ISIAS

"Les échecs et les dangers des plantes génétiquement modifiées" par le Dr. Eva Sirinathsinghji

Traduction et compléments de Jacques Hallard
samedi 11 février 2012 par Sirinathsinghji Eva

ISIS OGM
Les échecs et les dangers des plantes génétiquement modifiées
Bt Crops Failures & Hazards
L’affirmation selon laquelle les organismes génétiquement modifiés (OGM) sont le moyen le plus prometteur pour augmenter le rendement des plantes cultivée est contredite par de nombreuses études scientifiques indépendantes, ainsi que par l’expérience directe que nous avons tirée à partir des cultures de plantes génétiquement modifées en Inde, en Chine, en Argentine et aux États-Unis. Le Dr. Eva Sirinathsinghji passe en revue les preuves obtenues et réunies sur les cultures de plantes Bt génétiquement modifiées pour être résistantes à des insectes insectes.

Rapport de l’ISIS en date du 14/12/2011
L’article original en anglais s’intitule Bt Crops Failures & Hazards ; il est accessible sur le site http://www.i-sis.org.uk/Bt_crops_fa...
Le présent rapport a été soumis à l’EPA pour le compte de l’Institut des Sciences dans la Société. S’il vous plaît diffusez largement et transmettez à vos responsables politiques et administratifs

L’augmentation de la résistance des insectes vis-à-vis des plantes génétiquement modifiées (OGM), y compris avec les semences de Monsanto les plus vendues, le maïs Bt, menace l’utilité et la rentabilité de ces OGM. La résistance aux insectes a suscité une nouvelle enquête qui a été menée par l’Environmental Protection Agency (EPA), l’Agence de Protection de l’Environnement aux Etats-Unis. Selon des documents figurant dans le dossier nouvellement communiqué (Dossier n° : EPA-HQ-OPP-2011-0922) [1], des dommages « sévères », causés par l’insecte chrysomèle des racines du maïs, ont été enregistrés dans quatre États américains.
En outre, l’EPA décrit le programme de surveillance de la résistance des insectes, préconisé par Monsanto comme « inadéquat ». L’EPA recueille des informations publiques de lutte contre les dommages que pourraient se traduire par de gravec dégâts sur les cultures d’OGM produisant des toxines Bt, ainsi que des pertes économiques. Au cours de cette enquête, il est noté des baisses significatives dans la valeur des actions boursières de la société Monsanto [2]. Les commentaires et les informations, concernant la résistance aux insectes, peuvent être soumis à l’EPA sur leur site web [1].
En 2010, les plantes génétiquement modifiées conçues pour produire des toxines insecticides à partir de la bactérie Bacillus thuringiensis (Bt), ont été cultivées sur plus de 58 millions d’hectares de terres cultivées dans le monde [3].
D’abord commercialisées aux Etats-Unis en 1996, elles sont aussi la seule catégorie de plantes OGM commercialisées et cultivées dans l’Union Européenne, dans laquelle l’Espagne en est le principal pays producteur.
En dépit de leur commercialisation à grande échelle, la preuve de leur fonctionnalité est toujours insaisissable, alors que les preuves des effets néfastes de ces OGM pour l’environnement, pour la santé des personnes, pour la sécurité économique et pour l’autodétermination des populations sont sans cesse mises en avant.
Les partisans des OGM ont à maintes reprises affirmé que les cultures de plantes Bt peuvent aider à lutter contre la faim dans le monde, en augmentant les rendements agricoles tout en réduisant l’utilisation des pesticides, fournissant ainsi une option pour une meilleure productivité et un usage plus sûr écologiquement, par rapport aux variétés de plantes cultivées traditionnelles.
Toutefois, comme le souligne un récent rapport réalisé par une vingtaine de personnes, représentant de groupements concernés par l’alimentation et la conservation de ressources en Inde, dans le Sud-Est asiatique, en Afrique et en Amérique latine - représentant des millions de personnes, ces allégations sont fausses. L’utilisation des pesticides a augmenté, tandis que les rendements des cultures d’OGM se sont révélés inférieurs à ceux des variétés classiques (voir [4] Transgenic Cotton Offers No Advantage, SiS 38) et la faim dans le monde a atteint actuellement des proportions désastreuses [5] *.
* Version en français "OGM Le coton transgénique n’offre aucun avantage" par le Dr Mae-Wan Ho, traduction de Jacques Hallard ; accessible sur http://yonne.lautre.net/spip.php?ar...
A ce jour, les évaluations des risques des toxines Bt ont été insuffisantes, notamment en raison de l’absence inexplicable de données fiables sur les concentrations de toxine Bt produite dans les plantes génétiquement modifiées, y compris au niveau des racines et du pollen. L’efficacité présumée et la sécurité de ces produits ne peuvent pas être établies, alors que les niveaux d’exposition n’ont pas été déterminés avec certitude.

Une nouvelle étude fait état d’une méthode standardisée pour tester les niveaux de la toxine Bt et on trouve encore des variations importantes dans les résultats, variations déjà soulignées dans les études précédentes [6].

En particulier, les rapports concernant la baisse des concentrations en toxines Bt dans la chaîne alimentaire et dans les sols sont peu fiables et doivent être réévalués et répétés. Jusqu’à présent, en dépit de ces insuffisances dans l’évaluation des risques, les preuves de la toxicité des toxines Bt vis-à-vis de l’environnement et de la santé publique ne cessent de s’accumuler.

La présente étude résume l’ensemble des preuves se rapportant à l’efficacité et à l’innocuité des cultures plantes Bt en ce qui concerne la lutte antiparasitaire, la santé humaine et l’impact environnemental.

  Echecs des OGM dans la lutte antiparasitaire

L’hypothèse selon laquelle les cultures plantes Bt peuvent augmenter les rendements en réduisant le nombre des insectes nuisibles peut être interrogée à trois niveaux.

Tout d’abord, l’expression de la toxine n’est pas suffisamment fiable pour tuer tous les insectes nuisibles cibles. Deuxièmement, des ravageurs secondaires, qui ne sont pas sensibles aux toxines Bt, peuvent émerger à la suite d’une réduction de l’utilisation des pesticides, de mauvaises pratiques agricoles, par exemple la monoculture, et la réduction des concurrents pour la nourriture ou l’habitat des ravageurs cibles. Troisièmement, les parasites peuvent développer une résistance aux toxines Bt, ce qui rend ces dernières inefficaces.

  Les niveaux des toxines Bt ne sont pas suffisants pour tuer les insectes ravageurs

La modification génétique des plantes est imprévisible par nature. Les gènes codant pour la synthèse des toxines Bt ont été insérés dans les plantes afin qu’elles puissent être exprimées de manière cohérente, à travers la plante entière. Cependant, des études ont montré que l’expression de la toxine Bt n’est pas toujours exprimée à travers la plante entière ou pendant toute sa durée de vie ; il en résulte que certaines parties de la plante ne contiennent pas suffisamment de toxines pour tuer les parasites [7,8].

Les faibles niveaux de toxine peuvent également exacerber la résistance aux pesticides. En effet, les agriculteurs ont signalé des pertes de récoltes en raison des ravageurs cibles. Aux États-Unis, 25 agriculteurs ont engagé une poursuite contre Monsanto à cause de l’échec de leur coton Bt qui fait pour protéger les cultures contre les infestations d’insectes [5].

Une enquête de 2005, portant sur plus de 100 paysans indiens de l’Andhra Pradesh, en Inde, a révélé que 32,5 pour cent des exploitations avaient subi des infestations par des chenilles de l’armigère, une noctuelle de l’espèce désignée comme American bollworm (Helicoverpa armigera) (voir [9] Organic Cotton Beats Bt Cotton in India, SiS 27).

Fait intéressant à signaler, les agriculteurs biologiques ont rapporté une incidence de seulement 4,1 pour cent des infestations, ce qui suggère que l’approche du coton Bt ne peut pas être la meilleure recommandation pour la lutte antiparasitaire, au moins dans cette zone géographique.

  Des infestations de ravageurs et des maladies, qui étaient jusque là secondaires, causent des dégâts divers dans les cultures d’OGM

L’argument selon lequel les cultures de plantes Bt réduisent l’utilisation des pesticides est également contesté par l’émergence de ravageurs secondaires. Une étude publiée dans Science l’année dernière a révélé que sur une période de 10 ans, les punaises mirides ou bug mirides en anglais, qui étaient auparavant considérées comme un ravageur occasionnel ou mineur, ont acquis un statut de ravageurs, avec des tailles croissantes des populations, ce qui correspondait à une diminution de l’utilisation des pesticides sur les champs de coton Bt en Chine du Nord. C’est non seulement un problème pour les cultures de plantes Bt, mais également pour beaucoup d’autres cultures.

L’apparition de ces ravageurs secondaires, qui ne sont pas sensibles aux toxines Bt, signifie maintenant que d’autres pesticides complémentaires sont devenus nécessaires [pour protéger les cultures] [10] (voir [11] GM-spin Meltdown in China, SiS 47) *.
* Version en français "L’engouement pour les plantes génétiquement modifiées tourne court en Chine avec le coton Bt’ par le Professeur Peter Saunders, traduction, compléments et références par Jacques Hallard ; accessible sur http://yonne.lautre.net/spip.php?ar...

Avec les semences d’OGM qui sont très coûteuses à l’achat par les agriculteurs, d’une part, et les coûts supplémentaires des pesticides rendus nécessaires, d’autre part, les agriculteurs sont dans une situation pire qu’auparavant.
En Inde, les champs de coton Bt montrent également des infestations par des ravageurs nouveaux, tels que la cochenille farineuse, les cécidomyies, les moustiques et les chenilles de carthame qui n’ont pas présenté de problème jusque là (voir [12] ] Mealy Bug Plagues Bt Cotton in India and Pakistan, SiS 45).

Bien qu’initialement, le coton Bt avait partiellement réussi à réduire les infestations de la chenille armigère du coton, les cultures de coton peuvent être la cible de 165 espèces différentes de parasites qui ne sont pas toutes sensibles à la toxine Bt : les infestations par des ravageurs secondaires, et de nouvelles maladies comme le virus "streak" et d’autres virus sont en recrudescence (voir [13] Farmer Suicides and Bt Cotton Nightmare Unfolding in India, SiS 45).
Les nouvelles infestations de cochenilles qui ont été observées à travers l’Inde et le Pakistan sont à l’origine de réductions considérables dans les rendements des cultures d’OGM Bt (moins 45-50 pour cent en 2007-2008) ; les deux espèces de cochenilles prédominantes proviennent des États-Unis et elles sont arrivées depuis l’introduction du coton Bt. Ces insectes ont également été retrouvés sur d’autres plantes cultivées, y compris l’aubergine, le gombo, la tomate, le piment, la pomme de terre, les ‘haricots en grappes’ (appelés aussi haricots guar/guwar/guvar/gawar en Inde, et plus exactement en latin Cyamopsis tetragonolobus), le haricot ‘mung bean’ (aussi appelé ‘green gram’, ou encore ‘golden gram’, en larin Vigna radiata), enfin la papaye et le tournesol [14].

Des études indépendantes effectuées en Inde montrent des réductions significatives des rendements des cultures, qui sont en corrélation avec des réductions de revenus des agriculteurs, ainsi que des nombres effrayants de suicides d’agriculteurs, en raison de leur surendettement à cause de l’achat des variétés de semences OGM Bt trop coûteuses, le tout combiné avec le faible rendement des cultures [13].

Une étude comparant le coton biologique et le coton OGM Bt sur plus de 200 fermes dans l’état d’Andhra Pradesh en Inde, a mis en évidence la propension du coton Bt à accumuler des maladies et des ravageurs, avec des rendements réduits [9].

  La résistance au système Bt chez les ravageurs cibles

Comme cela avait été prédit par de nombreux scientifiques, lorsque la culture des plantes Bt s’étend sur un territoire, la résistance aux toxines Bt a maintenant émergé et se répand.

Jusqu’ici, huit populations de ravageurs résistants aux toxines Bt ont été répertoriées : deux de ces ravageurs sont devenus résistants aux pulvérisations de Bt, et les six autres espèces ont montré une adaptation avec une résistance aux plantes génétiquement modifies pour produire la toxine Bt [et donc pour les tuer] (voir [15] Bt Resistant Rootworm Spreads, SiS 52) *.
* Version en français "Les chrysomèles résistant aux toxines Bt se propagent dans différents pays" par le Dr Eva Sirinathsinghji, traduction et compléments de Jacques Hallard : accessible sur http://isias.transition89.lautre.ne...

Ce n’est pas une conséquence surprenante chez les cultures de plantes Bt : même Monsanto admet que c’est un processus naturel et biologique auquel on pouvait s’attendre. Il apparaît maintenant que la résistance, au moins en ce qui concerne la chrysomèle occidentale dans les champs de l’Iowa aux Etats-Unis, n’est pas conditionnée par un caractère génétique qui s’exprime sur le mode récessif, ce qui signifie qu’une seule copie d’un gène de résistance est suffisante pour permettre la survie des insectes (par opposition à deux exemplaires du gène qui seraient nécessaires pour avoir le même effet si le gène était récessif). Cela a des conséquences majeures pour la vitesse avec laquelle la résistance peut se propager dans les populations de ravageurs.

En conséquence de l’apparition des parasites résistants aux toxines Bt, les entreprises de semences et de biotechnologies sont fort préoccupées pour fabriquer des plantes génétiquement modifiées [OGM] qui, dans la prochaine génération de variétés OGM, comportent de plus en plus de gènes différents, ‘empilés’, pour synthétiser les toxines Bt.

Par exemple, le coton Bolgard contenait à l’origine une seule toxine Bt (Cry1Ac), le coton Bollgard II contient 2 toxines, tandis que Bollgard III a été modifié génétiquement pour produire trois toxines différentes. La dernière famille d’OGM ‘SmartStax’ possède au moins 8 gènes actifs : 6 pour la résistance aux insecticides et deux pour la résistance aux herbicides.
Bien qu’en apparence il puisse sembler que les échecs des cultures d’OGM peuvent s’avérer une mauvaise affaire pour les sociétés d’agrotechnologie, l’échec des cultures de plantes transgéniques de la première génération se sont malgré tout révélées comme étant effectivement rentables pour les industriels concernés. Les agriculteurs se retrouvent enfermés dans un cycle de dépendance : ils sont amenés à revenir acheter des produits plus forts ou plus coûteux. Le terme utilisé dans les entreprises concernées pour décrire la conception d’un produit présentant une durée de vie aussi limitée, se dénomme une « obsolescence planifiée » [16].

  En ce qui concerne la santé humaine

Il a été démontré que la toxine Bt est capable de causer des dommages à des organes divers, y compris le cœur, les reins et le foie chez les animaux de laboratoire [17]. Par ailleurs, des réponses immunitaires néfastes ont été observées chez les animaux au cours des expérimentations de laboratoire, ainsi que chez les êtres humains. Une étude a aussi montré des réponses immunitaires de la toxine Bt qui sont similaires à celles qui sont observées avec la toxine du choléra [16].

Une allergénicité a également été observée chez des agriculteurs et des ouvriers qui avaient travaillé dans une usine sur des produits de récoltes de matéreil Bt : avec des effets néfastes au niveau des yeux, sur la peau et dans les voies respiratoires (voir [19] (More illnesses linked to Bt crops, SiS 30).
[Note du traducteur -On peut aussi utilement consulter sur ce sujet l’article suivant :
- "OGM : de sérieux risques d’allergie" un dossier de Jacques Hallard, contenant l’article du vendredi 9 décembre 2005 de Ho Mae-Wan Dr : de sérieuses réactions immunitaires à une protéine transgénique ont été observées au niveau des poumons chez des souris expérimentales nourries avec de la farine d’un pois transgénique créé pour présenter une résistance à une bruche qui ravage les gousses et les graines chez cette espèce. Accessible sur http://yonne.lautre.net/spip.php?ar... ]

Contrairement aux affirmations des industriels impliqués, le gène Bt, tout comme les toxines Bt d’ailleurs, restent dans le corps des êtres vivants : elles ne sont pas dégradées dans l’intestin, comme cela avait été prétendu antérieurement.

Une étude récente conduite au Canada a révélé que plus de 90 pour cent des femmes et leurs bébés à naître étaient porteurs de la toxine Bt dans leurs vaisseaux sanguins, tout simplement après avoir été nourris avec une alimentation canadienne typique [20].

Le passage à travers la barrière placentaire est une préoccupation évidente : une baisse de la fertilité chez les souris alimentées avec maïs Bt a été observée dans une étude de laboratoire et rapportée (voir [21] GM Maize Reduces Fertility & Deregulates Genes in Mice, SiS 41) *.
* Version en français "Un maïs génétiquement modifié réduit la fertilité et dérègle des gènes chez les souris" par le Dr. Mae-Wan Ho, traduction de Jacques Hallard ; accessible sur http://yonne.lautre.net/spip.php?ar... et http://yonne.lautre.net/spip.php?ar...

  D’autres préoccupations concernant les dommages environnementaux et écologiques

En plus de leurs effets néfastes sur la santé humaine, les toxines Bt ont des conséquences sur les écosystèmes planétaires, sur la propagation d’organismes aquatiques et dans les sols.

Un organisme modèle très commun et très utilisé pour les études écotoxicologiques est la puce d’eau Daphnia magna.

Une étude a montré que lorsque ces petits organismes animaux sont nourris avec un régime contenant 100 pour cent de maïs Bt, ils présentaient une mortalité accrue, une diminution du nombre de femelles qui atteignent le stade de la maturité sexuelle, et une production d’œufs qui a été globalement réduite [22]. La mortalité globale était également plus élevée. Les auteurs ont conclu que les effets causés par le maïs Bt ont été le résultat d’effets toxiques et qu’ils ne provenaient pas d’une diminution du contenu nutritionnel du maïs Bt.

Il a aussi été démontré que le pollen du maïs Bt peut augmenter la mortalité des larves du papillon monarque. Avec la destruction des habitats de ce papillon, les herbicides à base de glyphosate [spécialité commerciale ‘Roundup’], peuvent être au moins partiellement tenus pour responsables du déclin du nombre de papillons monarques qui migrent à partir des États-Unis vers le Mexique pour y passer l’hiver [23,24] (voir [25] Glyphosate and Monarch Butterfly Decline, SiS 52) *. 
* Version en français "Le glyphosate et le déclin du papillon monarque" par le Dr Eva Sirinathsinghji, traduction et compléments de Jacques Hallard ; accessible sur http://isias.transition89.lautre.ne...

Du fait que la toxine Bt est également exprimée dans les racines des plantes, il s’infiltre aussi dans le sol dans lequel sa persistance se manifeste pendant au moins 180 jours. Cela affecte la fertilité des sols et peut nuire aux organismes vivants dans les sols, ce qui appauvrit les terres cultivables et diminue les rendements des cultures.

Une étude menée en Inde a révélé que les bactéries du sol dans les champs cultivés avec du coton Bt ont été réduites de 14 pour cent en nombre, tandis que la biomasse microbienne totale a été réduite de 8,9 pour cent (voir [26] Monsanto’s Bt Cotton Kills the Soil as Well as Farmers, ISIS Report 23/02/09).
Ceci a des implications pour les rendements des cultures ainsi qu’avec la pathologie, avec l’apparition d’une nouvelle maladie appelée émergente, en raison de carences en nutriments dans le sol. Cela provoque chez les plantes des symptômes de rougissement et de flétrissement.

La contamination génétique croisée des variétés génétiquement modifiées avec des variétés non GM, pose aussi de gros risques pour la biodiversité, comme cela a été documenté avec du maïs GM au Mexique [27].

Dans le cadre d’études de terrain [conduites dans l’Etat de l’Indiana aux Etats-Unis] les sous-produits des plantes cultivées Bt [dispersées dans le milieu naturel] se sont révélés capables de réduire de 50 pour cent le taux de croissance d’insectes aquatiques (les phryganes) et d’augmenter leur taux de mortalité [28] (voir [29] Bt Crops Threaten Aquatic Ecosystems, SiS 36) *.
[* Voir aussi une sélection d’articles en français dans la rubrique OGM - Pollution des rivières, dans la partie ‘Définitions et compléments’ à la suite de cet article.]

Enfin, il a été démontré que la moitié des trichoptères qui vivent près des champs de maïs Bt, peuvent avoir du pollen de maïs Bt dans leur système digestif. Les effets potentiels des toxines Bt sur des êtres vivants ‘hors-cible’, sont possibles dans les sols ainsi que dans les ruisseaux et dans les rivières.

  Pour conclure

Les cultures des plantes Bt sont, dans le meilleur des cas, inutiles dans la panoplie de la lutte antiparasitaire, et au pire, elles constituent un facteur aggravant pour les infestations de ravageurs et pour la réduction des rendements. Ces cultures d’OGM s’avèrent également dangereuses pour les espèces d’insectes non ciblées dans les écosystèmes, ainsi que pour la santé humaine.

De toute évidence, les moyens disponibles avec la lutte antiparasitaire intégrée, et sans faire appel aux plantes génétiquement modifiées [OGM], constituent une stratégie qui s’avère de loin bien supérieure et qu’il faut favoriser.

Références

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2. “Monsanto Corn May Be Failing to Kill Bugs, EPA Says”, Bloomberg, December 3rd 2011, http://www.bloomberg.com/news/2011-...
3. James C. Global Status of Commercialized Biotech/GM Crops : 2010. ISAAA Brief No. 42. 2010, Ithaca, New York : ISAAA
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5. “The GMO Emperor has no Clothes” Navdanya International report, 2011 http://www.navdanyainternational.it...
6. Székács A, Weiss G, Quist D, Takács E, Darvas B, Meier M, Swain T, Hilbeck A. Inter-laboratory comparison of Cry1Ab toxin quantification in MON 810 maize by enzyme-immunoassay. Food and Agricultural Immunity 2011, DOI:10.1080/09540105.2011.604773,
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 Définitions et compléments :

 Traduction, définitions et compléments :

Jacques Hallard, Ing. CNAM, consultant indépendant.
Relecture et corrections : Christiane Hallard-Lauffenburger, professeur des écoles
honoraire.
Adresse : 585 19 Chemin du Malpas 13940 Mollégès France
Courriel : jacques.hallard921@orange.fr
Fichier : ISIS OGM Bt Crops Failures & Hazards French version.3 allégée


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