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"Contribution à la connaissance de l’effet cocktail des perturbateurs endocriniens" par Jacques Hallard

dimanche 13 septembre 2015 par Hallard Jacques

ISIAS Toxicologie Santé
Contribution à la connaissance de l’effet cocktail des perturbateurs endocriniens
Quand, en chimie biologique, un et un font plus que deux avec une mise en synergie
Jacques HALLARD, Ingénieur CNAM – Site ISIAS – 11/09/2015

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Sommaire


  • Qu’est-ce que l’effet cocktail ?
    Pour entrer dans ce sujet avec une visée pédagogique, nous faisons appel à Wikipédia, d’une part, et à un document officiel du gouvernement français, d’autre part.

L’effet cocktail est introduit ainsi par Wikipédia, dans un article intitulé ‘Synergie’

« La synergie est un type de phénomène par lequel plusieurs facteurs agissant en commun ensemble créent un effet global ; un effet synergique distinct de tout ce qui aurait pu se produire s’ils avaient opéré isolément, que ce soit chacun de son côté ou tous réunis mais œuvrant indépendamment. Il y a donc l’idée d’une coopération créative ».

« Le terme possède ainsi couramment une connoté positive, et il est utilisé pour désigner un résultat plus favorable lorsque plusieurs éléments d’un système ou d’une organisation agissent de concert. Plus prosaïquement, il y a synergie positive quand « le résultat d’une action commune est créateur ou autrement meilleur que la somme attendue des résultats individuels des parties ». Ceci est résumé très simplement par l’aphorisme un et un font trois. L’appréciation d’une synergie peut néanmoins être fortement conditionnée par le point de vue particulier (et donc potentiellement partial) de celui qui s’exprime ».

Sommaire

’Effet cocktail’ des contaminants. Évaluation des multi-expositions et gestion des mélanges de contaminants dans les aliments. 01/10/2012. Document officiel français.

Qu’est ce qu’un « effet cocktail » ?

L’effet cocktail est l’expression généralement employée pour parler des effets sur la santé de plusieurs substances chimiques ou contaminants auxquels l’homme peut être simultanément exposé. Cette définition suggère que des molécules prises séparément peuvent voir leur toxicité augmenter lorsqu’elles sont combinées. Il convient de noter qu’il ne s’agit pas spécifiquement d’un sujet lié à l’alimentation : nous vivons entourés de la chimie et de substances chimiques très nombreuses. Environ 30 000 substances chimiques sont utilisées en Europe pour tous les usages industriels si on se réfère aux demandes d’enregistrement et d’évaluation du règlement européen REACH [1].

Quelles sont les voies d’exposition ?

Les voies d’exposition à ces substances sont multiples : voie alimentaire (contaminants de l’environnement, améliorants du type additifs alimentaires, résidus de traitements pesticide ou vétérinaire etc.), voie aérienne par inhalation (environnement urbain, de travail, air intérieur) ou voie cutanée (cosmétiques, traitements etc.).

Les substances en jeu :

Les substances chimiques contenues dans les aliments ont des formes très diverses. Elles sont le reflet de la variété et parfois de la complexité des substances chimiques qui nous entourent et nous servent au quotidien. Il peut s’agir :

de contaminants chimiques dont la présence est fortuite et involontaire. Elle est généralement due à la production et à la fin de vie de nombreux biens de consommation : contaminants de l’environnement issus des matériels de maison (meubles, vaisselle, tentures, emballage etc.), matériaux de construction et de décoration (peinture, vernis, colles, matériaux composites), cosmétiques, produits nettoyants, biens de consommation en tout genre (batteries, textiles, équipementsde sport, informatique, hi-fi…), etc. Elle peut également être causée par des accidents d’origine industrielle ou être naturelle, d’origine environnementale ;

de résidus de médicaments destinés aux animaux de production ou de pesticides pour traiter les plantes ;
- d’améliorants alimentaires (additifs, arômes, auxiliaires technologiques telsque les enzymes). Ces substances sont utilisées pour leurs propriétés particulières : on exploite par exemple leur caractère édulcorant, colorant, anti-agglomérant, etc.

Quelles sont les connaissances scientifiques ? Comment sont évalués les risques ?

État des lieux : L’évaluation des risques, notamment l’évaluation préalable à une autorisation par les pouvoirs publics avant la mise sur le marché (pour les pesticides, les médicaments vétérinaires et les améliorants alimentaires), joue un rôle déterminant.

Cette évaluation de la substance est basée, pour la vérification de l’innocuité, sur les effets toxicologiques : des batteries de tests robustes et standardisés sont mis en place avec observation des effets de la molécule seule étudiée chez l’animal et également dans des systèmes in vitro. A titre d’exemple, les exigences en matière de données toxicologiques et éco-toxicologiques requises pour l’évaluation des pesticides sont très strictes et représentent plusieurs centaines d’essais par dossier. Par ailleurs, les marges de sécurité prises pour l’évaluation des risques sont très importantes et ont été ainsi définies pour garantir une marge de sécurité élevée pour chaque produit pris individuellement.

Ces évaluations n’intègrent cependant pas, sauf cas spécifiques des valeurs toxicologiques de référence établies pour un ensemble de substances (cas des dioxines, PCB et sulfites), les effets des mélanges de molécules.

Vers une prise en compte de l’effet cocktail dans les évaluations des risques

L’Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail (Anses) porte une étude (résultats attendus pour 2012) qui a pour objectif de développer des outils méthodologiques afin d’évaluer les risques d’effet cocktail de mélanges de pesticides, même à faible dose. Ces outils pourront ensuite être utilisés pour déterminer les risques d’effet cocktail de tout autre mélange de substances chimiques.

Quelles sont les démarches entreprises dans l’alimentation pour limiter ces effets ?

Afin de limiter les effets cocktail, les pouvoirs publics ont adopté une stratégie de réduction de l’exposition alimentaire aux substances chimiques préoccupantes. Cette stratégie passe notamment par :
- pour les contaminants, la maîtrise des sources de pollution (ex : incinérateurs, règlementation sur les transformateurs électriques, etc…) ;

une évaluation stricte des substances actives et des préparations les contenant. C’est aujourd’hui le cas des pesticides. Un programme de ré-évaluation des additifs a également été mis en place (avec mise à jour subséquente de la liste positive). Enfin, une évaluation de l’ensemble des molécules chimiques démarre dans le cadre du règlement Reach ;
- une amélioration et une réduction de l’usage de certaines substances : peuvent être cités le plan Ecophyto, le travail conduit sur l’antibiorésistance liée à l’utilisation d’antibiotiques en médecine vétérinaire, ou encore la restriction d’autorisation des additifs à des effets technologiques documentés.

Quelques définitions :

Qu’est-ce qu’un contaminant ?

Au sens réglementaire (règlement 315/93/CEE portant établissement des procédures communautaires relatives aux contaminants dans les denrées alimentaires), on parle de « contaminant » pour : « toute substance qui n’est pas intentionnellement ajoutée à la denrée alimentaire, mais qui est cependant présente dans celle-ci comme un résidu de la production (y compris les traitements appliqués aux cultures et au bétail et dans la pratique de la médecine vétérinaire), de la fabrication, de la transformation, de la préparation, du traitement, du conditionnement, de l’emballage, du transport ou du stockage de ladite denrée, ou à la suite de la contamination par l’environnement ».

Quelle est la différence entre danger et risque ?

Les données scientifiques sur un contaminant permettent de caractériser le danger qu’il représente, c’est-à-dire les effets néfastes que son absorption peut avoir sur la santé. En revanche, lorsqu’on s’intéresse à l’exposition concrète à ce contaminant (le niveau d’absorption évalué pour différents groupes de consommateurs), on étudie le risque qu’il représente, c’est-à-dire la probabilité d’apparition des effets néfastes selon les habitudes de consommation et le niveau d’exposition qui en découle.

Focus : le système REACH Le système REACH est un système intégré d’enregistrement, d’évaluation, d’autorisation et de restriction des substances chimiques. Il impose aux entreprises qui fabriquent et importent des substances chimiques d’évaluer les risques résultant de leur utilisation et de prendre les mesures nécessaires pour gérer tout risque identifié. La charge de la preuve de la sécurité des substances chimiques fabriquées ou commercialisées appartient à l’industrie. L’objectif de REACH est d’améliorer la protection de la santé humaine et de l’environnement tout en maintenant la compétitivité et en renforçant l’esprit d’innovation de l’industrie chimique européenne. Une agence européenne des produits chimiques a également été créée, avec la mission de gérer au jour le jour les exigences relatives à REACH.

[1] REACH- règlement (CE) N° 1907/2006 du Parlement européen et du Conseil du 18 décembre 2006 concernant l’enregistrement, l’évaluation et l’autorisation des substances chimiques, ainsi que les restrictions applicables à ces substances (REACH), instituant une agence européenne des produits chimiques

Source officielle du Gouvernement français : http://agriculture.gouv.fr/effet-cocktail-des-contaminants

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  • Que sont donc les perturbateurs endocriniens ?
    Wikipédia nous indique que « L’expression perturbateur endocrinien (PE, ou aussi « leurre hormonal », « xéno-œstrogène », « disrupteur endocrinien1 », etc.) a été créée en 1991 par Theo Colborn2 pour désigner toute molécule ou agent chimique composé, xénobiotique ayant des propriétés hormono-mimétiques et décrit comme cause d’anomalies physiologiques et de reproduction. Les effets de perturbateurs endocriniens sont observés au moins depuis les années 1970, avec des enjeux de santé reproductive et donc potentiellement de survie à long terme pour diverses espèces animales3 et pour l’espèce humaine4. Cette expression a été diffusée dans les années 1990 par l’OMS, l’OCDE et l’Union européenne 5,6 ainsi que par les chercheurs et autorités sanitaires américaines7 ».

Par exemple, d’après les formules chimiques données ci-dessus, « la structure et la forme du nonylphénol (à droite) ressemble assez à celle de l’hormone naturelle estradiol (à gauche) pour que cette dernière, par effet mimétique agisse comme perturbateur endocrinien ; les récepteurs hormonaux de l’organisme confondent en quelque sorte la seconde avec la première ».

« Ces molécules agissent sur l’équilibre hormonal de nombreuses espèces vivantes8 sauvages ou domestiquées (animales, ou végétales dans le cas des phytohormones). Elles sont souvent susceptibles d’avoir des effets indésirables sur la santé en altérant des fonctions telles que la croissance, le développement, le comportement et l’humeur, la production, l’utilisation et le stockage de l’énergie, la fonction de repos (le sommeil), l’hémodynamique et la circulation sanguine, la fonction sexuelle et reproductrice. »

« Ces molécules agissent à très faibles doses (du même ordre de grandeur que les concentrations physiologiques des hormones) ; elles ne sont pas toxiques au sens habituel du terme (empoisonnement) mais peuvent perturber l’organisme de façon discrète, parfois difficile à reconnaître. Elles sont sources de maladies émergentes (en partie liées au mode de vie), et ont parfois un impact sur la descendance (par exemple, le Distilbène affecte la mère et ses descendantes) ou sur des populations entières (par exemple les escargots marins ou la faune piscicole vivant dans des zones où des perturbateurs endocriniens sont très présents, comme les alligators de Californie ou les grèbes, exposés à du DDT et ne pouvant plus se reproduire, qui ont fait l’objet d’études déjà anciennes). Comme les hormones qu’ils imitent, plusieurs perturbateurs endocriniens exercent probablement conjointement leurs effets sur l’épigénome9. »

« En induisant des interactions synergiques complexes10, ces perturbateurs remettent en question les approches réglementaires basées sur des seuils toxicologiques par produit, et sur une croyance datant de Paracelse. Ce dernier estimait que « Rien n’est poison, tout est poison : seule la dose fait le poison », l’Opects évoquant en 2011 à leur égard le besoin d’une « révolution toxicologique »11, mais on sait maintenant que des synergies peuvent aussi faire le « poison » et que les hormones agissent à très faible doses ».

Article complet avec les références à lire sur le site suivant : https://fr.wikipedia.org/wiki/Perturbateur_endocrinien

Autres articles consacrés aux perturbateurs endocriniens, sélectionnés à l’aide de Google (11/09/2015)

Perturbateurs endocriniens et risques de cancer www.cancer-environnement.fr/274-Perturbateurs-endocriniens.ce.aspx - 22 juin 2015 - Fiche d’information qui propose une synthèse des connaissances sur les liens entre l’exposition aux perturbateurs endocriniens et les risques ...

Définition > Perturbateur endocrinien - Futura-Sciences ww.futura-sciences.com/.../d/biologie-perturbateur-endocrinien-9026/ - « Un perturbateur endocrinien est une molécule qui mime, bloque ou modifie l’action d’une hormone et perturbe le fonctionnement normal d’un organisme… »

Perturbateurs endocriniens https://www.anses.fr/fr/content/perturbateurs-endocriniens-1 « La compréhension exacte du rôle joué par ces substances dites ’perturbateurs endocriniens’, leurs modalités d’action, comme la part attribuable de leur effet ... »

Qu’est-ce qu’un perturbateur endocrinien ? - Le Monde www.lemonde.fr/.../qu-est-ce-qu-un-perturbateur-endocrinien_4589978_1... - 9 mars 2015 - Mais que sont exactement les perturbateurs endocriniens ? Dans cette vidéo proposée par Thinkovery, le toxicologue Robert Barouki, directeur ...

Une vingtaine de perturbateurs endocriniens dans les ... www.lemonde.fr/.../une-vingtaine-perturbateurs-endocriniens-dans-les-che... - 12 mars 2015 - Au moins une vingtaine de perturbateurs endocriniens (PE) – avérés ou suspectés – seraient présents dans les cheveux des femmes urbaines ...

Perturbateur endocrinien - Les perturbateurs endocriniens ... www.doctissimo.fr › Santé. « Un perturbateur endocrinien peut mimer, bloquer ou modifier l’action d’une hormone. Il perturberait alors le fonctionnement normal d’un organisme...

Les perturbateurs endocriniens, des substances toxiques www.asef-asso.fr › Problématiques émergentes › Nos synthèses. 4 sept. 2015 – « Les perturbateurs endocriniens (PE) sont des substances chimiques, étrangères à l’organisme, qui peuvent interférer avec le fonctionnement ... »

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  • Pesticides et colorants alimentaires – Médicaments et eaux
    Notre attention avait été attirée par les deux articles ci-après émanant de l‘Institut de la Science dans la Société, basé à Londres. Les effets synergiques dus à des mélanges de faibles concentrations de polluants environnementaux sont déjà bien connus, comme le rappelait l’article ‘Super-Toxic Cocktails’, paru dans la revue Science in Society N° 43, dont la version en français est disponible sous le titre : ’Pesticides & Colorants alimentaires : Super-cocktails toxiques’ par le Professeur Peter Saunders. Traduction de Jacques Hallard ; accessible sur http://isias.transition89.lautre.ne...

 ’Pesticides & Colorants alimentaires : Super-cocktails toxiques’ par le Professeur Peter Saunders. Traduction et compléments de Jacques Hallard , lundi 27 avril 2009 par Saunders Professeur Peter

 Sommaire 

« Des produits chimiques synthétiques se trouvent parmi nous dans notre environnement : dans l’air que nous respirons, dans l’eau que nous buvons, dans les aliments que nous mangeons, dans les objets que nous touchons. Beaucoup d’entre eux sont dangereux, certains plus que d’autres, et il n’est pas facile de savoir si certains d’entre eux sont inoffensifs ou non… »

Article complet à lire sur le site : http://www.isias.lautre.net/spip.php?article102&amp ;lang=fr

 ’Des cocktails pharmaceutiques pour tout un chacun à partir de l’eau polluée’ par le Prof Joe Cummins. Traduction et compléments de Jacques Hallard, mercredi 6 février 2013 - ISIS Santé. « La pollution généralisée de l’eau potable par les rejets non réglementés des produits pharmaceutiques [ainsi que les produits de soins et tous leurs dérivés chimiques] est potentiellement dangereuse et dommageable pour la santé publique ainsi que pour notre environnement.

 Sommaire 

Les produits pharmaceutiques dans les eaux usées et dans l’eau potable

Des études ont été conduites aux États-Unis

Des études qui ont été conduites en Europe

Des études conduites à Singapour

Les études menées dans la région des Grands Lacs et au Canada

L’activité biologique de l’eau potable polluée par des produits pharmaceutiques

Les traitements pour retirer les produits pharmaceutiques contenus dans l’eau potable

Extraits de la conclusion de l’auteur :

« Une grande partie de l’eau potable dans le monde est polluée par des produits pharmaceutiques ou par leurs produits de dégradation après leur transformation chimique. L’OMS, ainsi que de nombreux fournisseurs d’eau, soutiennent que la pollution d’origine pharmaceutique n’est pas un sujet de préoccupation suffisamment grave, même si les effets néfastes de l’exposition des organismes aquatiques sont bien connus et rapportés ».

« Le principe de précaution exige que la menace pour la santé humaine et pour l’environnement doit être reconnue et que des mesures appropriées doivent être prises pour remédier à l’eau polluée et pour limiter les rejets provenant des sources industrielles ».

« La méthode d’approche scientifique est basée sur la publication des rapports complets et véridiques et, là encore, le ministère ontarien de l’Environnement choisit de publier des rapports qui ne peuvent pas être corroborés de façon indépendante, car les sites exacts des prélèvements des échantillons d’eau potable ne sont pas indiqués. Les rédacteurs en chef ne devraient pas permettre que cette pratique répréhensible puisse persister. L’omission d’informations peut entraîner l’exposition mortelle d’individus sensibles à des allergènes puissants ou à des produits chimiques tels que ceux qui causent l’autisme. L’Organisation Mondiale de la Santé (OMS) a manqué gravement à son rôle de gardien des approvisionnements en eau potable dans le monde »..
© 1999-2012 The Institute of Science in Society - L’article complet est à lire ici : http://www.isias.lautre.net/spip.php?article280 - Définitions et compléments en français ici :

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  • La Commission Européenne face aux effets cocktails et autres
    Les dangers et les risques sanitaires, ainsi que les mesures de sécurité à recommander et à prendre pour l’emploi des diverses et nombreuses substances chimiques mises sur les marches, sont du ressort de la Commission Européenne à Bruxelles. Un chantier énorme, coûteux et compliqué, du fait de la multiplicité des interactions possibles et des impacts sur les êtres vivants : un travail qui tarde trop à être assumé dans un souci de santé publique et de bien-être des populations concernées. Quelques avis en la matière.

Effet cocktail : pour la Commission Européenne, il est urgent … d’attendre ! Communiqué de presse du 31 mai 2012. Reproduction d’un document issu du ‘Réseau Environnement Santé’.

« Les associations de défense de l’environnement et de la santé expriment leur profonde préoccupation après la communication publiée aujourd’hui par la Commission Européenne sur l’exposition de la population aux mélanges de produits chimiques, le fameux « effet cocktail ». La question des perturbateurs endocriniens inquiète particulièrement les associations.[1] »

« Cette communication est une sérieuse déception. Elle ne reflète pas l’urgence à traiter les enjeux de l’effet cocktail. D’un côté la Commission admet que le système actuel d’évaluation des risques ne permet pas de tenir compte des effets cumulés de plusieurs substances chimiques absorbées par différentes voies d’exposition ; de l’autre, elle renonce à résoudre cette défaillance de la sécurité sanitaire », explique Yannick Vicaire, chargé de mission au Réseau Environnement Santé.

« En Décembre 2009, les ministres de l’UE avaient demandé à la Commission de produire un rapport sur la façon dont les règlements existants couvraient les risques de l’effet cocktail en appelant à déployer l’action nécessaire « pour traiter les effets de la combinaison de produits chimiques ».[2] Un nombre croissant d’études scientifiques suggèrent que les perturbateurs endocriniens (PE), en particulier en combinaison, jouent un rôle dans le développement des maladies chroniques, telles que les cancers hormonaux (sein, prostate, testicules), l’obésité, le diabète, les maladies cardiovasculaires et les troubles de la reproduction … [3]. Une étude récente menée par l’Agence de protection de l’environnement danoise a montré que les femmes enceintes ont dans leur corps un certain nombre de perturbateurs endocriniens différents, [4] connus pour leur susceptibilité à traverser le placenta. Le fœtus est donc exposé et cette période du développement est extrêmement sensible pour la genèse de maladies chroniques ».

« Un certain nombre de lois de l’Union Européenne visent à protéger les citoyens contre l’exposition aux produits chimiques nocifs. Cependant, chaque exposition est considérée individuellement sans tenir compte des combinaisons possibles. De plus, l’évaluation des risques associés à certains produits chimiques, tels que les pesticides, les biocides et les produits chimiques industriels se fait selon différentes modalités car régie par des textes de loi bien distincts – la réalité de l’exposition humaine est plus complexe et ne respecte pas ces séparations administratives ».

« Nous avons désespérément besoin d’une stratégie contre ces expositions aux mélanges de substances chimiques ; nous faisons face à une épidémie de maladies chroniques coûteuses, douloureuses et invalidantes », a déclaré François Veillerette, porte-parole de Générations Futures et de PAN-Europe, « dans cette situation, la Commission ne peut se contenter de proroger le statu quo ». En réalité, la population et la faune sont exposées à de nombreux produits chimiques différents dans le même temps.

« La communication publiée aujourd’hui propose une plate-forme pour les données existantes de surveillance chimique et une meilleure coordination à travers les différentes entités de la Commission responsables des différentes lois de l’UE. Elle annonce des lignes directrices techniques pour promouvoir la cohérence entre les différentes législations qui ne remplaceront pas les règles existantes, ainsi qu’un rapport d’ici juin 2015, mais ne propose pas de changements dans les procédures d’évaluation des risques pour prendre en compte les mélanges, ni de mises à jour ou d’ajustements de la législation européenne ».

[1]. Environnement : une nouvelle approche de l’évaluation des mélanges chimiques, http://europa.eu/rapid/pressReleasesAction.do?reference=IP/12/541&amp ;format=HTML&aged=0&language=FR&guiLanguage=en

[2]. Conclusions du Conseil sur les effets combinés des produits chimiques,
http://www.consilium.europa.eu/homepage/showfocus?lang=en&amp ;focusID=65453

[3]. Pour plus d’informations sur l’évaluation des risques à partir de mélanges, voir le rapport, « State of the Art of Toxicology Mélanges », par Andreas Kortenkamp, Thomas Backhaus, et Michael Faust, contractée par la Commission européenne DG Environnement. Voir http://ec.europa.eu/environment/chemicals/pdf/report_Mixture%20toxicity.pdf

[4]. http://www.mst.dk/English/About+the+Danish+EPA/News/20120328pregnant.htm

Les PE, les effets cocktails et les nanos, priorités danoises de l’UE en 2012

Michel Schilling avait présenté les priorités du Danemark au cours de sa présidence de l’Union Européenne au 1er semestre 2012 (extraits)

« A partir du 1er Janvier de l’année 2013, le Danemark assumera la présidence de l’UE pour les six mois suivants. Cela nous donne un certain nombre d’obligations, mais cela nous donne aussi des possibilités. C’est un souhait très fort du gouvernement danois de faciliter une transformation verte de l’UE en une société plus écologique et plus économe en ressources ».

« La présidence nous donne une possibilité de suivi de la stratégie Europe 2020 vers une économie verte pour l’Europe afin d’atteindre cet objectif. Nous considérons la « Feuille de route pour une Resource Efficient Europe » de la Commission comme une pierre angulaire dans la transformation verte qui est nécessaire pour guider l’Europe non seulement hors de la crise climatique et de la crise des ressources, mais aussi hors de la crise financière actuelle ».

« Nous proposons de faire du septième programme d’action pour l’environnement (7EAP), renforcé et plus ciblé, un instrument important pour atteindre ces objectifs ». Lire la suite de cette entrée »

Mélanges de polluants : veille scientifique n°2http://reseau-environnement-sante.f...- Pour tous les détails et mises à jour, se rendre sur le site suivant : http://reseau-environnement-sante.fr/category/dossiers-par-themes/effets-cocktails-perturbateurs-endocriniens/cocktails-chimiques/

Dans un récent article, des chercheurs français apportent une contribution nouvelle et originale pour une meilleure connaissance de l’effet cocktail. Nous donnons ci-après le contenu d’un communiqué de presse traduit en français.

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  • Les dessous de l ’« effet cocktail » des perturbateurs endocriniens
    Faire la lumière sur les dessous et la face cachée de l ’« effet cocktail » des perturbateurs endocriniens. Tel est l’objectif du communiqué de presse relatant les résultats obtenus par des chercheurs français.

 Traduction d’après un article intitulé Light shed on the underside of the “cocktail effect” of endocrine disruptors. 03.09.2015 - Press release - Molecular and structural bases of living organisms - Press release – Inserm press room – Light shed on the underside of the “cocktail effect” of endocrine disruptors -
Link : http://presse-inserm.fr/en/light-shed-on-the-underside-of-the-cocktail-effect-of-endocrine-disruptors/20453/

Les substances chimiques qui sont sans danger pour l’homme lorsqu’elles sont prises isolément, peuvent devenir nocives lorsqu’elles sont combinées. Trois équipes de recherche réunissant des chercheurs de l’Inserm et du CNRS [1] à Montpellier ont élucidé in vitro un mécanisme moléculaire qui pourrait contribuer au phénomène connu sous le nom ’effet cocktail’. Cette étude est publiée dans la revue Nature Communications.

[1] Centre for Structural Biochemistry (CBS) (CNRS UMR5048 – Inserm U1054) at the Cancer Research Institute (Inserm U1194), and the Functional Genomics Institute (CNRS UMR5203 – Inserm U661)

Chaque jour, nous sommes exposés à de nombreux composés exogènes tels que les polluants de l’environnement, de drogues ou de substances dans notre alimentation. Certaines de ces molécules, connues comme des perturbateurs endocriniens, sont fortement soupçonnés d’interagir avec les protéines de régulation inappropriée dans nos cellules et induire de nombreux troubles physiologiques ou métaboliques (des cancers, l’obésité, le diabète, etc.). En outre, la combinaison de ces molécules dans des mélanges complexes avec lesquelles nous sommes en contact de routine, pourrait aggraver leur toxicité.

Dans un article qui sera publié dans Nature Communications, les chercheurs ont dévoilé un mécanisme qui pourrait contribuer à cet effet de mélange, pour lesquels aucune explication rationnelle n’a été offerte jusqu’à maintenant. Ils montrent que certains oestrogènes tels que l’éthinyloestradiol (l’un des ingrédients actifs des pilules contraceptives) et les pesticides organochlorés comme la trans-nonachlore, bien que très faiblement actifs par eux-mêmes, peuvent avoir, d’une part, la capacité de se lier simultanément à un récepteur situé dans le noyau de la cellule et, d’autre part, d’activer celui-ci avec un effet de synergie (effet cocktail).

Les analyses au niveau moléculaire indiquent que les deux composés se lient au récepteur de manière coopérative, à savoir que la liaison de la première molécule favorise la liaison de la seconde. Ceci est dû à la coopérativité des interactions fortes au niveau du site de liaison du récepteur, de sorte que le mélange binaire induit un effet toxique à des concentrations beaucoup plus faibles que ne le feraient individuellement les molécules en jeu.

Ces résultats obtenus in vitro constituent une preuve pour ce concept qui ouvre la voie à un vaste champ d’étude. Il y a en fait environ 150.000 composés dans notre environnement ; ils pourraient avoir des effets inattendus sur la santé humaine grâce à leur action combinée, compte tenu de leur statut reconnue ou supposé, en matière de sécurité, lorsqu’elles sont considérées comme des substances isolées. Si ces études sont confirmées in vivo, les conséquences attendues pourraient être importantes dans les domaines de la perturbation du système endocrinien, en toxicologie d’une manière générale, ainsi que pour l’évaluation des risques associés à l’utilisation de divers produits chimiques.

Séparément, l’éthinylestradiol (EE2) et le trans-nonachlore (TNC) se lient au récepteur du xénobiotique (PXR), seulement à des concentrations élevées, et ces substances sont des activateurs faibles de ce récepteur. Quand elles sont utilisées ensemble et simultanément, les deux composés se stabilisent mutuellement dans la poche de liaison du récepteur. Le ’ligand supramoléculaire’ ainsi créé a une affinité accrue pour le récepteur du xénobiotique (PXR), de sorte qu’il peut induire un effet toxique à des doses auxquelles chaque composé est inactif lorsqu’il est présent et testé individuellement.

© Vanessa Delfosse, William Bourguet. Press release – Inserm press room – Light shed on the underside of the “cocktail effect” of endocrine disruptors- Source : http://presse-inserm.fr/en/light-shed-on-the-underside-of-the-cocktail-effect-of-endocrine-disruptors/20453/

Sélection de quelques articles se rapportant à la publication ci-dessus

A l’aide de Google le 11/09/2015).

Les secrets de « l’effet cocktail » mis au jour. Par Stéphane Foucart. LE MONDE | 03.09.2015 à 12h29 • Mis à jour le 03.09.2015 à 20h53 - A Facebook Twitter Linkedin Pinterest Abonnez-vous au Monde.fr dès 1 €

« Le principe général est que deux substances, prises isolément, peuvent être inoffensives ou très faiblement actives, mais qu’elles peuvent devenir toxiques une fois mélangées », explique William Bourguet, chercheur au Centre de biochimie structurale de Montpellier. « En mathématiques, il est d’usage de penser qu’un plus un font – sauf surprise de taille – deux. En biologie, les choses sont un peu plus compliquées. Dans le royaume du vivant, un plus un peuvent faire deux, mais aussi dix, trente et pourquoi pas cent… Observée de longue date et connue sous le nom d’« effet cocktail », cette arithmétique étrange vient de trouver, dans une étude française publiée jeudi 3 septembre 2015 par la revue Nature Communications, ses premiers éléments d’explication ».

Accès conditionnel à la totalité de l’article du journal ‘Le Monde‘ à la source ci-après. Source ; http://mobile.lemonde.fr/medecine/article/2015/09/03/les-secrets-de-l-effet-cocktail-mis-au-jour_4744773_1650718.html?xtref=https://www.google.fr

Effets ’cocktail’ : le défi scientifique des interactions chimiques inattendues. Par La rédaction d’Allodocteurs.fr. Mis à jour le 03/09/2015 | 15:42 , publié le 03/09/2015 | 13:33 - Interview de William Bourguet. Propos recueillis par Alexandra Combe. D’après l’auteur Florian Gouthière journaliste, à la rédaction d’Allodocteurs.fr.

« Certains mélanges chimiques sont notoirement dangereux, et dûment recensés dans des notices de sécurité à disposition des professionnels. Mais toutes les associations n’ont pas - et ne peuvent probablement pas - été testées, et leurs conséquences ne sautent pas immédiatement aux yeux. Comment imaginer que quelques milligrammes d’un composé utilisé comme fongicide entrera un jour en contact d’une molécule anticancéreuse ? Et comment anticiper que leur interaction avec les récepteurs d’un certain type de cellule, niché au plus profond de notre organisme, entraînera des réactions biologiques délétères ? »

« Les expériences, in vitro et in vivo, doivent mettre en jeu des concentrations parfois très faibles de produits chimiques, et les chercheurs doivent pouvoir détecter les effets biologiques éventuels non seulement sur le court, mais aussi sur le moyen et le long terme. Un champ de recherche entièrement nouveau nait de la prise de conscience des ’effets cocktails’. Des disciplines très variées sont appelées à collaborer entre elles pour concevoir les protocoles de tests et analyser les résultats. Il faut des toxicologues, des spécialistes de la chimie moléculaire, des épidémiologistes [1], des biologistes, capables de comprendre le parcours d’une molécule dans un organisme »…

 Seuils de toxicité abaissés

« Depuis quelques années, les découvertes d’effets ’cocktail’ relatifs à des produits auxquels nous sommes couramment exposés se sont multipliées. Parmi les nombreux phénomènes constatés : l’abaissement des seuils de toxicité ».

« L’Institut national de recherche agronomique (Inra) a ainsi démontré mi-2013 qu’en mettant dans la même fiole deux pesticides génotoxiques (susceptibles d’endommager l’ADN) avec trois pesticides non-génotoxiques, le mélange s’avérait dangereux à des seuils sept fois inférieurs à ceux établis pour les deux premiers produits considérés isolément… »

 Des effets ’cocktail’ sans interaction directe

« De tels constats sont précieux, mais les chercheurs ambitionnent de comprendre les mécanismes précis par lesquels l’inoffensif passe à l’offensive. L’effet cocktail ne nécessite pas toujours que les substances chimiques se rencontrent dans l’organisme. Des molécules peuvent indépendamment fragiliser de façon superficielle un édifice cellulaire, et déclencher des catastrophes en bout de chaîne. Mi-2015, une équipe de 174 experts en biochimie et en cancérologie a publié une liste de 50 substances ’non-cancérogènes’ courantes, susceptibles d’interagir à des doses infimes avec des mécanismes intracellulaires fragiles et distincts, et contribuant potentiellement ’à produire des synergies cancérogènes’ ».

 Quand des molécules favorisent mutuellement leur arrimage aux cellules

« Ce 3 septembre 2015, dans la revue Nature Communication
[2], des chercheurs montpelliérains ont mis en évidence (in vitro) un mécanisme ’cocktail’ inédit. Après avoir passé au crible une cinquantaine de molécules (pesticides, médicaments…), en testant 780 combinaisons, ils ont observé une démultiplication des effets pour deux d’entre elles. Les deux substances en question étaient un œstrogène, l’éthinylestradiol (un des composants actifs des pilules contraceptives) et un pesticide organochloré, le trans-nonachlor. ’Bien que très faiblement actifs par eux-mêmes [à faibles doses avec les cellules], ils ont la capacité de se fixer simultanément à un récepteur situé dans le noyau des cellules et de l’activer de façon synergique’, expliquent les scientifiques dans un communiqué ».

« ’La fixation [de la première substance] favorise la liaison [de la seconde]’, nous précise William Bourguet, coordinateur de l’étude. ’Lorsqu’ils sont utilisés ensemble, les deux composés se stabilisent mutuellement dans la poche de liaison du récepteur’. L’activité des deux molécules combinées est alors ’entre 10 et 50 fois plus forte’ que les mêmes considérées isolément. ’Jusqu’à maintenant, on ne savait pas tester le phénomène, car on ne connaissait pas le mécanisme. Maintenant, on connaît [l’un des mécanismes] qui peut induire ces effet cocktail, et on va pouvoir le tester en laboratoire [avec d’autres molécules, notamment des médicaments]’ ».

« Les résultats obtenus in vitro doivent encore être confirmés in vivo. Si les conclusions sont positives, les chercheurs montpelliérains envisagent de tester prochainement 1.600 médicaments courants, afin d’établir si le phénomène mis en évidence avec l’éthinylestradiol et le trans-nonachlor survient également ».

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 [1] En France, l’ANSES mène depuis 2009 le projet Périclès, avec pour objectif ’de développer des méthodes pour déterminer les principaux mélanges de pesticides auxquels la population française est réellement exposée via son alimentation’, et d’appréhender ’les effets combinés potentiels des substances en mélange’.


[2] Synergistic activation of human pregnane X receptor by binary cocktails of pharmaceutical and environmental compounds. V. Delfosse, W. Bourguet et coll. Nature Communication http://dx.doi.org/10.1038/ncomms9089

’L’approche d’évaluation des risques « substance par substance » [est désormais] jugée insuffisante [par les experts] pour évaluer les effets combinés des substances’, constataient les agences sanitaires française, allemande et danoise, à l’occasion d’une conférence internationale sur l’enjeu sanitaire de ’l’effet cocktail’, tenue à Paris fin 2013.

’En particulier pour les perturbateurs endocriniens, cette approche [ne protège pas] suffisamment la population contre les effets éventuels des mélanges de substances chimiques’.

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Source : http://mobile.francetvinfo.fr/sante/environnement-et-sante/effets-cocktail-le-defi-scientifique-des-interactions-chimiques-inattendues_1068113.html#xtref=https://www.google.fr

 Les scientifiques mettent au point un test pour prévenir « l’effet cocktail »

Etude « Si les résultats sont confirmés, la toxicologie et l’évaluation des risques liés à l’utilisation des produits chimiques pourraient être bouleversés... » - D’après ‘20 Minutes avec agences’. Publié le 03.09.2015 à 17:33. Mis à jour le 03.09.2015 à 17:33 - Mots-clés : Santé, médicaments.

« On le sait, des substances chimiques qui sont sans danger pour l’homme peuvent une fois mélangées (« effet cocktail ») devenir extrêmement nocives. Ce que l’on savait moins c’est qu’il existait quelque 150.000 composés (polluants environnementaux, médicamentsou même substances provenant de notre alimentation) dont l’action combinée pourrait avoir des effets inattendus sur notre santé ».

« Mieux encore, dans une étude dans la sérieuse revue britannique Nature Communication, des chercheurs français rapportent avoir découvert un mécanisme sous-tendant cet « effet cocktail » et mis au point un test simple et peu coûteux capable de déceler ces mélanges hautement toxiques mais le plus souvent « mis au point » par le hasard ».

Un effet toxique démultiplié

« Nous avons passé au crible une cinquantaine de molécules dont le Bisphénol A, des pesticides et des médicaments, testé 780 combinaisons et découvert un effet synergique, c’est-à-dire un effet démultiplié, pour deux d’entre elles », explique William Bourguet qui a coordonné l’étude réalisée par des chercheurs de l’Inserm et du CNRS à Montpellier. Lesquelles ? L’éthinylestradiol (un des composants actifs des pilules contraceptives) et le trans-nonachlor, un composé du chlordane, insecticide organochloré persistant utilisé pendant 35 ans avant d’être interdit dans les années 1990. Grâce à des analyses effectuées en laboratoire, les chercheurs ont donc montré que les deux composants avaient la capacité de se fixer simultanément à un récepteur situé dans le noyau des cellules et de l’activer, induisant un effet toxique démultiplié ».

Quelque 1.600 médicaments courants bientôt passés au crible

« Nous avons mis au point un test simple et bon marché qui va nous permettre de tester d’autres gammes de molécules », souligne William Bourguet qui compte analyser prochainement quelque 1.600 médicaments courants pour voir si en les combinant, on retrouve également des « effets cocktail ».

« Le chercheur reconnaît toutefois ne pas savoir si le mécanisme découvert est le seul impliqué dans le phénomène qui suscite des inquiétudes grandissantes chez les écologistes*. Mais, selon lui, si les résultats sont confirmés par de nouveaux tests sur les animaux, les retombées dans les domaines de la toxicologie et de l’évaluation des risques liés à l’utilisation des produits chimiques seraient notables ».

Médicaments dans l’eau potable : « on ignore encore la toxicité induite par l’effet cocktail »

« On pourra tester les différentes molécules pour voir leur toxicité lorsqu’elles sont combinées, voire modifier leurs formules pour éviter qu’elles aient un effet de synergie », explique le scientifique, qui précise que le « chemin risque d’être très long », compte tenu des innombrables combinaisons possibles.

* Les écologistes reprochent notamment aux industriels de se contenter d’étudier l’effet toxique d’une seule molécule, sans se préoccuper des combinaisons possibles, notamment en ce qui concerne les perturbateurs endocriniens ».

© 2015 France Télévisions | Mentions légales - Source :http://www.20minutes.fr/sante/1678979-20150903-scientifiques-mettent-point-test-prevenir-effet-cocktail

Une étude révèle la dangerosité de l’« effet cocktail » des ... www.liberation.fr › Sciences – « Un effet cocktail nocif pour la santé peut se manifester lorsque deux ... Pour le moment, rien n’oblige les groupes pharmaceutiques à le faire avant la mise sur le marché d’un nouveau produit. ...

Effets ’cocktail’ : le défi scientifique des interactions chimiques www.francetvinfo.fr › Santé › Environnement et santé - Mis à jour le 03/09/2015 | 15:42 , publié le 03/09/2015 | 13:33 ... Depuis quelques années, les découvertes d’effetscocktail’ relatifs à des ...

Pesticides et pilule contraceptive : un cocktail à haute toxicité www.metronews.fr/info/pesticides...cocktail-a.../moic !rJG34HllJpWGc/ - Mis à jour : 03-09-2015 19:40 ... C’est justement le mécanisme de cet ’effet cocktail’ qui a été élucidé par une équipe de chercheurs français …

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Auteur : Jacques HALLARD, Ingénieur CNAM, consultant indépendant – 11/09/2015

Site ISIAS = Introduire les Sciences et les Intégrer dans des Alternatives Sociétales

http://www.isias.lautre.net/

Adresse : 585 Chemin du Malpas 13940 Mollégès France

Courriel : jacques.hallard921@orange.fr

Fichier : ISIAS Toxicologie Santé Contribution à la connaissance de l’effet cocktail des perturbateurs endocriniens.2

Travail dédié au Professeur Jean Trémolières (1913-1976), Médecin et Chef de service à l’Hôpital Bichat à Paris, Professeur de Biologie générale au Conservatoire National des Arts et Métiers Paris, « qui fut à l’origine de la nutrition à la française ».

Photo ina.fr - Ce que dit Trémolières : le pain, le vin