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"Les turpitudes avec matière active herbicide ‘glyphosate’ , qui entraîne une mauvaise qualité du sperme : alors que la SNCF l’abandonne et que les actionnaires de Bayer se rebiffent, son interdiction en France et en Europe patine toujours - Pétition" par Jacques Hallard

jeudi 6 janvier 2022, par Hallard Jacques


ISIAS Pesticides

Les turpitudes avec matière active herbicide ‘glyphosate’
, qui entraîne une mauvaise qualité du sperme : alors que la SNCF l’abandonne et que les actionnaires de Bayer se rebiffent, son interdiction en France et en Europe patine toujours - Pétition

Jacques Hallard , Ingénieur CNAM, site ISIAS – 06/01/2022

Plan du document : Préambule Introduction Sommaire Auteur


Préambule

Définition de turpitude - Sens 1 Littéraire > Bassesse, ignominie, infamie, laideur morale. Résultat d’une action dont on n’est pas fière, honteuse, d’un acte dépravé, d’un scandale. Synonyme : ignominie, bassesse - Sens 2 Ensemble dactions, de paroles ou d ’écrits ignobles, honteux, abjects, puants… - Source : https://www.linternaute.fr/dictionnaire/fr/definition/turpitude/

Définition du verbe ‘se rebiffer’ verbe pronominal - Sens 1 : Familier > Refuser une contrainte. Synonyme : protester, s’insurger, résister, refuser, regimber, tenir, s’opposer - Traduction en anglais : to rebel - Sens 2 : Familier > S’insurger de manière assez rude. Traduction en anglais : to kick out

Le glyphosate en bref : « Le glyphosate est un produit chimique présent dans différents herbicides pour éliminer les plantes indésirables. Peu cher, efficace et facile d’utilisation, il est prisé par les agriculteurs… mais largement controversé, accusé d’être nocif. L’Union Européenne l’a autorisé jusqu’en décembre 2022 ». 14 octobre 2021


Introduction

De nouveaux résultats de recherche sur des rats aux Etats-Unis démontrent que le glyphosate seul endommage la barrière hémato-testiculaire des animaux d’expérience et entraîne une mauvaise qualité du sperme : donc la dose journalière admissible de cette matière active à effet herbicide aux Etats-Unis, est jugée dangereuse »

Ce dossier propose en outre de réviser le sujet de la toxicologie de ce produit, de revoir les problèmes liés au glyphosate t invitant à signer une pétition avec l’ONG ‘foodwatch.org’.

C’est aussi une opportunité pour faire le point sur cet herbicide controversé en France, sur la situation gouvernementale en France, gérée par le Ministère de l’Agriculture, avec les récents regrets exprimés sur la non interdiction du glyphosate par le Président de la République E. Macron.

Les manœuvres sur le sujet au niveau de l’Europe sont décrites dans un dossier sur le glyphosate qui est suivi par L’EFSA, « une autorité européenne de sécurité des aliments (EFSA en anglais ‘JH2022-01-05T21:50:00JT qui est

European Food Safety Authority’) qui est l’une des principales agences de l’Union européenne et qui est chargée de l’évaluation des risques dans le domaine des denrées alimentaires. Elle fournit des conseils scientifiques sur les risques existants ou émergents dans ce domaine. Elle publie des avis, émis par son comité scientifique et ses groupes scientifiques, chacun dans sa sphère de compétence. Contrairement à son homologue américain, la FDA, ses avis n’ont pas de valeur législative et, dans le cas où ils concernent l’évaluation de dossiers de demandes d’autorisation, ils n’ont pas valeur d’autorisation. Ce sont la Commission européenne, le Parlement européen et les États membres qui prennent les décisions de gestion (autorisation, interdiction, surveillance, etc…). L’EFSA informe la Commission européenne, le Parlement européen et les États membres de l’UE afin que ces acteurs puissent prendre des décisions éclairées en matière de gestion des risques, de façon à garantir la protection de la santé des consommateurs européens et la sécurité de la chaîne alimentaire humaine et animale. Sur toute question relevant de sa compétence, l’Autorité doit communiquer de façon ouverte et transparente avec le grand public. Les conflits d’intérêt de certains membres du conseil d’administration ou de panels de scientifiques ont été critiqués, notamment par le mouvement écologiste puis par la Cour des comptes européenne.444 »- Informations complètes sur ce site : https://fr.wikipedia.org/wiki/Autorit%C3%A9_europ%C3%A9enne_de_s%C3%A9curit%C3%A9_des_aliments

D’autre part, après l’acquisition, en 2018, de la société états-unienne Monsanto (qui lança les herbicides à base de glyphosate) par Bayer, des plaintes ont été déposées au nom d’environ 320 investisseurs contre cette dernière, dans des affaires liées au glyphosate pour un total de près de 2,2 milliards d’euros de dommages et intérêts

Enfin, parmi les bonnes nouvelles en ce début de l’année 2022, il est rappelé que la SNCF, qui est la plus grande utilisatrice de glyphosate en France, n’en consommera plus dorénavant et qu’elle compte utiliser un produit remplaçant le glyphosate : un composé titrant 95 % d’acide pélargonique réputé moins toxique…

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La société allemande Sommaire

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Le glyphosate endommage la barrière hémato-testiculaire et provoque un sperme de mauvaise qualité par le biais d’un processus destructeur appelé stress oxydatif, révèle une nouvelle étude menée sur des rats et des cellules testiculaires de rat. L’étude, menée sur 4 mois, suggère que l’exposition à moyen et long terme au glyphosate constitue un risque potentiel pour la santé reproductive masculine.

Seul le glyphosate pur a été testé dans cette expérience - il n’y a aucune comparaison avec les herbicides formulés tels qu’ils sont vendus et utilisés, même si ceux-ci se sont avérés plus toxiques dans de nombreuses études.

Des doses faibles et élevées de glyphosate ont été administrées (voir le détail des doses exactes dans la section ’Dose journalière admissible non sûre’ ci-dessous).

Résultats d’expérimentation chez les rats

Le glyphosate s’est révélé présent dans le sang et les testicules des deux groupes de dose et a affecté la fonction testiculaire. La concentration et le mouvement des spermatozoïdes ont diminué chez les animaux exposés au glyphosate. Le nombre de spermatozoïdes anormaux a considérablement augmenté dans les deux groupes de dose et les principales manifestations des spermatozoïdes défectueux étaient l’acéphalie (suppression de la tête), l’absence de queue, la queue enroulée, la tête sans crochet et la double queue.

En résumé, l’étude a révélé que l’exposition au glyphosate entraîne une diminution de la qualité et de la quantité des spermatozoïdes.

Comment le glyphosate endommage-t-il le sperme ?

Dans des expériences utilisant des cellules directement dérivées de testicules de rats (cellules de Sertoli), les chercheurs ont découvert que les dommages causés aux spermatozoïdes par le glyphosate étaient probablement dus à la perturbation de la barrière sang-testicule causée par le produit chimique. Cette perturbation est due à un processus destructeur connu sous le nom de stress oxydatif. Les auteurs présentent des preuves que le stress oxydatif est dû au fait que le glyphosate augmente l’activité d’une enzyme, NOX1, qui est capable de produire des espèces réactives de l’oxygène (ROS) qui sont très dommageables pour les tissus.

Le mécanisme par lequel le glyphosate augmente l’activité de NOX1 semble être double : premièrement, le glyphosate augmente les niveaux de récepteurs d’œstrogènes et les active directement ; deuxièmement, cette activité accrue des récepteurs d’œstrogènes induite par le glyphosate stimule l’expression du gène et de l’enzyme NOX1. L’activité accrue de NOX1 qui en résulte génère des niveaux accrus de ROS et de stress oxydatif.

Une dose journalière acceptable jugée dangereuse

La faible dose de glyphosate testée, de 2 mg par kg de poids corporel par jour (mg/kg pc/j), est proche de la dose journalière admissible (DJA) de 1,75 mg/kg pc/j attribuée par l’Agence américaine de protection de l’environnement. Il s’agit de la dose que l’agence considère comme sûre pour l’ingestion quotidienne à long terme.

La dose élevée testée, 50 mg/kg pc/j, bien que non pertinente pour l’environnement, est pertinente pour la réglementation du glyphosate car elle ne représente que 1/20ème de la dose sans effet nocif observé (NOAEL) de 1000 mg/kg pc/j établie chez les rats pour la toxicité reproductive dans les tests industriels, comme l’indiquent les auteurs. Les NOAEL sont différents selon les effets, par exemple la cancérogénicité, la toxicité pour la reproduction, etc. La Dose journalière admissible (DJA) est ensuite calculée sur la base du NOAEL.

Les chercheurs de la nouvelle étude publiée ont constaté des effets indésirables sur la reproduction au niveau de la dose Sans Effet Nocif Observé (DSENO). Sur la base de ce résultat, la conclusion évidente est (bien que les chercheurs ne l’affirment pas) que la DJA de l’ EPA - European Environment Agency n’est pas correcte : elle devrait être abaissée.

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Référence scientifique :

Glyphosate damages blood-testis barrier via NOX1-triggered oxidative stress in rats : Long-term exposure as a potential risk for male reproductive health

Le glyphosate endommage la barrière hémato-testiculaire via un stress oxydatif déclenché par NOX1 chez les rats : l’exposition à long terme comme risque potentiel pour la santé reproductive masculine

Auteurs : Jing-Bo Liu, Zi-Fa Li, Lu Lu, Zhen-Yong Wang, Lin Wang - Environnement International, Volume 159, 15 janvier 2022, 107038 – Source : https://www.sciencedirect.com/science/article/pii/S0160412021006632 (accès libre)

Faits marquants

 Le glyphosate (GLY) provoque des lésions de la barrière sang-testicule (BST) et un sperme de mauvaise qualité.

 Les lésions de la barrière hémato-testiculaire induites par le GLY contribuent à la diminution de la qualité du sperme.

 Le stress oxydatif dérivé de NOX1 entraîne la perturbation de l’intégrité de la barrière hémato-testiculaire.

 La régulation positive de NOX1 peut être due à l’interaction de GLY avec le récepteur d’œstrogène-α.

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  • C’est quoi le problème avec le glyphosate ? - Document ‘foodwatch.org’ - Pétition
    Risques importants pour la santé, lobbying sans complexe de Monsanto-Bayer, détournement de la science, dégâts environnementaux, revirements politiques sur la question de son interdiction… Derrière la petite molécule du nom de glyphosate se cache un nombre impressionnant de problèmes. Comment résumer ces grands enjeux ? Foodwatch s’est retroussé les manches : voici le topo. 

Le glyphosate, c’est quoi ? Une molécule qui tue toutes les plantes 

Commençons par le commencement. Vous vous intéressez aujourd’hui à ce que certains appellent un herbicide « total ». Le glyphosate est en effet une substance qui a le pouvoir de tuer toutes les plantes, sans distinction. Une vraie star au rayon des pesticides : c’est le principe actif le plus vendu au monde, utilisé dans le tristement célèbre Roundup de Monsanto, entreprise rachetée par Bayer en 2018. La molécule entre également dans la composition d’un large panel d’autres désherbants.

En France, les pesticides contenant du glyphosate sont interdits pour les particuliers depuis 2019 mais restent permis en agriculture. Ils sont principalement utilisés pour éradiquer toutes les plantes des champs avant d’y semer de nouvelles cultures (blé, maïs, colza, etc…) ou pour gérer les mauvaises herbes entre les rangs de vignes ou dans les vergers. Très peu chère et très efficace, la molécule est devenue après des dizaines d’années d’usage un incontournable de certains modes de culture à travers le monde. 

Ailleurs, notamment en Amérique du Nord comme du Sud, les groupes agrochimiques ont l’autorisation de vendre des semences génétiquement modifiées résistantes aux herbicides à base de glyphosate. Avec ces plantes, dites « Roundup Ready », la quantité de pesticides employés a radicalement augmenté, tout comme les ventes de RoundUp, multipliées par 15 entre 1994 et 2014 à travers le globe. Plus récemment, en France les ventes de glyphosate augmentaient encore de 25% entre 2009 et 2018.

Résultat, en France, l’INERIS (l’Institut national de l’environnement industriel et des risques) relève en 2020 une « présence élevée dans les cours d’eau dans 43% des échantillons » et identifie parfois sa présence dans l’air, même si moins d’analyses ont été effectuées (14% des échantillons en Haut de France et 7% des échantillons en PACA). Selon l’Institut, on retrouve également du glyphosate dans 20% des échantillons de sols analysés à travers l’Europe. Ainsi, la substance est omniprésente : on en retrouve même dans les urines de personnes n’ayant jamais eu aucun contact direct avec. Or le glyphosate est non seulement dangereux pour l’environnement mais aussi pour la santé. 

Vidéo à voir à la source – Le Docteur Patrick Albert Moore, lobbyiste chez Monsanto, assure que le ‘Round’up’ est inoffensif pour la santé... mais refuse catégoriquement d’en ingérer lui-même !

Quels sont les dangers du glyphosate pour la santé ? Un herbicide « probablement cancérogène »

Les dangers du glyphosate, un vaste chapitre. Les études sur les risques de la molécule pour la santé s’accumulent. Elles interrogent des liens entre la substance herbicide et des maladies telles que des cancers, Parkinson, Alzheimer, ou encore l’impact possible sur les grossesses ou certaines malformations du fœtus. Seulement, il faut bien avoir conscience qu’une étude seule ne forme pas un consensus scientifique. C’est un signal d’alerte à confirmer. C’est alors que les méta-analyses sont d’une aide précieuse. 

En mars 2015, le Centre international de recherche sur le cancer (CIRC) de l’Organisation mondiale de la santé (OMS) a justement publié une méta-analyse sur le glyphosate. Pour la réaliser, 17 expert.es internationaux ont épluché plus de 1 000 études scientifiques. Ils ont décortiqué les résultats mais aussi les méthodologies. Leur conclusion ? Le glyphosate est « probablement cancérogène chez l’homme » (catégorie 2A) et « cancérigène » chez les animaux. Un vrai pavé dans la mare aux pesticides. 

Ce résultat a récemment été renforcé par une autre méta-analyse, réalisée par l’Institut national de la santé et de la recherche médicale (Inserm). Cette expertise collective a été rendue publique le 30 juin 2021. Pour l’écrire, les 10 chercheurs et chercheuses missionné.es ont examiné plus de 5 300 études scientifiques. Leur rapport indique que « de nombreuses études mettent en évidence des dommages génotoxiques (cassures de l’ADN ou modifications de sa structure) » liés au glyphosate. « Ces dommages, s’ils ne sont pas réparés sans erreur par les cellules, peuvent conduire à l’apparition de mutations et déclencher ainsi un processus de cancérogenèse. ». L’Inserm relève également des effets potentiellement délétères du glyphosate sur certaines hormones et sur le microbiote intestinal. Il n’écarte pas non plus le risque perturbateur endocrinien. 

Ces études auraient dû conduire à l’application immédiate du principe de précaution. Mais alors pourquoi le glyphosate n’est-il toujours pas interdit ?

Des ‘Monsanto papers’ au fichage illégal : les scandaleuses tactiques de lobbying pour bloquer l’interdiction du glyphosate 

Le lobby de l’agrochimie tente de brouiller les pistes sur la dangerosité du glyphosate. Emblème de ce lobbying, les révélations des Monsanto Papers en 2017 dans la presse. Ils dévoilent de vastes manœuvres pour dissimuler les effets sur la santé du glyphosate et influencer les agences étatiques chargées de la santé. Objectif ? Empêcher coûte que coûte une interdiction de la substance-phare du géant de l’agrochimie. Ils montrent aussi que Monsanto s’inquiétait déjà de la sureté de son produit en 1983 mais aurait étouffé l’information.

Parmi les scandales dont Monsanto-Bayer est accusé, mentionnonsles fichiers illégaux référençant les personnalités influentes sur le dossier du glyphosate, les scientifiques payés pour écrire que le produit était sans danger mais aussi la création de la « Society of Toxicology » qui servirait de façade à des chercheurs européens pour soutenir la non-dangerosité du glyphosate, tout cela financé par Monsanto, ou encore ce programme « Let nothing go », littéralement « ne rien laisser passer », pour mener une guerre d’influence de l’opinion publique sur les médias et le web en « plaçant activement » des contenus favorables. 

Le pire ? Ces tactiques de création du doute autour de la science fonctionnent encore trop. Dans une analyse publiée en 2019 dans la revue Environmental Sciences Europe , des chercheurs ont montré que lors du renouvellement de l’autorisation du glyphosate aux Etats-Unis, seuls 2% des études réalisées par des industriels révélaient un effet génotoxique, contre 68 % des études scientifiques publiées dans des revues à comité de relecture et avec une indépendance scientifique bien plus forte. 

En Europe, une évaluation scientifique autrichienne a également fait beaucoup de bruit en juillet 2021. Elle a démontré que 68% des études à la base du renouvellement de l’autorisation du glyphosate en 2017 n’étaient pas scientifiquement fiables selon les deux toxicologues de renommée internationale signant cette étude. 

Malgré ces chiffres, les agences officielles d’évaluation s’appuient encore fortement sur les études fournies par les firmes elles-mêmes, souvent opaques et biaisées. Un vrai frein pour une véritable protection de la santé des citoyens et citoyennes et de l’environnement.  

La France va-t-elle (enfin) interdire le glyphosate ? Cap sur l’Europe

Aujourd’hui, le glyphosate n’est toujours pas interdit en France. Pourtant, Emmanuel Macron avait pris l’engagement fin 2017 de faire sortir la France de l’usage du glyphosate en trois ans… avant de rétropédaler sous la pression des lobbies agricoles et de l’agrochimie. 

« Ça se gère au niveau européen », avait justifié, en décembre 2020, le président de la République interrogé sur l’échec de cette promesse. Mais la France est-elle toujours pour une interdiction ? Sur le sujet, elle poursuit un jeu trouble à l’échelle européenne. Elle fait en effet partie d’un groupe de travail composé de quatre pays qui viennent d’afficher une position… en faveur d’un renouvellement du glyphosate. 

Alors, pour ou contre une interdiction rapide du glyphosate ? L’hexagone doit rapidement éclaircir sa position : un renouvellement ou non du glyphosate doit être décidé avant le 15 décembre 2022. Pour appeler le président de la République à s’engager à ce que la France s’oppose au renouvellement de l’autorisation du glyphosate en Europe, foodwatch a lancé une pétition avec une coalition de plus de 30 organisations de la société civile. 

JE SIGNE LA PÉTITION

Pendant ce temps, des malades mènent un combat judiciaire contre Monsanto

Le glyphosate fait l’objet de nombreuses batailles, d’un point de vue règlementaire mais aussi judiciaire. Aux Etats-Unis, la fronde compte près de 4 000 dossiers de victimes présumées qui pourraient déboucher sur un procès. Trois cas internationaux sont emblématiques : Fabian Tomasi, le jeune Théo Grataloup et Dewayne Johnson. 

Fabian Tomasi, décédé à l’âge de 53 ans , était un ancien ouvrier agricole argentin. Il avait été chargé de remplir les cuves d’avions d’épandages. C’est son corps, douloureusement et spectaculairement déformé par une polyneuropathie toxique grave, qui est devenu un emblème, son arme contre le glyphosate. Il l’exposait pour lancer l’alerte. Malgré son combat judiciaire, il n’aura pas eu le droit à un procès. 

Les parents de Théo Grataloup , eux, ont pu ouvrir, en 2019, une procédure judiciaire en France. Elle est toujours en cours. Leur action contre la multinationale interroge l’exposition in vitro au glyphosate. Enceinte sans le savoir encore, la maman de Théo avait pulvérisé en grande quantité un générique du Roundup dans son parc équestre. Leur fils est né avec des malformations de l’œsophage et du larynx rarissimes, qui l’empêchent de se nourrir et de s’exprimer normalement. 

Dewayne Johnson, lui, a déjà gagné plusieurs batailles dans son action judiciaire aux Etats-Unis. Ce jardinier californien accuse le Roundup et son équivalent professionnel, le Ranger pro, d’être à l’origine de son cancer, un lymphome non hodgkinien. L’affaire a pour l’instant été jugée trois fois en faveur du plaignant. Ce procès a également ouvert la voie à d’incroyables révélations. Grâce à une procédure permise outre-Atlantique, des centaines de documents secrets ont été rendus publics et sont devenus célèbres sous le nom de ‘Monsanto papers’. 

Interdire, oui mais après… comment remplacer le glyphosate ? 

Interdire oui, mais certains syndicats agricoles montent au créneau contre une telle décision, prétextant qu’il n’y aurait pas d’alternatives. Serait-ce une mission impossible de ne plus traiter au glyphosate ? De nombreux professionnels se passent déjà de cet herbicide, notamment en agriculture biologique pour lesquels ces substances sont proscrites. Alors comment font-ils ? Les techniques de limitation de la pousse des mauvaises herbes ne manquent pas (faux semis, désherbage mécanique, paillage, enherbement…).

L’institut agronomique français (INRAE) a été missionné pour évaluer les alternatives au glyphosate ces dernières années. Son rapport remis en 2017 est clair : s’il existe encore des situations complexes, une grande partie des usages peut être dès aujourd’hui interdite. Certains le sont même déjà. Dernièrement, l’INRAE a même dévoilé avoir réussi à se passer de glyphosate en 3 ans dans toutes ses cultures agricoles, ouvrant donc la voie et montrant que les solutions existent en « sortant de sa zone de confort ». 

Car oui, il est nécessaire pour les modèles agricoles qui se sont construits autour du glyphosate de remettre à plat l’intégralité de leur système. Un changement complexe qui demande un accompagnement des agricultrices et agriculteurs, technique et financier, de la part de l’Etat.  La « désintoxication » de l’agriculture à cette molécule demandera une modification profonde des pratiques agricoles, qui, selon l’INRAE sont en adéquation avec une réduction globale de l’usage de l’ensemble des pesticides. Non, la tâche ne sera pas facile. Elle est pourtant vitale pour la santé des agriculteurs, des riverains, des consommateurs et la préservation de notre planète. 

Mobilisez-vous avec nous, signez la pétition pour interdire le glyphosate !

14/10/2021 - Le glyphosate sera-t-il enfin interdit dans l’Union européenne après 2022 ? La substance active déclarée du célèbre Roundup de Monsanto-Bayer a été réautorisée pour 5 ans fin 2017, après de nombreux scandales. Je signe

Sources et liens :

Bonjour, Je me permets de partager un petit récapitulatif aux petits oignons réalisé par foodwatch pour mieux comprendre ce qui se joue avec le glyphosate en termes de santé, d’environnement ou encore de lobbying. En le lisant, j’ai pensé qu’il pourrait vraiment t’intéresser. Tu peux le lire par ici >> https://bit.ly/3mN4NW1

Cela te donnera probablement envie de signer la pétition pour que la France s’oppose publiquement au renouvellement de l’autorisation de glyphosate en Europe. Tu verras que cette question est dès aujourd’hui sur la table : l’Europe doit se décider avant le 15 décembre 2022. Dans les rapports de force en place, il va vraiment falloir se mobiliser et tu peux notamment le faire en signant ici >> https://bit.ly/3FI6ZH6 

J’espère que ces recommandations te plairont. Bonne journée et à bientôt - Dernière modification | 13/10/2021

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Source : https://www.foodwatch.org/fr/sinformer/nos-campagnes/alimentation-et-sante/pesticides/probleme-enjeux-et-dangers-du-glyphosate/

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  • Où en est-on de l’interdiction du glyphosate, cet herbicide controversé ? - Ouest-FranceGaëlle FLEITOUR. Publié le 14/10/2021 à 11h46 – Document ‘ouest-france.fr’
    Photo - L’autorisation du glyphosate prend fin en décembre 2022. Une demande de ré-homologation est à l’étude. | AFP

Fin 2022, l’Europe doit choisir de réautoriser ou non le glyphosate, un pesticide qui suscite la polémique depuis plusieurs années. 37 associations lancent une pétition pour demander à Emmanuel Macron de se prononcer contre. Retour sur le feuilleton de cet herbicide controversé.

Le glyphosate est un produit chimique présent dans différents herbicides pour éliminer les plantes indésirables. Peu cher, efficace et facile d’utilisation, il est prisé par les agriculteurs… mais largement controversé, accusé d’être nocif.L’Union Européenne l’a autorisé jusqu’en décembre 2022.

Action Climat, Confédération paysanne, Ligue contre le cancer, Réseau Environnement Santé, UFC Que Choisir… Ce jeudi 14 octobre 2021, 37 associations ont lancé une pétition afin de pousser le président de la République Emmanuel Macron à ce que la France se prononce contre un renouvellement de son autorisation. « Alors qu’Emmanuel Macron avait fait, en 2017, la promesse – non tenue – de sortir du glyphosate en France “au plus tard” en trois ans, il a la responsabilité, avec la présidence française tournante de l’Union européenne en janvier, de faire interdire ce pesticide toxique en Europe dès 2023 », estiment-elles.

Pourquoi on en reparle maintenant ?

L’autorisation européenne du glyphosate expire en décembre 2022. Les industriels qui le fabriquent – comme Monsanto (désormais propriété du groupe chimique allemand Bayer) qui l’utilise dans le controversé RoundUp – ont d’ores et déjà demandé son renouvellement.

Depuis le 23 septembre, l’agence européenne des produits chimiques (ECHA) et l’autorité européenne de sécurité des aliments (EFSA) pilotent des consultations publiques. Pendant soixante jours, les parties prenantes peuvent envoyer des données scientifiques pour compléter une évaluation initiale préparée par les pays rapporteurs. En raison de la polémique qui accompagne ce dossier, ils sont quatre États (France, Pays-Bas, Hongrie et Suède) à se partager la tâche… au lieu d’un seul traditionnellement. L’agence française de sécurité sanitaire (Anses) est chargée par exemple de l’évaluation des données écotoxicologiques.

L’ECHA et l’EFSA donneront ensuite leur avis, avant le second semestre 2022. Puis la Commission européenne et les vingt-sept États membres trancheront, au plus tard le 15 décembre 2022.

Quels arguments pour une interdiction ?

« En 2015, le Centre international de recherche sur le cancer (Circ), agence de l’OMS, avait classé le glyphosate “cancérogène probable” pour l’homme (catégorie 2A), après une revue de nombreuses études scientifiques publiques. Le 30 juin 2021, le rapport multidisciplinaire de l’Institut national de la santé et de la recherche médicale (Inserm) est venu renforcer l’analyse des risques du glyphosate sur la santé », insistent les signataires de la pétition.

Pourquoi ça coince ?

En juin 2021, les États rapporteurs ont rendu un premier document commun de 11 000 pages estimant, pour leur part, qu’« une classification cancérogène du glyphosate n’est pas justifiée ». S’ils reconnaissent des effets indésirables, comme des lésions oculaires graves et une toxicité pour la vie aquatique, ils estiment que le pesticide n’est ni cancérogène, ni reprotoxique, ni mutagène.

Pourquoi une telle différence ? Le Circ se fonde sur des études indépendantes publiées et relues par des pairs. Les États rapporteurs s’appuient également sur des études, mais non publiées et commandées par les industriels.

En Europe, un seul pays a interdit le glyphosate pour l’instant : le Luxembourg, depuis le 1er janvier 2021.

Qu’en pense la France ?

En novembre 2017, le président Emmanuel Macron demandait au gouvernement de prendre les « dispositions nécessaires pour que l’utilisation du glyphosate soit interdite dans les trois ans ». Une loi devait être déposée en 2021 sur le sujet. Mais entre-temps, devant la fronde des agriculteurs et la difficulté d’avoir des alternatives disponibles immédiatement et faciles à utiliser, la stratégie du gouvernement a changé. « Notre position est de dire que nous devons sortir du glyphosate à chaque fois que cela est possible » expliquait, à l’Usine Nouvellehttps://www.usinenouvelle.com/artic..., le ministre de l’Agriculture Julien Denormandie en mars 2021 : « Comme l’a rappelé le président de la République, cette position doit également être portée au niveau européen car nous sommes dans un marché commun et donc les transitions doivent être portées à cette échelle pour éviter toute distorsion de concurrence. »

Le 4 septembre dernier à Marseille, au congrès mondial de l’Union internationale de conservation de la nature (UICN), le président français a déclaré fermement vouloir « porter une initiative de sortie accélérée des pesticides » lors de la présidence française de l’Union européenne. Problème : l’Anses elle-même se prononce en faveur d’une ré-homologation. Entre-temps, l’usage du glyphosate a néanmoins été interdit en France pour les espaces et jardins publics, les jardins des particuliers…

Quelle est l’ampleur de son utilisation en France ?

La consommation de glyphosate a donc légèrement baissé entre 2016 et 2020, passant de 8 749 tonnes à 8 645 tonnes. Le ministère de l’Agriculture s’attend à une poursuite de cette diminution grâce à de nouvelles interdictions ciblées depuis janvier 2021 et la mise en œuvre d’alternatives, comme le bio contrôle, le recours aux agroéquipements, à l’agriculture de précision… Difficile néanmoins de diviser par deux son utilisation sur le quinquennat, à laquelle il croit encore.

Selon une étude publiée en mai 2020 par des chercheurs de l’université de Louvain, la France serait particulièrement accro au glyphosate. Elle serait ainsi le premier utilisateur européen, en consommant 19 % du glyphosate pulvérisé dans l’Union européenne. Devant la Pologne (14 %), l’Allemagne (10 %), ou l’Italie (8 %).

Ouest-France : toute l’actualité en direct, l’info en continu -Agriculture Pesticides Économie Europe Environnement Actualité en continu Glyphosate

ouest-france.fr, 26/12/2016 - Un vélo autour du monde

Source : https://www.ouest-france.fr/economie/agriculture/ou-en-est-on-de-l-interdiction-du-glyphosate-cet-herbicide-controverse-ff32b49e-2cce-11ec-9285-f388b2ea32b0

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  • Les regrets de Macron sur le glyphosate : ’C’est l’erreur que j’ai commise en début de quinquennat’ : - A.A. avec AFP - Le 04/01/2022 à 23:43 – Document ‘bfmtv.com’
    Photo - Le président Emmanuel Macron lors de sa visite en Arabie saoudite en décembre 2021 - THOMAS SAMSOM

Près de cinq ans après avoir promis une sortie du glyphosate, Emmanuel Macron a reconnu ne ’pas avoir réussi’ ce pari.

Emmanuel Macron a reconnu mardi ’ne pas avoir réussi’ sur le glyphosate, admettant avoir commis ’l’erreur’ en début de quinquennat d’avoir cru la France capable de sortir de ce désherbant seule sans les autres pays européens.

’Certains agriculteurs m’ont dit que si on les obligeait à sortir rapidement, ils allaient mettre la clé sous la porte, parce que leurs concurrents espagnols ou italiens, eux, pouvaient continuer à produire’, a-t-il expliqué dans une interview au Parisien.

Un échec ’collectif’

’C’est l’erreur que j’ai commise en début de quinquennat : il faut agir sur ces sujets au niveau européen’, a-t-il affirmé, alors que la France vient d’assumer la présidence de l’UE pour les six prochains mois. ’Cela ne marche pas si on le fait tout seul. Je ne peux pas mettre des agriculteurs dans des impasses et sans solution’, a-t-il affirmé, précisant que ’l’on est à l’heure des solutions pratiques’.

Emmanuel Macron s’était engagé en novembre 2017 pour une interdiction du glyphosate ’au plus tard dans trois ans’. Il avait reconnu en décembre 2020 ne pas avoir réussi à tenir sa promesse, plaidant un échec ’collectif’.

Sur le même sujet :

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Depuis, la France s’est fixé pour objectif de sortir de l’essentiel des usages de ce désherbant classé comme ’cancérogène probable’ par le Centre international de recherche sur le cancer (CIRC) en 2021, avant une interdiction totale en 2023.

A.A. avec AFP

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  • Dossier Glyphosate / Europe – Document ‘efsa.europa.eu’
    Le glyphosate est un produit chimique largement utilisé dans les produits phytopharmaceutiques. Les produits phytopharmaceutiques à base de glyphosate – c’est-à-dire les formulations contenant du glyphosate, des coformulants (tels que les agents antimousse) et éventuellement d’autres produits chimiques – sont principalement utilisés dans l’agriculture et l’horticulture pour lutter contre les mauvaises herbes qui concurrencent les plantes cultivées.

L’utilisation du glyphosate dans l’UE est actuellement approuvée jusqu’au 15 décembre 2022. Cela signifie qu’il peut être utilisé comme substance active dans les produits phytopharmaceutiques jusqu’à cette date, sous réserve que chaque produit soit autorisé par les autorités nationales à la suite d’une évaluation de sécurité.

L’approbation de cinq ans a été accordée par la Commission européenne en 2017 à la suite d’évaluations séparées réalisées par l’EFSA et l’Agence européenne des produits chimiques (ECHA). Un compte rendu étape par étape du processus d’approbation de 2017 est disponible sur le site web de la Commission européenne.

Activités récentes

22 novembre 2021 – Clôture des consultations parallèles organisées par l’EFSA et l’ECHA. Au total, 416 contributions ont été recueillies dans l’UE et hors UE au cours de la période de consultation de deux mois.

23 septembre 2021 – l’EFSA et l’ECHA lancent des consultations parallèles pour recueillir les commentaires des parties intéressées sur le rapport d’évaluation de renouvellement (RAR) et le rapport de classification harmonisée et l’étiquetage (CLH) du glyphosate. Les consultations seront accessibles jusqu’au 22 novembre 2021. Toute personne intéressée par ce sujet est encouragée à soumettre des observations, informations, données ou études. Toutes les contributions seront analysées par les autorités compétentes des États membres, ainsi que par l’EFSA et l’ECHA au fur et à mesure de l’avancement de l’évaluation scientifique.

30 août 2021 – l’EFSA et l’ECHA annoncent qu’elles organiseront des consultations en parallèle sur le rapport d’évaluation de renouvellement (RAR) et le rapport de classification harmonisée et l’étiquetage (CLH) du glyphosate le 24 septembre 2021. Toutes les parties intéressées pourront contribuer à l’évaluation scientifique en cours en soumettant des observations et des informations pertinentes. Les consultations seront accessibles pendant 60 jours. 

10 août 2021 – le groupe d’évaluation sur le glyphosate (GEG) soumet des versions mises à jour du RAR et du rapport CLH à l’EFSA et à l’ECHA respectivement. Les deux agences de régulation de l’UE effectuent ensuite le travail administratif nécessaire avant que les documents ne soient mis à disposition pour consultation.

Demande de renouvellement

En 2019, le demandeur, un groupe de sociétés dénommé Glyphosate Renewal Group (GRG) a officiellement demandé le renouvellement de l’autorisation du glyphosate pour une utilisation après l’expiration (fin 2022) de la période actuelle. Cette demande a déclenché le processus de renouvellement prévu par la législation de l’UE.

La Commission européenne a chargé quatre États membres – la France, la Hongrie, les Pays-Bas et la Suède – d’agir conjointement en tant que rapporteurs et de procéder à l’évaluation initiale. Ce groupe est dénommé groupe d’évaluation du glyphosate (AGG, Assessment Group of Glyphosate).

Le 8 juin 2020, le demandeur a soumis un dossier contenant l’ensemble requis d’études scientifiques et de données tirées de la littérature scientifique. Tous les documents présentés aux fins du processus d’évaluation et d’examen par les pairs sont disponibles sur le site web du GRG.

Le groupe d’évaluation du glyphosate a terminé son évaluation et l’a transmise, le 15 juin 2021, à l’EFSA sous la forme d’un rapport d’évaluation du renouvellement, afin d’entamer le processus d’examen par les pairs. Le rapport compte environ 11 000 pages. À titre de comparaison, un rapport d’évaluation sur une substance active comporte habituellement moins de 5 000 pages. Parallèlement, le groupe d’évaluation du glyphosate a transmis à l’ECHA une proposition de classification et d’étiquetage harmonisés (dossier CLH), qui servira de base à la classification de l’ECHA.

Un résumé de ses principales conclusions est accessible au public.

Parallèlement à l’évaluation conduite par l’EFSA, l’ECHA procède à l’examen de la classification du glyphosate conformément au règlement de l’UE relatif à la classification, à l’étiquetage et à l’emballage. La classification des produits chimiques repose uniquement sur les propriétés dangereuses d’une substance et ne tient pas compte de la probabilité d’exposition à la substance. L’exposition est considérée comme faisant partie intégrante du processus d’évaluation des risques mené par l’EFSA. L’évaluation de l’ECHA sera communiquée avant la publication des conclusions de l’EFSA à la fin 2022.

Prochaines étapes

À l’issue des consultations parallèles organisées par l’EFSA et l’ECHA, les commentaires reçus seront analysés dans le cadre des processus respectifs des deux agences.

À la suite des réponses du pétitionnaire et la prise en compte par le GEG des commentaires reçus, lors de l’examen par les pairs mené par l’EFSA, l’Autorité identifiera toutes les actions de suivi nécessaires, y compris les questions qui devront faire l’objet d’un suivi lors d’une réunion d’experts et, le cas échéant, elle sollicitera des informations supplémentaires auprès du pétitionnaire. Par la suite, le GEG soumettra un rapport actualisé qui fera à son tour l’objet d’un examen par les pairs.

En ce qui concerne le processus de classification harmonisée, le GEG et le comité d’évaluation des risques (CER) de l’ECHA analyseront les données et les commentaires reçus, qui seront pris en compte pour la révision de la classification du glyphosate.

Conformément au règlement CLP, le CER de l’ECHA rédigera son avis sur la classification du glyphosate en fonction de plusieurs critères, notamment la cancérogénicité, la génotoxicité, et la toxicité pour la reproduction et le développement. Cet avis sur la classification sera utilisé par l’EFSA et les représentants des autorités compétentes des États membres de l’UE pour finaliser l’examen par les pairs de l’évaluation des risques associés au glyphosate, prévu pour le second semestre de 2022. 

Rôles de l’EFSA et de l’ECHA

L’EFSA et l’ECHA jouent deux rôles différents mais complémentaires dans l’évaluation des substances actives utilisées dans les produits phytopharmaceutiques. L’ECHA est responsable de l’évaluation du danger d’une substance donnée, tandis que l’EFSA évalue les risques que pourrait présenter une exposition à une substance donnée. L’évaluation du danger réalisée par l’ECHA complète l’évaluation des risques réalisée par l’EFSA.

Les deux instances de régulation de l’UE ont synchronisé leurs plans de travail afin d’effectuer leurs évaluations du glyphosate en parallèle. Les gestionnaires des risques pourront ainsi décider de renouveler ou non l’autorisation de la substance active sur la base des informations scientifiques les plus complètes.

Les deux agences se serviront du même projet de rapport d’évaluation élaboré par le groupe d’évaluation du glyphosate comme point de départ de leurs évaluations et procéderont simultanément à des consultations publiques. Les parties intéressées seront en mesure de présenter des observations à l’EFSA et à l’ECHA séparément.

De plus amples informations sur le renouvellement de l’autorisation et le processus d’examen par les pairs dans l’UE sont disponibles ici.

Questions fréquentes

1. Quel est le rôle de l’EFSA dans l’évaluation du glyphosate ?

L’EFSA appuie la mise en œuvre du règlement de l’UE relatif à l’autorisation des pesticides en évaluant les risques que l’exposition à une substance donnée pourrait présenter pour les êtres humains, les animaux et l’environnement.

À cet effet, un système d’examen par les pairs a été mis en place, dans le cadre duquel une évaluation initiale d’une substance active est effectuée par un État membre, puis examinée par l’EFSA. Dans le cas du glyphosate, quatre États membres rapporteurs – la France, la Hongrie, les Pays-Bas et la Suède, qui composent le groupe d’évaluation du glyphosate (AGG, Assessment Group of Glyphosate) – ont élaboré un rapport d’évaluation du renouvellement qui doit faire l’objet d’un examen collégial par l’EFSA et les autorités des États membres de l’UE.

Les résultats de cet examen par les pairs seront communiqués à la Commission européenne pour éclairer sa décision de renouveler ou non l’autorisation de la substance active.

Parallèlement à l’évaluation conduite par l’EFSA, l’ECHA – l’autorité de l’UE chargée de la classification des substances chimiques – examinera la classification du glyphosate conformément au règlement de l’UE relatif à la classification, à l’étiquetage et à l’emballage. L’évaluation du danger réalisée par l’ECHA sera utilisée par l’EFSA lors de la rédaction de ses conclusions.

2. Quel est le calendrier de l’examen par les pairs ?

Le rapport d’évaluation du renouvellement a été transmis à l’EFSA et à l’ECHA en juin 2021. Il sera publié sur les sites web des deux agences au cours de la première semaine de septembre 2021, dans le cadre de consultations publiques parallèles organisées par les deux agences. Les consultations dureront 60 jours et toutes les parties intéressées pourront présenter leurs observations sur le projet d’évaluation réalisé par le groupe d’évaluation du glyphosate.

Une fois les consultations terminées, le demandeur et le groupe d’évaluation du glyphosate seront invités à répondre à toutes les observations reçues. L’EFSA relèvera alors toutes les questions en suspens qu’elle estime devoir être traitées et/ou suivies lors d’une réunion d’experts et, le cas échéant, demandera des informations complémentaires au demandeur. Le groupe d’évaluation du glyphosate soumettra ensuite une évaluation mis à jour pour examen par les pairs.

Parallèlement, à l’issue des consultations publiques, l’ECHA procédera à la classification du danger du glyphosate, qui sera utilisée par l’EFSA pour finaliser son examen par les pairs, prévu pour le second semestre de 2022.

3. Quelles informations l’EFSA publiera-t-elle ?

Le projet de rapport d’évaluation du renouvellement sera publié pour consultation publique sur le site web de l’EFSA, de même que les conclusions finales de l’EFSA et tous les documents de référence à l’issue de l’examen par les pairs. Ces documents comprendront :

Un relevé de toutes les observations formulées par les États membres, par le ‘Glyphosate Renewal Group’ (GRG), par l’EFSA et par le grand public au sujet du rapport d’évaluation du renouvellement. (Les observations des citoyens seront publiées immédiatement après la clôture de la consultation publique).

Un compte rendu du traitement donné aux observations par les experts de l’UE, y compris les réponses que le GRG et le groupe d’évaluation du glyphosate y ont apportées.

Des rapports sur toutes les consultations d’experts auprès de scientifiques des États membres.

Les observations reçues des États membres au sujet de l’évaluation de toute information complémentaire émanant du GRG par le groupe d’évaluation du glyphosate.

Les observations reçues du groupe d’évaluation du glyphosate et des États membres sur le projet de conclusion de l’EFSA.

4. Comment l’EFSA évite-t-elle les conflits d’intérêts dans le cadre du processus d’examen par les pairs ?

L’examen par les pairs des substances actives pesticides est effectué par le personnel de l’EFSA et par des experts employés par les autorités publiques des États membres.

Les experts des États membres peuvent contribuer au processus de différentes manières. Ils peuvent : soumettre des observations écrites au nom de leur État membre dans le cadre de l’examen par les pairs du projet de rapport d’évaluation ; prendre part aux consultations d’experts (réunions et téléconférences) organisées par l’EFSA dans différents domaines scientifiques (par exemple, toxicologie des mammifères, écotoxicologie, etc.) ; et présenter des observations sur le projet de conclusions de l’EFSA.

Les déclarations d’intérêts de ces experts sont vérifiées par l’EFSA et rendues publiques.

L’EFSA peut aussi inviter d’autres experts externes à participer à des consultations si elle le juge nécessaire. Ces experts sont invités à apporter leur contribution sur la base de leur expertise scientifique. Ils ne représentent aucune autorité d’un État membre et assistent aux réunions à titre personnel. Les experts externes sont tenus de soumettre une déclaration d’intérêts qui est évaluée et validée par l’EFSA de la même manière que celles d’autres experts externes (par exemple, ceux qui participent à des réunions de groupes scientifiques ou de groupes de travail).

De plus amples informations sur la politique d’indépendance de l’EFSA sont disponibles ici.

5. Comment la sécurité des pesticides est-elle évaluée dans l’UE ?

En vertu de la législation de l’UE, les substances actives pesticides contenues dans des produits phytopharmaceutiques ne peuvent être autorisées dans l’Union que s’il est établi que leur utilisation n’aura pas d’effet nocif sur la santé humaine et animale ou sur l’environnement.

Pour chaque substance, un projet initial de rapport d’évaluation ou un projet de rapport d’évaluation du renouvellement est élaboré par un État membre rapporteur désigné. Dans le cas du glyphosate, quatre États membres de l’UE – la France, la Hongrie, les Pays-Bas et la Suède – agissent conjointement en tant que rapporteurs.

L’évaluation des risques réalisée par l’État membre rapporteur est soumise à un examen par les pairs de l’EFSA, en coopération avec tous les États membres. L’EFSA rédige un rapport (« conclusions ») concernant l’examen par les pairs de l’évaluation des risques, sur lequel s’appuient le processus d’autorisation de la Commission européenne, les évaluations ultérieures des produits phytopharmaceutiques – réalisées par les États membres –, et l’établissement des limites maximales de résidus dans les aliments.

Il appartient à la Commission européenne de décider s’il y a lieu d’autoriser une substance active ou de renouveler son autorisation. Le rôle des États membres de l’UE est d’évaluer ou de réévaluer la sécurité des pesticides contenant les substances actives qui sont vendues sur leur territoire.

Autres informations :

Consultations sur le glyphosate : plus de 400 contributions reçues - Published : 2 décembre 2021

L’EFSA et l’ECHA lancent des consultations sur le glyphosate - Published : 23 septembre 2021

Glyphosate : les régulateurs de l’UE entament l’examen des évaluations pour le renouvellement de l’autorisation- Published : 15 juin 2021

Review of the existing maximum residue levels for glyphosate according to Article 12 of Regulation (EC) No 396/2005 – revised version to take into account omitted data - Publications : 31 octobre 2019

Glyphosate : le point sur la sécurité des niveaux de résidus - Published : 17 mai 2018

Peer review of the pesticide risk assessment of the potential endocrine disrupting properties of glyphosate - Publications : 7 septembre 2017

Glyphosate : L’EFSA partage les données brutes de l’évaluation des risques - Published : 9 décembre 2016

L’EFSA partage les données brutes sur le glyphosate - Published : 29 septembre 2016

Modification of the existing maximum residue levels for glyphosate in borage and corn gromwell seeds- Publications : 29 avril 2016

Glyphosate : l’EFSA répond aux critiques - Published : 13 janvier 2016

EU emblemL’EFSA est une agence de l’Union européenne - Notes de mise à jour du site Mentions légales Protection des données à caractère personnel - Source : https://www.efsa.europa.eu/fr/topics/topic/glyphosate

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  • Glyphosate : des actionnaires réclament 2,2 milliards d’euros à Bayer - Par AFP le 04.01.2022 à 12h31 – Document ‘challenges.fr’ - Challenges Économie
    Photo - Le logo de Bayer sur le site du groupe à Wuppertal, en Allemagne, le 25 février 2021 - AFP/Archives - Ina FASSBENDER

Les plaintes d’investisseurs en Allemagne contre Bayer dans l’affaire du glyphosate représentent au total près de 2,2 milliards d’euros de dommages et intérêts, a affirmé mardi le cabinet d’avocat Tilp, qui espère l’ouverture d’un procès groupé dès cette année.

’Tilp a déposé, au nom d’environ 320 investisseurs, des plaintes contre Bayer devant le tribunal de grande instance de Cologne, pour obtenir des dommages et intérêts d’un montant total d’environ 2,2 milliards d’euros’, a-t-il indiqué dans un communiqué.

Cela représente plus du double de la somme initialement communiquée en décembre par le cabinet.

Ces actionnaires reprochent au groupe allemand de ne pas les avoir suffisamment informés sur les risques financiers causés par les procédures judiciaires liées au glyphosate, après l’acquisition de Monsanto en 2018.

Le tribunal doit maintenant décider si une ’procédure modèle’, permettant de regrouper en un seul procès des questions communes à plusieurs dossiers, peut être engagée, comme le demandent les avocats.

’Avec les plaintes déposées, nous remplissons toutes les conditions formelles pour la mise en œuvre d’une procédure modèle’, estime Christian Herrmann, avocat de Tilp cité dans le communiqué.

Le cabinet s’attend à l’ouverture d’une procédure dans ’les prochains mois’, et espère un procès dès cette année.

Depuis le rachat de Monsanto, Bayer fait face à une pluie de procédures judiciaires aux États-Unis de la part d’anciens utilisateurs du Roundup, herbicide à base de glyphosate commercialisé par le groupe américain.

Le glyphosate est considéré depuis 2015 comme ’cancérogène probable’ par le Circ, une branche de l’OMS, une caractérisation que dément toujours le groupe.

Ces mésaventures ont fait plonger le titre de Bayer à la Bourse de Francfort, lui faisant perdre près de la moitié de sa valeur depuis 2018, causant un lourd dommage aux actionnaires, selon Tilp.

En décembre, le tribunal de Cologne avait accepté de publier la ’demande d’ouverture d’action de groupe’, visant à déterminer si Bayer ’a dissimulé au marché des risques importants liés à l’acquisition du groupe américain Monsanto’.

Cette étape essentielle ouvrait la voie à la collecte de plaintes d’actionnaires, en vue de l’ouverture d’une procédure modèle et d’un procès groupé. Bayer réfute toute faute, et affirme de son côté avoir ’respecté la loi et s’être acquitté de ses obligations’ selon un communiqué.

Challenges, l’actualité de l’économie

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Source : https://www.challenges.fr/economie/glyphosate-des-actionnaires-reclament-2-2-milliards-d-euros-a-bayer_795290

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  • Environnement - Plus grande utilisatrice de glyphosate en France, la SNCF n’en utilisera plus - Publié le 03/01/2022 à 15h42 – Document ‘lamanchelibre.fr’
    Environnement. Plus grande utilisatrice de glyphosate en France, la SNCF tient son engagement et a abandonné l’herbicide depuis le samedi 1er janvier 2022. 

Photo - À partir de 2022, la SNCF n’utilisera plus de glyphosate pour désherber les 30 000 km du réseau ferroviaire. 

En France, la SNCF était la plus grosse utilisatrice de glyphosate. Chaque année, entre 35 et 38 tonnes de ce produit étaient utilisées pour désherber les 30.000 km de rails du réseau de la SNCF. À la place du glyphosate, une autre substance moins toxique, un produit composé de 95 % d’acide pélargonique, substance bio utilisant des produits naturels, sera utilisée et son volume épandu sera divisé par trois. De plus, le nouveau produit ne sera utilisé uniquement sur les voies et les pistes de cheminement le long de la voie, mais pas sur les abords. 

Désherber constitue un impératif de sécurité pour la société ferroviaire : la végétation retient l’eau et déforme la plateforme des rails. Les herbes peuvent aussi gêner les appareils à laser chargés de vérifier l’écartement des voies du réseau. Le surcoût de maintenance lié à ce changement est estimé à 100 millions d’euros par an. Une somme qui a été inscrite au plan de relance du gouvernement. 

L’actualité en Normandie avec La Manche Libre

La Manche Libre - ACPM

Source : https://www.lamanchelibre.fr/actualite-971889-environnement-plus-grande-utilisatrice-de-glyphosate-en-france-la-sncf-n-en-utilisera-plus

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Traduction, collecte de documents, agencement, [compléments] et intégration de liens hypertextes par Jacques HALLARD, Ingénieur CNAM, consultant indépendant – 06/0I/2022

Site ISIAS = Introduire les Sciences et les Intégrer dans des Alternatives Sociétales

http://www.isias.lautre.net/

Adresse : 585 Chemin du Malpas 13940 Mollégès France

Courriel : jacques.hallard921@orange.fr

Fichier : ISIAS Pesticides Glyphosate Turpitudes Interdiction.3.docx

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