"Relations entre les fêtes religieuses (عيد الفطر Aïd al-Fitr musulmane, שבועות Chavouot juive, Pentecôte chrétienne), symboles religieux, rites de la franc-maçonnerie et rites de passage dans diverses cultures du monde, notamment dans la tradition Navajo (sud-ouest des Etats-Unis) qui ouvre la porte à l’écologie" par Jacques Hallard


ISIAS Anthropologie Cultures Ecologie

Relations entre les fêtes religieuses (عيد الفطر Aïd al-Fitr musulmane, שבועות Chavouot juive, Pentecôte chrétienne), symboles religieux, rites de la franc-maçonnerie et rites de passage dans diverses cultures du monde, notamment dans la tradition Navajo (sud-ouest des Etats-Unis) qui ouvre la porte à l’écologie

Jacques Hallard , Ingénieur CNAM, site ISIAS 30/05/2020

Plan : Résumé Avant-propos Introduction Sommaire Auteur



Résumé

L’approche des anthropologues sociaux et des ethnologues est introduite (partie A) ; elle permet d’aborder tout d’abord de l’extérieur trois fêtes des « religions du livre » qui sont célébrées presque simultanément en 2020 : l’Aïd-el Fitr عيد الفطر dans le monde musulman (partie B), Chavouot שבועות dans le monde juif (partie C), Pentecôte dans le monde chrétien (partie D).

Ces pratiques religieuses et beaucoup d’autres traditions spirituelles à travers le monde, reposent sur des symboles qui sont exposés (partie E). Des traditions populaires typiques du mois de mai et des fêtes laïques de la jeunesse sont rappelées (partie F), ainsi que les rites et les symboles typiques de la Franc-maçonnerie (partie G).

Les rites de passage, sociaux et spirituels, pratiqués dans beaucoup de pays divers et de cultures variées, sont abordés tout au long de la vie : naissance, puberté, initiation, mariage, grossesse et mort (partie H), et les mythes et les légendes propres aux peuples amérindiens seront évoqués à partir des spécificités de la nation navajo qui sont développées, dont leur philosophie ‘Hozho’ (partie I) – Voir [ Living in Health, Harmony, and Beauty : The Diné (Navajo) Hózhó Wellness Philosophy (Vivre dans la santé, l’harmonie et la beauté : la philosophie du bien-être Diné (ou Navajo) dite ‘Hózhó’)].

La plupart des amérindiens, dont le peuple navajo en particulier, portent et transmettent une grande attention à tout ce qui concerne, souvent de façon plus ou moins implicite, l’écologie au sens large : ce sujet faisait – jusqu’à preuve du contraire - défaut dans les autres religions, spiritualités et philosophies classiques, jusqu’à la sortie en 2015 de la seconde encyclique du pape François intitulée ‘Laudato si’, (ayant pour sous-titre « sur la sauvegarde de la maison commune », elle est consacrée aux questions environnementales et sociales, à l’écologie intégrale, et de façon générale à la sauvegarde de la Création )…

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Avant-propos

Pierre Cayol, En pays navajo, 2019, dessin signé, pastel

‘En pays navajo 2019’ - Oeuvre unique : dessin original au pastel, signé au crayon par l’artiste Pierre Cayol. Source

« Il y a dans la vie de l’inexpliqué, que le rite matérialise et symbolise » - In Rituels et cérémonies, célébrer la vie – « Ordonner le monde en quête du sacré : ils ont de tout temps fait partie de nos vies. Les rituels et les cérémonies sont des actes collectifs ou personnels qui aident à la recherche de sens. Aujourd’hui, après avoir un peu disparu, ils semblent reprendre place dans notre quotidien, pour ré-enchanter nos existences ». Source : https://ressources-plurielles.com/rituels/

« Pour qu’un enfant grandisse, il faut tout un village », proverbe malien – In Les rites de puberté dans les sociétés traditionnelles - Marie-Christine Girard.

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Introduction

L’année 2020 est caractérisée par la conjonction de trois grandes fêtes religieuses : chez les musulmans, l’Aïd al-Fitr عيد الفطر qui marque la fin du Ramadan, a été fêtée les 23 et 24 mai ; chez les juifs, la Fête de Chavouot שבועות a été célébrée du 28 au 30 mai 2020 ; chez les chrétiens, ce sont l’Ascension et la Pentecôte qui sont célébrées respectivement le 21 mai et les 31 mai et 1er juin.

« Pour les musulmans, le Coran, ultime révélation ’en langue arabe claire’, vient confirmer la Révélation antérieure contenue dans la Torah (pour les juifs) et l’Évangile (pour les chrétiens). Le père commun aux trois religions est Abraham, dont les deux fils, Ismaël et Isaac seraient respectivement les ancêtres des arabes et des juifs. Muhammad serait le dernier ’avertisseur’, à la suite des prophètes de l’Ancien Testament (judaïsme) et de Jésus-Christ (christianisme), considéré comme l’avant-dernier messager de la parole de Dieu. Il s’inscrit dans la filiation directe des récits de la Bible ». (Source)

Ce dossier fait en quelque sorte suite au précédent intitulé Partage de musiques et chants traditionnels d’après la culture des trois ‘religions du livre’ à l’occasion de Pessah chez les juifs, de Pâques chez les Chrétiens et du Ramadan chez les musulmans, dimanche 12 avril 2020 - ISIAS Anthropologie - Croyances, religions, mythes fondateurs, athéisme, agnosticisme, mythologies, etc… suite

Ces trois courants sont parfois désignés comme les ‘religions du Livre’. L’expression « religion du Livre » vient du Coran ou des hadiths (les « gens du Livre »), mais elle est parfois contestée : « le christianisme n’est pas une religion du Livre » (Source).

Voir d’autres apports historiques : Le père des trois religions du Livre par Daniel Marguerat dans la revue ‘Historia’ mensuel 770 daté mars 2011 ; « L’Hébreu exemplaire, le modèle de la foi chrétienne, le monothéiste des musulmans : c’est le patriarche commun à tous ces croyants. Ce qui ne les empêchera pas, à certaines époques, de s’entredéchirer… » - Histoire des 3 religions du Livre : Le fil rouge de l’histoire : Judaïsme – Christianisme – Islam – Et encore Trois religions pour un seul dieu par Marie-Luce Scieur Le 25 février 2015, mise en ligne par Thierry Verhoeven : « Il y a dans le monde trois grandes religions qui n’ont qu’un seul dieu : le judaïsme, le christianisme et l’islam. Ces religions ne sont pas apparues au même moment dans l’histoire des hommes. Elles ont des choses en commun et aussi des différences… »

Partant de ces trois fêtes religieuses, le présent dossier, à usage didactique, se compose des 9 parties suivantes (indiquées de A à I).

Partie A  : une présentation des méthodes d’approche et de compréhension qui sont propres à l’ethnologie et empruntées à l’anthropologie.


Partie B : la Fête de l’Aïd-el Fitr عيد الفطر dans le monde musulman

Partie C : la Fête de Chavouot שבועות dans le monde juif

Partie D  : la Fête de la Pentecôte dans le monde chrétien

Les relations entre ces mouvements religieux sont indiquées et les documents choisis se rapportent aussi bien aux aspects théologiques exposés et aux pratiques religieuses, qu’aux rencontres festives, aux habitudes alimentaires et à la préparation des mets et des friandises.

Partie E - Toutes ces pratiques religieuses reposent sur des symboles et des rites fort divers qui sont passés en revue.

Partie F – Elle retrace des traditions populaires typiques du mois de mai et des fêtes laïques de la jeunesse qui sont encore bien marquées, bien qu’en perte de fréquentation en Belgique.

Partie G – Elle expose des rites et des symboles qui sont partagés dans les différentes obédiences dans la Franc-maçonnerie, notamment en Suisse francophone.

Partie H – Elle répertorie des rites sociaux et spirituels de passage, tout au long de la vie, qui sont en vigueur dans de nombreuses cultures à travers le monde.

Partie I – Elle traite spécialement des mythes et des légendes propres aux indiens de la nation navajo qui s’étend sur quelques états au sud-ouest des Etats-Unis. L’accent est notamment mis sur la prise de conscience des peuples amérindiens en général, dont les membres de la nation navajo, qui portent une très grande attention aux éléments des paysages et de la nature environnante, à une figuration artistique en toutes choses, à une approche philosophique qui recherche une harmonisation permanente entre les gens et les lieux, ainsi qu’aux relations entre les êtres vivants ; il s’y manifeste surtout, là plus qu’ailleurs, un grand respect des équilibres qui en font des défenseurs déterminés d’une approche typiquement écologique, originale et rare parmi les courants religieux et les traditions philosophiques…

Voir à ce sujet Éditorial -Savoirs écologiques par Pierre Charbonnier et Yaël Kreplak - 22/2012 Écologiques. Enquêtes sur les milieux humains - pages 7-23 – ‘Tracés’ Revue de sciences humaines.

Plan | Texte | Bibliographie | Notes | Citation | Auteurs

Plan :

L’émergence des concepts écologiques : des sciences naturelles aux sciences humaines

Décrire les milieux humains

Au-delà du naturel et du social : penser l’inscription de l’homme dans la nature

Aborder la ville comme un milieu : l’écologie urbaine héritière de l’écologie scientifique

L’organisme dans son environnement : écologies de la perception et de l’action

Le questionnaire de l’enquête écologique

Représenter des écologies : échelles et perspectives

Vers le politique : circulation et usages des savoirs écologiques

Pour un mode de connaissance écologique

Source documentaire : https://journals.openedition.org/traces/5415

Finalement, il aura fallu attendre 2015 pour que, parmi les divers courants religieux et spirituels, une position soit clairement exprimée sur les questions écologiques d’une manière générale, avec la sortie de l’encyclique ‘Laudato si’ par le pape François.

Selon Wikipédia, « ‘Laudato si’ (italien central médiéval pour Loué sois-tu) est la seconde encyclique du pape François. Ayant pour sous-titre « sur la sauvegarde de la maison commune », elle est consacrée aux questions environnementales et sociales, à l’écologie intégrale, et de façon générale à la sauvegarde de la Création. En effet, dans cette encyclique, le pape critique le consumérisme et le développement irresponsable tout en dénonçant la dégradation environnementale et le réchauffement climatique. Le texte s’appuie sur une vision systémique du monde et appelle le lecteur à repenser les interactions entre l’être humain, la société et l’environnement. Cette encyclique s’ajoute au magistère social de l’Église en ce qui concerne l’écologie et le réactualise. Le pape l’adresse à toutes les personnes de bonne volonté (LS 62), mais également à chaque personne qui habite cette planète (LS 3) les appelant à prendre action rapidement et globalement. Il s’agit de la première encyclique entièrement rédigée par le pape François ; la précédente, Lumen fidei, qu’il avait signée en juillet 2013, quatre mois après son élection, avait été rédigée essentiellement par son prédécesseur Benoît XVI. Laudato si’ est datée du 24 mai 2015 et publiée le 18 juin 2015 par le Vatican en huit langues. Selon le CERAS, il s’agit sans doute du document magistériel le plus important depuis le concile Vatican II (1962-1965)… » - Article complet sur ce site : https://fr.wikipedia.org/wiki/Laudato_si%27

Voir à ce sujet : L’encyclique du pape sur l’écologie est publiée en français - voici le texte - 18 juin 2015 / Elisabeth Schneiter (Reporterre)Photo – « L’encyclique publiée par le pape François sur l’écologie est officiellement diffusée ce 18 juin. C’est le premier texte fouillé sur l’environnement publié par l’Eglise catholique. Le pape alerte sans ambiguïté sur les causes humaines du changement climatique et il dénonce la foi aveugle dans les seules solutions technologiques… » - ‘Reporterre’ [Reporterre, le quotidien de l’écologie]vous propose ce document en téléchargement > https://reporterre.net/L-encyclique-du-pape-sur-l-ecologie-est-publiee-en-francais-voici-le-texte

Pour se reporter à la quarantaine de documents, qui ont été choisis pour constituer ce dossier (et à d’autres accès documentaires), il suffit de consulter le sommaire ci-après

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Sommaire


Partie A

1. Introduction à l’anthropologie générale d’après Wikipédia

2. Introduction à l’anthropologie religieuse selon Wikipédia

3. Cours n°1 - Anthropologie de la religion - Anthropomada.com www.anthropomada.com › bibliotheque › Anthropolog... – Fichier

Partie B

4. Chez les musulmans – Fête de l’Aïd el-Fitr 2020 : de la soirée du samedi 23 mai à la soirée du dimanche 24 mai

4 bis. Comment fête-t-on l’Aïd el-Fitr à travers le monde ? Par Clotilde Costil - 25 mai 2020 – Document ‘ça m’intéresse’

5. Aid el Fitr : des idées de recettes pour la fête de l’Aïd - 23 mai 2020 - La Cuisine de Lynoucha

5bis. Quelques recettes de l’Aid - Extrait d’un dossier réalisé par Mathilde et Peggy - La cuisine des fêtes musulmanes Par La Rédaction Marmiton - 25 mars 2019

6. Fête de l’Aïd-el Fitr : une prière rassemble plus de 2.000 fidèles dans un stade de Levallois Par La Provence ; dimanche 24/05/2020 à 16h08 - Mis à jour à 16h13

7. La fête de l’Aïd el-Fitr dans le monde musulman selon Wikipédia


Partie C

8. Chez les juifs - Fête de Chavouot 2020שבועות : de la soirée du jeudi 28 mai à la soirée du samedi 30 mai 2020

8 bis. Guide pour un Shavouot tout en distanciation sociale, en fromage et pèlerinage Il est temps de célébrer le don de la Torah par l’étude et les produits laitiers Par Jessica Steinberg 27 mai 2020, 18:34 – Document ‘fr.timesofisrael.com’

9. Quel est le lien entre la fête de Shavouot et la Pentecôte ? Publié le 18 mai 2018 – Document ‘eglise.catholique.fr’

10. Shavouot : le peuple attend son sens, espère sa Torah ! – Vidéo 12:51 - 613TV - 05 juin 2016

11. Guide, histoire, étude, récits : tout sur la fête de Chavouot ! – Document ‘frChabad..org’

12. Shavouot - Ruth – Amour et justice dans le judaïsme - Juin 2016 – Auteur : David Isaac Haziza

13. Causerie sur Hala’hot de Chavouhot Vidéo 43:44 - 08 mai 2013 - Rav TOUITOU

14. Les évènements en ligne de la fête de Shavouot Par Times of Israel Staff – 25 mai 2020 11:20


Partie D

15. Chez les chrétiens : Fête de la Pentecôte dimanche 31 mai et lundi 1er juin 2020 La Pentecôte prend tout son sens à la lumière de la tradition juive

16. Les origines juives de la fête de Pentecôte – Document ‘croire.la-croix.com’

17. Échos de Chavouot dans le christianisme selon Wikipédia

18. Quel est le lien entre la fête de Shavouot et la Pentecôte ? NB. Publication du 18 mai 2018

19. Carême, Yom Kippour, Ramadan : d’où vient la tradition du jeûne dans les religions ? Par Sylvie Briet le 26.02.2020 à 11h41 – Document Sciences et Avenir


Partie E

20. Introduction de Wikipédia sur les symboles religieux

21. Reproduction de quelques symboles religieux en couleurs

22. Revue détaillée et illustrée des symboles religieux – Accès au document ‘Ancient-Symbols.com’


Partie F

23. Traditions populaires au mois de mai selon Wikipédia

24. Les fêtes de la jeunesse laïque attirent de moins en moins de monde en Belgique Publié le dimanche 12 mai 2019 à 17h09 - RTBF

25. Des fêtes laïques de la jeunesse pour des valeurs universelles en Belgique francophone Par Hervé Persain, administrateur du Centre d’Action Laïque de la Province de Liège


Partie G

26. La Franc-maçonnerie en Suisse francophone   : rituels, secrets et fantasmes – Vidéo 28:45 - RTS - Radio Télévision Suisse

27. Introduction aux rites maçonniques d’après Wikipédia

28. Les rites de la franc-maçonnerie - Introduction au langage maçonnique Par Frédérick Tristan - Document ‘expositions.bnf.fr’

29. Le principe de triangulation dans les rites maçonniques - Un modèle de communication original et ses effets Par Céline Bryon-Portet


Partie H

30. Les rites sociaux et spirituels de passage, répertoriés par Wikipédia

31. Les rites de passage - Nicolas Journet - Janvier 2001 – Document ‘Sciences Humaines’

32. Treize rites de passage étonnants du monde entier - La transition de l’enfance à l’âge adulte est un moment important dans la vie de chacun - Par Christina Nuñez et Leticia Pfeffer - 21 juillet 2016 – Document ‘Global Citizen’


Partie I

33. Mythes et légendes des indiens navajos - Marie-Claude Feltes-Strigler Vidéo 5:27 - 22 juillet 2013 - Editions L’Harmattan

34. La conscience Navajo - Lorenza Garcia Vidéo 44:09 - 14 mai 2017 - La Télé de Lilou Macé

35. Restaurer l’harmonie dans la Tradition Navajo : lorsque l’on chante pour Darlène Sophie Malinvaud et Sophie Gergaud

Addenda : L’une des images de « peintures de sable navajo »

35 Bis. Accès à d’autres sources d’information sur le peuple navajo

35 Ter. La cosmologie navajo et la cosmologie occidentale Par Rik Pinxten - Extrait

36. Une immersion littéraire et artistique en terres amérindiennes avec Marie et Pierre Cayol

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Partie A

1.
Introduction à l’anthropologie générale d’après Wikipédia

L’anthropologie Écouter est une science, située à l’articulation entre les différentes sciences humaines et naturelles, qui étudie l’être humain et les groupes humains sous tous leurs aspects, à la fois physiques (anatomiques, biologiques, morphologiques, physiologiques, évolutifs, etc.) et culturels (social, religieux, linguistiques, psychologiques, géographiques, etc.). Chapitre le plus vaste de l’histoire naturelle, l’anthropologie constitue une monographie sur le genre Homo, qui décrit et analyse les faits anthropologiques, c’est-à-dire caractéristiques de l’hominisation et de l’humanité.

Le terme anthropologie vient de deux mots grecs, anthrôpos, qui signifie homme, et logos, qui signifie science, parole, discours. L’anthropologie constitue jusqu’au XIXe siècle une branche du savoir philosophique plaçant l’homme au centre de ses préoccupations mais, avec la naissance des sciences sociales, le terme change de sens pour désigner essentiellement la nouvelle science. La démarche anthropologique prend comme objet d’investigation des unités sociales de faible ampleur à partir desquelles elle tente d’élaborer une analyse de portée plus générale, appréhendant d’un certain point de vue la totalité de la société où ces unités s’insèrent1.

Sommaire

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2.
Introduction à l’anthropologie religieuse selon Wikipédia

L’anthropologie religieuse est le domaine de l’anthropologie qui étudie le fait religieux, c’est-à-dire non seulement les pratiques ou les rites mais aussi les corpus théologiques savants ou non (mythes, textes sacrés, doctrine) propres à chaque tradition religieuse.

Carte à consulter - Indépendamment de la pratique religieuse, cette carte du monde représente la proportion de la population de chaque pays déclarant la religion comme quelque chose de « très important » pour elle : de 20 % en jaune clair à 90 % en violet foncé ; en gris, pas de sondage disponible.

Sommaire

Sens de la religion

Les faits religieux prétendent donner des clés pour comprendre le monde. Mais ce sens est produit par les hommes et les femmes, même s’ils considèrent que ce sens existait avant eux. Le fait religieux, s’il n’est pas mythique ou ésotérique, s’accorde avec des principes métaphysiques, ou philosophiques, qui, eux, ne peuvent pas faire l’économie de s’interroger sur l’existence d’un principe premier : idée de Bien (Platon), cause première (Aristote), existence de l’Être immuable (Parménide), présence de l’Un primordial (Plotin), Voie (taoïsme), pensée dialectique (Hegel), principe vital (Bergson) etc. La Bible prétend que Dieu a créé le monde ex nihilo, c’est-à-dire de rien : ’Au commencement Dieu créa le ciel et la terre.’ (Gn 1,1). Saint Jean soutient que ’Dieu est Amour’. (1 Jn 4,16)…

Le fait religieux, fondamentalement, c’est la relation de l’homme avec l’Être. Selon l’historien des religions Mircea Eliade, la religion, c’est-à-dire le rapport qu’a un homme avec le sacré ou ce qu’il prétend voir consciemment, ou inconsciemment, comme tel, est consubstantiel à toute société humaine, aussi laïque, athée ou agnostique voudrait-elle se prétendre (les partis politiques sont à cet égard comparables à des sectes, – à des petites religions).

La religion implique donc :

  • Une croyance, des révélations, une doctrine.
  • Un culte rendu à la divinité.
  • Une morale personnelle conforme à la foi.
    En comparaison, on remarquera que l’hindouisme se révèle être une civilisation, et non une religion, les religions qui constituent la civilisation hindoue étant la multitude de sectes ou écoles de philosophie indienne (sampradaya).

Voir aussi : Sciences des religions - Relation entre science et religion - Sémiocratie -Politologie des religions

Source de l’article complet : https://fr.wikipedia.org/wiki/Anthropologie_religieuse

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3.
Cours n°1 - Anthropologie de la religion - Anthropomada.com www.anthropomada.com › bibliotheque › Anthropolog... – Fichier PDF – « La problématique de la recherche et une méthodologie d’investigation sur toutes les questions relatives à l’Anthropologie religieuse (le tabou, le mythe, le rite, etc…)

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Partie B

4.
Chez les musulmans – Fête de l’Aïd el-Fitr 2020 : de la soirée du samedi 23 mai à la soirée du dimanche 24 mai

Coronavirus et Aïd el Fitr 2020 : en France, la date de la fin du jeûne est célébrée dimanche, les détails de la fête 20 Minutes avec AFP - Publié le 24/05/20 à 16h22 — Mis à jour le 24/05/20 à 17h29 – Photo - Un fidèle venu prier pour l’Aid El-Fitr dans une mosquée à Milan en Italie. Carlo Cozzoli – Avec une vidéo 1 minute à la source

De l’Egypte à l’Irak, en passant par la Turquie et la Syrie, plusieurs pays ont interdit les prières collectives - C’est l’une des fêtes les plus importantes du calendrier musulman. Des fidèles musulmans du monde entier célèbrent ce dimanche l’Aïd el-Fitr, la fête marquant la fin du mois de jeûne du ramadan, assombrie cette année par les mesures visant à endiguer la pandémie de Covid-19.

Cette fête est traditionnellement célébrée par des prières à la mosquée, des visites familiales et des achats de vêtements, de cadeaux ou de friandises. Mais cette année, les célébrations doivent composer avec le nouveau coronavirus.

« L’Aïd n’est pas l’Aïd avec ce corona, les gens ont peur »

De l’Egypte à l’Irak, en passant par la Turquie et la Syrie, plusieurs pays ont interdit les prières collectives. Certains ont renforcé les restrictions après qu’un certain relâchement pendant le ramadan a entraîné une hausse des infections selon les autorités.

L’Arabie saoudite, qui abrite les lieux les plus saints de l’islam, a vu le nombre d’infections quadrupler depuis le début du jeûne, pour atteindre environ 68.000 cas. Le royaume a instauré un couvre-feu total de cinq jours ayant débuté samedi. La grande mosquée de La Mecque était quasiment vide ce dimanche.

A Jérusalem, la mosquée Al-Aqsa, troisième site le plus saint de l’islam, était fermée. A l’aube, des heurts ont opposé des membres des services de sécurité israéliens à des fidèles réunis autour du site, où des prières ont eu lieu.

A Gaza, le Hamas, mouvement islamiste qui contrôle l’enclave palestinienne, a autorisé les prières dans les mosquées malgré l’annonce d’un premier décès lié au coronavirus samedi. « L’Aïd n’est pas l’Aïd avec ce corona, les gens ont peur », a confié un fidèle.

En Tunisie, une quarantaine de fidèles ont prié, à deux mètres de distance, à la grande mosquée Malek Ibn Anas de Carthage, où se rassemble d’habitude pour l’Aïd une foule de croyants. La mosquée de la Zitouna, haut lieu historique de l’islam au coeur de la médina de Tunis, est elle restée vide, un évènement rarissime depuis sa fondation au VIIe siècle selon des imams.

En Asie, les musulmans se sont rués sur les marchés pour faire leurs achats avant la fête, sans respecter les mesures de distanciation sociale. « Pendant plus de deux mois, mes enfants ont été confinés à la maison », raconte Ishrat Jahan, mère de quatre enfants, sur un marché de la ville pakistanaise de Rawalpindi. En Indonésie, plus grand pays musulman du monde, certains se sont tournés vers les passeurs et les faux certificats pour contourner l’interdiction de voyager dans l’archipel, selon la grande migration annuelle de fin de ramadan.

« Notre plus grande inquiétude » est d’avoir « de nouveaux pics de la maladie »

Le nombre de décès dus au Covid-19 au Moyen-Orient et en Asie a été plus faible qu’en Europe et aux Etats-Unis, mais il augmente régulièrement, ce qui fait craindre que le virus ne submerge des systèmes de santé souvent sous-financés.

L’Iran, pays le plus touché au Moyen-Orient, a demandé à ses citoyens d’éviter de voyager pendant l’Aïd qui est célébrée dimanche et lundi en fonction des autorités religieuses suivies par les fidèles. « Notre plus grande inquiétude » est d’avoir « de nouveaux pics de la maladie à cause du non-respect des consignes sanitaires », ont mis en garde les autorités.

En Russie, le deuxième pays le plus touché du monde en nombre de contaminations, les dignitaires religieux musulmans ont appelé les croyants à « rester à la maison et à créer une ambiance festive en famille ». Il a été décidé d’ouvrir pour les prières uniquement les plus grandes mosquées des villes russes, mais avec participation « du nombre minimal de personnes » nécessaire pour une prière collective.

Paris - Ramadan : Des fidèles célèbrent l’Aïd el-Fitr dans des mosquées à jauge réduite ou des stades

Société - Ramadan : La fête de la rupture du jeûne fixée à dimanche

20minutes.fr

Image illustrative de l’article 20 Minutes

Source : https://www.20minutes.fr/monde/2785131-20200524-coronavirus-musulmans-monde-entier-fetent-aid-el-fitr-confine

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A lire aussi La fête de l’Aïd selon le Coran et en Islam et : Isaac ou Ismaël ... www.alajami.fr › index.php › 2018/08/18 › la-fete-de-l... 18 août 2018 –

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4 bis.
Comment fête-t-on l’Aïd el-Fitr à travers le monde ? Par Clotilde Costil - 25 mai 2020 – Document ‘ça m’intéresse’

La nuit du doute a rendu son verdict : l’Aïd el-Fitr, a été célébrée à ce dimanche 24 mai. Au même titre que Noël ou Pâques pour les chrétiens, l’Aïd el-Fitr est l’une des plus grandes fêtes célébrées par les musulmans du monde entier. Après un mois de jeûne et d’abstinence durantle Ramadan, les fidèles marquent la fin du mois saint.

Malgré les variantes propres à chaque pays, cette fête doit unir 1,6 milliards de musulmans à travers le monde, rassemblés dans l’oumma (la communauté musulmane universelle). A l’unisson, tous ces croyants doivent se rendre à la prière matinale marquant la fin du Ramadan et l’entrée dans le mois suivant, le Chawwal (dixième mois du calendrier musulman). Cette réunion collective, différentes des cinq prières quotidiennes, est l’occasion de revenir sur les trente jours passés, sur les bonnes ou mauvaises actions accomplies durant cet épisode sacré.

Dans chaque pays, l’Aïd el-Fitr est aussi l’occasion de se retrouver en famille autour de repas copieux et de cadeaux (les enfants reçoivent souvent des vêtements ou de l’argent). Mais ces réjouissances ne sont pas réservées à une seule catégorie de la population : les croyants doivent s’acquitter, avant la prière, de l’aumône légale envers les plus nécessiteux. En France, selon la Mosquée de Paris, ce don a été fixé à cinq euros. Comme cette journée honore la famille et le partage, il est aussi de bon ton de se rendre dans les cimetières pour visiter les sépultures des défunts.

Les rituels diffèrent d’un pays à l’autre

Selon que l’on se trouve au Maghreb, en Égypte, en Arabie Saoudite, etc., les rituels vont quelque peu différer d’un pays à l’autre. Les Marocains par exemple, ont coutume d’accueillir leurs proches avec des pâtisseries à foison, sans oublier l’encens reconnu pour ses propriétés spirituelles. En Indonésie, pays qui rassemble la plus grande communauté musulmane au monde, les métropoles se vident au profit des campagnes où les indonésiens se rendent pour retrouver leurs proches. Idul Fitri (nom donné à l’Aïd el-Fitr), férié en Indonésie, est considéré comme un jour de fête nationale. En Egypte, la fête dure trois jours et est placée sous le signe de l’épicurisme. Aussi appelée fête des bonbons, l’Aïd el-Fitr est l’occasion pour les Égyptiens de sortir au cinéma, à la plage, au théâtre et de se partager toutes sortes de sucreries.

Enfin, en Inde ou au Pakistan, les femmes et les jeunes filles se rassemblent la veille de l’Aïd pour teindre leurs mains au henné. Le plat traditionnel indonésien est composé d’amandes grillées et de vermicelles de nouilles. Dans chacune de ces communautés, les musulmans prennent un grand soin à organiser ce cérémonial créé par Mahomet. L’objectif étant de commencer la nouvelle année de la manière la plus vertueuse possible.

On s’est posé la question :

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5.
Aid el Fitr : des idées de recettes pour la fête de l’Aïd - 23 mai 2020 - La Cuisine de Lynoucha

AID EL FITR, une idée de repas Rfissa au poulet - Des msemen selon ma recette https://youtu.be/2Tt--_b54pQ - 520g de semoule extra fine - 220g de farine T45 - 1 càc de sel fin - 40cl d’eau tiède (plus ou moins en fonction de l’absorption de la pâte) Pour 16 msemens Pour le pliage : -15cl d’huile de table La sauce : - 1 poulet fermier de 1,5kg environ - 4 oignons moyen coupés en lamelle - 1 oignon moyen râpé - 1 bol de lentilles - 1 càs de gingembre - 5cl de smen ou beurre rance - 1 càs de ras el hanout - 1 càc de curcuma - 1 dose de safran - Safran - 1 botte de coriandre - 3 càs de smen - 2 càs d’huile d’olive - 1 càs de beurre - sel Quindim, le flan coco brésilien 175g de sucre 12cl d’eau tiède 6 jaunes d’oeuf 50g de noix de coco râpée sèche 25 g de beurre Assortiment de salades Sauce tomates - 500g de tomates fraiches râpées - 2 càs de concentré de tomates - 2 càs d’huile d’olive Sauce charmoula 4 gousses d’ail finement écrasées - le jus de 2 citrons - 1 botte coriandre fraîche finement hachée - 1 càc de cumin en poudre - 1 càc de piment doux - 1 càc de sel fin - Catégorie : Vie pratique et style

Source : https://www.youtube.com/watch?v=06b-RvMSckU

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5bis.
Quelques recettes de l’Aid - Extrait d’un dossier réalisé par Mathilde et Peggy - La cuisine des fêtes musulmanes Par La Rédaction Marmiton - 25 mars 2019

Autre grand moment : l’Aïd, qui se passe en deux temps : l’Aïd el-fitr et l’Aïd el-kebir.
Tout d’abord, l’Aïd el-fitr marque la fin du Ramadan. La journée commence par le petit-déjeuner, sucré de préférence, avant d’aller à la mosquée en début de matinée. Pour les autres repas c’est selon les habitudes de chacun. Certains préfèrent le grand plat de couscous (car il a manqué pendant le Ramadan, ne pouvant être fait tout le temps), alors que d’autres se penchent vers la salade, l’agneau et les assortiments de pâtisseries pour le dessert. Il y a aussi la chakhchoukha qui est un plat à base de légumes et de mouton.

Le bonheur pour tous les palais en somme !

Pour finir l’année, l’Aïd el-kebir est la fête du sacrifice et la plus importante de l’Islam. Elle commémore le souvenir de l’acte d’Ibrahim, prêt à sacrifier son fils Ismaël. Ibrahim est ainsi considéré comme le premier musulman.
Pour cette journée un mouton, un bélier ou un autre animal (chèvre, vache…) est abattu. L’animal est égorgé, couché sur le flanc gauche et tourné vers la Mecque. La viande est ensuite consommée, accompagnée de riz ou de légumes, suivant les habitudes et coutumes de chaque pays. La viande qui n’est pas consommée, est séchée (gueddid) et conservée. Le gueddid est souvent préparé à partir du haut des côtes de mouton. Il est salé puis séché à l’air libre.

Petites idées de recettes :
Tajine de mouton aux figues
Mossli : épaule de mouton
Ragoût de mouton aux pommes de terre et à l’ail
Briwattes aux pistaches
Makrouts d’Eugénie à la pâte d’abricots
Légumes farcis à l’orientale
Riz indien aux épices et aux fruits secs
Riz aux raisins secs, amandes et safran
Gâteau au pavot, oranges et amandes
Gelée au thé
Pâtes de fruits épicées
Compote de pommes, cannelle et orange

Les musulmans accompagnent leurs repas du désaltérant thé à la menthe. En effet, ce thé est de toutes les fêtes ; c’est souvent un véritable cérémonial qui se met en place pour le servir.

C’est toujours le chef de famille ou le fils aîné qui est préposé à cette tâche. Pour commencer, il met du thé au fond d’une théière et rince le thé à l’eau bouillante afin de lui retirer son amertume. Très vite, il retire l’eau, garde le thé et ajoute par-dessus de la menthe fraîche et de l’eau bouillante. Il rajoute ensuite le sucre.

Photo © Istock - Lorsque tout a bien infusé, il peut servir le thé dans les verres, en levant bien haut la théière afin que le sucre mousse. Un rituel incontournable mais qui met toujours les papilles en émoi ! Il existe plusieurs variantes selon les coutumes et les pays. Une autre technique consiste à saupoudrer le sucre sur les feuilles de menthe, puis on verse l’eau bouillante dessus, pour éviter de brûler les feuilles de menthe.Testez nos différentes recettes de thé à la menthe et ses variantes :

Thé à la menthe marocain
Thé glacé menthe/pêche
Thé à la menthe (variante kabyle)
Thé à la menthe à l’ivoirienne

Marmiton : 70000 recettes de cuisine ! Recettes commentées

Fichier:Logo Marmiton (2011).svg — Wikipédia

Source : https://www.marmiton.org/cuisine-facile/cuisine-fetes-musulmanes-s3037154.html

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6.
Fête de l’Aïd-el Fitr : une prière rassemble plus de 2.000 fidèles dans un stade de Levallois Par La Provence ; dimanche 24/05/2020 à 16h08 - Mis à jour à 16h13 – Photo David Rossi

En ce jour de l’Aïd-el Fitr, plus de 2.000 musulmans ont pu se réunir pour prier au stade Louison-Bobet de Levallois-Perret (Hauts-de-Seine) ce dimanche 24 mai 2020. Selon Le Parisien et Franceinfo, cette célébration s’est déroulée dans le respect des gestes barrières pour éviter la propagation du coronavirus.

Dès 7h30, les fidèles se sont présentés à l’entrée du stade. Ils portaient tous un masque sur le visage et se sont fait asperger les mains de gel hydroacloolique. Les bénévoles les ont ensuite placé sur deux terrains, l’un de football, l’autre d’athlétisme, à un mètre de distance les uns des autres.

Si les rassemblements religieux sont autorisés depuis ce dimanche, la capacité des mosquées ne permettait pas de recevoir les fidèles en toute sécurité. L’imam de Levallois-Perret, Saïd Assougdam, a s’est dit ’très content de l’organisation’ sur Franceinfo, en pensant toutefois ’aux autres mosquées qui n’ont pas pu s’organiser et qui ont toujours peur de la crise sanitaire’.

Valentin Dunate @ValentinDuNet-* Célébration de l’#aidelfitr à Levallois. Près de 2.500 fidèles dans un stade respectant les 1m de distance. Voir la photo à la source : https://www.laprovence.com/actu/en-direct/5997205/aid-el-fitr-une-priere-rassemble-plus-de-2-000-fideles-dans-un-stade-de-levallois.html

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7.
La fête de l’Aïd el-Fitr

Arabic albayancalligraphy.svgdans le monde musulman selon Wikipédia

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Photo - Repas traditionnel après la fin du jeûne du mois de ramadan en Malaisie

Célébrations - Une prière particulière a lieu le matin du jour d’Aïd, suivie du sermon d’un imam.

Observance - Donner l’équivalent d’un repas aux pauvres (zakat al-Fitr).

Aïd al-Fitr (arabe : ʿīd al-fiṭr, عيد الفطر, fête de la rupture) est la fête musulmane marquant la rupture du jeûne du mois de ramadan. Elle est célébrée le premier jour du mois de chawwal. Elle est aussi parfois appelée aïd as-Seghir (ʿīd aṣ-ṣaḡīr, عيد الصغير), « la petite fête », par opposition à l’aïd al-Kebir, « la grande fête ».

Étymologie - Certains lexicographes arabes associent le terme Aïd à la racine ’wd, ’le retour’. Pour autant, il s’agit plutôt d’un terme arabe emprunté à l’araméen. Il est à associer au mot syriaque ʿī « fête, jour férié ». Un tel emprunt est courant pour le vocabulaire religieux1.

Dates de l’Aïd al-Fitr (es-Seghir) - La date de l’Aïd al-Fitr est le jour suivant le dernier jour du mois sacré de ramadan : il arrive donc 29 ou 30 jours après le début du mois de ramadan, selon les années.

Tous les ans, la date de l’Aïd al-Fitr est avancée de 10, 11 ou 12 jours par rapport au calendrier grégorien car le calendrier hégirien est un calendrier lunaire.

Le jour de l’Aïd al-Fitr est arrêté par l’observation du ciel et dépend de la position géographique de ceux qui observent l’arrivée du croissant de lune ce qui explique des différences selon les pays. Les savants – oulémas — sont unanimes sur le fait que deux témoins musulmans dignes de confiance sont suffisants afin d’établir l’observation de la lune2.

Les précédentes et prochaines dates de l’Aïd-al-Fitr, précisées à l’issue de la Nuit du doute, sont les suivantes en France :

  • 2019 : le mardi 4 juin
  • 2020 : le dimanche 24 mai.
    Cérémonial

S’il ne s’en est pas acquitté pendant le ramadan, le fidèle doit s’acquitter de l’aumône de la rupture du jeûne ou Zakat al-Fitr5.

La prière (salat al aïd) a lieu en début de matinée et est effectuée soit dans une mosquée, soit en plein air dans un mossalla permettant de rassembler plus de fidèles, elle doit être commune. Dans sa forme, elle provient d’une forme plus ancienne que les salat quotidiennes ou du vendredi et est à associer à la alāt pour la pluie et à la alāt de l’éclipse1.

La tradition musulmane au Liban veut que le musulman prenne son déjeuner, préférablement composé de viandes blanches et de gâteaux après la prière et la visite des cimetières6. Après la prière et selon les pays, les fidèles, mais aussi les non croyants et les enfants visitent leurs proches et amis afin de leur présenter leurs vœux de l’Aïd1.

Pour l’année 2020, la plupart des gouvernements arabes ont interdit les prières collectives de l’Aïd à cause de la Pandémie de Covid-197,8.

Les différentes appellations

Aïd al-Fitr est l’appellation musulmane canonique, provenant d’Arabie ; c’est celle utilisée dans les hadîths. D’autres appellations locales coexistent :

Photo - Maroc, 19 août 2012

Photo - Somalie, 28 juillet 2014

Au Maghreb - L’Aïd al-Fitr est également appelée « Aïd as-Saghir » (seghir signifie petit) par opposition à l’« Aïd al-Kebir » (kabir signifie grand) fête du sacrifice ; ces deux fêtes étant les principales manifestations festives chez les musulmans.

En Indonésie - Le nom est prononcé « Idul Fitri ». Les Indonésiens appellent plus spontanément la fête « Lebaran », un mot autochtone qui évoque la dispersion (sous-entendu : après avoir communié dans le jeûne). Lors du Lebaran, les Indonésiens musulmans demandent rituellement pardon à toute personne rencontrée, en prononçant la formule : ’Minal ’Aidin wal-Faizin, Maaf Lahir Bathin’ (من العاءدين و الفاءيزين), ce qui peut se traduire par : « (Nous sommes) de ceux qui reviennent et ont réussi, (je vous demande) pardon (pour mes fautes) de l’extérieur et de l’intérieur ». Bien que les mots en soient arabes, il semble que cette formule soit propre à l’Indonésie. Les premières personnes à qui l’on demande pardon sont les parents, les grands-parents et plus si elles sont encore vivantes. On va également se recueillir et déposer des fleurs sur la tombe des aînés décédés. Le Lebaran est donc l’occasion d’un massif mouvement dans lequel des dizaines de millions de personnes retournent dans leur village d’origine. Pour les Indonésiens musulmans, le Lebaran est traditionnellement la fête la plus importante.

En Malaisie et à Singapour - On dit plutôt « Hari Raya Puasa », qui signifie « Fête du jeûne » (puasa, du sanskrit upavasa, jeûne).

En Albanie - Cette fête s’appelle officiellement Fitër Bajrami mais on l’appelle plus souvent Bajrami i madh—Le grand Bajram, tandis que l’Aïd el-Kébir s’appelle Bajrami i vogël (’le petit Bajram’)— ou Kurban Bajrami : le sens est donc contraire à l’appellation du Maghreb.

En Bosnie-Herzégovine C’est « Mali Bajram » (« Le petit Bajram ») qui marque la fin du Ramadan. On dit aussi « Ramazanski Bajram » (« Le Bajram du Ramadan »). Le terme « bajram » est issu du mot turc « bayram » et se prononce en français comme lui.

Photo - Sénégal : cérémonie de la Korité (AOF).

En Turquie - Cette fête est appelée « Ramazan Bayramı » (« Fête du Ramadan ») ou « Şeker Bayramı » (« Fête du Sucre »).

En Afrique de l’Ouest - Au Sénégal ou au Mali, cette fête est nommée « Korité ». Au Niger elle est nommée « Karamas’Sallah » ou « Djingar Keyna » (qui veulent dire « Petite fête »).

Article complet avec notes et références à consulter sur ce site : https://fr.wikipedia.org/wiki/A%C3%AFd_el-Fitr

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Partie C

8.
Chez les juifs - Fête de Chavouot 2020 שבועות : de la soirée du jeudi 28 mai à la soirée du samedi 30 mai 2020

Introduction à la Fête de Chavouot שבועות d’après Wikipédia

Chavouot, appelée parfois en français « Pentecôte », est l’une des trois fêtes de pèlerinage du judaïsme, prescrites par la Bible, au cours de laquelle on célèbre le début de la saison de la moisson du blé et, dans la tradition rabbinique, le don de la Torah sur le mont Sinaï. Wikipédia

Chavouot (hébreu : שבועות, Shavouot « semaines » ; Pentêkostề hêméra grec : πεντηκόστη ἡμέρα, « cinquantième jour »), appelée parfois en français ...

Chavouot Photos des produits alimentaires symboliques – Références bibliques :

Tu apporteras les prémices nouvelles de ta terre dans la maison de YHWH ton Dieu (Exode 34 :26)
On n’apporte de prémices que parmi les sept espèces (Mishna Bikkourim 1 :3)

Nom officiel : Hag HaShavouot (hébreu : חַג הַשָּׁבֻעוֹת « Fête des Semaines »)

Autres noms : Fête de la moisson (חג הקציר) - Jour des prémices (יום הביכורים) - Atzeret (עצרת)
Le temps du don de notre Torah (זמן מתן תורתנו) - Cinquantième jour (יום החמישים, πεντηκόστη) - Jour du rassemblement (יום הקהל)

Observé par le judaïsme, le karaïsme et le samaritanisme

Signification : Fête de la récolte du blé et, selon le judaïsme rabbinique, commémoration du don de la Torah sur le mont Sinaï.

Cette fête commence le 6 sivan et finit le 7 sivan (le 6 en terre d’Israël et dans le judaïsme réformé)

Observances : Nuit d’étude, poèmes liturgiques (Akdamout, azharot, etc.), lecture du Livre de Ruth, décoration de la synagogue avec des plantes odorantes, consommation de laitages

Chavouot (hébreu : שבועות, Shavouot « semaines » ; Pentêkostề hêméra grec : πεντηκόστη ἡμέρα, « cinquantième jour »), appelée parfois en français « Pentecôte », est l’une des trois fêtes de pèlerinage du judaïsme, prescrites par la Bible, au cours de laquelle on célèbre le début de la saison de la moisson du blé et, dans la tradition rabbinique, le don de la Torah sur le mont Sinaï.

Elle a lieu au terme du décompte de l’omer, le 6e jour du mois juif de sivan (qui correspond, selon les années, aux mois de mai ou juin dans le calendrier grégorien). Elle dure deux jours en diaspora mais un seul en terre d’Israël (et dans le judaïsme réformé).

Sommaire

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8 bis.
Guide pour un Shavouot tout en distanciation sociale, en fromage et pèlerinage Il est temps de célébrer le don de la Torah par l’étude et les produits laitiers Par Jessica Steinberg 27 mai 2020, 18:34 – Document ‘fr.timesofisrael.com’

Photo - Faites un pèlerinage à Jérusalem pour Shavouot 2020, et profitez des nouveaux sentiers ouverts sur les toits et les fortifications de la ville (Autorisation : municipalité de Jérusalem)

Les fromages s’entassent dans les rayons des supermarchés, les cerises sont prêtes à être cueillies et les températures ont fortement augmenté. Shavouot, fête de pèlerinage agricole, commencera le soir du 28 mai, et sera célébrée malgré les mesures de distanciation sociale.

C’est une fête traditionnellement marquée par des études nocturnes pour célébrer le don biblique de la Torah au peuple juif sur le mont Sinaï, ainsi que par la consommation de gâteaux au fromage, et l’organisation de batailles d’eau et de promenades en tracteur afin de commémorer la récolte saisonnière.

Mais cette année, avec le Covid-19 qui continue à faire des ravages, les activités devront être reconfigurées et adaptées à des foules plus réduites.

Nous avons répertorié quelques moyens de marquer cette fête, que ce soit en apprenant, en faisant de la randonnée, en mangeant ou en se faisant plaisir.

1) Commencez par exprimer votre gratitude dans le cadre des Journées internationales de la reconnaissance, qui commencent le 22 mai et se terminent le 30 mai.

Ce projet a été lancé il y a huit ans par Beit Prat, un réseau de maisons d’apprentissage juives, rejoint cette année par M² – l’Institut pour une éducation juive empirique, avec un menu tournant d’activités et de suggestions pour aider les communautés, les familles et les individus juifs à partager leur gratitude.

Ils ont orienté l’initiative de cette année vers les dix derniers jours de l’Omer, les 50 jours comptés entre Pessah et Shavouot, comme un moyen pour les gens d’exprimer et de partager leur gratitude, indique Shuki Taylor, fondateur et directeur de M².

« C’est bien de faire preuve de gratitude quand les choses vont bien, mais pouvez-vous le faire quand les choses sont difficiles ? », interroge Shuki Taylor. « Nous essayons d’aider tout le monde à faire cela. »

Photo - Une célébration de Shavouot au kibboutz Tzuba à côté de Jérusalem, en 2012. Illustration. (Crédit : Noam Moskowitz/Flash90)

2) Le centre culturel de Jérusalem Beit Avi Chai accueille habituellement un grand Tikkun Leil Shavouot (nuit d’étude), mais cette année, il propose une approche différente de sa liste habituelle de formateurs, de penseurs, de personnalités et d’enseignants, avec un contenu en ligne pour tous ceux qui étudieront chez eux.

Le contenu de Beit Avi Chai est disponible depuis le 21 mai, avec plus de 35 cours et conférences en hébreu et en anglais.

Il existe une section spéciale pour les jeunes et les jeunes adultes. Chaque cours comprend une vidéo de 10 à 20 minutes sur une multitude de sujets différents, un programme de cours, des fiches de sources prêtes à imprimer et des guides pour étudier de façon autonome.

Parmi les conférenciers et les enseignants figurent Etti Ankri, Amit Segal, Tomer Persico, Emunah Elon, Metanel Buzaglo, Pini Ifergan, Vered Noam et Rabba Dalia Marx. Les cours en anglais seront dispensés par Avivah Zornberg, Isaiah Gafni, Moshe Rosman, Tova Ganzel et Asael Abelman.

Photo - Un des paniers créés pour le festival de pique-nique organisé dans la région de Mate Yehuda pendant Shavouot, du 28 au 30 mai 2020. (Courtesy Orna Ben Haim)

3) Vous voulez batifoler à l’air libre et avoir l’impression de profiter des délicieuses richesses du pays du lait et du miel ? Rendez-vous dans la région de Mate Yehuda, à l’extérieur de Jérusalem, qui abrite des exploitations de fromage de chèvre, des caves viticoles et des brasseries, pour le festival du pique-nique, organisé du 28 au 30 mai.

Les caves, les brasseries et les fermes proposent chacune des paniers de pique-nique remplis de produits locaux. Les paniers sont nombreux et leur prix varie de 150 à 400 shekels, et peuvent être commandés depuis la liste de fournisseurs référencés sur le site web de Mate Yehuda.

Reproduction - Une carte des remparts de la Vieille Ville tout juste rénovés, avec quatre kilomètres de promenade accessibles à partir de mai 2020. (Autorisation : municipalité de Jérusalem)

4) Cette fête biblique était autrefois marquée par un pèlerinage à Jérusalem, et beaucoup marchent toujours jusqu’au mur Occidental au petit matin, après la longue nuit d’apprentissage.

Photo - Un visiteur sur la nouvelle section de remparts ouverte au public dans la Vieille ville de Jérusalem. (Crédit : Shmuel Bar-Am)

Cette année, tout le monde peut se promener au sommet des remparts de la Vieille Ville, où quatre kilomètres de remparts rénovés sont désormais ouverts à des promenades.

Ce parcours familial mène de la porte de Jaffa à la porte des Maghrébins (Dung), en passant par celle des Lions pour un retour à celle de Jaffa, avec une vue panoramique sur toute la ville et les collines. Les billets sont disponibles en ligne, moyennant 20 shekels pour les adultes (10 pour les enfants). Il existe une application Android qui peut servir de guide touristique, créée par l’Autorité de développement de Jérusalem.

5) Tout tourne autour du fromage en cette fête. Il y a bien sûr les gâteaux au fromage, les crêpes au fromage, les assiettes de fromage. Mais il peut aussi y avoir les crackers au fromage, comme les Cheez-Its faits maison, ces carrés au cheddar qui chatouillent les papilles. Ils sont bien plus simples à faire qu’on ne le croit. Cette recette a été mise au point par Efrat Lichtenstadt pour le journal Makor Rishon, où elle écrit une chronique hebdomadaire sur l’alimentation.

À propos de toutes ces recettes de Shavouot, Efrat Lichtenstadt est également l’éditeur de The White Chef, le magazine annuel de recettes de Shavouot créé par le géant laitier israélien Tnuva.

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The Times of Israël

Reviews - L28

Source : https://fr.timesofisrael.com/guide-pour-un-shavouot-tout-en-distanciation-sociale-en-fromage-et-pelerinage/?utm_source=A+La+Une&amp ;utm_campaign=a-la-une-2020-05-27&utm_medium=email

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9.
Quel est le lien entre la fête de Shavouot et la Pentecôte ? Publié le 18 mai 2018 – Document ‘eglise.catholique.fr’

La Communauté juive et la communauté chrétienne célèbrent une fois encore la même semaine et le même jour la fête juive de Shavouot (fête des semaines) le 20 mai (la célébration commence samedi soir 19 mai) et la fête chrétienne de la Pentecôte dimanche 20 mai.

Origine et sens

En hébreu, fête des semaines, est l’un des trois fêtes de pèlerinage prescrites par la Bible.

( « Tu célébreras la fête des Semaines, prémices de la moisson des blés, et la fête de la récolte au retour de l’année. » Ex 34,22 ;  » Le jour des prémices, (Yom HaBikurim) quand vous offrirez à Yahvé une oblation de fruits nouveaux, à votre fête des Semaines, vous aurez une sainte assemblée ; vous ne ferez aucune œuvre servile. » Nb 28,26) À l’origine fête agricole des prémices, (« Tu observeras la fête de la Moisson, des prémices de tes travaux de semailles dans les champs, et la fête de la Récolte, en fin d’année, quand tu rentreras des champs le fruit de tes travaux. » Ex 23, 16-17)

Cette fête ne correspond donc pas à un événement historique comme Pessah ou Souccoth mais la tradition y a rattaché le don de la Torah au Sinaï.

Cette fête est considérée comme le « Zman matan Toraténou » (le temps du don de notre Torah). Les Hébreux, rassemblés au pied de la montagne, reçurent les Dix Commandements gravés sur les tables de pierre, qui constituent les principes de base du judaïsme. Par extension, c’est à cette date que fut donnée à Israël la Torah toute entière, avec ses 613 Mitsvot. Ainsi, Chavouot est la fête de la Révélation, du don de la Torah et de l’acceptation de la Loi par l’ensemble du peuple.

Cette tradition renforce le lien avec Pessah : 50 jours après l’exode a lieu le don de la Torah, puisque sa date n’est pas fixe dans la calendrier mais dépend de la date de Pessah : 7 semaines après la fête. Ainsi la délivrance matérielle inauguré avec la sortie d’Egypte s’achève par la libération spirituelle avec le don de la Loi. (E. Guggenheim, Le judaïsme dans la vie quotidienne, Paris, Albin Michel, coll. « Présences du Judaïsme », 1992 p. 164)

Le Midrash enseigne qu’il ne faut pas lire Hag hashavouot (« la fête des semaines ») mais Hag hashevouot (« la fête des serments ») car en ce jour, Israël a fait le serment irrévocable d’être fidèle à Dieu et Dieu a fait le serment irrévocable d’être fidèle à Israël. Les sages de la tradition l’ont donc comparé à un mariage entre Dieu et le peuple juif.

À l’époque du Temple, on offrait deux pains de blé. C’était le début des offrandes des « bikourim » (prémices) décrites dans la tradition comme une festivité solennelle et de grande importance.

La pratique contemporaine

Aujourd’hui la fête de Shavouot est célébrée comme un jour de fête avec comme tradition particulière de demeurer éveiller la première nuit de la fête pour étudier la Torah.

Une bénédiction particulière est insérée dans la birkat HaMazon. Enfin, au second jour de la fête, pendant l’office du matin, on récite la prière de Yizkor en souvenir des parents disparus.

Les lectures à la synagogue sont : le premier jour : Ex19,1-20,22 et Nb28, 26-31 avec comme Haftara , Éz1:1-28 et 3:12 ; le deuxième jour Dt15:19-16:17 (ou Dt 14:22-16:17)
Dans certaines communautés, on lit également à l’office le livre de Ruth.

Le lien avec la fête chrétienne

 Le livre des Actes situe explicitement le don de l’Esprit Saint sur les apôtres en ce jour de la fête de Shavouot :

« Le jour de la Pentecôte, ils étaient tous ensemble dans le même lieu. Tout à coup il vint du ciel un bruit comme celui d’un vent impétueux, et il remplit toute la maison où ils étaient assis. Des langues, semblables à des langues de feu, leur apparurent, séparées les unes des autres, et se posèrent sur chacun d’eux. Et ils furent tous remplis du Saint Esprit, et se mirent à parler en d’autres langues, selon que l’Esprit leur donnait de s’exprimer. Or il y avait, demeurant à Jérusalem, des hommes dévots de toutes les nations qui sont sous le ciel. Au bruit qui se produisit, la multitude se rassembla et fut confondue : chacun les entendait parler en son propre idiome. Ils étaient stupéfaits, et, tout étonnés, ils disaient : » Ces hommes qui parlent, ne sont-ils pas tous Galiléens ? Comment se fait-il alors que chacun de nous les entende dans son propre idiome maternel ? Parthes, Mèdes et Élamites, habitants de Mésopotamie, de Judée et de Cappadoce, du Pont et d’Asie, de Phrygie et de Pamphylie, d’Égypte et de cette partie de la Libye qui est proche de Cyrène, Romains en résidence, tant Juifs que prosélytes, Crétois et Arabes, nous les entendons publier dans notre langue les merveilles de Dieu ! « » Actes 2:1-11

L’énumération de toutes les origines des auditeurs présents nous montre bien qu’il y a là les pèlerins montés à Jérusalem pour cette fête.

L’image du feu — conforme à la tradition juive de l’époque sur l’épisode de la révélation sinaïtique — matérialise ce don de l’Esprit Saint, qui s’accompagne de sa manifestation par la glossolalie. Il faut en effet rappeler que l’expression inusuelle de « ils virent des voix », les commentaires juifs déduisent que soixante-dix langues de feu sortaient du Sinaï, que la voix se faisait entendre dans les soixante-dix langues du monde.

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10.
Shavouot : le peuple attend son sens, espère sa Torah ! – Vidéo 12:51 - 613TV - 05 juin 2016 - 613 TV

La Bible n’est point une légende ouatée nous conduisant par tous les temps et tous les espaces dans un voyage sans histoire, bien au contraire, elle veut nous obliger à ressentir l’épopée comme l’Histoire à part entière. Notre entreprise est Hébraïque, au sens réel du terme, parce qu’au fond même de nos épreuves il n’y a pas d’aventure mais la représentation d’une nouvelle idée de l’homme. La conduite vraie des Hébreux se trouve dans la déférence portée au caractère révélé et suprême du Texte normatif, dans une révérence qui n’est autre que le frémissement que l’être souffre devant l’immanence du verbe Divin. Pour l’Hébreu véritable, la Bible n’est pas seulement sainte, elle est un porte-parole essentiel du Projet Divin. Retrouvez Rony Akrich sur son website education de facebook et son compte twitter. La vidéo vous a plu ? Retrouvez gratuitement 613TV en direct sur : http://www.613tv.com et toutes nos vidéos sur notre chaîne YouTube ! Restons connectés ! http://www.facebook.com/613tvj http://www.facebook.com/groups/613TV/ http://il.linkedin.com/in/613tv - Catégorie : Films et animations

Source : https://www.youtube.com/watch?v=QjOn14m4OTI

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11.
Guide, histoire, étude, récits : tout sur la fête de Chavouot ! – Document ‘frChabad..org’

Chavouot est une fête de deux jours, célébrée du 28 au 30 mai 2020 qui coïncide avec la date à laquelle D.ieu a donné la Torah au peuple juif au mont Sinaï il y a plus de 3300 ans. Elle a lieu au terme de 49 jours de compte impatients, qui nous ont permis de nous préparer pour ce jour spécial.

Elle est célébrée en allumant des bougies, en restant éveillés toute la nuit à étudier la Torah, en écoutant la lecture des Dix Commandements à la synagogue, en faisant un festin de produits laitiers et plus encore.

Dans les synagogues qui ouvriront en respectant les directives sanitaires, nous lirons cette année les Dix Commandements le vendredi 29 mai 2020

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Pour en savoir plus :

https://fr.chabad.org/library/artic...Chavouot à l’ère du coronavirushttps://fr.chabad.org/library/artic... Comment célébrer Chavouot à la maison Érouv Tavchiline L’allumage des bougies de Chavouot Yizkor à la maison

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Qu’est-ce que Chavouot ? Les noms de la fête de Chavouot La veille de Chavouot et l’allumage des bougies La veillée d’étude de Chavouot La lecture des Dix Commandements Les Haftarot de Chavouot - en bref Voir les 12 articles

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La révélation sur le Mont Sinaï Les enfants sont les garants de la Torah Quand la Torah fut donnée La montagne de D.ieu Une dispute avec les anges L’histoire de Ruth
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12.
Shavouot - Ruth – Amour et justice dans le judaïsme - Juin 2016 – Auteur : David Isaac Haziza

La fête probablement la plus ignorée du calendrier juif arrive : c’est Shavouot, pourtant l’une des trois Fêtes de pèlerinage, avec Pessah et Soukkot. Sa célébration, qui commémore le Don de la Loi au Sinaï et marque le temps des moissons, est prescrite dans la Torah, ce qui n’est pas le cas de Pourim et Hanouka : ces dernières, d’institution plus tardive, voire rabbinique, ont paradoxalement eu un meilleur destin à l’époque moderne que la très méconnue « Fête des Semaines ».

Une tradition bien établie est de lire, pendant l’office de Shavouot, l’un des « rouleaux » bibliques, le Livre de Ruth. Cette courte histoire est celle de l’arrière-grand-mère du roi David, une pauvre étrangère convertie à la foi d’Israël.

Noémie, sa belle-mère, est elle-même israélite. Elle vit du temps des Juges, avant l’instauration de la monarchie. Suivant son époux, elle s’est expatriée chez les Moabites, c’est-à-dire dans la Jordanie actuelle, où ses fils ont épousé des femmes de leur pays d’accueil. Ruth est l’une d’entre elles. Alors que Noémie se retrouve veuve et que ses fils sont morts prématurément, qu’elle s’apprête à rentrer en Israël, misérable, privée de tout, Ruth refuse de la laisser. Par trois fois elle la dissuade de l’accompagner mais la belle Moabite finit par lui répondre : « N’insiste pas pour que je t’abandonne et m’éloigne de toi. Oui, partout où tu iras, j’irai, où tu demeureras, je demeurerai, ton peuple est mon peuple, ton Dieu est mon Dieu. »
[1] Les deux femmes vont ainsi en Israël, où par son audace, Ruth gagne le cœur de Boaz, un cousin éloigné de Noémie, qui peut exercer à l’égard de la convertie une espèce de lévirat : ils finissent par se marier et on apprend à la fin que de leur lignée sera David, roi d’Israël et ancêtre du Messie.

Face au don de la Torah, tous les Juifs sont des convertis

Pourquoi lire Ruth à Shavouot ? Plusieurs explications sont données. En un sens, face au don de la Torah, tous les Juifs sont des convertis. En nous exposant de façon simple, nue, la spiritualité et l’éthique d’une prosélyte, il s’agit de nous dire ce qui fonde l’être juif quand on en a ôté tous les oripeaux, raciaux, nationaux ou même « religieux ». Ton peuple est mon peuple, ton Dieu est mon Dieu : c’est à partir de l’appartenance au peuple que se construit le rapport à la transcendance. Soi-même, le prochain et l’autre : ce sont les trois cercles concentriques de l’éthique juive ; l’individu, puis le peuple et de là, Dieu : ce sont les trois cercles de notre vocation métaphysique. On part du concret, du proche, de l’appartenance, de la chair, de sa chair, ainsi qu’il est écrit dans Isaïe pour parler du devoir de charité et de justice : « ne te détourne pas de ta chair »
[2].

Le peuple, les hommes d’abord, Dieu ensuite. Les hommes sont là, ils sont notre donné, ce à quoi on n’échappe pas ; Dieu est toujours à être, Il se constitue par la foi, les rites et le sens de la justice pratiqués par Israël. Les catégories de transcendance et d’immanence, d’intériorité et d’extériorité ne sont pas pertinentes pour rendre compte de ce que sont ce Dieu et le rapport que les Juifs ont à Lui. Pour ne rien dire en vérité, de la foi elle-même et de son contraire, l’athéisme. Le Juif fait Dieu plutôt qu’il ne croit en Lui, il entend Son appel : « Je serai », qui est comme une prière adressée par le Créateur à la créature, et il fait en sorte que ce Je serai soit. Il façonne la transcendance par les rites qu’il pratique et par l’amour de son prochain : Dieu est l’ombre de l’homme, non l’inverse. Cette formulation pourrait sembler extrême et blasphématoire : elle l’est peut-être, elle vient pourtant de la Bible et de la lecture qu’en fait la Tradition. « L’Éternel est ton ombre, près de ta droite », dit le Psalmiste
[3]. La Kabbale comprend ce verset comme suit : Dieu est éveillé, façonné, « fait » par l’homme. Le haut reflète le bas : retournement de l’idéalisme platonicien que le regretté Charles Mopsik a largement étudié et commenté, notamment dans son livre sur Les rites qui font Dieu.

Voilà le secret de la parole de Ruth. « Dieu est Amour », disent certains. Ou Justice. Ou Paix. En fait, Dieu est l’amour que les hommes se portent, la justice qu’ils exercent, la paix qu’ils savent instaurer. Et cela s’expérimente d’abord dans la proximité de la famille, du voisinage, d’une amitié choisie, de son peuple, d’une relation amoureuse.

Le converti est un Juif en tout

Ruth nous dit aussi que cette proximité n’est pas raciale. Le peuple d’abord, l’amour d’Israël, oui, mais Israël n’est pas une race. Le peuple juif ne se résume pas à des déterminations biologiques : le converti est un Juif en tout et être juif, converti ou non (en ce sens aussi, nous sommes tous des convertis), c’est choisir de faire vivre par le souffle d’Abraham le sang qu’on a reçu ou que l’on s’apprête à transmettre. La chair n’est pas le sang, mot qui n’apparaît pas dans les textes pour qualifier notre identité. Le sang, la race, les gènes sont des données objectives et dépourvues de sens. La chair, elle, est au contraire l’adhésion d’un sujet à ces données que, d’une certaine manière, il a toujours à choisir. La situation métaphysique du converti n’est donc que le comble de l’être juif.

On perçoit mieux, dès lors, l’actualité de Ruth. Le Midrash l’a très bien compris, qui veut lire dans ce petit livre une louange du prosélyte, voire du prosélytisme. Le « parent » qui use de son droit de rachat et d’épousailles à l’égard de Ruth est appelé dans le texte goel, littéralement « sauveur » ou « libérateur ». Ce terme vient de la loi mosaïque et possède d’abord un sens strictement légal, je vais y revenir. Seulement, il peut aussi s’entendre comme faisant référence au salut apporté par Israël aux autres nations, par sa mission d’en extirper les étincelles de sainteté tout en se débarrassant de ses propres écorces de mal. Et cela passe par le fait de renoncer au vain orgueil du sang. Israël ne vaut que par sa mission : « s’il te rachète demain matin, tant mieux, mais s’il ne veut pas te racheter, c’est moi qui te rachèterai »
[4], dit Boaz à Ruth au sujet de l’autre parent, anonyme, qui pourrait l’épouser ; demain matin, c’est l’ère messianique, commente le Midrash.
[5] Le destin de tout homme est d’être racheté dès lors qu’il sait répéter la profession de foi de Ruth.

Mais cette histoire est par ailleurs un drame de la justice. De la justice sociale et de la justice tout court. Les deux sont d’ailleurs liées : c’est l’État qui garantit la sécurité à la fois physique et sociale des individus qui le composent. Et sinon l’État au sens moderne du terme, du moins la communauté avec ses lois, ses institutions, ses magistrats et ses chefs, qui protègent à la fois les biens, les vies et les droits fondamentaux. Or tout commence dans cette histoire avec un mauvais juge, Élimélec, l’époux de Noémie. C’est le Midrash qui le voit ainsi : Ruth Rabba, suivi en cela par le Zohar, condamne en effet fermement l’attitude de ce leader qui a failli en quittant Israël au moment de la famine. « Malheur à la génération qui juge ses propres juges et malheur à la génération dont les juges auraient à être jugés ! »
[6], c’est-à-dire le juge qui « accepte les pots-de-vin » ou celui qui maltraite la veuve et l’orphelin, y compris par son indifférence à leur sort. « Lorsque la famine s’abattit les pauvres accoururent à lui, mais il détourna d’eux le regard et s’enfuit », dit le Zohar d’Élimélec
[7]

Ruth raconte, de façon réaliste, ce qui advient à de faibles humains lorsque les chefs agissent de la sorte. Et lorsque Dieu abandonne Ses créatures, ce qui est hélas leur lot commun. Dieu fuit, comme Élimélec, et Noémie perd ce qu’elle a, ses enfants, sa fortune, sa dignité. Ruth se retrouve à mendier : « Pourquoi me nommez-vous Noémie (« gracieuse » « heureuse ») quand l’Éternel m’a humiliée, que Shaddaï m’a fait du mal ?! »
[8] En ce sens, ce livre appartient sinon à un genre littéraire, du moins à un registre « philosophique » que l’on trouve dans la Bible, celui des textes qui questionnent et parfois attaquent la justice divine : Job, les Lamentations, certains Psaumes aussi. Les Sages l’ont très bien perçu. Par exemple, c’est au passage de son commentaire sur Ruth que le Zohar invoque Job et cherche à rendre justice au plus célèbre de tous les misérables. Le pauvre s’écrie face à l’Éternel : « Que m’as-tu donné ? Suis-je donc l’homme le plus méchant qui soit au monde ! Et il se querelle contre le Saint, béni soit-il. Heureux qui se soucie de son sort […]. En fait, quand le pauvre est dans l’affliction, il engage un combat contre l’en haut. Or celui qui fortifie la main du pauvre […], c’est avec le Saint, béni soit-Il, si l’on peut dire, qu’il fait la paix. »
[9] Réconcilier le misérable légitimement scandalisé, avec Dieu, voilà bien un moyen de faire Dieu.

Ce n’est pas un hasard non plus si Ruth Rabba profite d’une discussion de ce maître au sujet de Ruth, pour nous raconter la célèbre histoire d’Elisha ben Abuya. Qui était-il ? Un sage du judaïsme qui vécut au début de notre ère et qui perdit la foi parce qu’il avait été témoin de l’absence de justice sur terre : les justes et les innocents souffrent, tandis que les méchants prospèrent et meurent tranquillement dans leur lit à un âge avancé. La Tradition est unanime : Elisha était un grand maître, mais il pécha parce qu’il ne voulut pas voir que la vraie justice appartenait au monde à venir. Le monde à venir, qu’est-ce à dire ? « Tout Israël a part au monde à venir », enseigne fameusement le traité Sanhédrin, ce que R. Hayyim de Volozhyn commente ainsi : tout Israël a part à l’édification du monde à venir. La justice est du ressort des hommes : le monde est cassé, brisé dès l’origine, Dieu Lui-même est faible et disloqué, c’est aux hommes de réparer la brisure. Elisha avait raison sur le constat que le monde ne fonctionne pas, que Dieu S’est retiré, que les hommes souffrent injustement. Il n’avait pas vu que, détenteurs par là même du libre arbitre, ils pouvaient faire advenir Dieu sur terre.

Il n’est pas de justice sans amour, ni d’amour sans justice. L’une des lois de justice auxquelles notre petit livre fait référence est celle qui laisse aux pauvres le coin du champ et la « glanure », ce qui va d’ailleurs permettre à Ruth et à sa belle-mère de se nourrir. Or, nous apprenons grâce à la Mishna que ces lois bibliques ont un seuil minimal car si on laissait complètement leur application au bon vouloir des riches, ou même à leur « amour », il y aurait des personnes lésées : c’est le principe, disons, de la sécurité sociale, et l’on connaît bien des bonnes âmes (les « dames patronnesses » de Brel) qui se disent prêtes à donner au pauvre mais ne sont pas gênées, au contraire même, par la misère endémique de leur société.

Shavouot, fête de notre rapport sans cesse renouvelée à la Torah

En même temps, nous apprenons aussi qu’il n’y a pas de seuil maximal, ce qui permet à la charité de se déployer au-delà de ce que prescrit la loi, et que ce que l’on donne peut aussi varier au gré des circonstances
[10] : la loi est la loi mais elle a des exceptions et peut être outrepassée, corrigée par l’attention aux accidents de la vie, étendue ou restreinte. En d’autres termes, la justice et l’amour s’enracinent mutuellement l’un dans l’autre, chacun étant aussi la limite de l’autre. Et si la loi ne suffit pas en l’espèce, on ne peut pas non plus s’en dispenser.

Le nœud de l’histoire de Ruth consiste en la résolution d’une intrigue judiciaire qui a trait à cette dialectique. Noémie veut vendre un bien qui lui reste du temps de sa prospérité en Israël. En application d’un principe édicté dans le Lévitique, c’est aux plus proches parents que revient d’abord le droit, et le devoir, de racheter le bien d’un Israélite tombé dans la misère. « Si ton frère est ruiné et vend de son bien, que vienne son plus proche parent (goel) pour racheter ce qu’il a vendu. »
[11] Le lévirat
[12] était peut-être un cas particulier de geula, de « rédemption » ou de « rachat » (du mot goel justement, qui désigne celui à même de venir en aide à son parent) : de même que le bien, lopin de terre cultivable, est racheté pour que le pauvre puisse à nouveau subvenir à ses besoins – ou pour qu’il demeure dans la famille –, de même la veuve est épousée par son beau-frère pour qu’elle n’ait pas, incapable de se remarier, à se vendre comme esclave ou à se prostituer. Dans Ruth, il ne s’agit pas vraiment d’un lévirat mais il y a deux parents qui sont pour ainsi dire en concurrence pour racheter le bien de Noémie, le vieux Boaz et un plus proche qui a la priorité… mais qui ne veut pas épouser Ruth, ce qui semble faire partie du « contrat » et assurerait à cette dernière une subsistance.

Et pourquoi ne le veut-il pas ? Le Midrash l’explique bien : l’homme a craint d’épouser une Moabite, une étrangère, qui plus est maudite et, croit-il, interdite de par la Torah d’entrer dans l’Assemblée d’Israël. Bigoterie et racisme guident donc son refus, qui va lui faire renoncer en même temps à racheter le bien de Noémie. C’est que la Loi mosaïque interdisait en effet le contact avec les Moabites.
[13] Seulement, la Tradition nous apprend qu’une nouvelle loi avait été promulguée, sans doute eu égard au mérite exceptionnel de Ruth, qui levait cette interdiction quant aux femmes de Moab ! Et ce parent l’ignorait, mêlant la superstition au respect étroit de l’Écriture : « Je ne prendrai pas le risque d’introduire une tare de ce genre qui pèserait sur ma descendance », se dit-il.
[14] Il renonce du coup à ce qui est non seulement l’esprit mais surtout la lettre de la loi, à savoir le devoir de rachat et, plus largement, la tsedaka. C’est Boaz qui va s’en charger, contredisant la Loi en son nom même.

« Il est temps d’agir pour l’Éternel, on a violé Ta Torah »
[15]. Ce verset est invoqué par la Tradition pour annoncer une entorse aux règles de la Loi au nom d’une nécessité légale plus haute. Par exemple, il a pu être cité par certains pour dénoncer l’homophobie qui prétend certes appliquer le Lévitique mais entre en conflit avec d’autres principes divins comme celui de l’amour du prochain, pour ne rien dire de la circonspection face aux règles si complexes et parfois difficilement lisibles, de nos textes. Il semble pourtant, si l’on songe à des déclarations récentes, à la fois blessantes et dangereuses, sur la « réaction radicale » à avoir face aux homosexuels, qu’on peut avoir été Grand Rabbin de France et ne pas y être sensible.

Il y a parfois des « moments d’agir », quitte à renverser ce qui nous apparaît comme fondamental pour, en fait, sauver l’essentiel. Il y a parfois à laisser la cendre pour la flamme. C’est ce qu’il s’est passé pour Ruth, la prosélyte exemplaire, et c’est ce que le quidam rival de Boaz n’a pas su voir. Depuis que la Loi a été donnée aux hommes, elle n’est plus au Ciel : on comprend aussi, dès lors, l’intérêt de lire Ruth à Shavouot, fête de notre rapport sans cesse renouvelée à la Torah. Rapport qui nous enseigne que Dieu est l’ombre de l’homme, qu’Il est ce que l’homme fait : dans la Kabbale, dès le Zohar et sans doute même avant, « il est temps d’agir pour l’Éternel » a aussi été compris, et ça n’est pas pour rien, d’une manière bien plus « radicale » à laquelle j’ai déjà fait allusion : « il est temps de faire l’Éternel ». De Le faire être par l’exercice conjoint de notre liberté et de notre respect de la Tradition. C’est de cette audace, toute digne de la Moabite qui se faufila à la nuit tombée près du lit du vieux Boaz, de cette audace plutôt que d’une crainte bornée et soumise, que s’enfantera le Monde à Venir.

Photo - © Dina Bova, « Break Through »


[1] Ruth, 1 : 3.

[2] Isaïe, 58 : 7.

[3] Psaumes, 121 : 5.

[4] Ruth, 3 : 13.

[5] Ruth Rabba, VI, 4.

[6] Jeu de mots sur le premier verset de Ruth : « Au temps où les juges jugeaient », mais « shfot hashoftim » est lu comme « les juges étaient jugés ».

[7] Zohar, Midrash haNéélam, 80d.

[8] Ruth, 1 : 21.

[9] Zohar, Midrash haNéélam, 75c.

[10] Péa, I, 1-2.

[11] Lévitique, 25 : 25.

[12] Du latin levir, « beau-frère », qui n’a donc rien à voir avec les Lévites ou Monsieur Lévi. Le lévirat se dit yibum en hébreu. Il s’agit du principe d’épouser la veuve de son frère.

[13] Deutéronome, 23 : 4.

[14] Ruth Rabba, VII, 7.

[15] Psaumes, 119 : 126.

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© 2020 Tenou’a. Source : https://tenoua.org/dih-shavouot/

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13.
Causerie sur Hala’hot de Chavouhot Vidéo 43:44 - 08 mai 2013 - Rav TOUITOU parle à l’occasion de Chavouhot - Catégorie : Science et technologie – [C’est une explication religieuse détaillée pour des personnes déjà bien informées. JH]

Source :https://www.youtube.com/watch?v=6cUGu07FngU

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14.
Les évènements en ligne de la fête de Shavouot Par Times of Israel Staff – 25 mai 2020 11:20

Fête de la liberté spirituelle, Shavouot sera, cette année 2020, célébrée dans le contexte particulier de l’épidémie de coronavirus - de nombreux rendez-vous sur Zoom sont ainsi organisés -

Photo - Tapisserie de Marc Chagall à la Knesset représentant Moïse guidant le peuple d’Israël dans le Sinaï après avoir reçu les Tables de la Loi.

La fête de Shavouot sera célébrée cette année du 28 au 30 mai 2020 (6 et 7 sivan). Marquant la fin de la récolte d’orge du printemps et le début de la récolte de blé, elle est aussi – et surtout – le symbole du don de la Torah à Moïse au mont Sinaï.

Fête de la liberté spirituelle – tandis que Pessah, à laquelle elle est liée, se veut être la fête de la liberté physique -, elle sera cette année célébrée dans le contexte de l’épidémie de coronavirus.

De tradition, une nuit d’étude est organisée de la veille au premier jour de Shavouot. Le matin, durant l’office, sont lus les Dix Commandements et le livre de Ruth.

En France, alors que les synagogues resteront fermées par précaution – malgré la possibilité offerte par les autorités de la reprise des célébrations et offices religieux –, de nombreux évènements seront organisés en ligne, avant et durant la fête.

En raison de son caractère sacré de Yom Tov, jours lors desquels différentes activités sont interdites – et notamment l’utilisation d’appareils électriques – seules les communautés libérales organiseront des rendez-vous en ligne durant la fête.

Ainsi, cette année, une grande nuit d’étude en ligne sera proposée par Judaïsme en Mouvement (JEM), qui rassemble l’ULIF et le MJLF, à partir du 28 mai, 18h45, jusqu’au lendemain 7h45 (heure française). Elle aura pour thème « L’égalité dans la loi juive ».

« Pendant toute une nuit, pour interroger le mot ‘égalité’, nous accueillerons des philosophes comme Roger-Pol Droit ou Hervé-Elie Bokobza, des sociologues tels que Dominique Schnapper, nos cinq rabbins du Judaïsme en Mouvement, des enseignants et des musiciens qui feront dialoguer les textes de la tradition avec les textes philosophiques et feront entrer en résonance la pensée des lumières avec la pensée rabbinique », écrit le mouvement libéral. L’inscription est disponible à cette adresse et le programme complet en PDF ici.

D’autres communautés libérales organiseront également des offices le 28 mai 2020 au soir, et notamment celle de Genève.

Reproduction - Un rouleau du Livre de Ruth. (Crédit : BigiJon / CC BY 3.0)

La veille, mercredi, le Consistoire de Lyon proposera lui une veillée sur Zoom.

Mercredi également, de 18h à 20h, le rabbin de Grenoble Nissim Sultan tiendra un cours à propos de la fête.

Mercredi toujours, de 20h30 à 22h, Akadem réunira de nombreux intervenants pour une visioconférence sur les 10 commandements.

Ce lundi, de 16h à 17h, en partenariat avec Lilmod Torah Mitision et la Grande Synagogue de La Victoire, le site Manitou l’Hebreu accueillera le rabbin Haim Rotenberg, sous la médiation du journaliste Antoine Mercier, pour une conférence sur la fête.

Ce dimanche, le site avait déjà organisé une conférence sur « Ruth et Shavouot » avec le rav Yossef Attoun.

En préambule à la nuit de JEM de jeudi, le rabbin Yann Boissière du MJLF proposera ce mardi soir à 19h un cours de 2h sur la plateforme Zoom consacré à « la Fête de Shavouot et le Don de la Torah ».

« Deuxième fête de pèlerinage, intimement liée à la fête de Pessah par les 49 jours de la période de l’Omer, Shavouot comporte à la fois une composante agricole, une composante historique et une dimension spirituelle. Elle est principalement, pour nous aujourd’hui, ‘Zman matan Torateïnu’, la ‘Fête du Don de notre Torah’, événement fondateur s’il en est », écrit le rabbin. « Nous en étudierons l’histoire, les rites et leur signification, et la manière dont la pensée rabbinique a conçu cette ‘Révélation’ qui n’en est pas une – Dieu ne s’y ‘révèle’ pas, il nous donne un Livre… Nous ne manquerons pas non plus de nous entretenir de cet étonnant récit sur Ruth la Moabite, qui derrière ses allures de bluette bucolique et romantique, se fait porteur de thèmes fondamentaux pour le judaïsme : rien moins que la question de l’identité juive, et l’arrivée du Messie ! »

Reproduction - Ruth dans le champ de Boaz par Julius Schnorr von Carolsfeld (1828). (Crédit : Julius Schnorr von Carolsfeld / National Gallery, Londres / Domaine public)

La semaine dernière, Daniel Abdelhak, ancien rabbin de la Kehila Ohaley Yaacov dans le 19e arrondissement de Paris, avait organisé une conférence intitulée « Pourquoi lit-on la Méguila de Ruth à Shavouot ? », désormais disponible sur YouTube.

Le mouvement Loubavitch propose lui sur son site un guide de la fête, une réflexion sur sa signification et des recettes.

À noter également : un cours de cuisine spécial Shavouot – fête des laitages et du fromage – organisé par la Communauté israélite de Genève ce mardi à 18h30.

Hag Shavouot Sameah !

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En savoir plus sur : Le Monde Juif Shavouot Judaïsme Judaïsme réformé Fêtes juives Zoom Nourriture

Source : https://fr.timesofisrael.com/les-evenements-en-ligne-de-la-fete-de-shavouot/?utm_source=A+La+Une&amp ;utm_campaign=a-la-une-2020-05-25&utm_medium=email

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Partie D

15.
Chez les chrétiens : Fête de la Pentecôte dimanche 31 mai et lundi 1er juin 2020 La Pentecôte prend tout son sens à la lumière de la tradition juive

La Pentecôte n’est pas une invention chrétienne. Elle prend tout son sens à la lumière de la tradition juive - Une tradition tirée de l’Exode des Hébreux –Document de la Communauté de l’Emmanuel

La Pentecôte est d’abord une fête juive. D’abord fête des prémices des récoltes (cf. Ex 23, 16), elle commémore ensuite l’Alliance du Sinaï où Dieu a donné sa Loi au peuple sur des tables de pierre (cf. Exode 19, 16-21 et Exode 24, 1-18). Elle a lieu sept semaines (shavouot en hébreu) ou cinquante jours (pentekoste en grec) après la Pâque. La veille de la fête, il est d’usage de prendre un bain rituel pour se purifier. La nuit se passe à étudier la Torah. Le jour de la Pentecôte, on décore les maisons de fleurs et de fruits. Au cours de l’office, il y a une audition solennelle des Dix Paroles (Décalogue).

Dieu ne choisit pas la Pentecôte par hasard pour répandre son Esprit.

Dans le livre de l’Exode au chapitre 19 (18), on lit que “La montagne du Sinaï était toute fumante, car le Seigneur y était descendu dans le feu ; la fumée montait, comme la fumée d’une fournaise, et toute la montagne tremblait violemment.” Dans le récit des Actes des Apôtres, le feu, le tremblement de terre, le violent coup de vent au Cénacle rappellent clairement l’épisode de l’alliance au Sinaï.

L’Esprit Saint est le sceau de la Nouvelle Alliance de Dieu avec tous les hommes. C’est lui qui vient inscrire la Loi dans les cœurs, et la rendre ainsi applicable de l’intérieur de l’homme. La Loi n’est plus un joug, car l’homme vit la loi par la force de Dieu et non plus par sa propre force. C’est la réalisation de la promesse faite par les prophètes : « Voici venir des jours – oracle du Seigneur – où je conclurai avec la maison d’Israël une Alliance nouvelle. […] Je mettrai ma Loi au fond de leur être et je l’écrirai sur leur cœur. Alors je serai leur Dieu et eux seront mon peuple » (Jérémie 31, 31-33) ; « Je vous donnerai un cœur nouveau, je mettrai en vous un esprit nouveau » (Ezéchiel 36, 26).

La Pentecôte ne peut se comprendre qu’à la lumière de l’Ancien Testament.

Après que l’Esprit Saint soit descendu avec force sur les apôtres, saint Pierre s’adresse à la foule rassemblée dehors. «  Convertissez-vous et recevez l’Esprit Saint  » (Actes 2, 38). Le discours qu’il tient est une mine de références à l’Ancien Testament. Le fait que tous les auditeurs comprennent les Apôtres est une allusion à la dispersion de Babel, ou les langues furent brouillées (Gn 11), l’Esprit Saint recrée l’unité dans la diversité ; la promesse de l’Esprit Saint évoque la promesse de Jérémie (Jr 31, 31) et la vision des ossements desséchés d’Ézéchiel (Ez 37). Il reprend également le prophète Joël et les Psaumes. On ne peut donc pleinement comprendre la Pentecôte qu’à la lumière de la tradition juive.

Dans l’Exode, avant que Dieu descende sur la montagne, il dit au peuple d’Israël : “Maintenant si vous écoutez ma voix et gardez mon alliance, vous serez mon domaine particulier parmi tous les peuples.” Par le don de son Esprit Saint, Dieu veut faire de nous son domaine particulier, ses fils et filles adoptifs. A nous de répondre à son amour en recevant ce don gratuit qu’il désire ardemment nous offrir.

La Communauté de l’Emmanuel est une association publique internationale de fidèles de droit pontifical, née à partir d’un groupe de prière fondé en 1972. La spiritualité proposée aux membres repose notamment sur l’adoration eucharistique, la compassion et l’évangélisation. Wikipédia

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NB. En bas à droite : l’ange Gabriel – Voir également https://fr.vikidia.org/wiki/Gabriel_(archange) : « Gabriel est un archange qui apparaît dans la Bible et dans le Coran. Dans le nouveau Testament, c’est celui qui annonce à Marie qu’elle aura un fils : c’est l’Annonciation. Dans le Coran et l’Islam, Gabriel est connu sous le nom arabe de Jibril (ou Djibrîl جبرائيل) et c’est lui qui donne (qui révèle) les versets du Coran à Mahomet. Dans l’islam, l’ange Gabriel est le messager d’Allah (Dieu)…

Source : https://emmanuel.info/effusion-de-l-esprit-saint/shavouot-a-lorigine-de-pentecote/

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16.
Les origines juives de la fête de Pentecôte – Document ‘croire.la-croix.com’

Comme Pâques, la fête de la Pentecôte a pour origine la fête juive de « Chavouot » qui commémore la remise desTables de la Loi à Moïse. Représentation

Pour le peuple juif, la Pentecôte (en hébreux, Chavouot) a lieu 50 jours après Pâques. Elle rappelle que Dieu a donné les dix commandements à Moïse. Dans l’année agricole, la Pentecôte constituait la deuxième fête du calendrier, celle des moissons. Elle avait lieu cinquante jours après Pâques (Pessah), qui célébrait la sortie d’Égypte du peuple d’Israël. A la Pentecôte, les premiers fruits étaient offerts à Dieu en offrande. La fête de la Pentecôte mettait ainsi un terme aux festivités agricoles.

Voir aussi sur croire.com

Comme les juifs, les chrétiens célèbrent la Pentecôte cinquante jours après Pâques. Et si Pâques est pour eux la commémoration de la Résurrection du Christ, la Pentecôte est la date à laquelle l’Esprit saint s’est répandu sur les disciples. C’est le jour de la Pentecôte qu’ils s’ouvrirent à l’intelligence de la foi. Pour les chrétiens, cela signifie l’alliance renouvelée entre Dieu et son peuple, une nouvelle alliance. En d’autres termes, pour l’Église, la Pentecôte constitue son « acte » de naissance.

Source : https://croire.la-croix.com/Definitions/Fetes-religieuses/Pentecote/Les-origines-juives-de-la-fete-de-Pentecote

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17.
Échos de Chavouot dans le christianisme selon Wikipédia

Article détaillé : Pentecôte.

La Pentecôte chrétienne constitue une réinterprétation chrétienne de la perception pharisienne de Chavouot, l’Esprit saint descendant sur les apôtres comme Moïse descend du Sinaï avec les Tables de la Loi21. Le thème principal de la Pentecôte est celui du « don des langues », des « langues de feu » qui descendent sur les apôtres. En d’autres termes, il s’agit de l’universalité du message évangélique, inspiré par le Paraclet.

Le délai de sept semaines est repris dans le christianisme, la Pentecôte étant célébrée cinquante jours après Pâques. Cette fête religieuse s’est constituée peu à peu, probablement entre les IIe et IVe siècles112.

Source de l’extrait : https://fr.wikipedia.org/wiki/Chavouot#%C3%89chos_de_Chavouot_dans_le_christianisme

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18.
Quel est le lien entre la fête de Shavouot et la Pentecôte ? NB. Publication du 18 mai 2018

La Communauté juive et la communauté chrétienne célèbrent une fois encore la même semaine et le même jour la fête juive de Shavouot (fête des semaines) le 20 mai (la célébration commence samedi soir 19 mai) et la fête chrétienne de la Pentecôte dimanche 20 mai.

Origine et sens

En hébreu, fête des semaines, est l’un des trois fêtes de pèlerinage prescrites par la Bible.

( « Tu célébreras la fête des Semaines, prémices de la moisson des blés, et la fête de la récolte au retour de l’année. » Ex 34,22 ;  » Le jour des prémices, (Yom HaBikurim) quand vous offrirez à Yahvé une oblation de fruits nouveaux, à votre fête des Semaines, vous aurez une sainte assemblée ; vous ne ferez aucune œuvre servile. » Nb 28,26) À l’origine fête agricole des prémices, (« Tu observeras la fête de la Moisson, des prémices de tes travaux de semailles dans les champs, et la fête de la Récolte, en fin d’année, quand tu rentreras des champs le fruit de tes travaux. » Ex 23, 16-17)

Cette fête ne correspond donc pas à un événement historique comme Pessah ou Souccoth mais la tradition y a rattaché le don de la Torah au Sinaï.

Cette fête est considérée comme le « Zman matan Toraténou » (le temps du don de notre Torah). Les Hébreux, rassemblés au pied de la montagne, reçurent les Dix Commandements gravés sur les tables de pierre, qui constituent les principes de base du judaïsme. Par extension, c’est à cette date que fut donnée à Israël la Torah toute entière, avec ses 613 Mitsvot. Ainsi, Chavouot est la fête de la Révélation, du don de la Torah et de l’acceptation de la Loi par l’ensemble du peuple.

Cette tradition renforce le lien avec Pessah : 50 jours après l’exode a lieu le don de la Torah, puisque sa date n’est pas fixe dans la calendrier mais dépend de la date de Pessah : 7 semaines après la fête. Ainsi la délivrance matérielle inauguré avec la sortie d’Egypte s’achève par la libération spirituelle avec le don de la Loi. (E. Guggenheim, Le judaïsme dans la vie quotidienne, Paris, Albin Michel, coll. « Présences du Judaïsme », 1992 p. 164)

Le Midrash enseigne qu’il ne faut pas lire Hag hashavouot (« la fête des semaines ») mais Hag hashevouot (« la fête des serments ») car en ce jour, Israël a fait le serment irrévocable d’être fidèle à Dieu et Dieu a fait le serment irrévocable d’être fidèle à Israël. Les sages de la tradition l’ont donc comparé à un mariage entre Dieu et le peuple juif. À l’époque du Temple, on offrait deux pains de blé. C’était le début des offrandes des « bikourim » (prémices) décrites dans la tradition comme une festivité solennelle et de grande importance.

La pratique contemporaine

Aujourd’hui la fête de Shavouot est célébrée comme un jour de fête avec comme tradition particulière de demeurer éveiller la première nuit de la fête pour étudier la Torah. Une bénédiction particulière est insérée dans la birkat HaMazon. Enfin, au second jour de la fête, pendant l’office du matin, on récite la prière de Yizkor en souvenir des parents disparus. Les lectures à la synagogue sont : le premier jour : Ex19,1-20,22 et Nb28, 26-31 avec comme Haftara , Éz1:1-28 et 3:12 ; le deuxième jour Dt15:19-16:17 (ou Dt 14:22-16:17). Dans certaines communautés, on lit également à l’office le livre de Ruth.

Le lien avec la fête chrétienne

Le livre des Actes situe explicitement le don de l’Esprit Saint sur les apôtres en ce jour de la fête de Shavouot :

« Le jour de la Pentecôte, ils étaient tous ensemble dans le même lieu. Tout à coup il vint du ciel un bruit comme celui d’un vent impétueux, et il remplit toute la maison où ils étaient assis. Des langues, semblables à des langues de feu, leur apparurent, séparées les unes des autres, et se posèrent sur chacun d’eux. Et ils furent tous remplis du Saint Esprit, et se mirent à parler en d’autres langues, selon que l’Esprit leur donnait de s’exprimer. Or il y avait, demeurant à Jérusalem, des hommes dévots de toutes les nations qui sont sous le ciel. Au bruit qui se produisit, la multitude se rassembla et fut confondue : chacun les entendait parler en son propre idiome. Ils étaient stupéfaits, et, tout étonnés, ils disaient : » Ces hommes qui parlent, ne sont-ils pas tous Galiléens ? Comment se fait-il alors que chacun de nous les entende dans son propre idiome maternel ? Parthes, Mèdes et Élamites, habitants de Mésopotamie, de Judée et de Cappadoce, du Pont et d’Asie, de Phrygie et de Pamphylie, d’Égypte et de cette partie de la Libye qui est proche de Cyrène, Romains en résidence, tant Juifs que prosélytes, Crétois et Arabes, nous les entendons publier dans notre langue les merveilles de Dieu ! « » Actes 2:1-11

L’énumération de toutes les origines des auditeurs présents nous montre bien qu’il y a là les pèlerins montés à Jérusalem pour cette fête.

L’image du feu — conforme à la tradition juive de l’époque sur l’épisode de la révélation sinaïtique — matérialise ce don de l’Esprit Saint, qui s’accompagne de sa manifestation par la glossolalie. Il faut en effet rappeler que l’expression inusuelle de « ils virent des voix », les commentaires juifs déduisent que soixante-dix langues de feu sortaient du Sinaï, que la voix se faisait entendre dans les soixante-dix langues du monde.

Sur le même thème - Aller plus loin

La Pentecôte - La fête de la Pentecôte célèbre la venue de l’Esprit Saint sur Marie et les apôtres réunis au Cénacle le cinquantième jour après Pâques.

Site du SNRJ – Relations avec le Judaïsme - Service national pour les relations avec le judaïsme (SNRJ) - Faire vivre les relations entre l’Église catholique et les juifs.

« Le Conseil pour l’unité des chrétiens et les relations avec le judaïsme confie au service national une mission d’expertise auprès des évêques concernant la tradition juive et les problématiques nationales ou internationales liées au judaïsme ainsi qu’une expertise et une présence auprès des institutions juives concernant les relations avec les catholiques.
Il assure également une mission de représentation de l’Église catholique lors de cérémonies officielles associant juifs et catholiques… »

En vidéos : Introduction à la série Selon les Écritures, lecture d’une parole vivante par le frère Louis-Marie Coudray, o.s.b., directeur du Service national pour les relations avec le judaïsme - Découvrez toutes les vidéos de la série

Ressources - >>Textes et documents de référence - Déclarations et réflexions officielles sur les relations spirituelles de l’Église catholique avec le judaïsme.

Contacts : Service national pour les relations avec le judaïsme (SNRJ) 58, avenue de Breteuil 75007 Paris 01 72 36 68 71

Source : https://eglise.catholique.fr/approfondir-sa-foi/vivre-sa-foi-a-tous-les-ages/relationsjudaisme/

Le Service national pour les relations avec le judaïsme est né après le concile Vatican II. Fondé par le P. Bernard Dupuy, dominicain, il a ensuite été inséré au sein de la Conférence épiscopale. Son actuel directeur en est le Frère Louis-Marie Coudray, qui travaille sous la responsabilité du Conseil pour l’unité des chrétiens et les relations avec le judaïsme.

© Église catholique en France - Édité par la Conférence des évêques de France - Source : https://eglise.catholique.fr/approfondir-sa-foi/vivre-sa-foi-a-tous-les-ages/relationsjudaisme/455660-lien-entre-fete-de-shavouot-fete-semaines-pentecote/

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19.
Carême, Yom Kippour, Ramadan : d’où vient la tradition du jeûne dans les religions ? Par Sylvie Briet le 26.02.2020 à 11h41 – Document Sciences et Avenir Nutrition

Judaïsme, christianisme et islam ont en commun d’avoir mis les interdits alimentaires au centre de la vie religieuse. Alors que le Carême débute ce 26 février 2020, retour sur ces jeûnes traditionnels.

Photo - Des Français de confession musulmane durant la première Tarawih du ramadan 2015, prière quotidienne du soir durant le mois de jeûne. ©CITIZENSIDE/SHAUKAT AHMED / citizenside.com / AFP

Moïse, Jésus, Mahomet : les trois ont jeûné dans le désert. Yom Kippour, carême, ramadan : trois manières d’observer le jeûne. Nées au Moyen-Orient, dans des paysages de sable et de soleil, les trois grandes religions monothéistes ont inscrit cette pratique dans leur calendrier. La durée varie, les modalités ont évolué au fil des siècles, mais pour toutes, le temps de la diète est l’occasion de se recentrer sur le spirituel, de s’ouvrir au partage. Une autre façon d’être au monde. Le ramadan correspond au neuvième mois du calendrier lunaire, durant lequel l’archange Gabriel a révélé le Coran à Mahomet, selon l’islam. Le jour exact de son commencement n’est décidé qu’à la toute fin du mois précédent le jeûne — le mois de Chaabane — et s’achève le premier jour de Chawwal, lors des fêtes de ’rupture du jeûne’, l’Aïd el-Fitr. Le Conseil français du culte musulman (CFCM) se réunit chaque année pour annoncer la date précise du début du ramadan.

Le ramadan, quatrième ’pilier de l’islam’

Selon la tradition, Mahomet l’aurait institué en l’an II de l’Hégire (623 dans le calendrier chrétien) mais il ne l’a pas inventé, comme en témoigne la sourate II du Coran : ’Ô vous qui croyez ! Le jeûne vous est prescrit comme il a été prescrit aux générations qui vous ont précédées. Ainsi atteindrez-vous la piété.’ Quatrième des cinq piliers de l’islam, il est obligatoire et correspond pour les croyants à une période de rupture, de dépouillement, de partage : chacun doit s’abstenir de boire, de manger, de fumer et d’avoir des relations sexuelles du lever au coucher du soleil. Seuls les malades, les femmes enceintes ou les voyageurs peuvent s’y soustraire mais ils devront ’compenser’ par d’autres journées d’abstinence au cours de l’année ou par des aumônes. Le reste de l’année, l’interdit alimentaire porte principalement sur la viande de porc, le cochon étant considéré comme un animal impur — comme c’est également le cas dans le judaïsme —, sans que les historiens sachent en expliciter clairement les raisons.

Chez les juifs, expier et obtenir le pardon de Yahvé 

Reprise par Mahomet, cette pratique était donc déjà profondément enracinée dans la tradition judéo-chrétienne, en témoignent les nombreuses références dans l’Ancien Testament. À plusieurs reprises, le peuple juif jeûne pour mettre fin à une calamité, expier ses fautes ou solliciter le pardon de Yahvé. Si la religion des Hébreux s’est construite en opposition à la dimension magique des croyances mésopotamiennes, elle en a repris certains principes, notamment les restrictions alimentaires. Aujourd’hui, pour les juifs, le principal jour de jeûne est Yom Kippour, temps de la repentance, du pardon et de la réconciliation. ’Car en ce jour on fera l’expiation pour vous, afin de vous purifier de tous vos péchés devant l’Éternel’, dit le Lévitique, un des cinq livres de la Torah. Le compte à rebours débute au Nouvel An juif, Rosh Hashanah, qui tombe en septembre ou octobre, selon les années. Les fidèles observent dix jours de repentir et le dixième jour — Yom Kippour donc —, ils se privent de boire, de manger, de travailler, de prendre un bain ou d’avoir des rapports sexuels du crépuscule du soir précédent jusqu’au crépuscule du soir suivant. D’autres gestes encore sont interdits comme utiliser de la pommade ou porter des chaussures en cuir. ’C’est un rituel de retour sur soi en début d’année, une remise en état de pureté. Le peuple juif examine les péchés commis et procède à un examen de conscience, qui culmine à Yom Kippour, pour ressortir entièrement pur, explique Nicole Belayche, historienne des religions, directrice d’études à l’EPHE (École pratique des hautes études, Paris). La tradition juive étant riche d’une infinité de commentaires, certains mettent en relation cette purification avec celle faite sur le mont Sinaï où Moïse reçut les tables de la Loi.’ Il existe six autres jours de jeûnes, moins suivis, mais tous liés à l’histoire du peuple juif comme celui qui commémore les deux destructions du Temple de Jérusalem, appelé Ticha Béav. 

Le carême, un temps de prière sans ostentation

Comme l’islam, le christianisme s’est inspiré du jeûne juif, à commencer par Jésus. Juste après son baptême, celui-ci se retire dans le désert et jeûne pendant 40 jours, une durée qui fait écho à celle observée par Moïse qui ne but ni ne mangea pendant 40 jours et 40 nuits sur le mont Sinaï. Cet épisode de l’Évangile est connu sous le nom de la ’tentation du Christ’, car le diable en profita pour l’éprouver à plusieurs reprises. Les disciples, en revanche, ne jeûnaient pas. Quand les juifs lui demandèrent pourquoi, Jésus répondit : ’Les compagnons de l’époux peuvent-ils mener le deuil tant que l’époux est avec eux ? Mais viendront des jours où l’époux leur sera enlevé, et alors ils jeûneront.’

Le jeûne, aussi pour protester contre les violences

Les premiers chrétiens respectaient une diète les mercredis et vendredis ainsi qu’une semaine avant Pâques. Au IVe siècle, ils étendirent cette période à 40 jours avant Pâques, en référence au jeûne du Christ. C’est le carême, temps de prière, de partage et d’abstinence auquel les fidèles sont censés se livrer sans ostentation, de même que l’aumône et la prière sont à observer en secret. La pratique s’est allégée au fil du temps. L’Église catholique dicte aujourd’hui un jeûne le mercredi des cendres et le vendredi saint (jour de la crucifixion). Par extension, tous les vendredis, on ’mange maigre’, c’est-à-dire sans viande, d’où le choix du poisson. Lors de la fête de Pâques (résurrection de Jésus), qui clôt cette période, il est de tradition de manger l’agneau pascal, également symbole pour les juifs lorsqu’ils célèbrent Pessah. Si le jeûne traverse les siècles, il peut prendre aujourd’hui une connotation plus politique. Ainsi, après les attentats de janvier à Paris, un prêtre, un rabbin et un musulman, rejoints par un moine bouddhiste, ont appelé à un jeûne interreligieux pour protester contre la violence. Des milliers de personnes ont aussitôt répondu à l’appel.

Concours Génération Développement Durable | larecherche.fr

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Partie E

20.
Introduction de Wikipédia sur les symboles religieux

Un symbole religieux est une représentation schématisée renvoyant à une croyance, un rite, ou un épisode des textes sacrés d’une religion donnée.

Le caractère fédérateur des icônes et représentations symboliques rend séduisant l’usage de symboles pour se référer à une croyance. Les religions dites païennes par les locuteurs se référant aux trois monothéismes se sont parées de symboles sur leurs armes et bijoux précieux, comme autant d’amulettes magiques renvoyant à la force ou aux pouvoirs de leurs divinités totémiques ou tutélaires.

Le sanglier représenté sur les armes d’un guerrier gaulois était censé lui procurer la force de l’animal1.

Liste de symboles religieux

Source de l’article complet : https://fr.wikipedia.org/wiki/Symbole_religieux

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21.
Reproduction de quelques symboles religieux

Monde coloré de religion de graphismes

Source : https://fr.dreamstime.com/photos-stock-monde-color%C3%A9-religion-graphismes-image8155483

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22.
Revue détaillée et illustrée des symboles religieux – Accès au document ‘Ancient-Symbols.com’ 

Le symbolisme religieux est l’utilisation de symboles, y compris les archétypes, les actes, les oeuvres d’art, les événements ou les phénomènes naturels, par une religion. Les religions voient les textes religieux, les rituels et les œuvres d’art comme des symboles d’idées ou d’idéaux irréfutables. Les symboles aident à créer des mythologies évocatrices exprimant les valeurs morales de la société ou les enseignements de la religion, à favoriser la solidarité entre les adhérents et à rapprocher les adhérents de leur objet de culte.

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Partie F

23.
Traditions populaires au mois de mai selon Wikipédia

D’un point de vue mythologique, mai est, le mois des fêtes en l’honneur de la végétation, des fleurs, des sources et de l’eau. Dans certaines traditions, c’est le mois du retour des morts et des ancêtres mythiques.

Dans la tradition des Romains, le mois de mai était celui de Maia, déesse de la fécondité.

Dans le monde celtique, la date du 1er mai est celle de la fête de Beltaine, la grande fête celtique du dieu Bel, correspondant au dieu gaulois Belenos. C’est une fête du feu.

Chez les catholiques, mai est le mois de Marie13. Le mois de mai commence avec la fête de saint Joseph l’artisan le 1ermai13. Mai se termine par la célébration de la Visitation de la Vierge Marie à sa cousine Élisabeth14. Les apparitions de Fatima ont eu lieu au mois de mai. Mai est également traditionnellement le mois des communions (première communion et communion solennelle).

Le mois de mai est aussi celui des arbres de mai, festivité fréquente en Europe occidentale et les pays nordiques, connue sous le nom de Meyboom, Maypole, Maibaum, Maggiolata, etc. Le cœur de ces rites est la plantation d’un arbre (ou d’un mat qui le représente), qui actualise l’acte primordial de la régénération.

Mai est aussi le mois de la déesse des forces de la nuit, Lilith, célébrée pendant les floralies.

Source cet extrait : https://fr.wikipedia.org/wiki/Mai

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24.
Bas du formulaire

Les fêtes de la jeunesse laïque attirent de moins en moins de monde en Belgique {{}}Publié le dimanche 12 mai 2019 à 17h09 - RTBF

Elles célèbrent le passage de l’enfance à l’adolescence, rappelant des valeurs comme la fraternité, l’égalité, la liberté : les fêtes laïques se déroulent traditionnellement au mois de mai. Ce dimanche, à Saint-Ghislain, ils sont 87 à défiler sous les yeux de leurs familles et amis. « C’est déjà bien, mais à entendre mes collègues, c’est beaucoup moins qu’il y a trois ans, précise Perrine Duvivier, toute jeune professeure de morale à Hensies. Avant on pouvait atteindre les 150 enfants…  »

La jeune Manon a choisi elle-même d’y participer. « Mes parents ne m’y ont pas poussée  ». C’est le cas de la majorité de ses amis, réunis ce dimanche. Pour Mathys, la perspective de recevoir des cadeaux a pesé dans la balance ainsi que « le plaisir aussi de faire une fête comme celle-ci ». « Je défends des valeurs comme l’égalité, la fraternité, la liberté de pensée, témoigne Sophie, une maman. Pour moi c’est très important que ma fille Charlotte fasse sa fête laïque. »

Néanmoins, ces fêtes laïques attirent de moins en moins de public en Fédération Wallonie-Bruxelles, constatent les observateurs de terrains. « Dans la région de Charleroi, on n’a plus qu’une trentaine d’enfants inscrits alors qu’on en avait une centaine d’enfants par an, il y a une dizaine d’années », témoigne Philippe Luckx, directeur adjoint du Centre d’Action Laïque (CAL) de Charleroi. Cependant, cette baisse globale touche beaucoup moins les zones rurales. « Dans certaines zones, on a parfois 60 enfants par village, ce qui est assez paradoxal avec la tendance à la baisse constatée dans les villes », analyse-t-il.

La baisse du nombre d’heures de cours de morale en cause

Les causes de cette baisse d’affluence dans les fêtes laïques ne sont pas toutes connues précisément mais l’une des pistes pourrait être la baisse du nombre d’heures de cours de morale dans les écoles avance Philippe Luckx. « En passant de deux heures par semaine à une heure, cela ne permet plus aux professeurs de cours de morale de faire le relais comme ils le faisaient précédemment.  »

Steve Bohen, professeur de morale à Colfontaine, opine du chef. « Dans ma commune, on organise les cours de morale à raison de 2 heures toutes les deux semaines. Mais cela signifie que par moments, pour cause de vacances, d’activités autres, vous pouvez ne pas voir vos élèves pendant un mois, voire deux ! Les enfants qui font leur fête laïque ce dimanche, je ne les ai pas vus depuis deux mois… » L’arrivée des cours de citoyenneté semble également avoir eu un impact. La fréquentation des cours de morale est en baisse de plus de 20% en primaire, et 40% en secondaire. « En tant que professeur de morale, je trouve cela très bien, que l’on instaure des cours de citoyenneté. Sauf qu’il faudrait quand même se positionner une fois pour toutes, que, nous aussi, sachions vers où on va  ». A mots couverts, Perrine explique qu’elle se sent assez peu considérée, comme si les cours de morale étaient perçus comme «  un peu bidon, pour occuper les élèves au lieu d’avoir une heure de fourche. C’est dommage ».

Pour certains parents croisés dans la salle, s’il y a moins d’enfants qui participent aux fêtes laïques, c’est peut-être aussi parce que les jeunes ont davantage voix au chapitre… « On les écoute un peu plus. Je me souviens, de mon temps, mes parents avaient décidé que je ferais ma communion, j’ai fait ma communion. Maintenant ce n’est plus pareil. On n’a pas nécessairement envie de reproduire ça », explique un premier parent. « C’est vrai, moi ma fille a voulu s’inscrire en morale, j’ai dit très bien, je respecte ton choix, embraye Hamed. Et si maintenant elle veut faire sa fête laïque, c’est son choix aussi ».

Si les fêtes laïques sont en baisse, ce n’est pas pour autant que la morale est moins suivie. « Les gens qui viennent sont toujours ravis, même ceux qui y assistent pour la première fois et qui n’en connaissaient pas le principe, assure Philippe Luckx, le directeur adjoint du CAL de Charleroi. Les idées, les valeurs, les symboles qui sont défendus lors de ces fêtes parlent encore aux gens. Mais ceux-ci ne voient peut-être pas l’intérêt de faire une fête pour les mettre en avant. »

Source : https://www.rtbf.be/info/societe/detail_les-fetes-de-la-jeunesse-laique-attirent-de-moins-en-moins-de-monde?id=10218611

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25. Des fêtes laïques de la jeunesse pour des valeurs universelles en Belgique francophone Par Hervé Persain, administrateur du Centre d’Action Laïque de la Province de Liège

Comme vous avez pu le constater, les fêtes de la jeunesse laïque sont pour la plupart devenues des fêtes laïques de la jeunesse. Cette modification est le reflet d’une cohérence entre la redéfinition du Centre d’Action Laïque (CAL), ses positions sur l’enseignement et sa vision du « vivre ensemble ».

En effet, le mouvement a modifié trois articles de ses statuts relatifs à la définition de son but social. Cette décision a été confirmée par celle du CAL Province de Liège à l’occasion de son assemblée générale deux jours plus tard.

L’objectif était de préciser l’image du CAL par une meilleure identification de son rôle, de son but et de son action sur une société au modèle interculturel, luttant en cela contre les replis communautaires. La laïcité était de ce fait réaffirmée comme un principe ne nécessitant aucun qualificatif particulier, applicable au sein de l’association et en dehors de celle-ci. D’où ce qu’on peut considérer comme une suite logique : inscrire la laïcité dans la Constitution belge. Le souhait de se réapproprier les émissions concédées, jadis confiées à la Pensée et les Hommes, correspond à cette volonté de cohérence de la communication du mouvement et de l’image qu’il transmet à la population du territoire de la Fédération Wallonie-Bruxelles.

Notre objectif est de permettre de vivre ensemble dans une société plurielle, d’y garantir une coexistence pacifique quelles que soient les opinions, les conceptions philosophiques et religieuses, privilégiant l’universalité des droits aux valeurs spécifiques à chaque communauté.

L’article 4 de nos statuts précise notre but, qui est de défendre et promouvoir la laïcité, ce principe humaniste qui fonde le régime des libertés et des droits sur l’impartialité de l’État, dégagé de toute ingérence religieuse. La laïcité oblige le pouvoir civil à assurer l’égalité, la solidarité et l’émancipation des citoyens par la diffusion des savoirs et l’exercice du libre examen.

L’article 5 décrit les domaines d’action du CAL, tout en réaffirmant la perspective d’assistance morale, mission qui lui est confiée par l’État qui le subventionne à cette fin. Le mouvement ne renonce donc pas à sa responsabilité de représenter la communauté non confessionnelle, mais la définition qu’il propose de la laïcité peut s’appliquer à l’ensemble de la population, au-delà des croyances particulières, en adéquation donc avec le caractère universel du principe de laïcité.

Cette mise au point répond opportunément au contexte actuel lié aux évènements que connaît notre société et à la radicalisation des cultes, des cultures et de la société dans son ensemble. À ceux qui proposent de construire des murs, nous répondons qu’il est préférable de jeter des ponts… Notre objectif est de permettre de vivre ensemble dans une société plurielle, d’y garantir une coexistence pacifique quelles que soient les opinions, les conceptions philosophiques et religieuses, privilégiant l’universalité des droits aux valeurs spécifiques à chaque communauté.

À l’école, l’obligation de choisir un cours de religion ou de morale en fonction des choix philosophiques de la famille contribue au repli communautaire sur base confessionnelle. La possibilité de choisir une heure ou deux de philosophie et de citoyenneté permet d’adoucir cette inconséquence, mais n’est qu’un premier palier vers le transfert des cours de religion du cursus scolaire à la communauté religieuse elle-même, non sans permettre une approche de l’ensemble de l’offre religieuse ou non-confessionnelle au sein du nouveau cours ouvert à l’ensemble des élèves, dégagés de toute étiquette communautaire.

Photo - Des cérémonies laïques de la Jeunesse pour toutes et tous. © Phil Servais

C’est la même logique qui nous a incités à faire évoluer les fêtes laïques vers un modèle d’ouverture au monde, sans plus les réserver aux élèves de morale laïque ou non confessionnelle, en considérant toujours la fête comme le passage de l’enfance à l’adolescence. Les valeurs que l’on y prône ne sont nullement incompatibles avec celles des confessions respectant l’être humain et sa liberté de penser et d’agir. L’égalité, la solidarité, et l’humanisme que l’on encourage activement lors de la fête laïque de la jeunesse peuvent trouver écho au sein même des communautés religieuses non radicalisées.

Les valeurs que l’on y prône ne sont nullement incompatibles avec celles des confessions respectant l’être humain et sa liberté de penser et d’agir. L’égalité, la solidarité, et l’humanisme que l’on encourage activement lors de la fête laïque de la jeunesse peuvent trouver écho au sein même des communautés religieuses non radicalisées.

Le CAL Province de Liège a souhaité aider les organisateurs des fêtes à assurer une communication alternative, à destination d’un public plus large, pour s’ouvrir à l’ensemble des jeunes terminant leur dernière année du fondamental. Nous encourageons également une approche plus participative des enfants fêtés en leur permettant de créer ensemble une expression théâtralisée des valeurs qu’ils souhaitent évoquer à l’occasion de cette marche symbolique vers l’âge adulte. Des professionnels du théâtre peuvent être mis à disposition des organisateurs sur demande aux permanents de notre régionale. N’hésitez pas à faire appel à eux !

Source : https://www.calliege.be/salut-fraternite/98/des-fetes-laiques-de-la-jeunesse-pour-des-valeurs-universelles/

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Partie F

26.
La Franc-maçonnerie en Suisse francophone   : rituels, secrets et fantasmes – Vidéo 28:45 - RTS - Radio Télévision Suisse

Depuis ses débuts au XVIIIe siècle, la franc-maçonnerie suscite curiosité, inquiétude, et parfois rejet. Elle fait l’objet de théories du complot et l’Eglise catholique l’a condamnée à de multiples reprises au cours de son histoire. Qui sont les francs-maçons ? Maria Nicollier et Cyril Dépraz ont pu filmer un rituel dans une loge mixte zurichoise. Ils lèvent le voile. Reportage suivi d’un débat avec Etienne Perrot, prêtre catholique, jésuite, et Dominique Freymond, président du groupe de recherche Alpina, maître dans la Grande Loge suisse Alpina. Catégorie : Vie pratique et style

Source : https://www.youtube.com/watch?v=q1XCtEjsav4

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27.
Introduction aux rites maçonniques d’après Wikipédia

Un rite maçonnique est un ensemble cohérent de rituels et de pratiques définissant un cérémonial maçonnique. Apparus avec les loges spéculatives, les rites, du latin Ritus, ont été mis en place afin d’uniformiser et d’harmoniser les pratiques en loge maçonniquen 1. Il s’agit donc de la définition de l’ensemble des usages et de l’ordre dans lesquels ceux-ci doivent être exécutés au cours des diverses tenues et cérémonies. Inspirés par les traditions antiques ou opératives et par la Bible, les rites prescrivent les gestes, le langage, les déplacements et les attitudes. Toutefois, malgré un idéal similaire, les francs-maçons effectuent leurs travaux de manière plurielle. Et ce, dès la moitié du XVIIIe siècle, notamment avec la querelle des Anciens et des Moderns au sein de la franc-maçonnerie anglaise. Depuis, chaque siècle a vu apparaître différents rites. Une loge, ou un atelier, pratique en général un seul et même rite alors qu’une obédience maçonnique peut en observer plusieurs. Les rites sont composés de symboles, mots, gestes et signes. S’il apparaît impossible de recenser l’ensemble des rites un jour qui sont pratiqués, les auteursn 2 et historiens admettent communément l’existence d’une cinquantaine de rites relativement distincts. Néanmoins, seule une demi-dizaine est majoritairement pratiquée.

Source de l’article complet : https://fr.wikipedia.org/wiki/Rite_ma%C3%A7onnique

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28.
Les rites de la franc-maçonnerie - Introduction au langage maçonnique Par Frédérick Tristan - Document ‘expositions.bnf.fr’ (Bibliothèque Nationale de France)

Constitution des différents rites maçonniques

Représentation - « Initier quelqu’un c’est lui apprendre à se perfectionner dans la pratique d’une activité humaine qu’il ignorait. » L’initiation maçonnique n’est pas seulement la réception rituelle qui permet à une personne d’entrer dans le cercle traditionnel et fraternel de la franc-maçonnerie. Elle est le parcours symbolique en trois grades, ou « degrés » (apprenti, compagnon, maître), destiné à transformer le nouveau reçu en initié aux principaux usages et principes de l’ordre dans lequel il s’est librement incorporé.

Cette initiation s’accomplit dans un lieu particulier (la loge) et une durée spécifique comprise entre l’ouverture et la fermeture des travaux. Ceux-ci reposent sur le rituel, ensemble codifié de paroles, de gestes et de symboles dont le but est de transmettre l’enseignement spécifique de chaque grade. Le rituel est réputé être de nature traditionnelle et immuable. Il est exercé par des officiants (ou « officiers ») ayant reçu ce devoir du maître de la loge. Celui-ci est responsable de l’accomplissement des travaux dans l’esprit du rite auquel sa loge appartient.

Représentation - Au cours de l’histoire, différents rites maçonniques se sont constitués – en France, les rites français, écossais ancien et accepté, émulation, écossais rectifié, par exemple. Le rituel et le catéchisme de chacun d’entre eux sont marqués par l’esprit originel qui présida à leur fondation et à leur mise en œuvre, mais tous reposent immuablement sur les trois grades dits « symboliques » (loges bleues) gouvernés « à couvert » par un maître à l’orient et deux surveillants, la prestation de serment sur le livre de la Loi (Évangile, Torah, Coran ou Constitutions d’Anderson), les voyages à travers les éléments, la présence du tableau de loge et de ses symboles, la légende spécifique du troisième grade (mort d’Hiram) et, dans les loges de nature traditionnelle, sur la reconnaissance du travail à la gloire du Grand Architecte de l’univers (Dieu créateur, Esprit transcendant, Être suprême…). 

Un monde de symboles Représentation

Inspiré par l’emblématique architecturale, le langage symbolique maçonnique utilise la figure du temple (celui de Salomon avec ses deux colonnes Jakin et Boaz, le pavé mosaïque), ainsi que la pierre et les outils pour la tailler, le tablier, le ciment qui relie les frères entre eux, l’équerre et le compas, la perpendiculaire et le niveau, qui sont par essence les instruments de mesure indispensables à la rectitude de la démarche et à l’élévation de l’esprit. S’y ajoutent des symboles liés à la lumière : trois piliers ou chandeliers, représentant la sagesse, la force et la beauté, les trois « lumières » disposées sur l’autel de l’orient (livre de la Loi, équerre, compas), la lumière circulant à partir de l’orient jusqu’aux deux assesseurs du vénérable, le Soleil et la Lune (on ouvre symboliquement la loge à midi, on la ferme à minuit), l’ensemble rappelant que l’initiation enjoint sans cesse au frère de passer de l’ombre à la lumière, de se séparer de la futilité et de l’ignorance en œuvrant au profit de la connaissance et de l’harmonie.
Au-delà des trois grades symboliques se sont créés des grades adventices destinés à approfondir l’enseignement propre à chaque rite. Le plus anciennement connu semble être celui du Royal Arch (Dublin, 1740) tel qu’il a été conservé par le rite d’York et en complément de la maîtrise du rite émulation.

Quatre représentations :1, 2 et 3, et 4 - Le XVIIIe siècle vit d’ailleurs une floraison de ces « hauts grades » en France et de side degrees en Grande-Bretagne et aux États-Unis. Les trois grades du rite français, nés de la traduction du rite anglais dit modern, s’ornèrent de cinq autres degrés (ou « ordres ») successifs, dont le célèbre « souverain prince rose-croix » (1760, Strasbourg). Ces degrés furent incorporés dans la hiérarchie du rite écossais ancien et accepté inspiré par l’assemblage rituel de Charleston (États-Unis, 1801, France, 1804). Ces grades ont des origines diverses (Bible, illuminisme allemand, chevalerie templière, alchimie, rosicrucianisme…) et sont répartis en loges de perfection, en chapitres, en aréopages et en consistoires.

La diversification des rituels français Représentation

Pendant ce temps, en 1778, se réunit à Lyon le convent des Gaules et, en 1782, le convent de Wilhelmsbad, qui devaient donner naissance au régime écossais rectifié d’essence chrétienne, ajoutant aux trois premiers grades la loge de Saint-André (maître écossais) deux « ordres intérieurs » (écuyer novice et chevalier bienveillant de la Cité sainte), suivis d’une classe secrète (profès et grand profès). Les rituels en français furent rédigés par Jean-Baptiste Willermoz, sous l’influence de l’ordre des élus Cohen, Martines de Pasqually et Louis-Claude de Saint-Martin. Ce mélange d’ésotérisme et d’hermétisme devait se retrouver différemment dans le rite de Memphis-Misraïm, qui, au-delà des trois grades du rite français, s’inspira des pratiques occultes de l’Égypte pharaonique dans un système qui cumula jusqu’à quatre-vingt-dix grades, ramenés à trente-trois au Grand Orient de France. Le mythe d’Osiris et la légende du « scribe devenant calame » font partie de cette initiation.

Représentation - Or, face à la multiplicité de ces hauts grades, un besoin de retour à la maçonnerie opérative d’avant 1717 se fit sentir. Révélation historique ou forgerie, parut en 1908 ce que l’on nomma la « maçonnerie de Stretton », du nom de son « inventeur », Charles Edwin Stretton (1850-1915), dont les rituels furent rédigés sous sa responsabilité par son ami John Yarker (1833-1913). L’origine de ce système appartiendrait au secret de l’ancienne Corporation des maçons liée aux Anciens Devoirs (« Old Charges »). S’y trouve la description de l’organisation interne de ces guildes médiévales et renaissantes, en particulier celle des francs-maçons répartis en deux classes (maçons de l’équerre puis maçons de l’arc), chacune étant divisée en sept degrés. À noter aussi l’existence actuelle d’une franc-maçonnerie opérative régulière d’origine britannique (the Worshipful Society of free masons, roug masons wallers, slaters, paviors, plaisterers and bricklayers) indépendante de la Grande Loge unie d’Angleterre, mais que seul un maître de la Marque instruit du Royal Arch peut aborder.

Source : http://expositions.bnf.fr/franc-maconnerie/arret/02.htm

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29.
Le principe de triangulation dans les rites maçonniques - Un modèle de communication original et ses effets Par Céline Bryon-Portet

Auteure : Céline Bryon-Portet est maître de conférences en sciences de l’information et de la communication, Directrice de la communication à l’ENSIACET-INP de Toulouse (École Nationale Supérieure des Ingénieurs en Arts Chimiques et Technologiques – Institut National Polytechnique) et chercheure associée à l’unité mixte de recherche « États Sociétés Idéologies Défense » (ESID) de l’Université Paul Valéry, Montpellier3. Courriel : soline33@yahoo.fr

Pages 259-277 - https://doi.org/10.4000/communication.1353

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Entrées d’index : Mots-clés : communication, franc-maçonnerie, gestuelle, rituel

Keywords : communication, freemasonry, gestural, ritual

Palabras claves : comunicación, francmasonería, gestual, ritual

Plan :

Triangulation de la prise de parole et de la gestuelle en loge

Triangulation de l’espace et du temps rituels

Vers une triangulation de l’individu : pure métaphore ou symbolisme opératoire ?

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1Une étude attentive des rites maçonniques révèle l’omniprésence d’un principe de triangulation à différents niveaux, notamment ceux de la prise de parole, de la gestuelle, mais aussi de la gestion des distances spatiales et des données temporelles.

2Revêtant des fonctions psychologiques, sociales et symboliques, la triangulation maçonnique constitue un véritable modèle de communication. Un tel modèle, dans lequel prime le genre expressif, inscrit les membres de la communauté au-delà des schémas de type interpersonnel et vise un dépassement des contraires, censé opérer un processus de médiation-transformation au sein de l’individu même.

Triangulation de la prise de parole et de la gestuelle en loge

3La loge maçonnique est l’un des rares lieux sociaux où la prise de parole en public soit codifiée de manière aussi rigoureuse et dotée d’une charge symbolique aussi forte. L’une des particularités du rite maçonnique réside dans le fait que toute action des membres de la communauté, tout positionnement des objets dans le temple, est porteur d’information et de sens. Chaque chose est à sa place, chaque discours vient en son temps, et une telle distribution garantit la cohérence d’une totalité harmonieuse. L’ordre, recherché en permanence, ne naît pas du respect de consignes arbitraires. Il est produit par l’agencement savant des divers rouages d’un système global que l’adepte, en tant que pièce constitutive, s’efforce de comprendre et d’intégrer. Même les célébrations religieuses, qui exécutent un rituel strict où les propos, suivant un canevas précis et extrayant des passages du livre sacré, sont accompagnés d’une gestuelle spécifique (signes de croix, etc.), ne vont peut-être pas aussi loin dans la sémantisation et la participation agissante des membres du groupe, dans la mesure où les spectateurs-acteurs se contentent d’en suivre le cours sans pouvoir intervenir individuellement dans son déroulement.

  • 1 Dans cette étude, nous nous attacherons principalement à l’analyse du Rite écossais ancien et accepté (...)
    4Les modes de communication mis en place par le rituel maçonnique1 sont d’une telle singularité qu’ils méritent que l’on s’attarde sur eux. En loge, la communication s’inscrit dans un schéma qui n’a rien de linéaire, comme peut l’être le modèle télégraphique de Claude Shannon, avec sa chaîne Émetteur-Message-Récepteur ; ni même simplement interactif ou circulaire, comme celui établi par les théoriciens de l’École de Palo Alto. Elle suit un schéma triangulaire, et cela à plusieurs niveaux. La première forme de triangulation est relative au discours : en loge, on ne prend pas la parole, on la demande. Et lorsqu’on la demande, on ne s’adresse pas directement au Vénérable Maître dirigeant la loge, qui peut seul l’accorder, mais à l’un des deux intermédiaires que l’on nomme Premier Surveillant et Second Surveillant. Enfin, le Vénérable Maître lui-même accorde la parole en passant également par l’un des deux intercesseurs sus-cités, lequel relaie l’information au requérant. Ce dernier s’exprime alors, et nul ne peut l’interrompre ni même s’adresser à lui, à moins que la teneur de ses propos ne nécessite une censure brutale de la part du Vénérable Maître (tel serait le cas pour des discours véhiculant des idéologies intolérantes, extrémistes ou racistes).
  • 2 Pascal Lardellier (2003) distingue entre les « rites d’interaction », qui mobilisent un nombre réd (...)
    5Certains pourraient ne voir dans ce procédé qu’un artifice pompeux, participant simplement de la théâtralité du cérémonial. Cependant, les raisons de cette triangulation de la parole sont plus profondes qu’il n’y paraît et dépassent largement le cadre de la dramaturgie. Procédé de médiation, elle a pour objectif d’évacuer toute communication interpersonnelle — forme la plus usuelle dans nos sociétés —, et de tisser un lien collectif en dépassant les échanges d’individu à individu (il n’est pas inutile de rappeler l’efficacité de ce que l’on appelle « l’effet de groupe » en psychosociologie, que les franc-maçons retrouvent à travers l’« Égrégore »). Les rites maçonniques ne relèvent donc pas de cette catégorie de rites que Erving Goffman a baptisés rites « d’interaction », mais bien de rites « sociaux » ou « communautaires », selon la typologie de Pascal Lardellier2. Et si l’on veut bien se souvenir du fait que le terme communication (de communicare), signifie étymologiquement « mettre en commun » et implique les notions de partage, alors le rituel maçonnique atteint probablement l’objectif de toute communication, dans ses formes les plus paroxystiques.

6Le rituel maçonnique apparaît doublement conjonctif. Il l’est d’abord en tant que rituel ainsi que le note Claude Lévi-Strauss :

[…] le rituel est conjonctif, car il institue une union (on peut dire une communion), ou, en tout cas, une relation organique, entre deux groupes (qui se confondent, à la limite, l’un avec le personnage de l’officiant, l’autre avec la collectivité des fidèles), et qui étaient dissociés au départ (1962 : 46-47).

  • 3 « La truelle, outil liant par définition », souligne Gilbert Garibal (2004 : 130).
  • 4 Sur cette distinction des différents niveaux de communication (contenu / relation), on consultera (...)
  • 5 Pour cette analyse du schéma de Claude Shannon, on se reportera à l’ouvrage de Philippe Breton et (...)
    7Il l’est ensuite en tant que rituel particulier mettant en place des moyens de liaison internes, redondants avec sa fonction première. L’esprit de convivialité est crucial dans les loges, comme le prouve ce moment privilégié que constituent les « Agapes », mais aussi les nombreux vocables, symboles et métaphores exprimant la fraternité : la « truelle » 3, le « ciment », la « corde à nœuds », les « lacs d’amour », la « chaîne d’union », le « compagnon », les « frères » et « sœurs ». Le poète Alphonse de Lamartine, grand admirateur de la res maçonnica, pleinement conscient de son essence fédératrice, déclarait dans un discours prononcé en loge en 1848 : « Vous écartez tout ce qui divise les esprits, vous professez tout ce qui unit les cœurs, vous êtes les fabricateurs de la concorde » (cité par Garibal, 2004 : 23). La franc-maçonnerie remplit une fonction phatique prépondérante, pour reprendre la terminologie que Roman Jakobson applique à la linguistique. Car s’il est vrai qu’elle agit à ce niveau de communication que représente le contenu du message, par la transmission de valeurs, elle œuvre principalement au niveau de la relation 4. Là encore, nous nous trouvons fort éloignés du schéma de Claude Shannon, qui tend à réduire le réel à son aspect informationnel, à la notion de réseau et à la quantité d’informations qui circule en son sein 5.
  • 6 Calendrier maçonnique du Grand Orient de France datant de 1873 partiellement reproduit par Gérard (...)
    8La médiation que le rituel maçonnique établit dans le cadre de la prise de parole constitue une véritable discipline à laquelle il convient de se soumettre, et qui contrarie les inclinations naturelles des individus, habitués à parler librement ou à demander l’autorisation de s’exprimer directement à la personne qui dirige un débat. Or, toute discipline vise à transformer, par une action contraignante, une materia prima. Tel est bien le cas de la franc-maçonnerie, qui se définit elle-même comme une institution « philanthropique, philosophique et progressive » 6, travaillant au perfectionnement moral et intellectuel de l’humanité et proposant à ses membres un changement de cadre mental, censé s’opérer durant le rituel.

9Ensuite cette médiation, précieux outil de régulation, favorise l’ordre et la pondération, car elle rend impossibles les interventions intempestives, les débats à plusieurs voix où nul ne s’entend, les conflits engendrés par des membres en désaccord ayant l’opportunité de s’adresser les uns aux autres. Le respect d’autrui et la courtoisie sont d’ailleurs inscrits comme autant de devoirs dans un texte fondateur de 1735, faisant office de Constitution pour la maçonnerie française. Ainsi est-il stipulé, au 6e devoir, qu’

[…] aucun Frère n’aura des entretiens secrets et particuliers avec un autre sans une permission expresse du Maître de la Loge, ni rien dire d’indécent ou d’injurieux sous quelque prétexte que ce soit, ni interrompre les Maîtres ou Surveillants, ni aucun Frère parlant au Maître, ni se comporter avec immodestie ou risée (partiellement reproduit par Gayot, 1991 : 62).

10Ce qui fait dire au franc-maçon Gilbert Garibal, docteur en philosophie et psycho-sociologue, que

[...] les frères, du néophite au « vétéran », fréquentent la loge pour communiquer, avec eux-mêmes et les autres. Cette communication fonctionne d’autant mieux que la loge est aussi « communicante ». Autrement dit, qu’elle prend bien soin d’éviter la formation de clans, castes et autres sous-groupes, nuisibles à son unité (2004 : 129).

11La parole maçonnique n’est donc pas, loin s’en faut, un instrument de pouvoir à des fins de manipulation, mais utilise une méthode originale d’accouchement des esprits, assez proche de la maïeutique et de la dialectique socratiques (à la différence près que celles-ci étaient interpersonnelles). En outre, en mettant les locuteurs dans une position d’attente de leur tour de parole, le rituel temporise — au sens étymologique du terme —, c’est-à-dire écarte toute spontanéité et oblige à une certaine maturation de la réflexion. Car comme le souligne Oswald Wirth « les idées se mûrissent par la méditation silencieuse, qui est une conversation avec soi-même. Les opinions raisonnées résultent de débats intimes, qui s’engagent dans le secret de la pensée. Le sage pense beaucoup et parle peu. » (2001 : 122)

12Accordant une importance aussi grande à la communication non-verbale (comme c’est le cas dans la plupart des traditions rituelles, qui font du corps un vecteur majeur de transmission de certaines valeurs), la maçonnerie applique un procédé de triangulation identique au plan de la gestuelle. À ce sujet, il est indispensable d’opérer « une partition entre ce qui relève de la gestuelle d’accompagnement et du message proprement dit », ainsi que le font remarquer Philippe Breton et Serge Proulx. « La gestuelle d’accompagnement est formée par tous ces gestes que nous faisons à l’appui d’une communication », elle est donc bien distincte « du langage des signes », où « c’est le geste qui constitue la communication » (2002 : 63 et 48). Dans ce cas, « la gestuelle se transforme en signes codés et signifiants ». Le rite maçonnique appartient à cette seconde catégorie. Il constitue l’un des rares langages des signes qui ne trouve pas son origine dans une incapacité à produire de l’oralité, comme c’est le cas avec le langage des sourds et des malentendants, par exemple.

  • 7 « Le ternaire s’impose à nous dans des domaines très divers parce qu’il réalise l’équilibre entre (...)
    13Tandis que l’être humain s’approprie inconsciemment, par un phénomène de mimétisme, l’ensemble des codes corporels qui prévalent au sein de sa culture — ainsi que l’ont révélé des chercheurs en kinésique tels que Ray Birdwhistell (Winkin, 1981 : 61-77) —, et qui trahissent parfois malgré lui son état et ses intentions, le franc-maçon apprend un système de signes qu’il reproduit sciemment et adapte à divers contextes. Lorsqu’il rentre dans le temple, l’apprenti fait trois pas. Les bras, les mains et les pieds du maçon sont disposés en équerre. Les gestes sont précis, calculés, parfaitement maîtrisés. Ils traduisent en outre la médiation, leur modélisation ternaire représentant la réconciliation dialectique du même et de l’autre, la dualité dépassée car augmentée de l’unité 7. Seule l’institution militaire s’est peut-être approchée de ce dispositif corporel complexe dans son cérémonial : les positions du garde-à-vous, le salut militaire, les demi-tours, forment d’ailleurs des équerres, ce qui n’a rien de surprenant si l’on considère les relations étroites que l’armée et la franc-maçonnerie ont entretenues à partir du xixe siècle, ainsi que l’a démontré Jean-Luc Quoy-Bodin (1987).
  • 8 Affirmation du philosophe allemand Friedrich Nietzsche.
    14Là encore, il ne s’agit pas de faire exécuter au maçon une série de contorsions absurdes, mais plutôt de mettre ses membres en conformité avec son esprit. Inversement, on tente de produire un équarrissage de la pensée par la rigueur comportementale que l’on impose à une chair généralement livrée à une certaine liberté. La tension physique qu’engendrent des positions si peu familières à l’homme est en effet propice à l’effort et au travail. Combattant la nonchalance, qui se manifeste par une attitude de relâchement, ce maintien artificiel et peu confortable du corps requiert une attention soutenue, et suscite à son tour la concentration. Il a un effet structurant. Plantagenet ne s’y trompe pas lorsqu’il déclare : « remarquons combien cette marche rituelle est pénible : brutalement coupée par trois arrêts, elle brise notre élan ; à chaque fois elle nous contraint à un nouvel effort pour repartir » (2001 : 161). Au-delà de cette idée, tenace en Occident, selon laquelle « ce qui ne nous tue pas nous rend plus fort 8 » et qui veut que toute souffrance fût revêtue d’un caractère initiatique, selon l’exemple de la passion christique, le formalisme rigide infligé au corps conduit avant tout à un dressage dont nous étudierons ultérieurement la nature et les effets.

15Enfin, force est de constater que la gestuelle extrêmement contraignante prescrite par le rituel recoupe l’aspect fonctionnel que recouvre la triangulation de la parole, aux effets pondérateurs. À propos de la position dite de l’ordre, posture obligatoire et assez inconfortable pour ceux et celles qui s’expriment oralement, Jules Boucher remarque ainsi que « indépendamment de la valeur réelle du signe, il faut remarquer que ce geste, si simple en apparence, empêche tout autre geste et par suite toute véhémence. Combien d’orateurs — profanes — parlent plus encore avec leurs mains qu’avec leur voix ! » (1998 : 323).

Triangulation de l’espace et du temps rituels

  • 9 Voir notamment La dimension cachée (1971).
    16On sait, depuis les études fort éclairantes menées par Edward T. Hall dans le domaine de la proxémique 9, que la gestion de l’espace et les distances qui séparent des individus sont, en elles-mêmes, un acte de communication, mais aussi des données remplies de sens révélant des appartenances culturelles parfois insoupçonnées. La franc-maçonnerie témoigne, si besoin en était encore, de l’importance que revêtent les données spatiales dans l’accomplissement et la compréhension des rôles incombant à chaque communicant dans un contexte particulier.

17En loge, le positionnement des individus dans l’espace du temple définit des fonctions spécifiques : à l’Orient, où se lève la lumière, est situé le Vénérable Maître, à l’Occident crépusculaire est le Couvreur, et ainsi de suite — c’est d’ailleurs l’une des raisons pour laquelle la géométrie tient une place cruciale dans la voie maçonnique. De la même manière, le positionnement des objets de culte ne doit rien au hasard. Il est toujours investi d’une signification, il est signifiant par lui-même. Il va sans dire que cet ancrage territorial du système sémantique à travers une localisation pertinente des personnes et des choses permet de rendre très concrets les messages symboliques que véhicule la cérémonie (« ici, tout est symbole », déclare-t-on à l’apprenti lors de son initiation). C’est ainsi que la modélisation ternaire de la parole, médiatisée entre le requérant et le Vénérable Maître par une tierce personne (Premier ou Second Surveillant), s’enracine également dans une triangulation spatiale, ce qui aboutit à une répétition du schéma ternaire. En effet, celui qui sollicite la parole pour le requérant auprès du Vénérable Maître est toujours le Surveillant qui se trouve sur les colonnes opposées, face au requérant. Ce croisement des prises de parole forme donc un triangle visible, un triangle humain qui incarne géographiquement la dynamique du chiffre trois.

18Nous reproduisons ci-dessous le schéma en vigueur au Rite écossais (au Rite Français, la position des colonnes et des surveillants est inversée par rapport au Rite écossais, mais la triangulation spatiale demeure), qui montre bien le croisement systématique de la parole et la triangulation spatiale qui en résulte :

https://journals.openedition.org/co...

Agrandir Original (png, 41k)

19Il est à noter, cependant, qu’à l’inverse de la plupart des rites (notamment des rites politiques), où se « jouent des rapports de domination et de sujétion, hypostasiés à ce ballet qui définit les fonctions, exprime les allégeances, confirme les rangs et les statuts » (Lardellier, 2003 : 95), le rite maçonnique, créateur de lien social, ne fait guère reposer les rôles assignés aux adeptes sur la situation professionnelle et financière que chacun occupe sur l’échelle sociale, dans le monde profane. C’est ainsi qu’un ouvrier d’usine accèdera progressivement au grade de Maître, tandis que le PDG d’une grande entreprise ouvrira sa voie maçonnique au grade d’Apprenti, comme tout un chacun, avec les corvées qui accompagnent cette première étape (installation du Temple, préparation des Agapes et service durant le repas, etc.), qui se veut un apprentissage de la patience et de l’humilité, une familiarisation, aussi, avec une dimension symbolique souvent inconnue du néophyte.

20D’autre part, les fonctions de chacun ne sont guère figées, puisque les membres du groupe changent de rôle au fil des ans. Or, ce principe d’égalité et de circularité est, encore une fois, spatialement et communicationnellement inscrit. Au Rite Écossais Ancien et Accepté, par exemple, le Vénérable Maître, après avoir occupé des fonctions centrales à l’Orient durant quelques années, se voit-il relégué à l’Occident, près du Parvis. Outre que ce positionnement diamétralement opposé lui confère un angle de vision — et par conséquent un angle de compréhension — différent sur le Temple, il traduit le passage d’une position supérieure à une position inférieure. En devenant Couvreur, il quitte la place dominante et ordonnatrice pour une place d’exécution, en contre-bas. Il en va de même pour les autres officiers de la loge (citons l’interversion des Premier et Second Surveillants, notamment).

  • 10 Maria Deraisme, par exemple, avec la fondation du Droit Humain, en 1893. Avant cela, dès le xviiie(...)
    21On ne s’étonnera donc guère que le niveau figure parmi les outils et symboles privilégiés de l’institution, ni même que le principe d’égalité présidant aux travaux maçonniques ait pu contribuer à la diffusion des idées émancipatrices jadis émises par les philosophes des Lumières. Sans verser dans la théorie du complot ou du projet intentionnel que certains, tel l’abbé Barruel (1803), prêtent à la franc-maçonnerie, il semble avéré qu’en favorisant le brassage social (puis la mixité, à partir du xixe siècle, dans quelques obédiences 10), les loges précipitèrent la chute d’un régime inégalitaire. « La Franc-Maçonnerie vint ainsi offrir un excellent terrain de culture au ferment des idées révolutionnaires », souligne Oswald Wirth (2001 : 54). Les idées progressistes qu’elle véhiculait étaient d’ailleurs jugées subversives et dangereuses, tant par le pouvoir politique que par le pouvoir ecclésiastique. On peut aisément le comprendre à la lecture de certains textes du dix-huitième siècle : « Ramener les hommes à leur égalité primitive par le retranchement des distinctions que la naissance, le rang, les emplois ont apporté parmi nous. Tout maçon en loge est gentilhomme » (Le sceau rompu, 1745 : 22 ; cité par Gayot, 1991 : 125). Tout semble concourir à faire de l’espace maçonnique un espace sociopète, selon le mot de Edward T. Hall, un lieu de partage, de cohésion et d’intégration.

22Comme l’espace de la loge, le temps maçonnique se trouve lui aussi soumis au principe de triangulation. Il serait fastidieux et surtout ambitieux de vouloir dresser une liste exhaustive de ce temps triangulaire, tant celui-ci est riche. Quelques exemples significatifs suffiront néanmoins à en rendre compte. Les maçons, tout d’abord, travaillent entre les heures symboliques de « Midi » et « Minuit » (périodes elles-mêmes transitoires puisqu’elles marquent tout à la fois l’apogée du jour et de la nuit, et leur déclin imminent), à l’âge non moins symbolique et transitionnel de « trois ans ». Parmi les fêtes maçonniques, mentionnons également les fêtes de la Saint-Jean d’hiver et de la Saint-Jean d’été, correspondant aux deux équinoxes. Comme les heures de midi et de minuit, les équinoxes traduisent un point d’équilibre précaire et transitionnel, l’apogée d’un état et par conséquent sa proche déchéance, selon la loi de la dialectique des contraires.

23Autre expression de cette triangulation, lors de l’ouverture et de la fermeture des travaux, le Vénérable Maître, assisté des Premier et Second Surveillants, procède à l’allumage puis à l’extinction des feux. Au début de la tenue, chacun d’entre eux se tient devant l’un des trois piliers nommés Sagesse, Force et Beauté, afin d’allumer des bougies. Faisant le tour dans le sens des aiguilles d’une montre, ils échangent leur place et chaque officier se retrouve ainsi, l’instant d’après, face au pilier devant lequel était positionné son voisin de gauche. Ce mouvement circulaire en trois étapes autour des trois piliers forme une roue spatio-temporelle dynamique, proche de la svastika indienne. Certains maçons voient d’ailleurs dans ce moment cérémoniel une représentation de la création du monde (Doignon, 2005), un espace-temps zéro à partir duquel apparaissent progressivement l’espace et le temps sacrés. Cette interprétation semble corroborée par l’allumage des bougies qui provoque le passage des ténèbres à la lumière, ainsi qu’il est fait dans la Genèse où les mots fiat lux précèdent l’apparition des différents éléments du monde ; mais également par la signification attribuée aux trois piliers : la Sagesse « conçoit », la Force « exécute », et la Beauté « orne ». Il s’agit bien d’un acte de création primordial, similaire à celui du « Grand architecte de l’univers », et se déroulant en trois phases, à savoir conception, réalisation puis contemplation esthétique du produit fini.

24L’omniprésence de la figure deltaïque, suggérant, selon certains maçons, un triangle temporel, semble confirmer ces vues. Ainsi Jean-Marie Ragon perçoit-il les points de cette figure géométrique comme évoquant le Passé, le Présent et l’Avenir (1853 : 369). Le sens de cette triade correspond parfaitement à la philosophie maçonnique, ancrée dans la tradition et tournée vers l’avenir d’un monde meilleur via une tentative de perfectionnement au quotidien. Les franc-maçons se sont d’ailleurs souvent inspirés, dans leurs réflexions, du célèbre tableau de Gauguin intitulé D’où venons-nous ?, Qui sommes-nous ?, Où allons-nous ?, preuve que leur voie s’interroge sur l’identité et le devenir de l’homme à travers les trois temporalités classiques que nous reconnaissons. Car comme toute tradition, la franc-maçonnerie opère à un niveau à la fois diachronique et synchronique. Soucieuse de transmettre des valeurs régulatrices, elle agit sur l’axe vertical du passé, où la mémoire relie la chaîne générationnelle à un temps originel, mais également sur l’axe horizontal de l’espace communicationnel qui met les vivants en présence (Debray, 1997). Nous pouvons résumer ainsi ce mouvement maçonnique, qui se nourrit au présent de la sagesse des anciens pour tenter de construire une société idéale.

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  • 11 Il semble utile de rappeler que le terme sacré, issu du latin sacer, évoque ce qui est séparé (sép (...)
    25Ajoutons enfin que le temps du rituel est rythmé par trois coups de maillet, répétés trois fois, par la triade Vénérable — Premier Surveillant — Second Surveillant, au début et à la fin de la tenue. Ce rythme ternaire ouvre et ferme l’accès au temps sacré, de même que les pas d’entrée sur le pavé mosaïque, puis la sortie hors du temple, équivalent à un va-et-vient entre l’espace sacré intra-muros et l’espace profane à laquelle les adeptes sont rendus dès la fin de la cérémonie rituelle 11. Lorsque commencent les travaux, le Vénérable Maître n’affirme-t-il pas « nous ne sommes plus dans le monde profane » ? La figure du Vénérable est semblable à celle d’un chef d’orchestre (métaphore chère aux chercheurs de Palo Alto) qui, par ses coups de maillet injonctifs, introduit des ruptures rythmiques dans le temps mais aussi dans l’espace communicationnels de la cérémonie (silence/possibilité de prise de parole, immobilisme/gesticulation, position debout/assise), donnant le tempo d’une partition connue. Elle crée en outre une « synchronie interactionnelle », pour reprendre une expression de William Condon et de Edward T. Hall, chaque participant agissant en même temps que ses confrères et de manière identique à eux. Et si, pour les théoriciens modernes, toute communication doit être envisagée comme un système, dans lequel les multiples éléments interagissent les uns par rapport aux autres, le rituel maçonnique possède cette particularité rare qu’il est un système intentionnel et pré-régulé, qui cherche à optimiser au maximum ce caractère systémique et interactionnel. Ainsi en est-il de la « triple batterie » et de « l’acclamation », à l’annonce desquelles tous les maçons frappent rapidement trois fois dans leurs mains, et répètent ces gestes trois fois, en criant « Liberté », « Égalité », « Fraternité ».
  • 12 Sur le temps, voir l’ouvrage d’Edward T. Hall, La danse de la vie. Temps culturel, temps vécu (198 (...)
    26Les penseurs de ce que l’on a appelé « la nouvelle communication », en effet, ont montré que l’espace et le temps 12, au-delà de leur aspect physique, mathématiquement mesurable, forment des cadres culturels organisés et vécus de manière différente d’un continent à un autre, engendrant ainsi des modes de communication spécifiques. Mais de telles constructions, relatives puisque variant selon les époques et les lieux, sont généralement le fruit d’une élaboration longue et inconsciente, déterminée par l’histoire particulière des peuples et les paramètres environnementaux dans lesquels ils s’insèrent. Les individus répondent ainsi à des codes et règles tacites sans avoir conscience d’évoluer dans une dimension artificielle. Or, la maçonnerie offre l’exemple d’un programme culturel conscient et volontaire, d’une composition sémantique qui s’affiche comme telle, et qui a cependant — là est le paradoxe — une prétention universelle (les Ordres internationaux, faisant fi des divers particularismes locaux, appliquent le même rituel aux quatre coins de la planète), comme si sa valeur atteignait quelque absolu en saisissant l’essence de l’homme, le point nodal de ses aspirations.

Vers une triangulation de l’individu : pure métaphore ou symbolisme opératoire ?

27La franc-maçonnerie introduit l’homme dans l’« empire des signes », pour reprendre l’expression que Roland Barthes a forgée à propos de la culture japonaise. Signes corporels et symboles divers jalonnent le laborieux parcours de l’adepte. Mais au stade de ce constat, il convient de s’interroger sur la fonction que remplissent ces signes : simple jeu d’analogies au sein duquel l’individu se meut plaisamment ; ou véritable projet transmutatoire engageant l’être lui-même, faisant de lui l’objet d’un changement radical ? Déchiffrage d’un langage codé ou règles opératives modifiant l’humain en profondeur ?

28La réponse est donnée dès le grade d’apprenti, puisque l’on exhorte le jeune initié à dégrossir la pierre brute, qui n’est autre que lui-même. Oswald Wirth (2001) rappelle, en guise d’introduction au premier tome de son ouvrage : « De la création de l’homme par lui-même naît l’homme perfectionné, le Fils de l’Homme ». D’où l’importance accordée au corps, matière imparfaite qu’il faut patiemment ennoblir pour que s’ennoblisse aussi l’esprit, et dont la métanoïa ou conversion débute lors de l’initiation, ainsi que le relève Bruno Etienne (2002). Michel Foucault a fort bien montré que le dressage des esprits était indissociable du dressage des corps, ce que les institutions dites « totales » ont également compris et exploitent avec brio (1993 : 31-31). L’interaction corps-esprit/esprit-corps est reconnue depuis fort longtemps, puisqu’en des siècles reculés l’ascèse corporelle, au sein de l’institution religieuse et de certaines sociétés mystiques, avait pour but de purifier l’âme. Blaise Pascal ne déclarait pas autre chose lorsqu’il affirmait « qu’il faut s’agenouiller et faire les gestes de la foi pour croire »…

29En revanche, il existe une différence notable entre le dressage pratiqué par les institutions totales, au rang desquelles on peut ranger l’armée, et celui auquel procède l’institution maçonnique. Car le premier développe un conditionnement de type pavlovien, privatif de toute liberté de pensée, d’expression et de comportement, tandis que le second, anti-dogmatique et émancipateur, a pour effet de libérer le sujet de ses préjugés (le maçon est dit « libre et de bonnes mœurs »). Le rituel maçonnique ne peut donc être bénéfique que s’il est rigoureux et que son sens est parfaitement compris. « Tout symbole, tout rite — mise en action des symboles — perdent leur valeur, et ne sont plus que des “simagrées” dès qu’ils ne sont plus exactement respectés comme ils devraient l’être », affirme avec raison Jules Boucher. Puis de renchérir : « Et le plus souvent ils ne sont pas respectés, parce qu’ils ne sont pas compris » (1998 : 323).

  • 13 Selon Philippe Breton et Serge Proulx (2002), la communication se décline en trois modes : mode in (...)
  • 14 « Le geste est le signe extérieur de cette volition », déclare Jules Boucher (1998 : 323).
  • 15 Mircea Eliade affirme que « l’initiation correspond à une mutation ontologique du régime existenti (...)
    30Le corps est bien plus qu’un vecteur de communication à visée informative. Favorisant le mode expressif 13, il est le creuset matriciel dans lequel s’accomplissent de véritables transformations mentales 14. Au-delà du fait qu’il est un langage dont il faut décoder le sens pour en saisir la pleine valeur, le dispositif matériel et physique du rituel maçonnique possède un caractère performatif, qui se révèle à son tour hautement signifiant par les changements cognitifs, sentimentaux et comportementaux qu’il introduit. On rejoint là la conviction de la philosophe Hannah Arendt, pour laquelle « être et paraître coexistent », et celle de nombreux penseurs avançant l’hypothèse que toute transformation ontologique s’enracine nécessairement dans une transformation phénoménale15. Ainsi pourrait-on appliquer, en l’inversant, l’approche de John Austin : « Quand faire, c’est dire ». Des bâtisseurs de cathédrales et maçons francs opératifs, en effet, qui en furent la source d’inspiration principale, la maçonnerie spéculative a conservé une certaine concrétude à travers la mise en geste des mots et la mise en acte des idées. Pascal Lardellier, évoquant le rôle de ce « corps, puissamment sémantique », souligne avec justesse que

[...] le rite exige toujours de ses participants une démonstration physique, « une création de présence » (E. Schieffelin). Ne pouvant en aucun cas être vécu de manière abstraite, in absentiae, il impose une incarnation, sans laquelle aucune action symbolique ne saurait être atteinte. Car pour être crédible, ce rite se doit d’être vécu, investi de l’intérieur (2003 : 94).

31En outre, l’effet cathartique produit par la mise en scène des corps — effet identique à celui que revêtait la tragédie selon Aristote — ne doit pas être négligé. L’élève de Platon évoquait avec raison « cette imitation qui est faite par des personnages en action et non au moyen du récit », et qui « opère la purgation propre à pareilles émotions » (1952 : 1449b). À son tour, Jacqueline de Romilly a mis en évidence la fonction psychologique et sociale de la tragédie grecque, qui permettait d’extérioriser la violence via un phénomène d’identification du spectateur à l’acteur-personnage, et de l’évacuer ainsi hors des murs de la cité. Le rituel maçonnique accomplit une purification assez semblable grâce au spectacle visuel qu’il livre. Il va même plus loin que la tragédie si l’on considère que tous les spectateurs sont également des acteurs de la pièce qui se joue, le geste se joignant à l’observation.

32Les gestes que l’apprenti exécute sont d’ailleurs très évocateurs : le bras et la main disposés en équerre au dessous de la gorge sont destinées à juguler les passions provenant du cœur et à les empêcher de troubler l’âme, ainsi que l’explique le rituel au premier degré du Rite écossais ancien et accepté. Ce signe dit « guttural » devient un signe « pectoral » au grade de compagnon, la main se situant alors au niveau du cœur.

Franc-maçon formé par les outils de sa loge (gravure anglaise du XVIIIe siècle, Bibliothèque nationale, Paris) – Voir : Agrandir Original (jpeg, 80k)

33L’objectif opératif est si prépondérant que certains, tel Jules Boucher, font remarquer que ces positions correspondent à des chakras et mobilisent ainsi les centres d’énergie de l’être. Par ailleurs, l’idée d’une thérapie de groupe fondée sur une approche systémique, c’est-à-dire sur une régulation des relations que les éléments du groupe entretiennent les uns avec les autres, est assez proche, même si elle diffère dans sa mise en œuvre, des thérapies familiales de Don D. Jackson et de Paul Watzlawick et plus largement du Mental Research Institute, fondées sur la notion d’homéostasie.

  • 16 Les devoirs enjoints aux Maçons libres, texte partiellement reproduit par Gérard Gayot (1991 : 61)
    34L’aspect physique est tellement essentiel qu’un maçon doit être « un homme exempt de défaut du Corps, qui peut le rendre incapable d’apprendre l’Art »16, de l’avis de certains adeptes. Il ne s’agit bien évidemment pas de discrimination, mais de la conviction que les lumières de la maçonnerie demeureraient à jamais inaccessibles à celui dont un corps infirme ne permettrait pas l’accomplissement du rituel, la spécificité de l’initiation étant par ailleurs le vécu d’une progression extérieur/intérieur. On voit là tout ce qui peut séparer la tradition maçonnique de certaines mystiques ou traditions ésotériques proposant une élévation spirituelle en s’adressant directement et uniquement à l’esprit. Passer du contact sensible des choses matérielles à leur conceptualisation, de la conceptualisation à l’imagination, de l’imagination à la monstration, de la monstration à l’intériorisation, et de cette dernière à une appréhension de nature intuitive : tel est l’un des objectifs de la voie maçonnique. Mais à l’instar de la tradition alchimique, cette dernière s’appuie toujours, initialement, sur un support physique, un substrat matériel, destiné à servir de déclencheur transmutatoire.
  • 17 La physique quantique postule, par exemple, qu’un chat peut être à la fois mort et vif. Elle démon (...)
    35Dans l’accession à un mode de connaissance intuitif, le maniement des symboles joue un rôle déterminant. Signifiant moins abstrait, moins arbitraire surtout, que ne le sont les mots, formés de lettres et de sons conventionnels selon la linguistique saussurienne, le symbole possède en effet une sorte de lien naturel avec le signifié, puisqu’il procède par substitutions et transferts sémantiques. Il tient lieu de jonction entre les réalités strictement matérielles et les concepts purement intelligibles, les sens et la raison (l’idée d’une réunion de deux parties séparées est d’ailleurs présente dans l’étymologie du mot symbole, « sumbolon », et du verbe grec « sumballein » qui signifie « mettre ensemble »). S’il est un vecteur d’information et de communication privilégié, c’est précisément parce qu’il est doté de cette nature bicéphale qui introduit l’adepte dans un entre-deux. Il crée une voie médiane, ou troisième voie, pour ceux qui refusent le réductionnisme du matérialisme et de l’idéalisme. Procédant par triangulation, évitant le piège du principe de non-contradiction d’Aristote, que la physique quantique a récemment mis à mal 17, il ouvre des perspectives nouvelles. En outre, la plupart des symboles prétendent à l’universalité. Empruntant au registre de Jung, on peut dire que ceux-ci possèdent une dimension archétypale qui les rend accessibles à chacun.
  • 18 Sur cette distinction, voir Bruno Étienne (2002 : 21-22).
  • 19 Voir également François-André Isambert (1979).
    36L’efficacité du symbole — notamment du symbole de condensation, réalisant une propagation affective et énergétique inconsciente, par opposition au symbole de référence 18 —, a été relevée par nombre de chercheurs. Pascal Lardellier note ainsi : « Et le contexte rituel dans son ensemble va aller jusqu’à générer des états modifiés de conscience, la réalité devenant symbolique, et le symbolique performatif, puisque capable de transformer cette réalité » (2003 : 92) 19. Les alchimistes, qui œuvraient également à partir d’une voie initiatique, hermétique et herméneutique, répétaient inlassablement les mêmes gestes dans les mêmes alambics, assortis des mêmes prières, paroles et symboles, ce qui était censé produire un éveil de la conscience et une transformation corporelle, conjointement à une transmutation de la matière hermétiquement scellée, sujet et objet ne faisant plus qu’un.

37En conclusion, on peut dire que le rituel maçonnique repose sur l’intuition que l’homme est une vaste structure de relations externes et internes, dont le perfectionnement dépend d’une alchimie communicationnelle à plusieurs niveaux. Proposant un modèle interactionniste global, fondé non seulement sur le « dire », mais aussi sur le « voir », le « faire » et le « ressentir », il utilise le principe de triangulation de la prise de parole, de la gestuelle ainsi que de la gestion spatio-temporelle, qui vise à produire une dialectique visible-invisible, transcendance-immanence, théorie-pratique. In fine, celle-ci doit engendrer une triangulation de l’agent lui-même (du type soufre-sel-mercure, soit esprit-âme-corps), c’est-à-dire une transmutation de l’individu par la réconciliation des contraires qu’opère le modèle ternaire, prélude à l’unification finale de l’être. La philosophie maçonnique, avec son approche praxéologique, semble bien faire partie de ces systèmes d’« idées » qui « deviennent des forces matérielles », selon les mots de Régis Debray (1994 : 22). Cette thèse médiologique se trouve d’ailleurs énoncée près d’un siècle auparavant et dans des termes similaires par le maçon Edouard Plantagenet (1992 : 142), lorsque ce dernier explique que « l’idée froide », purement abstraite, entre en contact avec les sentiments fécondants durant le rituel et « se transforme soudainement en idée-force en s’intégrant dans notre personnalité ». Loin de se cantonner au plan individuel, cette transformation du maçon vise à transformer à son tour l’ensemble de la collectivité maçonnique et même de la société profane, étant entendu que le perfectionnement des parties constitutives d’un groupe participe également du perfectionnent de la structure globale.

Bibliographie

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Boucher, Jules (1998), La symbolique maçonnique, Paris, Éditions Dervy.

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Debray, Régis (1994), « Comment les idées deviennent des forces matérielles », Sciences humaines, no 38, avril.

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Étienne, Bruno (2002), L’initiation, Paris, Éditions Dervy.

Foucault, Michel (1993), Surveiller et punir. Naissance de la prison, Paris, Gallimard. (Coll. « Tel ».)

Garibal, Gilbert (2004), Devenir franc-maçon, Paris, Éditions de Vecchi.

Gayot, Gérard (1991), La franc-maçonnerie française, Paris, Gallimard.

Hall, Edward T. (1971), La dimension cachée, Paris, Éditions du Seuil.

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Isambert, François-André (1979), Rite et efficacité symbolique du rituel, Paris, Le Cerf.

Lardellier, Pascal (2003), Théorie du lien rituel : anthropologie et communication, Paris, L’Harmattan.

Lévi-Strauss, Claude (1962), Anthropologie structurale, Paris, Plon.

Plantagenet, Edouard (2001), Causeries initiatiques pour le travail en chambre du milieu, Paris, Éditions Dervy.

Plantagenet, Edouard (1992) Causeries initiatiques pour le travail en chambre de compagnons, Paris, Éditions Dervy.

Quoy-Bodin, Jean-Luc (1987), L’armée et la franc-maçonnerie, Paris, Éditions Economica.

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Watzlawick, Paul, Janet Helmick Beavin et Don D. Jackson (1976), Une logique de la communication, Paris, Éditions du Seuil.

Winkin, Yves (dir.) (1981), La nouvelle communication, Paris, Éditions du Seuil.

Wirth, Oswald (2001), La franc-maçonnerie rendue intelligible à ses adeptes. L’apprenti, tome 1, Paris, Éditions Dervy.

Notes

Les obédiences maçonniques sont des « Ordres ». L’obédience mixte internationale « Le Droit Humain » a d’ailleurs fait de Ordo ab Chaos sa devise. Rappelons, enfin, que les franc-maçons se mettent « à l’ordre », l’ordre étant une position particulière constitutive du rituel.

1 Dans cette étude, nous nous attacherons principalement à l’analyse du Rite écossais ancien et accepté.

2 Pascal Lardellier (2003) distingue entre les « rites d’interaction », qui mobilisent un nombre réduit de personnes (deux à cinq), et les « rites sociaux ou communautaires ».

3 « La truelle, outil liant par définition », souligne Gilbert Garibal (2004 : 130).

4 Sur cette distinction des différents niveaux de communication (contenu / relation), on consultera avec profit l’ouvrage de Paul Watzlawick, Janet Helmick Beavin et Don D. Jackson (1976).

5 Pour cette analyse du schéma de Claude Shannon, on se reportera à l’ouvrage de Philippe Breton et Serge Proulx (2002 : 130-131).

6 Calendrier maçonnique du Grand Orient de France datant de 1873 partiellement reproduit par Gérard Gayot (1991 :111).

7 « Le ternaire s’impose à nous dans des domaines très divers parce qu’il réalise l’équilibre entre deux forces opposées : l’actif et le passif », affirme ainsi Jules Boucher (1998 : 92).

8 Affirmation du philosophe allemand Friedrich Nietzsche.

9 Voir notamment La dimension cachée (1971).

10 Maria Deraisme, par exemple, avec la fondation du Droit Humain, en 1893. Avant cela, dès le xviiie siècle, furent créées des « loges d’adoption » où la présence des femmes était attestée. Aujourd’hui, seules quelques loges encore attachées aux origines ne reconnaissent pas la mixité (la Grande Loge Nationale Française, notamment).

11 Il semble utile de rappeler que le terme sacré, issu du latin sacer, évoque ce qui est séparé (séparé précisément du monde profane, terme provenant de profanum, qui signifie « ce qui est devant le temple », à l’extérieur de l’enceinte sacrée).

12 Sur le temps, voir l’ouvrage d’Edward T. Hall, La danse de la vie. Temps culturel, temps vécu (1984).

13 Selon Philippe Breton et Serge Proulx (2002), la communication se décline en trois modes : mode informatif, mode argumentatif et mode expressif. Ce dernier mode est celui qui fait la part belle à l’imagination, à la création, au partage des sentiments.

14 « Le geste est le signe extérieur de cette volition », déclare Jules Boucher (1998 : 323).

15 Mircea Eliade affirme que « l’initiation correspond à une mutation ontologique du régime existentiel » (1992 : 12).

16 Les devoirs enjoints aux Maçons libres, texte partiellement reproduit par Gérard Gayot (1991 : 61).

17 La physique quantique postule, par exemple, qu’un chat peut être à la fois mort et vif. Elle démontre également que la lumière peut être considérée comme phénomène ondulatoire et phénomène corpusculaire, selon les instruments de mesure que l’on utilise.

18 Sur cette distinction, voir Bruno Étienne (2002 : 21-22).

19 Voir également François-André Isambert (1979).

Pour citer cet article - Référence papier : Céline Bryon-Portet, « Le principe de triangulation dans les rites maçonniques », Communication, Vol. 27/1 | 2009, 259-277. Référence électronique : Céline Bryon-Portet, « Le principe de triangulation dans les rites maçonniques », Communication [En ligne], Vol. 27/1 | 2009, mis en ligne le 05 juin 2013, consulté le 26 mai 2020. URL : http://journals.openedition.org/communication/1353 ; DOI : https://doi.org/10.4000/communication.1353

Cet article est cité par :

Vers une redéfinition des pratiques commémoratives et de leurs lieux consacrés à l’ère des TIC - Paru dans Communication, Vol. 30/1  Sciences humaines,sciences exactes  [Texte intégral]

Antinomie ou complémentarité ? Paru dans Communication, Vol. 28/1 

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Source : https://journals.openedition.org/communication/1353

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Partie H

30.
Les rites sociaux et spirituels de passage, répertoriés par Wikipédia

Photo - Initiation rituelle au Malawi, chez l’ethnie Yao.

Un rite de passage est un rite marquant le changement de statut social ou sexuel d’un individu, le plus généralement la puberté sociale mais aussi pour d’autres événements comme la naissance ou la ménopause. Le rituel se matérialise le plus souvent par une cérémonie ou des épreuves diverses. Tout espace peut devenir lieu de manifestation et d’organisation d’un rituel. Le rite est aussi la définition d’un temps différent qu’un temps ordinaire, un temps suspendu, où l’ordinaire se réorganise et se remet en place.

Le « rite de passage » se distingue du « rite initiatique » en cela qu’il marque une étape dans la vie d’un individu, tandis que le rite d’initiation marque l’incorporation d’un individu dans un groupe social ou religieux : le premier touche indistinctement tous les individus d’un même sexe tandis que le second les sélectionne1.

Les rites de passage permettent de lier l’individu à un groupe mais aussi de structurer sa vie en étapes précises qui lui permettent d’avoir une perception apaisante de la condition mortelle de l’homme. Il s’agit de « fictions collectives qui ont pour but d’ordonner la nature »2. En cela, ils participent à la symbolisation du monde pour le rendre plus familier, d’où leur caractère pacifiant et soulageant. Ce phénomène est donc un enjeu important pour l’individu, pour la relation entre l’individu et le groupe et pour la cohésion du groupe.

Au sein du rite se distingue une opposition entre affiliation lignagère et élective :

  • l’affiliation lignagère est opposée de l’extérieur à l’individu, elle l’englobe et le contient. Il s’agit d’une affiliation où chaque individu a sa place, par exemple le cadre d’un groupe familial qui le transcende. L’identité sociale y est très affirmée et construite, ce qui implique des rapports de fidélité et de solidarité par des liens qui n’ont pas été choisis par l’individu.
  • l’affiliation élective permet à l’individu de choisir de l’appartenance et de reconstruire le groupe auquel il appartient. Il peut s’agir de personnes que l’on considère appartenir à sa famille même si les liens créés ne sont pas de l’ordre du biologique. La dimension du choix des affinités y est donc plus forte.
    Les rites de passage relancent l’action individuelle et sont parfois une manière de répondre à des moments de fragilité de l’existence. Ce sont des manières de donner sens à des moments de crise à travers des actions qui sont pensées avec les autres.

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31.
Les rites de passage - Nicolas Journet - Janvier 2001 – Document ‘Sciences Humaines’

Qu’y a-t-il de commun entre la fête du Nouvel An en Chine, le baptême des anciens chrétiens et l’entrée dans le culte nkimba du Bas-Congo ? Tous sont des rites qui manifestent le franchissement d’un seuil symbolique, social ou spirituel.

En 1909, date de la première édition des Rites de passage, Arnold van Gennep est un jeune fonctionnaire en rupture de ban. Il vient d’abandonner un poste de traducteur au ministère de l’Agriculture pour vivre de sa plume : articles, conférences et traductions. Il a deux passions : l’ethnographie et la Savoie, qui sera toute sa vie son terrain de prédilection. Né en Allemagne, il a suivi sa mère en France et a passé une partie de son adolescence dans la région de Challe-les-Eaux, qu’il a parcourue à pied.

Sa formation d’ethnologue lui vient de l’Ecole pratique des hautes études. A partir de 1897, il y a suivi les cours de sanscrit d’Antoine Meillet, et ceux de religion primitive de Léon Marillier, et surtout, y a noué des liens avec Marcel Mauss et Henri Hubert, futurs animateurs de la branche ethnologique de l’Ecole française de sociologie. Van Gennep est donc proche du « clan tabou-totem », dont un des soucis est de mettre à jour ce qu’en 1912 Emile Durkheim appellera les Formes élémentaires de la vie religieuse.

Aussi, les deux premiers écrits de van Gennep portent-ils sur Le Totémisme à Madagascar (1903) et Les Mythes australiens (1906) : à la mode française de l’époque, ce sont des travaux de seconde main, élaborés à partir de la littérature ethnographique. Avec Les Rites de passage, il se lance dans une synthèse beaucoup plus ambitieuse, dont l’idée résulte - écrira-t-il - d’une « illumination ». Depuis Tylor et Frazer, inventeurs de la ritologie comparée, les ethnologues sont occupés à l’inventaire de leurs formes et de leurs mécanismes logiques : ainsi, on oppose les rites « sympathiques » (par analogie) aux rites « contagionnistes » (par contact) ; les rites « directs » (magiques) aux « indirects » (faisant appel à des divinités) ; les rites « positifs » (prescriptifs) aux « négatifs » (interdits). Mais peu d’ethnologues ont accordé quelque attention au fait que les actes religieux et magiques, modernes comme anciens, sont exécutés selon un certain ordre. Or, leur enchaînement importe autant que leur contenu, et c’est de ce point de vue que van Gennep distingue une certaine classe de rites « qui accompagnent chaque changement de lieu, d’état, de position sociale et d’âge » : ce sont les rites de passage.

Partout, explique-t-il, dans le monde ancien, primitif ou « semi-civilisé », les portes de villes, les bornes et limites de territoires avaient un caractère sacré : les franchir impliquait toutes sortes de précautions. Le roi de Sparte partant en guerre s’arrêtait à la frontière de la Cité pour y effectuer des sacrifices. Ensuite seulement, il entrait dans le no man’s land où avaient lieu les combats. Les généraux romains, quant à eux, de retour de campagne, s’arrêtaient aux frontières pour y procéder à des rites de réintégration. C’est sur ce motif spatial - celui du franchissement d’un seuil - que van Gennep construit l’image qui va lui permettre de comparer un très grand nombre de rites, habituellement considérés comme sans rapports les uns avec les autres : rites de fécondité, fêtes calendaires, cérémonies de mariage, baptêmes, circoncisions, rites de purification, cérémonies d’accès à une fonction, à une société guerrière ou religieuse, à un culte totémique ou ancestral, initiations chamaniques, etc.

Cette image consiste dans un schéma ternaire. Tout rite de passage, explique van Gennep, comporte trois temps : préliminaire, liminaire (c’est-à-dire « sur le seuil ») et postliminaire. D’un autre point de vue - celui de l’acteur -, on dira : séparation (de l’état ou du lieu antérieur), marge (entre deux), et agrégation (à un nouvel état). Tout le reste de son livre est une application de ce schéma à un très grand nombre d’exemples de rites pris sur les cinq continents et à l’histoire ancienne, ramené à la métaphore du franchissement d’un seuil.

Pour van Gennep, « chaque société générale peut être considérée comme une sorte de maison divisée en chambres et couloirs » : sortir d’un groupe ou entrer en contact avec un autre sont des actes ritualisés, ne serait-ce que par un geste de politesse. Un exemple retient son attention : c’est celui d’un étranger (un Blanc) accueilli chez les Massaï du Kenya. A la frontière, un messager du chef vient sacrifier une chèvre et scelle l’amitié avec le voyageur en lui enfilant au doigt la moitié d’un morceau du cuir de la bête. Il y a là, typiquement, un rite d’agrégation au groupe.

Mais cette séquence ramassée est, dans d’autres exemples, plus progressive : l’étranger n’est admis à résider que dans des espaces périphériques du groupe. Bref, en quelques mots, ces analogies rituelles soulignent bien que toute entrée ou sortie par rapport à un groupe social est analogue à ce qui se passe lorsque des frontières spatiales sont franchies : les deux situations donnent lieu à des rites de passage.

Grossesse, naissance, initiation, mariage et mort

Le genre de rite formant le coeur de la démonstration de van Gennep est celui qu’il appelle le changement d’état, et traite en cinq chapitres fournis sur les rites de grossesse, de naissance, d’initiation, de mariage et de mort. Quels que soient les objectifs particuliers du rite, explique van Gennep, la séquence ternaire est présente ou affleure. Ainsi, dans de nombreuses sociétés, la femme enceinte est un objet d’évitement, parfois même, comme chez les Todas de l’Inde, elle est tenue de changer physiquement de résidence. Dans d’autres, elle est recluse et tenue d’observer des interdits alimentaires ou vestimentaires : toutes ces mesures sont, selon van Gennep, des rites de séparation qui la placent dans une situation marginale. Ensuite vient l’accouchement et, plus ou moins rapidement, les rites du retour à la vie normale (agrégation). Dans certains cas, au moins, van Gennep pense pouvoir affirmer que la mère acquiert, après la naissance, un statut nouveau, ce qui fait de l’ensemble de la séquence un rite de passage à part entière.

Toutefois, la démonstration la plus satisfaisante que donne van Gennep est celle qui porte sur les rites dits de puberté, en Afrique, en Amérique et ailleurs. L’auteur entend bien montrer qu’il ne s’agit en rien de rites thérapeutiques ou magiques liés à la puberté, mais de cérémonies comparables aux rites initiatiques des sociétés secrètes et des confréries religieuses : le but du rite est de faire passer le novice de la société des enfants à celle des adultes. Chez les Massaï, les garçons commencent par faire de longues visites dans les villages, puis sont rasés (préliminaire), circoncis, et ils restent enfermés plusieurs jours dans des huttes de brousse (phase liminaire). Puis on les rase à nouveau, et ils vivent dans la brousse jusqu’à ce que leurs cheveux aient repoussé : on les leur tresse, et ils acquièrent le statut de guerrier (postliminaire).

Au sanctuaire d’Eleusis, les candidats étaient mis sous les ordres d’un prêtre, et conduits dans l’enceinte du temple pour s’y purifier. Puis on les menait en courant sur le rivage marin, et cette course s’appelait « mise à l’écart ». Les novices prenaient un bain avec un porc, puis devaient observer des interdits alimentaires sévères, participer à une procession, puis étaient admis à l’intérieur du temple et les mystères de la mort leur étaient montrés. Enfin, des chants et des processions les rendaient à la vie profane. Une fois ceci établi, van Gennep soumet au même traitement le reste des rites du cycle de vie : fiançailles, mariage, et surtout rites mortuaires, à propos desquels il peut montrer assez aisément que, dans beaucoup de sociétés où l’on pratique des funérailles à étapes, les morts sont successivement séparés des vivants (enterrement), puis maintenus « en marge », et enfin réintégrés sous la forme des reliques. Dans sa conclusion, van Gennep peut donc considérer qu’il a rempli son contrat : une très grande diversité de rituels, pris en différents points du monde, semble vérifier son schéma ternaire. On aurait donc affaire, avec les rites de passage, à une forme rituelle élémentaire, dont l’auteur précise qu’elle peut se présenter de manière explicite ou simplement « en puissance ». Enfin, il limite un peu son propos en précisant que tous les changements d’état ne donnent pas lieu à des rites de passage dans toutes les sociétés, et qu’en particulier, ils sont d’autant plus présents dans les sociétés « semi-civilisées » que les catégories sociales y sont plus cloisonnées.

Une conception sociale du sacré

Le livre de van Gennep reçut, en fait, un accueil moins chaleureux que l’idée qu’il apportait. La raison tenait à la stratégie de l’auteur : comme le lui reprochait Marcel Mauss dans son compte rendu de L’Année sociologique (1910), Les Rites de passage était « une randonnée à travers l’histoire et l’ethnographie » faite de pièces et de morceaux dont, à vrai dire, rares étaient ceux qui mettaient pleinement en évidence l’enchaînement-type du rite de passage : bien souvent, l’auteur était obligé d’avouer que certaines phases manquaient, devaient être supposées ou interprétées. Bref, il s’agissait plus d’un livre programmatique que d’une démonstration en bonne et due forme.

L’auteur, sans doute déçu par cet accueil mitigé, ne poussa jamais son analyse plus avant. Mais cette relative déconvenue n’empêcha nullement le rite de passage de devenir un prototype d’usage courant en anthropologie religieuse, et par la suite, une catégorie du sens commun : en anglais, rite de passage se dit... « rite de passage ».

Comment expliquer ce succès ? D’abord, l’idée du rite de passage part d’une image simple et parlante : celle du seuil que l’on franchit, et bien souvent, ce seul élément suffit à distinguer les rites de changement de ceux qui visent à rétablir une situation antérieure (thérapeutiques, par exemple). D’autre part, on doit rappeler l’influence exercée par l’école durkheimienne sur l’anthropologie sociale britannique et, partant, mondiale. Dans le concert discordant des interprétations magiques, cosmologiques et ontologiques du rituel qui occupaient les ethnologues du début du siècle, le modèle de van Gennep était un des rares à présenter une dimension sociologique : les notions de « séparation », de « marge » et d’« agrégation » appartiennent au domaine de la dynamique sociale, et non à ceux de la métaphysique ou du surnaturel.

Toutefois, telle que léguée par van Gennep, la notion de rite de passage n’était pas beaucoup plus qu’un outil de morphologie comparative : elle ne renvoyait, en particulier, à aucune explication ou théorie de type fonctionnel. Il faudra en fait attendre les années 60 pour que se produise, en Angleterre, un certain retour à l’analyse du symbolisme religieux et que le travail laissé par van Gennep connaisse de nouveaux développements. En 1962, Max Gluckman, professeur à Manchester, fait une lecture critique de van Gennep et y ajoute une considération fonctionnelle : ce que n’a pas vu van Gennep, c’est que les rites de passage, comme tous les autres rites, ont vocation à résoudre des conflits, ou du moins des tensions inhérentes à toute organisation sociale fondée sur des groupes familiaux ou de statut.

Victor Turner, élève de Gluckman et lui aussi spécialiste de l’Afrique, poussera plus loin cette analyse. En 1969, il publie une série de conférences qui s’appuient sur sa connaissance détaillée des rites des Ndembu du Congo pour reprendre la question des rites de passage. Il s’intéresse, en particulier, à leur phase centrale qualifiée de liminaire par van Gennep. Il remarque que dans certains rites de procréation, d’installation et d’initiation, cette phase centrale est marquée par l’humiliation des bénéficiaires du rite. Ainsi, chez les Ndembu, le futur chef suprême devait accepter d’être dénudé, copieusement insulté, menacé et maltraité par ses sujets, avant de devenir leur souverain. De même, au cours de la cérémonie de circoncision masculine, les novices ndembu sont dépouillés de leur nom, envoyés dans la brousse, traités comme des esclaves. Ces gestes, communs à beaucoup de rites d’initiation (le bizutage en est un) sont significatifs de l’état liminaire : la condition de celui qui est hors statut, échappant aux catégories d’âge, de parenté, de rang.

Communitas versus structure

Turner propose d’associer cette condition au concept de communitas : une communitas est une communauté homogène, égalitaire et fondée sur des liens interpersonnels, qu’on peut opposer au caractère structuré, différencié et inégalitaire de la société en temps ordinaires. D’autre part, dans les rites de passage, la plongée dans la communitas est souvent accompagnée de vexations. Pourquoi ? Les mauvais traitements infligés au chef Ndembu sont destinés à faire savoir au futur souverain que son pouvoir ne lui appartient pas, mais lui est conféré par ses sujets. Ainsi, ces rites de passage peuvent en rappeler d’autres : ce sont les rites d’inversion qui, dans les sociétés stratifiées, font qu’en certaines occasions les maîtres servent les esclaves, les seigneurs obéissent à leurs valets ; avec cette différence qu’une fois la fête terminée, chacun retourne à ses positions.

Selon Turner, la fonction de ces inversions est claire : il s’agit de donner à voir le caractère construit et relatif des hiérarchies sociales. Tel est le sens qu’on peut donner à la phase liminaire des rites de passage : celle de mettre en évidence l’existence d’une structure sociale. Ainsi Turner en arrive-t-il à une interprétation beaucoup plus large de la dynamique sociale : toutes les sociétés seraient construites sur une opposition entre structure et antistructure. Elle s’exprime non seulement dans les rituels, mais dans des institutions (comme le bouffon), des mouvements sociaux (comme les hippies), des mouvements religieux (comme le monachisme de Saint-François ou le messianisme de Krishna), des figures comme celle du Bouddha, de Gandhi, de Tolstoï. Les rituels d’inversion ont une fonction qu’on dirait aujourd’hui ostensive : ils donnent à voir, et par là-même réaffirment les hiérarchies sociales. Les mouvements dissidents jouent un rôle plus actif : par leur dépouillement, leur refus des hiérarchies sociales, ils se mettent apparemment en position de faiblesse. Mais ce qu’ils incarnent n’est pas simplement l’antithèse de la structure sociale : c’est son complémentaire, car, selon Turner, la structure a pour vocation « de réaliser et de préserver la communitas ». Une société en équilibre apparaît donc comme un mixte de communitas et de structure. Ceux qui occupent des positions hiérarchiques (les « forts ») peuvent en abuser et attenter ainsi à la communitas  : c’est le rôle des faibles de leur rappeler l’existence de cette communitas. C’est en cela, explique Turner, que réside le « pouvoir des faibles » : c’est pourquoi des personnages humbles comme Gandhi peuvent devenir de puissants hommes d’Etat.

Ainsi enrichi de significations nouvelles, le rite de passage y perdait aussi un peu de sa spécificité : il n’apparaissait plus comme un dispositif symbolique sui generis, mais comme une des formes parmi d’autres que pouvait prendre l’expression des tensions fondamentales des sociétés humaines. Aussi, on ne s’étonnera pas qu’aujourd’hui, où les approches du rituel ont pris encore d’autres orientations (systémiques ou pragmatiques) la notion de rite de passage ne soit plus guère employée qu’à titre descriptif pour désigner les actes les plus prototypiques du genre : initiations, bizutages, rites d’accès à certains groupes...

Un ethnologue hors-statut

Arnold van Gennep est né à Ludwigsburg, dans le Wurtemberg, en 1873, d’un père allemand et d’une mère néerlandaise. Après leur divorce, il vit avec sa mère en France et y fait ses études. En 1897, il est à l’Ecole pratique des hautes études, où il suit des cours d’arabe ancien, de linguistique et de religion primitive. Après quatre ans passés en Pologne, où il enseigne le français, il présente son mémoire sur le totémisme à Madagascar, qu’il publie en 1904, puis rédige un livre de synthèse sur Les Mythes et Légendes d’Australie (1906). Durant ces années, il vit d’un emploi de traducteur au ministère de l’Agriculture.

En 1909, alors qu’il anime la Revue des études ethnographiques et sociologiques et que Les Rites de passage vient d’être publié, il est candidat à un poste au Collège de France : rapidement écarté du concours, il se sent rejeté par l’Université française et quitte Paris pour Florence, puis la Suisse. En 1912, il enseigne à l’université de Neuchâtel, devient le directeur adjoint du musée d’ethnographie dans la même ville, puis rentre en France en 1915.

Il y occupe un emploi de traducteur au ministère des Affaires étrangères pendant sept ans, puis se consacre entièrement à ses travaux personnels, qui sont désormais tournés vers l’Afrique du Nord, et surtout l’ethnographie et les traditions des provinces françaises. Il publiera six monographies de provinces puis, entre 1937 et sa mort, un monumental Manuel de folklore français contemporain.

A. van Gennep, auteur d’au moins deux ouvrages de référence et considéré par certains comme le fondateur de l’ethnologie rurale française, ne s’est pourtant jamais vu offrir de poste de chercheur ou d’enseignant en France.

Bibliographie - Mots-clés : rituels Van Gennep

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Source : https://www.scienceshumaines.com/les-rites-de-passage_fr_1079.html

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Treize rites de passage étonnants du monde entier - La transition de l’enfance à l’âge adulte est un moment important dans la vie de chacun - Par Christina Nuñez et Leticia Pfeffer - 21 juillet 2016 – Document ‘Global Citizen’ - Photo - Flickr-Derek A

La transition de l’enfance à l’âge adulte – le « rite de passage » des garçons qui deviennent des jeunes hommes et des jeunes filles qui deviennent des jeunes femmes - est un moment important dans la vie de chacun. Mais l’âge auquel cela se produit, et comment chaque enfant célèbre son rite de passage à l’adolescence, dépend entièrement de l’endroit où il vit et de la culture dans laquelle il grandit. En regardant en arrière, nous n’oublierons jamais la majesté des bals de promo, ou l’excitation sur la piste de danse aux Bar et Bat Mitzvah de nos amis, et pourquoi devrions-nous oublier ces moments ? Embarrassants ou incroyables, ils étaient des moments cruciaux dans nos vies qui méritent qu’on s’en souvienne. Sur ce, voici treize rites de passages les plus variés du monde entier.

1. Rite de passage Juif : Bar et Bat Mitzvah

Partout dans le monde, les jeunes garçons et filles juifs célèbrent leur Bar et Bat Mitzvah à 12 et 13 ans afin de démontrer leur engagement envers leur foi et reconnaitre qu’ils sont maintenant assez responsables pour suivre la loi juive. Après la cérémonie religieuse, s’ensuit une réception généralement pour célébrer le travail acharné et l’accomplissement des jeunes, car ils passent souvent des semaines d’apprentissage et de préparation à cette journée.

2. Rite de passage le Sateré-Mawé : L’initiation à la fourmi balle de fusil

En Amazonie brésilienne, les jeunes garçons appartenant à la tribu Sateré-Mawé marquent leur rite de passage à l’âge de 13 ans lors d’une initiation à la fourmi balle de fusil. Ainsi se passe la tradition : ils cherchent des fourmis balle de fusil dans la jungle qui sont sous sédation par un chef qui les plonge dans une solution à base de plantes. Les fourmis sont ensuite tissées dans des gants avec les dards pointés vers l’intérieur. Une heure plus tard, les fourmis se réveillent plus en colère que jamais, et l’initiation commence. Chaque garçon doit porter les gants pendant dix minutes. Endurer la douleur démontre que les garçons sont prêts pour assumer la virilité de l’âge adulte – alors très peu crient car cela indiquerait de la faiblesse. Chaque garçon finira par porter les gants 20 fois en l’espace de plusieurs mois avant que l’initiation ne soit terminée.

3. Rite de passage Amish : La tradition Rumspringa

Dans la tradition Amish, Rumspringa marque le moment où les jeunes à l’âge de 16 ans sont enfin en mesure de profiter de week-ends sans surveillance loin de la famille. Pendant ce temps, ils sont encouragés à profiter de ce qu’ils aiment, que ce soit des vêtements modernes ou de l’alcool. Le but de cette période est de permettre aux jeunes Amish d’avoir l’occasion de voir et de découvrir le monde au-delà de leur culture et de leur éducation. De cette façon, le retour à leur communauté et le mode de vie est donc entièrement leur choix. Ceux qui reviennent sont alors baptisés et deviennent membres engagés de l’église et de la communauté Amish, marquant la fin de Rumspringa (mais ils doivent le faire avant à l’âge de 26 ans).

4. Rite de passage hispanique : Quinceanera

Dans de nombreuses régions de l’Amérique centrale et du Sud, les jeunes filles célèbrent leur Quinceanera quand elles atteignent l’âge de 15 ans. Ce rite de passage commence généralement avec une messe catholique où la jeune fille renouvelle ses vœux de baptême et se consolide son engagement envers sa famille et la foi. Juste après la messe, une fête ; où les amis et la famille mangent et dansent, est célébrée.

5. Rite de passage américain : Sweet 16

Bien que celui-ci soit moins enraciné dans la tradition, le 16e anniversaire est néanmoins un moment important pour la jeunesse américaine, car il marque le moment où ils sont légalement autorisés à conduire une voiture (et avec le permis de conduire vient la liberté). Pour certains adolescents chanceux ce jour est célébré avec une grande fête et peut-être une nouvelle voiture, comme le montre l’émission sur MTV Mon Incroyable Anniversaire (My Super Sweet 16).

6. Rite de passage Inuits : l’île du Nord de Baffin

À l’Île du Nord de Baffin, les garçons Inuits âgés de 11 et 12 ans partent souvent dans la nature avec leurs pères pour tester leurs compétences de chasse et s’acclimater aux très rudes la températures de l’Arctique. Selon la tradition, un chaman serait appelé pour ouvrir les lignes de communication entre les hommes et les animaux. Aujourd’hui, cependant, cette tradition a été étendue aux jeunes filles ainsi, ainsi que les « camps » sont établis loin de la communauté pour que les compétences traditionnelles soient transmises et pratiquées par les jeunes hommes et femmes.

7. Rite de passage Khatam Al Coran : Malaisie

En Malaisie, 11 ans est un anniversaire spécial pour certaines jeunes filles musulmanes, car il marque le moment où ils peuvent célébrer Khatam Al Coran, un rituel prestigieux qui témoigne de leur maturité auprès de leur mosquée. Les filles passent des années à se préparer pour ce jour, à apprendre le Coran afin qu’elles puissent réciter le chapitre final pendant une cérémonie devant leurs familles et amis.

8. Rite de passage Maasai : Tanzanie et Kenya

Les Maasai du Kenya et de la Tanzanie ont plusieurs rites de passage qui transportent les garçons à l’âge adulte. Les garçons âgés de 10 à 20 ans sont réunis pour être initiés comme nouveaux « guerriers » de la tribu, placés dans des dizaines de maisons construites pour l’occasion. La nuit avant la cérémonie, les garçons dorment dehors dans la forêt, et à l’aube, ils reviennent pour une journée de chant et de danse. Ils boivent un mélange d’alcool, de sang de vache et de lait, tout en consommant de grandes portions de viande. Après ces festivités, ils sont prêts à être circoncis, ce qui rend officielle leur transformation en homme, guerrier et protecteur. Comme dans d’autres rites de passage, les garçons ne peuvent pas flancher, car cela serait la honte pour leurs familles et montrerait leur manque de bravoure.

Pour les 10 prochaines années, les garçons vont rester au camp des guerriers où ils apprennent diverses compétences. Après la cérémonie marquant leur passage de guerrier à guerrier supérieur, ils ont droit d’épouser la femme de leur choix.

9. Rite de passage éthiopien : Le saut de vache Hamar

En Ethiopie, certains futurs mariés ont leurs propres « enterrement de vie de garçon » - un rite de passage qu’ils doivent effectuer avant de pouvoir se marier. Les participants doivent réussir sauter par-dessus un bœuf castré, quatre fois tout nus, symbolisant l’enfance, qu’ils laissent derrière eux. En cas de succès, ils seront désormais considérés comme l’un des Maza- les autres ont qui ont déjà passé le test et ils passeront les prochains mois à superviser ces événements dans les villages du territoire Hamar.

10. Rite de passage au Vanuatu : Le saut du Gol

Les amateurs de saut à l’élastique apprécieront : au Vanuatu, un petit pays insulaire au milieu du Pacifique Sud, pour leur rite de passage les jeunes garçons sautent d’une tour de 98 mètres de haut avec une liane attachée à leurs chevilles, qui les retient de fracasser contre le sol. Le hic ? Contrairement à un cordon élastique, la liane manque d’élasticité, et la moindre erreur de calcul de longueur pourrait conduire à des fractures ou même à la mort.

Les garçons commencent d’abord sauter à environ 7 ou 8 mètres, même si ils sont autorisés à sauter d’une tour plus courte. Dans leurs premières plongées leur mère tiendra un élément représentant leur enfance, et après le saut l’objet sera jeté, symbolisant la fin de l’enfance. Comme les garçons grandissent, ils vont sauter de tours plus hautes, ce qui montre leur virilité à la foule.

11. Rite de passage japonais : Seijin-no-Hi

Au Japon, le deuxième lundi de Janvier marque une journée spéciale le jour où les personnes âgées de 20 ans s’habillent de leurs plus beaux costumes traditionnels, assistent à une cérémonie dans les mairies locales, reçoivent des dons, et célèbrent leur joie avec leurs amis et leur famille. C’est le festival du rite de passage, aussi connu comme Seijin-no-Hi. La tradition a commencé il y a près de 1200 ans et marque l’âge où les Japonais estiment que les jeunes sont devenus matures, et des membres à part entière de la société (c’est aussi le moment où ils ont le droit de voter et de boire).

12. Rite de passage confucéen : Ji Li et Li Guan

Dans certaines parties de la Chine, il y a eu récemment une résurgence du style confucéen des rites de passage Ji Li (pour les filles) et Guan Li (pour les garçons). Les cérémonies honorent généralement les jeunes qui ont eu 20 ans, offrent une bonne occasion de porter le costume traditionnel. Pour les filles, c’est aussi l’occasion de suivre des pratiques typiques du Ji Li telles que de porter des chignons, se fixer les cheveux avec des épingles, et rendre hommage à Huangdi, un ancêtre chinois.

13. Rite de passage Apache : La cérémonie du lever du soleil

Il n’y a pas de place pour la timidité chez les jeunes filles Apache. Bien que cette cérémonie soit rarement pratiquée aujourd’hui, traditionnellement toutes les filles étaient tenues de participer à la cérémonie de lever du soleil, aussi connue comme Na’ii’ees ou la cérémonie de la puberté, au cours de l’été suivant leur première menstruation. Lors de la cérémonie de quatre jours, les filles doivent respecter certaines règles, les empêchant de se laver, de toucher leur peau, ou de boire autre chose que leurs tuyaux à boire. Elles doivent aussi reconstituer le mythe d’origine Apache en dessinant chaque participante au plus près de l’image de la première femme, connue sous le nom de Femme Peinte en Blanc, Femme Changeante, ou simplement Esdzanadehe. En le faisant, elles obtiennent son pouvoir pendant cette période spéciale.

Il y a actuellement 1,8 milliard de jeunes dans le monde. C’est un quart de notre population qui est actuellement en train de faire le saut vers l’âge adulte. Pourtant, les jeunes ne peuvent pas faire une transition en douceur vers l’âge adulte si ils n’ont pas d’occasions de le faire - comme aller à l’école ou en étant à la recherche d’opportunités professionnelles.

Nous devons investir dans la jeunesse, car leurs droits de l’homme comptent, parce que leurs besoins comptent, et parce qu’ouvrir leur potentiel est nécessaire pour créer un avenir durable. Il est maintenant temps pour les gouvernements du monde entier d’agir pour assurer un avenir sain et prospère pour tous les jeunes.

Après avoir lu, rejoignez la campagne #showyourselfie aujourd’hui et envoyez votre pétition visuelle pour la jeunesse sur www.showyourselfie.org.

Global Citizen est « une communauté de gens qui vous ressemblent » - « Des personnes qui veulent en savoir plus sur les défis les plus importants de notre planète et comment y faire face. L’extrême pauvreté prendra fin grâce à vous ».

Voir aussi https://en.wikipedia.org/wiki/Global_citizenship

Applications open for 2020 Global Citizen Fellowship Programme ...

© 2012-2020 Global Poverty Project, Inc. Tous droits réservés – Source : https://www.globalcitizen.org/fr/content/13-amazing-coming-of-age-traditions-from-around-th/

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Partie I

33.
Mythes et légendes des indiens navajos - Marie-Claude Feltes-Strigler Vidéo 5:27 - 22 juillet 2013 - Editions L’Harmattan

Référence : http://www.editions-harmattan.fr/inde... MYTHES ET LÉGENDES DES INDIENS NAVAJOS - Marie-Claude FELTES-STRIGLER - ANTHROPOLOGIE, ETHNOLOGIE, CIVILISATION AMÉRIQUE DU NORD –

La mythologie navajo est peuplée de créatures animales ou humaines qui changent de nature au gré des circonstances, où le naturel et surnaturel n’ont pas de limites bien définies. Leurs aventures expliquent comment le monde dans lequel nous vivions a été créé et pourquoi il est tel qu’il est. Ces histoires sont transmises oralement, donc varient au fil du temps et selon les narrateurs. ISBN : 978-2-343-00942-1 • juin 2013 • 192 pages - Catégorie : Voyages et événements

Source : https://www.youtube.com/watch?v=5V4g4OSgd-0

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34.

La conscience Navajo - Lorenza Garcia Vidéo 44:09 - 14 mai 2017 - La Télé de Lilou Macé – [Excellent entretien de nature ethnologique et psychologique sur ces populations amérindiennes. JH].

Lorenza Garcia (Artiste) - Chanteuse, musicienne et compositrice, LORENZA est née en France d’une mère italienne et d’un père andalous ; elle est passionnée par la culture des Navajos et partage sa vie depuis maintenant 16 ans entre la France et l’Arizona, où se situe en grande partie la terre Dineh, « Le Peuple » en langue navajo. C’est au sein de sa « seconde famille » qu’elle a été initiée aux chants traditionnels. Pour LORENZA, sa musique nous montre que la survie de son peuple adoptif est en jeu. Un peuple pour lequel actuellement : « … le monde de l’argent détruit celui de l’esprit. Gitane d’Europe par mon père, les amérindiens sont les Gitans de l’Amérique. http://navajo-france.com/fr/ Bande annonce https://www.youtube.com/watch?v=lqcQ8... Soutenir ce projet https://www.generosity.com/community-... LA TÉLÉ DE LILOU © Lilou Productions 2017 http://www.lateledelilou.com Rencontrer Lilou http://www.lateledelilou.com/agenda Facebook FR http://ww.facebook.com/frlilou Twitter FR http://www.twitter.com/frlilou Défi des 100 jours http://www.defides100jours.com Le Coaching de Lilou http://www.lecoachingdeLilou.com La Librairie de Lilou http://www.lalibrairiedeLilou.com - Catégorie : Vie pratique et style - Musique utilisée dans cette vidéo En savoir plus Écoutez de la musique sans publicité avec YouTube Premium Titre : Depard - You Make Me Smile.mp3-2749 - Artiste : Depard - Album : Content ID - Concédé sous licence à YouTube par AdRev for Rights Holder ; AdRev Publishing et 9 sociétés de gestion des droits musicaux

Source : https://www.youtube.com/watch?v=F9oekhkXo20

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35.

Restaurer l’harmonie dans la Tradition Navajo : lorsque l’on chante pour Darlène - Sophie Malinvaud (Université de Bordeaux II Département Anthropologie sociale et culturelle et doctorante associée au Laboratoire URMIS) et Sophie Gergaud (Ecole doctorale de Nanterre, Paris 10. Option Documentaire Anthropologique) – 1er mars 2003.- Document ‘journals.openedition.org’

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Tradition et Spiritualité

Tradition et religion : gestion du mal-être et rétablissement de l’ordre

Apprentissage et activité thérapeutique

Contenus mémoriels

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  • 1 Situé au Sud-ouest des Etats-Unis, la réserve Navajo couvre un territoire d’environs 64000 km2 don (...)
  • 2 La biographie de Darlène a été reconstruite par Sophie Malinvaud au cours d’un terrain de dix-huit (...)
  • 3 Le terme de religion est généralement réservé pour désigner l’expérience du christianisme.
    1La Nation Navajo constitue aujourd’hui la tribu la plus importante des Etats-Unis. Elle occupe le plus vaste espace 1 jamais accordé aux autochtones par le gouvernement fédéral américain. Le présent article, écrit à deux mains 2, utilise les données ethnographiques de deux terrains distincts, dont les résultats ont été croisés afin d’élucider un rapport spécifique à la Tradition, terme utilisé par nos interlocuteurs3, pour désigner l’ensemble des éléments qui participent de l’édifice spirituel Navajo. Dans la narration mythique dont il va être ici question, les thèmes de la mémoire et de la santé apparaissent inextricablement liés.
  • 4 Selon différentes données rassemblées entre autres par R.Roessel, l’idée d’un internat permanent c (...)
    2Afin d’éclairer ce rapport particulier à la tradition, développé aujourd’hui et au quotidien, à la fois par des profanes en quête d’identification, et par des praticiens appelés medecine men dans le cadre de leur activité thérapeutique, nous avons choisi de restituer l’expérience de Darlène. Cette jeune femme convertie au christianisme réside essentiellement à l’extérieur de la réserve et travaille dans une mission protestante locale. En novembre 1997, Une cérémonie de « Good way » est néanmoins organisée à son intention. Réalisée par un praticien traditionnel, la conduite d’une telle cérémonie doit permettre de restaurer l’harmonie, c’est-à-dire cet état d’équilibre, inscrit au fondement de la spiritualité Navajo. Le parcours de Darlène, loin d’être atypique, illustre, de façon assez exemplaire, les situations d’éloignement et de conversion au travers de l’éducation, auxquelles des générations entières d’amérindiens ont été confrontées, depuis la généralisation du système des boarding schools 4.

3En abordant plusieurs aspects de cette narration mythique, nous chercherons à décoder les multiples prescriptions qui continuent d’organiser les modalités de l’identification à la Nation Navajo. Nous aurons en outre la possibilité de mieux cerner les enjeux liés à la conversion des minorités amérindiennes et aux modes de résistance développés par ces dernières. Quelques précisions relatives, enfin, aux activités, statuts et rôles des medecine men, éclaireront une pratique thérapeutique particulière, hâtivement confondue avec celle du chamanisme.

Tradition et Spiritualité

  • 5 Haile, B : 1981. Women versus Men : A conflict of Navajo Emergence. K W Luckert (ed). U of Nebraska (...)
    4Par le terme de spiritualité il faut ici entendre l’ensemble des mythes, rites, pratiques et usages cérémoniels qui sont au cœur de la pensée Navajo. La narration mythique relate l’histoire d’un voyage, commencé au centre de la terre. La Création prend place dans le premier monde. Ce processus se poursuit à travers les deuxième et troisième mondes, lieux et temps de transit avant l’accès à la surface (récit de l’Emergence 5). Le quatrième monde, présenté comme le plus abouti, tient compte des savoirs acquis durant cette traversée mythique. La tradition Navajo repose sur une cosmogonie visant à élucider tous les aspects mystérieux d’un univers, dans lequel l’individu est inscrit, au même titre que les éléments minéraux, végétaux et animaux, sans qu’il n’y ait de hiérarchie entre les différents règnes. Ce qui existe et s’y développe est considéré comme la réactualisation d’un phénomène déjà présent, même sous forme de prémisses, dès les premiers mondes.
  • 6 Ce constat est d’ailleurs également attesté, à diverses époques historiques. (Reichard 1950 ; Kluc (...)
  • 7 La majorité des travaux concernant la religion souligne toujours le fait que les informateurs n’on (...)
    5Les différents savoirs constituant la narration mythique sont organisés en « voie » (way), comme la Good way dont il va être ici question. Formant un ensemble d’instruments, d’histoires et de chants, ils permettent d’expliquer comment tous les éléments s’assemblent en un tout cohérent : le répertoire. Chaque répertoire fait référence à un mythe particulier et s’adresse au peuple sacré afin d’appeler et de canaliser ses pouvoirs. Ce sont ces Etres sacrés qui contrôlent les phénomènes naturels et peuvent soulager la douleur, la maladie ou autre mauvaise fortune. Les performances de chaque voie sont assez longues et doivent être exécutées d’une manière précise selon un ordre rigoureux. Certaines cérémonies comportent jusqu’à cent peintures de sable appelées « iikááh » (« l’endroit où les Dieux vont et viennent »). Elles sont considérées comme la reproduction de celle qui fut donnée par les Etres sacrés au héros du chant. Au sujet d’une possible définition de la tradition Navajo par nos interlocuteurs, il émerge un consensus majeur. Il porte sur le caractère immémorial, associé à l’idée de pureté et d’authenticité, du savoir que les Holy people (le peuple sacré) ont délivré aux hommes et femmes Navajo à des fins pragmatiques, et que ceux-ci doivent continuer de transmettre. La tradition est donc envisagée comme originelle et immanente, et point n’est besoin d’en maîtriser tous les aspects pour qu’elle soit productive. La spiritualité Navajo offre ainsi la particularité de conférer 6 une importance extrême au libre arbitre et à l’individualité, et ne considère jamais le savoir global comme une fin en soi. Cela étant, la référence à la tradition demeure constante dans la production des narrations identitaires 7.
  • 8 Le principe d’équivalence est extrapolé aux divinités, et selon les séquences du mythe, les person (...)
  • 9 Posture intellectuelle qui se traduisait autrefois, au niveau politique, par l’absence d’une organ (...)
  • 10 jamais réalisées au quotidien
  • 11 Chaque épisode de la narration contient des illustrations de ce phénomène : les comportements de F (...)
    6Pour saisir les enjeux liés à la cérémonie de « Good way » et à l’ensemble des pratiques thérapeutiques navajos, il faut d’abord observer que la maladie est considérée comme le résultat d’un manque d’équilibre, d’une rupture d’harmonie. Cette dernière est perçue comme la manifestation extérieurement visible d’un désordre interne à la personne ou à la communauté. La restauration de cette harmonie exige que le patient s’approche des Etres sacrés et leur demande leur aide, et que les raisons originelles du désordre soient recherchées pour que la cure puisse être définitivement garantie. Prenons maintenant en considération les différents principes qui organisent la narration mythique et la pensée Navajo. Le premier réside dans l’équivalence de statut des êtres et des choses 8. L’idée de suprématie, quand elle existe, apparaît essentiellement conjoncturelle 9. Dans cette logique, les concepts de bien et de mal sont subordonnés au principe premier d’équivalence : ils n’existent que comme abstractions 10, et ne sont jamais en relation d’opposition. La qualité (de bien ou de mal) est pensée comme situationnelle 11.

« Le Bien dans le dogme Navajo est le contrôle. Le Mal est ce qui est rituellement hors de contrôle. Le pouvoir surnaturel n’est pas absolu mais relatif, dépendant du degré de contrôle auquel il est soumis. Pour résumer, la définition [c’est à dire l’attribution de la qualité] dépend de ce sur quoi est mis l’accent, non de l’exclusion. » (Reichard, 1970, p.5)

  • 12 Cette « Blessing way » concerne la construction du hogan, la formation des montagnes sacrées, et e (...)
  • 13 Mc Neley, J. K : 1981. Holy wind in Navajo Philosophy. The University of Arizona Press, Tucson.
  • 14 La traduction est cependant imprécise. Voir Witherspoon, 1977, 18, 53, et Farella, 1984, 159-160).
  • 15 Farella, J. R : 1984. The main stalk. A synthésis of navajo Philosophy. Phoenix et Tucson, The Uni (...)
  • 16 S. Hazen-Hammond : Spider Woman’s web, Traditional Native American tales about women’s Power. Berk (...)
  • 17 Dans la cosmologie Navajo, toutes les choses possèdent de fait une qualité mâle et femelle, et que (...)
    7De ce principe en découle un second : les catégories de la narration ne reposent pas sur le principe de l’exclusivité, pas plus que sur celui de l’exclusion. Un troisième principe concerne alors le caractère analogique. Sont catégorisés comme identiques des éléments ou séquences qui assurent la même fonction, nonobstant les variations observables dans les pratiques. Un dernier principe ontologique embrassant les autres consiste à « avancer dans la Beauté », une expression contenue dans la Blessing Way 12 (Chant ou Chemin de l’Harmonie). Ce chant renvoie à l’Hoz’ho 13 (beauté et équilibre 14), principe régulateur de l’univers sur lequel repose l’éthique et la philosophie des Navajos. L’ Hoz’ho n’engage pas une perception ou un sens, mais une façon de se conduire en harmonie, il est plus un comportement qu’un état statique. Il est souvent associé au concept de « Sa’ah naaghai » 15 qui, en réaffirmant la nature égalitaire de la société traditionnelle, définit l’état d’esprit propre à susciter une harmonie, comprise comme objectif principal et valeur ultime. Cette quête renvoie d’ailleurs à ce qui peut être qualifié de projet existentiel, dans la mesure où la tradition Navajo ne reconnaît pas la possibilité d’une seconde vie après la mort. A travers la légende de First Man et First woman 16, le mythe de la création contient les prescriptions qui déterminent les genres féminins et masculins, en attribuant à l’homme et à la femme, les places et rôles qui assurent le maintien de l’Hoz’ho. Ici, la notion de genre 17, opère dès le premier monde et préexiste à celle de sexe, qui n’intervient qu’au troisième monde. « Changing Woman », personnage majeur du panthéon Navajo, constitue le modèle auquel les femmes Navajo doivent se conformer pour être justement reconnues comme telles par l’ensemble de la société.

Tradition et religion : gestion du mal-être et rétablissement de l’ordre

  • 18 Elle est la sixième enfant d’une fratrie de douze. Elle est née dans le clan « Big Water Clan », c (...)
  • 19 à proximité de Piñon.
  • 20 Elle doit y terminer ses études, ce qu’elle ne fera pas, préférant suivre son ami de l’époque deux (...)
  • 21 « Mais on est revenu vers l’église parce que mon père était malade et qu’ils ont essayé la méthode (...)
  • 22 A la mort de son époux, Sera n’a pas reçu d’aide de sa famille, ses propres oncles et tantes se so (...)
  • 23 Les fils sont davantage restés sur leurs positions traditionnelles.
    8Née 18 à Keams Cañon, Darlène a vécu dans la réserve 19 jusqu’à l’âge de 8 ans, puis a été placée dans différentes familles mormones pour suivre une scolarité. Durant 5 ans, elle ne voit presque jamais ses parents. Elle a 14 ans lorsqu’elle revient dans la réserve pour intégrer l’internat de la high school 20. La mort de son père survenue entre temps a définitivement influencé les comportements religieux et les convictions spirituelles de l’ensemble de la famille 21. Par désillusion et parce qu’elles n’ont pas pu s’appuyer sur les solidarités familiales 22, sa mère et ses sœurs 23 se sont alors impliquées dans le protestantisme.
  • 24 Darlène : « Seulement parce que la bible le dit, tu n’as pas le droit de révérer autre chose que D (...)
    9A l’instar de certains de ses parents, la position de Darlène vis-à-vis du protestantisme a changé. Son principal grief envers l’église concerne les modalités de la conversion qui interdisent tout syncrétisme 24. Elle reconnaît l’existence de Dieu et s’affirme toujours chrétienne. Mais elle ne tolère plus, ni moralement ni politiquement, la doctrine de l’exclusivité qui est au fondement de la foi et de la pratique chrétienne, parce qu’elle vit cette obligation comme une injonction à oblitérer l’existence de ses ancêtres. A la fin de sa scolarité, elle avait déjà pris conscience de la menace d’extinction pesant sur la langue et les traditions navajos, et avait alors réalisé combien la survie de ses ancêtres avait reposé sur une conviction indéfectible en leurs modes de vie et leur Tradition.
  • 25 Au-delà du mariage, sans réelle signification sociale, c’est ici la maternité qui installe les jeu (...)
  • 26 Elle a passé 9 ans à Phoenix dans la capitale de l’Arizona, période qui totalise la durée de ses p (...)
  • 27 A cause des placements sociaux et des ruptures affectives qu’elle a connues
  • 28 C’est la première fois qu’elle dispose d’un domicile à elle. Jusqu’à présent, elle naviguait entre (...)
  • 29 Elle associe ce sentiment à la précarité des conditions de vie, dont l’amélioration reste somme to (...)
  • 30 Extrait de notes de terrain. Novembre 1997.
  • 31 Au-delà de la peur d’être « découverte » par les missionnaires, Darlène considère ce besoin de cér (...)
  • 32 Darlène : « Ma mère allait être en colère, car j’aurais dû savoir ces choses, elle risquait ne foi (...)
  • 33 Elle est Issue du complexe de la Blessing Way. Dans la narration mythique, les contenus proprement (...)
    10A 29 ans, Darlène n’a toujours pas d’enfants. Son statut de femme en est compromis 25. Elle gère de plus en plus mal sa solitude 26 et considère sa vie comme un échec 27. Vivant dans un mobil home 28, elle fait des allers-retours dans la réserve et se sent toujours mieux à l’extérieur 29. Après une énième rupture, elle ressent enfin le courage de demander à sa mère d’organiser une cérémonie, car elle se sent « très déprimée et sans but » 30.Travaillant comme assistante maternelle à la mission protestante, sa propre demande lui apparaît inconvenante 31. Elle a aussi honte d’avouer à sa mère 32 qu’elle a oublié des choses essentielles concernant son appartenance clanique et qu’elle n’est plus en conséquence en mesure de répondre au praticien. Elle doit donc les réapprendre, d’autant que l’efficacité de la cure dépend en partie de sa capacité à répéter à l’identique les formules qu’il va prononcer. Sera, sa mère accède à sa demande : le malheur et l’instabilité de Darlène lui semblent également anormaux. Un sort doit avoir été jeté, et il est donc grand temps de rétablir l’ordre des choses. Sera obéit ici à un réflexe traditionnel en imputant la cause du mal-être à un acte de sorcellerie. Mais, elle admet aussi sa propre responsabilité dans l’inaccomplissement actuel de Darlène, qui est la seule de ses filles à ne pas avoir pas eu de Kinaldaà (rite de puberté féminine). « Si tu n’as pas de Kinaldaà, tu restes une petite fille ». Dans la Tradition, l’accès à la puberté symbolise en effet pour le peuple de la surface, le retour à la fertilité après une longue période de stérilité engendrée par la prolifération des monstres. La première Kinaaldà 33 fut organisée pour Changing woman. Cette cérémonie a valeur de précédent et une fonction pédagogique (Frisbie, 1967). A la différence d’autres chants, elle n’a pas de visée curative, elle est un rite de passage qui valide l’accession des jeunes filles au monde des adultes en l’officialisant. Si Darlène, aujourd’hui trop âgée, ne peut pas subir ce rite de passage, il est toutefois possible d’agir en vue de restaurer son harmonie.

11Le « diagnosticien » consulté, prescrit alors pour Darlène une Good way, un rite thérapeutique de restauration. La réalisation de ce rite qui permet d’une part de la (ré)inscrire dans un temps social (celui de la maturité) et dans un espace social (celui de la communauté), est d’autre part aussi le moyen de signaler publiquement un retour à l’ordre. Un medecine man est donc dépêché pour réaliser ce rite de restauration. La cérémonie dure trois jours et a lieu dans le petit Hogan rouge, consacré exclusivement aux pratiques cérémonielles, du camp de Sera. Malgré les réticences de Darlène à raconter son expérience, cela pourrait amoindrir la puissance du rite, elle relate néanmoins son déroulement et les conclusions du medecine man. Pour la première fois une cérémonie a été organisée à son bénéfice. Le praticien, reconnu comme un spécialiste des « Good ways », l’avait beaucoup impressionnée. Sa mère lui avait spécialement confectionné un costume traditionnel. Elle n’a pas eu le droit de se laver les mains et la figure à cause du pollen de maïs sacré répandu par le praticien. Durant trois nuits et quatre jours, elle a conservé les mêmes vêtements et répété les prières et les chants. Le medicine man l’a surtout exhortée à trouver un terrain pour construire un hogan, « car une femme doit avoir sa maison ». Pour lui, c’est la seule façon d’accéder à la maturité et de retrouver l’équilibre. Bien que situé à l’extérieur du territoire sacré, c’est-à-dire hors du périmètre délimité par les quatre montagnes qui bornent la terre des ancêtres, le praticien regarde le trailer de Darlène comme un bon début, mais seul un enracinement dans la terre originelle pourra annuler la confusion qui règne dans son esprit.

12Dans la Tradition, il est dit que les procédures relatives à la protection de l’équilibre de chacun et de la communauté ont été enseignées il y a plusieurs siècles par les Etres sacrés et qu’ils doivent être transmis de génération en génération. La chronologie (les saisons, la position du soleil dans le ciel…), les points cardinaux sont pris en compte, et l’usage d’une plante est restreint à un moment précis de l’année. Dans le hogan cérémoniel, chaque personne a sa place. Le patient s’installe face à l’est, le matériel du praticien reste à l’ouest, lui-même s’assoit au sud-ouest et les chanteurs -musiciens au sud. Chaque couleur renvoie à un ordre inscrit dans l’univers. L’on impute la guerre, les tensions et la maladie à l’ignorance ou à la violation de cet équilibre. Les différentes versions du mythe de création disent qu’une fois l’ère de création du cosmos finie, les Navajos ont la responsabilité du maintien du monde en cet état d’équilibre. C’est alors par l’apprentissage de la mythologie de la création, en la racontant et en la respectant, que le monde est entretenu. Le récit des mythes suit toujours le même schéma : un héros, un fils cadet, commet une faute. Plusieurs châtiments le frappent. Poursuivi, il s’enfuit. Les Etres sacrés lui viennent en aide et célèbrent une cérémonie à son intention. Sauvé, il retourne auprès des siens pour leur enseigner ce nouveau savoir. Il devient donc, par cet acte de performance d’un rituel et de transmission du savoir, un hataali (un « homme médecine »). Nous voyons ici que dès le récit mythologique, l’apprentissage et la répétition à l’identique tiennent un rôle essentiel, reliant intrinsèquement activité thérapeutique et activité mémorielle.

Apprentissage et activité thérapeutique

  • 34 A titre d’illustration, l’association créée en 1973 n’a pas été dénommée « hataali association » m (...)
  • 35 L’un des premiers ethnologues américains à s’être intéressé aux Navajos, Washington Matthews, a to (...)
  • 36 Ce terme de « motif chamanique » est emprunté à Piers Vitebsky dans son ouvrage Les Chamanes, 1995 (...)
  • 37 De plus, outre le fait que les hataali ne se réclament jamais d’une quelconque appartenance au cha (...)
    13Considérons maintenant plusieurs aspects qui légitiment le praticien dans son activité, en même temps qu’ils justifient la demande de Darlène et sa foi en la guérison.
    Etre apprenti, c’est être akéé’naaghali, littéralement « derrière, en suivant celui qui fait la cérémonie » (Young & Morgan, 1980). Ainsi, être apprenti consiste à suivre le maître, à le copier, à reproduire ses actes à l’identique. Etre hataali consiste à diriger des cérémonies de protection et de cure. Leur efficacité provient de leur capacité à chanter les mots exacts et précis, à la manière dont les Etres Sacrés l’ont enseignée aux Premiers Hommes. Young et Morgan indiquent que « hataal » signifie « chant » et « hataali », « il chante lui ». Face aux non-Navajos, les hataali se disent « medicine men » 34. Fréquemment, les hataali sont assimilés à des chamans, des sorciers 35. Or l’emploi du terme de chaman, qui regroupe derrière une même bannière l’ensemble des spécialistes indigènes de rituels se situant à la frontière du médical et du religieux (Radin, 1937, 1958 ; Vitebsky, 1995 ; Perrin, 2001), est plus que problématique à l’égard des hataali. Il est même totalement inapproprié, retenons-nous. La majorité des chercheurs estiment en effet que l’activité chamanique 36 peut être identifiée par au moins l’un des quatre motifs suivants : une élection et/ou un don reçu à la naissance qui prédispose l’individu à devenir chaman ; une conception de la maladie par le vol de l’âme ; une activité rituelle qui consiste à entrer en transe et/ou à voyager dans l’autre monde, le monde des âmes et des esprits, afin de rattraper cette âme volée et la réintégrer au corps du patient ; l’aide apportée par un ou plusieurs esprits/animaux/êtres surnaturels. Et force est de constater, qu’aucune de ces conceptions ne se retrouve chez les ritualistes dont nous parlons ici. La différence fondamentale qui apparaît entre les différents praticiens répertoriés sous l’étiquette « chaman » et ceux-ci, repose dans le fait que l’on ne naît pas hataali, on le devient. Chaque individu peut le devenir. Le savoir étant disponible dans le monde, il n’est pas incarné dans certains individus particuliers. C’est la fonction qui compte et non le don, le genre, l’appartenance familiale 37. La différenciation des ’Hataali et des chamans permet donc de montrer les lacunes existant dans le domaine de l’apprentissage et de la formation des hommes médecine qui ne reçoivent pas leurs savoirs et pratiques d’un héritage ou d’une élection « divine ». Le seul garant de la répétition à l’identique par l’apprentissage, sur lequel repose la force du rituel, est donc la mémoire. Si la mémoire est nécessaire pour apprendre et reproduire, elle l’est aussi pour être reconnu en tant que praticien et, enfin, pour affirmer son identité sociale et culturelle. C’est à travers ces trois niveaux (l’individu, le groupe, la société) que l’on peut saisir l’importance du rôle de la mémoire et de la transmission dans le rituel navajo.
  • 38 Le temps est toujours décompté en nuits, ainsi la cérémonie « good way », c’est à dire une version (...)
    14Les Navajos insistent pour rappeler que devenir ’Hataali requiert patience, concentration et surtout une grande capacité de mémorisation. C’est un long apprentissage, né d’une forte conviction. Certains anthropologues objecteront que même dans les sociétés où l’inné prend le dessus dans les exégèses indigènes, les procédés d’apprentissage peuvent se révéler difficiles et complets, laissant peu de place, là aussi, à l’improvisation inspirée des Dieux ou Esprits. Force est là aussi de constater une autre réalité : le chanteur, ne maîtrise jamais plus de deux ou trois cérémonies dont les durées peuvent varier de une à neuf nuits 38, L’apprentissage d’un chant ou d’une cérémonie est en effet un processus extrêmement laborieux (certains disent « plus de vingt cinq ans », d’autres « toute une vie »). Lorsque nos interlocuteurs signalent combien une cérémonie peut être onéreuse, ils en minimisent souvent les enjeux et oublient également la quantité de ressources mobilisées, au préalable, par l’apprenti, qui doit longtemps et largement financer l’acquisition de ce savoir sacré. Il est vrai qu’à l’issue d’une telle formation, la responsabilité du medecine man est immense. Le chanteur, à travers le processus d’une identification aux héros des rites devient le pouvoir auquel il a accès. Un rite affaibli par une réalisation approximative peut se retourner contre celui qui le conduit. On comprend ainsi aisément, la raison pour laquelle un « chanteur » s’intéresse en priorité à son propre domaine de compétence, sans nécessairement chercher à maîtriser la globalité du système, par lequel, en dernier ressort, il n’est pas réellement concerné.
  • 39 Au cours des cérémonies, les prières et chants doivent être déclamés à voix haute. Cela permet le (...)
    15La force et la puissance contenues dans toute parole est au cœur des préoccupations navajos (McNeley, 1981 ; Witherspoon, 1977). C’est par le chant que le praticien contrôle les forces naturelles et surnaturelles de ce monde et peut implorer, voire exiger, leur bienveillance et leur protection envers les Navajos ainsi que la protection du patient. Il est d’ailleurs significatif que le patient soit appelé « the one-sung-over » (celui pour qui l’on chante). Chanter dans le sens de « hataal » est une action rituelle puissante à vertu thérapeutique et/ou de bénédiction. Witherspoon analyse les concepts de savoir et de pouvoir à travers la force du langage, et montre la nécessité de la reproduction à l’identique du discours rituel afin d’atteindre l’efficacité curative. Celle-ci vient de la puissance des mots et de l’identification du patient à l’épopée du héros ainsi racontée, d’où le fait que la guérison dépende donc à la fois de l’exactitude et de la précision avec lesquelles la cérémonie a été conduite et de la volonté du patient à retrouver sa place dans l’ordre navajo 39.

Contenus mémoriels

« What is good is what is correct, for what is correct compels results » (Frisbie, 1987, 85).

16De la perfection des peintures, comme de celle des chants et prières déclamés au mot près, va dépendre la venue des Etres sacrés qui doivent reconnaître les œuvres qu’ils ont créées autrefois pour guérir le héros. Les seules innovations autorisées concernent les sacs médecine dessinés et les robes des personnages. Tous les autres symboles doivent être reproduits à l’identique (Rieupeyrout, 1991, 318). Les mélopées qui peuvent parfois durer des heures, doivent être récitées sans aucune erreur, afin de permettre l’identification à la fois du patient au héros du mythe et celle des Etres sacrés à l’œuvre originelle qu’ils ont créée. C’est la qualité de l’apprentissage qui détermine l’efficacité future de la performance. En outre, toute modification, donc violation d’un interdit, peut amener un désastre non seulement pour le patient et l’hataali mais également pour la communauté tout entière.

  • 40 On peut imaginer que par imprégnations successives, écoute, prise de notes, enregistrement, un app (...)
    17La Medecine Men Association, qui existe depuis 1977, réunit plusieurs hataali qui exercent un certain contrôle sur les cérémonies et vérifient leur fidélité à la tradition. La cérémonie de fin d’apprentissage au cours de laquelle l’apprenti réalise la cérémonie devant de nombreux hataali compétents dans ce domaine, peut être considérée comme un rite de passage, une ordination (Frisbie, 1987, 98-99). La transmission se fait par l’oralité uniquement, sur le mode de relation d’individu à individu entre un maître et son élève. Puisque la pratique n’est pas issue d’un don, le rapport aux Etres sacrés et la fidélité à leur enseignement premier sert de garantie de l’efficacité rituelle et assoie la reconnaissance sociale. Un homme médecine justifie sa façon d’agir par le fait qu’il a imité fidèlement son initiateur qui, lui-même, a imité son maître et ainsi de suite, jusqu’à l’Origine, au premier enseignement. L’obligation de passer par un apprentissage d’individu à individu et l’interdiction de consigner par écrit les éléments des cérémonies légitiment les Hataali dans leur rôle de maître (permettant revenus et statuts) et explique peut-être la nécessité pour les maîtres, de conserver le contrôle du savoir, là où il n’y a ni don, ni prédestination, mais où ce sont les capacités à mémoriser et la constance individuelle 40 qui sont valorisées.
  • 41 « La transmission ne s’accompagne-t-elle pas toujours d’une explicitation, d’une réinterprétation (...)
  • 42 « There is plentiful evidence that continual change is common »
  • 43 Comme l’explique Chamoux dans son article « La passation de savoir », « il ne suffit pas que l’écr (...)
  • 44 Evoquer la notion de mobilité nous permet de dépasser celle de nomadisme, généralement attribuée a (...)
  • 45 Schwarz (1997) évoque pour sa part le principe de synecdoque.
    18De nombreux auteurs, nos propres suppositions et de nouveaux contextes évidents remettent en cause l’idée de répétition à l’identique 41. Comme le montre Faris (1990, 104) 42, les variations sont présentes dans le procès de transmission. L’oralité pose indéniablement la question de la variation individuelle. Nos interlocuteurs défendent l’immuabilité de la tradition rituelle, mais la conçoivent comme actuelle et consciente puisque enseignée. La mémoire, en tant que support de transmission, acquiert ici sa véritable puissance : elle seule garantit la reproduction à l’identique des chants exigés par chaque cérémonie 43. Or, comment comprendre la revendication de l’apprentissage à l’identique si l’on tient compte à la fois de la variation individuelle et de l’omission de parties de l’enseignement ? Ce paradoxe peut être dépassé, si l’on tient compte de deux paramètres. Le premier concerne la notion de mobilité 44. En tant que principe, elle ne concerne pas seulement la spatialité, elle influence également l’intellectualité. C’est précisément cet aspect qui permet d’introduire le changement au cœur du mythe. Un effet, la logique qui sous tend l’édifice repose sur l’idée de précédence et de réactualisation. Les situations contemporaines s’inscrivent dans une logique de reproduction qui s’effectue à l’identique, mais sur le fond, puisque la pensée traditionnelle fonctionne par analogie et repose sur le principe de similarité 45.
  • 46 De cinq à neuf nuits auparavant, elles s’étendent désormais principalement sur trois ou cinq nuits
  • 47 Depuis quelques années, il est ainsi possible de les louer à l’université navajo qui possède un mu (...)
  • 48 Les peintures de sable, notamment, étaient détruites après chaque cérémonie. Aujourd’hui, on les r (...)
  • 49 Reichard, faisant écho aux commentaires de ses collègues soulignait dès les années 40, l’immense q (...)
    19Le deuxième paramètre concerne un aspect particulier du savoir : celui-ci est une propriété privée. Tout savoir incorporé, maîtrisé, devient la propriété privée de son détenteur. En approchant les savoirs d’un point de vue plus « économique », la transmission gagne en profondeur. Cela ne signifie pas qu’il faille uniquement prendre en compte cet aspect d’échanges de biens. Le point de vue symbolique et sacré reste entier. Mais le prestige est également acquis par la formation d’alliances et de réseaux d’échanges. La propriété est une forme de sociabilité puisque, comme le rappelle Harrison, elle est surtout et avant tout une relation entre personnes en fonction de cet objet (1992, 234). Or, ce n’est que par la mémoire que le statut de propriété privée fonctionne. Chaque maître décide donc de transmettre une partie spécifique du corpus, mais en aucun cas son intégralité (Frisbie, 1987, 87). Savoir implique pouvoir et tout transmettre de son pouvoir serait se mettre en danger (Witherspoon, 1977 ; Farella, 1984). La passation est ainsi liée à des modes de dévolution de l’emploi. Il est souvent fait mention chez les Navajos de savoir transmis en entier uniquement à la mort du maître. Ainsi, pallier l’éventuel appauvrissement du savoir global découlant des rétentions successives, consiste à encourager les apprentis à changer plusieurs fois de maîtres, pour saisir les éléments retenus par leurs premiers initiateurs. D’autres changements externes, notamment le salariat et sa temporalité imposent des variations sensibles sur la durée par exemple des cérémonies 46. La question des sacs médecine illustre une autre forme de changement : ils constituent un investissement financier et temporel très important 47. Le développement du tourisme enfin, implique l’utilisation de certains aspects de la Tradition qui d’éphémères deviennent permanents 48. Cette « tradition », est en effet généralement connue du grand public pour proposer un rituel d’une extraordinaire complexité et receler des qualités esthétiques incontestables 49. Dans un tel contexte, la revendication du rituel comme identique à lui-même depuis les origines, constitue l’un des moyens de s’affirmer comme société aux yeux de l’Etranger, en général et des pouvoirs et institutions publics en particulier. La perspective diachronique renforce l’unicité de la société Navajo.
  • 50 Darlène : « J’étais sur le point de dire indienne, mais je ne veux pas utiliser ce mot, tu sais, j (...)
    20Les différents principes résumés ici continuent de déterminer les cadres conceptuels à travers lesquels s’exercent les relations sociales. Ainsi Darlène, à l’issue de la cérémonie, se perçoit et s’affirme avant tout Navajo 50. L’appellation « Natif américain » vient de l’extérieur et renvoie à la couleur de la peau. Elle se reproche le mépris et la crainte autrefois éprouvés à l’idée de devenir comme eux, ces « rez down kids » (« ploucs »), et regrette de ne pas avoir appris les « Navajo ways » dans son enfance. La référence à la tradition constitue un recours constant, d’autant plus opérationnel qu’il repose sur la notion de transformation et de changement. La reproduction demeure néanmoins fondamentale car elle confère l’efficacité rituelle et l’autorité garantie par l’activité mémorielle. Elle fonde non seulement la légitimité individuelle du hataali, mais aussi celle du groupe de maîtres : l’obligation d’intégrité de la performance justifie la relation de maître à élève.
  • 51 La Farge (1970) soulignait en outre, l’insistance extraordinaire des Navajos à reconfigurer les em (...)
    21L’extrême adaptabilité 51 de la culture Navajo a été maintes fois attestée (Vogt, 1961, Farella, 1984, Strigler, 2000). La majorité de tous les discours navajo actuels, signale une propension au syncrétisme, source de force (Benally 1994). La souplesse qui caractérise la Tradition Navajo, ce que Frisbie qualifie de « versality » s’observe également dans la réalité des rituels, là où précisément on revendique pourtant officiellement l’identique (Frisbie, 1987, Alberle, 1966). Mais ce principe de l’identique renvoie au socle mythique, égal à lui-même, par définition, mais capable d’absorber de multiples manifestations, issues de l’acquisition du savoir. Il permet de situer les membres de la société navajo dans une historicité et dans l’articulation de rapports existant entre des temps sociaux passés, présents et à venir.

22Le recours à l’identique, fondé sur l’activité mémorielle permet de consolider une altérité dans un contexte socio-politique troublé, à la fois pour les ritualistes et leurs patients qui bénéficient par ce biais - et l’expérience de Darlène le démontre - d’un regain du sens de leur existence, tant publique que privée.

Bibliographie

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Notes

1 Situé au Sud-ouest des Etats-Unis, la réserve Navajo couvre un territoire d’environs 64000 km2 dont les frontières débordent les limites de trois états : l’Arizona, l’Utah et le Nouveau Mexique.

2 La biographie de Darlène a été reconstruite par Sophie Malinvaud au cours d’un terrain de dix-huit mois en Arizona et au Nouveau Mexique (1996-1998). L’enquête concernait les des modalités de l’inscription de la minorité amérindienne qu’est la nation Navajo, sur le territoire américain. Le terrain conduit par Sophie Gergaud, (1997) était consacré aux méthodes d’apprentissage des rituels par les medecine men.

3 Le terme de religion est généralement réservé pour désigner l’expérience du christianisme.

4 Selon différentes données rassemblées entre autres par R.Roessel, l’idée d’un internat permanent consacré aux étudiants indiens devait favoriser le processus de civilisation en soustrayant les enfants à l’influence rétrograde de leur milieu familial. Education for American Indian : a book of readings, by Dumbleton and Rice (1973).

5 Haile, B : 1981. Women versus Men : A conflict of Navajo Emergence. K W Luckert (ed). U of Nebraska Press.

6 Ce constat est d’ailleurs également attesté, à diverses époques historiques. (Reichard 1950 ; Kluckon, 1974, Mac Nelley, 1981, Farella, 1984).

7 La majorité des travaux concernant la religion souligne toujours le fait que les informateurs n’ont jamais une connaissance ni une conscience très claire de l’imbrication existant entre les prescriptions venant du dogme auquel ils ont été exposés et leurs perceptions du quotidien. Voir Reichard, 1928.

8 Le principe d’équivalence est extrapolé aux divinités, et selon les séquences du mythe, les personnages sont tour à tour centraux ou insignifiants, omniscients ou ignorants, sages ou querelleurs.

9 Posture intellectuelle qui se traduisait autrefois, au niveau politique, par l’absence d’une organisation rigide et permanente.

10 jamais réalisées au quotidien

11 Chaque épisode de la narration contient des illustrations de ce phénomène : les comportements de First man et first woman, des monstres ou du Coyote. O’ Bryan, A : 1993. Navajo Indian Myths. Dover Pub Inc, New York.

12 Cette « Blessing way » concerne la construction du hogan, la formation des montagnes sacrées, et enfin le placement des formes contenues à l’intérieur de tous les phénomènes naturels.

13 Mc Neley, J. K : 1981. Holy wind in Navajo Philosophy. The University of Arizona Press, Tucson.

14 La traduction est cependant imprécise. Voir Witherspoon, 1977, 18, 53, et Farella, 1984, 159-160).

15 Farella, J. R : 1984. The main stalk. A synthésis of navajo Philosophy. Phoenix et Tucson, The University of Arizona Press.

16 S. Hazen-Hammond : Spider Woman’s web, Traditional Native American tales about women’s Power. Berkley publishing groups, New york 1999. Et Zolbrod, P.G : Diné Bahané : The Navajo Creation story, University of New Mexico Press, Albuquerque, 1984.

17 Dans la cosmologie Navajo, toutes les choses possèdent de fait une qualité mâle et femelle, et quelque soit l’entité considérée, l’état d’accomplissement et de complétude ne peut être obtenu qu’avec le rassemblement des deux principes féminins et masculins. Quintero G.A / Gender, discord and illness : Navajo philosophy and healing in the Native american Church. In Journal of Anthropological research, Vol 51, 1995.

18 Elle est la sixième enfant d’une fratrie de douze. Elle est née dans le clan « Big Water Clan », celui de sa mère puisque la filiation est matrilinéaire. Le « Saline Clan », est celui de son père.

19 à proximité de Piñon.

20 Elle doit y terminer ses études, ce qu’elle ne fera pas, préférant suivre son ami de l’époque deux mois avant la graduation.

21 « Mais on est revenu vers l’église parce que mon père était malade et qu’ils ont essayé la méthode traditionnelle avec les cérémonies et les trucs comme ça et en fait c’est comme si ça avait empiré. Alors on se demandait qui allait prendre soin de nous et je me suis tournée vers le Seigneur. Mais j’ai relâché au Collège » Extraits de notes de terrain. 03-97.

22 A la mort de son époux, Sera n’a pas reçu d’aide de sa famille, ses propres oncles et tantes se sont désintéressés d’elle et de ses enfants qu’elle a dû renvoyer en pension dans des familles d’accueil.

23 Les fils sont davantage restés sur leurs positions traditionnelles.

24 Darlène : « Seulement parce que la bible le dit, tu n’as pas le droit de révérer autre chose que Dieu et traditionnellement […] ce que je sais, c’est qu’ils prient le feu, l’air ou la terre et l’eau, parce qu’ils représentent les bases de la vie. Donc si je dois prier en Navajo, je vais m’adresser aux dieux de l’eau et tout le reste car c’est avec ça que je vis. Mais […] mon créateur reste Dieu et toutes ces choses sont au dessous de lui ».

25 Au-delà du mariage, sans réelle signification sociale, c’est ici la maternité qui installe les jeunes filles dans leur statut de femme.

26 Elle a passé 9 ans à Phoenix dans la capitale de l’Arizona, période qui totalise la durée de ses placements et les mois durant lesquels elle a vécu avec sa plus jeune sœur, sous la tutelle légale de leur sœur aînée et n’a pas réussi à construire une famille.

27 A cause des placements sociaux et des ruptures affectives qu’elle a connues

28 C’est la première fois qu’elle dispose d’un domicile à elle. Jusqu’à présent, elle naviguait entre différents lieux, sans jamais passer plus de deux mois au même endroit.

29 Elle associe ce sentiment à la précarité des conditions de vie, dont l’amélioration reste somme toute très relative, particulièrement dans la zone retirée où vit toujours sa mère.

30 Extrait de notes de terrain. Novembre 1997.

31 Au-delà de la peur d’être « découverte » par les missionnaires, Darlène considère ce besoin de cérémonie comme la marque de la faiblesse de sa foi chrétienne.

32 Darlène : « Ma mère allait être en colère, car j’aurais dû savoir ces choses, elle risquait ne fois de plus de ne pas me prendre au sérieux ».

33 Elle est Issue du complexe de la Blessing Way. Dans la narration mythique, les contenus proprement dits de l’épisode relatant la première Kinaldà ne sont pas nouveaux : danses chants, purification ou encore caractère collectif de l’événement. Ils servent de rappel pour ce qui concerne le comportement approprié, à adopter lorsque l’on devient adulte. La manifestation se déroule sur quatre jours. Son apogée correspond à la confection du gâteau rituel, destiné au soleil, durant la dernière nuit. L’essentiel de la cérémonie concerne différentes phases de modelage du corps par massage, afin de le préparer à la vie adulte. La jeune fille doit également effectuer plusieurs courses d’endurance, en direction de l’est. Dans le récit mythique, ces courses sont adressées au soleil, afin de lui plaire. Une seconde cérémonie est ensuite conduite plus tard pour le bénéficie de la lune cette fois. Frisbie,C : Kinaalda : A study of the Navaho girl’s puberty ceremony. Wesleyan University Press, Middletown, Conn.1967. et Begay, S. : Kinaaldà and Navajo puberty ceremony. Navajo curriculum center. Rough Rock Demonstration School. 1983.

34 A titre d’illustration, l’association créée en 1973 n’a pas été dénommée « hataali association » mais « Navajo Medecine-Men Association ».

35 L’un des premiers ethnologues américains à s’être intéressé aux Navajos, Washington Matthews, a toujours appelé ses interlocuteurs « shama ». Dès 1888, il publie « The Prayer of a Navajo Shaman » dans American Anthropologist, Old Series 1, 147-170.

36 Ce terme de « motif chamanique » est emprunté à Piers Vitebsky dans son ouvrage Les Chamanes, 1995, Albin Michel.

37 De plus, outre le fait que les hataali ne se réclament jamais d’une quelconque appartenance au chamanisme, certaines caractéristiques se retrouvent chez d’autres praticiens navajo. En effet, les hataali n’ont pas le monopole de l’activité médico-religieuse et thérapeutique chez les Navajos. A côté d’eux, et souvent en association avec eux, les herboristes, les hand-tremblers (ceux qui ont les mains tremblantes), les stargazers (les regardeurs d’étoiles) et les listeners (ceux qui écoutent) sont également consultés. Il se trouve que ces trois derniers corps de praticiens se reconnaissent précisément à leur élection (les esprits les ont choisis à la naissance) et à d’autres pratiques qui les rapprochent du modèle du chaman tel que la tradition anthropologique le conçoit. Il nous paraît donc triplement erroné d’utiliser le terme de « chaman » dans le contexte des hataali. Voir à ce sujet l’étude de Gladys Reichard, 1950, Navaho Religion, très complète ; l’étude de Clyde Kluckhohn sur la sorcellerie, Navaho Witchcraft, 1967, ainsi que Lyland Wyman sur les diagnosticiens ou trembleurs des mains, « Navaho Diagnosticians », American Anthropologist, vol 38, pp. 236-46.

38 Le temps est toujours décompté en nuits, ainsi la cérémonie « good way », c’est à dire une version édulcorée de la « Blessing way » effectuée pour Darlène, a duré trois nuits, c’est à dire quatre jours.

39 Au cours des cérémonies, les prières et chants doivent être déclamés à voix haute. Cela permet le contrôle de la communauté présente sur l’exactitude des dires, la garantie de l’invariance et la possibilité de sanction contre l’improvisation individuelle, dangereuse et assimilée à la sorcellerie (Farella, 1984, 85).

40 On peut imaginer que par imprégnations successives, écoute, prise de notes, enregistrement, un apprentissage serait possible - et moins coûteux. Or, tous ces moyens, ces supports de mémoire sont interdits. Ainsi on peut émettre l’hypothèse que l’insistance sur l’identique permet un contrôle, une légitimation du système. Entrer en apprentissage c’est entrer dans un réseau de connaissances, de relations interpersonnelles dont l’existence est justifiée par l’obligation de l’apprentissage à l’identique.

41 « La transmission ne s’accompagne-t-elle pas toujours d’une explicitation, d’une réinterprétation tout à la fois de l’objet et du milieu dans lequel il s’insert ? » (Chevallier, 1990, 9)

42 « There is plentiful evidence that continual change is common »

43 Comme l’explique Chamoux dans son article « La passation de savoir », « il ne suffit pas que l’écriture soit disponible pour que tout y soit enregistré par écrit » (Chamoux, 1996, 84).

44 Evoquer la notion de mobilité nous permet de dépasser celle de nomadisme, généralement attribuée aux sociétés de chasseurs / cueilleurs. Il nous semble néanmoins excessif d’accorder le statut de nomade à la société navajo, même traditionnelle. Celle -ci l’a été, indubitablement. Mais dès que l’on s’intéresse à l’époque historique (associée à la découverte du nouveau monde), plusieurs travaux, et notamment ceux de Correl (1976) soulignent qu’il n’existe plus d’indice sérieux de nomadisme avéré, concernant cette population.

45 Schwarz (1997) évoque pour sa part le principe de synecdoque.

46 De cinq à neuf nuits auparavant, elles s’étendent désormais principalement sur trois ou cinq nuits.

47 Depuis quelques années, il est ainsi possible de les louer à l’université navajo qui possède un musée. Cependant cette solution doit être uniquement temporaire. Un hataali ne saurait être pris au sérieux s’il n’est pas capable de confectionner sa propre bourse à médecine (Frisbie, 1987).

48 Les peintures de sable, notamment, étaient détruites après chaque cérémonie. Aujourd’hui, on les retrouve sous forme de « dry paintings ».

49 Reichard, faisant écho aux commentaires de ses collègues soulignait dès les années 40, l’immense qualité artistique de certaines réalisations (danses, chants ou peintures de sables). Aujourd’hui encore les profanes, amérindiens ou non, continuent d’être fascinés, par de telles cérémonies, lorsqu’ils ont l’occasion d’y assister. S’il reste encore possible, à condition d’y être invité, de participer à une cérémonie, les touristes par exemple, ou autres amateurs assistent le plus souvent à des démonstrations à vocation pédagogiques, organisées à leur usage, au cours desquelles, certaines parties des chants, danses et peintures de sable sont légèrement altérées afin d’annuler leur charge symbolique.

50 Darlène : « J’étais sur le point de dire indienne, mais je ne veux pas utiliser ce mot, tu sais, je pense que je suis Navajo parce que c’est juste ce que je suis. Je suis née dedans, on me l’a appris, et, je me considère comme Navajo. Je parle Navajo et, bon pas complètement ! J’ai des parents Navajo. Bon, c’est juste parce que je le suis… Je ne sais pas. C’est une question difficile. »

51 La Farge (1970) soulignait en outre, l’insistance extraordinaire des Navajos à reconfigurer les emprunts techniques ou culturels qu’ils sont amenés à effectuer.

Pour citer cet article - Référence électronique : Sophie Malinvaud et Sophie Gergaud, « Restaurer l’harmonie dans la Tradition Navajo : lorsque l’on chante pour Darlène », Face à face [En ligne], 5 | 2003, mis en ligne le 01 mars 2003, consulté le 26 mai 2020. URL : http://journals.openedition.org/fac...

Droits d’auteur : Tous droits réservés – Index : Auteurs Mots-clés - ISSN électronique 1298-0390 - La Lettre d’OpenEdition

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Source : https://journals.openedition.org/faceaface/413?lang=fr

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Addenda : L’une des images de « peintures de sable navajo »

Navajo Sandpainting Gallery - Room 226

Consulter d’autres exemples à partir de cette source : https://room226.weebly.com/navajo-sandpainting-gallery.html

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35 Bis.
Accès à d’autres sources d’information sur le peuple navajo

Beauté cosmique et harmonie sociale chez les Navajo Hozho ... www.persee.fr › doc › cchav_0184-1025_1997_num_22... - Résumé (eng). Cosmic Beauty and Social Harmony among the Navajo. Hozho (’Happines’). The full meaning of Hozho is much more than mere ’happiness’. De MC Feltes-Strigler - ‎1997

L’espace du bonheur : l ... · ‎Hozho et Hozhooji : sur la ... · ‎Le Nidah’

Peintures de sable, de guérison (hozho) Navajos www.arizona-dream.com › ... › Navajos - 29 mars 2020 - La peinture de sable navajo est l’un des éléments les plus importants d’une cérémonie de guérison. Hozho. A travers ce dessin, élaboré et ...

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Atteindre le Hozho - Esprits de vie www.espritsdevie.com › 2018/03 › atteindre-le-hozho - 29 mars 2018 - Les Navajos représentent le Hozho par des formes de mandalas, dessinés sur le sable. Il s’agit donc d’une création éphémère leur permettant d’ ...

hozho Archives - Association Navajo Francenavajo-france.com › tag › hozho - Avec le soutien du Club HEC SpiritualitéS et en présence de Didier Hilar géobio-architecte, et de Lorenza Garcia, passeuse de la Voie Hozho, la Beauté ...

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35 Ter.
La cosmologie navajo et la cosmologie occidentale Par Rik Pinxten - Extrait - 50  p. 43-61 - https://doi.org/10.4000/civilisations.3388 - ‘journals.openedition.org/civilisations’

Résumé | Plan | Texte | Bibliographie | Citation | Auteur

Résumés Français English Español

L’étude comparative des cosmologies est un type particulier d’approche comparative en anthropologie : je veux me concentrer sur des intuitions de base (ou des racines) dans l’étude d’un aspect spécifique de toute culture. Ces intuitions de base peuvent être interprétées comme des « prémisses » différant de culture en culture. Dans la description et la comparaison des cosmologies des Indiens Navajos et des peuples occidentaux, l’importance de cette approche est manifeste. La description d’intuitions implique des interprétations : les données ne sont jamais brutes, mais elles sont construites et conclues par des processus longs et mutuels d’observation, d’interview, de contrôle par ethnographe et informateurs. En plus, cette interprétation se produit dans le contexte de deux cultures en contact : en anthropologie la connaissance est doublement préjugée (par l’ethnographe et par l’informateur, Pinxten 1981). La naissance de n’importe quel sujet est contextuelle et située dans sa propre culture ; la connaissance en anthropologie est située dans le contexte de deux sujets culturels en interaction. Le résultat des interactions entre ces sujets est ce que nous nommons la connaissance anthropologique. Dans ma perspective : la comparaison ne peut être évitée, parce qu’elle est intrinsèque à l’entreprise ethnographique.

Plan

La cosmologie navajo

Le hooghan

La « matière première » de l’univers Navajo

Le cosmos Navajo

La cosmologie occidentale

Comparer les incomparables ?

Comparaison des intuitions culturelles

Comparaison des types de raisonnement

Comparaison des caractéristiques structurales

1. La ’cohérence’ d’une cosmologie :

2. Incompatibilité partielle :

Texte intégral à lire sur ce site > https://journals.openedition.org/civilisations/3388

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36.
Une immersion littéraire et artistique en terres amérindiennes avec Marie et Pierre Cayol

Une conférence sur la vie du peuple des indiens Navajos Publié le 08/11/2011 à 00:00 / Mis à jour le 08/11/2011 à 00:00 - Photo - Marie et Pierre Cayol avec leurs amis Navajos. © D.R – Document ‘Midi Libre’ S’abonner-[article_gratuit_standard]-[contenu]-[une-conference-sur-la-vie-du-peuple-des-indiens-navajos::4489950]] – « Les indiens Navajos investissent Domazan, le dimanche 27 novembre.

« L’association culturelle et historique domazanaise poursuit son cycle de conférences : Marie et Pierre Cayol, passionnés depuis plus de 30 ans de la culture navajo, animeront une conférence-débat sur le mode de vie et la philosophie de ce peuple … Peuple qu’ils connaissent bien : ils partagent leur vie entre la terre navajo, qui est devenue leur terre d’adoption, et le département du Gard… »

« Pierre Cayol, peintre fortement influencé par l’art navajo, a même son nom indien ’Celui qui peint’. Marie Cayol, quant à elle, est surnommée ’Celle qui accompagne celui qui peint’. Des liens très forts se sont créés et leurs amis sont comme leur propre famille. Cette confiance mutuelle, acquise au fil du temps, a facilité l’entrée dans la culture et la philosophie navajo. ’L’été 2011 marquait le trentième anniversaire de notre rencontre avec deux familles navajos de Navajo Mountain en Arizona’ précise Marie Cayol. Une date importante qui souligne l’amitié à une famille, mais aussi une amitié élargie à l’ensemble des familles navajos. ’Attirés par la culture de ce peuple et sensibles à la beauté du pays navajo avec des sites grandioses comme ‘Monument Valley’, le canyon de Chelly, nous sommes revenus maintes et maintes fois, guidés par nos amis navajos’. De ce lieu privilégié, l’intérêt du couple Cayol s’est étendu aux autres populations autochtones du sud-ouest de l’Amérique du nord : Apaches, Hopis et Pueblos. C’est ce cheminement à la rencontre de l’autre qui est raconté dans le livre que Marie Cayol a publié en 2010 aux éditions Cardère, ‘Navajo Mountain, la tête de la Terre Mère’ et qui sera présenté au cours de la conférence. Loin des images véhiculées par le cinéma hollywoodien, c’est toute une civilisation et un mode de vie bien souvent mis en danger, qui seront dévoilés lors de cette conférence.

Source : https://www.midilibre.fr/2011/11/08/une-conference-sur-la-vie-du-peuple-des-indiens-navajos,414152.php

Autres informations :

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Catalogue raisonné de Pierre Cayol www.pierrecayol.com - Chant Navajo Accessible à tous, « Pierre Cayol - oeuvre graphique 1959-2015 » est l’un des tous premiers catalogues raisonnés d’estampes proposés

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Auteur : Jacques HALLARD, Ingénieur CNAM, consultant indépendant - 30/05//2020

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Fichier : ISIAS Anthropologie Cultures Ecologie Fêtes et symboles religieux, rites de la franc-maçonnerie et rites de passage notamment dans la tradition de la nation Navajo .4

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