ISIAS

"De l’Âge d’Or de la civilisation islamique au monde musulman contemporain en Francophonie - Compléments sur la foi et la raison " par Jacques Hallard

dimanche 26 mai 2019 par Hallard Jacques


ISIAS Monde arabe et Islam

De l’Âge d’Or de la civilisation islamique au monde musulman contemporain en Francophonie - Compléments sur la foi et la raison

Jacques Hallard , Ingénieur CNAM, site ISIAS 25/05/2019

Série « Divers aspects du monde arabe et de l‘islam ».

Partie 1 : ’Données géographiques et linguistiques sur les Pays arabes et découverte de la civilisation islamique et du monde musulman ’ par Jacques Hallard, dimanche 05 mai 2019.

Partie 2 : De l’Âge d’Or de la civilisation islamique au monde musulman contemporain en Francophonie – Compléments sur la foi et la raison

PLAN : Avant-propos Introduction Sommaire Auteur

Partie d’échecs entre un juif et un musulman, El Libro de los Juegos, XIIIe siècle, Bibliothèque de l’Escurial, Espagne • Crédits : Bibliothèque de l’Escurial, Espagne


Avant-propos - « La civilisation islamique, ou monde musulman, désigne une zone géographique couverte par l’expansion musulmane, au gré de chaque époque. Elle se développe et se concentre dans des pays dont les régimes politiques appliquent, ou dont les sociétés sont fortement influencées par les lois islamiques… » - Wikipédia

La loi islamique par Dominique Sourdel - Dans L’islam (2009), Chapitre III pages 34 à 74 – 1èrede couverture – Extrait comme entrée en matière

Le Coran se présente comme un code révélé, religieux et social, d’où le caractère essentiellement juridique de l’islam, défini avant tout par une Loi (charî‘a) s’appliquant à la seule communauté des croyants. Ainsi s’explique la forme prise par la profession de foi : non une simple affirmation, mais un témoignage intégrant de manière définitive à la communauté celui qui le prononce. Son contenu se réduit à une formule condensée, tirée d’un verset coranique (vii, 157) : « Il n’y a pas d’autre divinité que Dieu, et Mahomet est son prophète ».

Cette foi simple, destinée à une extériorisation constante, est d’une intensité qui a souvent frappé les observateurs étrangers ; aussi a-t-on pu dire qu’un « esprit de foi puissant affleure dans toutes les manifestations de la vie du musulman, même si celui-ci ignore les enseignements authentiques de sa religion ou s’il y est infidèle » (J.-M. Abd-el-Jalil). Il s’agit avant tout de « soumission » (islâm) à l’omnipotence divine sans distinction fondamentale entre imân (foi) et islâm, bien que l’un insiste davantage sur la conviction intime et l’autre sur la profession par la parole… - Lecture complète sur ce site : https://www.cairn.info/l-islam--9782130577317-page-34.htm#

Le terme Francophonie est utilisé ici dans le titre pour désigner les pays ou territoires d’origine des contributions sélectionnées, essentiellement la France, la Wallonie en Belgique et le Québec au Canada.



Introduction

Dans la première partie de cette série intitulée « Divers aspects du monde arabe et de l‘islam », il a été question des ’Données géographiques et linguistiques sur les Pays arabes et découverte de la civilisation islamique et du monde musulman ’ par Jacques Hallard,

Bien définir les termes ‘arabe’ et ‘musulman’ n’est pas chose évidente pour tout le monde et nous pouvons y revenir à l’aide d’un emprunt fait à l’anthropologue algérien Malek Chebel (1953-2016] dans son ouvrage « Les grandes figures de l’islam  » (éditions Perrin mars 2011).

« J’appelle ‘Arabe’ celui qui se réclame de l’ethnie arabe, qui parle arabe et qui appartient à une culture ou à un pays dont le passé et le présent ont été déterminés à quelque niveau que ce soit par la langue arabe. Premier paradoxe, on peut utiliser le graphisme arabe, et la phonétique des lettres arabes, mais cela ne donne pas obligatoirement la même langue : les Perses utilisent l’alphabet arabe, mais ne sont pas arabes et ne parlent pas arabe, hormis les érudits évidemment. C’est encore plus vrai pour les Afghans, les Pakistanais, le Pachtouns, les Kurdes, les Azéris, les maronites, les chrétiens d’Irak qui utilisent l’alphabet arabe, mais qui parlent une autre langue. Quand on parle l’ourdou, l’érudit arabe ne comprend pas la langue, mais il en déchiffre l’alphabet ».

« Par ailleurs, j’appelle ‘Musulman’ celui qui croit en Dieu, et en son prophète Mohammed, indépendamment de son origine, de sa langue, de sa culture ou de la couleur de sa peau. Pour accéder à ce statut, l’individu doit observer scrupuleusement l’ensemble du dogme, à savoir les cinq conditions pour être un bon musulman : la profession de foi, la prière, l’aumône, le jeune et le pèlerinage à La Mecque » … « Dans la réalité, un Arabe est souvent musulman mais il arrive aussi que des Arabes ne le soient pas. Un Libanais peut en effet se reconnaître « arabe » par la langue et la culture, par le pays aussi, mais il peut être chrétien maronite ou druze. De même, un copte égyptien est véritablement arabe par ses références culturelles et historiques, mais il est chrétien dans tous ses faits et gestes. Cela ne l’empêche pas, par ailleurs, d’écouter le sermon dominical en arabe et d’entendre dire : « O Seigneur qui êtes aux cieux, Allah tout puissant… » Ce faisant, il n’a pas changé de confession er ne s’est pas converti, même si la langue liturgique est commune aux deux religions dominantes dans le Croissant fertile, le christianisme et l‘islam… »

Dans cette deuxième partie de la série dénommée « Divers aspects du monde arabe et de l‘islam », après avoir rappelé les piliers de l’Islam, la civilisation islamique et arabo-musulmane et le monde musulman dans sa globalité, les documents sélectionnés dans ce dossier à usage didactique, se proposent dans un premier temps de faire découvrir cet âge d’or islamique souvent évoqué et âprement discuté. La richesse des savoirs et des savoir-faire est tout à fait étonnante, avec une origine que l’on peut situer sous lescalifats entre le IXe et le XIe siècle, mais souvent dans une période étendue dans le temps déjà à une partie du VIIIe siècle et puis du XIIe au début du XIIIe siècle, pour certains auteurs.

Pascal Buresi, Directeur de recherche au CNRS, directeur d’études à l’EHESS et dirigeant de l’Institut d’études de l’Islam et des sociétés du monde musulman, qui a notamment publié ‘Géo-histoire de l’Islam’, Belin, 2005, Pascal Buresi (Profil auteur) se posait cette question dans la revue ‘Sciences Humaines’ datée Novembre/décembre 2015 – janvier 2016 : « L’islam a-t-il connu des âges d’or ?  » - Extrait : « On raconte que l’Islam médiéval était lumières, et le Moyen Âge européen, ténèbres. Puis que cette dynamique s’est inversée. Autopsie d’un mythe… C’est une idée tenace, très centrée sur l’Occident : l’Islam* aurait connu son âge d’or entre les 8e et 13e siècles de notre ère. Cette lointaine époque aurait été marquée par le développement technique, les réalisations artistiques et architecturales, l’intérêt pour la philosophie aristotélicienne, le dialogue avec les savants des autres religions, les avancées dans les domaines de l’arithmétique, des mathématiques, de la géométrie, de la géographie, de la navigation, de l’astronomie, de la médecine, de la botanique, de l’agronomie, etc… Puis l’Islam aurait sombré dans un inéluctable déclin. Cette longue décadence, économique, technique, politique et finalement intellectuelle, aurait expliqué (et justifié moralement, pourrait-on ajouter) les entreprises coloniales. Les systèmes politiques dictatoriaux dominant les pays d’Islam depuis les décolonisations, la résilience… [pour lire la suite...]

Pourtant, objectivement, force est de constater, à l’aide de Wikipédia , que l’inventaire des secteurs d’activités concernés et rapportés par de nombreux historiens, compose une longue liste : les arts graphiques, du feu (verre et céramique émaillée), de l’enluminure, de l’ébénisterie et du textile ; l’architecture et l’ingénierie, la géographie, la maitrise de l’eau au Moyen-Orient et au Maghreb et donc l’agriculture ; le commerce et les divers moyens de transports terrestres et maritimes (cartographie et navigation) ; la philosophie et la théologie ; les sciences de ce temps et les techniques qui en découlent ; l’anatomie et la médecine ; les mathématiques et l’astronomie, etc…

Par la suite, dans ce dossier, d’autres documents – en particuliers ceux provenant des émissions de France Culture – ont été choisis parmi des sources contemporaines et portent, par exemple, sur un commentateur méconnu du Coran, philosophe et réformateur médiéval de l’islam d’origine perse : Fakhr ad-dīn al-Rāzī (1150-1210).

Ou bien encore des documents écrits et/ou sonores qui portent sur une relecture historique des textes coraniques originaux avec les contributions majeures de l’universitaire tunisienne Hela Ouardi, professeure à l’université de Tunis - El Manar et auteure spécialiste de l’islam et de la littérature française .

A la suite, les documents choisis relatent notamment l’héritage culturel fabuleux d’Al-Andalus (الأندلس en arabe, ⴰⵏⴷⴰⵍⵓⵙ en berbère), qui étendit son influence entre 711 (premier débarquement) et 1492 (chute de Grenade), sur l’ensemble des territoires de la péninsule Ibérique et sur certaines parties du sud de la France. Selon Wikipédia, « L’Andalousie actuelle, qui en tire son nom, n’en constitua longtemps qu’une petite partie6. La conquête et la domination du pays par les Maures7 furent aussi rapides qu’imprévues et correspondirent à l’essor du monde musulman8. Al-Andalus devint dès le IXe siècle un foyer de haute culture au sein de l’Europe médiévale, attirant un grand nombre de savants et ouvrant ainsi une période de riche épanouissement culturel9,10. Bien que terre d’Islam (arabe : دار الإسلام), la civilisation d’Al-Andalus est cosmopolite, composée de diverses populations aux origines et croyances multiples. Les Arabes, les Berbères et les muladi (ou européens musulmans, dont les Slaves ou saqalibas) sont majoritaires, mais y vivent aussi des juifs et des chrétiens, que l’on nomme « mozarabes » en Al-Andalus11. La majorité du monde académique s’accorde sur le fait que la péninsule ibérique sous la domination musulmane, connut un véritable apogée culturel à l’époque du califat de Cordoue, un remarquable équilibre entre sa puissance politique et militaire et l’éclat de sa civilisation12,13,14 : dès la fin du Xe siècle, l’Espagne accueillit ainsi les sciences et la philosophie développées dans le monde islamique par des lettrés et des savants musulmans ou juifs15,16… » - Voir en passant la photo duPatio de los Arrayanes, palais de l’Alhambra à Grenade , aujourd’hui en Espagne dans la communauté autonome d’Andalousie … » - La totalité de cet article est à lire sur ce site : https://fr.wikipedia.org/wiki/Al-Andalus

Sont aussi abordés des sujets traités de nos jours comme l’imanat en Islam, (ou imamat, personne exerçant une fonction d’un chef religieux musulman), la place des jeunes musulmans dans la République française, ainsi que la place occupée par les juifs dans le Coran et les liens symboliques qui unissent les fils d’Abraham  : Ismaël et Isaac.

Ismaël (en hébreu : ישׁמעאל, « Dieu a entendu [ma demande] » ; en arabe : إسماعيل,), un personnage de la Genèse et du Coran ; il est le premier fils d’Abraham, dont la femme (et demi-sœur) Sarah était stérile. Sa mère Agar, esclave de Pharaon, était la servante égyptienne de Sarah, qui a elle-même suggéré cette union à Abraham, d’une part, et Isaac , d’autre part, (en hébreu : יצחק Yiṣḥāq « il rira » ; en arabe : إسحاق (isHāq), … un personnage de la Bible (chapitre de la Genèse) et du Coran : il est le fils d’Abraham et de Sarah, et le mari de Rébecca, le père de Jacob et d’Ésaü, et le demi-frère d’Ismaël). Sur ce sujet des fils d’Abraham, se reporter aussi à l’article La descendance d’Abraham (08 mars 2016, par Guy Marchal in Le blog de Guy Marchal / Médiapart) : ’Car il est écrit qu’Abraham eut deux fils, un de la femme esclave, et un de la femme libre’ (Galates 4.22). Quelle est l’origine du peuple arabe et du peuple juif ? Pour élucider cette question, la Bible est nécessaire !

Divers textes d’actualité en rapport avec l’Islam sont alors rapportés, puis, d’origine belge, se trouve un document comparatif des trois textes sacrés des trois religions du livre, avec leurs filiations, qui sont introduites ci-après :

  • le judaïsme avec la Bible hébraïque ou juive (Torah et Talmud). Tout d’abord la Torah ou Thora (en hébreu תּוֹרָה, « instruction » ; en grec ancien Νόμος — Nomos —, « Loi »1) est, selon la tradition du judaïsme, l’enseignement divin transmis par Dieu à Moïse (תּוֹרַת־מֹשֶׁה – Tōra Mōshe) sur le mont Sinaï et retransmis au travers de ses cinq livres (hébreu : חמשה חומשי תורה – amishā oumshē Tōrā) ainsi que l’ensemble des enseignements qui en découlent2,3. Elle est composée de cinq livres désignés en hébreu par un des premiers mots du texte et traditionnellement en français : la Genèse (Berēshī : Commencement), l’Exode (Shemō : Noms), le Lévitique (Wayyiqrā’ : Et il appela), les Nombres (Bamibar : Dans le désert), le Deutéronome (Devarim/ Deārīm : Paroles). La Torah sert de charte historique et doctrinale au judaïsme orthodoxe. Elle contient, selon la tradition juive, 613 commandements4 et comporte, outre la composante écrite (hébreu : תורה שבכתב, Tōrā sheBikhtā : « Torah écrite »), une dimension orale (hébreu : תורה שבעל פה, Tōrā sheBeʿal Pe : « Torah orale »), ultérieurement compilée dans le Talmud et la littérature midrashique3. Le christianisme appelle Pentateuque les livres traditionnellement attribués à Moïse, terme d’origine grecque Πεντάτευχος qui signifie « Les cinq livres ». Il les reconnaît comme faisant intégralement partie des Écritures canoniques (« Ancien Testament »), bien qu’il en ait partiellement abandonné les préceptes rituels et qu’il ne reconnaisse pas d’autorité aux enseignements rabbiniques. Le christianisme soutient en effet que le message du Christ diffusé par le Nouveau Testament conduit à l’accomplissement de la Torah (Matthieu 5, 17-20), désormais objet d’une observance intériorisée et d’une interprétation allégorique, comme l’attestent les écrits de Paul de Tarse dès le milieu du Ier siècle (Première épître aux Corinthiens)5. La Torah est aussi reconnue par l’islam, selon lequel elle aurait cependant été falsifiée6. Ensuite le Talmud : (hébreu : תַּלְמוּד talmoud, « étude ») est l’un des textes fondamentaux du judaïsme rabbinique et la base de sa Halakha (« Loi »). Rédigé dans un mélange d’hébreu et de judéo-araméen et composé de la Mishna et de la Guemara, il rassemble les discussions rabbiniques sur les divers sujets de la Loi juive telle qu’exposée dans la Bible hébraïque et son versant oral, abordant entre autres le droit civil et matrimonial mais traitant, au détour de ces questions, de points d’éthique, de mythes, de médecine, de génie et autres1. Divisé en six ordres (shisha sedarim, abrégé Sha’s), il existe deux versions du Talmud, dites Talmud de Jérusalem et Talmud de Babylone. Depuis sa clôture, le Talmud a fait l’objet de nombreux commentaires et exégèses, les uns tentant d’en extraire la matière légale, les autres d’en poursuivre les discussions en développant sa dimension casuistique, aboutissant à de savantes discussions et à des interprétations novatrices….
  • le christianisme avec la Bible chrétienne (l’Ancien et le Nouveau Testament). Le christianisme est une religion abrahamique, originaire du Proche-Orient, fondée sur l’enseignement, la personne et la vie de Jésus de Nazareth, tels qu’interprétés à partir du Nouveau Testament. Il s’agit d’une religion du salut considérant Jésus-Christ comme le Messie annoncé par les prophètes de l’Ancien Testament. La foi en la résurrection de Jésus est au cœur du christianisme car elle signifie le début d’un espoir d’éternité libéré du mal. Les premières communautés chrétiennes naissent au Ier siècle en Judée et dans les grandes villes de la diaspora juive telles que Rome, Éphèse, Antioche et Alexandrie. Le christianisme se développe à partir du IIe siècle dans l’Empire romain, dont il devient la religion officielle à la fin du IVe siècle, mais aussi en Perse, en Inde et en Éthiopie. Au Moyen Âge, le christianisme devient majoritaire en Europe, tandis qu’il s’amenuise face à l’islam au Proche-Orient. Il est devenu la religion la plus importante de la planète en raison de son expansion en Amérique à partir du XVIe siècle et en Afrique depuis le XXe siècle. Il est actuellement présent dans tous les pays. En 2015, le nombre total de chrétiens dans le monde est évalué à 2,4 milliards, ce qui en fait la religion comptant le plus de fidèles, devant l’islam et l’hindouisme. Les Églises chrétiennes sont regroupées en différentes branches, dont les principales sont le catholicisme, le christianisme orthodoxe et le protestantisme représentant respectivement 51 %, 11 % et 38 % du total des chrétiens en 2017.
  • l’islam, une religion monothéiste révélée au prophète Mahomet [En arabe : Muḥammad] à La Mecque en Arabie au VIIe siècle. avec le Coran. La religion musulmane se veut une révélation en langue arabe, se présentant comme issue de la continuité de la religion originelle d’Adam, de Noé, et de tous les prophètes parmi lesquels elle place aussi Jésus (appelé Îsâ dans le Coran). Ainsi, l’islam se décrit comme un retour au monothéisme pur d’Abraham (appelé Ibrahim), du point de vue de la croyance. Le livre sacré de l’islam est le Coran. Le dogme islamique du Coran assure qu’il contient le recueil de la révélation d’Allah, qui s’est exécutée sur son prophète Mahomet avec l’intermédiaire de l’archange Gabriel (appelé Jibril dans le Coran). Le Coran reconnaît l’origine divine de l’ensemble des livres sacrés du judaïsme et du christianisme, tout en considérant qu’ils sont, dans leurs écritures actuelles, le résultat d’une falsification : le Suhuf-i-Ibrahim (les Feuillets d’Abraham), la Tawrat (le Pentateuque ou la Torah) de Moussa (Moïse), le Zabur de Daoud (David) et Suleyman (Salomon) (identifié au Livre des Psaumes) et l’Injil (l’Évangile) de Îsâ (Jésus). En 2015, le Pew Research Center estime que l’islam comprend 1,8 milliard de fidèles…
    On peut aussi se reporter sur ce sujet précis à l’ouvrage Les Fils d’Abraham – Livre de Poche – 1er octobre 1990 de Marek Halter1èrede couverture. Quatrième de couverture : « 1967 : guerre des Six jours. Marek Halter voit mourir son père qui lui laisse un étrange petit carnet rassemblant des siècles d’histoire et les bribes de la mémoire en lambeaux de la famille Halter. Dès lors sa vie va être tendue vers un double but : la recherche d’une solution au conflit israélo-arabe et la reconquête de sa propre histoire. Deux aventures étrangement voisines et concurrentes. Il échouera dans la première, mais la seconde donnera naissance à cette grande fresque du judaïsme. Une œuvre bouleversante qui relie enfin tous les fils d’Abraham, dispersés aux quatre coins du monde, et nous confronte à l’éternelle question : qu’est-ce au juste qu’être juif ? « - On pourrait également parodier de la même façon le côté musulman et poser la question : « Qu’est-ce au juste qu’être musulman ? ».

Enfin est reprise dans ce dossier la ‘Lettre ouverte au monde musulman d’Abdenour Bīdar’ (philosophe, essayiste, haut fonctionnaire français), datée du 10 janvier 2015, qui est empruntée à des travaux d’origine québécoise au Canada, lesquels posent le problème de l’islam dans ces territoires.

Pour terminer, André Poupart, professeur de droit à l’université de Montréal s’intéresse à l’éternelle équation entre la foi et la raison et son incarnation dans la pensée philosophique et juridique dans les contextes islamiques. Son intervention nous incite à pousser plus loin la réflexion d’une manière plus générale sur ce questionnement qui hante beaucoup d’esprits depuis des siècles …

Compléments - Lectures suggérées sur ce thème central de la foi et de la raison :

  • Foi et raison — Article de Wikipédia – « La nature de la foi et de la raison et le conflit éventuel entre les deux sont des sujets de réflexion sur la religion et même en dehors du champ dit « religieux ». Les premiers textes cherchant à les concilier ou à en expliquer l’opposition datent de la pensée médiévale latine des XIIe et XIIIe siècles1. Les développements ultérieurs peuvent être trouvés, par exemple, dans l’affaire Galilée, ou chez Luther, Descartes, Spinoza et Kant2. » - Sur un plan épistémologique contemporain, pour un auteur comme Jacques Derrida, dans Foi et savoir3 ou Jacques Bouveresse, dans Peut-on ne pas croire4 ? il est question de déterminer si l’on peut se dispenser de croire pour savoir, s’il est légitime de croire au savoir, ou encore s’il est légitime de croire ce que l’on affirme par ailleurs ne pas pouvoir savoir. Pour Patrick Royannais, la réponse à cette dernière question est évidente dans le sens large du mot foi : « Croire est défini comme « pratique de la différence », et tout homme croit pour vivre, c’est-à-dire fait confiance à autrui qu’il lui demande une indication de direction dans la rue, qu’il mange le plat commandé au restaurant, etc. L’expression de « pratique de la différence » doit être comprise au même titre que celle de pratique chrétienne, non pas la pratique dominicale, mais celle de la parole de Dieu écoutée et pratiquée. L’homme pratique la différence parce qu’il ne peut faire autrement que de s’en remettre à l’autre, sans vérifier, sans savoir si l’autre dit vrai ou non. Il faut même dire que la preuve interdit la pratique de la différence et empêche de vivre. Que serait l’amour d’un homme qui ferait suivre sa femme pour être certain qu’elle lui est fidèle ? Que serait la vie de famille si père et enfants faisaient procéder à une analyse génétique pour s’assurer de la filiation, connue par la seule parole de la femme et mère ? »5… Article complet sur ce site : https://fr.wikipedia.org/wiki/Foi_et_raison
  • Les rapports de la raison et de la foi, du moyen âge à nos jours (suite) de E. Baudin - ‎1923 - HISTOIRE DE LA PHILOSOPHIE. La raison et la foi dans la philosophie du moyen âge à nos jours (suite et fin). IV. La raison et la foi au XVIIe et au XVIIIe siècles ... https://www.persee.fr/doc/rscir_0035-2217_1923_num_3_4_3839
  • Foi et raison de Jean-Luc Marion et Laurence Devillairs (Dans Études 2014/2 (février), pages 67 à 76 – 1èrede couverture - « Laurence Devillairs : Interroger le rapport entre foi et raison, est-ce une bonne question ou un faux problème ? Est-on vainement condamné à penser une opposition manichéenne ou, au contraire, un consensus mou ?... – A lire sur ce site : https://www.cairn.info/revue-etudes-2014-2-page-67.htm ou à partir de Foi et raison | Cairn.info
  • L’éternel dialogue de la foi et de la raison - Publié par ‘La Vie’ le 01/10/2018 à 14h56 - Modifié le 02/10/2018 à 10h02 – Auteur : Julien Leclercq – Photo1 - Photo2 « La Création d’Adam  », l’une des neuf fresques inspirées du livre de la Genèse, peintes par Michel-Ange sur la partie centrale de la voûte du plafond de la chapelle Sixtine, dans la cité du Vatican , après restauration ; © Leemage dans l’article. – Dans un essai très bien renseigné, intitulé ‘Cinq défenseurs de la foi et de la raison’, Richard Bastien remet à l’honneur cinq penseurs du dialogue entre les deux, qui ont également inspiré Jean Paul II et Benoît XVI. Un guide pour la vie spirituelle. Journaliste et économiste, Richard Bastien publie aux éditions Salvator un ouvrage intitulé ‘Cinq défenseurs de la foi et de la raison’, consacré à la pensée du cardinal John Henry Newman (1801-1890), de Gilbert Keith Chesterton (1874-1936), de C.S. Lewis (1898-1963), de Peter Kreeft (né en 1937) et d’Alasdair MacIntyre (né en 1929). S’ils ont connu des chemins de conversion différents, ces cinq esprits, qui partageaient la même langue (anglaise), ont en commun la recherche rationnelle du bien commun… - Lire l’article complet à partir de ce site : http://www.lavie.fr/religion/catholicisme/l-eternel-dialogue-de-la-foi-et-de-la-raison-25-09-2018-93042_16.php
  • Selon Wikipédia, « Le bien commun est une notion développée d’abord par la théologie et la philosophie, puis saisie par le droit, les sciences sociales et invoquée par de nombreux acteurs politiques. Elle désigne l’idée d’un bien patrimonial partagé par les membres d’une communauté, au sens spirituel et moral du mot « bien » aussi bien qu’au sens matériel et pratique (ce dont on dispose ou ce qu’on possède). En Occident, la philosophie s’interroge au moins depuis Platon sur ce qui nous constitue en tant que communauté. Le concept de bien commun figure dans la théologie chrétienne à partir de Thomas d’Aquin, au XIIIe siècle, où il désigne l’inclination naturelle de la Création dans son ensemble (dont la communauté humaine) vers le Bien qui est Dieu1. Dans une perspective chrétienne, la recherche du bien commun est alors le fondement de toute organisation sociale et politique2. Cette notion est souvent utilisée pour les questions relatives à la propriété de certaines ressources et désigne la relation entre l’accès à des ressources équitablement partagées et des intérêts qui soudent les membres d’une communauté et contribuent à son existence. Pour le politologue et économiste italien Riccardo Petrella, le bien commun est ce qui fait vivre les sociétés3. Selon l’économiste français Jean-Marie Harribey (2011)4, cette notion, qui met aussi en jeu celle de propriété, serait notamment liée à la prise de conscience progressive de l’existence d’un patrimoine commun de l’humanité. Dans le langage courant, le bien commun a souvent un sens moins spirituel, mais correspond toujours à l’idée d’un patrimoine matériel ou immatériel de la communauté humaine (parfois élargi aux autres espèces vivantes) nécessaire à la vie, au bonheur ou à un épanouissement collectif… - Lire l’article complet sur ce site : https://fr.wikipedia.org/wiki/Bien_commun

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Sommaire

1. Les fondements de l’Islam - Quels sont les piliers de l’Islam ? Vidéo 03.25 Document ‘education.francetv.fr’

2. Le monde musulman contemporain d’après Encyclopædia Universalis – Islam Histoire

3. La civilisation islamique et le monde musulman décrits par Wikipédia

4. Islam et civilisation arabo-musulmane Publié le 09-01-2013 - Mis à jour le 11-04-2017 – Document pédagogique du ‘Institut du Monde Arabe’ Paris

5. L’âge d’or de l’islam Par Christophe Picard dans mensuel 260 - Daté décembre 2001 – Document ‘L’Histoire’

6. L’Âge d’or islamique d’après Wikipédia

6Bis. Informations sur Fakhr ad-dīn al-Rāzī, un réformateur médiéval de l’islam

7. Les Califes maudits – Enregistrement de 58 minutes - 14/04/2019 – Dans le cadre des émissions de France Culture

8. Contributions de Hela Ouardi, Professeure tunisienne, sur l’Islam à travers la littérature d’après Wikipédia

9. Hela Ouardi nous parle de « Les Califes maudits. La Déchirure » - Vidéo 23:39 ajoutée le 28 mars 2019 - La Grande Librairie

10. Les derniers jours de Muhammad, conférence de Mme Hela Ouardi – Vidéo 1:50:37 - Diffusé en direct le 24 janv. 2018 – Document Diocèse de Belley-Ars

11. Réécrire l’histoire de l’islam - TEDx Talks Vidéo 15:42 ajoutée le 7 novembre 2018

12. L’héritage de l’Andalousie des trois cultures - Une conférence enregistrée en mars 2013. 05/09/2017 (mis à jour le 26/04/2019 à 07:00) - Institut du monde arabe

13. Les Andalousies spirituelles avec Ali Benmakhlouf au Festival de Fès des musiques sacrées du monde. Enregistrement de 54 minutes - 16/06/2013 – Dans le cadre des émissions de France Cultue 

14. L’imamat est une vocation - Enregistrement de 58 minutes 24/03/2019 - Dans le cadre des émissions de France Culture

15. La jeunesse musulmane dans la République – Enrgistrement du 24/02/2019 – Dans le cadre des émissions de France Culture

16. Les juifs dans le Coran – Enregistrement de 55 minutes 10/03/2019 - Dans le cadre des émissions de France Culture

17. Ismaël et Isaac ou la consolidation du lien symbolique unissant les fils d’Abraham – Enregistrement de 56 minutes – 03/02/2019 - Dans le cadre des émissions de France Cukture

18. Une histoire dépassionnée de l’islam - Par Gilles Kepel, publié le 27/04/2019 à 07:58 – Document ‘lexpress.fr’ ; rubrique ‘Idées’.

19. Au Moyen-Orient, la logique religieuse s’efface devant celle des intérêts géostratégiques – Enregistrement de 5 minutes - 25/06/2018 – Dans le cadre des émissions de France Culture

20. Le pape François, un islamiste comme les autres ? A trop vouloir la paix, le pape François est prêt à tout accepter des islamistes - Par Aurélien Marq - 30 avril 2019

21. Un moine dominicain spécialiste du Coran appelle à la raison – Vidéo 13:18 ajoutée le 28 septembre 2016

22. L’Islam : une religion controversée ? 30 avril 2019 - Par Gene REYNAUD

23. VIDÉO. Samedi 9 janvier 2019, à la mosquée de Villejuif, les musulmans ont ouvert la porte aux non-musulmans - Par Jessica Dubois– Document ‘HuffPost’

24. De Jésus à Mahomet - Une série documentaire sur les origines méconnues de l’islam – Par Akram Belkaïd - Décembre 2015 – Document ‘Le Monde Diplomatique’

26. Trois religions pour un seul dieu - Marie-Luce Scieur - Le 25 février 2015 : Thierry Verhoeven – Document ‘Journal L’Essentiel’

27. L’Islam : une religion controversée ? 30 avril 2019 - Par Gene REYNAUD - Blog : Le blog de Gene REYNAUD

28. Lettre ouverte au monde musulman (Abdennour Bidar) - 10 janvier 2015. Par Monica M. - Blog : Le blog de Monica M. – Document d’origine ‘quebec.huffingtonpost.ca’

29. La visibilité de l’islam pose problème [au Canada], selon le sociologue émérite Guy RocherPar Caroline Plante, La Presse canadienne - 14 mai 2019 – Document québécois ‘lactualite.com’

30. De l’art de concilier foi et raison en islam – Enregistrement de 1h01 - Par André Poupart 28/04/2019 dans le cadre des émissions de France Culture

Annexe 1 : Foi et Raison – Que dit vraiment le Coran ? : Penser et vivre son islamité à la lumière du Coran – Par le Dr. Moreno al Ajamî

Annexe 2 - Croyants, athées, scientifiques et philosophes face au spirituel : cinq podcasts sur la foi – Par Elise Racque - Publié le 26/04/2018. Mis à jour le 30/04/2018 à 12h36. Document ‘telerama.fr’.

Complément - Arabie Saoudite - Les liaisons dangereuses / La Chaîne parlementaire Public Sénat - Documentaire (géopolitique) – Vidéo de 52 minutes de 2016

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1.
Les fondements de l’Islam - Quels sont les piliers de l’Islam ? Vidéo 03:25 - Document ‘education.francetv.fr’

Les musulmans croient en Dieu et au prophète Mahomet. L’Islam est basé sur cinq piliers : le serment de la croyance, la prière, le Ramadan, la Zakat (soutien financier aux pauvres) et le pélerinage. Le serment de la croyance est un acte intérieur de coeur, il n’y a qu’un seul dieu. La prière se fait cinq fois par jour à partir du lever du soleil jusqu’à son coucher. Le vendredi, il y a une prière collective dans le lieu de culte, la mosquée. Le Ramadan est un jeûne d’un mois où il faut s’abstenir de manger, boire et fumer du lever du soleil au coucher. C’est un entretien de corps et d’esprit. La Zakat, appelée aumône est une forme de solidarité, de répartition des richesses pour être redistribuées entre les personnes dans le besoin. Faire un pélerinage dans sa vie si possible. Au coeur de la Mecque, il y a El Kaaba, un bâtiment construit par Abraham, d’après le coran, en forme rectangulaire avec certains rites autour. après avoir fait le tour de El Kaaba, les pélerins gravissent le mont Arafat. Réalisateur : Cécile Déroudille - Producteur : Illégitime éfense - Production : 2016 - Publié le 03-01-2017 - Mis à jour le 25-09-2017

En plusieurs foi(s) – Islam - islamreligionCultures et religionsCultures et religionscinquièmecm2sixième- Source : https://education.francetv.fr/matiere/cultures-et-religions/cinquieme/video/islam-les-fondements

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2.
Le monde musulman contemporain d’après Encyclopædia Universalis – Islam

Il existe de nos jours une communauté d’attitudes et de sentiments à travers le monde musulman. Il y a en premier lieu une solidarité internationale de ce qu’on peut appeler l’appareil de l’islam. Certes, il n’y a pas de clergé dans l’islam, au sens d’une hiérarchie disposant de pouvoirs sacramentels, comme dans le christianisme avec le contrôle social considérable de l’Église, notamment au moyen du sacrement de pénitence chez les catholiques.

Mais, évidemment, il existe un « personnel » spécialisé dans les tâches du culte et de la doctrine, qui constitue dans le monde musulman un réseau de savants, ‘ulamā’, de juristes, fuqaha, de chefs de la prière, imam, dans les innombrables mosquées ou sanctuaires, de prédicateurs du vendredi, de juges, ī, des tribunaux religieux musulmans.

Tous les problèmes pratiques et intellectuels, juridiques et politiques qui se présentent à ce personnel sont discutés dans des réunions internationales, congrès de savants et de juristes, conférences des chefs d’État musulmans ou de leurs ministres. Le poids financier croissant de l’
Arabie Saoudite et la présence sur son sol des lieux saints du pèlerinage annuel à La Mecque et à Médine donnent de plus en plus d’importance à ce pays, surtout depuis l’institution d’une
Organisation de la Conférence islamique (O.C.I.) en 1970, basée à Djeddah, parallèlement à la Ligue islamique mondiale (créée en 1963), aux objectifs culturels et missionnaires.

Des banques islamiques et des centres universitaires se multiplient, en particulier en Afrique. On rencontre aussi les mêmes grandes
confréries sunnites à travers le monde, et les groupements chiites, en Iran essentiellement, rejoignent aisément les objectifs de ces confréries, objectifs religieux, spirituels, mystiques, ainsi que de bienfaisance. [...]

Lire le tout : pour nos abonnés, l’article se compose de 47 pages – Source : https://www.universalis.fr/encyclopedie/islam-histoire-le-monde-musulman-contemporain/

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3.
La civilisation islamique et le monde musulman décrits par Wikipédia

La civilisation islamique ou monde musulman désigne la zone géographique couverte par l’expansion musulmane[réf. nécessaire] au gré de chaque époque. Elle se développe et se concentre dans des pays dont les régimes politiques appliquent, ou dont les sociétés sont fortement influencées par, les lois islamiques (charia)[réf. nécessaire]. Cet article traite des aspects de cette civilisation à différentes périodes, indépendamment de la religion islamique.

Photo - Le palais de l’Alhambra à Grenade (Espagne).

Historique

L’âge d’or de dar al-Islam est lié à son rayonnement culturel dans le domaine des sciences et techniques, ainsi qu’en médecine et en chirurgie à la suite des activités militaires.

La religion musulmane naît en Arabie en 610 au moment où Mahomet présente ses révélations. En une centaine d’années, elle se diffuse à une importante partie du bassin méditerranéen par les conquêtes arabes. Après la chute de la dynastie des Omeyyades (750), le monde musulman se morcelle en plusieurs entités politiques (califats, émirats, sultanats) souvent rivales.

Au XIe siècle, l’irruption des Turcs seldjoukides venus d’Asie centrale bouleverse la géographie[réf. nécessaire] du Proche-Orient et de l’Afrique du Nord et provoque les croisades. L’Empire ottoman durera de 1299 à 19221 avec trois dates marquantes : prise de Constantinople en 1453, siège de Vienne en 1529, bataille de Lépante en 1571. Les ottomans aspiraient au titre de calife dès 1517 et de nouveau en 1774 ; dès lors, le sultan ottoman serait le porteur officiel du califat jusqu’à l’abdication du dernier d’eux, Abdülmecid II, en 1924.

Expansion géographique - Article détaillé : Expansion de l’islam.

L’islam – dans un contexte de relatif déclin des empires voisins (byzantin et Empire perse)– se propage en Afrique du Nord (peuplée de longue date par les Berbères) ; dans la péninsule ibérique (dirigée alors par des peuples germaniques) ; elle s’implante également en Asie occidentale ; elle conquiert la Perse (sassanides) et grignote peu à peu, puis fera plus tard disparaître, l’Empire Byzantin. Certaines de ces régions, diverses par leur peuplement, connaissaient l’esclavage et la traite des esclaves depuis l’Antiquité et les conserveront.

La culture arabo-musulmane, aux fondements sont religieux et urbains2 ; l’usage de l’arabe et du dinar3 dans les transactions commerciales, ainsi que la référence à un code de valeurs commun, facilite les échanges, comme le font les pèlerinages à La Mecque.

Un demi-siècle d’expansion arabe

L’islam conquérant fut tout d’abord le fait d’un rassemblement de nombreuses tribus arabes dans la péninsule arabique et le lien entre elles, l’unité de la communauté, fut au moins aussi fort que le lien nouveau de l’islam. Ils n’ont pas cherché à convertir les populations conquises. « Vous êtes la communauté la meilleure qui ait surgi parmi les hommes ; vous commandez le bien, vous interdisez le mal, vous croyez en Dieu » (Coran, III, 110). Toutefois, leur mode d’administration (par exemple : mesures restrictives prises à l’égard des dhimmî, réforme fiscale en faveur des mawâli) fera que nombreux seront les nouveaux convertis à cette religion. Les non-Arabes convertis qualifiés de mawâli doivent s’affilier à une tribu arabe par un lien de dépendance morale (al wala)4.

Durant le califat d’Abu Bakr, le premier calife, l’islam commence immédiatement ses conquêtes territoriales hors de la péninsule arabique - après avoir assuré l’ordre et l’union des tribus (bataille d’Akraba) - par des razzias en Mésopotamie au cœur de l’empire sassanide et en Syrie-Palestine (sauf Jerusalem et Césarée) alors sous le règne de Byzance, en 633 et 634. ’Déjà à cette époque, les richesses affluent et un empire se dessine5.

Umar (ou Omar) ibn al-Khattâb, Umar Ier, qui lui succède, est resté, dans la tradition musulmane, un homme ardent, saint et sage qui s’entourera de généraux compétents. La tradition également en fera le premier à organiser une administration rudimentaire des contrées conquises et à prendre des mesures concernant la monnaie et les impôts6. Les musulmans qui le suivent sont des bédouins, des marchands, des artisans, des hommes d’affaires, des mystiques et des guerriers.

En 635, la ville de Damas est prise et les Perses sont défaits près de l’Euphrate. En 636, l’armée du grec Héraclius composée d’Arméniens (qui se révolteront) et de tribus arabes (qui refuseront de combattre) est battue à Yarmouk le 20 août assurant la prise définitive de Damas. En 637, les armées arabo-musulmanes sont en Mésopotamie et nomment cette contrée Irak. Ils prennent Ctésiphon (capitale de l’empire sassanide) et en Syrie Baalbek, Homs et Hama. En 638, Jérusalem est prise7. Entre 639 et 642 le nord du Sinaï est pris. Les plaines du Khuzistan (Iran actuel) sont annexées. C’est ensuite le tour de l’Égypte (Péluse, Bilbays, Héliopolis, Babylone d’Égypte, le sud et Alexandrie.) ainsi que Césarée en Palestine (sud de Haïfa, après sept mois de siège), le sud nubien, la Libye. En Irak, l’avance des armées continuent vers l’Arménie et le Caucase. Mossoul et la capitale de l’Arménie, Dvin, sont prises en 642.

En 638, sur une décision du calife, Koufa (Irak) a été construite et devient la capitale de l’empire.

Le gouverneur arabe d’Égypte, Amr ibn al-As, organise des cantonnements pour chaque contingent de tribu. Des mosquées et des résidences sont construites. Autour des établissements militaires, la population, marchands et artisans se rassemblent et découvrent la langue et la religion des riches conquérants. Ce gouverneur se tourne maintenant vers le Maghreb et en 643 prend le port de Tripoli, à 1 800 km de sa résidence. Cette avancée est arrêtée provisoirement car le calife Umar Ier est assassiné le 3 novembre 644 par un serviteur non-musulman à l’instigation des Perses semble-t-il8.

Le nouveau calife et ’commandeur des croyantsUthman ibn Affan règne de 644 à 656 (il est assassiné à Médine dans sa maison par des notables musulmans insurgés). Ce fut aussi un grand conquérant. Durant son califat de 12 ans, la marine musulmane se crée dans des chantiers de construction navale à Alexandrie. Pendant quatre ans des expéditions, après avoir traversé le Golfe Persique, vont s’aventurer en Afghanistan et au Pakistan de nos jours. En 647, l’Asie Mineure est parcourue tandis qu’à l’autre bout de l’empire, les Arabes arrivent jusqu’en Tunisie. En 648, les flottes arabes sont prêtes et se lancent à la conquête de Chypre et de Rhodes, et aborderont les côtes de la Sicile. Les conquêtes commencées auparavant sous le califat précédent en Orient sont étendues, renforcées et stabilisées. En Méditerranée, les îles grecques sont razziées, pillées et/ou prises (La ’bataille des Mâts’ est la première victoire navale des Arabes). ’L’Occident lointain entre dans l’horizon des Arabes9.

Le califat (656-661) du successeur d’Uthman est troublé et contesté au sein de la Oumma. Ali ibn Abi Talib (Ali), gendre (époux de Fatima) et cousin du prophète, est plus un mystique qu’un politique. Il passe cinq ans dans la cité-cantonnement de Koufa. La première fitna (discorde), les revendications et ambitions de la veuve du prophète, Aïcha et ses alliés, les mécontentements des religieux et des garnisons d’Uthman divisent profondément la civilisation en devenir, pour toujours, en différents courants : sunnites, kharijites et chiites (ou alides). Certaines villes et contrées conquises se détachent de l’empire qui se divise en trois. À la fin de son règne, Ali utilisant le pouvoir de souverain tente sans succès d’imposer une nouvelle monnaie, un dirham avec des inscriptions en caractères arabes appelé kufique. Le 21 janvier 661, Ali est blessé par un kharijite et meurt trois jours après10.

Le califat de Muawiya Ier, de 661 à 680, (Muawiya ibn Abu Sufyan, du clan des Banu Umayya) est le début de la dynastie omeyyade. Damas devient la capitale de l’empire. Le nouveau calife (gouverneur de Syrie de 640 à 661) est un homme politique et sera le créateur véritable d’un empire arabe conquérant bien que soumis à des luttes incessantes de pouvoir et de division. Le calife nomme des gouverneurs compétents et forts dans les grandes provinces (Irak, Iran, Égypte) qui sont capables de stabiliser ces contrées et d’en faire des bases pour de nouvelles avancées vers l’est et l’ouest. Il reprend les conquêtes et ses armées gagnent le Khorassan, l’Indus, l’Asie centrale affaiblissant la suzeraineté chinoise. Pour la première fois, les Arabes rencontrent les peuples turcs. Les oasis du Sud libyen sont conquises. Kairouan est fondée en 670. En 668, Constant II, empereur byzantin, est assassiné en Sicile. À l’automne, les armées musulmanes profitent de la situation pour attaquer Chalcédoine sur la rive asiatique de Constantinople. Elles continuent le blocus de la capitale byzantine jusqu’au printemps suivant mais ne peuvent conquérir la ville et doivent abandonner. Malgré les efforts déployés pour se rendre maîtres de Constantinople et le siège de la ville à partir de 674, les armées sont repoussées et décimées en 678 par les Byzantins qui utilisent le ’feu grégeois’.

En Asie mineure également, les armées arabes subissent des déboires et doivent se replier.

Muawiya renonce à la lutte et signe une paix de trente ans avec le nouvel empereur byzantin. À sa mort en 680, son fils Yazid lui succèdera 11.

Yazid Ier est confronté à une deuxième fitna et des révoltes et désordres dès le début de son règne. Il s’ensuivra une fracture définitive entre le sunnisme et chiisme. Malgré cela, en 683, l’un de ses chefs militaires, Oqba Ibn Nafi al-Fihri, conquiert le Maghreb. Une armée syrienne attaque les révoltés de Médine et de la Mecque. Cette année-là Yazid Ier meurt et est remplacé par son jeune fils Muawiya II qui décèdera d’une épidémie en 684.

Premières conséquences sociétales de la civilisation islamique

Les terres conquises deviendront un bien commun de l’Oumma, cultivées par leurs anciens propriétaires autochtones. Les propriétés abandonnées seront louées à des arabes. Des impôts fonciers seront institués comme le kharaj. Un impôt pratiqué surtout par les Perses est maintenu : la jizya (capitation). Peu à peu des règles s’installent dans les pays occupés : la protection des non-musulmans est réglementée. Les communautés continuent à s’administrer et à pratiquer leur langue et leur religion. Elles sont soumises à des impôts. En Iran les grands propriétaires se rallient aux maîtres arabes et certains se convertissent.

Les richesses accumulées par les conquérants venant des temples, monastères, résidences princières et des trésors des tombes pharaoniques permettent de mettre en place les premiers établissements étatiques de frappe de la monnaie (sikka). Les pièces existantes (nomisma byzantin et drachme sassanide) sont reproduites avec quelques modifications et deviennent les dinars d’or et les dirhams d’argent (unité imposée de quatorze quirat soit carat) du monde musulman.

On constate à la fois une grande liberté dans l’utilisation des apports non musulmans sous toutes ses formes (sans affaiblir l’enseignement coranique) et l’organisation concrète de la vie sociale et politique. Pendant un demi-siècle, l’empire arabe sera administré par des fonctionnaires ayant gardé leur langue, écriture (grec, pahlavi ou ’moyen perse’) et leur religion.

Les apports non musulmans seront encore plus évidents après les grandes invasions turco-mongoles, l’autocratie ‘abbāside, héritière de maintes traditions de la Perse ou de Byzance, fit place à une oligarchie militaire qui, pourtant, elle aussi, se réclama de l’islam. Des auteurs musulmans eux-mêmes reconnaissent que le califat prophétique se termina à l’arrivée des Umayyades à Damas, ’au profit d’une figure purement temporelle de royauté (mulk)’12.

La suite de l’expansion arabe

L’expansion continue sous la dynastie des Omeyyades : L’occupation définitive de ce que l’on appela plus tard le Maghreb (le Couchant, l’Occident) fut terminé en 708, (prise de Carthage (695, puis 698), défaite des troupes berbères (702) et implantation au Maroc de 705 à 708). En mai 711, le général berbère āriq ibn Ziyād arrivait en Espagne. Cinq ans plus tard, la quasi-totalité de l’Espagne était occupée et les Arabes se dirigeaient jusqu’en Septimanie. En Espagne et dans les contrées les plus éloignées, les arabes étaient propriétaires des terres.

En Inde ils prennent le contrôle des oasis d’Asie centrale.

Les premiers coups d’arrêt de ces conquêtes arrivent dès le VIIIe siècle, considéré13 comme apogée de l’empire arabo-musulman : batailles de Constantinople (718), de Poitiers (732) et de Talas (751). L’unité de ce vaste ensemble territorial se disloque également avec les querelles dynastiques, politiques14 et religieuses (661 : naissance du chiisme).

Ensuite la domination arabe disparaît petit à petit sauf en Égypte (excepté l’époque des Mamelouks). Et la reconquête du monde chrétien se met en route (718 en Espagne, début de la Reconquista)15.

Vagues d’expansion musulmane, œuvre des non-arabes

Elle se situe entre le XIe et le XIVe siècle. Ce sont les Turcs et Moghols (Turcs originaires de l’Asie centrale) en orient, les Berbères (les Almoravides et ensuite les Almohades) en occident qui portent l’islam en Asie mineure, en Afrique noire, en Indes (qui deviendra à partir de 1526 l’empire Moghol), en Anatolie dans des contrées non encore atteintes et forment l’empire musulman : l’empire ottoman (1299-1923). Ses conquêtes seront menées au nom de la propagation de la religion contre les infidèles.

Le monde islamique n’est devenu à majorité musulmane que dans le cours du XIIIe siècle.

En matière d’influence culturelle, on peut distinguer :

Arabisation culturelle : Articles détaillés : Origines de l’islam et Histoire de la conquête musulmane.

Cette expansion géographique majeure, depuis l’Espagne (al-Andalus) et l’Ifriqiya à l’Ouest, jusqu’à l’Inde à l’est, provoque l’installation ou l’acculturation de populations par la culture islamique.

La rapide expansion militaire, s’explique par une cavalerie légère nombreuse et ordonnée, l’esprit d’unité arabe, des généraux et gouverneurs compétents ainsi qu’un déclin des empires dominants à cette époque. Le faible rejet des conquérants arabes peut être lié à une présence jugée peu contraignante, et à une opposition grandissante des populations soumises aux empires byzantin et sassanide.

La volonté de faire connaître l’islam dans le cadre du Djihad, l’« effort dans la foi », propage sa version particulière d’un dieu unique, distincte de celle des Byzantins. Une autre conséquence sera une domination rapide du commerce international de l’époque ; monopole qui sera perdu avec la mise en service de grands navires contournant l’Afrique et la découverte du Nouveau Monde.

Islamisation religieuse - Pour un article plus général, voir Histoire de l’islam.

L’islamisation étend la zone culturelle de l’Empire. Elle implique des parties de l’Afrique Noire, les côtes de la corne de l’Afrique, l’Indonésie et les Philippines où les populations entrent en contact avec cette religion des négociants venus faire le commerce de denrées rares.

Démographie - Article détaillé : Nombre de musulmans par pays.

En 2010, il existe 49 pays dans le monde où les musulmans représentent plus de 50 % de la population. Les pays qui comptent le plus de musulmans sont : l’Indonésie, qui abrite 12,7 % des musulmans du monde, suivi du Pakistan (11 %), de l’Inde (10,9 %), et du Bangladesh (9,2 %).

Mais seulement environ 20 % des musulmans vivent dans des pays arabes.

Gouvernement - Article détaillé : Structure du pouvoir musulman.

Économie

Elle est fondée sur une double base commerciale et technique. Les marchands s’organisent ainsi :

  • déplacements groupés, permettant de résister aux attaques ;
  • transactions sans argent liquide grâce au principe des avoirs certifiés (ancêtre des chèques) ;
  • commerce maritime parfois accompagné de combats ;
  • à l’époque du calife ‘Abd al-Malik apparaissent les premières monnaies d’or (dīnārs) et d’argent (dirhams) frappées par les musulmans et la langue arabe devient la langue administrative dans toutes les provinces de l’empire sans disparition des langues locales3 ;
  • mise en place d’un système d’entrepôts : les caravansérails.
    Culture - Article détaillé : Culture islamique.

Art - Article détaillé : Arts d’Islam.

Photo - La Grande Mosquée de Kairouan, élevée à partir de 670, reconstruite par la suite et dont la forme actuelle date du IXe siècle (836-875), est l’un des joyaux de l’art et de l’architecture islamiques, Tunisie.

Architecture - Article détaillé : Architecture islamique.

L’architecture islamique se divise généralement en trois catégories. À ces débuts les Arabes allient des techniques de constructions persanes (qu’ils modifient) avec certains éléments d’architecture byzantine, le tout en ajoutant leur savoir-faire et leurs éléments propre à eux. Les Perses musulmans, eux héritent leur architecture religieuse des Abbassides de Bagdad ayant régné pendant longtemps sur la Perse. L’architecture islamique turque, différente des deux précédentes, est héritée de l’architecture Ottomane, elle-même influencé par l’architecture byzantine. C’est pour cela que l’ont parle souvent de plan Arabe,de plan Iranien et de plan Ottoman lorsque l’on défini l’architecture d’une mosquée.

Sciences et philosophie - Articles détaillés : Sciences et techniques islamiques, philosophie islamique et Civilisation islamique en al-Andalus.

Durant l’âge d’or islamique à partir du VIIe siècle jusqu’au XIIe siècle et après jusqu’au XVe siècle, un effort considérable de traduction d’œuvres grecques, indiennes et de façon générale tout écrit présentant de loin ou de près un intérêt pour le savoir et son développement, fut entrepris, entraînant une vive émulation intellectuelle. Une véritable tradition scientifique existe dans le monde arabo-musulman qui fait la promotion du goût pour le savoir de façon générale, est le développement de la pensée conceptuelle notamment par le développement des mathématiques tant sur le plan de la recherche que de l’application concrète dans la vie quotidienne (exemple : calculs trigonométriques appliqués à l’astronomie qui se finalise par le tracé de cartes géographiques et la modernisation d’outil d’orientation comme l’astrolabe et l’invention de la boussole). Ce sont des scientifiques arabo-musulmans qui ont participé à structurer les mathématiques dans le domaine de l’arithmétique de l’algèbre de la géométrie. Les autres disciplines développées sont la médecine, la botanique, la zoologie, l’agriculture, la physique, la chimie, l’optique, la géographie et l’astronomie.

Parmi les nombreux savants arabes ou perses, on peut citer : Ibn Al Haytham (965-1039), de son nom latinisé Alhazen, savant musulman considéré comme le père moderne de l’optique, de la physique expérimentale et de la méthode scientifique16,17,18,19. Il peut être vu comme le premier physicien théorique17.

Une traduction latine d’une partie des travaux de Alhazen, Kitab al-Manazir (livre d’optique)20, a exercé une grande influence sur la science occidentale. Roger Bacon (1214-1294), savant anglais, a repris et cité ses travaux21.

Parmi les savants arabes ou perses, on peut citer :

  • Fârâbî de son nom complet Abû Nasr Muhammad ibn Muhammad ibn Tarkhân ibn Uzalagh al-Fârâbî également connu en Occident sous les noms de AlpharabiusAl-FarabiFarabiAbunaser ou Alfarabiest un philosophe iranien médiéval1. Né en 872 à Wâsij près de Farab en Transoxiane, ou à Faryab au Grand Khorassan2,3, il meurt à Damas, en Syrie en 950.
    Il approfondit toutes les sciences et tous les arts de son temps, et est appelé le Second instituteur de l’intelligence. Il étudie à Bagdad (actuel Irak). On lui doit un commentaire de La République de Platon, ainsi qu’un Sommaire des Lois de Platon. Il fut aussi un théoricien de la musique et un excellent joueur de luth4.
  • Ibn Hawqal de son nom complet Mohammed Abul-Kassem ibn Hawqal (arabe محمد أبو القاسم بن حوقل), né à Nisibis[1] est un voyageur, chroniqueur et géographe arabe du Xe siècle. Il est l’auteur d’un ouvrage de géographie fameux, « Le Visage de la Terre » (977, Surat al-Ardh, صورة الارض ;). Ses voyages se sont déroulés entre 943 et 969. Date de décès : 988 ap. J.-C.
  • Ibn Sina (forme latinisée), était un philosophe, un écrivain, un médecin et un scientifique iranien. Plus connu en Occident sous son nom latinisé d’Avicenne[1], il s’intéressa à de nombreuses sciences, notamment l’astronomie, l’alchimie, la chimie et la psychologie. Il naquit le 7 août 980 à Afshéna, près de Boukhara, faisant partie de la province de Khorasan, en Iran, actuellement en Ouzbékistan, et mourut à Hamadan, en Iran, en juin 1037[2].
  • Abou amid Moammed ibn Moammed al-Ghazālī (1058-1111), autrefois connu en Occident sous le nom de Algazel (persan : ابوحامد محمد غزالی abū ḥāmid Imām muḥammad-e ġazālīy) est un penseur musulman d’origine persane[3].
  • Abu’l-Walid Muhammad ibn Rouchd de Cordoue (né en 1126 – année supposée de sa naissance – à Cordoue, en Andalousie, actuelle Espagne - mort le 10 décembre 1198 à Marrakech, au Maroc), dit Ibn Ruchd, plus connu en Occident sous son nom latinisé d’Averroès, et de son nom complet Abū l-Walīd Muhammad ibn Ahmad ibn Muhammad ibn Ahmad ibn Ahmad ibn Rušd أبو الوليد محمد بن احمد بن محمد بن احمد بن احمد بن رشد, est un philosophe, théologien islamique, juriste, mathématicien et médecin musulman andalou du XIIe siècle.
  • Al-Nowaïri ou Ennouairi, en arabe Chehab ed-Din Ahmed ben Abd al-Wahlab al-Nowayri, (vers 1280-1331) fut un historien et jurisconsulte arabe du XIVe siècle.
  • Ibn Battûta de son nom complet Abu Abdullah Muhammad Ibn Abdullah Al Lawati Al Tanji Ibn Battuta (en arabe : أبو عبد الله محمد ابن عبد الله اللواتي الطنجي بن بطوطة), né le 24 février 1304 à Tanger et mort en 1377 à Marrakech, est un explorateur et voyageur musulman marocain, de souche berbère luwatie[2], qui a parcouru 120 000 km en 29 ans de voyages à travers le monde, de Tombouctou au sud en Bulgarie (en actuelle Russie, sur la Volga) au nord ; de Tanger à l’ouest à Quanzhou en Extrême-Orient. Ses récits sont compilés par Ibn Juzayy en un livre appelé Tufat al-nuẓẓār fī ʿağāʾib l-amār wa-ġarāʾib l-asfār.
  • Al IdrissiAl-IdrīsīEdrisi ou encore Charif Al Idrissi, de son nom complet Abu Abdallah Muhammad Ibn Muhammad Ibn Abdallah Ibn Idriss al-Qurtubi al-Hassani (arabe : أبو عبد الله محمد ابن محمد ابن عبد الله ابن ادريس القرطبي الحسني), connu aussi sous le nom latin de Dreses et dit l’Arabe de Nubie1, est un géographe et botaniste, né à Sebta, l’actuel Ceuta, vers 1100. Il a grandi à Cordoue sous l’empire Almoravide2, et serait mort vers1165 en Sicile ou à Ceuta
  • Ibn Khaldoun, en arabe ابن خلدون (ibn khldoun), de son nom complet Abou Zeid Abd ur-Rahman Bin Mohamad Bin Khaldoun al-Hadrami[1] [2], né le 27 mai 1332 à Tunis et mort le 17 mars 1406 au Caire[3], est un historien, philosophe, diplomate et homme politique arabe originaire d’Afrique du Nord.
    Sa façon d’analyser les changements sociaux et politiques qu’il a observés dans le Maghreb et l’Espagne de son époque a conduit considérer Ibn Khaldoun comme un « précurseur de la sociologie moderne »[3]. Ibn Khaldoun est aussi un historien de premier plan auquel on doit la Muqaddima (traduite en Prolégomènes et qui est en fait son Introduction à l’histoire universelle) et Le Livre des exemples ou Livre des considérations sur l’histoire des Arabes, des Persans et des Berbères. Dans ces deux ouvrages résolument modernes dans leur méthode, Ibn Khaldoun insiste dès le début sur l’importance des sources, de leur authenticité et de leur vérification à l’une des critères purement rationnels. Georges Marçais affirme que « l’œuvre d’Ibn Khaldoun est un des ouvrages les plus substantiels et les plus intéressants qu’ait produit l’esprit humain »[4].

Néanmoins, des intellectuels déplorent que bien que son nom soit aussi célèbre au Sud qu’au Nord de la Méditerranée, son œuvre soit surtout lue dans cette seconde région[5].

  • Hassan Al-Wazzan (de son nom complet al-Hasan ibn Muhammad al-Zayyātī al-Fāsī al-Wazzān) (1488-1554 ?), dit Léon l’Africain, est un diplomate et explorateur d’Afrique du Nord du XVe-XVIe siècle.
    Hassan al-Wazzan est né vers 1488, à Grenade en Andalousie musulmane. Après la prise de la ville en 1492 par les Rois catholiques, Isabelle de Castille et Ferdinand II d’Aragon, sa famille se réfugie au Maroc dans la ville de Fès. Hassan y suit des études de théologie dans plusieurs madrasas de Fès et à la Quaraouiyine. Son oncle maternel initie sa vie de diplomate, en le conviant à l’accompagner lors d’une mission auprès du souverain de l’Empire Songhai, l’Askia Mohammed Touré. À l’âge de 20 ans, il s’engage définitivement sur les routes et la voie de la diplomatie, pour une vie entière de grand voyageur et de négociateur : ses missions politiques et commerciales le mènent à travers tout le Maroc : du Rif au Souss, des Doukkala au Tadla, du Tafilalet aux zones présahariennes… ainsi que dans tous les pays du Maghreb, de l’Arabie, de l’Afrique saharienne, à Constantinople et en Égypte.

En 1518, de retour du pèlerinage musulman à La Mecque, le navire sur lequel il se trouve est attaqué, et il est fait prisonnier par des « marins siciliens ». Il est en fait capturé par un chevalier de l’Ordre de Saint-Jean, Pedro di Bobadilla. Sans doute parce qu’il a quelques errements à se faire pardonner, celui-ci en fait présent au pape Léon X, qui l’adopte comme fils, le fait catéchiser puis baptiser sous ses propres noms, Jean Léon. Il devient alors Jean-Léon de Médicis, dit « Léon l’Africain ». Pendant son séjour en Italie, il s’initie à l’italien et au latin, et enseigne l’arabe à Bologne. Sur demande du pape, il écrit sa fameuse Cosmographia de Affrica, publiée à Venise sous le titre Description de l’Afrique. Cet ouvrage de référence, qui évite soigneusement de donner des informations à caractère militaire, est la seule source de renseignement sur la vie, les mœurs, les us et coutumes dans l’Afrique du XVIe siècle. C’est en particulier grâce à ce livre que Tombouctou devient une ville mythique dans l’imaginaire européen ; il est ainsi l’inspirateur de René Caillié parti à sa découverte. C’est aussi la Bible de tous les diplomates et explorateurs intéressés par l’Afrique.

Bien que le décé de Hassan Al Wazzan soit situé en 1554, il n’existe aucune information fiable sur la date et le lieu de la mort de Léon l’Africain.

Une des références contemporaines sur l’activité intellectuelle, de recherche, de découverte et d’innovation du monde arabo-musulman en matière scientifique, juridique, artistique, technique, sociale, éducative, est entre autres le Professeur Ahmed Djebbar.

Voir les sciences arabes

Éducation - Article détaillé : Éducation dans le monde arabo-musulman médiéval.

Droit - Article détaillé : Droit musulman.

Les conceptions contemporaines développées dans l’article sur la Charia sont hors périmètre ici, puisque le sujet est dévolu à la période dite classique22.

Société - Article détaillé : Société islamique.

La civilisation arabo-musulmane repose sur un réseau de villes et d’oasis aux fonctions de négoce développées dont le cœur est le marché (souk, bazar). Ces cités sont reliées entre elles par un système de routes qui traversent des régions semi-arides ou désertiques. Ces pistes sont parcourues par des convois qui constituent le trafic caravanier.

Religion - Articles détaillés : Islam, Histoire des Juifs en terre d’islam et Chrétiens d’Orient.

Les peuples vivant sous l’obédience des califes ne sont cependant pas tous musulmans.

Confréries religieuses

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Voir aussi

Articles connexes

Connaître la civilisation arabe, entre autres ouvrages :

  • Monde arabe / Monde musulman, collection dirigée par Mathieu Guidère, Éditions De Boeck, 2013.
  • Pascal Buresi, Géo-histoire de l’islam, Éditions Belin, collection Sup-Histoire, 2005.
  • Rochdy Alili, L’éclosion de l’islam, Éditions Dervy, 2004.
  • Mohamed-Salem Ideidbi, Quand l’Occident est équitable envers l’Islam - Témoignages pour l’histoire, University Book House, Abu Dhabi/Beyrouth, janvier 2017.
  • Guy Ankerl, Coexisting Contemporary Civilizations : Arabo-Muslim, Bharati, Chinese, and Western, INUPress, Geneva, 2000. (ISBN 2-88155-004-5).
  • Henry Corbin, Histoire de la philosophie islamique, Éditions Gallimard, collection Folio, 1986.
  • Juan Vernet, Ce que la culture doit aux Arabes d’Espagne, Éditions Sindbad, 1985.
  • Claudio Sánchez-Albornoz, L’Espagne musulmane, Éditions OPU/Publisud, 1985.
  • Roger Du Pasquier, Découverte de l’Islam, Éditions des trois continents, 1984.
  • Frithjof Schuon, Comprendre l’Islam, Éditions du Seuil, 1976.
  • Jacques Berque, Les arabes d’hier à demain, Éditions du Seuil, 1969.
  • Jacques C. Risler, La Civilisation arabe, Petite Bibliothèque Payot, Paris 1955 : « Risler s’efforce dans cet ouvrage de 332 p. de faire mieux connaitre et comprendre l’âme musulmane et de dissiper certains des malentendus qui opposent trop souvent l’Occidental et l’Homme de l’Orient, celui-ci tout instinct et mystique, l’autre accordant la primauté aux valeurs rationnelles »23.
    Notes et références
  • (en) Emily Kugler,Sway of the Ottoman Empire on English Identity in the Long Eighteenth Century, éd. BRILL, 2012, p. 2 [archive].
  • Cette sédentarisation sera vivement critiquée par l’historien Ibn Khaldoun dans ses Muqqadima
  • a et b Robert Mantran, « ISLAM (Histoire) - De Mahomet à la fin de l’Empire ottoman » [archive], Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 12 août 2013.
  • L’éclosion de l’Islam - auteur : Rochdy Alili - Éd. Dervy - (ISBN 2-84454-339-1) - page 150
  • L’éclosion de l’Islam - pages 126-128
  • Les fondations de l’islam - auteur : Alfred-Louis de Prémare - Éd. Seuil - 2002 - (ISBN 2-02-037494-3) - page 188 à 194
  • Ibid. ’Les fondations de l’islam’ : chapitre 8, Jérusalem
  • Ibid. L’éclosion de l’Islam pages 130-140
  • Ibid. L’éclosion de l’Islam pages 147-148
  • Ibid. pages 176 à 182
  • Ibid. chapitre ’Le califat de Muawiya’ pages 187 et suivantes
  • Louis Gardet, Olivier Roy, « ISLAM (La civilisation islamique) - Islam et politique » [archive], Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 12 août 2013.
  • Après la mort de Muammad, il [l’empire] fut gouverné par les quatre premiers califes, que la tradition appelle « les bien dirigés ». Dans la mémoire musulmane – en islam sunnite du moins – cet État de Médine est l’âge d’or de la communauté.’ Louis GARDET, Olivier ROY, « ISLAM (La civilisation islamique) - Islam et politique » [archive], Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 12 août 2013.
  • remplacement des Omeyyades par les Abbassides en 750.
  • Christophe Picard et Michel Zimmermann, Le Moyen Âge, IVe- Xe siècle, éd. Bréal, Paris, 1994, p. 135
  • Abhandlung über das Licht, J. Baarmann (ed. 1882) Zeitschrift der Deutschen Morgenländischen Gesellschaft Vol 36
  • a et b BBC NEWS [archive]
  • Thiele, Rüdiger (2005), ’In Memoriam : Matthias Schramm’, Arabic Sciences and Philosophy (Cambridge University Press) 15 : 329–331, doi:10.1017/S0957423905000214
  • Thiele, Rüdiger (August 2005), ’In Memoriam : Matthias Schramm, 1928–2005’, Historia Mathematica 32 (3) : 271–274, doi:10.1016/j.hm.2005.05.002
  • Grant 1974 p. 392 notes the Book of Optics has also been denoted as Opticae Thesaurus Alhazen Arabis, as De Aspectibus, and also as Perspectiva
  • Lindberg, David C. (1996), Roger Bacon and the Origins of Perspectiva in the Middle Ages, Clarendon Press
  • sources.
  • La civilisation arabe par J.C. Risler [archive]
    Articles connexes

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Les grandes figures de l’Âge d’or islamique

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Source de l’article complet : https://fr.wikipedia.org/wiki/Civilisation_islamique

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4.
Islam et civilisation arabo-musulmane Publié le 09-01-2013 - Mis à jour le 11-04-2017 – Document pédagogique du ‘Institut du Monde Arabe’ Paris – Accès aux divers chapitres du dossier

Un dossier pédagogique pour comprendre l’Islam et la civilisation arabo-musulmane, en partenariat avec l’IMA, fruit d’un partenariat entre la France et vingt-deux pays arabes, développe, en France, la connaissance et la compréhension du monde arabe, de sa langue, de sa civilisation.

L’Institut du Monde Arabe propose un grand nombre d’activités, dont des actions éducatives, et propose un espace dédié à la présentation de l’ensemble du monde arabe.

Sommaire du dossier

Les origines de l’Islam - Illustration

Le prophète Mahomet

Le Coranhttps://education.francetv.fr/matie...

Les cinq piliers de l’Islam

Le califat et les premières conquêtes

Société arabe

Les sciences de l’Islam

Une grande figure de l’Islam - IBN BATTUTA

Une grande figure de l’Islam - IBN SINA / AVICENNE

Une grande figure de l’Islam - IBN KHALDOUN

Une grande figure de l’Islam - AL-MAMUN - LE MECENE

Une grande figure de l’Islam - SALAH AL-DIN AL-AYYOUBI / SALADIN

Une grande figure de l’Islam - AL -JAHIZ

Questions à un spécialiste de l’Islam - Zuhair Mahmood

Questions à un spécialiste - Tahar Ben Jelloun

Pour aller plus loin - Lexique de l’Islam

© 2017 France Télévisions – Source : https://education.francetv.fr/matiere/cultures-et-religions/cinquieme/dossier/islam-et-civilisation-arabo-musulmane

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5.
L’âge d’or de l’islam Par Christophe Picard dans mensuel 260 - Daté décembre 2001 – Document ‘L’Histoire’

Du VIIIe au XIe siècle, le monde musulman a connu un âge d’or. Médecine, géographie, astronomie : dans tous les domaines, la connaissance a progressé. Avant que les avancées du conservatisme ne tarissent durablement les courants de réflexion.

Lorsque l’on associe la religion et la civilisation de l’islam* à la notion, bien floue, de progrès, l’Occident dirige son regard vers le passé, considérant que depuis notre « renaissance », au XVe-XVIe siècle, le monde musulman a tourné le dos à toute forme de progrès. Les images projetées à la télévision se focalisent sur certaines régions et certains groupes pour souligner ce qui représente le plus à nos yeux le retard social et qui semble devoir caractériser l’ensemble des sociétés musulmanes.

Malgré tout, l’image d’un passé brillant montre déjà que le mouvement de l’histoire n’est pas toujours allé dans le même sens et que les trois ou quatre siècles VIIIe-XIe siècle pendant lesquels le monde musulman a pu affirmer sa nette supériorité sur ses voisins, en particulier sur l’Europe occidentale, indiquent l’absence d’une sorte de fatalité religieuse, intellectuelle ou sociale. L’examen des facteurs de dynamisme de cet « âge d’or » peut faire mieux comprendre comment l’islam a pu lui aussi incarner le progrès dans le cadre d’une ère de « civilisation classique » avant de connaître son propre « Moyen Age ».

La première raison invoquée du dynamisme intellectuel et scientifique arabo-musulman est généralement reliée à l’immense territoire conquis de 632 à 751 par les Arabes, de l’Atlantique à l’Himalaya. Pour la première fois, une seule entité associait durablement deux grandes zones de civilisation qui, jusque-là, sans s’ignorer totalement, se tournaient le dos : le monde méditerranéen, riche de sa tradition gréco-romaine et judéo-chrétienne, et le monde « oriental », centré sur la Mésopotamie et l’Iran perse, et largement perméable au très riche patrimoine chinois et indien.

Effectivement, en s’emparant simultanément de plusieurs régions byzantines Égypte et Syrie médiévale et de l’Empire perse sassanide, les premiers califes* s’approprièrent immédiatement l’héritage infiniment riche de ces deux foyers de civilisation, au service de la nouvelle religion. Les souverains musulmans, chargés de promouvoir l’islam, entourés des plus brillants esprits arabes et non arabes, musulmans et non musulmans, sélectionnèrent les domaines de cet héritage qui pouvaient permettre à l’islam de s’épanouir.

Les Omeyyades, première dynastie des califes 661-749, n’hésitèrent pas à prendre à Byzance ses modèles architecturaux pour les mettre au service d’un empire encore inexpérimenté. Ainsi la mosquée de Damas prit aux églises plusieurs de leurs caractéristiques pour mieux faire ressortir son aspect monumental. De même, ils empruntèrent certains de leurs cerveaux : parmi eux figure l’un des plus grands théologiens chrétiens en la personne de saint Jean Damascène, placé à la tête de l’administration fiscale à Damas.

La dynastie abbasside, qui leur succéda 750-1258, joua un rôle majeur dans la promotion des grands courants de pensée de l’islam à partir de sa capitale Bagdad, fondée en 762. Les califes surent dynamiser la société musulmane, dans tous les domaines, en utilisant le savoir-faire des traducteurs syriaques jacobites1, des médecins nestoriens ou des administrateurs perses qui obtenaient des places privilégiées dans l’entourage califal.

Dès le VIIIe-ixe siècle, le monde musulman se morcela politiquement. Des dynasties indépendantes de Bagdad se mettent progressivement en place : Omeyyades de Cordoue en Espagne, Samanides à Boukhara en Asie centrale, Fatimides en Égypte. Ces nouveaux pouvoirs régionaux, profitant de l’essor économique des zones périphériques de l’empire, reprirent le modèle des deux premières dynasties califales pour développer à leur tour leur capitale et en faire un centre de civilisation.

Les souverains de Boukhara et de la prospère région du Khurasan à l’est de l’Iran protégèrent au XIe siècle deux des plus grands savants de l’islam, Ibn Sinna que nous appelons Avicenne, médecin et philosophe, et al-Biruni. Au XIIe siècle, al-Andalus l’Espagne musulmane accueillait ainsi, parmi une foule de savants, Ibn al-Rushd Averroès, « tout à la fois médecin, cadi, juriste, philosophe, qui s’est intéressé à l’ensemble des savoirs profanes et religieux de son temps2 » , ou Maimonide, théologien, philosophe et médecin juif.

Il est frappant de voir à quel point c’est la volonté des souverains de promouvoir l’islam qui semble avoir été le moteur de cet épanouissement.

La première étape, majeure, fut celle de l’étude de l’arabe, langue sacrée du Coran*, dont la forme parfaite devait éviter toute ambiguïté sur la lecture des paroles d’Allah. Elle devint, par la même occasion, la langue scientifique universelle, celle qui permettait aux musulmans de correspondre d’un bout à l’autre de leur empire.

Cette synergie fut favorisée par le déplacement obligatoire des musulmans, à l’occasion du pèlerinage à La Mecque. C’était le prétexte, pour les intellectuels, de venir chercher à Jérusalem, Damas et surtout Bagdad — qui demeura la capitale intellectuelle de l’islam jusqu’à sa destruction par les Mongols en 1258 — la science enseignée là par les plus grands maîtres de l’islam.

Pour débattre des grands courants de pensée qui animèrent les milieux intellectuels et divisèrent souvent les clans dirigeants après la mort de Mahomet, et pour démontrer la supériorité de l’islam sur les autres religions, fortes de leur expérience de plusieurs siècles, il fallait que la nouvelle confession se dote des armes exégétiques nécessaires à l’interprétation du Coran. A partir du VIIIe siècle, les traductions des textes antiques et le recours à la philosophie grecque falsafa permirent aux penseurs arabes de disposer de nouveaux outils de raisonnement.

A la même époque, la curiosité intellectuelle, excitée par la traduction des ouvrages grecs, latins, indiens, pehlvis la langue parlée en Perse, etc., fit progresser la connaissance dans un grand nombre de domaines scientifiques : la médecine, la géographie ou l’astronomie, au service de l’astrologie. Il s’agissait de développer les esprits, de soigner les corps, de mettre les instruments scientifiques, tels que les mathé- matiques, au service du pouvoir fiscalité, métrologie, la science des mesures... et d’une meilleure compréhension de l’univers créé par Allah, quitte à laisser de côté de nombreuses formes d’expression le théâtre ou la littérature historique grecs et latins par exemple, jugées sans utilité pour la promotion de la nouvelle religion.

Cela n’empêcha guère les expériences intellectuelles personnelles, parfois chèrement payées ou demeurées longtemps incomprises en islam, à l’instar de l’oeuvre d’Averroès.

A partir du XIe siècle, la civilisation islamique s’est vue surpassée dans de nombreux domaines, en particulier par le monde latin. Au fur et à mesure, les dirigeants musulmans, considérant que l’islam avait acquis une place prépondérante face aux autres religions, et craignant désormais l’essor de courants hétérodoxes, « fermèrent la porte » de la réflexion.

Ainsi, au IXe siècle, à Bagdad, le calife al-Mamun 813-833 soutint le mouvement mu‘tazilite, doctrine qui s’appuyait sur la falsafa pour interpréter le Coran. Mais il se heurta bientôt à la résistance des milieux conservateurs menés par Ibn Hanbal, fondateur de l’école juridique la plus rigoriste de l’islam sunnite. Finalement, ce dernier incita le calife al-Mutawakkil 848-861 à décréter la fin de l’ère de réflexion et d’interprétation du Coran. De plus, il fut interdit d’utiliser des courants philosophiques étrangers comme support de l’exégèse coranique.

Si cette attitude ne mit pas fin à la réflexion et à la naissance de nouveaux courants, mystiques en particulier, la ligne de conduite des « conservateurs » devait définitivement infléchir le dynamisme intellectuel de l’islam. Le sociologue et historien Ibn Khaldûn 1332-1406, l’un des derniers grands penseurs de l’islam classique, se plaignait de cette tendance : « Lorsque le vent de la civilisation eut cessé de souffler sur le Maghreb et al-Andalus, et que le dépérissement des connaissances scientifiques eut suivi celui de la civilisation, les sciences disparurent... On en trouve seulement quelques notions, chez de rares individus, qui doivent se dérober à la surveillance des docteurs de la foi orthodoxe. »

A partir du XIe siècle, les signes d’une crise sociale durable dans les capitales autrefois les plus florissantes, les coups de boutoir des Latins à l’ouest croisades, Reconquête en Espagne et, au XIIIe siècle, des Mongols à l’est, tout contribua au raidissement et au conservatisme d’un islam devenu dominant en son sein mais menacé de l’extérieur. L’espace musulman s’isola intellectuellement, en particulier à l’égard des Occidentaux, désormais plus créatifs.

Cela dit, il ne faut guère systématiser : l’Empire ottoman, à partir du XIVe siècle, ou les sultanats moghols en Inde offrent de beaux exemples d’une société en mouvement.

Encore aujourd’hui, la diversité des situations dans une société d’un milliard de musulmans est le signe que l’islam a engendré des évolutions diverses mais qu’il ne contient en aucun cas en soi les fondements d’un conformisme ou d’un conservatisme qui seraient plus marqués que dans nos bases judéo-chrétiennes.

* Cf. lexique.

1. L’Église jacobite fondée au VIe siècle réunit les Syriens monophysites chrétiens qui ne reconnaissent au Christ qu’une nature divine. Les nestoriens, quant à eux, distinguent les deux natures du Christ, humaine et divine.

2. Dominique Urvoy, Averroès, les ambitions d’un intellectuel de son temps , Paris, Flammarion, 1998.

lhistoire.frSource : https://www.lhistoire.fr/l%C3%A2ge-dor-de-lislam

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6.
L’Âge d’or islamique d’après Wikipédia

L’Âge d’or islamique est traditionnellement daté entre le milieu du VIIIe siècle et le milieu du XIIIe siècle1,2. Durant cette période, les artistes, ingénieurs, érudits, poètes, philosophes, géographes et commerçants du monde islamique ont fortement contribué à l’agriculture, aux arts, à l’économie, à l’industrie, au droit, à la littérature, à la navigation, à la philosophie, aux sciences, à la sociologie et aux technologies. La civilisation islamique, qui s’appropria d’abord l’héritage des mondes méditerranéen, iranien et indien antiques, développa en l’espace de quelques décennies à partir de 850 une culture originale, unifiée par la langue arabe, le commerce et la religion. Présente sur trois continents, elle s’épanouit sur un espace extrêmement vaste et joua ainsi un rôle crucial dans le maintien et la diffusion de la numération de position, des connaissances géographiques et astronomiques, et enfin des œuvres philosophiques de l’Antiquité3. Howard R. Turner écrit : « Les artistes et scientifiques musulmans, les princes et les travailleurs ont fabriqué ensemble une culture unique qui a directement et indirectement influencé les sociétés sur les autres continents. »3

Historiographie

Le terme même de « civilisation islamique » est mis en cause par certains chercheurs, comme l’historien iranien Shodja-e-din Shafa qui, dans deux livres polémiques intitulés Renaissance (en perse : تولدى ديگر) et Après quatorze siècles (en perse : پس از 1400 سال), s’interroge sur la pertinence d’expressions comme « science islamique ». Shafa estime que, s’il est vrai que la religion a servi de ciment pour presque tous les empires anciens et leur a permis de fonder leur autorité, elle ne se définit pas par des traits qui justifieraient d’attribuer à ses pratiques cultuelles le développement particulier des sciences, des techniques et des arts. Divers empires historiques ont adopté une religion officielle, sans que, pour autant, la science et les arts qui s’y épanouirent soient attribués à la religion en question. D’ailleurs, le Bas-Empire romain, l’Empire byzantin et tous les empires européens ultérieurs, quoique chrétiens et se proclamant tels, ne sont pas considérés comme une seule et même civilisation.

Historique du concept

L’expression âge d’or islamique a commencé à être utilisée dans la littérature du XIXe siècle consacrée à l’histoire islamique, dans le contexte d’un courant artistique occidental appelée l’orientalisme. L’auteur d’un Manuel du voyageur en Syrie et en Palestine datant du 1868 observait alors que les plus belles mosquées de Damas étaient comme le « mahométanisme lui-même, en décomposition rapide » et des reliques de l’« âge d’or de l’Islam »4.

Il n’existe pas de définition univoque de ce terme, et selon qu’il est utilisé en mettant l’accent soit sur les réalisations culturelles soit militaires, il peut être interprété comme faisant référence à des périodes assez disparates. Ainsi, certains auteurs suggèrent qu’elle puisse correspondre à la durée du califat, soit « six siècles et demi »5, tandis que d’autres la ferait finir après les quelques décennies des conquêtes de Rashidun, avec la mort d’Umar et du premier Fitna6.

Au début du XXe siècle, ce terme n’était utilisé qu’occasionnellement et faisait souvent référence aux premiers succès militaires des califes rachidoun. Ce n’est qu’au cours de la seconde moitié du XXe siècle que le terme a été utilisé plus souvent, désignant aujourd’hui principalement l’épanouissement culturel des sciences et des mathématiques sous les califats entre le IXe et le XIe siècle (entre l’établissement de la science organisée à la Maison de la sagesse et le début des croisades)7, mais souvent étendu à une partie du VIIIe siècle ou au XIIe au début du XIIIe8. Les définitions varient encore considérablement. L’assimilation de la fin de l’âge d’or à la fin des califats est un point de coupure commode basé sur un repère historique, mais on peut soutenir que la culture islamique est entrée dans un déclin progressif beaucoup plus tôt. Ainsi, Khan (2003) identifie l’âge d’or propre comme les deux siècles entre 750 et 950, soutenant que la perte initiale de territoires sous Harun al-Rashid s’est aggravée après la mort d’al-Ma’mun en 833, et que les croisades du 12e siècle ont entraîné un affaiblissement de l’empire islamique dont il ne s’est jamais remis9.

Histoire

Les origines : à la croisée des routes commerciales

Photo - La Grande Mosquée de Kairouan (en Tunisie), fondée en 670 mais dont l’état actuel remonte au IXe siècle, est parmi les œuvres architecturales représentatives de l’âge d’or islamique.

Bernard Lewis estime que les monarchies islamiques ont hérité « des connaissances et savoir-faire du Moyen-Orient, de la Grèce et de la Perse. À cela, les musulmans ont ajouté des savoirs de civilisations médiévales étrangères, comme la fabrication du papier, empruntée aux Chinois et l’écriture décimale positionnelle, empruntée aux Indiens10 ».

L’âge d’or islamique a commencé avec la traduction des œuvres scientifiques d’origines grecque, indienne, persane et syriaque en arabe, à partir de la fin du VIIIe siècle, grâce au calife abbasside Al-Mansur (Abbasside), fondateur de Bagdad. Il s’est poursuivi avec la création des Maisons de la sagesse (Beit Al-Hikma). La première de ces institutions a été fondée à Bagdad en 832 par le calife Al-Ma’mūn. Les foyers d’étude et d’échange étaient nombreux : outre Bagdad, il y avait Cordoue, Le Caire, Damas, Grenade, Boukhara, Chiraz, Ispahan, Samarkande, Fès11

Les savoirs que les peuples musulmans ont rassemblés puis fait fructifier au Moyen Âge sont liés à des degrés divers à la géographie. Du reste, dès avant l’Hégire, La Mecque était un important carrefour commercial d’Arabie et Mahomet lui-même était un négociant. Avec la tradition du pèlerinage à la Mecque, ce sanctuaire devint un lieu d’échange de marchandises aussi bien que d’idées. L’influence des marchands musulmans dans les villes et villages disséminés le long des routes de commerce sahariennes et asiatiques était extrêmement importante. Ainsi, c’est par l’économie marchande que la civilisation islamique se développa et s’étendit, au contraire des monarchies chrétiennes, indiennes et chinoises dont les sociétés étaient dominées par une noblesse détenant le monopole de la propriété foncière. Les marchands propagèrent ainsi leur foi jusqu’en Chine (avec pour conséquence un nombre significatif de musulmans chinois, estimé à 37 millions de fidèles principalement Ouïghours, peuple turkmène dont le territoire avait été annexé à la Chine), en Inde, en Asie du Sud-Est, et dans les royaumes d’Afrique de l’Ouest. De toutes ces contrées, ils ramenèrent aussi des inventions.

L’invasion mongole et le déclin

Photo - Un shatrandj (jeu d’échecs) seldjouk en verre fritté verni du XIIe siècle.

Si les Croisades avaient déjà accablé le monde musulman aux XIe et XIIe siècles, un fléau bien plus terrible s’abattit au cours du XIIIe siècle : en 1206, Genghis Khan porta à la tête des Mongols d’Asie centrale une dynastie puissante. Au cours des décennies suivantes, l’Empire mongol conquit la plus grande partie de l’Eurasie, dont la Chine à l’est et l’essentiel de l’ancien califat (ainsi que le territoire des Rus’ de Kiev) à l’Ouest. Les historiens adoptent traditionnellement la destruction de Bagdad par les hordes de Hulagu Khan en 1258 comme date de la fin de l’Âge d’or12. Les chefs mongols postérieurs, tels Tamerlan, détruisirent des dizaines de villes, massacrèrent des centaines de milliers d’hommes, et ruinèrent à jamais les systèmes d’irrigation antiques de Mésopotamie.

La plupart des tribus mongoles établies au Moyen-Orient finirent par se convertir à l’Islam et s’assimilèrent aux turkmènes. L’Empire ottoman finit par renaître de ses cendres, mais l’âge d’or était révolu.

Les causes du déclin : une question polémique

Photo - Les routes commerciales antiques, que les marchands arabes avaient réactivées, furent victimes des conquérants Croisés, Mongols et des colons Portugais. Selon Ibn Khaldoun, ces invasions ont ainsi ruiné les économies des monarchies arabes et favorisé la généralisation du brigandage et de la piraterie.

S’il n’y a pas d’accord chez les historiens sur les causes précises du déclin de la civilisation islamique médiévale, tous[évasif] reconnaissent que, par delà les destructions de bibliothèques et de madrassas par les conquérants mongols 13,14,15, l’instabilité politique et la primauté donnée à la tradition (taqlīd) aux dépens de l’ijtihad (libre-arbitre) au XIIe siècle, ont mis un terme au dynamisme des sociétés islamiques[réf. nécessaire]. Ahmad Y. Hassan rejette la thèse d’une carence de la pensée créative, car selon lui la science dans l’Islam demeurait à ce moment séparée des débats religieux ; il voit plutôt dans les difficultés économiques et politiques décrites par Ibn Khaldoun la cause du déclin16.

Les arts de l’Islam - Article détaillé : Arts de l’Islam.

Arts graphiques

L’enluminure bénéficiait d’une large considération et l’art de la miniature prit un développement remarquable en Perse. La calligraphie, branche à part entière de l’écriture arabe, orne aussi bien les manuscrits que les édifices. Son émergence s’explique par un interdit religieux de l’Islam : la représentation des êtres humains.

L’usage du papier, venu de Chine, gagna le monde musulman au VIIIe siècle, puis l’Espagne (et de là le reste de l’Europe) au Xe siècle. Plus simple à produire que le parchemin, moins sujet aux déchirures que le papyrus, il pouvait fixer l’encre, et permit la diffusion de copies du Coran. Selon Jonathan M. Bloom17, « Les fabricants de papier de l’Islam développèrent des ateliers de copistes spécialisés multipliant les éditions à un rythme très longtemps supérieur à celui des scriptoriums européens18 ».

Photo - Table marquetée et lambrissée de 1560.

Enfin c’est par le monde musulman que le reste du monde apprit comment fabriquer du papier à partir de chiffon de lin19.

Arts du feu

L’âge d’or de l’art islamique, qui s’étale entre 750 et le XVIe siècle, coïncide avec la floraison des arts du feu : céramique émaillée, verre, métallurgie fine (damasquinage) ; celle de l’enluminure, et de l’ébénisterie.

Arts du textile

Photo - Tapis dans une mosquée.

L’art du textile est l’un des domaines qui exprime le mieux l’art de vivre de cette civilisation. Au Moyen Âge, le mobilier est essentiellement constitué de pièces en textile tel que des couvertures, des coussins, des tapis et des tentures qui expriment le goût pour la splendeur et le luxe. Ces pièces, toujours très colorées, présentes dans l’ensemble du monde musulman, sont à la fois des objets du quotidien pour une population auparavant nomade mais aussi un signe de pouvoir et un symbole religieux que l’on retrouve dans les mosquées. Ainsi, d’immenses tapis recouvrent le sol des mosquées « isolant le croyant des impuretés du sol20 ».

L’art du textile se développe sur un territoire qui s’étend de l’Espagne à l’Inde, après la période des grandes conquêtes musulmanes. Ainsi, les matières premières circulent, et les savoir-faire se transmettent plus facilement telle la teinture d’indigo qui fleurit en Afrique du Nord et notamment en Égypte (quantara). On assiste également à un renouveau grâce au développement de nouvelles matières comme la soie ou la gaze. L’art du tapis produit des pièces artistiques et culturelles majeures de la civilisation islamique dès les premiers siècles ; des fouilles ont permis de mettre au jour des tapis avec des motifs de fleurs de la période Sassanide. Au XIe siècle, la dynastie Seldjoukide propose un art du tapis avec des motifs géographiques et des couleurs vives21.

Architecture et ingénierie

Photo- La mosquée bleue, à Istanbul

Photo - Reconstitution isométrique au scanner tridimensionnel de la grande porte de Bab al-Barqiyya du Caire, sur les remparts des Ayyoubides (XIIe siècle). Cette porte fortifiée comprend plusieurs enceintes enchâssées les unes dans les autres afin d’assurer une sécurité très supérieure aux autres citadelles de l’époque.

Article détaillé : Architecture islamique.

La Grande Mosquée de Kairouan (en Tunisie), l’ancêtre de toutes les mosquées du Maghreb22, est l’une des mieux préservées et un des meilleurs exemples des grandes mosquées des débuts de l’Islam. Édifiée en 670, ses contours actuels sont pour l’essentiel ceux de la reconstruction du IXe siècle23. Elle comporte un minaret carré à trois niveaux, une vaste cour entourée de portiques à colonnades et une gigantesque salle de prière à hypostyle couverte dans sa partie centrale de deux coupoles22.

La Grande Mosquée de Samarra, en Irak, fut achevée en 847. Elle combine un hypostyle ou des rangées de colonnes viennent supporter un plancher sur lequel se dresse un énorme minaret en spirale.

Les Maures inaugurèrent l’architecture islamique d’Espagne et d’Afrique du Nord en 785 avec la construction de la Grande mosquée de Cordoue. Cette mosque se signale par les arcs intérieurs. L’architecture mauresque atteignit son apogée avec la construction de l’Alhambra, le magnifique palais-forteresse de Grenade, avec ses espaces intérieurs aérés décorés de fresques rouges, bleues et dorées. Les murs sont ornés de motifs végétaux stylisés, d’inscriptions en arabe, d’arabesques, et sont couverts de carreaux faïencés.

Photo - L’état actuel de la Grande Mosquée de Kairouan (ou mosquée d’Oqba, en Tunisie), fondée en 670, remonte au IXe siècle ; c’est l’un des chefs-d’œuvre de l’architecture islamique24.

Philosophie

Photo - Originaire d’Al-Andalus, Averroès est l’une des sources de la pensée profane dans l’Occident chrétien médiéval.

Article détaillé : Philosophie islamique.

Averroès et l’érudit persan Ibn Sina préservèrent et commentèrent les œuvres d’Aristote, dont les idées imprégnèrent peu à peu la pensée profane des mondes musulmans et chrétiens. Ces deux savants compilèrent aussi certaines idées venues de Chine et de l’Inde, non sans y ajouter leurs propres réflexions. Ibn Sina et d’autres penseurs comme al-Kindi et al-Farabi combinèrent Aristotélisme et Néoplatonisme aux philosophies nées de l’Islam.

La littérature philosophique arabe fut à son tour traduite en Latin et en ladino, et se trouve ainsi aux origines de la philosophie européenne moderne. L’historien médiéval Ibn Khaldoun, le traducteur des sources médicales grecques Constantin l’Africain de Carthage, et le traducteur Al-Khawarizmi qui compila les techniques mathématiques grecques et indiennes, sont parmi les plus importantes figures de l’Âge d’or. En cette période, la terre d’Islam vit aussi l’éclosion de penseurs non-musulmans tels le philosophe juif Moïse Maïmonide, qui vivait en Andalousie (voir Histoire des Juifs en terre d’islam).

Sciences et techniques

Articles détaillés : Sciences et techniques islamiques et Inventions musulmanes du Moyen Âge.

Photo - L’art du carrelage girih, qui consiste à former des motifs en quasi-cristaux, illustre les rapports entre l’art islamique médiéval et les sciences.

Mathématiques et astronomie

L’Âge d’or de l’Islam vit l’éclosion de plusieurs grands savants arabes. À ces hommes, la civilisation est redevable du développement de la trigonométrie sous sa forme moderne (notamment la systématisation de l’emploi de tables, ou zij pour calculer les phases de la Lune), avancées en optique (tabulation des angles de réfraction, développement de la catoptrique) et en astronomie. Le calcul du jour où le croissant lunaire recommence à devenir visible constituait un redoutable défi pour les savants arabes. Bien qu’en effet la théorie de Ptolémée du mouvement composé de la lune soit assez exacte à l’époque de la nouvelle lune, elle ne donne la trajectoire de la lune que par rapport au cercle de l’écliptique. Pour prédire quel jour la lune commence à redevenir visible, il fallait pouvoir décrire son mouvement par rapport à l’horizon, un problème dont la résolution appartient à une géométrie sphérique assez sophistiquée.

À partir du VIIIe siècle, les savants musulmans se mirent à traduire un grand nombre d’écrits sanskrits et pehlevis en arabe. La plus célèbre de ces traductions est celle du Surya Siddhanta et des livres de Brahmagupta, parue en 777 sous le titre Zij al-Sindhind25, et due à la plume de Muhammad al-Fazari et de Yaqūb ibn Tāriq.

Des fragments de cette période témoignent de l’adoption par les Arabes des tables de sinus (héritées des mathématiques indiennes) de préférence aux tables des cordes employées par les astronomes grecs26.

L’intérêt des Arabes pour l’astronomie a cru parallèlement à celui pour les mathématiques. De ce point de vue, le rôle joué par l’Almageste (composé vers l’an 150) de l’astronome alexandrin Ptolémée (vers 100 - 178) est exemplaire. L’Almageste a effectivement fait date en astronomie, rassemblant, à l’instar des Éléments d’Euclide pour la géométrie, toutes les connaissances contemporaines de leur auteur. Les Arabes l’intitulèrent Le Très Grand, ajoutant au superlatif grec megiste (« Très Grand ») l’article défini arabe al- : ainsi l’ouvrage a-t-il été transmis à l’Occident latin sous le titre d’Almageste27.

Médecine - Article détaillé : Médecine dans la civilisation islamique.

Photo - L’œil humain d’après Hunayn ibn Ishaq. Tiré d’un manuscrit daté autour de 1200.

La médecine occupe une place centrale dans la culture médiévale islamique. S’adaptant aux spécificités des époques et des lieux, les médecins et les savants arabes ont produit un corpus médical considérable, embrassant aussi bien la théorie que la pratique.

La médecine arabe est fondée sur la tradition, c’est-à-dire essentiellement les connaissances théoriques et pratiques léguées par les Grecs, les Romains et les Perses. Aux yeux des savants de l’Islam, Galien et Hippocrate étaient l’autorité suprême en matière de médecine, suivis des savants de l’Alexandrie hellénistique. Les savants arabes traduisirent ces textes dans leur langue puis ajoutèrent de nouvelles connaissances. Pour rendre la tradition grecque plus accessible, compréhensible et assimilable, ils ordonnèrent le corpus médical gréco-romain foisonnant et parfois contradictoire, en composant des encyclopédies et des abrégés.

Dans l’Europe carolingienne, le savoir païen des Grecs et des Romains était suspect d’hérésie, et ce n’est que par les traductions latines du XIIe siècle depuis l’arabe qu’elle put redécouvrir la médecine hellénistique, y compris les écrits de Galien et d’Hippocrate. Des encyclopédies comme le Canon d’Avicenne, traduit en latin puis diffusé sous forme de manuscrits, eut peut-être une influence encore supérieure. Pour les seuls XVe et XVIe siècles, le Canon Médical connut plus de trente-cinq ré-éditions28.

Dans le monde arabe, les grandes villes possédaient leur hôpital ; ainsi l’hôpital Qalawun du Caire, qui employait un personnel nombreux de médecins, de pharmaciens et d’infirmiers.

Commerce et transports

Photo - Mappemonde synoptique en frontispice de l’atlas mondial d’al-Idrisi (1154) ; notez que le Sud est en haut de la carte.

Hormis les grands fleuves comme le Nil, le Tigre et l’Euphrate, les rivières des pays d’Islam étaient rarement navigables, et le transport maritime devenait d’autant plus important. Les techniques de navigation étaient donc particulièrement développées, et s’appuyaient sur l’usage d’un ancêtre du sextant (appelé kamal). En conjonction avec les cartes de l’époque, les marins étaient capables de traverser l’océan Indien sans devoir caboter. Les armateurs musulmans ont remis en usage les grands cargos trois-mâts en Méditerranée. Le terme de « caravelle » proviendrait du nom d’un type de navire arabe, le qārib29, sorte de boutre30,31.

Voir également : Civilisation islamique Sciences arabes Sciences islamiques Astronomie arabe Traductions arabes du IXe siècle Al-Andalus Convivencia

Notes et références, ainsi que la bibliographie sont à découvrir à la source indiquée ci-après - Liens externes : Sur les autres projets Wikimedia : Âge d’or islamique, sur Wikimedia Commons - Islamic web [archive] - Wiet, Gaston.’Baghdad : Metropolis of the Abbasid Caliphate.’ [archive] Chapter 5 - Portail du Haut Moyen Âge - https://upload.wikimedia.org/wikipe...Portail de l’islam - Source : https://fr.wikipedia.org/wiki/%C3%82ge_d%27or_islamique

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6Bis.
Informations sur Fakhr ad-dīn al-Rāzī, un réformateur médiéval de l’islam

D’après Wikipédia, «  Fakhroddîn Râzî1 ou Fakhr ad-Dîn ar-Râzî Amoli2, théologien musulman de rite chaféite, est né à Ray (Perse) vers 1150, et mort en 1210. Appartenant à l’école de l’Islam sunnite, il enseigna la théologie musulmane et la philosophie, et écrivit un grand nombre d’ouvrages dont les principaux sont : Les Notations sur les principes de la religion, Le Précis des idées des savants, des philosophes et des théologiens anciens et récents et Le Grand Commentaire du Coran (aussi connu sous le titre Les Clés de l’invisible). Sa dépouille repose dans un mausolée.

Sa croyance

L’Imâm Ar-Razi était un fervent défenseur de la doctrine de l’unicité. Ainsi, dans son célèbre tafsîr connu sous le nom de « At-Tafsîrou l-Kabîr » lors de l’explication du verset 11 de soûrat Ach-Choûra ليس كمثله شيء (layça kamithlihi chay) qui signifie « Rien n’est tel que Lui »,il a dit : « Les savants du Tawhîd par le passé et par le présent ont retenu cette âyah comme argument pour nier le fait que Allâh ta’âlâ soit un corps composé d’organes et de parties étant dans un endroit et une direction. Ils ont dit s’Il était un corps Il aurait été semblable à tous les corps et ceci implique qu’Il aurait des semblables et des ressemblants à Lui, or ceci est faux du fait même du Texte explicite de Sa Parole ta’âlâ : ليس كمثله شيء (layça kamithlihi chay) qui signifie « Rien n’est tel que Lui ». »3

Egalement dans son livre « Ousoul Ad-Dîn » il a dit : « Les moujassimah (anthropomorphistes) sont mécréants car ils ont cru que tout ce qui n’est pas localisé, limité et dans une direction alors n’existe pas. Et nous, nous croyons que tout ce qui est localisé, limité est entré en existence et Son Créateur existe et n’est ni localisé, ni limité et ni dans une direction. Les moujassimah (anthropomorphistes) ont donc nié l’Etre Qui a la divinité c’est pour cela qu’ils sont déclarés mécréants. »4

Œuvres

  • Mafâtih al-ghayb (ca. 1198-1206), littéralement Les clés de l’inconnaissable (ou Les Clés de l’invisible) aussi connu comme Le Grand Commentaire du Coran de l’auteur. Cette épître est restée inachevée5.
  • Notations sur les principes de la religion (Ma’âlim fî-usûl al-Dîn)
  • L’acquis des connaissances (Muhassall). Traité théologique.
  • Les recherches orientales (Al-Mabâhith al-mashriqiyya). Somme philosophique.
  • Controverses (Al-munâzarât)
  • Livre de la physiognomonie (Kitâb al-firâsa), édi. et trad. Y. Mourad, La physiognomonie arabe, Paris, 1939.
  • Traité sur les noms divins, traduit par Maurice Gloton, éd. Albouraq, 2009, (ISBN 978-2-84161-328-1) (notice BnF no FRBNF43880499).
    Cet article comprend des extraits du Dictionnaire Bouillet. Il est possible de supprimer cette indication, si le texte reflète le savoir actuel sur ce thème, si les sources sont citées, s’il satisfait aux exigences linguistiques actuelles et s’il ne contient pas de propos qui vont à l’encontre des règles de neutralité de Wikipédia.

L’article complet est à lire à la source : https://fr.wikipedia.org/wiki/Fakhr_ad-D%C3%AEn_ar-R%C3%A2z%C3%AE

Fakhr ad-dīn al-Rāzī, ce réformateur médiéval - Posted on 08 avril 2019 Posted in Lectures, Portraits

(…) Al-Rāzī aura été l’auteur d’une oeuvre conséquente. Si le gros de son travail consistait à faire dans l’exégèse et la philosophie, il aura écrit dans des domaines aussi variés que celui de l’histoire, l’astrologie, la chimie, la médecine, le fiqh, la minéralogie, la philologie ou encore la géométrie. Asharite dans sa croyance à l’image de ses inspirateurs premiers – al-Ghazālī et al-Juwaynī – il a rédigé certaines des oeuvres de l’école les plus marquantes. Dans Asas al taqdis fi ilm al kalam, ouvrage dédié au sultan Abū Bakr ibn Ayyūb, al-Rāzī posait ainsi de la manière la plus significative les vues de l’école en matière de croyance. Opposant profond des hanbalites et notamment de ceux professant l’existence de modalités concernant les attributs divins, al-Rāzī chercha dans cette oeuvre à mettre en avant les preuves de l’incorporéité et de la non-spatialisation concernant Allah ; expliquant encore comment faire un usage utile du ta’wil de tel ou tel terme trouvé dans le Coran.

Al-Rāzī était dans la continuité un ardent défenseur du kalam. Dans Muhassal afkar al mutakaddimin wa l muta’akhkhirin min al ulama wa l hukama wa l mutakallimin, il propose même une division du kalam en quatre parties : les préliminaires ; l’être et ses divisions ; la théologie rationnelle ; les questions traditionnelles. Discutant des causes et effets, de la nature des corps et de l’être, des attributs positifs et négatifs d’Allah, de l’agir divin et de l’agir créé, al-Rāzī fait dans ce titre la démonstration de toute sa connaissance et maîtrise des théories proposées par les philosophes et adeptes du kalam (mutakallimun) l’ayant précédé.

Son épître sur les noms et attributs divins figure parmi les plus importants de son siècle. Intitulé Lawami al bayyinat fī l asma wa l sifat, al-Rāzī y fait en dix chapitres l’étude des nombreux noms d’Allah, de leur origine et surtout, propose les diverses positions de chacun à leur sujet avant de les discuter. Le seul chapitre consacré au nom « Allah » dépasse les trente pages. Il y propose encore une étude des noms divins hors des 99 généralement étudiés. Plus classique, son al Ma alim fi usul al din fut l’occasion pour al-Rāzī d’étaler ses connaissances sur les fondements dans le dogme, le fiqh et la dialectique. En matière de critique et de “mise en garde”, il aura aussi été l’auteur d’un al Munazarat (les controverses), très curieux dans la forme (c’est une autobiographie), dans lequel il s’était plu à rapporter les débats qu’il eut avec d’autres théologiens d’horizons différents. On peut même y trouver une critique de certains travaux précédemment réalisés par al-Ghazālī ainsi qu’une étude de l’astrologie. Son Itiqad firaq al Muslimin wa l mushrikin est plus explicite encore tant il fait dans cet écrit mention de toutes les mouvances considérées par l’homme comme des sectes, faisant mention encore de critiques de certaines philosophies et vois soufies extatiques.

Fidèle lecteur du savant perse Ibn Sīnā (Avicenne), al-Rāzī fit le commentaire de plusieurs de ses oeuvres, dont son célèbre Canon. Il écrira encore un résumé exhaustif de l’Isharat du même auteur. Penseur en métaphysique, al-Rāzī rédigea aussi al Mabahith al mashrikiyya, l’un des premiers du genre. Faisant l’étude de l’être, du non-être et de leurs propriétés et essences, il y traite du possible, de la substance et des accidents. Al-Rāzī y explicite encore des idées d’Aristote, al-Fārābī, Galien, Thābit ibn Qurrah et Platon, des auteurs qu’il n’hésite d’ailleurs pas à réviser. Il écrira également un traité de théologie en direction de son fils aîné Muḥammad : Kitab al Arbain fi usul ad din. Sous la forme de questions-réponses, al-Rāzī y aborde l’essentiel des positions dogmatiques propres à l’islam en quelque cinq cents pages. Abordant la question du commencement du monde dans le temps, il y évoque plus longuement encore ses vues sur Allah. Niant ce qui ne Lui siérait pas, tel le fait qu’Il puisse être le sujet d’accidents, d’une quelconque contingence, al-Rāzī y réaffirme son parti pris pour l’atomisme*, pensée qu’il réfutait plus tôt. L’existence du vide comme les miracles des saints y sont encore des points abordés.

Al-Rāzī est surtout connu pour son exégèse coranique, le Kitab al Tafsir al kabir. Faisant plusieurs milliers de pages, il diffère des autres exégèses du genre par l’empreinte philosophique que l’auteur lui donna. Cherchant à rapprocher au travers de l’usage de la logique les versets les uns des autres, exposant ses avis et ceux qui divergent sous forme de questions-réponses, al-Rāzī rédigeait par là l’une des exégèses les plus novateurs. (…)

L’article est à lire dans son intégralité dans le numéro 3 de Sarrazins, et il est disponible à cette source : https://www.sarrazins.fr/fakhr-ad-din-al-razi-ce-reformateur-medieval/

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7.
Les Califes maudits – Enregistrement de 58 minutes - 14/04/2019 – Dans le cadre des émissions de France Culture Questions d’islampar Ghaleb Bencheikh les dimanches de 7h05 à 8h.

Nous parlons aujourd’hui de la malédiction qui a frappé les quatre premiers califes après la mort du prophète, Hela Ouardi a recoupé les différents récits à partir des sources de la tradition, elle publie le fruit de cette reconstitution dans un livre titré ’’Les Califes maudits’ chez Albin Michel.

Illustration - Mort de Mahomet, du Siyar-I Nabi, Istanbul, 1595.

Le califat des quatre premiers successeurs du prophète Muhammad est présenté dans la doxa droite islamique et tout particulièrement chez les salafistes comme un règne de califes bien guidés. Ce fut un temps idyllique de rectitude spirituelle et de bonne gestion des affaires des musulmans. Or - les hommes n’étant que des hommes avec leurs faiblesses d’hommes - les sources les plus anciennes révèlent dans leurs replis une tout autre réalité : les plus proches Compagnons du Prophète rivalisèrent d’infidélités et de disputes. Hela Ouardi présente ce qui s’apparente à une malédiction ayant frappé les premiers califes dans un livre intitulé ’’Les Califes maudits’ aux éditions Albin Michel. Elle y explique cette déchirure originelle.

Il est question d’une malédiction formulée par la fille du prophète, Fatima, qui a l’issue de la mort de son père, a été plutôt malmenée par les compagnons du prophète, notamment Abou Bakr As-Siddiq et Omar ibn al-Khattab qui seront successivement le premier et le second calife. Hela Ouardi

Fatima a été déshéritée par Abou Bakr et privée de la partie de l’héritage qui était au cœur du litige, ce qu’on appelle l’oasis de Fadak. (...) Fatima a été déshéritée par Abou Bakr et privée de la partie de l’héritage qui était au cœur du litige, ce qu’on appelle l’oasis de Fadak. (...) Le calife aurait dit à Fatima : Tu n’as pas le droit d’hériter de ton père parce que ton père est un prophète, les prophètes ne laissent pas d’héritage, tout ce qu’ils laissent c’est l’aumône. Hela Ouardi

La pause musicale : Granada 1013 - 1502 - La Sublime Porte • Voix D’Istanbul • 1430-1750 - Driss El Maloumi– Makan

Bibliographie : 1èrepage de couverture  : Les Califes maudits Hela Ouardi Albin Michel, 2019

Intervenante  : Hela Ouardi, Professeur de littérature et de civilisation françaises, et chercheur associé au Laboratoire d’études sur les monothéismes (LEM) au CNRS (Centre National de la Recherche Scientifique)

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Tags : Islam Mahomet Religion et spiritualité

L’équipe – Production : Ghaleb Bencheikh – Réalisation : Franck Lilin - Avec la collaboration de Daphné Abgrall

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Source : https://www.franceculture.fr/emissions/questions-dislam/les-califes-maudits

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8.
Contributions de Hela Ouardi, Professeure tunisienne, sur l’Islam à travers la littérature

D’après Wikipédia, «  Hela Ouardi, née en 1973, est une universitaire tunisienne, professeure à l’université de Tunis - El Manar et auteure spécialiste de l’islam et de littérature française. Hela Ouardi effectue des études supérieures en littérature à l’université de Tunis et obtient une thèse de doctorat en 2001 en littérature française à l’université Sorbonne-Nouvelle, sur le thème : La littérature au miroir dans l’œuvre romanesque de Raymond Queneau1. Elle devient professeure de littérature et de civilisation françaises à l’université de Tunis - El Manar, mais aussi, ultérieurement, chercheuse associée au Laboratoire d’études sur les monothéismes au Centre national de la recherche scientifique2,3. Ses premières publications, dans les années 2000, sont consacrées à la littérature française. Après la révolution tunisienne de 2011, elle prend une année sabbatique et se plonge dans l’histoire de l’islam. Son ouvrage Les derniers jours de Muhammad, publié en 2016 par les éditions Albin Michel, est remarqué : il relate ses recherches sur la mort mystérieuse du prophète, et tente de reconstituer ses derniers jours. Deux ans après sa sortie, Les derniers jours de Muhammad est édité par les éditions Koukou en Algérie, premier pays arabe à le publier. Une traduction en langue arabe est en cours4,5. Ce livre est censuré au Sénégal sous la pression d’organisations islamistes et d’hommes politiques3,6. En 2019, poursuivant ses travaux sur le début de l’Islam, elle publie, toujours chez Albin Michel, un deuxième ouvrage, Les Califes maudits, la déchirure, consacré à la façon dont l’entourage du prophète a géré sa succession. Selon Gilles Kepel, « le grand mérite de Hela Ouardi est de confronter les sources chiites et les sources sunnites »7… »

Publications de Hela Ouardi

  • La littérature au miroir dans l’œuvre romanesque de Raymond Queneau, Villeneuve-d’Ascq, Presses universitaires du Septentrion, coll. « Thèses à la carte », 2003, 584 p. (ISBN 2-284-03555-8).
  • Connaissez-vous Queneau ?, Dijon, Éditions de l’université de Dijon, 2007, 233 p. (ISBN 978-2-915-55277-5).
  • L’androgyne en littérature, Tunis, Simpact, 2009, 282 p. (ISBN 978-2-915-61138-0).
  • Les derniers jours de Muhammad, Paris, Albin Michel, coll. « Spiritualités vivantes », 2016, 368 p. (ISBN 978-2-226-40060-4).
  • Les Califes maudits, la déchirure, Paris, Albin Michel, coll. « Spiritualités vivantes », 2018, 250 p. (ISBN 978-2-226-44106-5)8
    Article complet avec les références sur ce site : https://fr.wikipedia.org/wiki/Hela_Ouardi

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9.
Hela Ouardi nous parle de « Les Califes maudits. La Déchirure » - Vidéo 23:39 ajoutée le 28 mars 2019 - La Grande Librairie

Hela Ouardi, chercheuse au CNRS est spécialiste de l’islam et de littérature française Trois ans après « Les Derniers Jours de Muhammad », dans lequel elle revenait sur la mort de Mahomet, elle publie « Les Califes maudits. La Déchirure » (Éditions Albin Michel). Catégorie : Divertissement

Source : https://www.youtube.com/watch?v=BrUczoKUxow

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10.
Les derniers jours de Muhammad, conférence de Mme Hela Ouardi – Vidéo 1:50:37 - Diffusé en direct le 24 janv. 2018 – Document Diocèse de Belley-Ars

Enseignante à l’Université de Tunis, Mme Hela Ouardi a écrit ’Les Derniers Jours de Muhammad’ étude historique inédite de la mort du prophète de l’islam. Elle viendra nous présenter ses travaux à la Maison Jean-Marie Vianney à Bourg-en-Bresse le mercredi 24 janvier 2018 à 20h30. Vous pouvez vous procurer l’ouvrage de Hela Ouardi à la Procure Notre-Dame à Bourg-en-Bresse ou sur le site de La Procure : http://www.laprocure.com/derniers-jou... L’ouvrage de Paul Casanova est disponible sur le site Gallica de la BNF : http://gallica.bnf.fr/ark :/12148/bpt6... Catégorie : Organisations à but non lucratif

Source : https://www.youtube.com/watch?v=Ls-_bmeDIX0

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11.
Réécrire l’histoire de l’islam | Hela Ouardi | TEDxCarthage - TEDx Talks Vidéo 15:42 ajoutée le 7 novembre 2018

Dans son Talk, Hela Ouardi discute des attitudes en Tunisie concernant la religion et la politique et les compare à d’autres études de cas dans le monde arabe tout en les mettant en perspective en parlant d’informations dans son dernier livre : Les Derniers jours de Mohamed. Hela Ouardi est Professeur des Universités à Tunis où elle enseigne la littérature et la civilisation. Hela Ouardi is a university professor in Tunis where she teaches literature and civilization. She has many published works in the field of literary criticism. Her most recent work, The Last Days of Muhammad, looks at the history of Islam’s origins by exploring the sources of the Muslim tradition and the death of the Prophet. Hela is also an associate member of the CNRS Monographic Studies Laboratory in France. This talk was given at a TEDx event using the TED conference format but independently organized by a local community. Learn more at https://www.ted.com/tedx

Catégorie : Organisations à but non lucratif

Source : https://www.youtube.com/watch?v=rmZq-VEalP8

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12.
L’héritage de l’Andalousie des trois cultures - Une conférence enregistrée en mars 2013. 05/09/2017 (mis à jour le 26/04/2019 à 07:00) - Institut du monde arabe

L’héritage de l’Espagne des trois cultures, où cohabitèrent durant plusieurs siècles juifs, chrétiens et musulmans. Quelle diversité des legs de cette Espagne pluriculturelle dans différents domaines : historiographie, littérature ? Comment se renouvelle la transmission de cet héritage ?

Illustration - L’héritage de l’Andalousie des trois cultures • Crédits : Starcevic - Getty

Quels enjeux liés à la transmission de l’histoire de l’Andalousie des trois cultures ? Si l’essentiel des relations dans l’Espagne du Moyen Âge entre les différents royaumes, les différentes communautés a été fait d’invasions, de guerres, de dominations, s’il n’y a jamais eu égalité de traitement (…) il y a eu cependant des moments lumineux, en particulier à Cordoue à la fin du califat, où à Tolède à l’époque d’Alphonse X, surtout au regard de ce qui est venu après, le radicalisme almohade, qui est à l’origine de la quasi extinction de la chrétienté mozarabe, qui a persécuté les juifs comme en a témoigné Maïmonide… et évidemment le radicalisme chrétien, à partir des rois catholiques.

Malgré les conflits, il y a eu des échanges, des dialogues, des influences réciproques entre les trois cultures. Mais selon Juan Goytisolo, le récit national espagnol n’en parle pas.

Parler de l’Espagne des trois cultures, c’est rentrer immédiatement en conflit avec le récit historique national. En Espagne c’est très clair, on dit : il y a eu les Phéniciens, les Grecs, les Romains, et tout cela est intégré dans le récit national espagnol. Mais curieusement, il y a tout l’élément sémite, autant l’arabe que le juif, qui est laissé de côté. Il y a eu la Reconquête, les arabes ont été vaincus, il y a eu l’expulsion des juifs, et ainsi s’est établie une identité espagnole fixe. C’est le récit que j’ai appris, et malheureusement les choses n’ont pas beaucoup changé…

Participants :

Juan Goytisolo, écrivain

Reyes Mate, directeur de recherche à l’Institut de Philosophie du Centre National de la Recherche Scientifique de Madrid

Yannick Llored, maître de conférences en littérature espagnole à l’Université de Lorraine

Eva Touboul-Tardieu, maître de conférences de civilisation espagnole à l’Université Lumière-Lyon 2

Abraham Bengio, ancien directeur adjoint aux Affaires culturelles de la Région Rhône-Alpes

Présentation et animation du débat par Isabelle Touton, maîtresse de conférences à l’Université Bordeaux Montaigne.

logo france culture

Source : https://www.franceculture.fr/conferences/institut-du-monde-arabe/lheritage-de-landalousie-des-trois-cultures

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13.
Les Andalousies spirituelles avec Ali Benmakhlouf au Festival de Fès des musiques sacrées du monde. Enregistrement de 54 minutes - 16/06/2013 – Dans le cadre des émissions de France Cultue : Les Racines du cielpar Frédéric Lenoir et Leili Anvar, les dimanches de 16h à 17h.

Ali Benmakhlouf, Agrégé de philosophie, Ali Benmakhlouf est professeur à l’université de Paris Est Créteil. Le fil directeur de ses recherches est la logique, l’histoire et la philosophie de la logique. Après s’être intéressé à G.Frege (Puf 1997, Vrin, 2002), à B. Russell (Puf 1996, Belles Lettres, 2004), il s’est proposé de parcourir l’histoire de la logique médiévale arabe (Al Fârâbî, 2007 et Averroès (2000 et 2003), puis d’explorer une figure de la Renaissance, Montaigne (Belle Lettres, 2008), En 2011, il publie : « L’identité, une fable philosophique » aux presses universitaires de France. Les éditions Dar el Kitab (Casablanca) publient 4 de ses ouvrages en 2011 et 2012 : « Vous reprendrez bien un peu de philosophie », « C’est de l’art », « Droit de savoir et désir de connaître », « Voix philosophiques ». Vice-président du comité consultatif national d’éthique et président du comité consultatif de déontologie et d’éthique de l’IRD (Institut de recherches pour le développement), il est engagé actuellement dans les débats sur la bioéthique. Il est aussi directeur de programme au Collège international de philosophie (Paris/Casablanca), membre de la société française de philosophie et membre de l’Institut international de philosophie.

Lectures

’ Le Philosophe autodidacte ’ d’Ibn Tujayl éditions Mille et une nuit ’

Futûhât ’ d’Ibn Arabi cité et traduit par Claude Addas dans ’ Ibn Arabi et le voyage sans retour ’ édition du Seuil

’ le chant de l’ardent désirs ’ traduction de Sami Ali éditions Sindbad Actes Sud

Musiques :

’Taksim et danse arabo-andalouse mawachah chamulo pour ensemble instrumental ’ auteur inconnu interprété par Jordi Savall et l’ensemble Hesperion XXI

’ Cancion en ritmo quddram de la nuba gribt al hussein de marruecos ’ interprété par Jordi Savall et l’ensemble Hesperion XXI

’ Christophe Colomb : La fin de l’Andalousie ’ improvisacion melodia arabo-andalouza , interprété par Jordi Savall, Hesperion, XXI

Intervenant : Ali Benmakhlouf, Professeur de philosophie à l’université de Paris Est Créteil Val de Marne et à l’université libre de Bruxelles.

Tags : Europe Idées Politique

L’équipe – Production : Frédéric Lenoir, Leili Anvar – Réalisation : Véronique Vila - Avec la collaboration de Marie Dalquié

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Source : https://www.franceculture.fr/emissions/les-racines-du-ciel/les-andalousies-spirituelles-avec-ali-benmakhlouf-au-festival-de-fes

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14.
L’imamat est une vocation - Enregistrement de 58 minutes 24/03/2019 - Dans le cadre des émissions de France Culture Questions d’islampar Ghaleb Bencheikh les dimanches de 7h05 à 8h.

L’imam-théologien Tarik Bengaraï dit cheikh Abou Nour viendra parler l’autorité religieuse dans un Etat laïque. Il passera en revue ce qui s’apparente à un « sacerdoce » dans sa vocation d’imam. Il enseigne que l’extrémisme religieux n’est pas dans le texte mais dans l’esprit du mauvais lecteur.

Illustration - Mihrab de la Grande Mosquée de Kairouan, en Tunisie.

L’imam-théologien Tarik Bengaraï dit cheikh Abou Nour viendra parler l’autorité religieuse dans un Etat laïque. Il passera en revue ce qui s’apparente à un « sacerdoce » dans sa vocation d’imam. Il enseigne que l’extrémisme religieux n’est pas dans le texte mais dans l’esprit du mauvais lecteur. Il y a deux phénomènes qui peuvent déclencher l’extrémisme violent et criminel : la précarité (sociale, intellectuelle et spirituelle) et la méconnaissance du patrimoine religieux. C’est pourquoi il faut combattre avec la science la secte de la haine et de l’exclusion en formant les imams, y compris sur la culture française afin qu’ils répondent à leur contexte efficacement, et en créant une instance indépendante de l’enseignement de la tradition pilotée par des savants indépendants et intègres. Enfin, il faut dynamiser le dialogue interreligieux dans les mosquées et les quartiers. Après tout, les gens sont les ennemis de ce qu’ils ignorent.

A travers l’histoire de l’Islam, la fonction de l’imam va évoluer, notamment à partir de l’époque Omeyyades-Abbassides où les deux pouvoirs vont être dissociés, c’est-à-dire le pouvoir temporel et le pouvoir spirituel. cheikh Abou Nour

Dès les premiers siècles la question de la rémunération de l’imam s’est posée. Il y a eu une consensualité car nous avons besoin dans notre société complexe d’avoir quelqu’un qui, au-delà même de la simple direction de la prière, puisse répondre aux questions légitimes des fidèles, puisse arbitrer, puisse être le confident, puisse être aussi le conseiller matrimonial. L’imam cumule plusieurs autres charges, d’où la notion de vocation car cela demande beaucoup de patience, d’abnégation, d’altruisme et à ce titre on lui a accordé un salaire. cheikh Abou Nour

En musique : Samir Joubran Oud Duo Samir & Wissam Joubran – Tamaas

À écouter aussi vidéo 58 minutes : Questions d’islam L’importance de la formation des imams en France

L’imam au sens stricto-sensu c’est celui qui dirige la prière, il n’ a pas besoin d’être un savant, ni d’être un pédagogue dans l’absolu. Néanmoins l’imam prédicateur, celui qui prêche le vendredi, doit avoir un certain bagage scientifique, linguistique, pédagogique pour que son prêche soit utile, pertinent, contextualisé et surtout qu’il soit compréhensible, d’où l’importance de la langue. cheikh Abou Nour

Intervenant : Tarik Bengaraï, iman et théologien, président de l’Institut d’Enseignement Supérieur Islamique de Paris

Tags : Islam Religion et spiritualité

L’équipe – Production : Ghaleb Bencheikh – Réalisation : Franck Lilin - Avec la collaboration de Daphné Abgrall

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Source : https://www.franceculture.fr/emissions/questions-dislam/limamat-est-une-vocation

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15.
La jeunesse musulmane dans la République – Enrgistrement du 24/02/2019 – Dans le cadre des émissions de France Culture Questions d’islampar Ghaleb Bencheikh les dimanches de 7h05 à 8h.

L’islamologue et historien des idées Chiheb M’nasser aborde la relation triangulaire entre la tradition religieuse islamique, son inscription dans la République et sa pratique par toute une frange de la jeunesse française.

Photo - Les Scouts Musulmans de France aux côtés des anciens combattants en 2011 • Crédits : Godong/Universal Images Group

L’islamologue et historien des idées Chiheb M’nasser aborde la relation triangulaire entre la tradition religieuse islamique, son inscription dans la République et sa pratique par toute une frange de la jeunesse française. Après un diagnostic posé où l’on décèle des maux, il y a lieu d’évoquer des pistes à envisager dans les politiques publiques afin d’y remédier. Enfin, l’émission mettra en avant comment promouvoir un pacte civique d’amitié fraternelle au lieu des peurs et des exclusions réciproques. 

Nous n’avons pas anticipé les difficultés ’intégrationnistes’ dans le territoire national. Ensuite, nous payons aussi le tribut de la question sociale. Au ’revivalisme’ de l’islam s’est greffée une question sociale, qui est la question des quartiers prioritaires et de la place de ces quartiers dans la société française. (...) La République Française s’est trouvée dans une difficulté post-impériale, elle est entrée dans une amnésie historique vis-à-vis de son passé. Une amnésie de la place de l’Islam dans l’histoire et la mémoire nationale.

À écouter aussi 58 minutes Questions d’islam Seydi Djamil Niane : l’espoir incarné par la jeunesse

À écouter aussi 1h02 Questions d’islam Les Scouts musulmans de France

La pause musicale : DuOud-Wild Serenade, label Bleu

Bibliographie : 1èrede couverture > La construction humaine de l’islam : entretiens avec Rachid Benzine et Jean-Louis Schlegel Mohammed Arkoun Albin Michel, 2012

Intervenant : Chiheb M’nasser, Islamologue, historien des idées

À découvrir

Liberté, égalité, laïcité ?

Sexualité et spiritualité selon la psychanalyse

L’imamat est une vocation

Tags : Islam jeunesse monde musulman Religion et spiritualité

L’équipe – Production : Ghaleb Bencheikh – Réalisation : Franck Lilin - Avec la collaboration de Daphné Abgrall

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Source : https://www.franceculture.fr/emissions/questions-dislam/la-jeunesse-musulmane-dans-la-republique

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16.
Les juifs dans le Coran – Enregistrement de 55 minutes 10/03/2019 - Dans le cadre des émissions de France Culture Questions d’islampar Ghaleb Bencheikh les dimanches de 7h05 à 8h.

L’islamologue et érudit Meir Bar-Asher évoque dans cette émission le cadre historique de la rencontre entre juifs et musulmans, de la représentation du judaïsme et des juifs dans le Coran, pour terminer par les similitudes entre loi coranique et loi juive.

Illustration - Partie d’échecs entre un juif et un musulman, El Libro de los Juegos, XIIIe siècle, Bibliothèque de l’Escurial, Espagne • Crédits : Bibliothèque de l’Escurial, Espagne

L’islamologue et érudit Meir Bar-Asher évoque dans cette émission le cadre historique de la rencontre entre juifs et musulmans, de la représentation du judaïsme et des juifs dans le Coran, pour terminer par les similitudes entre loi coranique et loi juive.

Les récits bibliques rapportés dans le Coran sont assez fidèles, et la représentation des juifs de l’époque biblique assez positive. Mais ce n’est pas le cas des juifs de l’époque tardive, contemporains de Muhammad notamment à Médine. Parler d’antisémitisme dans le Coran est anachronique. Cependant, des versets du Coran peuvent nourrir un rejet des juifs. Tout est dans l’ambivalence de l’écrit révélé. 

C’est cela qu’un entretien serein passera en revue afin de désamorcer la charge émotionnelle liée à un sujet aussi problématique. 

La pause musicale : Ensemble « D’une seule voix »

Bibliographie : 1ère de couverture > Les juifs dans le CoranMeir M. Bar-Asher Albin Michel, 2019

Intervenants  : Meir M. Bar-Asher. Islamologue, philosophe, directeur du département de Langues et Littératures arabes à l’Université hébraïque de Jérusalem.

À découvrir  : La place de Jésus et de Marie dans le Coran

L’équipe – Production : Ghaleb Bencheikh – Réalisation : Franck Lilin - Avec la collaboration de Daphné Abgrall

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Source : https://www.franceculture.fr/emissions/questions-dislam/les-juifs-dans-le-coran

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17.
Ismaël et Isaac ou la consolidation du lien symbolique unissant les fils d’Abraham – Enregistrement de 56 minutes – 03/02/2019 - Dans le cadre des émissions de France Cukture Questions d’islampar Ghaleb Bencheikh les dimanches de 7h05 à 8h.

Nous évoquons l’histoire des enfants d’Ismaël et Isaac, de la possibilité d’une paix entre les descendants de ces 2 frères, du dialogue judéo-islamique. Nous recevons pour en parler Gérard Haddad, auteur de ’Ismaël et Isaac : La possibilité de la paix’ publié aux éditions Premier Parallèle.

Illustration - Miniature turque fin 16e début 17e siècle, Ibrahim (Abraham) sacrifie son fils Ismaël à la Mecque ; Cebrail (Gabriel) remplace le fils par un mouton. Abraham et le sacrifice d’Isaac. Wikipédia

La geste d’Abraham est rapportée dans le récit génésique biblique et dans les versets du Coran. Sa lecture a toujours eu un enjeu. C’est de trouver un chemin de paix entre le peuple juif descendant d’Isaac et les musulmans - héritiers d’Ismaël - sur le modèle du bon voisinage fraternel. Le destin lié qui les caractérise ne requiert pas nécessairement l’amour « affecté », qui peut si facilement se muer en haine. Il repose sur la reconnaissance mutuelle, sur un respect et un intérêt réciproques et sur un sentiment d’une double inclusion fraternelle. L’ensemble étant fondé sur les principes émancipateurs et les valeurs de paix et de justice. C’est ce que le psychanalyste Gérard Haddad viendra expliquer en passant en revue les conditions d’un voisinage de fraternité. 

La pause musicale : John Zorn -The Gnostic Preludes - Great Jewish Music : Sasha Argov

Bibliographie

1èrede couverture > Ismaël et Isaac ou La possibilité de la paixGérard Haddad Premier Parallèle, 2018

1èrede couverture > Le Complexe de Caïn Terrorisme, haine de l’autre et rivalité fraternelle Gérard Haddad Premier Parallèle, 2017

Intervenant  : Gérard Haddad

À découvrir

De l’art de concilier foi et raison en islam

Les épîtres des Frères de la (en) pureté

Hommage à Abdelwahab Meddeb

Tags : Islam Religion et spiritualité

L’équipe – Production : Ghaleb Bencheikh – Réalisation : Franck Lilin - Avec la collaboration de Daphné Abgrall

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Source : https://www.franceculture.fr/emissions/questions-dislam/ismael-et-isaac-ou-la-consolidation-du-lien-symbolique-unissant-les-fils-dabraham

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18.
Une histoire dépassionnée de l’islam - Par Gilles Kepel, publié le 27/04/2019 à 07:58 – Document ‘lexpress.fr’ ; rubrique ‘Idées’.

Photo - ’La Déchirure’ raconte la conquête du pouvoir par le premier calife, Abou Bakr, un récit distancié des premiers temps de l’islam. (Photo d’illustration). REUTERS/Olivia Harris

L’islamologue Gilles Kepel a lu avec intérêt le dernier ouvrage de l’universitaire Hela Ouardi, La Déchirure, racontant la conquête du pouvoir par le premier calife.

Le nouveau livre de Hela Ouardi, La Déchirure (Albin Michel), prolonge l’ambition du précédent, Les Derniers Jours de Muhammad - un succès d’édition avec plus de 30 000 exemplaires vendus : rendre accessible au grand public, musulman ou non, l’histoire complexe des origines de l’islam en s’affranchissant à la fois de l’hagiographie intellectuellement stérile comme d’une érudition absconse. 

En restituant le récit haletant de la conquête du pouvoir par le premier calife, Abou Bakr, et les conflits qu’elle a engendrés - qui persistent jusqu’à nos jours avec l’antagonisme entre sunnites et chiites -, elle ouvre à la connaissance dépassionnée de cette histoire. Celle-ci représente un enjeu culturel et de civilisation majeur : c’est en prenant cette narration en otage que salafistes et autres djihadistes se sont parés auprès de leurs coreligionnaires d’une légitimité religieuse dont ils se prétendent les détenteurs exclusifs.

Ce processus a abouti aux massacres par Daech des ’mécréants’ et autres ’apostats’. Face à cette manipulation, le travail de Mme Ouardi, érudite universitaire tunisienne, parfaitement bilingue, qui a lu l’ensemble des sources de la tradition arabe et dispose d’une plume française alerte et élégante, représente à la fois un tour de force et un appel d’air salvateur. 

Le tome 1 de la série de l’universitaire Hela Ouardi sur les premiers califes - Albin Michel

Liberté d’interprétation

Cet ouvrage inaugure une série intitulée Les Califes maudits**, qui se prolongera jusqu’à la mort du quatrième d’entre eux, Ali, en 661 après J.-C. Le récit d’Hela Ouardi construit une mise en intrigue et en questions scénarisant la matière historique. L’auteur relit l’ensemble des sources, sunnites comme chiites, et en éclaire les angles morts gommés par la sacralisation afin de restituer aux personnages leur épaisseur. Sa démarche iconoclaste a choqué certains bigots et il n’est pas dû au hasard qu’elle ait vu le jour dans le seul pays musulman dont le président, Béji Caïd Essebsi, porte un projet de loi pour l’égalité successorale entre hommes et femmes, à la fureur des salafistes et islamistes de tout poil. Ce dirigeant a du reste défendu Mme Ouardi pour qu’un pays frère annule la mesure censurant son premier livre. 

L’exigence de critique littéraire fait ici du passé sacralisé un objet renouvelé de connaissance et de mémoire collective à élucider, à rebours d’une histoire sainte figée par le culte. Car ce roman familial des musulmans - devenu le grand récit de l’islam - reste plus que jamais un outil de légitimation du pouvoir depuis que les pétromonarchies salafistes ont conquis l’hégémonie culturelle sur cet espace de sens après l’explosion des cours du baril, en octobre 1973. La liberté d’interprétation qu’ouvrait pourtant l’accès massif à la lecture de textes autrefois accessibles aux seuls clercs religieux fut étouffée par les dévots de l’or noir. Cela aggrava le problème même du rapport de l’islam à ses sources, dont l’échec des ’printemps arabes’ à insuffler la démocratie (à l’exception de la Tunisie) et le chaos consécutif ont été l’aboutissement. C’est à trancher ce noeud gordien qu’invite la lecture salutaire et passionnante de La Déchirure. 

*La Déchirure, dans la série Les califes maudits, 240p, 19€ 

Lire notre dossier complet

Islam en France

Source : https://www.lexpress.fr/actualite/societe/religion/une-histoire-depassionnee-de-l-islam_2074491.html

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19.
Au Moyen-Orient, la logique religieuse s’efface devant celle des intérêts géostratégiques – Enregistrement de 5 minutes - 25/06/2018 – Dans le cadre des émissions de France Culture
Le Tour du monde des idéespar Brice Couturier du lundi au vendredi à 11h53

Cete évolution coïncide avec une moindre influence de l’islam.

Durant ces dernières années, on a eu tendance à voir à l’œuvre, dans les conflits du Moyen Orient, des lignes de fracture religieuses. Ce n’est plus le cas aujourd’hui. Pourquoi ?

« Surveillez de près les signes du retrait de l’islam au Moyen-Orient », écrivait le correspondant de l’hebdomadaire The Economist au Moyen-Orient dans le numéro spécial « Le monde en 2018 ». A la faveur de la débâcle de l’Etat islamique et des révélations des atrocités commises par ses séides, la région va connaître une vague de cosmopolitisme émancipateur, poursuivait Nicolas Pelham. La jeune génération, en particulier, a compris que, contrairement au fameux slogan des islamistes, non, décidément, l’islam n’est pas «  la solution  ». « Les deux symboles de l’islam, la barbe et le voile reculent dans la région. » Le sexe avant le mariage et le divorce se répandent, au grand scandale des vieux. 

Les régimes autoritaires eux-mêmes, en particulier ceux d’Egypte et des Emirats, ont compris que c’est la réforme et la modernisation qui peuvent les aider à consolider leur pouvoir, et non la pactisation avec des institutions qui sont leurs rivales sur le plan politique. « Roll over, religion ! »

The Economist, bible des milieux libéraux, a toujours manifesté une forte tendance à l’optimisme. On y a souvent décrété inéluctable l’extension mondiale de la démocratie avec celle du commerce international, universelle l’aspiration à l’émancipation individuelle. Mais cette fois, il semble bien que le journal des élites anglo-saxonnes ait tapé juste. 

Les logiques géostratégiques ne coïncident plus à celles des sectarismes religieux.

On en trouve en tous cas la confirmation dans un fait assez spectaculaire, relevé récemment par l’historien et ancien ministre des Affaires étrangères israélien Shlomo Ben-Ami. La pertinence du facteur religieux permet de moins en moins de rendre compte de la géopolitique du Moyen-Orient. Il y a encore quatre ou cinq ans, les crises dramatiques que traversait la région pouvait trouver une explication dans le conflit millénaire qui oppose deux traditions opposées de l’islam, le sunnisme et le chiisme. Ce clivage crucial s’incarnait dans la rivalité entre deux puissances régionales, l’Arabie saoudite et l’Iran

L’Iran, puissance révisionniste et expansionniste, misait sur le potentiel révolutionnaire du chiisme pour étendre son influence, depuis l’Irak (à majorité chiite) jusqu’à la Syrie (où les alaouites sont minoritaires, mais au pouvoir à Damas), en passant par le Hezbollah libanais. Mais cela ne tient plus. Voyons quelques uns des signes de ce changement, de cette moindre pertinence de la religion.

Des Etats sunnites penchent vers l’Iran chiite. 

L’Iran, qui n’appartient pas au monde arabe, a soutenu les Printemps arabes, parce qu’elle est une puissance musulmane et qu’elle ne doutait pas que des élections libres amènerait au pouvoir des partis islamistes. Qu’ils émanent des Frères musulmans (sunnites), comme en Egypte ne comptait pas aux yeux de Téhéran. 

Les alliances régionales, observe Shlomo Ben-Ami obéissent de moins en moins à la logique d’autrefois, sunnites contre chiites. A preuve, la Turquie d’Erdogan, puissance sunnite s’il en est, qui penche vers l’Iran. On le constate en Syrie. Ou le fait que le Hamas qui gouverne Gaza, parti islamiste radical d’obédience sunnite, est financé par l’Iran. Même penchant pour Téhéran à Oman, sultanat dominé par des sunnites et des ibadistes. Pour une raison qui n’a vraiment rien à voir avec la religion : c’est avec l’Iran qu’Oman partage le contrôle du détroit d’Ormuz, par lequel transitent les tankers exportant le pétrole… Oman est régulièrement accusé par les Saoudiens de livrer des armes aux rebelles houtites du Yémen, eux aussi protégés de l’Iran. Le Qatar aussi maintient de bonnes relations avec l’Iran. Les deux Etats sont obligés de s’entendre ; ils partagent d’immenses réserves de gaz. Significatif : la Turquie, alliée de l’Iran, dispose sur place, à Al-Rayyan, d’une base militaire significative. 

La Turquie et l’Egypte, de plus en plus opposées sur tout.

La Turquie protège les Frères Musulmans (sunnites), dont s’inspire la théocratie d’Erdogan. L’Arabie saoudite, puissance sunnite s’il en est, les combat parce qu’elle voit en la confrérie une « menace existentielle ». En Egypte, le maréchal Abdel Fatah al-Sissi, sunnite, les traque et les emprisonne. Et c’est loin d’être le seul motif de tension entre Le Caire et Ankara. Ces deux puissances sunnites divergent à peu près sur tout. En particulier sur la cause palestinienne, dont Ankara se veut désormais le premier défenseur, tandis que l’Egypte, très hostile au Hamas, impose depuis 2007 un sévère blocus à Gaza.

En Irak, déliaison complète entre logiques religieuse et géopolitique.

Mais la preuve la plus spectaculaire de la déliaison entre logiques sectaire et géopolitique, c’est l’Irak qui est en train de l’administrer. Le religieux chiite Moqtada al-Sadr vient d’y remporter les élections législatives, avec son mouvement En Marche (sic) et essaie de former un gouvernement avec des laïcs et des communistes. Aux yeux de Washington, il apparaît – je cite Ben-Ami, comme ’le meilleur rempart contre l’influence de l’Iran dans son pays. » S’appuyant sur le nationalisme irakien et le sentiment d’appartenance à la nation arabe, il a noué des liens étroits avec l’Arabie saoudite où, comme on sait, le jeune Mohamed Ben Salmane mène une modernisation tambour battant.

Vue d’Israël, cette évolution est jugée de manière très positive. Elle a permis un rapprochement inédit avec l’Arabie saoudite et permet la poursuite de la coopération avec l’Egypte. « Il est plus facile de discuter entre adversaires de questions politiques, comme la sécurité, que de dogmes religieux, conclut Shlomo Ben-Ami. Les chances de stabilité au Moyen Orient sont bien meilleures aujourd’hui. »

À découvrir

Législatives en Espagne : la fragile victoire des socialistes

Au Sri Lanka, la radicalité religieuse longtemps ignorée refait surface

Le jour où l’Allemagne renouera avec une logique de puissance...

Irak : clef de voûte instable au Moyen-Orient ?

Tags  : Idées Moyen-Orient monde musulman Géopolitique

L’équipe – Production : Brice Couturier

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20.
Le pape François, un islamiste comme les autres ? A trop vouloir la paix, le pape François est prêt à tout accepter des islamistes - Par Aurélien Marq - 30 avril 2019 - Photo - Le pape François embrasse le cheikh Ahmed Al-Tayeb lors de leur rencontre à Abu Dhabi, février 2019. Photo : Andrew Medichini/AP/SIPA / AP22298456_000066

A trop vouloir la paix, le pape François est prêt à tout accepter des extrémistes. La déclaration qu’il a cosignée, le 4 février 2019, à Abu Dhabi avec le Grand imam d’Al Azhar porte en elle les germes de l’islamisme. 

« L’Enfer est plein de bonnes volontés », disait Saint Bernard de Clairvaux. Le pape François ferait bien de méditer cette réflexion du guide spirituel des Templiers. Car c’est à des choses terribles qu’il ouvre la porte dans la déclaration qu’il a cosignée le 4 février avec le Grand imam d’Al Azhar à l’occasion de la conférence mondiale des religions à Abu Dhabi.

J’ai d’abord découvert avec espoir ce « document sur la fraternité humaine pour la paix mondiale et la coexistence commune », agréablement surpris par plusieurs affirmations audacieuses et bienvenues. Mais au fur et à mesure de ma lecture, un indéfinissable malaise me gagnait.

Par-delà les belles paroles

Allons ! Peut-être étais-je trop méfiant ? Trop ancré dans le contexte européen, au détriment d’une vision plus globale ? Peut-être, tout simplement, ce texte bousculait-il mes certitudes ? J’ai voulu préciser mes impressions, grâce aux discours des signataires lors de cette conférence d’Abu Dhabi. A la lecture de celui du Grand imam Ahmed Al-Tayeb, mon malaise s’est précisé, et amplifié.

Les ambiguïtés, les bizarreries du document signé par les deux chefs religieux s’expliquaient. Sous couvert de rejet commun de la violence, le pape François cautionnait en fait plusieurs points clefs de l’idéologie islamiste, approuvant la condamnation en bloc des Lumières et affirmant l’infériorité spirituelle de l’Occident sur le monde musulman.

Il y a pourtant des choses remarquables dans cette déclaration. L’invitation faite à tous les croyants à voir dans l’autre « un frère à soutenir et à aimer ». L’invocation de « la liberté, que Dieu a donnée à tous les êtres humains, les créant libres et les distinguant par elle ». L’appel à ce que la fraternité entre croyants se fasse aussi « entre croyants et non-croyants ». Et cette très belle formule : « Dieu, le Tout-Puissant, n’a besoin d’être défendu par personne et ne veut pas que Son nom soit utilisé pour terroriser les gens. »

Que demander de plus ? Ne faudrait-il pas se réjouir des gestes de paix et de dialogue, sans être trop regardant ? Surtout ces derniers temps quand, malgré ses hontes, ses blessures, les persécutions qu’elle subit (mes pensées vont en particulier aux victimes du terrible attentat multiple au Sri Lanka), l’Église invite à la joie confiante de Pâques ? Mais certains compromis sont compromissions, et Churchill nous rappellerait que la paix n’est pas toujours le meilleur choix. Le bon pasteur sait la vertu d’espérance et l’abandon entre les mains du Seigneur, mais ne démissionne pas de son devoir de vigilance lorsque les loups rôdent autour du troupeau.

« Les religions n’incitent jamais à la guerre »

Comment ne pas être gêné en lisant que « le dialogue entre les croyants (…) consiste aussi à éviter les discussions inutiles » ? Fuyons les sujets sensibles !

Que penser d’un texte qui ne cesse de parler « des religions » mais ne définit jamais ce terme ? Au sens large, « religions » regroupe la non-violence jaïne et les sacrifices humains des Aztèques. Si le sens est moins large, il faut le préciser. Sinon, comment comprendre l’idée que « le terrorisme détestable (…) n’est pas dû à la religion (…) mais est dû à l’accumulation d’interprétations erronées des textes religieux, aux politiques de faim, de pauvreté, d’injustice, d’oppression, d’arrogance ». « Les religions n’incitent jamais à la guerre (…). Ces malheurs sont le fruit de la déviation des enseignements religieux » ? La sourate 9 serait donc une déviation de l’islam ? Perspective stimulante, mais je doute qu’Al Azhar l’assume jusqu’au bout !

Reste la très désagréable impression qu’il s’agit juste une fois encore d’exonérer « les religions » de leur part de responsabilité dans le terrorisme qui se réclame d’elles, de rejeter la faute sur tout et n’importe quoi pour en dédouaner les doctrines originelles. On espérait un appel à la responsabilité, on ne trouve que le lâche déni habituel, qui confond les religions telles qu’elles sont avec le meilleur de ce qu’elles pourraient être, pour mieux esquiver les remises en cause nécessaires et tenter d’échapper au titanesque travail de (re)construction qui s’impose. Combien plus lucides et courageuses sont les analyses de ces musulmans qui osent voir ce qu’ils voient !

Abdennour Bidar par exemple, qui écrivait en 2017 : « Au lieu de répéter de façon stérile que le « vrai islam » respecte les droits de l’homme et du vivant, nous (…) nous mobilisons pour construire une nouvelle culture islamique qui soit véritablement l’expression de ce respect ! » C’est vers de tels hommes que le souverain pontife devrait se tourner pour un dialogue islamo-chrétien qui ait enfin du sens ! Mieux que personne, il sait ou devrait savoir que la contrition doit précéder le pardon, sinon les crimes recommencent bien vite. Les islamistes ne respectent que ceux qui se font respecter. Ils n’interprètent pas les mains tendues comme des gestes de paix et des dons, mais comme des aveux de faiblesse qui les encouragent à revendiquer toujours plus, à imposer toujours plus.

Ne nous laisse pas entrer en « discussions inutiles »

L’indispensable réforme de l’islam ne peut venir que des musulmans eux-mêmes, mais leurs interlocuteurs ont le devoir de leur faire sentir son urgence et sa nécessité, de leur refuser le confort des excuses faciles, de leur tendre le miroir implacable de la lucidité. Tout ce qui donne des arguments à l’islam pour « continuer comme d’habitude » est une trahison envers les musulmans humanistes et réformateurs, et un crime abject. Car ce sont les victimes des attentats commis au nom de l’islam, ce sont tous ceux et toutes celles qui partout dans le monde sont privés de leurs droits fondamentaux au nom de l’islam, qui paient le prix du manque de fermeté qu’encourage François.

L’éloge de la « liberté de croyance, de pensée, d’expression et d’action » est fort. Et l’apostasie ? Affirmer que « le pluralisme et les diversités de religion, de couleur, de sexe, de race et de langue sont une sage volonté divine » est un extraordinaire appel à la tolérance, mais placer sur le même plan religion et couleur de peau ne suggère-t-il pas que la religion serait héritée plutôt que choisie ? Pourquoi ne pas parler explicitement du droit de changer de religion, presque toujours nié dans les pays musulmans ? Cela aurait levé toute imprécision, donnant sa pleine mesure à ce qui pourrait être une sublime avancée. Alors pourquoi ne pas l’évoquer clairement, sinon pour esquiver ce sujet, fondamental pour la liberté humaine mais si difficile pour l’islam ? « Discussion inutile » ?

« L’extrémisme athée et agnostique » 

Que signifie « l’extrémisme athée et agnostique » ? Ne faudrait-il pas d’abord condamner les pressions brutales et les persécutions sanglantes dont souffrent athées et libres-penseurs dans le monde musulman, avant de présenter l’athéisme et le matérialisme comme grands responsables des problèmes d’aujourd’hui ? Plutarque, il y a longtemps, avait une réflexion d’une toute autre portée. S’il désapprouvait l’athéisme, le prêtre d’Apollon avait compris1 que les religions elles-mêmes en sont la cause principale, dès lors qu’elles ne sont pas à la hauteur des exigences de la pensée rationnelle et de l’éthique, poussant à dire « plutôt aucun dieu que ce dieu-là ».

« Libérer [la femme] des pressions historiques et sociales contraires aux principes de sa foi et de sa dignité » veut-il dire encourager les musulmanes à s’émanciper au nom de leur dignité, ou rejeter l’incitation à le faire, vue comme une pression contraire aux principes de leur foi ?

L’absence de toute mention explicite des religions polythéistes est problématique, ne serait-ce que si l’on songe à la situation des Yézidis, aux tensions entre musulmans et hindous, bouddhistes, animistes. Sans oublier les chrétiens trinitariens que les islamistes voient comme des polythéistes, justifiant leur mise à mort puisque le Coran exige que l’on tue les « associateurs ».

Objectif Dieu

Affirmer que « le premier et le plus important objectif des religions est celui de croire en Dieu, de l’honorer et d’appeler tous les hommes à croire que cet univers dépend d’un Dieu qui le gouverne » est anthropologiquement contestable et théologiquement douteux. En tout cas, celui qui a dit « ce que vous faites au plus petit d’entre les miens, c’est à moi que vous le faites » 2semble attacher bien plus d’importance à la charité envers les plus fragiles qu’à la croyance en sa divinité…

Quant à la faim dont souffrent des millions d’enfants, il est hypocrite de s’en indigner sans même évoquer l’explosion démographique qui prend à la gorge les pays concernés, se déverse sur le reste du monde, et est l’une des grandes catastrophes humaines, civilisationnelles et écologiques de notre temps. L’Église condamne toujours la contraception, je crois ?

Les « remèdes » de l’Orient et les « maladies » de l’Occident

Abordons maintenant l’un des points les plus problématiques du texte, qui ressemble terriblement à une démission de François devant l’islamisme. Si la déclaration reste floue sur ce que l’Orient pourrait trouver de bénéfique dans la culture de l’Occident, elle affirme en revanche que « l’Occident pourrait trouver dans la civilisation de l’Orient des remèdes pour certaines de ses maladies spirituelles et religieuses causées par la domination du matérialisme ».

Passons rapidement sur la mention des « différences religieuses, culturelles et historiques qui sont une composante essentielle dans la formation de la personnalité, de la culture et de la civilisation orientales », qui semble surtout servir à refuser toute portée universelle aux libertés gagnées, parfois au prix du sang, par les peuples occidentaux. Ces derniers jours, le Sultanat de Brunei a rétabli la lapidation des adultères et des homosexuels, conformément à la charia et en son nom. Condamné par l’Europe, le sultan lui réclame « du respect, de la tolérance et de la compréhension » au nom de « ses valeurs traditionnelles » ! Tolérer l’horreur sous prétexte qu’elle serait traditionnelle n’est pas de la tolérance, mais de la lâcheté ou de l’indifférence.

Par ailleurs, les signataires oublient que « l’Orient » est immense et varié, et que parler de « la civilisation de l’Orient » est un non-sens. Quand bien même on admettrait que « Orient » veuille dire ici « monde musulman », de quelle civilisation parle-t-on ? De la Turquie d’Erdogan ? De l’Arabie saoudite wahhabite ? De l’Iran des mollahs ? De Brunei et de ses fameuses valeurs ?

La grande pauvreté spirituelle de l’islam moderne

Il faut voir aussi la tragique pauvreté spirituelle de l’islam moderne, du moins de l’islam institutionnel, officiel. Obsédé par le contrôle des mœurs, cloué au sol par le littéralisme coranique, il se préoccupe souvent plus de hijab que de transcendance ! On est loin des fulgurances lumineuses de Sohrawardi, de la lucidité d’Ibn Khaldoun et de la profondeur de Mulla Sadrâ. Il y a dans l’islam contemporain des penseurs magnifiques et à la foi sincère, Abdennour Bidar que j’évoquais en est un exemple francophone, mais hélas ils ont souvent beaucoup moins d’audience que l’imam de Brest quand il prétendait qu’écouter de la musique transforme en singe ou en cochon.

Il n’y a qu’à parcourir les forums de discussion dédiés sur internet, regarder Al Jazeera ou lire un florilège de fatwas sur les concombres pour constater d’étranges idées fixes, d’ailleurs partagées par nombre de « savants » d’Al Azhar : horaires des prières, longueur des jupes et des pantalons, hallal et haram en matière d’épilation, si un musulman a le droit de serrer la main d’un incroyant, quel jour il faut jeûner pour avoir le plus de bons points lors du Jugement dernier, les maladies vues comme châtiment des péchés, la sorcellerie, et évidemment la condamnation sans appel d’un adolescent pour une blague sur internet. Et c’est là que le pape voudrait que l’Occident trouve « des remèdes pour certaines de ses maladies spirituelles » ? Soyons sérieux !

Les musulmans, victimes du ‘11 septembre’ ?

Pour mieux comprendre ce passage, il faut nous tourner vers le discours d’Ahmed Al-Tayeb, qui se présente lui-même comme un commentaire du « Document de fraternité humaine ».

Au sujet du 11 septembre 2001, le Grand imam parle d’un « attentat à cause duquel l’islam et les musulmans ont payé un prix très élevé : plus d’un milliard et demi de musulmans ont été pris en otage par quelques individus dont le nombre ne dépasse pas les doigts des deux mains ». Heureux d’apprendre que les membres d’Al Qaïda, de l’Etat islamique, de Boko Haram et consorts, sans oublier nos radicalisés, sont si peu nombreux ! Rien que le 11 septembre, il y avait 19 terroristes dans les avions… et des milliers de victimes ayant réellement payé un prix très élevé. La licence poétique est une chose, l’aveuglement volontaire en est une autre.

« La révolution contre Dieu » et « la misère de l’homme moderne »

« Le sujet le plus important, sur lequel nous sommes tombés d’accord, est que les religions divines sont complètement innocentes de tous mouvements et groupes armés, appelés récemment terrorisme, quelles que soient leurs religions, leurs doctrines ou leur pensée », assure le document. « Nous avons également convenu que les religions sont unanimes pour interdire l’effusion du sang. » Encore le déni et le refus irresponsable de l’autocritique. Lorsque le prophète de l’islam appelait Khalid ibn al-Walid « glaive dégainé de Dieu » et l’envoyait combattre, c’était contraire à sa religion ? Suivent des références à Moïse, Issa (Jésus) et Mohammed conclues par « vous remarquerez l’unité du discours divin et de son sens, l’unité des tribunes à partir desquelles ces trois vénérés prophètes se sont adressés au peuple » puis « de là, il est parfaitement faux de dire que les religions sont le berceau des guerres ». C’est clair, l’expression « les religions » désigne donc uniquement le judaïsme, le christianisme et l’islam. Les autres confessions apprécieront, en même temps que nous apprécions la confusion faisant de l’islam une continuité du judaïsme et du christianisme, alors qu’il ne reconnaît d’elles que des versions réinventées selon ses dogmes, radicalement différentes de ce que sont vraiment ces religions.

Ahmed Al-Tayeb condamne le matérialisme et les revendications « d’une liberté sans limite », ce qui est assez naturel et non dénué de fondement en soi. Mais il rejette surtout le fait de « prendre l’histoire à témoin », « l’éloignement de la religion de toute ingérence dans les questions de société », et « le remplacement de la religion par les sciences expérimentales ». Il poursuit : « Trois siècles après la révolution contre Dieu et contre les religions divines, le résultat en est catastrophique à tous les niveaux et s’incarne dans la misère de l’homme moderne, que nul ne peut nier. »

Les guerres de religion n’ont rien à voir avec les religions

Ce n’est rien de moins qu’une condamnation de l’analyse historico-critique, de la rationalité, de la laïcité et des Lumières, rendues responsables de tous les malheurs du monde. La nuit de la Saint Barthélémy ou le massacre des Mutazilites par les Hanbalites, c’était le bon temps… Quant au rejet des sciences expérimentales au profit de la révélation religieuse, c’est bien selon cette logique que des chrétiens fanatiques saccagèrent la grande bibliothèque de l’Université d’Alexandrie, où Eratosthène calculait il y a deux millénaires la circonférence de la Terre, où Héron construisait des automates à vapeur 16 siècles avant la révolution industrielle. C’est selon cette logique que des musulmans la brûlèrent : ce qui contredit le livre saint est faux, ce qui le répète est inutile. Ainsi fut détruit un authentique miracle intellectuel, rencontre féconde entre Orient et Occident.

Et le Grand imam de répéter : « Quant aux guerres lancées au nom des religions, qui ont massacré des gens sous leurs étendards, les religions n’en sont pas responsables et ne peuvent en rendre compte. » Dire que les religions ne peuvent pas rendre compte de ce qui se fait en leur nom, et parfois en parfaite conformité avec les doctrines clairement exposées dans leurs livres saints, c’est dire que nul ne peut leur demander des comptes. C’est les placer au-dessus de toute exigence et de toute critique sans que jamais elles n’assument leurs responsabilités. C’est leur autoriser ce que, pour la plupart des théologies du monde, les dieux eux-mêmes ne se permettent pas ! Terrible exemple d’une religion qui en arrive à s’idolâtrer elle-même…

« Si des lois vous pousse à contrevenir à votre charia… »

« Je m’adresse également aux musulmans de l’Occident », poursuit Ahmed Al-Tayeb. « Si des lois sont issues dans un sens qui vous pousse à contrevenir à votre charia, ayez recours aux voies juridiques. Elles sont garantes de la restitution de vos droits et de la protection de votre liberté. » On croirait les Frères musulmans : pas de violence au début, mais gagner en influence. Utiliser les libertés garanties par l’Occident pour imposer progressivement la charia, présentée comme un droit qui devrait être restitué, ce qui signifie implicitement que les musulmans d’Occident en auraient été injustement dépossédés. Notons l’asymétrie : alors que la déclaration insistait sur la nécessité de respecter les particularismes de l’Orient face à l’universalisme occidental, les musulmans d’Occident sont invités à faire entrer la charia dans la législation des pays où ils vivent…

Tout ceci achève de se dévoiler en une dernière référence : « Apprenez à vos enfants le contenu de ce document car c’est une prolongation du pacte de la Médina et du sermon sur la montagne. » Dans la geste traditionnelle du prophète, le « pacte de la Médina » est la brève mise par écrit des règles de l’alliance de tribus autour de Mohammed à Médine, alors appelée Yathrib. Ce pacte donne certes la possibilité aux juifs de continuer à pratiquer leur culte, mais leur impose une infériorité qui deviendra plus tard le statut de dhimmi, et on sait que la coexistence à Médine ne sera que temporaire et se terminera dans le sang. Surtout, ce pacte impose de reconnaître Mohammed comme un prophète sinon le prophète, l’institue arbitre suprême des désaccords entre signataires, et constitue une alliance militaire contre ceux qui refusent son statut de messager d’Allah. C’est à partir de Médine que les versets du Coran seront de moins en moins spirituels, et de plus en plus oppressants, intolérants et conquérants. Le pacte de Yathrib, dont le document cosigné par François et Ahmed Al-Tayeb serait donc une « prolongation », marque en fait le tournant théocratique de l’islam, consacrant la subordination de l’autorité politique à l’autorité religieuse.

Elle court, elle court la maladie de l’Amour…

Sous couvert d’appel à la paix, le pape a cru bon de valider plusieurs piliers de la propagande de l’islam littéraliste théocratique, ou islam politique, islamisme. Adhésion, aveuglement, stratégie ? Dans tous les cas, l’Europe est sacrifiée aux ambitions hégémoniques des islamistes.

Oui, l’Occident a grand besoin de renouer avec le sens du sacré pour échapper à l’emprise du mercantilisme nihiliste et de la réification des êtres. Mais le sacré n’est pas seulement religieux, il ne faut pas non plus le confondre avec les nouvelles « vaches sacrées » du politiquement correct, et il y a d’autres menaces : islamisme, dislocation communautariste, racialisme, obscurantisme.

Oui, il y a dans l’islam des interlocuteurs avec lesquels bâtir la fraternité et la paix, dans la responsabilité et la vérité. Oui, il y a dans le vaste Orient, y compris dans le monde musulman, des personnes et des convictions dont l’Occident ferait bien de s’inspirer en complément de ses propres traditions. Mais le Grand imam d’Al Azhar et son idéologie n’en font manifestement pas partie !

Plutarque : 1èrede couverture > Oeuvres morales, tome 2 : Traités 10-14 : Consolation à Apollonios - Préceptes de santé - Préceptes de mariage - Le Banquet des sept sages - De la superstition (texte et traduction)

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21.
Un moine dominicain spécialiste du Coran appelle à la raison – Vidéo 13:18 ajoutée le 28 septembre 2016 - TV5MONDE

Entretien avec Adrien Candiard, Frère dominicain, auteur de « Comprendre l’islam (ou plutôt : pourquoi on n’y comprend rien) » aux éditions Flammarion. Après des études à Normale Sup et à Sciences Po, Adrien Candiard est entré dans les ordres. Désormais frère dominicain, il vit au couvent du Caire, et s’est fait une spécialité du dialogue interreligieux. Il livre un essai lumineux sur l’obsession de l’islam en France. Retrouvez-nous sur Facebook : https://www.facebook.com/tv5mondeoffi... Suivez-nous sur Twitter : @TV5MONDE Sur Instagram : https://www.instagram.com/tv5monde/ En vidéo à la demande sur TV5MONDEPLUS : http://www.tv5mondeplus.com/ Notre site info : http://information.tv5monde.com/ - Catégorie : Actualités et politique

Source : https://www.youtube.com/watch?v=XMTn_pO1-dA

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22.
L’Islam : une religion controversée ? 30 avril 2019 - Par Gene REYNAUD - Blog : Le blog de Gene REYNAUD - Photo - Mosquée de Paris © Pierre Reynaud

Au sein d’un monde nouveau qui nous surprend et nous inquiète un peu plus chaque jour, nous nous posons des questions sur les thèmes les plus divers : politique, économie, société, éducation, sécurité, moralité, religion pour ne citer que les principaux sujets. Autant de points qui suscitent de très nombreuses réflexions à une époque où la société dérive sans cesse.

Oui, la société s’égare sans en avoir conscience, et de nombreux individus pensent que le progrès social passe par un accroissement des libertés sans aucune limite.

Quelle tristesse ! En ce début du 21ème siècle, le genre humain se construit uniquement autour de l’argent, de la cupidité, du sexe et de la non-croyance. C’est ainsi que les nouvelles générations n’expriment plus de sentiments, qu’ils soient familiaux ou amicaux. La vie humaine n’a plus de valeur : on tue facilement pour n’importe quoi, d’une simple querelle entre voisins jusqu’au vol du sac à mains d’une vielle dame. Même chez les adolescents, le crime devient un geste banal : on a un différent avec un camarade de classe ? La solution est simple : un coup de couteau, et le litige est réglé. Lire la suite ...

Le Club est l’espace de libre expression des abonnés de Mediapart. Ses contenus n’engagent pas la rédaction. Source : https://blogs.mediapart.fr/gene-reynaud/blog/300419/islam-une-religion-controversee

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23.
VIDÉO. Samedi 9 janvier 2019, à la mosquée de Villejuif, les musulmans ont ouvert la porte aux non-musulmans Par Jessica Dubois– Document ‘HuffPost’

SOCIÉTÉ - Une démarche d’ouverture... et d’explications. À Villejuif, ce samedi 9 janvier 2019, les musulmans ont suivi l’appel du Conseil français du culte musulman d’ouvrir leur mosquée aux non-musulmans.

Pour les accueillir, du thé à la menthe, du café et des patisseries. ’Les dattes viennent d’Algérie, c’est moi qui les ai ramenées’, précise une femme âgée. Pour l’occasion on a sorti une belle théière achetée à la Mecque. Mais aussi des livres expliquant qui est le prophète Mahomet. Et surtout sa connaissance et ses explications de l’islam. Et les discussions sont là, comme le montre la vidéo ci-dessus.

À 15h, le muezzin appelle à la prière. Les fidèles s’alignent en direction de la Mecque. Les visiteurs s’installent sur des chaises et observent silencieusement. Dix minutes plus tard, la prière honorée, les discussions se lancent. ’Le vivre ensemble, cela passe d’abord par se connaître’, explique Mohammed Khodja, de l’association des musulmans du Val de Bièvre.

’Il ne faut pas avoir peur de l’Islam’, ajoute Tahar, un fidèle de la Mosquée de Villejuif. Car cette peur, les musulmans la ressentent envers eux-même à la suite des attentats de janvier et novembre 2015. L’an dernier, les actes islamophobes ont fortement augmenté. À la mosquée de Villejuif, Mme Mahdade reconnait avoir peur de sortir avec son foulard.

La République revient souvent dans la discussion. ’Les musulmans se sentent aussi des citoyens à part entière, fait valoir Mohammed Khodja, et tout le monde devrait participer pour assurer la quiétude, la paix et la solidarité dans cette société.’

Côté non-musulmans, ils étaient une quinzaine à avoir fait le déplacement. Des chrétiens, qui souvent, expliquent avoir un intérêt pour le de dialogue entre les différentes religions. Mais aussi trois jeunes filles bouddhistes, dont l’une est voisine avec une musulmane se rendant à la mosquée.

Cela discute religion, mais aussi des fêtes... chrétiennes : ’On va pas maigrir avec ça’, lance une femme voilée devant les cornes de gazelle, ’déjà qu’avec Noël...’

L’opération devrait être renouvelée tous les ans. Mais si vous ne souhaitez pas attendre 365 jours, des mosquées sont encore ouvertes ce dimanche.

Lire aussi :

• Les mosquées seront ouvertes au grand public les 9 et 10 janvier

• Forte hausse des actes islamophobes en 2015

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Source : https://www.huffingtonpost.fr/2016/01/09/video-mosquees-ouvertesmusulman-villejuif-reportage_n_8945296.html?ncid=other_huffpostre_pqylmel2bk8&amp ;utm_campaign=related_articles

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24.
De Jésus à Mahomet - Une série documentaire sur les origines méconnues de l’islam – Par Akram Belkaïd – [Voir également : https://fr.wikipedia.org/wiki/Akram_Belka%C3%AFd ] - Décembre 2015 – Document ‘Le Monde Diplomatique’ -

L’actualité récente démontre l’urgence d’une relecture des textes saints islamiques par le biais d’une analyse du contexte de la révélation. Peu connue et très peu médiatisée, l’étude du Coran que mènent des chercheurs multidisciplinaires pourrait contribuer à lutter contre le radicalisme religieux. En témoignent les travaux sur la place essentielle de Jésus dans les premiers temps de l’islam.

Illustration - Seyyid Lokman. – Jésus porté par deux anges depuis le minaret de Damas, tiré de « Zubdet ut Tevarih », 1583 - Topkapi Palace Museum, Istanbul / Bridgeman Images

Il n’est guère facile d’aborder la question de l’islam et de ses origines en échappant à l’actualité et aux thématiques récurrentes qu’elle impose, tel l’incontournable « djihad ». C’est donc un tour de force que réalise le documentaire en sept épisodes de Gérard Mordillat et Jérôme Prieur consacré à l’influence majeure du christianisme sur l’islam, du moins celui des premiers temps de la révélation (1).

Ce travail a pour premier mérite de montrer que l’étude multidisciplinaire — c’est-à-dire au-delà du seul commentaire théologique — du Coran est une science en devenir. Le livre saint des musulmans est souvent présenté comme un « texte sans contexte » en raison de sa structure littéraire complexe et de l’impossibilité de dater ses sourates (chapitres) ou même de déterminer la totalité de l’ordre chronologique de leur révélation. L’enjeu est de taille, car une meilleure connaissance du contexte historique et social dans lequel est apparue la dernière des trois grandes religions monothéistes aiderait à surmonter les défis politico-religieux contemporains.

Le dialogue entre chrétiens et musulmans tout comme la séparation entre le temporel et le spirituel ne peuvent que bénéficier du rappel de la proximité originelle entre la croix et le croissant. Comme le détaille le documentaire, où interviennent de nombreux chercheurs de nationalités et d’horizons différents, l’islam fait de Jésus un personnage aussi essentiel qu’Adam, le premier homme. Aïssa ibn Maryam, c’est-à-dire Jésus, fils de Marie, est celui qui revient à la fin des temps pour tuer l’Antéchrist. Or, s’ils savent bien que celui qu’ils désignent par le terme massih, autrement dit « le messie », est effectivement un de « leurs » prophètes, nombre de musulmans n’ont pas conscience de la place fondamentale, unique, qu’il occupe dans le Coran. Il y est présenté comme « l’esprit », « le souffle » et « le verbe » de Dieu. C’est un homme beau, hors du commun et capable de faire des miracles. En revanche, le livre saint se montre des plus laconiques concernant Mahomet (Mohammad), qui, homme ordinaire — il n’accomplit pas de miracles —, n’est « que » le messager (rassoul) d’Allah et un prophète (nabi) parmi d’autres. Cette proximité entre les deux religions s’illustre aussi par l’importance accordée à Marie, qui, dans le Coran, est la seule femme désignée par son nom et mentionnée à plusieurs reprises, la sourate XIX lui étant même consacrée.

Une simple bouture du christianisme ?

Alors que se répand un vocabulaire clivant — on pense notamment à la récurrence du terme « croisés », employé par les islamistes radicaux pour désigner les chrétiens, ou à la confusion entre islam et islamisme politique chez bon nombre d’Occidentaux —, la mise en évidence d’une telle parenté pourrait apaiser des relations tendues. De même, dans une société ouest-européenne marquée par une disparition progressive du fait religieux, elle discrédite les discours habituels sur l’altérité de l’islam par rapport au référentiel judéo-chrétien. Bien entendu, on pourra objecter que les différences théologiques sont notables. Ainsi le Coran réfute-t-il la nature divine de Jésus, en affirmant que Dieu « ne saurait enfanter ou être enfanté ». De même, il nie que Jésus soit mort crucifié. Le documentaire accorde d’ailleurs une large place à cette question, en rappelant deux versets (157 et 158) de la sourate IV où il est écrit que ceux qui ont cru voir le Messie sur la croix furent victimes d’une illusion : « Wa lakine choubiha lahoum », autrement dit : « Cela [la crucifixion] leur est apparu ainsi. » De plus, l’islam fustige le christianisme, qu’il accuse d’avoir rompu avec un strict monothéisme en associant (chirk) Jésus et le Saint-Esprit à Dieu (2).

Ces divergences ont alimenté maintes polémiques et nombre de conflits. Autre intérêt du travail de Mordillat et Prieur : ils donnent la parole à des chercheurs montrant que l’islam n’est pas né en opposition au christianisme, mais dans une certaine forme de continuation, voire comme une tentative de réforme. De fait, la religion musulmane reprend ou reformule des doctrines chrétiennes qui perduraient au VIIe siècle. C’est le cas du docétisme, une hérésie du début du christianisme pour laquelle il était impossible que le Christ soit mort sur la croix. Et la place de Marie dans le Coran s’éclaire à la lecture de certains textes apocryphes, c’est-à-dire s’opposant à ceux, canoniques, reconnus par l’Eglise, qui ne la mentionnent guère.

Sur le plan historique, l’islam naissant n’est donc pas étranger aux débats théologiques de son époque. Il vient en quelque sorte clore les interminables disputes sur la nature du Christ. La prééminence de Jésus dans le Coran laisse même penser que c’est aussi aux chrétiens, et pas uniquement aux polythéistes de La Mecque et de la péninsule Arabique, que Mahomet s’adresse, afin de les gagner à sa cause. C’est d’ailleurs l’une des raisons — mais pas la seule — de la vitesse foudroyante à laquelle les populations chrétiennes du Levant adoptent cette nouvelle religion.

L’islam ne serait-il alors qu’une bouture du christianisme ? On se doute bien qu’une réponse étayée sur les plans scientifique et historique n’est guère possible. Reste qu’il y a bel et bien, comme le disent les experts interrogés ici, une « intertextualité » entre l’islam naissant et le christianisme tel qu’il existait au VIIe siècle.

Le documentaire ébauche une autre piste susceptible de consolider un dialogue interreligieux tout aussi important, si ce n’est plus urgent. Il existe aujourd’hui dans le monde musulman un sentiment judéophobe alimenté par le sort des Palestiniens, mais dont on ne peut éluder qu’il s’appuie aussi sur une certaine lecture du Coran (3). D’où la nécessité de prendre en compte le contexte où sont apparus les versets concernés. Quand il accuse les juifs d’avoir revendiqué la mort du Christ, le Coran, là aussi, reprend des idées chrétiennes très répandues au VIIe siècle, et qui auront la vie dure. Il faudra en effet attendre 1963 pour que le pape Jean XXIII demande dans une prière : « Pardonne-nous la malédiction dont nous avons injustement accablé les juifs. Pardonne-nous pour t’avoir, par notre péché, crucifié une seconde fois (4). » De même, nombre d’experts interrogés dans le documentaire rappellent que le conflit ayant opposé Mahomet aux deux tribus juives de Médine, ville où il a trouvé refuge après sa fuite de La Mecque (l’hégire, en 622, soit douze ans après le début de la révélation), était d’ordre politique, mais aussi théologique. Sur le plan historique, le Prophète, en s’inscrivant dans la lignée de Moïse et de Jésus et en entendant réformer le judaïsme et le christianisme, considérés dans le Coran comme une altération de la religion originelle, s’est vraisemblablement heurté aux rabbins. Cela mène ces spécialistes à affirmer aujourd’hui que ce livre n’est pas antijudaïque, mais antirabbinique.

Un siècle après sa naissance, l’islam, en pleine expansion territoriale, s’affranchira peu à peu de la figure tutélaire de Jésus et donnera une place prépondérante à Mahomet. La divergence avec le christianisme s’accentuera au fil des siècles. Mais l’on voit bien l’intérêt d’une relecture du Coran à l’aune du contexte historique et social dans lequel il a été révélé. C’est là une étape indispensable pour mener à bien une exégèse ambitieuse destinée à renouveler la pensée islamique. Gelé depuis le XIe siècle, cet ijtihad, autrement dit l’interprétation des textes, si riche au cours des siècles qui suivirent la mort du Prophète en 632, n’est plus qu’une boucle itérative où se succèdent les mêmes commentaires de commentaires du livre saint.

La linguistique — pour l’étude détaillée de l’arabe coranique et de ses emprunts nombreux à d’autres langues, notamment le syriaque, une langue sémitique dérivée de l’araméen — ainsi que l’anthropologie sont de précieux outils pour cette révision nécessaire. S’y ajoute l’archéologie, dont les découvertes permettraient de mieux comprendre le contexte historique de la révélation — à condition, bien sûr, que l’Arabie saoudite autorise un plus grand nombre de fouilles sur son sol. Il s’agira ensuite de vulgariser les enseignements apportés par la réinterprétation du texte coranique, à la façon de cette série documentaire. On peut présumer que cela ne se fera pas sans mal.

Auteur : Akram Belkaïd

(1) Gérard Mordillat et Jérôme Prieur, Jésus et l’islam, sept fois 52 minutes, diffusion sur Arte les 8, 9 et 10 décembre 2015. Les deux auteurs publient simultanément Jésus selon Mahomet, Seuil-Arte Editions, Paris-Strasbourg.

(2) Cette exigence d’un strict monothéisme est l’un des fondements du wahhabisme et explique l’iconoclasme (opposition à l’adoration des images saintes) de certains courants radicaux.

(3Cf. Esther Benbassa et Jean-Christophe Attias (sous la dir. de), Juifs et musulmans, retissons les liens !, CNRS Editions, Paris, 2015.

(4) Cité par les auteurs dans leur ouvrage.

En perspective :

« Bon » islam, « mauvais » islam Olivier Roy, octobre 2005

Douter John Berger, avril 1997 – « Quelles sont les origines du christianisme ? Comment distinguer la part historique de la légende ? C’est à cette double question qu’ont tenté de répondre, sur le petit écran, Gérard Mordillat et Jérôme Prieur, à l’issue d’une exceptionnelle enquête, en cinq épisodes, sur l’écriture des Evangiles.

L’islam confronté à la modernitéMustapha Cherif, avril 1989 Aperçu - La culture islamique est, comme d’autres cultures, confrontée aux défis de la modernité. La question qui se pose est : la civilisation islamique a-t-elle un avenir ? La décadence du monde musulman, la crise de (...)https://www.monde-diplomatique.fr/1...

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25.
Jésus, un prophète musulman ? Vidéo 33:59 ajoutée le 06 novembre 2018 - L’instant détox

La version longue de mon ‘Instant détox’ sur les liens entre les trois grands monothéismes. Jésus est un prophète musulman ? Est-il pour les musulmans le fils de Marie ? Le fils de dieu ? Quels récits sont commun à la bible et au Coran ? Noé, Abraham, sont-ils dans le coran ? Avec mes deux invités, l’imam Bajrafil et Jérôme Prieur, auteur du documentaire “Jésus et l’islam”, je reviens sur l’histoire entrelacée de ces religions. Pour en savoir plus. Les 3 monothéismes en résumé http://www.journal-essentiel.be/cahie... De Jésus à Mahomet https://www.monde-diplomatique.fr/201... Jésus, prophète en islam http://www.lemondedesreligions.fr/sav... Catégorie : Actualités et politique – Source : https://www.youtube.com/watch?v=aZ-gbQJL4Ic

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26.
Trois religions pour un seul dieu - Marie-Luce Scieur - Le 25 février 2015 | Mise en ligne : Thierry Verhoeven – Document ‘Journal L’Essentiel’ – Voir aussi Marie-Luce-SCIEUR sur https://potentiel-magazine.com/les-coachs/marie-luce-scieur/

Illustration - Il y a dans le monde trois grandes religions qui n’ont qu’un seul dieu : le judaïsme, le christianisme et l’islam. Ces religions ne sont pas apparues au même moment dans l’histoire des hommes. Elles ont des choses en commun et aussi des différences. Version imprimable de cet articleVersion imprimable

La religion est un phénomène universel. Tous les peuples de la Terre ont, à un moment où l’autre de leur histoire, fait appel à la religion pour expliquer la présence des hommes sur la Terre. La Science est l’autre moyen qu’ont trouvé les hommes pour expliquer leurs origines.

Le christianisme et l’islam sont les deux religions les plus répandues dans le monde aujourd’hui. Une autre religion bien connue est le judaïsme. Ce sont trois religions monothéistes. C’est-à-dire qu’elles n’adorent qu’un seul dieu. Non seulement ces trois grandes religions adorent un seul dieu, mais il semble que ce soit le même dieu !

Judaïsme, christianisme et islam, une même origine

En effet, le judaïsme, le christianisme et l’islam ont une histoire commune et partagent beaucoup de points communs. Par exemple, pour ces trois religions, Jérusalem est la ville sainte. Et dans les trois religions, on retrouve les mêmes récits : la création du Monde en 6 jours, l’histoire d’Adam et Eve, le Déluge. Plusieurs personnages importants sont aussi cités dans les trois textes sacrés : Jésus, l’Ange Gabriel, David, Salomon, Moise, Noé, … et Abraham (Ibrahim chez les musulmans), le père des croyants, le premier qui s’est soumis à un seul dieu.

Ces trois religions sont apparues l’une après l’autre. Le judaïsme vers 1500 avant Jésus-Christ (- 1500). Ensuite, il y a eu le christianisme après la naissance de Jésus, c’est-à-dire, l’an 1 après Jésus-Christ. Et enfin, l’Islam, en 622 après Jésus-Christ, il y a 1400 ans. Mais être juif, chrétien ou musulman, ce n’est pas seulement avoir une religion, c’est aussi une affaire de traditions, de culture et d’identité.

Les textes sacrés

Chacune des trois religions s’appuie sur des textes sacrés rassemblés dans des livres. Ces textes rapportent la parole d’un dieu unique. Ils ont pour but de fixer les valeurs, les règles et les traditions des personnes qui croient en cette religion. On y trouve un mélange de faits historiques, réels et de récits de légende, imaginaires. Les trois textes sacrés prônent la paix, la tolérance, l’amour du prochain et la protection des plus fragiles.

La Bible hébraïque (juive) : son écriture commence il y a plus ou moins 3000 ans. Elle rassemble 24 livres : les 5 premiers forment la Torah. On y trouve les enseignements que Dieu aurait dictés à Moïse sur le Mont Sinaï. Elle rassemble 613 commandements.

La Bible chrétienne : elle est en deux parties. La première, l’Ancien Testament, raconte la même histoire que la Bible hébraïque. La seconde partie s’appelle le Nouveau Testament. Le Nouveau Testament raconte l’histoire de Jésus et a été écrit après la mort de Jésus, par ses disciples, les apôtres.

Le Coran : c’est le texte sacré de l’Islam. Il contient les révélations qu’Allah a faites au Prophète Mahomet. Il a été écrit beaucoup plus tard, il y a environ 1400 ans, sur base des écrits de Mahomet.

Les différences d’interprétation

Les textes sacrés de ces trois religions ont des points communs. Ils ont aussi des différences.

Une des principales différences : l’histoire d’Abraham et de ses fils.
Dans les trois textes, Abraham avait deux fils : Ismaël et Isaac. Un jour Dieu lui demande de sacrifier un de ses fils pour lui prouver sa fidélité. Quand Abraham s’apprête lui trancher la tête, un ange arrête son geste et remplace le fils par un bélier.
Pour les juifs et les chrétiens, c’est Isaac qui était sur la table du sacrifice. Les chrétiens disent que Jésus est un des descendants d’Isaac et qu’il a été jusqu’au bout du sacrifice en mourant sur la croix. Les musulmans, eux, pensent que c’est Ismaël qui avait été choisi pour le sacrifice. Dieu se serait révélé plus tard à Mahomet qui est un des lointains descendants d’Ismaël.

C’est en référence à cette histoire, que dans les trois religions, on retrouve le mouton comme
symbole de sacrifice. Les juifs soufflent dans des cornes de béliers lors des fêtes de Roch Hachana et de Yom Kippour. Les chrétiens mangent l’agneau lors de la fête de Pâques. Et les musulmans sacrifient le mouton lors de la fête d’Aid el-Kebir.

Les juifs et les chrétiens interprètent différemment l’idée même de dieu. En effet, les chrétiens pensent que Jésus a incarné Dieu sur Terre. Selon eux, Dieu existerait en trois entités : le Père (au ciel), le Fils (Jésus) et le Saint Esprit (souvent représenté par une colombe ou des rayons de soleil). Ils parlent de la Trinité. Les juifs, eux, ne reconnaissent qu’une seule présence divine.

Les trois religions en résumé

http://www.journal-essentiel.be/loc...
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L’émission C’est pas sorcier, Un Dieu, 3 religions

L’ESSENTIEL - L’information simple comme bonjour

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Source : http://www.journal-essentiel.be/cahiers/Charlie-le-Prophete-et-la-liberte/Trois-religions-pour-un-seul-dieu

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27.
L’Islam : une religion controversée ? 30 avril 2019 - Par Gene REYNAUD - Blog : Le blog de Gene REYNAUD - Photo - Mosquée de Paris © Pierre Reynaud

Au sein d’un monde nouveau qui nous surprend et nous inquiète un peu plus chaque jour, nous nous posons des questions sur les thèmes les plus divers : politique, économie, société, éducation, sécurité, moralité, religion pour ne citer que les principaux sujets. Autant de points qui suscitent de très nombreuses réflexions à une époque où la société dérive sans cesse.

Oui, la société s’égare sans en avoir conscience, et de nombreux individus pensent que le progrès social passe par un accroissement des libertés sans aucune limite.

Quelle tristesse ! En ce début du 21ème siècle, le genre humain se construit uniquement autour de l’argent, de la cupidité, du sexe et de la non-croyance. C’est ainsi que les nouvelles générations n’expriment plus de sentiments, qu’ils soient familiaux ou amicaux. La vie humaine n’a plus de valeur : on tue facilement pour n’importe quoi, d’une simple querelle entre voisins jusqu’au vol du sac à mains d’une vielle dame. Même chez les adolescents, le crime devient un geste banal : on a un différent avec un camarade de classe ? La solution est simple : un coup de couteau, et le litige est réglé. Lire la suite ...

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Source : https://blogs.mediapart.fr/gene-reynaud/blog/300419/islam-une-religion-controversee

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28.
Lettre ouverte au monde musulman (Abdennour Bidar) - 10 janvier 2015. Par Monica M. - Blog : Le blog de Monica M. – Document d’origine ‘quebec.huffingtonpost.ca’

Parce que l’Islam des lumières a besoin de notre aide, parce que les voix les plus claires sont celles qui viennent à la fois de la raison et du cœur, parce que la victimisation n’est pas une réponse pertinente à la stigmatisation, je publie cette lettre de Abdennour Bidar au monde musulman. 

Abdennour Bidar est philosophe, spécialiste des évolutions contemporaines de l’islam et des théories de la sécularisation et post-sécularisation.

[On peut lire sur ce personnage :

Abdennour Bidar — Wikipédia :Abdennour Bidar, né le 13 janvier 1971 à Clermont-Ferrand, est un philosophe, essayiste, haut fonctionnaire français. ‎Biographie · ‎Critiques · ‎Œuvres · ‎Références

Abdennour Bidar Méditant engagé-«  Je lance un appel à la mobilisation collective face à la barbarie terroriste. Développons ensemble le thème de la fraternité… »

[Abdennour Bidar : biographie, actualités et émissions France Culture ]->https://www.google.fr/url?sa=t&...;;rct=j&q=&esrc=s&source=web&cd=14&cad=rja&uact=8&ved=2ahUKEwiW0vqs5qXiAhW2A2MBHfmCBwwQFjANegQIABAB&url=https%3A%2F%2Fwww.franceculture.fr%2Fpersonne-abdennour-bidar.html&usg=AOvVaw1LO9HrFiOSqsRPXrlykdzM]

« Cher monde musulman, je suis un de tes fils éloignés qui te regarde du dehors et de loin - de ce pays de France où tant de tes enfants vivent aujourd’hui. Je te regarde avec mes yeux sévères de philosophe nourri depuis son enfance par le taçawwuf (soufisme) et par la pensée occidentale. Je te regarde donc à partir de ma position de barzakh, d’isthme entre les deux mers de l’Orient et de l’Occident !

Et qu’est-ce que je vois ? Qu’est-ce que je vois mieux que d’autres sans doute parce que justement je te regarde de loin, avec le recul de la distance ? Je te vois toi, dans un état de misère et de souffrance qui me rend infiniment triste, mais qui rend encore plus sévère mon jugement de philosophe ! Car je te vois en train d’enfanter un monstre qui prétend se nommer État islamique et auquel certains préfèrent donner un nom de démon : DAESH. Mais le pire est que je te vois te perdre - perdre ton temps et ton honneur - dans le refus de reconnaître que ce monstre est né de toi, de tes errances, de tes contradictions, de ton écartèlement interminable entre passé et présent, de ton incapacité trop durable à trouver ta place dans la civilisation humaine.

Que dis-tu en effet face à ce monstre ? Quel est ton unique discours ? Tu cries « Ce n’est pas moi ! », « Ce n’est pas l’islam ! ». Tu refuses que les crimes de ce monstre soient commis en ton nom (hashtag #NotInMyName). Tu t’indignes devant une telle monstruosité, tu t’insurges aussi que le monstre usurpe ton identité, et bien sûr tu as raison de le faire. Il est indispensable qu’à la face du monde tu proclames ainsi, haut et fort, que l’islam dénonce la barbarie. Mais c’est tout à fait insuffisant ! Car tu te réfugies dans le réflexe de l’autodéfense sans assumer aussi, et surtout, la responsabilité de l’autocritique. Tu te contentes de t’indigner, alors que ce moment historique aurait été une si formidable occasion de te remettre en question ! Et comme d’habitude, tu accuses au lieu de prendre ta propre responsabilité : « Arrêtez, vous les occidentaux, et vous tous les ennemis de l’islam de nous associer à ce monstre ! Le terrorisme, ce n’est pas l’islam, le vrai islam, le bon islam qui ne veut pas dire la guerre, mais la paix ! »

J’entends ce cri de révolte qui monte en toi, ô mon cher monde musulman, et je le comprends. Oui tu as raison, comme chacune des autres grandes inspirations sacrées du monde l’islam a créé tout au long de son histoire de la Beauté, de la Justice, du Sens, du Bien, et il a puissamment éclairé l’être humain sur le chemin du mystère de l’existence... Je me bats ici en Occident, dans chacun de mes livres, pour que cette sagesse de l’islam et de toutes les religions ne soit pas oubliée ni méprisée ! Mais de ma position lointaine, je vois aussi autre chose - que tu ne sais pas voir ou que tu ne veux pas voir... Et cela m’inspire une question, LA grande question : pourquoi ce monstre t’a-t-il volé ton visage ? Pourquoi ce monstre ignoble a-t-il choisi ton visage et pas un autre ? Pourquoi a-t-il pris le masque de l’islam et pas un autre masque ? C’est qu’en réalité derrière cette image du monstre se cache un immense problème, que tu ne sembles pas prêt à regarder en face. Il le faut bien pourtant, il faut que tu en aies le courage.

Ce problème est celui des racines du mal. D’où viennent les crimes de ce soi-disant « État islamique » ? Je vais te le dire, mon ami. Et cela ne va pas te faire plaisir, mais c’est mon devoir de philosophe. Les racines de ce mal qui te vole aujourd’hui ton visage sont en toi-même, le monstre est sorti de ton propre ventre, le cancer est dans ton propre corps. Et de ton ventre malade, il sortira dans le futur autant de nouveaux monstres - pires encore que celui-ci - aussi longtemps que tu refuseras de regarder cette vérité en face, aussi longtemps que tu tarderas à l’admettre et à attaquer enfin cette racine du mal !

Même les intellectuels occidentaux, quand je leur dis cela, ont de la difficulté à le voir : pour la plupart, ils ont tellement oublié ce qu’est la puissance de la religion - en bien et en mal, sur la vie et sur la mort - qu’ils me disent « Non le problème du monde musulman n’est pas l’islam, pas la religion, mais la politique, l’histoire, l’économie, etc. ». Ils vivent dans des sociétés si sécularisées qu’ils ne se souviennent plus du tout que la religion peut être le cœur du réacteur d’une civilisation humaine ! Et que l’avenir de l’humanité passera demain non pas seulement par la résolution de la crise financière et économique, mais de façon bien plus essentielle par la résolution de la crise spirituelle sans précédent que traverse notre humanité toute entière ! Saurons-nous tous nous rassembler, à l’échelle de la planète, pour affronter ce défi fondamental ? La nature spirituelle de l’homme a horreur du vide, et si elle ne trouve rien de nouveau pour le remplir elle le fera demain avec des religions toujours plus inadaptées au présent - et qui comme l’islam actuellement se mettront alors à produire des monstres.

Je vois en toi, ô monde musulman, des forces immenses prêtes à se lever pour contribuer à cet effort mondial de trouver une vie spirituelle pour le XXIe siècle ! Il y a en toi en effet, malgré la gravité de ta maladie, malgré l’étendue des ombres d’obscurantisme qui veulent te recouvrir tout entier, une multitude extraordinaire de femmes et d’hommes qui sont prêts à réformer l’islam, à réinventer son génie au-delà de ses formes historiques et à participer ainsi au renouvellement complet du rapport que l’humanité entretenait jusque-là avec ses dieux ! C’est à tous ceux-là, musulmans et non musulmans qui rêvent ensemble de révolution spirituelle, que je me suis adressé dans mes livres ! Pour leur donner, avec mes mots de philosophe, confiance en ce qu’entrevoit leur espérance !

Il y a dans la Oumma (communauté des musulmans) de ces femmes et ces hommes de progrès qui portent en eux la vision du futur spirituel de l’être humain. Mais ils ne sont pas encore assez nombreux ni leur parole assez puissante. Tous ceux-là, dont je salue la lucidité et le courage, ont parfaitement vu que c’est l’état général de maladie profonde du monde musulman qui explique la naissance des monstres terroristes aux noms d’Al Qaida, Al Nostra, AQMI ou de l’« État islamique ». Ils ont bien compris que ce ne sont là que les symptômes les plus graves et les plus visibles sur un immense corps malade, dont les maladies chroniques sont les suivantes : impuissance à instituer des démocraties durables dans lesquelles est reconnue comme droit moral et politique la liberté de conscience vis-à-vis des dogmes de la religion ; prison morale et sociale d’une religion dogmatique, figée, et parfois totalitaire ; difficultés chroniques à améliorer la condition des femmes dans le sens de l’égalité, de la responsabilité et de la liberté ; impuissance à séparer suffisamment le pouvoir politique de son contrôle par l’autorité de la religion ; incapacité à instituer un respect, une tolérance et une véritable reconnaissance du pluralisme religieux et des minorités religieuses.

Tout cela serait-il donc la faute de l’Occident ? Combien de temps précieux, d’années cruciales, vas-tu perdre encore, ô cher monde musulman, avec cette accusation stupide à laquelle toi-même tu ne crois plus, et derrière laquelle tu te caches pour continuer à te mentir à toi-même ? Si je te critique aussi durement, ce n’est pas parce que je suis un philosophe « occidental », mais parce que je suis un de tes fils conscients de tout ce que tu as perdu de ta grandeur passée depuis si longtemps qu’elle est devenue un mythe !

Depuis le XVIIIe siècle en particulier, il est temps de te l’avouer enfin, tu as été incapable de répondre au défi de l’Occident. Soit tu t’es réfugié de façon infantile et mortifère dans le passé, avec la régression intolérante et obscurantiste du wahhabisme qui continue de faire des ravages presque partout à l’intérieur de tes frontières - un wahhabisme que tu répands à partir de tes lieux saints de l’Arabie Saoudite comme un cancer qui partirait de ton cœur lui-même ! Soit tu as suivi le pire de cet Occident, en produisant comme lui des nationalismes et un modernisme qui est une caricature de modernité - je veux parler de cette frénésie de consommation, ou bien encore de ce développement technologique sans cohérence avec leur archaïsme religieux qui fait de tes « élites » richissimes du Golfe seulement des victimes consentantes de la maladie désormais mondiale qu’est le culte du dieu argent.

Qu’as-tu d’admirable aujourd’hui, mon ami ? Qu’est-ce qui en toi reste digne de susciter le respect et l’admiration des autres peuples et civilisations de la Terre ? Où sont tes sages, et as-tu encore une sagesse à proposer au monde ? Où sont tes grands hommes, qui sont tes Mandela, qui sont tes Gandhi, qui sont tes Aung San Suu Kyi ? Où sont tes grands penseurs, tes intellectuels dont les livres devraient être lus dans le monde entier comme au temps où les mathématiciens et les philosophes arabes ou persans faisaient référence de l’Inde à l’Espagne ? En réalité tu es devenu si faible, si impuissant derrière la certitude que tu affiches toujours au sujet de toi-même... Tu ne sais plus du tout qui tu es ni où tu veux aller et cela te rend aussi malheureux qu’agressif... Tu t’obstines à ne pas écouter ceux qui t’appellent à changer en te libérant enfin de la domination que tu as offerte à la religion sur la vie toute entière. Tu as choisi de considérer que Mohammed était prophète et roi. Tu as choisi de définir l’islam comme religion politique, sociale, morale, devant régner comme un tyran aussi bien sur l’État que sur la vie civile, aussi bien dans la rue et dans la maison qu’à l’intérieur même de chaque conscience. Tu as choisi de croire et d’imposer que l’islam veut dire soumission alors que le Coran lui-même proclame qu’« Il n’y a pas de contrainte en religion » (La ikraha fi Dîn). Tu as fait de son Appel à la liberté l’empire de la contrainte ! Comment une civilisation peut-elle trahir à ce point son propre texte sacré ? Je dis qu’il est l’heure, dans la civilisation de l’islam, d’instituer cette liberté spirituelle - la plus sublime et difficile de toutes - à la place de toutes les lois inventées par des générations de théologiens !

De nombreuses voix que tu ne veux pas entendre s’élèvent aujourd’hui dans la Oumma pour s’insurger contre ce scandale, pour dénoncer ce tabou d’une religion autoritaire et indiscutable dont se servent ses chefs pour perpétuer indéfiniment leur domination... Au point que trop de croyants ont tellement intériorisé une culture de la soumission à la tradition et aux « maîtres de religion » (imams, muftis, shouyoukhs, etc.) qu’ils ne comprennent même pas qu’on leur parle de liberté spirituelle, et n’admettent pas qu’on ose leur parler de choix personnel vis-à-vis des « piliers » de l’islam. Tout cela constitue pour eux une « ligne rouge », quelque chose de trop sacré pour qu’ils osent donner à leur propre conscience le droit de le remettre en question ! Et il y a tant de ces familles, tant de ces sociétés musulmanes où cette confusion entre spiritualité et servitude est incrustée dans les esprits dès leur plus jeune âge, et où l’éducation spirituelle est d’une telle pauvreté que tout ce qui concerne de près ou de loin la religion reste ainsi quelque chose qui ne se discute pas !

Or cela, de toute évidence, n’est pas imposé par le terrorisme de quelques fous, par quelques troupes de fanatiques embarqués par l’État islamique. Non, ce problème-là est infiniment plus profond et infiniment plus vaste ! Mais qui le verra et le dira ? Qui veut l’entendre ? Silence là-dessus dans le monde musulman, et dans les médias occidentaux on n’entend plus que tous ces spécialistes du terrorisme qui aggravent jour après jour la myopie générale ! Il ne faut donc pas que tu t’illusionnes, ô mon ami, en croyant et en faisant croire que quand on en aura fini avec le terrorisme islamiste l’islam aura réglé ses problèmes ! Car tout ce que je viens d’évoquer - une religion tyrannique, dogmatique, littéraliste, formaliste, machiste, conservatrice, régressive - est trop souvent, pas toujours, mais trop souvent, l’islam ordinaire, l’islam quotidien, qui souffre et fait souffrir trop de consciences, l’islam de la tradition et du passé, l’islam déformé par tous ceux qui l’utilisent politiquement, l’islam qui finit encore et toujours par étouffer les Printemps arabes et la voix de toutes ses jeunesses qui demandent autre chose. Quand donc vas-tu faire enfin ta vraie révolution ? Cette révolution qui dans les sociétés et les consciences fera rimer définitivement religion et liberté, cette révolution sans retour qui prendra acte que la religion est devenue un fait social parmi d’autres partout dans le monde, et que ses droits exorbitants n’ont plus aucune légitimité !

Bien sûr, dans ton immense territoire, il y a des îlots de liberté spirituelle : des familles qui transmettent un islam de tolérance, de choix personnel, d’approfondissement spirituel ; des milieux sociaux où la cage de la prison religieuse s’est ouverte ou entrouverte ; des lieux où l’islam donne encore le meilleur de lui-même, c’est-à-dire une culture du partage, de l’honneur, de la recherche du savoir, et une spiritualité en quête de ce lieu sacré où l’être humain et la réalité ultime qu’on appelle Allâh se rencontrent. Il y a en Terre d’islam et partout dans les communautés musulmanes du monde des consciences fortes et libres, mais elles restent condamnées à vivre leur liberté sans assurance, sans reconnaissance d’un véritable droit, à leurs risques et périls face au contrôle communautaire ou bien même parfois face à la police religieuse. Jamais pour l’instant le droit de dire « Je choisis mon islam », « J’ai mon propre rapport à l’islam » n’a été reconnu par « l’islam officiel » des dignitaires. Ceux-là au contraire s’acharnent à imposer que « La doctrine de l’islam est unique » et que « L’obéissance aux piliers de l’islam est la seule voie droite » (sirâtou-l-moustaqîm).

Ce refus du droit à la liberté vis-à-vis de la religion est l’une de ces racines du mal dont tu souffres, ô mon cher monde musulman, l’un de ces ventres obscurs où grandissent les monstres que tu fais bondir depuis quelques années au visage effrayé du monde entier. Car cette religion de fer impose à tes sociétés tout entières une violence insoutenable. Elle enferme toujours trop de tes filles et tous tes fils dans la cage d’un Bien et d’un Mal, d’un licite (halâl) et d’un illicite (harâm) que personne ne choisit, mais que tout le monde subit. Elle emprisonne les volontés, elle conditionne les esprits, elle empêche ou entrave tout choix de vie personnel. Dans trop de tes contrées, tu associes encore la religion et la violence - contre les femmes, contre les « mauvais croyants », contre les minorités chrétiennes ou autres, contre les penseurs et les esprits libres, contre les rebelles - de telle sorte que cette religion et cette violence finissent par se confondre, chez les plus déséquilibrés et les plus fragiles de tes fils, dans la monstruosité du jihad !

Alors, ne t’étonne donc pas, ne fais plus semblant de t’étonner, je t’en prie, que des démons tels que le soi-disant État islamique t’aient pris ton visage ! Car les monstres et les démons ne volent que les visages qui sont déjà déformés par trop de grimaces ! Et si tu veux savoir comment ne plus enfanter de tels monstres, je vais te le dire. C’est simple et très difficile à la fois. Il faut que tu commences par réformer toute l’éducation que tu donnes à tes enfants, que tu réformes chacune de tes écoles, chacun de tes lieux de savoir et de pouvoir. Que tu les réformes pour les diriger selon des principes universels (même si tu n’es pas le seul à les transgresser ou à persister dans leur ignorance) : la liberté de conscience, la démocratie, la tolérance et le droit de cité pour toute la diversité des visions du monde et des croyances, l’égalité des sexes et l’émancipation des femmes de toute tutelle masculine, la réflexion et la culture critique du religieux dans les universités, la littérature, les médias. Tu ne peux plus reculer, tu ne peux plus faire moins que tout cela ! Tu ne peux plus faire moins que ta révolution spirituelle la plus complète ! C’est le seul moyen pour toi de ne plus enfanter de tels monstres, et si tu ne le fais pas tu seras bientôt dévasté par leur puissance de destruction. Quand tu auras mené à bien cette tâche colossale - au lieu de te réfugier encore et toujours dans la mauvaise foi et l’aveuglement volontaire, alors plus aucun monstre abject ne pourra plus venir te voler ton visage.

Cher monde musulman... Je ne suis qu’un philosophe, et comme d’habitude certains diront que le philosophe est un hérétique. Je ne cherche pourtant qu’à faire resplendir à nouveau la lumière - c’est le nom que tu m’as donné qui me le commande, Abdennour, « Serviteur de la Lumière ».

Je n’aurais pas été si sévère dans cette lettre si je ne croyais pas en toi. Comme on dit en français : « Qui aime bien châtie bien ». Et au contraire tous ceux qui aujourd’hui ne sont pas assez sévères avec toi - qui te trouvent toujours des excuses, qui veulent faire de toi une victime, ou qui ne voient pas ta responsabilité dans ce qui t’arrive - tous ceux-là en réalité ne te rendent pas service ! Je crois en toi, je crois en ta contribution à faire demain de notre planète un univers à la fois plus humain et plus spirituel ! Salâm, que la paix soit sur toi ».

Source : http://quebec.huffingtonpost.ca/abdennour-bidar/lettre-au-monde-musulman_b_5991640.html

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29.
La visibilité de l’islam pose problème [au Canada], selon le sociologue émérite Guy Rocher Par Caroline Plante, La Presse canadienne - 14 mai 2019 – Document québécois ‘lactualite.com’ Actualités

Photo - QUÉBEC — Le projet de loi 21 du gouvernement Legault vise l’islam, mais n’est pas anti-islamique, soutient le sociologue émérite Guy Rocher, un des artisans de la Révolution tranquille.

Ce n’est la faute de personne si en 2019 l’islam est une religion « particulièrement visible », a exposé le professeur de 95 ans lors de son passage mardi devant la Commission des institutions, qui étudie le projet de loi visant à interdire les signes religieux aux employés de l’État en position d’autorité, dont les enseignants. 

Si le projet de loi 21 est adopté, une enseignante musulmane, par exemple, devra laisser son hidjab à la maison. 

À une autre époque, ça aurait été le catholicisme qui aurait été visible, a plaidé M. Rocher. « En ce moment, c’est l’islam. (…) C’est, parmi toutes les religions, celle qui est la plus militante en ce moment, celle qui se manifeste le plus clairement, le plus visiblement », a-t-il déclaré.

« À cause de cette conjoncture, je dirais que la loi tombe mal en un sens. Si on avait fait la loi il y a 20 ans, peut-être qu’on n’aurait pas eu la même réaction, on ne lui aurait pas attribué la même islamophobie », a-t-il poursuivi.

Selon le chercheur, il faut arrêter de penser qu’un projet de loi est pour le présent. Il a rappelé que le paysage religieux au Québec avait beaucoup changé depuis 30 ans, et qu’il se métamorphosera de nouveau.

« Personne ne peut dire que l’islam continuera à avoir cette présence. Il est bien possible que les Témoins de Jéhovah tout à coup surgissent, que des Évangélistes s’affirment plus tard », a-t-il déclaré.

Pour l’instant, le problème de l’islam, c’est sa grande visibilité : « C’est le problème que ça pose en ce moment. Ce n’est pas une loi anti-islamique. Il se trouve qu’en ce moment la religion qui est visible, c’est l’islam.

« S’il y a une religion qui se veut plus visible, (…) la société n’est pas obligée d’accepter ça », a-t-il argué.

Selon lui, le gouvernement a la responsabilité de légiférer pour établir l’égalité entre les religions, quitte à provoquer une crise sociale. « On n’aurait pas fait la loi 101 si on avait eu peur que ça suscite une crise », a-t-il lancé, sourire aux lèvres. 

Guy Rocher s’est aussi montré favorable à l’utilisation de la clause dérogatoire, afin que la loi sur la laïcité puisse s’appliquer telle quelle pendant au moins cinq ans.

En plus d’avoir participé à la rédaction de la Charte de la langue française en 1977, M. Rocher a été membre de la commission Parent, qui s’est penchée sur l’état de l’éducation au Québec dans les années 1960.

Rocher répond à Bouchard

Par ailleurs, le sociologue a pris le temps de répondre à son confrère Gérard Bouchard, qui demandait la semaine dernière de voir des preuves qu’une enseignante voilée faisait du prosélytisme auprès de ses élèves.

Selon M. Rocher, il est scientifiquement impossible de faire ces preuves. « La recherche que demande M. Bouchard est méthodologiquement à peu près impossible à faire », a-t-il indiqué.

Il faudrait suivre une génération d’élèves, ainsi que leurs parents et leurs enseignants, pour déterminer le niveau d’influence. Or, cette recherche serait vite périmée, a fait valoir le chercheur.

« Ma réponse à M. Bouchard serait la suivante : en l’occurrence, il faut recourir à ce que l’on appelle le principe de précaution. (…) Dans l’état d’incertitude, il faut protéger contre les risques possibles. » 

M. Bouchard demandait plutôt à ce que le fardeau de la preuve incombe au gouvernement, qui veut instituer l’interdiction.

« Question d’humains », plaide Valérie Plante

Pour sa part, la mairesse de Montréal, Valérie Plante, a applaudi la volonté du gouvernement d’enchâsser la laïcité dans une loi, mais s’est s’inquiétée de l’impact de l’interdiction du port de signe religieux sur le taux d’emploi des femmes immigrantes.

« Le taux de chômage est deux fois plus élevé chez les femmes issues de l’immigration versus les femmes natives d’ici ou celles qui sont arrivées dans les cinq dernières années, c’est majeur », a-t-elle déclaré, en exigeant que le gouvernement mesure l’impact du projet de loi sur les hommes et les femmes.

Elle craint de voir davantage de discrimination. « Prenons un pas de recul pour se rappeler qu’il est d’abord et avant tout question d’humains », a-t-elle insisté. Plusieurs Montréalais se sentent « impuissants » face au projet de loi, qui inclut une clause dérogatoire pour le soustraire à d’éventuelles contestations judiciaires, a-t-elle ajouté.

Le ministre de l’Immigration, Simon Jolin-Barrette, s’est interposé en défendant le droit du législateur à organiser les rapports entre l’État et les religions. Il soutient par ailleurs que sa pièce législative ne vise pas les « personnes immigrantes », mais bien « tous les Québécois, peu importe leur religion ».

Les consultations particulières sur le projet de loi 21 se poursuivent mercredi.

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30.
De l’art de concilier foi et raison en islam – Enregistrement de 1h01 - Par André Poupart 28/04/2019 dans le cadre des émissions de France Culture
Questions d’islampar Ghaleb Bencheikh les dimanches de 7h05 à 8h

André Poupart, professeur de droit à l’université de Montréal s’intéresse à l’éternelle équation entre la foi et la raison et son incarnation dans la pensée philosophique et juridique dans les contextes islamiques. Il viendra la présenter comme juriste à l’émission.

Reproduction - Averroès, détail de L’École d’Athènes de Raphaël. Musées du Vatican

La réflexion menée sur ce sujet classique en dehors du champ dit « religieux » est de plus en plus présente. Simplement, les premiers textes cherchant à concilier la foi et la raison ou à en expliquer l’opposition datent du temps des mutazilites au IXe siècle et culminent avec Averroès répondant à Ghazali. De nos jours, l’acuité de ce débat passe aussi par la dé-juridisation de la Révélation. 

Le droit islamique a une spécificité, c’est un droit qui vient d’en haut, un droit qui se présente comme un modèle à suivre de toute éternité parce que c’est la parole de Dieu alors que le common law ou de droit civil est une conception de droit élaborée progressivement par les citoyens.

La conception occidentale est plutôt d’adapter le droit à la situation des personnes et des citoyens alors qu’en droit musulman, on vise plutôt à rendre la conduite des musulmans conforme à l’idéal qui a été énoncé il y a plusieurs siècles.

La pause musicale : Abed Azrié– Wajd Mawaran- la yarana Chaman Chômeur

Les Arabes devenus musulmans plus tard sont partis du désert, ils connaissaient mieux la razzia que la gestion d’un empire donc il fallait après toutes leurs conquêtes, développer une science de la gestion d’un empire, développer un droit qui n’existait pas. La façon la rapide et la plus simple était d’empunter aux vaincus.

À écouter aussi - 59 minutes : Questions d’islamLes portées civilisationnelles de la littérature et de la poésie en contextes islamiques

À écouter aussi - 57 minutes : Questions d’islamIntellect d’Amour

Bibliographie  : 1èrede couverture > Averroès. De la philosophie au droitAndré PoupartL’Harmattan , 2018

Intervenant : André Poupart, professeur honoraire à la Faculté de droit de l’Université de Montréal

À découvrir :

Saphirnews.com : un site d’actualité sur le fait musulman en France

La foi à l’épreuve de la chair (1/2) : Pauvre Eglise de France

Tags : Islam Averroès Droit Religion et spiritualité

L’équipe – Production : Ghaleb Bencheikh – Réalisation : Franck Lilin - Avec la collaboration de Daphné Abgrall

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Source : https://www.franceculture.fr/emissions/questions-dislam/de-lart-de-concilier-foi-et-raison-en-islam

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Annexe 1 : Foi et Raison – Que dit vraiment le Coran  ?  : Penser et vivre son islamité à la lumière du Coran – Par le Dr. Moreno al Ajamî

Selon le Coran, la Foi et la Raison sont le propre de l’Homme. Sous cet aspect, par Foi le Coran n’entend pas la foi religieuse, mais la Foi ontologique, connaissance innée constituant notre Conscience de Dieu.
[1] Par Raison, le Coran n’entend pas la science, mais notre Conscience au Monde.
[2] En tant que constitutives de l’Être, ces deux dimensions sont fondamentalement et nécessairement compatibles. Les tensions que nous percevons entre ces deux champs complémentaires opèrent donc à un autre niveau, celui de leur transposition et acquisition correspondant à notre foi personnelle et à notre pensée rationnelle, le conflit entre nos certitudes et incertitudes. Certitude de la foi et incertitude de la raison versus certitudes de la raison et incertitudes de nos croyances.

Transposé au plan de notre réalité, la foi est reconnaître ce que l’on sait être : l’acceptation, la raison est connaître ce que l’on ne sait pas : l’acquisition. Ainsi, deux plans de vérité s’affrontent : la Vérité de la foi et la vérité de la raison, l’une est absolue, l’autre est relative. Comment donc en la foi savoir raison garder et en la raison savoir foi garder ? Pragmatiquement, en ce qui nous concerne, l’Islamité réalise la recherche du dépassement de l’isthme qui a priori sépare, mais aussi unit foi et raison vers une confluence harmonisant l’une et l’autre. Pour un musulman, l’Islamité représente une alchimie concrète entre croire et penser, foi et raison. Mais, à dire vrai, tous les croyants sont dans la même situation vis-à-vis de leurs religions respectives et de leur statut d’êtres humains libres et autonomes. Ce ne sont donc point les définitions de la foi et de la raison qui ici nous intéressent, mais le rapport entre les deux. Comment et en quelle mesure être pensant et croyant, croyant et pensant ? Quelle cohabitation possible entre l’indéniable cogito ergum sum : « Je pense donc je suis » et l’invérifiable credo ergum sum : « Je crois donc je suis » ?

Le Coran l’affirme et la raison le confirme, nous sommes hommes de Foi et de Raison. Aussi, l’athéisme le plus assumé n’est-il qu’un système de croyances puisque l’objet de sa réflexion : Dieu, échappe par essence à la préhension intellectuelle, à la compréhension. De même, le déisme des croyants, acte de foi premier, est-il a priori médié, voire dicté, par les croyances religieuses. Ce faisant, de cette convergence impensée entre croire et penser résulte un état de schizophrénie qui touche tant le croyant que le non-croyant. En Islam, comme en toutes religions, le conflit entre raison et foi s’est donc soldé par la victoire du non-pensé : croire sans comment : « bi-lâ kayfa  » et sans comprendre  : « bi-lâ ma‘na  ».
[3] Comment donc guérir de cette psychose dissociative intégrée à notre patrimoine exégético-génétique ? Si de par cette pathologie la raison est à l’évidence perdante, une foi qui ne peut se comprendre est tout autant une défaite pour l’Être de foi et de raison, toutes deux en lui irrémédiablement coexistantes.

Or, le Coran offre une solution à ce dilemme en proposant un abord rationnel multidimensionnel et l’essentiel de nos recherches coraniques porte sur sa mise en évidence. Tout d’abord, le texte coranique délivre une explication rationnelle de la Foi en tant qu’ontologique à l’Homme.
[4] Ensuite, pan par pan, le Coran déconstruit tous les systèmes de croyances, qu’elles soient d’ordre religieux : mythes, légendes, règles, dogmes, etc., ou d’ordre intellectuel : doutes, supputations, certitudes, dogmatisme, etc. De la sorte, il apparaît que les croyances du croyant comme celles du rationaliste relèvent de certitudes. Si la longue histoire du fait religieux a imposé l’idée que la foi repose sur la certitude et la raison sur l’incertitude, il ressort du propos coranique que la foi doit être éprouvée à l’aune de la raison et la raison approuvée au regard de la foi. Non pas que la foi ait à être validée par la raison, mais qu’elle se doit d’étudier par la raison la signifiance et les significations de ses croyances. Non pas que la raison ait à se soumettre à la foi, mais qu’elle ne doit pas s’y opposer. En réalité, une foi sans raison et une raison sans foi sont toutes deux malades de leur réduction, une foi aveugle ne vaut pas plus qu’une raison sourde !

C’est lorsque foi et raison ne sont que certitudes qu’elles s’opposent, car seule la raison repose sur l’incertitude, le doute méthodologique, ce qui n’est en rien incompatible avec la certitude de la foi dont il est tout aussi erroné d’affirmer qu’elle ait à connaître le doute pour être pensée. Ainsi, si l’on n’y prête pas attention, du fait même que foi et raison cohabitent en un même être, la certitude de la foi minorera le doute intellectuel. Il en est de même, mais en miroir, quand la non-foi d’un non-croyant et sa raison interagissent, alors sa certitude intellectuelle majorera l’incertitude quant à sa foi. En conséquence, le pire ennemi de la raison de l’Homme est de dire : « Je crois que » au détriment de sa pensée, estimant que penser le dispense de croire. Le pire ennemi de la foi de l’Homme est de dire : « Je pense que » estimant que croire le dispense de penser. Loin de clarifier les domaines du croire/credo et du penser/cogito, de tels positionnements génèrent en réalité des états limites de confusion entre foi et raison. Du reste, en de nombreuses langues « je crois » et « je pense » sont anormalement synonymes. Pour autant, la raison ne peut foncièrement s’exercer quant aux articles de la foi puisqu’ils relèvent de l’Inapparent-Imperceptible/al-ghayb non accessible aux instruments de la raison. Inversement, la foi est incompétente pour juger les éléments fournis par la raison puisque le principe de certitude s’oppose à celui d’incertitude. Il y aurait donc là comme une contradiction irréductible entre rationnel/raison et irrationnel/foi et il en découlerait que l’on ne puisse pas croire rationnellement ou penser irrationnellement. Il y aurait donc là comme un hiatus entre Connaissance/Certitude de la foi et Science/Incertitude de la raison. Or, si l’expérience technique prouve que l’on peut penser irrationnellement, l’expérience mystique indique que l’on peut croire rationnellement lorsque l’Imperceptible est dévoilé.

Face à ces apories, une première conclusion s’impose : il nous faut penser ce que l’on croit et ne jamais croire ce qu’il faut penser, et cette position est coranique. Par « penser ce que l’on croit », il ne s’agit pas de la sincérité du croyant, mais d’exercer notre raison sur nos systèmes de croyances, productions dont la religion est un incontestable creuset, c’est le combat contre notre dogmatisme. Par « ne pas croire ce que l’on doit penser », l’on entend l’effort contre le conformisme intellectuel et la lutte contre le suivisme dogmatique. Se profilent alors les limites de l’isthme entre foi et raison. Un isthme est potentiellement séparation et union, il nous faut donc travailler à ce qui unit plus qu’à ce qui sépare, en cet espace créer du lien interne, tisser du sens. Le Coran illustre abondamment cette situation en des versets que l’on qualifie à tort de théologie naturelle
[5] : « En vérité, en la création des Cieux et de la Terre, en l’alternance des nuits et des jours, en les vaisseaux voguant sur les flots chargés de ce qui profite aux hommes, en ce que Dieu fait descendre du ciel comme eau et dont Il revivifie la terre morte et sur laquelle Il répand toutes bêtes, en la variation des vents et des nuages contraints entre ciel et terre ; en tout cela, certes, des Signes pour ceux qui réfléchissent. »
[6] Les « Signes » sont bien ici présentés en tant que signifiants indirects de l’existence du divin Créateur, mais tels qu’ils sont évoqués ces Signes de Dieu interpellent la raison : « des Signes pour ceux qui réfléchissent  ». Cependant, d’autres versets de même nature, interpellent la foi : « Ne voient-ils point les oiseaux assujettis au vide du ciel et que nul ne les soutient si ce n’est Dieu ; en cela il y a des Signes pour ceux qui croient. »
[7] Cette exemplification coranique indique un champ commun entre foi et raison, une réflexion aux limbes dessinant une passerelle entre ces deux domaines. Ceci concerne à l’évidence le croyant qui est ainsi invité à réaliser une approche rationnelle, non pas de sa foi, mais de ce en quoi il croit. Il ne doit donc pas se limiter à percevoir les « Signes de Dieu » comme autant de confirmation de sa foi, mais s’efforcer à y appliquer sa rationalité. Ainsi, la « création des cieux et de la Terre » ne peut-elle être considérée comme un pur acte surréaliste ni réduit à un phénomène physique aléatoirement soumis à lui-même. La raison doit explorer ce qu’elle peut en mesurer et comprendre et la foi admettre que l’intervention divine se situe à un niveau et des modalités qui ne sont pas ceux que nos croyances enseignent. Notre raison constate que les oiseaux sont « assujettis au vide du ciel  », mais seule notre foi accepte que « que nul ne les soutient si ce n’est Dieu  ». Néanmoins, notre raison ne peut pas conclure avec certitude que la capacité à voler des oiseaux serait indépendante d’une volonté déterminante de Dieu, pas plus que notre foi ne saurait intelligemment supposer que Dieu maintient réellement chaque oiseau en vol.

À partir de ces exemples, ces Signes, la raison et la foi constatent des faits similaires, mais divergent quant à l’interprétation qu’ils en font. Ce n’est donc pas les signes qui sont directement en jeu, mais bien notre capacité à interpréter le monde, notre herméneutique, notre être au Monde. Les sens et le cœur ne sont point des entités pures que tout opposerait, mais deux modes d’interprétation qui ont été historiquement séparés. En Occident, cette séparation est née d’un conflit entre rationalité naissante et religiosité asphyxiante alors qu’en Orient elle résulte d’une victoire du religieux sur le rationnel. Dans le premier cas, penser la foi revient à en triompher et, pour le second, croire est vaincre la raison. À l’heure actuelle, le croyant, entre ces deux mondes, entre marteau de l’un et enclume de l’autre, n’aurait d’autre solution pour y échapper que de « croire sans penser et penser sans croire ». Or, en indiquant que l’opposition entre foi et raison découle uniquement d’un conflit d’interprétation, le Coran propose une voie médiane. Un terrain commun d’entente entre foi et raison où l’on peut croire et penser, c’est-à-dire examiner à l’aune de la raison ce que la foi dicte et envisager à la lumière de la foi ce que la raison affirme. En cela, il ne s’agit pas de rejeter l’interprétation fournie par la raison au nom de la foi ou, inversement, l’interprétation donnée par la foi au nom de la raison, d’accepter ou d’éliminer l’une au détriment de l’autre, mais de rechercher une compréhension qui rendent compatibles les affirmations de l’une et de l’autre.

Bien évidemment, cette recherche personnelle ne relève pas du concordisme. Cet état chimérique qui se veut mi-foi mi-raison n’est en réalité ni foi ni raison puisqu’il vise à interpréter les données coraniques afin d’y découvrir rétroactivement des énoncés scientifiques. Le Coran n’est pas un manuel de sciences et les connaissances scientifiques actuelles ne forment pas catéchisme. Le Coran et la foi traitent du pourquoi : la question du sens. La Science et la raison s’intéressent au comment : la question des sens. Vouloir prouver la foi par la science est donc une quête de sens qui n’a aucun sens ! Une forme moderne de sécularisation extrême dont les adeptes sont les fossoyeurs du Coran. En voulant sauver le Coran au nom de la science, ils creusent sa tombe puisque par définition les données scientifiques évoluent et, qu’à terme, leurs surinterprétations du Coran l’auront rendu incompatible avec les nouvelles connaissances nécessairement différentes. Au final, leur foi et leur raison seront enterrées au même cimetière et en la même fosse ! Croire au Coran est l’acte de foi par essence, la foi en la Révélation, et cela n’a nul besoin d’être prouvé par la Science. Comprendre la Science est l’acte intellectuel par essence, et ses énoncés n’ont nul besoin d’être prouvés par le Coran. Nos croyances n’ont pas à être une explication physique du monde et nos connaissances une métaphysique du monde. Rendons au Coran sa métaphysique et laissons à la Science sa physique. Le mariage forcé entre ces deux pôles de réflexion n’est en rien une union de la foi et de la raison, mais deux cadavres dans le même lit ! Confondre science de la foi et foi en la science est un dépassement de sens mortel, car chacune de ces croyances envahit ainsi le territoire de l’autre, et ce, au détriment de ses propres vérités.

Il n’y a pas selon le Coran d’antinomie entre Foi et Raison, mais uniquement entre ce à quoi nous croyons et ce que nous pensons. Aussi, le Coran a-t-il pour objectif non pas d’expliquer rationnellement la foi, mais de permettre une interprétation rationnelle de nos croyances. Il ne vise pas à déconstruire la connaissance scientifique de notre monde, domaine de la science, mais les mythes et superstitions de notre être au monde, domaine qu’il juge improprement attribué à la foi. De ce point de vue, il ne s’agit pas d’opposer Connaissance et Science, mais vérités à erreurs, la Vérité révélée à l’Homme et la vérité acquise par les hommes devant concourir à une voie commune ouvrant à la réalisation d’un être de foi et de raison. En ce cas, l’Erreur résulte toujours d’une interprétation erronée de la part de la foi comme de la raison ; erreur de la foi lorsqu’elle interprète le monde et erreur de la raison lorsqu’elle interprète la foi. L’équilibre entre ces deux systèmes d’interprétation suppose de bien discerner leur champ d’application respectif et, ainsi, ce qui relève pour chacun d’entre eux de l’interprétation et du vrai, de l’incertitude et de la certitude. Les croyances, et non la foi, peuvent et doivent être examinées par la raison afin d’établir de manière critique quelles certitudes oblitèrent la raison du croyant et quelles certitudes de la raison entravent la foi.

Ce projet coranique exige donc que nous ayons une compréhension rationnelle de ce à quoi nous croyons et que nous menions une critique raisonnée de ce que la raison nous instruit. Nous le répétons, cela ne signifie absolument pas qu’il faille juger la science au nom de la foi ni juger la foi au nom de la raison, mais cela indique que nous devons exercer notre raison critique quant au champ de nos croyances religieuses tout comme mener par la raison l’autocritique du champ de nos pensées. Nous sommes effectivement des êtres hybrides construits conjointement sur ces deux modèles : le religieux et le sociétal, car le non-religieux n’existe qu’en tant qu’anti-modèle du religieux. Pas plus que nul n’est neutre en socialisation, nul n’est donc neutre en religion. Cette double construction qui nous caractérise explique que religion et pouvoir ont toujours coexisté, non pas en tant qu’entités en opposition, mais en participation. Historiquement, religion et pouvoir apparaissent conjointement et toute religion ne s’est imposée que dès lors qu’elle s’est associée avec un pouvoir. Pouvoir céleste et pouvoir terrestre ne sont que deux aspects d’une même volonté, celle de quelques-uns à vouloir dominer la foule des autres. Ces deux pouvoirs ont le même objectif : contrôler les hommes en leur dictant ce qu’ils doivent croire et penser. Comme le rappelle le Coran en tant que symbole de cette union, pas un puissant qui s’étant revendiqué d’ascendance divine n’ait pas été adoubé par une religion. Aussi, combattre le pouvoir religieux au nom du pouvoir politique ne peut-il que libérer de puissantes forces destructives. Cette guerre n’aboutit qu’à la victoire d’une de ces deux idéologies au détriment de l’autre puisque, logiquement, la coparticipation de ces deux pouvoirs les équilibrait malgré tout. Cette lutte, ne peut donc que mener à la dictature du religieux ou à la dictature du politique et, quel que soit le camp vainqueur, c’est l’Homme qui en sort perdant. Pour autant, la solution n’est pas de maintenir ou de revenir à cet antique statu quo entre pouvoir spirituel et pouvoir matériel, mais bien d’exercer notre raison critique à l’égard du religieux comme à l’encontre du politique. Mener par l’exercice de notre raison une analyse critique du quoi et comment croire et une analyse critique du quoi et comment penser, ce qui nous ramène à notre sujet central.

En effet, pouvoirs politiques et religieux tendent à prendre le contrôle des masses en imposant une explication du Monde et de l’être au Monde, lesquels ont en commun d’être des systèmes d’interprétation et non l’analyse des faits réels. Le Coran appelle tous les hommes à se libérer des carcans et des tyrans, le croyant devant user de sa raison pour déconstruire les interprétations propres aux religions et tout être se défaire par elle des interprétations soutenues par les pouvoirs. Que l’on soit croyant ou non, peu importe, puisque le combat personnel est au fond identique : lutter contre l’erreur au service de la vérité, c’est-à-dire rechercher et défendre le réel contre l’interprétation. Il n’y a pas de voie plus juste et performative que celle consistant à exercer la force de la raison afin de faire tomber les murailles de l’interprétation. Aucune avancée n’est possible sans l’arme de la raison, un combat pacifique non pas contre l’autre mais contre soi, contre nos tendances à préférer l’interprétation, plus aisée, à la recherche du vrai, du réel, démarche plus coûteuse. Pour le croyant, cela représente la quête du Réel et du Vrai, tous deux représentés dans le Coran par un seul et même attribut divin : al–aqq.

Or, si l’on peut penser sa foi, croire ne relève pas du pensé, ce n’est donc pas la foi qui peut gouverner ces deux domaines, mais la raison, l’Homme en sa plénitude est d’abord raison puis foi. Ainsi, le croyant ne doit-il pas mener un combat contre sa foi, mais contre ses croyances, il ne doit pas non plus se laisser aveugler par les lumières de sa raison. Ce n’est que si sa foi est purifiée des croyances qu’elle peut participer à l’œuvre de la raison par le biais de l’éthique et de la morale, ce bel agir tout de morale et d’éthique appliquées dont le Coran inlassablement rappelle la capitale importance. C’est donc à la lumière de cette foi vécue constructivement que le croyant peut investir et maîtriser le champ du rationnel à la recherche de l’harmonie entre croire et penser. Non pas à l’Islam des Lumières, autre système d’interprétations, mais à la Lumière du Coran. Dieu n’a pas besoin de nous, Il est la raison pure, Il n’a pas besoin que nous rationalisions Sa Révélation, car elle est en soi rationnelle, éclairée comme éclairante. Il n y a donc pas à prophétiser un Islam des Lumières, comme si la Révélation attendait que l’homme l’éclairât de ses lumières ! Le Coran se dit lampe lumineuse/sirâj munîr, il ne nécessite pas la raison humaine pour briller. C’est à la raison humaine de chercher la Lumière du Coran et, si l’Exégèse a jusqu’à présent produit une multitude d’interprétations diverses comme divergentes c’est qu’elle n’a pas recherché la Lumière du Coran, mais qu’elle s’est évertuée à y projeter nos propres lumières. C’est ainsi que l’on demeure aveugle, en nos ténèbres, sans retour. L’ensemble des exégèses canonisées par la caste des Gardiens du Temple constitue de facto une connaissance et la Connaissance est fondée sur la certitude alors que la Science repose sur le principe d’incertitude, il n’y a donc pas de sciences islamiques.

Rien ne doit combattre la raison que la raison et opposer à la raison la certitude de sa foi est un non-sens, ce n’est pas là un acte de foi. Le Coran appelle le croyant à penser alors que les religions l’appellent au suivisme. Aussi, la raison ne doit-elle pas combattre la foi, mais s’employer à déconstruire la Religion. Cela ne signifie pas qu’il faille la détruire, mais qu’il s’avère nécessaire de la rationaliser, en expurger le légendaire, l’archaïque, l’historique, le politique et la ritualisation du croire afin de reconstruire du sens à la foi, prioriser la verticalité par rapport à l’horizontalité. Pour ce faire, comprendre le Coran tel qu’en lui-même est la condition sine qua non, l’acquisition d’un message antérieur au religieux, un critère de jugement auquel se conformer. Par cette voie coranique l’on ne peut envisager une réforme des religions, Islam y compris, puisque le Coran à l’évidence n’est pas une religion et n’en possède pas le contenu. Par contre, l’éminente éthique coranique permet à tout un chacun de réformer de manière critique et étayée son rapport à l’Islam, son Islamité. L’on perçoit là que l’avenir n’est pas à l’Islam, mais au dépassement de l’Islam, l’avenir n’est pas au religieux, mais à la foi. La foi survivra au temps, elle est intrinsèque à l’Homme et les religions ne sont qu’un système d’explication du monde et des règles d’être au monde. Or, les musulmans peuvent être les premiers à dépasser ce cadre vers une foi pure, la foi en Dieu au travers de la Révélation. En relisant le Coran à la lumière de la raison, ils peuvent être les éclaireurs de cette nouvelle ère. Ils peuvent ainsi régler leur islamité à l’aune de la Lumière du Coran et non à l’ombre de leur religion. La foi lorsqu’elle est ainsi ramenée à sa quintessence ne combat plus la foi de l’autre ni la non-foi, elle est dépassement. Seules les religions se livrent bataille, comme tous pouvoirs, et elles seules ont pour ennemi la raison. Un croyant aujourd’hui doit être un sceptique puissant, caustique, un douteur vrai. Ne rien accepter que la raison n’ait éprouvé puis approuvé après une enquête minutieuse et prolongée.

L’Ère de la foi est une promesse, quand tous les croyants dépasseront leur religion nous connaîtront l’Âge d’or de la foi. De fait, le dialogue interreligieux tel que prôné actuellement n’est qu’un discours d’interface, voire de surface, car les religions sont sœurs ennemies, les hommes ne peuvent donc pas être frères en religion, mais frères de foi. Le véritable dialogue sera celui d’hommes de foi, d’hommes de Dieu, au-delà des religions, mais cela suppose une foi purifiée par la raison des scories des croyances : l’Âge d’or de la raison. En cela, ils traduiront le dialogue intérieur, en chaque être, entre foi et raison : l’échange pur entre une foi éclairée par la raison et une raison guidée par l’éthique de la foi.


[1] Cf. Foietnon-foi, îmân et kufr selon le Coran et en Islam ; S7.V172.


[2] Cf. 3– Adam et Elle/Ève, Iblîs et le Shaytân : raison et conscience selon le Coran et en Islam.


[3] Voir à ce sujet notre article Peut-on « croire sans comment ni signification » ? au lien suivant : https://iqbal.hypotheses.org/1996 


[4] Voir : Foietnon-foi, îmân et kufr selon le Coran et en Islam ; S7.V172.


[5] Sur le rejet de la théologie naturelle par le Coran, voir note 8 en Foietnon-foi, îmân et kufr selon le Coran et en Islam.


[6] S2.V164 :

إِنَّ فِي خَلْقِ السَّمَاوَاتِ وَالْأَرْضِ وَاخْتِلَافِ اللَّيْلِ وَالنَّهَارِ وَالْفُلْكِ الَّتِي تَجْرِي فِي الْبَحْرِ بِمَا يَنْفَعُ النَّاسَ وَمَا أَنْزَلَ اللَّهُ مِنَ السَّمَاءِ مِنْ مَاءٍ فَأَحْيَا بِهِ الْأَرْضَ بَعْدَ مَوْتِهَا وَبَثَّ فِيهَا مِنْ كُلِّ دَابَّةٍ وَتَصْرِيفِ الرِّيَاحِ وَالسَّحَابِ الْمُسَخَّرِ بَيْنَ السَّمَاءِ وَالْأَرْضِ لَآَيَاتٍ لِقَوْمٍ يَعْقِلُونَ


[7] S16.V79 : « أَلَمْ يَرَوْا إِلَى الطَّيْرِ مُسَخَّرَاتٍ فِي جَوِّ السَّمَاءِ مَا يُمْسِكُهُنَّ إِلَّا اللَّهُ إِنَّ فِي ذَلِكَ لَآَيَاتٍ لِقَوْمٍ يُؤْمِنُونَ »

Source : https://www.alajami.fr/index.php/2018/04/20/foi-et-raison-2/

Dr. Moreno al Ajamî. Médecin, Docteur en Littérature et Langue arabe, Islamologue, Théologien, Spécialiste de l’exégèse du Coran.

Selon le document ‘lescahiersdelislam.fr’ > « Sa recherche fondamentale porte sur l’analyse des limites de la théorie herméneutique de l’interprétation. Il a ainsi mis en évidence l’existence d’un sens littéral défini comme non-interprétatif et non-herméneutique. Du point de vue pragmatique, l’application de ces notions à l’étude critique des diverses approches exégétiques du Coran a permis l’élaboration d’une méthode rationnelle de détermination du sens littéral du texte coranique : l’Analyse littérale du Coran. Cette méthodologie strictement intratextuelle, c’est-à-dire intra-coranique, rend possible la rupture des cercles herméneutiques islamo-islamologiques à l’œuvre lors de la compréhension du Coran. Conséquemment, les résultats obtenus divergent parfois radicalement des lectures interprétatives classiques ou contemporaines. En proposant une lecture possible de l’état natif du texte, cette démarche littérale, qui n’est en rien littéraliste, ouvre à de nouveaux paradigmes théologiques et exégétiques. Ces derniers montrent que l’explication du Coran par lui-même/tafsîr al–qur’ân bi-l–qur’ân diffère grandement de la compréhension du Coran selon la grille de lecture de l’Islam ou de l’islamologie ».

« Le Dr Moreno al Ajamî a mené l’analyse littérale de nombreux versets impliqués en des problématiques telles que l’égalité des genres, le mariage mixte, le hijab, le jihad, la violence religieuse, la tolérance religieuse, l’universalité du Salut, la foi et la raison, le libre arbitre et le destin, l’altérité, et ses écrits en ligne suscitent d’intenses débats ».

Source : https://www.lescahiersdelislam.fr/author/Dr-Moreno-Al-Ajami/

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Annexe 2 -
Croyants, athées, scientifiques et philosophes face au spirituel : cinq podcasts sur la foi – Par Elise Racque - Publié le 26/04/2018. Mis à jour le 30/04/2018 à 12h36. Document ‘telerama.fr’.

Croire ou ne pas croire… telle est la question ! D’où venons-nous ? L’univers a-t-il été créé ? Suis-je libre ? Certains trouvent les réponses dans la croyance religieuse. D’autres non. Voici cinq podcasts pour explorer les mystères de la foi. 

« Dieu est mort », proclamait Nietzsche à la fin du XIXe siècle. Pourtant, en 2010, le ‘Pew Research Center’ estimait que 84 % des habitants du globe se sentaient appartenir à l’une des cinq religions majoritaires. Dans les sociétés occidentales européennes, chercheurs et commentateurs débattent pour savoir s’il faut ou non parler d’un « retour du religieux », après des décennies de sécularisation. Nombreuses sont également les personnes qui confient croire en une entité transcendantale, sans pour autant se revendiquer d’une religion. Au-delà d’une appartenance à une communauté religieuse organisée, comment comprendre le sentiment de foi ? D’où nous vient-il ? Nous vous proposons cinq émissions de radio à (ré)écouter, pour comprendre la teneur et les raisons de cette inclination humaine vers le spirituel.

Dieu, où es-tu ? Dans le cerveau, répond la RTS !

Foi et sciences réunies dans une émission, c’est possible ! Ce programme de la radio publique suisse reçoit des médecins – croyants ou non – spécialistes de l’activité neuronale, ainsi que des philosophes théologiens pour tenter d’expliquer l’invisible. Leur discussion riche d’exemples étonnants est passionnante. Peut-on situer la foi dans notre cerveau ? Peut-on associer cet état subjectif à un phénomène physiologique ? Depuis plusieurs années, des moines bouddhistes sont sollicités par des chercheurs pour tenter de visualiser l’état de méditation grâce à l’imagerie médicale. Cette dernière réussit, entre autres, à localiser sous notre crâne les endroits sollicités lors d’une expérience mystique ou hallucinatoire. Une enquête scientifique qui n’enlève rien au mystère de la croyance, comme en témoigne une neuropsychologue chrétienne : « Le fait de savoir cela ne va pas me convaincre de croire ou de ne pas croire. Ma foi persiste. »

Hautes fréquences, RTS, émission du 30/9/2012.

Philosopher sur la foi sur France Culture

Croit-on comme on croyait avant ? La croyance est-elle une étape vers la connaissance ? Comment différencier la foi de la superstition ? Autant d’interrogations qui n’auront plus de secrets pour vous après avoir écouté cette série des Chemins de la philosophie, composée de quatre épisodes et intitulée : « Que croyez-vous ? » A l’occasion de la Semaine européenne de la philosophie, consacrée à la croyance, Adèle Van Reeth et ses invités avaient convoqué Nietzsche, le Talmud, Emmanuel Carrère ou encore Spinoza, pour parler de la foi. Les échanges sont pointus et font vite oublier par leur profondeur les arguments parfois simplistes des polémiques qui éclatent régulièrement autour de la religion.

Petit panorama des épisodes :

1. La religion peut-elle se passer de la foi ? Où la rabbin Delphine Horvilleur explique entre deux blagues juives que la question de la foi est secondaire dans le judaïsme.

2. Croire au XXIe siècle, où le professeur de philosophie Camille Riquier se demande si Dieu est vraiment mort, ou s’il a juste changé de visage en Occident.

3. Les raisons de croire, où Claudine Tiercelin, prof de philo au Collège de France, esquisse des liens entre la croyance et la connaissance. Elle rappelle que « nous avons besoin de croire, c’est-à-dire de représentations, pour agir ».

4. Comment lutter contre la superstition avec Spinoza, où le philosophe Ariel Suhamy démêle les affects qui mènent à la superstition.

Les Chemins de la philosophie, France Culture, émissions du 11 au 16/11/2017.

Sur Europe 1, croire en doutant pour préserver la paix

Raphaël Enthoven réunit la rabbin Delphine Horvilleur et l’islamologue Rachid Benzine pour rappeler que si des fois très différentes coexistent sur Terre, elles peuvent le faire en paix. Les deux personnalités ont uni leurs plumes en publiant l’année dernière aux éditions du Seuil le livre Des mille et une façons d’être juif ou musulman.  Leur « ennemi commun » : le littéralisme, l’interprétation littérale des textes religieux si chère à certains fidèles partisans d’un retour aux sources extrême. Dans ce dialogue apaisant et bienvenu, la rabbin et l’islamologue défendent « le pouvoir dire » de la Torah et du Coran, c’est-à-dire la liberté d’interprétation du croyant, invité à questionner le texte à la lumière du temps présent. Croire n’est pas savoir. « La foi heureuse est celle qui accueille le doute, et n’a pas peur de l’humour. »

Qui vive ?, Europe 1, émission du 12/11/2017.

Choisir de ne pas croire en Algérie, sur Arte Radio

« Etre athée en Algérie, c’est comme être un extraterrestre », assène Omar au micro de Marine Vlahovic. L’interview est clandestine, cachée dans une voiture. Pour Arte Radio, la journaliste est allée à la rencontre d’Algériens qui ont choisi de ne pas croire, dans un pays où l’islam est à la fois religion ultra majoritaire et religion d’Etat. Si la liberté de conscience est inscrite dans la Constitution, vivre son athéisme au grand jour reste compliqué en Algérie. Etre le seul de son quartier à ne pas aller à la mosquée le vendredi attire forcément les regards. Certains se résolvent à suivre le ramadan, pour être tranquilles. « C’est le peuple lui-même qui ne tolère pas que tu adoptes une autre conduite que la sienne, le peuple lui-même qui est inquisiteur », explique Mustapha. Outre leurs difficultés au quotidien, ces témoins – anciennement musulmans – racontent comment ils ont quitté la foi, malgré une éducation érigeant l’athéisme en mal absolu. Ils se sentent depuis déconnectés de leur société, et incompris de leurs proches. Leurs récits sont bruts, touchants, et ont le mérite de ne pas tous venir d’Alger, la capitale. 

Athées à la menthe (algérienne), Arte Radio, émission du 16/11/2016.

Quand la foi guérit, sur RFI

En République démocratique du Congo, le célèbre neuropsychiatre Boris Cyrulnik a rencontré des enfants soldats traumatisés par la violence. Dans leur bouche, une demande : « Expliquez-moi pourquoi je ne me sens bien qu’à l’Eglise. » « Je n’ai pas su leur répondre », confesse le savant. Il se lance alors dans une enquête pour comprendre pourquoi tant de ses patients lui disent surmonter leurs traumatismes grâce à leur foi. Et découvre l’influence de l’éducation religieuse sur l’attachement affectif, et les capacités résilientes du psychisme. Dans cet entretien mené par Geneviève Delrue, il explique sa démarche avec pédagogie – dont il fait preuve dans son livre Psychothérapie de Dieu, publié aux éditions Odile Jacob. Une incursion rare dans la psychologie de la religion. 

Religions du monde, RFI, émission du 24/9/2017.

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Source : https://www.telerama.fr/radio/croyants,-athees,-scientifiques-et-philosophes-face-au-spirituel-cinq-podcasts-sur-la-foi,n5602810.php

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Complément - Arabie Saoudite - Les liaisons dangereuses / La Chaîne parlementaire Public Sénat - Documentaire (géopolitique) – Vidéo de 52 minutes de 2016 - En Arabie Saoudite, politique et religion sont étroitement liés. Comment et pourquoi cette monarchie absolue a-t-elle propagé le wahhabisme dans le monde ?

Synopsis : En Arabie Saoudite les pouvoirs politiques et religieux sont étroitement liés. Comment et pourquoi, au cours de l’histoire récente, cette monarchie absolue a-t-elle propagé le wahhabisme dans le monde ? Cette doctrine religieuse, considérée par d’autres courants de l’islam comme sectaire et dangereuse, flirte parfois avec des mouvements djihadistes radicaux.

Réalisateur : Claude Trinquesse – Auteur : Julie Lerat - Diffusion à venir : Mercredi 29 mai 2019 à 00h30 - © 2019 TaBom. All rights reserved. CGU – Source : https://tv-programme.com/arabie-saoudite_documentaire/les-liaisons-dangereuses_e595738

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Auteur : Jacques HALLARD, Ingénieur CNAM, consultant indépendant – 25/05/2019

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Adresse : 585 Chemin du Malpas 13940 Mollégès France

Courriel : jacques.hallard921@orange.fr

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