ISIAS

"Les femmes juives dans l’Histoire et dans leur vie de tous les jours en Israël et dans quelques pays de la Francophonie" par Jacques Hallard

vendredi 9 août 2019 par Hallard Jacques



ISIAS Monde juif et judaïsme

Les femmes juives dans l’Histoire et dans leur vie de tous les jours en Israël et dans quelques pays de la Francophonie

Jacques Hallard , Ingénieur CNAM, site ISIAS 08/08/2019

Série « Divers aspects du monde juif et du judaïsme »

Partie 1 : ’Découverte de l’identité juive, de l’état d’Israël et d’une possibilité de paix au Proche-Orient en évoquant les fils d’Abraham : Ismaël et Isaac, d’après Gérard Haddad’ par Jacques Hallard , mercredi 31 juillet 2019

Partie 2 : ’Centième anniversaire de la naissance de Primo Lévi écrivain mémorialiste italien, survivant de l’extermination systématique ou génocide de très nombreux Juifs par l’Allemagne nazie (Shoah) - Avec un récit de trois survivantes du camp d’Auschwitz’ par Jacques Hallard , lundi 5 août 2019

Partie 3 : Les femmes juives dans l’Histoire et dans leur vie de tous les jours en Israël et dans quelques pays de la Francophonie

PLAN : {{}}Introduction Sommaire Auteur


Introduction

Ce dossier commence par répertorier des articles qui mentionnent la place et le rôle des femmes dans le judaïsme d’une manière générale, et en particulier au Québec et en France, et il fait notamment appel à la philosophe Delphine Horvilleur, une femme rabbin française qui a beaucoup communiqué sur sa façon de voir les choses, à la fois dans les sociétés de culture occidentale, mais également à la lumière des références au Talmud et à la Thora.

Le Talmud , hébreu : תַּלְמוּד talmoud, « étude ») est l’un des textes fondamentaux du judaïsme rabbinique et la base de sa Halakha (« Loi »). Rédigé dans un mélange d’hébreu et de judéo-araméen et composé de la Mishna et de la Guemara, il rassemble les discussions rabbiniques sur les divers sujets de la Loi juive telle qu’exposée dans la Bible hébraïque et son versant oral, abordant entre autres le droit civil et matrimonial mais traitant, au détour de ces questions, de points d’éthique, de mythes, de médecine, de génie et autres1. Divisé en six ordres (shisha sedarim, abrégé Sha’s), il existe deux versions du Talmud, dites Talmud de Jérusalem et Talmud de Babylone . Depuis sa clôture, le Talmud a fait l’objet de nombreux commentaires et exégèses, les uns tentant d’en extraire la matière légale, les autres d’en poursuivre les discussions en développant sa dimension casuistique, aboutissant à de savantes discussions et à des interprétations novatrices... – Source : https://fr.wikipedia.org/wiki/Talmud

La Thora « ou Thora (en hébreu תּוֹרָה, « instruction » ; en grec ancien Νόμος — Nomos —, « Loi »1) est, selon la tradition du judaïsme, l’enseignement divin transmis par Dieu à Moïse (תּוֹרַת־מֹשֶׁה – Tōra Mōshe) sur le mont Sinaï et retransmis au travers de ses cinq livres (hébreu : חמשה חומשי תורה – amishā oumshē Tōrā) ainsi que l’ensemble des enseignements qui en découlent2,3. Elle est composée de cinq livres désignés en hébreu par un des premiers mots du texte et traditionnellement en français : la Genèse (Berēshī : Commencement), l’Exode (Shemō : Noms), le Lévitique (Wayyiqrā : Et il appela), les Nombres (Bamibar : Dans le désert) et le Deutéronome (Devarim : Paroles). Elle contient, selon la tradition juive, 613 commandements4 et comporte, outre la composante écrite (hébreu : תורה שבכתב, Tōrā sheBikhtā : « Torah écrite »), une dimension orale (hébreu : תורה שבעל פה, Tōrā sheBeʿal Pe : « Torah orale »), ultérieurement compilée dans le Talmud et la littérature midrashique3. Le christianisme appelle Pentateuque les livres traditionnellement attribués à Moïse, terme d’origine grecque Πεντάτευχος qui signifie « Les cinq livres ». Il les reconnaît comme faisant intégralement partie des Écritures canoniques (« Ancien Testament »), bien qu’il en ait partiellement abandonné les préceptes rituels et qu’il ne reconnaisse pas d’autorité aux enseignements rabbiniques. Le christianisme soutient en effet que le message du Christ diffusé par le Nouveau Testament conduit à l’accomplissement de la Torah (Matthieu 5, 17-20), désormais objet d’une observance intériorisée et d’une interprétation allégorique, comme l’attestent les écrits de Paul de Tarse dès le milieu du Ier siècle (Première épître aux Corinthiens)5. La Torah est aussi reconnue par l’islam, selon lequel elle aurait cependant été falsifiée6

Sont par la suite abordés dans ce dossier : les aspects vestimentaires et alimentaires (dont on peut par exemple consulter les règles avec cette vidéo 03:31) et les pratiques religieuses (dont les formes sont décrites dans ce texte) en Israël et dans les communautés juives en de nombreux pays, ainsi que la sexualité dans le Judaïsme (pour ses fondements, on peut se référer à cet article), avec une analyse particulière de la prostitution juive à partir de références historiques (par exemple dans l’Algérie coloniale et en Amérique du Sud), et les conséquences avec des phénomènes sociologiques qui se sont un temps répandus en France (sur ce sujet voir notamment la ‘rumeur d’Orléans’, « une affaire à la fois judiciaire, médiatique et politique qui se déroula en 1969 dans cette ville du département du Loiret » et qui a été décrite par le sociologue et philosophe français Edgar Nahoum, dit Edgar Morin (né en 1921) : voir « 1969 : La rumeur d’Orléans » - Archive INA sortie le 1er avril 2019) et reprise par ‘Canal-U le 12 octobre 2017 dans une vidéo 2825 lors d’un entretien sur le thème du racisme et de l’antisémitisme.

Est également examinée la situation actuelle de la prostitution en Israël, qui amène les autorités à prendre des mesures (difficiles à financer) pour la réadaptation des femmes prostituées, et des initiatives qui avaient été prises par exemple en France avec des Assises de l’égalité en 2013 organisées par l’ Institut Emilie du Châtelet avec le thème « Transmettre, instruire, éduquer », ’La culture, une arme contre le sexisme ?’…

A ce propos, Wikipédia introduit ainsi la notion de sexisme 1 « qui désigne l’ensemble des préjugés ou des discriminations basés sur le sexe ou par extension, sur le genre d’une personne. Le terme peut être utilisé soit pour les deux sexes soit pour les deux genres. Il s’étend au concept de stéréotype et de rôle de genre, pouvant inclure la croyance qu’un sexe ou qu’un genre serait intrinsèquement supérieur à l’autre 2. Dans sa forme extrême, il peut encourager le harcèlement sexuel, le viol ou toute autre forme de violence sexuelle 3. Le sexisme évoque également la discrimination de genre sous la forme des inégalités homme-femme 4. La thématique du sexisme est abordée par différentes disciplines comme l’analyse des médias, la sociologie, les sciences politiques, la psychologie, ou encore, la philosophie… » Source : https://fr.wikipedia.org/wiki/Sexisme

Le présent travail de recherche documentaire fait écho aux travaux antérieurs portant sur le monde musulman et l’Islam : voir ’La présence de femmes musulmanes ‘savantes’, réputées et engagées est attestée depuis le IXème siècle et jusqu’à nos jours à travers le monde’ par Jacques Hallard, vendredi 31 mai 2019, d’une part, et ’Féminisme, laïcité « à la française » et valeurs républicaines reprises par des militantes musulmanes qui s’engagent en politique en France et en Belgique notamment pour la liberté de pensée et de conscience, l’égalité sexuelle et d’accès à l’éducation, leurs choix et droits vestimentaires’ par Jacques Hallard, dimanche 14 juillet 2019, par ailleurs. Ou encore : ’Des 5 piliers de l’islam à l‘exégèse coranique moderne selon Jacqueline Chabbi ; regards sur la place de la femme dans l’Islam, son statut dans les versets coraniques, et quelques réalités quotidiennes en Occident’ par Jacques Hallard, jeudi 13 juin 2019. Puis ’Une série documentaire sans complaisance sur les multiples lieux communs et les clichés projetés sur les femmes arabes qui vivent en France’ par Jacques Hallard dimanche 23 juin 2019.

Par la suite, concernant le monde juif et le Judaïsme, une sélection de documents qui traitent des femmes juives à travers les textes bibliques et dans l’Histoire a été effectuée, et des documents rapportent notamment les traits de personnalités féminines juives dites ‘célèbres’, ‘de mérite’ ou encore ‘exceptionnelles’ – Quelques-unes ont été choisies avec un aperçu de leurs œuvres dans ce dossier : Françoise Giroud (1916-2003), Simone Veil (1927-2017), l’écrivaine Eliette Abécassis et la journaliste et essayiste Laure Adler… pour la France, Ruth Bader Ginsburg née en 1033 et impliquée dans la lutte pour le droit des femmes et des minorités depuis les années 60 aux Etats-Unis ; Judith Kronfeld une femme dévouée à la communauté juive en Belgique qui défend les intérêts de cette communauté en fondant son action sur des valeurs humanistes (dont on peut lire les caractéristiques sur ce site).

Le problème du divorce dans la culture juive est également pris en considération en regard de la notion de ‘guett’, l’acte de divorce typiquement considéré en pareil cas, ainsi que la question de l’émancipation des femmes juives tant en France et qu’au Québec Canada, à travers le travail des femmes, leur diversité d’origine et la justice sociale à leur égard, etc…

Le sujet de l’émancipation des femmes juives avait déjà fait l’objet d’une publication : La Femme dans la tradition et la modernité juives / The Woman within ... de R Azria en1996 – A lire sur ce site :https://www.persee.fr/doc/assr_0335-5985_1996_num_95_1_1039

Ensuite sont rapportés un certain nombre de documents qui traitent plus particulièrement des femmes juives au Maroc, d’un point de vue historique et avec des actions de nature mémorielle qui sont en cours pour recenser les femmes juives d’origine marocaine dans le monde, notamment aux Etats-Unis.

Ce dossier à visée pédagogique et didactique, est constitué à partir de plus de 50 entrées qui sont répertoriées dans le sommaire ci-dessous et il se termine avec quelques nouvelles à tire d’exemples sociologiques : un point de vue émanant d’une juive française qui parle de « son chez soi en France » ; l’annonce de la nomination d’une femme juive orthodoxe nommée « chef de la cybersécurité pour une agence d’espionnage américaine » ; le sort d’une émigrée soudanaise qui a grandi en Israël et qui est devenue une mannequin célèbre redoutant toutefois une possible expulsion… enfin une information selon laquelle un projet touristique se profile dans le territoire du Sinaï proposant une restaurant casher … mais aussi « une plage séparant les hommes et les femmes » ! LeSinaï « est une péninsule égyptienne d’environ 60.000 km2, à la forme triangulaire et située entre la mer Méditerranée (au nord) et la mer Rouge (au sud). Voir une Image satellite du Nil et du Sinaï.

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Sommaire

1. Le rôle des femmes dans le Judaïsme - Je suis femme par Sara Esther Crispe – Non daté. Document ‘fr.chabad.org’

2. Les femmes et la religion juive Par Renée OHANA – Document québécois ‘L’autre Parole’ – Non daté

3. Le judaïsme aime-t-il les femmes ? Par Lucile Quillet - Le 26 septembre 2014 – Document ‘madame.lefigaro.fr’ > Rencontre avec Delphine Horvilleur

4. Documents concernant Delphine Horvilleur

6. Divorce : ces femmes juives ’enchainées’ - Par Gaétan Supertino16h04, le 30 mai 2014 , modifié à 21h37, le 30 mai 2014 – Document ’europe1.fr’

7. En Israël, les Femmes du Mur gagnent du terrain Par Marc Henry - Publié le 09/06/2013 à 21:11 – Document ‘lefigaro.fr’

8. VIDEO. Devant le Mur des lamentations, prières ’historiques’ de femmes juives Mis à jour le 11/05/2013

9. Jérusalem - Ces juifs ultra-orthodoxes qui ne veulent plus voir de femmes prier - FRANCE 24 – Vidéo 2:57 ajoutée le 28 août 2015

10. La sexualité dans le judaïsme d’apprès Wikipédia

11. Les juifs dans le commerce sexuel : le tabou de la prostitution juive - Une contribution érudite à l’histoire du peuple juif Publié le : samedi 26 août 2017 – Document ‘egaliteetreconciliation.fr’

12. La prostitution féminine juive dans l’Algérie coloniale-Entre fantasmes et réalités (1830-1962) Par Christelle Taraud - Dans Archives Juives 2011/2 (Vol. 44), pages 77 à 85 - Mis en ligne sur Cairn.info le 06/02/2012

13. Quand des milliers de juives étaient envoyées dans des bordels en Amérique du Sud - Slate.fr — 27 juillet 2013

14. Antisémitisme : il y a 50 ans, la “rumeur d’Orléans” s’emparait des rues de la ville Par Fabienne Marcel Publié le 30/07/2019 à 16:34– Document ‘france3-regions.francetvinfo.fr’

15. La communauté religieuse d’Israël fait face à la prostitution Par Judith Douillet. Le 22 octobre 2017 – Document ‘alliancefr.com’

15bis. Plan de réadaptation des prostituées au point mort pour un retard de financement - Par Times of Israel Staff 4 août 2019, 16:27

16. Tinder, outil le plus utilisé pour la recherche de prostituées en Israël – Rapport Par Times of Israel Staff et AFP - 07 juin 2019, 12:59 – Document ‘fr.timesofisrael.com’

17. VIDEO - ’La culture, une arme contre le sexisme ?’, Assises 2013 - Transmettre, instruire, éduquer - Institut Emilie du Châtelet - Vidéo 1:17:20 ajoutée le 30 novembre 2017

18.Ces femmes qui ont changé le cours de l’histoire juive (Sources bibliques) – Par Moshé Maurice-Ruben HAYOUN – 13 octobre 2015 – Document ‘JForum’

19. La personnalité deMaurice-Ruben Hayoun d’après Wikipédia

20. La femme juive et l’HistoirePar Benjamin Duvshani - 18 juin 2010

21. Les femmes juives célèbres et dans l’Histoire -Une longue liste à consulter sur les femmes juives célèbres (Accès par ordre alphabétique) - Document : ‘lesfemmesjuivescelebres.blogspot.com/’

22. Femmes juives de mérite - Figures féminines de l’histoire juive – Document ‘› Communauté & Famille › La femme juive -https://fr.chabad.org

23. Sept femmes juives exceptionnelles à travers les âges - Par DrYvette Miller - Document ‘aish.fr’ – Non daté

24. Trois visages célèbres de femmes qui ont lutté pour leur conversion au judaïsme Par Judith Douillet. Le 27 juin 2017 - Photo – Document ‘alliancefr.com’

25. LIVRE - « 110 femmes juives qui ont marqué la France », de Michèle Bitton – Document ‘cultures-j.com’ {{}}Rédaction Littérature – Document : ‘Cultures-J.com’ -

26. Personnalités françaises du judaïsme (hommes et femmes) répertorés par Wikipédia

27. La personnalité de Françoise Giroud d’après Wikipédia

28.Françoise Giroud (1916 - 2003) – Dans le cadre d’une émission de France Culture intitulée Une vie, une oeuvrepar Matthieu Garrigou-Lagrange le samedi de 15h00 à 16h00 – Enregistrement de 59 minutes - 04/08/2018

29. La personnalité de Simone Veil décrite par Wikipédia

30. Simone Veil : biographie de l’icône de la lutte pour les droits des femmes - La Rédaction, Mis à jour le 11/03/19 12:13 – Document ‘linternaute.fr’

31. La personnalité d’Éliette Abécassis d’après Wikipédia

32. Biographie de l’écrivaine Eliette Abécassis dans ‘Gala’

33. Plusieurs présentations d’un livre d’ Eliette Abécassis : ‘Le Maître du Talmud’

34. La personnalité de Laure Adler présentée par Wikipédia

35. Découvrir la biographie et une partie de l’œuvre de Laure Adler, historienne, écrivaine et journaliste avec France Culture

36. Sélection d’autres œuvres de Laure Adler

37.Haut du formulaire

Bas du formulaire

Divorce  : nouvelle avancée pour les femmes juives « enchaînées » ParMélinée Le Priol, le 04/07/2018 à 11:55. Modifié le 04/07/2018 à 16:29 – Document ‘la-croix.com’

38. Notion deguett(acte de divorce) dans la culture juive selon Wikipédia

39. Les femmes juives françaises face à l’émancipation#NEUNUNDDREIZIGPar Vincent Vilmain - Dans Archives Juives 2015/2 (Vol. 48), pages 4 à 10 - Article AuteurSur un sujet proche - Mis en ligne sur Cairn.info le 01/10/2015

40. ’Une femme d’exception’ de Mimi Leder - Mardi 5 mars 2019 par Florence Lopes Cardozo Publié dans Regards n°1039

41. Judith Kronfeld, une femme dévouée à la communauté juive Mardi 1 mars 2016 par Nicolas Zomersztajn - Publié dans Regards n°836 - Mensch de l’année 2016

42. Développement de la communauté juive et réclamation de « la moitié du royaume » : travail des femmes, diversité et justice sociale à Montréal de 1917 à 2017 Par Mary Anne Poutanen – Document ‘juifsdici.ca’

43. Femmes et religion au Québec Canada Par Richard MarceauGeneral Counsel and Senior Government Advisor - Centre for Israel and Jewish Affairs - LES BLOGUES 25/10/2013

44. Aleph - Centre d’Études Juives Contemporaines au Québec Canada

45. Histoire 19-20ème siècle - Evolution et mutation des femmes juives du Maroc AIUmaber Vidéo 1:24:46 ajoutée le 20 mai 2014

45. Histoire 19-20èmesiècle - Evolution et mutation des femmes juives du Maroc {{}}AIUmaber Vidéo 1:24:46 ajoutée le 20 mai 2014

46. Un projet israélo-marocain remarquable concernant un Livre-Documentaire filmé sur des femmes juives d’origine marocaine dans le monde - Article rédigé par Arrik Delouya - Publié le 20 Décembre 2012

47. Juives et Marocaines - Saga d’une diaspora, par Mouna Izddine - 07/04/2016 - 06:18 - Photo – Voir http://ma.viadeo.com/fr/profile/mouna.izddine

48. Le judaïsme au Maroc : l’exception culturelle marocaine Par Tancrède Wattelle, directeur adjoint du Programme Défense et Sécurité de l’Institut Open Diplomacy - 28 avril 2016 · MENA

49. Les journées du judaïsme marocain (3/6) - La femme juive marocaine, vecteur de transmission (Enregistrement de 53 minutes ) – ParShmuel Toledano 

50. Juive et française, mon chez moi, c’est d’abord la France, pas Israël Par Noémie HaliouaJournaliste, spécialiste de culture, vie des idées, histoire juive

51. Une femme juive orthodoxe nommée chef de la cybersécurité pour une agence d’espionnage américaine 25 juillet 2019 – Document ‘rakbeisrael.buzz’

52. Une célèbre mannequin soudanaise, qui a grandi en Israël, redoute une expulsion Par Times of Israel Staff 4 août 2019

53. Bientôt dans le Sinaï : une plage séparant les hommes et les femmes et un restaurant casher (sans Daesh ?) - 04 juillet 2019 – Vidéo 02 :58 (en hébreu) – Document ‘rakbeisrael.buzz/

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1.
Le rôle des femmes dans le Judaïsme - Je suis femme par Sara Esther Crispe – Non daté. Document ‘fr.chabad.org’ [tradition juive du Mouvement ‘Habad-Loubavitch - Voir aussi Controverses liées à Habad-Loubavitch ] - Illustration

Je n’oublierai jamais comment je me sentais le jour où mon professeur de « gender studies  » prétendit qu’il n’y a absolument aucune différence entre les hommes et les femmes. J’ai regardé autour de moi, choquée par cette affirmation, en me demandant si quelqu’un d’autre ressentait la même chose.

La plus grande partie du semestre, on nous avait martelé que toutes les distinctions entre les personnes de races différentes, d’origines géographiques différentes ou vivant dans des habitats différents n’avaient aucun sens, et que c’était simplement la société qui tentait d’imposer l’idée que ces différences sont réelles.

Pourquoi les femmes naissent-elles avec un utérus et pas les hommes ?Peut-être avait-elle raison, pensions-nous tous. Peut-être avions-nous réellement gobé les définitions de la société et intégré son désir de distinction. Peut-être était-ce raciste de prétendre que de manière générale les hommes noirs sont plus grands que les hommes asiatiques. Peut-être était-ce sexiste de penser que les hommes sont physiquement plus forts que les femmes.

Mais un jour, quand je n’ai pas pu résister plus longtemps, il a fallu que je pose une question. Si nous étions vraiment semblables, je veux dire, pratiquement d’exacts semblables, alors pourquoi les femmes naissent-elles avec un utérus et la capacité de porter un enfant, et pas les hommes ? Et si les différences physiques sont si clairement indéniables et apparentes, alors pourquoi serait-il si farfelu de penser que peut-être à côté de ces différences physiques, existent également des différences émotionnelles ou psychologiques ou spirituelles ?

Je ne suis pas sûre que ma question a eu d’autres conséquences que de faire enrager mon professeur qui n’en revenait pas que je sois encore assez ignorante pour attribuer autre chose que de la physiologie à des différences physiques, mais, pour moi, cette question marqua un tournant dans ma vie. Si je possédais des aptitudes et des capacités que le sexe masculin ne possède pas, alors il me sembla impératif de découvrir la puissance de ces facettes de mon être, pourquoi j’en étais dotée, et ce qu’elles signifiaient. Bien que, dans l’idée de mon professeur, une femme puissante était celle que l’on pouvait à peine distinguer d’un homme, je voulais célébrer les différences inhérentes aux deux sexes plutôt que de les diminuer. Et je voulais non seulement percer les mystères de ce que cela signifie d’être une femme, mais plus important encore, ce que cela signifie d’être une femme juive.

C’est ainsi qu’a débuté mon voyage...

Qu’est-ce que cela signifie d’être une femme juive ? Qu’est-ce que cela signifie d’être une femme dans le Judaïsme ? J’ai commencé ma recherche avec la première femme dans la Torah. Le nom de cette femme est ‘Havah en hébreu, traduit par « Ève » en français. ‘Havah est dénommée « la mère de toute vie ». On nous dit qu’elle fut créée, après la création du premier homme, Adam, le sixième jour de la création, immédiatement avant le début du Chabbat. Et la femme fut créée, nous enseigne-t-on, dans le but d’être un eizer kenegdo, qui peut se traduire de l’une ou l’autre manière : soit « une aide pour lui », soit « une aide contre lui ».

Les commentaires expliquent que, dans une relation, il y a des moments où l’on est plus utile en soutenant son conjoint, à ses côtés, et il y a des moments où l’aide nécessaire requiert d’aller à l’encontre des désirs et de l’opinion de son conjoint. Le but est de savoir à quel moment chaque forme d’action est appropriée.

Il semblerait, dès lors, qu’une femme est créée avec comme unique but celui d’aider un homme. On peut se demander, « Être une femme juive est-il uniquement défini en termes de sa relation avec un autre ? » Et, pratiquement parlant, comment cela est-il censé s’accomplir ? Il semble que la réponse évidente soit à travers le mariage et en ayant des enfants.

Qu’est-ce que cela signifie d’être une femme juive ? Qu’est-ce que cela signifie d’être une femme dans le Judaïsme ?Pourtant, nous trouvons quelque chose de fascinant. Dans la Halakha (la loi juive), une femme n’est obligée ni de se marier, ni d’avoir des enfants. Elle n’a aucune obligation légale en ce sens. En revanche, l’homme, si. Il a le devoir aussi bien de se marier que d’avoir des enfants. Il est assez clair qu’il ne peut le faire sans une femme qui soit son épouse et la mère de ses enfants, mais elle, elle n’y est en aucune façon obligée. Ainsi, la seule façon dont l’homme peut s’acquitter de son devoir, c’est si une femme est prête à l’aider à remplir ces rôles.

Selon la Torah, et en particulier dans la philosophie ‘hassidique et kabbalistique, les êtres humains ont été créés en deux catégories : hommes et femmes. Pourtant, lorsque les caractéristiques sont définies, il est le plus souvent fait référence à des « traits masculins » et des « traits féminins », plutôt que de parler au sujet « des hommes et des femmes ». Pourquoi est-ce important ? Parce qu’aussi bien les hommes que les femmes possèdent des traits masculins et féminins. De manière générale, un homme est principalement masculin et une femme principalement féminine. De manière générale. Il y a toujours des exceptions, et c’est pourquoi toutes les femmes ne nourrissent pas nécessairement de façon naturelle ce que l’on considère comme des désirs féminins, et de même tous les hommes n’ont pas toujours ce que l’on considère être des désirs masculins.

Les différences entre le masculin et le féminin sont grandes. Elles sont vastes. Et ces différences affectent la façon dont les hommes et les femmes pensent, ressentent, parlent et agissent. Les différences sont d’ordre psychologique, émotionnel, physique, spirituel et intellectuel. Et, bien que nous soyons tous une combinaison de traits masculins et féminins, nous sommes en définitive soit un homme, soit une femme. Et nos différences n’ont pas pour but de nous éloigner l’un de l’autre, mais de nous rapprocher, de nous équilibrer mutuellement et de nous attacher l’un à l’autre à mesure qu’ils deviennent des motifs de célébration, et non de séparation.

La plus grande différence entre un homme et une femme, ou plus exactement, entre le masculin et le féminin, se trouve dans les deux premières des qualités intellectuelles de l’être humain. La philosophie ‘hassidique enseigne qu’il y a trois propriétés intellectuelles et sept propriétés émotionnelles. La première de ces propriétés est celle de ‘hokhmah, qui peut se traduire comme « sagesse », qui est un principe masculin.

La ‘hokhmah est comparable à un éclair d’intuition. Physiquement parlant, elle est comparée à la semence de l’homme. C’est le début de toute vie, la fondation. Sans elle, rien ne sera jamais en mesure de venir à l’existence. Et pourtant, comme la graine, elle est invisible à l’œil nu. Elle n’a ni forme, ni sens. Pas encore. Elle a un potentiel, un potentiel incroyable, mais il ne peut pas se développer ou grandir ou se former par lui-même.

La propriété suivante, celle de binah, est la propriété féminine. La binah, qu’on pourrait traduire par « compréhension », est le désir de s’attacher à la sagesse, et de lui donner un sens. Binah est le processus de formation, la liaison, le développement. Dans la métaphore physique, Binah est la grossesse. Elle abrite littéralement la semence, et puis, alors que celle-ci est en elle, elle l’amène à grandir, à se développer et à prendre forme, jusqu’à ce qu’elle soit prête à naître et à exister par elle-même.

Les hommes et les femmes ont des traits masculins et fémininsLe mot hébraïque pour « maison », bayit, est un youd entre les lettres qui forment le mot bat, la fille. L’idée est que le youd, la plus petite de toutes les lettres hébraïques, représente la graine (il est même enseigné que la forme de cette lettre ressemble à une goutte de semence), et pourtant il est logé au sein de bat, la fille. C’est pourquoi il y a un autre enseignement qui déclare « Beito so ichto », la maison d’un homme, c’est sa femme. Cela ne signifie pas que sa maison est sa femme ou que sa femme représente la maison, mais que son véritable foyer est logé à l’intérieur de sa femme, sur un plan spirituel et émotionnel. Une femme ne doit pas être au foyer. Une femme est le foyer.

C’est la qualité de binah qui désire recevoir le potentiel de la graine et le cultiver en quelque chose de tangible et de significatif. Bien qu’elle ne soit pas obligée de le faire, elle veut le faire. Il s’agit d’une situation où chacun est dépendant de l’autre pour créer une réalité. La graine ne peut pas devenir quoi que ce soit en elle-même et par elle-même. De même, sans la graine, la binah ne peut pas créer quoi que ce soit, car elle n’a pas reçu le potentiel avec lequel travailler.

Spirituellement, une femme possède également la propriété masculine de ‘hokhmah, tout comme un homme a la propriété féminine de binah. En réalité, ou sur le plan le plus physique, une femme ne peut pas produire de semence et un homme ne peut pas porter ou donner naissance à un bébé. Mais, bien que le monde physique soit à bien des égards le plus bas et le plus superficiel de tous les niveaux, il n’en est pas moins le monde dans lequel nous vivons et celui qui est le plus tangible pour nous. La création physique d’un bébé est la plus profonde et la plus éternelle représentation de l’amour et du lien entre un homme et une femme. Cet enfant est le point culminant de la ‘hokhma de l’homme et de la binah de la femme. Il est le meilleur des deux mondes et est la représentation de l’avenir, la réalisation du potentiel de sa mère et son père.

Physiquement, les organes reproducteurs de la femme sont internes, tandis que ceux d’un homme sont externes. Cette capacité à intérioriser et à développer en son sein est une fois de plus à comprendre comme quelque chose de beaucoup plus que simplement physique. L’une des indications les plus claires de cela est la différence entre les obligations halakhiques – légales – des hommes et des femmes.

Un homme est tenu de respecter toutes les mitsvot limitées dans le temps, et ses commandements sont également externes et physiques dans une grande mesure. Par exemple, un homme est tenu de porter des tsitsit, les vêtements à franges qui représentent les 613 commandements à travers leurs fils et leurs nœuds. De plus, bien que ce fût à l’origine une coutume, un homme porte une kippa, un couvre-chef pour lui rappeler toujours que D.ieu est au-dessus. Et une autre éminente expression de cela est que l’homme prie trois fois par jour dans un quorum de dix hommes. Il s’agit là de commandements très physiques et très « extérieurs ». En substance, tout ceci signifie qu’il y a d’autres personnes qui peuvent attester ou être témoin du fait qu’un homme accomplit ses obligations.

Les commandements de la femme, toutefois, sont privés et intérieurs. Dans presque tous les cas, ils sont accomplis au sein de la maison et, dans certains cas, personne d’autre qu’elle ne sait si elle les accomplit ou non. Un exemple de cela est le fait de tenir une cuisine cachère. La femme est l’objet de la confiance de son mari, de sa famille et de tous ceux qui mangent chez elle. Et même si l’on examine ses produits pour vérifier s’ils portent tous un symbole cachère, personne d’autre qu’elle ne sait de quelle façon elle cuisine et si elle respecte les standards de la cacheroute. Il n’y a pas d’autre choix que de s’en remettre à elle.

Les commandements de la femme, toutefois, sont privés et intérieursL’exemple le plus puissant de cela est sans doute celui des lois de pureté familiale (voir notre rubrique sur le mikvé à ce sujet) qui traite notamment des moments où un couple n’est pas autorisé à partager une intimité physique. Cette séparation commence au moment où une femme constate le début de sa menstruation et en informe verbalement son mari. Il s’agit d’une situation dont son mari lui-même n’est pas conscient, et doit dépendre entièrement de sa parole. Ces lois, qui sont considérées comme le fondement du mariage, des enfants et du foyer sont complètement à la discrétion de la femme. Sa parole crée une nouvelle réalité, et seuls elle et son Créateur savent si ce qu’elle dit est la vérité.

Par conséquent, contrairement au masculin qui est le côté extérieur de notre être, qui peut être vu par autrui et n’est pas privé, le féminin est à l’opposé : complètement interne, n’impliquant personne d’autre et dévolu à l’individu seul.

Parce que les propriétés masculines sont extérieures et visibles, l’homme a un plus grand besoin de rectification. Il n’a pas autant de temps qu’une femme à consacrer à la réflexion, à l’intériorisation et à la contemplation. Car tel est le processus féminin de binah, le « beïn », « entre » ce qui est dans l’esprit d’une personne et ce qu’elle produit travers ses actions. C’est le stade de la gestation, ce qui est « entre » la conception et la naissance. Et c’est le moment du développement et de la rectification.

Pour cette raison, on nous apprend que, tout comme la femme a besoin de l’homme pour la conception, l’homme a besoin de la femme pour la gestation, pour le développement. Ce n’est pas seulement une réalité physique, mais également spirituelle.

C’est pourquoi il est dit qu’une femme modèle est celle qui est « ossah retsone baalah », une phrase hébraïque qui a plusieurs niveaux de traduction. Le premier est : « Elle fait la volonté de son mari ». Mais en hébreu – comme en français d’ailleurs – le verbe ossah peut avoir le sens d’« accomplir », et également celui de « forger ». Ainsi, la phrase peut également s’entendre comme disant que la femme est celle qui « fait (c’est-à-dire détermine) la volonté de son mari ». Mais aucune de ces deux possibilités n’est très saine dans une relation. Si l’un des partenaires est tenu d’accomplir la volonté de l’autre, sans avoir le choix, alors ce n’est pas une relation, mais une dictature. De même, si l’on fabrique la volonté de l’autre, cela implique également qu’il n’y a entre les deux aucun sens de la communication ou de l’équilibre, dans la mesure où l’un décide pour l’autre. La principale différence entre ces deux situations est simplement qui commande l’autre : est-ce l’homme qui commande à la femme ou la femme qui commande à l’homme, deux approches problématiques.

Cela nous ramène au point de départ de notre discussion, le sens de eizer kenegdo. Une femme est-elle une aide pour lui ou contre lui ? Que nous traduisions « ossah » dans le sens d’« accomplir » ou de « forger », elle est contre lui.

Les enseignements ‘hassidiques donnent une très belle signification à ce verset. Le commentateur Rachi montre que le verbe « ossah », lorsqu’il est utilisé dans la Torah, a un autre sens qui est « rectifier ». La rectification est en fait l’équilibre, l’entre-deux, la binah de ce qu’« accomplir » veut dire et de ce que « forger » veut dire. Le vrai sens de ce verset est donc que lorsqu’une femme utilise correctement son potentiel, elle peut se connecter à son mari et l’aider à se rectifier. Grâce à sa capacité à développer, elle peut prendre ses idées, ses talents, son potentiel et les intérioriser, s’en imprégner, jusqu’à ce que ce soit prêt à naître d’une manière publique et extérieure. C’est de la sorte qu’elle peut être une eizer kenegdo, une aide pour lui.

Est-il vrai qu’une femme est définie en termes de sa relation avec un homme ?Et cela nous ramène à l’un des premiers points que nous avons soulevés : une femme est-elle définie en fonction de sa relation avec un homme ? Et ainsi, la réponse est à la fois oui et non. Si chaque être humain est un composite de traits à la fois masculins et féminins, alors, à l’intérieur de nous-mêmes, nous devons parvenir à comprendre comment ces deux qualités si différentes peuvent coexister et se compléter. Si notre côté masculin a l’obligation de « se marier » et « d’avoir des enfants », même si notre côté féminin n’y est pas astreint, nous reconnaissons que les deux côtés doivent travailler ensemble.

Cela nous enseigne que la vraie voie pour se définir, se comprendre et révéler son potentiel est d’être tourné(e) vers l’autre. Parfois, il s’agit de l’« autre » à l’intérieur de soi, parfois c’est l’« autre » à l’extérieur de soi. Car chaque femme, célibataire ou mariée, avec ou sans enfants, est en mesure de porter ses fruits, est capable d’être un eizer kenegdo. Comment est-ce possible ? Lorsque nous utilisons les talents dont D.ieu nous a dotés pour créer – à travers notre art, notre écriture, notre poésie, notre chant, notre danse, nos mots –, ceci est l’accomplissement du commandement « croissez et multipliez », c’est créer et apporter plus de lumière au monde.

Lorsque nous sommes dans un mariage, quand nous sommes en mesure de nous lier physiquement l’un à l’autre, c’est l’occasion de s’acquitter de cette loi, la première loi donnée dans la Torah, d’une manière physique. Mais elle n’est pas seulement accomplie lorsque nous donnons naissance à des enfants, car, malheureusement, toutes les femmes n’en sont pas physiquement capables. Mais le Zohar nous enseigne que chaque fois qu’un mari et une femme partagent une intimité amoureuse, des âmes sont créées. Parfois, ces âmes descendent dans un corps physique, d’autres fois elles demeurent spirituelles, mais elles n’en sont pas moins créées.

Et chaque fois que nous créons, un processus de don et de réception doit avoir lieu. Une partie d’entre nous doit être capable de lâcher prise, de libérer, de donner à l’autre, et une partie doit être en mesure de s’ouvrir, de recevoir, d’accepter et de nourrir ce qui a été donné.

Quand notre préoccupation n’est pas ce que nous sommes obligés de faire, mais la façon dont nous pouvons aider l’autre à remplir ses obligations, c’est à ce moment que nous brillons et révélons notre véritable puissance. Mais nous devons commencer par regarder à l’intérieur, par nous comprendre nous-mêmes, par connaître nos forces et nos faiblesses, et à nous aider nous-mêmes à la fois de l’intérieur et à travers ceux qui nous entourent.

Et lorsque nous reconnaissons que nous sommes en mesure de donner et de recevoir, et que chacun de ces deux rôles est tout à fait actif, alors nous pouvons nous réjouir des qualités et des attributs qui sont typiquement nôtres en tant que femmes, et commencer à célébrer qui nous sommes en connectant et en construisant avec – plutôt qu’en rivalisant contre – celui que nous ne sommes pas.

Sara Esther Crispe, écrivain, enseignante et mère de quatre enfants est la Directrice des Communications de la Fondation Internationale de Chabad on Campus. Elle fut précédemment la rédactrice en chef de TheJewishWoman.org.

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2.
Les femmes et la religion juive Par Renée OHANA – Document québécois ‘L’autre Parole’ – Non daté

Le rôle de la femme dans la tradition juive est un rôle de grande importance puisque la femme est considérée comme l’âme du foyer. Son rôle est complémentaire mais non inférieur à celui de l’homme. L’un sans l’autre serait par exemple comme la pièce manquante dans le mécanisme d’une montre.

Cependant, comme la femme, mère de famille et travaillant en dehors de la maison, il peut paraître difficile d’allier les deux : la vie moderne avec mon désir de respecter les lois et les traditions juives ( telles que les lois alimentaires, le Sabbat et les fêtes ponctuant les saisons et les événements importants de l’histoire). Mais c’est réalisable parce que ce sont des lois qui ont été faites pour être appliquées indépendamment du contexte et de l’époque où nous vivons.

Dans mon cas, être femme aujourd’hui et femme dans la tradition juive peut sembler ardu à cause de la grande place qu’occupé cette tradition dans la vie de tous les jours mais la religion juive n’a jamais entravé mon besoin de connaissance, d’affirmation de soi. Elle me permet de m’exprimer, de questionner et aussi d’acquérir un équilibre entre ma vie professionnelle et ma vie personnelle. Avec un emploi à plein temps, j’ai pu, grâce à l’appui de mon mari et de ma famille, étudier en cours du soir chaque semaine pendant des années.

Une grande partie de la loi juive est consacrée à la femme, loi allant de ses menstruations à ses droits sociaux, matrimoniaux et successoraux.

Il est évident que, dans la tradition juive, fonder un foyer est impératif et le maintenir dans l’amour, le respect des traditions et la pureté familiale est recommandé. Les lois sont faites pour s’imbriquer dans les faits de tous les jours allant même, je dirais, jusqu’à réglementer certaines relations dans le couple.

Dans la prière matinale, ce n’est pas parce qu’il se sent supérieur à la femme que l’homme remercie Dieu de ne pas l’avoir fait femme, mais bien à cause de la difficulté d’être femme puisqu’entre autres responsabilités, il incombe à la femme la tâche la plus importante, celle d’inculquer la notion de Dieu chez l’enfant, tâche difficile parce qu’abstraite.

La modernité nous pousse à croire qu’il n’y a ni limites ni barrières entre l’homme et la femme, que rien n’est impossible, que tout est permis. Cependant, dans le contexte religieux, les rôles sont impartis, il y a un partage, un équilibre.

L’homme ou la femme ne peuvent à eux seuls tout faire. Le partage des tâches par exemple et des rôles vient harmoniser les relations humaines. Il est inconcevable d’observer les principes de la religion si l’on désire vivre en dehors de cette tradition.

Je m’explique. Aujourd’hui, nous concevons facilement qu’une femme ou un homme puissent s’épanouir et s’accomplir par eux-mêmes. L’individualisme trône. Or, dans la religion juive, Cotre ne peut s’épanouir qu’à travers une référence familiale ou communautaire.

La religion m’a permis en tant que femme non seulement de combler mon besoin de m’accomplir à l’intérieur du foyer mais aussi à l’extérieur. Evidemment, la tradition favorise la présence au foyer mais elle n’interdit pas d’en sortir. Aussi, laisse-t-elle le choix de la sélection.

En ce qui me concerne, le côté positif qui ressort de mon choix est celui d’ « investir » dans l’unité de la famille, l’harmonie dans la cellule familiale étant primordiale pour moi. Les limites qui pourraient m’apparaître se situeraient dans ma vie professionnelle : je ne peux choisir un emploi avec des heures irrégulières, déplacements fréquents ou encore de travailler les fins de semaine. Ces limites, pourtant, je ne les considère pas comme des entraves mais plutôt comme l’effort nécessaire pour maintenir et renforcer l’atteinte de mon objectif religieux. La tradition juive me permet donc de me réaliser à travers ces limites dans la vie familiale et les valeurs de la tradition.

Ce que je mentionne plus haut peut projeter une image de femme « soumise ». Pourtant une femme qui tient à respecter la tradition juive et qui désire en môme temps avoir une carrière professionnelle peut vivre les deux mais les limites sont toujours les mômes. Comment vivre les deux et les réussir ? C’est pourtant un exploit vécu par des femmes juives de plus en plus nombreuses au Québec. Actuellement, on ne peut ignorer le pourcentage augmentant des familles éclatées.

Est-ce à cause de l’évolution du rôle traditionnel de la femme ou bien, pour ne pas toujours culpabiliser la femme, est-ce le pourcentage des tâches qui n’a pas été bien appliqué afin de permettre à cette femme d’évoluer dans son rôle ?

À mon avis, la religion juive permet à la femme que je suis de s’épanouir mais aussi de réfléchir sur l’importance du rôle qui lui incombe, rôle auquel elle peut choisir de donner la priorité ou non, selon ses attentes.

En somme, à une femme juive et québécoise, il reste toujours la possibilité de vivre en femme engagée, autonome et responsable dans le Québec d’aujourd’hui.

No. 56 - QUAND L’AUTRE PAROLE S’OUVRE À D’AUTRE PAROLE

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3.
Le judaïsme aime-t-il les femmes ? Par Lucile Quillet - Le 26 septembre 2014 – Document ‘madame.lefigaro.fr’

Rencontre avec Delphine Horvilleur, l’une des deux seules femmes rabbins de France pour parler de la place des femmes dans la religion juive à l’occasion de Rosh Hashana, le nouvel an juif.

Assise dans un café du Marais, Delphine Horvilleur, blouson en cuir et regard félin, nous attend à quelques heures de Rosh Hashana, le nouvel an juif. Ne l’appelez pas rabbine, le terme est réservé aux femmes des rabbins. On dit plutôt Madame le rabbin pour désigner l’une des deux rares femmes à exercer cette fonction en France, le Consistoire interdisant l’accès à l’étude et au leadership religieux à la gent féminine. Elle a mené plusieurs vies avant de trouver la sienne : une éducation traditionnelle à Nancy, des études de médecine en Israël, un peu de mannequinat, puis du journalisme avant de s’envoler aux États-Unis où tout est devenu possible. En 2008, elle revient se poser en France avec sa famille – trois enfants, un mari – pour officier dans l’une des cinq synagogues libérales de Paris. Et tant pis si cela ne plaît pas aux plus conservateurs. En plus d’être rabbin, elle dirige Tenou’a, revue intellectuelle sur la pensée juive, dont le dernier numéro est consacré à la place des femmes dans la religion. Car Delphine Horvilleur, 40 ans, a cette volonté inébranlable de donner un autre visage à sa religion. Celui de la modernité et de l’égalité. Rencontre.

Lefigaro.fr/madame.– Dans la tradition juive on récite tous les matins « Béni sois Tu de ne pas m’avoir fait femme ». Dans le Talmud, on peut lire des phrases comme « Plutôt brûler la Torah que de la confier à une femme ». Face à ce genre de propos, on se dit que le judaïsme n’aime pas les femmes…
Delphine Horvilleur.–
 On a volontairement choisi de citer les phrases les plus choquantes dans ce numéro de Tenou’a que nous avons consacré à la place des femmes dans le judaïsme. Mais en réalité, on peut faire dire ce que l’on veut au texte. Quand on ouvre la Bible, on peut convaincre quelqu’un à coups de versets que la Bible est féministe ou à l’inverse, le texte le plus haineux et misogyne au monde. J’aime beaucoup cette phrase de l’historien israélien Élie Barnavi qui dit « les textes sacrés sont des auberges espagnoles où l’on peut trouver ce qu’on veut ». Le principal, c’est de savoir avec quelle intention on les lit. Qu’est-ce qu’on va en extraire et de quelle manière on va pouvoir contextualiser cette phrase et décider de l’interpréter. C’est ce qu’on a toujours fait dans le judaïsme. La phrase « Béni sois Tu… » a été enlevée depuis longtemps des livres de prières dans le monde libéral.

Dans Tenou’a, vous avez confronté les avis de personnes de tout bord sur des citations controversées comme « Béni sois-Tu… ». L’auteure Eliette Abécassis y voit plutôt la reconnaissance des nombreux maux qu’endurent les femmes durant leur vie. On assiste un peu à une guerre d’interprétations… Comment placer le curseur pour ne pas verser dans les extrêmes ? 
Historiquement, la réinterprétation a toujours été au cœur du judaïsme. Même les très conservateurs, dont la version officielle est de dire qu’il ne faut rien changer à cette histoire et ces rites transmis de génération en génération le font aussi, même s’ils le nient. Pour moi, la religion se doit d’être vivante. Elle a quelque chose à nous enseigner à condition d’être toujours dans le dialogue avec le temps dans lequel on vit et les valeurs qui sont les nôtres. Nous sommes donc les héritiers d’interprétations passées et à la fois, nous avons la responsabilité d’apporter un renouveau de sens. Poser des limites est incroyablement difficiles. Le curseur ne peut être placé que par rapport à la responsabilité personnelle et à la question d’une lecture morale. Il faut se demander : ma lecture va-t-elle m’engager dans la vie ou être mortifère ? C’est la question clé des religions aujourd’hui, surtout quand on voit l’État islamique commettre des folies en se posant comme lecteur légitime du Coran.

Delphine Horvilleur : ’Le principal, c’est de savoir avec quelle intention on lit les textes religieux’. Photo Jean-François Paga / Grasset - ’La religion n’est pas là pour dicter des règles ’

Dans la tradition, une femme juive doit obtenir l’autorisation de son mari pour divorcer, c’est le guett. Certains voudraient supprimer cette obligation, mais les conservateurs affirment que cela reviendrait à sortir du monde juif. Qu’en pensez-vous ?
Je crois qu’il faut prendre la question à la racine. Ce divorce correspond à un type de mariage religieux. L’homme prend un engagement vis-à-vis de la femme, et seule sa parole est consignée dans le contrat. C’est un héritage des temps passés où les femmes n’avaient pas de droits et se voyaient offrir une protection à travers le mariage. Il se trouve que la société a changé. Nous, les progressistes, considérons que nous avons la possibilité mais aussi le devoir de réformer des héritages qui ne sont plus du tout conformes à la morale. Dans le judaïsme libéral, le contrat de mariage est devenu totalement réciproque, on s’engage l’un vis-à-vis de l’autre, ce qui fait que le divorce se fait aussi de façon réciproque. Il n’y a aucune possibilité de refus de guett dans le monde libéral, ce problème est spécifique à l’orthodoxie.

En France, les femmes juives n’ont pas le droit d’étudier les textes sacrés dans les yeshivas, les écoles religieuses, ni de devenir rabbin, contrairement à ce qui se fait en Israël ou aux États-Unis. Comment expliquer un tel retard en matière d’égalité et de religions ?
Il y a deux raisons. La première est que Napoléon a instauré un Consistoire il y a plus de deux siècles pour n’avoir qu’un seul interlocuteur parmi la minorité juive de France. Cette structure n’a pas permis le développement d’un pluralisme juif tel qu’il a toujours existé. Elle a créé une représentation unique qui fait que les autres sensibilités souffrent de non reconnaissance et non visibilité. Aux États-Unis, le judaïsme libéral est majoritaire ! Ensuite, il existe en France une pensée religieuse très conservatrice qui fait que les choses avancent lentement, bien au-delà du judaïsme. Regardez, l’ordination des femmes prêtres n’est pas du tout d’actualité ici. C’est peut-être dû à une forte influence du catholicisme alors que celle du protestantisme est plus importante aux États-Unis.

Vous parlez de la religion comme d’un vecteur de remise en question, de réflexion et de progrès….
La religion est là pour interroger nos habitudes et non pour dicter des règles immuables. C’est exactement ce temps de réflexion que l’on vit en ce moment avec Rosh Hashana. La nouvelle année s’ouvre sur une remise en question de sa façon d’être au monde, sur ces répétitions qui nous poursuivent et nous harcèlent, de ces erreurs que l’on refait sans cesse. C’est une invitation au changement.

(1) Cette problématique a fait débat cette année suite à des scandales de chantages financiers mais aussi grâce au film de Ronit et Shlomi Elkabetz, Le Procès de Viviane Amsalem.

Être femme et rabbin, une ’traîtrise faite à la féminité’

Face à toutes ces barrières, comment avez-vous fait pour arriver là aujourd’hui ? Pensiez-vous déjà de devenir rabbin enfant ?
Non, ce n’était pas un modèle envisageable ! J’ai grandi dans un monde juif traditionnaliste où les hommes détenaient les prérogatives religieuses. Tous les rabbins étaient des hommes, femmes et hommes étaient séparés dans la synagogue… Mais j’étais passionnée par l’étude des textes, de la question de l’identité juive. J’ai beaucoup lu et étudié seule. J’ai rejoint des cours de pensée juive. J’ai frappé à plusieurs portes pour participer à des cours de haut niveau mais on me répondait chaque fois qu’ils n’étaient pas mixtes. Un jour, quelqu’un m’a dit qu’il fallait partir aux États-Unis pour avoir accès à ce genre de cours. Je suis donc allée à New York. Là, tout était plus simple : les classes mixtes et l’accès des femmes au leadership religieux sont déjà une évidence. J’ai réalisé que ce que j’avais cherché tout au long de mon parcours, c’était être rabbin. Et tout à coup, c’était possible.

Vos parents traditionnalistes vous ont-ils soutenue quand vous êtes devenue rabbin aux États-Unis alors que cela est interdit en France ?
Oui. Ils sont traditionnalistes mais m’ont élevée dans le principe d’égalité. Déjà enfant, c’était un paradoxe qui m’interrogeait : pourquoi suis-je élevée dans des valeurs qui ne sont pas reflétées à la synagogue ? Plein de gens ne remettent pas en question ce décalage entre leurs pratiques et rites religieux et l’éducation qu’ils donnent à leur enfant. Cela introduit une autre question : est-ce que la religion doit être conforme avec les valeurs civiles ? Ou est-elle la gardienne d’un monde ancien mais qu’on visiterait comme un musée, derrière des vitres, avec des choses auxquelles il ne faudrait pas toucher ?

Notre synagogue respecte la parité

Quel accueil vous ont fait les femmes pratiquantes ? Se confient-elles plus à vous qu’à un rabbin classique ?
Notre synagogue respecte la parité, c’est la seule en France. Nous sommes deux, un homme et une femme, en poste. Les fidèles choisissent d’aller vers l’un ou vers l’autre. Des hommes viennent vers moi car ils sont plus à l’aise avec une femme pour parler de certains sujets. Cette parité est une grande richesse ! En revanche, j’ai remarqué que les gens les plus résistants à l’idée d’avoir une femme rabbin étaient souvent des femmes ! L’accès à la fonction semble questionner leur ordre des choses, la structure de leurs traditions. J’ai souvent l’impression qu’elles perçoivent mon engagement religieux comme une forme de traîtrise à la féminité, comme si cela allait faire de moi une moins bonne mère ou épouse.

’J’ai la chance d’avoir un mari très présent’

Vous êtes une serial cumularde : rabbin, directrice de la rédaction de Tenou’a, membre du Conseil national du sida et mère de trois enfants. Comment faites-vous pour tout faire ?Comme plein de gens, c’est difficile de cumuler un engagement professionnel, une passion avec une vie de famille. Même à notre époque. J’ai la chance d’avoir un mari très présent, qui s’occupe beaucoup des enfants. On attend toujours des femmes qu’elles soient encore meilleures, plus performantes mais on nous pardonne moins nos erreurs. J’ai beaucoup de mal avec les jeunes femmes qui méprisent le féminisme comme si c’était dépassé ou ringard. Pour moi, c’est encore complètement un combat de notre génération.

« Je suis rabbin tout le temps, à la synagogue, à la maison, dans la rue ».

Votre mari vit-il bien le fait que vous soyez rabbin ?
Il faudrait lui demander mais je crois que oui ! Ce n’est pas évident dans le sens où ce choix professionnel engage toute la famille. Pour moi, je ne raccroche pas mon tablier de rabbin une fois que j’ai passé la porte. Là, je suis dans un café avec vous, si quelqu’un passe, je suis toujours rabbin. La ligne de partage entre vies privée et vie professionnelle est peut-être moins claire que pour d’autres professions.

Quand vous avez quitté New York tous les deux, c’était surtout parce que vous vouliez retourner en France. Faut-il négocier sa vie professionnelle avec son mari ?
Je suis très reconnaissante à mon mari car cela a plus été un choix pour mon cheminement que pour le sien. Choisir de faire un chemin à deux, c’est accepter qu’il y aura des compromis. Dans certains couples, l’un a une passion et l’autre pas. Il peut y avoir un décalage dans l’importance que prend le métier chez l’un ou l’autre. Toute la difficulté c’est d’accepter l’altérité avec un grand A, d’accepter que l’autre n’est pas soi. Accepter que ce n’est pas parce que nous, on n’aurait pas fait ça que l’autre n’est pas légitime dans sa demande. 

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Tags : Delphine Horvilleur, droits des femmes, inégalités hommes-femmes, judaïsme, Le mag, Interview, Israël

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4.
Documents concernant Delphine Horvilleur

A.
La personnalité de Delphine Horvilleur selon Wikipédia

Delphine Horvilleur, née le 8 novembre 1974 à Nancy, est une femme rabbin française du Mouvement juif libéral de France (MJLF), directrice de la rédaction de la Revue de pensée(s) juive(s) Tenou’a.

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B.
Accès à beaucoup de sources écrites et enregistrées de France Culture

Delphine Horvilleur , rabbin et directrice de la rédaction de la revue Tenou’a

Les oeuvres de Delphine Horvilleur :

1èrede couverture  : Réflexions sur la question antisémiteDelphine Horvilleur Grasset, 2019

1èrede couverture - Des mille et une façons d’être juif ou musulman : dialogueDelphine Horvilleur et Rachid BenzineSeuil, 2017

Dernières publications sur Delphine Horvilleur :

Le nous est un abus de langage 22/07/2019 – Enregistrement de 45 minutes et texte de France Culture dans le cadre des émissions Matières à penserpar Patrick Boucheron du lundi au vendredi à 19h, les samedis et dimanches à 18h15 - Consistance du nous (1/5)

Si je dis « nous », y êtes-vous ? En étant au plus près de l’histoire et des histoires, du langage et des textes, de la poétique et de la politique, nous tenterons, durant toute la semaine, de réfléchir à ce qui nous fait tenir ensemble, malgré tout. Ce soir, avec Delphine Horvilleur.

Photo - Graffitis antisémites sur des portraits de Simone Veil à Paris. • Crédits : JACQUES DEMARTHON / AFP - AFP

On aurait tant aimé que le dernier livre de Delphine Horvilleur, Réflexions sur la question antisémite, ne soit pas d’une brûlante actualité. Mais il l’est. Et s’il brûle d’une grave inquiétude, c’est aussi au feu joyeux de cet art de lire qui est, en lui-même, une réponse à la méchanceté des temps : commenter les textes sacrés, la littérature rabbinique et les légendes juives à la recherche de la figure antisémite, c’est trouver cette béance identitaire qui menace toujours la robustesse du nous. 

J’étais persuadée que ma génération n’aurait pas à vivre cela [antisémitisme] [...] Je me disais que la Shoah était si proche que le monde avait compris, que nous allions vivre une forme d’’immunité’, que l’antisémitisme reviendrait sans doute, mais que ma génération aurait la chance d’être née en cette parenthèse particulière qui allait nous permettre d’être sereins. 

Nous n’en voulons pas aux Juifs pour ce qu’ils font, nous n’en voulons pas aux Juifs pour ce qu’ils ont, contrairement à ce que l’on entend parfois. Nous n’en voulons pas aux Juifs pour ce qu’ils sont, puisque même lorsqu’ils ne sont plus on continue à leur en vouloir. C’est en cela qu’il s’agit d’une haine à nulle autre pareille, dans la mesure où l’on continue à en vouloir aux Juifs même quand ils sont morts.

On a accusé les Juifs et les femmes de la même chose : hystériques, lascifs, vénales [...] Crise de virilité et antisémitisme marchent souvent main dans la main [...] Au Moyen- Âge les gens étaient persuadés que les hommes juifs avaient leurs menstruations car leurs corps ne pouvaient pas être complets, ils incarnaient la porosité et la défaillance, comme les femmes.

Il n’existe pas une façon monolithique d’être juif.

En France nous sommes coincés dans des questions d’un conservatisme religieux très important, ce qui peut paraître surprenant car la France est un pays progressiste de mille manières.

Ce qui est troublant avec cette phrase ’Juif, peuple élu’, c’est que les antisémites y croient bien plus que les Juifs eux-mêmes. Elle est généralement très mal interprétée, et n’a en réalité rien à voir avec une forme de prétention ou de supériorité, et s’applique plus à un devoir à rendre, qu’à un droit. 

Extrait musical : Noa - Babel

Pour en savoir plus : 

- Tenou’a- Atelier de pensée(s) juive(s)

- Delphine Horvilleur

Entre-Temps est une revue numérique d’histoire actuelle, collective, collaborative et gratuite, attachée à la chaire de Patrick Boucheron au Collège de France.

Emission déjà diffusée le 18 février 2019

Enregistrement de 45 minutes - SÉRIE Consistance du nous - Épisode 1 : Le nous est un abus de langage- Matières à penser

LE 22/07/2019 - Si je dis « nous », y êtes-vous ? En étant au plus près de l’histoire et des histoires, du langage et des textes, de la poétique et de la politique, nous...

Photo - 58 min SÉRIE Profession philosophe

Épisode 20 : Delphine Horvilleur, philosophe rabbin

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LE 02/03/2019 - Si le mot d’antisémitisme reste mal famé, la chose , c’est à dire, la haine des juifs ressurgit avec une vigueur et même une innocence qui, tous autant...

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SÉRIE Que croyez-vous ?

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LE 13/11/2017 - Quels sont les liens entre judaïsme et croyance ? Delphine Horvilleur rabbin, apporte une réponse personnelle et engagée à la question.

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Droits des femmes, laïcités, fondamentalismes : explications de textes (2ème partie)

L’Invité des Matins (2ème partie)

LE 24/10/2017 - Soupçonné d’être le mentor de Mohammed Merah, son frère Abdelkader a déclaré devant la cour « on peut interpréter les textes, les savants sont là pour les...

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Droits des femmes, laïcités, fondamentalismes : explications de textes

L’Invité des Matins

LE 24/10/2017 - Soupçonné d’être le mentor de Mohammed Merah, son frère Abdelkader a déclaré devant la cour « on peut interpréter les textes, les savants sont là pour les...

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Place du féminin dans nos sociétés

Les Discussions du soir

LE 25/10/2016 - Delphine Horvilleur, femme rabbin, nous livre le point de vue du judaïsme libéral sur cette question.

Photo - 58 min

Dieu peut-il tenir promesse ?

Forum Le Monde Le Mans

LE 19/08/2016 - Intervention de l’islamologue Rachid Benzine suivie du jeu croisé des questions-réponses avec le public.

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SÉRIE La pudeur

Épisode 4 : Une affaire de religion ?

Les Chemins de la philosophie

LE 21/04/2016 - Le souci de la pudeur vire trop souvent à l’obsession. Comment les extrémistes religieux en sont-ils venus à kidnapper cette notion ? Et pourquoi la pudeur...

Photo - 54 min

Dans la synagogue, interroger les lieux

Sur les docks

LE 02/02/2016 - Dans un lieu de culte tel que la synagogue, que vient nous enseigner la séparation entre les hommes et les femmes ?

14 minutes - Quelles réponses face à l’antisémitisme ?

L’Invité des Matins

LE 15/01/2016

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Source : https://www.franceculture.fr/personne-delphine-horvilleur

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C.
Accès à d’autres documents De France Inter sur Delphine Horvilleur

Biographie et actualités de Delphine Horvilleur France Inter - Page 1https://www.franceinter.fr/personnes/delphine-horvilleur

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D.
Accès à six vidéos avec Delphine Horvilleur

Delphine Horvilleur - Réflexions sur la question antisémite

librairie mollat - Vidéo 1:07:02 ajoutée le 27 janvier 2019

Delphine Horvilleur vous présente son ouvrage ’Réflexions sur la question antisémite’ aux éditions Grasset. Entretien avec Jean Petaux. Retrouvez le livre : https://www.mollat.com/livres/2284388... Note de Musique : Free Music Archive. Visitez le site : http://www.mollat.com/ Suivez la librairie mollat sur les réseaux sociaux : Facebook : https://www.facebook.com/Librairie.mo... Twitter : https://twitter.com/LibrairieMollat Instagram : https://instagram.com/librairie_mollat/ Dailymotion : http://www.dailymotion.com/user/Libra... Vimeo : https://vimeo.com/mollat Pinterest : https://www.pinterest.com/librairiemo... Tumblr : http://mollat-bordeaux.tumblr.com/ Soundcloud : https://soundcloud.com/librairie-mollat Blogs : http://blogs.mollat.com/- Catégorie : Actualités et politique - Licence : Licence de paternité Creative Commons (réutilisation autorisée) -

Source : https://www.youtube.com/watch?v=77hXZ61X1bo

Peut-on vivre sans croire ? Delphine Horvilleur et Kamel Daoud

Campus protestant - Vidéo 1:16:38 ajoutée le 2 avril 2019 - #Forumdesreligions2019

Qu’est-ce que croire ? Croire en qui, en quoi ? Jusqu’où croire ?… Conversation entre Delphine Horvilleur, rabbin au sein du Mouvement juif libéral de France, directrice de la rédaction de Tenou’a, revue de pensée juive, et auteure de différents ouvrages, et Kamel Daoud journaliste, chroniqueur et écrivain, prix Goncourt du premier roman pour Meursault, Contre-enquête, également auteur de Mes indépendances : chroniques 2010-2016 (Actes Sud, 2017) et de Le Peintre dévorant la femme (Stock, 2018). Un débat conçu et organisé par Le Monde des Religions. Modératrice : Virginie Larousse, rédactrice en chef du Monde des Religions Retrouvez toutes les vidéos ’Conférences / Colloques’ sur : https://campusprotestant.com/formats/... Retrouvez-nous sur : | Notre site : https://campusprotestant.com | Facebook : https://www.facebook.com/campusprotes... | Twitter : https://twitter.com/Camp_protestant Découvrez nos autres sites : | Regards protestants : https://regardsprotestants.com/ | Forum protestant : https://forumprotestant.fr/ | Musée protestant : https://www.museeprotestant.org/ #Forumdesreligions2019 - Catégorie : Éducation - Licence : Licence de paternité Creative Commons (réutilisation autorisée)

Source : https://www.youtube.com/watch?v=M80CcatUy-A

« Réflexions sur la question antisémite » le constat de Delphine Horvilleur

La Grande Librairie – Vidéo 19:14 ajoutée le 28 mars 2019

Sartre avait montré dans « Réflexions sur la question juive » comment le juif est défini en creux par le regard de l’antisémite. Delphine Horvilleur choisit dans « Réflexions sur la question antisémite » (Grasset) de retourner la focale en explorant l’antisémitisme tel qu’il est perçu par les textes sacrés, la tradition rabbinique et les légendes juives. Catégorie : Divertissement - À suivre

https://www.youtube.com/watch?v=LRRHDeyb9sk

Delphine Horvilleur répond aux questions d’Alexandra Bensaid

France Inter - Vidéo 7:44 ajoutée le 4 janvier 2019

Delphine Horvilleur, femme rabbin française du Mouvement Juif Libéral de France (MJLF) publie ’Réflexions sur la question antisémite’ (Ed. Grasset). Elle est l’invitée d’Alexandra Bensaid. Catégorie : Actualités et politique

Source : https://www.youtube.com/watch?v=DNt_79-ndBk

Delphine Horvilleur - 28 minutes - ARTE

28 minutes - ARTE - Vidéo 2:51 ajoutée le 10 janvier 2019

Au travers de trois éléments-clés de la biographie de notre invitée, Gaël Legras dessine en filigrane son portrait. Aujourd’hui, il s’intéresse à Delphine Horvilleur, rabbin du Mouvement juif libéral de France et auteure. 28’ est le rendez-vous quotidien d’actualité sur ARTE, 100% bimédia, du lundi au vendredi dès 20h05. Retrouvez toutes les informations sur notre site : http://www.arte.tv/28minutes. Suivez-nous sur : Twitter : https://twitter.com/28minutes Facebook : https://www.facebook.com/28minutes Instagram : http://instagram.com/artefr - Catégorie : Actualités et politique

Source : https://www.youtube.com/watch?v=r_zUz5qXzAU

Invitée 12/13 Delphine Horvilleur sur RCJ

RADIO RCJ - Diffusé en direct le 14 février 2019

L’invité de la rédaction : Delphine Horvilleur pour son livre « Réflexions sur la question antisémite » paru aux éditions Grasset

Source : https://www.youtube.com/watch?v=LIYRW2jmH9Q

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5.
Israël : ces femmes juives en burqa Par Maxime Perez- 31 octobre 2014 à 16h17 – Document ‘Jeune Afrique’

Photo - Mues par une obsession névrotique de la chasteté, des femmes issues du milieu ultraorthodoxe revendiquent le port du voile intégral. Sous l’oeil réprobateur des instances rabbiniques.

La scène se déroule fin juillet à Jérusalem. En pleine guerre à Gaza, la ville est en état d’alerte par crainte d’attentats. Une femme se dirigeant vers l’entrée du mur des Lamentations attire l’attention des agents de sécurité. Malgré la chaleur écrasante, elle porte d’épais vêtements grossièrement recouverts par une immense cape noire qui cache son visage. Un garde lui ordonne de s’arrêter, mais la femme fait mine de ne pas comprendre et poursuit sa route.

Pensant avoir identifié un kamikaze, il tire un premier coup de semonce, sans succès, avant de viser les jambes de la suspecte, qui s’écroule aussitôt. Plusieurs policiers se ruent sur elle et constatent, stupéfaits, qu’il s’agit d’une Juive religieuse âgée d’une trentaine d’années. La victime, originaire du quartier ultraorthodoxe de Mea Shearim, était vêtue d’une frumka improvisée, qui, à la manière de la burqa afghane, recouvrait son corps intégralement.

Pour éviter la confusion avec les musulmanes, les femmes qui s’imposent cette tenue l’ornent parfois d’une étoile de David. Le phénomène est apparu il y a une dizaine d’années dans certaines communautés haredim (les ’craignant-Dieu’), qui souhaitent appliquer de manière stricte les règles de pudeur (’tsniout’, en hébreu) du Talmud et ’hâter la venue du Messie’. Destinée à se protéger du regard des hommes, et plus généralement du monde extérieur, jugé impur, la frumka se compose d’un attirail de sept voiles, dix jupes et des gants noirs pour dissimuler la forme des mains.

Le conseil rabbinique interdit le port de la frumka

Cette obsession névrotique de chasteté reste encore très minoritaire dans le monde juif orthodoxe. Basé à Jérusalem, le mouvement sectaire Keter Malkhout (’Couronne royale’) revendique toutefois près de 10 000 membres à travers Israël. Un chiffre largement supérieur à la centaine d’adeptes recensés par les autorités religieuses, lesquelles rejettent fermement cette pratique.

En 2010, le conseil rabbinique avait publié un premier décret interdisant le port de la frumka. ’Nous avons la Torah et nous avons une tradition, et ces choses n’ont jamais été autorisées ou exigées, affirme le rabbin Shmuel Pappenheim, représentant du courant orthodoxe conservateur. Nous y voyons un réel danger et une exagération qui débouche sur un résultat exactement opposé à celui recherché : de graves transgressions.’

À Bet Shemesh, une ville où les tensions entre laïcs et religieux se font de plus en plus fortes, la frumka a été portée et longtemps encouragée par Bruria Keren, épouse d’un rabbin fanatique, qui disait défendre une tradition séfarade vieille de quatre cents ans.

En 2009, au terme d’un procès retentissant, elle fut condamnée à quatre ans de prison pour avoir abusé sexuellement de ses douze enfants, avec la complicité de son mari. Surnommée la ’mère taliban’ par la presse israélienne, Keren était poursuivie pour vingt-cinq chefs d’accusation, dont maltraitance. Des membres de cette secte ultraorthodoxe sont régulièrement épinglés pour des affaires de pédophilie, d’inceste ou de mariage forcé.

Malgré ces scandales à répétition, de petites organisations continuent de revendiquer le port de la frumka. Héritière de Bruria Keren, la rabbanit Bracha Benizri, qui dirige Keter Malkhout, s’estime en mission pour lutter contre la ’décadence’ du monde juif orthodoxe. ’Doucement mais sûrement, de plus en plus de femmes adhèrent à mes principes’, assure-t-elle.

En dehors d’Israël, cette mouvance compte aussi des adeptes plus ou moins autonomes, comme la communauté Lev Tahor, installée au Canada.

Lire aussi : Juifs et musulmans, les meilleurs ennemis

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6.
Divorce : ces femmes juives ’enchainées’ - Par Gaétan Supertino16h04, le 30 mai 2014 , modifié à 21h37, le 30 mai 2014 – Document ’europe1.fr’ - Photo : © MAXPPP

Dans le judaïsme, le mari détient les clés du divorce. Et certains abusent de ce pouvoir. 

Comment empêcher qu’un divorce s’éternise ? En France, c’est la justice qui tranche. Dans la plupart des religions, le divorce n’est même pas prévu. Dans le judaïsme, en revanche, il l’est. Selon la loi juive, le mari doit remettre à sa femme un ’Guett’, un document officialisant la rupture du mariage. Le tout doit être validé par un tribunal de rabbins, un ’beth din’. Mais si le mari refuse de donner le document, voire décide de le monnayer, la procédure peut prendre des allures de drame.

Récemment, un divorce a suscité une polémique touchant jusqu’au sommet des institutions juives. L’avocate Yaël Mellul, également militante du droit des femmes, s’est émue de la femme concernée par cette procédure. Contactée par Europe1.fr, elle assure avoir envoyé un signalement au parquet et écrit à tous les ministres susceptibles de se saisir de la question, le 21 mai dernier. ’Il y a atteinte à la liberté et à la dignité de la femme’, dénonce-t-elle.

Mais au-delà de ce cas précis qui a relancé le débat, les ’Agounot’ (nom donné à ses femmes qui attendent inlassablement leur Guett), constituent un problème reconnu de toute la communauté juive. Décryptage.

 Un guett à 90.000 euros

’Des pratiques odieuses’. Le cas dont s’est saisi Me Yaël Mellul remonte au 18 mars dernier. Après cinq ans d’attente, une femme de 28 ans finit par obtenir son Guett, lors d’une audience secrètement filmée par sa famille et racontée ensuite par certains médias juifs et traditionnels. La procédure est alors validée par un tribunal rabbinique, dont Michel Gugenheim, le Grand rabbin de France par intérim, fait partie. Le hic ? Pour obtenir son guet, l’épouse était censée s’acquitter de la somme de 90.000 euros.

La somme ne sera finalement jamais versées, la famille de l’épouse menaçant de faire éclater un scandale en rendant public l’enregistrement de l’audience. Mais même s’ils n’ont pas payé, l’entourage de la femme n’en est pas resté là. Il dénonce aujourd’hui une tentative d’extorsion de fonds, validée par le tribunal rabbinique. Dans une interview à Radio Shalom, un des frères de la femme condamne ainsi, le 7 mai, un scandale qui ’attise l’antisémitisme à cause de l’argent’ et dit vouloir ’mettre fin à des pratiques odieuses’.

’Pas de dysfonctionnements’. L’entourage du mari, lui, assure qu’il y avait eu un accord avec la femme. La somme viendrait ainsi réparer certains dommages subis par le mari, dont une agression faîte par les frères de son épouse. Et les représentants des institutions juives assurent qu’il n’y a pas eu dysfonctionnement : les deux parties étaient d’accord, et le tribunal rabbinique s’est contenté de valider le divorce, seul pouvoir que leur confère la loi juive.

Dans un communiqué publié le 12mai, Michel Gugenheim estime ainsi qu’il s’agit d’une ’manipulation grossière visant à nuire à l’institution consistoriale’ et nie ’avoir exercé une quelconque pression sur les parties concernées’. ’S’il y avait eu dysfonctionnement, j’aurais été le premier à prendre des sanctions’, déclare également au Monde le président du consistoire central de France, Joël Mergui.

Qu’il y ait eu accord ou pas, l’avocate Yaël Mellul, qui n’a jamais rencontré l’ex-épouse, dénonce une ’tentative d’extorsion de fonds’. ’Rien ne justifie qu’une femme ait à payer pour sa liberté’, s’exclame-t-elle. Et si, malgré son signalement, le parquet ne s’auto-saisit pas, elle affirme qu’elle portera plainte via une association.

’Cela m’a coûté mon appartement’

’Une tâche spirituelle’. Ce cas particulier relance publiquement le débat sur un problème ancestral dont toutes les communautés juives, orthodoxes et progressistes, reconnaissent le poids depuis des siècles. ’Les rabbins doivent tout faire pour libérer ses femmes enchaînées. Délivrer une ’Agouna’ (singulier d’Agounot, ndlr), c’est comme bâtir la ’Jérusalem céleste’. L’’Agouna’ est comme attachée à une ancre jetée au fond de la mer, et que l’on n’arrive pas à détacher’, théorise ainsi le Grand rabbin de Nancy, Daniel Dahan, le 21 mai dernier, lors de la présentation de son livre Agounot : ’les femmes entravées’.

Le principal problème, c’est que l’épouse qui ne reçoit pas son guet ne peut pas se remarier religieusement. Et si elle a un enfant, il sera considéré comme un ’mamzer’, que l’on peut vulgairement traduire par ’bâtard’. Pour une croyante, c’est d’une gravité sans nom. L’homme dont la femme refuse le divorce sera, lui, accusé de ’simple’ polygame s’il se remarie. Mais son enfant ne sera pas un ’mamzer’. Or, ’’mamzer’ est un mot terrible. Il représente une tâche spirituelle aux yeux de Dieu, qui porte atteinte, par son existence, à la grandeur du peuple juif’, explique Daniel Dahan.

’On se sent emprisonnée’. Pour éviter cela, certaines ’Agounot’ sont prêtes à attendre des années pour obtenir leur Guett. Sarah, elle, a attendu deux ans. ’Lorsque l’autre ne veut pas divorcer, on se sent comme emprisonnée. J’ai dû menacer mon mari de ne plus lui faire voir ses enfants’, explique-t-elle à Europe1.fr. Et parfois, les dérives sont bien réelles. ’J’attends mon guett depuis 10 ans. Mon mari ne voulait pas divorcer. Cela m’a coûté mon appartement. C’est toujours la femme qui paie. Avec mon cas, il y a de quoi allumer un incendie. Je suis religieuse pratiquante, c’est pour ça que j’attends depuis 10 ans’, raconte ainsi une autre ’Agouna’ rencontrée par Europe1.fr le 21 mai, lors d’une conférence sur le sujet.

Ce genre d’histoires fait même l’objet de nombreuses œuvres culturelles. Dans son roman, Et te voici permise à tout homme, Eliette Abecassis raconte également comment une femme a dû donner à son ex-mari, en échange du Guett, un appartement dont elle avait hérité. Le film Gett, le procès de Viviane Amsalem, présenté cette année à Cannes, évoque également le phénomène des ’Agounot’.

’Il faut éduquer les hommes’

Entre 400 et… 18.000 cas. Le phénomène est toutefois difficile à mesurer. Dans le monde, les juifs dits ’libéraux’ évoquent le nombre de 18.000 ’Agounot’. Mais les tribunaux rabbiniques d’Israël avancent un chiffre compris entre 400 et 500. En France, le consistoire évoque seulement ’une dizaine de cas’. Mais selon le mouvement progressiste Avenir du judaïsme, 200 à 300 femmes pourraient être en attente de leur ’Guett’. Quoi qu’il en soit, ’une Agouna, c’est une de trop’, tranche le Grand rabbin Daniel Dahan. Mais comment, dès lors, empêcher les dérives.

Les solutions ne font pas l’unanimité. Pour Maitre Yaël Mellul, il faut que les institutions juives de France adoptent la possibilité, pour les époux, de signer une entente prénuptiale établissant que l’épouse pourra obtenir le Guett si les circonstances l’exigent. Il faudrait également que les rabbins puissent obliger un homme à remettre le Guett, selon la militante et les courants libéraux du judaïsme.

’Ouvrir les yeux des hommes’. Mais selon les juifs plus attachés à la tradition, de telles mesures vont à l’encontre des coutumes et règles traditionnelles, puisqu’elles ne sont pas écrites noir sur blanc dans les textes. ’Si un homme prend une épouse et a consommé le mariage, et il arrive qu’elle ne trouve plus grâce à ses yeux, parce qu’il aura découvert en elle de l’inconduite, il lui écrira un acte de rupture, le lui remettra en mains propres et la renverra de chez lui. Elle quittera sa maison, s’en ira et épousera un autre homme’, écrit le Deutéronome, le dernier livre de la Torah.

Pour de nombreux religieux, c’est donc aux rabbins d’effectuer un travail d’éducation envers les hommes. ’C’est une aberration de ne pas donner le guett. Il faut ouvrir les yeux des hommes’, déclarait ainsi Elie Ebida, rabbin de la synagogue de La Roquette, à Paris, lors de la conférence du 21 mai. ’L’homme qui ne donne pas le guett à sa femme, il transgresse la loi (juive). Avec le guett, le mari tient en détention sa femme’, renchérissait Hay Krief, rabbin et co-auteur de Sexualité et judaïsme. Et le Grand Rabbin Daniel Dahan de conclure : ’il n’y a pas de solutions miracles. Il faut montrer que les rabbins s’intéressent à ces questions, de tous temps. Il y a un rôle très important des rabbins. Il faut éduquer les hommes’.

Europe1 : Actualité, Divertissement, Radio en direct & replay

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© 2019 Europe 1 – Source : https://www.europe1.fr/societe/Divorce-ces-femmes-juives-enchainees-660866

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7.
En Israël, les Femmes du Mur gagnent du terrain Par Marc Henry - Publié le 09/06/2013 à 21:11 – Document ‘lefigaro.fr’ - Photo : « C’est une victoire historique », a lancé fièrement Anat Hoffman, l’égérie des Femmes du Mur. Michal Fattal/AP

L’appel des ultraorthodoxes contre celles qui revendiquent le droit de prier comme elles l’entendent n’a eu que peu d’écho. L’esplanade du Mur des lamentations a pris hier des allures de champ de bataille. Le site le plus sacré du judaïsme a été le théâtre d’une nouvelle épreuve de force à l’occasion des cérémonies pour le nouveau mois du calendrier hébraïque. D’un côté, trois cents féministes religieuses juives qui entendaient prier comme elles l’entendent dans la portion du Mur réservée aux femmes se sont frayé un chemin à travers une foule de deux cents ultraorthodoxes rendus furieux par cette « désacralisation ». Pour éviter une mêlée générale, la police avait pris ses précautions et déployé d’importants renforts dans la vieille ville de Jérusalem. Le pire a été évité. Seules quelques échauffourées se sont produites.

Sur le terrain, les membres du groupe des Femmes du Mur ont marqué un deuxième point. Le mois dernier, après vingt ans de lutte, elles avaient déjà obtenu d’un tribunal le droit de prier, de lire la Torah et de chanter à haute voix tout en portant des châles traditionnels de prières devant le Mur, vestige du Temple juif détruit par les Romains en l’an 70. Quelques jours plus tard, la première prière organisée légalement par ces femmes avait dégénéré en affrontements.

Cette fois, des médias ultraorthodoxes avaient appelé à une mobilisation générale. Les troupes n’ont pas suivi. Seuls quelques jeunes séminaristes ultraorthodoxes ont répondu présent. « C’est une victoire historique », a lancé fièrement Anat Hoffman, l’égérie des Femmes du Mur, après avoir chanté l’hymne national à la fin de la cérémonie. Mais pour elle, la « libération du Mur » est loin d’être achevée.

Une « provocation »

La polémique ne porte pas seulement sur des questions de doctrine religieuse. Les Femmes du Mur regroupent surtout des représentantes des courants libéral et conservateur du judaïsme, majoritaires aux États-Unis, mais minoritaires en Israël face aux ultraorthodoxes partisans d’une vision beaucoup plus stricte de la pratique religieuse, qui contrôlent le Mur des lamentations et les institutions religieuses. « Nous n’acceptons pas que le Mur reste une synagogue ultraorthodoxe », a coutume de proclamer Anat Hoffman, qui s’insurge aussi contre les « discriminations » dont sont victimes les femmes dans le judaïsme. « Les hommes ont par exemple droit à une portion de 75 % du Mur pour prier, tandis que les femmes doivent se contenter du reste », s’indigne-t-elle.

Cette femme de conviction a donné de sa personne. Ces dernières années, elle a été plusieurs fois arrêtée, parfois sans ménagements, par la police et houspillée par des contre-manifestants pour avoir prié à haute voix et revêtu le châle de prière, avant la décision de justice du mois dernier.

Dans l’autre camp, ce qui est vécu comme une « provocation » passe très mal. « Le fait de transformer le Kotel (le Mur en hébreu) en une forteresse barricadée à cause d’un petit groupe n’est pas à l’honneur du peuple juif et des sites saints du judaïsme », déplore le rabbin ultraorthodoxe Shmuel Rabinovitch, qui officie au Mur des lamentations. Le nouvel arrangement n’a d’ailleurs pas apaisé tensions et passions. Une des militantes féministes a été prise récemment pour cible par des inconnus qui ont badigeonné des slogans hostiles dans sa cage d’escalier et sur la porte de son appartement à Jérusalem. Des lettres de menaces ont également été adressées à des rabbins ultraorthodoxes. Le processus de paix entre les deux camps risque de prendre du temps.

La rédaction vous conseille : Les Femmes du Mur s’imposent devant le Kotel de Jérusalem

Les femmes autorisées à prier comme les hommes au Mur des Lamentations

Ajout d’un commentaire : Bonjour tout l’monde - Ceux qui parlent d’une provocation ignorent tout simplement qu’il y a 2000 ans l’esplanade du Temple de Jérusalem était ouverte à tous, juifs comme non-juifs. Et qu’il y avait au Temple même un ’parvis des femmes’, c’est-à-dire un lieu où les hommes et les femmes étaient mélangés.
Si c’est pas malheureux qu’il y a 2000 ans le judaïsme était bien plus ouvert qu’aujourd’hui. Il est temps d’en finir avec la mentalité exilique et de renouer avec un judaïsme où hommes et femmes contribuent sur un pied d’égalité au ’tikoun olam’ (réparation du monde). Le 09/06/2013 à 23:48

http://Le Figaro - Actualité en di...

Le Figaro - Actualité en direct et informations en continuwww.lefigaro.fr/

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Source : http://www.lefigaro.fr/international/2013/06/09/01003-20130609ARTFIG00176-en-israel-les-femmes-du-mur-gagnent-du-terrain.php

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VIDEO. Devant le Mur des lamentations, prières ’historiques’ de femmes juives Mis à jour le 11/05/2013 | 08:08 - publié le 10/05/2013 | 17:24 – APTN ‘franceinfo’ France Télévisions

Pour la première fois, sous la protection de la police, des militantes féministes ont prié vendredi 10 mai 2013 devant la partie du mur réservée aux hommes.

A Jérusalem, un millier de juifs ultra-orthodoxes ont tenté d’entraver leur prière. Des militantes féministes juives de l’association ’Femmes du Mur’ ont prié vendredi 10 mai pour la première fois, sous la protection de la police, devant la partie du Mur des lamentations réservée aux hommes. Une décision de justice les avait autorisé a se s’y rendre mais cela ne s’est pas fait sans heurts.

Les protestataires ultra-orthodoxes ont tenté de forcer le passage, certains qualifiant les policiers de ’nazis’, d’autres lançant des insultes aux femmes. Ils ont jeté des bouteilles d’eau, des sacs de poubelles, des chaises en plastique et des œufs aussi bien sur les policiers que sur les femmes.

Depuis plus de vingt ans, ces militantes demandaient à être autorisées à prier à cet endroit à haute voix, en portant le châle de prière, des phylactères et la kippa et en lisant la Torah, une manière de prier traditionnellement réservée aux hommes.

A lire aussi

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Jérusalem - Ces juifs ultra-orthodoxes qui ne veulent plus voir de femmes prier - FRANCE 24 – Vidéo 2:57 ajoutée le 28 août 2015

Abonnez-vous à notre chaîne sur YouTube : http://f24.my/youtube En DIRECT - Suivez FRANCE 24 ici : http://f24.my/YTliveFR Direction Jérusalem... La ville sainte pour les trois grandes religions monotéistes est souvent l’objet de querelles entre juifs et musulmans. Mais dans le reportage qui va suivre, il s’agit d’un antagonisme Homme/ Femme. Des femmes juives qui souhaitent prier comme les hommes au mur des lamentations et qui se heurtent à des religieux ultra orthodoxes pour qui la présence de femmes sur ces lieux est un sacrilège. Pierrick Lerrent et Josh Vardey Notre site : http://www.france24.com/fr/ Rejoignez-nous sur Facebook : https://www.facebook.com/FRANCE24.videos Suivez-nous sur Twitter : https://twitter.com/F24videos - Catégorie : Actualités et politique – Source : https://www.youtube.com/watch?v=eyN93qQBY8M

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La sexualité dans le judaïsme d’apprès Wikipédia

La sexualité (hébreu : מיניות miniout ; dans les sources classiques : ביאה bia « venue », ידיעה yediʿa « connaissance », שכיבה shkhiva « couche », דבר אחר davar a’her « autre chose », תשמיש המיטה tashmish hamita « usage du lit ») est considérée dans le judaïsme comme l’un des besoins naturels fondamentaux, permettant la perpétuation de l’espèce1 et les bonnes relations conjugales2.

Cependant, la sexualité même autorisée doit être maîtrisée pour être réalisée dans la sainteté. La Torah en codifie la pratique à l’aune des critères de pureté et d’impureté (en particulier menstruelle) et interdit nombre de pratiques sexuelles jugées incestueuses ou contre nature. Elle fait aussi l’objet de longs développements dans la littérature rabbinique (et en particulier dans la tradition ésotérique), tant dans sa nature profonde que dans sa législation pratique, y compris au niveau social et vestimentaire.

La sexualité dans les sources juives - La sexualité dans la littérature biblique

La Bible hébraïque mêle au long de ses 24 livres injonctions et récits relatifs à la sexualité. La bénédiction de croissance (« fructifiez et multipliez-vous ») est la première adresse divine divine aux créatures aquatiques puis à l’ensemble des créatures (Genèse 1:28). La Bible poursuit avec de nombreux récits où la sexualité joue un rôle important voire prédominant :

  • l’histoire d’Adam et Ève
  • l’union des « fils de Dieu » avec les « filles de l’homme », en prélude au Déluge ;
  • l’acte de Cham envers son père, Noé, prélude à la malédiction de Cham ;
  • Abraham et Saraï en Égypte ;
  • Lot et ses filles ;
  • la naissance d’Isaac ;
  • le serviteur d’Abraham et Rebecca ;
  • Jacob et ses femmes ;
  • Ruben et Bilha ;
  • Dina et Shekhem ;
  • Juda et Tamar ;
  • Joseph et la femme de Pôtiphar ;
  • Zimri et Cosbi ;
  • la concubine de Giva ;
  • David et Bethsabée ;
  • Amnon et Tamar ;
  • Ruth et Boaz ;
  • les amants (du Cantique des Cantiques) ;
  • l’ensemble du livre d’Esther
    Ces récits ont pour fonction, selon qu’ils connaissent ou non une conclusion heureuse, d’encourager aux conduites vertueuses ou de stigmatiser les conduites réprouvables dont l’homosexualité, le viol ou la prostitution. De nombreuses prescriptions et prohibitions viennent réglementer la sexualité, édictant les unions licites et illicites (avec des restrictions supplémentaires selon les castes ou statuts), les circonstances qui interdisent les rapports (notablement, l’émission de sang menstruel ou placentaire qui rend la femme impure à son mari), les attitudes à adopter face aux conduites mentionnées plus haut ou les cas particuliers d’infertilité comme l’homme aux organes écrasés.

Contraception

La loi juive considère que la contraception va à l’encontre de deux prescriptions, l’obligation de fructifier et se multiplier (Mishna Yebamot 6:6, d’après Genèse 1:28) et l’interdiction d’émettre la semence en vain (T.B. Yebamot 34b, d’après Genèse 38:7-10). La mishna citée établit cependant une distinction entre hommes et femmes, lesquelles ne sont pas tenues à l’obligation de procréer3.

Il en résulte qu’une femme est, en théorie, autorisée à boire une potion stérilisatrice (ʿakarin), que ce soit dans un but contraceptif (Tossefta Yebamot 8:2 ; le Talmud cite en Yebamot 65b une femme qui la prend de son propre chef afin de ne plus subir les douleurs de l’enfantement) ou pour se guérir d’autres affections comme la jaunisse ou la gonorrhée (T.B. Chabbat 109b-110b). Rav Bebaï récite également devant son maître une tradition orale (non retenue dans la Mishna) qui autorise, selon Rabbi Meïr, trois types de femmes à user d’un mokh (une substance absorbante, utilisée comme moyen de contraception mécanique) : une mineure, âgée d’onze ans et un jour car elle n’a pas atteint l’âge légal du mariage (fixé par la loi juive à douze ans) mais est déjà potentiellement féconde et pourrait mourir de cette éventuelle grossesse ; une femme enceinte, afin de prévenir tout risque de superfétation ; et une femme allaitante car une seconde grossesse mènerait à sevrer prématurément le nourrisson qui pourrait en mourir. Bien que cette autorisation soit débattue dès l’ère du Talmud (puisque les sages préconisent d’une seule voix — or, dans le Talmud, la loi est le plus souvent fixée d’après la voix de la majorité — de s’en remettre à la miséricorde divine), le Choulhan Aroukh Even Haezer 5:11-12 codifie la loi afin d’autoriser la contraception, orale ou mécanique. Les autorités ultérieures à ce code (du moins celles qui considèrent la loi juive contraignante) recommandent néanmoins de n’autoriser ces pratiques qu’en présence d’indications médicales établies3.

Pour un homme en revanche, la potion stérilisatrice est strictement interdite (Tossefta Yebamot 8:2) et il en est de même pour la vasectomie, assimilée à l’écrasement des testicules ou la rupture du membre (Mishna Yebamot 8:2, d’après Deutéronome 23:2). Nombre d’interdits relèvent de l’« acte d’Er et Onan », qui connaît cependant maintes exégèses ayant pour la plupart trait à l’émission de semence en vain : pour le Talmud de Jérusalem et le Midrash, ils « labouraient dans les champs et semaient dans les jardins » mais Rabbi Eliezer permet de le faire pour éviter une grossesse prématurée chez une femme allaitante (Tossefta Nidda 5:6), ce qui conduit Rabbi Eléazar à supposer qu’ils pénétraient leur épouse hors des orifices naturels (T.B. Yebamot 34b). Pour d’autres, ils stimulaient leur membre pour éjaculer hors rapports, soit manuellement soit en s’abandonnant à leur imagination lascive — ces comportements sont par conséquent proscrits du judaïsme.

D’autres courants, notamment le mouvement Massorti et le judaïsme réformé sont plus permissifs4,3.

Homosexualité

L’homosexualité est interdite dans le judaïsme. La Torah a même écrit un terme spécial lorsqu’elle parle de l’homosexualité : « abomination » (Lévitique, 18, 22 ; 20, 13). La Torah a interdit beaucoup de relations, entre autres celle avec l’animal, mais la seule appelée abomination est la relation unisexe (cependant, le verset désigné comme interdisant l’homosexualité semble ne concerner que les hommes5).

Masturbation

Masturbation masculine

Le judaïsme a donné au fur et à mesure de son développement de l’importance à la masturbation masculine et plus spécialement à une perte vaine de semence. Déjà la Torah décrit en Genèse 38, 9-10 la mort de Onan, fils de Juda, causée par son refus de coucher avec sa femme Tamar (qui était la veuve de son frère) pour donner une descendance à son frère. La Torah explique qu’Onan gaspilla sa semence à terre, chose qui ne plut pas à Dieu qui le tua.

Le judaïsme voit dans la semence un potentiel de vie, donc un homme qui n’utilise pas sa semence à bon escient est en quelque sorte un assassin. Il tue un potentiel de vie.

Il faut élargir ce qui a été dit en rajoutant que le judaïsme veut que la semence serve à quelque chose : ou à enfanter, ou à maintenir des rapports entre un homme et sa femme. Ainsi, même si seulement un spermatozoïde sur des millions va développer un fœtus, même si la femme est enceinte et que le rapport sexuel ne conduira à aucun nouvel être, même si la femme n’est plus en âge ou en état d’enfanter, etc., l’homme à le devoir de faire passer de sa semence à sa femme (de maintenir une fréquence en ce qui concerne leur rapport sexuels).

À l’époque du Talmud, certains ont dit que la masturbation masculine est une interdiction contenue dans l’interdiction de « tu ne feras pas d’adultère » ou « et vous vous garderez de toute mauvaise chose ». Certains ont même catalogué cette faute dans les mauvaises mœurs.

La Kabbale voit dans la masturbation masculine une faute impardonnable (bien que l’on explique cette chose comme étant une dissuasion de faire cette faute à l’homme, en plus que le principe du repentir est un fondement du judaïsme), et explique que de la semence que l’homme éjacule en vain engendre avec Lilith des anges maléfiques.

Afin d’éloigner l’homme de cette grave faute, l’homme devra éviter toute érection du pénis. Pour cela, aucun homme n’aura le droit de toucher ses organes génitaux si ce n’est à fin de miction, et ce dans les règles suivantes : un homme célibataire n’aura même pas le droit de toucher son pénis (à moins de l’attraper par le gland et non par le haut du pénis), de peur de le réchauffer (l’homme marié ayant la possibilité de satisfaction sexuelle), mais il lui sera permis de toucher son scrotum (Choulhan Aroukh 3, 14- 16 et Michna Beroura).

Même la pollution nocturne est considérée comme étant une faute ; les sages d’Israël enseignent que sa source est en fait les pensées sexuelles qu’a l’homme durant la journée, donc elle est le signe de mauvaises pensées, étant elles-mêmes de graves fautes.

Dans les milieux progressistes du judaïsme on voit l’interdit de la masturbation comme erroné au regard des découvertes scientifiques et psychologiques modernes.

Masturbation féminine

Le judaïsme est bien plus modéré en ce qui concerne la masturbation féminine, jusqu’à la permettre[réf. nécessaire], bien que certains décisionnaires l’aient interdite[réf. nécessaire].

Notes de Wikipédia - Cet article peut contenir un travail inédit ou des déclarations non vérifiées (juillet 2019). Vous pouvez aider en ajoutant des références ou en supprimant le contenu inédit. Voir la page de discussion pour plus de détails. Shalom2.svg Cette page contient des caractères hébreux. En cas de problème, consultez Aide:Unicode ou testez votre navigateur.

Article complet avec notes et références sur ce site : https://fr.wikipedia.org/wiki/Sexualit%C3%A9_dans_le_juda%C3%AFsme

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11.
Les juifs dans le commerce sexuel : le tabou de la prostitution juive - Une contribution érudite à l’histoire du peuple juif Publié le : samedi 26 août 2017 – Document ‘egaliteetreconciliation.fr’

Photo de Monique Halpern - Vidéo 1:16:24

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Une conférence de Monique Halpern, ex-présidente de la CLEF (Coordination française pour le Lobby Européen des Femmes), qui traite de la prostitution juive au début du XXème siècle.

Plan de la conférence :

  • Un phénomène mal connu : une participation qui interpelle
    - La prostitution juive, une omerta : l’explication par la pauvreté ?
    - Une proportion conséquente : un argument de propagande antisémite ?
    - Le contexte socio-culturel : l’évolution du statut des femmes en question
    - Questions du public
    Monique Halpern – Le tabou de la prostitution juive (2014) : Prolonger la vidéo avec Kontre Kulture : kontrekulture.com | Février 2017

Mots-clés : Communautés ; Culture ; Histoire ; Judaïsme ; Sexualité

Egalite et Réconciliation

D’après Wikipédia : « Égalité et Réconciliation (abrégé E&R) est une association politique fondée en juin 2007 par Alain Soral, ainsi que par Jildaz Mahé O’Chinal et Philippe Péninque, deux anciens responsables de l’organisation d’extrême droite Groupe union défense (GUD). D’abord très proche du Front national (FN), elle prend ses distances avec celui-ci. Si elle se définit comme « nationaliste de gauche », elle est classée à l’extrême droite par la plupart des observateurs, de même que son président Alain Soral dont elle a pour but de promouvoir les idées « sur la gauche du travail et la droite des valeurs ». Appelant à dépasser les clivages sur plusieurs plans — partisans, ethniques, religieux et sociaux —, elle entend lutter contre le libéralisme-libertaire, le mondialisme et le sionisme ; la plupart des observateurs considèrent qu’elle est antisémite et conspirationniste. Sa faible base militante est compensée par un site internet dont l’audience lui confère une forte visibilité…. » - Devise indiquée : « Gauche du travail et Droite des valeurs : pour une réconciliation nationale ! »

Article complet à lire sur ce site : https://fr.wikipedia.org/wiki/%C3%89galit%C3%A9_et_R%C3%A9conciliation

Sur la personnalité de Monique Halpern, voir ‘Le fonds Monique Halpern’ « qui a fait l’objet d’un don de cette militante, alors présidente de la CLEF (Coordination Française pour le Lobby Européen des Femmes), à l’association Archives du féminisme, présidée par Christine Bard. La ligne de force de ce fonds est l’entrepreneuriat féminin. Cet aspect traverse une grande partie des documents. On perçoit, plus précisément, le travail mené en termes de programmes internationaux. Il faut noter également la place des documents afférents aux associations féministes : certains revêtent un intérêt historique remarquable pour l’histoire des mouvements féministes… » - Article complet sur ce site : http://bu.univ-angers.fr/zone/Patrimoine/centre-des-archives-du-feminisme/archives-halpern-monique-22-af

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12.
La prostitution féminine juive dans l’Algérie coloniale - Entre fantasmes et réalités (1830-1962) Par Christelle Taraud - Dans Archives Juives 2011/2 (Vol. 44), pages 77 à 85 - Mis en ligne sur Cairn.info le 06/02/2012 - https://doi.org/10.3917/aj.442.0077

En 1896, la population française d’Algérie s’élève à 366 000 individus dont 47 459 Juifs [1][1]Selon Pierre Darmon dans Un siècle de passions algériennes. Une…. Bien que disposant de la citoyenneté française depuis la promulgation du décret Crémieux en 1870 [2][2]Le décret n ? 136 du 24 octobre 1870, dit décret Crémieux,…, ces derniers restent dans une position ambivalente et leur statut réel est contradictoire dans la société coloniale qui va émerger de la conquête entre 1830 et 1900. Les Juifs d’Algérie sont en effet marqués, au moins jusqu’à l’instauration de la IIIe République en 1870, et plus encore jusqu’à la Grande Guerre qui fait incontestablement ici césure, par leur caractère « hybride ». Ils sont en effet à la croisée du monde « indigène », avec lequel ils ont une fort longue histoire, et de l’univers français qui les séduit d’autant plus qu’il leur permet de quitter un statut (celui de dhimmi [3][3]Les dhimmis sont les bénéficiaires de la dhimma, pacte au nom…) et des espaces stigmatisés (les mellahs des anciennes médinas [4][4] Mellah vient du mot arabe mehl qui veut dire sel. Le terme…), pour se fondre progressivement dans les villes européennes où ils côtoient, dès lors, Français, Espagnols et Italiens, devenus leurs voisins. Dans ces mellahs désertés par la classe supérieure de la population juive, la grande précarité urbaine, économique et sociale qui sévissait avant la colonisation s’est alors encore accrue, faisant d’eux des espaces en déshérence où populations pauvres et groupes marginalisés tentent de survivre.

2Ce statut contradictoire et cette position « hybride » conduisent les Juifs d’Algérie à garder, au moins jusqu’au début du xxe siècle, une certaine ambivalence vis-à-vis de la « francisation », du fait notamment qu’une partie non négligeable d’entre eux reste encore très attachée à la culture judéo-arabe, ce qui les place de facto à l’intersection de différentes catégories d’analyse de la société coloniale : permis/interdit ; tradition/modernité ; privé/public, « indigène »/Français – lesquelles interagissent constamment et fortement avec les questions de genre, de classe, de « race » comme nous allons le voir maintenant.

À l’origine, une représentation problématique des femmes juives

3Dès la création, par Eugène Delacroix en 1834, du tableau Femmes d’Alger dans leur appartement, les femmes juives envahissent l’imaginaire occidental. En Algérie, des représentations d’Orientales, parmi lesquelles de nombreuses Juives comme le montrent très bien Clémence Boulouque et Nicole S. Serfaty [5][5]Cf. Clémence Boulouque et Nicole S. Serfaty, Juives d’Afrique…, commencent à alimenter, à partir des années 1860, le déjà prolixe marché de l’orientalisme. Très inspirées de la peinture, les photographies de femmes produites entre 1860 et 1910 révèlent le plus souvent des « clichés » sur un univers féminin algérien – rural et urbain, sédentaire et nomade, public et privé, pauvre et riche – encore totalement clos et inconnu des Occidentaux [6][6]Cf. Christelle Taraud, Mauresques. Femmes orientales dans la…. Cette production alimente en partie le fantasme récurrent du dévoilement, puis du dénudement progressif de ces femmes orientales, Juives autant que Musulmanes, que l’on retrouve continûment dans l’iconographie orientaliste, puis coloniale. Bien que très marquées esthétiquement et idéologiquement, les cartes postales massivement tirées de ces images à partir des années 1920-1930 montrent donc, à travers un voyeurisme largement à l’œuvre, une mise à disposition symbolique des femmes et une sexualisation de plus en plus palpable. En même temps, ces cartes postales sont aussi la trace tangible de l’existence d’individus de l’entre-deux, posant dans les salons des photographes occidentaux, inscrits dès 1830, par la colonisation, en femmes de la mixité (sexuelle, sociale, culturelle) et qui par là même ont brouillé les frontières de l’ordre colonial [7][7]Christelle Taraud, « Genre, classe et « race » en contexte…. C’est ce même monde de la prostitution cosmopolite que l’on retrouve, dans les années 1930, dans un film comme Pépé le Moko[8][8]Julien Duvivier, Pépé le Moko, 1936..

4Dans ce contexte, on comprend bien pourquoi les femmes juives ont souvent éveillé des sentiments contradictoires chez les producteurs d’images. Parfois associées à un regard de piété comme les « madones juives » de Rudolf Lehnert et Ernst Landrock [9][9]Sur l’œuvre de Rudolf Lehnert (1878-1948) et Ernst Landrock…, ces dernières ont aussi souvent nourri une verve caustique et raciste liée, on s’en doute, à la présence d’un fort courant antisémite en Algérie, notamment depuis le décret Crémieux [10][10]Antisémitisme qui culmine, en Algérie, pendant la longue crise… : les « grosses juives » et quelques autres femmes incarnent assez bien les « horribles juives » dont il est question dans Les Fleurs du Mal, écrit ainsi Jean Michel Belorgey [11][11]Jean-Michel Belorgey, Leïla Sebbar et Christelle Taraud, Femmes…. Iconisées en madones par certains, les femmes juives sont aussi souvent réduites, comme les musulmanes avec qui elles sont ici symbiotiquement associées [12][12]« Proximité » qui dit l’histoire commune, notamment depuis la…, à une sexualité vénale, « bestiale » et « aberrante » qui apporterait la preuve évidente de « l’infériorité » de cette partie de la communauté qui, pour des raisons de proximité de classe et de « race » surtout, résiste encore à la totale assimilation au modèle français prônée par la grande majorité des élites juives comme par l’administration coloniale et métropolitaine [13][13]Sur cette question, voir notamment le très beau livre de Joëlle….

Prostituées juives : des femmes de l’entre-deux ?

5À l’image de cette population « hybride » tiraillée à partir de 1870 entre le modèle « indigène » et le modèle français [14][14]Modèle qui pour les Juifs se traduit aussi bien en métropole…, les prostituées juives résistent à toute lecture linéaire ou uniforme. Individus frontières [15][15]Christelle Taraud, « Jouer avec la marginalité : le cas des…, ces dernières le sont certainement, et ce statut ambivalent en fait souvent une population inclassable, d’où la difficulté de travailler spécifiquement sur elle [16][16]Surcette question voir Christelle Taraud, La Prostitution…. Les statistiques de la prostitution en Algérie, pourtant fort nombreuses depuis le milieu du xixe siècle, prennent en effet rarement en compte la donnée « prostituées juives » stricto sensu ; ces dernières, soit considérées comme « européennes », soit assimilées aux « indigènes », sont de ce fait regroupées arbitrairement par l’administration coloniale dans l’une ou l’autre de ces deux catégories. Peu de traces donc de ces femmes dans les archives du réglementarisme colonial, et ce, même si au hasard d’un document quelques informations peuvent surgir [17][17]Ainsi, en 1856, le docteur A. Bertherand, l’un des grands…. Informations trop lacunaires cependant pour en tirer un modèle global pour l’ensemble des femmes juives qui exercent une activité prostitutionnelle, officiellement (en maisons ou en isolées) ou ponctuellement (dans le vaste monde de la clandestinité).

6Grossièrement, la situation générale qui se dégage en Algérie semble donc être celle d’une double prostitution juive, correspondant à des critères de « race » et de classe, située dans deux lieux spécifiques de l’échange sexuel, la ville européenne et le mellah « indigène » (et son corollaire, le bidonville déclassé). Dans la ville européenne, en effet, les maisons de tolérance européennes possèdent toutes leurs prostituées juives. Parlant le français et s’habillant à l’occidentale, ces dernières ont aussi été « laïcisées », ayant abandonné au passage une bonne partie des rituels juifs séfarades de leur communauté d’origine, et, de ce fait, ne se distinguant plus guère de leurs homologues européennes. Dans les mellahs, en revanche, les prostituées juives sont restées très proches de leurs consœurs musulmanes. Elles portent toujours le costume traditionnel composé d’un séroual bouffant ou d’un caleçon – auquel peuvent être adjointes des guêtres imposantes en tissu damassé –, d’une tunique large souvent assortie de glands frangés, de mules brodées et d’un chapeau conique très spécifique de l’appartenance confessionnelle. Parfois, la tenue peut aussi être agrémentée d’un gilet brodé (ghlila), d’une chemise à manches vaporeuses et d’une fouta, sorte de grande étoffe qui recouvre totalement la femme, de la taille aux genoux [18][18]À noter que le costume traditionnel tend à s’alléger à mesure….

7Partageant un mode vestimentaire commun – lui-même symbole d’une culture à la proximité évidente entre « deux peuples unis dans la même musique, la même misère, le même langage [19][19]Germaine Aziz, Les Chambres closes, Paris, Nouveau Monde… » – les prostituées juives sont insérées dans le même type de relations socio-économiques que les musulmanes. Soumises de manière exemplaire à une double domination – patriarcale dans leur milieu d’origine et coloniale dans la situation de domination instaurée après 1830 –, elles subissent de surcroît de plein fouet la « clochardisation [20][20]J’emprunte ce terme à Germaine Tillion. » accrue, dès la fin du xixe siècle et le début du xxe siècle, des espaces « indigènes » – mellahs compris. Misérables, notamment parce que ces femmes ont fort peu accès au marché du travail salarié (en dehors du travail domestique très peu rémunérateur), seul gage d’une autonomie réelle, beaucoup d’entre elles sont donc contraintes à se prostituer, survie économique oblige. C’est ce que montre très bien Nine Moati pour la Tunisie coloniale quand elle écrit à propos de ses héroïnes vivant dans la hara (le quartier juif) de Tunis [21][21]À Tunis, le mellah portait le nom de hara qui signifie… :

8

[...] Avec cette intuition que donne l’enfance malheureuse, elles savaient ce qu’elles devaient à leur oncle. Il leur suffisait de voir leurs amies si jeunes, dont la plupart n’étaient pas encore nubiles, déambuler dans la rue Abdallah Guèche, la rue réservée. Elles étaient peintes comme des idoles. Le khôl qui soulignait leurs yeux apeurés donnait une dimension tragique à leur regard. Leurs mains barbouillées de henné appelaient le passant à la recherche de fraîche aventure. Leur clientèle ne se recrutait pas parmi les hommes fortunés de la ville. Non, c’était des cochers maltais, ou des commerçants arabes qui payaient en petites marchandises, au mieux des maçons italiens. Les mères apprêtaient elles-mêmes les fillettes pour la sinistre vente. Elles leur apprenaient le déhanchement qui plairait à tel client, l’œillade qui séduirait tel autre, et leur fournissaient le lourd parfum à la rose et l’ambre qui, mieux que toute recette, ferait venir les hésitants [...] [22][22]Nine Moati, Belles de Tunis, Paris, Le Seuil, 1983, p. 44..

9C’est ce que montre aussi très bien Germaine Aziz dans son beau livre sur la prostitution quand elle évoque le destin des ses tantes – femmes sans hommes pour les protéger – qui doivent se prostituer pour survivre dans le mellah[23][23]Christelle Taraud, préface du livre de Germaine Aziz, Les….

Le cas exemplaire de Germaine Aziz

10Dans Les Chambres closes, Germaine Aziz témoigne en effet de la vie et de l’expérience d’une prostituée juive ayant vécu en même temps le système de l’indigénat et celui du réglementarisme colonial. Insérée dans cette double domination masculine et coloniale, Germaine Aziz a expérimenté de surcroît, et c’est ce qui fait toute la force brute de son témoignage, tous les échelons du système prostitutionnel réglementé. Commençant sa « carrière prostitutionnelle » dans une maison d’abattage de Bône au début des années 1950, Le Chat Noir, elle va se retrouver, finalement, dans la plus grande tolérance d’Afrique du Nord, Le Sphinx d’Alger. Entre les deux, elle aura subi l’enfer de l’univers prostitutionnel colonial.

11Achetée à Oran comme une vulgaire marchandise par une recruteuse européenne chargée de repérer les filles naïves ou en détresse économique et sociale, Madame Fernande, elle est revendue à la tenancière d’un bordel de Bône dont la clientèle est mixte, « indigène » et européenne. Cantonnée dans une chambre sans fenêtre éclairée par « une ampoule électrique souillée de chiures de mouches », Germaine Aziz, qui n’a que 17 ans, fait le dur apprentissage du dressage (pressions psychologiques, injures, coups, menaces de mutilation au couteau...) et des passes à la chaîne – « la file des hommes devant la porte, nue sous le peignoir, les laver... » –, répétées des dizaines et des dizaines de fois par jour. De sa virginité perdue avec un fonctionnaire français, client de la maison, elle ressort « souillée, irrécupérable », mais garde toujours la rage au cœur et l’espoir de fuir ce système qui réduit les femmes à n’être « qu’un ventre qui ne sert plus qu’au plaisir des hommes ». Réalité d’une criante vérité que le livre de Germaine Aziz dissèque avec une précision chirurgicale.

12Grâce à elle, on ne pénètre pas seulement dans l’expérience, extraordinairement vivante malgré l’horreur, d’une femme bafouée, vendue, violentée et finalement quotidiennement partagée par une multitude d’hommes, mais dans un système – le réglementarisme colonial – dont on regarde, avec acuité, l’implacable mécanique. De la « mise en carte » des prostituées (l’enregistrement à la police des mœurs) à la visite sanitaire obligatoire – la fameuse « visite des organes » – on comprend l’ampleur et la violence de la coercition exercée sur les filles par les agents du contrôle (médecins, policiers, juges...), la force et l’irréductibilité de leur emprisonnement aussi par les lois du milieu, au travers des liens inextricables entre tenancières et proxénètes de maisons.

13Le témoignage de Germaine Aziz met donc en évidence un système de régulation de la sexualité illicite qui repose essentiellement sur un enfermement systématique des prostituées – d’où le terme de « maisons closes » qui lui est généralement accolé – et sur un accord tacite entre tous les partenaires officiels et officieux pour faire de ces femmes des « esclaves » dociles. On ne s’étonne d’ailleurs pas, dans ce contexte, que le système réglementariste ait nommé les prostituées, « filles soumises ». « Tondues » comme des bêtes de somme, ces dernières sont le plus souvent exclues du commerce de l’argent. Ne possédant rien, même pas réellement leur liberté dans la plupart des cas, elles sont constamment endettées, notamment auprès des tenancières qui jouent de leur position de monopole (la sortie de la maison est généralement interdite ou conditionnée à la surveillance de la sous-maîtresse) pour leur vendre à des prix exorbitants les produits de consommation courante. Comme l’explique très bien Germaine Aziz,

14 J’ai été vendue comme une marchandise mais je n’en ai jamais su le prix. Je rembourse une somme que je ne connais pas, qui s’est augmentée, s’augmente chaque jour du montant de mes soutien-gorge, de mes slips, des serviettes, du couvre-lit qu’on change quand il est trop sale. Ma nourriture, l’eau que je bois sont comptabilisées. La seule chose que j’ai apprise, c’est le prix que payent les hommes qui viennent me voir, 60 centimes.

15Récit d’une force inouïe, disséquant les rouages du système réglementariste, Les Chambres closes est aussi la caisse de résonance d’une époque et la matérialisation d’une situation particulière entre les hommes et les femmes mais aussi, dans le contexte si singulier de l’Algérie française, entre les « indigènes » et les Européens. De confession juive, Germaine Aziz [24][24]Née au milieu des années 1920 d’une mésalliance entre un père –… explique d’ailleurs à plusieurs reprises dans le livre, son empathie avec les prostituées « musulmanes » et son sentiment d’appartenir à leur monde, dans l’espoir, la détresse, l’humiliation ou la révolte :

16

Pour les Français, juifs et arabes sont unis dans le même mépris : un élément pittoresque, sale mais coloré. Ils viennent nous visiter, nous faisons partie avec le village « nègre » et les souks des attractions, on y amène l’invité, l’ami de la métropole.

17Considérés comme une construction de la France, le système réglementariste, ses maisons closes et ses quartiers réservés sont en effet abhorrés par les filles pauvres de confession juive et musulmane qui les assimilent, comme d’ailleurs souvent le reste des populations locales, à l’une des marques les plus insidieuses et les plus violentes de l’occupation française. Liant dans un même mouvement questions de genre, de classe et de « race », le parcours de Germaine Aziz traduit donc, de manière exemplaire, la situation contradictoire et « hybride » des prostituées juives en contexte colonial. Ainsi, quand elle termine sa « carrière » prostitutionnelle au Sphinx d’Alger à l’aube de l’indépendance, Germaine Aziz – devenue « européenne » par son nouveau statut, alors qu’elle était « indigène » au Chat noir de Bône – se voit interdire, par sa patronne, de dire à ses clients blancs qu’elle a couché avec des « Arabes ». On ne serait mieux résumer l’ambivalence de la position des Juives dans l’univers prostitutionnel algérien et, par extension, celle de l’ensemble d’une communauté, française dans le droit, mais encore trop souvent perçue et pensée, pendant toute la durée de la colonisation française [25][25] Ainsi, Germaine Aziz raconte dans son livre la manière dont les…, comme « indigène » dans les faits et les mentalités…

L’article complet avec les NOTES est accessible sur ce site : https://www.cairn.info/revue-archives-juives1-2011-2-page-77.htm#

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13.
Quand des milliers de juives étaient envoyées dans des bordels en Amérique du Sud - Slate.fr — 27 juillet 2013 à 13h31 - Photo - Une prostituée juive. Document ‘Der Spiegel’.

C’est un chapitre peu connu de l’histoire contemporaine sur lequel se penche cette semaine l’hebdomadaire Der Spiegel. Entre 1860 et 1930, en pleine montée de l’antisémitisme, des milliers de jeunes juives pauvres d’Europe de l’Est ont émigré en Amérique du Sud dans l’espoir d’une vie meilleure, dupées par des proxénètes qui les envoyaient dans des bordels à leur arrivée.

A cette époque, les femmes blanches étaient très recherchées sur le marché de la prostitution en Amérique latine, qui se concentrait principalement dans les grandes villes portuaires, comme Buenos Aires et Rio de Janeiro. En Argentine, les prostituées juives étaient surnommées « esclavas blancas », esclaves blanches, tandis qu’au Brésil on les nommait « Polacas », les Polonaises.

L’écrivain Stefan Zweig en a fait une description dans son journal intime après avoir visité le quartier rouge de Rio en 1936 :

« Les juives d’Europe de l’Est promettent les perversions les plus excitantes – qu’est-ce qui les a poussées à finir comme ça, à se vendre pour trois francs ? […] Certaines femmes sont vraiment belles – il règne chez toutes une mélancolie discrète – et c’est pourquoi leur avilissement, l’exposition dans le cadre d’une fenêtre, n’apparaît pas du tout vulgaire, émeut plus qu’il n’excite. »

Pour attirer les jeunes femmes, les proxénètes, parmi lesquels de nombreux juifs, leur promettait de leur offrir un emploi ou un mari, explique Der Spiegel :

« Pour assurer le ravitaillement, les proxénètes ne se font pas seulement passer pour des agents d’emploi […] mais pour des marieurs ou des époux. Ils se présentent lors de leurs voyages comme des gentlemen, comme des compatriotes et des coreligionnaires, se présentent bien habillés et mondains, et profitent de la misère et des peurs existentielles qui règnent dans les villes juives d’Europe de l’Est et de Russie, desquelles ils sont souvent originaires. Là-bas règnent la pauvreté, le chômage et la peur face à l’antisémitisme grandissant. »

Toutes ces jeunes femmes n’étaient pas des esclaves, tempère cependant Irene Stratenwerth, curatrice d’une exposition consacrée au destin tragique de ces jeunes femmes, qui a eu lieu l’an dernier au Centrum Judaicum à Berlin. Comme elle l’expliquait alors à Deutschlandradio Kultur :

« Je ne voudrais aussi pas parler absolument de prostitution forcée dans le sens où les filles auraient été contraintes de se prostituer par des forces obscures. Je dirais plutôt que de très, très nombreuses femmes étaient dans le pétrin, n’avaient en fait aucune autre possibilité de subsistance. »

Le pire était que la communauté juive implantée en Amérique du Sud, soucieuse de sa réputation, les bannissait au lieu de leur venir en aide. Ce sont donc les prostituées elles-mêmes qui ont dû s’organiser pour obtenir des droits, notamment celui d’être enterrées selon le rituel juif, qui leur était interdit, en créant leurs propres institutions et en achetant elles-mêmes des sépultures à Buenos Aires, à Rio de Janeiro et à São Paulo. Leurs tombes continuent toutefois d’être séparées par un mur de celles des juifs « intègres », précise Der Spiegel.

Slate.fr - Culture, politique, économie, tech, sciences, santé

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Source : http://www.slate.fr/lien/75930/quand-des-milliers-de-juives-etaient-envoyees-dans-des-bordels-en-amerique-du-sud

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14.
Antisémitisme : il y a 50 ans, la “rumeur d’Orléans” s’emparait des rues de la ville Par Fabienne Marcel Publié le 30/07/2019 à 16:34 Mis à jour le 30/07/2019 à 19:02 – Document ‘france3-regions.francetvinfo.fr’

Photo - PHOTOPQR/REPUBLIQUE DU CENTRE/Reproduction Eric Malot - Document La République du centre du 09/06/1969 - Affaire de la Rumeur d’Orléans des femmes disparaissaient dans les rues d’Orleans / © Eric MALOT - max ppp

Bien avant Facebook et les réseaux sociaux, les ’fakes news’ ou les fausses nouvelles n’avaient pas de mal à se répandre. Comme cette rumeur folle qui a courru dans les rues d’Orléans en 1969. Des femmes seraient enlevées dans des commerces du centre-ville. Des commerces tenus par des Juifs.

Sur internet, chaque individu peut publier toutes sortes de contenus, sans filtre. Il peut libérer ses opinions et leur donner instantanément une audience planétaire. La prolifération de ’fake news’ (informations délibérément mensongères) est apparue avec l’essor des réseaux sociaux. Ces derniers sont le principal vecteur de leur propagation. Mais si l’expression ’fake news’ est récente, la pratique ne l’est pas. ’Les fausses nouvelles ont rempli la vie de l’humanité’ et parfois ’soulevé des foules’ a écrit l’Historien Marc Bloch en 1921. Comme cette folle rumeur à Orléans, il y a 50 ans. Une rumeur complètement délirante qui a affecté de nombreux Orléanais. En mars 2019, cette fameuse rumeur a, à nouveau, fait parler d’elle quand la communauté Rom a été victime de fausses accusations d’enlèvements d’enfants, mais de vraies violences. Retour sur cette affaire hors norme.

Des femmes droguées et enlevées en plein centre-ville

Avril 1969. Une inquiétante rumeur court dans la ville d’Orléans. Des jeunes femmes disparaîtraient après être entrées dans des boutiques de vêtements du centre ancien, et plus précisément de la rue de Bourgogne. Les cabines d’essayage de six magasins d’habillement seraient équipées de trappes qui s’ouvriraient lorsqu’elles y entrent. Les jeunes femmes seraient ensuite droguées et retenues dans des caves avant d’être chargées, la nuit, dans un bateau ou un sous-marin qui les convoierait vers l’étranger où elles seraient ensuite prostituées. Ces commerces ont un point commun, ils sont tous tenus par des Juifs. Aussi incroyable et rocambolesque que paraisse cette fausse information, les conséquences sont immédiates. La fréquentation des magasins visés s’effondre.

Le journaliste Henri Blanquet, qui travaillait alors au journal local La République du Centre, avait rapidement qualifié la rumeur de ’grotesque’ et avait publié des articles démentant toutes les allégations. La Préfecture publie également un communiqué expliquant qu’aucune disparition n’a été signalée à la police. Malgré les démentis, la ’rumeur d’Orléans’ enfle pendant tout le mois de mai 1969. Elle va même se répandre dans d’autres villes, Paris, Amiens, Tours, Poitiers et quasiment toujours à l’encontre de la communauté juive de France.
La police se penche sur ce dossier. Elle n’est pas la seule. Une équipe de cinq chercheurs en sociologie, conduite par Edgar Morin, débarque à Orléans, en juin, pour y effectuer une enquête de terrain. Le résultat de leurs investigations donnera lieu à un livre, paru en novembre de la même année.

Une rumeur révélatrice des peurs et des bouleversements sociaux de l’époque

Edgar Morin et son équipe arpentent la ville d’Orléans pendant trois jours et trois nuits, conduisant de nombreux entretiens avec les habitants pour comprendre comment ils perçoivent cette histoire d’enlèvement. L’objectif de l’équipe de chercheurs, réaliser un ’diagnostic sociologique’. Après avoir vérifié au commissariat si les policiers Orléanais avaient reçu des plaintes pour des enlèvements ou des fugues, Edgar Morin constate vite qu’aucun rapt n’a été déclaré. Alors comment expliquer cette histoire ? Le chercheur émet une hypothèse qu’il a évoqué dans les colonnes du  Point ’L’irruption de cette rumeur dans une ville tranquille me paraissait révélatrice des transformations profondes que subissait la société française à l’époque. Quelques années auparavant, je m’étais penché, avec mon équipe, sur les mutations d’un petit village breton, Plozévet. J’y avais passé de longs mois, en 1965, à essayer de comprendre comment la modernité s’insinuait dans les structures mentales et sociales. En 1968, je m’étais passionné pour les événements de Mai. Là, nous nous trouvions face à quelque chose de tout aussi captivant : la résurgence dans une cité moderne de récits empruntés au Moyen Âge.

Edgar Morin interroge les commerçants visés, leurs voisins et identifie des rumeurs similaires d’enlèvement dans d’autres villes : à Nantes et à Paris. Mais il observe qu’à Orléans l’affaire présente une spécificité. ’Une chose qui n’était pas dite ouvertement, mais qui transparaissait quand on étudiait cette rumeur, c’est que tous les commerçants visés étaient juifs. Cette rumeur trahissait donc un antijudaïsme inconscient provenant en directe ligne de l’époque médiévale. Le personnage du juif jouait ici le rôle immémorial de bouc émissaire. Il catalysait l’angoisse du reste de la population.’ Cette angoisse, à ses yeux, tient à l’inquiétude devant les bouleversements sociaux qui s’accélèrent au lendemain des événements de 68. ’Cette inquiétude me semblait liée à la peur du changement. Celui qu’incarnaient, à leur manière, ces jeunes filles qui allaient dans des magasins pour acheter des minijupes ou des vêtements à la mode.

Ce délire antisémite du marchand juif enlevant des jeunes filles pour alimenter un réseau secret de prostitution révélait le malaise de certaines de ces femmes, tiraillées entre l’envie de jouer les affranchies et leurs vieilles inhibitions. Leurs parents pouvaient, par ailleurs, utiliser cette rumeur en leur disant : Vous voyez, on commence par la minijupe, mais on ne sait pas où ça peut conduire...

explique t-il encore. À la publication de son livre, Edgar Morin sera surpris de constater que d’autres rumeurs strictement identiques ont secoué diverses villes de province, mais sans être médiatisées. Le même scénario ressurgira ainsi à Amiens en février 1970. Edgar Morin a confié, le 27 mars dernier, son inquiétude de voir ressurgir une histoire semblable visant les Roms de Seine-Saint-Denis.Dans les deux cas, la rumeur se fixe sur une minorité qui a une particularité mystérieuse et inquiétante, à savoir les Juifs ou les Roms. C’est ce que Freud appelait l’inquiétante étrangeté de ceux qui ne sont pas comme vous. Et, à chaque fois, c’est une rumeur qui se transmet de bouche à oreille comme une certitude, alors qu’il n’y a aucun élément de preuve. Il faut d’autant plus se méfier du bouche-à-oreille aujourd’hui avec l’arrivée des tweets et des échanges sur les réseaux sociaux. Mais Internet ne fait que renforcer la circulation des rumeurs’, a déclaré Edgar Morin dans les pages du Parisien

Actualités - France 3 RégionsOrléans social économie histoire découverte Loiret antisémitisme société

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Source : https://france3-regions.francetvinfo.fr/centre-val-de-loire/loiret/orleans/antisemitisme-il-y-50-ans-rumeur-orleans-s-emparait-rues-ville-johannique-1683858.html

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15.
La communauté religieuse d’Israël fait face à la prostitution Par Judith Douillet. Le 22 octobre 2017 – Document ‘alliancefr.com’

Photo - ’Il est de coutume de penser que la prostitution n’existe pas chez les hommes et les femmes religieux, mais je tiens à affirmer le contraire’, a déclaré Debbie Gross, directrice de Tahel, Centre de crise pour femmes et enfants.

DebbieGross, qui a reçu de nombreux appels au secours de femmes tombées dans la prostitution ou dont les époux fréquentent des prostituées, a donné quelques exemples.

’Une femme religieuse âgée d’une quarantaine d’années, mariée et mère de plusieurs enfants a fait appel à nous ’, a-t-elle déclaré à l’occasion du Forum des femmes religieuses Kolech à Jérusalem lors d’une séance consacrée à la prostitution. ’Elle a une famille standard, aimante et attentionnée. Personne ne l’avait préparée au cauchemar qu’elle a vécu le jour où elle a découvert que son mari bien-aimé se rendait dans des maisons closes depuis plusieurs années et utilisait des services d’escortes’.

’Au milieu d’un mélange de sentiments de culpabilité, de dégoût et de trahison, elle a cherché quelqu’un qui pourrait l’aider. Et c’est comme ça qu’elle est arrivée chez nous. Elle ne pouvait pas parler franchement avec son mari, et encore moins consulter des avocats au sujet de ses droits ni effectuer des tests sanguins pour savoir si elle avait contracté des maladies sexuellement transmissibles’.

Un autre cas, qui est représentatif d’un phénomène répandu, a été celui d’une fille orthodoxe de Bnei Brak qui avait des difficultés avec le style de vie haredi et a eu une relation avec un garçon orthodoxe du quartier. Après plusieurs rencontres, ce dernier l’a violée et la seule personne avec qui elle a pu partager sa tragédie était une amie.

’À un moment donné, l’histoire est s’est ébruitée et est arrivée aux oreilles des parents de la jeune fille et de son école. Les résultats étaient à prévoir : Sara [nom d’emprunt] a été expulsée de l’école et a quitté la maison, ne pouvant plus supporter le fait que ses parents lui reprochaient le viol, dont elle était la victime ’

Ce n’était que le début de l’histoire de Sara. Dans la rue, ce n’était pas mieux, et Sara a fini par se prostituer.

Illustration - ’La honte est omniprésente, et la détresse est grande’.

’Le sentiment d’être devenue une ’putain’ n’est apparu qu’après une longue période au cours de laquelle elle a été violée et horriblement exploitée, a ajouté Debbie Gross. ’Et puis elle s’est tournée vers nous.’

Elle a expliqué qu’en plus de trouver une solution à la violence en général et à la violence sexuelle en particulier, le monde religieux et ultra-orthodoxe avait récemment commencé à reconnaître la nécessité d’aider les victimes de prostitution des deux côtés - les consommateurs et les femmes qui vendent leur corp.

’Celles et ceux qui sont tombés dans la prostitution sont souvent confrontés à de graves difficultés et abus, et de nombreux membres de la communauté religieuse risquent d’entrer dans ce monde’, a déclaré Debbie Gross.

’On peut citer des indicateurs très clairs qui apparaissent avant qu’une fille tombe dans la prostitution : une agression sexuelle dans la famille et un boycott de la communauté à cause d’un comportement inapproprié’, a-t-elle dit. ’Dans de nombreux cas, les filles n’ont jamais reçu une bonne éducation sexuelle, et donc elles ne savent pas que l’exploitation qu’elles subissent a un nom : la prostitution.’

L’autre côté implique les consommateurs qui nourrissent l’entreprise de la prostitution et l’augmentent, a ajouté Debbie.

’Les hommes religieux et ultra-orthodoxes fréquentent des prostituées pour des raisons de , de dépendance à la pornographie ou d’attentes sexuelles irrationnelles. Ils préféreront ne pas briser leur foyer, ne pas discuter de leurs difficultés et trouver une solution à leurs problèmes en utilisant les services des prostituées », a-t-elle dit.

Les maris qui ont eu des rapports avec des prostituées peuvent transmettre des maladies à leur épouse, sans qu’elle le sache ni n’ait les moyens de se défendre. Cette question reste presque inexprimée dans le monde religieux. La honte est omniprésente, et la détresse est grande’.

Tahel tiendra le mois prochain sa troisième conférence internationale sur la violence et les abus au sein de la communauté juive. Au cours de la conférence de trois jours, qui doit avoir lieu à Jérusalem, des experts du monde entier parleront de la violence en général et de la violence sexuelle en particulier. Ils s’adresseront à un public de rabbins, de thérapeutes et d’éducateurs, ainsi qu’à des parents de la communauté religieuse et orthodoxe.

Source : Jpost - Copyright : Alliance - Cet article ne peut être repris par aucun autre média ni radio, ni presse écrite ni presse numérique sans l’autorisation de la direction. Autorisation demandée et accordée par Claudine Douillet d’Alliance-Communication Expert Maketing digital le 05/08/19 12:06, « Claudine Douillet, Créatrice du premier magazine Juif sur le net en 1997 - Photo » - Haut du formulaire

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Voir les articles de Judith Douillethttp://www1.alliancefr.com/author/judithJudaïques FMwww1.alliancefr.com/ -Actualités, Contre la désinformation, Israël -

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Source : http://www1.alliancefr.com/actualites/juifs-orthodoxes-prostitution-pornographie-boycott-violence-6058851

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15bis.
Plan de réadaptation des prostituées au point mort pour un retard de financement - Par Times of Israel Staff 4 août 2019, 16:27

Selon un journal, le ministère des Affaires sociales n’a pas encore entièrement débloqué l’argent reçu en avril 2019, alors qu’une nouvelle loi sur les travailleurs du sexe se profile

Photo - Une prostituée dans le sud de Tel Aviv, en janvier 2013. Illustration. (Crédit : Flash90)

Un plan gouvernemental de réadaptation des travailleuses et travailleurs du sexe n’a pas encore été mis en œuvre, car la majeure partie du financement du programme n’a pas été versée, selon un article du journal publié dimanche.

Ce projet, élaboré par de nombreux ministères et approuvé en janvier, prévoyait la création de foyers de groupe et de programmes de réinsertion pour les prostituées, l’expansion des établissements médicaux dédiés et la création de plans éducatifs visant notamment la santé sexuelle et la lutte contre les abus, entre autres.

Son approbation est intervenue peu après l’adoption par la Knesset d’une loi pénalisant les clients des prostituées.

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Selon le quotidien Haaretz, le ministère des Affaires sociales – qui est chargé de gérer le budget annuel de 30 millions de shekels (7,5 millions d’euros) du plan – n’a reçu les fonds du ministère des Finances que quatre mois après son approbation, soit en avril. Elle n’a commencé à transférer une partie des fonds au ministère de la Santé qu’il y a deux semaines et n’a pas encore envoyé d’argent au ministère de l’Éducation, qui participent également au programme.

Photo - La police fait une descente dans une maison close dont les propriétaires sont soupçonnés de trafic d’êtres humains le 28 août 2018. (Police d’Israël)

En raison des retards budgétaires, les ministères responsables de la mise en œuvre du plan ne l’ont pas encore fait.

« Le budget du ministère des Affaires sociales n’a pas été transféré au ministère de l’Éducation. Dès sa réception, le ministère est prêt à mettre en œuvre les décisions », a déclaré le journal en citant des sources du ministère de l’Éducation.

Le ministère des Affaires sociales a déclaré que la planification du programme avait été retardée parce que le ministère des Finances avait attendu jusqu’en avril pour transférer l’argent. Le Trésor a rejeté la faute et a déclaré que le ministère des Affaires sociales avait reçu l’argent il y a plusieurs mois, selon le rapport.

La Coalition contre la prostitution en Israël, qui regroupe des organisations gouvernementales et non gouvernementales, s’est dite préoccupée par le fait que les retards de financement pourraient retarder l’entrée en vigueur, en juillet 2020, de la loi pénalisant les clients des prostituées.

« Nous nous attendions à ce que l’on comprenne qu’il s’agit d’un besoin urgent, mais même si le ministère des Finances a transféré le budget, le ministère des Affaires sociales ne l’utilise pas », a déclaré Nitzan Kahane, un membre de la coalition, à Haaretz.

Le but de ce plan était d’aider les travailleuses et travailleurs du sexe à trouver d’autres moyens de subsistance, dans le cadre de la législation qui criminalisera le fait de se procurer les services d’une prostituée.

Bien que le proxénétisme, le trafic sexuel et l’exploitation d’une maison close soient punis par la loi israélienne en vigueur, la prostitution elle-même reste légale.

Photo - Un homme souriant à une jeune femme devant une maison close de Tel Aviv, le 21 septembre 2008. (Crédit : Kobi Gideon/Flash90)

En 2016, le ministère de la Protection sociale a estimé qu’il y avait environ 12 000 travailleuses et travailleurs du sexe dans l’industrie du sexe du pays, soit l’équivalent de 1,2 milliard de shekels (300 millions d’euros). Selon ce rapport, 71 % des prostituées ont déclaré avoir commencé à se prostituer pour des raisons financières catastrophiques et 76 % qu’elles quitteraient l’industrie si elles pouvaient.

L’idée d’interdire les clients et les proxénètes, mais pas la prostitution, a été introduite pour la première fois par la Suède dans sa loi de 1999 sur le sexe tarifé – Sex Purchase Act – adoptée depuis par la Norvège, l’Islande, le Canada, la France et l’Irlande du Nord – qui oblige les clients à payer une amende sinon à encourir un emprisonnement maximal de six mois.

Défendant la contradiction apparente qui consiste à pénaliser les clients, mais à légaliser la prostitution, la Suède a soutenu que la prostitution est essentiellement un acte d’exploitation et de violence de la part des clients, qui occupent une position de pouvoir et devraient supporter le plus gros de la peine.

En savoir plus sur :

16.
Tinder, outil le plus utilisé pour la recherche de prostituées en Israël – Rapport Par Times of Israel Staff et AFP - 07 juin 2019, 12:59 – Document ‘fr.timesofisrael.com’

La Fondation Scelles a dévoilé son 5e rapport mondial sur l’exploitation sexuelle, selon lequel ’la prostitution continue de prospérer’ en Israël.

[Informations sur la Fondation Jean-et-Jeanne-Scelles d’après Wikipédia :

« La Fondation Jean-et-Jeanne-Scelles, couramment appelée Fondation Scelles, a pour but d’agir sur les causes et les conséquences de la prostitution en vue de sa disparition. Elle estime que la prostitution est une atteinte aux droits humains d’égalité, de dignité ainsi qu’une source de violences sociales et personnelles. Créée en 1993 par Jean Scelles et Jeanne Scelles-Millie, elle est reconnue d’utilité publique depuis 1994… - Article complet sur ce site : https://fr.wikipedia.org/wiki/Fondation_Jean-et-Jeanne-Scelles ].

Photo - Une prostituée devant une maison close de Tel Aviv regardant une policière, le 21 septembre 2008 ; illustration. (Crédit : Kobi Gideon/Flash90)

Ce mardi, la Fondation Scelles a dévoilé sur un site dédié son 5e rapport mondial sur l’exploitation sexuelle. L’étude a ainsi analysé le phénomène dans 35 pays – dont Israël – et estime que 20 millions de personnes en sont victimes à travers le monde.

Selon le rapport, qui dénonce le détournement des nouvelles technologies au profit d’une « prostitution 2.0 », les proxénètes gèrent désormais leurs activités sur la messagerie WhatsApp, repèrent leurs proies sur Instagram et appâtent les clients via des petites annonces déguisées sur Internet.

« La prostitution et l’exploitation sexuelle sur Internet apparaissent comme un fléau en pleine expansion », constate la Fondation, dont l’étude de 548 pages s’intitule « Système prostitutionnel : nouveaux défis, nouvelles réponses ».

WhatsApp, Tinder, Facebook, Instagram, Snapchat, Airbnb… Rares sont les applications, réseaux sociaux ou messageries instantanées à ne pas avoir été « détournés de leur destination à des fins de prostitution », constate l’étude.

Ainsi, une proxénète russe a été interpellée en 2016 pour avoir dirigé un réseau de prostitution au Liban et dans tout le Moyen-Orient via WhatsApp, dont le cryptage rend difficile sa surveillance par les autorités.

En Israël, l’application de rencontres « Tinder est aujourd’hui l’outil le plus utilisé pour la recherche de personnes prostituées », selon le rapport.

« Selon Reut Guy qui travaille pour [l’association] Elem, les réseaux sociaux et certaines applications de portables ont ouvert de nouvelles opportunités aux hommes qui recherchent des personnes prostituées en Israël (Haaretz, 3 juillet 2017). Par ailleurs, des plages de messages anonymes permettent aux clients d’échanger sur la manière de trouver des types particuliers de femmes ou de services. »

« La prédisposition de Tinder à encourager une culture d’une ‘rencontre sans lendemain’ fait d’elle un terrain fertile pour la recherche et la vente d’actes sexuels. D’après Idit Harel Shemesh, directeur de l’ONG Mitos-The Day After Prostitution, les femmes engagées dans ce type de relations via Tinder considèrent qu’elles ont dupé certains hommes en proposant des actes sexuels payés, par exemple, par un nouveau vêtement à la mode et des billets de concert. Elles ne voient pas que le pouvoir n’est pas de leur côté dans cette relation (Haaretz, 3 juillet 2017). »

La Fondation Scelles s’inquiète également toujours de la prostitution plus traditionnelle.

« Malgré la répression gouvernementale opérée depuis quelques années [avec la mise en place d’amendes et de programmes d’aides aux victimes], la prostitution continue de prospérer, note l’étude. Tel Aviv demeure un haut lieu de la prostitution en Israël. En 2015, environ 300 établissements de prostitution étaient déjà recensés dans la ville (The Jerusalem Post, 20 septembre 2015). En 2017, 62 % des discreet apartments (appartements servant de lieu de rendez-vous entre la personne prostituée et les clients) et 48 % des salons de massages du pays y étaient localisés (Exodus Cry, 4 octobre 2017). » Il existerait dans le pays un « statu quo » entre ces établissements et la police « tant qu’il n’y a pas de ‘débordements’ ».

Selon la Fondation, « les personnes prostituées sont en majorité des femmes migrantes de l’ex-Union soviétique (Haaretz, 7 juin 2017). La prostitution masculine est essentiellement homosexuelle. De récents rapports d’ONG ont révélé que de jeunes Palestiniens LGBTI en situation de vulnérabilité sont des proies faciles pour le trafic sexuel en raison de la précarité de leur statut et des restrictions dans l’accès à l’emploi (US Department of State, juin 2018). Un silence assourdissant entoure l’exploitation sexuelle des enfants. Phénomène caché, omerta, la prostitution des mineurs est belle et bien une triste réalité de l’État hébreu malgré le peu de signalements. Elle a déjà été mentionnée dans différents lieux comme les strips-clubs, les spas, la rue, dans des fêtes et sur Internet. Selon une équipe interministérielle spécialisée, l’âge moyen d’entrée dans la prostitution en Israël se situe entre 12 et 14 ans (ECPAT International, 26 juin 2017). »

Citant le Times of Israël, l’étude rapporte que 11 % des femmes sont des mineures et 62 % sont mères. « En 2016, une étude menée à la demande du ministère des Affaires sociales a estimé qu’il y aurait entre 11 420 et 12 730 personnes prostituées en Israël, dont 95 % de femmes et 5 % d’hommes », note-t-elle.

La fiche complète – de 8 pages – concernant Israël est disponible à cette sur ce lien.

Photo - Une femme tient un smartphone avec les icônes des réseaux sociaux Facebook, Instagram, Twitter et autres à Moscou, le 23 mars 2018. (Crédit : Kirill KUDRYAVTSEV/AFP)

Le phénomène de prostitution par l’intermédiaire d’Internet est également présent en France. Ainsi, des jeunes filles victimes de l’essor d’un « proxénétisme des cités » difficiles, souvent mineures, en rupture familiale et rendues dépendantes à la drogue, ont été repérées sur Snapchat ou Instagram, avant d’être prostituées dans des appartements loués sur la plateforme Airbnb et transformés en « bordels éphémères ».

En Zambie, des étudiants se rendent dans les cybercafés, dont les tarifs attractifs ont démocratisé l’accès à Internet, et utilisent les groupes WhatsApp et Facebook afin de mettre en relation les personnes qui se prostituent et les clients.

« Tous les pays sont touchés, quelle que doit la législation, restrictive en Chine ou permissive en Allemagne », souligne auprès de l’AFP le magistrat Yves Charpenel, président de la Fondation Scelles.

Cette « prostitution 2.0 » a depuis quelques années supplanté la prostitution classique sur la voie publique. En France, elle représenterait « deux tiers de la prostitution », selon le rapport.

La Fondation Scelles, qui mentionne une note du ministère français de l’Intérieur datée de mai 2018, souligne que « pour la première fois en 2017, le pourcentage de victimes identifiées exerçant sur la voie publique était inférieur à celui des victimes exerçant ‘en prostitution logée’ », en appartements ou en hôtels.

Internet a « mangé la prostitution de rue » qui ne concerne plus qu’une frange marginale, abonde Yves Charpenel. Le magistrat dénonce le niveau « industriel et sans risque » de l’exploitation sexuelle en ligne, qui permet aux proxénètes d’ « éviter les risques personnels » en se tenant « à distance du trafic ».

« Depuis un même ordinateur, un réseau criminel peut repérer ses futurs ‘produits’ (prostituées, ndlr), faire venir les clients, puis blanchir l’argent », résume-t-il.

Difficile, parfois, pour les autorités de caractériser ce proxénétisme qui se glisse dans les sites de petites annonces derrière des messages ambigus, promettant « massages » et « moments d’évasion ».

Pour enrayer ce phénomène, « une véritable gouvernance de l’Internet reste à construire », estime la Fondation Scelles.

En France, la loi sur la prostitution d’avril 2016, dont la mesure phare était la pénalisation des clients, impose aux hébergeurs et fournisseurs d’accès de mettre en place un système permettant aux utilisateurs de signaler des contenus frauduleux. « Ca ne suffit pas. La prostitution génère tellement de profits que ça déferle de partout. Il faut davantage responsabiliser les plateformes », estime M. Charpenel.

Cependant, le rapport note « de premiers jalons significatifs ».

En France, le site internet Vivastreet, visé par une enquête pour « proxénétisme aggravé », a décidé en juin 2018 de suspendre sa rubrique « Rencontres », pour prévenir « tout abus » ou « usage inapproprié » de « certains utilisateurs ».

Aux États-Unis, l’adoption en mars 2018 par le Congrès d’une loi mettant fin à l’impunité des sites Internet laissant passer des annonces de prostitution a permis la fermeture du site « Backpage », parfois présenté par ses détracteurs comme le premier site de prostitution du monde.

En savoir plus sur : Israël et Ses Voisins Prostitution Tel Aviv Société Société civile israélienne

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The Times of Israël

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Source : https://fr.timesofisrael.com/tinder-outil-le-plus-utilise-pour-la-recherche-de-prostituees-en-israel-rapport/

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17.
VIDEO - ’La culture, une arme contre le sexisme ?’, Assises 2013 - Transmettre, instruire, éduquer - Institut Emilie du Châtelet - Vidéo 1:17:20 ajoutée le 30 novembre 2017

Assises de l’IEC ’La culture, une arme contre le sexisme ?’, Paris, 28 octobre 2013 : Pérenniser la culture de l’égalité. Avec Nicole Abar (ABCD de l’égalité), Hélène Gourraud (bibliothèque L’Heure Joyeuse), Marie Carmen Garcia (sociologue), Fanny Lignon (cinéma et audiovisuel), Catherine Louveau (modération), Monique Halpern (modération) - Catégorie : Éducation

Source : https://www.youtube.com/watch?v=7QSN3Autao0

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18.
Ces femmes qui ont changé le cours de l’histoire juive (Sources bibliques) – Par Moshé Maurice-Ruben HAYOUN – 13 octobre 2015 – Document ‘JForum’ - Illustration

Ces femmes qui ont changé le cours de l’histoire juive : Une galerie de portraits…

Du judaïsme, on dit souvent qu’il est la religion ou le peuple du livre ; en fait, il faudrait dire d’un seul livre, en l’occurrence, la Bible. Car tout en part et tout y revient. Y compris le statut des femmes et les caractéristiques des filles d’Israël qui ont pesé sur son histoire, au point, parfois, d’en modifier le cours : tout cela se trouve au sein des Écritures, plus précisément dans la Bible hébraïque.

Dans le livre de la Genèse : d’Ève aux matriarches

Comme son nom l’indique, ce livre entend remonter aux origines de l’univers et du genre humain. Et puisque le judaïsme (tout comme le christianisme qui en découle) est une religion orientale, une forte dose de régime patriarcal s’y manifeste dès le commencement. La femme est, depuis sa création, moins bien partagée que l’homme : alors qu’Adam, l’être au masculin, est créé directement, d’intention première, si j’ose dire, parce que le mâle ressent un vide, un manque, en raison de l’absence de femme, celle-ci est présentée comme un complément ou un ajout.

Deux récits de la création se lisent dans les tout premiers chapitres de la Genèse : tout d’abord (Gen. 1 ; 26s), la créature humaine est à la fois mâle et femelle (la Bible : zakhar ou-nekéva  : mâle et femelle Il les créa) ; c’est plus tard, au chapitre suivant (Gen. 2 ; 18s) que se lit une autre origine de la femme. Ayant constaté que le mâle se trouvait seul au paradis qu’il devait entretenir et garder, la Divinité décida de lui adjoindre un être qui fût son semblable (v. 20s). c’est ainsi que la Bible nous livre un tableau intrinsèquement mythologique puisque la Divinité agit d’une façon extraordinaire : elle plonge l’homme dans une profonde léthargie tel un médecin anesthésiste, doublé d’un chirurgien, lui retire une de ces côtes, recoud la zone ainsi opérée et, en fait, une femme qu’Elle conduit à Adam(1). Lequel s’émerveille en découvrant sa compagne ; le premier homme découvre avec ravissement que cette nouvelle créature lui correspond parfaitement, et que tous deux sont des homéomères. Elle est, dit-il, l’os de mes os et la chair de ma chair… Il décide de l’appeler femme (isha), ce qui est le féminin de ish (le masculin) puisque c’est de lui qu’elle fut prise…

Illustration - Le décor est planté pour les millénaires à venir : la femme, nommée Ève, en hébreu (Hawwa) est un sous produit, un dérivé de l’homme et l’on souligne l’attribut majeur de son statut, celui d’enfanter, de donner naissance à la vie : elle est la mère de tout vivant, ce que la tradition ultérieure corrigera en stipulant qu’Ève est la mère de tous les êtres humains.

Les caractéristiques fondamentales de la femme apparaissent dans l’épisode suivant qui met en présence le serpent et le fruit interdit. Au chapitre III ;7 le drame se noue : alors que la Divinité avait permis de consommer les fruits de tout arbre, à l’exception d’un seul, non nommé, mais que la tradition chrétienne identifie au pommier, la femme, nous dit-on, contempla les formes séduisantes du fruit interdit et, décida d’en manger. Le trouvant à son goût, elle en proposa à l’homme qui en mangea, lui aussi.. C’est alors, poursuit le récit, que leurs yeux se dessillèrent et qu’ils prirent conscience de leur nudité. Alertée, la divinité demande comment ce couple paradisiaque a pu prendre conscience de sa nudité, donc, du mal ; et la réponse ne se fit point attendre : la femme que tu m’as donnée en a mangé et m’en a donné pour que j’en mange… Prise à partie, à son tour, par la divinité, la femme se défausse sur le serpent, préalablement présenté comme le plus rusé de tous les animaux : c’est le serpent qui m’a induit en tentation (la Bible de La Pléiade traduite : m’a dupée). Un éminent sage talmudique, nommé Resh Laqish, a superbement interprété l’arrière-plan mythologique de ce récit de la Genèse en expliquant que le serpent du paradis, le mauvais instinct de l’homme et l’ange de la mort sont les multiples désignations d’une seule et même chose : l’aspect le plus sombre de la nature humaine. Ce fait mérite d’être signalé, car il est l’un des tout premiers exemples d’exégèse allégorique au sein de la littérature talmudique.

En résumé, on ne peut dire que la place de la femme dans le monde et donc dans la société humaine est expressément inférieure à celle de l’homme. On nous fait croire que l’expulsion du paradis du premier couple formé par Adam et Ève, l’inéluctable interruption de la vie humaine en raison de la mort, bref les souffrances et les malheurs de l’existence sur terre, sont, à moins que tout ne trompe, largement imputables à la gent féminine dont la nature tentatrice a causé le désastre d’une humanité contrainte de quitter le paradis.[2]

Les religions monothéistes sont des religions d’hommes, faites par des hommes pour des hommes, les femmes semblent n’y faire que de la figuration. Mais elles restent indispensables pour donner naissance aux enfants et donc perpétuer la vie sur terre. Et aussi, comme on le verra infra, elles peuvent jouer un rôle crucial dans l’histoire du peuple d’Israël.

C’est ce même rôle qui sera dévolu aux matriarches qui est, cependant, un peu mieux traitées qu’Ève. Et pourtant, lorsque leurs couples éprouvent des difficultés pour enfanter, et donc donner à leurs époux une descendance sans laquelle le dessin Divin ne saurait se réaliser, cette stérilité supposée leur est imputée exclusivement. Jamais un seul des trois patriarches n’est jugé responsable du fait qu’un enfant tarde à naître…. Alors que, dès le chapitre 11 ;20 de ce livre de la Genèse, on signale un seul détail à propos de la matriarche Sarah : elle n’a pas d’enfant  !

On connaît les conséquences de cette stérilité supposée ou de ce probable reflux vaginal : Agar, la servante égyptienne, va entrer en scène et donnera à Abraham ce fils tant espéré : au chapitre 16, Agar donne naissance à Ismaël , ce qui change les équilibres au sein du couple et de la maisonnée. Dans l’attente d’un heureux événement, Agar fait preuve de désinvolture envers sa maîtresse, laquelle s’en offusque et demande son bannissement immédiat. Mais quelques chapitres (21) plus loin, la Divinité visite Sarah qui donne enfin un fils à Abraham. Et, ici aussi, les Écritures font état d’une exigence de la matriarche : elle refuse que le fils aîné Ismaël soit le cohéritier de son fils Isaac, celui là même que le chapitre suivant (22), celui de la célèbre ligature sur le Mont Moriya, décrira en des termes sans équivoque : prends ton fils, ton unique, celui que tu aimes, c’est-à-dire Isaac…

Illustration - Si Sarah n’avait pas si maltraité Agar et Ismaël, le cours de l’histoire, même contemporaine, eût été fort différent. Les relations entre Juifs et arabo-musulmanes en ont subi les conséquences depuis plus d’un millénaire.

Une autre matriarche, Rébecca, en l’occurrence, va, à son tour, peser sur le cours de l’histoire : ayant eu, elle aussi, des difficultés à enfanter, elle finit par donner naissance à des jumeaux (Ésaü et Jacob) ; elle favorisera ce dernier en l’aidant à gruger son frère grâce à un subterfuge assez incroyable : comme Ésaü était velu et très poilu, elle revêtit son fils chéri Jacob d’une peau de bête afin que son père Isaac, malvoyant, pût lui réserver sa bénédiction, tout en pensant qu’il s’agissait bien d’Ésaü… Là aussi, c’est une femme qui était à la manœuvre, c’est Rébecca qui a privé Ésaü de la bénédiction qui lui revenait en raison de sa primogéniture. Ésaü passe pour la personnification de Rome et subséquemment de la chrétienté dans la littérature rabbinique : d’un côté, Sarah a suscité des sentiments d’injustice chez les descendants d’Ismaël, d’un autre côté, Rébecca a nourri le ressentiment des païens et de l’Empire romain christianisé à l’encontre des Juifs : dans les deux cas, les descendants d’Israël sont mis en cause…

Dans les deux cas, l’avenir du peuple d’Israël a reposé entre les mains de femmes.

Le livre de l’Exode : Sephora, l’épouse madianite de Moïse et Myriam, sa sœur

La transition du livre de la Genèse à celui de l’Exode se caractérise par un total changement de perspective : on passe d’une égyptophilie intégrale incarnée notamment par Joseph à une égyptophobie tout aussi flagrante : l’Égypte est devenue l’antithèse d’Israël, le creuset de l’impureté et la maison de l’esclavage.

Pour conférer un aspect miraculeux à la naissance de Moïse, on relate une histoire extraordinaire, imaginée de nouveau par sa mère et menée à bien par sa sœur. Le pharaon, alerté par des mages qui lui conseillent de redoubler de vigilance au motif que son propre trône est menacé, décrète, afin de conjurer le danger, de jeter au Nil tous les nouveau-nés de sexe mâle . Il donne des ordres très clairs aux accoucheuses des Hébreux, lesquelles n’en tiennent pas compte, sauvant ainsi le petit Moïse d’une mort certaine. Prises à parti par le monarque égyptien, ces deux sages-femmes (Ex. 1 ; 17) expliquent que les mères juives sont plus vigoureuses que les femmes égyptiennes, elles accouchent bien avant l’arrivée des sages-femmes… C’est ainsi que Moïse ne finira pas noyé dans les eaux du Nil. Et ce sont encore deux muses, sa propre mère et sa sœur, qui vont se pencher sur son berceau. Cette naissance miraculeuse rappelle celle du roi Sargon II, recueilli par un jardinier alors que Moïse aura droit, quant à lui, à la luxueuse bienveillance de la propre fille du pharaon.

Illustration - Pour des raisons, qui demeurent mystérieuses, Moïse est à nouveau menacé au chapitre suivant (Exode 4 ; 24-26) par Dieu lui-même qui cherche à le faire mourir ! Sephora, l’épouse madianite pratique alors la circoncision sur son fils et sur son mari. C’est une nouvelle fois, une femme qui n’est même pas juive, qui sauve l’avenir du peuple d’Israël : que serait-il devenu sans son guide attitré, Moïse ? Mais ce passage demeure obscur, même si l’intention de souligner l’importance vitale du rite de la circoncision est absolument univoque. Ce qui l’est moins, c’est ce que soit une femme, non juive de surcroît, qui opère alors que la loi rabbinique spécifie depuis toujours que seul un homme peut pratiquer la circoncision. 

Il faut dire aussi un mot de la prophétesse Myriam [3] que l’on pourrait considérer comme l’ancêtre des majorettes ou des chœurs de femmes (Ex. 15 ; 20-21) : Miriam, la prophétesse, sœur d’Aaron, prit le tambourin en sa main et les femmes sortirent derrière elle avec des tambourins et en chœurs. Miriam leur entonnait : chantez à Dieu, car il s’est couvert de gloire, il a jeté dans la mer le cheval et son cavalier. Certes, le cantique de la sœur est nettement plus court que celui de son frère Moïse qui ne compte pas moins de vingt-huit versets ! Mais il a au moins le mérite d’exister et prouve que même les femmes ont pris part à cette épopée de la sortie d’Égypte, premier événement de portée nationale du peuple d’Israël en tant que tel.

Des livres de Josué et des Juges au livre de Samuel

Avant d’en venir à l’émouvante prière d’Anne dans le second chapitre du premier livre de Samuel, mentionnons l’action décisive d’une aubergiste cananéenne, Rahab, qui facilite la mission des espions hébreux dépêchés par Josué dans la ville de Jéricho afin de recueillir des informations sur les défenseurs de cette cité. Rahab accueillit les espions, leur livra des renseignements sur le moral de ses compatriotes et consentit à fournir de fausses informations aux autorités contre la promesse d’avoir la vie sauve, pour elle-même et tous les membres de sa famille. 

Dans le livre des Juges, ce sont à nouveau deux femmes qui sont à l’origine d’une victoire militaire sur les Cananéens. Déborah ordonne à Barack ben AviNoam de mobiliser une armée afin de briser le joug des Cananéens. Il y réussit, mais le chef militaire ennemi parvint à s’échapper et trouve refuge sous la tente d’une femme, Yaël, qui le cache sous une couverture. Perclus de fatigue, le fuyard sombre dans un sommeil profond que Yaël met à profit pour lui planter un piquet dans la tête à l’aide d’un marteau. Cet « acte de bravoure » lui vaut d’être distinguée entre toutes les femmes (Juges 5 ; 24) : Bénie soit parmi les femmes, Yaël,… parmi les femmes sous la tente qu’elle soit bénie.

Il est une femme à laquelle la Bible hébraïque attribue le plus beau cantique d’amour et de crainte révérencielle pour Dieu. Il s’agit d’Anne, la mère de Samuel, lequel établit la jonction entre le dernier des Juges et le premier des prophètes. Anne est l’une des deux épouses d’Elqana. Elle souffre, car elle n’a pas d’enfant. Mais après s’être rendue dans le sanctuaire de Silo, le vieux prêtre Élie -qui la prend d’abord pour une ivrogne et la prie d’aller cuver son vin ailleurs alors qu’elle ne faisait que prier en silence- est sensible à sa détresse et lui promet la naissance prochaine d’un fils. Elle promet de le consacrer au service du Dieu d’Israël. Lorsque Samuel naît, elle entonne un cantique à la gloire de l’Eternel. Jamais la piété d’Israël n’atteint de tels sommets. Dans les rituels de prière séfarades, c’est cette prière d’Anne qui figure sur le toute première page : Car à Dieu sont les colonnes de la terre et sur elles il a posé le monde. Il garde les pieds de ses dévots tandis que les méchants périssent dans les ténèbres, car ce n’est point par la force que l’homme l’emporte… (I Sam. 2 ; 8-9)

David et Bethsabée

Même si le roi David, ancêtre du Messie à venir, éclipse presque entièrement la figure de Bethsabée, la femme qu’il a ravie à son époux Uri le Hittite (ce que la tradition juive ne lui a jamais pardonné), c’est pourtant elle qui a assuré la permanence de la dynastie davidique en faisant couronner son fils Salomon, moins bien placé dans l’ordre de la succession au trône. Elle monte un véritable complot (I Rois 1 ; 28s) avec le prophète Nathan et se concerte avec lui afin d’évincer les autres prétendants.

Du chapitre 31 de Jérémie au chapitre 31 des Proverbes et au rouleau d’Esther

Dans ces deux chapitres si différents l’un de l’autre, c’est encore une femme qui est mise en avant, portée au pinacle. Le prophète Jérémie veut rassurer son peuple qui vient de subir une terrible défaite militaire. Sion est dévastée et ses fils sont soit morts au combat, soit conduits en captivité dans le pays de l’ennemi. Et c’est une femme, la matriarche Rachel qui incarne la souffrance de son peuple et à laquelle le prophète prodigue des paroles de consolation : elle sera le symbole du renouveau, l’incarnation de l’espoir : Une voix a été entendue à Ramah, un gémissement, un pleur d’amertume : Rachel pleurant sur ses fils et elle refuse de se consoler à cause de ses fils qui ne sont plus. Ainsi a parlé Dieu : retiens les pleurs de ta voix et les larmes de tes yeux, car il y a, une compensation pour ton œuvre… et tes fils reviendront du pays de l’ennemi. Il y a donc espoir en ton avenir… et tes fils reviendront sur leur territoire (Jer. 31 ; 15-17).

Illustration - On notera que c’est une matriarche, une femme, qui incarne la résurrection du peuple d’Israël et non point un homme, son mari Jacob, l’archétype de l’identité juive.

Dans le chapitre 31 (v. 10-31) du livre des Proverbes, un vibrant hommage est rendu à la femme vertueuse qui est l’authentique diadème de son époux. Ce chapitre est lu le vendredi soir à la maison juste avant la récitation des bénédictions sur le pain et le vin. C’est un idéal féminin que voici : La femme vaillante, qui la trouvera , son prix surpasse de loin celui des perles. Le cœur de son mari a confiance en elle… Elle lui fait du bien et non du mal tous les jours de sa vie.

Dans le rouleau d’Esther, une œuvre écrite par un Juif d’Alexandrie vers les VI-Ve siècles, qui se fait passer pour une histoire survenue dans les frontières du royaume perse, c’est à nouveau une femme qui sauve son peuple de l’extermination. Elle fait preuve d’esprit d’initiative, de courage et de détermination

Les mémoires de Gluckel de Hameln.

On pourrait s’étonner de voir apparaître à la fin de cet article une personnalité comme Glückel de Hameln ((1646-1724) qui naquit et grandit dans la ville de Hambourg où elle se maria à l’âge de quatorze ans. Cette femme fut la première Juive à tenir un journal intime à cette époque. A la mort de son premier mari, alors qu’elle avait déjà treize enfants, elle reprit la rédaction de ses mémoires en langue yiddish. Cette œuvre sera traduite en allemand sous le titre de Denkwürdigkeiten der Glückel von Hameln et plus tard en français par Léon Poliakov (Paris, Editions de Minuit, 1971). Femme pieuse, acceptant les coups du sort sans jamais douter de la bienveillante providence Divine, elle se plongera dans les affaires commerciales de ses deux défunts maris, migrera de Hambourg vers Metz où elle renouera avec l’aisance. Pour sa nombreuse progéniture, elle trouvera d’excellents partis. Ces Mémoires sont précieuses ; elles nous renseignent sur la vie des Juifs d’Europe à cette époque et aussi sur les retombées du sabbataïsme dont Glückel se tiendra à distance.

Il est un tout dernier point qui marque un tournant et que le manque d’espace m’empêche de traiter en profondeur : c’est la victoire de la matrilinéarité sur la patrilinéarité, ce qui signifie que c’est la femme, contrairement à ce qui avait cours jusqu’ici, qui transmet légitimement la judéité, la qualité de Juif. Cette sage évolution des érudits des Écritures s’explique par des considérations non point mystiques mais simplement démographiques : les hommes ayant été décimés ou déportés par l’ennemi, les femmes restées sur place, seules et sans protection, pouvaient soit être violées, soit céder à une tentation naturelle : qu’allait-on faire des enfants de telles amours ? Il valait mieux les intégrer, les élever comme de bons petits juifs et repeupler ainsi le pays, reconstituer la nation. En somme faire du peuple.

Dans un tout autre contexte, Nietzsche rendra un hommage mérité aux femmes par cette phrase quasi prophétique : Ô êtres humains, vénérez la maternité, l’homme n’est jamais qu’un hasard

En conclusion, on peut dire que la Bible accorde aux femmes une certaine importance au sein de l’histoire si mouvementée du peuple juif alors que la littérature ultérieure, notamment talmudique constitue une sorte de régression. Certes, on trouve dans la Mishna Abot (Traité des pères) l’injonction de ne pas abandonner les leçons de notre mère (al tittoche torat immékha). Mais cela ne suffit pas à compenser le verdict talmudique selon lequel les femmes ont l’esprit léger (nashim da’atan kalla ‘aléhém).

Maurice-Ruben HAYOUN – Photo

NDLR

1- Mâle et femelle Il les créa – On se trouve face à deux êtres siamois, un homme et une femme qui sont dos-à-dos. Le mot Tséla traduit par « cote » voudrait dire coté, un homme d’un côté une femme de l’autre. Dieu prit un coté pour en faire une femme à part entière, qu’Il mit face à l’homme (ezer quenegdo – une aide face à lui ). Quant à dire que la femme est moins aboutie que l’homme, c’est une erreur de lecture. Les rabbins rédacteurs des prières ont corrigé pour ainsi dire cette vision des choses. Ainsi, dans la prière du matin, l’homme dira : « Béni soit l’Éternel notre Dieu, Roi de l’univers qui ne pas fait femme », alors que la femme dira « Béni soit l’Éternel notre Dieu, Roi de l’univers qui m’a fait suivant sa volonté ». Ce qui veut dire que la femme est un projet plus abouti, puisque plus proche de la volonté Divine. Alors que l’homme qui pour se parfaire doit accomplir plus de commandements Divins, utiles à sa perfection.

2- En fait Ève va rendre le projet Biblique possible. Sans cette « faute, il n’y a pas d’histoire. Tout resterait en l’état dans ce jardin clos. Aucune notion de sexualité n’était possible puisque Adam et Ève n’ont n’en pas conscience avant la « faute ». Il n’y aurait eu que deux êtres éternels, et une histoire en panne. De facto, les femmes débloquent l’Histoire, Ève avec sa faute nécessaire, Sarah avec le renvoi d’Agar, Rébecca avec le choix de Jacob, la bru de Yéhouda qui engendre Perez aïeule du Roi David, Esther, etc… pour n’en citer que quelques-unes.

3 – Myriam est à l’origine de la naissance de Moïse, puisque c’est elle qui apostrophe son père Amram, pour qu’il reprenne une vie conjugale interrompue avec Yohebet, sa mère, et de cette ré-union naît Moïse, sans qui l’histoire juive est impossible.

Autres lectures :

Michel Drucker évoque ses origines juives – vidéo.

Chantal Akerman : Au-delà de la mélancolie

Gustav Meyrink et son Livre Le Golem (II)

Péan l’enquêteur engagé (E. Lévy)

Gustav Meyrink et son livre Le Golem (1/5)

accueil-jforum – Jforum -Paris, Île-de-France, France - Parachat : פרשת דברים - Parashat Devarim - Allumage des bougies : Ven. 09 août 2019 à 20:58 - Havdalah (72 min) : Sam. 10 août 2019 à 22:27

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Source : http://www.jforum.fr/ces-femmes-qui-ont-change-le-cours-de-lhistoire-juive.html

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19.
La personnalité de Maurice-Ruben Hayoun d’après Wikipédia

Maurice-Ruben Hayoun, né en 1951 à Agadir, est un philosophe (spécialisé dans la philosophie juive), exégète et historien français. Activités : Spécialiste de philosophie juive en général et de la philosophie juive médiévale en particulier, il est également spécialiste de la pensée judéo-allemande moderne (de Moïse Mendelssohn à Gershom Scholem) et de la philosophie arabo-musulmane de l’âge d’or (Averroès, Ibn Badja, Avicenne). Il est professeur des universités (Strasbourg, Bâle, Heidelberg).

Spécialiste de l’histoire intellectuelle, il a publié plusieurs livres sur les racines culturelles et spirituelles de l’Europe, notamment les Lumières de Cordoue à Berlin. Il participe régulièrement aux matinales de Radio-Cité et aux émissions de Genève à chaud de Pascal Décaillet sur la chaîne Léman Bleu.

Ses articles ont été récemment réunis en un volume paru en 2005 chez Armand Colin (Ecoute Israël, Ecoute France). Il est candidat à la succession de Jean-Marie Lustiger à l’Académie française, obtenant une voix.

Vice-président de l’association Fraternité d’Abraham, il s’est occupé du problème de la laïcité et du dialogue inter-religieux. Il est reçu en cette qualité par le pape Jean-Paul II au Vatican, en février 2000. Il entretient une correspondance avec Benoît XVI portant sur l’étude des grands penseurs juifs allemands du XIXe siècle

L’article complet est à lire à la source : https://fr.wikipedia.org/wiki/Maurice-Ruben_Hayoun

Note de Wikipédia : Cet article ne cite pas suffisamment ses sources (février 2014). Si vous disposez d’ouvrages ou d’articles de référence ou si vous connaissez des sites web de qualité traitant du thème abordé ici, merci de compléter l’article en donnant les références utiles à sa vérifiabilité et en les liant à la section « Notes et références » En pratique : Quelles sources sont attendues ? Comment ajouter mes sources ?

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20.
La femme juive et l’Histoire Par Benjamin Duvshani - 18 juin 2010

Si notre mère Eve n’avait pas été séduite par le serpent et n’avait pas séduit Adam, nous serions restés au Jardin d’Eden et il n’y aurait pas eu d’Histoire, ni générale ni juive.

Si notre mère Sarah n’avait pas imposé Isaac, Abraham aurait été incapable de décider entre lui et Ismaël et l’Histoire sainte se serait arrêtée.

Si notre mère Rébecca n’avait pas poussé Jacob à mentir pour recevoir la bénédiction d’Isaac, c’est Esaü qui aurait eu la charge spirituelle de l’humanité avec les conséquences que nous pouvons imaginer.

Jacob aimait Rachel et la préférait à Léah mais c’est Léah qui a enfanté Lévi et Judah, c’est-à-dire les porteurs du projet du Kohen-messie et du Roi-messie. C’est encore Léah qui a mis au monde Dinah, le 13ème enfant, celle qui symbolise le 13ème mois des années &laqno ; enceintes » du Temps à venir et qui joua un rôle important dans les rapports avec les habitants du pays de Canaan.

Tamar, bru de Judah, n’a-t-elle pas sauvé la lignée qui assurait la naissance future de David, donc, du Messie ?

Plus tard, pendant l’exil en Egypte, ce sont Yokheved et Myriam qui, contre l’avis des hommes, ont imposé la poursuite de la procréation d’enfants malgré la menace qui pesait sur eux. Sans cela comment Moïse serait-il né ?

C’est encore Tsipporah qui, en circoncisant d’urgence son fils qu’il avait oublié de circoncire, sauva Moïse de la mort qui le menaçait.

Dans le pays d’Israël, le rôle joué par Ra’hav (future épouse de Josué), par Déborah, par Ruth ou par ’Hannah, mère de Samuel sont là pour prouver, s’il le fallait, la place capitale des femmes dans le déroulement de ce qu’on appelle l’Histoire Sainte.

Il a suffit de la défaillance d’une femme, la prophétesse ’Houldah, pour que rien ne puisse empêcher la chute du royaume de Judah.

Esther, sous l’Empire perse, Judith et ’Hannah, mère des 7 enfants martyrs, sous la domination grecque et, plus tard, Salomé-Alexandra ajoutent des éléments à cette démonstration.

Et c’est encore l’inaction d’une femme, Bérénice, qui préféra ses intérêts personnelles à la cause nationale qui provoqua la fin de la Judée et de la souveraineté politique du peuple juif.

Après cela, il n’y a plus de femmes dans notre Histoire. Tant que le peuple juif est actif dans l’Histoire, qu’il y joue un rôle masculin, il y a des femmes. Dès qu’il passe à la méta-Histoire, qu’il est passif, symboliquement féminin, les femmes disparaissent. Il faudra attendre la rentrée du peuple dans l’Histoire au 20ème siècle pour retrouver Golda Méïr et les autres sur la scène de notre existence.

La symbolique religieuse connaît une relation d’amour entre Dieu, l’époux et Knesset-Israël, l’épouse, image féminine par excellence.

Un seul moment de la liturgie change la symbolique, le vendredi après-midi, où brusquement, le peuple d’Israël devient le Dod, l’amant, le masculin, pour accueillir la fiancée, la reine-Chabbath, qui n’est autre que la présence de Dieu au monde.

Et c’est encore le vendredi après-midi qu’apparaît la femme dans toute sa splendeur avec ses trois mitswoth particulières, la ’Hallah, la Niddah et l’allumage des lumières de Chabbath, ces mitswoth dont la Michnah nous dit que sans elles la femme &laqno ; meurt en couches », c’est-à-dire, est incapable d’assurer l’engendrement de la suite de l’Histoire. Il y a un rapport entre la rentrée dans l’Histoire, la femme et le vendredi après-midi.

Le Talmud dans le traité Sanhedrin, page 97a, fait un enseignement sur l’analogie entre les six jours de la Création et les six millénaires de l’Histoire. Cette analogie nous permet d’associer le sixième jour, jour de la création de l’homme, au sixième millénaire, le nôtre, qui a commencé en 1240 et qui est le millénaire de l’humanisme (Cimabuë, le premier peintre de la prérenaissnce est né en 1240 !). Dans l’analogie jour-millénaire, 1740 est le matin (début de la &laqno ; montée » en Israël des ’Hassidim et des élèves du Gaon de Vilna), 1990 est midi (début de l’accélération de l’Histoire) et nous nous trouvons dans l’après-midi du sixième jour, du sixième millénaire. Le peuple juif est de nouveau dans l’Histoire et il attend les femmes pour qu’elles prennent leurs places auprès des hommes pour les aider à préparer le Chabbath de l’Histoire, le septième millénaire, temps de la Paix universelle.

’Les mitswoth sont comme des nœuds d’une corde tendue vers le Ciel pour s’élever vers Dieu , cependant la Bath Israël naît plus proche du sommet.Elle est créée plus parfaite, plus complète, et plus proche du Créateur’ - Le Maharal

A lire aussi :

La Chounamit -Naama -Bruria, L’âme des choses : impacts de l’interprétation -La Kahena

Published by Barbara de Toulouse dans Les femmes du Judaïsme
<< Un peu de tout Les 7 prophétesses de la Bible >>

Présentation - Blog : ‘Le blog de Barbara de Toulouse’ - Photo portrait de l’auteure - Description : Réflexions sur le début du christianisme et du judaïsme rabbinique .Tout n’est pas fait de dogmes mais aussi de faits historiques et c’est cela qui m’intéresse. Le côté humain de la ’chose’. Les chrétiens ne connaissent rien sur l’histoire de leur religion et encore moins sur le berceau .Deux communautés issues d’une même ’famille’,qui se sont ignorées, voire combattue pendant des siècles, à coup de pogroms, de bûchers et d’anathèmes et pourtant elles sont ’soeurs’......

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21.
Les femmes juives célèbres et dans l’Histoire Une longue liste à consulter sur les femmes juives célèbres (Accès par ordre alphabétique) - Accueil - Document : ‘lesfemmesjuivescelebres.blogsp -ot.com/’ –

Odette Abadi- Heroine

Paula Abdul - Actrice

Celestine Aboulker - Peintre

Anne Applebaum- Litterature

Hannah Arendt - Philosophie

Ruth Arnon - Medecine

Marguerite Aron - Heroine

Therese d’Avila - Sainte

Lauren Bacall - Actrice

Olga Bancic - Heroine

Theda Bara - Actrice

Barbara - Chanson

Ellen Barkin - Actrice

Aemilia Bassano Lanier - Poesie

Carole Bayer Sager - Poesie

Denise Bellon - Photographe

Lauretta Bender- Psychologie

Gretl Bergmann - Sport

Marilyn Bergman - Poesie

Sarah Bernhardt - Theatre

Beruriah- Maitre du Talmud

France Bloch - Heroine

Rahel Bluwstein - Poesie

Frida Boccara - Chanson

Marguerita Bornstein - Cartoon

Gertie Boyarski - Heroine

Esther Brandeau - Aventurière en Nouvelle-France

Anita Brookner - Litterature

Geraldine Brooks- Litterature

Cecile Brunschvicg - Politique

Masha Bruskina - Heroine

Charlotte Buhler- Psychologie

Coralie Cahen - Philanthrope

Esther Carp - Peinture

Catherine Cesarsky - Physique

Orlova Chana - Sculpteur

Hélène Cixous - Litterature

Marianne Cohn - Heroine

Betty Comden - Poesie

Lilian Copeland - Sport

Gerty Cori - Medecine

Marcia Davenport - Litterature

Deborah - Prophete

Sonia Delaunay - Decoratrice

Babette Deutsch- Poesie

Helene Deutsch- Psychologie

Suzanne Deutsch - Aviation

Carola Eisenberg - Medecine

Leslie Epstein - Litterature

Gertrude Elion - Medecine

Esther - Heroine ( Bible )

Edna Ferber- Litterature

Dorothy Fields - Poesie

Leslie Foldy - Physique

Anne Frank - Heroine

Rachel “Ray” Frank - Rabbin

Rosalind Franklin - Medecine

Else Frenkel-Brunswik - Psychologie

Anna Freud - Psychologie

Gisele Freund - Photographie

Betty Friedan - Militant

Kate Friedlander- Psychologie

Frieda Fromm-Reichmann- Psychologie

Ester Frumkin - Sionisme

Cecile Furtado Heine - Philanthrope

Margaret Geller- Physique

Carol Gilligan- Psychologie

Eugenia Ginzburg - Litterature

Natalia Ginzburg- Litterature

Lila Gleitman- Linguiste

Louise Glück- Poesie

Maria Goeppert Mayer - Physique

Lea Goldberg - Poesie

Emma Goldman - Anarchiste

Nadine Gordimer - Litterature

Donna Gracia Nassi - Philanthrope

Jorie Graham- Poesie

Rebecca Gratz - Humanitaire

Haika Grossman - Heroine

Suzanne Haik-Vantoura - Musique

Alice Halicka - Peinture

Glückel von Hameln - Commercante

Ruth Handler - Creatrice

Solika Hatchouel - Heroine

Ofra Haza - Chanson

Helene - Reine

Lilli Henoch - Sport

Barbara Herrnstein Smith - Critique

Jeanne Hersch- Philosophie

Caroline Herschel - Mathematique

Clara de Hirsh - Philanthrope

Ira Hirsh- Psychologie

Laura Z. Hobson - Litterature

Louise Jacobson - Heroine

Marie Jahoda- Sociologie

Helene Jakubowicz - Heroine

Elfried Jelinek - Litterature

Regina Jonas - Rabbin

Erica Jong - Litterature

Judith - Bible

La Kahena - Reine

Mascha Kaleko - Poesie

Frida Kahlo - Peinture

Ida Kaminska - Theatre

Donna Karan - Mode

Caroline Kauffmann - Feministe

Agnes Keleti - Sport

Melanie Klein- Psychologie

Noemie Klein - Militant

Ariane Knout - Heroine

Sarah Kofman - Philosophe

Gertrud Kolmar- Poesie

Chana Gitla Kowalska- Peinture

Nathalie Kraemer - Peinture

Judith Krantz - Litterature

Annie Kriegel - Histoire

Helene Kro - Heroine

Vera Korene - Actrice

Eve Kosofsky Sedgwick - Feministe

Hedy Lamarr - Actrice

Anna Langfus - Litterature

Else Lasker Schuler - Poesie

Lily Laskine - Musique

Estee Lauder - Mode

Helene Lazareff - Journaliste

Renee Levy - Heroine

Emma Lazarus - Poesie

Carolyn Leigh - Poesie

Denise Levertov- Poesie

Sonya Levien - Scenariste

Barbara Liskov - Informatique

Elizabeth Loftus- Psychologie

Zivia Lubetkin - Heroine

Alison Lurie- Litterature

Rosa Luxemburg - Militant

Clara Malraux- Litterature

Nadezhda Mandelstam - Litterature

Maria Marevna - Peinture

Hertha Marks Ayrton - Physique

Elaine May - Scenariste

Golda Meir - Politique

Lise Meitner - Physique

Penina Moise - Poesie

Marilyn Monroe - Actrice

Levi Montalcini - Medecine

Sarah Moon - Photographie

Elsa Morante- Litterature

Lisel Mueller- Poesie

Maud Nathan - Suffragette

Irene Nemirovsky - Litterature

Louise Nevelson - Sculpture

Emmy Noether - Mathematique

Maxa Nordau - Peinture

Ida Nudel - Sionisme

Martha Nussbaum- Philosophie

Rosanna Dyer Osterman - Philanthrope

Elinor Ostrom - Economie

Cynthia Ozick - Litterature

Grace Paley - Militant

Dorothy Parker- Litterature

Marge Piercy- Poesie

Belva Plain - Litterature

Susan Polgar - Jeu d’Echec

Amelie Pollonnais - Philanthrope

Ruth Prawer Jhabvala - Litterature

Ira Progoff- Psychologie

Eve Queler- Chef d’Orchestre

Rachel - Theatre

Mila Racine - Heroine

Regine - Chanson

Reinette l’Oranaise - Chanson

Yasmina Reza - Theatre

Adrienne Rich- Poesie

Laura Riding - Poesie

Judith Rodin- Psychologie

Ernestine Rose - Feministe

Ethel Rosenberg - Militant

Tina Rosenberg- Litterature

Sara Rosenblum - Genetique

Bobbie Rosenfeld - Sport

Vera Rubin - Astronome

Helena Rubinstein - Mode

Ida Rubinstein - Danse

Muriel Rukeyser- Poesie

Ruth - Bible

Nelly Sachs - Litterature

Charlotte Salomon - Peintre

Myriam Sarachik - Physique

Nathalie Sarraute - Litterature

Anna Seghers - Litterature

Hanna Senesh - Heroine

Zeruya Shalev - Litterature

Susan Margulies Sheehan- Litterature

Rachel Sheinkin- Litterature

Naomi Shemer - Chanson

Elaine Showalter- Critique

Simone Signoret - Actrice

Krystyna Skarbek - Agent Secret

Hannah Solomon - Philanthrope

Jeannine Sontag - Heroine

Susan Sontag- Litterature

Muriel Spark- Litterature

Bella Spewack- Litterature

Danielle Steel- Litterature

Edith Stein - Philosophie

Gertrude Stein - Philosophie

Gloria Steinem - Militant

Lina Stern - Biochimie

Barbara Streisand - Chanson

Kerri Strug - Sport

Jacqueline Susann - Litterature

Irena Szewinska - Sport

Henrietta Szold - Sionisme

Kate Tamarkin- Chef d’Orchestre

Shirley Temple - Actrice

Dara Torres - Sport

Diana Trilling - Critique

Elsa Triolet - Litterature

Barbara Tuchman- Litterature

Sophie Tucker - Actrice

Lyudmila Ulitskaya - Litterature

Simone Veil - Politique

Paula Vogel- Litterature

Wendy Wasserstein- Litterature

Nicole Weil - Heroine

Simone Weil - Philosophie

Louise Weiss - Suffragette

Betty Williams - Pacifiste

Rosalyn Yalow - Medecine

Bat Ye’or - Histoire

Ada Yonath - Chimie

Marya Zaturenska- Poesie

Sabine Zlatin – Heroine

www.jewisheritage.blogspot.fr - http://jewisheritage.blogspot.com/


http://4.bp.blogspot.com/_A0Pq9HDwF... Source : http://lesfemmesjuivescelebres.blogspot.com/

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22.
Femmes juives de mérite - Figures féminines de l’histoire juive – Document ‘ › Communauté & Famille › La femme juive - https://fr.chabad.org

Sarahpar Nissan MindelTelle fut notre mère Sarah qui fut toujours une grande source d’inspiration pour toutes les filles et les mères juives, en tous lieux et à toutes les époques.
Sera’h bat AcherElle traversa les âges par Nissan MindelLa bénédiction de Jacob se réalisa et Sera’h vécut plusieurs centaines d’années. Et même, selon certaines opinions, elle ne mourut jamais...
Yokhévedpar Nissan MindelMère de Moïse, d’Aaron et de Myriam, Yokhéved fut, sans conteste, l’une des plus grandes femmes juives de tous les temps
TsipporahL’épouse de Moïse par Nissan MindelTsipporah était l’une des sept filles de Jéthro. Elle eut le privilège d’être l’épouse de celui qui allait délivrer le peuple d’Israël d’Égypte, recevoir et lui transmettre la Torah et le mener 40 ans durant dans le désert...
La prophétesse Deborah(2650-2676) par Nissan MindelLe quatrième des Juges qui gouverna le peuple juif après la mort de Josué ne fut pas un homme, mais une femme, une des plus célèbres de tous les temps, la prophétesse Déborah...
RuthL’ancêtre du Machia’h par Nissan MindelChaque fois que nos Sages veulent donner un bel exemple de vertus féminines juives, de dévotion, de sacrifice de soi aux choses les plus élevées de la vie, de loyauté, de modestie, enfin d’excellence de caractère, ils parlent de Ruth
‘Hannahpar Nissan MindelLa Haftarah de Roch Hachana parle de la naissance du prophète Samuel dont la mère, ‘Hannah, était restée de nombreuses années sans enfant. De cette lecture nous tirons une magnifique leçon sur la grande puissance de la prière et les rapports étroits qu’elle établit entre l’homme et D.ieu...
La ChounamitL’intuition d’une femme conduit au miracle par Nissan MindelLa « Chounamit » était une femme intuitive et perspicace qui bénéficia du plus grand miracle qui puisse être : la résurrection de son fils mort. Voici son histoire.
La prophétesse ‘Houldahpar Nissan Mindel ’Houldah fut l’une des grandes femmes juives de la Bible. Celle-ci contient les noms et prophéties de quarante-huit prophètes et de sept prophétesses, dont ’Houldah fit partie...
Judithpar Nissan Mindel La fête de ’Hanoucca est vécue de manière particulièrement intense pour les femmes, en souvenir de l’héroïsme de Judith...
Salomé Alexandra1er siècle avant l’ère commune par Nissan MindelLe peuple Juif a gardé au cœur le souvenir des temps heureux où il vécut libre lors des neuf longues années pendant lesquelles Salomé Alexandra fut reine de Judée quand la Torah était la seule loi selon laquelle fut si sagement gouverné le pays
MariamneLa dernière princesse asmonéenne par Nissan MindelLe peuple Juif a gardé au cœur le souvenir des temps heureux où il vécut libre lors des neuf longues années pendant lesquelles Salomé Alexandra fut reine de Judée quand la Torah était la seule loi selon laquelle fut si sagement gouverné le pays
Rachel, épouse de Rabbi AkibaUn exemple d’abnégation par Nissan Mindel« N’était cette femme, déclara Rabbi Akiba, je serais encore un berger ignorant, incapable de lire l’aleph-beth. Tout ce que j’ai pu apprendre, c’est à elle que je le dois. »
Berouriah(2ème siècle) par Nissan MindelIl n’est pas courant de trouver dans le Talmud un nom de femme. Les noms mentionnés habituellement sont ceux de nos grands Tannaïm et Amoraïm, les maîtres de notre peuple. Nous y rencontrons cependant de temps en temps celui d’une femme juive de mérite, dont la sagesse, la piété et le savoir demeurent jusqu’à nos jours une source vive d’inspiration. C’est le cas de Berouriah.
PerleL’épouse du Maharal de Prague - 16ème siècle par Nissan MindelPerle fut un exemple vivant pour les femmes juives de tous les temps, particulièrement pour la génération qui suivit la sienne et qui vit s’épanouir des personnalités remarquables, aussi bien masculines que féminines...
Dona Gracia Mendez-Nassi1510–1569 par Nissan MindelDoña Gracia Mendez-Nassi fut une héroïne juive de l’époque de la Renaissance qui usa de son immense fortune pour venir en aide aux conversos, ces Juifs contraients de feindre le catholicisme par la sinitre Inquisition.
Maria NunezHéroïsme à l’époque de l’inquisition par Nissan MindelLa réputation de la sagesse et la beauté de Maria finit par atteindre la cour royale de Londres, et la reine Elizabeth la fit quérir.
Gluckel de HamelnUne femme exceptionnelle par Nissan MindelChroniqueuse de la vie juive en Allemagne au 17ème siècle, Gluckel de Hameln fut, à tous les égards, une femme exceptionnelle...© 1993-2019 Chabad-Lubavitch Media Center - Site mobile Donner Politique de confidentialité Contact Chabad.frhttps://fr.chabad.org/ - Image associée

Source : https://fr.chabad.org/library/article_cdo/aid/2093656/jewish/Femmes-juives-de-mrite.htm

D’après Wikipédia, à propos de Chabad-Lubavitch > « Dynastie hassidique Habad-Loubavitch : Le hassidisme H’abad ou de Loubavitch (hébreu : חסידות חב’ד Hassidout Haba’d, Haba’d étant l’acronyme de Hokhma Bina Da’at, « sagesse, compréhension, savoir »1) est l’une des branches principales du hassidisme contemporain. Il est fondé au XVIIIe siècle par le rabbin Shneur Zalman de Liadi, dit l’Alter Rebbe, qui tient sa cour à Liozna, puis déménage à Liadi, un village en Biélorussie. Dovber Schneuri déplace le centre du mouvement à Lioubavitchi qui demeure le centre de Habad jusqu’à ce que, fuyant la guerre et le nazisme, Yosef Yitzchok Schneersohn, sixième rebbe du mouvement, établisse sa synagogue à New York2. Le hassidisme Habad acquiert sous l’impulsion de Menachem Mendel Schneerson, le septième et dernier rebbe de la dynastie, une importance sans précédent au sein du judaïsme orthodoxe : Habad développe des institutions dans environ 950 villes à travers le monde et, au début du XXIe siècle, on estime le nombre de ces institutions à 3 3003,4. Réparties dans 75 pays5, elles fournissent des activités de sensibilisation et d’éducation pour les Juifs dans les centres communautaires juifs, les synagogues, les écoles et les camps de vacances. En 2007, 1 350 établissements ont été répertoriés dans l’annuaire Habad6. Le septième rebbe introduit depuis son centre de Crown Heights de nombreux changements dans la politique sociale du mouvement et dans sa doctrine même. Il suscite une telle vénération parmi ses disciples que nombreux sont ceux qui voient en lui le Roi Messie, même après sa disparition, ce qui cause actuellement une certaine division au sein du mouvement… »

Article complet sur ce site : https://fr.wikipedia.org/wiki/Dynastie_hassidique_Habad-Loubavitch

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23.
Sept femmes juives exceptionnelles à travers les âges - Par DrYvette Miller - Document ‘aish.fr’ – Non daté

L’histoire juive regorge de femmes juives dont l’abnégation et la force de caractère ont assuré la survie du peuple juif -
Voici 7 femmes juives remarquables dont l’influence se fait ressentir jusqu’à aujourd’hui.

La reine Esther

La reine Esther, la célèbre héroïne de l’histoire de Pourim, fut une orpheline juive choisie pour épouse par le roi A’hachvéroch alors qu’il régnait sur un puissant empire situé au centre de la Perse antique. Quand le perfide ministre du roi, Haman, suggéra d’exterminer les Juifs du royaume, ce fut Esther qui intervint, au péril de sa vie, en suppliant le roi d’avoir pitié de son peuple.

Il y a beaucoup de choses que les gens ignorent sur la reine Esther. Pour commencer, elle ne s’appelait pas Esther. Elle s’appelait Hadassa, mais elle avait adopté ce prénom à la consonance plus perse à son entrée dans la vie publique. Quand Esther fut choisie comme reine, elle jugea plus prudent d’en révéler le moins possible sur elle-même. Son nouveau mari était brutal et il avait récemment mis à mort sa première épouse, Vachti. Néanmoins, Esther, seule dans le palais, n’oublia jamais qui elle était.

La tradition juive nous enseigne qu’Esther se nourrit exclusivement de graines et de légumineuses, cuites dans sa cuisine privée, afin qu’elle ne transgresse pas les lois de la cacherout. Elle compta secrètement les jours de la semaine, afin de savoir quand tombait Chabbath chaque semaine.

C’est peut-être cette détermination de fer qui donna à Esther le courage de confronter le roi A’hachvéroch après que ce dernier ait signé un édit d’exterminer tous les Juifs du royaume. Se tournant vers sa communauté juive en-dehors des murailles du palais, Esther demanda à ce que chaque Juif jeûne et prie pour sa réussite. Ensuite, elle s’arma de courage et risqua le courroux du roi et une mort certaine en pénétrant dans la salle du trône sans y avoir été convoquée. Vékaacher avadeti avadeti, dit-elle à son oncle Mordékhaï ; si je dois périr, je périrai. Esther savait qu’il y a certaines choses pour lesquelles il vaut la peine de tout risquer.

Sarah Schenirer

Sarah Schenirer naquit en 1883 à Cracovie, en Pologne, dans une famille juive hassidique. À cette époque, il était admis que les garçons juifs suivent leurs études religieuses dans des établissements scolaires juifs, tandis que les filles juives fréquentent l’école publique et reçoivent leur éducation juive à la maison, par l’intermédiaire de leurs parents. Si ce modèle éducatif avait fonctionné dans les générations précédentes, Sarah Schenirer fut la première à s’apercevoir que les filles juives devenaient terriblement ignorantes de la tradition juive et commençaient à s’assimiler. Elle vit qu’une crise spirituelle se préparait.

Photo - Pour sa part, Sarah Schenirer quitta l’école à 13 ans et devint couturière. Contrairement à bon nombre de ses camarades, elle continua à lire des livres juives et à s’instruire en judaïsme et en pensée juive. Quand des jeunes filles venaient dans son atelier pour lui commander de nouveaux vêtements ou pour des essayages, Sarah Schenirer se disait qu’elle aurait bien voulu trouver le moyen de montrer à ses clientes la beauté de leur héritage. Comme les jeunes filles plus âgées la tournaient en dérision, Sarah Schenirer décida de commencer à éduquer les jeunes enfants et rêva de créer une école juive pour filles.

Elle se rendit chez le Rabbi de Belz, le dirigeant spirituel de sa communauté, pour obtenir sa bénédiction. Beaucoup pensaient que son projet était voué à l’échec ; elle était divorcée et n’avait pas d’enfants, et elle proposait une idée révolutionnaire que mêmes les plus grands dirigeants juifs de l’époque n’avaient pas réussi à promouvoir. Toutefois, le Rabbi lui répondit avec deux souhaits empreints d’intensité : Berakha véhatsla’ha – bénédiction et réussite. En 1917, Sarah Schenirer ouvrit une école appelée Beth Yaakov qui comptait 25 élèves.

Bientôt, d’autres villes contactèrent Sarah Schenirer pour lui demander de les aider à ouvrir leurs propres écoles pour filles. En 1937, deux ans après le décès de Sarah Schenirer, on comptait 248 écoles Beth Yaakov instruisant 35 000 filles. Aujourd’hui, les écoles Beth Yaakov continuent à prospérer dans le monde entier. Rien qu’en Israël, on compte plus de 100 écoles Beth Yaakov instruisant plus de 15 000 filles et Sarah Schenirer est universellement reconnue comme une éducatrice visionnaire qui a sauvé le peuple juif.

Hannah Senesh

Née en 1921 à Budapest dans une famille juive assimilée, Hannah Senesh fut attirée dès son enfance par le sionisme et les activités organisées par le mouvement de jeunesse sioniste local. À l’âge de 18 ans, elle fit son Alyah (immigra dans ce qui deviendrait bientôt l’État d’Israël) et s’installa au Kibboutz Sdot Yam, où elle écrivit de la poésie et une scène de théâtre sur la vie au kibboutz.

En 1943, alors que la Seconde Guerre mondiale faisait rage, Senesh se porta volontaire dans l’armée britannique qui lui proposa une mission extrêmement risquée : serait-elle prête à être parachutée en Europe occupée par les Nazis pour aider les forces alliées à organiser des mouvements locaux de résistance antinazie ? La jeune femme accepta et devint l’une des 33 soldats choisis pour cette mission dangereuse classée top secrète. En mars 1944, elle fut lâchée en pleine Yougoslavie contrôlée par les Nazis où elle combattit avec les troupes de résistance de Tito pendant trois mois. Elle traversa ensuite la frontière pour rejoindre sa Hongrie natale où elle fut presque instantanément arrêtée.

Photo - Vicieusement torturée pendant plusieurs mois par la police hongroise, Senesh refusa de livrer le moindre détail à propos de sa mission. Le 7 novembre 1944, à l’âge de 23 ans, elle passa devant le peloton d’exécution. Elle refusa qu’on lui bande les yeux, préférant regarder droit dans les yeux ses assassins.

Après son meurtre, le poème suivant fut découvert dans sa cellule de prison :

Un, deux, trois… Huit pieds de long

Deux enjambées, le repos est sombre…

La vie est un point d’interrogation éphémère

Un, deux, trois… peut-être une autre semaine.

Ou le mois prochain pourra me trouver encore ici,

Mais la mort, je la sens proche.

J’aurais pu avoir 23 ans en juillet prochain.

J’ai joué à ce qui importait le plus, les dés ont roulé.

J’ai perdu.

En 1950, la dépouille mortelle de Hannah Senesh fut rapatriée en Israël et ensevelie au mont Herzl en Israël. Bon nombre de ses poèmes, ainsi que le journal intime qu’elle tint, sont des grands classiques de la littérature hébraïque aujourd’hui.

Dulcia de Worms

Une grande partie de ce que nous savons à propos de Dulcia, une femme juive qui vivait au Moyen-Âge dans la ville allemande de Worms, provient de la poésie de son époux, Rabbi Éléazar ben Judas de Worms (1165-1230). Ses accomplissements et traits de caractère brossent le portrait d’une dirigeante remarquablement active, menant une communauté juive prospère en dépit du climat de terreur instauré par les Croisés.

Dulcia subvint aux besoins de sa famille et de sa communauté grâce à l’un des seuls commerces autorisés aux Juifs à l’époque : le prêt d’argent. Dulcia géra les ressources financières de sa communauté, en prenant en charge les fonds de ses voisins et en les investissant conjointement aux taux les plus profitables. Toutefois, ce ne fut pas tant son sens des affaires aiguisé qui impressionna son entourage que l’intensité de sa vie spirituelle.

Suite à la dévastation laissée par la première croisade de 1906, durant laquelle des milliers de Juifs d’Europe furent brutalement assassinés, Dulcia et son époux devinrent membres d’un groupe intellectuel qui étudiait et rédigeait des textes juifs. Dulcia enseignait aux femmes et les aidait à exprimer leur spiritualité.

Outre ses entreprises commerciales, Dulcia était une artisane et brodeuse accomplie. Elle reliait des livres et fit les travaux d’aiguille nécessaires pour coudre des lés de vélin afin de créer quarante rouleaux de Torah. Elle était aussi marieuse et aidait les fiancées juives à se préparer pour leurs mariages. Elle effectuait aussi la tahara, la toilette mortuaire juive traditionnelle préparant le défunt à ses funérailles.

Dulcia fut assassinée avec ses filles Belette et Hannah en novembre 1196, quand deux hommes armés entrèrent par effraction dans leur maison, attaquant la famille, ainsi qu’un enseignant et quelques étudiants qui logeaient chez eux à cette époque. Le mari de Dulcia survécut à l’attaque et la consigna pour la postérité. Bien qu’il n’ait pas précisé dans ses écrits que les assaillants étaient des Croisés, de nombreux historiens supposent que ce fut le cas, peut-être parce qu’ils avaient connaissance de ses activités de prêt d’argent et espéraient donc trouver des trésors dans sa maison.

Déborah

À l’époque des Juges dans l’Israël antique, Déborah fut une prophétesse et une dirigeante, un stratège militaire qui aida Israël à combattre et à triompher contre le roi répressif Yavin de Canaan. Si la Torah compte sept prophétesses, Déborah est la seule dirigeante militaire de l’Israël antique. La Torah la décrit dans des termes impressionnants : « Or Déborah, une prophétesse, femme de Lapidot, gouvernait Israël à cette époque. » (Juges, 4, 4)

La Torah relate que Déborah siégeait au pied d’un palmier, et c’est à elle que les membres du peuple d’Israël s’adressaient pour régler leurs litiges. La tradition juive nous fournit quelques indices sur la raison pour laquelle Déborah fut perçue comme une juge aussi remarquable. Elle-même était une femme instruite, alors que son mari, Lapidot, était un simple travailleur peu cultivé. Déborah souhaitait ardemment élever spirituellement son mari, et elle procéda de façon très originale. Constatant qu’il était particulièrement habile dans la confection de mèches destinées aux lampes à huile, Déborah encouragea Lapidot à apporter quelques-unes de ses mèches dans un lieu de culte situé dans la ville de Shiloh et d’en faire don pour un usage sacré. Elle ne le poussa pas à entreprendre des activités très différentes de celles auxquelles il était habitué ni à effectuer des changements radicaux en lui. Au lieu de cela, elle identifia ses points forts et l’encouragea à les exploiter au maximum.

Sur ses conseils, Lapidot se mit à faire des innovations dans la confection de ses mèches, contribuant ainsi à améliorer l’éclairage du sanctuaire de Shiloh. Déborah encouragea avec beaucoup de doigté son mari à tirer le meilleur parti de ses qualités et points forts et à les sublimer pour un usage encore plus élevé. Telle fut la sagesse de son jugement : discerner la force qui habite chaque personne et l’encourager à l’utiliser à des fins positives.

Shlomtzion, la reine Salomé Alexandra

Le fait même que la reine Salomé Alexandra fut appelé « reine » est sujet à controverses : son mari Judas Aristobule I, dirigea le peuple juif pendant une période tumultueuse de luttes intestines et de dissensions au premier siècle AEC. Il fut le premier dirigeant d’Israël depuis la destruction du Premier Temple à se revendiquer le titre de « roi ». Quand Judas Aristobule mourut, Salomé épousa son frère, Alexandre Jannée, un dirigeant cruel et mécréant.

Pendant plusieurs années, Alexandre Jannée s’aventura hors de son royaume pour mener des guerres à l’étranger et c’est la reine Salomé qui dirigea Israël seule, de manière sage et judicieuse. Elle congédia les impies qui siégeaient dans son gouvernement, les remplaçant par les plus grands rabbins et érudits de l’époque, dont son frère Rabbi Chimon ben Chéta’h. Ce dernier, accompagné de Rabbi Yéhochoua ben Gamla, institua une loi qui devint un modèle de la vie juive pendant plusieurs milliers d’années, enjoignant à chaque ville et village de mettre sur pied des écoles juives pour instruire tous les enfants locaux, y compris ceux issus des familles démunies qui ne pouvaient se permettre d’assurer les frais de scolarité. Salomé fut si populaire qu’elle devint rapidement connue sous le surnom de Shlomtzion, ou « Paix de Sion ».

Alexandre Jannée finit par rentrer en Israël et il reprit le pouvoir des mains de sa femme. Il employa son règne à abroger un grand nombre de ses décrets progressistes et à mettre à mort des centaines d’érudits juifs. Après sa mort en 76 AEC, la reine Salomé reprit le pouvoir et régna pendant neuf années supplémentaires jusqu’à son propre décès en 67 AEC. Elle renforça l’armée d’Israël, construisit des forteresses, et la tradition juive évoque son règne comme une époque de paix et de prospérité, où les récoltes étaient miraculeusement abondantes.

Sarah Aaronsohn

Sarah Aaronsohn était issue d’une famille nombreuse qui avait fui les persécutions antisémites en Roumanie en allant habiter en terre d’Israël, s’installant dans et aidant à construire la ville juive naissante de Zikhron Yaakov au Nord d’Israël. Sarah naquit là-bas en 1890, et grandit dans un environnement cultivé et instruit. Parlant couramment plusieurs langues, elle était aussi une cavalière accomplie et une tireuse expérimentée. Son frère aîné Aaron devint l’un des agronomes les plus réputés du monde, et Sarah l’accompagnait souvent dans ses expéditions pour recueillir des échantillons de plantes et l’assister dans ses recherches.

Pendant son enfance, l’Empire ottoman régnait sur ce qui est aujourd’hui Israël, et les autorités locales étaient mal disposées envers les Juifs, rendant la vie aussi difficile que possible à la communauté juive locale. Une fois adulte, Sarah Aaronsohn eut un aperçu encore plus viscéral des cruautés perpétrées par l’Empire ottoman. Alors qu’elle voyageait en train d’Istanbul à Zikhron Yaakov en 1915, elle vit de ses propres yeux les violences qui allaient bientôt devenir le génocide arménien, durant lequel un million d’hommes, femmes et enfants furent exterminés par les forces ottomanes.

À cette époque, la Première Guerre mondiale battait son plein, et la Turquie combattait aux côtés de l’Allemagne. Sarah Aaronsohn était convaincue que si elle remportait la guerre, la Turquie tuerait les Juifs de la région, tout comme elle avait assassiné sa minorité arménienne. Elle, son frère Aaron, leurs frères et sœurs et quelques amis décidèrent de créer un réseau d’espionnage secret pour espionner les mouvements militaires turcs et relayer ces informations à la Grande-Bretagne. Ils nommèrent leur groupe NILI, acronyme de Netsa’h Israël Lo Yéchaker, « La gloire d’Israël ne dément pas » (I Samuël 15, 29). Très vite, le NILI devint le plus grand cercle d’espionnage pro-britannique de tout le Moyen-Orient.

Sans éveiller les soupçons des autorités turques, les jeunes membres du NILI prirent note des informations sur les troupes et leur ordonnance et envoyèrent des messages codés aux forces britanniques. Quand son frère Aaron quitta le pays pour soutenir les Britanniques en Égypte, Sarah reprit la direction du NILI qu’elle géra depuis son domicile familial. En 1917, l’un des messages secrets du NILI fut intercepté par les autorités ottomanes. Les Britanniques lui conseillèrent de s’enfuir pour avoir la vie sauve, mais Sarah refusa et choisit de rester à Zikhron Yaakov. Elle fut arrêtée le 1ier octobre 1917 et brutalement torturée pendant cinq jours. Elle refusa de divulguer les identités des autres membres du NILI.

Finalement, le 6 octobre 1917, Sarah Aaronsohn fut informée qu’elle serait bientôt transférée à Damas pour y subir des tortures encore plus sévères. Craignant que sa détermination ne fléchisse et qu’elle n’en vienne à trahir ses camarades espions, Sarah demanda la permission de rentrer chez elle une dernière fois. Alors qu’on la conduisait le long de la rue principale de Zikhron Yaakov, elle fredonna une chanson à propos d’un petit oiseau qui s’enfuyait en volant : un message secret informant ses camarades du NILI que leur cercle était dissolu. Arrivée chez elle, elle retira discrètement un pistolet qu’elle avait dissimulé dans un mur, s’enferma dans la salle de bains et se tira une balle.

À la suite de sa victoire dans la Première Guerre mondiale, la Grande-Bretagne remercia officiellement le NILI, soulignant que sans ses activités d’espionnage, elle n’aurait jamais pu remporter la guerre.

8/3/2018

Aish.fr - Votre Judaïsme.

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24.
Trois visages célèbres de femmes qui ont lutté pour leur conversion au judaïsme Par Judith Douillet. Le 27 juin 2017 - Photo – Document ‘alliancefr.com’

Depuis le Livre de Ruth, les convertis ont joué un rôle majeur dans la vie, la culture et la foi juives. Cependant, un nouveau projet de loi proposé dimanche à l’approbation de la Knesset créerait un parcours beaucoup plus difficile à surmonter pour de nombreux convertis.

La loi donnerait au Rabbinat en chef un contrôle total sur la conversion juive en Israël, permettant essentiellement à l’établissement religieux ultra-orthodoxe de décider qui est et qui n’est pas considéré comme juif. Les Juifs qui se sont convertis par des tribunaux rabbiniques indépendants, orthodoxes, réformistes et masorti (conservateurs) ne pourront plus s’inscrire comme Juifs auprès du ministère de l’Intérieur.

Yisrael Beytenu, un parti politique séculaire avec une grande base juive russe, a déclaré qu’il envisageait de faire appel du projet de loi, ce qui obligerait l’ensemble du cabinet à l’approuver avant de passer par la Knesset. La loi de conversion aurait un impact significatif sur les Juifs de l’ancienne Union soviétique, dont beaucoup sont venus en Israël avec une ascendance juive, mais pas avec la documentation requise par le Rabbinat en chef pour prouver leur affiliation.

Au cours des dernières années, de nombreux noms célèbres se sont ouvert au sujet de leur lutte avec les politiques du Rabbinat en chef.

Ania Bukstein

Photo d’Ania Bukstein

Même si elle est l’une des actrices les plus célèbres et les plus talentueuses d’Israël, le public international connaît mieux Bukstein pour le rôle de Kinvara interprété dans Game of Thrones. Kinvara est une prêtresse rouge, un leader de haut rang de sa religion. Losqu’elle n’est pas sous les feux des projecteurs, Bukstein lutte contre les autorités religieuses. Bien qu’elle ne soit pas convertie, Bukstein est un excellent exemple des problèmes rencontrés par les Juifs russes en raison des politiques strictes du Rabbinat en chef en ce qui concerne qui est et qui n’est pas considéré comme juif. Elle est née à Moscou avant la chute de l’Union soviétique et a fait son aliya avec sa famille à l’âge de huit ans.

Lorsque Bukstein a souhaité d’obtenir une licence de mariage, le rabbinat lui a demandé de ’clarifier son judaïsme’ après avoir constaté son lieu de naissance. En 2014, elle a discuté de son cas devant le comité de la Knesset pour l’Immigration, l’intégration et les affaires de la Diaspora. Elle a qualifié le processus de « farce ridicule » causée par « un monopole obsolète et insensible ». Bukstein a déclaré que la définition stricte du Rabbinat principal ’ne nie pas seulement nos droits fondamentaux au mariage et à la famille, mais nous nie nous-même et nous éloigne de notre judaïsme’.

Elizabeth Banks

Photo d’Elizabeth Banks

Banks est une vraie beauté d’Hollywood. Blonde, spirituelle, avec un esprit féroce. Elle a souvent discuté de sa judéité dans les talk-shows, mais c’était lors d’une interview sur le podcast de Marc Maron WTF qu’elle est entrée dans les détails. Banks a d’abord connu son futur mari à une soirée de son AEPi - une fraternité juive. Dix ans plus tard, ils se sont mariés et son processus de conversion a été très long. Cependant, elle ne l’a jamais fini complètement. ’Je ne suis pas passée au mikveh, donc techniquement, je ne suis pas convertie’, a-t-elle admis sur le podcast. Banks a déclaré que puisqu’elle pratiquait le judaïsme depuis tant d’années, la finalisation rabbinique était inutile. ’Mes enfants vont à l’école préscolaire juive, nous ne célébrons que les fêtes juives, j’adore le Seder’, a-t-elle élaboré. ’Franchement, comme je fais déjà tout, j’ai l’impression que je suis aussi juive que possible.’

Ivanka Trump

La fille et le meilleur conseiller du président américain Donald Trump est probablement la convertie juive la plus célèbre au monde. Mais même la fille du président américain n’est pas au-dessus du fardeau du Rabbinat en chef. Trump s’est convertie au judaïsme avant son mariage avec Jared Kushner en 2009. Sa conversion a été supervisée par le rabbin Haskel Lookstein, un rabbin orthodoxe basé à New York. Cependant, des doutes ont été exprimés sur la question de savoir si Israël reconnaîtrait la conversion d’Ivanka. En effet, avant elle, une autre personne convertie par Lookstein avait été refusée. Nicole Zeitler, née de père juif et de mère non juive, a déménagé en Israël peu de temps après la fin de son processus de conversion avec Rabbi Lookstein.

Remettant en cause la légitimité de Lookstein, les autorités religieuses ont alors refusé de lui accorder une licence de mariage. Après que le Rabbinat ait décidé en décembre 2016 d’examiner le processus de reconnaissance des conversions orthodoxes effectuées à l’étranger, une source de l’équipe de transition de la Maison Blanche a déclaré à The Jewish Week que « l’approbation du Rabbinat en chef est considérée comme une relation personnelle plus étroite entre la famille Trump et Israël, et c’est un pas qui est chaleureusement accueilli’. Zeitler a finalement été convertie à nouveau et a obtenu une licence de mariage.

Source : Jpost

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Actualités, Alyah Story, Contre la désinformation, International, Israël - le 27 juin 2017 - par Judith Douillet. Voir les articles de Judith Douillethttp://www1.alliancefr.com/author/judith

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25.
LIVRE - « 110 femmes juives qui ont marqué la France », de Michèle Bitton – Document ‘cultures-j.com’ Rédaction Littérature – Document : ‘Cultures-J.com’ - Photo : Françoise Giroud

Tel un dictionnaire, ‘110 femmes juives qui ont marqué la France’ présente les itinéraires de personnalités célèbres ou moins connues qui ont en commun d’avoir laissé une empreinte indélébile dans la société française.

110 femmes qui ont marque la france michele bitton

Photo : 1èrede ouverture - Qu’elles se soient illustrées dans le domaine artistique – littérature, peinture, cinéma –, politique ou social, survivantes ou disparues dans les camps de la mort, Résistantes, toutes illustrent brillement le versant féminin des Juifs de France, nation qu’elles ont contribué à faire briller à l’international.

Ainsi, au fil des 670 pages que compte ce passionnant ouvrage, le lecteur croisera entre autre Marguerite Aron qui, bien que convertie au catholicisme en 1914, n’échappera pas à la déportation, Lily Cicurel, artiste-peintre qui mettra un terme à sa carrière après son mariage avec Pierre Mendès-France, Hélène Gordon Lazareff, fondatrice du magazine Elle qui nomma Françoise Giroud directrice de rédaction, avant que cette dernière ne devienne la première femme à prendre la tête d’un grand organe de presse politique en France, mais aussi Lucie Dreyfus, épouse du capitaine Alfred Dreyfus, qui fera preuve d’un dévouement sans faille à son époux, et sera à l’origine de la révision de son procès, Madeleine Levy, leur petite-fille, qui sera déportée et assassinée à Auschwitz en 1943…

Photo - Simone Signoret, première actrice française à remporter un Oscar à Hollywood en 1960, ici aux côtés de son mari, Yves Montand, et de Marilyn Monroe.

Michèle Bitton revient également sur les parcours de nombreuses femmes juives du Maghreb, telles Berthe Bénichou Aboulker, première écrivaine juive connue en Algérie, qui publiera en 1933 la pièce de théâtre La Kahéna, reine berbère, Gracia Cohen, dite Degracia, auteure de Mariage Mixte, édité au Maroc en 1968, Sultana Daoud, dite Reinette l’Oranaise, chanteuse et luthiste aveugle qui fut une des plus grandes voix d’Algérie, ou encore Germaine Aziz, qui sera vendue à l’âge de 17 ans à une maison close d’Alger. Elle témoignera de son calvaire dans Les chambres closes : Histoire d’une prostituée juive d’Algérie.

Ce ne sont ici que quelques exemples des 110 biographies, plus ou moins brèves, répertoriées dans ce livre indispensable pour découvrir ou redécouvrir des femmes aux destins exceptionnels.

110 femmes juives qui ont marqué la France, de Michèle Bitton, aux éditions Normant. 680 pages. 27,90€.

Sur le même thème

Photo - « Ce que le jour doit à la nuit », présenté par Alexandre Arcady

Photo - « Juifs et Musulmans en Tunisie : des origines à nos jours », d’Abdelkrim Allagui

Photo - « Le trésor de Djerba » : retour en 1943 dans la Jérusalem d’Afrique…

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26.
Personnalités françaises du judaïsme (hommes et femmes) répertorés par Wikipédia

Cette catégorie regroupe les articles et les différentes sous-catégories de personnalités françaises du judaïsme. Elle n’est pas destinée à recenser des personnalités au seul titre de leur religion ou de leur origine. Ces personnalités doivent donc s’inscrire clairement par des faits, des écrits ou des propos dans l’histoire du judaïsme.

Il convient également de ne pas doublonner les inclusions si l’article peut relever de par leur fonction ou statut d’une (ou des) sous-catégories rattachées.

Les personnalités retenues figurent par ordre alphabétique de A à Z dans une liste qui peut être consultée sur ce site : https://fr.wikipedia.org/wiki/Cat%C3%A9gorie:Personnalit%C3%A9_fran%C3%A7aise_du_juda%C3%AFsme

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27.
La personnalité de Françoise Giroud d’après Wikipédia

Françoise Giroud, née Lea France Gourdji le 21 septembre 1916 à Lausanne1, en Suisse, et morte le 19 janvier 2003 à l’Hôpital américain de Paris, à Neuilly-sur-Seine, est une journaliste, écrivaine et femme politique française.

Son pseudonyme2 de Françoise « Giroud », quasi anagramme de Gourdji, que lui avait inventé Maurice Diamant-Berger pour travailler à la radio vers 1938, est officialisé par un décret paru au Journal officiel le 12 juillet 19643.

Vice-présidente du Parti radical et de l’UDF, elle a été deux fois secrétaire d’État et fut une personnalité majeure de la presse française. Photo

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28.
Françoise Giroud (1916 - 2003) – Dans le cadre d’une émission de France Culture intitulée
Une vie, une oeuvrepar Matthieu Garrigou-Lagrange le samedi de 15h00 à 16h00 – Enregistrement de 59 minutes - 04/08/2018 - Photo - Françoise Giroud • Crédits : Jean-Michel TURPIN / Contributeur - Getty

Meilleure que tous les autres pour mettre en œuvre des idées et homogénéiser les plumes d’un journal, elle a formé avec Jean-Jacques Servan-Schreiber un couple de légende auquel on doit, avec L’Express, un journal né pour soutenir un homme, Pierre Mendes France, et une idée, la fin de l’Algérie française. Dans les années 1960, L’Express est devenu le magazine des cadres, de la modernité, de la consommation et du bonheur de vivre. Cette aventure intellectuelle, on la doit à une femme qui a construit un système pour échapper à la pauvreté et à la domination - des hommes, des riches, des puissants. Dans ce système, deux idées fortes : Françoise Giroud mettait un point d’honneur à savoir tout faire, et à ne pas s’effondrer.

Par Virginie Bloch-Lainé ; réalisation : Clotilde Pivin- Avec :

Michèle Cotta, journaliste et essayiste, ancienne journaliste à L’Express

Serge July, ancien directeur de Libération

Laure Adler, journaliste, écrivain, auteur d’une biographie de Françoise Giroud

Michèle Manceaux, écrivain et journaliste

Fabrice d’Almeida, historien

Yves Sabouret, ancien chef de cabinet de Françoise Giroud en 1974

Sites sélectionnés par les bibliothécaires de Radio France :

Bio-bibliographie de Françoise Giroud

Article d’Elaine Audet : Françoise Giroud, une femme influente au féminisme ambiguSurSisyphe : site féministe d’information, d’analyse et d’opinion

http://www.ina.fr/art-et-culture/cinema/video/CPB97104293/francoise-giroud.fr.html

Bernard Pivot s’entretient avec Françoise Giroud - Bouillon de culture - 12/09/1997 - À ÉCOUTER AUSSI ; enregistrement de 58 minutes : Une vie, une oeuvre Françoise Giroud, femme verticale

À ÉCOUTER AUSSI : enregistrement de 3h05 : Les Nuits de France Culture Le bon plaisir - Françoise Giroud

L’équipe – Production : Matthieu Garrigou-Lagrange - Avec la collaboration de Laurence Jennepin

logo france culture

Source : https://www.franceculture.fr/emissions/une-vie-une-oeuvre/francoise-giroud-1916-2003-0

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29.
La personnalité de Simone Veil décrite par Wikipédia

NB. Ne doit pas être confondue avec la philosophe Simone Weil.

Simone Veil [simɔn vɛj]N 2 Écouter, née Jacob le 13 juillet 1927 à Nice et morte le 30 juin 2017 à Paris, est une magistrate et une femme d’État française.

Née dans une famille juive aux origines lorraines, elle est déportée à Auschwitz à l’âge de 16 ans, durant la Shoah, où elle perd son père, son frère et sa mère. Rescapée avec ses sœurs Madeleine et Denise, elles aussi déportées, elle épouse Antoine Veil en 1946 puis, après des études de droit et de science politique, entre dans la magistrature comme haut fonctionnaire.

En 1974, elle est nommée ministre de la Santé par le président Valéry Giscard d’Estaing, qui la charge de faire adopter la loi dépénalisant le recours par une femme à l’interruption volontaire de grossesse (IVG), loi qui sera ensuite couramment désignée comme la « loi Veil ». Elle apparaît dès lors comme icône de la lutte contre la discrimination des femmes en France.

Elle est la première personne à accéder à la présidence du Parlement européen — nouvellement élu au suffrage universel —, une fonction qu’elle occupe de 1979 à 1982. De façon générale, elle est considérée comme l’une des promotrices de la réconciliation franco-allemande et de la construction européenne.

De 1993 à 1995, elle est ministre d’État, ministre des Affaires sociales, de la Santé et de la Ville du gouvernement Édouard Balladur. Elle siège au Conseil constitutionnel de 1998 à 2007, avant d’être élue à l’Académie française en 2008.

Sur décision du président Emmanuel Macron, Simone Veil fait son entrée au Panthéon avec son époux le 1er juillet 2018.

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30.
Simone Veil : biographie de l’icône de la lutte pour les droits des femmes - La Rédaction, Mis à jour le 11/03/19 12:13 – Document ‘linternaute.fr’

Photo - Biographie de Ssimone Veil - Jeune rescapée d’Auschwitz, ministre de la Santé à l’origine de la légalisation de l’avortement, présidente du Parlement européen, immortelle à l’Académie française... Retour un parcours exceptionnel.

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Simone Veil : son parcours exceptionnel en images Voir les images


Simone Veil jeune (photo)

Simone Jacob naît à Nice le 13 juillet 1927 au sein d’une famille juive. Au cours de la Seconde Guerre mondiale, elle est déportée à Auschwitz à l’âge de 17 ans et y perd sa mère. Après sa libération, elle entreprend des études de droit, épouse Antoine Veil et entre dans la magistrature en 1957, à tout juste 30 ans (après que son mari a refusé qu’elle soit avocate).


Simone Veil et l’avortement

En 1970, elle est la première femme à occuper le poste de secrétaire générale du Conseil supérieur de la magistrature après avoir été haut fonctionnaire dans l’administration pénitentiaire au ministère de la Justice. Cette ascension professionnelle et ses positions politiques centristes l’amènent à être nommée ministre de la Santé sous la présidence de Valéry Giscard d’Estaing et dans le gouvernement de Jacques Chirac. On est alors en mai 1974 et Simone Veil est rapidement chargée de présenter au Parlement le projet de loi sur l’interruption volontaire de grossesse (IVG), qui dépénalise l’avortement. Attaquée de toute part, menacée par l’extrême droite et une partie de la droite parlementaire, elle finira par parvenir à ses fins. Un discours notamment fera date. Devant les députés, Simone Veil soutient alors que ’l’avortement doit rester l’exception, l’ultime recours pour des situations sans issue’. Dans le cadre de ses nouvelles fonctions, Simone Veil parvient à faire entrer en vigueur la loi sur la légalisation de l’IVG le 17 janvier 1975, après une adoption du texte à l’Assemblée nationale le 29 novembre 1974 et l’adoption de la loi par le Sénat deux semaines plus tard. La popularité de Simone Veil ne cesse alors de croître.

Sur le plan extérieur, Simone Veil se positionne largement en faveur de l’union européenne. C’est la raison pour laquelle, en 1979, elle participe aux premières élections européennes, représentant la liste de l’Union pour la démocratie française (UDF). Élue députée, elle est ensuite amenée à présider le Parlement européen jusqu’en 1982. Elle est la première femme à avoir occupé cette fonction. De 1993 à 1995, elle rejoint le gouvernement d’Édouard Balladur sous François Mitterrand, en tant que ministre des Affaires sociales, de la Santé et de la Ville, puis devient membre du Conseil constitutionnel en 1998 pour une durée de neuf ans. Particulièrement active, Simone Veil est également présidente de la Fondation pour la mémoire de la Shoah de 2000 à 2007 et membre du conseil d’administration de l’IFRI (Institut français des relations internationales).

En 2007, elle a exprimé son soutien pour Nicolas Sarkozy lors des présidentielles. Simone Veil présente sa candidature à l’Académie française en octobre 2008. Elle est élue et reçue parmi les ’Immortels’ dès le premier tour du scrutin. En 2012, elle est la première adhérente au parti UDI de Jean Louis Borloo. En 2013, elle perd son conjoint, Antoine Veil, qu’elle avait épousé en 1946. A partir de ce moment-là, elle met fin à ses apparitions publiques. Simone Veil décède à son tour le 30 juin 2017 à l’âge de 89 ans.


Le discours de Simone Veil

Le 26 novembre 1974, Simone Veil s’adresse aux députés, qui forment alors un cénacle presque exclusivement masculin. Dans son discours, elle développe face à eux les motifs de sa loi sur la dépénalisation de l’avortement. En voici les passages clés : 

’Pour quelques-uns, les choses sont simples : il existe une loi ­répressive, il n’y a qu’à l’appliquer. D’autres se demandent pourquoi le Parlement devrait trancher maintenant ces problèmes : nul n’ignore que depuis l’origine, et particulièrement depuis le début du siècle, la loi a toujours été rigoureuse, mais qu’elle n’a été que peu appliquée. […]
Pourquoi donc ne pas continuer à fermer les yeux ? Parce que la ­situation actuelle est mauvaise. Je dirais même qu’elle est déplorable et dramatique.
Elle est mauvaise parce que la loi est ouvertement bafouée, pire même, ridiculisée. Lorsque l’écart entre les infractions commises et celles qui sont poursuivies est tel qu’il n’y a plus à proprement parler de répression, c’est le respect des citoyens pour la loi et donc l’autorité de l’État qui sont mis en cause.
Lorsque les médecins, dans leurs cabinets, enfreignent la loi et le font connaître publiquement, lorsque les parquets, avant de poursuivre, sont invités à en référer dans chaque cas au ministère de la Justice, lorsque des services sociaux d’organismes publics fournissent à des femmes en détresse les renseignements susceptibles de faciliter une interruption de grossesse, lorsque, aux mêmes fins, sont organisés ouvertement et même par charter des voyages à l’étranger, alors je dis que nous sommes dans une situation de désordre et d’anarchie qui ne peut plus continuer.
Mais, me direz-vous, pourquoi avoir laissé la situation se dégrader ainsi et pourquoi la tolérer ? Pourquoi ne pas faire respecter la loi ?
Parce que si des médecins, si des personnels sociaux, si même un certain nombre de citoyens participent à ces actions illégales, c’est bien qu’ils s’y sentent contraints ; en opposition parfois avec leurs convictions personnelles, ils se trouvent confrontés à des situations de fait qu’ils ne peuvent ­méconnaître. Parce qu’en face d’une femme décidée à interrompre sa grossesse, ils savent qu’en refusant leur conseil et leur soutien ils la rejettent dans la solitude et l’angoisse d’un acte perpétré dans les pires conditions, qui risque de la laisser mutilée à jamais. Ils savent que la même femme, si elle a de l’argent, si elle sait s’informer, se rendra dans un pays voisin ou même en France dans certaines cliniques et pourra, sans encourir aucun risque ni ­aucune pénalité, mettre fin à sa grossesse. Et ces femmes, ce ne sont pas nécessairement les plus immorales ou les plus ­inconscientes. Elles sont 300 000 chaque année. Ce sont celles que nous côtoyons chaque jour et dont nous ignorons la plupart du temps la détresse et les drames.
C’est à ce désordre qu’il faut mettre fin. C’est cette injustice qu’il convient de faire cesser’.


Fils de Simone Veil

Simone Veil a rencontré son époux Antoine en 1946, à 19 ans, alors qu’elle revenait de déportation avec sa soeur Madeleine. Elles venaient alors de perdre leurs deux parents, André et Yvonne, et leur frère Jean, tous morts dans les camps. Simone Veil et son mari partageront leur vie pendant 67 ans, et ont eu trois fils : Jean, né en 1947 ; Claude-Nicolas, né en 1948 ; et Pierre-François, né en 1954. Jean Veil est devenu avocat et même ténor du barreau reconnu à l’international, spécialisé dans le droit des affaires. Pierre-François est aussi devenu avocat en droit des affaires et a fondé son cabinet. En 2002, Claude-Nicolas, médecin, est décédé d’une crise cardiaque à 54 ans.


Simone Veil et son livre ’Une vie’

Si Simone Veil a écrit de nombreux livres au cours de sa vie, l’un d’entre eux tient une place toute particulière. Il s’agit de son autobiographie, ’Une vie’ (Stock), publié en 2007 alors qu’elle atteignait les 80 printemps. L’ouvrage avait figuré à la place de meilleure vente de cette année-là dans la catégorie Documents-Essais. L’académicienne s’était en effet, analyse Le Figaro Culture, ’jusqu’alors peu confiée’ et a ’touché par son ton personnel, tranchant, parfois mordant’.


Simone Veil au Panthéon

Simone Veil repose désormais dans la crypte des grands hommes et grandes femmes de la Nation. Le 1er juillet 2018, près d’un an après sa mort, Simone Veil est entrée au Panthéon avec son mari, Antoine Veil, décédé en 2013. C’est la cinquième femme à rejoindre le monument et la première fois qu’un homme accompagne son épouse. Dans ses dernières volontés, Simone Veil avait expliqué vouloir reposer aux côtés de celui avec qui elle aura partagé 65 ans de vie commune. Les cercueils des époux ont été rapatriés depuis le Mémorial de la Shoah, dans le 4e arrondissement de Paris, où ils ont été exposés pour un dernier hommage les deux jours précédent la panthéonisation. Recouverts du drapeau français, ils sont ensuite entrés par le portail du Panthéon où le président Emmanuel Macron, son épouse Brigitte, les deux fils des Veil et leurs descendants les attendaient. De nombreux anonymes se sont aussi réunis tout au long du parcours. Ils ont pu suivre la cérémonie sur cinq écrans mis à leur disposition. Deux tribunes de 500 places étaient également disposées à l’entrée du Panthéon, où 1 000 invités ont pris place. Nicolas Sarkozy et François Hollande en faisaient partie.

La raison de l’entrée d’Antoine Veil au Panthéon n’est autre que son statut conjugal. S’il aurait été tout à fait possible de laisser le couple au cimetière du Montparnasse et de ne mettre qu’une plaque commémorative au Panthéon, comme ce fut le cas pour Aimé Césaire qui souhaitait que sa dépouille reste en Martinique, il a finalement été décidé que les deux corps soient déplacés au Panthéon. Simone et Antoine Veil ne seront pas le premier couple à y être enterré. Avant eux, en 1907, le chimiste Marcellin Berthelot et sa femme Sophie, ’qui s’étaient tendrement aimé [et] avaient demandé à ne pas être séparés dans la mort plus qu’ils ne l’avaient été dans la vie’, avaient été inhumés ensemble. Sophie Berthelot est ainsi devenue la première femme à entrer au Panthéon, mais également la première inconnue. Après eux, en 1995, les deux scientifiques Pierre et Marie Curie y ont également été inhumés ensemble. Cette fois-ci, leurs travaux respectifs étaient mis en avant, plutôt que leur statut marital.


Simone Veil et la Marianne

Dans une lettre au Président, le parti Agir, aux leaders ex-LR pro-Macron, a dit souhaiter que la prochaine Marianne ait les traits de Simone Veil. Une proposition reçue favorablement par l’opinion publique et la classe politique, quelques jours seulement après la vandalisation de portraits de l’ancienne ministre de la Santé, également recouverts d’une croix gammée, le 11 février à Paris. L’une des porte-paroles du parti Agir, Fabienne Keller, précise ainsi dans la lettre à Emmanuel Macron : ’Nous proposons de donner à Marianne les traits de Simone Veil qui est l’incarnation de la France et de la République, de leurs valeurs, de leurs combats, de leurs défis, de leur ancrage européen’ ou encore ’Simone Veil fait partie du coeur et de la conscience collective de notre nation. Elle incarne la France, son honneur, sa grandeur, son courage et sa dignité en toute situation et dans l’adversité. Son parcours et ses engagements ont inspiré et donné de la force à des millions de Français. (Sa) vie est à un appel à refuser toutes les compromissions avec les extrémistes, les populistes, les marchands de malheur’.


Simone Veil : dates clés

13 juillet 1927 : Naissance de Simone Jacob

Simone Jacob, future Simone Veil, naît à Nice, au sein d’une famille israélite.

1er mars 1944 : Elle est déportée à Auschwitz

Simone Jacob est déportée à Auschwitz à 16 ans avec sa sœur et sa mère. Cette dernière ne survivra pas aux conditions de vie du camp. Les deux sœurs recouvreront quant à elles la liberté en janvier 1945. À son retour à Paris, Simone Jacob, qui a obtenu son baccalauréat avant l’arrestation, entreprend des études de droit et de sciences politiques.

26 octobre 1946 : Simone Jacob se marie

Simone Jacob se marie à Antoine Veil, qu’elle a rencontré au cours de ses études. Ce dernier deviendra plus tard inspecteur des finances.

1957 : Elle entre dans la magistrature

1969 : Elle est membre du cabinet du garde des Sceaux René Pleven

1970 : Elle devient secrétaire générale du Conseil supérieur de la magistrature

Janvier 1974 : Simone Veil nommée ministre de la Santé

Sous le gouvernement de Valéry Giscard d’Estaing, Simone Veil devient ministre de la Santé. Elle conservera ses fonctions jusqu’en 1979.

17 janvier 1975 : Promulgation de la Loi Veil

La ministre de la Santé de Valéry Giscard d’Estaing fait promulguer son texte autorisant l’avortement en France avec l’appoint des voix de gauche, après un débat houleux, porté par Simone Veil devant le Parlement. La loi est votée à titre provisoire pour une période de 5 ans. Elle sera reconduite le 31 décembre 1979.

17 juillet 1979 : Simone Veil présidente du Parlement Européen

Elu en juin au suffrage universel, le Parlement européen siégeant à Strasbourg procède, lors de sa première session, à l’élection de son président. A la majorité absolue et au deuxième tour, l’ancienne ministre française de la Santé, Simone Veil (52 ans), l’emporte. Madame Veil, qui conduit la liste UDF (Union pour la démocratie française), le parti du président Valéry Giscard d’Estaing, est connue du grand public pour son combat en faveur de la légalisation de l’interruption volontaire de grossesse en 1975. Elue pour cinq ans à la présidence du Parlement européen, elle s’attachera jusqu’en 1982 à promouvoir l’élargissement de l’Europe tout en ayant à coeur d’améliorer les conditions sociales des Européens.

1er mars 1993 : Simone Veil ministre d’État

Simone Veil est nommée ministre des Affaires sociales, de la Santé et de la Ville au sein du gouvernement d’Édouard Balladur. Elle devient alors la première femme ministre d’État. Jusqu’en 1995, elle offrira tout son soutien à Édouard Balladur.

1er janvier 1997 : Elle est présidente du Haut Conseil à l’intégration sous le gouvernement d’Alain Juppé

1er février 1998 : Simone Veil est nommée membre du Conseil constitutionnel

20 novembre 2008 : Simone Veil est élue à l’Académie française

30 juin 2017 : Simone Veil décède à Paris à 89 ans

1er juillet 2018 : Entrée au Panthéon de Simone Veil

8 mars 2019 : Emmanuel Macron remet le premier ’Prix Simone Veil de la République française’
Ce prix a été créé par le Président afin de récompenser des ’actions partout dans le monde en faveur des droits des femmes’ et doté de 100 000 euros

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Source : https://www.linternaute.fr/actualite/biographie/1776038-simone-veil-biographie-courte-dates-citations/

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31.
La personnalité d’Éliette Abécassis d’après Wikipédia

Éliette Abécassis, née le 27 janvier 1969 à Strasbourg3 (Bas-Rhin), est une femme de lettres, réalisatrice et scénariste française.

Biographie - Jeunesse et formation

Éliette Abécassis naît à Strasbourg au sein d’une famille juive orthodoxe marocaine très pratiquante. Son enfance est imprégnée par le quotidien de la communauté juive strasbourgeoise. Son père, Armand Abécassis, enseigne la philosophie et est un penseur renommé du judaïsme dont la pensée a imprégné l’interprétation talmudique strabourgeoise. Sa mère, Janine, est professeur de psychologie de l’enfant3,4.

Après le bac, elle quitte à 17 ans Strasbourg pour aller suivre à Paris des études en classes préparatoires littéraireshypokhâgne et khâgne — au lycée Henri-IV3. Elle intègre par la suite l’École normale supérieure, où elle obtient l’agrégation de philosophie et enseigne la philosophie à l’université de Caen3. « Je n’étais pas beaucoup plus âgée que mes élèves. Ils étaient très bons, tous passionnés par la philosophie, qui ne débouche d’ailleurs sur rien d’autre que sur elle-même3. »

À 23 ans, elle part un an aux États-Unis à l’Université Harvard et dans la ville de Cambridge dans l’état du Massachusetts grâce à une bourse d’étude. Elle écrit alors son premier roman, Qumran, un roman policier métaphysique qui traite de meurtres mystérieux liés à la disparition de manuscrits de la mer Morte3.

Carrière littéraire et cinématographique

Pour son premier roman Qumran5, Éliette Abécassis ne se contente pas de ses connaissances préalables sur le monde hébreu, elle pousse ses recherches jusqu’en Israël, à Jérusalem, à Qumran et est allée aussi aux États-Unis afin d’obtenir le plus de renseignements possibles. Ces recherches durent trois années6. Elles seront payantes : Qumran sort en 1996 et obtient immédiatement un énorme succès4 ; le livre est alors traduit en dix-huit langues. Les principales maisons d’édition avaient pourtant refusé le manuscrit, jusqu’à ce que les éditions Ramsay l’acceptent avec enthousiasme7.

En 1997, elle commence à enseigner la philosophie à Caen et publie L’Or et la Cendre, l’histoire mystérieuse du meurtre d’un théologien berlinois, toujours aux éditions Ramsay. En 1998, elle écrit un essai sur le Mal et l’origine philosophique de l’homicide : Petite Métaphysique du meurtre aux Presses universitaires de France.

En septembre 2000, elle publie chez Albin Michel La Répudiée. Pour ce roman elle reçoit le Prix des écrivains croyants 2001. Ce roman s’inspire du scénario qu’elle a écrit pour le film Kadosh du réalisateur israélien Amos Gitaï. En 2001, Le Trésor du temple relate la suite de Qumran sur les traces des Templiers : Ary Cohen et Jane Rogers se retrouvent pour enquêter sur le secret du temple de Jérusalem. La trilogie de Qumran emprunte la forme du roman d’aventure et de suspense mais dissimule dans les intrigues une véritable érudition et une réelle ambition métaphysique. La même année, elle réalise le court-métrage La Nuit de noces dont le scénario est coécrit avec Gérard Brach.

Photo - Eliette Abécassis au Salon du Livre de Paris 2009.

En 2002, paraît le roman Mon père8, qui raconte la remise en cause d’une relation père-fille idyllique, tandis que Qumran est adapté en bande dessinée par Gémine et Makyo. En 2003, son roman Clandestin raconte l’histoire d’un amour impossible. Il fait partie de la sélection des douze livres du Prix Goncourt.

En 2004, paraît le dernier volet de Qumran, La dernière tribu. En 2005, avec son roman Un heureux événement, Éliette Abécassis aborde le thème de la maternité. Elle réalise également le documentaire-fiction Tel Aviv la vie, avec Tiffany Tavernier.

En 2009, elle publie le roman Sépharade9, dont l’héroïne dans sa quête existentielle va s’immerger dans le monde des juifs séfarades du Maroc. En 2011, elle publie Et te voici permise à tout homme où elle raconte les difficultés d’obtenir le divorce religieux10.

En 2013, elle publie Le Palimpseste d’Archimède11.

En 2014, elle publie Un secret du docteur Freud, écrit avec l’aide de sa mère, psychanalyste. En 2015, paraît Alyah, sorte de témoignage d’une femme juive après les attentats de janvier 2015 en France12. Le maître du Talmud, publié en 2018, est un nouveau thriller historico-religieux, dont l’intrigue se situe dans le royaume de France, au XIIIe siècle, marqué par l’émergence de l’inquisition et le fanatisme religieux13.

Engagements - Eliette Abécassis est engagée dans des associations de lutte pour les droits et les libertés des femmes, dont l’association SOS les Mamans14.

Vie privée - Éliette Abécassis est divorcée et mère de deux enfants3.

Article complet à lire sur ce site : https://fr.wikipedia.org/wiki/%C3%89liette_Ab%C3%A9cassis

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32.
Biographie de l’écrivaine Eliette Abécassis dans ‘Gala’

Née à Strasbourg en 1969, Eliette Abécassis est issue d’une famille marocaine juive orthodoxe. Elle grandit bercée par la culture auprès de son père Armand Abécassis, penseur du judaïsme et professeur de philosophie. 

Aussi avide de culture que son père, elle étudie à l’École Normale Supérieure, puis obtient une agrégation en philosophie. Lorsqu’ Eliette Abécassis écrit son premier livre, c’est vers ses racines religieuses qu’elle se tourne. En effet, Qumran fait voyager ses lecteurs depuis le monde hébreu d’Israël, jusqu’aux États-Unis. L’ouvrage, immédiatement couronné de succès, est traduit en 38 langues. 

Multipliant ses sujets, les livres suivants d’Eliette Abécassis, L’or et la cendre et Petite Métaphysique du meurtre abordent des thèmes tout à fait différents. L’un se propose d’élucider le meurtre d’un théologien berlinois alors que l’autre tente de remonter aux racines du mal. En 2001 paraît Le trésor du temple, suite de Quman. Comme dans le premier volume, l’intrigue dépeint le secret des Templiers. Eliette Abécassis utilise ici les codes du roman à suspens tout en y mêlant tout son savoir historique et théologique. En 2004 paraîtra le dernier volet de Qumran, La Dernière Tribu

Toujours aussi prolifique, Eliette Abécassis publie pas moins de douze livres entre 2003 et 2013, dont Clandestin, en lice pour le prix Goncourt, Un heureux évènement qui sera adapté au cinéma, et Le Palimpseste d’Archimède. 

Côté vie privée, Eliette Abécassis est mère de deux enfants.

Source : https://www.gala.fr/stars_et_gotha/eliette_abecassis

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33.
Plusieurs présentations d’un livre d’ Eliette Abécassis : ‘Le Maître du Talmud’

LIVRE - Le Maître du Talmud d’ Eliette Abécassis - Extrait

Paris, 1240. L’ombre du Moyen Âge plane sur la cour de saint Louis. Complots, rumeurs, trafics, meurtre mystérieux d’un enfant… jamais les enjeux de pouvoir n’ont été si violemment discutés. Au cœur de tous les débats, le dogme et le fanatisme religieux.
Le sang coulera-t-il de nouveau ? Justice sera-t-elle faite ?

Eliette Abécassis trace une fresque fascinante où se mêlent l’amour et la haine, la passion et la dévotion, la fidélité et la traîtrise. Et s’affirme, après Qumran et Le Trésor du Temple, comme un des auteurs phares du thriller historique et religieux…

Source : https://www.albin-michel.fr/ouvrages/le-maitre-du-talmud-9782226328656

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Le maître du Talmud, d’Éliette Abécassis 11 mars 2018

Les livres du Talmud représentent la somme de toutes les opinions contraires des rabbins qui, pendant toute leur vie cherchèrent la vérité sans la trouver, de commentaire en commentaire de commentaire, à l’infini, de siècle en siècle, de millénaire en millénaire.

Le Talmud ? Ce n’est pas un livre, c’est un ensemble d’écrits, qui envisagent les lois à partir d’un questionnement contradictoire, énigmatique, parfois mystérieux, souvent incompréhensible ou abscons, qui donne naissance à l’étude.

Il y a deux Talmud, celui de Jérusalem, celui de Babylone. Il est ici question du deuxième. Qui s’est élaboré et s’élabore à partir du code des lois défini par la Mishna : 613 commandements à respecter, à envisager, à commenter...

Le narrateur s’appelle Éliezer Cohen. Il est étudiant à la maison d’études du Maître du Talmud, Rabbi Yéhiel de Paris, auquel le roi a attribué le titre très honorifique de sire Vives de Meaux, Vives étant la traduction de Yéhiel, ’que Dieu vive’...

L’histoire qu’il raconte se passe en 1240 de l’ère chrétienne, en l’an 5000 du calendrier juif, sous le règne de Louis IX, le bon roi Louis. Elle commence par la découverte d’un nouveau-né, mort égorgé, dans la rue de la juiverie Saint-Bon.

L’enfant n’est pas circoncis, il n’est donc pas juif. La rumeur enfle : ce meurtre d’un enfant chrétien ne peut être qu’un crime rituel fait par les juifs. Sire Vives demande à Éliezer de mener l’enquête, car la communauté juive est en danger.

Aussi bien chez les chrétiens que chez les juifs, il y a des dogmatiques, qui s’en tiennent à la lettre plutôt qu’à l’esprit de la Bible pour les uns, de la Torah pour les autres, et ne supportent pas que la religion puisse être soumise à la pensée.

Sire Vives, après qu’un de ses disciples, Samuel, est tué, la veille de chabbat, lors d’une expédition punitive d’étudiants chrétiens en colère, fanatisés, prononce, entre autres, ces paroles de sagesse le lendemain de ce jour sinistre :  

La religion devient violente lorsque ses adeptes pensent détenir son sens ultime, c’est-à-dire l’interprétation du texte divin révélé par Dieu à Moïse, et lorsqu’ils annoncent que leur compréhension du texte est la seule possible...

Le roman historique d’Éliette Abécassis est l’occasion pour elle de faire connaître, ou mieux connaître, le judaïsme. C’est en effet toujours la méconnaissance des autres et de leurs différences qui engendre la haine des uns à leur égard...

Le lecteur apprend ainsi ce que sont les pharisiens, les sadducéens ou les esséniens, ce qui différencie les talmudistes, notamment les tossafistes, des karaïtes. Ces subtilités de la religion juive l’aident à mieux en comprendre les adeptes.

L’intrigue est tout aussi subtile, et pleine de rebondissements, jusqu’à la fin, surprenante. Elle montre à l’envi, comme dans la vraie vie, que les actes que commettent les hommes peuvent être aussi complexes que les pensées qui les ont dictés...

 Le maître du Talmud, Éliette Abécassis, 368 pages, Albin Michel - Livres précédents d’Éliette Abécassis chez Flammarion : Philothérapie (2016) - L’ombre du Golem (2017) -

Livres précédents chez Albin Michel : Et te voici permise à tout homme (2011) - Le palimpseste d’Archimède (2013) - Alyah (2015) 

Source : http://www.francisrichard.net/2018/03/le-maitre-du-talmud-d-eliette-abecassis.html

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Eliette Abécassis : ’La technologie est en train de prendre le contrôle de nos vies’ - Propos recueillis par Delphine Peras, publié le 03/03/2018 à 08:30 - Le Maître du Talmud, par Eliette Abécassis, Albin Michel.

Agrégée de philosophie et passionnée par l’histoire du judaïsme, la romancière de 49 ans Eliette Abécassis publie un nouveau thriller ésotérique.

Pensez-vous que le style fait l’homme ou la femme ? 

Oui, absolument. Il n’est pas question d’être bien ou mal habillé, mais la façon dont on paraît est le reflet de ce que l’on est. La mode me passionne, sans doute parce que ma grand-mère était couturière. C’est pourquoi j’ai écrit un livre sur Sonia Rykiel et sa fille Nathalie. Concernant mon propre style, je dirais qu’il est chic, cool, artiste. J’essaie d’être à la fois dans l’air du temps et décalée, à la manière des créations de Marc Le Bihan, un styliste que j’admire. 

Quel est le style de votre livre ? 

C’est un thriller ésotérique et historique, qui se passe au Moyen Age, dans un style résolument médiéval, gothique. Le meurtre d’un enfant donne lieu à une enquête, mais, tout de suite, on accuse la communauté juive. Un maître du Talmud et son disciple mènent une contre-enquête. 

Au XIIIe siècle, la pensée talmudique était en pleine effervescence. Une pensée qui me fascine, car mon père en est l’un des spécialistes. Il m’a servi de modèle pour ce personnage d’enquêteur. Le registre du polar, genre initiatique qui nous prend par la main, était tout indiqué pour ce monde secret. C’est une puissante machine dramaturgique. 

Comment vos projets naissent-ils ? 

Je ne les cherche pas, ils viennent à moi, souvent au cours de conversations avec des amis. En surgit une idée, qui me saisit par fulgurance et devient une obsession. Ce fut le cas pour mon roman Alyah, dont l’héroïne enquête sur l’histoire des juifs de France. J’ai découvert à l’occasion le ’brûlement’ du Talmud par saint Louis dans les années 1240. 

Quel style de lectrice êtes-vous ? 

Exigeante et passionnée. Je lis de tout. Mon dernier coup de coeur est le nouveau roman de Jonathan Safran Foer, Me voici, 700 pages que j’ai lues d’une traite. C’est touffu et fou ! Récemment, j’ai aussi découvert les écrits du philosophe Giorgio Agamben, un Italien qui pense le monde contemporain de façon remarquable. Je lis aussi beaucoup de livres sur la GPA, car j’en prépare un sur ce sujet qui m’affole. 

’Je suis très engagée contre la GPA’

Qu’est-ce qui vous rend hostile ? 

L’hypercapitalisme qui va jusqu’à la vente d’êtres humains, précisément par le recours à la GPA. Ce qui me révolte, c’est que l’on puisse en débattre ! Ça nous ramène à la Rome antique et à l’esclavage... La technologie est en train de prendre le contrôle de nos vies. Je suis féministe au sens où le féminisme se réinvente en fonction des époques et des nouveaux asservissements des femmes. Je suis très engagée contre la GPA et contre la garde alternée pour les enfants en bas âge. 

Etes-vous organisée ou plutôt free-style ? 

Ultra-organisée ! Mère divorcée avec deux enfants, j’ai un emploi du temps minuté, je fais mes courses sur Internet une fois par semaine, mes petits sont couchés à 20h30. Pour le travail, je tiens les délais autant que possible. Et en bonne Strasbourgeoise, je suis toujours à l’heure aux rendez-vous, je paie mes factures en temps et en heure. Cette organisation est aussi la clef de la liberté : pour faire sauter des verrous, il faut en mettre... 

Lire notre dossier complet

L’Express du 28 février 2018 : la science du bonheur

https://www.lexpress.fr/culture/livre/eliette-abecassis-la-technologie-est-en-train-de-prendre-le-controle-de-nos-vies_1988686.html

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LIVRE - Le Maître du Talmud, Éliette Abécassis (par Gilles Banderier)

Ecrit par Gilles Banderier 07.03.19 dans La Une Livres, Les Livres, Critiques, Albin Michel, Roman - Le Maître du Talmud, février 2018, 360 pages, 22 € - Ecrivain(s) : Eliette Abécassis Edition : Albin Michel 1èrede couverture

« Le peuple juif a créé le Talmud et le Talmud a créé le peuple juif », disait le rabbin Adin Steinsaltz, qui a fait plus que tout autre pour que ce livre infini devienne accessible à l’humanité entière. Il existe un miracle du Talmud : que cet ouvrage nous soit parvenu, même incomplet (il en manque près de la moitié et les traités disparus paraissent avoir été perdus de bonne heure), relève du prodige, compte tenu des efforts qui furent déployés pour le faire disparaître. Le parallèle avec le peuple juif est évident et lumineux. Durant des siècles, certains traités ne survécurent qu’en un seul exemplaire manuscrit, à la merci des hommes, des animaux ou des éléments.

Le nouveau roman d’Éliette Abécassis plonge son lecteur dans un de ces moments paroxystiques et s’inspire de faits avérés. Une fois n’est pas coutume, la menace venait des rangs mêmes du judaïsme, en la personne d’un certain Nicolas Donin, un Juif qui refusait l’autorité du Talmud, se convertit au christianisme, écrivit au Pape pour accuser ses anciens coreligionnaires d’étudier un livre (le Talmud) qui blasphémait le Christ et la Vierge. Le Pape demanda au roi de France d’éclaircir ce point.

Saint Louis organisa une controverse publique opposant le rabbin Yéhiel de Paris à Nicolas Donin. Rien n’indique que ce dernier ait été un esprit brillant, de quelque religion qu’il se réclamât, et il fut assisté par les « plus grands théologiens chrétiens, Gauthier Cornu, archevêque de Sens, Guillaume d’Auvergne, évêque de Paris et Eudes de Châteauroux, chancelier de l’université », p.179 (qui les considérerait encore comme tels ?). Dès qu’il y avait un mauvais coup à faire, l’Université de Paris n’était pas loin. En ce qui le concerne, le roi était juge et partie. Cette controverse permit de légitimer une décision sans doute prise par avance : la destruction de tous les manuscrits du Talmud qu’on pût trouver. Ce fut la fin de la brillante école talmudique française, incarnée par le vigneron champenois Rachi et ses disciples (comme Moïse de Coucy, qui avait participé à la dispute).

On sait peu de choses au sujet de Nicolas Donin, personnage peu sympathique, tant au point de vue juif que du point de vue chrétien. Éliette Abécassis en fait un qaraïte, un membre de cette secte juive refusant l’autorité de la Loi orale (à la différence des Juifs d’Éthiopie, découverts au XVIIIe siècle, qui, eux, ignoraient le Talmud parce qu’ils n’en avaient jamais entendu parler). On a suggéré que les qaraïtes (qui sont à peu près l’équivalent des protestants à l’intérieur du christianisme) pourraient être les descendants de la secte établie à Qumrân. Y eut-il des qaraïtes en France au XIIIe siècle ? Nicolas Donin en fit-il partie ? Là intervient la souveraine liberté du romancier. Nous ignorons ce qui a motivé Donin dans sa trajectoire destructrice : désir d’attirer l’attention sur lui ? manifestation médiévale de la jüdischer Selbsthass dont on a voulu faire (à tort) un trait caractéristique ? Nous ne savons qu’une chose : un mauvais Juif ne fera jamais un bon chrétien et il ne semble pas que l’Église ait gagné quoi que ce soit à s’agréger Nicolas Donin.

Le Maître du Talmud est un roman historique, c’est-à-dire une élaboration fictive (qui entretient évidemment des liens avec l’ici et le maintenant) à partir d’événements réels. Le meurtre d’un nourrisson, dont le corps est retrouvé enveloppé d’un linge portant une référence talmudique (Yoma 37 b – signalons ici un anachronisme : le daf, le folio talmudique, tel que nous le connaissons aujourd’hui, ne s’est imposé que bien après l’édition de Daniel Bomberg. Aucun des Richonim, lorsqu’il cite le Talmud, ne donne de référence aussi précise) réveille les fantasmes accusatoires de meurtre rituel. Compte tenu de ce qui s’est produit ces dernières années, depuis le meurtre sauvage d’Ilan Halimi, ce cri du cœur poussé par un Juif du XIIIe siècle (« La France était notre pays ! Nous y étions nés, nos parents, les parents de nos parents. C’était notre langue, notre culture, notre façon de penser et notre façon d’être », p.35-36) rend un son « contemporain » et renvoie à Alyah (2015). D’autres nuages s’accumulent aujourd’hui au-dessus des Juifs de France et l’Église n’y est plus pour rien. Dans un registre plus anecdotique (encore que…), les discussions autour du divorce (p.58) n’ont pas perdu de leur actualité.

Éliette Abécassis n’a pas construit son roman selon un manichéisme simpliste, en opposant les gentils Juifs aux méchants chrétiens. Elle rappelle que, de tous temps, des chrétiens s’intéressèrent au judaïsme et protégèrent les Juifs, fût-ce contre leurs propres coreligionnaires (voir le premier article du concile de Tours, 10 juin 1236 : « Nous défendons étroitement aux Croisés et aux autres chrétiens, de tuer ou battre les Juifs, leur ôter leurs biens ou leur faire quelque autre tort, puisque l’Église les souffre, ne voulant point la mort du pécheur, mais sa conversion », Dictionnaire portatif des conciles, Paris, Didot, 1758, p.485-486). Bien que cela ne soit pas son but, le roman contient des remarques pouvant illustrer une introduction au Talmud (« Il me faisait rencontrer des maîtres, morts et vivants, qui m’ouvraient à des pensées insondables, me permettaient de comprendre le monde et d’approcher non pas la vérité, mais au contraire l’infini des possibles », p.50. N’est-ce pas une belle définition ?), lequel forme pour ainsi dire un personnage du roman : un livre pour lequel on tue, un livre qui s’empare de l’esprit de ceux qui l’étudient : « Le Talmud valait-il la peine qu’on risque sa vie pour lui ? Soudain, une pensée me traversa l’esprit : c’était le Talmud qui avait changé Nicolas Donin, et qui l’avait rendu fou de haine » (p.173). Derrière cette remarque se profile la question de l’interprétation d’un autre livre sacré (qui n’est pas le Talmud) : peut-on y abroger ce qui relève de l’inhumain ?

Source : http://www.lacauselitteraire.fr/le-maitre-du-talmud-eliette-abecassis-par-gilles-banderier

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34.
La personnalité de Laure Adler présentée par Wikipédia

Laure Adler, née Laure Clauzet le 11 mars 1950 à Caen, est une journaliste française, biographe, essayiste, éditrice, productrice de radio et de télévision.

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35.
Découvrir la biographie et une partie de l’œuvre de Laure Adler, historienne, écrivaine et journaliste avec France Culture

Biographie de Laure Adler

Titulaire d’une maîtrise de philosophie et d’un doctorat d’histoire, Laure Adler commence sa carrière à France Culture en 1974 en tant que journaliste puis participe à plusieurs émissions de télévision. En 1990, elle est nommée chargée de mission à l’Elysée pour la culture, avant de devenir en 1992, directrice des documentaires et des émissions culturelles sur France 2 et conseillère à la présidence de France Télévisions. Elle intervient dans des magazines historiques ou culturels à succès à la télévision comme à la radio. De 1999 à 2005, Laure Adler dirige France Culture. Son parcours la conduit également dans le milieu de l’édition où après avoir collaboré avec les éditions Payot, Denoël et Plon, elle entre en 1997 chez Grasset en tant que responsable des essais et documents. Ecrivaine, elle est l’auteure de plusieurs ouvrages historiques, notamment Les premières journalistes (Payot), Les femmes politiques (Seuil), Sur les pas d’Hannah Arendt (Gallimard), et d’une biographie de Marguerite Duras (Gallimard) pour laquelle elle a reçu le Prix Femina de l’essai.

Les oeuvres de Laure Adler :

1èrede couverture  : Le chemin de la vie Maurice Nadeau et Laure Adler Verdier, 2011

1ère de couverture  : Les maisons closes, 1830-1930 Laure Adler Pluriel, 2011

logo france culture

Source : https://www.franceculture.fr/conferences/universite-davignon-et-des-pays-de-vaucluse/hannah-arendt-penser-le-mal

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36.
Sélection d’autres œuvres de Laure Adler :

Note de l’auteur de ce dossier : les travaux de Laure Adler sont innombrables et remarquables par son professionnalisme dans les entretiens qu’elle a conduit sans sa carrière. Nous avons choisi de ne retenir que ce qui suit

Hannah Arendt : ’C’est dans le vide de la pensée que s’inscrit le mal’-

Université d’Avignon et des Pays de Vaucluse -LE 25/06/2019 - Photo – « La pensée d’Hannah Arendt nous permet de réfléchir à ce que nous vivons aujourd’hui et prend une acuité exceptionnelle sur certains thèmes : les frontières,...

Mieux connaitre cette pensée qui n’est pas si facile, cette pensée qui peut être finalement un peu trop schématisée, cette pensée qui est convoquée, y compris par les politiques en ce moment. C’est une pensée qui est utilisée en termes de communication politique et idéologique, or c’est une pensée d’une complexité intense, qu’il faut essayer de décrypter à plusieurs niveaux : philosophique, intellectuel… C’est une pensée qu’il faut contextualiser historiquement, car Hannah Arendt s’est alimentée aux grands drames de l’Histoire ; elle a pensé ce qu’elle a vécu. Une vénéneuse coïncidence entre sa vie et la pensée de ce qu’elle a enduré dans sa chaire et dans son esprit. Vivre avec Hannah Arendt. Comment vivre avec Hannah Arendt, avec les pensées fulgurantes qu’elle a eues, les concepts qu’elle a développés, les hésitations, les volte-face ?

Hannah Arendt est l’un des intellectuelles les plus importantes du XXe siècle. Son oeuvre irrigue tant la philosophie que la politique et l’éthique. Penseuse des chaos du monde et militante antinazie de la première heure, elle fut à la fois une combattante des droits de l’homme, une théoricienne des périls qui menacent la démocratie, une penseuse de l’antitotalitarisme et une femme engagée dans les principaux combats du siècle. Penseuse de l’événement, philosophe de la fragilité humaine, elle a vécu dans sa chair ce qu’elle a théorisé. C’est sans doute aussi pour cette raison que son oeuvre nous bouleverse plus de quarante ans après sa mort. Laure Adler

Un débat du cycle ’SUPRAMUROS’ enregistré en juillet 2017 dans le cadre du Festival d’Avignon, images fournies par Théâtre Contemporain.

Laure Adler, journaliste, productrice de ’L’heure bleue’ sur France Inter

Eric Fassin, sociologue, professeur, Université Paris 8

Christiane Cohendy, comédienne et metteuse en scène

Michaël Fœssel, philosophe, professeur, École polytechnique

Valérie Gérard, philosophe, directrice de programme, Collège International de Philosophie

Yves Jeanneret, professeur émérite, Université Paris-Sorbonne

Thierry Ternisien d’Ouville, auteur de Réinventer la politique avec Hannah Arendt.

À lire aussi : Grande traversée : Hannah Arendt, la passagère

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A voix nue Claude Lanzmann

Hommage à Claude Lanzmann -LE 05/07/2018 - L’intégralité des 10 entretiens ‘A voix nue’ accordés par Claude Lanzmann en 2005-2006. Illustration - Enregistrement de 29 minutes - Désolé, l’écoute de ce son est indisponible.

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Laure Adler : ’Toutes ces femmes ont une intensité de vie et en même temps, une morale de vie’Le 05/07/2018 - Emissions de France Culture :
Par les temps qui courentpar Marie Richeux du lundi au vendredi de 21h00 à 22h00 – Enregistrement de 58 minutes - 30/11/2017 - Productrice de L’heure bleue » sur France Inter, et auteur de plusieurs biographies de femmes (Marguerite Duras, Hannah Arendt, Simone Weil…), Laure Adler publie ’Dictionnaire intime des femmes’, aux éditions Stock. Photo - Laure Adler • Crédits : Philippe Matsas

En tournant les pages, on pense à tous ces livres où s’écrit l’histoire, où elles sont absentes, rares ou rendues exceptionnelles. Laure Adler choisit de faire de ce dictionnaire des femmes un dictionnaire intime. Une manière de signer un choix. Une manière aussi de parler de son parcours, qui depuis sa thèse, sous la direction de Michelle Perrot, en passant par ses livres et jusqu’à l’appel récent contre les violences faites aux femmes. Dans l’introduction où elle oscille entre le « elles » et le « nous », elle rappelle qu’être une femme a longtemps signifié être du côté de la question… Le Dictionnaire intime des femmes est publié aux éditions du Seuil. On y trouve de nombreuses femmes, grand mères, amies, amantes, filles, petites filles, quelques hommes, quelques mots, de la psychanalyse et nombre de lectures .… 

Dans le dialogue entre les générations, je vois le futur, le goût de l’avenir, la manière dont le statut des femmes s’est prodigieusement transformé, en moins de cinquante ans. Je salue le courage de ces femmes qui ont osé parler...

Le féminisme aujourd’hui en France, dans le monde, est beaucoup plus inventif que nous ne l’étions, en tous cas que moi, je l’étais, il est beaucoup moins massif, on est dans une société qui se rhyzomise. Il y a plein de mouvements féministes, en France, et ces féminismes-là incluent toutes les générations, se fécondent, convergent et se problématisent vers des sujets auxquels nous n’avions jamais songé.

Le jour où je devais rendre mon manuscrit, je me suis réveillée plusieurs fois dans la nuit la veille, et je me suis dit ’mais, j’ai oublié ma mère’. J’ai décidé de me réveiller très tôt et d’écrire sur elle.

Programmation musicale :

  • Arno, Dans les yeux de ma mère
  • Janis Joplin, Piece of my heart
  • Générique de fin. Musica Nuda, Come together
    Bibliographie

1èrepage de couverture  : Dictionnaire intime des femmes Stock, 2017

Intervenante : Laure Adler - Historienne, écrivain et journaliste

Source : https://www.franceculture.fr/emissions/par-les-temps-qui-courent/laure-adler

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Laure Adler reçoit Houria Abdelouahed, psychanalyste d’origine marocaine.


Hors-champspar Laure Adler du lundi au vendredi de 22h15 à 23h – Enregistrement de 29 minutes - 18/08/2016 - Photo Houria Abdelouahed

Source : https://www.franceculture.fr/emissions/hors-champs/houria-abdelouahed

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37.
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Divorce  : nouvelle avancée pour les femmes juives « enchaînées » Par Mélinée Le Priol, le 04/07/2018 à 11:55. Modifié le 04/07/2018 à 16:29 – Document ‘la-croix.com’

Alors que dans le judaïsme, le divorce ne se fait pas sans l’accord du mari, le Parlement israélien vient d’adopter une loi visant à aider ces femmes agounot (liées, enchaînées).Certaines femmes juives non israéliennes pourront désormais demander le divorce devant les tribunaux rabbiniques en Israël. La DC

Photo - Certaines femmes juives non israéliennes pourront désormais demander le divorce devant les tribunaux rabbiniques en Israël. Nontavut Prechavut/Nontavut / stock.adobe.com

Si l’information n’a pas fait grand bruit dans les médias francophones, elle n’en est pas moins significative. C’est en effet la première fois que la Conférence des rabbins européens (CER), qui rassemble plus de 700 responsables religieux juifs en Europe, est à l’origine d’un changement dans la législation israélienne.

Les rabbins européens veulent ramener les juifs à la synagogue

Mais pour le rabbin français Moché Lewin, vice-président de la CER, la loi votée le lundi 25 juin par le Parlement israélien en deuxième et troisième lectures ne constitue pas tant une victoire pour les rabbins d’Europe, qui y travaillent depuis plusieurs années, que pour « les femmes qui souffrent ».

Ces femmes, ce sont celles qui attendent inlassablement que leur mari leur remette un guet, l’acte de divorce religieux juif qui leur permettra de se remarier. En attendant, ces femmes sont dites agounot, mot que l’on traduit parfois en français par « liées » voire « enchaînées ».

Sanctionner les maris récalcitrants

Alors que ces cas de « chantages au guet » dans des divorces conflictuels suscitent régulièrement la polémique en Israël comme en diaspora, la loi qui vient d’être adoptée par la Knesset permettra à des femmes juives non israéliennes d’obtenir leur divorce religieux en Israël, à certaines conditions (par exemple s’il n’y a pas de tribunal rabbinique à proximité de chez elles).

À lire aussi : Le long combat d’une femme juive pour obtenir le divorce religieux

En Israël, les tribunaux rabbiniques ne peuvent pas forcer un homme à donner un guet à son épouse, mais ils peuvent lui imposer des sanctions sévères : peines de prison, humiliations publiques, interdiction de quitter le pays, etc.

« Le judaïsme considère comme un délit qu’un homme refuse de donner un guet à sa femme alors que les époux sont séparés, explique Moché Lewin. Ces hommes ne peuvent pas se dire religieux tout en faisant souffrir quelqu’un, a fortiori leur propre femme. »

Étendre les pouvoirs du rabbinat orthodoxe  ?

À l’inverse, en dehors d’Israël, les tribunaux rabbiniques n’ont pas ou peu de pouvoir légal de sanction. La loi française, par exemple, ne parle pas du divorce religieux (qui n’existe d’ailleurs pas dans le christianisme) : une fois divorcées civilement, ces femmes juives françaises se trouvent donc sans recours légaux pour leur divorce religieux.

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En banlieue, les juifs veulent affirmer leur identité

La loi adoptée le 25 juin 2018, parce qu’elle offre aux tribunaux rabbiniques israéliens une compétence internationale, au-delà des frontières d’Israël, suscite des critiques. Certains députés israéliens de l’opposition dénoncent l’extension de l’autorité rabbinique orthodoxe sur – potentiellement – les juifs du monde entier.

Michal Rozin, députée du parti Meretz (gauche laïque), a ainsi souligné que l’État d’Israël était loin d’avoir résolu le problème des agounot chez lui. « Tout d’un coup, les tribunaux rabbiniques sont le grand sauveur  ? », s’est-elle insurgée.

En vigueur trois ans

La loi, qui ne sera en vigueur que pour trois ans, limite l’autorité des tribunaux rabbiniques dans l’obtention du document de divorce, ne leur permettant pas de débattre d’autres questions comme la garde des enfants. Le texte précise par ailleurs que les tribunaux rabbiniques israéliens ne sont pas supérieurs à ceux de la diaspora.

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Source : https://www.la-croix.com/Religion/Judaisme/Divorce-nouvelle-avancee-femmes-juives-enchainees-2018-07-04-1200952476

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38.
Notion de guett (acte de divorce) dans la culture juive selon Wikipédia

Le guett (hébreu : גט « libelle », pluriel guittin גיטין), est un document légal rédigé à la main sur un parchemin, au moyen duquel un homme divorce de sa femme selon la Loi juive.

Entraînant la résiliation des règles matrimoniales entre les époux, il ne consiste pas en une répudiation mais en une libération de la femme, désormais « permise à tout homme » sans que s’appliquent à elle les lois de l’adultère et jouissant à nouveau des droits que son mari avait assumés en son nom pendant le mariage.

Il doit, pour prendre effet, être remis à la femme en main propre par son mari ou par un émissaire, selon des règles précisément édictées dans le Even Haezer.

Sommaire

Le guett est régi par la prescription : « Quand un homme aura pris une femme et cohabité avec elle ; si elle cesse de lui plaire, parce qu’il aura remarqué en elle quelque chose de malséant, il lui écrira un libelle de divorce, le lui mettra en main et la renverra de chez lui. Si, sortie de la maison conjugale, elle se remarie et devient l’épouse d’un autre homme, et que ce dernier, l’ayant prise en aversion, lui écrive un libelle de divorce, le lui mette en main et la renvoie de chez lui ; ou que ce même homme, qui l’a épousée en dernier lieu, vienne à mourir, son premier mari, qui l’a répudiée, ne peut la reprendre une fois qu’elle s’est laissée souiller, car ce serait une abomination devant le Seigneur : or, tu ne dois pas déshonorer le pays que le Seigneur, ton Dieu, te donne en héritage »1.

Étymologie - Selon Joshua Boaz ben Simon Baruch (mort en 1557), aussi connu sous le nom de Shiltei Giborim, le terme viendrait de la pierre d’agate qui aurait des propriétés antimagnétiques symbolisant le divorce. Pour Baruch Epstein, le terme vient du latin Gestus action ou geste. Dans la Mishna, le terme Guett fait référence à un document légal (tossefet béraha ki tissa). Pour Yechiel Yaakov Weinberg, le terme serait issu de la romanisation des procédures et documents l … Le Principe : Divorce par consentement mutuel…

Source : https://fr.wikipedia.org/wiki/Guett_(acte_de_divorce)

On peut aussi consulter : Causes du divorce dans la société juive : une communauté en crise https://www.ecoute-juive.com/chalom-bait...juif/lettre-ouverte-aux-communautes.php

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39.
Les femmes juives françaises face à l’émancipation Par Vincent Vilmain - Dans Archives Juives 2015/2 (Vol. 48), pages 4 à 10 - Article AuteurSur un sujet proche - Mis en ligne sur Cairn.info le 01/10/2015 - https://doi.org/10.3917/aj.482.0004

Voilà maintenant plus de trente ans qu’ont paru les premières monographies de Marion Kaplan ou de Paula Hyman s’efforçant de relire le long siècle de l’émancipation des Juifs d’Europe sous un angle féminin. Cependant, à ce jour, le sujet n’a pas été traité dans le contexte français, malgré ses nombreuses spécificités. Pourtant les conséquences de l’émancipation y ont été rapides et impressionnantes, et l’embourgeoisement de la population juive précoce.

L’attrait de l’assimilation pour une majorité de Juifs français s’y est exercé de façon profonde. Par conséquent, à l’image du reste de l’Europe occidentale et d’une partie de l’Europe centrale, assiste-on à un renversement des rôles traditionnels entre hommes et femmes et à un transfert, partiel, des responsabilités concernant le maintien d’une atmosphère religieuse et/ou culturelle spécifique au sein de la famille.

En effet, l’ethos bourgeois, auquel adhère progressivement une majorité de Juifs français, considère la religiosité comme féminine. Cependant, ce critère convient bien mieux au christianisme qu’au judaïsme où la religion est essentiellement une affaire d’hommes. Ainsi, les femmes sont-elles exemptées d’un certain nombre de mitzvot – les périodiques la plupart du temps, mais également l’étude de la Torah – et leur rôle traditionnel consiste surtout à mettre leurs maris dans les conditions de pouvoir respecter les commandements. Or, au xixe siècle, la réforme du judaïsme qui accompagne l’émancipation – phénomène bien moins influent en France qu’en Allemagne notamment – ne transfère pas les clefs de la religion juive aux femmes, loin de là…

NB . Cet article est en accès conditionnel > Acheter cet article 3,00€ 7 pages, électronique uniquement HTML et PDF

Source : https://www.cairn.info/revue-archives-juives1-2015-2-page-4.htm

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40.
Film - ’Une femme d’exception’ de Mimi Leder - Mardi 5 mars 2019 par Florence Lopes Cardozo Publié dans Regards n°1039

Figure de la lutte pour le droit des femmes et des minorités depuis les années 60, Ruth Bader Ginsburg a littéralement déplacé des montagnes. Le film retrace les jeunes années de l’avocate au cœur d’une Amérique conservatrice. « Notorious RBG » siège aujourd’hui à la Cour Suprême…

Affiche - Sur le même sujet - A l’agenda le 20/09/2019 : Une Femme d’Exception

Elles ne sont que neuf à intégrer la Faculté de droit de Harvard dans les années 1950, neuf étudiantes à défier le courant contraire des jeunes hommes qui avancent, aisément eux, vers leurs carrières tracées. Son diplôme brillamment décroché, Ruth Bader Ginsburg continue de se confronter au conformisme des universités, puis à celui des cabinets d’avocats, essuie maints refus d’embauche, mais ne cesse de se battre pour frayer sa voie. Femme, mère et juive de surcroît, « RBD » aura l’intelligence d’inscrire son combat personnel dans une cause universelle. L’affaire Charles Moritz, traitée avec son mari Martin, fera évoluer sa carrière. En l’espèce, le célibataire s’était vu refuser une déduction de 296 dollars sur ses impôts, au prétexte qu’il était un homme (un fils) soignant - alors que les femmes, elles, pouvaient en bénéficier de facto. Ce cas lui permet de pointer une discrimination fondée sur le genre. Fine juriste, Ruth Bader Ginsburg amènera le tribunal fédéral à juger cette loi anticonstitutionnelle et ainsi à établir un précédent. «  Les affaires qu’elle a gagnées ont changé beaucoup de lois qu’aujourd’hui nous tenons pour argent comptant », souligne la réalisatrice Mimi Leder. « L’histoire de la juge Ginsburg est plus d’actualité que jamais », fait-elle remarquer. « Son héritage a généré les mouvements #MeToo et #TimesUp, et les débats culturels sur l’égalité des sexes, la parité, l’égalité salariale et l’égalité des droits. Ça ne fait que commencer, mais l’on peut remonter directement aux origines. Et tout a commencé avec elle », poursuit-elle.

Concrétiser ses rêves, faire avancer la société

A l’issue du célèbre procès Moritz, Ruth Bader Ginsburg cofonde le Women’s Rights Project au sein de l’Union américaine pour les libertés civiles (ACLU). Elle s’implique alors dans plus de 300 procès pour discrimination, dont la célèbre affaire Reed contre Reed en 1971 où, pour la première fois, la Cour a empêché l’application d’une loi discriminatoire envers les femmes. A la tête du Women’s Rights Project, elle remportera encore cinq des six affaires de discrimination fondées sur le genre devant la Cour Suprême de 1973 à 1976. En 1980, le président Carter la nomme à la Cour d’Appel du District de Columbia ; en 1993, le président Clinton la nomme juge à la Cour Suprême, elle est la deuxième femme à être confirmée à ce poste. En 1996, elle rédige le verdict capital de la Cour Suprême lors de l’affaire United States contre Virginia qui déclare que, bénéficiant du soutien financier de l’Etat, le Virginia Military Institute ne peut refuser l’admission des femmes. En 1999, elle remporte le prix Thurgood Marshall de l’Association du Barreau américain pour sa contribution à l’égalité des sexes et aux droits civiques. Dans King contre Burwell, elle est l’une des six juges à préserver un élément primordial de l’Affordable Care Act de 2010 qui permet au gouvernement fédéral de poursuivre les aides aux Américains qui avaient souscrit à une couverture médicale compétitive. La même année, lors du jugement Obergefell contre Hodges, elle joue un rôle majeur dans la décision historique de rendre le mariage entre deux personnes de même sexe légal dans les 50 Etats. Son premier livre, My own words, paru en 2016, a fait un tabac ; ses titres honorifiques, « classements » et distinctions se bousculent. Il paraîtrait en plus qu’elle soit très humaine ! Peut-être un peu autoritaire ? Non, non, c’est juste une question…

Agée aujourd’hui de 85 ans, la juge qui siège à la Cour Suprême depuis 25 ans est devenue l’une des plus grandes figures progressistes des Etats-Unis. Ses jeunes fans collectionnent t-shirts et mugs à son effigie.

A l’origine du film et auteur du scénario, Daniel Stiepleman, le neveu du couple Bader Ginsburg a restitué cette tranche de vie de sa tante et de son oncle, grand avocat fiscaliste, avec un souci de véracité juridique, tel que le voulait la juge. Il évoque aussi le couple d’exception que formaient Martin et Ruth, les relations avec leur fille Jane, en particulier. On sort de la salle gratifié d’avoir fait la connaissance de ce petit bout de femme, ô combien volontaire et distinguée, qui, à l’instar de Simone Veil ou de Robert Badinter, s’est battue pour des droits fondamentaux, s’est obstinée à faire évoluer nos sociétés : une Mensch, en quelque sorte…

« Une femme d’exception » (Titre original : On the Basis of Sex)
Avec Felicity Jones, Armie Hammer (trop beau), Justin Theroux
Etats-Unis 2018, V.O. sst FR. Durée : 2h - Sortie en salles : le 6 mars 2019

Contact - Centre Communautaire Laïc Juif David Susskind asbl, Rue de l’Hôtel des Monnaies 52 à 1060 Bruxelles - Tel : +32 2 543 02 70 - info@cclj.be

CCLJ - Centre Communautaire Laïc Juif David Susskind

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Source : http://www.cclj.be/actu/judaisme-culture/femme-exception-mimi-leder

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41.
Judith Kronfeld, une femme dévouée à la communauté juive Mardi 1 mars 2016 par Nicolas Zomersztajn - Publié dans Regards n°836 - Mensch de l’année 2016

A la direction du CCOJB et d’autres institutions juives, Judith Kronfeld a défendu les intérêts de la communauté juive en fondant son action sur des valeurs humanistes. Avec détermination, cette femme de convictions a aussi inlassablement œuvré pour la transmission de la mémoire de la Shoah et la reconnaissance de ses victimes.

Sur le même sujet : Johannes Blum : Sauver la mémoire, pour préparer l’avenir - A l’agenda le 13/03/2016 : Cérémonie du MENSCH DE L’ANNÉE 2016

Les parents de Judith Kronfeld, Malvine Löwenwirth et Kopel Brandstätter, tous deux originaires d’Europe orientale et arrivés à Anvers fin des années 1920, ont survécu à la Shoah en plongeant dès l’été 1942 dans la clandestinité. Kopel Brandstätter est déterminé à faire face à l’adversité : « On ne collabore pas, on n’obéit pas, on résiste ». C’est ce qui le pousse à sauter du 18e convoi qui le mène vers la mort à Auschwitz ! Grâce à cet acte héroïque, il sauvera sa vie et pourra rejoindre sa femme.

Comme tous les Juifs qui ont survécu à la Shoah, les Brandstätter doivent se construire alors que nombre de proches ont été exterminés. Ils prennent sous leur aile leur nièce Renette dont les parents sont morts en déportation. Judith Brandstätter voit le jour le 1er décembre 1945 à la maternité socialiste du Champs de Mars à Bruxelles. « Après tant d’années monstrueuses, Judith était notre rêve éveillé », confie sa mère Malvine. Les Brandstätter ouvrent un magasin de fourrures avenue Chazal à Schaerbeek et en 1958 naît Daniel (Danou), le frère cadet de Judith. Très attachés à leur judéité, les Brandstätter évoluent vers un judaïsme laïque. Ils ont toujours veillé à ce que leurs enfants ne se sentent pas différents, sans jamais oublier qu’ils étaient juifs.

Encyclopedia Judaica

Après ses humanités gréco-latines, Judith Kronfeld entame à l’Université libre de Bruxelles (ULB) des études d’histoire contemporaine qu’elle réussit brillamment. Elle travaille ensuite au Centre national des hautes études du judaïsme de l’ULB, qui deviendra ensuite l’Institut d’études du judaïsme de l’ULB. Elle menait des recherches sur la communauté juive de Belgique sous l’autorité de Willy Bok et Max Gottschalk. Elle a ainsi rédigé un article consacré à la Belgique pour la prestigieuse Encyclopaedia Judaica. « Le problème, c’est que cet article était signé Max Gottschalk lors de sa publication », s’exclame Judith Kronfeld. « J’ai hurlé, mais c’était trop tard. Je n’ai même pas eu droit au moindre remerciement ». Début des années 1970, Judith Kronfeld rejoint le Centre d’information et de documentation sur le Moyen-Orient (CID) créé dans le sillage de la Guerre des Six-Jours. L’équipe est notamment composée de René De Lathouwer, Georges Malfaiter et Jean Gol. Il s’agissait de parler d’Israël d’une manière positive. Judith écrit des articles consacrés aux découvertes et aux innovations technologiques israéliennes. « J’ai connu Judith, alors mademoiselle Brandstätter, lorsque j’ai rejoint l’équipe du CID », se remémore Sophie Rechtman, ancienne présidente de l’Enfant caché. « J’ai tout de suite remarqué que Judith était douée intellectuellement. Elle avait une capacité de rédaction qui me fascinait ».

Entretemps, Judith Brandstätter se marie avec Charles Kronfeld. Ils ont deux enfants : David et Noémie. En 1985, Judith est engagée au Comité de coordination des organisations juives de Belgique (CCOJB), l’institution représentative de la communauté juive auprès des pouvoirs publics. Sophie Rechtman en est la directrice, mais suite à des problèmes de santé, elle décide de se retirer. « Lorsque j’assumais la direction du CCOJB, j’avais eu ce qu’on appelle aujourd’hui un “burn-out” », explique Sophie Rechtman. « J’ai contacté Judith pour savoir si elle souhaitait me remplacer. Elle est arrivée au CCOJB, et en quelques jours, elle a pris les choses en main pour devenir une grande directrice du CCOJB. Ce qui montre bien que lorsqu’elle fait quelque chose, Judith se donne à 100%, voire plus ! ». En tant que directrice du CCOJB, Judith Kronfeld joue un rôle essentiel aux côtés de différents présidents qui se succèdent. « Elle les a toujours conseillés, afin de donner au judaïsme belge un visage d’ouverture, de tolérance et de progrès », souligne Philippe Markiewicz, président du Consistoire central israélite de Belgique et ancien président du CCOJB.

C’est au CCOJB que Judith Kronfeld va côtoyer David Susskind, qui a présidé le CCOJB à deux reprises. Judith Kronfeld a connu David Susskind lors de la mobilisation qu’il organise en faveur d’Israël en mai-juin 1967 à partir du CCLJ. Mais c’est en travaillant à ses côtés à la tête du CCOJB, que Judith Kronfeld apprend à apprécier ce grand dirigeant communautaire. Elle partage également nombre de ses valeurs, notamment en ce qui concerne le judaïsme laïque. « J’ai toujours été très proche du CCLJ, mais dans l’exercice de ma fonction de directrice du CCOJB, je veillais à rester impartiale », nuance Judith Kronfeld. « J’avais été formée de cette manière dès mon entrée au CCOJB et sous l’influence de Markus Pardès, avocat et président du CCOJB entre 1986 et 1988, j’ai appris à travailler en garantissant le consensus au sein du CCOJB pour que la communauté juive parle d’une seule voix ».

Convictions juives laïques

Impartiale au CCOJB, Judith Kronfeld assume pleinement ses convictions juives laïques. Le 21 juin 1987, leur fils David est le premier garçon de Belgique à célébrer sa bar-mitzva laïque au CCLJ. David ne souhaite pas faire sa bar-mitzva parce qu’il ne croit pas en Dieu. Judith et son mari non plus. Mais par attachement au judaïsme au nom d’une tradition historique et culturelle, ils ont décidé de permettre à leur fils d’accomplir ce rite de passage dans un cadre laïque. « David était non seulement le premier enfant juif à célébrer sa bar-mitzva laïque au CCLJ, mais il était le seul », insiste Simone Susskind, ancienne présidente du CCLJ. « Cela traduit un véritable engagement identitaire, politique et culturel de la part de Judith et de son mari Charles. Le judaïsme laïque a toujours occupé une place importante dans leur famille. Et cette cérémonie juive laïque correspondait à ce qu’ils souhaitaient transmettre à leurs enfants ».

A la direction du CCOJB, Judith Kronfeld ne recule jamais devant les innombrables tâches liées à son investissement dans la communauté juive, tout en assumant pleinement sa vie de famille. Et suite au décès prématuré de son mari Charles, Judith Kronfeld partage son temps entre la communauté juive et l’éducation de ses deux enfants. « Mère de famille admirable, le bonheur des siens a toujours été sa priorité essentielle », souligne Philippe Markiewicz. Non seulement Judith Kronfeld travaille sans compter à la tête du CCOJB, mais elle abat ce travail avec efficacité. « Elle est devenue la mémoire vivante de toute la communauté juive », estime Gitla Szyffer membre fondatrice de La Continuité de l’Union des anciens résistants juifs de Belgique (UARJB). « Comme elle a été à la fois témoin et acteur de moments importants qui ont marqué la vie juive belge et qu’elle a multiplié les contacts avec des personnalités politiques, tout le monde a développé le réflexe de la solliciter pour tout et n’importe quoi. Mais comme elle a toujours travaillé dans l’ombre des grandes figures de la communauté juive, beaucoup de Juifs belges ignorent ce qu’elle a fait et l’importance de son rôle au sein des institutions juives. Elle a accompagné des hommes comme mon père (Rik Szyffer), comme Suss et comme Maurice Pioro. Sa discrétion et son effacement ne signifient en aucun cas mollesse. Elle est ferme et n’a jamais dissimulé ses convictions. Elle a préféré travailler dans l’ombre de grands hommes et obtenir des résultats plutôt que d’apparaître dans la lumière ».

Sensibilisée très tôt à l’importance de la mémoire de la Shoah, Judith Kronfeld s’engage comme militante au sein de différentes associations ayant pour objet la transmission de cette mémoire. Tant au sein de l’Union des anciens déportés juifs de Belgique qu’au sein de l’UARJB, son investissement et son dévouement sont incontestables. Du pèlerinage à la Caserne Dossin à Yom HaShoah, en passant par les commémorations du soulèvement du ghetto de Varsovie, Judith Kronfeld est à chaque fois la cheville ouvrière de ces événements qui jalonnent la mémoire de la Shoah en Belgique. « Judith était très impliquée dans la mémoire de la Shoah et elle accomplissait déjà un travail énorme », fait remarquer Gitla Szyffer. « Elle entreprenait différentes démarches pour la reconnaissance légale de résistants juifs, elle s’occupait également de l’organisation des cérémonies comme le pèlerinage à Malines, elle veillait aussi à ce que tous les anciens résistants puissent assister à ces événements, et elle accomplissait toute une série de démarches administratives pour que les droits de ces anciens respectés soient respectés ».

Quand Rik Szyffer s’est inquiété de l’avenir de l’UARJB en raison de la disparition progressive des résistants juifs, il a demandé à sa fille et à Judith de fonder en 1997 une association qui reprenne le flambeau en portant les idéaux des anciens résistants juifs. Et lorsque cette même question s’est posée pour toutes les associations de la mémoire de la Shoah, Judith Kronfeld a participé activement à la création de Présence juive pour la mémoire, une plateforme regroupant toutes les organisations de la mémoire : l’Union des anciens déportés-Fils et filles de la déportation, la Continuité de l’UARJB et l’Enfant caché. Au sein de cette plateforme, chaque association garde sa spécificité, mais par souci d’efficacité, elles se réunissent pour organiser ensemble des événements importants liés à la mémoire de la Shoah. C’est notamment le cas pour Yom HaShoah au mémorial d’Anderlecht. C’est aussi en tant que militante pour la mémoire de la Shoah que Judith Kronfeld a joué un rôle important dans l’organisation des manifestations belges contre le gouvernement Haider en février 2000.

Immense capacité de travail

L’engagement sans faille et la force de travail de Judith Kronfeld sont également indissociables de la restitution des biens juifs spoliés pendant la Seconde Guerre mondiale. Lorsque dans le courant des années 1990, la communauté juive prend la décision d’unir ses forces pour que les biens juifs spoliés et en déshérence soient resitués, elle crée la Commission nationale de la communauté juive de Belgique pour la restitution (CNCJBR). Judith Kronfeld devient la directrice de cette commission regroupant toutes les tendances de la communauté juive. Auprès des pouvoirs publics et des Commissions Buysse I et II (commissions gouvernementales chargées de l’enquête sur les biens spoliés (I) et sur le dédommagement (II) présidées par le baron Lucien Buysse, Grand Maréchal de la Cour honoraire), Judith Kronfeld s’efforce de défendre les droits des déportés et des enfants cachés, de faire comprendre aux membres de ces deux commissions ce que signifie concrètement être une victime de la Shoah et ce que cela représente d’être spolié. « Outre son immense capacité de travail, elle défendait bec et ongles les droits des victimes juives sans jamais négliger l’aspect humain », témoigne Lucien Buysse. « Et elle le faisait en toute franchise. C’était constructif de travailler avec elle. Jamais un coup bas ni une manœuvre derrière le dos. Quand elle n’était pas d’accord avec moi, je le savais et les choses étaient claires. De cette coopération est née une entente qui a même débouché sur une amitié ».

Une fois les travaux terminés de ces commissions, une question délicate demeure : que faire pour les victimes de la Shoah en Belgique n’ayant pas pu constituer de dossier faute de preuve matérielle ? Judith Kronfeld estime qu’on ne peut pas créer la Fondation du judaïsme tant qu’on n’a pas octroyé un montant minimum à tous les survivants de la Shoah. Le problème, c’est que cette exigence légitime n’entre pas dans le cadre des travaux des Commissions Buysse. Il faut donc absolument faire quelque chose pour chacun des survivants de la Shoah en Belgique se voie attribuer un montant pour autant qu’il ait vécu en Belgique pendant la guerre. Suite à des négociations difficiles, David Susskind et Judith Kronfeld ont réussi à obtenir le montant de 3.000 € et c’est comme cela qu’est né « Solidarité 3.000 ». « Judith s’est battue avec conviction pour défendre les droits de toutes les victimes juives de la Shoah », rappelle Hélène Wizel, secrétaire nationale de la Fondation du judaïsme. « Certains, qui s’érigent encore aujourd’hui en chevaliers blancs de la cause de la mémoire de la Shoah, n’ont pas accompli le quart du dixième de ce que Judith a accompli aux côtés de David Susskind. Ils ont tous les deux toujours défendu les droits des victimes juives de guerre. Judith a joué un rôle déterminant dans la mesure Solidarité 3.000 ». Et en décembre 2008, Judith Kronfeld devient directrice de la Fondation du judaïsme de Belgique, créée avec le solde des avoirs juifs spoliés et chargée d’assurer la pérennité de la communauté juive au travers de ses institutions ou leurs projets ponctuels, récurrents ou permanents.

Toujours sur le chantier

Aujourd’hui, Judith Kronfeld a quitté la Fondation du judaïsme pour se consacrer pleinement à sa mère, ses enfants et petits-enfants, même si elle s’investit encore inlassablement dans l’organisation de cérémonies de la mémoire de la Shoah. Pendant plus de 40 ans, Judith Kronfeld a agi dans l’intérêt de la communauté juive de Belgique sans jamais rien revendiquer pour elle ni jamais cherché à se mettre en avant. Pourtant, elle mérite que les projecteurs soient braqués sur elle. « C’est une véritable femme de combats », s’exclame Gitla Szyffer. « Elle fonde son action sur des valeurs humanistes. Elle met sa sensibilité humaniste et progressiste au service de la communauté juive. Elle ne mettra jamais aux vestiaires ses valeurs lorsqu’il est question de notre communauté. On ne rencontre pas tous les jours des êtres comme Judith ». La discrétion et la modestie de Judith Kronfeld n’ont pas non plus échappé à Lucien Buysse, observateur averti de la communauté juive : « Elle était toujours sur le chantier, mais n’apparaissait jamais à la tribune. Elle ne recherchait ni les honneurs ni la gloriole », insiste Lucien Buysse. « Mensch de l’année est une récompense qu’elle mérite et qui lui correspond ».

Retrouver toutes les photos de la cérémonie du 13 mars 2016.

CCLJ - Centre Communautaire Laïc Juif David Susskind

https://lh3.googleusercontent.com/N...

Source : http://www.cclj.be/actu/politique-societe/judith-kronfeld-femme-devouee-communaute-juive

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42.
Développement de la communauté juive et réclamation de « la moitié du royaume » : travail des femmes, diversité et justice sociale à Montréal de 1917 à 2017 Par Mary Anne Poutanen – Document ‘juifsdici.ca’

Mary Anne Poutanen est historienne, membre du Groupe d’histoire de Montréal et membre du Centre de recherches interdisciplinaires en études montréalaises. Elle enseigne les études interdisciplinaires à l’Université McGill au sein du Programme d’études sur le Québec et de l’Institut d’études canadiennes.

Au cours des cent dernières années, les femmes ont largement contribué au développement de la communauté juive montréalaise, afin de répondre aux besoins de ses membres, notamment en matière d’assistance sociale, de santé publique, de réforme urbaine, de politique du travail, de droits à l’égalité et de culture. Leur obligation de faire des actes de bien, symbolisés par la tsedaka (charité), et leurs responsabilités économiques et spirituelles au sein de la famille, montrent qu’elles se sont approprié des fonctions laissées de côté par l’État pour veiller à ce que la communauté dispose d’un filet de sécurité social. Ces mitzva les mènent jusque dans les usines, et de leurs efforts naissent des organismes de bienfaisance, des hôpitaux, des cliniques, des orphelinats, des services de formation professionnelle et des mouvements de syndicalisation des ouvriers textile et de défense des droits de la femme et de la personne. Les femmes sont aussi des icônes culturelles de la littérature, des arts visuels, du théâtre et des médias.

La contribution de beaucoup d’entre elles – comme la collectrice de fonds Toba Kaplan, la dirigeante syndicale et militante sociale Lea Roback, l’architecte Phyllis Lambert et la personnalité médiatique Sonia Benezra – est déjà reconnue, mais il nous faut rendre hommage aux innombrables héroïnes inconnues. Prenons pour exemple les sœurs russes Eva et Rose Ditkoff, qui mènent d’innombrables actions syndicales. Elles encouragent notamment, aux portes de leurs usines, les travailleurs du textile à se syndiquer, veillent à ce que les femmes soient justement traitées au travail ou protègent les grévistes sur les piquets de grève. La communauté juive est fragmentée en différentes classes sociales. Les membres de chaque classe sociale se regroupent dans des organismes distincts, qui ont leurs propres objectifs.

Les femmes ne s’expriment pas à l’unisson. Ce qu’elles ont à dire varie selon leur revenu, leur âge et leur situation [Kosmin, 26]. Les divisions entre les classes sociales, les origines culturelles, les langues parlées, les croyances et pratiques religieuses et les orientations politiques – signe qu’il existe diverses identités juives et que l’intégration dans la société d’accueil ne revêt pas la même importance pour chacune – reflètent la diversité des organisations et des institutions créées par les juifs, ainsi que la diversité de leurs programmes et de leurs bénéficiaires. En d’autres termes, sionistes, socialistes, libéraux ou conservateurs interprètent chacun à leur manière les causes de leurs difficultés sociales, élaborent des stratégies dissemblables et ciblent des personnes différentes. Dans ces conditions, les activités caritatives sont rarement impartiales. Les femmes de la classe moyenne cherchent par exemple à transformer les nouveaux arrivants de la classe ouvrière, qui parlent yiddish, en citoyens canadiens, mais ne souhaitent pas perdre leur position privilégiée [Myers, 181].

Les orientations philanthropiques, politiques et culturelles des femmes sont également influencées par les événements qui surviennent à l’étranger, comme les migrations, les guerres mondiales, l’holocauste, la création de l’État d’Israël et l’indépendance du Maroc, mais aussi ce qui se passe au pays, comme l’antisémitisme local, le capitalisme industriel, le nationalisme, le mouvement d’émancipation des femmes, etc. C’est dans ce contexte que les femmes participent au regroupement, au sein d’un syndicat international, des ouvriers des usines textiles, souvent la propriété de juifs capitalistes locaux, afin de lutter contre les inégalités entre les sexes dans le travail et de coordonner la résistance des travailleurs. Elles fondent des organismes à l’image de leur identité de classe et de leur vision politique dont les objectifs sont locaux, nationaux et internationaux : soigner les personnes atteintes de tuberculose, créer des camps d’été pour les femmes et les enfants démunis, aider les survivants de l’holocauste à s’installer, intégrer les immigrants d’Europe et d’Afrique du Nord, faire pression sur l’URSS pour que les juifs soviétiques obtiennent des visas, aider les femmes et les enfants vivant en Palestine, et plus tard en Israël, en finançant des programmes à leur intention, et lutter contre la violence domestique.

En 1917, des femmes de la classe moyenne à l’aise dans les rôles traditionnellement dévolus aux deux sexes créent l’organisme Hadassah, qui collecte des fonds pour des projets spéciaux en Palestine et en Israël en organisant des thés dansants et des bazars. En 1918, des femmes de la classe moyenne supérieure mettent sur pied le Conseil des femmes juives de Montréal afin d’offrir un éventail de services locaux, nationaux et internationaux tant à la communauté juive qu’à l’ensemble de la collectivité.

En 1925, des femmes de la classe ouvrière fondent la Pioneer Women’s Organization (maintenant Na’amat) « afin d’éduquer les enfants dans la tradition travailliste sioniste et de promouvoir la participation des femmes à la construction de l’État juif » (Draper et Karlinsky, 80). Les réunions ont lieu après le travail et la fin de semaine afin d’accommoder celles qui élèvent leurs enfants tout en travaillant. Au sein des organismes communautaires, les femmes peuvent développer leurs talents pour la collecte de fonds, l’administration et la prise de parole en public. Ces activités les aident à sortir du foyer, à créer des liens et à prendre confiance en elles.

En raison des rôles supposés des femmes, ces organisations sont perçues comme des « auxiliaires à la structure communautaire juive » (Telchinsky, 420). Lorsque la Federation of Jewish Philanthropies est créée en 1917, cinq des douze agences fondatrices sont des organisations féminines. Et même si quatre femmes sont nommées au comité de direction, aucune n’est nommée à la tête de l’un de ses seize comités. (Procès-verbal du 26 mars 1917). Il est clairement difficile pour les femmes d’accéder aux rênes du pouvoir dans le monde masculin de la philanthropie. Les membres de l’élite, comme l’a montré l’historienne Elizabeth Kirkland, savent toutefois obtenir l’attention d’hommes influents et riches lorsqu’il s’agit de financer leurs associations caritatives.

Les nouveaux arrivants ont besoin d’aide. Ils sont confrontés à la pauvreté, aux logements inadaptés, à la maladie, à la langue, aux enterrements, à l’éclatement de leurs familles, à la violence et au crime, et ces « mères de tous les enfants » y trouvent matière à justifier leurs interventions dans la vie de famille d’autrui. En matière de délinquance juvénile, certaines femmes jouent le rôle de travailleuses sociales, parce que les femmes issues de l’élite blâment les immigrants pour ce type de problèmes. Elles collaborent avec des agences caritatives juives pour faire en sorte que les enfants juifs ne soient pas envoyés devant la justice pour mineurs et n’attirent pas l’attention – non désirée – de la société hôte [Myers, 177].

Les militantes juives ont tout de même beaucoup en commun avec les militantes protestantes et catholiques. Elles tissent des liens avec ces dernières dans l’objectif de résoudre des problèmes répandus, notamment en matière de santé publique et de réforme urbaine, et d’aider l’ensemble des Montréalais. Elles deviennent également membres d’organisations nationales comme la Croix-Rouge. Les femmes juives savent tirer parti du développement des droits de la femme au Québec, qui suit la Révolution tranquille. Le féminisme leur donne les moyens de lutter contre les inégalités entre les sexes dans tous les aspects de la vie communautaire, comme les inégalités touchant la reconnaissance de leur contribution à la vie publique ou encore l’accès à l’éducation et au pouvoir, et leur permet de s’affirmer.

Dans les années 1980 et 1990, un ensemble de facteurs amène les femmes à progressivement remettre en cause le pouvoir des hommes ainsi que les obstacles sociaux et religieux : la mobilité sociale, le nombre croissant de femmes exerçant une profession libérale, le profond désir d’égalité des sexes et le fait que les jeunes générations de femmes n’accepteraient pas « d’être cantonnées dans des organismes de femmes ou à des rôles de coordination » [Medjuck, 340]. À mesure que les tensions entre les aspirations professionnelles et les responsabilités domestiques augmentent, le féminisme est vu comme une menace pour la répartition traditionnelle des rôles et les responsabilités de la femme, qui transmet les valeurs, l’identité et les traditions religieuses juives, lesquelles servent de rempart contre l’assimilation [Cohen et Lévy, 271]. Bon nombre d’entre elles rétorquent qu’il est possible d’être à la fois juive et féministe et refusent d’être confinées à des rôles féminins traditionnels.

Le Congrès juif canadien hésite toutefois à admettre les femmes à sa direction. Sur les 19 présidents qu’il a élus, seules deux sont des femmes. (Dorothy Reitman, 1986-1989 et Goldie Hershon, 1995-1998) [Zylberberg, 171]. La Fédération CJA élit sa première présidente, Dodo Heppner, trois ans plus tôt. Puisque le féminisme est compris comme une source de richesse pour le judaïsme, d’autres femmes souhaitent participer davantage à la prière traditionnelle et aux activités rituelles [Medjuck, 328]. Les femmes rappellent également à la communauté que la situation de certains membres, comme les veufs, les célibataires, les mères célibataires, les lesbiennes et les transgenres, ne correspond pas au modèle de la famille nucléaire traditionnelle, et attirent l’attention sur ces inégalités. Des organismes caritatifs comme Jewish Women International [anciennement B’nai Brith Women] modifient leur programme pour se consacrer à la lutte contre les violences envers les femmes. Les revendications des femmes, soit le droit à « la moitié du royaume » à titre de membres à part entière de la communauté juive, et notamment le droit de participer aux services religieux, les poussent à surmonter de nombreux obstacles [Zuckerman et Goldstein].

Aujourd’hui encore, les voix des femmes sont multiples, et il n’existe pas d’unanimité idéologique au sein de la communauté juive. Beaucoup de juifs cherchent à intégrer de façon pertinente les valeurs du judaïsme à leur vie. Un rôle auxiliaire n’intéressera pas les femmes juives de la prochaine génération. Celles qui cherchent à occuper une plus grande place dans les rituels religieux bénéficient de nouvelles occasions. Des postes de rabbin ont été ouverts aux femmes dans des temples réformés et des possibilités s’offrent à elles dans diverses congrégations, de type reconstructioniste ou traditionaliste, par exemple. L’élection, par les communautés ultra-orthodoxes, de Mindy Pollack au Conseil d’Outremont est un événement capital. Et les femmes démunies, malades, âgées et maltraitées continuent d’avoir accès à un vaste éventail de services sociaux, en grande partie grâce aux femmes juives de Montréal.

Bibliographie
Anctil, Pierre (1997). Tur Malka : Flâneries sur les cimes de l’histoire juive montréalaise. Sillery : Les éditions du Septentrion.
Cohen, Yolande et Joseph Yossi Lévy (1998). “Women in the Moroccan-Jewish Community of Montreal” dans Sarah Silberstein Swartz et Margie Wolfe (eds) From Memory to Transformation : Jewish Women’s Voices. Toronto : Second Story Press, 267-275.

Draper, Paula J. et Janice B. Karlinsky. (1986) “Abraham’s Daughters : Women, Charity and Power in the Canadian Jewish Community” dans Jean Burnet (ed) Looking into My Sister’s Eyes : An Exploration in Women’s History. Toronto : Multicultural History Society of Ontario, 75-90.

Gottheil, Allen (1988). Les juifs progressistes au Québec. Montréal : Éditions par ailleurs.

Gottlieb, Amy (1993). “Not in My Name.” A Jewish Feminist Challenges Loyalty to Israel” in Linda Carty (ed) And Still We Rise : Feminist Political Mobilizing in Contemporary Canada. Toronto : Women’s Press, 53-72.

“Half the Kingdom.” Documentaire réalisé par Francine E. Zuckerman et Roushell N. Goldstein (1989), National Center for Jewish Film.
Hart, Arthur Daniel (1926). The Jew in Canada : A Complete Record of the Canadian Jewry from the Days of the French Régime to the Present Time. Montréal : Jewish Publications Ltd.
Archives de la Bibliothèque publique juive, Collection de la Fédération CJA, Fonds 1001 ;1, Minute Books and Annual Reports, 1917-2010.
Joseph, Norma Baumel. “Zakhor : Memory, Ritual and Gender” dans Silberstein Swartz et Wolfe, From Memory to Transformation : 177-187.
Kaye/Kantrowitz, Melanie. “Diasporism, Feminism and Coalition” dans Silberstein Swartz et Wolfe, From Memory to Transformation : 241-255.
Kirkland, Elizabeth (2011). “Mothering Citizens : Elite Women in Montreal 1890-1914” PhD Thesis (Université McGill).

Kosmin, Barry A (1989). “The Political Economy of Gender in Jewish Federations.” Contemporary Jewry Vol. 10 : 17-31.
Lipsitz, Edmond Y. (1983). (Ed) Canadian Jewish Women of Today : Who’s Who of Canadian Jewish Women 1983. Downsview, Ont. : J.E.S.L. Educational Products.

Medjuck, Sheva (2010). “If I Cannot Dance to It, It’s Not My Revolution : Jewish Feminism in Canada Today” dans Robert J. Brym, William Shaffir et Morton Weinfeld (eds) The Jews in Canada. Don Mills, Ont. : Oxford University Press : 328-343.

Myers, Tamara (2005). “On Probation : The Rise and Fall of Jewish Women’s Anti-Delinquency Work in Interwar Montreal” dans Bettina Bradbury et Tamara Myers (eds) Negotiating Identities in 19th- and 20th-Century Montreal. Vancouver : UBC Press, 175-201.
Nefsky, Judith L. (1986). “Writing Women into History : Preliminary Notes for the Study of Canadian Jewish Women.” Article non publié.

Nemiroff, Greta Hofmann. “A Feminist, First : Speculations of a Secular Jew” dans Silbersetein Swartz et Wolfe, From Memory to Transformation : 93-109.
Robinson, Ira (2015). A History of Antisemitism in Canada. Waterloo : Wilfrid Laurier University Press.
Rosen, Janice et Barbara Feldman (1992). “Two Centuries of Jewish Life in Montreal” panneaux d’exposition de Tur Malka : Two centuries of Jewish Life in Montreal présentés par la Bibliothèque publique juive de Montréal, les archives de la CJCN et d’autres organismes communautaires.

Steedman, Mercedes (1997). Angels of the Workplace : Women and the Construction of Gender Relations in the Canadian Clothing Industry, 1890-1940. Toronto : Oxford University Press.
Tulchinsky, Gerald (2008). Canada’s Jews : A People’s Journey. Toronto : University of Toronto Press.
Zylberberg, Sonia (2010). « La place des femmes dans le judaïsme : un chapitre distinct ? » dans Pierre Unctil et Ira Robinson (dir) Les communautés juives de Montréal : Histoire et enjeux contemporains. Québec : Septentrions : 165-190.

Suite

Source : https://www.juifsdici.ca/category/femmes/

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43.
Femmes et religion au Québec Canada Par Richard MarceauGeneral Counsel and Senior Government Advisor - Centre for Israel and Jewish Affairs - LES BLOGUES 25/10/2013 12:34 EDT | Actualisé 24/12/2013 05:12 EST - Document ‘quebec.huffingtonpost.ca’

On entend beaucoup ces jours-ci de jugements excessivement négatifs sur la religion dans le cadre du débat sur le Charte des valeurs québécoises. On y confond souvent laïcité et lutte à la religion. Et on affirme urbi et orbi que toutes les religions sont patriarcales et anti-femmes.

Le monde juif hassidique fascine. On le voit à la sortie ces jours-ci du documentaire Shekinah, qui a déjà attiré une importante attention médiatique (notamment avec Sophie Durocher dans le Journal de Montréalet Marc Cassivi dans La Presse) et au succès - bien mérité - de l’excellent livre Pourquoi moi ? de Lise Ravary.

Je ne peux affirmer que je connais bien ce monde, mais je le fréquente régulièrement à la marge. J’ai plusieurs amis hassidiques, je me suis rendu à Ouman en Ukraine pour un des plus importants rassemblements du mouvement Breslev (expérience fascinante, mais qui a été plus sociologique que spirituelle et qui a confirmé que ce mode de vie n’était vraiment pas pour moi), j’ai étudié avec des tenants du hassidisme.

Chaque fois que ma famille et moi somme reçus par des hassidiques, c’est très chaleureux, généreux et sans jugement. Contrairement à plusieurs idées reçues, ce sont des gens qui gagnent à être connus.

Cependant, la fascination pour le monde hassidique a pour conséquence que, trop souvent, on limite le monde juif à celui-ci. On confond l’arbre et la forêt.

Les hassidiques ne forment que de 10 à 12% de la population juive montréalaise - et dans le monde. Ils sont importants, mais sont loin d’être la majorité. Ce qu’ils font et croient n’est pas ce que font et croient la vaste majorité des Juifs chez nous.

Les femmes et le judaïsme

On entend beaucoup ces jours-ci de jugements excessivement négatifs sur la religion dans le cadre du débat sur le Charte des valeurs québécoises. On y confond souvent laïcité et lutte à la religion. Et on affirme urbi et orbi que toutes les religions sont patriarcales et anti-femmes.

Je laisserai à d’autres le soin d’expliquer le monde chrétien protestant, dans lequel la principale église canadienne, l’Église unie du Canada, a des femmes pasteurs, a eu à sa tête des femmes et est en faveur des causes les plus progressistes.

Mon point d’entrée dans le judaïsme a été le mouvement réformé(Reform Judaism).

J’ai rencontré le rabbin qui a piloté mon introduction au sein du peuple juif lors d’une conférence de presse en faveur du mariage des conjoints de même sexe, alors que j’étais député.

Le mouvement réformé - le plus important numériquement, et de loin, en Amérique du Nord - pratique l’égalité la plus complète entre les hommes et les femmes. Les femmes peuvent être rabbins, chantres, scribes, mohels, présidentes de synagogue, etc. Aucun rôle ne leur est interdit.

Le second mouvement en importance en Amérique du Nord est lemouvement conservateur, appelé aussi Conservative et massorti (malgré son nom, c’est un mouvement non orthodoxe). Bien que plus traditionnel que le mouvement réformé (notamment en terme de rituel), les femmes peuvent aussi y être rabbins, chantres, scribes, présidente de synagogue, etc.

Cette complète égalité-femmes se retrouvant dans des mouvements plus petits comme les mouvements reconstructionniste et Renewal.

Même le monde orthodoxe voit une progression importante du rôle de la femme avec l’ordination de maharat (des rabbins sauf en nom), dont 2 des 3 se trouvent à... Montréal.

En d’autres mots, la très vaste majorité du monde religieux juif - sans parler des Juifs laïcs qui sont par nature très progressistes - pratique l’égalitarisme hommes-femmes.

Le catholicisme n’est pas la seule religion

Je comprends que l’expérience religieuse d’une vaste majorité des Québécois se soit faite dans - ou en réaction - la sphère catholique.

Je comprends aussi que l’Église catholique ne pratique pas l’égalité hommes-femmes. Mais affirmer que la religion est en soi anti-femmes est non seulement réducteur, mais aussi faux.

Les débats sur des enjeux tels les valeurs québécoises, la laïcité, les droits des femmes, les droits des minorités, etc. doivent être tenus avec rigueur.

Il en va de la qualité de nos débats démocratiques.

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44.
Aleph - Centre d’Études Juives Contemporaines au Québec Canada

ALEPH a été inauguré, il y a 10 ans, le 15 mars 2009, à l’initiative de la Communauté Sépharade Unifiée du Québec (CSUQ). Cet institut francophone d’études et de pensée juives, indépendant de toute congrégation, est dirigé par le Dr Sonia Sarah Lipsyc, sociologue. Si l’étude des textes de la tradition juive est centrale, d’autres disciplines telles que l’histoire, la sociologie, la littérature, le théâtre ou l’art sont présentes. ALEPH est ainsi un espace pluridisciplinaire et pluraliste puisque toutes les sensibilités du monde juif y sont conviées du monde orthodoxe au monde laïc juif. Ses intervenants sont des penseurs, des professeurs d’université, des rabbins des différents courants du judaïsme, des experts, des écrivains ou des artistes. ALEPH est égalitaire car ouvert aux hommes comme aux femmes qui ont accès de la même manière aux sources de la tradition juive. ALEPH est un lieu où l’on pense et échange, dans une ambiance conviviale et interactive entre enseignants et participants, répondant au seul impératif de mieux connaître les sources de la tradition et de la culture juives ici mis à la portée de tout un chacun(e). Lire la suite...

Biographie : Dr. Sonia Sarah Lipsyc Photo

Sonia Sarah Lipsyc est directrice de ALEPH, le Centre d’Études Juives Contemporaines de la Communauté Sépharade Unifiée du Québec (CSUQ), depuis sa création en 2009. Elle est également rédactrice en chef du magazine LVS (La Voix Sépharade) qui relate en français l’actualité du monde juif au Québec et ailleurs. Docteure en Sociologie, Sonia Sarah Lipsyc est également auteure, chercheure, enseignante et dramaturge. Elle est chercheure associé à l’Institut d’Études Juives Canadienne de l’Université Concordia (Montréal). Elle est chargée de cours à l’Université de Montréal, « Réponses judaïques à la modernité » dans le cadre du microprogramme en études juives. (Micro programme études juives judaisme U.D.M). Elle a fondé, en 2012, une unité de Recherches au sein de ALEPH sur « Judaïsmes et Questions de Société » ainsi qu’un site de ressources sur ces thématiques (http://judaismes.canalblog.com). Elle participe depuis septembre 2015 sur Radio Canada à « Paroles divines » nouvelle séquence mensuelle dans l’émission « Plus on est de fous, plus on lit » de Marie-Louise Arsenault, où elle commente plusieurs thématiques à partir des sources de la tradition juive aux côté d’autres intervenants représentant les traditions chrétienne et musulmane. Elle a créé le projet pilote : « Le magazine des cultures juives au Québec » pour la Fédération juive CJA. Au travers de capsules vidéo de 12 minutes, elle s’entretient avec des auteurs, des universitaires ou des artistes sur leurs créations ou travaux qui concernent la culture juive au Québec. Ces interviews sont menés en français et sous-titrés en anglais. Ils participent à mieux faire connaître la riche culture juive québécoise autant au public francophone et anglophone du Québec qu’au-delà des frontières. Elle a notamment écrit : « Salomon Mikhoëls ou le testament d’un acteur juif » (2002) et dirigé la publication de « Femmes et Judaïsme aujourd’hui », In Press (2008). « Eve des limbes revenue ou l’interview exclusive de la première femme (ou presque) de l’humanité » a été mise en ondes sur France Culture (2011) et mise en espace en anglais à l’Université de Brandeis (Boston) en 2012. Son feuilleton littéraire « Yentl is back » est publié régulièrement depuis un an dans la Revue française Tenoua, Ateliers de pensée(s) juives. « Que sait-on des commencements ? Lettre à ma filleule Catherine Shvets » est sa contribution à l’ouvrage collectif québécois « Lettres de femmes d’ici et d’ailleurs », édition Fides, 2017.

Sa dernière mise en scène, « Sauver un être, sauver une monde » a été représentée devant des centaines d’élèves du secondaire à Montréal. Elle est également la conseillère dramaturgique de la pièce « Le Visiteur » des Productions Pas de Panique au Centre Segal des Arts et de la Scène. Elle a participé à plus de cinquante émissions de télévision sur le judaïsme (France 2, Chaine Histoire). Certaines de ses confèrences sont sur Akadem.org. En 2011, elle a reçu le Prix d’excellence en éducation juive de la Fondation Samuel et Brenda Gewurz de la BJEC (Bronfman Jewish Education Center). En 2015, elle a reçu un prix du Congrès Maghrébin au Québec (CMQ) dans la catégorie « Art et Culture ».

Nos partenaires

Akadem- le campus numérique juif | Centre Segal-Atelier de théâtre juif | Le Centre commémoratif de l’Holocauste | L’Alliance Israélite Universelle Canada |
Les Femmes Juives Francophones | L’Institut de la Culture Sépharade | Mémoires et Dialogues | LeMood | BJEC | Centre Canadien D’Oecuménisme |
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5151 Cote-Ste-Catherine, Suite 216, Montreal, Quebec, Canada, H3W 1M6
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Source : http://alephetudesjuives.ca/

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45.
Histoire 19-20ème siècle - Evolution et mutation des femmes juives du Maroc AIUmaber Vidéo 1:24:46 ajoutée le 20 mai 2014

Etude par Nicole S. Serfaty de l’émancipation des femmes juives du Maroc aux XIXe et XXe siècles, qui provoqua une transformation progressive de leurs comportements traditionnels. Catégorie : Éducation

Source : https://www.youtube.com/watch?v=ieNVOU-tSEA

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46.
Un projet israélo-marocain remarquable concernant un Livre-Documentaire filmé sur des femmes juives d’origine marocaine dans le monde - Article rédigé par Arrik Delouya - Publié le 20 Décembre 2012

Mouna Izddine (photo), journaliste et rédactrice en chef à Casablanca revient bientôt en Israël pour sa 3° mission ; cette fois-ci, elle est guidée par sa motivation du Projet de Livre-Documentaire filmé sur des femmes juives d’origine marocaine dans le monde. Elle est soutenue et accompagnée par le professeur Ephraïm Riveline coprésident d’honneur de l’APJM-Paris et de Zohar-Tel Aviv et le sociologue chercheur Dr Arrik Delouya, président et fondateur de ces 2 associations. D’autres cautions morales sont attendues.

Suite à l’article de Bernard-Henri Lévy Face à la marée noire du nouvel antisémitisme, voici ce qu’elle écrit à Arrik Delouya : « Je viens de parcourir l’appel de BHL : je me suis toujours demandé comme lui ce qu’attendent les Musulmans de France pour s’indigner contre cette montée de l’antisémitisme, de la même façon qu’ils le font contre l’islamophobie. Ils croient que ce n’est pas le même combat, ce sont des cons ! Pire, je pense que se taire, c’est déjà être complice…

Ceux qui crient au loup islamophobe oublient que c’est justement la république laïque qui les protège et leur permet d’exercer librement leur culte, mais que cette même séparation du clergé et de l’État permet de critiquer les religions et n’emmène pas en prison pour « blasphème ».

Je pense aussi que les musulmans de France et d’Europe refusent de se remettre en cause, de comprendre qu’une réforme de l’islam est nécessaire. Ils refusent de voir aussi combien le fait de voir se construire l’identité de leurs enfants sur leur socle de l’arabo-islamité est dangereux pour eux et pour tous les non arabes et non musulmans qui les entourent. 

... Son projet de livre-documentaire se déclinera sous la forme d’une série de 20 portraits, à raison de 4 femmes par pays : Maroc, France, Israël, Canada et États-Unis d’Amérique. C’est dans ces quatre États hors du Maroc en effet que se concentre la majorité des communautés juives d’origine marocaine... Un livre couplé à un documentaire filmé sur des femmes juives d’origine marocaine qui se sont distinguées par un parcours original dans un domaine de prédilection particulier : politique, social, économique, littéraire, artistique ou religieux. Il s’agit de savoir notamment comment leur marocanité, leur histoire familiale, a influé sur leur histoire personnelle, leur intégration dans leur pays d’accueil et l’éducation de leurs enfants…

… Marocaine de naissance, musulmane de culture, cosmopolite d’esprit et de cœur, cela fait plusieurs années que je caresse l’ambition de bâtir une trajectoire constructive avec une singulière nostalgie qui m’habite. J’ai grandi avec la cuisine de ma grand-mère amazighe, mâtinée des recettes apprises auprès de ses voisines israélites à Zoumi et avec les récits de mon père sur Sefrou, « la Petite Jérusalem » de son enfance. J’ai également noué de belles amitiés juives dans les écoles françaises où j’ai suivi ma scolarité.

…Mais dans ce Maroc où je vis, au fil des ans, je vois s’évaporer comme rosée au soleil les fragments fragiles d’une communauté juive deux fois millénaire. Chaque année, l’effectif des citoyens de confession juive résidant au Maroc s’amenuise avec le départ sans retour des jeunes pour leurs études supérieures à l’étranger, aggravé par l’adieu des anciens. Des 350 000 Marocains d’obédience israélite qu’il comptait au début du siècle dernier, le Maroc n’abrite plus aujourd’hui que 2 000. Une hémorragie démographique qui n’est pas sans conséquences sur mon pays. Car même si près de 50 000 Juifs d’origine marocaine viennent tous les ans en pèlerinage sur les tombeaux de leurs 650 saints à travers le royaume, chaque jour, se creuse davantage la fosse de l’oubli de cette cohabitation millénaire chez les jeunes générations de Marocains.

… Ces derniers n’ont pour la plupart jamais vu ni connu de Juifs marocains et ignorent tout de ce pan de leur histoire et de leur identité, totalement occulté des manuels d’histoire scolaires. Aussi, si l’on excepte ceux qui se sont imprégnés des récits oraux de leurs aînés sur la présence juive en terre marocaine, l’unique source d’information pour ces jeunes, majoritairement arabophones, est médiatique. Dans les médias panarabes omniprésents dans les foyers marocains, on n’évoque la judéité que sous l’angle du conflit israélo-palestinien, avec tout ce que cela comporte comme subjectivité et déformation idéologique d’une très complexe réalité. Dans la même optique, des générations entières de Marocains, à l’instar de leurs jeunes voisins algériens, tunisiens, libyens ou égyptiens, sont en train de se construire avec l’arabo-islamité comme unique socle identitaire, faisant malgré eux le lit des carcans communautaristes et obscurantistes.

…Or, aujourd’hui plus que jamais, avec l’éveil politique et culturel engendré par « le printemps arabe », puis la mention des composantes amazighe et hébraïque de l’identité marocaine dans la Nouvelle Constitution (plébiscitée au Maroc en juillet 2012), le moment est venu, je pense, de changer cet état de fait. Le changement passera par la réappropriation par les Marocains de leur « identité plurielle », en leur fournissant toutes les clés de connaissance de la judéité marocaine, dans ses versants sépharade et autochtone et dans les différentes phases de son histoire ancienne et contemporaine.

… Changer aussi le regard que portent les Marocains sur Israël, pays où vivent plus d’un million de citoyens aux racines marocaines et par conséquent, sur la question israélo-palestinienne, sera notre défi. Pour avoir été à deux reprises en Israël, je vois régulièrement des jeunes Marocains musulmans me confier leur soif de savoir sur les Juifs marocains, leur histoire, les raisons de leur départ, mais aussi leur envie de visiter Israël pour, disent-ils, « voir de leurs propres yeux si ce qu’il se raconte à la télé est vrai ». Certains ont même appris des mots d’hébreu, des proverbes juifs amazighs, d’autres disent être de grands fans de musique judéo-andalouse, du théâtre juif marocain ou de cinéma israélien.

… De la même façon que j’ai pu constater, auprès de jeunes Israéliens d’origine marocaine, ce besoin vital de renouer avec la terre de leurs aïeux. Ils sont ainsi nombreux à revendiquer haut et fort leurs racines nord-africaines, par l’écriture, le théâtre, la photographie, la musique ou le cinéma. Des démarches artistiques qui se posent comme autant d’appels et d’interrogations sur la marocanité qui est en eux. Cette même marocanité, pourtant très riche de son métissage et de ses apports a été pendant de longues décennies douloureusement et injustement dédaignée par un certain « establishment » ashkénaze en Israël. Aussi, la requête de ces jeunes, où qu’ils se trouvent, est, à mes yeux, émouvante et éloquente à la fois, car elle révèle combien l’ancestralité d’une culture peut s’avérer plus forte que les frontières du temps et de l’espace et comment les petites histoires de chacun survivent aux soubresauts de l’Histoire avec un grand H.

… En juillet 2010 et en mars 2012, l’opportunité m’a été donnée de voyager en Israël dans le cadre d’un reportage pour accompagner la Joint Américaine et ensuite dans le cadre d’une mission humanitaire au-delà de l’Histoire, au-delà des vestiges, des archives et des lieux de pèlerinage, il fallait que notre groupe de Marocains, pour certains Berbères, puisse rencontrer leurs anciens compatriotes, dans un autre pays qu’ils ont tant contribué à bâtir tout en ne reniant jamais leurs racines. Je suis revenue bouleversée de ces séjours. De par mes rencontres avec les Israéliens et les Israéliennes d’origine marocaine, j’ai compris tout ce que nous avions perdu. Mais aussi tout ce que nous avons gagné. Si l’exode de milliers de Juifs du Maroc au lendemain de la création de l’État d’Israël puis de la fin du protectorat français sur le royaume a été une réelle amputation pour le Maroc et les Marocains, cette diaspora, devenue élite intellectuelle, politique, économique et artistique aux quatre coins du monde, représente en effet aujourd’hui un modèle unique de coexistence interconfessionnelle. Mais aussi un formidable pont pour la Paix entre Israéliens et Palestiniens, ainsi qu’une digue inestimable contre les extrémismes en tous genres, qu’ils soient politique ou religieux.

…Dans cette diaspora, comme au sein de la communauté israélite vivant encore au Maroc, les femmes sont, pour ainsi dire, « les gardiennes du temple » de la judéité marocaine. Ce sont les mères qui transmettent aux générations futures les rites, les us et les traditions communautaires. Ce sont les jeunes femmes qui reproduisent, ou redéfinissent, les rapports au sein du couple, de la famille, de la communauté et avec le reste de la société. Le passé, le présent et l’avenir de la judéité marocaine sont entre les mains des femmes. Et en chaque femme juive marocaine sommeille une bâtisseuse de la paix au Proche-Orient.

… C’est donc auprès d’elles que j’ai décidé de travailler. Après mûre réflexion, j’ai également défini la forme que je souhaite donner à ce projet : un livre couplé à un documentaire filmé sur des femmes juives d’origine marocaine qui se sont distinguées par un parcours original dans un domaine de prédilection particulier : politique, social, économique, littéraire, artistique ou religieux. Il s’agit de savoir notamment comment leur marocanité, leur histoire familiale, a influé sur leur histoire personnelle, leur intégration dans leur pays d’accueil et l’éducation de leurs enfants.

… Mon projet de livre-documentaire se déclinera sous la forme d’une série de 20 portraits, à raison de 4 femmes par pays : Maroc, France, Israël, Canada et États-Unis d’Amérique. C’est dans ces quatre États hors du Maroc en effet que se concentre la majorité des communautés juives d’origine marocaine. Je crois par ailleurs posséder les atouts nécessaires pour mener à bien cette entreprise. Actuellement rédactrice en chef d’un magazine féminin, j’ai auparavant dirigé deux rédactions, un mensuel familial et un hebdomadaire généraliste, après une expérience de trois ans dans la première publication politique indépendante du Maroc. Je pense pouvoir achever mon projet en 18 mois. Enfin, je ferai en sorte que ce travail ait le plus large écho possible, auprès de la diaspora juive marocaine, mais aussi auprès des Marocains de toutes confessions et générations confondues, afin qu’ils se réapproprient leur Mémoire commune et jettent une nouvelle pierre dans l’édifice de la paix future. »

Ce livre-documentaire en langue française devrait être traduit en hébreu, en anglais, en arabe et en Amazigh. Mouna Izddine est membre du Réseau marocain des Femmes Journalistes.

Source : http://www.emarrakech.info/Un-exemple-de-cohabitation-Judeo-musulmane_a65544.html

Source de la diffusion : http://www.crif.org/fr/actualites/un-projet-isra%C3%A9lo-marocain-remarquable/34057

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47.
Juives et Marocaines - Saga d’une diaspora, par Mouna Izddine - 07/04/2016 - 06:18 - Photo – Voir http://ma.viadeo.com/fr/profile/mouna.izddine

Aujourd’hui est un jour spécial pour moi. C’est l’amour du Maroc qui m’a fait traverser l’Atlantique et c’est le même amour qui nous réunit ici. Votre présence est la preuve tangible de ce lien indéfectible. Elle montre aussi que rien ni personne ne peut effacer 3000 ans d’histoire et de présence juive au Maroc. Elle est la preuve que la symbiose qui a été la nôtre, juifs et musulmans, nous pouvons la recréer, même à des milliers de kilomètres de cette terre baignée de soleil, et bénie des dieux. Vous avez vécu votre exode comme un déracinement, un arrachement à la terre de vos aïeux, nous l’avons vécu comme une immense perte, une amputation d’une partie de notre être et de notre identité. Nous vous avons perdu comme voisins, comme amis au quotidien mais nous vous avons gagné comme ambassadeurs, ici et ailleurs.

Je suis ici pour vous transmettre un message, celui d’une génération élevée dans l’oubli et le déni de sa part juive et qui aujourd’hui réclame la vérité. La vérité sur les raisons de votre départ, sur votre contribution à l’édification du Maroc historique et contemporain.

J’ai eu la chance inestimable, contrairement à la majorité des jeunes de ma génération, de côtoyer des Juifs marocains, au Maroc, en Europe et en Israël. Ils sont devenus mes amis, mes frères et soeurs, ma famille. J’ai des mères juives et des pères juifs à Casablanca, Paris, Ashdod, Jérusalem et maintenant Los Angeles. J’ai partagé avec eux leurs joies et leurs peines, des dafina, des bar mitsvoth et des brit mila, des seoudoth et des hilloulot. J’ai appris à connaitre le peuple juif, sa générosité, son génie, sa force admirable face aux épreuves, sa résilience, ses capacités d’adaptation, sa mélancolie joyeuse et sa nostalgie fertile.

Ce que je savais vaguement hier encore, j’en ai aujourd’hui la certitude : je suis berbère, de parents musulmans, et comme tous les Marocains, j’ai du sang israélite qui coule dans mes veines. Le judaïsme est partout en nous : dans notre cuisine, dans notre musique, dans notre parler et nos valeurs fondatrices. Ces valeurs, vous les connaissez d’autant plus que vous avez réussi à les préserver dans les sociétés qui vous ont accueilli : la gentillesse, l’humilité et l’hospitalité. Vous transportez partout le Maroc avec vous, vous êtes les plus fiers et fidèles représentants de notre culture et de notre marocanité. Vous languissez le Maroc multiconfessionnel de votre enfance, le Maroc juif nous manque…

Mais aujourd’hui, je pense que la nostalgie ne suffit plus. Car un autre danger guette cette même jeunesse marocaine qui n’a jamais connu de compatriotes juifs et qui perçoit tout ce qui a trait au judaïsme sous le prisme d’un conflit israélo palestinien rapporte de manière partiale et déformée par les medias panarabes. Ce danger a un nom ; l’antisémitisme déguisé en antisionisme. J’ai personnellement été agressée verbalement sur les réseaux sociaux pour avoir diffusé les photos de mon voyage en Israël. J’ai été accusée de collaboration avec les ‘assassins du peuple palestinien frère’ et traitée de prostituée à la solde des Sionistes. J’aurais pu prendre peur, craindre pour ma vie, mais la peur ne fait pas partie de mon vocabulaire. Ces menaces m’ont en fait conforté dans l’idée que c’est de la méconnaissance de l’Autre que se nourrit la haine et fait prendre conscience de l’urgence d’agir pour rétablir la vérité. 

Je n’ai pas la prétention de changer à moi seule cet état de fait, mais j’ai l’ambition d’y contribuer grandement d’autant plus que je connais le poids des mots et des images auprès de la génération biberonnée aux nouvelles technologies. Ma grand-mère me racontait comment, entre voisines musulmanes et israélites, elles allaitaient chacune le bébé de l’autre. Nous avons tété les seins de nos matriarches juives comme le judaïsme a été la mère nourricière de tous les monothéismes et de l’Islam marocain en particulier. Cet islam ouvert et populaire, festif et serein.

Ce sera là l’objectif de mon livre et de mon documentaire : montrer, à travers les portraits de femmes juives d’origine marocaine, que Juifs et Musulmans, Berbères et Arabes, ont vécu en symbiose et que celle-ci est toujours possible. Que nous pouvons, par ce modèle de cohabitation trois fois millénaire, envoyer un message de Paix au reste du monde, et au Proche-Orient en particulier. 

Mon choix s’est porté sur les femmes car elles représentent, je pense, le temple et le porte-flambeau du judaïsme. Ce sont elles qui, au Maroc et dans la diaspora, préservent et transmettent le judaïsme marocain, ses traditions et ses rites, ses croyances et tous ses singularismes qui font sa beauté et son authenticité. Elles contribuent aussi à définir les rapports au sein de la cellule familiale, de la communauté et au dehors de celle-ci. Les femmes sont les gardiennes de la Mémoire judéo-marocaine, et c’est par elles que je veux contribuer à transmettre ce legs formidable et jeter les ponts d’une Paix Future. 

INVITATION : Bob Ore a le plaisir de vous inviter à la conférence de Mouna IZDDINE, top journaliste marocaine et rédactrice en chef du magazine FEMINA, autour de son projet de livre couplé à un documentaire filmé autour des femmes de la diaspora juive marocaine. La conférence se tiendra ce jeudi 9 janvier 2014 a 19 heures à la galerie BOASOA 607 West Knoll/Melrose, Los Angeles/

Source : https://dafina.net/gazette/article/juives-et-marocaines-saga-dune-diaspora-par-mouna-izddine

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48.

Le judaïsme au Maroc : l’exception culturelle marocaine Par Tancrède Wattelle, directeur adjoint du Programme Défense et Sécurité de l’Institut Open Diplomacy - 28 avril 2016 · MENA

Judaïsme, Juifs, Maroc, Diaspora, Séfarades, Maghreb, Culture, ... Israël avec sa femme, comme beaucoup de ses coreligionnaires avant lui.

Le Maroc est l’un des derniers pays du monde arabo-musulman comptant une communauté de confession juive. Héritée des bouleversements qui ont secoué la péninsule ibérique au Moyen-Age, et plus nombreuse communauté juive du Maghreb, cette dernière a subi le contrecoup du conflit israélo-palestinien mais subsiste encore jusqu’aujourd’hui. La protection monarchique peut-elle seule expliquer cette énième exception marocaine ?

C’est d’une voix chevrotante que l’octogénaire Shalom Abdelhak, Marocain de confession juive, s’est adressé au roi Mohammed VI pour lui demander de surseoir à son expulsion prévue en décembre 2014. Né au Maroc, résidant à Casablanca depuis 46 ans, il a été mis à la rue - le propriétaire de l’immeuble dans lequel il résidait ayant décidé de détruire ce dernier - avant de partir pour Israël avec sa femme, comme beaucoup de ses coreligionnaires avant lui. Aujourd’hui, ils ne sont guère plus que 3 000 membres de la communauté juive marocaine, jadis l’une des plus nombreuses du Maghreb et du monde arabe. De nombreux vestiges, à l’image des mellahs - nom des quartiers juifs - ou synagogues et cimetières juifs, témoignent de l’importance de l’empreinte juive au Maroc, aux racines même de l’histoire du pays. « L’affluent hébraïque », reconnu en ces termes mêmes dans le préambule de la Constitution marocaine de 2011, fait ainsi référence à une influence qui se serait progressivement tarie, matérialisée aujourd’hui par une certaine impression de paradis perdu, véhiculée par ceux qui sont partis pour ne jamais revenir. Retour sur 2 500 ans de cohabitation, de rayonnement culturel et de présence juive au Maroc.

Le Maroc, terre d’asile

« Selon l’historien spécialiste du judaïsme marocain, Mohammed Kenbib, il se peut que les premiers juifs soient arrivés au Maroc au Ve siècle av. J.-C., après la destruction du premier Temple de Jérusalem  »[1]. On retrouve ainsi sur le site antique de Volubilis, ville antique berbère puis romanisée dans l’actuelle région de Fès-Meknès, des inscriptions en hébreu et en grec sur des stèles funéraires faisant référence à des commerçants juifs. De même, selon le célèbre historien Ibn Khaldoun (1332 - 1406), de nombreuses tribus berbères pratiquaient un culte proche du judaïsme, le karaïsme[2]. Rapidement, le Maroc sous influence vandale puis byzantine est devenu une terre d’asile pour les Juifs persécutés par les Wisigoths en Espagne. Avec la conquête musulmane, la communauté juive a obtenu le statut de dhimmi, citoyens non-musulmans protégés par la loi islamique en échange d’un impôt spécial, et tenté sans succès de se tenir à l’écart des querelles intestines entre Berbères et Arabes, puis des conversions forcées opérées par les Almohades, la dynastie d’origine berbère qui a dominé le Maghreb et al-Andalus entre le milieu du XIIe siècle et le XIIIe siècle. Le poids des Juifs du Maghrib al-Aqsa dans l’artisanat et le commerce s’est ensuite renforcé avec l’arrivée de nouveaux coreligionnaires après 1391 et la prise de Séville par les Rois catholiques, ainsi qu’après 1492 et la proclamation de l’édit de l’Alhambra formalisant l’expulsion des Juifs d’Espagne. En particulier, le métissage entre nouveaux arrivants et dhimmis juifs résidant dans les grandes villes marocaines, Tanger, Tétouan, Fès, Meknès, a eu notamment pour conséquence la création de la musique arabo-andalouse - d’où vient le chaâbii marocain, genre musical très populaire au Maroc et en Algérie. La communauté juive marocaine a prospéré, défendue par la dynastie alaouite, qui n’hésita pas à la protéger contre les lois anti-juives de Vichy pendant la Seconde Guerre mondiale. Le Maroc comptait 250 000 Juifs en 1945.

L’appel d’Israël

Dès la fin du XIXe siècle, certaines familles juives avaient décidé d’émigrer en Israël, en Algérie française ou en Amérique du Sud. D’autres s’étaient rapprochées des Français de l’administration du Protectorat, sans obtenir pour autant la nationalité française, le décret Crémieux de 1870 ne s’appliquant qu’en Algérie française. Dès 1948, des membres de l’Agence juive se seraient déplacés au Maroc dans le but de convaincre la population juive de peupler le nouvel État d’Israël. Le processus s’est accéléré avec la fin du Protectorat sur le Maroc en 1956 et la guerre des Six-Jours en 1967, mais surtout avec la guerre du Kippour en 1973, guerre à laquelle le Maroc a participé aux côtés des forces arabes coalisées. 80 000 Juifs marocains auraient ainsi fait l’objet d’une négociation afin que le royaume les laisse partir librement vers Israël[3]. Au-delà de ce format qui rappelle les « rachats » de Juifs hongrois (en 1944, Rudolf Kastner négocia le sauvetage de 1 684 juifs hongrois, évacués vers la Suisse contre paiement), cette révélation en dit long sur la coopération qui a lié le Maroc à Israël pendant de longues années, en particulier dans le domaine du renseignement.

La communauté juive marocaine fait donc partie intégrante de l’identité du pays qu’elle a contribué à édifier et à enrichir. Mais si les aléas politiques ont chassé l’écrasante majorité des Juifs marocains, leur patrimoine culturel demeure et témoigne de la splendeur de l’héritage de la communauté juive.

Un héritage culturel riche et diversifié

En effet, l’héritage culturel, architectural mais également humain du judaïsme marocain n’a pas attendu le XXe ou le XXIe siècle pour être apprécié à sa juste valeur. Comme l’a fort bien montré l’exposition Les Juifs dans l’orientalisme au Musée d’Art et d’Histoire du Judaïsme à Paris en 2012, ces derniers ont fasciné des artistes très différents, à l’image de Delacroix et son tableau Noce juive de 1841, de Gérôme et son bronze Marie-Madeleine en costume de mariée juive, ou encore Jean Lecomte du Nouÿ et Alfred Dehodencq. Aujourd’hui, la présence de la communauté juive est encore visible au travers des mellahs, de certains noms de rue à Rabat ou Casablanca - rue Shalom-Zaoui, rue David-Cohen - mais également grâce à la manufacture. Ce patrimoine, qui s’appuie sur des objets d’artisanat - lampes, chandeliers - et d’habillement - caftans - est d’ailleurs mis en valeur depuis 1977 au musée du Judaïsme marocain à Casablanca, seul musée juif du monde arabe. De même, de nombreuses rencontres sur cette thématique sont organisées à l’étranger comme à Paris, où un événement sur le judaïsme marocain s’est tenu à l’Institut du monde arabe le 23 novembre 2013 en présence de nombreux spécialistes du sujet, dont le professeur Kenbib. De même, fin mars 2014, une Quinzaine du Judaïsme marocain fut organisée, ponctuée d’expositions, de débats et de concerts de musique arabo-andalouse.

Diaspora, pèlerinages et tourisme : une force pour le Maroc

Le thème constitue d’ailleurs un filon pour l’industrie touristique marocaine, qui s’est appliquée dès les années 1980 à accueillir les touristes juifs dans les meilleures conditions : on peut en effet trouver au Maroc de nombreuses tombes de rabbins, lieux sacrés de recueillement pour de nombreux Séfarades, juifs d’origine nord-africaine. L’hiloula, pèlerinage de la diaspora juive marocaine rendant hommage aux 1 200 saints rabbins, rassemble ainsi plus de 5 000 personnes chaque année. Les pélerins se rendent sur les hauteurs d’Ouezzane au sanctuaire Amrane Ben Diouane, du nom de l’un des rabbins les plus vénérés du Maroc, mort au XVIIIe siècle. L’instabilité récente en Tunisie, où se trouvent également de nombreux lieux de pèlerinage, a récemment favorisé le choix du Maroc comme lieu de recueillement. Hassan II, roi du Maroc de 1961 à 1999, avait d’ailleurs bien compris les enjeux de ce tourisme judéo-marocain, appelant dès les années 1980 ses « frères » à revenir visiter leur terre natale. C’est peut-être dans cette optique que Serge Berdugo, Secrétaire général du Conseil de la communauté israélite du Maroc, avait été nommé Ministre du Tourisme du royaume en 1993, sans posséder d’expérience particulière dans ce domaine. Toujours est-il qu’alors que les autres pays arabes durcissaient les conditions d’accès à leur territoire pour les Israéliens, le Maroc a vu augmenter le nombre de voyages organisés combinant pèlerinage et tourisme ordinaire. Les tombes de ces tsadiqqim, saints rabbins, dont certains sont partagés avec les musulmans, restent donc un lien fort entre la diaspora juive marocaine et son pays d’origine.

Une confession soutenue et protégée par la monarchie

Alors qu’ils ont pu vivre l’aliyah de leurs coreligionnaires, terme hébreu désignant le retour en Israël de toute personne de confession juive, les Marocains de confession juive demeurant encore au pays se définissent par une singularité propre héritée de leur histoire. Pour beaucoup insensibles aux sirènes d’Israël, ils se sentent liés à la terre sacrée de leurs ancêtres et ne souhaitent pas en partir, malgré la situation ambivalente qu’ils connaissent actuellement. L’arrivée au pouvoir des islamistes « modérés » a forcément suscité quelques craintes, vite tues par la mise au pas menée par le Palais d’Abdelilah Benkirane, Premier ministre du Maroc depuis 2011. L’égalité des droits constitue une réalité pour la communauté juive, qui compte un conseiller influent auprès du Roi, André Azoulay, ainsi qu’un ambassadeur itinérant du roi, Serge Berdugo, depuis 2006. Dans un pays où la monarchie est toute puissante, c’est une bénédiction. Une initiative de réfection des synagogues et cimetières juifs a ainsi été lancée en mars 2015 par le roi, afin de réhabiliter les 22 synagogues que compte Casablanca ainsi que son ancienne médina, le quartier historique et populaire de chaque ville marocaine. De même, un Observatoire marocain de Lutte contre l’Antisémitisme a été créé par des membres de la société civile, notamment d’origine berbère.

Au Maroc, le sort des minorités religieuses, en particulier des Juifs, est intimement lié à la monarchie qui a fait le choix de la tolérance, notamment pour montrer l’importance du multiculturalisme. A cet égard, force est de constater que le royaume se détache des autres pays du monde arabe. Néanmoins, entre les déclarations des islamistes du PJD, Parti de la justice et du développement, et les craintes au sujet des migrants de confession chrétienne qui s’installent au Maroc, il faut nuancer cette image idyllique, d’autant que les pressions sociétales et médiatiques sont nombreuses pour influencer les pratiques religieuses individuelles. De même, la minorité musulmane chiite est particulièrement visée. La liberté de culte des citoyens de confession juive contraste donc avec une certaine incitation à préserver l’importance et l’influence de l’islam sunnite au sein de la société marocaine.

Une communauté vouée à disparaître ?

Néanmoins, la communauté juive marocaine reste confrontée au problème de son propre vieillissement, du fait de l’immigration en France de ses jeunes. D’autant qu’à l’aune des dernières offensives israéliennes à Gaza, certains ont pu constater un changement de mentalité chez leurs voisins musulmans. Le militant de gauche antisioniste Sion Assidon témoigne : « Un juif, c’est désormais une abstraction. Non plus le voisin ou le cordonnier, mais celui qui est en Palestine et fait du mal »[4]. De là à tabler sur une disparition à moyen-terme des Séfarades marocains, il n’y a qu’un pas qu’il est malaisé de franchir, comme l’évoque André Azoulay : « La saga du judaïsme marocain est trop profondément ancrée dans l’histoire de ce pays pour disparaître. »[5]. Alors que les derniers Berbères juifs de l’Atlas viennent de disparaître, c’est une page vieille de 2 500 ans d’histoire commune qui pourrait bien se tourner avec le départ des derniers membres de la communauté séfarade marocaine. L’unique moyen d’enrayer ce processus serait d’améliorer l’attractivité du Maroc pour les jeunes, juifs marocains ou issus de la diaspora. Cependant, ils étaient nombreux à revenir au Maroc en raison de la crise.

Une diaspora influente

Il semblerait donc qu’à partir de la communauté judéo-marocaine, se soit développée par dispersion une identité mêlant « judaïté » et « marocanité », rassemblant dans le monde entier plus d’un million de personnes autour d’une culture et d’une tradition communes. Certains de ses membres les plus connus sont Gad Elmaleh, David Guetta, Ruth Elkrief ou encore Amir Peretz, respectivement acteur, DJ, journaliste et ancien chef de file des travaillistes israéliens. Mais n’est-ce pas trop périlleux d’évoluer dans cette double identité ? André Azoulay répond : « Pour comprendre la réalité contemporaine et les ressorts [de la saga du judaïsme marocain], pensez à ce million de juifs marocains dispersés sur tous les continents et qui, génération après génération, ont su et voulu cultiver leur mémoire, affichant sans complexe la richesse de leur marocanité. »[6]. D’ailleurs, il est intéressant de noter que toute réussite d’une personne d’origine marocaine, qu’elle soit musulmane ou juive, est saluée avec enthousiasme par la presse marocaine qui s’empresse de lui attribuer la nationalité marocaine. Ainsi, la nomination de Gadi Eizenkot au poste de chef d’État-major de Tsahal en février 2015 a été très bien accueillie, sous le titre « Le nouveau chef de Tsahal est marocain »[7]. Dans la perspective d’une potentielle disparition de la communauté juive marocaine, la diaspora pourrait donc constituer l’unique héritière des traditions et coutumes judéo-marocaines, ainsi que la gardienne des lieux sacrés. Ainsi, le lien avec le Maroc ne sera jamais vraiment rompu, en particulier si cet héritage est transmis aux prochaines générations. Les premiers signes sont encourageants, la diaspora prenant ses responsabilités en participant à la réfection des cimetières et des tombeaux des saints.

Plus qu’un simple passage, la communauté marocaine juive a durablement marqué de son empreinte son pays d’origine par la richesse de sa culture, comme par une cohabitation pacifique, pérenne et exceptionnelle. Si aujourd’hui beaucoup sont partis, une minorité reste attachée à la terre de ses ancêtres et demeure fidèle à la monarchie alaouite. Pour le moment, les exacerbations issues du conflit israélo-palestinien et les amalgames qui en découlent ne semblent pas menacer la diversité marocaine. Bien au contraire, la tendance actuelle est à la promotion d’un équilibre qui s’appuie sur deux axes : la reconnaissance de l’influence juive, et l’intégration de la diaspora séfarade marocaine. Ainsi, transcendant son statut de terre d’asile pour les persécutés, le Maroc joue pleinement son rôle de patrie pour ses citoyens de confession juive.

Références

[1] BOUAZZAOUI Chaïmae, « Le Juif, le Musulman, ou des think-tank sur notre Terra Pax », CRIF, le 1er mars 2016, [en ligne], page consultée le 23 avril 2016 : http://www.crif.org/fr/alireavoiraecouter/le-juif-le-musulman-ou-des-think-thank-sur-notre-terra-pax/59598.
[2] Ibn Khaldoun (1332 - 1406), Histoire des Berbères et des dynasties musulmanes de l’Afrique septentrionale, Editions Paul Geutner, Paris, édition de 1978.
[3] BERGMAN Ronen, NAKDIMON Shlomo, « The Ghosts of Saint-Germain Forest », Ynetnews, le 23/03/2015 [en ligne], page consultée le 18 avril 2016 : http://www.ynetnews.com/articles/0,7340,L-4639608,00.html.

[4] YOUSSI Yasmine, « Les juifs marocains, plus grande communauté juive du monde arabe », Télérama, le 12 mai 2012 [en ligne], page consultée le 18 avril 2016 : http://www.telerama.fr/scenes/les-juifs-marocains-plus-grande-communaute-juive-du-monde-arabe,81271.php.

[5] Ibid.

[6] YOUSSI Yasmine, Op. Cit.

[7] ALAMI Ziad, « Le nouveau chef de Tsahal est marocain », le360.ma, le 02 décembre 2014 [en ligne] page consultée le 18 avril 2016 : http://www.le360.ma/fr/politique/le-nouveau-chef-de-tsahal-est-marocain-26487.Ce journal en ligne très proche de la monarchie marocaine relaye ses prises de position.

Suggestions bibliographiques :

  • AÏT AKDIM Youssef, « Judaïsme marocain : à la recherche du paradis perdu », Jeune Afrique, 2 mai 2012
  • BAIDA Jamaâ, « L’émigration des Juifs marocains (1948-1956) », Université Mohammed V, 10 mars 2006
  • BERGMAN Ronen, NAKDIMON Shlomo, « The Ghosts of Saint-Germain Forest », Ynetnews, 23 mars 2015
  • DUFOURMONT Sabrina, Entretien avec Nicolas Feuillie, commissaire de l’exposition « Les Juifs dans l’Orientalisme », Le Point, 27 mars 2012
  • ROGER Benjamin, « Y a-t-il encore des Juifs au Maghreb », Jeune Afrique, 26 avril 2013
  • SCHROETER Daniel, « La découverte des Juifs berbères », in Relations judéo-musulmanes au Maroc : perceptions et réalités, Éditions Stavit, Paris, 1997, p. 169-187
  • YOUSSI Yasmine, « Les Juifs marocains, plus grande communauté juive du monde arabe », Télérama, 12 mai 2012.
    Les opinions et interprétations exprimées dans les publications engagent la seule responsabilité de leurs auteurs, dans le respect de l’article 3 des statuts de l’Institut Open Diplomacy et de sa charte des valeurs.

Source : http://www.open-diplomacy.eu/blog/le-judaisme-au-maroc-l-exception-culturelle-marocaine

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49.

Les journées du judaïsme marocain (3/6) - La femme juive marocaine, vecteur de transmission  (Enregistrement de 53 minutes ) – Par Shmuel Toledano - beth-Din de Rishon Letzion

Espace Culturel et Universitaire Juif d’Europe http://www.centrecompa... Paris - février 2008 - Espace Culturel et Universitaire Juif d’Europe - Les journées du judaïsme marocain - Télécharger le programme http://www.akadem.org/images/picto_...

Note de l’auteur : une narration historique du plus grand intérêt sur les relations concernant les femmes dans les communautés juives d’Afrique du Nord vivant parmi les musulmans marocains, arabes et berbères, souvent fixés autour des cimetières …. Otamment à Sefrou.

Accès à la source : http://www.akadem.org/sommaire/colloques/hommage-aux-maitres-du-judaisme-marocain/la-femme-juive-marocaine-vecteur-de-transmission-27-03-2008-7235_4176.php

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Juive et française, mon chez moi, c’est d’abord la France, pas Israël Par Noémie HaliouaJournaliste, spécialiste de culture, vie des idées, histoire juive -Photo : Editions du Cerf/Hannah AssoulineJuive et française, mon chez moi, c’est d’abord la France, pas Israël.

Est-ce utile de rappeler que les juifs de diaspora ne sont pas des SDF ? Hier, je sirotais un cappuccino avec une amie en terrasse, elle remarquait : ’Tiens, y’a du soleil en ce moment à Paris. Comme chez vous, là-bas’. Mon sang n’a fait qu’un tour. ’Chez moi ? Là-bas ? Ou ça ’là-bas’ ?’, lui ai-je demandé, comme si j’allais découvrir une mystérieuse demeure familiale dans le Sud. ’Bah, en Israël’, m’a-t-elle rétorqué, comme une évidence. Voilà que, sans penser à mal, elle avait intériorisé cette idée selon laquelle tous les juifs du monde n’ont qu’une seule maison – et qu’elle demeure à 4.000 km de là. Cette idée selon laquelle, sous prétexte qu’il leur arrive d’aller à la synagogue ou de rechigner à manger du jambon, ils sont condamnés à vagabonder à travers le monde avec leur baluchon sur le dos, ou à trouver refuge au paradis du fallafel. Si la réplique n’avait pas posé le sujet de façon aussi abrupte, elle est révélatrice des facilités avec lesquelles est trop souvent traité le sujet d’Israël et des juifs français.

Est-ce utile de rappeler que les juifs de diaspora ne sont pas des SDF ? En France tout particulièrement, premier pays d’Europe à avoir émancipé les juifs après la Révolution. L’histoire des juifs français ne date pas d’hier, et même plutôt du Moyen-âge. Il serait peut-être temps de le savoir. L’israélitisme est un modèle d’intégration cité en exemple, celui d’une communauté qui a fait de la France sa terre promise, sans se renier. Les juifs ont construit leur pays et réciproquement. 36.000 israélites n’ont-ils pas défendu le drapeau tricolore pendant la grande guerre ? N’ont-ils pas payé l’impôt du sang ? Sans parler de leur apport politique et littéraire à l’histoire de France (Benard Lazare, Romain Gary, Albert Cohen, pour ne citer qu’eux).

En bref, dissocier les juifs de France de la France est un raisonnement absurde. ’Sans les juifs de France, la France ne serait pas la France’ avait affirmé avec justesse Manuel Valls, alors qu’il était Premier ministre. On oublie qu’alors, il s’était dressé, à la fois contre ceux qui rêvent de voir les juifs déguerpir du territoire français, mais également à Benjamin Netanyahu, le Premier ministre d’Israël, qui invitait alors les juifs à quitter leur pays pour le rejoindre. Il faut dire que la France constitue un important réservoir d’immigration pour l’Etat d’hébreu : elle dispose de la première communauté juive d’Europe et la troisième du monde, après les Etats-Unis et Israël.

Cette dissociation des ’juifs’ et de ’la France’ est aussi dû à une mauvaise compréhension du phénomène de l’alyah : beaucoup de ceux qui font leur valise pour le pays où coule le lait et le miel, ne le font pas parce qu’ils ne se sentent pas français, mais au contraire parce qu’ils ont le sentiment que ’la France n’est plus la France’. Ils ont le sentiment que la décomposition du pays rend leur protection impossible, que l’Etat, malgré ses gages de bonne volonté, se montre impuissant face à la montée de la menace antisémite.

C’est ce qui ressort de nombre de témoignages qui figurent dans le livre ’Juif de France, pourquoi partir ?’ de Serge Moati et des chiffres de d’alyah qui explosent, précisément, après les agressions antijuives. D’ailleurs, bien que ces chiffres augmentent - 8.000 départs au point d’acmé, en 2015 – ils restent encore bien marginaux, au regard de l’ensemble de la population juive française (environ 500.000 âmes). D’ailleurs, je parie une pièce que celle-ci n’est pas prête de se déraciner, à moins qu’on ne la jette dehors à coup de bottes.

Cela étant dit, il n’est pas question, non plus, de nier le lien puissant qui unit Israël et les juifs de par le monde. Répéter chaque année ’l’an prochain à Jérusalem’ pendant la fête de Pessah qui commémore la sortie d’Egypte, prédispose d’un attachement certain à cette terre, de même que la visite du mur occidental à Jérusalem, vestige du mur d’enceinte du Temple, rend naturellement tout juif qui se sent un tant soit peu concerné par l’histoire biblique, sionisto-compatible. Seulement l’alyah est une alternative, un choix, l’aboutissement d’un processus personnel, d’une démarche intime, et non un horizon indépassable. Halte à l’assignation identitaire, pour le juif français, son ’chez lui’, c’est d’abord la France.

Noémie Halioua est l’auteure de ‘L’affaire Sarah Halimi’, aux éditions du Cerf.

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Source : https://www.huffingtonpost.fr/nomie-halioua/juive-et-francaise-mon-chez-moi-cest-dabord-la-france-pas-israel_a_23414394/

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Une femme juive orthodoxe nommée chef de la cybersécurité pour une agence d’espionnage américaine 25 juillet 2019 – Document ‘rakbeisrael.buzz’

Photo - Anne Neuberger, une juive orthodoxe, a récemment été appelée à diriger la nouvelle direction de la cyber-sécurité de la US National Security Agency. (Agence de sécurité nationale via JTA)

Ses parents faisaient partie des otages sauvés par des commandos israéliens de l’aéroport d’Entebbe . Elle a été mise à contribution pour diriger la nouvelle direction de la cybersécurité de l’Agence de sécurité nationale des États-Unis.

Anne Neuberger de Baltimore a travaillé à la NSA au cours des dix dernières années. Elle a aidé à établir le Cyber ​​Command des États-Unis et a travaillé en tant que responsable des risques, où elle a dirigé les efforts de sécurité électorale de l’agence pour la mi-mandat 2018.

Neuberger a expliqué que les terribles calvaires de sa famille, d’abord l’Holocauste puis les prises d’otages en Ouganda après le vol d’Air France détourné par ses terroristes par des terroristes palestiniens en 1976, avaient contribué à façonner sa vision du monde.

Bien que ses parents ne soient pas israéliens, ils ont été détenus par les pirates de l’air pendant une semaine avec des passagers israéliens parce qu’ils étaient juifs.

Photo - Le 4 juillet 1976, le ministre de la Défense des États-Unis, Shimon Peres, et l’ancien Premier ministre Yitzhak Rabin (à gauche) rencontrent les otages libérés d’Entebbe alors qu’ils débarquent en Israël. )

« Mes parents avaient des passeports américains, mais comme mon père portait une kippa, ils savaient qu’il était juif et ils ont décidé de le garder aussi », a-t-elle déclaré à The Forward dans une interview. « Une opération militaire a ramené mes parents à la maison. Parfois, c’est la seule option. »

« Les menaces de ceux qui veulent nous faire du mal sont réelles et ne disparaissent pas. Nous nous sommes engagés à défendre notre pays de manière licite. Notre pays doit rester vigilant en matière de cybersécurité. La NSA apporte une contribution essentielle à la protection de la nation », a-t-elle déclaré.

Neuberger, actuellement directrice adjointe adjointe de l’agence, sera l’une des femmes les plus haut placées de la NSA depuis qu’Ann Caracristi a été nommée directrice adjointe en 1980, selon le Wall Street Journal. Neuberger fera rapport au chef de l’agence, le général Paul Nakasone.

Elle était auparavant directrice générale adjointe de la marine américaine et travaillait pour le secrétaire à la Défense.

Neuberger, 43 ans, également connue sous le nom de Chani, est originaire du très juif quartier de Borlyn Park, à Brooklyn, à New York, où elle a fréquenté l’école de jour juive Bet Yaakov pour filles, selon le Yeshiva World News.

Elle est diplômée du Touro College de New York et de la Columbia Business School et a travaillé dans le programme Fellows de la Maison Blanche. D’un côté, elle dirige une organisation caritative aidant les mères célibataires divorcées au sein des communautés orthodoxes.

Dans son entretien avec Forward, Neuberger a déclaré qu’elle avait rencontré peu de problèmes liés à sa religion à la NSA et qu’elle était extrêmement heureuse d’être considérée comme un modèle pour les femmes orthodoxes.

« Si vous êtes un professionnel dans votre travail et êtes à l’aise dans le respect de vos traditions, tout le monde s’en tirera bien », a déclaré Neuberger. « Tous mes collègues comprennent que je ne sors pas boire un verre le vendredi soir et que j’observe le shabbat. En fait, certains de mes assistants veillent sur l’horloge du vendredi après-midi et me font savoir que je ferais mieux de bouger. »

« Ma fille de 17 ans, qui fréquente une école orthodoxe, a recu il y a deux semaines, des religieuses de divers domaines et des médecins, avocats, juges qui sont venues leur parler. Cela aurait été inouï il y a 25 ans, quand j’étais au lycée. Et maintenant, je veux contribuer à ce mouvement et y participer autant que je peux. »

Membre de l’une des 100 familles les plus riches des États-Unis, Neuberger est passé du secteur privé au service public après les attentats du 11 septembre.

Elle a déclaré au Wall Street Journal que la direction utilisera plus activement les renseignements sur les signaux recueillis lors de l’expansion des opérations contre des adversaires. Dans le cadre de sa mission, la direction travaillera à la protection des États-Unis contre les menaces étrangères en partageant leurs points de vue sur des menaces informatiques spécifiques avec d’autres agences fédérales ainsi qu’avec le secteur privé.

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Source : https://rakbeisrael.buzz/une-femme-juive-orthodoxe-nommee-chef-de-la-cybersecurite-pour-une-agence-despionnage-americaine/?utm_source=rss&amp ;utm_medium=rss&utm_campaign=une-femme-juive-orthodoxe-nommee-chef-de-la-cybersecurite-pour-une-agence-despionnage-americaine

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Une célèbre mannequin soudanaise, qui a grandi en Israël, redoute une expulsion Par Times of Israel Staff 4 août 2019, 14:34 - Photo - Le mannequin Monica Joseph dans un entretien publié le 2 août 2019 (Capture d’écran : Douzième chaîne)

À 7 ans, Monica Joseph a survécu à un voyage atroce vers l’Etat juif - elle se confie aujourd’hui pour aider les autres

Une mannequin soudanaise ayant grandi au sein de l’Etat juif clame être sous la menace d’une expulsion même si elle est l’égérie de certaines des plus importantes marques de la mode israélienne.

Monica Joseph, 19 ans, était arrivée au sein de l’Etat juif en 2007 après avoir survécu à un voyage atroce à travers l’Egypte. Elle a raconté lors d’un reportage diffusé vendredi par la Douzième chaîne qu’elle revivait souvent ce parcours traumatique qui l’avait amené jusqu’en Israël, ajoutant qu’elle vit toujours dans la crainte des autorités.

« Quand je vois la police, j’ai peur – même si les agents ne font que me croiser dans la rue. Il y a toujours une chance qu’ils me demandent ma carte d’identité ou quelque chose comme ça », explique-t-elle à la chaîne.

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Née au Soudan, sa mère avait fui pour l’Egypte lorsqu’elle était bébé. Elle devait faire appel ultérieurement à des passeurs pour entrer en Israël avec Monica, alors petite fille.

Photo - Monica Joseph lors d’un shooting photo dans un reportage diffusé le 2 août 2019 (Capture d’écran : Douzième chaîne)

Devant les caméras, la jeune mannequin se souvient de ces passeurs bédouins rassemblant la famille, aux côtés d’autres demandeurs d’asile, dans une caisse de livraison, dans l’obscurité, sans nourriture et sans eau. Après le départ, son petit frère, autiste, avait commencé à pleurer. L’un des passeurs avait arrêté le véhicule et ouvert la caisse, une arme à la main. Il avait dit à sa mère qu’il ouvrirait le feu sur le bébé ou qu’il le jetterait du véhicule.

Son frère avait soudainement arrêté de pleurer et le passeur l’avait laissé dans la caisse, a-t-elle raconté.

Après quelques jours, les passeurs avaient ouvert la porte de la caisse, en pleine nuit, faisant sortir les réfugiés. Monica avait vu des lumières du côté israélien de la frontière avec l’Egypte et elle avait commencé à courir vers la clôture frontalière. Les soldats égyptiens avaient aperçu le groupe et ouvert le feu.

Elle avait trouvé un trou dans la clôture qui avait vraisemblablement été ouvert par les trafiquants et elle avait couru vers les soldats israéliens de l’autre côté. Sa mère, ajoute-t-elle dans le reportage, s’était coincée dans la clôture et elle avait jeté son petit frère au-delà de la frontière.

Tous les trois étaient finalement parvenus à traverser la frontière et ils avaient été transférés dans le centre de détention de la prison Saharonim où ils étaient restés pendant quatre mois. A sept ans, la structure ressemblait à ses yeux à un camp d’été, raconte-t-elle.

Puis la famille s’était installée dans la ville d’Arad, au sud du pays, où sa mère avait trouvé du travail. Joseph, pour sa part, était restée s’occuper de son petit frère. Plus tard, ils avaient déménagé dans le quartier Shapira, dans le sud de Tel Aviv.

Joseph avait fréquenté l’école Bialik-Rogozin de Tel Aviv, dans une classe accueillant des élèves originaires d’une dizaine de pays différents. L’une de ses meilleures amies, à l’école, avait été expulsée vers le Soudan en 2012.

Sa mère avait lutté contre la dépression et elle avait eu des problèmes d’alcoolisme, et Joseph avait commencé à rester hors de chez elle, tard dans la nuit, pour échapper à l’atmosphère familiale pesante. Ses enseignants l’avaient remarqué et ils avaient facilité son transfert dans une pension du nord de Tel Aviv lorsqu’elle avait neuf ans.

Artiste et mannequin, Shelly Gaffney, était venue à la pension pour maquiller un groupe de jeunes filles qui célébraient chacune sa bat mitzvah. Gaffney avait remarqué Joseph dont le physique l’avait frappée.

« Je me suis dit qu’elle serait vraiment étonnante », confie Gaffney à la Douzième chaîne.

Joseph était réticente à l’idée d’entrer dans le monde du mannequinat, craignant qu’elle ne soit rejetée à cause de la couleur de sa peau.

« Ce que je voyais, à ce moment-là, c’était des mannequins blondes aux yeux bleus », dit-elle à la Douzième chaîne.

Elle avait contacté une agence de mannequins à l’âge de 18 ans et elle représente dorénavant, entre autres, les marques Castro et Adika.

Le mannequinat lui fournit un revenu pour soutenir sa famille et une sorte d’apaisement, explique-t-elle.

« C’est quelque chose qui vit encore en moi : La crainte est toujours là. Les expériences se répètent en permanence dans mon esprit. Quand je fais une séance photo, je ne pense pas à comment je suis arrivée en Israël », s’exclame-t-elle. « C’est un échappatoire vers une vie meilleure. A ce moment-là, je ne pense pas à l’expulsion, ça ne me vient pas à l’esprit ».

Ziva Michael, directeur de l’agence de mannequins July, estime que Joseph est une « étoile montante ».

« On fait tout ce qui est possible en ce moment pour l’encourager », explique Michael. « La prochaine étape naturelle pour elle, c’est qu’elle quitte Israël et qu’elle parte à la conquête du monde ».

Joseph est dans l’incapacité de quitter l’Etat juif, n’ayant ni statut légal, ni passeport.

Tous les deux ou trois mois, elle doit se présenter dans les bureaux d’une structure en charge de l’immigration de Bnei Brak pour obtenir un statut – un processus long et éprouvant.

« Je ressens une crainte à chaque fois que je viens ici. Il y a toujours une possibilité que je vienne un jour et qu’on me refuse mon statut », dit-elle.

Depuis des années, elle s’est montrée quelque peu réticente à l’idée de parler de ses expériences, mais a décidé de s’exprimer en public dans l’espoir de venir en aide aux autres.

« Il y a beaucoup de gamins dans une situation similaire à la mienne et il faut faire quelque chose », note-t-elle.

Il y a environ 35 000 demandeurs d’asile en Israël, la grande majorité entrés en Israël en 2005, venant du Soudan et de l’Érythrée. Beaucoup ont fui les persécutions dans leur pays d’origine, mais les politiciens de droite estiment que la plupart des demandeurs d’asile ne sont en Israël que pour des raisons économiques.

En 2018, le Premier ministre Benjamin Netanyahu avait intensifié ses plans d’expulsion forcée de près de la moitié des demandeurs d’asile en Israël vers l’Ouganda et le Rwanda, un programme qui avait auparavant été entrepris clandestinement.

En avril de l’année dernière, il avait accepté un plan du Haut Commissariat des Nations unies pour les réfugiés qui aurait permis à certains réfugiés de se réinstaller dans d’autres pays et à d’autres de rester en Israël. Mais, sous la pression des activistes anti-immigration, Netanyahu avait annulé le plan quelques heures plus tard – et la communauté des demandeurs d’asile a continué à vivre dans un vide juridique qui leur permet de travailler, vivre et accéder aux services sociaux en Israël sous des conditions strictes.

En savoir plus sur : Israël Inside Migrants africains Immigration Immigration landestine Immigration en Israël Soudan Relations Israël-Soudan Tel Aviv Saharonim Egypte Relations Israël-Egypte

Source : https://fr.timesofisrael.com/une-celebre-mannequin-soudanaise-qui-a-grandi-en-israel-redoute-une-expulsion/?utm_source=A+La+Une&amp ;utm_campaign=a-la-une-2019-08-04&utm_medium=email

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Bientôt dans le Sinaï : une plage séparant les hommes et les femmes et un restaurant casher (sans Daesh ?) - 04 juillet 2019 – Vidéo 02 :58 (en hébreu) – Document ‘rakbeisrael.buzz/’

Photo - Un groupe de voyageurs religieux ont compris que le tourisme religieux et haredi dans le Sinaï présentait un grand potentiel économique et ont décidé de créer une plage casher sur la péninsule.

Les promoteurs ont déjà contacté un propriétaire de plage du Sinaï qui a accepté de transformer l’endroit en casher toute l’année, y compris un Eruv (autoriser les activités interdites le Chabbat), une plage séparée pour les hommes et les femmes, une synagogue et un restaurant casher.

Dans un message publié sur Facebook par le groupe « Les amoureux du Sinaï », l’un des initiateurs, Lior Zino, a demandé l’aide d’un groupe de huit superviseurs de cacherout pouvant travailler régulièrement dans le Sinaï tous les quelques mois.

Zino, une étudiante et mère de trois enfants qui est à l’origine de l’initiative, dit à Mako qu’il ne s’agissait pas d’un projet basé sur des gains économiques, mais plutôt d’une volonté de fournir de la nourriture casher et des opportunités de loisirs au public religieux. Selon elle, elle s’est rendue dans le Sinaï pour la première fois en février de cette année, voyage qui ne comprenait pas de la nourriture casher, mais a découvert que ce n’était pas le cas et qu’elle ne devait manger que des fruits.

« Le propriétaire du camp dans le Sinaï m’a fait une proposition : si je pouvais l’aider à amener des gens chez lui et à l’aider à exploiter le lieu », a-t-elle déclaré, « j’ai accepté que le lieu soit casher pour le public intéressé et il a accepté. Nous viserons le tourisme (pour amener un public religieux / ultra-orthodoxe) et l’objectif est que la plage convienne à tous ceux qui veulent manger casher.

Cependant, le poste a provoqué une tempête et de nombreux surfeurs ont cherché à empêcher la construction du projet au motif qu’il s’agissait d’une rébellion. « J’espère que le troll talibani ne sera pas approuvé, que tout le monde fera ce qui est bon pour eux, et ensuite, une plage séparée en Crète ou en Espagne, sans parler des dommages causés à la nature par la séparation délirante ? »

D’autre part, il y avait ceux qui ont soutenu l’idée. « On ne parle pas de coercition religieuse, mais une initiative bienvenue », dit Ron, « il y a beaucoup de religieux et juifs ultra-orthodoxes qui veulent passer du temps au Sinaï mais ne peut pas à cause des problèmes de la cacheroute et de tsiniout. Le droit d’établir des plages séparées, et il n’y a rien de mal. »

Mais ce projet vaut vraiment la peine ? Guy Shilon, directeur de la page Facebook dit que les chances de succès de ce projet sont minces. « Je soutiens l’initiative, mais il est impossible. L’opinion publique égyptienne, suivie par les autorités égyptiennes pour le contrecarrer. Nous avons déjà vu dans d’autres cas dans ce dilemme », dit-Shilon.

Pour rappel, le Sinaï reste une destination dangereuse car les membres de Daesh y sont toujours, de plus ce genre de tourisme est apprécié par les israéliens à cause aussi prix intéressants face aux des montants exorbitants des hôtels en Israel inaccessible pour des familles, dont le tourisme locale est devenu aujourd’hui impossible pour beaucoup israéliens dont de nombreux religieux …

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A suivre…

Accès à une foule d’autres documents sur La femme juive in Communauté & Famille - Document ‘Chabad.fr’ - Le rôle des femmes dans le Judaïsme · L’âme féminine · Cette merveille qu’est la femme · Les Hommes viennent de ’Hokhmah, les Femmes de Binah ·..

Référence : Communauté & Famille– Voir les différentes rubriques : Education La femme juive L’âme féminine ’L’honneur d’une fille de roi’ Voix de femmes La femme juive dans la Torah Femmes juives de mérite Bouts de Tanya Relations Regards sur le monde Actualité & Evénements - Bouts de Tanya : une petite dose de sagesse pour la vie de tous les jours

Source : https://fr.chabad.org/library/article_cdo/aid/1775805/jewish/La-femme-juive.htm

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Auteur : Jacques HALLARD, Ingénieur CNAM, consultant indépendant – O8/08/2019

Site ISIAS = Introduire les Sciences et les Intégrer dans des Alternatives Sociétales

http://www.isias.lautre.net/

Adresse : 585 Chemin du Malpas 13940 Mollégès France

Courriel : jacques.hallard921@orange.fr

Fichier : ISIAS Monde juif et judaïsme Les femmes juives dans l’Histoire.2

Mis en ligne par Pascal Paquin de Yonne Lautre, un site d’information, associatif et solidaire(Vie du site & Liens), un site inter-associatif, coopératif, gratuit, sans publicité, indépendant de tout parti.

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