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"Comment cultiver la tolérance face aux intolérances ?" par Jacques Hallard

mercredi 12 août 2015 par Hallard Jacques

ISIAS Philosophie Sociologie Psychologie
Comment cultiver la tolérance face aux intolérances ?
Qu’entend-on par ces expressions ?
Jacques HALLARD, Ingénieur CNAM – Site ISIAS – 07/01/2015

Cette note introduit une série d’articles qui tentent de rappeler des réponses apportées à la question suivante : « Comment cultiver la tolérance face aux intolérances ? »

{{}} Autant la tolérance est aisée à l’indifférent et au cynique, autant elle est difficile à celui qui possède une conviction. La tolérance comporte la souffrance, la souffrance de tolérer l’expression d’idées révoltantes sans se révolter.Edgar Morin. QQ Citations – Source : http://qqcitations.com/citation/109663

Au cours des dernières années, dans de nombreux pays, une forte instabilité politique, des conflits armés et des actes de terrorisme mal supportés, sont apparus et même des dialogues interreligieux, parfois susceptibles d’apaiser les conflits locaux, ont été souvent mis à mal. Les situations de violence extrême, voire de pure barbarie, se sont même multipliées au cours des derniers mois, entraînant et renforçant des courants migratoires incontrôlables vis-à-vis desquels une forte intolérance se manifeste, détruisant de fragiles équilibres sociaux, minant les modes de gouvernance en place, laissant place aux diverses formes de compromissions et de corruptions, voire à des actions criminelles qui sapent toute forme d’organisation sociale et détruit le modèle du « vivre ensemble » dans la paix, la concorde et si possible l’harmonie.

Comment atténuer les tensions, les violences, les réactions sociales incontrôlées ? Comment (re)trouver un peu plus de tolérance entre les êtres humains, entre les communautés linguistiques et religieuses, entre les états-nations ? Les organisations internationales peuvent-elles y contribuer positivement ? Cette notion de tolérance reste-t-elle donc toujours à réinventer, à préciser, à partager ? Le détour vaut la peine d’être tenté sur un concept peut-être « vieux comme le monde ».

De nos jours, à l’occasion des flots incessants d’actualités qui se déversent, la tolérance est souvent envisagée de façon étriquée sous l’angle de son appréciation par rapport aux religions monothéistes essentiellement. Par exemple, sous le titre « Les religions catholique, juive et musulmane sont-elles compatibles avec les valeurs de la société française ? », un sondage de 2013, conduit en France, et comportant les réponses à plusieurs questions portant sur ces seules religions, montrait un état de l’opinion à ce moment, dans un contexte social et politique où l’islam est concerné et interpellé aussi bien dans les différentes composantes de la population française (Voir à l’annexe 1),

Qu’entend-on exactement à propos de tolérance ? Ce terme de tolérance recouvre en fait beaucoup d’autres significations, diverses et variées, comme le montre l’introduction de l’article que Wikipédia lui consacre : « dans son sens le plus général, la tolérance, du latin tolerare (supporter), désigne la capacité à permettre et à respecter ce que l’on désapprouve, c’est-à-dire ce que l’on devrait normalement refuser. En construction ou en dessin par exemple, on dit qu’on peut tolérer une certaine marge d’erreur ».

« Au sens moral, la tolérance est la vertu qui porte à respecter ce que l’on n’accepterait pas spontanément, par exemple lorsque cela va à l’encontre de ses propres convictions. C’est aussi la vertu qui porte à se montrer vigilant tant envers l’intolérance qu’envers l’intolérable1 » [Wikipédia renvoie à la référence Comte-Sponville A., ‘Petit traité des grandes vertus’, Paris 1995].

« Toute liberté ou tout droit implique nécessairement, pour s’exercer complètement, un devoir de tolérance. Selon John Locke, la tolérance signifie « cesser de combattre ce qu’on ne peut changer ». Selon certains moralistes, la notion de tolérance est associée à la notion absolue de bien et de mal. La tolérance s’exerce lorsqu’on reconnaît qu’une chose est un mal, mais que combattre ce mal engendrerait un mal encore plus grand. La tolérance peut alors conduire à une abstention volontaire dans le combat contre un mal identifié comme tel. Cette abstention n’est pas motivée par une relativisation des notions de bien et de mal, mais au contraire par la pleine conscience d’un mal qui ne peut pas être combattu sans produire un autre mal plus grave encore ».

L’imposant article de Wikipédia sur la tolérance est accessible sur le site http://fr.wikipedia.org/wiki/Tol%C3%A9rance ; nous ferons encore appel à lui par la suite pour souligner des points particuliers.

Si l’on considère la tolérance sous l’angle des attitudes et des comportements humains, disons avec une approche sociétale, on introduit là, d’après Wipédia, que « la tolérance est une capacité d’acceptation et de respect d’une personne ou d’un groupe d’individus devant ce qui diffère de ses valeurs morales ou des normes établies par la société. On a souvent tendance à assimiler la tolérance à des notions qui se révèlent différentes fondamentalement, bien que proches sur certains points. Il est alors possible de préciser, par les quelques termes qui suivent, ce que la tolérance n’est pas :

L’indifférence est le fait de n’éprouver ni plaisir, ni douleur, face à ce que l’on perçoit. Il n’y a aucunement besoin de tolérance face aux choses pour lesquelles on n’éprouve pas d’émotion. Par exemple, une personne pour qui les questions de religion ne sont pas une préoccupation, ne peut être qualifiée de tolérante ou intolérante en matière religieuse.

La soumission est l’acceptation, mais sous une contrainte. Pour qu’il y ait tolérance, il faut qu’il y ait choix délibéré. On ne peut être tolérant qu’avec ce qu’on a le pouvoir (d’essayer) d’empêcher.

L’indulgence va plus loin que la tolérance, en cela qu’elle est une disposition à la bonté, à la clémence, une facilité à pardonner, alors que la tolérance peut être condescendante.

La permissivité, tout comme l’indulgence, va plus loin également que la tolérance. Elle se distingue de l’indulgence par l’absence de référence aux sentiments. Elle se définit comme une propension à permettre sans condition.

Enfin, l’acceptation veut que l’on endosse les éléments auxquels nous sommes confrontés. Or, la tolérance suppose que l’on comprenne les valeurs d’une personne ou d’une idée dont l’autorité ou la valeur agit sur nous, sans nécessairement être d’accord avec celle-ci. Dans ce cas, la tolérance est plutôt une forme de respect où nous essayons de supporter quelque chose ou quelqu’un indépendamment du jugement que nous lui portons : nous pouvons haïr ou mépriser ce que nous tolérons, ou encore le respecter à contre cœur ». Source : http://fr.wikipedia.org/wiki/Tol%C3%A9rance#Tol.C3.A9rance_sociale

La notion de tolérance peut aussi être considérée a contrario, dans une approche psychologique, par le terme opposé d’intolérance.

Toujours d’après Wikipédia : « L’intolérance est, à l’inverse, lorsqu’un individu n’arrive pas à respecter certaines différences. L’homogénéité, dans une société, nous rassure sur notre propre existence. La méconnaissance d’une différence, par exemple, mène à la peur qui, elle, peut causer de l’intolérance : l’hétérogénéité remet en cause notre statut, notre état ainsi que ce qui nous définit au sein de cette société. L’intolérance est apportée par cette menace ».

« L’humain a besoin d’établir des hiérarchies pour, entre autres, se rassurer sur sa propre position. L’insécurité amenée en se comparant à quelqu’un d’autre, dans cette hiérarchie, peut mener à des manifestations d’intolérance. Pour supprimer l’intolérance, il est nécessaire de supprimer ce qui suscite la peur en nous, (peur) qui est causée par la différence elle-même ou par la méconnaissance de celle-ci. L’« espace » entre deux individus est appelé la différence. C’est la conservation de cet espace et le respect de celui-ci qui est à l’origine de la tolérance. Dans le cas contraire, l’intolérance prend place ». Source : http://fr.wikipedia.org/wiki/Tol%C3%A9rance#L.27intol.C3.A9rance

La tolérance est un concept en réexamen continu à travers l’histoire humaine et un article spécial est en préparation par le label Wikipédia sous le tire « Discussion : Tolérance/proposition de plan / article - Discussion:Tolérance‎ | proposition de plan – Le plan en cours d’élaboration est le suivant :

Sommaire

Des notions de pédagogie, fort utiles, concernant la tolérance sont données par J. Llapasset [Site Philagora, tous droits réservés] sous les titres suivants ‘La tolérance exclut-elle toute référence à une vérité ?’ et ‘La tolérance... ou, la tolérance fait-elle le lit de l’intolérance ?’ – Voir ces contributions de pédagogie active à l’annexe 2 sous le titre de l’auteur : ‘Notions de philosophie pour le BAC’.

De très nombreuses contributions sur le sujet ont été exprimées au cours de l’Histoire de l’Humanité. Mais, au fait, à quand remonte donc la notion de tolérance ? A-t-elle vraiment toujours existé au cours de l’évolution des comportements humains ? Quelles traditions, quelles personnalités, quels mouvements et groupes humains ont apporté leur pierre à la constitution de ce concept de tolérance ?

L’exemple des traditions asiatiques est le premier jalon que nous avons sélectionné et la tradition chinoise sera notamment en bonne place dans ce regard sur la tolérance dans des temps forts anciens.

ANNEXES


Annexe 1 - Les religions catholique, juive et musulmane sont-elles compatibles avec les valeurs de la société française ? – Contribution de François Vercelletto sous le titre ‘Etats d’âme’

Dans le cadre d’une grande enquête sur l’état de la société française, qui a été réalisée par IPSOS pour Le Monde - le quotidien l’a publiée dans son édition datée du 25 janvier [2013], la Fondation Jean-Jaurès et le CEVIPOF (Sciences-Po), plusieurs questions portent sur les religions.

Tolérance
En pensant à la manière dont chacune des religions suivantes est pratiquée en France diriez-vous qu’elle est :

Tout à fait tolérante : religion catholique (24 %), religion juive (13 %), religion musulmane (5%)

Plutôt tolérante : religion catholique (48 %), religion juive (53 %), religion musulmane (21 %)

Plutôt pas tolérante : religion catholique (21 %), religion juive (24 %), religion musulmane (35 %)

Plutôt pas tolérante du tout : religion catholique (7 %), religion juive (10 %), religion musulmane (39 %)

Intégrisme
En pensant à la question de l’intégrisme religieux en France, vous vous dites plutôt que...

C’est un problème qui est exagéré et qui a tendance à être instrumentalisé par certains partis politiques : 23 %

C’est un problème de plus en plus préoccupant dont il faut s’occuper sérieusement : 77 %

Intégrisme et islam
Diriez-vous que la proportion d’intégristes parmi les musulmans en France représentent...

Il n’y a pas d’intégriste : 1 %
Une toute petite minorité : 45 %
Une partie seulement : 44 %
La majorité : 10 %

Religions et société
Les religions, telles qu’elles sont pratiquées en France, sont-elles compatibles avec les valeurs de la société française ?

Religion catholique : oui à 89 %
Religion juive : oui à 75 %
Religion musulmane : oui à 26 %

La religion musulmane souffre d’une mauvaise image
On peut toujours essayer d’interroger plus finement ce que signifient, pour les personnes interrogées, des mots comme tolérance, intégrisme ou encore valeurs de la société française. Reste qu’il ressort très nettement de cette enquête que la religion musulmane ne bénéficie pas la même image, dans la société française, que les religions catholique et juive.

Près de trois-quarts des sondés (74 %) jugent, en effet, que la religion musulmane est plutôt pas tolérante voire pas tolérante du tout et la même proportion estime qu’elle n’est pas compatible avec les valeurs de la société française.

Pourquoi ce rejet ?
Les raisons de ce rejet de la religion musulmane sont certainement multiples. Sans prétendre ni à l’exhaustivité, ni à une hiérarchie, on peut en pointer quelques-unes :

Un contexte international qui renvoie régulièrement l’image d’un islam (au risque d’une confusion avec l’islamisme) violent et intolérant : de l’Afghanistan au Mali, en passant par l’Iran, le Pakistan, l’Égypte, le Nigeria... des prises d’otages aux attentats sanglants...

Une confrontation au quotidien avec un islam de plus en plus visible dans l’espace public : femmes voilées, produits halal, construction de mosquées... Des signes qui viennent heurter une société à la fois laïque et, quoiqu’elle s’en défende, imprégnée de culture chrétienne. Une crise économique qui ne favorise pas l’intégration.

Des responsabilités partagées
Là encore, il n s’agit pas de dire qui porte le plus de responsabilités dans ce rejet de l’islam par une majorité de Français. Il y a, de toute évidence, une grande méconnaissance des musulmans parmi ceux qui ne partagent pas cette religion.
Et l’ignorance est le chemin le plus direct vers la peur et le rejet. Il est indéniable qu’il existe aussi une forme d’amalgame entre islam et islamisme, voire entre musulman et étranger. Pour autant, les musulmans ne peuvent faire l’économie d’une réflexion critique sur les valeurs de l’islam. Un rejet aussi massif, même s’il ne s’agit ’que’ d’un sondage, ne peut laisser indifférent. Comment les musulmans entendent-ils précisément le joli mot de tolérance ?

Publié dans Actualité, Commentaire | Lien permanent | Commentaires (5) | Tags : religion, tolerance, sondage, ipsos | | | |

Parmi les commentaires :

Écrit par : joachim | 29 janvier 2013 – « Fraternisons avec les Musulmans, mais ne soyons pas imprudents avec l’Islam. Pour les prévenir du danger, il faut absolument que tous les jeunes lisent : ’Jésus et Mahomet, profondes différences et surprenantes ressemblances’, livre écrit par Mark A. Gabriel, ex-professeur d’histoire de l’Islam à l’université Al-Azhar du Caire ».

Accès aux autres commentaires et au blog d’origine sur : http://religions.blogs.ouest-france.fr/archive/2013/01/28/religions-et-intolerance.html


Annexe 2 - Notions de philosophie pour le BAC

La tolérance exclut-elle toute référence à une vérité ? Site Philagora, tous droits réservés

== Pour la compréhension du sujet, vers le problème : Pour comprendre un sujet, il faut bien cerner chaque terme : par exemple, ici on vous dit : une vérité et non pas la vérité. La tolérance c’est ’supporter’ que chacun puisse exprimer des opinions que l’on ne partage pas, parce qu’on considère que personne ne peut détenir la vérité absolue, en religion, en morale ou en politique. La tolérance exclut donc que quelqu’un puisse se référer à la vérité absolue : si c’était le cas, tout le monde devrait se plier à la vérité puisque personne ne veut se tromper.
exclure Écarter, ne pas admettre, refuser d’envisager ...
référence Action de se situer par rapport à une vérité, de se repérer par rapport à elle, de s’appuyer sur elle pour porter un jugement.
une vérité une vérité et non la vérité. Par exemple, le respect des droits de l’homme : chacun est une personne, une fin en soi qui ne doit jamais être considérée comme un simple moyen : d’où juger sévèrement l’oppression des femmes en se référant à cette vérité.

Pas de liberté pour les ennemis de la liberté.

==> La tolérance exclut:que quelqu’un puisse se référer à la vérité comme vérité absolue.
Si personne n’a la vérité, si toutes les vérités sont relatives, pourquoi se combattre pour une vérité qui n’est pas certaines ?Mais, la tolérance n’exclut pas que l’on juge des comportements en se référant à telle ou telle vérité, partagée par l’humanité. Par exemple, la tolérance ne demande pas de tolérer l’intolérable : les discours de haire, l’appel à la violence.==> En effet toute idée contient en germe une action : on ne peut donc supporter l’expression de n’importe quelle opinion. Une idée qui s’enferme dans son temple, qui se prend pour la vérité absolue (fanatisme) ne peut être tolérée : elle étoufferait la tolérance elle-même. On ne peut donc pas tout tolérer puisqu’on peut défendre des vérités. La tolérance doit s’ouvrir à l’esprit et au respect des personnes.Pour le contenu de votre devoir voir :
= La tolérance : peut-on tout tolérer ?
_
= L’exigence de la vérité est-elle compatible avec le souci d’être tolérant ? 
= Faut-il tolérer toutes les idées ?Bonne continuation. J. Llapasset - ° Rubrique Aide aux dissertations > Aides réflexion : Philo corrige 1 Philo corrige 2 Philo corrige 3 - |

{{}}

Source : http://www.philagora.net/corrige3/tolerance-verite.php

La tolérance... ou, la tolérance fait-elle le lit de l’intolérance ? - Notions de philosophie par J. Llapasset Philagora tous droits réservés

Commencer par bien distinguer : le concept (un outil) et l’idée (une reine) : Concept Élément d’un jugement de connaissance, le plus souvent : ce avec quoi je prends : il rassemble des individus par des propriétés communes : il met en relation avec le sensible, avec des individus concrets (ex : l’arbre). Le concept a un pouvoir de présentation :

’Des pensées sans matière sont vides ; des intuitions sans concepts sont aveugles’ Kant Critique de la raison pure PUF p.76

’Le propre d’un concept est de nous mettre immédiatement en relation avec des individus concrets’ D. Bourg Nature et technique, essai sur l’idée de progrès p.33 Coll. ’Optiques’ Hatier

En ce sens par le concept nous n’exerçons qu’un pouvoir de présentation : le concept est un outil, un serviteur, en aucun cas ce n’est un maître qui nous ferait agir car le concept n’est pas articulé à l’action : il s’épuise à prendre un donné qu’il ne maîtrisera jamais : en dernier recours il est passion, réception : on ne meurt pas pour des concepts, on les modifie.

Idée ...Ou de la passion à l’action :

C’est la forme intellectuelle d’un objet, un type d’être intelligible dont l’être sensible n’est qu’une imitation (bien saisir la différence avec le concept : alors que c’est le concept qui sera modifié, ici c’est le sensible qui sera modifié :

’Les idées les plus virulentes ont des aptitudes exterminatrices’ E. Morin, La Méthode Seuil p.121

Poser un type d’être idéal c’est en effet juger le sensible et du même coup exiger sa transformation, pousser à l’action : l’idée a donc non seulement une force d’affirmation dans la représentation mais une force d’expansion qui, ne venant pas du sujet, le traverse et lui échappe, le maîtrise parfois, au point de l’utiliser pour s’affirmer dans les actions que le sujet aliéné effectue.

Qu’est-ce que la tolérance ?

Ce n’est pas un concept articulé plus ou moins bien à un donné observable car la tolérance est aussi une action délibérée et voulue, ce que l’homme ajoute à la nature du spontané.

C’est une idée par rapport à laquelle un jugement pourra être porté sur des comportements (intolérance, fanatisme comme refus d’entrer dans les raisons d’autrui, refus du doute et du respect de la liberté).

Il semble nécessaire d’admettre toutes les manières de penser et d’agir différentes des nôtres sans pour cela aller jusqu’à les approuver.Parce qu’elle a une valeur qui dévalorise le donné l’idée est en elle-même mouvement, force qui cherche à passer à l’être (se réaliser) en utilisant les forces physiques des individus. Autant dire que :

-l’idée n’est rien sans le désir ou la passion, lorsqu’un désir a envahi la conscience au point qu’elle n’est plus qu’une structure fixée :

L’idée de tolérance ne saurait donc être séparée de ce que serait son passage à l’être puisqu’elle est effort pour passer à l’être, pour régner, pour transformer dans le meilleur des cas, ou dans le pire, pour détruire, exterminer : si on meurt pour des idées ce n’est pas sans conséquences

Peut-on tout tolérer ?

La formulation de la question montre que la tolérance n’est pas une simple représentation (’une peinture’) et qu’il est impossible de distinguer l’idée de sa puissance d’expansion : autrement dit : la tolérance peut-elle passer dans la réalité sans contradiction qui la ruinerait (’peut-on’) ; Et le ’tout’ marque bien que l’idée par elle-même tend à devenir reine, à s’affirmer pleinement, dans et par tous ceux qui se ’prennent’ à la désirer (=aliénation).

Il faut et il suffit de suivre l’expansion de l’idée de tolérance pour pouvoir par le calcul produire la simulation formelle d’un parcours qui permettra de décider si la tolérance doit être limitée.

-Tolérer tout = tolérer les idées et leur manifestation dans l’action de transformation du donné = mettre toutes les idées sur le même plan = ne pas les distinguer par leur essence ou par leur conséquence = accepter l’intolérance, aussi = accepter l’intolérance c’est accepter la disparition de la tolérance => l’idée de tolérance totale est impossible car son expansion amène sa destruction.

Comment procéder ? Est-il possible de distinguer...

- L’idée qui n’aurait pas la force de régner par elle-même ?

- L’idée reine qui se réalise et aliène les individus qui suivent l’opinion.

Cela reviendrait à distinguer le domaine privé et le domaine public : alors que le domaine privé relèverait de l’autonomie, de la législation du moi, le domaine public relèverait de la loi qui, interdisant la violence, ne pourrait tout tolérer sous peine de disparaître. Difficultés : Comment séparer les deux domaines qui dans la réalité sont en interaction ? Comment déterminer le domaine privé ? Par exemple, jusqu’à quel point une idée peut-elle être exercée sur des enfants ?Conclusion : même si la liberté et le respect nous engagent à tout tolérer, il y a incontestablement de l’intolérable : quand la maïeutique échoue, il reste la contrainte de la loi : la tolérance est une idée qui ne peut s’appliquer qu’à ceux qui la respectent.

Références :
Locke Traité de la Tolérance
Voltaire : Dictionnaire philosophique Garnier/Flammarion ’Tolérance
K. Popper : La Société ouverte et ses ennemis
E. Morin : La Méthode 4, Seuil|

{{}}

- Citations : L’Experience A- Immédiate B - Acquise | C- Conquise - Théorie et expérimentationNotions de philosophie pour le BAC – Source : http://www.philagora.net/philo-bac/toleranc.php

Auteur : Jacques HALLARD, Ingénieur CNAM, consultant indépendant – 07/01/2015 Avec l’aide de Christiane Hallard-Lauffenburger, ex-professeure des écoles.

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Adresse : 585 Chemin du Malpas 13940 Mollégès France

Courriel : jacques.hallard921@orange.fr

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