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"Des agriculteurs japonais produisent simultanément des plantes cultivées et de l’énergie solaire photovoltaïque" par le Dr Mae-Wan Ho

Traduction et compléments de Jacques Hallard
samedi 30 novembre 2013 par Ho Dr Mae-Wan

Des agriculteurs japonais produisent simultanément des plantes cultivées et de l’énergie solaire photovoltaïque
Japanese Farmers Producing Crops and Solar Energy Simultaneously
Au Japon, pour la prochaine génération, le secteur agricole pourrait être revitalisé en fournisant plus d’électricité qu’il n’en est nécessaire pour l’ensemble du pays, selon le Dr Mae-Wan Ho

Rapport de l’ISIS en date du 16/10/2013
L’article original en anglais s’intitule Japanese Farmers Producing Crops and Solar Energy Simultaneously et il est accessible sur ce site : http://www.i-sis.org.uk/Japanese_Farmers_Producing_Crops_and_Solar_Energy.php
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 Annulation des restrictions qui étaient imposées auparavant pour les installations solaires photovoltaïques sur les terres agricoles

Au Japon, les agriculteurs profitent des nouvelles possibilités pour produire de l’électricité en même temps que des productions agricoles. En avril 2013, le Ministère de l’Agriculture, des Forêts et de la Pêche (MAFF) du Japon a approuvé l’installation de systèmes solaires photovoltaïques sur les fermes des producteurs agricoles, ce qui était auparavant interdit en vertu de la Loi sur les terres agricoles, qu’elles soient fertiles et productives ou inoccupées [1] .

Les pratiques qui consistent à fournir à la fois de la nourriture et de l’énergie, sont connues au Japon sous le vocable de ’solaire partagé’. Elles ont été initialement développées par Akira Nagashima dès 2004. Ce dernier est un ingénieur de machines agricoles à la retraite qui avait étudié la biologie et avait appris qu’à un certain niveau de lumière solaire émise, l’augmentation du taux de photosynthèse est limitée. En fait, seule une petite fraction de la lumière solaire incidente est nécessaire pour que les plantes atteignent le taux maximum de photosynthèse : trop de lumière peut être dommageable et les plantes ont développé des mécanismes pour se protéger des « coups de soleil », voir [2] Harvesting Energy from Sunlight with Artificial Photosynthesis, SiS 43) * Version en français ’La récupération de l’énergie du soleil avec la photosynthèse artificielle’ par le Dr. Mae-Wan Ho. Traduction et compléments de Jacques Hallard ; accessible sur le site : http://isias.transition89.lautre.net/spip.php?article94&amp ;lang=fr

Akira Nagashima a eu l’idée de combiner le solaire photovoltaïque et l’agriculture. Il a conçu et breveté initialement une structure particulière comme une pergola de jardin, qui a été testée dans les champs avec différentes plantes cultivées et des taux d’ombrage variables. Les structures sont réalisées avec des tubes et des rangées de panneaux photovoltaïques qui sont montés au dessus du sol et disposés à intervalles réguliers pour permettre aux plantes de recevoir assez de lumière pour la photosynthèse. Il n’y a pas de semelle de béton dans le sol afin que les structures puissent être facilement démontées ; le système est conçu pour permettre un ensoleillement adéquat pour les plantes culltivées et un espace suffisant pour permettre l’usage des machines agricoles, tel que cela est stipulé par les directives du Ministère de l’Agriculture, des Forêts et de la Pêche (MAFF).

Selon Akira Nagashima, les lignes directrices édictées par le Ministère stipulent qu’il faut veiller à ce que les agriculteurs restent avant tout des agriculteurs, et que les terres agricoles productives ne soient pas converties entièrement avec des installations solaires. Sur la base de ses expérimentations réalisées dans la préfecture de Chiba, il est recommandé un taux d’ombrage d’environ 32 %.

Les agriculteurs sont tenus de déclarer leurs cultures annuelles et si la surface cultivée sur les terres agricoles en ’solaire partagé’ tombe en dessous de 80%, les agriculteurs seront tenus de démanteler le système solaire photovoltaïque.

  Le partage solaire photovoltaïque est payant

Makoto Takazawa, propriétaire du projet de ’solaire partagé’ dénommé Kazusatsurumai de 34,4 kW, situé dans la préfecture de Chiba, a déclaré que le système ’solaire partagé’ peut réactiver le secteur agricole en déclin. Les agriculteurs au Japon souffrent d’une réduction de leurs revenus agricoles et d’une absence de successeurs. De nombreux petits agriculteurs sont obligés de prendre un deuxième emploi pour joindre les deux bouts.

Makoto Takazawa a installé 348 panneaux photovoltaïques montés sur des tubes à 3 mètres au-dessus du sol, sur une toute petite ferme de 750 mètres carrés. Sous les panneaux solaires, le père de Makoto Takasawa a cultivé des arachides, des ignames, des aubergines, des concombres, des tomates et des taros, ainsi que des choux pendant la saison d’hiver. Les légumes sont vendus sur un marché de rue à proximité du lieu de production et consommés par des voisins.

Le système photovoltaïque produit là 35.000 kWh par an et le coût d’installation pour Makoto Takazawa est d’environ 12,6 millions de yens (soit 126.000 $). Il a obtenu le premier taux d’achat de l’électricité disponible sur place [‘feed-in-tariff’ en anglais] de 42 yen / kWh pendant une durée de 20 ans, ce qui lui assure un gain annuel de 1.600.000 ¥ (soit environ 16.000 $), tout en n’encaissant que 100.000 yens (soit environ 1.000 US$) à partir de son activité agricole. « J’espère que cela va attirer les jeunes et les inciter àr revenir à la campagne », a déclaré Makoto Takazawa.

Une installation ’solaire partagé’ sur la ferme de Makoto Takazawa dans la préfecture de Chiba au Japon (d’après renewable energyworld.com)

La pratique du ’solaire partagé’ s’est propagée depuis à d’autres préfectures japonaises comme celles d’Aichi, de Mie et d’Ibaraki [3].

Dans la préfecture d’Aichi, Tsuboi a conçu et installé lui-même un système PV de 50 kW sur des espèces d’agrumes [1]. Environ 600 panneaux photovoltaïques sont installés sur les 7,7 hectares du domaine agricole ; les panneaux sont montés sur des tuyaux en acier à 5 mètres de hauteur. L’espèce cultivée est un hybride de mandarine et d’orange. Tsuboi a un deuxième emploi ; cette année, il s’attend à ce que le système photovoltaïque PV lui rapporte 2.500.000 ¥ (soit environ 25.000 US$) de revenus supplémentaires.

La structure ainsi mise en place est-elle stable et durable ? Akira Nagashima a déclaré que son système a même résisté à des vents violents et aux tremblements de terre lors de la catastrophe du tsunami de 2011 autour de Fukushima.

Le système, qui est léger, et les panneaux espacés, permettent à l’air de circuler facilement à travers, ce qui réduit ainsi la charge du vent. Il a fait la sugestion d’une agriculture de type ’solaire partagé’ pour les ranchs aux Etats-Unis. Les panneaux solaires seraient particulièrement adaptés aux pâturages d’herbes par les bovins ou les moutons, et ils pourraient aussi réduire les irrigations, car l’humidité serait ainsi mieux conservée.

Ce mode d’agriculture de type ’solaire partagé’ peut être utile dans d’autres pays et régions, comme en Afrique, en Amérique latine et au Moyen-Orient, où la lumière solaire incidente est intense et l’eau rare.

 Aider les agriculteurs à Fukushima à traverser la crise nucléaire

Les agriculteurs de la préfecture deFukushima se tournent également vers le ’solaire partagé’. Ils espèrent vendre de l’électricité pour aider à couvrir les pertes liées à la crise nucléaire de la centrale nucléaire de TEPCO (Tokyo Electric Power Company) à Daiichi. Les panneaux solaires sont installés sur les terres agricoles et les agriculteurs peuvent utiliser l’argent provenant de la vente de l’électricité produite pour améliorer les terres agricoles ou pour couvrir les pertes à venir, causées par la peur des radiations [3].

A Minami-Soma, le gouvernement de la préfecture a lancé un projet modèle. Sur 2.000 mètres carrés de terres agricoles situées dans le district d’Odaka, la ville est désignée pour le ’solaire partagé’. Il s’agit d’une « zone en cours de préparation pour le retour des résidents », où le niveau d’exposition annuel aux radiations est de 20 millsieverts ou moins. Un total de 500 panneaux solaires a été installé à 1,9 mètre au dessus du sol. Sous les panneaux, des aubergines, des piments et d’autres plantes sont cultivés sur une base expérimentale.

Installation ’solaire partagé’ à Fukushima

L’agriculteur Ichiro Hirata, 62 ans, qui est propriétaire du terrain, a déclaré que ses cultures ne se vendront pas pour le moment en raison de « rumeurs non fondées de contamination radioactive ». Mais jusqu’à ce que les prix remontent, il peut couvrir ses pertes en vendant de l’électricité.

Un nombre croissant d’agriculteurs de Fukushima sont entrain de reprendre le même schéma. En plus du projet modèle de Minami-Soma, une fondation constituée sous la désignation ‘Eko Ene Minami-Soma Kenkyu Kiko’, prévoit un projet ’solaire partagé’ sur environ 600 mètres carrés de terres agricoles, et on s’attend à environ 1 million de yens de chiffre d’affaires annuel par la vente de l’électricité produite.

Le gouvernement de la ville d’Aizubange dans la préfecture de Fukushima envisage également l’introduction du même système, ainsi que certains agriculteurs de Sendai dans la préfecture d’Iwate ; un fonctionnaire gouvernemental de la Division de la promotion de l’agriculture a reçu des demandes venant des agriculteurs et des comités agricoles locaux.

 Les terres agricoles sont plus que suffisantes pour fournir toute l’électricité dont le Japon a besoin

Au Japon, environ 2,5 millions d’acres de terres seraient requises pour fournir l’électricité à l’ensemble du pays avec le solaire photovoltaïque PV [1]. En vertu du schéma ’solaire partagé’, il faudrait environ 7 millions d’acres de terres agricoles pour fournir la même quantité d’électricité que celle qui est requise Le Japon possède actuellement plus de 11,3 millions d’acres de terres agricoles disponibles.

Le ’solaire partagé’ pourrait bien être une alternative disponible à la photosynthèse artificielle [2] pour la récupération de la lumière solaire, alors que les batteries de stockage d’énergie s’améliorent et que les coûts diminuent. [4] (Renewable Ousting Fossil Energy, SiS 60) *.

* Version en français ’Les énergies renouvelables supplantent les énergies fossiles et une transformation radicale des réseaux de distribution d’électricité est en cours’ par le Dr Mae Wan Ho. Traduction et compléments de Jacques Hallard ; accessibles sur le site : http://isias.transition89.lautre.net/spip.php?article334

« Avant la révolution industrielle, les agriculteurs fournissaient à la fois de la nourriture avec les plantes cultivées et de l’énergie sous forme de bois de feu [ou ‘bois énergie’] et de charbon de bois pour les populations », a déclaré Akira Nagashima [1], en ajoutant que « l’énergie fournie par le système ’solaire partagé’ va faire la même chose et pourra contribuer à la revitalisation du secteur agricole ».

 Références

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 Sélection d’articles sur la photosynthèse

* Connaître le fonctionnement de la plante pour mieux gérer son environnement

Article paru dans Québec Vert, septembre 2006. Auteurs : Marie-Édith Tousignant et Michel Delorme. Article à lire sur le site : http://www.agrireseau.qc.ca/horticulture-serre/documents/07%20QVS%20fonctionnement%20_06_.pdf

* La Photosynthèse - 06 - Influence des facteurs du milieu :

 Sélection d’articles sur l’agriculture japonaise

* Silver Spoon’ : physionomie de l’agriculture japonaise – Auteur : Paul Ozouf 15 février 2013. Journal du Japon

« C’est cette semaine que sort le nouveau manga d’Hiromu Arakawa, Silver Spoon, aux éditions Kurokawa. Cette comédie / tranche de vie nous plonge dans le quotidien d’une école agricole. Elle est publiée depuis 2011 au Japon et a connu un succès retentissant en mettant en lumière l’agriculture japonaise et les filières du secteur.

Article complet sur le site : http://www.journaldujapon.com/2013/02/silver-spoon-physionomie-de-lagriculture-japonaise.html

* Japon, l’archipel des paradoxes : pour un partenariat renouvelé - 17 octobre 2013. France Sénat.

 



Extrait du Rapport d’information n° 316 (2008-2009) de MM. Jean-Paul EMORINE, Pierre HÉRISSON, Dominique BRAYE, Adrien GIRAUD, Daniel REINER et Jean DESESSARD, fait au nom de la commission des affaires économiques, déposé le 1er avril 2009

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B. UN SECTEUR PRIMAIRE INÉGALEMENT DÉVELOPPÉ

Archipel volcanique dont les surfaces agricoles ne représentent que 12,6 % du territoire, le Japon est dépourvu de ressources naturelles et énergétiques, en-dehors des ressources halieutiques et sylvicoles, ce qui explique la faiblesse de son taux d’autosuffisance alimentaire.


1. L’agriculture

2. La pêche et l’aquaculture





3. Le secteur de l’énergie

Source du Rapport sénatorial détaillé : http://www.senat.fr/rap/r08-316/r08-316.html

* La redynamisation de l’agriculture japonaise sous l’angle de la compétitivité internationale Auteur : Dômoto Hiroshi [Profil] - 10.07.2012 Autres langues : ENGLISH | 日本語 | 简体字 | 繁體字 | ESPAÑOL | االعربية |

« Dans le cadre des négociations sur la participation au Partenariat transpacifique (TPP), la compétitivité internationale de l’agriculture japonaise fait actuellement débat. Comment redynamiser le secteur agricole ? Nous allons examiner les problèmes et les enjeux liés à cette question, en particulier en ce qui concerne la production de riz ».

© 2011-2013 Nippon Communications Foundation – Article complet à découvrir sur le site : http://www.nippon.com/fr/in-depth/a00902/

* Situation actuelle de l’agriculture japonaise - Texte : Kazue Odaka, Traduit en français : Thibault. C, Collaboration : PRESS PARIS. 13 avr. 2010. Japan Digest

« En 2008, le taux d’autosuffisance alimentaire était de 41%. La production nationale est suffisante exclusivement pour le riz, la plupart des autres produits étant importés. On ne peut donc qu’être surpris en comparant avec le taux français qui atteint 120%. De plus, le problème structurel de renouvellement des agriculteurs et des vocations place le Japon face à une véritable crise, mais paradoxalement, il connaît actuellement un boom agricole populaire. Tentons de comprendre comment les Japonais actuels perçoivent l’agriculture... ».

Article complet à lire sur le site : http://www.japandigest.fr/japandigest/content/view/146/112/

* Japon- OECD - Estimation du soutien aux producteurs par pays, 2004-06. Source : http://www.oecd.org/fr/tad/politiques-agricoles/39585164.pdf

* Les courants de pensée fondamentaux sur l’agriculture au Japon

Takekazu B. Ogura  Économie rurale   Année 1990  Volume 200  Numéro 200  pp. 51-53. Source : http://www.persee.fr/web/revues/home/prescript/article/ecoru_0013-0559_1990_num_200_1_4146

 Traduction, compléments entre […], sélection d’articles en français sur la photosynthèse et l’agriculture japonaise, ainsi que l’inclusion des liens donnant accès à des informations complémentaires

Jacques Hallard, Ing. CNAM, consultant indépendant.

Relecture et corrections : Christiane Hallard-Lauffenburger, professeur des écoles. Adresse : 585 Chemin du Malpas 13940 Mollégès France

Courriel : jacques.hallard921@orange.fr

Fichier : ISIS Energie Vers 100% d’énergies renouvelables Japanese Farmers Producing Crops and Solar Energy Simultaneously French version.5


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Des agriculteurs japonais produisent simultanément des plantes cultivées et de l’énergie solaire photovoltaïque

30 novembre 2013
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