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"Des étudiants s’engagent contre les herbicides et cultivent des potagers sur les campus états-uniens, avec un panorama détaillé de la diversité ethnique et culturelle aux Etats-Unis" par Jacques Hallard

jeudi 8 octobre 2020, par Hallard Jacques


ISIAS Pesticides Racisme

Des étudiants s’engagent contre les herbicides et cultivent des potagers sur les campus états-uniens, avec un panorama détaillé de la diversité ethnique et culturelle aux Etats-Unis

Par Jacques HALLARD, Ing. CNAM, site ISIAS – 07/10/2020

Plan : Introduction Sommaire Auteur

Pesticides tous dangereux Humour, Dangereux, Environnement, Potager, Peanuts Comics, Free

Start - Le site de René BICKELomolog : humour...noir. Enregistrée parHarmony Com

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Ethnique ou multiculturel : Quelles différences ? - Source


Introduction

Sont tout d’abord rapportées dans ce dossier, à usage didactique, les initiatives prises par des jeunes et étudiants sur certains campus aux Etats-Unis pour s’opposer à l’emploi des herbicides, pour mettre en place des parcelles cultivées en potagers sur les domaines scolaires et universitaires, ainsi que pour participer au soutien social, notamment des personnes étrangères et/ou des classes sociales défavorisées.

On y trouve des exemples inspirants par ces temps troublés et incertains dans ce grand pays, qui nous invitent à aborder à la fois, la question des usages des pesticides, des solutions alternatives qui marchent en matière de productions alimentaires locales, (voir aussi par exemple en France Valorisation alimentaire et développement local - Analyse à partir d’un exemple drômois > ‘journals.openedition.org, 2011) et ce que nous suggère la réalité de cette diversité socio-culturelle et comment elle est vécue aujourd’hui aux Etats-Unis. Voir aussi la situation en France avec ce document : Chapitre 15. Faire de la diversité socioculturelle une force - Thierry Bourguignon. Dans Entreprises : vers l’excellence (2018), pages 141 à 145. Mis en ligne sur Cairn.info le 30/04/2020.

Alors que la population états-unienne fait l’objet de dénombrements et de classification qui font référence à des critères précis, d’ordre culturel et ethnique, en France, selon une enquête de Catherine Vincent (publiée par ‘Le Monde Idées’ du 11 septembre 2020), « les données sur l’origine [des individus] font désormais partie des outils usuels des études sur les discriminations. Mais elles restent peu exploitées, dans la crainte que la prise en compte de catégories ethno-raciales ne remette en cause l’universalisme républicain. Choisir un soignant en fonction de sa couleur de peau ? Aux Etats-Unis, cela ne choque personne. En France, l’idée même provoque un tollé… » - « Notre constitution française s’appuie sur un droit négatif qui interdit les discriminations » (Magali Lafourcade, « magistrate française, engagée dans la promotion et la protection des droits de l’homme, auteure du ‘Que-sais-je’ sur les droits de l’Homme… »). L’auteure Catherine Vincent développe aussi « les acquis de l’enquête ‘Trajectoires et origines’ face aux tabous »… - Source : Querelle républicaine autour des statistiques ethniques.

Puis la série des textes choisis dans ce dossier aborde le sujet brûlant duracisme et de la discrimination ethnique aux États-Unis, à travers l’examen de cette diversité ethnique et culturelle typique et propre à ce grand pays : le terme BIPOC est discuté pour tenter de classifier les origines variées des habitants appartenant à certaines minorités et le mouvement ‘Black Lives Matter’ (BLM), qui a émergé aux Etats-Unis, est présenté. Un document montre également la grande diversité des Juifs de couleur vivant aux États-Unis qui revendiquent fermement leurjudéité et expriment leur adhésion à cette culture traditionnelle et aux pratiques religieuses du judaïsme. Pour une prise de contact immédiate, voir la vidéo 4:30 intitulée USA : à la rencontre des ’Juifs de couleur’, les J.O.C. 10 juillet 2020 i24NEWS Français

Pour mémoire, et selon une introduction de Wikipédia, « Le judaïsme (du grec ancien Ιουδαϊσμός / ioudaïsmós, en yiddish : יידישקייט yiddishkeit, ladino : ג’ודאיסמו Djudaismo, en allemand : Judentum, hébreu : יהדות yahadout) est variablement défini comme « une forme de vie religieuse dont la caractéristique essentielle est la croyance à un Être suprême, auteur — de quelque manière qu’on conçoive son action — de l’univers qu’il gouverne par sa providence »1, ou comme « la religion des Juifs, ainsi que la théologie, la loi et les traditions culturelles du peuple juif »2, ou comme « une religion […], une culture — résultat ou fondement de la religion, mais ayant un devenir propre, […] une sensibilité diffuse faite de quelques idées et souvenirs, de quelques coutumes et émotions, d’une solidarité avec les juifs persécutés en tant que juifs »3 ou comme « l’ensemble des rituels et des autres pratiques, des croyances et des valeurs, des loyautés historiques et politiques qui constituent l’allégeance au peuple d’Israël »4. Cette pluralité est tributaire d’une part de l’évolution du terme au cours de l’histoire, celui-ci désignant originellement l’ensemble des traits caractérisant le peuple juif, constitué des descendants des Israélites provenant de l’antique terre d’Israël et de ceux qui les ont rejoints par la conversionnote 1, et d’autre part de la différence de perception selon l’appartenance ou non au judaïsme. Il a souvent été représenté comme une « religion juive » antithétique de la religion chrétienne, alors que des Juifs le définissent aussi au-delà ou en dehors du fait religieux5, certains philosophes, comme Daniel Boyarin ou Bernard-Henri Lévy, allant jusqu’à dire que la religion en tant que théologie édifiée par une croyance, des dogmes et une instance suprême, centrale et doctrinale « n’appartient pas à l’esprit du judaïsme »6. Le judaïsme n’en possède pas moins ses textes fondamentaux, compilés dans le Tanakh (Torah, Nevi’im et Ketouvim), également appelé Bible hébraïque. Il y est dit que le monde a été créé par une entité une et unique, éternelle, omnipotente, omnisciente, omniprésente, juste et miséricordieuse dont le nom, considéré comme trop saint pour être prononcé, est devenu ineffable. Cet être a contracté une alliance avec les pères du peuple d’Israël, promettant de prendre ce peuple comme « trésor entre tous les peuples » pour autant que les enfants d’Israël respectent sa loi, qui comprend une composante cultuelle doublée d’une dimension éthique, ainsi que des aspects civils, matrimoniaux et législatifs. L’adhésion à cette loi induit une manière de se comporter, de se vêtir, de se nourrir, de se mouvoir propre à ceux qui y adhèrent. De plus, son interprétation qui n’a vraisemblablement jamais été unique ni unifiée engendre diverses écoles de traditions et de pensées, dont la plupart considèrent toutefois les textes comme le support écrit d’une parole divine éternelle et perpétuellement renouvelée à travers son étude au cours des générations. L’existence de cette tradition orale qui tend à affranchir la Bible des contingences historiques, permet au judaïsme, né en un lieu particulier dans un peuple particulier, de survivre à la dispersion géographique de ce peuple et à la perte de ses supports tangibles comme son autonomie politique ou le temple construit pour héberger la divinité. Il marque l’histoire du monde avec l’émergence du monothéisme, croyance héritée par les christianismes et les différentes formes d’islam dont le développement historique a fini par marginaliser le judaïsme… » - Lire l’article complet sur ce site : https://fr.wikipedia.org/wiki/Juda%C3%AFsme ].

Au plan démographique, La population américaine se place au troisième rang des pays les plus peuplés au monde avec environ 328 millions d’habitants en 2019 [332 639 000 selon Wikipédia], derrière la Chine (1 400 050 000 habitants) et l’Inde (1 373 055 000) [pour mémoire l’Union Européenne compte 447 706 209 habitants] ; elle est caractérisée par une grande diversité ethnique et culturelle et elle est par ailleurs fortement urbanisée (environ 80% des Américains vivent en milieu urbain).

Le pays s‘est constitué à partir de vagues successives d’immigration : depuis les peuplades asiatiques arrivées dès l’Antiquité par le détroit de Béring, les migrants Européens venus entre le XVIe et le XXe siècle (Espagnols, Portugais, Anglais, Irlandais, Ecossais, etc...), jusqu’aux Africains déplacés en grand nombre come main d’oeuvre servile dans le cadre de la traite négrière entre les XVIe et XIXe siècles, et plus récemment au cours du XXème siècle, de nombreuses vagues venant de tous les coins du monde et constituées de populations d’émigrants (notamment hispaniques et asiatiques) chassés par les guerres, le sous-développement et la misère, ou encore par les pressions sociales et les persécutions politiques.

Ensuite, les points suivants sont mis en relief dans ce dossier : une histoire sociolinguistique des États-Unis de 1960 jusqu’à aujourd’hui, une carte de la répartition territoriale des divisions ethniques aux Etats-Unis, un exposé sur la notion de ’racisme systémique’, ainsi que réalité du multiculturalisme et la grande diversité ethnique qui se rencontrent à travers tous les Etats-Unis.

Voir aussi le document « Qu’est-ce que le racisme systémique ? » Par Wissam Mansour, Julia Posca – « Les manifestations se multiplient aux États-Unis depuis que George Floyd, un Afro-Américain de 46 ans, a été tué par un policier de Minneapolis lors d’une intervention filmée par une passante puis diffusée sur les réseaux sociaux. Cet événement s’ajoute à une longue liste de bavures policières qui témoignent de la persistance dans ce pays d’une discrimination à caractère racial dont sont particulièrement victimes les personnes noires » - « Des manifestations ont été organisées à plusieurs endroits dans le monde en solidarité avec la communauté afro-américaine. Ce fut le cas notamment à Toronto et à Montréal, où les manifestant·e·s ont par ailleurs voulu souligner que les Afro-descendants du Québec et du Canada étaient aussi victimes de racisme. Plusieurs chroniqueurs et politiciens insistent depuis pour dire qu’on ne peut faire une telle comparaison et que, même s’il y a des personnes racistes chez nous, on ne peut en conclure qu’il y a du racisme systémique. Bien qu’il serait pertinent de s’attarder aux raisons politiques qui peuvent motiver un tel déni, nous nous contenterons dans ce billet de définir ce qu’est le racisme systémique avant de présenter quelques exemples de son incarnation au Québec et quelques-unes des mesures qui pourraient contribuer à l’éliminer… » - Source de l’article complet : https://iris-recherche.qc.ca/blogue/qu-est-ce-que-le-racisme-systemique

Voir également le reportage Comment la ville de Portland est devenue le cœur de la contestation antiraciste aux Etats-Unis - Par Corine Lesnes - Publié le 11 septembre 2020 à 04h46 - Mis à jour le 11 septembre 2020 à 19h56 : « Plus de trois mois après le début des manifestations dans tout le pays, la contestation ne faiblit pas dans la première ville de l’état de l’Oregon, pourtant l’une des moins multiraciales du pays… » - Source ‘Le Monde’

Dans le présent dossier, un livre de Michèle Tribalat (née en 1950, une démographe française, chercheuse à l’Institut national d’études démographiques), tend à démontrer pourquoi « Les catégories ethno-raciales sont devenues une obsession aux Etats-Unis… », puis une contribution du journaliste et auteur français Philippe Corbé explique « Pourquoi le Texas est le laboratoire de l’Amérique de demain ».

On peut se reporter ici à une émission de Florian Delorme, producteur de l’émission ’Cultures Monde’, en date du 15/09/2020 sur France Culture : SÉRIE Monographie États-Unis - Anarchy in the US (4 épisodes) - Épisode 2 : Tensions raciales : le point de non-retour ? Le 15/09/2020. Tous les détails ici

La problématique des tensions raciales, culturelles et éthiques aux Etats-Unis est projetée dans certains autres pays et des points de vue ont été récemment exprimés sur ce sujet : la question des races en France « qui serait une instrumentalisation américaine » (émis par la rédaction de ‘Politique Magazine’ et diffusé ‘RT France’) ; une analyse de Jean Camille Étienne (architecte et urbaniste d’origine haïtienne) qui pose cette question : « Est-ce une erreur de ne pas identifier tous les habitants du continent américain comme des Américains ? » ; enfin l’écrivain congolais et français Alain Mabanckou, qui enseigne à Los Angeles et qui vient de publier son dernier livre « Rumeurs d’Amérique , le portrait d’une autre Amérique », teinté d’optimisme, de cet auteur « qui refuse d’être cantonné à la dénonciation du racisme ou du colonialisme … »

Pour terminer cette introduction, on peut encore suggérer d’approfondir les notions de racisme et de colonialisme à l’aide des sources documentaires suivantes :

« Le racisme est une idéologie qui, partant du postulat1 de l’existence de races au sein de l’espèce humaine2, considère que certaines catégories de personnes sont intrinsèquement supérieures à d’autres2. Il se différencie ainsi du racialisme qui, partant du même postulat, ne considère pas les races comme inégales3. Cette idéologie peut amener à privilégier une catégorie donnée de personnes par rapport à d’autres4. Le Petit Larousse a deux définitions du racisme, au sens strict du terme, comme « idéologie fondée sur la croyance qu’il existe une hiérarchie entre les groupes humains, les « races » ; comportement inspiré par cette idéologie », et au sens large du terme, comme « une attitude d’hostilité répétée voire systématique à l’égard d’une catégorie déterminée de personnes ».

Cette hostilité envers une autre appartenance sociale (que la différence soit culturelle, ethnique – ou tout simplement due à une couleur de peau) – se traduit aussi par des formes de xénophobie ou d’ethnocentrisme. Certaines formes d’expression du racisme, comme les injures racistes, la diffamation raciale, la discrimination, sont considérées comme des délits dans plusieurs pays.

Selon certains sociologues, le racisme s’inscrit dans une dynamique de domination sociale à prétexte racial5. Les idéologies racistes ont servi de fondement à des doctrines politiques conduisant à pratiquer des discriminations raciales, des ségrégations ethniques et à commettre des injustices et des violences pouvant aller, dans les cas extrêmes, jusqu’au génocide selon Abraham Maslow et la pyramide de la haine. Ces idées s’appuyaient initialement non sur des faits scientifiques, mais sur la malédiction de Canaan dans le Livre de la Genèse6 et sur la « Table des peuples » qui en dérive7. Le « racisme inversé » est pour sa part une expression qui use du terme « racisme », mais décrit un acte ou un propos venant non des membres d’un groupe social dominant, mais d’un groupe anciennement ou actuellement dominé et sans adhérer aux idées racistes sous-tendant le suprémacisme blanc [en vogue actuellement aux Etats-Unis]… » - Source : https://fr.wikipedia.org/wiki/Racisme

Selon le Centre National de Ressources Textuelles et Lexicales (CNRTL) - « Le racisme : un ensemble de théories et de croyances qui établissent une hiérarchie entre les races, entre les ethnies. En particulier, une doctrine politique fondée sur le droit pour une race (dite pure et supérieure) d’en dominer d’autres, et sur le devoir de soumettre les intérêts des individus à ceux de la race... Egalement une attitude d’hostilité pouvant aller jusqu’à la violence, et de mépris envers des individus appartenant à une race, à une ethnie différente généralement ressentie comme inférieure (exemple du racisme anti-juif)… Par analogie, le racisme comme une attitude d’hostilité de principe et de rejet envers une catégorie de personnes (racisme xénophobe ; racisme sexuel) ou encore comme un sentiment d’hostilité de principe envers quelque chose… » - © 2012 - CNRTL - Source avec détails sur : https://www.cnrtl.fr/definition/racisme

Selon « 

http://Le Monde diplomatique - Mens...

Le Monde diplomatique - Mensuel critique d’informations et d’analyses  », Colonialisme  : « une idéologie, née au XIXe siècle en Europe, qui justifie la colonisation, c’est-à-dire l’exploitation de territoires par un Etat à son seul profit et à ceux de ses ressortissants installés sur ces territoires. Il est opposé au « droit des peuples à disposer d’eux-mêmes » inscrit dans la Charte des Nations unies en 1945. Le terme « colonialisme », péjoratif, a servi aux intellectuels du tiers-monde, depuis la fin de la seconde guerre mondiale, à dénoncer les violations du droit des peuples colonisés à l’auto-détermination et à exiger leur souveraineté et la fin de l’ère des empires coloniaux (décolonisation). Terme générique : Idéologie - Voir aussi : Colonisation, Décolonisation, Impérialisme, Tiers-mondisme – Source : https://www.monde-diplomatique.fr/index/sujet/colonialisme

« Le colonialisme est une doctrine ou une idéologie justifiant la colonisation entendue comme l’extension de la souveraineté d’un État sur des territoires situés en dehors de ses frontières nationales1,2. La notion intellectuelle du colonialisme est cependant souvent confondue avec la pratique même de la colonisation étant donné que l’extension de sa souveraineté par un État implique dans les deux cas la domination politique et l’exploitation économique du territoire annexé3. L’idéologie colonialiste a été développée durant la seconde partie du XIXe siècle par le mouvement colonial dans beaucoup d’États européens, se présentant notamment sous l’idée d’une « mission civilisatrice » ou sous celle du White Man’s Burden (Le Fardeau de l’homme blanc). Elle était fondée sur la notion d’impérialisme et tentait de donner un fonds de doctrine politique à la nouvelle vague de colonisation4. Elle s’est appuyée sur la doctrine juridique élaborée depuis le XVIe siècle qui justifiait l’occupation de territoires sans maître ou non constitués sous forme d’État comme mode légal d’acquisition5. Elle s’est concrétisée par la mise en place d’une administration politique, militaire et économique de ce territoire, dirigée par les représentants du pays colonisateur et imposée à une population locale. Autrefois symbole de la puissance militaire et économique des peuples qui le pratiquaient, le colonialisme a été finalement reconnu depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale comme une relation inégalitaire s’opposant au droit des peuples à disposer d’eux-mêmes[réf. nécessaire]. Le colonialisme, au sens actuel du terme a été pratiqué notamment sous la Grèce antique et sous l’Empire romain, puis par les pays européens (à la suite des grandes découvertes), entre le XVIe siècle et la Première Guerre mondiale. Il a également été pratiqué dans les pays d’Asie, notamment au XXe siècle (expansionnisme de l’Empire du Japon en Mandchourie). Le mot même de colonialisme fait son apparition au XIXe siècle au Royaume-Uni6 et entre dans le dictionnaire français au début du XXe siècle. D’abord assez neutre, l’apparition d’un autre néologisme, « anticolonialisme », contribue à amplifier le débat d’idées autour de ces notions7. Après la Seconde Guerre mondiale, il prend une coloration négative alors que la vague d’émancipation des colonies — ou décolonisation — débute en 1947 en Inde et se poursuit principalement tout au long des années 1950 et 1960. Divers scénarios seront parfois construits par la suite pour pérenniser une certaine tutelle économique des pays colonisateurs[réf. nécessaire]. Le terme de néocolonialisme est alors forgé vers 1960 pour désigner cette nouvelle phase… » - Lire l’article complet sur ce site : https://fr.wikipedia.org/wiki/Colonialisme

In fine, en rapport avec le double objet de ce dossier (pesticides et racisme), ont été ajoutés les accès à deux autres articles traitant :

* d’une part, d’un entretien avec Tania de Montaigne « une journaliste et femme de lettres française… et chanteuse ! », qui, « à l’école seulement, à découvert qu’elle était noire », et…

* d’autre part, d’un article qui rapporte que l’Union Européenne a autorisé l’exportation de plus de 80.000 tonnes de pesticides (dont le paraquat, également appelé gramoxone, et l’atrazine), pourtant interdits en son sein mais produites … en Europe (principalement en Grande Bretagne, puis en Italie, en Allemagne, aux Pays-Bas, en France…), où leur utilisation est interdite en raison de leur très haute toxicité ; quarante et une substances avaient pu être vendues à l’étranger en 2018, principalement aux… Etats-Unis, au Brésil, au Japon, en Ukraine, en Russie et au Maroc… .

Les 20 documents sélectionnés pour constituer ce dossier à double entrée (Pesticides et Racisme) sont ordonnés et classés dans le sommaire ci-après

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Sommaire

1. Vers des Campus universitaires sans herbicides aux Etats-Unis

2. L’organisation potagère et alimentaire de ’Herbicide-Free Campus’ (HFC) (Campus sans herbicide) pendant l’été 2020

3. Mise à jour sur le mouvement ‘Campus universitaires sans herbicides’ (Herbicide-Free Campus ou HFC) aux Etats-Unis

4. D’où vient le terme BIPOC aux Etats-Unis ? - Par Sandra E. Garcia (photo) June 17, 2020 - Leer en español – Document ‘nytimes.com’

5. Le mouvement ‘Black Lives Matter’ (BLM) aux Etats-Unis selon Wikipédia

6. Pour arriver à la reconnaissance des Juifs de couleur aux États-Unis - Par Josefin Dolsten - 23 septembre 2020, 19:09 – Document ‘fr.timesofisrael.com’

7. Quelles sont les caractéristiques de la population américaine ? – Document ‘maxicours.com’

8. Histoire sociolinguistique des États-Unis - (7) L’Amérique multiculturelle - (De 1960 jusqu’à aujourd’hui) - Avis : cette page a été révisée par Lionel Jean, linguiste-grammairien.

9. Voir également : Carte. Une approche territoriale des divisions ethniques aux Etats-Unis

10. Quand la notion de ’racisme systémique’ entre dans un dictionnaire américain - Le 08/09/2020 - À retrouver dans l’émission Le Tour du monde des idées par Brice Couturier

11. La réalité du multiculturalisme aux États-Unis - Le nationalisme américain à l’oeuvre - 22 novembre 2004 – Document canadien ‘ledevoir.com’

12. En marketing - Ethnique ou multiculturel : Quelles différences ? – Document communiqué ‘targethnic.com’

13. Diversité ethnique : « Tirons dans la French Tech, les leçons du malaise Américain » - Par OPINION - Le 12 juillet 2020 à 11h47 - Mehdi Tahri, cofondateur d’Iziwork

14. Michèle Tribalat : « Les catégories ethno-raciales sont devenues une obsession aux Etats-Unis, et voilà le livre qui explique pourquoi » - Par Michèle Tribalat, mis à jour le 08 septembre 2020 à 09:32 – Document ‘lefigaro.fr’

15. Pourquoi le Texas est le laboratoire de l’Amérique de demain - Philippe Corbé édité par Camille Kauffmann - Publié le 22/09/2020 à 07:05 - Document ‘rtl.fr’

16. La question des races en France : une instrumentalisation américaine - Par Politique Magazine ; 25 septembre 2020 – Diffusé par ‘RT France’

17. « Est-ce une erreur de ne pas identifier tous les habitants du continent américain comme des Américains ? - Par Jean Camille Étienne, architecte et urbaniste d’origine haïtienne - 28/08/2020 - Document ‘haitiprogres.com’

18. Livre - « Rumeurs d’Amérique » d’Alain Mabanckou - Par Gladys Marivat - Publié le 02 octobre 2020 – Titre : « Au jour le jour » - Document ‘Le monde des livres Rencontre’ - Article réservé aux abonnés (accès conditionnel)

Addenda :

19. Entretien avec Tania de Montaigne : « C’est à l’école que j’ai découvert que j’étais noire » Par Sandrine Blanchard Publié le 13 septembre 2020 à 01h20 - Mis à jour le 13 septembre 2020 à 13h37 – Document ‘Le Monde’ article réservé à nos abonnés [Lecture conditionnelle]

20. L’UE a autorisé l’exportation de plus de 80.000 tonnes de pesticides pourtant interdits au sein de l’Union Par Stéphane Mandard Publié le 10 septembre 2020 à 01h00 - Mis à jour le 11 septembre 2020 à 11h14 – Document ‘Le Monde’ Planète Pollutions - Article réservé aux abonnés [Lecture conditionnelle]

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1.
Vers des Campus universitaires sans herbicides aux Etats-Unis

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Message du mouvement ’Herbicide-Free Campus’ [mail : hello@herbicidefreecampus.org ]– En date du 23/09/20 à 16:43 – Traduction par Jacques Hallard, avec compléments ajoutés.

En 2020, les réalités croisées du changement climatique, d’une pandémie mondiale et d’un mouvement historique pour la justice raciale ont fusionné pour créer une époque de changement social radical. Au mouvement ’Herbicide-Free Campus’ [HFC], (Campus sans herbicides), nous reconnaissons que cette période est cruciale pour notre mouvement - maintenant plus que jamais, la santé des populations et de la planète doit devenir primordiale, alors que nous envisageons un avenir plus équitable pour tous.

Les étudiants militants du mouvement ’Herbicide-Free Campus’ [HFC], (Campus sans herbicides) de 18 campus états-uniens dans 10 États différents sont retournés à l’école ce mois-ci pour le début d’une année scolaire sans précédent. Alors que les campus s’adaptent à de nouvelles méthodes d’enseignement, les étudiants boursiers du mouvement HFC expérimentent des moyens innovants d’organisation pour éliminer les herbicides sur les campus universitaires.

Les élèves mettent à profit l’attention accrue accordée à la justice raciale et à la santé publique pour pousser leurs écoles à donner la priorité à la santé des jardiniers et autres travailleurs dans les espaces verts essentiels, en éliminant l’utilisation d’herbicides synthétiques nocifs à la santé humaine et à l’environnement.

La majorité des écoles vont fonctionner à distance dans un avenir prévisible et nous constatons que cette période est le moment opportun pour remettre en question les idéaux esthétiques, pour réévaluer ce qui est pulvérisé comme pesticides sur les campus et pour créer un changement culturel dans le domaine de la gestion du secteur paysagers. Envisagez de soutenir le travail en cours au sein du mouvement HFC si vous êtes en mesure de le faire.

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Photo - Étudiants de la ville de Berkeley en Californie lors d’une journée de travail de désherbage avec respect de la distanciation physique et sociale

Avec les incendies de forêt qui ont fait rage sur la côte ouest des Etats-Unis et avec plus d’ouragans que nous n’avons de noms pour les désigner menacent le sud-est de ce grand pays, des catastrophes naturelles qui affectent de manière disproportionnée les travailleurs essentiels et les communautés du BIPOC - le moment est maintenant de pousser nos établissements d’enseignement à prendre des mesures contre le changement climatique et le racisme environnemental, en commençant par chez eux dans leur propre arrière-cour.

Vous n’êtes pas étudiant, mais intéressé à vous impliquer ? Consultez les outils de changement de ‘Beyond Pesticides’ pour mettre fin à l’utilisation des herbicides synthétiques dans votre communauté.

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Premier appel national avec des étudiants boursiers à travers les Etats-Unis - Mise à jour des actions.

Rejoignez la ‘National Black Farmers Association’ (NBFA) et l’avocat des droits civils Ben Crump pour demander justice pour les travailleurs ‘noirs et bruns’ lésés par la rafle de Bayer : dites aux dirigeants de Bayer que vous boycottez leurs produits.

La National Black Farmers Association (NBFA) a déposé une plainte fédérale fin août 2020 aux Etats-Unis pour demander à Bayer de retirer la spécialité commerciale ‘Roundup’ du marché et d’indemniser les agriculteurs noirs à juste titre pour les problèmes de santé développés à la suite de l’utilisation des produits à base de glyphosate de Bayer. Cela fait suite au règlement par Bayer en juin 2020 d’une poursuite intentée par des dizaines de milliers de réclamations liant l’herbicide Roundup au lymphome non hodgkinien, en acceptant de payer plus de 10 milliards de dollars aux plaignants - et en continuant à vendre la spécialité commerciale Roundup sans étiquette d’avertissement informant les consommateurs des risques pour leur sécurité.

Le mouvement ’Herbicide-Free Campus’ [HFC], (Campus sans herbicides), considère ces paiements comme une solution de fortune (voir notre point de vue sur le règlement Bayer ici). Jon Boyd Jr. de la NBFA explique que « chaque fois que l’argent est sur la table pour ces colonies, les fermiers noirs ont été laissés de côté  ».

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John Wesley Boyd, Jr., président de la NBFA, et l’avocat Ben Crump annonçant une poursuite fédérale pour arrêter les ventes de l’herbicide ‘Roundup’. Photo : Christian Gooden, St.Louis Post-Dispatch

Lowe’s et Home Depot : faites le tour des causes du cancer !

Grâce à vous, HFC et 10 autres organisations ont recueilli plus de 157.000 signatures de consommateurs appelant ‘Home Depot’ et ‘Lowe’s’ à mettre fin à la vente du Roundup et d’autres herbicides à base de glyphosate. En l’absence de mesures réglementaires pour protéger les consommateurs, c’est à nous d’exiger que les détaillants agissent. Méfiez-vous des alertes à venir pour maintenir la pression sur ‘Home Depot’ et ‘Lowe’s’ pour qu’ils agissent.

Autres informations

Check out In the Weeds ! - Découvrez « In the Weeds » ! Notre blog est axé sur les perspectives, les mises à jour, les défis et les succès des étudiants avec leurs initiatives de campus sans herbicides. Lisez nos derniers articles et restez à l’écoute pour plus de mises à jour sur le blog de nos incroyables militants étudiants.

2. L
’organisation potagère et alimentaire de ’Herbicide-Free Campus’ (HFC) (Campus sans herbicide) pendant l’été 2020

Réalisations rapportées par les étudiants : Aliza McHugh, Tommy Hexter et Sierra Barsten

Notre été a été plutôt inattendu : alors que nous avions des plans personnels mis en place, des diplômes à assurer et peut-être des voyages à faire - des pivots et virages ont dû se produire en raison de la pandémie de coronavirus. Bien que stressant et inquiétant, cela a donné du temps pour une réinitialisation massive et une plus grande attention a été accordée aux besoins à la maison. Nous soulignons ci-dessous certaines des histoires du personnel et des étudiants des ‘Campus sans herbicide’ qui se sont engagés dans diverses activités locales dans leurs communautés et leurs régions locales pour aider à la récupération alimentaire, à la justice alimentaire, à l’agriculture et à des projets de durabilité :

Notre directrice des partenariats, Aliza McHugh, avait reconnu dès le début de la pandémie que les jardins communautaires et scolaires de sa ville de Santa Monica n’étaient pas utilisés pour nourrir ceux qui avaient faim. De plus, la création d’un nouveau jardin communautaire serait retardée indéfiniment. Elle a appelé la ville, le directeur du jardin et le service de développement durable, mais on lui a dit que rien ne pouvait être fait et qu’ils ne pouvaient pas avoir de nouveaux bénévoles à l’époque.

Quelques mois plus tard, un ami de la famille a commencé à collaborer avec le district scolaire et les agents de liaison communautaires et a constaté le besoin de continuer à aider les familles dont les enfants reçoivent généralement une aide alimentaire pendant l’année scolaire. « Nourrir les familles de Santa Monica est née » - nous avons travaillé pour rassembler plus de 90 boîtes pour les familles dans le besoin en utilisant des dons, des produits achetés et d’autres aliments, y compris des produits séchés.

Depuis le début il y a deux mois, ils ont également commencé à refaire les jardins de l’école élémentaire (avec l’aide du directeur du jardin de la ville !) qui étaient en grande partie mis en jachère lorsque le COVID-19 a frappé et Aliza a planté sur son ancienne école primaire plein de des légumes qui entreront bientôt dans les boîtes distribuées. Elle a également découvert l’esprit généreux des organisations communautaires et des entreprises qui ont donné des plants et des semences pour aider à installer des cultures dans les jardins. « Cela a été une véritable leçon de solidarité et de résilience : des gens de tous âges se réunissent tous les samedis pour aider à trier, à emballer et à donner de la nourriture à leurs voisins. Ils espèrent continuer ce travail lorsque l’année scolaire commencera également.

Photo - Aliza dans le jardin potager occupé avec une culture de courgettes

Photo - La petite sœur d’Aliza, Casey, met en place de nouveaux plants dans son école primaire

[Voir Bourses gratuites de Grinnell College aux USA – Bourse d’étude - www.boursedetude.org › bourses-gratuites-de-grinnell-... 31 août 2020].

Notre boursier du ‘Grinnell College’ [basé dans l’état de l’Iowa aux Etats-Unis], Tommy Hexter, est impliqué dans le mouvement des aliments locaux et de l’agriculture biologique dans l’Iowa depuis l’automne 2018, lorsqu’il a fondé ‘Grinnell College Farm House’, une communauté intentionnelle centrée sur l’accès équitable à des aliments frais qui exploite le seul jardin étudiant à Grinnell. Lorsque ses projets de stage d’été à TomKat Ranch ont échoué à cause du COVID-19, les parents de Tommy venaient de déménager à Grinnell depuis la Virginie et il a donc décidé qu’il utiliserait son emplacement à Grinnell et son temps supplémentaire pour accélérer son projet d’alimentation locale.

S’inspirant de la ‘City Beet’, une agriculture soutenue par la communauté (ASC) de Vancouver [« Vancouver est une cité canadienne du pourtour du Pacifique, située dans les basses-terres continentales de la province de Colombie-Britannique. Avec 631.486 habitants selon le recensement du Canada de 2016, elle est la huitième plus grande municipalité canadienne »], qui transforme les pelouses d’ornement en parcelles cultivées alimentaires : Tommy et son père ont transformé leur propre pelouse et la pelouse de leur proche voisin Ryan en grands jardins potagers. De plus, on a demandé à Tommy de prendre en charge un potager biologique d’un demi-acre à l’extérieur de la ville à un vétéran de l’armée de l’air nommé Dwaine qui n’est plus en mesure de s’en occuper.

Avec ‘Farm House’, deux paysages de pelouse et le potager d’un demi-acre, notre collègue GC, avec un peu d’aide de ses amis (dont Bridget Gustafson de HFC), s’occupe maintenant de 4 jardins et de plus d’un acre de fruits et légumes biologiques à Grinnell ! Une fois par semaine, le samedi après-midi, depuis le début du mois de juillet, il a collecté une récolte abondante dans les jardins, rassemblé les restes de produits supplémentaires des vendeurs du marché fermier et installé un kiosque gratuit dans un coin centralisé de Grinnell.

En seulement 4 semaines, le ‘Free Farmstand’ a fourni plus de 200 livres de produits gratuits à plus de 50 familles de la communauté de Grinnell, et chaque semaine, ce nombre augmente ! Le point de vue de Tommy : « Chaque pelouse bien entretenue que nous transformons en nourriture est un geste pour décoloniser l’esthétique, bâtir une véritable communauté et nourrir les gens avec des aliments riches en nutriments et régénératif ».

Photo – Le stand de distribution de Tommy Hexter en août 2020 - Tommy’s Free Farmstand, 7/19 -

Notre boursière récemment diplômée de l’Université Loyola Marymount (en anglais : Loyola Marymount University ou LMU) est une université privée américaine située à Los Angeles], Sierra Barsten, a participé aux efforts de justice alimentaire par le biais du journalisme et de l’éducation.

Information :

‘Turning Green’ is a global student-led movement devoted to cultivating a healthy, just and thriving planet through education and advocacy around environmentally sustainable and socially responsible choices. We inform, inspire, and mobilize a global network of elementary, middle, high school, college and graduate students to become visionary catalysts for sustainable change in their lives, school campuses, and local communities.

Turning Green est un mouvement mondial dirigé par des étudiants qui se consacre à la culture d’une planète saine, juste et prospère par l’éducation et le plaidoyer autour de choix écologiquement durables et socialement responsables. Nous informons, inspirons et mobilisons un réseau mondial d’étudiants du primaire, des collèges, des lycées, des universités et des cycles supérieurs pour devenir des catalyseurs visionnaires pour un changement durable dans leur vie, les campus scolaires et les communautés locales. - Source

Travaillant actuellement avec l’organisation à but non lucratif ‘Turning Green’ basée dans la région de Bay Area, Sierra Barsten a présenté une série d’articles à publier sur le site Web de ‘The Conscious Kitchen’ qui met en lumière les héros de notre chaîne d’approvisionnement alimentaire. Malgré les limites de la pandémie COVID-19, elle a pu interviewer des acteurs du changement tels que la fondatrice de ‘Tomatero Organic Farm’ à Watsonville, le‘Farm Manager d’Acta Non Verba’, ‘Youth Urban Farm Project’ à Oakland et les cofondateurs autochtones de la nation : restaurant Ohlone, Cafe Ohlone. Grâce à ces entretiens et articles, Sierra est en mesure d’utiliser positivement son privilège acquis en augmentant son exposition aux graves problèmes auxquels sont confrontés nos systèmes alimentaires et aux solutions nécessaires pour les résoudre.

La suprématie blanche [voir Le suprémacisme blanc « une idéologie raciste, fondée sur l’idée de la supériorité de ceux parmi les humains dont la peau est perçue comme blanche par les autres ou par eux-mêmes par rapport aux autres humains1…], la colonisation [voir plus loin] et le capitalisme sont les plus grands fléaux de notre nation et de nos systèmes alimentaires, et ceux qui ont été présentés dans cette série d’articles jusqu’à présent se battent pour changer cela.

Selon une introduction de Wikipédia, « La colonisation est une expression utilisée dans différents contextes, mais toujours dans le sens du peuplement et de l’occupation d’un espace. À l’origine, il s’agissait de décrire des processus historiques et des faits qui ont varié au cours de l’histoire. Enjeu majeur à l’origine de la géopolitique mondiale et pièce majeure de l’Histoire, la colonisation désigne alors la conquête de territoires et son peuplement par un pays. Cependant, la biogéographie du XIXe siècle a utilisé le terme pour décrire ce type de relation de tout être vivant dans son milieu naturel, notamment les animaux, les plantes, et les micro-organismes. Un autre sens est l’action de mise en tutelle d’un territoire moins développé et peu peuplé par les ressortissants d’une métropole. Le but pouvant être de l’occuper et d’en exploiter les richesses. En pratique, les processus de colonisation ont pu être de caractère économique, politique, militaire ou culturel, ou se manifester d’autres manières ; voire se développer de manière violente ou pacifique. La colonisation est un processus d’expansion territoriale et/ou démographique qui se caractérise par des flux migratoires se déroulant sous la forme d’une migration, d’une occupation plus ou moins rapide voire d’une invasion brutale d’un territoire. Dans ses formes les plus extrêmes, la colonisation peut s’accompagner d’une marginalisation, d’une réduction et - dans les cas les plus féroces - de massacres ou de génocide des populations autochtones. La colonisation peut avoir pour but l’exploitation d’avantages réels ou supposés (matière première, main-d’œuvre, position stratégique, espace vital, etc.) d’un territoire au profit de sa métropole à travers l’État qui taxe soit ses colons, soit les sociétés exploitant les ressources minières ou autres. Les arguments avancés par les colonisateurs pour motiver la colonisation sont souvent le « développement de la civilisation » ou la « mission civilisatrice ». Ceci conduit à la création d’infrastructures, qui restent en place après la fin de la colonisation, l’exploitation d’un espace géographique, la mise sous tutelle et suivant le cas la domination économique, politique, culturelle, voire religieuse. La colonisation sert alors indirectement des intérêts, étatiques ou privés, mercantiles et peu portés sur les valeurs. L’époque romaine a conduit à l’établissement de colonies en Europe, dont certaines sont devenues de grandes villes comme Cologne ou Marseille. Par la suite de nombreux territoires ont été colonisés sur de nombreux continents jusqu’à ce que des processus d’indépendance, de décolonisation ou d’assimilation y mette fin. Il faut distinguer les colonies des protectorats, par exemple attribués par la SDN le temps de conduire une colonie d’un pays vaincu (Cameroun, colonie allemande, Syrie et Liban, colonies ottomanes) à l’autonomie. La colonisation pose la question des relations entre les colonisateurs et les colonisés, et l’évolution des valeurs morales qui conduit aujourd’hui à avoir un regard critique sur ces faits passés, notamment dans des œuvres culturelles :

  • la Controverse de Valladolid (1550-1551) donne un aperçu de la bonne conscience des colonisateurs espagnols persuadés de l’infériorité de la culture des peuplades américaines. Le dominicain Bartolomé de Las Casas aura fort à faire pour convaincre ceux qui justifient l’emploi de la force « qu’il ne saurait y avoir d’esclaves par nature, ni de gens sans liberté et pouvoirs, ni de peuples sans souveraineté1. » Sa vision aura pourtant gain de cause.
  • le film La Victoire en chantant2 (Oscar du meilleur film étranger 1977) retraduit l’absurdité de la transposition du conflit européen de 1914-18 dans une colonie africaine française.
    Le processus de colonisation se différencie :
  • d’une simple occupation militaire d’un territoire car elle revendique plus ou moins ouvertement des intérêts ou des projets de nature économique, politique, idéologique ou religieuse ;
  • d’une annexion pure et simple car, si la colonisation se caractérise par l’envoi massif (colonie de peuplement) ou non (comptoir, protectorat…) de colons issus du pays colonisateur afin de gérer la colonie, il en résulte l’instauration d’une différenciation entre le citoyen et le colonisé (différence de traitement, de droits ou de statut juridique octroyé au colonisé, en défaveur de ce dernier) ;
  • de l’immigration, laquelle ne découle pas systématiquement d’un processus politique, qu’elle s’accompagne ou non de zones où l’autochtone n’est plus admis.
    Le colonialisme en tant que doctrine ou idéologie défend le processus de colonisation, en s’efforçant de légitimer des éléments qui ne vont pas de soi : Occupation de territoires voire d’un État, domination politique, exploitation économique des colons par leur État d’origine3 ou des intérêts étrangers. Il crée les conditions favorables à des politiques expansionnistes d’occupation, avec l’établissement d’une ou plusieurs colonies et la mise sous influence étrangère d’autres territoires qui seront contraints d’accepter des liens de dépendance4. Est qualifiable d’impérialisme le fait qu’une volonté politique exerce ou projette d’exercer — au nom de ses intérêts propres — une domination politique sur un territoire étranger et d’en assujettir ses habitants… » - Article complet à lire sur ce site : https://fr.wikipedia.org/wiki/Colonisation ].

[D’après l’introduction d’un article de Wikipédia, « Le capitalisme peut être défini par deux caractéristiques principales : la propriété privée des moyens de production ; une dynamique fondée sur l’accumulation du capital productif guidée par la recherche du profit1,2. Les économistes, les sociologues et les historiens ont adopté des perspectives différentes dans leurs analyses du capitalisme et en ont reconnu diverses formes dans la pratique. Ceux-ci incluent : le capitalisme de laissez-faire, le capitalisme de marché libre, l’économie sociale de marché ou le capitalisme d’État. Les différentes formes de capitalisme présentent des degrés variables de libre marché, de propriété privée, d’obstacles à la libre concurrence et d’implication de l’État à travers les politiques sociales3 et sont du ressort des politiques et de la loi. La plupart des économies capitalistes existantes sont des économies mixtes, qui combinent des éléments de libre marché avec l’intervention de l’État et, dans certains cas, la planification économique. Le système capitaliste a connu une popularité croissante depuis la révolution industrielle et est actuellement le système économique de la plupart des pays de la planète4. Il lui est fait de nombreuses critiques concernant notamment la morale, la validité des théories économiques, le rôle de l’État, le pouvoir du capitaliste, le partage de la valeur ajoutée et du profit, l’organisation du travail ou encore les relations internationales, bref de façon globale, sa régulation. En outre, l’implication de capitalistes dans de grandes questions sociétales, comme l’impérialisme ou les dégâts fait à l’environnement, font l’objet de controverses. Dans ces conditions, le mot capitalisme sera généralement employé avec une connotation critique ou une volonté de le combattre, notamment par les tenants du marxisme et de l’anarchisme… » - Article complet à découvrir sur ce site : https://fr.wikipedia.org/wiki/Capitalisme ].

Suite de l’article traduit

Le BIPOC (traité plus loin, voir le point 4 du sommaire), les agriculteurs, les chefs et les militants de nos systèmes alimentaires biologiques et urbains sont sous-estimés et mal desservis.

Il est crucial, en particulier pendant les périodes aussi turbulentes que celles-ci, que les gens renouent avec la provenance de leur nourriture et travaillent pour protéger les personnes souvent exploitées, impliquées dans la production alimentaire. En plus de son travail dans le journalisme de justice alimentaire, Sierra Barsten a également travaillé avec ‘Turning Green’ pour créer des ressources éducatives à distribuer dans les districts scolaires de Bay Area [Région de la baie de San Francisco ]qui peuvent informer les étudiants sur la chaîne d’approvisionnement alimentaire.

En donnant aux élèves des connaissances sur leurs ressources et leurs choix alimentaires, ces boîtes à outils pédagogiques peuvent aider les jeunes à prendre des décisions éclairées sur leur consommation alimentaire. Vous pouvez vous tenir au courant des documents sur les agents et artisans incroyables de nos systèmes de productions alimentaires sur le blog de ‘The Conscious Kitchen’ ici >

Food Access, Gentrification, and Decolonization : An Urban Farmer’s Words on the Racial Tension of Our Food Systems (Accès à la nourriture, ‘gentrification’ et décolonisation : les mots d’un agriculteur urbain sur la tension raciale de nos systèmes alimentaires) By The Conscious Kitchen/ Community, Equity and Justice / July 30, 2020.

Photo – Bridge W - Des légumes frais produits à la ferme sur une parcelle d’environ 2.000 m² (½ acre)

Photo – Vue sur un tiers du potager mis en place par Tommy Hexter à Grinnell

Photo – L’un des jardins d’Acta Non Verba sous les voies du BART (à gauche) et Aaron et son chien amoureux des radis dans le jardin (à droite). BART « Le BART (acronyme de San Francisco Bay Area Rapid Transit District) est un système de trains de voyageurs express à traction électrique qui dessert l’agglomération de la baie de San Francisco (Californie), et notamment les municipalités de San Francisco, Oakland, Berkeley, Fremont et Walnut Creek… »

Source : https://www.herbicidefreecampus.org/blog/hfcs-food-organizing-summer?ss_source=sscampaigns&ss_campaign_id=5f6907018453a601fb9e6927&ss_email_id=5f6b5ee907e6d852825d4b46&ss_campaign_name=Herbicide+Free+Campus+Newsletter&ss_campaign_sent_date=2020-09-23T14%3A43%3A21Z

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3.
Mise à jour sur le mouvement ‘Campus universitaires sans herbicides’ (Herbicide-Free Campus ou HFC) aux Etats-Unis

Le printemps 2020 a connu d’importants changements de programmation alors que les étudiants quittaient leur campus, mais l’inspiration et l’engagement pour créer un avenir sans herbicides ne se sont jamais sentis aussi forts. Les étudiants ont ainsi saisi l’occasion de continuer à apporter des changements sur les campus en mettant en œuvre des solutions innovantes telles que des journées de travail de désherbage avec respect de la distanciation sociale.

Pendant cette période inhabituelle, l’équipe HFC a continué à soutenir nos boursiers actuels et à fournir une formation axée sur les demandes de dossiers publics, le plaidoyer basé sur les médias sociaux, la rédaction et la publication d’articles d’opinion et d’éditoriaux, ainsi que la planification des actions futures, en personne et en ligne.

Nous avons lancé un programme pilote de lycée d’été, travaillé avec ‘US Right to Know’ pour enquêter sur l’influence des entreprises et sommes en train d’intégrer de nouveaux étudiants boursiers pour l’année scolaire 2020-2021. Nous sommes ravis de lancer une nouvelle piste axée sur la recherche sur les campus sans herbicides (HFC), dans laquelle les étudiants auront l’occasion de s’engager dans des recherches de pointe sur les herbicides avec le soutien des ressources et de l’expertise des HFC.

Photo - Étudiants de l’Emory lors d’une journée de travail avec distanciation sociale. L’universitéEmory (Emory University), ou plus simplement Emory, est une université privée située à Atlanta dans l’État de Géorgie, aux États-Unis.

A qui apporter son soutien dans les temps actuels aux Etats-Unis :

Face à la pandémie de COVID-19 et à la crise des catastrophes naturelles successives, il est important de reconnaître l’interrelation pour bon nombre des grands problèmes pour lesquels les militants se battent. Étant donné que la lutte pour réduire l’utilisation des herbicides est une petite pièce dans le plus grand puzzle de la justice environnementale, nous vous demandons d’envisager de soutenir et faire connaître l’ensemble suivant :

California Wildfire Relief Fund - Latino Community Foundation

The Farmworker Project Fire Relief Fund

Oregon Wildfire Relief and Recovery - Oregon Community Foundation

Hurricane Laura Relief Organizations

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Rejoignez une campagne > Get startedCommencez à militer. Vous souhaitez rejoindre une campagne existante ? Voyez si votre campus fait partie du mouvement ici. Sinon, inscrivez-vous pour découvrir comment vous pouvez contribuer à rendre votre campus sans herbicides !

Donation – Soutien financier - Il ne nous faut que 500 $ pour lancer cela dans chacune des écoles à l’avenir. Chaque petite contribution compte ! Source

Addenda - Message du 06/10/20 16:32 - Thank you for your support ! Merci pour votre soutien !

EN. Your support makes a big difference in increasing public health for students, groundskeepers and campus communities and decreasing environmental harm caused by synthetic herbicides. We are launching our Fall Fundraiser with the goal of raising $10,000 to spread our campaign to more campuses across the country. Please consider donating if you are in the position to do so. Donate To Herbicide Free Campus. FR. Votre soutien fait une grande différence pour améliorer la santé publique des étudiants, des gardiens de terrain et des communautés du campus et pour réduire les dommages environnementaux causés par les herbicides synthétiques. Nous lançons notre collecte de fonds d’automne dans le but d’amasser 10 000 $ pour étendre notre campagne à plus de campus à travers le pays. Veuillez envisager de faire un don si vous êtes en mesure de le faire. Faites un don au campus sans herbicideEN. COVID-19 has spotlighted social inequities, environmental racism, public health concerns, and feelings of isolation and immobility. As society begins to further prioritize health, Herbicide-Free Campus’ (HFC) mission of stopping the use of herbicides on school grounds and advocating for a transition to organic land care maintenance has become increasingly relevant. HFC is campaigning to eliminate the use of synthetic pesticides through education, shifting the aesthetic goals of campuses, collaborative student-groundskeeper weeding work days, and organic land care training. We offer a fellowship program for students to bring HFC to their school, and we empower HFC Student Fellows to be agents of positive change through our one-on-one guidance, educational resources, recruitment and leadership training.FR. Le COVID-19 a mis en lumière les inégalités sociales, le racisme environnemental, les problèmes de santé publique et les sentiments d’isolement et d’immobilité. Alors que la société commence à donner la priorité à la santé, la mission du Campus sans herbicide (HFC) consistant à arrêter l’utilisation d’herbicides sur les terrains des écoles et à préconiser une transition vers un entretien biologique des terres est devenue de plus en plus pertinente. HFC fait campagne pour éliminer l’utilisation de pesticides synthétiques grâce à l’éducation, en modifiant les objectifs esthétiques des campus, en collaborant avec les étudiants et les jardiniers sur le désherbage et la formation sur les soins biologiques des terres. Nous offrons un programme de bourses aux étudiants pour amener HFC à leur école, et nous donnons aux étudiants HFC les moyens d’être des agents de changement positif grâce à nos conseils individuels, nos ressources pédagogiques, notre recrutement et notre formation en leadership.EN. We are launching our Fall Fundraiser with the goal of raising $10,000. With $10,000 we could expand our work to 10 new universities across the country while continuing our work with 24 campus fellows on 18 campuses across 10 states. Your support, at any level, helps HFC progress and grow our campaigns across the country. $6 will fund a day of campaigning on a campus - $42 will fund a week of campaigning on a campus- $108 will fund a day of campaigning at 18 campuses across the country - $500 will fund a student fellow for a semester - $1,000 will fund a university campaign for a year - $2,000 will fund an organic landscape pilot project with expert consultation. FR. Nous lançons notre collecte de fonds d’automne dans le but d’amasser 10 000 $. Avec 10 000 $, nous pourrions étendre notre travail à 10 nouvelles universités à travers le pays tout en poursuivant notre travail avec 24 boursiers sur 18 campus répartis dans 10 États. Votre soutien, à tous les niveaux, aide les HFC à progresser et à développer nos campagnes à travers le pays. 6 $ financeront une journée de campagne sur un campus - 42 $ financeront une semaine de campagne sur un campus - 108 $ financeront une journée de campagne dans 18 campus à travers le pays - 500 $ financeront un étudiant boursier pour un semestre - 1000 $ financeront un campagne universitaire pendant un an - 2 000 $ financeront un projet pilote de paysage biologique avec consultation d’experts.Adresse : Herbicide Free Campus (HFC), 2515 24th St, San Francisco, CA, USA.

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4.
D’où vient le terme BIPOC aux Etats-Unis ? - Par Sandra E. Garcia (photo) June 17, 2020 - Leer en español – Document ‘nytimes.com’

L’acronyme BIPOC, qui signifie noir, indigène et peuple de couleur, est soudainement partout. Fait-il son travail ?

Photo - Une marche des mères du BIPOC à pied du troisième poste de police vers un site commémoratif à la mémoire de George Floyd à Minneapolis, dans l’état du Minnesota, le 14 juin 2020. Crédit Brandon Bell / Getty Images.

Les Noirs américains ont été appelés par de nombreux noms aux États-Unis. Afro-américain, nègre, coloré et l’indicible insulte qui rime avec ‘plus gros’. Ces dernières semaines, alors que les manifestations contre la brutalité policière et le racisme ont envahi les rues et les réseaux sociaux, un autre terme plus inclusif a été attribué à la population : le BIPOC.

L’acronyme signifie « Noir, Autochtones et personnes de couleur ». Bien qu’il soit maintenant omniprésent dans certains coins de Twitter et Instagram, la première référence que le New York Times a pu trouver sur les réseaux sociaux était un tweet de 2013.

En tant qu’expression, « les gens de couleur » remonte à des siècles - il a été cité pour la première fois dans ‘The Oxford English Dictionary’, avec l’orthographe britannique « couleur », en 1796 - et est souvent abrégé en POC. Les deux autres lettres, pour les Noirs et les Autochtones, ont été incluses dans l’acronyme pour rendre compte de l’effacement des Noirs à la peau plus foncée et des Amérindiens, selon Cynthia Frisby, professeur de communication stratégique à la ‘Missouri School of Journalism’.

« Les Noirs et les Autochtones ont été ajoutés pour faire en sorte que ce soit inclusif », a déclaré Mme Frisby. « Je pense que le but principal de cela était d’inclure des voix qui n’avaient pas été entendues à l’origine et qu’ils voulaient les inclure dans le récit, une peau plus foncée, des noirs et des groupes autochtones, afin qu’ils puissent s’assurer que toutes les nuances de peau sont représentées ».

Charmaine Nelson, professeure d’histoire de l’art à l’Université McGill, a déclaré que l’histoire des Noirs et des Autochtones au Canada exige la distinction entre eux et les autres personnes de couleur. Dans certaines régions du Canada, principalement à l’est de l’Ontario, les peuples autochtones ont été colonisés mais non réduits en esclavage, a-t-elle dit, contrairement aux Africains qui ont été soumis partout à l’esclavage.

« Nous comprenons que sous le colonialisme, les peuples africains et autochtones ont vécu des expériences très différentes », a déclaré le Dr Nelson. « Rassembler tout en un, c’est effacer, ce qui est la nature même de la pratique génocidaire ».

Si l’intention était d’aider à le préciser, certains ne comprennent pas le message. Sur les réseaux sociaux, beaucoup ont supposé que le terme signifiait « personnes bisexuelles de couleur ». D’autres le lisent comme « biopic », le raccourci d’un film biographique. Le terme a semé la confusion, et il n’y a pas d’accord universel sur ce qu’il signifie ou sur ce qu’il comprend réellement, mais pour la plupart des gens, les personnes de couleur comprennent aussi les Latinos et les Asiatiques.

Photo de profil, ouvre la page de profil sur Twitter dans un nouvel onglet - Sam Sanders - @samsanders

J’avais huit ans quand j’ai compris que « BIPOC » ne signifie PAS en fait « personne bisexuelle de couleur ».

21:48 · 11 juin 2020

Mme Frisby a déclaré que la partie la plus importante de l’acronyme était d’inclure les peuples autochtones, qui demandent également que les services de police changent, dans les discussions où la race est mentionnée.

« Ce que nous savons, c’est que, le plus souvent, ils ont été pratiquement inexistants dans toute discussion sur la race ou toute discussion ou tout autre genre de choses », a-t-elle déclaré. « Nous ne voyons aucun récit qui les inclut. Ce que nous voyons lorsque les peuples autochtones sont inclus, ce sont les sports. Nous avons des images et une controverse sur les mascottes, puis vous avez des produits qui dépendent des peuples autochtones comme la margarine et le beurre Land O ’Lakes ».

De nombreux Noirs sont prêts à donner de l’espace au sort des Amérindiens, mais il y a une frustration quand il s’agit du terme BIPOC.

« Il est paresseux de nous regrouper tous comme si nous étions tous confrontés aux mêmes problèmes », a déclaré Sylvia Obell, animatrice du podcast Netflix ’Okay, Now Listen’. « Lorsque vous nous mélangez tous comme ça, c’est un effacement. Cela permet aux gens de s’en tirer sans connaître les personnes de couleur et notre ensemble distinct de problèmes auxquels nous sommes tous confrontés. Cela permet aux gens de jouer en toute sécurité et de ne laisser personne de côté, et cela vous permet également de ne pas avoir à faire le travail.

À un moment où les Noirs américains demandent que les noms des personnes tuées aux mains de la police soient prononcés à haute voix, et où les Noirs demandent l’égalité de traitement à l’échelle mondiale, essayant de réunir toutes les personnes de couleur et les Amérindiens en un seul terme peut sembler sourd.

« Le fait est que nous voulons prendre notre place », a déclaré Mme Obell. « Prenez le temps de dire noir, latin et asiatique. Dites nos noms. Prenez le temps d’apprendre. Montrez-nous que vous connaissez la différence ».

Tenter de représenter autant d’identités différentes en un seul terme est un produit du colonialisme, selon Chelsey Luger, formatrice en bien-être au ‘Native Wellness Institute’ et membre inscrite au ‘Turtle Mountain Band of Chippewa’, une nation tribale de l’état du Dakota du Nord.

« C’est un terme redondant et quelque chose d’autre », a déclaré Mme Luger. « Toutes les personnes de couleur sont autochtones. Beaucoup de personnes de couleur ne sont pas reconnues comme telles et n’ont pas de lien avec cette idée parce que leur identité autochtone a été effacée par les techniques d’assimilation ou simplement le lien avec nos histoires et notre histoire nous a été violemment enlevée.

Les membres de la ‘Kalpulli Ketzal Coatlicue’ se sont produits avant la marche des mères du BIPOC à Minneapolis le 14 juin 2020.

Photo - Des membres de la ‘Kalpulli Ketzal Coatlicue’ se sont produits devant la marche des mères du BIPOC à Minneapolis le 14 juin 2020.Crédit ... Brandon Bell / Getty Images

La communauté autochtone critique les désignations des Amérindiens et des Premières Nations, comme on appelle les autochtones au Canada, parce que leur diversité n’est pas reconnue en ces termes, selon Mme Luger.

« Le fait que les gens pensent que nous sommes un groupe homogène et qu’ils ne reconnaissent pas notre diversité contribue à notre déshumanisation », a déclaré Mme Luger. « Il est de notoriété publique que les Américains européens et blancs viennent de milieux complexes multinationaux avec des histoires très diverses. Il est dangereux de perpétuer l’idée que les Noirs et les autochtones de couleur sont homogènes ».

Certains sont à l’aise pour se dire BIPOC

« Avant c’était :« Dois-je les appeler des Noirs ou des Afro-Américains », mais le BIPOC est sorti récemment », a déclaré Gabby Beckford, un créateur de contenu de voyage. Dans une vidéo publiée sur sa chaîne YouTube, elle a expliqué les différences entre les termes.

« Je ne pense pas que ce soit censé diviser les gens », a déclaré Mme Beckford dans une interview. « Si vous parlez des Noirs, ne dites pas BIPOC. Si vous parlez de surpolissage aux États-Unis, vous pouvez dire les Noirs. Cela peut sembler paresseux, mais si vous parlez à des personnes de couleur en général, par rapport à l’expérience des blancs, je pense que vous devriez dire BIPOC ».

D’autres veulent simplement être inclus dans le processus de création de termes censés les représenter. « C’est comme lorsque nous leur avons demandé d’arrêter les flics qui ont tué Breonna Taylor et qu’ils se sont dit : « Pourquoi ne pas adopter une loi ? », A déclaré Mme Obell. « Nous demandons beaucoup de choses, et être appelé BIPOC n’en fait pas partie. ».

« Arrêtez de prendre des décisions pour nous sans nou ».

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Queen of Bling - Celia Sawyer

© 2020 The New York Times Company - Source : https://www.nytimes.com/article/what-is-bipoc.html

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5.
Le mouvement ‘Black Lives Matter’ (BLM) aux Etats-Unis selon Wikipédia

Description de l’image Black Lives Matter logo.svg.

{{}}
Date 2013
Localisation États-Unis
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Organisateurs Patrisse Cullors, Alicia Garza et Opal Tometi
Revendications Antiracisme, dénonciation de la discrimination exercée par les forces policières, des violences policières, du profilage racial et de la mort de citoyens afro-américains par des policiers.

Black Lives Matter (BLM) — qui se traduit par « les vies noires comptent » ou « la vie des Noirs compte »1 — est un mouvement politique né en 2013 aux États-Unis dans la communauté afro-américaine militant contre le racisme systémique envers les Noirs. Ses membres se mobilisent contre les atteintes mortelles de personnes noires par des policiers blancs. Ils accordent une importance particulière au profilage racial, à la violence policière ainsi qu’à l’inégalité raciale dans le système de justice criminelle des États-Unis.

Le mouvement occupe une place importante dans les manifestations et émeutes de l’été 2020 aux États-Unis et dans le monde, après la mort de George Floyd, qui sont ensuite ravivées par la mort d’autres hommes noirs lors de leur arrestation par des policiers blancs, comme Rayshard Brooks, ou leur arrestation qui tourne mal comme celle de Jacob Blake.

Controversé, ce mouvement a donné lieu en réaction au slogan All Lives Matter (« toutes les vies comptent ») et au mouvement de défense de la police Blue Lives Matter (« les vies bleues comptent »)

Article complet à lire sur ce site : https://fr.wikipedia.org/wiki/Black_Lives_Matter

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. Pour arriver à la reconnaissance des Juifs de couleur aux États-Unis - Par Josefin Dolsten - 23 septembre 2020, 19:09 – Document ‘fr.timesofisrael.com’

Avec le mouvement BLM en point de mire, de nombreuses organisations juives s’efforcent de rendre les communautés plus accueillantes, des initiatives entamées il y a des décennies

Photo - Des membres de Jews for Racial and Economic Justice, dont April Baskin, au premier rang, à l’extrême droite, et Leo Ferguson, troisième à partir de la droite, défilent dans le cadre d’une manifestation de Jews Black Lives à New York en 2016. (Erik McGregor/Pacific Press/LightRocket via Getty Images/ via JTA)

JTA – Alors que les protestations pour la justice raciale ont balayé les États-Unis cet été, de nombreuses organisations juives américaines se sont jointes à elles. Elles ont publié des déclarations et se sont engagées à agir. Elles ont organisé des événements en ligne pour faire entendre la voix des Juifs noirs et des autres Juifs de couleur. Ils ont également engagé des Juifs de couleur pour partager leurs histoires et les conseiller sur la manière de créer des environnements plus inclusifs et plus équitables.

Une grande organisation qui avait passé le printemps à guider le monde juif à travers la crise financière provoquée par la pandémie s’est même écartée de sa mission originale pour créer un nouveau poste axé sur la justice raciale – et l’a confié à un rabbin de couleur.

L’explosion de l’intérêt et de l’engagement dans le travail de justice raciale à travers le monde juif n’était pas seulement circonstancielle. Elle est le reflet de décennies d’organisation et de défense par les Juifs de couleur, qui ont découvert que le monde s’orientait soudainement vers ce qu’ils faisaient depuis longtemps, dans le prolongement d’un changement initié par la montée du mouvement Black Lives Matter il y a plusieurs années.

« Je crois que la communauté institutionnelle juive s’est retrouvée dans une position où elle devait rattraper son retard et, par conséquent, le regard s’est tourné vers les Juifs de couleur et leur a demandé ‘Comment pouvez-vous nous aider en ce moment’ », confirme Yavilah McCoy, qui a commencé à rassembler les Juifs de couleur en 1997 et qui dirige aujourd’hui ‘Dimensions’, un cabinet de conseil spécialisé dans l’égalité raciale et les programmes pour les Juifs de couleur.

« Cela ne veut pas dire que pendant les 10, 12 années précédentes, les Juifs de couleur ne faisaient rien pour s’offrir un service direct. C’est juste que ce travail ne figurait pas en tête de la liste des priorités de ce qui était considéré comme l’organisation communautaire institutionnelle juive », précise Mme McCoy.

Écoutez le podcast (35 minutes en anglais) du ‘Times of Israel’ de cette semaine : une interview franche et approfondie avec Sandra Lawson, une rabbin noire, gay et femme > à la source

Vingt ans après que Yavilah McCoy a organisé pour la première fois une conférence pour les Juifs de couleur – dont beaucoup pleuraient, dit-elle, de voir d’autres qui leur ressemblaient célébrer le Shabbat – ce mouvement a connu une croissance considérable. Aujourd’hui, une initiative d’apprentissage de la Torah, une société de médias et de nombreuses autres associations à but non lucratif existent par et pour les Juifs de couleur, et les initiatives de jeunes Juifs de couleur reçoivent le soutien des plus grandes fondations juives du pays.

Voici comment certaines de ces organisations ont vu le jour, ont pris de l’ampleur et ont évolué au fil du temps, et les domaines dans lesquels les militants affirment que la communauté juive a encore beaucoup de chemin à parcourir.

« Il n’y avait pas vraiment de ressources »

La fin des années 1990 et le début des années 2000 ont vu la création de la première vague d’organisations s’occupant des Juifs de diverses origines.

Certaines répondaient à une augmentation de l’adoption interraciale et ont été fondées par des parents juifs blancs qui se battaient pour savoir ce que cela signifiait d’avoir adopté des enfants non blancs. À l’époque, il existait peu de ressources sur la diversité dans la communauté juive, et certains parents ont constaté que leurs enfants étaient accueillis avec ignorance par les membres de la communauté et étaient presque toujours les seuls enfants non blancs dans un cadre juif.

Le réseau a été fondé en 1997 par un groupe de parents de la côte est qui se battent avec ces problèmes, indique Chava Shervington, ancienne présidente du groupe et membre actuelle du conseil d’administration.

« Ils cherchaient à créer des espaces de soutien pour leurs enfants, à créer des lieux où l’identité de leurs enfants pourrait se sentir vraiment soutenue », explique Mme Shervington. « Où leurs enfants pourraient être plus que le seul ou l’un des très rares enfants de couleur dans leur communauté, où ils pourraient faire valoir et élaborer des stratégies avec d’autres familles sur la façon de soutenir leurs enfants, et comment ils pourraient rendre leurs communautés à la maison plus inclusives et plus solidaires ».

Photo -Une fête de Hanoukkah qui marquait le lancement de l’organisation Be’chol Lashon. (Autorisation : Be’chon Lashon/ via JTA)

À San Francisco, Gary et Diane Tobin se sont intéressés à la diversité de la communauté juive après avoir adopté un fils afro-américain. En 1999, ils ont lancé une étude visant à comprendre la diversité raciale et ethnique dans la communauté et, l’année suivante, ils ont fondé Be’chol Lashon, une organisation qui informe sur la diversité dans la communauté et qui réalise des programmes pour les Juifs de couleur et leurs familles, notamment un camp d’été pour les enfants.

« Il n’y avait pas vraiment de ressources, c’est essentiellement pour cela que nous avons fait l’étude que nous avons faite », explique Diane Tobin. (Gary Tobin est mort en 2009).

Les deux groupes ont rassemblé des familles juives multiraciales et ont cherché à éduquer sur la diversité dans la communauté juive au sens large.

Photo - Une fête de Hanoukkah qui marquait le lancement de l’organisation Be’chol Lashon. (Autorisation : Be’chon Lashon/ via JTA)

D’autres organisations étaient dirigées par des Juifs noirs – y compris ceux dont les familles pratiquaient le judaïsme depuis des générations, les enfants issus de mariages interraciaux et les convertis. Certaines organisations comprenaient des Juifs éthiopiens et des Juifs du Moyen-Orient qui s’identifiaient comme des personnes de couleur.

En 1997, Yavilah McCoy a commencé à organiser une liste de diffusion qui a été à l’origine d’Ayecha, un groupe d’éducation et de défense des Juifs de couleur qui a été officiellement constitué quatre ans plus tard. En 2000, elle a organisé la première conférence du groupe, où une centaine de Juifs de couleur se sont réunis à Edison, dans le New Jersey. De nombreux participants ne s’étaient jamais retrouvés dans un espace juif avec d’autres Juifs de couleur.

Mme McCoy se souvient de cette expérience comme étant « émotionnellement époustouflante ».

« Les gens ont dit que lorsqu’ils sont venus ce premier vendredi soir et qu’ils ont vu tous ces visages dans la salle, beaucoup d’entre eux ont pleuré », rapporte-t-elle.

Photo - Un service de Shabbat au Camp Be’chol Lashon en 2016 dirigé par L’Israélo-éthiopien Maor Sanbata. (Autorisation : Be’chon Lashon/ via JTA)

L’Alliance des Juifs noirs, fondée en 1996 par Robin Washington, écrivain noir et juif, Michelle Stein-Evers, militante noire et juive, et Capers Funnye, rabbin à la tête d’une congrégation d’Israélites noirs, était un autre groupe qui reliait les Juifs noirs. Bien que Capers Funnye ait été désireux de tisser des liens avec la communauté juive dominante et ait subi une conversion conservatrice, la plupart de ceux qui sont affiliés aux Israélites noirs ou hébreux – un mouvement d’Afro-Américains qui croient avoir des racines juives – ne se sont pas convertis et ne sont donc pas reconnus comme juifs par les synagogues principales.

Photo - Le rabbin Capers Funnye, à gauche, et Martha Leah Williams à la conférence juive africaine à New York, le 29 janvier 2019. (Josefin Dolsten/JTA)

Pour de nombreux Juifs de couleur, faire partie de ce groupe était la première fois qu’ils entraient en contact avec des gens comme eux. Avec l’émergence d’Internet, beaucoup ont pu se connecter malgré leur situation géographique différente, explique Bruce Haynes, professeur de sociologie à l’Université de Californie, Davis, qui a fait des recherches sur les Juifs noirs.

« Ils commençaient à parler de ce qu’ils ressentaient en étant avec la communauté juive », explique-t-il, « et les sujets d’aliénation et de marginalité raciale étaient primordiaux ».

Selon M. Haynes, les années 1990 se sont avérées une période fertile pour ces groupes, pour un certain nombre de raisons.

Les récents transports aériens de Juifs éthiopiens vers Israël et une plus grande reconnaissance des Juifs sépharades en Amérique ont permis de mieux comprendre à quoi pouvaient ressembler les Juifs. En outre, la croissance du « mouvement multiracial », un mouvement de la société américaine au sens large de familles métisses qui voulaient ajouter une option « multiraciale » au recensement américain, a contribué à accroître la prise de conscience des fluidité et des nuances de l’identité raciale.

Photo - Des Juifs éthiopiens arrivent en Israël en 2013, dans le cadre du projet ayant fait venir 7.500 Falashz Mura en Israël cette année-là. (Michal Shmulovich/ToI)

« Un certain nombre de choses sociales et démographiques se sont produites en même temps et ont soudainement rendu visibles des personnes qui étaient peut-être invisibles auparavant », commente M. Haynes.

Pourtant, alors qu’il y avait une prise de conscience croissante de la diversité au sein de la communauté juive, de nombreux Juifs de couleur ne se sentaient pas les bienvenus dans leur communauté.

Pour Mme McCoy, la fondatrice d’Ayecha, il était important de créer un espace pour les Juifs de couleur, car elle estimait que dans la communauté au sens large, la judaïcité était souvent assimilée à la blancheur. Elle rapporte que son travail d’organisation des Juifs de couleur n’était pas toujours bien accueilli par les Juifs blancs, et qu’il était difficile d’obtenir des fonds de philanthropie juive pour le travail d’Ayecha.

« Quand nous disions le terme de Juifs de couleur dans Ayecha, nous étions souvent accusés d’être subversifs et de nous éloigner de la communauté juive en général », témoigne-t-elle.

Photo - Un père et son fils réunis à l’aéroport Ben Gurion après le transport de 17 Juifss yéménites en Israël, le 14 août 2013. (The Jewish Agency/Facebook)

Les Juifs de couleur prennent la barre

Environ dix ans après sa fondation, les membres du Réseau multiracial juif ont commencé à se demander pourquoi l’organisation était largement dirigée par des Juifs blancs.

« L’organisation a pris conscience que si elle voulait vraiment améliorer la vie des Juifs de couleur, les faire se sentir vraiment inclusifs et accueillants et s’assurer que les Juifs adultes de couleur se sentent chez eux dans cette organisation comme le font nos enfants, ils doivent vraiment occuper des postes de direction », indique Chava Shervington, l’ancienne présidente.

« Ils doivent vraiment orienter cette conversation, ils doivent donner la priorité à cette conversation, et cela nécessite que nous changions notre façon de fonctionner, et certaines personnes ont pris du recul par rapport aux positions de leadership, ce qui a permis d’élever le leadership des Juifs de couleur ».

Depuis que ce changement a eu lieu à la fin des années 2000, le groupe a été dirigé principalement par des Juifs de couleur comme Chava Shervington, qui est noire.

Photo - Des membres du JFREJ lors d’une manifestation à New York en 2017. (Andy Katz/Pacific Press/LightRocket via Getty Images/ via JTA)

Les Juifs pour la justice raciale et économique, ou JFREJ, ont connu une transition similaire une demi-décennie plus tard. Fondée en 1990, l’organisation a été, pendant une grande partie de son histoire, composée en grande partie de Juifs blancs progressistes qui ont créé des coalitions avec des communautés de couleur non juives sur des questions liées à la race et à la pauvreté. Mais les Juifs de couleur étaient largement absents de la conversation.

Leo Ferguson a entrepris de changer cela lorsqu’il a rejoint l’organisation basée à New York en 2014.

« Il était clair pour moi qu’il manquait quelque chose dans ce modèle, qui est bien sûr qu’il y avait toute une communauté de Juifs de couleur qui ne faisait pas partie de cette communauté », explique-t-il.

Leo Ferguson, qui est noir et juif, a donc fondé un caucus des Juifs de couleur et a commencé à recruter des membres plus divers. Six ans plus tard, le JFREJ compte des membres beaucoup plus diversifiés et son personnel de neuf personnes comprend trois Juifs de couleur.

Photo - Des membres de Jews for Racial and Economic Justice, dont April Baskin, au premier rang, à l’extrême droite, et Leo Ferguson, troisième à partir de la droite, défilent dans le cadre d’une manifestation de Jews4BlackLives à New York en 2016. (Erik McGregor/Pacific Press/LightRocket via Getty Images/ via JTA)

« L’organisation est encore majoritairement blanche … mais nous avons un caucus florissant et ce depuis des années, et ce caucus a joué un rôle déterminant dans la façon dont l’organisation pense à sa propre communauté et à sa propre base », commente Leo Ferguson.

Le fait d’avoir une composition plus diversifiée a également changé les conversations avec les communautés de couleur.

« Pour la première fois, des personnes de couleur juives établissent des relations avec d’autres organisateurs non juifs de couleur autour de questions qui nous intéressent tous », se réjouit-il.

Un tournant dans le mouvement réformateur

Bien que certaines organisations individuelles, telles que la JFREJ, se diversifient, aucun Juif de couleur n’occupe de poste de direction dans la grande majorité des institutions juives – telles que les synagogues, les fédérations et les fondations. Aucun organisme confessionnel n’avait de Juif non blanc à un poste de direction.

Tout a changé en 2015 lorsque l’Union pour la réforme du judaïsme a annoncé qu’elle nommait April Baskin, une femme juive noire, au poste de vice-présidente de l’hospitalité audacieuse. Le travail d’April Baskin consistait à faire participer les Juifs qui avaient été marginalisés dans la communauté juive – y compris les personnes de couleur, les personnes LGBTQ, les familles interconfessionnelles et les personnes handicapées.

Photo - April Baskin s’est exprimée lors de la Marche pour la justice raciale à New York en 2017. (Mirah Curzer/ via JTA)

« C’était un signal tellement visible au sein de la communauté juive qu’il était difficile de l’ignorer », a déclaré Haynes, l’érudit des Juifs noirs. 

J’imagine que les gens se sont dit : « Oh, vous me voyez. Vous voyez enfin que je suis là. »

Baskin se souvient qu’elle a « presque pleuré » lorsqu’on lui a proposé ce rôle et qu’elle a lu la description du poste, qui citait un discours du président de l’URJ, le rabbin Rick Jacobs, sur l’inclusion des Juifs multiraciaux dans la communauté.

Elle a déclaré que « en tant que personne ayant étudié de près ce travail, c’était un point de repère, un moment important dans le contexte de la communauté juive ».

Photo - April Baskin. (Autorisation/Jill Peltzman/via JTA)

Baskin se rappelle avoir rejoint une organisation dans laquelle beaucoup de gens ignoraient l’existence de Juifs qui n’étaient pas blancs.

« Quand je suis entrée, cela a été un choc pour beaucoup de gens que j’existe », a-t-elle déclaré.

Baskin est souvent apparue avec Jacobs, et le mouvement a souvent parlé de son rôle. Elle est devenue célèbre dans la communauté si rapidement qu’elle était reconnue dans le métro et une fois en vacances à Martha’s Vineyard.

Elle a rapidement eu un impact. Baskin a fréquemment écrit et parlé des expériences et de la nécessité d’inclure les Juifs de couleur et a participé à des rassemblements antiracistes. Elle a créé la JewV’Nation Fellowship, une association de dirigeants qui a engagé un groupe diversifié de Juifs. Sa deuxième cohorte était entièrement composée de Juifs de couleur.

L’URJ dont elle est partie l’année dernière était très différente de celle qu’elle avait rejointe quatre ans plus tôt, a déclaré Baskin.

« Lorsque j’ai quitté l’URJ, les gens étaient aux prises avec des questions clés en matière d’inclusion, et commençaient vraiment à réfléchir aux rouages des initiatives d’inclusion. Cela nous a permis de passer de ‘OK, c’est un choc’ à ‘C’est une réalité’ – et pas pour l’ensemble du mouvement réformateur, car il est énorme – mais c’était certainement vrai chez nombre de ses dirigeants locaux et nationaux », a-t-elle déclaré.

Une représentation toujours à la traîne

Bien que la nomination de Baskin ait contribué à faire avancer le cadran, les Juifs de couleur continuaient à être loin et peu nombreux dans les organisations juives.

La grande majorité des synagogues, des organismes rabbiniques, des fédérations et des fondations sont toujours dirigées par des Blancs. Lorsque des Juifs de couleur sont recrutés, ils sont souvent les seuls Blancs dans l’organisation.

En 2018, SooJi Min-Maranda est devenue la première juive de couleur à diriger un organisme confessionnel avec sa nomination au poste de directrice de l’ALEPH : l’Alliance pour le renouveau juif, l’organe dirigeant du mouvement du renouveau juif.

Photo - SooJi Min-Maranda, deuxième à partir de la droite, lors de la célébration de sa bat mitzva. (Autorisation)

« Il y a de petites avancées, de petits changements qui commencent à se produire en ce qui concerne les Juifs de couleur dans les postes de direction, mais l’échelle en termes d’ampleur et de profondeur du leadership n’est pas là où elle doit être », a déclaré Min-Maranda.

Dans de nombreux cas, les Juifs de couleur se retrouvent à plaider pour l’inclusion dans des organisations majoritairement blanches.

Gamal Palmer est le seul Juif noir parmi les 170 personnes qui composent le personnel de la Fédération juive de Los Angeles. Bien que son portefeuille concerne le développement des cadres supérieurs, il a décidé, il y a deux ans et demi, de s’occuper du projet d’intégration des Juifs de couleur, qui n’était pas un domaine d’intérêt.

Photo - Gamal Palmer, à droite, avec Lisa Circincione jouant l’histoire de l’auteur Dora Levy Mossanen, « Soraya et le Mollah ». (Crédit photo : Joyce Culver)

Le projet a été « vraiment difficile », a-t-il dit, tant pour trouver une stratégie visant à faire participer les Juifs de couleur que pour opérer un changement dans la communauté juive.

« En tant qu’organisation, nous sommes fiers de nous efforcer d’être inclusifs de différentes manières, mais nous n’avions pas encore vraiment donné la priorité aux Juifs de couleur, donc parce que j’ai travaillé là-bas, cela a été un véritable défi d’équilibrer ce que je considère comme personnel et comment fonctionner en tant que professionnel », a-t-il déclaré. « Et j’ai aussi traversé un important processus d’apprentissage de création d’alliés au sein de l’organisation. »

Yavilah McCoy, la fondatrice d’Ayecha qui dirige maintenant Dimensions, est déçue par le manque d’organisations juives dirigées par des femmes noires comme elle.

« En tant que l’une des seules femmes noires à diriger une association à but non lucratif qui fournit un service direct aux Juifs de couleur dans notre communauté, » indique-t-elle, « j’aimerais voir la vie des Noirs compter davantage en ce moment en approfondissant l’investissement dans le leadership des femmes juives noires dirigeantes et les causes qu’elles mènent ».

Photo - Yavilah McCoy s’exprimant lors d’un événement organisé par Dimensions. (Autorisation : Yavilah McCoy/ via JTA)

Ilana Kaufman a travaillé pendant six ans dans des institutions juives de la région de San Francisco, notamment la fédération locale et le Conseil des relations de la communauté juive. Au sein de ces deux organisations, elle était la seule juive de couleur. Elle confie avoir fait l’objet d’une certaine hostilité lorsqu’elle a exprimé son soutien au mouvement Black Lives Matter – notamment en se faisant suggérer de ne pas porter un petit panneau « Black Lives Matter » à l’intérieur du bâtiment de la fédération et en étant continuellement rabrouée lorsqu’elle parlait de l’importance de s’adresser et de recruter des Juifs de couleur.

« Lorsque je parlais des Juifs de couleur, malgré le fait que j’en étais une, on me demandait constamment combien il y avait de Juifs de couleur et pourquoi j’en faisais tout un plat », rapporte-t-elle.

En 2018, Ilana Kaufman quitte le Conseil des relations de la communauté juive et fonde une organisation où les Juifs de couleur occupent le devant de la scène. La Jews of Color Field Building Initiative a obtenu un financement de la Fondation Harry et Jeanette Weinberg pour une étude qui visait à répondre aux questions sur le nombre de Juifs de couleur vivant aux États-Unis – une question que Mme Kaufman a déclaré qu’on lui posait souvent lorsqu’elle parlait de l’importance d’inclure cette population.

Photo - Ilana Kaufman : « Mon objectif a toujours été (de faire) un pont dans le monde ». (Autorisation : Ilana Kaufman/ JTA)

Publié en 2019, son rapport a révélé que des études antérieures avaient sous-estimé les Juifs non blancs à plusieurs égards. Les chercheurs ont notamment constaté un manque de cohérence dans la manière dont les études avaient posé les questions sur l’origine raciale – ou n’en posaient pas du tout – et utilisé des méthodes d’échantillonnage qui incluaient des sondés avec des noms de famille juifs stéréotypés ou qui s’appuyaient sur des listes communautaires, deux éléments qui, selon les chercheurs, sous-représentent les Juifs non blancs.

En se basant sur trois des enquêtes les plus complètes ayant posé des questions sur l’ethnicité, les chercheurs ont fait savoir qu’ils pouvaient estimer approximativement que 12 à 15 % des Juifs américains sont des personnes de couleur.

Des études antérieures, de l’enquête Pew de 2013 sur les Juifs américains aux estimations de 2019 du projet de l’Université Brandeis sur la population juive américaine et aux études des communautés locales, avaient déterminé une fourchette de 6 à 14 % de Juifs de couleur.

« Le fait de disposer d’un rapport bien conçu qui examine les données, mais qui permette également à la prochaine série de rapports d’être plus inclusive, a suscité l’intérêt des bons types d’organisations pour nous assurer qu’il y a une compréhension réfléchie de la diversité raciale dans la communauté », explique Ilana Kaufman.

Paula Pretlow, la première juive noire à siéger au conseil d’administration de la Fondation Weinberg, a été l’une des membres de la fondation à avoir plaidé pour le financement de l’étude de Mme Kaufman. Il s’agissait de la première subvention nationale de la fondation pour une organisation dirigée par un Juif de couleur et axée sur cette population.

« Je pense que si vous n’avez pas un conseil d’administration diversifié, si vous n’avez pas un ensemble de personnes diverses assises autour d’une table pour discuter, il vous manquera quelque chose par définition », souligne Mme Pretlow.

Photo - Des participants à un groupe de réflexion organisé par la Jews of Color Field Building Initiative à Berkeley, en Californie. (Autorisation/Jews of Color Field Building Initiative)

L’année dernière, après avoir accueilli une présentation de l’étude de la Kaufman’s Field Building Initiative, l’UJA-Federation of New York a lancé un groupe de travail composé d’une poignée de Juifs de couleur basés à New York et chargé de rendre la communauté juive plus inclusive. La fédération a augmenté ses dons à un certain nombre d’initiatives liées aux Juifs de couleur et à leur inclusion dans la communauté juive au cours des dernières années, notamment en accordant 150 000 dollars au Jewish Multiracial Network et 48 600 dollars à l’Ammud : The Jews of Color Torah Academy. L’organisation a également fourni près d’un million de dollars de financement à Be’chol Lashon depuis 2011.

« C’est une priorité stratégique pour l’UJA-Federation », commente sa directrice adjointe de la planification, Hindy Poupko. « La priorité est double : d’une part, s’assurer que les Juifs de couleur sont pleinement représentés dans nos institutions et plus largement dans notre communauté, et d’autre part, permettre et encourager la communauté juive à s’engager à œuvrer pour la justice raciale ».

Le mouvement ‘Black Lives Matter’ entre dans la communauté juive

Le mouvement Black Lives Matter, qui a été fondé en 2013 mais a pris de l’ampleur en 2016 – et plus récemment avec la mort de George Floyd – a suscité des conversations sur le racisme dans tout l’éventail politique de la société américaine.

De nombreuses communautés juives hésitaient au départ à participer au mouvement, en grande partie parce qu’en 2016 son groupe organisateur accusait Israël de commettre un génocide contre les Palestiniens.

Mais à mesure que les protestations ont pris de l’ampleur à la lumière des événements récents, les conversations sur la justice raciale sont devenues plus courantes. Des organisations de toutes les confessions ont condamné la mort de Floyd et plus de 130 groupes ont signé une lettre dans laquelle ils s’engagent à lutter contre le racisme systémique – bien que la lettre ne mentionne pas le mouvement Black Lives Matter.

Photo - Une manifestation du mouvement « Black Lives Matter » à New York, le 29 avril 2015. (Crédit : CC BY-SA Wikimedia commons, The All-Nite Images)

« Il y a quelques années, je pense que la plupart d’entre nous ne pouvaient même pas imaginer que tant d’organisations juives nous remarquent ou parlent de nous, qu’elles parlent de questions de justice raciale comme elles le font maintenant », commente Leo Ferguson, l’organisateur du JFREJ. « Je pense que cela a été un changement vraiment significatif.

« Lorsque la plateforme Black Lives Matter a été lancée [en 2016], elle a suscité une controverse au sein de la communauté juive, et aujourd’hui, de nombreuses institutions juives sont heureuses de dire fièrement qu’elles soutiennent Black Lives Matter ».

Cet été, alors que le pays a été confronté à ses siècles d’injustice, les lacunes dans la compréhension qu’a le monde juif des Juifs de couleur et des problèmes auxquels ils sont confrontés ont suscité un regain d’attention.

Hindy Poupko, de la fédération new-yorkaise, affirme que les manifestations qui ont suivi la mort de George Floyd ont accéléré et élargi les conversations communautaires sur le racisme.

« Alors que les protestations faisaient rage dans les rues de New York, je recevais des appels de toutes sortes de synagogues et d’organisations à travers New York demandant des ressources, [demandant] comment ils pouvaient organiser un atelier sur le racisme dans leur synagogue, comment ils pouvaient parler à leurs élèves de jour sur ce qui se passe », rapporte-t-elle. « Il y avait clairement une concentration, un intérêt pour cette question d’une manière que je n’avais personnellement jamais vue auparavant ».

Photo - Le rabbin Capers Funnye de la Beth Shalom B’nai Zaken Ethiopian Hebrew Congregation dans le sanctuaire de la synagogue, le 2 septembre 2008, dans le quartier Marquette Park de Chicago. (Crédit : AP Photo/M. Spencer Green)

Capers Funnye, le rabbin d’une synagogue noire à Chicago, espère que ce moment apportera un changement à l’intérieur et à l’extérieur de la communauté juive et aidera à construire des ponts entre les juifs blancs et noirs, y compris ceux qui sont affiliés au mouvement israélite.

« La pièce entière qui fait tourner le pays en rond depuis le meurtre du jeune homme Floyd et de plusieurs autres personnes qui ont été récemment mises au jour a vraiment, je crois, amené la communauté juive établie à se regarder elle-même et à s’interroger sur la façon dont elle reçoit les personnes qui s’intéressent même au judaïsme », indique le rabbin.

« Je prie pour que la communauté juive commence à être plus ouverte, à inclure davantage les Juifs de couleur et les Juifs afro-américains ».

Pourtant, même si les militants sont optimistes quant aux nouvelles conversations qui ont lieu, beaucoup disent que certains des problèmes originaux d’il y a des décennies ont persisté.

Photo - Rabbi Mira Rivera, au centre, avec des étudiants de l’Ammud : The JOC Torah Academy. (Autorisation : Ammud/ via JTA)

Le fait que les Juifs de couleur continuent à se sentir malvenus dans les synagogues et autres espaces juifs a donné naissance à une nouvelle génération de groupes accueillant et dirigés par des Juifs de couleur. Parmi ces groupes, on trouve l’Ammud du JOC ; TribeHerald, une nouvelle publication par et pour les Juifs de couleur ; Edot Midwest, une organisation pour les Juifs de couleur du Midwest ; le Collectif Mitsui, qui soutient la construction de communautés pour les Juifs multiraciaux ; et Black Yids Matter.

« Il y a une histoire commune que nous entendons de la part de beaucoup de nos membres qui se sentent exclus dans les espaces d’apprentissage juifs. Et cela peut prendre des formes très différentes », témoigne Arielle Korman, cofondatrice d’Ammud, un groupe new-yorkais fondé en 2019 qui propose des cours d’hébreu et de judaïsme entièrement dispensés par des Juifs de couleur à des étudiants de couleur. « Beaucoup témoignent qu’on leur demande sans cesse de prouver que leur place est là, de prouver leur appartenance ».

Arielle Korman souligne que la raison pour laquelle de tels groupes sont nécessaires ne doit pas être négligée. De nombreux étudiants de l’Ammud se sont sentis si mal accueillis qu’ils ont cessé de participer à la vie communautaire juive, dit-elle.

Illustratiion : Ben Faulding, natif de Crown Heights (NYV), met en exergue sa lutte contre le racisme. (Autorisation : What I Be)

« Je pense que le fait qu’il y ait un besoin pour ce genre d’espace ne devrait pas mettre les Juifs blancs mal à l’aise », pointe-t-elle. « Et en même temps, c’est réel. Nous n’en sommes pas encore venus au point où un lieu comme l’Ammud n’est plus nécessaire. Et cela ne devrait blesser personne, mais cela devrait également indiquer que la façon dont nous, la communauté juive à dominance blanche, avons encadré la diversité et l’inclusion n’a pas été suffisante ».

En attendant, Shoshana Brown, organisatrice au JFREJ et co-fondatrice de Black Yids Matter, espère que le moment présent incitera les dirigeants juifs à agir.

« Nous sommes arrivés à un point où j’espère que ce moment permettra à la communauté juive blanche ashkénaze institutionnelle de reconnaître qu’une déclaration ne suffit pas et que s’appuyer sur l’exemple du rabbin Joshua Heschel et en parler à chaque fois qu’il y a une conversation sur la race – c’est fini », indique-t-elle. « Nous ne pouvons plus nous appuyer sur cela. C’était il y a 60 ans. Nous devons aller de l’avant et que faites-vous réellement aujourd’hui à ce sujet – et pas seulement pour la grande communauté noire mais aussi au sein de la communauté juive ? ».

Photo - Rabbi Isaiah Rothstein veut que les gens de toutes origines se sentent les bienvenus dans sa communauté de Brooklyn. (Josefin Dolsten/JTA)

Un changement majeur a été le recrutement, le mois dernier, du rabbin Isaiah Rothstein par les Fédérations juives d’Amérique du Nord. L’intéressé rapporte avoir été invité une vingtaine de fois depuis la mort de Floyd à parler à des organisations juives du racisme et de sa propre expérience en tant que Juif de couleur. Son auditoire sera désormais les quelque 450 communautés juives locales représentées par les fédérations juives, et son travail consistera à aider les fédérations et autres organisations juives à recruter des Juifs de couleur, à organiser des formations sur l’équité raciale et à renforcer les liens avec les groupes représentant les communautés de couleur et soutenant la réforme de la police.

L’organisation a annoncé qu’elle avait engagé Isaiah Rothstein pour diriger son travail sur la justice raciale dans une déclaration dont le titre – « Sur la justice raciale, nous pouvons tous faire mieux » – semblait reconnaître un manque de progrès. Le rabbin explique que ce sentiment résume l’état actuel de la conversation collective sur la race dans le monde juif.

« J’ai l’impression que les gens réalisent depuis peu l’importance de cette question », indique-t-il. « Il y a du regret, il y a de la tristesse qu’il n’y ait pas de représentation. Il y a de la tristesse qu’il n’y ait pas de relations avec la communauté noire depuis l’époque des droits civils. Il y a une reconnaissance du fait que nous devons nous développer et être meilleurs ».

En savoir plus sur : Le Monde Juif Juifs Noirs Etats-Unis Lutte contre le racisme Juifs américains Racisme

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The Times of Israël

Reviews - L28

Source : https://fr.timesofisrael.com/pour-arriver-a-la-reconnaissance-des-juifs-de-couleur-aux-etats-unis/?utm_source=A+La+Une&utm_campaign=a-la-une-2020-09-23&utm_medium=email

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7.
Quelles sont les caractéristiques de la population américaine ? – Document ‘maxicours.com’

1. Une population nombreuse caractérisée par la diversité

a. Plus de trois cents millions d’habitants

En nombre, la population des Etats-Unis est la troisième du monde, loin derrière celle de la Chine et celle de l’Inde.

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© NASA

Doc. L’ Amérique du Nord prise de nuit : la répartition de la population Nord-Américaine

En raison d’un accroissement naturel supérieur à celui des autres pays développés et d’une forte immigration (légale ou clandestine), la croissance démographique des Etats-Unis reste encore relativement élevée.

b. Le poids de l’immigration

Ce sont des vagues successives d’immigrants qui ont peuplé le territoire des Etats-Unis. La population américaine est donc constituée par apports successifs d’immigrants venus de toutes les régions du monde :

- les Indiens arrivés dès l’Antiquité par le détroit de Béring ;
- les Européens venus entre le XVIe et le XXe siècle : Espagnols, Portugais, Anglais, Irlandais, Ecossais... 
- les Africains déplacés en nombre, dans le cadre de la Traite négrière qui a nourri le commerce triangulaire entre les XVIe et XIXe siècles. 

Au XXe siècle, le continent accueille de nouvelles vagues constituées de populations chassées par la guerre, la faim ou la persécution politique. Ces vagues viennent de tous les coins du monde.

Aujourd’hui, l’immigration légale est limitée par des quotas, tandis que l’immigration clandestine notamment celle des Mexicains, reste très importante.

c. Une grande diversité ethnique

Ces vagues successives d’immigration expliquent la grande diversité ethnique de la population américaine. En effet, la population d’origine européenne reste majoritaire mais elle côtoie de nombreuses minorités.

Ces minorités sont représentées principalement par les Noirs, les Hispaniques, les Asiatiques et les Indiens. Elles contribuent au rajeunissement de la population américaine.

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© COMSTOCKIMAGES/Jupiterimages

Doc. Le melting-pot américain

La société américaine se présente comme un ’melting-pot’ ou creuset dans lequel, toutes les ethnies sont censées se fondre dans une culture commune. Mais il existe des résistances (communautarisme) et de profondes inégalités.

2. Une population mobile et urbaine

a. Des migrations internes importantes

Animés par une mentalité de pionniers, les Américains n’hésitent pas à déménager plusieurs fois dans leur vie. Certains se déplacent même en mobile home.

Le Nord et le Nord-Est perdent des habitants au profit des régions du Sud et de l’Ouest, appelées Sun Belt (ceinture du soleil) : actifs et retraités sont attirés par le cadre de vie et par les emplois qui s’y trouvent, notamment des emplois dans les industries de hautes technologies et dans le tourisme.

Ces phénomènes rééquilibrent quelque peu une répartition inégale de la population, le Nord étant beaucoup plus peuplé que le Sud.

b. Une population fortement urbanisée

Près de 80 % des Américains sont des citadins qui vivent surtout dans de très grandes métropoles, situées dans le Nord-Est ou sur le littoral :
- sur le littoral atlantique, le long de la Mégalopolis, de Boston à Washington ;
- sur le littoral pacifique : Los Angeles ou San Francisco ;

 dans la région des Grands lacs : Chicago ou Détroit.

Mais aujourd’hui ce sont les agglomérations de la Sun Belt qui attirent le plus la population américaine et dont le nombre d’habitants continue de croître.

Le caractère urbain de la population américaine est un atout car la ville est un lieu d’innovation, de contact et de pouvoir. Les villes sont constituées d’un centre où se côtoient quartiers dégradés peuplés de minorités, quartiers qui sont en pleine réhabilitation et quartiers d’affaires (CBD) avec des gratte-ciel. Et autour, s’étalent sur des dizaines de kilomètres, une banlieue tentaculaire qui est reliée au centre par un réseau de communication très dense.

L’essentiel

La population américaine qui compte trois cent cinq millions d’habitants en 2007, est caractérisée par une grande diversité ethnique et culturelle. Cette population est fortement urbanisée puisque 80% des Américains vivent en milieu urbain mais sa répartition est inégale car les villes du littoral attirent bien plus que les villes de l’intérieur.

Source : https://www.maxicours.com/se/cours/la-population-americaine/

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8.
Histoire sociolinguistique des États-Unis - (7) L’Amérique multiculturelle - (De 1960 jusqu’à aujourd’hui) - Avis : cette page a été révisée par Lionel Jean, linguiste-grammairien.

Plan de l’article

1. L’immigration et les minorités

1.1 La diversité des minorités

1.2 Les minorités officielles

1.3 Les résultats de l’immigration

2 Les politiques de déségrégation

2.1 L’arrêt de la Cour suprême de 1954

2.2 La discrimination positive

2.3 La Loi sur les droits civils de 1964

2.4 L’émergence des lois sur le bilinguisme

2.5 L’intégration des immigrants

2.6 La fragilité des mesures de protection3 Les lois sur l’enseignement bilingue

3.1 La Loi sur l’éducation bilingue de 1965

3.2 L’arrêt Lau c. Nichols de 1974

3.3 La loi de 2001 sur l’enseignement aux immigrants

3.4 Les spécialistes et l’enseignement bilingue

3.5 Les tentatives d’abolition du bilinguisme

4 Les droits linguistiques des Amérindiens

4.1 Les principales législations

4.2 Les difficultés dans l’application des lois

5 Les réformes en éducation

5.1 Les programmes fédéraux

5.2 Le combat contre la sous-scolarisation

5.3 Des résultats modestes

6 La diversité culturelle

6.1 Les nouveaux arrivants et la langue anglaise

6.2 L’idéologie du ’melting pot’ et du saladier

6.3 Les réformes de l’administration Clinton

6.4 Le maintien des cultures distinctes

6.6 Les avantages de la diversité culturelle7. Les opposants à la diversité

7.1 L’emprise traditionnelle des WASP suprémacistes dans la société américaine

7.2 La peur des WASP

7.3 Le repli sur soi de l’homme blanc8 La question linguistique aux États-Unis

8.1 L’anglais comme critère de l’identité nationale

8.2 Le bilinguisme comme « problème »

8.3 Le rejet des autres langues

9 L’officialisation de l’anglais

9.1 Les divers projets de loi

9.2 Les motifs pour rendre l’anglais officiel

9.3 L’officialisation de l’anglais dans les États10 Langues, minorités et xénophobie

10.1 Les axes idéologiques sur les langues maternelles

10.2 Le holà sur les minorités

10.3 Le « péril latino »

10.4 Un vent de xénophobie

10.5 Le langage « trumpien »

10.6 Un pays de plus en plus multiculturel

10.7 Une apocalypse appréhendée ?

Source de cette étude complète : http://www.axl.cefan.ulaval.ca/amnord/usa_6-7histoire.htm

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9.
Voir également : Carte. Une approche territoriale des divisions ethniques aux Etats-Unis

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10.
Quand la notion de ’racisme systémique’ entre dans un dictionnaire américain - Le 08/09/2020 - À retrouver dans l’émission Le Tour du monde des idées par Brice Couturier

Signe des temps, le dictionnaire Merriam-Webster vient d’actualiser, dans sa version en ligne, son entrée ’Racism’. Au-delà des batailles sémantiques, retour sur les prolégomènes d’une prise de conscience tardive.

Photo - Manifestation en 1920 à Binghamton, d’une marche du Ku Klux Klan ’America first’ • Crédits : Bettmann - Getty

[Selon une introduction de Wikipédia, « Le Ku Klux Klan, appelé souvent par son sigle KKK ou également le Klan, est une société secrète terroriste suprémaciste blanche des États-Unis fondée à la veillée de Noël 1865 ou au début de l’année 1866. Avec les lois Jim Crow1,2,3,4,5 il est un des dispositifs des États du Sud pour s’opposer par tous les moyens violents possibles (assassinats, attentats, viols, tortures, enlèvements, incendies d’écoles et d’églises afro-américaines) à l’application des droits constitutionnels des Afro-Américains garantis par plusieurs amendements au lendemain de la Guerre de Sécession : le Treizième amendement de la Constitution des États-Unis du 6 décembre 1865 abolissant l’esclavage, le Quatorzième amendement de la Constitution des États-Unis de 1868, accordant la citoyenneté à toute personne née ou naturalisée aux États-Unis et interdisant toute restriction à ce droit, et le Quinzième amendement de la Constitution des États-Unis, de 1870, garantissant le droit de vote à tous les citoyens des États-Unis et par conséquent aux anciens esclaves6. Il est communément admis de diviser l’histoire du Ku Klux Klan en trois périodes, la première allant de 1865 à 1871, une seconde allant de 1915 à 1944 et enfin une troisième qui s’étale de 1946 à nos jours. Chacune de ces périodes possède des caractéristiques propres pour déjouer l’égalité des droits civiques pour tous les citoyens américains et faire l’apologie du suprémacisme blanc. Son âge d’or est celle des années 1920-1930. En dehors de ses exactions terroristes contre la population afro-américaine et de ses sympathisants, son histoire est jalonnée de scandales politiques et financiers (chantages, corruptions, détournements de fonds, intimidations diverses, prévarications, trucages électoraux, etc…). Son influence diminue au cours des années années 1960 avec la vague du mouvement américain des droits civiques et la promulgation de différentes lois fédérales comme le Civil Rights Act de 1964, le Voting Rights Act de 1965 et le Civil Rights Act de 1968 mettant fin à toutes les formes législatives et réglementaires de discrimination raciale sur l’ensemble des États des États-Unis. De nos jours il est devenu une nébuleuse de groupuscules d’activistes qui se fondent dans le paysage de l’extrême droite américaine. Traversant les trois périodes, l’idéologie du Ku Klux Klan se nourrit des doctrines racistes, antisémites de certains essayistes et anthropologues du XIX° siècle comme Arthur de Gobineau, ou Herbert Spencer et des théories complotistes qu’ils entretiennent à leur tour et le second Klan se réclame également de l’idéologie nativiste7,8,9,10,11,12,13… » - Article complet à lire sur ce site : https://fr.wikipedia.org/wiki/Ku_Klux_Klan ].

Suite de l’article rapporté

Le Merriam-Webster est l’un des plus anciens dictionnaires jamais édité aux Etats-Unis. Il a été créé, en effet, par Noah Webster en 1828. La définition qu’il donnait du racisme il y a trois mois était la suivante : ’croyance selon laquelle la race est le déterminant primordial des capacités et des caractéristiques humaines et les différences raciales produisent la supériorité inhérente d’une race particulière.’

Les responsables éditoriaux du fameux dictionnaire ont été contactés par une jeune militante noire, étudiante à l’université Drake, dans l’Iowa. Elle leur a reproché de ne pas tenir compte du ’racisme systémique’ qui est ’le lot des Noirs américains’. 

Du coup, la définition corrigée du racisme est devenue : ’Doctrine ou programme politique basé sur le postulat du racisme et conçu pour mettre en œuvre ses principes’. Mais encore : ’Oppression systémique d’un groupe racial au bénéfice d’un autre, sur les plans sociaux, économiques et politiques’. Selon le responsable éditorial du dictionnaire, Peter Sokolowski, il s’agit d’illustrer ainsi l’idée ’d’une structure de pouvoir asymétrique, entre Blancs et Noirs’ dans les institutions américaines elles-mêmes. 

Archéologie des définitions du racisme

Le linguiste et lexicographe Ben Zimmer s’est amusé, pour The Atlantic, à reconstituer une espèce ’d’archéologie’ des définitions données par le Merriam-Webster du mot ’racisme’ au cours des années. 

Il relève d’abord que le premier dictionnaire de langue anglaise à avoir consacré le terme « racisme » est l’Oxford English Dictionary, en 1903. Du côté américain, le Meriam-Webster ignore le racism, en 1934, et lui préfère racialism. Mais dès l’année suivante, 1935, racism fait son apparition. Il renvoie, à cette époque, aux Etats-Unis, à ’l’idéologie totalitarienne nazie’. Extrait de la définition : ’prétention nazie à la supériorité teutonique et l’antisémitisme qui l’accompagne’. Ne cherchez pas les racistes, ils sont de l’autre côté de l’Atlantique…

À LIRE AUSSI : Savoirs

Lincoln, Truman, Kennedy : trois combats insuffisants pour l’égalité entre Noirs et Blancs aux États-Unis

Le révérend John Lafarge, contributeur américain à une dénonciation du racisme

Pourtant, il existait déjà, à l’époque, des militants antiracistes aux Etats-Unis. L’un des plus connus était le Révérend Père John Lafarge Jr. Ce jésuite avait publié en 1937, un essai intitulé Interracial Justice : A Study of the Catholic Doctrine of Race Relations. Lafarge a participé au groupe d’intellectuels catholiques réuni par le pape Pie XI, pour rédiger la fameuse encyclique Humani generis unitas (L’unité de race humaine) qui, enfonçait le clou de la précédente, Mit Brennender Sorge, condamnant absolument l’antisémitisme nazi et le racisme de manière générale. 

Hélas, Pie XI est mort le 10 février 1939, alors que l’encyclique condamnant le racisme était sur son bureau. Et son successeur, Pie XII, beaucoup plus ambigu envers le régime nazi qu’il espérait ménager, s’est bien gardé de la promulguer. 

Quel racisme ? 

Comme l’écrit Samuel Kronen dans Quillette, jusqu’à une période récente, on englobait sous le terme racisme des comportements individuels ; des réflexes d’antipathie envers un « autre », entretenus par des stéréotypes, et justifiant des discriminations. Par ’racisme structurel’, ou ’institutionnel’, ou ’systémique’, on entend tout autre chose. Une spécificité inscrite dans les institutions et imprégnant, de manière éventuellement inconsciente, le comportement des individus. 

Dans un article de la revue The Atlantic, John Rice estime qu’on devrait distinguer trois niveaux de racisme : 

  • Le premier renvoie aux comportements individuels racistes, tels qu’on les a connus autrefois. 
    S’il y a encore des comportements racistes de ce type dans la police, comme l’illustre le cas de George Floyd, selon John Rice, ils sont devenus plus rares dans les Etats-Unis d’aujourd’hui :

Il y a peu de choses que les Blancs américains redoutent davantage qu’être dénoncés comme racistes. Etre dévoilé publiquement comme raciste, c’est être accusé du crime moral du plus haut degré en Amérique. John Rice

  • Le deuxième niveau du racisme, c’est tourner le dos à ceux qui se battent contre le racisme, ou les diaboliser.
    Mais ’finalement, le pire racisme, celui donc du ’troisième degré’, c’est celui dont font preuve les institutions et les sociétés ’ lorsqu’elles ne défont pas les pratiques qui désavantagent les gens de couleur dans la compétition avec les Blancs, en particulier dans leurs carrières professionnelles. ’ John Rice dirige une ONG, Management Leadership for Tomorrow, qui se bat pour faire parvenir des diplômés des minorités ethniques à des postes importants dans les entreprises. On nous oppose les critères de la méritocratie, écrit-il, mais améliorer la diversité ne compromet pas l’excellence, rétorque-t-il.

Un concept trop vague pour être réellement opératoire ?

Il y a un risque à ne pas distinguer le racisme des ’inégalités de réussite entre races’, rétorque Samuel Kronen. ’En menant une guerre culturelle contre une force structurelle, intangible et généralisée, on se prive de la possibilité d’identifier les actes de racisme et d’en faire honte à leurs auteurs. ’Racisme systémique’ est une idée de peu d’usage, qui refuse de reconnaître les progrès accomplis dans la stigmatisation des préjugés et la promotion de normes de respect mutuel et de tolérance.’

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Les sociétés face au racisme structurel

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Les Etats-Unis peuvent-ils dépasser le ’racisme enraciné’ ?

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Du racisme et de la violence aux Etats-Unis et en France

Tags : Idées Le Fil Culture racisme États-Unis Politique

L’équipe – Production : Brice Couturier

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Source : https://www.franceculture.fr/emissions/le-tour-du-monde-des-idees/les-dictionnaires-americains-font-place-au-racisme-systemique

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11.
La réalité du multiculturalisme aux États-Unis - Le nationalisme américain à l’oeuvre - 22 novembre 2004 – Document canadien ‘ledevoir.com’ Idées

Liah Greenfeld (photo) - Professeure, Département de science politique, Université de Boston, auteure de The Spirit of Capitalim : Nationalism and Economic Growth (Harvard University Press, 2001) et de Nationalism : Five Roads to Modernity (Harvard University Press, 1992).

Traduit de l’anglais - Liah Greenfeld, ’la grande historienne du nationalisme’, est une universitaire interdisciplinaire israélo-américain russo-juif, engagée dans l’explication scientifique de la réalité sociale humaine à différents niveaux, en commençant par l’esprit individuel et en terminant par le niveau de civilisation. Wikipédia (anglais) ].

Extraits d’une présentation livrée jeudi dernier dans le cadre de conférences sur les nationalismes majoritaires contemporains organisées par le Groupe de recherche sur les sociétés plurinationales et la Chaire de recherche du Canada en études québécoises et canadiennes, de l’Université du Québec à Montréal.

Malgré la très grande diversité des origines ethniques des Américains, les considérations ethniques quelles qu’elles soient sont tout à fait étrangères à la tradition et aux institutions fédéralistes des États-Unis. La nation a été conçue comme une fédération de communautés autonomes d’individus, sans que la composition ethnique de ces communautés ne soit prise en compte, et la structure fédérale est toujours demeurée un mécanisme de protection des droits des individus, non des groupes. [...]

Dans la dernière moitié du XIXe siècle, la signification culturelle de l’ethnicité se transforma, à la fois dans les pays d’origine des immigrants et aux États-Unis. En général, l’ethnicité n’est rien de plus qu’un terme parapluie rassemblant des caractéristiques ascriptives, c’est-à-dire indépendantes de la volonté individuelle et déterminées plutôt par le hasard de la naissance [...].

Notre époque moderne et matérialiste fut la première à traiter l’ethnicité comme une catégorie importante sur le plan culturel, faisant de la diversité ethnique (c’est-à-dire de la diversité des caractéristiques ascriptives) un problème social et une source de conflit politique.

Impact du nationalisme

Comme la modernité en général, ce changement d’attitude envers l’ethnicité est un produit du nationalisme. Le nationalisme est le cadre cognitif, ou la vaste conception du monde, qui émerge dans l’Angleterre du début du XVIe siècle pour devenir le fondement culturel de la société, de l’économie et de la politique modernes.

L’élément central du nationalisme est une représentation de la réalité dont l’élément significatif est la nation, c’est-à-dire un groupe de population (qu’il s’agisse de quelques milliers ou de plusieurs millions de personnes) considéré comme souverain et comme une communauté d’égaux. Le caractère séculier de cette représentation découle du fait qu’elle attribue la souveraineté à une communauté terrestre plutôt qu’à des forces transcendantes et à leurs représentants.

Le concept de la « nation » permet un certain nombre d’interprétations de la souveraineté populaire et de l’égalité, selon que la nation est définie en termes composites (comme une association d’individus) ou en termes unitaires (comme un individu collectif), et selon que l’appartenance est considérée comme étant en principe volontaire ou innée.

Dans cette dernière éventualité, la nationalité elle-même est vue comme une caractéristique ascriptive, déterminée par la naissance, à l’instar des caractères physiques ou du genre, et transmise génétiquement ; autrement dit, la nationalité est considérée comme ethnicité et nous avons affaire à un nationalisme ethnique. Cette perception occulte la nature culturelle et historique, et par conséquent construite des nations et de l’appartenance nationale ; de plus, elle accroît dramatiquement l’importance culturelle de l’ethnicité et par conséquent, son importance comme force sociale et politique.

C’est comme élément du nationalisme ethnique que l’ethnicité devient une source d’identité et le fondement sur lequel les individus basent leurs attitudes et leurs relations avec autrui. [...] Puisque l’identité ethnique élève les traits purement biologiques, comme le type physique, au rang d’attributs culturels et réduit les attributs culturels, telles la langue et la religion, à des traits purement biologiques, les distinctions entre les groupes culturels identitaires deviennent nécessairement des différences essentielles, semblables aux différences entre individus ayant des groupes sanguins incompatibles ou même entre espèces biologiques différentes. Elles établissent des relations d’altérité insurmontables entre ces groupes. [...]

L’importance politique de l’ethnicité ne dépend pas du degré de diversité ethnique dans une communauté, mais de la signification attribuée par la culture aux différences ethniques. Dans les nationalismes qui voient l’appartenance comme étant volontaire, l’ethnicité joue un rôle négligeable. [...] Le nationalisme anglais, à partir duquel s’est développé le nationalisme américain, définit l’appartenance à la nation en des termes strictement volontaires, c’est-à-dire civiques. [...]

Influence de l’Europe

Après 1848, le nationalisme se répandit à travers l’Europe comme une traînée de poudre, et la plupart des nationalismes d’après 1848 furent des nationalismes ethniques. De ce fait, la grande majorité des individus qui émigrèrent aux États-Unis dans le dernier quart du 19e siècle appartenaient à des nations dont l’identité culturelle était considérée comme innée.

À la même époque, les intellectuels américains, pour la plupart des protestants blancs anglo-saxons, commencèrent à voyager en grand nombre en Allemagne pour leurs études universitaires, faisant du savoir allemand (surtout en histoire, en philosophie et dans ce qui allait bientôt s’appeler les « sciences sociales ») le modèle absolu des disciplines américaines correspondantes. Les idées qui prédominaient en Allemagne à cette époque élevaient le nationalisme ethnique au rang de science [...]. Les universitaires américains se représentèrent par conséquent la réalité sociale (c’est-à-dire la politique, les processus économiques et les relations sociales) dans les termes quasi-biologiques du nationalisme ethnique [...].

La coïncidence de ces deux développements (l’immigration massive et le discours de la science sociale américaine) amena la société américaine en général à accepter la loyauté résiduelle, ethnique, des nouveaux citoyens envers leurs origines, loyauté coexistant avec la loyauté nationale envers les États-Unis ; ce qui fit de ces Américains ethniques, « à trait d’union », une caractéristique permanente de la scène nationale.

Mais c’est précisément cette tolérance qui, dans le contexte du nationalisme américain individualiste et volontaire, banalisa l’ethnicité au point de la priver de toute influence potentielle sur les relations sociales et politiques. Aux États-Unis, la diversité ethnique est à la fois glorifiée et dépouillée d’importance culturelle.

Le multiculturalisme américain, paradoxalement, est la preuve de la déculturalisation absolue de l’ethnicité aux États-Unis, de sa réduction à des attributs purement biologiques, accidentels et ascriptifs dont l’individu n’est nullement responsable et qui, de ce fait, ne peuvent faire l’objet de jugements. Pour devenir Américain un individu doit « s’engager envers l’idéologie politique, centrée sur les idéaux abstraits de la liberté, de l’égalité et du républicanisme ». Ceci suffit à miner le « multiculturalisme ». En effet, il n’est pas possible de partager ces idéaux, tout en adhérant à des traditions qui en font peu de cas et en donnant priorité à d’autres valeurs. [...]

La coexistence généralement pacifique des groupes ethniques, c’est-à-dire culturels, aux États-Unis n’est pas le résultat d’une gestion adroite des conflits, mais manifestement le reflet du fait que cette société vaste et ouverte, sous la surface de diversité, constitue à un niveau plus fondamental une communauté culturelle qui, malgré la grande hétérogénéité suggérée par les apparences de sa population, est fondée sur un consensus fondamental concernant toutes les questions existentielles importantes. [...]

Le Devoir

Québec vient en aide au journal Le Devoir | Vigile.Québec

© Le Devoir 2002-2020 - Source : https://www.ledevoir.com/opinion/idees/69123/la-realite-du-multiculturalisme-aux-etats-unis-le-nationalisme-americain-a-l-oeuvre

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12.
En marketing - Ethnique ou multiculturel : Quelles différences ? – Document communiqué ‘targethnic.com’

L’augmentation croissante du nombre de populations multiculturelles sur les territoires français et étrangers a révolutionné la manière dont les campagnes de marketing de marque sont menées, tout en soulignant l’importance du marketing multiculturel.

Dans le monde des professionnels, l’utilisation de cette facette du marketing est plus que souhaitable pour s’assurer de toucher une minorité ethnique ou bien une diaspora. À titre d’exemple, l’Association Américaine des annonceurs nationaux (ANA) décerne lors d’une cérémonie annuelle des prix d’excellence multiculturels sur le territoire américain. Ces prix sont utilisés comme source d’inspiration et pour encourager les différents spécialistes de la publicité et les marketeurs à produire des campagnes qui soient adaptées à un public de diverses origines ethniques et/ou religieuses. Ces prix sont généralement répartis dans dix catégories différentes.

Les stratégies et les campagnes de marketing massives actuelles sont conçues pour cibler tous les publics indépendamment de leur religion ou d’autres types de facteurs culturels. Alors que dans le même temps – avec une population de plus en plus importante et une diversité croissante dans le monde et dans les pays européens tels que le Royaume-Uni et la France – Les analystes financiers ont estimé que le revenu disponible de cette population multiculturelle est rapporté à plus de 300 milliards $ par an. C’est une somme qui ne cesse de grandir d’année en année.

Quelque chose à garder à l’esprit cependant, est que le mot ethnique est utilisé plus souvent que le terme multiculturel en ce qui concerne le marketing aux États-Unis. Aux États-Unis, le terme ethnique a beaucoup d’associations négatives car certains segments de la population considèrent que le terme est un remplacement du terme « de couleur ». En raison de la négativité associée au mot ethnique, le mot a été remplacé par multiculturel dans les campagnes et stratégies de marketing américaines.

L’utilisation du terme « multiculturel » pour désigner le marketing est idéal pour les entreprises car il intègre toutes les personnes de tous les milieux, indépendamment de leur race, de couleur de peau et même physique. Une communauté multiculturelle est un terme facilement acceptable car le terme n’est pas négatif. Il ne constitue pas un obstacle à l’accès à des privilèges et services de divers types. En revanche, le terme ethnique ne doit être utilisé comme une forme d’identité pour les différentes personnes aux États-Unis et non comme un moyen de déclasser les autres races.

Sur le territoire Français, le terme « marketing multiculturel » est apparu courant les années 70 et était utilisé au départ pour ne pas employer d’autres appellations que l’on peut encore juger tendancieuses aujourd’hui. L’expression marketing ethnique s’est depuis démocratisée tant le modèle de notre société a changé.

Ce qui semblait être considéré au départ comme une option intéressante ne l’est plus et est même considéré par certains experts comme un impératif en terme de ciblage de campagnes publicitaires. Le terme « marketing ethnique » en France qualifie le ciblage de population dont le style de vie est distinct selon des critères de langues, d’origine, de fondements culturels, de valeurs traditionnelles, d’orientation sexuelles, de religion…Le premier secteur à l’avoir compris est celui des télécommunications, faisant état de la rentabilité des appels vers l’étranger. Suivi de près par la finance (services de transfert d’argent inclus) , l’automobile et l’alimentation. Aux Etats-Unis, la population d’origine asiatique ne représente que 5% de la population américaine mais elle contribue à hauteur de 18% aux achats de berlines de luxe comme BMW ou encore Mercedes.

Alors, nous direz-vous, devons-nous utiliser les termes « marketing ethnique » ou bien « marketing multiculturel » ? La réponse est…les deux ! Libre à vous donc d’utiliser l’expression de votre choix dans la mesure où elles expriment toutes deux la même idée sur le fond. Chez Targ’Ethnic, nous faisons régulièrement référence au terme ethnique car nous n’avons pas peur d’utiliser des mots forts pour désigner les clients finaux de nos annonceurs et également parce que nous pensons que c’est en démocratisant cette facette du marketing que nous arriverons à faire rentrer dans les mœurs l’idée d’un multiculturalisme à grande échelle !

Agence Marketing Ethnique et Multiculturel • Targ’Ethnic

© 2017 targethnic.com. All Rights Reserved – Source : http://targethnic.com/2016/03/09/ethnique-ou-multiculturel-quelles-differences/

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13.
Diversité ethnique : « Tirons dans la French Tech, les leçons du malaise Américain » - Par OPINION - Le 12 juillet 2020 à 11h47 - Mehdi Tahri, cofondateur d’Iziwork

Dans une tribune au Parisien - Aujourd’hui en France, Mehdi Tahri, cofondateur de la start-up technologique Iziwork, appelle « l’ensemble de l’écosystème French Tech voir [
La French Tech ]
https://www.google.fr/url?sa=t&...à se mobiliser sur la question de la diversité ethnique et culturelle ». Photo

Alors que le mouvement ‘Black Lives Matter’ [BLM] ébranle la Silicon Valley en Californie, « la French Tech est restée relativement silencieuse sur ces questions de diversité et de discrimination », regrette Mehdi Tahri. REUTERS/Eduardo Munoz

Accès conditionnel à la source : https://www.leparisien.fr/economie/business/diversite-ethnique-tirons-dans-la-french-tech-les-lecons-du-malaise-americain-12-07-2020-8351613.php

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Michèle Tribalat : « Les catégories ethno-raciales sont devenues une obsession aux Etats-Unis, et voilà le livre qui explique pourquoi » - Par Michèle Tribalat, mis à jour le 08 septembre 2020 à 09:32 – Document ‘lefigaro.fr’

FIGAROVOX/LECTURE - La démographe salue l’ouvrage de l’essayiste américain Mike Gonzalez. Pour l’auteur, des militants ont imposé un « durcissement » des catégories ethno-raciales aux Etats-Unis au fil des décennies. Il y voit les conséquences imprévues des programmes de discrimination positive, qui inciteraient à s’organiser en groupes de pression pour se faire reconnaître le statut de « victimes » ouvrant droit à des avantages.

Photo - En octobre 2018, des étudiants d’origine asiatique manifestent à Harvard pour protester contre l’injustice dont ils s’estiment victimes en raison de la discrimination positive. Wikimedia Commons - CC

Michèle Tribalat est démographe et ancienne chercheuse à l’Institut national d’études démographiques (INED. Elle étudie les questions de l’immigration en France, de l’intégration et de l’assimilation des immigrés et de leurs enfants. Michèle Tribalat est notamment l’auteur de ‘Les Yeux grands fermés : l’immigration en France’ (Denoël, 2010) et de ‘Statistiques ethniques, une querelle bien française’ (éd. L’Artilleur, 2016).

La démographe expose ici le contenu d’un livre qui vient de paraître aux Etats-Unis, ‘The Plot to Change America - How Identity Politics is Dividing the Land of the Free’, de Mike Gonzalez (Encounter Books, août 2020, 264 p. Non encore traduit en français.). Cet article est initialement paru sur le blog.de Michèle Tribalat.

Ancien journaliste, Mike Gonzalez est chercheur à ‘The Heritage Fondation’ (think-tank conservateur-libéral) à Washington. Originaire de Cuba qu’il a quitté à l’âge de 12 ans, il a vécu en Espagne sous Franco, puis a rejoint à l’âge de 14 ans les États-Unis. Son enfance à Cuba l’a instruit sur la rhétorique totalitaire et ses effets, notamment lorsqu’à 8 ans, il refusa de rejoindre le groupe d’élèves communistes.

Son livre, qui rappelle à bien des égards la thèse défendue par Christopher Caldwell dans son dernier livre, fait le récit de la montée des politiques identitaristes (identity politics), du contexte idéologique qui l’a permise et propose des solutions pour en sortir. Ces politiques ont été le fait d’une ingénierie sociale conçue dans des États pris de panique face aux émeutes noires de la fin des années 1960. Quand la fabrication politique de minorités commença, les tribunaux suivirent.

L’élite identitariste compte sur la création de groupes [identitaires, censés être opprimés] et cherche à inciter les gens à y adhérer en les appâtant avec la perspective d’une captation de fonds publics

Si les politiques identitaristes trouvent leurs origines dans les années 1960-70, les Américains ne peuvent plus les ignorer aujourd’hui car, comme l’écrit Mike Gonzalez, « si vous ne vous y intéressez pas, les politiques identitaristes s’intéressent à vous » (p. 2). Elles sont nées d’une extension massive à toutes sortes de groupes du mouvement des droits civiques des années 1960, qui cherchait bien légitimement à en finir avec la ségrégation des Noirs.

Un danger réside dans le caractère coercitif de l’idéal diversitaire auquel il faut faire semblant de s’intéresser et qui valorise la situation d’opprimé, dont un seul groupe ne peut se prévaloir, celui du mâle blanc hétérosexuel non-handicapé. « Comme Emmanuel Glodstein dans 1984 d’Orwell, il existe pour être haï » (p. 6). L’élite identitariste compte sur la création de groupes et cherche à inciter les gens à y adhérer en les appâtant avec la perspective d’une captation de fonds publics. D’où l’invention d’identités fictives et le développement de la culture du grief. Avant d’en examiner les dangers, Mike Gonzalez analyse les processus de création de nouveaux groupes identitaires (grouping) qui ont filé l’analogie avec l’expérience noire américaine, pourtant unique.

La création de la catégorie des Hispaniques

En 1967, Julian Samora co-fondait le Conseil du Sud-Ouest de La Raza (littéralement la race), qui devint national en 1973 (National Council of La Raza). Son but était de marier différents groupes parlant espagnol afin d’implanter des politiques identitaristes dans l’éducation, l’entreprise et le gouvernement. Pour lui, l’assimilation était le sommet de la fausse conscience. Samora, qui occupait des fonctions importantes dans les universités, fut nommé au Comité consultatif sur la population d’origine espagnole du Census Bureau pour la préparation du recensement de 1980, le premier à inclure des catégories panethniques. Sauf lors du recensement de 1930, les Mexicains-Américains avaient toujours été classés comme Blancs. Si, à l’instar des Juifs, ils subissaient des discriminations et une ségrégation, ils se voyaient différemment des Noirs et cherchaient plutôt à devenir des Américains comme les autres. Mais, après la mobilisation de La Raza, beaucoup d’Américains ont commencé à voir les Hispaniques comme une « race » [au sens américain du mot, NDLR] à part.

Petit à petit, prit forme un groupe ethnique fondé sur la victimisation et exigeant des mesures de justice compensatoire, malgré la résistance de Cubains.

La Californie fut le berceau de la racialisation qui a suivi et le Community Service Organization financé par Saul Alinsky le creuset de tous les changements à venir. La Fondation Ford aida beaucoup par ses financements, notamment de La Raza du Sud-Ouest qui devint plus tard UnidosUS, à l’extension du groupe des Hispaniques au-delà des Mexicains. Groupe qui finit par réunir des gens aussi différents que les Cubains de Floride et les Mexicains de Laredo au Texas. C’était une ingénierie mise en route par des élites radicales sans grand souci pour les gens qu’elles souhaitaient rassembler. Mais, petit à petit, prit forme un groupe ethnique fondé sur la victimisation et exigeant des mesures de justice compensatoire, malgré la résistance de Cubains.

En 1971, les juges du tribunal de district du Texas mirent les Mexicains-Américains sous la protection de l’arrêt Brown v. Board of Education. En 1976, une loi définit ce qu’était un Hispanique (seule loi raciale de l’histoire des États-Unis) non à partir de la « race » ou la langue mais de la victimisation. À cette époque, le Census Bureau, qui n’était pas alors acquis à l’opportunité de créer un large groupe ethnique hispanique, défendait l’assimilation et était satisfait des catégories objectives (pays de naissance et celui des parents), que le directeur de La Raza voulait voir disparaître. Finalement la bureaucratie jeta l’éponge et céda en 1977. Les catégories impératives pour l’application des droits civiques à tous les niveaux du gouvernement dont l’Equal Employment Opportunity Commision (EEOC) furent : Blancs, Noirs, Hispaniques, Asiatiques, Indiens et natifs d’Alaska.

Ce ne fut pas sans résistance. Une étude du Pew Research Center de 2015 a montré que moins d’un quart de ceux qui auraient pu se déclarer comme Hispaniques le faisaient, à peu près autant que ceux qui se déclaraient tout simplement Américains. Les autres déclarant une origine nationale.

Le paradoxe asiatique

C’est Yuji Ichiola, un étudiant marxiste diplômé de Berkeley qui créa l’expression “Asian-American” en 1966 et fonda l’Asian American Political Alliance (AAPA) qui joua un rôle fondamental dans la création d’un groupe panasiatique. Tous ceux qui cherchèrent à créer un collectif panethnique asiatique dans les années 1960 étaient des marxistes durs endoctrinés par les Black Panthers. Regrouper les Chinois, Japonais, Coréens… rejoints plus tard par les Indiens et les Pakistanais, suit la même logique que la création des Hispaniques : fabriquer une base permettant de réclamer une restitution pour les injustices passées. Les activistes chinois, les Red Gards, eux-aussi se comparèrent aux Noirs afin de créer une identité asiatique-américaine rejetant l’assimilation et de consolider un groupe racial. À Berkeley, Lilian Fabros, une activiste du Front de libération du Tiers Monde, joua un rôle crucial dans l’introduction de la catégorie Asian dans le recensement et fut membre fondateur du Advisory Committee on Asian and Pacific American Population pour le recensement de 1980.

Une tragédie pour les enfants d’origine chinoise, coréenne et indienne : leur succès scolaire les désavantage.

Les Asiatiques-Américains ne forment pas non plus un groupe homogène. La nouvelle génération de Chinois et d’Indiens (citoyens de l’Inde), qui constitue le gros des troupes, s’est volontiers assimilée et les plus éduqués d’entre eux se joignent volontiers à l’élite « woke » dans le « white bashing », ce qui leur donne l’impression d’en être. Mais l’affirmative action a créé une incitation à s’organiser en groupe panasiatique. Les Indiens, qui avaient peur d’être assimilés à des Noirs ou à des Hispaniques, voulaient le beurre et l’argent du beurre : être classés comme une minorité, sans se voir accolé le bas statut social d’un groupe indésirable, alors qu’ils détiennent le plus haut revenu médian par ménage, double du revenu médian de l’ensemble des ménages américains.

Mais c’est maintenant que la farce tourne au tragique, au moins pour les enfants d’origine chinoise, coréenne et indienne. Leur succès scolaire les désavantage alors que leurs parents ont réussi grâce à leurs efforts personnels et leurs usages culturels. Et Harvard pratique aujourd’hui avec eux plus ou moins ce qu’il faisait avec les Juifs dans les années 1920. Mais, en 2017, un groupe d’étudiants asiatiques a porté plainte via l’association SFFA (Students for Fair Admission). Ils ont fait appel après que le tribunal de Boston a donné raison à Harvard, considérant qu’Harvard ne cherchait pas intentionnellement à donner un avantage à d’autres groupes et que, de toute façon, c’était provisoire pour obtenir la diversité sur le campus.

Des parents luttent contre les tentatives de Bill de Blasio [maire démocrate de New York, NDLR] de casser neuf lycées publics sélectifs qui admettent « trop » d’Asiatiques par un processus neutre racialement. Des plaintes ont été portées dans le Maryland contre une modification des critères d’admission dans des Middle School Magnet ayant entraîné un fort déclin des admissions d’Asiatiques. Mais tout ceci ne plaît guère à l’AAJC (Asian Americans Advancing Justice-Asian Law Caucus), subventionnée par la Fondation Ford, qui souhaiterait, finalement, désagréger le groupe panethnique pour montrer que certains Asiatiques ne réussissent pas si bien que cela. L’AAJC ne veut pas entendre parler de minorité modèle, notion qui met à mal la théorie de la domination par les Blancs.

Échec de justesse de la création de la catégorie MENA (Middle-East and North Africa)

Deux mois avant la présidentielle de 2016, l’Office of Management and Budget (OMB) proposa de créer, pour le recensement de 2020, une nouvelle catégorie ethnique regroupant Arabes et Perses, pourtant catégorisés comme Blancs depuis 1909, et de faire des Hispaniques/Latinos un groupe racial. Les descendants d’origine arabe ou perse ont pourtant plutôt bien réussi et ne demandent rien de tel. Mais, pour les activistes, c’est un enjeu de pouvoir politique que l’assimilation contrarie.

Linda Sarsour [activiste américaine, ancienne directrice de l’Arab American Association of New York,NDLR] était opposée à ce qu’on puisse se déclarer MENA (Middle East and North Africa) et Blanc en même temps, car cela nuirait à l’attribution de fonds publics spécifiques. Mais la réunion de l’Office of Management and Budget montra qu’il n’y avait pas que des coureurs de subventions et de places, mais aussi des professeurs de la théorie critique et des études identitaristes dont le but premier était de transformer l’Amérique et de détruire toute perspective de melting pot. Linda Sarsour et d’autres voulaient « déblanchir » deux millions d’Américains, au nom d’une idéologie qui encourage la dépendance aux subventions gouvernementales.

Roberto Ramirez, directeur du Census Bureau, était plutôt favorable à cette innovation déclarant que, certes l’identité MENA n’existait pas encore, mais que rien n’existait avant d’avoir été créé. Finalement, il fit marche arrière en 2018.

Mais succès pour faire des femmes une classe d’opprimés

C’est aussi une élite néo-marxiste et postmoderniste cherchant à transformer l’Amérique qui milita, derrière Kate Millet, pour faire des femmes une classe opprimée. Pour Millet et ses adeptes, les femmes n’étaient pas seulement une classe opprimée, mais LA classe opprimée dans la guerre des classes. Millet créa en 1966 la NOW (National Organization for Women) visant l’élimination des discriminations et ne se priva pas de dresser des analogies avec les Noirs et les autres catégories officielles. La NOW obtint en 1971 que les femmes fussent ajoutées à la liste des minorités nécessitant une action. Elle gagna, comme les autres (La Raza…), avec peu de membres et peu de connexions avec la base.

Mais la 3ème vague féministe qui arrive avec les années Clinton va remettre en cause les acquis en contestant l’existence même d’un sexe biologique. L’idée que le sexe et le genre sont des constructions sociales ont miné l’idée d’une identité féminine. L’addition, dans certaines villes, des entreprises dirigées par des LGBTQ au Supplier Diversity Program, réduit les avantages qui revenaient aux autres. Le discours selon lequel tout est socialement construit a mis les femmes dans une position difficile, notamment sur la chirurgie du changement de sexe. Judith Butler y est par exemple opposée parce que cette chirurgie suppose un optimum du corps. Idem pour le mariage homosexuel qui conforterait l’hétéronormativité. Comme la nécessité de faire la révolution est toujours là, Mike Gonzalez s’attend à ce que le prochain combat porte sur le polyamour.

Les fondations marxistes des politiques identitaristes

Les penseurs qui ont théorisé la manière de prendre le pouvoir subrepticement par des moyens culturels proviennent des deux pays dans lesquels la révolution marxiste a échoué et qui se sont tournés vers le fascisme. La notion gramscienne d’hégémonie culturelle a été essentielle à la progression de la gauche américaine. Si la lutte des classes est internationale, elle doit prendre des déguisements nationaux pour renverser tout le système occidental. L’École de Francfort a attiré des psychanalystes tels qu’Eric Fromm et Willhem Reich et opéré une synthèse entre le marxisme et le freudisme. Nombre de ses membres quittèrent l’Allemagne nazie pour l’Amérique et leur influence se fit sentir dès les années 1940, notamment via l’industrie du cinéma. Ils montrèrent un mépris pour l’Américain moyen qui rappelle celui des élites urbaines et académiques d’aujourd’hui pour l’Amérique profonde.

Contrairement à beaucoup d’autres, Marcuse, l’ancien assistant de Max Horkheimer, est resté aux États-Unis après la guerre, pendant laquelle il avait fait un court passage à l’OSS, et a enseigné dans diverses universités (Harvard, Columbia, Californie…). Il devint, dans les années 1950 et 1960, « le gourou de la nouvelle gauche ». L’Homme unidimensionnel (1964) s’est vendu à 100 000 exemplaires en 5 ans aux Etats-Unis. L’influence de Marcuse sur les étudiants se retrouve chez les enseignants d’aujourd’hui. Sa protégée, Angela Davis, qui fit de la prison au début des années 1970 pour son rôle dans le meurtre d’un juge et reçut le prix Lénine de l’Allemagne de l’Est, est aujourd’hui un professeur émérite de l’Université de Californie Santa Cruz. Elle reste un guide pour des milliers d’Américains.

Les postmodernistes des années 1970 et 1980 partagent beaucoup de dogmes avec l’École de Francfort, mais dans un langage un peu différent. En 1998, Alan Sokal et Jean Bricmont définissaient le postmodernisme comme « un courant intellectuel caractérisé par un rejet plus ou moins explicite de la tradition rationaliste des Lumières, par des discours théoriques déconnectés de tout empirisme et par un relativisme cognitif et culturel qui ne voit dans la science qu’une “narration”, un “mythe” ou une construction sociale parmi d’autres » (p. 144). Kimberlé Crenshaw, avec son concept d’intersectionnalité, peut se féliciter d’avoir porté le postmodernisme de la théorie à la pratique.

Le recensement est l’instrument vital de la mise en œuvre des politiques identitaristes.

Pour Mike Gonzalez, l’implication communiste ne fait aucun doute, comme en témoignent les propos de Robert Shrank, ancien communiste et responsable du programme de la Fondation Ford dans les années 1970 et 1980, selon lesquels la Fondation était mue par un anticapitalisme tenu secret. De même, Saul Alinski déclara dans Playboy en 1972 : « celui qui vous dit qu’il était engagé dans les causes progressistes de cette époque et n’a jamais travaillé avec les rouges est un sacré menteur » (p. 149).

L’argument démographique et le rôle central du recensement

D’après une étude de 2018, le petit groupe le plus à gauche, formé par les enfants de Gramsci et de Marcuse, est composé très massivement de Blancs de haut niveau éducatif. Pour l’emporter, il leur faut convaincre différents groupes ethno-raciaux de leur malheur afin d’éviter l’attrition ethnique et exploiter leurs griefs à des fins politiques.

Le recensement est l’instrument vital de la mise en œuvre des politiques identitaristes. En 2019, le politologue Ruy Teixeira cosigna un rapport sur les changements politiques à attendre de l’évolution démographique déjà décrite dans son rapport de 2002. Avec de plus en plus de diplômés et de moins en moins de Blancs, le vote Républicain allait diminuer. En 2016, Richard Alba avait pourtant mis en doute les conclusions de Ruy Teixeira et montré comment le Census Bureau se faisait l’instrument du durcissement des catégories ethnoraciales en reclassant systématiquement les cas ambigus dans les minorités pour produire, notamment, l’estimation la plus faible possible des Hispaniques blancs. Ce qui rappelle étrangement la “one drop rule”. Le Census Bureau se trouve dans les griffes d’un lobby pro-racial (comprenant des universitaires) qui a fait du recensement un instrument politique.

Avant, le recensement était la prérogative de la communauté des chercheurs et professeurs d’université. Il est devenu le lieu d’influence d’organisations d’activistes en faveur de la création de groupes au cœur des politiques préférentielles dont la perspicacité a été, dans les années 1960-1970, de chercher à étendre à différents groupes les programmes conçus pour les descendants d’esclaves. Pourtant, malgré les injustices et les discriminations, la plupart des immigrants ont longtemps vu l’assimilation sous un angle positif.

Une remise en cause des droits

Les postmodernistes et adeptes de la théorie critique ont généré une véritable industrie de consultants extérieurs tout particulièrement dans le domaine de l’éducation.

Richard Carranza, chargé du département de l’éducation à New York a ordonné aux proviseurs, directeurs d’écoles et cadres de suivre une formation obligatoire pour éradiquer la « suprématie de la culture blanche » dans les écoles de New York.

Ainsi, en 2019, Richard Carranza, chargé du département de l’éducation à New York a ordonné aux proviseurs, directeurs d’écoles et cadres divers de suivre une formation obligatoire pour éradiquer la « suprématie de la culture blanche » et les biais implicites supposés rampants dans les écoles de New York.

Mike Gonzalez voit dans cette victimisation généralisée, non seulement un grand malheur pour l’éducation des enfants, mais aussi une justification pratique à une intervention toujours plus grande de l’État, au détriment des droits. On retrouve ici la thèse de Christopher Caldwell. Ainsi, la Constitution, pointilleuse sur les clauses d’égalité de traitement, doit être ignorée parce que le racisme est structurel [selon les partisans de ces thèses]. La liberté de conscience est mise à mal car elle contrarie l’expérimentation sociale en matière sexuelle. La liberté d’expression aussi.

Toute défense de ce que la pensée postmoderniste appelle le récit hégémonique est jugée toxique et devrait donc être illégale.

Toute défense de ce que la pensée postmoderniste appelle le récit hégémonique est jugée toxique et devrait donc être illégale parce qu’elle retarde le démantèlement de la structure actuelle du gouvernement.

Autre droit mis à mal, le droit de propriété, marotte des marxistes. Mais c’est le concept même de droits qui est attaqué. Le déni des droits naturels qui fondent le pays n’est pas qu’une question théorique, écrit Mike Gonzalez. Il a des conséquences dans la vie réelle réduisant la liberté individuelle, notamment sur les campus où les idées conservatrices sont éliminées.

Cette évolution a suscité des critiques, chez les Libéraux et les Conservateurs. Les Nationaux conservateurs insistent sur un nationalisme civique promouvant une solidarité indifférente aux caractéristiques ethnoraciales quand des Libéraux à l’ancienne, qui s’opposent aux politiques identitaristes, en sont venus à défendre la souveraineté nationale et notamment le contrôle des frontières. Mike Gonzalez penche du côté de ces Libéraux de la vieille école qui voient dans les politiques identitaristes une trahison des droits civiques de 1964 et un retour à la doctrine « séparés mais égaux ».

Les demandes de soutien des opprimés n’émanent pas tellement des gens les plus démunis, mais plutôt de la jeunesse gâtée des Campus américains, la minorité woke.

Le développement de la culture victimaire a, par réaction, enhardi le petit noyau suprémaciste. Comme l’écrit Heather Mac Donald, « si la “blancheur” est considérée comme un sujet légitime du discours académique et politique, il se trouvera des individus pour adopter “l’identité blanche avec fierté” » (p. 192). Surtout si l’on fait des hommes blancs des parias livrés à la colère et à la frustration. Le statut de victime (et non les capacités individuelles), nouvelle façon d’acquérir un statut moral mais aussi des dédommagements financiers, nourrit les revendications victimaires. Ce que certains à droite appellent « les jeux olympiques de la victimisation ». Les demandes de soutien des opprimés n’émanent pas tellement des gens les plus démunis, mais plutôt de la jeunesse gâtée des Campus américains, la minorité woke.

Que faire ?

Mike Gonzalez espère une mobilisation des Démocrates et des Conservateurs qui se posent des questions et s’inquiètent du tournant pris avec les politiques identitaristes pour arrêter le processus et regagner une cohésion perdue. La première chose à faire, écrit-il, est de couper la pompe financière en cessant de distribuer des avantages à ceux qui se revendiquent victimes du seul fait de leur appartenance à un groupe protégé. Ce qui revient à considérer que le handicap est fixé à la naissance et à recréer un système de castes contraire aux titres VI et VII des droits civiques qui prohibent la discrimination selon la race, la couleur, la religion, le sexe et l’origine nationale

D’après un rapport du Congressional Research Service de 2011, il y avait alors 264 agences dédiées aux politiques préférentielles et 276 programmes préférentiels, en augmentation de 60 % par rapport à 1995. Mike Gonzalez propose d’actualiser une telle étude, sous la responsabilité de l’exécutif, de démanteler tous ces programmes et de voter une nouvelle loi sur les droits civiques interdisant toute politique préférentielle. Neuf États ont déjà banni l’« affirmative action ». C’est aux citoyens de se mobiliser pour que ce bannissement s’étende à d’autres États.

On considère les étudiants comme des ambassadeurs de leur groupe d’après leur ADN.

Louer la diversité ethnique à l’Université, c’est considérer les étudiants comme des ambassadeurs de leur groupe d’après leur ADN. Mike Gonzalez espère que la plainte des étudiants asiatiques contre Harvard ira jusqu’à la Cour suprême et que cette dernière renversera la jurisprudence actuelle en interdisant, notamment, tout usage du « disparate impact » (effet disproportionné) à l’Université et ailleurs. Cette notion, qui prend appui sur les résultats du recensement, induit des redécoupages électoraux sous la supervision de la justice. La chercheuse Abigail Thernstrom a appelé « a new entitlement », ce nouveau droit qui consiste à élire un député de son groupe ethnoracial.

Un autre angle d’attaque est l’incohérence et l’artificialité des groupes panethniques aux contours variables selon les universités. C’est, plus généralement, dans l’éducation que la tâche est immense. La pensée dominante aujourd’hui est que l’enseignement traditionnel ne ferait qu’accentuer le racisme institutionnel qui privilégie la classe des oppresseurs. D’où l’implantation de pédagogies critiques, comme le Cultural Responsive Teaching (CRT) qui enseigne tout, y compris les maths, en fonction des catégories ethnoraciales des élèves. Son groupe ethnoracial déterminerait la manière d’apprendre d’un élève et devrait déterminer ce qu’il apprend. Jay Schalin préconise que législateurs et gouverneurs renouvellent les conseils de direction. Ils contrôlent les cordons de la bourse et peuvent transformer les exigences, la gouvernance des écoles et les pratiques de leur personnel et interdire qu’on apprenne aux enfants à haïr leur pays. De même, à l’Université, si le ministère de l’éducation ne peut décider de ce qui s’y enseigne, il peut exiger, sous peine de perdre les subventions publiques, une diversité d’opinions du corps enseignant.

Mais ces transformations n’ont quelque chance de se concrétiser que si les citoyens américains prennent conscience de l’ornière dans laquelle est tombé leur pays et décident de l’en sortir. Les politiques ne s’y engageront que si les électeurs et des leaders d’opinion se font entendre sur le sujet. Le mouvement des droits civiques 2.0 ne sera pas tâche facile compte tenu des avantages acquis. C’est aux citoyens d’agir.

Tribune] Comment s’en sortir par le haut ? Par M-F Bechtel - République Moderne

Source : https://www.lefigaro.fr/vox/societe/michele-tribalat-les-categories-ethno-raciales-sont-devenues-une-obsession-aux-etats-unis-et-voila-le-livre-qui-explique-pourquoi-20200908

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15.
Pourquoi le Texas est le laboratoire de l’Amérique de demain - Philippe Corbé édité par Camille Kauffmann - Publié le 22/09/2020 à 07:05 - Document ‘rtl.fr’

PODCAST - D’ici une vingtaine d’années, le Texas va devenir l’État le plus peuplé d’Amérique et ainsi dépasser la Californie. Cela pourrait avoir des conséquences politiques majeures. - Une lettre d’Amérique Philippe Corbé & RTL Originals iTunes RSS - Illustration 58. Pourquoi le Texas est le laboratoire de l’Amérique de demain - Crédit Image : RTL Originals | Crédit Média : RTL Originals | Durée : 29:59 | Date : 22/09/2020 La page du podcast

C’est grand le Texas, c’est plus grand que la France métropolitaine. On dit ici ’everything’s bigger in Texas’ (’Tout est plus grand au Texas’) : les voitures, les steaks, les bottes, les chapeaux, et aussi la taille de l’État.

Avant d’être américain, l’État du Texas fut d’abord mexicain, puis indépendant pendant une dizaine d’années. Le Texas a toujours conservé cet esprit d’indépendance et son identité forte que Philippe Corbé nous invite à découvrir.

Derrière les clichés des bottes de cow-boy, les rodéos, et les barbecues, la réalité du Texas c’est plutôt une diversité ethnique, culturelle, religieuse, qui en fait un laboratoire de l’Amérique. Pourquoi ? Parce que d’ici 20 ans, le Texas sera l’État le plus peuplé des États-Unis et deviendra particulièrement stratégique sur le plan politique.

Un État stratégique dans la course à la Maison-Blanche

La croissance de la population dépendra surtout de la population hispanique qui représente déjà 40% des Texans, mais pas seulement, car l’économie du Texas est dynamique et attire beaucoup de nouveaux arrivants, des jeunes et des urbains notamment.

Cela aura des conséquences politiques majeures, car en moyenne, les hispaniques et les jeunes votent plus démocrate que républicain. Il n’est d’ailleurs pas exclu, au vu des sondages, que le démocrate Joe Biden l’emporte au Texas.

En conséquence, les Républicains vont devoir changer leurs habitudes et faire campagne dans cet État immense, qui compte plus de 254 comtés. Car celui qui remporte le Texas aura déjà un pied à la Maison-Blanche. 

Toute l’actualité en direct et en vidéo sur RTL.fr : politique ...

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Source : https://www.rtl.fr/actu/international/pourquoi-le-texas-est-le-laboratoire-de-l-amerique-de-demain-7800794218

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16.
La question des races en France : une instrumentalisation américaine - Par Politique Magazine ; 25 septembre 2020 – Diffusé par ‘RT France’

Phogo - La question des races en France : une instrumentalisation américaine © ANNE-CHRISTINE POUJOULAT Source : AFP Manifestation sur la place de la République à Paris (image d’illustration).

Les indigénistes et leurs émules s’acharnent à inventer, en France, une question qui n’est que le duplicata de la situation américaine. Mais les Etats-Unis projettent une vision racialiste, soutenue par leur ambassade. Une opinion de Pierre Wariou.

Le mouvement ‘Black Lives Matter’ en France suppose qu’on peut importer en France des concepts américains sans pertinence historique locale – ce qui ne signifie pas qu’ils ne soient pas dangereux pour le corps social français. On voit aussi à la lumière de ce mouvement que le séparatisme n’est pas exclusivement le fait de l’islam mais aussi celui de la pensée post-coloniale et indigéniste qui se diffuse au sein des structures officielles (université, musées, etc.).

L’ethnie plus que la race – ‘Politique magazine’ est un mensuel d’information indépendant. Chaque mois, ‘Politique magazine’ donne la parole à des experts pour analyser les politiques intérieures et extérieures de la France.

Partons du commencement : la question noire. Y a-t-il une question noire en France ? Les Noirs aux États-Unis sont présents sur le sol depuis les premiers moments de ce pays. Issus de l’esclavage, ils ont développé une culture originale mais ont oublié leur culture d’origine : s’ils sont des « Afro-descendants » ou des « Afro-Américains », ils n’ont plus grand chose d’africain.

En France, c’est le contraire. L’immigration de personnes noires est beaucoup plus récente et, de fait, les questions ethniques ou culturelles y subsistent – à la différence des Etats-Unis où elles n’ont aucun sens. C’est ce que confirme un article du New-York Times du 15 juillet 2020, « Une prise de conscience raciale en France, où le sujet reste tabou ». « En France, en grandissant, Maboula Soumahoro ne s’était jamais considérée comme Noire. Chez elle, ses parents immigrés mettaient l’accent sur la culture Dioula, du nom d’un groupe ethnique musulman de Côte d’Ivoire. Dans son quartier, elle s’identifiait comme Ivoirienne auprès des autres enfants d’immigrés africains. » Il n’y a rien de plus logique. En France, les femmes noires portent des boubous ou des robes en wax. C’est le signe d’une immigration récente. De même, on y trouve des restaurants sénégalais, ivoiriens, éthiopiens, car les personnes présentes en France ne sont pas des « afro-descendants », ils ne sont pas « d’origine africaine » comme aux Etats-Unis, mais viennent d’un pays et relèvent d’une ethnie.

De fait, il n’y a donc pas de solidarité noire comme aux Etats-Unis. C’est ainsi que, jeune, Maboula Soumahoro s’identifiait comme Ivoirienne auprès des autres enfants d’immigrés africains. Identification qui serait impossible aux Etats-Unis. L’influence américaine Lire aussi Manifestation le 18 juillet à Beaumont-sur-Oise, quatre après la mort d’Adama Traoré. Val d’Oise : marche en hommage à Adama Traoré à l’appel du comité Adama et d’une ONG écologiste La suite de l’article est passionnante car on y voit que Maboula n’a pas été imprégnée d’une culture française mais américaine. Elle nous parle de Whitney Houston, de Michael Jackson, du Cosby Show et du hip-hop en indiquant au journaliste que cela lui avait « fait rêver d’être cool comme des Africains-Américains ». Dès lors, elle se mit à ressentir une affinité raciale avec ses amis. C’est là un phénomène qui s’observe fréquemment : les jeunes issus de l’immigration ont souvent une attitude ambivalente vis-à-vis de leur pays d’origine.

Les jeunes d’origine maghrébine dénigrent volontiers les « blédards », et ceux issus d’immigration subsaharienne font de même. Si les parents ont souvent un positionnement ethnique (les parents de Maboula se définissent comme relevant de l’ethnie Dioula), leurs enfants adoptent un positionnement racial : Maboula se pensera Ivoirienne avant finalement de se rêver Afro-Américaine. Davantage que l’importation du mouvement Black Lives Matter, ce qui participe de l’importation en France de la question raciale, c’est évidemment la musique, l’esthétique, le cinéma. Bref : la culture afro-américaine. Il n’est qu’à voir les tonnerres d’applaudissements acclamant la sortie de Black Panther, film sans intérêt. Pour quelqu’un qui se rêve américain, ressentir dans sa chair une indignation pour la mort d’un quidam à Minneapolis, partager le même hashtag que Jay-Z ou Beyoncé, c’est entériner une acculturation américaine.

Le New-York Times confirme sans en avoir honte le moins du monde que cette importation est le résultat d’une politique volontaire de la part des Etats-Unis. Aujourd’hui, ceux qui remettent en cause cet idéal avec sans doute le plus de véhémence sont des Français noirs dont la conscience raciale s’est éveillée ces dernière décennies — aidés en cela par la culture populaire des Etats-Unis, par ses penseurs, voire par ses diplomates à Paris qui repéraient et encourageaient des jeunes leaders français et noirs il y a une dizaine d’années. Au-delà de la culture populaire, on cite donc le soutien des diplomates américains. C’est un fait établi. Plus loin, le New-York Times enfonce le clou et le confirme une nouvelle fois : « L’ambassade américaine à Paris s’est mise à tendre la main aux minorités ethniques et raciales françaises après les attaques du 11 septembre, dans le cadre d’une politique internationale pour « gagner les cœurs et les esprits ». L’ambassade proposait des programmes éducatifs sur des sujets comme la discrimination positive — un concept tabou en France — et réussissait à atteindre pour la première fois un public de Français non-blancs, explique Randianina Peccoud, qui supervisa ces programmes à l’ambassade et qui a pris sa retraite l’année dernière. »

L’ingérence américaine - Lire aussi La campagne d’affichage photographiée dans la ville de Béziers, dans l’Hérault. Béziers : une campagne d’affichage détourne le mouvement « Black Lives Matter » Le débat public donne depuis longtemps la parole à des militants qui cherchent à importer en France les conceptions raciales et communautaires qui ont cours aux Etats-Unis. C’est par exemple le cas de Maboula Soumahoro, diplômée de Columbia, spécialisée en ‘French diaspora studies’, proche du Parti des Indigènes de la République et régulièrement invitée sur France Culture. C’est le cas de Rokhaya Diallo qui déclarait en 2010 que « La France a beaucoup à apprendre des Etats-Unis en matière de diversité ». On oublie cependant de rappeler que madame Diallo était allée aux Etats-Unis grâce à l’International Visitor Leadership Program (IVLP), un programme américain créé après-guerre et qui permet à de « jeunes leaders dans leurs domaines » d’être accueillis dans le Nouveau Monde.

Le rappeur Ekoué Labitey ou Fayçal Douhane, le sous-préfet de Seine-Saint-Denis, avaient eux aussi bénéficié de ce dispositif. Vous l’ignorez peut-être mais, chaque année, la totalité du budget des ‘public affairs’ de l’ambassade américaine en France est consacré aux banlieues françaises. Cela représente trente personnes chargées des affaires culturelles et des relations presse qui sont employées pour assurer aux Etats-Unis une place dans l’imaginaire des banlieues.

Cette information ne vient pas de blogs conspirationnistes mais d’un article remarquablement bien documenté que Thomas Poupeau avait publié le 30 décembre 2019 dans Le Parisien. Les investisseurs américains ne sont pas à la traîne de l’ambassade. C’est ainsi que la banque d’affaire américaine JP Morgan va investir 30 millions de dollars sur cinq ans dans les quartiers populaires d’Ile-de-France, dont 26 pour le seul 93. La nouvelle avait fait l’objet d’un article dans Marianne en janvier 2019 signé d’Erwan Seznec. On y apprenait qu’il existe un programme baptisé ‘Advancing Cities’, doté de 500 millions dollars, et qui permettait à la banque de faciliter l’accès des quartiers populaires aux opportunités économiques. Les investissements de JP Morgan bénéficient notamment à Mozaïk RH, un cabinet de recrutement créé par le Français Saïd Hammouche et destiné à faire des jeunes de banlieues des startupers à l’américaine. Ces projets soutenus par l’ambassade américaine rejoignent les aspirations d’un Majid El Jarroudi, un entrepreneur français, qui a fondé l’Agence pour la Diversité, et voit dans le 93 un « département monde », connectés avec tous les pays, et dont le multiculturalisme est un atout qu’il faudrait encourager pour booster l’économie française. Passé à En Marche, Majid El Jarroudi eut l’oreille d’Emmanuel Macron qui, en septembre 2017, vantait le « territoire le plus jeune et le plus innovant de France ». Les investissements massifs – chiffrés en milliards – qui doivent avoir lieu pour les Jeux olympiques découlent de cette conception d’un territoire que l’on rêve une enclave américaine à côté de Paris.

En mai 2018, La Croix s’enthousiasmait avec Macron qui, lorsqu’il annonça ses mesures en faveur des quartiers prioritaires, révéla que la banlieue serait une zone test de la fameuse start-up nation. Argent, coteries, programmes, investissement, rencontres… les Américains ne peuvent pas se permettre de bombarder la Syrie sans avoir une bonne image dans les banlieues. Ils préfèrent investir et soigner l’image de la Maison Blanche. Ne se cachant pas de voir le 93 comme un territoire musulman, ils ont décidé, à la suite du 11 septembre, d’en faire un territoire à conquérir. Plus de dix ans après, les Etats-Unis récoltent les fruits de leurs investissements.

Camelia Jordana chante un slogan des ‘Black Panthers’ dans une manifestation parisienne, des jeunes français s’agenouillent et s’approprient les slogans américains, nos intellectuels de gauche s’engouffrent dans les concepts d’importation comme celui de l’appropriation culturelle, du privilège blanc, de la blanchité, du blackface et la commune libre de Tolbiac a voulu importer l’aberrante expérience universitaire d’Evergreen au cœur du XIIIe arrondissement. Bref : ce n’est pas le séparatisme islamique qui est le seul problème mais l’importation artificielle et concertée de questions raciales avec le soutien des autorités françaises à l’arrivée massive du post-colonial. Auteur : Pierre Wariou - Cet article est publié en partenariat avec ‘Politique Magazine’

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RT France, SAS. 2005–2020. Tous droits réservés. En savoir plus sur RT France : https://francais.rt.com/opinions/79077-question-races-france-instrumentalisation-americaine-opinion-pierre-wariou

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RT (chaîne de télévision) d‘après Wikipédia

Pour RT en français, voir RT France. RT, anciennement Russia Today, est une chaîne de télévision d’information internationale en continu, financée par l’État russe1. Elle a été lancée le 10 décembre 2005 par l’agence de presse RIA Novosti, qui l’abrite dans ses locaux moscovites. Elle exploite des chaînes de télévision par câble et par satellite destinées à un public étranger en dehors des frontières de la Russie, et produit des contenus pour Internet. Son objectif est de diffuser une image de la Russie et une vision de l’actualité différentes de celles des médias de masse occidentaux. Elle est diffusée en Europe, en Asie et en Amérique et est disponible en anglais, en arabe, en espagnol, en russe et en français. Depuis le 4 mai 2007, une version en arabe existe également, Rusiya Al-Yaum, ce qui fait entrer la chaîne dans la guerre de l’information, au niveau de BBC World, CNN, Al Jazeera et France 24. En 2010, c’était aux États-Unis la seconde chaîne d’information étrangère la plus regardée. Elle emploie 2 000 personnes avec un siège à Moscou et Washington, et des bureaux à Paris, Londres, Los Angeles, Miami, Delhi et Tel Aviv. RT est généralement considéré par les médias et experts occidentaux comme un instrument de propagande au service du gouvernement russe et de sa politique étrangère2,3,4,5, se livrant à la désinformation6,7, proche de l’extrême droite sur Internet, complotiste8. Par le passé, des contenus diffusés par la chaine ont été accusés de faire preuve d’antisémitisme, notamment par le centre Simon-Wiesenthal. La Columbia Journalism Review publiée par l’université Columbia définit RT comme « un moyen d’expansion de la politique étrangère conflictuelle menée par Vladimir Poutine »9. En novembre 2017, le département de la Justice des États-Unis désigne officiellement RT comme média de propagande au service du Kremlin, RT est alors contraint de se soumettre au Foreign Agents Registration Acts et de s’enregistrer en tant qu’« agent de l’étranger »10,11,12

Lire l’article complet sur ce site : https://fr.wikipedia.org/wiki/RT_(cha%C3%AEne_de_t%C3%A9l%C3%A9vision)

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17.
« Est-ce une erreur de ne pas identifier tous les habitants du continent américain comme des Américains ? » 28/08/2020 - Par Jean Camille Étienne, architecte, urbaniste et Master en Politique et Gestion de l’Environnement, camilingue@yahoo.ca - Document ‘haitiprogres.com’ - admin

Photo – USA, don de 200 mille pour rénover la maison de Viviane Gauthier

La présente réflexion est issue d’un débat qu’a suscité une publication que j’ai faite sur ma page baptisée CrAy (Chronique de la Renaissance d’Ayiti) autour du Rêve Américain, au regard d’un immigrant comme moi, un Ayitien formé, qui a abandonné sa famille originelle ainsi que sa carrière professionnelle et son Ayiti qu’il chérit tant, en vue de vivre « the American Dream ».

Alors, partons de la logique que plus on nous fait ruminer quelque chose, plus nous avons tendance à y croire, jusqu’à en faire notre réalité. C’est exactement ce qui s’est passé dans le cas du continent américain, dont un seul pays a décidé de faire main mise sur le nom, sans que personne d’autre n’ait droit à la contestation pour ainsi revendiquer la filialité, si ce n’est naturelle ou légitime, au moins par adoption. La dénomination ou l’appropriation du nom d’un continent tout entier à un seul pays relève donc d’une escroquerie, portée sur les fonts baptismaux, des plus scandaleuses.

Ainsi, l’épithète d’américain est donc perçu comme étant l’héritage de « jure » d’un pays du sous-continent d’Amérique du nord, les États-Unis d’Amérique, ainsi connu, et qui fièrement s’en approprie, envers et contre tout partage et toute controverse. Pour avoir la conscience tranquille, on parle hypocritement et ironiquement de deux autres sous-continents dans la même région également, à savoir : l’Amérique latine et l’Amérique centrale. Cependant, paradoxalement, cela n’autorise pourtant aucun autre État du continent d’en porter le nom. En effet, il va de soi et cela peut se comprendre aisément, de par l’origine même du nom porté par le continent, venant de Américo Vespucio, un marchand florentin, explorateur et cosmographe, naturalisé castillan en 1505, qui a participé à au moins deux voyages d’exploration vers le Nouveau Monde, soit l’actuel continent américain, ainsi baptisé en son honneur.

Par cet acte abominable et discriminatoire, les sud-américains ne sont point des américains à proprement parler, mais plutôt des latinos (latins). Les centres-américains, les caribéens ou antillais et encore moins le reste des nord-américains du Canada et du Mexique ne s’appelleront pas américains non plus. Ces deux pays sont considérés, respectivement, comme une extension de la Grande-Bretagne dans le même sous-continent, alors que le Mexique est rattaché au reste de l’Amérique latine.

Nous sommes-nous déjà arrêtés une seconde pour nous demander pourquoi cette appropriation et cette privation arbitraires ? Pensez-y ! Si par hasard cela vous intéresse encore d’approfondir le sujet, il n’y a donc aucun inconvénient à ce que l’on continue à faire couler même un océan d’encre, en vue de consolider nos convictions, du choc de nos réflexions. À mon humble avis, je pense qu’il est trop tard pour tout État, autre que les États-Unis, à l’heure où nous sommes, de vouloir revendiquer son américanité. Sans folklorisme ni démagogie, il faut reconnaître, qu’en dépit du fait qu’il soit une seule et même terre, le continent américain n’est pas un seul et indivisible territoire, avec une identité qui lui est propre, une même maternité ascendante, une même idiosyncrasie, une seule et même vision du monde, une même conception, une même expression linguistique, une même ethnie, un même comportement, les mêmes traditions, les mêmes attitudes, les mêmes inspirations et aspirations, les même systèmes politiques et économiques, les mêmes goûts, la même culture, la même croyance et, bien sûr, une seule et même religion, etc., bien que tous unis par les horreurs d’un même passé colonial, dans la grande majorité des cas, et dont les plaies ne se sont jamais véritablement cicatrisées.

Je suis sûr d’accord avec ceux-là qui font semblant de réclamer leur américanité, c’est leur droit le plus entier. Cependant, la controverse, l’incohérence voire l’ironie résident dans le fait qu’ils n’ont aucune foi, ni loi, ni la moindre velléité encore moins la conviction de soutenir, dans les règles de l’art, une telle posture, même quand elle serait des plus légitimes. Il y a donc fort à parier que ceux qui se disent américains, au fond de leur subconscient, savent pertinemment qu’ils ne le sont que par le droit du sol… À la vérité, il s’agit d’une identité hors de toute singularité sans aucun sens d’appartenance ni d’adhésion collective, qui ne s’est jamais donné la peine de se construire et dont, paradoxalement, on voudrait se réclamer. Il s’agit donc du même scénario, même pour les pays qui ont une certaine affinité historique du climat, de la flore et de la faune, des indices de développement, des ressources naturelles et, n’en déplaise, du point de vue géopolitique, social et économique, si bien que leur ethnicité s’avère des plus diverses et variées. La vérité est que même au sens le plus restreint de la dénomination, il se révèle d’une extrême difficulté de parvenir à définir, avec cohérence et unanimité, une identité américaine, même régionale, ou à l’échelle de la nation étasunienne même, sans qu’il n’y ait de divergence et/ou de controverse. Aussi, ne conviendrait-il pas de se demander : qu’est-ce que la culture américaine ?

Parler de la culture américaine, même au strict sens du territoire étasunien, n’est pas chose aisée. C’est quoi la culture américaine, qu’inspire-t-elle et que projette-t-elle ? Qu’est-ce qui la compose ? Qu’est ce qui caractérise son quotidien, pourrait-on se demander ? Après environ six années d’émigration vers les États-Unis, mon expérience personnelle est qu’il n’existe presque pas un canevas de catégorisation du peuple qu’on appelle : « américain », par abus de langage et d’obsessions hégémoniques, sans objection ni rejection collective. Des zones côtières, en passant par le centre, pour aboutir aux périphéries du pays, la dichotomie tend à se marquer avec une exactitude inquiétante.

En effet, les États-Unis sont le pays des controverses et, bien sûr, de l’unité dans la diversité. Une sorte de kaléidoscope culturel et ethnique, en constant devenir, tissé d’un flux migratoire donnant une saveur particulière à son histoire très différente, d’un bout à l’autre du pays. Surtout, rappelons-nous toujours les origines de ce pays si singulier, comme tous les autres d’ailleurs. D’une part, les origines migratoires du pays. On connaît tous l’histoire des colons « religieux » – là on pourrait parler de colonisation de conviction religieuse – en quête d’exil, en raison de leur volonté d’exercer leur foi en toute liberté et loin des intolérances britanniques. Dans cet ordre d’idée, c’est un pays qui a pour fondation les idéaux de liberté, de justice et du bien-être.

D’où le fameux concept de ‘American Dream’ qu’ils continuent de vendre, à cœur joie, au reste du monde. Cependant, mes questions sont les suivantes : sont-ce les « américains » le seul peuple en Amérique à s’être attaché de manière passionnée et irréversible à sa liberté et à son bien-être ? Quel peuple n’aurait pas aimé avoir des dirigeants qui font tout pour garantir le bien-être de sa population ? Et pour finir, sont-ce les pays américains qui doivent adopter la « culture américaine » pour être considérés comme des américains ? Ou du moins, cet américanisme ou américanité dont on parle, doit-elle être la résultante d’un long processus de cet art catalytique et de cristallisation du vécu, de l’idiosyncrasie, des traditions, de la culture et des us et coutumes de la région ?

Il s’agit là d’autant d’interrogations auxquelles nous ne répondons pas toujours et de façon unanime. Cependant, une chose est certaine, c’est que ce débalancement et/ou déséquilibre de l’équation des États américains se prolonge et persiste en fonction des constantes et des variables de valeurs référentielles, des facteurs culturels, comportementaux et caractériels, entre autres. Certes, nous nous baignons, pour la plupart, dans les mêmes eaux de catégorisation et de différenciation d’identité culturelle et ethnique, indépendamment des us et coutumes des différents regroupements, par critères de rapprochement, de ressemblance, de distanciation et de dissemblance.

C’est pareil, et encore plus compliqué, même pour ceux-là qui se réclament de l’Amérique du nord dont les États-Unis, le Canada, le Mexique, pour les mêmes raisons. Il s’agit de trois souches ethniques et culturelles différentes et qui sont, bizarrement, unies par trois langues romaines différentes : l’anglais, l’espagnol et le français. Aisément, on peut les comparer, comme en mathématique, à trois ensembles distincts, avec pour dénominateur commun, la terre. Le Mexique, en dehors des composantes et/ou héritages de la colonisation espagnole, est le seul à être un État autochtone qui, postérieurement, partagera un peu avec les États-Unis, l’espagnol. Et, avec les États-Unis et le Canada, malgré leurs similitudes, ces trois pays se perçoivent comme des entités à parts entières, charriant, chacun derrière soi, son lot d’identité culturelle, propre à soi-même.

La réalité est que l’idée d’une Amérique unitaire n’a jamais fait l’unanimité dans la mosaïque ethnique et culturelle des peuples qui se partagent le continent. Ce qui veut dire qu’il n’y a pas que les États-Unis à s’y opposer et, conséquemment, à s’imposer. Il faudrait encore des siècles d’histoire pour se forger une identité commune. Cependant, Dieu seul sait à quel prix ! Les séquelles de la colonisation font, qu’outre les États-Unis, aucun pays de la région n’a jamais revendiqué son appartenance à cette identité chimérique américaine. Cela aurait-il quelque chose à voir avec l’historique ségrégationniste et génocidaire du continent dont les États-Unis, plus que jamais, en constituent le symbole ? Les faits historiques peuvent parler de par eux-mêmes.

Que ce soient les deux autres États de l’Amérique du Nord, ceux de l’Amérique Latine, de l’Amérique Centrale ou des Caraïbes, ils ne se considèrent pas américains, par le simple fait de leur situation géographique. Se disent pour eux Américains, les descendants des Européens en Amérique, en grande partie Anglais et Irlandais, initialement, qui par la suite s’ouvriront plus largement à l’immigration des peuples de toutes latitudes, de toutes les attitudes et de n’importe quelles habitudes dont : juifs, allemands, italiens, latinos en fort pourcentage et indigènes et noirs en très faibles quantités (nécessité économique oblige).

Ainsi, à tort ou à raison, les États-Unis, dans ce cas précis, les « Américains » incarnent le souvenir inoubliable d’une époque de terreur, faisant d’eux, aujourd’hui encore, un bourreau à l’échelle géopolitique qui châtie, à la moindre désobéissance n’allant pas dans le sens de ses intérêts hégémoniques. Qui ne se souvient de la Doctrine du Big Stick, l’incarnation même de la politique étrangère impérialiste, menée par le président Theodore Roosevelt au début du XXe siècle, et qui visait à faire assumer aux États-Unis une place de véritable police internationale par l’imposition de ses lois au reste des États des Amériques, et de l’Amérique Latine en particulier. L’objectif premier de cette doctrine prédatrice est de garantir les intérêts économiques des États-Unis dans les Amériques qu’il juge être siennes. Cela a favorisé un accroissement exponentiel étasunien, non seulement au niveau économique mais également au niveau de la nouvelle superpuissance mondiale. En cas d’échec diplomatique de la persuasion économique, le recours à des représailles militaires est donc envisagé. Ainsi, l’Amérique était perçue tantôt comme l’arrière-cour ou la propriété privée des États-Unis d’Amérique. Ce désir effréné de pouvoir et de gloire était cristallisé comme suit : « L’Amérique aux “Américains”… »

Maintenant qu’on a fait la lumière sur la vraie problématique, j’espère donc que nous sommes en mesure de comprendre pourquoi aucun autre pays des Amériques n’a jamais revendiqué son authentique américanisme. Si quelqu’un a une opinion contraire, ce sera la guerre des arguments, les uns les plus convaincants et plausibles que les autres, pour prouver sa thèse ou son hypothèse. À preuve, je conclurai avec l’extrait qui suit, d’un article sur Wikipédia.

« Les Américains, ou le peuple américain, sont les habitants et les citoyens des États-Unis. Le pays est marqué par une grande diversité ethnique du fait qu’il se soit principalement et majoritairement construit sur l’immigration. Par conséquent, les Américains forment une nation au sens civique du terme, et non pas au sens ethnique. » Fin de citation.

Ainsi, je suis de ceux qui croient que l’acte d’appropriation par les États-Uniens de l’étiquette américaine pour eux-mêmes et par eux-mêmes, ne relève que du cynisme sans civisme et de l’imposture sans la moindre posture et que, malheureusement, si aucun État autre que le géant Nord-Américain n’a jamais eu le courage ni la décence de la revendiquer, cela témoigne de l’inexistence d’une identité historique et territoriale commune et, jusqu’à une certain égard, culturel, caractériel et comportemental. Fort de toutes ces considérations, ne conviendrait-il pas de conclure, tel qu’on l’a introduit, en revenant à la case de départ et nous demander : Est-ce une erreur de ne pas identifier comme Américains, tous les habitants du continent américain ? La réponse est à la fois oui et non, en raison de tous les arguments que nous venons d’évoquer, dans un sens ou dans un autre.

En effet, on peut considérer que le positionnement géographique doit, en tout état de cause, l’emporter sur les facteurs de mise en valeur des traits caractéristiques de la culture états-unienne, aux dépends de ce projet commun de comportement visant à l’application scrupuleuse de la loi de la métonymie, c’est-à-dire : prendre le tout pour la partie et la partie pour le tout. Ainsi, nous pouvons tous être Américains ou non.
28/08/20 20
Jean Camille Étienne, (Kmi-Lingus ) - Arch. Msc. en Politique et Gestion de l’ Environnement camilingue@yahoo.ca

Nouvelles et Actualités d’Haïti et du Monde ... - Haiti-Progres

https://www.courrierinternational.com/sites/ci_master/files/styles/image_original_470/public/logo/haiti-progres.jpg?itok=veV72_2j

Source : https://haitiprogres.com/news/2020/09/03/est-ce-une-erreur-de-ne-pas-identifier-tous-les-habitants-du-continent-americain-comme-des-americains/

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18.
Livre - « Rumeurs d’Amérique » d’Alain Mabanckou - Par Gladys Marivat - Publié le 02 octobre 2020 – Titre : « Au jour le jour » - Document ‘Le monde des livres Rencontre’ - Article réservé aux abonnés (accès conditionnel)

L’écrivain congolais, qui enseigne à Los Angeles, refuse d’être cantonné à la dénonciation du racisme ou du colonialisme. Son nouveau et optimiste livre, en témoigne. Photo : l’écrivain Alain Mabanckou, à Los Angeles, en juin 2019. Sébastien Micke

Son visage à l’écran ne dégage aucun signe de fatigue, malgré les douze heures de vol Paris-Los Angeles, les neuf heures de décalage horaire et les sollicitations incessantes. Alain Mabanckou a atterri en Californie la veille au soir. Il a déjà répondu aux questions de « Télématin » sur le racisme, la présidentielle et le Covid-19 aux Etats-Unis. Bientôt, il doit enchaîner avec celles de RTL sur le débat entre Donald Trump et Joe Biden. Il espère avoir le temps de compulser la presse américaine, histoire de se mettre à jour. Et s’il ôtait son habit de correspondant officieux pour nous parler de son nouveau livre, Rumeurs d’Amérique ?

Auteur d’une trentaine d’ouvrages – des romans, des essais, des recueils de poésie, des albums pour la jeunesse –, l’écrivain, né à Pointe-Noire, au Congo, en 1966, s’essaie à présent au « carnet de bord vagabond », avec ce livre commencé il y a deux ans et achevé début 2020. Il y a consigné « au jour le jour » ce qu’il voit, ce qu’il vit, ainsi que ses souvenirs. Comme son arrivée en Californie.

Mabanckou détonne

En 2006, Mabanckou quitte le froid du Michigan, où il a enseigné pendant quatre ans, pour le soleil de Santa Monica. La population huppée le perçoit comme « un manche sur une casserole de lait ». Bref, il détonne dans cette ville majoritairement blanche. « Ce qui m’a intéressé, c’était d’être perçu comme une exception et en même temps d’être absous parce que je n’étais pas un Noir des Etats-Unis, mais un Noir de France, un Noir de Paris, et que j’étais professeur à l’UCLA [université de Californie à Los Angeles]. Aujourd’hui, ce qui se passe aux Etats-Unis relève davantage d’une lutte des classes que d’une lutte des races. Si vous êtes noir dans un monde de Blancs et que vous possédez les éléments de cette culture, la couleur devient subsidiaire. La seule question qui compte est : allez-vous prendre les précautions nécessaires pour préserver les acquis de la classe dominante ? »

Quatorze ans plus tard, l’auteur des Mémoires de porc-épic (Seuil, prix Renaudot 2006) déménage dans le centre de Los Angeles, près de Koreatown. C’est un tout autre monde, où les « minorités » représentent 70 % de la population. Son voisin coréen sonne régulièrement à sa porte pour se plaindre des dépenses de la copropriété, l’obligeant à interrompre l’écriture de Rumeurs d’Amérique. Au-delà du vaudeville, à quoi sert ce personnage ? « A montrer que les Noirs ne sont pas les seules minorités en Amérique. Je parle des Coréens, des Latinos, des Hmong, des Ethiopiens. Il y a aussi les Blancs et les métis. Chaque pays lit ce livre selon ce qu’il sait de l’Amérique. En France, on a beaucoup parlé de Black Lives Matter, et il y a l’affaire Traoré. Donc, on m’interroge sur le conflit entre les Noirs et les Blancs, parce que ça colle… »

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Référence : « Rumeurs d’Amérique », d’Alain Mabanckou, Plon, 256 p., 19 €, numérique 13 €.

Lire aussi (2020) : « Huit leçons sur l’Afrique », d’Alain Mabanckou

Source : https://www.lemonde.fr/livres/article/2020/10/03/rumeurs-d-amerique-alain-mabanckou-au-jour-le-jour_6054666_3260.html

D’après Wikipédia, « Alain Mabanckou (photo en 2017)

Biographie - {{}}
Naissance24 février 1966 (54 ans) à Pointe-Noire
Nationalités Congolais, Français Congolais, Français
Domicile Downtown Los Angeles (depuis 2019)
Formation Université Paris-Dauphine (diplôme d’études approfondies)

Université Paris-Est-Créteil-Val-de-Marne

Université de Nantes (licence)

Université Marien-Ngouabi

Activités Écrivain, poète, professeur d’université, auteur de littérature pour la jeunesse
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A travaillé pour Université de Californie à Los Angeles, université du Michigan
Site webwww.alainmabanckou.com
Distinctions Chevalier de la Légion d’honneur

Prix Renaudot (2006)

Alain Mabanckou est un écrivain et enseignant franco-congolais1, né le 24 février 1966 à Pointe-Noire (république du Congo). Il remporte en 2006 le prix Renaudot pour son roman Mémoires de porc-épic. Finaliste en 2015 du Man Booker International Prize et du Premio Strega Europeo2, il a notamment été récompensé en 2012 par l’Académie française (Grand Prix de littérature Henri-Gal) et en 2013 par la Principauté de Monaco (prix littéraire Prince Pierre de Monaco pour l’ensemble de l’œuvre)3… » - Article complet sur ce site : https://fr.wikipedia.org/wiki/Alain_Mabanckou

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Addenda

19.
Entretien avec Tania de Montaigne : « C’est à l’école que j’ai découvert que j’étais noire » Par Sandrine Blanchard Publié le 13 septembre 2020 à 01h20 - Mis à jour le 13 septembre 2020 à 13h37 – Document ‘Le Monde’ article réservé à nos abonnés [Lecture conditionnelle]

Je ne serais pas arrivée là si… Cette semaine, Tania de Montaigne, « née le 24 décembre 1971 à Paris (13e), est une journaliste et femme de lettres française », l’autrice de « L’Assignation. Les Noirs n’existent pas » raconte sa découverte du racisme. Photo

Ecrivaine, autrice de romans et d’essais, dont L’Assignation. Les Noirs n’existent pas (Grasset, 2018), Tania de Montaigne a reçu en 2015 le prix Simone-Veil pour son livre Noire. La vie méconnue de Claudette Colvin (Grasset, 2015). A 48 ans, elle monte sur la scène du Théâtre du Rond-Point pour raconter le parcours de cette militante afro-américaine pour les droits civiques.

Je ne serais pas arrivée là si…

… si ma mère ne m’avait pas inscrite, l’été de mes 17 ans, à une colonie de danse et de théâtre à Avignon. J’ai grandi dans un milieu où il n’y avait pas d’argent. Je partais uniquement en colonie pour les vacances. Nous étions tout un groupe de jeunes qui n’étaient jamais allés de notre vie ni au théâtre ni à ce festival. Lorsque je me suis retrouvée dans la Cour d’honneur du Palais des papes pour assister, pendant cinq heures, à l’Hamletde Patrice Chéreau, j’ai appris quelque chose que je n’ai jamais oublié : j’ai vu quelqu’un qui s’autorisait tout, Chéreau, et quelqu’un qui ne pouvait pas être lui-même puisqu’il était chargé d’être tous les autres, Hamlet. En fait, ça m’a rendu l’art concret.

Et quels sentiments cela a-t-il suscités ?

Ça m’a galvanisée, ça m’a autorisée. C’était la première fois que je voyais ça de ma vie. A partir de ce jour-là, je me suis dit : « Si écrire veut dire poser sa singularité – qu’elle soit bonne ou mauvaise, peu importe –, dire “je” à travers d’autres choses qui s’organisent, alors je peux écrire. »

Et que s’est-il passé lorsque vous êtes rentrée chez vous ?

J’ai découvert que cet Hamlet passait au Théâtre de Nanterre. Je suis allée voir ma prof d’anglais et j’y ai amené toute ma classe. J’ai refait cinq heures de voyage à nouveau enchanté. J’avais eu le même sentiment quand j’ai commencé, au collège, à travailler sur le XIXe siècle. Se frotter à Maupassant ou à Zola permet de mettre des mots sur une rage et se dire : « A nous deux, Paris. Vous nous avez mis à un endroit, mais il n’y a que vous qui pensez qu’on ne peut pas en bouger. » Le sentiment que c’était ouvert, plus vaste que ce qu’on croit. Se sentir financièrement responsable de sa propre famille et ne pas pouvoir mener sa propre existence, c’est un vrai sujet de pauvre….

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Source : https://www.lemonde.fr/culture/article/2020/09/13/tania-de-montaigne-j-ai-decouvert-que-j-etais-noire-a-l-ecole_6051971_3246.html

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20.
L’UE a autorisé l’exportation de plus de 80.000 tonnes de pesticides pourtant interdits au sein de l’Union Européenne Par Stéphane Mandard - Publié le 10 septembre 2020 à 01h00 - Mis à jour le 11 septembre 2020 à 11h14 – Document ‘Le Monde’ PlanètePollutions- Article réservé aux abonnés [Lecture conditionnelle] - Photo - Un agriculteur indien traite une rizière avec des pesticides, dans le nord-ouest du pays, en 2018. SHAMMI MEHRA / AFP

Produites en Europe, où leur utilisation est interdite en raison de leur très haute toxicité, quarante et une substances ont pu être vendues à l’étranger en 2018.

C’est un commerce dont l’Europe ne se vante pas. Chaque année, l’Union européenne (UE) autorise, dans la plus grande opacité, ses champions de l’agrochimie à continuer à produire et à exporter des tonnes de pesticides dont elle interdit l’usage en son sein en raison de leur très haute toxicité et des risques qu’ils font peser sur la santé et l’environnement.

Une enquête publiée jeudi 10 septembre et à laquelle Le Monde a eu accès révèle l’ampleur de ce commerce. En 2018, les pays membres de l’UE ont approuvé l’exportation de 81.615 tonnes de pesticides contenant des substances bannies depuis parfois plus de dix ans sur leur propre sol, selon les données auxquelles ont eu accès pour la première fois l’association suisse Public Eye et la branche britannique de Greenpeace. C’est l’équivalent de la quantité de pesticides vendus en France cette année-là. Si le Royaume-Uni est le premier exportateur en volume, la France est le pays qui exporte le plus grand nombre de substances prohibées différentes (dix-huit).

Au total, 41 pesticides interdits ont été autorisés à l’exportation depuis l’UE en 2018, seule année complète pour laquelle les ONG ont réussi à collecter l’ensemble d’informations souvent couvertes par le « secret des affaires ».

Pour établir cette cartographie, Public Eyeet Greenpeace UKont obtenu plusieurs milliers de « notifications d’exportation » : des documents que les entreprises doivent remplir pour exporter des substances inscrites sur la liste des produits chimiques dangereux du règlement européen sur le consentement préalable informé. Les autorités réglementaires nationales (ministère de l’environnement) et européennes (agence européenne des produits chimiques) vérifient ces documents et les transmettent aux autorités des pays de destination. Les quantités effectivement exportées peuvent parfois différer des volumes mentionnés dans ces notifications.

https://img.lemde.fr/2020/09/10/0/0/0/0/1800/0/0/0/38c33bb_671143006-pla-3720-pesticides-interdits-3.png

Risques d’empoisonnements mortels pour les agriculteurs

Produit-phare de ces produits ultratoxiques « made in Europe », le tristement célèbre paraquat. Commercialisé depuis 1962, cet herbicide massivement utilisé dans les monocultures de maïs, soja ou coton est interdit dans l’UE depuis 2007, en raison des risques d’empoisonnement mortels qu’il fait peser sur les agriculteurs.

La firme suisse Syngenta continue pourtant d’en produire en quantité très importante dans son usine d’Huddersfield, en Angleterre. En 2018, les autorités britanniques ont ainsi approuvé l’exportation de plus de 28 000 tonnes d’un mélange à base de paraquat. Destinations privilégiées : l’Amérique du Sud, l’Asie et l’Afrique…..

[Selon Wikipédia : « Syngenta est une société suisse spécialisée dans la chimie et l’agroalimentaire, issue de la fusion en novembre 2000 des divisions agrochimiques des sociétés AstraZeneca et Novartis. Elle est le leader mondial dans la recherche liée à l’agriculture1, en particulier la production de produits phytosanitaires et de semences. Syngenta emploie environ 25.000 personnes dans plus de 90 pays (chiffres de 2009), dont 2.500 en Suisse. En février 2016, ChemChina annonce l’acquisition de Syngenta, pour 43 milliards de dollars, ce qui en fera la plus grosse acquisition d’une entreprise étrangère par une entreprise chinoise2,3. L’action était cotée en bourse sous le code SYT. Elle a été retirée en 2017… » - Source de l’article complet : https://fr.wikipedia.org/wiki/Syngenta ].

Article de Stéphane Mandard pour ‘Le Monde’ 10 septembre : il vous reste 61.94% de cet article à lire. La suite est réservée aux abonnés. Déjà abonné ? Se connecter - S’abonner pour lire la suite-[3186065]-[59]-[BLOC_RESTREINT_ABO]] - Accédez à tous les contenus du Monde en illimité. Soutenez le journalisme d’investigation et une rédaction indépendante. Consultez le journal numérique et ses suppléments, chaque jour avant 13h.

Article réservé à nos abonnés - Lire aussi Pesticides interdits : révélations sur l’intense lobbying des industriels jusqu’au sommet de l’Etat

Source : https://www.lemonde.fr/planete/article/2020/09/10/l-union-europeenne-a-autorise-l-exportation-de-plus-de-80-000-tonnes-de-pesticides-interdits-en-2018_6051607_3244.html

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Auteur : Jacques HALLARD, Ingénieur CNAM, consultant indépendant – 07/10/2020

Site ISIAS = Introduire les Sciences et les Intégrer dans des Alternatives Sociétales

http://www.isias.lautre.net/

Adresse : 585 Chemin du Malpas 13940 Mollégès France

Courriel : jacques.hallard921@orange.fr

Fichier : ISIAS Pesticides Racisme Etudiants contre les herbicides et diversité ethnoculturelle aux Etats-Unis.7

Mis en ligne par Pascal Paquin de Yonne Lautre, un site d’information, associatif et solidaire(Vie du site & Liens), un site inter-associatif, coopératif, gratuit, sans publicité, indépendant de tout parti.

http://yonnelautre.fr/local/cache-vignettes/L160xH109/arton1769-a3646.jpg?1510324931

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