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"Le glyphosate est toxique pour les cellules buccales et il endommage l’ADN. Le ‘Roundup’ est bien pire encore" par le Dr Eva Sirinathsinghji

dimanche 20 mai 2012 par Sirinathsinghji Eva

ISIS Santé OGM
Le glyphosate est toxique pour les cellules buccales et il endommage l’ADN. Le ‘Roundup’ est bien pire encore
Glyphosate Toxic to Mouth Cells & Damages DNA, Roundup Much Worse
Une autre preuve des effets génotoxiques et cytotoxiques de ces substances à effet herbicide : un prélude à un cancer, à des malformations congénitales et à des problèmes de reproduction. Dr Eva Sirinathsinghji

Rapport de l’ISIS en date du 28/03/2012
Une version entièrement référencée de cet article intitulé Glyphosate Toxic to Mouth Cells & Damages DNA, Roundup Much Worse est posté et accessible sur le site Web d’ISIS http://www.i-sis.org.uk/Glyphosate_... C’est par ailleurs disponible en téléchargement ici
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Les résultats de nouvelles recherches indiquent que le glyphosate provoque des dommages aux cellules épithéliales et à l’ADN provenant de l’intérieur de la bouche et de la gorge [1]. Ils soulèvent de graves préoccupations en matière de sécurité par l’inhalation du glyphosate, l’une des voies les plus communes par lesquelles les utilisateurs de cette matière active herbicide sont exposés.
Siegfried Knasmueller et ses collègues de l’Université médicale de Vienne, en Autriche, ont constaté que la formulation commerciale de Monsanto à base de glyphosate, appelée ‘Roundup Ultra Max’ a causé des dommages cellulaires et des détériorations de l’ADN, y compris des anomalies chromosomiques, et que finalement ces produits tuent les cellules à des concentrations plus élevées. Ce qui est important de constater, c’est que les altérations de l’ADN se sont produites à des concentrations inférieures à celles qui sont requises pour induire des dommages aux cellules ! Cela suggère que les altérations de l’ADN ont été causées directement par le glyphosate, au lieu d’être simplement un résultat indirect de la toxicité cellulaire.

Ce ne sont pas les premiers résultats qui concernent les effets cytotoxiques et génotoxiques des herbicides à base de glyphosate. Au cours des dernières années, de nombreuses équipes de chercheurs indépendants ont été en mesure de décrire les risques de l’exposition au glyphosate à partir d’études cliniques in vivo et in vitro. Des dommages sur l’ADN ont été observés dans les échantillons de sang provenant de résidents exposés en Argentine et en Equateur [2, 3].

Il a été démontré que des souris de laboratoire présentaient des dommages au niveau des chromosomes et de l’ADN dans la moelle osseuse, dans le foie et dans les cellules rénales, ainsi que dans les cellules lymphoïdes [4].

Des effets similaires ont été trouvés chez des espèces différentes en dehors des mammifères : chez les oursins [5], le poisson rouge [6, 7], les anguilles [8], le tilapia, parmi les poissons [9], ainsi que chez la mouche des fruits [10]. Ces expériences démontrent que les herbicides à base de glyphosate sont dangereux pour l’homme et pour de nombreuses autres espèces animales.

Le glyphosate est hautement soluble dans l’eau, de sorte que les impacts négatifs sur la faune aquatique peuvent être particulièrement préoccupants, surtout après le récent rapport sur la présence de glyphosate dans l’eau de pluie, dans les eaux souterraines, dans les rivières et dans l’air [11, 12]. Ses effets extrêmement toxiques sur les amphibiens, comme les grenouilles, ont déjà été démontrés (voir [13] Roundup Kills Frogs, SiS 26).

Des dommages aux cellules ont été observés et rapportés dans de nombreux types de cultures cellulaires, y compris dans celles issues des testicules de rats (voir [14] Glyphosate Kills Rat Testes Cells, SiS 54) *,
* Version en français "Le glyphosate tue les cellules testiculaires chez le rat" par le Dr Eva Sirinathsinghji. Traduction et compléments de Jacques Hallard. Accessible sur http://isias.transition89.lautre.ne...
Des dommages ont aussi été constatés au niveau du placenta humain, du cordon ombilical et de l’embryon (voir [15] Death by Multiple Poisoning, Glyphosate and Roundup, SiS 42) *, ainsi que chez le rat et les neurones de la carpe [16, 17], et au niveau du foie [18, 19].
* Version en français "’Roundup’ et glyphosate : mortifères par empoisonnements multiples" par le Dr. Mae-Wan Ho et Brett Cherry. Traduction et compléments de Jacques Hallard. Accessible par http://isias.transition89.lautre.ne...

  De nombreux tests montrent tous les dommages cellulaires en réponse à l’herbicide ‘Roundup’ à base de glyphosate

Pour tenir compte de l’exposition professionnelle, des cellules épithéliales buccales d’origine humainesont été exposées au glyphosate et au Roundup pendant 20 minutes seulement, à des concentrations allant de 10 mg / litre à 200 mg / litre. La formulation commerciale de Roundup utilisée pour les expériences contient 450 g / litre de glyphosate et elle doit être diluée selon les instructions du fabricant à raison de 1 à 3% avant son utilisation (soit une concentration finale de 4.500 à 13.500 mg / litre). Les chercheurs ont trouvé des effets significatifs avec des doses de 10 à 20 mg / litre, soit l’équivalent de 225 à 1.350 fois la dilution de la solution habituellement utilisée en pulvérisations.

Les dommages aux cellules ont été évalués par la libération, dans le milieu de culture, de l’enzyme membranaire lactose-déshydrogénase. L’intégrité et la viabilité des cellules a été indiquée par leur coloration au rouge neutre, car seules les cellules saines et en bon état ont la capacité de retenir ce colorant.
La fonction mitochondriale a été évaluée en mesurant l’activité de l’enzyme mitochondriale déshydrogénase avec le substrat XXT qui donne un produit de couleur jaune. Enfin la prolifération cellulaire a été mesurée par la teneur en protéines totales des cultures cellulaires.

Les résultats ont montré que les cellules étaient beaucoup plus sensibles à la formulation Roundup qu’au glyphosate seul. Avec le Roundup, un effet significatif a été observé à la dose de 40 mg /l itre au cours de l’essai avec le substrat XXT, tandis qu’une nette augmentation des niveaux de lactose-déshydrogénase a déjà été observée à la dose de 10 mg / litre.

La prolifération cellulaire et les essais avec le colorant rouge neutre ont été moins sensibles, avec des effets significatifs détectés à partir de 80 et 100 mg / litre respectivement (ce qui se situe encore bien en deçà des niveaux habituels d’utilisation en agriculture). Tous les effets sont dépendants de la dose des substances testées.

Avec le glyphosate, aucun effet significatif n’a été observé dans 3 des 4 essais qui ont été réalisés : seule l’activité lactose-déshydrogénase a montré des effets significatifs à une dose supérieure à 80 mg / litre.

  De nombreux tests montrent que la spécialité commerciale herbicide ‘Roundup’ provoque des dommages au niveau de l’ADN

Les dommages à l’ADN a été analysés par deux méthodes. La première méthode est basée sur le test des cellules isolées en électrophorèse sur gel (SCGE), qui révèle des cassures de l’ADN en simple ou double-brin. La seconde méthode est un test spécial complet de l’instabilité chromosomique qui enregistre les nombreuses aberrations de l’ADN : des cassures chromosomiques, de mauvaises réparations de l’ADN, la perte de chromosomes, ainsi que la mort cellulaire, soit par nécrose (mort cellulaire qui résulte de facteurs de stress extérieurs tels que les toxines), soit par l’apoptose (la mort cellulaire programmée), et enfin la croissance cellulaire.

Différentes anomalies nucléaires ont été mesurées, y compris des micronoyaux, un biomarqueur des lésions, des cassures et des pertes chromosomiques ; des bourgeons nucléaires, un biomarqueur de l’élimination de l’ADN amplifié et / ou des complexes de réparation de l’ADN, ainsi que des ponts nucléoplasmiques reflétant la formation de chromosomes dicentriques (chromosomes avec 2 centromères au lieu d’un), un marqueur de mauvaise réparation de l’ADN et / ou des fusions terminales des chromosomes.

Des effets significatifs sur l’intégrité de l’ADN, qui sont évalués par l’essai des cellules isolées en électrophorèse sur gel (SCGE), ont été observés à la dose de 20 mg / litre, à la fois avec le Roundup et avec le glyphosate seul, ce qui indique une réaction dépendante de la dose lorsque celle-ci augmente.
L’exposition des cellules pendant 20 minutes a également conduit à une augmentation significative et dépendante de la dose appliquée, ainsi qu’à des anomalies nucléaires, y compris une augmentation du nombre total de début de formation de micronoyaux à la dose de 10 mg / litre de l’herbicide Roundup, et de 15 mg / litre de glyphosate pur.

Le nombre de bourgeons nucléaires a augmenté avec les concentrations au cours des expositions, à partir de la dose de 10 mg / litre, avec le glyphosate et avec le Roundup. Dans le cas des ponts nucléoplasmiques, le seul effet significatif a été obtenu avec la dose la plus élevée de l’herbicide Roundup utilisé (20 mg / litre).

Les cellules apoptotiques ont été observées à la suite de l’application d’une dose de 20 mg / litre de l’herbicide Roundup, mais pas avec le glyphosate, alors que la nécrose s’est produite en réponse à l’application de 20 mg / litre, à la fois de Roundup et de glyphosate.

En résumé, la spécialité commerciale herbicide Roundup a été cytotoxique à des concentrations aussi faibles que 20 mg / litre, tandis que sa matière active, le glyphosate, n’est généralement pas cytotoxique pour les cellules épithéliales buccales.

Les deux substances, glyphosate seul et spécialité commerciale Roundup, ont provoqué des effets génotoxiques à des concentrations inférieures au niveau qui est nécessaire pour induire des dommages cellulaires.

Les différents effets entre le principe actif et sa formulation commerciale sont compatibles avec les travaux antérieurs, y compris avec les expériences effectuées sur différentes cultures cellulaires : testiculaires, placentaires, embryonnaires et sur des cellules du cordon ombilical (voir ci-dessus).

Ces résultats pourraient expliquer certains des maux observés chez les personnes qui travaillent avec cet herbicide ; ces résultats ajoutent encore plus de poids à une interdiction pure et simple de cet herbicide [20] Ban Glyphosate Herbicides Now, SiS 43).*.
* Version en français " Il faut interdire les herbicides à base de glyphosate dès maintenant", par le Dr. Mae-Wan Ho. Traduction et compléments de Jacques Hallard. Accessible sur http://isias.transition89.lautre.ne...

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 Définitions et compléments

Le glyphosate est toxique pour les cellules buccales et il endommage l’ADN. Le ‘Roundup’ est bien pire encore

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