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"Le changement climatique a provoqué l’une des pires sécheresses depuis 1.200 ans dans le sud-ouest des États-Unis" par Carolyn Gramling

Traduction et compléments de Jacques Hallard

dimanche 26 avril 2020, par Gramling Carolyn



ISIAS Climat

Le changement climatique a provoqué l’une des pires sécheresses depuis 1.200 ans dans le sud-ouest des États-Unis : les reconstructions climatiques développées à partir des cernes sur les arbres permettent d’examiner les périodes de sécheresse qui peuvent remonter à plus d’un millénaire

L’article d’origine de Carolyn Gramling a été publié le 10 avril 2020 par Science News sour le titre : Climate change made a southwestern U.S. drought one of the worst in 1,200 years et il est accessible sur ce site : https://www.sciencenews.org/article/climate-change-made-southwestern-u-s-drought-worst-1200-years?utm_source=Editors_Picks&utm_medium=email&utm_campaign=editorspicks041920

Drought

La sécheresse de 2000 à 2018 qui s’est étendue dans le sud-ouest de l’Amérique du Nord a été près de 50% plus sévère qu’elle ne l’aurait été autrement en raison du changement climatique, selon une récente étude. Surachet1 / iStock / Getty Images Plus

La sécheresse dans le sud-ouest de l’Amérique du Nord, qui a duré de 2000 à 2018 est parmi les plus graves à frapper la région au cours des 1.200 dernières années, selon une nouvelle étude. Les reconstructions du climat passé, basées sur les cernes des arbres, révèlent une seule période de 19 ans plus sèche : une puissante « mégadrought », une sécheresse exceptionnelle, à la fin du XVIe siècle. Selon les chercheurs, la récente sécheresse a été aggravée pour 47% par les changements climatiques qui sont nien d’origine humaine.

Les cernes sont des bandes de croissance annuelle de largeur variable, selon la disponibilité immédiate de l’eau pour la végétation. En utilisant des enregistrements de cernes d’arbres provenant de 1.586 sites répartis dans l’ouest des États-Unis et le nord-ouest du Mexique - soit des milliers d’arbres - l’hydroclimatologue Park Williams de l’Université Columbia aux Etats-Unis et ses collègues ont créé une histoire climatique pour la région remontant aux environs de l’année 800. Entre environ 850 et 1.600 ans de notre ère, plusieurs décennies, des sortes de « mégadroughts » intenses ont frappé toute la région, à une échelle qui n’a pas été revue depuis jusqu’à nos jours, rapportent les chercheurs dans la revue Science du 17 avril 2020.

Une sécheresse particulièrement dévastatrice qui a duré entre 1575 et 1593 environ est relatée dans les documents historiques et les reconstructions de cernes d’arbres, dit Williams. ’Ce fut un événement vraiment impressionnant, et en quelque sorte la dernière manifestation de l’ère des mégadroughts’, dit-il. La sécheresse a peut-être contribué à l’abandon des pueblos du Nouveau-Mexique et à la propagation dévastatrice des maladies provoquées par les conquistadors espagnols parmi les populations d’Amérindiens.

L’un des plus grands facteurs contrôlant les précipitations dans le sud-ouest de l’Amérique du Nord est l’oscillation El Niño-Southern, un cycle naturel dans lequel les changements de températures de l’océan Pacifique tropical peuvent modifier les modèles météorologiques régionaux (SN : 5/2/16). Pendant les épisodes de « La Niña » de ce modèle, les températures plus froides de la surface de la mer du Pacifique créent des vagues atmosphériques qui empêchent les tempêtes du Pacifique d’atteindre le sud-ouest de l’Amérique du Nord, réduisant ainsi les précipitations. La méga-sécheresse du XVIe siècle, par exemple, a coïncidé avec un puissant événement de « La Niña ».

Tree rings

En utilisant des cernes ou anneaux d’arbres, comme on le voit dans cette coupe transversale d’un Pinys ponderosa du nord de Tucson, en Arizona, les chercheurs ont déterminé que la sécheresse de 2000 à 2018 qui a sévi dans le sud-ouest de l’Amérique du Nord a été l’une des plus graves des 1.200 dernières années.

« Au cours des deux dernières décennies, nous avons un groupe d’années plus semblable à La Niña qu’à El Niño », a déclaré Williams.

[Introduction à deux articles de Wikipédia sur la climatologie :

La Niña est un phénomène climatique ayant pour origine une anomalie thermique des eaux équatoriales de surface (premières dizaines de mètres) de l’océan Pacifique centre et est caractérisée par une température anormalement basse de ces eaux. La Niña (la petite fille en espagnol) tire son nom d’une comparaison avec El Niño (le petit garçon en espagnol en référence à l’enfant Jésus) dont les conséquences maritimes et climatiques sont globalement l’inverse de celles de La Niña. La fréquence de La Niña est différente de celle d’El Niño et les deux événements ne semblent pas nécessairement induits l’un par l’autre (seuls un tiers des cas de proximité dans le temps entre El Niño et La Niña semblent montrer une corrélation)1…. » - Article complet sur : https://fr.wikipedia.org/wiki/La_Ni%C3%B1a_(m%C3%A9t%C3%A9orologie)

El Niño désigne à l’origine un courant côtier saisonnier chaud au large du Pérou et de l’Équateur mettant fin à la saison de pêche1. Le terme désigne maintenant par extension le phénomène climatique particulier, différent du climat usuel, qui se caractérise par des températures anormalement élevées de l’eau dans la partie Est de l’océan Pacifique Sud, représentant une extension vers le Sud du courant chaud péruvien1. Il a été relié à un cycle de variation de la pression atmosphérique globale entre l’Est et l’Ouest du Pacifique, nommé l’oscillation australe, et les deux phénomènes sont réunis sous le titre de ENSO (El Niño-Southern Oscillation)1. El Niño est une conséquence régionale d’une perturbation dans la circulation atmosphérique générale entre les pôles et l’équateur. Son apparition déplace les zones de précipitations vers l’Est dans l’océan Pacifique et empêche la remontée d’eau froide le long de la côte de l’Amérique du Sud, ce qui coupe la source de nutriments pour la faune de ces eaux et nuit considérablement à l’industrie de la pêche1. Sans que toutes les relations physiques soient encore expliquées, El Niño fait partie des anomalies dans la circulation qui peuvent dérouter les cyclones tropicaux de leurs routes habituelles, déplacer les zones de précipitations et de sécheresse ainsi que changer localement le niveau de la mer par le changement de la pression moyenne1. Cependant, à mesure de leur éloignement du bassin Pacifique, les relations entre ces effets sont moins connues… » - Article complet sur https://fr.wikipedia.org/wiki/El_Ni%C3%B1o ].

Mais ‘La Niña’ n’était pas seule responsable de l’évolution de la récente sécheresse, a témoigné l’équipe. Les scientifiques ont examiné 31 simulations climatiques et éliminé les tendances sous-jacentes communes de température et celle liées aux changements climatiques d’origine humaine, ne connaissant que la variabilité naturelle. Dans ce monde moderne hypothétique, ont-ils été constatés, la récente sécheresse aurait été de 47% moins sévère.

Ces résultats s’ajoutent à la preuve augmentée selon laquelle la hausse des températures mondiales au cours des dernières décennies a exacerbé l’impact de la réduction des événements de La Niña, par exemple, en asséchant davantage les sols et en touchant le manteau neigeux et le débit des rivières, explique la paléoclimatologue Connie Woodhouse de l’Université de l’Arizona à Tucson, une chercheure qui n’a pas participé à l’étude.

Williams note que l’année 2019, qui a été plus humide, a offert un bref répit sur la région - tout comme les « mégadroughts » dans le passé ont été contenues par des années plus humides. Les conditions plus sèches ont repris en 2020 et les simulations climatiques pour les prochaines décennies prédisent à la fois une augmentation des températures et une diminution attendue des précipitations dans cette partie du monde.

« L’important, c’est que l’ouest connaît une grave sécheresse ; pas [seulement] la pire depuis 50 ans, mais sur une échelle de temps de type millénaire qui a du sens », dit Williams.

La variabilité naturelle, comme une année avec l’action d’El Niño qui pourrait apporter plus de pluies dans la région, pourrait aider à atténuer la sécheresse au cours du siècle prochain, ajoute-t-il. Mais « avec le temps, il faudra de plus en plus de chance pour voir mettre fin à ces types de sécheresses, et de moins en moins de malchance pour recommencer une de ces sécheresses extrêmes ».

Citations

A.P. Williams et al. Large contribution from anthropogenic warming to an emerging North American megadrought. Science. Vol. 368, April 17, 2020, p. 314. doi : 10.1126/science.aaz9600.

D.W. Stahle. Anthropogenic megadrought. Science. Vol. 368, April 17, 2020, p. 238. doi : 10.1126/science.abb6902.

About Carolyn Gramling - Carolyn Gramling is the earth & climate writer. She has bachelor’s degrees in geology and European history and a Ph.D. in marine geochemistry from MIT and the Woods Hole Oceanographic Institution.

Carolyn Gramling est l’auteure des articles sur la terre et du climat. Elle détient un baccalauréat en géologie et en histoire européenne, ainsi qu’un doctorat en géochimie marine du MIT et de la ‘Woods Hole Oceanographic Institution’.

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Traduction, ajout de [compléments] et intégration de liens hypertextes : Jacques HALLARD, Ingénieur CNAM, consultant indépendant 26/04/2020

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