"En Europe, la culture des maïs génétiquement modifiés (OGM) menace les papillons et leurs larves" par GMWatch

Traduction & compléments par Jacques Hallard



ISIAS OGM

En Europe, la culture des maïs génétiquement modifiés (OGM) menace les papillons et leurs larves : il pourrait en résulter des conséquences importantes sur les services écosystémiques tels que la pollinisation

Rappel en annexes sur les plantes transgéniques Bt et les plantes tolérantes à des herbicides (TH) + Note sur OGM et pollinisation

L’article d’origine a été publié le 20 juillet 2020 par GMWatchsous le titre «  GM maize cultivation threatens Europe’s butterflies and moths  » et il est accessible sur ce site : https://www.gmwatch.org/en/news/latest-news/19479-gm-maize-cultivation-threatens-europe-s-butterflies-and-moths-study

Blue butterfly

Une nouvelle étude réalisée par une équipe internationale de scientifiques montre que si des maïs transgéniques, ou génétiquement modifiés (OGM), qui sont soit porteurs de l’insecticide Bt, soit rendus tolérants à des herbicides, sont cultivés en Europe, cela pourrait menacer la vie des papillons et de leurs larves sur le continent européen (voir le résumé ci-dessous).

L’étude publiée a révélé que les maïs porteurs de l’insecticide Bt peuvent produire du pollen qui est toxique pour les larves de lépidoptères, ce qui met les espèces de papillons en danger si la présence de jeunes larves coïncide avec la floraison des maïs, au cours de laquelle de grandes quantités de pollen de maïs peuvent être déposées sur la végétation. Les auteurs ont constaté que 31 espèces avaient au moins une génération où 50% du stade larvaire chevauchait la floraison du maïs, et 69 espèces pour lesquelles des larves de stade précoce (premier stade), étaient présentes lors de la dissémination du pollen des plantes de maïs.

[Voir en annexe un rappel sur les plantes transgéniques Bt avec l’exemple du Maïs]


En ce qui concerne les maïs tolérants aux herbicides (TH), les auteurs ont identifié 140 espèces protégées de papillons se nourrissant de plantes qui sont des ‘mauvaises herbes’, ou plantes adventices communes dans un ou plusieurs des principaux pays européens producteurs de maïs. Si du maïs tolérant aux herbicides est cultivé en Europe, les auteurs concluent « qu’il existe un risque potentiel pour que les populations de leurs plantes alimentaires déclinent gravement, entraînant un déclin ultérieur de ces espèces qui sont protégées ».

Les auteurs concluent ainsi : « L’introduction des cultivars de maïs transgéniques, ou génétiquement modifiés (OGM) en Europe, pourrait potentiellement affecter de nombreuses espèces qui vivent à l’intérieur ou à proximité des zones agricoles ... avec de grandes conséquences sur les services écosystémiques tels que la pollinisation des végétaux, dont dépend en fin de compte l’agriculture ... Nos résultats montrent clairement l’importance des espèces végétales protégées au niveau régional, ce qui donne aux États membres de l’Union Européenne un mandat clair pour examiner les risques potentiels de ces maïs transgéniques (ou OGM), étant donné leur responsabilité en matière de conservation de la biodiversité nationale ».

[Voir en annexe 2 un rappel sur plantes tolérantes à des herbicides]


— -
Can the growing of transgenic maize threaten protected Lepidoptera in Europe ? (La culture du maïs transgénique peut-elle menacer les lépidoptères protégés en Europe ?) - Gábor L. Lövei, Andreas Lang, Marco Ferrante and Victor Bacle
Insect Science. 16 July 2020 https://doi.org/10.1111/1744-7917.12849
https://onlinelibrary.wiley.com/doi/abs/10.1111/1744-7917.12849 - Copyright © 1999-2020 John Wiley & Sons, Inc. All rights reserved

Résumé

Nous avons recherché et évalué les résultats pour voir si les papillons européens protégés peuvent potentiellement être en danger lorsque les maïs transgéniques (ou OGM) sont cultivés en Europe centrale. Nous avons exploré les conséquences potentielles des maïs transgéniques résistant aux insectes (Bt) et tolérants à des herbicides (TH).

Les maïs résistants aux insectes (Bt) peuvent produire du pollen toxique pour les larves de lépidoptères, ce qui a mis les espèces de papillons en danger si la présence de leurs jeunes larves coïncide avec la floraison des maïs, au cours de laquelle de grandes quantités de pollen de maïs peuvent être déposées sur la végétation.

En considérant le moment de la floraison du maïs en Europe et la phénologie des espèces de lépidoptères protégées, nous avons constaté que 31 espèces présentes au cours d’une génération où 50% du stade larvaire chevauchaient la période de la floraison du maïs, et 69 espèces pour les larves du premier stade lorsqu’elles étaient présentes lors de l’émission et de la dissémination du pollen par les plantes de maïs.

Les maïs tolérants à des herbicides (TH) permettent des traitements herbicides à haute concentration dans les champs sans limitation saisonnière, ce qui peut réduire la densité des mauvaises herbes. Dans les cas où ces espèces de mauvaises herbes sont des plantes hôtes pour des papillons protégés, il peut en résulter une réduction de la disponibilité des plantes hôtes et donc de leur nourriture, entraînant une diminution dans leurs populations.

En utilisant les informations publiées, nous avons d’abord identifié les espèces de mauvaises herbes importantes dans les principaux pays européens producteurs de maïs. Par la suite, nous avons vérifié si les plantes hôtes des lépidoptères protégés comprenaient des espèces qui sont des mauvaises herbes communes chez le maïs.

Nous avons identifié 140 espèces protégées présentes parmi les plantes alimentaires qui sont des ‘mauvaises herbes’ communes ou plantes adventices dans un ou plusieurs des principaux pays européens producteurs de maïs. Si les maïs tolérants à des herbicides (TH) sont cultivés en Europe, il existe un risque potentiel que leurs plantes alimentaires déclinent sérieusement, entraînant ainsi un déclin ultérieur de ces espèces protégées.

[Voir également une note del’UNAF (UNAF - Union Nationale de l’Apiculture Française) sur « OGM et apiculture[ » ]->#DAZU3]

GMWatch

GMWatch : Anti-biotech ’news hub’ goal is to ’remove all GMO crops ...

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Annexe 1 - Maïs transgéniques Bt

Les maïs Bt sont des variétés de maïs qui ont été modifiées génétiquement par l’ajout du gène leur conférant une résistance aux principaux insectes nuisibles du maïs, entre autres une pyrale : la pyrale du maïs Ostrinia nubilalis. Le terme Bt fait référence au Bacillus thuringiensis dont on a extrait le gène codant la toxine Cry1Ab 1. En 2009, la surface totale de maïs transgénique Bt (Bt uniquement ou Bt/HT combinant le caractère Bt et la tolérance à un herbicide, le glyphosate), occupe 40,4 millions d’hectares, correspondant à 37 % de la surface totale d’OGM cultivés dans le monde2.

Insectes combattus

La pyrale du maïs (Ostrinia nubilalis) est répandue en Europe et en Amérique du Nord (où elle est appelée European Corn Borer, le « foreur européen du maïs »). C’est le principal insecte nuisible du maïs. La chenille creuse des galeries dans les tiges et dans les épis. Plus récemment, plusieurs espèces de coléoptères du genre Diabrotica sont devenus d’importants insectes nuisibles en Amérique du Nord. Leurs larves vivent sur les racines du maïs. Produisant biologiquement une protéine toxique pour ces insectes, les maïs Bt sont donc épargnés par la pyrale, la sésamie et certaines versions à chrysomèle.

Différence entre insecticides et OGM résistant aux insectes

Avantages

L’efficacité et l’impact d’un OGM par rapport à un traitement insecticide classique sont totalement différents. L’efficacité est très largement supérieure [réf. nécessaire] :

  • La plante elle-même produit la toxine qui bloque la digestion de ou des insectes cibles : la totalité de la plante est protégée là où un traitement (hors néonicotinoïdes, très couteux et réservé au traitement de semence) ne permet qu’une protection de surface et doit être renouvelé plusieurs fois.
  • La sélectivité du traitement est très supérieure [réf. nécessaire] : chaque variante de la molécule BT ne vise qu’une famille d’insectes mais nous ignorons l’impact de leur effets cumulés dans l’environnement.
    L’impact sur l’environnement est donc réduit [réf. nécessaire] :
  • moins de CO2 car moins de passage d’engin ni de pulvérisation de traitements contre la pyrale. Mais cela n’empêche pas la pulvérisation de fongicides pour se débarrasser des champignons, de divers herbicides, ou d’insecticides ciblant d’autres insectes que la pyrale.
  • Pas d’impact sur de nombreux auxiliaires comme les Chrysoperla rufilabris3, les trichogrammes4 et plus généralement les insectes auxiliaires5
    Inconvénients
  • Selon une étude réalisée par l’université de Chicago, il peut avoir des effets sur la faune des rivières : si une partie des déchets de la plante tombe dans l’eau, elle peut entraîner la mort de la grande phrygane, insecte important pour la faune des cours d’eau (Rosi-Marshall, E.J., Tank, J.L., Royer, T.V., Whiles, M.R., Evans-White, M., Chambers, C.,Griffiths, N.A., Pokelsek, J. & Stephen, M.L. 2007. Toxins in transgenic crop byproducts may affect headwater stream ecosystems. Proceedings National Academy Sciences 41 : 16204–16208)6. À noter que cette étude ne compare pas le risque avec un maïs non OGM traité.
  • Des études montrent qu’une exposition prolongée au pollen de maïs Bt affecte le comportement 7 et la survie du papillon monarque (Danaus plexippus)8
  • Les plantes Bt génétiquement modifiées sont néfastes 9 pour des insectes importants dans le contrôle naturel des ravageurs du maïs, comme la chrysope verte10. Dans l’Union européenne, comme ailleurs, l’évaluation des risques environnementaux des cultures Bt prend uniquement en compte la toxicité aiguë directe sans évaluer les effets sur les organismes situés plus haut dans la chaîne alimentaire. Ainsi, la chrysope verte souffre de la toxicité des cultures Bt à travers les proies dont elle se nourrit.
  • Les racines des plantes sont poreuses. De nombreuses cultures Bt sécrètent leur toxine de la racine vers le sol 11. Les résidus restant dans le champ contiennent de la toxine Bt active12. Les effets cumulés sur le long terme de la culture de maïs Bt n’ont pas été évalués dans le contexte européen, bien que cela soit requis par la législation Européenne (Directive 2001/18) 13.
  • La toxine insecticide Bt a des effets sur la santé humaine. Pour plus de détails, lire la partie ’Risques Sanitaires’
    Transformation

La bactérie du sol Bacillus thuringiensis produit, une protéine du nom de Cry1Ab à laquelle les chenilles de la pyrale du maïs sont très sensibles. Cry1Ab est également efficace contre des chenilles d’autres espèce de lépidoptères, mais, par contre, ne possède aucun effet connu sur d’autres organismes vivants.

Le premier produit commercial contenant une des protéines insecticides produites par Bacillus thuringiensis, la Bactospéine, fut mise au point en 1959 pour lutter contre les chenilles de lépidoptères14. La Bactospéine est composée de bactéries Bacillus thuringiensis qui tuent les chenilles qui l’ingèrent. La bactérie, une fois qu’elle a infecté la chenille produit la protéine Bt. Cette protéine ’Bt’ agit en se fixant sur des récepteurs situés au niveau de l’intestin de certaines chenilles, ce qui produit une paralysie intestinale. La chenille sensible s’arrête de consommer et finit par mourir de faim. Ces bactéries sont utilisées pour lutter contre la pyrale du maïs, en agriculture biologique : c’est ce qu’on appelle la lutte intégrée.

Pour obtenir un maïs transgénique ’Bt’, il faut modifier le code génétique d’un maïs conventionnel. On introduit dans ce dernier un ou plusieurs gènes issus de la bactérie (ceux permettant la synthèse de Cry1ab). Ainsi, le maïs Bt va produire lui-même, durant toute sa vie, la protéine insecticide Bt. (plus besoin de la bactérie Bacillus thuringiensis). Cette transformation peut éventuellement être accompagnée d’autres types de modifications génétiques (tolérance à un herbicide par exemple). A la différence de la technique dite de lutte intégrée, la plante transgénique contient en elle la toxine Bt, qui sera ingérée par le consommateur.

Il existe d’autres protéines de B. thuringiensis actives contre les coléoptères Diabrotica sp. (protéines Cry34Ab1, Cry35Ab1, Cry3Bb1, etc.).

Développement des variétés

Des variétés de maïs transgénique résistantes à la pyrale et/ou aux Diabrotica sp. ont été mises au point par des firmes privées, et sont autorisées et cultivées aux États-Unis depuis 1995.

Le 8 février 1998, la France a autorisé les cultures de certaines variétés de maïs Bt résistantes à la pyrale et ces variétés ont été inscrites, une première pour un OGM, au catalogue officiel des espèces et variétés, décision annulée provisoirement en septembre de la même année par le Conseil d’État, puis rétablie en octobre 2000.

Controverses

Cette section ne cite pas suffisamment ses sources (novembre 2014). 

Développement de résistance

Une partie du monde scientifique et agronomique ainsi que les écologistes et opposants aux OGM s’inquiètent du développement de résistance des pyrales à ces toxines spécifiques15,16. La prolifération de pyrales résistantes à la toxine rendrait inefficace la méthode classique de traitement anti-pyrale via la bactérie Bacillus thuringiensis.

Pour ralentir l’apparition de telles résistances, la législation impose de mélanger les semences OGM avec des semences classique (20 % de la surface semée doit être dédiée à du maïs non-OGM). Ces zones dites « refuges » accueillent des pyrales sensibles à la toxine et capables de se croiser avec leurs éventuels voisins résistants, ce qui produit des hybrides qui sont tués lorsqu’ils pondent sur le maïs Bt.

Toutefois, cette « précaution » apparente a été formulée par l’administration nord-américaine et transposée en Europe contre l’expertise scientifique de plusieurs organismes qui préconisaient généralement des zones refuges de plus grandes dimensions, et ce particulièrement si ces zones refuges doivent recevoir un traitement insecticide classique. Actuellement, non seulement la surface refuge légale est inférieure à ce qui était préconisé par les comités scientifiques, mais en plus les recherches conduites par les firmes semencières tendent à inclure un traitement des zones refuges (traitement chimique ou biologique). [réf. souhaitée]

De plus, de récent travaux de l’INRA17 ont montré que la pyrale se déplace peu, ce qui remet en question cette méthode de lutte contre la résistance. Les semenciers s’efforcent de « mettre à jour » leurs semences avec l’adjonction d’autres protéines actives sur la pyrale (Cry1Ac par exemple) et aussi de faire produire de fortes concentrations de protéine insecticide de façon à ralentir la survenue de résistance.[réf. souhaitée] Néanmoins, personne ne considère que ces OGM constituent une solution permanente qui ne sera pas un jour remise en question par le développement de résistance par l’insecte.

En 2011, des chercheurs de l’université de l’Iowa ont confirmé que la chrysomèle des racines du maïs était devenue résistante à la toxine bt Cry3Bb118,19et mCry3A,. Il y a également eu apparition de résistances croisées entre ces deux toxines (Gassmann et al., 2013)20.

En 2013, une équipe de chercheurs de l’Institut de recherche pour le développement (IRD) en France, de l’université du Nord-Ouest en Afrique du Sud, et du Centre international de physiologie et d’écologie des insectes (ICIPE) au Kenya ont montré une nouvelle forme de résistance chez les chenilles de Busseola fusca. Cette résistance est dominante génétiquement, rendant de facto la stratégie de zones refuges inopérante21,22,23.

En revanche le maintien d’une population d’auxiliaires participe à la maîtrise de résistance aux protéines Bt : des travaux sur le brocoli montrent que l’apparition de résistance est bien contrôlé à un niveau acceptable dans un champ OGM contenant des zones refuges non traitées grâce à l’action des auxiliaires qui maintiennent une pression de sélection sur le ou les ravageurs visés par le Bt24.

Contamination

Une autre inquiétude des écologistes est le mélange avec des semences classiques25, via les croisements, qui rendrait impossible la coexistence avec d’autres types d’agricultures, comme l’agriculture biologique (qui proscrit l’usage d’OGM).

Les apiculteurs de l’Union nationale de l’apiculture française (UNAF) affirment quant à eux que la contamination du miel par les grains de pollen issu d’OGM entraînerait automatiquement son classement comme denrée impropre à la consommation, par application de la réglementation européenne sur la dissémination des OGM. C’est entre autres grâce à leur lobbying que le gouvernement décide de prolonger l’interdiction de la culture du maïs MON 810 de Monsanto26,27. Le SPMF (Syndicat des Producteurs de Miel de France) considère lui, que la contamination du miel via le pollen est une vue de l’esprit, étant donné le faible nombre de grains de pollen présents dans le miel, bien inférieur à la limite des 0,9 % pour les OGM autorisés dans l’Union européenne 28.

Risques sanitaires

Les cultures OGM peuvent potentiellement provoquer bien plus de réactions allergiques que les cultures issues de croisements conventionnels29.

Une étude canadienne publiée dans le journal Reproductive Toxicology 30 a identifié la présence de la toxine Bt dans le sang des mères et des fœtus. L’étude a conclu que la protéine insecticide Bt traverse la barrière du placenta. D’autres études ont liées la toxine Bt au cancer et à l’endommagement des cellules du rein et d’autant plus fortement quand la toxine est associée au désherbant Roundup (glyphosate)31.

Les producteurs d’OGM utilisent des gènes de résistance aux antibiotiques pour sélectionner les cellules végétales ayant intégré le transgène à exprimer (on parle de gène marqueur). Ces gènes, qui se retrouvent dans la plante qui sera consommée, posent donc question car leur utilisation pourrait induire le développement d’une résistance généralisée aux antibiotiques32.

Alternatives

Pour les agronomes opposés à ce maïs, la meilleure solution pour lutter contre la pyrale est l’usage des insecticides, la limitation de la monoculture et l’usage de la rotation des cultures qui permettrait de casser le cycle de vie de la pyrale (bien que la pyrale attaque d’autres plantes comme le haricot, les dégâts sont bien moindres et la chose est relativement facile à mettre en place). Cette solution est difficile à envisager dans des zones où la maïs est la seule culture possible. Par exemple, la culture biologique du maïs se fait en veillant à la rotation des cultures, mais avec des rendements presque deux fois plus faible. La lutte biologique avec le trichogramme (guêpe parasitoïde très spécifique) est très efficace mais uniquement contre la pyrale. Environ 100 000 ha sont traités de cette façon en France.[réf. nécessaire]

L’article complet avec notes et références est accessible sur ce site : https://fr.wikipedia.org/wiki/Ma%C3%AFs_Bt

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Annexe 2 -
Variété végétale tolérante à des herbicides

Une variété végétale tolérante à des herbicides (VTH) est une variété de plante cultivée spécialement sélectionnée pour son aptitude à tolérer l’application d’un herbicide existant. Ces variétés, obtenues par sélection classique, mutagenèse ou transgenèse, sont destinées à être utilisées conjointement avec l’herbicide en cause dans le but de simplifier les opérations de désherbage. Elles ont connu un grand développement en Amérique du Nord, principalement avec des variétés de soja, de maïs et de cotonniers génétiquement modifiées pour tolérer l’application d’herbicides totaux à base de glyphosate.

Historique

La première VTH mise sur le marché fut le colza ’OAC Triton’ résistant à l’atrazine, homologué au Canada en 1984, qui a été obtenue par introgression à partir d’un génotype sauvage de Brassica campestris détecté dans un champ de colza traité à l’atrazine1.

Principales variétés cultivées tolérantes à des herbicides

De nombreuses variétés végétales tolérantes à un herbicide ont été créées dans le monde. Les VTH cultivées appartiennent à trois groupes principaux2 :

  • les variétés résistantes à des herbicides totaux à base de glyphosate commercialisées par Monsanto sous la marque RoundUp Ready ;
  • les variétés résistantes à des herbicides totaux à base de glufosinate ammonium commercialisées par Bayer sous la marque LibertyLink ;
  • les variétés résistantes à des herbicides sélectifs de la famille des imidazolinones commercialisées par BASF sous la marque Clearfield.
    Les variétés des deux premiers groupes ont été obtenues par transgenèse et ont connu une adoption massive dans certains pays, notamment États-Unis, Brésil et Argentine, depuis leur introduction aux États-Unis en 1996. En 2014, les variétés de plantes génétiquement modifiées (PGM) ne pouvant tolérer qu’un herbicide, et celles pouvant tolérer un herbicide et un insecticide, représentent 85% (154 Mha) des surfaces de PGM plantées dans le monde (181 Mha)3.

Celles du troisième groupe ont été obtenues par la sélection de mutations naturelles ou induites par mutagenèse. Ces variétés sont cultivées dans plusieurs pays d’Europe. En France, seules les VTH obtenues par sélection classique et par mutagenèse sont cultivées2, et ne sont résistants qu’à des herbicides sélectifs, déjà homologués4.

Il existe des variétés présentant le caractère « TH » pour la plupart des grandes cultures : maïs soja coton colza tournesol betterave blé riz chicorée/endive

Usages des Variété végétale tolérante à des herbicides

Les VTH visent à permettre d’utiliser des herbicides uniquement en cas de besoin, et donc de réduire le volume de désherbant employé. Elles sont particulièrement adaptées aux zones où sont présentes des adventices contre lesquelles la lutte est difficile. À la différence de la méthode traditionnelle qui consiste à traiter préventivement et systématiquement les champs avant l’apparition d’adventices et la levée des plantes cultivées, le recours aux VTH permettent d’utiliser des herbicides une fois les plantes développées et donc uniquement en cas de présence effective d’adventices 2.

L’emploi des VTH permet également l’emploi d’herbicides pour des variétés d’adventices proches des plantes cultivées sans affecter ces dernières. Leur utilisation sont un moyen de faciliter le travail des agriculteurs en limitant le recours aux herbicides, mais également en limitant le travail du sol et le désherbage mécanique, notamment l’abandon du labour, sources d’économie pour les agriculteurs et moyen de limiter l’érosion des sols. En outre, les VTH constituent un moyen de sécuriser les récoltes, grâce à un contrôle plus précis des adventices dont la concurrence avec les plantes cultivées est réduite2.

Selon André Pouzet, directeur du CETIOM, les variétés de tournesols VTH cultivés en France peuvent permettre de diviser par 80 la dose d’herbicide à l’hectare, en favorisant les herbicides post-levée plutôt que les herbicides de pré-semis et de pré-levée. De plus, ces variétés peuvent être associées à des pratiques culturales comprenant le binage, le déchaumage ou les faux-semis pour donner leur plein potentiel5.

Or, d’après une analyse des usages des variétés tolérantes au glyphosate de 1996 à 2014 aux États-Unis, les conséquences pratiques diffèrent des prévisions théoriques décrites ci-dessus3. Les premières années d’utilisation de ces VTH s’accompagnent souvent d’une diminution d’utilisation d’herbicides. Mais elles s’accompagnent également en pratique d’une trop insuffisante rotation des cultures ainsi que des herbicides, menant à l’apparition d’adventices résistantes au glyphosate, ce qui, au fil des années, augmente l’utilisation d’herbicides. Alors qu’il n’y avait pas d’espèces d’adventices résistantes au glyphosate en 1998, il y en avait 14 à partir de 2009.

Controverse

Depuis 2010, les Faucheurs volontaires et la Confédération paysanne s’opposent à la culture des VTH en France : ils demandent un moratoire6 et réclament que les VTH soient considérés comme des OGM7. Les Faucheurs volontaires ont procédé à plusieurs destructions de parcelles de colza ou tournesol VTH pour lesquelles ils ont été condamnés8. Le ministère de l’écologie a saisi l’Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail en 2015 sur le sujet des VTH9. En 2016, le conseil d’état a renvoyé le dossier VTH à la Cour de justice de l’Union européenne10.

Les variétés TH sont soupçonnées de contribuer à augmenter les résistances des espèces non cibles, à terme de ne plus être efficaces, et de rendre encore plus difficile la gestion des adventices dans les cultures. L’utilisation des VTH est prévue pour être réservée aux zones difficiles ou à problème, mais dans les faits il n’y aucun moyen de vérifier si l’emploi de VTH par un agriculteur est justifié ou pas. Comme les variétés TH ne sont pas considérées comme OGM, il n’y a aucune évaluation sur la toxicité ou non de ces variétés, notamment pour savoir où vont les pesticides qu’elles absorbent sans mourir.[réf. nécessaire]

Source de l’article complet avec notes et références https://fr.wikipedia.org/wiki/Vari%C3%A9t%C3%A9_v%C3%A9g%C3%A9tale_tol%C3%A9rante_%C3%A0_des_herbicides

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Annexe 3 - OGM et apiculture d’après l’UNAF (UNAF - Union Nationale de l’Apiculture Française)

Contexte - Depuis l’apparition des OGM dans les champs, les apiculteurs s’interrogent de leurs effets sur les abeilles. En Europe, le seul OGM cultivé à grande échelle est à l’heure actuelle le maïs MON810, génétiquement modifié pour produire en permanence un insecticide de lutte contre la pyrale. Interdit en France depuis 2008, il est largement cultivé en Espagne et dans une moindre mesure dans d’autres pays : au Portugal, en Roumanie, en République Tchèque et en Slovaquie.

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Nos actions et demandes

La culture des OGM et l’apiculture sont deux activités incompatibles et l’UNAF s’engage résolument contre leur culture en plein champ, pour protéger les abeilles et l’apiculture contre les inévitables contaminations des produits de la ruche.

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L’UNAF demande :

  • L’interdiction de la culture des OGM en plein champ
  • L’évaluation rigoureuse de l’impact des plantes transgéniques sur les colonies, notamment les couvains et les abeilles hivernales
  • Le respect du droit des apiculteurs à produire sans OGM
  • Le respect du droit à l’information pour les consommateurs
  • Un moratoire sur la culture des colzas et tournesols rendus tolérants aux herbicides tant que les études sur les impacts de la technologie sur ces plantes n’auront pas permis de lever les inquiétudes de notre filière.
    Pour aller plus loin

16 juillet 2020 presse ogm justice

Communiqué de presse : Haut Conseil des Biotechnologies - Un avis scientifique trompeur - un comité économique, éthique et social bâillonné

Le Haut Conseil des biotechnologies (HCB) a publié ce jour un avis sur le projet de décret qui vise la réglementation des OGM. L’UNAF avait démissionné du HCB en 2016, à cause des nombreux dysfonctionnements. L’UNAF était notamment fortement opposée à l’exclusion des nouveaux OGM de la réglementation. Heureusement, la justice Européenne, puis la justice Française nous ont finalement donné raison. C’est pourquoi, nous avons décidé de revenir au HCB pour participer aux discussions sur l’application de ces décisions de justice. Notre surprise a été considérable de ne disposer que de 2 heures 30 de réunion plénière et en visioconférence pour adopter une recommandation restreinte aux seules questions juridiques !

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21 décembre 2017 presse pesticides ogm alimentation

ETATS GÉNÉRAUX DE L’ALIMENTATION : APRÈS LES DISCUSSIONS, PLACE À L’ACTION

Alors que se clôturent les EGA ce jeudi 21 décembre, les cinquante organisations de la « plateforme citoyenne pour une transition agricole et alimentaire » expriment leurs demandes concernant la loi prévue sur l’alimentation début 2018 et les plans de filière.

en savoir +

22 septembre 2017 presse pesticides ogm alimentation

États Généraux de l’Alimentation : les organisations de la « Plate-forme citoyenne pour une transition agricole et alimentaire » rendent publiques leurs demandes

A l’occasion des Etats Généraux de l’Alimentation, 50 organisations, dont l’UNAF, se sont rassemblées au sein d’une « Plate-forme citoyenne pour une transition agricole et alimentaire » pour porter ensemble des propositions concrètes à la table des concertations.

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Inter Api - Association interprofessionnelle Assurance & Déclaration de sinistres Concours des miels de France

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Source : https://www.unaf-apiculture.info/nos-actions/ogm-et-apiculture.html

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Traduction et compléments : Jacques HALLARD, Ingénieur CNAM, consultant indépendant 06/08/2020

Site ISIAS = Introduire les Sciences et les Intégrer dans des Alternatives Sociétales

http://www.isias.lautre.net/

Adresse : 585 Chemin du Malpas 13940 Mollégès France

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