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"Des changements génétiques avec des effets non intentionnels et des modèles d’hérédité inattendus sont observés chez des poissons après usage de CRISPR/Cas – Ajout sur cette technologie" par Jacques Hallard

mercredi 23 février 2022, par Hallard Jacques

ISIAS Génétique CRISPR Poissons

Des changements génétiques avec des effets non intentionnels et des modèles d’hérédité inattendus sont observés chez des poissons après usage de CRISPR/Cas – Ajout sur cette technologie

Traduction du 21 février 2022 - avec ajout sur la technologie CRISPR/Cas9 - par Jacques Hallard d’une note de ‘testbiotech.org’ en date du 10 février 2022, diffusée sous le titre « CRISPR/Cas in animals : Unintended changes and unexpected patterns of inheritance  » ; accessible sur ce site : https://www. /en/news/crisprcas-animals-unintended-changes-and-unexpected-patterns-inheritance

Applications de CRISPR/Cas chez les animaux : des résultats pertinents pour argumenter sur la commercialisation prévue de poules pondeuses génétiquement modifiées par cette technologie.

[Voir l’annexe sur la technologie CRISPR/Cas9(selon Wikipédia) ]

[Le Poisson-zèbre ou Petit danio1 (Danio rerio) est une espèce de poissons de la famille des Cyprinidés (Cyprinidae) qui se rencontre en Inde et dans la péninsule malaise. Il est couramment utilisé en aquariophilie et en laboratoire où il sert d’organisme modèle. Certaines races et variétés sont considérées comme domestiques… » – Source ].

Dans des expériences sur le poisson zèbre, des chercheurs ont montré pour la première fois que les effets non intentionnels des applications CRISPR/Cas sont hérités dans les générations suivantes. Ils ont également trouvé des modèles inhabituels d’hérédité. Selon les scientifiques, ces résultats montrent que les effets des applications CRISPR/Cas sur les générations suivantes doivent être examinés beaucoup plus en détail.

De précédentes expériences avec CRISPR/Cas chez le poisson zèbre ont révélé d’importants changements structurels sur les sites hors cible. Cela signifie que les ‘ciseaux génétiques’ [CRISPR/Cas] peuvent couper des régions génomiques en dehors du site cible, et donc provoquer des mutations spécifiques non intentionnelles.

Ces expériences font partie de la recherche fondamentale. Dans ce contexte, le poisson zèbre est considéré comme un organisme modèle important. Les chercheurs supposent que les modifications génétiques involontaires sur les sites hors cible peuvent être plus préoccupantes que celles sur les régions ciblées, car les effets peuvent passer inaperçus.

Bon nombre des altérations génétiques involontaires ont maintenant été observées dans la génération suivante. Étonnamment, dans certains cas, toutes les cellules corporelles du poisson n’ont pas été affectées. En outre, dans certains cas également, les chercheurs ont découvert des schémas d’hérédité non mendéliens, certaines altérations étant homozygotes alors que d’autres étaient hétérozygotes. Les résultats montrent que les effets involontaires causés par les ‘ciseaux génétiques’ peuvent entraîner des effets spécifiques et de nouveaux risques.

Par conséquent, la progéniture des animaux manipulés avec CRISPR/Cas, en vue d’une utilisation dans l’agriculture, doit être examinée plus en détail afin de détecter les altérations génétiques involontaires.

Les premiers de ces animaux pourraient être des poules pondeuses génétiquement modifiées selon cette technologie : des chercheurs israéliens ont utilisé CRISPR/Cas pour modifier des poules afin qu’elles ne produisent pas de descendants mâles. Un gène mortel est transmis à toute progéniture mâle, ce qui devrait entraîner la mort de ces poussins dans l’œuf avant leur éclosion. Un brevet pour le procédé et les animaux qui en résultent, a déjà été déposé. Le poulet pourrait alors être commercialisé en temps voulu, en coopération avec une société américaine.

Selon certains médias, il est également prévu de commercialiser les poules et leurs œufs dans l’UE. La réglementation de l’UE exige l’évaluation obligatoire des risques et l’étiquetage de la progéniture issue d’organismes génétiquement modifiés.

Les recherches récentes sur le poisson zèbre montrent à quel point ces exigences légales sont importantes. Elle prouve que si des animaux sont modifiés au moyen de ces techniques pour faire de ’nouveaux OGM’, leur progéniture peut également subir des modifications génétiques involontaires associées à des risques spécifiques.

Contact : Christoph Then, Tel + 49 (0)151 54638040, info@testbiotech.org

Autres informations : Recent publication on CRISPR/Cas-zebrafish

Previous news on research with CRISPR/Cas zebrafish (en allemand)

Patent application on genetically engineered chicken

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Source : https://www.testbiotech.org/en/news/crisprcas-animals-unintended-changes-and-unexpected-patterns-inheritance

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Annexe sur la technologie CRISPR/Cas9 (selon Wikipédia)

Cas9 (CRISPR associated protein 9) est une protéine d’origine bactérienne aux propriétés anti-virales. Sa capacité à couper l’ADN au niveau de séquences spécifiques en a fait un outil de biologie moléculaire aux vastes perspectives d’utilisation.

C’est une endonucléase d’ADN guidée par ARN, c’est-à-dire une enzyme spécialisée pour couper l’ADN avec deux zones de coupe actives, une pour chaque brin de la double hélice.

La protéine Cas9 est associée au système immunitaire adaptatif type II de CRISPR (Clustered Regularly Interspaced Short Palindromic Repeats). Cette enzyme peut être utilisée en génie génétique pour modifier facilement et rapidement le génome des cellules animales et végétales. Des outils permettant d’éditer le génome existaient depuis les années 1970 mais étaient bien moins efficaces, plus complexes et bien plus coûteux que Cas9. Cette technique Crispr-Cas9, dite des « ciseaux moléculaires », fait beaucoup parler d’elle, entre espoirs de guérir des maladies génétiques et risques de dérives éthiques. Ces questions liées à la modification génétique renvoient directement à la Convention sur les droits de l’homme et la biomédecine de 1997, dont l’article 13 est consacré aux interventions sur le génome humain. Il est écrit qu’« une intervention ayant pour objet de modifier le génome humain ne peut être entreprise que pour des raisons préventives, diagnostiques ou thérapeutiques et seulement si elle n’a pas pour but d’introduire une modification dans le génome de la descendance. »2

Depuis sa découverte, la protéine Cas9 a été largement utilisée comme outil d’ingénierie du génome pour produire des ruptures du double brin d’ADN ciblé. Ces cassures peuvent conduire à l’inactivation de gènes ou à l’introduction de gènes hétérologues par jonction d’extrémités non homologues ou par recombinaison homologue chez de nombreux organismes. Parallèlement aux nucléases à doigt de zinc et aux protéines TALEN, Cas9 est devenu un outil de premier plan dans le domaine de la génomique. Cas9 a gagné en popularité de par sa capacité à couper l’ADN précisément à n’importe quel emplacement complémentaire de son ARN guide3. Contrairement aux méthodes TALEN et à doigts de zinc, le ciblage de l’ADN par Cas9 est direct et ne requiert pas de modification de la protéine mais seulement de l’ARN guide4,5. Des versions modifiées de la protéine Cas9 qui se lient mais ne coupent pas l’ADN peuvent être de plus utilisées pour localiser des activateurs ou des suppresseurs de transcription de séquences d’ADN spécifiques afin de contrôler l’activation et l’inactivation de la transcription de certains gènes6,7. Le ciblage Cas9 a été notamment simplifié grâce à la création d’ARN chimérique unique. Des scientifiques ont suggéré que la technologie Cas9 avait le potentiel pour modifier les génomes de populations entières d’organismes8. En 2015, des scientifiques en Chine ont utilisé Cas9 pour modifier le génome d’embryons humains pour la première fois9. Depuis 2015 et toujours en Chine, des patients atteints notamment de cancers, sont traités à l’aide de CRISPR-Cas910.

En octobre 2020, le prix Nobel de chimie a été attribué à Emmanuelle Charpentier et Jennifer Doudna pour le développement d’une méthode d’édition du génome, en l’occurrence, le système d’édition CRISPR-Cas911

Sommaire

Pour en savoir plus, voir notamment « CRISPR-Cas9, c’est la possibilité de couper des séquences d’ADN où on le veut  » sur > https://theconversation.com/crispr-comment-ca-marche-158581

Les articles étiquetés « CRISPR » et postés sur ISIAS sont à lire à partir de ce site : https://isias.lautre.net/spip.php?page=recherche&recherche=crispr

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Les articles étiquetés « CRISPR Cas9 » et postés antérieurement sur ISIAS, sont à lire sur ce site : https://isias.lautre.net/spip.php?page=recherche&recherche=CRISPR+Cas9


Traduction, [compléments] et intégration de liens hypertextes par Jacques HALLARD, Ingénieur CNAM, consultant indépendant – 22/02/2022

Site ISIAS = Introduire les Sciences et les Intégrer dans des Alternatives Sociétales

http://www.isias.lautre.net/

Adresse : 585 Chemin du Malpas 13940 Mollégès France

Courriel : jacques.hallard921@orange.fr

Fichier : ISIAS Génétique CRISPR Poissons.3.docx

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