ISIAS

"L’agriculture biologique produit des plantes de bonne qualité nutritive qui assurent une bonne santé aux populations qui les consomment" par Dr. Eva Novotny

Traduction et compléments de Jacques Hallard
mardi 5 septembre 2006 par Novotny Dr Eva

Les produits alimentaires provenant de l’agriculture biologique sont plus riches en minéraux et en vitamines : ils sont relativement dépourvus de résidus de produits chimiques et d’additifs alimentaires qui sont nuisibles à la santé, d’après le Dr. Eva Novotny.

Communiqué de presse de l’Institut ISIS en date du 04/09/2006

La version originale en anglais, intitulée Organic Farms Make Healthy Plants Make Healthy People , avec toutes les références bibliographiques, peut être consultée par les membres de lSIS sur le site

http://www.i-sis.org.uk/OrganicFarmsHealthyPlants.php

“The Institute of Science in Society” = ISIS, est une organisation non gouvernementale basée à Londres, Grande Bretagne. Le site web est http://www.i-sis.org.uk Les informations générales concernant cet institut sont disponibles auprès de Sam Burcher, joignable par sam@i-sis.org.uk L’institut ISIS est dirigé par Mae-Wan HO, dont la messagerie est m.w.ho@i-sis.org.uk

 L’importance des sols et d’une nourriture de bonne qualité : une page d’histoire

Les populations vivant dans le monde occidental industrialisé font de plus en plus souvent appel à des repas tout préparés et à des aliments conditionnés et emballés. Afin d’augmenter la durée de conservation, certains des ingrédients ont été raffinés ; des composés de grande valeur nutritionnelle (tels que le germe et le son des grains) ont été éliminés et des produits chimiques, des additifs alimentaires, ont été rajoutés pour la préservation, l’assaisonnement ou la couleur du produit. Dans le même temps, on observe l’apparition de plus en plus fréquente des maladies cardio-vasculaires , des cancers , des cas de diabète , d’ allergies et d’autres troubles de santé. Existe-t-il une relation entre les régimes alimentaires et certaines maladies ?

Le docteur britannique Sir Robert McCarrison avait posé cette question il y a 80 ans alors qu’il travaillait en Inde et son expérience a été décrite dans un livre écrit par GT Wrench, publié initialement en 1938 et réimprimé depuis à deux reprises [1]. McCarrison avait été frappé par l’état de santé merveilleux de certains indigènes, particulièrement ceux qui habitaient dans le Hunza [au Cachemire] et s’était demandé quelle en était la cause. (Une note de bas de page plutôt décourageante doit être ajoutée à l’histoire des personnes de Hunza. Déjà dans les années 1930, avec l’exposition accrue aux manières de vie occidentales, leur santé remarquable avait commencé à diminuer). Les indigènes appréciaient de vivre sans maladies et ils bénéficiaient d’une grande vitalité tout au long de leur vie malgré leur longévité exceptionnelle. Leur bon état mental se reflétait dans l’absence de disputes et de querelles et dans leur gaieté exceptionnelle.

Le Hunzakuts [les habitants de cette région du Hunza ] étaient un peuple agraire, cultivant des champs établis en terrasses. Les nombreux petits champs étaient irrigués à partir d’un glacier. Ils appréciaient, comme nourriture, des produits frais, bien nutritifs et non traités et tout ce qui provenait du sol devait y être retourné.

Le livre en question de Wrench décrit également comment Sir Albert Howard, Directeur de l’Institut des Productions Végétales à Indore, en Inde, avait adopté la pratique chinoise antique qui consiste à appliquer des fertilisants aux cultures et ils avait continué d’améliorer celles-ci en conséquence. Durant les sept années de sa présence là-bas, Sir Albert ne pouvait se remémorer un seul cas de dégâts causés par des insectes ou des maladies cryptogamiques. L’affouragement animal avec les plantes y prospérait également.

Il rapporta ceci [2] : « J’ai pu étudier la réaction d’animaux bien nourris vis-à-vis de maladies épidémiques telles que la fièvre aphteuse , la septicémie , une maladie de l’épiderme, etc..., qui dévastaient fréquemment les campagnes. Aucun de mes animaux n’a été isolé ; aucun n’a été vacciné ; ils ont fréquemment été en contact avec des animaux malades, mais aucun cas de maladies infectieuses ne survint. Le bon résultat observé sur ces animaux bien nourris consistait en un degré élevé de résistance aux maladies, ce qui pourrait même être décrit comme une forme d’immunité . »

Cette méthode de sélection et d’élevage des plantes de Sir Albert a été appliquée dans une ferme de Surfleet, en Angleterre, à partir de 1935 et il a décrit cela quelques années plus tard [3] : « Les résultats de cette expérience étalée sur deux ans et conduite à Surfleet, ont étonné ceux qui l’ont observée. Non seulement les légumes ont une saveur plus marquée ; non seulement ils ont un aspect plus robuste et des feuilles d’un vert plus soutenu ; non seulement ils se conservent mieux au cours de leur stockage ..., mais ils ont obtenu un nouveau standard de santé végétale. ... Howard... parla de l’amélioration marquée du rendement et de la qualité des légumes, d’une meilleure façon de travailler la terre arable et de l’accroissement des populations de vers de terre.... Le caractère le plus saisissant était le bon été de santé des plantes et l’absence de maladies cryptogamiques et d’insectes. Aucune pulvérisation chimique ne fut appliquée. Les plantes elles-mêmes n’ont aucun besoin de tels soins. »

Un sol correctement enrichi a entraîné un bon état sanitaire des plantes cultivées, qui, à leur tour, ont produit des animaux sains qui ont, à leur tour, alimenté les plantes de façon correcte ; les êtres humains, dont le régime est composé de ces produits végétaux et animaux frais et sains, ont également bénéficié d’une santé florissante.

 Les avantages directs d’une alimentation biologique : davantage de minéraux , de vitamines et d’autres éléments nutritifs

La teneur en minéraux de notre nourriture a été sévèrement diminuée. Les fruits, les légumes et d’autres plantes sur lesquelles nous comptons comme sources de minéraux dans notre régime, ne peuvent pas trouver les quantités requises de minéraux dans le sol lorsque celui-ci en est déficient.

L’agriculture conventionnelle (c’est-à-dire les cultures intensives sur lesquelles on emploie des produits chimiques) restitue insuffisamment les éléments nutritifs dans le sol et celui-ci s’épuise graduellement. Seuls, un nombre restreint d’éléments sont apportés par les engrais chimiques (particulièrement l’azote, le potassium et le phosphore) ; le sol perd progressivement des oligoéléments essentiels pour la santé tels que le bore, le chrome et le sélénium.

En 1940 et puis encore en 1991, des fruits, des légumes (notamment des carottes, des brocolis, des épinards et des pommes de terre), ainsi que des viandes, ont été testés par EM. Widowson et RA McCance, pour leurs teneurs en minéraux [4]. Ils ont constaté que, pendant ces 51 années, les quantités de calcium, de magnésium, de fer et de cuivre dans nos légumes avaient diminué d’au moins 75 pour cent ou même de 96 pour cent, alors que les viandes avaient perdu 41 pour cent de leur calcium et 54 pour cent de leur fer ; les fruits avaient perdu 27 pour cent de leur zinc ; les pommes et les oranges avaient perdu 67 pour cent de leur fer.

Les expériences ont été répétées en 2002 avec des résultats semblables. Ce n’est pas seulement la teneur en minéraux qui a diminué au cours des cinquante dernières décennies, mais aussi les teneurs en vitamines A et C qui ont chuté nettement [5].

Les blés ont perdu beaucoup de leurs teneurs en protéines depuis 1900. Il s’est avéré que la fertilisation azotée, dans l’agriculture conventionnelle, avait comme conséquence une diminution des concentrations en vitamine C dans beaucoup de fruits et de légumes [6].

D’autre part, la fertilisation des cultures avec du fumier de vache (comme peuvent en produire les exploitations en agriculture biologique) peut augmenter la teneur en vitamine B12 à un niveau qui contribue de manière significative au régime diététique des végétaliens [7]. Les nutriments secondaires [les oligoéléments] tendent également à être plus abondants dans les fruits et dans les légumes cultivés selon les recommandations de l’agriculture biologique [8].

L’Agence de normalisation de l’alimentation au Royaume-Uni, ( Food Standard Agency ), a constamment affirmé que la nourriture biologique n’était pas plus nutritive que la nourriture conventionnelle. Mais l’Organisation britannique de la culture biologique, ( Soil Association), dans ce pays, a précisé dans son propre rapport [9] que sur les 99 études sur lesquelles l’agence FSA a basé son avis, seules 29 études étaient valides et appropriées ; et même celles-ci constituent un groupe hétérogène et elles ne peuvent pas être comparées correctement.

Néanmoins, une certaine idée des propriétés nutritionnelles relatives des nourritures de l’ agriculture biologique comparées aux nourritures de l’agriculture conventionnelle , peut être obtenue : il a été a indiqué, qu’en moyenne, la nourriture biologique est plus nutritive que la nourriture conventionnelle.

La raison pour laquelle la valeur nutritionnelle des aliments de l’agriculture biologique n’est pas toujours supérieure à celle des aliments conventionnels, est due en partie au fait que les sols de quelques exploitations en bio n’ont pas eu le temps de se rétablir : les règlements exigent seulement deux ans pour la conversion de la terre, antérieurement exploitée en agriculture conventionnelle, vers l’agriculture biologique.

Cette période est insuffisante pour reconstituer le stock des minéraux majeurs et des oligoéléments et pour que les microorganismes, nécessaires au fonctionnement du sol, s’y rétablissent. Les autres facteurs qui sont susceptibles d’affecter les résultats incluent : l’influence des cultivars particuliers soumis à l’expérimentation et les conditions de croissance et de conservation.

Les vaches élevées selon les principes de l’agriculture biologiques, qui mangent de l’herbe, des pâtures et de l’ensilage de trèfle, ont produit un lait dont la teneur moyenne est de 50 pour cent plus élevée en vitamine E (alpha tocophérol), 75 pour cent plus élevée en bêta-carotène (précurseur de vitamine A ) et deux à trois fois plus élevée en antioxydants ( lutéine et le zéaxanthine ), que dans les échantillons de laits provenant d’exploitations conventionnelles [9]. De plus, ce lait contient également des niveaux plus élevés d’ Omega 3 , des acides gras essentiels [10].

 Les avantages médicaux de la nourriture biologique

Une revue publiée en 2001 a signalé que les teneurs en nitrates des aliments organiques sont en moyenne 15 pour cent plus faibles [11], ce qui est important, sachant que des scientifiques à l’Université de Glasgow ont trouvé un lien entre la présence des nitrates dans les légumes et le cancer de l’œsophage ; ce dernier a triplé au cours des 20 dernières années, causant la mort de plus de 3000 personnes par année [en Grande Bretagne]. Les scientifiques ont estimé qu’une augmentation de l’utilisation des engrais azotés depuis la deuxième guerre mondiale, pouvait être l’une des raisons principales de l’élévation des cas de ce cancer.

Un rapport de l’Agence britannique de la culture biologique, la Soil Association, [12] a établi un lien entre des problèmes de santé aussi divers que les maladies cardio-vasculaires , l’ ostéoporose , les migraines et l’ hyperactivité , et la présence d’additifs alimentaires dont l’utilisation est interdite dans les aliments classés biologiques. Au total, 297 additifs sont autorisés en nourriture conventionnelle, alors qu’on n’en autorise que 27 dans la nourriture biologique, et encore certains doivent être ajoutés pour des raisons légales.

Parmi les additifs interdits dans les aliments biologiques, on relève : des matières grasses avec des acides gras hydrogénés , l’ acide phosphorique , l’ aspartame , le glutamate anhydre et le dioxyde de soufre .

La Société britannique pour l’allergie, la médecine environnementale et nutritionnelle, a précisé ceci [13] : « Nous avons depuis longtemps pensé que les déficiences en micronutriments , qui sont communes chez nos patients, avaient leurs racines dans l’épuisement des éléments minéraux des sols cultivés en agriculture intensive et nous suspectons que les expositions aux pesticides contribuent à l’élévation alarmante des cas d’ allergies et d’autres maladies . »

Un internat en Nouvelle Zélande, qui a commencé à servir à ses étudiants presque exclusivement des produits cultivés selon les recommandations de l’agriculture biologique, a rapporté après trois ans, déjà en 1940, [14] qu’il y avait « des incidences plus limitées des affections catarrhales , un déclin très marqué des cas de refroidissements, de rhumes et de grippes, une convalescence plus rapide, une excellente santé en général, peu de blessures lors de la pratique des sports, une plus grande résistance vis-à-vis des fractures et des entorses, un teint frais et une peau saine, enfin une hygiène dentaire améliorée. »

Plus récemment, les médecins et les nutritionnistes, administrant des thérapies alternatives pour soigner des cancers , ont constaté qu’un régime diététique complètement biologique est essentiel pour obtenir de meilleurs succès [9]. Selon une organisation qui préconise une approche thérapeutique des cancers à partir de la nutrition, le NCTT ou Nutritional Cancer Therapy Trust , les thérapies alimentaires des cancers qui sont basées sur l’évitement des polluants et des toxines autant qu’il est possible, la consommation exclusive d’aliments provenant de l’agriculture biologique, et l’augmentation des prises d’éléments nutritifs, ont donné de bons résultats [15].

Le directeur du NCTT a déclaré que [16] « le nombre accablant de patients qui suivent des thérapies alternatives pour un cancer, sont ceux qui ont été classés comme étant en phase terminale, avec des espérances de vie réduites, à la suite d’un traitement initial à base d’ allopathie . La capacité qu’ont ces patients d’obtenir une rémission d’un cancer, contre toute attente, est donc très significative. » (voir le deuxième article ci-après " Les fraises biologiques bloquent le développement des cellules cancéreuses ", publié dans la même série).

Le Ministère de l’Agriculture des Etats-Unis, l’ USDA , a rapporté il y a environ 30 ans de cela [17], que « les taux de mortalité les plus élevés dans certains secteurs aux Etats Unis, correspondent généralement à des secteurs où les agronomes avaient identifié que le sol était épuisé. »

Les maladies dégénératives sont répandues en Amérique du Nord et en Europe ; au contraire, elles sont absentes ou moins fréquentes dans les endroits qui ont maintenu des méthodes de culture normales [c’est-à-dire avec moins d’intensification de la production].

 Les avantages indirects de l’alimentation biologique : elle évite les résidus de pesticides et d’antibiotiques dans les aliments

Les agriculteurs qui pratiquent une agriculture conventionnelle peuvent appliquer n’importe quel pesticide , parmi plus de 350 qui sont autorisés [au Royaume-Uni] [18], alors que les fermiers qui pratiquent l’ agriculture biologique n’ont le choix qu’entre sept produits qui sont autorisés d’après le registre britannique des normes alimentaires biologiques ( UKROFS ), et seulement quatre selon la norme de l’Organisation britannique de la culture biologique, la Soil Association, [19].

Ces derniers ne peuvent être appliqués que si le fermier peut justifier leur utilisation en cas de stricte nécessité. Ainsi, les aliments biologiques contiennent très rarement des résidus de substances chimiques. On observe, par contre, que la nourriture conventionnelle est souvent polluée par des produits chimiques résiduels qui sont nocifs.

Les expérimentations conduites en 2003 sous l’autorité du gouvernement britannique ont montré qu’il y avait des résidus de produits chimiques dans un tiers des échantillons de fruits et de légumes ; quelques lots contenaient jusqu’à cinq produits chimiques différents et certains échantillons présentaient des taux de résidus qui dépassaient les normes officielles [20].

Les produits chimiques qui se trouvent à la surface d’un fruit ou d’un légume peuvent être partiellement enlevés par le lavage ou l’épluchage, mais certains produits chimiques [systémiques] entrent dans la plante et imprègnent celle-ci ; d’autres produits sont conçus pour ne pas être lessivés par l’eau de pluie. Les tests de toxicologie, réalisés par mesure de sécurité, ne considèrent pas l’effet de cocktail, lorsque plusieurs produits de l’agrochimie et des additifs alimentaires sont présents simultanément dans le corps humain.

On suspecte beaucoup de pesticides d’être des perturbateurs endocriniens , qui affectent les caractéristiques sexuelles, la production ou le métabolisme des hormones, les fonctions de la thyroïde ou les fonctions de cerveau [21]. Les enfants sont particulièrement sensibles et peuvent souffrir, plus tard dans leur vie, de troubles du comportement et de la reproduction, ou encore être fragilisés vis-à-vis des maladies. Ces produits chimiques affectent non seulement les êtres humains mais également d’autres espèces animales. Ainsi, il a été trouvé que du lait humain pouvait être pollué par plus de 350 contaminants chimiques de synthèse, y compris par des pesticides [22].

Aux Etats-Unis, une hormone de croissance génétiquement modifiée ( rBGH également connu sous le nom de rBST en anglais, ou en français, la somatotropine bovine (STb) recombinée ) peut être injectée à des vaches laitières afin d’augmenter la production laitière. Les gouvernements canadiens et européens ont refusé l’autorisation d’utiliser cette hormone. Non seulement elle augmente l’incidence de la mastite chez les vaches, mais elle augmente également l’incidence du cancer chez les êtres humains [23].

Une organisation, " Pesticide Action Network ", le "Réseau d’action pour les pesticides" a rapporté [24] que l’incidence globale des cancers a augmenté d’environ 50 pour cent depuis 1971 (données de l’Office des statistiques nationales) et les résidus de pesticides dans les aliments peuvent y contribuer. Les autorités internationales ont dénombré 160 pesticides intensivement utilisés en agriculture et qui sont des substances cancérigènes potentielles chez les êtres humains.

Les antibiotiques ne sont pas employés de façon habituelle et routinière dans les exploitations conduites en agriculture biologique [9] comme ils le sont dans les fermes conventionnelles ; d’ailleurs le plus souvent, ils ne sont pas nécessaires. De meilleures conditions de vie et d’alimentation maintiennent des animaux dans un bon état sanitaire. Quand la maladie frappe les animaux, on préfère faire appel à des mesures alternatives, telles que l’ homéopathie . L’utilisation courante des antibiotiques chez le bétail en agriculture conventionnelle contribue à la résistance croissante des microbes pathogènes vis-à-vis des antibiotiques dans les hôpitaux.

 Par principe, les OGM ne sont pas acceptés en agriculture biologique

Les normes de l’agriculture biologique interdisent la certification comme « biologique » pour toute nourriture qui dérive d’ OGM, organismes génétiquement modifiés. Cette restriction, malheureusement, pourrait bientôt être modifiée dans l’Union Européenne afin d’autoriser une contamination à un taux de 0,9 pour cent, comme cela est admis pour les aliments de l’agriculture conventionnelle.

Le transfert du matériel génétique d’une espèce à l’autre ne se produit pas dans la nature, car les espèces ne peuvent pas se croiser les unes avec des autres. Le transfert forcé des gènes qui est réalisé dans un laboratoire, c’est-à-dire par génie génétique ou modification génétique , entraîne la prise de beaucoup de risques au niveau du code génétique du receveur [du matériel génétique]. L’implantation d’un gène étranger dans le code génétique du destinataire est aléatoire ; pourtant, on sait maintenant que la position d’un gène est importante pour déterminer quels effets cela produira. La vieille croyance, qui demeure la base de la technologie des modifications génétiques, était qu’il y a une correspondance linéaire et directe entre les gènes et les caractères exprimés.

Cette croyance a été réfutée [25] (voir " Living with the Fluid Genome ", ou " Le vivant avec le génome fluide ") ; pourtant les manipulateurs qui font des modifications génétiques n’y ont accordé aucune attention. Malgré cette méconnaissance complète des interactions complexes et du fonctionnement, les chercheurs et les techniciens continuent à rassurer le public et disent que leurs produits sont inoffensifs et conformes en matière de sûreté. Mais il y a maintenant une pléiade de rapports qui indiquent que c’est l’inverse qui se passe.

Récemment en Inde, des milliers de moutons sont morts après avoir pâturé sur des champs après la récolte de coton génétiquement modifié [26] (" Mass Deaths in Sheep Grazing on Bt Cotton ", " De nombreux décès chez les moutons pâturant sur de coton Bt ", voir l’article dans la revue Science in Society N°30 ) et des centaines de fermiers et travailleurs du coton [génétiquement modifié] ont souffert de réactions allergiques [27] ("More illnesses linked to Bt crops", "Encore des maladies liées aux cultures de coton Bt", voir l’article dans la revue Science in Society N°30 ) .

En Australie, des souris nourries avec un régime contenant des pois qui avaient été modifiés génétiquement avec un gène d’un haricot commun, ont développé des réactions immunitaires dommageables vis-à-vis de la protéine transgénique et le projet conduit depuis dix ans pour développer ces pois transgéniques a dû être abandonné [28] (" Transgenic Pea that Made Mice Ill ", article paru dans la revue Science in Society N°29 ; [La version en français, intitulée " Les pois transgéniques qui rendent les souris malades ", est incluse dans l’article suivant : " OGM - De sérieuses réactions immunitaires à une protéine transgénique " ; elle est consultable sur ce site : http://yonne.lautre.net/article.php3?id_article=1503 ].

 Conclusion

Pour résumer : la nourriture produite selon des principes de l’agriculture biologique est supérieure à celle qui est produite par les moyens conventionnels de production alimentaire, c’est-à-dire qui font appel à des intrants de nature chimique.

Les aliments biologiques sont susceptibles d’avoir un contenu nutritionnel plus élevé, du fait de leurs teneurs en vitamines et en minéraux ; par ailleurs, ils contiennent rarement des résidus de produits chimiques [pesticides] ou des additifs alimentaires nocifs.

De plus, et pour l’instant, les aliments issus de l’agriculture biologique excluent les produits dérivés des OGM, organismes génétiquement modifiés, qui peuvent affecter les systèmes immunitaires et/ou les organes internes des animaux d’expérience.

 Suite de l’article, graphiques, bibliographie, définitions, compléments par Jacques Hallard


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