Accueil > Pour en savoir plus > Éthique > "Les expériences sur les tissus cérébraux vivants soulèvent de nouveaux types (...)

"Les expériences sur les tissus cérébraux vivants soulèvent de nouveaux types de questions éthiques " par Laura Sanders

Traduction & compléments par Jacques Hallard

samedi 4 juillet 2020, par Sanders Laura


ISIAS Ethique

Les expériences sur les tissus cérébraux vivants soulèvent de nouveaux types de questions éthiques : une éthicienne
décrit les dilemmes soulevés par le travail en laboratoire avec des tissus qui sont impliqués dans notre conscience

Annexes ajoutées sur les organoïdes et sur la neuroéthique

L’article d’origine de Laura Sanders a été publié le 17 février 2030 par Science News sous le titre « Living brain tissue experiments raise new kinds of ethical questions » et il est accessible sur ce site : https://www.sciencenews.org/article/living-brain-tissue-experiments-ethics-neuroscience?utm_source=email&utm_medium=email&utm_campaign=latest-newsletter-v2&utm_source=Latest_Headlines&utm_medium=email&utm_campaign=Latest_Headlines

Photo - À l’ ‘Allen Institute for Brain Science’ de Seattle aux Etats-Unis, les scientifiques préparent un morceau de tissu cérébral encore vivant qui vient d’être retiré lors d’une intervention chirurgicale. Molly Telfer

SEATTLE - Des morceaux de cerveau vivants ressemblant à n’importe quel autre morceau de viande - des morceaux solides et rosâtres de tissu neural. Mais ils ont aussi d’autres types de tissus ou d’organes donnés pour les travaux de recherche, ils détiennent les souvenirs, les pensées et les sentiments d’une personne donnée.

’Il est identifié avec qui nous sommes’, a déclaré le 13 février 2020 Karen Rommelfanger, neuroéthicienne à l’Université Emory à Atlanta, lors d’une conférence de presse lors de la réunion annuelle de l’ ‘American Association for the Advancement of Science’. Cette unicité soulève un tout nouvel ensemble de dilemmes éthiques qui sont expérimentés avec des tissus cérébraux vivants, a-t-elle expliqué.

Ces dons sont essentiels pour la recherche émergente visant à trouver des réponses à ce qui fait de nous des êtres humains. Par exemple, des chercheurs du ‘Allen Institute for Brain Science’ de Seattle mènent des expériences sur des tissus cérébraux vivants pour obtenir des indices sur le fonctionnement des cellules du cerveau humain (SN : 8/7/19). Ces précieux échantillons, normalement jetés comme déchets médicaux, sont donnés par des patients subissant une chirurgie cérébrale et expédiés au laboratoire, alors que les cellules nerveuses sont encore viables.

D’autres expériences reposent sur des systèmes moins sophistiqués qu’un cerveau humain, tels que les tissus cérébraux d’autres animaux et les organoïdes. Ces amas de tissus neuronaux, issus de cellules souches humaines, sont encore loin d’imiter les complexités du cerveau humain (SN : 24/10/19). Mais avec des avancées majeures, ces systèmes pourraient un jour être capables d’un comportement beaucoup plus avancé, ce qui pourrait finalement conduire à la prise de conscience, une énigme qui soulève des questions éthiques.

Pour éviter exactement ce genre de problème dans les études animales, les scientifiques qui étudient l’activité cellulaire dans le cerveau de porcs morts, ont soulevé la possibilité que le tissu cérébral rajeuni ait un éclat de conscience à distance (SN : 4/17/19). L’activité neurale si répandue dans ces cerveaux de porcs a été bloquée de manière préventive, et les chercheurs ont surveillé tout signe possible de conscience. Des protocoles étaient en place pour arrêter l’expérience si ces signaux étaient observés.

Rommelfanger a parlé lors de la conférence de presse et plus tard avec ‘Science News’ des considérations éthiques qui, selon elle, devraient accompagner la recherche dans les neurosciences. Ses réponses ont été modifiées dans le texte ci-après, pour plus de concision et de clarté.

SN : Le cerveau a-t-il quelque chose de spécial ou est-ce un organe comme les autres ?

Rommelfanger : La raison pour laquelle le domaine dans lequel je travaille, la neuroéthique, existe parce qu’il semble qu’il y ait quelque chose d’important culturellement dans le cerveau humain, qu’il est identifié avec qui nous sommes…. Le cerveau n’est pas considéré comme un organe, car c’est quelque chose, à ce stade, que vous ne pouvez pas donner. Jusqu’à ce que nous le puissions, c’est dans une catégorie totalement distincte, ce qui montre également son exceptionnalisme.

SN : Comment les éthiciens ont-ils été impliqués dans l’expérience du cerveau de porc ?

Rommelfanger : Ce n’était pas de l’éthique après coup…. Nous avons fait quelques années de consultation avec [les chercheurs]. Et bien sûr, nous surveillons toujours attentivement ce projet et travaillons avec les chercheurs là où nous le pouvons.

SN : À quel point est trop proche quand il s’agit de systèmes qui imitent le cerveau humain ?

Rommelfanger : La raison pour laquelle nous créons de nouveaux modèles est que les modèles animaux non humains ne sont souvent pas des mandataires du cerveau humain. Nous nous trouvons donc dans une énigme éthique : plus ces approximations se rapprochent du cerveau humain et plus nous y sommes fidèles, plus il devient éthiquement difficile.

SN : Combien cela est-il onéreux quand il s’agit de travailler avec les tissus cérébraux vivants des patients ?

Photo - La neuroéthicienne Karen Rommelfanger de l’Université Emory éclaire où la recherche sur le cerveau peut devenir éthiquement préoccupante. Emory University

Rommelfanger : C’est une question d’incrémentalisme : combien de cerveau prenez-vous, utilisez-vous, avant de paniquer ? Nous aurons franchi la ligne si nous avons quelque chose que nous pouvons pas mesurer, qui a une sorte de conscience indépendante à lui seul. C’est un scénario vraiment extrême avec lequel j’opère. Mais je ne pense pas que nous devrions attendre de nous approcher vraiment de quelque chose comme ça pour [considérer l’éthique].

SN : Les volontaires devraient-ils aider à façonner le déroulement de la recherche sur le cerveau ?

Rommelfanger : Je pense que de nouvelles directions de recherche [dans des domaines tels que le don de cerveau, les implants neuronaux ou les organoïdes issus de cellules souches de volontaires] peuvent être poussées par les patients. Plus de créativité provient de plus de milieux que nous avons en jeu. Même si cela semble bizarre, on ne sait jamais. Cela pourrait engendrer de très bonnes idées.

Citations

K. Rommelfanger. ‘Living donor’ tissues propel brain research. American Association for the Advancement of Science annual meeting, Seattle, February 13, 2020.

K. Rommelfanger. How should ethics guide studies of the human brain ? American Association for the Advancement of Science annual meeting, Seattle, February 14, 2020.

About Laura Sanders (photo) - Laura Sanders is the neuroscience writer. She holds a Ph.D. in molecular biology from the University of Southern California.

Laura Sanders est rédactrice en neurosciences. Elle est titulaire d’un doctorat en biologie moléculaire de l’Université de Californie du Sud.

Science News

Science News Internship | PhD Graduate Education at Northeastern ...

Retour au début de l’article traduit


Annexe sur les organoïdes

D’après Wikipédia, « En culture cellulaire, un organoïde est une structure multicellulaire tridimensionnelle qui reproduit in vitro la micro-anatomie d’un organe ; c’est donc un modèle de l’organe (ou un mini-organe). Un organoïde est généralement obtenu à partir d’une ou plusieurs cellules précurseurs d’un tissu, de cellules souches embryonnaires ou de cellules souches pluripotentes induites, qui peuvent s’auto-organiser en trois dimensions, notamment grâce à leurs propriétés d’auto-renouvellement et de différenciation. Les techniques d’obtention et de production d’organoïdes de différents tissus se sont développées de manière accélérée depuis les années 2010. Ces méthodes ont été considérées comme l’une des plus grandes avancées scientifiques de l’année 2013 par la revue The Scientist1… » - Article complet à lire sur ce site : https://fr.wikipedia.org/wiki/Organo%C3%AFde .

Organoïdes : Quelle place dans la recherche de demain ? - Science - 14.06.2019 – Document ‘INSERM’ - Un article à retrouver dans le n°43 du magazine de l’Inserm

À mi-chemin entre modèles in vivo et cultures de cellules in vitro, un nouvel outil voit le jour qui pourrait densifier les découvertes médicales : le modèle ex vivo organoïdeorganoïdeStructure ressemblant à un organe.

Photo - Organoïde de côlon en microscopie confocale - IRSD, unité 1220 Inserm/UT3PS ©Inserm/Delapierre, Patrick

Depuis des décennies, les cultures in vitro ont été limitées par des environnements plastiques plats, physiologiquement aberrants. Mais depuis peu, les études s’en détachent au profit de constructions 3D plus proches de la réalité : les organoïdes. Ces représentations en culture in vitro d’organes maintenus en 3D ont des architectures et des fonctionnalités qui se rapprochent de celles des tissus dont elles dérivent. Tels des miniorganes, elles sont formées à partir de cellules souches, ou de cellules progénitrices un peu plus différenciées, qui s’auto-organisent dans un environnement 3D adapté (hydrogel, environnement matriciel poreux…). Le tout grâce à des facteurs de croissance et de différenciation, dont la nature, la quantité et la fenêtre d’exposition vont guider la nature des futures cellules.

Dans une boîte de Petri, les cellules vont se coller au fond et rester immobiles, mais dans l’hydrogel qui fournit une matrice extracellulairematrice extracellulaireStructure complexe composée de macromolécules remplissant les espaces entre les cellules, et qui facilite leur adhésion et leur organisation en tissus. en 3D, les cellules ont une tendance spontanée à s’agréger en tissus fonctionnels, décrit Nathalie Vergnolle, directrice de l’Institut de recherche en santé digestive* de Toulouse. Il n’y a pas de magie.’ Entre cultures en 2D et organoïdes en 3D, seule l’architecture change et, pourtant, elle fait toute la différence. Tout comme une cellule seule ne se comporte pas de la même manière qu’une cellule en groupe, la formation tridimensionnelle révèle des fonctionnalités et des caractéristiques génétiques plus représentatives du vivant. Mais certains ne laissent pas la formation des organoïdes au hasard.

Jean-Christophe Fricain et les chercheurs de l’accélérateur de recherche technologique BioPrint** à Bordeaux se sont lancés le défi de la bioimpression de tissus. ’L’auto-organisation spontanée de cellules en 3D, bien qu’une progression par rapport à la 2D, est encore loin de retranscrire la fonctionnalité de l’organe au complet, d’où l’idée de diriger la formation de l’organoïde par bioimpression.’ Si la technologie est plus onéreuse, l’impression donne davantage d’informations et de détails aux mini-organes.

Des outils incontournables…

Cette quête vers la représentation de l’organe en culture la plus physiologiquement pertinente n’est pas sans raison. Ce défi légitime l’utilisation des organoïdes pour certaines découvertes scientifiques et médicales. Si, au départ, ils ont été conçus pour étudier et comprendre les processus d’organisation et d’arrangement des tissus, ils sont depuis devenus d’excellents outils pour la recherche. ’Pouvant être maintenus en culture beaucoup plus longtemps qu’une biopsiebiopsiePrélèvement d’un échantillon de tissu, réalisé à des fins d’analyses. et étant beaucoup plus fonctionnels que les cultures 2D, les organoïdes ont une place incontestable entant que modèle d’étude de compréhension des mécanismes de la physiologie et de la physiopathologie, précise Nathalie Vergnolle, qui fabrique des organoïdes intestinaux et vésicaux murins et humains pour l’étude des maladies intestinales (MICI, cancer colorectal) ou vésicales (cystite, cancer de la vessie) et de leurs traitements. En effet, nous nous sommes aperçus que les organoïdes issus de tissus malades n’ont pas les mêmes morphologies et comportements que ceux provenant de tissus sains.’

C’est également un outil qui devient incontournable pour comprendre la toxicité et l’action d’une molécule pharmacologique, une nécessité pour la mise sur le marché de tout nouveau médicament. Prévitox, un réseau de 35 laboratoires et infrastructures dédié à l’évaluation de la toxicité médicamenteuse, financé par l’Agence nationale de sécurité du médicament et des produits de santé et piloté par l’Inserm, s’appuie sur une expertise en organoïdes. Les chercheurs projettent notamment d’associer différents organoïdes, comme le foie et les reins, pour modéliser les étapes d’assimilation des molécules dans le corps et ’obtenir une vue intégrée du métabolisme et de la toxicité des médicaments dans un système complexe’, explique Bruno Clément, directeur de l’institut Nutrition, métabolisme et cancer*** à Rennes, à la tête de l’aventure. Ce laboratoire développe notamment des organoïdes porcins de foie et d’intestin pour le projet. Les chercheurs envisagent même de créer des organoïdes à partir de cellules de patients pour tester, adapter et optimiser les thérapies à chacun. Encore à un stade précoce, cette médecine personnalisée pourrait voir le jour, notamment pour certains types de cancers peu sensibles aux traitements.

Il me paraît évident que les organoïdes vont se banaliser dans le domaine de la pharmacotoxicologie’, assure Jean-Christophe Fricain. ’Particulièrement en association avec les nouvelles technologies d’édition génomique comme CRISPR-Cas9 qui commencent à permettre l’étude des conséquences génétiques sur les organoïdes humains, comme on le fait aujourd’hui sur l’animal’, ajoute Karim Si-Tayeb de l’Institut du thorax**** à Nantes, qui utilise des cellules souches pluripotentes induites de patients hyper et hypocholestérolémiques différenciées en structures hépatiques 3D pour comprendre la régulation du cholestérol. ’C’est en élargissant le travail sur l’humain que les organoïdes prennent toute leur valeur’, complète Robert Barouki, directeur de l’unité Inserm Toxicologie environnementale, cibles thérapeutiques, signalisation cellulairesignalisation cellulaireEnsemble de mécanismes de communication qui régissent le fonctionnement et l’activité des cellules. et biomarqueurs***** à Paris, qui étudie des polluants et perturbateurs endocriniens sur des organoïdes de foie humain. L’organoïde est-il donc destiné à remplacer les autres modèles in vitro et in vivo ? Les chercheurs imaginent plutôt un outil supplémentaire qui élargirait la gamme déjà proposée.

… et complémentaires

Les cultures cellulaires in vitro en 2D existent depuis des décennies, et même si nous arrivons à la limite du système et que la 3D semble l’éclipser, cela ne veut pas dire pour autant que leur étude sera écartée. ’Elles restent simples et peu chères comparativement. Elles auront donc leur utilité en première approche’ assure Karim Si-Tayeb. Quant à la recherche animale, même si l’assemblage de mini-organes commence à se développer, ce système ne pourra jamais être aussi complet et représentatif que le modèle animal. Les organoïdes permettent de mieux comprendre la complexité du vivant sans pour autant en devenir un substitut. ’Ces nouvelles technologies ne vont pas diminuer le besoin de recherche animale. En revanche, elles vont rendre la connaissance du vivant plus fine et vont augmenter l’arborescence et la densité des connaissances. Il est clair que cela rendra la recherche animale plus efficace, précise et ciblée, ce qui diminuera le nombre d’animaux utilisés. Mais l’organoïde ne remplacera pas l’animal entier. S’il venait à le faire, c’est qu’il serait devenu animal’, affirme Bruno Verschuere, vétérinaire pour le Groupe interprofessionnel de réflexion et de communication sur la recherche animale (Gircor).

Les organoïdes promettent donc de prendre une place cruciale dans la recherche de demain en tant que révolution technique mais également préclinique, voire clinique. L’outil deviendra-t-il aussi marquant que les vaccins, les antibiotiques ou encore la chimiothérapie dans la guerre contre les maladies ? Il faudra encore patienter quelques années pour le savoir.

Vidéo à la source - La différenciation des cellules souches pluripotentes humaines en organoïdes intestinaux - MOOC - 5 minutes - Coproduction Université de Nantes/Inserm, réalisation Ouest Médias (2018).

A lire aussi au sujet des organoïdes : Du tissu adipeux humain reproduit en laboratoire (communiqué de presse du 14 juin 2019)

Notes  :
*unité 1220 Inserm/Inra/Ecole nationale vétérinaire de Toulouse/Université Toulouse 3, IRSD, Toulouse
**unité 1026 Inserm/Université de Bordeaux, Biotis, Bordeaux
***unité 1241 Inserm/Université de Renne 1, Numecan, Rennes
****unité 1087 Inserm/CNRS/Université de Nantes - CHU de Nante, Institut du thorax, Nantes
*****unité 1124 Inserm/Université Paris Descartes, T3S, Paris 

Inserm - La science pour la santé

Source : https://www.inserm.fr/actualites-et-evenements/actualites/organoides-quelle-place-dans-recherche-demain.

Retour au début du texte traduit

Retour au début de l’annexe sur les organoïdes


Annexe sur la neuroéthique

Neuroéthique d’après Wikipédia

La neuroéthique est une discipline à cheval entre les neurosciences et la philosophie et relève plus particulièrement du domaine de l’éthique. Au sein de la recherche académique, il n’y a pas encore d’unanimité sur le domaine recouvert par la neuroéthique. Certains l’envisagent comme une branche de la bioéthique, qui étudierait les valeurs morales des technologies neuroscientifiques. Ainsi, William Safire (1929-2009) définit la neuroéthique comme étant « le domaine de la philosophie qui discute sur le plan moral de la manipulation ou l’amélioration du cerveau humain1 ». Une question typique de la neuroéthique serait alors : Dans quelle mesure peut-on intervenir sur le cerveau pour guérir des maladies ou améliorer des capacités telles que l’attention ou la mémoire ?

Mais la plupart des chercheurs utilisent le concept de neuroéthique dans un sens plus large. Ils placent au centre des réflexions neuroéthiques les rapports entre les découvertes neurologiques et les concepts de caractère moral, comme la « responsabilité », la « liberté », la « rationalité » ou la « personnalité ».

Le neurologue Michael Gazzaniga range ainsi dans ce concept « les questions sociales sur la maladie, la normalité, la mortalité, le mode de vie et la philosophie de la vie, à la lumière de notre compréhension des mécanismes fondamentaux du cerveau2 ». L’idée fondamentale de l’EFEC (de) développée par Jorge Moll consiste à expliquer l’origine du sentiment moral par une combinaison d’expériences structurées, de propriétés socialement acceptées et fonctionnelles, et d’états centraux de motivation3,4. Une neuroéthique définie selon ces lignes questionnerait finalement la signification des recherches sur le cerveau pour la compréhension de l’homme par lui-même.

Tandis que le concept de neuroéthique a déjà trouvé une grande utilisation dans le domaine des sciences neurologiques, il bute dans le domaine philosophique sur des désaccords de principe. Un grand nombre de questions de neuroéthique sont déjà des thèmes récurrents de la philosophie générale ; par exemple, le rapport entre les découvertes scientifiques et la compréhension de l’homme par lui-même, ou encore l’empiètement possible de la technique sur la nature humaine. C’est pourquoi l’existence de la neuroéthique comme discipline à part entière est souvent remise en question.

Sommaire

Neuroéthique : l’humain n’est pas réductible à son cerveau - Science – Document ‘INSERM’ - 03.07.2018

Les neurosciences correspondent à l’étude du fonctionnement du système nerveux, depuis les aspects les plus fondamentaux, biologiques et chimiques, jusqu’aux plus fonctionnels : la personnalité, les comportements, les pensées. Les avancées en neurosciences permettent désormais de corréler ces deux aspects, avec des conséquences importantes pour l’individu et la société. Les questions de neuroéthique qui en découlent ont fait l’objet de discussions dans le cadre des États généraux de la bioéthique. Catherine Vidal, neurobiologiste et membre du Comité d’éthique de l’Inserm, et Hervé Chneiweiss, neurobiologiste et président du Comité d’éthique de l’Inserm, nous en parlent.

Quelles sont les avancées récentes qui bouleversent les neurosciences ?

Catherine Vidal : Les progrès des neurosciences ont en grande partie été portés par le développement des techniques d’exploration du cerveau qui permettent de « voir » à la fois l’anatomie et le fonctionnement du cerveau. Elles ont révolutionné la pratique clinique et permis une acquisition exponentielle de connaissances. L’IRM fonctionnelle (IRMf) permet notamment d’observer le cerveau en train de fonctionner lors de tâches diverses (motrices, sensorielles, cognitives, etc.) ou même d’états psychologiques (peur, angoisse, plaisir, satisfaction, etc.).

A côté des méthodes d’exploration, des techniques de modification du fonctionnement cérébral se sont développées. Certaines sont assez anciennes, telle l’utilisation de médicaments qui agissent sur le cerveau (psychostimulants, anxiolytiques, etc.). D’autres sont plus récentes, comme les stimulations électriques et magnétiques transcrâniennes, la stimulation cérébrale profondestimulation cérébrale profondeConsiste à délivrer un courant électrique de faible intensité dans certaines structures spécifiques du cerveau, grâce à des électrodes directement implantées., ou encore les thérapies cellulaires notamment développées pour lutter contre des maladies neurodégénératives comme la maladie de Parkinson.

Quelles questions ou problèmes éthiques soulèvent ces avancées ?

Hervé Chneiweiss : Le champ de la neuroéthique est très vaste. Il englobe par exemple la médecine prédictive appliquées aux maladies neurodégénératives. Nos connaissances progressent si rapidement qu’elles permettent désormais de prédire l’apparition de maladies comme celle d’Alzheimer plusieurs années avant l’apparition des symptômes. Cela peut permettre d’instaurer des mesures préventives pour retarder le processus neurodégénératif. Mais, en l’absence de traitement efficace, cette médecine prédictive place le patient dans une situation très anxiogène et peut-être même discriminante. La question se pose de savoir s’il faut utiliser cette médecine prédictive à ce stade, dans l’intérêt des personnes concernées.

https://www.inserm.fr/sites/default/files/Inserm_actuNeuro%C3%A9thique_citation1_DLargeur.jpg

C.V. : Nous assistons également à une « invasion » des neurosciences dans de très nombreux domaines autres que médicaux : la justice, le marketing, l’éducation, les ressources humaines, la politique. Cet essor est étroitement lié à l’émergence des techniques comme l’IRM, que certains utilisent déjà pour décrire la pensée, les émotions, les motivations, avec au-delà la perspective de maîtriser les processus de prise de décision qui guident nos choix et nos actions. Ils vont parfois jusqu’à attribuer aux neurosciences le pouvoir de décrire l’être humain dans son individualité, sa subjectivité, ses actions, sa vie privée et sociale. Or dans la réalité, les connaissances actuelles ne permettent pas de caractériser un individu ou son comportement par la simple observation de son cerveau, loin de là. Une personne humaine n’est pas réductible à son cerveau.

H. C. : Sans oublier tout ce qui touche à la neuro-amélioration. Différents procédés permettent aujourd’hui de contrôler ou de modifier l’activité cérébrale, pour améliorer le comportement et les performances cognitives en dehors de tout contexte médical. Or non seulement le bénéfice-risque de ces techniques n’est absolument pas évalué en population générale, mais le risque de dérive est grand !

Pouvez-vous nous en dire un peu plus sur l’utilisation des neurosciences en dehors du cadre médical ?

C. V. : Depuis 2011, la loi française inclut la possibilité de recourir à l’imagerie cérébrale dans le cadre d’expertises judiciaires. Et ce, alors que beaucoup d’experts s’y étaient opposés à l’époque. Dans les faits, les juges ne l’utilisent pas en France. En revanche, des images obtenues par IRM ont été utilisées comme « preuves » pénales dans plus de 600 affaires aux Etats-Unis. En Inde, un procès au cours duquel un électroencéphalogramme avait été utilisé comme détecteur de mensonge a fait grand bruit : une femme soupçonnée d’avoir empoisonné son fiancé avait été condamnée à la prison à vie car son cerveau ne réagissait pas au mot « arsenic », comme s’il lui était familier. La sentence a finalement été abandonnée face au scandale international suscité par cette affaire.

H. C. : Aucune étude n’est en mesure de valider l’utilisation de l’électroencéphalogramme ou de l’IRM pour prédire ou révéler un comportement et ils ne peuvent donc en aucun cas servir de preuve. Néanmoins, le nombre des publications sur la neuro-justice explose, principalement aux États-Unis : de 70 articles publiés entre 1990 et 2000, on est passé à plus de 2 000 entre 2000 et 2015.

C. V. : Il y a aussi la neuro-politique, une « nouvelle discipline » qui tente de corréler les opinions et le fonctionnement cérébral. Une étude a suggéré que le cortex cingulaire antérieur, qui joue un rôle dans la détection des contradictions, est plus volumineux chez les gens de gauche alors que la région de l’amygdale, impliquée dans la peur, est plus développée chez les gens de droite. Ainsi la peur des situations conflictuelles et des risques expliquerait les différences d’opinions politiques ! Dans le domaine du marketing, l’utilisation de l’imagerie cérébrale peut être utilisée pour savoir quelle étiquette stimule davantage l’attention de l’acheteur potentiel, le but étant bien sûr d’influencer sa décision d’achat ! Et dans le champ de l’éducation, les neurosciences influencent déjà certains programmes pédagogiques.

Aux Etats-Unis, des sociétés privées propose des examens d’imagerie cérébrale dans ces différents contextes non médicaux. En France, ces pratiques ne sont pas possibles : les appareils d’IRM sont réservés aux établissements de soins et de recherche biomédicale.

Ces applications ont elles un fondement scientifique validé ?

https://www.inserm.fr/sites/default/files/Inserm_actuNeuro%C3%A9thique_citation2_DLargeur.jpg

C. V. : Aux Etats-Unis, certains scientifiques recherchent les bases neuronales des comportements de type antisocial, agressif et criminel, pour mettre au point de nouveaux traitements et des programmes de prévention de la délinquance. Des études par IRM ont pu montrer une légère réduction de l’épaisseur du cortex cérébral dans les régions préfrontale et temporale de criminels. Mais l’interprétation de ces images est problématique : jusqu’à présent, rien ne permet d’établir une relation de causalité entre une réduction d’épaisseur du cortex et un comportement déviant. L’origine des variations d’épaisseur du cortex ne peut être déterminée. Le cerveau est plastique et l’IRM donne seulement un cliché de l’état du cerveau d’une personne à un moment donné. Elle n’apporte pas d’information sur son passé et n’a pas non plus de valeur prédictive. Enfin, le fonctionnement du cerveau est extrêmement complexe, avec de nombreuses régions impliquées dans une même fonction. La zone du crime n’existe pas. 

Les dérives dans l’interprétation de l’imagerie cérébrale ne sont pas rares. D’autant plus que pour un public non averti, les images colorées du cerveau sont fascinantes et peuvent apparaître comme une preuve scientifique « objective ».

Vous avez également parlé de neuro-amélioration : où en est la science et jusqu’où pourrait-elle aller ?

H. C. : La modification du fonctionnement cérébral n’est pas une idée nouvelle. Les antidépresseurs par exemple, peuvent en quelques sortes transformer la personnalité de l’individu. C’est aussi le cas du méthylphénidate donné à des millions d’enfants pour qu’ils soient plus calmes ou encore du modafinil pris comme stimulant par autant d’adultes. Mais dans le domaine psycho-cognitif, la ligne de démarcation entre le normal et le pathologique est impossible à tracer… la question se pose alors de savoir qui traiter : une grande timidité ou une hyperactivité doivent-ils être considérés comme un handicap à prendre en charge ?

https://www.inserm.fr/sites/default/files/Inserm_actuNeuro%C3%A9thique_citation3_DLargeur.jpg

C.V. : Et pour certains, dans une société marquée par le culte de la performance, l’objectif n’est plus seulement de palier un déficit mais d’aller au-delà. Des études ont montré que, dans certains cas, la stimulation électrique transcrânienne peut améliorer les performances cognitives et l’état émotionnel de personnes en bonne santé. Le neurofeedback permet quant à lui de contrôler sa propre activité cérébrale, pour augmenter certaines fonctions comme les capacités visuo-spatiales ou la mémoire.

Des sociétés privées, en Asie notamment, proposent déjà des casques de stimulation par courant continu qu’il est possible d’acheter pour des sommes modiques sur internet. On laisse croire au grand public que la stimulation transcrânienne aidera par exemple à préparer ses concours, alors même que l’innocuité de l’administration de courant continu n’a pas été évaluée à moyen et long terme. Il n’est pas exclu que la pratique « sauvage » de la neurostimulation interfère avec certains circuits neuronaux, altère la plasticité cérébrale, mécanismes au cours desquels le cerveau est capable de se modifier en réorganisant les connexions et les réseaux neuronaux, dans la phase embryonnaire du développement ou lors d’apprentissage. et entraine des crises d’épilepsie. En France, la commercialisation de ces casques n’est pas autorisée.

A terme, le risque est d’assister à l’émergence d’une catégorie d’individus augmentés. Cette vision transhumaniste entrainerait inévitablement une fracture sociale entre ceux qui auront recours à ces techniques et ceux qui ne pourront pas y avoir accès. Sans compter que la personnalité de l’individu, son autonomie et son libre arbitre pourraient être altérées par ces neurotechnologies.

H. C. : Certains systèmes de stimulation cérébrale fonctionnent déjà de façon autonome et pourraient bientôt être proposés aux patients parkinsoniens pour contrôler leurs tremblements : une intelligence artificielle déclenche les stimulations quand elle l’estime nécessaire, alors que jusque-là le patient contrôlait lui-même son appareil. Avec ce système, le patient deviendrait donc un « homme augmenté ».

Photo d’un cerveau humain observé en IRM, coupe sagittale. (c) Inserm/E-A Cabanis

Qu’en est-il de la protection des données personnelles ?

H.C. : C’est un autre problème important. Des sociétés privées commencent à collecter les données cérébrales à tour de bras pour différentes recherches, sans consentement clair ou sans la protection des données nécessaires. Et qui sait ce qu’elles pourraient en faire un jour ? Je lisais récemment un article sur l’équipement de salariés de douze entreprises d’Etat chinoises, dépendantes de l’armée, par des casques permettant de surveiller leur activité cérébrale. Le motif officiel est de prévenir les baisses de vigilances et les accidents. Mais ces dispositifs permettent de collecter d’autres données... Il y a là un vrai problème éthique. L’activité cérébrale n’est pas neutre, elle correspond à des données personnelles.

Considérez-vous la situation actuelle comme préoccupante ?

C.V. : Nous ne sommes pas dans l’urgence, mais il faut aborder de front ces sujets qui posent des questions de société. La France est encore préservée des dérives qui gagnent d’autres pays, avec un accès à l’IRM réservé aux professionnels de santé ou encore l’interdiction de la stimulation cérébrale en dehors d’un protocole de soins. La loi de bioéthique de 2011 inclut en outre une mission de veille sur les recherches et les applications des techniques d’imagerie cérébrale, destinée à défendre une éthique dans ce domaine.

Aujourd’hui en France, pour évaluer la responsabilité pénale d’un accusé, le juge nomme des psychiatres et des psychologues qui appuient leurs expertises avant tout sur des entretiens et non sur l’IRM. Mais pour combien de temps encore ? Le risque est de voir le modèle américain gagner du terrain pour l’évaluation de la responsabilité et de la dangerosité d’un prévenu. Or les Français ne sont pas assez informés sur les dérives possibles de l’utilisation de l’IRM. En témoigne la faible participation aux discussions sur la neuroéthique dans le cadre des états généraux de bioéthique qui viennent de s’achever. Il est de notre responsabilité de chercheurs d’anticiper ces questions et de sensibiliser le grand public.

A lire aussi sur le même sujet

Science - Actualités & évènements -La recherche sur l’embryon : une pratique nécessaire et bien encadrée en France

Inserm - La science pour la santé

logo INSERM — SFR BioSciences (UMS3444/US8)

Source : https://www.inserm.fr/actualites-et-evenements/actualites/neuroethique-humain-est-pas-reductible-son-cerveau

Neuropolitique : la fabrique de l’opinion - Le 12/02/2020 – Dans le cadre des émissions La Méthode scientifique par Nicolas Martin – Enregistrement France Culture de 58 minutes à la source

Qu’est-ce que la neuropolitique  ? Comment se forgent nos opinions politiques ? Nos opinions sont-elles liées à nos croyances religieuses, politiques et scientifiques ? Ou bien, sont-elles liées à celles de nos parents et de leur mode d’éducation ?

Illustration - L’étude de nos cerveaux peut-elle nous en apprendre plus sur la construction de nos opinions ? Crédits : DrAfter123/Getty

A un mois du premier tour des élections municipales avez-vous déjà pris votre décision ? Savez-vous pour qui vous allez voter ? Faites-vous partie des personnes qui votent toujours pour le même parti politique ? Ou au contraire, de celles qui prennent leur décision à la dernière minute ? Et d’ailleurs, qu’est-ce qui influe sur nos choix politiques ? Le milieu socio-professionnel ? Les origines familiales ? La génétique ? L’âge ? La peur ? L’empathie ? Parce que le comportement politique est un comportement social comme les autres, la prise de décision est la résultante de facteurs multiples qui intéressent les neurosciences et les politiques eux-mêmes, qui s’en emparent pour tenter de rallier à eux le maximum de voix.

Neuropolitique : la fabrique de l’opinion, c’est le programme cérébral qui est le nôtre pour l’heure qui vient.

Tout au long de cette semaine, France Culture décline les enjeux de la campagne municipale nous avons donc choisi de nous intéresser à la façon dont les neurosciences s’emparent de la question de l’orientation politique et pour en parler, nous avons le plaisir de recevoir Lou Safra chercheuse au CEVIPOF à Science Po, et au laboratoire de neurosciences cognitives de l’Ecole Normale Supérieure. Et en duplex des studios de France Bleu Isère à Grenoble avec Martial Mermillod, docteur en psychologie, neurosciences cognitives et intelligence artificielle, enseignant chercheur au Laboratoire de psychologie et neurocognition à l’université Grenoble Alpes.

Le reportage du jour

Existe-t-il un lien entre l’anatomie de certaines régions cérébrales et la capacité à prendre des “bonnes décision” ? Reportage à l’ICM à l’hôpital de la Pitié-Salpêtrière, où Liane Schmidt et ses collègues étudient la prise de décision et les capacités de contrôles dans le cadre d’une étude alimentaire. Leurs travaux ont montré que les régions dorso-latérale préfrontal et ventro-médial préfrontal du cerveau sont impliqué dans les processus de prise de décision. Par Céline Loozen :

Écouter 7 minutes - LA_METHODE_SCIENTIFIQUE - Reportage Céline Loozen ’Etude du self-control dans la prise de décision’ à l’ICM

Liens

[Thread] Retrouvez aussi les sources de cette émission sur le fil Twitter de La Méthode scientifique.

Les références musicales

Le titre du jour : ’Self Control ’ par Laura Branigan

Le générique de début : Music to watch space girls by par Leonard Nimoy

Le générique de fin : Says par Nils Frahm

Intervenants - Martial Mermillod, Docteur en psychologie et sciences cognitives, professeur au Laboratoire de Psychologie & NeuroCognition. Lou Safra, Chercheuse au Laboratoire de neurosciences cognitives de l’Ecole Normale Supérieure.

À découvrir aussi :

Plasticité cérébrale : le cerveau, c’est fantastique

Troubles obsessionnels compulsifs : une vie sous contrôles

Biais cognitifs : la fabrique des histoires

Tags : Psychologie neurosciences Sciences

L’équipe – Production : Nicolas Martin – Réalisation : Olivier Bétard - Avec la collaboration de Eve Etienne, Céline Loozen, Noémie Naguet de Saint Vulfran, Antoine Beauchamp, Natacha Triou, Alexandra Delbot, Galaad Degouys-Vasseur

logo france culture

Source : https://www.franceculture.fr/emissions/la-methode-scientifique/neuropolitique-la-fabrique-de-lopinion

La sélection de la Cité de la santé sur ’Neuro-marketing : influencés pour consommer ?’ Cité de la santé Conférences ’Santé en questions’

Trois livres :

Penser la pensée : les sciences cognitives
Comité pour l’histoire du CNRS. – CNRS, 2004. – 95 p. – (La Revue pour l’histoire du CNRS 10, mai 2004) - Contributions de : Brigitte Chamak, Marc Jeannerod, Régine Plas, Hélène Blais,... - Initié. - Cote Bibliothèque : X 0 5 CNRS - Retrouvez ce document dans le catalogue de la Bibliothèque

Neurosciences et neuroéthique : des cerveaux libres et heureux
Chneiweiss, Hervé. – Alvik, 2006. – 235 p. - Initié. - Cote Bibliothèque : RC1 624 CHNEH
Les neurosciences permettent de mieux comprendre les mécanismes cérébraux mis en jeu lors de différents comportements humains. Les découvertes en la matière pourraient renouveler la conception de l’individu et de son comportement social. Cet ouvrage propose d’aborder les questions éthiques soulevées par l’utilisation de ces connaissances.
Retrouvez ce document dans le catalogue de la Bibliothèque

Petit traité de manipulation à l’usage des honnêtes gens
Robert-Vincent Joule, Jean-Léon Beauvois. – PUG, 2014 - Grand public. – Cote Bibliothèque : H 8 33 JOULR - « Présentation de douze techniques de manipulation permettant d’augmenter significativement les chances de voir autrui faire librement ce qu’un autre souhaite. Chapitre X, De la manipulation interindividuelle à la manipulation de masse : le cas du marketing - Retrouvez ce document dans le catalogue de la Bibliothèque

Un livre électronique > Le neuro-consommateur : Comment les neurosciences éclairent les décisions d’achat du consommateur - Anne-Sophie Bayle-Tourtoulou, Michel Badoc. - Eyrolles, 2016. – 460 pages.

Alors que le consommateur se croit conscient et rationnel, son cerveau prend, le plus souvent, des décisions inconscientes et irrationnelles. Fondé sur de multiples recherches neuroscientifiques et sur de nombreuses applications en entreprises, cet ouvrage est le premier livre fondamental apportant une vision complète et approfondie sur ’les décisions d’achats inconscientes et instinctives des consommateurs’.
Tout public. - Disponible sur Bibliovox pour les abonnés de la Bibliothèque.
http://www.bibliovox.com/catalog/book/docid/88836352?searchterm=neuromarketing

Un article en ligne >

Bioéthique : la France face aux dérives des neurosciences - Viviane Thivent. – Science actualités, 11/04/2008 - Aire cérébrale de la criminalité, neuromarketing, implants cérébraux pour un « homme augmenté »... le développement des neurosciences pose de nouveaux problèmes éthiques. Pour la première fois, des députés français ont décidé de s’y intéresser dans le cadre de la révision de la loi de bioéthique.
Science actualités

http://www.cite-sciences.fr/fileadmin/_processed_/csm_logo-inserm_184x75_3de6beb5f7.gif

Neuroéthique : l’humain n’est pas réductible à son cerveau
Un entretien avec Catherine Vidal et Hervé Chneiweiss – Inserm, 03/07/2018
Les neurosciences correspondent à l’étude du fonctionnement du système nerveux, depuis les aspects les plus fondamentaux, biologiques et chimiques, jusqu’aux plus fonctionnels : la personnalité, les comportements, les pensées. Les avancées en neurosciences permettent désormais de corréler ces deux aspects, avec des conséquences importantes pour l’individu et la société. Les questions de neuroéthique qui en découlent ont fait l’objet de discussions dans le cadre des États généraux de la bioéthique. Inserm

Source : http://www.cite-sciences.fr/fr/au-programme/lieux-ressources/cite-de-la-sante/nos-evenements/selections-documentaires-sante-en-questions/neuro-marketing-influences-pour-consommer/

Retour au début du texte traduit

Retour au début de l’annexe sur la neuroéthique

Traduction, ajout de compléments en annexes et intégration de liens hypertextes : Jacques HALLARD, Ingénieur CNAM, consultant indépendant 02/07/2020

Site ISIAS = Introduire les Sciences et les Intégrer dans des Alternatives Sociétales

http://www.isias.lautre.net/

Adresse : 585 Chemin du Malpas 13940 Mollégès France

Courriel : jacques.hallard921@orange.fr

Fichier : ISIAS Ethtique Living brain tissue experiments raise new kinds of ethical questions French version.2

Mis en ligne par Pascal Paquin de Yonne Lautre, un site d’information, associatif et solidaire(Vie du site & Liens), un site inter-associatif, coopératif, gratuit, sans publicité, indépendant de tout parti.

http://yonnelautre.fr/local/cache-vignettes/L160xH109/arton1769-a3646.jpg?1510324931

— -