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"Le réchauffement planétaire a fait monter le niveau des mers lors de la 6ème période interglaciaire du Pléistocène (il y a environ 120.000 ans) : cela indique comment l’élévation future escomptée du niveau des océans pourrait affecter les écosystèmes terrestres" par Jacques Hallard

samedi 6 novembre 2021, par Hallard Jacques



ISIAS Environnement Climat Mangrove

Le réchauffement planétaire a fait monter le niveau des mers lors de la 6ème période interglaciaire du Pléistocène (il y a environ 120.000 ans) : cela indique comment l’élévation future escomptée du niveau des océans pourrait affecter les écosystèmes terrestres

Avec une annexe sur la période géologique du Pléistocène - Glaciations et réchauffements

Jacques Hallard , Ingénieur CNAM, site ISIAS – 06/11/2021

Plan du document : Introduction Sommaire Auteur


Introduction

Ce dossier, écrit dans un but didactique, rapporte deux publications sur des travaux réalisés au Yucatan au Mexique, qui tentent d’expliquer la présence de mangroves rouges inattendues dans ces lieux et qui ont fait l’objet de recherches interdisciplinaires.

Une annexe décrit les glaciations et les réchauffements qui se sont succédés durant la période géologique du Pléistocène. Ces connaissances éclairent comment une élévation future et escomptée du niveau des océans, pourrait affecter les écosystèmes terrestres au cours des prochaines décennies.

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Sommaire

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  • Comment des palétuviers amoureux de la mer se sont-ils retrouvés loin de la côte ? Il y a plus de 100.000 ans, le réchauffement a fait monter le niveau des mers et a déplacé les plantes vers l’intérieur des terres - Traduction du 03 novembre 2021 par Jacques Hallard d’un article de Trishla Ostwal en date du 22 octobre 2021, publié par ‘sciencenews.org’ sous le titre « How these sea-loving mangroves ended up far from the coast  » : accessible sur ce site : https://www.sciencenews.org/article/red-mangroves-inland-coast-ecosystem-yucatan-peninsula

    Fish swimming around roots of red mangrove forest

Les poissons et autres animaux aquatiques de la rivière San Pedro Mártir, dans la péninsule du Yucatán, trouvent refuge dans les racines immergées d’une forêt de mangroves rouges. Ces arbres font partie d’un ’écosystème relique’ qui existe depuis plus de 100.000 ans. Octavio Aburto

À près de 200 kilomètres de la mer, les mangroves rouges prospèrent dans les forêts tropicales qui bordent la rivière San Pedro Mártir, dans la péninsule du Yucatán. Mais comment ces arbres enchevêtrés qui poussent généralement dans l’eau salée le long des côtes se sont-ils retrouvés piégés si loin à l’intérieur des terres et dans l’eau douce ?

Carlos Burelo réfléchit à cette question depuis qu’il a visité la rivière lors d’une partie de pêche avec son père, il y a 35 ans. Enfant, il a constaté que les palétuviers, avec leurs racines aériennes tordues, étaient différents des autres arbres. Cette observation l’a accompagné jusqu’à l’âge adulte, lorsqu’il est devenu biologiste à l’Universidad Juárez Autónoma de Tabasco, à Villahermosa, au Mexique.

Aujourd’hui, des analyses génétiques, des études de la végétation et des sédiments ainsi que des simulations des variations du niveau des mers montrent que les palétuviers rouges (Rhizophora mangle) font partie d’un ’écosystème relique’ qui existe depuis plus de 100 000 ans. Lorsque le réchauffement de la dernière période interglaciaire, qui a atteint son apogée il y a environ 130 000 ans, a fait monter le niveau de la mer d’environ 9 mètres au-dessus du niveau actuel, les basses terres de ce qui est aujourd’hui la péninsule du Yucatán ont été inondées. En conséquence, la forêt de mangroves a été déplacée et a commencé à se développer à l’intérieur des terres selon les normes actuelles, rapportent Burelo et ses collègues dans les Actes de l’Académie nationale des sciences du 12 octobre. Lorsque le niveau de la mer a baissé à la suite du refroidissement de la planète, les arbres se sont retrouvés loin de la côte.

’La remarquable résilience de ces arbres, en particulier, est frappante - le fait que, bien qu’ils soient normalement adaptés à l’eau de mer, ils aient survécu pendant tout ce temps à l’intérieur des terres est incroyable’, déclare Holly Jones, biologiste de la conservation à la Northern Illinois University de DeKalb, qui n’a pas participé à la nouvelle étude.

Pour estimer d’où les mangroves ont pu être déplacées, l’équipe a prélevé des feuilles sur les arbres et sur d’autres forêts de mangroves le long des côtes de la mer des Caraïbes et du golfe du Mexique et a comparé l’ADN des plantes. Ce travail a permis de localiser les origines des mangroves intérieures à environ 170 kilomètres de là, le long du golfe du Mexique.

En comparant le nombre de mutations de l’ADN de la population de l’intérieur des terres avec celui des autres palétuviers et en estimant l’âge des arbres à l’aide de carottes, ’nous avons pu déduire [que les palétuviers de San Pedro] ont été isolés pendant 120 000 ans’, explique Felipe Zapata, biologiste évolutionniste à l’UCLA. L’eau riche en calcium et le lit de la rivière San Pedro ont favorisé la survie de ces mangroves rouges au fil des ans, explique M. Zapata.

Red mangroves in the San Pedro Mártir River, seen from a distance on a sunny day

Les poissons et autres animaux aquatiques de la rivière San Pedro Mártir, dans la péninsule du Yucatán au Mexique, trouvent refuge dans les racines immergées d’une forêt de mangroves rouges. Ces arbres font partie d’un ’écosystème relique’ qui existe depuis plus de 100 000 ans. Octavio Aburto.

[Le Yucatán (/ʝu.ka.ˈtan/ Écouter), de son nom complet, État de Yucatán (en espagnol : Estado Libre y Soberano de Yucatán ; en maya yucatèque : Xóot’ Noj Lu’umil Yúukatan), est situé dans le sud-est du Mexique, sur la péninsule du Yucatán. Il est bordé par le golfe du Mexique au nord et par les États de Campeche au sud-ouest et de Quintana Roo à l’est, qui font tous deux également partie de la péninsule du Yucatán1. Cet état, qui s’étend sur 38 402 km2 et compte 106 municipalités, a pour capitale Mérida. Il est peuplé d’environ 2,1 millions d’habitants (2015)2. L’État de Yucatán est connu pour son site archéologique de Chichén Itzá avec sa pyramide de Kukulcán, temple précolombien, érigé par les Mayas il y a plus de mille ans. Ce site est inscrit au patrimoine mondial de l’UNESCO et fait partie de la liste des « Sept nouvelles merveilles du monde » établie en 2007. En 2019, Yucatán a rejoint le mouvement Fab City, suivant l’appel lancé par le maire de Barcelone, Xavier Trias, à ce que toutes les villes du monde deviennent autosuffisantes pour 20543… »

Yucatán

Localisation de l’État de Yucatán au Mexique

Lire l’article complet sur : https://fr.wikipedia.org/wiki/Yucat%C3%A1n

Article traduit :

À près de 200 kilomètres de la mer, les mangroves rouges prospèrent dans les forêts tropicales qui bordent la rivière San Pedro Mártir, dans la péninsule du Yucatán. Mais comment ces arbres enchevêtrés qui poussent généralement dans l’eau salée le long des côtes se sont-ils retrouvés piégés si loin à l’intérieur des terres et dans l’eau douce ?

Carlos Burelo réfléchit à cette question depuis qu’il a visité la rivière lors d’une partie de pêche avec son père, il y a 35 ans. Enfant, il a constaté que les palétuviers, avec leurs racines aériennes tordues, étaient différents des autres arbres. Cette observation l’a accompagné jusqu’à l’âge adulte, lorsqu’il est devenu biologiste botaniste à l’Universidad Juárez Autónoma de Tabasco, à Villahermosa, au Mexique.

Aujourd’hui, des analyses génétiques, des études de la végétation et des sédiments, ainsi que des simulations des variations du niveau des mers, montrent que les palétuviers rouges (Rhizophora mangle) font partie d’un ’écosystème relique’ qui existe depuis plus de 100.000 ans. Lorsque le réchauffement de la dernière période interglaciaire, qui a atteint son apogée il y a environ 130.000 ans, a fait monter le niveau de la mer d’environ 9 mètres au-dessus du niveau actuel, les basses terres de ce qui est aujourd’hui la péninsule du Yucatán ont été inondées. En conséquence, la forêt de mangroves a été déplacée et a commencé à se développer à l’intérieur des terres selon les normes actuelles, rapportent Carlos Burelo et ses collègues dans les Actes de l’Académie nationale des sciences du 12 octobre 2021. Lorsque le niveau de la mer a baissé à la suite du refroidissement de la planète, les arbres se sont retrouvés loin de la côte.

’La remarquable résilience de ces arbres, en particulier, est frappante - le fait que, bien qu’ils soient normalement adaptés à l’eau de mer, ils aient survécu pendant tout ce temps à l’intérieur des terres est incroyable’, déclare Holly Jones, biologiste de la conservation à la ‘Northern Illinois University’ de DeKalb, qui n’a pas participé à la nouvelle étude.

Pour estimer d’où les mangroves ont pu être déplacées, l’équipe de chercheur a prélevé des feuilles sur les arbres et sur d’autres forêts de mangroves le long des côtes de la mer des Caraïbes et du golfe du Mexique et elle a comparé l’ADN des plantes. Ce travail a permis de localiser les origines des mangroves intérieures à environ 170 kilomètres de là, le long du golfe du Mexique.

En comparant le nombre de mutations de l’ADN de la population de l’intérieur des terres avec celui des autres palétuviers et en estimant l’âge des arbres à l’aide de carottes, ’nous avons pu déduire [que les palétuviers de San Pedro] ont été isolés pendant 120.000 ans’, explique Felipe Zapata, biologiste évolutionniste à l’UCLA. L’eau riche en calcium et le lit de la rivière San Pedro ont favorisé la survie de ces palétuviers rouges au fil des ans, explique Felipe Zapata.

Red mangroves in the San Pedro Mártir River, seen from a distance on a sunny day

Les mangroves rouges poussent dans les eaux douces, calmes et riches en calcium de la rivière San Pedro Mártir, dans la péninsule du Yucatán. Selon les chercheurs, ce calcium a permis aux arbres de survivre bien plus loin à l’intérieur des terres, que là où les mangroves poussent habituellement. Ben Meissner

Outre les mangroves, l’équipe de chercheurs a trouvé dans l’intérieur des terres diverses espèces végétales qui ont également un héritage côtier. Plus de 30 %, soit 112 espèces, de la flore totale poussant le long de la rivière, y compris des orchidées et des légumineuses, se trouvent généralement dans les lagunes côtières ou le long des côtes, indiquent les chercheurs.

Forts de ces résultats, les chercheurs ont décidé d’examiner également le sol. L’équipe s’attendait à trouver ’des sédiments côtiers, des sédiments océaniques et peut-être des fossiles océaniques’, explique Exequiel Ezcurra, écologiste à l’université de Californie, à Riverside aux Etats-Unis. Une étude géologique des sédiments près des mangroves a révélé ’exactement ce à quoi nous nous attendions’, dit-il, notamment des graviers côtiers, des coquilles de gastéropodes marins, des sédiments argileux riches en fragments de coquilles, des dunes côtières et de grandes coquilles d’huîtres.

Ces découvertes, ainsi que les simulations des niveaux marins dans le passé, confirment qu’à un moment donné au cours de la dernière période interglaciaire, l’océan a dû fusionner avec le bassin inférieur de la rivière San Pedro, repoussant les mangroves rouges et d’autres espèces côtières vers l’intérieur des terres, concluent les chercheurs.

La découverte de cet écosystème relique met en évidence l’impact considérable que les changements climatiques passés ont eu sur les côtes du monde, dit Exequiel Ezcurra, et permet de mieux comprendre comment l’élévation future du niveau de la mer peut affecter ces écosystèmes.

Citations

O. Aburto-Oropeza et al. Relict inland mangrove ecosystem reveals Last Interglacial sea levels. Proceedings of the National Academy of Sciences. Vol. 118, October 12, 2021, p. e2024518118. doi : 10.1073/pnas.2024518118.

About Trishla Ostwal Twitterphoto

Trishla Ostwal is a fall 2021 science writing intern. She is a recent graduate of Columbia University School of Journalism.

À propos de Trishla Ostwal – Elle est stagiaire en rédaction scientifique durant l’automne 2021. Elle est récemment diplômée de l’école de journalisme de l’université de Columbia aux Etats-Unis.

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Source : https://www.sciencenews.org/article/red-mangroves-inland-coast-ecosystem-yucatan-peninsula

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  • Écosystèmes - Les mangroves que la glace a laissées derrière elle - Traduction du 03 novembre 2021 par Jacques Hallard d’un article d’ Agustín Ávila-Casanueva en date du 04 octobre 2021, publié par ‘botany.one‘ Ecosystems sous le titre « The mangroves the ice left behind »  ; accessible sur ce site : https://www.botany.one/2021/10/the-mangroves-the-ice-left-behind/
    Dans les eaux d’une rivière à Tabasco pousse une population de mangrove rouge : un monde perdu dont les origines remontent à la dernière glaciation. Cet article est également disponible en Español

« J’ai entendu des arbres d’un âge splendide dire : « Que faites-vous ici ? Nous sommes secrètement analphabètes. Apprenez à lire pour pouvoir écrire sur nous ». Carlos Pellicer’s Sketch pour une ode tropicale, 1933.

Carlos Burelo a anticipé que sa question, même simple, n’aurait pas de réponse facile : « Je savais que j’avais besoin d’une approche multidisciplinaire », dit-il dans une interview avec ‘Botany One’. ’J’ai commencé à chercher autour de moi et j’ai trouvé quelqu’un avec qui je pensais qu’il serait parfait pour travailler avec ce projet’, me dit Carlos Burelo, ’alors je lui ai envoyé un e-mail et il lui a fallu trois mois pour répondre qu’il ne me croyait pas’.

Carlos Burelo, botaniste et écologiste de la conservation de l’Herbier de l’Universidad Juárez Autónoma de Tabasco (UJAT), avait contacté l’écologiste Exequiel Ezcurra de l’Université de Californie à Riverside. Le scepticisme d’Ezcurra était justifié : « [Burelo] m’a dit dans son e-mail qu’il avait trouvé une mangrove rouge à Tabasco, à 170 km de la côte », a déclaré Ezcurra lors de notre entretien, « et cela ne pouvait clairement pas être vrai. C’était du jamais vu, c’est le moins qu’on puisse dire. La mangrove rouge, Rhizophora mangle, pousse généralement le long du littoral dans les régions tropicales et dans les zones humides ; soit en eau de mer ou en eaux saumâtres, mais toujours près de la côte. Parfois, il peut être trouvé à quelques kilomètres à l’intérieur des terres, le long de la rivière. La distance rapportée par Carlos Burelo était franchement incroyable.

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La Mangrove rouge, Rhizophora mangle, dans les eaux calmes, riches en calcium et douces de la rivière San Pedro Mártir, à Tabasco, au Mexique. Crédit : Octavio Aburto-Oropeza.

’Mais j’étais certain’, dit Carlos Burelo, ’je connais très bien ces mangroves.’ Et c’est parce qu’il a grandi dans cette région de la péninsule du Yucatán, dans la ville de Balancán, où coule le fleuve le plus puissant du Mexique, l’Usumacinta. « Mon père m’a emmené, moi et mes frères et sœurs, en amont, jusqu’à la rivière San Pedro », un affluent de l’Usumacinta, « pour nager et pêcher », se souvient Carlos Burelo. Même lorsque des mangroves rouges bordaient la rivière et pouvaient facilement être vues à l’époque, Carlos Burelo ne savait pas comment les identifier correctement. Ce n’est qu’après être devenu biologiste et plus tard obtenir son doctorat en botanique qu’il était capable de reconnaître les racines tordues surgissant de l’eau douce sous le nom de Rhizophora mangle. Et comme le font habituellement les bons botanistes, Carlos Burelo les a enregistrées avec sa caméra.

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À l’Herbier de l’Universidad Juárez Autónoma de Tabasco, le botaniste et écologiste de la conservation Carlos Burelo et ses étudiants présentent une sélection de spécimens de la riche flore relique de la rivière San Pedro Mártir. Crédit : Octavio Aburto-Oropeza.

Il a ensuite envoyé certaines de ces photographies dans un deuxième e-mail à Ezcurra. « J’ai été très surpris », avoue Ezcurra, « j’ai immédiatement demandé à Carlos son numéro de téléphone, puis je suis allé sur ‘Google Earth’ pour voir exactement où se trouvaient ces mangroves. » À ce moment-là, Ezcurra a réalisé l’importance de la simple question de son collègue : comment ces mangroves ont-elles pu arriver là ?

Cet échange de courriels brefs mais fructueux a eu lieu en 2017. Depuis lors, Carlos Burelo, Ezcurra et leurs collègues au Mexique et aux États-Unis étudient la région autour de la rivière San Pedro à la recherche d’indices pour répondre à cette question. L’une des hypothèses qui a déclenché une discussion approfondie au sein du groupe de chercheurs tournait autour de la possibilité que les plantes aient pu être apportées par les Mayas.

Les ruines d’Aguada Fénix, la plus ancienne ville maya découverte à ce jour, ne sont qu’à une courte distance de la rivière. Mais la réponse se trouvait dans les mangroves elles-mêmes, plus précisément dans leurs gènes.

L’équipe a pris des feuilles non seulement des palétuviers de la rivière San Pedro, mais aussi de ceux poussant sur la côte de Tabasco et dans d’autres sites de la péninsule du Yucatán. Une partie de leur approche multidisciplinaire comprenait le séquençage et la comparaison de l’ADN de chacune des populations de Rhizophora mangle.

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Le botaniste Carlos Burelo, en chapeau et lunettes, la scientifique du projet Paula Ezcurra, en chapeau et lunettes noires, et des membres de la communauté locale naviguant sur la rivière San Pedro pour trouver et collecter des spécimens d’une population intérieure de Rhizophora mangle à Tabasco, au Mexique. De l’avant vers l’arrière : Neil Morales Rodríguez, avec caméra, « Chito » Montiel en chemise orange, Rodrigo Morales en noir, Manuel Campos, conducteur de bateau non identifié. Crédit : Octavio Aburto-Oropeza.

« Les mangroves de la lagune de Términos sont les plus proches de celles de la rivière San Pedro », explique Ezcurra. Il fait cependant référence à une distance génétique, pas physique. Cela signifie que les palétuviers de la lagune de Términos, séparés de 87 km de ceux de la rivière San Pedro, sont les plus proches parents de la population de l’intérieur. Ezcurra, Burelo et leurs collègues rapportent aujourd’hui le 4 octobre 2021 dans un article publié dans les Actes de la ‘National Academy of Sciences’.

L’ADN peut être plus qu’une photo de famille : il peut servir de livre d’histoire et d’horloge moléculaire. Les mutations entre deux populations se produisent plus ou moins au même rythme, semblable aux aiguilles d’une horloge, mais une horloge qui marque le temps en dizaines de milliers d’années. En comparant et en mesurant la quantité de mutations propres à chaque population de mangrove, les chercheurs peuvent estimer depuis combien de temps elles ont divergé. « Nous avons travaillé sur une simulation », explique Ezcurra pour expliquer comment ils pouvaient estimer le temps à l’aide d’une horloge moléculaire, et ils ont conclu que « ces populations se sont séparées les unes des autres il y a environ 100.000 ans, […] bien avant l’arrivée de toute population humaine dans la région. », ajoute Carlos Burelo. Alors, si les Mayas n’ont pas transporté les mangroves jusqu’à la rivière San Pedro, comment sont-ils arrivés là ?

’Nous avons commencé à examiner ce qui se passait sur la Terre à cette époque’, se souvient Ezcurra, ’et il s’avère qu’il y a 120.000 ans, la dernière période interglaciaire s’est produite’ C’était pendant le Pléistocène, au stade Sangamonien ou Eémien, pour être précis : une période très chaude au cours de laquelle presque tous les glaciers avaient fondu « et le niveau de la mer s’est élevé entre 6 et 9 mètres », explique Ezcurra. ’Cela aurait amené la mer à atteindre les cascades de Reforma, où commence la population de mangroves de la rivière San Pedro’, explique Carlos Burelo avec enthousiasme. Sachant quel type de preuves rechercher, l’équipe a rapidement trouvé des données qui ont corroboré leur hypothèse : la mer avait tellement augmenté que le littoral s’étendait jusqu’à la zone autour de la rivière San Pedro - un endroit idéal pour la mangrove rouge.

Et ce n’est pas seulement l’élévation du niveau de la mer qui a montré que le littoral avait changé. Dans la région, le groupe de chercheurs a également trouvé 131 espèces de plantes que l’on trouve habituellement dans les habitats côtiers, principalement des orchidées et des légumineuses. Parmi les espèces qu’ils ont trouvées figurent Acrostichum aureum, Myrmecophila tibicinis, Coccoloba barbadensis et Acoelorrhaphe wrightii.

Le compte rendu floristique complet, réalisé par les étudiants et chercheurs de l’UJAT, accompagne le texte principal en complément. En creusant le sol, ils ont également trouvé des fossiles de moules et de mollusques qui ne vivent que dans la mer. « J’ai cela dit à un ami qui possède un ranch dans la région », dit Carlos Burelo, « il m’a dit : « Il y a quelque chose que je veux vous montrer ». Carlos Burelo et ses collègues sont allés dans le champ de maïs de son ami et ils ont creusé environ 30 cm dans le sol. « Nous avons trouvé du sable blanc et velouté », se souvient Carlos Burelo. Après quelques analyses, il s’est avéré qu’il provenait du fond de l’océan.

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Les chercheurs explorent les carrières exposées dans les terres entourant la rivière San Pedro Mártir à Tabasco, au Mexique, pour mieux comprendre l’histoire géologique de cette région. Crédit : Octavio Aburto-Oropeza

« L’histoire a bouclé la boucle », dit Ezcurra en souriant. « C’est comme lire un roman de H. G. Wells sur un monde perdu ! » Ce n’était peut-être pas un monde entier, mais c’était un écosystème complet. ’Ce n’était pas seulement les mangroves’, ajoute Carls Burelo, ’tout l’écosystème de la côte a tellement augmenté qu’il a atteint la rivière San Pedro’.

Ces résultats surprenants ne sont que le début de recherches futures. Par exemple, on ne sait pas comment les mangroves de la rivière San Pedro parviennent à survivre en eau douce, mais elles ne semblent pas s’en sortir particulièrement bien. Normalement, Rhizophora mangle pousse dans l’eau de mer, et même lorsqu’ils filtrent beaucoup de ce sel, les minéraux jouent un rôle important dans le bon fonctionnement du tissu foliaire et, par conséquent, dans le processus photosynthétique.

Cela pourrait expliquer pourquoi la population de mangroves de la rivière San Pedro montre des signes clairs de stress comme une faible stature et des populations réduites. « Ils ne forment pas de parcelles », décrit Carlos Burelo, « vous voyez des groupes de trois ou quatre arbres, puis, après quelques kilomètres, vous en repérez un autre ». Bien que les questions que se posent Ezcurra et Burelo fassent partie d’un agenda de recherche qui cherche à percer les mystères de ces mangroves, Carlos Burelo est clair sur quelque chose : « Le but principal de cette histoire est de proposer la création d’une aire protégée. En effet, tout au long de son histoire, Tabasco a eu l’indice de déforestation le plus élevé du Mexique. (Cette place est maintenant occupée par les États voisins de Campeche et du Yucatán). La perte de végétation était une conséquence du plan Balancán-Tenosique, que le gouvernement mexicain a mis en œuvre en 1972 dans l’espoir de transformer la forêt tropicale en une zone d’agriculture et d’élevage. Bien que le Plan n’ait jamais atteint le succès escompté, en 1990 Tabasco avait déjà perdu 41 % de ses forêts.

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Une vue aérienne de la rivière San Pedro Mártir à Tabasco, au Mexique, met en évidence les structures de barrage de tuf uniques et naturelles de la rivière. Crédit : Ben Meissner.

Aujourd’hui, le gouvernement mexicain travaille sur un autre mégaprojet : le train Maya. Le train fera un arrêt dans la ville de Carlos Burelo : Balancán. Le projet a été critiqué pour diverses raisons, mais principalement en raison de préoccupations environnementales, puisque les études pour son développement vont d’inexistantes à trompeuses. Cependant, Burelo pense que le méga projet pourrait profiter à cette petite région de Tabasco maintenant, des années après avoir perdu ses forêts tropicales. « Il n’y a pas de forêt tropicale ici, il y a des pâturages. Ni les forêts ni les jaguars ne seront détruits, peut-être que la pauvreté et la marginalisation le seront ».

Plus de la moitié de la population vivant près de la rivière San Pedro connaît un certain niveau de pauvreté. Soixante-sept pour cent des maisons n’ont pas de plomberie intérieure et il n’y a pas de programmes de traitement des déchets solides ni de stations d’épuration des eaux usées. Par conséquent, la rivière et ses mangroves uniques pourraient devenir une attraction touristique, ce qui pourrait contribuer à améliorer la qualité de vie de la communauté locale.

Carlos Burelo, souriant, imagine déjà les slogans : « Naviguez dans un écosystème préhispanique », « Visitez une mangrove unique en son genre ». Pour que cela se produise, des précautions doivent être prises et, sur ce point, Ezcurra et Burelo sont d’accord : « Les autorités ne se préparent pas. Même s’il est vrai que le train Maya n’affectera pas la forêt tropicale - car il n’y en a plus - les chercheurs veulent s’assurer que le projet ne mettra pas en péril les populations relictuelles de la mangrove. « Nous avons discuté avec les autorités locales, avec le doyen de l’Université, ainsi qu’avec la Commission nationale des zones naturelles protégées », déclare Ezcurra, « nous faisons tout notre possible pour que la rivière San Pedro soit déclarée zone naturelle protégée ». ’ Pour que le plan fonctionne – et les chercheurs le savent bien – le gouvernement, les universités et la population locale doivent travailler ensemble ».

Carlos Burelo ajoute anxieusement : « J’attends juste la fin de la pandémie, pour pouvoir aller visiter le reste des communautés et leur parler de ces mangroves, de cet écosystème. »

Article de recherche : O. Aburto-Oropeza, C.M. Burelo-Ramos, E. Ezcurra, P. Ezcurra, C.L. Henríquez, S. Vanderplank, F. Zapata. “Relict inland mangrove ecosystem reveals last interglacial sea levels”. PNAS. 04 October, 2021. https://www.pnas.org/cgi/doi/10.1073/pnas.2024518118

Référence :

Tudela, F. Recursos naturales y sociedad en el trópico húmedo tabasqueño. In : Leff, E. (Coord.) 1990. Medio ambiente y desarrollo en México. Vol. I. Centro de Investigaciones Interdisciplinarias en Humanidades, UNAM ; Ed. Porrúa. México. Pp.:149-227.

Photo - Agustín Ávila-Casanueva est directeur des communications au Centre des sciences génomiques de l’Université nationale autonome du Mexique, UNAM. Avec le collectif ‘Science Beat’, il a remporté le prix ‘National Journalism Award’ en 2018 pour son travail de communication scientifique. Il a reçu la bourse Robert L. Breen pour les journalistes mexicains afin de participer au programme ‘Under the Volcano en 2020. Il est également membre du Réseau mexicain des journalistes scientifiques. Son travail a été publié dans Tec Review, La Revista de la Universidad, Nexos, Chilango et Este País. Suivez-le sur Twitter.

Traduction en anglais par Lorena Villanueva Almanza

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Plant Science from Cell Biology to Ecosystems - Botany One

Source : https://www.botany.one/2021/10/the-mangroves-the-ice-left-behind/

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Annexe sur la période géologique du Pléistocène

Introduction au Pléistocène d’après Wikipédia

Le Pléistocène (du grec ancien : πλεῖστος / pleîstos, « le plus nombreux, très nombreux », et καινός / kainós, « nouveau, récent »1) est la première époque géologique du Quaternaire et l’avant-dernière sur l’échelle des temps géologiques. Elle s’étend de 2,58 millions d’années à 11.700 ans avant le présent2. Elle est précédée par le Pliocène et suivie par l’Holocène. Le Pléistocène est marqué par les cycles glaciaires. Sa fin correspond plus ou moins à celle du Paléolithique.

Sommaire

Glaciations et réchauffements - La période du Pléistocène (-2,588 Ma à -12 000 Ans, D = 2,576 Ma) – Document référencé : Y.S. - SCIENCE & VIE > Juillet > 2012

Le Pléistocène (du grec ancien pleistos, nombreux, et kainos, récent) est la troisième époque du système Néogène. Il couvre la plupart des glaciations récentes, incluant le Dryas récent qui est une brève fluctuation froide de la dernière déglaciation.

Le Pléistocène est précédé du Pliocène et suivi de l’Holocène. Il est la troisième époque du Néogène et la sixième du Cénozoïque. La fin du Pléistocène correspond à la fin du Paléolithique utilisé en archéologie. Depuis le 29 juin 2009, le Gélasien a été transféré du Pliocène au Pléistocène, ce qui remonte la limite de celui-ci à 2,588 Ma.

SUBDIVISIONS

Pléistocène

(2,588 Ma à 12 000 Ans, D = 2,576 Ma)
 - Gélasien (2,588 ± 0,005 - 1,806 ± 0,005 Ma, D = 0,782 Ma)
 - Calabrien (1,806 - 0,781 Ma, D = 1,025 Ma)
 - Ionien (0,781 - 0,126 Ma, D = 0,655 Ma)
 - Tarantien (0,126 - 0,011 Ma, D = 0,115 Ma)

DATATION

Avec le Gélasien, le Pléistocène débute il y a 2,588 million d’années (± 5.000 ans) ; sa fin, il y a 11.430 ± 130 ans BP (Before Present), est définie comme 10.000 fois une année radiocarbone. L’année zéro conventionnelle des datations absolues étant 1950, la fin du Pléistocène se situe vers 9.600 ans av. J.-C.

L’International Commission on Stratigraphy a confirmé les dates mais n’a pas encore officialisé le choix d’une séquence type comme marqueur stratigraphique global (GSSP) pour la limite Holocène/Pléistocène. La séquence proposée se situe au Groenland par 75° 06’ N 42° 18’ W. La séquence stratigraphique de référence pour le début du Pléistocène est située à Vrica, à 4 km au sud de Crotone en Calabre.

Lors de sa création, le Pléistocène couvrait toutes les récentes glaciations connues mais certaines glaciations découvertes depuis se situent au Pliocène. En 2006, des discussions furent menées au sein de la communauté scientifique pour savoir s’il fallait reculer la date de début du Pléistocène vers 2,58 millions d’années, ce qui a abouti à l’incorporation du Gélasien.

PALÉOGÉOGRAPHIE

Les continents sont quasiment à leurs positions actuelles au début du Pléistocène, leurs positions relatives a changé de moins de 100 km depuis le début de cette période.

CLIMAT

GLACIATION : Le climat est caractérisé par des cycles de glaciation pendant lesquels des glaciers continentaux sont descendus jusqu’au 40ème parallèle. Lors de l’extension maximale des glaces, 30 % de la surface de la Terre est couverte par les glaces. Le permafrost s’étend de la limite des glaces à plusieurs centaines de kilomètres plus au sud. La température annuelle à la limite des glaces est de - 6°C et de 0°C à la limite du permafrost.

Les effets des glaciations sont globaux. Dans l’hémisphère sud, l’Antarctique est couvert par les glaces durant tout le Pléistocène ainsi que pendant le Pliocène précédent. Le sud de la Cordillère des Andes est couvert par le glacier de Patagonie ; il existe des glaciers en Nouvelle-Zélande et Tasmanie ; les glaciers du mont Kenya, du Kilimandjaro et du Rwenzori dont il ne reste plus rien ou seulement des traces étaient très étendus. Les montagnes éthiopiennes et la chaîne de l’Atlas comportent aussi des glaciers.
Dans l’hémisphère nord de nombreux glaciers fusionnent pour former des glaciers continentaux.

Une étendue des calottes et inlandsis de l’hémisphère nord lors du dernier maximum glaciaire (représentation

L’inlandsis scandinave s’étend jusqu’en Grande-Bretagne. Deux inlandsis couvrent une partie de l’Amérique du Nord. Les glaciers alpins descendent jusqu’à Lyon. Les avancées glaciaires produisent des glaciers continentaux d’une épaisseur de 1500 à 3000 mètres. Le volume de glace emprisonné est la cause de la chute du niveau de la mer de 100 m ou plus. Pendant les périodes interglaciaires les côtes noyées par la remontée des eaux sont fréquentes ; cette remontée des eaux est atténuée dans certaines régions par le rebond isostatique du plateau continental.

Lors de la dernière période interglaciaire de grands lacs se forment en Amérique du Nord. Le lac Bonneville, qui disparaît par évaporation et dont il ne reste de nos jours que des vestiges, se forme il y a 32.000 ans. Le lac Agassiz, de formation plus récente (13.000 ans), couvre plus de 400.000 km² et se vide périodiquement vers le golfe du Mexique ou la Baie d’Hudson. Les apports en eau douce froide vers l’Atlantique Nord ont un impact sur le climat européen.

Les dépôts continentaux de cette période sont trouvés principalement dans les grottes et le fonds des lacs ainsi que dans les grandes quantités de matériaux déplacés par les glaciers. Les dépôts marins sont localisés dans une zone de quelques dizaines de kilomètres des côtes actuelles. Dans quelques zones géologiques actives comme la côte sud de la Californie, ces dépôts marins peuvent se retrouver à une altitude de plusieurs centaines de mètres.

ÉVÉNEMENTS MAJEURS

Graphique - Variations de la concentration en CO2 pendant une partie du Pléistocène, données extraites de carottage dans l’antarctique (

Quatre glaciations majeures ont été identifiées, séparées par des périodes interglaciaires. Ces événements sont définis différemment suivant les régions étudiées ; ils dépendent de la latitude, du terrain et du climat de la région. Il y a une certaine correspondance chronologique entre les glaciations des diverses régions, raison pour laquelle on parle d’événements climatiques globaux et que les noms qui se rapportent à des régions spécifiques ont longtemps été utilisés pour dénommer l’événement global lui-même. Cette classification est toutefois abandonnée aujourd’hui au profit de la chronologie isotopique.

PALÉOCYCLES

Les glaciations du Pléistocène présentent un caractère cyclique. L’hypothèse du forçage climatique par des variations de l’orbite terrestre est ancienne et est soutenue par des données expérimentales cohérentes. Le facteur principal des changements climatiques cycliques du Pléistocène est dû aux cycles de Milankovitch ( mais ces cycles ne peuvent être la seule explication des variations climatiques : ils n’expliquent pas le début de ces glaciations successives. Le nombre exact de glaciations pendant le Pléistocène est sujet à débat, tandis que quatre glaciations majeures sont clairement identifiées : les mesures du ratio des isotopes de l’oxygène, O18 / O16, qui varie en fonction de la température des océans, présent dans les calcites provenant de carottages océaniques montrent un bien plus grand nombre de variations climatiques depuis 2,5 millions d’années.

FAUNE

Les faunes marines et continentales étaient essentiellement modernes. Plusieurs espèces de grands mammifères telles que les mammouths, les mastodontes et les tigres à dents de sabre, ont disparu durant le pléistocène. Les extinctions ont été plus nombreuses en Amérique du Nord où, par exemple, les chevaux et les chameaux ont été éliminés.

HOMINIDÉS

Les premiers représentants du genre Homo apparaissent au Gélasien, il y a 2 à 2,5 millions d’années. Pour survivre, ils évoluaient en petits groupes sociaux d’une dizaine d’individus. Durant le Pléistocène, le genreHomo se diversifie et plusieurs espèces coexistent. à l’exception d’Homo sapiens, les représentants de ce genre disparaissent avant la fin du Paléolithique supérieur. Les déplacements de population durant le Pléistocène sont tributaires des grandes glaciations. Les méthodes de taille simples utilisées pendant l’Oldowayen sont remplacées par des méthodes plus complexes durant l’Acheuléen. La domestication du feu a lieu il y a environ 400.000 ans et est le fait d’Homo erectus.

La découverte récente d’un fragment de mandibule humaine vieux de 1,1 à 1,2 million d’années, sur le site d’Atapuerca en Espagne, a récemment fait reculer de 400.000 ans la date certaine de la présence humaine en Europe. Le fossile européen humain le plus ancien connu auparavant - découvert sur le même site - datait de 780.000 ans. Il pourrait s’agir dans les deux cas d’Homo antecessor, ancêtre possible de l’Homme de Néanderta. Le nouveau fragment étant proche de fossiles plus anciens (1,8 million d’années) découverts depuis 1983 à Dmanisi (Géorgie, Caucase), il pose la question d’une colonisation pré-humaine de l’Europe occidentale depuis l’Est plutôt que depuis le Sud.

L’Homme au Cœur des Glaciations – Document référencé Anne Debroise - SCIENCE & VIE Hors-Série > Décembre > 2000

Changement d’ère, changement de climat. La Terre entre dans une succession de périodes glaciaires. Ces dernières, en abaissant le niveau de la mer, ouvre à l’Homo erectus, notre ancêtre africain, les routes du nord. La grande aventure humaine commence.

Le Midi de la France, il y a 640.000 ans (représentation Le froid s’installe un peu plus chaque hiver. La forêt minée par le manque d’eau et le froid, a dépéri. En moins d’un siècle, les sombres chênaies qui couvraient le territoire ont laissé place à des steppes arides et froides. Les cerfs et les sangliers ont migré vers le sud, tandis que reviennent les troupeaux de grands herbivores. Les rennes parcourent la plaine à la recherche de mousses et de lichens. Ces troupeaux sont une aubaine pour les quelques tribus humaines qui vivent en Europe. Ils représentent leur principale source de nourriture, avec les mammouths, les bisons, les rhinocéros laineux. Même si leurs outils rudimentaires ne leur permettent pas encore de chasser les animaux adultes, ils attrapent facilement les jeunes bêtes et s’approprient les corps des adultes morts naturellement.

Quelques centaines d’années plus tard, le grand froid règne, amenant jusque dans ces régions méridionales des bœufs musqués et des saïgas, ces antilopes que l’on trouve aujourd’hui dans les steppes de l’Oural. L’hiver, les températures descendent à -30°C. Plus au nord, les glaciers s’étendent jusqu’à l’écosse et le nord des Pays-Bas. Les hommes qui s’étaient peut-être aventurés jusque-là sont redescendus à la recherche de températures plus clémentes. Le feu et sa chaleur leur échappent encore...

Des calottes glaciaires, pour certaines épaisses de plus de 3000 m, occupent une grande partie de l’hémisphère Nord. Elles recouvrent le Groenland, l’Amérique du Nord et la Sibérie. Tant d’eau mobilisée dans les glaces a abaissé d’une centaine de mètres le niveau des océans, dévoilant des terres jusqu’ici inondées. L’emplacement de la cité de Saint-Malo se trouve alors à des kilomètres de la côte... Pour les habitants du continent africain, berceau de l’humanité, de nouvelles routes se découvrent vers le nord. L’Europe et ses troupeaux de rennes attirent les émigrants. Car il ne fait pas bon vivre sous les Tropiques au moment des glaciations. Les forêts tropicales n’ont pas résisté à la sécheresse qui s’est installée. La savane a repris le dessus et les déserts se sont étendus, occupant une surface supérieure à celle d’aujourd’hui.

Cette glaciation va durer 80.000 ans environ, au terme desquels le climat commencera à se réchauffer. Une nouvelle ère interglaciaire commence. Quelques milliers d’années plus tard, des hippopotames se baigneront dans la Tamise... (représentation Selon Dominique Raynaud, directeur du laboratoire de glaciologie à Grenoble : ’Les sondages effectués dans la glace montrent que le passage d’une période glaciaire à une période interglaciaire s’étale sur environ 10.000 ans. Mais, sur ces grands changements, se greffent des petites variations climatiques très brutales qui arrivent en quelques dizaines d’années’.

C’est ainsi que se sont succédé les glaciations tout au long de l’ère quaternaire (c’est-à-dire depuis 1,8 million d’années environ, jusqu’à aujourd’hui) au rythme d’une tous les 100.000 ans. Chaque glaciation plus ou moins marquée, dure environ 80.000 ans et laisse place, pendant quelque 20.000 ans, à une période plus chaude. L’état le plus courant de notre planète, au cours du Quaternaire est bel et bien la glaciation. Force est de le constater, nous vivons actuellement une période intergiaciaire privilégiée.

La périodicité des variations climatiques avait été évoquée dès 1924 par le mathématicien yougoslave Milutin Milankovitch. Sa théorie reposait sur les variations d’ensoleillement des différentes régions terrestres en fonction de l’évolution de la trajectoire autour de l’astre solaire. En une année la Terre décrit une ellipse autour du Soleil. Mais ce mouvement se modifie au fil des années du fait de l’attraction exercée par la Lune et les autres planètes du Système solaire. Tout d’abord, la trajectoire de la Terre change de forme : elle passe d’un cercle quasi parfait à une ellipse légèrement aplatie. Dans cette dernière configuration, la distance entre notre planète et l’astre solaire varie au cours de l’année et cela ne va pas sans modifier le climat. Milankovitch avait calculé que la trajectoire de la Terre varie ainsi selon deux périodes de 100.000 et 400.000 ans. Au nombre des modifications importantes également : l’obliquité de la Terre. Il s’agit de l’angle formé par l’axe de rotation du globe terrestre et le plan de l’ellipse qu’il décrit. Ce paramètre module la quantité d’énergie solaire reçue par les différentes latitudes suivant les saisons. Plus l’axe de la Terre est incliné, plus les saisons sont contrastées dans les deux hémisphères : les étés sont plus chauds, les hivers plus rudes. Cette modification intervient avec une période de 41.000 ans. Enfin, dernière variation cyclique celle de la position de la Terre sur l’ellipse à un moment précis de l’année. Il y a 11.000 ans par exemple, la Terre passait par le point le plus proche du Soleil au moment du solstice d’été (22 juin) et non au moment du solstice d’hiver (22 décembre) comme aujourd’hui. Ces changements interviennent avec une périodicité de 19.000 et 23.000 ans.

Voir l’illustration

Les variations des paramètres de l’orbite terrestre jouent sur la distribution de l’énergie solaire selon la latitude et la saison. Elles modifient les circulations des courants océaniques et des masses d’air atmosphériques, et c’est tout le climat de la planète qui est perturbé. L’hypothèse selon laquelle elles provoqueraient l’alternance entre périodes glaciaires et interglaciaires a longtemps paru farfelue. Mais, dans les années 70, des analyses de sédiments marins sont venues apporter la preuve magistrale de la solidité de la thèse de Milankovitch : non seulement les glaciations suivent un cycle de 100.000 ans, mais une étude plus fine révèle des variations suivant des périodes de 43.000, 24.000 et 19.000 ans. Voir les illustrations

Si la théorie de Milankovitch est aujourd’hui admise, elle n’en soulève pas moins quelques questions. Car la succession rapide des périodes glaciaires et interglaciaires est spécifique de l’ère quaternaire. L’apparition des glaciations quaternaires serait-elle due à des modifications de notre planète, la rendant plus sensible aux changements d’insolation ? ’La géographie de la Terre n’a jamais été aussi fragmentée qu’aujourd’hui’, confirme Philippe Janvier, directeur du laboratoire ’Paléo-biodiversité : histoire et dynamique’.

La Pangée, le continent unique des origines n’a commencé à se fragmenter que relativement récemment. C’était il y a 200 millions d’années, pendant le Jurassique. Peu à peu, des océans, des bras de mer et des langues de terre se sont formés. Ce morcellement a profondément modifié la circulation des courants marins et des masses atmosphériques. La calotte antarctique a commencé à se former il y a 30 millions d’années, quand le continent s’est suffisamment éloigné de l’Amérique du Sud et de l’Australie pour qu’un courant froid circulaire l’encercle et l’isole.

À la fin du Tertiaire, quand l’Amérique du Sud se soude à l’Amérique du Nord, l’isthme de Panama nouvellement formé coupe les échanges entre l’Atlantique et le Pacifique. La rupture va accentuer les contrastes climatiques. De nouveaux courants, comme le fameux Gulf Stream, se mettent en place. La calotte polaire se forme il y a 2,5 à 3 millions d’années. À la même époque, les reliefs alpins en cours d’élévation constituent autant d’obstacles à la circulation des masses d’air. Cette nouvelle configuration terrestre va s’avérer propice à l’installation des glaciations, les climats étant d’autant plus contrastés que des masses continentales sont proches des zones polaires.

Comment les êtres vivants ont-ils réagi à ces changements de climat ? L’étude des pollens fossilisés montre que les paysages s’en sont trouvés complètement bouleversés. ’Avec le froid et la sécheresse, les arbres meurent, commente élise Van Campo, directeur de recherche au CNRS et directrice adjointe du laboratoire d’écologie terrestre de Toulouse. Ils ne persistent que dans les zones favorables, au sud de l’Europe, dans les zones côtières ou les situations d’abri. Au-dessous des glaciers s’installent des steppes et des toundras’.

’Quand la chaleur revient les noisetiers, les chênes et les ormes se reinstallent’. Les animaux quant à eux, suivent leur milieu. La toundra amène les troupeaux de grands herbivores et les arbres des périodes interglaciaires les espèces forestières. ’Le Quaternaire se caractérise par de grands mouvements des populations, poursuit Anne-Marie Moigne, maître de conférences au Museum national d’histoire naturelle. Quand une glaciation arrive, on voit apparaître en Europe des rennes, des mammouths, des chevaux, des bisons. Puis quand le climat devient plus sec encore, des bœufs musqués et des saïgas. Pendant les périodes interglaclaires reviennent les éléphants, les daims, les cerfs et les sangliers’.

Et l’homme dans tout ça ?

’Il a plutôt bien vécu les glaciations s’étonne Philippe Janvier. Il s’est adapté, s’est protégé contre le froid. C’est assez, surprenant’. L’apparition de l’Homo erectus, en Afrique de l’Est, marque pour les anthropologues le début de l’ère quaternaire. Ce sera le premier hominidé à quitter le continent, notamment à la faveur des glaciations qui, en abaissant le niveau de la mer, ouvrent des passages dans la mer. ’Il y a un million d’années, on le retrouve ainsi en Europe, où il voyage au gré des glaciations et des déglaciations, décrit Anne-Marie Moigne. à 1,7 million d’années, on le retrouve en Géorgie, à 1,3 million d’années dans le sud de l’Espagne, à 800.000 ans en Italie, à 600.000 en Allemagne’. Voir l’illustration

L’événement qui va bouleverser les rapports entre l’homme et le climat, c’est la domestication du feu, il y a 400.000 ans. à partir de ce moment, il va pénétrer dans des régions froides. En Ukraine, on a ainsi retrouvé des campements de chasseurs de mammouths : maisons en os de mammouths, contours des cabanes faites de colonnes vertébrales ou de mandibules empilées, les défenses supportent la couverture en fourrure de mammouth. Le foyer était sans doute entretenu avec de la graisse du même mammifère et ces hommes polaires taillent leurs outils dans l’ivoire. Ils sont alors capables de vivre sur un sol gelé en permanence.

Il y a 20.000 ans la Terre se réchauffait – Document référencé Y.S. - SCIENCE & VIE > Juillet > 2012

Pour la première fois, une publication retrace, millénaire après millénaire, l’histoire de la dernière déglaciation que la Terre ait traversée. Un récit d’autant plus instructif que la planète est en voie de réchauffement...

Le film vient de sortir, et il va faire grand bruit. Visible non pas sur écran, mais dans la prestigieuse revue scientifique Nature sous la forme de multiples graphes, il n’en demeure pas moins un film à grand spectacle, qui retrace pour la première fois les principales étapes du plus profond bouleversement climatique qu’ait traversé la Terre depuis 100 millénaires.

Un scénario dont on ne connaissait jusqu’ici que le début et la fin : la grande déglaciation qui a débuté il y a 21.500 ans s’est étalée sur 10.000 ans et s’est soldée par une forte hausse des températures, d’environ 4°C. La face du monde en fut changée : fonte des colossales calottes glaciaires qui recouvraient une bonne partie de Nord (jusqu’à la Belgique en Europe), élévation de 120 mètres du niveau marin, couverture végétale radicalement transformée, cycle de l’eau planétaire intensifié. Le film produit par une équipe internationale menée par Jeremy Shakun, jeune paléoclimatologue de Harvard, relate avec minutie tous les épisodes de cette histoire mouvementée : le spectateur découvre ainsi comment, au fil des siècles, un petit changement dans l’insolation d’un coin de la planète provoque une importante libération de gaz à l’autre bout, laquelle engendre en réponse un puissant réchauffement de la Terre entière, jusqu’à un nouvel équilibre.

UN RÉCIT LONG DE 10.000 ANS

C’est justement parce que nos émissions de gaz à effet de serre sont en train de rompre cet équilibre vieux de plus de 10.000 ans que ce film devient haletant : sons nos yeux, se déploie l’histoire inédite d’un réchauffement planétaire, du début à la fin. Une histoire qui se déroule en cinq grandes étapes (infographie

Tout commence donc il y a 21.500 ans, alors que la Terre vit une glaciation depuis 90.000 ans. Se déclare alors, pendant 2500 ans, un réchauffement modeste de le zone la plus septentrionale de l’hémisphère Nord, une ’pichenette’, pour reprendre le terme d’Edouard Bard, professeur au Collège de France. Pendant ce temps, la température des autres points du globe n’évolue guère - à peine un très léger refroidissement à l’autre extrémité du globe, autour du pôle Sud. Mais, à partir de -19.000 ans, la situation est inversée : le Nord commence à se refroidir, tandis que le Sud se réchauffe, et l’extrême Sud tout particulièrement. Ce phénomène dure près de 1500 ans, avant que les températures du Nord ne se remettent à grimper, en même temps que la quantité de dioxyde de carbone dans l’atmosphère - le taux de CO2 était resté stable jusque-là (-17.500 ans). Dès lors, l’ensemble du globe connaît un échauffement long et massif, hormis une oscillation transitoire entre -13.000 et -11.500 ans, qui est venue interrompre cette hausse continue des températures. Celles-ci se stabilisent à un niveau proche de l’actuel il y a environ 10.000 ans. Fin de l’histoire.

Pour produire un tel film, Jeremy Shakun et ses coauteurs n’ont pas lésiné sur les moyens : ils ont mis en commun et synchronisé les résultats de 80 forages glaciaires ou sédimentaires qui, grâce à différents indicateurs (grains de pollen, fossiles d’invertébrés marins, formes moléculaires, composition isotopique), leur ont permis de reconstituer les températures passées en autant de points du globe (voir la carte

’Compte tenu des critères de qualité et de précision exigés, ces 80 points représentent à peu près l’ensemble des connaissances disponibles, même si une ou deux études m’ont peut-être échappé, estime Jeremy Shakun. Nos calculs montrent qu’avec 90 ou 150 mesures, on n’obtiendrait rien de bien différent. Edouard Bard, cosignataire de l’article, comfirme : ’La succession d’évènements qui a été établie devrait désormais assez peu changer, hormis quelques precisions locales.

Reste à interpréter le film, c’est-à-dire à comprendre l’enchaînement des scènes et le rôle des différents acteurs. Sur la cause du réchauffement initial qui n’a touché que l’hémisphère Nord, peu de doutes : il provient de changements orbitaux qui ont rapproché la Terre du Soleil en été, et davantage tourné vers lui l’hémisphère Nord, tandis que le Sud plongeait dans l’ombre. Un bilan qui serait nul si la Terre était symétrique !

Mais les continents étant concentrés dans le Nord, particulièrement aux hautes latitudes, où se sont formées les calottes glaciaires, ce réchauffement septentrional ténu, de l’ordre d’une fraction de degré, a suffi pour provoquer la fonte d’un grand volume de glace, entraînant un afflux d’eau douce dans l’Atlantique. Et cet afflux explique la bascule entre les hémisphères qui caractérise les 1500 années suivantes. Car l’Atlantique, couloir océanique reliant les deux pôles, est le siège de la circulation dite ’thermohaline’, qui transporte loin vers le nord de l’eau chaude issue de l’Atlantique intertropical.

Arrivée dans la zone polaire, cette eau perd sa chaleur au profit de l’atmosphère, devient dense et plonge vers les profondeurs avant de s’écouler, le long du fond océanique, en direction du sud. ’Cette circulation transfère constamment de la chaleur de l’hémisphère Sud vers l’hémisphère Nord’, commente Jeremy Shakun. Or, cette plongée des eaux peut être arrêtée si un afflux d’eau douce, plus légère, vient recouvrir la surface de l’Atlantique Nord. ’C’est sans doute ce qui est arrivé il y a 19.000 ans sous l’effet de la fonte des glaces provoquée par le réchauffement local, estime le paléoclimatologue. Ce qui a eu pour effet d’accumuler de la chaleur au Sud, tandis que le Nord se refroidissait. Dès lors, le renversement de l’évolution des températures dans les hémisphères devient logique’.

Comment, maintenant, expliquer le réchauffement global, beaucoup plus important que ce que le déplacement de la Terre seul pourrait justifier ? Les chercheurs pensent que le réchauffement de l’hémisphère Sud a provoqué un dégazage massif de l’océan Austral, qui s’est mis à libérer de grandes quantités de dioxyde de carbone accumulées dans ses profondeurs. Leur argument ? Les carottes de glace disent unanimement qu’il y a 17.500 ans, le CO2 a commencé à devenir plus abondant dans l’air, passant en 6000 ans de 190 à 270 ppm (parties par million) environ.

Et deux indices suggèrent que ce CO2 provient principalement de l’océan Austral. D’abord, plusieurs enregistrements océaniques indiquent des remontées en surface d’eau profonde chargée de CO2 et de nutriments - comme le prouve le plancton retrouvé dans les sédiments. Ensuite, le CO2 qui apparaît dans l’atmosphère à ce moment-là est appauvri en 13C et en 14C, ce qui est une sorte de signature de son origine marine.

ET LA PLANÈTE S’EMBRASE...

Ce qui est certain, c’est que le réchauffement qui embrase alors toute la planète est surtout dû à cette hausse. En atteste un modèle climatique global alimenté par les données de l’époque, qui reproduit fidèlement la hausse des températures à condition qu’on prenne en compte l’augmentation de CO2 observée. Certaines séquences du demeurent cependant assez floues. Pourquoi le changement orbital assez ténu d’il y a 21.500 ans a-t-il déclenché la déglaciation, alors que des changements plus importants, survenus quelques millénaires plus tôt, semblent être restés sans effets ? Est-ce parce qu’alors il n’y avait pas assez de glace accumulée ? Et qu’est-ce qui a déclenché la libération du dioxyde de carbone enfoui dans l’océan Austral ?

Certains évoquent des changements dans les vents de surface, d’autres une modification de l’étendue des glaces, voire des causes liées au plancton... Même avec ces parts d’ombres, ce film, le premier à embrasser toute la complexité de la machinerie climatique planétaire, reste fascinant. ’Ce travail souligne l’importance de l’océan et de sa circulation pour comprendre le climat, lequel est trop souvent réduit à ce qui se passe dans l’atmosphère’, relève Edouard Bard. Jeremy Shakun estime que ce même scénario s’est répété lors de la vingtaine de glaciations et déglaciations qui se sont succédé depuis la fin de la dernière ère chaude de la Terre, l’ère tertiaire, il y a deux millions d’années : ’La Terre était globalement la même, notamment au niveau de la position des continents et de sa propre position par rapport au Soleil’.

Ce film présage-t-il alors du devenir de notre planète, soumise à un nouvel épisode de réchauffement massif ? En tout cas, une comparaison laisse songeur. En trois siècles, les activités humaines ont déjà relâché dans l’atmosphère 30 % de CO2 de plus que lors de cette dernière déglaciation, qui s’était étalée sur 10.000 ans. C’est dire combien le film que l’homme met actuellement en scène risque d’être plus violent.

Source de ces derniers documents rapportés : http://histoiredutemps.free.fr/terrestre/cenozoique/pleistocene.html

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Par ailleurs, les documents étiquetés « MANGROVES » et publiés par ISIAS sont à lire à partir de ce site : https://isias.lautre.net/spip.php?page=recherche&recherche=mangroves

Les documents étiquetés « Mangroves dans le monde » et publiés par [Yonne Lautre] sont à découvrir sur ce site : https://yonnelautre.fr/spip.php?article9214

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Travail dédié à :

Miriam Rodriguez Martinez pour son intérêt porté aux populations rurales, à la culture et au patrimoine maya, notamment dans l’État de Yucatán au Mexique.

Adrien Bouroulet qui a découvert les mangroves lors d’un séjour d’études en Indonésie

Pour son intérêt et ses actions sur le terrain, notamment pour la reforestation et la replantation des mangroves en Casamance au sud du Sénégal, Haïdar El Ali « né le 27 janvier 1953 à Louga, est un écologiste et homme politique sénégalais, « l’un des cent écologistes les plus influents de la planète »1. Il est membre honoraire de l’Oceanium de Dakar qu’il a présidé pendant plusieurs années. Le 3 avril 2012, il est nommé ministre de l’Écologie et de la Protection de la nature dans le gouvernement d’Abdoul Mbaye. En septembre 2013, il est nommé ministre de la Pêche et des Affaires maritimes au sein du gouvernement d’Aminata Touré. Il démissionne de ce poste en juillet 2014. Depuis 2019, il est directeur général de l’Agence sénégalaise de la reforestation et de la Grande muraille verte… » - Article complet sur : https://fr.wikipedia.org/wiki/Ha%C3%AFdar_El_Ali

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Et au collègue Serge Allègre (Associations APRAN-SDP au Sénégal et KAFO-SAZE) – Voir : ’Découverte du monde rural et péri-urbain au Sénégal – 2ème partie – la région Casamance pacifiée : formation à la pratique du compostage et reboisement de la mangrove, ‘Grande Muraille Verte’ et semences’ par Jacques Hallard


Traductions, [compléments] et intégration de liens hypertextes par Jacques HALLARD, Ingénieur CNAM, consultant indépendant – 06/11/2021

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