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"Des Africains sont payés 69 centimes de l’heure pour être piqués dans le cadre d’un essai avec des moustiques génétiquement modifiés (OGM)" par GMWatch

mardi 1er janvier 2019 par GM Watch


ISIAS OGM Insectes
Des Africains sont payés
69 centimes de l’heure pour être piqués dans le cadre d’un essai avec des moustiques génétiquement modifiés (OGM)

Le document d’origine a été diffusé le 18 décembre 2018 par GMWatch sous le titre «  Africans paid 69 cents an hour to be bitten in GMO mosquito trial  » ; source : https://gmwatch.org/en/news/latest-news/18658-africans-paid-69-cents-an-hour-to-be-bitten-in-gmo-mosquito-trial


Photo : Moustique du paludisme

Des cobayes humains sont payés pour s’exposer à des aux moustiques pouvant être porteurs du paludisme. Selon le journal ‘The Times of London’, dans le cadre d’une expérimentation contre le paludisme, des « cobayes » humains africains dans l’Etat du Burkina Fasoen Afrique de l’Ouest, sont payés pour s’exposer à des moustiques susceptibles de véhiculer le paludisme ou d’autres maladies.

Bien que la Fondation Bill & Melinda Gates ait investi 70 millions de dollars dans le projet, le Times rapporte qu’environ 25 « volontaires » africains dans le village de Bana ne sont payés que 69 cents (0,55 £) l’heure pour exposer leurs jambes, pendant six heures de nuit, à tous les moustiques dans leur environnement local, dans le cadre d’un essai sur les moustiques génétiquement modifiés (OGL).

Des informations ont été distribuées aux villageois qui participent pour les avertir qu’ils pourraient être piqués par un moustique et « infectés par le paludisme ou une autre maladie transmise par le moustique ». Selon le Times, pour chaque période de travail de six heures, entre l’aube et le crépuscule, au moment où les insectes sont le plus actifs, les villageois ne reçoivent que 4,17 dollars (3,30 £) la nuit « pour compenser la fatigue et le temps imparti ». Dans ce cadre, ils sont censés essayer de capturer les moustiques qui viennent les piquer. La fiche d’information indique également qu’ils seront régulièrement testés pour le paludisme.

L’essai est mené par le consortium ‘Target Malaria’ [voir Target Malaria Mali – Des moustiques OGM bientôt importés ], en tant que première étape vers le déploiement de ce que l’on appelle des « lecteurs de gènes » visant à éliminer des espèces entières, en l’occurrence des moustiques porteurs du paludisme.

[Lecteurs de gènes : voir l’article Wikipédia : « Le forçage génétique (gene drive en anglais), est une technique du génie génétique qui permet à un gène d’être transmis avec quasi-certitude par reproduction sexuée, même si cela va à l’encontre des lois de Mendel. Cette technique, apparue au début du XXIe siècle, utilise la technique CRISPR/cas9. Le forçage génétique permet de favoriser l’héritage d’un gène particulier et d’augmenter sa prévalence dans une population1 ».

« Le forçage génétique peut - en théorie - être utilisé pour la prévention de la propagation d’insectes porteurs de maladies (en particulier les moustiques transmettant le paludisme, la dengue ou le virus zika), pour contrôler les espèces envahissantes ou pour éliminer la résistance aux herbicides ou aux pesticides de certaines espèces1,2,3. La technique peut être utilisée pour ajouter, interrompre ou modifier des gènes d’une population entière de manière à provoquer une réduction drastique de cette population en réduisant ses capacités de reproduction4. Le forçage génétique fonctionne uniquement pour les espèces ayant une reproduction sexuelle active, elles ne peuvent pas être employées pour modifier des populations de virus ou de bactéries. Ces exemples restent à l’heure actuelle des promesses ».

« Plusieurs mécanismes moléculaires peuvent servir au forçage génétique5. Le forçage génétique peut apparaître naturellement lorsque des mécanismes moléculaires augmentent les chances à plus de 50 % qui constituent la probabilité normale d’un allèle d’être transmis. Des modules génétiques synthétiques ayant des propriétés similaires ont été développés en laboratoire comme une technique d’édition de génomes de populations. Le forçage génétique par endonucléase est le mécanisme synthétique connu le plus polyvalent et le plus activement en développement en 2017 ».

« Parce que le forçage génétique constitue un moyen d’altérer artificiellement l’héritage de certains gènes, cette technique constitue une étape majeure dans le monde de la biotechnologie. L’impact potentiel de la libération des mécanismes de forçage génétique dans la nature soulève des préoccupations bioéthiques majeures concernant leur développement possible et la gestion qui devra en être faite.6 » Article complet sur c site : https://fr.wikipedia.org/wiki/For%C3%A7age_g%C3%A9n%C3%A9tique ].

Le Times fait état d’un certain nombre d’autres préoccupations concernant le projet, indépendamment de son utilisation de cobayes humains mal payés :

« Ceux qui s’opposent à la manipulation des gènes du moustique évoquent l’éventualité de conséquences imprévues sur la chaîne alimentaire. Les moustiques pollinisent les fleurs et constituent une source de nourriture importante pour les poissons, les grenouilles, les oiseaux et les chauves-souris.

Ingeborg van Schayk, directrice de la ‘Malaria Foundation’, voir [Against Malaria Foundation ]a déclaré : « Nous ne soutenons pas la dissémination de moustiques génétiquement modifiés tant que les effets à long terme sur les personnes et leur environnement restent incertains. Nous ne savons pas si les moustiques responsables du paludisme s’adapteront à la ’modification’ et nous poseront des problèmes encore plus graves. ’D’autres critiques soulignent les inquiétudes selon lesquelles, une fois développée, la technologie du lecteur génétique pourrait être utilisée à des fins risquées, à but lucratif ou à des fins militaires. Les ‘Amis de la Terre’ ont annoncé que l’Agence de projets de recherche avancée pour la défense du Pentagone américain avait investi 100 millions de dollars dans des études portant sur des gènes ».

Comme l’a rapporté récemment GMWatch, le Dr Ify Aniebo, généticien moléculaire nigérian et spécialiste du paludisme, s’oppose également vivement à l’essai au Burkina Faso, comme elle l’a écrit dans un article de ‘Scientific American’ : l’Afrique n’a pas besoin de moustiques génétiquement modifiés (OGM). [Lire Africa Doesn’t Need Genetically Modified Mosquitoes ! There are plenty of less drastic ways to fight malaria By Ify Aniebo on November 13, 2018].

Les objections du Dr Ify Aniebo concernent toutes l’utilisation de cobayes humains par le projet. Sa première préoccupation est la rapidité avec laquelle la technologie est déployée. D’autres études sur les moustiques génétiquement modifiés doivent être menées, a-t-elle déclaré, ’afin de s’assurer de la sécurité et d’éviter les conséquences imprévues avant de les diffuser sur le terrain’.

Une autre préoccupation majeure est le manque de consultation appropriée : « Il y a eu peu de contributions d’Africains à la discussion, voire aucune ». Et elle dit qu’il est « contraire à l’éthique de publier une telle technologie sans consulter ni parler aux résidents réels ». Le Dr Ify Aniebo a déclaré qu’une consultation adéquate était particulièrement nécessaire, étant donné que ce sont les Africains qui en supporteront les conséquences si les choses ne se passent pas comme prévu. Après tout, note-t-elle, les Africains ont déjà souffert du fait « d’événements tels que des essais cliniques contraires à l’éthique et néfastes ».

Enfin, elle souligne qu’il existe des alternatives viables de lutte contre le paludisme, dans lesquelles l’argent pourrait être dépensé, par exemple : « le génie sanitaire voir [Ingénieur sanitaire : la fiche métier sur Orientation Education ] : se débarrasser des sites de reproduction des moustiques, et le drainage des marais » [voir Drainage agricole ] ». Ces « outils plus conventionnels » peuvent non seulement réduire le paludisme, mais même l’éliminer : « ainsi récemment au Sri Lanka,qui a été certifié exempt de paludisme par l’Organisation mondiale de la santé, sans avoir recours à des moustiques génétiquement modifiés (OGM) ».

Il convient également de mentionner qu’il existe d’autres approches novatrices qui n’impliquent rien de plus radical que le génie génétique ou les gènes. Par exemple, il n’y a pas eu de cas de dengue mortelle à Townsville, en Australie, depuis quatre ans après la libération de moustiques porteurs d’une bactérie naturelle. Selon ‘Woeld Mosquito Profram’,le programme mondial contre les moustiques, cette approche peut être appliquée sans poser de risque pour les écosystèmes naturels ou la santé humaine. Et c’est une approche prometteuse pour réduire la transmission du paludisme. [Lire Bacteria That Fight Malaria by Aidan Langston Harward Magazine].

En revanche, une analyse minutieuse [voir GeneWatch UK Briefing May 2018 - Oxitec’s GM insects : Failed in the Field ? ] des disséminations de moustiques OGM qui ont déjà eu lieu - dans les îles Caïman, lau Panama, au Brésil et en Malaisie, suggère que les allégations de réussite de ces essais ne sont en réalité pas étayées par des preuves. En effet, le Times note que les essais avec des moustiques génétiquement modifiés aux Caïmans, a récemment été abandonné pour cause d’échec. Il note également que les plans visant à tester les moustiques génétiquement modifiés dans les ‘Florida Keys’, « sont bloqués en raison de l’opposition du public ». Mais rien n’indique que les Africains se voient offrir la possibilité d’exprimer leur opposition de cette manière. Au lieu de cela, ils se voient proposer de maigres incitations financières pour accroître leur exposition au risque de paludisme.

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Voir plusieurs dizaines d’articles sur les moustiques OGM, déjà postés sur le site ISIAS : https://isias.lautre.net/spip.php?page=recherche&amp ;recherche=moustiques+OGM

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Traduction avec compléments entre […] et intégration de liens hypertextes : Jacques HALLARD, Ingénieur CNAM, consultant indépendant – 31/12/2018

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