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"La fusion froide est-elle vraiment prête pour une production commerciale ?" par le Dr. Mae-Wan Ho

Traduction et compléments de Jacques Hallard
dimanche 30 octobre 2011 par Ho Dr Mae-Wan

La fusion froide est-elle vraiment prête pour une production commerciale ?
Cold Fusion Ready for Commercial Production ?
Un dispositif prototype a été testé en public avec des résultats impressionnants, et la production commerciale devrait débuter fin 2011, mais des opposants appellent cela une escroquerie. Dr. Mae-Wan Ho

Rapport de l’ISIS en date du 06/06/2011
L’article original est intitulé Cold Fusion Ready for Commercial Production ; il est accessible sur www.i-sis.org.uk/Cold_Fusion_Ready_...
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Green Energies 100% Renewables by 2050 - By Mae-Wan Ho, Brett Cherry, Sam Burcher & Peter Saunders

L’Internet a été en effervescence pendant des mois à propos de la possibilité que la fusion froide soit disponible commercialement dans l’année 2011.

Rappelez-vous qu’il n’y a pas si longtemps, le terme de « fusion froide » était en général tourné en dérision, et les scientifiques qui travaillaient encore sur ce sujet étaient frappés d’ostracisme et condamnés comme des charlatans par la communauté scientifique.

J’ai examiné le cas de la fusion froide avec sérieux il y a quatre ans (voir [1] ] From Cold Fusion to Condensed Matter Nuclear Science et d’autres articles dans la série, SiS 36), et je fus convaincue que les réactions de fusion nucléaire pouvaient être amenées à se réaliser avec un dispositif de bureau à des températures bien inférieures à celles des réactions thermonucléaires (des millions de degrés centigrades).

Les travaux concernant la fusion froide, et dans de nombreuses formes différentes [2] (How Cold Fusion Works, SiS 36), sont tous dépendants des propriétés quantiques collectives de la matière condensée que la physique quantique conventionnelle n’a pas encore prise en compte de façon appropriée. Il est donc judicieux de renommer l’étude de la fusion froide sous le vocable de "science nucléaire de la matière condensée", et peut-être de se référer à la fusion froide comme à "des réactions nucléaires de la matière condensée", au lieu de "réactions nucléaires à basse énergie", comme on le fait généralement.

Il n’est pas question que la fusion froide puisse remplacer le charbon et les autres combustibles et carburants fossiles, mais elle est une alternative infiniment plus satisfaisante pour remplacer l’énergie nucléaire : elle est intrinsèquement plus sûre, abordable et durable. En outre, elle pourrait être exploitée pour le démantèlement des réacteurs nucléaires et le nettoyage des combustibles nucléaires usés, pour assurer leur sécurité [3] ] LENRs for Nuclear Waste Disposal (SiS 41)

Par ailleurs, cette technologie est susceptible de convenir à la production d’électricité distribuée pour la consommation locale, même pour la mise sous tension et l’alimentation des avions [4] Portable and Distributed Power Generation from LENRs, SiS 41).

Nous avons en effet recommandé aux gouvernements d’appuyer et de soutenir les travaux de recherches et de développement sur ​​la fusion froide, tout en éliminant progressivement toutes les centrales nucléaires (voir [5] ] Green Energies - 100% Renewable by 2050, rapport sur ​​l’énergie, ISIS 2009) *, en particulier en regard de la crise nucléaire de Fukushima [6] Fukushima Nuclear Crisis (SiS 50).
* Version en français intitulée "Le pouvoir aux populations : 100% d’énergies renouvelables d’ici 2050" par le Dr. Mae-Wan Ho ; traduction et compléments Jacques Hallard. Accessible sur le site http://yonne.lautre.net/spip.php?ar...

Cependant, le plus grand obstacle à l’exploitation de la fusion froide est d’obtenir la où les réaction(s) sous contrôle et la production d’une énergie fiable et sûre, à savoir, d’obtenir un taux constant de production de chaleur lorsque le réacteur est mis sous tension, sans surchauffe soudaine ni explosion, et d’être en mesure de l’éteindre lorsqu’il n’est pas nécessaire.

L’inventeur italien Andrea Rossi affirme avoir fait tout cela [7]. Son dispositif expérimental de petite dimension dénommé Energy Catalyzer, ‘Catalyseur d’énerge’, est prêt pour une production commerciale, a-t-il dit : la fusion froide produira de l’énergie d’ici la fin de 2011. Les premières unités seront utilisées pour construire une centrale de 1 MW en Grèce, afin d’alimenter une usine qui produirait, d’ici un an, 300.000 unités de dix kilowatts avec un dispositif de fusion froide. Ce serait le premier appareil prêt commercialement pour la fusion froide. Des titulaires de licence et des contrats existent déjà pour les États-Unis et en Europe. La production de masse devrait s’intensifier dans les 2-3 ans.
Rossi a dit qu’ils sont maintenant occupés à la fabrication d’une usine de 1 MW en mettant des centaines de modules conçus pour un montage en série et en parallèle. Ces modules commenceront à être livrés d’ici la fin d’octobre 2011. Le 31 Janvier 2011, Rossi a écrit que le coût de production du catalyseur d’énergie est de 1 cent par MWh produit et que l’espérance de vie de l’appareil serait de 20 ans. Il est d’environ 1 / 2.000ème du coût de l’électricité provenant du charbon, soit l’option la moins coûteuse comme source énergétique. [8].

Le catalyseur d’énergie fonctionne en mettant du nickel (Ni) en poudre, des particules de l’ordre du nanomètre au micron, dans un réacteur avec de l’hydrogène gazeux sous pression et un catalyseur spécial, qui n’est pas divulgué (droit du propriétaire). Lorsque le contenu du réacteur est chauffé à environ 400 - 500º C, les réactions nucléaires démarrent. La vitesse de réaction peut être contrôlée en faisant varier la pression de l’hydrogène dans le réacteur. L’énergie de sortie peut être jusqu’à 400 fois la quantité d’énergie d’entrée. Surtout, ni métaux précieux ni substances radioactives ne sont utilisées. Après que le réacteur a été éteint, il peut être ouvert et aucune radioactivité ne peut être détectée. Dans le processus, le nickel est transmué en cuivre et d’autres éléments comme le zinc.

  Le catalyseur d’énergie est breveté

Rossi a construit le catalyseur d’énergie avec l’appui de son conseiller scientifique, le physicien et professeur émérite Sergio Focardi de l’Université de Bologne en Italie, dont l’équipe avait déjà décrit un système similaire pour la fusion à froid qui avait produit considérablement moins de puissance [9].

Selon Focardi, l’hydrogène est chauffé avec une simple résistance. « Lorsque la température d’inflammation est atteinte, le processus de production d’énergie commence, les atomes d’hydrogène pénétrent dans le nickel et le transforment en cuivre ».

Une demande de brevet a été formulée en 2008 pour le dispositif, mais il a fait l’objet d’un rapport préliminaire défavorable de l’Office européen des brevets, citant de graves lacunes, tant dans la description de l’appareil et que dans les preuves fournies à l’appui de sa faisabilité. Mais le 6 avril 2011, un brevet a été délivré par l’Office italien des brevets et des marques.

Le procédé de fusion nucléaire de Rossi

Le procédé de fusion nucléaire de Rossi

  Des démonstrations publiques pour l’acceptation par le public

Pour promouvoir son dispositif et le faire accepter par les autres scientifiques, Andrea Rossi a organisé une série de manifestations publiques, et il a également invité d’autres chercheurs à effectuer leurs propres expériences avec l’appareil, afin de mesurer par eux-mêmes la puissance d’entrée et de sortie [9].

La première manifestation s’est tenue à Bologne le 14 janvier 2011 ; elle a été suivie par des représentants de scientifiques indépendants de l’Université de Bologne, dont le chercheur en physique Giuseppe Levi.
Ny Teknik, un magazine suédois de technologie, a déclaré : « Pendant environ une heure, le dispositif a produit environ 10 kW de puissance nette, chargé avec un gramme de poudre de nickel sous pression avec de l’hydrogène » Un sondage réalisé auprès de leurs lecteurs, a donné la conclusion suivante : « deux-tiers ne croient pas en ce dispositif ».
Levi a dit qu’il était « impressionné », et que le catalyseur d’énergie pourrait fonctionner comme un nouveau type de source d’énergie. Dans une interview avec le magazine Ny Teknik, Levi a dit que ce qui distingue ce travail par rapport à tout ce qu’il n’avait jamais vu, c’est que « nous avons 10 kW de puissance mesurée, et cette sortie est totalement reproductible. Mais ce que je veux faire maintenant, c’est une expérience avec un fonctionnement continu pendant au moins un ou plusieurs jours ». Il a également écarté toute réaction chimique comme source d’énergie.
L’analyste Benjamin Radford de Discovery Channel a cité dans une colonne Physor.com : « Si tout cela vous semble louche, vous avez bien raison » et « À bien des égards, la fusion à froid est similaire à des machines à mouvement perpétuel. Les principes défient les lois de la physique, mais cela n’empêche pas les gens de prétendre périodiquement d’en avoir inventé ou découvert une ».

Le second test, d’une durée de 18 heures, a été réalisé à Bologne les 10-11 février 2011 par Levi et Rossi, et n’a pas été ouvert au public. Levi a indiqué que le processus a été déclenché par 1.250 W dans les cinq à dix minutes, et la puissance a été ensuite réduite à 80 watts pour le contrôle de l’électronique. Le refroidissement a été fourni par l’eau du robinet et le volume d’écoulement a été surveillé.

Comme le rapporte le magazine Ny Teknik, la température de l’eau d’entrée était de 7ºC et pendant un certain temps, la température de sortie était de 40ºC. Avec un débit de flux d’environ un litre par seconde, la puissance crête était de 130 kW. La puissance de sortie a été plus tard stabilisée à 15-20 kW. Levi a calculé la consommation d’hydrogène à 0,4 gramme. « À mon avis, toutes les sources chimiques sont maintenant exclues », a t-il dit.

Le 29 mars 2011, Hanno Essen, professeur agrégé de physique théorique et professeur à l’institut royal de technologie suédois et ancien président de la ‘Société suédoise des sceptiques’, et Sven Kullander, professeur émérite à l’université d’Uppsala et également président de l’Académie royale suédoise des sciences, Comité de l’énergie, ont participé en tant qu’observateurs à un test d’une version plus petite du catalyseur d’énergie. Selon Ny Teknik, l’essai a duré six heures, avec une puissance de 4,4 kW, et une production totale d’énergie d’environ 25 kWh. Les physiciens suédois ont indiqué : « Tout processus chimique doit être exclu pour la production de 25 kWh, à partir de ce qui se trouve dans un récipient de 50 centimètres cubes. La seule explication alternative, c’est qu’il y a une sorte de processus nucléaire qui donne lieu à la production d’énergie mesurée ».

Les 19 et 28 avril 2011, deux démonstrations ont eu lieu. La première a été couverte par la chaîne de télévision d’Etat en Italie, RAI (actualités sur 24 heures). Un auteur du magazine Ny Teknik y a assisté et il a testé des possibilités de fraude qui avaient été précédemment notées. Il a calibré l’ampèremètre (qui mesure le courant électrique), mesuré le débit d’eau par pesée et calibré la sonde de température pour confirmer que toute l’eau était convertie en vapeur. Les mesures ont montré une puissance nette entre 2,3 et 2,6 kW, alors que la puissance d’entrée était de 300 W.

  Tout le monde n’est pas encore convaincu, mais les contrats commerciaux sont garantis

Rossi n’a pas convaincu tout le monde, loin de là. La première difficulté, c’est que peu de détails n’ont été révélés sur les réactions et aucun sur les catalyseurs, et aucun papier n’a encore été publié dans une revue révisée et validée par des pairs, à l’exception de l’article de Focardi et Rossi publié sur l’auto-blog de Rossi, le Journal de Physique Nucléaire (voir encadré), et les travaux connexes publiés par Focardi en 1998.

Peter Ekström, professeur de physique nucléaire à l’Université de Lund en Suède a déclaré à Ny Teknik : « Je suis convaincu que toute cette histoire est une grosse arnaque, et qu’elle sera révélée dans moins d’un an ».
Kjell Aleklett, professeur de physique à l’Université d’Uppsala en Suède, a résumé dans son blog : « Je n’ai personnellement rien contre le fait de révéler une escroquerie, ou de participer et de vérifier quelque chose que personne ne pouvait concevoir auparavant. Les deux extrêmes appartiennent à ce qui rend la vie extrêmement intéressante en tant que chercheur ».

Le magazine Ny Teknik a également signalé que, mis à part le projet grec, Rossi a conclu un accord avec Ampenergo, une société américaine, pour recevoir des redevances sur les ventes de licences et de produits basés sur le catalyseur d’énergie, dans les Amériques. Trois des fondateurs connaissaient Rossi depuis 1996 grâce à Leonardo Technologies, Inc., une société co-fondée par Rossi ; elle avait vendu ses intérêts vers la fin des années 1990, et elle avait travaillé sur des contrats du gouvernement américain. L’un des fondateurs est Robert Gentile, ancien secrétaire adjoint de l’Énergie, pour les énergies fossiles, à l’US Department of Energy, le Ministère de l’énergie aux Etats-Unis.

Je mettrais volontiers mon argent là-dedans aussi. Si Rossi n’y parvient pas, d’autres le feront. Les gouvernements dans les pays développés et dans les pays en développement devraient abandonner l’énergie nucléaire et le charbon, et investir à la place massivement l’argent des contribuables dans la fusion froide.

La fusion froide est beaucoup plus abordable et plus particulièrement appropriée pour la production d’électricité distribuée localement hors réseau dans les pays en développement [14] (voir Lighting Africa, SiS 50) *.
* Version en français intitulée "Le moyen de s’éclairer en Afrique" par le Dr. Mae-Wan Ho. Traduction et compléments de Jacques Hallard. Accessible sur le site http://isias.transition89.lautre.ne...

La fusion froide permettrait un approvisionnement constant en électricité, de façon sûre, fiable et avec des émissions de carbone extrêmement faibles, en complément des options d’énergies renouvelables qui marchent déjà, comme le solaire, l’éolien et la digestion anaérobie. [5].

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 Définitions & compléments

La fusion froide est-elle vraiment prête pour une production commerciale ?

 Traduction, définitions et compléments en français :

Jacques Hallard, Ing. CNAM, consultant indépendant.
Adresse : 19 Chemin du Malpas 13940 Mollégès France
Courriel : jacques.hallard@wanadoo.fr
Fichier : ISIS Energie Cold Fusion Ready for Commercial Production ? French version.3 allégée


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