ISIAS

"Arrêtons la loi sur la sécurité alimentaire mondiale qui fait la promotion des OGM" par Dr. Mae-Wan Ho

Traduction et compléments de Jacques Hallard
lundi 21 juin 2010 par Ho Dr Mae-Wan

ISIS Alimentation OGM
Stop Global Food Security Act Promoting GMOs
Les sociétés de biotechnologie et les très grandes organisations de bienfaisance font la promotion des OGM qui est à l’ordre du jour de la politique étrangère américaine : cette loi doit être stoppée.
Dr. Mae-Wan Ho

Rapport de l’ISIS en date du 21/06/2010
S’il vous plaît faîtes circuler largement ce rapport auprès de vos décideurs politiques et de vos représentants élus, avec tous les liens intacts

  La clause des OGM pour la sécurité alimentaire

Un texte parlementaire des Etats-Unis dénommé US Global Food Security Act of 2009, la loi sur la Sécurité Alimentaire Mondiale de 2009, parrainé par Richard Lugar (Indiana, républicain), Robert Casey (Pennsylvanie, démocrate) et sept autres sénateurs américains, de février 2009, est [1], [2] « Un projet de loi pour autoriser les crédits pour les exercices 2010 à 2014, afin de fournir une assistance aux pays étrangers pour promouvoir la sécurité alimentaire, pour stimuler les économies rurales et pour améliorer les interventions d’urgence lors des crises alimentaires ; cette Loi modifie le Foreign Assistance Act de 1961, ainsi que d’autres documents ».

Toutefois, la modification proposée à la Loi sur l’aide étrangère (FAA) de 1961 s’est avérée controversée. Elle serait en mesure "d’inclure la recherche sur les avancées biotechnologiques appropriées aux conditions écologiques locales, y compris la technologie des organismes génétiquement modifiés (OGM)".

Le projet de loi est soutenu par des organismes fonciers des États-Unis ainsi que par ‘Interaction’ (American Council for Voluntary International Action) et ses 26 organisations membres, dont WWF, Oxfam, Bread for the World CARE, Save the Children [3].

Le projet de loi a été adopté par le Comité des relations étrangères du Sénat des Etats-Unis le 31 Mars 2009, et le Sénat devrait se prononcer à ce sujet dès 2010.

  Opposition généralisée au mandat sur les OGM

En avril 2010, 140 groupes de la société civile, des scientifiques et des experts en développement ont signé une lettre ouverte aux sénateurs américains, les exhortant à "rayer le mandat sur les OGM" de la Loi sur la sécurité alimentaire mondiale [4].

Bien que les pétitionnaires applaudissent à l’intention du projet de loi de réformer les programmes d’aide afin de se concentrer sur le développement agricole a long terme et à la restructuration des organismes d’aide, pour mieux répondre aux crises, ils s’opposent efficacement à la clause d’affectation d’une technologie agricole – les modifications génétiques – qui compte des milliards de dollars dans les fonds fédéraux : 7,7 milliards de dollars US vont de pair avec le projet de loi, et pas d’autres méthodes de culture ou de technologies ne sont mentionnées.

Il n’est pas surprenant que Monsanto ait exercé une très forte pression pour soutenir ce projet de loi. Cette entreprise américaine est leader mondial dans l’industrie de la biotechnologie agricole, de plus en plus concentrée, et elle fait déjà l’objet d’une enquête anti-trust (voir [5] US Farmers Oppose ’Big Ag’ in Anti-Trust Hearing , SiS 46) *
* Version en français intitulée "Les agriculteurs des États-Unis s’opposent à l’agrobusiness au cours d’une audition ‘Anti-Trust’" par le Dr. Eva Novotny , traduction de Jacques Hallard, est accessible sur le site http://yonne.lautre.net/spip.php?ar... .

Monsanto est susceptible de bénéficier le plus des flux des financements pour de nouvelles recherches, et de profiter de ses produits brevetés (à la fois les semences génétiquement modifiées [OGM] et les pesticides).

Les groupes de pétitionnaires représentent la lutte contre la faim, les exploitations familiales, les ouvriers agricoles, les consommateurs et ceux qui pratiquent et soutiennenet l’agriculture durable. La lettre remise exhorte le Sénat à rejeter le projet de loi jusqu’à ce qu’il soit rendu neutre du point de vue de la technologie, et demande le financement de la recherche agricole pour se réorienter afin de relever les défis locaux auxquels sont confrontés les petits exploitants agricoles, au lieu de rendre obligatoire une mesure technologique spécifique et étroite, notamment celle qui a peu de chances de succès et qui est rejetée de plus en plus par des pays à travers le monde.

"La recherche scientifique indépendante nous dit que les espèces cultivées qui ont été génétiquement modifiés (OGM), n’ont ni augmenté les rendements, ni réduit la faim dans le monde", a déclaré Marcia Ishii-Eiteman, chercheur principal du Pesticide Action Network. "Les évaluations de l’agriculture les plus complètes et les plus crédibles, à ce jour, nous disent que si nous voulons mettre fin à la pauvreté et la faim, nous devrions mettre l’accent sur l’accroissement de la biodiversité et sur la résilience écologique des petits systèmes agricoles."

Mariam Mayet de l’organisation African Center for Biosafety, le Centre africain de biosécurité, basé en Afrique du Sud, a souligné que la pression pour l’importation des plantes OGM fait des ravages sur les économies locales en Afrique. "En Afrique du Sud, nous sommes en train d’exercer un dumping de maïs OGM dans d’autres pays, ce qui perturbe les marchés locaux et mine les moyens de subsistance des agriculteurs familliaux.

En conséquence, le Zimbabwe a imposé une interdiction sur les importations de maïs OGM, et le Kenya, qui a une récolte exceptionnelle de maïs sans OGM et qui n’a donc pas besoin de toutes ces importations, est maintenant aux prises avec une participation massive, et non désirée, avec un transfert illégal de 280.000 tonnes de maïs OGM depuis l’Afrique du Sud.

Une poignée d’opérateurs puissants de l’agro-industrie, obsédée par les OGM, est en train de monter les pays africains les uns contre les autres, avec Monsanto et les commerçants céréaliers internationaux, qui en récoltent les fruits et les agriculteurs ordinaires qui sont perdants.” La dernière chose dont nous avons besoin, venant des Etats-Unis, c’est bien d’un projet de loi qui légifère pour accorder encore plus d’argent pour les cultures d’OGM".

« À la fin de la journée, le mandat sur les OGM a plus à voir avec l’ouverture des marchés, permise aux entreprises américaines de biotechnologie, qu’avec la lutte contre la faim », a expliqué Annie Shattuck de l’Institute for Food and Development Policy, l’Institut pour la politique de l’alimentation et du développement. Pour aller à la racine de la crise alimentaire mondiale, nous devons lutter contre la pauvreté, ce qu’aucune solution miracle technologique ne pourra jamais faire ».

Ben Burkett, président de la National Family Farm Coalition, la Coalition Nationale des Fermes Familiales, et aussi fermier de taille familiale dans l’état du Mississippi, a ajouté : « le contrôle des entreprises sur les intrants et le libre-échange à l’ordre du jour ont détruit les moyens de subsistance de nombreux agriculteurs de manière critique, aussi bien aux Etats-Unis que dans d’autres pays étrangers. C’est pourquoi les agriculteurs, dans le monde entier, appellent à la souveraineté alimentaire, le droit de choisir des pratiques agricoles justes et durables qui protègent notre sécurité alimentaire locale et nos moyens de subsistance. C’est ce qui fonctionne le mieux pour nos exploitations agricoles et pour les communautés ».

Les intérêts des grandes entreprises et de la grande philanthropie sont intimement liés à l’aide étrangère des États-Unis

Un examen plus attentif révèle comment la ‘Loi sur la sécurité alimentaire mondiale’ est conçue pour promouvoir les intérêts bien compris et verrouillés des grandes entreprises, de la grande philanthropie, avec la politique étrangère américaine et de l’aide des États-Unis à l’étranger, comme AGRA Watch l’a découvert [6].

L’organisation AGRA Watch a été fondée en 2008 pour contester la participation de la Fondation Gates dans Alliance for a Green Revolution in Africa (AGRA), l’Alliance pour une révolution verte en Afrique (voir [7] Beware the New "Doubly Green Revolution" , SiS 37) ; comme autre solution, AGRA Watch vise aussi à soutenir les alternatives agro-écologiques et durables qui sont déjà pratiquées en Afrique.

Dans son allocution d’ouverture devant le Comité des relations étrangères du Sénat [8], le sénateur Lugar a fait valoir que la sécurité alimentaire dans le monde entier est essentielle à la sécurité nationale américaine, en particulier en Irak, en Afghanistan et au Soudan, où, a-t-il dit, la faim a alimenté les conflits et l’extrémisme. Il estime que le développement agricole pourra assurer des conditions plus pacifiques dans ces régions ‘troublées’, et il est « excité par la vision [de la Fondation Bill et Melinda Gates] » et leur « bienfaisance ».
Bill Gates et Bill Clinton ont tous deux exprimé leur soutien au projet de loi Lugar-Casey devant le Comité des relations étrangères du Sénat.

AGRA Watch souligne que le projet de loi Lugar-Casey recouvre les principales conclusions de l’ International Assessment of Agricultural Knowledge, Science and Technology for Development (IAASTD), l’Evaluation internationale des connaissances, des sciences et des technologies agricoles pour le développement, lancé par les agences des Nations Unies et la Banque mondiale , à laquelle ont participé plus de quatre cents chercheurs scientifiques, ainsi que des représentants des gouvernements et des organisations de la société civile à travers le monde [9].

L’IAASTD a constaté que les méthodes agro-écologiques (recherche, vulgarisation et agriculture) offrent un potentiel énorme, et qu’une approche à multiples facettes de l’agriculture est nécessaire, plutôt que de se polariser sur les technologies des OGM (voir [10] “GM-Free Organic Agriculture to Feed the World” , SiS 38). *
* Version en français intitulée “http://yonne.lautre.net/spip.php?ar...; par le Dr. Mae-Wan Ho, traduction de Jacques Hallard ; accessible sur le site http://yonne.lautre.net/spip.php?ar... .

La Fondation Gates et la Fondation Rockefeller sont des partenaires dans AGRA et elles sont également impliquées dans de nombreux autres projets visant à propager les OGM en Afrique. InterAction travaille en étroite collaboration avec la Fondation Gates, soi-disant pour aider les petits agriculteurs à améliorer leurs moyens de subsistance par une agriculture plus productive, des technologies de pointe et de meilleurs marchés [11].

La Fondation Gates a donné 5,4 millions de dollars US au Donald Danforth Plant Science Center pour mettre en place un ‘Réseau pour la prévention des risques biotechnologiques’ [12], qui met l’accent sur l’utilisation des "technologies appropriées pour accroître les éléments nutritifs dans les cultures locales" et sert comme "un modèle pour d’autres institutions et des entreprises qui cherchent à introduire des cultures de plantes améliorées sur le plan nutritionnel, dans les pays qui profiteront le plus de leur autorisation et de leur mise en culture".

"L’amélioration de la nutrition" est en effet un axe majeur de développement des OGM, la plus célèbre application étant le ‘Riz doré’, modifié génétiquement pour exprimer la pro-vitamine A dans l’endosperme du riz, qui a été considérée comme un exercice de relations publiques coûteuses et une sorte de faillite morale pour l’industrie des OGM [13], [14]. ( The ’Golden Rice’ , An Exercise in How Not to Do Science, ISIS Report ; The Golden Rice Scandal Unfolds , SiS 42).

La modification génétique pour l’amélioration nutritionnelle a été relancée comme ‘génie métabolique’ ces dernières années, et notre examen du sujet a indiqué qu’elle introduirait d’autres dangers pour la santé (voir [15] GM Crops and Microbes for Health or Public Health Hazards ? SiS 32). *
* Version en français intitulée "OGM Santé : Les végétaux cultivés et les microorganismes génétiquement modifiés sont-ils bons pour notre santé ?" par le Professeur Joe Cummins et le Dr. Mae-WAN Ho, traduction de Jacques Hallard ; accessible sur les sites suivants : http://www.i-sis.org.uk/pdf/GMCMHPH... et http://yonne.lautre.net/spip.php?ar...

Selon AGRA Watch [6], le Centre Danforth reçoit un financement clé de Monsanto Fund, le ‘bras philanthropique’ de Monsanto Company, et ses principaux objectifs incluent ‘l’amélioration nutritionnelle par l’agriculture’.

Les sociétés de biotechnologie et les très grandes organisations caritatives sont clairement liées les unes aux autres, à travers leur agenda ou ordre du jour, et avec la politique américaine. Plus précisément, peut-être, le programme commun des sociétés et des grandes fondations philanthropiques est transformée en politique américaine, ce qui leur confère une légitimité et une influence énorme sur le reste du monde.

  Une intensification des programmes avec les OGM mortels est à l’ordre du jour, alors que les cultures de plantes génétiquement modifées ne donnent pas satisfaction

La ‘Loi sur la sécurité alimentaire mondiale’ est clairement une tentative désespérée pour accélérer le programme agressif pour pousser les OGM vers l’Afrique, alors que les cultures de plantes génétiquement modifiées ne parviennent pas à fournir les résultats escomptés à travers le monde, surtout aux USA, la patrie des OGM. 

Les principales cultures de plantes génétiquement modifiées pour seulement deux caractères - la tolérance aux herbicides et la résistance aux insectes - sont ravagées par les ‘super mauvaises herbes’ et par des ravageurs secondaires, et les agriculteurs sont engagés dans une bataille perdue d’avance avec davantage de pulvérisations et de plus en plus les produits chimiques toxiques utilisés [16] ( GM Crops Facing Meltdown in the USA , SiS 46). *
* Version en français intitulée "Les cultures de plantes génétiquement modifiées sont techniquement en perte de vitesse aux Etats-Unis" par le Dr. Mae-Wan Ho, "GM Crops Facing Meltdown in the USA", traduction de Jacques Hallard ; accessible sur le site http://yonne.lautre.net/spip.php?ar... .

La même chose se passe actuellement en Chine. Les punaises mirides sont apparues comme un grave ravageur secondaire avec une explosion dans plusieurs cultures et en corrélation avec l’adoption répandue du coton Bt [17].

La situation est assez mauvaise pour les agriculteurs des États-Unis et de la Chine, mais elle est mortelle en Inde, où les agriculteurs, contrairement à leurs homologues aux États-Unis et en Chine, ne reçoivent pas de subventions de l’Etat. Beaucoup d’agriculteurs sont déjà pris dans un cycle d’endettement financier lié à la ‘révolution verte’, dans une forme d’agriculture qui dépend de quantités élevées d’intrants chimiques.

Le coton Bt, qui avait été approuvé et autorisé pour les mises en culutres commerciales en 2003, s’était répandu rapidement dans tout le pays, malgré les protestations énergiques des agriculteurs et des consommateurs. Des accidents de culture ou de mauvaises récoltes pendant deux saisons successives, s’ajoutant au coût exorbitant des semences d’OGM, auront été suffisants pour augmenter les dettes des agriculteurs à un niveau tel, qu’il les pousse à mettre fin à leur propre vie.

Le coton Bt a immédiatement créé de nouveaux ravageurs secondaires, ainsi que des parasites résistants, de nouvelles maladies et, surtout, les sols sont si appauvris en nutriments et en micro-organismes bénéfiques qu’ils peuvent cesser de soutenir la croissance et le développmeent des plantes cultivées d’ici une dizaine d’années [18], [19] ( Farmer Suicides and Bt Cotton Nightmare Unfolding in India , Mealy Bug Plagues Bt Cotton in India and Pakistan, SiS 45).

En Inde, la crise du coton Bt a galvanisé la nation tout entière pour s’opposer à l’introduction de l’aubergine Bt (brinjal) de Monsanto. En réponse, le ministre de l’Environnement indien, Jairam Ramesh, a effectué une consultation à l’échelle nationale à l’issue de laquelle il a annoncé un moratoire sur ces cultures commerciales jusqu’à ce que des tests supplémentaires d’ordre sanitaire et de sécurité pour l’environnement, aient été menés [20] ( Bt Brinjal Halted , SiS 46) . *
* Version en français intitulée "La dissémination dans les cultures d’une aubergine Bt est stoppée en Inde" par le Dr.Mae-Wan Ho, traduction de Jacques Hallard ; accessible sur le site http://yonne.lautre.net/spip.php?ar... .

Le Ministre Ramesh a obtenu le statut de héros national pour avoir tenu tête aux pressions intenses exercées par les États-Unis et ses agents qui ont déjà manipulé le Genetic Engineering Approval Committee (GEAC), le Comité national d’approbation pour le génie génétique en Inde, afin d’autoriser les mises en cultures commerciales de l’aubergine Bt [21].

Dès l’annonce du moratoire, le Ministre Ramesh a ostensiblement renommé l’organisme GEAC qui est devenu un Genetic Engineering Appraisal Committee, un Comité d’évaluation sur le génie génétique.

Avec les catastrophes écologiques qui se produisent, de plus en plus de preuves des effets néfastes sur la santé s’accumulent ; tous ces effets avaient été prédits par des personnalités critiques dès le début, comme cela est décrit dans mon livre Genetic Engineering Dream or Nightmare qui avait été publié pour la première édition dès 1997 [22].

Les risques pour la santé, à la fois inhérents à la technologie des modifications génétiques et spécifiques aux transgènes concernés, ont été corroborés tant par le nombre limité d’expériences scientifiques indépendantes qui sont en mesure d’être effectuées dans le laboratoire avec un soutien financier insuffisant, d’une part, que par les expériences des travailleurs agricoles et dans d’autres domaines, d’autre part, tel que cela a été exposé et documenté dans un dossier comportant de rapports [23] GM Science Exposed. (ISIS CD book).

Des maladies et des décès se sont produits dans des champs où les gens et le bétail ont été exposés à des cultures d’OGM. Dans le laboratoire également, où et quand des scientifiques indépendants effectuent des essais toxicologiques d’alimentation, ils trouvent une augmentation des décès, une stérilité, un retard de croissance, et une série de défaillances d’organes, quelle que soit la culture de plantes transgéniques ou les transgènes en cause, et ceci a été observé dans une large variété d’espèces animales.

Les mêmes constatations inquiétantes apparaissent lorsque des scientifiques indépendants ont pu analyser à nouveau les données brutes fournies par les entreprises de biotechnologies pour les variétés transgéniques qui ont été approuvées et autorisées comme étant « substantiellement équivalentes » et, partant de là, considérées comme aussi sûres que leurs homologues non-OGM. Ceci s’applique aux données présentées pour l’aubergine Bt (brinjal) qui a obtenu l’homologation pour la commercialisation [24] (voir Bt Brinjal Unfit for Human Consumption , SiS 41) avant que le moratoire n’ait été imposé.

Dans son rapport détaillé annonçant le moratoire sur l’aubergine Bt (brinjal) [20], le Ministre Ramesh a souligné que la gestion en agriculture biologique sans pesticides comme était supérieure à la technologie qui fait appel à l’aubergine Bt (OGM), car elle élimine tout à fait l’utilisation des pesticides. Il est clair que pour l’Inde, comme pour les États-Unis et pour la Chine, la seule sortie rationnelle de la crise écologique est de passer complètement à l’agriculture biologique, une agriculture sans OGM, telle que cela a été recommandé par l’IAASTD [9, 10] et par le rapport de l‘ISIS [25] Food Futures Now : *Organic *Sustainable *Fossil Fuel Free .

  Pas d’OGM pour l’Afrique

En remettant en cause le projet de loi Lugar-Casey, Eric Holt-Gimenez, le directeur exécutif de Food First, a déclaré [26] : « les partenariats public-privé du passé sur les cultures d’OGM pour l’Afrique se sont révélés être des échecs colossaux. « Le projet de patate douce OGM qui a échoué entre Monsanto, l’USAID et un institut de recherches du Kenya, en est un bon exemple, avec ses quatorze années d’efforts et d’argent perdu ».

Néanmoins, la Fondation Bill et Melinda Gates, la Fondation Rockefeller, ainsi que la Fondation Syngenta financent conjointement un projet de maïs résistant aux insectes pour l’Afrique (Insect Resistant Maize for Africa, IRMA), à l’Institut de recherche agricole du Kenya (KARI) [27].

Les organisations IRMA, KARI et CIMMYT (International Maize and Wheat Centre, le Centre international du maïs et du blé) se préparent actuellement à la dissémination en 2011 de maïs génétiquement modifiés sur une grande échelle pour les agriculteurs du Kenya, avec une "pre-distribution" en 2010.

En Janvier 2010, Dreyfus Commodities Ltd, une entreprise internationale de manutention et de négoce des grains, a reçu un permis d’exportation de l’Afrique du Sud pour livrer au Kenya 40.000 tonnes de variétés de maïs génétiquement modifié. En avril, l’Afrique du Sud a autorisé un autre lot de 240.000 tonnes, après que des opposants aux OGM aient bloqué le transfert initial dans le port de Mombasa [28].

Lorsque le gouvernement kényan a ouvert une fenêtre d’importation sans taxes de maïs à la fin de 2009, il était fondé sur une pénurie alimentaire prévue [29].

Cependant, au moment de procéder à l’importation, le Kenya a connu une récolte exceptionnelle de céréales. Au début d’avril 2010, le député John Mututho, président de la commission parlementaire pour l’agriculture, a protesté contre l’importation, faisant valoir que [30] « Le gouvernement devrait acheter les excédents de maïs des agriculteurs. Nous avons du maïs qui pourrit dans les fermes ... En tant que président de la commission parlementaire de la sélection pour l’agriculture, j’exprime une protestation contre l’importation et les personnes qui planifient et qui sont importateurs ... devraient reprendre ce maïs ». Le depute Mututho fait écho aux préoccupations des groupes de la société civile : le Kenya n’a pas besoin d’importer des céréales, et il n’y a pas eu une évaluation adéquate des risques potentiels des OGM pour l’environnement et pour la santé humaine.

Le Kenya Biodiversity Coalition (KBioC), la Coalition de la biodiversité du Kenya, une alliance de près de soixante-dix organisations s’occupant d’agriculture, du bien-être animal, de la jeunesse et d’autres secteurs, ont exprimé des préoccupations similaires.

En réponse à l’afflux important de céréales importées, le KBioC a demandé [31] : « Pourquoi le gouvernement étend-il la fenêtre d’importation de maïs sans taxes pendant que les agriculteurs du Kenya sont aux prises avec le manque d’installations de stockage et souffrent du bas prix offert pour leurs céréales récoltés récemment ? » Cette question prend en charge les appels répétés pour un exposé critique des forces économiques et politiques qui sont impliquées dans la technologie des OGM, dans l’aide alimentaire et dans le développement agricole en Afrique.

L’Afrique doit tirer les leçons des catastrophes résultant des cultures de plantes OGM aux Etats-Unis, en Inde, en Chine et ailleurs dans le monde, et doit rester à l’écart des OGM. 

Les populations des États-Unis doivent s’assurer que leur Sénateurs vont voter pour supprimer la clause concernant les OGM, dans la ‘Loi sur la sécurité alimentaire mondiale’. De notre côté, nous ferons de notre mieux pour résister à l’ordre du jour des sociétés [producrices et distributrices d’OGM], déguisé en politique étatsunienne et en contribution des grandes organisations caritatives et philanthropiques.

The Institute of Science in Society, The Old House 39-41 North Road, London N7 9DP
telephone : [44 20 7700 5948] [44 20 8452 2729]
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 Définitions et compléments en français et anglais

voir PDF à demander à Yonne.lautre@laposte.net (bien spécifier le titre de l’article)

 Traduction en français, définitions et compléments :


Jacques Hallard, Ing. CNAM, consultant indépendant.
Relecture et corrections : Christiane Hallard-Lauffenburger, professeur des écoles
honoraire
Adresse : 19 Chemin du Malpas 13940 Mollégès France
Courriel : jacques.hallard921@orange.fr
Fichier : ISIS Alimentation OGM Stop Global Food Security Act Promoting GMOs French version.2

[1S.384 – Global Food Security Act of 2009, OpenCongress, accessed 18 May 2010, http://www.opencongress.org/bill/11...

[2Global food Security Act of 2009, Wikipedia, 6 June 2010, http://en.wikipedia.org/wiki/Global...

[3InterAction letter to Senators Lugar, Casey, and Drubin on the global Food Security Act (S.384), InterAction, 10 November 2009, http://www.interaction.org/document...

[4“140 groups & scientists urge Senate to oppose GM clause in Global Food Security Act” , Community Alliance for Global Justice, 16 April 2010, http://www.seattleglobaljustice.org...

[5Novotny E. US farmers oppose ‘Big Ag’ in anti-trust hearing. Science in Society 46, 30-31, 2010.

[6Fent A, Talbot K and Bereano P. The Lugar-Casey Global Food Security Act, genetic engineering and the Gates Foundation, Pambazuka issue 485, 10 June 2010, http://pambazuka.org/en/category/co...

[7Ho MW. Beware the new “doubly green revolution”. Science in Society 37, 26-29, 2008.

[8Lugar RG. The Global Food Security Act, Richard G. Lugar, United States Senator for Indiana, accessed 19 June, http://lugar.senate.gov/food/legisl...

[9The International Assessment of Agricultural Knowledge, Science and Technology for Development, Island Press, 2010, http://www.islandpress.org/iaastd

[10Ho MW. “GM-free organic agriculture to feed the world”. Science in Society 38, 14-15, 2008.

[11“Bill Gates visits IFAD headquarters for talks with Kanayo Fl Nwanze”, IFAD, 11 May 2009, http://www.ifad.org/media/press/200...

[12“Danforth Center to set up biosafety resource network”, Crop Biotech Update, ISAAA, 23 January 2009, http://www.isaaa.org/kc/cropbiotech...

[13Ho MW. The ‘Golden Rice’ – An Exercise in How Not to Do Science. TWN Biotechnology and Biosafety Series No. 6, Third World Network, Penang, 2002. http://www.i-sis.org.uk/onlinestore...

[14Ho MW and Cummins J. The golden rice scandal unfolds. Science in Society 42, 4-7, 2009

[15Cummins J and Ho MW. GM crops and microbes for health or public health hazards ? Science in Society 32, 30-33, 2006.

[16Ho MW. GM crops facing meltdown in the USA. Science in Society 46, 24-27, 2010.

[17Lu Y, Wu Kn Jiang Y, Xin B Li P, Feng H, Wychjuys KAR and Guo Y. Mirid bug outbreaks in multiple crops correlated with wide-scale adoption of bt cotton in China. Science 2010 328, 1151-4.

[18Ho MW. Farmer Suicides and Bt Cotton Nightmare Unfolding in India. Science in Society 45 , 32-39, 2010.

[19Ho MW. Mealy Bug Plagues Bt Cotton in India and Pakistan. Science in Society 45 , 40-43, 2010.

[20Ho MW. Bt Brinjal halted but Fight against GM Colonialism Continues. Science in Society 46, 22, 2010.

[21“How Bt brinjal was cleared, Anti-GM groups say expert panel acted under pressure”, Savvy Soumya Misra. Down to Earth, accessed 4 April 2010, http://www.downtoearth.org.in/full6...

[22Ho MW. Genetic Engineering Dream of Nightmare ? The Brave New World of Bad Science and Big Business, Research Foundation for Science Technology & Ecology & Third World Network, Third World Network (TWN), Gateway Books, MacMillan, Continuum, New Delhi, Penang, Malaysia, Bath, UK, Dublin, Ireland, New York, USA, 1997, 1998, 1999, 2007 (reprint with extended Introduction TWN). http://www.i-sis.org.uk/genet.php

[23GM Science Exposed : Hazards Ignored, Fraud, Regulatory Sham and Violation of Farmers’ Rights, ISIS CD book, 2007, updated to March 2009, http://www.i-sis.org.uk/GM_Science_...

[24Burcher S. Bt brinjal unfit for human consumption. Science in Society 41, 50-51, 2009.

[25Ho MW, Cherry B, Burcher S and Saunders PT. Food Futures Now, Organic, Sustainable, Fossil Fuel Free, ISIS/TWN, London/Penang, 2008. http://www.i-sis.org.uk/foodFutures.php

[26U.S. working group on the food crisis. Press Release 16 April 2009, http://www.panna.org/files/Press-Re...

[27“ Kenya : Govt wants to impose GMOs ‘by force’”, Johan Mbaria, allAfrica.com, 5 October 2008, http://allafrica.com/stories/200810...

[28“GM maize for Kenya remains on cargo vessel”, Reuters, 13 April 2010, http://www.iol.co.za/index.php?art_...

[29“Maize import strain blamed on GMOs”, Business Daily, 7 October 2009, http://www.businessdailyafrica.com/...

[30“Flood of GMO maize on way from S. Africa”, Chrispinus Wekesa, Mars Group Kenya Media, 3 April 2010, http://www.marsgroupkenya.org/multi...

[31“Africa : Standing up for food sovereignty”, Ashley Fent, Katie Talbot and Phil Bereano, Pambuzuka News, 10 June 2010, http://allafrica.com/stories/201006...


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