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"Agriculture en milieu aride, problème de l’eau, reboisement et forêts en Israël et en Palestine 2/2é par Jacques Hallard

dimanche 18 juin 2017 par Hallard Jacques

ISIAS Arbres Forêts Agroécologie Climat
Partie 4 : Agriculture en milieu aride, problème de l’eau, reboisement et forêts en Israël et en Palestine 2/2
Jacques HALLARD, Ing. CNAM – Site ISIAS – 13/06/2017

Série : Contrer la déforestation par des initiatives de sauvegarde des forêts primaires et des reboisements. Réalisations plus ou moins récentes, projets et perspectives

Partie 1 - ’Méfaits des déforestations et questions sur les reboisements pour atténuer les dérèglements du climat’, par Jacques Hallard, samedi 10 septembre 2016 - français

Partie 2 - ’Le barrage vert algérien est un exemple de lutte contre la désertification des territoires’, par Jacques Hallard, samedi 8 octobre 2016 — français

Partie 3 - ’L’Initiative Africaine de la Grande Muraille Verte pour un développement rural au Sahara et au Sahel’ par Jacques Hallard, lundi 31 octobre 2016 - français

Voir également pour le nord de l’Afrique :

’Se repérer et (re)découvrir l’espace géographique des rives de la Mer Méditerranée : Maghreb et Machrek’ par Jacques Hallard, samedi 7 janvier 2017 - français

’Historique, caractéristiques et devenir de la grande rivière artificielle en Libye et de la nappe albienne au Maghreb ’, par Jacques Hallard, vendredi 13 janvier 2017 - français

Partie 4 : ’Agriculture en milieu aride, problème de l’eau, reboisements et forêts en Israël et en Palestine – Document 1 sur 2’ par Jacques Hallard, vendredi 2 juin 2017 (à suivre).

Partie 4 : Agriculture en milieu aride, problème de l’eau et reboisement et forêts en Israël et en Palestine - Document 2 sur 2 (Suite et fin).

Plan : {{}}Introduction Sommaire Auteur


Introduction

Cette partie documentaire sur l’état d’Israël et la Palestine se termine avec d’autres témoignages sur le développement exceptionnel de l’agriculture dans ces territoires du Proche-Orient , avec des conditions édaphiques, hydrologiques et climatiques peu propices et surtout en tenant compte des ressources en eau limitées.

Des présentations vidéo en anglais sont également rapportées sur les expériences historiques et les réalisations israéliennes les plus récentes, très prometteuses et susceptibles d’applications dans d’autres pays par un partage des savoirs et des savoir-faire mis au point en Israël. Est spécialement décrite la mise en valeur agricole exceptionnelle et remarquable du territoire désertique de la Vallée de l’Arava, située près la frontière entre Israël et la Jordanie. Voir la Carte de ces espaces géographiques.

Le rôle magistral et déterminé du Fonds national juif (FNJ) ou Keren Kayemeth LeIsrael (KKL) pour les reboisements en Israël, est aussi décrit, en particulier avec l’approche de nature anthropologique et biblique qui préside aux efforts de reboisements depuis plusieurs décennies, donc sur une longue période dans ces territoires.

La maîtrise de la ressource en eau est tout à fait remarquable avec des technologies maintenant bien éprouvées et largement adoptées au plan international : le recyclage des eaux usées (85% en Israël), les matériaux en matière plastique pour l’irrigation au goutte-à-goutte ou micro-irrigation , l’économie de cette ressource par tous les moyens dans les municipalités et les entreprises, ainsi que les équipements qui permettent le dessalement de l’eau de mer pour des usages divers, notamment domestiques.

L’agriculture tient aussi une place importante chez les palestiniens. Des témoignages sont aussi rapportés sur la vitalité, les initiatives et les efforts faits en matière d’agriculture. Mais le partage des ressources en eau est souvent localement l’objet de conflits entre les communautés israéliennes et palestiniennes.

L’eau – parfois qualifiée dans cette région « d’or bleu » - est-elle en mesure de devenir un vecteur de paix, à travers le processus de paix israélo-palestinien, dans le ces territoires du Proche-Orient depuis trop longtemps victimes de conflits de diverses natures ? Dans une étude sur ce sujet, Nathan Odenheimer affirmait dans une édition récente du ‘Jerusalem Post’ « qu’Israël, nouvelle superpuissance de l’eau, détient une clé importante de l’entente avec ses voisins… ».

Finalement, nous avons présenté la position de la France qui concerne la diplomatie vis-à-vis de l’état d’Israël et de la Palestine, avec la description argumentée de neuf clés pour comprendre la position de notre pays dans cette zone géostratégique très sensible.

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Sommaire

1. (Re)découvrir Israël avec ‘géo.fr »

2. Comment l’agriculture se développe dans le désert israélien Mélanie Rouffet 05/01/2010

3. La découverte de l’agriculture Israélienne ISETA par élèves les BTS ACSE 1ère année

4. Le miracle de l’agriculture israélienne Israpresse 24 juin 2015

5. Quelques articles et vidéos en anglais sélectionnés sur les productions / The Official 700 Club

6. Une tournée dans la Vallée de l’Arava entre Israël et la Jordanie

7. Des récoltes mises en péril par le brouillage des téléphones des grévistes de la faim palestiniens Times of Israel Staff 30 avril 2017

8. Le rôle du Fonds national juif (FNJ) ou Keren Kayemeth LeIsrael (KKL) pour le (re)boisement et les forêts artificielles en Israël

9. L’entreprise de reboisement du Keren Kayemeth LeIsrael (KKL)

10. Planter un arbre en Israël : une forêt rédemptrice et mémorielleInDiasporas’ – Longue étude de nature anthropologique et biblique

11. Pessah est aussi la fête du printemps. L’occasion rêvée de redécouvrir l’histoire des fabuleuses forêts d’Israël. Et de se promener dans les bois…

12. La forêt en Israël – Document ‘h2o’, mars 2016. Auteur : Robert SITBON,

13. En Israël, Estrosi promet 50.000 euros à une organisation qui soutient la colonisation - Paul Aveline Journaliste chez BuzzFeed News, France. Posté le 30 Décembre, 2016

14. L’eau en Israël : de la rareté à l’abondance D’après ‘CDURABLE.info’ 06/03/ 2016

15. Visa pour l’image : « Le partage inéquitable de l’eau entre Israël et la Palestine »

16.De l’Égypte à la Palestine, l’arme de l’agroécologie - COP22 - Des paroles aux actes – Par Ahmed Sawan le 7 novembre 2016

17.#DIXSEPTLes palmiers de Palestine - Une exposition agricole à Gaza Par Ziad Medoukh - Mercredi 12 octobre 2016.

18. Agriculture in the Palestinian territories -From Wikipedia, the free encyclopedia

19. Sur les collines de Naplouse, les colonies détruisent l’agriculture palestinienne Le 26.12.2016 par Piotr Smolar Naplouse - Contenu complet réservé aux abonnés

20. Séjour dans une communauté palestinienne – Au fil des cultures méditerranéennes – Auteurs :Julie et Manu#VINGT

21. Agriculture – Ensemble pour la justice en Palestine - Plateforme des ONG Françaises pour la Palestine 20 juin 2016

22. Le terre de Palestine reste généreuse - ’illustré - 24 mai 2017

23. Palestine : agriculture bio contre colonisation industrielle et pollution chimique Ppar Antoine Besson , en Cisjordanie 2 décembre 2014

24. Les agriculteurs palestiniens sont le dernier bastion de la résistance – Par Vivien Sansour & Alaa Tartir 18 août 2014

25. L’or bleu, ultime vecteur de paix ? Par NATAN ODENHEIMER - May 7, 2017

Diplomatie Israël-Palestine : 9 clés pour comprendre la position de la France

Articles d’actualités :

Israël-Palestine, 50 ans de colonisation et... du nouveau - La Vie - 2 juin 2017 - 50 ans depuis la guerre des Six jours (du 5 au 10 juin 1967). Et nous en sommes toujours là…

Israël-Palestine : la guerre des mots et des récits se poursuit - Mediapart-3 juin 2017 - Cinquante ans après la guerre des Six Jours, la sémantique joue toujours un rôle crucial dans la manière dont Israéliens et Palestiniens ... (Accès conditionnel).

Droits humains - Déclaration du Syndicat des Comités de travailleurs agricoles de Palestine (UAWC) - Créé le lundi 29 mai 2017 13:37 – Photo. « Alors que des centaines de prisonniers palestiniens poursuivent leur grève de la faim pour exiger leurs droits humains les plus fondamentaux, et qui se battent pour leur liberté, leur dignité et pour la dignité et la liberté de tous les peuples opprimés dans le monde, le gouvernement d’occupation israélien continue à imposer ses politiques répressives contre les prisonniers et le peuple palestinien. La dernière des violations commises a été la nouvelle arrestation d’Abdulrazeq Farraj, journaliste et Directeur administratif d’UAWC chez lui, à minuit et en présence de sa famille… - Lire le tout sur : https://viacampesina.org/fr/index.php/les-grands-ths-mainmenu-27/droits-humains-mainmenu-40/1572-declaration-du-syndicat-des-comites-de-travailleurs-agricoles-de-palestine-uawc

Retrouver la paix et la dignité en Israël et en Palestine - 9 juin 2017 à 19:30 ‘Le Temps’. – « Les Israéliens juifs dont la voix est dissidente, ainsi que leurs alliés plus progressistes au sein de la diaspora juive, constatent qu’Israël s’éloigne toujours davantage de la promesse de ses fondateurs en 1948, écrivent les membres du Cercle Martin Buber… »

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1.
(Re)découvrir Israël avec ‘géo.fr »

Lorsque la tension politique retombe, Israël est à même de proposer aussi bien le poids de ses sites historiques et la qualité de son architecture que l’agrément de ses plages et, pour les randonneurs, les déserts de Judée et du Néguev.

Carte d’identité : Capitale : Jérusalem
- Monnaie : Le nouveau shekel. Il est recomandé de se munir de dollars US
- Fête : Jour de l’Indépendance, 14 Mai (1948)
- Décalage horaire : Lorsqu’il est midi en France, en Israël il est 13h.
- Langue officielle : L’arabe et l’hébreu
- Villes principales : Tel-Aviv, Haïfa, Holon, Petah Tiqwa, Ramat Gan, Beercheba, Bene Beraq, Eilat, Nazareth, Jaffa, Natanya
- Religion : Environ huit personnes sur dix sont de religion juive. Minorités de musulmans, de chrétiens et de druzes.

Population : - Nombre d’habitants : 6 200 000 habitants

Climat : Entre avril et novembre, le temps est chaud et sec dans l’ensemble du pays, la chaleur étant souvent torride dans le Sud entre mai et septembre. Les hivers sont assez doux sur la façade Méditerranéenne et dans le Sud, plus froids dans l’intérieur des terres.

Géographie : Israël est bordé à l’Ouest par la mer Méditerranée, au Nord par le Liban, à l’Est par la Syrie et la Jordanie et au Sud-Ouest par l’Egypte. La pointe sud du pays donne sur la mer Rouge. A l’Est, la frontière avec la Jordanie est coupée par la mer Morte. Les territoires palestiniens couvrent une bonne partie de l’Est du territoire.

Superficie : 20 770 km²

Point culminant Hare Meron, 1 208 m

Longueur des côtes : 273 km

Types de paysage : Désert de Judée, falaises, canyons rouges du Néguev, kibboutzim, stations balnéaires des quatre mers (mer Méditerranée, mer Rouge, mer Morte et mer de Galilée). Malgré sa petite taille, Israël offre à ses visiteurs une grande variété de paysages.

Source : http://www.geo.fr/voyages/guides-de-voyage/asie/israel

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2.
Comment l’agriculture se développe dans le désert israélien 

Photo - Diaporama de Mélanie Rouffet - Mardi 5 janvier 2010 - Toutes les photos

Propos recueillis par Mélanie Rostagnat.

Jeune photographe professionnelle, Mélanie Rouffets’est lancée dans la réalisation d’un reportage sur les communautés agricoles (« moshav ») du désert de l’Arava, au sud d’Israël. Frappée par la présence de nombreux travailleurs thaïlandais au sein de ces coopératives, Mélanie s’est intéressée au thème plus précis du trafic des visas et de l’exploitation des travailleurs migrants légaux en Israël.

« Lors de mon premier voyage en Israël, j’ai été particulièrement étonnée de voir la communauté agricole de Ein Yahav devenue prospère grâce à l’agriculture en plein milieu du désert hostile du sud d’Israël. Les nombreux Thaïlandais vivant dans ce moshav ont aussi attiré mon attention, rajoutant une touche de singularité à ce décor déjà très atypique. La grande difficulté de ce reportage a été de rentrer en contact avec ces travailleurs qui, souvent, n’osent pas s’exprimer par peur d’être incarcérés ou renvoyés dans leur pays d’origine. Il a donc fallu créer une relation de confiance par le biais des associations locales qui m’ont très gentiment ouvert leurs portes. »

Pour aller plus loin, découvrez notre dossier Voyage en Israël.

Les visages d’Israël- Par Hélène Gelu / Communauté GEO - Mardi 14 octobre 2014 - Passionnée par la géopolitique, et en particulier celle du Moyen-Orient, Hélène Gelu connaissait déjà le Liban et la Syrie. Elle s’est récemment rendue en Israël afin d’appréhender au mieux l’identité complexe de ce territoire créé en 1948. De Jérusalem à Tel-Aviv en passant par Hébron et la mer Morte, Hélène a sillonné le pays …. Lire la suite ici :.. http://www.geo.fr/photos/vos-reportages-photo/les-visages-d-israel-125039

Découvrez d’autres reportages photo de Mélanie Rouffet sur son site internet.

Source ; http://www.geo.fr/photos/vos-reportages-photo/israel-agriculture-dans-le-desert-de-l-arava

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3.
La découverte de l’agriculture Israélienne - Document ISETA Par les élèves BTS ACSE 1ère année – 2014 – Photo.

ISETA = Institut des Sciences de l’Environnement & des Territoires d’Annecy - Enseignement privé de la 4ème à la licence

Après seulement 4 heures d’avion, le 26 Mai 2014, les étudiants de BTS ACSE 1ère année accompagnés de 2 de leur professeur Céline CHARLET et Magali PRADAL, ont posé leurs pieds sur cette terre israélienne particulièrement riche en histoire et culture où ils ont pu partager, 8 jours durant, la vie quotidienne de ses habitants.

La montée de la puissance technologique au niveau agricole, les différences culturelles et les nombreux sites reconnus comme uniques au monde ont fait choisir cette destination.

Un dépaysement total rempli de moments de partage et de découvertes agricoles mais aussi historiques et culturelles, entre les côtes de la mer méditerranée avec Tel Aviv, les bords du lac de Tibériade,et la Mer Morte avec Ein Bokek en bordure du désert du Negev dans un pays où la religion a une place omniprésente comme en témoignent les nombreux lieux saints présents dans le pays.

Au niveau technique, ce voyage a permis aux étudiants de découvrir une agriculture durable et diversifiée à la pointe du progrès dans le principal soucis d’une autosuffisance alimentaire. Ce très jeune pays qui est reconstruit lors du retour du peuple Juif en Israël après 2000 ans d’exil en 1948 et qui, depuis, a connu de nombreux conflits armés nécessitant d’être très réactifs dans tous les domaines aussi bien agricoles, qu’industriels ou militaires.

Les conditions climatiques font que le manque d’eau est « le nerf de la guerre » C’est pourquoi Israël est un pionner dans toutes les technologies gravitant autour de la maîtrise de l’eau et son économie : c’est ainsi que nous avons eu la chance de visiter l’usine Nétafim, pionnier et leader mondial des techniques d’irrigation aux gouttes à gouttes ainsi que l’usine de traitement des eaux usées en vue de son recyclage en agriculture.

Nous avons également pu découvrir le fonctionnement des kibboutz et les productions agricoles locales comme la culture des dattes, des grenades, des raisins de table et destinés à la vinification, des olives et de la production d’huile, des pépinières avec production de plants maraichers greffés mais également la production laitière bovine avec des niveaux de production de 11000 litres de lait par vache et par an en race Holstein conduites en … agriculture biologique. Une véritable prouesse dans un pays où l’alimentation des troupeaux nécessite une ration sèche et complète toute l’année en raison de l’absence de pâturage liée aux conditions climatiques presque arides plus de 6 mois de l’année !

Nous en avons également profité pour découvrir le fonctionnement d’une usine de conditionnement de poissons d’élevage depuis l’abattage, jusqu’à la congélation en passant par l’écaillage, l’éviscération et la mise en filets mais également la seule école vétérinaire d’Israël et l’institut de recherches agronomiques, équivalent de l’INRA chez nous.

Enfin, Israël étant également fortement tourné vers l’agriculture biologique, nous avons visité un kibboutz, pionnier de l’agriculture bio-organique développant des techniques de lutte naturelle contre les insectes par stérilisation de mouches mâles aux rayons X ou par utilisation de bourdons pour favoriser la pollinisation des vergers.

Au niveau culturel, nous avons pu apprécier la richesse apportée par le côtoiement des 3 religions : le judaïsme, l’islam et le christianisme permettant une réelle ouverture d’esprit et un respect des personnes que l’on ne trouve que rarement ailleurs.

Nous avons ainsi visité les sites culturels incontournables et extrêmement riches au niveau historique ou religieux tels que Capharnaüm, Césarée, Nazareth et bien sûr Jérusalem avec le Mont des Oliviers, le jardin de Gethsémani, la vallée du Cédron, la Cité de David et le célèbre « Mur des Lamentations »

Le côté touristique n’a pas non plus été oublié et les étudiants ont pu faire le tour du lac de Tibériade afin de découvrir les magnifiques paysages qui le bordent, les paysages désertiques menant à la Mer Morte où ils ont pu bien évidemment se baigner et vérifier ainsi que « l’on flotte dans l’eau » en raison de la salinité de la mer dans une eau flirtant avec les 30 °C pour une température extérieure de 38°C alors qu’on était à peine au printemps au mois de Mai en Israël !.

La volonté de toujours progresser dans un contexte climatique difficile, l’accueil particulièrement chaleureux et le climat de sécurité omniprésent, à contrario de ce que peuvent véhiculer les médias, nous ont également fortement impressionné

En un mot, un véritable dépaysement et un « merveilleux voyage » qui laissera sûrement des souvenirs inoubliables de ce pays exceptionnellement riche à tous les niveaux, aussi bien agricole que culturel et humain, et où certains se sont déjà promis d’y revenir forcément …un jour !

Les élèves BTS ACSE 1ère année de l’ISETA Poisy – Découvrez leur galerie de photos à la source _ Contacts / Plan du site / Mentions légales - Copyright © ISETA – Source : https://www.iseta.fr/decouverte-lragriculture-israelienne.html

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4.
Le miracle de l’agriculture israélienne Israpresse 24/06/2015 - V.G-B - 12 Commentaires fermés sur Le miracle de l’agriculture israélienne

Photo - Agromashov, le plus grand salon agricole annuel du pays se tient à Tel-Aviv du 23 au 25 juin. Pour la 25e édition de cette foire agricole, 20 000 visiteurs sont attendus. Parmi eux de nombreux étrangers, séduits par l’éventualité d’importer dans leurs pays les pratiques innovantes mises au point par un petit pays aride qui réussit en moins de sept décennies à faire fleurir le désert. L’occasion pour IsraPresse de revenir sur quelques-uns des grands succès de l’agriculture israélienne.

La révolution de l’eau : La micro-irrigation connue sous le nom de « goutte-à-goutte » a été développée par les Israéliens Simcha Blass et son fils Yeshayahu. Mis en place en 1959 au kibboutz Hatzerim, le brevet a réussi à automatiser un procédé datant de l’Antiquité. Grâce aux Blass, père et fils, l’eau est libérée non pas via des trous minuscules, facilement obstrués par des particules, mais par de grands orifices à l’intérieur d’un émetteur plastique. Pour limiter l’écoulement de l’eau, le brevet utilise le frottement. Cette révolution de l’irrigation pousse ces inventeurs à créer la compagnie Netafim. La méthode qui a fait ses preuves s’exporte dès la fin des années soixante en Australie, en Amérique du Nord et en Amérique du Sud. Depuis, le pays à la faible pluviométrie, développe des systèmes ingénieux comme le traitement des eaux usées et la mise au point de la culture hors sol nécessitant peu d’eau. C’est ainsi que dans le Neguev, malgré des conditions environnementales limitées, Israël produit olives, raisins, fraises et concombres.

Photo - Vaches dans une ferme du Golan (Sarah Schuman/ Flash90)

Des vaches ultra-productrices : Les vaches israéliennes sont parmi les plus productrices de lait au monde. En 2009, Soufa, un bovin du kibboutz Karmiya décroche même la médaille d’or de la production laitière avec 11.292 litres de lait loin devant les 9.053 litres pour la vache américaine. A titre de comparaison la vache européenne produit 5. 918 litres, et la chinoise seulement 2.000. Des chiffres éloquents pour un pays où chaque habitant ne consomme que 200 litres de lait chaque année, contre 300 sur le vieux continent. En plus d’être performantes, les 120.000 vaches israéliennes, réparties dans 970 fermes, sont réputées pour produire environ 80% de métane de moins que leurs consoeurs européennes. Le métane, présent dans les rots et les flatulences de vache, hautement inflammable, est un casse-tête environnemental.
En 1977, Afimilk est fondée dans un kibboutz et met au point la première balance à lait électronique. L’entreprise a également conçu le premier détecteur capable d’analyser le gras, la protéine et les cellules somatiques du lait quasiment en temps réel. Ce système permet, pour finir, de diagnostiquer les vaches atteintes d’acétonémie durant les premiers jours de lactation. Pas étonnant pour le pays où coule « le lait… »

פרש אגרומשוב(1)

La mise au point de nouvelles variétés : Inventive, l’agriculture israélienne a très tôt misé sur l’insémination afin de mettre au point de nouvelles variétés de fruits et de légumes. C’est ainsi qu’en 1995, Nahum Kedar et Haim Rabinowitz, créent la toute première tomate cerise dont le succès sera planétaire. L’institut Volcani, le plus grand centre de recherches agricoles est à l’origine de nombreuses variétés comme les melons Galia ou encore la variété d’agrumes Or, produits notables pour leur résistance aux microbes, leur quasi-absence de pépins et leur facilité à s’éplucher. Aujourd’hui, la gamme Or est cultivée, selon un protocole israélien en Europe et plus particulièrement en Espagne. Autre réussite notable de l’agriculture israélienne, la culture hors-saison de nombreuses variétés comme les fraises, des kakis et des framboises.

Copyright All rights reserved | C.G.V ISRAPRESSE | Une réalisation 1948 V.G-B - Source : http://www.israpresse.net/le-miracle-de-lagriculture-israelienne/

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5.
Quelques articles et vidéos en anglais sélectionnés sur les productions / The Official 700 Club

According to wekepedia, ‘The 700 Club ‘is the flagship television program of the Christian Broadcasting Network, airing in syndication throughout the United States and available worldwide on CBN.com. Airing each weekday, the news magazine program features live guests, daily news, contemporary music, testimonies, and Christian ministry. Celebrities and other guests are often interviewed, and Christian lifestyle issues are presented. The program additionally features major world news stories plus in-depth investigative reporting by the CBN News team.

In production since 1966, and having aired for over 38 years on the same network, under several iterations, The 700 Club is one of the longest-running television programs in broadcast history, and the longest continuously-run weekday program on cable television. It is hosted by Pat Robertson, Gordon Robertson, Terry Meeuwsen, and Wendy Griffith.

Previous co-hosts include Ben Kinchlow (1975–88, 1992–96), Sheila Walsh (1988–92), Danuta Rylko Soderman (1983–87), Kristi Watts (1999–2013), and Lisa Ryan. Tim Robertson served as host for a year (1987–88), along with Kinchlow and actress Susan Howard, while Pat Robertson ran unsuccessfully for President of the United States in the 1988 campaign.[citation needed]

Full article on https://en.wikipedia.org/wiki/The_700_Club

See all recent informatins on https://www.youtube.com/user/theofficial700club

Made in Israel : Water è Vidéo Ajoutée le 4 sept. 2013

Because more than half of Israel is desert, the lack of clean water is a life-or-death issue. Gordon Robertson examines several of the ways that Israel conserves water, including desalination, drip irrigation … https://www.youtube.com/watch?v=x7G9v6JdYwc

Made in Israel : Agriculture Vidéo  10:18 - Ajoutée le 3 sept. 2013

Gordon Robertson looks at Israel’s remarkable agricultural innovation, with special focus on the role of the kibbutz in Israel’s agricultural success, growing crops and orchards in desert. Source : https://www.youtube.com/watch?v=oxxYmn3HpDU

Desert farming Story of Agriculture in Israel - Sweetening the Salt - Vidéo Ajoutée le 13 oct. 2016 - ISRAEL Agriculture Technology

Thanks for watching Israel Agriculture Technology
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agriculture technology - agriculture training program, IsraelVidéo Ajoutée le 21 mars 2016 World Amazing Fast workers God level 2017 - Fastest Life Hacks https://www.youtube.com/watch?v=jFCHr... – For copyright reasons, my channel will be terminated. Please subscribe to my new channel here :https://goo.gl/hfN5Tg

Hydroponics Greenhouse Tomato Farming 2016 : Ajoutée le 23 nov. 2015 - Thanks for watching Israel Agriculture Technology - Subscribe to watch more : https://goo.gl/8Uzhjj - https://youtu.be/wOBNahlJffw

The Ramat Negev International Center for Agricultural Training - Our Vision

The Ramat Negev International Training Center has been operating a Training Program for students from developing countries since 2006. Our main goal is to provide advanced agricultural knowledge and practical training that can be applied by the trainees and will assist them to improve farms and yield outcomes. We believe that by using this knowledge and experience and by the exposure to Israeli ideas and methods, the trainees can create a new future : For themselves, for their families and for their Countries. http://www.rn-tp.com/ +972 8-655-7919

More more information about the development of modern agriculture in Israel - International Training in Agriculture at the Hebrew University ( The International School of Agricultural Sciences) : The Hebrew University : http://www.agri.huji.ac.il/...
The Ramat Negev International Center for Agricultural Training : https://www.facebook.com/Th...

The Hebrew University of Jerusalem, founded in 1918 and opened officially in 1925, is Israel’s premier university as well as its leading research institution. The Hebrew University is ranked internationally among the 100 leading universities in the world and first among Israeli universities. Learn the most efficient harvesting methods by using the newest and most up-to-date agricultural machinery and technology in our custom harvesting,business law school, online colleges,field, education online,aquaponic....

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Israel : The Next Energy Superpower ? ThinkTech Hawaii

Recycling Water in the Negev Desert, Israel KKLJNFWorldwide

How Israel became a leader in water use in the Middle East PBS NewsHour

Most Expensive Fruits in the World - HOW DO THEY DO IT ISRAEL Agriculture Technology

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6.
Une tournée dans la Vallée de l’Arava entre Israël et la Jordanie

D’après ikipédia, « L’Arabah (en hébreu : הָֽעֲרָבָה translittéré Ha’Arava, en hébreu tibérien : HāʻĂrāḇā, en arabe : وادي عرب translittéré Wādī ʻAraba) est une partie de la vallée du grand rift située entre la mer Morte au nord et le golfe d’Aqaba au sud. Elle forme une partie de la frontière terrestre entre Israël à l’ouest et la Jordanie à l’est. »

Sommaire

L’Arabah est long de 166 km et va du golfe d’Aqaba à la rive sud de la mer Morte. Topographiquement, la région est divisée en trois sections. Du golfe d’Aqaba au nord, le terrain monte sur 77 km, atteignant 230 m au-dessus du niveau de la mer. De ce point culminant, sur la ligne de partage des eaux de la mer Morte et de la mer Rouge, le terrain descend doucement jusqu’à un point situé à 15 km au sud des rives de la mer Morte. De là, le terrain descend rapidement jusqu’à la mer Morte, qui à 422 m en dessous du niveau de la mer, est le point émergé le plus bas de la Terre.

Le climat de l’Arabah étant très chaud et sec, il est faiblement peuplé. Il n’y a presque pas d’établissements du côté jordanien et seulement quelques kibbutzim du côté israélien, dont Yotvéta et Lotan.

Histoire

L’Arabah était davantage peuplé dans l’Antiquité ; c’était un centre de production de cuivre. À l’âge du Fer, elle abritait les Édomites. À l’est de l’Arabah on trouvait le territoire des Nabatéens, qui construisirent la ville de Pétra.

Aujourd’hui, du côté israélien on peut trouver le parc national de Timna1, connu pour son art rupestre, des mines de cuivre, parmi les plus anciennes au monde, et une falaise tortueuse surnommée« les piliers du roi Salomon ». Du côté jordanien on trouve le Wadi Rum, où fut tourné le film Lawrence d’Arabie.

Les gouvernements israélien et jordanien essaient de promouvoir le développement de la région. Ils prévoient, de manière récurrente, d’apporter de l’eau de la mer Rouge à l’Arabah via un tunnel. Puisque la plus grande partie de l’Arabah est sous le niveau de la mer, l’eau de la mer Rouge pourrait être facilement dessalée sans apport d’énergie.

Le traité de paix israélo-jordanien y fut signé le 26 octobre 1994.

Notes et références

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L’agriculture développée dans la vallée de l’Arava - Otisrael.com

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Israel agriculture - modern agriculture in the desert ARAVA - Ajoutée le 28 mars 2016 - https://www.youtube.com/watch?v=gtpJu8gtfxA

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About Arava en. - agri.arava.co.il/about Photo Photo

Central-and Northern-Arava Research and Development

The R&D activity in the Arava Valley was initiated in 1986 in the framework of Negev-Arava R&D, aiming to serve the developmental needs of the new settlements as they were officially declared high priority regions along the Israeli borders.
This activity was supported by the Jewish Agency for 11 years until 1997, when the Jewish National Fund (JNF) accepted the major funding responsibility with supplement contributions from the Ministry of Agriculture and Rural Development, The Ministry for Development of the Negev and the Galilee, Vice Prime Minister Office, The Settlement Department of the Jewish Agency, The regional municipalities (Central Arava, Tamar), The Plants Council, JCA, and private sponsors.

The R&D Structure and Organization
The Arava R&D activity is governed by a directory comprised by representatives of JNF, Central Arava and Tamar regional councils, Agriculture Research Organization (ARO), Agricultural Extension Service (SHAHAM), Plants Council, chairpersons of agricultural committees and sector coordinators. The role of this directory is to define the main objectives and the annual budget for the R&D activities.
The current activity is governed by an Administrative R&D Director, together with a Scientific Director nominated by the ARO, whose aim is to initiate, manage and promote research in the organization and to encourage researchers and other institutions to carry out research and collaborate on programs to support the regional agriculture and farmers.

The R&D includes seven sector centers : vegetables, ornamentals, plant-protection, orchards, organic agriculture, fishery, and produce quality. Each sector coordinator acts as the chairperson for the committee which is comprised of farmers, extension service staff, and researchers, who assemble to determine a priority scale for the major issues that will be encountered and solved.

The activities are carried out in experimental stations and farmers sites. The emerging knowledge is transferred to the farmers through everyday advisory, end-season meetings, internet newsletters and fliers. In addition, there are occasional open-days, lectures, and trips on various topics.

Central- and Northern-Arava Valley – General Information
The Arava region is located along 180 km from the Dead Sea in the north to the city of Eilat on the Red Sea coast, in the south. The width of the region varies between 3 to 10 km from the mountains of the Negev highlands in the west and the Edom Mountains of the Jordan Kingdom, in the east.

The R&D activity takes place in 3 agricultural villages (moshav) of Sodom Valley - Tamar Council (Neot-HaKikar, Ein-Tamar, and Ein-Hazeva (pvt farm)), and in five agricultural villages (Idan, Hazeva, Ein-Yahav, Zofar, and Paran) and two communal villages (Sapir Center and Zukim) of Central Arava Council. The regional public activities and services are located in Sapir Center and Yair Experimental Station.

The population of the Central-Arava region is comprised of approximately (May 2013) 700 families (of which 530 are farmers), about 3,360 people, and that of the Sodom Valley (Tamar) 120 families (110 farmers) about 550 people.

The arable land comprised (2012/13 season) of 35,760 dunam (9,000 acres, 3,643 hectares), of which 82% vegetables, 16% fruit trees plantation (mainly dates) and 2% cut flowers. The pepper (Capsicum) is the major crop in the region and holds 50% of the total arable land and 66% of the vegetables area. The bio-organic farming holds about 10% of the growing area

The Arava region produces about 60% of the total Israeli export of fresh vegetables and about 10% of the cut flowers export.

R&D Headquarter

Boaz Horowitz Photo R&D Manager

Racheli Givoni Photo Office Manager

Aviv DombrovskyPhoto Scientific manager

Yaniv Ben-Pily Photo Yair station Manager

Arava

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7.
Des récoltes mises en péril par le brouillage des téléphones des grévistes de la faim palestiniens Times of Israel Staff 30 avril 2017, 17:58 - Des agences ont contribué à cet article.

Les habitants du Néguev expliquent que le brouillage des communications entre les détenus qui font la grève de la faim vient également perturber les systèmes informatiques d’irrigation.

Photo - Un agriculteur de Kadesh Barnea, à l’ouest du Néguev, inspectant ses récoltes de tomates cerises. Illustration. (Crédit :Gili Yaari/Flash90)

Les résidents de la petite communauté du Néguev de Nitzana ont déploré que l’armée brouille leurs réseaux cellulaires locaux en tentant de perturber les communications entre les prisonniers palestiniens actuellement en grève de la faim dans une prison située à proximité de leurs champs. Ils ont expliqué que ce brouillage met en danger leurs récoltes.

Des locaux ont expliqué à la Dixième chaîne que la mesure prise par l’armée israélienne a neutralisé leurs téléphones cellulaires et leurs équipements agricoles qui dépendent de ces réseaux, notamment les ordinateurs qui contrôlent l’irrigation.

Les habitants ont expliqué que cette mesure menaçait les récoltes, en particulier au vu de la vague de chaleur qui est attendue la semaine prochaine.

La minuscule communauté du désert de Nitzana est située à environ cinq kilomètres de la prison de Saharonim, où sont incarcérés des centaines de Palestiniens en grève de la faim.

Les prisonniers palestiniens n’ont pas droit à des téléphones mobiles, mais les autorités carcérales ont récemment mis à jour plusieurs tentatives de trafic de téléphones auprès des prisonniers, notamment de la part d’un député arabe israélienqui se trouve actuellement en détention pour cette raison.

Photo - La prison de Saharonim dans le sud d’Israël. (Crédit : Tomer Neuberg/Flash90)

Le 17 avril, environ 1 200 prisonniers palestiniens, selon les estimations, majoritairement issus du parti du Fatah, qui dirige l’Autorité palestinienne avec, parmi eux, de nombreux terroristes condamnés, ont entamé une grève de la faim ouverte qui a pour objectif d’améliorer leurs conditions d’incarcération dans les prisons israéliennes.

Cette grève est dirigée par le cadre du Fatah Marwan Barghouthi, qui purge actuellement cinq peines d’emprisonnement à vie pour meurtre après avoir été reconnu coupable par un tribunal civil en 2004 d’avoir initié et programmé de multiples attentats terroristes contre des civils israéliens durant la seconde Intifada.

Barghouthi et les prisonniers demandent notamment la reprise d’une deuxième visite mensuelle des familles (qui avait été annulée par la Croix-Rouge pour des raisons financières), la prévention de l’annulation des visites des familles pour des raisons de sécurité, la reprise des études universitaires et la possibilité pour les prisonniers de se présenter à des examens d’inscription. Ils demandent également la mise à disposition de davantage de chaînes de télévision dans les cellules et de pouvoir utiliser des téléphones portables dans les ailes sécuritaires.

Les responsables palestiniens ont annoncé qu’environ 1 500 prisonniers ne se nourrissent actuellement que d’eau et de sel. Les autorités israéliennes indiquent pour leur part que le nombre de grévistes s’élèverait à 1 200.

Photo - Marwan Barghouthi. (Crédit : Flash90)

Vendredi, le CICR a fait savoir que ses délégués avaient pu rencontrer des centaines de grévistes de la faim pour la première fois depuis l’appel à ce mouvement de protestation. Le CICR n’a obtenu aucun droit de visite pendant neuf jours, a expliqué un porte-parole, ajoutant que le groupe espère être en mesure de voir tous les détenus dans les prochains jours.

Au début de la semaine, le Club des prisonniers palestiniens a averti que la santé de Barghouthi avait fortement décliné et qu’il refusait tout traitement médical.

Environ 6.500 Palestiniens sont actuellement détenus par Israël pour des crimes et délits liés au terrorisme.

Environ 500 sont incarcérés sous le régime de la détention préventive, une pratique antiterroriste controversée qui permet un emprisonnement prolongé sans accusation officielle.

Ce n’est pas la première fois que les prisonniers palestiniens font une grève de la faim, mais elles avaient rarement atteint une telle ampleur.

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Accueil Israël et Ses Voisins Le Monde Juif Israël Inside Ops & Blogs A La Une - Termes et Conditions Politique de Confidentialité Qui Sommes-nous ? Annoncer Contactez-nous Newsletter – Source : http://fr.timesofisrael.com/des-recoltes-mises-en-peril-par-le-brouillage-des-telephones-des-grevistes-de-la-faim-palestiniens/

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8.
Le rôle du Fonds national juif (FNJ) ou Keren Kayemeth LeIsrael (KKL) pour le (re)boisement et les forêts artificielles en Israël

Selon Wikipédia, « Le Fonds national juif (FNJ) ou Keren Kayemeth LeIsrael (KKL), en hébreu, littéralement : « fonds pour la création d’Israël », est un fonds qui possède et gère plusieurs centaines de milliers d’hectares1 de terres en Israël. Fondé en 1901 à Bâle (Suisse) en tant que fonds central du mouvement sioniste, il s’occupa du rachat de terres en Palestine et de la préparation des futurs pionniers sur le terrain. Il est connu pour avoir planté de nombreuses forêts…. Article complet sur le site : https://fr.wikipedia.org/wiki/Fonds_national_juif

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9.
L’entreprise de reboisement du Keren Kayemeth LeIsrael (KKL)

Il n’y avait jamais eu de forêts ni de parcs en Eretz Israël. Les premiers pionniers juifs qui sont arrivés en Eretz Israël à la fin du 19e siècle ont trouvé un pays désert et aride sans le moindre arbre. Le Keren Kayemeth LeIsrael (KKL) a été fondé en 1901 dans le but d’acquérir des terres en Eretz Israël au nom du peuple juif et en sa faveur. En 1904, et parallèlement à l’acquisition de terres, le KKL a entrepris de planter des oliviers sur les terres de Ben Shemen et de Houlda qu’il venait d’acquérir. Le but de cette première plantation était de planter des arbres fruitiers, c’est-à-dire des arbres particulièrement utiles. C’est ainsi que le KKL a commencé l’entreprise nationale de reboisement qu’il poursuit jusqu’à nos jours. Au cours de près de cent années d’activités, le KKL a planté plus de 200 millions d’arbres sur une superficie qui dépasse 90 000 ha. L’objectif du reboisement a changé et change suivant les époques. Autrefois la plantation de forêts répondait à une nécessité immédiate, comme la défense des terres sur de grandes surfaces et la protection des sols. Actuellement, les forêts ont des fonctions très diversifiées, elles servent à améliorer l’environnement, à faire des promenades pendant les vacances et les jours de congé, à l’obtention de bois et à accroître les zones de pâture. KKL est la seule institution en Israël qui est responsable du reboisement au terme de la Convention qui a été signée entre le KKL et le gouvernement israélien. Les diverses opérations de reboisement sont les suivantes : [accès interrompus]

Plantation de nouvelles forêts

Entretien des forêts existantes

Protection des forêts

Contribution à la qualité de la vie et à l’environnement Pour de longs développeemnts, se reporter aux archives de la FAO, dont :
Chapitre 8 - Le rôle des forets et de la foresterie dans l’atténuation des effets du changement climatique – Site : http://www.fao.org/docrep/v5240f/v5240f0c.htmComment le KKL procède-t-il ?

Les plantations du KKL dépendent de la région où elles ont lieu. Il y a deux zones climatiques différentes suivant les régions en Israël : le climat méditerranéen et le climat sec et désertique. Chaque zone climatique influence bien entendu la manière de planter, les espèces d’arbres que l’on va planter et la gestion de la forêt. C’est l’adaptation de la forêt aux conditions de l’environnement qui assure sa survie pendant de nombreuses années. Actuellement les plantations d’arbres se font sur deux types de terrain :

- nouveau terrain forestier : surlequel il n’y avait pas de forêt auparavant

- renouvellement d’anciennes forêts : terrain sur lequel il y avait une forêt qui a été détruite pour diverses raisons : parasites, sécheresse, incendies ou encore à cause de la neige. Ces òernières années les terrains disponibles pour de nouvelles forêts sont en diminution dans le nord et le centre du pays. La plupart des plantations effectuées dans ces régions sont des forêts que l’on régénère par suite des dommages causés aux arbres, si bien que l’on a dû abattre les arbres endommagés.


Nouvelles plantations

Le KKL procède à des plantations ayant divers objectifs dans le but de répondre à tous les besoins du pays : embellir le paysage, défendre la patrie, repousser le désert, protéger les sols, stabiliser les dunes de sable, planter des arbres dans les villes, aménager les bas-côtés des routes, embellir le paysage le long des voies à grande circulation, planter des arbres dans les pâturages, créer des jardins dans les villes-frontières et dans les bases de l’armée.


Entretien des forêts existantes

Pour entretenir les forêts existantes et les espaces boisés naturels, on pratique l’élagage et l’émondage des arbres pour permettre l’accès dans les forêts, on éclaircit les forêts pour avoir un nombre d’arbres optimal en fonction de la surface boisée dans laquelle ils croissent, on examine si les aires de détente construites en forêt répondent aux normes en vigueur et on entretient en permanence les sentiers de forêt.

Afin de planifier l’entretien des forêts, le KKL procède à des enquêtes et à des recherches scientifiques, de manière à comprendre les processus de croissance des forêts et afin d’éradiquer les maladies et les parasites.


Protection des forêts

Pour protéger les forêts, le KKL possède un réseau de prévention et d’extinction des incendies qui comporte des tours de guet et leurs gardiens, des équipes de surveillance constamment en alerte et des camions-citernes. Le KKL est également responsable du désherbage, de l’éradication des parasites et des maladies et de la protection des arbres contre l’abattage illégal. La politique du reboisement du KKL est menée dans le cadre du Programme de planification nationale des zones boisées (Tama 22). Le gouvernement israélien a donné son accord à Tama 22 en 1995. C’est le KKL, l’autorité des Domaines, le ministère de l’Environnement et le ministère de l’Intérieur, entre autres, qui avaient mis au point le programme


Contribution à la qualité de la vie et à l’environnement En outre, le KKL procède aux réalisations suivantes dans le domaine du reboisement : création de parcs régionaux, sites de détente et de loisirs en forêt, percée de routes forestières, mise en place d’infrastructures, aménagement de sites historiques, aménagement de sources et de rivières et même encouragement à des initiatives commerciales dans la nature.
Introduction L’année de Shmitta L’entreprise de reboisement du KKL

Liste des donateurs

Bureaux du KKL dans le monde Site du KKL

Carte du site

Ecrivez-nous ! Site domestique - [accès interrompus]

Source pour mémoire : http://www.ticketbox.co.il/kkl_english/french/afforestation.asp

Voir aussi : « Tout Sur Israël » - PAGE D’ACCUEIL » Tout Sur Israël » Guide des Parcs et Réserves en Israël. Site : http://www.selectisrael.com/SelectIsrael/Templates/showpage.asp?DBID=1&amp ;LNGID=1&TMID=84&FID=1185

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10.
Planter un arbre en Israël : une forêt rédemptrice et mémoriellePar Sylvie Friedman - p. 59-79 - Published in ‘Diasporas’, 21 .

Abstract | Outline | Text | Notes | Illustrations | References | About the author

Résumé - Abstracts

Français Tout au long du projet sioniste, le végétal a joué un rôle de médiateur entre la terre rêvée et la terre foulée, entre le texte biblique et la réalité. Le réinvestissement national s’est opéré à travers des plantes connues depuis la diaspora, réorganisées en scènes signifiantes pour la mémoire et l’histoire juive. Ce lien de filiation entre texte sacré et paysage débouche sur une pratique de plantation considérée comme un acte mystique de régénération du monde.

English (Planting a Tree in Israel : a Forest of Redemption and Memory).

All along Israel’s Zionist project, plants are called upon to play a role of mediation between the land dreamed of and the land walked upon, between biblical text and reality. National reinvestment built through plants that had already been known from the diapora, reorganized in scenes significant to Jewish memory and history. This filiational link between sacred text and landscape context led to a plantation practice considered as a mystical act of redemption of the land.

Sommaire du document rapporté – Les chapitres cités ci-après renvoient au document original.

Les représentations bibliques de la terre d’Israël

Renommer l’individu, identifier les plantes

Les forêts des nations : un paysage diasporique

Pin ashkénaze, pin sépharade

En Israël : planter en communautés

De diaspora : planter en collectifs

Patrimonialisation : la forêt est le grand ancêtre

Usages et nouveaux rituels : Tou Bishvat

Les degrés de la rédemption

Conclusion et perspectives

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1 Nulle part mieux qu’en Israël, la confrontation entre nature imaginée et nature pratiquée n’a donné lieu, depuis un siècle, à un réinvestissement du territoire et du végétal selon des modalités qui, pour l’anthropologue, sont un magnifique territoire d’investigation. Cette étude se propose de traverser les représentations qui sont à l’œuvre derrière les politiques de plantations, de voir comment elles s’inscrivent dans un renvoi constant au texte biblique qui a constitué, pour les juifs, un territoire imaginaire qu’il a fallu ensuite confronter aux réalités sur le terrain. C’est dans cette double nécessité, d’investir parallèlement le territoire et la langue, que s’est développée une botanique hébraïsante, qui a fourni le socle d’identités nouvelles et de constructions sociales où de nouveaux collectifs ont assuré le rôle de médiation entre passé et présent : les forêts. Il s’agira de montrer comment les représentations de la diaspora ont pu jouer leur rôle, aussi bien dans les espèces choisies pour le reboisement que dans les modalités de la plantation et ses usages. L’ensemble de ces pratiques sera enfin replacé dans une perspective plus large, à l’articulation du laïque et du religieux, en étudiant le transfert de la notion de rédemption de la sphère religieuse à la scène naturelle.

Photo 1. Un certificat de plantation à la mémoire de Th. Herzl datant de 1947.

Zoom Original (jpeg, 200k)

Photo 2. Le premier ministre David Ben Gourion avec des visiteurs venant de trouver un arbre solitaire émergeant de la terre rocailleuse du sud du Neguer. (Photo David Eldan, 1949).

Zoom Original (jpeg, 940k)

Les représentations bibliques de la terre d’Israël

2 Les espaces du désert et de la forêt sont couramment opposés aux espaces cultivés dans les études d’anthropologie de la nature. Beaucoup plus ambivalents dans la pensée juive, ils ne représentent pas des entités fixes, mais des lieux où se réalise la lutte pour la survie, donc des sortes de terrains de « mise à l’épreuve » divine. Le désert est également, pour le peuple juif, lieu de mémoire. Là se sont passés, selon le texte biblique, les principaux événements de son histoire, là ont été élaborés les éléments marquants de son culte (sacrifice d’Abraham, don de la Tora, miracle de la manne, etc.). C’est dans cet environnement hostile que se sont opérées les premières socialisations qui ont fondé les tribus d’Israël : relation à Dieu, relation à l’autre, naissances des familles de patriarches.

  • 1 Foyer National Juif en Palestine.
  • 2 site www.kkl.fr
    3 Lorsqu’après l’indépendance, dans les années 1950, l’État commence à prendre en charge de gros travaux d’aménagements du territoire, il le fait par le biais de la plus ancienne des institutions sionistes du Yishouv1, le Keren Kayemeth LeIsrael (KKL), Fonds National pour Israël, créé en 1901. Pendant les cinquante ans qui ont précédé la création de l’État, cette organisation a acheté des terres au nom du peuple juif, invoquant la citation du Lévitique 25 : 23 : « Les terres ne se vendront pas à perpétuité. Car le pays est à moi  ». Se sentant « dépositaire de la gestion de ces terres, au nom du peuple juif tout entier », le KKL les alloue à bail pour des périodes renouvelables de 49 ans. En ce sens, il estime « garantir l’unité et le caractère juif de la terre inaliénable d’Israël2 »
  • 3 Le peuple d’Israël est lié au Neguev, KKL, Jérusalem, s.d.
    4 Mais ce mouvement sioniste, du fait qu’il était laïc, a dû renouveler l’interprétation religieuse traditionnelle pour nourrir l’idéalisme de ses militants. Les terres rachetées étaient souvent ingrates, soit marécageuses, soit désertiques. Peu aptes à la valorisation, si ce n’est au prix de l’effort agricole, elles se sont trouvées particulièrement désignées comme un « outil du peuple juif pour la rédemption  »3.
  • 4 Newsletter Neot Kedumim, www.neot-kedumim.org.il
    5 Sur ce même postulat, la réserve du paysage biblique de Neot Kedumim (Biblical Landscape Reserve) a entrepris depuis les années 1970 d’acclimater sur 250 hectares des collines de Judée toutes les plantes citées dans la Bible. Son créateur, Noga Hareuveni, un juif ashkénaze fils de botanistes russes arrivés en Israël en 1914, conçut le projet en 1965 de « réclamer cette terre pour lui rendre sa gloire passée ». Il a été aidé pendant dix ans dans cette tâche par de nombreuses équipes de jeunes envoyées de la diaspora, principalement des États-Unis, en séjour de vacances scolaires, pour « l’émulation
    du muscle et de la transpiration d’adolescents bêcheurs, râtisseurs, porteurs de seaux, monteurs à dos d’âne, frayeurs de chemins… Avec la Bible dans une main et une bêche dans l’autre, ils ont commencé à renverser le processus qui avait rendu ces collines nues.4  »
  • 5 Ibid.
    6 La spécificité de ce réinvestissement est qu’il s’est opéré dans un référencement constant au texte biblique, en y cherchant justifications et preuves et dans l’exigence de faire correspondre texte et paysage. La construction idéologique de cet espace, installé près de la Ligne Verte, non loin de la frontière avec la Cisjordanie, reprend les grands postulats qui, en Israël, permettent de justifier à la fois le récit ontologique et la politique territoriale. Premier postulat : la terre a été dévastée pendant l’exil des Juifs : « La zone attribuée à Neot Kedumim était une partie particulièrement désolée et monotone des collines de Judée. Des siècles de batailles, de surpâturage et de négligence avaient dépouillé la terre de sa couche superficielle de sol et le rocher nu dépassait partout.5 » Deuxième postulat : c’est par le travail agricole que la propriété de la terre se réalise : « La montagne sera à toi puisque c’est une forêt et que tu la déboiseras. À toi seront ses aboutissants  » (Josué 17 :18).
  • 6 Marty Douglas, L’anthropologue et la Bible, Paris, Bayard Presse, 2004 [1999].
    7 L’aménagement de la réserve se fait sur le mode développé dans tout le pays par le KKL : plantation d’arbres rappelant l’ancienne présence et attribution de noms issus de la Bible à ces espaces, afin de réinscrire les bribes du récit fondateur dans l’environnement. L’écho que réveille la langue se déploie non seulement dans la résonance des noms propres, mais également dans la forme textuelle. Il y a reproduction d’une langue poétique qui « sonne » comme le verset. Métaphore, analogie, permettent de « faire correspondre microcosme du monde et société6  ».
  • 7 « Le pays ruisselant de lait et de miel  », c’est-à-dire la terre promise. Ex 3 : 8,17 ; 18:5 ; 23:3.
  • 8 Noga Hareuveni, Nature in our Biblical heritage, Israël, Neot Kedumim Publication, 1996.
    « Sur les circuits qui traversent les collines onduleuses de la réserve, les visiteurs peuvent traverser le Champ des Sept Variétés et escalader les pentes du Jardin des Produits de Choix, marcher à travers les buissons de la Forêt de Lait et de Miel7 et goûter les grappes mûres en saison dans le Jardin d’Isaïe8 ».

8 C’est cette même prose poétique qui a inspiré l’aménagement du Neguev qui, depuis la création de l’État, est devenu un lieu d’agriculture en serres, de plantation d’orangers, de pisciculture intensive, d’oliveraies industrielles. L’université Ben Gourion, ses nombreux laboratoires de recherche, les centres industriels autour de la Mer Morte et la pile atomique de Dimona montrent à quel point il a été investi par les projets de développement, pour des raisons tout autant pratiques qu’emblématiques : la végétalisation et le développement de terres considérées comme incultes devaient faire partie du « miracle juif ». Cet aménagement agricole et industriel s’accompagne lui aussi d’expressions qui relèvent beaucoup plus du domaine littéraire que scientifique : « Repousser le désert  », « verdure au cœur du désert  », « faire refleurir le désert  ».

  • 9 Zohar II, 161b. Le Zohar est la cabbale espagnole du XIIIe siècle.
  • 10 « Une population stable peut se permettre, passivement, de laisser les signaux se développer dans l (...)
    9 Cette poétisation de l’espace, cette renomination du territoire par des militants sionistes issus principalement des communautés ashkénazes qui ont formé les premières vagues d’émigration en Palestine à la fin du xixe et au début du xxe siècles, sont des procédés qui relèvent de la primauté qu’a toujours exercée sur les communautés diasporiques la culture du texte, antérieur à toute réalité, comme le traduit ce passage du Zohar : Que faisait le Saint Béni Soit-il quand il créait le monde ? Il regardait dans la Tora. Il regardait dans la Tora et il créait le monde, il regardait dans la Tora et il créait le monde9. L’acte de planter se fait donc dans l’espace du langage aussi bien que dans le sol, comme s’il fallait conjointement investir un territoire textuel et national10.

Renommer l’individu, identifier les plantes

  • 11 Mendele Moykher Seforim par exemple, avec son Histoire naturelle, Toledot ha-teva, 1862. Les Hareuv (...)
  • 12 Le gouvernement publie régulièrement un Yalkut ha-pirsumim, où tous ces noms sont recensés.
  • 13 Louis Rabinowitz, Torah and Flora, New York, Sanhedrin Press, 1977.
    10 Si le texte biblique a déjà, depuis des générations, nourri l’imaginaire juif de ses paysages, le réinvestissement concret d’un champ sémantique végétal lié au territoire n’a pu se réaliser qu’à la fin xixe siècle, lorsque les premières vagues d’immigrants rejoignent la petite communauté juive qui vit dans l’Empire Ottoman. Parmi eux se trouvent des écrivains nationalistes et des botanistes qui, par leurs travaux, vont revitaliser le rapport à la nature en l’hébraïsant11. Petit à petit, de plus en plus d’arrivants vont choisir un nom hébreu12 pour leur nouvelle identité, en empruntant de nombreux noms aux domaines de la flore et de la faune. Des prénoms de fleurs comme vered ou shoshana, la rose, hadassa, le myrte, etc. sont donnés aux filles. Beaucoup de noms de garçons viennent de noms d’arbres, comme alon, le chêne ou erez, le cèdre. Les noms de famille peuvent être aussi des noms comme eshkol, grappe, ou brosh, genévrier, en fonction d’un rapport de consonance entre l’ancien nom et l’espèce végétale. Un premier ministre a changé son nom de Shkolnik en Eshkol. Un certain Rahamim a préféré s’appeler Rimon (grenadier), M. Caleb a choisi Carmi (mon vignoble), M. Yatom Rotem (genêt). M. Badnarsh et Broshkowski, qui ont tous deux choisi Brosh, se retrouvent ainsi apparentés13. Tout comme on renomme l’espace, on « naturalise » son identité par l’adoption d’un nom emblématique du territoire. La pratique peut dans certains cas devenir obligatoire. Le 15 juin 1955, David Ben Gourion, alors ministre de la Défense, décide qu’aucun officier de Tsahal ne sera envoyé à l’étranger s’il ne porte pas un nom hébreu.
  • 14 « Ne risquons-nous pas de voir un jour la puissance religieuse de ce langage se retourner violemmen (...)
    11 La langue devient dès le début du xxe siècle un enjeu identitaire complexe, qui fait l’objet d’un débat entre les partisans de l’adoption du yiddish et ceux de l’hébreu. Depuis 1881, un juif lithuanien, Eliezer Ben Yehuda, s’emploie à adapter l’hébreu biblique aux nécessités de la vie quotidienne. C’est la langue qui sera adoptée comme langue nationale, avec des conséquences imprévues. Dans l’état laïc d’Israël, par l’usage parlé et écrit d’aujourd’hui, il y a constamment transposition de mots appartenant au domaine du sacré à l’espace de l’utilitaire et du quotidien. Une dérive dénoncée pour les effets à retardement produits par l’utilisation pour la vie quotidienne de mots appartenant à une langue dont il est impossible d’atténuer la charge14. Les unités de fonctionnement permettant l’expression sont des images signifiantes, des bribes d’histoire, de rites religieux, des expressions qui ont un « écho ». Par exemple, aliya signifie « montée » en hébreu. Son sens moderne désigne l’immigration en terre d’Israël. Mais il a aussi une signification religieuse, la montée vers la Terre Sainte pour un pèlerinage, ou la montée sur l’estrade de la synagogue lors de la lecture d’un passage de la Tora. Le territoire d’Israël est ainsi infusé d’une religiosité diffuse, apportée par le langage.
  • 15 Gabriel Piterberg, The return of Zionism : myths, politics and zionism in Israël, London, Verso, 20 (...)
    12 L’hébreu, par sa charge mythique, charrie des sens démultipliés, des expressions où plantes, associations végétales, unités paysagères deviennent pour une nation en construction un réservoir inépuisable de sensibilisation collective. Bien que les sionistes aient affirmé haut et fort qu’ils avaient « remplacé l’autorité de Dieu par l’autorité de la nation  »15, lors du centenaire du KKL en 2003, son délégué général Michaël Bar Zvi rappelait en ces termes l’histoire du reboisement : « Le prophète Isaïe nous fournit une première liste des arbres, chap.1 : 18-19 : Dans le désert, je ferai croître le cèdre, l ‘acacia, le myrte et l’olivier, dans la campagne stérile, je planterai avec le cyprès, l’orme et le buis. Les pionniers se sont inspirés de ces conseils, mais ils y rajoutèrent d’autres espèces comme les pins, les térébinthes, les tamaris et les chênes. »
  • 16 Deut XX, 19.
  • 17 Marahal de Prague sur les Pirke Avot.
    13 Les citations bibliques sont largement utilisées dans tout le pays pour légitimer les aménagements paysagers. Le lien entre identité végétale et identité humaine est constamment rappelé dans les commentaires accompagnant les nouveaux rituels comme la fête de Tou Bishvat, une fête de la plantation qui a lieu le 15 du mois de shvat (en février-mars), à l’occasion de laquelle sont régulièrement rappelés des versets comme « L’homme est un arbre des champs  »16 ou des interprétations métaphoriques qui reprennent des structures comparatives issues des textes sacrés : « Comme l’arbre vient de la terre, se dresse vers le ciel et donne des fruits, ainsi en est-il de l’homme dont l’origine est la terre qui aspire à s’élever vers l’Éternel et dont les premiers fruits sont les bonnes actions…17  ».

14 Ainsi s’est effectué dans le champ du langage un véritable réensemencement des liens identitaires avec le territoire, brouillant les pistes entre le laïque et le religieux, débordant les frontières du privé et du public, ameublissant le sol idéel et matériel préparé pour la plantation.

Les forêts des nations : un paysage diasporique

  • 18 Doleve Gandelman Tsili, « Zionist ideology and the space of Eretz Ysrael », in Trees, earth and Tor (...)
  • 19 Adama, magazine du KKL, n°61, 2012.
    15 Tout comme elle l’a été dans la revitalisation de la langue, la position des juifs de la diaspora dans l’entreprise de rachat de terres et de reboisement d’Israël a été prépondérante. Leur posture à la fois « en dedans » et « en dehors » est une place de questionnement personnel et de réévaluation incessante de leur identité. Que ce soit lors des voyages en Israël, où ils sont une des cibles privilégiées des Tour Opérateurs, ou par le biais des synagogues, les incitations du KKL à la plantation sont permanentes. Lors de sa création, le Fonds National Juif avait organisé un système mondial de récolte de fonds au moyen de timbres et de tirelires placées dans les communautés, puis dans les foyers, pour symboliser le fait que la terre d’Israël était possédée par le peuple juif tout entier, par l’intermédiaire du KKL18. Le tronc bleu, cette fameuse boîte en fer blanc, qui dès 1904 avait été envoyée dans un million de foyers juifs pour faire participer la diaspora à l’acquisition et au reboisement de terres en Israël, était l’idée d’un petit employé de banque de Galicie, Haïm Kleinman : il s’agissait de doter chaque famille juive d’un tronc symbolique, dont le produit serait ramassé régulièrement par les émissaires de Terre Sainte, qui apportaient dans leurs bagages les parfums d’Eretz Israël, pour mieux éveiller la nostalgie des juifs de la diaspora. Le produit de cette cagnotte était parfois modeste, mais assumait une fonction symbolique et pédagogique forte d’identification au projet sioniste19. Il faudra attendre 1960 pour que la Knesset adopte la loi sur la terre propriété nationale, basée sur les préceptes bibliques et les principes du KKL.

La boîte bleue qui, depuis 1904, sert de tirelire pour les actions du KKL.

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Sur une face le drapeau d’Israël ; sur l’autre, la carte du pays avec l’étendue croissante de la propriété juive. Ce sont aujourd’hui les forêts d’Israël qui sont matérialisées.

16 Ainsi le développement des communautés végétales nationales s’est-il réalisé en lien constant avec les communautés humaines diasporiques. La première forêt plantée en 1908, la Forêt Herzl à Ben Shemen, a été agrandie depuis grâce à des fonds venant d’Italie, d’Argentine et du Mexique. Dès la veille de la Première guerre mondiale, le KKL possède 2 400 ha de terres. Les collectes s’intensifient. En 1928, le KKL plante les Forêts Balfour et Mishma ma Emek. Yossef Weitz, appelé « Père des forêts », est nommé directeur du département des terres et du reboisement. Lors de la fondation de l’Etat, en 1948, le KKL détient 100 000 ha de terres. Il a déjà planté 5 millions d’arbres. Les travaux de défrichement et de reboisement procurent une occupation et des revenus à des dizaines de milliers d’immigrants. En 1951, le KKL plante la Forêt des Martyrs, à la mémoire des victimes de la Shoah. En 1957, c’est la forêt de Jérusalem. En 1964, celle du Canada. En 1965, la Forêt Yatir, au nord du Néguev. En 1971, le reboisement s’intensifie. Le KKL a planté déjà 100 millions d’arbres. En 1976, il ouvre le Parc de l’Indépendance Américaine, à l’ouest de Jérusalem. En 1978 est inaugurée la Forêt de l’Enfant Juif. En 1988, le KKL lance une campagne « arbre pour arbre » pour replanter systématiquement les forêts détruites par les incendies. Depuis, de nombreuses autres forêts ont été plantées, dont celle d’Eshtaol par 17 nations d’Amérique latine et centrale.

  • 20 www.kkl.fr
    17 Les juifs de France ont participé activement à ces campagnes de plantation : au nord dans le Jordan Park et la forêt de Gilboa, au centre à Nahal Perat et Ma’ale Adumim, au sud à Mizpe Ramon et Netivot. Pour le 60e anniversaire de la création de l’État, en 2008, est aménagé le parc de France Adoulam, au pied des collines de Judée : 4 500 ha de chemins de promenade, pistes cyclables, sites agricoles, archéologiques, au milieu d’une végétation de maquis entourée de forêts plantées par le KKL, qui compte y développer des « activités pour la jeunesse juive de diaspora20  ».

18 Au travers de ces forêts, s’exercent toutes les commémorations possibles : des événements nationaux (la Forêt Bar Kochba, la Forêt de l’Indépendance), des hommes célèbres (la Forêt Churchill, la Forêt Roosevelt, la Forêt Balfour), des pays et des communautés (la Forêt du Canada, de la Suisse), des mémoriaux (la Forêt de l’Enfant juif, la Forêt des martyrs).

Pin ashkénaze, pin sépharade

  • 21 Ainsi la forêt de pins du Yatir, aujourd’hui la plus grande d’Israël, plantée en 1966 dans le nord (...)
  • 22 Michel Bariteau, Rapport de la 10e session des experts de la Fao, 1992.
    19 Bien qu’elles aient été très médiatisées, ces opérations de reboisement ont aussi eu leurs échecs. Les juifs ashkénazes composaient la majeure partie des membres de l’organisation du KKL à ses débuts. Ils avaient conservé leur propre imaginaire de la forêt, issu de leur culture diasporique d’Europe orientale, où les forêts de pins sont majoritaires. Ils connaissaient peu le chêne et le pin local, et les espèces qui composent le maquis méditerranéen : térébinthe, arbousier, arbre de Judée, caroubier, lentisque, laurier. Les premières plantations sont symboliques, ce sont des oliviers dans la forêt Herzl. Puis, certaines espèces sont choisies pour leur efficacité pratique. Les pionniers plantent des eucalyptus pour assécher les marais. Mais c’est le pin qui demeure l’espèce plantée en plus grand nombre, car il réunit des aspects symboliques (rappel de la communauté d’origine), pratiques et politiques : les pins poussent très haut et très vite, et peuvent ainsi couvrir rapidement le terrain, y avoir une visibilité, fournir du bois pour la construction. De plus, il s’agit d’une espèce persistante dont certains pensent qu’en apportant davantage d’ombre, elle pourra faire descendre la température21. Mais les espèces plantées jusque dans les années 1960 n’étaient pas toutes adaptées à la région et pouvaient même mettre en danger les espèces locales comme le pin d’Alep22. Ce dernier peut également s’hybrider avec le cèdre du Liban, une espèce non locale, et donner des plants sujets aux maladies.
  • 23 Haaretz, « Clearing the pine’s tree name », par Eli Ashkenazi, février 2008.
    20 Les premières politiques de plantation, privilégiant le pin de Jérusalem dans les régions montagneuses et les eucalyptus dans le sud, ont donc vite montré leurs limites. Dès les années 1950, les pins plantés au milieu des forêts de Beth Keshet sont tombés malades et ont dû être remplacés par des oliviers. Tout comme ceux plantés dans la forêt de Yar Asollelim et dans celle du Carmel. Plantés trop serrés, ils donnent trop d’ombre, cachent les panoramas, étouffent la végétation locale. L’uniformité des paysages ainsi créés par cette première politique d’afforestation finit par provoquer le mépris des amoureux de la nature, voyant d’un mauvais œil le même paysage monotone couvrir la Galilée, la côte, les collines de Jérusalem et le nord du Neguev23. Le KKL a aussi été critiqué pour sa politique d’utilisation de produits herbicides afin d’éliminer le taillis. Encore une fois, la tentative de remplacer la végétation indigène par une végétation porteuse de l’imaginaire diasporique était à l’origine de ces pratiques. Le 31 mars 1958, Ben Gourion planta un cèdre du Liban dans la forêt de Jérusalem. Cet arbre n’a pas grandi. Bien que célèbre dans la Bible, Cedrus libani n’est pas adapté à la région. Pourtant, c’est aussi le premier arbre qu’Herzl ait planté, avec un dattier, le 2 novembre 1898, à Motza, près de Jérusalem. Il avait peut-être en tête la citation de Psaumes 92 : 13 : « Le juste fleurira comme le palmier. Il grandira comme le cèdre du Liban. » Même dans le texte canonique, il est précisé que le cèdre du Liban n’était pas natif du pays et a été importé du Liban par le roi Salomon pour en faire des palais de prestige. Mais les fondateurs du nouvel État voulaient acclimater un arbre qui symbolise beauté, droiture et pouvoir.

21 Aujourd’hui, le KKL plante aussi les espèces locales, des chênes, des oliviers, des lentisques, des caroubiers, en leur découvrant de nouveaux avantages : ils résistent beaucoup mieux que les pins aux incendies de forêt. Ainsi, entre les années 1950 et 1980, sa politique d’afforestation s’est confrontée à une réalité de terrain qui l’a obligé à abandonner des représentations issues de la culture ashkénaze européenne pour s’adapter à la réalité méditerranéenne. Cette prise de conscience a été facilitée par les vagues d’immigration qui ont diversifié encore la population juive du pays. De la première aliya en 1881 à celles d’avant guerre, c’étaient principalement des juifs de Pologne, Russie et Europe centrale qui arrivaient en Israël. Dans les années 1960, le pays a connu une forte immigration de juifs des pays arabes, du Yémen, d’Irak et du Maroc. Un courant sépharade qui a amené au pays des nouveaux citoyens qui ont pu se reconnaître et s’investir dans des opérations de plantation d’espèces plus méditerranéennes.

En Israël : planter en communautés

  • 24 Shaul Cohen, « A tree for a tree : the agressive nature of planting », in Ari Elon, Naomi Mara Hyma (...)
    22 L’enthousiasme un peu naïf des premiers sionistes a dû donc prendre la mesure des réalités de la modernité, qui venaient parfois brouiller l’univers de sens qu’ils s’attachaient à reconstruire. Au-delà de leurs déconvenues agricoles, ils ont pris conscience qu’ils n’étaient pas seuls à investir symboliquement le territoire, ni à s’identifier aux espèces végétales qui le composent. Pour les Palestiniens aussi, l’olivier était une espèce symbolique, et nombreuses étaient les tentatives de le réinscrire dans l’histoire nationale comme s’il avait toujours fait partie de la culture d’origine. Or la plantation d’arbres, avant d’être le fait des Israéliens et des Palestiniens, a été celui des Britanniques lors de leur mandat en Palestine dès 1917. La terre de Palestine était, sous les Ottomans, et avant que les Britanniques ne favorisent eux aussi les premières plantations après la première loi forestière de 1869, très peu plantée, les Ottomans ayant pour usage de baser leur impôt sur l’extension de l’agriculture. Les Britanniques ont d’un côté favorisé la plantation d’oliviers et, de l’autre, installé des zones de forêts réservées. L’arbre a été depuis un outil politique d’emprise territoriale24. Les Britanniques ont encouragé la gestion de la terre en apprenant aux Arabes de nombreuses techniques de culture ; les plants d’oliviers étaient offerts en grand nombre aux villageois, ce qui développa à tel point leur plantation que le gouvernement britannique, alarmé des conséquences sur l’administration de la terre, mit l’accent sur la préservation des forêts. L’ordonnance de 1926 précisait que ces dernières ne pouvaient être des propriétés privées, que ni culture, ni abattage n’y étaient autorisés. Ainsi la forêt fournissait-elle le contrepoint aux zones cultivées et la justification de préservation servait-elle de paravent au maintien et à l’extension d’une mainmise gouvernementale sur certains territoires. Planter d’un côté, préserver au nom de la protection de l’environnement de l’autre, l’enjeu était tout autant politique qu’agricole.
  • 25 Frédéric Encel, François Thual, Géopolitique d’Israël, Seuil, 2004.
    23 De même, la grande activité de plantation qui est exercée depuis par Israël tout au long de la frontière avec la Cisjordanie, la fameuse « ligne verte », « répond à une représentation identitaire et à une nécessité géopolitique : la représentation sioniste primordiale de l’homme juif nouveau de retour sur sa terre ancestrale, sachant la cultiver et la défendre, et la nécessité de montrer aux arabes la détermination à posséder le sol jusqu’au dernier arpent25 » La terre plantée jusqu’aux extrêmes limites d’une frontière qui devait être provisoire peut finir par faire elle-même frontière. Développement de l’agriculture d’un côté, arrachage d’oliviers de l’autre, en étendant ou en limitant la surface boisée, on tente de faire bouger les lignes de réinscription identitaire dans l’espace.
  • 26 120 000 Bédouins vivent dans le Neguev.
  • 27 « A contentious landscape », par Daniel Orenstein, in The Jerusalem Report, 18 avril 2005.
    24 Cette activité de plantation s’exerce par l’intermédiaire des populations intéressées à cette réinscription identitaire. En Israël même, l’intégration des nouvelles communautés par la plantation d’arbres est une pratique courante de l’Agence Juive qui s’occupe de l’aliya des nouveaux immigrants. Les Éthiopiens, peu après leur arrivée, ont ainsi été invités à planter des arbres et à participer à la fête de Tou Bishvat, qu’ils ne pratiquaient pas dans leur pays d’origine. Cette tentative de les reconnecter avec une fête qui ne leur était pas traditionnelle a du reste été un échec. Le conflit pour la terre avec les Bédouins26 se déroule également selon les moyens « naturels » à disposition des nomades : ainsi, en 2004, en même temps que 3 000 nouveaux immigrants juifs plantaient des arbres dans le sud d’Israël, des résidents de villages bédouins non reconnus faisaient de même. Pour protester, ils faisaient pousser du blé sur le domaine public et paître leurs moutons sur les réserves naturelles. Le gouvernement israélien répondait en répandant des herbicides et en confisquant les troupeaux. Le Fonds National Juif participait au conflit en plantant des arbres…27
  • 28 www.katif.net
    25 Ces revendications identitaires par végétaux interposés ont eu également des développements au moment du désengagement de la bande de Gaza, quand les colons du Goush Katif refusaient de partir et proposaient, sur leur site internet, des kits de plantation pour qui veut « planter un jardin pour bloquer le plan de désengagement  »28. On y proposait des packs pour jardin d’enfants, des packs pour yeshiva (étudiants religieux) ou IDF (soldats), etc. Lorsqu’en 2005 les familles se sont vues finalement dans l’obligation de partir, le KKL et le Conseil Régional de Sha’har HaNeguev ont pensé les aider en déplaçant les arbres de leurs jardins privés pour les replanter dans le kibboutz Or-HaNeguev, où les familles devaient être réinstallées.
  • 29 Le titre de l’article était : « The trees are also leaving their homes », « les arbres aussi quitte (...)
    « Chaque famille a choisi un arbre qui avait une signification particulière pour ceux qui quittaient leur maison. Un équipement mécanique spécial a été utilisé permettant de retirer du sol de grands arbres avec toutes leurs racines afin qu’ils ne soient pas blessés et qu’ils puissent continuer à prospérer dans leurs nouveaux lieux de résidence29. »
  • 30 « Te souviens-tu de l’arbre que tu as planté ? », par Gideon Levy, in Haaretz, 11 février 2001.
    26 La valeur accordée à la plantation est telle, en Israël, qu’il y eut en 2001 une pétition de l’Union pour la Défense de l’Environnement adressée à la Haute Cour de Justice, contre le KKL. Cette organisation, au travers de ses programmes combinés d’excursions et de reboisement, a planté en une centaine d’années d’existence près de 220 millions d’arbres sur un million d’hectares. Les protecteurs de l’environnement l’accusaient de ne pas respecter le schéma directeur d’afforestation, de disséminer la flore et de détruire la faune en conduisant des feux contrôlés sur les zones de préparation à la plantation. La plantation fait donc polémique au sein de la société israélienne elle-même30.

De diaspora : planter en collectifs

27 Les grandes communautés diasporiques juives, grâce au tronc bleu, ont gardé un rapport ininterrompu avec la terre d’Israël. De New York, Los Angeles, Londres, Buenos Aires, Paris ou Moscou, on plante en Israël depuis cinquante ans, que ce soit par internet ou à l’occasion d’un voyage. La plantation par internet, par les catégories qu’elle propose dans ses offres, fait apparaître de nouvelles modalités qui introduisent une hiérarchisation tout autant qu’une déclinaison des espèces.

On peut planter un arbre pour une réjouissance, un anniversaire, un bar ou bat/mitsva, c’est-à-dire une fête de la majorité religieuse. L’enfant est associé au jeune plant qui va grandir.

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Les certificats associent toujours un extrait du texte biblique, le nom du donateur et de celui à la mémoire duquel la plantation doit s’effectuer.

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28 Le nom collectif de « forêt » sous-entend déjà la communauté. Qu’est-ce qu’une forêt si ce n’est un arbre planté en nombre ? Depuis le sujet individuel jusqu’au collectif, de l’arbre à la forêt, le plant proposé par internet est tout autant une variation sur l’importance de l’engagement souhaité par le donateur qu’un discours sur le paysage. Cette offre de plantation à distance s’organise autour d’une gradation des dons du plus petit au plus important, en les mettant en correspondance avec des unités paysagères. Elle est modulable. Si la plantation dépasse un arbre, il y a formation de groupes : allée (20 arbres), jardin (100 arbres), parc (500 arbres), bosquet (1000 arbres). Analyser en profondeur ces catégories obligerait à un trop long développement des équivalences entre les termes dans les passages d’une langue à une autre. On peut cependant relever certaines récurrences, telles que la présence de l’enfant, médiateur par lequel le projet de plantation s’imagine. L’enfant permet de concrétiser les deux directions opposées que la plantation veut réunir et réconcilier : la commémoration du passé et le projet d’avenir.

29 Le pin est utilisé dans les campagnes publicitaires du KKL pour donner de la force, de l’engagement, aux discours sur le territoire. Le feuillu, par contre, est celui qui incarne la fragilité, la mort mais aussi la renaissance. L’arbre persistant et l’arbre caduc sont donc pensés dans leur capacité à porter les valeurs défendues par le message.

30 Tous ces éléments montrent l’efficacité de l’arbre, dans sa capacité à signifier aussi bien l’individuel que le collectif, la force que la fragilité, grâce à ses caractéristiques botaniques. Proposé seul, en jardin, en allée, en bosquet, en forêt, il forme dès l’achat en ligne une unité paysagère, il est potentiellement déjà planté.

Patrimonialisation : la forêt est le grand ancêtre

  • 31 Yael Zerubavel, « The forest as a national icon : literature, politics and the archeology of memory (...)
    31 Au fur et à mesure du développement des forêts, leur sacralisation se justifie par des raisons qui relèvent officiellement de la préservation de l’environnement mais qui sont également d’ordre identitaire (la forêt est le symbole du renouveau du peuple juif et de sa réimplantation sur sa terre) et religieux (la forêt est sacrée tout comme est sacré l’espace de commémoration). Mais la privation du contact avec la terre a provoqué une rupture aussi bien idéologique que pratique. Un glissement s’est opéré depuis l’imaginaire diasporique du commandement de défrichement et de plantation. Il a fallu réconcilier deux projets qu’on pourrait penser contradictoires, d’un côté travailler et développer la terre par l’agriculture, c’est-à-dire domestiquer, de l’autre remettre en nature par la plantation d’arbres, c’est-à-dire ensauvager. Un « ensauvagement » qui est loin d’être une réintroduction du sauvage. La forêt commémorative, la plantation en souvenir d’êtres disparus, est une nomination de l’espace, une « écriture géographique31 ». Il s’agit donc, avant de planter des arbres, de planter des noms, de planter un récit et de l’histoire, donc de mettre en culture la nature et non de l’ensauvager.
  • 32 Carte des forêts d’Israël, KKL-JNF, Jérusalem, 2003.
    32 La forêt plantée n’est plus alors celle des représentations antiques, elle devient un lieu très aménagé, un dispositif bien plus culturel que naturel qui se situe à l’opposé de l’espace de la sauvagerie et de la cruauté des antiques maquis servant de pâturage, où se déroulait occasionnellement la prédation par l’animal sauvage des éléments du troupeau. Réorganisée en lieu de fréquentation pour les familles, elle devient communautaire, lieu de déambulation : « Désormais, des zones boisées bien dégagées remplacent les forêts touffues32  ». On est bien loin des représentations bibliques de la forêt se référant à la végétation épaisse qui couvrait la plupart des collines du pays de Canaan, de la terre ensauvagée donnée par Dieu au peuple d’Israël avec le commandement de la déboiser pour y habiter. La nécessité de rendre compatibles les représentations traditionnelles et la construction nationale, les paysages et espèces nommés dans la bible et le territoire actuel, va représenter des contraintes qui vont s’exercer tout au long des pratiques de plantation.

Illustration d’une campagne de plantation par le KKL, en Israël : sont mis en scène le drapeau, le pin, les enfants, la terre désertique et rocailleuse.

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  • 33 Elie Askénazi, Haaretz, op.cit.
    33 Après les années 1950, le KKL a compris ses erreurs et diversifié les essences de reboisement. Avec le développement d’internet venu plus tard, sur le site où l’on propose de planter en ligne, et dans les documents de sensibilisation, la représentation du pin reste fréquente. L’espèce est toujours emblématique de la reconnexion identitaire, elle reste graphiquement et symboliquement irremplaçable. Dans les discours sur l’afforestation, le pin est évoqué comme une essence pionnière, au couvert de laquelle se régénère en douceur la forêt originelle, celle du maquis méditerranéen33. En effet, soixante ans après les premières plantations, du fait du développement dans les forêts plantées d’une deuxième génération d’arbres, plus diversifiée, l’image du pin redevient positive. Après avoir été accusé de détruire la flore locale, il est aujourd’hui patrimonialisé en ancêtre protecteur à l’ombre duquel se réalise le miracle tant attendu, la renaissance du paysage originel.
  • 34 Yael Zerubavel, op.cit.
    34 L’espèce d’arbre choisie pour les premières plantations a donc été déterminante, par ses capacités physiques, symboliques et plastiques. Elle devait pouvoir opérer une véritable transplantation culturelle, historique et mémorielle. Elle devait émerger visuellement des silhouettes broussailleuses du maquis méditerranéen des origines, pour s’enraciner rapidement et en masse. Mais les forêts plantées veulent être signifiantes, autant en surface qu’en profondeur. Elles servent également de cadre à une muséographie à ciel ouvert où des ruines archéologiques sont mises en valeur, composant ainsi des sortes de paysages historiques qualifiés d’« archéologie verte », qui veulent construire un « musée vivant ». La réserve du paysage biblique de Neot Kedumim se qualifie de « living museum of Israël green archeology  ». Les sites arborés doivent témoigner pour l’histoire, pour la durée, incarner la projection dans l’avenir et la préservation du passé. Et, de plus, servir de support au discours religieux aussi bien que laïque. Les forêts sont à proprement parler de véritable « monuments » de la conscience nationale, établissant une continuité symbolique entre l’histoire d’hier et celle d’aujourd’hui34.
  • 35 Bulletin SPNI mars 2006.
  • 36 Jean-Michel Leniaud, « Voyage au centre du patrimoine », in Dominique Fabre, Claudie Voisenat, Dome (...)
    35 En mars 2006, un projet de « préservation des arbres » a été lancé par le KKL et le ministère de l’agriculture, selon les mêmes lignes que la préservation des monuments historiques35. Ainsi le végétal permet-il d’associer le traitement cyclique des grands événements du peuple juif ou la réintroduction de l’« accident » qu’est la mort individuelle ou de masse dans le cycle de mort et de renaissance du monde naturel. Cette plantation de forêts assure une monumentalité construite, associée aux ancêtres et au récit fondateur. Tout comme la plantation délimite visuellement la propriété de la terre, la patrimonialisation assure le caractère sacré de la possession. Il existe un lien entre patrimoine et légitimité, car la patrimonialisation met en jeu la filiation, le culte des morts et l’héritage36. Ce sont tous ces éléments qui sont remis en circulation lors de la cérémonie de plantation qui a lieu à Neot Kedumim.

Usages et nouveaux rituels : Tou Bishvat

  • 37 Bis hundert un zvantsig !
    36 Le jour de Tou Bishvat, fête qui a lieu en janvier-février, à la période de redémarrage du cycle végétatif, est aussi le jour choisi pour les inaugurations en Israël. La Knesset, le parlement israélien, a été inauguré le jour de Tou Bishvat et les députés y plantent chaque année 120 arbres dans les jardins, suivant une coutume qui veut qu’on se souhaite longue vie, jusqu’à 120 ans selon une expression yiddish37. La cérémonie de plantation a donc une fonction officielle de revitalisation des communautés politiques.

37 Elle est organisée également lors de la visite de chefs d’État. Ainsi, en 2005, a été inauguré près de Jérusalem un « bosquet des nations ». Il est d’usage d’y faire célébrer, par les représentants des pays, une cérémonie de plantation après leur visite à Yad Vashem, le mémorial de la Shoah, qui est tout proche. Les ambassadeurs y récitent la prière de la plantation et reçoivent un certificat. L’espèce, l’olivier, est choisie en relation avec son symbolisme de paix, car le bosquet des Nations, dans la forêt de Jérusalem, doit faire partie de la Route de l’Olivier, initiée par l’Unesco en 2003 et adoptée par l’Europe en 2005, qui devrait faire le tour de la Méditerranée.

  • 38 L’arbre de vie, la carte des forêts, KKL, Jérusalem, 2003.
    38 À ce jour, les pays ayant participé au reboisement d’Israël depuis sa création sont l’Allemagne, l’Argentine, l’Australie, l’Autriche, la Belgique, la Bolivie, le Brésil, le Canada, le Chili, la Colombie, le Costa Rica, Cuba, le Danemark, l’Équateur, l’Espagne, les États-Unis, la Finlande, la France, le Guatemala, la Hollande, le Honduras, l’Italie, le Luxembourg, le Mexique, la Norvège, le Panama, le Paraguay, le Pérou, le Royaume Uni, le Salvador, la Suède, la Suisse, la République Tchèque, l’Uruguay, le Venezuela. Ce qui permet à l’organisation du KKL, chargée de la gestion des forêts, de parler d’un « partenariat mondial »38.

39 L’actualité politique continue bien évidemment de nourrir et de vitaliser ces nouveaux rituels. En janvier 2006, en France, l’assassinat d’un jeune juif, Ilan Halimi, a donné lieu à une plantation mémorielle qui s’est construite sur une dialectique entre mémoire individuelle et mémoire collective. Du fait de son nom, Ilan, qui signifie « arbre », la communauté juive tout entière se réapproprie Ilan pour en faire un symbole. Le fait qu’il soit mort le jour de Tou Bishvat, jour de la plantation des arbres, est un second trait qui le désigne pour fonctionner comme signifiant pour la communauté, qui est appelée à « répondre » à sa disparition par la plantation d’une forêt de 10 000 arbres. Celle-ci sera installée sur les collines de Jérusalem. Le premier arbre a été mis en terre en même temps qu’Ilan, non loin du lieu où il a été enterré.

« Le devoir et la responsabilité de notre association est d’honorer la mémoire d’Ilan, arbre abattu le jour de Tou bishvat » dit le délégué général du KKL de France en 2006. Affiche KKL.

  • 9 « Planting a tree in his honour is an expression of Gilad’s symbolic rebirth after the many months (...)
    40 De la même façon, le retour de Guilat Shalit, le 18 octobre 2011, a donné lieu à de nombreuses initiatives de soutien. L’antenne canadienne du KKL s’est engagée à planter un arbre dans le cadre d’un projet appelé « Miles of trees  », une sorte de « barrière de sécurité végétale » installée à la frontière de la bande de Gaza, là où le soldat a été kidnappé. Cette initiative a été qualifiée de « renaissance symbolique pour Guilat.39 »
  • 40 Israel Tour Connection.
    41 Dans un contexte moins événementiel, les Tour Opérateurs proposent régulièrement, dans leurs itinéraires, la plantation d’un arbre dans la terre d’Israël, souvent peu de temps après l’arrivée à l’aéroport. Cette pratique est en effet considérée comme une mitsva, une « bonne action ». L’argument est de « mettre immédiatement des racines en terre d’Israël en plantant un arbre à la mémoire d’un être aimé.40  » Les plantations peuvent s’effectuer dans les centres de plantation du pays, tout comme dans les forêts et parcs du KKL. Parmi les lieux choisis, la réserve de Neot Kedumim, située entre Jérusalem et Tel Aviv, offre de surcroît l’avantage de doubler la connexion identitaire et mémorielle d’une expérience unique : planter, au plein cœur d’un paysage biblique, la forêt des origines.

42 En 2007, lorsque des jeunes d’une école juive de Baltimore sont invités à planter un arbre à la mémoire d’un parent disparu, on leur offre au préalable, depuis une hauteur, un point de vue dominant sur les paysages bibliques de la réserve, d’où leur guide, bible en main, leur énonce un certain nombre des prédéterminations qui sont à l’œuvre dans l’entreprise de plantation mémorielle juive, principalement les idées déjà évoquées : la terre d’Israël était sauvage et non cultivée avant l’arrivée des juifs. Personne n’y vivait, sinon des bêtes sauvages. Ce sont les juifs, propriétaires à double titre, par la filiation et par leur fonction de fermier qui travaille la terre, qui l’ont défrichée et plantée. Par la suite, le guide parle de la responsabilité qui incombe aux jeunes générations : en tant que jeunes juifs de diaspora, aujourd’hui, ils vont pouvoir planter en terre d’Israël, privilège que leurs grands-parents, morts dans la Shoah, n’ont pas eu. « Nous allons maintenant planter et recréer la forêt sauvage qui était ici dans les temps anciens, nous allons être tous une part de la création, chacun de nous !  » Après avoir choisi une bouture, les jeunes se réunissent pour faire le kiddoush (bénédiction) et pour lire une prière pour la plantation. Pour la plupart d’entre eux, c’est la première fois qu’ils plantent un arbre. Essentiellement urbains, ces jeunes ne font pas beaucoup la distinction entre les espèces qu’on leur propose, et ne demandent pas le nom de l’arbre qu’ils vont planter. L’espace désigné à la plantation se situe dans la continuité d’une forêt existante, les futurs emplacements sont signalés d’un petit drapeau qui, une fois l’arbre planté, pourra être emporté avec soi. Ensuite, réunis en petits cercles, les jeunes évoqueront le souvenir de leur parent disparu.

43 Ces juifs ashkénazes de la diaspora, dont les parents ont été nombreux à s’installer aux États-Unis pour fuir le nazisme, ont une représentation de la terre d’Israël idyllique et enchantée, puisqu’elle s’opère dans le cadre d’une interrogation identitaire suite à la coupure générationnelle que la disparition de leurs grands-parents a provoquée dans leur généalogie. Pour eux, la plantation reste en grande partie déconnectée de toute réalité pratique, c’est purement une opération de réinscription identitaire. En cela, la cérémonie de plantation proposée par la réserve du paysage biblique de Neot Kedumim répond parfaitement à leur attente et réalise leur aspiration.

  • 41 Ps 128 : 3 Your children are like olive shoots around your table. May these trees never be uprooted (...)
    44 Une nouvelle cérémonie a été mise en place ces dernières années, à Neot Kedumim, non plus sur les zones de plantation périphériques, mais sur des terrasses pierreuses bien identifiables appelées « grove of light » On peut y planter des oliviers soit lors d’une visite, soit par internet, et dédier un arbre à une personne disparue. La plantation est agrémentée d’un certificat, où est mentionné le nom du donateur, celui de la personne honorée, et une citation des Psaumes41. Quatre ans après, celui qui a planté est invité à faire la première récolte d’olives de son arbre. Ensuite, il pourra recevoir une bouteille d’huile extraite de ses olives. Ainsi, l’acte commémoratif n’est plus uniquement une simple plantation, mais la réappropriation d’une mise en culture de l’arbre fruitier, signe que la sédentarisation s’est faite, que le nomade s’est enraciné quelque part.

45 Encore une fois, ce sont les échecs qui sont tout autant signifiants que les réussites. Dans cette transposition d’une fête religieuse à une pratique laïque, en passant de la terre au ciel, on se confronte à des réalités agronomiques qui ne sont pas toujours compatibles avec les exigences de la tradition. Planter des arbres à Tou Bishvat, c’est-à-dire en février, à l’époque où en Israël la saison des pluies se termine, n’est pas toujours couronné de succès et un certain nombre d’échecs sont constatés dans la reprise des végétaux. C’est en effet au début de l’automne qu’il conviendrait de planter selon une raison purement agronomique. Mais le rituel doit être respecté, même aux dépens de la logique scientifique…

  • 42 « Arboreal scandal in Israël : not all the trees planted there stay planted », par Deborah Sontag, (...)
    46 Pour cette raison et aussi parce que les plantations faites en masse par la diaspora en visite sont effectuées rapidement, par des touristes émus mais pressés, sur des terrains arides comme celui du site très prisé Hadassa Ein Kerem, près de Jérusalem, un pourcentage conséquent de plants ne parvient pas à survivre. En 2000, le New York Times a même affirmé qu’un certain nombre de plants auraient été arrachés après avoir été plantés, pour pouvoir accueillir la tournée suivante de touristes planteurs42.

Les degrés de la rédemption

  • 43 En 1492.
    47 Bien avant les drames d’Ilan Halimi et de Guilat Shalit, dès la fin du xixe siècle, la fête de Tou Bishvat avait été réinvestie par les premiers mouvements sionistes. Cette fête était inspirée des kabbalistes qui lors de leur arrivée à Safed, après avoir été chassés d’Espagne43, ont pratiqué de nouveaux rituels, basés sur le tikkoun-ha-olam, la rédemption du monde. Le Zohar, la kabbale espagnole du xiiie siècle, a élaboré une théorie de la brisure des vases contenant la shekhina, la présence de Dieu, un accident originel ayant éparpillé dans le monde les étincelles du divin. Ce monde divin désormais endommagé, incomplet, brisé, imparfait, a besoin de tikkoun, de réparation. Ces étincelles divines, qui sont cachées, disséminées dans de la matière, dans des klipot, des écorces, des débris, c’est à l’homme de les libérer.
  • 44 Qui place l’homme dans le jardin d’Eden leovda vleshomra « pour le cultiver et le garder ».
  • 45 Rabi Ya’acov disait : Celui qui chemine sur la route et étudie, mais qui interrompt son étude et di (...)
  • 46 « Le droit à la terre  » conférence de Michaël Bar-Zvi.
    48 Toujours travaillé par la tension qui existe entre le mouvement de désacralisation de la nature qui a été nécessaire à l’établissement du monothéisme et la responsabilité donnée à l’homme par Dieu dans la Tora au verset 2 :15 de la Genèse44, le KKL a été amené à se positionner entre la position des religieux, qui vivent comme un antagonisme lecture de la Tora et admiration de la nature45, et celle des défenseurs de l’environnement adeptes du non interventionnisme : « Il ne s’agit pas d’obtenir des droits mais d’accomplir son devoir envers la terre, non pas parce qu’elle nous appartient, mais parce que nous lui appartenons. Le contrat que l’homme passe avec la terre ne peut se faire parce que la terre a des droits, parce qu’elle serait devenue une personne morale. La confusion de l’écologie moderne part de ce malentendu entre la terre comme adama et la terre comme gaïa. Dans l’approche adamique, la terre est la demeure qui accueille l’homme, alors que dans l’approche gaïque, la terre est considérée comme un être vivant et donc dotée de droits46. »
  • 47 À la question de la spécificité du regard juif sur la nature, Michaël Bar-Zvi répond en 2002 : « C’ (...)
    49 C’est dans la notion de développement durable que l’organisation a modernisé son approche romantique première afin de permettre une meilleure adéquation entre aménagement naturel et développement technologique. La position du KKL reste donc interventionniste et n’a rien de commun avec un écologisme mystique47. Ce qui ne l’empêche pas de partager avec les mouvements environnementalistes une réflexion autour du thème de la responsabilité de l’homme dans le traitement de la nature. En passant de la notion de rédemption par le ciel à l’auto-émancipation et l’auto-rédemption par le travail de la terre, il y a eu un glissement de la notion religieuse de tikkoun-ha-olam (réparation du monde) telle qu’elle s’organisait autour de l’idée d’une présence cachée de Dieu, vers la notion sioniste de geoulat-ha-adama, de rédemption de la terre (du sol). Bien que le mouvement sioniste se dise athée, le langage de la rédemption est omniprésent dans son discours, et l’expression geoulat ha-aretz, la rédemption de la terre (d’Israël), sert également de justification à l’achat des terres.

50 L’auto-rédemption, si elle agit comme un tikkoun, développe néanmoins aussi ses propres échelons de mérite. La rédemption religieuse s’obtient lorsqu’on étudie la Tora et que l’on pratique les mistvot, les bonnes actions. Le rituel kabbaliste en est l’illustration. Il repose entre autres sur le partage d’un repas où l’on mange des fruits dans un certain ordre (seder) correspondant à des étapes de réalisation allant du matériel au spirituel : de l’étape la plus grossière de la manifestation, c’est-à-dire d’abord des fruits avec écorce (grenade, noix), correspondant à l’étage le plus bas, le plus concret du monde matériel, on passe à des fruits avec noyau, c’est-à-dire non comestibles à l’intérieur (olive, datte), enfin à des fruits sans écorce ni noyau (raisin, figue) correspondant à un étage plus élevé de la réalisation spirituelle. Enfin, quatrième étape, la respiration de parfums, pour faire allusion à un monde uniquement spirituel. Le caractère de progressivité est très marqué, et le végétal est tout à fait adapté, dans chaque cas, à l’incarnation d’un « niveau spirituel ».

51 Une autre fête juive du végétal, la fête des cabanes de Soukkot, utilise un bouquet de quatre espèces qui représentent chacune une étape vers la perfection : le saule qui n’a ni goût ni odeur (comme celui qui est ignorant et ne fait pas de bonnes actions), le myrte, qui a un parfum mais pas de goût (comme ceux qui font des bonnes actions mais qui n’étudient pas), la palme qui a du goût mais pas d’odeur (comme ceux qui étudient mais ne font pas de bonnes actions), et le cédrat, qui combine l’odeur et le goût (comme ceux qui étudient la Tora et font de bonnes actions, deux conditions pour parvenir à la rédemption).

52 La geoulat-ha-aretz, rédemption de la terre d’Israël, pratiquée par les laïcs, est impliquée dans des opérations de plantation où l’on rassemble également des végétaux en collectifs, organisation indispensable à la marque d’un certain caractère de progressivité. Bosquets, jardins, allées, forêts et parcs, selon la quantité d’arbres plantés, n’évoquent pas simplement une banale comptabilité. Par leur capacité de déclinaison, les végétaux y sont également ordonnés symboliquement, assemblés en bouquets signifiants.

53 Dans le transfert du religieux au laïque, le végétal, par ses capacités de modulations classificatoires, sert d’opérateur à une réorganisation sociale. Sont mis face à face, dans les deux cas, des groupes humains et des groupes végétaux avec la volonté de signifier, non seulement l’équivalence, mais une hiérarchie de mérite.

  • 48 Entretien du 5 octobre 2004.
  • 49 Jasmin Habib, Israël, diaspora and the routes of National Belonging, Toronto, University Press, 200 (...)
  • 50 Société de Protection de la Nature en Israël.
    54 Des degrés qui sont également matérialisés dans la société moderne par une culture du cheminement. Déjà investie d’une grande tradition de pèlerinage depuis le ive siècle, la terre d’Israël a été le cadre, au xxe siècle, d’un culte de la randonnée comme mode d’appréciation et de réappropriation de la terre. « Quand les juifs sont revenus en Israël, ils sont revenus pour l’explorer par les pieds  », dit Norbert Lipszyc, de la Société de Protection de la Nature48. Il est d’usage chez les jeunes Israéliens, après avoir fait leur service militaire, de partir un an dans un pays étranger. Le cheminement est donc une valeur profondément associée à l’identité juive, que ce soit en Israël ou en diaspora49. Dès le début du xxe siècle, des associations soutenues par des philanthropes américains comme Taglit Birthright Israël ont fait venir des centaines de milliers de jeunes juifs du monde entier en Israël pour des séjours de dix jours sportifs et éducatifs., Le fait de développer une activité agricole et de se sédentariser dans le pays n’a pas empêché la société moderne israélienne de continuer à le parcourir en tous sens, et même de privilégier la marche comme mode d’appréhension de l’espace et de l’histoire. Prédisposée à un cheminement mental pratiqué dans les diasporas avec la lecture d’un récit biblique découpé en séquences lues chaque semaine, décrivant le déplacement depuis l’Égypte jusqu’à la terre de Canaan de tribus en marche, la figure du nomade reste très présente dans les représentations. Israël possède depuis 1994 grâce à la SPNI50 un circuit national qui traverse le pays du nord au sud et couvre 1 000 kms, sur les 15 000 kms de circuits qui parcourent le pays. Les personnes qui habitent à proximité et qui peuvent héberger les marcheurs sont appelées « trail angels  », les anges du chemin. Le magazine National Geographic a classé en 2012 ce circuit parmi les 20 circuits les plus épiques du monde, « le Saint Graal des circuits […] une plongée dans un paysage biblique à grande échelle aussi bien que dans la vie quotidienne des Israéliens.  » Mais au-delà du caractère épique de ce circuit, et comme le montrent les cinq circuits de randonnée qui traversent aussi la réserve du paysage biblique de Neot Kedumim, il semble y avoir dans ces projets une tentative de réintroduire la déclinaison, le cheminement par étapes, la réalisation en degrés qui associent, dans les représentations et les usages, la rédemption et la terre.

Conclusion et perspectives

55 Le projet de « réserve du paysage biblique » de Neot Kedumim s’appuie sur cette bizarre combinaison : « construire pour préserver », à savoir la reconstitution d’une scène naturelle qui sera ensuite patrimonialisée. Cette réorganisation se fait dans une perspective historique entièrement reconstruite et en partie fictionnelle. De la même façon, l’opération qui consiste à planter des arbres pour reformer la scène primitive, qu’elle soit « naturelle » (la forêt sauvage des origines) ou généalogique (la forêt commémorative), court-circuite l’épaisseur historique pour produire de la connexité temporelle. C’est un procédé qui est utilisé en permanence sur la réserve, comme sur de nombreux parcs israéliens où se côtoient vestiges archéologiques et installations récentes : rapprocher des éléments appartenant à des temps historiques différents afin de donner l’impression d’une continuité spatiale et temporelle. Cette poursuite d’un anachronisme récurrent s’opère également par le rappel, dans le paysage ou dans les documents, de citations des textes de la tradition, connus de tous ceux qui se partagent la mémoire collective.

56 Les arbres symbolisés, les paysages-types ont une capacité particulière à servir d’objets de mémoire, particulièrement à des juifs de la diaspora qui sont, plus que les Israéliens, dans l’idéalisation d’un lieu qu’ils n’habitent pas et dans la recherche d’un développement de liens identitaires avec Israël. Dans ce cadre, le retour d’une activité, d’un investissement concret dans le paysage a pu se réaliser à travers la figure de la forêt.

57 En effet, la plantation des arbres pouvait assurer cette fonction unificatrice de la mémoire, au sens où elle répondait tout aussi bien à l’injonction biblique du récit fondateur qu’à la ferveur sioniste du début du xxe siècle et à la fièvre mémorielle qui en marque la fin. La plantation des arbres est donc une activité qui permet de réunir et de symboliser mémoire religieuse et mémoire historique, mémoire de la conquête et mémoire du désastre, tout en peuplant concrètement un paysage. Ainsi la forêt, qui était déjà si présente dans les écrits bibliques, montre-t-elle sa capacité à articuler dans la modernité les désirs d’identification territoriale des juifs diasporiques et israéliens.

  • 51 Cette reconnexion avec leur histoire propre a conduit de nombreux Juifs ashkénazes à demander le ch (...)
    58 L’activité de plantation d’arbres en forêt permet de réconcilier deux visions antagonistes, celle du désastre et de la conquête, celle de la victime et du héros. À partir des années 1980, le thème du voyage en Europe sur les lieux de vie des parents et grands-parents devient un véritable rituel pour les jeunes Israéliens. Or le voyage en Europe, c’est le retour à l’image commémorative alliant les morts à la terre et particulièrement à la forêt, qui a été le cadre de la Shoah par balles dans laquelle ont disparu un million et demi de juifs lors de l’invasion soviétique par l’Allemagne nazie. Dans ces années-là également s’effectue un recentrement de l’identité israélienne autour de la commémoration victimaire en remplacement de celle, héroïque, qui a marqué les débuts du sionisme. Ce retour à un passé qui avait été effacé51 dans l‘euphorie de la création du nouvel État a reconstitué le lien, qui avait été détruit par le sionisme, entre Ashkénazes israéliens et diasporiques.
  • 52 Terme yiddish signifiant « livre du souvenir ».
    59 La contextualisation s’opérant toujours conjointement dans les champs de la nature et du langage, la forêt, dans sa capacité à incarner un collectif dénombrable, doit permettre de nommer les anonymes détruits en masse. Ainsi les forêts commémoratives sont-elles une nouvelle manière d’inscrire des noms dans le paysage, comme ils étaient auparavant inscrits dans les Yzkor Bukhn52, « livres du souvenir », édités par les survivants des communautés disparues après la Seconde guerre mondiale.
  • 53 Georges Bensoussan, Un nom impérissable, Israël, le sionisme et la destruction des juifs d’Europe. (...)
    60 Mais la forêt n’est pas la seule formation végétale utilisée en Israël comme support de la commémoration. En 1992, l’installation à Yad Vashem d’une « vallée des communautés disparues » réaffirme l’intention de lier une géographie, une histoire (la vallée étant le lieu d’implantation des tribus premières) et un langage, puisque sont gravés sur ces monuments les noms des 5000 lieux d’Europe touchés par le désastre53. Au même endroit, le monument dédié à la mémoire des enfants est lui aussi le produit d’un rapprochement du texte avec une scène naturelle. Pour le spectateur plongé dans le noir complet, il déroule, dans une nuit où les étoiles sont figurées par des bougies tremblotantes, la lecture des noms de chaque enfant disparu.

61 La vallée, le ciel, les unités du paysage sont donc pensés comme des lieux aptes à recevoir et à perpétuer le souvenir. En commémorant, on réactive non seulement la mémoire, mais la puissance d’animation du paysage. Ce dernier est perçu comme une scène primitive « malheureuse », au sens où il est associé à la disparition. Ce paysage si particulier de la mémoire, vallée ou forêt, est bien loin des représentations esthétiques apaisées de l’Occident. Il serait tout à la fois le lieu de l’errance, celui où se joue la réponse au commandement divin, le monument où l’Israélien place ses morts et sa mémoire et l’aire récréative où il vient, en famille, refaire société.

Notes

1 Foyer National Juif en Palestine.

2 site www.kkl.fr

3 Le peuple d’Israël est lié au Neguev, KKL, Jérusalem, s.d.

4 Newsletter Neot Kedumim, www.neot-kedumim.org.il

5 Ibid.

6 Marty Douglas, L’anthropologue et la Bible, Paris, Bayard Presse, 2004 [1999].

7 « Le pays ruisselant de lait et de miel  », c’est-à-dire la terre promise. Ex 3 : 8,17 ; 18:5 ; 23:3.

8 Noga Hareuveni, Nature in our Biblical heritage, Israël, Neot Kedumim Publication, 1996.

9 Zohar II, 161b. Le Zohar est la cabbale espagnole du XIIIe siècle.

10 « Une population stable peut se permettre, passivement, de laisser les signaux se développer dans l’espace qu’ils se partagent, mais une diaspora se doit d’être plus active dans son appropriation du temps mythique. » Douglas Mary, op. cit.

11 Mendele Moykher Seforim par exemple, avec son Histoire naturelle, Toledot ha-teva, 1862. Les Hareuveni, parents du créateur de Neot Kedumim, créent un premier musée des plantes bibliques en 1912.

12 Le gouvernement publie régulièrement un Yalkut ha-pirsumim, où tous ces noms sont recensés.

13 Louis Rabinowitz, Torah and Flora, New York, Sanhedrin Press, 1977.

14 « Ne risquons-nous pas de voir un jour la puissance religieuse de ce langage se retourner violemment contre ceux qui le parlent ? » Gershom Scholem, Le prix d’Israël, Paris-Tel-Aviv, Éditions de l’Éclat, 1977.

15 Gabriel Piterberg, The return of Zionism : myths, politics and zionism in Israël, London, Verso, 2008.

16 Deut XX, 19.

17 Marahal de Prague sur les Pirke Avot.

18 Doleve Gandelman Tsili, « Zionist ideology and the space of Eretz Ysrael », in Trees, earth and Torah, Philadelphie, Jewish Publication Society, 2001.

19 Adama, magazine du KKL, n°61, 2012.

20 www.kkl.fr

21 Ainsi la forêt de pins du Yatir, aujourd’hui la plus grande d’Israël, plantée en 1966 dans le nord du Neguev. Turning the desert green, www.kkl.org.il

22 Michel Bariteau, Rapport de la 10e session des experts de la Fao, 1992.

23 Haaretz, « Clearing the pine’s tree name », par Eli Ashkenazi, février 2008.

24 Shaul Cohen, « A tree for a tree : the agressive nature of planting », in Ari Elon, Naomi Mara Hyman, Arthur Waskow, Trees earth and Torah, Philadelphie, Jewish Publication Society, 2000.

25 Frédéric Encel, François Thual, Géopolitique d’Israël, Seuil, 2004.

26 120 000 Bédouins vivent dans le Neguev.

27 « A contentious landscape », par Daniel Orenstein, in The Jerusalem Report, 18 avril 2005.

28 www.katif.net

29 Le titre de l’article était : « The trees are also leaving their homes », « les arbres aussi quittent leurs maisons », Bulletin de la Société de Protection de la Nature en Israël, août 2005.

30 « Te souviens-tu de l’arbre que tu as planté ? », par Gideon Levy, in Haaretz, 11 février 2001.

31 Yael Zerubavel, « The forest as a national icon : literature, politics and the archeology of memory », in Trees, earth and torah, op. cit.

32 Carte des forêts d’Israël, KKL-JNF, Jérusalem, 2003.

33 Elie Askénazi, Haaretz, op.cit.

34 Yael Zerubavel, op.cit.

35 Bulletin SPNI mars 2006.

36 Jean-Michel Leniaud, « Voyage au centre du patrimoine », in Dominique Fabre, Claudie Voisenat, Domestiquer l’histoire, l’ethnologie devant le monument historique, Paris, MSH, 2000.

37 Bis hundert un zvantsig !

38 L’arbre de vie, la carte des forêts, KKL, Jérusalem, 2003.

39 « Planting a tree in his honour is an expression of Gilad’s symbolic rebirth after the many months he spent in captivity », a dit Nathan Disenhouse, Jerusalem Post, 5 août 2012.

40 Israel Tour Connection.

41 Ps 128 : 3 Your children are like olive shoots around your table. May these trees never be uprooted from their soil. May they remain as heralds for light and peace.

42 « Arboreal scandal in Israël : not all the trees planted there stay planted », par Deborah Sontag, New York Times, 3 juillet 2000.

43 En 1492.

44 Qui place l’homme dans le jardin d’Eden leovda vleshomra « pour le cultiver et le garder ».

45 Rabi Ya’acov disait : Celui qui chemine sur la route et étudie, mais qui interrompt son étude et dit : Comme cet arbre est beau ! Comme ce champ cultivé est beau !, l’Écriture le considère comme s’il était lui-même cause de la perte de son âme. (Pirke Avot 3 :7)

46 « Le droit à la terre  » conférence de Michaël Bar-Zvi.

47 À la question de la spécificité du regard juif sur la nature, Michaël Bar-Zvi répond en 2002 : « C’est l’idée du droit à la terre. Quand on est sur la terre, on doit la développer ».

48 Entretien du 5 octobre 2004.

49 Jasmin Habib, Israël, diaspora and the routes of National Belonging, Toronto, University Press, 2004.

50 Société de Protection de la Nature en Israël.

51 Cette reconnexion avec leur histoire propre a conduit de nombreux Juifs ashkénazes à demander le changement de leur nom, abandonnant celui qu’ils avaient pris en arrivant en Israël et reprenant leur nom européen d’origine.

52 Terme yiddish signifiant « livre du souvenir ».

53 Georges Bensoussan, Un nom impérissable, Israël, le sionisme et la destruction des juifs d’Europe. Paris, Seuil, 2008.

Copyright - Source https://diasporas.revues.org/258?lang=en#tocto1n10

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11.
Pessah est aussi la fête du printemps. L’occasion rêvée de redécouvrir l’histoire des fabuleuses forêts d’Israël. Et de se promener dans les bois…

Photo - ©Jerusalem Post Edition Française – Reproduction interdite – Article à consulter sur le site http://www.jpost.com/Edition-fran%C3%A7aise/Social-Eco/Les-magnifiques-for%C3%AAts-dIsrael-395693

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12.
La forêt en Israël – Document ‘h2o’, mars 2016. Auteur : Robert SITBON, ingénieur des forêts au KKL - Mots clés : techniques de reboisement, utilisations de la forêt, principaux risques et défis, perspectives d’avenir.

La plupart de la forêt en Israël est artificielle, elle est le produit de reboisements réalisés par le KKL au siècle dernier. À l’heure actuelle ces reboisements couvrent 92 000 hectares, qui s’ajoutent aux 40 000 hectares de formations naturelles boisées. Le taux de boisement a atteint 6,5 % du territoire en deçà de la ligne verte (c’est-à-dire, la Cisjordanie non comprise). En France le taux de boisement est de l’ordre de 29 %. Israël a obtenu ces résultats à partir de pratiquement rien. J’ai eu l’occasion de traduire des éléments d’un document datant de 1916 ; ce dernier décrivait le paysage au sud de la ligne Ashkelon-Hébron et ne faisait mention que de quelques tamariniers isolés ; à l’heure actuelle, il y a 33 000 hectares de forêt dans cette zone.

Plus de la moitié de cette forêt est résineuse, composée de pins et de cyprès, l’espèce la plus plantée étant le pin d’Alep. Cette espèce a été choisie en raison de sa bonne adaptation aux sols minces couvrant les collines du pays. Cette forêt a souffert depuis les années 1970 de problèmes phytosanitaires, de dégâts dus à la neige et aux incendies, et est progressivement remplacée par une forêt mixte de pins et de feuillus méditerranéens tels que chênes, caroubiers, pistachiers sauvages… En zone de plaine domine le genre Eucalyptus. On en a introduit une centaine d’espèces (il y en existe plus de 800 en Australie), et on en utilise un vingtaine d’espèces, principalement celles qui résistent à la sécheresse. S’agissant de la forêt naturelle, nous avons quelques forêts de chênes au nord du pays, des garrigues boisées, et des acacias dans le sud désertique.

Les techniques de reboisement

Le KKL dispose d’un centre de stockage de graines avec chambres frigorifiques. Une équipe est chargée de la récolte de graines dans tous le pays et le fonds fait parfois appel à l’étranger pour l’introduction d’espèces nouvelles. Ces graines sont distribuées à trois pépinières, une au sud à Gilat, une au centre à Estahol et une au nord près de Tibériade. Les techniques de production sont modernes. Chaque pépinière peut aussi produire des plants par bouturage dans des serres aménagées. Ces pépinières ont une capacité annuelle de production de deux millions et demi de plants, et elles distribuent un peu plus d’un million de plants par an. En plus des besoins en plants du KKL, elles distribuent gratuitement des plants à des institutions publiques et aux agriculteurs désirant produire du bois ou du nectar pour les abeilles.

Les techniques de plantation sont liées au manque d’eau. Les terrains sont nettoyés et préparés pour emmagasiner le maximum d’eau. Les plantations sont réalisées en automne et en hiver, et éventuellement arrosées pendant l’été. Ces dernières années, ce sont principalement des plantations clairsemées qui ont été effectuées, jusqu’a 100 plants par hectare ; les terrains sont aménagés pour recueillir les eaux de ruissellement grâce à la création de barrages de terre le long des courbes de niveau. Nous avons baptisé ce système de reboisement ’savanisation’. Ces techniques sont en fait très anciennes, on en retrouve des traces dans le désert du Néguev, mais nous les avons actualisées, notamment pour pouvoir être réalisées mécaniquement. Ce système appliqué a une grande échelle, a de plus l’avantage de limiter l’érosion hydrique et les inondations.  Photo - Photo

Les utilisations de la forêt

La forêt est utilisée pour la production de bois. On coupe actuellement à peu près 60 000 tonnes de bois par an. 40 % du bois est utilisé pour le chauffage et cette demaPhotonde est en forte augmentation ; le reste va à la fabrication de palettes ou à la fabrication artisanale de meubles. On utilise en plus les déchets de l’exploitation forestière après broyage, pour la production d’énergie ou de compost. La totalité des grandes usines de transformation du bois ayant ferme il y a une quinzaine d’années, le pays importe du bois pour satisfaire a la plupart de ces besoins.

Les forêts sont aussi des terrains de pâturage pour quelque 100 000 têtes de bétail (bovins, ovins et caprins). Dans le sud, ce sont principalement des moutons qui paissent de février a août, alors que dans le centre et le nord des portions de forêt sont clôturées pour les bovins qui y paissent en permanence. De notre point de vue, le but du pâturage et de réduire la quantité de végétation basse afin de réduire la quantité et la puissance des incendies.

De gros investissements sont réalisés pour la construction de routes et d’aires de pique-nique aménagées, avec eau et sanitaires. Le ramassage des déchets est effectué chaque semaine. Ces dernières années, nous avons créé de nombreuses pistes cyclables. La plupart des visites en forêt ont lieu en hiver et au printemps. Depuis deux semaines, nous avons une floraison intense d’anémones dans le sud-ouest, cette floraison forme d’immenses tapis rouges et attire chaque année des milliers de visiteurs de tout le pays.

Par ailleurs, bien que jouant un rôle modeste du fait de sa taille, la forêt améliore la qualité de l’air, absorbant une partie des gaz a effet de serre. En dépit de la faible quantité de précipitations annuelles (280 mm/an), la forêt de Yatir couvrant 3 000 hectares dans le sud, fixe un taux de carbone de 2,3 tonnes/hectare/an, ce qui est proche de la moyenne mondiale (2,6 tonnes/ha/an). Ce résultat a été fourni par l’Institut de recherche Weitzman qui a construit une station de mesures dans la forêt (cette station participe au réseau mondial Fluxnet coordonné par la NASA).

Enfin, les risques d’inondation sont significativement réduits en dehors des zones désertiques. La forêt ainsi que les 10 000 hectares de savanisation absorbent la presque totalité du ruissellement. Dans le sud, malgré les vents de sable, l’agriculture est devenue possible grâce a la plantations de dizaines de kilomètres de bandes boisées qui servent de brise-vent. La forêt abrite naturellement une faune sauvage qui joue des rôles importants. En Israël, la chasse est peu pratiquée pour des raisons religieuses et culturelles. Sa pratique n’est pas gérée par le service forestier mais par l’autorité en charge de la protection de la nature. Photo Photo

Les principaux risques et défis

Les incendies – Située en zone méditerranéenne ou en zone semi aride, la forêt est sensible aux incendies pendant neuf mois par an. En 2015, on a dénombré 462 incendies de forêt qui ont détruit 753 hectares, soit une moyenne de 1,6 hectare par incendie. La stratégie de lutte contre les incendies est basée sur la détection des feux dès leur naissance. D’avril à novembre, nous disposons des guetteurs sur des tours de guet qui observent la totalité des forêts. Ils sont connectes aux équipes de forestiers et à des camions-citernes prêts à intervenir dès qu’une fumée est détectée à proximité ou dans une forêt. Si ces équipes estiment qu’elles ne parviendront pas à maîtriser l’incendie, elles font appel aux pompiers de l’État ou, dans certains cas, à de petits avions qui viennent alors répandre des produits anti-oxygène. Malheureusement, dans des cas extrêmes de sécheresse et de vent, ces moyens sont insuffisants comme lors du grand incendie de la forêt du Carmel en décembre 2010. Depuis cette catastrophe, nous créons des bandes pare-feu suffisamment larges, pâturées et déboisées, en plus des dispositions habituelles.

Les maladies et les ravageurs – Nous n’avons pas de stations d’observation fixe, mais chaque anomalie constatée est signalée à nos spécialistes et à nos chercheurs. Une fois par an, nous engageons une campagne d’éradication de la chenille processionnaire du pin à cause des réactions d’allergie que leurs poils provoquent. Apres repérage des forêts attaquées, nous répandons par avion des produits biologiques. Contre les insectes ravageurs, nous utilisons autant que possible des moyens de lutte biologique. Nos chercheurs ont réussi à identifier des insectes ennemis de ces ravageurs, puis à les multiplier et les disperser. À l’expérience, cette stratégie s’est révélé la plus efficace et la plus économique. Enfin, nous arrivons parfois à identifier des variétés d’arbres résistantes à ces insectes, par exemple des pins d’Alep en provenance de Grèce qui sont avérés résistants à la cochenille israélienne du pin.

Le développement urbain – Israël a édicté des lois protégeant la forêt : tout développement d’infrastructures ou de constructions en zone boisée est soumis à un processus extrêmement contraignant. Ainsi par exemple, l’extension de la ville de Jérusalem est freinée par l’existence de forêts, de sorte que de nombreux citadins sont contraints d’aller habiter dans d’autres villes à proximité.

Le réchauffement climatique – Les périodes de sécheresse sont courantes en Israël, mais leur intensité et leur longueur ont tendance à augmenter. Elles ont causé la mort de nombreux arbres, exerçant une sélection entre espèces. À partir de l’an 2000 nous avons fait une réévaluation de ces espèces et nous n’utilisons plus désormais que des espèces ou des variétés ayant fait la preuve de leur résistance. Dans le sud, ceci est vrai pour les eucalyptus et les pins, le pin d’Alep s’étant avéré résistant de même que son hybride avec le pin brutia. Les cyprès qui ont été décimés par une maladie et par la sécheresse sont dorénavant remplacés par des clones résistants.

Les perspectives d’avenir

La forêt en Israël est proche de son extension maximale, du fait des conditions écologiques, et de la forte densité de la population dans la zone méditerranéenne. Cette forêt est en train de changer, plus diverse, elle sert de plus en plus à la recréation du public et à la fourniture de services écologiques. Nous la préparons aux changements climatiques à venir en nous efforçant de développer nos connaissances.

L’auteur Photo - Originaire de Tunisie, Robert Sitbon est ingénieur diplômé de l’École supérieure du bois de Paris et l’École nationale du génie rural, des eaux et des forêts (ENGREF, Nancy). Après son service national, effectué en Côte d’Ivoire dans la recherche forestière, il a servi la France quatre ans supplémentaires au Cameroun dans l’enseignement supérieur. Robert Sitbon a émigré en Israël en 1986, et travaille au KKL depuis 1987 en tant qu’ingénieur des forêts. Après voir réalisé plusieurs projets de reboisement et participé activement à l’aménagement des forêts du sud du pays, il effectue aujourd’hui des recherches en amélioration génétique afin d’identifier les espèces et les variétés d’arbres résistantes à la sécheresse.

Le KKL, Keren Kayemeth LeIsrael – en français Fonds pour la création d’Israël – est un fonds qui possède et gère plusieurs centaines de milliers d’hectares de terres en Israël. Fondé en 1901 à Bâle (Suisse) en tant que fonds central du mouvement sioniste, il s’occupa du rachat de terres en Palestine et de la préparation des futurs pionniers sur le terrain. En plus de la gestion de ces terres, le KKL oriente aujourd’hui ses activités vers la restauration et la préservation de ces espaces, naturels ou non. Photo finale.

Source : http://www.h2o.net/infrastructures-agriculture-et-environnement/la-foret-en-israel.htm

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13.
En Israël, Estrosi promet 50.000 euros à une organisation qui soutient la colonisation - Paul Aveline Journaliste chez BuzzFeed News, France. Posté le 30 Décembre, 2016 à 2:45 p.m

La région PACA va verser une subvention de 50.000 euros au KKL, une organisation trouble accusée de soutenir la colonisation des territoires palestiniens.

Photo Estrosiyoutube.com

Le 25 décembre206, Christian Estrosi, président de la métropole Nice Côte d’Azur, premier adjoint (LR) au maire de Nice et président de la région PACA, annonçait sa volonté de se rendre en Israël pour « témoigner [son] soutien à Netanyahou » après la décision de l’ONU de condamner, par une résolution, la colonisation opérée par l’État hébreu dans les territoires palestiniens occupés.

Aussitôt dit, aussitôt fait, le lendemain il était en Israël et assistait à une cérémonie au cours de laquelle plusieurs arbres étaient plantés, certains en hommage aux victimes de l’attentat du 14 juillet, à Nice. Au cours de cette cérémonie, Christian Estrosi a prononcé un discours sur l’amitié franco-israélienne :

« Si nous avons souhaité avec mes amis être présents parmi vous aujourd’hui, c’est également pour vous annoncer qu’avec le soutien de ma majorité régionale, une subvention de 50.000 euros sera versée dans le courant du premier trimestre au KKL par la région Provence Alpes Côte d’Azur pour contribuer au reboisement de la forêt détruite. »

Pour justifier sa position, à contre-courant de la politique diplomatique française, et de la position de l’ONU sur le sujet, Christian Estrosi va jusqu’à citer l’Ancien testament, et le livre d’Esaïe :

« Je veux citer ici la phrase du livre d’Esaïe : ’Pour Jérusalem, je ne me tairai point.’ »

Au-delà du soutien moral, c’est donc aussi un soutien financier que Christian Estrosi est venu apporter à Israël, comme il l’a annoncé dans Nice Matin le 27 décembre, dans un article relayé par l’élu sur sa page Facebook.

Article de pressepressreader.com

Problème, Christian Estrosi n’a pas apporté ce soutien financier à n’importe qui. En choisissant de verser 50.000 euros de subventions au KKL (Keren Kayemeth LeIsrael)aussi appelé Fonds national juif (FNJ), la région PACA finance indirectement la colonisation par l’État hébreu des territoires palestiniens.

Le KKL, organisation critiquée pour son soutien à la colonisation

Le KKL est régulièrement accusé d’être un instrument au service de la politique d’occupation israélienne. Sur son site internet, le KKL se présente comme « le bras exécutif du peuple juif pour la rédemption et le développement de la terre d’Israël ». Fondé en 1901, le fonds a depuis diversifié ses activités, et se présente (sur son site français) comme une organisation écologiste, œuvrant pour la préservation des espaces naturels israéliens. Le fonds affirme aussi mener des missions plus politiques, comme la « réinstallation des populations évacuées des implantations juives dans les Territoires » ou « l’éducation sioniste » des jeunes générations d’Israël.

Le KKL a relevé de nombreux défis - Consulter la liste - kkl.fr

Officiellement donc, la principale activité du KKL est écologique, et elle passe notamment par le reboisement des terres détruites par des incendies, comme c’était le cas, par exemple, pour les arbres plantés par Christian Estrosi lors de son voyage.

Mais pour plusieurs observateurs, l’environnement est loin d’être la seule préoccupation du KKL. En 2011, Amnesty International avait lancé une pétition pour sauver le village d’Al-Araqib, situé dans le Sud d’Israël. Et selon Amnesty, le fonds secondait alors l’armée israélienne dans son opération d’occupation du territoire, au détriment du village bédouin et de ses habitants :

« Le Fonds national juif, une organisation environnementale semi-gouvernementale, a maintenant planifié l’aménagement de toute la zone où se situe ce village et poursuit son travail en prévision de l’implantation d’une forêt. Il a pris soin de faire enlever de la zone tous les débris que les villageois utilisaient pour reconstruire leurs habitations après les précédentes démolitions. »

Le KKL serait donc un outil de conquête plus que de préservation de l’environnement. L’accusation est déjà portée dansLe Monde diplomatiqueen 2008. Henry Laurens, professeur d’histoire contemporaine du monde arabe au Collège de France, y décrit l’activité du KKL à ses débuts :

« Les colonies agricoles du FNJ sont subventionnées à la fois lors de leur création et pour leur fonctionnement. Elles sont en effet par nature déficitaires, mais leur fonction n’est pas d’ordre économique : elles servent à prendre le contrôle du territoire. »

Le KKL « est un trou noir sans contrôle extérieur ». Charles Enderlin

Contacté par BuzzFeed News, le journaliste Charles Enderlin, spécialiste du conflit israélo-palestinien et du Proche-Orient, confirme que le KKL est loin d’être neutre dans la politique de colonisation menée par le gouvernement de Jérusalem.

« C’est un trou noir sans contrôle extérieur. Plusieurs journalistes israéliens ont lancé de véritables campagnes pour savoir où va l’argent. Sans beaucoup de succès. En d’autres termes, à l’encontre de la politique et des règles de l’Union européenne, la région PACA finance une institution israélienne qui soutient la colonisation. »

Le soutien du KKL à la politique de colonisation israélienne a déjà été rendu public, notamment par la branche américaine de l’organisation, comme l’expliquait le journal israélienHaaretz en septembre dernier. Sous la pression d’une organisation juive des droits de l’homme, le KKL avait été obligé, en septembre dernier, de publier ses comptes.

Fonctionnant notamment par les subventions publiques et les dons de particuliers, l’organisation révélait ainsi que certains fonds partaient directement dans le financement des colonies israéliennes. Ainsi, 532.500 dollars avaient été versés au centre culturel Gush Etzion, situé dans les territoires occupés. 33.000 dollars avaient financé Friends of Ir David, une association américaine de promotion de l’entreprise de colonisation israélienne.

« C’est de la provocation »

Pou rappel, le conseil régional de la région PACA a ceci de particulier que seuls des élus de droite et d’extrême droite y siègent, le Parti socialiste ayant choisi de se retirer entre les deux tours des dernières élections régionales. Mais au niveau municipal, la pilule a du mal à passer. Jean-Christophe Picard, président d’Anticor et membre du Conseil communal consultatif de Nice, goûte très peu l’initiative du président de la métropole :

« La subvention va à une association qui n’est pas vraiment neutre. Elle contribue à la colonisation. C’est de la provocation. L’ONU a clairement dit qu’il fallait arrêter la colonisation menée par Israël. Le président d’une métropole n’a pas vocation à donner son avis. Il contredit l’action de la France avec de l’argent public. »

Jean-Christophe Picard a par ailleurs quelques doutes sur l’opportunité de verser une subvention régionale à une organisation dont l’activité n’a a priori aucun lien avec la région PACA :

« Pour accorder une subvention régionale, il faut qu’il y ait un intérêt pour la région PACA, sinon on pourrait financer n’importe quoi. Là, on a du mal à voir le lien et l’intérêt pour la métropole, la région ou la ville. Que certains arbres soient plantés en hommage aux victimes de l’attentat de Nice, d’accord, mais ça me paraît un peu tiré par les cheveux. À mon avis, ils ont du mal à justifier cette dépense. »

Contactés par BuzzFeed News, ni le cabinet de Christian Estrosi ni le service presse du conseil régional, joints par téléphone, n’ont pour le moment donné suite à nos sollicitations. De son côté, la branche française du KKL n’a elle non plus pas répondu à nos différents messages.

Paul Aveline est journaliste chez BuzzFeed News France et travaille depuis Paris. Contact Paul Aveline at paul.aveline@buzzfeed.com.

Source : https://www.buzzfeed.com/paulaveline/en-israel-estrosi-promet-50000-euros-a-une-organisation-qui?utm_term=.jsP2jjnqwn#.olAj55mrBm

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14.
L’eau en Israël : de la rareté à l’abondance Document ‘CDURABLE.info’

Développement Durable en action Eau, Agriculture durable, Energies Renouvelables ... Développement durable Economie, recyclage, dessalement ... Les solutions découvertes lors d’un voyage Waterlink - Dimanche 6 mars 2016 - Posté par Cyrille

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CDURABLE.info a participé au ‘Waterlink’, un voyage d’étude sur l’eau en Israël : de sa production d’eau potable par la désalinisation de l’eau de mer à l’irrigation au goutte à goutte des exploitations agricoles, espaces verts et forêts qui recouvrent une partie croissante du territoire, en passant par le recyclage des eaux usées à 85 %, un record mondial, pour parvenir à l’abondance d’une ressource, pourtant rare et précieuse partout dans le monde, l’eau. Organisé par le B’nai B’rith France, avec la participation active du KKL France  Waterlink : Voyage d’étude sur l’eau en Israël –

Objectifs du Waterlink : nous faire découvrir les technologies israéliennes, présentes et futures, qui améliorent la vie sur la planète, permettent les adaptations aux changements climatiques et font régresser la faim dans le monde en assurant une meilleure sécurité alimentaire..

Sommaire du rapport avec de nombreuses illustrations, à lire à la source :

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15.
Visa pour l’image : « Le partage inéquitable de l’eau entre Israël et la Palestine »

Par Margaux Mazellier Publié le 29-08-2016 Modifié le 29-08-2016 à 23:43 – Document RFI Territoires Palestiniens Israël Eau Photographie - Photo.

Photo - Août 2015. Des colons israéliens et des Palestiniens se baignent ensemble à Wadi Qelt, le long de la rivière Prat, dans la vallée du Jourdain en Cisjordanie. Laurence Geai

Laurence Geai, de l’agence Sipa Press, fait partie des 14 photographes qui ont la chance d’être exposés au festival annuel de photojournalisme Visa pour l’Image qui se tient depuis le 27 août à Perpignan. A trois reprises, la photoreporter de 32 ans, s’est rendue en Israël et en Cisjordanie pour enquêter sur la gestion de l’eau du territoire. Selon un rapport de la Banque mondiale*, un Israélien dispose en moyenne de quatre fois plus d’eau qu’un Palestinien. La série de photos, intitulée « Eaux troubles », témoigne de ce « partage inéquitable de l’eau » entre Israël, la bande de Gaza et la Cisjordanie. Entretien.

RFI : Comment s’organise sur le terrain cet « apartheid » de l’eau ?

L’accès à l’eau est très différent si on est un Israélien lambda, un colon ou un Palestinien. Les chiffres sont clairs : un colon dispose de 300 litres d’eau par jour et un Palestinien entre 80 et 120. Cette différence est visible sur le terrain et plus particulièrement l’été où, à cause de la chaleur, l’eau se fait plus rare. Dans la vallée du Jourdain, par exemple, il y a beaucoup de colonies agricoles avec d’énormes champs de palmiers verdoyants. Au contraire, la Cisjordanie autour est asséchée. Sur l’une des photos de la série, on voit une petite fille du village bédouin de Suzya en Cisjordanie se rafraîchir dans l’évier de la cuisine familiale. La photo suivante se situe à quelques mètres dans un village d’environ 900 colons, on y voit un petit garçon qui prend sa douche après s’être baigné dans une piscine. Le contraste est très parlant !

RFI : Mais, pourtant, il y a des ressources ?

Bien sûr ! L’aquifère (couche de terrain perméable et poreux pour stocker une nappe phréatique, ndlr) est alimentée par les pluies notamment, surtout en hiver, et les puits se remplissent. Il y a des ressources mais elles sont mal redistribuées. Normalement, Israël est responsable de l’approvisionnement en eau de la Cisjordanie. Mais le gouvernement exerce un contrôle inégalitaire sur l’eau de la région. Prenons la vallée du Jourdain. C’est l’une des principales sources d’eau du territoire. Or, l’essentiel de ces réserves est destiné à l’approvisionnement des colonies via plusieurs puits très profonds.

RFI : Mais les Palestiniens n’ont pas du tout accès à ces sources ?

Si, mais difficilement. La première raison c’est que les puits israéliens sont beaucoup plus profonds que ceux construits par les Palestiniens. La seconde, c’est que les Palestiniens doivent demander la permission aux Israéliens pour construire de nouveaux puits plus profonds. Or, la plupart des sources d’eau sont situées en zone C, qui représente 60% du territoire palestinien et qui est sous contrôle total israélien. Toute construction nécessite donc une demande d’autorisation qui, dans la plupart, des cas est refusée. De même, lorsque les Palestiniens essayent de construire des piscines naturelles en zone C, Israël les détruits presque systématiquement.

RFI : Quelles sont les populations les plus touchées par cette inégale répartition ?

En Cisjordanie, les bédouins sont particulièrement touchés. Ils ne disposent que de 20 litres d’eau par personne et par jour alors que l’Organisation mondiale de la santé recommande un minimum de 100 litres pour vivre décemment : ils se font livrer de l’eau ou ils en achètent, s’endettant lourdement parfois. Les réfugiés palestiniens, eux aussi, sont touchés. Dans le camp de Jalazun à Ramallah en Cisjordanie, les femmes recyclent l’eau de leur toilette en évacuation pour les WC l‘été. Elles n’ont pas le choix, lorsque l’été l’eau est parfois coupée pendant plusieurs jours. Les réfugiés palestiniens ne payent pas l’eau la plupart du temps en raison de leur statut. Ils sont aidés par différentes ONG et le gouvernement israélien.

Dans les colonies, l’agriculture prospère, des Palestiniens et de plus en plus de Thaïlandais y sont d’ailleurs employés. Toute l’eau du territoire va en priorité aux colonies. Près de Jéricho, le niveau du filet d’eau de Wadi Auja baisse considérablement en été, selon la quantité d’eau que pompe la colonie israélienne Yitav située juste à côté. En fait, le colon est plus important que le Palestinien. Au-delà de ça, les Israéliens ont développé des techniques permettant de faire vivre un désert avec de vraies prouesses technologiques ! Dans la zone désertique de la mer Morte, les Israéliens arrivent à faire pousser des centaines de palmiers. Ils utilisent des techniques modernes comme celle du goutte-à-goutte, une méthode d’irrigation utilisée en zone aride qui réduit au minimum l’utilisation de l’eau et de l’engrais. Une fois en Israël, dans le Negev, j’ai même photographié des vaches à qui on faisait prendre une douche parce qu’il faisait trop chaud !

RFI : Y a-t-il une différence entre la situation des Palestiniens qui vivent en Cisjordanie et ceux qui vivent dans la bande de Gaza ?

En Palestine, les gens ne meurent pas de soif. A Gaza, la situation est bien plus difficile. L’eau de l’aquifère côtier, la principale source d’eau de Gaza, est presque totalement polluée. L’eau est sur-pompée en amont par Israël, entres autres. Le niveau de la nappe phréatique est donc en chute, permettant ainsi l’infiltration d’eau salée. Une eau de mer qui est polluée par de mauvais engrais agricoles importés d’Egypte utilisés par les Gazaouis, mais aussi ceux utilisés par les agriculteurs israéliens et cisjordaniens alentours. A cela s’ajoute le fait que leurs stations d’épurations ne sont pas suffisamment grosses pour traiter les eaux usées. La plupart des eaux usées sont donc reversées directement dans la mer. Une grande partie des infrastructures en eau a été détruite pendant la guerre et à cause du blocus israélien et égyptien, les Gazaouis peuvent difficilement acheter du matériel pour assainir l’eau.

RFI : Comment les Gazaouis font-ils pour se procurer de l’eau alors ?

Des entreprises privées s’occupent de vendre l’eau dessalée aux Gazaouis, mais cela a un coût, l’eau est beaucoup plus chère et donc pas disponible pour tout le monde. Le prix de l’eau au mètre cube est environ trois fois plus cher en Palestine qu’en Israël ! Ceux qui n’ont pas les moyens de se payer de l’eau boivent de l’eau sale. Heureusement, des ONG, très présentes sur place, distribuent deux fois par mois de l’eau gratuitement ou à un coût réduit aux habitants les plus pauvres.

Ces problèmes de pollution de l’eau ont de graves répercussions sanitaires sur les populations, surtout sur les enfants, comme des problèmes rénaux. Mais il n’y a pas encore de chiffres ou d’enquêtes pour prouver le lien direct.

RFI : Quels autres types de relations liées à l’eau sont en jeu dans ce conflit ?

J’ai travaillé sur la pêche aussi. A Gaza, elle est limitée à 6 miles de la côte, soit presque 10 kilomètres, par Israël. Quand les Gazaouis dépassent à 6,5 miles, Israël envoie des roquettes. J’ai photographié des bateaux détruits qui gisent sur des plages. Cette limitation pose un autre problème, sanitaire encore une fois, car c’est sur les rivages que l’eau est la plus polluée.

J’ai aussi travaillé sur l’eau comme loisir. La dernière photo de la série montre la source du Wadi Qelt en Cisjordanie, située dans le parc Ein Mabua. On y voit des Palestiniens se baigner avec des Israéliens. Une image rare ! Les Palestiniens ne peuvent pas exploiter les ressources, mais peuvent s’y baigner.

*http://siteresources.worldbank.org/...)’ > Lire le rapport - Chronologie et chiffres clés : Territoires palestiniens Israël

© 2017 Copyright RFI – Tous droits réservés - À propos de RFI Nous écrire service pro Devenir radio partenaire Régie publicitaire Mentions légales – Source : http://www.rfi.fr/moyen-orient/20160829-visa-image-le-partage-inequitable-eau-israel-palestine

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16.
De l’Égypte à la Palestine, l’arme de l’agroécologie - COP22 - Des paroles aux actes – Par Ahmed Sawan le 7 novembre 2016 – Document : Orient XXI > Magazine > COP22 Des paroles aux actes

Le changement climatique met en péril les systèmes agricoles dans le monde. Une menace que l’Égypte et la Palestine doivent particulièrement prendre en compte, même si la situation des deux pays est différente. L’Égypte a connu des « émeutes de la faim » et ce facteur a été l’un des déclencheurs de la révolution de 2011, tandis que la Palestine asphyxiée par l’occupation israélienne peine à répondre aux besoins de sa population. Reportage. Photo  ; Récolte du blé à Khan Younis, sud de la bande de Gaza.

Joe Catron, 24 mai 2014.

« Nous réclamons du pain, la liberté et la justice ». Durant des mois, ce slogan a été scandé par les Égyptiens sur la place Tahrir au Caire, mais pas seulement. À environ 240 kilomètres au sud de la ville, au centre du pays sur la rive ouest du Nil, se trouve Minya, la capitale de la Moyenne-Égypte. Par le passé, les 180 000 hectares de terres arables de la région ont représenté jusqu’à environ 6,5 % des terres cultivées en Égypte, produisant blé, coton, maïs, pommes de terre, canne à sucre et bananes. Désormais, les terres agricoles ont disparu. Minya s’est transformée en ville moderne, bétonnée, attractive. Un grand nombre d’agriculteurs appauvris a changé de profession, leurs revenus ne suffisaient plus à couvrir les besoins de leur famille.

Moussa L.1 a 56 ans. Ce fermier travaille dans le secteur agricole depuis qu’il est enfant avec son père. Il loue actuellement 8 093 mètres carrés et y cultive des légumes. « J’espère pourvoir disposer des engrais nécessaires pour cultiver mes terres et avoir une meilleure production », confie-t-il. L’agriculteur a rejoint une petite association d’agriculteurs de son village afin de travailler sur l’amélioration de la qualité de son travail. « J’achète avec d’autres collègues des fournitures agricoles pour économiser de l’argent et nous revendons ensemble nos cultures afin d’obtenir le prix le plus élevé. Ça nous permet d’être plus forts, ensemble, et de résister aux prix élevés et à la dévaluation de la livre égyptienne », termine le modeste paysan.

Petits agriculteurs de Minya

Lors de la révolution de 2011, l’Association de développement intégré de Minya (ADIM), l’une des ONG les plus expérimentées dans le domaine de l’agriculture biologique dont le CCFD Terre-solidaire est partenaire, a diligenté une étude sur la situation des petits paysans dans la région de Minya et Assiout en lien avec un expert de l’Université de Minya. Les recherches ont confirmé les conditions économiques défavorables des paysans, telles que la taille réduite des terres, un marché stagnant et un manque de soutien gouvernemental.

L’association a alors mis en place un projet dont l’objectif principal est de permettre aux paysans de s’organiser en dehors du grand syndicat officiel lié au gouvernement. L’ADIM aimerait désormais travailler sur des pratiques agricoles alternatives comme l’agro-écologie, qui n’est pas encore développée en Égypte. Nady Khalil, directeur de l’association, et Emad Mounir, chargé de projet, présentent leur programme : il concerne quatre villages et les habilite à collaborer avec des petits agriculteurs dont les exploitations couvrent moins d’un hectare.

L’agro-écologie consiste à respecter les cycles de régénération de la terre et à pratiquer l’agriculture sans produits chimiques afin de produire des aliments de qualité, sans contribuer au changement climatique et sans détériorer les sols. C’est une méthode économique : elle ne requiert en moyenne que la moitié des quantités d’eau par rapport à l’agriculture classique, grâce à des techniques telles que l’irrigation goutte à goutte qui permet aux sols de se régénérer en nutriments, tout en minimisant l’utilisation d’énergies fossiles et en réduisant les besoins en produits chimiques. Enfin, sa productivité peut atteindre jusqu’à deux à quatre fois celle de l’agriculture classique. Une pratique à explorer dans un pays aussi tributaire de l’agriculture que l’Égypte.

Les terres cultivées y représentent 3,4 millions d’hectares, soit au total environ 3,5 % de la superficie du pays. Cela ne suffit pas pour répondre aux besoins de la population du plus peuplé des pays d’Afrique (environ 88 millions d’habitants). L’Égypte importe en effet 60 % de ses céréales et de 75 à 90 % de ses produits alimentaires selon le ministère de l’approvisionnement et du commerce. Pourtant l’exploitation de vastes terres encore disponibles pourrait mener à l’auto-suffisance, mais les fonds et infrastructures manquent. L’État a abandonné son rôle de contrôle et ouvert le marché aux spéculateurs, rien ne protège les agriculteurs des fluctuations de prix mondiaux et aucun financement n’a été prévu pour éponger les pertes. Pis, en 2015, le ministre de l’agriculture Salah Helal a été contraint de démissionner après avoir été accusé d’avoir reçu des pots de vin de la part d’hommes d’affaires contre l’attribution de terres appartenant à l’État. La révélation de ce scandale avait fait plonger la bourse égyptienne et même mené à un remaniement de tout le gouvernement. Le débat public qui a suivi n’a toutefois pas changé la donne.

Une expérience difficile

D’autres facteurs expliquent cette crise du secteur. Les mesures sévères imposées par les politiques de la Banque Mondiale notamment ont favorisé l’agriculture intensive et industrielle aux dépens des petites structures considérées comme désuètes et ont fait disparaître certaines cultures, telles que le coton ou les haricots, peu compétitives sur les marchés mondiaux. Les agriculteurs vivant sous le seuil de pauvreté cherchent toujours des solutions pour maintenir leur production.

C’est à toutes ces difficultés que l’ADIM tente de trouver des solutions. « Nous faisons appel à la Faculté de l’agriculture de Minya afin de nous aider à sensibiliser la population au potentiel de l’agro-écologie ; pour les formations à la gestion de maladies qui affectent les cultures ; pour changer la perception de notre travail par les agriculteurs et pour les formations à la gestion de maladies qui affectent les cultures », précise Emad Monir. De nombreux exploitants travaillant avec l’ADIM sont en effet peu enthousiastes au premier abord et s’inquiètent en particulier de la rentabilité économique de cette méthode, ainsi que de la possibilité de promouvoir des produits biologiques dans un pays où les revenus couvrent à peine les dépenses de base.

Car les possibilités matérielles sont limitées pour les paysans, et le coût élevé de la transition biologique — qui nécessite une inscription, une homologation et des capitaux financiers — explique en grande partie la stagnation de la production. Les coûts de productions plus élevés sont un frein, les fournitures nécessaires n’étant pas produites localement et devant être importées, en particulier les graines, les semis et pesticides naturels. L’absence de marchés locaux dans les pays voisins et d’une vision claire globale bloquent aussi le développement de la filière.

Monir insiste : il comprend ces inquiétudes et il est nécessaire d’être patient. « Ces paysans réussissent à se maintenir malgré les troubles politiques depuis 2011. C’est une source d’anxiété et la distance avec la capitale, ainsi que le conflit entre le régime et les Frères musulmans, les éloigne un peu plus des préoccupations des dirigeants. Les seuls politiques qui expriment un intérêt leur rendent visite pendant les campagnes électorales, sans apporter de réel soutien ou porter leur voix à la capitale. »

Si l’agro-écologie n’est pour l’heure pas dynamique en Égypte, elle est une alternative déjà établie en Palestine.

L’agriculture sous le joug de l’occupation

De son côté, l’association Adel (« justice » en arabe), également partenaire du CCFD-Terre solidaire, tente de mettre en place des pratiques agro-écologiques en Palestine. L’agriculture biologique a commencé à se développer en Palestine au début des années 1990. « Nous en avions désespérément besoin pour plusieurs raisons. D’abord, l’occupation et le pillage de terres et d’eau par Israël ; puis les coûts réduits et la qualité de la nourriture », détaille Jihad Abdo, coordinateur de l’Adel.

En Palestine, les terres agricoles représentent quasiment un quart de la surface de la Cisjordanie et de la bande de Gaza. Selon des chiffres de 20122, on comptait 420 000 hectares, dont 380 000 hectares en Cisjordanie pour 40 000 hectares dans la bande de Gaza. Quelques 36,7 % des terres sont dédiées aux arbres fruitiers et oliviers, 12,5 % au maraîchage et 12,7 % aux champs de céréales selon le ministère de l’agriculture palestinien. Les produits agricoles représentent un quart des exportations palestiniennes, comprenant les olives, l’huile d’olive, les légumes, les fruits et les fleurs.

Dans la région, l’agriculture dépend de l’irrigation. Les nappes phréatiques et les ruisseaux sont les premières sources d’eau en Cisjordanie — cependant 82 % des nappes ont été confisquées par Israël, selon un rapport de la Banque mondiale de 20093. Les puits sont donc la source principale d’eau, à hauteur de 72,5 %, pompant 253,3 millions de mètres cube d’eau par an. L’eau commercialisée par l’entreprise israélienne Mekorot est la deuxième source, représentant 16,2 % de la consommation.

Le but de l’initiative de l’Adel : développer un marché domestique pour résister à l’occupation israélienne et à la fois garantir la présence des Palestiniens et assurer leur sécurité alimentaire alors qu’Israël mène une politique de colonisation de plus en plus féroce. Concrètement, l’organisation promeut l’agriculture écologique à Ramallah et dans les territoires occupés de la Cisjordanie, et soutient les populations pauvres via différents programmes de développement dans les zones rurales. L’association soutient des agriculteurs et des coopératives et commercialise les produits dans une boutique à Ramallah et dans plusieurs marchés de Cisjordanie. L’organisation propose également des formations pour préparer les terres et les engrais nécessaires et « travaille pour trouver le prix juste pour le consommateur, qui permette au producteur de maintenir son activité », poursuit Abdo.

Empêchés d’accéder à leurs terres

Les faibles rendements agricoles et les politiques israéliennes qui sapent le secteur placent l’agriculture dans une situation difficile. Les politiques et investissements focalisent leur attention sur d’autres secteurs économiques tels que l’industrie et les services. Alors de nombreux travailleurs agricoles palestiniens sont obligés de travailler en Israël. En réponse, l’Adel propose des possibilités d’entrée dans le marché palestinien. Pour Jihad Abdo, « cela procure des revenus aux personnes et produit des biens palestiniens compétitifs. C’est une occasion importante d’assurer un futur plus sûr pour nous et pour nos enfants, et aide à lutter contre le chômage des jeunes dû à l’occupation. »

Il ne manque pas de dénoncer « les checkpoints et les militaires ainsi que les colons qui empêchent parfois les agriculteurs d’accéder à leurs terres. Les cultures sont souvent détruites ou appropriées. Les structures et les obstacles mis en place par l’occupation freinent notre travail. »

Les prélèvements imposés par l’Autorité palestinienne constituent un autre frein. Les politiques ne prévoient aucune exonération pour les agriculteurs palestiniens et augmentent les prix de l’eau et de l’électricité, tout en empêchant les exploitants de creuser des puits sur leurs terres. Tout cela fait monter les prix, ce qui empêche les produits palestiniens d’être compétitifs. Les produits israéliens dominent le marché. « Quand nous produirons assez de nourriture, même le boycott d’Israël sera plus facile », assure Jihad Abdo.

Si les cas de l’Égypte et de la Palestine sont bien distincts, l’importance du secteur agricole est souvent sous-estimée en raison de l’actualité politique. Pourtant les deux sont indissociables tant la stabilité et l’émancipation des populations en dépendent.

NB : Ahmed Sawan : 1 Son prénom a été changé et son nom n’est pas communiqué pour protéger son anonymat.

2 Les derniers disponibles.

3 Les derniers disponibles.

Source : http://orientxxi.info/magazine/de-l-egypte-a-la-palestine-l-arme-de-l-agroecologie,1544

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17.
Les palmiers de Palestine - Une exposition agricole à Gaza Par Ziad Medoukh - Mercredi 12 octobre 2016. Document ‘Palestine Solidarité’.Photo - Organisée pour trois jours au Centre Culturel Rachad Shawa dans la ville de Gaza , une exposition sur les dattes et les palmiers de Palestine a eu lieu du 10 au 12 octobre 2016.Cette exposition organisée pour la première fois à Gaza par la chambre de commerce et d’industrie en coopération avec l’union des agriculteurs palestiniens vise à faire connaître les fruits de qualité de cette région agricole qui souffre du blocus, de promouvoir la compétitivité des produits agricoles, et d’activer le commerce intérieur.Photo - 22 coopératives agricoles et industrielles participent à cette exposition.Selon les organisateurs et les intervenants, les objectifs de cette exposition sont les suivants :- Convaincre le client palestinien de la qualité du produit agricole national.

- Encourager et soutenir les produits nationaux de la bande de Gaza et de la Cisjordanie, notamment les produits alimentaires.- Développer une économie solidaire dans la bande de Gaza.- Favoriser l’autonomie les agriculteurs.- Développer chez les habitants la conscience qu’il faut consommer les produits fabriqués localement.Photo - Le secteur du palmier-dattier est l’un des secteurs productifs les plus importants dans la bande de Gaza ; ce secteur fait travailler cinq mille travailleurs dans la saison et aide à développer l’industrie alimentaire. La plupart des producteurs de palmiers comptent sur cette agriculture saisonnière, leur principale source de revenus.Cette exposition défie le blocus et les restrictions imposées par l’occupation pour freiner l’économie palestinienne dans la bande de Gaza, et montre la volonté des Palestiniens de s’attacher à leur terre. Photo. Ziad Medoukh - Analyses et poèmes – Source : http://www.palestine-solidarite.org/actualite.ziad_medoukh.121016.htm Retour au sommaire

18.
Agriculture in the Palestinian territories - From Wikipedia, the free encyclopedia

Photo - Palestinian farmers harvesting olives using traditional methods

Agriculture in the Palestinian territories is a mainstay in the economy of the Palestinian territories. The production of agricultural goods supports the population’s sustenance needs and fuels Palestine’s export economy.[1] According to the Council for European Palestinian Relations, the agricultural sector formally employs 13.4% of the population and informally employs 90% of the population.[1] Over the past 10 years, unemployment rates in Palestine have increased and the agricultural sector became the most impoverished sector in Palestine. Unemployment rates peaked in 2008 when they reached 41% in Gaza.[2]

According to World Bank Palestinian agriculture suffers from widespread use of land for nature reserves as well as military and settler use.[3] Because the root of the conflict is with land, the disputes between Israel and Palestine are well-manifested in the agriculture of Palestine.

History

After the Six Day War (1967), Israel’s initial occupation of the West Bank led to an encouragement of agriculture. Moshe Dayan actively encouraged its expansion, and as a result agricultural productivity increased on an annual basis by 16%. Permission was extended to expand on land that had hitherto been neglected. A change in policy occurred in 1976, and by 1979, when the new Likud government was in power, incentives for Palestinian agriculture stopped. The government considered local agriculture a hindrance to its aim of annexing uncultivated land. As a result, water quotas for Paleestinian farmers were incrementally reduced, forcing cultivators to leave their lands and seek jobs as day labourers in Israel. The end effect of this decision was that by 1985, the land under Palestinian cultivation in the West Bank decreased by 40%. [4]

References

’Agriculture in Palestine : a post-Oslo Analysis’ (PDF). 2012. Retrieved 24 April 2014.

’Poverty and the Labor Market : A Sheer Lack of Jobs ?’. Coping with Conflict : Poverty and Inclusion in the West Bank and Gaza (PDF). pp. 37–61. Retrieved 28 April 2014.

’Palestinians lose billions to Israeli land bans, says World Bank report’. The National. October 8, 2013. Retrieved 13 April 2014.

 Eyal Weizman,Hollow Land : Israel’s Architecture of Occupation, Verso Books 2012 p.120.

Source : https://en.wikipedia.org/wiki/Agriculture_in_the_Palestinian_territories

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19.
Sur les collines de Naplouse, les colonies détruisent l’agriculture palestinienne

Publié Le 26.12.2016 à 06h40 par Piotr Smolar, envoyé spécial à Naplouse
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Dans le nord de la Cisjordanie, la communauté d’Elon Moreh a grignoté les terres depuis 1980. EXTRAIT -

Photo - Récolte des olives près du village palestinien de Deir Al-Hatab, à l’est de Naplouse, le 15 octobre. JAAFAR ASHTIYEH / AFP

« Le silence ne tombe jamais sur le jardin de Sharif Marouf. Même la nuit, lorsque le fermier de 33 ans et sa famille veulent dormir, les bêtes semblent se plaindre de leur sort. Les chèvres et les moutons – une vingtaine de têtes – ne devraient pas être ici, au pied de la maison, dans un enclos de fortune, serrés comme des poulets en batterie, mais dans les champs, comme au temps où Sharif, enfant, accompagnait son père dans de longues marches de berger ».

« A l’époque, ce dernier avait 400 têtes. Il y a un an, Sharif n’en avait plus que 100. Il y en a cinq fois moins aujourd’hui. « Elles ne peuvent plus manger gratuitement, je dois donc acheter de quoi les nourrir. Je n’ai plus où les laisser brouter. Même chose pour l’eau, qui coûte très cher, car on n’a plus les sources. ?? 

Accès conditionnel - Pour lire la suite : S’abonner dès 1€-[BOUTON3]]- Source : http://mobile.lemonde.fr/proche-orient/article/2016/12/26/sur-les-collines-de-naplouse-les-colonies-detruisent-l-agriculture-palestinienne_5053900_3218.html?xtref=https://www.google.fr/

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20.
Séjour dans une communauté palestinienne
– Au fil des cultures méditerranéennes Auteurs : Julie et Manu (pour leur envoyer un message). Diffusé par ‘echos.free.fr’.

Melons, avocats, olives, pommes de terre, blé et même bananes ou goyaves… : cette simple énonciation symbolise la diversité et la richesse de l’agriculture palestinienne. Cependant le problème crucial de l’eau, les expropriations massives de terres de la part de l’Etat israélien et la commercialisation inopérante des produits agricoles palestiniens annulent en partie les atouts de cette agriculture et les efforts des agriculteurs palestiniens.

Historiquement, la Palestine bénéficie d’un climat méditerranéen et d’une suffisance en eau propices à l’agriculture. Depuis des milliers d’années, cette région fait l’objet d’une exploitation agricole. Le Jourdain et les hauteurs de Cisjordanie ont satisfait les besoins agricoles en eau pendant longtemps. L’agriculture traditionnelle est celle du blé, de l’olivier et des orangers. Elle s’est heureusement diversifiée : on y cultive désormais la pomme de terre, la vigne, le maraîchage de légumes sous serre ou en openfield. Maintenant, c’est au tour des fruits dits exotiques de connaître un essor en raison de l’intérêt des consommateurs : melons, fraises, mangues, bananes, goyaves se trouvent désormais dans les échoppes des maraîchers. Cette diversité de cultures protège mieux les agriculteurs palestiniens du risque d’effondrement des cours du marché, contrairement à la Tunisie, où la plupart des petits agriculteurs pratiquent une unique culture de rente, à savoir l’olivier dans la région de Sfax, ou le palmier-dattier dans la Tunisie du Sud.

Un autre atout de cette agriculture est sa modernité. L’agriculture palestinienne est systématiquement tournée vers la vente, à la différence de l’agriculture marocaine qui reste encore par endroits une agriculture d’autosubsistance. Les surfaces cultivées sont certes petites, mais les agriculteurs palestiniens ont fait face très tôt à cet handicap (dès les années 70) par la culture intensive sous serre, à forte valeur ajoutée proportionnellement à la surface cultivée. De plus, les travaux agricoles comme le labourage et les moissons de blé sont généralement mécanisés (l’usage de tracteurs et de moissonneuses-batteuses de location est courant), ce qui a fait gagner des gains de productivité à cette agriculture.

Cette mécanisation ne supprime cependant pas le besoin d’une main d’œuvre nombreuse pour les cultures maraîchères et aboricoles, qui constituent l’essentiel de la production agricole. De fait, encore beaucoup de Palestiniens vivent de l’agriculture. En effet, une exploitation agricole de deux hectares suffit à faire vivre toute une famille, c’est à dire une dizaine de personnes en moyenne. L’agriculture est donc une activité relativement lucrative, pour l’agriculteur qui est prêt à ’ faire des heures ’. Pour les ouvriers agricoles, la situation est toute autre. L’exode rural s’est accentué chez les jeunes Palestininiens, partis chercher du travail dans les administrations palestininiennes ou en Israël, car les salaires y sont en moyenne le double du ceux que l’on trouve du côté israélien.

Cependant tous les efforts de l’agriculteur palestinien sont parfois réduits à néant en raison des nombreux obstacles qui sont sur sa route, à savoir principalement, la pénurie d’eau, les expropriations de force de l’Etat israélien, et la marchandisation aléatoire de ses produits.

Les territoires palestiniens comprennent aujourd’hui la Cisjordanie et la bande de Gaza. Si la bande de Gaza est une zone semi-désertique alimentée en eau par une conduite qui sillonne tout le pays depuis le lac de Tibériade, la Cisjordanie ne manque pas d’eau puisque son sous-sol comprend d’importantes nappes phréatiques, ses hauteurs contiennent de nombreuses sources et qu’en outre, elle borde le Jourdain sur sa partie est. Toutefois, l’Etat hébreu exploite unanimement les nappes phréatiques situées à cheval sur Israël et la Cisjordanie, ainsi que celles dans la partie cisjordanienne de la vallée du Jourdain. La quasi-totalité de l’agriculture israélienne n’étant possible qu’avec l’irrigation, notamment les cultures du coton, de l’orange et de la pastèque, grandes demandeuses d’eau, ainsi que les cultures du désert du Neguev, Israël a fait main basse sur la maîtrise des ressources hydrauliques stratégiques dans toute la région. Résultat, un Palestinien des Territoires autonomes consomme en moyenne 90 mètres cube par an contre 450 mètres cube pour un Israélien. Les Palestiniens estiment que 60% de l’eau de Cisjordanie est soit consommée sur place par les colons, soit acheminée vers Israël. De plus, les Palestiniens n’ont pas le droit de creuser de nouveaux puits ni d’approfondir ceux qui existent au delà de 20 mètres, alors que les colons peuvent creuser jusqu’à 80 mètres.

Dès lors, lorsque l’année est marquée par la sécheresse, comme c’était le cas l’année dernière avec une sécheresse sans précédent depuis 1961, les conséquences sont désastreuses pour l’agriculture et l’élevage. Les expropriations de terres constituent un autre problème épineux. Ces expropriations de force en Cisjordanie et à Gaza par l’Etat israélien pour y installer des colonies juives se sont poursuivies ces dernières années sous l’impulsion notamment du gouvernement Netanyaou. La confiscation par Israël de terres palestiniennes depuis les accords de paix d’Oslo représenteraient 6.6% de la Cisjordanie. Les agriculteurs palestiniens souffrent de ces violations qui touchent souvent des terres cultivées et cultivables leur appartenant. Et les poursuites judiciaires ne sont même pas envisageables contre cette politique de fait accompli réalisée par l’armée israélienne au moyen de bulldozers militaires. Ces expropriations accentuent d’autant plus la pression foncière : certaines exploitations se réduisent en peaux de chagrin, et le prix des terrains flambe. Tout cela est de mauvaise augure pour la survie des petites exploitations agricoles.

Enfin, la commercialisation des produits agricoles, encore empirique et essentiellement limitée au marché local, constitue un autre obstacle au développement de l’agriculture palestinienne. Tout d’abord l’inexistance de coopératives et de réseaux de distribution freine l’export des produits agricoles vers les autres pays arabes ou vers l’Europe. De plus, Israël interdit toute importation palestinienne sur son sol et tente d’empêcher l’exportation de produits palestiniens vers d’autres pays par tous les moyens possibles (taxation irréaliste, interdiction pour non conformité...). -Les revenus des agriculteurs ne sont pas du tout assurés car il n’existe ni prix minimum ni quota sur les quantités. En cas d’année noire, comme c’était le cas en 1999 avec la sécheresse, les agriculteurs connaissent de graves difficultés financières.

Ces différents obstacles mis en travers de l’agriculture palestinienne ont certainement leur part de responsabilité dans le recul de moitié de la contribution du secteur agricole dans le PNB palestininien entre 1989 (35 % du PNB) et 1999 (17 % du PNB).

Conscients des dangers encourus par l’agriculture palestinienne et du rôle économique et social des campagnes, quelques personnalités ont fondé en 1983 les P.A.R.C., c’est à dire les Comités de sauvetage de l’agriculture palestinienne. Depuis, la conscience collective a fait son chemin et nombreux sont les volontaires palestiniens et les institutions nationales et étrangères qui coopèrent avec cette O.N.G à la réalisation de projets communs dans le domaine de l’agriculture ou de la mise en valeur des campagnes palestiniennes.

Agriculture palestinienne Carnet de route Synthèse – Source : http://echos.free.fr/palestine_cr2.htm

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21.
Agriculture – Ensemble pour la justice en Palestine - Plateforme des ONG Françaises pour la Palestine 20 juin 2016 - Vous êtes ici : Accueil >Palestine - les chiffres-clés > Photo

Près de 63% des terres agricoles palestiniennes sont localisées en zone C, la plupart dans la vallée du Jourdain, contrôlée presqu’exclusivement par Israël.

La répartition des produits agricoles palestiniens :
64% sont des arbres fruitiers (oliviers, mais aussi dattes, raisins, agrumes, bananes)
24% des céréales
12% des légumes
Les Palestiniens pratiquent aussi de petits élevages (volailles, chèvres, bœufs). Près de la moitié des terres cultivées en Palestine sont consacrées à la production d’olives.
L’industrie de l’huile d’olive représente ¼ du produit brut de l’agriculture palestinienne et fait vivre 100 000 familles.

Un marché confisqué par les colonies agricoles

Chaque année, 500 millions de dollars de produits des colonies, pour la plupart agricoles, inondent le marché palestinien, et les colons israéliens exportent 285 millions de dollars de produits agricoles vers l’Europe alors que les Palestiniens en exportent seulement 19 millions. Au total, en 2013 les exportations agricoles des Palestiniens ont rapporté 58 millions de dollars. La production agricole est passée de 50% en 1968 à 3.9% du PIB en 2014. La part de l’agriculture dans l’emploi diminue ; elle contribue aujourd’hui environ à 8,1% des emplois.

L’impossibilité pour la Palestine de déployer des activités économiques sur les terres cultivables colonisées entraîne, selon la Banque mondiale, un manque à gagner d’environ 3,4 milliards de dollars.

Des centaines d’enfants travaillent dans les colonies agricoles israéliennes ; le nombre variant selon les saisons. Au plus haut point de la récolte, ils peuvent travailler 12 heures par jour, dans des conditions très difficiles.

Plus de 60% des dattes vendues en Israël sont produites dans la partie occupée de la vallée du Jourdain.
Consultez les chiffres-clés sur la vallée du Jourdain.

« A stolen yield » (un rendement volé), l’infographie en anglais de VisualizingPalestine.

Un accès restreint aux terres agricoles

Près de 90 communautés palestiniennes de Cisjordanie ont des terres à l’intérieur ou à proximité de 55 colonies et avant-postes. Ils n’y ont accès que par une coordination préalable (« prior coordination ») avec les autorités israéliennes, qui est en outre restreinte à la récolte des olives.

Les agriculteurs palestiniens possédant des terres situées entre le Mur et la Ligne verte sont aussi restreints par un régime de permis. Ces quatre dernières années, 50% des demandes de permis ont été rejetées.

Pour ceux qui en obtiennent un, 81 « portes » permettent le passage vers les terres palestiniennes situées entre le Mur et la ligne verte, dont 63 seulement ouvertes lors de la récolte des olives (1 mois et demi dans l’année).

Le manque de ressources

Les restrictions israéliennes sur l’importation d’engrais en Palestine entraînent une perte de la productivité agricole se situant entre 20% et 33%.

En raison des faibles quantités d’eau disponible pour les agriculteurs Palestiniens, seulement 6,8% de la terre cultivée en Cisjordanie est irriguée.

En Cisjordanie, les Palestiniens ne consomment en moyenne que 70 litres d’eau par jour contre les 100 litres de consommation quotidienne recommandés par l’OMS, ou les 183 litres consommés quotidiennement par les colons.

Consultez les chiffres-clés sur l’eau.

Le secteur agricole attaqué

En 2014, la politique israélienne (dont l’offensive contre Gaza) et les attaques sur le secteur agricole auraient causé la perte de 250 à 450 millions de dollars à l’agriculture palestinienne. Plus de 445 hectares de terres agricoles ont été touchées par des actes de destruction de l’occupant (dont la démolition de 64 puits agricoles).

En 2014, au moins 22 510 arbres ont été déracinés en Cisjordanie. Depuis 1967, plus de 800 000 oliviers auraient été déracinés.
A voir : « Déracinés », l’infographie de VisualizingPalestine.

L’attaque israélienne sur Gaza à l’été 2014 a provoqué une perte de 550 millions de dollars pour le secteur agricole.

Une loi de l’empire ottoman, reprise par Israël à son compte, dispose que tout terrain non cultivée 3 années d’affilée est considéré abandonné et donc revient à l’Etat.

A Gaza, le nombre de pécheurs est passé de 3 000 contre 10 000 en 2000, principalement dû aux restrictions imposées par Israël.

Sources :
Association des Universitaires pour le Respect du Droit International en Palestine (Aurdip)
CNCD (Centre national de coopération au développement)
CNUCED (Conférence des Nations unies sur le Commerce et le Développement)
Ewash (Emergency Water Sanitation an Hygiene in the occupied Palestinian territory)
FIDH (Fédération internationale des droits de l’homme)
Human Rights Watch
Ma’an News Agency
Nations unies
Palestinian Agricultural Development Association (PARC)
Radio France Internationale
Visualizingpalestine.org
Whoprofits.org

© 2015 Tous droits réservés Plateforme des ONG Françaises pour la Palestine CONTACT - PLAN DU SITE - MENTIONS LEGALES - CREDITS – Source : https://www.plateforme-palestine.org/Agriculture

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22.
La terrede Palestine est généreuse - L’illustré - 24 mai 2017

L’agriculture est un enjeu stratégique dans les Territoires occupés par Israël, à Gaza et en Cisjordanie. Dans les familles d’agriculteurs palestiniens, tout le monde met la main à la pâte pour cultiver patates, concombres et tomates, à commencer par les enfants, comme ici dans une exploitation agricole de Beit Lahia, située au nord de la bande de Gaza. Source : http://www.illustre.ch/photos/la-terre-de-palestine-reste-genereuse

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23.
Palestine : agriculture bio contre colonisation industrielle et pollution chimique Ppar Antoine Besson , en Cisjordanie 2 décembre 2014 Document ‘Basta !’ Résistance non-violente.

Au Nord-Ouest de la Cisjordanie, la ville de Tulkarem est coincée entre le mur de séparation et un complexe d’industries chimiques israélien venu polluer en toute impunité et protégé par l’armée. Résultat : maladies respiratoires, cancers ou allergies touchent massivement les habitants. Voisin direct de l’usine de Geshuri, la plus importante de la zone, Fayez Taneeb est activiste et fermier. Il s’oppose depuis trente ans à cette colonisation économique et environnementale. Ses armes : la résistance non violente et l’agriculture biologique. Reportage.

La ville de Tulkarem étouffe, littéralement. Située au Nord-Ouest de la Cisjordanie, la cité palestinienne est coincée entre le mur de séparation et un complexe israélien d’industries chimiques. Autour des installations, de part et d’autres des barbelés, la pollution est visible : fumées, déversements d’eau contaminée et de déchets. Les industries opèrent sans autorisation et à l’abri de tout contrôle. « Elles n’ont aucun permis du Ministère de la Santé, et nous ne sommes pas autorisés à visiter les usines », confirme Saïd Hanoon, du Ministère de la santé palestinien.

Une zone de non-droit dont l’histoire commence au début des années 80, quand l’usine d’engrais de Geshuri s’installe à l’ouest de la ville. Autrefois située en Israël, elle avait été contrainte de fermer après que les riverains israéliens se soient plaints de la pollution auprès du tribunal de Kfar Saba. L’usine, propriété d’industriels israéliens, profite alors de l’occupation militaire de Tulkarem pour y relocaliser son activité. Protégée par l’armée, l’entreprise s’installe illégalement sur des parcelles du « waqf islamique », des terres communes destinées à des usages d’intérêt général, et qu’on ne peut normalement ni vendre, ni acheter. En 1995, les accords d’Oslo classent la ville en « zone C », ce qui signifie en pratique que l’autorité palestinienne n’y exerce aucun pouvoir. Geshuri sera suivie par une dizaine d’autres industriels fabriquant plastiques, pesticides ou teintures textiles. Ironiquement, le complexe est appelé Nizzane Ha Shalom : « les bourgeons de la paix »...

Polluer en toute impunité grâce à la colonisation

Des bourgeons bien particuliers pour polluer en paix : « Ils rejettent leurs eaux usées dans cette partie de ma ferme », nous montre Fayez Taneeb, un agriculteur bio palestinien. « Les arbres meurent, on ne peut rien planter. L’année dernière, juste derrière, il y a eu un incendie pendant trois mois entiers, et toutes les fumées toxiques revenaient par ici. » Le propriétaire de l’usine en question aurait pris la décision de brûler des tonnes de déchets plastiques pour éviter d’avoir à payer leur transport hors de son site. De nombreux rapports mettent en évidence des taux de nitrate, d’ammoniaque, d’acide sulfurique ou de soufre bien trop élevés dans l’eau et l’air de la région. Et ce, depuis vingt ans [1]. Dans cette zone agricole, les fermiers voient leurs exploitations dévastées par des particules blanches et par la contamination des nappes phréatiques.

Preuve de cette toxicité : 40 jours par an, le vente souffle vers l’ouest, donc vers Israël, affectant les cultures d’agriculteurs israéliens. Ces derniers ont protesté et obtenu que l’activité des installations s’arrêtent à cette période. La ferme de Fayez est du côté ouest : il bénéficie donc du privilège des israéliens. Mais les autres agriculteurs et les habitants de Tulkarem, à l’est, n’ont pas cette chance. Quand le vent porte les particules vers la Palestine, les usines opèrent 24 heures sur 24, renvoyant les émissions de leur côté.

Cancers, allergies et maladies respiratoires pour les Palestiniens

« Depuis l’installation des industries, nous avons un nombre significatif de maladies respiratoires, notamment des bronchites asthmatiques, ainsi que des allergies, des maladies cutanées, des conjonctivites… Nous avons aussi eu une augmentation des cas de cancers, en particulier les cancers des poumons », observe Hassan Taneeb, directeur de l’hôpital de Tulkarem. Une étude menée sur cent familles résidant à côté du complexe industriel montre que 90% de ces habitants souffrent de ce type de maladies. Beaucoup ont fini par déménager. Pour Saïd Hanoon, du ministère de la Santé, « si vous regardez les taux de cancer, il y en a quatre fois plus à Tulkarem qu’à Naplouse, qui n’est qu’à 15 km d’ici. Ça montre bien qu’il y a un problème. »

« Nous avons essayé de porter plainte, mais ça n’a pas abouti, raconte Fayez. Nous avons prélevé des échantillons de poussière et d’eau contaminée, mais nous n’avions pas de laboratoire moderne à cette époque, donc nous avons dû les faire analyser par un laboratoire israélien. Et nous n’avons pas eu la permission d’aller chercher les résultats. » Après un rejet d’eau noire acide, les victimes font une autre tentative. Mais les propriétaires de l’entreprise sont prévenus avant la visite du comité d’experts censé constater les dégâts. En trois jours, ils recouvrent la zone contaminée de ciment et en font un parking.

« Le problème principal, c’est l’occupation »

« Le plus gros problème est qu’on ne sait pas exactement ce que font ces usines et quels genres de produits chimiques elles rejettent. L’autorité palestinienne n’a pas de pouvoir dans ces colonies. Difficile dans ces conditions de faire le lien avec les problèmes de santé de la population », déplore Hassan Taneeb. L’absence d’autorité des Palestiniens et la complaisance des tribunaux israéliens sont symptomatiques d’un problème qui dépasse le conflit entre des usines polluantes et des riverains affectés.

Les colonies industrielles israéliennes bénéficient du soutien de l’État, qui leur offre de nombreuses exemptions fiscales si elles s’installent côté palestinien, ainsi que la protection de l’armée. En 2005, une ONG canadienne estimait que plus de 200 installations industrielles israéliennes avaient été délocalisées en Cisjordanie [2]. Saïd Hanoon mentionne sept complexes industriels similaires à celui de Tulkarem en Palestine : « Le problème principal, c’est l’occupation. » Contrôle et limitation des mouvements, des importations, des exportations, exigence de permis révocables, absence d’institutions politiques solides : l’occupation israélienne entrave toute possibilité de développement d’une économie palestinienne viable. Les taux de chômage records (23% en 2012 [3]) garantissent aux entrepreneurs israéliens d’y trouver une main d’œuvre bon marché et docile.

Main d’oeuvre moins chère et docile

Pendant des années, les salariés palestiniens étaient payés 50 à 80 shekels par jour (entre 10 et 16 euros), quand le salaire minimum israélien est de 184 shekels par jour (38 euros). En 2007, un arrêt de la Cour Suprême d’Israël estime que c’est le droit israélien qui doit leur être appliqué. A Tulkarem, il faudra des mois de grève pour qu’en 2010, trois ans plus tard, ce jugement soit enfin respecté. « Il a fallu s’organiser, collecter de l’argent pour soutenir la grève, rester solidaires, se souvient Mohammad Blady, président de la nouvelle fédération des syndicats de Palestine. A un moment, les militaires israéliens m’ont même appelé pour me menacer d’arrêter les travailleurs en grève. »

Aujourd’hui, à Tulkarem, 90% des ouvriers ont obtenu de toucher le salaire minimum israélien. Mais leurs conditions de travail restent très dangereuses : exposition à des produits toxiques, manque de sécurité. Aucun n’accepte d’en parler, de peur d’être licencié. « Il y a des usines qui sont parties de Tulkarem à cause de l’application du droit du travail israélien. Ils vont plus loin en Cisjordanie, avec un nom palestinien, pour ne pas avoir à augmenter les salaires », constate Mohammad Blady.

Résistance non-violente

Une très grande majorité des habitants de Tulkarem veulent se débarrasser du complexe chimique qui détruit leur santé et leurs champs. « Depuis 1984, nous avons organisé plus de 90 manifestations, parfois avec des militants internationaux, et même des députés étrangers, pour protester contre les usines », raconte le directeur de l’hôpital de Tulkarem. Fayez, lui, est allé plaider la cause des habitants au Parlement européen, à l’Assemblée nationale en France, et jusqu’au Haut-commissariat pour les droits de l’Homme à Genève.

Avant d’être fermier, l’homme est un activiste. Il est emprisonné une première fois alors qu’il vient tout juste de terminer le lycée, et qu’il souhaite partir en Jordanie pour poursuivre ses études. Les autorités israéliennes le soupçonnent, à tort, de vouloir rejoindre le Liban et l’OLP (Organisation de libération de la Palestine). Il n’aura pas le droit de quitter le pays, et renonce alors à entrer à l’université. C’est ce qui le conduira à cultiver les terres de son père, et devenir agriculteur. Il s’amuse aujourd’hui de cette carrière inattendue : « Cultiver, c’est comme fumer : on commence un peu par hasard puis on ne peut plus s’arrêter. »

Coordinateur du Comité de résistance populaire de Tulkarem, fermement opposé au « Mur d’apartheid », il est arrêté et envoyé en prison à plusieurs reprises, sans jugement. L’armée israélienne bloque pendant près de deux ans l’accès à sa ferme. Ses cultures sont entièrement détruites à trois reprises, et il subit même des menaces de mort. Déterminé, il ne renoncera jamais à son terrain et à la mobilisation non-violente. « Je me suis intéressé à Gandhi, Mandela, Martin Luther King… »

Ecologie et bio : la voie vers une certaine indépendance ?

Aujourd’hui, il veut résister par l’agriculture biologique. « On ne peut pas changer les industries chimiques si on ne change pas l’agriculture chimique. » Son mantra : « Il y a assez d’eau, d’énergie et de nourriture pour tout le monde, tant que c’est naturel. » On retrouve cette philosophie dans toutes ses pratiques : compost, récupération des eaux, du biogaz, panneaux solaires, banque de semences traditionnelles… Une écologie de résistance.

« Nous avons un message politique et humain. Humain, parce que nous voulons une vie et une nourriture saine. Politique, parce que nous devenons indépendants des entreprises impérialistes qui nous polluent. Elles nous volent trois fois : d’abord en nous vendant des semences modifiées, puis en nous vendant les produits chimiques dont leurs plantes ont besoin, et enfin en nous vendant les médicaments pour nous soigner des maladies qu’ont causées leurs produits chimiques. Avec des cultures naturelles, en devenant autonomes, on peut changer beaucoup de choses. »

Bientôt une première Amap en Palestine

Le bio et la permaculture ne sont pas encore très répandus en Palestine, mais en collaborant avec des universités, en organisant des camps d’été pour les jeunes palestiniens et les étrangers qui lui rendent visite, Fayez compte bien participer à son développement. Son prochain projet : monter un système de livraison hebdomadaire de paniers de légumes bio à des familles, similaire au système français des AMAP.

Son combat contre les usines continue par ailleurs. Sur le plan juridique, une plainte est toujours en cours contre l’appropriation illégale des terres. « Geshuri prétend les avoir acquises en toute légalité en 1982. Mais le palestinien auquel il les aurait achetées est décédé en 1979, en Allemagne. Leur version des faits devrait être difficile à défendre… » Il poursuit aussi ses voyages pour sensibiliser les décideurs et mobiliser l’opinion publique. Sans une pression internationale, impossible de faire plier Israël. A Tulkarem, on nous demande où en est le boycott des produits israéliens en Europe, et si la France reconnaîtra la Palestine. « Un vote, même non contraignant, reflète les aspirations des gens. Nous en avons besoin. »

Photo  : Mur de séparation à Bethléem (Cisjordanie) / CC Adam Walker Cleaveland

Plus d’infos :
- La ferme de Fayez Taneeb est sur Facebook

Notes

[1] Voir les études de l’université An-Najah de Naplouse (2011, en anglais). De précédentes études ont été menées en 1995 par le Centre pour la science environnementale et la santé de l’Université de Birzeit, en Cisjordanie. Le Ministère de la santé palestinien a publié, en 1997, un rapport sur l’incinération des déchets des usines.

[2Canadians for Justice and Peace in the Middle East (CJPME), Industrial Zones and Israel’s Colonial Strategy, October 2005.

[3Source.

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Source : https://www.bastamag.net/Palestine-agriculture-bio-et

Vor également : Utiliser l’agriculture pour faire croître l’économie de Gaza.23/06/2016. ‘Agrimaroc.ma’

« Certaines associations d’aides internationales espèrent que l’agriculture aidera à renforcer l’économie brisée de Gaza. Et que le besoin important en main-d’œuvre dans le secteur agricole puisse faire diminuer le taux de chômage... » Lire la suite sur : http://www.agrimaroc.ma/gaza-lagriculture-un-moyen-de-renforcer-leconomie-brisee/

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24.
Les agriculteurs palestiniens sont le dernier bastion de la résistance Par Vivien Sansour & Alaa Tartir, lundi 18 août 2014 - 06h:56 – Document ’info-palestine.eu’ : Accueil > Dossiers > Société palestinienne > Analyses

Comme beaucoup d’agriculteurs dans le monde, les agriculteurs palestiniens sont victimes d’une approche néolibérale — hiérarchisée du haut vers le bas – qui tente de les déposséder de leur terres et semences au service des banques, des multinationales et des géants de l’agrobizness. L’instrument de cette approche a été la création par l’Autorité Palestinienne (AP) de zones industrielles qui vont ancrer la dépendance des Palestiniens vis-à-vis d’Israël et soutenir le cadre économique nuisible actuel.

Photo - Fayez Taneeb, agriculteur palestinien de Tulkarem en Cisjordanie, prisonnier sur sa terre entre le mur et les usines de pesticides de l’occupant, il résiste par son acharnement à cultiver ses terres dans des situations extrêmement difficiles : terres spoliées, destruction des cultures par les colons, restrictions d’accès aux champs...(Ism-France)

Dans ce dossier politique, l’auteure invitée Vivien Sansour et le directeur du programme Al-Shabaka Alaa Tartir donnent la parole à un certain nombre d’agriculteurs qui essaient actuellement de résister à ces défis. Ils ont travaillé en particulier avec des agriculteurs de Jénine et de Jéricho, où deux zones industrielles sont en construction, et ils proposent des mesures pour aider les agriculteurs à se réapproprier leur souveraineté et à rester sur leurs terres. (1)

Les Zones Industrielles Palestiniennes : la nouvelle menace

« Un jour nous nous sommes éveillés à l’annonce du gouverneur de Jénine que nous devions enlever nos cultures de la terre. Si nous ne le faisions pas volontairement, eux allaient le faire pour nous. J’avais du blé à ce moment-là. Je suis descendu et je l’ai moissonné afin qu’il ne soit pas détruit. »(2)

Ainsi parle Mahmoud Abufarha, l’un des nombreux agriculteurs du village de Al-Jalameh dans le district de Jénine, dans le nord de la Cisjordanie occupée, qui lutte pour rester sur sa terre. Aujourd’hui, des agriculteurs comme Abufarha sont non seulement menacés par l’implacable politique israélienne de confiscation de terres, mais de plus en plus il sont confrontés à des confiscations de terres par l’AP elle-même. Elle veut y construire des zones industrielles qui, prétend-elle, vont aider les agriculteurs et créer des emplois. Mais beaucoup d’agriculteurs craignent que ces zones ne soient uniquement destinées à faire d’eux des travailleurs prolétarisés plutôt que des fermiers productifs et à les priver délibérément de leur source de pouvoir la plus précieuse - la terre - tout en prétendant les aider.

Les efforts pour réduire le pouvoir des agriculteurs palestiniens ne sont pas nouveaux. En réalité, de multiples tentatives et politiques agressives pour éliminer pratiquement les agriculteurs palestiniens sont en cours depuis le début de l’état d’Israël en 1948, lorsque ces efforts pour « moderniser » les fermiers commencèrent à introduire de nouvelles méthodes et de nouvelles semences, qui réduisaient leur indépendance et donnaient la priorité à la quantité sur la qualité, afin de pourvoir aux besoins du nouveau projet sioniste.

Tandis qu’Israël faisait son auto-promotion partout dans le monde comme le pays qui avait « fait fleurir le désert », les agriculteurs palestiniens étaient manipulés et instrumentalisés pour des expériences qui leur ont coûté de nombreuses souches de leurs semences indigènes ainsi que de grands pans de leurs terres productives. Après qu’Israël eut occupé les territoires palestiniens en 1967, il appliqua beaucoup de ces méthodes à la Cisjordanie. Depuis sa création en 1993, l’AP a poursuivi ce processus au lieu de l’inverser, abandonnant des agriculteurs palestiniens qui sont aujourd’hui dans une situation terrible.

Avec la tendance mondiale à industrialiser les terres agricoles, les agriculteurs de Palestine ne sont pas un cas unique : partout dans le monde, les producteurs subissent des tentatives pour réduire leur autonomie en matière de production de nourriture et pour accroître leur dépendance vis-à-vis des banques, des multinationales et des géants de l’agrobizness. Que ce soit à Haïti, au Honduras, en Inde ou en Palestine, l’agriculture paysanne à échelle familiale représente la dernière frontière de résistance contre un système politique mondial actionné par le capital, qui dilue les identités des gens et les prive de leur souveraineté alimentaire dans le but d’assurer à une oligarchie la domination politique et économique sur les ressources tant humaines que naturelles.

Pour Abufarha comme pour beaucoup d’agriculteurs, l’agriculture n’est pas seulement une source de revenus, c’est l’exemple vivant d’une relation intime avec la terre, et elle est profondément imbriquée avec l’identité, les croyances et les valeurs. Dans le cas de la Palestine, elle est aussi le moteur qui anime les luttes paysannes pour l’autodétermination face à la colonisation israélienne de leurs terres.

Ce secteur, longtemps négligé et souvent saboté par les dirigeants palestiniens, les institutions internationales et Israël, se voit confronté à une nouvelle menace : la création de zones industrielles palestiniennes, subventionnées au niveau régional ou international. Ces zones contribuent à priver l’économie palestinienne de son potentiel de transformation ; elles étendent la domination territoriale israélienne dans les Territoires Palestiniens occupés (TPO) ; elles augmentent la dépendance des Palestiniens vis-à-vis d’Israël sur le marché des biens et de l’emploi ; et elles supplantent la petite agriculture familiale, qui est une force de soutien du peuple palestinien depuis des générations. Mais l’AP, son secteur privé captif et ses sponsors internationaux sont d’un autre avis : pour eux, les zones industrielles sont un pilier de l’effort de construction d’un état qui va renforcer l’économie palestinienne et réussir un développement durable.

L’agriculture sous une occupation et un néolibéralisme invasif

Les agriculteurs palestiniens affrontent aussi d’autres contraintes. Depuis 1967, par exemple, Israël a noyé le secteur agricole sous les pesticides, herbicides, insecticides et fertilisants chimiques. Dans la même veine, il a défendu un système de monocultures qui a laissé les paysans plus vulnérables devant des intermédiaires qui dictent les prix et imposent les variétés culturales. Il a également poussé le secteur agricole vers des cultures très exigeantes en temps de travail, comme les fraises, les cornichons ou les tomates, qui sont produites en serre à grand renfort de pesticides, moyennant des forces de travail faiblement rémunérées. (3)

Par ailleurs, le Ministère palestinien de l’ Agriculture n’a jamais été capable de protéger les agriculteurs d’un déversement de produits de l’agrobizness en provenance de colonies juives, qui inondent les marchés locaux de Palestine.

La prohibition officielle des denrées coloniales n’a pas été introduite avant 2010, mais souvent elle n’est pas appliquée et les produits continuent d’arriver des fermes israéliennes industrielles, même quand les produits saisonniers locaux sont disponibles.

En juin dernier encore, le Ministre de l’ Agriculture de l’AP, qui avait d’abord encouragé les agriculteurs à produire des pastèques en promettant promotion et protection des cultures, a été obligé d’autoriser sur le marché palestinien des arrivages massifs de pastèques produites à moindre coût en Israël – des arrivages sous la protection de l’armée israélienne. A présent ce genre de chose se produit tous les jours, conséquence de l’asymétrie entre Palestiniens et Israéliens, et entraîne des pertes économiques importantes pour les producteurs palestiniens.

Comme beaucoup l’ont relevé, les fonds dévolus au secteur agricole n’ont pas franchi la barre du 1 % du budget annuel total de l’AP. En même temps le secteur agricole ne comptait que pour 1,4 % de l’aide internationale totale entre 1994 et 2000, et aujourd’hui ce chiffre est tombé à 0,7 %. Pour 2012, l’agriculture n’a fait que 5,9 % du PIB palestinien alors qu’elle représentait 13,3 % en 1994. Et tout cela malgré les rapports du Programme Alimentaire Mondial (PAM) selon lesquels 50 % des ménages palestiniens souffrent actuellement de l’insécurité alimentaire.

La dernière session des pourparlers de « paix » parrainés par les USA entre l’Organisation de Libération de la Palestine (OLP)/AP et Israël indique que de futures abominations attendent le paysan palestinien. En mai 2013, le Secrétaire d’État John Kerry a promu l’Initiative Economique Palestinienne (PEI) au Forum Economique Mondial en Jordanie, promettant « un nouveau modèle de développement » qui réunirait 4 milliards de dollars d’investissements internationaux et en retour, accroîtrait le PIB palestinien de quelque 50 % en trois ans, réduirait le chômage et ferait augmenter les salaires. (Quelques mois plus tard le chiffre de 4 milliards de dollars était ajusté à 11 milliards de dollars).

Des fuites précoces de la PEI ont suscité des vagues de critiques de la part de l’approche du développement néolibérale traditionnelle à hiérarchie descendante, celle qui est vénérée dans les instituions financières internationales. En fait, tout ceci ne diffère guère du modèle économique raté que les décideurs internationaux ont imposé aux palestiniens depuis le début du processus d’Oslo, lequel propose des solutions économiques pour des problèmes politiques.

Dans la PEI, l’agriculture est un des huit « secteurs clés » choisis pour le développement, principalement via les nouvelles « zones économiques spéciales » (SEZ) palestiniennes, c’est-à-dire des zones industrielles censées relancer l’économie et le secteur agricole en particulier via des investissements de l’agrobizness et des profits plus importants. Déjà, deux parcs industriels sont en construction à Jénine et à Jéricho. Ils ont obtenu des fonds internationaux et sont contrôlés par une institution affiliée à l’AP, Palestinian Industrial Estates et par la Free Zone Authority (PIEFZA). (4)

Cependant, malgré les allégations que ces zones industrielles constituent un projet national palestinien, des publications ont alerté sur les bénéfices qu’en tireront les entreprises israéliennes, en particulier des compagnies basées dans des colonies juives en Cisjordanie, illégales en droit international – tout en démembrant les familles paysannes et les bandes de terre les plus fertiles des TPO. Les critiques ont décrit ces zones comme des « prisons économiques », rendant les Palestiniens encore plus asservis à Israël, vu que l’AP doit compter sur la bonne volonté de l’occupant pour l’accès, la mobilité et le transfert des revenus des taxes.

En outre, concentrer l’activité dans ces zones sape la propriété foncière des Palestiniens en les enlevant à leurs terres pour les faire travailler dans des zones spécifiques, en général près des centres urbains, sans parler de la rupture de relations entre le consommateur et le producteur local. Cela entraînera inévitablement un transfert de population et une urbanisation forcée des communautés rurales à long terme. Les conséquences seront des préjudices graves pour la souveraineté et le développement durable palestiniens, sans parler des dégâts environnementaux qu’on peut prévoir de la production de déchets industriels, tant dans les zones agricoles que résidentielles.

Pour défendre sa collaboration avec Israël, l’AP a fait beaucoup d’efforts pour promouvoir les zones industrielles comme si elles étaient des projets de développement anodins. En juillet 2013, le Premier Ministre intérimaire Rami Hamdallah posait devant les caméras sur le site de la Zone Industrielle de Jénine et déclarait que la zone créerait plus de 15.000 emplois. Ce même mois, le Ministre palestinien du Plan rencontrait des ministres japonais, jordaniens et israéliens pour discuter du développement du Parc Industriel agricole de Jéricho (JAIP), une zone décrite comme un projet pilote de « l’Initiative du corridor pour la paix et la prospérité » que le Japon a proposée dans l’objectif d’une coopération régionale. (5)

Photo : Un agriculteur palestinien récolte ses figues de Barbarie dans son champ à Arabouneh près de Jénine en Cisjordanie, le 18 juillet 2011 - AP Photo/Mohammed Ballas

A qui profite le système ? Pas aux agriculteurs de Jénine !

Toutefois les agriculteurs palestiniens doutent qu’ils profiteront de ces zones industrielles. Naturellement, les plus fortes tensions existent avec les petits fermiers qui n’ont pas été consultés et voient das ces zones une menace existentielle. En fait, beaucoup de petites exploitations ont déjà été abandonnées parce qu’elle ne peuvent concurrencer les produits de l’agrobizness venant d’Israël et de ses colonies illégales. Les zones industrielles ne feront qu’aggraver le problème.

La Zone Industrielle de Jénine, connue aussi sous le nom du village d’Al-Jalameh, est issue du processus d’Oslo et elle était prévue pour la fin des années ’90 avec le soutien de la Banque Allemande de Développement (KfW). En 2000, l’AP expropria 933 dunams (93 ha) au total pour « usage public » et les transféra à la PIEFZA. Mais après la Deuxième Intifada qui commença en 2000, le projet fut gelé. C’est seulement en 2007 que PIEFZA l’a ranimé accordant la concession à un partenaire turc, OBB-BIS Industrial Parks Development and Management Company, pour gérer le parc pendant 49 ans. Le fait le plus alarmant à propos de la ZIJ c’est qu’elle est construite sur un sol qui fait partie de la municipalité de la vallée de Jezraël (Marj ben Amer), la plaine [d’Esdraelon] la plus fertile de Palestine, et qui fait partie du Croissant Fertile. Historiquement, c’est le grenier à blé de la Palestine.

D’après les agriculteurs locaux, le terroir sur lequel la zone industrielle est maintenant construite a été appelée El-Roba’yat pendant des générations. Les habitants des villages voisins de Al-Jalameh et Burqin cultivent cette partie de la vallée de Jezraël et en tirent leur subsistance. Le paysage est multicolore selon la variété des cultures, comme l’épinard vert, les pousses de sésame ou le blé d’or. Beaucoup de gens dans les villages et les villes des environs achètent leurs légumes et leur fourrage sur ce site où les usines du parc industriel et la centrale électrique vont être construites et étendues.

Pour construire cette zone industrielle, l’AP a exproprié les producteurs de El-Roba’yat sous le prétexte du droit de préemption. Cette loi permet au gouvernement d’acheter des terres à des prix très bas censés compenser l’expropriation pour le « bien public ». Mais certains fermiers refusent de renoncer à leur moyens de subsistance pour la création d’une zone industrielle qui mettra fin à leur mode de vie et détruira leurs ressources naturelles et économiques. Une vingtaine d’agriculteurs ont récemment intenté une action en justice contre l’AP contestant l’allégation que le terroir servira au bien public.

Mahmoud Abufarha est l’un des agriculteurs qui se sont joints au combat légal pour tenter de sauver sa terre. Parcourant la vallée dans sa vieille Subaru il raconte comment sa famille a acquis cette terre : « Nous avons économisé sur notre pain quotidien pour pouvoir payer cette propriété. J’ai 59 ans et je cultive cette terre depuis un demi-siècle. C’est ma vie ». Au bord des larmes, il contemple le site en construction où des barrières métalliques et des structures en béton sont en train d’être érigées à la place de ses champs d’orge et de blé.

Comme beaucoup de villageois, Abufarha croit que les décisions politiques et économiques qui sont prises ne respectent ni son héritage ni ses moyens de subsistance. « Les autorités disent que ce projet vise à servir le bien public. Moi je produis de la nourriture. N’est-ce pas davantage au bénéfice du public qu’une zone industrielle qui ne sert que de grosses usines ? On dirait que nos vies sont un gros gâteau et que l’AP, Israël et les donateurs veulent tous une part du gâteau sans prendre en considération ce qui va nous arriver. Il s’agit uniquement de profit, pas du bien public ».

Abufarha souligne qu’il y a d’autres moyens de déterminer la valeur de la terre. « Mille deux cents dunums [120 ha], cela nourrit plus de 20.000 personne par an, mas maintenant nous devrons attendre notre pain arrive d’autres régions. La terre c’est la vie. Sans nos terres nous n’avons pas de vie ».

Malgré les efforts concertés pour sauver la vallée de Marj Ben Amer de sa destruction annoncée, le tribunal a rejeté l’action intentée par les fermiers contre l’AP. En avril 2014, les agriculteurs se sont vu remettre des documents les forçant à accepter une compensation pour leurs terres, qu’ils avaient refusé de vendre. Les filiales de l’AP ont évalué les terres, et les prix ont été fixés sans aucune négociation avec les propriétaires fonciers. Selon Abufarha : « On m’a dit : que je veuille vendre ou pas n’a plus d’importance, la terre est à présent la propriété de la zone industrielle. J’ai aussi été avisé que l’argent serait déposé sur mon compte à titre de compensation, que je veuille le prendre ou pas ».

Khaled Mireh, chef du Conseil du village de Al-Jamaleh, explique que puisque les agriculteurs ont échoué à empêcher l’établissement de la zone, le conseil du village s’efforce de minimiser les dégâts autant que possible. La crainte de voir des déchets toxiques enfouis dans ce qui reste de leurs terres est leur principal souci. « Il est inexplicable qu’une zone industrielle soit construite sur des terres cultivées dans une zone peuplée. Tout ce projet a été imposé à notre communauté et maintenant nous devons en gérer les conséquences prévisibles, surtout celles qui touchent à l’environnement et à la santé publique ».

Désignant une colline rocheuse à l’horizon, Mireh ajoute : « Nous ne sommes pas contre le développement. Mais si nous avions voulu construire une zone industrielle, nous aurions choisi cette colline, qui est loin des habitats et qui est stérile ». A la question de savoir quelles alternatives il aurait suggérées s’il avait été consulté, il dit : « Je pense que la majorité des gens dans le village aurait salué un projet impliqué dans ce que nous avons déjà. Un projet qui amènerait de petites entreprises pour commercialiser les produits des fermiers ou mettrait en valeur les choses que nous faisons tout en veillant au bien-être des gens et à l’avenir de notre village ».

Sans hésitation, il affirme : « Nous avons en Palestine beaucoup d’alternatives qui existent déjà. S’ils étaient intéressés par la création d’emplois, ils auraient investi de manière à consolider les nombreuses coopératives de fermiers et de producteurs, ce qui aurait préservé la terre et l’environnement et aurait garanti la création d’emplois locaux pour des gens d’ici, servant non seulement à notre village mais à toute la Palestine » (exemple )

Photo - Un agriculteur du village de Qaryut inspecte ses oliviers vandalisés dans la nuit par des colons israéliens, le 9 octobre 2012. En 2013, les colons ont détruit plus de 4.000 oliviers en Cisjordanie occupée

De Jénine à Jéricho

Alors que la Zone Industrielle de Jénine en est toujours à ses débuts, l’infrastructure du Parc agro-industriel de Jéricho (JAIP) est presque achevée. Des amas de métal d’une des usines déjà opérationnelles jouxtent les panneaux solaires financés par l’Agence Japonaise de Coopération Internationale (JICA) pour fournir une énergie verte au Parc. Subhi Hallaq, un ingénieur représentant la Compagnie d’électricité du District de Jérusalem note cependant que l’électricité générée par ces panneaux ne suffira pas, ce qui veut dire que de l’électricité complémentaire devra être amenée d’Israël et de Jordanie. Entre-temps, les habitants de Jéricho continuer à subir régulièrement des coupures de courant.

JICA a été critiquée pour avoir produit des études de faisabilité inadéquates et pour gérer le JAIP sans mécanismes de responsabilisation ni mesures de transparence. Mais la principale critique est que le succès du JAIP ne dépend pas seulement de la collaboration entre colonisateurs et colonisés, mais que le Parc lui-même se situe dans la fertile Vallée du Jourdain qu’Israël veut contrôler dans tout futur état palestinien. Vu le vif intérêt d’Israël pour cette zone, beaucoup de terres agricoles adjacentes sont contrôlées par des colonies juives, dont on peut penser qu’elles seront les premières bénéficiaires du Parc industriel, plutôt que les agriculteurs palestiniens.

Assis à l’angle de ce qui était naguère une ferme de maraîchage très productive, l’agronome et propriétaire de pépinière Abou Muhanad al-Fatyani explique comment les règles et les conditions du JAIP rendent impossible une participation des agriculteurs. « Certaines personnes affiliées à l’AP nous ont dit qu’elles pouvaient nous accorder des baux pour utiliser notre propriété au sein de la zone industrielle. Mais le bail proposé est de 30 $ le mètre, ce qui veut dire 30.000$ l’an par dunum. Il n’y a pas un seul agriculteur qui peut offrir autant. Même si les agriculteurs mettaient leur argent en commun pour ouvrir une usine, ce ne serait pas faisable. Seuls de gros investisseurs ont les moyens pour de tels contrats ».

Qui seront ces investisseurs, la question reste posée, de même que le genre d’usines qui seront basées dans cette zone. Cette ambiguïté exacerbe les préoccupations des petits fermiers de Jéricho tels que Abed Alqader. Il explique que les agriculteurs sont pleins d’appréhension ’parce qu’ils ont de bonnes raisons de croire que ces zones industrielles ne sont pas conçues pour produire quoi que ce soit. Ou plutôt, elle serviront d’installations de conditionnement pour les produits de l’agrobizzness des colonies. Si ces zones étaient destinées à nous aider, nous les agriculteurs palestiniens, pourquoi n’avons-nous pas été invités à aucune des discussions ? » Abed Alqader demande : « Nos fermes sont des exploitations familiales. Elles ne peuvent supporter des opérations industrielles aussi massives, et nous n’avons pas été approchés pour augmenter notre production ou pour acquérir de nouvelles compétences, alors, comment peuvent-ils dire que ceci est une zone agro-industrielle destinée à aider le fermier palestinien ? ».

A 1 km du JAIP s’étendent les champs de Nasser Ismaïl. En tant qu’agriculteur biologique, Ismaïl est fier d’utiliser de l’eau propre pour irriguer ses palmiers dattiers. Tout en entassant le fumier bio pour que ses fils le répartissent équitablement à chaque arbre, Ismaïl dit : « Nous sommes concurrencés par un flot de dattes des colonies, qui sont produites avec des eaux usées non retraitées et qui sont beaucoup moins chères ». Quand on lui dit que la zone industrielle voisine va ouvrir des installations de conditionnement de dattes et d’autres produits, il est choqué et dit : « Si cela est vrai alors c’est la fin pour nous. Ces installations de conditionnement ciblent une production de masse de cultures industrielles. Je suis un petit fermier ; Cela va me faire perdre mon exploitation ».

Plus que tout autre sans doute, Ismaïl sait ce que veut dire lutter pour maintenir la tête hors de l’eau. La signature des Accords d’Oslo et du Protocole Economique de Paris ont introduit des réglementations qui interdisent aux Palestiniens de vendre leur production à Israël. Résultat : Nasser a perdu 84.000 ILS [shekels][soit près de 25.000$]. C’est alors qu’il a cessé de cultiver des figues et du raisin et qu’il a commencé la culture des dattes comme culture de rente. Affrontant un nouveau défi et davantage d’incertitudes à cause de la zone industrielle voisine, Ismail dit qu’il n’aura peut-être pas la force de continuer s’il perd sa ferme. Son frère Abou Issa , par contre, est déterminé à continuer la culture malgré tous les obstacles : « L’amour de la terre et de l’agriculture c’est comme un virus dans le sang : il reste toujours là. Même si je ne plante qu’un pot de persil, il faut que je produise de la nourriture. Et même si je perds, je ne quitterai jamais la terre ».

Photo - Les agriculteurs palestiniens sont le dernier bastion de la résistance

Un appel à la société civile

Depuis 2011, Israël a donné à certains agriculteurs de Cisjordanie et de Gaza des permis pour aller assister à son plus grand congrès agricole annuel, qui rassemble cultivateurs, acheteurs, distributeurs, exportateurs, chaînes de marketing et autres pour travailler en réseau et conclure des affaires. Ces mêmes individus qui étaient naguère considérés comme « menaces à la sécurité » de l’état d’Israël sont maintenant des hôtes d’honneur à un événement important à Tel Aviv. Les invitations étendues à ces fermiers, dont les visites sont financées par USAID, apparaissent comme une autre tentative de cooptation émanant de l’Initiative Économique du Secrétaire d’État Kerry, dans le but de persuader le petits agriculteurs palestiniens d’acheter selon les critères de l’agrobizness. Si cela s’avère, cela va sans doute créer davantage d’endettement et achever de déconnecter des agriculteurs palestiniens de leurs terres.

Les agriculteurs palestiniens ont besoin d’avocats solides pour défendre leurs droits contre les politiques d’Israël tout autant que de ’ l’Etat ’ de Palestine. En tant qu’acteurs locaux ayant l’accès le plus direct aux organisations et aux donateurs internationaux qui influencent le développement de la politique en Palestine, les membres de la société civile et des ONG portent une responsabilité spéciale pour agir et défendre les agriculteurs palestiniens, en s’unissant autour du travail que font déjà des organisations telles que le Syndicat des comités de travail agricole (UAWC), le Centre Bisan pour la Recherche et le Développement et l’initiative Sharaka (« Partenariat »)

Plus spécifiquement, la société civile et les ONG doivent aider à :

- assurer soutien et ressources pour que les agriculteurs puissent durcir leur lutte pour résister aux zones industrielles.
- ouvrir des voies aux fermiers pour qu’ils puissent se confronter directement à l’AP, y compris au système judiciaire de l’AP, qui dénient leurs droits à ces fermiers.
- développer des projets en coordination avec des dirigeants communautaires pour soutenir les agriculteurs, grâce à des structures alternatives permettant une plus grande production, un marketing local et des réseaux de valorisation locale.
- organiser une campagne de communication publique pour exposer le mythe du projet de construction d’État, lequel est au service d’un ordre du jour néolibéral aux dépens de l’agriculture palestinienne.

Le peuple palestinien ne peut attendre que la politique change. Il faut des efforts organisés et durables de la communauté pour réinvestir dans l’agriculture locale. Un objectif majeur serait de reconnecter les consommateurs avec les producteurs en circuit direct. Cela nécessite un financement communautaire d’entreprises et de projets agricoles – ce que pourraient faciliter des structures coopératives – et des start-up marchandes ou non marchandes qui puissent élaborer des outils rendant l’agriculture durable plus accessible et plus réalisable pour les agriculteurs, les revendeurs et les consommateurs.

Conclusion

Les agriculteurs sont l’ultime frontière de liberté des Palestiniens et un pilier capital pour créer un modèle de développement alternatif basé sur une économie de résistance et de ténacité (soumoud). L’agriculture et la souveraineté alimentaire sont deux sources de pouvoir qui permettent aux gens de réclamer leurs droits et de préserver leur héritage ancien et divers. Privés des moyens de se nourrir, les Palestiniens perdraient l’un des éléments de résistance les plus importants dont ils disposent.

Notes :

(1) Merci aux agriculteurs, à Thaer Washaha (Centre Bisan) et à Rena Zuabi pour leurs précieuses contributions.
(2) Les citations proviennent des interviews réalisées par les auteurs.
(3) Pour toute information, voir George Kurzom : Towards Alternative Self-Reliant Agricultural Development (Birzeit : Birzeit University Development Studies Programme, 2001) ; le MA’AN Development Center ainsi que l’ UAWC (Union of Agricultural Work Committees).
(4) Pour une analyse en profondeur, voir : “Neoliberal Palestine” dans : Ali Abunimah, The Battle for Justice in Palestine (Chicago, Illinois : Haymarket Books, 2014), 75-124, ainsi que les publications du Bisan Centre for Research and Development.
(5) Le ministre japonais a avancé : “Quand le concept de Corridor pour la Paix et la Prospérité » sera matérialisé, le problème régional sera résolu par des voies économiques, plutôt que par des voies sécuritaires ou politiques ».

Auteurs :

* Vivien Sansour née à Beit Jala est écrivain, photographe, productrice et elle milite pour une agriculture de résistance (Honduras, Inde, Uruguay, Palestine, Colombie, USA). Pendant 6 ans elle a travaillé sur le terrain avec des agriculteurs, collectant leur histoire pour les transmettre. Elle est actuellement doctorante au College of Agriculture and Life Sciences à la North Carolina State University. Voir son interview en vidéo.

* Alaa Tartir coordonne le programme de Al-Shabaka (The Palestinian Policy Network), il est chercheur doctorant au Département ’Développement International’ de la London School of Economics and Political Science (LSE). Il est également chercheur au MAS (Palestine Economic Policy Research Institute) et au Centre Bisan pour la Recherche et le Développement ainsi qu’au PARC (Palestinian American Research Center) et au Centre pour le Moyen-Orient de la LSE. Il a publié notamment ’Le rôle de l’aide internationale dans le développement : le cas de la Palestine 1994-2008’ (Lambert 2011). Voir son interview en vidéo.

Lire également :

Gaza : les dégâts à l’agriculture auront des effets de longue durée - 14 août 2014
Cultiver la Palestine pour la liberté - 18 juillet 2012
Israël autorise Gaza à exporter vers l’étranger - 9 décembre 2012
Des potagers sur les toits : nourriture et espoir pour des Palestiniens démunis - 16 décembre 2012
Israël fait tout pour interdire les énergies renouvelables dans les localités palestiniennes - 10 mars 2012
Processus d’importation - du producteur au consommateur - Plateforme Palestine

1er juillet 2014 - Al-Shabaka - Vous pouvez consulter cet article à :
http://al-shabaka.org/policy-brief/... Traduction : Info-Palestine.eu - Marie Meert

NB. Les articles publiés ne reflètent pas obligatoirement les opinions du groupe de publication, qui dénie toute responsabilité dans leurs contenus, lesquels n’engagent que leurs auteurs ou leurs traducteurs. Nous sommes attentifs à toute proposition d’ajouts ou de corrections. Le contenu de ce site peut être librement diffusé aux seules conditions suivantes, impératives : mentionner clairement l’origine des articles, le nom du site www.info-palestine.net, ainsi que celui des traducteurs.

Source : http://www.info-palestine.eu/spip.php?article14668

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25.
L’OR BLEU, ULTIME VECTEUR DE PAIX ? BY NATHAN ODENHEIMER Source : JERUSALEM POST International - Mai 9, 2017 - Photo - Yitzhak Rabin et le roi Hussein de Jordanie au bord de lac de Tibériade. (photo credit:GPO)

« Israël, nouvelle superpuissance de l’eau, détient une clé importante de l’entente avec ses voisins… »

Sous-titres

Mieux gérer les ressources

Une technologie enviée dans le monde entier

L’eau et ses enjeux

L’intérêt commun régional

Le cercle vicieux de la surexploitation

Une situation potentiellement explosive

Une répartition plus équitable

A lire la totalité de l’article à la source

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Source : http://jforum.fr/lor-bleu-ultime-vecteur-de-paix.html

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Diplomatie Israël -Palestine : 9 clés pour comprendre la position de la France

Mise à jour : janvier 2017

France Diplomatie - La France considère que le conflit ne pourra être résolu que par la création d’un Etat palestinien indépendant, viable et démocratique, vivant en paix et en sécurité aux côtés d’Israël.

Sommaire

1. La France est l’amie d’Israël et de la Palestine.

La France partage avec Israël des liens historiques, culturels et humains forts. La France a été l’un des premiers pays à reconnaître le nouvel État et à établir avec lui des relations diplomatiques, dès 1949. Depuis près de 70 ans, elle défend le droit d’Israël à exister, à vivre en sécurité et sa pleine appartenance à la communauté des nations souveraines. La relation bilatérale franco-israélienne se nourrit également de la présence en Israël d’une importante communauté française et francophone et en France de la première communauté juive d’Europe.

La France plaide de longue date en faveur de la création d’un État palestinien. Le 22 novembre 1974, la France a voté en faveur de la reconnaissance de l’OLP au sein de l’ONU en tant que membre observateur, réaffirmant les droits inaliénables du peuple palestinien. François Mitterrand a été le premier président français à exprimer devant la Knesset, en 1982, l’objectif de création d’un Etat palestinien. En 2010, la France a rehaussé le statut de la Délégation générale de Palestine en France, devenue la Mission de Palestine, avec à sa tête un Ambassadeur. Elle a voté en faveur du statut d’État observateur non-membre de la Palestine aux Nations Unies en novembre 2012, et en faveur de l’érection du drapeau palestinien à l’ONU en septembre 2015.

2. La France condamne sans réserve les actes terroristes qui visent à saboter les espoirs de paix.

La France condamne avec la plus grande fermeté tous les actes de violence et de terrorisme et appelle toutes les parties à combattre toutes les formes d’incitation à la haine. Aux côtés de ses partenaires européens, elle a engagé à plusieurs reprises l’ensemble des parties à s’abstenir de toute action susceptible d’aggraver la situation, que ce soit par incitation ou par provocation, et leur a demandé de condamner tout attentat qui serait perpétré et de respecter rigoureusement les principes de nécessité et de proportionnalité dans l’usage de la force.

Elle est indéfectiblement attachée à la sécurité d’Israël, c’est un principe cardinal de sa politique dans la région. C’est pourquoi elle appelle le Hamas, avec lequel elle n’entretient aucun contact et qui figure sur la liste européenne des organisations terroristes, à respecter les conditions posées par le Quartet : renonciation à la violence, reconnaissance du droit d’Israël à exister, reconnaissance des accords signés entre Israël et l’OLP.

La France a également appelé Israël au plein respect du droit international humanitaire et à faire preuve d’un ’usage proportionné de la force’, notamment lors de la guerre à Gaza de l’été 2014, qui a fait plus de 2 100 victimes.

3. La France condamne la colonisation, illégale en droit international.

L’implantation de colonies israéliennes en Cisjordanie et à Jérusalem-Est constitue une appropriation illégale de terres qui devraient être l’enjeu de négociations de paix entre les parties sur la base des lignes de 1967. La colonisation est illégale au regard du droit international (notamment au regard de la IVe Convention de Genève et de plusieurs résolutions du Conseil de sécurité des Nations unies), elle menace la viabilité de la solution des deux Etats et constitue un obstacle à une paix juste et durable. Entre 2002 et 2014, le nombre d’habitants dans les colonies israéliennes a augmenté en moyenne de 14 600 personnes par an. Entre 2004 et 2014, on a recensé en moyenne plus de nouvelles 2300 mises en chantier par an dans les colonies. Aujourd’hui, ce sont plus de 570 000 colons qui vivent en Cisjordanie et à Jérusalem-Est.

Des mesures concrètes ont été prises au niveau européen face à l’accélération de la colonisation. Les lignes directrices de l’UE adoptées en juillet 2013 excluent de tout financement européen depuis le 1er janvier 2014 les entités israéliennes actives dans les colonies. De nombreux Etats-membres, dont la France, ont publié des recommandations mettant en garde contre les risques financiers, juridiques et de réputation liés à la poursuite d’activités dans les colonies. L’Union européenne a également adopté, en novembre 2015, une notice interprétative sur l’étiquetage des produits des colonies, afin d’informer les consommateurs européens de la provenance des produits importés. Le ministère de l’économie et des finances a mis en ligne en novembre 2016 un avis attirant l’attention des opérateurs économiques sur cette notice, qui est une mesure de transparence appliquant le droit européen en vigueur.
La résolution 2334 du Conseil de sécurité de l’ONU, votée à la quasi-unanimité des Etats-membres le 23 décembre 2016, a appelé à l’arrêt immédiat et complet de la colonisation et exhorté les Etats à différencier entre le territoire de l’Etat d’Israël et les territoires occupés depuis 1967.

Quelle solution la France défend-elle ?

4. La France considère que le conflit ne pourra être résolu que par la création d’un Etat palestinien indépendant, viable et démocratique, vivant en paix et en sécurité aux côtés d’Israël.

La solution de deux Etats est la seule à même de répondre aux aspirations légitimes des Israéliens et des Palestiniens à la sécurité, a l’indépendance, à la reconnaissance et à la dignité. Dans cette perspective, la France a défini, avec ses partenaires européens, les paramètres qui doivent présider à une résolution du conflit :

  • des frontières basées sur les lignes de 1967 avec des échanges agréés de territoires équivalents ;
  • des arrangements de sécurité préservant la souveraineté de l’Etat palestinien et garantissant la sécurité d’Israël ;
  • une solution juste, équitable et agréée au problème des réfugiés ;
  • un arrangement faisant de Jérusalem la capitale des deux Etats.
    5. La France considère que Jérusalem doit devenir la capitale des deux Etats, Israël et le futur Etat de Palestine.

Depuis 1967 et la conquête de la partie orientale de la ville par Israël lors de la guerre des six jours, Jérusalem est entièrement contrôlée par Israël. Dans l’attente d’un règlement négocié du conflit et en vertu de la légalité internationale, la France, comme l’ensemble de la communauté internationale, ne reconnaît aucune souveraineté sur Jérusalem. La France appelle à l’apaisement des tensions et en particulier au respect du statu quo sur les Lieux Saints. Toute remise en cause de ce statu quo serait porteuse de risques de déstabilisation importants.

Quelle est l’action de la France ?

6. La France plaide en faveur d’une mobilisation urgente et renouvelée de la communauté internationale.

Prenant acte de l’impasse actuelle du processus de paix, la France appelle à une mobilisation active de la communauté internationale afin de préserver la solution des deux Etats et de relancer une nouvelle dynamique de paix. Les acteurs internationaux, en particulier le Quartet (Etats-Unis, Russie, Union européenne, Nations Unies), les membres permanents du Conseil de sécurité et les partenaires européens et régionaux, ont un rôle à jouer pour rétablir un horizon politique.

7. La France a lancé une initiative pour relancer le processus de paix.

La France a réuni le 3 juin 2016 à Paris près d’une trentaine d’Etats pour lancer son initiative pour la paix au Proche-Orient. Cette initiative souhaite réaffirmer l’engagement de la communauté internationale en faveur de la solution des deux Etats et préserver les espoirs de paix dans la région. A la suite de la réunion du 3 juin, des travaux ont été lancés dans trois domaines distincts afin de permettre la reprise de négociations crédibles : les incitations économiques pour les deux parties en cas d’accord de paix, la consolidation des capacités du futur Etat palestinien et le travail avec les sociétés civiles israélienne et palestinienne.

La conférence du 15 janvier 2017, qui a réuni plus de 70 Etats, se proposait de dresser le bilan de l’initiative lancée par la France. Cette réunion a été l’occasion de restituer les travaux engagés depuis juin et de présenter aux Israéliens et aux Palestiniens la contribution de la communauté internationale en faveur de la paix. Il importe que l’ensemble des pays de la communauté internationale poursuive leurs efforts, aides ou incitations auprès des deux parties pour aboutir à la reprise des négociations.

En savoir plus :

La France contribue activement au développement économique palestinien et à la consolidation des institutions du futur Etat palestinien. Elle consacre des sommes considérables (434 M€ sur la période 2008-2015, et près de 40 M€ en 2016) à l’aide à la Palestine, dont environ un tiers en faveur de Gaza. La Palestine demeure le premier bénéficiaire de l’aide budgétaire française.

9. La France encourage la réconciliation inter-palestinienne.

Elle le fait en vue, notamment, de favoriser le retour de l’Autorité palestinienne à Gaza, qui fera partie intégrante de l’Etat palestinien. Elle soutient le gouvernement d’entente nationale, sous l’autorité de Mahmoud Abbas, qui n’inclut aucun ministre du Hamas (placé par l’UE en 2003 sur la liste des organisations terroristes), et respecte les trois critères fixés par le Quartet : reconnaissance d’Israël, refus de la violence et acceptation des accords passés.

Source : http://www.diplomatie.gouv.fr/fr/dossiers-pays/israel-territoires-palestiniens/processus-de-paix/article/israel-palestine-9-cles-pour-comprendre-la-position-de-la-france

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Auteur : Jacques HALLARD, Ingénieur CNAM, consultant indépendant – 13/06/2017

Site ISIAS = Introduire les Sciences et les Intégrer dans des Alternatives Sociétales

http://www.isias.lautre.net/

Adresse : 585 Chemin du Malpas 13940 Mollégès France

Courriel : jacques.hallard921@orange.fr

Fichier : ISIAS Arbres Forêts Agroécologie Climat Partie 4 Agriculture en milieu aride et problème de l’eau en Israël et en Palestine 2 sur 2.10

Mis en ligne par Pascal Paquin de Yonne Lautre, un site d’information, associatif et solidaire(Vie du site & Liens), un site inter-associatif, coopératif, gratuit, sans publicité, indépendant de tout parti,

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