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Série : Arbres Forêts Agroforesterie Climat - Partie 2 : "Etat des forêts et des systèmes agroforestiers en France", par Jacques Hallard

dimanche 8 août 2021, par Hallard Jacques


ISIAS Ecologie Arbres Forêts Agroforesterie Climat

Partie 2 : Etat des forêts et les systèmes agroforestiers en France

Jacques Hallard , Ingénieur CNAM, site ISIAS – 07/08/2021

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Série : Arbres Forêts Agroforesterie Climat -Partie 1- ’D’abord protéger les arbres existants dans les forêts et en planter d’autres en association avec des cultures pour assurer les productions alimentaires, préserver les espèces, stocker vraiment le carbone et donc contribuer à atténuer les dérèglements climatiques’, par Jacques Hallard - 5 août, par Hallard Jacques - ISIAS Ecologie

Série : Arbres Forêts Agroforesterie Climat - Partie 2 : Etat des forêts et des systèmes agroforestiers en France

Plan du document : Préambule Introduction Sommaire {{}}Auteur


Préambule

Ce dossier propose tout d’abord des informations détaillées et d’autres accès possibles concernant les forêts en France. On peut soit lire la suite, soit passer directement à l’introduction du dossier, conçu dans un but didactique, ou encore aller consulter le sommaire.

Un préambule sur la forêt française - Posté le 24/08/2017 | Dernière modification le 11/09/2017 – Document ‘geves.fr’

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La description ci-dessous est extraite de l’introduction du Programme national de la forêt et du bois (MAAF – mars 2016).

La forêt est un milieu naturel, ‘anthropisé’ depuis des siècles en métropole, qui mêle des enjeux économiques, environnementaux et sociaux. Réservoir de biodiversité, la forêt a un effet protecteur sur les sols, l’eau, l’air, le climat. Elle est créatrice d’une matière première ‘biosourcée’ renouvelable : le bois, dont les utilisations sont multiples, source d’emploi et de valeur ajoutée.

Au cours de la seconde moitié du XIXe siècle et tout le XXe siècle, la surface forestière n’a cessé de croître en France métropolitaine : elle a ainsi doublé entre 1830 et 2015. Elle couvre aujourd’hui 16,7 millions d’hectares en métropole* (soit 30 % du territoire) et 8,3 millions d’hectares en outremer (voir l’image à droite).

Les forêts constituent ainsi un élément majeur de nos paysages. En métropole, elles sont principalement implantées sur le pourtour méditerranéen, dans le massif landais, dans l’est du pays et dans les régions montagneuses. La forêt d’outre-mer est quant à elle à 98 % guyanaise. Au sein de l’Union européenne, la France est l’un des seuls pays à détenir des forêts tropicales.

Avec 10 % de la surface des forêts de l’Union européenne (UE), la forêt de France métropolitaine se place au quatrième rang derrière la Suède, la Finlande et l’Espagne. En tenant compte du volume de bois sur pied, elle se situe à la troisième place avec 2,5 milliards de m³+10 derrière l’Allemagne (3,6 milliards) et la Suède (2,9 milliards).

*Source IGN (Institut National de l’Information Géographique et Forestières)

Caractéristiques de la forêt française

La forêt française présente trois caractéristiques importantes :

  • Elle est diversifiée : elle présente des écosystèmes variés (forêts humides, de montagne, tropicales). Majoritairement composée de feuillus en métropole (deux tiers de la forêt), on y trouve également des résineux dans les milieux qui leur sont favorables c’est-à-dire de façon prédominante en montagne et sur les sols pauvres. Dans les DOM, on trouve des mangroves sur les littoraux antillais, d’immenses forêts tropicales en Guyane et des forêts de montagne à la Réunion ainsi que sur les pentes volcaniques de Martinique et de Guadeloupe. Toutes offrent une biodiversité riche, voire exceptionnelle ;
     En métropole, elle appartient pour les ¾ à des propriétaires privés. Si l’on dénombre plus de 3 millions de propriétaires français, 2,2 millions d’entre eux possèdent moins d’un hectare, tandis qu’environ 380 000 possèdent plus de 4 hectares et totalisent 76 % de la surface forestière privée. Les 50 000 propriétaires possédant plus de 25 hectares réunissent quant à eux environ 52 % de la surface forestière privée et assurent les ¾ de la commercialisation de bois des forêts privées. La forêt publique (domaniale, communale) représente quant à elle ¼ de la forêt métropolitaine et joue un rôle particulier en matière de services d’intérêt général et d’accueil du public. Elle fournit près de 40 % de la récolte de bois ;

 Elle est en phase de capitalisation dans les peuplements les plus jeunes, non encore matures, mais aussi structurellement sous-exploitée notamment dans sa partie la moins productive ou la moins accessible et dans de nombreux peuplements parvenus au stade du renouvellement. Ainsi, alors que la récolte commercialisée est stable depuis la fin des années 1980, la production biologique11 de bois en forêt augmente au cours de cette même période. En moyenne, sur la période 2005-2013, le prélèvement métropolitain s’élève à 50 % environ de la production biologique nette (mortalité des peuplements déduite)12, avec toutefois une situation très différenciée selon les régions, en lien avec l’ancienneté des déprises agricoles et rurales, les reliefs, le type de propriété, l’âge des peuplements et les essences.

Évolution de la forêt française Photo

D’ici 2050, la forêt devra faire face au changement climatique, avec une élévation des températures moyennes et une modification des régimes hydriques qui auront des conséquences plus ou moins importantes, notamment sur la localisation des essences forestières. Sa situation actuelle la rend potentiellement vulnérable aux effets globaux de la sécheresse, du vent et des risques sanitaires, avec des incertitudes fortes au plan local sur l’amplitude de ces impacts : la longueur des cycles forestiers rend nécessaire d’entamer l’adaptation de la sylviculture dès maintenant.

Les écosystèmes forestiers jouent en effet un rôle fondamental en matière de protection des sols, de l’eau (l’eau issue de forêt contient moins de 5 mg/l de nitrates) et de prévention des risques naturels. Ils contribuent en outre à la qualité des paysages et au bien-être des populations dont ils améliorent le cadre de vie. 19 % de la surface des forêts est couverte par des sites Natura 2000 et elle abrite 78 espèces d’intérêt communautaire.

Une forêt productrice de biens et de services Photo

La filière forêt-bois génère environ 440.000 emplois (directs et indirects) répartis dans près de 60.000 entreprises de la première transformation (trituration, sciage), de la deuxième transformation (emballage, tonnellerie, charpente-menuiserie- ossature, parquets, meubles en bois, papier et cartons), de la distribution et la mise en œuvre (charpente, menuiserie et agencement) et du bois énergie. Cette filière participe ainsi au dynamisme et au développement des territoires. Elle réalise près de 60 milliards d’euros de chiffre d’affaires en France mais pâtit pourtant d’un déficit commercial chronique d’environ 6 milliards d’euros par an.

La filière forêt-bois est un pilier de la croissance verte française. Elle permet de compenser environ 20 % des émissions françaises de CO2 grâce au stockage de carbone en forêt (sols et biomasse aérienne), dans les produits bois et à la substitution d’énergies fossiles et de matériaux plus énergivores. Cette filière est au cœur d’enjeux majeurs qui concernent l’ensemble de la société et joue un rôle essentiel dans les transitions climatiques, écologiques, et énergétiques.

Fondée sur une ressource renouvelable et gérée durablement, la filière forêt-bois a ainsi été désignée filière d’avenir pour la compétitivité de l’industrie française dans le cadre du Comité stratégique de la filière bois (CSF Bois), dont le contrat a été signé en décembre 2014. Une stratégie globale interministérielle et interprofessionnelle a été élaborée pour le développement de la filière, à partir des marchés porteurs d’avenir, notamment celui de la construction, en valorisant la ressource française. L’objectif commun est que la filière forêt-bois participe pleinement à la réduction des gaz à effet de serre, conformément aux engagements pris par l’Union européenne et la France, à l’occasion de la COP 21. Pour atteindre cet objectif, il est nécessaire de développer les gains de compétitivité de l’industrie de 1ère et 2e transformation du bois, tout en adaptant la forêt et les pratiques sylvicoles au changement climatique.

La recherche d’un nouveau modèle économique s’appuie tout particulièrement sur l’innovation indispensable à la compétitivité des entreprises. Au cours des prochaines décennies, la création d’emplois de qualité et de valeur, la mobilisation de bois pour l’adaptation et l’atténuation du changement climatique, la préservation de la biodiversité, la protection des sols et de la qualité des eaux, la transition énergétique, le rééquilibrage du commerce extérieur, l’aménagement du territoire seront autant de défis pour l’avenir auxquels la filière forêt-bois est à même de contribuer au travers d’une gestion durable et multifonctionnelle des forêts.

Référence : https://www.geves.fr/geves/

Source : https://www.geves.fr/expertises-varietes-semences/especes-forestieres/generalites-foret-francaise/

D’après Wikipédia : « Le groupe d’étude et de contrôle des variétés et des semences (GEVES) est un groupement d’intérêt public (GIP) français regroupant le ministère français de l’Agriculture, l’Institut national de la recherche agronomique (INRA) et le Groupement national interprofessionnel des semences et plants (GNIS). Ses principales missions sont l’expertise de nouvelles variétés et l’analyse des semences et plants. » - Article complet sur ce site : https://fr.wikipedia.org/wiki/Groupe_d%27%C3%A9tude_et_de_contr%C3%B4le_des_vari%C3%A9t%C3%A9s_et_des_semences

La Forêt en France selon Wikipédia

https://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/thumb/c/c4/Satellite_image_of_France_in_August_2002.jpg/220px-Satellite_image_of_France_in_August_2002.jpg

Image satellitaire (août 2002) : la forêt (vert foncé) couvre, en 2016, 16,9 millions d’hectares, soit 31 % du territoire.

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Volume de bois moyen sur pied (estimation pour 2014) 1.

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Taux boisement par département en 2014 (estimation IGN/inventaire forestier)1.

Selon l’institut national de l’information géographique et forestière, la forêt en France métropolitaine couvre 16,8 millions d’hectares, soit 168 000 km2 (chiffres de la campagne 2018)2. Cela correspond à un taux de boisement de 31 % du territoire3, proche du taux mondial et qui est en progression. Elle comprend 136 espèces d’arbres4.

Dans les départements d’outre-mer, les chiffres diffèrent selon les sources (ministère de l’Agriculture, DAAF), mais on peut avancer ces chiffres5 : la Guyane compte près de 83 000 km2 de forêt amazonienne, soit 96 % de sa superficie ; La Réunion : 1 370 km26 de forêts (53 % de sa superficie) ; la Martinique : 490 km2 de forêts (46 % de sa superficie) ; Mayotte : 140 km2 de forêts (37 % de sa superficie) ; la Guadeloupe : 640 km2 de forêts (39 % de sa superficie).

Au total, la France métropolitaine et les DROM comptent donc 255 640 km2 de forêts diverses, soit 38,10 % de la superficie totale du pays (environ 672 000 km2).

En métropole, depuis le XIXe siècle et après une longue période de régression, la surface forestière7 regagne du terrain (+ 6 millions d’hectares de 1912 à 20128,9, progressant de 0,7 % par an, principalement en région méditerranéenne et en Bretagne1), alors que le bocage a beaucoup régressé et que la récolte de bois augmentait (passée de 24 millions de mètres cubes en 1908 à 54 millions de mètres cubes en 20099).

L’effort de reboisement a bénéficié d’un contexte d’intensification de l’agriculture et de déprise agricole en basse montagne. Malgré le développement urbain et des infrastructures, l’abandon de la traction hippomobile, la délocalisation de certaines productions et l’industrialisation ont libéré des surfaces importantes de terres agricoles.

Cette forêt a souffert des tempêtes des 26 et 27 décembre 1999, qui ont abattu l’équivalent de sept années de récolte10, et de la tempête de janvier 200911.

La forêt française représente 10 % de la surface boisée européenne (4e position, derrière la Suède, la Finlande et l’Espagne respectivement dotées de 27, 22 et 18 millions d’hectares environ (selon la FAO)… » - Article complet à lire sur ce site : https://fr.wikipedia.org/wiki/For%C3%AAt_en_France

Pour tout savoir sur les forêts en France > voir ce site : https://fr.wikipedia.org/wiki/For%C3%AAt_en_France

Accès à quelques autres sites d’information sur les forêts en France :

Conseil de l’auteur : faire ‘copier-coller’ pour avoir accès aux textes des références en bleu ci-dessous

Les forêts de nos territoires - Office national des forêts https://www.onf.fr › onf › forets-et-espaces-naturels › 2...

Avec 138 essences d’arbres, la forêt française métropolitaine compte près de 75% des essences présentes en Europe. Les départements et régions d’outre-mer (DROM) ...

La forêt française en chiffres – France Bois Forêt https://franceboisforet.fr › la-foret-francaise-en-chiffres

À qui la forêt appartient-elle ? · Les trois-quarts de la forêt française (12,6 millions d’hectares) appartiennent à des propriétaires forestiers privés ...

Liste des principales forêts de France — Wikipédia https://fr.wikipedia.org › wiki › Liste_des_principales_f...

La liste des principales forêts de France présente les massifs forestiers en France. Sommaire. 1 Statistiques ; 2 Liste des forêts ; 3 Auvergne-Rhône-Alpes. ‎Statistiques · ‎Hauts-de-France · ‎Île-de-France · ‎Nouvelle-Aquitaine

La surface forestière - INVENTAIRE FORESTIER https://inventaire-forestier.ign.fr › spip › rubrique11

Etat des lieux actuel En métropole, la forêt couvre actuellement 16,9 millions ... l’agriculture qui couvre plus de la moitié de la France métropolitaine.

Les 10 plus belles forêts de France où se balader en 2019 ... https://www.detoursenfrance.fr › patrimoine-naturel › l...

22 août 2019 — Les plus belles forêts de France où se promener · La forêt domaniale de Grande Chartreuse (Rhône-Alpes) · det_foret_grande_chartreuse_copyright- ...

Quelles sont les plus belles forêts de France ? https://www.geo.fr › Environnement

13 févr. 2021 — Quelles sont les plus belles forêts de France ? · La forêt de Tronçais. Labellisée « forêt d’exception » depuis 2018, cette forêt réputée pour ...

Forêts de France - Forêt Privée Française https://www.foretpriveefrancaise.com › voir

Forêts de France, la revue nationale de la forêt privée, est la revue leader sur le conseil aux propriétaires et professionnels de la filière forêt-bois…

La forêt en France et rôle des Groupements Forestiers https://www.groupementsforestiers.com › linvestisseme...

Or, la forêt française est feuillue à 64%. Même si les sciages réalisés en France sont majoritairement résineux, le bois construction est largement importé, un ... - 16 sept. 2019 · Ajouté par France Valley…

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Introduction

Après un préambule sur la forêt française, cette Parie 2 de la Série : Arbres Forêts Agroforesterie Climat – est consacrée à l’état des forêts et des systèmes agroforestiers en France.

Une dizaine de documents, sélectionnés à des sources très différentes, propose un tour du sujet avec les contributions d’Emmanuel Torquebiau, chercheur en écologie tropicale et agroforesterie, des organisations ‘agroforesterie.fr’, ‘cdagroecologie’, ‘foretpriveefrancaise’, Gévès, de Xavier Remongin pour ‘agriculture.gouv.fr’, ainsi que ‘jardinage.lemonde.fr’ et enfin les positions alternatives de ‘sosforetfrance.org’, de ‘Réseau pour les Alternatives Forestières’ et ‘PRO SILVA France’.

Les détails et accès sont indiqués dans le sommaire ci-après. Bonnes lectures !

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Sommaire


  • L’agroforesterie, ou l’art de mettre des arbres dans les champs - 23 février 2016, 22:52 CET – Auteur (photo) Emmanuel Torquebiau, Chercheur en écologie tropicale et agroforesterie, Cirad
    Déclaration d’intérêts : Emmanuel Torquebiau ne travaille pas, ne conseille pas, ne possède pas de parts, ne reçoit pas de fonds d’une organisation qui pourrait tirer profit de cet article, et n’a déclaré aucune autre affiliation que son organisme de recherche.

Partenaire :

Cirad

Cirad apporte un financement en tant que membre adhérent de ‘The Conversation FR’.

Mélanger des arbres avec des cultures. L’idée peut surprendre et fera bondir plus d’un agriculteur, mais c’est l’essence même de l’agroforesterie : planter des alignements de noyers dans un champ de céréales, cultiver des légumes sous un couvert arboré, entretenir des haies arbustives régulièrement espacées dans un champ, transformer un jardin potager en jardin-forêt, entourer les champs de haies pour former un bocage, faire pâturer des animaux dans un pré-bois…

L’agroforesterie est une pratique très ancienne. Au néolithique, lorsque l’homme défriche des forêts pour les convertir en champs et se déplace à la recherche de nouvelles parcelles, il sait déjà que les arbres qui poussent pendant la jachère, cette phase de repos du sol, permettent de cultiver à nouveau quelques années plus tard. Dans les terrains de parcours où se déplacent les premiers pasteurs nomades, les animaux consomment surtout du brout, le fourrage des arbres.

Une pratique incontournable du Sud

De nos jours, l’agroforesterie est encore omniprésente dans les pays tropicaux. Le système de culture le plus répandu en Afrique consiste à entretenir des arbres dispersés dans les parcelles et cultiver entre les arbres. On l’appelle parfois « parc agroforestier » ou « agriculture sempervirente », et les arbres qui s’y trouvent ont de multiples usages : bois, nourriture, médicaments, fibres, fourrage, résine, latex, tannin, etc. On en utilise les feuilles, le bois, les fruits, mais aussi les racines, les branches, les fleurs… Dans ces parcelles, les arbres protègent le sol de l’érosion, en améliorent la fertilité, procurent de l’ombre aux plantes qui ne supportent pas le plein soleil, diminuent les effets néfastes du vent, concentrent l’humidité. Ils sont aussi un symbole de statut social et permettent de visualiser les limites de parcelles, de marquer la propriété. Sous l’arbre à palabres, l’Afrique discute et invente.

L’agroforesterie, ce sont aussi les jardins-forêts, ‘agroforêts’ et forêts plus ou moins domestiquées que l’on trouve dans de nombreux pays en développement. Le café ou le gingembre, lorsqu’ils sont cultivés sous des arbres d’ombrage, le poivre, la vanille ou les ignames, lorsqu’ils poussent sur un arbre support, les pâturages sous cocotiers ou en milieu forestier, sont autant de cas d’agroforesterie. Les arbres fourragers, également, se comptent par centaines dans tous les pays chauds ; ils permettent d’assurer l’alimentation des troupeaux pendant la saison sèche. Les exemples sont innombrables et témoignent de l’importance de l’arbre dans le quotidien des populations rurales des pays du Sud.

Photo - Dans la Beauce, des champs de céréales à perte de vue.

L’agriculture des pays industriels, en revanche, a superbement éliminé l’arbre de ses préoccupations pendant la plus grande partie du XXe siècle, le laissant aux forestiers et arboriculteurs spécialisés, sous prétexte que les arbres gênaient les cultures et compliquaient la mécanisation.

On connaît le résultat : l’océan de blé de la Beauce et la monotonie des paysages agricoles dépourvus de haies ou de champs complantés d’arbres. Heureusement, la tendance est en train de s’inverser. L’agroforesterie se fait une place en Europe, où l’on sait à présent produire du bois d’œuvre et des céréales sur une même parcelle. Les haies rurales sont enfin réhabilitées. On recommande l’utilisation de « bois raméal fragmenté », des copeaux de jeunes branches d’arbres, pour servir d’engrais naturel et améliorer le fonctionnement des sols cultivés. Et dans l’hémisphère sud, Néo-zélandais et Australiens sont passés maîtres dans l’art de l’élevage associé aux plantations forestières.

Une piste prometteuse face au changement climatique

L’agroforesterie, par ailleurs, retient désormais l’attention de tous ceux qui cherchent des solutions pour lutter contre le changement climatique – et s’y adapter – en modifiant l’utilisation des terres rurales. Les arbres sont en effet des « puits de carbone » : ils absorbent de grandes quantités de dioxyde de carbone atmosphérique (CO2), ce gaz à effet de serre en partie responsable du changement climatique. Celui-ci permet de fabriquer, via la photosynthèse, de la matière végétale. Lorsque celle-ci meurt (feuilles qui tombent, arbre en fin de vie…), elle est décomposée par les micro-organismes et transformée en matière organique (telle que l’humus), riche en carbone. Ce carbone piégé dans le sol, c’est autant de CO2 qui n’est plus dans l’atmosphère, ce qui atténue le changement climatique. En outre, la matière organique du sol contribue également à en améliorer les propriétés, de sorte qu’il va mieux retenir l’eau et les nutriments dont les plantes ont besoin ; ce qui, cette fois, contribue à l’adaptation au changement climatique.

Les spécialistes du GIEC (Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat) ne s’y sont pas trompés : ils classent l’agroforesterie parmi les méthodes de mise en valeur du sol capables de renforcer simultanément l’adaptation au changement climatique et son atténuation, et la recommandent notamment dans leur volume sur l’Afrique, publié en 2014. Lors de la COP21, l’agroforesterie était sur de nombreuses lèvres. Si tout va bien, les arbres devraient bientôt retrouver la place qu’ils n’auraient jamais dû perdre dans la mise en valeur du sol par l’homme.

Emmanuel Torquebiau est notamment l’auteur de « L’agroforesterie, Des arbres et des champs » (éd. L’Harmattan).

Mots clefs : Afrique développement agriculture biodiversité forêts arbres puits de carbone forêts tropicales sols agriculteurs Salon de l’agriculture agroforesterie fleurs dioxyde de carbone (CO2) photosynthèse

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Commentaires :

Elodie A. - L’article mériterait de mieux expliciter la compatibilité de l’approche “industrielle” de la mécanisation et l’agroforesterie : en d’autres termes, sont-elles compatibles et comment ?

Jennifer Gallé - Cheffe de rubrique Environnement + Énergie, The Conversation France - En réponse à Elodie A.  : Excellente suggestion pour un futur article sur le sujet. Merci de votre commentaire !

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  • Des arbres et des paysages - L’arbre hors forêt - Tous les arbres ne sont pas dans la forêt ! – Document ‘agroforesterie.fr’
    Les arbres hors la forêt, ce sont : les bosquets, les haies, les ripisylves, les alignements, les mails, les arbres des champs et des chemins, les arbres domestiques qui accompagnent les habitations.

Outre leur fonction écologique et leur valeur esthétique, ces formations boisées jouent un vrai rôle économique :
– maîtrise de l’eau,
– conservation des sols,
– maintien de la biodiversité,
– protection des cultures, des élevages, des équipements,
– qualité des paysages et du cadre de vie.

Un enjeu pour la viabilité des territoires, la pérennité de l’agriculture et la qualité de nos paysages.

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L’agroforesterie

L’agroforesterie est définie comme l’association d’arbres et d’une production agricole sur une même parcelle. Elle regroupe à la fois les associations arbres-cultures et arbres-animaux. C’est l’ensemble des arbres présents dans et autour des parcelles agricoles : alignements d’arbres dans les parcelles (agroforesterie intraparcellaire), haies et arbres champêtres.

La haie

Près des maisons, dans les champs, le long des routes, au bord des rivières, au village, dans le lotissement, autour des bâtiments : la haie se faufile partout, pour le plus grand bonheur des promeneurs et des amoureux de la nature. Mais au-delà de l’esthétique, la haie présente de nombreux intérêts, et c’est bien pour en tirer profit que l’homme l’a inventée et l’entretien.

Le mot haie vient de la racine francique « haga » : clôture, taillis épineux, que l’on trouve dans l’anglais « hedge » ou l’allemand « heike ». La haie est une ligne d’arbustes ou d’arbres et d’arbustes, se développant sur un tapis de végétation herbacée et servant généralement à délimiter un espace.

Les haies peuvent être composées d’une seule essence (haies monospécifiques) ou de plusieurs essences. On parle alors de haies variées, haies fleuries, haies champêtres, haies sauvages, haies naturelles, haies bocagères, haies brise-vent, haies vives, haies rurales…

Les rôles multiples de la haie :

  • protection des bâtiments, des cultures et des cheptels
  • lutte contre l’érosion, filtration et infiltration de l’eau
  • abri et nourriture pour la faune sauvage et le gibier
  • embellissement des abords de fermes et des habitations
  • accompagnement des chemins de randonnée, aménagement des espaces collectifs
    Plusieurs essences :

Une composition d’essences locales, adaptées au milieu et au paysage, permet de bénéficier de la diversité biologique des végétaux et ainsi garantir la pérennité de l’ensemble, mais aussi profiter de la diversité des formes, couleurs et senteurs.

Les différentes morphologies :

Haie basse

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Alignement sur haie basse

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Haie moyenne

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Haie ondulée

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Haie brise-vent

L’agroforesterie intraparcellaire

Une parcelle agroforestière bien conçue et bien conduite a une productivité supérieure à celle de l’assolement où chaque espèce est cultivée séparément. Le bénéfice de cette synergie a été démontré dans différents programmes de recherches, depuis plus de dix ans. Plus encourageant encore, ces résultats ne sont qu’à leur début.

L’augmentation de la biodiversité, l’amélioration du sol et les effets climatiques principalement dus à la présence d’arbres bonifient le potentiel de la parcelle en ce qui concerne le comportement de l’eau et la santé des végétaux. La culture et le rendement des plantes agricoles et des arbres ne peuvent qu’être optimisés, une logique simple qui va à l’encontre de bien des idées reçues.

Ainsi arbre et culture ne sont pas concurrents mais bien complémentaires.
Sur le plan économique, si le rendement des cultures peut être légèrement diminué les premières années (5 % environ), celui-ci est compensé ultérieurement et il bénéficie rapidement du rôle protecteur des arbres : protection mécanique et climatique au sens large et protection biologique du fait de la présence d’auxiliaires et de leur action phytosanitaire.

Pour la production de bois, le bilan est positif ici encore, on constate un accroissement supérieur des diamètres de troncs et une meilleure qualité du bois, les arbres profitent d’une faible densité de plantation et absorbent une partie des fertilisants non utilisés par les cultures.

Sur le plan environnemental, même s’il est difficile aujourd’hui de dissocier économie et impacts écologiques, les contributions des faciès agroforestiers sont multiples : diminution des intrants (fertilisants et phytosanitaires) économie et régulation de l’eau, amélioration et protection du sol, stockage du carbone, effets microclimatiques positifs et qualité des paysages agricoles.

  • Augmenter le rendement des cultures
  • Protéger les animaux d’élevage
  • Donner de la plus-value à l’exploitation
  • Produire de la biomasse
  • Produire du bois (bois d’œuvre, bois-énergie et BRF)
  • Améliorer les sols et limiter l’érosion
  • Réguler la ressource en eau
  • Filtrer les pollutions diffuses
  • Préserver la biodiversité
  • Abriter la faune auxiliaire
  • Limiter les stress climatiques
  • Réduire les intrants

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©Dessin : David Dellas – Arbre et Paysage 32

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3.
L’AGROFORESTERIE en 10 questions et 2 dessins - Document ‘agroforesterie.fr’

1. Qu’est-ce que l’agroforesterie ?

Ce sont toutes les pratiques agricoles qui intègrent l’arbre dans un environnement de production, et s’inspirent, en termes agronomiques, du modèle de la forêt.

La définition internationale de l’agroforesterie, tropicale et tempérée, proposée par l’ICRAF* est la suivante :

« Système dynamique de gestion des ressources naturelles reposant sur des fondements écologiques qui intègre des arbres dans les exploitations agricoles et le paysage rural et permet ainsi de diversifier et maintenir la production afin d’améliorer les conditions sociales, économiques et environnementales de l’ensemble des utilisateurs de la terre »

2. Est-ce une pratique innovante ?

Cultiver avec les arbres combine l’innovation, le savoir-faire et un retour à l’évidence. Les systèmes agroforestiers sont ancestraux, variés, présents partout dans le monde.

En Europe, certains systèmes se sont maintenus : sylvopastoralisme, pré-vergers, bocages, cultures intercalaires en vergers fruitiers, truffiers, noyeraies, vigne... Certains sont à (re)construire, d’autres à inventer, avec les dynamiques de réseaux autour de la conservation des sols (TCS, semis directs…).

Il n’y a aucun profil-type d’agriculteur agroforestier.

3. Quels bénéfices pour l’agriculteur ?

Améliorer les capacités de production agricole, sortir de la précarité énergétique, diversifier les produits.

L’agroforesterie consiste à planter ou laisser pousser spontanément des arbres pour valoriser les ressources d’un milieu, en agissant positivement sur des facteurs de production aussi déterminants que l’eau, le sol, le climat, la biodiversité…

 C’est aussi pour l’agriculteur qui stocke du carbone, une diversification de produits et de revenus avec les fruits, le fourrage, les nombreux usages du bois.

 Les services fournis par les arbres (actions anti-érosives, habitats et nourriture pour les auxilliaires de culture, paysages, fertilité des sols et matière organique, ressources en litières, paillages, bois-énergie…) sont perceptibles en quelques années seulement.

 Les arbres constituent un excellent capital sur pied, qui donne de la valeur à l’exploitation.

 Des études de l’INRA ont montré que l’on produisait plus en associant arbres et cultures qu’en séparant les deux.*

Quelques exemples :

 EAU : les racines des arbres filtrent l’eau dans les profondeurs du sol, limitant les pollutions dans les nappes.

 SOL : la biomasse des arbres, riche en lignine, contribue à former un humus stable et fertile.

 CLIMAT : les arbres créent un micro-climat à l’échelle de la parcelle (ombre, actions brise-vent). Ils protègent cultures et animaux des excès climatiques (chaud, froid, tempête, inondation, sécheresse). Ils stockent du carbone, et réduisent les émissions de gaz à effet de serre.

 BIODIVERSITE : les arbres structurent des habitats semi-naturels, qui abritent une faune et une flore diversifiées indispensables à l’agriculture (pollinisation, lutte contre les ravageurs). Ils créent des ressources et maintiennent une trame écologique, évolutive dans l’espace et dans le temps.

4. Pour quelles cultures, quelles pratiques ?

L’agroforesterie vise à optimiser l’espace, produire plus et mieux, et dans cette perspective, l’arbre a partout sa place :

L’arbre est un outil de production et d’aménagement profitable à toutes les échelles, sur tous les sols, pour tous les enjeux de territoire (développement économique, réouverture de milieux abandonnés face à la déprise agricole) et tous les systèmes de cultures : grandes cultures, maraîchage, viticulture, bois pâturés, élevage ovin, bovin, volailles…

Retrouver une culture de l’arbre passera par une agriculture de l’agronomie et par les nouveaux usages du bois : la redécouverte et l’adaptation des savoirs paysans (arbres-têtards…) est en marche.

5. Où sont les filières de produits agroforestiers ?

n’existe pas à ce jour de produits « agroforestiers » valorisés comme tels, même si plusieurs filières élevage intègrent l’arbre dans leurs cahiers des charges : le célèbre Pata Negra, le jambon cru de la Dehesa* espagnole, le Porc noir de Bigorre, le Porc Basque ou certains parcours de volailles. Plusieurs organismes travaillent actuellement à la création d’un label officiel.

6. Quel appui technique ?

Chaque projet d’agriculteur est unique. Il est conçu en fonction des pratiques culturales, des contraintes, des objectifs de production (récoltes annuelles et bois). Il doit aussi s’inscrire dans une logique de territoire (filières, paysages…), et pouvoir évoluer dans le temps. Il s’agit de bien définir les itinéraires techniques, choisir les essences et l’emplacement d’arbres (souvent des feuillus précieux ou des fruitiers) adaptés aux conditions pédoclimatiques. Construire un projet requiert des compétences spécifiques, à la croisée de l’agriculture et de la foresterie, d’où l’importance du (futur) métier de conseiller agroforestier, pour accompagner les agriculteurs (diagnostic, suivi des aménagements) et garantir la réussite du projet (préparation du sol, plantation, paillage, protection des plants, taille de formation, entretien…)

Quelques préconisations, données ici à titre indicatif :

 s’appuyer sur l’existant (régénération naturelle assistée), les bandes-tampons, et réhabiliter la ronce.

 envisager une densité d’environ 50 arbres plantés à l’hectare pour des alignements intraparcelaires, avec 7 à 8 mètres de distance entre les plants pour un bon compromis (croissance de l’arbre / accès à la lumière pour les cultures). La distance entre les lignes est généralement déterminée par le passage des engins agricoles.

7. Combien ça coûte (argent, temps) ?

Tout varie selon les situations. Le prix de revient d’un jeune arbre agroforestier oscille entre 15 euros et 20 euros (conseil et suivi, fournitures de plantation). Les prix augmentent pour des essences fruitières.

C’est certainement la plantation qui demandera le plus de temps.

Pour 50 arbres à l’hectare, compter :

 une demi-journée pour la préparation

 une journée à 3 ou 4 personnes pour la plantation (avec paillage, protections etc.)

La taille des arbres demandera quelques heures par an les premières années puis une demi-journée par an et par hectare pour des élagages d’arbres déjà formés.

8. Un agriculteur en fermage a t’il le droit de planter des arbres ?

Du fait de leur statut agricole, les parcelles agroforestières relèvent du régime foncier et fiscal agricole si les densités n’excèdent pas les 200 arbres à l’hectare. C’est donc le bail qui précise les ententes entre le bailleur et l’exploitant, concernant la coupe des arbres et le produit de cette coupe. Par ailleurs, pour faire un aménagement agroforestier (arbres et cultures, bois pâturés…) sur une parcelle qui a un statut forestier, il faut effectuer une demande de changement d’usage des sols en DDT.

9. Quelles sont les aides financières ? L’agriculteur peut- il perdre ses aides de la PAC ?

En tant que parcelles agricoles, les parcelles agroforestières sont éligibles aux aides du premier et du second pilier de la PAC.

Il n’y a aucun risque de perdre les aides, si les densités réglementaires sont respectées. Attention toutefois au cumul des aides couplées pour les fruitiers notamment, telles que les primes pour fruits à coques : dans le cadre d’une association à une culture, il faudra choisir une des deux primes seulement.

Au sein du second pilier, il existe des mesures de soutien relatives à l’agroforesterie. C’est aux régions et départements qu’il revient d’activer et de définir leurs modalités, notamment la mesure 222 d’aide à la plantation.

10. Qui contacter ?

Pour du conseil et de l’appui à la réalisation d’un projet agroforestier, vous pouvez vous rapprocher d’un opérateur technique local (association, structure de conseil, chambre d’agriculture…)

Pour bénéficier d’aides financières publiques, il faut s’adresser à la DDT (Direction Départementale du Territoire). Des organismes privés proposent aussi des programmes de financements.

Plus de renseignements : AFAF / téléchargez la version PDF

* ICRAF : Centre Mondial Agroforesterie

* L’expérimentation INRA sur un système blé-noyers à Restinclières (Hérault) a montré qu’une parcelle agroforestière de 100 ha pouvait produire autant de biomasse (bois et produits agricoles) qu’une parcelle de 136 ha où arbres et cultures auraient été séparés, soit un gain de 36%.

* Dehesa  : système agroforestier traditionnel couvrant 4 millions d’hectares en Espagne et au Portugal. Il associe chênes verts, chênes-liège avec l’élevage ou la céréalicuture. C’est un des exemples les plus remarquables d’adaptation d’un modèle durable et très productif à des conditions pédoclimatiques difficiles.

Champ - contrechamps

Voici deux images d’un îlot agricole. Même espace, même potentiel agronomique, mais les orientations et les perspectives de production, la gestion de l’espace, les usages sont très différents.

La première illustration décrit l’agriculture actuelle : exploitation des ressources et dégradation progressive des milieux. Le terrain est nu, pas de couverture protectrice du sol, pas d’éléments fixes pour maintenir le sol, l’eau et la biodiversité. Les rendements agricoles stagnent et les efforts mis en œuvre pour les obtenir aggravent les problèmes environnementaux : pollution et diminution de la quantité d’eau disponible, érosion des sols, chute de la biodiversité, dysfonctionnement micro-climatique. A terme, la productivité agricole chute jusqu’à enclencher un processus de désertification : ce paysage n’est ni viable ni durable car l’agriculture prélève les ressources sans renouveler ses capacités à produire.

La seconde illustration représente une agriculture beaucoup plus féconde. Le sol est protégé en permanence par une couverture végétale (cultures, intercultures, arbres), ce qui accroît la capacité du milieu à valoriser et à mettre en réserve les ressources naturelles (sol, eau, énergie solaire, biodiversité…). La plante et notamment l’arbre sont un facteur d’amélioration considérable du sol, ils sont capables de « l’aggrader », de développer rapidement sa fertilité. On y produit autant voire plus de denrées agricoles et alimentaires, mais aussi d’autres formes de biomasse, dont du bois. Cette agriculture est utile à tous : au lieu de dégrader l’environnement elle l’enrichit, au lieu d’amenuiser les ressources vitales, elle les accroit. Le génie végétal est au service de la qualité des eaux, des ressources naturelles, de la biodiversité, des paysages, et le tout profite directement à l’agriculteur mais aussi à l’économie des territoires. C’est une agriculture résolument tournée vers l’avenir.

Entretien avec Alain Canet :
’L’arbre champêtre fait sortir du schéma dominant qui veut sauvegarder l’environnement à grand frais’

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Source : https://www.agroforesterie.fr/agroforesterie-contributions.php

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Source : https://www.agroforesterie.fr/L-agroforesterie-en-12-principes.php

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4.
Faire de l’Agroforesterie avec ‘cdagroecologie’

L’association des arbres et des cultures présente de nombreux intérêts qui motivent aujourd’hui beaucoup d’agriculteurs à redonner une place aux arbres champêtres sur leurs exploitations. Photo

Blog Accueil » CDA’ctu » CDA’ctu » Agroforesterie : cultiver à l’ombre des arbres, quel(s) intérêt(s) ?

Agroforesterie : cultiver à l’ombre des arbres, quel(s) intérêt(s) ? - 28 mai 2019 - Blog, C D’ACTU

Qu’est-ce que l’agroforesterie ?

L’agroforesterie consiste à associer arbres et cultures au sein d’une même parcelle pour transposer en agriculture, des principes de fonctionnement valables dans une forêt.

Pratique longtemps utilisée dans les campagnesfrançaises, elle a été peu à peu abandonnée afin d’utiliser les machines plus facilement sur des parcelles toujours plus grandes. Depuis une vingtaine d’années elle se réinstalle petit à petit en France, pour accroître la productivité des exploitations, s’adapter au changement climatique. En 2016, 43% des surfaces agricoles mondiales comptent au moins 10% d’arbres.

Agroforesterie : quels avantages ?

Intégrer l’arbre dans la parcelle agricole permet de créer un système plus complexe. L’arbre est une composante qui modifie en profondeur le fonctionnement et les échanges au sein de l’agrosystème, et notamment les échanges sol-plante-atmosphère. L’agroforesterie procure un aspect multifonctionnel à la parcelle, car au-delà de la production agricole, elle offre un ensemble de services liés à la présence de l’arbre comme :

  • l’augmentation de la biodiversité utile. Les arbres offrent un refuge la biodiversité patrimoniale. En multipliant les habitats ils permettent de multiplier les habitants : les auxiliaires de cultures, dont la présence réduit la concentration de ravageurs.
  • Le développement du système racinaire. Les racines des arbres, plus profondes que celles des cultures, font remonter les nutriments des couches profondes pour les rendre accessibles aux couches de surface. Une fois étendu, le système racinaire limite les fuites des nitrates et favorise le stockage du carbone dans le sol. La décomposition de ces racines et des feuilles mortes tombées au sol, augmente le taux de matière organique en créant un humus stable et fertile.
  • Développement d’un micro climat à échelle de la parcelle. Sous condition d’une densité suffisante d’arbres adultes, un système agroforestier peut modifier le micro climat de la parcelle en affectant la vitesse des vents et l’humidité relative de l’air. Il crée ainsi mécaniquement, un effet “oasis” qui peut représenter jusqu’à 8°C de moins autour des vergers.

    agroforesterie-schema-de-fonctionnement-avantages

L’agroforesterie représente un investissement rentabilisé également sur le long terme. Une fois plantés ils permettent de générer différents usages et différents revenus. Les arbres fourragers présentent l’avantage de produire en été lorsque les pâtures souffrent de la chaleur et produisent peu. Les “arbres têtards” ou arbres trognes sont convertis en BRF (Bois Rameaux Fragmentés) et remplacent ainsi la paille en servant de litière pour les animaux. Les arbres fruitiers quant à eux, génèrent un revenu direct grâce à la vente de fruits. En plus de ces utilités, les essences en elles-mêmes pourront être revendues.

Pour l’agroforesterie en élevage, il s’agira de contribuer à un environnement de bien-être pour les animaux en les protégeant de la chaleur, en augmentant la disponibilité en fourrage et en ayant un impact paysager.

Comme il existe une très grande variété d’aménagements agroforestiers, les intérêts attendus sont intimement liés au dispositif en place et évoluent au fil des années avec la croissance des arbres. Formes bocagères, prés-vergers, prés-bois, culture en alignement ou plantations associées à l’élevage, l’agroforesterie adopte aujourd’hui une visée agronomique essentielle : augmenter le rendement des champs.

Agroforesterie : quel fonctionnement ?

Quelques étapes peuvent être mises en place avant d’investir dans une plantation. Elles passent tout d’abord pas la gestion de l’existant présent sur la parcelle. Ils sont une première base dans une démarche d’agroforesterie.

À noter également qu’il n’existe aucun modèle fixe d’agroforesterie. Chaque exploitant devra adapter sa plantation à ses obligations de terrain et à ses objectifs.

L’arbre implanté artificiellement sur une parcelle ne se comporte pas comme l’arbre forestier. Non implanté dans son biotope spontané, il devra être protégé et géré. Cette gestion inclut notamment (après le travail du sol des 3 premières années) le maintien d’une couverture permanente à son pied pour forcer les racines à s’ancrer dans les horizons profonds du sol. Cet enracinement garantira entre autres des arbres résistants au vent, aux engorgements et à la sécheresse.

Si ce fonctionnement est respecté, les plantations d’arbres champêtres peuvent être associées à tous les systèmes de production : grandes cultures, maraîchage, viticulture, élevage …

Agroforesterie : quelles essences d’arbres planter ?

Pour prospérer, les essences sélectionnées devront tenir compte de l’utilisation voulue (bois d’oeuvre, bois bois énergie, arbre fourrager, arbre fruitier…), du climat de la parcelle et de l’état du substrat et du sol. Quelques exemples :

Essences : 

Facteurs limitants : 

Noyer (hybride ou commun) Sol compact, drainage pauvre, gelées précoces et tardives
Frêne Sols engorgés ou trop secs, gelées tardives, sécheresse
Peuplier Sol sableux, sécheresse
Alisier Sol trop engorgé, sécheresse
Aulne (de Corse) Climat froid ou gelées répétées
Aulne (glutineux) Sol pentu, versant sud
Pour les arbres fruitiers :
Pommier Texture sableuse entraînant un drainage excessif
Poirier Climat rigoureux, gelées tardives, sols trop secs
Merisier ou cerisier Sol sableux ou sol compact, sécheresse

Fiches à télécharger ici > PLANTER EN AGROFORESTERIE : guide de faisablilité

Il est possible de mélanger les essences d’arbres au sein d’une même parcelle pour s’adapter au mieux aux contraintes.

L’Association française d’agroforesterie préconise en générale d’envisager une densité de 50 arbres plantés à l’hectare et 7 à 8 mètres de distance entre chaque plant pour un bon compromis entre croissance de l’arbre et accès à la lumière pour les cultures. Cette densité est à nuancer en fonction des systèmes, des espèces plantées etc. …

La réimplantation d’arbres dans une parcelle agricole est une démarche globale qui doit s’inscrire dans une réflexion agroécologique complète. En cela, planter des arbres sur des sols soumis à des indices de perturbations trop importants sera sans effet. L’arbre prospère grâce son environnement direct : porosité du sol, matière organique, micro-organismes etc. … Le travail du sol notamment, viendra perturber un biotope homogène et stabilisé et donc la nutrition des plants. L’agroforesterie est donc à inclure dans une réflexion plus large alliant couverture végétale du sol et évolution des pratiques agricoles. 

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  • Les systèmes agroforestiers en France d’après ‘foretpriveefrancaise’ - Photo
    En France, l’agroforesterie embrasse un vaste éventail de pratiques, qui ont évolué et se sont diversifiées au cours du temps. En 2008, les surfaces agroforestières françaises étaient estimées à 170.000 ha et concerneraient 45.000 agriculteurs. Aujourd’hui, l’agroforesterie est identifiée par le ministère de l’Agriculture comme une pratique culturale agroécologique novatrice et comme une voie de diversification rentable pour l’agriculteur.

Quelles sont les principales formes d’agroforesterie susceptibles d’être mises en œuvre et présentée ci-après ?

•Une autre conception de l’agriculture

•Les prés-vergers

•Cultures annuelles intercalaires avec arbres feuillus

•Ripisylves ou bandes riveraines arborées

•Haies brise-vent

Une autre conception de l’agriculture

Le terme « agroforesterie » est apparu à la fin des années 1970. Il existe de nombreuses définitions scientifiques avec des variations considérables entre les concepts complexes proposés, mais toutes soulignent le principe essentiel que la présence des arbres au sein et/ou en bordure des champs et des pâtures améliore le fonctionnement agroécologique et l’efficacité économique du système agricole arboré.

Photo - Parcelle agricole conventionnelle (en haut à droite), et parcelle agroforestière (en bas à gauche)

Deux conceptions de l’agriculture s’opposent :

  • sur une parcelle agricole conventionnelle, la mise à nu régulière du sol en pente augmente les risques d’érosion et les pertes de fertilité, et la culture est dépendante des intrants chimiques ;
  • sur une parcelle agroforestière, la couverture végétale du sol est permanente tout le long de l’année. L’arbre apporte des services (restauration des sols, stockage du carbone, préservation de la ressource en eau, stimulation de la biodiversité) et des ressources divers (fruits, bois énergie, bois litière... et à plus long terme, bois d’oeuvre).
    Les prés-vergers

Photo - Pré-verger de pommiers, noyers et frênes pâturé par des vaches Blanc Bleu Belge (Anseremme)

Le pré-verger est une pâture complantée d’arbres fruitiers de haute tige. Ce système agroforestier se présente traditionnellement dans les exploitations d’élevage sous forme de petites plantations disséminées dans des prairies entourant les fermes et les villages.

La grande majorité des prés-vergers se trouve en Normandie (traditionnellement à base de pommiers et de poiriers, ils permettent la production de cidre et de calvados) et dans les deux départements du nord des Pays de la Loire (Mayenne et Sarthe).

Cultures annuelles intercalaires avec arbres feuillus

Photo - Dans un système de cultures annuelles intercalaires avec arbres feuillus, l’alignement des arbres est indispensable pour assurer la circulation aisée des engins agricoles (Noilhan, Gers).

Le système de cultures intercalaires est un type moderne d’association herbe-arbre qui convient aux agriculteurs souhaitant diversifier leurs cultures et tirer parti de l’aspect productif (bois d’œuvre, de service, de chauffage) et écologique (création d’un microclimat favorable à la culture, régulation des flux d’eau, lutte contre l’érosion, prévention des pollutions d’origine agricole, stockage du carbone, refuge et trame pour la biodiversité) de l’arbre.

Ripisylves ou bandes riveraines arborées

Photo - Cette ripisylve borde un ruisseau et est contiguë à une bande enherbée de 5 m de largeur. Ces 2 systèmes contribuent à piéger les pollutions d’origine agricole (Endoufielle, Gers)

La ripisylve ou forêt riveraine est une formation végétale où dominent les essences ligneuses et située au bord d’un cours d’eau ou d’un milieu lacustre (lac, étang, mare, marécage, tourbière, prairie humide).

Sa largeur peut varier de quelques mètres à plusieurs centaines de mètres.

L’objectif de l’implantation d’une bande riveraine est l’amélioration de la qualité des cours d’eau.

Haies brise-vent

Photo - Haie de frênes dans le bocage pyrénéen (Mont, HautesPyrénées).

Les haies sont sans doute le système agroforestier le plus développé et le plus classiquement intégré à l’espace rural français.

Les haies servent à délimiter un espace agricole (champ ou pré) et constituent une clôture pour le bétail.

En réduisant la vitesse du vent, elles créent un microclimat favorable pour la culture (augmentation des rendements de production agricole) et l’élevage (bien-être animal).

Perpendiculaires au sens de la pente, elles modifient l’écoulement des eaux sur les versants en réduisant les ruissellements et leur effet érosif (arrêt des particules érodées). Elles jouent aussi un rôle dans la prévention des pollutions d’origine agricole en réduisant fortement les flux de nitrates.

Gisement de biodiversité, les haies abritent de nombreuses espèces animales et végétales qui ne peuvent survivre dans les parcelles agricoles. Elles offrent nourriture et sécurité pour la faune sauvage et sont des alliées incontournables d’une agriculture durable comme réservoir à insectes auxiliaires utiles à la lutte intégrée des ravageurs de culture.

Voie de communication et corridors écologiques, ces linéaires protégés permettent à la faune et la flore d’investir l’espace délimité par les haies, puis de se déployer progressivement sur l’ensemble d’un territoire et garantir le brassage génétique àà la survie des espèces.

3 ouvrages à disposition à lire :

Le peuplier agroforestier – Techniques et coûts de plantation – 1èrede couverture

Dossier entreprise N° 229 – Diversité des systèmes - 1ère de couverture

Dossier entreprise N° 225 – Les systèmes agro-forestiers - 1ère de couverture

Liens :

Source : https://www.foretpriveefrancaise.com/n/les-systemes-agroforestiers-en-france/n:1480

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  • L’Agroforesterie d’après le Gévès France - Posté le 24/08/2017 - Dernière modification le 18/08/2020
    L’association des arbres et des cultures présente de nombreux intérêts qui motivent aujourd’hui beaucoup d’agriculteurs à redonner une place aux arbres champêtres sur leurs exploitations. Photo

Qu’est-ce que l’agroforesterie ?

Photo

L’agroforesterie est ’un système dynamique de gestion des ressources naturelles reposant sur des fondements écologiques qui intègrent des arbres dans les exploitations agricoles et le paysage rural et permet ainsi de diversifier et de maintenir la production afin d’améliorer les conditions sociales, économiques et environnementales de l’ensemble des utilisateurs de la terre’*.

L’association des arbres, des haies et des cultures présente de nombreux intérêts : maintien de la structure et de la fertilité des sols, réduction des intrants, renforcement de la lutte biologique, amélioration du microclimat de la parcelle, maximisation de la production de biomasse, séquestration du carbone, diversification des revenus de l’exploitation.

* Définition du Centre mondial pour l’agroforesterie

D’hier à aujourd’hui Photo

Les pratiques associant l’arbre, les cultures et l’élevage sont très anciennes et multiples, comme par exemple les prés-vergers, associant l’élevage à la production de fruits, ou le boccage, constitué d’un alignement de haies fournissant le bois de chauffage et d’arbres de haute tige fournissant le bois d’œuvre. Les pratiques agricoles et forestières se sont progressivement opposées en France vers le milieu du 19e siècle lorsque la forêt a commencé à progresser et le boccage à régresser. Par ailleurs, l’arbre a été peu à peu considéré comme concurrent des cultures sous l’effet des remembrements, de la mécanisation des pratiques culturales et de l’artificialisation des terres. Les politiques agricole et forestière se sont elles-mêmes construites de façon indépendante, aboutissant à une logique de spécialisation des territoires posant des questions de performance, tant sur le plan économique qu’environnemental.

L’agroforesterie d’aujourd’hui s’inspire de celle d’hier, mais s’adapte aux contraintes des exploitations modernes : techniques d’entretiens spécifiques, faible densité d’arbres à l’hectare, arbres alignés et choisis pour leur compatibilité avec les cultures (le plus souvent à valorisation alimentaire) et leur valeur économique ou environnementale. La clé de l’agroforesterie réside dans la maitrise du partage des ressources entre les arbres et les cultures associées, qui modifient mutuellement leurs conditions de croissance. Le savoir-faire de l’exploitant sera de favoriser les interactions positives tout en limitant la compétition. Les travaux de recherches conduits depuis plus de 20 ans permettent de proposer aujourd’hui des itinéraires agro-forestiers innovants, productifs et rentables.

Les intérêts de l’agroforesterie

Il a été montré en effet que l’association arbres-cultures est plus productive qu’un assolement séparant cultures d’un côté et arbres de l’autre. Le différentiel de production de biomasse est de 10 à 60%. Un essai agroforestier ancien, conduit par l’INRA, associant peuplier et céréales, a montré qu’une exploitation de 100 ha en agroforesterie produira autant de biomasse que 140 ha sur lesquels les deux cultures sont séparées*. Par voie de conséquence, l’agroforesterie contribue efficacement à la séquestration du carbone, que ce soit dans la biomasse végétale pérenne (aérienne et souterraine) et dans le sol, que par l’incorporation de matière organique via la litière ou le renouvellement des racines fines. Les valeurs de stockage mesurées sont de l’ordre de 0,3 t de CO2eq/ha/an en agroforesterie intra-parcellaire, et près de 1 t de CO2eq/ha/an pour certains bocages**.

La rentabilité d’une culture agroforestière dépend de l’efficacité biologique de l’association. La baisse de rendement des cultures intercalaires est compensée par le produit dégagé à long terme par la vente des arbres à condition que la valeur unitaire du bois produit soit élevée. Avec des allées deux fois plus larges que la hauteur des arbres adultes, permettant de cultiver jusqu’à la coupe de ces derniers, la part du revenu dégagé par les arbres représente entre 30 et 50% du revenu actualisé total.

En culture agroforestière, l’enracinement d’un arbre est plus profond qu’en forêt. Cela lui permet d’être mieux approvisionné en eau, de moins souffrir d’un stress hydrique éventuel et de récupérer en profondeur les nutriments issus de la roche mère ou entrainés par lixiviation. L’absence de compétition entre arbres se traduit en outre par une augmentation de leur croissance en diamètre et par conséquent une réduction de l’âge d’exploitabilité. Enfin, l’arbre modifie et diversifie le microclimat (température, vent, humidité), ce qui favorise la création d’habitats pour des auxiliaires qui pourront intervenir plus efficacement en cas d’attaques de ravageurs des cultures.

* Dupraz C., Liagre F., 2008, Agroforesterie – Des arbres et des cultures. Éditions France Agricole, 410 p.

** Pellerin, S. et al. 2013. Quelle contribution de l’agriculture française à la réduction des émissions de gaz à effet de serre ? Potentiel d’atténuation et coût de dix actions techniques. Synthèse du rapport d’étude. 92 p. INRA.

Plan de développement de l’agroforesterie Photo

En décembre 2015, le ministère de l’agriculture a lancé un plan de développement de l’agroforesterie, qui s’articule avec les politiques au niveau national et les engagements internationaux de la France, en particulier dans le cadre de la Convention-Cadre des Nations unies sur les Changements Climatiques (CCNUCC). Ce plan doit permettre de conforter et soutenir, d’ici 2035, l’installation de 200 000 ha de haies bocagères et de 120 000 ha d’agroforesterie. Il est articulé en cinq axes qui permettent de couvrir l’ensemble du champ utile au développement de l’agroforesterie et d’en gérer durablement toutes les formes, sur tout le territoire et dans les différents systèmes agricoles :

Depuis quelques années, la section technique Arbres Forestiers du CTPS a intégré dans ses travaux le champ de l’agroforesterie. Les variétés homologuées pour des espèces forestières plantées à espacement définitif sont d’ores et déjà valorisables en agroforesterie, et éligibles aux aides au reboisement. C’est le cas notamment du peuplier, du noyer, du châtaignier, du merisier, etc. Par ailleurs, pour répondre à des demandes de diversification des espèces ligneuses utilisables en agroforesterie, la section technique Arbres Forestiers du CTPS a proposé récemment l’introduction de trois nouvelles essences dans la liste des espèces forestières réglementées : érable champêtre, aulne à feuille en cœur et pommier sauvage. La section apporte enfin son expertise à l’appui d’un projet méthodologique de sélection participative (co-construite avec les agriculteurs et pépiniéristes) de variétés d’arbres adaptées à des systèmes agroforestiers favorables à la biodiversité, en prenant en compte les spécificités de ces variétés ligneuses lors de la rédaction des règlements techniques d’homologation.

Pour en savoir plus sur l’agroforesterie :

Voir aussi :

Généralités sur la forêt française Learn more

La réglementation sur les Matériels Forestiers de Reproduction Learn more– Photo : sacs de graines de semences

Les conseils d’utilisation des Matériels Forestiers de Reproduction (MFR) Learn more– Photo : matériels forestiers de reproduction

Statistiques annuelles sur les ventes de graines et plants forestiers Learn more– Photo : pépinière de plants forestiers

GEVES 25 rue Georges Morel CS 90024 49071 Beaucouzé cédex - contact@geves.fr
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Qualité au GEVES : Reconnaissances et accréditations

Source : https://www.geves.fr/expertises-varietes-semences/especes-forestieres/lagroforesterie/

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  • Politique du gouvernement français en faveur de l’Agroforesterie : tout savoir sur cette pratique en faveur de l’environnement – Dossier de Xavier Remongin / agriculture.gouv.fr - 16/05/2019 - agroforesterie - Transition agroécologique
    L’agroforesterie est l’association d’arbres et de cultures ou d’animaux sur une même parcelle. Cette pratique ancestrale permet une meilleure utilisation des ressources, une plus grande diversité biologique et la création d’un microclimat favorable à l’augmentation des rendements. [Re]découvrir cette pratique agroécologique, où l’arbre est placé au cœur des systèmes de production.

https://agriculture.gouv.fr/sites/minagri/files/styles/affichage_pleine-page_790x435/public/19113_036_rz.jpg?itok=G3keh9FY

L’agroforesterie est l’association d’arbres et de cultures ou d’animaux sur une même parcelle. Cette pratique ancestrale est aujourd’hui mise en avant car elle permet une meilleure utilisation des ressources, une plus grande diversité biologique et la création d’un microclimat favorable à l’augmentation des rendements.

Plusieurs systèmes existent : formes bocagères, prés-vergers, prés-bois, alignements de peupliers ou encore plantations de noyers associées à l’élevage ou d’autres essences associées aux cultures.

  • Consulter le plan national de développement pour l’agroforesterie
  • Consulter la synthèse du plan
  • Consulter la synthèse du plan (version anglaise)
    En principe, l’arbre, par son système racinaire, crée des conditions dans les couches profondes du sol qui favorisent l’alimentation en eau et en minéraux des cultures de surface. Les techniques agroforestières permettent de disposer les arbres afin que ceux-ci favorisent au maximum les cultures et rentrent le moins possible en compétition avec elles. Les arbres permettent aussi de diversifier les productions (en capitalisant sur le long terme) : bois d’œuvre, bois énergie, fruits, fourrage.... Ils limitent également la fuite des nitrates dans les couches profondes du sol, ce qui réduit la pollution des nappes phréatiques. La fertilité du sol peut être améliorée par les feuilles des arbres qui tombent sur le sol et qui fournissent un important approvisionnement en biomasse susceptible d’être minéralisée. Lorsque des espèces fixatrices d’azote sont utilisées (comme l’acacia) en association, ils peuvent contribuer à l’alimentation azotée de la culture et ainsi réduire l’utilisation d’intrants de synthèse.

Les arbres et les haies dans les champs permettent d’obtenir une diversité des espèces et des habitats, ce qui est favorable aux insectes auxiliaires des cultures et pollinisateurs.
Par ailleurs, les arbres ont la capacité d’absorber le CO2 et, durant leur phase de croissance, de stocker le carbone. Ils participent donc à atténuer les effets du changement climatique. L’agroforesterie devient ainsi une composante essentielle du projet agroécologique pour la France, contribuant également à l’initiative « 4 pour 1000 », par enrichissement du sol en matières organiques, et stockage du carbone par les différentes parties des arbres associés aux cultures ou à l’élevage.

Autres informations :

Voir l’infographie

Lire ’L’agroforesterie en France : intérêts et enjeux’ Analyse n°37 du Centre d’Etudes et de Prospective

L’agroforesterie, comment ça marche ?

Un plan national de développement pour l’agroforesterie

Comment l’agroforesterie contribue-t-elle à la qualité des aliments ?

Agroforesterie : « Les arbres sont essentiels au sol »

Agroforesterie : des arbres pour favoriser le bien-être animal

Transition agroécologique - Un plan national de développement pour l’agroforesterie 28/02/2019

Production & filières - Infographie - L’agroforesterie, plantation d’arbres au sein des cultures

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Sources à consulter : https://agriculture.gouv.fr/agroforesterie-tout-savoir-sur-cette-pratique-en-faveur-de-lenvironnement et

  • Photo : Xavier Remongin / agriculture.gouv.fr
    L’agroforesterie, comment ça marche ?

L’agroforesterie est l’association d’arbres et de cultures ou d’animaux sur une même parcelle. Cette pratique ancestrale est aujourd’hui mise en avant car elle permet une meilleure utilisation des ressources, une plus grande diversité biologique et la création d’un microclimat favorable à l’augmentation des rendements.

Plusieurs systèmes existent : formes bocagères, prés-vergers, prés-bois, alignements de peupliers ou encore plantations de noyers associées à l’élevage ou d’autres essences associées aux cultures.

  • Consulter le plan national de développement pour l’agroforesterie
  • Consulter la synthèse du plan
  • Consulter la synthèse du plan (version anglaise)
    En principe, l’arbre, par son système racinaire, crée des conditions dans les couches profondes du sol qui favorisent l’alimentation en eau et en minéraux des cultures de surface. Les techniques agroforestières permettent de disposer les arbres afin que ceux-ci favorisent au maximum les cultures et rentrent le moins possible en compétition avec elles. Les arbres permettent aussi de diversifier les productions (en capitalisant sur le long terme) : bois d’œuvre, bois énergie, fruits, fourrage.... Ils limitent également la fuite des nitrates dans les couches profondes du sol, ce qui réduit la pollution des nappes phréatiques. La fertilité du sol peut être améliorée par les feuilles des arbres qui tombent sur le sol et qui fournissent un important approvisionnement en biomasse susceptible d’être minéralisée. Lorsque des espèces fixatrices d’azote sont utilisées (comme l’acacia) en association, ils peuvent contribuer à l’alimentation azotée de la culture et ainsi réduire l’utilisation d’intrants de synthèse.

Les arbres et les haies dans les champs permettent d’obtenir une diversité des espèces et des habitats, ce qui est favorable aux insectes auxiliaires des cultures et pollinisateurs.
Par ailleurs, les arbres ont la capacité d’absorber le CO2 et, durant leur phase de croissance, de stocker le carbone. Ils participent donc à atténuer les effets du changement climatique. L’agroforesterie devient ainsi une composante essentielle du projet agroécologique pour la France, contribuant également à l’initiative « 4 pour 1000 », par enrichissement du sol en matières organiques, et stockage du carbone par les différentes parties des arbres associés aux cultures ou à l’élevage.

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  • Le jardin-forêt, une adaptation de l’agroforesterie d’après ‘jardinage.lemonde.fr’
    L’agroforesterie repose sur l’association de la plantation d’arbres avec d’autres cultures pour jouer la complémentarité et tirer des effets bénéfiques réciproques. Or, elle se pratique généralement à une échelle relativement grande, chez des paysans en agriculture biologique. Pour adapter la démarche à des surfaces plus petites qui sont celles de la permaculture ou du jardin, le concept de jardin-forêt ou forêt-jardin, selon les préférences, a été mis au point.

Le jardin-forêt : ses principes Photo

Les principes du jardin-forêt ont été calqués sur des pratiques ancestrales d’habitants de forêts tropicales ou semi-tropicales qui y cultivent des jardins vivriers pour produire des légumes et, en même temps, tirer profit des arbres environnants (fruits, bois…). Ainsi, les différentes strates de végétation créent un écosystème qui se doit d’être autonome en termes d’arrosage, d’amendement et, théoriquement, de travail humain !

Alors que l’agroforesterie est plutôt organisée sur 2 strates (châtaigniers, acacias/oliviers/vergers + prairies), le jardin-forêt se répartit sur 3 étages, produisant une alimentation de qualité :

  • étage supérieur formé d’arbres tels que l’aulne glutineux (Alnus glutinosa), l’acacia (Robinia pseudoacacia), le pin radiata (Pinus radiata) par exemple, et d’arbres fruitiers comme les pommiers, poiriers, cerisiers, incluant les fruits à coque du noyer ou de l’amandier notamment,
  • étage intermédiaire constitué d’arbrisseaux produisant des petits fruits à l’instar des cassissier, groseillier, framboisier, ainsi que noisetier conduit de façon buissonnante, mûrier blanc (Morus alba) et autres arbustes comestibles,
  • étage inférieur, où poussent spontanément des champignons, et où se cultivent les plantes aromatiques et médicinales, les plantes sauvages comestibles (ail des ours...) et les légumes vivaces, en excluant les légumes annuels qui manquent de lumière dans cette organisation.
    Photo - L’ensemble offre une impression de nature sauvage mais, en réalité, elle est parfaitement maitrisée, avec des tailles adaptées pour qu’un maximum de lumière passe permettant aux plantes vivaces, situées en dessous, de pousser puisqu’elles doivent vivre le plus possible en autonomie.

L’autonomie du jardin-forêt

Le jardin-forêt s’inscrit sur le long terme, et se structure autour d’un élément central : l’arbre, qui joue un rôle majeur pour de multiples raisons :

  • ses racines remontent les éléments nutritifs minéraux du sous-sol, et les remontent à disposition des végétaux au système racinaire moins profond. Comme, en plus, certains arbres ont la capacité de fixer l’azote de l’air, ils se substituent à des amendements extérieurs.
  • ses feuilles se transforment en humus après leur chute, de façon autonome, sans travail du sol ni arrosage.
  • l’arbre stocke le carbone, ce qui représente un atout considérable dans la lutte contre le réchauffement climatique.
  • l’arbre favorise l’émergence de microclimats, par son action brise-vent, ce qui est positif pour les cultures et les auxiliaires.
  • l’arbre accueille une riche biodiversité, bénéfique pour la flore et la faune, qu’elles soient sauvages ou non ; et l’écosystème créé permet de mieux lutter contre les aléas climatiques.
  • l’arbre produit de la biomasse, du bois, qui n’entrainent que des effets positifs sur l’environnement, à condition d’être patient puisque l’arbre s’envisage sur plusieurs dizaines d’années.
  • l’arbre participe à redessiner les paysages, trop endommagés par les pratiques agricoles intensives (remembrement, arrachage de haie, etc).
    Les conseils pratiques pour un jardin-forêt

Un jardin-forêt se doit d’être constitué d’espèces diverses, en ne plantant pas trop densément les arbres qui risquent de faire beaucoup trop d’ombre, à terme, empêchant toute culture de pousser en-dessous. Idéalement, il faudrait qu’ils soient plantés à l’abri des vents dominants, ce qui leur permettrait de croitre plus rapidement.

La taille des arbres revêt une importance majeure : il faut éliminer la couverture végétale sous la couronne, supprimer toutes les branches inférieures des plus grands arbres sauf une ou deux occasionnellement pour faire s’y accrocher des grimpantes.

Pour les plantes couvre-sol, oubliez les semis qui risquent de se faire étouffer par les herbes non désirées, préférez les plantations de vivaces, après avoir mené à bien un désherbage minutieux.

Photo -

Le choix des végétaux va être important également puisque certaines plantes s’apprécient, se stimulent mutuellement et se protègent contre les indésirables, tandis que d’autres sont incompatibles, se neutralisent et de détruisent. Leurs racines, leurs parfums, leurs besoins en lumière et en pluie, peuvent expliquer tout cela. Outre une observation attentive des milieux naturels, il vous faudra acquérir de précieuses connaissances en botanique avant de réussir totalement cette expérience de long terme.

Source : https://jardinage.lemonde.fr/dossier-2716-jardin-foret-adaptation-agroforesterie.html

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  • Pourquoi la forêt française est-elle en danger ? Document ‘sosforetfrance.org’ – (Réseau alternatives forestieres.org)
    Photo - La forêt est le plus important puits de carbone après les océans. C’est aussi un des rares milieux où une certaine biodiversité existe encore, notamment dans les vieux arbres et pour les espaces boisés qui sont préservés de la monoculture industrielle.

Pourtant, l’État français, sous influence des lobbies industrialistes, s‘évertue, par ses lois, ses subventions, ses avantages fiscaux et plus directement avec la nouvelle politique de l’ONF… à la détruire. On va nous dire « la détruire » c’est exagéré, la surface forestière augmente ! Elle a en effet beaucoup augmenté au cours du 20e siècle. Elle n’augmente plus depuis une dizaine d’années. Mais le sujet n’est pas là.

Le sujet c’est que depuis quelques décennies on cherche à formater la forêt pour l’adapter à l’industrie. On rase des forêts anciennes diversifiées en essences et en âge pour les remplacer par des monocultures adaptées à une récolte à la machine et à la demande commerciale de résineux. On détruit la forêt et sa biodiversité pour planter des monocultures intensives d’arbres qui ne méritent pas le nom de forêt !

De plus en plus souvent, on utilise des pesticides, des herbicides, des engrais, des boues de stations d’épuration… Bref, on cherche à appliquer en forêt les mêmes méthodes qu’en agriculture intensive, avec les mêmes raisonnements industrialistes et financiers, avec les mêmes déboires pour l’eau, pour la biodiversité, pour les sols, pour le climat, pour les humains qui y travaillent, pour les animaux qui y vivent, pour les populations locales, sans tenir compte des mauvaises expériences de l’agriculture. À quelques différences près :

  • Les espaces forestiers sont des écosystèmes complexes qui abritent depuis très longtemps une biodiversité considérablement plus développée que les espaces cultivés (dont des espèces chassées des milieux ouverts par l’agriculture intensive qui trouvent leur dernier refuge en forêt)
  • reconvertir un sol agricole en culture « bio » prend quelques années, convertir une plantation de Douglas en forêt diversifiée prendra plusieurs dizaines voire plusieurs centaines d’années et encore plus longtemps pour la reconstitution du stock de carbone du sol forestier détruit par la coupe rase et de l’écosystème forestier.
  • Le pourcentage de surface forestière industrialisée est plus faible que celui de terre agricole mais le processus s’accélère…
    Et pourtant, contrairement à ce que les lobbyistes tentent de nous imposer comme une évidence, on sait parfaitement gérer la forêt pour produire du bois en gardant un couvert forestier permanent, tout en maintenant et même en favorisant la biodiversité, le stockage du carbone, la qualité de l’eau, les emplois de forestiers qualifiés et les petites scieries de proximité, dans le respect des populations locales. On sait le faire en produisant autant de bois et… en gagnant autant d’argent voir plus (1) !

Mais ce calcul est valable sur la durée de renouvellement de l’écosystème forestier : 100, 200, 300 ans… Si on décide de faire le maximum d’argent sur la durée la plus courte possible, si c’est le cours de la bourse et les dividendes qui gouvernent à court terme la gestion forestière aux dépends des générations futures, si l’on tient compte des subventions et des avantages fiscaux, effectivement la forêt industrielle rapporte plus aux gros propriétaires, aux « coopératives » forestières et aux industriels de la filière bois, mais à court terme !

Le tout se fait dans un silence presque total, comme dans une plantation de résineux où tous les oiseaux ont disparu. Les gouvernements successifs et la filière bois ont bien compris l’importance de la communication. Ils déploient un brouillard « vert » autour de la gestion forestière « durable » dont se satisfont même certaines associations environnementales, la biomasse forestière étant bien utile pour boucler le mix énergétique vert…

En savoir plus :

Source : https://sosforetfrance.org/index.php/la-situation-de-la-foret-francaise/

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    Compléments sur les organismes ‘Réseau pour les Alternatives Forestières’ et PRO SILVA France  :
    ‘Réseau pour les Alternatives Forestières’ - Qui sommes-nous ? - Paysans pluriactifs, citoyens se questionnant sur les forêts de leur territoire, scieurs amoureux de la diversité des bois, éco-constructeurs, débardeurs à cheval, bûcherons cherchant à valoriser le patrimoine forestier, collectifs qui achètent des forêts... Tous ces acteurs trouvent dans le ‘Réseau pour les Alternatives Forestières’ un lieu de coopération, de débat et de construction pour penser la forêt autrement qu’un hypermarché du bois devant s’adapter à une filière industrielle. D’autres pistes sont possibles pour se réapproprier la connaissance et accompagner une forêt vivante et habitée. Source : https://www.alternativesforestieres.org/

PRO SILVA France – But : gérer les bois et forêts sans coupes rases : la sylviculture à couvert continu - Association reconnue d’utilité publique - Arrêté préfectoral du 18/03/2013 – Contributions les plus récentes :

Petit film en forêt Pro Silva : trois chênes pour Notre Dame de Paris - 01 juin 2021

Article magazine PAJ : ’La forêt française en danger ?’, avec une longue interview de notre Président Evrard de Turckheim - 08 juin 2021

EDITO Bois Energie International mai 2021 - Plaidoyer pour la futaie irrégulière - 11 juin 2021

Vidéo sur la sylviculture à couvert continu appliquée au massif des Landes, par Jacques HAZERA. 17 juin 2021

Cahier scientifique du Parc Naturel Régional du Morvan sur les coupes à blanc en forêt - 30 juin 2021

Vidéo sur la futaie jardinée dans le Haut-Jura, par Julien TOMASINI, Expert Forestier et Président de l’AFI - 16 juillet 2021

FORMATION : Mettre en oeuvre le traitement irrégulier des forêts. Description des peuplements et planification des interventions en sylviculture à couvert continu - 23 novembre 2021

Source de tous les renseignements antérieurs : https://prosilva.fr/

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Collecte des documents, agencements, [compléments] et intégration de liens hypertextes par Jacques HALLARD, Ingénieur CNAM, consultant indépendant – 07/08/2021

Site ISIAS = Introduire les Sciences et les Intégrer dans des Alternatives Sociétales

http://www.isias.lautre.net/

Adresse : 585 Chemin du Malpas 13940 Mollégès France

Courriel : jacques.hallard921@orange.fr

Fichier : ISIAS Ecologie Arbres Forêts Agroforesterie Climat Partie 2 Etat des forêts et les systèmes agroforestiers en France.9.docx

Mis en ligne par le co-rédacteur Pascal Paquin du site inter-associatif, coopératif, gratuit, sans publicité, indépendant de tout parti, géré par Yonne Lautre : https://yonnelautre.fr - Pour s’inscrire à nos lettres d’info > https://yonnelautre.fr/spip.php?breve103

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