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"Anatole France, l’Humanisme et l’Utopie" par Jacques Hallard

samedi 19 juin 2021, par Hallard Jacques



ISIAS Histoire

Note sur Anatole France, l’Humanisme et l’Utopie

Jacques Hallard , Ingénieur CNAM, site ISIAS – 15/06/2021

Anatole France (Jacques Anatole François Thibault 1844–1924) : « Ecrivain français militant, une figure mystique mais aussi libre penseur, dreyfusard, ami de Jaurès, défenseur des minorités ethniques, sceptique passionné entre l’utopie humaniste et l’engagement politique… »

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’A mesure qu’on avance dans la vie, on s’aperçoit que le courage le plus rare est celui de penser’. Anatole France (In ‘La Vie littéraire’ 5 volumes - Calmann-Lévy, 1921. Voir détails ici >https://fr.wikisource.org/wiki/La_Vie_litt%C3%A9raire


Anatole France photographié en 1893 par Paul Nadar. Source

Introduction

Dans le cadre de son émission du 13/06/2021 intitulée « Divers aspects de la pensée contemporaine », la radio ‘France Culture’ [« l’esprit d’ouverture »] a diffusé une séquence de Christophe Bitaud, Vice-Président de la Fédération Nationale de la Libre Pensée [ https://www.fnlp.fr/ ], sous le titre « Anatole France libre penseur : un parcours littéraire et politique »

Ce dossier a pris là son inspiration et il tourne autour de ce personnage qui vécut à cheval sur le 19ème et le 20ème siècle. Huit documents choisis dans un but didactique permettent de (re)découvrir ce personnage typique de la pensée française et des valeurs qui caractérisent pour beaucoup la France.

Les documents suivants tracent le cadre de la démarche d’Anatole France au cours de sa vie et donnent des informations sur des courants et mouvements apparentés qui s’y réfèrent : l’Union rationaliste, la mystique ou le mysticisme, la Libre-pensée, l’utopie : une œuvre humaniste…

Une opportunité pour prendre appui sur des textes dont les auteurs furent entre autres : Erasme de Rotterdam (1466-1536), Thomas More (1478-1535), François Rabelais (1483 ou 1494-1553), Michel de Montaigne (1533-1592), d’une part, et de réviser la notion d’humanisme au sens large, d’autre part. Et puis, « L’humanisme est-il une utopie ? » (selon une contribution synthétique de ‘rosemar’ sur le portail ‘Overblog’ en date du 10 mai 2013, et finalement des réflexions sur l’utopie par Denis Pouget, parues dans la revue ‘Humanisme’, l’une des revues du Grand Orient de France

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Sommaire

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  • Courte biographie d’Anatole France écrivain français (1844–1924) selon ‘la Toupie’

Jacques Anatole François Thibault, de son vrai nom, dont le père était libraire, commence sa carrière par la poésie avant de s’orienter vers la prose. D’abord bibliothécaire au Sénat, il collabore à diverses revues puis rédige les chroniques littéraires du journal ’Temps’, de 1866 à 1893.

Anatole France acquiert la notoriété avec ’Le crime de Sylvestre Bonnard’ (1881). Au fil des ans, il s’intéresse de plus en plus aux problèmes politiques. Avec son ami Emile Zola, il signe la pétition des intellectuels en faveur d’Alfred Dreyfus. Dans ’Histoire contemporaine’, il décrit de manière très fine les problèmes de son temps tels qu’il les perçoit en animant le Salon de Mme de Caillavet, son égérie. ’L’île des pingouins’ (1908) est une vive critique des professionnels de la politique. Il publie également des romans historiques : ’Les dieux ont soif’ (1912), ’Le petit Pierre’ (1918).

Son œuvre littéraire est plus classique, moins progressiste que ses engagements politiques et humanistes. Mais son sens de la formule est aiguë (’On croit mourir pour la patrie et on meurt pour des industriels’). Son scepticisme et son ironie transparaissent à travers ses romans où il dépeint un monde que le fanatisme rend cruel. Il est élu à l’Académie Française en 1896 et reçoit le Prix Nobel de littérature en 1921.

Citations d’Anatole France – Source : https://www.toupie.org/Biographies/France.htm

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Il devient une des consciences les plus significatives de son temps en s’engageant en faveur de nombreuses causes sociales et politiques du début du XXe siècle2. Il reçoit le prix Nobel de littérature pour l’ensemble de son œuvre en 1921.

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  • Anatole France, un écrivain militant - Date de publication : mars 2016 - Auteur : Charlotte DENOËL – Extrait de ‘histoire-image.org’

    Anatole France, in Camera Work, avril-juillet 1913. Edward STEICHEN (1879 - 1963) 1913 Musée d’Orsay

Anatole France, in Camera Work, avril-juillet 1913. STEICHEN Edward (1879 - 1963)- © ADAGP Photo RMN-Grand Palais - Droits réservés

Contexte historique

Crises et conflits sous la IIIe République

Si, dès 1879, la IIIe République (1870-1940) apparut solidement installée, en dépit d’une forte instabilité ministérielle due à l’absence de partis politiques structurés, elle n’en a pas moins été secouée à partir de 1885 par un certain nombre de crises. Tout en révélant la faiblesse du pouvoir exécutif, ces crises suscitèrent l’affrontement de systèmes de valeurs antagonistes. La plus grave d’entre elles, l’affaire Dreyfus (1894-1899), eut un retentissement politique considérable, dans la mesure où cette affaire d’espionnage complexe – qui mettait injustement en cause un officier juif français – intervint à la suite de la campagne d’antisémitisme lancée par Drumont et son journal La Libre Parole, et souleva une question brûlante : fallait-il condamner le capitaine Dreyfus au nom de la raison d’Etat ou, au contraire, défendre les droits de l’individu à un jugement équitable au nom de la justice et de la vérité ?

Derrière cette question s’opposaient non seulement deux tendances politiques, la droite et la gauche, mais aussi et surtout deux conceptions du pouvoir, la première défendant le principe d’une autorité supérieure et d’une révérence aveugle pour les institutions, la seconde se réclamant au contraire d’une démocratie individualiste et anticléricale. Cette entrée en force des idéologies sur le devant de la scène politique eut ainsi pour conséquence notable la mobilisation de nombreux intellectuels.

Analyse des images

Anatole France, une figure mystique

Anatole France (1844-1924), qui cumulait les fonctions de romancier, de chroniqueur, de critique littéraire et d’académicien, et brillait dans les salons littéraires de l’époque, fait partie de ces penseurs épris de justice et de liberté qui s’engagèrent dans les combats de l’époque. S’il s’était jusque-là comporté en dilettante, se contentant de jeter un regard satirique et distancié sur la politique, le scandale de Panama et l’affaire Dreyfus l’incitèrent à se lancer dans une lutte réformiste pour défendre les valeurs humanistes auxquelles il était particulièrement attaché. Mû par une grande curiosité intellectuelle comme par un scepticisme permanent, il exprima jusqu’au bout ses convictions aussi bien à travers ses œuvres qu’à travers une activité militante. Deux photographies du début du siècle mettent ainsi l’accent sur sa double position : d’une part, l’écrivain reconnu, d’autre part, l’homme dans l’intimité de son salon. La première, d’Edward Steichen, grand photographe de mode et portraitiste de célébrités, représente Anatole France accoudé à sa table de travail, en 1913. Privilégiant la dimension psychologique du portrait, Steichen donne une image quelque peu énigmatique du personnage : sa barbichette blanche taillée en pointe, ses moustaches effilées et ses petits yeux vifs et railleurs confèrent un caractère mystérieux à son visage, tandis que tout son être indique une grande détermination et une grande force intérieure. L’aura dont le photographe a su entourer Anatole France indique la renommée et le respect qui s’attachaient à cet écrivain.

C’est un autre aspect du personnage, en revanche, que met en valeur la seconde photographie de France prise dans le salon de son hôtel particulier, la villa Saïd, à Paris. Debout dans l’angle d’une cheminée monumentale, l’écrivain apparaît ici comme un collectionneur féru d’antiquités : la richesse du décor intérieur, qui va du gothique au XVIIIe siècle, témoigne de son aisance financière, acquise progressivement, au fil de ses publications, et de sa reconnaissance publique, consacrée par son entrée à l’Académie française. Le parcours d’Anatole France constitue par conséquent un exemple remarquable de la réussite sociale à laquelle pouvaient prétendre les gens de lettres par le biais de leur art.

Interprétation

Entre utopie humaniste et engagement politique

Point de départ de l’engagement politique de nombreux intellectuels, l’Affaire fit d’Anatole France un dreyfusard, isolé parmi ses confrères académiciens, et un personnage public, qui n’hésitait pas à prendre parti pour les valeurs qu’il avait faites siennes. Cette détermination entraîna son évolution vers le socialisme. Devenu l’ami de Jean Jaurès, figure éminente du mouvement socialiste qui possédait un sens aigu des réalités du temps et militait pour une République des droits de l’homme, il proclama publiquement son hostilité envers une Eglise majoritairement antidreyfusarde durant le ministère d’Emile Combes (1902-1905), dont il soutint le projet de loi sur la séparation des Eglises et de l’Etat, avant de se faire l’apôtre de la paix durant les années qui précédèrent l’entrée en guerre de la France.

Conscient de la défaite de l’utopie socialiste et de l’impossibilité de créer une entente internationale entre les ouvriers, il n’en plaça pas moins un temps ses espérances dans la révolution russe jusqu’à l’ouverture des grands procès politiques en 1923, au nom d’idéaux progressistes et par fidélité à l’héritage de Jaurès. Cette obsession de la liberté et l’espoir de voir disparaître les injustices qui animaient Anatole France se retrouvent dès 1889 dans son œuvre littéraire, teintée d’une ironie toute voltairienne et marquée par sa conception pessimiste et fataliste de l’histoire : se réclamant aussi bien des sceptiques grecs que des théories darwiniennes sur l’évolution, cet écrivain était attaché à l’idée selon laquelle le progrès social de l’homme a pour limites celles de son cerveau – scepticisme qui entraînait la réduction de l’histoire à une succession de malheurs et de calamités. C’est ainsi qu’il se livra à une critique permanente de l’histoire, tout en mettant paradoxalement cette dernière au service du présent et de la défense des valeurs morales.

Au fil de son engagement dans la vie politique de son époque, Anatole France laissa en effet l’actualité envahir ses romans, le transport à une époque antérieure de l’intrigue servant de prétexte à la dénonciation des abus et des mensonges contemporains : citons à titre d’exemple sa relecture anticléricale dans sa Vie de Jeanne d’Arc (1908) et sa virulente critique du pouvoir dogmatique et abstrait au temps de la Terreur dans Les dieux ont soif (1912). Son talent littéraire, cette conception profondément originale de l’histoire et cette ouverture sur son temps lui valurent une consécration nationale, dont témoignent le prix Nobel de littérature qu’il reçut en 1921 et les obsèques nationales – les plus importantes depuis celles de Victor Hugo – que lui offrit l’Etat en 1924, véritable enterrement-manifestation à la mémoire d’un écrivain fidèle jusqu’au bout aux causes qui lui paraissaient justes.

Mots clefs : écrivains portrait socialisme IIIeRépublique Jaurès (Jean) anticléricalisme engagement France (Anatole)

Bibliographie :

Marie-Claire BANCQUART Anatole France, un sceptique passionné, Paris, Calmann-Lévy, 1984.Marie-Claire BANCQUART Les Ecrivains et l’histoire Paris, Nizet, 1966.Jean-Denis BREDIN L’Affaire, Paris, Fayard, nouv.éd.1993.Jacques DROZ Histoire générale du socialisme, Paris, PUF, 1972.Jacques JULLIARD et Michel WINOCK Dictionnaire des intellectuels français, Paris, Seuil, 1996.Madeleine REBERIOUX La République radicale ? Paris, Seuil, coll. « Points Histoire », 1975.Michel WINOCK, Le Siècle des intellectuels, Paris, Seuil, 1997.

Pour citer cet article : Charlotte DENOËL, « Anatole France, un écrivain militant », Histoire par l’image [en ligne], consulté le 13 juin 2021. URL : http://histoire-image.org/fr/etudes/anatole-france-ecrivain-militant

‘L’Histoire par l’image’ décrypte l’Histoire - Actuellement en ligne 2838 œuvres, 1563 études et 118 animations. L’Histoire par l’image explore les événements de l’histoire de France et les évolutions majeures de la période 1643-1945. À travers des peintures, dessins, gravures, sculptures, photographies, affiches, documents d’archives, nos études proposent un éclairage sur les réalités sociales, économiques, politiques et culturelles d’une époque. Comprendre les images et les événements d’hier, c’est aussi savoir décrypter ceux d’aujourd’hui. Un site qui s’adresse à tous, famille, enseignants, élèves… mais aussi à tous les curieux, amateurs d’art et d’histoire. En savoir plus sur le projet

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  • Une vie, une oeuvre - Anatole France (1844-1924), le doux sourire du sceptique (1ère diffusion : 31/09/2009) - Le 27/03/2017 - À retrouver dans l’émission Les Nuits de France Culture par Philippe Garbit - Un documentaire de François Caunac et Olivier Guérin
    Par François Caunac - Avec Marie-Claire Bancquart, Françoise Courbage, Claude Aziza, Jean-Yves Tadié et Pierre Mollier - Réalisation Olivier Guérin

L’équipe – Production : Philippe Garbit - Production déléguée : Albane Penaranda, Mathilde Wagman – Réalisation : Virginie Mourthé - Avec la collaboration de : Hassane M’Béchour - Radio France - Maison de la Radio

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Source : https://www.franceculture.fr/emissions/les-nuits-de-france-culture/une-vie-une-oeuvre-anatole-france-1844-1924-le-doux-sourire-du

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  • Actualité d’Anatole France par ‘France Culture’ - Le 27/01/2018 - À retrouver dans l’émission ce France Culture : Concordance des temps par Jean-Noël Jeanneney
    Sa célébrité a été hors de pair, saluée en 1921 par le prix Nobel de littérature. Or voici qu’à un siècle de distance, Anatole France est pratiquement ignoré des nouvelles générations. On demeure sidéré par une telle déconfiture.

Photo portrait d’Anatole France

Cette émission s’est attachée souvent à restituer à des auteurs jadis largement répandus mais désormais négligés l’actualité qui peut être la leur, tout en s’efforçant de comprendre les motifs de l’effacement plus ou moins complet dont leur œuvre peut souffrir. Dans le cas d’Anatole France, qui est notre personnage de ce matin, le contraste est d’une grande violence. Au tournant des XIXe et XXe siècles, ses livres ont connu un succès immense, chez nous et à l’étranger. Sa célébrité a été hors de pair, saluée en 1921 par le prix Nobel de littérature. Son œuvre demeure omniprésente dans les bibliothèques privées de l’époque. Sa disparition, en 1924, causa une grande émotion.

Or voici qu’en dépit des efforts, souvent admirables, de spécialistes enthousiastes (je pense spécialement à Marie-Claire Bancquart, sa biographe et éditrice dans la collection de la Pléiade), voici qu’à un siècle de distance il est pratiquement ignoré des nouvelles générations. Et quand bien même on est habitué, dans le Panthéon des écrivains, aux flux et reflux des destins posthumes, on demeure quelque peu sidéré, dans le cas d’Anatole France, par une telle déconfiture de sa gloire. Que celle-ci soit injuste, c’est ce que nous allons nous efforcer de démontrer, tout en tâchant de la comprendre, avec l’aide de la compétence éminente de Laurent Theis, historien éprouvé des sensibilités politiques et littéraires de ces temps-là. Jean-Noël Jeanneney

Programmation sonore : 

- Interview d’Anatole France enregistrée en 1923, diffusée en 1948 dans l’émission ’La radio écrit l’histoire’ sur Paris Inter.

- Extrait de Le livre de mon ami d’Anatole France (1885), lu par Claude Dominique dans l’émission ’Le passé singulier’ de Michel Winock, sur France inter, le 19 novembre 1984.

- Extrait de Les désirs de Jean Servier d’Anatole France (1882), lu par Claude Dominique dans l’émission ’Le passé singulier’ de Michel Winock, sur France inter, le 21 novembre 1984.

- Extrait de L’Île aux pingouins d’Anatole France (1908), lu par Henri Crémieux dans l’émission ’Analyse spectrale de l’Occident’ de Pierre Sipriot, le 17 juin 1967.

Bibliographie : 

- Marie-Claire Bancquart, Anatole France. Un sceptique passionné, Calmann-Lévy, 1984.

- Anatole France (3 volumes), Pléiade, Gallimard, 1987, édition établie, présentée et annotée par Marie-Claire Bancquart.

- Marie-Claire Bancquart, Anatole France, Julliard, 1994.

- Guillaume Métayer, Anatole France et le nationalisme littéraire ? Scepticisme et tradition, Le félin, 2011.

- Jacques Suffel, Anatole France par lui-même, Seuil, 1957.

Les Dernières Diffusions

Bibliographie

Livre - Anatole France, un sceptique passionné Paris, Calmann-Lévy – 1èrede couverture

Intervenant : Laurent Theis Historien, éditeur et critique. Il a notamment publié François Guizot (Fayard, 2008) et Robert le Pieux : le roi de l’an mil (Perrin, 2008).

À découvrir : Prix Nobel : l’étrange naufrage

Tags : Anatole France Littérature française Histoire

L’équipe – Production : Jean-Noël Jeanneney – Réalisation : Anne Kobylak - Avec la collaboration de : Nathalie Lempereur, Jeanne Guérout

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Source : https://www.franceculture.fr/emissions/concordance-des-temps/actualite-danatole-france

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  • Une lecture de Michel Bouquet : ’Les dieux ont soif’ d’Anatole France - Le 14/10/2018 - À retrouver dans l’émission de France Culture Les Nuits de France Culture par Philippe Garbit
    1954 | ’Les dieux ont soif’ (1/3) une lecture par Michel Bouquet, d’après une oeuvre d’Anatole France, (Date d’enregistrement 01/01/1954 France IV Haute-Fidélité).

Dernière photo connue de l’écrivain français Anatole France (1923) • Crédits : Par InconnuUnknown author (Personal collection)/via Wikimedia Commons

Il avait un nom à figurer dans un roman de Martin du Gard, mais c’est dans La Recherche de Proust qu’on a cru le deviner sous Bergotte et dans Le Soleil de Satan, chez Bernanos, qu’on peut le reconnaître. François Anatole Thibault pour l’état civil, Anatole France pour le reste, est aujourd’hui négligé à la mesure des honneurs dont il fut couvert.

Qui le lit encore ? En 2016, son nom dans une épreuve de Français du BAC suscita un torrent de messages sur Tweeter de la part de candidats ulcérés qu’on leur soumette ce parfait inconnu. ’Mais tu es qui toi, Anatole France, pour venir t’incruster au bac ?’ lisait-on. Mais depuis sa mort, l’académicien prix Nobel en avait entendu bien d’autres, si l’on peut dire. Des Surréalistes pour commencer, sur son cercueil, Breton, Aragon, Soupault et les autres… ’L’ignominie française’, ’C’est un peu de la servilité humaine qui s’en va’, ’Avez-vous déjà giflé un mort ?’, ’Refus d’inhumer’... 

De son ancien secrétaire particulier même qui le portraitura en parfait crétin. Sans espoir de réparer la haine posthume, mais avec celui d’éclairer peut-être un peu, on ne sait jamais, les lycéens de 2016, nous diffusons une lecture des Dieux ont soif, roman historique paru en 1912, dont Anatole France avait situé l’action au plus fort de la Terreur. 

C’était en 1954, sur les ondes de France IV Haute-Fidélité, lu par Michel Bouquet dans une série de trois émissions dont nous écoutons ici la première.

Intervenants : Michel BouquetComédien - À découvrir :

Tags : Anatole France Littérature La Nuit rêvée d’Henri Leclerc, Par Albane Penaranda

L’équipe – Production : Philippe Garbit - Production déléguée : Albane Penaranda, Mathilde Wagman – Réalisation : Virginie Mourthé - Avec la collaboration de : Hassane M’Béchour

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Sourece : https://www.franceculture.fr/emissions/les-nuits-de-france-culture/une-lecture-de-michel-bouquet-les-dieux-ont-soif-danatole-france

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  • Livre - Anatole France, un sceptique passionné - Paris, Calmann-Lévy
    Description

Les œuvres d’Anatole France sont adaptées pour la télévision ; elles entrent dans la « Bibliothèque de la Pléiade » : preuves d’un intérêt renaissant dans tous les publics. Pourquoi un pareil intérêt pour l’écrivain ? C’est que ce merveilleux prosateur, dont les livres sont imprégnés de culture sans tomber dans le pédantisme, reflète toute une époque, dont il a compris et tenté de résoudre les problèmes. Voilà le vrai « scepticisme » : ce don d’examiner lucidement des situations dans lesquelles on va prendre un parti. Et le prendre avec passion. Car, antipanamiste, dreyfusard, ami de Jaurès, défenseur des minorités ethniques, Anatole France s’enflamme dans l’énoncé de ses convictions.

A travers son œuvre, nous retrouvons un grand morceau d’histoire de France, de Louis-Philippe à cet après-guerre de 1914 qui vit se poser des questions devenues bien pressantes pour nous. Il n’en est que plus intéressant de relire ou de découvrir un écrivain qui réfléchit sur les événements avec cette hauteur de pensée dont nous avons plus que jamais besoin. Les choix devant lesquels se trouve notre civilisation lui apparurent déjà comme déchirants.

L’homme privé, avec ses contradictions, ses violences et son charme, ne peut être séparé de l’homme public. Du jeune homme pauvre au Prix Nobel partout honoré, du petit garçon qui adorait sa mère à l’amant fou de Mme de Caillavet et au « patriarche de la Béchellerie », on verra vivre ici un Anatole France peu connu : le temps s’est écoulé sur des épisodes que l’on peut maintenant mettre au jour.

Cette existence manifeste un appétit de vivre, qui s’inscrit aussi dans l’œuvre de l’écrivain : voilà de quoi modifier une certaine image convenue d’Anatole France. Ancienne élève de l’E.N.S. de Sèvres, professeur à l’université de Paris-X, auteur d’ouvrages de critique portant sur la fin du XIXe siècle et sur le surréalisme, Marie-Claire Bancquart est aussi poète et romancière Anatole France a fait l’objet de sa thèse, et elle assure l’édition de ses œuvres dans la « Bibliothèque de la Pléiade ». - présentation de l’éditeur.

Les dernières publications sur Anatole France, un sceptique passionné

LE 11/08/2018 - Sa célébrité a été hors de pair, saluée en 1921 par le prix Nobel de littérature. Or voici qu’à un siècle de distance, Anatole France est pratiquement...- 59 minutes - Actualité d’Anatole France - Concordance des temps

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Source : https://www.franceculture.fr/oeuvre/anatole-france-un-sceptique-passionne

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  • Libre Pensée - Anatole France libre penseur : un parcours littéraire et politique Le 13/06/2021 - À retrouver dans l’émission de France Culture Divers aspects de la pensée contemporaine par Christophe Bitaud
    ’A mesure qu’on avance dans la vie, on s’aperçoit que le courage le plus rare est celui de penser’. Anatole France (La Vie littéraire).

Anatole France photographié en 1893 par Paul Nadar.

Anatole France, auteur d’un ouvrage intitulé L’Église et la République, s’engagea particulièrement pour deux causes, deux combats : l’Affaire Dreyfus et la Séparation des Églises et de l’État. En soutien à Émile Zola, il rendit sa Légion d’honneur et il cessa aussi de siéger à l’Académie Française. Il fut Président d’honneur de la Libre Pensée. Il reçut le Prix Nobel de Littérature en 1921, car il avait repris le fardeau de Zola : ’Être un moment de la conscience humaine.’

A l’heure où l’on tente de nous vendre l’enseignement du fait religieux, il est bon de se rappeler ses paroles : 

Les religions sont des faits, elles doivent être discutées comme des faits et soumises aux lois de la critique historique. 

En défense de la science, il dira aussi : 

Il n’est pas permis de s’occuper des conséquences qui peuvent sortir de ses recherches. 

Aucune limite à la recherche scientifique, car 

Lentement, mais toujours, l’Humanité réalise les rêves des sages.

A l’heure du projet loi ’Séparatisme’, quel régal de lire : 

La vertu de la Séparation est dans la Séparation elle-même et non dans les sévérités légales qu’on y pourrait mettre. 

Avec Dominique Goussot, membre de la Commission Administrative Nationale de la Libre Pensée et Roland Timsit, comédien, metteur en scène et libre penseur. 

Tags : Philosophie

L’équipe – Production ! Christophe Bitaud – Réalisation : Peire Legras - Avec la collaboration de Claire Poinsignon

Radio France Maison de la Radio

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Source : https://www.franceculture.fr/emissions/divers-aspects-de-la-pensee-contemporaine/libre-pensee-anatole-france-libre-penseur-un-parcours-litteraire-et-politique

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  • Introduction à l’Union rationaliste d’après Wikipédia
Histoire
Fondation 10 mars 1930
Cadre
Type Association loi de 1901
Objectif Défendre et répandre dans le grand public l’esprit et les méthodes de la science
Méthode Colloque annuel ; Prix de l’Union rationaliste ; Édition ; Émission radio sur France Culture ; Conférences ; Groupes de travail Science et société, Culture scientifique et Laïcité ; Sections locales Île de France, Loire-Atlantique, Ardèche-Drôme-Isère, Nord-Pas de Calais, Aquitaine
Siège Maison des Associations

4, rue des Arènes

75005 Paris

Pays

Flag of France.svg France

Organisation
Fondateur Henri Roger, Paul Langevin, Albert Bayet, David Jahia, Philippe Soupault, Louis Lapicque, Jean Perrin, Henri Laugier
Président Antoine Triller
Administrateur Michel Henry
Secrétaire général Bruno Perrin
Trésorier Gérard Huss
Affiliation Ligue de l’Enseignement
Récompense Prix de l’Union rationaliste
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Publication Les Cahiers rationalistes, Raison présente
Site web www.union-rationaliste.org

L’Union rationaliste (UR) est une association française à but non lucratif fondée en 1930 sous l’impulsion, en particulier, du médecin Henri Roger et du physicien Paul Langevin. Elle promeut le rôle fondamental de la raison dans les capacités d’adaptation, d’organisation, d’expérimentation et de critique propres à l’espèce humaine, et le fait de faire reconnaître que les avancées techniques, scientifiques, politiques et culturelles de l’homme sont principalement dues à la raison.

Elle lutte contre les différentes formes de dogmatisme ainsi que contre le recours au surnaturel, et promeut une éducation laïque et républicaine. Elle anime des colloques, des conférences, une émission radio sur France Culture (un dimanche matin par mois) et publie deux revues (une bimestrielle et une trimestrielle), et distribue un prix annuel récompensant une œuvre d’inspiration rationaliste.

L’Union rationaliste compte parmi ses membres des scientifiques de renom, professeurs au Collège de France ou prix Nobel, des membres de l’Institut de France, ainsi que des écrivains célèbres.

Sommaire

Source de l’article complet : https://fr.wikipedia.org/wiki/Union_rationaliste

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  • Extrait de l’article de Wikipédia sur la mystique ou le mysticisme
    La mystique ou le mysticisme est ce qui a trait aux mystères, aux choses cachées ou secrètes1. Le terme relève principalement du domaine spirituel, et sert à qualifier ou à désigner des expériences intérieures de l’ordre du contact ou de la communication avec une réalité transcendante non discernable par le sens commun.

« Mystique » vient de l’adjectif grec μυστικός (mustikos). C’est un mot de la même famille que le verbe μυέω (muéô) qui signifie « initier, enseigner », et que le nom μυστήριον (mustérion) qui a donné « mystère ». Bien qu’il remonte à l’Antiquité, le terme mystique n’est employé comme substantif (« la mystique ») que depuis le XVIIe siècle2,3. Avant cela, il n’existe que comme adjectif : est mystique ce qui relève de la connaissance du mystère ou d’un mystère.

La notion de mystique a été développée dans le christianisme en rapport avec une conception biblique et plus particulièrement paulinienne du mystère selon lequel ce dernier s’identifie avec la révélation de Dieu en Jésus-Christ. Avec le sens que l’adjectif mystique reçoit de cette conception du mystère, c’est le christianisme dans son ensemble qui peut être considéré comme mystique. Le christianisme apparaît dans un contexte gréco-romain marqué par la présence de nombreux cultes à mystères dont la dimension initiatique trouve des échos dans l’initiation chrétienne par les sacrements (mystérion en grec) et dans la catéchèse « mystagogiques » des premiers temps du christianisme. Par ailleurs, la théologie des Pères de l’Église relève largement des options de la philosophie néoplatonicienne dans laquelle la connaissance de Dieu est apophatique. Le traité De la théologie mystique rédigé en grec au VIe siècle par le pseudo-Denys l’Aréopagite s’inscrit dans cette tradition. À partir du XIIe siècle, il a une influence considérable sur les auteurs latins. Au XVe siècle, des débats sur ce traité donnent lieu à une « théorie de La théologie mystique » notamment de la part de Jean de Gerson. Au XVIIe siècle Jean-Joseph Surin envisage la mystique comme une science, fournissant des considérations qui comptent parmi les premières sur ce qui s’appelle depuis « la mystique ».

La mystique a commencé à être objet de défiance et de rejet dans le christianisme dès qu’elle y a été identifiée comme une forme particulière de l’expérience religieuse [pas clair]. La réflexion sur la mystique s’est poursuivie du XVIIe au XXe siècle en débordant largement son tropisme chrétien. Considérée non plus seulement comme une théologie au sein du christianisme, elle est pensée comme un phénomène universel.

Depuis la fin du XIXe siècle, dans l’étude comparée des religions, la mystique se définit à partir de courants identifiés comme tels sur la base de comparaisons avec la mystique dans le monde chrétien : il peut dès lors être question de mystique pour le brahmanisme de l’Inde, la kabbale dans le judaïsme, le soufisme en islam, le taoïsme en Chine, etc. Les tentatives de décrire et éventuellement d’expliquer ce phénomène sont nombreuses dans la première moitié du XXe siècle, où la mystique est objet de différentes théories en anthropologie, en psychologie, en sociologie et en philosophie. Dans la seconde moitié du XXe siècle, de nombreuses œuvres d’auteurs chrétiens du XIIe au XVIe siècle sont traduites, publiées et étudiées : les mystiques rhénans, Saint Jean de la Croix, Sainte Thérèse d’Avila, etc., ce par quoi l’intérêt pour « la mystique » s’est élargi à l’étude de la tradition intellectuelle et religieuse qui l’a précédée.

À partir des années 1920 a commencé à se poser la question de savoir si la mystique pouvait être athée4. Jean-Claude Bologne, qui se définit comme athée, affirme avoir eu des expériences mystiques5. Pour Michel Hulin, des expériences mystiques peuvent se produire hors de tout cadre religieux défini. Dans La mystique sauvage, il analyse les expériences mystiques non comme un aspect du phénomène religieux mais pour elles-mêmes, sans limiter le sujet en fonction des découpages catégoriels fondés sur l’une ou l’autre conception de la religion, ni à ce qui relève des religions habituellement reconnues ou identifiées comme telles. La mystique relève pour lui d’états modifiés de conscience « à la faveur desquels le sujet éprouve l’impression de s’éveiller à une réalité plus haute, de percer le voile des apparences, de vivre par anticipation quelque chose comme un salut »6. Des études ont été faites en neurosciences depuis les années 1950 pour tenter d’expliquer le phénomène de l’expérience mystique7.

Sommaire

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La notion de libre-pensée, apparue pour la première fois dans un discours de Victor Hugo datant de 1850N 1, désigne un mode de pensée et d’action débarrassé des postulats religieux, philosophiques, idéologiques ou politiques, mais se fierait principalement aux propres expériences existentielles du libre-penseur, à la logique et à la raison (rationalisme, empirisme pour se faire une opinion, doute pour éviter tout dogme).

Dans la pratique, même si tous les libres-penseurs s’affirment rationalistes, leur idéal est difficile à atteindre et la nature contestataire des mouvements libres-penseurs, l’opposition en particulier aux autorités et aux dogmes religieux qui y est centrale, ainsi que les divergences sur les moyens à employer pour parvenir à des sociétés moinsinéquitables, ont mené à des scissions entre libres-penseurs athées, agnostiques ou déistes, anarchistes, libertaires, léninistes ou autres.

Sommaire

Il existe des liens étroits entre la libre-pensée, l’athéisme, le scepticisme, le rationalisme ou encore l’humanisme. Toutefois, la définition précise de la libre-pensée n’a jamais fait l’objet d’un consensus.

Par exemple, en principe, un libre-penseur peut croire en l’existence d’un dieu, si la base de cette conviction est un argument rationnel, plutôt qu’un argument fondé sur une autorité ou une tradition. Toutefois, certains libre-penseurs athées, qui considèrent qu’il n’y a pas d’argument rationnel en faveur de l’existence d’un dieu, auront du mal à accepter que de tels croyants se disent libre-penseurs. Chez certains libres-penseurs (particulièrement en Belgique), cette attitude fait également intervenir la notion de libre examen. La libre-pensée ne peut, selon eux, être seulement une notion d’opposition au dogme ou à des principes mais implique une capacité à examiner avec honnêteté ses propres préjugés et ses stéréotypes par introspection, car, entraînant notre adhésion systématique à une idéologie, ces derniers empêchent chez l’individu, par le conformisme qu’ils induisent, l’expression de la libre pensée1.

Histoire - Date symbolique (1600)

L’année 1600 est souvent considérée comme fondatrice de la libre-pensée moderne. Le 17 février 1600, à l’instigation du pape Clément VIII, l’ancien moine dominicain Giordano Bruno est brûlé vif pour hérésie. Par cruauté et afin de le réduire au silence, on lui a cloué la langue... Mais avant et après lui, dans toute l’Europe chrétienne, maints individus meurent sur un bûcher pour avoir soutenu une opinion qui s’oppose au dogme. Citons, entre autres :

Premiers essais (1848-1871)

Expériences de la Deuxième République (1848-1851)

Le 21 mars 1848 : apparition de la Société démocratique des libres-penseurs. Elle est présidée par Jules Simon et l’un de ses vice-présidents était Jules Barni. Lors de cette période, apparaissent plusieurs sociétés de libres-penseurs à Paris ou en province :

  • la Société des libres penseurs, le 11 mars 1848 au sein d’une université de médecine ;
  • l’Association de libres-penseurs, en 1849 à Melun, créée par de jeunes militants ;
  • les Carbonari, en 1850 à Lyon.
    Si ces sociétés sont « libres-penseuses » par leurs convictions, elles ne pratiquent pas encore les enterrements civils, la dernière a, elle, un comportement typiquement libre-penseur : enterrements civils, baptêmes civils comme ce libre-penseur Boniface qui « baptise au nom de la république démocratique et sociale, de la liberté, de l’égalité et de la fraternité ».

Le Second Empire (1852-1870)

À la suite du coup d’État du 2 décembre 1851, les meilleurs militants de Paris et de la province furent dispersés de par le monde. Réfugiés en Belgique, à Londres, à Jersey, en Suisse, en Amérique, ils devaient continuer en terre d’exil leur propagande. Ils furent les pionniers des premiers cercles de libre-pensée de Belgique et ailleurs, des adversaires déterminés de l’Église. Église qui donna son soutien au coup d’État et dont Victor Hugo (plus tard président d’honneur de l’Union démocratique de propagande anticléricale et de la société de Libre-Pensée de Besançon) répondra, au Te Deum du 1er janvier 1852, par ces mots :

Les proscrits sont partis, aux flancs du ponton noir,
Pour Alger, pour Cayenne ;
Ils ont vu Bonaparte à Paris, ils vont voir
En Afrique l’hyène.
Ouvriers, paysans qu’on arrache au labour,
Le sombre exil vous fauche !
Bien, regarde à ta droite, archevêque Sibour,
Et regarde à ta gauche :
Ton diacre est Trahison et ton sous-diacre est Vol
Vends ton Dieu, vends ton âme.
Allons, coiffe ta mitre, allons, mets ton licol,
Chante, vieux prêtre infâme !

Mais le décret du 25 mars 1852, s’ajoutant à la loi du 18 juin 1849, n’est pas propice à l’apparition de sociétés libres.

Ce n’est qu’au début des années 18602 que l’on peut retrouver une activité (et la création de nouvelles sociétés), grâce à la tendance de libéralisation du régime.

  • De 1860 à 1862 : parution d’un hebdomadaire, Le Libre-Penseur du XIXe siècle. Journal des idées nouvelles.
  • 1862 : Agis comme tu penses est créée.
  • Octobre 1863 : fondation du Comité des libres-penseurs pour les enterrements civils.
  • 1864 : les libres-penseurs de France et particulièrement les proscrits du 2 décembre 1851 jouent un rôle de premier plan dans la création à Londres de l’Association internationale des travailleurs (AIT), plus connue sous le nom de Première Internationale, en compagnie de Karl Marx, Bakounine, Engels, etc.
  • 1866 : parution de La Libre Pensée, hebdomadaire parisien dont le gérant est Émile Eudes, qui sera général de la Commune et le rédacteur en chef, Albert Regnard. Le journal a été lancé par les blanquistes. Ainsi fut lancé, non seulement un journal, mais un mot qui devait servir d’enseigne à tout le mouvement anticlérical et antireligieux. Voir la lettre no 1 du dimanche 21 octobre 1866 (lire en ligne [archive]).
  • 20 juin 1869 : création de la Société de secours mutuels des familles affranchies de toutes pratiques religieuses : aide apporté aux sociétaires en cas de maladie, accident, chômage, adoption des orphelins, assistance aux veuves.
    Les libres-penseurs de France et des autres pays se rencontrent à la fin de l’Empire à Genève, au Congrès de la Libre Pensée et au Congrès de la Paix. Victor Hugo, Louis Blanc, Georges Clemenceau, Alexandre Ledru-Rollin assistent à ces congrès et collaborent à leurs travaux. En Italie, lors du concile Vatican I en 1870, se tient à Naples un anti-concile international (8 décembre 1869) au cours duquel on développe les principes de la libre-pensée et du rationalisme et on critique ardemment la politique de la Papauté. Les enterrements civils, sous Napoléon III, sont une occasion de manifestations où se retrouvent ouvriers et étudiants ainsi que les banquets du Vendredi saint qui apparaissent dès 1869.

La Commune de Paris (1870-1871)

Les libres-penseurs (parmi eux Louise Michel, la « vierge rouge ») se retrouvent avec les républicains les plus énergiques et les révolutionnaires les plus décidés. Le décret du 2 avril prononce à la fois la séparation de l’Église et de l’État, la suppression du budget des cultes ; les biens, dits de mainmorte, appartenant aux congrégations religieuses, meubles ou immeubles, sont déclarés propriétés nationales. Il existera un Club de la libre-pensée se réunissant dans l’église de Saint-Germain-l’Auxerrois. Tavernier sera le candidat de la Libre-pensée aux élections complémentaires dans le XIe arrondissement.

L’expansion, l’apogée et le déclin des sociétés de Libre-Pensée (1872-1940) > Expansion et apogée (1880-1912) …

Lire la suite de l’article sur ce site : https://fr.wikipedia.org/wiki/Libre-pens%C3%A9e

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Un livre à succès

L’Utopie est un récit en deux livres publié en latin par Thomas More en 1516 chez l’imprimeur-libraire Thierry Martens de Louvain en Flandres, puis en 1518 à Paris et dans plusieurs autres pays européens sous le titre De optimo rei publicae statu, deque nova insula Utopia (De l’île d’Utopie ou traité sur la meilleure forme de gouvernement). Très rapidement l’ouvrage, proposant un regard critique et documenté sur les sociétés européennes, connaît un grand succès éditorial. Le projet est en effet l’œuvre d’un homme de loi et de gouvernement : Thomas More, après des études de droit, devient avocat et sous-shérif de la ville de Londres, tout en étant membre de la Chambre des Communes. Le jeune Henry VIII l’appelle à son service en 1509 et en fait rapidement un homme de confiance. Cette connaissance précise de la politique, de la diplomatie mais également de l’économie et des questions relatives à l’organisation sociale du royaume d’Angleterre, donne aux critiques de More vis-à-vis des gouvernants une acuité sévère.

Une imprimerie au XVIesiècle

Une œuvre de son époque

L’Utopie n’est pas seulement un pamphlet dressant le constat d’un royaume d’Angleterre rongé par l’orgueil des puissants et la misère du peuple, c’est avant tout un traité humaniste qui rend compte de la recherche de « la meilleure forme de gouvernement ». Les sources de L’Utopie sont très diverses et caractéristiques de la culture d’un humaniste du début du XVIe siècle : La République de Platon, L’Histoire Naturelle de Pline, La Politique d’Aristote, les œuvres d’Aristophane, de Lucien de Samosate, d’Épicure inspirent l’écriture et la pensée de More ; mais il puise également dans ses lectures de l’Ancien et du Nouveau Testament, comme dans les écrits des Pères de l’Eglise, tel saint Augustin et son De Civitate Dei. Il ne limite pas ses recherches aux écrits des Anciens mais confronte la culture européenne aux nouvelles découvertes de son époque : le personnage principal de son récit, Raphaël Hythlodée, dit avoir découvert l’île d’Utopie en participant à l’un des voyages d’Amerigo Vespucci, dont More est un lecteur ; la technologie de l’imprimerie est longuement développée et sa capacité à propager le savoir présentée à la fin du Livre II.

Portraits d’Érasme, de Thomas More et d’Hans Holbein

Le réseau des humanistes au travail

Thomas More participe de cette société des intellectuels humanistes européens qui échangent entre eux leurs réflexions et leurs découvertes. Le jeune avocat anglais est un admirateur de Pic de la Mirandole et un ami de Marcil Ficin, de Guillaume Budé mais surtout d’Érasme : L’Utopie est conçue comme la deuxième partie de L’Éloge de la Folie. Le théologien hollandais demande à More de faire précéder la description de l’île des utopiens par un Livre premier plus polémique consacré à la description du royaume d’Angleterre.

L’utopie de Thomas More - Le pouvoir de l’imaginaire - L’utopie de Thomas More
L’utopie, une œuvre humaniste

Écritures

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Parmi les philosophes antiques qui se sont intéressés à la question de la meilleure communauté politique, Platon et Aristote constituent les sources essentielles de l’Utopie de More, publiée en 1516. La forme du dialogue philosophique au livre I ou du traité de philosophie politique au livre II se lisent en filigrane d’un texte profondément original, premier représentant d’un genre littéraire nouveau.

Mais si les auteurs antiques examinent de façon abstraite les principes d’organisation et de fonctionnement de la cité idéale, More choisit le mode descriptif d’un discours fictif représentant l’île d’Utopie comme existant réellement, dans un ailleurs défini comme « nul-lieu ».

Entre sérieux et ironie, c’est la voix de Lucien que le texte fait entendre, Lucien qui est aussi au cœur de l’intertextualité qui unit l’Utopie à l’œuvre rabelaisienne, et se décline sur le mode d’un humanisme facétieux.

Entrées d’index - Mots-clés : utopie, More, Platon, Aristote, Lucien, Rabelais, intertextualité, réalité, ironie, humanisme

Keywords : utopia, More, Plato, Aristotle, Lucian, Rabelais, intertextuality, reality, irony, humanism

Plan

Le livre I et la forme du dialogue philosophique

Le livre II de l’Utopie : de Platon et Aristote à Lucien

Lucien, More et Rabelais

Texte intégral : PDF 467k Signaler ce document - 1 Prévost 1978, 61 sq.

1 L’Utopia de Thomas More a été publiée en 1516 au terme d’une gestation de six ou sept années – comme l’a montré A. Prévost 1 – au cours desquelles l’auteur a accumulé des notes de lectures sur toutes sortes de textes traitant des différentes formes de gouvernement, et pendant lesquelles ses échanges réguliers avec Érasme ont peu à peu fait émerger l’œuvre dans sa forme définitive.

L’amitié des deux hommes, née de leur rencontre à Londres en 1499 (More avait alors 21 ans, Érasme douze ans de plus), se fonde en particulier sur l’intérêt commun des deux grands humanistes pour une éducation intellectuelle envisagée comme un instrument de réforme et de progrès moral pour l’individu d’abord, et par conséquent pour les sociétés humaines, et leurs institutions. En 1511 Érasme publie l’Éloge de la Folie, discours satirique reflétant la colère et la déception qu’il ressent, au terme d’un séjour dans les universités italiennes où il s’est rendu compte de la résistance que rencontrent son projet de réforme éducative et sa défense du retour nécessaire aux textes originaux comme condition fondamentale d’une réflexion en profondeur sur les textes des Anciens comme sur ceux de l’Écriture. Cet Encomium Moriae est dédié avec humour à son ami : si le nom de Morus, dit Érasme, rappelle les sonorités de Moria, il ne saurait pourtant y avoir de plus grande distance entre cette folie et l’immense sagesse de More, perçue très tôt par Érasme ; d’ailleurs, les deux hommes tombent d’accord sur la nécessité d’écrire, en parallèle à cet Éloge de la Folie, un éloge de la Sagesse dont la responsabilité reviendrait à More. Utopia sera cet éloge de la Sagesse, ou du moins le produit de ce projet élaboré comme pendant à l’Éloge de la Folie.

  • 2 Ibid., 66.
  • 3 Il rappelle aussi la Moria de l’Encomium moriae, grec latinisé – jeu de mot (...)
  • 4 Avant même de le présenter comme compagnon d’Amerigo Vespucci, Pierre Gilles s’empresse (...)
    2 Le nom d’Utopia n’a été trouvé par More qu’au tout dernier moment, peu de temps avant la publication : Utopia s’est longtemps appelée Nusquama, dans les échanges entre Érasme et More qui, à la question : où trouver la Sagesse ?, avaient répondu Nusquam, nulle part 2, désignant par la suite leur projet commun sous le nom de Nusquama nostra, notre nulle part. Le passage de Nusquama à Utopia est aussi caractéristique de l’hellénisme de l’Utopie 3, de l’onomastique ludique de noms formés presque exclusivement sur des racines étymologiques grecques à l’expression réitérée de la supériorité de l’héritage philosophique grec sur celui des Latins4.
  • 5 Prévost 1978, 27.
    3 L’histoire de la composition de l’œuvre permet aussi d’en éclairer la structure. L’Utopie est composée de deux livres : la description proprement dite de l’île, de ses habitants et de ses institutions ne commence qu’au début de la seconde partie, narration à la première personne qui se présente comme le discours d’un navigateur, Raphaël Hythlodée, personnage parfaitement fictif mais présenté dans le livre I comme compagnon de voyage du grand navigateur florentin, Amerigo Vespucci.

On sait, grâce à des allusions très claires à la gestation de l’œuvre dans la correspondance d’Erasme, que le second livre a été composé le premier, au terme d’un long travail préparatoire comprenant lectures, prises de notes, entretiens avec d’autres humanistes, et en en particulier Érasme, tandis que ce qui apparaît désormais comme le livre I de l’Utopie a en fait été rédigé en 1516, l’année même de la publication du livre (qui paraîtra en décembre de cette année-là).

De ce premier livre, More avait cependant déjà composé le court Prologue qui introduit le personnage-narrateur de la seconde partie, le marin Raphaël Hythlodée, dans des circonstances qui mêlent la fiction à l’histoire : le narrateur de la première partie n’est autre qu’un Thomas More-personnage qui se trouve en Flandres au printemps et à l’été de l’année 1515, envoyé par le roi d’Angleterre en mission de négociation politique et commerciale (ce qui est tout à fait conforme à la réalité historique).

Ce Thomas More-personnage, se rend de Bruges à Anvers, où réside son ami Pierre Gilles (dans la réalité très proche ami de Thomas More, correcteur chez l’éditeur Martens et coéditeur de l’Utopie). C’est Pierre Gilles qui introduit Raphaël Hythlodée, un dimanche à la sortie de la messe, auprès d’un Thomas More intrigué par l’allure de cet « étranger d’un certain âge, au visage hâlé, à la barbe longue, la pèlerine négligemment jetée sur l’épaule », dont le visage et le vêtement font penser « à un capitaine de navire »5. La conversation que les trois hommes entament aussitôt convainc More de les inviter à venir la prolonger chez lui, sur un « banc de gazon » dans le jardin de la maison où il réside.

  • 6 Bien que Raphaël Hythlodée prenne le soin prudent de faire remonter à douze ans le séjour e (...)
    4 Ce que More a composé en 1516 correspond à l’essentiel du livre I, c’est-à-dire au dialogue qui s’ouvre alors entre les trois hommes, et principalement entre More-personnage et Raphaël Hythlodée, dans lequel ce dernier se révèle être un homme d’une grande sagesse, qui fustige avec violence l’iniquité qui règne dans l’Europe contemporaine et en particulier dans le royaume d’Angleterre où il a séjourné voici douze ans 6. Il y a été témoin des ravages du mercantilisme et de l’incurie des rois qui préfèrent continuer à régner sur un peuple de mendiants plutôt que de remettre en cause la façon dont leur royaume est gouverné, et qui n’ont en tête que conquêtes et guerres d’expansion, quand leur propre royaume est lui-même si mal administré et réclamerait toute leur attention.

L’insertion tardive de ce dialogue entre le Prologue et le livre II a laissé des traces visibles, le retardement de la description de l’île d’Utopie étant évoqué lourdement et à trois reprises par Hythlodée. Mais en dépit de cette jointure peu discrète, le dialogue qui constitue le premier livre représente un texte brillant où s’élabore une critique politique et sociale radicale de l’Angleterre à l’aube du XVIe siècle, de son mercantilisme et de la corruption de son gouvernement, critique qui prépare et finalement introduit l’éloge d’Utopia au livre II.

Le livre I et la forme du dialogue philosophique

Lucien, More et Rabelais

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Auteur : Emmanuelle Lacore-Martin Université d’Édimbourg

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Source de l’article complet avec bibliographie et notes sur ce site : https://journals.openedition.org/kentron/1644

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  • Qu’est-ce que l’humanisme ? - Document ‘geo.fr’ - Esther Buitekant Publié le 03/08/2020 à 17h00 - Mis à jour le 22/04/2021 - Illustration - © Wikipedia – Source 
    Le terme d’humanisme est aujourd’hui entré dans le langage courant comme une certaine forme d’altruisme et de bienveillance. Mais l’humanisme est en réalité un mouvement littéraire et artistique né à la Renaissance. Quels sont les grands thèmes de l’humanisme et ses auteurs les plus célèbres ? On fait le point.

Comment est né l’humanisme ?

L’humanismehttps://www.geo.fr/environnement/ma...est un mouvement littéraire et artistique né en Italie au XVIe siècle avec le poète Pétrarque. Il se propage ensuite à l’ensemble de l’Europe, notamment grâce à l’invention de l’imprimerie par Gutenberg en 1448.

Le mot ’humanisme’ vient du latin ’humanitas’ qui désigne l’étude des langues anciennes que sont le latin et le grec. A l’origine, ceux que l’on appelle ’humanistes’ travaillent à la traduction de ces textes antiques et permettent à leurs contemporains de découvrir la pensée de l’Antiquité.

La conception de l’humanisme n’est pas seulement une pensée, il est aussi une nouvelle manière de voir le monde qui va infuser les arts mais aussi la société toute entière. L’humaniste affirme sa foi en l’être humain qu’il place au centre de tout. L’homme grandit et évolue alors au contact de la culture antique, de la science mais aussi dans un rapport nouveau à la nature et à la religion.

Quels sont les thèmes de l’humanisme ?

L’humanisme se caractérise par l’intérêt nouveau pour toutes les formes de savoir et de connaissance. Une manière d’appréhender le monde qui vise à permettre à l’homme d’accéder au bonheur et de s’épanouir. Il devient plus autonome, moins dépendant de la religion mais aussi plus libre de choisir la vie qui lui correspond.

L’humanisme englobe plusieurs grands thèmes qui s’enrichissent au fil des années et des nouvelles découvertes.

  • Un intérêt pour les textes grecs et latin de l’Antiquité : la traduction des textes antiques doit permettre aux hommes d’accéder à un savoir nouveau en redécouvrant la philosophie de l’Antiquité. Une démarche qui va également conduire Erasme à proposer une nouvelle édition du Nouveau Testament offrant pour la première fois une version grecque du texte en regard de la traduction latine appelée la Vulgate. Une édition qui fit date et provoqua un véritable séisme, le texte présentant des divergences importantes avec la version latine.
  • S’instruire pour être libre : la connaissance et le savoir sont vus comme des clés permettant aux hommes d’être libres et heureux.
  • La découverte du monde et d’autres cultures, l’enseignement : l’humanisme veut promouvoir l’enseignement de nouvelles disciplines, encourager l’apprentissage des langues. François 1er crée notamment en 1530 le Collège des lecteurs royaux, qui deviendra le Collège de France.
  • La foi en l’homme : l’homme est au centre de tout. L’être humain est, comme le dit le penseur grec Protagoras, “la mesure de toute chose”.
  • La réflexion politique et l’art de gouverner : Machiavel va être le premier à dissocier politique et religion, politique et morale. Il faut, dit-il ’s’en tenir à la vérité de la chose’.
  • La religion : L’humanisme va conduire à l’émergence de débats autour de la religion et d’un véritable renouveau spirituel. Dieu n’est plus au centre de toutes choses, l’homme l’est.
    Qui sont les grands penseurs et auteurs humanistes ?

Parmi les grands auteurs humanistes, le premier est évidemment le philosophe et théologien hollandais Erasme (Eloge de la folie, 1511). On peut également citer les écrivains français François Rabelais (Gargantua, 1534), Clément Marot et Michel de Montaigne (Les Essais, 1580) les poètes Pierre de Ronsard et Joachim du Bellay, le philosophe anglais Thomas More (L’Utopie, 1516), le penseur italien Machiavel (Le Prince, 1532).

Le magazine de la photo et du voyage - Magazine photo : Geo.fr -Littérature

https://photo.geo.fr/logos/new/geo.svg?92f85f350e0dca8c8e642f57048d0d601b985758

Source : https://www.geo.fr/histoire/quest-ce-que-lhumanisme-201409

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La citation du philosophe grec Protagoras, « L’homme est la mesure de toutes choses », et l’Homme de Vitruve, dessin de Léonard de Vinci (fin XVe), sont les symboles les plus connus de la pensée humaniste.

Allégorie de l’humanisme des Lumières, au XVIIIe siècle, le frontispice de l’Encyclopédie de Diderot et d’Alembert. La Philosophie et la Raison arrachent le voile de la Vérité. À leurs pieds : l’Histoire, l’Astronomie, l’Optique, la Géométrie et différentes sciences.
Gravure de Benoît-Louis Prévost d’après Charles-Nicolas Cochin, 1751

L’humanisme, terme créé à la fin du XVIIIe siècle et popularisé au début du XIXe siècle1, a d’abord et pendant longtemps désigné exclusivement un mouvement culturel, philosophique et artistique prenant naissance au XIVe siècle dans l’Italie de la Renaissance, puis se développant dans le reste de l’Europe. Moment de transition du Moyen Âge aux Temps modernes, ce mouvement est en partie porté par l’esprit de laïcité qui resurgit alors, point de départ d’une crise de confiance profonde qui affecte l’Église catholique. Le terme humaniste existe dès le XVIe siècle pour désigner « celui qui cultive les humanités »2.

Les penseurs humanistes de la Renaissance, en renouvelant considérablement l’approche de la civilisation antique européenne à la suite d’une approche médiévale notamment marquée par l’aristotélisme scolastique, n’abjurent pas pour autant leur foi chrétienne : ils cherchent plutôt à produire la synthèse du double héritage gréco-romain3 et chrétien4, en insistant non plus sur l’observation du monde compris comme création divine, mais sur le rôle actif des capacités intellectuelles humaines dans l’élaboration de la réalité de toute chose. L’« humanisme des Lumières », au XVIIe siècle et XVIIIe siècle, se défait de toute conception de volonté divine, l’individu s’appuyant sur sa raison pour se déterminer lui-même5.

Au début du XXIe siècle, un certain nombre de penseurs s’accordent à considérer que l’idée d’humanisme renvoie à tout un ensemble de valeurs, qu’elles soient religieuses ou laïques, communes à l’ensemble de la civilisation occidentale depuis le VIIIe siècle av. J.-C. et toutes relatives à la place conférée aux facultés rationnelles des humains.

Citons entre autres : le sociologue Shmuel Trigano, en 20006, l’historien Bernard Quilliet en 2002 7 et le philosophe Abdennour Bidar en 20148. Selon ce dernier, par-delà la multiplicité de ses formulations, le concept d’humanisme est consubstantiel à l’Occident, et « tous les penseurs ont semblé s’accorder sur une même conviction : celle que l’homme a raison de s’interroger d’abord sur l’homme9. »

Non seulement la référence au thème de l’humanisme persiste à la « crise du sujet » philosophique de la fin du XIXe siècle et aux carnages des deux Guerres mondiales mais elle est alors encore plus vive que par le passé. Le phénomène s’accentue encore au XXIe siècle, comme en témoigne l’abondante bibliographie dédiée à ce thème depuis l’an 2000.

Le mot est extrêmement usité dans les champs politique et médiatique sans être questionné, au point de servir de terme fourre-tout comme le mot « progrès », qui lui est très fréquemment associé. Toutefois, moins d’intellectuels s’en réclament même si certains estiment que la philosophie des Lumières doit continuer de servir de référence. A l’inverse, le concept d’humanisme fait l’objet de critiques toujours plus nourries, visant non pas tant à le dénigrer qu’à questionner son succès même, à l’aune des enjeux sociétaux contemporains, notamment la poussée exponentielle des ’nouvelles technologies10,11. C’est alors que surgissent deux concepts dérivés : le post-humanisme et le transhumanisme12.

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    L’humanisme est-il une utopie ? Contribution de ‘rosemar’ sur le portail Overblog - 10 mai 2013
    Face à la crise qui perdure en Europe et dans le monde, qui anéantit les hommes, face à la barbarie des guerres dont on ne voit pas la fin, face aux fanatismes, à l’intolérance qui renaissent partout, l’humanisme tel que l’ont rêvé les auteurs du 16ème siècle, Erasme, Rabelais, Montaigne n’apparaît-il pas comme une utopie ?

Mettre l’homme au centre de tout, lui redonner sa place, n’est-ce pas l’inverse qui se produit dans nos sociétés où l’argent règne en maître, où il impose partout ses lois, où le capitalisme et le libéralisme font fi de l’homme, de son bonheur, de son épanouissement ?

En même temps que les informations se diffusent grâce aux ordinateurs, grâce à internet, il semble que la vraie connaissance régresse. Le savoir acquis de haute lutte, la lecture ne sont plus à l’honneur. La connaissance doit, de plus en plus, s’acquérir dans l’instant, l’immédiateté mais la vraie connaissance demande patience, efforts.

Les informations actuelles défilent tellement vite qu’elles ne sont pas digérées, assimilées, intégrées : elles nous donnent l’impression de savoir mais ce n’est souvent qu’une illusion.

L’ignorance est, au fond, le pire ennemi de l’être humain  : c’est elle qui fait naître les fanatismes, les faussetés, les erreurs, la peur des différences. C’est elle qui engendre la suspicion, la bêtise, l’incompréhension...

Nous voilà parvenus au XXIème siècle et malgré de nombreux progrès technologiques, notre civilisation reste celle de la barbarie : mensonges, corruption, haines dominent le monde.

Où est le rêve humaniste ? Où est l’homme ? Il est brisé, anéanti, annihilé dans un monde infernal...

Notre monde ne se préoccupe pas de préserver le bonheur de l’homme, sa sérénité : il lui demande d’être performant, compétitif, d’aller toujours plus vite.

L’humanisme des gens de la Renaissance qui privilégiait le savoir, la culture, mais aussi l’esprit d’ouverture, la tolérance, l’épanouissement de l’être humain est-il voué à disparaître ? 

Le temps a passé et ces valeurs essentielles de l’humanisme semblent ne plus être à l’ordre du jour : relisons Montaigne, Rabelais et essayons de retrouver l’âme de ces écrivains, leurs leçons de vie qui sont essentielles.

Essayons de redonner du sens et de l’épaisseur à la vie humaine. Il est temps de se recentrer sur les vraies valeurs de l’humanité : la réflexion, la compréhension, le bonheur.

Le but de l’homme sur cette terre, c’est bien de trouver sa part de bonheur et de quiétude : or, nos sociétés ne font que lui procurer la peur de l’avenir, l’incertitude, l’inquiétude...

L’Homme de Vitruve, 1485-1490. Plume, encre et aquarelle sur papier. 34,4 × 25,5 cm. Gallerie dell’Accademia - Venise - Source [L. de Vinci]

Illustration - Portrait présumé de Montaigne par un auteur anonyme (anciennement attribué à Dumonstier) repris par Thomas de Leu pour orner l’édition des Essais de 1608.
Ce portrait, dit de Chantilly car acquis par le duc d’Aumale en 1882, est aujourd’hui conservé au musée Condé. Les vêtements et décorations désignent le détenteur de l’ordre de Saint-Michel qui lui fut attribué en 1577. Source

Illustration - Portrait anonyme de Rabelais exposé au château de Versailles. Cette représentation est inspirée de celle de Léonard Gaultier (Chronologie collée, 1601) et de la gravure présente dans l’édition de ses œuvres de François Juste en 1542N 1. Ce dernier fixe un « canon » avec un bonnet à quatre braguettes (faluche), un vêtement laïc à bordure de fourure, un œil un peu globuleux et une petite barbe. Il est probable qu’aucune image ne soit authentique et réalisée du vivant de Rabelais. Une cinquantaine de portraits plus ou moins libres ont existé tout au long de l’histoire et des rééditions du texte1,2. Source

-Rabelais lisantsans légende ! C‘est qui SVP ? (Jacques Hallard)

Créer un blog gratuit sur Overblog Top articles Contact Rémunération en droits d’auteur Offre Premium - Source : http://rosemar.over-blog.com/article-l-humanisme-est-il-une-utopie-117706438.html

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  • Etude - Réflexions sur l’utopie - Denis Pouget – Dans la revue Humanisme 2014/2 (N° 303), pages 92 à 94 – Diffusion ‘cairn.info’
    1 On ne peut que constater que, depuis l’aube de la raison, la pensée utopiste a germée et prospérée. Elle s’est développée au fur et à mesure de l’expansion des savoirs et de la confrontation des hommes entre eux. Comme si le fait d’acquérir davantage de connaissances et de biens matériels donnait à l’être humain, non pas un sentiment de satiété avec le désir d’en rester à ses acquis du moment, mais, au contraire, l’impérieuse volonté de bâtir, avec ces acquis mieux répartis et mieux utilisés, la cité idéale, la société parfaite dont tout homme a rêvé un jour…

2 La puissance du rêve utopiste a porté avec force des courants très divers, des phalanstères de Charles Fourier aux communautés soixante-huitardes en passant par les anarchistes ou les communistes par exemple. Sans oublier, bien sûr, la franc-maçonnerie dont les revues s’ornent de dessins utopistes quelque peu hermétiques. Les échecs apparents ou avérés de ces mouvements divers ont souvent dissimulé de réelles avancées.

3 L’homme s’est toujours plu à imaginer un monde meilleur. Platon en a rêvé dans La République. Les chrétiens ou les musulmans convaincus l’espèrent au paradis. Mais c’est seulement au XVIe siècle que l’humaniste Anglais Thomas More, dans un court traité sur la meilleure forme de gouvernement, a inventé le mot « Utopie » dont il a baptisé l’île nouvelle abritant ce gouvernement idéal. L’origine grecque du mot, quelque peu troublante, signifie « sans lieu » ou « lieu inexistant ».

4 Toutefois, à part le mot, More n’inventait pas le concept qui puise à des racines anciennes et profondes. Dans son ouvrage, les Utopiens sont des hommes, avec les défauts et les qualités de leur finitude. L’auteur veut démontrer que l’autre monde est de ce monde. Ses héros sont à la peine, sans possibilité de recours à la divine providence que More a exclue de son univers imaginaire. C’est donc une utopie raisonnable qui s’appuie sur la conviction profonde de la perfectibilité humaine.

5 Ainsi, More rejoint la franc-maçonnerie car chacun d’entre nous sait bien que nous ne pouvons pas parvenir à la construction d’une société constituant l’idéal absolu. Notre objectif consiste à élargir le champ du possible et d’abord à l’explorer. À prendre nos distances par rapport au présent, à le relativiser et à imaginer ce qui pourrait être. À critiquer intelligemment l’ordre existant de manière à le réformer en profondeur lorsque c’est nécessaire. Bref, à concevoir l’utopie comme un projet politique et social en faisant une relative abstraction des réalités du moment qui peuvent paraître insurmontables et en se remémorant ces mots sublimes : « Parce qu’ils ne savaient pas que c’était impossible, ils l’ont fait… »

6 À la manière de l’étoile, l’idéal de l’utopiste peut paraître inaccessible. Mais toute utopie est une synthèse de rationnel et d’onirique. Elle n’a pas besoin d’aboutir complètement pour provoquer des effets car toute utopie forte possède la puissance d’irradier la réalité. Si réalisme et utopie semblent s’exclure mutuellement à la manière de deux contraires, il n’y a pourtant d’utopie efficace que réaliste et de réalisme raisonnable qu’utopique. Par essence, l’utopie porte en elle-même une grande part d’impossible et une part, difficilement appréciable au départ, de possible. La limite entre les deux peut être déplacée par la seule volonté humaine. C’est la conscience nette et profonde de cette part de possible qui permet d’affronter et d’éroder, petit à petit, la part perçue comme impossible.

7 Le véritable utopiste, contrairement à l’idéologue qui légitime le pouvoir établi, suggère d’autres formes d’autorité, d’autres modes de fonctionnement et d’autres mondes possibles. Il ménage des trouées de lumière dans le confinement de nos préjugés sociaux en prenant garde de ne pas s’imaginer que le possible prime toujours le réel, que le possible est forcément une valeur en soi sur laquelle les contraintes du présent n’ont pas de prise. En revanche, la pensée utopique ne nous condamne pas à une triste attente de ce qui ne viendra jamais. Elle nous place, au contraire, au cœur du présent, au cœur de la vie. L’utopie n’est pas à réaliser mais elle est, au contraire, la condition même de toute réalisation.

8 La pensée utopique est le moteur indispensable à l’amélioration de la condition humaine. C’est pour ces raisons que nous pouvons, que nous devons, nous francs-maçons, nous considérer et nous comporter comme des utopistes. Et aujourd’hui plus qu’hier encore. Car s’il fut un temps où les hommes pariaient sur l’avenir, où le seul mot d’avenir était un poème à lui seul, nous traversons aujourd’hui une époque où le quotidien est scandé par des préoccupations sans cesse liées à la survie, à la peur ou à l’angoisse et cela dès les premiers moments de socialisation de nos enfants. Ce règne de l’urgence interdit, trop souvent, toute projection vers l’avenir. Nous sommes entourés d’objets sophistiqués qui semblent donner un sens à notre existence. En fait, ils nous assignent à résidence, se greffent sur nos corps et nos esprits auxquels ils dictent le chemin dans un présent individualiste et nous ferment les frontières de l’avenir.

9 Cette idéologie du présent semble rendre obsolètes les leçons du passé et le désir d’imaginer l’avenir. Et c’est sur le terreau de ce désespoir que surgissent et se déploient des utopies de secours, comme si nous étions entrés dans une nouvelle époque, celle de la fin des utopies sociales et politiques. La raison, la science et le progrès semblent avoir perdu leurs attraits traditionnels et suscitent même une véritable défiance. L’époque actuelle peut être perçue comme celle de la liquidation des utopies.

10 Fort heureusement, le découragement total sied mal aux hommes et aux francs-maçons en particulier. La fin des utopies ne signifie en rien la fin des visées utopistes et l’espérance renaît parfois où on l’attend le moins. Si l’homme se sent écrasé par le rouleau compresseur de la mondialisation, sa révolte couve, néanmoins, comme un feu sous la cendre et, en particulier dans le cœur de la jeunesse.

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11 L’utopie, qui naturellement la tenaille, la conduit à ne pas supporter que le monde reste ce qu’il est et à se refuser à composer avec ses imperfections. L’imagination sociale est une dimension constitutive de la vie en société. Et tant pis si l’histoire de l’homme est pleine de promesses non tenues : il vaut mieux tenter d’imaginer le futur que de le subir passivement.

12 Alors, à nous francs-maçons, je pose la question qui s’insinue souvent dans nos échanges, qui reste tapie au tréfonds de notre conscience et de notre esprit et qui est, en fait, l’aboutissement de cette planche : sommes-nous réellement en panne d’idées comme on le prétend si souvent ? Sommes-nous paralysés par ce règne de l’urgence dont j’ai parlé, enlisés dans la gangue d’un monde profondément matérialiste et individualiste dont nous serions les premières victimes inconscientes, un monde où tout s’accélère et où toute réflexion devient trop rapidement obsolète, irrémédiablement condamnée aux oubliettes de notre cheminement maçonnique ?

13 Avons-nous encore cette capacité de révolte conduisant d’abord à la perception puis ensuite au refus de l’inacceptable tout en générant l’utopie, tous ingrédients qui constituent des moteurs indispensables au changement de la société ? Avons nous autre chose à proposer que les discours officiels, autre chose qui rende crédible l’objectif chargé d’utopie qui nous est assigné par l’article premier de notre constitution et dont nous devrions être en permanence imprégnés ? Et, dans l’affirmative, par quels cheminements concrets pouvons-nous faire en sorte que nos idées ne deviennent des poncifs dérisoires, terribles symboles de notre incapacité à changer le monde ?

14 Tout l’avenir de la franc-maçonnerie réside plus que jamais, me semble-t-il, dans sa capacité à développer une pensée utopiste et à la porter jusqu’à l’extrême, jusqu’au bout du rêve, à pousser de nouvelles portes pour sentir - enfin ! - avec délice et volupté, les parfums d’air frais d’un nouveau matin.

Mis en ligne sur Cairn.info le 01/02/2021 - https://doi.org/10.3917/huma.303.0092

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