ISIAS

"Plus de 2 milliards de personnes sur Terre manquent d’eau potable et ce nombre ne fera que croître." par Valentin Blanchot

Traduction et compléments par Jacques Hallard
dimanche 26 août 2018 par Blanchot Valentin



ISIAS Eau Climat
Plus de 2 milliards de personnes sur Terre manquent d’eau potable et ce nombre ne fera que croître. À mesure que la population augmente et que le changement climatique réduit les réserves d’eau douce, la pénurie d’eau occupe une place centrale
Ajout d’une annexe sur les liens entre l’énergie, l’alimentation et l’eau
L’article d’origine de Valentin Blanchot Twitter@vblanchot 20 août 2018 a été publié par Science News Conservation, Climate, Earth sous le titre « Haut du formulaire

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More than 2 billion people lack safe drinking water. That number will only grow  » ; il est accessible sur ce site : https://www.sciencenews.org/article/future-will-people-have-enough-water-live?utm_source=email&amp ;utm_medium=email&utm_campaign=latest-newsletter-v2

child drinking

THIRSTY WORLD – Un monde assoiffé - Un enfant boit l’eau d’un puits au Soudan du Sud, pays dans lequel seule la moitié de la population a un accès facile à l’eau potable. Stefanie Glinski/AFP/Getty Images - Magazine issue : Vol. 194, No. 4, August 18, 2018, p. 14

L’eau douce est essentielle pour boire, se laver, préparer les aliments, arroser les cultures, produire de l’énergie et presque pour tous les autres aspects de la vie moderne. Pourtant, plus de 2 milliards de personnes, sur 7,6 milliards d’habitants de la planète, manquent d’eau potable disponible à la demande chez elles.

Un important rapport des Nations Unies, publié en juin 2018, montre que le monde n’est pas en train d’atteindre l’objectif fixé par l’ONU : apporter de l’eau potable et des services d’assainissement à tout le monde d’ici 2030. En 2050, la moitié de la population mondiale pourrait ne pas disposer d’eau pure pour ses besoins.

[On peut consulter ces sources :

PDF Rapport de synthèse sur l’objectif de développement ... - UN-Water 6 mars 2018 - www.unwater.org/app/uploads/2018/.../Briefing_SR_2018_PRINTERS_VS_FR_2.pdf

Ressource en eau : un rapport inquiet de la mission d’information de l ... 2 juil. 2018 - https://blog.landot-avocats.net/2018/.../ressource-en-eau-un-rapport-inquiet-de-la-miss...

Un rapport alarmant de l’ONU indique que nos ressources en eau potable sont mises en péril par l’agriculture intensive par Yohan Demeurehttps://sciencepost.fr/author/yohan/8 juillet 2018, 12 h 50 min – Photo. Crédits : iStock/

« Un récent rapport de l’ONU estime que les ressources mondiales en eau potable sont mises en danger par les pratiques polluantes liées à l’agriculture et l’élevage. Il faudrait faire évoluer ces pratiques et les orienter vers le développement durable… » Article à lire sur ce site : https://sciencepost.fr/2018/07/un-rapport-alarmant-de-lonu-indique-que-nos-ressources-en-eau-potable-sont-mises-en-peril-par-lagriculture-intensive/ ].

Les gens auront-ils assez d’eau pour vivre ?

Deux facteurs principaux poussent la planète vers un avenir plus assoiffé : la croissance démographique et le changement climatique. Pour le premier facteur, la question est de savoir comment équilibrer le nombre de personnes par rapport à la quantité d’eau disponible.

Les 10 pays les plus exposés et ayant le moins d’accès à l’eau potable près de chez eux ; cercles colorés : nombre de personnes sans eau propre et pure ; cercles en pointillés : population totale de chacun de ces pays.

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E. Otwell - Sources : L’écart de l’eau : état des ressources en eau dans le monde 2018 / WaterAid ; La Banque mondiale.

L’Inde a amélioré les accès à l’eau dans les zones rurales, mais reste en tête de liste pour le nombre de personnes (163 millions) qui manquent de services d’eau. L’Éthiopie, deuxième sur la liste, avec 61 millions de personnes sans eau potable, s’est considérablement améliorée depuis la dernière mesure prise depuis 2000, mais ce pays a toujours un pourcentage élevé de résidents sans accès à l’eau.

À défaut de percées majeures mais improbables, telles que de nouvelles techniques de dessalement d’immenses quantités d’eau de mer (SN : 8/20/16, p. 22), l’humanité devra se contenter de l’eau douce existante.

La majeure partie de l’eau douce du monde est destinée à l’agriculture, principalement pour l’irrigation des cultures, mais aussi pour l’élevage du bétail et l’élevage d’organismes aquatiques, tels que les poissons…

À mesure que la population mondiale s’accroit, la production agricole augmente pour répondre à la demande de régimes alimentaires les plus variés. Au cours des dernières décennies, l’augmentation des prélèvements d’eau du sol ou des lacs et rivières a ralenti, que ce soit pour l’agriculture, les industries ou les municipalités, mais elle a encore dépassé le taux de croissance démographique depuis 1940.

Le prélèvement d’eau dépasse la croissance de la population

A gauche : accroissement de la population mondiale en milliards d’habitants

A droite : prélèvements mondiaux d’eau propre en km cubiques de 1940 à 2010

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E. Otwell - Sources : AQUASTAT / FAO ; I.A. Shiklomanov / Water International 2000

Cela signifie que chaque goutte d’eau est de plus en plus précieuse et que des choix difficiles doivent être faits. Plantez les champs avec de la canne à sucre pour faire de l’éthanol pour approvisionner en carburant, aboutit à ce que le cultivateur ne peut plus cultiver suffisamment pour nourrir sa famille. Installer un barrage sur une rivière pour produire de l’électricité empêche les gens de pêcher en aval. Pompez dans la nappe phréatique pour vous-même et votre voisin peut amener à une rixe entre voisins. Les chercheurs appellent cela le lien alimentation-eau-énergie et disent que c’est l’un des plus grands défis auxquels est confronté notre monde de plus en plus industrialisé, mondialisé et assoiffé.

[Voir l’Ajout d’une annexe sur les liens entre l’énergie, l’alimentation et l’eau ]


’Il n’y a tout simplement pas assez d’eau propre pour satisfaire tous nos besoins’, déclare Paolo D’Odorico, chercheur de géophysique et environnement à l’université de Californie à Berkeley, dont l’équipe a analysé le lien alimentation-eau-énergie dans un article publié en ligne le 20 avril 2018.

Dans l’ensemble, le secteur de l’énergie devrait consommer de plus en plus d’eau dans les décennies à venir. Et parfois, ce qui semble être une bonne idée - par exemple, passer à des sources d’énergie renouvelables pour réduire les émissions de carbone - pourrait aider dans un domaine, mais être préjudiciable dans un autre. Par exemple, la culture de plantes pour fabriquer des biocarburants peut nécessiter plus d’eau que la consommation de combustibles fossiles.

Consommation d’eau ** par secteur énergétique

Utilisation de l’eau en milliards de mètres cube

Production d’énergie primaire : brun foncé biocarburants ; brun clair carburants fossiles

Production d’électricité – Gris charbon - Bleu clair nucléaire – Bleu foncé gaz – Vert biomasse – Noir : autres énergies renouvelables.

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Selon E. Otwell

** La consommation d’eau est définie comme l’eau utilisée et non retournée à sa source. Ces projections reposent sur les engagements pris par les pays d’éliminer progressivement les subventions accordées aux combustibles fossiles et de réduire les émissions de gaz à effet de serre. Source : World Energy Outlook 2016 Rapport spécial : Nexus eau-énergie / AIE

Ensuite, il y a le changement climatique. À mesure que les gaz à effet de serre s’accumulent dans l’atmosphère terrestre, piégeant la chaleur et altérant le climat et la météo de la planète, l’eau deviendra plus précieuse. La hausse des températures mondiales modifie les conditions météorologiques et modifie le cycle de l’eau entre le sol et l’atmosphère. Les magasins et réserves d’eau douce peuvent diminuer. Les événements extrêmes, tels que les inondations et la sécheresse, deviennent plus fréquents sur notre planète en réchauffement (SN : 1/20/18, p. 6). Cela signifie plus d’eau dans les endroits où les gens n’en ont pas besoin, et moins d’eau là où des besoins sont à satisfaire.

La carte ci-dessous montre comment le stress hydrique ou pénurie d’eau - le rapport entre l’utilisation de l’eau et l’approvisionnement en eau - devrait se présenter d’ici à 2040. Il suppose un scénario de « statu quo » dans lequel les émissions de carbone augmentent régulièrement. Le stress le plus important est attendu dans les zones où l’approvisionnement en eau est vulnérable en raison des climats déjà arides et de la croissance des populations.

[Avec Wikipédia, « On parle de pénurie d’eau ou stress hydrique quand la demande en eau dépasse les ressources disponibles.

Carte - L’ONU estime qu’en 2025, 25 pays africains devraient souffrir de pénurie d’eau ou de stress hydrique.

Dans plusieurs régions du monde, la pression sur l’eau est de plus en plus forte, notamment dans la grande plaine du nord de la Chine, au Pendjab en Inde / Pakistan et dans plusieurs pays et régions d’Afrique, d’une part parce que les prélèvements faits par l’Homme dans les eaux superficielles ou de nappes augmentent et parfois d’autre part car en raison du réchauffement climatique le cycle de l’eau est perturbé. 63 % de la population mondiale devrait subir un stress hydrique en 20251… »

Sommaire

Stress hydrique par pays en 2040

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Projections sur le stress des approvisionnements en eau / World Resources Institute

Les villes seront les principales victimes des futures pénuries d’eau. Au début de cette année 2018, il semblait que plus de 4 millions de personnes vivant au Cap, en Afrique du Sud, allaient manquer d’eau. Les officiels ont calculé un ’jour zéro’ en avril 2018 lorsque les robinets seraient à sec. Ce n’est que par des mesures de conservation tardives et désespérées, telles que la réduction de la quantité d’eau utilisée pour l’irrigation des cultures, pour que les citadins survivent jusqu’à ce que la saison des pluies commence en mai. Cette crise au Cap est certainement la première parmi beaucoup d’autres à venir.

D’ici 2050, quelque 3,5 milliards à 4,4 milliards de personnes dans le monde vivront avec un accès limité à l’eau, dont plus d’un milliard se trouveront dans des villes. Selon une étude qui analyse les sources et les demandes en eau, plus du quart des 482 villes seront confrontées à des demandes dépassant l’offre. En général, la croissance urbaine est le principal moteur des futurs déficits hydriques des villes. Los Angeles est en tête de liste parce que sa population devrait exploser alors même que le changement climatique assèche ses ressources en eau. Les villes seront moins bien loties si d’autres secteurs sont classés prioritaires pour l’accès à l’eau.

Vingt villes les plus déficitaires en eau en 2050

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E. Otwell - Source : M. Flörke, C. Schneider et R. McDonald / Nature Sustainability 2018

Face à ces changements inexorables, il est facile de désespérer. Mais la science offre de l’espoir, sous la forme de voies alternatives. Les modélistes informatiques du MIT, par exemple, constatent que les politiques de lutte contre le changement climatique, telles que l’accord de Paris de 2015 [Voir Accord de Paris sur le climat ] que les États-Unis ont annoncé leur intention d’abandonner l’an dernier (SN Online : 6/1/17), peuvent réduire la gravité de futures pénuries d’eau. Si les pays respectaient des engagements similaires à ceux de l’accord de Paris, 60 millions de personnes en Asie pourraient éviter une pénurie d’eau d’ici 2050, a écrit l’équipe en juin 2018 dans la revue ‘Environmental Research Letters’.

Mais l’accord de Paris ne suffit pas. Comme les recherches le montrent de plus en plus clairement, il faut faire des compromis et prendre des décisions. L’expérience de la ville du Cap [Voir Le Cap ] en Afrique du Sud, montre comment les gouvernements doivent mieux se préparer aux demandes concurrentielles en matière d’approvisionnement en eau. Les municipalités devront peut-être augmenter le coût de l’eau au point que les gens l’apprécient suffisamment pour le conserver.

’Nous pouvons résoudre le problème en pensant à des solutions technologiques, mais nous devons aussi penser à changer notre comportement’, explique Martina Flörke, hydrologue et scientifique environnementale à l’université de Kassel en Allemagne. ’Si nous pouvons clarifier ... cette eau a de la valeur, c’est un service éco-systémique que nous utilisons et dont nous devons nous occuper - alors nous réfléchissons vraiment à la manière de nous adapter’.

Cet article est paru dans le numéro du 18 août 2018 de ‘Science News’ sous le titre ’Thirsty World : Globally, more than 2 billion people lack access to clean water.’
(Un Monde assoiffé : au niveau mondial, plus de 2 milliards de personnes n’ont pas accès à de l’eau potable).
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Citations

United Nations. SDG 6 Synthesis Report 2018 on Water and Sanitation. Published June 2018.

X. Gao et al. The impact of climate change policy on the risk of water stress in southern and eastern Asia. Environmental Research Letters. Vol. 13, published June 19, 2018. doi:10.1088/1748-9326/aaca93.

P. D’Odorico et al. The global food-energy-water nexus. Reviews of Geophysics. Published April 20, 2018. doi:10.1029/2017RG000591.

WaterAid. The Water Gap : The State of the World’s Water 2018. Published March 2018.

M. Flörke, C. Schneider & R.I. McDonald. Water competition between cities and agriculture driven by climate change and urban growth. Nature Sustainability. Vol. 1, published January 8, 2018. doi:10.1038/s41893-017-0006-8.

Food and Agriculture Organization. AQUASTAT database.

International Energy Agency. World Energy Outlook 2016 : Water-energy nexus. Published 2016.

F. Gassert et al. Aqueduct Global Maps 2.1 : constructing decision-relevant global water risk indicators. World Resources Institute working paper, published April 2015.

Further Reading – Lectures complémentaires

C. Martin. To combat cholera in Yemen, one scientist goes back to basics. Science News. Vol. 192, August 19, 2017, p. 4.

T. Sumner. New desalination tech could help quench global thirst. Science News. Vol. 190, August 20, 2016, p. 22.

T. Sumner. Many of Earth’s groundwater basins run deficits. Science News. Vol. 188, July 25, 2015, p. 13.

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Annexe sur les liens entre l’énergie, l’alimentation et l’eau (Nexus eau-énergie-alimentation)

Nexus eau-énergie-alimentation – Document FAO – Photo.

Le Nexus eau-énergie-alimentation signifie que les trois secteurs - la sécurité énergétique, la sécurité alimentaire et la sécurité en eau - sont inextricablement liés et que des actions dans un des secteurs auront probablement des impacts dans l’un ou les deux autres secteurs.

La FAO a élaboré une approche pour évaluer et gérer les liens entre l’énergie, l’alimentation et l’eau (Nexus eau-énergie-alimentation) afin d’éclairer les processus de prise de décision et afin de guider l’élaboration de politiques pertinentes vis-à-vis du Nexus (’Nexus-sensibles’), notamment en aidant les pays à les concevoir et à les mettre en œuvre de façon participative.

Au sein de l’Approche Nexus, l’évaluation Nexus (incluant l’évaluation rapide Nexus) consiste en une méthodologie facilement applicable, qui repose sur des indicateurs fondés sur les différentes typologies de pays, permettant ainsi une évaluation rapide des interventions possibles par rapport aux objectifs généraux de développement tels que la sécurité alimentaire et la durabilité de l’utilisation et de la gestion de l’approvisionnement en énergie et en eau.

L’approche Nexus entend éclairer les processus de prise de décision et guider l’élaboration de politiques ’Nexus-sensibles’, en aidant les pays à les concevoir et à les mettre en œuvre de manière participative.

Un outil en ligne pour faciliter l’évaluation rapide Nexus est disponible ici.

© FAO, 2018 – Source : http://www.fao.org/energy/water-food-energy-nexus/fr/

Lien énergie / eau – Document ‘thinktank-resources.com’

L’eau est nécessaire à la production d’énergie, tout comme l’énergie est nécessaire à l’eau. 

La production d’eau et la production d’énergie sont intimement liées

Dans de nombreuses régions du monde, la consommation d’eau dépasse la capacité des ressources à se régénérer. Il est souvent nécessaire de puiser l’eau plus profondément, de dessaler de l’eau de mer, de recycler les eaux usées ou encore de considérer des transferts interbassins, ce qui génère une demande en énergie plus forte. Dans le même temps, réduire les consommations énergétiques est devenue une priorité. .

Par ailleurs, la continuité de l’alimentation en énergie est très importante pour la production d’eau. Au Niger, 70% des ruptures de production d’eau potable sont liées à des coupures du réseau électrique. A Saana, au Yemen, les services d’eau de la ville peinent à approvisionner les habitants, car l’aquifère est en voie d’épuisement. La solution envisagée serait le recours au dessalement d’eau de mer, mais la ville étant située à 2400 m au-dessus du niveau de la mer, les coûts énergétiques pour son pompage s’ajouteraient aux coûts du dessalement. Une situation ingérable dans un pays qui ne dispose pas des capacités énergétiques nécessaires.

La région Moyen Orient - Afrique du Nord est l’une des plus concernées par les liens entre l’eau et l’énergie.

Dans ces régions, les plus arides au monde, l’eau constitue une denrée rare et fait l’objet d’une concurrence entre les différents secteurs, domestique, industriel et agricole. La surexploitation a épuisé les aquifères et réduit la quantité de ressources hydriques fiables et moins coûteuses. Un grand nombre de pays arabes sont désormais contraints de recourir au processus de dessalement  : la région Afrique du Nord Moyen-Orient compte ainsi plus de 60% des unités de dessalement à l’échelle mondiale, pour 5% de la population mondiale. Le fonctionnement de ces unités accentue la demande en énergie.

Par ailleurs, L’agriculture est le secteur le plus consommateur en eau avec plus de 80% des ressources consacrées à l’irrigation. Dans ces régions riches en pétrole, l’industrie pétrolière pèse sur la consommation d’eau avec notamment l’eau de production et d’injection. Une raffinerie consomme autant d’eau qu’elle ne traite de pétrole brut, avec de fortes disparités selon les contraintes règlementaires locales : de 3 à 5 barils d’eau sont nécessaires pour produire et raffiner un baril (159 litres) de pétrole.

Une étude de cas réalisée par Saudi Aramco montre que la mise en œuvre de mesures de conservation, de réutilisation et de reprise d’eau dans les secteurs du gaz naturel et du pétrole brut permettrait d’économiser jusqu’à 31% de la demande totale en eau industrielle d’Arabie Saoudite. En Oman, la compagnie Petroleum Development réutilise déjà une grande proportion de l’eau produite avec le pétrole.

Le secteur alimentaire, un important consommateur d’énergie

Le secteur de l’alimentation représente environ 30 % de la consommation de l’énergie mondiale, et produit plus de 20 % des émissions mondiales de gaz à effet de serre, indique le rapport ’Energy-Smart’ Food for People and Climate publié fin novembre 2011 par la FAO dans le cadre de la Conférence des Nations Unies sur les changements climatiques.

L’utilisation directe de l’énergie dans les fermes agricoles s’élève à environ 6 exa-joules par an (dont un peu plus de la moitié dans les pays de l’OCDE), hors labeur humain et traction animale. L’énergie y est utilisée notamment pour le pompage de l’eau. Les mesures qui peuvent être prises pour économiser de l’eau et de l’énergie comprennent l’utilisation de moteurs plus économes en carburant, le monitorage de l’irrigation et la distribution ciblée de l’eau, souligne la FAO.

Pour en savoir plus, lire Eau et Energie

Pour en savoir plus, lire le contenu du colloque ’Eau et Energie, un couple sous tension ?’

Photo : éoliennes en milieu marin

Pour aller plus loin

- Plaidoyer pour une “agriculture intelligente vis-à-vis de l’énergie” - FAO

- Rapport ONU 2014 sur l’eau et l’énergie

Recommandations de (re)sources

Nexus eau-énergie-alimentation : Comment optimiser les ressources - Document ‘leseco.ma’ - Écrit par Aziz Diouf - Publication : 21 décembre 2017

Au Maroc, Rabat a abrité, du 18 au 20 décembre 2017, un atelier sur l’implémentation du Nexus eau-énergie-alimentation, une approche mise en place par la FAO pour mieux gérer l’interdépendance entre ces trois secteurs stratégiques.

L’Université internationale de Rabat (UIR) a abrité les travaux d’un atelier régional sur « La mise en œuvre du Nexus eau-énergie-alimentation au Maghreb - WEF » les 18, 19 et 20 décembre. Organisé par le Centre de recherche sur l’eau (MEDRC) d’Oman, en coopération avec la Fondation allemande Konrad-Adenauer-Stiftung et l’UIR, cet atelier a rassemblé des experts internationaux de renom, des représentants des ministères et divers acteurs de l’eau, de l’énergie et de l’agriculture de la région pour réfléchir ensemble sur les voies et moyens dont il faut user pour mettre en œuvre le concept du WEF dans les pays du Maghreb. Il s’agissait plus précisément d’analyser la manière dont le changement global affecte les liens entre le secteur de l’eau, de l’énergie et de l’agriculture notamment en se penchant sur la question de savoir comment les changements futurs dans le climat et la demande en eau peuvent affecter les compromis et les synergies entre l’eau pour l’énergie et la nourriture.

Pour visiter cette thématique, les participants ont échangé sur plusieurs aspects du Nexus eau-énergie-alimentation, à savoir la régulation et les politiques de l’eau ; ressources en eau et objectifs de développement durable (ODD) ; dessalement et utilisation des énergies renouvelables ; traitement des eaux usées, ressources énergétiques renouvelables et durables ; planification de l’eau ; efficacité énergétique ; potentiel d’énergie solaire et éolienne ; efficacité de l’utilisation de l’eau et productivité de l’eau dans l’agriculture.

Des échanges conduits suivant trois axes stratégiques dont le premier a porté sur la définition des synergies et des priorités parmi les utilisations sectorielles de l’eau par les parties prenantes dans la région du Maghreb pour proposer des solutions de compromis sur la façon dont l’eau sera allouée à l’avenir au Maghreb. Ensuite, il était question de partager les meilleures pratiques pour combler les écarts entre les gouvernements, les communautés et les entreprises concernant la collaboration entre les utilisateurs de l’eau qui se traduisent par une réduction des coûts de l’eau. Enfin, il fallait discuter de la façon dont les politiques dans la région du Maghreb peuvent être améliorées par une perspective du Nexus de l’eau afin de créer des opportunités pour la croissance économique verte et atteindre les ODD. L’utilisation de l’eau est indispensable à la production alimentaire et à la production d’énergie.

Ces interactions complexes définissent le « lien eau-énergie-alimentation » (Nexus WEF), qui est de plus en plus au centre de l’analyse et de la conception des politiques de l’eau partout. Les ressources en eau sont particulièrement limitées et vulnérables à la pollution et aux extrêmes climatiques dans les pays du Maghreb. Pourtant, la protection de l’environnement est encore considérée en partie comme étant en conflit avec la croissance économique. La perspective intégrée fournie par le Nexus du WEF pourrait aider à répondre aux besoins d’utilisation de l’eau en stimulant des investissements appropriés dans la région du Maghreb sur la base d’une politique de l’eau cohérente et efficace et de la gouvernance de l’eau.

Le cadre du WEF Nexus est particulièrement adapté à la région du Maghreb compte tenu des facteurs de stress, des contraintes et des fortes interdépendances entre les secteurs. Il est en outre rendu nécessaire par l’effet intersectoriel du changement climatique prévu pour la région. La compréhension de la dynamique des secteurs de l’eau, de l’énergie et de l’alimentation est essentielle pour développer des stratégies efficaces pour l’utilisation durable de ces ressources. Signalons que le Nexus eau-énergie-alimentation mis en place par l’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO) signifie que les trois secteurs - la sécurité énergétique, la sécurité alimentaire et la sécurité en eau - sont inextricablement liées et que des actions dans un des secteurs auront probablement des impacts dans l’un ou les deux autres secteurs.

C’est pourquoi la FAO a élaboré une approche pour gérer et évaluer les liens entre l’énergie, l’alimentation et l’eau (Nexus eau-énergie-alimentation) afin d’éclairer les processus de prise de décision et afin de guider l’élaboration de politiques pertinentes vis-à-vis du Nexus (« Nexus-sensibles »), notamment en aidant les pays à les concevoir et à les mettre en œuvre de façon participative. L’évaluation rapide Nexus consiste en une méthodologie facilement applicable, qui repose sur des indicateurs fondés sur les différentes typologies de pays, permettant ainsi une évaluation rapide des interventions possibles par rapport aux objectifs généraux de développement tels que la sécurité alimentaire et la durabilité de l’utilisation et de la gestion de l’approvisionnement en énergie et en eau.

ECO - Directeur de publication : Samir Chaouki - Adresse : 3, Rue Taki Eddine (Ex Bernes) Angle BV Zerktouni 2ème, 3ème et 4ème étage. Casablanca, Maroc - Les inspirations ÉCO & www.leseco.ma sont édités par HORIZON PRESS GROUP - copyright © 2018 - Tous droits réservés – Source : http://www.leseco.ma/tous-les-cahiers-des-eco/510-green-business/zoom/62287-nexus-eau-energie-alimentation-comment-optimiser-les-ressources.html

Voir également ces ressources :

Le nexus énergie-eau-alimentation à des échelles décentralisées https://www.developmentbookshelf.com/doi/pdf/10.3362/9781780448961

Eau-énergie-alimentation www.fao.org/energy/water-food-energy-nexus/fr/

Réflexion sur le lien entre l’eau, l’alimentation et l’énergie - Unesco https://fr.unesco.org/events/réflexion-lien-leau-l’alimentation-lénergie

[PDF] Eau, énergie et alimentation - RIOB https://www.riob.org/IMG/pdf/Eau_energie_alimentation_Beyrouth_2014.pdf 11 juin 2014 –

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 Traduction, compléments entre […] et intégration de liens hypertextes par Jacques HALLARD, Ingénieur CNAM, consultant indépendant – 26/08/2018 - Site ISIAS = Introduire les Sciences et les Intégrer dans des Alternatives Sociétales

http://www.isias.lautre.net/

Adresse : 585 Chemin du Malpas 13940 Mollégès France

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