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"Une nouvelle étude montre que l’échange ou transfert de gènes entre les virus et leurs hôtes est le moteur de l’évolution - Compléments sur le transfert horizontal de gènes, ou transfert latéral de gènes" par l’Université de la Colombie-Britannique

jeudi 13 janvier 2022, par Université de la Colombie-Britannique


ISIAS Génétique Evolution

Une nouvelle étude montre que l’échange ou transfert de gènes entre les virus et leurs hôtes est le moteur de l’évolution - Compléments sur le transfert horizontal de gènes, ou transfert latéral de gènes

« Le transfert horizontal de gènes, ou transfert latéral de gènes, est un processus dans lequel un organisme intègre du matériel génétique provenant d’un autre organisme sans en être le descendant. Par opposition, le transfert vertical se produit lorsque l’organisme reçoit du matériel génétique à partir de son ancêtre ».

Traduction du 10 décembre 2022 – et ajout de Compléments sur le transfert horizontal de gènes, ou transfert latéral de gènes – par Jacques Hallard, d’un article publié par ‘sciencedaily.com’ le 05 janvier 2022 sous ce titre : « New research shows gene exchange between viruses and hosts drives evolution » ; l’original peut êtreconsulté ici > https://www.sciencedaily.com/releases/2022/01/220105111420.htm

Source de l’information rapportée : Université de la Colombie-Britannique

[Addenda - L’Université de la Colombie-Britannique au Canada(en anglais University of British Columbia, en abrégé UBC), fondée à Vancouver en 1908. Le ‘College of British Columbia’, est l’une des universités les plus prestigieuses d’Amérique du Nord, et compte parmi les meilleures universités au monde. UBC compte plus de 61.000 étudiants, répartis sur le campus historique de Vancouver (1908), et celui d’Okanagan (2005) et un budget annuel de 2,3 milliards de dollars1. Le Times Higher Education World University Rankings la classe 34e mondialement en 20182 et seconde au Canada3. Le classement de Shanghai de 2016 la classe 34e mondialement et 2e au Canada4. En outre, le classement des meilleurs universités en dehors des États-Unis par le magazine Newsweek la classe 8e globalement en 20115… » - Source : https://fr.wikipedia.org/wiki/Universit%C3%A9_de_la_Colombie-Britannique ].

Résumé :

La première analyse complète du transfert horizontal de gènes (THG) viral illustre la mesure dans laquelle les virus récupèrent les gènes de leurs hôtes pour perfectionner leur processus d’infection, tandis que les hôtes cooptent également des gènes viraux utiles.

Texte complet

Illustration de virus (image de stock). Crédit : © successphoto / stock.adobe.com

La première analyse complète du transfert horizontal de gènes (THG) viral illustre la mesure dans laquelle les virus récupèrent les gènes de leurs hôtes pour perfectionner leur processus d’infection, alors que les hôtes cooptent également des gènes viraux utiles.

Le transfert horizontal de gènes (THG) est le mouvement du matériel génétique entre des groupes disparates d’organismes, plutôt que par la transmission ’verticale’ de l’ADN des parents à la progéniture. Des études antérieures ont porté sur le transfert de matériel génétique entre les bactéries et leurs virus et ont montré qu’il jouait un rôle majeur dans le déplacement des gènes entre les espèces bactériennes. Toutefois, la nouvelle étude, publiée dans ‘Nature Microbiology’, porte sur les interactions entre les virus et les eucaryotes, qui comprennent les animaux, les plantes, les champignons, les protistes et la plupart des algues.

’Nous savions, grâce à des exemples individuels, que les gènes viraux ont joué un rôle dans l’évolution des eucaryotes. Même les humains ont des gènes viraux, qui sont importants pour notre développement et notre fonction cérébrale’, a déclaré l’auteur principal de l’étude, le Dr Nicholas Irwin, chercheur junior au ‘Merton College’ de l’université d’Oxford et ancien étudiant en doctorat à l’université de Colombie-Britannique (UBC). ’Nous voulions comprendre de manière plus générale comment le glissement génétique horizontal a affecté les virus et les eucaryotes à travers l’arbre de la vie.’

Pour s’attaquer à ce problème, les auteurs ont examiné le transfert de gènes viral-eucaryote dans les génomes de centaines d’espèces eucaryotes et de milliers de virus. Ils ont identifié de nombreux gènes qui avaient été transférés et ils ont constaté que le transfert horizontal de gènes (THG) des eucaryotes vers les virus était deux fois plus fréquent que dans le sens inverse.

’Nous avons été intéressés par le fait que certains groupes de virus, en particulier ceux qui infectent les eucaryotes unicellulaires, acquièrent de nombreux gènes de leurs hôtes’, a déclaré l’auteur principal de l’étude, Patrick Keeling, professeur au département de botanique de l’UBC. ’En étudiant la fonction de ces gènes, nous avons pu faire des prédictions sur la façon dont ces virus affectent leurs hôtes pendant l’infection.’

Contrairement aux virus, les organismes eucaryotes ont conservé moins de gènes viraux, mais ceux qui ont été conservés semblent avoir eu un impact majeur sur la biologie de l’hôte au cours de l’évolution.

’Beaucoup de ces gènes dérivés des virus semblent avoir affecté à plusieurs reprises la structure et la forme de différents organismes, des parois cellulaires des algues aux tissus des animaux’, a déclaré le Dr Irwin. ’Cela suggère que les interactions hôte-virus ont pu jouer un rôle important dans la diversité de la vie que nous observons aujourd’hui.’

’Ces transferts n’ont pas seulement des conséquences évolutives pour le virus et l’hôte, mais pourraient avoir des implications importantes pour la santé’, a déclaré le Dr Keeling.

Le transfert horizontal de gènes permet aux gènes de sauter entre les espèces, y compris les virus et leurs hôtes. Si le gène a une utilité, il peut se répandre dans la population et devenir une caractéristique de cette espèce. Cela peut conduire à l’émergence rapide de nouvelles capacités, par opposition aux changements plus progressifs qui résultent de petites mutations.

Bien que des virus tels que le Zika et les coronavirus ne semblent pas participer à ces transferts de gènes, ils manipulent souvent des gènes similaires chez leurs hôtes par des mécanismes complexes. Les recherches futures sur ces gènes transférés pourraient donc fournir une nouvelle approche pour comprendre les processus d’infection de ces virus et d’autres virus, ce qui pourrait être important pour la découverte de médicaments.

’Ces deux dernières années ont clairement démontré le potentiel destructeur des virus, mais nous pensons que ces travaux constituent un rappel intéressant du fait que les virus ont également contribué à l’évolution de la vie sur Terre’, a déclaré le Dr Irwin.

Source du matériel utilisé : Materials provided by University of British Columbia. Note : Content may be edited for style and length.

Référence de la revue : Nicholas A. T. Irwin, Alexandros A. Pittis, Thomas A. Richards, Patrick J. Keeling. Systematic evaluation of horizontal gene transfer between eukaryotes and viruses. Nature Microbiology, 2021 ; DOI : 10.1038/s41564-021-01026-3

Pour citer cette page : MLA APA Chicago - University of British Columbia. ’New research shows gene exchange between viruses and hosts drives evolution.’ ScienceDaily. ScienceDaily, 5 January 2022. <www.sciencedaily.com/releases/2022/...> .

Autres références :

Steven Pinker : Why humans aren’t as irrational as they seem - Dec. 14, 2021 — An interview with Harvard University psychologist Steven Pinker challenging the orthodoxy that sees Homo sapiens as a species stuck in the past.

Log4j software bug is ’severe risk’ to the entire internet - Dec. 14, 2021 — A flaw in a commonly used piece of software has left millions of web servers vulnerable to exploitation by hackers. Visit New Scientist for more global science stories >>> www.newscientist.com

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Source : https://www.sciencedaily.com/releases/2022/01/220105111420.htm

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Compléments sur le transfert horizontal de gènes, ou transfert latéral de gènes

Introduction au Transfert horizontal de gènes d’après Wikipédia

Illustration - Arbre phylogénétique à trois domaines montrant les possibles transferts horizontaux, notamment ceux postulés par la théorie endosymbiotique.

Le transfert horizontal de gènes, ou transfert latéral de gènes, est un processus dans lequel un organisme intègre du matériel génétique provenant d’un autre organisme sans en être le descendant. Par opposition, le transfert vertical se produit lorsque l’organisme reçoit du matériel génétique à partir de son ancêtre. La plupart des recherches en matière de génétique ont mis l’accent sur le transfert vertical, mais les recherches récentes montrent que le transfert horizontal de gènes est un phénomène significatif. Une grande partie du génie génétique consiste à effectuer un transfert horizontal artificiel de gènes.

Sommaire

Certains de nos gènes nous viennent de bactéries par transfert horizontal - Lire la bioMarie-Céline Ray Journaliste -Publié le 18/03/2015 – Document ‘futura-sciences.com’

De nombreux animaux ont acquis des gènes provenant de micro-organismes de leur environnement. Ce transfert horizontal de gènes a été démontré dans une étude portant sur 12 espèces de drosophiles, 4 de nématodes et 10 de primates, dont l’Homme.

Illustration - Notre génome contiendrait des gènes étrangers venant d’autres espèces. © Andy Leppard, Flickr, CC BY 2.0 

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En génétique, le transfert vertical de gènes décrit la transmission des gènes parentaux à la descendance, alors que le transfert horizontal désigne un mouvement de gènes entre espèces différentes. Ce transfert horizontal, ou latéral, de gènes est bien connu dans le monde des unicellulaires chez qui il peut expliquer la rapidité à laquelle une bactérie évolue, par exemple en devenant résistante à des antibiotiques.

Chez les organismes pluricellulaires, il existe aussi des exemples de transfert horizontal de gènes. Ainsi, le puceron vert du pois aurait récupéré chez un champignon le matériel génétique permettant la biosynthèse de caroténoïdes. Autre exemple : le transfert du génome de la bactérie Wolbachia à Drosophila ananassae. Si le transfert horizontal de gènes joue un rôle important dans l’évolution de certains animaux, l’idée qu’il ait lieu chez des animaux complexes comme des humains est encore débattu. Le transfert horizontal de gènes apparaît encore comme très peu fréquent chez les animaux, et notamment les vertébrés.

Dans cet article paru dans Genome Biology, des chercheurs ont examiné en détail les transferts horizontaux de gènes qui auraient eu lieu chez 26 espèces : 12 de drosophiles, 4 de nématodes et 10 de primates, dont l’Homme. Ils ont étudié les alignements de gènes pour estimer s’ils étaient susceptibles d’être « étrangers », mais aussi pour dater leur acquisition.

Photo - Le puceron vert du pois a pris des gènes à un champignon par transfert horizontal. © Shipher Wu, flickr, cc by nc sa 2.0 

Le transfert horizontal de gènes participe à l’évolution des espèces

Les analyses suggèrent que les drosophiles et les nématodes ont continué à acquérir des gènes étrangers lors de leur évolution, tandis que les primates en ont relativement peu gagné depuis leur ancêtre commun. Parmi les gènes acquis par transfert horizontal, certains pouvaient être impliqués dans le métabolisme, d’autres étaient liés aux réponses immunitaires et d’autres intervenaient dans la modification des protéines et les activités anti-oxydantes. Les organismes susceptibles d’avoir transféré les gènes étaient des bactéries, des protistes, des virus et des champignons.

Chez les humains, les chercheurs ont trouvé au moins 33 nouveaux exemples de gènes acquis horizontalement. La majorité des transferts horizontaux de gènes des primates étaient anciens et auraient eu lieu entre l’ancêtre commun des Cordés et l’ancêtre commun des primates. Une des conséquences de cette étude concerne l’analyse des génomes : en effet, dans leurs résultats de séquençage, les scientifiques retirent souvent les séquences bactériennes, en supposant qu’il s’agit de contaminations... Mais est-ce si sûr désormais ?

Les chercheurs en concluent que le transfert horizontal de gènes a eu lieu et continue à se produire chez les métazoaires. Pour Alastair Crisp, de l’université de Cambridge, principal auteur de ces travaux, « c’est la première étude à montrer l’étendue à laquelle le transfert horizontal de gènes a lieu chez les animaux, donnant naissance à des dizaines ou des centaines de gènes ’étrangers’ actifs. De manière surprenante, loin d’être un événement rare, le transfert horizontal de gènes semble avoir contribué à l’évolution de nombreux animaux, et peut-être tous. Le processus est toujours en cours, ce qui signifie que nous pourrions avoir besoin de ré-évaluer ce que nous pensons de l’évolution ».

Futura, Explorer le monde

https://www.offremedia.com/sites/default/files/vignette/article/nl1437-logo-futura.jpg

Source : https://www.futura-sciences.com/sante/actualites/genome-certains-nos-genes-nous-viennent-bacteries-transfert-horizontal-57534/

Comment marche le transfert horizontal chez les bactéries - Document ‘technobio.fr’ - Technobio.fr » Biotechnologies

Le transfert horizontal de gènes est un processus dans lequel un organisme intègre du matériel génétique provenant d’un autre organisme sans en être le descendant. Chez les bactéries, le transfert horizontal joue un rôle majeur dans leur diversification. Ce processus est considéré comme un des facteurs principaux de l’augmentation de la résistance des bactéries aux antibiotiques ainsi que la propagation des gènes de virulence.

Table des matières

Michael Syvanen était parmi les premiers biologistes occidentaux pour explorer la signification potentielle du transfert transversal de gène. Syvanen a édité une série de publications sur le transfert horizontal de gène commençant en 1984, prévoyant que le transfert transversal de gène est un processus qui a formé l’histoire évolutionnaire dès le début de la vie sur terre.

Mécanismes de transfert horizontal :

3 mécanismes en découlent :

La conjugaison bactérienne :

Elle consiste en une transmission de plasmides de conjugaison d’une bactérie donneuse à une bactérie receveuse. La bactérie donneuse posséde le plasmide facteur F, codant pour 24 gènes dont les protéines pilines constitutives des pili. Le facteur F est un épisome, car il peut s’intégrer dans le génome bactérien (souches Hfr).

Lors de la conjugaison, la bactérie donneuse (F+) ou Hfr va synthétiser des pili, qui vont lui permettre de s’arrimer à une bactérie receveuse (F-).

Le plasmide F va ensuite étre répliqué sous forme de simple brin, et la copie transférée vers la bactérie F- « reçeveuse ». Comment a lieu ce transfert ? Longtemps considéré comme un canal de transfert, le pili serait maintenant vu comme une premiére étape d’arrimage, avant que les deux bactéries ne se rapprochent et que le transfert s’effectue par accolement des membranes.

Lorsque l’épisome est inclu dans le génôme (souches Hfr), une partie du génôme bactérien est copié et transféré à la bactérie reçeveuse. Théoriquement, une copie totale du génôme devrait être ainsi transférée. Mais ceci reste théorique, car la conjugaison n’est pas maintenue assez longtemps pour celà. Les gènes ont une probabilité de copie et de transfert plus forte s’ils sont situés à proximité de l’épisome.

L’ADN simple brin transféré est ensuite transformé en double brin. Un double crossing-over permet d’intégrer les exogénes homologues dans le génôme de la bactérie reçeveuse. L’ADN exogéne linéaire après cet épisode ne peut se maintenir dans la bactérie, et finira par étre dégradée.

La bactérie reçeveuse est devenue recombinante et a intégré des exogénes dans son génôme ou dans le plasmide F

Les gènes codés par les plasmides de conjugaison confèrent diverses propriétés biologiques aux bactéries : résistance aux antibiotiques, résistance aux antiseptiques, résistance aux métaux lourds, résistance aux bactériophages, acquisition de facteurs de pathogénicité, acquisition de nouvelles propriétés métaboliques, synthèse de bactériocines etc.
Les plasmides de conjugaison (et les gènes portés par ces plasmides) peuvent se transmettre entre bactéries d’une même espèce, mais aussi entre bactéries d’espèces différentes.

Intérêt :

La conjugaison a permis d’étudier le groupe de liaison entre les gènes (linkage) et de dresser la carte génétique des bactéries.

La transduction est un mécanisme lié aux bactériophages (virus spécifiques des bactéries) : en effet, ces virus sont capables d’injecter leur génôme dans la bactérie pour qu’elle le réplique et le traduise. Selon les bactériophages, la transduction est un phénomène généralisé (n’importe quel gène est susceptible d’être transféré à une bactérie réceptrice) ou localisée (le transfert ne concerne que quelques gènes dont la nature est variable selon le bactériophage). Elle produit alors des particules virales, les copies du génôme sont encapsidées et la bactérie est lysée, laissant s’échapper les particules virales. On parle alors de cycle lytique.

Mais le phage peut être tempéré, et suivre un cycle lysogénique. Dans ce cas l’ADN virale est injectée dans la bactérie et s’insére dans le génôme bactérien. Puis, suivant les conditions, l’ADN sera extrudé du génôme et engagera un cycle lytique.

Lors de la lyse cellulaire, l’ADN génomique est morcellée, et il arrive que des fragments d’ADN soient encapsidés dans des capsides virales. On obtient alors un phage recombinant, qui, s’il infecte une nouvelle bactérie, ne créera pas de cycle viral, mais permettra une recombinaison homologue par exemple. Des génes peuvent ainsi être transférés de bactéries à bactéries via des phages communs.

La transformation est un évènement assez mal expliqué. Il arrive que les bactéries incorporent de l’ADN et effectuent un événement de recombinaison. Dans d’autres cas, comme lors des applications biotechnologiques, on force la bactérie à incorporer un ADN plasmidique par électroporation. Les bactéries ainsi transformées pourront exprimer les gènes présents sur le plasmide.

Source : https://www.technobio.fr/comment-marche-le-transfert-horizontal-chez-les-bacteries/

Le transfert horizontal de gènes - Par Sophie BROCARD et Sophie YVON | 29 Sep 2021 | Document ‘franceagro3.org ‘ - Actualités

Nous sommes tous issus de deux parents et recevons du matériel génétique provenant de chacun d’eux. Notre ADN est donc hérité qu’on le veuille ou non ! Il est transmis par ce qu’on appelle le transfert vertical de gènes, du parent à sa descendance grâce à la reproduction sexuée.

Et que signifie le transfert horizontal des gènes alors ?

L’évolution des êtres vivants a montré que certains gènes ont été acquis par des échanges d’ADN entre deux espèces éloignées… Ces échanges entre individus d’une même génération et non apparentés sont assez fréquents et touchent tous les êtres vivants, même l’être humain ! On aurait donc des morceaux d’ADN provenant d’un être vivant qui n’est pas humain ? Eh oui, il n’y a pas que la reproduction sexuée qui permet le transfert d’ADN. Cette prouesse biologique est possible car l’ADN est universel ! Tout être vivant possède cette structure unique et les mécanismes d’expressions des gènes sont semblables entre espèces. On possède la même carte de lecture de la vie. Ce mouvement de matériel génétique entre les espèces est d’ailleurs une des raisons de la grande diversité du vivant sur Terre.

Mais qui ose donc transmettre des morceaux d’ADN sans demander un consentement ?

Les plus doués sont les bactéries et les virus. Les bactéries sont partout, dans l’eau, dans l’alimentation, dans le sol, dans nos intestins… Elles nous rendent de nombreux services en assurant des fonctions que nos organes seuls ne pourraient effectuer (comme la digestion grâce au microbiote intestinal…). Les virus sont également tout à fait aptes à transmettre des morceaux d’ADN. On les côtoie quotidiennement et ils viennent parfois agiter notre système immunitaire lorsque l’on ne les avait pas invités auparavant. C’est donc avec les bactéries et les virus qui nous entourent que les transferts horizontaux de gènes se produisent.

Et comment se passent ces transferts d’ADN ?

Il existe à l’heure actuelle trois types de transferts connus.

Il y a la transformation : 

https://www.franceagro3.org/wp-content/uploads/2021/09/gene-transformation.jpg

Lorsque des bactéries meurent, elles libèrent dans leur milieu une grande quantité d’ADN. Ces morceaux d’ADN libres, peuvent être intégrés par une nouvelle bactérie si les conditions sont favorables. Ce mode de transfert d’ADN depuis le milieu extérieur intervient surtout chez les populations de bactéries présentent dans le sol ou dans les milieux aquatiques.

Il y a la conjugaison :

Conjugaison du gène. Sources : iStock - Crédits : ttsz.

Les bactéries possèdent de petites molécules d’ADN : les plasmides. Une molécule circulaire qui peut être facilement transférée entre deux bactéries. Pour cela, deux bactéries entrent en contact par un pili (pont cytoplasmique). La bactérie donneuse réplique son plasmide et le transmet à la bactérie receveuse qui l’intègre. Elle se retrouve ainsi avec une molécule d’ADN d’une autre. Ce qui est incroyable dans ce mécanisme c’est que ce plasmide bactérien peut être transféré entre deux bactéries d’espèces différentes.

Enfin, il y a la transduction :

Transduction du gène. Sources : iStock - Crédits : ttsz.

Dans ce cas-là, deux bactéries ne suffisent pas. Il faut un élément qui devient le vecteur d’ADN. Et ici, le premier rôle est tenu par un virus bactériophage. Le virus a besoin d’une cellule « hôte » pour se multiplier. En l’infectant il peut tout d’abord transmettre une partie de son propre ADN (dit viral). Mais il peut également récupérer une partie de l’ADN de la cellule hôte, se multiplier au sein d’elle puis aller infecter de nouvelles cellules avec le matériel génétique provenant de la cellule précédente. Et on entend par cellule, une bactérie mais également une cellule eucaryote (de notre organisme par exemple). L’ADN humain comporterait environ 10% d’ADN d’origine virale !

Avec toutes ces possibilités de transfert d’ADN, le voile se lève donc sur le mystère de la complexité et de la diversité du génome.

Et les conséquences de ces transferts dans tout ça ?

Les gènes transférés donnent de nouvelles propriétés aux organismes qui les reçoivent. On pense tous à des supers-pouvoirs, n’est-ce pas ? Alors même si ces transferts ne nous permettent pas encore de respirer sous l’eau, ils auraient permis à la femme de donner la vie. Les dernières recherches ont montré que le gène humain codant la syncytine est similaire à plus de 80% à celui d’un gène viral (la syncytine étant indispensable à la fusion de cellules pour former le futur placenta chez les mammifères). Ainsi ça serait grâce à un gène transmis par un virus (il y a quelques millions d’années) que le placenta se développe correctement pour nourrir le fœtus… et ça c’est quand même un superpouvoir ! Grâce aux transferts de gènes, les êtres vivants ont su répondre rapidement aux variations de leur environnement pour s’adapter ou survivre.

En attendant, la modification des écosystèmes bactériens impacte grandement la santé de l’Homme et des animaux sur la planète. Nous avons tellement d’interactions avec les bactéries que la moindre perturbation nous touche également. Le sujet le plus préoccupant étant celui de la résistance bactérienne aux antibiotiques. Elle est le résultat d’un transfert horizontal de gènes de résistance entre bactéries. Un plasmide contenant un gène de résistance à un antibiotique est transmis à une bactérie voisine de son environnement par conjugaison. Cette dernière recevant le nouveau plasmide, l’intègre à son métabolisme et devient à son tour résistante, ce qui lui permet ainsi de survivre dans son milieu. 80% des résistances sont acquises par ce processus. A la vitesse de multiplication des bactéries, la résistance prend vite de l’ampleur. De plus, la forte présence d’antibiotiques dans les milieux où vivent les bactéries ne fait qu’augmenter la pression de sélection naturelle et augmente l’antibiorésistance. Le risque à l’échelle mondiale étant de plus avoir d’antibiotique efficace pour soigner certaines infections bactériennes. Comme quoi, elles ne nous rendent pas toujours de bons et loyaux services ces petites bactéries… Quoi que ?

Savons-nous tirer parti de ces mécanismes biologiques ?

Les différents modes de transferts horizontaux sont un pilier de la biotechnologie. Le jour où l’Homme a fait cette découverte, il a mis à profit cette propriété des bactéries pour multiplier des gènes d’intérêt. On entend par là, des gènes qui servent à fabriquer une molécule très utile pour nous. La bactérie se met naturellement à la fabriquer étant donné qu’on lui a transmis le gène humain adéquat. Et comment le lui a-t-on transmis ? Par transferts horizontal évidemment ! Et pour être plus précis par conjugaison du plasmide. Comme l’ADN est universel, elle est tout à fait capable de le décoder. C’est ainsi que l’on fait fabriquer aux bactéries des molécules thérapeutiques comme par exemple l’insuline, des hormones de croissance, des interférons… C’est la base de ce qu’on nomme le génie génétique. Reste à savoir qui est le vrai génie dans l’histoire…

En partenariat avec Marion Huré, rédactrice et ingénieure en agriculture – qui marie les mots avec pédagogie et communication. Retrouvez Marion sur Linkedin et Instagram.

ISA Lille ISARA PURPAN - Crédits et mentions légales - © France Agro³ 2018 – Source :

https://www.franceagro3.org/fr/le-transfert-horizontal-de-genes/

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Les articles étiquetés transfert horizontal de gènes ou transfert génétique horizontal, qui ont été postés sur ISIAS, sont à retrouver à partir de ce site : https://isias.lautre.net/spip.php?page=recherche&recherche=transfert+horizontal+de+g%C3%A8nes+ou+transfert+g%C3%A9n%C3%A9tique+horizontal

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Traduction, [compléments] et intégration de liens hypertextes par Jacques HALLARD, Ingénieur CNAM, consultant indépendant – 11/0I/2022

Site ISIAS = Introduire les Sciences et les Intégrer dans des Alternatives Sociétales

http://www.isias.lautre.net/

Adresse : 585 Chemin du Malpas 13940 Mollégès France

Courriel : jacques.hallard921@orange.fr

Fichier : ISIAS Génétique Evolution Transfert de gènes.4.docx

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