ISIAS

"Pourquoi les OGM (Organismes Génétiquement Modifiés) ne peuvent pas être fiables en termes de sécurité" par le Dr Mae-Wan Ho

Traduction et compléments de Jacques Hallard
dimanche 4 août 2013 par isias

ISIS OGM
Pourquoi les OGM (Organismes Génétiquement Modifiés) ne peuvent pas être fiables en termes de sécurité
Why GMOs Can Never be Safe
Les nouvelles données de la génétique nous indiquent que les organismes vivants doivent s’engager dans des modifications génétiques naturelles pour survivre ; par contre, les modifications génétiques artificielles [appliquées dans les OGM] perturbent fondamentalement les processus vitaux naturels, et il est presque impossible d’éviter cela. D’après le Dr Mae-Wan Ho

Ce rapport est basé sur des conférences données dans le cadre d’invitations en Chine à l’occasion du Forum international sur la sécurité alimentaire et les OGM 2013, les 9 et 10 Juillet 2013 à l’Université des Finances et de l’Economie du Yunnan, à Kunming, et le 13 Juillet 2013 à l’Hôtel Gloria Plaza de Beijing, en Chine.
Rapport de l’ISIS en date du 22/07/2013
L’article original s’intitule Why GMOs Can Never be Safe et il est posté sur le site http://www.i-sis.org.uk/Why_GMOs_Ca...
Une présentation ‘Power Point’ est disponible en téléchargement ici
S’il vous plaît diffusez largement et rediffusez, mais veuillez donner l’URL de l’original et conserver tous les liens vers des articles sur notre site ISIS. Si vous trouvez ce rapport utile, s’il vous plaît, soutenez ISIS en vous abonnant à notre magazine Science in Society, et encouragez vos amis à le faire. Ou jeter un oeil à notre librairie ISIS bookstore pour d’autres publications


Pour lire ce texte en ayant accès aux documents, aux tableaux, aux liens hyoertexte, télécharger ce PDF

  De la tour d’ivoire académique à la science militante

J’évoluais dans une tour d’ivoire académique qui avait rejeté le concept de la biologie mécaniste dès le début, et je n’arrêtais pas de changer mes champs d’investigation et de recherche sur le sens de la vie, jusqu’à ce que, il y a un peu plus de 20 ans, certains des meilleurs physiciens et chimistes du monde aient été pour moi une source d’inspiration (voir [1 ] Quantum Jazz Biology, interview), * m’incitant à inventer une nouvelle physique quantique des organismes vivants [2] The Rainbow and the Worm, The Physics of organismes .
* On peut consulter quelques articles en français dans la ‘Série Jazz Quantique’ qui est accessible à partir de notre site ‘ISIAS - Introduire les Sciences et les Intégrer dans des Alternatives Sociétales’ Site : http://isias.transition89.lautre.net/

Peu de temps après, j’ai rencontré des gens remarquables comme Vandana Shiva et Chee Yokeling du ‘Third World Network’, qui m’ont appris à quel point la science peut façonner la vie des gens et comment il est crucial de travailler pour obtenir le droit à une science juste. Pour moi, la science est la connaissance la plus intime de la nature qui est belle au-delà des comparaisons ; c’est aussi une connaissance fiable qui nous permet de vivre durablement avec la nature et c’est pourqoi, depuis cette époque, j’ai consacré ma vie à la défense et la promotion de la démarche scientifique et des sciences.

  Le plus grand danger des Organismes Génétiquement Modifiés (OGM)

Un thème principal de mon livre [3] Genetic Engineering Dream or Nightmare,’the Brave New World of Bad Science and Big Business’ - d’abord publié par Vandana Shiva en 1997 et par ‘Third World Network’, le ‘Réseau du Tiers-Monde’ en 1998, bien avant les publications commerciales et les traductions - est d’élaborer ce que je considère comme le plus grand danger des modifications génétiques qui ont été induites de façon erronée par l’idéologie du déterminisme génétique.
La raison d’être et l’impulsion donnée pour le génie génétique et les modifications génétiques reposent sur le "dogme central" de la biologie moléculaire qui suppose que l’ADN (acide désoxyribonucléique) effectue toutes les instructions biologiques pour la fabrication d’un organisme vivant.
Les ‘messages génétiques’ individuels contenus dans l’ADN sont fidèlement copiés en ARN (acide ribonucléique), ils sont ensuite traduits en une protéine via un code génétique ; la protéine détermine un caractère particulier, comme la tolérance aux herbicides ou aux insectes : un gène > un caractère.
Si c’était vraiment aussi simple que cela, les modifications génétiques fonctionneraient parfaitement. Malheureusement, cette image simpliste n’est qu’une illusion.
Au lieu de chaînes causales linéaires menant de l’ADN à l’ARN, puis à la protéine et à des fonctions biologiques qui se réalisent en aval, il existe des cycles de rétroactions complexes qui mettent en interconnexion l’organisme vivant et l’environnement, à tous les niveaux biologiques, pour marquer et changer l’ARN et l’ADN à travers les générations successives (Voir le figure 1 ci-après).
Les généticiens moléculaires ont inventé le terme « génome fluide » [ou fluidité du génome] en 1980. Le génome fluide appartient au paradigme de la biologie quantique basée sur l’interdépendance et les interconnections, comme le dit Vandana Shiva.
Les organismes travaillent en intercommunication à tous les niveaux, et pas par le contrôle. Le contrôle appartient au paradigme mécaniste statique du dogme central.

Figure 1 La nouvelle génétique du génome fluide par rapport au dogme central
Pour survivre, l’organisme vivant a besoin de se livrer à une suite de modifications génétiques naturelles, réalisées en temps réel, une sorte de danse moléculaire extraordinairement précise de la vie, dans laquelle l’ARN et l’ADN réagissent et participent pleinement à des fonctions biologiques disposées « en aval ».
C’est pourquoi les organismes et les écosystèmes sont particulièrement vulnérables vis-à-vis des ADN et des ARN des modifications génétiques, ‘brutes’ et artificielles, créées par les ingénieurs en génétique de l’espèce humaine. C’est aussi pourquoi les modifications génétiques sont incertaines par nature et ne peuvent probablement jamais être sûres, en termes d’inocuité et de sécurité sanitaire alimentaire.
Plus important encore, les organismes humains forment leur propre développement et déterminent l’avenir de l’évolution ; c’est pourquoi nous devons prendre des mesures responsables pour interdire tous les rejets et les disséminations dans l’environnement des OGM, et c’est pourquoi il faut le faire dès maintenant.
Non seulement les cultures de plantes génétiquement modifiées [OGM] ont omis de remplir les nombreuses fausses promesses, mais elles sont dangereuses pour la santé et l’environnement [4] (Ban GMOs Now, ISIS publication) *
* Version en français "Aux Etats-Unis, le système de production des denrées alimentaires de base est mis a mal par les OGM et les monocultures" par le Dr Eva Sirinathsinghji - Traduction et compléments de Jacques Hallard ; accessible sur le site http://isias.transition89.lautre.net/
Par ailleurs, les cultures de plantes génétiquement modifiées [OGM] empêchent le passage à des formes d’agriculture durable, qui sont bien productives, résistantes et résilientes et garantissent une bonne santé, et tout ceci sans faire appel aux semences d‘OGM (voir [5] Food Futures Now *Organic *Sustainable *Fossil Fuel Free , publication ISIS/TWN), et c’est précisément ce dont nous avons besoin en période de réchauffement planétaire et de changement climatique.

  Il y a une grande différence entre les modifications génétiques naturelles et celles qui découlent des applications du génie génétique et qui sont artificielles

Un OGM (Organisme Génétiquement Modifié) est simplement un organisme vivant avec du matériel génétique synthétique qui a été inséré dans son génome. Il est fabriqué dans le laboratoire avec des méthodes et des techniques qui ne font pas appel aux processus normaux de la reproduction sexuée.
Le génome désigne tout le matériel génétique d’un organisme vivant (à l’exception de celui qui est localisé dans les mitochondries et dans les chloroplastes), dont l’exemplaire de base est pratiquement identique dans toutes les cellules contenant un noyau ; le génome est ainsi enfermé à l’intérieur du noyau, organisé dans des chromosomes. Chaque chromosome se déroule dans de longues bandes de chromatine, constituées de protéines qui assurent le revêtement de la double hélice d’ADN. En décollant les protéines, l’ADN peut être découpé et modifié, changé et recombiné dans des éprouvettes, puis copié, amplifié, et transféré dans n’importe quel organisme vivant : c’est ce qu’impliquent les méthodes et les techniques du génie génétique artificiel et des modifications génétiques (voir la figure 2 ci-dessous).

Figure 2 - Ce qui est impliqué dans la fabrication d’un OGM (voir le texte)
Un transgène (figure 2) est une unité du matériel génétique synthétique qui est transféré dans des cellules afin de faire un OGM qui exprime la protéine désirée. Il se compose d’un signal pour le démarrage de la transcription, le promoteur, la séquence codante pour permettre la détermination de la séquence des acides aminés qui vont constituer la protéine et, enfin le signal de fin, le terminateur.
Ces trois parties du transgène sont généralement issues de sources biologiques différentes et diversement modifiées, avec des séquences synthétiques qui n’ont aucun lien avec un quelconque ADN naturel, et cela s’applique ainsi à chacune des parties constituantes.
En général, plusieurs transgènes sont inclus dans une construction génétiquement modifiée (GM) : le plus souvent, avec un gène de résistance aux antibiotiques pour aider à sélectionner les cellules qui ont acquis la construction génétiquement modifiée.
Il y a de grandes différences entre une modification génétique naturelle qui est effectuée par les organismes vivants eux-mêmes, et les modifications génétiques artificielles qui sont faites par des « ingénieurs généticiens » dans un laboratoire (Voir le tableau 1 ci-après). Une modification génétique naturelle est précise et prévisible. Elle se produit au bon endroit, au bon moment et sans abîmer le génome et, le cas échéant, elle se déroule chez les organismes vivants dans leur ensemble, par rapport à leur environnement.

En revanche, la modification génétique artificielle est grossière, imprécise, imprévisible et incontrôlable. Les constructions transgéniques créées artificiellement doivent être infiltrées à l’aide de bactéries pathogènes (‘désarmées’) et des virus qui infectent les cellules, dans certaines pratiques, ou bien encore ces constructions transgéniques sont introduites de force dans les cellules par des canons à gènes [biolistique] ou des chocs électriques [électyroporation], dans certaines autres tehniques utilisables.

Les constructions artificielles se trouvent brouillées au cours du processus et elles peuvent atterrir n’importe où dans le génome, amenant un brouillage du génome et son endommagement pendant le cours de ce processus. Des promoteurs agressifs sont utilisés essentiellement pour forcer les gènes étrangers à être exprimés hors de leur contexte d’origine.

Tableau 1 – Comparaison des modifications génétiques naturelles et artificielles

Par conséquent, il n’y a rien de naturel dans une modification génétique artificielle qui est réalisée dans un laboratoire.
Elle n’a pas la précision et la finesse qui se manifestent lors du processus naturel
Elle favorise grandement le transfert de gène sans sexualité, aussi appelé transfert de gène horizontal
Les constructions génétiquement modifiées (GM) sont conçues pour franchir les barrières d’espèces et pour sauter dans les génomes avec des promoteurs agressifs destinés à forcer l’expression des transgènes hors de leur contexte
Elle permet aux gènes d’être transférés entre des espèces qui n’auraient jamais échangé de gènes autrement
Les constructions transgéniques ont tendance à être instables avec des jonctions faibles provenant des bricolages à partir de différentes sources biologiques, d’une part, ainsi qu’avec des points de rupture bien connus, qui sont associés aux promoteurs et/ou aux terminateurs, d’autre part ; par conséquent les motifs des constructions transgéniques sont plus enclins à poursuivre les transferts de gènes horizontal de gènes, après que ces constructions transgéniques aient été intégrées dans le génome.
En définitive, tous les signes sont réunis pour pouvoir affirmer que les modifications génétiques sont intrinsèquement dangereuses.

  Les Organismes Génétiquement Modifiés (OGM) sont intrinsèquement dangereux

Des preuves fiables obtenues par des scientifiques, indépendants de l’industrie des biotechnologies, corroborent pleinement l’expérience réelle vécue par des agriculteurs dans leurs fermes dans différentes parties du monde (et qui sont jusqu’ici rejetées par la communauté scientifique comme des « preuves anecdotiques ») : des aliments issus de plantes génétiquement modifiées et d’autres expositions aux OGM causent invariablement des dommages, quelle que soit l’espèce animale touchée, ou la plante cultivée OGM, ou encore les gènes impliqués et les constructions génétiques en cause.
Une liste complète est présentée dans notre rapport [4] *, et il inclut les cas les plus horribles d’excédents de morts, de malformations congénitales, des cas de stérilité, des tumeurs et des cancers (dont certains exemples seront présentés par d’autres scientifiques lors de cette conférence).
* Version en français "Il faut interdire les OGM dès maintenant à cause des risques sanitaires et environnementaux et surtout à la lumière des connaissances actuelles en génétique" par le Dr. Mae-Wan Ho et le Dr. Eva Sirinathsinghji. Traduction et compléments de Jacques Hallard ; accessible sur le site http://isias.transition89.lautre.ne...
La seule conclusion inévitable qui vient à l’esprit est que les modifications génétiques sont intrinsèquement dangereuses, en prenant en compte les connaissances nouvelles de génétique du génome fluide et réactif. Je liste les catégories de dangers et de risques dans le tableau 2.
Tableau 2 - Dangers et risques des Organismes Génétiquement Modifiés (OGM)

Bien que le poids des preuves, allant à l’encontre de la sécurité sanitaire alimentaire des OGM, soit écrasant, nous sommes encore en grande partie dans l’obscurité quant à la nature exacte du / des danger(s) associé(s) à différents OGM. 
Des toxicités multiples avec une propension à agir comme perturbateur endocrinien et des cas de cancérogénicité, sont provoqués par des herbicides à base de la matière active glyphosate, qui est largement utilisé sur les cultures de plantes OGM tolérantes à cette matière active herbicide.
Par ailleurs, une toxicité a été trouvée pour les produits transgéniques tels que les protéines Bt, provenant de différentes souches de Bacillus thuringiensis des bactéries du sol qui sont exprimées dans de nombreuses cultures de plantes génétiquement modifiées (OGM). Ces toxicités ne font plus aucun doute, comme cela a été décrit en détail dans notre rapport [4].
Il reste une série de risques qui ne sont pas si facilement identifiés sans une recherche dédiée préalablement orientée, même s’il existe des preuves pour la plupart, sinon la totalité d’entre eux, dans la littérature scientifique.
Ces risques sont dus à la nature imprévisible et incontrôlable du processus des modifications génétiques elles-mêmes (voir le tableau 2, catégorie 1), qui peuvent activer ou inactiver les gènes, brouiller les génomes, créer de nouvelles protéines, de nouveaux acides nucléiques, de nouveaux métabolites et d’autres substances, en raison de l’ADN transgénique et de son instabilité (Voir dans le tableau 2, catégorie 3), ainsi qu’en raison du transfert horizontal de gènes - le transfert direct d’ADN dans le génome des cellules – à partir d’un OGM de toutes les autres espèces qui entrent en contact avec lui

  L’instabilité des transgenes et l’illégalité des OGM

Depuis les années 1990, certains d’entre nous ont soulevé la possibilité d’un transfert horizontal de gènes secondaire, involontaire, à partir d’OGM disséminés dans l’environnement, avec des analyses critiques et des rapports détaillés, dont beaucoup ont été envoyés à nos organismes chargés de la réglementation et des contrôles (voir [4] pour les références).
Au début, les régulateurs et les partisans des OGM ont nié que le transfert horizontal de gènes puisse se produire, et ils ont affirmé que la probabilité d’un tel évènement est si petite qu’elle est quasiment nulle. Plus tard, quand il est devenu évident, à partir des analyses de génétique moléculaire, que le transfert horizontal de gènes rampant a eu lieu dans le cours de l’évolution et dans les derniers temps, ils ont dit que le transfert horizontal de gènes était un processus naturel et qu’il n’y avait donc pas lieu de s’inquiéter ; ils soulignaient enfin que les opposants aux OGM étaient simplement contre la science.
Le transfert horizontal de gènes est en effet un processus naturel, normalement sous le contrôle de l’organisme lui-même : c’est pourquoi l’ADN génétiquement modifié est une telle menace. En raison de sa propension accrue pour le transfert horizontal de gènes, l’ADN génétiquement modifié peut prendre en charge le processus naturel d’un accès au génome des organismes vivants, indépendamment du fait de savoir s’il est approprié ou non.
La propension accrue de l’ADN génétiquement modifié pour le transfert de gènes horizontal est traduit par l’instabilité des lignées transgéniques. Non seulement les transgènes sont réduits au silence (ils ne sont plus exprimés ou inhibés) au cours des générations successives, mais ils peuvent aussi être réarrangés ou perdus *.
[* On peut aussi se reférer au texte suivant memtionnant que les plantes transgéniques s’avèrent instables OGM10113RTF - Ouvrons la recherche - ouvronslarecherche.free.fr/Articles/Hallard_061203/OGM10113.rtf‎ ].
L’instabilité des transgènes est un secret de polichinelle qui a été balayé sous le tapis d’une réglementation permissive. En Europe, les scientifiques indépendants ont découvert tout d’abord chez tous les OGM autorisés commercialement et donc après une évaluation supposée des risques, que tous les inserts génétiquement modifiés [transgènes] qui avaient été caractérisés au plan moléculaire, étaient différents de ce qui avait été annoncé et rapporté par les entreprises concernées.
Depuis lors, au moins l’un d’eux, le maïs OGM ‘MON 810’, a été reconnu comme ayant encore une fois été réorganisé, et il y a maintenant une littérature abondante sur l’instabilité des transgènes (voir [4]). Ce n’est pas du tout surprenant, étant donné que l’ADN génétiquement modifié est instable et que cet ADN étranger ne correspond pas vraiment à l’ensemble de l’organisme : cela explique pourquoi les transgènes ont tendance à être réduits au silence ou perdus.
Les conséquences de l’instabilité des transgènes sont considérables. L’instabilité des transgènes se moque du processus d’évaluation des risques, parce que tout changement dans l’expression du transgène, ou pire, le réarrangement ou le déplacement de l’insert d’ADN transgénique, créent une autre plante transgénique qui est différente de celle qui a été caractérisée et qui a servi à une évaluation des risques. Et peu importe la manière dont l’analyse des caractéristiques et l’évaluation des risques à l’origine peut avoir été faite. Le législateur devrait en prendre note : les lignées transgéniques sont instables et elles sont illégales. Non seulement elles ne devraient pas être développées commercialement, mais elles sont aussi strictement inéligibles pour le système de protection par les brevets.

  Le transfert horizontal de gènes se produit bel et bien et il se manifeste souvent

Il n’y a aucun doute que le transfert horizontal de gènes à partir d’OGM puisse se produire. Pour la première fois, une étude sérieuse a été menée en 2012 par des chercheurs scientifiques en Chine : ils ont trouvé des bactéries résistantes à l’ampicilline dans les six grands fleuves de la Chine [6]. Le séquençage a confirmé que le gène est une version synthétique, issue et dérivée du travail fait au laboratoire, et que ce gène est différent de celui du type sauvage [naturel ou d’origine]. Ce gène est le même que la version qui est présente dans de nombreuses plantes génétiquement modifiées qui ont été disséminées et distribuées commercialement en Chine ou qui ont fait l’objet d’essais sur le terrain (voir [7] GM Antibiotic Resistance in China’s Rivers, SiS 57) *.
* Version en français "Les cultures de plantes génétiquement modifiées sont un désastre pour nos ressources en eau" par le Dr Eva Sirinathsinghji. Traduction et compléments de Jacques Hallard ; accessible sur le site http://isias.transition89.lautre.ne...
Les chercheurs ont suggéré que le transfert horizontal de gènes de plasmides génétiquement modifiés peut expliquer l’augmentation de la résistance aux antibiotiques chez les animaux ainsi que chez les êtres humains.
Dans le seul essai de toxicologie alimentaire avec des aliments génétiquement modifiés, issus d’OGM, sur des volontaires humains, et conduit par des chercheurs scientifiques au Royaume-Uni, l’ADN complet du transgène du soja ‘Roundup Ready’ a été récupéré dans le sac de colostomie chez 6 des 7 sujets après une seule ingestion, à des concentrations inférieures à 3,7 % de l’apport ingéré. Chez 3 sujets, environ 1 à 3 par million de bactéries cultivées à partir du contenu du sac de colostomie, se sont montrés positifs pour le transgène du soja génétiquement modifié, montrant que le transfert horizontal d’ADN génétiquement modifié avait eu lieu, mais aucune bactérie n’a été trouvée avec une incorporation de l’ADN de soja non transgénique qui est beaucoup plus abondant. Ceci est une preuve directe que l’ADN génétiquement modifié a bien une plus grande propension pour le transfert horizontal de gènes, comme je l’ai soutenu et maintenu depuis le début [3].
Il est maintenant clair que le transfert horizontal d’ADN GM existe et qu’il se produit très souvent. Une preuve, datant du début des années 1990, indique que l’ADN ingéré dans les aliments destinés aux êtres humains et aux animaux peut en effet survivre dans le tractus digestif, puis traverser la paroi intestinale pour entrer dans la circulation sanguine. Le tube digestif est un point névralgique pour le transfert horizontal de gènes et entre les cellules et dans tous les autres tissus vivants, y compris dans les cellules germinales.
Des données récentes, obtenues avec les méthodes de détection directe, indiquent que le transfert horizontal d’ADN GM est systématiquement sous-estimé, en grande partie parce que l’écrasante majorité des bactéries présentes dans l’environnement - et en particulier dans l’intestin - ne peuvent pas être cultivées en laboratoire.
Les transferts d’ADN GM, avec des fréquences élevées, vers des bactéries et des champignons vivants sur les surfaces des feuilles et des tiges, aidés par les hormones végétales au point de blessure et dans le sol autour des racines des plantes (dans la rhizosphère), sont également des points névralgiques pour stimuler le transfert horizontal de gènes.
Les organismes supérieurs, y compris les êtres humains, sont encore plus sensibles au transfert horizontal de gènes que ne le sont les bactéries, parce que, contrairement aux bactéries qui exigent une homologie de séquence (similitude) pour l’incorporation dans le génome, les organismes supérieurs n’ont pas cette exigence. .
Pour aggraver les choses, l’ADN et l’ARN sont maintenant connus pour être sécrétés activement par les cellules vivantes dans un système d’intercommunication de l’acide nucléique : les acides nucléiques sont absorbés par les cellules cibles pour modifier l’expression des gènes et ils peuvent être intégrés dans le génome de la cellule.
Le profil des acides nucléiques circulant change selon les états de santé et de maladie. Les cellules cancéreuses utilisent le système pour propager le cancer dans le corps. Cet acide nucléique circulant quitte le corps très vulnérable vers l’ADN et l’ARN GM, parce qu’il peut prendre en charge le système de transfert horizontal de gènes dans les cellules de tous les tissus, y compris dans les cellules germinales *.
[ * On peut utilement se reporter à l’article suivant : "Communication entre les cellules par les acides nucléiques circulants" par le. Dr. Mae-Wan Ho. Traduction et compléments de Jacques Hallard ; accessible sur le site : http://yonne.lautre.net/spip.php?ar... ]
Un type particulier d’acides nucléiques, les microARN (miARN), sont spécifiquement impliqués dans l’inactivation génétique (ou extinction de gène ou encore mise sous silence d’un gène) via un processus très complexe et flexible qui change selon le contexte environnemental. Par conséquent, les OGM basés sur les miARN ont de nombreux effets hors-cible potentiellement indésirables, qui sont radicalement imprévisibles et incontrôlables [8] RNA Interference “Complex and Flexible” & Beyond Control, SiS 59).

  Les dangers de l’ADN génétiquement modifié (ADN GM) et de son transfert horizontal

Quels sont les dangers de l’ADN GM survenant à partir du transfert horizontal de gènes ? Le transfert horizontal d’ADN dans le génome des cellules est nuisible en soi, mais il y a des dangers supplémentaires qui proviennent des gènes ou des signaux génétiques présents dans l’ADN GM, et aussi à partir du vecteur qui est utilisé dans l’exécution du ou des transgène(s).
· L’ADN GM peut sauter dans les génomes en causant une ‘mutagenèse d’insertion’ qui peut mener au cancer, et peut aussi activer des virus dormants qui causent des maladies.
· L’ADN GM contient souvent des gènes de résistance aux antibiotiques qui peuvent se propager à des bactéries pathogènes et être la cause d’infections intraitables
· Le transfert horizontal de gènes et la recombinaison de l’ADN génétiquement modifié est un itinéraire principal pour la création de nouveaux virus et de bactéries qui causent des pathologies diverses.
· Le promoteur ‘CaMV 35S’, qui est largement utilisé dans l’ADN GM pour les plantes en partant de l’hypothèse erronée que cela ne fonctionne que dans les plantes, fonctionne réellement dans pratiquement toutes les espèces vivantes, y compris dans les bactéries et dans les cellules humaines ; des recherches récentes suggèrent aussi qu’il peut favoriser la multiplication des pathologies virales dont le VIH (virus de l’immunodéficience humaine).
En outre, ce promoteur chevauche avec un gène de virus (gène VI) qui inhibe l’inactivation des gènes (extinction ou silencing) et qui constitue un moyen de défense crucial de l’hôte contre les infections virales *.
[* On peut se reporter à l’article suivant : "Un gène viral potentiellement dangereux est caché dans des plantes génétiquement modifiées [OGM] qui sont commercialisées" par les Dr Jonathan Latham et Dr Allison Wilson. Traduction et compléments de Jacques Hallard ; accessible sur le site http://isias.transition89.lautre.ne... ]
Le vecteur d’Agrobacterium, qui est le plus largement utilisé pour la création de plantes génétiquement modifiées (OGM) peut également transférer des gènes à des champignons et à des cellules humaines, et partager des signaux génétiques pour le transfert de gènes dans des bactéries qui vivent communément dans l’environnement.
En outre, les bactéries Agrobacterium et leur vecteur de transfert de gène ont tendance à demeurer en place dans les plantes OGM créées, constituant une voie toute prête pour réaliser le transfert horizontal de gènes à tous les organismes vivants qui viennent en contact avec l’OGM ou avec le sol sur lequel les plantes génétiquement modifiées sont mises en culture. En 2008, il est apparu que la bactérie du sol Agrobacterium était liée à l’apparition de la maladie de Morgellons. Les Centers for Disease Control aux États-Unis ont lancé une enquête, mais ils n’ont pas réussi à étudier et à élucider le lien concernant les symptômes et la bactérie Agrobacterium.
L’histoire complète de ce que j’ai essayé de transmettre, figure dans le dernier chapitre de notre rapport [4] avec plus de 140 références pour ce seul chapitre. J’espère que cela va vous convaincre d’éviter de faire appel aux OGM dans la mesure du possible, et surtout ne laissez pas vos enfants manger des aliments provenant d’OGM. 
Nous devons interdire davantage les rejets et les disséminations des OGM dans l’environnement pendant que nous rappelons et détruisons ceux qui existent. Nous ne pouvons pas attendre que nos gouvernements centraux, ou les autorités de l’Union européenne ou des Nations Unies se chargent de le faire.
Interdisez les OGM à partir de votre domicile, de votre communauté locale, de vos champs, de votre village, de votre cité et de votre ville, de votre province ou région. Les gouvernements suivront votre exemple.
On dit souvent que les OGM sont incontrôlables une fois qi’ils ont été libérés et disséminés. Mais rien n’est vraiment contrôlable dans le nouveau paradigme biologique de la fluidité du génome.
Heureusement, les organismes vivants sont résistants et ils sont capables de se guérir, et les écosystèmes sont eux-mêmes comme des organismes vivants [2] : une fois que nous arrêtons la dissémination des cultures d’OGM et que nous arrêtons de nuire avec les pratiques de la monoculture industrielle, les écosystèmes peuvent récupérer et reprendre leur bon état sanitaire et leur productivité en mettant en œuvre des pratiques durables de l’agro-écologie [5].
C’est pour nous une raison de plus pour arrêter les OGM dès maintenant, avant qu’il ne soit vraiment trop tard.

  Références

1. Riley D, McCraty R, and Snyder S. Quantum jazz biology, Mae-Wan Ho, Pioneering work in understanding life. Science in Society 47, 4-9, 2010.
2. Ho MW. The Rainbow and the Worm, the Physics of Organisms, World Scientific, 1993, 2nd edition, 1998, 3rd enlarged edition, 2008, Singapore and London, http://www.i-sis.org.uk/rnbwwrm.php
3. Ho MW. Genetic Engineering Dream of Nightmare ? The Brave New World of Bad Science and Big Business, Third World Network, Gateway Books, MacMillan, Continuum, Penang, Malaysia, Bath, UK, Dublin, Ireland, New York, USA, 1998, 1999, 2007 (reprint with extended Introduction). http://www.i-sis.orucg.uk/genet.php
4. Ho MW and Sirinathsinghji E. Ban GMOs Now, ISIS Report, 2013, http://www.i-sis.org.uk/Ban_GMOs_No... *
* Version en français "Il faut interdire les OGM dès maintenant à cause des risques sanitaires et environnementaux et surtout à la lumière des connaissances actuelles en génétique" par le Dr. Mae-Wan Ho et le Dr. Eva Sirinathsinghji. Traduction et compléments de Jacques Hallard ; accessible sur le site http://isias.transition89.lautre.ne...
5. Ho MW, Burcher S, Lim LC, Cummins J. et al. Food Futures Now, Organic, Sustainable, Fossil Fuel Free, ISIS/TWN, London/Penang, 2008. http://www.i-sis.org.uk/foodFutures.php
6. Chen J, Jin M, Qiu ZG, Guo C, Chen ZL, Shen ZQ, Wang XW, Li JW. A survey of drug resistance bla genes originating from synthetic plasmid vectors in six Chinese rivers. Environmental Science & Technology 2012, 46, 13448-54.
7. Sirinathsinghji E. GM antibiotic resistance in China’s rivers. Science in Society 57, 6-7, 2013.
8. Ho MW. RNA interference “complex and flexible” & beyond control. Science In Society 59 (to appear).
© 1999-2013 The Institute of Science in Society
Contact the Institute of Science in Society
MATERIAL ON THIS SITE MAY NOT BE REPRODUCED IN ANY FORM WITHOUT EXPLICIT PERMISSION. FOR PERMISSION, PLEASE CONTACT ISIS

 Traduction, inclusion de références et des accès aux définitions

Jacques Hallard, Ing. CNAM, consultant indépendant.
Relecture et corrections : Christiane Hallard-Lauffenburger, professeur des écoles.
Adresse : 585 Chemin du Malpas 13940 Mollégès France
Courriel : jacques.hallard921@orange.fr
Fichier : ISIS OGM Why GMOs Can Never be Safe French version.2
— -


titre documents joints

4 août 2013
info document : PDF
289.1 ko

Accueil | Contact | Plan du site | | Statistiques du site | Visiteurs : 505 / 304417

Suivre la vie du site fr  Suivre la vie du site Pour en savoir plus  Suivre la vie du site OGM  Suivre la vie du site Dissémination Transfert de gènes   ?    |    titre sites syndiques OPML   ?

Site réalisé avec SPIP 3.2.1 + AHUNTSIC

Creative Commons License