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"Un ‘super-riz’ sans avoir recours aux OGM : le rêve de la Chine devient réalité" par le Professeur Li Kangmin

Traduction et compléments de Jacques Hallard
dimanche 5 février 2012 par Kangmin Li

ISIS Génétique Agriculture Alimentation
Un ‘super-riz’ sans avoir recours aux OGM : le rêve de la Chine devient réalité
Super-rice without GM, China’s Dream Comes True
Un objectif de rendement de grains de riz de 1.000 kg par mu [soit 15.000 kg par hectare] est visé en 10 ans de sélection – Par le Professeur Li Kangmin

Rapport de l’ISIS en date du O5/12/2011
Une version entièrement référencée et illustrée de ce rapport, intitulée Super-rice without GM, China’s Dream Comes True , est accessible par les membres de l’ISIS sur le site http://www.i-sis.org.uk/Chinese_Dre...
S’il vous plaît diffusez largement et rediffusez, mais SVP donnez l’URL de l’original et conservez tous les liens vers les articles sur notre site ISIS
http://www.i-sis.org.uk/foodFutures.php
Food Futures Now - *Organic *Sustainable *Fossil Fuel Free. By Mae-Wan Ho
Sam Burcher, Lim Li Ching & others - ISIS-TWN Report Sustainable World 2nd report. “How organic agriculture and localized food (and energy) systems can potentially compensate for all greenhouse gas emissions due to human activities and free us from fossil fuels”.

Un « super riz » créé en Chine par la sélection végétale classique [sans avoir recours à des Organismes Génétuuement Modifés OGM] donne un rendement de 926.6 kg / mu (1 mu = 1 / 15 ha). Les experts du Ministère de l’Agriculture de la Chine ont annoncé, le 19 Septembre 2011, les résultats des expérimentations conduites sur le terrain dans le village de Leifeng, comté de Longhui dans la province du Hunan. La technologie du riz hybride chinois est adoptée aujourd’hui dans le monde [1].

Des experts et des professeurs nommés par le Ministère de l’Agriculture s’étaient rassemblés la veille dans le village pour examiner et vérifier le rendement du riz hybride ‘Y Liangyou II’ élaboré par les méthodes et les techniques de la sélection végétale au Centre de Recherche sur le riz dans la province du Hunan ; ce riz a été cultivé dans des parcelles d’essai totalisant 108 mu, soit 7,2 hectares.

L’équipe d’experts a numéroté toutes les parcelles d’essais et trois parcelles ont été ensuite retenues aléatoirement pour déterminer le rendement : n° 2, 5, et 8. M. Cheng Shihua du Ministère de l’Agriculture a rapporté que 920,1 kg de grains ont été récoltés sur la parcelle N° 2 d’une superficie de 501,2 m2 ; 1165.9 kg sur la parcelle N° 5 d’une superficie de 559,1 m 2, et 1106.1 kg sur la parcelle N° 8 d’une superficie de 562 m2. Après séchage et élimination des impuretés, et sur la base d’une teneur en eau de 13,5%, les rendements de 3 parcelles ont été enregistrés : 901.1 kg, 938.2 kg, et 940.5 kg par mu, respectivement, la moyenne pondérée étant de 100 mus étant égale à 926.6 kg par mu [soit 13.899 kg par hectare].

  Une combinaison de l’hétérosis et une amélioration de la morphologie

L’académicien Professeur Yuan Longping avait été présenté précédemment dans le magazine ‘Science in Society’ pour son introduction du système innovant d’intensification de la production du riz en Chine (voir [2] Does SRI Works ? , SiS 23) ; il a déclaré que la cible du « super-riz » dans cette troisième phase, a été réalisée avec une variété amélioréeb par une méthode perfectionnée, produisant d’excellents grains qui ont profité d’une bonne gestion et de nombreux avantages climatiques et écologiques.

En 1997, Yuan Longping résumait le succès des riz hybrides en Chine travaillés pendant 40 ans, comme une combinaison de l’effet d’hétérosis et d’une morphologie améliorée [3]. Le rendement du cultivar "Y Liangyou II", dépassant 900 kg par mu, est la dernière réalisation de cette approche technique. Dans l’expression de Yuan Longping, la morphologie améliorée signifie un cultivar qui a « une taille élevée et une grande vigueur énergétique ».

Il a précisé qu’une fertilisation spéciale pour le « super-riz » leur a permis d’atteindre l’objectif de rendement ; un autre facteur a été le sol de haute qualité dans le comté de Longhui. Il est recommandé pour les « super-ri z » d’apporter dans les champs une fumure organique bien décomposée de 1.000-1.200 kg / mu [soit 15 à 18 tonnes par hectare]. En outre, une fertilisation azotée doit être ajoutée au riz hybride Xian (Oryza sativa L. indica) : 10-12 kg / mu [soit 150 à 180 kg), et pour le riz hybrise jing (Oryza sativa L. japonica), (en réalité il doit s’agir d’O. S. L. ding [4]), il est recommandé d’apporter à 12-15 kg / mu [soit 180 à 225 kg] d’engrais azoté. Il est également important d’appliquer ces engrais au moment opportun, par exemple, pendant l’épiaison lors de la croissance du riz. En fait, les « super-riz » résultent d’un développement antérieur à partir du nanisme et de la sélection avec effet d’hétérosis, afin de créer une longueur de tige idéale grâce à l’hétérosis et par une hybridation interspécifique [5].

  La prochaine cible est d’atteindre un rendement à grande échelle de 700 kg par mu [10.500 kg / ha]

La percée actuelle du rendement peut-elle se traduire par un rendement de 900 kg / mu à l’échelle commerciale ? Yuan Longping ne le pense pas : mais il pense qu’il doit être possible d’atteindre 80% du rendement enregistré à partie des essais réalisés, soit plus de 700 kg par mu, ce qui est réalisable en fonction de l’expérience passée en la matière.

Les rendements les plus élevés du riz dans le monde sont les suivants : en Australie, en moyenne environ 660 kg / mu [9.900 kg / ha], suivie par le Japon : 445 kg / mu [6.675 kh / ha]. Les rendements de la Chine du « super-riz » ont atteint 550 et 600 kg / mu [8.250 kh / ha], respectivement, à grande échelle, comme résultat des deux premières phases du développement.

Quant à la qualité de « super-riz », Yuan Longping a déclaré que durant les années 1970 et 1980, l’accent avait été principalement mis sur la quantité, afin de résoudre le problème alimentaire, tandis que la qualité était secondaire. Comme le niveau de vie s’améliore, les gens ne se contentent pas de remplir leurs ventres, mais ils veulent aussi bien manger et donc la sélection pour le « super-riz » a nécessité à la fois un rendement élevé et une haute qualité des grains.
Quatre correspondantes de presse de Hong Kong et de Macao sont venues au Centre de Recherches sur le riz au Hunan, pour y faire des interviews. Elles ont été invitées à un repas de « super-riz ». Trois d’entre elles ont mangé chacune trois bols de riz et la quatrième en a mangé deux. Elles ont fait l’éloge du bon goût du « super-riz ». Un milliardaire de Hong Kong, qui avait dîné au Centre de recherche, a exigé d’emblée après avoir mangé, d’emporter un sac pour en faire profiter son épouse à la maison.

  Ultime objectif en 10 ans : obtenir un rendement en grains de riz de 1.000 kg par mu [soit 15.000 kg / ha]

Yuan Longping, qui a 81 ans, a déclaré avec humour « être né de nouveau en 1980 », Il a ajouté : « Quand j’ai fait l’étape suivante dans les années 90, j’ai pu obtenir un rendement du super-riz de plus de 1.000 kg, ce qui était mon rêve ». « Ceci est une réplique à la question de Lester Brown : « ‘les Etats-Unis peuvent-ils nourrir la Chine ?’ » [6].

La cible pour la recherche d’un « super-riz » donnant 1.000 kg / mu n’a pas encore été approuvée par le Ministère de l’agriculture, mais Yuan Longping s’en occupe activement. Il a dit qu’il serait très difficile d’atteindre un rendement de plus de 1.000 kg par mu. « Nous avons mis quatre années pour atteindre chacun les rendements cibles de 700 kg et de 800 kg, puis 7 ans pour atteindre 900 kg, et on pourrait travailler encore pendant 10 ans pour atteindre un rendement en grains de 1. 000 kg par mu (ou 15.000 kg par ha).

Le riz est l’aliment de base pour plus de la moitié de la population mondiale. La production de riz par hectare est maintenant disponible pour nourrir 27 personnes, et il faudra pouvoir nourrir 43 personnes en 2050. Yuan a déclaré que de nombreux pays dans le monde sont préparés pour adopter les semences des riz hybrides chinois.

Si les zones de leurs mises en culture sont augmentées et arrivent à atteindre 75 millions d’hectares au niveau mondial, un rendement accru de 2.000 kg par hectare devrait fournir 150 millions de tonnes supplémentaires, permettant l’alimentation de 400 à 500 millions de personnes de plus sur la terre, et garantir efficacement la sécurité alimentaire [7]. La Chine est prête à aider les populations pour dire adieu à la famine.

Le Professeur Li Kangmin est le représentant de la Chine auprès de l’Organisation internationale des biotechnologies et du génie génétique, et il a conduit des recherches intensives sur ​​l’agriculture écologique [agroécologie] et sur l’économie circulaire locale.

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 Définitions et compléments en français :

Un ‘super-riz’ sans avoir recours aux OGM : le rêve de la Chine devient réalité

 Traduction, définitions et compléments :

Jacques Hallard, Ing. CNAM, consultant indépendant.
Relecture et corrections : Christiane Hallard-Lauffenburger, professeur des écoles
honoraire.
Adresse : 19 Chemin du Malpas 13940 Mollégès France
Courriel : jacques.hallard921@orange.fr
Fichier : ISIS Génétique Agriculture Alimentation Super-rice without GM, China’s Dream Comes True French version.3 allégée


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