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"De nouveaux résultats s’ajoutent à d’autres observations antérieures, liant la matière active à effet herbicide glyphosate et ses produits commerciaux ‘Roundup’, au cancer : « tous les chemins y mènent »" par Claire Robinson

Traduction et compléments de Jacques Hallard

mercredi 9 février 2022, par Robinson Claire

ISIAS Pesticides Génétique Médecine

De nouveaux résultats s’ajoutent à d’autres observations antérieures, liant la matière active à effet herbicide glyphosate et ses produits commerciaux ‘Roundup’, au cancer : « tous les chemins y mènent »

Traduction du 08 janvier 2022 – avec ajouts de [compléments scientifiques] - par Jacques Hallard d’un Rapport de Claire Robinson en date du 05 février 2022, publié par ‘gmwatch.org’ et intitulé « Glyphosate and Roundup : All roads lead to cancer  » ; accessible ici > https://www.gmwatch.org/en/106-news/latest-news/19980-glyphosate-and-roundup-all-roads-lead-to-cancer - Illustration -

Le glyphosate et le Roundup entraînent des changements dans les microARN régulateurs de gènes (miRNA ou miRs) liés au cancer, selon des données récemment publiées. L’analyse, d’un type connu sous le nom de profilage de petits ARN, a été réalisée dans les tissus hépatiques de rats exposés au glyphosate et au Roundup MON 52276, une formulation approuvée par l’UE, pendant une durée expérimentale de 90 jours.

[« Les micro-ARN (abréviation : miARN ou μARN) sont une catégorie de petits (en) acides ribonucléiques (ARN), simple brin, non codants et propres aux cellules eucaryotes1. Ils ont une longueur moyenne de 22 nucléotides (21 à 24 en général), soit moins que d’autres ARN. Les miARN sont des régulateurs post-transcriptionnels capables d’extinction de l’expression d’un gène2,3 ; leur appariement à un ARN messager (ARNm) cible peut conduire à l’inhibition de sa traduction ou à sa dégradation, selon le degré de complémentarité entre la séquence du miARN et celle de son ARNm cible4. Parce qu’ils affectent l’expression de nombreux gènes, les miARN interviennent dans la plupart des processus biologiques, allant du développement5 à la formation de tumeurs6. Le génome humain contiendrait environ 2 000 gènes à l’origine de la transcription de miARN7,8 qui cibleraient environ 60 % des gènes 9,10. Il a été mis en évidence que les miARN peuvent être exprimés différentiellement d’un tissu ou d’un type cellulaire à l’autre. Ils sont abondants dans plusieurs types cellulaires chez l’humain[réf. souhaitée]. L’expression aberrante de certains miARN est associée à de nombreuses pathologies5. Des thérapies fondées sur une correction de leur abondance sont actuellement à l’étude11… » - Source : https://fr.wikipedia.org/wiki/Micro-ARN ].

[Voir Séquençage des Petits ARN et des microARN https://www.microsynth.com/small-rna-sequencing.html ]

Suite de l’article traduit

Les nouveaux résultats montrent que le Roundup MON 52276 réduit les niveaux de miR-22 et miR-17, tandis que le glyphosate diminue le niveau de miR-30 et augmente la quantité de miR-10. Ces changements dans les miARN sont importants car ils sont connus pour modifier l’expression de gènes régulateurs de croissance cellulaire cruciaux, ce qui peut conduire au développement d’un cancer.

Une fonction du gène qui est centrale à de multiples processus cellulaires, p53, est une cible particulière de ces miRNA. Les modifications des miRNA peuvent entraîner des altérations de l’expression du gène p53, comme cela a été constaté dans de multiples types de cancer chez l’homme.

[Se porter à l’étude Les fonctions des protéines P53 normale et mutantes de JH2022-02-07T21:06:00J

Par Naoum Salamé — Dernière modification 27/06/2017 15:45 – Source : http://acces.ens-lyon.fr/acces/thematiques/evolution/logiciels/anagene/programmes-de-1ere-s-2011/variabilite-genetique-et-sante/perturbation-du-genome-et-cancerisation/genes-suppresseurs-de-tumeurs/le-gene-p53/les-fonctions-des-proteines-p53-normale-et-mutantes ].

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Le lien entre les modifications des miARN et l’expression du gène p53 est cohérent avec les résultats de la même étude montrant des modifications de l’expression génétique chez les rats exposés au Roundup et au glyphosate. Les changements d’expression génétique impliquent fortement une réponse aux dommages de l’ADN par la voie p53. Les dommages à l’ADN sont un facteur de risque majeur pour le développement du cancer.

[Dommages de l’ADN - Les facteurs environnementaux et le métabolisme de la cellule elle-même produisent de 1 000 à 1 000 000 lésions de l’ADN par cellule et par jour. Cet article présente les types de dommages que peut subir l’ADN et les mécanismes que possèdent les cellules pour les corriger. Il développe en particulier le mécanisme de réparation des cassures double-brin par recombinaison homologue. Voir l’article ici > https://planet-vie.ens.fr/thematiques/cellules-et-molecules/physiologie-cellulaire/les-dommages-a-l-adn-et-leur-reparation ].

Leucémie - Une forme de cancer du sang caractérisée par la prolifération de cellules malignes dans la moelle osseuse. La maladie est plus fréquente chez l’enfant, le jeune adulte et à partir de 60 ans. Le point sur ses symptômes, causes et traitements avec le Pr Paul Coppo, hématologue à l’Hôpital Saint-Antoine (Paris). Lire l’article ici > https://sante.journaldesfemmes.fr/fiches-maladies/2511071-leucemie-symptomes-traitement-esperance-de-vie/

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En outre, d’autres études ont montré que l’augmentation du miR-10 était associée à la leucémie, un cancer du sang. L’augmentation du miR-10 causée par l’exposition au glyphosate chez les animaux de laboratoire pourrait fournir un mécanisme par lequel les utilisateurs de Roundup ont succombé à un autre cancer du sang, connu sous le nom de lymphome non hodgkinien. Ces résultats pourraient renforcer les arguments juridiques des personnes atteintes d’un cancer aux États-Unis qui poursuivent Bayer/Monsanto parce qu’elles pensent que l’exposition au Roundup a causé leur maladie. Trois affaires de ce type ont déjà été jugées en faveur des plaignants.

Le Dr Michael Antoniou du’ King’s College de Londres, responsable de l’étude, a déclaré : ’Les nouvelles données montrant des changements dans les modèles de miARN ajoutent encore plus de preuves au potentiel cancérigène du glyphosate et du Roundup. Qui plus est, nos résultats montrent que ce n’est pas seulement le Roundup, qui est un mélange de glyphosate avec divers additifs, qui a un potentiel cancérigène, mais aussi le glyphosate seul.’

Résultats précédemment rapportés

Les nouvelles données confirment et s’appuient sur les résultats précédemment rapportés qui ont été publiés en tant que pré-print en avril 2021, dont ‘GMWatch’ avait fait état. L’étude contenant les résultats supplémentaires a maintenant passé l’examen par les pairs et elle est publiée dans la prestigieuse revue ‘Toxicological Sciences’.

La version pré-imprimée de l’étude indiquait que le glyphosate et les herbicides à base de glyphosate tels que le Roundup activent les mécanismes impliqués dans le développement du cancer, y compris les dommages à l’ADN - et ces effets se produisent à des doses supposées par les régulateurs n’avoir aucun effet négatif. Les données suggèrent que les dommages à l’ADN ont été causés par le stress oxydatif, un déséquilibre destructeur dans le corps qui peut causer une longue liste de maladies. Le stress oxydatif est la cause probable des dommages observés au niveau du foie, entraînant une réponse inflammatoire (de type immunitaire), qui peut à son tour causer des dommages à l’ADN.

[Stress oxydatif : qu’est-ce que c’est ? –(Lire la bio)Marie-Céline Ray Journaliste –« Le stress oxydatif serait notamment impliqué dans le vieillissement… - Le stress oxydatif ou stress oxydant correspond à une agression des cellules par des radicaux libres, aussi appelés « espèces réactives de l’oxygène » (ERO). Il ne faut pas confondre stress oxydatif, qui s’observe au niveau cellulaire, et stress psychologique, au niveau de l’organisme…. » - Lire l’article ici > https://www.futura-sciences.com/sante/definitions/biologie-stress-oxydatif-15156/

On peut aussi se référer à ceci « Le stress oxydatif, appelé aussi stress oxydant, (anglicisme) ou pression oxydative, est un type d’agression des constituants de la cellule. Il apparait quand des espèces réactives oxygénées1 (ou radicaux libres) et/ou des espèces réactives oxygénées et azotées oxydant pénètrent la cellule ou s’y forment ; ces molécules sont instables et très cytotoxiques car elles « oxydent » d’autres molécules en leur soustrayant un électron ce qui les rend à leur tour instables2. Ces espèces peuvent être ou non des radicaux. Les trois plus connues sont l’anion superoxyde (O2•–), le radical hydroxyle (HO• et le peroxyde d’hydrogène (H2O2) ; ce peroxyde d’hydrogène naturellement produit par le métabolisme cellulaire, en présence de fer (sous forme ionique, fer ferreux Fe2+) produit des radicaux hydroxyle (réaction de Fenton) intracellulaires très toxiques, mais dans une cellule saine il est neutralisé presque en temps réel par du glutathion (qui le transforme en eau)2… » - Source de l’article complet : https://fr.wikipedia.org/wiki/Stress_oxydant ].

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L’étude a révélé que l’ingrédient actif isolé du Roundup - le glyphosate - endommageait l’ADN. Cette découverte, conformément à la législation européenne sur les pesticides, devrait entraîner l’interdiction du glyphosate et de toutes ses formulations.

Toutes ces conclusions ont été reprises dans la version de l’étude examinée par les pairs.

Comment l’étude a été réalisée

L’étude s’appuie sur les conclusions d’une étude précédente réalisée par les mêmes auteurs. Dans l’étude précédente, les chercheurs avaient comparé les effets du MON 52276 sur des rats avec ceux de son ’ingrédient actif’, le glyphosate, testé seul. Les résultats ont montré que le glyphosate et l’herbicide Roundup, administrés à des doses que les autorités réglementaires considèrent comme sûres, entraînaient chez les animaux des perturbations du microbiome intestinal et un stress oxydatif, avec des indications que le foie était affecté et peut-être endommagé.

[Microbiote intestinal (flore intestinale) - Une piste sérieuse pour comprendre l’origine de nombreuses maladies - Publié le : 18/10/2021 – « Notre tube digestif abrite pas moins de 1013 micro-organismes, soit autant que le nombre de cellules qui constituent notre corps. Cet ensemble de bactéries, virus, parasites et champignons non pathogènes constitue notre microbiote intestinal (ou flore intestinale).
Son rôle est de mieux en mieux connu et les chercheurs tentent aujourd’hui de comprendre les liens entre ses déséquilibres et certaines pathologies, en particulier parmi les maladies auto-immunes et inflammatoires… » - Lire l’article complet ici > https://www.inserm.fr/dossier/microbiote-intestinal-flore-intestinale/ ].

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Dans l’étude de suivi actuelle, les chercheurs ont analysé le tissu hépatique des mêmes rats pour voir si des dommages avaient effectivement eu lieu.

Les chercheurs ont effectué certains des tests standard que les autorités de réglementation exigent de l’industrie des pesticides, pour obtenir l’autorisation de mise sur le marché de leurs produits, à savoir la biochimie du sang et l’histopathologie (examen microscopique des tissus) des reins et du foie.

Ils ont également effectué des tests approfondis (profilage moléculaire) qui ne sont pas exigés par les régulateurs ou généralement effectués par l’industrie. Un type de test a recherché les effets indésirables à un niveau moléculaire profond du fonctionnement biologique par l’analyse de l’expression des gènes (transcriptomique) et de l’épigénétique (méthylation de l’ADN) dans le foie et les reins. Un autre type de test, utilisant des lignées cellulaires spécialisées génétiquement modifiées, était destiné à mettre en évidence les changements de fonction liés à la formation de cancers.

En outre, les chercheurs ont effectué des tests permettant de détecter les dommages directs à l’ADN.

[Analyse du transcriptome  ; informations d’un communiqué de http://profilexpert.fr

image19

Le transcriptome est l’ensemble des ARN (messagers, ribosomiques, de transfert et autres espèces d’ARN) issus de la transcription du génome.

La transcriptomique regroupe un ensemble de techniques permettant une analyse quantitative relative des ARN (comparaison des transcriptomes entre différentes conditions expérimentales) et une analyse qualitative par la caractérisation de variant d’épissage, de polymorphismes, de gène de fusion, etc…

La caractérisation et la quantification du transcriptome dans un tissu donné et dans des conditions données permettent d’identifier les gènes actifs, de déterminer les mécanismes de régulation d’expression des gènes et de définir les réseaux d’expression des gènes.

ProfileXpert propose des services d’analyse du transcriptome incluant :

  • la quantification des niveaux d’expression de chaque transcrits (transcriptome entier ou ARN spécifiques),
  • l’analyse de variants d’épissage,
  • la découverte de nouveaux variants,
  • la quantification et la caractérisation des ARN non codants
  • la détermination des jonctions d’épissage,
  • l’analyse de polymorphismes,
  • la découverte d’ARN fusion (transplicing),
  • l’analyse directionnelle du transcriptome.
    Ces profils d’expression sont obtenus à partir de tissus congelés ou FFPE, d’échantillons micro-disséqués, ou issus de tri cellulaire par les technologies de :
  • Séquençage NGS à l’aide du HiSeq 2500, NextSeq 500 et MiSeq (Illumina).
  • qRTPCR en temps réel à l’aide des technologies Taqman sur Applied Biosystem (Life technologies) ou SYBR Green sur Applied Biosystem (Life technologies), Lightcycler 480 ou Lightcycler Caroussel (Roche).

[Qu’est-ce que l’épigénétique ? Tout s’explique – Document ‘CEA’ - Le 25 mars 2021

Une cellule de peau ne ressemble en rien à une cellule de cœur, de la rétine ou de muscle. Et pourtant, chez un même individu, elles ont toutes le même ADN ! La clé de l’énigme se nomme épigénétique. Explications.

L’épigénétique, qu’est-ce que c’est ?

L’épigénétique met en musique la lecture ­ ou pas ­ des gènes portés par notre ADN. Il s’agit d’une machinerie complexe, faisant appel à de nombreux mécanismes, comme par exemple la fixation d’« étiquettes biochimiques » un peu partout sur notre ADN, qui va rendre les gènes accessibles au processus de lecture, ou au contraire en bloquer le mécanisme.

La plupart de ces marques sont durables : il faut bien qu’une cellule de peau n’oublie pas d’être une cellule de peau. D’autres sont transitoires, comme celles qui régulent les gènes liés aux rythmes du jour et de la nuit. Cette belle mécanique peut aussi se dérégler. On soupçonne ces dérèglements d’être impliqués dans des pathologies très variées : maladies inflammatoires, neurodégénératives, troubles psychiques, etc., voire dans certains cancers non liés à des mutations sur les gènes.

Petit précis de génétique - Notre ADN porte environ 25 000 gènes, qui sont les « cahiers d’instruction » de la fabrication de toutes nos protéines. C’est une longue et double chaîne constituée de 4 bases (cytosine, guanine, thymine et adénine) qui vient s’enrouler autour de grosses protéines appelées histones. Cet ensemble forme une pelote plus ou moins compacte : la chromatine. Pour qu’un gène soit « lu », il faut que la pelote soit suffisamment déroulée pour le rendre accessible à la machinerie de lecture. Le gène peut alors être copié sous forme d’un brin d’ARN messager. Sa lecture permettra de fabriquer la protéine. 

Une machine sous influence... et qui influence - Bien que le consensus ne soit pas clairement établi au sein de la communauté scientifique, il semble que notre environnement, au sens large, ait une influence sur ces phénomènes épigénétiques. De nombreux facteurs (tabac, stress, alimentation, médicaments, exposition à des bactéries, virus, pesticide, polluants…) ont une action sur nos mécanismes épigénétiques, de manière plus ou moins marquée et durable. C’est le cas notamment du vieillissement : certaines marques épigénétiques, comme les méthylations de l’ADN qui régulent l’expression des gènes, diminuent progressivement dans le temps. Ou encore du tabac : les anciens fumeurs, par exemple, gardent des marques épigénétiques nocives pendant une vingtaine d’années.

Cette influence pourrait bien être réversible. L’élimination d’un grand nombre de facteurs environnementaux négatifs, comme le tabac ou une alimentation totalement déséquilibrée, pourrait par exemple conduire à un épigénome dans un meilleur état. La transmission de l’épigénome est aussi étudiée par les chercheurs. Il semblerait en effet que des marques épigénétiques puissent se transmettre, notamment pendant la grossesse, au moment du développement de l’embryon. Elles pourraient aussi perdurer de génération en génération,un phénomène observé chez les plantes. La recherche sur les questions épigénétiques n’en est cependant qu’à ses débuts, et le débat sur la transmission de ces modifications épigénétiques acquises chez l’homme reste largement ouvert.

Un exemple : l’épigénétique dans la ruche

Chez les abeilles, les ouvrières sont petites et stériles, tandis que l’unique reine est dodue, très féconde et vit plus longtemps. Tout vient de l’alimentation des larves : gelée royale pour la future reine, miel et pollen pour les autres. Ces deux régimes distincts induisent des modifications épigénétiques majeures qui font la différence !

Source pour lire la totalité de ce document CEA : https://www.https://www.cea.fr/presse/Pages/act...https://www.cea.fr/presse/Pages/actualites-communiques/sante-sciences-du-vivant/tout-s-explique-epigenetique.aspx/presse/Pages/actualites-communiques/sante-sciences-du-vivant/tout-s-explique-epigenetique.aspx ].

Suite de l’article traduit

Le Roundup provoque la stéatose hépatique : c’est confirmé

Les tests ‘standard’, l’histopathologie et l’analyse de la biochimie sanguine, ont révélé des effets néfastes du traitement au Roundup, à savoir une augmentation dose-dépendante et statistiquement significative de la stéatose hépatique et de la mort des cellules du foie.

La découverte d’une stéatose hépatique due à l’exposition à la formulation MON 52276 de Roundup a confirmé l’observation antérieure des mêmes chercheurs selon laquelle une dose ultra-faible d’une autre formulation de Roundup, ‘Roundup Grand Travaux Plus’, administrée à la même souche de rats Sprague-Dawley sur une période de 2 ans, a provoqué une stéatose hépatique non alcoolique.

Une augmentation des lésions hépatiques et rénales a également été détectée chez les animaux traités au glyphosate, bien que cela n’ait pas atteint la signification statistique. Toutefois, les auteurs ont fait remarquer qu’une expérience de plus longue durée utilisant un plus grand nombre d’animaux aurait pu aboutir à une signification statistique.

[Stéatose hépatique : quels sont les symptômes et comment la soigner ? – Dossier ‘sante.journaldesfemmes.fr’ - Mis à jour le 15/02/19 10:04

La stéatose hépatique, ou maladie du foie gras, est caractérisée par l’accumulation de graisse dans les cellules du foie. Elle est provoquée par un syndrome métabolique ou une consommation excessive d’alcool, et peut évoluer vers une cirrhose. D’où l’importance de la prendre en charge rapidement. Explications du Pr Victor de Lédinghen, hépatologue au CHU de Bordeaux.

Sommaire

Une stéatose hépatique correspond à une accumulation de graisse dans le foie, d’où son autre nom, ’la maladie du foie gras’. Précisément, la stéatose est une infiltration de triglycérides dans les cellules. ’Des gouttelettes de graisse atteignent les cellules hépatiques et s’y accumulent ; elles ne sont pas toxiques en tant que telles’, explique le Pr Victor de Lédinghen, hépatologue au CHU de Bordeaux.

Suite de l’article traduit

Les tests non standardisés sont les plus révélateurs

Ce qui est inquiétant pour la santé publique, c’est que les tests de profilage moléculaire non standard, qui ne sont pas exigés par les régulateurs des pesticides, ont été les plus révélateurs.

Tout d’abord, on a constaté que le Roundup modifiait l’expression de 96 gènes dans le foie spécifiquement liés aux dommages causés à l’ADN et au stress oxydatif, ainsi qu’à la perturbation des rythmes circadiens ou ’horloges corporelles’. L’expression des gènes les plus affectés dans le foie était également modifiée de façon similaire dans les reins. Il est important de noter qu’un ensemble de gènes dont l’expression a été modifiée par le Roundup, a été modifié de la même manière chez les animaux traités au glyphosate. Cela suggère fortement que les changements clés dans la fonction des gènes reflétant le stress oxydatif et les dommages à l’ADN étaient dus au glyphosate et non aux substances supplémentaires (adjuvants) présentes dans la formulation du Roundup.

Deuxièmement, on a constaté que les dommages directs à l’ADN du foie augmentaient avec l’exposition au glyphosate.

Ces résultats constituent potentiellement une bombe qui pourrait mettre fin à l’autorisation du glyphosate dans l’UE

En. effet, le règlement européen sur les pesticides (1107/2009) prévoit ce que l’on appelle des critères de coupure fondés sur le danger. Cela signifie que s’il est démontré qu’un ingrédient actif de pesticide cause un certain type de dommage à la santé, quelle que soit la dose, il doit être interdit. L’un des types de dommages cités est celui de l’ADN. La découverte que le glyphosate seul endommage l’ADN d’un animal vivant devrait, si les régulateurs respectent la loi, entraîner l’interdiction de ce produit chimique.

Troisièmement, on a découvert que le glyphosate et le Roundup provoquent tous deux des changements épigénétiques connus sous le nom de méthylation de l’ADN. L’épigénétique décrit des couches de structures moléculaires associées à l’ADN qui contrôlent la fonction sous-jacente des gènes. Les changements épigénétiques se caractérisent par le fait qu’ils peuvent modifier le fonctionnement des gènes sans pour autant modifier la séquence d’ADN proprement dite. Ces types de changements ont été trouvés sur plus de 5 000 sites génomiques pour le glyphosate et plus de 4 000 pour le Roundup. Il s’agit d’une préoccupation car ces altérations sont généralement trouvées à une fréquence élevée dans les tissus cancéreux.

Tous les résultats mènent à la même conclusion

Les chercheurs ont effectué d’autres tests en laboratoire sur des lignées cellulaires de souris, qui sont conçues pour mettre en évidence les effets pouvant conduire à la formation de cancers. Le glyphosate et trois formulations de Roundup ont été évalués dans ces lignées cellulaires expérimentales. Il s’est avéré que deux formulations de l’herbicide Roundup, mais pas le glyphosate, activaient le stress oxydatif et les réponses aux protéines mal repliées, deux marqueurs clairs de la cancérogénicité.

Commentant la totalité des données, le Dr Antoniou a déclaré : ’Quelles que soient les mesures moléculaires que nous avons effectuées, elles ont toutes abouti à la même conclusion : le glyphosate et le Roundup sont tous deux des cancérogènes potentiels.’

D’autres études, y compris celles de l’industrie soumises pour soutenir l’approbation réglementaire du glyphosate, ont également révélé que le glyphosate provoque le cancer chez les animaux de laboratoire. Sur la base d’études menées sur des animaux et des humains, ainsi que de données mécanistiques, le Centre international de recherche sur le cancer (CIRC) avait classé en 2015 le glyphosate comme cancérogène probable pour l’homme.

Autres implications de la nouvelle étude

1. Mettre fin à l’expérimentation animale n’est pas encore faisable

Il est intéressant de noter que dans la nouvelle étude, il a été démontré que le glyphosate endommage l’ADN chez les animaux vivants mais pas dans le système de culture cellulaire. Cela montre que les tests de laboratoire in vitro utilisant des cellules isolées ne peuvent pas se substituer entièrement aux évaluations sur un animal vivant, car certains effets seront manqués. En effet, les animaux (y compris les humains) sont des organismes entiers dont la complexité ne peut être reproduite dans un flacon, une boîte de Pétri ou un tube à essai. Alors que de nombreuses personnes (dont GMWatch) aimeraient voir la fin des tests sur les animaux, tant que les pesticides et autres produits chimiques sont autorisés à être libérés dans l’environnement, une telle mesure mettrait la santé publique en danger.

2. Le Roundup est plus toxique que le glyphosate

En résumé, en général, le Roundup s’est avéré plus toxique que le glyphosate, confirmant et renforçant les observations précédentes. Cependant, pris dans leur ensemble, les résultats des différents tests effectués montrent que les herbicides glyphosate et Roundup activent tous deux des mécanismes impliqués dans le développement du cancer, en provoquant des modifications de l’expression génétique reflétant le stress oxydatif et les dommages à l’ADN. De plus, le glyphosate seul était clairement capable d’induire des dommages à l’ADN.

Ces résultats remettent directement en question la pratique réglementaire mondiale consistant à n’évaluer que l’ingrédient actif déclaré isolé (glyphosate) et non les formulations commerciales complètes (Roundup) telles que vendues et utilisées.

L’étude souligne également le pouvoir des méthodes ’omiques’ de profilage moléculaire approfondi pour détecter des changements qui ne sont pas détectés en se basant uniquement sur les mesures biochimiques et histopathologiques conventionnelles effectuées dans le cadre de tests industriels standardisés sur les ingrédients actifs des pesticides. L’étude ouvre la voie à de futures recherches en identifiant les changements d’expression génétique et les sites de méthylation de l’ADN altérés, qui peuvent servir de biomarqueurs et de prédicteurs potentiels des résultats négatifs pour la santé résultant de l’exposition aux herbicides à base de glyphosate.

3. Les résultats pourraient permettre une étude de la population humaine pour l’exposition aux herbicides à base de glyphosate.

Commentant les implications des résultats pour la surveillance de l’exposition humaine, le Dr Michael Antoniou, responsable de l’étude, a déclaré : ’Les biomarqueurs que nous avons identifiés (tels que les miRNA et les modifications de l’expression génétique) peuvent être testés chez l’homme, mais nous ne savons pas si ce modèle particulier de biomarqueurs est unique à l’exposition aux herbicides à base de glyphosate. Il faudrait donc corréler les biomarqueurs avec les antécédents d’exposition aux herbicides à base de glyphosate et les mesures du glyphosate dans l’urine.

’Si des niveaux élevés de glyphosate étaient trouvés dans l’urine, et que cela correspondait aux biomarqueurs identifiés dans la nouvelle étude et aux antécédents d’exposition aux herbicides à base de glyphosate de la personne, cela indiquerait que l’exposition aux herbicides à base de glyphosate pourrait être responsable des effets sur la santé qui sont à la fois indiqués par nos résultats et trouvés chez la personne. Ces conclusions devraient d’abord être testées par des enquêtes sur les applicateurs d’herbicides, car leur exposition peut être élevée et les détails des herbicides particuliers utilisés sont souvent enregistrés, ce qui permettrait d’obtenir des résultats plus clairs.’

4. Des doses classées ’sûres’ et ’sans effet’ se sont révélées nocives

Dans l’étude pendant 90 jours sur l’alimentation des rats, différents groupes d’animaux ont reçu trois doses différentes de glyphosate et la dose équivalente de glyphosate du Roundup MON 52276. La dose la plus faible correspondait à la concentration que les autorités réglementaires considèrent comme sûre à ingérer quotidiennement pendant toute une vie (dose journalière admissible ou DJA de l’UE : 0,5 mg par kg de poids corporel par jour). La dose moyenne est celle dont les autorités européennes ont conclu qu’elle n’avait pas d’effet néfaste observable (dose sans effet néfaste observable ou NOAEL) dans les études d’alimentation des rats parrainées par l’industrie (50 mg par kg de poids corporel par jour). La dose la plus élevée était de 175 mg, la dose que les régulateurs américains ont conclue comme n’ayant aucun effet nocif observable.

Des effets néfastes ont été constatés suite à l’exposition au Roundup à tous les niveaux de dose, de manière dose-dépendante. Ces résultats montrent que la DJA de glyphosate pour l’UE - et celle des États-Unis, qui est encore plus élevée - n’est pas ‘sûre’ à ingérer. De même, ils montrent que les régulateurs de l’UE et des États-Unis n’ont pu conclure que le glyphosate n’avait ’aucun effet nocif observable’ aux niveaux mentionnés ci-dessus que parce que les tests qu’ils exigent de l’industrie ne sont pas suffisamment sensibles.

Une étude soutient les plaignants dans le litige sur le cancer du Roundup

Résumant les implications de l’étude pour le litige sur le cancer lié au Roundup aux États-Unis, le Dr Antoniou a déclaré : ’Nos résultats sont les premiers à montrer simultanément la toxicité du glyphosate et du Roundup dans un système modèle animal mammalien complet et à fournir un mécanisme - le stress oxydatif - par lequel les dommages à l’ADN ont été observés dans d’autres systèmes, tels que les cellules de culture de tissus de mammifères.

’Ces résultats montrent que le glyphosate et le Roundup obtiennent des résultats positifs dans divers tests de cancérogénicité - modifications du transcriptome / épigénome / miARN, stress oxydatif, mauvais repliement des protéines et dommages à l’ADN - chez un animal vivant (le rat) qui est accepté comme un substitut des effets sur la santé humaine. À mon avis, cela renforce l’argument selon lequel l’exposition aux herbicides Roundup peut entraîner le type de cancer dont souffrent les plaignants dans de nombreuses affaires judiciaires - le lymphome non hodgkinien.’

Fin de la traduction de l’article rapporté.

Addenda - [Lymphome non hodgkinien : points clés –

Les lymphomes non hodgkiniens (LNH) ne sont pas une seule et même pathologie. Ils constituent un ensemble de maladies dont le principal point commun est d’être des cancers du système immunitaire. Ces maladies impliquent des cellules de la famille des globules blancs, les lymphocytes. Un lymphome se développe quand une erreur survient au niveau de la fabrication des lymphocytes, conduisant à la production de cellules anormales. Celles-ci peuvent proliférer de deux manières : en se divisant plus vite et/ou en vivant plus longtemps que les lymphocytes normaux. Les lymphocytes cancéreux, comme les lymphocytes sains, peuvent se développer dans divers endroits de l’organisme, notamment dans les organes lymphoïdes comme les ganglions lymphatiques, la rate, la moelle osseuse, mais aussi dans tous les autres organes. La dernière classification internationale de l’OMS (Organisation Mondiale de la Santé) de 2016 définit un très grand nombre de lymphomes non hodgkiniens (LNH). Plus de 80 sont dénombrés. Les lymphomes non hodgkiniens représentent plus de 90 % de l’ensemble des lymphomes diagnostiqués chaque année en France. Un peu moins de 22 000 nouveaux cas de lymphomes non hodgkiniens ont été estimés en 2018. Depuis 1990, une augmentation du nombre de nouveaux cas estimés est observée chaque année et concerne la plupart des types de lymphomes non hodgkiniens. Cette hausse pourrait avoir comme explication l’accroissement et le vieillissement de la population, une exposition croissante à des facteurs de risque et une meilleure connaissance de ces maladies par les médecins. Les lymphomes non hodgkiniens sont un peu plus fréquents chez les hommes que chez les femmes... » - Lire l’étude complète sur ce site : https://www.e-cancer.fr/Patients-et-proches/Les-cancers/Lymphome-non-hodgkinien/Points-cles

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Traduction, [compléments] et intégration de liens hypertextes par Jacques HALLARD, Ingénieur CNAM, consultant indépendant – 08/02/2022

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