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"Mise à jour sur la vaccination contre la pandémie de COVID-19, notamment avec la mise à disposition des vaccins à ARN messager, et perspectives sociales et environnementales qui découlent de l’apparition du coronavirus depuis une année" par Jacques Hallard

vendredi 25 décembre 2020, par Hallard Jacques

ISIAS Coronavirus Vaccins

Mise à jour sur la vaccination contre la pandémie de COVID-19, notamment avec la mise à disposition des vaccins à ARN messager, et perspectives sociales et environnementales qui découlent de l’apparition du coronavirus depuis une année

Jacques Hallard , Ing. CNAM, site ISIAS – 24/12/2020

Plan du document : Introduction Sommaire Auteur


Introduction

Pour tenter de faire un point à cette date sur les projets de vaccination contre la pandémie de COVID-19, ce dossier réunit onze articles sélectionnés à partir de sources vérifiées - et dignes de confiance - de France, des Etats-Unis et d’Allemagne et dont les titres et les accès sont donnés dans le sommaire ci-dessous

Nous avons tout d’abord choisi des documents qui proposent de fournir des éclairages objectifs, dans l’état des connaissances scientifiques et médicales disponibles à ce jour, aux lecteurs et lectrices curieux, voire inquiets et/ou sceptiques sur les vaccinations, en particulier en ce qui concerne les vaccins à ARNm, innovants, mais peuvent soulever des réserves et qui demandent des compléments d’informations et de vulgarisation.

Afin d’élargir la réflexion sur cette situation sanitaire tout à fait inédite et imprévisible, nous avons ajouté les points de vue d’experts états-uniens sur les conséquences sociales et économiques du coronavirus et les perspectives qui, aux Etats-Unis et à leurs yeux, pourraient répondre à la question suivante : à quoi ressemblera la vie après la fin de la pandémie de COVID-19 ?

Nous donnons également l’accès aux contributions de France Culture (« L’esprit d’ouverture »] à propos des fêtes de fin d’année 2020, qui vont se dérouler entre des restrictions familiales et sociales et des recommandations sanitaires strictes et préoccupantes, avec un enregistrement de 44 minutes, dans lequel Jean Viard [sociologue, directeur de recherche associé CNRS et Cevipof, éditeur, écrivain, directeur de collection] échange avec Guillaume Erner [journaliste, sociologue et animateur de radio français], dans le cadre de l’émission « L’Invité(e) des Matins ».

Les multiples recours aux systèmes de communications numériques, qui se sont intensifiés depuis l’apparition du coronavirus, avec les nécessités sanitaires et les mesures diverses édictées par les autorités, soulèvent un
questionnement sur les conséquences vraisemblables sur l’empreinte carbone  : c’est donc un accroissement indubitable des consommations énergétiques qui se profile, amplifiant ainsi les émissions de gaz à effet de serre et les dérèglements climatiques qui sont déjà en cours. Nous rapportons in fine le point de vue du ‘Haut Conseil pour le climat’ – institué par les autorités gouvernementales en France-, qui sonne l’alerte sur les conséquences probables sur l’environnement, du déploiement en cours du système de communication ‘5G’.

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Sommaire

1. Douze réponses aux inquiétudes sur les vaccins Par Pierre Ropert - 04/12/2020 (mis à jour le 07/12/2020 à 15:30) – Document ‘France Culture’

2. Alors que 2020 touche à sa fin, voici ce que nous ne savons toujours pas sur le COVID-19 Par Science News Staff 09 décembre 2020 – Document ‘sciencenews.org’

3. Vaccin contre la pandémie de COVID-19 : Sanofi Pasteur, le géant endormi ? Par Thuy-Diep Nguyen le 28.11.2020 à 09h04 – Document ‘challenges.fr/entreprise’ - Article complet réservé aux abonnés

4. Les États-Unis ont maintenant deux vaccins disponibles pour une utilisation d’urgence - Comment le vaccin de ‘Moderna’ anti-COVID-19 nouvellement autorisé peut-il être comparé à celui de ‘Pfizer’ ? Traduction du 22 décembre 2020 par Jacques Hallard de l’article de Erin Garcia de Jesus en date du 18 décembre 2020, diffusé par ‘Science News’

5. Vaccin Covid-19 : Pfizer autorisé en Europe, effet secondaire - Article mis à jour le 21/12/20 16:42 - Document ‘sante.journaldesfemmes.fr’

6. Vu d’Allmagne - Premier vaccin approuvé dans l’UE Traduction par Jacques Hallard d’un article de Christian Baars, Oda Lambrecht - 21 décembre 2020 18 h 33 - Document ‘ndr.de/fernsehen/sendungen’

7. Les vaccins à ARNm susceptibles de modifier notre génome, vraiment ? - Le 14 déc. 2020 - 14h12

8. A partir d’un ARN messager : l’épopée d’un vaccin Enregistrement de 58 minutes - Le 21/12/2020 - Dans le cadre de l’émission de France Culture : La Méthode scientifique par Nicolas Martin et Antoine Beauchamp

9. Des experts états-uniens prédisent les conséquences sociales du coronavirus : à quoi ressemblera la vie après la fin de la pandémie de COVID-19 ? Etats-Unis - Traduction du 22 décembre 2020 par Jacques Hallard d’un article de Bruce Bower en date du 18 décembre 2020 diffusé par ‘Sciences News’

10. Les fêtes de fin d’année entre restrictions et recommandations avec Jean Viard Le 22/12/2020 – Enregistrement total de 44 minutes - Dans le cadre de l’émission L’Invité(e) des Matins par Guillaume Erner

11. A propos du numérique et de l’empreinte carbone – « 5G et environnement : le ‘Haut Conseil pour le climat’ sonne l’alerte » Par Mathieu Chartier (Twitter @chartier_mat) - Publié le 21/12/20 à 14h57

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1.
Douze réponses aux inquiétudes sur les vaccins Par Pierre Ropert - 04/12/2020 (mis à jour le 07/12/2020 à 15:30) – Document ‘France Culture’

Le vaccin contre le Covid-19 est en passe de devenir une réalité. Mais cette perspective ravive de nombreuses questions : comment fonctionnent les vaccins ? Sont-ils dangereux ? Pourquoi certains sont-ils obligatoires ? Et en France, comment sera-t-il diffusé ? France Culture fait le tri.

Le vaccin pour le Covid-19 arrivera au cours de l’année 2021.

Photo - Le vaccin pour le Covid-19 arrivera au cours de l’année 2021.• Crédits : Daniel Roland - AFP

L’arrivée d’un vaccin qui pourrait sinon mettre fin, a minima endiguer la pandémie de coronavirus, a soulevé l’espoir de retrouver une vie normale. Mais cet horizon s’oppose, en France, à un scepticisme bien ancré : selon une enquête mondiale publiée en 2019 par Wellcome/Gallup, 1 Français sur 3 pense que les vaccins ne sont pas sûrs. Conséquence directe ? À en croire une étude Odoxa-Dentsu Consulting pourfranceinfoetLe Figaro, près de 1 Français sur 2 affirme qu’il ne se fera pas vacciner contre le Covid-19. Paradoxalement, si beaucoup d’individus estiment que les vaccins sont potentiellement dangereux, ils ne doutent pas pour autant de leur efficacité. 

Alors manque de pédagogie ? Danger réel ? Désinformation ? ‘France Culture’ tente de faire le tour de la question de la vaccination, en s’appuyant sur les émissions de la chaîne.

Comment fonctionne un vaccin ? 

Le principe du vaccin est assez bien connu : il consiste à injecter dans l’organisme une souche non viable d’un virus (polio, grippe, rougeole, fièvre jaune, etc...), pour que l’organisme puisse apprendre à reconnaître le danger et à créer des anticorps spécifiques qui lui permettront de mieux résister au dit virus s’il s’y retrouve exposé, en fabriquant plus rapidement les anticorps adaptés. 

En réalité, il existe deux types principaux de vaccins : les vaccins ’atténués’ et les vaccins ’inactivés’.

Dans le cas des vaccins atténués, il s’agit d’agents infectieux (virus ou bactéries) affaiblis à l’aide de différents procédés, de façon à ce qu’ils ne déclenchent pas la maladie ou alors de façon totalement bénigne. C’est le cas notamment du vaccin contre la rougeole, les oreillons, et la rubéole (le ROR) ainsi que les vaccins contre la fièvre jaune et la fièvre typhoïde. 

Les vaccins dits ’inactivés’ contiennent quant à eux des agents infectieux morts, ce qui n’empêche pas pour autant le système immunitaire de se mobiliser pour les affronter. On parle de vaccins inactivés pour le tétanos, la diphtérie, la poliomyélite, les hépatites A et B, la grippe, l’encéphalite à tique ou japonaise et la méningite. 

Les solutions injectées contiennent également des conservateurs, des antibiotiques et des stabilisateurs, nécessaires pour empêcher le vaccin de se dégrader dans le temps et de perdre en efficacité.

Enfin, les vaccins ’inactivés’ contiennent des adjuvants : ces derniers permettent d’augmenter la réponse immunitaire contre l’antigène microbien contenu dans le vaccin. Ils amplifient le signal de danger, ce qui permet au système immunitaire de mieux détecter l’agent infectieux et de le combattre : il permet ainsi d’éviter d’injecter une substance étrangère à l’organisme en trop grande quantité. L’adjuvant le plus utilisé sont les sels d’aluminium, ou adjuvant aluminique. Ils sont l’une des principales sources d’inquiétudes quant aux possibles effets secondaires du vaccin (nous y revenons un peu plus bas).

Pfizer-BioNTech ont annoncé un vaccin à ARN messager.

Pfizer-BioNTech ont annoncé un vaccin à ARN messager.• Crédits : JOEL SAGET - AFP

Comment fonctionnent les nouveaux vaccins à ARN messager ? 

Le premier vaccin efficace à 95% contre le Covid-19 a été annoncé le 9 novembre 2020 par le groupe pharmaceutique américain Pfizer, associé à l’allemand BioNTech. L’agence de santé britannique a donné son feu vert à ce produit cette semaine, faisant du Royaume-Uni le premier pays du monde à lancer une campagne pour sa population avec une telle technologie : contrairement aux vaccins classiques, ce vaccin est à ARN messager. Une première : jamais un vaccin à ARN messager n’a encore été prescrit à grande échelle.

Mais que signifie “vaccin à ARN messager” ? L’ARN messager, pour acide ribonucléique messager, est une copie temporaire d’une section de notre ADN. Lorsque l’on injecte dans notre organisme un brin d’ARN messager, on injecte en réalité les instructions d’assemblage qui vont permettre à nos cellules de créer des protéines spécifiques, capables de nous défendre. 

Dans le cas du coronavirus, pour schématiser, nos cellules vont produire d’elles-mêmes la protéine S, ou spicule. Les spicules sont les picots qui hérissent la couche extérieure des coronavirus et qui lui servent de porte d’entrée pour infecter les cellules. Mais les spicules sont inoffensives en elles-mêmes : en détectant ces dernières, le système immunitaire va fabriquer les anticorps qui vont permettre de faire rempart aux coronavirus.

Le vaccin à ARN présente pour avantage, en l’état actuel des technologies, d’être facile à développer, même s’il demande des conditions de conservation à - 80°C (contre 2°C à 8°C pour un vaccin classique), posant des difficultés logistiques. Si la piste est prometteuse, la nouveauté a néanmoins pour corollaire un manque de recul scientifique sur les éventuels effets secondaires, comme le rappelait Nicolas Martin, producteur de ’la Méthode scientifique’, dans La Question du jour : 

C’est une technologie complètement nouvelle en vaccination. Aujourd’hui, il n’y a pas un seul vaccin en circulation dans le marché qui ait reçu d’AMM (Autorisation de mise sur le marché) à partir de cette technologie et donc cela veut dire que cette technologie n’a pas encore été déployée à grande échelle sur des millions de personnes. Donc, là aussi, il faut être un peu prudent. On est face à une technologie émergente très prometteuse, certes, facile à produire, mais peut-être avec quelques effets secondaires qui peuvent apparaître sur le long terme.

À RÉÉCOUTER 9 min La Question du jour Pfizer a-t-il créé le vaccin miracle ?

À RÉÉCOUTER 44 min L’Invité(e) des Matins Dernières nouvelles des vaccins anti Covid-19 avec Bruno Sargueil et Anne-Claude Crémieux

Pourquoi faut-il vacciner un certain seuil de population ? 

On en a beaucoup entendu parler au fil des derniers mois : les vaccins permettent d’atteindre la fameuse ’immunité de groupe’. ’On parle aussi d’immunité collective ou d’immunité grégaire, précise Nicolas Martin dans l’émission ’Radiographies du coronavirus’. C’est en fait la part de la population qui doit être immunisée, donc qui doit avoir développé des anticorps, pour qu’une épidémie puisse être interrompue. Et cette part de la population, c’est un calcul assez logique qui correspond en fait au taux de reproduction initial : le R0, c’est-à-dire le nombre de personnes qui sont contaminées par une seule personne malade’ : 

Si on prend un R0 de 3 (c’est-à-dire qu’une personne malade va en contaminer 3 autres), si on fait quelques calculs, 1 000 personnes en contaminent 3 000, 3 000 en contaminent 9 000, etc…

C’est la logique épidémique exponentielle. Or, si dans la population, 50% des gens sont immunisés, eh bien 1 000 personnes ne contaminent plus 3 000 personnes, mais 1 500. Et si on monte à 66 % et au-delà de 70%, au-delà de deux tiers, 1 000 personnes en contaminent un peu moins de 1 000. Et donc, c’est la fin de l’épidémie puisque il n’y a plus de progression exponentielle. Ce qui veut dire qu’aujourd’hui, selon les chercheurs, pour atteindre cette immunité de groupe, il faudrait bien que deux tiers de la population soit immunisés.

À RÉÉCOUTER 9 min La Question du jour Radiographie du coronavirus : l’immunité collective est-elle possible ?

L’objectif des vaccins est donc de permettre d’atteindre 66% de personnes immunisées à une maladie donnée. Aujourd’hui, face au Covid-19, le taux d’immunité en France était estimé, à l’issue de la première vague, à 4,4% de la population.

Les vaccins, rappelons-le, ont permis d’éradiquer la variole (qui avait un taux de mortalité de 30%), et de réduire de 86 % le nombre de décès causés par la diphtérie ou la poliomyélite. Les vaccins ont également considérablement réduit le nombre de morts dus à la coqueluche, à la rougeole, au tétanos ou encore l’hépatite B.

Les produits dans un vaccin sont-ils dangereux ? 

C’est la principale inquiétude concernant les vaccins. Si la grande majorité de la population estime - à juste titre - que les vaccins sont efficaces et qu’ils sauvent des vies, les inquiétudes maintes fois soulevées concernent en réalité les effets secondaires que pourrait avoir un adjuvant présent dans de nombreux vaccins : les sels d’aluminium.

Les adjuvants servent à ’stimuler notre système immunitaire parce qu’aujourd’hui la plupart des vaccins ne contiennent plus que des fragments du virus et ce n’est pas suffisant pour alerter le système immunitaire’, rappelait Lise Barnéoud, journaliste scientifique et autrice de Immunisés ? Un nouveau regard sur les vaccins (Premier parallèle), dans ’La Méthode scientifique’, avant d’expliquer ce qu’il pouvait se passer avec l’aluminium injecté avec un vaccin :

Ce qui fait consensus aujourd’hui dans la littérature scientifique, c’est qu’une petite partie de la population conserve ces particules d’aluminium au niveau du site d’injection, dans le bras ou la cuisse. C’est ce qu’on appelle la myofasciite à macrophages. Ce sont notamment les travaux de Romain Gherardy qui ont montré la présence de cette cicatrice vaccinale. Ce qui fait débat aujourd’hui, c’est la conséquence de cette cicatrice : est-ce qu’il y a une conséquence de cette cicatrice sur les symptômes dont se plaignent certains patients ? L’hypothèse de Romain Gherardy est de dire qu’une partie de ces particules peuvent migrer notamment dans le cerveau, et créer des symptômes comme une fatigue chronique. Pour l’instant, cette preuve, cette causalité biologique, fait encore débat chez l’Homme. Il faut souligner que si cette hypothèse était avérée, ce que les travaux de Romain Gherardy montrent c’est que d’abord, ça concerne un très faible pourcentage de la population, et ensuite, ça concerne aussi des personnes qui sont très probablement prédisposées à mal évacuer cet aluminium. Ce que demande Romain Gherardy, lui, c’est d’essayer de faire plus d’études pour identifier ces prédispositions qui sont des prédispositions génétiques. 

À RÉÉCOUTER 58 min La Méthode scientifique Vaccins : pourquoi sont-ils si méfiants ?

L’étude de Romain Gherardi est néanmoins à prendre avec prudence, notamment parce qu’elle a été conduite sur des souris, en faible nombre, et que les doses injectées étaient 12 à 16 fois supérieures à celles injectées à l’homme. Par ailleurs, très peu de cas ont été recensés. Le Pr Romain Gherardi assure au demeurant lui-même ’qu’il faudrait être fou pour être anti-vaccin’. Comme le rappelle l’Agence nationale de sécurité du médicament et des produits de santé : le rapport bénéfice/risque des vaccins reste extrêmement positif.

Un vaccin contient entre 0,125 et 0,85 milligramme d’aluminium par dose. Or, selon une étude de l’Agence pour le registre des substances toxiques et des maladies (en anglais), aux Etats-Unis, un Américain moyen ingère quotidiennement entre sept et neuf milligrammes d’aluminium par le biais de son alimentation. Sur cette quantité quotidienne, 5% de l’aluminium ingéré passe dans la circulation sanguine.

Dans une étude conduite en 2012 par l’Académie française de médecine, des scientifiques ont quantifié que seul 0.01% de la dose d’aluminium injectée avec un vaccin atteignait le cerveau, soit 0.0085 mg. Une dose infinitésimale : les experts ne sont pas parvenus à repérer des changements dans les concentrations sanguines et urinaires, et ce même en utilisant des isotopes radioactifs.

Nonobstant ces informations, la communauté scientifique est bien consciente que la mauvaise réputation des sels d’aluminium est un frein à l’utilisation des vaccins. Des associations réclament ainsi que ces derniers soient remplacés par le phosphate de calcium, déjà utilisé au cours des années 1980. Ces dernières arguent que le choix des sels d’aluminium revient moins cher aux industries pharmaceutiques. Du côté de la communauté scientifique, le phosphate de calcium est surtout jugé moins efficace que l’alumine. De nouveaux adjuvants, notamment des émulsions et des phospholipides, sont en cours de développement.

Pourquoi les anti-vaccins craignent-ils les risques d’autisme ?

C’est une des grandes craintes des anti-vaccins : les vaccins pourraient rendre les enfants autistes. Cette peur infondée prend ses racines dans une publication scientifique publiée dans la prestigieuse revue scientifique The Lancet, où le chercheur Andrew Wakefield établit un lien de causalité entre le vaccin ROR (Rougeole-Oreillons-Rubéole) et l’autisme, comme le détaillait l’historien des sciences Laurent-Henri Vignaud dans ’La Méthode scientifique  : 

Wakefield a produit une étude qui avait toutes les apparences en réalité, de la science sévère, de la science sérieuse. Lui-même avait une position institutionnelle tout à fait respectable. Il se trouve que cette étude tendait à montrer un lien possible entre la vaccination contre la rougeole, les oreillons et la rubéole, et l’autisme. Comme dans n’importe quelle étude scientifique un peu surprenante, elle a été vérifiée, on a essayé de la reproduire et ça a donné des résultats négatifs, notamment une méta analyse parue au début du mois qui semble clore définitivement le débat. Mais il y a plus grave parce qu’en réalité, quand on est scientifique, on a le droit de se tromper. J’allais presque dire on a le devoir de se tromper parce que la méthode scientifique est construite là-dessus, sur le doute méthodique et sur les essais. Mais dans le cas de Wakefield, c’est une fraude en réalité, parce qu’une enquête journalistique a montré que lui-même avait breveté un procédé permettant de [remplacer le] vaccin et il était au service de familles qui portaient plainte contre l’industrie pharmaceutique pour empoisonnement vaccinal. L’article a été retiré, ce qui est très rare, et Andrew Wakefield radié de l’ordre des médecins.

Aux yeux du grand public, ça n’a aucune conséquence, regrette pourtant Laurent-Henri Vignaud. Parce qu’en réalité, ce qu’on entend, c’est qu’un médecin a prouvé un jour qu’il y avait un lien. Et la deuxième information comme quoi il a été radié, c’est la preuve qu’il y a un complot. C’est inextricable’

À RÉÉCOUTER 58 min La Méthode scientifique Antivaccin, à l’origine du doute

Une vaste étude publiée en mars 2019 par la revueAnnals of Internal Medicine, basée sur les dossiers médicaux de 650 000 enfants nés au Danemark entre 1999 et 2010, a encore récemment démontré qu’il n’existait pas de liens entre le vaccin ROR et l’autisme.

Les mouvements anti-vaccins fondent notamment leur argumentaire sur l’augmentation du taux d’enfants diagnostiqués autistes : la prévalence est en effet passée de 1 sur 5 000 en 1968 à 1 sur 68 entre 1975 et 2010. Une augmentation qui s’explique en réalité par des critères de diagnostics beaucoup plus larges et une bien meilleure connaissance de cet état. 

Alors pourquoi cette défiance à l’égard des vaccins ? 

L’hésitation vaccinale a rejoint, en 2019, les dix grandes menaces mondiales pour la santé identifiées par l’Organisation mondiale de la santé, et l’Unicef alertait quant à elle d’une préoccupante recrudescence des cas de rougeole dans le monde.

La défiance à l’égard des vaccins n’a pourtant rien de nouveau. Ils sont mis en question dès leur apparition, pour des raisons théologiques notamment, mais aussi en raison des ratés de la vaccination à une époque où l’immunologie n’existait pas encore, comme le rappelait Françoise Salvadori, docteure en virologie/immunologie, dans une émission de ’La Méthode scientifique’ sur les origines de la défiance vis-à-vis des vaccins :

Le mythe de l’empoisonnement, on va toujours le retrouver. Mais à ce moment-là, c’était le matériel lui-même qui était le poison. Quand la pratique de bras à bras s’est répandue, ce qui était malheureusement aussi répandu, en même temps que la vaccine, c’était les maladies conjointes, c’est-à-dire qu’on sait que ça a été une grande pourvoyeuse de syphilis. Parce que ne sachant pas comment se transmettaient les maladies, qu’un sang était potentiellement contaminé, la peau également. Quand on prenait chez quelqu’un pour immuniser quelqu’un d’autre, on prenait aussi tout ce qu’il hébergeait, y compris la syphilis. 

Il y a quatre thèmes récurrents qui sont réactualisés à chaque époque, raconte l’historien des sciences Laurent-Henri Vignaud. Il y a d’abord le thème de la religion, du destin, la question de savoir si on peut s’autoriser à se prévaloir contre le destin. Le deuxième thème est celui de la nature, on conçoit la vaccination comme un geste artificiel et donc contre-nature. Le troisième thème est celui des sciences alternatives, c’est le discours des gens qui ne croient pas à la théorie des germes et à l’immunologie. Enfin, un dernier thème qui a toujours existé mais qui est particulièrement fort aujourd’hui, c’est le thème politique : il s’agit de savoir si un État peut forcer ses citoyens à recevoir un vaccin s’ils n’en ont pas envie ou n’en ressentent pas le besoin.’

À LIRE AUSSI 21 min Radiographies du coronavirus Vaccination : histoire d’une défiance française

La défiance, de nos jours, provient de plusieurs sources : non seulement l’incompréhension d’une obligation à se faire vacciner qui ne fait pas toujours sens, mais aussi la crainte des effets secondaires potentiels pour la santé. Ces deux inquiétudes se nourrissent d’une méfiance vis-à-vis de l’Etat et de ses possibles collusions avec de grands groupes pharmaceutiques.

Pourquoi certains vaccins sont-ils obligatoires ?

Longtemps, seuls trois vaccins ont été obligatoires pour les enfants en France, ceux contre la diphtérie, le tétanos et la poliomyélite. En janvier 2018 sont venus s’y ajouter huit autres vaccins, cette fois contre la coqueluche, l’haemophilus, l’influenza B, l’hépatite B, le méningocoque C, le pneumocoque, la rougeole, les oreillons et la rubéole. 

Invité en 2017 de ’La Méthode scientifique’, Lise Barnéoud rappelait alors que les trois premiers vaccins obligatoires ’sont uniquement un héritage historique. Ce sont les trois premiers vaccins, au début de la première moitié du XXe siècle, à avoir été proposés à toute la population. Et les vaccins qui ont été ensuite mis sur le marché plutôt après les années 1950-1960, l’ont été sur un mode de recommandation. Donc, effectivement, aujourd’hui, les trois obligations vaccinales ne font aucun sens en termes épidémiologiques. Ce ne sont pas les vaccins qui évitent le plus de décès. [...] Il y avait deux options : soit on levait toutes les obligations, soit on les étendait.

À RÉÉCOUTER 58 min La Méthode scientifique Vaccins : pourquoi sont-ils si méfiants ?

En 2017, si le gouvernement a décidé de rendre un certain nombre de vaccinations obligatoires, c’est parce qu’il a observé que les taux de de vaccination diminuaient, et avec eux l’immunité globale jusqu’ici acquise. Or, si les contaminations ne sont pas toujours mortelles, elles peuvent avoir à terme des conséquences graves, telles des fièvres importantes, des pertes de mobilité, d’audition ou de fertilité. L’obligation de vaccination vise donc à maintenir l’immunité de groupe, ce qui permet également de protéger les personnes qui ne peuvent pas, pour des raisons de santé, se vacciner. 

Le choix d’un vaccin à un jeune âge s’explique principalement par le fait que les nouveau-nés ont un système immunitaire encore insuffisant : leur entrée en crèche présente donc plus de risques de contaminations. 

Parmi ces vaccins, celui contre l’hépatite B a particulièrement interrogé les parents. Pourquoi vacciner des nourrissons contre une maladie qu’ils ont très peu de chance d’attraper avant l’adolescence, cette dernière se transmettant essentiellement sexuellement ? C’est parce que les stratégies mises en place pour faire vacciner les personnes à risque (et adultes donc) se sont révélées peu efficaces. Pour y remédier, l’OMS a alors conseillé de faire vacciner contre l’hépatite B les préadolescents ou les nourrissons. Si le choix s’est porté sur les nourrissons, c’est parce que le vaccin contre l’hépatite B se fait lors d’un vaccin hexavalent, c’est-à-dire un vaccin qui protège contre plusieurs maladies en une seule fois, ce qui permet, à terme, d’éviter de multiplier les injections.

Dès 2018, l’obligation de vaccination a eu des effets tangibles : le pourcentage d’enfants vaccinés par un vaccin hexavalent est passé de 92 % en mai 2017, à 98 % en mai 2018. L’augmentation la plus impressionnante concernant le méningocoque C, pour lequel la couverture est passée de 39 % en 2017 à 75 % en 2018.

Du point de vue de Caroline Tourbe, chef du service médecine, science du vivant, au magazine ‘Science et vie, l’obligation reste cependant une méthode peu constructive sur le long terme et ’le premier pari à prendre, c’est celui de la pédagogie vis-à-vis des vaccins. Il y a vraiment besoin de ça et de rétablir un peu le calme sur ce qu’on peut entendre sur les vaccins. C’est le plus important’.

Rappelons que ces vaccins, malgré leur caractère non-obligatoire par le passé, ont d’ores et déjà prouvé leur efficacité : l’introduction du vaccin contre la poliomyélite, par exemple, a permis de réduire le nombre de cas de 1657 en 1958 à 0 actuellement. Un an plus tard, en 1959, le vaccin contre la coqueluche a lui permis de réduire les cas de 5 500 à 40 en 1985.

Les industries pharmaceutiques sont souvent accusées de faire de l’argent sur le dos (et la santé) des citoyens.

Photo - Les industries pharmaceutiques sont souvent accusées de faire de l’argent sur le dos (et la santé) des citoyens.• Crédits : JOEL SAGET - AFP

Et ’Big Pharma’ dans tout ça ?

On l’a vu, la défiance vis-à-vis des vaccins peut être portée par les accusations de collusions entre le gouvernement et les lobbies pharmaceutiques. Il convient de rappeler que le business des vaccins n’est pas le plus rentable dans l’univers de l’industrie pharmaceutique : il ne représente ainsi ’que’ 27 milliards d’euros en 2019, soit 3% du marché du médicament, et est disputé par cinq laboratoires pour 80% du marché : J&J, Pfizer, Merck, GSK et Sanofi.

Le LEEM (l’organisation professionnelle des entreprises françaises du médicament) explique ainsi que la création d’un vaccin est extrêmement onéreuse par rapport à celle d’un médicament classique, tant financièrement que sur le temps investi, souvent une dizaine d’années. C’est la raison pour laquelle les industries pharmaceutiques établissent souvent des partenariats avec des organismes de recherche public. 

’L’argument de dire que c’est pour enrichir les laboratoires, c’est un argument que l’on entend beaucoup, précise Caroline Tourbe, toujours dans ’La Méthode scientifique’. Est-ce que les vaccins enrichissent les laboratoires ? Oui, sûrement. Est-ce que cela les enrichit particulièrement ? Je ne pense pas que ce soit vraiment un fonds de roulement particulièrement important en ce qui concerne les 11 obligations vaccinales en France. Encore une fois, c’était des vaccins qui étaient déjà recommandés, largement utilisés par la population française. Je ne pense pas que ces vaccins soient une histoire de business, mais que les vaccins ce soit du business, oui, ça en est. Les nouveaux vaccins peuvent être extrêmement chers, les remboursements qui sont proposés, pour les papillomavirus, liés à des virus qui donnent certaines formes de cancer du col de l’utérus, là ce sont des vaccins très, très chers qui ne sont pas forcément remboursés. Là oui, c’est du business.’ 

À RÉÉCOUTER 58 min La Méthode scientifique Vaccins : pourquoi sont-ils si méfiants ?

’Les laboratoires feraient beaucoup plus de profits si on ne se faisait pas vacciner, rappelle plus prosaïquement le médecin Baptiste Beaulieu dans une vidéo publiée sur Facebook. Tout simplement parce qu’un vaccin contre la méningite c’est 50 €, alors qu’une hospitalisation pour une méningite avec le traitement antibiotique, c’est au moins 8.000 €’.

Quels sont les différents vaccins développés contre le Covid-19 ? 

Dans l’immédiat, trois laboratoires ont annoncé avoir développé un vaccin efficace contre le Covid-19. Le laboratoire Pfizer-BioNTech a annoncé avoir développé un vaccin à ARN messager efficace à 95%. Le laboratoire Moderna a également créé un vaccin à ARN messager, efficace quant à lui à 94,5%. 

Le laboratoire Oxford AstraZeneca a pour sa part annoncé avoir développé un vaccin efficace à 70%. Contrairement aux deux autres, il s’agit d’un vaccin à ’vecteur viral’ : il utilise un autre virus, rendu inoffensif, pour introduire du matériel génétique du SARS-CoV-2 afin de stimuler le système immunitaire. A côté de ces produits qui s’apprêtent à demander leur mise sur le marché, l’OMS recense 10 autres vaccins (dont 5 chinois) en cours de tests dits ’ de phase III’ (à grande échelle sur des êtres humains).

Il faut quand même insister sur le fait que les résultats qui sont communiqués au moins dans le cas de Pfizer et de Moderna, sont des communications de résultats qui ont été analysées par des instances de suivi des essais cliniques qui sont indépendantes des promoteurs de l’étude. Il faut d’une certaine manière faire confiance à ces résultats’, précisait à ce sujet Christophe D’Enfert, directeur scientifique de l’Institut Pasteur, lors d’une émission de ’la Méthode scientifique’ consacrée au sujet.

Il faut comprendre que le vaccin ne protège pas à 100%. Nous n’avons aucun vaccin qui protège à 100%. On n’aura pas une protection absolue avec ce vaccin. L’OMS avait donné comme seuil d’efficacité pour un vaccin 52%. Là, on est à 94% ! Odile Launay, infectiologue à l’hôpital Cochin à Paris

À RÉÉCOUTER 58 min La Méthode scientifique Vaccins anti-Covid : la guerre des labos aura bien lieu

En attendant la complétion des essais, l’Union européenne a d’ores et déjà commandé des doses des différents vaccins : 300 millions de doses à 16,30 € (compte tenu du fait qu’il faille deux doses pour un vaccin complet) pour le vaccin de Pfizer-BioNtech ; 160 millions de doses à 21 € l’unité chez Moderna, et enfin 400 millions de doses à 2,50 € l’unité chez Oxford AstraZeneca. Des prix relativement abordables, au regard de l’impact des différents confinements sur l’économie européenne.

La Chine, de son côté, aurait développé au moins quatre vaccins en phase III des essais. Mais contrairement aux trois vaccins précédemment cités, aucune donnée ou étude scientifique n’a pour le moment été publiée.

Comment les vaccins contre le covid-19 ont-ils pu être développés si rapidement ?

Longues, onéreuses  : les techniques de développement des vaccins sont connues pour prendre plusieurs années et coûter extrêmement cher. Mais on sait que la mobilisation internationale a permis de débloquer des fonds hors normes pour accélérer la recherche d’un vaccin efficace contre le Sars-Cov-2. Là, où il faut en moyenne compter 1 milliard d’euros pour le financement d’un vaccin classique, plusieurs milliards ont ici été alloués à la recherche en plus des fonds propres de l’industrie pharmaceutique. Les Etats-Unis ont investis plus de 10 milliards d’euros avec le projet “Warp Speed”, l’Union européenne a quant à elle débloqué plus de 2 milliards. Indépendamment, certaines structures ont également débloqué d’autres financements, tel le CEPI (Coalition for Epidemic Preparedness Innovations) qui a aidé neuf programmes de recherche différents à hauteur de 1,3 milliard de dollars. 

Si l’augmentation des financements n’est pas une surprise, le raccourcissement des délais l’est plus : l’inquiétude légitime d’un vaccin mal maîtrisé, car développé trop vite, a été soulevée de nombreuses fois.

Il faut d’abord rappeler que l’étude du Sars-Cov-1, à l’origine de l’épidémie de SRAS en 2002, si elle n’avait pas débouché sur un vaccin, a permis de mieux anticiper le fonctionnement du Sars-Cov-2, et donc d’accélérer d’autant le processus de recherche. La technologie “nouvelle” - utilisée depuis les années 90 - des vaccins à ARN a ainsi permis, une fois le génome du Sars-Cov-2 séquencé, de développer des candidats vaccins à une vitesse encore jamais vue : les premiers essais ont pu débuter dès le mois de mars 2020. Le vaccin développé par Moderna par exemple [en anglais] a été créé dès le 13 janvier 2020, quelque jours à peine après le séquençage du génome, ce qui a permis au laboratoire de se consacrer très rapidement aux phases d’essais.

Quant aux processus de vérification des vaccins, ils ont été considérablement accélérés : l’Agence européenne des médicaments (EMA) a créé des procédures pour évaluer plus rapidement qu’à l’accoutumée les vaccins en développement [en anglais] sans pour autant déroger à la rigueur scientifique. La “rolling review” consiste ainsi à analyser les données fournies par les laboratoires toutes les deux semaines et doit ainsi permettre de réduire le processus de 210 jours à moins de 150 jours. Par ailleurs, les résultats des entreprises pharmaceutiques font toujours l’objet d’une vérification par des comités d’experts indépendants. 

Il faut rappeler que la fabrication d’un vaccin, une fois créé et testé sur des animaux, se déroule en quatre étapes pour l’homme : 

  • La phase 1 consiste à tester le vaccin sur quelques dizaines de personnes afin d’en vérifier l’immunogénicité (provoque-t-il une réponse immunitaire ?), l’innocuité (provoque-t-il des effets indésirables), et la tolérance du corps humain au produit.
  • La phase 2, cette fois menée sur plusieurs centaines de personnes, continue de vérifier les paramètres de la phase 1, mais essaye aussi de déterminer quelle est la meilleure posologie : à quel moment vacciner, à quelle dose, et quelle fréquence adopter ? Combien de temps le vaccin protège-t-il ? 
  • La phase 3 consiste à tester le vaccin sur plusieurs milliers de personnes. Elle vise à déterminer la balance bénéfice/risque du vaccin et à établir son efficacité à grande échelle. Cette étude permet aux laboratoires, lorsque les résultats sont positifs, de poser des demandes d’autorisation de mise sur le marché auprès des agences concernées. 
  • La phase 4 est celle de la pharmacovigilance : elle a pour but la surveillance de l’évolution du vaccin une fois ce dernier diffusé et le signalement de tout effet secondaire encore inconnu.
    Ces étapes prennent, en temps normal, plusieurs années. Elles ont été, face à l’urgence, accélérées grâce aux nouveaux protocoles mis en place et une concentration de moyens encore jamais vue.

Pour gagner du temps, les laboratoires ont également pris le risque de lancer simultanément plusieurs phases : les phases 1 et 2 ont ainsi été lancées concomitamment, puis les phases 2 et 3 se sont également chevauchées. Il s’agit ici d’une prise de risque dans la course au vaccin, l’échec d’une phase entraînant naturellement l’arrêt des phases suivantes.

De la même façon, certains laboratoires, comme Pfizzer, ont décidé de lancer la production de leurs vaccins avant même d’avoir obtenu l’aval des autorités, afin d’assurer une distribution plus rapide et de réduire les délais pour la mise sur le marché des vaccins. 

Toutes ces pierres apportées à l’édifice ont permis de développer, bien plus rapidement qu’à l’accoutumée, des vaccins contre le Sars-Cov-2, sans pour autant se départir de la nécessité d’une recherche scientifique stricte et rigoureuse. 

Quelle sera la stratégie française pour diffuser le vaccin ? 

Avec un tel impact sur nos vies, on pourrait s’attendre à ce que les gens se ruent sur cette solution au Covid-19. Il n’en est rien : 1 Français sur 2 affirme qu’il ne se fera pas vacciner. La défiance face aux vaccins a encore de beaux jours devant elle, et le gouvernement français devra donc faire preuve d’une grande pédagogie.

Jean Castex a détaillé jeudi le plan de vaccination de la population française contre le coronavirus en trois phases, avec priorité donnée aux publics les plus fragiles dès que les doses vaccinales seront disponibles. ’Le déploiement de la vaccination se fera progressivement selon une logique simple : priorité sera donnée aux publics les plus vulnérables au virus et les plus susceptibles de développer des formes graves de la maladie’, a annoncé le Premier ministre lors d’une conférence de presse. ’Nous serons prêts pour les premières vaccinations dès que les vaccins seront disponibles’.

La première campagne sera réservée aux résidents des Ephad et aux personnels de ces établissements, donc autour d’un million de personne. En février, suivront les personnes présentant un facteur de risque, une pathologie chronique, et certains personnels soignants (soient 14 millions de personnes). Une troisième phase permettra d’élargir la vaccination aux autres tranches de la population de plus de 18 ans, à partir du printemps prochain.

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Les vaccins suffiront-ils à nous protéger ? Et combien de temps le feront-ils ?

Il risque d’être difficile d’atteindre l’immunité collective grâce au vaccin : ce résultat dépendra grandement de leur efficacité face au taux de contagion du Covid-19. Concernant la rougeole, par exemple, environ 95 % de la population doit être vaccinée pour atteindre l’immunité collective.

Pour ce qui est du Covid-19, selon une étude parue début octobre 2020 dans l’American Journal of Preventive Medicine, l’efficacité du vaccin devait être de 60 % dans le cas où 100 % de la population se fait vacciner, et de 80 % si cette couverture descend à 75 % de la population, comme lorsque la vaccination n’est pas obligatoire. Avec des taux d’efficacité annoncés comme étant supérieurs à 90 %, les premiers vaccins devraient donc remplir leur rôle efficacement. 

Cependant, pour une efficacité maximum, il faut également que le vaccin soit stérilisant, c’est-à-dire qu’il protège contre la transmission du virus. Dans l’immédiat, on sait que les vaccins développés protègent l’individu vacciné, mais on ignore encore s’ils empêchent la transmission de cet individu vers un autre. 

De la même façon, les données manquent encore pour savoir combien de temps ces derniers protègent un individu du virus. S’ils s’avèrent efficaces durant quelques semaines, il faut maintenant découvrir si cette protection se prolonge plusieurs mois, voire plusieurs années.

En l’absence de ces données, la communauté scientifique, l’OMS en tête, se veut prudente et rappelle qu’en l’état, le vaccin ne suffira pas à mettre fin à l’épidémie, même s’il devrait permettre de l’enrayer, et elle insiste pour que les mesures prises continuent d’être appliquées, notamment les gestes barrières. 

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Source : https://www.franceculture.fr/sciences/10-questions-pour-repondre-aux-inquietudes-sur-les-vaccins

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2.
Alors que 2020 touche à sa fin, voici ce que nous ne savons toujours pas sur le COVID-19 Par Science News Staff 09 décembre 2020 – Document ‘sciencenews.org’

Traduction du 21 décembre 2020 par jacques Hallard d’un article émanant de ‘Sciences News’ intitulé « As 2020 comes to an end, here’s what we still don’t know about COVID-19  », disponible sur ce site : https://www.sciencenews.org/article/coronavirus-covid-19-pandemic-questions-2020

mask illustration

Les masques faciaux sont devenus le symbole de la protection contre le coronavirus en cette année pandémique. Pui Yan Fong

Plus de 68 millions de personnes infectées par le nouveau coronavirus et plus de 1,5 million de morts. 2020 a été une année marquée par la maladie et les pertes au niveau mondial.

Face à cette menace extraordinaire, il est facile d’oublier tout ce que nous avons accompli. Les médecins, les infirmières et le personnel des hôpitaux du monde entier ont appris à mieux soigner les personnes atteintes du COVID-19. Les chercheurs ont découvert les secrets d’un virus qui, il n’y a pas si longtemps, était totalement inconnu.

Les efforts accélérés pour créer des vaccins ont réussi au-delà des prévisions les plus optimistes, le Royaume-Uni ayant accordé l’utilisation d’urgence d’un vaccin le 2 décembre 2020 et les États-Unis s’apprêtant à emboîter le pas avant la fin de l’année 2020.

Pendant ce temps, les responsables de la santé publique se sont battus pour informer le public sur la manière de réduire le risque d’infection au milieu d’une vague de fausses informations sur les remèdes et les traitements et de dénégations quant à la gravité de la pandémie. Des millions de personnes ont revêtu des masques et ont radicalement remodelé leur vie quotidienne pour aider à lutter contre le virus.

Début janvier 2020, nous n’avions aucun test de détection du virus, aucun traitement, aucun vaccin. Et même si nous ne sommes pas là où nous voulons être, nous avons fait des progrès sur tous ces fronts. Mais nous avons encore beaucoup à apprendre. Voici des questions urgentes auxquelles les scientifiques cherchent à répondre. Emily DeMarco

woman in a nursing home in Tokyo

Photo - Atsushi Taketazu/Yomiuri Shimbun via AP Images - Pendant la pandémie, la famille et les amis qui souhaitent rendre visite aux résidents des maisons de retraite, parmi les plus vulnérables aux maladies graves : ils doivent souvent faire signe de derrière une vitre, comme dans cette image de mai 2020 prise à Tokyo au Japon.

Pourquoi certaines personnes tombent-elles malades alors que d’autres ne le sont pas ?

L’âge et les affections médicales préexistantes d’une personne sont des facteurs de risque de maladie plus grave, et les hommes semblent être plus à risque que les femmes (SN : 23/04/20). Mais les scientifiques n’ont pas beaucoup de réponses pour expliquer la grande variété d’expériences que les gens ont avec le SRAS-CoV-2, le coronavirus qui cause la pandémie de COVID-19. De nombreuses personnes ne présentent aucun symptôme. Certains ont du mal à respirer, souffrent d’accidents vasculaires cérébraux ou progressent vers une défaillance d’organe et la mort.

Les personnes qui développent une maladie grave ont quelque chose en commun : « une réponse inflammatoire très grave », explique l’immunologiste du cancer Miriam Merad de la ‘Ichan School of Medicine’ du Mont Sinai à New York. La propre réponse immunitaire du corps peut se dérégler et infliger des dommages inflammatoires dans une tentative malavisée de faire les choses correctement (SN : 8/29/20, p. 8).

Les scientifiques ont commencé à choisir des joueurs du système immunitaire qui semblent gommer les travaux lors d’un grave épisode de COVID-19. Par exemple, un problème peut survenir avec les interférons de type 1, des protéines qui déclenchent la réponse immunitaire initiale à un intrus et activent la production d’anticorps destructeurs de pathogènes. Les patients atteints de COVID-19 sévère peuvent avoir une faible réponse à l’interféron ; chez certains patients, des erreurs génétiques peuvent interférer avec la production d’interférons, chez d’autres, le système immunitaire invalide les protéines (SN : 9/25/20).

lung x-ray

Photo - Une radiographie pulmonaire d’un patient atteint de pneumonie à COVID-19 montre les zones blanches révélatrices, ou densités, dans les poumons. Hellerhoff / Wikimedia Commons (CC BY-SA 3.0)

Pendant ce temps, certaines personnes gravement malades produisent un excès d’autres composants de la réponse immunitaire précoce du corps. Chez près de 1.500 personnes hospitalisées pour COVID-19, Merad et ses collègues ont mesuré quatre protéines immunitaires qui contribuent à l’inflammation. Des niveaux élevés de deux des protéines, l’interleukine-6 ​​et le TNF alpha, prédisaient qu’un patient souffrirait d’une maladie grave et mourrait, même après avoir tenu compte de l’âge, du sexe et des conditions médicales sous-jacentes, ont rapporté les chercheurs en août 2020 dans la revue ‘Nature Medicine’.

Il se peut que les personnes ne présentant aucun symptôme ou des symptômes bénins aient un certain degré d’immunité préexistante. Certaines personnes qui n’ont pas été exposées au SRAS-CoV-2 ont des globules blancs appelés lymphocytes T qui reconnaissent néanmoins le virus. Cela semble être dû à des rhumes passés dus à des coronavirus communs, ont rapporté des chercheurs en octobre 2020 dans la revue ‘Science’. Ils ont émis l’hypothèse que cette immunité préexistante des lymphocytes T pourrait contribuer aux différences de gravité de la maladie COVID-19. - Aimee Cunningham

Quelles sont les conséquences à long terme sur la santé d’une infection ?

Cette question pourrait prendre des années pour être résolue. Pour l’instant, nous savons que pour certaines personnes, les symptômes et la souffrance du COVID-19 peuvent durer des mois après l’infection initiale (SN : 7/2/20). Il n’existe pas de définition convenue de ce que certains appellent « syndrome post-COVID » ou « COVID long », mais les symptômes ont tendance à inclure la fatigue, l’essoufflement, le brouillard cérébral et les anomalies cardiaques. Et ces problèmes ne sont pas nécessairement liés à une maladie initiale plus grave.

On ne sait pas encore dans quelle mesure le syndrome est répandu ni comment y remédier. Mais les études commencent à offrir des indices sur la fréquence des maladies persistantes. Sur 143 patients en Italie qui avaient été hospitalisés pour COVID-19, 32% avaient un ou deux symptômes et 55% avaient trois symptômes ou plus en moyenne deux mois après la première sensation de malaise, ont rapporté des chercheurs en août 2020 dans la revue ‘JAMA’. Et dans une enquête effectuée auprès de 274 adultes symptomatiques qui ont eu un test positif pour le SRAS-CoV-2 mais qui n’ont pas été hospitalisés, 35% n’étaient pas revenus à leur état de santé normal deux à trois semaines après le test, selon une étude de juillet 2020 parue sur Morbidity et un rapport hebdomadaire sur la mortalité.

L’une des plus grandes enquêtes réalisées à ce jour, provient de l’étude sur les symptômes COVID, dans laquelle les gens ont enregistré leurs symptômes dans une application. Sur 4.182 utilisateurs atteints de COVID-19, 13,3% avaient des symptômes durant plus de quatre semaines, 4,5% avaient des symptômes pendant plus de huit semaines et 2,3% avaient dépassé les 12 semaines. Le risque de symptômes persistants augmentait avec l’âge, ont rapporté les chercheurs en octobre 2020 dans une étude préliminaire publiée sur ‘medRxiv.org’.

Pour en savoir plus sur les effets à long terme du COVID-19 sur la santé physique et mentale, les ‘National Institutes of Health’ des États-Unis prévoient de suivre pendant des mois, voire des années, les personnes qui ont été infectées. Et un essai réalisé par Steven Deeks, médecin interne à l’Université de Californie, à la ‘San Francisco School of Medicine’, et ses collègues, évalueront le rôle de l’inflammation dans les effets persistants sur la santé.

Des études à long terme sur des communautés entières seront particulièrement importantes pour savoir à quel point les symptômes persistants sont courants, combien de temps ils durent et pourquoi ils surviennent, dit Deeks. « Pour le moment, nous avons juste une longue liste de questions », dit-il. « Il en faudra beaucoup pour comprendre cela ».’- Aimee Cunningham

Combien de temps l’immunité pourrait-elle durer ?

Il y a des signes que le système immunitaire peut apprendre à gérer le virus, conférant au moins une immunité temporaire. La plupart des gens semblent fabriquer des protéines immunitaires qui arrêtent le SRAS-CoV-2 dans son élan, appelées anticorps neutralisants, ainsi que des cellules T qui aident à coordonner la réponse immunitaire ou à tuer les cellules infectées, explique l’épidémiologiste Aubree Gordon de l’Université du Michigan à Ann Arbor. Ces anticorps et cellules T peuvent rester dans le corps pendant au moins six mois, voire plus, selon les études. « C’est donc prometteur », dit Gordon.

Mais les scientifiques ne savent pas combien de temps une personne sera protégée en vue d’un futur combat contre le virus. « Les gens ont juste eu un temps limité pour étudier cela », dit-elle.

Pourtant, le SRAS-CoV-2 n’est pas le seul coronavirus qui infecte les gens. Par exemple, quatre autres virus qui causent le rhume circulent dans le monde entier. « Nous pouvons obtenir des preuves de ce qui se passe avec certains des coronavirus endémiques humains », explique l’immunologiste Brianne Barker de l’Université Drew à Madison, New Jersey. Pour ces virus, la protection dure environ un an. Les gens peuvent être infectés par le même virus encore et encore une fois que leur immunité s’estompe, bien que la gravité d’une deuxième infection varie. La durée de l’immunité après une infection par les coronavirus responsables du SRAS et du MERS est inconnue.

À ce jour, il y a eu quelques réinfections documentées par le SRAS-CoV-2, ce qui suggère que, pour certains, l’immunité ne dure pas très longtemps. Des efforts - y compris une étude sur laquelle Gordon travaille - sont en cours pour déterminer à quel point la réinfection est courante et si les infections ultérieures sont différentes de l’infection initiale. - Erin Garcia de Jesus

Que pouvons-nous attendre des traitements et des vaccins en cours de développement ?

En raison des avancées cruciales de 2020, « nous en savons plus sur le virus et certaines des complications qu’il provoque et sur la manière de prévenir, de prévoir et de traiter ces complications » , déclare Amesh Adalja, spécialiste des maladies infectieuses au ‘Johns Hopkins Center for Health Security’ aux Etats-Unis.

Les médecins ont appris des astuces qui aident les gens à mieux respirer, comme mettre les patients hospitalisés au COVID-19 sur le ventre. Et deux médicaments - le remdesivir antiviral et la dexaméthasone stéroïde - se sont révélés prometteurs contre le virus (SN : 16/06/20). La ‘Food and Drug Administration’ des États-Unis a approuvé l’utilisation du remdesivir chez les patients hospitalisés atteints de COVID-19 âgés de 12 ans et plus en octobre 2020, car certaines études ont montré qu’il pouvait raccourcir les séjours à l’hôpital. Mais le médicament, qui est le seul médicament approuvé par la FDA pour le COVID-19, n’a pas réduit le risque de mourir ou de passer sous respirateur dans une grande étude de l’Organisation mondiale de la santé (SN : 10/16/20).

En novembre 2020, la FDA a donné une autorisation d’utilisation d’urgence d’un médicament anticancéreux appelé baricitinib. En association avec le remdesivir, le médicament a réduit une journée supplémentaire d’hospitalisation par rapport au remdesivir seul dans un essai clinique de grande envergure. Mais de nombreux médecins ne sont pas convaincus de l’efficacité du baricitinib.

Idéalement, les médecins pourraient traiter les gens avant qu’ils ne soient suffisamment malades pour avoir besoin de l’hôpital. Certains médicaments sont à un stade précoce d’essais cliniques pour déterminer s’ils peuvent aider les personnes au début d’une infection (SN : 26/09/20, p. 8).

Certains anticorps prélevés sur des survivants du COVID-19 et des anticorps fabriqués en laboratoire sont également mis à l’épreuve (SN : 9/22/20). Les anticorps fabriqués en laboratoire par ‘Eli Lilly and Company’ et ‘Regeneron’ ont reçu une autorisation d’utilisation d’urgence en novembre 2020 pour traiter les personnes nouvellement diagnostiquées avec le COVID-19, faisant de ces thérapies les premières thérapies disponibles pour les personnes qui ne sont pas assez malades pour se rendre à l’hôpital. (‘Regeneron Pharmaceuticals’ est un donateur majeur de la ‘Society for Science & the Public’, qui publie ‘Science News’.

Les vaccins sont développés de manière accélérée. La Russie a été le premier pays à annoncer qu’il avait un vaccin pour le public, bien que les scientifiques remettent en question son efficacité (SN : 8/11/20). La Chine a également donné le feu vert pour l’utilisation d’urgence de certains vaccins pour l’armée (SN : 8/1/20, p. 6) et le grand public, bien que ces vaccins soient encore en cours de test. Les Émirats arabes unis ont autorisé l’utilisation de deux vaccins fabriqués en Chine par leurs citoyens.

Pfizer et Moderna ont tous deux annoncé en novembre 2020 que leurs vaccins à base d’ARNm étaient environ 95% efficaces pour prévenir la maladie (SN : 16/11/20 ; SN : 18/11/20). Le 2 décembre 2020, le vaccin du Royaume-Uni OK’d Pfizer pour une utilisation d’urgence, faisant du vaccin le premier à recevoir un signe de tête positif après des tests approfondis. ‘AstraZeneca’ et l’Université d’Oxford ont signalé que leur vaccin prévient également la maladie et peut réduire la transmission du virus (SN : 23/11/20).

Researchers at BioNTech

Des chercheurs de BioNTech à Mayence, en Allemagne (illustration ci-dessus) et de Pfizer ont mis au point un vaccin COVID-19 qui serait efficace à 95% pour prévenir la maladie. Photo : Abdulhamid Hosbas / Anadolu Agency via Getty Images

Plus de 200 autres vaccins sont en cours de développement dans le monde, déclare Esther Krofah, directrice exécutive de ‘FasterCures’, qui fait partie du groupe de réflexion du ‘Milken Institute’. Mais obtenir des doses d’un vaccin, du moins au début, « ne sera pas aussi simple que d’appeler votre CVS local », dit-elle.

Aux États-Unis, 21 millions de travailleurs du secteur de la santé et environ 3 millions de personnes vivant dans des établissements de soins de longue durée, devraient être les premiers à recevoir les vaccins (SN : 12/1/20).

Les enfants peuvent être parmi les derniers à être vaccinés. C’est parce que les vaccins n’ont pas été testés chez les enfants de moins de 12 ans et que les enfants sont moins susceptibles de mourir ou de développer une maladie grave que les adultes.

Conclusion : Un vaccin COVID-19 peut ne pas être largement disponible aux États-Unis avant la fin du printemps ou l’été 2021.

Même lorsqu’un vaccin est approuvé pour une large utilisation et que l’offre est suffisamment importante, « le plus grand défi consistera à distribuer largement les vaccins », déclare Julie Swann, ingénieure des systèmes de santé à la ‘North Carolina State University’ à Raleigh. Le vaccin de Pfizer, par exemple, doit être conservé congelé à des températures extrêmement froides. Les distributeurs doivent donc : soit être en mesure de distribuer toutes leurs doses dans les quelques jours suivant la réception d’un envoi, soit avoir accès à des congélateurs spéciaux ou de la glace sèche pour garder les vaccins suffisamment froids. Les grandes villes peuvent avoir plus d accès à ces mesures que les zones rurales.

De nombreux vaccins testés nécessitent deux doses. Garder une trace de qui a reçu tel vaccin et quand il est temps pour effetuer un rappel, et si des injections de rappel sont disponibles, pourrait également être difficile », dit Swann. - Tina Hesman Saey

La pandémie prendra-t-elle fin en 2021 ?

« Je ne pense pas que quiconque puisse dire avec clarté à quoi pourrait ressembler la fin de la pandémie », déclare Michael Osterholm, épidémiologiste à l’Université du Minnesota à Minneapolis aux etats-Unis. « Si un vaccin peut conférer une immunité durable, de l’ordre de plusieurs années à plusieurs décennies, la transmission communautaire généralisée dans le monde entier pourrait cesser », dit-il.

Mais « un vaccin n’est rien tant qu’il n’est pas devenu une vaccination dans le bras de quelqu’un », dit Osterholm. Et ces armes doivent être volontaires. Le développement des vaccins a progressé à un rythme record, mais certains experts craignent que la rapidité et la politisation de certains médicaments aient semé la méfiance (SN : 8/1/20, p. 6). « L’acceptation sera un énorme problème », dit-il.

Bien sûr, de nombreux pays ont réussi à ralentir la propagation du virus sans vaccin. Aux États-Unis, « nous n’avons pas besoin d’attendre pour maîtriser cela », déclare Megan Ranney, chercheuse en santé publique, de l’Université Brown à Providence, R.I. « Nous savons déjà que les interventions de santé publique multimodales de base fonctionnent ».

Ces interventions comprennent des tests généralisés et facilement accessibles qui stimulent la recherche des contacts et l’isolement des cas, ainsi que des messages de santé publique cohérents sur l’importance du port de masques, la distanciation sociale et d’éviter les espaces intérieurs encombrés et confinés.

passengers on a flight from Athens

Pour réduire le risque de transmission de virus, de nombreuses compagnies aériennes exigent que les passagers et l’équipage portent des masques. Ce vol (voir la photo) quittait Athènes le 13 août 2020, alors que les cas de COVID-19 en Grèce avaient fortement augmenté. Economou / Nurphoto via AP

Jusqu’ici aux États-Unis, ces interventions de base en santé publique ont été inégales et inadéquates à l’échelle nationale (SN : 7/1/20). Cela a permis à la « première vague » d’infections de sévir dans tout le pays, atteignant environ 200.000 nouveaux cas chaque jour au début de décembre 2020. Que cette tendance désastreuse s’aggrave au cours des premiers mois de 2021, dépend en grande partie de l’action fédérale, affirment Osterholm et Ranney.

« Nous avons besoin d’un plan national, et nous n’avons pas encore de plan national », déclare Osterholm. Cela pourrait changer avec l’élection de Joe Biden à la présidence des Etats-Unis, qui a fait campagne pour créer un plan national contre les coronavirus. Osterholm fait partie du comité consultatif de transition COVID-19 du président élu, qui a commencé à planifier une nouvelle réponse fédérale.

Globalement, ce plan comprend des messages de santé publique clairs et cohérents, une stratégie nationale de dépistage bien financée, un soutien aux États pour stimuler la recherche des contacts, la fourniture d’équipements de protection individuelle aux travailleurs essentiels et les mandats de masques. « Si nous avons toutes ces choses en place, l’année à venir pourrait être un peu similaire à celle où nous en serons avec la vaccination généralisée », dit Ranney. Les gens pouvaient se livrer à la plupart des activités normales avec un peu de prudence supplémentaire, en portant des masques et en évitant les foules à l’intérieur.

Pourtant, des mesures telles que le port de masque universel, la distance sociale et la recherche des contacts ne fonctionnent que si les gens les respectent. Alors que la pandémie se poursuit, les experts craignent que la complaisance et la fatigue ne brisent davantage une réponse déjà inégale à la maladie.

Si les États-Unis « continuent sur la voie que nous empruntons actuellement, nous allons continuer à voir un nombre croissant de personnes hospitalisées et décédées, continuer à passer par cette bascule de verrouillage, de confinement complet puis de réouverture complète, de messages déroutants, d’angoisse totale et la peur et la détérioration de l’économie », dit Ranney. - Jonathan Lambert

Une fois la pandémie terminée, le virus continuera-t-il à circuler ?

Lorsque la pandémie finira par s’éteindre, le coronavirus lui-même restera probablement pendant un certain temps, selon les experts. La durée, cependant, dépendra de la manière dont notre système immunitaire et les vaccins disponibles nous protègent contre la réinfection.

Jusqu’à présent, il est impossible de dire à quelle fréquence les réinfections par le SRAS-CoV-2 se produisent sur la base du petit nombre de ces cas identifiés. Mais si les réinfections deviennent courantes face à la diminution de l’immunité, le virus est susceptible de rester en place.

Par exemple, si l’immunité dure environ 40 semaines, comme c’est le cas pour certains coronavirus provoquant le froid, il peut y avoir des épidémies annuelles de COVID-19, ont rapporté des chercheurs en mai 2020 dans la revue ‘Science’. Si la mémoire du système immunitaire du virus dure un peu plus longtemps, disons deux ans, il peut y avoir des épidémies semestrielles. L’immunité permanente pourrait signifier que le virus pourrait disparaître complètement, bien que cette possibilité soit peu probable puisque les virus respiratoires comme la grippe et les virus qui causent le rhume conduisent rarement à ce type d’immunité de longue durée.

L’ajout d’un vaccin efficace au mélange aiderait à renforcer - et à maintenir - l’immunité parmi les personnes pour contrôler les futures éclosions potentielles. Et si un vaccin est très efficace et que suffisamment de personnes le prennent ainsi que des rappels ou des vaccinations de suivi au besoin, cela pourrait aider à empêcher le virus de se propager. Mais ce sont de gros sujets encore sans réponse.

Étant donné que le SRAS-CoV-2 peut être propagé par des personnes sans symptômes, certains experts ne prévoient pas que le virus disparaîtra de sitôt, contrairement au coronavirus qui a causé le SRAS. Ce virus a cessé de circuler parmi les gens un peu plus d’un an après son apparition, en partie parce qu’il n’était pas propagé par des personnes sans symptômes. Cela a permis aux experts de la santé publique d’isoler plus facilement les patients malades et de mettre leurs contacts en quarantaine pour empêcher la propagation du virus. On estime qu’environ 30% des personnes infectées par le SRAS-CoV-2 ne présentent pas de symptômes, ce qui rend ce confinement total beaucoup plus difficile.

« D’après tout ce que nous voyons jusqu’à présent », déclare Barker, l’immunologiste de l’Université de Drew, « ce virus peut devenir endémique et rester avec nous pendant longtemps » - Erin Garcia de Jesus

>>>Une version de cet article est parue dans le numéro du 19 décembre 2020 de ‘Science News’.

Citations

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Source de la diffusion : Science News

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Reprendre

https://www.franceculture.fr/emissions/la-methode-scientifique/la-methode-scientifique-emission-du-lundi-21-decembre-2020

3.
Vaccin contre la pandémie de COVID-19 : Sanofi Pasteur, le géant endormi ? Par Thuy-Diep Nguyen le 28.11.2020 à 09h04 – Document ‘challenges.fr/entreprise’ - Article complet réservé aux abonnés > lecture conditionnelle 

En retard sur le papier, le leader français mise sur son savoir-faire historique et sa force de frappe pour s’imposer. C’est le seul à mener deux projets de front.

Photo - Siège de Sanofi, à Gentilly France. En recherche et en essais, le groupe a dépensé « plusieurs centaines de millions d’euros par candidat vaccin ». Gilles ROLLE/REA

Franchira-t-il à temps la ligne d’arrivée ? Dans cette course contre la montre, rythmée par les annonces fracassantes de ses concurrents, Sanofi Pasteur semble à la peine. Le champion français est pourtant leader mondial, en ventes, sur les vaccins pédiatriques et la grippe, et numéro trois tous vaccins confondus. Or il ne démarrera qu’en décembre sa phase 3 d’essais, pour son projet le plus avancé, bâti avec l’autre géant de l’industrie du vaccin, le britannique GSK. Pour le second, un vaccin innovant à base d’ARN messager (ARNm), il ne promet rien avant fin 2021, quand Moderna et le duo Pfizer-BioNTech, qui utilisent la même technologie, devraient sortir les leurs dans quelques semaines. De quoi donner au pape tricolore l’allure de tortue géante courant en vain derrière le lièvre. « Quelques semaines, quelques mois, on est dans un mouchoir de poche. » Olivier Bogillot, président de Sanofirance.

A Sanofi Pasteur, la confiance est de mise. Au diable le buzz médiatique ! « Quelques semaines, quelques mois, on est dans un mouchoir de poche. Sanofi arrivera un peu plus tard, mais avec un premier vaccin à la technologie éprouvée et une chaîne maîtrisée » , promet Olivier Bogillot, …

Sanofi Coronavirus Vaccin

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4.
Les États-Unis ont maintenant deux vaccins disponibles pour une utilisation d’urgence - Comment le vaccin de ‘Moderna’ anti-COVID-19 nouvellement autorisé peut-il être comparé à celui de ‘Pfizer’ ?

Traduction du 22 décembre 2020 par Jacques Hallard de l’article de Erin Garcia de Jesus en date du 18 décembre 2020, diffusé par ‘Science News’ sous le titre : « How does the newly authorized Moderna COVID-19 vaccine compare to Pfizer’s ?  » ; original en anglais à consulter sur ce site : https://www.sciencenews.org/article/covid-19-coronavirus-moderna-vaccine-fda-approval

Moderna vaccine

Le 18 décembre 2020, la FDA a accordé une autorisation d’utilisation d’urgence à Moderna pour son vaccin anti-COVID-19, portant à deux le nombre de vaccins disponibles aux États-Unis. Markus Mainka / Alamy

Un deuxième vaccin contre le coronavirus a désormais rejoint la lutte contre le COVID-19 aux États-Unis.

Le 18 décembre 200, la ‘Food and Drug Administration’ des États-Unis a autorisé le vaccin de Moderna pour une utilisation d’urgence chez les personnes de 18 ans ou plus. La décision fait suite à un vote favorable d’un groupe d’experts qui s’est réuni le 17 décembre 2020 pour discuter des données sur les vaccins que la société de biotechnologies avait collectées lors de son essai clinique en cours.

Le vaccin rejoint un vaccin similaire de la société pharmaceutique Pfizer et de son partenaire allemand BioNTech, qui a été autorisé le 11 décembre 2020 et a commencé à être administré aux personnes appartenant à des groupes à haut risque aux États-Unis, y compris les travailleurs du secteur de la santé et les personnes vivant dans des maisons de retraite ( SN : 12/11/20 ; 12/1/20).

Voici un aperçu de la façon dont les deux vaccins peuvent être comparés

Les deux protègent clairement les personnes âgées de 18 à plus de 65 ans contre le développement des symptômes du COVID-19.

Le vaccin de Moderna - développé en collaboration avec les ‘National Institutes of Health’ des États-Unis - et celui de Pfizer, ont dépassé les attentes dans les essais cliniques.

Dans des documents fournis à la FDA pour examen, Moderna a rapporté que son essai clinique de phase III, qui comprend plus de 30.000 personnes, a montré que le vaccin était efficace à 94,1%, pour empêcher ceux qui l’ont reçu de développer des symptômes du COVID-19. La société de biotechnologie avait précédemment publié la découverte, déterminée deux semaines après que les participants aient reçu une deuxième dose du vaccin, dans un communiqué de presse du 30 novembre 2020 (SN : 16/11/20).

Le vaccin de Pfizer est également efficace pour prévenir les symptômes, avec une efficacité de 95%.

Les résultats comparables sont probables parce que les deux vaccins COVID-19 sont « beaucoup plus semblables qu’ils ne sont différents », déclare Susanna Naggie, médecin spécialiste des maladies infectieuses à l’Université Duke. « Je pense que c’est la raison pour laquelle nous constatons un profil très similaire en ce qui concerne les premières données d’efficacité. »

Pour Pfizer, cette efficacité était comparable dans les groupes d’âge allant de 16 à 89 ans. Parmi les participants à l’essai clinique Moderna âgés de 18 à 64 ans, le vaccin était efficace à 95,6%. Mais chez les personnes âgées de plus de 65 ans, son efficacité était inférieure à 86,4%.

Cette différence, cependant, est basée sur un petit nombre de cas de ce groupe d’âge plus avancé - quatre dans le groupe vaccin et 29 dans le groupe placebo - et n’est pas statistiquement significative, a déclaré Jacqueline Miller, responsable du développement des maladies infectieuses chez Moderna, dans l’audience consultative de la FDA du 17 décembre 2020. « L’efficacité du vaccin chez les personnes âgées est cohérente avec son efficacité dans l’ensemble de la population », a-t-elle déclaré.

Le vaccin de Moderna pourrait offrir une meilleure protection après la première dose.

Alors que les deux vaccins nécessitent deux doses pour donner aux gens la meilleure protection, les premières preuves suggèrent que le vaccin de Moderna peut faire un meilleur travail en repoussant les symptômes dès deux semaines après l’administration de la première dose.

Le schéma vaccinal de Pfizer comprend deux injections espacées de 21 jours ; les deux doses de Moderna sont séparées de 28 jours. Après que les personnes participant à l’essai Pfizer aient reçu leur première dose, il y a eu 39 cas de COVID-19 dans le groupe vaccin et 82 cas dans le groupe placebo, ce qui a donné au vaccin une efficacité de 52,4%. Moderna, en revanche, avait une efficacité de 80,2% après la première dose.

Dans l’essai de Moderna, cependant, cette efficacité est basée sur un nombre relativement faible de cas - 39 dans le placebo au bras contre sept dans le vaccin au bras - dans un sous-ensemble seulement des participants à l’essai. Et presque tous les participants ont continué à recevoir la deuxième dose de Moderna, ce qui rend difficile de savoir avec certitude à quel point les gens sont protégés contre une seule injection.

Le vaccin de Moderna est peut-être plus efficace pour prévenir les symptômes graves, mais il est trop tôt pour le savoir.

Le vaccin de Moderna a initialement montré une efficacité impressionnante de 100% pour prévenir les symptômes graves chez les personnes qui en ont reçu. Alors que 30 personnes du groupe placebo de l’essai clinique ont développé une maladie grave, aucune personne vaccinée ne l’a fait. Depuis que cette analyse a eu lieu, cependant, une personne du groupe vacciné peut avoir développé un cas grave, mais cela n’est pas encore validé, a déclaré Rachel Zhang, un médecin de la FDA, lors de l’audience du 17 décembre 2020.

Pfizer a initialement annoncé dans un communiqué de presse du 18 novembre 2020 que son vaccin semblait également empêcher les gens de tomber gravement malades. Mais il y a eu trop peu de cas dans ce test pour en être sûr, disent les experts (SN : 18/11/20 ; 12/10/20). Quatre participants à l’essai Pfizer ont développé un COVID-19 sévère, dont trois avaient reçu le placebo.

Pourtant, « il est très clair pour les vaccins Moderna et Pfizer que les cas de coronavirus symptomatiques et les infections à coronavirus nécessitant une hospitalisation, sont considérablement réduits », déclare Andrea Cox, immunologiste viral à l’Université Johns Hopkins aux Etats-Unis..

Contrairement à Pfizer, Moderna dispose de données préliminaires suggérant que son vaccin arrête l’infection, et pas seulement les symptômes.

Certaines premières données suggèrent que le vaccin Moderna pourrait protéger les personnes vaccinées contre les infections asymptomatiques ainsi que contre les maladies symptomatiques. S’il est clair que le vaccin, avec celui de Pfizer, empêche les gens de développer des symptômes du COVID-19, arrêter complètement les infections est essentiel pour freiner la propagation du coronavirus et renforcer ainsi l’immunité dans les populations.

Sur plus de 14.000 personnes ayant reçu un placebo, 38 ont été testées positives pour le coronavirus - sans présenter de symptômes - après leur première injection, mais avant leur seconde. Cependant, seuls 14 qui ont reçu le vaccin Moderna étaient des porteurs asymptomatiques du virus lorsque ces personnes ont été testées avant leur deuxième dose, a rapporté la société. Cette réduction de deux tiers des cas de COVID-19 sans symptômes dans le vaccin au bras de l’essai, par rapport au groupe placebo, laisse entendre que certaines infections pourraient être évitées, même après une seule dose de vaccin.

Pfizer n’a pas encore publié de données montrant si son vaccin prévient les cas asymptomatiques de COVID-19. Mais comme cela fonctionne un peu comme celui de Moderna, « je ne pense pas qu’il y ait de raison de croire qu’il y aura une différence entre les deux », dit Naggie.

Les vaccins utilisent tous deux une molécule génétique appelée ARNm qui est enfermée dans une nanoparticule pour fournir des instructions aux cellules, afin de fabriquer la protéine de pointe du coronavirus, que le virus utilise pour pénétrer dans les cellules. Le système immunitaire apprend alors à reconnaître et à se défendre contre les spicules lorsqu’il en rencontre lors d’une infection.

Les deux vaccins déclenchent des effets secondaires similaires, bien que des questions demeurent sur les réactions allergiques graves.

Chaque vaccin peut induire des effets secondaires similaires après avoir été injecté dans le corps. « Il cause généralement des douleurs au bras », dit Cox. Des symptômes « systémiques » comme la fatigue, les frissons, les courbatures ou les maux de tête étaient également fréquents chez les participants aux deux essais, en particulier après la deuxième dose.

Mais « la sensibilité, l’enflure et [les taux de] certains symptômes systématiques sont un peu plus élevés » avec le vaccin de Moderna que celui de Pfizer, dit Cox. Cela pourrait être dû au fait que Moderna a inclus plus d’ARNm dans chaque dose, provoquant des symptômes rapides et puissants lorsque la réponse immunitaire réagissait à un corps étranger, selon Cox.

Ces types d’effets secondaires ne sont pas inhabituels avec les vaccins. « En fait, cela montre quenvotre corps développe une réponse immunitaire robuste, ce qui est exactement ce que nous recherchons à produire », dit Naggie.

Il y a également eu des cas isolés de paralysie de Bell, une faiblesse temporaire ou une paralysie des muscles faciaux, chez les participants à l’essai des deux vaccins. Plus de ces cas sont survenus dans les bras vaccinés dans les essais de Moderna et de Pfizer, que dans les groupes placebo, ce qui soulève des inquiétudes quant au fait qu’ils pourraient survenir en réponse aux vaccins COVID-19.

Mais ces cas sont encore rares dans l’ensemble dans les deux vaccins aux bras des expérimentations, dit Cox. Et « il est important de se rappeler que les virus causent également la paralysie de Bell », dit-elle. Ainsi, il est possible que, bien que les vaccins déclenchent certains cas, les taux de paralysie de Bell puissent finalement être inférieurs chez les personnes vaccinées à ce qui pourrait se produire après une infection à coronavirus. Lors de l’audience du 17 décembre 2020, les responsables de la FDA ont recommandé que les experts continuent de surveiller les personnes vaccinées pour la paralysie de Bell, mais ils n’ont pas encore pu déterminer si les vaccins sont à l’origine de tels cas observés.

Depuis le déploiement du vaccin Pfizer au Royaume-Uni et aux États-Unis, certains travailleurs de la santé ont connu des réactions plus graves qui n’ont pas eu lieu lors des essais cliniques. Deux personnes au Royaume-Uni ont eu des réactions allergiques au vaccin, tout comme trois personnes en Alaska. Les ‘Centers for Disease Control and Prevention’ des États-Unis recommandent que les cliniques surveillent les personnes pour les symptômes d’allergie après la vaccination et ils disposent de traitements comme l’épinéphrine.

On ne sait pas si des réactions allergiques similaires se produiront chez les personnes qui reçoivent le vaccin de Moderna. Une considération est que les nanoparticules utilisées dans les deux vaccins sont différentes, a déclaré Tal Zaks, médecin-chef de Moderna, lors de l’audience du 17 décembre 200 auprès de la FDA. Cette différence pourrait signifier que la nanoparticule du vaccin Moderna n’a pas le même potentiel que celui de Pfizer pour provoquer des réactions allergiques. Mais certains experts soupçonnent que les réactions allergiques pourraient être dues à l’un composant de la nanoparticule appelé polyéthylène glycol, qui se trouve dans les deux vaccins.

Des doses supplémentaires de vaccin Moderna seront initialement disponibles aux États-Unis.

En juillet 2020, Pfizer a accepté de fournir 100 millions de doses de vaccin COVID-19 aux États-Unis d’ici la fin de mars 2021 - suffisamment pour vacciner 50 millions de personnes, étant donné que chaque vaccination nécessite deux injections. Mais les responsables auraient refusé d’acheter davantage de ce vaccin lorsqu’ils en avaient l’option, limitant le nombre de doses initiales disponibles. Certains flacons de Pfizer, qui sont généralement remplis de cinq doses de vaccin, contiennent plus que la quantité allouée, a déclaré la FDA via Twitter le 16 décembre 2020. Les responsables conseillent d’utiliser chaque dose complète de chaque flacon, permettant aux agents de santé de vacciner plus de personnes.

Moderna, en revanche, prévoit de délivrer 200 millions de doses aux États-Unis, suffisamment pour vacciner 100 millions de personnes d’ici la fin du mois de mars 2021. Parmi ceux-ci, la société prévoit d’expédier environ 20 millions de doses avant la fin de l’nnée 2020. 80 millions supplémentaires seront livrés au cours du premier trimestre de 2021.

Le vaccin de Moderna n’a pas besoin d’être conservé à des températures aussi basses : il devrait donc être plus facile à distribuer pour réaliser les injections.

Une grande distinction est la façon dont les vaccins doivent être stockés. Le vaccin Pfizer doit être conservé dans des congélateurs spéciaux à une température ultra-froide de –70 ° Celsius, tandis que celui de Moderna convient à une température de congélation standard de –20 ° C (SN : 11/20/20). Le vaccin de Moderna peut également survivre jusqu’à un mois dans un réfrigérateur. Étant donné que les doses de vaccin Moderna peuvent être conservées à des températures plus élevées, sa distribution devrait être plus facile à gérer que celle du produit de Pfizer.

« Je pense que c’est bien que nous ayons une certaine flexibilité ici », dit Naggie.

Certains hôpitaux sont en mesure de conserver le vaccin de Pfizer dans un stockage ultra-froid pendant de longues périodes, jusqu’à ce que ces doses soient décongelées pour leur utilisation. Les cliniques qui ne disposent pas de congélateurs ultra-froids peuvent se tourner vers le vaccin de Moderna. Et à l’avenir, il y aura probablement des vaccins d’autres sociétés - comme ceux d’ ‘AstraZeneca’ ou de ‘Johnson & Johnson’ - qui pourront être conservés encore plus longtemps au réfrigérateur.

Pour l’instant, c’est excitant d’avoir deux vaccins disponibles, dit Naggie, qui a reçu sa première dose du vaccin COVID-19 de Pfizer le 16 décembre 2020. « Être en ligne pour obtenir mon vaccin… il y a un sentiment d’espoir et je pense que c’est incroyable ».

About Erin Garcia de Jesus E-mail- Erin I. Garcia de Jesus is a staff writer at Science News. She holds a Ph.D. in microbiology from the University of Washington and a master’s in science communication from the University of California, Santa Cruz.

A propos de Erin Garcia de Jesus : elle est rédactrice à ‘Science News’. Elle est titulaire d’un doctorat en microbiologie de l’Université de Washington et d’une maîtrise en communication scientifique de l’Université de Californie à Santa Cruz.

Science News

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5.
Vaccin Covid-19 : Pfizer autorisé en Europe, effet secondaire Article mis à jour le 21/12/20 16:42 - Document ‘sante.journaldesfemmes.fr’

L’Agence européenne du médicament a donné son feu vert au vaccin Pfizer ce 21 décembre 2020. La vaccination pourrait commencer en France dimanche prochain, 27 décembre 2020 pour les personnes âgées, les plus vulnérables. Pfizer, Moderna, Astrazeneca : rappel sur les différents vaccins pour contrôler la pandémie de Covid-19 ; différences, effets secondaires et infos en direct.

Aperçu du contenu du sommaire à lire à la suite :

Vaccination en France

•Obligatoire ?

•Stratégie vaccinale

•Date

•Avec quels vaccins ?

•Où se fera la vaccination ?

•Effets secondaires

Types de vaccins

•Vaccin à ARN messager

Vaccins en cours de test

  • Institut Pasteur en France
    •• Vaccin BCG

•• Vaccin Sanofi - GSK

•• Vaccin Pfizer

•• Vaccin Moderna

•• Vaccin Astrazeneca (Oxford)

•• Vaccin russe Spoutnik V

•• Vaccin chinois

•Fabrication et tests

•Efficacité

•Contrôle de la qualité

•Production du vaccin

[Mise à jour le lundi 21 décembre à 16h42] 

L’arrivée du vaccin Covid-19 en Europe et notamment en France a été validée ce lundi 21 décembre 2020 par l’Agence européenne du médicament. Le ministre de la Santé Olivier Véran a déclaré ce jour, sur Europe 1, que la vaccination devrait commencer dimanche prochain 27 décembre. ’Les plus vulnérables d’entre nous d’abord, après examen médical, information et recueil du consentement. Un démarrage en douceur, soucieux de la sécurité de tous et respectueux de nos engagement éthiques’ a-t-il précisé. Le vaccin sera distribué aux 27 pays membres de l’UE afin que la vaccination soit lancée simultanément. Dans le reste du monde, le vaccin Pfizer est utilisé en Angleterre (depuis le 8 décembre), aux Etats-Unis, au Canada et a été validé récemment à Singapour et Bahreïn. La Russie et la Chine ont aussi commencé à vacciner leurs populations mais avec leurs propres vaccins. L’Agence européenne du médicament doit rendre son avis sur le candidat-vaccin de Moderna d’ici le 12 janvier. Quels sont les types de vaccins envisagés contre l’infection Covid-19 ? Quelles différences selon les laboratoires ? Où seront-ils produits ? Par qui ? Quelle commande a fait l’Europe  ? Ce que l’on sait à date.

Vaccination Covid en Ehpad : ’Il n’y a que 20% de résidents favorables’

Les personnes âgées en Ehpad seront les premières à pouvoir se faire vacciner contre la Covid en France. Mais 20% seulement y seraient favorables, selon Laurent Levasseur,Président de Bluelinea. Difficultés logistiques, manque d’informations...Pour lui, il est urgent que la France s’organise. Interview.

Dernières Infos :

  • Prix du vaccin. La secrétaire d’État au budget Eva De Bleeker a publié sur Twitter le tableau des tarifs pratiqués pour les vaccins dans l’UE avant de le retirer. Certains internautes ont eu le temps de faire une capture d’écran des écarts de prix varie de 1 à 10 entre les différents vaccins. Le moins cher des vaccins pourrait coûter 1,78 euros alors que le plus onéreux, il faudra débourser jusqu’à 18 euros. 
  • La HAS précise ses recommandations sur la priorisation des publics cibles : 
    → Les personnes en situation de handicap hébergées dans les établissements sociaux et médico-sociaux ne présentant pas de comorbidités et/ou d’âge élevé augmentant le risque de forme grave ne sont pas - à ce stade - identifiées comme population prioritaire. 

→ Les personnes atteintes de trisomie 21 sont considérés comme prioritaires pour la vaccination.

→ La HAS estime à ce stade qu’il n’y a pas lieu de vacciner systématiquement les personnes ayant déjà développé une forme symptomatique de la Covid-19. Ces personnes doivent pouvoir être vaccinées si elles le souhaitent à l’issue d’une décision partagée avec le médecin. Dans ce cas, il parait alors préférable de respecter un délai minimal de 3 mois à partir du début des symptômes.

→ La HAS ne recommande pas la réalisation d’une sérologie pour appuyer la décision de vaccination car une sérologie ne permet pas d’attester d’une immunité face au virus. 

→ La HAS recommande que les personnes contact d’un cas se fassent tester pour confirmer ou infirmer une infection à la Covid-19 avant d’envisager une vaccination.


Vaccination en France contre la Covid-19

Le plan de vaccination des Français contre l’infection Covid-19 a été présenté par Jean Castex le 16 décembre à l’Assemblée. Il suit les recommandations de la Haute Autorité de Santé pour l’ordre des personnes à vacciner.

  • Sécuriser le nombre de doses : la France, via la Commission européenne a pré-acheté des vaccins auprès de différents laboratoires. ’La France disposera d’un potentiel de 200 millions de doses ce qui permettrait de vacciner 100 millions de personnes puisque le vaccin nécessite à ce jour 2 injections’ a indiqué Jean Castex le 3 décembre.
  • Vacciner les plus fragiles.’Vacciner en priorité les personnes pour lesquelles le virus est la plus dangereux’ a indiqué Jean Castex. Conformément aux recommandations faites par la Haute Autorité de Santé le 1er décembre, le ministre de la Santé Olivier Véran a précisé qu’ ’en janvier 2021, la vaccination sera proposée dans les établissements pour personnes âgées aux résidents et aux personnels vulnérables au virus’.
    ’Nous ne démarrerons rien sans l’avis préalable de la Haute Autorité de Santé sur chacun des vaccins’
  • Organiser l’approvisionnement des vaccins. ’Construire une logistique adaptée au défi majeur qui s’ouvre. Acheminer des millions de vaccins est une opération d’une très grande complexité’, a rappelé le Premier ministre avant d’assurer que ’nous serons prêts pour les premières vaccinations à partir de début janvier’.
  • Garantir la sécurité sanitaire : Emmanuel Macron a annoncé la création d’un comité scientifique chargé du suivi de la vaccination en France ainsi que d’un ’collectif de citoyens pour associer plus largement la population’. ’Je tiens à ce que celle-ci se fasse dans un cadre totalement transparent. La vaccination doit se faire de manière claire, transparente, en partageant à chaque étape toutes les informations : ce que nous savons, comme ce que nous ne savons pas’ a-t-il précisé. Propos renforcés par Jean Castex le 3 décembre : ’Nous ne démarrerons rien sans l’avis préalable de la Haute Autorité de Santé sur chacun des vaccins et les personnes vaccinées seront suivies dans le cadre d’un dispositif renforcé de pharmacovigilance et de traçabilité mise en place par l’ANSM et l’Assurance maladie.’
  • Vaccination gratuite. Le Premier ministre a indiqué le 3 décembre que la vaccination contre la Covid-19 serait gratuite pour tous. 

    Un vaccin obligatoire ?

Non. Emmanuel Macron l’a dit lors de son allocution du 24 novembre : ’Je ne rendrai pas la vaccination obligatoire.’ ’La vaccination doit se faire de manière claire, transparente, en partageant à chaque étape toutes les informations : ce que nous savons, comme ce que nous ne savons pas’ a-t-il précisé alors que beaucoup de Français se montrent réticents à cette vaccination. La Haute Autorité de Santé a confirmé le 30 novembre qu’elle ne préconisait pas ’à ce stade, de rendre obligatoire la vaccination contre la Covid-19, que ce soit pour la population générale ou pour les professionnels de santé’.


Stratégie vaccinale : étapes, ordre de vaccination

Emmanuel Macron a annoncé le 24 novembre 2020 que les personnes vaccinées en premier, en France, seraient ’les personnes les plus fragiles et donc les plus âgées. ’Notre ligne directrice est claire, a indiqué Jean Castex le 16 décembre 2020 lors de la présentation de la stratégie vaccinale de la France devant l’Assemblée Nationale  : ce sera celle fixée par une autorité médicale indépendante, la Haute Autorité de santé.’ Dans un avis rendu public le 30 novembre 2020, la HAS a recommandé de donner la priorité aux personnes à risque de formes graves en raison de leur âge et de leurs facteurs de comorbidité. La HAS a détaillé 5 phases de vaccination, le gouvernement français a gardé les deux premières, pour élargir ensuite à tout le reste de la population en phase 3.

Ordre de vaccination des personnes en France, selon les recommandations de la HAS (5 phases) : 

  • Une phase 1 pour les résidents en Ehpad ou autres hébergements collectifs pour personnes âgées (USLD...) et les professionnels exerçant dans les établissements accueillant des personnes âgées (en premier lieu en EHPAD, USLD) présentant eux-mêmes un risque accru de forme grave/de décès (plus de 65 ans et/ou présence de comorbidité(s)).
  • Une phase 2 quand plus de doses seront disponibles pour les 75 ans et + en commençant par les plus âgées/présentant une ou plusieurs comorbidité(s), puis les 65-74 ans en priorisant celles présentant une ou plusieurs comorbidité(s), puis les professionnels des secteurs de la santé et du médico-social âgés de 50 ans et plus et/ou présentant une ou plusieurs comorbidité(s) (quel que soit le mode d’exercice).
  • Une phase 3 pour les personnes à risque du fait de leur âge (50-65 ans) ou de leur(s) comorbidité(s) non vaccinées antérieurement, et les professionnels des secteurs de la santé et du médico-social non vaccinés antérieurement.
  • Une phase 4 pour les personnes vulnérables et précaires (sans domicile fixe…), vivant en collectivité (prisons, établissements psychiatriques, foyers…) non vaccinés antérieurement du fait de leur âge ou comorbidité, et les professionnels prenant en charge les personnes vulnérables dont les travailleurs sociaux, non vaccinés antérieurement du fait de leur âge ou comorbidité(s).
  • Une phase 5 pour les populations susceptibles d’être infectées (18-50 ans) et non ciblées antérieurement.
    La HAS précise qu’en raison ’de la faible inclusion (voire de l’exclusion) des femmes enceintes et des moins de 18 ans dans les essais cliniques en cours, la vaccination de ces populations n’est pas priorisée, à ce stade’. Elle précise aussi que cette stratégie de vaccination pourra évoluer à mesure que de nouvelles informations seront disponibles (sécurité des vaccins selon les groupes d’âge, effet des vaccins sur l’acquisition de l’infection et la transmission...).

Campagne vaccinale de la France en 3 étapes présentée par Jean Castex le 16 décembre 2020.

ETAPE 1

ETAPE 2

ETAPE 3

Fin décembre-Janvier 2021 Février-Mars 2021 Fin du printemps 2021
1 million de personnes vaccinées correspondant à la phase 1 de la HAS (résidents en Ehpad ou autres hébergements collectifs pour personnes âgées et professionnels exerçant dans les établissements accueillant des personnes âgées (en premier lieu en EHPAD, USLD) présentant eux-mêmes un risque accru de forme grave/de décès (plus de 65 ans et/ou présence de comorbidité(s)). 14 millions de personnes vaccinées correspondant à la phase 2 de la HAS (personnes âgées de 75 ans et +, présentant une ou plusieurs comorbidité(s), puis les 65-74 ans en priorisant celles présentant une ou plusieurs comorbidité(s), puis les professionnels des secteurs de la santé et du médico-social âgés de 50 ans et plus et/ou présentant une ou plusieurs comorbidité(s) (quel que soit le mode d’exercice). Ouverture de la vaccination à l’ensemble de la population.


A quelle date ?

L’Agence européenne du médicament a donné son autorisation au vaccin Pfizer le 21 décembre et a ainsi donné son feu vert aux 27 pays membres de l’UE pour l’utiliser. Le ministre de la Santé Olivier Véran a déclaré le 21 décembre, sur Europe 1, que la vaccination devrait commencer dimanche prochain 27 décembre.

→ Le vaccin de Moderna devrait arriver au début de l’année 2021. L’Agence européenne du médicament doit rendre son avis d’ici le 12 janvier.

→ Le vaccin de Sanofi arriverait au quatrième trimestre de 2021.

Ces arrivées seront confirmées en fonction des derniers résultats des essais cliniques en cours. Comme nous l’expliquait la biologiste Hela Ketatni en novembre ’Les chiffres publiés sont des données préliminaires et les résultats doivent être validés à long terme, souligne-t-elle. Il faut minimum trois mois en phase 3 pour voir la durée d’efficacité. (...) Il faut vérifier l’innocuité du vaccin sur une durée plus longue, élargir le groupe des volontaires avec plus de personnes âgées et des personnes qui ont été contaminées par le Sars-CoV-2.’ 

Etapes de déploiement du vaccin : 

  • Le vaccin est autorisé par l’Agence européenne des médicaments conformément aux normes habituelles en matière d’innocuité et d’efficacité.
  • Une fois que la sûreté et l’efficacité des vaccins sont prouvées, et que l’Agence européenne des médicaments leur a accordé une autorisation de mise sur le marché, ils doivent être rapidement distribués et déployés dans toute l’Europe. ’Tous les États membres auront accès aux vaccins contre la COVID-19 en même temps, sur la base de la taille de la population’ précisait la Commission européenne en octobre 2020.

    Avec quels vaccins ?

Le premier vaccin qui sera autorisé en France sera celui de Pfizer-BioNtech, comme l’a confirmé Jean Castex le 16 décembre devant l’Assemblée : ’Nous comptons sur les vaccins les plus avancés, le vaccin Pfizer et le vaccin Moderna. D’autres se situent en phase III des essais cliniques, comme AstraZeneca ou Janssen, et pourraient donc être disponibles dans les mois qui viennent même s’il faut rester à ce stade très prudent sur des échéances précises compte tenu des incertitudes liées aux essais en cours.’ La France bénéficiera des mêmes vaccins que les autres pays de l’Union européenne. ’Le nombre de doses étant réparti en fonction de la population de chaque état membre’ avait rappelé le Président de la République le 24 novembre. Plusieurs contrats ont été signés par la Commission européenne. La Commission européenne avait indiqué par voie de communiqués avoir approuvé des contrats avec les sociétés pharmaceutiques BioNTech et Pfizer, Moderna, l’américain Johnson & Johnson, AstraZenecaSanofi-GSK et Janssen Pharmaceutica NV, et des discussions sont en cours avec CureVac


Où se fera la vaccination ?

Lors de son allocution du 3 décembre 2020, Jean Castex a indiqué que le médecin généraliste devra ’être au cœur du dispositif’ de vaccination ’et en particulier le médecin traitant’. ’C’est par l’application d’un maximum d’acteurs de terrains dans les territoires que passera la réussite de la vaccination, a estimé le Premier ministre. Chacun va pouvoir se faire vacciner par un professionnel de santé à côté de chez lui qu’il connait et en qui il a confiance.’

’Les réactions allergiques graves de type anaphylactique peuvent être provoquées par les antigènes vaccinaux, elles surviennent dans un délai très court’


Quels effets secondaires possibles ?

Un vaccin, comme tout médicament, peut être responsable d’effets secondaires bénins ou graves. C’est dans ce but que sont réalisés des essais cliniques pour vérifier l’efficacité du vaccin mais aussi observer ses potentiels effets secondaires. Avant l’autorisation de mise sur le marché d’un vaccin, l’ANSM, ou l’agence européenne des médicaments, évalue le risque associé à ce vaccin (effets indésirables) en regard de son bénéfice (protection contre l’infection ou la maladie). Le ratio bénéfices/risques doit être positif pour qu’un vaccin obtienne une Autorisation de Mise sur le Marché (AMM). ’Comme avec tous les vaccins, il peut survenir des effets indésirables avec les vaccins que nous allons tester’ confirment les responsables de la plateforme française Covireivac, pilotée par l’Inserm et qui recrute des volontaires pour tester des candidats-vaccins. Rougeur, gonflement, durcissement ou douleur au site d’injection, les effets indésirables sont bénins dans la grande majorité des cas et disparaissent spontanément en quelques jours. Ces réactions apparaissent généralement dans les heures qui suivent l’administration et guérissent rapidement’ poursuivent-ils sur le site. ’Des réactions dites générales peuvent également arriver’ comme de la fièvre, un malaise, des douleurs musculaires ou des maux de tête.

Des effets graves ?Les effets indésirables graves sont beaucoup plus rares. Un effet indésirable est dit grave lorsqu’il entraîne une invalidité importante et durable, lorsqu’il provoque une hospitalisation, lorsqu’il est susceptible de mettre la vie du patient en danger’ informe Covireivac. ’Les réactions allergiques graves de type anaphylactique peuvent être provoquées par les antigènes vaccinaux mais aussi d’autres composants du vaccin. Elles sont exceptionnelles (estimées à 1,3 réaction par million de doses quel que soit l’âge) mais leur gravité potentielle nécessite que tout médecin pratiquant une vaccination doit s’entourer des précautions habituelles : surveillance après vaccination et adrénaline injectable à disposition. Ces réactions surviennent dans un délai très court (moins d’une heure) après l’injection.’

Le 9 décembre 2020, en Angleterre, deux personnes ayant été vaccinées avec le vaccin Pfizer ont manifesté ce types de réactions allergiques graves. Elles avaient des antécédents d’allergie et de l’adrénaline toujours sur elles. Suite à ces deux cas, l’Agence anglaise du médicament (MHRA) a recommandé de ne pas vacciner ’toute personne ayant un historique de réaction allergique importante à des vaccins, des médicaments ou de la nourriture - comme des réactions anaphylactiques ou ceux à qui il a été conseillé de porter un injecteur d’adrénaline’ et a estimé que ’la vaccination ne devrait être effectuée que dans des installations où des mesures de réanimation sont disponibles’. Mi-décembre, deux agents de santé du même hôpital en Alaska ont développé des réactions quelques minutes après avoir reçu le vaccin de Pfizer. Le premier cas est une femme d’âge moyen qui n’avait aucun antécédent d’allergie et a eu une réaction anaphylactique 10 minutes après avoir reçu le vaccin mardi 15 décembre. Elle a eu une éruption cutanée sur le visage et le torse, un essoufflement et une fréquence cardiaque élevée. Le second cas a reçu une injection mercredi 16 décembre et a eu un gonflement des yeux, des étourdissements et des irritations de la gorge 10 minutes après l’injection. Il a été emmené aux Urgences et son état s’est amélioré dans l’heure. Il n’a pas fait de choc anaphylactique.


Quels types de vaccins sont envisagés ?

’Pour mettre au point un vaccin contre une maladie virale, il faut bien connaître le virus qui en est à l’origine puisque le vaccin sera fabriqué à partir de certaines parties du virus qui feront réagir notre système immunitaire’ rappelle le LEEM (association professionnelle qui regroupe les entreprises du médicament en France) dans un document dédié au Covid-19 en juillet 2020. Plusieurs technologies sont étudiées dans la quête du vaccin Covid-19 : 

  • des vaccins basés sur une version atténuée ou inactivée du virus original,
  • des vaccins basés sur des vecteurs modifiés avec des parties du SARS-CoV-2 ou une information génétique du virus, sous forme d’ADN ou d’ARN, qui est directement utilisée comme vaccin.
Types de vaccins Covid-19 explorés (source : Leem.org)
Piste explorée Principe d’action
Vaccin à partir de virus atténués ou inactivés Vaccin contenant des agents infectieux tués mais capables de susciter une réponse du système immunitaire. Ce type de vaccin demande de grandes quantités de virus.
Vaccin à partir de protéines virales Le coronavirus possède à sa surface des pointes ’spicules’ qui lui permettent d’entrer en contact avec les cellules à infecter. Ces pointes sont des protéines virales qui ont pu être isolées en laboratoire. Elles peuvent être fabriquées et injectées pour faire réagir le système immunitaire à ces molécules étrangères.
Vaccin à partir d’ADN ou d’ARNm viral Une séquence génétique du virus (ADN ou ARNm) est injectée et entre à l’intérieur de la cellule humaine. Celle-ci va l’utiliser pour produire la protéine virale associée qui va faire réagir le système immunitaire.
Vaccin à partir de vecteurs viraux Un virus atténué spécialisé (= vecteur) est utilisé pour véhiculer les éléments nécessaires à la future protection (la ou les protéine(s) d’intérêt et/ou sa ou leurs séquence(s) génétique(s)) jusqu’à nos cellules et ainsi les exposer à notre système immunitaire.


C’est quoi un vaccin à ARN messager (ARNm) ?

A la base, la vaccination consiste à injecter dans l’organisme de faibles doses d’un agent pathogène pour stimuler le système immunitaire et l’amener à produire des anticorps pour faire barrage à la maladie causée par le pathogène en question. ’Là, on n’inocule pas le virus atténue ou inactivé, c’est une technique nouvelle qui n’a jamais été approuvée pour un usage humain’ nous explique Hela Ketatni, biologiste. ’On va inoculer un petit bout d’ARN messager (Acide RiboNucléique) qui est une séquence génétique du virus, dans la cellule humaine. Ce bout d’ARN va s’insérer au niveau de l’ARN de la cellule, elle va alors commencer à fabriquer de façon transitoire la protéine virale associée (pour le Sars-CoV-2 il s’agit d’une protéine appelée Spike qui est à la surface du virus et permet l’adhésion aux cellules). Le système immunitaire va la détecter et réagir en produisant des anticorps.’ Cette technique est plus rapide à mettre en place puisque les chercheurs n’ont pas besoin de cultiver des pathogènes pour les inoculer par la suite. Elle présente aussi moins de toxicité comme il n’y a pas d’agent pathogène inoculer. A noter qu’elle est possible ici car le virus Sars-CoV-2 est un virus à ARN, tout les virus ne le sont pas.

Quel inconvénient ? ’Il faudra que le vaccin soit conservé à très basses températures, moins 80 degrés, explique la biologiste, parce que c’est un vaccin fait à base d’ARN et l’ARN est très très fragile. Il faut absolument respecter la chaine du froid.’

Vaccin à ARN : principes, conservation, pourquoi messager ?

Les deux premiers vaccins à être mis sur le marché en France -par Pfizer et Moderna- pour endiguer l’épidémie de Covid-19 causée par le coronavirus SARS-CoV-2 sont des vaccins à ’ARN messager’. Ils diffèrent des vaccins classiques constitués de virus inactivés ou atténués ou de protéines. Conservation au froid, principe, effets secondaires... Explications.


Quels sont les vaccins en cours de test ?

Face à un virus très contagieux et mortel pour les plus fragiles, plusieurs grandes entreprises du médicament et de grandes ‘biotechs’ ou centres de recherche se sont positionnés dans la course au vaccin. De nombreuses alliances se sont formées. Tous les essais de phase 3 menées concernent des vaccins qui s’administrent par voie intramusculaire.

Deux types de vaccins sont à l’étude :

  • Vaccin ’stérilisant’ permettant d’interrompre la transmission du virus.
  • Vaccin protecteur contre la maladie mais n’empêchant pas la transmission de l’infection : la vaccination pourrait être alors ciblée sur des populations spécifiques.
Entreprises travaillant à mettre au point un vaccin contre la Covid-19
ENTREPRISE PARTENARIAT TYPE DE VACCIN
PFIZER BioNTECH ARNm
MODERNA NIH - BARDA ARNm
ASTRAZENECA Oxford University - BARDA Vecteur viral
GSK Clover Biopharmaceuticals Protéine recombinante
INOVIO   ADN
CanSINO   Vecteur viral
SANOFI GSK (adjuvant) - BARDA Protéine recombinante
SANOFI Translate Bio - BARDA ARNm
MSD Institut Pasteur/Université de Pittsburgh - IAVI/BARDA Vecteur viral réplicatif
J&J BARDA - BIDMC – LUMC - Emergent BioSolutions - Catalent Biologics - Vibalogics ADN
CureVAC   ARNm


Quels vaccins en test en France ?

En France, une Task Force (force opérationnelle) a été mise en place à l’Institut Pasteur pour le développement de vaccins dès le début de l’épidémie. Trois projets de vaccins y sont étudiés. 

un candidat-vaccin utilisant le virus atténué utilisé dans le vaccin contre la rougeole. ’Ce projet est entré dans un essai clinique de phase 1 durant l’été, aucun effet indésirable n’a été rencontré chez les 90 volontaires qui l’ont reçu ou ont reçu un placebo. On espère avoir des résultats dans le premier trimestre de 2021. Cela permet de rentrer dans les autres essais cliniques de phase 2 et 3’ a expliqué le directeur scientifique de l’Institut Pasteur Christophe d’Enfert sur BFM-TV, mardi 8 décembre.

un candidat-vaccin utilisant un lentivirus. Il s’agit d’un vaccin administrable par voie nasale. ’Ce projet avance bien et les résultats précliniques sont favorables. La société Theravectys va s’engager dans un essai clinique de phase 1 et 2’ a poursuivi le directeur. Les lentivirus sont des virus ’lents’ c’est-à-dire avec un très long temps d’incubation avant de devenir pathogène. Le virus est modifié génétiquement pour être inoffensif pour l’homme et pour produire la protéine Spike. Cette protéine présente sur le virus Sars-CoV-2 forme des spicules tout autour du virus et est la clé d’entrée du coronavirus dans les cellules. L’objectif est d’induire une réponse immunitaire spécifique contre cette protéine, et donc la production d’anticorps capable de reconnaitre le virus SARS-CoV-2 et d’empêcher le développement de l’infection.

un candidat-vaccin à ADN (méthode similaire au vaccin ARN développé par Pfizer et Moderna). La phase 1 a été validée. Le candidat devrait être testé bientôt en phase 2. 


La piste du vaccin BCG

La piste d’utiliser le vaccin BCG pour mettre au point un vaccin contre la Covid est exploitée par l’Institut Pasteur de Lille. Plusieurs essais cliniques ont montré que le vaccin BCG, contre la tuberculose, renforçait les défenses immunitaires contre le coronavirus. ’Lorsqu’il y a une couverture vaccinale BCG importante dans un pays donné, nous nous apercevons que la gravité de la maladie Covid-19 est moindre’, avait déclaré Laurent Lagrost, directeur de recherche à l’Inserm, sur LCI en avril. Ce que confirmait une étude américaine publiée le 9 juillet dans la revue PNAS. D’après ses auteurs, ’plusieurs associations significatives entre la vaccination par le BCG et la réduction des décès par COVID-19 ont été observées’. Les personnes vaccinées contre le BCG ne seraient pas immunisées contre le SARS-CoV-2 mais moins à risque de développer une forme grave en stimulant la mémoire de l’immunité innée (première immunité à entrer en jeu face à une infection) et en induisant ainsi une ’immunité innée entraînée’ expliquait l’Inserm dont les résultats avaient été été publiés dans la revue Cell Stem Cell


Le vaccin Sanofi

Le laboratoire français, basé à Lyon, Sanofi travaille sur deux candidats-vaccin contre la Covid-19 :

→ un vaccin à base de protéine recombinante développé avec GSK. ’La combinaison d’un antigène protéique (apporté par Sanofi) et d’un adjuvant (dont GSK a la maîtrise) est une procédure fiable, utilisée dans plusieurs vaccins déjà commercialisés’ annonçaient-ils le 14 avril. Il consiste en l’ajout d’un adjuvant à certains vaccins pour renforcer la réponse immunitaire, et créer ainsi une immunité plus forte et plus durable contre les infections que le vaccin sans adjuvant. ’Des résultats intermédiaires de phase I/II publiés le 11 décembre 2020 indiquent que les résultats sont positifs chez les adultes âgés de 18 à 49 ans mais que la réponse immunitaire observée chez les adultes plus âgés n’est pas assez élevée’ indiquait Sanofi le 11 décembre, l’obligeant à retarder la sortie prévue en juin pour le vaccin au quatrième trimestre 2021.

→ un vaccin à ARN réalisé avec Translate Bio. Ce candidat vaccin baptisé ’MRT5500’ a induit la production de concentrations élevées d’anticorps dans le cadre d’études précliniques. Un essai clinique de phase I/II devrait débuter en janvier-février 2021.


Le vaccin de Pfizer et BioNTech

Pfizer est le premier laboratoire dont le vaccin a été commercialisé en Europe, précisément au Royaume-Uni le 8 décembre. Il est autorisé par l’Agence Européenne du médicament, le 21 décembre. Le vaccin Pfizer est aussi utilisé aux Etats-Unis et au Canada. Il a été validé par ailleurs à Singapour, Bahreïn, en Arabie Saoudite et au Mexique. Le 9 novembre, après 10 mois de travaux, le laboratoire annonçait avoir mis au point un vaccin efficace à 90% contre le coronavirus, selon les premiers résultats de ce candidat en phase 3 relatés dans un communiqué. Les tests ont commencé le 27 juillet dernier et ont été menés sur 43 538 volontaires sans antécédents de Covid-19, dont 38 955 ont reçu une seconde dose du vaccin-candidat le 8 novembre.

Quel est le mode d’action de ce vaccin ? Le vaccin mis au point par Pfizer et BioNTech est un vaccin dit ’à ARN messager (ARNm) du Sars-CoV-2’ comme ils l’ont rappelé dans leurs communiqués. C’est une technologie nouvelle, qui n’a pas fait ses preuves contre d’autres virus jusqu’ici. Concrètement, les chercheurs utilisent une séquence génétique du coronavirus (ARNm) et l’injectent à l’intérieur de la cellule humaine. Cette cellule va l’utiliser pour produire la protéine virale associée qui va faire réagir le système immunitaire. Dans le cas du virus Sars-CoV-2, cette protéine est appelée ’Spike’. Selon les premières analyses, la protection de ce vaccin est obtenue 28 jours après le début de la vaccination, qui consiste en un schéma à 2 doses. ’Aucun problème de sécurité sérieux n’a été observé’ précise Pfizer dans son communiqué tout en indiquant que ’des données de sécurité et d’efficacité supplémentaires continuent d’être collectées. Les deux laboratoires ont déclaré qu’elles prévoyaient de fournir jusqu’à 50 millions de doses de vaccins dans le monde en 2020 et jusqu’à 1,3 milliard de doses en 2021. L’Union européenne a précommandé 200 millions de doses, avec une option de 100 millions de doses supplémentaires de ce vaccin. Charge à la Commission européenne de répartir ensuite les doses de vaccin entre les 27 Etats membres. Les doses de vaccin pour l’Europe seront produites dans les sites de fabrication allemands de BioNTech et sur le site de production de Pfizer en Belgique. En France, il faudra attendre le feu vert de la Haute Autorité de Santé pour que ce vaccin puisse être commercialisé. 


Le vaccin Moderna aux Etats-Unis

Le vaccin du laboratoire américain Moderna est un vaccin ARN messager. Il ne consiste donc pas à inoculer le virus mais une part du code génétique du virus. La dernière phase de son essai clinique (phase 3) a débuté le 27 juillet. Après avoir déclenché des anticorps contre le coronavirus chez les 45 participants suivis dans la première phase de l’essai, il s’est montré efficace à 94,5% dans les premiers résultats de la phase 3 menés sur 30 000 personnes dont 42% à haut risque de forme grave de Covid-19. Dans un communiqué publié le 16 novembre, Moderna explique que ces observations ont été faites deux semaines après l’administration de la deuxième dose. ’Cette analyse intermédiaire positive de notre étude de phase 3 nous a donné la première validation clinique que notre vaccin peut prévenir la maladie COVID-19, y compris les maladies graves’, a déclaré Stéphane Bancel, PDG de Moderna. D’ici fin 2020, la société s’attend à avoir environ 20 millions de doses de son vaccin ’ARNm-1273’ prêtes à être expédiées aux États-Unis et estime être sur la bonne voie pour fabriquer entre 500 millions et 1 milliard de doses dans le monde en 2021. 


Le vaccin d’Astrazeneca

Le 8 décembre, le laboratoire anglais Astrazeneca s’est félicité de voir les résultats de son candidat-vaccin AZD1222 publiés dans la revue de référence The Lancet. Dans cette publication, les auteurs du Lancet ont analysé les résultats des essais menés par le laboratoire au Royaume-Uni, en Afrique du Sud et au Brésil. Ils confirment une efficacité moyenne à 70,4% et aucun effet indésirable grave ou décès chez les receveurs du vaccin. L’efficacité était plus faible quand l’infection était asymptomatique ’mais les résultats laissent néanmoins espérer que les vaccins Covid-19 pourraient être en mesure d’interrompre une transmission asymptomatique’ estiment les auteurs. A partir des essais menés par Astrazeneca, les auteurs n’ont pas pu ’déduire l’efficacité chez les personnes âgées’ du vaccin. Au total, les essais cliniques de phase 3 ont été menés par Astrazeneca sur 60.000 personnes dans le monde, aux Etats-Unis, au Japon, en Russie, en Afrique du Sud, au Kenya et en Amérique latine. La France, l’Allemagne, l’Italie et les Pays-Bas ont lancé en juin l’Alliance européenne pour le vaccin contre le Covid-19. Cette alliance a signé un accord le 13 juin avec le laboratoire anglais AstraZeneca pour la fourniture de 400 000 millions de doses de son vaccin baptisé AZD1222. Le 8 septembre, le laboratoire avait annoncé interrompre ses essais de phase 3 en raison de la réaction négative d’un des patients au Royaume-Uni. Ils avaient pu reprendre le 12 septembre au Royaume-Uni, Brésil et en Afrique du Sud, mais pas aux Etats-Unis.

Quel est le mode d’action du vaccin ? Il utilise un vecteur d’une version affaiblie d’un virus du rhume commun (adénovirus) qui provoque des infections chez les chimpanzés et contient le matériel génétique de la protéine de pointe (protéine spike) du virus SARS-CoV-2. Après la vaccination, la protéine de surface spike est produite, amorçant le système immunitaire et l’incitant à attaquer le virus SARS-CoV-2 s’il infecte plus tard le sujet.


Spoutnik V : le vaccin russe

 Le vaccin russe Spoutnik V (en référence au premier satellite artificiel de l’Histoire conçu par l’Union soviétique) contre le Covid-19 a commencé à être distribué à Moscou, samedi 5 décembre, dans 70 cliniques dans le cadre de la première étape d’une campagne de vaccination. Le vaccin russe sera d’abord mis à la disposition des médecins et autres travailleurs médicaux, des enseignants et des travailleurs sociaux afin de cibler les populations les plus exposées à la maladie. L’âge des personnes vaccinées est plafonné à 60 ans. Les personnes souffrant de certains problèmes de santé sous-jacents, les femmes enceintes et celles qui ont eu une maladie respiratoire au cours des deux dernières semaines ne peuvent pas être vaccinées. Le vaccin Spoutnik V est administré en deux injections, la deuxième dose étant prévue 21 jours après la première. La validation de ce vaccin a été faite alors que les essais en phase 3 ne sont pas terminés. Le 11 novembre, la Russie a annoncé que son vaccin testé en phase 3 sur 40 000 volontaires avait obtenu une efficacité de 92%. Le 27 octobre, la Russie a soumis à l’Organisation mondiale de la santé (OMS) une demande de préqualification de son vaccin Spoutnik V, a annoncé le fonds souverain russe. Ce vaccin est mis au point par le centre de recherches Nikolaï Gamaleïa situé à Moscou avec le ministère russe de la Défense.


Vaccin chinois : les résultats en phase 1 et 2 concluants

En Chine, le vaccin ’CoronaVac’ du laboratoire chinois Sinovac Biotech est le plus avancé. C’est un vaccin réalisé à partir de virus inactivés de la Covid-19 (méthode traditionnelle utilisée pour la fabrication des vaccins comme celui de la grippe) Selon les conclusions des essais menés en phase 1 et 2 de tests, publiées dans la revue britannique The Lancet le 17 novembre, celui-ci ’est sûr et déclenche bien une réponse immunitaire chez les patients en bonne santé’ à ce stade. Entre le 16 avril et le 25 avril 2020, 144 participants ont été inscrits à l’essai de phase 1, et entre le 3 mai et le 5 mai 2020, 600 participants ont été inscrits à l’essai de phase 2. 743 participants ont reçu au moins une dose de produit expérimental ’Compte tenu de la sécurité, de l’immunogénicité et de la capacité de production, la dose de 3 microgrammes de CoronaVac est la dose suggérée pour l’évaluation de l’efficacité dans les futurs essais de phase 3’ ont indiqué les auteurs. Le 7 décembre, le laboratoire Sinovac a annoncé avoir décroché un financement de 500 millions de dollars (424 millions d’euros) pour produire son vaccin. Parallèlement, la Chine a commencé à vacciner sa population avec un vaccin développé par Sinopharm. Ce vaccin a été autorisé par le Bahrein le 13 décembre. 


Fabrication d’un vaccin : les grandes étapes

Il faut généralement une dizaine d’années pour développer un vaccin. Avec l’épidémie de coronavirus, les équipes de chercheurs doivent travailler dans des temps records. Il ne suffit pas seulement de trouver la bonne formule, le vaccin doit ensuite être testé sur les animaux, puis sur les humains et ce, à chaque étape de son processus de fabrication. Au total, il faut compter entre 6 et 36 mois pour la production, le conditionnement et la livraison auprès des différents pays concernés qui vont à leur tour effectuer des contrôles de qualité. ’Obtenir un vaccin efficace, non toxique et donc utilisable prend des mois voire plusieurs années’ nous confirmait Mathieu Lafaurie, infectiologue à l’hôpital Saint-Louis. 

Phases de développement d’un vaccin
Essais pré-cliniques Sur des animaux  
Essai clinique phase 1 Sur quelques dizaines de volontaires (même si le vaccin est destiné au nourrisson, la 1ère administration d’un nouvel antigène a toujours lieu chez l’adulte) Observation des effets secondaires indésirables, déterminer la tolérance du vaccin, mesurer les anticorps des volontaires...
Essai clinique phase 2 Sur plusieurs centaines de volontaires, dans plusieurs centres cliniques différents, sur plusieurs mois. Etoffer les connaissances : observer l’évolution des anticorps dans le sang des volontaires, étudier la réponse immunitaire, les effets secondaires, définition de la dose à administrer, doses de rappel, du calendrier.
Essai clinique phase 3 Sur plusieurs milliers de volontaires. Observer si le vaccin protège contre l’infection au bout de plusieurs semaines/mois après la vaccination, déceler d’éventuels effets secondaires rares, déterminer l’efficacité du vaccin selon le profil des volontaires (âge...), sa balance bénéfice/risque..
Essai clinique phase 4 Après la commercialisation du vaccin. Observer si des effets secondaires indésirables rares, graves surviennent chez des millions de personnes vaccinées. Repréciser et réadapter l’utilisation du vaccin selon les populations.


Quelle serait l’efficacité du vaccin Covid-19 ?

L’efficacité d’un vaccin ne peut se démontrer que sur le long terme, nous expliquait au début de la pandémie un porte-parole du service du Pr Didier Raoult, Directeur de l’IHU Méditerranée Infection. Il faut que des personnes vaccinées et non vaccinées contre le virus aient été exposées dans une zone à risque pour que l’on puisse démontrer que la population vaccinée a été moins touchée que la population non vaccinée. Or, cela demande nécessairement un temps long’. Mais même si l’’on sait que la mise au point d’un vaccin, via les approches classiques, nécessite environ 18 mois, rétorque Nicolas Manel, directeur de recherche à l’Inserm au sein de l’unité ’Immunité et cancer’ de l’Institut Curie, la (relative) bonne nouvelle concernant ce virus, c’est qu’il est très stable génétiquement (à l’inverse du VIH par exemple) et les vaccins actuellement en cours de développement devraient être efficaces plusieurs mois, voire plusieurs annéesassurait l’expert dans un communiqué du 8 avril.


Comment se font les contrôles qualité du vaccin ?

’Le contrôle qualité occupe 70 % du temps de production d’un vaccin’ explique le LEEM. Les industriels réalisent des contrôles relatifs à la qualité, l’efficacité et la sécurité du produit (présence de la substance active dans les quantités attendues, pureté, vérification de l’élimination des produits intervenant dans la fabrication, etc…) à chaque étape de production. ’Les conditions de mise sur le marché des vaccins sont renforcées par rapport à celles des autres médicamentsprécise aussi le LEEM. La réglementation européenne impose un contrôle qualité de 100% des lots de vaccins avant leur mise sur le marché européen par le laboratoire officiel qui en est chargé. Le futur vaccin Covid-19 devra donc être soumis à l’ensemble de ces contrôles. Ces contrôles portent par exemple sur l’activité du vaccin en laboratoire ou chez l’animal, sur la stabilité de ses composants, sur l’absence de contamination par des micro-organismes étrangers.


Où sera produit le vaccin Covid-19 ?

L’Europe est leader de la production de vaccins avec 27 sites de production répartis dans 11 pays de l’Union européenne. L’Europe produit chaque année 1,7 milliard de doses de vaccins, soit 76 % de la production mondiale. ’Le choix des usines de production du vaccin COVID-19 va dépendre du type de vaccin à produire et du procédé technologique employé’ détaille le LEEM. Plusieurs sites de production peuvent produire pour plusieurs continents de même que les différentes phases de production d’un vaccin peuvent être répartis sur plusieurs sites (un site produit l’antigène, un site conditionne...). Les vaccins distribués en France pourront donc être produits sur plusieurs continents.

DATES CLES DE LA VACCINATION COVID-19

  • 8 décembre : l’Angleterre est le premier pays à vacciner sa population avec le vaccin Pfizer.
  • 14 décembre : début de la vaccination au Canada et aux Etats-Unis avec le vaccin Pfizer.
  • 21 décembre : l’Agence européenne du médicament rend un avis positif sur le vaccin Pfizer et donne son feu vert à sa commercialisation dans toute l’Europe.
    |
    Merci à Hela Ketatni, biologiste médical à Paris, au Dr Mathieu Lafaurie, infectiologue à l’hôpital Saint-Louis à Paris et au porte-parole du service du Pr Didier Raoult, Directeur de l’IHU Méditerranée Infection.

Sources :

Le candidat-vaccin à ARNm contre la COVID-19 de Sanofi et Translate Bio a induit la production de concentrations élevées d’anticorps dans le cadre d’études précliniques. Communiqué de presse Sanofi. 15 octobre 2020.

Covid-19 et vaccins : 12 questions-réponses, LEEM, 22 juillet 2020

Recherche clinique (vaccinologie), Faculté de médecine - Université Paris Descartes

Essai vaccinal : les différente étapes, CRIPS Ile-de-France, avril 2016. 

’Vaccin contre le Sars-CoV-2 - 9 juillet 2020 Une stratégie de vaccination’, Conseil scientifique Covid-19

Inserm, Les cellules souches sanguines ont une mémoire immunitaire et ouvrent des pistes dans la recherche sur le Covid-19, 12 mai 2020.

Institut Curie, Nicolas Manel, Covid-19 et immunologie

Institut Pasteur, les projets de recherche sur le coronavirus.

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Centre de recherche Allemand sur les infections (DZIF), développement de vaccins contre le SARS-CoV-2.

Sanofi et GSK s’associent pour lutter contre le COVID-19, communiqué du 14 avril 2020.

Julie Giorgetta et Aurélie Blaize Mis à jour le 21/12/20 16:42

Traitements et vaccins

Journal des Femmes Santé - Actualités et magazine santé

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Source : https://sante.journaldesfemmes.fr/fiches-maladies/2620433-vaccin-coronavirus-covid-19-europe-sanofi-pfizer-arn-moderna-france-astrazeneca-effet-secondaire/

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6.
Vu d’Allemagne - Premier vaccin approuvé dans l’Union Européenne - Traduction par Jacques Hallard d’un article de Christian Baars et Oda Lambrecht - 21 décembre 2020 18 h 33 - Document ‘ndr.de/fernsehen/sendungen’

Quand un vaccin contre le coronavirus est-il disponible et où ? Qui l’obtiendra en premier et qui décidera ? Qui finance la recherche, qui en profite ? Le NDR étudie ces questions et d’autres et publie ses recherches sur le développement du vaccin corona ici.

21 décembre 2020 : Le premier vaccin contre le coronavirus a été approuvé dans l’Union européenne. La Commission européenne a accordé au produit une autorisation de mise sur le marché conditionnelle de la société Biontech de Mayence et de son partenaire américain Pfizer. Cela a été annoncé par la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen. Cela signifie que les vaccinations contre le coronavirus peuvent désormais également commencer dans l’UE. La première livraison est prévue le 26 décembre. arriver en Allemagne, a annoncé l’administration de la santé de Berlin. En conséquence, le ministre fédéral de la Santé Jens Spahn (CDU) en avait préalablement informé la Conférence des ministres de la Santé. D’ici la fin décembre, plus d’un million de canettes supplémentaires devraient suivre.

Le vaccin est approuvé pour tous les adultes et adolescents âgés de 16 ans et plus. Dans une grande et dernière étude portant sur environ 44 000 sujets, le vaccin avait montré une efficacité d’environ 95%. Des effets secondaires légers tels que des douleurs au site d’injection ou des maux de tête étaient plus fréquents, mais sans gravité. Le vaccin est un soi-disant vaccin à ARNm. C’est le premier produit au monde à être approuvé sur la base de cette technologie.

VIDÉO : Comment fonctionne un vaccin corona à ARNm ? (1 minute en allemand)

Informations importantes en bref :

Selon le planning précédent, les vaccinations en Allemagne devraient commencer le 27 décembre. Plus de 1,3 million de doses de vaccin doivent être livrées d’ici la fin de l’année. Le ministre de la Santé prévoit de 11 à 13 millions de doses de vaccin d’ici la fin du premier trimestre. Deux vaccinations sont requises par personne.

L’Agence européenne des médicaments (EMA) devrait commenter le 6 janvier l’approbation du vaccin par la société américaine Moderna.

Selon le ministère de la Santé, l’Allemagne a obtenu un total de 136,3 millions de doses des deux préparations de Biontech / Pfizer et Moderna, dont la quasi-totalité pourrait être livrée en 2021. Avec deux doses chacune, plus de 68 millions de personnes pourraient être vaccinées (plus de 80 pour cent des personnes vivant en Allemagne). L’UE a déjà convenu de livraisons avec quatre autres fabricants.

Le vaccin corona de la société Biontech basée à Mayence et de son partenaire américain Pfizer a déjà été approuvé pour une utilisation d’urgence dans plusieurs autres pays - notamment aux États-Unis, en Grande-Bretagne, en Arabie saoudite et au Mexique. La Food and Drug Administration (FDA) des États-Unis a également accordé une approbation d’urgence au médicament par la société pharmaceutique américaine Moderna. En outre, d’autres vaccins peuvent déjà être utilisés dans certains pays - tels que les fonds des fabricants chinois Sinopharm, Cansino et Sinovac et de l’Institut russe Gamaleya.

Capture d’écran de la page d’archive du document à la recherche du vaccin.

Autres messages : informations sur la recherche de vaccins

De plus en plus de rapports font état de succès réels ou supposés dans la chasse au vaccin. Voici un aperçu.

Podcasts (en allemand) sur la chasse au vaccin - Le développement du vaccin corona entre dans la phase chaude. Oda Lambrecht et Christian Baars fournissent des informations dans un podcast hebdomadaire sur ’La chasse au vaccin’ - dans le cadre de la série ’Economy in Times of Corona’. L’épisode actuel porte sur les défis à surmonter pour vacciner des millions de personnes. Le NDR a interrogé les 16 États fédéraux de la République fédérale d’Allemagne sur l’état des préparatifs. Christian Baars. © NDR Photo : Christian Spielmann - 22 min

La chasse au vaccin # 7 (17 décembre 2020) : la grande peur de la vaccination - Christian Baars. © NDR Photo : Christian Spielmann - 24 min

La chasse au vaccin # 6 (26/11/20) : des recherches faites à Hambourg - Christian Baars. © NDR Photo : Christian Spielmann 26 min

La chasse au vaccin # 5 (19/11/20) : protection vaccinale uniquement pour les riches ? Christian Baars. © NDR Photo : Christian Spielmann 21 min

The Hunt for Vaccine # 4 (11/12/2020) : Une traînée de lumière à l’horizon Christian Baars. © NDR Photo : Christian Spielmann 22 min

Hunt for Vaccine # 3 (11/5/20) : La logistique et le gros vaccin - Christian Baars. © NDR Photo : Christian Spielmann - 17 min

La chasse au vaccin n ° 2 (29/10/20) : un remède miracle pour Trump ? - Christian Baars. © NDR Photo : Christian Spielmann - 20 min

La chasse au vaccin # 1 (22/10/20) : En route pour la phase chaude ! - Christian Baars. © NDR Photo : Christian Spielmann - 31 min

Épisode spécial (23/09/20) : La chasse au jackpot des milliards

Vue d’ensemble : la course au vaccin contre le coronavirux

Les vaccins sont déjà testés sur des milliers de volontaires. Voici un aperçu des projets les plus avancés. Vous pouvez obtenir des informations sur les candidats vaccins en cliquant sur l’équipe de développement respective. L’essai clinique est divisé en différentes phases - plus d’informations à ce sujet dans la galerie d’images au bas de cette page.

Les détails sont à lire en allemand > cet élément se trouve sur les serveurs de Datawrapper.de. Vous pouvez désactiver l’intégration sur notre page de protection des données.

Remarque - La liste comprend des projets qui, selon l’OMS, sont au moins en phase 2 et le Centre allemand de recherche sur les infections (DZIF). Habituellement, les phases de développement des vaccins se succèdent - mais actuellement souvent simultanément pour accélérer le processus. L’Agence européenne des médicaments (EMA) a également entamé le premier processus d’approbation alors que les études de phase 3 étaient toujours en cours (« Rolling Review »). Certains vaccins ont reçu une approbation d’urgence dans certains pays avant la fin des études. Ils peuvent donc être utilisés dans une mesure limitée.

Phase 1 du développement du vaccin. Généralement, moins de 100 personnes sont testées pour voir si le vaccin est sûr et provoque une réponse du système immunitaire. Les informations sont complétées avec 4 digrammes d’infographie qui sont à consulter à la source

NDR.de - Das Beste am Norden - Radio - Fernsehen ...’

Professionelle Luftaufnahmen | Für Kino- oder TV-Produktionen weltweit.

Source allemande : https://www.ndr.de/fernsehen/sendungen/panorama_die_reporter/Coronavirus-Impfstoff-Zulassung,impfstoff128.html

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7.
Les vaccins à ARNm susceptibles de modifier notre génome, vraiment ? - Le 14 décembre 2020 - 14h12 | Par INSERM (Salle de presse) – Document ‘presse.inserm.fr’ - #Covid-19 | #Detox immunologie | #Détox Santé Publique

Les vaccins à ARN contre la Covid-19 suscitent de nombreuses questions. Sur quoi se fonde cette technique ? Quels sont les avantages et les limites ? Pour couper court aux fausses infos et répondre aux interrogations, ‘Canal Détox’ fait le tour de la question.

Cette photo représente le coronavirus SARS-CoV-2 responsable de la maladie COVID-19 observé en gros plan à la surface d’une cellule épithéliale respiratoire humaine. Sa double membrane et sa couronne de glycoprotéines sont bien visibles. Crédits : M.Rosa-Calatrava/O.Terrier/A.Pizzorno/E.Errazuriz-cerda

Au mois de novembre 2020, les laboratoires ‘Pfizer/BioNTech’ et ‘Moderna’ ont été les premiers à annoncer les résultats préliminaires d’efficacité de leur candidat vaccin contre la Covid-19, apportant une lueur d’espoir un an après le début de la pandémie. Les résultats intermédiaires de l’essai de phase III mis en place par Pfizer/BioNTech ont depuis été publiés dans une revue scientifique relue par les pairs, le New England Journal of Medicine.

Toutefois, la technologie sur laquelle reposent ces nouveaux vaccins, dits « vaccins à acides nucléides », suscite de nombreuses questions et des craintes au sein de la population. Sur quoi se fonde cette technique ? Comment expliquer la rapidité de développement de ces vaccins ? Quels sont leurs avantages et leurs limites ? Pour couper court aux fausses infos et répondre aux interrogations, ‘Canal Détox’ fait le tour de la question.

Le principe de la vaccination est simple : il consiste à injecter une forme atténuée ou inactivée d’un agent infectieux ou certains de ses composants dans l’organisme pour le préparer à un contact ultérieur avec un virus. La rencontre de l’organisme avec l’agent pathogène lors de la vaccination permet en effet de développer des cellules immunitaires « mémoires », capables de reconnaître à nouveau immédiatement cet agent si l’individu venait à y être exposé « naturellement ». L’objectif est de déclencher une réaction immunitaire permettant d’éviter une possible contamination dans le futur.

Rigoureusement testés pour valider leur efficacité et leur sûreté, les vaccins sont développés dans le but de protéger les personnes contre certaines maladies virales tout en leur évitant au maximum les effets indésirables liés à l’administration de ces produits. Jusqu’à aujourd’hui, aucun vaccin à acides nucléiques n’était arrivé à la phase III des essais cliniques : le vaccin de Pfizer/BioNTech contre la Covid devrait donc être le premier reposant sur cette technologie à être approuvé par les autorités réglementaires.

Un « leurre » pour le système immunitaire

Le principe des vaccins à acides nucléiques (vaccins à ARN ou à ADN) est un peu différent de celui expliqué précédemment, même si l’idée de base est bien également de confronter le système immunitaire à un « leurre » pour le pousser à développer des anticorps contre le virus.

Néanmoins, dans le cas de ces nouveaux vaccins, il s’agit de faire produire les fragments d’agents infectieux directement par les cellules de l’individu vacciné. Pour cela, ce n’est pas le virus dans sa forme atténuée qui est injecté mais seulement des molécules d’ADN ou d’ARN [1] codant pour des protéines de l’agent pathogène.

Les cellules de la personne vaccinée localisées au niveau du site d’injection (principalement les cellules musculaires et les cellules du système immunitaire) sont alors en mesure de fabriquer elles-mêmes lesdites protéines, choisies en amont pour leur capacité à déclencher une réponse immunitaire significative et protective.

Le candidat vaccin de Pfizer/BioNTech comme celui de Moderna sont des vaccins à ARN.

Ils reposent sur l’injection d’un ARN messager codant pour la protéine Spike présente à la surface du coronavirus SARS-CoV-2. Cette protéine constitue la « clé » permettant au virus de s’accrocher aux cellules puis d’y pénétrer et de les infecter. Ce choix d’un vaccin à ARN plutôt que d’un vaccin à ADN a été fait pour que la protéine Spike puisse être produite directement dans le cytoplasme des cellules de la personne vaccinée, sans passer par le noyau.

Une longue histoire scientifique

Bien que la technologie n’ait été médiatisée que récemment, à la faveur des résultats annoncés par les deux entreprises, elle ne date pas d’hier. Des chercheurs travaillent sur le sujet depuis plusieurs décennies. Ils faisaient néanmoins face à des obstacles techniques.

La taille des molécules d’ADN et d’ARN posait notamment problème, ce qui explique en partie pourquoi cette technologie vaccinale n’avait jusqu’à récemment atteint que les stades précliniques et cliniques précoces. Les molécules d’ARN sont par exemple dix fois plus grosses qu’un antigène sous forme de protéine directement injecté via un vaccin traditionnel.

Pour les scientifiques, il fallait donc développer un système de transport de ces molécules au bon endroit, à l’intérieur des cellules d’intérêt. Or, c’est seulement récemment que des solutions ont pu être trouvées. Pfizer/BioNTech et Moderna utilisent par exemple des particules nanolipidiques [2] pour transporter l’ARN vaccinal jusqu’aux cellules.

Des avantages en période pandémique

Parmi les avantages associés aux vaccins à ARN, on compte notamment leur rapidité de développement. En effet, une grande partie du processus de développement et de manufacture des vaccins traditionnels se trouve éliminée. Il est par exemple possible d’éviter tout le travail de production des virus vivants atténués, inactivés ou recombinants à injecter aux patients ou encore de purification des protéines virales. En outre, les molécules d’ARN sont plus simples que des protéines virales : synthétisées par voie enzymatique, elles sont plus rapides à produire.

Par ailleurs, le fait de ne pas s’appuyer sur des virus entiers et de ne pas utiliser d’adjuvants dans le développement de ces vaccins, mais simplement des molécules d’acides nucléiques, signifie également que ces vaccins sont mieux tolérés par l’organisme. Ces molécules d’acides nucléiques vont jouer un double rôle : exprimer la protéine virale et stimuler le système immunitaire sans adjuvant chimique.

Photo - Avec les vaccins ARN, une grande partie du processus de développement et de manufacture des vaccins traditionnels se trouve éliminée. Crédits : Adobe Stock

S’il est possible d’avoir des inquiétudes face à ces nouveaux vaccins prêts à être lancés après seulement une année de travaux, ces différents facteurs, de même que la vitesse de circulation du virus dans la population qui a permis d’obtenir plus rapidement des résultats d’efficacité lors des essais cliniques, contribuent à expliquer ce délai de mise au point extraordinairement court.

Par ailleurs, jamais les fonds attribués à ce type de recherche vaccinale n’avaient été aussi élevés, et ces financements ont donné aux chercheurs des moyens qu’ils n’avaient pas jusqu’alors pour mener des essais cliniques aussi rapidement et efficacement.

Cette nouvelle technologie vaccinale devrait désormais permettre de réagir plus vite en période pandémique et pourra facilement être adaptée lors de futures éventuelles épidémies.

Enfin, d’autres avantages de cette nouvelle stratégie de vaccination peuvent être soulevés. On peut notamment citer le déclenchement d’une réponse immunitaire puissante et très spécifique au virus. En effet, cette stratégie se caractérise par une production d’anticorps hautement neutralisants et de lymphocytes T spécifiques de l’antigène viral, car la protéine Spike produite par l’organisme est extrêmement proche de sa conformation naturelle dans le virus sauvage.

Pas de risque pour notre matériel génétique

La pandémie liée au coronavirus a créé des opportunités et cette nouvelle classe de vaccin démontre pour la première fois une efficacité en phase III contre cette infection virale. Il est néanmoins légitime que la technologie, du fait de sa relative nouveauté, suscite des questions.

Des interrogations sur le plan logistique d’abord : les molécules d’ARN sont particulièrement instables et peuvent se « casser » au-delà d’une certaine température. C’est pourquoi il est essentiel de conserver ces vaccins à des températures très froides. Cela pose évidemment un certain nombre de problématiques, notamment concernant le respect de la chaîne du froid de l’usine de production jusqu’au cabinet du médecin.

Des inquiétudes ont également été soulevées concernant les effets secondaires à long terme encore mal documentés de ces vaccins. Il faut dans un premier temps souligner que les personnes qui seront vaccinées dès le début de l’année 2021 seront suivies de près par les médecins pour répertorier tout effet indésirable qui pourrait se produire.

Par ailleurs, il est important de préciser que l’ARN injecté via le vaccin n’a aucun risque de transformer notre génome ou d’être transmis à notre descendance dans la mesure où, comme mentionné plus haut, il ne pénètre pas dans le noyau des cellules. Or, c’est dans ce noyau cellulaire que se situe notre matériel génétique.

Même après l’injection du vaccin, lors de la division cellulaire, les noyaux continuent à ne contenir que notre ADN humain naturel.

Par ailleurs, l’injection est locale et les cellules qui reçoivent l’ARN codant pour la protéine Spike sont principalement les cellules musculaires : en aucun cas l’ARN ne va jusqu’aux cellules des organes reproducteurs (les gonades). Il ne peut donc pas être transmis d’une génération à l’autre.

Enfin, les cellules produisant la protéine Spike suite à l’injection du vaccin sont rapidement détruites par le système immunitaire. L’ARN étranger ne reste donc pas longtemps dans l’organisme : il produit juste ce qu’il faut pour entraîner le système immunitaire à réagir en cas d’infection « naturelle » par le virus avant d’être éliminé.

[1] L’ADN et l’ARN sont des molécules présentes dans toutes les cellules des êtres vivants. Les molécules d’ADN sont porteuses du patrimoine génétique, situé à l’intérieur du noyau. Les molécules d’ARN sont synthétisées à partir de fragments d’ADN et sont ensuite utilisées comme patron par une machinerie complexe pour fabriquer, à l’extérieur du noyau, les protéines nécessaires au fonctionnement de l’organisme.

[2] La composition de ces particules nanolipidiques ressemble à celle des lipides situés dans les membranes de toutes les cellules de notre organisme et ne présente donc aucun risque.

Texte rédigé avec le soutien de Bruno Pitard, directeur de recherche au Centre de recherche en cancérologie et immunologie Nantes-Angers (CRCINA) et spécialiste de la vaccination ARN.

https://www.google.com/url?sa=t&amp...

Projet WORLD DIABETES DISTRESS STUDY (WDDS) - MSDAVENIR

Source : https://presse.inserm.fr/les-vaccins-a-arnm-susceptibles-de-modifier-notre-genome-vraiment/41781/

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8.
A partir d’un ARN messager : l’épopée d’un vaccin Enregistrement de 58 minutes - Le 21/12/2020 - Dans le cadre de l’émission de France Culture : La Méthode scientifique par Nicolas Martin et Antoine Beauchamp

Quelles sont les fonctions physiologiques des ARN messagers ? Quelles sont leurs applications thérapeutiques ? Comment ont été développés les vaccins à ARN messagers contre la COVID-19 ?

Photo - L’agence européenne du médicament vient tout juste de donner son feu vert pour que les Etats membres débutent leur campagne de vaccination dans moins d’une semaine • Crédits : Getty

Un mois après l’annonce de la mise au point de deux vaccins contre le Sars CoV 2, les plans de vaccination se mettent en place au pas de course à travers le monde. Il s’agit de prodiguer dans les plus brefs délais ces vaccins et d’endiguer l’épidémie de Covid 19 qui dure depuis un an.

Ces vaccins de BioNTech-Pfizer et de Moderna annoncés en fanfare début novembre, reposent sur une technologie jusqu’alors inédite en matière de stratégie vaccinale : l’acide ribonucléique messager, ou pour faire plus court l’ARN messager. 

Cette méthode qui n’avait jamais passé la phase 1 des essais cliniques dans la lutte contre d’autres pathologies s’avère cette fois efficace dans le cas du Sars CoV 2. Pourquoi ? Comment ? Jusqu’à quel point ? On vous dit tout ce qu’on sait dans l’état actuel de nos connaissances.

ARN messager : l’épopée d’un vaccin, c’est le programme épique pour l’heure qui vient, bienvenue dans la ‘Méthode scientifique’.

Et pour parler de toutes ces questions nous avons le plaisir de recevoir aujourd’hui Jean-Daniel Lelièvre, médecin, responsable de la recherche clinique au sein du Vaccine Research Institute et avec nous également Bruno Pitard, directeur de recherche CNRS et chercheur Inserm au Centre de recherche en immunologie Nantes-Angers.

Les bases documentaires :

Retrouvez le thread de cette émission sur le fil Twitter de La Méthode scientifique.

COVID-19 : l’Agence européenne des médicaments valide le vaccin Pfizer et BioNtech (Le Monde, 2020)

Une pincée de sel, des lipides et du sucre : qu’est-ce qu’il y a exactement dans le vaccin anti-#CoVid19 ? (Futura Sciences, 2020) 

À RÉÉCOUTER 4 min Le Reportage de la rédaction

Dans les coulisses du transport du vaccin contre le Covid-19

Canal détox : Les vaccins à #ARNm susceptibles de modifier notre génome, vraiment ? (Inserm, 2020)

Ce que l’on sait de la sûreté des vaccins à ARNm (Le Monde, 2020)

Comment fonctionne un vaccin à ARN ? (Futura Sciences, 2020)

À RÉÉCOUTER 9 min La Question du jour Radiographie du coronavirus : que révèlent les publications scientifiques sur les vaccins ?

Craintes et promesses des vaccins à ARN (Le Temps, 2020)

À RÉÉCOUTER 58 min La Méthode scientifique Vaccins anti-Covid : la guerre des labos aura bien lieu

Comment fonctionne le vaccin à ARN de Pfizer ? (The Conversation, 2020)

[Infographie] Les vaccins à ARNm, comment ça marche ? (Le Temps, 2020)

À LIRE AUSSI : 9 min Les Idées claires, le podcast Les vaccins contre le Covid-19 sont-ils sûrs ?

Intervenants : Jean-Daniel Lelièvre Médecin, Responsable de la recherche clinique au sein du Vaccine Research Institute ; Bruno Pitard Directeur de recherche CNRS et chercheur Inserm au centre de recherche en immunologie Nantes-Angers

À découvrir :

Antivaccin, à l’origine du doute

Peut-on vraiment espérer un vaccin ?

Le vaccin entre méfiance et salut avec Alain Fischer

Tags : Épidémie – Pandémie Vaccination Médecine Coronavirus – Covid-19 Sciences

L’équipe – Production : Nicolas Martin, Antoine Beauchamp – Réalisation : Olivier Bétard - Avec la collaboration de : Eve Etienne, Céline Loozen, Noémie Naguet de Saint Vulfran, Alexandra Delbot

logo france culture

Source : https://www.franceculture.fr/emissions/la-methode-scientifique/la-methode-scientifique-emission-du-lundi-21-decembre-2020

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9.
Des experts états-uniens prédisent les conséquences sociales du coronavirus : à quoi ressemblera la vie après la fin de la pandémie de COVID-19 ? - Etats-Unis - Traduction du 22 décembre 2020 par Jacques Hallard d’un article de Bruce Bower en date du 18 décembre 2020 diffusé par ‘Sciences News’ sous le titre « What will life be like after the coronavirus pandemic ends ?  » et accessible sur ce site : https://www.sciencenews.org/article/covid-19-coronavirus-life-after-pandemic-ends-predictions

NYU Zoom class

Un professeur de l’Université de New York donne un cours sur ‘Zoom’ en avril 2020. L’apprentissage à distance pourrait devenir plus courant, prédit un sociologue. Robert Nickelsberg / Getty Images.

Alors que 2020 s’achève, il est tentant de se demander où nous irons une fois que la pandémie sera passée. Dans l’esprit de la curiosité de fin d’année concernant les effets possibles à long terme de la pandémie de COVID-19, ‘Science News’ a posé cette question à quelques chercheurs : Quels changements sociaux majeurs voyez-vous après la pandémie ? Comme l’a dit un jour Yogi Berra du baseball, « Il est difficile de faire des prédictions, en particulier sur l’avenir » ! Les prévisions suivantes, modifiées pour des raisons de longueur et de clarté, ne sont pas gravées dans le marbre et ne sont pas censées l’être. Mais ils soulèvent des possibilités provocantes.

John Barry Historien, Tulane University – Auteur de ‘The Great Influenza : The Story of the Deadliest Pandemic in History’

John Barry

Photo de John Barry. Chris Granger

Ce qui se passera dans les six prochains mois aura un impact disproportionné sur ce qui se passera dans un avenir plus lointain. Si les vaccins sont très efficaces, si l’immunité dure quelques années, si des médicaments thérapeutiques très efficaces sont mis en ligne et si nous utilisons largement des tests antigéniques rapides bon marché qui peuvent garantir aux gens que les autres autour d’eux sont sûrs, je prévoirais relativement peu des changements autres que ceux qui sont vraiment évidents, comme l’augmentation du travail à domicile, les services de télé-documentation et la décimation des petites entreprises.

Si le virus reste une menace, les changements pourraient être assez profonds, tous issus d’une dé-densification, s’il y a un tel mot, de la vie en général. Cette tendance affecterait le lieu et la façon dont les gens vivent et travaillent, le marché du logement, les pratiques de l’immobilier commercial et la conception intérieure des bâtiments. Il y aurait plus de voitures et moins de transports en commun.

Katherine Hirschfeld Medical anthropologist, University of Oklahoma
Author, Gangster States : Organized Crime, Kleptocracy and Political Collapse

Katherine Hirschfeld

Photo de Katherine Hirschfeld - Courtesy of K. Hirschfeld

Les changements qui, à mon avis, sont les plus probables, incluent une division politique croissante et une inégalité économique accrue aux États-Unis et ailleurs, la science fondamentale de l’épidémiologie et de la santé publique étant attaquées et minées par les théories du complot diffusées sur les médias sociaux. Si un vaccin efficace est développé et devient largement disponible en 2021, la pandémie se contractera, mais l’environnement social soutiendra toujours de nouvelles épidémies. Il n’y a aucune raison de supposer qu’un monde post-COVID sera un monde post-pandémique.

Si cela semble inhabituellement sombre, cela peut être dû à mes années de recherche sur les conflits post-soviétiques, lorsque de nombreux pays multiculturels se sont effondrés en factions en guerre qui ont déclenché des épidémies de maladies qui auraient été normalement facilement évitables.

Anna Mueller Sociologist, Indiana University Bloomington
2020 SN 10 : Scientist to Watch

Anna Mueller

Photo de Anna Mueller - Sarah Diefendorf

La pandémie nous a montré comment l’enseignement en ligne peut être un outil qui rend la salle de classe plus accessible, en particulier pour les élèves handicapés. Dans le passé, j’ai eu des élèves qui avaient parfois du mal à aller en classe parce qu’ils faisaient face à de l’anxiété ou vivaient avec une douleur importante. Ils avaient besoin de mon empathie et de ma flexibilité pour assister aux cours, mais ils manquaient toujours l’expérience de la classe. Je réalise maintenant à quel point il est facile d’allumer une caméra et d’ouvrir un microphone pour qu’ils puissent se joindre dans le confort de leur propre maison.

Étant donné le nombre de familles qui ont perdu leur emploi ou leur revenu en raison de la pandémie, nous allons voir une augmentation du nombre d’enfants qui ont connu la privation, l’insécurité et le stress traumatique. Ces défis au début de la vie peuvent avoir des conséquences durables sur la santé physique et mentale et sur la réussite scolaire. Sans mesures actives pour aider les enfants touchés et leurs familles, cela aura un effet tragique à long terme sur la société américaine.

Mario Luis Small Sociologist, Harvard University
Author, Someone to Talk to : How Networks Matter in Practice

Mario Luis Small

Photo de Mario Luis Small - Courtesy of M.L. Small

COVID-19 a montré que beaucoup, mais pas toutes, d’instructions supérieures peuvent se produire en ligne. Les parents et les étudiants demanderont probablement dans quelle mesure l’expérience sur le campus est vraiment nécessaire et exigeront des alternatives. Et lorsque le virus sera à nouveau sous contrôle, je soupçonne que les entreprises, les organisations, les gouvernements et les particuliers examineront leurs pratiques de voyage et décideront de les réduire, même si beaucoup d’entre nous aspireront à s’engager dans le contact physique qui fait partie de l’interaction sociale.

Je me demande quelles nouvelles stratégies les gens auront apprises pour lutter contre la solitude et éviter l’isolement, lesquelles dureront après la fin de la pandémie et comment ces stratégies affecteront notre sentiment d’appartenance à une collectivité donnée.

Christopher McKnight Nichols Historian, Oregon State University
Author, Promise and Peril : America at the Dawn of a Global Age

Christopher McKnight Nichols

Photo de Christopher McKnight - NicholsMina Carson

Nous pourrions assister à une augmentation spectaculaire des activités de loisirs et des rassemblements collectifs après la pandémie, y compris des concerts de musique en direct et des événements sportifs. C’est ce qui s’est produit dans les années 1920, alors que les sociétés émergeaient de la pandémie de grippe de 1918 et de la Première Guerre mondiale. Aux États-Unis, la montée [en popularité et en importance nationale] du baseball professionnel et du football universitaire s’est produite. En Europe, le football professionnel s’est développé. Nous ne nous amusons pas ensemble en ce moment.

C’est une question ouverte de savoir si les comportements sociaux que nous tenions pour acquis, tels que les poignées de main et les câlins, perdureront.

Bruce Bower

About Bruce Bower - E-mailPhoto

Bruce Bower has written about the behavioral sciences for Science News since 1984. He writes about psychology, anthropology, archaeology and mental health issues.

À propos de Bruce Bower – Il a écrit sur les sciences du comportement pour ‘Science News’ depuis 1984. Il écrit sur la psychologie, l’anthropologie, l’archéologie et les problèmes de santé mentale.

Science News

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10.
Les fêtes de fin d’année entre restrictions et recommandations avec Jean Viard Le 22/12/2020 – Enregistrement total de 44 minutes - Dans le cadre de l’émission L’Invité(e) des Matins par Guillaume Erner

Comment fêter Noël, entre le respect de la politique sanitaire et la responsabilité individuelle ? Pour en parler, nous recevons Jean Viard. Illustration : Une cabane de Noël fermée à Colmar, en Alsace • Crédits  : SEBASTIEN BOZON - AFP

Les fêtes de fin d’année ont été maintenues alors que l’épidémie n’a pas ralenti autant qu’espéré. Le gouvernement insiste désormais sur la responsabilité individuelle. Si des restrictions persistent, comme le couvre-feu ou la fermeture de certains lieux, les recommandations se sont multipliées, afin de limiter la circulation du virus lors du réveillon de Noël et de la Saint-Sylvestre. 

Entre décisions gouvernementales parfois jugées infantilisantes et appel à la précaution de chacun, qui peut être tenu responsable des contaminations ? L’équilibre entre restrictions et recommandations est-elle une stratégie qui découle d’un nouvel équilibre ?

Intervenant : Jean Viard, sociologue, directeur de recherche associé CNRS Cevipof. Auteur de “La page blanche” (éditions de l’aube, septembre 2020) 

Bibliographie - Livre 1èrede couverture  : La page blanche Suivi de « Chroniques de l’arrière », (Un immense besoin de radicalité) Jean Viard éditions de l’aube, 2020

Les Dernières Diffusions – Chroniques : 8H00 16 min Journal de 8 h -La vaccination contre le Covid-19 débutera le 27 décembre dans l’Union européenne

À découvrir :

Covid-19 : l’Italie annonce un nouveau confinement pendant les fêtes de fin d’année

Covid-19 : Emmanuel Macron annonce un allègement des mesures de restrictions en trois étapes

Jean Castex ’ressent les difficultés du pays’ et esquisse un geste pour les chômeurs en fin de droit, quand le Secours catholique estime que 10 millions de Français ont besoin d’aide alimentaire

Tags : France Société

L’équipe – Production : Guillaume Erner – Réalisation : Vivien Demeyère - Production déléguée : Pauline Chanu - Avec la collaboration de : Elodie Piel, Léa Capuano, Sophie Alavi

Quelques notes prises au vol par Jacques Hallard au cours de l’émission :

« Nous sommes dans une période d’imprévisibité totale et d’absurdité : un objectif absurde afin de sauver des millions de vie… Mais pendant ce temps, en fait, on sauve des vies humaines… D’une certaine façon, on est en train de penser au niveau mondial… On pourra comparer à la fin les pays entre eux et ce qu’ils ont fait, ou pas fait : on fera alors les comptes et on jugera les différents systèmes politiques… L’idée de la relation entre l’individu et le groupe est un choix important… Depuis 40 ans, on a soutenu l’idée que les chaînes de valeur des objets étaient le seul critère de jugement qui prévalait sur la Planète… S’il n’y avait pas aujourd’hui la perspective d’un vaccin – encore avec des inconnues et des incertitudes -, la situation serait tragique : mais elle l’est d’ailleurs en partie, car on estime qu’il y a 20% de gens dépressifs, soit le double de la situation antérieure, « en temps normal »… Mais avec cette pandémie, on a basculé partout dans le monde du numérique [par nécessité et on en reparle dans l’article sélectionné qui suit celui-ci ]…… On a basculé aussi dans le monde de l’écologie d’une façon profonde avec ce constat : les êtres humains ne peuvent pas lutter contre la Nature… La pandémie a cassé la plus belle civilisation scientifique et technique que l‘Humanité n’est jamais construite… C’est aussi une rupture culturelle : (les évènements) transforment la souffrance de maints individus en véritable récit collectif de projet… C’est le rôle de la pensée, du politique, de l’Art, de faire cette mutation pour construire le projet commun qui va nous permettre, par exemple, de gagner la bataille du réchauffement climatique… Le fait est que cinq milliards d’êtres humains aient fini par regarder dans la même direction : on a finalement fait un combat commun avec cette lutte contre un virus… Cela donne à l’Humanité l’idée qu’elle peut changer des choses comme le réchauffement climatique… Ceci va vraiment marquer l’Histoire de l’Humanité… »

L’écoute intégrale de l’enregistrement de l’entretien entre Guillaume Erner et Jean Viard, est possible et vivement conseillée à partir de la source France Culture

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Voir aussi Jean Viard : biographie, actualités et émissions France Culture

Source : https://www.franceculture.fr/emissions/linvitee-des-matins/lantisemitisme-de-laffaire-dreyfus-a-miss-france-en-passant-par-laffaire-epstein

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11.
A propos du numérique et de l’empreinte carbone – « 5G et environnement : le ‘Haut Conseil pour le climat’ sonne l’alerte » Par Mathieu Chartier (

Twitter @chartier_mat@chartier_mat) - Publié le 21/12/20 à 14h57 | Édité par Jean-Louis Bataller – Document ‘Les Numériques’

Le Haut Conseil pour le climat publie un rapport critique sur l’impact carbone de la 5G, estimant que cette nouvelle technologie pourrait ajouter entre 2,7 et 6,7 mégatonnes en équivalent CO2 en 2030 à l’empreinte carbone du numérique.

Photo : la 5G sur un plateau - © iStock

Samedi 19 décembre 2020, en France, le ‘Haut Conseil pour le climat’ (HCC) a publié son rapport sur les effets du déploiement de la 5G, qu’il anticipe comme étant particulièrement néfastes pour l’environnement et générateurs d’une augmentation significative des émissions de gaz à effet de serre.

À l’heure où plusieurs mairies ouvrent des moratoires citoyens sur la 5G, après que le gouvernement a vendu aux enchères les premières licences d’exploitation aux opérateurs et qu’Emmanuel Macron a jugé stratégique le déploiement de ce nouveau réseau, les écologistes sceptiques vis-à-vis de la 5G — qualifiés d’obscurantistes par certains — trouveront dans cette première étude d’envergure menée en France, de l’eau à apporter à leur moulin.

Article recommandé : Une soixantaine d’élus exigent un moratoire sur la 5G

En effet, l’impact carbone de la 5G sera catastrophique selon le HCC.

Par rapport au maintien de la 4G, c’est un surplus d’émissions situé entre 2,7 et 6,7 millions de tonnes équivalent CO2 dont la 5G sera responsable à l’échéance 2030 en France.

Une fourchette à mettre en perspective avec les émissions liées au numérique dans son ensemble, estimées à 15 millions de tonnes équivalent CO2 en 2020 (2% de l’empreinte carbone totale du pays). Corinne Le Quéré, climatologue et présidente de ce Haut Conseil, résume la situation : “Dans les données que nous avons, nous ne voyons que des chiffres à la hausse.”

Efficacité énergétique et fuite en avant

Rappelons que le HCC est composé d’experts et de scientifiques reconnus et que, mis en place l’an dernier, il doit guider l’action gouvernementale pour lutter contre le réchauffement climatique. Saisi en mars par le Sénat sur le dossier de la 5G, il est peut-être dommage que ce grand chantier ait été mis en branle avant que son avis ne fasse l’objet d’une publication. Gérard Larcher, président du Sénat, avait d’ailleurs regretté qu’aucune étude d’impact environnemental n’ait été menée concernant ce déploiement.

Bien sûr, les opérateurs n’ont pas tardé à réagir. Michaël Trabbia, directeur de la technologie et de l’innovation d’Orange, a répondu dans la foulée de la publication de l’étude du HCC à nos confrères desÉchos. “Le HCC prend des hypothèses très agressives sur la hausse du trafic ou du nombre d’objets connectés, et il ne prend en compte aucun des effets positifs attendus de la 5G sur les autres secteurs d’activité : le transport, l’industrie, le bâtiment… Dans ces conditions, il n’est pas étonnant que l’on aboutisse à une hausse des émissions !”, tonne-t-il.

Une posture qu’adoptent tous les acteurs de la 5G, estimant que le développement du numérique va permettre de limiter les gaz à effet de serre avec une 5G qui serait 10 fois plus efficace que la 4G d’un point de vue énergétique.

“Si on peut espérer que certains usages, comme le télétravail, aident à baisser les émissions, d’autres peuvent l’augmenter […] Des effets rebonds sont en particulier à craindre. L’amélioration de l’efficacité énergétique conduit généralement à l’augmentation de la consommation d’énergie”, estime de son côté la présidente du HCC. En d’autres termes, entre de nouveaux usages, la multiplication des objets connectés ou l’acheminement de flux vidéo en très haute définition sur les écrans de nos smartphones, les économies d’énergie prônées par le lobby 5G pourraient faire place à davantage d’émissions via une hausse globale de la consommation.

Ce point est défendu par plusieurs spécialistes du climat et des émissions de gaz à effet de serre, tels que Jean-Marc Jancovici qui fait l’analogie avec les transports et rappelle que plus la voiture est devenue sobre et efficace en matière énergétique, plus les émissions globales du secteur ont augmenté avec la hausse des usages.

Plus de la moitié des émissions à l’étranger pour la fabrication des appareils

Dans son étude, le HCC explique que seul un quart des émissions de la 5G seront liées à l’utilisation des terminaux et réseaux, reposant essentiellement sur une électricité nucléaire très faiblement carbonée. Plus de la moitié de gaz à effet de serre émis sera liée au renouvellement anticipé des appareils (smartphones, tablettes et autres objets connectés) qui se connecteront à la 5G, le reste étant à mettre au compte de la fabrication et de l’installation des nouveaux équipements réseaux et des centres de données. La majeure partie des émissions se fera donc à l’étranger, où sont fabriqués ces appareils. Un problème supplémentaire puisque “contrairement aux émissions territoriales, les émissions importées ne disposent, à l’heure actuelle, d’aucune stratégie ou mécanisme de réduction”, écrit le HCC.

En conclusion, le HCC regrette que son évaluation ne soit pas intervenue avant la prise de décision gouvernementale. “Seules les logiques de valorisation économique des fréquences pour l’État, de compétitivité potentielle des entreprises françaises, d’égalité et de cohésion des territoires ont été considérées”, déplore le Haut Conseil qui espère être écouté avant l’attribution de nouvelles bandes de fréquences. Il espère également que les objectifs climatiques pourront être ajoutés au cahier des charges. Parmi ses recommandations, il est question de faire peser la maîtrise de l’empreinte carbone sur les opérateurs et de sensibiliser les usagers aux pratiques numériques responsables, sans accuser le consommateur dont les usages dépendent des technologies offertes.

Article recommandé : Le Sénat réaffirme sa volonté de mettre fin aux forfaits mobiles illimités

À ce titre, une proposition de loi visant à réduire l’empreinte environnementale du numérique en France (REEN) a été adoptée au Sénat et soulèvera quatre leviers : faire prendre conscience aux utilisateurs de l’impact du numérique ; limiter le renouvellement des terminaux ; rendre obligatoire l’écoconception des sites web et faire émerger une régulation environnementale pour prévenir l’augmentation des consommations et le émissions des réseaux et des centres de traitement des données. Un référentiel de l’écoconception est aussi cité, ainsi que la lutte contre “l’obsolescence marketing”, rendant opérant le délit d’obsolescence programmée.

Mathieu Chartier

Twitter @chartier_mat@chartier_mat - Moitié machine à écrire, moitié machine à café, Mathieu a le ctrl soyeux et la maj facile. A peu près sportif, adepte de l’humour approximatif et végétarien par intermittence, il aime (presque) aller au bout des choses

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Source : https://www.lesnumeriques.com/vie-du-net/5g-et-environnement-le-haut-conseil-pour-le-climat-sonne-l-alerte-n158637.html

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Collecte, traductions, sélection et transmission par Jacques HALLARD, Ingénieur CNAM, consultant indépendant – 24/12/2020

Site ISIAS = Introduire les Sciences et les Intégrer dans des Alternatives Sociétales

http://www.isias.lautre.net/

Adresse : 585 Chemin du Malpas 13940 Mollégès France

Courriel : jacques.hallard921@orange.fr

Fichier : ISIAS Coronavirus Vaccins à ARN messager et perspectives sociales et environnementales.4

Mis en ligne par le co-rédacteur Pascal Paquin du site inter-associatif, coopératif, gratuit, sans publicité, indépendant de tout parti, géré par Yonne Lautre : https://yonnelautre.fr - Pour s’inscrire à nos lettres d’info > https://yonnelautre.fr/spip.php?breve103

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