ISIAS

"Contributions à la démocratie participative et à l’initiative citoyenne … avec Jo Spiegel et Raphaël Glucksmann" par Jacques Hallard

mercredi 9 janvier 2019 par Hallard Jacques


ISIAS Politique Citoyenneté

Contributions à la démocratie participative et à l’initiative citoyenne … avec Jo Spiegel et Raphaël Glucksmann

Jacques Hallard , Ingénieur CNAM, site ISIAS - 09/01/2019

Résultat de recherche d’images pour ’kingersheim démocratie’

Kingersheim (68) : la démocratie participative selon Jo Spiegel – FranceInfo.3 Par Caroline Moreau Publié le 16/04/2015 à 16:51.

PLAN : Avant-propos {{}}Introduction Sommaire Auteur



Avant-propos

Qui est Jo Spiegel ? Le personnage se laisse découvrir à partir de la présentation d’un livre qu’il a écrit en 2017 : « Maire de Kingersheim (Haut-Rhin), Jo Spiegel refusa en 2014 la Légion d’honneur, pour dénoncer « une démocratie en panne ». En 2015, il a rendu sa carte du PS, devenu selon lui une « officine de conquête du pouvoir ». Comme beaucoup de Français, Jo Spiegel est un citoyen en colère, déçu par le manque de courage de la classe politique. D’autant qu’à son échelle, celle d’une ville située dans la banlieue de Mulhouse, il a prouvé depuis longtemps que l’on pouvait agir ».

« Ancien athlète de haut niveau, c’est à force d’endurance et de volonté qu’il s’est fait le champion de la démocratie participative. Dans sa commune, il a soumis tous les projets à la concertation et au vote d’un panel d’habitants, instauré le tirage au sort, délocalisé le conseil municipal dans une Maison de la citoyenneté, rencontré tous les foyers en porte-à-porte, etc. En 2014, il a été réélu au premier tour avec près de 60 % des voix ».

« Dans ce livre d’entretien, il raconte son parcours d’élu atypique, et fait sa part d’autocritique : il confie avoir connu le goût du pouvoir et reconnaît des défaites, comme le taux d’abstention ou le score du RN (ex FN) qu’il n’a pas su faire baisser ».

« Enfin, Jo Spiegel confie dans ces pages étonnantes qu’il nourrit sa politique de lectures philosophiques (Hannah Arendt, Paul Ricoeur) et d’une quête de spiritualité. Lui qui fait chaque année des retraites en monastère pour se ressourcer est un combattant acharné des dérives obscurantistes. Il appelle à redonner tout son sens à la belle expression, souvent galvaudée, de vivre-ensemble  ».

Livre de référence - Et si on prenait (enfin !) les électeurs au sérieux : entretien avec Martin Brésis - De Jo Spiegel - Editeur ‘Temps présent’, 2017 – 1èrede couverture. Source : https://www.franceculture.fr/emissions/linvite-actu/jo-spiegel

Qui est Raphaël Glucksmann ?

Raphaël Glucksmann, né le 15 octobre 1979 à Boulogne-Billancourt, est un essayiste, réalisateur et homme politique français, ayant une biographie très diversifiée. Wikipédia – Il a lancé fin 2018 avec plusieurs autres personnalités dont Thomas Porcher et Claire Nouvian , un nouveau parti politique : Place Publique « mouvement politique 100 % société civile » en vue de rassembler la gauche pro-européenne sympathisante, allant du Parti communiste français à Europe Écologie Les Verts en passant par le Parti socialiste et Génération.s. Leur démarche se veut alternative à la ligne défendue par La France insoumise4 ».

Une vidéo 22:18 ajoutée le 8 novembre 2018 (Frédérick Moulin), intitulée « Raphaël Glucksmann, membre fondateur de Place publique, essayiste, invité de News & Compagnie » émission de BFMTV., présente un aspect actualisé de la personnalité de Raphaël Glucksmann

Retour au début de l‘Avant-propos


Introduction

Le contexte politico-social est très agité et incertain en ce début d’année 2019 à la suite d’actions revendicatives répétées, quelques fois très violentes, depuis plusieurs semaines dans le cadre d’un mouvement social dit des « gilets jaunes  », tant en France que dans quelques autres pays d’Europe  : en Belgique, aux Pays-Bas, en Allemagne, en Bulgarie, ainsi qu’en Hongrie et en Serbie et au Monténégro, et même jusqu’en Irak

Dans une tribune au journal ‘Le Monde’, publiée le 03 janvier 2019, Jean-Pierre Barou et Sylvie Crossman, les éditeurs du best-seller “Indignez-vous !” , de Stéphane Hessel [1917-2013], diplomate, résistant, écrivain et militant politique français d’origine allemande , ami de Pierre Mendès France et de Michel Rocard ], « expliquent que le mouvement des « gilets jaunes » est bien représentatif du peuple et du soulèvement populaire qui gagne l’ensemble de la planète »..

Les revendications formulées sont nombreuses, diverses et variables selon les lieux. En France, après une période de critiques acerbes envers les pouvoirs politiques et les formations politiques de tous bords, on assiste selon un Sondage : regain de confiance pour Macron et Philippe début janvier - 08/01/2019 à 19h16 : « alors que la crise des gilets jaunes poursuit son cours en ce début d’année 2019, [notamment par des manifestations répétées les samedis qui mobilisent d’importantes forces de l’ordre], le Président de la République Emmanuel Macron et le Premier ministre Edouard Philippe gagnent respectivement 5 et 7 points d’opinions positives dans la population ».

Parmi les mesures politiques envisagées en France, face à des actions très violentes qui frisent parfois une situation quasi insurrectionnelle, un ’grand débat national’ a été projeté par le Président de la République : voir Thèmes, organisation... Le mode d’emploi du ’grand débat national’ promis par Emmanuel Macron qui lancera le 15 janvier 2019 cette consultation publique dont l’objectif est de répondre à la crise des ’gilets jaunes’.

Dans sa contribution à propos de cette crise sociale qui agite la France, le secrétaire d’État chargé du numérique, Mounir Mahjoubi, s’est exprimé au sujet des « gilets jaunes » dans une tribune avec cette expression : « Elevons-nous à la hauteur des Français » - Cette prise de position a amené le 05 janvier 2019, La rédaction de Mediapart a réagir ainsi : « Dans une tribune au Monde, le secrétaire d’État chargé du numérique, Mounir Mahjoubi, voit dans le mouvement des gilets jaunes l’impérieuse nécessité d’une plus grande justice sociale et fiscale ainsi que le besoin de participer plus activement au fonctionnement de notre démocratie. La tribune a été publiée sans l’aval de l’Élysée et vient brouiller le message envoyé par Emmanuel Macron dans ces vœux du 31 décembre 2018 et celui du porte-parole du gouvernement, qualifiant les manifestants « d’agitateurs qui veulent l’insurrection ».

« Dans Le Monde, le secrétaire d’État chargé du numérique, Mounir Mahjoubi, précise que « dans leur immense majorité, les “gilets jaunes” que j’ai rencontrés ou qui participent au débat sur les réseaux sociaux ne sont ni violents, ni séditieux, ni anti-écologie, ni racistes, ni antisémites, ni homophobes ». À ses « collègues et amis de La République en marche (LREM) », il adresse un message : « Continuons à condamner les violences et les récupérations, saluons le travail des forces de l’ordre mais ne nous enfermons pas dans une représentation biaisée du mouvement des “gilets jaunes” ». Car, écrit-il : « Je ne sais pas comment évoluera le mouvement. Je suis en revanche convaincu que sans un engagement total de notre part pour permettre à tous les Français de vivre dignement et pour ouvrir pleinement notre démocratie, nous mettrons en danger l’avenir de la République… »

Par ailleurs, pour les chercheurs Ivan Bruneau et Julian Mischi (‘Le Monde’ du 03 janvier 2019 page 20, rubrique ’Idées’, « Les “gilets jaunes” veulent rompre avec le sentiment de dépossession » ; « Pour ces chercheurs, le mouvement de contestation sociale traduit le malaise des populations établies dans les communes rurales en rupture avec tout, notamment les organisations politiques absentes de ces zones. Photo - Sur le camp de base des « gilets jaunes » au Magny, le long de la route Centre Europe Atlantique, à hauteur de Montceau-les-Mines, le 18 décembre 2018. Arnaud Finistre/Hans Lucas pour ‘Le Monde’ ». Tribune.  : « Le mouvement des « gilets jaunes » a donné lieu à de nombreuses analyses à chaud, parfois très ‘survolantes’, comme celles ayant mis l’accent sur « les frustrations des classes moyennes » ou « l’individualisation des inégalités ». Il nous semble préférable de revenir aux conditions qui rendent possibles la contestation, lesquelles peuvent être en partie communes aux zones urbaines et rurales, comme le sentiment d’injustice fiscale, mais le mouvement est aussi révélateur de la transformation des conditions de vie et de travail des populations rurales et périurbaines. Certains observateurs ont déjà souligné avec justesse l’enjeu de la mobilité et le rôle central de l’automobile dans le monde rural. Au-delà, l’irruption politique des « gilets jaunes » dans l’espace public des petites communes apparaît comme une réaction collective aux multiples formes de dépossession qu’ils subissent depuis de nombreuses années… »

« Les campagnes françaises sont bien sûr diverses mais elles se caractérisent en général par la surreprésentation en leur sein des catégories populaires relevant du salariat (ouvriers et employés) ou du travail indépendant (petits artisans, commerçants et agriculteurs). La part considérable des actifs faiblement diplômés contraste avec la faible présence des classes supérieures et des professions intellectuelles, qui résident surtout dans les métropoles ».

« Cette ségrégation socio-spatiale s’explique par la pression du marché immobilier, mais aussi par le fait que les emplois intellectuels et de direction se concentrent dans les grandes villes alors que les activités de fabrication ou de logistique se déploient désormais essentiellement dans les périphéries rurales et périurbaines. Une telle distance spatiale entre classes sociales, sur fond de séparation entre « travail intellectuel » et « travail manuel », nourrit la mobilisation des « gilets jaunes », qui insistent sur le mépris dont ils se sentent victimes. C’est leur vécu et leur rapport au travail qui alimentent le rejet de ce qu’ils perçoivent comme l’arrogance d’élites nationales et régionales ne connaissant pas leur quotidien, leurs pratiques, leurs savoirs ». Les auteurs précisent encore que « La distance spatiale entre classes sociales s’est renforcée, etc… » La suite est réservée aux abonnés. Déjà abonné ? Se connecter

Selon Gérard Courtois, éditorialiste au ‘Monde’, « La crise que Macron encaisse aujourd’hui se creuse depuis une vingtaine d’années »  : «  Le discrédit envers les institutions que révèlent les « gilets jaunes » est le fruit de reniements successifs, et plusieurs coups de semonce auraient dû sonner l’alarme », estime-t-il dans sa chronique du mercredi 09 janvier 2010. Photo : Emmanuel Macron entre le premier ministre Edouard Philippe et le ministre de l’écologie François de Rugy, au palais de l’Elysée, le 10 décembre 2018. Laurence Geai pour ’Le Monde’. Chronique - En présentant ses vœux aux Français le 31 décembre 2018, le président de la République Emmanuel Macron a résumé en peu de mots la crise dans laquelle le pays est plongé depuis des semaines et la voie qu’il préconise pour en sortir. En 2018, « nous avons vécu de grands déchirements et une colère a éclaté, qui venait de loin… ». En 2019, « nous devons redonner toute sa vitalité à notre démocratie ».

Lire aussi Emmanuel Macron appelle à une « unité retrouvée »

« De fait, si c’est lui qui l’encaisse aujourd’hui de plein fouet – et qui l’a sans nul doute provoquée par sa manière d’être et de faire –, cette crise se creuse depuis une vingtaine d’années. Plusieurs coups de semonce auraient dû sonner l’alarme. Les responsables politiques, fort peu responsables en l’occurrence, les ont superbement ignorés ».

« Dès 1995, Jacques Chirac fit de la réduction de la « fracture sociale » le thème de sa campagne victorieuse. Une fois à l’Elysée, il n’en fit rien, et les électeurs lui firent payer ce reniement deux ans plus tard en le privant de majorité à l’Assemblée nationale ».

« Le deuxième avertissement fut envoyé au premier tour de la présidentielle de 2002, avec l’élimination du premier ministre socialiste Lionel Jospin, la qualification du leader de l’extrême droite Jean-Marie Le Pen et le score presque humiliant (à peine 20 % des suffrages) du président en titre, Jacques Chirac. Lequel, au soir de sa victoire finale, assura les Français qu’il avait compris leur « appel pour que la politique change ». Or rien ne changea ».

« Electeurs floués - Rien ne changea, non plus, au lendemain du référendum de 2005, où les Français rejetèrent le projet de traité constitutionnel européen. Deux ans plus tard, au lendemain de son élection, Nicolas Sarkozy négocia avec ses partenaires le traité de Lisbonne qui reprenait l’essentiel de la Constitution rejetée et qu’il fit ratifier par le Parlement. Nul doute que bien des électeurs se sont sentis floués ».

« Quant à François Hollande, il engagea en 2014 une politique de soutien aux entreprises aux antipodes des credo de la gauche et dont il n’avait dit mot durant sa campagne de 2012, provoquant une fronde dans son propre camp qui explique, en grande partie, son renoncement à se représenter ».

« Ajoutons que depuis une quinzaine d’années, et plus encore après le déclenchement de la crise économique mondiale en 2008, ni la droite ni la gauche n’ont su efficacement porter remède aux maux qui minent le pays et qui sont au cœur de la révolte des « gilets jaunes » : chômage de masse, insécurité sociale, alourdissement constant de la charge fiscale – sans parler de l’endettement public abyssal…. » - La suite est réservée aux abonnés. Déjà abonné ? Se connecter

Au-delà des revendications précises et catégorielles qui continuent de s’exprimer un peu partout, se pose en fait le type et la forme de partage et d’exercice des pouvoirs au niveau du pays, avec une demande forte pour le renforcement de la participation des citoyens et une plus grande implication de ceux-ci aux prises de décisions politiques.

Un cahier dans la rubrique ‘Idées’ du journal ‘Le Monde’ du samedi 05 janvier 2019 et intitulé « Climat 2019 – Action ! », on lit notamment que « la démocratie est à l’épreuve de l’environnement » (Stéphane Foucart).… - Selon Marion Rousset, (04 janvier 2019), « Climat : les atouts de l’initiative locale : Les villes et les villages sont les mieux placés pour observer les habitudes des habitants, accueillir les actions citoyennes et amorcer de nouvelles dynamiques… C’est un travail de fourmi qui commence à peine à se coordonner. En 2017, le premier sommet international des « fearless cities » s’est tenu à l’université de Barcelone. Ces « villes sans peur » se sont regroupées sous la bannière du « municipalisme » – une théorie en vogue qui plaide pour investir l’échelon municipal, face à des Etats bien en peine d’imaginer une société post-croissance, plus verte et plus équitable. « Les villes et les villages peuvent servir de tremplin pour opérer une transition écologique et économique », estime ainsi le Québécois ­Jonathan Durand Folco, docteur en philosophie et professeur à l’Ecole d’innovation sociale de l’université Saint-Paul d’Ottawa… » - Article réservé à nos abonnés - Lire aussi Pascal Canfin : « La moitié de la fiscalité écologique doit être redistribuée aux Français »

« De fait, les communes et les intercommunalités ont des atouts indéniables. D’abord parce que le transport, le logement, la gestion des déchets comme celle des espaces verts sont en général de leur compétence juridictionnelle. Mais aussi parce qu’elles sont plus proches des citoyens et de leurs besoins : « Quand des habitants se réapproprient les institutions municipales pour utiliser leur pouvoir d’agir, ils peuvent soulever des montagnes. Au Québec, des groupes de citoyens se sont mobilisés dans des conseils municipaux, si bien que 136 villes ont pris position contre un projet d’oléoduc pourtant soutenu par des industriels influents au niveau des Etats », poursuit le jeune chercheur. L’an dernier, il a fait une apparition remarquée à Grenoble. Au point que son essai – A nous la ville ! Traité de municipalisme (Ecosociété, 2017) – est devenu la bible d’Eric Piolle, le maire de cette cité alpine. « Je l’ai truffé de marque-pages ! », s’exclame-t-il. « Les villes ont une capacité de résistance aux lobbys plus forte que les instances nationales », selon Eric Piolle, maire de Grenoble. « Parmi les initiatives dont l’élu écologiste est le plus fier : le lancement d’une centrale photovoltaïque installée sur une ancienne mine de charbon. Tout un symbole. Côté transports, les voies piétonnes et cyclables se sont étendues, le nombre de vélos en ­location a été multiplié par deux, les bus fonctionnant au diesel ont disparu, trois nouvelles lignes de tramway ont été inaugurées, la flotte automobile de la ville s’est réduite à l’essentiel, les véhicules de fonction ont été supprimés… « Nous mettons en œuvre des projets concrets, poussés par nos citoyens, qui étaient plus de 10.000 à marcher pour le climat en décembre 2018 », se félicite Eric Piolle. Et de préciser : « Les villes ont une capacité de résistance aux lobbys plus forte que les instances nationales. »- La suite est réservée aux abonnés. Déjà abonné ? Se connecter

Toujours dans la même publication « Climat 2019 – Action ! », des propos recueillis par Catherine Vincent (05 janvier 2019) ont pour titre « Nos actes individuels peuvent aider à changer le monde » d’après Jane Goodall. « Pour la primatologue Jane Goodall, préserver notre avenir suppose de surmonter trois problèmes majeurs : la pauvreté, le consumérisme et le taux de croissance de la démographie humaine. A 84 ans, la primatologue britan­nique Jane Goodall ne cesse de parcourir le monde en faveur de l’environnement. En s’installant en 1960 en Tanzanie pour y étudier les mœurs des chimpanzés, en décidant de vivre seule avec eux dans leur milieu naturel pour mieux les observer, elle a bouleversé le regard que nous portions sur les grands singes – et, plus profondément, sur les rapports entre l’homme et l’animal. Afin de protéger les chimpanzés sauvages, gérer des réserves naturelles et créer des refuges en Afrique, elle fonde en 1977 l’Institut Jane Goodall. Convaincu que la conservation de la biodiversité ne peut se faire sans tenir compte des besoins et de la responsabilisation des populations locales,l’Institut, depuis lors, développe partout dans le monde des programmes d’éducation au développement durable, notamment à destination des jeunes ».

« Marches pour le climat, appel à la justice climatique et à la désobéissance civile : sentez-vous monter la mobilisation face à l’urgence écologique ? »

« C’est venu progressivement. En 2014, j’avais participé à la marche pour le climat que l’ancien vice-président américain Al Gore avait ­organisée à New York. Les organisateurs espéraient 80 000 participants : ils étaient 400 000, et des marches similaires eurent lieu le même jour dans plusieurs autres grandes villes. ­Depuis, la mobilisation n’a cessé de croître. Chez les jeunes, surtout. Les générations plus âgées peuvent être découragées par la tâche, avoir le sentiment qu’il n’y a plus rien à faire, et, par là même, devenir indifférents face à l’urgence écologique ».

« Mais les jeunes sont plus résilients, et ils savent que c’est leur avenir qui est en jeu. Rappelez-vous cette jeune Suédoise de 15 ans, Greta Thunberg, qui est montée à la tribune de la COP24, à Katowice (Pologne), le 14 décembre 2018. « Vous êtes arrivés à court d’excuses et nous sommes à court de temps  », a-t-elle dit, avant d’appeler les écoliers du monde entier à une grève « scolaire ». Tel est l’état d’esprit de la jeunesse aujourd’hui, et cela ne va pas s’arrêter. »

« En 1960, à l’âge de 26 ans, vous décidez ­d’aller vivre en Tanzanie, dans ce qui est aujourd’hui le parc national de Gombe, pour y étudier les mœurs des chimpanzés. Que vous ont appris ces grands singes ? »

« L’humilité. Ils m’ont fait prendre conscience qu’il n’y avait qu’une différence de degré entre nous et eux. Quand je suis revenue à Cambridge en 1962, les chercheurs avec lesquels je travaillais me disaient qu’il y avait une différence de nature entre les hommes et les chimpanzés. Je ne pouvais pas parler de leur personnalité, de leurs émotions, je n’avais pas le droit de leur donner de noms – seulement des numéros. Depuis cette époque, l’étude des grands singes a montré que nous partagions avec eux un grand nombre de comportements, les pires comme les meilleurs. L’éthologie est devenue une science de plus en plus complexe, et les univers mentaux des animaux sont apparus dans toute leur diversité... » - La suite est réservée aux abonnés. Déjà abonné ? Se connecter

D’après Wikipédia, « Jane Goodall, née le 3 avril 1934 à Londres1, est une éthologue et anthropologue britannique. Elle est la première à avoir observé et rapporté que les chimpanzés utilisaient des outils pour s’alimenter. Ses travaux ont profondément transformé la compréhension des rapports entre l’homme et l’animal. Elle a fondé l’Institut Jane Goodall (en) pour la protection de la biodiversité, l’aide au développement durable et l’éducation… » - Voir : https://fr.wikipedia.org/wiki/Jane_Goodall

Au cours des dernières semaines (fin 2018-début 2019) en France, ont aussi resurgi les concepts de Référendum d’initiative citoyenne (RIC), que l’on peut rapprocher de la notion de démocratie participative et de celle de Conférence de citoyens. Une sélection d’articles et d’études sur ces sujets a été effectuée et elle est présentée à la suite.

A titre d’exemple et de démonstration de faisabilité, nous avons choisi de mettre en relief la ville de Kingersheim dans le Haut-Rhin, en Alsace, région Grand-Est, dont le maire Jo Spiegel qui est à l’origine de la conception originale et de la mise en place progressive des ‘Conseils participatifs’ : ces derniers sont la pierre angulaire des ‘Etats Généraux Permanents de la Démocratie’ (EGPD), une sorte de mise en pratique d’une philosophie sociale et politique qui imprègne la vie démocratique au sein de cette petite ville d’environ 13.000 habitants et proche de Mulhouse.

Nous y avons associé des articles qui permettent de prendre connaissance de la personnalité assez étonnante - et quelques fois controversée - de Raphaël Glucksmann, proche de Jo Spiegel, maire de Kingersheim, qui ont tous deux ambitionné de créer le nouveau parti ‘Place Publique’. (site avec une vidéo à consulter).

On trouvera encore à la suite de la vingtaine de références rapportées dans le sommaire ci-après  :

– Une planche maçonnique anonyme datée du 23/10/2013 et intitulée « Le citoyen et ses usages ». L’auteur y développe notamment la notion d’Usologie « Pour la maîtrise des usages »... notion que l’on aussi découvrir dans ces documents :
L’usologie du dictionnaire à la méthode...- La science au monde la mieux partagée…- Pensez usages ! Plaidoyer pour l’usologie- Source : http://usologie.org/

- L’accès à nos travaux sur le ’Rôle de l’éducation pour la formation aux notions d’intérêt général et de bien commun ’ par Jacques Hallard , mercredi 30 novembre 2016.

- L’accès à une série de dossiers sur les ’Eléments d’une méthode de travail pour l’innovation, une adaptation au changement et à la transition : Partie 5 : Aptitude et rôle de leader pour entraîner un changement avec une communication bienveillante et non violente’ par Jacques Hallard ; jeudi 3 août 2017

- L’accès à d’autres dossiers pouvant être utiles pour conduire des actions appropriées à des contributions citoyennes et volontaires, et susceptibles d’apporter des correctifs à la difficile marche de notre monde contemporain et à son climat de violences et de destructions inutiles.

Retour au début de l’introduction


Sommaire

1. (Re)découvrir le Référendum d’initiative citoyenne (RIC) avec Wikipédia

2. Référendum d’initiative citoyenne : 6 questions sur une mesure populaire chez les « gilets jaunes » - Par Les décodeurs- 6 décembre 2018 - Diffusé par ‘Le Monde’

3. Dix erreurs qui circulent sur le RIC Par Raul Magni Berton 5 janvier 2019 - Blog : Le blog de Raul Magni Berton – Diffusé par ‘blogs.mediapart.fr’

4. Face au RIC, cette bien-pensance au pouvoir qui a peur du peuple Par Philippe Prigentet Damien Lempereur 06/01/2019 - LES BLOGS – Diffusé par ‘Huffpost’

5. Définition de la démocratie participative selon ‘La Toupie’

6. Démocratie participative selon Wikipédia

7. Conférence de citoyens selon Wikipédia

8. Ville deKingersheim.- Extrait d’un article de Wikipédia

9. Les conseils participatifs en place à Kingersheim Haut-Rhin Alsace région Grand-Est

10. Haut-Rhin : Kingersheim, la ville où le citoyen est roi Par Quentin Laurent, notre envoyé spécial à Kingersheim (Haut-Rhin) 27 novembre 2018 – Document ‘leparisien.fr’

11. Personnalité de Raphaël Glucksmann d’après Wikipédia

11 bis. Portrait de Raphaël Glucksmann « En mode partisan » écrit sous l’égide de l’Observatoire du Journalisme « Informer ceux qui vous informent » - Dernière modification le 04/01/2019

12. Raphaël Glucksmann nous parle de son livre ’Les enfants du vide’ – Vidéo 2:19 ajoutée le 12 oct. 2018

13. Raphaël Glucksmann - Les enfants du vide - Vidéo 53:10 09 Octobre 2018 - Rédigé par France 2 – Emission TV « On n’est pas couché » - Vivement l’Ecole !

14. Conférence-rencontre avec Raphaël Glucksmann le 22 novembre 2018

15. « Le statu quo, c’est la destruction de la planète » Le 24/11/2018 par Emmanuel Delahaye - Document ‘lalsace.fr’

16. Politique - Jo Spiegel rallie le nouveau parti de Raphaël Glucksmann - Le 06/11/2018 20:52 par AFP – Document ‘lalsace.fr/actualité’

17. Partis « L’alliance du philosophe et de l’élu local » Par Yolande Baldeweck Le 11/11/2018 – Annonce ‘lalsace.fr’

18. Vidéo - La démocratie participative présentée par Jo Spiegel à Kingersheim

19. Kingersheim (68) : la démocratie participative selon Jo Spiegel Par Caroline Moreau Publié le 16/04/2015 à 16:51 © France 3 Alsace

20. Le citoyen et ses usages – Planche maçonnique anonyme datée du 23/10/2013

Accès à d’autres dossiers pouvant être utiles pour conduire des actions appropriées à des contributions citoyennes et volontaires et susceptibles d’apporter des correctifs à la difficile marche de notre monde contemporain.

Retour au début du dossier

Retour à l’introduction

Retour au début du sommaire

1.
(Re)découvrir le Référendum d’initiative citoyenne (RIC) avec Wikipédia

Référendum d’initiative citoyenne

Ne doit pas être confondu avec Initiative citoyenne. Pour un article plus général, voir Initiative populaire. Schéma : Proposition de référendum d’initiative citoyenne relayée en 2018 par des Gilets jaunes1,2.

Le référendum d’initiative citoyenne (RIC) est le nom donné à la revendication d’un dispositif d’initiative populaire en France, en particulier de la part du mouvement des Gilets jaunes depuis l’automne 2018.

Le processus proposé est un dispositif de démocratie directe qui permet à un certain nombre de citoyens réunissant un nombre de signatures fixé à l’avance, de saisir le peuple par référendum afin qu’il statue sur une proposition de loi (référendum législatif), l’abrogation d’une loi votée par le Parlement (référendum abrogatoire), une modification de la Constitution (référendum constitutionnel) ou la révocation d’un élu (référendum révocatoire).

Plusieurs de ces types de référendums sont utilisés dans une trentaine de pays, dont les États-Unis, l’Italie, la Suisse, Taïwan, le Venezuela ou la Nouvelle-Zélande.

Sommaire

Genèse

Le philosophe Emmanuel Mounier est l’un des premiers à théoriser, en France, l’usage d’un référendum d’initiative populaire, dans son Manifeste au service du personnalisme (Esprit, octobre 1936)3.

Premières propositions

Le journaliste Laurent de Boissieu indique : « [Après Emmanuel Mounier], c’est ensuite la gauche autogestionnaire et écologiste qui semble avoir relevé l’idée dans les années soixante-dix, notamment afin de soulever directement la question du nucléaire. Lors de l’élection présidentielle de 1981, deux candidats le réclamaient dans leur profession de foi : Huguette Bouchardeau (PSU, « possibilité de provoquer un référendum sur pétition de 100 000 citoyens ») et Brice Lalonde (Aujourd’hui l’écologie, « réforme constitutionnelle instituant des référendums d’initiative populaire au niveau local, régional, national ») »3.

Dans les années 1980, deux propositions de loi visant à instituer le référendum d’initiative populaire sont déposées par des parlementaires du RPR : par le sénateur Charles Pasqua le 22 juin 1983, et par le député Yvan Blot le 11 juin 19873. Dans son ouvrage Deux Français sur trois (1984), Valéry Giscard d’Estaing défend le référendum d’initiative populaire permettant d’abroger une loi3. En 1988, François Mitterrand estime, dans sa Lettre à tous les Français : « Il serait bon d’avancer nos réflexions sur l’éventualité du référendum d’initiative populaire. D’un maniement plus délicat dans un pays de la taille de la France que dans un canton suisse, cette réforme répondrait à une aspiration réelle »3.

La mesure figure dans tous les programmes du Front national depuis que Jean-Marie Le Pen en a fait l’objet d’une proposition de loi en 19873,4. En 2016, le programme de La France insoumise proposait d’« instaurer le référendum d’initiative citoyenne et le droit des citoyens de proposer une loi » comportant notamment la possibilité de « créer un droit de révoquer un élu en cours de mandat, par référendum, sur demande d’une partie du corps électoral »5. La mesure est aussi défendue par Étienne Chouard6,3.

Yvan Bachaud, un dentiste retraité, invente l’acronyme « RIC » pour « référendum d’initiative citoyenne » dans les années 1990, et présente en vain des candidats à de nombreux scrutins3.

Lors de l’élection présidentielle de 2017, plusieurs candidats proposent une idée équivalente au RIC (Jean-Luc Mélenchon, Jean Lassalle, Nicolas Dupont-Aignan, Marine Le Pen, François Asselineau)7.

En juillet 2018, tous les groupes d’opposition au groupe La République en marche à l’Assemblée nationale avaient cherché, en vain, à rendre plus faciles les référendums d’initiative partagée en abaissant les seuils requis8.

Forme limitée : l’initiative partagée

Le référendum d’initiative partagée est inscrit dans l’article 11 de la Constitution de la Cinquième République française en 2008. Celui-ci est cependant critiqué pour la complexité de sa mise en œuvre, qui nécessite, dans un premier temps, une proposition de loi formulée par un cinquième des membres du Parlement et, ensuite, le soutien d’un dixième des électeurs inscrits sur les listes électorales. Surtout, il ne permet par conséquent pas aux seuls citoyens de déclencher l’organisation d’un référendum, à la différence de la proposition de RIC.

Revendication du mouvement des Gilets jaunes Article connexe : mouvement des Gilets jaunes….

Lire l’article complet sur ce site : https://fr.wikipedia.org/wiki/R%C3%A9f%C3%A9rendum_d%27initiative_citoyenne

Retour au sommaire

2.
Référendum d’initiative citoyenne : 6 questions sur une mesure populaire chez les « gilets jaunes » - Par Les décodeurs- Publié le 16 décembre 2018 à 12h55 - Mis à jour le 17 décembre 2018 à 10h27 – Diffusé par ‘Le Monde’ – Revendication-phare du mouvement, cette forme de consultation des citoyens peut revêtir plusieurs visages. Explications.

«  RIC ». Ces trois petites lettres noires écrites en grand sur des pancartes jaune fluo étaient très visibles samedi 15 décembre 2018 dans les rangs des « gilets jaunes » qui ont manifesté un peu partout en France. « RIC », donc, pour « référendum d’initiative citoyenne  ». C’est notamment sur cette revendication que plusieurs d’entre eux ont insisté auprès des journalistes du Monde, alors que les journées précédentes étaient d’abord marquées par la dénonciation des fins de mois difficiles et une forme de « ras-le-bol fiscal ».

Mais que cache vraiment le RIC ? Comment pourrait-il s’appliquer ? Existe-t-il ailleurs ? Aperçu du débat en six questions.

1. Qu’est-ce que le référendum d’initiative populaire ?

Le principe du référendum est de soumettre une mesure au vote des citoyens. En France, l’exécutif et les parlementaires peuvent ainsi proposer, sous certaines conditions, des textes au suffrage universel.

La révision constitutionnelle de 2008 a ajouté la possibilité de convoquer un référendum à l’initiative d’« un cinquième des membres du Parlement, soutenus par un dixième des électeurs inscrits sur les listes électorales », soit plus de 4,5 millions de personnes. Mais ce « référendum d’initiative partagée », en vigueur depuis 2015, n’a jamais été appliqué, même si un site Internet a été conçu pour soutenir les éventuelles propositions.

L’idée du référendum d’initiative populaire est de permettre au peuple de soumettre des propositions au vote des électeurs, sans avoir à obtenir l’aval d’un certain nombre d’élus, à la différence de ce qui existe déjà en France.

2. A quoi peut-il servir ?

Tous les partisans du référendum d’initiative populaire partagent la volonté de « redonner la parole au peuple ». Des divergences existent, en revanche, sur les types de texte qui pourraient être soumis aux citoyens. Parmi les possibilités, on peut notamment évoquer :

  • le fait de proposer des lois ;
  • le fait de demander l’abrogation d’une loi ;
  • le fait de révoquer des élus, c’est-à-dire de demander le départ d’un responsable politique au cours de son mandat ;
  • le fait de modifier la Constitution ;
  • le fait d’approuver ou non des traités.
    On peut également envisager de restreindre, ou pas, le champ d’application du référendum d’initiative citoyenne à certains types de question. C’est par exemple ce qui existe actuellement en France pour le référendum d’initiative partagée, qui peut en théorie porter sur des réformes économiques, sociales ou environnementales.

Des nuances existent également entre ceux qui estiment que ces référendums peuvent être consultatifs (donner la parole au peuple sans contraindre les gouvernements à en tenir compte) et ceux qui estiment au contraire que leurs résultats doivent être appliqués mécaniquement.

Lire aussi Qu’est-ce que le référendum d’initiative citoyenne (RIC) demandé par des « gilets jaunes » ?

3. Comment l’encadrer ?

Au-delà de la question des sujets pouvant être soumis ou non au référendum se pose celle de la procédure permettant de lancer le vote.

Parmi les pistes populaires revient régulièrement celle qui consisterait à mettre en place une plateforme permettant aux citoyens de soumettre toutes leurs propositions. Celles qui réuniraient un certain nombre de signatures en ligne (ou par d’autres canaux) feraient alors l’objet d’un vote. La question du seuil à son importance, puisqu’elle rend l’organisation d’un référendum plus ou moins facilement accessible.

4. Que proposent les « gilets jaunes » ?

Plusieurs formulations de la demande du RIC ont émergé au sein des « gilets jaunes » ces dernières semaines. Cette proposition était ainsi déjà formulée dans une liste de 42 mesures qui a beaucoup circulé dans le mouvement(sans forcément faire l’unanimité).

Dans cette formule, les citoyens pourraient « faire une proposition de loi », à condition d’obtenir « 700 000 signatures » sur « un site lisible et efficace, encadré par un organisme indépendant de contrôle ». Dès lors, l’Assemblée nationale devrait discuter, compléter et amender la proposition avant de la soumettre au vote de « l’intégralité des Français », au plus tard un an après qu’elle a récolté le nombre de signatures requis.

Une des revendications des « gilets jaunes » est la mise en place d’un référendum d’initiative citoyenne (R.I.C.). ALINE LECLERC / LE MONDE

Une version beaucoup plus large de cette proposition a émergé plus récemment, sous la forme d’un tract publié sur le site giletsjaunes-coordination.fr. Ce document, que des dizaines de « gilets jaunes » mobilisés samedi 15 décembre 2018 ont imprimé, propose une version plus large du RIC, qui inclut les propositions de loi, mais aussi la possibilité de révoquer des élus, de supprimer des lois ou de modifier la Constitution. Ce document ne mentionne pas quel pourrait être le nombre de signatures requis pour lancer un référendum.

Lire : Sur un axe de Mélenchon à Le Pen, où se situent les revendications des « gilets jaunes » ?

5. Cela existe-t-il ailleurs ?

Différentes formes de RIC existent dans certains pays. Parmi les exemples les plus fréquemment évoqués, on trouve la Suisse où le système existe depuis le XIXe siècle. Les électeurs sont régulièrement appelés à voter, et souvent sur plusieurs thèmes à la fois. Une coutume nationale qui en fait le pays le plus scruté tant par les partisans que lespourfendeurs du RIC. En Italie, aussi, la Constitution prévoit qu’un scrutin se tient à la demande d’au moins 500 000 électeursou cinq conseils régionaux.

Le cas de figure du référendum révocatoire, quant à lui, est plutôt inspiré de ce qui existe au Venezuela, où un élu peut être révoqué à partir de la mi-mandat. Pour que le référendum révocatoire soit organisé, il faut que 20 % des inscrits dans la circonscription au moins aient signé une pétition en ce sens, puis que le oui l’emporte avec un nombre de votes égal ou supérieur au nombre des suffrages recueillis par l’élu lors de la dernière élection.

6. Qu’en pensent les responsables politiques français ?

Plusieurs candidats à la présidentielle de 2017 étaient favorables à des formes de référendum d’initiative populaire. On peut citer Jean-Luc Mélenchon (qui proposait aussi un référendum révocatoire, sans préciser combien de citoyens devaient l’initier), Nicolas Dupont-Aignan et Marine Le Pen (qui proposaient tous deux la signature d’au moins 500 000 électeurs) ou encore François Asselineau. Benoît Hamon proposait de son côté un « 49.3 citoyen » qui permette à « 1 % du corps électoral d’imposer au Parlement d’examiner une proposition de loi » citoyenne.

Plusieurs autres partis se positionnent également sur ce plan aujourd’hui. Le député Les Républicains Julien Aubert a ainsi déposé une proposition de loi constitutionnelle début décembre pour un véritable « référendum d’initiative populaire », tandis qu’à l’UDI, on se dit favorable à étendre le référendum citoyen, notamment via la saisine obligatoire du Parlement sur des sujets par des pétitions électroniques.

Samedi 16 décembre 2018, la députée MoDem Isabelle Florennes a assuré sur LCI que les élus de son groupe avaient « toujours été favorables » au RIC, mais à condition qu’il soit « encadré » et « adossé à un Parlement fort », ajoutant que la révocation serait « anticonstitutionnelle ».

Emmanuel Macron n’a, en revanche, jamais repris de telles propositions à son compte pour l’heure. Le fera-t-il dans les semaines ou mois qui viennent ? « Tout peut être discuté », y compris le « RIC », a affirmé samedi sur BFM-TV le président de l’Assemblée nationale, Richard Ferrand (LRM), tout en estimant qu’il faut « apporter des réponses élaborées à des problèmes complexes et qu’on ne peut pas se contenter de solutions simplistes ».

Notre sélection d’articles pour tout comprendre aux « gilets jaunes » - La rubrique pour retrouver l’ensemble de nos contenus (décryptages, reportages...) est accessible sur cette page.

La mobilisation racontée

Résultat de recherche d’images pour ’lemonde.fr/les-decodeurs’

Source : https://www.lemonde.fr/les-decodeurs/article/2018/12/16/six-questions-sur-le-ric-referendum-d-initiative-citoyenne-qui-seduit-les-gilets-jaunes_5398368_4355770.html

Retour au sommaire

3.
Dix erreurs qui circulent sur le RIC Par Raul Magni Berton 5 janvier 2019 - Blog : Le blog de Raul Magni Berton – Diffusé par ‘blogs.mediapart.fr’

La revendication d’un référendum d’initiative citoyenne a donné lieu à beaucoup d’arguments pour ou contre. Certains – surtout venus de nos représentants – s’appuient sur de fausses affirmations. Ce billet décrypte dix d’entre elles. De manière générale, les connaissances disponibles confortent les argument en faveur de la revendication phare des Gilets jaunes.

Le référendum d’initiative citoyenne a donné lieu, ces dernières semaines, à toutes sortes de spéculations souvent très éloignées de la réalité. S’agissant d’une institution très bien connue car très étudiée, il est utile de revenir sur dix informations erronées véhiculées tant par ses supporters que par ses opposants. De manière générale, les connaissances disponibles sont favorables aux arguments qui appuient la revendication phare des Gilets Jaunes et contredisent les craintes exprimées par les élus de La République en marche.

1. Le RIC est un saut dans l’inconnu

Le RIC est utilisé dans une dizaine d’États, des centaines de régions et des milliers de communes. De nombreuses variantes sont utilisées et observées, qui vont des modèles plus anciens – en Suisse et aux États-Unis où le RIC date du dix-neuvième siècle – aux plus récents, en Europe de l’Est. Les RIC plus anciens sont aussi les plus faciles d’accès : faibles seuils de signatures, aucune restriction sur les sujets concernés, pas de quorums (nombre minimal de participants) sur le résultat du référendum, aucune intervention des représentants dans le processus, utilisation à tous les niveaux de gouvernement. Ces différents aspects ont été restreints dans les dispositifs plus récents. En Uruguay, par exemple, le seuil des signatures est très élevé, mais aucun quorum n’est nécessaire. À l’inverse, en Italie, le seuil est faible mais le quorum exigeant. De nombreuses autres variantes, existantes depuis des années, ont permis d’obtenir des connaissances solides sur ce dispositif qui est donc loin d’être inconnu.

2. Le RIC exprime la volonté du peuple

La « volonté du peuple » ne s’exprime ni par le RIC, ni par les élections. Le RIC permet aux lois d’être impulsées par une minorité d’électeurs et validées par une majorité d’entre eux. Cela signifie que la majorité valide ou non les propositions faites par des minorités capables de réunir un certain nombre de signatures. L’intérêt principal du RIC n’est donc pas d’identifier une volonté du peuple, mais de fournir à chacun un moyen de contrôle sur les représentants, associé à des droits politiques renforcés. Chaque citoyen a alors le droit d’impulser les lois, de voter directement pour des projets législatifs, de censurer une loi de son gouvernement, voire de décider d’avancer la date des élections. En ceci, on peut dire que le RIC accroît les droits des citoyens, mais pas qu’il exprime la volonté du peuple.

3. Le RIC ne doit pas porter sur des questions budgétaires ni autres sujets techniques

Cette limite est paradoxale car l’un des effets le plus régulièrement observé du RIC est la réduction de la dette publique. Autrement dit, lorsque les citoyens se mêlent d’équilibre budgétaire, ils le mettent plus en ordre. Certains pays, comme l’Italie, ont interdit qu’un RIC puisse porter sur des questions budgétaires. L’absence de cette restriction lui aurait été pourtant utile car l’Italie se retrouve parmi les États les plus endettés au monde. À l’inverse, la Suisse ou la Californie, qui utilisent le RIC sur tous les sujets incluant les plus techniques, ont une économie qui fonctionne très bien. En fait, le RIC empêche la technicisation abusive des sujets et favorise la transparence des enjeux. Au contraire, sans le RIC, les représentants sont incités à rendre inutilement complexes les enjeux budgétaires, limitant ainsi les éventuelles contestations. Cette même logique rend plus généralement le RIC particulièrement bienvenu sur les sujets techniques.

4. Le RIC n’a de sens qu’au niveau local

Nous sommes revenus sur les effets du RIC sur les comptes publics : cet effet n’est observé que lorsque le RIC est mis en place au même niveau de gouvernement que celui qui collecte l’impôt. Supposons, par exemple, que les citoyens d’une ville doivent voter pour ou contre la construction d’un pont financé par l’État français. Dans ce cas, ils diront « oui », car ils gagnent un pont sans le payer. C’est ce qu’il se passe dans les municipalités aux Etats-Unis, où – contrairement aux États - les déficits ont tendance à augmenter. En revanche, lorsque le RIC porte sur le niveau où l’impôt est collecté, les effets vertueux cités plus haut sont visibles : les citoyens font des choix plus responsables que leurs élus. Par conséquent, en l’état actuel de l’organisation des pouvoirs en France, le RIC est intéressant surtout au niveau national. Si la France était amenée à donner à ses régions ou communes une plus forte capacité à lever l’impôt, alors introduire un RIC local aurait un sens.

5. Le RIC doit être limité car il entraîne un risque de mise en cause des droits et libertés fondamentales

Rien ne justifie une telle affirmation. La Suisse n’a jamais eu de tournant autoritaire, ni aucun mouvement d’ampleur défendant des mesures d’oppression, contrairement aux pays voisins. L’Uruguay, qui dispose également d’un RIC, est désormais toujours mieux classé que la France dans les index internationaux qui mesurent le respect des droits civiques. Aux États-Unis, la peine de mort est certes largement pratiquée, mais ce sont les États qui n’ont pas le RIC qui la pratiquent le plus : le Texas en tête, suivi par l’Alabama ou la Géorgie. D’un point de vue statistique, aucun lien significatif entre usage du RIC et atteinte aux droits fondamentaux n’a été observé. Si l’on se base sur les cas d’usage du RIC au niveau national, on devrait plutôt extrapoler un lien dans l’autre sens : le RIC et la protection des droits fondamentaux ont tendance à aller de pair, simplement parce que les citoyens ont peu d’intérêt à supprimer leurs propres droits.

6. Le RIC doit exiger des seuils de signatures très élevés pour ne pas être un instrument dans les mains de groupes d’intérêt.

Plus le seuil de signatures est élevé, plus le nombre de groupes capables de lancer une initiative est restreint. Cela vaut aussi pour les groupes d’intérêt : avec un seuil élevé, seuls les groupes puissants et riches pourront lancer une initiative, alors qu’avec un seuil faible, les lobbies de moindre importance pourront également tenter leur chance. Les groupes d’intérêt jouent donc toujours un rôle d’impulsion avec le RIC, quel que soit le seuil de signatures. Il faut néanmoins garder en tête que, puisqu’un referendum suit automatiquement une proposition, il faut que l’initiative plaise à la majorité des votants pour être adoptée. Le poids des lobbies est donc moins fort que dans un système sans RIC, parce qu’il est toujours plus difficile de convaincre une majorité d’électeurs plutôt qu’une équipe restreinte d’élus au pouvoir.

7. Le RIC peut annuler des décisions qui ont exigé beaucoup de travail et d’engagement de la part des décideurs.

Lorsque le RIC existe, les pratiques politiques changent. Avant de faire une loi, les gouvernants ont intérêt à explorer si la loi qu’ils envisagent est suffisamment consensuelle, autrement ils risquent en effet de travailler pour rien. Une habitude à prendre, donc, surtout dans les pays, comme la France, où le consensus n’est absolument pas nécessaire pour prendre une décision politique et où le gouvernement est habitué à consulter relativement peu les autres partis, les corps intermédiaires ou la société civile avant de lancer des projets de lois.

8. Avec le RIC, les gens voteront moins.

Il est vrai que lorsque les occasions de voter sont nombreuses, les gens ont moins besoin de saisir chaque occasion. On peut donc penser que la participation électorale à chaque élection baissera. Cependant, cela ne signifie pas que les gens votent moins. Au contraire, chaque citoyen, même en votant une fois sur quatre, votera plus qu’aujourd’hui parce qu’il se verra offrir beaucoup plus d’occasions (les référendums). Ainsi, actuellement, chaque Suisse vote beaucoup plus que chaque Français, en dépit d’un petit 40% de participation moyenne dans les votations suisses.

9. Le RIC exige un quorum, pour garantir un minimum de participation des citoyens.

Dans beaucoup de pays, un quorum de 50 % de participation au moins est exigé pour que le résultat d’un référendum soit validé. Cette contrainte a un effet pervers bien connu : ceux qui sont contre la proposition soumise à référendum ont intérêt à ne pas aller voter, et à en parler le moins possible pour que les autres votants se désintéressent de la question. Le quorum est un excellent moyen de tuer le débat public et nuire à la participation électorale. Les quorums qui portent non pas sur la participation, mais sur le pourcentage de voix majoritaires – pratiqués en Allemagne – réduisent, mais n’annulent pas, cet effet pernicieux des quorums.

10. Le RIC bouleversera radicalement les décisions politiques de demain.

Même le RIC le plus intransigeant, à la suisse ou californienne, ne produit pas de changement majeur de normes dans une société. Certainement, en renforçant les droits politiques et la division des pouvoirs, il a des conséquences sur la façon de faire de la politique. Mais sur les grands enjeux économiques et sociaux, l’impact du RIC est mineur. L’introduire n’entrainera ni le paradis ni l’enfer. Pour cette raison, il mériterait d’être introduit, avec un débat bien plus pacifié et fondé sur les faits autour de ses modalités d’applications.

Le Club est l’espace de libre expression des abonnés de Mediapart. Ses contenus n’engagent pas la rédaction.

L’auteur

Raul Magni Berton - Professeur de science politique Grenoble - France

Le blog de Raul Magni Berton - mots-clés Démocratie Gilets jaunes réferendum RIC

Dans le club

Image associée

Source : https://blogs.mediapart.fr/raul-magni-berton/blog/030119/dix-erreurs-qui-circulent-sur-le-ric

Retour au sommaire

4.
Face au RIC, cette bien-pensance au pouvoir qui a peur du peuple Par Philippe Prigentet Damien Lempereur 06/01/2019 07:00 CET | Actualisé 06/01/2019 07:00 CET - LES BLOGS – Diffusé par ‘Huffpost’ – Photo Getty : ’Allons au bout de leur logique : si le peuple ne peut pas trancher les questions complexes –c’est-à-dire les plus importantes– il faut supprimer la démocratie.’

M. Macron, n’est-il pas étrange de promouvoir le référendum en entreprise pour déroger au Code du travail et de le refuser en politique ?

La bien-pensance est un paradoxe : elle tire constamment l’alarme à la démocratie en danger et en même temps elle refuse que le peuple (démos) exerce le pouvoir (kratos). Cette contradiction apparaît de façon particulièrement éclatante au sujet du référendum d’initiative citoyenne, que M. Macron et ses amis tentent désespérément d’éviter. Un esprit taquin ferait observer qu’il est étrange pour M. Macron de promouvoir le référendum en entreprise pour déroger au Code du travail (lois travail) et de le refuser en politique mais Jupiter n’est-il pas le spécialiste du ’et en même temps’ ?

Les bien-pensants ont une réponse à ce paradoxe : le ’populisme’, une grande peur fondée sur trois certitudes : le peuple ne répond jamais à la question posée dans un référendum, il faut se méfier des ’des heures les plus sombres de notre histoire’ et les questions sont trop complexes pour être comprises du (bas) peuple.

On peut parfois admettre que le peuple décide, jamais qu’il sache décider.

Pour les bien-pensants, un peuple qui dit non à cette Union européenne, à l’immigration ou au racket fiscal ne veut pas vraiment dire non : soit il n’a pas compris l’enjeu, soit il a répondu à une autre question. Le bien-pensant raisonne comme les harceleurs : si elle dit non, c’est qu’elle ne sait pas ce qu’elle rate et il suffit d’insister, quitte à se montrer brutal. C’est pourquoi il fait revoter les citoyens avec la galanterie d’un Harvey Weinstein : ’Si c’est oui on poursuit, si c’est non on continue’, comme disait Jean-Claude Juncker à propos des référendums français et néerlandais de 2005. Passe encore que les femmes puissent dire non dans leur vie privée mais comme électrices, vous n’y pensez pas !

Le bien-pensant n’est pas seulement un Don Juan, c’est aussi un historien. À chaque proposition de laisser les citoyens décider, il invoque le terrible spectre du ’populisme’ des ’années trente’ et des ’heures les plus sombres de notre histoire’. La référence est en effet très convaincante.

En 1932, le peuple allemand votait trois fois de suite contre Hitler, qui ne dépassait pas 37% des suffrages (malgré de meilleurs scores chez les plus diplômés). Les députés avaient tous promis de ne jamais s’allier à Hitler mais ils appliquaient déjà le conseil de Peter Sutherland (dirigeant de Goldman Sachs et ancien commissaire européen à la concurrence) au sujet du Brexit : ’d’une façon ou d’une autre, il faut annuler ce résultat’. En février 1933, les députés soutenaient Hitler comme chancelier.

En 1921, le peuple italien votait à 80% contre les fascistes et leurs alliés ; en 1922, les députés soutenaient Mussolini comme Premier ministre.

En février 1936, le peuple espagnol porte le Front populaire au pouvoir ; en juillet les ’élites’ soutiennent le coup d’Etat des perdants, qui imposeront Franco.

Début 1939, les Français déclarent à 70% dans un sondage IFOP qu’ils veulent s’opposer par la force à Hitler s’il envahit la Tchécoslovaquie ; en mars 1939, le Gouvernement centriste laisse l’Allemagne occuper notre allié.

Comment peut-on se fier au peuple plutôt qu’aux ’élites’ après de tels exemples ?

Et quand les citoyens persistent à vouloir se prononcer sur l’immigration, le commerce international, la fiscalité, etc. le bien-pensant recourt à l’argument décisif : ces questions sont trop complexes. Comment voulez-vous que le peuple comprenne les règles européennes, l’économie ou l’immigration ?

La litanie d’échecs de la caste technocratique dans tous les domaines au cours des dernières décennies inciterait n’importe quel être raisonnable à l’humilité, mais le grand avantage des énarques et assimilés est de ne jamais avoir à remettre en cause leur propre compétence. Un Jacques Attali peut conseiller les nationalisations et le programme commun avec les staliniens des années 1970 à 1983 puis prôner une politique économique radicalement opposée ; il n’aura jamais été en tort.

Mais allons au bout de la logique : si le peuple ne peut pas trancher les questions complexes –c’est-à-dire les plus importantes– il faut supprimer la démocratie. Il faut refuser le droit de vote aux citoyens comme on le refusait aux femmes avant 1945, car on les considérait comme de perpétuelles mineures.

Le choix du référendum d’initiative citoyenne (RIC) est un choix de principe : pour ou contre la démocratie. Nous votons pour. Cette tribune est également signée par Emmanuelle Gave, avocate au Barreau de Paris, directrice exécutive de l’Institut des Libertés.

À voir également sur Le HuffPost :

Pour suivre les dernières actualités en direct sur Le HuffPost, cliquez ici

Retrouvez-nous sur notre page Facebook

Abonnez-vous à notre chaîne YouTube

PLUS : Emmanuel Macron Gilets jaunes POLITIQUE

Image associée

Source : https://www.huffingtonpost.fr/philippe-prigent/face-au-ric-cette-bien-pensance-au-pouvoir-qui-a-peur-du-peuple_a_23633530/

Retour au sommaire

5.
Définition de la démocratie participative selon ‘La Toupie’

Etymologie : du grec dêmos, peuple, et kratos, pouvoir, autorité et du latin participatio, participer.

La démocratie participative désigne l’ensemble des dispositifs et des procédures qui permettent d’augmenter l’implication des citoyens dans la vie politique et d’accroître leur rôle dans les prises de décision.

Elle trouve son fondement dans les lacunes de la démocratie représentative :

  • parlement non représentatif de la diversité de la société,
  • éloignement des élus du terrain et de la réalité quotidienne,
  • sentiment pour les citoyens de ne pas être compris des politiciens,
  • méfiance envers les hommes politiques,
  • faiblesse des contre-pouvoirs,
  • augmentation de l’abstention...
    La démocratie participative s’inspire des concepts qui ont été mis en place à partir des années 1960 dans les nombreuses entreprises afin d’améliorer l’organisation des postes de travail (management participatif).

    Par rapport à la démocratie représentative et à la démocratie directe, la démocratie participative se présente comme un système mixte dans lequel le peuple délègue son pouvoir à des représentants qui proposent et votent des lois, mais conserve cependant le pouvoir de se saisir lui-même de certaines questions.

    Les caractéristiques d’une démocratie participative sont :

  • l’extension du droit de vote et de sa fréquence, assortie de l’initiative législative (ex : via des pétitions) ;
  • la concertation dynamique, sous forme de débats libres, relative à des décisions aussi bien à échelle locale que nationale (exemple : Comités Consultatifs, Conseils de Quartiers...) ;
  • la mise en place d’un système organisé qui garantit que toutes les idées constructives et nouvelles des citoyens seront examinées de manière efficace.
    Un système de démocratie participative sera d’autant plus pérenne que toutes les mesures décidées sont acceptables par la grande majorité des personnes concernées et vont dans le sens du ’bien commun’.

    Les critiques faites à la démocratie participative portent principalement sur :

‘La Toupie’ « Alarme, citoyens ! « Formez vos convictions ! »

Source : http://www.toupie.org/Dictionnaire/Democratie_participative.htm

Retour au sommaire

6.
Démocratie participative selon Wikipédia

Ne doit pas être confondu avec Démocratie délibérative.

La démocratie participative est une forme de partage et d’exercice du pouvoir, fondée sur le renforcement de la participation des citoyens à la prise de décision politique. On parle également de « démocratie délibérative » pour mettre l’accent sur les différents processus permettant la participation du public à l’élaboration des décisions, pendant la phase de délibération. La démocratie participative ou délibérative peut prendre plusieurs formes, mais elle s’est d’abord instaurée sur le terrain de l’aménagement du territoire et de l’urbanisme, avant de s’étendre dans les champs de l’environnement. Dans ces cadres, les associations jouent un rôle central en tant qu’interlocuteurs pour les autorités publiques. En France une Charte de la participation du public publiée en 2016 liste les bonnes pratiques en matière de participation du public1.

Fondements - L’impératif participatif : « démocratiser la démocratie »

Apparu à la fin des années 1960, le concept politique de démocratie participative s’est développé dans le contexte d’une interrogation croissante sur les limites de la démocratie représentative, du fait majoritaire, de la professionnalisation du politique et de l’« omniscience des experts ». Ainsi s’est affirmé l’impératif de mettre à la disposition des citoyens les moyens de débattre, d’exprimer leur avis et de peser dans les décisions qui les concernent.

Cette nouvelle façon d’appréhender la décision politique répond également au besoin éthique de statuer sur les controverses socio-techniques issues notamment des nouvelles découvertes technologiques et scientifiques. L’ouvrage de Michel Callon, Pierre Lascoumes et Yannick Barthe, Agir dans un monde incertain2, résume synthétiquement ce problème et les moyens de le dépasser : « Les avancées des sciences et techniques ne sont plus contrôlables par les institutions politiques dont nous disposons ». Les décideurs doivent avoir, en cas d’erreur, la possibilité de corriger les décisions publiques et d’appréhender à nouveau des options qu’ils avaient abandonnées. Pour éviter l’irrévocable, il faut quitter le cadre des décisions traditionnelles et accepter de prendre, plutôt qu’un seul acte tranché, une série d’actes mesurés, enrichis par les apports des profanes. C’est par exemple, dans le domaine de la santé publique, un acquis des associations de patients victimes du sida. Il est aujourd’hui admis que ces mouvements de malades ont participé à un rééquilibrage de la relation médecin-patient dont les bénéfices se sont étendus bien au-delà de la lutte contre le sida.

Cette nécessité de revitaliser la démocratie s’appuie donc sur un rôle et un pouvoir nouveaux dévolus aux citoyens. Elle s’appuie, comme l’exprimait le philosophe pragmatiste John Dewey, sur une « citoyenneté active et informée » et sur la « formation d’un public actif, capable de déployer une capacité d’enquête et de rechercher lui-même une solution adaptée à ses problèmes »3. En ce sens, la participation citoyenne est intrinsèquement lié au droit d’accès à l’information, ce qui est formalisé, par exemple, dans la Convention d’Aarhus sur l’accès à l’information, la participation du public au processus décisionnel et l’accès à la justice en matière d’environnement de 1998.

Démocratie et cohésion sociale

Si la démocratie est une valeur et pas seulement une « technique de gouvernement », une majorité de 51 % des votants, ne représentant qu’une part inférieure à ce chiffre du corps électoral, ne suffit pas à justifier une politique4. L’État est chargé d’assurer la cohérence dans une société qui est hétérogène5. Aujourd’hui le problème de la cohésion se substitue à celui de l’intégration6. La démocratie est une activité collective dont la fonction essentielle est de « faire société »7. Dans L’État social de la France, Jean-François Chantaraud propose une démonstration de la gouvernance comme clé principale de la cohésion sociale et de la performance durable.

Les insuffisances de la démocratie représentative

Le désintérêt

La participation au premier tour des législatives, qui était de 80 % en 1958, est tombée à 60 % en 20078. Dit autrement 40 % des électeurs potentiels en 2007 (abstentionnistes + votes blancs) n’ont pas participé au premier tour. Ce désintérêt de la chose publique est, pour une part, dû aux dérives médiatiques de l’État spectacle. L’image personnelle des acteurs politiques, s’appuyant sur les techniques de communication, prend le pas sur le fond9.

La non-représentativité

La non-représentativité au sein du Parlement concerne, entre autres, les catégories socioprofessionnelles. Chacune de celles-ci a son habitus. Michel Koebel souligne que nos visions sont profondément marquées et dépendantes de nos conditions d’existence10. Les ouvriers ont disparu de l’Assemblée nationale. Ouvriers et employés, qui constituent la moitié des actifs en France, ne représentent que 5 % des députés. La non-représentativité affecte également les jeunes, les femmes, les minorités. Elle concerne l’ensemble des institutions politiques où ces catégories font rarement partie du personnel dirigeant, même dans les partis, ce qui les exclut des positions de pouvoir politique11. Au plan local des compétences de plus en plus étendues sont nécessaires à l’exercice d’un mandat local à la suite de la décentralisation. Il en résulte une professionnalisation des élus locaux. L’ensemble de ces facteurs crée une coupure entre les professionnels de la politique et les profanes12.

L’absence d’une vision d’avenir

Selon Pierre Rosanvallon, « les régimes démocratiques ont du mal à intégrer le souci du long terme ». Sont en cause la professionnalisation des acteurs politiques, leur personnalisation et la proximité des échéances électorales. Or c’est le long terme qui est porteur de l’intérêt général13.

Selon Dominique Bourg, l’avenir est un aspect négligé de la démocratie représentative moderne. Il requiert prédiction, précaution et innovation politique. Or le problème du changement climatique revêt un caractère intrinsèquement prospectif. En ce qui concerne les générations futures, la notion même de « représentation » est déroutante14.

L’impératif délibératif : de meilleurs débats pour de meilleures décisions

La démocratie participative n’est nullement réductible à la « démocratie d’opinion » en cela qu’elle crée les conditions nécessaires au déroulement d’un débat public ouvert et démocratique. Inspiré par des penseurs de la délibération collective tels que Jürgen Habermas et James S. Fishkin (en), l’impératif délibératif se fonde sur une logique simple : meilleure est la qualité du débat, plus légitimes et efficaces sont les décisions qui en découlent.

Toute la question porte alors sur les conditions d’un bon débat et notamment la qualité de la procédure délibérative pour arriver à ce qu’Habermas appelle « une entente rationnellement motivée »15, notamment la liberté des participants au débat (ils doivent être « actifs et ouverts », « exempts de toute forme de contrainte ») et du débat lui-même (il doit être public et potentiellement ouvert à tous). Ceci, bien sûr, sans aboutir à une définition excessivement normative du « citoyen idéal » dont l’effet pervers peut-être la disqualification du « citoyen réel ».

Les formes de la démocratie participative

La participation à une décision peut prendre la forme d’une consultation, d’une concertation, d’une coélaboration16 ou d’un référendum.

Consultation

La consultation n’implique pas la prise en compte des avis donnés. Dans le cas des enquêtes publiques le commissaire enquêteur émet un avis personnel qui n’est pas nécessairement celui de la majorité des déposants. L’autorité publique n’est pas non plus tenue de suivre l’avis du commissaire enquêteur. Le débat public est une consultation et non une confrontation17.

Concertation

La concertation publique est régie par la « Charte de la concertation ». Celle-ci impose des procédures en amont du projet, élargissant la transparence, impliquant des débats et favorisant la participation. Mais le pouvoir décisionnel reste entièrement dans les mains de l’autorité publique.

Il existe différents types de concertation18 :

  • la concertation de communication. La concertation de communication a l’apparence de la participation mais elle n’en a pas le fondement. Les résultats importent peu. Il s’agit pour la collectivité de montrer qu’elle associe la population. Elle lui donne les moyens de s’exprimer, mais dans quel but ? Le plus souvent, les réponses ont peu d’effets sur la conduite des affaires publiques. Il s’agit d’abord, de faire passer des messages, promouvoir une politique sans avoir d’effets réels. C’est d’ailleurs, le type de participation le plus souvent utilisé.
  • la concertation structurelle. L’installation d’une concertation structurelle se caractérise par la mise en place d’une structure dédiée. C’est parfois obligatoire comme les conseils de quartiers pour les villes de plus de 80 000 habitants, c’est aussi de l’affichage comme la mise en place des « Conseils municipaux de jeunes » qui visent avant tout à associer et communiquer vers les collégiens. Revue de détails de ces structures qui pour durer et être efficace, doivent reposer sur des acteurs qui ont le temps et les compétences pour étudier et réagir aux projets étudiés. Ce qui n’est pas simple.
  • la concertation d’engagement. Certains élus, certaines collectivités se caractérisent par un engagement fort dans la concertation et les procédures participatives. Mode de gestion de la ville, aménagement, concertation sur de grands sujets de politique générale… ces élus intègrent un dialogue participatif. Cet engagement se retrouve dans la mise en place des démarches que nous avons citées : Charte de la participation, structure interne dédiée, démarches participatives structurées, formation des agents, etc.
  • la concertation de construction. La concertation de construction repose sur la volonté d’un décideur public d’associer la population à la construction de son projet. Les raisons peuvent être variées : arbitrage entre des options divergentes au sein de l’équipe projet, volonté d’obtenir une validation par la population de son projet, souhait d’améliorer certains points, moyen de légitimer un choix… Les choix sont ouverts. La collectivité, l’opérateur public étudient plusieurs options. Cela est possible parce que financièrement ou politiquement les différentes options se valent. Il peut s’agir d’un référendum local. La réponse fonctionne alors comme un couperet : oui ou non le projet se fera. Mais cette concertation de construction peut permettre d’affiner un projet, d’améliorer des points ou de faire évoluer certains aspects du projet.
  • la concertation d’attente. La concertation sert également… à ne pas prendre de décision. Les contraintes politiques, les raisons budgétaires, les doutes sur la finalité d’un projet peuvent reporter la réalisation d’un projet. Pourtant, l’annonce de son arrêt n’est pas à l’ordre du jour. Soit parce qu’il ne faut pas se déjuger par rapport à des annonces passées, soit parce que les financements manquent et qu’à défaut d’enterrer ou d’engager le projet… on concerte. Cette démarche se retrouve également dans la politique nationale. Pour éviter les risques d’un « président hyperactif », la démarche participative est largement mise en avant. Cela permet à la fois d’éviter de prendre des décisions hâtives et inappropriées et de reporter des dépenses à des jours meilleurs.
    Une concertation publique peut porter sur des sujets variés. La convention d’Aarhus donne un poids particulier aux questions d’environnement. Elle est reprise par deux directives européennes et en France par l’article 7 de la Charte de l’environnement qui énonce que : « toute personne a le droit, dans les conditions et les limites définies par la loi, d’accéder aux informations relatives à l’environnement détenues par les autorités publiques et de participer à l’élaboration des décisions publiques ayant une incidence sur l’environnement ».

Coélaboration - Articles détaillés : Budget participatif et Conférence de citoyens.

Cette forme de participation incarne un niveau élevé de démocratie participative dans la mesure où, comme à Grigny par exemple, le budget participatif, fraction du budget général, relève de décisions prises collectivement.

Les conférences de citoyens représentent une autre forme de coélaboration. Si les instances décisionnaires ne suivent pas les conclusions de la conférence, elles sont tenues d’en fournir les justifications. Le principe des conférences de citoyens, fréquemment utilisées dans des pays comme le Danemark ou le Canada, permet de tester différents scénarios et de voir celui qui emporte l’adhésion des citoyens. Dans ce dispositif, une vingtaine de citoyens tiré au sort sont formés sur un thème donné et doivent répondre, après formation et débats avec des personnalités, à une question posée. L’objectif est de mesurer le plus finement possible la nécessité et l’acceptabilité d’une réforme et de dégager le socle consensuel le plus large possible pour l’avenir. Les Parlements de certains pays du Nord de l’Europe y ont ainsi fréquemment recours.

Peu de conférences de citoyens ont été organisées en France à l’échelle nationale : en 1998, l’Office parlementaire des choix scientifiques et technologiques (OPECST) a organisé une conférence avec 15 citoyens sur les OGM ; en 2002, la Commission française du développement durable a organisé une conférence avec 16 citoyens sur les changements climatiques et la citoyenneté et en 2003 une conférence de 15 citoyens sur le devenir des boues domestiques a été organisée dans le cadre du débat national sur l’eau. De 2005 à 2009, le laboratoire GSK a organisé cinq conférences avec 20 citoyens sur des thèmes liés à la santé : l’évaluation des risques pour les médicaments, les progrès thérapeutiques, l’engagement du citoyen dans le système de santé, l’orientation dans le système de soins, l’hôpital. En 2012, l’Institut Montaigne a organisé une conférence avec 25 citoyens pour répondre aux questions « Quel système de santé voulons-nous ? Comment souhaitons-nous l’utiliser et le financer pour qu’il soit viable ? ».

En France, la loi du 7 juillet 2011 relative à la bioéthique a prévu que le Comité consultatif national d’éthique organise des états généraux « avant tout projet de réforme sur les problèmes éthiques et les questions de société soulevés par les progrès de la connaissance dans les domaines de la biologie, de la médecine et de la santé ». Ces états généraux doivent réunir des conférences de citoyens choisis de manière à représenter la société dans sa diversité.

Référendum national

Selon Thierry Ménissier, auteur de « Machiavel ou la politique du centaure »19, le référendum national « ne crée pas les conditions d’une conversation civile durable et demeure pauvre du point de vue de la culture de participation »20. En Uruguay, par exemple, les protestataires contre la pollution créée par les industries extractives et l’agriculture intensive rejettent la voie d’un référendum national. « Sur la base de l’expérience de plus de vingt ans cette voie (conduirait selon eux) à la désarticulation du mouvement, la volonté populaire étant influencée par ceux qui ont la capacité de faire une publicité millionnaire dans les grands médias »21. En ce sens, le référendum se correspondrait plutôt d’un mécanisme de démocratie directe que de démocratie participative (voir notamment initiative populaire).

Exemples de démocratie participative : À Kingersheim, ville de la banlieue de Mulhouse (Haut-Rhin)

Lire l’article en entier sur ce site : https://fr.wikipedia.org/wiki/D%C3%A9mocratie_participative

Retour au sommaire

7.
Conférence de citoyens selon Wikipédia

La conférence de citoyen désigne une procédure se donnant pour objectif de faire participer les citoyens au débat public. Connaissant diverses modalités, qui se différencient suivant leur protocole et leur place dans le processus de décision (la délibération des citoyens a-t-elle seulement une valeur facultative ou s’impose-t-elle aussi de quelque manière au législateur ?), les conférences de citoyens se sont développées en France à la suite de multiples expériences en Allemagne et aux États-Unis puis au Danemark. Elles se distinguent d’autres procédures dites participatives que sont par exemple les débats publics (ces derniers désignant une procédure faisant l’objet d’une marque déposée depuis 2002). Au-delà de l’outil de bonne pratique développé dans le milieu médical américain dans les années 1970 (conférences de consensus), la conférence de citoyens se veut un outil au service d’une démocratie participative abordant des questions tant techniques, éthiques que sociétales. Elle est également appelée jury citoyen, et un modèle proche a été nommé « convention de citoyens » par la Fondation Sciences Citoyennes qui en fait la promotion assidue.

Avènement d’une procédure

Les conférences de citoyens en France ont été créées à l’étranger. elles s’inspirent des conférences de consensus médicales, des Cellules de planification inventées en Allemagne par Peter Dienel (de) et des jurys citoyens développés aux États-Unis par Ned Crosby1.

Les premières conférences de consensus médicales

La première a été organisée aux États-Unis en 1977. L’objectif était de dégager la meilleure manière d’agir dans un cas médical spécifique. Depuis, plusieurs centaines de conférences de consensus médicales ont été organisées dans le monde entier2. Ne réunissant originellement que des professionnels, ces conférences se sont progressivement ouvertes aux non-professionnels par l’intermédiaire d’associations de patients.

Des expériences allemandes et américaines

Le modèle initial des multiples expériences participatives émerge simultanément en Allemagne et aux États-Unis en 1972. En Allemagne les travaux du sociologue Peter Dienel débouchent sur la création de « cellules de planifications » (Plannungszellen). Aux États-Unis, les Citizens’ juries s’inspirent des travaux du sociologue Ned Crosby. Pour l’essentiel ces procédures suivent dès le début des protocoles proches de ceux que développera plus tard l’office danois des technologies3.

Le modèle danois

En 1987, un comité du Parlement danois — le Danish Board of Technology — s’inspirant du modèle des conférences de consensus médicales met en place la première conférence de citoyens. Les Danois inaugurent ainsi une mutation du modèle : ce ne sont plus des professionnels que réunissent ces conférences, mais des personnes naïves, candides dont l’avis est appelé à accompagner un processus politique. Il s’agissait d’obtenir l’opinion de la population, ou plus exactement d’un panel de profanes censé représenter la population, concernant des choix scientifiques et technologiques.

En France

En France, l’Agence nationale d’accréditation et d’évaluation de la santé (ANAES) - actuelle Haute Autorité de santé (HAS) - a été créée en 1996 aux fins d’organiser des débats semblables à ceux développés à l’occasion des conférences de consensus médicales4.

La première conférence de citoyens — originellement appelée conférence de consensus, elle fut renommée en cours de route — a eu lieu en France en 1998 sur le thème des plantes transgéniques. Elle a été organisée par l’Office parlementaire des choix scientifiques et technologiques (OPECST) avec 15 citoyens et faisait suite à une décision controversée prise en 1997 d’autoriser la culture de certains maïs transgéniques5.

Peu de conférences de citoyens ont été organisées en France à l’échelle nationale : en 1998, l’Office parlementaire des choix scientifiques et technologiques (OPECST) a organisé une conférence avec 15 citoyens sur les OGM ; en 2002, la Commission française du développement durable a organisé une conférence avec 16 citoyens sur les changements climatiques et la citoyenneté et en 2003 une conférence de 15 citoyens sur le devenir des boues domestiques a été organisée dans le cadre du débat national sur l’eau, en 2013, le Comité consultatif national d’éthique a organisé une conférence de citoyens sur la fin de vie6

De 2005 à 2009, le laboratoire GSK a organisé 5 conférences avec 20 citoyens sur des thèmes liés à la santé : l’évaluation des risques pour les médicaments, les progrès thérapeutiques, l’engagement du citoyen dans le système de santé, l’orientation dans le système de soins, l’hôpital. En 2012, l’Institut Montaigne a organisé une conférence avec 25 citoyens pour répondre aux questions « Quel système de santé voulons-nous ? Comment souhaitons-nous l’utiliser et le financer pour qu’il soit viable ? ».

Une conférence des citoyens fut également réunie entre décembre 2013 et février 2014, dans le cadre du débat public autour du projet Cigéo (centre de stockage en couche géologique profonde des déchets de haute et moyenne activité à vie longue).

Les collectivités territoriales ont également recours aux conférences de citoyens pour recueillir les opinions de leurs administrés : la Ville de Paris a notamment organisé des conférences avec l’IFOP sur la pollution de l’air en 2015 et sur l’amélioration de la qualité de vie dans le logement social en 20167.

Le Sénat a organisé une conférence de consensus sur le logement8, en accord avec le Gouvernement : initiée le 12/12/2017, elle a rendu la conclusion de ses travaux le 08/02/2018 à travers une plateforme numérique plateforme permettant d’en diffuser les contributions9 des différents acteurs (associations, élus, bailleurs sociaux, syndicats, entreprises, etc.) en vue de l’enrichissement du futur projet de loi et du débat parlementaire correspondant.

Spécificités d’une conférence de citoyens

Un thème complexe

La conférence de citoyens ne saurait être considérée comme une forme de sondage (sondage d’opinion). Elle répond à une situation où une décision politique est souhaitable mais où elle revêt une complexité inhabituelle et nécessite un consensus de la population. Cette complexité porte sur plusieurs facteurs.

De lourdes incertitudes

Le sujet débattu comporte de lourdes incertitudes qu’il est impossible de lever dans l’immédiat. Très souvent les thèmes concernent l’environnement10 ou les conséquences d’une innovation technique11. Au départ les citoyens ne possèdent pas d’information détaillée sur le sujet. Une information scientifique et/ou technique lourde est nécessaire12. La conférence de citoyens assure alors « l’accès à l’information (et) la participation du public au processus décisionnel » conformément à l’esprit de la convention d’Aarhus (1998)13.

Des intérêts multiples et contradictoires

Des intérêts multiples et contradictoires sont liés à la question débattue. Un compromis n’est pas accessible. La conférence de citoyens sert alors à dégager la solution la plus conforme14, ou la moins contraire à l’intérêt général15.

Intérêts des uns et des autres

Les intérêts d’une partie de la population s’opposent aux intérêts d’une autre. Ainsi en est-il de la culture du maïs dans le Sud-Ouest de la France. Ses besoins d’eau en été aggravent les pénuries en période de faible pluviométrie. Les intérêts des agriculteurs s’opposent à ceux de la population urbaine soumise à des restrictions. En Bretagne les nitrates provenant des déjections animales dans l’élevage intensif favorisent l’envahissement des plages par des algues. L’intérêt des apiculteurs peut s’opposer à celui des producteurs et utilisateurs de pesticides écotoxiques (abeilles).

Intérêts individuels et intérêt collectif

Les questions environnementales et les structures complexes de la société moderne ne permettent plus « de garantir l’essor respectif et non contradictoire des libertés individuelles et collectives »16. Les populations locales s’opposent souvent à des travaux d’intérêt général. Ce que symbolise l’acronyme NIMBY (Not In My Back Yard - « Pas dans ma cour »). De même l’utilisation de la voiture personnelle pour aller au travail, s’il existe des transports en commun, entraîne une dégradation de la santé publique17.

Intérêts d’aujourd’hui et intérêts de demain

« Un grand nombre de nos comportements quotidiens, nullement destinés à nuire à autrui, ni même parfois orientés vers autrui, peuvent compromettre nos propres intérêts futurs et a fortiori ceux d’autrui, aujourd’hui, demain et dans un avenir plus lointain… (Bourg fait ici allusion aux) conditions paysagères, climatiques, sanitaires et biologiques »18.

L’impossible arbitrage

Le marché inapte

Le marché est le lieu où se rencontrent l’offre et la demande et où se fixent les prix. Dans le cas des conférences de citoyens il ne s’agit ni de déterminer un prix, ni de répondre à une offre mais de trancher entre des intérêts contradictoires. Le marché est inapte à résoudre ces contradictions, si déjà il ne les rend pas lui-même possibles18.

La compétence controversée des élus

Les élus sont dans la même méconnaissance que le reste de la population. S’ils ont à prendre position entre des intérêts contradictoires, ils sont tenus de défendre celui de leurs mandants. Selon Bourg, « (ils) n’ont aucune légitimité à ruiner la liberté individuelle, la préservation de l’indépendance de chacun fondant au contraire leur légitimité »19. Enfin, au Parlement, les prises de décision se prennent souvent dans des commissions restreintes aux délibérations opaques facilement accessibles aux intercessions des groupes d’intérêt.

Cependant les conférences de citoyens ne se substituent pas aux élus pour une prise de décision. Elles les éclairent en amont en s’efforçant de dégager la position la plus conforme à l’intérêt général. Les élus ne sont pas tenus de suivre ses recommandations mais « ils ont le devoir de justifier leur décision si elle ne (les) suit pas »20.

L’enjeu démocratique

La mondialisation contraint l’État à rendre à la société la capacité de se livrer à la concurrence21. Il doit dans ce cadre parvenir à l’efficacité maximale des moyens techniques dont il dispose. Dans cet État technique les contraintes objectives chassent toute forme de décision22. L’évaluation démocratique de la technique représente la seule possibilité susceptible de remettre en cause les choix de l’État23. Parallèlement « les experts vont découvrir les interrogations et les questions portées par les profanes qui relèvent souvent de domaines — sociologie, psychologie, art de vivre… — que les experts scientifiques abordent rarement24 ».

Les thèmes

Le développement du débat public dans les années soixante s’est fait sur les questions d’environnement. La convention d’Aarhus est d’ailleurs circonscrite aux problèmes d’aménagement et d’environnement13. Se sont rajoutés les questions liées aux innovations scientifiques vu leurs possibles conséquences écologiques, sanitaires voire sociétales. Certains auteurs proposent des conférences de citoyens sur des questions de société25. Isabelle Cassiers les préconise pour redéfinir des finalités26, Dominique Méda pour choisir les indicateurs à mettre en place dans le cadre de grands objectifs à poursuivre27. Pierre Rosanvallon pour déterminer les grandes orientations d’avenir touchant les politiques publiques et les relations internationales28. Pour Lucie Davoine les indicateurs de bien-être et de progrès social qui doivent servir à la définition des politiques à mener ne peuvent être laissés aux mains des experts et doivent faire l’objet d’un véritable débat citoyen29. Pour la Fondation Sciences Citoyennes, la propagation des technologies doit être régulée en fonction des besoins exprimés par la société. La conférence de citoyens en est l’outil adéquat. Il faut l’institutionnaliser et en définir tant le cadre procédural que le cadre juridique. Dans cette optique la Fondation Sciences Citoyennes a élaboré un projet de loi concernant les conventions de citoyens30.

Validité

Critiques

En France cette institution apparaît insolite. Cependant un précédent existe : les jurys d’assises. Une Cour d’assises se compose de citoyens tirés au sort et informés par les autorités judiciaires de la manière d’accomplir leurs tâches31. D’autres critiques semblent plus pertinentes : le nombre limité de personnes composant le panel d’une conférence de citoyens peut faire douter de sa légitimité démocratique. Les risques de manipulation des citoyens, notamment par une information biaisée, ou dans le cadre de l’animation, sont importants. La durée relativement modeste de la formation met en doute la capacité d’acquérir suffisamment de compétences pour pouvoir s’opposer aux experts31.

Précautions à prendre

Toutes ces critiques sont exactes et s’en soustraire nécessite des procédures précises dans la préparation et le déroulement de la conférence. Le panel des citoyens doit refléter la composition sociodémographique de la nation, mais aussi les équilibres idéologiques. La formation des citoyens doit être substantielle. Elle ne saurait conduire à concurrencer les experts mais doit permettre aux profanes de « mettre en question » les certitudes des experts14. Le choix des formateurs et de l’animateur est crucial pour éviter les manipulations. L’objectivité de la formation et des débats doit pouvoir être vérifiée.

Le déroulement

Un modèle de procédure est décrit par Daniel Boy32 dans le livre qu’il a publié avec Dominique Bourg.

Le comité de pilotage

Il est chargé de recruter le panel de citoyens et les formateurs. Sa composition doit comprendre des connaisseurs de la méthode des conférences de citoyens et des connaisseurs du champ débattu. Les premiers sont chargés de fixer les procédures, de veiller au respect des règles et de nommer le panel des citoyens, les seconds d’identifier les parties prenantes et de désigner les formateurs. Il est composé d’une dizaine de personnes reflétant une assez grande diversité d’opinions individuelles sur la controverse33.

Le panel des citoyens

Le recrutement des profanes est généralement confié à un institut de sondage. En 1998 les critères sociodémographiques retenus étaient le sexe, les classes d’âge, le niveau culturel, les professions et les lieux d’habitation. Un questionnaire portant sur les opinions à l’égard de la science et de la technologie ainsi que les appartenances politiques et religieuses permettait d’assurer les équilibres idéologiques34. Un animateur doit être désigné pour assister le groupe des profanes dans la réalisation de ses tâches. Son rôle est déterminant. Il devra être rompu aux techniques d’animation de groupe, de gestion des conflits et de travail en commun35.

Le panel des formateurs

Trois critères doivent être retenus pour le choix des formateurs : les qualités pédagogiques, la compétence dans le domaine et le degré d’implication du formateur dans les enjeux du débat36.

Le panel d’experts

Les experts sont d’une part des scientifiques spécialistes du domaine traité mais aussi des représentants des parties prenantes (administration, politique, industriel, militant associatif). Ils sont choisis par le panel des citoyens qui sera aidé, dans ce choix, par le comité de pilotage37.

Les garanties de non manipulation

Le comité de pilotage veille à ce que des informations biaisées ne soient pas délivrées. L’absence de frustrations ou de plaintes de la part des participants représente déjà un témoignage. Des évaluateurs de la conférence, non membres du comité de pilotage, peuvent également être recrutés. À l’issue du processus ils bénéficieront d’un accès à toutes les pièces du dossier et de la possibilité de solliciter les témoignages de tous les participants. La formation des citoyens est intégralement filmée et disponible à des tiers. La conférence proprement dite est publique. L’anonymat des citoyens durant la formation ainsi que le huis clos des débats postérieurs à la conférence et aboutissant à l’avis final, soustraient le processus aux influences occultes38.

Instrument de démocratie participative

L’espace de temps minimal qui s’écoule entre la prise de décision d’une conférence de citoyens et la remise de l’avis ne saurait être inférieur à huit mois39. Son coût évalué en 2005 de 100 000 à 300 000 euros40 semble inadapté pour des acteurs privés (entreprise, média, organisation professionnelle, syndicat ou association) qui n’auraient besoin que d’un sondage. Leur implication dans la question rendrait leur initiative peu crédible. Conçue dans la perspective d’une prise de décision41 la conférence de citoyens concerne principalement les décideurs politiques. Instrument de démocratie participative elle devrait être organisée sous l’égide d’une instance officielle et les procédures devraient être légalisées par l’élaboration d’un cahier de charges40.

Selon Jacques Testart, un bilan sérieux des expériences de démocratie participatives est actuellement presque impossible notamment par manque d’informations concernant les protocoles utilisés. Avec d’autres universitaires — Marie-Angèle Hermitte, Dominique Rousseau, Yves Sintomer, Julie Talpin et Cécile Blatrix — il compose le conseil scientifique de l’OPPRI — Observatoire des pratiques participatives dans la recherche et l’innovation — qui se veut un outil d’information et d’amélioration42.

Article complet à lire sur ce site : https://fr.wikipedia.org/wiki/Conf%C3%A9rence_de_citoyens

Retour au sommaire

8.
Ville de Kingersheim.- Extrait d’un article de Wikipédia

Kingersheim [kiŋəʁsaɪm] (Kìngerscha en alsacien) est une commune de la banlieue de Mulhouse1. Elle fait partie du département du Haut-Rhin, en région Grand Est (Alsace). D’un village minuscule il y a quelques siècles, Kingersheim est devenue la huitième commune du Haut-Rhin. Le tissu urbain est essentiellement résidentiel mais comporte également une zone commerciale importante qui se poursuit vers Wittenheim. La commune est membre de Mulhouse Alsace Agglomération. Ses habitants sont appelés les Kingersheimois et les Kingersheimoises.

Géographie

Située dans la plaine d’Alsace, la commune de Kingersheim ne présente quasiment pas de relief. Elle connaît un fort accroissement de sa population depuis les années 1970, dû à sa situation dans l’unité urbaine de Mulhouse. Ces dernières années, l’urbanisation se densifie avec notamment plusieurs pôles de constructions d’habitats de types individuels ou HLM, ou le projet de construction d’un quartier éco-durable à la place de la friche AMECO. À l’issue de ces différents projets, la population de Kingersheim pourrait atteindre 15 000 habitants.

Passage obligé entre le nord de l’agglomération mulhousienne, notamment la commune peuplée de Wittenheim, et la ville-centre, Kingersheim subit des transits automobiles importants notamment au niveau du Kaligone (2e zone commerciale d’Alsace).

Kingersheim apparaît pour la première fois en 1195 sous la dénomination de Kemingsen et tire son origine d’une légende, concernant un pavillon de chasse érigé probablement dans le centre historique. La chronique de Schoenensteinbach parle de l’état des paroisses de Wittenheim et Kingersheim au cours des XIe et XIIe siècles. Cette chronique relate qu’en l’an 1199, l’évêque Lüthold de Bâle, ordonne que la chapelle de Kingersheim soit rattachée à la paroisse de Wittenheim. En 1202, le pape Innocent III, confirma les lettres d’ordonnance des deux évêques. En 1216, l’abbaye de Neuwiller fit don au couvent de Schoenensteinbach2 d’une relique de saint Adelphe qui fut déposée dans la chapelle de Kingersheim.

Les nobles de Hus Wittenheim en étaient les seigneurs dès le XIVe siècle et, par la suite, leurs successeurs, les nobles d’Andlau3. De nombreux titres ou chartes d’investiture ont été rédigés, parmi lesquels le titre de 1351. Il y est écrit que Therry de Hust est investi du quart du château de Wittenheim ainsi que du village de Kingersheim. Le village de Wittenheim constitua jadis dans le régime féodal le corps d’un bourg ayant reçu une charte qui donnait aux seigneurs le droit de régir plusieurs villages entre autres celui de Kingersheim. En 1473, Lazare d’Andlau fut à son tour investi du village de Kingersheim par Pierre de Hagenbach, grand bailli de Charles le Téméraire. Lazare eut de son mariage avec Judith de Ramstein un fils nommé Louis (1474-1509). Chevalier, il fut le fondateur de la branche des Andlau de Kingersheim.

L’autonomie du village apparaît donc à la fin du XVe siècle. Louis d’Andlau de Kingersheim fut le premier des Andlau à construire le château de Kingersheim et à y habiter.

La commune a été décorée, le 11 novembre 1948, de la Croix de guerre 1939-19454.

Mines : Article détaillé : Mines de potasse d’Alsace.

Jumelages Drapeau de l’Allemagne Hirschau (quartier de Tübingen) (Allemagne) depuis 1963.

Tendances politiques et résultats - Article connexe : Élections municipales de 2014 dans le Haut-Rhin.

Démocratie participative

Jo Spiegel a mis en place à Kingersheim des conseils participatifs pour les grandes décisions de la commune, composés à 40 % de volontaires, 20 % de concernés et 40 % de tirés au sort. Les membres reçoivent une formation préalable et les élus sont là plus en tant qu’animateurs que décideurs7. En 2016, 40 conseils participatifs avaient en 10 ans réuni 700 participants. Chaque conseil réunit un maximum de 50 personnes. Des professionnels du débat public aident à faire émerger la parole de ceux qui n’osent pas la prendre8… -

Article complet sur ce site : https://fr.wikipedia.org/wiki/Kingersheim

Accès au site officiel de la Mairie de Kingersheim

Retour au sommaire

9.
Les conseils participatifs en place à Kingersheim Haut-Rhin Alsace région Grand-Est Photo

Les conseils participatifs sont la pierre angulaire des Etats Genéraux Permanents de la Démocratie (EGPD), une philosophie qui imprègne la vie démocratique kingersheimoise.

Les EGPD, pour mémoire

Il s’agit d’un état d’esprit. C’est s’engager pour faire l’expérience partagée du bien commun et de l’intérêt général, participer à la construction d’une ville fraternelle, faire vœu de construire une démocratie exigeante.

Objectifs généraux :

Objectifs concrets : Informer – Écouter – Dialoguer – Participer - S’impliquer

Les conseils participatifs, pierre angulaire de la démarche de participation

Leur mise en place

Les conseils participatifs sont créés à chaque fois qu’un projet est mis en agenda à l’initiative de la Ville ou des habitants.

Leur composition

Les conseils participatifs réunissent autour des élus et de leurs collaborateurs tous ceux qui ont quelque chose à dire et à partager dans le processus démocratique de la prise de décision. L’idée majeure est de réunir des acteurs qui traditionnellement ne se rencontrent jamais pour leur permettre de cheminer ensemble, de plain-pied et dans la durée.

Ainsi, les conseils participatifs regroupent habitants volontaires ou tirés au sort, représentants du monde associatif, social, économique, experts, élus et collaborateurs.

Les membres du conseil participatif sont généralement regroupés en trois collèges : le collège des habitants, celui des représentants du monde associatif, social et économique, celui des élus et de leurs collaborateurs.

Leur rôle

Il est de prendre en charge la phase décisive de réflexion, de débat, de concertation et de coproduction qui prépare à la phase de décision, portée par le Conseil municipal. Pour cela, les membres des conseils participatifs s’engagent à respecter une charte de la participation démocratique qui précise les engagements de chacun et qui invite à une éthique de la discussion.

Le périmètre démocratique définit finalités, valeurs et objectifs. Il détermine ce qui est négociable et ce qui ne l’est pas.

Leur philosophie

Les conseils participatifs visent à la fertilisation des points de vue et à la construction de compromis dynamiques.

La méthode

Information

La mise en agenda d’un projet fait l’objet d’une campagne d’information de la population (Kingersheim Magazine, site Internet, SMS).

Un forum-débat lance le parcours collaboratif à la Maison de la Citoyenneté.

Le partage d’informations fait partie de la mission des conseils participatifs. Plusieurs forums d’information et d’échanges sont organisés tout au long de la démarche pour présenter à tous le fruit d’une démarche qui se veut interactive.

Formation

Tout débat constructif nécessite un même niveau d’appropriation du sujet de débat par l’ensemble des membres et de partager le même sens des mots. C’est pourquoi le parcours citoyen débute systématiquement par un cycle de formation.

Accompagnement

La Ville se fait accompagner, quand c’est possible, par un animateur-ingénieur du débat public qui se doit de montrer :

  • une très bonne expertise dans les thématiques concernées.
  • une très bonne capacité à entendre les habitants et à faire émerger la parole.
    C’est dans cet esprit que de nombreux conseils participatifs se sont réunis lors de ces 15 dernières années. Ils ont traité de questions aussi diverses que le projet ’Voie Médiane’ (sédentarisation des Manouches), la rénovation de la salle des fêtes, la construction de la Maison de la Citoyenneté, la Maison de la Petite Enfance, le parc des Gravières, le Plan Local d’Urbanisme...

Exemples à découvrir

PLU : construire ensemble la ville de demain

Un conseil participatif pour l’aménagement des rythmes scolaires

Ville de Kingersheim  : Place de la Libération 68262 Kingersheim cedex France - Horaires d’ouverture : Du lundi au vendredi : 8h-12h et 13h30-16h30 - Standard : Téléphone : (+33) 3 89 57 04 00 Fax : (+33) 3 89 57 04 19

Image associée Blason de Kingersheim

Source : https://www.ville-kingersheim.fr/Democratie/Les-Etats-Generaux-Permanents-de-la-Democratie-EGPD/Les-conseils-participatifs

Retour au sommaire

10.
Haut-Rhin : Kingersheim, la ville où le citoyen est roi Par Quentin Laurent, notre envoyé spécial à Kingersheim (Haut-Rhin)| 27 novembre 2018 – Document ‘leparisien.fr’ - Photo - Raphael Glucksmann, le cofondateur de ‘Place publique’ à Kingersheim. LP / JEAN FRANCOIS BADIAS

‘Place publique’, le mouvement de Raphaël Glucksmann veut s’inspirer de cette ville pour construire son projet politique.

Un petit côté « Tintin chez les démocrates ». C’est jeudi, ciel vide, temps frais. Raphaël Glucksmann et Diana Filippova, deux des cofondateurs du nouveau mouvement Place publique, font une virée à Kingersheim (Haut-Rhin), dont est maire Joseph Spiegel (dit « Jo »), autre initiateur de ce début d’aventure politique. Le bourg de 13 000 habitants en banlieue de Mulhouse est connu pour être, en quelque sorte, l’appartement témoin de la démocratie participative à l’échelle locale. « C’est une sorte de pèlerinage laïque pour nous », plaisante (à peine) Glucksmann, vantant ce « laboratoire de la démocratie ».

Grand gaillard aux cheveux poivre et sel, ancien champion régional du 800 mètres et prof d’EPS, Joe Spiegel s’est fait élire à la tête de Kingersheim en 1989, et plie les élections municipales au premier tour à chaque fois depuis. Encarté au Parti socialiste (PS) jusqu’en 2015, dans une ville qui met systématiquement la droite au plus haut aux élections nationales.

Balade dans les rues de la ville : visite d’un atelier de réparation participatif, d’une épicerie solidaire, de la médiathèque. Glucksmann & Co veulent s’inspirer des initiatives locales pour co-construire leur projet. « Partir de ce qui marche », répètent-ils souvent. Vient la « maison de la citoyenneté », cœur de la visite. Spiegel a créé ici les « États généraux permanents de la démocratie ». En résumé : ne pas attendre les élections pour demander leur avis aux habitants, et les inclure dans tous les projets mis en place par la municipalité.

« Le maire ne fait pas tout seul »

« L’intérêt général ne se décrète pas dans les discours, il faut y associer les gens », expose le maire. Des conseils participatifs composés d’élus, d’experts et d’habitants volontaires et tirés au sort débattent et co-construisent les projets mis à l’agenda par la ville ou proposés par les citoyens. Construction d’un parc, d’un écoquartier, nouveau lieu de culte ou plan local d’urbanisme. Ils sont aussi systématiquement formés aux sujets évoqués en amont de chaque cycle, chacun durant « environ 16 mois ». Spiegel vante son modèle de « démocratie continue ». « Les gens nous font confiance, ils se disent le maire ne fait pas tout seul », poursuit-il, même si au final, c’est le conseil municipal qui tranche.

Un regret principal : la participation. « Seulement une personne sur six participe, si elle est tirée au sort », regrette Spiegel. La démocratie demande du temps, denrée moins rare pour les retraités, nombreux à Kingersheim, que pour les travailleurs. Depuis 10 ans, ils sont environ 1 000 à avoir participé à au moins un conseil. On en croisera quelques-uns dans la soirée, à la conférence dédicace que donnera Raphaël Glucksmann, devant quelques 700 personnes. « Ça fait trois ans que je participe aux conseils, la méthode m’a séduit. Les élus s’intéressent à ce que moi, citoyen, je veux », commente Serge, retraité, qui déplore pourtant la « très faible mobilisation des habitants ». « C’est une chance pour nous, on peut donner notre avis », abonde Marie Odile, la petite cinquantaine.

Créer de l’adhésion

L’autre déception concédée par Spiegel : resserrer le lien démocratique local n’a pas eu d’effet sur les scrutins nationaux. L’abstention n’est pas moins forte, et le vote Rassemblement national (ex-Front national) pas plus faible qu’ailleurs. La méthode Kingersheim n’est pas une solution miracle. Mais alors que la défiance vis-à-vis des politiques s’accroît, Place publique veut y voir un modèle à exporter.

« C’est fondamental qu’on puisse donner cette possibilité de participer aux décisions partout en France », juge Diana Filippova. L’enjeu est aussi de trouver « comment agrandir le modèle » pour Glucksmann. L’adapter à l’échelon national, voire européen. « Au citoyen de reprendre son destin en main », ajoute l’essayiste. Lui pense aussi que seule cette démarche inclusive peut permettre de créer de l’adhésion, notamment autour des bouleversements que doit impliquer la transition écologique.

Kingersheim, petite pierre à l’édifice encore fragile de Place publique. Le mouvement, qui revendique 13 000 membres, aspire d’ici un mois à être structuré en comités locaux et à organiser les « groupes de travail thématiques » qui élaboreront d’ici février son projet politique.

© Le ParisienFAQ Nous écrire Qui sommes-nous Éthique CGU Archives RSS Espace ProEspace Presse Politique confidentialité -

Source (faire copier-coller) : http://www.leparisien.fr/politique/haut-rhin-kingersheim-la-ville-ou-le-citoyen-est-roi-27-11-2018-7954665.php

Retour au sommaire

11.
Personnalité de Raphaël Glucksmann d’après Wikipédia

Raphaël Glucksmann, né le 15 octobre 19791,2 à Boulogne-Billancourt, est un essayiste3 et homme politiquefrançais.

Sommaire

Famille et formation

Raphaël est le fils du philosophe André Glucksmann et de Françoise Villette, fille de Jeannette Colombel et de Jacques Villette. Ancien élève du lycée Henri-IV4, il est diplômé de l’Institut d’études politiques de Paris[réf. souhaitée]. Il fait un stage au journal algérien Le Soir d’Algérie, puis participe à un documentaire au Rwanda5.

Carrière

En collaboration avec David Hazan et Pierre Mezerette, il réalise en 2004 le documentaire Tuez-les tous ! sur le génocide au Rwanda5.

Toujours en 2004, il réalise un documentaire sur la Révolution orange, Orange 2004.

Cofondateur de l’association Études sans frontières (ESF), il s’est occupé des missions concernant le Rwanda et la Tchétchénie.

Également membre du groupe de réflexion du Cercle de l’Oratoire, il contribue à l’édition de la revue néoconservatrice Le Meilleur des mondes, et collabore à différentes revues et journaux, français et étrangers.

En 2008, il coécrit avec son père Mai 68 expliqué à Nicolas Sarkozy, dont il aurait été un « admirateur »6, selon le journaliste Pierre Rimbert. Cependant, en 2015 il estime que le soutien apporté en 2007 par son père à Nicolas Sarkozy était une erreur7.

Raphaël Glucksmann est présenté comme un des « conseillers officieux » ou comme le « conseiller politique » du président géorgien Mikheil Saakachvili8,9, qu’il a interviewé pour un livre paru en 2008 et intitulé Je vous parle de liberté. Cette proximité avec le pouvoir lui a été reprochée par Salomé Zourabichvili, ancienne ministre des Affaires étrangères 8 puis désormais présidente de Géorgie.

Raphaël Glucksmann a été co-gérant de la société Noé Conseil, spécialisée dans la communication, la rédaction d’articles, la promotion de personnes ou de pays, le lobbying et le conseil auprès d’institutions10.

En 2015, il est présenté par M, le magazine du Monde comme étant à l’origine un « athée en politique » 11 ayant évolué de plus en plus à gauche « par dépit », Nicolas Sarkozy ayant « quitté le champ de l’acceptabilité républicaine. »

Il vote pour Benoît Hamon au premier tour de l’élection présidentielle de 2017, après avoir participé à l’écriture de son discours pour le meeting de Bercy12. Au second tour, il apporte son soutien à Emmanuel Macron13, tout en regrettant sa « philosophie individualiste »14.

À la rentrée 2017, Raphaël Glucksmann devient chroniqueur dans Questions politiques, émission d’Ali Baddou diffusée chaque dimanche entre 12h00 et 14h00 sur France Inter 15.

De décembre 2017 à août 2018, il est directeur de rédaction du Nouveau Magazine littéraire, qui se veut la revue des débats de la « gauche hors les murs »16,17. Son départ est issu de dissonances internes au sujet du traitement réservé au président de la République Emmanuel Macron18.

Début octobre 2018, il publie Les Enfants du vide19, un essai dans lequel il dénonce l’échec des politiques libérales qui ont selon lui conduit à une crise démocratique, une catastrophe écologique, une rupture des liens sociaux et le développement excessif de l’individualisme20.

À la suite de son essai, fin octobre 2018, il fait partie des fondateurs de Place publique, un mouvement politique qui se présente comme « citoyen, écologiste et solidaire »21 avec Claire Nouvian, Thomas Porcher et d’autres personnalités du monde associatif et politique. Le mouvement est organisé autour de 4 urgences : urgence écologique, urgence sociale, urgence démocratique et urgence européenne. Il quitte France Inter début décembre 2018 pour se consacrer à ce parti politique22.

Vie privée

Il a été l’époux d’Eka Zgouladze, vice-ministre de l’Intérieur puis ministre de l’Intérieur de Géorgie sous la présidence de Mikheil Saakachvili8. Celle-ci, peu après avoir reçu la nationalité ukrainienne en décembre 2014, a été nommée vice-ministre de l’Intérieur de l’Ukraine dans le second gouvernement Iatsenouk23.

Il devient ensuite le compagnon de la journaliste Léa Salamé24. Le 12 mars 2017, cette dernière donne naissance à un fils, prénommé Gabriel25.

Article complet sur ce site : https://fr.wikipedia.org/wiki/Rapha%C3%ABl_Glucksmann

Retour au sommaire

11 bis.
Portrait de Raphaël Glucksmann « En mode partisan » écrit sous l’égide de l’Observatoire du Journalisme « Informer ceux qui vous informent » - Dernière modification le 04/01/2019

Raphaël Glucksmann, dont les activités sont très diversifiées, fait figure d’inclassable : révolutionnaire professionnel, documentariste engagé, consultant pour le compte des gouvernements géorgiens et ukrainiens, membre des différents cercles néo-conservateurs français (Cercle de l’Oratoire, revue Le Meilleur des Mondes) qui soutiennent la politique belliciste des États-Unis dans le monde (Irak, Afghanistan, Libye, Syrie, Géorgie, Ukraine, etc…), il occupe depuis plusieurs années les médias pour parler de ses actions et de ses projets. Son fil conducteur dans ses multiples tâches est de toujours œuvrer pour imposer sa vision de la « société ouverte » mondiale (métissée, cosmopolite et universelle), et combat donc, pêle-mêle, la Russie, Vladimir Poutine, le Front National, Éric Zemmour, la culture terroir ou les réactions identitaires secouant les peuples européens. En 2018, il se fait débarquer avec perte et fracas du Nouveau Magazine littéraire, après une divergence de fond avec son actionnaire Claude Perdriel et un remarquable échec commercial, imputé à son intolérance.

« À 34 ans, Raphaël Glucksmann, le fils d’André, a fait des soulèvements nationaux son fonds de commerce. Après la Géorgie, c’est en Ukraine qu’il conseille les leaders pro-Europe  », « La révolution, c’est son rayon », Le Monde, 21/03/2014.

« S’il devait définir sa fonction aujourd’hui, il dirait “consultant en révolution”. “Mais ça n’existe pas” », Ibid.

« Se mobiliser pour une cause française, ce serait déchoir ?Ça ne m’a jamais fait vibrer de manifester pour les retraites”, répond-il », Ibid.

Raphaël Glucksmann est né en octobre 1979 à Boulogne-Billancourt. Il est le fils du philosophe, ancien maoïste et néo-conservateur pro-américain, André Glucksmann (voir § Sa nébuleuse). Pour son père, « on sent une affection, voire une admiration pudique chez l’héritier, qui avoue n’avoir “jamais vécu son statut de “fils de” comme un fardeau” ». (« Raphaël Glucksmann. Une rage d’enfant »,Libération, 21/04/2015). Durant son enfance, la famille habitait à Paris dans le 10e arrondissement et Raphaël assure avoir passé toute sa scolarité dans les différents établissements publics de l’arrondissement. L’appartement de ses parents servait par ailleurs de lieu de rencontre (hébergement, dîner, etc…) aux dissidents de gauche de tous les pays : « J’avais le monde à ma table », résume Raphaël Glucksmann. (« Le conseiller français du Prince géorgien. Raphaël Glucksmann »,La Croix, 18/09/2012). Concernant sa religion, Raphaël a, dans plusieurs entretiens, exprimé des options religieuses différentes. En 2012, il indiquait au journal La Croix une orientation chrétienne : « Quant à son héritage juif familial, il est seulement “culturel” car c’est dans “la dimension humaine du christianisme” qu’il dit se reconnaître le mieux.  » (ibid.). Dans le portrait dressé par le quotidien Libération en avril 2015, c’est du côté des racines juives de sa famille qu’il se reconnaissait avec « une culture de diaspora plutôt qu’une foi. » (« Raphaël Glucksmann. Une rage d’enfant », Libération, 21/04/2015).

En 2009, Raphaël Glucksmann rencontre sa future épouse, Eka Zguladze (voir § Sa nébuleuse). Vice-ministre de l’Intérieur puis ministre de l’Intérieur en Géorgie sous la présidence de Mikheil Saakachvili, elle a obtenu la nationalité ukrainienne en décembre 2014, avant d’être nommée quelques jours plus tard vice-ministre de l’Intérieur de l’Ukraine dans le second gouvernement Iatsenouk. Le couple est parent depuis trois ans d’Alexandre, de nationalité franco-géorgienne (La Croix, 18/09/2012).

Selon les révélations et les photos du magazine Voici du 16 janvier 2016, Raphaël Glucksmann serait en couple avec la journaliste Léa Salamé (voir portrait). Selon l’hebdomadaire, « les deux trentenaires ont flashé en direct l’un sur l’autre, le 14 novembre dernier, lors de l’émission spéciale On n’est pas couché, spécial attentats. »

Formation

Khâgne au lycée Henri-IV, « nid des élites parisiennes, le jeune homme ne sait que faire de sa vie. Direction Sciences Po. (…) il refuse de rejoindre l’université Columbia pour un semestre. Trop convenu. Il traverse la Méditerranée pour un séjour de sept mois, comme journaliste, au Soir d’Algérie : “Alger, c’était un coup de foudre absolu. Je pouvais faire ce que je voulais, par exemple, des enquêtes sur la mafia des strings, aux mains des islamistes. Je voulais rester !” » (« Dans la famille Glucksmann, le fils est conseiller de président »,Le Monde, 05/10/2011).

Parcours professionnel

Dans son aide à la Tchétchénie, ou dans son travail en tant que conseiller du président géorgien ou ukrainien, Raphaël Glucksmann a une unique constante, celle de s’opposer au président russe, Vladimir Poutine, et à la Russie en général. Il y a derrière tout cela des desseins géopolitiques évidents (créer des marches pro-américaines aux frontières de la Russie) mais aussi une posture philosophique voire quasiment religieuse. La Russie poutinienne représente pour tous les partisans de la « société ouverte » un ennemi mortel : « les adversaires de la société ouverte ne se ressemblent pas et bien souvent se haïssent. Rien de commun, apparemment, entre le prêcheur salafiste qui arme idéologiquement les terroristes de Vincennes ou Toulouse et Marine Le Pen (…) entre Vladimir Poutine (…) et Al-Bagdadi. Tout les oppose. Tout, sauf une aversion partagée pour le monde qui nous a vus naître et que nous pensions universel. Tout, sauf le rejet de nos principes cosmopolites et démocratiques, de nos modes de vie, de nos errances et de nos licences. Tout, sauf ce qui constitue à nos yeux l’essentiel. » (« Nous étions la génération vernie, par Raphaël Glucksmann », Les invités deMediapart, 24/02/2015).

Géorgie (2008 – 2013)

La relation s’est nouée entre Raphaël Glucksmann et le président géorgien de l’époque, Mikheïl Saakachvili, au moment de la rédaction d’un livre d’entretien Je vous parle de liberté (Hachette, 2008), après la guerre éclair avec la Russie d’août 2008. Cet affrontement a joué comme un rôle de détonateur pour Raphaël Glucksmann, il est alors passé, selon son expression « en mode partisan » (Le Monde, 05/10/2011).

En août 2008, à un barrage militaire russe au sud de la ville de Gori, il a eu « la “chance” de croiser le général Borisov, chef des troupes d’invasion. Au milieu de mercenaires pillant les maisons des alentours, il éructa à l’endroit des quelques reporters présents : “Tas de pédés ! Rentrez chez vous baiser vos nègres. Ici, ce n’est pas l’Europe, c’est la Russie !” Un déclic se produisit : je décidai de poser ma caméra, d’agir au lieu de témoigner. À 3 heures du matin, j’entrai dans le bureau du président géorgien Mikheil Saakachvili : “Je reste tant que ces maniaques sont là et je veux aider. Quitte à nettoyer les chiottes s’il le faut”. » (Les invités deMediapart, 24/02/2015).

En septembre, Raphaël Glucksmann voit le président géorgien la nuit : « Micha a toujours eu un côté charmant, superdynamique. Je voulais savoir ce qu’il y avait derrière. Or c’était encore plus articulé que je ne m’y attendais. » (Le Monde, 05/10/2011). Mikheïl Saakachvili lui propose de rejoindre son staff. En janvier 2009, il devient un conseiller de Mikheïl Saakachvili, chef de l’État géorgien « mais avant tout un ami » (ibid.). Son thème de prédilection : l’intégration européenne. « Il veille à l’image du pays. C’est ainsi qu’il a participé à l’organisation d’un concert géant, en mai 2010 à Zougdidi, près de la frontière abkhaze, avec Youssou N’Dour, MC Solaar et Jane Birkin, amie de la famille. » (ibid.). Un autre Français, détaché auprès du Conseil national de sécurité géorgien « tout en étant rémunéré par le Quai d’Orsay », Thomas Eymond-Laritaz, déclarait en 2011 : « Saakachvili ne fait pas un one-man-show, il utilise beaucoup de canaux pour faire passer des messages et en recevoir. Raphaël le connaît intimement, il joue un grand rôle dans l’écriture de ses discours. » (ibid.). Mais les Français n’étaient pas les seuls conseillers du président, Raphaël Glucksmann est fier de pouvoir affirmer que « le gouvernement est formé de jeunes gens dont la double nationalité américaine, anglaise ou israélienne fait ressembler Tbilissi à une Babel occidentale plantée au cœur du Caucase » (« Leçons géorgiennes »,Libération, 25/08/2008). Et pour la Géorgie, Raphaël Glucksmann a utilisé ses relais médiatiques pour faire passer son message à l’encontre de la Russie, comme cette tribune parue dans le quotidien Libération en 2008 où il demandait que la Russie soit « peut être exclue du G8 et du Conseil de l’Europe. Et le Kremlin n’est pas peuplé de martyrs : menacer de saisir les biens immobiliers et les avoirs de ses dirigeants milliardaires, ou bien évoquer la suppression des visas, voilà qui fera réfléchir les « libéraux » du régime, des oligarques plus attachés à leurs vacances à Nice qu’à l’Ossétie du Sud. La Russie n’est pas intouchable.  » (Le Monde, 05/10/2011).

Par ailleurs, le fils du philosophe André Glucksmann, a obtenu en 2009 des financements pour créer dans la capitale géorgienne une Maison de l’Europe, créé avec Lionel Charrier et Natalia Kancheli, installée dans les anciens locaux de la Banque nationale afin d’encourager le rapprochement de la Géorgie avec l’Union Européenne.

Ukraine

Au lendemain du sommet européen de Vilnius, les 28 et 29 novembre 2013, où le président déchu Viktor Ianoukovitch a refusé de signer le rapprochement entre l’Ukraine et l’Union européenne, Raphaël Glucksmann a rejoint Kiev, huit jours après le début des manifestations. Depuis, il a contribué — sans contrat et gratuitement — à la stratégie de Vitali Klitschko, l’ex-boxeur devenu l’un des leaders des manifestants pro-européens en Ukraine, a écrit ses discours et développé ses contacts en Europe et aux États-Unis. Mais depuis que Ioulia Timochenko est sortie de prison et est entrée dans la course à la présidentielle, la plume a pris ses distances. Sur lequel des deux opposants miser ? Il élude en assurant, un brin langue de bois, que “la révolution est beaucoup plus importante que les leaders de la révolution” car, “si elle échoue à Kiev, ça va tuer l’idée de révolution dans cette région” (« La révolution, c’est son rayon », Le Monde, 21/03/2014).

Il est également à l’origine de la création d’une ONG en faveur de la démocratie européenne, qu’il préside à Kiev : “J’essaye de dire aux oligarques ukrainiens que s’ils veulent prouver qu’ils sont devenus pro-européens ils doivent aider les autres (Biélorusses, Russes, Géorgiens) à faire leur révolution”, affirme-t-il. Avant de s’emballer, une lueur dans les yeux : “C’est tout de même la première fois que des gens meurent avec le drapeau européen dans les mains” (ibid.).

Retour en France (2017–2018)

À la rentrée 2017, Raphaël Glucksmann devient chroniqueur dans Questions politiques, émission dominicale entre 12h et 14h sur France Inter. Il quitte France Inter à l’automne 2018 pour se lancer en politique.

De décembre 2017 à août 2018, il est directeur de rédaction du Nouveau Magazine littéraire, qui se veut la revue des débats de la « gauche hors les murs ». Cependant c’est un échec commercial, avec 6144 nouveaux abonnés seulement malgré 760.000 € de dépenses de marketing – 124 € de coût d’acquisition par abonné pour un abonnement annuel de 48 € – et des ventes tombées de 31.863 à 8105 exemplaires en quatre numéros.

Par ailleurs une divergence de fond – politique – cette fois l’oppose au principal actionnaire Claude Perdriel. Raphaël Glucksmann explique qu’il a été poussé vers la sortie car il était critique envers Emmanuel Macron : « Il ne fut jamais question pour nous de faire un magazine pro ou anti-Macron. Comme vous avez pu le noter en nous lisant, le président de la République n’était pas au cœur de nos préoccupations. Il était même le cadet de nos soucis. Pourtant, c’est bien notre façon de l’aborder qui suscita les désaccords menant aujourd’hui au divorce avec l’actionnaire majoritaire. Le Nouveau Magazine littéraire est à ses yeux hostile au pouvoir en place. Toute critique d’Emmanuel Macron se voit taxée de « faire le jeu des populistes » (sur son compte Twitter et le Nouveau magazine littéraire, 24/8/2018)

Claude Perdriel semble au contraire lui reprocher ses certitudes, voire son esprit doctrinaire : « Nous n’avons que faire des bien-pensants, et c’est précisément pour cela qu’il faut se séparer du « vieux monde ». […] Nous ne connaissons pas par avance les réponses à toutes ces interrogations et ne voulons pas, comme le font aujourd’hui trop de médias, imposer des jugements définitifs. Ce sont eux, les lecteurs, qui sont nos juges de paix, et non quelque puissance occulte. Nous devons les écouter sans jamais nous enfermer dans une quelconque certitude d’avoir raison ».

Olivier Berruyer, qui n’a pas oublié les propos de Raphaël Glucksmann qui l’avait traité de « parfait petit facho des années 30 » – il avait même déposé plainte le 21 novembre 2017 contre des publications Facebook et Twitter de Raphaël Glucksmann –, a enfoncé le clou sur Les Crises : « l’actionnaire d’un petit fanzine comme le vôtre en définit la ligne et choisit celui qui va le diriger. Bienvenue dans le dur monde de l’Entreprise et du #Capitalisme… Ceci étant, normalement, la règle veut qu’un Directeur pressenti discute avec l’Actionnaire afin de bien se caler sur ses attentes. S’il n’en est pas capable, il vaut certainement mieux qu’il exerce une autre profession. Ainsi, si M. Perdriel a envie de payer pour créer un journal pro-Macron, il en a encore le droit. Il n’aura certes pas de lecteurs, mais il en a le droit. Quelque chose me dit que si le Directeur d’un journal de gauche se mettait à faire des articles et des déclarations pro-Wauquiez ou Dupont-Aignan, il aurait aussi certainement quelques problèmes. »

Il est remplacé par Nicolas Domenach, dont le premier éditorial, référence au pont de Gênes, est aussi un plaidoyer pour l’ouverture des frontières et la « société ouverte » libérale.

Parcours militant

Cofondateur de l’association Études sans frontières

« Soutenus par des intellectuels de renom (notamment le philosophe André Glucksmann, l’écrivain Pascal Bruckner, le sociologue Alain Touraine). » (« Études Sans Frontières accueille de nouveaux étudiants tchétchènes », AFP, 21/07/2005). Études sans Frontières « fonctionne sur la base du bénévolat et finance le séjour des étudiants grâce à des donations privées (Fondation Soros notamment) et subventions publiques (mairie de Paris, région IDF), lance un appel aux dons en vue de la prochaine rentrée universitaire.  » (ibid.)

Les motivations : « L’objectif n’est pas seulement de sauver des jeunes de la guerre en Tchétchénie mais aussi de former une élite à la démocratie qui de retour dans son pays pourra contrer la montée du terrorisme. On a vu comment ont fonctionné les ONG américaines. Elles ont fait venir étudier aux États-Unis des gens des pays de l’Est et ce sont ces gens là qui sont maintenant à l’avant-garde de toutes les révolutions dans leurs pays comme en Ukraine ou en Géorgie.  » (ibid.)

Le comité d’honneur d’Études sans Frontières comprenait la fine fleur des néo-conservateurs français : Youri Afanassiev ; Elena Bonner ; Francis Bueb ; Georges Charachidze ; Yves Cohen ; Dr. Michael Dewitte ; Wilhem Donner ; Olivier Dupuis ; Michael Fischer ; André Glucksmann ; Romain Goupil ; Pierre Hassner ; Richard Herzinger ; Kjell Olaf Jensen ; Kerry Kennedy ; Bernard Kouchner ; Jack Lang ; Pierre Lellouche ; Pierre Moinot ; Dr. Gérard Mortier, Rupert Neudeck ; Yves Quéré ; Josep Ramoneda ; Jacques Rupnik ; Alain Touraine.

Quelques actions d’ESF

Mai 2003 : Mercredi 21 mai 2003 à la Fnac Montparnasse (Paris 6e) conférence à partir de 17h30 sur le thème des étudiants en Tchétchénie, en présence d’André Glucksmann, Romain Goupil, Stanley Greene, Françoise Spieckermeier, et d’étudiants de l’université de Grozny.

Mars 2005 : Organisateur de la journée d’information « Pour la liberté culturelle de Moscou à Grozny » à la Galerie W, 44, rue Lepic. Raphaël Glucksmann a par ailleurs lancé une pétition recueillant la signature de quatre cents personnalités des arts, de la recherche ou de la politique pour dire leur « refus de l’extinction de la culture tchétchène ».

En 2017 il a participé à l’écriture du discours de Bercy (19 mars) de Benoît Hamon, dont il se sent proche. Marianne (20/03/2017) indique que «  le reste du discours est issu de contributions commandées directement par Benoît Hamon et aussi envoyées essentiellement par email. L’essayiste Raphaël Glucksmann a notamment transmis une note très appréciée sur quelques thèmes à marteler et à se réapproprier, comme celui des “droits de l’Homme”.  »

Au second tour il vote Emmanuel Macron pour « balayer la vague nationaliste  ».

À l’été 2018 le toujours proche de Benoît Hamon et encore directeur du Nouveau magazine littéraire se préparerait à créer un mouvement avec un cercle de proches pour « porter sinon une candidature, du moins un message fort en vue des européennes de mai prochain », selon Le Parisien. Il ne confirme cependant pas ces intentions.

En novembre 2018, avec l’économiste Thomas Porcher et la militante écologiste Claire Nouvion, il lance le mouvement Place publique, qui œuvre à l’unité de la gauche pour les européennes 2019 – dès le début décembre il revendique « 15.000 inscrits » et le soutien de 80 élus locaux, dont le député de la 3ecinrconscription de la Vienne, l’ex-PS Jean-Michel Clément, devenu en Marche, puis qui s’est retiré du parti après avoir refusé de voter la loi Asile et immigration.

Pressenti pour prendre la tête de liste du PS aux européennes, il ne donne pas suite. En revanche, il voit longuement Jean-Luc Mélenchon peu avant Noël 2018, bien qu’il fut précédemment fâché avec lui. 

Au menu du déjeuner – où Thomas Porcher, qui a voté Mélenchon aux présidentielles – a été en quelque sorte l’entremetteur, « pas d’accord secret pour une liste d’union (le sujet n’aurait pas été abordé) mais des débats de fond, sur la gauche, les « gilets jaunes », et l’Europe, histoire de souligner les divergences (notamment sur le rôle des pays de l’Est au sein de l’Union européenne) et les convergences entre ces deux gauches qui ne veulent pas être irréconciliables », explique Le Monde.

Ce qu’il gagne

Selon le site Intelligence Online, « la lutte entre le président géorgien Mikheil Saakachvili et son challenger politique, le milliardaire Bidzina Ivanishvili, a été une mine d’or pour les lobbyistes (…) le gouvernement de la Géorgie s’appuie sur plusieurs entreprises » (« Tbilissi’s lobbyists are rich », Intelligence Online, 20/09/2012. Traduction Ojim), dont celle de Raphaël Glucksmann, NoE Com [NOE CONSEIL]. Pour donner une idée de la formidable pompe à fric des cabinets de lobbying, les entreprises américaines Prime Policy Group et le Gephardt Group Government Affairs, ont été respectivement payés 150 000 et 180 000 $ pour six mois de travail en 2012 par le président géorgien Mikhaïl Saakachvili. (« Bataille chez les consultants de la Géorgie », Intelligence Online, 23/08/2012).

Publications

  • Les Enfants du vide. De l’impasse individualiste au réveil citoyen (Allary Éditions), vendu à 50.000 exemplaires en trois semaines, un succès des ventes salué par la presse mainstream, notamment Elle (05/12/2018) : « Un score inespéré pour un essai humaniste, à l’heure où ce sont plutôt les auteurs réactionnaires, tel Éric Zemmour, qui cartonnent en librairie. Bref, à 39 ans, Raphaël Glucksmann est l’homme qui monte à gauche, le nouvel intellectuel engagé, celui qui redonne un peu d’espoir à un peuple progressiste en pleine déconfiture »
  • Notre France. Dire et aimer ce que nous sommes, Allary Éditions, 2016.
  • Génération gueule de bois.Manuel de lutte contre les réacs, Allary Editions, 2015
    Extraits : (« Les cinq têtes de Turc de Raphaël Glucksmann », Le Point, 26/03/2015)

Poutine. « Derrière des photos du tsar pêchant torse nu, matant un tigre blanc ou pilotant un avion de chasse, sous la pose macho et les discours martiaux, un véritable projet idéologique a vu le jour. »

Zemmour. « Quand il est interdit d’interdire, la véritable révolte, c’est de souhaiter l’ordre, de prôner l’obéissance (…). La liberté, c’est la servitude : c’est beau comme du Mao Zedong », dit Raphaël Glucksmann de la « bête de foire avec ses entrées dans le PAF ».

Hollande. « Gageons qu’il trônera en tête des personnalités préférées des Français lorsqu’il aura quitté l’Elysée depuis assez longtemps pour que les gens aient oublié son règne. »

Soral. Il « s’extasie devant la virilité aryenne de Poutine », tançant le « Sémite Elkabbach, soumis comme une femme », lors d’une interview en 2014.

Douguine. Le Raspoutine de Poutine, favorable à l’annexion de la Crimée, écrivait : « La Russie ne s’arrêtera pas là, amplifiera ses actions en Europe, se posant en élément central de la révolution conservatrice européenne. »

Mai 68 expliqué à Nicolas Sarkozy (avec André Glucksmann), Denoël, 2008

Je vous parle de liberté. Entretien de Mikheil Saakachvili, Hachette littératures, 2008

Documentaire : Tuez-les tous ! Rwanda, histoire d’un génocide sans importance de Raphaël Glucksmann, David Hazan, Pierre Mezerette, réal., scénario ; Jonathan Châtel, voix. « “Nous voulions, au départ, faire un film sur le rôle de notre État au Rwanda, sur notre rapport à cette histoire en tant que citoyens français. Mais les claques que nous avons prises sur place nous ont conduit à placer le génocide au cœur du film”, expliquent les auteurs. (…) Aujourd’hui, ce film va très au-delà et affirme que les responsables de la politique étrangère française qui ont donné les instructions d’aider les armées du régime Hutu ont une très grave responsabilité dans le génocide rwandais. Peut-être est-ce un jugement excessif  », « Rwanda. L’holocauste oublié »,Le Télégramme, 14/11/2004.

Collaborations

Mai 2005 : Il participe en Belgique à un débat organisé au Centre Culturel et Artistique d’Uccle par l’Institut de la Mémoire audiovisuelle juive (IMAJ) et le Bn’ai B’rith avec Patrick de Saint Exupéry (journaliste, auteur), Colette Braeckman (journaliste), José Kagabo (historien et sociologue), Pamphile Sebahara (sociologue chargé de recherches au Groupe de recherche et d’information sur la paix et la sécurité -GRIP, Bruxelles-) et Joël Kotek (auteur) sur le thème « Pourra-t-on éviter un génocide dans le futur ? »

Il l’a dit

« Pour relancer la gauche, il faut repartir par les idées. Or, ça ne peut pas se faire à travers les épiceries électorales actuelles où les gens ne se parlent plus, où les haines sont immenses. Il nous semble inévitable de le faire depuis une structure nouvelle. Elle n’entend pas être une chapelle de plus mais le lieu de recomposition idéologique de la gauche française », Le Figaro, 28/12/2018.

« J’ai l’impression d’être fidèle à sa démarche, explique-t-il, faite de liberté et d’indépendance. Dans les années 1970 et 1980, mon père [André Glucksmann] s’est révolté contre le mythe marxiste qui dominait les esprits. En ce moment, je me révolte contre le mythe dominant actuel, celui du néolibéralisme, qui est en train de détruire la planète, de créer d’immenses inégalités sociales qui font monter les extrémismes », Elle 05/12/2018

« En trois semaines, nous en sommes à plus de 15.000 inscrits. Jeudi, plus de 80 élus locaux nous ont apporté leur soutien. Nous sillonnons la France et les salles sont pleines. […]L’attente est là, nous le voyons. À nous d’y répondre en misant sur l’intelligence collective plus que sur la figure du leader charismatique », le JDD 1/12/2018 au sujet de son mouvement Place Publique

« Quoi que l’on pense du programme ou de la personnalité d’Emmanuel Macron, il faut hiérarchiser les risques. Le Pen et Macron, ce n’est pas pareil ! Avec lui, dans cinq ans, nous serons encore en démocratie. Je ne suis pas sûr que ce sera le cas avec madame Le Pen. […] Macron doit gagner haut la main ! Il faut écraser le Front national et envoyer un signal fort à l’Europe et au monde en leur prouvant que nous balayons les nationalistes », Le Parisien, 28/04/2017.

« Nous sommes les victimes d’une partie de ping-pong. À chaque poussée terroriste, chaque attentat, le repli sur soi progresse. Les deux ennemis de la société ouverte, le djihadisme et l’extrême droite, se renforcent l’un l’autre. Daech ne conquerra jamais militairement la France, mais il peut la conduire au repli identitaire », « Raphaël Glucksmann dans le chaos du monde », ouest-france.fr, 13/05/2016

Raphaël Glucksmann - Omar, tu es la deuxième personnalité préférée des Français selon le baromètre du JDD. Est-ce cela cette “majorité ouverte” dont tu parles ?
Omar Sy - Oui. La France, est-ce sondage ou les résultats politiques ? Je pense profondément que ce sondage dit la vérité, ressemble à la France…
Tu talonnes Jean-Jacques Goldman de très près…
Raphaël Glucksmann - L’honneur est sauf parce que le Juif est toujours devant !
Entretien croisé entre Raphaël Glucksmann et Omar Sy dans Les Inrockuptibles daté du 20 janvier 2016

« Mon père est dans la contemplation du mal, il en a un sens aigu mais sans manichéisme. Moi, je n’admire pas juste les gens parce qu’ils savent faire face au mal. Je suis un exalté, mais je suis calme dans mon exaltation », « Dans la famille Glucksmann, le fils est conseiller de président », Le Monde, 05/10/2011.

« En arrivant à Kiev, confie-t-il, j’ai envoyé un SMS à Dany [Cohn-Bendit] : “C’est bon tu peux aller au musée. Ils ont fait cent fois mieux que toi ici. Et en hiver, ce qui est un peu plus sport” », « La révolution, c’est son rayon », Le Monde, 21/03/2014.

« Guerre aux portes de l’Europe, en Ukraine ; attaques terroristes liberticides à Paris et à Copenhague ; montée en flèche de l’extrême droite… Qui est responsable de ce scénario catastrophe ? Tous ces événements que vous citez visent la même chose : la paix, la liberté, le progrès social, qui nous semblaient acquis, ont été attaqués par des gens très différents mais qui, au fond, avaient tous la même cible. Alors, les responsables des attentats, ce sont ceux qui les ont commis, comme le responsable de l’invasion de l’Ukraine, c’est Vladimir Poutine… », « « Nous avons oublié la force des idées », Le Soir, 18/03/2015

« Plus on acceptera cette inadéquation des institutions et des élites républicaines traditionnelles à l’époque, plus on a de chances que l’emporte la réaction. Antonio Gramsci, qui a bien analysé ces moments d’entre-deux, quand l’ancien monde est mort et que le nouveau n’est pas encore né, a écrit que c’est le moment où la terre enfante des monstres. On est dans un de ces moments-là. C’est le moment du danger absolu, où les Marine Le Pen et les Poutine peuvent s’emparer du pouvoir  », ibid.

« Deux replis identitaires se font face en France : les idéologies islamistes et nationalistes. Ils se renforcent l’un l’autre en s’opposant. Le projet de l’extrême droite est politiquement plus dangereux que celui des jihadistes, car il n’y aura jamais de califat en France, », « Le FN mène une bataille culturelle », Libération, 14/03/2015

« Poutine finance le FN et envoie des tanks en Ukraine. Pour lui, cela fait partie d’une même croisade, du même combat pour une vision du monde fondée sur l’exclusion, la haine, symbolisée par le cadavre d’un opposant politique avec quatre balles dans le dos. Il n’y a plus de frontière réelle entre les politiques étrangère et intérieure. Une guerre est menée contre les mélanges, les métissages, les libertés  », ibid.

« Nous devons arrêter de céder du terrain. Assumer nos idées, affirmer que l’immigration fait partie de l’ADN de la France et porter un projet de démocratie européenne  », ibid.

« Nous sommes tous des flics juifs arabo-martiniquais dessinateurs libertaires de prophètes clients de supérette kasher. Clarissa, Stéphane, Ahmed, Yoav ou Franck : nos prénoms, nos origines diverses, nos fois ou nos absences de foi, nos idéaux et nos manques de repères forgent notre carte d’identité nationale. (…) Les communautés nationales, ethniques ou religieuses allaient se dissoudre dans une acculturation planétaire émancipatrice, les individus se débarrasseraient des contraintes et des carcans, des églises et des partis, du temps et de l’espace, pour former une société globale libre et pacifiée. Monades sans portes ni fenêtres, nous étions promis à une existence en apesanteur, sans heurts, et, dans la galerie des glaces qui nous servirait d’univers, chacun contemplerait dans l’autre sa propre perfection  », « Nous étions la génération vernie, par Raphaël Glucksmann », Les invités deMediapart, 24/02/2015

« Les adversaires de la société ouverte ne se ressemblent pas et bien souvent se haïssent. Rien de commun, apparemment, entre le prêcheur salafiste qui arme idéologiquement les terroristes de Vincennes ou Toulouse et Marine Le Pen qui, plus rapidement que les autres, trouve les mots après l’horreur pour condamner le “fondamentalisme islamiste”. Pas le moindre rapport, à première vue, entre Vladimir Poutine, décrochant – parmi les premiers là aussi –, son téléphone pour assurer les Américains de son soutien le 11 septembre 2001 et Al-Bagdadi prônant le califat planétaire. Tout les oppose. Tout, sauf une aversion partagée pour le monde qui nous a vus naître et que nous pensions universel. Tout, sauf le rejet de nos principes cosmopolites et démocratiques, de nos modes de vie, de nos errances et de nos licences. Tout, sauf ce qui constitue à nos yeux l’essentiel  », ibid.

« Mais Raphaël le dit volontiers, il est de parti-pris. Il l’a toujours été, même lorsqu’il réalisait ses documentaires. “Selon moi, il y a des situations qui te conduisent à ne pas être neutre”, explique ce père engagé », « Raphaël Glucksmann : courir pour des idées », cafebabel.fr, 25/03/2015

« Et les islamistes et le Front national, ce qu’ils veulent, c’est enlaidir le monde », « C à vous », France 5, 12/03/2015

« Le projet de l’école républicaine, c’était un projet de déracinement. C’était un projet politique qui visait à enlever les enfants des clochers, des terroirs ! C’était créer, à partir d’héritiers, des citoyens, c’était l’antithèse du projet réactionnaire qu’on nous offre dans les livres et bientôt dans les urnes », « La nouvelle émission », Canal+, 26/02/2015

« “Je travaille pour l’Europe”, estime ce fédéraliste convaincu, qui a ouvert une “maison de l’Europe” à Tbilissi », « Le conseiller français du Prince géorgien. Raphaël Glucksmann », La Croix, 18/09/2012

Sa nébuleuse

Bernard-Henri Lévy

En 2008, Raphaël Glucksmann « reçoit un appel de Bernard-Henri Lévy, ami de la famille. « Raphaël, il faut qu’on y aille [en Géorgie] ! » (Le Monde, 05/10/2011). Pour Raphaël Glucksmann, « je ne lui ai jamais dit depuis, par pudeur, parce que nos relations, bien qu’amicales et respectueuses, ne sont pas assez intimes – mais ce coup de fil allait indirectement changer ma vie. » (« 2008 : en Georgie (par Raphaël Glucksmann) », bernard-henri-levy.com). En effet, « ce voyage au cœur de la nuit géorgienne, ainsi que la polémique à notre retour, cher Bernard, voilà ce qui m’a décidé à m’installer à Tbilissi. Voilà ce qui m’a convaincu de m’engager auprès des gens que nous avons croisés ensemble. (…) Ton coup de fil a donc été le facteur déclenchant d’un virage radical dans mon existence. Je ne t’en remercierai jamais assez. » Pour Raphaël Glucksmann : « ce qui m’a toujours plu chez Bernard, comme chez mon père d’ailleurs, c’est ce refus chevillé au corps de confondre objectivité et neutralité. J’aime précisément ce qu’on lui reproche : une faculté rare à prendre parti quand c’est nécessaire. » (ibid.)

Michel Hazanavicius

« J’ai rencontré Raphaël Glucksmann pour le documentaire sur le Rwanda, et nous sommes devenus amis. » (« J’ai tué The Artist très vite, sans violence », L’Express, 26/11/2014). En effet, le réalisateur oscarisé (2012) à Hollywood pour son film The Artist à coécrit et coproduit le documentaire « Tuez-les tous ! » sur le génocide au Rwanda de Raphaël Glucksmann, David Hazan et Pierre Mezerette. C’est d’ailleurs Raphaël Glusksmann qui l’a influencé pour son film The Search évoquant la seconde guerre de Tchétchénie en 1999 avec un parti pris clairement anti-russe : « il est un des rares intellectuels français à avoir essayé d’alerter l’opinion sur cette guerre. C’est lui qui m’a amené à regarder de près ce sujet, que j’ai eu tout de suite envie de traiter. Mais je ne savais pas encore comment.  » (« Michel Hazanavicius : « être au plus près de l’humain », Le Bien Public, 28/11/2014).

Les milieux néo-conservateurs français

Comme son père André Glucksmann, il est membre du cercle de réflexion du Cercle de l’Oratoire (cofondé par Michel Taubmann et son épouse), il contribue à l’édition de sa revue Le Meilleur des mondes (2006–2008). Créé de façon informelle, en 2001, le Cercle de l’Oratoire est devenu un lieu de rencontre pour les différentes sensibilités pro-américaines en France : « Pour la plupart issus de la gauche ou de l’extrême gauche, nous étions choqués par l’anti-américanisme qui régnait en France au lendemain du “11-Septembre”. Aujourd’hui, nous sommes un peu ceux qui soutiennent les États-Unis dans le village gaulois » (« “Le Meilleur des mondes”, une voix pour l’Amérique », Le Monde, 24/03/2006). Le groupe prend forme peu à peu, avec des « intellectuels (les philosophes André Glucksmann et Pierre-André Taguieff, l’essayiste Pascal Bruckner, l’universitaire Stéphane Courtois, coauteur du Livre noir du communisme, Jacky Mamou, ancien président de Médecins du monde, Kendal Nezan, président de l’Institut kurde de Paris…) mais aussi de jeunes journalistes, des étudiants. Des personnalités (Bernard Kouchner, Nicolas Baverez, Fadela Amara…)  » (« Les meilleurs amis de l’Amérique », Libération, 09/05/2006). Pour leur première action, ils lancent un texte de soutien à l’intervention américaine en Afghanistan (« Cette guerre est la nôtre », Le Monde du 8 novembre 2001). Pour son premier numéro en 2006, la revue Le Meilleur des mondes, Raphaël Glucksmann rencontrait l’ancien dissident et ex-président de la République tchécoslovaque, Vaclav Havel.

Union des Étudiants Juifs de France

« À l’inverse, la défense de l’armée et de la place particulière de la France en Afrique, l’allergie à la culpabilité post-coloniale ou encore la dévotion à l’égard de François Mitterrand animent le camp des “nationalistes”. S’y ajoute parfois un virulent “antisionisme” : le Rwanda et Israël se sont rapprochés et les échanges sur les enjeux mémoriels des génocides sont fréquents entre les deux pays. Accuser Kigali d’instrumentaliser le génocide est une manière d’insinuer la même chose à l’encontre d’Israël. De son côté, l’Union des étudiants juifs de France organise des voyages d’étude au Rwanda, à l’initiative de Benjamin Abtan, de SOS-Racisme, ou de Raphaël Glucksmann, fils du philosophe et réalisateur d’un film à charge pour la France intitulé Tuez-les tous ! (2004)  ». « Rwanda, une passion française »,Le Monde, 26/01/2012

Ekaterina “Eka” Zgouladze

Fille d’un ingénieur et d’une artiste, elle est née le 18 juin 1978 à Tbilissi. Surnommée la « princesse de Géorgie » pour ses frasques nocturnes durant sa jeunesse, passée par l’université d’État de l’Oklahoma (États-Unis) et titulaire de modestes diplômes de journalisme et de droit. Elle est pourtant nommée vice-ministre de l’Intérieur entre 2005, car « tout le monde la connaît, elle fréquente le tout-Tbilissi branché, les DJ, les designers » (« Ekaterina, ministre de la police… de deux pays », L’Obs, 09/04/2015), et ce jusqu’en 2012, et ministre de l’Intérieur par intérim de juillet à octobre 2012. En 2013, elle s’installe en France chez André Glucksmann et sa femme, tandis que Raphaël reste à Tbilissi. Eka en profite pour conseiller des gouvernements, dirige une mission de l’OSCE sur la lutte contre la corruption.

Fin décembre 2014, le président ukrainien lui propose de réformer la police de son pays. Pour Ekaterina Zgouladze : « comment pouvais-je dire non ? Réussir en Ukraine est important aussi pour la Géorgie. Car le post-soviétisme est notre ennemi commun. Seul le lieu de la bataille a changé. En 2006, c’était Tbilissi. Aujourd’hui, c’est Kiev. » (ibid.) Après avoir adopté la nationalité ukrainienne, elle est depuis décembre 2014, vice-ministre de l’Intérieur de l’Ukraine dans le second gouvernement Iatsenouk. « En s’expatriant en Ukraine, “Eka” poursuit le combat des Glucksmann contre le “poutinisme” qui menace toute l’Europe de l’Est. »(ibid.)

En tout cas, cette nomination a mis en fureur le premier ministre géorgien Irakli Garibachvili, « il est bien dommage que des personnes [Zourab Adeïchvili et Ekaterina (Eka) Zgouladze] que nous poursuivons en justice et qui sont recherchés par Interpol se soient confortablement installées dans le gouvernement ukrainien. Cela ne tardera pas à nuire aussi bien au gouvernement qu’à l’image de marque de l’Ukraine. » (« Tbilissi reproche à Kiev de promouvoir des personnes recherchées par Interpol », fr.sputniknews.com, 20/12/2014). En effet, en 2012, la police géorgienne a été éclaboussée par un scandale concernant des sévices infligés à des prisonniers par les forces de l’ordre. Salomé Zourabichvili, ancienne ministre des Affaires étrangères de Géorgie, fondatrice du parti politique « La Voie de la Géorgie » et actuellement coordinatrice du groupe d’experts qui assiste le comité des sanctions contre l’Iran du Conseil de sécurité de l’ONU pose cette question intéressante sur le silence de Raphaël Glucksmann : « Marié à celle qui a été vice-ministre de l’Intérieur [Eka Zgouladze], puis ministre, ignorait-il vraiment tout des excès de la police, des tortures dans les prisons et de la situation des droits de l’homme dans le pays ? » (« Géorgie. La “french connection” », Marianne, 27/10/2012).

En décembre 2015, la presse russe et ukrainienne font circuler l’information selon laquelle, Eka Zgouladze aurait été arrêtée à l’aéroport Borispol en essayant de transférer 4 millions de $ hors du pays. Championne de la lutte anti-corruption, « Eka » a toutefois été rapidement relâchée suite à l’intervention du ministre de l’Intérieur Arsen Avakov, lequel a assuré que l’argent était destiné à payer les services hospitaliers et les obstétriciens en France où elle doit accoucher en février. Toutefois Vasyl Gritsak, le chef des services secrets ukrainiens (SBU), a partagé dans la presse ukrainienne ses soupçons quant au détournement des sommes allouées à la réforme de la police.

États-Unis : Idiots utiles ou agents américains de la National Security Council ?

Raphaël Glucksmann et sa femme Ekaterina “Eka” Zgouladze ne sont pas américains et pourtant ils ont systématiquement suivi et mis en œuvre dans leurs responsabilités au sein des gouvernements géorgiens ou ukrainiens, dans leur activité militante (Étude sans frontière) ou médiatique, la ligne politique des États-Unis. Ce tropisme américain peut faire naître des interrogations légitimes quand on s’intéresse aux parcours de ce couple. Durant son adolescence, à la chute de l’URSS, Ekaterina “Eka” Zgouladze, a étudié, grâce à une bourse américaine à l’université d’État de l’Oklahoma (« La gamine qui a maté la police de Géorgie », Le Figaro, 20/06/2011). Elle travaille par la suite « pour la Millennium Challenge Corporation, une agence américaine d’aide aux pays pauvres » où « elle fait des merveilles. Sa rigueur impressionne. » (« Ekaterina, ministre de la police… de deux pays », L’Obs, 09/04/2015). Fondé par le président des États-Unis de l’époque, Georges W. Bush, et annoncé le 14 mars 2002, lors d’un discours à la Banque interaméricaine de développement, le Millennium Challenge Account (MCA) se voit doté d’un budget colossal géré par la Millennium Challenge Corporation (MCC) afin d’aider financièrement, « selon des critères qui viendront récompenser les pays qui mettent fin à la corruption, respectent les droits de la personne, instaurent l’État de droit, investissent dans les domaines de la santé et de l’enseignement, libéralisent leur économie, appliquent une politique budgétaire judicieuse, promeuvent l’initiative privée et facilitent la création de petites entreprises.  » (« L’illusionnisme économique », La Presse, 27/04/2003). La création et le développement du MCA-MCC n’a pas seulement un but philanthropique mais elle s’inscrit dans la stratégie du « soft power  »* mis en place après les attentats de septembre 2001 par l’administration Bush afin de lutter contre le terrorisme et d’assurer la sécurité intérieure des Etats-Unis. Le concept du MCA a été « préparé par le National Security Council (Conseil de sécurité nationale) et fortement soutenu par sa directrice, Condoleeza Rice  » (« Le Millenium Challenge Account. Une nouvelle conception de l’aide publique au développement ? » de Benoit Daviron (Cirad), Thierry Giordano, Iddri). Ce n’est pas la première fois que le couple Glucksmann rencontre le National Security Council (Conseil de sécurité nationale**) sur son chemin puisqu’en 2005, deux étudiants tchétchènes aidés par Études sans frontières, « ont rencontré des membres du département d’État et du Conseil de la Sécurité Nationale ainsi que des membres du comité des relations étrangères du Sénat et des médias » en présence, semble-t-il, de Raphaël Glucksmann.(« Both students, who are exiled in Paris, were also seeking support for “Marsho”, a youth organization they have created to promote democracy values in the republic, and for Etudes Sans Frontieres (Studies Without Borders), an organization founded by a group of French students in 2003 to help their counterparts from war-torn countries. While in Washington they were to meet with officials from the State Department and National Security Council as well as members of the Senate foreign relations committee and media organizations. “Our objective is simple,” said Raphael Glucksmann, one of the founders of Etudes Sans Frontieres, which hopes to open chapters in the US and other countries. “Perhaps by bringing students out of Chechnya it would open up this ghetto », « Exiled Chechen students seek US support for democracy initiative », AFP world news, 24/10/2005).

La Géorgie, pour le gouvernement de laquelle le couple Glucksmann a travaillé pendant plus de cinq ans, et l’Ukraine désormais où ils exercent leur fonction, sont des cibles prioritaires des États-Unis qui cherchent ainsi « à élargir leur influence sur la périphérie de la Russie ». En effet, les Américains « se concentrent sur l’Ukraine, le Caucase du Sud et l’Asie centrale. Ils ont pour ambition de contrôler les routes des hydrocarbures et d’empêcher la Russie de redevenir une grande puissance. Washington veut placer sous le parapluie de l’Otan les États postsoviétiques qui le souhaitent. Contrôler le Caucase du Sud achève également l’encerclement de l’Iran. » (« Russie-Géorgie : les enjeux du conflit en 7 points », L’Express, 22/08/2008).

*Soft Power : Le « Soft power » (« pouvoir doux »), concept de la géopolitique américaine, renvoie à l’influence que les États peuvent avoir par l’intermédiaire de la culture, des idées ou des valeurs − et non pas seulement par la force et la coercition traditionnelles (« Hard power »). (Source : franceculture.fr)

** Le Conseil de sécurité nationale (National Security Council ou NSC) est une organisation administrative dépendant directement du président des États-Unis. Il a un rôle de conseil, de coordination et parfois d’impulsion sur les sujets de politique étrangère, de sécurité nationale, et plus généralement sur l’ensemble des questions stratégiques. Il est en cela un acteur peu connu, mais majeur, parfois prédominant, de la politique étrangère des États-Unis. (Source : Wikipédia)

Noé Conseil

Cette SARL créée en octobre 2009 a pour objet la « communication, le lobbying et le conseil auprès d’institutions, individus et associations. » Les dirigeants en sont Arnaud Borges (dirigeant par ailleurs de DUM DUM FILMS ou de MANGE TA SOUPE, Aline Le Bail (est-ce la même Aline Le Bail-Kremer, porte-parole de SOS Racisme, membre de l’European Grassroots Antiracist Movement, trésorière de France Syrie Démocratie, rédactrice à la revue communautaire juive L’Arche Mag et à celle de Bernard Henri Lévy la Règle du jeu  ?), et Sébastien Couderc (ancien de la Confédération Etudiante et président Fondateur de l’agence Shigan, spécialiste en gestion de crises, communication politique et Public Diplomacy).

Il démissionne de la co-gérance le 25 juillet 2016. La société, qui réalisait encore 103.600 € de chiffre d’affaires en 2015, n’en fait que 24.000 en 2016 et n’a pas publié ses comptes depuis (perte nette de 40.005 € en 2016 contre bénéfice de 17.193 € en 2015). Les comptes 2016 indiquent que Raphaël Glucksmann n’était pas rémunéré comme co-gérant du 1er janvier au 25 juillet 2016 mais « a bénéficié d’un avantage en nature d’un montant de 7.641 €. De plus la société a pris en charge les cotisations sociales du co-gérant pour un montant de 7.641€ ».

Elle est dissoute le 25 septembre 2017, « par déclaration souscrite par son Associée Unique, la Société confondante dénommée « GAZI », S.A.R.L. au capital de 1.200.000 €, ayant son siège social 2–4-6, rue d’Hauteville 75010 PARIS, immatriculée sous le n° 753 212 778 RCS PARIS ». En l’occurrence il s’agit de la holding d’Arnaud Borges, qui réalise un résultat net de 62.900 € en 2017 et 49.800 € en 2016.

Léa Salamé

Selon les révélations et les photos du magazineVoicide janvier 2016 (16 janvier), Raphaël Glucksmann serait en couple avec la journaliste Léa Salamé. Selon l’hebdomadaire, « les deux trentenaires ont flashé en direct l’un sur l’autre, le 14 novembre dernier, lors de l’émission spéciale On n’est pas couché, spécial attentats. »

Ils ont dit

Bernard-Henri Lévy : « Cent jours sans elle. Cent jours sans Anna Politkovskaïa, journaliste assassinée, le 7 octobre dernier, dans la cage d’escalier de son immeuble, en plein Moscou. Nous sommes quelques-uns, ce lundi, à être venus nous recueillir, sur le parvis de Notre-Dame, en hommage à cette grande dame qui fut l’honneur de la presse libre. De Romain Goupil à Robert Ménard, d’André et Raphaël Glucksmann aux militants des droits de l’homme qui ont, par ce petit matin froid, pris la peine d’être là, des questions simples, sur toutes les lèvres : qui a tué notre amie ? qui a commandité le meurtre ? les enquêteurs, à Moscou, ont-ils mission d’élucider l’affaire ou de l’étouffer ? et quant à leur patron, le dictateur Poutine, n’y aurait-il pas lieu, dans le doute, de prononcer sa” suspension provisoire” dans l’ordre de la Légion d’honneur où il fut, quelques semaines avant le crime, promu dans le grade le plus élevé ? C’est à Chirac de se prononcer. Et à l’opinion de le lui demander  », « Le bloc-notes de Bernard-Henri Lévy », Le Point, 18/01/2007.

« À 34 ans, Raphaël Glucksmann, le fils d’André, a fait des soulèvements nationaux son fonds de commerce. Après la Géorgie, c’est en Ukraine qu’il conseille les leaders pro-Europe  », « La révolution, c’est son rayon », Le Monde, 21/03/2011.

« S’il devait définir sa fonction aujourd’hui, il dirait “consultant en révolution”. “Mais ça n’existe pas” », ibid.

« Un autre observateur étranger, à Tbilissi, a la dent plus dure. “Il est d’une légèreté hallucinante. Il crée un enthousiasme, puis il disparaît. Et intellectuellement, il n’est pas outillé” », « Dans la famille Glucksmann, le fils est conseiller de président », Le Monde, 05/10/2011

« Le magazine Elle a publié un beau portrait de la ministre de l’Intérieur de Géorgie, Eka Tkechelachvilli, et de son époux, Raphaël Glucksmann, lui-même conseiller du président Saakachvili… Coauteur avec son père, André Glucksmann, de Mai 68 expliqué à Sarkozy, le jeune Raphaël expliquait sans rire qu’il réalisait à Tbilissi ce dont son père avait rêvé à Paris, en mai 1968… Manifestement, les Géorgiens n’ont guère apprécié, à en juger par la cuisante défaite électorale de Saakachvili… », « Mauvais conseil », Marianne, 06/10/2012

« Fallait pas le rater, sur Canal Plus, le 3 mars à 12 h 30 : Zorro est arrivé. Raphaël Glucksmann, conseiller politique auprès de l’autorité ukrainienne ! Vantant les mérites de la révolution ukrainienne. Il a vu des étudiants manifester avec des kalachnikovs ! Ali Baddou et sa bande, bouche bée devant tant d’émerveillement. Que diraient ces âmes pures si des ouvriers français manifestaient avec des kalachnikovs à Paris ? Chroniqueurs et pseudo-journalistes mais vrais va-t-en-guerre. », « Passé, présent, futur… », L’Humanité, 07/03/2014

Le général Borisov s’adressant à Raphaël Glucksmann et des journalistes à un barrage en Géorgie : « Tas de pédés ! Rentrez chez vous baiser vos nègres. Ici, ce n’est pas l’Europe, c’est la Russie », « Raphaël Glucksmann : courir pour des idées », cafebabel.fr, 25/03/2015.

« Dans les manifs pour sauver Alep, très actif sur les réseaux sociaux, pourfendeur du déclinisme… Raphaël Glucksmann est partout. Mais celui qui a décidé de remettre l’altruisme au goût du jour semble bien seul sur son créneau humaniste et progressiste », Le Monde, 23/12/2016.

« Palais de Tokyo, Paris 16e. Raphaël Glucksmann monte à la tribune. Silhouette d’étudiant attardé malgré ses 37 ans, regard illuminé, front large comme un livre ouvert. Ce 6 décembre, il est venu soutenir trois jeunes femmes qui ont tout plaqué, leur confort, leurs carrières, pour créer une école de français pour les migrants (baptisée THOT) », ibid.

« En septembre 2015, déjà, [Raphaël Glucksmann et Romain Goupil] ont eu une monumentale engueulade, place de la République, où Glucksmann, écœuré par le silence de la gauche alors que se noyaient les réfugiés, avait réussi à attirer quelques milliers de manifestants grâce à un simple appel sur Facebook. « Monte sur la statue. Prends la parole. Structure ! », lui criait Goupil avec ses réflexes d’ancien membre du service d’ordre de la Ligue communiste. Mais Glucksmann, adepte des « révolutions 2.0 », s’était refusé à « récupérer ce mouvement civique horizontal », ibid.

« Modeste « cloutard », faute d’avoir pu être “archicube”, André Glucksmann avait passé en 1961 l’agrégation de philo et s’était habilement et rapidement planqué au CNRS comme chercheur. Comme aimait à le dire perfidement notre philosophe Jean Lacroix à propos de son collègue et rival Lachièze-Rey, dont le fils était lui aussi philosophe, « le génie n’est pas héréditaire ! ». La famille Glucksmann illustre aussi hélas cette triste réalité ; le jeune Raphaël, après une vaine tentative à la khâgne d’Henri IV, a dû se contenter de Sciences-po, faute d’un destin académique plus glorieux ! », Robert Chaudenson, 25/12/2016.

« Si André Glucksmann est, toute sa vie durant, resté fidèle à sa première coupe de cheveux (au blanchiment prêt), la carrière de son fils (né en 1979 à Boulogne-Billancourt) est bien différente ; elle est déjà singulièrement tortueuse et diverse par rapport à celle de son père, quoique ce dernier, ancien maoïste ait achevé son parcours politico-idéologique comme néo-con pro-américain quasiment sarkoziste », ibid.

« Dans un style vif, fondé sur une culture politique sûre où voisinent Hegel et Hulot, Machiavel et Rutger Bregman, Glucksmann en donne l’esquisse : un nouveau contrat social tablant sur la radicalisation de la démocratie, seul remède au discrédit des élites, une stratégie écologique enfin cohérente avec l’urgence climatique, une marche progressive vers le revenu universel […]. On y verra les prémices d’un manifeste militant — pourquoi pas ? — électoral. Raphaël Glucksmann n’est pas seulement un observateur. Il se veut aussi acteur de la scène publique, qui n’aime pas les tours d’ivoire. Ici et maintenant ? Le petit doigt du chroniqueur lui dit que ce livre n’est pas seulement un essai parmi d’autres, mais aussi une plateforme de lancement », Laurent Joffrin, Libération, 09/10/2018.

« Place publique, mouvement social, écologiste et proeuropéen, a un boulevard devant lui », Elle, 05/12/2018.

« Avec ses baskets et son côté cool, il peut séduire aussi bien de jeunes branchés que de vieux militants. Il est un peu l’enfant chéri de la gauche, un membre de leur famille », Emmanuel Poncet à son sujet, ibid.

« Le personnage est sympathique, mais il représente la gauche à l’ancienne, qui sent la naphtaline. On en a assez de ces gens qui créent des mouvements fumeux et verbeux, qui veulent faire le bien des autres. Il ferait mieux de trouver un vrai travail… », Charles Consigny à son sujet, ibid.

« C’est un cours de sociologie de la bourgeoisie culturelle. Tout y est : l’entre-soi, l’autosatisfaction, le discours mondain, le vide programmatique, les grandes idées… », le sociologue Insoumis Nicolas Framont quant à la première réunion de Place Publique.

Ce portrait a été financé par les donateurs de l’OJIM - Aider l’Observatoire du journalisme, c’est contribuer au développement d’un outil indépendant, librement accessible à tous et à votre service.

Notre site est en effet entièrement gratuit, nous refusons toute publicité et toute subvention — ce sont les lecteurs/donateurs qui assurent notre indépendance. En donnant 100 € vous financez un portrait de journaliste et avec l’avantage fiscal de 66% ceci ne vous coûte que 33 €. En donnant 200 € vous financez un dossier. Vous pouvez régler par CB, par PayPal, par chèque ou par virement. Rejoignez les donateurs de l’Ojim ! Nous n’avons pas d’autres sources de financement que nos lecteurs, d’avance merci pour votre soutien. 62% récolté - Objectif : janvier 2019 ! Nous avons récolté 1.230,00€ sur 2.000,00€. Vous appréciez notre travail ? Rejoignez les donateurs de l’Ojim ! Je fais un don

Source : https://www.ojim.fr/portraits/raphael-glucksmann/

Retour au sommaire

12.
Raphaël Glucksmann nous parle de son livre ’Les enfants du vide’ – Vidéo 2:19 ajoutée le 12 oct. 2018

’On assiste à une défaite des principes démocratiques et à un recul des idéaux de liberté, d’égalité et de fraternité’ Raphaël Glucksmann nous parle de son livre ’Les enfants du vide’ Retrouve les news et interview Konbini ! ► Konbini : https://www.konbini.com ► Facebook : https://www.facebook.com/konbinifr ► Instagram : https://www.instagram.com/konbini ► Twitter : https://twitter.com/konbinifr

Source : https://www.youtube.com/watch?v=w9Nt-qgdPUw

Retour au sommaire

13.
Raphaël Glucksmann - Les enfants du vide - Vidéo 53:10 09 Octobre 2018 - Rédigé par France 2 – Emission TV « On n’est pas couché » - Vivement l’Ecole ! – Overblog. Voir et écouter sur ce site : http://demain-lecole.over-blog.com/2018/10/raphael-glucksmann-les-enfants-du-vide-video.html

Retour au sommaire

14.
Conférence-rencontre avec Raphaël Glucksmann le 22 novembre 2018

Thème : Démocratie - Lieu : Le Hangar, Kingersheim - Raphaël Glucksmann, essayiste et philosophe, sera le jeudi 22 novembre à 20h au Hangar à Kingersheim.

Il sera accueilli par Jo Spiegel, maire de Kingersheim, avant de présenter son livre « Les enfants du vide, de l’impasse individualiste au réveil citoyen » lors d’une conférence-rencontre qui sera animée par Alexis Weigel de la libraire 47° Nord et Antoine Jarry, professeur.

Une séance de dédicace aura lieu l’issue des échanges. Photo de Raphaël Glucksmann par Julien Mignot

Extrait du livre « Les enfants du vide, de l’impasse individualiste au réveil citoyen » publié aux éditions Allary : « Notre échec est grandiose. Nous pensions que la démocratie allait s’étendre sur le globe, mais elle est en crise partout. Nous chantions les bienfaits des échanges, mais la mixité sociale recule et de nouveaux murs s’érigent chaque jour. Nous avions la religion du progrès, mais le réchauffement climatique prépare la pire des régressions.
L’insurrection populiste et le désastre écologique en cours montrent que le logiciel néolibéral nous mène dans l’abîme. 
Pour ne pas tout perdre, nous devons sortir de l’individualisme et du nombrilisme. Si nos aînés ont vécu dans un monde saturé de dogmes et de mythes, nous sommes nés dans une société vide de sens. Leur mission était de briser des chaînes, la nôtre sera de retisser des liens et de réinventer du commun. Des chemins existent pour sortir de l’impasse. Saurons-nous les emprunter ? »

Raphaël Glucksmann est essayiste et documentariste. Fils du philosophe André Glucksmann, il est l’auteur de « Génération gueule de bois  », « Manuel de lutte contre les réacs » en 2015 et « Notre France, Dire et aimer ce que nous sommes » en 2016.

Entrée libre sous réserve de places disponibles

Inscription obligatoire par mail ou téléphone : https://www.ville-kingersheim.fr/ex...librairie@47degresnord.com
03 89 36 80 00 - Renseignements : Librairie 47° Nord à Mulhouse 03 89 36 80 00

Source : https://www.ville-kingersheim.fr/Agenda/Conference-rencontre-avec-Raphael-Glucksmann

Retour au sommaire

15.
« Le statu quo, c’est la destruction de la planète » Le 24/11/2018 05:00 par Emmanuel DELAHAYE , actualisé le 23/11/2018 à 22:37 - Document ‘lalsace.fr’

Quelque 700 personnes ont assisté jeudi soir à Kingersheim à la conférence de l’essayiste Raphaël Glucksmann, cofondateur du tout nouveau mouvement politique Place publique.

Raphaël Glucksmann et Jo Spiegel, ce jeudi aux Sheds de Kingersheim, quelques heures avant la rencontre publique organisée au Hangar. Photo L’Alsace/Darek Szuster

Événement singulier, jeudi soir, au Hangar de Kingersheim. Malgré les frimas, 700 personnes, pas moins, ont répondu à l’invitation de la librairie mulhousienne 47° Nord. Parmi elles, plusieurs élus des parages, des têtes grises et de jeunes étudiants, des gens de gauche, du centre… Mais assez peu de droite, il faut l’avouer. Le responsable de cette affluence ? Raphaël Glucksmann, philosophe, essayiste (son récent livre Les enfants du vide , sous-titré De l’impasse individualiste au réveil citoyen , cartonne en librairie) et cofondateur du jeune mouvement politique Place publique, qui revendique déjà 12 000 sympathisants dans tout l’Hexagone, en deux semaines d’existence.

On devine d’emblée que ce ne sera pas une conférence littéraire ordinaire, bien que Raphaël Glucksmann aime émailler son propos de citations classiques (Aristote, Montaigne, Tocqueville…) ; pas un meeting politique non plus, ou alors d’un genre assez inédit : les chevilles ouvrières de Place publique, comme le maire de Kingersheim Jo Spiegel ou l’économiste Diana Filippova (présente elle aussi), ne briguent aucun nouveau mandat pour eux-mêmes : « On n’est surtout pas une écurie présidentielle de plus ! » , prévient Jo Spiegel.

Pis (mieux ?), ils n’ont encore aucun programme établi. « C’est déceptif, sans doute, mais à moins d’être hypocrite, on ne peut pas arriver avec un projet tout ficelé tout en défendant le principe de la co-construction démocratique , plaide Raphaël Glucksmann. La première étape, ce sera d’avoir un projet européen en février prochain. »

« Paradoxe mortifère »

Pour l’heure, ils s’engagent sous l’aiguillon d’une triple urgence : écologique, sociale et démocratique. Quadruple urgence même, si l’on y ajoute le délitement de la construction européenne. Leur espoir ? Tenir sur une difficile ligne de crête, entre l’ « hubris » insatiable de l’ultralibéralisme contemporain et le repli identitaire des nationo-populismes montants.

Défendre un discours humaniste, écologiste, progressiste et pro-européen, face au « paradoxe mortifère » du « réchauffement climatique et de la glaciation des relations humaines »  : « C’est trop facile de blâmer seulement Salvini, Bolsonaro, Trump, Poutine ». Tant pis si leur démarche est déjà moquée, ici ou là, comme étant celle de bobo-Bisounours gâtés par la vie. Le parcours de Diana Filippova, fille de modestes immigrés russes, invalide à lui seul ce grief… Et s urtout, « l’urgence à agir est là » , insiste Raphaël Glucksmann.

« Il nous reste 12 ans pour agir »

« Le Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC) a donné la date , poursuit l’essayiste. Si nous n’agissons pas, la terre basculera dans l’irréversibilité de la catastrophe climatique en 2030, et cette catastrophe emportera sans doute la société démocratique dont nous avons l’habitude. Il y a là du tragique et l’on ne s’en sortira que si l’on en prend la mesure. Parfois, Cassandre a raison. Il nous reste 12 ans pour agir. Le statu quo, c’est la destruction de la planète. Prendre l’écologie au sérieux, c’est aussi réapprendre le sens de la limite, d’une forme de frugalité. L’idée, c’est de construire un mouvement en partant d’expériences, d’engagements, de combats concrets, afin de construire une parole crédible… Il s’agit de rendre la catastrophe sensible, avant qu’elle n’advienne. »

Deux heures bientôt que la conférence dure, sans temps mort. Certains dans l’assistance commencent à piquer du nez, d’autres sont encore alerte… Il faut pourtant conclure. En guise de viatique, Raphaël Glucksmann offre une dernière citation à son auditoire, signée du poète Hölderlin : « Là où croît le péril, croît aussi ce qui sauve ». Une jolie boussole pour Place publique, en attendant le programme.

© L’Alsace 2014 - ISSN 2102-6882

Source : https://www.lalsace.fr/haut-rhin/2018/11/24/le-statu-quo-c-est-la-destruction-de-la-planete

Retour au sommaire

16.
Politique - Jo Spiegel rallie le nouveau parti de Raphaël Glucksmann - Le 06/11/2018 20:52 par AFP , actualisé le 08/11/2018 à 14:30 – Document ‘lalsace.fr/actualite’ - Photo - Jo Spiegel. Archives L’Alsace / Jean-Marc Loos

Vingt-deux intellectuels, militants, élus, dont l’essayiste Raphaël Glucksmann et le maire de Kingersheim Jo Spiegel, ont signé ce mardi dans Libération « l’acte de naissance » d’un nouveau parti, Place publique, qui veut « bouleverser le champ politique » -sans exclure de présenter une liste aux européennes.

« Il ne s’agit pas là d’un énième appel à sauver le monde, mais de l’acte de naissance d’un mouvement qui a vocation à se structurer sur tout le territoire français et l’Europe, à multiplier les réunions publiques, à contrer les lobbies et à bouleverser le champ politique », écrivent-ils.

Le nouveau parti se veut « ouvert à toutes celles et tous ceux qui partagent les principes de solidarité sociale, de respect du vivant, de renforcement de la démocratie et de promotion des droits humains ».

Un site internet doit être lancé dans la soirée (place-publique-eu), et un premier meeting est prévu le 15 novembre à Montreuil (Seine-Saint-Denis).

L’association de financement adossée à Place publique a obtenu lundi son agrément auprès de la Commission nationale des comptes de campagne et des financements politiques.

Le nouveau mouvement sera coprésidé par le maire de Kingersheim (Haut-Rhin) Jo Spiegel, et par la chef d’entreprise et spécialiste des questions technologiques Diana Filippova.

Autres signataires, les économistes Thomas Porcher et Lucas Chancel, la militante écologiste Claire Nouvian, l’élu écologiste parisien Dan Lert, ou l’avocat Jérôme Karsenti, défenseur notamment d’Anticor.

Quatre ’urgences’

Le mouvement, qui veut partir des idées et solution de « terrain » pour construire un « projet alternatif », est structuré autour de quatre « urgences » -urgence écologique, urgence démocratique, urgence sociale et urgence européenne-, et sera animé par des « porteurs de cause ».

Écologiste, de gauche et pro-européen, le nouveau parti s’annonce proche sur le fond d’Europe Écologie Les Verts et de Générations. Raphaël Glucksmann était d’ailleurs présent (comme Yannick Jadot) au lancement du parti de Benoît Hamon, le 1er juillet 2017.

Pourrait-il présenter à son tour une liste aux Européennes, dans un paysage de gauche déjà très émietté ? Le parti maintient une certaine ambiguïté sur le sujet. « On ne va pas faire une liste de plus, la cinquante-septième (...) Après, si on veut peser, on doit se saisir des échéances électorales. Est-ce que ça se transforme en liste ? Franchement on n’en sait rien », confie M. Glucksmann à l’AFP.

L’enjeu est d’’inventer un mouvement qui pèse sur la sphère politique, qui n’est pas un think tank, mais qui se définisse d’abord comme un laboratoire de solutions, d’idées, et de plateforme des luttes qui existent déjà », précise-t-il.

Jo Spiegel : ’Rassembler dans une maison commune’

Joint dans la soirée, Jo Spiegel explique ce qui l’a poussé à intégrer ’Place publique’ : « La critique qu’on fait de la droite et de la gauche est d’avoir toujours visé l’individu et pas le citoyen. Dans la démarche de Raphaël Glucksmann, il y a un moment où il a dit je m’engage, parce qu’il ne peut pas ne pas y avoir d’espace entre Macron et Mélenchon, il y a plein d’orphelins. On veut rassembler dans une maison commune tous ceux qui sont dans l’urgence du tragique écologique, du tragique social et du tragique démocratique. »

Résultat de recherche d’images pour ’lalsace.fr’

L’Alsace -Source : https://www.lalsace.fr/actualite/2018/11/06/jo-spiegel-rallie-un-nouveau-parti-place-publique

Retour au sommaire

17.
Partis « L’alliance du philosophe et de l’élu local » Par Yolande BALDEWECK Le 11/11/2018 05:00, actualisé le 10/11/2018 à 23:01 – Annonce ‘lalsace.fr’ : Jo Spiegel, maire de Kingersheim, et Thierry Kuhn, engagé dans Emmaüs, participeront jeudi à la création de Place publique, avec Raphaël Glucksmann. Photo - Jo Spiegel lors d’une réunion publique sur l’avenir institutionnel de l’Alsace proposée par ICA.Photo L’Alsace/Jean-Marc Loos

Il avait quelque peu disparu de la scène politique régionale. Jo Spiegel, 67 ans, maire de Kingersheim, vient de trouver un nouveau défi à la mesure de ses aspirations. Il est coprésident de ‘Place publique’, le mouvement qui sera lancé jeudi par Raphaël Glucksmann, de près des 30 ans son cadet. « L’alliance du philosophe et de l’élu local » , s’enthousiasme Jo Spiegel qui a rencontré Glucksmann en juillet. Ils se sont retrouvés sur la nécessité d’ « une démocratie exigeante » , « en associant les citoyens au processus de transformation ».

« Nos partis ont ciblé l’individu quand il faut cibler le citoyen » , assure l’élu, délégué à la transition énergétique à M2A (Mulhouse Alsace agglomération), qui a quitté le PS il y a trois ans, mais n’a « jamais déserté ses convictions ». Il déplore que « l’individualisation et l’atomisation de la société favorisent la solitude et les inquiétudes, et conduit à l’appel au chef ». Cela expliquerait, en partie, « la montée des régimes populistes, un peu partout à travers le monde ».

De l’intérêt en Alsace

Le nouveau mouvement – qui veut se structurer autour de « quatre urgences : climatique, sociale, démocratique et européenne » – n’a pas de programme tout fait. « Nous voulons le co-construire avec les gens, avec deux ou trois propositions radicales par pilier » , soutient Jo Spiegel. Il observe que, lors de sa campagne, Emmanuel Macron avait tenté d’innover en envoyant ses amis « faire du porte-à-porte ». « Par la force des choses, il est revenu à une construction verticale, avec les frustrations que cela entraîne chez les militants de LaRem. Certains me sollic itent » , lâche-t-il, tout en saluant les débats menés par Jean-Paul Delevoye autour de la réforme des retraites.

Place publique, qui veut occuper l’espace entre Macron et Mélenchon, se défend d’atomiser davantage encore la gauche. « Nous ne formons pas une écurie présidentielle » , se défend le coprésident qui espère une alliance avec d’autres formations, en vue des européennes de mai. Rassemblées les listes de gauche (non socialistes) pourraient espérer recueillir « 25 % des voix » , selon le Haut-Rhinois. Lui-même « n’est plus candidat à rien ».

Il n’est pas le seul Alsacien dans « l’équipe des 22 » responsables de Place publique. L’autre est Thierry Kuhn, 52 ans, président d’Emmaüs France jusqu’au printemps, directeur du chantier d’insertion de Mundols-heim, qui avait déjà participé à un meeting de la société civile, en 2017. Il avait aussi lancé, avec Nicolas Hulot, un appel rassemblant 180 représentants d’organisations et d’associations, pour « travailler sur un autre projet de société ».

« Entre-temps, il y a eu des élections. Mais la société politique se révèle toujours incapable de répondre aux urgences » , regrette Thierry Kuhn, qui « situe son engagement avec Raphaël Glucksmann dans la suite logique de celui avec Nicolas Hulot ». Au niveau national, 5 000 personnes se seraient déjà inscrites pour participer à ce « mouvement de citoyens ».

« En Alsace, nous avons une longue tradition humaniste, axée sur l’économie sociale et solidaire, une envie de faire de la politique autrement » , veut croire Thierry Kuhn qui affirme d’emblée « n’avoir aucune envie de se présenter aux européennes ». Mais il se dit « sollicité par de nombreuses personnes à Strasbourg »…

L’AlsaceSource : https://www.lalsace.fr/haut-rhin/2018/11/11/l-alliance-du-philosophe-et-de-l-elu-local

Retour au sommaire

18.
Vidéo - La démocratie participative présentée par Jo Spiegel à Kingersheim

Jo Spiegel et la démocratie participative à Kingersheim - Version vidéo moyenne 15:22 ajoutée le 24 juillet 2018 - Catégorie : Vie pratique et style - Licence : Licence de paternité Creative Commons (réutilisation autorisée)

Retour au sommaire

19.
Kingersheim (68) : la démocratie participative selon Jo Spiegel Par Caroline Moreau Publié le 16/04/2015 à 16:51 © France 3 Alsace Photo -

Maire de Kingersheim depuis 1989, Jo Spiegel, veut faire de la politique autrement. Récemment, il rendait sa carte au PS. Voilà également 10 ans qu’il expérimente la démocratie participative avec ses administrés.

Sa dernière idée : créer une ’Agora 15-20’ : une assemblée participative réunissant élus, représentants d’associations et des citoyens cooptés. Ensemble, ces ’agoracteurs’ étudient toutes les mesures qu’entend prendre le maire pour la commune. Un concept qui est dans la droite ligne de ce que Jo Spiegel veut initier depuis une dizaine d’années dans sa commune : associer autant que possible les 13.000 habitants aux choix à faire dans la commune, être dans la plus grande transparence possible avec eux, pour casser cette ’déprime démocratique’ qui croît selon lui.

Une démarche à laquelle n’adhèrent pas tous les habitants, et que l’opposition qualifie de ’jouet politique’, de ’hochet donné au peuple’.

Jo Spiegel a annoncé qu’il ne briguerait pas un autre mandat de maire.

Kingersheim : la démocratie participative selon Jo Spiegel
Reportage de Géraldine Dreyer et Eric Kleinhoffer.

A lire aussi : Jo Spiegel, maire de Kingersheim, quitte le Parti socialiste après 38 ans de militantisme 

https://france3-regions.francetvinfo.fr/grand-est/2015/04/16/kingersheim-68-la-democratie-participative-selon-jo-spiegel-706275.html

Retour au sommaire

20.
Le citoyen et ses usages – Planche maçonnique anonyme datée du 23/10/2013

C’est la République, soit l’Etat gouverné par un chef qui ne détient pas tous les pouvoirs et qui n’en hérite pas, qui créé le citoyen, celui qui occupe la cité. C’est ce citoyen qui invente la Démocratie, soit la souveraineté appartenant au Peuple, le populisme dans son essence. Son dogme fondamental est tout ce qui vient du peuple. Ainsi la Démocratie dans son cadre de la citoyenneté républicaine évolue dans son histoire à la recherche de son idéal. « La Révolution doit s’arrêter à la perfection du bonheur » nous disait St Just.

Deux siècles et quelques plus tard, mais 75 000 jours c’est court, nous constatons avec effroi les dégâts, dont quelques-uns irréversibles, du système politique dominant aujourd’hui qui s’approprie légalement les termes : République, Citoyenneté, Démocratie, Laïcité. Nous savons pourtant que les étymologies et leurs raisons d’être sont bafouées.

Notre passage dans l’histoire en ce début de XXI ème siècle après zéro, nous bouscule tant dans nos raisonnements que dans nos actions. Victimes de nous-mêmes colonisés par nos peurs-paniques, on est dévariés.

Les citoyens privilégiés que nous sommes, en regard d’un nombre immense de nos semblables qui souffrent par manque de liberté et de moyens d’existence, de soins, sommes contraints de faire évoluer rapidement notre citoyenneté. Nous nous devons, par pure nécessité de survie, d’opposer la concurrence à la solidarité. La compétition (ou compétivité) à la coopération.

Nos contraintes, nos appréhensions, notre pétoche nous rappellent, nous acculent à nos lois de la raison et du cœur. Nous devons partager et ne plus gâcher, nous devons matériellement décroître sur deux pôles fondamentaux : les déchets et l’enrichissement par l’argent. Abandonner le gavage pour lui substituer la frugalité. La croissance ne pouvant être que monétaire doit s’effacer et céder à l’abondance. Quelque soit notre rang social, ces avertisseurs sonnent comme des reproches et des menaces.

Nous devons socialiser notre planète ; soit la gérer, la soigner et l’aimer parce qu’elle produit toutes nos nourritures. « La terre et moi sommes d’un même esprit, la mesure de son corps et la mesure de mon corps sont les mêmes. Quand je suis parti la terre m’a suivi, elle collait à mes talons en signe d’amitié. » Disait Joseph, chef sioux.

Après cette introduction quelque peu alarmiste je vous invite à une petite promenade subjective et exhaustive dans les utopies et les idéalismes de l’Occident dans les siècles passés.

Où il est question du partage dans l’histoire. En écoutant notre F. Edgar Schreyer nous parler du Graal au Cépu, j’ai appris que les celtes avaient dans leur organisation le partage total, la haine de l’enrichissement et une hiérarchie non autoritaire, comme nous sommes censés l’être en F.M. La veille de cette réunion je présentais à Russan une conférence « Le taureau sacré » où je ventais les pratiques de la religion mythraïque dans la Rome antique dans laquelle les mêmes principes étaient pratiqués. Ces deux sociétés vivant à peu près à la même époque ne se connaissaient certainement pas encore. Depuis quand des civilisations vivaient ainsi organisées ? On sait aujourd’hui que c’était la fin pour l’un comme pour l’autre.

Où il est question d’Utopie. Nous sommes à la Renaissance, Thomas More écrit un livre en latin publié à Louvain en 1516 soit 16 siècles plus tard que les mythraïques et que les celtes. Son titre est construit à partir d’une double racine grecque ou-topos (lieu qui est nulle part) et eu –topos (lieu de bonheur) soit Utopia.
Utopus s’est emparé d’Abraxa, une terre qui tenait au continent et lui a donné son nom. Il humanisa une population grossière et sauvage, et pour former un peuple qui surpasse tous les autres en civilisation’. Ensuite, il a fait couper un isthme et ’la terre d’Abraxa devint ainsi l’île d’Utopie’. La genèse de l’île est symbolique :
Utopus a voulu rendre le territoire difficile d’accès pour en faire un lieu réservé ; réclamant du voyageur quelque effort pour s’y rendre.
De telles barrières naturelles garantissent la protection des influences extérieures. Plus tard, Voltaire imaginera l’Eldorado dans Candide.

Ainsi, l’Utopie est régie par les mathématiques, pure manifestation de l’intelligible. Dans l’île, tout est mesurable parce que le nombre seul garantit l’égalité. Par exemple, toutes les rues de la ville d’Amaurote mesurent 6,5 m de largeur. Sur l’île, la propriété privée est inconnue, les Utopistes travaillent 6 heures par jour et prennent leur repas en commun. Le temps libre est consacré aux loisirs comme les échecs ou l’apprentissage des belles lettres. Voilà un lieu qui m’évoque singulièrement notre T\

Où il est question de plausibilité. En 1762, au siècle des lumières, Jean-Jacques Rousseau publie « Du contrat social ou Principes du droit politique ». A partir de sa réflexion sur l’origine et les fondements de l’inégalité parmi les hommes, de la pratique de l’agriculture et du droit de propriété il traite de la légitimité des sociétés et de types de pouvoir. Son principe fondamental est la souveraineté populaire. « Je veux chercher si dans l’ordre civil, il peut y avoir quelque règle d’administration légitime et sûre, en prenant les hommes tels qu’ils sont, et les lois telles qu’elles peuvent être.
Je tâcherai d’allier toujours, dans cette recherche, ce que le droit permet avec ce que l’intérêt prescrit, afin que la justice et l’utilité ne se trouvent point divisées. »

Où il est question d’idéalisme. Le 19ème siècle est prolifique en utopie et en luttes sociales, c’est aussi celui de l’apogée des actions politiques de la F.M. En 1837 est publié un projet, Le Phalanstère de Charles Fourier, contraction des mots phalange (regroupement) et stère (solide). Il est décrit un bâtiment de 1200 mètres de long dans un parc de 4 km2 pouvant recevoir 2000 sociétaires. On y trouve des arcades, des galeries, une tour-horloge centrale, une bourse, un opéra, des ateliers, des cuisines, des appartements privés, un caravansérail, une cour d’honneur.
Fourier dans sa quête de l’Harmonie Universelle de la résultante scientifique et passionnelle pense parachever la théorie de la gravitation d’Isaac Newton. Grand critique de l’industrie naissante il donne des places plus particulières à l’agriculture, aux arts et à la science. Les rémunérations des sociétaires sont individuelles et non familiales.

Trois grands groupes composent l’organisation : nécessité, utilité et agrément. La valeur des produits n’est pas marchande mais leur capacité à susciter le désir de produire. La répartition s’opère par intérêt individuel et intérêt collectif par croisements du fait de la participation de chaque individu à de nombreux groupes. Les dividendes sont perçus en positif sur le compte de chaque sociétaire dont sont soustraits les biens et services obtenus du phalanstère (costumes, repas, fournitures et services). Le solde est versé une fois l’an. On retrouvera à partir de la deuxième décennie du XXème siècle des travaux succédant à cette idée d’une économie de l’accès pour tous à l’achat par « le distributisme », sujet sur lequel j’ai planché et peut remettre au programme d’une tenue. Charles Fourier fut précurseur du socialisme et du féminisme français. Il oppose l’ordre massif à l’ordre égrainé. Les phalanstériens dorment peu et s’activent beaucoup, eux non plus n’aspirent pas au repos. De nombreuses expériences ont été tenté à travers le monde, toutes ont échouées, souvent après une éphémère existence. Cependant deux essais, à ma connaissance, proches du fouriérisme ont abouti : le Familistère à Guise de Jean-Baptiste Godin et, encore vivante actuellement, la communauté Longo Mai en Provence.

Où il est question d’anarchisme. Pierre-Joseph Proudhon ne voyait dans le phalanstèrisme que bêtise et ignorance. Premier théoricien à se désigner lui-même comme anarchiste, il fut reçu F\M\ en 1847 à Paris. Pour lui l’anarchie est l’ordre sans le pouvoir. J’ai vu dans la F\M\ les mêmes critères, et c’est pour cela que j’ai voulu être F\M\

Proudhon proposa de créer une « banque d’échange », accordant des crédits à faibles taux d’intérêts ainsi que des billets d’échange à la place de la monnaie basée sur l’or. Il affirme comme Fourier ou Saint Simon le primat de l’économie sur la politique. Il se veut l’apôtre par la voie du socialisme scientifique de « l’anarchie positive » et du « fédéralisme autogestionnaire ». Pour échapper à la contradiction que la propriété c’est le vol, mais aussi la liberté, il lui trouve sa légitimité dans le travail. Rejetant à la fois le capitalisme et le socialisme, il préconise les voies du mutualisme, de la coopérative et du fédéralisme. S’oppose pour lui, la propriété qui est le vol à la possession qui est usologique. Notre F. Pierre-Joseph est en quelque sorte le penseur moderne du droit d’usage. Ce droit nous était connu antérieurement avec des maximes telles que « La terre à ceux qui la travaille ». Miguel Hernandez se questionne dans un poème : » Qui a planté l’olivier ? » mis en musique par Paco Ibanez : « Andalous de Jaen. »

Où il est question de philosophie et de politique contemporaine.

Aujourd’hui de quoi avons-nous besoin, de quels usages, d’utilité, d’emploi ? Pour quel exercice, quel fonctionnement ? Usons de la parole, de la force, des sens, des stratagèmes dans le but raisonné d’obtenir ce qui est utile, durable, sain, beau et pour tous. Partager avec l’humanité c’est aussi partagé avec la Terre qui n’est pas à notre service. Donner c’est recevoir. Marcel Mauss, l’anthropologue, dans son « Essai sur le don » décrit les rites d’échanges des différentes civilisations où donner c’est recevoir, sans pourtant attendre ou exiger que soit rendu le don directement par le receveur. Cette pensée est profonde en Polynésie par le Potlatch.

A qui appartiennent les outils, les matériaux et les espaces que nous réclament nos besoins et nos usages ? A l’origine ils appartenaient à tous, à tous les usagers. Un jour, peut-être, surement, il y eut un homme qui confectionna une clôture pour protéger sa famille, sa tribu, ses animaux et ses cultures de leurs prédateurs. Puis, avec le temps, il décréta que ce qui était à l’intérieur de cette clôture était sa propriété . Mais au fond, qu’importe de posséder si nous usons du droit d’usage ! L’usufruit qui nous permet de jouir de ce qui ne nous appartient pas. « La possession est une amitié entre l’homme et les choses », dit Jean-Paul Sartre.

Les capacités de la machine productive sont immenses mais aujourd’hui détournées, pour des raisons comptables, de ce qu’elles peuvent avoir de bénéfiques pour l’ensemble des êtres vivants de la planète. Ce détournement est responsable de la paix armée et du terrorisme. Il est inadmissible de continuer à mener des politiques qui consistent, pour l’essentiel à limiter, pour maintenir les prix, la quantité des produits qui arrivent sur le marché, de rémunérer les producteurs pour qu’ils ne produisent pas et les chômeurs pour qu’ils ne travaillent pas. Il est inadmissible de sélectionner les produits et services en fonction de leur rentabilité marchande. Pour sortir le marché par le haut, il faut le limiter aux biens et services ayant des retombés sur les relations sociales et environnementales.

Ces biens et services ajustés aux usages des usagers librement maîtrisés par eux, chiffrés à la production et non plus par le marché. Ces produits et services sont distribués aux usagers sous la forme d’un revenu garanti de la naissance à la mort afin qu’ils se procurent tout ce qui aura été créé par leur travail. Ils les renouvelleront en fonction des usages qui leur sont propres. Dès lors il n’y a plus ni inflation, ni impôt, ni prime, ni allocation, ni subvention, ni mécénat, ni bourses, mais les moyens de vivre pour tous. Une mutation de la notion de l’achat à la notion de l’accès.
Laissons les citoyens s’investirent dans les activités de leur choix, depuis l’indispensable ramassage des poubelles jusqu’à l’épanouissement comme l’art et le sport. Ne découpant plus l’existence en trois parties, nous avons la vie entière pour travailler, apprendre, rire et nous reposer.

Cet exposé relève de ce que nous observons tous les jours :

  • La pénurie n’existe pas, la rareté est entretenue dans l’abondance. Il y en a pour tout le monde et ce que nous n’avons pas nous savons ou bien le trouver, ou bien le faire.
  • Nous sommes capables de faire face en temps réel, grâce à nos technologies, à presque toutes les difficultés.
  • Plus de 50% des revenus actuels sont des revenus non travaillés.
  • Est-ce que la réduction du temps de travail et la croissance du chômage ont diminués la masse des produits et services ?
  • Nous disposons de toutes les infrastructures : informatique, banques, collectivités territoriales aptes à être converties en gestion raisonnée et offrant le maximum d’initiative aux usagers.
  • Le désir grandissant de créer une entreprise. Cet état d’esprit positif est empêché souvent par la concurrence et le yoyo du marché. L’entreprise actuelle n’a pour gouvernail que celui des profits monétaires, elle ne fait pas son travail.
  • L’implication grandissante dans la vie associative (40% des français) prouve bien le désir de créer ensemble et le besoin croissant des gens à se responsabiliser.
    Par ces réflexions nous sommes bien plus en rapport avec l’idéalisme de Kant, voir de Proudhon, qu’avec l’utopie de Thomas More.

Toutes ces données prises en compte pour un projet de société mobilisant au plus large les usagers nécessitent de s’affranchir du système électoral actuel. L’électeur par sa démotivation laisse le champ libre à des représentants parachutés qu’auront élus une partie du corps électoral. La pratique professionnelle de la politique est l’empêchement majeur de la responsabilisation du citoyen.

La liberté de faire et de penser à la réelle disposition de tous, c’est cela l’Usologie.

Pour faire, il faut quoi ? D’abord de l’observation et de la reconnaissance. On appelle ça comment ? A quoi ça sert ? Est-ce animal, végétal, minéral ou transformer à partir de ressources naturelles ? Pour ce que nous avons à faire, il faut quoi ? Après avoir nommé, on explique en tentant de s’en tenir aux faits. Est-ce réalisable ? En avons-nous réellement besoin ? Est-ce que dont X fait usage, l’usage tient-il compte de X ?
Sous forme de petite fiction imaginons une entreprise en République des usages qui s’emploi à fabriquer des chaises. L’équipe a déjà analysé l’opportunité de fabriquer des chaises : pour poser son séant, pour manger ou travailler à une table, de les disposer en cercle pour se réunir, face à une estrade pour assister à une représentation théâtrale. Chez nous, nous nous asseyons sur des chaises, il n’en est pas de même en Afrique ou en Asie, ou presque. De quels matériaux seront-elles faites, de bois puisque nous sommes en région boisée ? Certaines auront leurs sièges paillés ? Quel outillage et quelles machines seront utilisés ? Comment seront-elles assemblées, protégées et peintes ?

Les choix ont été dictés par la proximité des approvisionnements afin de limiter les transports. De même pour les écoulements, sachant quels sont les besoins, les usages, les us et coutumes du pays. Ce en application de la charte : utile, durable, sain, beau et pour tous. Toute entreprise est de fait expérimentale et évolutive, elle peut améliorer ou abandonner toute production. Les objectifs peuvent être remplacés par d’autres sur des critères du mieux, du plus écologique, moins astreignant ou parce que cela n’est plus utile.

Je vous demande mes TT.CC.SS. et FF. de faire un exercice à partir de cet exposé en développant des fabrications plus complexes (ordinateurs par exemple) en tenant compte de leur utilité, de leurs matériaux, de leurs provenances, de leurs dangerosités de leur distribution. Le tout avec observance rigoureuse de l’environnement. Je ramasse les copies à la prochaine tenue.

Considérer toute chose comme faisant usage, dans un environnement d’usages qui ont une histoire et qui peut-être à tout moment modifié, casse l’esprit de certitude, éveille à la recherche. Nous transgressons la simple connaissance de ce que sont les gens, ce que sont les choses pour en déduire ce que l’on doit en faire, soit le savoir simple de ce qui est par construction en faisant le passage dans l’observation usologique.

Politiquement l’Usologie se clame comme suit :
La condition nécessaire et suffisante pour qu’une position sociale devienne dominante et d’inscrire son action dans le cadre d’une certaine représentation de la nature des choses et des usagers. L’objectif affiché du distributisme est de permettre la maîtrise des usages par les usagers.

Si un spectre hante l’imaginaire révolutionnaire, c’est bien celui de la production. La pensée critique du mode de production ne touche pas au principe de production et la laisse intacte dans cette forme. Cette même forme resurgit idéalisée derrière la critique du mode de production capitaliste.

Jean Baudrillard disait : « C’est au nom d’une hyper productivité authentique et radicale qu’on va subvertir le système de production capitaliste. C’est au nom d’une hyper productivité désaliénée, d’un hyperespace productif qu’on va abolir la loi capitaliste de la valeur. Le capital développe les formes productives, mais il les freine aussi ; il faut les libérer. » Ajoutant à ce que dit Baudrillard que le capitalisme fonctionne tout simplement par sa simple obligation de faire des produits monétaires, il convient d’abolir cette obligation et de promouvoir l’observation usologique. Les critères d’utilité doivent prendre place en lieu des critères de vente.
Mais attention un spectre peut en détrôner un autre.

A partir du moment où la nécessité de vendre ne prime plus, nous risquons d’idolâtrer par la purification des critères d’utilité et de gratuité, voir de totalité. Un traitement à toujours des effets secondaires.
La maîtrise des usages par les usagers aura besoin d’un passage récusable, falsifiable dans la prévision du risque d’une maîtrise contraignante et autoritaire du besoin vrai. Il est vital de ralentir ce monde qui va trop vite pour prendre le temps de l’expérimentation, de la connaissance. Comme en F.M. 
La concurrence économique rend illusoire la récusabilité, la falsifiabilité en imposant périodiquement et sans préavis un usage par un autre. C’est aux usagers de s’adapter par la maîtrise progressive des contraintes, de faire des choix non plus en aval mais en amont. On pourra dès lors parler de maîtrise ouverte.

Dans le régime économique qui est le nôtre, les produits et services proposés –utiles ou non- sont étroitement soumis aux profits des entrepreneurs. Ils réalisent et redistribuent sous forme de salaires, bénéfices, investissements, impôts et taxes. Le tout dépend de l’état du marché. Comment envisager dans cette pratique impérative une politique volontariste rigoureuse en matière d’environnement, le but étant la réalisation de profits ? En supposant que la planète se couvre de produits écologiquement et socialement pertinents, réapparaîtrait à terme les inconvénients de la profitabilité. Le profit rapide ne coïncide et ne coïncidera jamais avec le développement soutenable, pas même avec la décroissance soutenable. Il y a quelques années les Verts ont admis le marché du droit à polluer et ont convaincus le P.S.

Et en 2013 la taxe sur le CO2 vient d’être admise par le gouvernement. On a pas dépollué d’avantage, on a créé une recette supplémentaire de fric.
Le progrès vivable est entravé, l’opposition se trouve enfermée dans son opposition et sa critique, toujours dans un aménagement de la loi du marché. Hors l’Usologie s’est contentée de reprendre à l’écologie politique son ambition première et inscrite, la maîtrise des usages par les usagers. Ce même engagement était déjà celui de la gauche à ses origines, mais « Le vin du sacré calice s’est changé en eau de boudin. »

C’est l’humanité entière qui a bâti la victoire sur la pénurie, on n’a pas le droit de la lui voler. Avec elle, avec tous les usagers nous pouvons mettre l’abondance à l’ordre du jour. C’est à travers elle qu’il est envisageable de parvenir à la décroissance soutenable à laquelle il faudra bien arriver un jour.

Dans les années 1850, Karl Marx, que l’on exhume régulièrement, prédisait la fin des revenus d’existences par la valeur-travail. Selon lui le système salarial arriverait rapidement à terme dans la société capitaliste et industrielle. Nous y sommes ! Ce texte nous a été connu que 100 ans plus tard grâce à André Gorz.

Les partisans de l’Usologie demandent un revenu à vie aux citoyens pour toute rémunération à contrario des propositions d’allocations partielles. Cette dernière paraît d’emblée dangereuse parce qu’elle permet à la politique actionnariale de négocier plus inéquitablement encore un revenu d’appoint. La démocratie des usagers distribue à tous les usagers, de leur naissance à leur mort, un revenu proportionnel aux richesses disponibles.
- le chômage ne menace plus personne

  • l’existence n’étant plus divisé en trois parties, chacun poursuit ses activités favorites tant qu’il le désire et ne menace aucun emploi, par conséquent offre le droit fondamental à tous dans les activités de son choix
  • avec l’abolition du profit monétaire, l’éventail des activités se trouvera profondément modifié. Ce temps d’activité sera celui de la réflexion, de la recherche, de toutes les pertinences, de l’amélioration de la qualité de la vie chère à St Just, comme à moi, comme à vous.
    Nous permettrons aux libéraux ce qu’ils n’ont jamais espérer, la liberté d’entreprendre. Ces libéraux qui, pour l’heure, étouffent nos fondamentaux qui sont aujourd’hui « dans l’air », ne nous laissant leurs utilisations par l’énoncer de formes étriquées et malheureuses. Toutes les formes de changement vont pourtant dans ce sens mais n’interviennent qu’à titre de pansements sur des plaies produites par l’économie de marché. Et les tentatives qui passent inaperçues ou négligeables faute d’appréciation, parce que nous ne disposons pas encore de méthode de lecture ou de projet de société qui les valoriserait. « Il est difficile de résoudre un problème avec la même forme de pensé qui l’a engendré. », ça du Albert Einstein.

Et moi d’ajouter que changer de méthode de pensée c’est décoloniser nos cervelles. C’est là que réside le plus dur de la tâche.

Dans le dessein d’élaborer une société usologique à l’économie libertarisée, quelques étapes doivent être franchies, en commençant par l’abolition des profits monétaires. De passer de l’achat à l’accès, avec un compte qui au lieu de se vider se rempli par le Revenu Universel supprimant le salariat. Comme le suggérait Fourier avec son Phalanstère. Dépasser l’échange par la monnaie par celui d’une carte d’accès. Les banques ne gèrent donc plus de l’argent mais les matières (comme un nombre croissant d’entreprises aujourd’hui d’ailleurs), elles deviennent banques de données. Du crédit au débit nous pensons alors à ce qu’il y a de disponible et où, ou ce qu’il n’y a pas de disponible. La gestion des matières, des revenus citoyens et investissements des entreprises par traitements informatiques tel que le code-barres ou autre logiciel de traçabilité.

Cette planche est ma position philosophique profane et politique aujourd’hui. Elle est issue d’une profonde et radicale séduction opérée il y a quelques quinze années par la pensée de mon ami et homonyme Jean-Paul Lambert, créateur du concept d’Usologie, que j’aime à appeler mon homonami.

Jean-Paul est un ancien instituteur en classes de rattrapage. Il a collaboré à la revue Esprit et à La Gueule Ouverte, à la revue Mauss, il dirige aujourd’hui une publication nommée Prosper. Il travaille maintenant sur la désargence, soit l’abolition de la monnaie, rendue possible par l’allocation de vie et la gestion électronique. Il est l’auteur de quatre livres aux éditions de l’Harmattan traitant du Distributisme historique jusqu’à sa position dans l’Usologie aujourd’hui. J’ai déjà comme je vous l’ai dit, commis une planche sur le distributisme en février 6007, que j’ai présenté également au Cépu. Il existe donc une revue, des livres, des C.D. des conférences et un site internet que je mets volontiers à votre disposition. J’ai dit V\M\ J-L\ L\ - L’Edifice

http://www.ledifice.net/1002-0.gif

Source : http://www.ledifice.net/7560-1.html

Retour au sommaire


Accès à d’autres dossiers

’Eléments d’une méthode de travail pour l’innovation, une adaptation au changement et à la transition : Partie 5 : Aptitude et rôle de leader pour entraîner un changement avec une communication bienveillante et non violente’ par Jacques Hallard , jeudi 3 août 2017

Retour au sommaire

’Faisons donc confiance à la jeunesse et encourageons-la à réparer ce qui est cassé, pollué, gaspillé’, par Jacques Hallard , mercredi 28 décembre 2016

Retour au sommaire

Jane Goodall : préserver notre avenir suppose de surmonter trois problèmes majeurs : la pauvreté, le consumérisme et le taux de croissance de la démographie humaine. Samedi 5 janvier 2019 par Goodall Jane- suite

Retour au sommaire

Voir aussi sur la Citoyenneté de nombreux articles à consulter sur le site ‘yonne lautre’

Retour au sommaire

Retour à l’introduction

Retour au début du dossier


Auteur : Jacques Hallard , Ingénieur CNAM, consultant indépendant, avec les conseils de Christiane Hallard-Lauffenburger, ex enseignante de l’école publique - 09/01/2019

Site ISIAS = Introduire les Sciences et les Intégrer dans des Alternatives Sociétales

http://www.isias.lautre.net/

Adresse : 585 Chemin du Malpas 13940 Mollégès France

Courriel : jacques.hallard921@orange.fr

Fichier : ISIAS Politique Citoyenneté Contributions à la démocratie participative et à l’initiative citoyenne.2

Mis en ligne par Pascal Paquin de Yonne Lautre, un site d’information, associatif et solidaire(Vie du site & Liens), un site inter-associatif, coopératif, gratuit, sans publicité, indépendant de tout parti.

http://yonnelautre.fr/local/cache-v...

— -


Accueil | Contact | Plan du site | | Statistiques du site | Visiteurs : 67 / 326413

Suivre la vie du site fr  Suivre la vie du site Pour en savoir plus  Suivre la vie du site Politique   ?    |    titre sites syndiques OPML   ?

Site réalisé avec SPIP 3.2.1 + AHUNTSIC

Creative Commons License