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"Les expérimentations et études biomédicales incluent (enfin !) plus de sujets de sexe féminin" par Bethany Brookshire

Traduction & compléments par Jacques Hallard

jeudi 25 juin 2020, par Brookshire Bethany


ISIAS Biologie

Les expérimentations et études biomédicales incluent (enfin !) plus de sujets de sexe féminin : près de la moitié comprennent désormais des sujets masculins et féminins, des rongeurs jusqu’aux êtres humains. Voici pourquoi cela compte

Ajouts sur les méthodologies d’expérimentation et la recherche en biopharmaceutique -* Compléments sur l’analyse comportementale et#DAZU2la Thérapie cognitivo-comportementale

Le document d’origine de Bethany Brookshire a été publié le 09/06/2020 par Science News
sous le titre « Biomedical studies are including more female subjects (finally)  » et il est accessible sur ce site : https://www.sciencenews.org/article/biomedical-research-sex-male-female-animal-human-studies?utm_source=email&amp ;utm_medium=email&utm_campaign=latest-newsletter-v2&utm_source=Latest_Headlines&utm_medium=email&utm_campaign=Latest_Headlines

lab mice

« Levez-vous et soyez comptée ; debout, on vous dénombre, madame la souris ». En 2009, seulement 28% des études biomédicales incluaient des sujets masculins et féminins. En 2019, ce nombre était de près de 49%. unoL / iStock / Getty Images Plus.

[Ajout préliminaire – D’après Wikipédia, « Les sciences biomédicales correspondent à un champ d’étude étendu des sciences de la vie ayant pour but les applications directes des connaissances des lois de la vie en médecine. Elles ont pour objectifs l’étude des organismes vivants et les réponses que ceux-ci manifestent à des traumatismes ou à des états pathologiques divers (inflammation chronique, infection virale, etc.). Elles contribuent ainsi à la mise en place de nouvelles thérapeutiques par l’étude des origines de ces processus pathologiques ainsi que par l’étude des réponses des organismes visant à rétablir l’homéostasie. L’apport des sciences biomédicales à la médecine vient aider et complémenter celui des sciences pharmaceutiques. Les sciences bio-médicales ne doivent pas être confondues avec la biologie médicale ou, plus largement, avec la pathologie qui consiste en la supervision et en l’interprétation des résultats par un laboratoire de biologie médicale…- Article complet sur ce site : https://fr.wikipedia.org/wiki/Sciences_biom%C3%A9dicales ].

La science biomédicale a toujours été un monde dominé par les hommes - non seulement pour les scientifiques, mais aussi pour leurs sujets de recherche. Même la plupart des souris de laboratoire étaient des mâles (SN : 6/18/19). Mais maintenant, une nouvelle étude montre que les chercheurs commencent à inclure plus de sujets de sexe féminin ou femelle - des souris jusqu’aux êtres humains - dans leurs travaux de recherche.

En 2019, 49% des articles examinés dans les sciences biomédicales utilisaient des sujets masculins et féminins, presque deux fois plus qu’une décennie auparavant, selon les résultats publiés le 09 juin 2020 dans ‘eLife’.

Une étude d’articles publiés en 2009 dans 10 disciplines biomédicales avait montré un tableau sombre. Seulement 28 pour cent des 841 études de recherche incluaient des sujets masculins et féminins (ou mâles et femelles). Les résultats ont été publiés en 2011 dans ‘Neuroscience and Biobehavioral Reviews’.

Le monde scientifique en a pris note. En 2016, les ‘National Institutes of Health’ (NIH) des États-Unis ont institué la politique du sexe comme variable biologique dans le but de corriger le déséquilibre entre les sexes. Les scientifiques ont dû utiliser à la fois des mâles et des femelles chez leurs animaux de laboratoire et des sujets masculins et féminins, des hommes et des femmes, dans les recherches financées par les NIH, sauf s’ils pouvaient présenter une « justification solide », pour faire autrement.

Annaliese Beery, neuroscientifique au ‘Smith College’ de Northhampton, dans l’état du Massachusetts aux Etats-Unis, a mené une étude originale montrant l’étendue du biais sexuel dans les travaux de recherche. En 2019, elle et Nicole Woitowich, chimiste à la ‘Northwestern University’ d’Evanston, dans Illinois aux Etats-Unis, voulaient voir si les préjugés sexuels étaient toujours aussi forts qu’en 2009.

Les choses se sont-elles améliorées ?

Après avoir scanné 720 autres articles dans neuf des 10 disciplines originales, Beery et Woitowich ont montré que oui : avec près de la moitié de tous les articles de revues qui comprennent à la fois des sujets mâles (masculins) et des sujets femelles (féminins) (voire des hommes et des femmes). La recherche comportementale était la plus inclusive, avec les deux sexes représentés dans 81% des études. Dans l’ensemble, six des neuf domaines étudiés ont montré une augmentation significative des études incluant les deux sexes dans les plans expérimentaux.

Mais ce ne sont pas toutes de bonnes nouvelles. La plupart des études qui ont utilisé un seul sexe n’ont fourni aucune justification pour le faire ainsi. De plus, de nombreuses études utilisant les deux sexes n’ont pas indiqué si elles avaient analysé les résultats des différences entre les sexes.

‘Science News’ a discuté avec Beery au sujet de ses découvertes actuelles et des changements en cours dans la science biomédicale. L’interview a été modifiée pour plus de clarté et limiter la longueur.

SN : Pourquoi est-il important d’étudier les sujets mâles et les sujets femelles dans la recherche biomédicale ?

Beery : Si vous n’étudiez qu’un seul sexe, [vous ne savez pas si] les informations que vous apprenez s’appliquent à l’autre sexe. Mais en étudiant les deux sexes, vous pouvez apprendre : est-ce partagé entre les deux sexes ? Est-ce rare ? Est-ce l’un des domaines dans lesquels il n’y a pas de différence de sexe, ou y a-t-il quelque chose de différent ici entre les sexes ?

SN : Pourquoi les gens n’incluaient-ils pas les sujets féminins dans leurs études scientifiques il y a dix ans ?

Beery : Les chercheurs faisaient un choix actif pour exclure les sujets féminins de leurs études. L’une des raisons à cela est que beaucoup de gens supposent que les femmes sont plus variables que les hommes [en raison de leurs cycles hormonaux]. Il y a maintenant plusieurs articles qui ont examiné explicitement cette question et ils ont montré que non, les sujets féminins ne sont pas plus variables que les sujets masculins.

Le parti pris en faveur du masculin est également historiquement enraciné. Si tout le monde dans votre domaine a étudié les sujets masculins et que les connaissances acquises ont toujours utilisé des sujets réservés à ceux-ci, alors vous pourriez être enclin à continuer d’étudier des sujets réservés aux seuls sujets masculins. Je pense que cela fait partie de la perpétuation d’un parti pris masculin depuis longtemps.

Sexe des sujets dans les études biomédicales, 2009 et 2019

En 2009, seulement 28% des études biomédicales ont utilisé des sujets masculins et féminins, tandis que 33% étaient réservés aux sujets masculins et 23% aux sujets féminins. Un autre 16 pour cent des études n’ont pas indiqué quel sexe ils utilisaient dans leurs travaux de recherche.

En 2019, les études portant à la fois sur des sujets masculins et féminins sont passées à 49%, les études portant uniquement sur les sujets masculins à 27% et les études sur les sujets féminins à 18%. Les études qui ne précisaient pas le sexe ont chuté le plus, avec seulement 6% des études examinées.

https://www.sciencenews.org/wp-cont...

SN : Avez-vous été surprise par la différence qui s’est produite au cours de la dernière décennie ?

Beery : J’ai été agréablement surprise par l’augmentation de l’inclusion féminine. Je m’attendais à ce que ce soit le cas, surtout que c’est là substantiel.

SN : Les études n’analysent pas souvent s’il y a des différences entre les sexes. Pourquoi ?

Beery : Je suis assez perplexe, honnêtement. Je ne peux vraiment pas penser à un bon argument statistique pour ne pas inclure le sexe comme facteur dans une étude et une analyse. Si c’est important, c’est vraiment important. Et si cela n’a pas d’importance, cela semble être une très bonne chose de pouvoir contribuer à la littérature scientifique.

SN : Pourquoi est-il important de garder une trace des préjugés sexuels dans la recherche préclinique ?

Beery : Je pense qu’il est important de savoir ce que nous pouvons acquérir comme connaissances. Et je pense que c’est la raison pour laquelle l’article de 2011 avait reçu l’accueil qu’il avait alors connu. Tout le monde savait qu’il y avait un parti pris masculin dans ce domaine de la recherche biomédicale. Pouvoir dire « jusqu’à quel point c’est mauvais », peut apporter une contribution importante à la fois pour mesurer si elles s’améliorent et pour vraiment comprendre quelles sont les limites de nos connaissances en la matière.

Citations

N.C. Woitowich and A.K. Beery. A 10-year follow-up study of sex inclusion in the biological sciences. eLife. Posted June 9, 2020.

A.K. Beery and I. Zucker. Sex bias in neuroscience and biomedical research. Neuroscience and Biobehavioral Reviews. Vol. 35, January 2011, p. 565. doi : 10.1016/j.neubiorev.2010.07.002.

A.M. Beltz, A.K. Beery and J.B. Becker. Analysis of sex differences in preclinical and clinical data sets. Neuropsychopharmacology. Vol. 44, September, 2019, p. 2155. doi : doi.org/10.1038/s41386-019-0524-3.

About Bethany Brookshire (photo) - Bethany is the staff writer at Science News for Students. She has a Ph.D. in physiology and pharmacology from Wake Forest University School of Medicine.

À propos de l’auteure Bethany Brookshire (photo) - Bethany est rédactrice à ‘Science News for Students’. Elle a un doctorat en physiologie et pharmacologie de l’École de médecine de l’Université de Wake Forest. « L’université de Wake Forest (anglais : Wake Forest University) est une université privée fondée en 1834 et installée dans la ville de Winston-Salem en Caroline du Nord… L’Université occupe également un espace de laboratoire au ‘Biotech Plaza’, et un Centre de nanotechnologie et matériaux moléculaires… Dans le rapport ’Best Colleges 2014 de ‘US News’, l’université Wake Forest est classée 11e en terme du « Meilleur premier cycle d’enseignement » 3 et 23e au niveau des universités nationales4… » - Source : https://fr.wikipedia.org/wiki/Universit%C3%A9_de_Wake_Forest

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Ajout sur les méthodologies en expérimentation et les notions d’expérimentation agronomique utilisée en recherche biopharmaceutique 

Mise en place d’une méthodologie expérimentale : hypothèses et variables Par Françoise Anceaux, Pascal Sockeel - Dans Recherche en soins infirmiers 2006/1 (N° 84), pages 66 à 83 - Mis en ligne sur Cairn.info le 11/02/2015 - https://doi.org/10.3917/rsi.084.0066

Résumé : Cet article méthodologique se propose de présenter ce qui, dans le cycle d’une recherche, concerne la mise en place du plan expérimental de la recherche à conduire. Il se focalise tout particulièrement sur la formulation des hypothèses à partir de la question de recherche ainsi que sur leur opérationnalisation et la manière de les mettre à l’épreuve par le biais du choix des variables. Les contrôles expérimentaux, ainsi que les plans factoriels, plans d’expérience les plus utilisés, sont ensuite présentés.

English abstract on Cairn International Edition

Extrait - Introduction

1La recherche en soins infirmiers présente de nombreuses ressemblances avec la recherche en sciences humaines et sociales dans la mesure où elle s’intéresse, entre autres, à des sujets comme l’anxiété, l’écoute, l’empowerment et l’autonomie, ou encore la formation, les compétences et les habiletés. Elle a également des liens privilégiés avec les sciences de la vie, en particulier, la biologie et les sciences médicales. Ces diverses disciplines peuvent avoir des points de vue quelquefois radicalement différents sur les phénomènes naturels. Toutefois, pour élaborer les connaissances de leurs domaines respectifs, elles ont en commun de mettre en œuvre une approche scientifique qui permet que ces connaissances à propos des phénomènes étudiés soient basées sur des preuves accumulées au travers de recherches.

2 Pour Rey (1990), la science est un « … ensemble de connaissances, d’études d’une valeur universelle, caractérisées par un objet et une méthode déterminés, et fondées sur des relations objectives vérifiables ». Cette définition insiste sur l’utilisation d’une démarche scientifique qui permet de découvrir des régularités dans son objet d’étude.

3 De manière générale, un certain nombre de postulats sous tendent l’utilisation de la démarche scientifique. Les deux premiers concernent l’existence de lois générales organisant le monde et le déterminisme des phénomènes naturels, qu’ils concernent l’homme ou son environnement. On ne peut en effet pas parler de connaissances d’une valeur universelle si l’on n’admet pas l’existence d’un ordre logique dans l’univers et de principes organisateurs dans la nature. C’est sur cette affirmation élémentaire essentielle que repose la notion de prédictibilité des phénomènes. La science va donc principalement s’intéresser aux régularités dans les faits et, même si les causes des phénomènes peuvent être multiples, ce qui est le cas sitôt que l’on s’intéresse au fonctionnement humain, le chercheur partira du principe qu’il est possible de les connaître ou de les déterminer.

4 Les postulats suivants portent sur le caractère « empirique » de l’acquisition des connaissances scientifiques, sur leur intégration au sein de systèmes théoriques et, enfin sur le caractère réfutable de ces derniers. En effet, l’approche première de toute discipline scientifique consiste à identifier, nommer, comparer, décrire et classer les faits. De cette activité, naissent les hypothèses qui visent à expliquer les faits et l’existence des régularités dégagées. Ces hypothèses seront ensuite confrontées aux faits pour que leur pertinence soit évaluée. Enfin, les faits ainsi mis en évidence pourront être expliqués et structurés ou intégrés au sein de théories, de modèles ou de lois. Les théories, en intégrant plusieurs relations entre les faits, relations qui étaient jusque là indépendantes, permettent ainsi d’améliorer la compréhension d’un ensemble de faits et d’engendrer, par déduction, de nouvelles hypothèses de recherche. Leur caractéristique essentielle est d’être réfutables, sinon elles ne sont pas scientifiques. Cette notion de réfutabilité (Popper, 1978) signifie qu’il doit être possible de déduire des énoncés de base pouvant être confrontés aux observations.

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Par exemple, l’énoncé « tous les cygnes sont blancs » est réfutable puisqu’il suffit d’en trouver un d’une autre couleur pour montrer qu’il est faux. Par contre, l’énoncé « il existe des cygnes blancs » n’est pas réfutable.

6 La fausseté éventuelle des énoncés entraîne donc logiquement la fausseté de la théorie dont ils sont issus. Si les implications contenues dans les énoncés sont acceptables ou confirmées, la théorie a provisoirement résisté au test et on n’a aucune raison de l’écarter. Dans le cas contraire, on peut dire que, puisque l’énoncé n’est pas confirmé, la théorie est réfutée. Toutefois, ce n’est pas aussi « simple que cela », comme nous le verrons dans les paragraphes suivants.

7 Outre les postulats de base que nous venons de présenter, la démarche scientifique présente un certain nombre de caractéristiques qu’il convient de rapidement signaler ici (pour plus de détails, cf. Sockeel, & Anceaux, 200X ; Robert, 1988 ; Matalon, 1994a, 1994b ; ou encore Myers & Hansen, 1997).

8 Un trait essentiel de la démarche scientifique est de reposer sur la notion de preuve, ce qui signifie que les arguments du scientifique doivent être acceptables par tous. Ce souci de la preuve (Matalon, 1994b) est fondé par des observations empiriques publiques, ce qui signifie que les observations, les résultats et les conclusions d’expérimentations doivent être rendus publics. En effet, une démarche n’est scientifique que si elle autorise d’autres chercheurs à reproduire les observations, à vérifier à leur tour les hypothèses et bien évidemment à les réfuter éventuellement. La reproductibilité et l’éventuelle réfutation des résultats reposent sur la mise en œuvre par le chercheur de raisonnements explicites et valables pour tous. C’est en effet, par la reproduction systématique, à d’autres moments, dans d’autres conditions et chez d’autres sujets, d’un fait ou d’un phénomène que l’on arrive à généraliser les résultats le concernant, à mieux le comprendre et à faire émerger les lois qui le régissent.

9 Enfin, une caractéristique centrale de cette démarche est d’être itérative et dynamique. En effet, les sciences, en tant qu’ensemble de connaissances, progressent de manière itérative, c’est-à-dire qu’elles procèdent par essais et erreurs et par approximations successives. Ceci leur permet de cerner peu à peu un problème et de lui donner une solution de plus en plus précise. Les sciences passent donc par une remise en cause permanente de leurs conclusions, postulats, théories. Cette progression itérative fait que chaque solution est dépendante de la solution proposée au cycle précédent qu’elle consolide, contredit ou améliore. La dynamique et le caractère itératif de la démarche scientifique sont bien mis en évidence dans le schéma du cycle de la recherche présenté dans la Figure 1.

Figure 1

Figure 1

10 Le cycle de la recherche est déclenché par une question que se pose le chercheur. Il tentera d’y répondre en confrontant diverses propositions de réponses provisoires (hypothèses) à des observations empiriques. Les conclusions qui découlent de cette confrontation sont suivies d’un retour au point de départ qui permet de modifier la question initiale ou d’en poser de nouvelles. On déclenche ainsi un nouveau cycle.

11 Selon Beaugrand (1988), le cycle de la recherche comprend quatre sous-cycles :

  • le sous-cycle préparatoire à la production des observations et des mesures ;
  • le sous-cycle de production des observations ;
  • le sous-cycle d’analyse et d’interprétation des données et de reformulation du modèle ;
  • le sous-cycle de publication.
    12 Nous nous centrerons ici sur le premier sous-cycle et plus précisément sur la seconde étape de ce sous-cycle, celle relative à l’élaboration du plan de recherche. L’énoncé du problème est bien évidemment une étape cruciale puisque l’ensemble de la recherche en découlera. Toutefois, dans le cadre de cet article, il nous a semblé intéressant de nous focaliser sur cette seconde étape dans laquelle on va transposer les concepts théoriques et les hypothèses générales ou questions de recherche dans le cadre d’une recherche particulière.

13 Dans un premier temps, il nous faut choisir une méthode d’acquisition des connaissances. Cette étape consiste à se demander quelle est la meilleure méthode permettant de répondre aux questions posées, la méthode choisie devant permettre la mise en évidence des phénomènes que l’on veut étudier. Il est extrêmement difficile de classer les différentes méthodes utilisables pour acquérir des connaissances scientifiques. On peut par exemple les classer selon les conditions de l’observation : on opposera alors expériences de laboratoire et expériences de terrain. On peut également les classer selon le type de questions que l’on se pose : on parlera de recherches à visée descriptive ou à visée explicative. Cette classification recouvre en partie celle de Reuchlin (1971) qui classe les méthodes utilisées en sciences humaines et sociales sur un continuum heuristique, c’est-à-dire en fonction de leur capacité à faire progresser les connaissances scientifiques. En effet, pour cet auteur, il existe quatre classes de méthodes dont les capacités heuristiques vont croissant : l’introspection, les méthodes historiques, les méthodes descriptives et comparatives (dont l’observation, les questionnaires et les enquêtes) puis enfin, la méthode explicative « par excellence », la méthode expérimentale.

14 Il n’y a pas dans cette classification d’opposition entre ces différentes méthodes, mais simplement des différences de puissance heuristique. En fait, ce sont d’une part les objectifs des recherches et, d’autre part, les contraintes dues aux situations étudiées qui détermineront le choix de la méthode. Par exemple, certaines questions ne peuvent faire l’objet d’études expérimentales pour des raisons déontologiques (on ne « provoque » pas une maladie pour pouvoir l’étudier dans les « meilleures conditions expérimentales »), techniques (certains concepts, tel l’empowerment, sont trop composites et trop subjectifs pour pouvoir être, pour le moment tout au moins, étudiés par des mesures quantitatives objectives), ou encore parce qu’elles dénatureraient les sujets d’étude (étudier l’impact d’un fonctionnement hospitalier en dehors de l’hôpital n’a aucun sens). Dans de nombreux cas, nous serons donc contraints d’utiliser des méthodes plus descriptives comme la méthode d’observation ou le questionnaire.

15 Dans le cadre de cet article, nous nous centrerons sur la méthode expérimentale dans la mesure où, même si elle est quelquefois difficile à appliquer, elle est la seule qui permette la mise en évidence de liens causaux entre les événements étudiés, la prise de décision quant à la notabilité des effets observée et, par voie de conséquences, l’extraction de lois générales. On appelle méthode expérimentale celle qui emploie la démarche définie par Claude Bernard (1856), c’est-à-dire celle qui consiste à « collecter des faits », pour en extraire des hypothèses qui vont ensuite être soumises à vérification. Ce qui la caractérise, c’est le souci primordial d’apporter la preuve et de valider de manière empirique et systématique les systèmes théoriques par le biais des hypothèses.

16 Dans un deuxième temps, une fois choisie la méthode d’acquisition, ici la méthode expérimentale, on passe à l’étape d’opérationnalisation. On va définir, à partir de la question de recherche, les hypothèses de travail ou opérationnelles ainsi que les variables, également en terme opérationnel, et spécifier les relations qu’elles entretiennent.

17 Le plan de recherche ainsi élaboré doit servir à la production de données empiriques systématiques valides. Ceci nécessite une opération de mesure, c’est-à-dire une phase où l’on regarde, reconnaît et compte. Dans cette étape, on doit donc : (1) choisir des instruments (listes de comportements, échelles, questions….) ; (2) éliminer au mieux les sources d’erreurs ; (3) vérifier la pertinence des techniques et des variables utilisées en faisant éventuellement une pré-expérience ou une simulation des données permettant de tester la validité du plan. Ce sont ces activités que nous allons aborder de manière détaillée dans la suite de cet article.

La suite est à lire à partir de ce site : https://www.cairn.info/revue-recherche-en-soins-infirmiers-2006-1-page-66.htm#

Revue de statistique appliquée - P. DAGNELIE - Quelques notions d’expérimentation agronomique utilisée en recherche biopharmaceutique - Revue de statistique appliquée, tome 36, no2 (1988), pages 23 à 36. Source : http://www.numdam.org/article/RSA_1988__36_2_23_0.pdf

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Ajout - Introduction à l’analyse comportementale selon Wikipédia

L’analyse comportementale est une approche globale de l’étude expérimentale du comportement des organismes vivants. Ses principaux objectifs sont la découverte des principes et des lois qui régissent le comportement ainsi que l’extension de ces principes sur toutes les espèces vivantes1.

L’analyse appliquée du comportement d’une personne est une branche de l’analyse du comportement qui utilise les principes du comportement pour résoudre des problèmes pratiques de la vie de tous les jours1. Cela consiste à observer le comportement d’une personne en fonction des stimulus (comportementalisme), plutôt que d’investiguer ses pensées, dans le but :

  • de l’aider par des conseils, mais aussi en agissant sur les stimulis (ex : récompense / sanction), à éviter des comportements nocifs.
  • parfois aussi de le conditionner à agir dans un sens ne correspondant pas à ses intérêts,
  • ou encore de le mettre hors d’état de nuire (profilage criminel).
    Mais souvent, le profilage comportemental est utilisé par les psychologues, psychiatres,… pour comprendre leurs patients et cerner leurs problèmes dans le but d’aider à gérer leur mal-être. Certaines personnes étudient le profilage dans un but purement personnel (généralement social) pour favoriser ou défavoriser des relations quel qu’en soit le type (amitiés, rivalités,…)

Cette méthode est parfois critiquée comme correspondant plus à du « dressage » qu’à la résolution de problèmes psychologiques profonds.

Sommaire

Thérapie cognitivo-comportementale (TCC) - Le 28 mai 2015

Qu’est-ce que la TCC ?

Une TCC est une thérapie brève, validée scientifiquement qui porte sur les interactions entre pensées, émotions et comportements. Ces thérapies se concentrent sur les problèmes actuels de la personne, tout en prenant en compte leurs causes historiques. Elles aident à progressivement dépasser les symptômes invalidants et visent à renforcer les comportements adaptés. Une TCC s’appuie sur différentes techniques qui aident le patient à identifier les mécanismes à l’origine de ses difficultés, à expérimenter de nouveaux comportements et à sortir ainsi progressivement de cercles vicieux qui perpétuent et aggravent la souffrance psychique.

Les objectifs de la TCC

Elle aide la personne à mieux comprendre les schémas de pensées négatives à l’origine de comportements inadaptés (ex : phobie) qui peuvent être source de détresse psychique. Au cours de la thérapie, et avec l’aide du thérapeute, la personne va tenter d’identifier, de comprendre les schémas cognitifs et de renforcer ses comportements adaptés. La TCC vise à, progressivement, dépasser les symptômes invalidants, tels les rituels, les vérifications, le stress, les évitements, les inhibitions, les réactions agressives, les cognitions erronées, les pensées automatiques dysfonctionnelles ou la détresse à l’origine de souffrance psychique. Par ailleurs une TCC vise à accompagner la personne dans l’acquisition de compétences utiles pour faire face à de nouvelles difficultés.

Pour qui ? Pour quoi ?

Étroitement liées à la recherche scientifique, les thérapies comportementales et cognitives sont efficaces pour différents troubles tels que :

  • les troubles anxieux (TOC, phobie sociale, phobie spécifique, troubles anxieux généralisés, agoraphobie et trouble panique, état de stress post-traumatique) - associées ou non à un traitement médicamenteux
  • les troubles de l’humeur - seules pour les formes plus atténuées et associées à un traitement médicamenteux (thymorégulateurs ou antidépresseurs) pour les formes les plus sévères
  • les schizophrénies et des troubles envahissant du développement notamment sur les aspects de remédiation, d’acquisition des habiletés sociales et de la gestion des émotions.
    Les TCC sont indiquées pour toute personne en souffrance, enfant, adolescent, adulte, et personne âgée, désireuse de retrouver un mode de vie autonome et suffisamment motivée pour s’investir dans un programme de soin qui nécessite une implication pendant et entre les séances.

Principes fondamentaux

Une TCC se veut :

  • interactive
  • pédagogique et explicite
  • collaborative et égalitaire
    Après avoir identifié l’origine de la souffrance de la personne, le thérapeute et le patient déterminent ensemble des objectifs concrets et réalistes ainsi que les techniques qui permettront de les atteindre.

Une étape clé de la TCC : l’analyse fonctionnelle. Elle permet d’explorer avec le patient ce qui se passe dans les moments difficiles (situation d’anxiété, de conflits, de détresse émotionnelle...) et en particulier comment ses émotions, ses pensées et ses comportements se renforcent. L’analyse fonctionnelle permet d’identifier les comportements problématiques, d’envisager les outils et buts à atteindre ainsi qu’une stratégie thérapeutique adaptée. Cette étape incontournable de la thérapie comportementale est réalisée en début de thérapie et peut être repensée à tout moment, face à de nouveaux « comportements problèmes » ou en cas de difficultés ou de blocages dans la thérapie.

Déroulement d’une séance. Une séance dure généralement entre trente minutes et une heure, suivant un ordre du jour préalablement défini par le patient et le thérapeute. Cet ordre du jour précise les thèmes et stratégies qui seront abordés et utilisés pendant la séance. Au-delà de la séance en elle-même, l’ordre du jour permet de déterminer les exercices que la personne devra réaliser chez elle entre deux séances.

Les exercices : des techniques fondamentales en TCC. Spécifiques pour chaque trouble, ils sont structurés et évalués cliniquement :

  • les exercices comportementaux visent un apprentissage de nouveaux comportements tels que l’affirmation de soi par exemple ;
  • les exercices cognitifs ciblent les pensées inadaptées et irréalistes en apprenant à les modifier, à construire et à stabiliser de nouvelles façons de penser plus adaptées ;
  • les exercices émotionnels développent l’acceptation et la conscience des différentes émotions pour apprendre à mieux les réguler ;
  • les exercices corporels permettent d’apprendre à se détendre physiquement et psychologiquement.
    Les résultats et les progrès issus de la pratique de ces exercices réalisés pendant et entre les séances sont évalués afin de décider de la poursuite ou de la fin de la TCC.

Durée d’une TCC. Il s’agit de thérapies brèves allant généralement de quelques semaines à quelques mois. Néanmoins, il est parfois nécessaire, en fonction de l’ancienneté et de la gravité du trouble, de prolonger la thérapie sur des périodes définies en commun. La durée des séances est de 30 min à 1h en thérapie individuelle, et de 1h à 2h30 en groupe, à raison d’une à deux séances par semaine, quand cela est possible.

Pour en savoir plus, consulter la Brochure Psycom : Thérapie comportementale et cognitive (TCC) (pdf - 471,13 ko)

Rédaction - Cette brochure est une synthèse des documents cités dans la rubrique « En savoir plus ». Elle a été élaborée par Céline Loubières (chargée de mission au Psycom), en collaboration avec Thomas Villemonteix (psychologue clinicien, docteur en psychologie et enseignant à l’Université Paris 8]. Source : http://www.psycom.org/Espace-Presse/Sante-mentale-de-A-a-Z/Therapie-cognitivo-comportementale-TCC ].

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Traduction, compléments (entre […]) et intégration de liens hypertextes par Jacques HALLARD, Ingénieur CNAM, consultant indépendant – 22/06/2020

Site ISIAS = Introduire les Sciences et les Intégrer dans des Alternatives Sociétales

http://www.isias.lautre.net/

Adresse : 585 Chemin du Malpas 13940 Mollégès France

Courriel : jacques.hallard921@orange.fr

Fichier : ISIAS Biologie Biomedical studies are including more female subjects finally French version.2

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