Accueil > Pour en savoir plus > Psychologie > "Depuis un siècle, la psychologie s’efforce de donner du sens à l’esprit (...)

"Depuis un siècle, la psychologie s’efforce de donner du sens à l’esprit humain : la recherche a été désordonnée et controversée, mais elle a conduit à des découvertes fascinantes – Point sur les décès par désespoir aux États-Unis" par Bruce Bower

Traduction et compléments de Jacques Hallard

lundi 16 août 2021, par Bower Bruce

ISIAS Psychologie Résistance

Depuis un siècle, la psychologie s’efforce de donner du sens à l’esprit humain : la recherche a été désordonnée et controversée, mais elle a conduit à des découvertes fascinantes – Point sur les décès par désespoir aux États-Unis

Traduction du 16 août 2021 – avec ajout de Compléments sur la psychologie expérimentale et sur les Sciences cognitives - par Jacques Hallard d’un article de Bruce Bower en date du 11 août 2021 publié par ‘sciencenews.org’ sous le titre « Psychology has struggled for a century to make sense of the mind’ : Accessible sur ce site : https://www.sciencenews.org/article/psychology-behavior-human-mind-cognition-mental-health - Image d’illustration

L’une des expériences psychologiques les plus tristement célèbres jamais réalisées impliquait une forme soigneusement planifiée de maltraitance des enfants. L’étude reposait sur un plan simple qui n’aurait jamais été approuvé ou financé aujourd’hui. En 1920, deux chercheurs ont indiqué qu’ils avaient fait sursauter à plusieurs reprises un nourrisson sans méfiance, connu sous le nom de Petit Albert, pour voir s’il pouvait être conditionné comme les chiens de Pavlov.

[Addenda - Psychologie - Le chien de Pavlov et le conditionnement classique – Vidéo 3:58 - 15 avril 2021- Coursitout - Dans cette vidéo nous allons nous intéresser aux chiens de Pavlov et au conditionnement classique. Table des matières : 0:00 - Qui était Pavlov 2:00 - Les réponses conditionnées et non conditionnées 2:42 - L’intégration d’un stimulus neutre 3:13 - Le stimulus conditionné Sources : - https://openstax.org/books/psychology... - https://fr.wikipedia.org/wiki/Ivan_Pa... - https://fr.wikipedia.org/wiki/Conditi... - https://www.planeteanimal.com/le-chie... Ne me croyez pas sur parole ! Je ne suis un expert dans aucun domaine et je fais seulement ces vidéos pour tenter d’en apprendre davantage sur ce qui m’intéresse, puis de partager ces sujets d’intérêts avec d’autres personnes. J’utilise beaucoup Wikipédia car c’est une encyclopédie collaborative et les articles sont bien documentés, ce qui signifie que s’il y a des erreurs elles sont généralement rapidement corrigées pour les articles les plus visités. Néanmoins je vous encourage vivement à vérifier par vous-même ce que je dis. N’hésitez surtout pas à me corriger si vous pensez que j’ai fait une erreur ou que je n’ai pas compris un sujet. Qui je suis ? Je suis quelqu’un qui aime découvrir beaucoup de sujets et je profite de cette chaîne pour partager un peu cette passion avec d’autres curieux ! Si vous souhaitez me contacter, vous pouvez m’envoyer directement un message à contact@coursitout.com, ou bien sur Twitter ou Facebook. Pour me suivre : 🐦 Twitter - https://twitter.com/coursitout ▶️ Facebook - https://www.facebook.com/coursitout 📚 Ce que je lis - https://goodreads.com/coursitout #coursitout #éducation #psychologie - Licence de paternité Creative Commons (réutilisation autorisée) – Source : https://www.youtube.com/watch?v=1Yn1kdBevw4 ].

Suite du texte traduit

Photo - Le psychologue John Watson, de l’université Johns Hopkins, et son étudiante diplômée Rosalie Rayner considéraient leur expérience de laboratoire comme une étape vers le renforcement d’une branche des sciences naturelles capable de prédire et de contrôler le comportement des personnes et des animaux.

Au début, le garçon de 9 mois, identifié comme Albert B., s’est assis placidement lorsque les chercheurs ont placé un rat blanc devant lui. Lors de tests effectués deux mois plus tard, un chercheur a présenté le rongeur et, au moment où l’enfant approchait sa main pour le caresser, l’autre scientifique s’est placé derrière Albert et a fait claquer une tige métallique avec un marteau. Leur objectif : voir si un enfant pouvait être conditionné à associer un rat blanc émotionnellement neutre à un bruit effrayant, tout comme le physiologiste russe Ivan Pavlov avait entraîné des chiens à associer les clics insignifiants d’un métronome à la joie d’être nourri.

Référence : Little Albert eventually cried and recoiled at the mere sight of a white rat.

Les chiens de Pavlov bavaient au simple son d’un métronome. De même, le petit Albert a fini par pleurer et reculer à la simple vue d’un rat blanc. La peur conditionnée du garçon ne se limitait pas aux rongeurs. Il se mettait en colère lorsqu’on lui présentait d’autres objets à fourrure - un lapin, un chien, un manteau de fourrure et un masque de père Noël avec une barbe duveteuse.

Photo - Dans une expérience douteuse publiée en 1920, des chercheurs avaient conditionné un nourrisson surnommé ‘Little Albert’ (petit Albert) pour qu’il craigne divers animaux et objets à fourrure. J.B. Watson

Des détails cruciaux de l’expérience du petit Albert restent flous ou contestés, notamment l’identité de l’enfant, l’existence de troubles neurologiques et la raison pour laquelle le garçon a été retiré de l’expérience, peut-être par sa mère, avant que les chercheurs ne puissent tenter d’inverser ses peurs acquises. On ne sait pas non plus s’il a subi des effets à long terme de son expérience.

Bien que la psychologie expérimentale ait vu le jour en Allemagne en 1879, la célèbre étude de Watson préfigurait une approche désordonnée et controversée de la ’science de nous autres’, qui s’est déroulée au cours des 100 dernières années. Des tribus scientifiques en guerre, armées d’hypothèses contradictoires sur la façon dont les gens pensent et se comportent, se sont battues pour dominer la psychologie et d’autres sciences humaines et sociales. Certaines ont exercé une grande influence et une grande popularité, du moins pendant un certain temps. D’autres ont peiné dans une relative obscurité. Les tribus concurrentes ont rarement uni leurs forces pour développer ou intégrer des théories sur la façon dont nous pensons ou sur les raisons pour lesquelles nous faisons ce que nous faisons ; de tels efforts n’attiraient pas beaucoup d’attention. Extrait

[On peut se reporter à ceci : Compléments sur la psychologie expérimentale ]

Mais Watson, qui a eu une seconde carrière en tant que directeur de publicité, a su attirer l’attention. Il a été le pionnier d’un domaine appelé behaviorisme, l’étude des réactions externes des gens à des sensations et des situations spécifiques. Seul le comportement comptait dans la science de Watson. Les pensées inobservables ne le concernaient pas.

[Addenda – Béhaviorisme selon Wikipédia : le béhaviorisme, behaviorisme, béhaviourisme ou comportementalisme, est un paradigme de la psychologie scientifique selon lequel le comportement observable est essentiellement conditionné soit par les mécanismes de réponse réflexe à un stimulus donné, soit par l’histoire des interactions de l’individu avec son environnement, notamment les punitions et renforcements par le passé. L’approche béhavioriste vise à mettre au jour des relations statistiquement significatives entre les variables de l’environnement et les mesures du comportement étudié sans faire appel au psychisme comme mécanisme explicatif. Le béhaviorisme émerge à la fin du XIXe siècle et au début du XXe siècle en réaction à la difficulté des courants mentalistes, subjectivistes et introspectifs, à produire des énoncés scientifiques empiriquement testables. Après avoir exercé une influence très forte sur la recherche en psychologie en Amérique du Nord et en Europe, le béhaviorisme, en particulier dans sa forme radicale défendue par des chercheurs comme B. F. Skinner qui cherche à rendre compte aussi des processus mentaux selon les mêmes lois, régresse au profit d’approches cognitivistes…- Source : https://fr.wikipedia.org/wiki/B%C3%A9haviorisme ]

Suite du texte traduit

Le béhaviorisme trouve son application aujourd’hui dans l’analyse appliquée du comportement, ou ABA (Applied Behavioral Analysis), et, plus généralement sous une forme largement transformée, dans les psychothérapies cognitivo-comportementales (TCC). Les méthodologies d’interventions de type ABA sont utilisés pour divers troubles mentaux et avec les personnes atteintes de troubles envahissants du développement (TED), dont l’autisme, ou les addictions mais elles peuvent avoir des applications dans d’autres domaines tels que la sécurité industrielle, le management. Certaines méthodes de dressage animal sont aussi proches des théories béhavioristes.

Alors même que le behaviorisme occupait le devant de la scène - Watson a écrit un best-seller sur la façon d’élever les enfants en se basant sur les principes du conditionnement - certains psychologues se sont penchés sur la vie mentale. Le psychologue américain Edward Tolman a conclu que les rats apprenaient la disposition spatiale des labyrinthes en construisant une ’carte cognitive’ de leur environnement (SN : 3/29/47, p. 199). Voir : “cognitive map” of their surroundings

À partir des années 1910, les psychologues de la Gestalt ont étudié la façon dont nous percevons les ensembles différemment de la somme de leurs parties, comme par exemple, selon la perspective, voir soit un gobelet, soit les profils de deux visages au premier plan d’un dessin (SN : 18/5/29, p. 306). [Voir : Gestalt psychologists ]

[Addenda – Gestalt introduction de Wikipédia - La psychologie de la forme, théorie de la Gestalt ou gestaltisme (de l’allemand, Gestaltpsychologie) est une théorie psychologique et philosophique proposée au début du XXe siècle selon laquelle les processus de la perception et de la représentation mentale traitent les phénomènes comme des formes globales plutôt que comme l’addition ou la juxtaposition d’éléments simples. Elle se base sur trois postulats :

  • Les activités psychiques ont lieu dans un système complexe et ouvert, dans lequel chaque système partiel est déterminé par sa relation à ses méta-systèmes.
  • Un système se définit comme une unité dynamique à partir des relations entre ses éléments psychologiques.
  • Un système tend vers une harmonie entre toutes ses qualités pour permettre une perception ou conception concise et claire, la « bonne forme »1.
    Le gestaltisme est considéré comme une forme précoce et l’une des principales sources, avec la linguistique saussurienne, du courant intellectuel structuraliste qui se généralise au milieu du XXe siècle. Ils partagent pour l’essentiel les mêmes principes méthodologiques : holisme, intérêt pour les relations entre unités élémentaires, caractère non conscient du modèle théorique… - Source : https://fr.wikipedia.org/wiki/Psychologie_de_la_forme ].

Suite du texte traduit

Photo - Les idées de Sigmund Freud sur les conflits inconscients, les névroses et les psychoses reposaient sur des analyses de lui-même et de ses patients, et non sur des études de laboratoire. Authenticated News/Getty Image

Et à partir du début du 20e siècle, Sigmund Freud, le fondateur de la psychanalyse, a exercé une influence majeure sur le traitement des maux psychologiques grâce à ses écrits sur des sujets tels que les conflits inconscients, les névroses et les psychoses (SN : 7/9/27, p. 21). [Voir Sigmund Freud, the founder of psychoanalysis, ].

Les cliniciens freudiens ont guidé la rédaction du premier système de classification officiel des troubles mentaux de l’American Psychiatric Association. Les éditions ultérieures de la ’bible’ de la psychiatrie ont abandonné les concepts freudiens, jugés non scientifiques - Freud avait fondé ses idées sur des analyses sur lui-même et sur ses patients, et non sur des études de laboratoire.

Peu après l’ascension intellectuelle de Freud, celle du psychologue B.F. Skinner, de l’université de Harvard, dont la lignée académique remontait au behaviorisme de Watson, fit de même.

En plaçant des rats et des pigeons dans des chambres de conditionnement appelées ’boîtes de Skinner’, Skinner a étudié comment le moment et le rythme des récompenses ou des punitions affectent la capacité des animaux à apprendre de nouveaux comportements. Il a découvert, par exemple, que des récompenses régulières accélèrent l’apprentissage, tandis que des récompenses intermittentes produisent un comportement qu’il est difficile d’éteindre en laboratoire. Il a également suscité la controverse en qualifiant le libre arbitre d’illusion et en imaginant une société utopique dans laquelle les communautés distribuent des récompenses pour produire des citoyens bien élevés.

Les idées de Skinner, et le behaviorisme en général, ont perdu de leur popularité à la fin des années 1960 (SN : 9/11/71, p. 166). [Voir Skinner’s ideas, and behaviorism in general, lost favor by the late 1960s ].

Les scientifiques ont alors commencé à envisager l’idée que des calculs, ou des estimations, dans le cerveau pourraient permettre de penser.

Photo - Le psychologue B.F. Skinner (à l’extrême gauche) a étudié comment les récompenses et les punitions façonnent de nouveaux comportements chez les pigeons et d’autres animaux. Science History Images/Alamy Stock Photo

Photo - Les chambres fermées connues sous le nom de boîtes de Skinner, utilisées à l’origine pour conditionner les comportements des animaux non humains, ont ensuite été confondues avec une autre invention de Skinner qui n’a pas été utilisée pour la recherche, un berceau à climat contrôlé pour les nourrissons humains. Science History Images/Alamy Stock Photo – [Voir Skinner’s ideas, and behaviorism in general, lost favor by the late 1960s ]

Dans le même temps, certains psychologues soupçonnaient que les jugements humains puissent reposer sur des raccourcis mentaux défectueux ; plutôt que sur un traitement informatique des données. La recherche sur les défauts prétendument répandus dans la façon dont les gens prennent des décisions individuellement et dans des situations sociales a pris de l’ampleur dans les années 1970 et reste encore populaire aujourd’hui. Au cours des dernières décennies, une ligne de recherche opposée a indiqué que les gens rendaient plutôt de bons jugements en utilisant des règles empiriques simples, adaptées aux situations pertinentes.

À partir des années 1990, la ‘science du nous’ s’est engagée dans de nouvelles directions. Des progrès ont été réalisés dans l’étude de la façon dont les problèmes émotionnels se développent au fil des décennies, de la façon dont les personnes des cultures non occidentales pensent et des raisons pour lesquelles les décès liés au désespoir ont régulièrement augmenté aux États-Unis. L’attention des scientifiques a également été redirigée vers la recherche de nouveaux moyens plus précis de définir les troubles mentaux.

Aucune théorie unifiée de l’esprit et du comportement ne réunit ces projets. Pour l’instant, comme l’ont écrit en 2017 les psychologues sociaux William Swann, de l’université du Texas à Austin, et Jolanda Jetten, de l’université du Queensland, [Voir : wrote in 2017], en Australie, les scientifiques devraient peut-être élargir leurs perspectives pour ’être témoins des nombreuses façons frappantes et ingénieuses dont l’esprit humain s’affirme.’

Révolution et rationalité

L’accent mis aujourd’hui sur l’étude des pensées et des sentiments des gens, ainsi que de leurs comportements, peut être attribué à une ’révolution cognitive’ qui a débuté au milieu du XXe siècle.

L’essor d’ordinateurs de plus en plus puissants a motivé l’idée que des programmes complexes dans le cerveau guident le ’traitement de l’information’ afin que nous puissions donner un sens au monde. Ces programmes neuronaux, ou ensembles de règles formelles, fournissent des cadres permettant de se souvenir de ce que l’on a fait, d’apprendre une langue maternelle et d’accomplir d’autres exploits mentaux, selon une nouvelle génération de spécialistes des sciences cognitives et informatiques (SN : 26/11/88, p. 345). Extrait – Voir : a new breed of cognitive and computer scientists argued ].

Les économistes ont adapté l’approche des sciences cognitives à leurs propres besoins. Ils étaient déjà convaincus que les individus calculent les coûts et les avantages de chaque transaction de la manière la plus égoïste possible - ou qu’ils devraient le faire mais n’y parviennent pas en raison des limites mentales humaines. Les théoriciens de la finance se sont ralliés à ce dernier argument et ont commencé à créer des formules coûts-avantages pour investir de l’argent qui sont bien trop complexes pour que quiconque puisse les imaginer, et encore moins les calculer, par lui-même.

L’économiste Harry Markowitz a reçu le prix Nobel de sciences économiques en 1990 pour son ensemble de règles mathématiques, introduites en 1952, permettant d’allouer l’argent d’un investisseur à différents actifs, les liquidités les plus importantes étant consacrées à des placements plus sûrs et de meilleure qualité.

Mais dans les années 1970, des psychologues ont commencé à mener des études démontrant que les gens pensent rarement selon les règles rationnelles de la logique chère aux économistes. Les psychologues Daniel Kahneman, de l’université de Princeton, qui a reçu le prix Nobel de l’économie en 2002, et Amos Tversky, de l’université de Stanford, ont fondé ce domaine de recherche, d’abord appelé heuristique (c’est-à-dire raccourcis mentaux) et biais.

[Selon Wikipédia, « L’heuristique ou euristique (du grec ancien εὑρίσκω, heuriskô, « je trouve »1) est « l’art d’inventer, de faire des découvertes »2 en résolvant des problèmes à partir de connaissances incomplètes. Ce type d’analyse permet d’aboutir en un temps limité à des solutions acceptables. Celles-ci peuvent s’écarter de la solution optimale. Ce système empirique inclut notamment la méthode essai-erreur ou l’analyse statistique des échantillons aléatoires… » - Source : https://fr.wikipedia.org/wiki/Heuristique ].

Suite du texte traduit

Photo - Amos Tversky (à gauche) et Daniel Kahneman (à droite) ont lancé dans les années 1970 une ligne de recherche populaire visant à découvrir comment les décisions humaines tournent mal. Barbara Tversky.

Kahneman et Tversky ont popularisé la notion selon laquelle les décideurs s’appuient sur des raccourcis mentaux très faillibles qui peuvent avoir des conséquences désastreuses. Par exemple, les gens parient sur la faillite aux tables de ‘blackjack’ en se basant sur ce dont ils se souviennent facilement - les gros gagnants - plutôt que sur la grande majorité des perdants.

L’économiste Richard Thaler, de l’université de Chicago, a appliqué cette idée à l’étude du comportement financier dans les années 1980. [Voir 2017 Nobel Memorial Prize in Economic Sciences ]. Il a reçu le prix Nobel de sciences économiques 2017 pour ses contributions au domaine de l’économie comportementale, qui a intégré les recherches antérieures sur les heuristiques et les biais. Richard Thaler a défendu la pratique du ‘nudging’, dans laquelle les institutions gouvernementales et privées trouvent des moyens d’inciter les gens à prendre des décisions jugées dans leur meilleur intérêt.

Selon les économistes comportementaux, il vaut mieux donner des coups de pouce que de laisser les gens à leurs raccourcis mentaux potentiellement désastreux. Les ’nudges’ ont été utilisés, par exemple, pour inscrire automatiquement les employés dans des plans d’épargne-retraite, à moins qu’ils ne choisissent de ne pas y participer. Cette tactique vise à prévenir les retards dans l’épargne pendant les meilleures années de travail, qui entraînent des problèmes financiers plus tard dans la vie.

Une autre tactique de ’nudge’ vise à réduire la surconsommation de sucreries et d’autres aliments malsains, et peut-être aussi l’augmentation des taux d’obésité, en réaménageant les cafétérias et les épiceries de manière à ce que les légumes et autres aliments nutritifs soient plus faciles à voir et à atteindre.

Alors que le nudging gagnait en popularité, les recherches de Kahneman et Tversky ont également stimulé la croissance d’un camp de recherche opposé, fondé dans les années 1990 par le psychologue Gerd Gigerenzer, aujourd’hui directeur du ‘Harding Center for Risk Literacy’ à l’Université de Potsdam en Allemagne (SN : 7/13/96, p. 24).

[Voir Kahneman and Tversky’s research also stimulated the growth of an opposing research camp, ].

Photo - Gerd Gigerenzer - Dans les années 1990, le psychologue Gerd Gigerenzer et ses collègues ont lancé des enquêtes sur des raccourcis simples mais puissants de prise de décisions. Franz Johann Morgenbesser/Flickr (CC BY-SA 2.0)

Gerd Gigerenzer et ses collègues étudient des règles empiriques simples qui, lorsqu’elles sont orientées vers des indices cruciaux dans des situations réelles, fonctionnent remarquablement bien pour la prise de décision. Leur approche s’inspire des idées sur la prise de décision dans les organisations qui ont valu à l’économiste Herbert Simon le prix Nobel de sciences économiques en 1978 (SN : 21/10/78, p. 277).

[Voir 1978 Nobel Memorial Prize in Economic Sciences ].

Dans le monde réel, les gens disposent généralement d’informations limitées et de peu de temps pour prendre des décisions, affirme Gigerenzer. Il est impossible de connaître les risques précis à l’avance ou de les calculer sur la base de ce qui s’est passé dans le passé, car de nombreux facteurs en interaction peuvent déclencher des événements inattendus, par exemple dans la vie d’une personne ou dans l’économie mondiale.

Dans un tel contexte d’incertitude, des tactiques de décision simples mais puissantes peuvent être plus efficaces que des opérations de calcul massif telles que la formule d’investissement de Markowitz. En utilisant 40 ans de données sur le marché boursier américain pour prédire les rendements futurs, une étude a révélé que le simple fait de répartir l’argent de manière égale entre 25 ou 50 actions permettait généralement de gagner plus d’argent que 14 stratégies d’investissement complexes, dont celle de Markowitz (SN Online : 20/5/11). [Voir yielded more money ]

Contrairement à la procédure de Markowitz, répartir les fonds de manière égale entre divers achats permet de répartir les risques d’investissement sans prendre pour de bons paris des schémas financiers accidentels et aléatoires du passé.

Gigerenzer et d’autres chercheurs de règles empiriques puissantes mettent l’accent sur l’éducation du public en matière de connaissances statistiques et de stratégies de réflexion efficaces plutôt que sur les schémas d’orientation. Ils affirment que les effets escomptés des ’nudges’ sont souvent faibles et de courte durée. Des effets non intentionnels peuvent également se produire, comme le regret d’avoir accepté le taux d’investissement standard du plan d’épargne d’une entreprise parce qu’il s’avère trop faible pour les besoins de la retraite. ’Nudger les gens sans les éduquer revient à infantiliser le public’, écrivait Gigerenzer en 2015.

Une volonté de nuire

Lorsque les études sur la prise de décision irrationnelle ont pris leur essor il y a une cinquantaine d’années, un champ de recherche aux implications particulièrement troublantes a également vu le jour. Des psychologues sociaux plaçaient des volontaires dans des situations expérimentales qui, selon eux, mettaient en évidence une faiblesse humaine pour suivre la foule et obéir à l’autorité. Alors que les souvenirs de la campagne nazie d’extermination des Juifs d’Europe étaient encore frais, deux expériences de ce type sont devenues célèbres pour avoir montré la facilité apparente avec laquelle les gens se plient à des ordres odieux et abusent du pouvoir.

Tout d’abord, le psychologue de Yale Stanley Milgram a rapporté en 1963 que 65 % des volontaires ont obéi à un expérimentateur qui leur demandait d’administrer ce qu’ils pensaient être des chocs électriques de plus en plus puissants, voire mortels, à une personne invisible - qui travaillait en fait avec Milgram - pour les punir d’avoir commis des erreurs lors de tests de rappel de mots. Cette découverte, qui a fait l’objet d’une large publicité, semblait révéler une volonté effrayante des gens ordinaires d’exécuter les ordres d’autorités malveillantes (SN : 8/20/77, p. 117).

[Suggestion : se reporter à note dossier > ’Faut-il résister ou obéir face à un pouvoir d’autorité abusif, violent et brutal ?’ par Jacques Hallard mardi 3 janvier 2017 - ISIAS Philosophie Sociologie Psychologie - Faut-il résister ou obéir face à un pouvoir d’autorité abusif, violent et brutal ? - Série Résistance – Résister : Pourquoi ? A qui ou à quoi ? Comment ? Partie 3 - Jacques HALLARD, Ing. CNAM – Sitehttp://www.isias.lautre.net/ISIAS – 03/01/2017 - « La conscience est la principale clé permettant de contrecarrer les abus d’autorité » (Josselyne Abadie). A lire sur ce site : https://isias.lautre.net/spip.php?article579 ].

Suite du texte traduit

Une suite troublante aux travaux de Milgram a été l’expérience de la prison de Stanford en 1971, que le psychologue Philip Zimbardo a interrompue après six jours en raison du chaos croissant parmi les participants. Des étudiants masculins chargés de jouer les gardiens dans une prison simulée avaient de plus en plus maltraité les prisonniers fictifs, les déshabillant et les privant de nourriture. Les étudiants ’prisonniers’ se sont repliés sur eux-mêmes et ont sombré dans la dépression.

Philip Zimbardo a fait valoir que les situations sociales extrêmes, comme le fait d’endosser le rôle d’un gardien de prison, ont tendance à dépasser le contrôle de soi. Selon lui, même des étudiants aux manières douces peuvent devenir durs lorsqu’ils revêtent l’uniforme d’un gardien et sont lâchés sur leurs camarades emprisonnés.

Photo - Les volontaires participant aux expériences d’obéissance à l’autorité de Stanley Milgram pensaient qu’ils donnaient des chocs aux personnes qui se trompaient dans un test, comme l’homme assis ici, qui travaillait en fait avec Milgram. © 1968 par S. ilgram, © Renouvelé 1993 par Alexandra Milgram. Extrait du film Obedience Distribué par Alexander Street Press

Photo - Lorsque des étudiants ont endossé les rôles de gardiens (à gauche) et de prisonniers (à droite) lors de l’expérience de la prison de Stanford en 1971, le groupe a sombré dans le chaos en quelques jours. P.G. Zimbardo

Les projets de Milgram et de Zimbardo contenaient des drames et des conflits humains qui ont eu un grand retentissement auprès du public et qui ont duré longtemps. En 1976, un téléfilm basé sur l’expérience de Milgram, intitulé ‘The Tenth Level’, a été réalisé avec William Shatner. Un film de 2010 inspiré de l’expérience de la prison de Stanford, intitulé simplement ‘The Experiment’, mettait en vedette les lauréats des Oscars Adrien Brody et Forest Whitaker.

Malgré l’impact culturel durable des expériences d’obéissance à l’autorité et de prison, certains chercheurs ont remis en question les conclusions de Milgram et de Zimbardo. Milgram a mené 23 expériences d’obéissance, mais une seule a été rendue publique. Dans l’ensemble, les volontaires ont généralement administré les chocs les plus durs lorsqu’ils étaient encouragés à s’identifier à la mission scientifique de Milgram visant à comprendre le comportement humain. Personne n’a suivi l’ordre de l’expérimentateur : ’Vous n’avez pas d’autre choix, vous devez continuer.’

En effet, les personnes qui suivent les ordres pour faire du mal à autrui sont plus susceptibles de le faire parce qu’elles s’identifient à une cause collective qui justifie moralement leurs actions, ont affirmé les psychologues S. Alexander Haslam de l’Université du Queensland et Stephen Reicher de l’Université de St. Andrews en Écosse 40 ans après la célèbre étude sur l’obéissance. Plutôt que de suivre aveuglément les ordres, les volontaires de Milgram coopéraient avec un expérimentateur lorsqu’ils considéraient leur participation comme scientifiquement importante - même si, comme beaucoup l’ont dit plus tard à Milgram, ils ne voulaient pas administrer de chocs et se sentaient mal après l’avoir fait.

Le génocide ethnique de 1994 au du Rwanda

Les données du génocide ethnique de 1994 dans la nation africaine du Rwanda ont appuyé cette version révisée de l’expérience de Milgram (SN : 8/19/17, Voir Data from the 1994 ethnic genocide in the African nation of Rwanda ].

En l’espace de 100 jours, des membres de la population majoritairement hutue du Rwanda ont tué environ 800.000 Tutsis. Les chercheurs qui ont par la suite examiné les données du gouvernement rwandais sur les auteurs du génocide ont estimé que seuls environ 20 % des hommes hutus et un pourcentage beaucoup plus faible de femmes hutues ont gravement blessé ou tué au moins une personne au cours de cet épisode sanglant. La plupart des Hutus ont rejeté les pressions exercées par les dirigeants politiques et communautaires pour se joindre au massacre.

Les prisonniers et les gardes de Zimbardo n’ont pas non plus accepté passivement les rôles qui leur étaient assignés. Au début, les prisonniers se sont rebellés contre les gardiens. Lorsque les prisonniers ont appris de Zimbardo qu’ils devraient renoncer à l’argent qu’ils avaient déjà gagné s’ils partaient avant la fin de l’expérience, leur solidarité s’est effondrée et les gardiens ont écrasé leur résistance. Pourtant, une majorité de gardiens refusent d’exercer leur pouvoir de manière tyrannique, préférant des tactiques dures mais justes ou amicales.

Lors d’une deuxième expérience menée par Haslam et Reicher en 2001, les gardiens ont été autorisés à élaborer leurs propres règles plutôt que de recevoir l’ordre de donner aux prisonniers un sentiment d’impuissance, comme l’avait fait Zimbardo. Dans un enchaînement rapide d’événements, un conflit a éclaté entre un groupe de gardiens et de prisonniers qui formaient un groupe communautaire partageant le pouvoir et un autre groupe de gardiens et de prisonniers qui voulaient instaurer un régime autoritaire. Le moral du groupe communautaire a rapidement chuté. Haslam a arrêté l’expérience après huit jours. ’C’est l’effondrement des groupes et le sentiment d’impuissance qui en résulte qui créent les conditions dans lesquelles la tyrannie peut triompher’, conclut Haslam.

[Voir In a second prison experiment conducted by Haslam and Reicher in 2001, ]

Les expériences de Milgram et Zimbardo ont ouvert la voie à d’autres recherches affirmant que les gens ne peuvent pas contrôler certaines attitudes et certains comportements nuisibles. Un test, portant sur la vitesse à laquelle les individus identifient des mots et des images positifs ou négatifs après avoir vu des visages blancs et noirs, est devenu populaire en tant que marqueur de préjugés raciaux inconscients. Certains chercheurs considèrent ce test comme une fenêtre sur les préjugés cachés - et la formation aux préjugés implicites est devenue courante sur de nombreux lieux de travail. Mais d’autres scientifiques se sont demandé s’il permettait vraiment de déceler le sectarisme sous-jacent. De même, la menace du stéréotype, l’idée que les gens agissent automatiquement en accord avec les croyances négatives sur leur race, leur sexe ou d’autres caractéristiques lorsqu’on leur rappelle subtilement ces stéréotypes, a également attiré des partisans et des critiques dans le monde universitaire. [Voir stereotype threat, ].

Un désordre diagnostique

De 1952 à 1980, le Manuel diagnostique et statistique des troubles mentaux, ou DSM, divisait les affections mentales en névroses, moins invalidantes, et en psychoses, plus invalidantes. Les autres affections étaient regroupées en maladies psychosomatiques, en troubles de la personnalité et en problèmes du cerveau ou du système nerveux. Les architectes d’une mise à jour publiée en 1980, le DSM-III, souhaitaient que la psychiatrie devienne une science biologique. Ils ont donc privilégié les médicaments à la psychothérapie pour traiter les troubles mentaux.

En 2010, des scientifiques insatisfaits des définitions des troubles mentaux du DSM, souvent floues et fondées sur les symptômes, se sont rebellés et ont tenté de définir les affections mentales à partir de mesures cérébrales et comportementales. L’une de ces approches fait appel à une mesure encore préliminaire de la susceptibilité aux maladies mentales en général, appelée ’score p’. Ce score est censé refléter le risque ’d’intériorisation’ d’une personne à développer des troubles de l’anxiété et de l’humeur, son risque ’d’extériorisation’, comme l’abus de drogues et la violation des lois, et sa propension à avoir des délires et d’autres formes de pensées psychotiques. Les chercheurs espèrent pouvoir un jour utiliser les scores p pour évaluer l’efficacité des psychothérapies et des médicaments psychoactifs dans le traitement et la prévention des troubles mentaux. - Bruce Bower

Améliorer les vies et les durées de vie

Il a fallu une crise de santé publique pour stimuler un niveau de coopération entre les disciplines au sein et même en dehors des sciences sociales rarement atteint au cours du siècle dernier. Après une longue période d’augmentation de la longévité, l’espérance de vie des Américains a diminué ces dernières années, sous l’effet des surdoses de drogues et d’autres ’morts de désespoir’ parmi les pauvres et les travailleurs, qui sont confrontés à des pertes d’emploi et à un avenir incertain.

[Voir life spans of Americans have declined in recent years, ].

Des économistes, des psychologues, des psychiatres, des sociologues, des épidémiologistes et des médecins ont commencé à explorer les raisons potentielles de ces récentes pertes de longévité, dans le but d’endiguer une marée montante de décès précoces.

Deux économistes de l’université de Princeton, Anne Case et Angus Deaton, ont mis en lumière cette tendance inquiétante en 2015. Après avoir passé au peigne fin les statistiques américaines sur les décès, Case et Deaton ont observé que la mortalité a fortement augmenté chez les personnes blanches non hispaniques d’âge moyen à partir de la fin des années 1990. En particulier, les Blancs de la classe ouvrière âgés de 45 à 54 ans étaient de plus en plus nombreux à boire jusqu’à la mort avec de l’alcool, à succomber à des overdoses d’opioïdes et à se suicider.

[Voir mortality rose sharply among middle-aged, non-Hispanic white people starting in the late 1990s.].

Les pertes d’emploi dues au déclin de l’industrie minière et à la délocalisation des usines, les coûts élevés des soins de santé, la désintégration des familles et d’autres facteurs de stress ont rendu plus de gens que jamais susceptibles de mourir de désespoir, ont affirmé les économistes. Une tendance similaire avait alimenté les décès parmi les Noirs des quartiers défavorisés dans les années 1970 et 1980.

Si Case et Deaton avaient raison, les chercheurs devaient de toute urgence trouver un moyen de mesurer le désespoir (SN : 1/30/21, p. 16). [Voir needed to find a way to measure despair ]. Deux grandes idées ont guidé leurs efforts.

Premièrement, il ne faut pas supposer que la dépression ou d’autres diagnostics correspondent au désespoir. Il faut plutôt considérer le désespoir comme un état d’esprit abattu. Des circonstances tragiques indépendantes de la volonté d’une personne, qu’il s’agisse d’un chômage soudain ou de la perte d’un être cher emporté par le COVID-19, peuvent déclencher une démoralisation et un chagrin qui n’ont rien à voir avec une dépression préexistante ou tout autre trouble mental.

Deuxièmement, il faut étudier les gens tout au long de leur vie pour comprendre comment le désespoir se développe et provoque des décès précoces. Il est raisonnable de se demander, par exemple, si la dépendance aux opioïdes touche plus souvent les jeunes adultes qui ont connu le désespoir depuis l’enfance, que ceux qui y ont été confrontés pour la première fois l’année précédente.

Une échelle préliminaire du désespoir comprend sept indicateurs de cet état, dont le sentiment de désespoir et d’impuissance, le sentiment de ne pas être aimé et l’inquiétude fréquente. Cette échelle s’est révélée prometteuse pour identifier les personnes susceptibles de penser au suicide ou de faire une tentative de suicide et d’abuser des opioïdes et d’autres drogues.

Les morts par désespoir font partie d’une crise économique et de santé publique plus large, a conclu un comité de 12 membres des ‘’National Academies of Sciences, Engineering and Medicine’ en 2021. Depuis les années 1990, les surdoses de drogues, l’abus d’alcool, les suicides et les affections liées à l’obésité ont causé la mort de près de 6,7 millions d’adultes américains âgés de 25 à 64 ans, a constaté le comité. La question de savoir si l’obésité est rarement ou souvent associée au désespoir reste ouverte.

[Voir caused the deaths of nearly 6.7 million U.S. adults ages 25 to 64, ]

Autodestruction

Les spécialistes des sciences sociales étudient les raisons de l’augmentation du nombre de ’morts de désespoir’ aux États-Unis et le rôle croissant joué par les surdoses de drogues, par rapport à l’abus d’alcool et aux suicides.

line graph of U.S. deaths of despair, 1900–2017, age-adjusted

Graphique linéaire des décès par désespoir aux États-Unis, de 1900 à 2017, ajustés selon l’âge. T. Tibbitts - Source : Comité économique conjoint du Congrès américain 2019

Légende des courbes du bas vers le haut : drogues stupéfiants ; alcool ; suicides ; décès par désespoir.

Dès le départ, les décès dus à ces causes ont particulièrement touché les minorités raciales et les personnes de toutes races appartenant à la classe ouvrière. La pandémie de COVID-19 a encore accentué cette tendance à la mortalité, car les personnes souffrant de problèmes de santé sous-jacents, étaient particulièrement vulnérables au coronavirus.

Peut-être que des résultats aussi alarmants en matière de santé publique peuvent inspirer des politiques qui deviennent virales, dans le meilleur sens du terme. Des programmes de prévention de l’obésité chez les jeunes, le développement du traitement de la toxicomanie et l’arrêt du flux d’opioïdes illégaux vers les États-Unis seraient un début.

Quelle que soit la décision des politiciens, notre science – dans le domaine de la psychologie - a parcouru un long chemin depuis que Watson et Rayner ont instillé des peurs malsaines à un nourrisson sans méfiance. Si le ‘petit Albert’ vivait aujourd’hui, il pourrait sourire, sans doute avec méfiance, aux chercheurs qui s’efforcent d’éteindre l’angoisse de la vie réelle.

Synthèse sur les Écoles de pensée en psychologie au cours de l’Histoire

Les chercheurs ont adopté diverses approches, souvent contradictoires, parfois complémentaires, pour étudier la pensée et le comportement humains.

1899 - La psychanalyse freudienne : Étude et traitement des conflits mentaux inconscients.

1912 - La psychologie de la Gestalt : Étude des perceptions unifiées plutôt que de leurs parties.

1913 - Le behaviorisme de John Watson : Étude de la prédiction et du contrôle du comportement humain.

1938 - Le behaviorisme de B.F. Skinner : Étude des comportements conditionnés par des récompenses et des punitions.

1956 - Révolution cognitive : Étude de l’esprit à l’aide de l’intelligence artificielle et des ordinateurs

1971 - Heuristiques et biais (Kahneman et Tversky) : Étude des décisions irrationnelles et erronées

1999 - La rationalité écologique (Gigerenzer) : Étude de la façon dont les raccourcis mentaux fonctionnent dans les bons contextes.

2010 - WEIRD/mouvement interculturel : Étude de la façon dont les personnes extérieures aux cultures occidentales pensent.

Le journalisme digne de confiance a un prix.

Les scientifiques et les journalistes partagent une croyance fondamentale dans le questionnement, l’observation et la vérification pour atteindre la vérité. ‘Science News’ scientifiques. Nous avons besoin de votre soutien financier pour y parvenir - chaque contribution fait la différence. Subscribe or Donate Now >>> https://www.sciencenews.org/subscription-3?utm_source=cta&utm_medium=story&utm_campaign=trustworthy_journalism

Editor’s Note : This article was corrected on August 12, 2021 to note that the prison experiment in which prison guards developed their own rules was done by S. Alexander Haslam with Stephen Reicher in 2001.

Note de l’éditeur : Cet article a été corrigé le 12 août 2021 pour indiquer que l’expérience de prison dans laquelle les gardiens de prison ont développé leurs propres règles a été faite par S. Alexander Haslam avec Stephen Reicher en 2001.

About Bruce Bower E-mailTwitter(photo) - Bruce Bower has written about the behavioral sciences for Science News since 1984. He writes about psychology, anthropology, archaeology and mental health issues.

A propos de Bruce Bower – Il écrit sur les sciences du comportement pour ‘Science News’ depuis 1984. Il écrit plus précisément sur la psychologie, l’anthropologie, l’archéologie et les questions de santé mentale.

Science News 100 - Pour célébrer notre 100ème anniversaire, nous mettons en lumière certaines des plus grandes avancées de la science au cours du siècle dernier. Pour voir une version étendue de cette histoire, visitez « Century of Science : notre science’ > Century of Science : The science of us. Read more > (lire plus) : https://www.sciencenews.org/century/psychology-mind-humans-mental-health

Science News

https://www.sciencenews.org/wp-content/uploads/2019/08/sn-fallback.png

Source : https://www.sciencenews.org/article/psychology-behavior-human-mind-cognition-mental-health

Retour au début du dossier


Compléments sur la psychologie expérimentale

La psychologie expérimentale selon Wikipédia

La psychologie expérimentale est le champ de la psychologie basé sur la méthode scientifique expérimentale. Elle a pour objet l’étude des comportements directement observables. Les psychologues expérimentaux usent de diverses méthodes : descriptives (comme les observations systématiques, les observations des corrélations, les relations entre variables, les études ex-post-facto…) ou encore la méthode expérimentale pure. Source : https://fr.wikipedia.org/wiki/Psychologie_exp%C3%A9rimentale

La psychologie expérimentale - Auteur : Jérôme Vermeulen psychologue

Résumé : La psychologie expérimentale est très développée en psychologie depuis plusieurs décennies. Elle cherche à comprendre les phénomènes psychologiques sous le mode des sciences expérimentales.

La psychologie expérimentale est une méthodologie systématique d’observation et d’acquisition de connaissances sur les attitudes et les comportements, basée sur l’expérimentation. On peut l’opposer grossièrement à la méthode visant à demander aux personnes d’expliquer les causes, processus et conséquences de leurs comportements (pourquoi avez-vous fait ceci ?, ou dans telle situation, vous pensez que vous feriez quoi ?). En psychologie expérimentale, on sait que les gens sont très peu doués pour l’introspection et qu’en général, ils se trompent pour expliquer leurs comportements !

La psychologie expérimentale se fixe pour objectif de contrôler de façon très pointue les différents paramètres d’une situation pour en évaluer, de façon systématique, l’impact sur les attitudes et comportements. Le psychologue parle de variables. La première étape du psychologue expérimental est de formuler une hypothèse plausible, généralement élaborée sur les recherches des autres psychologues ou sur une idée nouvelle. Le psychologue expérimental va ensuite mettre en place une situation expérimentale. Il va en contrôler toutes les variables possibles ; s’il oublie de le faire, ses collègues ne manqueront pas de lui en faire le reproche en lui signalant les biais et sa recherche ne sera pas publiée.

En psychologie expérimentale, le travail des statistiques est très important. Le psychologue (l’expérimentateur) va donc travailler avec deux ou plusieurs groupes de personnes (20, 25 personnes par groupe, ou parfois des centaines). Il va mettre en place une manipulation expérimentale, à laquelle sera soumis le premier groupe et pas le second. Et il va mesurer l’impact de la manipulation en observant la différence de moyenne entre les deux groupes. Comme il doit pouvoir mesurer cette différence entre le groupe qui a reçu la manipulation et celle qui ne l’a pas reçue, il travaillera volontiers avec des réponses quantifiables ; les sujets sont ainsi invités à répondre sur des échelles de 0 (=pas du tout) à 5 (=tout à fait). Une analyse statistique sur les moyennes lui permettra ensuite au scientifique de déterminer si son hypothèse de départ se vérifie ou pas.

SOMMAIRE l Exemple : comment une expérience de psychologie expérimentale démontre que l’introspection ne marche pas - Texte mis en ligne le 01-01-1970 - ©2005-2021 Le Psychologue.be – Source : https://www.lepsychologue.be/articles/psychologie-experimentale.php

Qu’est-ce que la psychologie expérimentale ? – Document ‘nospensees.fr’

La psychologie expérimentale examine les relations entre le comportement humain et l’esprit, se centrant sur la recherche et l’expérimentation scientifique basée sur les faits.

Pour en arriver à une conclusion précise et sûre, les chercheurs emploient souvent différentes méthodes scientifiques. Il s’agit là du principal domaine d’étude de la psychologie expérimentale, qui explore des concepts basiques, tels que la mémoire et la motivation, dans des domaines tels que la psychologie infantile, sociale et éducative.

Presque tout le travail de psychologie expérimentale a lieu dans des environnements contrôlés, comme par exemple des laboratoires de recherche. Les psychologues expérimentaux manipulent les variables de recherche pour découvrir les relations entre la cognition et le comportement.

Alors que chaque branche de la psychologie s’efforce de comprendre le comportement et la pensée humaine, la psychologie expérimentale se centre, elle, sur la réalisation d’expériences contrôlées à partir de variables désignées, de sujets de tests et de résultats statistiques.

Origine de la psychologie expérimentale

Pour certains, c’est Charles Darwin, avec L’Origine des espèces, qui a initié le champ de la psychologie expérimentale. Il ne fait certes aucun doute que la théorie révolutionnaire de Darwin a éveillé l’intérêt pour la relation entre la biologie et la psychologie. Au début des années 1900, les psychologues ont commencé à avoir recours aux sciences naturelles pour analyser et expliquer l’esprit humain.

Cependant, cette compréhension inexacte de l’esprit humain comme une machine a fait place à des théories fonctionnalistes. Par exemple, William James, le père de la psychologie américaine, a été fortement influencé par la biologie évolutive. Il a promu l’idée que l’esprit est naturellement adaptatif, sensible et intelligent.

Finalement, ce sont le comportementalisme et les autres branches de la psychologie moderne qui ont contribué à l’élaboration de ce que l’on connaît aujourd’hui sous le nom de psychologie expérimentale.

Que font les psychologues expérimentaux ?

Les psychologues expérimentaux cherchent à étudier les comportements ainsi que les différents processus et fonctions que soutiennent ces comportements. Différents tests ont été réalisés pour comprendre et apprendre davantage de choses à propos de divers sujets tels que la perception, la mémoire, la sensation, l’apprentissage, la motivation et les émotions.

Pour mieux comprendre l’approche de la psychologie expérimentale, il existe 4 principes fondamentaux d’une étude considérée comme réussie sur lesquels s’accordent généralement les chercheurs. Il s’agit de :

  • Déterminisme : les psychologues expérimentaux, comme la majorité des scientifiques, acceptent la notion de déterminisme. En effet, pour eux, chaque état d’un objet ou d’un événement est déterminé par des états antérieurs. En d’autres termes, les phénomènes comportementaux ou mentaux s’expriment typiquement en des termes de cause à effet. Si un phénomène est suffisamment général et largement confirmé, on peut parler de “loi”. Et les théories psychologiques servent justement à organiser et intégrer ces lois.
  • Empirisme : la connaissance dérive principalement d’expériences liées aux sens. Ainsi, on ne peut étudier que les choses qui sont observables. La notion d’empirisme requiert que l’hypothèse et les théories entrent en contraste avec les observations du monde naturel et pas avec un raisonnement, une intuition ou une révélation a priori.
  • Parcimonie : ce principe consiste en la recherche de la simplicité. On doit réaliser les recherches à partir de la plus simple des théories. En effet, on optera toujours pour la théorie la plus basique.
  • Probabilité : selon ce principe, les hypothèses et les théories devraient être vérifiables avec le temps. Si une théorie ne peut pas être prouvée, alors de nombreux scientifiques considèrent qu’elle n’a pas de sens. La probabilité implique la “fausseté”, correspondant à l’idée qu’un ensemble d’observations pourrait prouver que la théorie est incorrecte.
    A ces principes, on peut ajouter celui de la définition opérationnelle, ou opérationnisme. La définition opérative implique qu’un concept se définisse en termes de procédures concrètes et observables. Les psychologues expérimentaux tentent de définir des phénomènes alors non observables, comme les évènements mentaux. Ils les connectent aux observations par des chaînes de raisonnement.

Fiabilité et validité

La fiabilité mesure la consistance ou la vérifiabilité d’une étude. Si une recherche peut se répéter et produire les mêmes résultats (auprès d’un public différent et sur une autre période de temps), alors on la considère comme fiable.

Pour sa part, la validité mesure la précision relative ou l’exactitude des conclusions extraites d’une étude. C’est l’exactitude et l’exactitude relative des études psychologiques. Pour déterminer la validité d’une mesure en termes quantitatifs, il faut comparer selon un critère.

Il existe différents types de validité :

  • Interne : l’étude fournit une forte preuve de causalité entre deux facteurs. Une étude caractérisée par une forte validité interne en arrive à la conclusion que, de fait, c’est la manipulation de la variable indépendante qui est responsable des changements de la variable dépendante.
  • Externe : l’étude peut être répliquée auprès de différentes populations et ainsi produire les mêmes résultats.
  • Constructive : les variables indépendantes et dépendantes sont des représentations précises des concepts abstraits étudiés.
  • Conceptuelle : l’hypothèse vérifiée soutient la théorie la plus large, également étudiée.
    Commentaires finaux

Même si on considère parfois la psychologie expérimentale comme une branche de la psychologie, on largement recours à ses méthodes dans toutes les domaines de la psychologie.

Par exemple, les psychologues du développement utilisent des méthodes expérimentales afin d’étudier l’évolution au fil de l’âge et des périodes de la vie.

Les psychologues sociaux, pour leur part, utilisent des techniques expérimentales pour étudier de quelle manière s’opère l’influence des groupes. Les psychologues de la santé utilisent aussi l’expérimentation pour mieux comprendre les facteurs qui contribuent au bien-être et à la maladie.

Cela pourrait vous intéresser ...

Lisez-le dans Nos Pensées

William James : pionnier des sciences psychologiques - On considère William James comme le père de la psychologie moderne, une figure de grande envergure dans presque toutes les disciplines du savoir. études

Théories Les 4 attitudes vitales, selon l’analyse transactionnelle

Théories La théorie de la préparation de Seligman

Théories Qu’est-ce que la psychologie transpersonnelle ?

Théorie de la dissociation structurelle : quand la personnalité se dédouble après un traumatisme

Théories Elan vital : la force qui nous pousse à nous réaliser

Théories Les étapes cognitives selon Piaget

Théories Le langage intérieur selon Vygotsky

Théories Les théories du scientifique hindou Vilayanur Ramachandran

Feng Shui : l’influence du foyer sur notre bien-être : https://nospensees.fr/feng-shui-linfluence-foyer-bien-etre/

NB. Les contenus de cette publication sont rédigés à des fins uniquement informatives. A aucun moment ils ne peuvent servir à poser des diagnostics ou à remplacer le travail d’un professionnel. Nous vous recommandons donc de consulter votre médecin de confiance.

Nos Pensées - Blog sur la psychologie et la philosophie ... -Blog sur la psychologie et la philosophie, articles et réflexions sur le bonheur, la peur et d’autres aspects de la psychologie. Politique des cookie Politique de confidentialité Termes et conditions d’usage

© 2012 – 2021. Tous les droits réservés. Source : https://nospensees.fr/quest-ce-que-la-psychologie-experimentale/ .

Retour au début du dossier


Complément avec une introduction concernant les Sciences cognitives

Les Sciences cognitives d’après Wikipédia

Sous-classe dePsychologie, philosophie de l’esprit, linguistique, anthropologie, neurosciences, intelligence artificielle
Pratiqué par Chercheur en sciences cognitives (d)
Champs Intelligence artificielle

épistémologie

psychologie cognitive

neurophysiologie

linguistique cognitive

communication non verbale

Objets Pensée

cognition

https://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/thumb/e/ea/Cognitive_Science_Hexagon_tr.png/283px-Cognitive_Science_Hexagon_tr.png

Les six disciplines scientifiques constituant les sciences cognitives et leurs liens interdisciplinaires, par l’un des pères fondateurs du domaine, G. A. Miller1. Les traits pleins symbolisent les disciplines entre lesquelles existaient déjà des liens scientifiques à la naissance des sciences cognitives ; en pointillés, les disciplines entre lesquelles des interfaces se sont développées depuis lors.

Les sciences cognitives constituent une discipline scientifique ayant pour objet la description, l’explication, et le cas échéant la simulation des mécanismes de la pensée humaine, animale ou artificielle, et plus généralement de tout système complexe de traitement de l’information capable d’acquérir, conserver, utiliser et transmettre des connaissances. Les sciences cognitives reposent sur l’étude et la modélisation de phénomènes aussi divers que la perception, l’intelligence, le langage, la mémoire, l’attention, le raisonnement, les émotions, l’esprit ou même la conscience2. Les sciences cognitives utilisent conjointement des données issues des six sous-disciplines qui la composent : les neurosciences, la linguistique computationnelle, l’anthropologie cognitive, la psychologie cognitive, la philosophie de la cognition et l’intelligence artificielle. Nées dans les années 1950 aux États-Unis dans le cadre des progrès sur l’intelligence artificielle financés par la recherche militaire et particulièrement DARPA, les sciences cognitives recoupent les enjeux liés à la cognition artificielle et à la cognition naturelle.

En France, cette discipline a mis en place des sociétés savantes comme l’Association pour la Recherche Cognitive (ARCo) ou des associations comme la Fresco. Le CNRS a fondé récemment l’Institut des Sciences Cognitives en 1992 à l’initiative de Marc Jeannerod. Cet institut rebaptisé plus tard Institut Marc Jeannerod est un institut du CNRS en partenariat avec l’Université de Lyon. Les sciences cognitives comprennent une science fondamentale et ses applications industrielles. On distingue, en effet, au sein des sciences cognitives :

  • une science fondamentale, dite science de la cognition, dont les spécialistes, parfois appelés cogniticiens3, sont réunis en sociétés savantes et publient dans des revues scientifiques internationales dédiées. Son principe essentiel est le suivant : l’utilisation de l’ordinateur pour manipuler les symboliques,
  • un secteur applicatif industriel du domaine de l’ingénierie de la connaissance : la cognitique.
    Il est à noter que le singulier ‘cognitive science’ est d’usage courant dans les pays anglophones. Les spécialistes des sciences cognitives (recherche et cognitique) sont appelés cogniticiens.

Sommaire

Retour au début du dossier

Les articles étiquetés PSYCHOLOGIE et postés antérieurement sur ISIAS sont à consulter à partir de ce site : https://isias.lautre.net/spip.php?page=recherche&recherche=psychologie

Retour au début du dossier


Traduction, [compléments] et intégration de liens hypertextes par Jacques HALLARD, Ingénieur CNAM, consultant indépendant – 16/08/2021

Site ISIAS = Introduire les Sciences et les Intégrer dans des Alternatives Sociétales

http://www.isias.lautre.net/

Adresse : 585 Chemin du Malpas 13940 Mollégès France

Courriel : jacques.hallard921@orange.fr

Fichier : ISIAS Psychologie Résistance Recherche désordonnée et controversée Découvertes fascinantes.4
docx.docx

Mis en ligne par le co-rédacteur Pascal Paquin du site inter-associatif, coopératif, gratuit, sans publicité, indépendant de tout parti, géré par Yonne Lautre : https://yonnelautre.fr - Pour s’inscrire à nos lettres d’info > https://yonnelautre.fr/spip.php?breve103

http://yonnelautre.fr/local/cache-vignettes/L160xH109/arton1769-a3646.jpg?1510324931

— -