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"Renforcer les systèmes de santé en vue de prochaines épidémies" par Isaac Misri

Traduction & compléments par Jacques Hallard
jeudi 3 septembre 2020 par Misri Isaac


ISIAS Santé Climat

Renforcer les systèmes de santé en vue de prochaines épidémies : les constats et propositions de l’École de santé publique Hadassah, de l’Université de Haïfa et de l’organisme Midaat en Israël

Compléments sur les multiples conséquences de la fonte du pergélisol (permafrost en anglais)

Auteur : Isaac Misri – Article diffusé le 21 mai 2020 par ‘Israël Science Info desk’

Origine : https://www.israelscienceinfo.com/hightech/experts-israeliens-il-faut-investir-dans-les-systemes-de-sante-en-vue-de-la-prochaine-epidemie/

Photo Hadassah - Zavit.

Alors que la crise du Covid-19 continue de faire la Une des médias, les experts israéliens en santé publique considèrent qu’il s’agit d’une bonne opportunité pour apprendre de la situation et d’anticiper les futures pandémies qui pourraient résulter du changement climatique et de la dégradation de l’environnement.

La crise du Covid-19 a montré la fragilité de nombreux systèmes de santé aux experts et au grand public du monde entier. Certains responsables de santé publique ont considéré la récente crise comme un signal d’alarme pour que les pays investissent dans leurs systèmes de santé.

Le Dr Maya Negev de l’Université de Haïfa dit que « du point de vue de la santé publique ou des systèmes de santé, nous pouvons voir comment le coronavirus nous prépare aux futures urgences climatiques parce que nous voyons comment les systèmes de soins de santé doivent être préparés pour les périodes avec une forte augmentation de la morbidité ».

Le Dr Hagai Levin, professeur agrégé d’épidémiologie à l’École de santé publique Hadassah de l’Université Hébraïque de Jérusalem, a déclaré que « certains pays en tireront une leçon et investiront pour de futures pandémies, et d’autres non. Il ne s’agit pas seulement de budget, mais aussi de planification. La clé est d’investir dans des stratégies à bénéfices mutuels qui aideront soit à promouvoir la santé publique à des moments réguliers (par exemple une meilleure préparation à la grippe saisonnière), soit à promouvoir une meilleure préparation à une grande variété d’urgences telles que la famine, les tremblements de terre et ou le changement climatique ».

Le Dr Uri Lerner, directeur scientifique de l’organisme Midaat, ajoute que la pandémie actuelle « a fait comprendre au monde que nous devons nous préparer aux pandémies en développant des stratégies d’intervention et en achetant du matériel médical pour des besoins futurs ». Il prédit que « les pays développés qui souffrent économiquement des politiques de confinement investiront dans la réponse et la préparation futures pour éviter une catastrophe économique similaire ».

En outre, il dit que même s’il peut être difficile de prévoir la fréquence des futures pandémies, « nous devons supposer les pires scénarios pour que les États adoptent la bonne attitude. Si nous supposons que les pandémies mondiales resteront un phénomène rare, se produisant une fois tous les 20 ans, les gens ne seront pas suffisamment prudents et seront mal préparés ».

Changement climatique et facteurs anthropiques

Certains experts estiment que le changement climatique et les facteurs anthropiques augmenteront la fréquence des pandémies mondiales. Dans un webinaire intitulé A Tale of Two Crises : Corona and Climate Change, le Dr Maya Negev mentionne que les vecteurs des maladies transmises par l’air et l’eau dans la région devraient être influencés par le changement climatique (agents qui transmettent des maladies infectieuses) tels que les moustiques qui pourront prospérer dans des climats plus chauds et plus humides. Elle dit que cette tendance pourrait contribuer à la propagation de certaines maladies telles que le paludisme, le Chikungunya et la fièvre du Nil occidental.

Le changement climatique peut également exposer les humains et les animaux à des maladies qui n’ont pas été rencontrées depuis des milliers d’années. Comme le réchauffement provoque le dégel du pergélisol dans les régions arctiques et la fonte des glaciers, certains scientifiques s’inquiètent de la libération potentielle d’agents pathogènes nocifs qui ont été gelés et dormants depuis des millénaires.

Citant le cas d’une épidémie de fièvre charbonneuse en Sibérie à l’été 2016, qui serait due à une carcasse de renne décongelée infectée par la bactérie, le Dr Uri Lerner dit que « dans ce cas, la bactérie a été relativement facile à isoler car elle s’est produite dans une région éloignée. Si elle s’était produite dans une région ou une ville plus peuplée avec des transports réguliers vers les grandes villes, les dégâts auraient pu être plus importants. Ils ont également eu de la chance car l’anthrax est un pathogène bien connu. La situation aurait également pu être exacerbée si l’agent pathogène avait une résistance aux antibiotiques ou s’il n’avait jamais été rencontré par l’homme auparavant ».

Outre le changement climatique, l’expansion des habitations humaines à travers le monde a également soulevé des inquiétudes parmi les experts en santé publique. Cette tendance, avec la déforestation, augmentera probablement le contact entre les humains et la faune, et donc, augmentera la possibilité de transmission bilatérale de maladies qui ont rarement ou jamais été rencontrées (comme Covid-19). Le Dr Maya Negev souligne l’importance de prévenir ou de réduire ce contact. « Nous devons protéger les écosystèmes et empêcher la déforestation, l’intensification de l’agriculture, l’urbanisation et la chasse, qui rapprochent les animaux sauvages des êtres humains », a-t-elle déclaré.

Surveillance et réponse futures

Alors que certains experts avertissent que ces tendances semblent inévitables, il existe des moyens de prévenir ou du moins d’atténuer et de contrôler les futures pandémies. Le Dr Hagai Levin suggère que « nous devons nous concentrer sur la science et la surveillance. Nous devons être vigilants et mesurer l’impact de l’environnement sur les humains et l’impact des humains sur l’environnement. Les chercheurs de diverses disciplines et pays doivent travailler ensemble.

Faisant écho à des idées similaires, le Dr Maya Negev dit que la récente flambée nous a « montré clairement que les nations ne peuvent pas combattre les épidémies seules. À l’avenir, des collaborations régionales et internationales seront nécessaires pour le suivi et la surveillance, ainsi que pour la production et le partage de matériel médical ».

Selon le Dr Lerner « il devient nécessaire de produire un système mondial de surveillance des maladies infectieuses pour identifier les flambées le plus tôt possible, même dans les pays qui ne partagent pas d’informations (comme la Chine) ou qui ont des limites dans l’accès aux technologies (comme en Afrique ou dans diverses régions reculées d’Asie et d’Amérique du Sud). Les organisations internationales devront assumer la responsabilité de guider et de produire des outils en collaboration avec ces pays ».

Le Dr Uri Lerner suggère également que des traités internationaux établissant des directives en cas de pandémie devraient être élaborés à la lumière de la récente crise. Ces traités pourraient permettre à un organisme international de « forcer un État pandémique déclaré à entreprendre un ensemble de directives visant à réduire la propagation de la maladie sur le territoire et à empêcher également la propagation de la maladie aux pays voisins ». Un tel traité établirait des protocoles pour les réponses régionales et mondiales.

Au contraire, la pandémie du coronavirus a mis en lumière l’importance de faire de la santé publique et de la protection de l’environnement des priorités absolues. Selon le Dr Hagai Levin, « la santé publique est aussi importante pour la sécurité nationale et internationale que les questions militaires ». Le Dr Maya Negev voit la crise du coronavirus comme « une leçon pour penser aux humains en tant que partie de l’écosystème et comment nous devrions tous interagir de manière plus durable  ».

Isaac Misri pour ZAVIT- Je m’abonne - Je soutiens

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Source : https://www.israelscienceinfo.com/hightech/experts-israeliens-il-faut-investir-dans-les-systemes-de-sante-en-vue-de-la-prochaine-epidemie/

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Compléments

Pourquoi la fonte du permafrost est une menace pour l’humanité - vidéo / 6:13

Depuis quelques années, la fonte du permafrost s’accentue. Or, ce sol gelé recèle une bonne quantité de substances néfastes qui pourraient menacer l’écosystème et l’humanité.

Par Donald Walther et Elisa Bellanger Publié le 05 juin 2018 à 15h36 - Mis à jour le 01 août 2018 à 09h34

Dans le nord de la planète Terre, une bonne partie des continents est recouverte de permafrost. C’est-à-dire d’un sol qui reste gelé pendant au moins deux années consécutives. Un quart des territoires émergés de l’hémisphère nord sont concernés. Or, depuis quelques années, le permafrost fond. Ce qui pourrait avoir des conséquences dramatiques. D’abord parce qu’en dégelant, le sol devient mou ce qui provoque régulièrement l’effondrement de bâtiments dans les zones habitées. Mais aussi parce que le sol gelé contient plusieurs éléments néfastes pour l’écosystème et l’humanité (dioxyde de carbone, mercure, virus, bactéries). En se répandant dans l’atmosphère à la faveur de la fonte du permafrost, ces éléments pourraient menacer notre planète.

Sources :

Source : https://www.lemonde.fr/climat/video/2018/06/05/pourquoi-la-fonte-du-permafrost-est-une-menace-pour-l-humanite_5309981_1652612.html

Bâtiments qui se fissurent, routes qui ondulent... L’Arctique russe face à la fonte du pergélisol - 31 juillet 2020 / Estelle Levresse (Reporterre)

Photo - Comme la dizaine de villes du Grand Nord, la cité minière de Vorkouta est entièrement bâtie sur le pergélisol, désormais menacé d’un dégel accéléré en raison du réchauffement climatique. Une perspective qui n’inquiète guère les habitants, malgré les bâtiments qui se fissurent et les routes qui ondulent : « Quand il n’y aura plus de neige dans les Alpes, les gens pourront venir skier ici. »

Vorkouta (Russie), reportage à découvrir sur ce site : https://reporterre.net/Batiments-qui-s-ecroulent-routes-qui-ondulent-L-Arctique-russe-face-a-la-fonte-du-pergelisol

Pergélisol, le piège climatique 26.01.2015, par Laure Cailloce – Document ‘CNRS’

Photo - Résultat de la fonte du pergélisol, les mares de thermokarst (ici sous la neige) seraient plusieurs millions en Arctique, sur une superficie de plusieurs centaines de kilomètres carrés. L. CAILLOCE/CNRS PHOTOTHEQUE

Typique des régions arctiques, le pergélisol, le sol gelé depuis des milliers d’années, dégèle peu à peu sous l’effet du réchauffement climatique. Ce faisant, il libère de puissants gaz à effet de serre. « CNRS Le journal » s’est rendu au Nunavik, dans l’Arctique canadien, pour mieux comprendre ce phénomène largement sous-estimé par les modèles climatiques.

Source pour lire l’article en totalité : https://lejournal.cnrs.fr/articles/pergelisol-le-piege-climatique

Question de la semaine : la fonte du permafrost est-elle une menace pour l’humanité ? Par Lise Loumé le 06.03.2020 à 14h55 – Document ‘Sciences et Avenir’

’Si le permafrost dans les pays arctiques dégèle, est-ce possible que certains virus disparus depuis longtemps redeviennent actifs ?’, nous demande un lecteur sur notre page Facebook. C’est la question de la semaine.

’Si le pergélisol (permafrost en anglais) dans les pays arctiques dégèle, est-ce possible que certains virus disparus depuis longtemps redeviennent actifs ?’, nous demande Georges Boucher sur notre page Facebook. Chaque semaine, sur la page de Sciences et Avenir, nous sélectionnons une question de lecteur pour lui apporter une réponse. Merci pour votre insatiable curiosité.

A lire sur ce site : https://www.sciencesetavenir.fr/nature-environnement/climat/question-de-la-semaine-la-fonte-du-permafrost-est-elle-une-menace-pour-l-humanite_142207

La fonte du permafrost, une menace toxique et infectieuse – Par Emmanuel Drouet - Le temps du climat- Document ‘politis.fr’

La hausse des températures entraîne le dégel d’un sous-sol solide depuis des millénaires, qui contient du méthane, du mercure, mais aussi des bactéries et des virus oubliés ou inconnus.

Tout n’a pas été vain à Katowice. Des experts anglais, canadiens, états-uniens, norvégiens et français ont profité de leur présence à la COP 24, en décembre dernier en Pologne, pour relancer un thème qui les inquiète : les multiples conséquences de la fonte du pergélisol (permafrost en anglais). Cette couche de terre et de débris végétaux en partie décomposés, et souvent mêlée à des cristaux ou à des lentilles de glace, restait gelée en permanence depuis des dizaines de millénaires. Il y a une vingtaine d’années, ce sous-sol réputé solide comme du béton a commencé de fondre. Il est présent sur plus de 20 % des terres émergées, en Alaska, au Canada ou en Russie, et sa fonte s’accompagne de mouvements imprévus qui provoquent, par exemple, de nombreuses ruptures d’oléoducs entraînant des marées noires en Sibérie. Dans la toundra, en Russie comme dans le nord du Canada, d’énormes excavations souvent insondables se sont formées en surface. Et de ces failles s’échappent des millions de tonnes de méthane, un gaz à effet de serre bien plus dangereux pour le climat que le gaz carbonique….

A lire sur ce site : https://www.politis.fr/articles/2019/04/la-fonte-du-permafrost-une-menace-toxique-et-infectieuse-40326/

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Transmis par Jacques HALLARD, Ingénieur CNAM, consultant indépendant – 01/09/2020

Site ISIAS = Introduire les Sciences et les Intégrer dans des Alternatives Sociétales

http://www.isias.lautre.net/

Adresse : 585 Chemin du Malpas 13940 Mollégès France

Courriel : jacques.hallard921@orange.fr

Fichier : ISIAS Santé Climat
Renforcer les systèmes de santé en vue de prochaines épidémies.2

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