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"De la colère au ressentiment délétère : comment s’en guérir avec la reconnaissance de la beauté comme source d’émotion esthétique d’après Edgar Morin, sociologue et philosophe de la complexité et Cynthia Fleury, psychanalyste et philosophe de la santé (entre autres)" par Jacques Hallard

dimanche 1er août 2021, par Hallard Jacques


ISIAS Philosophie Ressentiment Esthétique

De la colère au ressentiment délétère : comment s’en guérir avec la reconnaissance de la beauté comme source d’émotion esthétique d’après Edgar Morin, sociologue et philosophe de la complexité et Cynthia Fleury, psychanalyste et philosophe de la santé (entre autres)

Jacques Hallard , Ingénieur CNAM, site ISIAS – 31/07/2021

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Préambule

’Après la crise du coronavirus, il faudra combattre ceux qui vous diront qu’il faudra continuer comme avant’ - Cynthia Fleury (photo) – Référence : Guillaume Keppenne le lundi 26 juillet 2021 à 09h00 [Document ‘rtbf.be/lapremiere’ : voir RTBF - La Première, L’esprit clair.] – « Qu’est-ce que cette crise sanitaire nous dit du monde dans lequel nous vivons ? Quel sera son impact sur nos modes de vie ? La période que nous traversons serait propice à une réinvention de nos sociétés. C’est en tout cas ce que nous disent les philosophes Isabelle Stengers et Cynthia Fleury…. » - Sous-titres : Faire monter au pouvoir une force d’action citoyenne et durable … Face à une crise bien plus forte que celle de 2008 … Faire sens en commun … » - A découvrir sur ce site : https://www.rtbf.be/lapremiere/emissions/detail_dans-quel-monde-on-vit/accueil/article_cynthia-fleury-apres-la-crise-du-coronavirus-il-faudra-combattre-ceux-qui-vous-diront-qu-il-faudra-continuer-comme-avant?id=10467447&programId=8524

Isabelle Stengers est une philosophe belge, auteure de plusieurs livres, comme par exemple : ’ Au temps des catastrophes. Résister à la barbarie qui vient ’, et plus récemment ’Réactiver les sens commun. Lecture de Whitehead en temps de débâcle’ (La Découverte).

A propos de Alfred North Whitehead (1861-1947) : « mathématicien et logicien de formation, est l’auteur d’une œuvre très originale au croisement des sciences et de la philosophie, sur la nature du monde qui nous entoure, et son flux temporel. 13 février 2020 ». A propos du livre ’Whitehead - Philosophe du temps (1èrede couverture) de Rémy Lestienne, directeur de recherche honoraire au CNRS – Editions du CNRS Philosophie et histoire des idées - 25,00€ - (Disponible en numérique) – « Alfred North Whitehead (1861-1947), mathématicien et logicien de formation, est l’auteur d’une œuvre très originale au croisement des sciences et de la philosophie, sur la nature du monde qui nous entoure, et son flux temporel. Convaincu que les termes de la vie courante déformaient la réalité, Whitehead a inventé ou emprunté des termes plus appropriés à son projet. Le terme «  Process  », qui donne son titre à son ouvrage le plus célèbre ‘Procès et réalité’ (1929) est central dans sa pensée. Il introduit à sa vision de la nature comme une succession de cristallisations dont chacune apporte une poussière de temps finie : l’instant n’existe pas. Il implique aussi une confrontation avec la théorie de la relativité et la physique quantique. Enfin, il permet la survenue de nouveautés créatives, signe pour Whitehead d’une déité inter-agissante avec le monde, dont le rôle est examiné dans le dernier chapitre. Rémy Lestienne mêle ici des éléments biographiques et des avancées intellectuelles, du logicisme vers une philosophie de la nature. Son livre constitue une introduction à une œuvre exigeante et singulière qui a inspiré scientifiques, philosophes et théologiens. Auteur(s)DétailsRémy Lestienne ; Rémy Lestienne est directeur de recherche honoraire au CNRS – Source : https://www.cnrseditions.fr/catalogue/philosophie-et-histoire-des-idees/whitehead/

Présentation du livre ’Réactiver le sens commun - Lecture de Whitehead en temps de débâcle’ - Par Isabelle STENGERS - Opposer les scientifiques à un « public prêt à croire n’importe quoi » – et qu’il faut maintenir à distance – est un désastre politique. « Ceux qui savent » deviennent les bergers d’un troupeau tenu pour foncièrement irrationnel. Aujourd’hui, une partie du troupeau semble avoir bel et bien perdu le sens commun, mais n’est-ce pas parce qu’il a été humilié, poussé à faire cause commune avec ce qui affole leurs bergers ? Quant aux autres, indociles et rebelles, qui s’activent à faire germer d’autres mondes possibles, ils sont traités en ennemis. Si la science est une « aventure » – selon la formule du philosophe Whitehead –, ce désastre est aussi scientifique car les scientifiques ont besoin d’un milieu qui rumine (« oui… mais quand même ») ou résiste et objecte. Quand le sens commun devient l’ennemi, c’est le monde qui s’appauvrit, c’est l’imagination qui disparaît. Là pourrait être le rôle de la philosophie : souder le sens commun à l’imagination, le réactiver, civiliser une science qui confond ses réussites avec l’accomplissement du destin humain. Depuis Whitehead le monde a changé, la débâcle a succédé au déclin qui, selon lui, caractérisait « notre » civilisation. Il faut apprendre à vivre sans la sécurité de nos démonstrations, consentir à un monde devenu problématique, où aucune autorité n’a plus le pouvoir d’arbitrer, mais où il s’agit d’apprendre à faire sens en commun… » - Source : https://www.editionsladecouverte.fr/reactiver_le_sens_commun-9782359251685

Cynthia Fleury, philosophe et psychanalyste, professeure titulaire de la chaire ’ Humanités et santé ’ au Conservatoire National des Arts et Métiers (CNAM) à Paris et titulaire de la ’ chaire de philosophie à l’hôpital ’ au Groupe hospitalier universitaire Paris Psychiatrie et neurosciences Accueil  ;Le soin est un humanisme’ : c’est le titre du dernier essai de Cynthia Fleury (Gallimard, 2019) - Source

Présentation par l’éditeur du livre ’ Le soin est un humanisme ’ – « Tel est le chemin éternel de l’humanisme : comment l’homme a cherché à se construire, à grandir, entrelacé avec ses comparses, pour grandir le tout, et non seulement lui-même, pour donner droit de cité à l’éthique, et ni plus ni moins aux hommes. Quand la civilisation n’est pas soin, elle n’est rien. Cynthia Fleury Soigner, la chose est ingrate, laborieuse, elle prend du temps, ce temps qui est confisqué, ce temps qui n’est plus habité par les humanités. Ici se déploie une tentative de soigner l’incurie du monde, de poser au cœur du soin, de la santé, et plus généralement, dans nos relations avec les autres, l’exigence de rendre la vulnérabilité capacitaire et de porter l’existence de tous comme un enjeu propre, dans toutes les circonstances de la vie. Cynthia Fleury expose une vision humaniste de la vulnérabilité, inséparable de la puissance régénératrice des individus ; elle conduit à une réflexion sur l’hôpital comme institution, sur les pratiques du monde soignant et sur les espaces de formation et d’échanges qui y sont liés, où les humanités doivent prendre racine et promouvoir une vie sociale et politique fondée sur l’attention créatrice de chacun à chacun. Source : https://www.franceculture.fr/oeuvre/le-soin-est-un-humanisme

’Il faut qu’on apprenne à vivre dans l’incertitude’, plaidait le sociologue et philosophe Edgar Morin [Photo : Edgar Morin, en mars 2019. (PASCAL GUYOT / AFP)] – In « 2021 : Edgar Morin espère que les forces ’créatives’ et ’lucides’ vont s’imposer face à la crise du Covid-19, même si elles sont ’encore très faibles’ ». Selon lui, « la pandémie n’est qu’une des nombreuses crises de l’histoire auxquelles il se dit ’habitué’. Il estime qu’il faut apprendre à vivre avec l’inconnu, à ’surmonter les crises’, plutôt que de s’indigner ». Origine : franceinfo Radio France. Publié le 01/01/2021 18:38 – Source : https://www.francetvinfo.fr/culture/livres/edgar-morin/2021-edgar-morin-espere-que-les-forces-creatives-et-lucides-vont-s-imposer-face-a-la-crise-du-covid-19-meme-si-elles-sont-encore-tres-faibles_4240965.html

Et puis encore ceci !

https://www.lemonde.fr/blog/sexologie/wp-content/uploads/sites/27/2012/06/cropped-LES.jpg

Edgar Morin : 15 leçons du coronavirus - Publié le 19 juin 2020 par Philippe Brenot – Document ‘lemonde.fr/blog’

Photo - Edgar Morin débute sa réflexion sur le modèle de Gabriel García Márquez*, par un préambule intitulé : Cent ans de vicissitudes, marquant par-là son ancrage dans le temps – Morin aura cent ans en 2021– et dans la pensée complexe. Né mort en 1921 au décours [Période de déclin d’une maladie] de la grippe espagnole, Edgar Morin traverse le 20e siècle pour, aujourd’hui, prêter le recul de son regard sur le 21e : « Je suis une victime (indirecte) de l’épidémie de grippe espagnole (…) Quatre-vingt-dix-neuf ans plus tard, c’est le coronavirus, descendant indirect de la grippe espagnole (H1N1), qui vient me proposer le rendez-vous raté à ma naissance. »

Interrogation

Ce rendez-vous s’intitule Changeons de voie, les leçons du coronavirus**. Comment un minuscule virus dans une très lointaine ville de Chine a-t-il déclenché le bouleversement du monde ? Edgar Morin s’interroge surtout sur la capacité des humains à réagir : « L’électrochoc sera-t-il suffisant pour faire enfin prendre conscience à tous les humains d’une communauté de destin ? Pour ralentir notre course effrénée au développement technique et économique ? » - Nous sommes aujourd’hui confrontés à de nouvelles perspectives : de grandes incertitudes et un avenir imprévisible. Ce à quoi l’humanité actuelle – qui vit à flux tendu – ne s’est pas préparée : « Il est temps de Changer de Voie pour une protection de la planète et une humanisation de la société. »

15 leçons

Morin tire des leçons de la crise que nous venons de vivre et de l’inimaginable – et inédit – confinement de plus de la moitié de l’humanité pendant trois mois : leçon sur nos existences ; sur la condition humaine ; sur l’incertitude de nos vies ; sur notre rapport à la mort ; notre civilisation ; le réveil des solidarités ; l’inégalité sociale dans le confinement ; la diversité des situations et de la gestion de l’épidémie dans le monde ; la nature de la crise ; la science et la médecine ; l’intelligence ; les carences de pensée et d’action politique ; les délocalisations et la dépendance nationale ; la crise de l’Europe ; la crise de la planète.

« Incertitude » est certainement le mot-clé de toutes ces interrogations car avec ce virus, nous ne savons rien de lui comme de nous. Comment vivre avec une prévision à 15 jours ? (c’est le juste leitmotiv des épidémiologistes, totalement antinomique de l’injonction « flux tendu » du consumérisme). Comment – avec cette prévision limitée – penser la vie, l’histoire personnelle, la politique, l’économie, le social, le planétaire ? Cette remise en question est aujourd’hui indispensable pour permettre le « virage de bord » dont l’humanité a urgemment besoin : « Car toute vie est une aventure incertaine : nous ne savons pas à l’avance ce que seront notre vie professionnelle, notre santé, nos amours, ni quand adviendra, bien qu’elle soit certaine, notre mort ».

Cette brutale pandémie a soudain modifié notre rapport à la mort : « La modernité laïque avait refoulé à l’extrême le spectre de la mort, que seule la foi des chrétiens en la résurrection exorcisait (…) soudain le coronavirus a suscité l’irruption de la mort personnelle, jusqu’alors reportée au futur, dans l’immédiat de la vie quotidienne ». Edgar Morin reprend cette réalité, si bien soulignée par Philippe Ariès, de la disparition de la mort dans l’espace urbain contemporain. Or, « tous les jours nous avons compté les morts, ce qui a entretenu, voire accru, la crainte de son immédiateté… » avec cette terrible réalité sanitaire qui a empêché les rituels nécessaires à l’inscription sociale de la disparition. « Le défaut de cérémonie consolatrice a fait ressentir, y compris au laïc que je suis, le besoin de rituels qui font intensément revivre en nos esprits la personne morte et atténuent la douleur dans une sorte d’eucharistie. »

Des Vertus [quand même]

Cette épreuve inouïe a cependant des vertus : elle a réveillé la mémoire (oubliées les grandes épidémies du Moyen Âge, les crises économiques ; en être tout-puissant, l’« homme » pensait avoir dominé la nature) Elle a réveillé les solidarités (devant l’épreuve générale, de partout les solidarités endormies ont combattu l’individualisme égoïste), éclairé sur la diversité des situations humaines et des inégalités, sur les in-certitudes scientifiques. Il nous faut aujourd’hui relever les défis qui se posent à l’humain : défi d’une mondialisation en crise, défi existentiel, politique, numérique, écologique, économique. Le danger, si on ne relève pas ces défis, est celui d’une grande régression intellectuelle, morale et démocratique.

Photo -

Changer de Voie

Morin propose une voie et non une révolution (« les révolutions ont souvent produit une oppression contraire à leur mission d’émancipation »), une Voie politique–écologique–économique–sociale, qu’il a déjà détaillée en 2011 dans son livre La Voie***. Cette nouvelle voie nécessite une gouvernance de concertation (État, collectivité, citoyen), une démocratie participative, un éveil citoyen mais aussi, et de façon préalable, « une politique qui conjugue mondialisation et dé-mondialisation, croissance et décroissance, développement et enveloppement ». Ces apparentes antinomies doivent pouvoir être des voies d’ouverture. Morin aime confronter des couples d’idées trop facilement opposées et qui trouvent leur aboutissement dans la complémentarité. On le voit dans la nature, c’est dans l’entraide et la coopération que les espèces cohabitent, que les biotopes s’épanouissent, que l’équilibre se constitue. C’est un propos d’espérance que nous offre Edgar Morin avec sa très fine analyse de nos « faillances » et défaillances. On parlait autrefois de « faillance de cœur » quand le courage faisait défaut. C’est du courage aujourd’hui qu’il faut à l’humain pour s’engager dans cette nouvelle Voie. Edgar Morin est aujourd’hui l’un des rares penseurs français ayant ce grand recul, dans le temps évidemment (lire ses incontournables mémoires : Les Souvenirs viennent à ma rencontre****), et surtout dans la réflexion à travers les outils qu’il a façonnés, notamment sa Méthode*****, pour nous permettre une réflexion juste sur l’objet complexe que représente l’humain dans son évolution sur-naturelle.

* Cien años de soledad (Cent ans de solitude) de Gabriel García Márquez, l’une des œuvres majeures de la pensée universelle.

** Changeons de voie, les leçons du coronavirus d’Edgar Morin avec Sabah Abouessalam, Denoël, paru le 17 juin 2020 ; ***La Voie, pour l’avenir de l’humanité, Fayard, 2011 ; ****Les Souvenirs viennent à ma rencontre, Fayard, 2019 ; La Méthode*****, Le Seuil, 2008. Livre : 1èrede couverture

Catégories : Actualité, Anthropologie, Education, Ethique, Histoire, Philosophie, Science, Sociologie – Étiquettes : coronavirus, covid, covid19, crise, Edgar Morin, incertitude, mort

Source : https://www.lemonde.fr/blog/sexologie/2020/06/19/les-15-lecons-du-coronavirus/

Il n&#39 ;y a pas de raison de craindre ou réprimer l&#39 ;émotion de colère ni chez les adultes ni chez les enfants (la colère n&#39 ;est pas synonyme de violence) - Apprendre à éduquer{{}}

In Il n’y a pas de raison de craindre ou réprimer l’émotion de colère ni chez les adultes ni chez les enfants (la colère n’est pas synonyme de violence) - © 2020 Apprendre à éduquer | Création et maintenance par l’Agence web CLECOMWEB – « Ce blog a pour vocation d’apprendre à raisonner et à penser autrement : raisonner en termes de besoins, d’émotion, de connaissance de soi (mémoire traumatique), d’empathie et auto empathie, d’attachement et de droit à l’erreur pour une parentalité consciente et bien traitante ».

Ressentiment : le fait de se souvenir avec animosité des torts qu’on a subis. Référence universitaire suggérée : François Jarrige [maître de conférences en histoire contemporaine à l’Université de Bourgogne et membre du LIR3S UMR 7366 CNRS-uB]. Ressentiment, révoltes et histoire. Le ressentiment, passion sociale, Presses universitaires de Rennes, pp.77-93, 2012. halshs-00915759.

« Le ressentiment est un recyclage permanent, une longue colère rentrée, alors que la colère est une émotion primaire, mouvement biologique qui s’imprime dans le corps et mobilise de l’énergie pour se défendre… » - Christophe André [Voir https://www.christopheandre.com/ et https://fr.wikipedia.org/wiki/Christophe_Andr%C3%A9 ] - Source

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Introduction

Après ce Préambule comme entrée en matière, ce dossier, réalisé dans un but didactique, propose un ensemble de documents sélectionnés qui invitent à entrer dans le domaine du sentiment psychologique du ressentiment et à montrer des voies et des moyens de s’en sortir, notamment en abordant et en se nourrissant avec les notions de beauté et d’esthétique.

Les détails de ces documents choisis sont décrits dans le Sommaire ci-après, avec tous les accès possibles pour approfondir la matière.

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Sommaire

1.Une introduction à la notion de Ressentiment selon Wikipédia

2.Le ressentiment : comprendre les mécanismes du ressentiment pour s’en libérer - 27 janvier 2018 Caroline Emotions

3.Les effets délétères du ressentiment et de la rancune - Par mieuxapp

4.Dépasser le ressentiment pour sauver la démocratie avec Cynthia Fleury - Le 05/10/2020 - À retrouver dans l’émission L’Invité(e) des Matins par Guillaume Erner France Culture

5.Philosophie - Le ressentiment, cette prison que l’on doit tous quitter - Marie-Pierre Genecand - Publié dimanche 24 janvier 2021 à 14:00 – Document ‘letemps.ch/’

6.Livre de Cynthia Fleury : « Ci-gît l’amer, guérir du ressentiment » - Par : Pierre-Edouard Deldique - Publié le : 09/04/2021 - 17:48 – Enregistrement Audio 48:30 - Document ‘rfi.fr/’ - Idées

7.Introduction de Wikipédia sur Cynthia Fleury

8.2020/2021 – Les philosophes - Philosophers : avec Cynthia Fleury Vidéo 1:08:45 - 16 mars 2021 - La Maison Française of New York University

9.Livre de Cynthia Fleury : « Guérir du ressentiment » - Un entretien de la revue ‘Esprit’ – Vidéo 53:50 - 26 avril 2021 - Revue Esprit #philosophie #psychanalyse #politique

10.Une introduction à la notion d’ Esthétique selon Wikipédia

11. « Sans tabou », Un débat entre Edgar Morin et Cynthia Fleury sur ’L’Esthétique’- 15/03/2017 - Vidéo 1:43:57 - ESSEC Business School

En Reconnaissance et quelques suggestions de lecture sur certains de ces sujets / ISIAS

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  • Une introduction à la notion de Ressentiment selon Wikipédia
    Le ressentiment désigne, en philosophie et en psychologie, une forme de rancune mêlée d’hostilité à ce qui est identifié comme la cause d’une frustration. Le sentiment de faiblesse ou d’infériorité ou de jalousie, face à la « cause » générant cette frustration, conduit à rejeter ou attaquer la source perçue de cette frustration. Il est parfois prompt à désigner des boucs émissaires, logique séculaire notamment dévoilée par René Girard (1982)1

Extrait concernant Cynthia Fleury

En 2020, dans un ouvrage titré Ci gît l’amer - guérir du ressentiment (Gallimard, 2020), Cynthia Fleury pose l’hypothèse que de nombreux individus et collectifs souffrent du ressentiment, un poison qui les ronge et paralyse l’action, et qui nous éloigne de l’ « affectio societatis ».

L’auteure, en s’appuyant sur des philosophes, psychanalystes, historiens, poètes et divers auteurs, ainsi que sur son expérience, propose des clés psychanalytiques et socio-politiques pour dépasser ce sentiment négatif trop souvent source de déni, de défiance exacerbée voire de haine.

« Plus on pénètre dans le ressentiment, moins on a la capacité de le conscientiser. Donc on rentre dans le déni et dans l’incapacité, tout en se croyant être capable ».

Le ressentiment est selon elle une « maladie typique de la démocratie, beaucoup moins d’un État autoritaire. Notre rapport à l’égalité et absolument déterminant. Adorno parlait même d’un égalitarisme répressif, c’est à dire, en somme, que notre manière de nous ressentir égaux, c’est d’aller vérifier. Or, là, bien évidemment, explosent les inégalités. Et donc, oui, vous avez un sentiment de ressentiment qui est plus fort ».

Selon elle, pour sortir de la crise de la COVID-19 notamment, la collégialité va devoir un petit peu reprendre la main, dans un État social de droit. Elle estime que « la traduction politique du ressentiment (populisme...) ne produit pas une action politique viable. Il y a une objectivation des conditions désastreuses du moment. Je vois comment je vais aller vers la sublimation de cette tentation du ressentiment. Encore une fois, le choix que je fais (...), je pars du principe que c’est du domaine du pari pascalien, que c’est un choix éthique, c’est une fonction régulatrice ».

Lire l’article très riche sur ce site : https://fr.wikipedia.org/wiki/Ressentiment

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  • Le ressentiment : comprendre les mécanismes du ressentiment pour s’en libérer - 27 janvier 2018 Caroline Emotions
    « Le ressentiment sous toutes ses formes est étroitement lié à l’inaptitude au bonheur ». – Christophe André

Dans son livre Les états d’âme, Christophe André consacre un chapitre au ressentiment. Selon lui, réfléchir au ressentiment amène à réfléchir également à la colère (qui est une émotion forte et par définition temporaire) ainsi qu’aux états d’âme associés :

  • ceux qui précèdent la colère et la facilitent (mauvaise humeur, fatigue, hostilité),
  • ceux qui l’expliquent (envie, malheur),
  • ceux qui la remplacent (bouderie, mépris).
    Christophe André définit le ressentiment comme une manière de ruminer la colère en un long reproche adressé au monde et aux humains. Il différencie le ressentiment de la colère : le ressentiment est un recyclage permanent, une longue colère rentrée alors que la colère est une émotion primaire, mouvement biologique qui s’imprime dans le corps et mobilise de l’énergie pour se défendre. La colère est coûteuse en énergie intérieure et est donc déclenchée ponctuellement et ne dure jamais plus de quelques minutes afin que l’organisme ne soit pas littéralement épuisé par elle. A l’inverse, le ressentiment n’est pas obligé de s’arrêter : il peut nous habiter plus longtemps que la colère primaire… et donc nous dévorer. D’ailleurs, Christophe André remarque que nous perdons dans le ressentiment les bénéfices de la colère : l’incitation à passer à l’action, à restaurer l’intégrité menacée, à demander réparation, à discuter et trouver des solutions (il s’agit de ne pas non plus confondre colère et violence).

Le ressentiment est une façon de diluer sa colère, de l’étaler dans le temps. Mais, du coup, d’en mettre partout dans notre vie, le mouvement naturel des états d’âme étant de s’étendre et de prendre toute la place disponible en nous… – Christophe André

C’est l’aspect durable du ressentiment comme rumination qui en fait un état d’âme redoutable pour notre santé mentale et notre vie sociale. En nous enfermant dans le ressentiment, nous nous emprisonnons dans une vision punitive du problème : pour que la souffrance cesse, nous rêvons de pouvoir punir les coupables (quels qu’en soient les moyens…). Dans cette attente de punition, de revanche, de vengeance, de domination, nous sommes incapables de trouver des solutions et d’évoluer, de revenir au calme, de collaborer pour trouver des consensus satisfaisant toutes les parties engagées.

8 pistes pour éviter le ressentiment :

Réfléchir sur le mode “Quoi ?” et “Comment ?”

Ruminer la colère sur le mode “Pourquoi ?” - pourquoi il/elle m’a fait ça ? pourquoi c’est à moi que ça arrive ? Pourquoi il/ elle ne m’appelle pas ? - alimente le ressentiment et augmente les fréquences des pensées en lien avec l’événement à la source de la colère.

Penser sur le “quoi ?” et le “comment ?” permet de couper les ruminations mentales : que s’est-il passé exactement ? Cmment ça a démarré ? Comment j’ai ressenti et compris les choses ?

Faire l’effort de réfléchir sur ce qui s’est passé en empruntant le point de vue d’autres

Comment quelqu’un d’extérieur aurait-il compris la situation ? Comment l’aurait-il décrite ?

Comment la ou les personnes avec lesquelles je suis en désaccord, ont-elles pu vivre cette même situation de leur côté ?

Avoir conscience de la naissance du ressentiment

Le ressentiment prend naissance dans les pensées qui font “effraction” dans le mental. Nous pouvons alors faire un effort conscient pour repérer les pensées hostiles qui se manifestent souvent par des mots sans nuance (toujours, jamais, tout, rien), des comparaisons (il/elle a plus, c’est injuste, j’ai moins…) et faisant porter la responsabilité sur l’autre (il fait…, elle m’énerve, c’est sa faute…).

Dans ce nouvel état d’esprit, ce n’est plus la situation ou les personnes qui posent problèmes mais bel et bien les pensées qui s’emballent. Prendre conscience que le ressentiment cherche à s’immiscer en nous permet de le freiner avant qu’il ne commence son oeuvre de distorsion de la réalité.

Accepter de sentir la colère et le ressentiment en soi

Accepter l’émotion, la nommer et l’envisager dans toutes ses dimensions est la première étape pour en calmer l’intensité : “Oui, c’est vrai, je suis en colère… oui, c’est vrai, j’ai envie de tout casser… oui, c’est vrai, j’ai les poings qui se serrent quand j’y pense…”. Plus l’émotion de colère sera décrite dans toute son expérience, moins elle risque de se transformer en violence ou en ressentiment.

Une émotion a cinq dimensions :

  • les sensations corporelles : comment ça fait dans mon corps ? où est-ce que cela se passe ? qu’est-ce que je ressens dans mes mâchoires, mes poings, ma poitrine ?
  • l’intensité de l’émotion : quel est mon niveau de colère ? est-ce de l’irritation ? de la colère ? de la rage ?
  • les pensées : à quoi je pense ? qu’est-ce que je me dis à moi-même ? que veut me faire faire ma petite voix ?
  • les tendances à l’action : qu’est-ce que j’ai envie de faire ?
  • les besoins : sur quel problème mon émotion de colère attire-t-telle mon attention ? quel est le besoin qui m’anime et qui n’est pas satisfait ?
    Décider de manière volontaire et consciente de ne plus se laisser déborder par le ressentiment

Décider de manière volontaire et consciente de laisser peu de place au ressentiment est possible. Il est en notre pouvoir de nous dire : “Oui, c’est vrai, j’ai envie de me venger et je ne le ferai pas”.

Il y aura des rechutes dans la lutte contre le ressentiment mais il est possible, avec le temps, d’apprendre à ne plus tolérer le ressentiment en soi. Cet apprentissage peut passer par :

  • le fait de s’efforcer de sourire au lieu de s’énerver, de se moquer gentiment de soi-même, de rire de soi-même
  • le fait de planifier et anticiper les situations potentiellement génératrices de ressentiment, de prendre des dispositions pour éviter la situation et/ou de se doter de ressources pour réguler les émotions fortes
  • le fait de réfléchir en termes de besoins : quel est mon/ mes besoins ? comment je me sens quand ils ne sont pas satisfaits ? comment je peux faire en sorte de les satisfaire ici et maintenant ? comment puis-je les satisfaire moi-même ?
  • le fait de s’écouter soi-même et se donner de l’empathie : y a-t-il un espace vulnérable en moi qui a besoin d’être écouté ?
    Réfléchir au ressentiment (sa signification, les conditions de son apparition, les conditions de son entretien)

Le ressentiment mérite toujours réflexion. Cette réflexion ne peut pas être efficace à chaud mais nécessite un temps calme ultérieur, à froid. Cela peut se faire en :

  • prenant un temps de relaxation, de respiration profonde pour détendre le corps
  • se demandant ce qui s’est passé pour soi : le déclencheur (description de la situation de manière objective comme une caméra qui aurait filmé la scène), les pensées, l’émotion (dans toutes ses dimensions), les besoins non satisfaits et qui demandaient satisfaction, les actes posés (par soi-même, par les autres)
  • se demandant comment la scène aurait pu se passer différemment : quelle était ma marge de manœuvre ? sur quoi j’avais le pouvoir pour faire autrement ? qu’est-ce que j’aurais pu dire/ demander ? quelles stratégies de régulation émotionnelle j’aurais pu utiliser (exemples : pleine conscience, sophrologie, recadrage…) ?
  • identifiant ce qui est important pour soi (les valeurs, les besoins, les attentes)
  • trouvant des solutions non violentes (envers soi-même et les autres) pour se rapprocher de ce qui est important, formuler des demandes
  • identifiant des éventuelles émotions sous-jacentes : y a-t-il une peur ou une tristesse à l’origine de la souffrance et donc de la colère ? sur quoi ma tristesse attire-t-elle mon attention ? comment combler le besoin non satisfait à l’origine de cette tristesse ? idem pour la peur ?
    Apprendre à exprimer ce qui ne va pas

Le processus de la Communication Non Violente est efficace pour formuler des demandes qui suscitent la coopération plutôt que l’affrontement.

Une demande formulée avec la Communication Non Violente passe par le processus OSBD : Observation – Sentiment – Besoins - Demande (lire cet article : Comment formuler une demande claire en Communication Non Violente (CNV) ?)

https://xn--matransformationintrieure-tic.fr/wp-content/uploads/2017/02/processus-cnv.png

  • Réfléchir en termes de niveau de bonheur
    Christophe André écrit qu’il existe une incompatibilité totale entre les états d’âme liés à la colère et ceux liés au bonheur. Il nous invite donc à nous demander : “Est-ce que je veux continuer comme cela ? Est-ce que je me sens bien dans ces états d’âme ? Est-ce que j’ai envie d’élever mon niveau de bonheur ?”.

Selon lui, ce n’est pas seulement repousser le ressentiment qui est intéressant mais créer les conditions du bonheur en nous-même (pour rendre la survenue du ressentiment aussi rare que possible). Cultiver le bonheur intérieur peut passer par :

  • faire preuve de gratitudeau quotidien
  • faire preuve d’empathie (envers soi-même et les autres)
  • pratiquer des activités qui ont un sens et procurent du plaisir
  • toujours chercher à comprendre le point de vue des autres en raisonnant en termes de besoins
  • pratiquer la pleine conscience/ la méditation
  • passer du temps de qualité avec les proches
  • faire preuve de créativité aussi souvent que possible (créer quelque chose de ses mains)
  • bouger (et de préférence en contact avec la nature, la verdure)
  • trouver ses forces et points forts, ses compétences personnelles et les utiliser aussi souvent que possible dans la vie personnelle et professionnelle
  • améliorer la résilience (ce qui passe notamment par un travail d’alphabétisation émotionnelle)
  • prendre soin des relations avec les autres et faire preuve d’altruisme
  • nourrir une vie spirituelle et/ou artistique
  • dormir suffisamment
  • cultiver l’optimisme
    Source : Les états d’âme : un apprentissage de la sérénité de Christophe André (éditions Odile Jacob). Disponible en médiathèque, en librairie ou sur internet.

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Mots clefs colère ressentiment

Source : https://matransformationintérieure.fr/eviter-le-ressentiment/

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  • Les effets délétères du ressentiment et de la rancune - Par mieuxapp |Publié le 15 janvier 2019 - Psychologie-
    Avez-vous parfois le sentiment que vous transportez avec vous, et quotidiennement, des objets toxiques ? Vous fouillez dans vos poches et ne trouvez rien de tel. Et pourtant… Qui ne porte pas, dans un coin de son esprit, du ressentiment pour telle ou telle personne, un collègue, un frère, un ex-conjoint ou un policier trop zélé à « faire du chiffre » ? Comment agit sur notre cerveau ces émotions négatives passées dont nous n’arrivons pas à nous débarrasser ? Les chercheurs nous disent qu’elles sont très, très toxiques. En suivant l’Américain Eric Jensen, qui fait une synthèse de nombreuses recherches, découvrons les effets délétères du ressentiment et voyons comment nous pouvons les sortir définitivement de notre esprit.

D’après le chercheur Paul Ekman de l’Université de Californie, dans un article intitulé What Scientists Who Study Emotion Agree About (Ce sur quoi ceux qui étudient les émotions sont d’accord), les humains ont des émotions apprises et figées, « câblées » dans notre cerveau et qui servent à notre survie : par exemple, la peur d’un danger physique nous prépare à fuir ou à nous battre.

Le ressentiment (ou la rancune) est considéré par certains comme une émotion nécessaire à notre survie – et ils ont tort. Il n’y a absolument aucun avantage à conserver un ressentiment envers quiconque nous a fait du tort, aussi terrible que soit l’action qui nous a blessé. Le fait de se débarrasser de ce sentiment de ressentiment ou d’hostilité n’est pas une acceptation du comportement de ceux qui nous ont blesées : c’est une manière de relever l’ancre que nous traînons au fond de l’océan tout en ramant pour faire avancer la barque de notre vie.

Qu’est-ce que le ressentiment ? D’où viennent les rancunes ou les ressentiments qui nous habitent et comment nous en débarrasser ? Voyons d’abord la définition.
Le ressentiment ou la rancune, à quelques nuances près, c’est « en vouloir à quelqu’un », c’est garder pendant très longtemps une charge émotionnelle contre un autre. C’est une blessure non résolue et non guérie de quelque chose qu’un autre a dit ou a fait et qui nous a blessés. Dans les deux cas la douleur est réelle, que cela soit réel ou imaginaire.

Curieusement, le ressentiment active le système de récompense dans votre cerveau – en particulier le noyau accumbens et le noyau caudé qui jouent un rôle important dans le circuit de la récompense. C’est ce qu’expliquent les chercheurs Joseph Billingsley et Elizabeth Losin, de l’Université de Miami (États-Unis). Comment expliquer cela : que la rancune active le circuit de la récompense dans notre cerveau ? C’est parce que nous gardons cette blessure dans notre conscience en pensant pouvoir un jour avoir le plaisir de punir en retour celui qui nous a blessé – que nous imaginons comme une sorte de récompense.
Bien entendu, c’est une illusion. Car même si nous avons l’occasion de punir en retour la personne qui nous a blessés, cela ne sera jamais une « récompense » et cela n’effacera jamais ce qui nous a fait souffrir.

Cet espoir de récompense, en plus d’être illusoire, est hautement toxique et touche à notre santé physique, émotionnelle et cognitive.

  • La santé physique. Les chercheurs américains Loren Toussaint, Grant Shields et Gabriel Dorn ont montré que les personnes qui ont de la rancune et du ressentiment sont sujettes à toute une série de conséquences indésirables : maladies cardiaques, obésité, résistance à l’insuline, taux de lipides élevé, excès de triglycérides, augmentation de la consommation d’alcool et tabagisme – pour n’en nommer que quelques-uns
  • La santé émotionnelle. Le chercheur Anthony Ricciardi a montré que le ressentiment est lié à la dépression et à d’autres problèmes de santé mentale.
  • La santé cognitive. Nous avons besoin chaque jour d’un cerveau pleinement fonctionnel pour notre travail. Le chercheur Toussaint a montré que les personnes qui entretiennent de l’hostilité envers d’autres souffrent d’une altération de la fonction cognitive, ce qui rend difficile la réflexion, l’apprentissage et la mémorisation.
    Alors, puisque les effets du ressentiment sont si toxiques, comment s’en débarrasser ? Les chercheurs cités plus haut nous expliquent que cela tient en deux choses :
  • la réduction (ou la dissipation) de nos pensées, sentiments ou motifs de vengeance ou de colère,
  • un mouvement de positivité à l’égard de la personne qui nous a blessé,et faire en sorte que cela soit un trait permanent de notre personnalité.
    Encore une fois, il ne s’agit pas de nier ni d’annuler la gravité de la blessure créée : il s’agit de reconnaître la douleur, de prendre le contrôle de la blessure et de choisir de l’accepter.
    Se détacher de sa rancune ou de son ressentiment n’est pas facile. Quel intérêt pouvons-nous y gagner ? Essentiellement pour les trois raisons citées plus haut : pour avoir une meilleure santé physique, émotionnelle et cognitive.
  • Les mêmes chercheurs confirment que les personnes qui se détachent de leur rancune ont une meilleure santé physique et plus précisément : ils ont un cœur en meilleure état, vivent plus longtemps, dorment mieux, ont moins tendance à se tourner vers les médicaments ou l’alcool pour se soulager.
  • Ils ont également une meilleure santé émotionnelle : ils ont moins de stress (ce qui améliore également la santé physique), sont plus heureux et ont un état de bien-être général.
  • Et enfin ils confirment que cela peut peut atténuer les déficiences cognitives, qui pourraient sinon persister plus de 10 ans.
    Nous avons vu que le ressentiment et la rancune agissent sur le circuit cérébral de la récompense, en attente d’un plaisir illusoire de revanche. Que se passe-t-il dans notre cerveau lorsque nous choisissons de laisser tomber notre rancune ? Cette partie de notre cerveau nous donne le choix de rester sur notre rancune ou de nous en débarrasser. C’est notre choix de vie, pas une fatalité.

Dans ce cas, les chercheurs Joseph Billingsley et Elizabeth Losin, cités plus haut, ont montré une activité particulière du cortex préfrontal, une région du cerveau impliquée dans la pensée critique, la planification et la prise de décision : c’est le cortex préfrontal qui fait que vous décidez de prendre un parapluie parce que le bulletin météo a annoncé de la pluie, de donner un rendez-vous à une personne que vous appréciez – ou d’arrêter votre ressentiment. Les mêmes chercheurs ont montré que le cortex préfrontal semble inhiber la recherche de vengeance générée par les centres de récompense du cerveau qui génèrent le ressentiment.

Cette partie de notre cerveau nous donne le choix de rester sur notre rancune ou de nous en débarrasser. C’est notre choix de vie, pas une fatalité.

Pratiquement, comment faire ? Voici 5 étapes qui sont proposées pour nous débarrasser de nos rancunes :

  • Reconnaître la souffrance : si vous voulez vraiment vous débarrasser de la souffrance qui a engendré votre ressentiment, vous devez d’abord reconnaître les sentiments que vous vivez. Exprimez-les par écrit ou partagez-les avec une personne de confiance.
  • Reconnaître l’inutilité du ressentiment : refuser de lâcher son ressentiment donne un faux sentiment de pouvoir : en réalité, vous laissez le choix à quelqu’un d’autre avoir du pouvoir sur vous.
  • Faire preuve d’empathie envers la personne qui vous a blessé. Considérez la personne qui vous a blessé comme un être humain, doté d’une humanité, d’un caractère et d’une personnalité qui ne se réduit pas à ce qu’elle vous a fait. Voyez les choses avec son point de vue : quel besoin cherchait-elle à satisfaire en agissant comme elle a agi ? Trouvez des similitudes entre vous et la personne qui vous a blessé.
  • Faire le choix de tourner la page. La souffrance que vous réactivez en demeurant dans le passé est votre choix. Choisissez de ne plus être victime, abandonnez votre désir d’attendre une justice qui serait délivrée par une puissance supérieure, et passez à autre chose. Utilisez votre cortex préfrontal et choisissez une vie meilleure et une meilleure santé.
  • Réparer ou couper la relation. Il vous appartient de décider si la personne qui est à l’origine de cette expérience blessante doit rester dans votre vie. Si c’est le cas, travaillez à réparer la relation et à aller de l’avant. Sinon, retirez-la de votre vie et passez à autre chose.
    Un point supplémentaire : il arrive que nous ayons de la rancune… envers nous-même, en particulier lorsque nous n’atteignons pas le niveau de perfection que nous aimerions montrer au monde. La pathologie est la même que lorsque cette rancune vise une personne extérieure. Et le remède est identique. Acceptons nos imperfections – ce qui ne signifie pas de les justifier – et réparons notre relation avec nous-même.

Auteur : Bruno Hourst

Ressources

What Scientists Who Study Emotion Agree About

The Neural Systems of Forgiveness : An Evolutionary Psychological Perspective

Effects of lifetime stress exposure on mental and physical health in young adulthood : How stress degrades and forgiveness protects health

Jensen Learning

Articles récents :

© 2021 – Tous droits réservés - Propulsé par – Réalisé avec the Thème Customizr – Source : https://www.mieux-apprendre.com/blog/2019/01/15/les-effets-deleteres-du-ressentiment-et-de-la-rancune/

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  • Dépasser le ressentiment pour sauver la démocratie avec Cynthia Fleury - Le 05/10/2020 - À retrouver dans l’émission L’Invité(e) des Matins par Guillaume Erner France Culture
    Quel est ce ressentiment dont il est question ? Comment menace-t-il la démocratie ? Comment en guérir ?

Photo - Cynthia Fleury • Crédits : Lionel Bonaventure - AFP

Les individus et le collectif, même combat. Pour Cynthia Fleury, ils souffrent tous deux du ressentiment, ce poison qui empêche d’avancer. Dans son livre Ci gît l’amer - guérir du ressentiment (Gallimard, 2020), la psychanalyste et philosophe propose, à l’échelle psychanalytique et politique, des manières de dépasser ce mécontentement qui ronge la société. Elle apporte des éléments de réponses en convoquant des philosophes, des psychanalystes, des historiens, des poètes, des écrivains mais aussi des expériences personnelles.

Le ressentiment : une maladie contemporaine ?

La notion de ressentiment n’est peut-être pas forcément tout de suite adaptée, dans la mesure où ce qui vient valider qu’il y a ressentiment - par rapport à une colère, par rapport à un sentiment de défiance exacerbé, par rapport à parfois même une haine qui peut monter de l’envie - c’est précisément le temps. C’est à dire l’inscription dans le ressentiment. Hélas, les fractures que l’on ressent aujourd’hui dans la société française ont préexisté largement à la crise de la Covid. Maintenant, il s’agit de savoir qu’est ce qui va rester ? (Cynthia Fleury)

Nous avons aujourd’hui des conditions objectives du renforcement du ressentiment. C’est une maladie typique de la démocratie, beaucoup moins d’un État autoritaire. Notre rapport à l’égalité et absolument déterminant. Adorno parlait même d’un d’un égalitarisme répressif, c’est à dire, en somme, que notre manière de nous ressentir égaux, c’est d’aller vérifier. Or, là, bien évidemment, explosent les inégalités. Et donc, oui, vous avez un sentiment de ressentiment qui est plus fort. (Cynthia Fleury)

De la crise sanitaire à la santé

La santé n’est pas une absence de maladie : c’est un état global de bien-être physique, psychique, social, on pourrait ajouter environnemental. Quand on défend la vie humaine, on ne défend pas uniquement la vie biologique, mais on défend ce que j’ai appelé ’l’indivisibilité de la vie’. Quand aujourd’hui, vous vous plaignez malgré tout du fait que on vous enlève la possibilité de faire un affectio societatis, vous avez raison, vous êtes dans votre bon droit, vous êtes dans l’idée juste de ce qu’est une santé. Cela veut dire demain que la collégialité va devoir un petit peu reprendre la main et que nous sommes un Etat social de droit. [Car] nous ne nous ne produisons pas le même type de gouvernance d’une épidémie qu’un État autoritaire. Et c’est ça aussi qui fait notre valeur. (Cynthia Fleury)

Dépasser le ressentiment : un choix éthique

Ma thèse est que la traduction politique du ressentiment ne produit pas une action politique viable. Il y a une objectivation des conditions désastreuses du moment. Je vois comment je vais aller vers la sublimation de cette tentation du ressentiment. Encore une fois, le choix que je fais (...), je pars du principe que c’est du domaine du pari pascalien, que c’est un choix éthique, c’est une fonction régulatrice. (Cynthia Fleury)

La question est aujourd’hui de savoir vers quelle tentation majoritaire nous allons tendre. A un moment donné, il y a un phénomène de convergence possible de tous ces ressentiments qui sont très, très éloignés les uns des autres, mais qui en fait, vont converger. Plus on pénètre dans le ressentiment, moins on a la capacité de le conscientiser. Donc on rentre dans le déni et dans l’incapacité, tout en se croyant être capable. (Cynthia Fleury)

Les Dernières Diffusions :

Chroniques : 8H00 15 min Journal de 8 h

Covid-19 : les bars devront fermer en zone d’alerte maximale pendant deux semaines

8H16 4 min Le Billet politique

Un sondage 18 mois avant une élection : est-ce bien raisonnable ?

Bibliographie

Livre – 1èrede couverture - Ci-gît l’amer. Guérir du ressentiment Cynthia Fleury Gallimard, 2020

Intervenante : Cynthia Fleury Philosophe et psychanalyste, professeure au Conservatoire National des Arts et Métiers, professeure associée à l’Ecole des Mines de Paris et directrice de la chaire de philosophie à l’hôpital Ste-Anne

À découvrir :

Marcel Gauchet : La démocratie peut-elle survivre à l’époque ?

Un an après : la société au stéthoscope. Avec Emmanuel Hirsch et Céline Lefève

Comment la démocratie est apparue. Et comment elle pourrait disparaître...

Tags : France Idées Inégalités Friedrich Nietzsche Psychologie Cynthia Fleury Psychanalyse

L’équipe – Production : Guillaume Erner – Réalisation : Vivien Demeyère - Production déléguée : Pauline Chanu - Avec la collaboration de : Elodie Piel, Léa Capuano, Sophie Alavi

Radio France

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Source : https://www.franceculture.fr/emissions/linvitee-des-matins/depasser-le-ressentiment-pour-sauver-la-democratie-avec-cynthia-fleury

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    • Philosophie - Le ressentiment, cette prison que l’on doit tous quitter - Marie-Pierre Genecand - Publié dimanche 24 janvier 2021 à 14:00 – Document ‘letemps.ch/’
      Dans un essai brillant, Cynthia Fleury montre comment l’amertume éteint l’être et l’empêche de se réinventer. L’intellectuelle donne ses clés pour se penser plus universel qu’embastillé.

illustration pour ’Dans Ci-gît l’amer’ Cynthia Fleury propose de sortir de la logique de vengeance et du délire victimaire. — © Leyla Goormaghtigh pour Le Temps

L’époque est à la haine et à l’imprécation ? Au sentiment d’injustice et au besoin incessant de réparation ? L’époque se trompe, assure Cynthia Fleury dans Ci-gît l’amer. Guérir du ressentiment, un essai brillant et réconfortant qui, de Nietzsche au psychiatre anticolonialiste Frantz Fanon, en passant par Adorno et son art abstrait de la sublimation, remet la responsabilité individuelle au centre et propose, face à la souffrance qui accable chacun, de se libérer par la création plutôt que ressasser sa frustration.

« Inutile d’être tragique, dit la philosophe et psychanalyste en citant Jankélévitch. Il suffit d’être sérieux. » Et d’oser réveiller le chien méchant qui dort au fond de notre inconscient pour l’affronter et dépasser nos pulsions. Battre le faible en soi, celui qui, précisément, s’aigrit en faisant de l’Autre, l’ennemi.

Produire de la reconnaissance

Cynthia Fleury porte bien son nom. Cette intellectuelle française âgée de 46 ans a lu tous les livres, – et en a écrit quelques-uns –, mais rien de pédant dans son essai qui, dans un langage souvent doux comme un pétale, fait le pari de l’ouverture, de l’imagination et de l’admiration. Comment ? En célébrant la capacité du sujet à « produire de la reconnaissance pour autrui, même s’il n’en a pas vu la trace dans sa propre vie ». « Il y a la lecture pour être reconnu, il y a les arts pour être reconnu. Lorsque les êtres faillissent, lorsqu’ils sont incapables de nous donner un peu de cette reconnaissance dont nous avons tant besoin, il faut faire alliance avec la culture pour sortir du désastre de l’avilissement programmé. »

Lire aussi : Cynthia Fleury : « Nous pouvons créer un rapport de force plus citoyen face à la tech »

Un pacte avec l’Ouvert, notion du poète Rilke qu’affectionne la philosophe, car l’Ouvert parie sur la capacité d’oubli, l’abandon de la vérité figée et de l’idée de soi crispée au profit de l’espace, du mouvement et du renouvellement. L’Ouvert, c’est l’art de « déplier le monde », du sociologue Norbert Elias. Soit un vaste domaine, sans porte, ni fenêtre, où cohabitent « l’imagination de la mort et le calme regard de l’animal ». Autrement dit, où l’on se reconnaît humble et mortel, sans pour autant perdre ses ailes.

Les grimaces de l’amertume

Cynthia Fleury ne tient pas d’emblée ces propos ailés. S’appuyant sur L’Homme du ressentiment, un essai de 1912 du sociologue Max Scheler dont elle réprouve les thèses antisémites venues après, la philosophe dresse d’abord la liste des grimaces de l’amertume. Et le catalogue est édifiant. Une précision, cependant : tous les êtres ne cèdent pas à cette pente du pire. « Je défends l’idée d’une différence radicale entre les hommes dans leur aptitude ou non à se tenir à distance de leur propre ressentiment. Si chaque homme peut le reconnaître, chaque homme ne devient pas le lieu de sa fossilisation. »

Lire également : André Comte-Sponville : « Montaigne, un maître zen indispensable »

C’est que le ressentiment relève de la rumination mortifère, du ressassement aliénant – Montaigne parle de « s’opiniâtrer ». Pratiquant le discours victimaire, l’homme du ressentiment oublie vite l’objet premier de sa plainte pour s’enfler d’un « refoulement total », d’une « totale négation des valeurs ». « Le sujet devient gros, enserré, jamais apaisé par ses vociférations, comme intoxiqué », dépeint encore Cynthia Fleury avec un sens théâtral de l’image.

Le faible sous le fort

C’est, bien sûr, « la faute toujours portée sur l’autre, tous les autres » et « la fin du discernement ». Car, « discerner suppose de retenir son souffle, d’être à l’affût, de se retirer, alors que le sujet ressentimiste se vit comme premier protagoniste de l’affaire ». Il s’agite, s’époumone, fanfaronne. Mais, alors qu’il se présente volontiers comme défenseur de la liberté d’expression sur le mode « j’ose dire tout haut ce que les gens pensent tout bas », le sujet est en fait « aliéné », parce qu’« enfermé dans une fureur qui consume » et auteur d’un jugement « au ras du sol, puisque dénué de vraies valeurs ».

Lire encore : Libéralisme, le grand doute

A la décharge du fâcheux, Max Scheler et Tocqueville avant lui ont estimé que « le régime démocratique est un lieu structurellement plus enclin au ressentiment », car « la moindre inégalité blesse l’œil et l’insatiabilité de l’individu en termes d’égalitarisme est dévastatrice ». La maxime « tous égaux en droits », socle de la démocratie, provoque de fait des attentes bafouées par la réalité de l’économie de marché. Cynthia Fleury admet cette frustration, mais, selon elle, « le ressentiment est plus structurel en l’homme » que lié à la situation politico-économique, car, même « dans une situation économique égalitaire, il se déplace vers la reconnaissance symbolique et projette sur l’autre son éternelle détestation ».

Ego mal construit

Le ressentiment est donc l’œuvre d’un ego mal construit et ne se questionnant jamais, incapable de gérer la frustration et faible, au final, puisque nécessitant la masse comme lieu d’approbation. Un de ses terrains de prédilection ? Les réseaux sociaux, bien sûr, rayon théories du complot.

Sans aller jusqu’à cette extrémité, que penser des angoissés chroniques qui ne cessent de pester par simple terreur de leur propre finitude ? Pour Cynthia Fleury, rien, pas même la mort, ne justifie la rumination. « La mort est un bout, pas un but », rappelle-t-elle, citant Montaigne. La fin ne guide pas nos actes, ni nos pensées, mais les conclut.

A cet égard, la philosophe voit dans la posture de Nietzsche le début d’un salut. Quand le philosophe controversé écrit « Défendre le fort contre le faible », il ne s’agit pas « de défendre le puissant politiquement contre le démuni », commente l’auteure. « L’équation est plus subtile, et le combat est d’abord intérieur, spirituel. Défendre le fort, c’est défendre l’obligation d’une sublimation du ressentiment, quoi qu’il en coûte ; c’est valider le fait que l’anéantissement ne peut pas être le fin mot de l’histoire. »

Revoir notre rapport à l’histoire

L’histoire, justement. L’intellectuelle n’a pas froid aux yeux, car, de même qu’elle réprouve les philosophies et religions adossées à la peur de la mort, elle invite les peuples à sortir de la logique de réparation. « Il y aura peut-être justice, cette quête peut exister, mais à condition de ne pas susciter la haine de l’autre comme moteur. Abandonner la plainte, prendre ce risque-là, non pas capituler, mais décider que sa blessure sera ailleurs, qu’elle n’est pas là, dans cet échange médiocre avec l’autre. »

Pari compliqué au vu des prisons identitaires et autres éternels désirs de vengeance. « Toute notre histoire est construite là-dessus, reconnaît Cynthia Fleury. Il n’est donc nullement simple d’abandonner ce moteur classique et d’inventer un autre déploiement, celui d’une justice qui se pense par l’action, l’engagement, l’invention, la sublimation et non la réparation. »

Réparation ? Non, création !

Cette notion est centrale pour l’auteure, car même dans son activité de psychanalyste, Cynthia Fleury ne promet pas à ses analysants de sortir « réparés de la cure », de « revivre comme ils avaient vécu, avant le drame, avant le traumatisme ». « Il y aura création et non réparation », insiste celle qui assimile précisément la « réparation tombée du ciel à la pensée magique du ressentimiste ».

Qui dit absence de réparation, dit non seulement devoir d’invention, mais aussi devoir d’oubli, « capacité des grandes âmes », selon Nietzsche. « L’oubli a trop souvent été vu du côté de la seule conscience, comme insuffisance, alors même qu’il peut posséder un immense pouvoir vital du côté de l’inconscient », explique Cynthia Fleury.

C’est l’histoire du chien méchant de Freud évoquée plus haut. On réveille la bête blessée qui dort au fond de notre inconscient, on considère avec finesse, mais sans complaisance, le prix de la douleur (pretium doloris) de cette blessure et puis on renvoie la bête, neutralisée, dans sa niche, qui est sa juste place. C’est, dit la spécialiste, un autre sens du « ça suffit ! », fonds de commerce de l’homme amer. Ici, il s’agit d’« un « cela suffit » non vindicatif, qui témoigne de l’obligation morale de passer à autre chose, pour que se déploie à nouveau un geste de connaissance », détaille l’auteure.

Adorno et Fanon

Le fascisme est, on s’en doute, la traduction politique du ressentiment. Avec soin, Cynthia Fleury montre comment Adorno, philosophe juif allemand contraint à l’exil par la montée du nazisme, a échappé à sa réification – n’être que le juif honni que le fascisme voulait faire de lui – en explorant l’abstraction littéraire et les écrivains de l’effacement. Idem pour Frantz Fanon, chantre de la décolonisation.

Pour se désaliéner des chaînes que l’histoire et la bêtise leur ont assignées, ces deux intellectuels et artistes ont commencé par sortir d’eux-mêmes, de leurs territoires identitaires, et à se penser plus universel qu’embastillé. Au point où Frantz Fanon a pu écrire : « Dussé-je encourir le ressentiment de mes frères de couleur, je dirai que le Noir n’est pas un homme. »

« Ce que dit Fanon peut blesser, décrypte Cynthia Fleury, car il ne flatte pas l’individu dans son complexe identitaire. Il l’invite au contraire à sublimer cette origine, non pas à la nier, ni même à la refouler, mais à immédiatement se situer au-delà et ailleurs pour être au monde et le construire. »

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Source : https://www.letemps.ch/societe/ressentiment-cette-prison-lon-quitter

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    • Livre de Cynthia Fleury : « Ci-gît l’amer, guérir du ressentiment » - Par : Pierre-Edouard Deldique- Publié le : 09/04/2021 - 17:48 – Enregistrement Audio 48:30 - Document ‘rfi.fr/’ - Idées
      Titre : « Ci-gît l’amer, guérir du ressentiment », de Cynthia Fleury. Editions Gallimard – 1èrede couverture

Ressentiment. Avec Cynthia Fleury, philosophe, psychanalyste, auteure de Ci-gît l’amer, guérir du ressentiment, un essai publié chez Gallimard. (Rediffusion du 18 octobre 2020).

Culture Littérature - Sur le même sujet : Idées

Cynthia Fleury : « Les Irremplaçables »

Source : https://www.rfi.fr/fr/podcasts/id%C3%A9es/20210409-cynthia-fleury-ci-g%C3%AEt-l-amer-gu%C3%A9rir-du-ressentiment

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Cynthia Fleury est une philosophe et une psychanalyste et française. Elle est professeur titulaire de la chaire Humanités et Santé au Conservatoire national des arts et métiers et professeur associé à l’École nationale supérieure des mines de Paris (Mines-ParisTech), dirige également la chaire de philosophie à l’hôpital Sainte-Anne du GHU Paris psychiatrie et neurosciences et est membre du conseil d’administration de l’ONG Santé Diabète5. Elle a auparavant enseigné la philosophie politique (en qualité de research fellow et associate professor) à l’American University of Paris, et a été chercheuse au Muséum national d’histoire naturelle.

Philosophy, in the 21st century, has changed : its practices and languages are no longer those of the previous century. A turning point has been taken by new generations and thinkers from diverse origins who, more than commenting on the old masters, are taking philosophy into new fields : health, ecology, neurosciences, security warfare, non-Western thought, trans-identities, the rights of non-human living beings...

Shifting the frameworks of the history of philosophy, these thinkers are also finding new audiences, through the media, in hospitals, in the theater, or through literary creation. The 20/21 Philosophers meetings give voice to this renewal of French speaking philosophical practices in the 21st century. In this weekly series, twenty philosophers present their thoughts and redraw the landscape of contemporary philosophy : This week, we welcome Cynthia Fleury.

Traduction Jacques Hallard :

La philosophie, au XXIe siècle, a changé : ses pratiques et ses langages ne sont plus ceux du siècle précédent. Un tournant a été pris par de nouvelles générations et des penseurs d’origines diverses qui, plus que de commenter les anciens maîtres, font entrer la philosophie dans de nouveaux domaines : santé, écologie, neurosciences, guerre sécuritaire, pensée non-occidentale, trans-identités, droits des êtres vivants non-humains...

Bousculant les cadres de l’histoire de la philosophie, ces penseurs trouvent aussi de nouveaux publics, à travers les médias, dans les hôpitaux, au théâtre, ou par la création littéraire. Les rencontres 20/21 Philosophes donnent la parole à ce renouvellement des pratiques philosophiques francophones au XXIe siècle. Dans ce cycle hebdomadaire, vingt philosophes présentent leurs réflexions et redessinent le paysage de la philosophie contemporaine : Cette semaine, nous accueillons Cynthia Fleury.

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Source : https://www.youtube.com/watch?v=8PMQrxxXNWo

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    • Livre de Cynthia Fleury : « Guérir du ressentiment » - Un entretien de la revue ‘Esprit’ – Vidéo 53:50 - 26 avril 2021 - Revue Esprit #philosophie #psychanalyse #politique
      Comment prévenir et dépasser le ressentiment ? D’où provient-il ? À quelles conditions l’État de droit et le gouvernement démocratique permettent-ils de prendre soin des individus pour éviter qu’ils ne basculent dans le ressentiment et ne deviennent incapables de protéger la démocratie ?

Dans son dernier livre, ’Ci-gît l’amer. Guérir du ressentiment’ (Gallimard, 2020), Cynthia Fleury explore les déterminants profonds de l’amertume. S’appuyant sur la #philosophie, la #psychanalyse et la théorie #politique, elle nous explique comment cette « maladie » est typique de la #démocratie et peut conduire au fascisme.

En proposant des clés qui permettent la sublimation de nos souffrances, l’autrice nous invite également à découvrir le goût subtil et libérateur de l’amertume. « Un des points fondamentaux concernant les ’caractères’ du ressentiment est le fait de ne plus savoir voir, de perdre l’accès au juste regard des choses, de perdre cette capacité d’émerveillement et plus simplement d’admiration - donc pas seulement un aveuglement mais une ‘difformation’ de tout, comme si le sujet se crevait les yeux, comme s’il perdait également l’accès à sa propre générosité. »

La discussion est menée par Camille Riquier, philosophe et membre du Comité de rédaction d’Esprit. 📖 Ci-gît l’amer. Guérir du ressentiment (Gallimard, 2020) 👉http://www.gallimard.fr/Catalogue/GAL... 📲 Suivez-nous aussi sur : Facebook : http://bit.ly/FbEsprit​​​ Twitter : http://bit.ly/TwitterEsprit​​​ Instagram : http://bit.ly/InstagrEsprit​​​ Site internet : http://www.esprit.presse.fr

Source : https://www.youtube.com/watch?v=UJIWwrXUCR8

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      Une introduction à la notion d’ Esthétique selon Wikipédia
      L’esthétique est une discipline de la philosophie ayant pour objet les perceptions, les sens, le beau (dans la nature ou l’art), ou exclusivement ce qui se rapporte au concept de l’art. L’esthétique correspond ainsi au domaine désigné jusqu’au XVIIIe siècle par « science du beau » ou « critique du goût », et devient depuis le XIXe siècle la philosophie de l’art. Elle se rapporte, par exemple, aux émotions provoquées par une œuvre d’art (ou certains gestes, attitudes, choses), aux jugements de l’œuvre, à ce qui est spécifique ou singulier à une expression (artistique, littéraire, poétique, etc…), à ce qui pourrait se définir comme beau par opposition à l’utile et au fonctionnel.

Dans le langage courant, l’adjectif « esthétique » se rapproche de « beau ». Comme nom, « esthétique » est une notion désignant l’ensemble des caractéristiques qui déterminent l’apparence d’une chose, souvent synonyme de cosmétique, de design ou d’aspect physique.

L’esthétique est une discipline de la philosophie ayant pour objet les perceptions, les sens, le beau (dans la nature ou l’art), ou exclusivement ce qui se rapporte au concept de l’art. L’esthétique correspond ainsi au domaine désigné jusqu’au XVIIIe siècle par « science du beau » ou « critique du goût », et devient depuis le XIXe siècle la philosophie de l’art. Elle se rapporte, par exemple, aux émotions provoquées par une œuvre d’art (ou certains gestes, attitudes, choses), aux jugements de l’œuvre, à ce qui est spécifique ou singulier à une expression (artistique, littéraire, poétique, etc.), à ce qui pourrait se définir comme beau par opposition à l’utile et au fonctionnel.

Dans le langage courant, l’adjectif « esthétique » se rapproche de « beau ». Comme nom, « esthétique » est une notion désignant l’ensemble des caractéristiques qui déterminent l’apparence d’une chose, souvent synonyme de cosmétique, de design ou d’aspect physique.

Première page du livre intitulé Æsthetica de Baumgarten, 1750. On lui doit ce néologisme…

Source : https://fr.wikipedia.org/wiki/Esth%C3%A9tique

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      « Sans tabou », Un débat entre Edgar Morin et Cynthia Fleury sur ’L’Esthétique’- 15/03/2017 - Vidéo 1:43:57 - ESSEC Business School
      http://www.essec.fr | Débat ’Sans Tabou’ entre Edgar Morin et Cynthia Fleury sur le thème de ’L’Esthétique’, animé par Laurent Bibard, professeur titulaire de l’a chaire Edgar Morin de la complexité de l’ESSEC à l’auditorium du groupe scolaire Notre Dame de Sion le 15 mars 2017.

Source : https://www.youtube.com/watch?v=ZcfncKto6vo

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Reconnaissance envers tous ceux et celles qui contribuent – inlassablement -individuellement, collectivement, voire politiquement, à tenter de réparer notre monde, de soulager, de soigner nos misères et de répandre l’éducation pour la formation aux notions d’intérêt général et de bien commun.

Quelques suggestions de lecture sur certains de ces sujets :


Bien-être

’Faisons donc confiance à la jeunesse et encourageons-la à réparer ce qui est cassé, pollué, gaspillé’, par Jacques Hallard - mercredi 28 décembre 2016, par Hallard Jacques - ISIAS Sociologie Psychologie Politique

’Les impacts du confinement et du télétravail sur la santé mentale, et l’importance psychologique du toucher entravé par les mesures barrières’ par Jacques Hallard

’Protection des enfants, adolescents et étudiants face aux incidences de la pandémie de COVID-19 sur la santé psychologique, l’éducation et l’emploi au Canada, aux Etats-Unis, en Chine et en France’ par Jacques Hallard

’Coronavirus : Conseils de santé et de bien-être pour « Aplatir la courbe »’ par Jacques Hallard

’L’écopsychologie en appui sur les théories de l’effondrement (collapsologie) ? ’ par Jacques Hallard

’Des retombées psychologiques peuvent résulter du confinement imposé et de la distanciation sociale recommandée’ par Jacques Hallard

’Santé individuelle : prendre soin de soi et des autres’ par Jacques Hallard

’L’écopsychologie en appui sur les théories de l’effondrement (collapsologie) ? ’ par Jacques Hallard

’Dossier - Palu et Corona : même combat ? Face au quadrilemme (écologie, santé, social, économie), tout reste à faire autrement.’ par Jacques Hallard

Bien commun

’Rôle de l’éducation pour la formation aux notions d’intérêt général et de bien commun ’ par Jacques Hallard

’Eléments d’une méthode de travail pour l’innovation, une adaptation au changement et à la transition : Partie 5 : Aptitude et rôle de leader pour entraîner un changement avec une communication bienveillante et non violente’ par Jacques Hallard

’Rôle de l’éducation pour la formation aux notions d’intérêt général et de bien commun ’ par Jacques Hallard

Edgar Morin

Laissons la place à Edgar Morin qui s’exprime sur son parcours, ses idées et sa vision de la résistance

’Les 100 ans d’Edgar Morin sociologue, philosophe, ancien résistant, humaniste engagé, initiateur de la pensée complexe et de ‘Terre-Patrie’, penseur transdisciplinaire et indiscipliné, incroyant radical, médiatologue, ancien directeur de recherche au Centre national de la recherche scientifique (CNRS)’ par Jacques Hallard

’Edgar Morin, cinq fois 20 ans – Entretien avec un homme qui n’a plus vingt ans, mais dont la pensée n’a pas vieilli.’

« Humanisons le transhumanisme ! » par Edgar Morin

Cynthia Fleury

’Philosophes et soignants à la tâche : la pandémie de Covid-19 et le confinement furent une extraordinaire matière à penser pour les philosophes et les soignants’ par Jacques Hallard mardi 14 juillet 2020, par Hallard Jacques - ISIAS Philosophie Santé Education

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Collecte et agencement des informations, [compléments] et intégration de liens hypertextes par Jacques HALLARD, Ingénieur CNAM, consultant indépendant – 31/07/2021

Site ISIAS = Introduire les Sciences et les Intégrer dans des Alternatives Sociétales

http://www.isias.lautre.net/

Adresse : 585 Chemin du Malpas 13940 Mollégès France

Courriel : jacques.hallard921@orange.fr

Fichier : ISIAS Philosophie Ressentiment Esthétique Edgar Morin Cynthia Fleury.7.docx

Mis en ligne par le co-rédacteur Pascal Paquin du site inter-associatif, coopératif, gratuit, sans publicité, indépendant de tout parti, géré par Yonne Lautre : https://yonnelautre.fr - Pour s’inscrire à nos lettres d’info > https://yonnelautre.fr/spip.php?breve103

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