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"Une recherche conduite sur une longue période (20 ans) montre que le coton OGM n’a pas solutionné le problème posé aux agriculteurs par les insectes ravageurs en Inde" par Sustainable Pulse

Traduction et compléments de Jacques Hallard

dimanche 5 avril 2020, par Sustainable Pulse



ISIAS OGM

Une recherche conduite sur une longue période (20 ans) montre que le coton OGM n’a pas solutionné le problème posé aux agriculteurs par les insectes ravageurs en Inde

L’article d’origine a été publié le 14 mars 2020 par Sustainable Pulse sous le titre « Long-Term Analysis Shows GMO Cotton No Match for Insects in India  » : il est accessible sur ce site : https://sustainablepulse.com/2020/03/14/long-term-analysis-shows-gmo-cotton-no-match-for-insects-in-india/?utm_source=newsletter&utm_medium=email&utm_campaign=glyphosate_gmos_and_pesticides_weekly_global_news_bulletin&utm_term=2020-03-20

https://sustainablepulse.com/wp-content/uploads/2015/06/bt-cotton-636x363.jpg

Le coton Bt génétiquement modifié (un OGM) produit son propre insecticide. Les graines ont été introduites en Inde en 2002 pour les mises en cultures et il représente aujourd’hui 90% de toutes les plantations de coton dans ce pays. Le coton Bt est désormais la plante cultivée OGM qui est la plus largement semée sur les petites exploitations dans les pays en développement au niveau mondial.

En Inde, le coton Bt est la culture de coton la plus largement plantée en surfaces cultivées et il est extrêmement controversé. Les partisans ont longtemps vanté l’augmentation des rendements et la réduction des pesticides pour justifier son ramassage. Mais cet argument ne tient pas sous la première étude à long terme sur les impacts du coton en Inde L’analyse est co-écrite par un anthropologue de l’Université de Washington à St. Louis aux Etats-Unis, dans la revue ‘Nature Plants’.

Le coton Bt est explicitement crédité du triplement de la production de coton au cours de la période 2002-2014. Mais Glenn Davis Stone, professeur d’anthropologie socioculturelle et d’études environnementales, dans les arts et les sciences, a déclaré que les gains de production les plus importants étaient antérieurs à l’adoption généralisée des semences d’OGM et doivent être considérés en fonction des changements qui se sont manifestés dans les pratiques de fertilisation et d’autres dynamiques des populations de ravageurs.

« Depuis que le coton Bt (OGM) est apparu pour la première fois en Inde, il y a eu un flot de rapports contradictoires selon lesquels il s’agit d’une catastrophe absolue - ou d’un triomphe », a déclaré Stone, notant la profonde fracture caractéristique dans les conversations sur les cultures de plantes OGM. « Mais l’environnement dynamique des champs de coton en Inde se révèle totalement incompatible avec ce type d’allégations simplistes ».

De nombreux économistes et d’autres observateurs ont basé leurs évaluations sur des délais beaucoup plus courts que la nouvelle étude de Stone, qui s’étend sur une période de 20 ans.

« Il y a deux chenilles qui sont des ravageurs particulièrement dévastateurs pour le coton en Inde, et, dès le début, le coton Bt a permis de contrôler l’un d’eux : le ‘ver américain’ (mal nommé) », a poursuivi Stone. « Il a d’abord contrôlé l’autre, le ver rose de la capsule - mais ce ravageur a rapidement développé une résistance et il constitue maintenant un problème pire que jamais.

« Les plantes Bt (OGM) étaient très vulnérables aux autres insectes ravageurs qui proliféraient alors que de plus en plus d’agriculteurs adoptaient la nouvelle plante cultivée. Les agriculteurs dépensent maintenant beaucoup plus en insecticides qu’avant d’avoir entendu parler du coton Bt. Et la situation empire ! ».

Stone, un expert internationalement reconnu sur le côté humain des tendances agricoles mondiales, a publié de nombreux articles sur les cultures de plantes OGM dans le monde en développement. Ses travaux antérieurs ont été financés par la Fondation Templeton et la National Science Foundation.

[Complément d’informations d’après Wikipédia :

« La fondation John Templeton est une fondation nord-américaine créée en 1987 par John Templeton, investisseur et philanthrope lié au fondamentalisme protestant1. Le président actuel de la fondation est le fils du fondateur, John M. Templeton, Jr. La Fondation Templeton est américaine et a son siège à Philadelphie. La mission de la Fondation Templeton est de financer des recherches « scientifiques » sur ce que certains scientifiques et philosophes appellent les « Big Questions » (Les Grandes Questions). Ces « Big Questions » portent sur les lois de la nature ainsi que sur la nature de la créativité et de la conscience. Le fondateur de la Fondation estimait qu’une recherche rigoureuse et une érudition de qualité étaient au cœur des grandes découvertes et des progrès spirituels. Elle porte sur ces questions une approche empreinte d’idéologie issue du créationnisme philosophique2. Les projets de la Fondation couvrent une variété de domaines notamment les sciences naturelles et humaines, la philosophie et la théologie, et la recherche de solutions capitalistes à la pauvreté. La devise de la Fondation est : « How little we know, how eager to learn ». (Nous savons si peu, nous désirons tant apprendre)3 Selon la Fondation, elle distribue environ 60 millions de dollars par an pour des bourses et des programmes de recherche… » - Article complet à lire sur ce site : https://fr.wikipedia.org/wiki/Fondation_John_Templeton

La Fondation nationale pour la science (National Science Foundation, ou NSF) est une agence indépendante du gouvernement des États-Unis, destinée à soutenir financièrement la recherche scientifique fondamentale. Elle est l’équivalent américain du CNRS en France. La NSF fonctionne principalement par l’établissement de subventions de recherche, à des universités, des laboratoires, ou des individus (directeurs de laboratoires, chargés de recherche, ou étudiants en maîtrise ou doctorat). Article complet à lire sur ce site : https://fr.wikipedia.org/wiki/Fondation_nationale_pour_la_science ].

Suite de l’article traduit

Pour préparer cette nouvelle analyse, Stone s’est associée à l’entomologiste K.R. Kranthi, l’ancien directeur de l’Institut central indien pour la recherche sur le coton. Kranthi est maintenant à la tête d’une division technique au sein du Comité consultatif international du coton basé à Washington.

« Les rendements de toutes les cultures ont bondi en 2003, mais l’augmentation a été particulièrement importante pour le coton », a déclaré Stone. « Mais le coton Bt n’a eu pratiquement aucun effet sur l’augmentation des rendements du coton, car il représentait moins de 5% de la récolte de coton de l’Inde à cette époque. Au lieu de cela, d’énormes augmentations d’insecticides et d’engrais pourraient avoir constitué les changements les plus importants ».

« Maintenant, les agriculteurs en Inde dépensent plus pour les semences, plus pour les engrais et plus pour les insecticides », a déclaré Stone. « Notre conclusion est que le principal impact du coton Bt (OGM) sur l’agriculture, sera son rôle pour rendre l’agriculture à une situation caractérisée par une plus forte intensité de capital, plutôt que qu’une agriculture vraiment durable et apportant de vrais avantages agronomiques ».

Référence : Long-term impacts of Bt cotton in India - (Impacts à long terme du coton Bt (OGM) en Inde - Auteurs : K.R. Kranthi & Glenn Davis Stone - Nature Plants volume 6, pages 188-196 (2020) - www.nature.com/articles/s41477-020-0615-5

Résumé

La plupart des études sur le cas étroitement surveillé du coton génétiquement modifié avec un gène de Bacillus thuringiensis (Bt) en Inde, se sont concentrées sur les impacts à court terme et ils ont également ignoré d’autres changements majeurs dans l’agriculture cotonnière en Inde. Cette perspective combine plusieurs sources de données sur une période de 20 ans, permettant de fournir des comparaisons à long terme de l’adoption du coton Bt avec les rendements et d’autres intrants, à l’échelle nationale et spécifique à l’État.

L’adoption du coton Bt s’avère être un mauvais indicateur des tendances de rendement mais un indicateur fort des réductions initiales de l’utilisation des pesticides. Les augmentations de rendement correspondent aux changements apportés aux engrais et aux autres intrants.

Le coton Bt a continué de contrôler l’un des principaux ravageurs du coton, mais avec la résistance au Bt chez un autre ravageur et l’augmentation des populations d’organismes nuisibles non ciblés, les agriculteurs dépensent aujourd’hui plus en pesticides qu’avant l’introduction du coton Bt. Selon leurs indications, les auteurs concluent que la situation continuera de se détériorer.

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Sustainable Pulse

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Traduction, ajout de [compléments] et intégration de liens hypertextes : Jacques HALLARD, Ingénieur CNAM, consultant indépendant 05/04/2020

Site ISIAS = Introduire les Sciences et les Intégrer dans des Alternatives Sociétales

http://www.isias.lautre.net/

Adresse : 585 Chemin du Malpas 13940 Mollégès France

Courriel : jacques.hallard921@orange.fr

Fichier : ISIAS OGM Long Term Analysis Shows GMO Cotton No Match for Insects in India French version.2

Mis en ligne par Pascal Paquin de Yonne Lautre, un site d’information, associatif et solidaire(Vie du site & Liens), un site inter-associatif, coopératif, gratuit, sans publicité, indépendant de tout parti.

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