avait déjà plus de 65 millions d’utilisateurs au Royaume-Uni vers la fin de l’année 2005, c’est-à-dire plus de téléphones que d’habitants [1].

Les émetteurs de téléphone portable sont-ils responsables de la disparition des moineaux ? [2].

Les scientifiques de l’Institut de recherche pour la nature et les forêts à Bruxelles, en Belgique, ont apporté la première preuve que les stations de base [antennes relais] de téléphone portable affectent le comportement reproducteur des moineaux sauvages [3].

Cette découverte vient à notre connaissance alors que des téléphones portables sont jugés suspects dans l’effondrement massif des colonies d’abeilles partout à travers les Etats-Unis et en Europe [4] ( Mobile Phones and Vanishing Bees , SiS 34).

Joris Everaert et Dirk Bauwens ont voulu savoir si le rayonnement des micro-ondes de basse intensité des stations de base de téléphone portable, a un quelconque effet sur le nombre de moineaux pendant la saison de reproduction. Ils ont identifié 150 endroits répartis sur six zones résidentielles à Gand, Sint et Niklaas dans la province de la Flandre orientale, où ils ont décompté le nombre de moineaux mâles et ils ont mesuré la puissance du rayonnement électromagnétique des stations de base.

Les secteurs d’étude étaient semblables, avec des haies abondantes, des buissons et toutes sortes de végétation entre les maisons, et avec une ou plusieurs stations de base de GSM (système global pour des communications mobiles) à proximité.

Tous ces endroits étaient situés le long de petites routes dans les secteurs résidentiels et à des distances variables du GSM le plus proche (la distance moyenne était de 352 m, avec des distances qui s’étendent de 91 à 903 m, et environ 90 pour cent qui se situent entre 100 et 600 m). Les jours où le temps était favorable, alors que des moineaux mâles se mettaient à chanter, les chercheurs sont allés à chaque endroit entre 7 et 11 heures du matin et à l’aide des jumelles, ils ont décompté le nombre de moineaux mâles dans un rayon d’environ 30 m pendant une période de cinq minutes.

Simultanément, les chercheurs ont mesuré la valeur maximum de l’intensité du champ électrique (en V/m) du GSM 900 mégahertz et du GSM de 1800 mégahertz des antennes de station de base, pendant 2 minutes pour chaque bande de fréquence, en utilisant un analyseur de spectre à haute fréquence calibré et portatif.

Everaert et Bauwens ont constaté que le nombre de moineaux mâles variait de zéro à quatre aux différents endroits. Les intensités mesurées des champs électriques étaient rarement au-dessus d’un V/m, et le plus souvent bien au-dessous de cette valeur. Néanmoins, la variation spatiale du nombre de moineaux mâles s’est révélée corrélée hautement et négativement, et de manière significative, avec l’intensité des champs électriques des bandes de fréquence de 900 et 1800 mégahertz et avec la somme de ces bandes.

Cette corrélation négative était très semblable dans chacune des six zones, en dépit des différences dans le nombre d’oiseaux et les niveaux de rayonnement.

Peu de moineaux mâles ont été observés aux endroits où la puissance des champs électriques des stations de base de GSM était relativement élevée. Par exemple, le nombre moyen de moineaux mâles variait de 1,9 pour une intensité de champ combinée de 0,13 V/m, à 0,8 pour une intensité de champ combinée de 0,247 V/m.

Ces résultats, bien que préliminaires, soutiennent l’hypothèse selon laquelle l’exposition à long terme à des niveaux plus élevés de rayonnement, affecte négativement l’abondance ou le comportement des moineaux sauvages. Avec peu de chants émis par les mâles, on peut s’attendre à moins de succès dans la reproduction des moineaux.

 Les cigognes blanches multipliant le succès s’abattent près des émetteurs de téléphone portable

Les moineaux ne sont pas les seuls oiseaux sauvages à être affectés. Il est avéré que les antennes relais de téléphone réduisent considérablement le taux de multiplication des cigognes blanches en Espagne.

Alfonso Balmori, un biologiste, spécialiste de la conservation des espèces à Valladolid, en Espagne, a rapporté un nombre sensiblement inférieur de petits de cigognes blanches (Ciconia ciconia) dans les nids situés près des émetteurs de téléphone portable, comparativement aux nids situés plus loin [5].

Pour surveiller la réussite dans la reproduction de la population de cigogne blanche, 60 nids ont été choisis et visités entre mai et juin 2003. Les nids choisis avaient des caractéristiques semblables. Ils étaient situés sur le toit des églises et des bâtiments à l’intérieur des centres urbains de la ville de Valladolid.

Comme les émetteurs de téléphone portable se trouvent partout, très peu d’endroits ont présenté une intensité de fond qui soit nulle. Il a été choisi ainsi des nids qui étaient exposés à des niveaux très élevés ou au contraire à des niveaux très bas des champs électromagnétiques, selon la distance qui sépare les nids des antennes relais.

Trente nids étaient situés à moins de 200 m d’une ou de plusieurs antennes (GSM-900 mégahertz et DCS-1800 mégahertz) placées sur des mâts et sur le toit des bâtiments à une hauteur de 15-30 mètres. De plus, 30 nids choisis étaient localisés à une distance de plus de 300 m de n’importe quel émetteur. Les nids ont été observés avec des télescopes et le nombre de jeunes a été compté. L’intensité du champ électrique, exprimée en V/m, a été mesurée.

Le nombre moyen de petits produits par nid dans les nids situés à moins de 200 m des antennes relais de téléphone était de 0,86 + 0,16. Pour les nids localisés au-delà de 300 m, le nombre moyen de petits était de 1,6 + 0,14. Douze nids (soit 40 pour cent) près des antennes n’avaient aucun petit, par opposition à seul nid (soit 3,3 pour cent) parmi ceux qui étaient situés à plus de 300 m.

Le champ électrique moyen des nids à moins de 200 m était de 2,36 + 0,82 V/m, comparés à 0.53 + à 0.82 V/m pour les nids situés au-delà de 300 m.

Balmori a également trouvé une différence dans la façon dont les oiseaux se sont comportés près des antennes de téléphone. Les jeunes oiseaux sont morts de causes inconnues et les couples d’oiseaux se bagarraient tout en construisant leurs nids. Des brindilles étaient tombées à terre et les cigognes accouplées ne faisaient pas de progrès. Quelques nids n’ont été jamais achevés et les cigognes restaient passivement devant les antennes relais.

 Des études de laboratoire montrent que les embryons d’oiseaux meurent lorsqu’ils sont exposés aux micro-ondes

Les observations effectuées chez les moineaux urbains et chez la population de cigogne blanche, suggèrent que le rayonnement des micro-ondes interfère avec le comportement lors de la reproduction et dans la réussite de la multiplication, et que ces rayonnements auraient contribué à décimer les populations d’oiseaux sauvages. Mais l’histoire ne s’arrête pas là !

Plusieurs millions d’oiseaux appartenant à plus de 230 espèces meurent tous les ans lors de collisions avec des mâts de télécommunications aux Etats-Unis, pendant de la période de migration [6]. Les accidents se produisent principalement pendant la nuit, par temps de brouillard ou de mauvais temps, lorsque les oiseaux doivent faire appel au champ magnétique terrestre pour leur navigation ; ils pourraient bien être sérieusement désorientés par le rayonnement des micro-ondes émis par les mâts des antennes relais servant aux télécommunications.

Au Royaume-Uni, où le niveau de rayonnement permis est 20 fois plus élevé qu’en Espagne, un déclin de plusieurs espèces des oiseaux urbains s’est produit [2], coïncidant avec l’installation croissante des mâts pour les antennes de téléphone portable.

Les oiseaux sont de bons candidats en tant qu’indicateurs biologiques des rayonnements électromagnétiques de basse intensité ; ils ont des crânes minces, leurs plumes peuvent agir en tant que récepteurs diélectriques des rayonnements de micro-ondes ; beaucoup d’espèces emploient un système de navigation magnétique, elles sont très mobiles et il y a absence d’effets psychosomatiques possibles, précisent les chercheurs Everaert et Bauwens [3].

Un autre facteur important réside dans le fait que des embryons de poulet, soumis au rayonnement d’un téléphone portable dans les conditions du laboratoire, ont présenté des taux de mortalités beaucoup plus élevés que chez les embryons témoins qui n’avaient pas été exposés.

En Russie, voici quelques années, des chercheurs ont prouvé que l’exposition continue des embryons de poussin, pendant les 21 jours du développement embryonnaire, a eu comme conséquence que 75 pour cent des embryons mourraient, comparativement à 16 pour cent chez les lots servant de témoins dans les expériences. [7].

 Définitions et compléments en français :

Jacques Hallard, Ing. CNAM, consultant indépendant

Avec définitions, schémas, graphiques, liens internet : en fichier pdf à demander à yonne.lautre@laposte.net


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