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"Des retombées psychologiques peuvent résulter du confinement imposé et de la distanciation sociale recommandée" par Jacques Hallard

Traduction et compléments de Jacques Hallard

mercredi 29 avril 2020, par Hallard Jacques


ISIAS Psychologie

Des retombées psychologiques peuvent résulter du confinement imposé et de la distanciation sociale recommandée : conseils pour les personnes âgées et en fin de vie, pour les entrepreneurs en détresse, pour garder le moral en milieu éducatif, faire de l’auto-thérapie afin de limiter stress et anxiété, éviter les relations toxiques, prévenir les violences intrafamiliales et envers les femmes

Jacques Hallard , Ingénieur CNAM, site ISIAS 29/04/2020

Comment trouver les mots pour réconforter quelqu’un ?

Source : Comment trouver les mots pour réconforter quelqu’un ? - Article révisé par le Comité Psychologue.net

Plan : Introduction Sommaire Auteur


Introduction

Les mesures sanitaires du confinement et de la distanciation sociale (ou éloignement physique pour ralentir la propagation de la pandémie COVID-19), qui ont été mis en place ans de nombreux pays lors de la généralisation planétaire du coronavirus, ont des retombées avec des troubles psychiques ou mentaux évidents : inquiétude, anxiété, souffrances psychologiques, deuils de personnes aimées ou estimées, troubles de stress post-traumatique (TSPT), agoraphobie lors d’un déconfinement, etc…

Voir : La vie pendant le confinement - Publié le 17 avril 2020 à 10h12 par ‘Vie Publique’ – « Un confinement strict est en vigueur depuis le 17 mars 2020 en France afin d’endiguer l’épidémie de COVID-19. Comment les Français vivent-ils ce confinement ? Quelles sont leurs conditions de logement ? Le confinement est-il vécu de la même façon qu’on soit un homme ou une femme ? La statistique publique, notamment, apporte des éléments de réponse… » - Source

En France, sont soulignées Des conditions de vie disparates pendant le confinement Par La Rédaction de ‘Vie Publique’ - Publié le 21 avril 2020 à 11h19 – « Logements surpeuplés, isolement, accès inégal à Internet... Les conditions de vie des Français pendant le confinement sont largement dépendantes de leurs conditions de logement et de leurs possibilités de communication par Internet. Elles diffèrent fortement selon le lieu de résidence, l’âge et les revenus. L’INSEE en propose un tableau complet… » - Habitations collectives (photo © Atlantis - stock.adobe.com) - Source

L’objectif de ce dossier est de tenter de faire une revue de quelques problématiques de nature sociale et psychologique qui se sont faites jour de manières fort diverses et de rapporter une sélection des solutions qui sont proposées dans différents domaines.

Les préoccupations ont été très fortes en ce qui concerne les personnes âgées et elles ont fait ressurgir brutalement le prise de conscience que nous sommes mortels et elles nous invitent à considérer plus que jamais personnellement notre rapport à la mort.

Des soutiens psychologiques se sont avérés nécessaires aussi bien pour les chefs d’entreprises, les petits commerçants, artisans, travailleurs indépendants et des professions libérales, personnels soignants et employés du secteur médico-social, du secteur culturel, touristique, évènementiel, que des écrivains et des artistes qui se retrouvent en situation de détresse morale et psychologique, à cause d’une limitation de leurs activités professionnelles rémunératrices.

Des états d’ennuis, d’impatience, de solitude, voire de ‘burn-out’ (syndrome d’épuisement professionnel physique, émotionnel et mental), sont observés chez bien des particuliers pendant le confinement, mais des inquiétudes se manifestent aussi en prévision d’un déconfinement, quels qu’en soient les modalités d’applications, avec l’apparition possibles de cas d’agoraphobie et de stress post-traumatique, affectant la qualité des relations interpersonnelles qui est indispensable pour une vie harmonieuse.

En France, « le déconfinement sera progressif pour éviter ’l’écroulement’ », selon l’Allocution du Premier Ministre Edouard Philippe en date du 28/04/2020 18:06 CEST – « Le Premier Ministre a mis en garde les Français : sans ’discipline’, les mesures de confinement pourraient être prolongées…  » - Par Astrid de VillainesPhoto - Source

A propos de ’l’écroulement’ cité, il s’agit bien entendu « des risques d’effondrements environnementaux et sociétaux du monde industriel contemporain qui concernent la possibilité que des bouleversements majeurs affectent l’environnement et les sociétés humaines, en raison notamment de l’extinction en cours de nombreuses espèces vivantes et du changement climatique. Ils participent à un processus de catastrophe potentielle à l’échelle de la vie sur Terre… » - Source Wikipédia

Le monde éducatif est également très impliqué par la pandémie COVID-19 : aussi bien dans les modalités de l’enseignement qu’il a fallu imaginer en période de confinement, que dans les solutions à appliquer et à adapter pour une reprise progressive des apprentissages scolaires aux différents niveaux. L’expérience de Sophie Bielle par exemple est riche de conseils pour stimuler le bien-être et garder un bon moral chez les élèves comme chez les enseignants.

Des conseils divers - Une place est faite aux recommandations qui soulignent les vertus de la gratitude en de pareilles situations difficiles à vivre, ainsi que les pratiques d’auto-thérapie (en médecine, c’est l’action de se soigner soi-même ; voir par exemple ceci S’initier à l’auto-thérapie) qui peuvent se révéler utiles pour surmonter des états de stress et d’anxiété. La période de confinement aura aussi été, pour certaines personnes, une aubaine pour reconsidérer leurs relations sociales, pour faire le ménage autour d’elles, en évitant ou en prenant des distances avec les êtres manipulateurs ou qui exercent l’une des formes de toxicité psychosociologique dommageable pour vivre en bonne santé mentale. Voir par exemple ceci : Relations toxiques.

Le confinement imposé a aussi eu comme conséquence une augmentation des violences intrafamiliales et des alertes enregistrées pour des violences faites aux femmes, demandant encore plus d’accompagnement et de suivi social pour les personnes en difficultés, afin de répertorier et de traiter les cas connus de telles violences.

Finalement, ont été ajoutés les conseils pratiques forts utiles à rappeler et à mettre en œuvre à partir des vidéos « qui font du bien », qui ont été mises au point et diffusées par la MAIF (Mutuelle d’assurance des instituteurs de France).

En conclusion, nous citons volontiers Edgar Morin qui s’exprimait ainsi le 19 avril 2020 dans un entretien au journal « Le Monde » : « Cette crise nous pousse à nous interroger sur notre mode de vie, sur nos vrais besoins masqués dans les aliénations du quotidien » - Le sociologue et philosophe – bientôt centenaire – « estime que la course à la rentabilité, comme les carences dans notre mode de pensée, sont responsables d’innombrables désastres humains causés par la pandémie de Covid-19… » Source.

Dans le même esprit, nous citons deux de nos contributions antérieures :

’Comment (re)connaître nos besoins essentiels ?’ par Jacques Hallard jeudi 02 mai 2013

« Comment (re)connaître nos besoins essentiels ? Nécessité de définir nos besoins avant de chercher à les satisfaire » par Jacques Hallard : Natur’Alpilles 2015 à St Rémy de Provence lundi 25 mai 2015

Et nous rappelons encore cette proposition à l’occasion de la situation née de la pandémie Covid-19 : ’Santé individuelle : prendre soin de soi et des autres’ par Jacques Hallard , dimanche 14 juillet 2013

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Sommaire

0. Coronavirus : quels sont les risques du confinement pour notre santé mentale ? Par Yann Thompson France Télévisions - Mis à jour le 23/03/2020

1. Psychologie - Confinement attention au stress post-traumatique Par Cédric Stanghellini - 28 mars 09:35 – Document ‘lci.fr’

2. ISIAS Santé - La distanciation sociale s’accompagne de retombées psychologiques - Traduction Jacques Hallard. Référence : Social distancing comes with psychological fallout - Sujata Gupta 29 mars 2020

2.2. Pendant le confinement, pourquoi il est essentiel de pouvoir dire au revoir à ceux qu’on aime – BLOG - Par Joseph Agostini , psychologue clinicien et psychanalyste - 26/04/2020 05:02 CEST – Document ‘huffingtonpost.fr’

2.3 ’Cette prise de conscience brutale que nous sommes mortels change notre rapport à la mort’. Avec Marie de Hennezel - Emission « L’Invité(e) des Matins » de France Culture - .29 avril 2020

2.4 Une cellule de soutien psychologique mise en place pour les chefs d’entreprises en détresse - Orange avec Media Services, publié le lundi 27 avril 2020 à 16h52

3. Le ‘burn-out’ des parents pendant le confinement : les signes à surveiller Par Lea Nicosia – (photo) - 22/04/2020 10:16 CEST – Document ‘huffingtonpost.fr’

4. Psychologie - Pourquoi la fin du confinement est source d’inquiétude pour ces Français Par Marine Le Breton (photo) 18/04/2020 05:11 CEST – Document ‘huffingtonpost.fr’

5. En temps de confinement, refusons les injonctions à la productivité - Nous ne sommes pas des unités de production - BLOG Par Lapsy R. Psychologue et psychanalyste - 16/04/2020 11:45 CEST- Document ‘huffingtonpost.fr’

6. Les Français souffriront-ils d’agoraphobie après le confinement ? (11 mais 2020) Par Anaïs Col - Publié le 22.04.2020 à 19h30 – Document ‘.pourquoidocteur.fr’

7. Psychologie - Bien être Garder le moral - Sophie Bielle (photo) Par fjarraud, le jeudi 16 avril 2020. Document ‘cafepedagogique.net’ - Propos recueillis par Jean-Louis Durpaire, Membre du laboratoire BONHEURS - Université de Cergy-Pontoise.

8. Les vertus de la gratitude volontaire – Emission RCF présentée par Bénédicte Draillard - La Vie est un Art, mardi 7 août 2018 à 10h30 - Durée 25 minutes

9. Psychologie - L’auto-thérapie contre le stress et l’anxiété 1/3 La cohérence cardiaque Présentée par Bénédicte Draillard - Invité : Dr. Emmanuel Contamin, psychiatre, spécialiste des enfants et des adolescents – Durée 25 minutes - Émission RCF diffusée en février 2019

10. PSYCHOLOGIE - Huit types de personnes toxiques à éviter - Faisons le ménage autour de nous Par Kelsey Borresen et Brittany Wong / The HuffPost - 04/01/2018 12:37 CET - C’EST LA VIE

11. Comment faire face aux risques psychologiques liés au confinement ? Les conseils du psychiatre David Gourion Entretien réalisé par Florent Le Du - Document ‘humanite.fr’

12. Coronavirus : l’ONU alerte sur les violences faites aux femmes en période de confinement - C. S. avec AFP - 06/04/2020 à 08h02 – Document ‘bfmtv.com/’

13. Confinement : les violences intra-familiales en hausse Par Marie Casadebaig - Publié le 20/04/2020 à 09:24 - Document ‘rfi.fr’ - Audio 04:33

14. Confinement : lancement d’une application pour signaler les violences LGBT-phobes Par Margaux Stive franceinfo Radio France - Mis à jour le 24/04/2020

Addenda - La MAIF propose de nouvelles vidéos qui font du bien

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0.
Coronavirus : quels sont les risques du confinement pour notre santé mentale ? Par Yann Thompson France Télévisions - Mis à jour le 23/03/2020 | 14:44
publié le 22/03/2020 | 07:06 – Document ‘francetvinfo.fr’ - Photo - Une femme regarde dehors depuis chez elle, le 16 mars 2020, à Dinan (Côtes-d’Armor). (MARTIN BERTRAND / HANS LUCAS / AFP)

Troubles de l’humeur, pensées suicidaires, symptômes post-traumatiques... Des chercheurs alertent sur les ’coûts psychologiques’ potentiels des mesures extrêmes prises pour stopper l’épidémie.

Gare aux dommages collatéraux. En pleine pandémie de Covid-19, une équipe de chercheurs britanniques met en garde les dirigeants de la planète face aux effets potentiellement ’dramatiques’ des mesures de confinement imposées pour freiner le coronavirus. En France, un tel dispositif est entré en vigueur, mardi 17 mars 2020, à midi, pour une durée minimale de quinze jours – sans que la question de l’impact sur la santé mentale ait été clairement posée.

Dans un article publié le 14 mars 2020dans la revue scientifique The Lancet (en anglais), sept membres du département de psychologie du King’s College de Londres préviennent : ’Les bénéfices potentiels d’une quarantaine massive et obligatoire doivent être évalués avec précaution au regard des possibles coûts psychologiques.’ Autrement dit, il ne faudrait pas que la lutte contre l’épidémie donne naissance à une autre épidémie, moins visible, touchant directement les esprits. ’Il ne s’agit pas non plus d’exclure tout confinement’, précisent-ils.

Les effets psychologiques d’une absence de quarantaine et d’une libre propagation du virus pourraient être pires. Les auteurs de l’article dans ’The Lancet’

Pour cette analyse, les chercheurs s’appuient sur un corpus de 24 études scientifiques portant sur des confinements lors de précédentes épidémies : le Sras en 2003, la grippe H1N1 en 2009 et 2010 ou encore Ebola depuis 2014. Des petits groupes ou des villes entières avaient alors été mis sous cloche par les autorités, aussi bien en Chine, au Canada qu’en Afrique. ’La plupart des études font état de conséquences psychologiques négatives’ et certaines ’suggèrent des effets à long-terme’, concluent les auteurs.

’Une situation forcément désagréable’

La liste des symptômes relevés est longue : stress, fatigue émotionnelle, insomnie, colère, dépression... Les troubles de l’humeur et l’irritabilité sont les difficultés les plus fréquemment observées, souvent du fait de l’ennui, de la frustration et de l’isolement social ressenti par les personnes. 

’Le confinement en France va forcément être une situation désagréable et stressante’, explique l’un des auteurs de l’article, le professeur Neil Greenberg, contacté par franceinfo.

Les personnes les plus vulnérables seront celles qui ont déjà des antécédents et cela va peut-être en faire basculer d’autres qui n’étaient pas au mieux – d’où l’importance de veiller les uns sur les autres. Neil Greenbergà franceinfo

Le psychiatre britannique évoque un risque accru de comportements agressifs du fait de l’enfermement, particulièrement au sein des ménages fragiles. ’Le confinement peut aggraver des situations de violences conjugales ou familiales’, estime le chercheur. Il redoute également des suicides.

Pour des gens qui ont une santé mentale fragile et qui dépendent fortement de quelques personnes qu’elles ne peuvent soudainement plus voir, il y a un risque que cela constitue un élément déclencheur. Il faut leur donner une bonne raison de tenir.Neil Greenbergà franceinfo

Dans leur article, les chercheurs du King’s College de Londres ont identifié plusieurs facteurs pouvant aggraver des fragilités psychologiques. Le manque de règles claires et de pédagogie sur l’objectif du confinement en font partie, tout comme la peur d’être soi-même contaminé ou de contaminer les autres. Le fait de voir prolongée la mesure de confinement au-delà du délai annoncé - comme cela risque d’être le cas en France - peut générer des souffrances supplémentaires.

A Wuhan, des effets psychologiques ’importants’

En Chine, des chercheurs du Centre de santé mentale de Shanghai ont interrogé près de 53 000 personnes, via un questionnaire en ligne, entre le 31 janvier et le 10 février, en pleine épidémie de Covid-19. Selon les résultats de première enquête nationale, publiés le 6 mars dans General Psychiatry (en anglais), ’près de 35% des répondants ont souffert d’une forme de détresse psychologique’. Les niveaux les plus élevés ont été observés dans le centre du pays, notamment dans la région de Hubei, berceau de l’épidémie, où les mesures de confinement ont été les plus importantes.

Dans cette région, ’les conséquences psychologiques sont très importantes’, confirme à franceinfo Simeng Wang, sociologue au CNRS, spécialiste de la diaspora chinoise et des questions de santé mentale. Cette chercheuse s’intéresse plus particulièrement à la ville de Wuhan, dont elle est originaire. ’On a vu des cas de personnes angoissées pour leur santé, qui stressaient en permanence, et d’autres anxieuses de voir la société chinoise ainsi déstabilisée, détaille-t-elle. Il y a aussi des formes de psychoses, avec des discours de fin du monde, et des dépressions. Enfin, beaucoup de gens souffrent de la solitude.’

Des distances sociales se créent et les liens se réduisent. Or il est prouvé que ces relations sociales protègent du mal-être et des troubles mentaux.Simeng Wangà franceinfo

La presse chinoise s’est déjà fait l’écho d’une hausse des violences conjugales. Dans la province de Hubei, où se situe Wuhan, un commissariat a constaté une multiplication par trois des signalements en février, selon le fondateur d’une association de lutte contre les violences faites aux femmes, cité par le site Sixth Tone (en anglais). Une autre association implantée à Pékin dit avoir reçu trois fois plus d’appels que d’ordinaire, d’après la BBC (en anglais).

Dans les pays confinant leurs habitants, les conséquences les plus saisissantes –sans être les plus répandues – pourraient bien ne survenir qu’après la fin du confinement. Les auteurs de l’article de The Lancet signalent des cas de symptômes post-traumatiques, aussi bien chez les adultes que chez les enfants, surtout après des confinements de plus de 10 jours.

’Le fait d’être tous dans le même bateau va aider’

Dans une des études examinées, plusieurs personnes disent avoir mis des mois avant de reprendre une vie normale. Selon une autre publication, dans les semaines suivant un confinement lié à l’épidémie de Sras, 56% des personnes ayant retrouvé leur liberté évitaient les gens toussant ou éternuant et 21% évitaient les lieux publics. ’On peut s’attendre à des effets comparables en France, estime Neil Greenberg. L’avantage du confinement, c’est que les gens vont se sentir à l’abri du virus chez eux, car la menace est plutôt dehors. Cela peut réduire leur angoisse au début.’

Quand il faudra sortir de cette zone de sécurité et retrouver une vie normale, il risque d’y avoir un regain d’anxiété chez certains.Neil Greenbergà franceinfo

Pour autant, le chercheur britannique tient à nuancer le tableau. ’Si le confinement est organisé de manière raisonnable, si les gens ont un bon accès aux biens de première nécessité et s’ils sont tenus informés, il pourrait ne pas y avoir d’effet important à long terme’, dit-il.

Si vous vous informez avec des sources fiables, si vous restez actifs socialement, même à distance, et si vous gardez un régime sain, vous maximisez vos chances de bien vous en sortir, voire mieux qu’avant.Neil Greenbergà franceinfo

Le fait que l’ensemble du pays vive la même expérience de confinement pourrait aider à surmonter cette épreuve. ’Savoir qu’on est tous dans le même bateau aide vraiment dans ces situations, conclut Neil Greenberg. L’être humain a une formidable capacité d’adaptation. Si les choses sont bien faites, les gens feront face, sans crise, sans panique.’

Si vous avez besoin d’aide, si vous êtes inquiet ou si vous êtes confronté au suicide d’un membre de votre entourage, il existe des services d’écoute anonymes. La ligne Suicide écoute est joignable 24h/24 et 7j/7 au 01 45 39 40 00. D’autres informations sont également disponibles sur le site du ministère des Solidarités et de la Santé.

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Source : https://www.francetvinfo.fr/sante/maladie/coronavirus/coronavirus-quels-sont-les-risques-du-confinement-pour-notre-sante-mentale_3869933.html

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1.
Psychologie - Confinement attention au stress post-traumatique Par Cédric Stanghellini - 28 mars 09:35 – Document ‘lci.fr’ - Photo

À la loupe – Quels sont les effets du confinement sur la santé mentale des confinés ? Une étude chinoise a mis en évidence de nombreux cas de stress post-traumatiques apparus à l’issue du confinement de millions de personnes à Wuhan en Chine..

Plusieurs études se sont penchées sur le lien entre les troubles de stress post-traumatique (TSPT) et les règles de distanciation sociale mises en place pour juguler une épidémie. Dernière en date, une enquête sanitaire menée en Chine par des chercheurs de Shanghai pour mesurer l’impact du confinement du à la pandémie Covid-19. 

Une étude chinoise menée durant le confinement de Wuhan

L’idée de mesurer les effets psychologiques du confinement général du au Covid-19 a été initiée par la Faculté de psychologie et de santé mentale de ‘Naval Medical University’ à Shanghai. Une vaste enquête en ligne a été menée entre le 30 janvier et le 3 février à l’intention d’un échantillon représentatif d’habitants de Wuhan et la région avoisinante. 

Dans un premier questionnaire, les personnes devaient renseigner des informations socio-démographiques, leur emplacement de quarantaine ou définir la qualité du sommeil. Un second questionnaire consistait à répondre en une liste pour contrôler les symptômes d’un possible stress post-traumatique. Au total, 2.091 Chinois ont participé cette l’étude, divisés en groupes de six tranches d’âge. 

Les personnes les plus fragiles sont les plus concernées par le stress

Les résultats ont été publiés dans la revue médicaleMedRxiv  : la prévalence d’un stress post-traumatique dans la population étudiée était de 4,6%, et jusqu’à 18,4% pour la population considérée comme à haut-risque, c’est-à-dire la population composée de patients suspectés ou de personnes en contact avec les malades. En revanche, le résultat est de 4,4% pour les travailleurs dans le secteur de la santé. Autre enseignement, 96 personnes présentent le niveau de plus élevé sur l’échelle des TSPT. Les femmes sont les plus vulnérables ainsi que les individus ayant une mauvaise qualité de sommeil. 

Élément intéressant pour les Français, la Faculté de psychologie et de santé mentale souligne le fait que la prévalence des TSPT pourrait être réduite dans l’échantillon car cette population étudiée a déjà connu d’autres épidémies au cours des dernières décennies et parfois a été confrontée au confinement. Or en France, l’épidémie de Covid-19 et la distanciation sociale à une aussi grande échelle sont deux événements inédits. 

[TSPT - Selon Wikipédia : « Le trouble de stress post-traumatique, ou TSPT, désigne un type de trouble anxieux sévère qui se manifeste à la suite d’une expérience vécue comme traumatisante avec une confrontation à des idées de mort1,2,3. Cette affection est aussi connue sous le nom de syndrome de stress post-traumatique (SSPT) ou état de stress post-traumatique dans la classification CIM10 (F43.1). L’abréviation anglaise PTSD (pour Posttraumatic stress disorder) est parfois également utilisée. Le trouble de stress post-traumatique est une réaction psychologique consécutive à une situation durant laquelle l’intégrité physique ou psychologique du patient, ou celle de son entourage, a été menacée ou effectivement atteinte (notamment en cas de torture, viol, accident grave, mort violente, maltraitance, négligence de soins de la petite enfance, attachement insecure, agression, maladie grave, naissance, guerre, attentat, accouchement). Les capacités d’adaptation (comment faire face) du sujet sont débordées. La réaction immédiate à l’événement aura été traduite par une peur intense (effroi), par un sentiment d’impuissance ou par un sentiment d’horreur. Le TSPT est moins fréquent que la réponse aiguë au stress4. Photo - Un masque peint par un marine américain participant à une thérapie par l’art pour soulager ses symptômes de stress post-traumatique… » - Article complet sur ce site : https://fr.wikipedia.org/wiki/Trouble_de_stress_post-traumatique ].

Suite du document traduit

La mauvaise information favorise le stress

Les résultats des questionnaires chinois viennent renforcer une autre étude publiée dansla prestigieuse revue scientifiqueThe Lancetau mois de février. Le Département de médecine psychologique du King’s College à Londres a examiné les données de vingt-quatre études réalisées lors de précédents épisodes de maladies infectieuses, comme H1N1 (2009), le SRAS (2003), H1N1 (2009), le MERS (2012) ou encore Ebola (2014). 

Après analyse de ce corpus d’étude, les chercheurs londoniens relèvent que ’les personnes mises en quarantaine pendant plus de 10 jours développent davantage de symptômes de stress post-traumatique que ceux mis en quarantaine moins de 10 jours.’ Un seuil mis en évidence par l’University Health Network de Toronto durant l’épidémie de Sras qui entraîna le confinement de la plus grande ville du Canada. 

Autre enseignement important du King’s College : les TSPT naissent d’ ’un manque perçu dans la transparence des autorités sanitaires et du gouvernement sur la gravité de la pandémie.’ Une impression d’opacité qui ’peut être liée à l’absence de directives ou de justification claires et des difficultés perçues dans le respect des protocoles de quarantaine.’ 

Conclusions - Si le maintien des liens sociaux est indispensable pour prévenir les TSPT en période de confinement, une attention toute particulière doit être portée au public fragile et les informations fournies sur l’évolution de l’épidémie doivent toujours être claires et transparentes. 

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Fichier:Logo de LCI.fr de 2006 à 2009.png — Wikipédia

Source : https://www.lci.fr/sante/coronavirus-confinement-attention-au-stress-post-traumatique-2148388.html?xtor=ES-106-[20200329_080303_OWP_NLPERSO]-20200329-[]-152b8b4c9b44a1228d1f99835078baa1@1-20200329080303&_ope=eyJndWlkIjoiMTUyYjhiNGM5YjQ0YTEyMjhkMWY5OTgzNTA3OGJhYTEifQ%3D%3D

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2.
ISIAS Santé - La distanciation sociale s’accompagne de retombées psychologiques - Traduction Jacques Hallard. Référence : Social distancing comes with psychological fallout - Sujata Gupta 29 mars 2020 - Photo. Willowpix/E+/Getty Images

Les experts préviennent que l’isolement prolongé pendant la pandémie pourrait aggraver ou déclencher des problèmes de santé mentale – Les personnes âgées sont particulièrement vulnérables à la solitude, à l’isolement social et à d’autres problèmes de santé mentale qui peuvent résulter d’une distanciation sociale à long terme pendant la pandémie de coronavirus.

Alors que des changements des mesures strictes pour séparer les gens sont mis en place pour ralentir la propagation du coronavirus, les experts en santé mentale préviennent que la perte des relations sociales quotidiennes a un coût psychologique. Et ces coûts pourraient augmenter plus longtemps que de telles mesures se prolongent.

En réponse à l’accélération de la pandémie, un nombre croissant d’États ont interdit toutes les activités non essentielles et demandé aux résidents de rester chez eux. Partout au pays, les collèges et les bureaux sont entièrement en ligne, les écoles et les restaurants sont fermés et les maisons de retraite interdisent les visiteurs. Une telle distanciation sociale peut arrêter, ou du moins ralentir, la propagation de COVID-19, la maladie causée par le nouveau coronavirus (SN : 3/13/20).

Mais « pour certaines personnes, un manque de connexion sociale semble aussi impactant que de ne pas manger », explique Joshua Morganstein, psychiatre et expert en santé mentale en cas de catastrophe à l’Uniformed Services University à Bethesda, Md.

Les recherches sur le bilan psychologique de l’éloignement social pendant les épidémies sont limitées. Mais une revue dans le Lancet du 14 mars 2020 fournit quelques indices. Les chercheurs ont évalué 24 études examinant les résultats psychologiques des personnes mises en quarantaine, une forme extrême de distanciation sociale, lors d’épidémies de SRAS, de grippe H1N1, d’Ebola et d’autres maladies infectieuses depuis le début des années 2000.

De nombreuses personnes mises en quarantaine ont connu des problèmes de santé mentale à court et à long terme, y compris le stress, l’insomnie, l’épuisement émotionnel et la toxicomanie. Par exemple, une étude a comparé des individus mis en quarantaine à des individus non mis en quarantaine lors d’une éclosion de grippe équine. Sur 2 760 personnes mises en quarantaine, 34%, ou 938 personnes, ont signalé des niveaux élevés de détresse psychologique, ce qui peut indiquer des problèmes de santé mentale tels que l’anxiété et la dépression, au cours de l’épidémie, contre 12% des personnes non mises en quarantaine.

Une autre étude a examiné les effets de l’épidémie de SRAS de 2003 sur 549 travailleurs hospitaliers de Pékin. Ceux qui étaient mis en quarantaine ou qui travaillaient dans des milieux à haut risque - près de la moitié de l’échantillon - ont déclaré des niveaux d’abus d’alcool plus élevés trois ans plus tard que les travailleurs ayant été moins exposés à l’épidémie.

Certains facteurs ont accru le risque de problèmes psychologiques, tels que les quarantaines de plus de 10 jours (qui étaient principalement associées au stress post-traumatique), la mauvaise information sur la justification de la quarantaine et le manque d’accès aux fournitures et services de télécommunications nécessaires.

L’atténuation de ces risques peut réduire la probabilité de problèmes de santé mentale, explique le co-auteur de la revue Neil Greenberg, psychiatre au King’s College de Londres. ’Bien que l’isolement puisse être désagréable’, dit-il, ’il ne doit pas entraîner de graves problèmes de santé mentale.’

Bien que la plupart des personnes vivant dans des pays touchés par le coronavirus ne soient pas mises en quarantaine, des recherches ailleurs suggèrent des formes encore moins extrêmes de distanciation sociale, telles que rester à plusieurs mètres des autres ou éviter des sorties régulières, pourraient avoir des conséquences.

Le potentiel de distanciation sociale pour devenir un événement à long terme inquiète le psychiatre Damir Huremovic de Northwell Health à Manhasset, N.Y. Les problèmes de santé liés à l’isolement social ont tendance à surgir lorsque la situation se prolonge au-delà de quelques semaines, dit-il. Tenir les gens éloignés les uns des autres pendant des mois signifie que les effets secondaires de la pandémie, tels que la récession, les troubles sociaux et le chômage, pourraient déclencher des problèmes de santé mentale imprévisibles et généralisés. « J’espère sincèrement que nous n’en arriverons pas à ce stade », a déclaré Huremovic, qui a coécrit et édité le livre intitulé « Psychiatry of Pandemics : A Mental Health Response to Infection Outbreak ».

Les personnes âgées sont particulièrement à risque : elles tombent plus malades du coronavirus et elles connaissent déjà des taux élevés d’isolement social (SN : 3/4/20). À mesure que les gens vieillissent, ils perdent souvent la capacité de se déplacer et de socialiser, et leurs systèmes de soutien diminuent à mesure que leurs amis et leur famille meurent. En février, une étude des National Academies of Sciences, Engineering and Medicine a rapporté que près d’un quart des Américains de 65 ans et plus sont isolés socialement, définis comme ayant peu de relations sociales ou des contacts peu fréquents avec les autres. Et 43% des adultes de 60 ans et plus se sentent seuls.

« Nous avons déjà beaucoup de distance sociale entre nous », explique la co-auteure de l’étude Julianne Holt-Lunstad, psychologue de la santé à l’Université Brigham Young de Provo, Utah.

Cette solitude et cet isolement peuvent nuire à la santé globale de tous les groupes d’âge (SN : 2/20/15). En 2015, Holt-Lunstad et ses collègues ont effectué une méta-analyse de 70 études impliquant plus de 3,4 millions de participants suivies pendant une moyenne de sept ans. L’équipe a constaté que la probabilité de mourir au cours de la période d’étude a augmenté de 26% pour ceux qui ont déclaré être seuls (se sentir seuls), 29% pour ceux qui étaient socialement isolés (ayant peu de contacts sociaux) et 32% pour ceux vivant seuls.

Certaines personnes s’en sortiront mieux que d’autres pendant cette période de distanciation sociale. Certains peuvent même voir leur contact social augmenter alors que les familles se regroupent. Et certaines personnes resteront connectées via des appels téléphoniques, des SMS ou en rejoignant une communauté en ligne. « Nous vivons à une époque de communications [capacités] sans précédent », déclare Huremovic

Ces capacités de communication pourraient même aider à fournir des soins médicaux et psychologiques à distance. Des recherches limitées suggèrent que les services de télésanté contribuent à atténuer la solitude ou à aider les personnes vivant seules ou loin des centres de santé. Mais la gérontologue Verena Menec doute qu’elle puisse remplacer indéfiniment le contact en face à face. « À long terme, si vous n’aviez que ce type de contact, je ne pense pas que ce serait suffisant », explique Menec, de l’Université du Manitoba à Winnipeg, au Canada.

Et la technologie moderne ne remplace pas le toucher humain, comme la main dans la main, les étreintes ou le massage, qui, selon des études, peuvent affecter la santé, notamment en abaissant éventuellement la pression artérielle et en réduisant la gravité des symptômes du rhume.

Neuroscientifique James Coan S’inquiète particulièrement des personnes qui ont besoin de soins médicaux pendant cette pandémie, soit pour COVID-19, soit pour une autre affection. De nombreux hôpitaux interdisent les visites de leurs proches, ce qui est logique pour empêcher la propagation du virus. Mais cela réduit également le toucher lorsque les gens en ont le plus besoin, explique Coan de l’Université de Virginie à Charlottesville. Son travail suggère, par exemple, que la prise en main peut réduire la douleur physique.

Même le toucher qui vient d’un travailleur hospitalier en équipement de protection au lieu d’un être cher vaut mieux que rien, dit Coan. ’Je frappe sur ce tambour depuis longtemps. [Nous] devons trouver un moyen d’intégrer le toucher au programme médical ».

Citations

S.K. Brooks et al. The psychological impact of quarantine and how to reduce it : rapid review of the evidence. The Lancet. Vol. 395, March 14, 2020, p. 912. doi : 10.1016/S0140-6736(20)30460-8.

National Academies of Sciences, Engineering and Medicine. Social isolation and loneliness in older adults : opportunities for the healthcare system. Published online February 2020. doi : 10.17226/25663.

J. Holt-Lunstad et al. Loneliness and social isolation as risk factors for mortality : a meta-analytic review. Perspectives on Psychological Science. Vol. 10, March 2015, p. 227. doi : 10.1177/1745691614568352.

About Sujata Gupta - Sujata Gupta is the social sciences writer and is based in Burlington, Vt. Photo

Autour de Sujata Gupta : elle est rédactrice en sciences sociales et est basée à Burlington, dans l’état du Vermont aux Etats-Unis.

Voir toute notre couverture de la nouvelle épidémie de coronavirus 2019 (en anglais)

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Source : https://www.sciencenews.org/article/coronavirus-covid-19-social-distancing-psychological-fallout?utm_source=Editors_Picks&utm_medium=email&utm_campaign=editorspicks032920

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2.2.
Pendant le confinement, pourquoi il est essentiel de pouvoir dire au revoir à ceux qu’on aime BLOG - Par Joseph Agostini, psychologue clinicien et psychanalyste - 26/04/2020 05:02 CEST – Document ‘huffingtonpost.fr’ -Photo Pornpak Khunatorn via Getty Images

Cette dimension du deuil a été négligée, au nom d’un principe sanitaire. Ils ont quitté leurs parents en santé et se retrouvent face à un cercueil fermé, appelé à être brûlé dans les heures qui suivent. Tout se passe comme si le Réel de la mort venait faire effraction dans leur vie. L’aspect précipité des choses est traumatique.

BLOG - Dans son ouvrage « La chaleur du cœur empêche nos cœurs de rouiller », Marie de Hennezel écrit : “La tristesse est bien plus redoutable que la vieillesse et la mort”. Cette citation me revient à l’esprit plusieurs fois par jour en ces temps de pandémie mondiale et de peur généralisée. Psychologue psychanalyste, je suis appelé à poursuivre mes séances par téléphone, à défaut de pouvoir recevoir dans mon cabinet ceux et celles qui dévident leur existence comme des pelotes de laine, pour y retrouver de la cohérence, du désir, du courage face aux adversités de la vie.

Je fais partie de ces soignants qui pour donner leur écoute active, doivent parfois entendre la voix de l’insupportable. Cette dernière peut évidemment prendre plusieurs visages, au gré de l’existence, de son caractère hasardeux, instable, parfois terriblement injuste. Mais au temps du Covid 19, cette voix a pris un visage particulièrement dur : celui de ces familles ne pouvant physiquement se rapprocher de l’être aimé, au moment fatidique de sa disparition. Il y a cette femme qui pleure son père, “l’homme de sa vie”, alors qu’elle a déjà perdu un fils de dix-huit ans. Il y a cet homme dont les deux parents ont disparu en l’intervalle d’une semaine, emportés l’un après l’autre sans lui laisser un temps de répit. Quelque chose vient propulser ces individus dans un monde qui ne laisse pas la part belle à la conscientisation de l’événement, toujours progressive, toujours fragile.

Le traumatisme de l’aspect précipité des choses

Ils ont quitté leurs parents en santé et se retrouvent face à un cercueil fermé, appelé à être brûlé dans les heures qui suivent. Tout se passe comme si le Réel de la mort venait faire effraction dans leur vie. L’aspect précipité des choses est traumatique. Car qu’on se le dise, être “vieux”, ce n’est pas être “mourant”. Parfois, la chute fut si rapide qu’il n’y eut aucun signe avant-coureur. Les procédures actuelles visent, certes, à éradiquer un virus touchant toute une collectivité. Mais les drames individuels ne doivent pas s’ajuster à n’importe quel prix. Le deuil n’est pas un processus magique ! Son pire ennemi est le non-sens, c’est-à-dire la perte totale de repères, l’impossibilité d’historiciser l’événement, de l’insérer dans une réalité vivable, pensable.

Avec les patients endeuillés de cette manière, il est si difficile de rétablir les liens psychiques. En n’ayant pas pu dire au revoir à leurs proches, ils sont comme “coupés” par une douleur sans nom. Si l’imagerie populaire dit qu’il n’y a rien de mieux que de “mourir dans son lit”, entouré d’amour, ce n’est pas fortuit. Et la chaleur humaine est fondamentale pour celui qui part, mais aussi pour celui qui reste, car cette scène d’adieux, de dernières confidences, d’ultime rendez-vous, vient couronner une existence !

Rituels d’au revoir nécessaires

Il y a un début, une naissance, des langes, du portage, de l’attention parentale, et puis une fin, un regard d’enfant ému, une famille rassemblée. Cela “fait sens” et permet ainsi au deuil de s’accomplir avec une sorte de sérénité, défiant la cruauté du Réel. De la même manière, veiller un corps, déposer une rose, fredonner une chanson, dire une prière, ou tout simplement pleurer en regardant le disparu, sont autant de rituels nécessaires au psychisme pour se réparer.

Le risque, quand on néglige la dimension du deuil, est de s’enkyster dans une sidération et un déni de la réalité. Si la logique rationnelle comprend que l’être aimé est bel et bien mort, l’absence de rituel, parfois même l’impossibilité de voir le corps du défunt, parasite l’intégration inconsciente de l’événement. Dans ce mouvement de panique et d’urgence qui caractérise si bien la France depuis des semaines, cette dimension du deuil a été négligée, au nom d’un principe sanitaire. Des mesures ont récemment été prises pour que les proches des victimes du Covid 19 puissent ne pas “lâcher la main” des plus anciens, reclus dans les EHPAD et pour lesquels la présence virtuelle des familles n’a jamais suffi.

Clinicien, étymologiquement “au chevet” des souffrants, je voudrais attirer l’attention sur l’enjeu crucial de cette décision, pour ne jamais que l’on revienne dessus, dans l’un de ces accès d’angoisse collective que nous avons déjà connus. En effet, si la maladie et la mort sont des terreurs ancestrales, la tristesse au moment de disparaître, le désarroi du “plus jamais”, quand l’être nous quitte, doivent absolument être bordés par la société. Il faut, pour celui qui part et ceux qui restent, préserver cette dimension humanisante de lien, qu’aucun écran tactile ne remplace.

Dr Louis Bernard, chef du service des maladies infectieuses au CHU de Tours, le disait avec véhémence dans Le Monde (article réservé aux abonnés, NDLR) : les moyens doivent être impérativement mis pour que cette présence soit sauvegardée dans tous les établissements médicaux, quelles que soient les conditions dans lesquelles la maladie progresse. La priorité est ce lien indéfectible, d’être à être. Il en va du visage humain de nos lieux de soins que de laisser advenir et de faire perdurer ces instants de partage.

Ed. Envolume Société - Joseph Agostini & Agnès Rouby - Manuel pour en finir avec la mort

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Source : https://www.huffingtonpost.fr/entry/pendant-le-confinement-pourquoi-il-est-essentiel-de-pouvoir-dire-au-revoir-a-ceux-quon-aime-blog_fr_5ea1a6adc5b633ca9a0bbcda

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2.3
’Cette prise de conscience brutale que nous sommes mortels change notre rapport à la mort’. Avec Marie de Hennezel - Emission « L’Invité(e) des Matins » de France Culture - .29 avril 2020 - ’Cette prise de conscience brutale que nous sommes mortels change notre rapport à la mort’. Source : www.franceculture.fr

D’après Wikipédia, à propos de Marie de Hennezel : elle est née Marie Gaultier de la Ferrière1, est une psychologue, psychothérapeute et écrivaine française. Elle est connue pour son engagement à l’amélioration des conditions de la fin de vie et pour ses ouvrages sur cette question. Depuis une dizaine d’années, elle contribue au changement de l’image dans notre société du vieillir et du grand âge… » - Photo de Marie de Hennezel en 2016. - Source : https://fr.wikipedia.org/wiki/Marie_de_Hennezel

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2.4
Une cellule de soutien psychologique mise en place pour les chefs d’entreprises en détresse - Orange avec Media Services, publié le lundi 27 avril 2020 à 16h52 - Des magasins fermés à Paris (photo d’illustration). ©JOEL SAGET / AFP

De nombreux chefs d’entreprises font face à de graves difficultés économiques en plein confinement. En plus des aides financières, une plateforme d’aide psychologique a été mise en place. Arrêt de l’activité, carnet de commandes en chute libre et trésorerie à la peine : le confinement et les restrictions d’activité engendrées par l’épidémie de Covid-19 mettent à mal de nombreuses entreprises. 

Au-delà des mesures de soutien financier, le gouvernement a ainsi mis en place un numéro vert (0 805 65 50 50) ouvert tous les jours de 8h à 20h. Les chefs d’entreprise ’en détresse’ en cette période de crise économique et sanitaire pourront trouver une écoute auprès d’une cellule de soutien psychologique dédiée, a annoncé lundi 27 avril le ministère de l’Economie.

’Les difficultés économiques exceptionnelles auxquelles les entreprises doivent faire face durant la crise du Covid-19 constituent en effet une épreuve brutale pour les dirigeants d’entreprise’, dont certains ’peuvent plonger (...) dans des situations de détresse extrême qu’ils ne peuvent affronter seuls’, indique le ministère dans un communiqué.

Possibilité d’un soutien psychologique confidentiel

’Pour les cas les plus préoccupants, le chef d’entreprise se verra proposer, s’il le souhaite et dans la plus stricte confidentialité, de bénéficier d’une prise en charge rapide et gratuite par un psychologue spécialement formé’, explique Bercy. 

’Pour les autres cas, une réorientation sera proposée vers des structures publiques ou privées spécialisées dans ce type d’accompagnement’, ajoute le ministère.

Ce service est mis en place via l’association APESA (Aide psychologique aux entrepreneurs en souffrance aiguë) avec le soutien d’Harmonie Mutuelle, les réseaux des Chambres de commerce et d’industrie (CCI France) et des Chambres de métiers et de l’artisanat (CMA France).

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Source : https://actu.orange.fr/france/une-cellule-de-soutien-psychologique-mise-en-place-pour-les-chefs-d-entreprises-en-detresse-magic-CNT000001pJSAa.html

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3.
Le ‘burn-out’ des parents pendant le confinement : les signes à surveiller Par Lea Nicosia –(photo) - 22/04/2020 10:16 CEST – Document ‘huffingtonpost.fr’ - Photo fizkes via Getty Images

Le burn-out parental peut se transformer en burn-out familial.

Gérer sa vie de famille en plus du télétravail : certains parents craquent. Avant d’arriver à saturation et au ’burn-out parental’, ces signes peuvent vous alerter.

PARENTS ET ENFANTS - Si le confinement a pu être perçu au début comme l’occasion de se retrouver enfin en famille, il est probable que des signes de fatigue aient rapidement pointé le bout de leur nez.

“Effondrés, épuisés, certains parents n’en peuvent plus et culpabilisent, car ils pensent être de mauvais parents. Voici des premiers signes de burn-outparental” explique au HuffPost Aline Nativel Id Hammou, psychologue clinicienne.

Pour beaucoup de parents, le confinementétait aussi l’occasion de s’organiser, programmer diverses activités en famille, ranger la maison... Cependant le télétravail venant s’ajouter à ce programme déjà chargé et il n’est pas toujours simple de tout concilier.

Pour éviter d’en arriver au burn-out parental, Aline Nativel Id Hammou, autrice de “La charge mentale des enfants” et Yalmah Truong, formatrice professionnelle dans le soutien à la parentalité, parlent au HuffPost des premiers signes qui montrent que les parents sont à bout.

Désir de perfection

Ce premier point existait déjà en dehors de la période de confinement : “bien souvent les parents cherchent à être parfaits. Ils souhaitent maintenir un cadre agréable pour leurs enfants, tout faire pour leur bonheur” explique Aline Nativel Id Hammou. Selon elle, ce désir s’accentue dans la période actuelle.

En fonction du nombre d’enfants, de leurs âges et du travail du parent, il est plus ou moins difficile de se tenir à son programme. La psychologue ajoute : “c’est toujours compliqué, cependant ça l’est encore plus lorsqu’il n’y a aucun moyen de sortir, on peut vite être exacerbés dans ce huis clos.”

Si le programme n’est pas respecté à la perfection, que les enfants dévoilent leur déception, les parents peuvent ressentir de la culpabilité, souligne la psychologue. Ce qui diffère par rapport à d’habitude, ce sont surtout les émotions ressenties. “Il y a une ambivalence des émotions qui peuvent passer du tout au tout, du positif au négatif en un clin d’oeil” explique la professionnelle de santé.

Être toujours dans le contrôle

Autre point important soulevé par la psychologue clinicienne : le contrôle. “Les parents sont déjà nombreux à souhaiter être souvent dans la maîtrise, ils veulent être au courant de ce que font leurs enfants et avoir un contrôle dessus. En ce moment et avec les conditions scolaires, cela se développe davantage”, explique-t-elle.

De nombreux parents en effet doivent gérer leur propre métier et veiller à ce que leurs enfants fassent également leurs devoirs. Une pression qui peut pousser les parents au burn-out. “Il y a également l’angoisse de Parcoursup, le bac, l’orientation... Le burn-out parental ne concerne pas seulement les parents d’enfants en bas âge, mais aussi ceux des adolescents”, précise Aline Nativel Id Hamou.

Selon cette psychologue, les parents d’adolescents sont peut-être même davantage confrontés à la charge mentale : “vouloir être toujours sur leur dos, connaître tout ce qu’ils font sur leurs écrans, voici également un signe qui montre qu’ils doivent lâcher prise.”

Une angoisse qui se transforme en agressivité

Yalmah Truong, formatrice professionnelle dans le soutien à la parentalité, rejoint la psychologue dans ses propos. Selon elle, la scolarité des enfants est ce qui cause le plus d’angoisses aux parents pendant le confinement. “Beaucoup n’avaient pas l’habitude d’aider leurs enfants pour les devoirs et en ce moment, ils doivent réellement être pédagogues et ce n’est pas évident”, relève-t-elle.

De plus, pour la formatrice professionnelle, toute cette anxiété peut facilement se transformer en agressivité, ce qui est également un signe qui prouve que le parent est proche du burn-out.

“La scolarité n’est pas l’unique source de stress pour eux, le fait de ne pas pouvoir répondre aux questions de leurs enfants est également un problème qui les gêne” explique Yalmah Truong. Elle qui continue de travailler en télétravail, reçoit de nombreux mails de parents qui expliquent ne pas savoir comment faire. Certains enfants posent de nombreuses questions face à la crise du coronavirus : “Les parents ont tendance à vouloir avoir réponse à tout, surtout lorsque l’enfant est jeune. Ils se retrouvent face à des petits qui leur demandent : ‘je vais mourir si je retourne à l’école ?′ et la seule réponse qu’ils peuvent leur donner, c’est d’allumer la télévision pour tenter d’en savoir plus” note la formatrice.

Vers un burn-out familial

Tous ces soucis cumulés et le climat familial entraînent une situation inédite. Aline Nativel Id Hammou explique que le burn-out parental peut rapidement se transformer en burn-out familial. “L’épuisement qui touchait à la base les adultes va déclencher une humeur dépressive chez toute la famille. Les enfants voient que leurs parents crient plus, qu’ils sont tristes et toute l’ambiance familiale est mise en péril” explique la psychologue.

Afin d’éviter cela, les deux femmes conseillent aux parents d’être plus souples sur la gestion de l’emploi du temps. La psychologue ajoute : “il y a souvent des moments de vide et c’est ainsi, soyez également plus laxiste sur les nouvelles technologies, plus on apporte de la légèreté à cette situation, plus le confinement se passera bien.”

Une astuce afin que les choses se passent mieux pour l’autrice de “La charge mentale des enfants” : apporter du ludique à chaque situation. “Cela permet d’apporter de l’insouciance”, assure-t-elle. Enfin, elle précise qu’il est important que les parents prennent chacun du temps pour eux, mais également pour leur couple. Pour la psychologue, il ne faut pas hésiter à expliquer calmement tout cela aux enfants.

À voir également sur le Huffpost : Pendant le confinement, comment faire tomber la pression entre parents et enfants ?

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Source : https://www.huffingtonpost.fr/entry/en-confinement-les-signes-qui-montrent-que-les-parents-sont-au-bord-du-burn-out_fr_5e9ee0e7c5b63c5b5874794b??ncid=newsltfrhpmgnews#EREC-101

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4.
Psychologie - Pourquoi la fin du confinement est source d’inquiétude pour ces Français Par Marine Le Breton(photo) 18/04/2020 05:11 CEST – Document ‘huffingtonpost.fr’ - Illustration Maria Voronovich via Getty Images

Reprendre le travail, renouer avec le quotidien... Loin d’être un soulagement, l’annonce du début du déconfinement le 11 mai 2020 apporte son lot d’interrogations.

Pourquoi la fin du confinement est source d’inquiétude pour ces Français

DÉCONFINEMENT - L’annonce du confinement le 17 mars dernier a été, si ce n’est brutale, du moins radicale. À ce moment-là, la date de fin était déjà attendue, espérée. Quand allions-nous pouvoir en finir avec cet isolement liée à l’épidémie de coronavirus ? Cette date, nous l’avons désormais en tête, il s’agit du 11 mai. Mais, pour certains, loin de les soulager, elle agite en fait le spectre d’autres inquiétudes.

Le HuffPost a demandé à ses lecteurs si la sortie du confinement les inquiétait et pourquoi. Peur de retrouver un quotidien qu’on ne voulait pas délaisser mais qui nous semble finalement moins attrayant aujourd’hui, stress de reprendre le chemin du travail dans des conditions encore incertaines, angoisse de découvrir un monde qui n’est plus tout à fait le même, sont quelques-unes des sources d’inquiétude décrites.

Plus comme avant

Manon, mère de famille et assistante sociale, se demande par exemple si le 11 mai signera réellement la fin de la pandémie, et quel monde elle va retrouver alors. “Un retour dans un quotidien qui nous semble déjà loin ? D’un rythme et d’une routine que nous avons perdu ?”, s’interroge-t-elle. “Je ne pense pas que tout redeviendra comme avant, et d’un côté je ne l’espère pas, car certaines choses doivent bouger, nos mentalités doivent évoluer. Et c’est un travail qui prendra plus de temps qu’un ou deux mois de confinement”, estime-t-elle.

Pour Manon, il faudra à nouveau du temps pour s’adapter, retrouver un rythme qui est déjà derrière nous, “ne pas être submergé, ne pas couler”. Il sera aussi nécessaire, selon elle, d’expliquer “ aux enfants, une nouvelle fois, le changement qui se trame, que tout ne pourra pas recommencer ‘comme avant’. Restons prudents, ne nous précipitons pas. C’est le moment de changer nos habitudes. Ne pas reprendre le même rythme, mais en créer un nouveau”, affirme-t-elle.

Reprendre le travail, mais comment ?

C’est surtout la reprise du travail, pour ceux qui ont dû le mettre en pause ou pour ceux qui télétravaillent, qui semble cristalliser les plus grandes inquiétudes.

C’est le cas, par exemple, de Marine, clerc de notaire dans l’office notarial d’une petite ville. Un métier qu’elle qualifie de “très stressant” en temps normal, les clients étant “de plus en plus exigeants”. Son activité s’étant arrêtée progressivement depuis l’annonce du confinement, elle a d’abord télétravaillé avant d’être placée au chômage partiel. Elle appréhende aujourd’hui de reprendre le travail.

“Je sais d’avance que les clients seront tous très pressés (à juste titre) de pouvoir concrétiser leurs affaires en cours, dès la levée du confinement. J’espère simplement qu’ils resteront compréhensifs face à des salariés qui, eux aussi, reprennent leur activité et ne pourront donc pas faire de miracles”, nous écrit-elle.

Jennifer est esthéticienne. C’est la “proximité évidente” avec des clients qui est “anxiogène” à ses yeux. “Nous travaillons dans des conditions particulières. Nos cabines sont extrêmement petites, on n’y trouve pas de point d’eau, nous pouvons nous occuper de dizaines de personnes par jour, et ce, en proximité évidente avec nos clientes, souvent nez à nez”, regrette-t-elle. Jennifer voit mal comment ses clientes, et elle-même, pourraient être protégées.

Même son de cloche chez Catherine, qui travaille au sein d’une agence Pôle Emploi. “Si les agences ouvrent le 11 mai, aurons-nous tous des masques, un hygiaphone par poste d’accueil ? Comment seront protégés les conseillers qui accompagnent les demandeurs sur les ordinateurs des salles d’accueil ?”, s’interroge-t-elle. À 63 ans, en bonne santé, elle aimerait “ne pas perdre la vie en la gagnant”.

Retour aux habitudes

Au-delà de la reprise du travail, c’est plus généralement le retour à ses habitudes d’avant le confinement qui suscite chez ces lecteurs un certain stress.

Nicolas (son prénom a été changé) avait déjà peur au début du confinement mais il se dit aujourd’hui “complètement pétrifié”. “L’immobilisme amène l’immobilisme et on finit par s’y accommoder. On a fini par s’y faire à cette vie, et personnellement j’ai peur de sortir, de prendre un transport en commun, de retourner au travail, alors qu’on a pas la moindre idée des modalités qui vont être mises en place pour que ça se fasse”, regrette-t-il.

Temo lui aussi s’inquiète de la reprise. Non pas du virus en lui-même, mais de la déception qu’il pourrait ressentir une fois le confinement terminé. “Aujourd’hui je suis, comme tout le monde, chez moi et, depuis quatre semaines, j’ai dû et j’ai pu réinventer ma vie. Je fais finalement ce que j’ai envie toute la journée : je lis enfin, je prends soin de mon corps, je profite de mon enfant, je prends le temps de cuisiner, je médite et je fais du sport grâce à internet. Et les journées passent sans l’impression de les avoir gaspillées. Je ne me sens pas en vacances mais, étonnamment, je me sens libre alors même que je n’ai pas le droit de sortir”, raconte-t-il. De fait, le déconfinement rime pour lui avec “la reprise d’une certaine servitude”. Il s’explique : ”Ce sera le retour d’une course quotidienne qui commencera tous les jours à 7h15 et finira à 18h30. Une course au bout de laquelle il n’y aura pas de profonde satisfaction. Un retour à la normale où chacun reprendra son rôle”, écrit-il.

Changement de vie

De son côté, Alexandra va encore plus loin. D’ordinaire très sociable et incapable de rester enfermée chez elle le week-end sans avoir quoi que ce soit de prévu, elle confie avoir pleuré lorsque le confinement a été annoncé. Pourtant, une fois les premiers instants d’angoisse passés, c’est une nouvelle Alexandra qu’elle a pu découvrir. “Je me suis surprise à trier des photos, des affaires, à faire le vide dans ma tête et, finalement, à me recentrer sur l’essentiel”, raconte-t-elle. Ses priorités ont changé. En chômage partiel, cette “bourreau de travail” dit avoir appris à s’occuper, s’évader, se retrouver.

“Maintenant, ce que j’appréhende le plus c’est la reprise. J’ai comme cette peur de sortir, de me confronter au monde extérieur, moi qui suis restée plusieurs semaines dans mon cocon. Depuis les annonces du président sur le déconfinement prévu pour le 11 mai, un tout nouveau stress s’est emparé de moi”, avoue-t-elle. Ce confinement, elle n’a pas peur de l’écrire, a changé sa vie. D’autres personnes sont-elles dans ce cas de figure ? Ce qui semble certain, en tout cas, c’est que pou bon nombre d’entre nous, il y aura un avant et un après confinement.

À voir également sur Le HuffPost : Le secret bien-être de ces femmes en confinement ? Le lâcher-prise

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Source : https://www.huffingtonpost.fr/entry/pourquoi-la-fin-du-confinement-est-source-dinquietude-pour-ces-francais_fr_5e997263c5b61edc7d15d6b1??ncid=newsltfrhpmglife#EREC-100

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5.
En temps de confinement, refusons les injonctions à la productivité - Nous ne sommes pas des unités de production - BLOG Par Lapsy R. Psychologue et psychanalyste - 16/04/2020 11:45 CEST- Document ‘huffingtonpost.fr’

Même quand tout menace de s’effondrer, on devrait encore faire et faire et faire et produire sous peine de ne rien valoir ? De culpabiliser ? Si vous avez l’envie, l’énergie : faites ! Faites pour vous. Pas pour la norme. Pas pour ce qui est attendu. Si vous n’avez pas l’énergie, vous ne valez pas moins.

BLOG - Ces derniers temps, plusieurs patient.e.s m’ont dit qu’iels culpabilisaient un peu de ne pas réussir à faire différentes choses alors voici 2-3 remarques.

D’abord, nous vivons une époque particulière. Beaucoup d’entre nous n’avons pas vraiment de référent pour penser la situation (n’ayant vécu ni épidémie, ni guerre, ni confinement) et nous devons inventer et comprendre au fil de l’eau.

De plus, la situation est très anxiogène pour mille raisons (la peur pour ceux qu’on aime, la peur de sa propre mort, l’isolement, l’ennui, les difficultés préexistantes exacerbées comme dans le handicap psychologique ou physiologique ou les maladies chroniques, etc).

D’ailleurs parfois, ne pas sentir l’anxiété ne veut pas dire qu’elle n’existe pas quelque part ! Ces deux points : pas de référent pour penser/vivre cette situation + difficultés et angoisse liées à la situation nous prennent une énergie psychique énorme. Mais énorme. Et parfois sans qu’on s’en rende compte, comme une tâche de fond.

Cela peut prendre différentes formes : difficulté de concentration, fatigue, préoccupation, angoisse, manifestation traumatique, ralentissement, sidération, etc.

“Fuck” l’injonction à la productivité

Donc, si vous ne parvenez pas à faire des choses que vous faisiez habituellement ou que vous aimeriez faire, ne culpabilisez pas. C’est normal. Une partie de votre énergie passe là-dedans.

Pour minimiser l’impact, on conseille de conserver un rythme de journée “normale” avec des temps et des activités différenciés et des heures de sommeil pas trop décalées mais vous faites ce que vous pouvez.

Et si vous n’y parvenez pas, ne vous en voulez pas. Nos corps et nos psychismes sont sollicités, soyons tendres avec eux.

D’un point de vue plus politique (eh oui) : fuck l’injonction à la productivité. C’est elle qui gouverne notre système à bout de souffle qui fait de nous des rouages corvéables à merci.

Et même quand tout menace de s’effondrer, on devrait encore faire et faire et faire et produire sous peine de ne rien valoir ? De culpabiliser ? Si vous avez l’envie, l’énergie : faites ! Faites pour vous. Pas pour la norme. Pas pour ce qui est attendu.

Si vous n’avez pas l’énergie, vous ne valez pas moins.

Peut-être que ce confinement vous apportera des réponses, peut-être qu’il vous apportera des questions, peut-être rien.

Mais j’espère qu’il nous redonne la conscience que nous ne sommes pas des unités de production, que notre travail a de la valeur, que nos corps, nos ressentis sont importants.

Parce que dans l’après, il faudra peut-être se battre pour faire respecter ça.

Ce billet est une retranscription d’un fil de discussion du compte Twitter de son auteure.

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Source : https://www.huffingtonpost.fr/entry/en-temps-de-confinement-refusons-les-injonctions-a-la-productivite-blog_fr_5e9822a5c5b6ead14008392d

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6.
Les Français souffriront-ils d’agoraphobie après le confinement ? (11 mais 2020) Par Anaïs Col - Publié le 22.04.2020 à 19h30 – Document ‘.pourquoidocteur.fr’ - Photo Alena Kravchenko/iStock

Sachant que le virus circule toujours, nombre de Français risquent de développer une phobie de la foule lors de la levée du confinement, voire même la phobie d’être contaminé.

L’essentiel

Le 11 mai 2020, date annoncée des premières mesures de déconfinement, des millions de Français auront été bloqués chez eux durant 8 semaines. Cette prise de distance avec la société et avec le risque de contamination peut entraîner des réflexes d’évitement lorsqu’elle prendra fin. Si nous avons eu du mal à nous faire au confinement, qu’en sera-t-il le 11 mai, lorsque nous pourrons à nouveau sortir alors que le danger n’est pas écarté ? Les Français réussiront-ils à se côtoyer et à se mélanger comme avant, notamment dans les transports et les lieux publics, où développeront-ils une agoraphobie liée au Covid-19 ?

Le risque de “développer des phobies de contamination”

Même si la majorité de la population attend la levée du confinement avec impatience, il est fort possible que certaines personnes soient déjà en train d’anticiper des difficultés et imaginent d’éviter un certain nombre d’actions ou de déplacements avec la crainte d’être contaminées”, explique sur BFMTV le docteur Florian Ferreri, psychiatre à l’Hôpital Saint-Antoine (AP-HP). Selon lui, le risque lors de la levée du confinement est de “constater des conduites d’évitement (...) c’est-à-dire d’éviter des lieux ou des activités où il y a du monde et de développer des phobies de contamination.” 

Si le confinement pèse sur les Français, il leur garantit depuis plusieurs semaines une certaine forme de sécurité. En effet, selon des chercheurs de l’Institut Pasteur et du CNRS, en collaboration avec Santé publique France, le confinement a eu des “répercussions conséquentes” et positives sur la transmission du virus dans la population, en entraînant une baisse du nombre de transmissions de 84%. Néanmoins, notre niveau d’immunité actuel est “très inférieur au niveau nécessaire pour éviter une seconde vague si toutes les mesures de contrôle devaient être levées”, nuancent-ils.

Une hausse de 5 à 10% de conduites d’évitement ?

Les Français se sentiront-ils donc en sécurité au moment de ressortir alors que le virus continue de se propager et qu’il n’existe encore aucun vaccin pour s’en protéger ? “Des études qui viennent d’Asie montrent entre 5 et 10% de conduites d’évitement. Le déconfinement peut faire apparaître ou réapparaître toutes les craintes liées à une potentielle contamination, à la foule, et tous les éléments stressants du quotidien”, précise le docteur Florian Ferreri.

Selon son expertise, il conseille “d’anticiper et d’avoir une juste information par rapport au risque imaginé, ne pas être esquiver les situations que l‘on appréhende. Même si cela peut paraître très difficile au début, le fait de se réexposer progressivement va permettre aux personnes de reprendre leur rythme et dépasser leurs craintes”. Enfin, le médecin rappelle qu’il “faut accepter, que l’on ne peut pas être dans un environnement indemne de tout danger.” 

A consulter :

Coronavirus : la Covid-19 n’est pas qu’une infection virale du poumon – Par Dr Jean-Paul Marre (Hôpital Pitié-Salpêtrière, Paris) - Mise à jour 23.04.2020 – Photo Maksim Tkachenko/istock

La Covid-19 désigne la maladie provoquée par le nouveau coronavirus, le SARS-CoV-2. La majorité des formes de cette infection sont bénignes, ou asymptomatiques, mais elle donne aussi des pneumonies potentiellement graves. Si elle a été, au départ, considérée comme une maladie exclusivement respiratoire, il apparaît désormais qu’il s’agit aussi d’une maladie de système avec des thromboses et des atteintes vasculaires inflammatoires « d’endothélite » de « vascularite », et que d’autres organes sont largement touchés (cœur, vaisseaux, peau, système neurologique et digestif…).

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Source : https://www.pourquoidocteur.fr/Articles/Question-d-actu/32238-Les-Francais-souffriront-ils-d-agoraphobie-confinement

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7.
Psychologie - Bien être Garder le moral - Sophie Bielle (photo) Par fjarraud, le jeudi 16 avril 2020. Document ‘cafepedagogique.net’ - Propos recueillis par Jean-Louis Durpaire, Membre du laboratoire BONHEURS (Bien-être, Organisations, Numérique, Habitabilité, Education, Universalité, Relation, Savoirs) - Université de Cergy-Pontoise.

Durant cette période de confinement, des professeurs documentalistes prennent des initiatives. Ainsi au collège, classé REP, Nelson Mandela de Floirac (Gironde) Sophie Bielle, prenant appui sur sa longue expérience pédagogique (professeure d’Education Physique et Sportive puis professeure documentaliste), met au premier plan le soutien psychologique, la recherche du bonheur, même dans cette situation difficile. Elle publie quotidiennement une rubrique sur le site du collège. Pour la principale du collège - Françoise Amétépé, l’initiative « se veut un lien entre nous tous, élèves, familles, personnels du collège, un lien de solidarité, de partage, d’aide à l’autre… » .

Mme Bielle, à qui s’adresse l’initiative ’Gardons le moral et le sourire » ? Et quels sont vos objectifs ?

Cette initiative est née d’une collaboration (Principale, Infirmière scolaire, Professeure documentaliste...) et a pour but d’apporter du soutien, des conseils, et de proposer des pratiques aux parents et aux élèves qui en auront la curiosité. Nos élèves ont déjà pour la plupart été sensibilisés à ces pratiques dans le cadre de nos parcours santé, citoyen et d’éducation artistique et culturelle. Cette rubrique est le prolongement du lien du collège avec l’extérieur pendant cette période si particulière du confinement. Chaque jour ouvré c’est comme un clin d’œil que l’on envoie aux élèves pour leur dire : On est là, on ne vous oublie pas, on continue ensemble ! Ceci afin qu’ils retrouvent depuis chez eux ces temps et ces espaces où ils sont en étude, au CDI ou encore lorsqu’ils participent sur le temps méridien à des clubs ou sur le temps scolaire à des projets menés dans l’établissement. Bien sûr, il y a la continuité pédagogique pour le travail scolaire qui s’organise avec les enseignants disciplinaires via pronote ou en classe virtuelle. Il y a aussi ces propositions qui parlent de temps pour soi, pour la détente, pour la créativité, pour rompre avec un certain ennui dû à la situation. Et peut être pour changer un peu nos habitudes pas mal bousculées pendant ce temps imposé du « Restez chez vous », pour s’en créer de nouvelles...

Ainsi, j’alimente sur le site internet de l’établissement cette rubrique « bien-être », à destination des familles, que nous avons choisie d’intituler : ’Gardons le moral et le sourire’.

Votre action invite les élèves à se relaxer ?

Comme le rappelle Mme Amétépé, principale du collège, « Rester confiné, ce n’est pas dans nos habitudes. On peut également profiter de cette mise « en pause » pour se poser, se reposer, rêver, lire, dessiner, bricoler, chanter, danser…. pour alterner avec les périodes de travail. » Mme Calcagni, infirmière du collège, rappelle aux familles les gestes barrières, conseille les parents sur la limitation de l’usage des écrans et conseille aussi les activités relaxantes et amusantes pour s’aider à faire face à cette situation inédite. Aussi, nous avons choisi de commencer à alimenter la rubrique d’activités relaxantes que, Mme Amétépé ou moi-même, avons déjà proposées au collège. « Nous verrons par la suite comment l’ouvrir aux idées des élèves, à leurs créations, à leurs talents… pour nourrir ces partages de temps de pause, de sourire, de rire, et de bonne humeur… ce qui nous aidera à garder le moral, si besoin était, et aussi à booster nos défenses immunitaires si précieuses en ce moment », dit Mme Amétépé. Depuis sa création, les professeurs d’EPS ont également choisi d’apporter des conseils pour garder la forme pendant cette période de confinement en créant une rubrique intitulée : Bougeons-nous !

Comment cet objectif se concrétise-t-il ?

Avant d’être un objectif c’est une façon de vivre. J’ai à cœur de faire découvrir des pratiques, rencontrées tout au long de mon parcours professionnel mais également de mon parcours personnel, qui m’ont appris à mobiliser toutes mes ressources pour faire face aux difficultés de la vie, pour mieux la traverser, en gardant un certain équilibre. Qu’il s’agisse de périodes d’examens, de concours, d’épreuves familiales ou de santé ou plus simplement de gestion d’un quotidien qui peut se montrer stressant, la solution bien être est toujours en nous ! Sans cette hygiène de vie qui consiste chaque jour :

1 : à repérer notre état émotionnel,

2 : à « vider nos poubelles mentales » comme l’explique Jonathan Lehmann dans son livre Les antisèches du bonheur sorti en mars 2020,

3 : se préparer à passer à l’action juste,

Le bien être peut facilement laisser la place au mal être sans que l’on ne sache trop bien expliquer pourquoi… D’où l’intérêt d’adopter le plus possible une posture calme, sereine, confiante et ouverte. Le maitre zen Thich Nhat Hanh a inventé une pratique que j’aime beaucoup la « méditation des cailloux ». Je la fais découvrir aux enfants en classe de sixième afin qu’ils puissent apprendre les quatre qualités dont nous avons tous besoin pour être heureux. Ces qualités sont la fraîcheur, la solidité, le calme et la liberté. Comme on cultive son jardin, on peut cultiver ces qualités qui sont disponibles en nous. C’est ce message fort que je veux faire passer aux jeunes : entrainez-vous à être bien avec vous pour être bien avec les autres.

Comment vous êtes-vous formée à ces techniques, à cette culture de l’attention, de la concentration, de la gestion des émotions ?

Il y a quatre ans, je me suis formée auprès d’une association, l’A.M.E Association de Méditation dans l’Enseignement, à un programme de pleine conscience appelé programme P.E.A.C.E. (Présence, Ecoute, Attention et Concentration dans l’Enseignement). Un programme similaire pour les adultes appelé MBSR et reconnu par la communauté médicale internationale comme soutien à la gestion du stress est développé depuis les années 1980 par le docteur Jon Kabat-Zinn.

Ce qui m’a plu dans le programme PEACE c’est qu’il réunit tout un panel de pratiques que j’ai déjà expérimenté depuis de nombreuses années. Les approches pratiquées sont essentiellement la pratique de la pleine conscience, résolument laïque, enrichie de pratiques corporelles inspirées du yoga et du qi gong, d’un exercice issu du Brain Gym® ainsi que d’apports incluant psychologie, intelligence émotionnelle et liens corps-mental.

« Par ce programme, l’association aspire à développer l’attention, la bienveillance, le bien-être, l’apprentissage et la citoyenneté, dès le plus jeune âge. Ce programme favorise, entre autres, le développement des capacités attentionnelles, de régulation du stress et des émotions, ainsi qu’une plus grande confiance en soi. Il permet également le développement des compétences psychosociales qui favorisent le bien-être des élèves et un climat de classe serein. » Candice Marro est la présidente et la fondatrice de l’association A.M.E. qu’elle a créé en 2014. A l’heure actuelle plus de 10 000 enfants ont pu bénéficier de ce programme en France mais aussi en Belgique, en Suisse, au Québec et au Maroc.

Le programme proposé durant le temps scolaire s’expérimente sur dix semaines à raison de 2 pratiques de 15 à 20 minutes dans la classe. Dans mon établissement, toutes les classes de 5ème bénéficient de ce programme que je dispense au collège depuis la troisième année. Nous l’avons inscrit dans le parcours citoyen de l’élève et nous l’avons fait voter au Conseil d’administration.

J’interviens donc dans les classes aux côtés du ou des professeurs disciplinaires volontaires qui m’accueillent au début de leur heure de cours. Et lorsque j’ai terminé mon intervention, le cours peut commencer et je peux de mon côté poursuivre mes activités. Ce programme offre un vrai espace de respiration, de « pause » et permet aux enfants comme aux adultes de se recentrer avant le début d’un cours. Il ouvre des espaces en soi et autour de soi, dans le lien aux autres. Il apporte beaucoup de sérénité.

La recherche du bien-être est désormais au coeur de votre action pédagogique ?

Je place effectivement le bien-être au cœur de mon action pédagogique et éducative afin d’aider les jeunes à laisser leurs inquiétudes de côté, à moins souffrir et à bien faire leur travail, du mieux possible en acceptant que ce mieux change chaque instant, avec toute l’attention et la concentration qui sont nécessaires à la réussite de la tâche. Pratiquer la joie et la vision profonde est un art de vivre qui consiste à reconnaitre que les conditions du bonheur sont dans la satisfaction de l’ici et maintenant. Même, et j’ai envie de dire surtout dans cette période difficile du confinement, où l’on peut se sentir empêcher, priver de certaines satisfactions et de certains plaisirs. Ces messages s’adressent également à nous les enseignants, les éducateurs, les parents que nous sommes. Pour ne pas être dans la souffrance soit même, il nous faut s’exercer, il faut pratiquer et donc apprendre quelques techniques qui ont fait leurs preuves, qui sont aujourd’hui validées scientifiquement. La méditation et la gratitude en sont deux exemples parmi d’autres.

Nous avons des retours très positifs des élèves et des familles sur ce dispositif présenté aux parents lors de la journée d’intégration en classe de 6ème où les élèves découvrent les 7 attitudes de la pleine conscience : garder la curiosité du débutant, pratiquer le non jugement, le non effort, accepter ce qui est, trouver la confiance en soi, faire preuve de patience et encourager le lâcher prise.

Pour ceux qui le souhaitent, je propose en plus au CDI chaque vendredi un atelier « relax » d’une heure pour des pratiques guidées (sur la base du volontariat et sur inscription limitée à 12 élèves puisque je ne dispose que de 12 tapis de yoga, de zafus et de couvertures). J’y inclus des courtes méditations, des étirements du corps, des relaxations mais aussi des temps de partages. C’est un moment qui est très apprécié des élèves qui y participent en fin de semaine, ce qui nous permet de nous quitter détendus et avec le sourire.

Pour en terminer sur ma petite contribution au bien-être je reprendrais ces mots du médecin psychiatre Christophe André : « Nous transmettons ce que nous savons, mais surtout, nous transmettons ce que nous sommes ».

Et percevez-vous des changements dans les relations avec les élèves ? Entre les élèves ? Dans toute la communauté éducative ?

Les élèves sont sensibles au fait qu’on adopte d’autres postures que les réprimandes et les félicitations pour les rendre plus acteurs de leur réussite et de leur bien être. Selon les premiers résultats de l’A.M.E, à la fin du programme PEACE, 69% des enfants reconnaissent être davantage bienveillants envers eux-mêmes et 73% des enfants reconnaissent être davantage bienveillants envers les autres. La pratique de la méditation et de la gratitude renforcent notre aptitude au bien vivre ensemble. L’enfant quand il ne se sent pas jugé, qu’il n’est pas évalué, a la possibilité d’aller développer cette confiance en lui et cette estime de lui pour mieux se rencontrer et rencontrer l’autre en dehors d’un esprit de compétition. C’est important que les enfants apprennent à ouvrir leur cœur y compris au sein des établissements scolaires où ils passent la majeure partie de leur temps.

Dans une recherche récente menée par l’Association de Méditation dans l’Enseignement en collaboration avec Charles Martin-Krumm, Rebecca Shankland et Ilios Kotsou, sur un panel de 6 établissements scolaires publics ( à Paris et Toulouse) en REP soit 14 classes et 20 enseignants qui ont suivi le programme PEACE, on note des effets significatifs du programme au niveau des besoins psychologiques fondamentaux des enfants (besoin d’autonomie, de compétence et d’appartenance sociale) avec augmentation du sentiment de proximité sociale. Pour cette recherche suivie par Clémence Gayet, l’association a reçu le 3ème prix de recherche en psychologie positive.

Quels retours avez-vous de ces expériences ?

Chaque année les enseignants de mon collège qui ont pu évaluer le programme ont noté des effets positifs sur le climat de la classe, une meilleure entente des élèves entre eux, même si parfois les mauvaises habitudes reviennent à l’arrêt du programme.

Sur le plan collectif, au collège Nelson Mandela, nous avons adopté des rituels communs en début de cours qui consistent à prendre une pause, une respiration avant de commencer une activité et chaque fois que le besoin se fait sentir. Quelques professeurs se sont également formés à la Communication Non Violente dans une Formation d’Initiative Locale ou encore au programme PAUSE que j’ai proposé cette année. Ce programme, également dispensé par l’A.M.E. est un programme d’initiation à la méditation de pleine présence pour ceux qui n’ont pas de pratique et qui souhaiteraient découvrir comment cultiver une attitude de pleine présence en classe, comment intégrer les pratiques avant, pendant, et après les cours, en s’entrainant pour soi en dehors de l’école.

Dès la prochaine rentrée je compte bien proposer de nouveaux cycles de formation aux enseignants et personnels de l’éducation qui se sont montrés particulièrement intéressés par ces pratiques et programmes cités plus haut lors des journées de formation académique « Bien-être et réussite scolaire » auxquelles Mme Mazeron, professeur de SVT nous a fait le plaisir de nous convier Mme Amétépé et moi-même deux années de suite pour un partage d’expériences.

Pourquoi, selon vous, les professeurs documentalistes sont-ils bien placés pour agir sur cette dimension ’ bonheur » ?

Je ne sais pas s’ils sont mieux placés que les autres enseignants, je sais seulement qu’ils peuvent impulser des actions sur des temps forts comme la journée du bonheur célébrée à la date du 20 mars. Mon ami Julien Peron a sorti un très beau film documentaire sur le sujet en réalisant 1500 interviews dans le monde sur la définition du bonheur pour chacun. D’où le titre du film : « C’est quoi le bonheur pour vous ? 7 milliards d’individus, 7 milliards de définitions ». Lors de sa sortie il y a deux ans, nous avions projeté le DVD dans le CDI de mon collège et avec les élèves du club journal nous avions recueilli les paroles d’élèves et de membres de la communauté volontaires sur leur définition du bonheur pour un petit reportage en interne. Nous avions également proposé une activité « mur de post-it notes » au CDI. Présentée aux parents lors de notre « Soirée Des Talents », je reviendrai plus tard sur cette soirée, quelques uns avaient également donné leur propre définition du bonheur.

Comme l’a écrit une élève de 5ème « Le bonheur c’est d’avoir confiance en soi, d’être bienveillant et de prendre soin de soi et de sa famille. » Il s’agit d’un message plus que d’actualité en ces temps de crise sanitaire. Sachez d’ailleurs que par élan de solidarité suite aux évènements actuels, le film « C’est quoi le bonheur pour vous ? » est en accès gratuit pendant toute la durée du confinement, raison pour laquelle, coïncidence de calendrier, nous l’avons choisi comme première publication de notre rubrique « Gardons le moral et le sourire ».

Les professeurs documentalistes savent valoriser par des expositions les productions des élèves, qu’elles soient réalisées au CDI, en étude, au Conseil de la Vie Collégienne ou dans les cours à l’initiative des enseignants disciplinaires sur des thématiques diverses ou des projets d’éducation aux médias et à l’information. Il est important de continuer à rendre visible les productions des élèves au sein de l’établissement scolaire et lorsque c’est possible à l’extérieur de l’établissement comme par exemple dans un journal scolaire. Quand on réalise un panneau d’informations sur quel que sujet que ce soit on peut être fier d’une production individuelle ou collective et cela renforce le sentiment d’appartenance à un groupe. C’est valable pour les élèves comme pour nous les adultes issus d’une même communauté pédagogique.

Parce qu’ils sont parfois référents aux usages pédagogiques du numérique en tout cas experts dans leurs usages pour la diffusion des productions, la veille informative et l’élaboration ainsi que la diffusion de tutoriels sur des thématiques variées, le bien-être peut être une des thématiques à mettre en avant par les professeurs documentalistes. Plusieurs de mes collègues référentes de la ZAP de Gironde ont organisé dans leurs établissements des journées de rencontres et de mutualisation des pratiques sur les thèmes « Zen au CDI » ou encore « Lycée Zen », cela pour dire que le sujet questionne et intéresse, comme on nous appelle, les docs !

Quand ils sont référents culturels comme c’est mon cas, le professeur documentaliste assure la coordination des clubs, des ateliers et des projets culturels qui se déroulent en partenariat avec les associations et les structures culturelles de proximité. Au collège Nelson Mandela nous organisons depuis cinq ans sur la scène de la Maison des Savoirs Partagés, la M270, de la ville de Floirac, une « Soirée des Talents ». C’est un moment fort pour la restitution de tous les projets artistiques de l’année qui se déroule fin mai/ début juin et qui est très attendu parce qu’il participe du lien avec les familles, une soirée de Bonheur. Là encore le bonheur n’est pas quelque chose d’individuel, il se partage.

Dans nos centres de documentation et d’information avec nos aides documentalistes, les occasions sont multiples pour développer l’entraide, la coopération, le « on apprend ensemble » dans la bonne humeur et dans un climat de confiance qui certes prend du temps à installer dans un établissement (je dirais au minimum 3 ans) mais qui permet de réaliser de belles choses. Par exemple, aujourd’hui dans mon CDI les élèves participent activement aux acquisitions de livres, à l’équipement et à la signalétique, aux prêts et aux retours de livres. Ils sont forces de propositions pour des animations, des jeux concours, etc…

Bien vivre en cette période inédite où chacun reste chez soin avec peut être des angoisses, de la lassitude, de la colère ou autre chose, c’est apprendre à sortir du biais de la négativité, de cet esprit qui retient d’abord ce qui va mal pour se rappeler en priorité ce qui va bien. Il y aura l’après confinement donc il nous faut préparer le monde de demain, pour une éducation bienveillante et heureuse vers un monde meilleur. Puisque ce virus nous offre le temps de faire une pause, de ralentir, de simplifier nos vies et de prendre soin de nous-mêmes et de nos proches, c’est peut être l’occasion ou jamais de bâtir une vraie communauté de pratiques, une communauté inter-êtres pour s’entrainer et s’entraider. Une seule consonne distingue ces 2 verbes. Inter-êtres signifie que nous ne sommes pas séparés. Si l’on désire une société plus fraternelle, il en est de notre responsabilité de montrer l’exemple aux plus jeunes, plus que jamais. Comme le dit le philosophe Fabrice Midal la méditation est l’art de se foutre la paix. C’est donc à la portée de tous ! Exerçons nous à l’écoute profonde et à la parole aimante pour mieux comprendre nos souffrances, mieux les accueillir, mieux en prendre soin et mieux prendre soin celles des autres. Et ensemble, dans l’impermanence de la situation, plus que tout « Gardons le moral et le sourire ! »

Gardons le moral et le sourire - Cette rubrique « Gardons le moral et le sourire » est née pendant le confinement - Document explicatif à ouvrir ci-après : Gardons le moral et le sourire

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Source à consulter : http://www.cafepedagogique.net/lexpresso/Pages/2020/04/16042020Article637226201730959344.aspx

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8.
Les vertus de la gratitude volontaire Emission RCF présentée par Bénédicte Draillard - La Vie est un Art, mardi 7 août 2018 à 10h30 - Durée 25 minutes

La gratitude volontaire, c’est se reconnecter avec les forces que l’on a naturellement, comme l’écoute et l’entraide - ’On peut se proposer de mettre en œuvre les conditions qui permettent la gratitude.’ Pour la psychologue Rébecca Shankland, entrer dans une démarche volontaire de gratitude, c’est se reconnecter avec les forces que l’on a naturellement, comme l’écoute et l’entraide.

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Commander sur CDhttps://rcf.fr/boutique/order/1674356- La gratitude est le berceau de l’humilité, pour Rébecca Shankland. Elle publie ’Les Pouvoirs de la gratitude’ (éd. Odile Jacob), et invite les lecteurs à choisir la gratitude.

Choisir la gratitude

On peut éprouver spontanément de la gratitude. ’On peut aussi se proposer de mettre en œuvre les conditions qui permettent la gratitude.’ Par exemple, considérer que la vie sans les autres est plus difficile. Rébecca Shankland raconte l’exemple d’une personne grande amatrice de thé, qui s’est mis un jour à considérer toute la chaîne de production du thé. Et à penser aux innombrables personnes qui lui permettent de boire son thé tous les jours. Une démarche volontaire de gratitude qui a changé son rapport aux autres et renouvelé son regard.

ÉCOUTER ► La gratitude : un sentiment de paix, d’émerveillement et de communion

L’adaptation hédonique

Ce que Rébecca Shankland appelle ’adaptation hédonique’ correspond à la capacité de s’adapter à toutes les choses agréables du quotidien. Certes il est plus facile de s’adapter à ce qui est agréable que l’inverse. Mais des études ont montré qu’une personne de niveau de vie moyen qui gagne au loto finit toujours par revenir à ses anciennes habitudes agréables.

ÉCOUTER ► La gratitude, le secret de la pensée positive

La gratitude et la psychologie positive

La gratitude volontaire, c’est se reconnecter avec les forces que l’on a naturellement, comme l’écoute et l’entraide. Et constater leurs effets bénéfiques sur soi et son entourage. Et pouquoi pas commencer par se souvenir chaque soir des choses heureuses de la journée. Et la chance qu’on a de les avoir vécues.

Émission enregistrée en décembre 2017 – Invitée : Rébecca Shankland, psychologue clinicienne, spécialiste des addictions, maître de conférences en psychologie clinique et psychopathologie à l’université Pierre-Mendès-France Grenoble-Alpes

Bibliographie : Les Pouvoirs de la gratitude Rébecca Shankland éd. Odile Jacob (2017)

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L’émission : Le lundi à 16h, le jeudi à 13h30 et le dimanche à 20h

Un podcast de psychologie positive qui ouvre les auditeurs à la bienveillance, la gratitude, l’altruisme et le pardon. Avec ses invités, psychologues, thérapeutes, médecins ou coachs, Bénédicte Draillard défriche des voies de croissance personnelle et de communion fraternelle. Des exemples concrets et simples, un langage ouvert et des suggestions accessibles, pour se mettre en route vers un mieux-être, avec soi-même et avec les autres. Le présentateur - Nous contacter -Voir la grille des programmes

RCF, Radio Chrétienne Francophone, un réseau de 64 radios locales

RCF est créé en 1982, à l’initiative de l’archevêque de Lyon, Monseigneur Decourtray, et du Père Emmanuel Payen. Dès l’origine, RCF porte l’ambition de diffuser un message d’espérance et de proposer au plus grand nombre une lecture chrétienne de la société et de l’actualité. Forte de 600.000 auditeurs chaque jour, RCF compte désormais 64 radios locales et 270 fréquences en France et en Belgique. Ces 64 radios associatives reconnues d’intérêt général vivent essentiellement des dons de leurs auditeurs. Information, culture, spiritualité, vie quotidienne : RCF propose un programme grand public, généraliste, de proximité. Le réseau RCF compte 300 salariés et 3.000 bénévoles.

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Interview de Laurence Creton le 9 mars 2018, sur RCF 07 ...

Source : https://rcf.fr/vie-quotidienne/psychologie/vertus-de-la-gratitude-volontaire

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Psychologie - L’auto-thérapie contre le stress et l’anxiété 1/3 La cohérence cardiaque Présentée par Bénédicte Draillard - Invité : Dr. Emmanuel Contamin, psychiatre, spécialiste des enfants et des adolescents – Durée 25 minutes - Émission RCF diffusée en février 2019

Stress, anxiété, réactions émotionnelles ou comportementales incontrôlées : il existe des méthodes thérapeutiques que l’on peut exercer seul chez soi. Explications du Dr Emmanuel Contamin.

Prendre soin de sa santé psychique sans médicament et sans aller voir un thérapeute, est-ce possible ? ’Il y a bien sûr des limites à l’auto-thérapie, à ce que l’on peut faire par soi-même, admet Emmanuel Contamin, mais il y a beaucoup qu’on peut faire.’ Le psychiatre publie ’Prendre soin de nous - Guide pratique d’auto-thérapie’, un livre qui se donne comme ’un livre de recettes’, où il ne s’agit pas de réaliser tous les exercices, mais de tester pour trouver celui qui nous convient le mieux.

L’auto-thérapie, un accélérateur de thérapie

’Énormément de traumas ont des racines dans l’enfance’, ce que l’on appelle des blessures d’attachement. Pour le psychiatre ce sont des ’schémas qui ont besoin de se réorganiser’. Et pour cela, il est possible d’’installer une vraie pratique pour en sortir’. Parfois, les méthodes d’auto-thérapie qu’il proposent peuvent suffire, parfois elles permettent d’accélérer l’effet d’une thérapie où l’on est accompagné.

Quelques thérapies

Il y a l’EMDR ou ’eye movement desensitization and reprocessing’, une thérapie post-traumatique. ’On utilise les mouvements des yeux pour retraiter les souvenirs traumatiques, que ça redevienne un souvenir ordinaire, et que ça ne définisse plus dans le présent des réactions émotionnelles ou comportementales incontrôlées ou une image de soi négative.’ 

Il y a aussi la méditation de pleine conscience. Porter notre attention sur l’instant présent, un domaine qui a énormément de travaux de validation scientifique et qui rejoint la question de la spiritualité, même laïque, la méditation de pleine conscience ’remet en avant cette nécessité d’intériorité’. Mais le psychiatre considère que la capacité à être dans l’instant présent est difficile et demande ’un véritable entraînement’.

Travailler le relationnel

Le guide pratique du Dr Emmanuel Contamin propose des exercices pour travailler sa relation aux autres. Une étude menée par plusieurs générations de chercheurs sur une soixantaine d’années a en effet montré que ’ce qui rend heureux dans la vie c’est les relations’. Tout ce ’travail intérieur’ se nomme ’le reparentage de l’enfant intérieur’ : pour ’apaise les zones blessées de nos liens d’attachement’.

Invité : Dr. Emmanuel Contamin, psychiatre, spécialiste des enfants et des adolescents

Bibliographie :

Prendre soin de nous - Guide pratique d’auto-thérapie Dr Emmanuel Contamin Books on Demand (2018)

Guérir de son passé avec l’EMDR et des outils d’autosoin Dr Emmanuel Contamin éd. Odile Jacob (2017)

Source : https://rcf.fr/vie-quotidienne/psychologie/l-auto-therapie-contre-le-stress-et-l-anxiete-13-la-coherence-cardiaque

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Bibliographie

Prendre soin de nous - Guide pratique d’auto-thérapie

Dr Emmanuel Contamin

Books on Demand (2018)

Guérir de son passé avec l’EMDR et des outils d’autosoin Dr Emmanuel Contamin éd. Odile Jacob (2017)

Source : https://rcf.fr/vie-quotidienne/psychologie/auto-therapie-contre-le-stress-et-l-anxiete-13?utm_source=newsletter&utm_medium=email&utm_campaign=20200328N105&utm_content=Z4&utm_source=Newsletter&utm_medium=email&utm_content=Confinement+%3A+RCF+vous+accompagne&utm_campaign=Newsletter105-N28032020

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10.
PSYCHOLOGIE - Huit types de personnes toxiques à éviter - Faisons le ménage autour de nous Par Kelsey Borresen et Brittany Wong / The HuffPost - 04/01/2018 12:37 CET - C’EST LA VIE - Photo martin-dm via Getty Images

PSYCHOLOGIE - Le nouvel an est l’occasion de faire sortir de votre vie les personnes négatives qui vous empêchent d’avancer et vous tirent vers le bas. Qu’il s’agisse de collègues, d’amis ou de membres de votre famille, garder vos distances avec ces personnes toxiques (voire rompre tout contact avec elles) peut être difficile mais s’avère au bout du compte nécessaire et libérateur. Nous avons demandé à des spécialistes quels genres de personnes il vaudrait mieux cesser de fréquenter en ce début d’année 2018.

1. Les rabat-joie

Les personnes de votre entourage devraient vous aider à vous construire et se réjouir de votre réussite, et non vous démoraliser. Mais les rabat-joie verront toujours la bouteille à moitié vide.

Vous avez obtenu une augmentation ? ’C’est tout ? Tu mérites beaucoup plus avec tout le travail que tu fais’, s’indignent-ils. Vous venez d’organiser les vacances de vos rêves ? ’Tu es sûr.e de vouloir y aller à cette période ? Ça va être bondé !’ remarquent-ils.

’Les personnes toxiques ont l’art de gâcher votre joie et de transformer des nouvelles positives en quelque chose de négatif’, explique Sheri Meyers, thérapeute spécialiste du mariage et de la famille. ’Elles trouveront toujours une raison pour rendre ces bonnes nouvelles pas si géniales que ça.’

Et même si cela semble témoigner d’une sollicitude sincère à votre égard, c’est rarement le cas. ’Ne laissez pas la négativité et la fausse sollicitude des rabat-joie ternir votre bonheur ou vous dégonfler comme une baudruche’, conseille notre spécialiste. ’Les personnes toxiques ne sont ni attentionnées, ni encourageantes, ni intéressées par ce qui est important ou mieux pour vous.’

2. Les manipulateurs

Ces personnes vont essayer d’attaquer, saper ou remettre en question votre perception de la réalité pour vous faire douter de vous-même. De cette façon, ils restent en position de supériorité dans votre relation.

’Comme tous les gens toxiques, les manipulateurs manquent de confiance en eux. Ils sont très efficaces pour obtenir ce qu’ils veulent mais profondément destructeurs dans leurs relations’, déclare la thérapeute Amanda Stemen. ’Ils peuvent mentir et nier l’avoir fait, même en cas de preuve flagrante. Leurs actes ne sont pas en cohérence avec leurs paroles, ils vous induisent volontairement en erreur et vous font croire que le problème vient de vous, ou bien ils dressent les autres contre vous.’

Dans certains cas, les manipulateurs ne se rendent pas compte de ce qu’ils font. Ceux qui s’en rendent compte ne se soucient pas toujours des dégâts qu’ils causent. Amanda Stemen recommande d’éviter ces personnes jusqu’à ce qu’elles soient capables d’assumer leur comportement.

3. Les profiteurs

Ils exigent que vous leur consacriez du temps, de l’énergie et des ressources sans prendre en considération vos propres besoins et envies.

’A moins que vos besoins ne servent leurs propres intérêts narcissiques, les profiteurs vous accorderont juste ce qu’il faut pour que vous ne les laissiez pas tomber, et qu’ils puissent continuer à vous exploiter à l’avenir’, explique le psychologue Ryan Kelly, qui ajoute que les profiteurs sont souvent des gens sympathiques qui se servent de leur charisme pour parvenir à leurs fins.

’Fréquenter ces personnes peut sembler formidable’, dit-il. ’Lorsque c’est dans leur intérêt, elles peuvent vous faire vous sentir irremplaçable. Mais quand ce n’est pas le cas, elles vous rejettent, vous font douter de vous et vous sentir inutile.’

4. Les proches à problèmes

Si l’un de vos proches a sans cesse des comportements à risque ou souffre d’une addiction mais refuse de se faire aider, il est peut-être temps de remettre en question votre relation.

’Si cette personne est hors de contrôle et vous entraîne dans sa chute, vous ne l’aidez en la laissant profiter de vous, vous manquer de respect ou se servir de vous’, affirme Tina B. Tessina, psychothérapeute et auteure du livre ’It Ends with You : Grow Up and Out of Dysfunction’ (inédit en français). ’Vous l’encouragez dans ses erreurs. Il est temps de prendre le large.’

’Arrêtez de faire le ménage derrière elle, ne lui prêtez pas d’argent si vous savez pertinemment qu’elle ne vous le rendra pas. Inutile de culpabiliser ou de redouter qu’elle ne se fasse du mal. Cela arrivera probablement, mais vous ne pouvez rien y faire.’

Elle recommande de garder ses distances jusqu’à ce que cette personne soit prête à faire en sorte d’aller mieux. Bien sûr, vous pouvez l’aider à trouver un thérapeute ou un groupe de soutien, mais n’oubliez pas que vous ne pouvez pas résoudre ses problèmes à sa place.

5. Les amis dont vous vous êtes éloigné.es

Nous espérons tous que nos amitiés soient éternelles, mais cela arrive rarement en réalité, parce qu’elles ne sont pas faites pour durer. Et c’est normal.

’Beaucoup de nos amis sont destinés à faire partie de notre vie pendant un temps, jusqu’à ce que nous passions à autre chose’, déclare Kurt Smith, thérapeute spécialisé dans le conseil aux patients masculins. ’Malheureusement, la culpabilité, le sentiment d’obligation et les suppositions erronées font que nous continuons à les fréquenter beaucoup plus longtemps qu’il ne serait bon de le faire, pour eux comme pour nous.’

L’amitié doit être réciproque et équilibrée. Si ce n’est pas le cas, il est peut-être temps de tourner la page.

’Si l’un de vos amis est plus un fardeau pour vous qu’une aide (et pas uniquement de temps en temps, comme cela nous arrive à tous), si vous n’avez de ses nouvelles que lorsqu’il a besoin de quelque chose, s’il ne parle que de lui ou se montre trop critique ou négatif, vous avez tout intérêt à remettre en question votre relation’, ajoute l’expert.

6. Les rancuniers

Ces personnes ont toujours quelque chose à vous reprocher et gardent en mémoire la moindre de vos erreurs pour pouvoir l’utiliser contre vous plus tard.

’Elles jouent la carte de la surenchère en vous rappelant les fois où vous n’avez pas fait quelque chose, les avez laissé tomber ou n’avez pas agi comme il le fallait, et s’en servent pour prouver que vous n’êtes pas à la hauteur’, reprend Sheri Meyers. ’Quand vous essayez de vous défendre, d’en discuter ou de résoudre le problème, les personnes toxiques mentionnent souvent une déception passée, en insistant sur vos fautes et en affirmant que vous n’avez jamais vraiment été là pour elles.’

’Elles sont toujours en train de compter les points. Et vous n’en gagnez jamais assez. Elles défendent leur point de vue avec véhémence et n’assument jamais rien de ce qu’elles font ou ont pu faire.’

7. Les critiques

Personne n’est parfait. Nous comptons donc sur nos amis proches pour nous dire franchement quand nous avons besoin de nous secouer les puces ou pour nous donner un avis sincère. Mais les personnes qui nous critiquent sans cesse ne sont pas de véritables ami.e.s.

’Les critiques trouvent à redire à presque tout ce que vous faites et sautent sur la moindre occasion pour souligner un défaut. Ils ne s’adressent jamais à vous par sollicitude mais uniquement pour vous faire des reproches et vous accuser’, indique Amanda Stemen. ’Ils font toujours comme si le problème venait de vous.’

Les personnes trop critiques ont souvent une mauvaise estime d’elles-mêmes et projettent leurs propres angoisses sur leur entourage.

’En réalité, leurs critiques sont dirigées contre elles-mêmes, mais cela ne les rend pas plus agréables à entendre, et vous n’avez pas pour autant à les supporter. Leur négativité est malsaine pour ceux qui les fréquentent’, ajoute la thérapeute.

8. Le partenaire toxique

Il est souvent difficile de mettre fin à une relation amoureuse toxique, surtout quand l’autre refuse d’entendre raison. Mais faire sortir cette personne de votre vie est souvent la meilleure et la plus saine décision que vous puissiez prendre.

’En cas de réels problèmes, comme le mensonge, les conflits d’ordre financier, l’alcoolisme, la toxicomanie, la violence, les ex encombrant.e.s, un passé criminel, les activités illégales, ne cherchez pas d’excuses et n’acceptez pas de promesses de changement’, conseille Tina Tessina.

’Changer est difficile, et prend beaucoup de temps. De simples promesses, même bien intentionnées, ne suffisent pas. Rompez avant de vous attacher ou de vous abîmer davantage. Si votre partenaire décide de se faire aider, qu’il le fasse parce qu’il en a besoin, pas pour vous reconquérir.’

La spécialiste recommande de se montrer prudent au moment de rompre avec ce genre de personne : ’Je conseille souvent aux clients qui veulent rompre avec un partenaire violent ou harceleur de le faire par e-mail, pour plus de sécurité.’

Cet article, publié à l’origine sur le HuffPost américain, a été traduit par Iris Le Guinio pour Fast For Word.

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Source : https://www.huffingtonpost.fr/2018/01/04/8-types-de-personnes-toxiques-a-eviter-en-2018_a_23323615/

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11.
Comment faire face aux risques psychologiques liés au confinement ? Les conseils du psychiatre David Gourion Entretien réalisé par Florent Le Du - Document ‘humanite.fr’

L’enfermement prolongé de la population peut avoir des impacts psychologiques négatifs chez de nombreuses personnes allant de l’anxiété à la décompensation. Pour 5 à 15 % de la population, des troubles peuvent même émerger qui nécessitent une prise en charge. Mais des moyens de s’en prémunir existent. Entretien avec David Gourion, psychiatre et ancien chef de clinique à Sainte-Anne.

Alors que plus de trois milliards de personnes sont actuellement confinées dans le monde, de nombreux experts s’interrogent sur les risques psychologiques d’une telle situation. C’est le cas du psychiatre David Gourion, qui propose des outils à destination des étudiants pour surmonter le stress et l’anxiété provoqués par cette période.

Quels effets le confinement peut-il avoir sur notre santé mentale  ?

David Gourion - Les psychiatres chinois qui ont un peu de recul sur le confinement, décrivent l’apparition d’un sentiment de frustration, d’irritabilité, de colère, d’ennui et d’impuissance croissant au fil du temps. S’ajoute une peur de la contamination, autant celle d’être contaminé que de contaminer les autres. Face à cela, les personnes âgées ou isolées et les adolescents sont les populations les plus fragiles. Mais le confinement peut avoir un impact sur une grande majorité de la population. Chez 5 à 15 % de la population, des troubles peuvent même émerger, nécessitant une prise en charge : attaques de panique et d’autres troubles anxieux, états dépressifs, addictions, idées suicidaires, etc… Il faut donc faire de la prévention et du repérage précoce de ces troubles psychiques, même lorsque nous aurons surmonté la pandémie. Des études réalisées sur les effets psychologiques du confinement révèlent ainsi des décompensations aiguës chez les personnes qui souffraient préalablement de troubles psychiques, mais également l’apparition de troubles anxieux chez des personnes sans antécédents.

Concrètement, pourquoi ce confinement prolongé a-t-il un impact  ?

David Gourion - Nos humeurs, liées directement à la façon dont nous vivons le confinement, vont agir sur notre santé mentale. Cela peut être la solitude, l’enfermement, la promiscuité avec ceux avec qui nous sommes confinés, la rupture sociale, la frustration accumulée de ne pouvoir sortir, faire du sport, etc. Le fait de devoir changer ses habitudes peut aussi provoquer de l’anxiété. Autres données à surveiller : l’augmentation de la consommation d’alcool, ou le fait qu’il existe ou non un climat de violence à la maison. Car les risques de violences familiales augmentent en période de confinement. L’autre facteur qui peut provoquer une peur et un stress importants, c’est l’impossibilité de prédire l’évolution de la pandémie et la durée du confinement. Les conditions socio-économiques sont bien sûr un facteur aggravant. Se retrouver confiné en famille dans un logement exigu, ce n’est pas tout à fait la même chose que dans un grand appartement ou une maison avec jardin. Et si des pathologies apparaissent dans les populations défavorisées, elles pourraient ne pas bénéficier de soins aussi rapides et efficaces que les autres.

Dans ce contexte, certains psychologues ou psychiatres proposent des consultations gratuites. D’autres plaident pour la mise en place d’une cellule psychologique dédiée. Vous y êtes favorable  ?

David Gourion - Oui, une aide psychologique peut être indispensable pour prévenir l’apparition de pathologies. La Chine a mis en place un numéro d’appel 7 jours sur 7, 24 heures sur24 pour les personnes en situation de détresse psychique, avec un plan de gestion du stress adapté à chaque type de population : les anxieux, les malades, les familles, les personnes âgées. Nous essayons de voir avec un certain nombre de collègues psychiatres et psychologues comment nous pouvons aider à développer des réseaux de soutien psychologique, en priorité à destination des soignants, mais également ensuite à destination de la population.

Un confinement prolongé peut-il créer un syndrome de stress post-traumatique  ?

David Gourion - Oui, on observe des états de stress post-traumatique, notamment chez les personnes qui ont eu un proche contaminé ou malade, ou bien qui ont été contaminées elles-mêmes. En Chine, après un mois de confinement, environ 7 % de la population présentait des symptômes de stress post-traumatique : insomnies avec cauchemars, images mentales effrayantes intrusives et récurrentes, hypervigilance avec sentiment d’insécurité permanente, fatigue, problèmes de concentration… Chez certaines personnes, l’épidémie vient réveiller des souvenirs traumatiques plus anciens, qui vont se réactiver de façon délétère.

Les personnes souffrant déjà de troubles psychiques sont donc plus exposées aux effets du confinement  ?

David Gourion - Outre leur fragilité émotionnelle, ces personnes cumulent, plus fréquemment hélas que les autres, différentes vulnérabilités : difficultés financières, isolement socio-familial, problèmes médicaux, etc. De ce fait, la situation actuelle de confinement peut avoir un impact émotionnel encore plus important. Le sentiment d’exclusion sociale et de stigmatisation, auquel ces personnes sont exposées en temps habituel, est accru. Je redoute également que les patients souffrant de maladies mentales sévères ne bénéficient pas des meilleurs soins. Lorsque les problèmes de saturation des services de santé vont s’aggraver, il y a un risque qu’ils soient relégués au second rang sur les listes d’attente pour la réanimation. Cela a été le cas en Chine, où ces patients ont été les premiers à mourir du Covid. Ce serait une double peine insupportable. Enfin, il a été montré que les personnes en situation de détresse psychique ne suivent pas, ou mal, les recommandations de santé publique, notamment le confinement. Autrement dit, maintenir une bonne santé mentale dans la population jouera également un rôle dans l’extinction de l’épidémie.

Comment peut-on prévenir ces différents risques  ?

David Gourion - En créant des routines, afin de maintenir ses rythmes biologiques : horaire de lever matinal identique chaque jour, horaires de repas réguliers, activité physique minimale et régulière, maintien des liens sociaux - pas uniquement virtuels si c’est possible. Il faut aussi continuer de se fixer des challenges, lire, écouter de la musique, se cultiver, prendre soin des autres… Ce n’est pas parce qu’on est confiné que l’on ne peut pas avancer !

L’accès à une bonne information peut-il aider à rationaliser ses peurs  ?

David Gourion - Absolument. Il faut éviter la lecture de fake news et autres théories du complot qui ne peuvent qu’augmenter notre niveau de stress. L’idéal est d’avoir de bonnes sources d’information, fiables et vérifiées, et d’y accéder sur des temps restreints (par exemple matin et soir, mais pas pendant toute la journée). Chez les personnes anxieuses, l’hyper-exposition médiatique à flux continu est vraiment à éviter.

Tags : confinement coronavirus covid-19 santé Entretiens

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Source : https://www.humanite.fr/comment-faire-face-aux-risques-psychologiques-lies-au-confinement-les-conseils-du-psychiatre-david

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12.
Coronavirus : l’ONU alerte sur les violences faites aux femmes en période de confinement - C. S. avec AFP - 06/04/2020 à 08h02 – Document ‘bfmtv.com/’ - Photo

Partout dans le monde, le confinement exacerbe les violences conjugales. Le secrétaire général de l’ONU demande aux États d’agir pour protéger les victimes.

La période de confinement peut être extrêmement difficile à vivre pour les femmes victimes d’un conjoint violent, alors que les violences intra-familiales se retrouvent exacerbées. Dimanche, le secrétaire général de l’ONU, Antonio Guterres, a lancé un appel mondial à protéger les femmes et jeunes filles ’à la maison’. 

’La violence ne se cantonne pas aux champs de bataille’, a-t-il souligné dans un communiqué et une vidéo en anglais sous-titrée en français, arabe, espagnol, chinois ou russe, en rappelant son appel récent à un cessez-le-feu sur tous les théâtres de guerre pour mieux lutter contre la maladie.

’Malheureusement, de nombreuses femmes et jeunes filles se retrouvent particulièrement exposées à la violence précisément là où elles devraient en être protégées. Dans leurs propres foyers. C’est la raison pour laquelle je lance aujourd’hui un nouvel appel pour la paix à la maison, dans les foyers, à travers le monde entier.’

’Ces dernières semaines, tandis que s’aggravaient les pressions économiques et sociales et que la peur s’installait, le monde a connu une horrible flambée de violence do

Un phénomène mondial

Aujourd’hui, avec la pandémie, de nombreuses femmes sont prises au piège dans leur maison avec leur agresseur et le phénomène peut concerner tous les pays, constatent les Nations unies.

Ainsi, aux États-Unis, plusieurs villes ont rapporté un nombre croissant de cas de violences familiales et d’appels à ce sujet. En Inde, le nombre de dossiers a doublé au cours de la première semaine de restriction de mouvements, selon la Commission nationale pour les femmes.

Des militantes turques ont de leur côté appelé à une meilleure protection des femmes en raison d’un accroissement des meurtres les visant depuis la recommandation du confinement faite par le gouvernement le 11 mars. Le gouvernement australien a rapporté pour sa part avoir constaté une augmentation de 75% des recherches sur internet pour un soutien face à des violences dans les foyers.

La première semaine de restrictions en Afrique du Sud s’est traduite par près de 90.000 plaintes de violence, tandis qu’en France, la violence domestique a cru d’un tiers en une semaine.

Les exemples ci-dessus ont été rapportés par des organisations ou des pays ayant des systèmes établis pour la protection des femmes. Alors que le virus se répand, les Nations unies disent s’attendre à avoir moins d’informations de pays disposant d’institutions faibles, avec des chiffres ne reflétant que le sommet de l’iceberg et les pires cas.

Des abris pour les femmes victimes

’Ensemble, nous pouvons et devons empêcher la violence partout, dans les zones de guerre comme dans les foyers, tandis que nous nous efforçons de vaincre le Covid-19’, a plaidé Antonio Guterres.

L’ONU juge enfin que les violences faites aux femmes risquent de prendre des tournures plus complexes : l’exposition au coronavirus utilisé comme une menace, femmes expulsées de leur domicile sans endroit où aller, police et justice submergées et faisant des priorités...

A ce sujet, l’ONU pousse les gouvernements à continuer à prévoir des abris pour les femmes abusées et de garder ce dossier dans leur définition des services essentiels.

Source : https://www.bfmtv.com/international/coronavirus-l-onu-alerte-sur-les-violences-faites-aux-femmes-en-periode-de-confinement-1889584.html

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13.
Confinement : les violences intra-familiales sont en hausse Par Marie Casadebaig- Publié le 20/04/2020 à 09:24 - Document ‘rfi.fr’ - Audio 04:33 -Photo

En France, le gouvernement signale une hausse de 30 % des violences intra-familiales depuis le début du confinement. Getty Images/Johner Images

Les associations de protection de femmes et des enfants redoutaient une hausse des violences intrafamiliales avec la mise en place du confinement. Ces craintes se révèlent malheureusement fondées. Ces violences ont explosé dans les pays ayant pris de telles mesures.

Des données alarmantes nous viennent des quatre coins du monde. Les signalements de violences faites aux femmes ont bondi de 60 % au Mexique, de 40 % au Brésil, 25 % au Royaume-Uni. En Chine, ils auraient triplé.

► À lire aussi : En Pologne, une fausse e-boutique contre les violences faites aux femmes

En France, le gouvernement signale une hausse de 30 % depuis plus d’un mois. C’est ce qu’observe aussi Françoise Brié, présidente de Solidarité femmes, qui gère la plateforme téléphonique d’écoute et de conseil du 3919. « On a noté que des femmes qui vivent 24 heures sur 24 avec leur agresseur se rendent compte qu’elles étaient victimes de violences auparavant et que ce confinement les a aggravées. Les femmes se sentent souvent piégées. On a aussi beaucoup de situations de femmes qui ont besoin de prendre des conseils par rapport aux violences qu’elles subissent. Elles commencent à réfléchir à une séparation et à entamer des démarches », analyse-t-elle.

Des tabous derrière certains silences

Les données sur les violences faites aux femmes ne remontent pas pour autant de toutes les régions du monde. Le silence est encore très persistant dans certaines. Sur le continent africain par exemple. Et pour cause : dans la plupart des pays, le sujet est encore tabou. Tout ce qui se passe à la maison reste à la maison.

Pourtant, des associations sentent bien que les couvre-feux imposés ont un impact sur ces violences. Danielle Huèges est la directrice exécutive de l’association Unies Vers’elles Sénégal qui accueille femmes et enfants victimes de violence. Elle dresse un constat :« Nous sommes très étonnées, parce que nous n’avons pratiquement plus aucun signalement, alors que généralement, notre dispositif sur la proche banlieue de Dakar - Pikine-Guédiawaye - représente entre 100 et 150 signalements par mois. C’est lorsque l’on va sortir de ce confinement que l’on va s’apercevoir de tous les problèmes qui sont nés pendant cette période », dit-elle. C’est comme si l’urgence du quotidien avait relégué au second plan l’urgence de fuir les violences du foyer.

«  Les huis clos familiaux qui se passent mal sont même sûrement non signalés  »

Les institutions françaises l’observent aussi ce silence, à propos notamment de la situation des enfants. Aucune remontée de ce côté-là. Les services départementaux de l’Aide sociale à l’enfance s’attendaient à être davantage sollicités, pour des mises à l’abri. C’est tout le contraire.

« Les enfants sont moins seuls et peuvent moins appeler puisqu’ils sont confinés dans leurs familles, explique Emmanuelle Ajon, présidente de l’Aide sociale à l’enfance en Gironde, dans le Sud-Ouest. Nous avons surtout l’Éducation nationale, qui est notre premier lien d’interpellation, qui n’est plus là pour le faire. Cela nous inquiète parce que cela veut dire que les huis clos familiaux qui se passent mal sont même sûrement non signalés. » Puis d’ajouter : « À ce titre, la Gironde est en train de réfléchir à voir comment elle pourra avoir plus de moyens humains sur le terrain pour faire des enquêtes au moment du déconfinement. »

Informations pratiques

• Que faire si l’on est victime de ces violences ?

La réponse ne sera pas la même que l’on soit au Sénégal ou en France. L’association Unies Vers’elle Sénégal peut compter sur 1 200 volontaires, pour signaler par un simple SMS les situations de violence qu’ils constatent dans leur quartier.

En France, il faut bien avoir en tête que les systèmes de protection continuent de fonctionner normalement et que les victimes n’ont pas à attendre le déconfinement pour se protéger. « Les femmes peuvent s’en aller, fuir, rappelle Françoise Brié. Il n’est absolument pas impossible pour les femmes de s’éloigner, même en faisant plusieurs heures de voiture pour se réfugier chez des proches, en respectant les consignes de sécurité, si elles se sentent en danger et veulent partir. »

• Que faire maintenant si l’on est témoins de violences ?

Ne pas hésiter à appeler les services d’urgence, la police, ou en France, le 119 ou le 3919. Pour Emmanuelle Ajon de l’Aide sociale à l’enfance de Gironde, les témoins doivent faire confiance aux professionnels. «  On va voir ce qu’il se passe. On ne va pas immédiatement enlever l’enfant, mais veiller qu’il y ait bien une discussion avec les parents. On peut leur apporter des aides, même à domicile, dans cette période complexe. Quoi qu’il en soit, déposer un doute est salvateur  », insiste-t-elle.

Si vous hésitez à exprimer ce doute, un conseil d’une assistante sociale : repérez la récurrence des faits - les violences intra-familliales sont malheureusement souvent répétées -, et partagez vos inquiétudes avec d’autres voisins. Cela peut vous conforter dans l’idée qu’il y a un danger.

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Tags : Coronavirus Confinement Droits des femmes Droits de l’enfant

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Journal de RFI – Radio Grille Ouverte

Source : http://www.rfi.fr/fr/podcasts/20200420-confinement-violences-intra-familiales-hausse-monde

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Confinement : lancement d’une application pour signaler les violences LGBT-phobes Par Margaux Stive franceinfo Radio France - Mis à jour le 24/04/2020 | 09:42
publié le 24/04/2020 | 06:03 – Document ‘francetvinfo.fr/sante’ - Photo Une application pour alerter sur les violences LGBT-phobes est disponible sur smartphone (illustration). (LP/ MATTHIEU DE MARTIGNAC / MAXPPP)

Cet outil va permettre aux victimes de recevoir plus facilement de l’aide alors que les violences intrafamiliales augmentent pendant le confinement.

Une application pour signaler les violences LGBT-phobes,FLAG !, est disponible vendredi 24 avril, selon les informations de franceinfo, alors que les associations craignent une augmentation de ces violences notamment à l’intérieur des famillesavec le confinement. Elle est lancée par l’association des policiers LGBT, Flag, avec le soutien du secrétariat d’État à l’Égalité femmes-hommes et la lutte contre les discriminations.

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Des situations aggravées par le confinement

Alors que seulement 22% des victimes de LGBT-phobies portent plainte (chiffres de l’Ifop pour la délégation interministérielle contre le racisme, l’antisémitisme et la haine anti-LGBT), cette application doit permettre de faciliter le signalement des actes LGBT-phobes quels qu’ils soient : insultes, violences physiques, et violences intrafamiliales. Une fois le signalement effectué, la victime sera orientée vers les interlocuteurs appropriés (police, association...).

L’application est d’abord disponible pour Android sur Google Play et est en cours de validation pour iOS sur l’App Store.

Ces violences sont particulièrement inquiétantes en cette période de confinement notamment pour des jeunes LGBT qui habitent chez leurs parents ou qui ont dû retourner chez eux. Depuis le début du confinement, la fondation Le Refuge, qui accueille et accompagne des jeunes LGBT, est submergée par les appels et notamment les appels d’urgence, cinq fois plus nombreux qu’en temps normal.

Des jeunes mis à la porte par leur famille

Au bout du fil, il y a des jeunes en souffrance, qui n’ont nulle part où aller ou qui doivent subir 24h/24 l’homophobie de leurs proches. Certains appellent pour trouver en urgence un hébergement. Le Refuge doit gérer en ce moment un cas par jour de jeune mis à la porte par ses parents en raison de son orientation sexuelle. D’autres ont seulement besoin de parler, d’évacuer la pression. Les bénévoles de la ligne d’écoute passent depuis un mois entre 6 heures et 8 heures par jour au téléphone. Une cellule de crise a aussi été mise en place pour prendre des nouvelles des 280 jeunes qui étaient déjà pris en charge par Le Refuge avant le début du confinement. 90 bénévoles sont spécialement mobilisés pour les écouter, et les aider financièrement en cas de besoin.

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Source : https://www.francetvinfo.fr/sante/maladie/coronavirus/info-franceinfo-confinement-lancement-d-une-application-pour-signaler-les-violences-lgbt-phobes_3931045.html

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Détendez-vous, relaxez-vous ! Nos vidéos qui font du bien sont toujours en ligne. Danse, respiration, zen, pédagogie Montessori : nos experts vous invitent à prendre une pause. La situation est inédite pour beaucoup d’entre nous : nous ne sommes plus libres de nous déplacer et de mener les activités qui remplissent habituellement notre quotidien et nous aident à garder un équilibre. Pour vous aider à traverser sereinement et activement cette période de confinement, nous vous proposerons ces prochaines semaines :

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Auteur : Jacques HALLARD, Ingénieur CNAM, consultant indépendant – 29/04/2020

Site ISIAS = Introduire les Sciences et les Intégrer dans des Alternatives Sociétales

http://www.isias.lautre.net/

Adresse : 585 Chemin du Malpas 13940 Mollégès France

Courriel : jacques.hallard921@orange.fr

Fichier : ISIAS Psychologie Des retombées psychologiques peuvent résulter du confinement Conseils.2

Mis en ligne par Pascal Paquin de Yonne Lautre, un site d’information, associatif et solidaire(Vie du site & Liens), un site inter-associatif, coopératif, gratuit, sans publicité, indépendant de tout parti.

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