ISIAS

"On peut laissez le pétrole dans les réserves du sous-sol : les énergies renouvelables peuvent apporter la solution aux dérèglements climatiques" par le Dr Mae-Wan Ho

Traduction et compléments de Jacques Hallard
samedi 20 février 2016 par Ho Dr Mae-Wan

ISIS Climat Energies

On peut laissez le pétrole dans les réserves du sous-sol : les énergies renouvelables peuvent apporter la solution aux dérèglements climatiques

Le pétrole brut poursuit sa tendance à la baisse tandis que le désinvestissement sur les combustibles fossiles a été multiplié par 50 au cours de l’année écoulée ; L’accord entre les Etats-Unis et la Chine sur le changement climatique prend de l’ampleur, déclenchant une série de nouveaux engagements pour réduire les émissions de carbone ; les énergies renouvelables sont en plein essor et elles sont prêtes à fournir des solutions pour le climat et assurer le succès du Sommet sur ​​le climat à Paris en décembre 2015. Dr Mae-Wan Ho

Rapport de l’ISIS en date du 25/11/2015, mis à jour le 22/01/2016

Le texte originel s’intitule Leave Oil in the Ground, Renewables Can Deliver Climate Solution et il est accessible sur le site http://www.i-sis.org.uk/Leave_Oil_in_the_Ground.php

S’il vous plaît diffusez largement et rediffusez, mais veuillez donner l’URL de l’original et conserver tous les liens vers des articles sur notre site ISIS. Si vous trouvez ce rapport utile, s’il vous plaît, soutenez ISIS en vous abonnant à notre magazine Science in Society, et encouragez vos amis à le faire. Ou jetez un œil à notre librairie ISIS bookstore pour d’autres publications.

Le pétrole brut continue sa tendance à la baisse

Au début de 2015, les prix du pétrole ont chuté à un niveau le bas depuis cinq ans et cela a déclenché une vague de réduction des effectifs dans une industrie désespérée pour se débarrasser de ses actifs bloqués, tandis que les marchés des énergies renouvelables ont été en plein essor et que la société civile a remporté de grandes campagnes pour faire cesser les méga-investissements dans les carburants et les combustibles fossiles et pour faire laisser le pétrole dans les sols (voir [1] Age of Oil Ending, SiS 65) *. Depuis lors, le pétrole brut a poursuivi sa tendance à la baisse.

[* Version en français : ’Est-ce la fin de l’ère du pétrole ?’ par le Dr Mae-Wan Ho. Traduction et compléments de Jacques Hallard, samedi 13 février 2016 - ISIS Energie. « Les prix du pétrole ont plongé à un plus bas niveau depuis cinq ans et cela a déclenché une vague de réduction des effectifs dans une industrie morose et désespérée qui se débarrasse de ses actifs en détresse. Pendant ce temps, les marchés des énergies renouvelables sont en plein essor avec le concept ’’100% d’énergies renouvelables’’ dans le plan d’action pour le climat ; les mouvements de base de la société civile sont en train de l’emporter sur de grandes compagnies qui se retirent des méga-investissements dans le secteur des combustibles fossiles et vont délaisser le pétrole dans les gisements souterrains…. » Lire en détail avec un ajout d’annexes sur les énergies renouvelables et la transition énergétique sur le site : http://www.isias.lautre.net/spip.php?article466 ].

Le géant pétrolier Shell a abandonné ses opérations de forage dans l’Arctique pour un ’avenir prévisible’, après avoir passé plus de 7 milliards d’US dollars pour prospecter se pour le pétrole ; les critiques ont fait remarquer que ces forages pourraient mettre en danger l’un des derniers environnements vierges du monde, afin de produire des carburants et des combustibles fossiles qui ne sont plus nécessaires [2].

Après avoir continué à produire du pétrole après le crash d’il y a un an, même les entreprises américaines les plus performantes sont ont dû se résigner [3]. Il y a maintenant 65% de plates-formes en moins dans le pays ; partant d’un maximum de de 1.609 en octobre 2014 pour tomber à seulement 564 le 20 novembre 2015 [4].

La grande victoire continue avec le mouvement de désinvestissement

Le 22 septembre 2015, Leonardo DiCaprio, la star de cinéma américain et plus de 2.000 personnes et 400 institutions se sont engagées à céder leur argent auprès de sociétés des combustibles et carburants fossiles. Au total, ils représentent 2,6 trillions * d’US dollars de fonds d’investissement [5].

[ * Trillion - En mathématique, selon Wikipédia, « dans les pays utilisant l’échelle longue (c’est-dire tous les pays à l’exception des pays russophones, arabes, anglophones et du Brésil), un
trillion représente 1 milliard de milliards (109x109) soit 10 puissance 18 ou, en notation scientifique à 1018, c’est-à-dire 1 000 000 000 000 000 000, encore un million de millions de millions (106x106x106). Un trillion est alors égal à un million à la puissance trois, d’où le terme. Le préfixe correspondant à ce nombre dans le système international d’unités (SI) est l’exa. Le SI est également utilisé dans les publications scientifiques anglo-saxonnes (non destinées au public). Dans l’échelle longue, mille trillions (103 × 1018) est égal à un trilliard (1021).

Dans les pays utilisant l’échelle courte et notamment dans les publications scientifiques anglo-saxonnes destinées au public (vulgarisation d’articles scientifiques, la précision est importante car elle a fait l’objet d’une loi aux États-Unis), un trillion représente mille milliards ou, en notation scientifique à 1012, c’est-à-dire 1 000 000 000 000. Il est appelé billion dans l’échelle longue (ce qui ajoute à la confusion lors des traductions). Le préfixe correspondant à ce nombre dans le système international d’unités est le téra… » Article complet sur https://fr.wikipedia.org/wiki/Trillion ].

Une nouvelle analyse indique que la valeur de fonds engagés pur vendre leurs participations dans des sociétés de charbon, de pétrole et de gaz a été multipliée par 50 , tandis que le nombre d’institutions engagées dans le désinvestissement est passé de 181 en septembre 2014 à 436 en novembre 2015. Les institutions concernées comprennent des gouvernementaux locaux et des organismes de santé et d’éducation qui représentent 646 millions de personnes à travers le monde.

Les fonds de pension et les grandes compagnies d’assurance ont rejoint les universités et les églises qui ont fondé le mouvement de désinvestissement. Parmi les plus grands opérateurs de désinvestissement, se trouvent les plus grand fonds souverains du monde détenu par la Norvège et deux des plus grands fonds de pension du monde en Californie. Les fonds de pension et les entreprises privées représentent désormais 95% des actifs qui sont engagés dans le désinvestissement ; mais aussi les engagements universitaires ont également triplé au cours de la dernière année, y compris notamment les universités de Californie, d’Oxford, et de Syracuse.

Le journal The Guardian, dont le groupe parent s »est engagé à céder ses fonds de 800 millions de livres sterling, a lancé une campagne en mars 2015 pour appeler les plus grands organismes médicaux de bienfaisance dans le monde, la Fondation Bill et Melinda Gate et le Wellcome, Trust de se départir du secteur des carburants et des combustibles fossiles. Le Wellcome Trust a perdu environ 175 millions de £ sur ses investissements des matières énergétiques fossiles dans la dernière année en omettant de céder ses parts.

La campagne de désinvestissement est maintenant engagée dans 43 pays et elle est soutenue par le chef des questions climatiques de l’ONU, Christiana Figueres, qui devait mener les négociations pour un accord climatique mondial lors du sommet de Paris en décembre 2015. Il le a appelé à un changement dans les investissements sur les combustibles et carburants fossiles, pour répondre à un montant d’un trillion de dollars par an, somme qui est nécessaire pour les investissements dans les ‘technologies propres’.

Les scientifiques conviennent que la plupart des réserves de ressources énergétiques fossiles existantes doivent être laissées an place dans le sol si le réchauffement climatique doit être maintenu en dessous de la limite internationalement convenue de 2°C. Cela devrait être une préoccupation majeure pour le sommet de Paris.

L’accord entre les Etats-Unis et la Chine sur le changement climatique prend de l’ampleur

Il a commencé en novembre 2014, lorsque les présidents Barack Obama et Xi Jinping ont fait une annonce historique conjointe sino-américaine sur le changement climatique à Beijing (voir [6] Can the US-China Agreement Save the Climate ? *

* Version en français : ’L’accord conclu entre les Etats-Unis et la Chine peut-il sauver le climat ?’ par la Dr Mae-Wan Ho. Traduction et compléments de Jacques Hallard, samedi 7 novembre 2015. ISIS Climat – « L’accord conclu entre les Etats-Unis et la Chine peut-il sauver le climat ? Cet accord reflète des augmentations rapides dans les énergies renouvelables et les technologies de stockage d’énergie électrique qui sont associées sur le terrain ; cela pourrait bien accélérer le changement dans le paysage énergétique du monde vers une prédominance de l’emploi des énergies renouvelables… »
Avec une mise à jour sur le changement climatique, sur la politique énergétique de l’Allemagne et sur la COP21, dans trois annexes, à la suite de la traduction, avec des articles d’actualités en date du 27/10/2015 et le communiqué de la Fondation Nicolas Hulot du 03/11/2015. Lire l’article sur le site suivant : http://www.isias.lautre.net/spip.ph...;;lang=fr

Au cours de la visite officielle de M. Xi à Washington en septembre 2015, les deux présidents ont réaffirmé leur détermination pour mettre en œuvre leurs politiques climatiques, pour renforcer la coordination et la coopération bilatérale et pour promouvoir le développement durable et la transition énergétique et écologique, avec une faible émission de carbone et des économies résilientes face au changement climatique [7].

Ils ont également exposé leur vision commune pour la réussite de la conférence sur le climat à Paris [COP21] ’favorise la mise en œuvre de l’objectif de la Convention [sur les changements climatiques] à partir de l’objectif d’une augmentation de la température inférieure à 2 degrés C au niveau mondiale’

Depuis l’annonce conjointe, les États-Unis ont pris des mesures importantes pour réduire leurs émissions de carbone (quoique toujours limité). En août 2015, le plan Power Clean a été finalisé : il permettra de réduire les émissions de CO2 du secteur de l’électricité de 32% en dessous des niveaux de 2005 d’ici l’année 2030.

En 2016, les Etats-Unis vont finaliser un plan fédéral pour mettre en œuvre des normes d’émission de carbone pour les centrales électriques dans les États qui n’ont pas encore choisi de concevoir leurs propres plans d’exécution en vertu du protocole ‘Clean Power’. Les États-Unis vont également avoir à finaliser la phase suivante : des normes reconnues au niveau mondial pour la consommation des carburants par les véhicules lourds en 2016 en vue de leur mise en œuvre en 2019.

Egalement, en août 2015, des normes distinctes ont été proposées pour les émissions de méthane provenant des décharges et du secteur du pétrole et du gaz, pour être finalisé en 2016. En juillet 2015, d’importantes nouvelles mesures ont été finalisées pour réduire la consommation et les émissions de HFC à travers le programme de la ‘nouvelle politique alternative’ (SNAP). Dans le secteur des bâtiments, plus de 20 normes d’efficacité pour les appareils et les équipements seront finalisés d’ici la fin de 2016.

La Chine, pour sa part, fera baisser les émissions de CO2 par unité de PIB de 60% - 65% du niveau de 2005 et augmentera le volume de forêt du stock d’environ 4,5 milliards de mètres cubes sur le niveau de 2005, à la fois en 2030. L’augmentation des stocks forestiers et la protection des forêts existantes est le plus importante, pas seulement pour la séquestration du carbone, mais surtout pour la régénération de l’oxygène atmosphérique, qui est en train de s‘épuiser beaucoup plus rapidement que le CO2 n’augmente : il a été estimé que ce point dangereux pourrait être atteint au cours des prochains mille ans (voir [8] O2 Diving Towards Danger Point, SiS 67)*. Il y a un besoin urgent de tenir une comptabilité de l’oxygène dans l’évaluation des technologies choisies, y compris dans celles qui sont censées réduire les émissions de CO2.

* Voir aussi l’article : ’A cause du réchauffement, les océans sont en manque d’oxygène’ par le Dr. Mae-Wan Ho, Traduction et compléments de Jacques Hallard, lundi 10 août 2009. « Le réchauffement planétaire provoque une diminution de l’oxygène dans les eaux océaniques : la survie des activités de pêches et l’ensemble des
écosystèmes marins sont menacés… » Article complet sur le site suivant : http://www.isias.lautre.net/spip.php?article97

La Chine va également promouvoir l’énergie ’verte’ en donnant la priorité à la distribution et l’envoi à la production d’énergies renouvelables, ainsi qu’à la production d’énergies fossiles à partir d’installations de plus grande efficacité et des niveaux d’émission inférieurs pour les carburants [7]. La Chine prévoit de lancer son système national d’échange d’émissions en 2017, couvrant des secteurs clés de l’industrie tels que le fer et l’acier, la production d’électricité, les produits chimiques, les matériaux de construction, la fabrication du papier et les métaux non ferreux.

La Chine s’est s’engagée à promouvoir les bâtiments et les transports à faibles émissions de carbone : la part des immeubles ‘verts’ atteint déjà 50% dans les nouveaux bâtiments dans les villes, et la part des transports publics dans le secteur des voyages motorisés pourrait atteindre 30% dans les villes moyennes et grandes en 2020. Le pays finalisera les prochaines normes de consommation de carburant pour les véhicules lourds en 2016, pour leur mise en œuvre en 2019. Actions pour limiter les HFC vont continuer d’être soutenues et accélérées, notamment en contrôlant efficacement les émissions de HFC-23 en 2020.

Les États-Unis ont réaffirmé leur engagement de 3 milliards de $ au ‘Green Climat Fund’ (GCF) ou ‘Fonds vert pour le climat’ afin d’aider les pays en développement à faire face au changement climatique, et la Chine a annoncé qu’elle mettra 20 milliards de ¥ à la disposition du Fonds de coopération Sud-Sud pour le Climat, en vue de sa mise en place : la Chine pour ainsi soutenir d’autres pays pour lutter contre le changement climatique et pour le développement, y compris pour améliorer leur capacité à accéder à des fonds provenant de GCF (voir [9] China Commits $5.1 Billion to South-South Cooperation on Climate Change and Development, SiS 69) *.

* Version en français : ’La Chine s’engage avec 5,1 milliards de dollars pour une coopération Sud-Sud sur le changement climatique et le développement’ par Martin Khor. Traduction et compléments de Jacques Hallard, lundi 18 janvier 2016. ISIS Climat. « Deux nouveaux fonds chinois, totalisant 5,1 milliards de dollars, et visant à aider les pays en développement pour faire face au changement climatique et aux problèmes de développement, pourraient modifier le jeu dans la coopération entre les pays du Sud et dans les relations internationales - Martin Khor directeur de l’organisation ‘Centre Sud’ Courriel : director@southcentre.int – Article compte sur le site suivant : http://www.isias.lautre.net/spip.php?article458

L’impulsion majeure de la Chine qui est ainsi donnée à la coopération Sud-Sud sur le changement climatique et le développement durable, pourrait bien engendrer un véritable changement dans les règles du jeu dans les négociations à venir.

Les énergies renouvelables peuvent fournir des solutions climatiques

En 2014, renouvelable représentaient 58,5% d’ajouts nets pour la capacité énergétique mondiale, avec une croissance significative dans toutes les régions. À la fin de l’année, les énergies renouvelables composé d’environ 27,7% de la capacité de production d’énergie au monde, assez pour alimenter environ 22,8% de l’électricité mondiale [10].

Un nouveau rapport publié par l’Agence internationale de l’énergie (AIE) [11] prévoit que les énergies renouvelables vont remplacer le charbon comme la plus grande source d’énergie à travers le monde d’ici 2030. Le sommet de Paris a déclenché de nombreux nouveaux engagements des principaux pollueurs de la planète - connu sous le nom « destiné Contributions déterminés au niveau national » ou INDCs - qui, dit l’AIE se traduira par un boom dans les énergies renouvelables au détriment du charbon et de réduire les émissions de CO2. Le montant des engagements pour une hausse de 50% des subventions pour les énergies renouvelables que le soutien à l’utilisation de combustibles fossiles et l’extraction est coupé en arrière.

Dans le même temps, les coûts d’extraction du pétrole montent tandis que les coûts des énergies renouvelables continuent de baisser, l’équilibre économique mouvant en faveur des énergies renouvelables. Le rapport de l’AIE dit [11] ’des réductions de coûts sont la norme pour l’équipement et l’appareil plus efficace ainsi que pour l’énergie éolienne et l’énergie solaire photovoltaïque, où les gains de la technologie se poursuivent au même rythme et il y a des sites appropriés abondantes pour leur déploiement.’

Le rapport poursuit en notant que la consommation de combustibles fossiles continue de bénéficier de subventions importantes, estimées à environ 490 milliards de $ en 2014, comparativement à des subventions pour aider le déploiement de technologies d’énergie renouvelable dans le secteur de l’énergie, ce qui représentait 112 milliards de $.

Les énergies renouvelables seront la plus importante source mondiale d’électricité d’ici 2030, indépendamment du fait que nous réussissons à arrêter le changement climatique run-away, dit le rapport. Il prédit basés sur les énergies renouvelables la production d’énergie atteignant 50% dans l’UE d’ici 2040, environ 30% en Chine et au Japon, et> 25% aux États-Unis et l’Inde.

Malgré le changement dans les intentions politiques catalysées par le Sommet de Paris sur le climat, Il reste encore beaucoup à faire pour éviter les pires effets du changement climatique. Parmi les recommandations de l’AIE figurent les points suivants :

  • Accroître l’efficacité énergétique dans le secteur de l’industrie, des bâtiments et des transports
  • Réduire progressivement l’utilisation des centrales au charbon les moins efficaces et en interdisant la construction de nouvelles installations
  • Augmenter les investissements dans les technologies du secteur des énergies renouvelables pour l’électricité en les faisant passer de 270 milliards de $ en 2014, à 400 milliards de $ en 2030
  • Préparer l’arrêt des subventions pour combustibles et carburants fossiles aux utilisateurs finaux d’ici 2030
  • Réduire les émissions de méthane dans la production de pétrole et de gaz.
    À cette liste, il faudra ajouter les mesures suivantes !
  • Protéger et accroître les surfaces de forêts naturelles ainsi que des prairies naturelles
  • Présentez et réaliser une comptabilité de l’oxygène comme une question d’urgence
  • Eliminer progressivement les combustibles et carburants fossiles (y compris le gaz), c’est-è-dire laisser les réserves en place dans les couches géologiques
  • Eliminer progressivement l’utilisation de l’énergie nucléaire
  • Eliminer progressivement l’agriculture industrielle et agrochimique et encourager à la place l’agriculture agro-écologique durable, conduite par des exploitations familiales dans le monde entier ; c’est l’un des principaux moyens d’adaptation et d’atténuation du changement climatique, tout en garantissant la sécurité alimentaire pour tous.
    (See [12] Green Energies 100 Percent Renewables by 2050, and [13] Food Futures Now *Organic *Sustainable *Fossil Fuel Free, ISIS/TWN special reports for further details.)

Conclusion

Tous les éléments et les conditions sont en place pour une issue favorable du sommet sur le climat de Paris. Nos représentants politiques ont seulement besoin de se rappeler que le changement climatique est mondial et ne doit pas être considéré et traité à l’intérieur des frontières nationales. Ce qui profite à un pays donné, profite en fait au monde entier.

Mise à jour du 22 janvier 2016


Comme prévu, le sommet de Paris (30 Novembre - 12 Décembre 2015) a abouti à un avis favorable et beaucoup diraient à un résultat révolutionnaire [13] Climate Change Revolution in Paris away from Fossil Fuels (SiS 69)

[* Voir notre version en français intitulée « La révolution sur le changement climatique à Paris a annoncé la fin des combustibles et carburants fossiles » sur notre site ISIAS].

Pendant ce temps, le prix du pétrole brut a poursuivi sa trajectoire à la baisse au-dessous de 30 $ le baril, ce qui entraîne de nouvelles faillites dans l’industrie des combustibles et des carburants fossiles, tandis que les énergies renouvelables ont profité d’un investissement record. Ce sont d’autres signes qui nous indiquent que l’ère du pétrole fin vraiment à son terme [1].

Les recherches de Bloomberg New Energy Finance (BNEF) a montré que la chute des prix du pétrole, qui a dévasté l’industrie de l’énergie traditionnelle, a apporté la prospérité aux énergies renouvelables comme l’énergie solaire et éolienne, qui ont attiré un record d’investissements de 329,3 milliards de dollars en 2015 [14]. Cette augmentation de 4% des dépenses au cours de 2014 a été attribuée à la chute des prix de l’énergie d’origine photovoltaïque et des éoliennes, ainsi que plusieurs grands financements pour les parcs éoliens offshore. L’éolien et le solaire ont ajouté environ 121 GW de capacité en 2015.

En dehors de la suppression des emplois et de ralentir les dépenses en capital, les compagnies pétrolières ont retardé les investissements pour un montant de 180 milliards de dollars. Selon l’analyse faite par le consultant de l’industrie Wood Mackenzie Ltd, les entreprises sont en train de « de passer en mode de survie » en 2016, avec beaucoup de projets qui vont être différés et de budgets qui vont être réduits.

Les cours du brent se situent autour de 30 $ le baril en janvier 2016, contre plus de 110 $ le baril en 2014. Les prix du charbon et du gaz naturel ont suivi, poussant plusieurs producteurs à la faillite.

Le rédacteur en chef de BNEF Angus McCrone prévoit une autre année forte pour les investissements dans le secteur des énergies renouvelables en 2015.

La Chine est restée le plus grand marché pour les énergies renouvelables, les investissements ayant augmenté de 17% par rapport à 2014, pour atteindre 110,5 milliards de dollars, soit presque le double des 56 milliards de dollars qui ont été investis aux États-Unis.

Autour de 64 gigawatts de nouvelle énergie de source éolienne et 57 gigawatts de nouvelle énergie de source photovoltaïque ont été ajoutés, ce qui représente une augmentation de 30% par rapport à 2014. Le programme ‘Race Bank offshore wind farm’, une installation éolienne off shore de 580 mégawatts réalisé Royaume-Uni, a été le plus grand projet financé au cours de l’an dernier, attirant 2,9 milliards de $, suivi par le parc éolien off shore Galloper d’un montant de 2,3 milliards de dollars, également situé Royaume-Uni.

Depuis le début de 2015, 42 compagnies pétrolières nord-américaines ont fait faillite [15]. Selon Standard & Poor, 50% de toutes les ‘junk bonds’ (obligations de pacotille) dans le secteur de l’énergie sont considérées comme étant « en difficulté » [16]. Quelques 95.000 emplois ont été perdus en 2015 dans les compagnies basées aux Etats-Unis, dans le secteur de l’énergie, selon le cabinet de conseil Challenger, Gray & Christmas, contre 14.000 pertes d’emploi l’année précédente [17].

La Russie, le Venezuela et les Etats du Golfe comme l’Arabie Saoudite voient les caisses de l’Etat se vider à un rythme alarmant, ce qui les oblige à faire des réductions des dépenses qui affectent largement les populations. .

Parmi les pays du Golfe, l’Arabie saoudite, Bahreïn et Oman ont réduit les subventions sur l’essence. A Bahreïn, les prix de l’essence à la pompe ont augmenté de près de 60%. L’Arabie saoudite envisage de vendre une partie de sa société d’État, qui est le plus grand producteur au monde, dans une offre publique.

Les licenciements collectifs en Alberta au Canada en 2015 se sont montés à 17.000, soit une augmentation de 134% par rapport à 2014 [18]. Pendant ce temps, au Royaume-Uni la compagnie pétrolière BP a déclaré qu’elle allait réduire 4.000 emplois à l’échelle mondiale (soit environ 5% de son effectif total), dont 600 pertes d’emplois concernent les opérations d’exploitation en Mer du Nord [19]. BP emploie environ 3.000 personnes au Royaume-Uni.

Le pétrolier géant du Brésil Petrobras a annoncé qu’il va entreprendre une réduction des investissements de 32 milliards de $ (25%) au cours des quatre prochaines années, ce quji constitue sa troisième coupe en six mois.

Il y a peu ou pas de signe indiquant que le prix du pétrole brut va se récupérer rapidement. Bob Dudley, le patron de BP a déclaré à la BBC « qu’il n’était pas impossible le prix du pétrole puissent s’effondrer à 10 $ le baril, selon une prévision faite en janvier 2016 par le prêteur sur les marchés émergents Standard Chartered [20]. Bas du formulaire

Références

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Traduction, compléments entre […], et inclusion de liens hypertextes donnant accès à des informations supplémentaires :

Jacques Hallard, Ing. CNAM, consultant indépendant.

Relecture et corrections : Christiane Hallard-Lauffenburger, ex professeure des écoles.

Adresse : 585 Chemin du Malpas 13940 Mollégès France

Courriel : jacques.hallard921@orange.fr

Fichier : ISIS Climat Energies Leave Oil in the Ground, Renewables Can Deliver Climate Solution French version.2

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 ISIS Report 25/11/15 ISIS Climat Energies

 Leave Oil in the Ground, Renewables Can Deliver Climate Solution

Crude oil continues its downward slide while divestment from fossil fuels increased 50-fold over the past year ; US-China accord on climate change gathers momentum, triggering a slew of new pledges to reduce carbon emission, renewables are booming and poised to deliver climate solutions for a successful climate summit in Paris this December Dr Mae-Wan Ho

 Crude oil continues downward slide

At the beginning of 2015, oil prices plummeted to a five-year low and sparked a wave of downsizing in an industry desperate to rid itself of stranded assets while renewable energy markets have been booming and civil society winning major campaigns to divest mega-investments form fossil fuels and leave oil in the ground (see [1] Age of Oil Ending, SiS 65). Since then, crude oil has continued its downward slide.

Oil giant Shell has abandoned its drilling operations in the Arctic for the “foreseeable future”, after having spent over US$7 bn in the hunt for oil, which critics had pointed out, could only endanger one of the world’s last pristine environments to produce fossil fuels no longer needed [2].

After continuing to produce oil during the year-long crash, even the most efficient US companies are bowing out [3]. There are now 65 % fewer rigs in the country ; falling from a peak of 1 609 in October 2014 to 564 by 20 November 2015 [4].

 Major victory continues for divestment movement

As of 22 September 2015, US movie star Leonardo DiCaprio and over 2 000 individuals and 400 institutions are committed to divesting their money from fossil fuel companies. Altogether, they represent US$2.6 tn investment funds [5]. A new analysis indicates that the value of funds committed to selling off their investments in coal, oil and gas companies has increased 50-fold, while the number of institutions committed to divestment rose from 181 in September 2014 to 436 today. The institutions include local government, health and education bodies representing 646 million individuals around the world. Major pension funds and insurance companies have joined the universities and churches that have founded the divestment movement. Among the largest divesters are the world’s biggest sovereign fund held by Norway and two of the world’s biggest pension funds in California. Pension funds and private companies now represent 95 % of the assets committed to divestment ; but university commitments have also tripled in the past year, including notably the universities of California, Oxford, and Syracuse.

The Guardian newspaper, whose parent group has committed to divest its £800 m fund, launched a campaign in March calling on the world’s biggest medical charities, the Bill and Melinda Gate’s Foundation and the Wellcome Trust to divest from fossil fuels. The Wellcome Trust has lost an estimated £175 m on its fossil fuel investments in the past year by failing to divest.

The divestment campaign is now in 43 countries and backed by UN’s climate chief Christiana Figueres, who will lead negotiations for a global climate deal at the summit in Paris in December 2015. She called for a shift of investment from fossil fuels to meet the $1 tn a year needed for investment into clean technologies.

Scientists agree that most existing fossil reserves have to be left in the ground if global warming is to be kept below the internationally-agreed limit of 2 ˚C. This should be a major focus for the summit.

 US-China accord on climate change gathers momentum

It started in November 2014, when Presidents Barack Obama and Xi Jinping made a historic US-China Joint Announcement on Climate Change in Beijing (see [6] Can the US-China Agreement Save the Climate ? SiS 65). During Xi’s state visit to Washington in September 2015, the two presidents reaffirmed their determination to implement their climate policies, to strengthen bilateral coordination and cooperation, and to promote sustainable development and the transition to green, low-carbon and climate-resilient economies [7].

They also set out their joint vision for a successful Paris Climate Conference that “furthers the implementation of the objection of the Convention [on Climate Change] mindful of the below 2 degree C global temperature goal.”

Since the Joint Announcement, the US has taken major steps to reduce its carbon emissions (though still limited). In August 2015, the Clean Power Plan was finalized, which will reduce CO2 emissions from the power sector to 32 % below 2005 levels by 2030. In 2016, the US will finalize a federal plan to implement carbon emission standards for power plants in states that do not choose to design their own implementation plans under the Clean Power Plan. The US is also to finalize its next stage, world-class fuel efficiency standards for heavy-duty vehicles in 2016 and implement them in 2019. Also in August 2015, separate standards were proposed for methane emissions from landfills and the oil and gas sector, both to be finalized in 2016. In July 2015 significant new measures were finalized to reduce use and emissions of HFCs through the Significant New Alternative Policy (SNAP) program. In the buildings sector, over 20 efficiency standards for appliances and equipment will be finalized by the end of 2016.

China for its part, will lower CO2 emissions per unit of GDP 60 % to 65 % from the 2005 level and increase the forest stock volume by around 4.5 billion cubic metres on the 2005 level, both by 2030. Increasing forest stock and protecting existing one is most important, not just for sequestering carbon, but especially for regenerating atmospheric oxygen, which is depletion much faster than CO2 is increasing, and now estimated to reach the danger point within a thousand years (see [8] O2 Diving Towards Danger Point, SiS 67). There is an urgent need for oxygen accounting in assessing technologies, including those that are supposed to reduce CO2 emissions.

China will also promote green power by giving priority in distribution and dispatching to renewable power generation and fossil fuel power generation of higher efficiency and lower emission levels [7]. China plans to start its national emission trading system in 2017, covering key industry sectors such as iron and steel, power generation, chemicals, building materials, paper-making, and nonferrous metals. China is committed to promoting low-carbon buildings and transportation, with the share of green buildings reaching 50 % in new buildings in cities and towns, and the share of public transport in motorized travel reaching 30 % in big- and medium-sized cities by 2020. It will finalize next-stage fuel efficiency standards for heavy-duty vehicles in 2016 and implement them in 2019. Actions on HFCs continue to be supported and accelerated, including effectively controlling HFC-23 emissions by 2020.

The United States reaffirmed its $3 billion pledge to the Green Climate Fund (GCF) to help developing nations cope with climate change, and China announced that it will make available ¥20 billion for setting up the China South-South Climate Cooperation Fund to support other developing countries to combat climate change, including to enhance their capacity to access GCF funds (see [9] China Commits $5.1 Billion to South-South Cooperation on Climate Change and Development, SiS 69). China’s major boost to South-South cooperation on climate change and sustainable development could be a real game changer in the upcoming negotiations.

 Renewables can deliver climate solutions

In 2014, renewable represented 58.5 % of net additions to global power capacity, with significant growth in all regions. By year’s end, renewables comprised an estimated 27.7 % of world’s power generating capacity, enough to supply an estimated 22.8 % of global electricity [10].

A new report released by the International Energy Agency (IEA) [11] predicts that renewables will replace coal as the largest source of power across the globe by 2030. The Paris summit has triggered many new pledges from the world’s major polluters – known as the ‘Intended Nationally Determined Contributions’ or INDCs - which, IEA says will result in a boom in renewables at the expense of coal and cutting CO2 emissions. The pledges amount to a 50 % rise in subsidies for renewables as support for fossil fuel use and extraction is cut back.

At the same time, the costs of extracting oil rises while costs of renewables continue to fall, the economic balance shifting in favour of renewables. The IEA report says [11] “cost reductions are the norm for more efficient equipment and appliance as well as for wind power and solar PV, where technology gains are proceeding apace and there are plentiful suitable sites for their deployment.”

The report goes on to note that fossil fuel consumption continues to benefit from large subsidies, estimated at around $490 billion in 2014, compared to subsidies to aid the deployment of renewable energy technologies in the power sector, which amounted to $112 billion.

Renewables will be the world’s largest source of electricity by 2030 regardless of whether we succeed in stopping run-away climate change, says the report. It predicts renewables-based power generation reaching 50 % in the EU by 2040, 30 % in China and Japan, and >25 % in the US and India.

Despite the shift in policy intentions catalysed by Paris summit, more is needed to avoid the worst effects of climate change. Among the IEA’s recommendations are :

  • Increasing energy efficiency in the industry, buildings and transport sector
  • Progressively reducing the use of the least-efficient coal-fired power plants and banning their construction
  • Increasing investment in renewable energy technologies in the power sector from $270 billion in 2014 to $400 in 2030
  • Phasing out remaining fossil-fuel subsidies to end-users by 2030
  • Reducing methane emission in oil and gas production.
    To this list we should add
  • Protecting and increasing natural forests as well as natural grasslands
  • Introduce oxygen accounting as a matter of urgency
  • Phasing out fossil fuels (including gas) altogether, i.e., leave oil in the ground
  • Phasing out nuclear energy
  • Phasing out industrial agrochemical agriculture and supporting instead sustainable agroecological family farming around the world as a major means of adapting to and mitigating climate change while guaranteeing food security for all.
    (See [12] Green Energies 100 Percent Renewables by 2050, and [13] Food Futures Now *Organic *Sustainable *Fossil Fuel Free, ISIS/TWN special reports for further details.)

 To conclude

All the elements and conditions are in place for a favourable outcome of the Paris climate summit. Our political representatives need only to remind themselves that climate change is global and has no national boundaries. What benefits one country benefits the whole world.