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"Après une active action militante d’ONG (2,3 millions de signatures), avec mobilisations et rebondissements pendant 2 ans, la justice administrative française vient de reconnaître l’État ’responsable’ de manquements dans la lutte contre le changement climatique. A suivre ! " par Jacques Hallard

samedi 6 février 2021 par Hallard Jacques



ISIAS CLIMAT

Après une active action militante d’ONG (2,3 millions de signatures), avec mobilisations et rebondissements pendant 2 ans, la justice administrative française vient de reconnaître l’État ’responsable’ de manquements dans la lutte contre le changement climatique. A suivre !

Jacques Hallard , Ingénieur CNAM, site ISIAS – 05/02/2021

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Plan du document : Introduction Sommaire Auteur


Introduction

En bref > Environnement – « Affaire du siècle » : l’état français condamné pour son inaction climatique, un jugement historique - Publié le 03 février 2021 : « Dans un jugement historique, rendu ce mercredi 03 février 2021, le tribunal administratif de Paris reconnaît les manquements de l’État français dans la lutte contre le réchauffement climatique, responsable de ce fait d’un préjudice écologique. Deux ans après le lancement de l’Affaire du siècle, soutenue par 2,3 millions de Français, les quatre ONG requérantes crient victoire…. » - Article complet à lire sur ce site > Affaire du siècle : l’État français condamné pour son inaction climatique, un jugement historique (novethic.fr)

Le présent dossier comprend une sélection de 7 documents qui donnent tout d’abord des précisions sur cette « L’Affaire du siècle », et une analyse de la situation au plan juridique. La cause est maintenant bien entendue. En région Occitanie par exemple, un reportage fait ressortir la problématique et les enseignements qui ont été tirés dans cinq secteurs d’activités : les productions agricoles, les incidences sur le tourisme et la vie en zones montagneuses, l’urbanisme et l’habitat, la gestion de l’eau et les sécheresses, la viticulture et la qualité des vins.

Puis est mentionnée une étude résultant sur des enquêtes d’experts (géographe, sociologue et urbaniste) dans le sud de la France : il en ressort que « les trois quarts des Français déclarent de plus en plus ressentir les effets du changement climatique » et « qu’ils vivent mal le réchauffement climatique et ses canicules ».

Ensuite, une étude de ‘meteo-paris.com’, très argumentée avec graphiques et tableaux démontre que malgré les conditions climatiques de l’automne et l’hiver 2020-2021, « le froid et la neige ne remettent pas en cause le réchauffement climatique » qui s’opère sous nos yeux.

Finalement, est rapportée une émission radiodiffusée de France Culture qui aborde les milieux océaniques à propos du réchauffement climatique ; deux chercheurs y posent cette question : « et si l’océan détenait la solution ? ». Ils rappellent que « cette immensité bleue de 1.370 millions de km3… recouvre 71% de la surface du globe et comporte 90% de toutes les classes d’organismes vivants » et que « des chercheurs et des équipes scientifiques ont compris, depuis longtemps, que les océans détenaient probablement des solutions face aux enjeux climatiques ». Les intervenants traitent de la biodiversité des milieux marins : « bactéries, virus, diatomées notamment …qui y font preuve d’une richesse d’interactions entre les organismes dont nous avons tout à apprendre ». Ils se posent notamment cette question : « l’océan est-il l’enjeu géostratégique du 21e siècle et quelle gouvernance devrait être adoptée pour en assurer la préservation ? »

Le sujet des dérèglements climatiques est repris de façon récurrente par de nombreux médias. Par exemple, Audrey Garric fait encore un rapport détaillé dans le journal ‘Le Monde’ (article réservé aux abonnés dans la page ‘Planète’ du 01 février 2021), sous le titre « La France pourrait connaître un climat extrême à la fin du siècle… - « Les températures moyennes risquent d’augmenter de 3,9 °C sur la période 2070-2100 par rapport à 1976-2005, et jusqu’à + 6 °C l’été, en cas d’émissions de gaz à effet de serre non contrôlées, selon les nouvelles projections publiées, lundi, par Météo France, auxquelles « Le Monde » a eu accès en exclusivité… » -« Des impacts seraient encore plus marquée dans le Sud et l’Est (de la France) » - Photo à l’appui : Des arbres souffrent (déjà) de la sécheresse, dans la forêt de Masevaux dans le Haut-Rhin, en juillet 2019. Source

Dans la même édition de ce journal, Audrey Garric y fait un autre reportage sous le titre « La « transfiguration » des Alpes, une « vision apocalyptique » du changement climatique » - « Dans le massif du Mont-Blanc, les premières victimes du réchauffement, et les principaux témoins, sont les glaciers qui reculent et la faune et la flore, qui sont désynchronisées… » - « Victimes du dérèglement climatique, les glaciers reculent, des parois s’écroulent et la faune est déboussolée… » - « La ‘Mer de glace’, le plus grand glacier des Alpes françaises, avec ses 12 km de long, a reculé de 2,7 km en cent cinquante ans ». Source

Pour compléter ce dossier, nous suggérons de voir également : La responsabilité climatique des Etats est de plus en plus engagée devant les tribunaux. Jeudi 26 septembre 2019 par Yonne Lautre

Et pour en savoir encore plus sur le sujet de cette note, on peut encore se reporter à ceci > L’Affaire du Siècle : l’État condamné pour son inaction climatique, décision « historique » jeudi 4 février 2021 par Notre affaire à tous - http://www.notreaffaireatous.org/ - suite

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Sommaire

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La pétition associée, devient la plus signée en France en moins d’une semaine, collectant deux millions de signataires en un mois. Les réponses du gouvernement étant jugées insuffisantes, un recours en justice contre l’État est déposé auprès du tribunal administratif de Paris le 14 mars 2019.

Le 3 février 2021, dans une décision que les associations considèrent comme « une victoire historique pour le climat  », le tribunal administratif reconnait la faute de l’État, et lui laisse deux mois pour soumettre des observations avant de se prononcer sur l’injonction à agir… Article complet ICI

« L’Affaire du siècle » Qui sommes-nous ? - Photo (foule)

Recours en justice inédit en France, « l’Affaire du Siècle » s’inscrit dans une dynamique mondiale : partout dans le monde, des citoyennes et des citoyens saisissent la justice pour que leurs droits fondamentaux soient garantis face aux changements climatiques.

« L’Affaire du Siècle » est portée par 4 organisations de protection de l’environnement et de solidarité internationale : Notre Affaire à Tous, la Fondation Nicolas Hulot pour la Nature et l’Homme (FNH), Greenpeace France et Oxfam France. Ces associations sont co-requérantes : elles assument la responsabilité juridique et financière de ce recours porté au nom de l’intérêt général devant le juge.

Les organisations co-requérantes de l’affaire :

Fondation Nicolas Hulot pour la Nature et l’Homme

Créée en 1990 par Nicolas Hulot, la Fondation Nicolas Hulot pour la Nature et l’Homme œuvre pour un monde équitable et solidaire qui respecte la Nature et le bien-être de l’Homme. Elle s’est donné pour mission de proposer et accélérer les changements de comportements individuels et collectifs, et soutenir des initiatives environnementales en France comme à l’international pour engager la transition écologique de nos sociétés.

Greenpeace France

Greenpeace est une organisation internationale qui a pour mission de protéger l’environnement, le climat et la biodiversité, et de promouvoir la paix et la non-violence. Elle est indépendante de tout pouvoir économique et politique et s’appuie sur un mouvement de citoyennes et citoyens engagés pour construire un monde meilleur, durable et équitable.

Notre affaire à tous

En France, Notre affaire à tous – Agir ensemble pour la justice climatique est une association faisant du droit un sujet autant qu’un outil de mobilisation pour protéger les communs et le vivant. L’association s’inscrit dans le paysage mondial de la justice climatique et des droits de la nature et a pour objet d’initier et d’accompagner des démarches juridiques en ce sens, et en faveur de la justice sociale et environnementale.

Oxfam France

Oxfam France agit depuis 30 ans en mobilisant le pouvoir citoyen contre les inégalités et leurs causes. Oxfam France est membre de la confédération Oxfam, une organisation internationale présente dans plus de 90 pays qui oeuvre quotidiennement à des solutions durables pour mettre fin aux injustices qui engendrent la pauvreté. L’action contre le changement climatique et ses conséquences est au coeur du combat d’Oxfam pour un monde plus juste.

L’équipe juridique - Nos quatre organisations sont accompagnées et représentées par une formidable équipe d’avocat-e-s et de juristes. Pour Notre Affaire à Tous : Christel Cournil (professeure de droit public), Emmanuel Daoud (avocat), Aimée Kleiman (avocate), Antoine Le Dylio (avocat), Hugo Partouche (avocat) ; pour la Fondation Nicolas Hulot : Clémentine Baldon (avocate) ; pour Greenpeace France : Clément Capdebos (avocat), Marine Fleury (maître de conférence en droit public), Clara Gonzales (juriste), Laura Monnier (juriste) ; pour Oxfam France : Arié Alimi (avocat), Claire Burlin (avocate) Jérémie Kouzmine (avocat). Paul Mougeolle (juriste), Emma Petrinko (avocate), Adrien Reymond (avocat), Solène Sfoggia (avocate) ont également contribué au travail juridique pour l’Affaire du Siècle.

Les organisations intervenantes : En juin 2020, trois organisations ont ajouté leurs arguments au dossier de l’Affaire de Siècle, en devenant intervenantes volontaires.

Fédération Nationale d’Agriculture Biologique

Créée en 1978 afin de porter la voix des producteurs biologiques, la FNAB est à ce jour le seul réseau professionnel agricole spécialisé en agriculture biologique en France. En tant que réseau de proximité et de compétences, elle se compose d’une fédération nationale, et de groupements régionaux et départementaux répartis sur le territoire.

Fondation Abbé Pierre

Créée en 1987, la Fondation Abbé Pierre poursuit le combat de l’Abbé Pierre. Elle agit contre le mal-logement et l’exclusion aux côtés des plus démunis, pour permettre à toutes personnes défavorisées d’accéder à un logement décent et une vie digne.

France Nature Environnement

France Nature Environnement est la fédération française des associations de protection de la nature et de l’environnement. Elle est la porte-parole d’un mouvement de 3500 associations, regroupées au sein de 57 organisations adhérentes, présentes sur tout le territoire français, en métropole et outre-mer.

En octobre 2020, une quatrième organisation a rejoint le dossier :

Anper-Tos : L’Association Nationale de Protection des Eaux et Rivières – Truite-Ombre-Saumon a pour but de contribuer à la protection de l’ensemble des milieux aquatiques et de leurs habitats, et de lutter contre toute forme de pollution.

Elles nous soutiennent : Plus de 40 organisations – dont les collectifs « On est prêt ! » et « Il est encore temps » qui ont produit la vidéo de lancement – soutiennent l’Affaire du Siècle. Merci à elles et eux de leur soutien ! Retrouvez les avec leurs logos à la source

L’Affaire du Siècle, c’est aussi vous ! Et plus de 2 millions de citoyennes et citoyens qui sont engagé.e.s…

Lancée en décembre 2018, la pétition de soutien à l’Affaire du Siècle a recueilli plus d’un million de signatures en moins de 48h ! La barre des deux millions a été franchie en moins de 3 semaines, ce qui en fait la mobilisation en ligne la plus massive de l’histoire de France. Détermination, espoir, impatience, et bien sur envie d’agir : voilà ce qui motive nos signataires, d’après la grande enquête que nous avons menée en mai 2019. Je signe

Une initiative portée par les membres à voir à la source

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Source : https://laffairedusiecle.net/qui-sommes-nous/

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2.
Affaire du siècle : l’Etat ’responsable’ de manquements dans la lutte contre le réchauffement Vidéo 0:36 - 03 février 2021 - FRANCE 24

« L’Etat est ’responsable’ de manquements dans la lutte contre le réchauffement climatique », a estimé mercredi la justice administrative, une décision saluée comme ’historique’ par les ONG qui attaquaient la France pour son inaction, soutenues par une pétition de plus de 2,3 millions de citoyens. Abonnez-vous à notre chaîne sur YouTube : http://f24.my/youtube​ En DIRECT - Suivez FRANCE 24 ici : http://f24.my/YTliveFR​ Notre site : http://www.france24.com/fr/​ - Source : https://www.youtube.com/watch?v=p45qxdLAIy0

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3.
Affaire du siècle : cinq questions pour comprendre la décision du tribunal administratif Par Xavier DemagnyCélia Quilleret - Publié le 3 février 2021 à 16h20 – Document ‘franceinter.fr’

Le tribunal administratif de Paris a reconnu mercredi l’État ’responsable’ de manquements dans la lutte contre le changement climatique. Que dit précisément cette décision ? Que change-t-elle ? En quoi est-elle historique ? Que doit faire le gouvernement ? Comment réagissent les différentes parties ?

Photo - Des militants du mouvement ’L’Affaire du Siècle’ sur les bords de Seine à Paris © AFP / Thomas Samson

L’État a été jugé mercredi ’responsable’ de manquements dans la lutte contre le réchauffement climatique. ’À hauteur des engagements qu’il avait pris et qu’il n’a pas respectés dans le cadre du premier budget carbone, l’État doit être regardé comme responsable (...) d’une partie du préjudice écologique constaté’selon les juges du tribunal administratif de Paris. Quatre ONG, groupées sous la bannière ’l’Affaire du siècle’ (Notre Affaire à tous, Greenpeace France, Fondation Nicolas Hulot et Oxfam France), avaient saisi le tribunal en mars 2019, soutenues par une pétition de plus de 2,3 millions de citoyens.

Précisément, que dit cette décision ?

En résumé, le tribunal administratif de Paris reconnaît dans son jugement une ’carence fautive’ de la France en matière de baisse des émissions de gaz à effets de serre. La justice condamne l’État à réparer le préjudice moral des quatre associations requérantes, à hauteur d’un euro euro symbolique.

Le tribunal administratif reconnaît aussi l’existence d’un préjudice écologique et juge l’État en partie responsable de ce préjudice, mais rejette la demande de réparation réclamée par les ONG à ce titre. Il considère que ces organisations et associations ’ne démontrent pas que l’État serait dans l’impossibilité de réparer en nature le préjudice écologique’. Sur ce point, la plainte de l’Affaire du siècle réclamait là aussi, en réparation de ce préjudice écologique, un euro symbolique. Mais cette demande est rejetée, n’étant pas, selon le tribunal, à la hauteur de l’enjeu.

Enfin, si les associations réclamaient que la justice contraignent l’État à agir pour limiter voire empêcher la poursuite de ce préjudice écologique, le tribunal donne deux mois de délai pour statuer sur la question.

Concrètement, qu’est-ce que cela signifie ?

Au-delà du jargon et des détails juridiques, globalement, les gouvernements successifs du pays sont reconnus coupables de ne pas en avoir fait assez pour la lutte contre le réchauffement climatique, de ne pas s’être donné les moyens d’agir pour respecter leurs engagements, que ce soit en matière de transports, de logement. En effet, en France, les émissions de gaz à effet de serre ne diminue pas assez et la trajectoire fixée dans l’accord de Paris, signé en 2015, n’est pas respectée.

Ce jugement est-il historique ?

Sur la forme, oui. C’est la première fois qu’un tribunal, en France, se prononce sur l’inaction de l’État dans la lutte contre le changement climatique. En réunissant plus de deux millions de signatures pour sa pétition, en réussissant à faire condamner l’État à verser un euro symbolique aux associations, l’Affaire du siècle a réussi son pari. 

Néanmoins, comme le souligne l’avocat Arnaud Gossement sur Twitter, la justice s’est déjà prononcée plusieurs fois sur la légalité des décisions de l’État au regard de l’objectif climatique. En novembre dernier, suite à une demande déposée par la commune de Grande-Synthe (Nord), le Conseil d’État avait sommé le gouvernement français de présenter dans les trois mois des éléments permettant de justifier que sa trajectoire de réduction des émissions de gaz à effet de serre pourra être respectée à l’horizon 2030.

Sur le fond, le tribunal administratif reconnaît le préjudice écologique et impute une part de responsabilité à l’État. Il ’peut être condamné à réparer un préjudice écologique’ et ’c’est la première vraie reconnaissance de l’invocabilité de ce préjudice à l’encontre d’une personne publique’, note l’avocate Clémentine Baldon dans un long thread

Mais cette décision n’est pas encore tout à fait historique, note l’avocat Arnaud Gossement. Ce jugement est ’avant-dire droit’, décrypte-t-il sur Twitter. ’Le jugement définitif sera rendu après un supplément d’instruction de deux mois’, concernant l’injonction à agir réclamée par les ONG. Il faut donc ’attendre ce deuxième jugement pour savoir s’il sera ’historique’’, note-t-il.

Que doit faire le gouvernement désormais ?

Pour l’instant, il n’a donc aucune obligation juridique à agir. C’est d’ailleurs le revers (peut-être seulement temporaire) de cette décision. Mais la pression politique est forte et le gouvernement est au pied du mur, avec cette décision. Il serait désormais délicat de s’engager sur des promesses sans donner de moyens concrets pour arriver à ses ambitions. À ce propos, la loi issue de la Convention citoyenne sur le climat tombe à pic puisqu’elle sera présentée en conseil des ministres mercredi.

Comment les ONG et le gouvernement réagissent-ils ? 

Les associations requérantes ont, elles, toutes qualifié cette décision d’’historique’’Je ne vois pas comment, aujourd’hui, le gouvernement pourrait rester les bras ballants’, estime Jean-François Julliard, directeur général de Greenpeace France. ’Ce serait une faute politique incompréhensible si Emmanuel Macron ne faisait rien suite à un tel jugement. Le chef de l’État s’est positionné très fortement sur ces sujets depuis le début de son quinquennat. Il vient d’être sanctionné lourdement par le tribunal administratif. (...) Cela va forcément contraindre le gouvernement à revoir sa copie. On ne voit pas comment il pourrait en être autrement’, dit-il à France Inter.

’C’est une grande victoire’, a salué pour sa part la directrice générale d’Oxfam, Cécile Duflot. ’Le jugement est d’une grande qualité, il montre la réalité de la crise climatique et les manquements de l’État’ avant d’ajouter que le collectif l’Affaire du siècle ’espère gagner sur les injonctions à agir’ désormais.

Du côté du gouvernement, ’il est tout à fait juste de dire que notre pays a accumulé un retard depuis des années dans la lutte contre le réchauffement climatique. Je partage ce constat et nous y répondrons’, a reconnu le porte-parole Gabriel Attal, à la sortie du conseil des ministres mercredi. Dans un communiqué, le ministère de la Transition écologique indique qu’il ’prend acte’ de la décision et rappelle que le projet de loi ’Climat et Résilience’, issu de la Convention citoyenne pour le climat sera présenté le 10 février en conseil des ministres avant de passer devant l’Assemblée. Cette loi, qui ’manque d’ambition’ pour des acteurs comme l’association Réseau action climat, doit être ’une nouvelle étape décisive’, assure le ministère.

L’exécutif assure qu’il ’reste pleinement engagé pour relever le défi climatique, en ne laissant personne au bord du chemin de cette indispensable transition. Il a conscience des attentes légitimes et est à l’écoute des interpellations de la société civile sur ces sujets’, indique encore le communiqué.

Thèmes associés : Environnement climat réchauffement climatique planète France Justice

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Source : https://www.franceinter.fr/environnement/affaire-du-siecle-cinq-questions-pour-comprendre-la-decision-du-tribunal-administratif

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4.
Réchauffement climatique : les cinq secteurs qui sont touchés par la hausse des températures Par Lucas Serdic et Cyril Brioulet - Publié le 04/02/2021 à 06:31Document ‘ladepeche.fr’ – Photo : l’agriculture fait partie des secteurs potentiellement les plus vulnérables face au réchauffement climatique. Pixabay

L’essentiel - La France est menacée d’un fort réchauffement climatique, si rien n’est fait rapidement pour limiter les gaz à effet de serre, selon des projections de Météo France. Cinq secteurs seront particulièrement touchés en Occitanie.

  • Agriculture
    À la Chambre d’agriculture d’Occitanie, des études ont été menées pour mesurer les conséquences du réchauffement climatique ces dernières décennies. Et le constat est implacable : assèchement des sols de l’ordre de 6 % à 7 % entre les années 1961-1990 et les années 1981-2010 ; forte augmentation de la surface des sécheresses passant de l’ordre de 5 % dans les années 1960 à plus de 15 % ou 20 % de nos jours ; avec les conséquences évidentes que ça engendre que ce soit pour les cultures (notamment les céréales) ou pour l’élevage. Outre la hausse des températures, ’c’est aussi l’extrême variabilité du climat d’une année à l’autre qui constitue un casse-tête majeur pour les agriculteurs, note Julie Bodeau, chargée de mission agronomie et environnement à la Chambre d’agriculture d’Occitanie.

Alors pour mieux affronter ce qui les attend, la Chambre propose d’accompagner les agriculteurs via des outils de projection qui leur permettent d’anticiper le climat auquel ils devront faire face sur leurs exploitations, et leur apporter des conseils et des ’stratégies d’adaptation’ en conséquence. ’Pour les cultures, en fonction du diagnostic de vulnérabilité établi, la solution peut souvent venir de la diversification : ne pas mettre tous ses œufs dans le même panier. Pour l’élevage, l’enjeu se situe très souvent sur la pousse de l’herbe, moins importante aujourd’hui. On travaille à en faire pousser des variétés plus résistantes, et on réfléchit à de meilleures solutions de stockage.’

  • Tourisme et montagne
    La saison 2019-2020 en a été le plus parfait exemple dans les Pyrénées : désormais, la neige peut tout à fait décider de ne pas tomber sur nos massifs durant tout un hiver… Il faudra s’y faire. ’Entre 1960 et 2010, le nombre de jours par an avec une épaisseur de manteau neigeux inférieure à 30 cm a considérablement augmenté dans toutes les stations de ski et à toutes les altitudes, mais plus particulièrement dans les stations de basse altitude’, note d’ailleurs dans son dernier rapport l’Observatoire pyrénéen du changement climatique (OPCC). ’De même, la date de commencement de la saison de ski a peu à peu reculé, avec des retards compris entre 5 et 55 jours dans les stations de basse altitude et entre 5 et 30 jours dans les stations d’altitude moyenne’, est-il ajouté.

La certitude donc, à terme, que les sports d’hiver et le tourisme qu’ils génèrent vont devoir évoluer, ou disparaître. Toujours dans ce rapport, l’OPPC propose ainsi de ’développer les opportunités émergentes pour le tourisme de nature et de montagne’, en adoptant le ’concept de stations de montagne’, notamment à la faveur… du réchauffement climatique. Puisque si les hivers sont plus courts, les étés sont inversement plus longs, et peuvent permettre de mettre l’accent sur d’autres activités de montagne comme la randonnée. Beaucoup de stations s’y essaient d’ailleurs déjà.

  • Urbanisme
    Les villes sont responsables de près de 70 % des émissions globales de gaz à effet de serre. Principal effet des fortes températures estivales pour les citadins : les îlots de chaleur urbains. L’urbanisation absorbe et emmagasine fortement le rayonnement solaire. La température des centre-villes est souvent supérieure de 2 à 3°C par rapport à leur périphérie. Pour ne rien arranger, de plus en plus d’habitants s’équipent de climatiseurs ce qui rejette encore plus de chaleur dans l’atmosphère.

Pour y faire face, plusieurs villes ont mis en place des plans climat : meilleure offre de transports en commun, plan vélo, rénovation thermique des logements, préservation des espaces naturels et agricoles, etc. D’autres mesures sont mises en œuvre en France et en Europe : plantation de milliers d’arbres, toitures ou façades d’immeubles végétalisés, revêtements de sols blancs, trottoirs en granit (stocke moins la chaleur que l’asphalte), réseaux de froid (réseau souterrain d’eau glacée de 73 km à Paris, réseaux Thalassia et Massileo à Marseille).

Toulouse Métropole a adopté un plan climat air énergie 2018/2023 qui comprend 83 actions. Parmi ces principales mesures : la création d’un ’Central park’ toulousain de 13 hectares sur l’île du Ramier avec la démolition du parc des expositions, la mise en service d’un téléphérique urbain l’été prochain ou de la 3e ligne de métro en 2028. 

  • Eau, sécheresse
    Le cumul de précipitation, moyennée à l’échelle de la France, est annoncé en légère hausse entre +2 % et +6 % pour les trois scénarios étudiés par Météo-France. Les chercheurs notent ’une variabilité géographique sensible’ avec ’une baisse sur certaines régions de la moitié sud’. De fait, les experts prévoient ’une baisse quasi systématique en été, se renforçant au cours des horizons pour atteindre - 10 à - 20 % en fin de siècle.’ Moins de précipitation et plus de sécheresse. ’Avec les scénarios RCP4.5 et RCP8.5, ces épisodes [de sécheresse] augmentent en fin de siècle respectivement de l’ordre de 5 à 10 jours soit une augmentation de 30 à 50 %. Les régions les plus concernées par ces évolutions sont celles de la moitié sud-ouest du pays, et notamment le pourtour méditerranéen.’

Autant dire que dans les années à venir l’eau sera de plus en plus précieuse. Ce que l’agence de l’eau Adour-Garonne a d’ores et déjà bien compris. ’Le bassin sera le territoire de l’Hexagone le plus exposé au changement climatique, avec une diminution attendue du débit dans les rivières de - 20 à - 40 % et 1,2 milliard de m3 de déficit entre besoins et ressources en eau de surface’, explique l’Agence qui a lancé, dès 2018, un plan d’adaptation au changement climatique (PACC). Ce plan prévoit des actions de gouvernance, des mesures qui font appel à la nature (verdir les villes, conserver les zones humides…) et des mesures nécessitant des infrastructures et la technologie (créer des réserves en eau, installer des stations d’épuration plus performantes, recycler les eaux usées).

  • Vin
    La hausse des températures a déjà un impact direct sur le raisin en donnant plus de sucre (donc d’alcool) et moins d’acidité. Le réchauffement climatique est donc une source d’inquiétude pour les viticulteurs.

’Il y aura plus d’orages et de grêle’, redoute Frédéric Ribes, le président du syndicat des vins de Fronton. Il prévient déjà qu’il ’faudra autoriser l’apport d’eau à la vigne dans les moments critiques de chaleur’. Il se rassure en constatant que le cépage de Fronton, la négrette, a plutôt bien résisté aux vagues de chaleur des dernières années. L’implantation de nouveaux cépages est toutefois à l’étude.

Du côté des côtes de Gascogne, où 85 % des vins sont des cépages blancs, ’on n’est pas très inquiets car notre vin blanc est très léger en alcool, explique le directeur du syndicat des vins Alain Desprats. Une légère augmentation du degré des vins ne serait pas dramatique. On est plus inquiet sur le risque de perte d’acidité’. Ainsi, le programme Gascon’Idéos a été lancé sur 15 ans avec d’autres vignobles du Sud-Ouest et l’INRA. Objectif : créer des cépages résistants au mildiou et à l’oïdium pour utiliser moins de produits phytosanitaires mais aussi résistants au réchauffement climatique. Les cépages de Gascogne - tannat, gros manseng et colombard - seraient naturellement conservés.

Autres pistes déjà en œuvre : l’agroforesterie. Elle consiste à planter des arbres dans les vignes pour apporter de la matière organique au sol, couper le vent et apporter de l’ombre. Des vignerons l’ont mis en place à Eauze et Lagraulet-du-Gers.

Auteurs : Lucas Serdic et Cyril Brioulet - Météo, Montagne, Viticulture

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www.ladepeche.fr © 2021 - Source : https://www.ladepeche.fr/2021/02/03/rechauffement-climatique-les-cinq-secteurs-touches-par-la-hausse-des-temperatures-9350818.php

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  • Blogs - De nombreux Français vivent mal le réchauffement climatique et ses canicules 03/02/2021 18:26 CET | Actualisé 03/02/2021 18:26 CET – Diffusé par ‘huffingtonpost.fr’
    Les trois quarts des Français déclarent de plus en plus ressentir les effets du changement climatique. Enquête sur ce vécu dans le sud de la France.

Les auteurs :

  • Par Fabian LévêqueDoctorant en géographie et études urbaines - UMR Triangle, Université Lumière Lyon 2
  • Karl BerthelotDoctorant en sociologie et études urbaines à l’École des hautes études en sciences sociales (EHESS)
  • Mathilde GiraultDocteure en études urbaines, Collegium de Lyon – RFIEA
  • Guillaume FaburelGéographe, professeur à l’Université Lumière Lyon 2
    Photo - CLEMENT MAHOUDEAU via Getty ImagesLe long de la plage de la Pointe Rouge à Marseille au début d’une vague de chaleur, le 27 juillet 2020. (Photo CLEMENT MAHOUDEAU/AFP via Getty Images)

Lundi 1er février 2021, Météo France a dévoilé ses prévisions relatives au changement climatique et à ses effets attendus pour les décennies à venir en France métropolitaine. Si l’ampleur de ces changements dépend des efforts déployés pour réduire nos émissions de gaz à effet de serre, il apparaît très clairement que le Sud de la France sera fortement touché par des vagues de chaleur plus longues et plus intenses. Si rien n’est fait pour enrayer ce dérèglement, atteindre les 50°C en période estivale n’aura plus rien du record dans le pourtour méditerranéen…

On sait que les effets du réchauffement climatique sont déjà particulièrement sensibles dans les grandes villes. Les différences de températures provoquées par les îlots de chaleur urbains peuvent aller jusqu’à 8°C entre une ville et les campagnes alentour. Ces dernières ne sont d’ailleurs pas épargnées par la hausse des températures du fait de telles concentrations urbaines à proximité. Les densités de construction et de population ont une influence évidente, et pourtant la démographie urbaine ne cesse de croître : elle représente aujourd’hui 58% de la population mondiale à ce jour, une part qui devrait atteindre les 70% en 2050 selon l’ONU. En France, elle s’élève à 80% en 2018, et même dorénavant s’élèverait à 95% selon le nouveau périmètre d’aire urbaine proposé par l’Insee, contre 60% en 1960.

Les altérations dans le rythme des saisons, des épisodes intensifiés de chaleur et des écarts brutaux de températures sont les phénomènes couramment mentionnés.

Dans ce contexte, des villes du monde entier adoptent des stratégies de résilience. Végétalisation des espaces urbains pour former “oasis” et “ville-forêt”, optimisation énergétique des bâtiments ou encore régulation en temps réel de certaines activités selon des indices de pollution. Avec parfois des mesures peut-être plus anecdotiques, comme l’arrosage des espaces publics et le blanchiment des toits. Ces actions sont très souvent accompagnées de dispositifs de “sensibilisation” à l’adoption de comportements dits écoresponsables, du point de vue des pratiques de déplacement, de la consommation ou du recyclage.

🌡️#Climat2100#France#Drias
Le réchauffement atteindrait +3,9°C en 2100, par rapport à notre climat actuel, si nous n’agissons pas maintenant (scénario RCP 8,5). En limitant dès maintenant nos émissions (RCP 4,5), possible de limiter la hausse à 2,2°C.

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— Météo-France (@meteofrance) February 1, 2021

Enquête sur le vécu climatique

Selon plusieurs enquêtes récentes, les trois quarts des Français et Françaises déclarent de plus en plus ressentir les effets du changement climatique. Très peu de recherches qualitatives ont en revanche approfondi l’expérience concrète et sensible de tels ressentis dans les milieux urbains denses. Sans parler des inégalités générées, encore peu mises en lumière, par de telles stratégies d’adaptation.

Renseigner ces ressentis a été l’un des objectifs d’une enquête que nous avons menée en juillet 2019 auprès de 130 personnes de cinq villes du sud de la France : selon les catégories de l’Insee, trois métropoles (Marseille, Montpellier et Toulouse), une grande ville (Nîmes) et une ville moyenne (Narbonne).

Canicule et urbanisme : arrêtons de densifier nos villes ! https://t.co/kb3Z3CPj3Gpic.twitter.com/yoe4SCcpap

— The Conversation France (@FR_Conversation) July 15, 2020

Nous avons choisi ces villes pour deux raisons. D’une part car elles connaissent toutes ces dernières années un regain démographique supérieur à la moyenne nationale. Pour accueillir les nouvelles populations (étudiant·e·s, CSP+, retraité.e.s), la densification des quartiers centraux s’y accélère ainsi que l’étalement urbain et l’artificialisation des terres en périphérie. D’autre part, les régions méridionales sont particulièrement exposées aux risques climatiques (inondations, sécheresses, etc.), menaçant directement les villes méditerranéennes et les populations qui les habitent.

L’échantillon retenu des enquêté·e·s est proche de la population-mère de ces villes, malgré quelques écarts liés à la période de passation : une sous-représentativité des retraité·e·s et une surreprésentation des personnes sans emploi et de certaines CSP, particulièrement les “artisans, commerçants, chefs d’entreprise”.

Les modes de vie urbains affectés

70% des personnes interrogées déclarent ressentir des effets du changement climatique. Les altérations dans le rythme des saisons, des épisodes intensifiés de chaleurs et des écarts brutaux de températures d’un jour à l’autre constituent les phénomènes les plus couramment mentionnés. C’est le constat dressé par ce Narbonnais : “On est certain qu’il y a un changement. Quand, en avril, il fait 30 degrés et en juin, il fait 12 degrés, et après, 40 degrés… Et on manque de pluies, c’est très sec, on voit bien le changement.” (quartier Cité, 45-59 ans, commerçant).

Plus largement, les périodes de canicule sont vécues par une partie comme de véritables ”épreuves”, tant physiques (crises d’asthme, conjonctivites régulières, fatigue) que psychologiques (sensations d’asphyxie ou d’étouffement). Ces épisodes suscitent aussi de nombreuses inquiétudes quant aux personnes les plus fragiles : “Mon mari a eu des syncopes, il a perdu connaissance et c’est les pompiers qui l’ont relevé […] Ils l’ont gardé à l’hôpital, il avait commencé à délirer” (quartier Noailles, Marseille, femme, plus de 74 ans, retraitée).

Les périodes de canicule sont vécues par une partie de la population comme de véritables ”épreuves”.

En regard de cette situation, 56% des enquêté·e·s affirment déjà adapter leurs modes de vie en été. Les rythmes tendent à ralentir pour s’ajuster aux besoins vitaux. Les journées de travail sont moins intenses et l’essentiel des activités se concentre en matinée ou en soirée. Le reste du temps est passé dans des intérieurs aérés ou climatisés. Les espaces confinés et de foule sont largement évités : rues touristiques des centres-villes, grands espaces de loisirs…

Et si 68% continuent à trouver leur ville agréable à vivre durant l’été, 30% envisageraient de la quitter face à la dégradation de leurs conditions d’habitabilité : “Clairement, j’aimerais bien vivre à la campagne. Là où il fait plus frais. Aussi pour la pollution car on respire vraiment un air qui est pas top ici” (quartier Figuerolles, Montpellier, femme, 15-29 ans, étudiante).

Ce résultat questionne dès lors très directement les politiques d’urbanisation.

Sensations d’asphyxie et de saturation

Une impression partagée de dégradation des milieux de vie émerge, liée à la densification des centres urbains et à la bétonisation, non seulement des espaces interstitiels en ville mais également des terres agricoles en périphérie. Comme cette habitante, beaucoup se désolent du rythme élevé d’urbanisation des terres et des paysages : “Oui, Montpellier change très, très vite, et surtout on construit énormément. On densifie tous les espaces libres qui existaient” (quartier Ecusson, 45-59 ans, artisane).

D’autres ont pu témoigner de la minéralisation importante de leur environnement : “On a l’impression d’être dans une cuve de chaleur. Le béton réverbère” (quartier Bagatelle, Toulouse, 30-44 ans, employée). Sont aussi évoquées des sensations d’asphyxie liées aux pollutions, exacerbées par les chaleurs estivales et l’afflux de populations. “Ici, tellement il fait chaud, vous risquez de tomber par terre. C’est un canyon. L’air ne circule pas”, raconte un habitant de Nîmes (30-44 ans, sans activité professionnelle).

83% des personnes interrogées reconnaissent avoir réfléchi en projetant sur l’avenir une intensification des phénomènes d’aujourd’hui : dérèglement continu du climat, grandes catastrophes naturelles, avancée des déserts en France et migrations des populations...

Or, si les efforts d’écologisation des villes sont parfois évoqués, le sentiment dominant reste que les politiques locales ont bien souvent des priorités contraires à la préservation des milieux de vie et à la soutenabilité des conditions de vie. En continuant d’urbaniser, les pouvoirs publics territoriaux sont par exemple accusés de privilégier les logiques d’attractivité de nouvelles populations et de touristes, au détriment des besoins d’habitant·e·s plus modestes.

Cela s’incarne non seulement dans la critique des grands projets emblématiques (comme Euroméditerranée à Marseille, Val Tolosa en banlieue toulousaine, Carré Sud à Nîmes…) mais également dans celle de plusieurs rénovations de quartier que les habitant·e·s estiment être des facteurs de gentrification de quartiers centraux métropolitains (réhabilitation de La Plaine à Marseille par exemple).

Sentiments d’inquiétude et d’injustice écologique

Plus des 2/3 des sondé·e·s affirment ressentir les conséquences du changement climatique. Ce constat génère chez beaucoup doute, crainte et colère, comme le partage cet étudiant marseillais : ”Ça me touche énormément, ça me met en colère. Quand tu te dis que tu peux rien y faire et qu’on est presque dans une impasse, ça me rend triste” (quartiers Nord, 15-29 ans).

Des sentiments qui s’expliquent aussi par la croissance d’inégalités environnementales. La concentration d’espaces verts dans les quartiers aisés, par exemple, ou la vétusté énergétique des parcs immobiliers pour les populations les plus fragiles économiquement : “Nous sommes dans des quartiers très anciens et dégradés, avec des habitants qui rencontrent en plus d’énormes difficultés sociales et de santé”, relate une jeune employée de Narbonne (quartier Saint-Jean Saint-Pierre, 15-29 ans). Ce sentiment d’injustice, qui concerne surtout les populations les plus vulnérables (personnes âgées) ou démunies (classes populaires et migrants climatiques), est décrit par 88% des personnes interrogées.

Des villes vertes et bleues pour supporter un climat plus chaud https://t.co/1oglEpppPJpic.twitter.com/lYIvx0CX9N

— The Conversation France (@FR_Conversation) June 2, 2019

L’avenir suscite alors inquiétude et anxiété. 83% reconnaissent avoir déjà réfléchi à l’avenir de la planète et de l’humanité, en projetant sur l’avenir une intensification des phénomènes d’aujourd’hui : dérèglement continu du climat et grandes catastrophes naturelles, avancée des déserts en France et migrations des populations, accroissement des inégalités et conflits autour des ressources, effondrement généralisé du vivant : “Tout sera décuplé au niveau pollution, et des catastrophes écologiques et environnementales. On n’agit pas assez vite, on va droit dans le mur” (quartier La Cabucelle, Marseille, femme, 30-44 ans, employée).

Les expériences du changement climatique sont donc très prégnantes dans les milieux les plus densément urbanisés. Face aux défaillances imputées aux politiques, les personnes rencontrées en appellent à des engagements écologiques, collectifs mais aussi individuels, pour encourager a minima une autolimitation des besoins et une déconsommation des pratiques. En bref, retrouver un certain sens de la mesure et de la limite écologique dans les manières d’habiter et de vivre.

Cette tribune a été initialement publiée dans The Conversation.

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  • Le froid et la neige ne remettent pas en cause le réchauffement climatique d’après ‘meteo-paris.com’, mardi 02 février 2021
    Après un hiver 2019-2020 historiquement doux, l’hiver actuel a d’ores et déjà été marqué par plusieurs épisodes de froid et de neige. Cependant, cela ne remet absolument pas en cause le réchauffement climatique. Explications.

Voir la carte de France pour les températures moyennes de l’hiver 2019-2020 avec les écarts à la normale de 1981-2010 (en C°). Bilan : + 2,7°C.

Un hiver 2020-2021 plus classique

Nous vivons un hiver plus classique avec une alternance de périodes douces et de périodes plus froides et parfois neigeuses, contrastant avec la douceur exceptionnelle de l’hiver 2019-2020.

Souvenez-vous. L’hiver dernier fut exceptionnellement doux sur la France avec une anomalie thermique à échelle nationale de +2,7°C sur les 3 mois hivernaux (décembre, janvier & février). Il était alors devenu l’hiver le plus doux jamais observé en France depuis le début des relevés ! Du centre au nord-est de l’hexagone, l’anomalie saisonnière avait dépassé la barre des 3°C.

Voir le graphique - Écart thermique quotidien (minimales et maximales) lors de l’hiver 2019-2020 - via Météo France

L’hiver dernier, le froid avait quasiment été absent en France avec une domination nette et sans partage des anomalies douces de décembre 2019 jusqu’à février 2020. Ainsi, les manifestations hivernales s’étaient montrées particulièrement discrètes en plaine avec très peu de gelées prononcées ou d’épisode neigeux. Certains avaient même évoqué une année sans hiver.

Voir les cartes - Anomalies thermiques en Europe sur les deux quinzaines de décembre 2020 - via JMA

Cet hiver, la donne n’est pas tout à fait la même. Nous avons vécu un début d’hiver plutôt froid avec une première décade de décembre sous les normales et ponctuée de fortes gelées mais la douceur a repris un net avantage durant la seconde partie du mois. Finalement, décembre 2020 s’est tout de même achevé 1,3°C au-dessus des normales.

Voir les cartes - Anomalies thermiques en Europe sur les deux quinzaines de janvier 2021 - via JMA

Le mois de janvier 2021 qui vient de se terminer nous a offert la même dynamique avec une domination du froid en première quinzaine, donnant lieu à des gelées parfois fortes et à des épisodes neigeux, tandis que la seconde quinzaine du mois s’est montrée plus douce. Ainsi, la moyenne mensuelle montre un mois de janvier classique et dans les normales.

Froid et neige en trompe-l’œil

Si le froid et la neige se sont invités épisodiquement sur la France ces dernières semaines, l’hiver 2020-2021 affiche pour l’instant des températures légèrement plus douces que la normale.

Photo - Neige à Tarascon dans les Bouches-du-Rhône le 4 janvier 2021 - via Facebook

Photo - Quasiment 30 cm de neige à Petersbach (Alsace) le 15 janvier 2021 - via Météo Suivi Alsace

Durant le mois de janvier 2021, plusieurs épisodes neigeux ont été observés en plaine. Il a neigé sur la Provence en début de mois mais aussi en Vendée. L’épisode le plus important s’est produit à la mi-janvier en Alsace en donnant des cumuls de 15 à 30 cm sur la plaine ! La neige s’est aussi invitée le 16 janvier sur tout le nord, le centre et l’est (premier vrai épisode sur Paris depuis 2 ans).

En montagne, ce sont des quantités de neige exceptionnelles qui ont été observées, particulièrement dans les Vosges, le Jura et le Massif Central où de pareilles accumulations n’avaient plus été reportées depuis de très nombreuses années ! Ces épisodes neigeux ont apporté à ce mois de janvier une ambiance hivernale. Pourtant, le caractère froid de ce mois est assez trompeur...

Voir le graphique - Écart thermique national en France du 1er au 31 janvier 2021 - via infoclimat.fr

Malgré les épisodes de neige et des gelées parfois fortes, le mois de janvier 2021 ne fut pas véritablement froid en France. Si la première décade était effectivement bien en dessous des normales, un redoux sensible est intervenu les 13 & 14 janvier, suivi par une autre période douce du 20 au 23 janvier. Les derniers jours du mois ont ensuite enregistré des températures nettement plus douces que la normale.

Ainsi, la moyenne mensuelle en France sur le mois de janvier 2021 fut de 4,93°C, seulement 0,1°C en dessous de la normale. Après plusieurs hivers anormalement doux, il est logique que ce mois de janvier nous apparaisse froid mais dans les faits, nous venons donc de vivre un mois de janvier parfaitement normal. De plus, si l’on ajoute l’anomalie de +1,3°C du mois de décembre 2020, l’hiver actuel est pour l’instant plus chaud que la norme.

Le climat se juge sur de longues périodes

C’est une remarque qu’on nous fait régulièrement : pourquoi parler de réchauffement climatique alors qu’il fait froid ou qu’il neige ? En réalité, l’un n’empêche pas l’autre.

Voir la carte de France - Anomalies thermiques en France au cours du mois d’octobre 2020 - Météo Villes

Quand on parle de réchauffement de la planète, on est dans le domaine de la climatologie. En revanche, quand un épisode neigeux survient durant 2 jours, cela relève du domaine de la météorologie. Il faut bien comprendre cette différence car elle est capitale : le réchauffement climatique n’empêche absolument pas le froid et la neige, il va plutôt les rendre moins fréquents.

En guise d’exemple, prenons le mois d’octobre 2020. Ce dernier fut plus frais que la normale avec un déficit thermique à échelle de la France de -0,5°C. Ceux qui se focalisent sur ce mois peuvent alors se plaindre du froid et nier le réchauffement climatique puisque les températures furent plus basses que la normale durant un mois. Seulement, on ne juge l’évolution du climat que sur plusieurs années (au minimum) et certainement pas sur un seul et unique mois.

Voir le graphique - Anomalies thermiques quotidienne en France durant l’année 2020 - via infoclimat.fr

En s’éloignant de ce mois d’octobre pour une vision plus globale de 2020, on se rend compte que les anomalies chaudes ont été omniprésentes durant l’année. En réalité, seul le mois d’octobre a terminé avec un déficit thermique alors que les 11 autres mois furent plus chauds que la normale. D’ailleurs, l’année 2020 est devenue la plus chaude en France depuis le début des relevés !

On comprend ainsi que se focaliser sur le mois d’octobre pour nuancer le réchauffement n’a aucun sens. Il est donc d’autant plus insensé de nier le réchauffement climatique parce qu’il fait froid et qu’il neige durant moins d’une semaine... Dès qu’on prend une échelle plus large dans le temps, on se rend compte que la tendance vers l’augmentation des températures est plus que jamais d’actualité. Par définition, le climat n’est pas linéaire et des variations de petite échelle sont parfaitement normales. Le froid et la neige ne vont pas brutalement disparaître.

Des projections climatiques alarmantes

Les climatologues de Météo France ont produit de nouvelles projections sur l’évolution du climat français d’ici la fin du siècle et celles-ci n’ont rien de rassurant...

https://www.meteo-paris.com/uploads...

Voir le document infographique - Projection de l’évolution du climat en France d’ici 2100 avec ou sans politique climatique - via Météo France

Météo France a simulé l’évolution des températures en France d’ici la fin du siècle selon deux scénarios. Le premier, qui prend en compte une politique climatique efficace et immédiate, montre une augmentation de +2,2°C d’ici 2100. Le nombre de jours de gel en plaine serait alors divisé par deux et la durée d’enneigement significatif en moyenne montagne réduite de plusieurs dizaines de jours par saison. Les sécheresses seraient aussi plus longues et on compterait 10 à 15 jours supplémentaires de canicule par an.

Carte de France - Projection de l’évolution des températures d’ici 2100 selon un scénario sans politique climatique - via Météo France - > + 3,9°C à échelle nationale

Le second scénario, prenant en compte l’absence de politique climatique, montre une augmentation de +3,9°C des températures en France d’ici 2100. En plaine, les gelées auraient quasiment disparues dans l’ouest et seraient 3 fois moins fréquentes dans l’est et sur les reliefs. En dessous de 1800m, la présence de neige deviendrait peu durable et insuffisante à la survie des stations. Le nombre de jours caniculaires pourrait être multiplié par 5 à 10 avec des vagues de chaleur pouvant durer pendant un à deux mois et les périodes de sécheresse deviendraient très problématiques l’été.

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Source : https://www.meteo-paris.com/actualites/le-froid-et-la-neige-ne-remettent-pas-en-cause-le-rechauffement-climatique

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  • Réchauffement climatique : et si l’océan détenait la solution ? Le 02/02/2021 – Dans le cadre de l’émission de France Culture ‘De cause à effets, le magazine de l’environnement par Aurélie Luneau
    L’océan nous fascine, mais que connaissons-nous de ses richesses, de son fonctionnement, de ses réactions et adaptations face au Réchauffement climatique ?

Illustration - Réchauffement climatique : et si l’océan détenait la solution ? • Crédits : DeborahMaxemow - Getty

Il est infini et témoigne de la petitesse de nos connaissances face à cette immensité bleue de 1370 millions de km3, qui recouvre 71% de la surface du globe et qui comporte 90% de toutes les classes d’organismes vivants. Mais des chercheurs et des équipes scientifiques ont compris, depuis longtemps, que les océans détenaient probablement des solutions face aux enjeux climatiques.

Bactéries, virus, diatomées notamment…, font preuve d’une richesse d’interactions entre les organismes dont nous avons tout à apprendre.

Que nous disent, aujourd’hui, les études et les modélisations de ce vivant souvent microscopique ? En quoi le plancton est-il une sentinelle pour notre devenir ? Pourquoi l’océan est-il l’enjeu géostratégique du 21e siècle et quelle gouvernance devrait être adoptée pour en assurer la préservation ?

Avec Françoise Gaill, directrice de recherche émérite au CNRS et vice-présidente de la Plateforme Océan et Climat. Spécialiste des écosystèmes profonds, engagée dans la promotion des sciences de l’environnement et la protection de l’océan. Co-directrice du livre « L’Océan à découvert », paru au CNRS éditions en 2017.

Et avec Chris Bowler, Microbiologiste, Directeur de recherche au CNRS à l’ENS, et directeur du comité scientifique de la Fondation Tara Océans. Il a été invité par le Collège de France à occuper la nouvelle chaire « Biodiversité et écosystème » pour l’année académique 2020-2021 ; sa leçon inaugurale aura lieu le jeudi 4 février à 18h.

Et dans « L’œil du Monde-Planète », la journaliste du quotidien Le Monde, Mathilde Gérard, nous livrera son choix Info de la semaine. Elle reviendra sur l’adoption par l’Assemblée nationale d’une proposition de loi relative à la lutte contre la maltraitance animale

Les Liens en Plus :

Bibliographie : Vanessa Chang - Émission en partenariat avec le service Planète-Sciences duMonde

Les Dernières Diffusions

Bibliographie

Livre – 1èrede couverture L’océan à découvert Françoise Gaill CNRS éditions, 2017

Intervenants :

  • Chris Bowler - Coordinateur scientifique de l’expédition Tara Oceans, chef de l’équipe ’Génomique des Plantes et Algues’ à l’Institut de Biologie de l’Ecole normale supérieure, membre de l’Académie d’Agriculture de France
  • Françoise Gaill - biologiste, océanographe, directrice de recherche émérite au CNRS
  • Mathilde Gérard - Journaliste Le Monde
    À découvrir :

Des fleuves à l’océan, itinéraire d’un plastique ravageur

Des fleuves à l’océan, itinéraire d’un plastique ravageur

Tara Océan : cap sur le microbiome marin

Tags : Écologie et environnement

L’équipe – Production : Aurélie Luneau – Réalisation : Alexandra Malka - Avec la collaboration de Anahi Morales

logo france culture

durée : 00:58:06 - De cause à effets, le magazine de l’environnement - par : Aurélie Luneau - L’océan nous fascine, mais que connaissons-nous de ses richesses, de son fonctionnement, de ses réactions et adaptations face au Réchauffement climatique ? - réalisation : Alexandra Malka - invités : Chris Bowler Coordinateur scientifique de l’expédition Tara Oceans, chef de l’équipe ’Génomique des Plantes et Algues’ à l’Institut de Biologie de l’Ecole normale supérieure, membre de l’Académie d’Agriculture de France ; Françoise Gaill biologiste, océanographe, directrice de recherche émérite au CNRS ; Mathilde Gérard Journaliste Le Monde

Source : https://www.franceculture.fr/emissions/de-cause-a-effets-le-magazine-de-lenvironnement/de-cause-a-effets-du-mardi-02-fevrier-2021

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Collecte, sélection et mise en forme par Jacques HALLARD, Ingénieur CNAM, consultant indépendant – 05/02/2020

Site ISIAS = Introduire les Sciences et les Intégrer dans des Alternatives Sociétales

http://www.isias.lautre.net/

Adresse : 585 Chemin du Malpas 13940 Mollégès France

Courriel : jacques.hallard921@orange.fr

Fichier : ISIAS CLIMAT Jugement Affaire du siècle L’État est responsable.2.docx

Mis en ligne par le co-rédacteur Pascal Paquin du site inter-associatif, coopératif, gratuit, sans publicité, indépendant de tout parti, géré par Yonne Lautre : https://yonnelautre.fr - Pour s’inscrire à nos lettres d’info > https://yonnelautre.fr/spip.php?breve103

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