ISIAS

"Est-ce la fin de l’ère du pétrole ?" par le Dr Mae-Wan Ho

Traduction et compléments de Jacques Hallard
samedi 13 février 2016 par Ho Dr Mae-Wan

ISIS Energie
Est-ce la fin de l’ère du pétrole ?
Les prix du pétrole ont plongé à un plus bas niveau depuis cinq ans et cela a déclenché une vague de réduction des effectifs dans une industrie morose et désespérée qui se débarrasse de ses actifs en détresse. Pendant ce temps, les marchés des énergies renouvelables sont en plein essor avec le concept ’’100% d’énergies renouvelables’’ dans le plan d’action pour le climat ; les mouvements de base de la société civile sont en train de l’emporter sur de grandes compagnies qui se retirent des méga-investissements dans le secteur des combustibles fossiles et vont délaisser le pétrole dans les gisements souterrains. Dr Mae-Wan Ho
Avec ajout d’annexes sur les énergies renouvelables et la transition énergétique

Rapport de l’ISIS en date du Report 26/01/2015
Une version entièrement référencée de cet article intitulé Age of Oil Ending est affichée et disponible pour les membres de l’ISIS sur le site http://www.i-sis.org.uk/Age_of_Oil_...;; elle est aussi accessible par téléchargement ici
S’il vous plaît diffusez largement et rediffusez, mais veuillez donner l’URL de l’original et conserver tous les liens vers des articles sur notre site ISIS. Si vous trouvez ce rapport utile, s’il vous plaît, soutenez ISIS en vous abonnant à notre magazine Science in Society, et encouragez vos amis à le faire. Ou jetez un oeil à notre librairie ISIS bookstore pour d’autres publications

« The fall from grace » ou la fin d’un état de grâce

La chute spectaculaire des prix du pétrole de près de 60% depuis juin 2014, à partir d’un niveau minimum qui remonte à cinq ans, a alimenté les spéculations sur ses causes et ses conséquences économiques. Superficiellement, les causes de la chute des prix du pétrole sont l’offre excédentaire et la baisse de la demande.

Le ‘Boum de la fracturation pour les gaz de schistes’ aux États-Unis a eu comme conséquence une réduction considérable des importations de pétrole pour alimenter ce pays, tandis que l’Organisation des pays exportateurs de pétrole (OPEP) a toujours refusé de diminuer la production, ce qui a entraîné une surabondance de l’offre sur le marché mondial. Dans le même temps, la récession économique mondiale, en particulier le ralentissement de la croissance de l’économie en Chine, a aussi considérablement réduit la demande de pétrole.

La réalité est plus complexe, comme cela a été souligné dans un article sur la prospective pour les investisseurs [1]. Jusqu’en 1973, les prix du pétrole avaient été contrôlés par les pays importateurs et maintenus de 2,50 $ à 3,50 $ le baril (soit environ 10 à 15 $ le baril en valeur actuelle). Cependant, l’embargo de l’OPEP sur les pays occidentaux en 1973 a causé une montée en flèche des prix du pétrole. L’OPEP avait augmenté la production et les prix à terme s’étaient établis autour de 35 $ le baril, et les prix du pétrole avaient fluctué autour de ce niveau pendant près de trente ans.
Après 2000, les gisements de pétrole à haut rendement et à faible coût ont été épuisés, et le pétrole a dû être extrait de champs pétrolifères dans des conditions moins rentables sur le plan économique, ralentissant ainsi les investissements à un moment où la croissance dans les marchés émergents, notamment en Chine, faisait grimper la demande mondiale en pétrole. En conséquence, les prix du pétrole ont grimpé à plus de 140 dollars le baril, juste avant la crise financière du crédit de 2008.

Pendant la crise du crédit, le prix du pétrole a plongé de 140 $ en juin 2008 à 44 dollars en février 2009, pour s’établir ensuite autour de 110 $ le baril et les prix ont fluctué autour de cette valeur jusqu’en juin 2014.

Les coûts élevés au niveau des champs pétrolifères qui n’étaient déjà non rentables, d’une part, et la sortie des États-Unis de ce marché, d’autre part, ont augmenté d’environ 50 % au cours des cinq dernières années, passant de 130 millions de barils par jour, alors que l’offre s’effondrait au Nigeria, en Syrie, en Libye, au Soudan et en Iran. Cependant, la production de ces pays a récemment rebondi dans une certaine mesure, avec la plus forte augmentation qui a été enregistrée en Libye. Cette hausse soudaine des approvisionnements a causé une chute des prix du pétrole, et la baisse a continué lorsque les acteurs de l’OPEP ont décidé de ne pas réduire pas leurs productions pour assurer les approvisionnements sur le marché du pétrole afin de faire augmenter à nouveau les prix.

L’article [1] a décrit par la suite les conséquences économiques pour les différents pays : les « grands gagnants » étant ceux qui dépendent des importations de pétrole, alors que les pays producteurs sont les « grands perdants » car ils dépendent principalement du pétrole pour leur économie. Mais l’auteur a peut-être sous-estimé les impacts de changements plus profonds dans le paysage mondial de l’énergie au cours de la dernière décennie.

Texte complet en pdf


titre documents joints

13 février 2016
info document : PDF
234 ko

Accueil | Contact | Plan du site | | Statistiques du site | Visiteurs : 129 / 315737

Suivre la vie du site fr  Suivre la vie du site Pour en savoir plus  Suivre la vie du site Énergies  Suivre la vie du site Énergies fossiles   ?    |    titre sites syndiques OPML   ?

Site réalisé avec SPIP 3.2.1 + AHUNTSIC

Creative Commons License