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"Défis et perspectives pour les professions agricoles : vieillissement du monde agricole en France, sécheresses et eau, gelées tardives, érosion des sols, sécurité et souveraineté alimentaires à cause de la guerre en Ukraine" par Jacques Hallard

dimanche 17 avril 2022, par Hallard Jacques


ISIAS Agriculture Politique

Défis et perspectives pour les professions agricoles : vieillissement du monde agricole en France, sécheresses et eau, gelées tardives, érosion des sols, sécurité et souveraineté alimentaires à cause de la guerre en Ukraine

Jacques Hallard , Ingénieur CNAM, site ISIAS – 16/04/2022

Plan du document : Humour et définitions préalables Introduction Sommaire Auteur

https://www.blagues-et-dessins.com/wp-content/uploads/2021/01/bientot-la-chute-des-usures-pateurs.jpg

31 janvier 2021 / L’actu de Miss Lilou / Dessin du 28 janvier 2021 - Source


Définitions préalables

Défi - Refus de s’incliner devant l’autorité de quelqu’un, de quelque chose… Action d’affronter quelqu’un ou quelque chose, de contester une autorité, un pouvoir, une tradition, une attitude. Incitation à la réalisation d’une chose difficile ; réponse à une telle situation. Mettre quelqu’un en demeure de faire quelque chose, tout en mettant en doute qu’il ose le faire ou qu’il en soit capable… Source

Perspective - Aspect sous lequel on envisage quelque chose - Ensemble d’événements, de projets ou évolution en cours, devenir de quelque chose qui se présente comme probable ou possible ; éventualité, horizon… Source - Événement prévisible, éventualité… - Manière de voir et de juger une chose… Manière de considérer des situations ou des sujets… Source


Introduction

Cette somme d’informations à visée didactique comprend des documents sélectionnés et répartis en 7 rubriques notées de A à G.

Rubrique A – La population agricole et rurale vieillit en France et des fermes disparaissent chaque année. L’association ‘Terre de Liens’ alerte et propose des solutions, tandis que les autorités s’attachent à un enseignement agricole en nécessaire adaptation.

Rubrique B – Le dérèglement climatique se traduit notamment par des sécheresses qui reposent le problème de l’eau et des milieux aquatiques, ainsi qu’une régulation des usages, notamment en agriculture. Le Gouvernement français a encouragé les « projets de territoire » pour inciter à une gestion véritablement durable de l’eau, vitale pour l’avenir de l’agriculture et donc de l’alimentation des populations.

Rubrique C – Ces dernières années en France, certaines cultures (viticulture, arboriculture, maraîchage) sont apparues très vulnérables aux gels tardifs au printemps. Les méthodes de protection des cultures contre le gel préconisées au Canada sont rappelées.

Rubrique D – L’érosion et la dégradation des sols cultivables sont abordées avec l’exemple historique des plaines du Midwest aux Etats-Unis [Le Midwest (aussi appelé Middle West ou Midwestern United States en anglais) est une région des États-Unis comprenant les États de la côte des Grands Lacs, et la majeure partie de la Corn Belt, qui débouche vers l’ouest sur les Grandes Plaines..]. D’autres exemples de dégradation des sols sont donnés sur la France et dans le monde : cela représente « une catastrophe écologique qui est trop souvent ignorée ».

Rubrique E – Les évènements conflictuels en Europe orientale amènent à poser la question de la sécurité alimentaire qui est revue, en particulier dans l’Union Européenne « qui veut doper sa production agricole face à la guerre en Ukraine », au nom de l’indépendance agricole… - « La sécurité alimentaire existe lorsque tous les êtres humains ont, à tout moment, la possibilité physique, sociale et économique de se procurer une nourriture suffisante, saine et nutritive leur permettant de satisfaire leurs besoins et préférences alimentaires pour mener une vie saine et active »1 ; c’est la définition formelle du concept de sécurité alimentaire selon le Comité de la Sécurité alimentaire mondiale. Cette définition a été adoptée par un consensus international depuis le Sommet Mondial de l’Alimentation réuni à Rome en 1996… »] Source

Rubrique F – Place dans cette rubrique à des Organisations Non Gouvernementales (ONG) : ‘Greenpeace’, ‘Oxfam’ et ‘Amis de la terre’, qui - depuis de nombreuses années - se sont exprimées sur des sujets brûlants et toujours remis en question : l’agriculture biologique et les dérèglements climatiques, avançant « 12 priorités pour un nouveau pacte agricole et alimentaire », dénonçant – avec 26 ONG environnementales, citoyennes et paysannes - « l’instrumentalisation de la guerre en Ukraine par les tenants d’une agriculture productiviste ou agriculture intensive ».

[L’agriculture intensive est un système de production agricole fondé sur un accroissement de la production agricole optimisé par rapport à la disponibilité des facteurs de production (moyens humains, matériels et surfaces cultivées). Ce rapport entre volume produit et facteur de production est appelé productivité. L’agriculture intensive existe dans deux systèmes opposés, l’un traditionnel, l’autre moderne. En système traditionnel, les ressources humaines sont nombreuses, la force animale est souvent employée, la biodiversité est élevée et plusieurs espèces complémentaires sont parfois cultivées ensemble, mais les moyens matériels (et souvent les disponibilités foncières) sont rares : l’intensification agricole y est fondée sur l’investissement humain maximal par rapport aux autres facteurs de production. Les impacts environnementaux sont faibles (agriculture extensive au sens large). En système moderne, la situation est inverse : les moyens humains sont en grande partie remplacés par des machines ou robots, l’intensification requiert des investissements importants et une utilisation accrue d’intrants (engrais, produits phytosanitaires, matériel agricole, énergie). C’est ce deuxième système qui est habituellement désigné par l’appellation « agriculture intensive »4. Les caractéristiques (mécanisation, ‘chimisation’, standardisation et augmentation de la taille des parcelles)5 de l’intensification de l’agriculture à l’échelle des parcelles et des paysages6, expliquent que les impacts environnementaux y sont plus importants7,8… » Source ].

Ecoute suggérée en outre : vidéo 12 minutes Agriculture productiviste : ’Des modèles alternatifs existent !’https://www.youtube.com/watch?v=Zeb...YouTube[ · FRANCE 24 - 23 février 2018].->https://www.youtube.com/watch?v=ZebTkwYjx9Y]

Sont encore évoqués là dans cette Rubrique F : la troisième révolution agricole – « un slogan gouvernemental » -, des choix décisifs qui s’imposent pour sortir de la dépendance alimentaire, avec le conflit en Ukraine « qui menace d’aggraver des crises alimentaires déjà dévastatrices », faisant craindre un risque de « pénuries alimentaires » en Afrique, au Moyen-Orient et en Afrique de l’Ouest. Mais face à ces crises agricoles et alimentaires récurrentes, des alternatives sont possibles comme l’expose une nouvelle fois l’ONG ‘Les Amis de la Terre’.

Rubrique G – Sont largement traitées ici et actualisées, les politiques agricoles en Europe, en France, dans le monde d’une manière générale : la stratégie européenne ‘Farm to fork’ ou ’De la ferme à la table’, le ‘Pacte vert’ pour l’Europe, ainsi que la Politique agricole commune (PAC) qui est résumée à l’occasion de ses 60 ans d’histoire.

Pendant ce temps…

  • En avril 2022, la politique française en matière d’agriculture est sévèrement jugée par la Commission européenne, alors que des ministres européens « lancent une offensive contre les ‘projets verts’ de l’UE »…
  • Des technologies d’imagerie satellitaire sont conçues et testées pour suivre « l’évolution de la végétation et l’occupation des sols cultivés … préconisant ainsi une gestion intelligente (sic) de l’agriculture dans l’esprit du ‘Green Deal’ européen, mais aussi du dernier rapport très alarmiste du GIEC… » - L’European Green Deal — en français, Pacte vert pour l’Europe — est un ensemble d’initiatives politiques proposées par la Commission européenne dans le but primordial de rendre l’Europe climatiquement neutre en 2050.
  • Le Conseil de l’Union Européenne adopte des conclusions relatives à une agriculture bas-carbone – Pour plus détails, voir « Le Label bas-carbone, comment ça marche ? » 03/03/2022 - Xavier Remongin / agriculture.gouv.fr – « Dans le secteur de l’agriculture, depuis 2019, le ‘Label bas-carbone accompagne tous les exploitants souhaitant mettre en place des méthodes qui permettront de diminuer les émissions de gaz à effet de serre ou de séquestrer du carbone. Il s’agit du premier cadre de certification climatique volontaire en France, il s’insère dans la Stratégie nationale bas-carbone (SNBC) »… - Source. - Voir également l’addenda – Le Conseil de l’Union Européenne – Donc, le feu vert est donné à un cadre européen d’une agriculture bas carbone qui s’élabore.
  • Le ministre de l’agriculture français Julien Denormandie présente – dans le cadre du Plan de Résilience économique et sociale, un volet spécial agricole et agroalimentaire. Voir aussi le Plan de résilience économique et sociale – Gouvernementmis en place en France.
  • En matière de sécurité alimentaire, « la France cherche actuellement un soutien international à son initiative FARM … »
  • Enfin, la souveraineté alimentaire est rappelée par l’ONG internationale ‘La Via Campesina’ [LVC] dans sa déclaration politique diffusée à l’occasion des 30 ans de ses luttes collectives, d’espoir et de solidarité… - « La souveraineté alimentaire est un concept développé et présenté pour la première fois par ‘Via Campesina’ lors du Sommet de l’alimentation organisé par la FAO à Rome en 1996. Il a depuis été repris et précisé par divers courants altermondialistes lors de différents Forums Sociaux Mondiaux… » Wikipédia
    Tous les documents choisis pour constituer ce dossier, sont indiqués et ordonnés avec leur accès dans le sommaire ci-après

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Sommaire


Rubrique A - Vieillissement de la population agricole en France

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Rubrique B - Sécheresses et problème de l’eau en agriculture

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Rubrique C - Vulnérabilité des cultures aux gels tardifs

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Rubrique D - Erosion et dégradation des sols cultivables

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Rubrique E - Assurer la sécurité alimentaire

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Rubrique F - Contributions des ONG Greenpeace, Oxfam et Amis de la terre

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Rubrique G – La politique agricole en Europe, en France, dans le monde

36bis. Europe - Législation communautaire - Feu vert à un cadre européen de l’agriculture bas carbone – Par Sophie Bergot – ‘La France agricole’ - Réservé aux abonnés - Commission européenne Conseil européen

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Rubrique A - Vieillissement de la population agricole en France


  • Agriculture de demain : comment former la relève ? – Vidéo 12:32 - 16 avril 2021 - FRANCE 24
    La France reste la première puissance agricole d’Europe mais le nombre d’agriculteurs ne cesse de diminuer, de 1,5 à 2 % par an. Un tiers de ceux en exercice ont plus de 55 ans et la moitié d’entre eux va partir à la retraite d’ici cinq ans. Rares sont les jeunes qui reprennent aujourd’hui des exploitations.

L’investissement de départ est cher, les journées longues, les vacances courtes ou inexistantes et les revenus peu importants. Le renouvellement est pourtant critique pour l’avenir du secteur.

Les lycées agricoles cherchent donc à recruter tout en modernisant leurs enseignements. Abonnez-vous à notre chaîne sur YouTube : http://f24.my/youtube En DIRECT - Suivez FRANCE 24 ici : http://f24.my/YTliveFR Notre site : http://www.france24.com/fr/ Rejoignez-nous sur Facebook : https://www.facebook.com/FRANCE24.videos Suivez nous sur Twitter : https://twitter.com/F24videos

Source : https://www.youtube.com/watch?v=6_uRlKRGYvY

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En dix ans, 20 % des fermes ont disparu en France - Le 10/12/2021 par Alice Pouyat – Document ‘wedemain.fr’

Chiffre du jour. La France métropolitaine a perdu près de 100.000 fermes en dix ans, les agriculteurs vieillissant n’étant pas assez remplacés. Moins nombreuses, les fermes sont aussi plus grandes, plus concentrées.

La taille des fermes atteint aujourd’hui 69 hectares en moyenne, soit 14 de plus qu’il y a 10 ans.

Photo d’un paysage agricole - La taille des fermes atteint aujourd’hui 69 hectares en moyenne, soit 14 de plus qu’il y a 10 ans. (Crédit : Shutterstock)

C’est une lente disparition qui se poursuit. En une décennie, le nombre d’exploitations agricoles en France métropolitaine a chuté de 21 %, passant de 490 000 en 2010 à 389 000 en 2020. Ce sont donc quelque 100 000 fermes qui ont été rayées de la carte sur cette période. Voilà le premier enseignement du recensement lancé tous les dix ans par le ministère de l’Agriculture, dévoilé par ‘Le Figaro’.

La tendance bien sûr n’est pas nouvelle. Le ministère souligne même que cette dynamique, amorcée il y a 50 ans, ralentit un peu. Le rythme de ces disparitions est passé de 3 % à 2,3 % par an.

Quel est le secteur le plus touché ? L’élevage paye le prix fort. Le nombre d’exploitations spécialisées dans la production de lait ou de viande a en effet plongé de 31 %. Aujourd’hui, la France est donc d’abord une terre de grandes cultures, avec 112 000 exploitations spécialisées. Vient ensuite la viticulture, avec 59 000 exploitants. Les producteurs de viande bovine (48 000), quant à eux, arrivent en troisième position.

Des fermes de plus en plus grandes

En revanche, la surface agricole se maintient à peu près. Elle passe de 51 % du territoire en 2010 à 50 % en 2020. Mathématiquement, la taille des exploitations a donc augmenté et atteint aujourd’hui 69 hectares en moyenne, soit 14 hectares de plus qu’il y a 10 ans. 

Principale explication de cette concentration ? L’agriculteur français moyen vieillit. Six agriculteurs sur dix ont plus de 50 ans. Contre cinq en 2010. Et ces derniers ne trouvent pas toujours repreneurs en partant à la retraite. “Cela montre le besoin d’engager une politique volontariste encourageant le renouvellement des générations en agriculture”, reconnaît le ministre de l’Agriculture, Julien Denormandie dans une interview auFigaro,. “Un défi majeur.”

Un peu d’espoir est toutefois donné par l’un des chiffres de ce recensement : 2020 a été la première année où les inscriptions dans l’enseignement agricole ont augmenté.

Par ailleurs, l’agriculture biologique a vu sa surface tripler en dix ans et représente aujourd’hui 12 % de la surface totale, contre 4 % en 2010.

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Déchiffrer - OUI DEMAIN : “Avec le Web3, l’utilisateur reprend le contrôle de ses données” - Hélène Jacquinet, consultante blockchain & crypto, était l’invitée de la nouvelle masterclass OUI DEMAIN, animée par WE DEMAIN pour les étudiants du groupe OMNES Education. Avec pour thème : “Blockchain, cryptomonnaies, metaverse, Web3 : vers une nouvelle ère d’Internet ?”

Respirer - Yann Arthus-Bertrand : “On ne peut pas vivre sans les énergies fossiles, pourtant elles nous tuent”

François Siegel, cofondateur de WE DEMAIN, était sur le plateau du “23h” de franceinfo, mercredi 26 janvier, aux côtés de Yann Arthus-Bertrand.

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Gabriel Thierry, journaliste à WE DEMAIN, était sur le plateau du “23h” de franceinfo, mercredi 19 janvier, pour parler de son enquête à propos des hackers russes et leur influence sur les pays occidentaux.

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En quête d’un Bourgogne cultivé en biodynamie, par exemple pour les fêtes de Noël ? Voici notre sélection de pinots noirs, parmi les meilleurs, vendanges manuelles, fermentation en levures indigènes, avec peu ou pas de soufre.

Déchiffrer - “Le bio est une tendance inarrêtable”

Pour François Siegel, directeur de la rédaction de WE DEMAIN, invité du 23 h de FranceInfo le 8 septembre, une progression durable de l’agriculture bio est tout à fait possible.

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Tags : agriculture,bio,

WE DEMAIN, le média pour changer d’époque

We Demain, un média pour changer d’époque – École Démocratique de Paris

Source : https://www.wedemain.fr/dechiffrer/en-dix-ans-20-des-fermes-ont-disparu-en-france/

Selon ‘Wikipédia’, « We Demain est une revue française de journalisme. We Demain est créée en 2012 par le groupe GS Presse. Elle est axée sur les thématiques de l’économie collaborative, des initiatives technologiques (big data, transhumanisme... à l’instar du magazine américain Wired1) et environnementales, avec une approche prospective2. Vendue en kiosque et librairie3, elle se vend à 20 000 exemplaires en moyenne2 et contient très peu de publicité4. La revue organise en septembre 2017 son premier forum We Demain, sur le thème de la sécurité et de la résilience3… » - Source : https://fr.wikipedia.org/wiki/We_demain

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  • L’association ‘Terre de Liens’ alerte dans un rapport sur ’l’inexorable disparition des fermes en France’ - Par Victor Vasseurhttps://twitter.com/VasseurVick- Publié le 22 février 2022 à 5h41 – Document ‘franceinter.fr’
    Dans un rapport que vient de publier Terre de liens, l’association alerte sur l’’inexorable disparition des fermes’ dans le pays. Elle évoque ainsi la transmission des sols, après notamment des départs à la retraite, et pointe également l’artificialisation excessive des terres……

Vingt ans après sa création, l’association Terre de liens publie son premier rapport. Elle a fait de la lutte contre la spéculation des terres agricoles sa bataille et se démène pour installer de nouveaux agriculteurs. Et les résultats sont là : 300 fermes et 7.000 hectares de terres acquis, et elle a permis l’installation de 600 paysans. Le rapport alerte sur ’l’inexorable disparition des fermes et des paysannes en France’. 

Des terres rachetées par une ferme voisine

Terre de liens s’inquiète des futurs départs à la retraite d’un quart des agriculteurs dans moins de dix ans. Ils représentent cinq millions d’hectares, soit près de 20% de la surface agricole française. La crainte est de voir une partie de ces terres artificialisées et constructibles. 

La transmission et les nouvelles installations sont de plus en plus rares. Dans deux cas sur trois, les terres libérées par un agriculteur partant à la retraite sont rachetées par une ferme voisine. Dans le pays, les plus grandes exploitations, celles d’une surface moyenne de 136 hectares, représentent une ferme sur cinq et couvrent 40% du territoire agricole. Elles étaient pourtant quasi inexistantes il y a 60 ans.

Une artificialisation excessive des terres

Chaque année, c’est une surface équivalente à la capacité à nourrir une ville comme le Havre qui est perdue’ rappelle Terre de liens, ’la France artificialise chaque année entre 50.000 et 60.000 hectares soit l’équivalent d’un terrain de foot toutes les sept minutes’. C’est énorme par rapport à ses voisins européens. Pour 100.000 habitants en France, 47 km² sont artificialisés, contre 26 en Italie, et 30 en Espagne.

D’après le rapport, entre 1950 et 2020, la France a perdu 12 millions d’hectares de terres agricole. 1,9 millions de ferme ont disparu. Il en reste aujourd’hui 390.000, un chiffre divisé par deux en trente ans. ’Quand on imperméabilise un sol, il n’y a pas de retour en arrière possible. À l’échelle humaine, ce sol est perdu’ rappelle Isabelle Feix, experte à l’Agence de l’environnement et de la maîtrise de l’énergie. Eric Tocu, administrateur de Terre de liens dans la région Paca, estime qu’en 30 ans, en Provence, ’le prix des terres s’est ici littéralement envolé, allant jusqu’à plus de 120.000 € l’hectare.’ Il évoque une ’pression immobilière continue’, ’tout ce qui peut être artificialisé a de la valeur’. 

Les terres agricoles n’ont pas échappé à cette logique. Le principe est simple : les promoteurs de tous bords achètent des terres et misent sur leur devenir constructible.

Une grande loi pour préserver les terres

A moins de cinquante jours de l’élection présidentielle, Terre de liens veut sensibiliser les candidats à leur cause. L’association appelle les candidats et candidates à s’engager pour une grande loi sur les terres agricoles. Elle permettra de faciliter l’accès aux terres aux porteurs de projets agricoles, de favoriser des pratiques agricoles vertueuses et réglementera l’implantation de centrales photovoltaïques au sol. Elle sera possible seulement sur les friches industrielles.

Thèmes associés : EnvironnementagricultureFrance

Fichier:France Inter logo.svg — Wikipédia

Source : https://www.franceinter.fr/environnement/dans-un-rapport-l-association-terre-de-liens-alerte-sur-l-inexorable-disparition-des-fermes-en-france

Addenda - Terre de Liens - Et si vous faisiez pousser des fermes ?

‘Terre de Liens’ est un mouvement citoyen français dont l’une des ambitions est de supprimer le poids de l’acquisition foncière pour les agriculteurs, ainsi que d’œuvrer à la préservation du foncier agricole. Notamment en luttant contre la spéculation foncière et l’artificialisation des terres agricoles. Wikipédia

Terre de Liens - Et si vous faisiez pousser des fermes ?

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  • Portrait de l’enseignement agricole - Edition 2022 - 11/03/2022
    Photo - Pascal Xicluna / agriculture.gouv.fr

Souveraineté alimentaire, renouvellement des générations, accompagnement des transitions, notamment agroécologique, attractivité, reconnaissance, réponse aux besoins des professionnels et des territoires... Face à ces défis, l’enseignement agricole est porteur de réponses avec sa grande capacité à s’adapter aux changements. Témoignages d’élèves, de professeurs, chiffres clés, principales caractéristiques et résultats... Voici la dernière édition du Portrait de l’enseignement agricole. Dans les établissements de l’enseignement agricole, les apprenants bénéficient dans d’installations innovantes, d’un encadrement de proximité avec des équipes qui ont à cœur de révéler et faire s’épanouir les potentiels.

Plus de 200 métiers dans tous les domaines du vivant

Dans cette nouvelle édition du Portrait de l’enseignement agricole, vous retrouverez :

  • les chiffres ;
  • les formations ;
  • l’insertion professionnelle ;
  • l’ancrage dans les territoires et à l’international ;
  • le développement de la recherche et l’innovation ;
  • des témoignages des différents acteurs.
    laventureduvivant enseignement agricole formation portrait

À télécharger : Portrait de l’enseignement agricole - édition 2022 (PDF, 6.37 Mo)

Ministère de l’Agriculture et de l’Alimentation |

Source : https://agriculture.gouv.fr/portrait-de-lenseignement-agricole-edition-2022

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Rubrique B - Sécheresses et problème de l’eau en agriculture

Toute l’actu #Agriculture en #Paca 👉 https://france3-regions.francetvinfo....

Source : https://www.youtube.com/watch?v=izpBjVdyibI

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La pression du réchauffement climatique sur les agriculteurs en France, c’est la question de société posée aujourd’hui au sociologue Jean Viard. 

Mauzé-sur-le-Mignon dans les Deux-Sèvres, 22 septembre 2021. Les méga-bassines sont le symbole de la préservation d’une agriculture productiviste, qui assèche et détruit les sols,&nbsp ;estiment les opposants. (Illustration) (DELPHINE LEFEBVRE / HANS LUCAS VIA AFP)

Photo - Mauzé-sur-le-Mignon dans les Deux-Sèvres, 22 septembre 2021. Les méga-bassines sont le symbole de la préservation d’une agriculture productiviste, qui assèche et détruit les sols, estiment les opposants. (Illustration) (DELPHINE LEFEBVRE / HANS LUCAS VIA AFP)

Le sociologue Jean Viard, directeur de recherche au CNRS, nous répond aujourd’hui samedi 26 mars 2022, au regard du weekend de manifestations sur le sujet du réchauffement climatique et de la pression qu’il exerce sur les agriculteurs, notamment des manifestions en Poitou-Charentes contre un gros projet de retenue d’eau, des ’méga-bassines’, comme les appellent les opposants qui se mobilisent jusqu’à dimanche soir.

16 bassines de ce genre doivent voir le jour à terme, mais ça a déjà commencé. Une réserve d’eau grande comme sept terrains de football, par exemple, a été creusée dans les Deux-Sèvres, à Mauzé-sur-le-Mignon. Et cela divise le monde agricole, entre ceux qui prônent le bon sens – on remplit des bassines l’hiver pour stocker l’eau et l’utiliser l’été – et puis, ceux qui rejettent, ceux qui dénoncent un accaparement de l’eau au service d’une agriculture intensive d’un autre temps.

franceinfo : Jean Viard, le bon sens face au rejet d’un modèle agricole dépassé : c’est ça qui se joue dans cette affaire ? 

Jean Viard : On est entré dans le siècle de la bataille de l’eau. Ça va être partout sur la planète : avec le réchauffement climatique et une augmentation des sécheresses, il y a effectivement une bataille de l’eau. Ça peut être sur le Nil, comme entre le sommet des montagnes et la plaine, puisque l’eau tombe sur l’eau et descend. C’est ça qu’on voit. C’est une bataille générale qui nécessite une nouvelle politique de l’eau, de sa consommation, de la répartition. Les agriculteurs, c’est à peu près la moitié de la consommation d’eau en France. En gros, pour boire, on prend 24%, l’énergie, c’est 22% et l’industrie, c’est 6%. Donc, ça veut dire que les agriculteurs sont à la moitié de la consommation d’eau et donc, c’est évidemment un enjeu absolument gigantesque.

Et de toute façon, on estime que les rivières vont baisser de 10 à 30, 40% de débit parce qu’il y aura moins d’eau, ça, c’est la toile de fond. Donc, effectivement, il y a des centaines de bassines en cours, plus ou moins grandes. En général dans presque deux tiers des cas, il y a des conflits, soit des conflits politiques, soit des conflits juridiques. Il y a souvent des attaques juridiques contre ces structures parce qu’effectivement, la première tendance, c’est de dire on fait une réserve, on prend l’eau de l’hiver et on arrose l’été. C’est rationnel. Ça évite au fond de modifier vraiment les cultures. Même si les paysans ont déjà diminué de 30% leur consommation d’eau, il ne faut pas non plus faire comme si ils n’y étaient pas attentifs. 

Et donc, effectivement, il y a conflit sur cette question. Au fond, est-ce qu’on modifie ce que produisait l’agriculture, est-ce qu’on arrête de faire du maïs ? Est-ce qu’on fait du sorgho ? Est-ce qu’on a des nouvelles techniques d’irrigation ? C’est une des possibilités. De l’autre côté, évidemment, si on prend l’eau, il y a moins d’eau en bas, dans les rivières, dans les zones humides, dans les plaines, et ça modifie les écosystèmes. Et c’est tout ça qui est en conflit.

Carte des projets d’implantation des ’Bassines’ dans le département des Deux-Sèvres. (FRANCE TELEVISIONS)

Illustration - Carte des projets d’implantation des ’Bassines’ dans le département des Deux-Sèvres. (FRANCE TELEVISIONS)

Et je pense qu’à un moment, on va devoir négocier bassin par bassin. Il y a des endroits où ça se passe bien. Il y a des endroits où il y a des négociations entre les agriculteurs, les paysans, parce qu’après tout, si vous avez un jardin, pourquoi vous auriez moins le droit de l’arroser que le type à côté qui fait du maïs, alors que vous êtes contre le maïs ? Actuellement, c’est la loi. Tous ces enjeux sont devant nous et vont être, à mon avis, très tendus. Et puis, rappelez-vous quand même, évidemment, Rémi Fraisse et le projet de barrage de Sivens, donc c’est un sujet qui peut tourner très, très mal. 

Le problème de fond de cette question, c’est que l’eau appartient à la fois à tout le monde et personne, c’est ça qui est à la base du sujet ? 

Le problème de l’eau, c’est que c’est un bien commun, gratuit. Mais après vous, le payer, vous avez des robinets chez vous, vous le payez parce que ce qu’on paye en réalité, c’est la collecte de l’eau, son traitement et sa distribution. Mais en même temps, c’est un bien gratuit. Et donc, il y a des gens qui disent : il faut la laisser tomber où elle tombe parce que la nature a été prévue pour ça. À tel endroit, il y en a beaucoup, à d’autres endroits moins. Quelque part, c’est vrai, ça va se déplacer, de même que vont se déplacer les végétations : les arbres qui naissent et qui poussent à Marseille, ils pousseront à Lille dans 30 ans, 40 ans, donc tout l’écosystème est en mouvement.

Moi, je plaide pour un ministère de la Protection civile qui pense toutes ces questions qui les négocie, on est déjà dans le réchauffement climatique. Ça devrait être un sujet permanent de négociations, de palabres, et effectivement, évidemment de modifications en partie des techniques agricoles, mais aussi de modifications de certains écosystèmes. Il ne faut pas rêver. 

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Source : https://www.francetvinfo.fr/replay-radio/question-de-societe/rechauffement-climatique-on-est-entre-dans-le-siecle-de-la-bataille-de-l-eau-estime-jean-viard_5005220.html

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  • Agriculture - Usages de l’eau et des milieux aquatiques - 11 avril 2019 – Document ‘eaufrance.fr’
    Sommaire :

1. Eau et agriculture

2. Abreuvement du bétail

3. Irrigation

4. Autres usages

5. Occupation du territoire

6. Dans la même rubrique

Indispensable à la vie des animaux et des végétaux, l’eau douce est un élément central pour l’agriculture. Elle est principalement utilisée pour l’alimentation du bétail et l’irrigation, mais d’autres usages agricoles la mobilisent également. Par ailleurs, au delà de la ressource en eau elle-même, les milieux aquatiques sont aussi directement utilisés pour l’agriculture.

Les sites de données sur l’agriculture et l’eau

bnpe Données sur les prélèvements en eau

CartOgraph’ Données de synthèse sur l’eau

1.L’eau, une ressource centrale en agriculture

L’eau douce est essentielle à la croissance des animaux d’élevage comme à celle des plantes cultivées. Sa disponibilité en quantités suffisantes est donc une condition nécessaire au développement des activités agricoles.

Les activités d’élevage se sont ainsi concentrées à proximité des milieux aquatiques, et ont par exemple donné lieu à la création de points d’eau tels que des mares artificielles. Les variétés de plantes cultivées ont été utilisées parce qu’elles étaient adaptées aux conditions climatiques et géologiques locales. La construction de moulins à eau sur les cours d’eau a permis le développement progressif de l’irrigation pour apporter artificiellement de l’eau aux cultures en cas de déficit de pluies.

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À partir de la seconde moitié du XXe siècle, la mécanisation, la sélection des semences, l’utilisation de produits phytosanitaires notamment, ont rendu possible la production de nourriture en quantités beaucoup plus importantes, permettant à un nombre d’agriculteurs de plus en plus faible de nourrir une population grandissante. La maîtrise de l’hydraulique a conduit à diminuer les conséquences des aléas naturels - sécheresse et inondations - par l’irrigation des cultures et le drainage des terres.

Plus récemment, les conséquences potentiellement néfastes des pratiques agricoles conventionnelles sur la qualité des milieux et sur la santé ont conduit à l’apparition de méthodes plus respectueuses de l’environnement. Elles visent notamment à limiter l’utilisation des engrais et des produits phytosanitaires, mais aussi à réduire la consommation d’eau, sans nuire pour autant à la viabilité économique des activités.

2.De l’eau pour alimenter le bétail

L’élevage requiert de l’eau douce pour alimenter le bétail, mais les volumes nécessaires dépendent de nombreux facteurs : le type d’élevage, le stade de développement des animaux, le type de climat, le type d’alimentation, etc. Par exemple, les volailles consomment moins d’un litre par jour et par animal, mais les bovins ou les chevaux ont besoin de plusieurs dizaines de litres d’eau au quotidien (d’après ANSES, 2010).

La qualité de l’eau utilisée est par ailleurs susceptible d’influencer la santé des animaux et leur croissance. Bien qu’aucune norme de potabilité animale n’existe, une eau de qualité (c’est à dire propre, sans excréments, claire et régulièrement renouvelée) garantit une alimentation optimale du bétail et évite l’apparition de troubles physiologiques ou de maladies. Plusieurs systèmes peuvent être utilisés : puits, abreuvoir aménagé sur un cours d’eau, acheminement d’eau potable, etc. Ils présentent tous des avantages et des inconvénients pour l’agriculteur, parmi lesquels un coût parfois élevé - c’est notamment le cas lorsque l’eau potable est utilisée.

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3.De l’eau pour irriguer les cultures

Les plantes cultivées nécessitent des apports d’eau durant leur développement et leur maturation. Si les précipitations sont trop faibles ou interviennent au mauvais moment, la croissance des végétaux peut être affectée négativement, réduisant le volume et la qualité des récoltes. D’où le recours à l’irrigation.

L’irrigation gravitaire est utilisée de très longue date, et consiste à arroser une parcelle par écoulement d’eau à la surface du sol. La répartition de l’eau est alors dépendante de la topographie du terrain. Des réseaux de fossés et de canaux peuvent être aménagés pour permettre ce type d’irrigation.

L’irrigation par aspersion repose sur l’utilisation d’énergie pour asperger les parcelles. L’eau est transportée sous pression dans des canalisations, puis pulvérisée sur les cultures sous forme de fines gouttelettes par des jets d’eau.

La surface agricole irriguée représente environ 6% de la surface agricole utile (SAU) en France en 2010. Les principales cultures irriguées sont le maïs (41% des surfaces irriguées) et les céréales (17% des cultures irriguées). L’irrigation est présente sur l’ensemble du territoire, mais elle est surtout développée dans le Sud-Ouest, le Centre, l’Alsace et le Sud-Est (d’après IRSTEA, 2012).

4.D’autres usages agricoles de l’eau

En plus de ces deux usages principaux, l’eau est employée par les agriculteurs pour le nettoyage des équipements et des bâtiments agricoles. Elle est aussi consommée en petites quantités pour réaliser des préparations, qu’il s’agisse d’aliments pour le bétail ou de préparations phytosanitaires (la dilution d’un pesticide par exemple) avant leur épandage sur les cultures.

Plus ponctuellement, l’eau peut être aspergée sur certaines cultures permanentes - comme la vigne - en cas de gel tardif au cours du printemps : il s’agit alors d’aspersion antigel. En constituant une fine pellicule de glace autour des fleurs en formation, cette technique a pour objectif d’éviter leur destruction par le gel.

5.Une activité répandue sur le territoire

L’agriculture occupe environ la moitié du territoire français. Cette situation s’accompagne d’une relation particulière avec les milieux aquatiques. Les milieux humides enherbés, telles que les prairies humides et les plaines inondables, sont souvent utilisés pour le pâturage des animaux. Ils peuvent aussi avoir été aménagés pour rendre possible leur mise en culture, en accélérant l’évacuation de l’eau des terres engorgées pour permettre le travail de la terre ou la récolte des plantes. Ce drainage est assuré par des rigoles et des fossés, ou en posant un réseau de drains enterrés. L’eau collectée dans le sol est évacuée vers un fossé ou un ruisseau.

En 2014, la surface agricole utilisée française (outre-mer compris) recouvre environ 45% de la superficie du territoire. Part du territoire utilisé pour l’agriculture en 2014- accès à la notice complète

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Les cours d’eau qui reçoivent l’eau de drainage ont aussi fait l’objet de transformations : élargissement ou creusement pour accélérer l’écoulement de l’eau et limiter les débordements sur les terres adjacentes. Parfois, leur cours a été rectifié, c’est à dire qu’un lit rectiligne a été creusé à la place du lit naturel. Les plus petits cours d’eau ont aussi pu être enterrés dans des buses.

En raison de leurs conséquences sur les milieux (la perte du fonctionnement naturel par exemple), l’assèchement et l’aménagement des milieux sont désormais encadrés par la réglementation et sont moins généralisées aujourd’hui (en savoir plus sur le fonctionnement naturel des cours d’eau et des milieux humides).

Pour aller plus loin :

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Source : https://www.eaufrance.fr/lagriculture

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  • L’eau et l’agriculture - Une gestion durable de l’eau est vitale pour l’avenir de l’alimentation et de l’agriculture – Document ‘oecd.org’
    La production agricole dépend très fortement de l’eau et se trouve de plus en plus souvent exposée à des risques liés à l’eau. C’est aussi le secteur le plus gros consommateur d’eau et l’un des plus gros pollueurs de cette ressource. Améliorer la gestion de l’eau dans l’agriculture est donc essentiel pour la durabilité d’un secteur agroalimentaire productif.

L’agriculture va devoir faire face a un accroissement des risques liés à l’eau dans l’avenir

Ces dernières années, des régions agricoles partout dans le monde ont été soumises à des contraintes hydriques de plus en plus importantes. De graves sécheresses au Chili et aux États-Unis ont affecté la production agricole et fait baisser les réserves d’eaux superficielles et souterraines. Ces phénomènes et d’autres événements météorologiques extrêmes comme les inondations et les tempêtes tropicales devraient aussi devenir plus fréquents. D’après les prévisions, le changement climatique va accentuer la variabilité des précipitations et des approvisionnements en eaux de surface, ce qui réduira la couverture neigeuse et la superficie des glaciers et aura une incidence sur les besoins en eau des cultures.

En plus de ces changements, les agriculteurs de nombreuses régions du monde auront à faire face à la concurrence accrue d’autres utilisateurs extérieurs au secteur du fait de l’expansion de la population urbaine, ainsi que de la demande d’eau émanant du secteur de l’énergie et de l’industrie. La qualité de l’eau devrait en outre se détériorer dans de nombreuses régions sous l’effet non seulement de la multiplication des activités polluantes, mais aussi de la salinisation induite par l’élévation du niveau des mers et des modifications des disponibilités d’eau déjà évoquées.

Ces problèmes d’eau devraient avoir des conséquences importantes pour l’agriculture – secteur fortement tributaire de l’eau – car ils pèseront sur la productivité des cultures pluviales et irriguées et des activités d’élevage, particulièrement dans certains pays et certaines régions. Ces effets pourraient se répercuter sur les marchés, le commerce et la sécurité alimentaire en général. Une évaluation par l’OCDE des futurs foyers de risques liés à l’eau prévoit que, si rien n’est fait, le nord-est de la Chine, le nord- ouest de l’Inde et le sud-ouest des États-Unis seront parmi les plus touchés, ce qui aura des répercussions dans ces pays et dans le monde entier.

L’agriculture contribue aux risques liés à l’eau auxquels elle est elle-même exposée

Bien qu’elle pâtisse de ces changements, l’agriculture y contribue elle-même puisqu’elle est un gros consommateur d’eau en même temps que l’une des principales sources de pollution de l’eau dans de nombreuses régions. C’est pourquoi elle a un rôle central à jouer face à ces enjeux.

L’agriculture irriguée continue de prélever la plus grosse quantité d’eau à l’échelle de la planète, consommation encouragée par le fait que, dans la plupart des pays, les agriculteurs ne paient pas l’intégralité du coût de l’eau qu’ils utilisent. L’irrigation représente 70 % de l’utilisation d’eau au niveau mondial et plus de 40 % dans nombre de pays de l’OCDE. Le pompage intensif des eaux souterraines pour l’irrigation assèche les aquifères et peut générer des externalités environnementales négatives qui auront à leur tour un impact économique important sur le secteur et au-delà. De plus, l’agriculture reste l’une des principales sources de pollution des eaux : le ruissellement des engrais, l’utilisation de pesticides et les effluents d’élevage contribuent tous à la pollution des cours d’eau et des eaux souterraines.

Que doivent faire les pouvoirs publics face aux problèmes de l’eau ?

Les problèmes à venir sont à la fois extrêmement complexes et différents selon les pays et les régions. Il sera important de privilégier les efforts qui visent à améliorer globalement l’utilisation de l’eau dans l’agriculture, à réduire l’impact du secteur sur les ressources en eau douce et à améliorer sa résilience face aux risques hydrologiques. À cette fin, l’OCDE préconise des réponses multiples à différents niveaux, adaptées dans chaque cas aux spécificités du systèmes de ressources hydriques.

Afin de faciliter la transition vers un système agricole plus durable, plus productif et résilient aux risques liés à l’eau, les pouvoirs publics devraient agir au niveau de l’exploitation, au niveau du bassin hydrographique et au niveau national pour : 1) renforcer et faire appliquer la réglementation en vigueur dans le domaine de l’eau ; 2) inciter les agriculteurs à faire un meilleur usage de l’eau qu’ils consomment et à mieux gérer l’utilisation des intrants agricoles polluants ; 3) supprimer les mesures qui encouragent une consommation excessive d’eau et le recours à des activités polluantes.

Dans cette optique, l’OCDE met à la disposition des décideurs ses analyses et ses indicateurs pour les aider à formuler les réponses politiques, définir les voies pour conduire les changements de politique nécessaires, et à mettre en œuvre les politiques qui permettront d’engager l’agriculture sur la voie d’une gestion durable de l’eau. La Recommandation du Conseil sur l’eau adoptée en 2016 mets aussi en valeur les travaux menés par l’OCDE dans le domaine de l’eau et de l’agriculture.

L’OCDE a soutenu les efforts des ministres de l’Agriculture du G20 à l’occasion de l’adoption de la déclaration et du plan d’action plan intitulé “Towards food and water security : Fostering sustainability, advancing innovation” en 2017 (Vers la sécurité alimentaire et hydrique : promouvoir le développement durable, favoriser l’innovation), qui énonce un certain nombre d’engagements importants visant à mieux utiliser l’eau dans l’agriculture, à limiter l’impact du secteur sur la qualité de l’eau et à réduire son exposition aux risques liés à l’eau.


Actualités

Mesurer les progrès de la gestion de l’eau agricole - Mesurer les progrès des politiques relatives à l’agriculture et à l’eau est essentiel pour aider les décideurs à identifier les changements de politique nécessaires et à comprendre comment des progrès supplémentaires peuvent être réalisés pour améliorer la gestion de l’eau agricole. Lire la suite (en anglais)

Note de politique - » Accédez à toutes nos notes de politique

Données sur l’utilisation et la qualité de l’eau dans les pays de l’OCDE - Profils de pays - Accédez au profil d’un pays spécifique (en anglais) à la source :

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Source : https://www.oecd.org/fr/agriculture/sujets/eau-et-agriculture/

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  • Gestion de la ressource en eau, agriculture et changement climatique : le Gouvernement encourage les « projets de territoire » - 25/09/2018 – Document officiel ‘agriculture.gouv.fr’ - Communiqué
    Le 9 août 2017, en Conseil des ministres, le Gouvernement a présenté ses orientations pour lutter contre la sécheresse et les effets du changement climatique, autour de deux objectifs : encourager la sobriété des usages de l’eau et réguler en amont la ressource, grâce notamment à l’innovation ; faire émerger, dans l’ensemble des territoires, des solutions adaptées aux besoins et aux contextes locaux.

Une cellule d’expertise a été mise en place sur les difficultés rencontrées dans la gestion de la ressource en eau en agriculture et les projets de territoire pouvant être accompagnés par les agences de l’eau.

Sous l’autorité du préfet Pierre-Étienne Bisch, et avec l’appui de deux experts de France Nature Environnement, de l’Assemblée permanente des chambres d’agriculture et des inspections générales des ministères, la cellule a mené ses travaux d’octobre 2017 à juin 2018.

Le rapport remis aux ministres et rendu public aujourd’hui souligne l’apport de la démarche « projet de territoire » comme outil de médiation sur les économies et la gestion partagée de l’eau.

Il recommande de faire évoluer le cadre d’action actuel afin de le rendre plus efficace. François de Rugy, ministre d’Etat, ministre de la Transition écologique et solidaire, et Stéphane Travert, ministre de l’Agriculture et de l’alimentation saluent le travail réalisé et décident conjointement de mettre en œuvre les recommandations suivantes :

  • Le recours à la méthode des « projets de territoire » pour la gestion de l’eau sera encouragé à partir du 1er janvier 2019. Afin d’accompagner les territoires et d’améliorer leur résilience face aux effets du changement climatique, une instruction sera transmise aux préfets pour en préciser les principes, la méthode, et remobiliser les acteurs.
  • Le Comité national de l’eau, en appui à cette instruction, sera chargé d’élaborer, pour le 1er janvier 2019, des lignes directrices à l’intention des porteurs de projets de territoire. Elles comprendront un guide méthodologique sur les méthodes d’évaluation économique et financière par l’Institut national de Recherche en Sciences et Technologies pour l’Environnement et l’Agriculture. La gestion collective de l’irrigation (organismes uniques) sera également abordée.
  • À partir du 1er janvier 2019, le calcul des « volumes prélevables » évoluera pour permettre à chaque bassin d’améliorer la compatibilité des prélèvements avec le bon état des milieux et l’adaptation au changement climatique des systèmes de production agricole. Les possibilités de financement des agences de l’eau seront adaptées pour refléter cette évolution du calcul des volumes prélevables. Elles pourront ainsi prendre en compte un historique d’activité récent et fiable, adapté à chaque bassin et permettant des économies d’eau, ainsi que la nécessaire adaptation de l’activité agricole au changement climatique. Les projets de réserves multi-usages peuvent constituer l’un des leviers d’adaptation au changement climatique à condition de bien veiller à ce que leur remplissage en période de hautes eaux soit fait selon des règles de respect des milieux.
  • Un bilan des retenues d’eau existantes et de leur usage sera conduit par bassin afin d’améliorer la mobilisation des stockages existants.
  • L’Agence française pour la biodiversité mettra en place, au 1er janvier 2019 un centre de ressources afin de valoriser les études, outils et retours d’expérience françaises et étrangères sur les économies d’eau et la gestion quantitative de la ressource en eau. Ce centre s’appuiera également sur les travaux de l’Institut national de la recherche agronomique et de l’Institut national de Recherche en Sciences et Technologies pour l’Environnement et l’Agriculture en matière d’adaptation des systèmes de production agricole au changement climatique.
  • Enfin, les services de l’État (DDT(M), DREAL, et DRAAF) se mobiliseront pour accélérer les projets de territoire qui sont bien engagés et appuyer les maîtres d’ouvrage des projets qui ne satisfont pas aux critères identifiés par la cellule d’expertise, afin d’améliorer leur projet. Ils accompagneront les porteurs de projets afin de les aider à mobiliser l’ensemble des financements publics (y compris fonds européens en lien avec les Conseils régionaux) et les inciter à diversifier leurs sources de financement. 
    La seconde phase des Assises de l’eau, qui se déroulera à l’automne, confortera la démarche de concertation pour aider les territoires à être plus résilients au changement climatique, notamment sur la gestion qualitative et quantitative des ressources en eau.

La démarche « projets de territoire pour la gestion de l’eau » vise à promouvoir une gestion partagée et équilibrée de la ressource en eau sur un territoire donné. Elle invite à une vision d’ensemble, tenant compte de tous les usages de l’eau (eau potable, assainissement, industries, irrigation, énergie, pêche, usages récréatifs…) en associant l’ensemble des acteurs du territoire.

Il s’agit de raisonner en premier lieu sur les actions en faveur des économies d’eau et à intégrer si nécessaire les actions sur l’offre, tel que le stockage d’eau. La démarche prévoit un diagnostic partagé, l’élaboration d’un programme d’actions concernant tous les usages et l’ensemble des acteurs, la répartition de la maîtrise d’ouvrage, la fixation d’un calendrier et d’objectifs réalistes et mobilisateurs. Focus sur deux projets de territoire en préparation :

  • Projet porté par le comité intersyndical pour l’assainissement du lac du Bourget : il vise la réduction des fuites sur le réseau d’eau potable et plusieurs projets de retenues afin de sécuriser l’accès à l’eau pour l’arboriculture et le maraîchage dans un territoire périurbain.
  • Projet porté par le syndicat mixte des milieux aquatiques et des rivières de l’Aude : il comporte 87 actions principalement sur les économies d’eau et la réduction des prélèvements estivaux, pour un volume cible d’économie de 33Mm3 en 2021 et le maintien d’une irrigation agricole. Retrouvez le communiqué de presse en ligne
    À consulter : Rapport « Cellule d’expertise relative à la gestion quantitative de l’eau pour faire face aux épisodes de sécheresse »

À télécharger : Gestion de la ressource en eau, agriculture et changement climatique : François de Rugy et Stéphane Travert encouragent les « projets de territoire » (PDF, 26.24 Ko)

Contacts : Service de presse de M. François de Rugy : 01 40 81 78 31 - Service de presse de M. Stéphane Travert : 01 49 55 59 74

Voir aussi :

Actualité - 25/05/2021 Production & filières Quelle différence entre sécheresse, aridité, manque d’eau et stress hydrique ?

Info + - 25/02/2022 Production & filières La gestion des risques en agriculture

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Source : https://agriculture.gouv.fr/gestion-de-la-ressource-en-eau-agriculture-et-changement-climatique-les-projets-de-territoire

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Rubrique C – Vulnérabilité des cultures aux gels tardifs


  • Gelées tardives : les plantes victimes du réchauffement climatique - 16/04/2021 – Document ‘ecoco2.com/blog’
    Les gelées tardives récentes ont causé d’importants dommages aux agriculteurs de beaucoup de régions de France : les arbres fruitiers et les vignes en sont les premières victimes. Deux climatologues viennent nous rappeler à ce propos qu’une fois de plus, c’est bien le réchauffement climatique qui est en cause. Il en est même le principal responsable. Les épisodes de froid ne sont pas plus intenses qu’avant, mais du fait d’hivers trop doux, les plantes sortent trop tôt de dormance et sont bien plus sensibles aux épisodes de gelées, normaux en cette saison.

Gelées tardives et vulnérabilité des plantes Photo

Interrogé par Le Figaro sur cet épisode de gelées tardives, Thierry Castel, chercheur associé dans l’équipe de climatologie du laboratoire Biogéoscience et enseignant à Agrosup Dijon explique comment cette période de froid est lié au réchauffement climatique. « Les différences de températures se réduisent entre la zone polaire et les moyennes latitudes. Cela conduit à moduler les ondulations du « jet » (des vents très rapides situés en Atlantique Nord, qui jouent un rôle important dans la circulation atmosphérique). À cause de cela, nous faisons face à des descentes d’air froid et des remontées d’air chaud plus importantes », explique-t-il.

Et ceci entraîne une vulnérabilité accrue des plantes. « C’est en réalité la vulnérabilité des plantes au gel qui est accrue, et pas les épisodes de froids qui seraient plus intenses. (…) Normalement à cette période de l’année, les plantations auraient dû pouvoir résister à des températures de -6 ou -7 degrés. Mais à cause du réchauffement climatique que l’on connaît depuis 30 ans, les bourgeons arrivent désormais plus tôt. Une fois qu’ils ont commencé à s’ouvrir, il s’agit d’une phase où les plantes sont extrêmement sensibles au gel  » précise-t-il.

Des gels tardifs normaux, mais un environnement instable

Pour le Huffigton Post, c’est le climatologue Robert Vautard, directeur de recherche au CNRS et à la tête de l’Institut Pierre-Simon Laplace, qui explique la réaction des plantes à ces gelées tardives. « Les plantes sont adaptées à leur environnement quand celui-ci est stable et par conséquent elles sont adaptées au gel tardif, qui est très dangereux pour elles. Leur phénologie (c’est-à-dire le processus par lequel passe la plante au cours de son développement : l’apparition de bourgeons, la floraison etc.) est faite pour résister à ces gels tardifs. »

Mais voilà : le réchauffement climatique bouleverse cette stabilité nécessaire aux plantes. « Le problème du changement climatique, c’est d’une part la diminution des gels (il y a de moins en moins de gels tardifs), mais aussi plus de départs de printemps tôt dans l’année », confirme-t-il. Mais « les études montrent que l’apparition des « faux printemps » n’est pas compensée par la diminution des gels tardifs », précise-t-il. Au contraire, « On se retrouve, dans certaines régions, avec une augmentation du gel tardif, c’est-à-dire un gel qui survient lorsque la phase de croissance de la plante est avancée ». Et « plus le gel intervient tard dans la croissance, plus c’est dangereux pour la plante ».

C’est exactement ce qui s’est passé ce printemps. Le mois de mars a été particulièrement chaud. Ces fortes chaleurs ont poussé les végétaux à se développer tôt dans l’année, et ils ont donc subi de plein fouet l’ampleur du phénomène de gelées tardives de ces derniers jours.

Sources : Le Figaro, Huffington Post 16/04/2021 - climat, Collectivités, Particuliers

Cet article a été écrit par : Claudine d’EcoCO2 - Claudine est notre écrivaine historique. Elle écrit pour Eco CO2 depuis 2010 et vous apporte toute l’actualité de la transition écologique.

Eco CO2 - Ensemble, donnons du sens à l’énergie -climat, Collectivités, Particuliers

Eco CO2, éco-entreprise indépendante de l’ESS | Moby

Source : https://www.ecoco2.com/blog/gelees-tardives-les-plantes-victimes-du-rechauffement-climatique/ù

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    Épisodes de gel : les agriculteurs doivent ’diminuer leur risque aléatoire face au climat’ - écouter (5min)- Article rédigé par Jean Viard - franceinfo Radio France - Publié le 09/04/2022 20:59 Mis à jour le 10/04/2022 16:55
    Avec le sociologue Jean Viard, ’Question de société’ évoque cette semaine la vulnérabilité du monde agricole alors que les agriculteurs sont affectés par un nouvel épisode de gel.

Photo (SEBASTIEN LAPEYRERE / MAXPPP) - Les arboriculteurs ont été affectés par un nouvel épisode de gel lors du week-end des 2 et 3 avril 2022. Un risque réel de faillite pèse sur cette filière. ’Questions de société’ revient cette semaine sur la vulnérabilité du monde agricole.

franceinfo : Comment analysez-vous la fragilité du monde agricole ?

Jean Viard : On rentre dans une civilisation écologique et numérique. Elle sera à la fois de plus en plus avec la nature, y compris parce que c’est la nature qui va nous produire l’énergie. Vous allez bientôt voir dans des champs des tracteurs sans chauffeur branchés à l’électricité, qui vont désherber, creuser entre les pieds, etc…

Les agriculteurs sont vulnérables face à la météo...

Oui et cette vulnérabilité est supérieure dans l’agriculture biologique. Pour le dire simplement, un des grands enjeux de l’utilisation de la chimie, c’est au fond de diminuer le risque aléatoire du climat. Quand vous revenez à des techniques plus saines, une année sur quatre, vous n’avez pas de revenus. Si les paysans sont passés à la chimie et à la technologie depuis cinquante ans, c’est pour nous nourrir. Le problème est qu’il faut en sortir mais il faut le faire en tenant compte d’abord de la compétence des gens de la Terre et des problèmes économiques qu’ils ont, parce qu’il faut bouleverser leur système d’exploitation, parce qu’il y a des outils différents. 

Quel message voulez-vous passer aux agriculteurs ?

On est à ce moment de bascule et je crois que les paysans sont souvent malheureux. Ils ont tout le temps l’impression qu’on les agresse (...) Je leur dis ’Soyez écologique vous-même, défendez un modèle rural bâti sur la nature à réinventer et ne vous laissez pas tout le temps critiquer. On a les moyens. Il faut former les hommes. Il faut investir dans les mutations, mais ce n’est pas insurmontable.’

https://api.radiofrance.fr/v1/services/embed/image/59534809-bc6c-4354-b3bb-60be80c47583?preset=400x400

Source : https://www.francetvinfo.fr/replay-radio/question-de-societe/episode-de-gel-les-agriculteurs-doivent-diminuer-leur-risque-aleatoire-face-au-climat_5045806.html

À propos du podcast - Le samedi et le dimanche à 10h21, 12h21 et 14h51 sur franceinfo - Tous les week-ends dans ’Question de société’, le sociologue Jean Viard propose une mise en perspective de l’actualité et des enjeux de société qui la traversent. L’équipe : Jean Viard – Production : Accueil franceinfo

Source : https://www.radiofrance.fr/franceinfo/podcasts/question-de-societe?p=2

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  • Canada - Méthodes de protection des cultures contre le gel - Dernière mise à jour : 13 février 2021
    Table des matières
    1.Types de gel
    2.Les effets du gel sur les cultures
    3.Protection contre le gel - Les méthodes indirectes (passives)
    4.Protection contre le gel - Les méthodes directes
    5.Résumé

Les dégâts causés aux cultures par le gel sont à l’origine de pertes de rendement, chaque année, dans une région ou une autre de l’Ontario. Ces dégâts sont de tous ordres, allant d’un départ tardif de la végétation chez la luzerne au printemps à la perte des tomates dans un potager familial à l’automne. Or, certaines de ces pertes sont évitables. Il existe un certain nombre de méthodes différentes qui permettent d’éviter ou d’atténuer les méfaits du gel. Il est important que les producteurs soient au courant de ces méthodes pour qu’ils puissent évaluer celles qui sont techniquement et économiquement réalisables dans leurs cas. La présente fiche d’information donne des renseignements sur les diverses méthodes existantes de protection contre le gel.La protection contre le gel se réalise par deux types de méthodes : des méthodes directes ou actives, et des méthodes indirectes ou passives. Les premières sont celles que l’on met en œuvre quand le danger du gel est présent ; elles consistent à apporter de la chaleur et à recouvrir les cultures d’un matériau protecteur. Les méthodes indirectes ou passives sont les précautions que l’on prend bien avant les périodes de gel ; elles portent, entre autres, sur le choix des époques favorables pour la mise en culture et la récolte à l’intérieur de la période sans gel, et sur le choix des cultures et des champs appropriés. Des exemples précis de ces deux types de méthodes seront présentés en détail plus loin.Les termes gel et gelée s’emploient de façon interchangeable. Ces deux termes désignent la situation qui existe quand la température de l’air tombe au niveau du point de congélation de l’eau (0 °C), ou au-dessous, sans entraîner forcément de dommages. En revanche, il sera question ici de « gelée meurtrière » pour désigner les températures inférieures à 0°C qui provoquent des dégâts sur les végétaux.Types de gelOn fait la distinction entre gel d’advection et gel de rayonnement selon les conditions atmosphériques qui en sont la cause. Le gel d’advection est provoqué par le passage d’une masse d’air froid venue d’une autre région, quand les vents sont relativement forts. Le gel de rayonnement (ou gelée blanche) se produit seulement de façon localisée et par nuit claire et calme (se reporter à la fiche technique du MAAARO, Le comportement du gel en Ontario, AGDEX 079, commande no 85-055).Les effets du gel sur les culturesPour évaluer convenablement l’utilité des méthodes de prévention du gel, il est nécessaire de comprendre l’effet des températures glaciales sur la ou les cultures considérées. Certains effets sont bien connus tandis que d’autres sont moins clairs et nécessitent un complément de recherches. La température minimale (appelée température « critique ») qui doit être atteinte pour qu’une culture subisse des lésions est sous la dépendance de nombreux facteurs : espèce, variété, stade physiologique ou végétatif, vigueur de la plante ; état du sol et nature de la couverture végétale ; intensité et durée du gel ; conditions de dégel ; présence de nuages et de vent pendant le gel ; et d’autres encore.Chez de nombreuses plantes, la résistance au gel est plus faible à l’approche de la maturité qu’au cours des premiers stades de croissance. Pendant les stades de croissance, une plante en bonne santé résiste souvent mieux au gel qu’une plante souffreteuse.Les températures critiques nécessaires à l’apparition de dommages peuvent varier en fonction du temps pendant lequel elles demeurent au-dessous du point de congélation. Par exemple, les bourgeons des arbres fruitiers peuvent être lésés par une température de -2 °C persistant plus de 24 heures, mais peuvent survivre s’ils sont exposés à une température de -6 °C pendant moins de 2 heures. Cela explique pourquoi la température critique d’une gelée de rayonnement ne sévissant que quelques heures en début de matinée peut être plus basse que celle d’une gelée d’advection qui peut se prolonger dans la journée.Les conditions dans lesquelles se produit le dégel influent souvent sur l’ampleur des dommages que celui-ci cause. Par exemple, on sait que si elles dégèlent graduellement, les feuilles de tabac subiront moins de dommages que si elles dégèlent rapidement.L’action des températures glaciales sur les cultures est plus ou moins importante. Dans certains cas, c’est la perte totale des organes de la plante qui ont gelé. Par exemple, les fleurs des pommiers qui ont gelé ne donneront pas de fruits. Dans d’autres cas, le gel n’occasionne qu’une baisse du rendement ou de la qualité. Quand le gel détruit prématurément la partie aérienne des pommes de terre, on enregistre qu’une perte partielle de rendement ou de qualité des tubercules. Une gelée d’automne prématurée peut abaisser le rendement et la qualité du maïs à ensiler et du maïs-grain ainsi que d’autres cultures céréalières. Quelquefois, chez certaines cultures, la gelée a pour effet de réduire l’aptitude à la conservation. Par exemple, des pommes de terre partiellement gelées risquent de pourrir plus vite en entrepôt, sans compter qu’elles peuvent entraîner la pourriture des tubercules sains. L’opportunité économique des méthodes de protection contre le gel dépend beaucoup de l’importance de la baisse de rendement ou de qualité provoquée par une gelée. Il est donc crucial pour les producteurs de bien connaître les effets des températures glaciales sur leurs cultures.Le tableau 1 indique les températures critiques approximatives de certaines espèces cultivées en Ontario. Ces températures sont celles atteintes par la culture, non celles relevées dans un abri météorologique placé à 1,5 mètre au-dessus du sol. Il ne faut pas oublier que la température de la culture peut être inférieure au point de congélation même si la température dans l’abri est de plusieurs degrés Celsius au-dessus de 0. (L’inverse est également fréquent pour les cultures telles que les tubercules de pommes de terre qui sont sous la surface du sol.) Tableau 1. Températures critiques entraînant des dommages aux cultures

Type

Exemples de cultures

Températures critiques entraînant des dommages

Cultures très tendres Fraises et framboises (Fleurs et fruits), tomates, concombres, melons, poivrons, courges et citrouilles (plants), haricots, tabac De 0 °C à -1 °C
Cultures tendres Pommes de terre, maïs, pommes (fleurs), poires (fleurs et fruits), prunes (fleurs), cerises (fleurs et fruits), haricots De -1 °C à -2 °C
Cultures peu rustiques Pommes (bourgeons et fruits), bleuets, luzerne, poires De -2 °C à -4 °C

Protection contre le gel - Les méthodes indirectes (passives)Les méthodes indirectes que l’on applique bien avant que le danger de gel soit imminent sont probablement les plus économiques et les plus efficaces. D’ailleurs, certaines ne sont que des précautions naturelles qui sont déjà très largement observées, mais il est néanmoins utile de les rappeler. Voici des exemples de méthodes indirectes qui peuvent être utilisées.

  • Le choix du terrain. Pour cultiver une espèce qui craint le gel, on doit choisir un terrain situé dans un endroit bénéficiant d’une période sans gel suffisamment longue. Pour les cultures très vulnérables, on évite les creux de terrain ou les fonds de vallon dans lesquels l’air froid s’amasse et stagne. Le long d’une pente, la présence de rideaux d’arbres compacts, de bandes boisées, de talus de route ou autres obstacles s’oppose à l’écoulement de l’air froid vers le bas et peut donc entraîner la formation de véritables lacs d’air froid. Le risque de gel au-dessus de ces obstacles s’en trouve donc accru. En revanche, dans les zones situées en-dessous, le risque de gel peut être moins élevé puisque l’écoulement de l’air froid du haut est partiellement contrarié. En implantant des brise-vent protecteurs aux bons endroits, on peut créer une zone bénéficiant d’un microclimat favorable à la maturité hâtive des cultures aimant la chaleur, et donc réduire le risque de dommages par le gel à l’automne. Les terrains situés en bordure de grandes masses d’eau sont habituellement moins gélifs car l’air ne s’y amasse pas aussi rapidement la nuit que sur la terre. En effet, les zones riveraines sont régulièrement sujettes, la nuit, à des brises de terre qui contribuent à éloigner le gel. Dans certaines régions, l’installation de vergers sur les pentes exposées au nord contribue à retarder la floraison jusqu’à ce que le danger de gel soit écarté.

    Les producteurs devraient connaître le risque de gel de printemps et d’automne dans leur région ainsi que les variations auxquelles ils doivent s’attendre chez eux. Les fluctuations typiques des températures qui se produisent sur le plan tant horizontal que vertical au-dessus des cultures, dans différentes situations de gel, sont décrites dans une autre fiche technique du MAAARO intitulé Le comportement du gel en Ontario, AGDEX 079. Idéalement, il est bon de savoir à quelle date les organes végétaux sensibles au gel risquent d’atteindre les températures critiques déclenchant les dommages. Bien que l’on puisse en apprendre beaucoup par l’expérience, il peut être parfois utile de mesurer les températures minimales en divers endroits de la ferme, en particulier si les terres sont vallonnées ou situées près d’un lac. Les relevés de températures peuvent aussi être utiles pour corriger les prévisions de températures minimales en fonction de la situation propre à la ferme. L’information donnée par la station climatique desservant la région peut souvent être utile pour déterminer le risque de gel, même si la situation de la station n’est pas toujours identique à celle de la ferme. En général, il vaut mieux se faire aider par un agrométéorologue ou un agroclimatologue d’expérience lorsqu’on doit relever et interpréter des données sur la température.

  • Le déboisement. Dans les terrains en pente, l’éclaircissage des haies ou des espaces boisés contribue parfois à réduire le risque de gel en facilitant l’écoulement de l’air froid vers le bas. Il est préférable de se renseigner auprès d’un professionnel avant d’éclaircir, car il arrive que cela accroisse le risque de gel en contrebas des espaces boisés ou de la haie. En forêt, le risque de gel est plus élevé dans les clairières de petite étendue et il continue d’augmenter jusqu’à ce que la clairière couvre environ un hectare. Toutefois, au-delà d’une étendue de quelques hectares, le risque de gel diminue en général car la circulation de l’air est rétablie.
  • Les pratiques culturales. Choisir les espèces et les variétés de cultures qui auront le temps de mûrir à l’intérieur des limites de la période sans gel. Par exemple, quand on cultive du maïs-grain, il faut choisir des hybrides qui atteignent la maturité avant qu’une gelée meurtrière ne puisse survenir. On peut déjouer le risque de gel de printemps pendant la floraison des fraisiers en optant pour des variétés à floraison tardive ou en retardant l’enlèvement des paillis à base de paille. Les pommiers nains sont plus à risque d’être lésés par le gel que les variétés à haute tige étant donné que, pendant les nuits de gel, les couches d’air situées près du sol tendent à être plus froides que les couches supérieures.

    Il faut semer et récolter les cultures sensibles au gel à l’intérieur des limites de la période sans gel dont bénéficie la ferme. Le semis ou la plantation doit être réalisé suffisamment tôt pour que la culture mûrisse avant que n’arrive une gelée meurtrière à l’automne. Il peut être avantageux de prendre un risque légèrement plus élevé au printemps qu’à l’automne dans le cas de certaines cultures qui peuvent être ressemées si elles sont endommagées par le gel. Il vaut mieux semer à une époque où le risque est relativement faible (par exemple à un moment de l’année où il ne gèle qu’une fois tous les 10 ans, soit un risque de 10 %) plutôt qu’à la date moyenne où il gèle 5 fois tous les 10 ans (risque de 50 %). Si l’on tient à semer ou à planter avant que tout risque de gel soit écarté au printemps de façon à profiter des marchés lucratifs des primeurs, on doit se limiter à une superficie que l’on pourra protéger à l’aide d’une des méthodes directes de protection contre le gel. Il faut connaître le risque de gel de printemps et d’automne dans le champ que l’on met en culture.

    On peut endurcir certaines plantes de manière qu’elles résistent au gel en exposant les semences ou les jeunes plantules à des conditions de température variables, quoique la plupart des travaux réalisés dans ce domaine sont encore de nature expérimentale. Les plantes de serre sont souvent endurcies par exposition aux conditions du dehors avant d’être repiquées dans le champ. On a montré que le traitement des semences avec certains produits chimiques augmentait la rusticité de certaines plantes. L’épandage des bonnes doses d’engrais peut aussi aider les plantes à maintenir leur résistance.

  • Les pratiques agronomiques. L’état du sol influe sur le risque de dégâts causés par le gel sur les organes tant aériens que souterrains des plantes. Ainsi, les sols meubles tendent à être plus froids en surface que les sols compactés parce que la conduction de la chaleur, pendant la nuit, y est plus faible. Il est donc conseillé de ne pas travailler le sol lorsque les bulletins météorologiques annoncent une gelée meurtrière, si les organes des plantes situés près du sol ont besoin de protection.

    L’humidité du sol exerce des effets qui se neutralisent. Les sols excessivement humides emmagasinent moins de chaleur pendant la journée étant donné que l’évaporation de l’eau accapare une grande part de l’énergie calorifique, ce qui peut réduire la quantité de chaleur qui sera restituée à la culture pendant la nuit. Par contre, des sols excessivement secs sont de médiocres conducteurs thermiques et n’ont pas la propriété d’emmagasiner autant de chaleur, d’où un risque accru de gel. Un sol tourbeux sec est un mauvais conducteur thermique qui possède une très faible capacité de rétention de la chaleur, de sorte que les températures nocturnes minimales à la surface de ce genre de sol peuvent être considérablement plus basses que sur les sols minéraux. On peut envisager d’améliorer les caractéristiques thermiques d’un sol tourbeux en lui incorporant de la terre minérale.

    Les paillis étalés sur le sol augmentent le risque de gel en se comportant comme des isolants. Ils gênent l’absorption de la chaleur pendant le jour, mais aussi sa dissipation pendant la nuit. Les paillis peuvent cependant aider à éviter les dommages causés par le gel, à condition qu’ils couvrent complètement les organes de la plante qui craignent le gel. Le fait de retarder l’enlèvement des paillis à base de paille au printemps dans les fraisières permet parfois de retarder le stade de la floraison jusqu’à ce que le danger de gel soit écarté. Par contre, la paille retarde aussi le réchauffement du sol et, si elle est encore sous les fleurs pendant un gel, le risque de dégâts augmente.

    Les cultures qui tapissent le sol des vergers agissent à la manière d’un paillis et peuvent donc augmenter le risque de gel. Mais elles peuvent aussi avoir des effets bénéfiques, comme freiner l’érosion du sol, ce qui compense pour le facteur risque de gel.

    Une des façons de protéger les parties souterraines des plantes consiste à augmenter l’épaisseur de terre qui les recouvre. Lorsque les plants des pommes de terre sont bien buttés, les tubercules sont moins sujets aux dégâts du gel. Comme les sols secs se refroidissent plus rapidement près de la surface, le fait d’apporter de l’humidité peut parfois contribuer à réduire le risque de dommages causés aux tubercules par le gel.

    Bien que les méthodes agronomiques ne permettent de relever la température que de quelques degrés, la protection qu’elles procurent, si minime soit-elle, équivaut à retarder les méfaits des gelées d’une ou deux semaines, voire plus, et dans certains cas, cela peut faire la différence entre une perte totale de la récolte et des dégâts relativement faibles.

    Les méthodes indirectes de protection contre le gel dont il a été question ci-dessus valent la peine d’être prises car, la plupart des années, elles évitent le recours aux méthodes de protection directes, qui sont coûteuses et envisageables uniquement pour des cultures dont la valeur par unité de surface est très élevée.
    Protection contre le gel - Les méthodes directesLa protection directe ou active est celle que l’on déploie juste avant et pendant la période de gel quand un avis de gel a été diffusé. Les méthodes directes sont généralement efficaces seulement contre un gel de rayonnement, quand l’air est immobile ou presque, et elles conviennent le mieux aux terrains bas qui sont plus rapidement sujets au gel. Quant aux gels d’advection, il est rare que l’on puisse en éviter les dégâts.Une protection efficace exige que l’on dispose de bonnes prévisions concernant les températures minimales et les conditions des vents à la ferme même. On doit connaître en outre les températures critiques qui causent des dégâts aux cultures. Chaque producteur doit connaître les variations de température nocturne qui se produisent sur ses champs et savoir quels champs sont les plus exposés à un gel, de façon à pouvoir y intervenir en priorité. La protection directe repose sur un concept très simple. Elle vise soit à réduire la perte de chaleur renvoyée par le sol en brassant l’air pour stopper l’inversion de température, soit à apporter de la chaleur pour maintenir la température au-dessus du seuil dangereux.Pour déterminer s’il est rentable d’investir dans le matériel, les appareils et la main-d’œuvre nécessaires à la protection directe contre le gel, de multiples facteurs sont à prendre en considération. On peut citer le degré de risque de gel, la durée et l’intensité probable du gel, la valeur de la récolte et l’efficacité de la méthode à utiliser. Certaines des méthodes directes sont décrites ci-après.

  • Le recouvrement des cultures. Cette méthode réduit la perte de chaleur de la surface du sol. Pour cela, les jardiniers amateurs et les maraîchers cultivant des espèces basses sur de petites surfaces peuvent utiliser des matériaux comme la paille, des boîtes, du papier goudronné, du plastique, etc. Le coût de ces matériaux et leur entreposage, le temps et la main-d’œuvre nécessaires pour les mettre en place sont les principaux inconvénients de cette méthode quand elle est appliquée à de grandes superficies. On a également, à titre expérimental, utilisé des mousses pour protéger les plantes, mais ces matériaux et les applicateurs sont difficiles à trouver dans le commerce.

    Certains matériaux sont plus efficaces que d’autres pour réduire la perte de chaleur par rayonnement. Contrairement aux matériaux sombres et opaques, le plastique transparent peut laisser passer certains rayons à grandes longueurs d’ondes. Mais pour ce qui est de réduire les pertes de chaleur par convection, tous les matériaux de recouvrement sont efficaces. Au moment de placer les matériaux, plus particulièrement ceux qui sont minces comme le plastique, il faut veiller à ce qu’ils ne touchent pas les plantes pour limiter la perte de chaleur par conduction, car la température du matériau est généralement inférieure à celle de l’air qu’il emprisonne. Les paillis à base de paille doivent couvrir entièrement les plantes, car le feuillage qui dépasse devient plus sensible aux dégâts dus au gel. Quant aux paillis étalés sous les plantes, ils empêchent la chaleur de s’échapper du sol pendant la nuit, d’où une température plus basse au niveau des plantes.

    Les matériaux de recouvrement doivent être retirés pendant le jour car l’air qu’ils enferment étant plus humide, le risque de certaines maladies des plantes augmenterait.

  • La formation de fumée ou de brouillard. Les nuages et le brouillard sont bien connus pour leur faculté à limiter la perte de chaleur du sol par rayonnement. Dans des essais visant à imiter cette action, on a fait brûler des pneus, des déchets ou des fumigènes dans des chaufferettes pour produire de la fumée et on a vaporisé de l’eau en très fines gouttelettes pour former un brouillard. Ces méthodes ne sont pas très efficaces parce qu’il est difficile de maintenir la fumée sur la zone à protéger ou de produire des gouttelettes ayant la dimension optimale pour intercepter le rayonnement à grandes longueurs d’ondes. Qui plus est, les lois sur la protection de l’environnement interdisent maintenant le recours à cette méthode quand elle fait appel à la fumée.
  • Le brassage de l’air. Pendant les gelées qui se produisent par nuits claires et calmes, la couche d’air située près du sol est plus froide que celle qui est au-dessus. C’est le phénomène de l’inversion de température. On utilise quelquefois des souffleuses à air chaud ou des hélicoptères pour brasser l’air et remplacer la couche d’air froid qui est au contact de la culture par la couche d’air plus chaud qui se trouve plus haut. Cette méthode peut fonctionner quand il y a de larges écarts de températures entre la couche d’air près de la surface et celles qui sont en hauteur. Le matériel et la mise en œuvre coûtent très cher. Le relèvement de la température est de l’ordre de 1 à 4 degrés Celsius.
  • L’aspersion d’eau. La vaporisation d’eau, à raison d’un très faible débit, peut empêcher les dégâts du gel grâce à la chaleur libérée par les gouttelettes en refroidissant et en gelant. On a pu constater que l’on pouvait protéger ainsi contre les températures aussi froides que -6 °C des cultures basses de petits fruits et de cucurbitacées, moyennant l’aspersion de 1,5 à 2,5 mm d’eau à l’heure.

    Il faut commencer à asperger la culture dès que la gelée s’installe et maintenir continuellement une pellicule d’eau jusqu’à ce que les températures se soient élevées au-dessus du point de congélation (0 °C). Si l’on cesse l’aspersion prématurément, le givre ou la glace qui couvre les feuilles fond en empruntant à celles-ci leur chaleur et il en résultera des dégâts. L’aspersion engendre un autre problème si la gelée dure trop longtemps, parce que les plantes doivent être capables de supporter le poids de la glace qui s’accumule sur les feuilles et les branches. Il faut savoir combien de temps la température va persister sous le point de congélation quand on utilise cette méthode.

    En dépit de ces problèmes, la méthode s’est avérée efficace pour protéger les cultures basses comme les fraises, les tomates, les haricots, les concombres, les poivrons, les courges ainsi que d’autres cucurbitacées et des arbres fruitiers. Il est important de reconnaître que cette méthode ne fait qu’empêcher la température de la plante de tomber au-dessous de 0 °C. Elle ne réchauffe pas la plante et n’élève pas la température de l’air de façon appréciable. En outre, il faut que les asperseurs répartissent l’eau uniformément.
    Le recours à l’irrigation comme méthode de protection des cultures avant la survenue d’une gelée ne fait pas l’unanimité. D’un côté, l’humidité accrue présente l’avantage d’augmenter la capacité du sol de stocker la chaleur et d’améliorer la conduction de la chaleur à la surface. Mais d’un autre côté, elle réduit le réchauffement du sol pendant le jour à cause de l’évaporation accrue qui absorbe l’énergie calorifique. L’humidité peut aussi élever la température critique à partir de laquelle les végétaux subissent les méfaits du gel. Ces effets contradictoires empêchent la formulation d’une recommandation générale.

  • Le chauffage. Cette méthode vise à réchauffer suffisamment la couche d’air qui est au contact de la culture, par un apport de chaleur radiative, pour maintenir la température au-dessus du point de congélation. Le chauffage le plus efficace est celui qui est procuré par de nombreuses petites chaufferettes régulièrement espacées dans l’ensemble du champ à protéger. En effet, les brasiers ou les gros réchauds créent un effet cheminée qui tire l’air froid vers le sol et la culture, ce qui risque de refroidir encore plus certaines zones du champ (figure 1).
    La méthode du chauffage implique des coûts en combustible élevés - qu’il s’agisse de briquettes, de mazout ou de gaz propane - auxquels s’ajoutent les frais en capitaux et en main-d’œuvre. Elle ne peut donc être mise en œuvre que pour protéger des cultures ayant une valeur très élevée par unité de surface.La prévention des dégâts du gel par la méthode du chauffage est surtout efficace pour les cultures hautes comme la vigne et les arbres fruitiers. Les meilleurs résultats s’observent quand l’immobilité de l’air favorise une inversion abrupte de la température. Cette méthode permet d’espérer une protection contre des gelées pouvant atteindre -4 °C.RésuméOn peut protéger les cultures contre les dégâts causés par le gel en choisissant judicieusement le terrain sur lesquelles on les installe et en appliquant certaines méthodes agronomiques et culturales. C’est la protection dite indirecte ou passive. On peut aussi mettre en œuvre des précautions directes (protection active) lorsqu’un avis de gelée est émis. La présente fiche passe en revue les diverses méthodes directes ou indirectes de lutte contre le gel. On y définit aussi les termes gel, gelée et gelée meurtrière, et les conditions atmosphériques dans lesquelles les méthodes directes de protection peuvent être mises en œuvre. La question de la rentabilité de ces méthodes n’est pas abordée.

    Représentation schématique d’une inversion de température pendant une gelée de rayonnement (gelée blanche)Figure 1. Représentation schématique d’une inversion de température pendant une gelée de rayonnement (gelée blanche), illustrant aussi le fait que les petites chaufferettes tendent à faire circuler l’air au-dessous de la couche d’inversion. Par contre, lorsqu’on chauffe à l’aide de gros appareils, la chaleur s’échappe par le sommet de l’inversion et l’air froid est aspiré de l’extérieur de la zone que l’on chauffe.

Fiche technique - ISSN 1198-7138 - Imprimeur de la Reine pour l’Ontario

Agdex : 079
Date de publication : 12/96
Commande no. 96-156
Dernière révision : 07/02
Situation : Non disponible
Rédacteur : Andrew Bootsma - Agriculture Canada ; D. Murray Brown - Université de Guelph

Pour plus de renseignements : Sans frais : 1 877 424-1300 - Local : 519 826-4047
Courriel : ag.info.omafra@ontario.ca - |{{}}|
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Source : http://www.omafra.gov.on.ca/french/crops/facts/96-156.htm

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Rubrique D - Erosion et dégradation des sols cultivables

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    Etats-Unis – Agriculture - Plus de 57 milliards de tonnes de sol se sont érodées dans le Midwest américain : le niveau d’érosion, probablement sous-estimé par l’USDA, pourrait être devenu insoutenable. Traduction du 14 avril 2022 par Jacques Hallard d’un article de Rachel Crowell en date du 12 avril 2922, intitulé « More than 57 billion tons of soil have eroded in the U.S. Midwest  » : accessible ici > https://www.sciencenews.org/article/soil-erosion-rate-us-midwest-unsustainable-usda
    Photo d’un tracteur labourant un champ - Le labourage des terres agricoles est un facteur clé de l’érosion et a joué un rôle dans la perte de milliards de tonnes de sol dans le Midwest américain, selon une nouvelle étude. Jaren Kane/Getty Images Plus

Avec des sols riches pour la culture, la plupart des terres du Midwest des États-Unis ont été converties de prairies à herbes hautes à l’origine, en champs agricoles. Il reste moins de 0,1 % de la prairie d’origine.

Cette évolution au cours des 160 dernières années a entraîné des taux d’érosion du sol stupéfiants - et insoutenables - dans la région, rapportent des chercheurs dans le numéro de mars de ‘Earth’s Future’. On estime que le taux d’érosion est deux fois supérieur à celui que le ministère américain de l’agriculture considère comme durable. Si elle se poursuit sans relâche, elle pourrait limiter considérablement la production agricole future, selon ces scientifiques.

Dans la nouvelle étude, l’équipe de chercheurs s’est concentrée sur les escarpements d’érosion - de minuscules falaises formées par l’érosion - situés à la limite entre les prairies et les champs agricoles (SN : 20/01/96). ’Ces rares vestiges de prairie qui sont éparpillés dans le Midwest sont en quelque sorte une préservation de la surface du sol avant la colonisation européenne-américaine’, déclare Isaac Larsen, géologue à l’Université du Massachusetts Amherst.

Sur 20 sites répartis dans neuf États du Midwest, la plupart situés dans l’Iowa, Larsen et ses collègues ont utilisé un système GPS spécialisé pour mesurer l’altitude des prairies et des champs agricoles. Ce système GPS ’vous dit où vous êtes à environ un centimètre près sur la surface de la Terre’, explique M. Larsen. Cela permet aux chercheurs de détecter même de petites différences entre l’altitude de la prairie et celle des terres agricoles.

Sur chaque site, les chercheurs ont pris ces mesures à 10 endroits ou plus. L’équipe a ensuite mesuré l’érosion en comparant les différences d’altitude entre les terres cultivées et les prairies. Les chercheurs ont constaté que les champs agricoles se trouvaient en moyenne 0,37 mètre en dessous des zones de prairie.

Photo d’Isaac Larsen à côté d’une clôture en fil de fer barbelé dans un camp d’érosion. Le géologue Isaac Larsen se tient devant un escarpement d’érosion, point de rencontre entre les terres agricoles et les prairies, dans la prairie de Stinson, dans l’Iowa. L’étude de ces escarpements montre qu’il y a eu une quantité surprenante d’érosion dans le Midwest américain depuis que l’agriculture y a commencé, il y a plus de 150 ans. Université du Massachusetts Amherst

Selon les chercheurs, cela correspond à la perte d’environ 1,9 millimètre de sol par an dans les champs agricoles depuis le début estimé de l’agriculture traditionnelle sur ces sites, il y a plus d’un siècle et demi. Ce taux est près du double du maximum d’un millimètre par an que l’USDA considère comme durable pour ces sites.

L’USDA estime actuellement le taux d’érosion dans la région de deux manières. La première estime le taux à environ un tiers de celui rapporté par les chercheurs. L’autre estime le taux à seulement un huitième du taux des chercheurs. Ces estimations de l’USDA ne tiennent pas compte du labourage, un procédé agricole conventionnel qui consiste à utiliser des machines pour retourner le sol et le préparer pour les semis. En perturbant la structure du sol, le labourage augmente le ruissellement de surface et l’érosion en raison du déplacement du sol vers le bas de la pente.

Larsen et ses collègues disent qu’ils aimeraient que le travail du sol soit intégré dans les estimations de l’USDA sur l’érosion. Les chiffres de l’USDA pourraient alors mieux correspondre aux 57,6 milliards de tonnes métriques de sol qui, selon les chercheurs, ont été perdues dans toute la région au cours des 160 dernières années.

Cette perte massive de sol ’entraîne déjà un déclin de la production alimentaire’, explique M. Larsen. Selon les recherches, la diminution de l’épaisseur du sol entraîne une réduction de la quantité de maïs cultivée avec succès dans l’Iowa. Et les perturbations de l’approvisionnement alimentaire pourraient se poursuivre ou s’aggraver si le taux d’érosion estimé persiste.

Tout le monde n’est pas convaincu que la quantité moyenne de sol perdue chaque année soit restée stable depuis le début de l’agriculture dans la région. Une grande partie de l’érosion mesurée par les chercheurs pourrait avoir été causée par l’histoire de ces sites, qui remonte à l’époque où les agriculteurs ’ont commencé à détruire les prairies et/ou les forêts et à défricher’, explique l’agronome Michael Kucera. Il se peut que les taux d’érosion actuels aient ralenti, affirme M. Kucera, qui est le responsable de la base de données nationale sur l’érosion au National Soil Survey Center de l’USDA, à Lincoln (Neb).

Pour contribuer à réduire l’érosion future, les agriculteurs peuvent pratiquer la culture sans labour et semer des cultures de couverture, notent les chercheurs. En occupant le terrain avec des cultures de couverture pendant les saisons intermédiaires, les agriculteurs réduisent la durée pendant laquelle le sol est nu, ce qui le rend moins vulnérable à l’érosion éolienne et hydrique.

Aux États-Unis, le semis direct et les pratiques similaires visant à limiter l’érosion ont été mis en œuvre au moins parfois par 51 % des producteurs de maïs, de coton, de soja et de blé, selon l’USDA. Mais les cultures de couverture ne sont utilisées que dans environ 5 % des cas où elles pourraient l’être, affirme Bruno Basso, chercheur en agriculture durable à l’université d’État du Michigan à East Lansing, qui n’a pas participé à l’étude. ’La mise en place d’une culture de couverture coûte de 40 à 50 dollars par acre’, explique-t-il. Bien que certaines subventions gouvernementales soient disponibles, ’les coûts des cultures de couverture ne sont pas pris en charge’, et il est nécessaire de mettre en place des incitations supplémentaires, dit-il.

Pour mettre en œuvre des stratégies de semis direct, ’l’agriculteur doit être un meilleur gestionnaire’, déclare Keith Berns, un agriculteur qui est copropriétaire et exploitant de ‘Green Cover Seed’, dont le siège est à Bladen, au Nebraska. Sa société fournit des semences de cultures de couverture et des mélanges personnalisés de semences. Il utilise également des pratiques de semis direct depuis des décennies.

Pour réussir, les agriculteurs doivent décider quelles cultures de couverture particulières conviennent le mieux à leurs terres, quand les cultiver et quand les détruire. Suivre ces régimes, qui peuvent être plus compliqués que l’agriculture traditionnelle, peut être ’difficile à faire à grande échelle’, dit Berns.

Les cultures de plantes de couverture peuvent présenter des avantages, notamment en aidant les agriculteurs à réparer l’érosion et à lutter contre les mauvaises herbes dès la première année de culture. Mais il faut parfois plusieurs années pour que les avantages financiers de ces cultures dépassent leur coût. Certains agriculteurs ne sont même pas propriétaires des terres qu’ils exploitent, ce qui rend l’investissement dans les cultures de couverture encore moins rentable, note M. Berns.

L’amélioration de la santé des sols cultivable peut prendre une demi-décennie, selon M. Basso. ’L’agriculture est vraiment toujours confrontée à ce dilemme [de] décisions à courte vue, motivées par des considérations économiques, par rapport à la durabilité à plus long terme de l’ensemble de l’entreprise.’

Citations

E.A. Thaler et al. Rates of historical anthropogenic soil erosion in the Midwestern United States. Earth’s Future. Vol. 10, March 2022. doi : 10.1029/2021EF002396.

Articles apparentés :

EcosystemsPrairie RevivalBy Leslie Allen December 11, 2007

AgricultureSome bioenergy crops are greener than othersBy Beth Mole January 14, 2014

HumansCollapsing CoastlinesBy Daniel Strain July 1, 2011

Source : https://www.sciencenews.org/article/soil-erosion-rate-us-midwest-unsustainable-usda

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    La dégradation des sols en France et dans le monde, une catastrophe écologique ignorée - Publié le 15.05.20 - Par Clément Mathieu - Lecture zen – Document ‘planet-vie.ens.fr’
    Alors qu’il est la ressource pour la production alimentaire pour plus 7,5 milliards d’habitants, le support des activités humaines, la source de minerais et de matériaux de construction (argiles notamment), un système épurateur et une réserve d’eau, le sol demeure largement inconnu par les Hommes y compris, ceux qui l’utilisent directement et quotidiennement. Le sol est de plus en plus menacé par de multiples dégradations physiques, chimiques et biologiques.

Les principales causes de dégradation des sols sont anthropiques : agriculture intensive, déforestation, surpâturage, pollution industrielle, irrigation… Et cette dégradation risque de s’aggraver si rien n’évolue dans les pratiques agricoles et environnementales. Avec la réduction et l’appauvrissement des surfaces destinées à produire des aliments, la prospective alimentaire devient un défi majeur des prochaines décennies.

Cet article est adapté de « Combien de sols dégradés en France et dans le monde », Mondes et Cultures, 2015, LXXV, 1-4, 412-425, Acad. des Sc. d’Outre-mer, Paris. 

La terre est une ressource indispensable pour les Hommes car elle permet de nourrir chaque jour plus de 7,5 milliards d’habitants sur la planète. Mais elle constitue également une ressource rare avec aujourd’hui seulement 33 millions de km2 de terres arables (ou cultivables), soit seulement 6,4 % de la superficie de la planète.

Tableau 1 - Les surfaces cultivables dans le monde. Les surfaces non cultivables sont celles où il y a des glaciers permanents ou bien où il fait trop froid, trop sec, trop humide et où les sols sont trop pentus, trop peu épais, trop pauvres.
  Surface (en millions de km²) Pourcentage de la surface de la Terre
Terre entière 510 100 %
Océans et mers 361 70,7 %
Terres émergées 149 29,3 %
 - non cultivables 116 22,7 %
 - cultivables 33 6,5 %

Sur les 33 millions de km2 de terres arables, seulement 15 millions sont effectivement cultivés (dont bientôt 3 millions irrigués). Il reste donc 18 millions en réserve dont 14 dans les pays du Sud. Cependant, les terres cultivables constituent une ressource en constante diminution à cause de la croissance démographique et des dégradations diverses dont elles sont l’objet : 2 hectares de terre étaient disponibles par habitant en 1900 dans le monde contre moins de 0,5 hectare en 2010… (Brabant, 2010).

Bien qu’étant une ressource indispensable pour l’Homme, le sol n’est pas ou très mal connu y compris de ceux qui l’utilisent directement et quotidiennement (agriculteurs, agronomes, professionnels de l’agriculture, etc.). Malheureusement, la connaissance des sols dans le monde, en Europe, et même en France reste insuffisante et, actuellement, encore difficilement mobilisable. Aussi est-il indispensable de poursuivre la diffusion des connaissances ainsi que les études et les inventaires concernant cet inconnu.

1.  La conservation des sols, une préoccupation majeure

La conservation des sols devient un projet majeur à l’échelle mondiale. Tous les continents sont concernés : érosion, compaction, pluies acides, pesticides, métaux lourds, salinisation constituent des facteurs de dégradation des sols, sans parler de la disparition des sols suite à leur artificialisation.

Les effets de l’érosion s’aggravent dans diverses régions du monde. Non seulement des parcelles et des bassins versants amont sont dégradés, mais cela peut avoir à l’aval des conséquences catastrophiques sur l’atterrissement (c’est-à-dire le dépôt) des sédiments, menant au comblement des exutoires et à des inondations de plus en plus fréquentes.

Des effets indésirables se produisent sur la qualité de l’eau avec les diverses pollutions chimiques (nitrates, phosphates, pesticides) et physiques (suspensions solides).

Les sols sont non seulement soumis à des dégradations physiques et chimiques mais également à des pollutions d’origines variées : pollutions liées aux retombées atmosphériques (pluies acides), en particulier de substances issues de la combustion des énergies fossiles, à la fertilisation agricole et aux modes de culture (excès d’engrais, pesticides), sans parler des pollutions accidentelles ou clandestines (enfouissement de déchets toxiques, décharges sauvages).

C’est vers les années 70 qu’une prise de conscience croissante des problèmes de l’environnement s’est manifestée tant auprès des autorités que de l’ensemble de la société. L’influence de la croissance exponentielle de la population1 a commencé à avoir un impact très significatif sur la quantité et la qualité des ressources naturelles ; le sol n’était pas épargné.

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Figure 1 - Principaux types de dégradation des sols - Auteur : Clément Mathieu, modifié d’après Robert et Stengel, 1999 Licence : CC-BY

La dégradation des sols dans le monde est principalement due aux activités humaines : agriculture intensive, irrigation, déforestation, surpâturage, pollutions industrielles. Un sol est jugé dégradé lorsqu’il a perdu une partie de ses fonctions, comme celle de nourrir les plantes ou les animaux, celle de filtrer les eaux ou encore celle d’abriter une importante biodiversité. Des dégradations légères aux plus graves, ce phénomène atteint environ 20 millions de km2 soit près de 60 % des sols cultivables. Des sols non cultivés sont déjà dégradés par l’érosion hydrique ou éolienne, la salinisation ou la déforestation.

Aujourd’hui, des millions de personnes en subissent les conséquences. Elles seront près de deux milliards en 2020 si rien ne change.

https://planet-vie.ens.fr/sites/default/files/2020-04/Figure%203%20-%20Surfaces%20d%C3%A9grad%C3%A9es%20par%20continent%20et%20par%20cause.jpg

Voir la Figure 2 - Surfaces dégradées par continent et par cause - Auteur : Clément Mathieu, d’après ISRIC-UNEP, 1990 Licence : CC-BY

Pour l’Europe par exemple, l’Agence européenne pour l’environnement (2015) identifie les principales menaces suivantes :

  • l’érosion hydrique (25 % des surfaces) ;
  • le morcellement des surfaces (30 % des surfaces) ;
  • l’intensification de la production agricole ;
  • l’artificialisation.
    2.  Les érosions

La première forme majeure de dégradation est l’érosion hydrique, processus par lequel l’eau de pluie détache et emporte les particules de sol. Elle est liée en grande partie au ruissellement, c’est-à-dire à l’écoulement à la surface du sol des eaux de pluie ou de celles de la fonte des neiges. L’érosion s’aggrave avec l’exploitation agricole qui empêche, pour diverses raisons, une pénétration optimale de l’eau dans le sol, ce qui augmente le ruissellement.

Voir l’illustration Figure 3 - Érosion en une seule période hivernale en région limoneuse

Ravine d’érosion en culture de céréales d’hiver, entaillant profondément le sol en terrain limoneux (région d’Hesdin, département du Pas-de-Calais). Comme on peut le remarquer, cette ravine a été creusée par les eaux de ruissellement après le semis de la céréale, elle est donc le résultat d’une seule saison pluvieuse ; le sol est entaillé bien en dessous du seul horizon de labour. Pour réparer le dégât, il faudra combler cette ravine avec de la terre prise ailleurs. Auteur : M. Eimberck. Licence : Reproduit avec autorisation

Si une érosion anthropique importante apparaît au Moyen Âge, puis dans les massifs montagneux européens dans la seconde moitié du XIXe siècle, c’est surtout depuis 1950 que sévit sur tous les continents une grave crise érosive en relation avec les transformations de l’agriculture : augmentation de la productivité, mécanisation, remembrements, surpâturage, déforestation, etc. Et si aujourd’hui tous les remèdes techniques de lutte contre l’érosion sont connus des spécialistes, il est évident que ce sont les moyens et la volonté politique qui font le plus défaut pour enrayer ou même seulement réduire ce « cancer des sols ».

Dans le monde, on estime la quantité de sol érodée chaque année à 5 tonnes par habitant (Nature Géosciences, 2010). Selon certains experts, le chiffre est sous-estimé. En zone tempérée, on perd en moyenne 1 tonne de terre par an et par hectare, ce qui est supérieur au taux de formation du sol à partir du substrat. L’Inra estime en effet qu’en zone tempérée atlantique la vitesse de formation des sols est de 0,1 à 0,02 mm par an, mais que celle de l’érosion est en moyenne de 1 mm de sol par an (Ruellan, 2010). En France, 17 % du territoire sont touchés par l’érosion. La Chine est probablement le pays le plus affecté par l’érosion puisque 37 % de la superficie du pays présente des sols érodés. Par ailleurs, ce processus affecte davantage les populations les plus pauvres du globe

Voir l’illustration - Figure 4 - Paysage de badlands en zone de climat tempéré subhumide de type méditerranéen - Pays Glaoua, Maroc. Auteur : Clément Mathieu Licence : CC-BY

Voir l’illustration - Figure 5 - Érosion éolienne sur formation sablo-limoneuse et sol nu en climat tempéré atlantique - Département de l’Aisne, France. Auteur : Clément Mathieu Licence : CC-BY

Dans le cas de l’érosion éolienne, c’est sous l’effet du vent que le sol se délite. Ce processus touche surtout les zones péridésertiques, comme les grandes plaines des États-Unis, la frange du Sahel, l’Afrique du Nord (dont l’Égypte), le Soudan, le Moyen-Orient et les plateaux du nord de la Chine. Ainsi 45 % de la surface des terres sèches en Afrique subissent une activité éolienne traumatisante (Mainguet, 1995). Mais elle peut également affecter des zones tempérées. Là encore, l’exploitation par l’agriculture est un facteur aggravant : les particules d’un sol labouré vont se détacher plus facilement, puis être emportées par le vent.

Voir l’illustration - Figure 6- Vent de sable en région semi-aride très peu couverte par la végétation - Région sud-ouest de l’Australie. Auteur : L. Coutre-Picart Licence : Reproduit avec autorisation

3.  Le surpâturage

Voir l’illustration - Figure 7 - Désertification avec érosion aggravée due au surpâturage caprin en climat aride de type péruvien - Limari-Ovalle, Chili. Auteur : Clément Mathieu Licence : CC-BY

L’un des risques liés aux systèmes à l’herbe (pâturages extensifs), en particulier en zones arides et semi-arides, est la dégradation des sols due au surpâturage. Le surpâturage peut se définir comme une pratique qui consiste à faire paître trop de bétail durant une longue période sur des terres incapables de reconstituer leur végétation, ou bien, à faire paître des ruminants sur des terres qui ne sont pas adaptées au pâturage à cause de certains paramètres physiques, tels que la pente.

Voir l’illustation - Figure 8 - Zone en voie de désertification - Zone en voie de désertification (vue aérienne) due à un surpâturage des troupeaux de bovins de nomades masaïs en climat tropical humide de type soudanien (flèche : parc à bétail). À l’est de Nairobi, Kenya. Auteur : Clément Mathieu Licence : CC-BY

Le surpâturage dépasse la capacité de charge du pâturage. Par exemple, en Mongolie, un pays grand comme trois fois la France, 80 % de la perte de végétation au cours de la dernière décennie (2000-2010) sont dus au surpâturage. En vingt ans (1990-2010), le cheptel domestique (moutons, chèvres, chevaux, bovins, chameaux…) a quasi doublé passant de 26 à 45 millions. Le surpâturage a souvent pour conséquence l’érosion du sol, la destruction de la végétation et d’autres problèmes liés à ces processus, comme le tassement du sol. Or les racines se développent moins bien dans un sol tassé. L’ensemble des processus conduisent souvent à une situation de désertification.

4.  La dégradation des structures

La structure du sol joue un rôle essentiel dans le développement des plantes et des activités biologiques. Ce développement est conditionné par le volume de la porosité qui règle l’aération, la rétention de l’eau et le drainage. La structure des sols est la clé de leur fertilité.

Voir l’illustration - Figure 9 - Compactage mécanique du sol lors d’une récolte de maïs d’automne en climat tempéré semi-océanique - Région de Lorraine, France. Auteur : L. Florentin Licence : Reproduit avec autorisation

Aussi le tassement mécanique des sols, ou compactage par les engins mécaniques (mais aussi par la surcharge en bétail liée au surpâturage) se traduit par une diminution de la porosité avec des conséquences biologiques négatives (diminution de la faune tels que les vers de terre et de l’activité microbienne). En Europe, on estime la surface des sols compactés à 33 millions d’hectares soit 4 % des terres. Cette situation entraîne, outre une baisse de production, une augmentation du risque de lessivage des nitrates, d’émission d’oxyde nitreux (N2O, un gaz à effet de serre), de ruissellement et d’érosion des sols.

Dans les sols irrigués, le tassement hydrique (tassement avec perte d’eau par dessiccation excessive) s’ajoute au tassement mécanique augmentant encore les conséquences négatives déjà citées.

Voir l’illustration - Figure 10 - Compactage mécanique des sols lors de débardage forestier en climat tempéré atlantique - Limousin, France. Auteur : Clément Mathieu Licence : CC-BY

5.  La salinisation des sols

Voir l’illustration - Figure 11 - Concentration de sel au-dessus d’un billon en culture de betteraves sucrières - Eau à 0,8 g/L. Plaine des Triffa, Maroc. Auteur : Clément Mathieu Licence : CC-BY

Un autre ensemble de dégradation touche l’aspect chimique des sols et revêt plusieurs formes. La première est la salinisation d’origine anthropique induite principalement par le développement mondial de la culture irriguée. En effet, dans les régions semi-arides, l’eau d’irrigation est très souvent légèrement salée ; lors de l’évapotranspiration régulière, les sels s’accumulent dans le sol. Autre phénomène, toujours dans ces régions, les sels souvent présents en profondeur sont conduits vers la surface via la remontée de l’eau par capillarité puis par évapotranspiration. Cette salinisation a des conséquences immédiates sur la fertilité chimique du sol mais aussi sur la structure du sol, donc sur sa fertilité physique.

Pour prendre un exemple en Inde, la première cause identifiée du plafonnement des rendements est la salinisation des sols. Dans le bassin du Gange, sur 35 millions d’hectares cultivés, 1 million est inutilisable par excès de sel (Griffon, 2006).

Au Sénégal qui compte environ 3,8 millions d’hectares de terres cultivables, 1,2 million d’hectares sont affectés par la salinisation créant in fine l’exode massif des populations ainsi que l’insécurité alimentaire et la pauvreté.

À l’échelle mondiale, ce sont 100 millions d’hectares qui sont affectés par la salinisation, soit environ 5 fois la superficie de la France.

6.  L’acidification

L’absorption des éléments minéraux du sol par la plante, qui sont ensuite exportés dans celle-ci lors des récoltes, diminue la réserve en cations des sols. Par conséquent, si l’apport d’intrants (fumier, compost, engrais) ne vient pas compenser les exportations, petit à petit le sol va s’appauvrir en cations (Ca2+, K+, Mg2+ …). Ceux-ci seront remplacés par des ions H+, ce qui se traduira par une acidification. C’est un processus permanent dans les pays du Sud où l’agriculteur exploite ses champs sans restitution jusqu’à son abandon pour aller cultiver ailleurs. C’est ce que j’ai qualifié de cycle d’infertilisation (Mathieu, 1990, 2000, 2007). Mais l’Europe n’est pas non plus épargnée, 45 % des sols européens seraient « épuisés » : leur stock de matière organique étant très bas, l’activité biologique y est faible et donc le recyclage de la matière organique en matière minérale est également très réduit. L’acidification est donc due à des exportations sans restitution (de matière organique, de fertilisants naturels ou industriels), mais elle est aussi causée par les apports externes que sont les pluies acides, certains engrais et les rejets atmosphériques urbains et industriels qui constituent les éléments de la pollution des sols.

7.  La pollution

https://planet-vie.ens.fr/sites/default/files/2020-04/Figure%2013%20-%20Pollutions%20des%20sols%20%C3%A0%20travers%20les%20activit%C3%A9s%20urbaines%20et%20industrielles.jpg

Figure 12 - Pollution des sols à travers les activités urbaines et industrielles - Auteur : Clément Mathieu, modifié d’après W. Blum, 2006 Licence : CC-BY

La pollution d’un sol est l’accumulation notable d’éléments minéraux, organiques ou de pathogènes dans celui-ci, en quantité telle que leur présence peut revêtir un danger pour les organismes vivants (plantes, animaux, Hommes) ou compromettre une ou plusieurs grandes fonctions du sol et l’usage qui est habituellement fait de ce milieu.

La question qui se pose est de savoir comment des produits polluants parviennent aux sols ? Les sources sont nombreuses. Les origines sont d’abord agricoles par la fertilisation, les apports de lisiers et de boues, et les pesticides, puis urbaines et industrielles par voie atmosphérique et industrielles directes pour les « sites pollués ».

Une pollution due à la fertilisation des sols provient de l’apport des phosphates. Ceux-ci contiennent, selon leur provenance, une certaine quantité de cadmium qui s’accumule dans l’horizon de surface. Les pays les plus touchés par cet élément sont ceux qui depuis longtemps ont fait des apports très importants de phosphates, comme la Belgique, les Pays-Bas, le nord de la France et le Japon. Cet élément est très toxique aussi bien pour les micro-organismes du sol que pour l’Homme (perturbations rénales). Il trouve également son origine dans les retombées atmosphériques (combustion du pétrole et du charbon) et dans les boues d’épuration.

La volonté de remplacer les engrais chimiques par des déchets recyclés a amené les pouvoirs publics occidentaux à inciter la valorisation agricole de ceux-ci et plus particulièrement celle des boues urbaines appelées aussi boues de station d’épuration. Ces boues sont issues de l’épuration collective des eaux usées et peuvent être utilisées comme engrais car elles renferment des éléments nutritifs, essentiellement de l’azote et du phosphore, du calcium ou du soufre, et un peu de potassium et de magnésium. Les boues de première génération contenaient des substances toxiques en particulier des quantités importantes de métaux lourds.

Depuis la fin des années 90, par mesure de précaution contre une pollution des sols et des eaux par les boues, des réglementations sur le contenu de ces boues ont été élaborées dans plusieurs pays occidentaux. Il n’en est malheureusement pas de même dans les pays du Sud où des apprentis sorciers préconisent l’utilisation des « composts urbains », c’est-à-dire de composts issus de déchets ménagers récoltés dans les villes, pour fertiliser les champs, particulièrement les maraîchages.

En matière de fertilisant agricole, un autre exemple nous vient des élevages porcins où le cuivre et le zinc utilisés dans les traitements pour les animaux sont peu retenus par ceux-ci et se retrouvent dans les lisiers. Ceux-ci sont ensuite utilisés pour fertiliser le maïs qui sera consommé par les porcs. Ce cycle conduit à une augmentation des teneurs en cuivre et en zinc dans le sol.

La pollution peut également être d’origine atmosphérique. On sait que l’atmosphère, en plus de ses composants gazeux, contient des particules qui proviennent de sources naturelles (éruptions volcaniques, vents des déserts, etc.) ou liées aux activités humaines. Avec le développement des activités industrielles (XIXe et XXe siècles), à l’échelle de la planète, les émissions de certains métaux liées à ces activités dépassent les apports naturels. Les principaux métaux lourds concernés sont le plomb, le zinc, le cuivre, le cadmium, l’arsenic, le nickel et le manganèse. Ces éléments rejetés dans l’atmosphère – le plus souvent par les fumées industrielles, les habitations et les véhicules – sont ramenés aux sols par les précipitations ou après s’être agglomérés. Par exemple, la contamination des sols et de la végétation le long des grands axes routiers (autoroutes) est maintenant bien démontrée.

Nous terminerons ce rapide tour d’horizon par le cas des nitrates. Les nitrates ne polluent pas les sols. Dans la couche de surface des sols, il y a environ 5 à 10 tonnes d’azote naturel par hectare. Cet azote est nécessaire à la croissance des plantes et est renouvelé annuellement par le cycle de l’azote. En revanche, lors d’apport important d’engrais azotés ou d’effluents d’élevage, l’azote en excès, non utilisé par les plantes peut être entraîné dans les eaux superficielles et souterraines et alors il y a risque de pollution des eaux, déclenchant avec les phosphates le phénomène d’eutrophisation du milieu aquatique. Ce risque résulte d’une utilisation excessive d’engrais, d’amendements et de boues urbaines par l’agriculture.

8.  L’artificialisation

Voir l’illustration - Figure 13 - Chantier d’autoroute stérilisant et déblayant des sols agricoles - Région de Poitiers, France. Auteur : Clément Mathieu Licence : CC-BY

L’artificialisation des sols (ou bétonisation) (avec les autoroutes, les tracés de TGV, les zones industrielles, les extensions des villes, et l’éparpillement des constructions – le mitage) est responsable d’une perte annuelle estimée à 20 millions d’hectares de sol à l’échelle mondiale. Pour la France, on estime une perte de 26 m2 de sol toutes les secondes soit environ 60 000 ha/an ou la perte de la superficie du sol d’un département tous les 7 ans. Pour l’Europe, c’est 30 millions d’hectares perdus entre 1961 et 2003, soit 770 000 ha/an. En Chine, la surface urbanisée a quadruplé entre 1980 et 2012. Chaque année, c’est deux fois la surface de l’Île-de-France qui y est artificialisée.

Voir l’illustration Figure 14 - Parking en zone extérieure à Limoges

Photographie prise en 2015. Dix ans auparavant, cette zone était occupée par des dizaines d’hectares agricoles.

Auteur : Clément Mathieu Licence : CC-BY

Cette artificialisation stérilise de façon irréversible les sols en annulant le potentiel agricole et se fait principalement aux dépens des meilleures terres agricoles parce qu’elle s’implante surtout dans les zones planes à sols profonds.

9.  In fine

Toutes ces dégradations physiques et chimiques des sols entraînent inéluctablement la dégradation biologique des sols. L’érosion, le tassement du sol, la diminution du taux de matière organique et la pollution perturbent l’activité de la faune, de la microfaune et des bactéries du sol en entraînant une perte de la diversité biologique. Ces phénomènes jouent également un rôle important sur la qualité des eaux (charge solide, eutrophisation, pollution par les pesticides, etc.).

Par l’intensification de l’agriculture et de la déforestation, par l’augmentation exponentielle de la population, de graves erreurs de gestion des sols ont été commises au cours du XXe siècle. Les facteurs de dégradation des sols se cumulent. Par exemple, une terre cultivée qui s’acidifie s’appauvrit en éléments nutritifs pour la plante et se tasse en surface, ce qui favorise le ruissellement, donc l’érosion. Sommes-nous rentrés dans une « spirale de dégradations » ? Chaque année, des millions d’hectares disparaissent, deviennent impropres à l’agriculture ou perdent leurs fonctions d’épurateur d’eau, de régulation des cours d’eau ou d’accumulation de carbone. La désertification menace plus d’un tiers des terres émergées. Avec la réduction et l’appauvrissement des surfaces destinées à produire des aliments, la prospective alimentaire est devenue un défi majeur des prochaines décennies.

L’éducation au sol devient une priorité, car si la « Terre » est bien connue, le « sol », lui, ne l’est pas encore. Et à quoi bon le développement, la croissance, la justice, la liberté quand nous aurons tué les sols ?

10. Références

  • Brabant P., 2010 « Une méthode d’évaluation et de cartographie de la dégradation des terres », les dossiers thématiques, n° 8, 52 p., CSFD, Agropolis, Montpellier.
  • CSPNB, 2014 « Pour une politique de protection et de gestion durable des sols », 4 p.
  • Griffon M., 2006 « Nourrir la planète », Odile Jacob.
  • Laroche B., Thorette J. et Lacassin JC. 2006  « L’artificialisation des sols : pressions urbaineset inventaire des sols », Étude et gestion des sols, 13, 3, 223-236, AFES, Olivet.
  • Mainguet M., 1995 « L’homme et la sécheresse », Masson géographie, 335 p.
  • Mathieu, C.1990 « Itinéraire de la dégradation des terres de savanes soudano-guinéennes à très faible de densité de population, l’exemple de la République Centrafricaine », Tropicultura, 8,4, pp. 175-184, Bruxelles.
  • Mathieu C., 2000 « Land and degradation in moist tropical African areas, problems and prospects », Eurasian Soil Science 30/8, 887-893, Moscou.
  • Mathieu C., 2007 « Dégradation des terres et des milieux de production en Afriquetropicalehumide », Bull. Séance Acad. Royale des Sciences d’Outre-mer,53, 3, 319-334, Bruxelles.
  • Mathieu C., 2009 « Les principaux sols du monde, voyage à travers l’épiderme vivant de la planète Terre », coll. Tec et Doc, 233 p., Lavoisier, Paris.
  • Mathieu C., 2010 « Demain, combien de sols dégradés ?’, Forum international SVT Académie de Toulouse, 3 p., garonne.ac-toulouse.fr/svt
  • Mathieu C. et Lozet J., 2011 ’Dictionnaire encyclopédique de Science du sol’, éditions Tec et Doc, Lavoisier.
  • Ruellan A, 2010 « Des sols et des hommes, un bien menacé », IRD éditions.
    Crédits

Auteur(s) : Clément Mathieu - Agronome et géologue de formation, professeur honoraire de science du sol et d’agronomie tropicale. Ancien fonctionnaire principal de la FAO, membre de l’Académie des sciences d’outre-Mer. clement.mathieu@club-internet.fr

Éditeur(s) : Pascal Combemorel - Professeur agrégé de SVT. Il est le responsable éditorial du site Planet-Vie depuis septembre 2016.

Licence du texte de l’article - Creative Commons - Attribution

CC-BY

Note : 1 Un milliard d’habitants en 1800, 2 en 1930, puis 4 en 1974, 7,7 milliards aujourd’hui et entre 9 et 11 milliards en 2050.

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Rubrique E - Assurer la sécurité alimentaire

Définition - « La sécurité alimentaire existe lorsque tous les êtres humains ont, à tout moment, la possibilité physique, sociale et économique de se procurer une nourriture suffisante, saine et nutritive ... » - Wikipédia

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    La sécurité alimentaire en dix questions – Par La Rédaction - Publié le 24 mars 2022 - Document ‘vie-publique.fr’
    Qu’est-ce que la sécurité alimentaire ? Qu’est-ce que le plan de résilience agricole et alimentaire ? Quelle est la réglementation européenne sur la sécurité alimentaire ? La guerre en Ukraine fait peser de nouveaux risques sur la sécurité alimentaire dans le monde. Vie-publique fait le point en dix questions-réponses.

La guerre entre la Russie et l’Ukraine entraîne une hausse record du prix des matières premières alimentaires (blé, huile, soja, notamment) et de l’énergie. L’Europe et de nombreux pays dépendants des importations de ces denrées se préparent à vivre une profonde crise alimentaire. Les conséquences seront plus difficiles pour certaines régions du monde, notamment l’Afrique, le Moyen-Orient et l’ Asie, qui dépendent à plus de 50% des importations de blé russe et ukrainien. Le directeur général de l’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO)(nouvelle fenêtre) pointe une réduction d’une ’ampleur dramatique’ des exportations de blé, aliment de base pour plus de 35% de la population mondiale.

Dans ce contexte, un plan de résilience agricole et alimentaire (France 2030) a été annoncé en France. La Commission européenne a présenté, le 23 mars 2022, son plan pour préserver la sécurité alimentaire. Les ministres de l’Agriculture du G7 ont appelé dans une déclaration commune(nouvelle fenêtre), le 11 mars 2022, à laisser ouverts les marchés agricoles.

Discours - Interview de M. Julien Denormandie, ministre de l’agriculture et de l’alimentation, à France 2 le 17 mars 2022, sur le plan de résilience en faveur...

Qu’est-ce que la sécurité alimentaire ?

Selon le Comité de la sécurité alimentaire mondiale (CSA)(nouvelle fenêtre), ’une personne est en situation de sécurité alimentaire lorsqu’elle a la possibilité physique, sociale et économique de se procurer une nourriture suffisante, saine et nutritive lui permettant de satisfaire ses besoins et préférences alimentaires pour mener une vie saine et active’.

La sécurité alimentaire est composée de quatre dimensions (nouvelle fenêtre) : 

  • l’accès à la nourriture ;
  • la disponibilité (quantités suffisantes) ; 
  • la qualité (nutritionnelle et sanitaire) ; 
  • la stabilité (des prix et du pouvoir d’achat).
    Et la souveraineté alimentaire ?

La souveraineté alimentaire peut se définir comme le droit des peuples à définir leurs propres politiques agricoles, ou ’droit des peuples à une alimentation saine et culturellement appropriée produite avec des méthodes durables, et le droit des peuples de définir leurs propres systèmes agricoles et alimentaires’.

Concept politique apparu lors du Sommet mondial de l’alimentation en 1996 (déclaration du mouvement altermondialiste Via Campesina), la souveraineté alimentaire est un moyen d’accéder à la sécurité alimentaire en permettant à chaque pays de satisfaire les besoins de la population.

Elle fait aujourd’hui débat pour répondre à la crise alimentaire engendrée par la guerre en Ukraine. Le 21 mars 2022, les États membres de l’UE ont donné la priorité à ’l’indépendance et souveraineté alimentaire de l’Union européenne’. Ils demandent notamment de revoir les objectifs environnementaux pour augmenter leurs productions agricoles. L’UE s’est en effet engagée à réduire de moitié l’usage de pesticides et de 20% celui d’engrais à l’horizon 2030. 

Quels sont les fondements juridiques de la sécurité alimentaire ?

La sécurité alimentaire correspond à un ensemble complexe dans lequel se mêlent l’agriculture, le commerce, le social et l’environnement. Le droit à l’alimentation (en quantité suffisante) fait partie des droits fondamentaux de la personne reconnus par les textes internationaux, notamment : 

En France, la sécurité alimentaire dépend de trois ministères :

Rapport - Conseil national de l’alimentation - Rapport annuel 2021

Qu’est-ce que le plan de résilience agricole et alimentaire français ?

Face à la hausse du prix de l’énergie, des cours des céréales et du coût de l’alimentation animale, le gouvernement a annoncé, le 16 mars 2022, un plan de résilience économique et sociale(nouvelle fenêtre) (France 2030) afin de :

  • sécuriser l’approvisionnement des produits qui entrent dans la production de biens (intrants critiques), c’est-à-dire diversifier les approvisionnements stratégiques (énergétique, agricole et industrie) ;
  • renforcer la souveraineté énergétique : sécuriser l’approvisionnement en gaz, augmenter les énergies décarbonées (biométhane, par exemple) et réduire la consommation énergétique notamment ;
  • augmenter la souveraineté alimentaire de l’Europe : intensifier la production nationale et européenne notamment en valorisant les jachères (terres cultivables laissées au repos), aider les agriculteurs.
    Par ailleurs, la France a mis en place en 2019 (jusqu’en 2024) une stratégie internationale pour la sécurité alimentaire, la nutrition et l’agriculture(nouvelle fenêtre) qui prévoit notamment de renforcer la gouvernance mondiale dans ce domaine, de développer les systèmes agricoles et alimentaires durables et aider les populations vulnérables.

En bref - Recensement agricole : comment l’agriculture a évolué depuis 10 ans ?

En quoi consiste la réglementation européenne de la sécurité alimentaire ?

Dans le cadre du Pacte vert, l’Union européenne (UE) a mis en place une stratégie ’De la ferme à la table’ (nouvelle fenêtre) qui prévoit :

  • une alimentation suffisante et abordable, tout en contribuant à l’objectif de neutralité climatique à l’horizon 2050 ;
  • un revenu équitable et un soutien résolu aux producteurs primaires ;
  • la compétitivité de l’agriculture de l’UE au niveau mondial.
    Elle est accompagnée d’une stratégie de l’UE en faveur de la biodiversité à l’horizon 2030(nouvelle fenêtre).

Plusieurs textes, obligatoires pour les pays membres de l’UE concernent la en particulier la qualité et la sécurité sanitaire, notamment :

Existe-t-il un plan d’urgence de l’UE en cas de crise ?

Lors d’une crise qui touche les prix et l’approvisionnement, l’UE dispose d’un plan d’urgence(nouvelle fenêtre), prévu dans la stratégie ’De la ferme à la table’. Mis en place en 2021 dans le cadre de la pandémie du Covid-19, il prévoit notamment la coordination de la chaîne alimentaire à l’échelle européenne pour éviter des pénuries : soutien aux agriculteurs, aides au stockage privé, dérogation aux règles de concurrence, assouplissement de la PAC (prolongation des délais de paiement, par exemple).

Le 23 mars 2022, la Commission européenne a annoncé des mesures exceptionnelles (nouvelle fenêtre) pour faire face aux répercussions de la guerre en Ukraine, notamment pour :

  • augmenter la production nationale (mobilisation des terres en jachères pour toute culture destinée à l’alimentation humaine et animale) ;
  • utiliser la réserve de crise agricole (500 millions d’euros pour aider les agriculteurs en cas d’instabilité des prix) ;
  • activer le mécanisme européen de préparation et de réaction aux crises de sécurité alimentaire (EFSCM).
    Dans les conclusions du Conseil datées du 21 mars(nouvelle fenêtre), les chefs d’État et de gouvernement avaient demandé à la Commission de ’prioriser la sécurité alimentaire mondiale, en particulier en soutenant […] l’Ukraine et les pays tiers importateurs de produits alimentaires’.

Quels sont les organismes internationaux chargés de la sécurité alimentaire ?

En Europe, outre le commissaire européen chargé de la santé et de la sécurité alimentaire, trois organes s’occupent de ce domaine :

Pour la période 2022-2031, la stratégie de la FAO(nouvelle fenêtre) prend en compte la nécessité de transformer le système agro-alimentaire en s’appuyant sur ’quatre améliorations’ : 

  • la production : innovation pour une production durable, approche ’une seule santé (nouvelle fenêtre)’, accès équitable aux ressources pour les petits producteurs ;
  • la nutrition : mise en avant des aliments nutritifs et salubres pour tous, réduction du gaspillage, notamment ;
  • l’environnement face au changement climatique en développant la bio économie et la biodiversité ;
  • les conditions de vie : croissance économique réduisant les inégalités et transformation rurale, notamment.
    La gestion de crise

La FAO dispose d’outils spécifiques en cas d’urgence alimentaire (nouvelle fenêtre) (conflit, catastrophe naturelle, épidémie, par exemple) en particulier : stocks nationaux de sécurité, désignation d’organes responsables des réserves et de la distribution alimentaire d’urgence.

Dans le cadre des risques liés au conflit ukrainien, la FAO a publié les recommandations (nouvelle fenêtre) suivantes : 

Où en est la sécurité alimentaire dans le monde ?

  • 660 millions de personnes pourraient connaître la faim en 2030.
  • L’insécurité alimentaire modérée ou grave a augmenté depuis 2014 : près d’une personne sur trois (2,37 milliards) n’a pas eu accès à une nourriture adéquate, près de 12% de la population mondiale (928 millions de personnes) était en situation d’insécurité alimentaire grave en 2020.
  • Plus de neuf enfants sur dix souffrent d’un retard de croissance.
    C’est ce qui ressort en particulier de la version 2021 de ’L’état de la sécurité alimentaire et de la nutrition dans le monde (nouvelle fenêtre)’, publiée par la FAO. L’insécurité alimentaire et la malnutrition se sont aggravées et l’objectif ’Faim zéro’ (nouvelle fenêtre) à l’horizon 2030 ne pourra pas être atteint. Sont en cause : la pandémie de Covid-19, les conflits, la variabilité du climat et les phénomènes climatiques extrêmes, les ralentissements économiques.

Rapport - Parangonnage sur la lutte contre les pertes agricoles et le gaspillage alimentaire

Définition - Parangonnage (Nom commun- Masculin) - Source

  • (Typographie) - Action ou résultat de parangonner, alignement de caractères de corps différents.
  • (Métrologie) (Rare) - Intercomparaison
  • (Économie) - Analyse comparative des performances ou du fonctionnement.
    Voir également > https://www.cnrtl.fr/definition/parangonnage

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Source : https://www.vie-publique.fr/questions-reponses/284445-la-securite-alimentaire-en-dix-questions

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    Sécurité alimentaire : l’Union Européenne veut doper sa production agricole face à la guerre en Ukraine - P.L. avec AFP - Le 22/03/2022 à 7:01 – Document ‘bfmtv.com’
    Les ministres européens de l’Agriculture étaient réunis à Bruxelles lundi pour travailler sur la stratégie agro-alimentaire de l’UE, avec l’objectif de gonfler sa production pour compenser la chute de ses approvisionnements en alimentation animale.

Réduction des jachères, aides financières, révision des objectifs de verdissement des cultures : face au choc du conflit ukrainien sur les marchés agricoles, les Vingt-Sept cherchent à doper leur production pour renforcer la sécurité alimentaire de l’UE et répondre aux risques de pénuries d’autres régions du monde.

Alors que l’invasion de l’Ukraine par la Russie, deux exportateurs majeurs de céréales, a propulsé les cours des huiles, blé, soja, colza et maïs à des records et fait flamber les prix du carburant comme des engrais, les Européens veulent amortir l’explosion des coûts pour leurs agriculteurs. Surtout, l’UE cherche à gonfler sa production, autant pour compenser la chute de ses approvisionnements en alimentation animale (plus de la moitié de ses importations de maïs venaient d’Ukraine) que pour pallier de graves crises alimentaires redoutées en Afrique et en Asie.

Les ministres européens de l’Agriculture, réunis lundi à Bruxelles, se sont penchés sur les mesures d’urgence que la Commission européenne s’apprête à valider parallèlement à la présentation mercredi de sa ’feuille de route’ de stratégie agro-alimentaire. Bruxelles propose ainsi de puiser dans la ’réserve de crise’, un fonds de 450 millions d’euros prévu pour aider les agriculteurs en cas d’instabilité des prix. Un ’accord-cadre’ temporaire permettrait aux Etats d’apporter des aides supplémentaires.

La Commission projette également un soutien au stockage privé dans la filière porcine. Surtout, l’exécutif européen veut accorder des dérogations provisoires à ses règles sur les jachères, afin d’y cultiver des protéagineux. Selon la nouvelle Politique agricole commune (PAC), qui entrera en vigueur en janvier 2023, les exploitations dépassant dix hectares devaient laisser au moins 4% des terres non cultivées pour encourager la biodiversité. ’Dans les mois qui viennent, il faut anticiper des pénuries mondiales : le recours aux jachères est nécessaire pour compenser la perte des récoltes ukrainiennes’, salue la ministre autrichienne Elisabeth Köstinger.

’Plan protéines’

Enfin, les Etats demandent à la Commission de réévaluer leurs plans stratégiques qui déclinent la future PAC au niveau national, sans trop retarder son calendrier alors que certains agriculteurs prépareront bientôt leurs assolements pour 2023. L’adaptation des plans nationaux est ’une question de bon sens’, a insisté le ministre français Julien Denormandie, pour qui Bruxelles doit faire preuve de ’transparence’ sur ses méthodes d’évaluation et tenir compte des impératifs d’’indépendance alimentaire’.

’La PAC a été établie pour garantir prévisibilité et sécurité alimentaire aux Européens, cela doit rester la priorité’, a abondé son homologue espagnol Luis Planas Puchades. L’Autriche, appuyée par Paris, plaide elle pour un ambitieux ’plan protéines végétales’ pour réduire les importations européennes de soja et maïs. ’Il y a de la marge pour rendre le secteur agricole plus résistant. Mais je ne crois pas que les contributions aux stratégies (de verdissement) doivent être abandonnées et affaiblies’, a rétorqué le commissaire à l’Agriculture Janusz Wojciechowski.

Une partie des États exigent en effet de réviser la stratégie européenne ’De la ferme à la fourchette’, qui vise, d’ici à 2030, à réduire de moitié l’usage de pesticides, de 20% celui d’engrais, et à consacrer un quart des terres au bio. Ce qui se traduirait selon plusieurs études -critiquées par Bruxelles- par une chute des rendements. ’Cette stratégie reposait sur un monde d’avant la guerre en Ukraine. Ses objectifs doivent être revus, en aucun cas l’Europe ne peut se permettre de produire moins’, a insisté la semaine dernière le président français Emmanuel Macron.

’Dérogations sur l’utilisation d’engrais organiques’

A l’unisson d’ONG environnementales, la Commission estime au contraire que la réduction prévue des engrais et pesticides permettra de préserver et revivifier les sols, donc de conforter à terme la sécurité alimentaire - d’autant que la potasse des engrais vient majoritairement de Russie et du Bélarus.

Pour les Vingt-Sept, cette dépendance-là invite plutôt à envisager ’des dérogations sur l’utilisation d’engrais organiques’ et à muscler ’l’investissement dans notre production d’engrais’, insiste Julien Denormandie.

Sur le même sujet : Industrie, agriculture... : le gouvernement dévoile un ’plan de résilience’ face aux conséquences de la guerre en Ukraine

Le ’produire davantage’ des Etats hérisse l’ONG Oxfam : ’A court terme, il n’y a pas de problème d’offre sur le blé (au niveau mondial), mais un souci d’accès pour les populations les plus vulnérables’, pour qui le prix du marché devient inaccessible, rappelle-t-elle, défendant la stratégie verte de l’UE et une agriculture basée sur la production ’locale et à petite échelle’.

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    Chronique - « Vouloir produire plus au nom de l’indépendance agricole, c’est comme vouloir mettre plus d’automobiles sur les routes au nom des économies d’énergie » - Stéphane Foucart (Chronique) - Publié le 19 mars 2022 à 04h44 - Mis à jour le 20 mars 2022 à 09h09 Temps de Lecture 4 min. Article Le Monde’ réservé aux abonnés
    Comme le rappellent près de 200 scientifiques, la guerre en Ukraine montre les limites de nos systèmes productifs actuels, explique dans sa chronique Stéphane Foucart, journaliste au « Monde ».

[« Stéphane Foucart est un journaliste français né en 1973. Ancien élève de l’École supérieure de journalisme de Lille, il est chargé de la couverture des sciences au sein du journal Le Monde, en particulier la science de l’environnement et les sciences de la Terre… » - Wikipédia ].

Voir également : [Stéphane Foucart : biographie, actualités et émissions France ...].

Lorsque les cours sont au plancher, il faut produire le plus possible pour éviter la ruine ; lorsqu’ils s’envolent, il faut produire le plus possible pour rafler la mise. La guerre en Ukraine n’est pas perdue pour tout le monde et ce ne sont pas les vendeurs de bicyclettes qui en tirent, ces jours-ci, le meilleur profit.

Depuis le début du conflit, les lobbys agro-industriels ont poussé leurs arguments avec un succès éclatant. Jusqu’à remettre en cause, en France au moins, la stratégie « Farm to Fork » (« de la ferme à la fourchette »), le volet agricole du Pacte vert de la Commission européenne. Le président candidat Emmanuel Macron l’a annoncé jeudi 17 mars : le projet de verdissement de l’agriculture européenne sera « adapté » à l’aune de la crise. Le ministre de l’agriculture, Julien Denormandie, ayant déjà annoncé la fin des jachères en France, on peut s’attendre à ce que cette adaptation s’apparente à une volonté de démantèlement en bonne et due forme.

Réduction des pesticides et des engrais de synthèse, sortie progressive de l’élevage industriel, augmentation des surfaces cultivées en agriculture biologique : tout cela nous mènerait à une « décroissance » incompatible avec la crise ukrainienne. « Nous demandons à pouvoir produire plus », a exigé Christiane Lambert, présidente de la Fédération nationale des syndicats d’exploitants agricoles (FNSEA), le 3 mars sur Franceinfo. « L’Europe ne peut en aucun cas se permettre de produire moins », a obtempéré, deux semaines plus tard, M. Macron.

Emballement inédit des cours

Cela semble tomber sous le sens. Plus d’un quart des exportations mondiales de blé venant de Russie et d’Ukraine, il paraît à première vue criminel de ne pas chercher à produire plus, d’être non autonome et de ne pas nourrir le monde affamé, en particulier les pays du Sud, dont l’approvisionnement en blé dépend de l’hémisphère Nord. Ce narratif plein d’humanité a le mérite d’être facile à comprendre. Mais, hélas !, il est faux.

Lire l’analyse : Article réservé à nos abonnés La flambée du prix des céréales secoue les agriculteurs français

Un obstacle majeur à l’approvisionnement des pays du Sud en céréales est, outre les quantités disponibles, leurs prix. Or ceux-ci sont fixés par les marchés. Ces dernières semaines, l’emballement des cours des matières premières agricoles a été inédit et il a, jusqu’à présent, eu bien plus à voir avec l’affolement et/ou la spéculation qu’avec de réelles pénuries. Ce qui motive l’agro-industrie à produire plus – c’est-à-dire les cours élevés – est donc exactement ce qui entrave l’accès des plus pauvres à la nourriture…..

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Lire aussi Emmanuel Macron confirme le tournant vers une agriculture du « produire plus »

Le Monde - Toute l’actualité en continu

Des centres d’accueil pour migrants d’un genre nouveau vont ouvrir à Calais

Source : https://www.lemonde.fr/idees/article/2022/04/10/guerre-en-ukraine-les-systemes-energetiques-les-plus-rapides-et-les-moins-chers-a-construire-dans-l-urgence-sont-l-eolien-terrestre-et-le-solaire_6121462_3232.html

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Rubrique D - Contributions des ONG Greenpeace, Oxfam et Amis de la terre

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    Qu’est-ce que Greenpeace pense de l’agriculture biologique ? - Campagnes -
    Nous voulons dans l’idéal que tous les fruits et légumes soient produits sans pesticides, et pas seulement une minorité portant un label en particulier. Augmenter la part des produits issus de l’agriculture biologique est une bonne chose mais c’est clairement insuffisant pour que le plus grand nombre de consommateurs et de producteurs bénéficient de la réduction des usages des pesticides.

En l’état actuel des politiques agricoles, produire sans pesticides coûtera sans doute un peu plus cher à court terme, mais cette différence peut être minime si la suppression des pesticides chimiques devient une vraie habitude de production. Cela signifie financer les agriculteurs qui produisent sans pesticides, les former, les accompagner, financer la recherche sur les pratiques sans pesticides , sensibiliser les consommateurs (en bref, tout ce qui est fait depuis des dizaines d’années pour l’agriculture conventionnelle, forte utilisatrice de pesticides).

De manière plus générale, Greenpeace promeut les modes de consommation qui permettent au maximum de réduire les émissions de gaz à effet de serre. Manger bio, local et de saison est l’un des meilleurs moyens pour cela.

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#Agriculture écologique #Pesticides

Et aussi...

Agriculture, ClimatMéthanisation agricole : quels risques, quels avantages ?

Agriculture, ForêtsSoja et déforestation : alimentation humaine ou animale, quelle est la cause ?

AgricultureQu’est-ce que le riz doré et quelle est la position de Greenpeace à l’égard de cet OGM ?

AgriculturePourquoi Greenpeace est contre les OGM et les nouveaux OGM ?

Aidez Greenpeace à trouver des solutions pour promouvoir l’agriculture écologique en faisant un don ! > FAIRE UN DON

Source : https://www.greenpeace.fr/position-greenpeace-bio/

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    Agriculture et dérèglements climatiques - Publié en 2016
    Agriculture, Climat - L’agriculture est l’une des causes du bouleversement climatique. Elle est en effet responsable de près d’un quart des émissions mondiales de gaz à effet de serre lorsque l’on prend en compte la déforestation (dont les raisons sont souvent d’origine agricole).

Comment l’agriculture cultive-t-elle les émissions de gaz à effet de serre ?

Les émissions de gaz à effet de serre (GES) et les dérèglements climatiques sont souvent associés dans nos esprits aux rejets industriels ou à nos déplacements en voiture. On ne sait pas assez que l’agriculture y participe grandement à travers deux gaz moins connus que le CO2 :

  • Le méthane, un gaz au pouvoir de réchauffement 28 fois plus élevé que celui du CO2 et qui serait responsable d’environ 20 % de l’accroissement de la température (+ 1 ºC) observé au cours du siècle. Ce gaz est émis par les ruminants, mais aussi par certaines techniques de riziculture.
  • Le protoxyde d’azote, lié à l’utilisation d’engrais azotés.
    À ces émissions s’ajoutent celles liées à la déforestation, puisque celle-ci est très souvent motivée par la conversion de zones forestières en terres agricoles qui servent à produire l’alimentation du bétail ou à le faire pâturer. Or la déforestation est à l’origine de 17 % des émissions mondiales de GES. Agriculture et déforestation sont ainsi responsables d’un quart des émissions mondiales de GES (24 % plus précisément, d’après le rapport 2014 du Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC) sur l’atténuation des changements climatiques).

L’adoption de techniques agricoles alternatives et la lutte contre la déforestation sont donc indispensables pour réduire ces émissions. Il est également nécessaire de changer nos habitudes alimentaires afin de soutenir ces changements.

L’agriculture, victime du dérèglement climatique

Ces changements sont d’autant plus nécessaires que l’agriculture serait l’une des principales victimes du dérèglement climatique à venir si l’augmentation de la température moyenne mondiale dépassait les 2 °C d’ici à 2100.

De par sa nature, le secteur agricole est en effet très sensible aux aléas climatiques. De plus, les systèmes de culture actuels, comme les monocultures, requièrent un climat stable et des conditions idéales. Certains cultures ont des besoins très spécifiques et ne poussent que dans des conditions géographiques et climatiques spécifiques. Ainsi, l’agriculture industrielle se porte préjudice en contribuant aux changements climatiques.

Les dérèglements climatiques menacent donc directement la souveraineté alimentaire mondiale. Et ses effets se font d’ailleurs d’ores et déjà ressentir, y compris en France. Par exemple, en Champagne, les vendanges ont lieu en moyenne deux semaines plus tôt qu’il y a 20 ans. Dans les décennies à venir, des conditions climatiques inhabituelles risquent de devenir de plus en plus courantes avec une multiplication de phénomènes météorologiques aussi extrêmes que variés, tels que :

  • Les vagues de chaleur, les sécheresses et la désertification.
  • La salinisation des terres.
  • Les variations imprévisibles de la pluviosité.
  • La réduction des réserves en eau par endroits, les inondations et la prolifération des parasites et des maladies dans d’autres.
    Dérèglements climatiques et inégalités

Les populations les plus touchées par les variations climatiques sont les plus pauvres et les plus dépendantes des fluctuations des prix des matières premières. L’injustice climatique renforce les inégalités économiques et sociales.

Quelles solutions ?

Pour réduire les émissions de GES du secteur agricole, il est nécessaire d’engager une transition vers une agriculture écologique en changeant les pratiques agricoles et en repensant notre consommation. Cela passe par :

  • Une optimisation de la fertilisation azotée des sols. Le recours aux engrais azotés de synthèse, plus particulièrement à l’azote et au phosphore, doit être limité au strict minimum. L’objectif de l’agriculture écologique est de restituer, au bon moment et en quantités adéquates, tous les types de fumier et de résidus alimentaires dans les terres agricoles.
  • Une transition vers un élevage écologique, c’est-à-dire produire moins, mieux et de façon plus équitable. L’élevage écologique n’a recours qu’aux terres et aux ressources agricoles qui ne sont pas directement utilisables pour l’alimentation humaine. Sa mise en œuvre implique donc de réduire notre cheptel mondial, en particulier en Europe, pour privilégier des systèmes extensifs, à base d’herbe pour les ruminants. Ces systèmes extensifs sont la plupart du temps moins émetteurs de GES. Un élevage écologique jouerait également un rôle clé dans les agroécosystèmes en contribuant notamment à optimiser la fertilisation des sols. À court terme, une meilleure gestion du lisier/fumier peut permettre de diminuer également les GES même si une réduction du cheptel reste nécessaire.
  • La préservation des sols. Il est indispensable d’avoir un sol en bonne santé, capable de fixer les nutriments et donc de stocker du carbone. Certaines pratiques agroécologiques permettent d’augmenter la quantité de carbone contenue dans les sols, comme les cultures de couverture.
  • L’amélioration de la production de riz. La riziculture par inondation est responsable de près de 10 % des émissions de méthane. Or, en asséchant les rizières hors-saison et en utilisant la bonne quantité d’eau (plutôt qu’en inondant), il est possible de réduire facilement ces émissions.
    Pour le climat, un coup de fourchette magique !

Le premier moyen de réduire les émissions de GES de l’agriculture française, c’est de revoir ce que l’on met dans nos assiettes, et notamment de manger moins et mieux.

Voici quelques conseils faciles à suivre  :

  • Moins gaspiller.
  • Consommer moins de produits transformés et emballés.
  • Manger bio, local et de saison.
  • Manger moins de viande, d’œufs et de produits laitiers. Greenpeace recommande ainsi un maximum d’environ 12 kg de viande issus de l’élevage écologique par personne et par an (soit environ 230 g par semaine) et 26 kg de lait par personne par an (soit un demi litre de lait par semaine). Le choix de chacun d’adopter un régime végétarien ou végétalien permet également de contribuer encore plus à l’effort collectif de réduction de la consommation de produits animaux. Adopter une alimentation divisée par deux en protéines animales dégagerait assez de nourriture pour deux milliards de personnes supplémentaires !
    Plus généralement, il faut abandonner l’agriculture industrielle, destructrice de l’environnement et fortement émettrice de gaz à effet de serre, et favoriser l’agriculture écologique, qui préserve la biodiversité, les eaux et les sols.

C’est une évidence : plus on augmente le nombre d’espèces ou de variétés présentes dans un champ ou un écosystème, plus forte est la probabilité qu’au moins certaines d’entre elles puissent faire face aux variations climatiques. De la diversité découle la sécurité alimentaire.

#Agriculture industrielle #Dérèglement climatique #Elevage

Source : https://www.greenpeace.fr/agriculture-dereglements-climatiques/

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    Agriculture - 12 priorités pour un nouveau pacte agricole et alimentaire - Publié en 2018 – Document ‘greenpeace.fr’
    Présentation des 12 priorités de la plateforme Pour une autre PAC pour la réforme de la PAC post 2020 et document d’analyse sur la proposition de la Commission européenne de juin 2018.

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#Agriculture durable #Agriculture écologique #Agriculture industrielle #Elevage #Néonicotinoïdes #OGM #Pesticides #Réglementation #Sécurité alimentaire

Source : https://www.greenpeace.fr/politique-agricole-commune-12-priorites-nouveau-pacte-agricole-alimentaire/

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    Agriculture - 26 organisations environnementales, citoyennes et paysannes dénoncent l’instrumentalisation de la guerre en Ukraine par les tenants d’une agriculture productiviste - Publié le 10 mars 2022 – Document ‘greenpeace.fr’
    Alors que la guerre en Ukraine présage de graves conséquences pour l’agriculture et la sécurité alimentaire en Europe et dans le monde, les représentants d’un modèle agricole industriel, sous couvert de répondre à une demande alimentaire mondiale, cherchent à détricoter les rares avancées environnementales des politiques agricoles européennes pour pousser leur logique productiviste.

Dès le début du conflit, les porte-étendards de l’agriculture industrielle se sont engouffrés dans la brèche pour intensifier leur lobbying [1] contre la stratégie européenne “De la ferme à la fourchette” [2]. La FNSEA a ainsi appelé à son abandon [3] en la qualifiant de “décroissante”, au motif que celle-ci prévoit une réduction de 20% des engrais et de 50% des pesticides, ainsi que l’accroissement des surfaces nécessaires à la biodiversité. Dans la lignée de la FNSEA, des représentant·es politiques, comme le ministre de l’Agriculture, demandent la mise en production des 4% de terres en jachères [4] pour répondre à la demande alimentaire mondiale, ce qui va à l’encontre d’une des rares avancées de la nouvelle Politique Agricole Commune.

Une nouvelle mise en lumière de la fragilité de notre agriculture productiviste

S’il est nécessaire de prendre des mesures immédiates pour répondre aux conséquences terribles de la guerre, cela ne doit pas être au détriment des autres enjeux auxquels l’humanité fait face, comme la souveraineté alimentaire des peuples, la pollution généralisée des milieux et ses conséquences ou encore l’urgence climatique, rappelée récemment par le GIEC.

La situation actuelle illustre de manière frappante à quel point l’alimentation et l’agriculture en Europe et l’élevage industriel en particulier, sont dépendants d’importations : engrais de synthèse et pesticides, fabriqués à partir de gaz et de pétrole en partie importés de Russie, voient leur prix s’envoler en raison des ruptures d’approvisionnement. En conséquence, les coûts de production flambent pour les éleveurs, qui sont aussi fortement dépendants de céréales (maïs) et d’oléagineux (tourteaux de tournesol) importés d’Ukraine pour l’alimentation animale – denrées également en rupture d’approvisionnement.

Des choix de société s’imposent

La guerre en Ukraine et ses conséquences nous forcent ainsi à réfléchir aux choix fondamentaux de l’agriculture européenne et de l’accès pour toutes et tous à une alimentation saine et respectueuse de l’environnement. Au-delà des premières mesures d’urgence, nos organisations demandent qu’une véritable transition agroécologique, la seule compatible avec l’autonomie de nos agriculteurs et agricultrices et donc avec notre souveraineté alimentaire, soit mise en marche.

Cela implique :
– de revoir à la baisse nos niveaux de production et de consommation de viande et autres produits animaux,
– de développer des modes d’agriculture et d’élevage autonomes, peu dépendants des énergies fossiles et des intrants de synthèse,
– de développer en parallèle la production de légumineuses, les élevages extensifs, ainsi que les pâturages et les prairies permanentes associées.

Nous appelons également à un sursaut de la communauté internationale pour prendre des mesures immédiates et de moyen terme adaptées, sous l’égide du Comité de la sécurité alimentaire mondiale. Le G7 [5], qui se réunit exceptionnellement sur le sujet ce vendredi, ne saurait être un espace légitime et inclusif face à cette crise mondiale. La souveraineté alimentaire française ne pourra se construire aux dépens de celles des autres pays et encore moins sans eux.

Pour contribuer à la vraie souveraineté alimentaire, énergétique et écologique de la France et de l’Europe, les rares avancées environnementales des politiques publiques européennes agricoles et alimentaires doivent être préservées et le plan de résilience prévu par le gouvernement doit être construit sur une vision de long terme et prenant en compte les intérêts des citoyen·nes du monde entier.

La lettre ouverte adressée par les organisations à Emmanuel Macron, Président de la République à la tête de la présidence française de l’Union européenne, et à Julien Denormandie, ministre de l’Agriculture, est consultable ici.

Notes aux rédactions :

[1] Source : L’intense lobbying de l’agro-industrie contre « Farm to Fork », le volet agricole du Pacte vert européen, Le Monde, 12/10/2021
[2] Stratégie “De la fourche à la fourchette”, volet agricole du Green Deal, portée par la Commission européenne.
[3] Voir https://twitter.com/EricTHIROUIN/status/1498191409144373250
[4] Qualifiées à tort de “non-productives” par ces acteurs, les jachères et les infrastructures agroécologiques (haies, mares, bosquets, etc.) sont pourtant essentielles à la fertilité des sols et à la biodiversité des milieux agricoles.
[5] Le G7 et le G20 ne représentent que les principaux pays producteurs de céréales et non ceux dépendants des importations.

Signataires (par ordre alphabétique) :

Agir pour l’Environnement, Alofa Tuvalu, Amis de la Terre, Attac France, Cantine sans plastique France, CCFD-Terre Solidaire, CIWF France, Commerce Equitable France, Eau et Rivières de Bretagne, Fédération Associative pour le Développement de l’Emploi Agricole et Rural, Fédération Nationale d’Agriculture Biologique, Foodwatch France, Fondation pour la Nature et l’Homme, France Nature Environnement, Générations futures, Greenpeace France, Ingénieurs sans Frontières – AgriSTA, Justice Pesticides, LPO France, MIRAMAP, Réseau Action Climat, Réseau Environnement Santé, Syndicat National d’Apiculture, SOL – Alternatives Agroécologiques et Solidaires, Terre d’Abeilles, UNAF

Source : https://www.greenpeace.fr/espace-presse/26-organisations-environnementales-citoyennes-et-paysannes-denoncent-linstrumentalisation-de-la-guerre-en-ukraine-par-les-tenants-dune-agriculture-productiviste/

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    Agriculture - Qu’est-ce que la troisième révolution agricole « slogan gouvernemental » - Non daté - Document ‘greenpeace.fr’
    Lors de son quinquennat, Emmanuel Macron et les ministres de l’Agriculture des gouvernements successifs n’ont cessé de promouvoir une “troisième révolution agricole” avec l’appui du syndicat agricole majoritaire, la FNSEA.

Le plan “France 2030” prévoit ainsi un investissement massif dans la recherche et le développement de nouvelles technologies que le gouvernement veut mettre au service d’une agriculture dite de précision. C’est cette agriculture qui répondrait selon lui au “double défi de la nutrition et du carbone” et permettrait à la France de reconstruire sa souveraineté alimentaire.

La troisième révolution agricole n’en est pas une

La troisième révolution agricole se fonde sur le triptyque “numérique, robotique, génétique”. Elle s’appuie sur le développement et l’usage de l’intelligence artificielle, sur la production et l’analyse de données numériques à petite et grande échelles (pour “maîtriser” l’épandage de pesticides par exemple), sur l’investissement dans du machinisme agricole à la pointe de la technologie et sur la production de semences et d’aliments génétiquement modifiés (OGM). Ce triptyque repose ainsi sur la consommation de ressources naturelles du monde entier et réduit toujours plus l’autonomie des producteurs et des productrices qui investissent dans ces différentes technologies. De plus, le recours à des nouvelles technologies est susceptible de faire courir de nouveaux risques sanitaires ou environnementaux mal évalués à jour, comme c’est le cas des nouvelles techniques visant à créer des aliments génétiquement modifiés.

Sans ambiguïté, le triptyque au cœur de la troisième révolution agricole perpétue la logique productiviste du modèle agricole dominant, qui soutient l’industrialisation délétère de notre agriculture. Il n’a rien de révolutionnaire, puisqu’il s’inscrit pleinement dans la continuité du développement du modèle agricole industriel. C’est ce modèle qui pousse les exploitations à croître en taille mais à diminuer en nombre, à faire primer la recherche de rendement sur la préservation du vivant, et qui a provoqué la diminution drastique du nombre d’agriculteurs et d’agricultrices en activité et la hausse de leur endettement tout en permettant à quelques agro-industriels de prospérer. Croire encore et toujours que le progrès technique résoudra les maux de notre agriculture sans avoir besoin d’en transformer en profondeur le modèle est une hérésie.

La révolution agricole sera sociale et écologique ou ne sera pas

Il ne s’agit pas de rejeter telle ou telle innovation technologique, mais de rompre avec le modèle délétère soutenu par cette “révolution”. Car c’est cette foi aveugle dans le progrès technique et l’intensification à tout va qui entrave la vraie révolution dont notre agriculture, les agriculteurs et les agricultrices ont besoin. Cette révolution doit être écologique et sociale et doit avant tout consister à renverser le paradigme productiviste qui enferme l’agriculture française dans la recherche de la compétitivité à tout prix.

Pour que cette vraie révolution advienne, le nombre d’agriculteurs et d’agricultrices doit être augmenté, leur rémunération fixée justement et les pratiques agroécologiques doivent devenir la norme et être davantage valorisées. À cette fin, les subventions publiques doivent être dirigées vers les agricultrices et les agriculteurs adoptant des pratiques pourvoyeuses en emplois et respectueuses de l’environnement. Les marges des intermédiaires doivent être réduites, et les prix de vente doivent être justes et permettre aux producteurs et aux productrices de vivre dignement de leur métier. Le commerce international doit être redéfini pour protéger l’agriculture locale et l’environnement. Le droit à une alimentation saine doit être garanti pour toutes et tous, grâce à des politiques publiques comme la mise en place d’une sécurité sociale de l’alimentation.

La révolution agricole doit en outre reposer sur une utilisation plus judicieuse des ressources et la diminution de la production alimentaire non durable. Cela passe nécessairement par la relocalisation des productions agricoles ainsi que la réduction du gaspillage alimentaire, de la production de viande et de l’utilisation des terres dédiées aux agro-carburants.

Seules, ces évolutions profondes, politiques et humaines permettront le développement d’un nouveau système agricole et alimentaire, à la fois juste, social, démocratique et écologique.

Source : https://www.greenpeace.fr/quest-ce-que-la-troisieme-revolution-agricole/

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    Agriculture : des choix décisifs s’imposent pour sortir de la dépendance - Publié le 30 mars 2022 – Document ‘Greenpeace’
    Plusieurs dizaines de militants et militantes représentant 24 organisations environnementales, paysannes et citoyennes [1] sont rassemblées aujourd’hui devant le palais des congrès de Besançon où se déroule le “grand oral” des candidats et candidates à l’élection présidentielle, organisé par la FNSEA. Face à la crise engendrée par la guerre en Ukraine, les organisations expriment leurs inquiétudes sur l’orientation politique proposée à court terme par le gouvernement au sein de son plan de résilience, et les adaptations apportées à la stratégie européenne “De la ferme à la fourchette” [2].

Elles interpellent également les candidats et candidates à l’élection présidentielle sur leur vision à long terme des politiques agricoles et alimentaires, et leur soumettent une série de propositions pour repenser en profondeur notre système alimentaire afin qu’il soit plus résilient face aux crises d’aujourd’hui et de demain.

En face du palais des congrès de ‘Micropolis’, les militants ont déployé une banderole géante de 9 mètres de long sur laquelle est écrit “Agriculture : plan de résilience ou plan de dépendance ?”, en référence aux mesures annoncées et censées soutenir les agriculteurs. D’autres bannières sont déployées pour rappeler la nécessité, dans le contexte géopolitique dramatique, de “Nourrir les gens, pas les profits” et de “Soutenir la paix, pas les engrais”.

https://cdn.greenpeace.fr/site/uploads/2022/03/2022_03_30_action_congres_FNSEA_besancon_basile_mesre_barjon_9671-scaled.jpg

Photo - Des photos de la mobilisation sont disponibles ici. © Basile Mesré-Barjon 📷

Si la guerre en Ukraine rappelle de façon tragique la fragilité de notre système agroalimentaire, trop dépendant de certaines matières premières importées [3], elle est aussi l’occasion de mettre en lumière les manœuvres délétères des défenseurs d’une production agricole industrielle. Au niveau national, si certaines mesures du plan de résilience [4] vont dans le bon sens (renforcement du Plan Protéines Végétales par exemple), d’autres ne constituent qu’une nouvelle perfusion, à hauteur de 550 millions d’euros, à un modèle dysfonctionnel et renforcent encore la dépendance des agriculteurs et agricultrices aux intrants chimiques (engrais de synthèse et pesticides) et à l’importation d’alimentation animale.

Un double discours inquiétant d’E. Macron qui montre ses limites en matière d’écologie

Le président a annoncé la nécessité de produire davantage en Europe [5], et ce, tout en respectant les normes environnementales en vigueur. Bien que ces mots semblent en apparence positifs, ils masquent la véritable intention d’Emmanuel Macron candidat, puisqu’il a également annoncé son souhait de revenir sur la stratégie “De la ferme à la fourchette” [6].

En effet, sous couvert de “produire plus pour nourrir le monde”, le ministre de l’agriculture J. Denormandie et le président E. Macron ont relayé, dans le cadre de la PFUE, les mesures portées par l’agroindustrie et la FNSEA en particulier [7] : mise en culture pour la dernière année de la PAC actuelle des surfaces d’intérêt écologique – dont jachères essentielles à la biodiversité et à la restauration des sols, et autorisation de l’usage de pesticides sur ces surfaces. Nos organisations dénoncent fortement ce rétropédalage environnemental de la Commission européenne et du gouvernement français [8].

Rétropédalage d’ailleurs décrié récemment par plus de 600 scientifiques et chercheurs du monde entier [9] et qui ressemble fort à un cadeau fait aux lobbies agroindustriels, qui n’ont pas attendu la guerre en Ukraine pour promouvoir sans relâche [10] cette fausse solution de “produire plus” pour “libérer le potentiel agricole de la France” [11].

Une vision productiviste à contre-sens de la sécurité alimentaire mondiale
En tant que président du Conseil de l’Union européenne, Emmanuel Macron a récemment annoncé la mise en place d’un plan d’urgence pour la sécurité alimentaire : FARM (Food and Agriculture Resilience Mission) [12]. S’il faut saluer le fait que la France prenne la mesure de la crise alimentaire qui se profile, FARM semble faire fi des connaissances et analyses sur les causes structurelles de la faim dans le monde, et se concentre sur de simples enjeux de production et gestion des marchés.

“Produire plus” pour répondre à un manque de disponibilité n’est pas la solution : nous produisons suffisamment de nourriture pour nourrir l’ensemble de l’humanité. Certes, il y a un risque de pénurie alimentaire à moyen terme (12 à 18 mois), mais il est possible d’y répondre en produisant autrement, en utilisant une partie des sols actuellement destinés à l’alimentation animale et aux cultures énergétiques pour la production d’alimentation humaine et en renforçant les capacités productives des pays en développement pour assurer leur souveraineté alimentaire [13].

Les organisations de la société civile appellent les candidat·es à se saisir des enjeux agricoles et alimentaires et à faire les bons choix

Alors que le modèle agricole prôné par la FNSEA depuis 60 ans a aggravé la dépendance de notre système aux énergies fossiles et à un marché très mondialisé et volatile, il est temps de s’attaquer aux causes structurelles de cette situation qui nous conduit droit dans le mur. Cette guerre doit être l’occasion de faire le choix de la durabilité et de la transition, et les candidats et candidates à l’élection présidentielle doivent proposer des mesures concrètes pour aller en ce sens. La France doit notamment demander une session extraordinaire du Comité sur la Sécurité Alimentaire Mondiale pour coordonner une réponse à la crise à la hauteur des enjeux et de la future souveraineté alimentaire mondiale.

Pour sortir de nos dépendances, assurer la souveraineté alimentaire des peuples et garantir le droit à une alimentation saine et de qualité, tout en préservant la santé de notre planète, il est urgent de soutenir le monde agricole et d’engager la transition des modèles actuels de consommation et de production alimentaires vers des systèmes réellement agroécologiques et relocalisés à forte résilience. Nos organisations proposent au gouvernement et aux candidat·es à l’élection présidentielle des mesures concrètes à mettre en œuvre à court et moyen termes, et ce aux niveaux national, européen et international.

Voir le document de mesures « CRISE AGRICOLE ET CRISE ALIMENTAIRE : UNE ALTERNATIVE EST POSSIBLE »

Notes aux rédactions :

[1] Organisations présentes sur place à Besançon (par ordre alphabétique) : Alternatiba / ANV-COP21 (groupe local de Besançon), Combat Monsanto, Faucheurs Volontaires 21, Fédération Nationale d’Agriculture Biologique, France Nature Environnement, GAB25, Générations Futures, Greenpeace France, Interbio Franche-Comté, Les Ami.e.s de la Confédération Paysanne, Les Amis de la Terre.

D’autres organisations sont également signataires de ce communiqué (par ordre alphabétique) : CCFD-Terre Solidaire, CIWF France, Confédération Paysanne, Fondation pour la Nature et l’Homme, Foodwatch France, ISF-Agrista, MIRAMAP, Réseau Environnement Santé, SOL Alternatives Agroécologiques et Solidaires, Syndicat National d’Apiculture, Terre de Liens, Terre & Humanisme, Union Nationale de l’Apiculture Française.

[2] Stratégie européenne “From Farm to Fork”, qui vise notamment à réduire la dépendance de l’UE aux intrants chimiques (pesticides et engrais de synthèse) et à promouvoir l’agriculture biologique.

[3] La France est dans une situation de dépendance stratégique et accrue : nos importations d’engrais azotés ont augmenté de 75% entre 2001 et 2019, nous importons du gaz et du pétrole pour faire tourner nos tracteurs, et nous dépendons également des importations de machines agricoles (1,33 milliard de déficit en 2019), de robots et de logiciels. Source : Haut commissariat au plan, juillet 2021

[4] Plan de résilience présenté par le gouvernement le 16 mars 2022.

[5] Sécurité alimentaire mondiale : Macron propose un plan d’urgence face à l’invasion russe de l’Ukraine (La Libre, 24/03/22)

[6] Emmanuel Macron confirme le tournant vers une agriculture du « produire plus » (Le Monde, 18/03/22) et https://twitter.com/Renaissance_UE/status/1504467866845818880

[7] Mesures adoptées le 23 mars par la Commission européenne.

[8] Lettre ouverte “30 organisations environnementales, citoyennes et paysannes dénoncent l’instrumentalisation de la guerre en Ukraine par les tenants d’une agriculture productiviste” (10/03/22)

[9] Food crisis due to Ukraine war calls for demand-side action : less animal products, less waste, and greening EU agricultural policy (Potsdam Institute for Climate Impact Research, 18/03/22)

[10] 1988-1992 : la mise en place des jachères, un crève-cœur pour les agriculteurs (Ina, 14/03/22)

[11] Cette décision de remise en culture des jachères constitue en effet une demande des lobbies de l’agriculture industrielle qui précède la crise en Ukraine. Les surfaces d’intérêt écologique représentent moins de 2% de la surface agricole européenne et sont un réservoir de biodiversité et de fertilité indispensable à notre production future.

[12] Lancement de l’initiative FARM (réactive du CCFD-Terre Solidaire, 25/03/22)

[13] Nous utilisons en Europe 5% des céréales à des fins industrielles principalement pour les agrocarburants (source : Our World in Data). Décider de produire à des fins d’alimentation humaine plutôt qu’énergétiques permettrait de libérer près de 15 millions de tonnes de céréales (en considérant que le volume total de céréales produit par l’Europe est de 303 millions de tonnes).

Source : https://www.greenpeace.fr/espace-presse/agriculture-des-choix-decisifs-simposent-pour-sortir-de-la-dependance/

Et aussi...

Agriculture — 23 mars 2022Réduire l’élevage industriel dans l’Union européenne permettrait ...

Agriculture — 10 mars 202226 organisations environnementales, citoyennes et paysannes dénon...

Agriculture — 27 février 2022[Action] Depuis le Salon de l’Agriculture, Greenpeace demande un ...

Agriculture — 15 février 2022– « Controverses de l’agriculture et de l’alimentation 2022 : une vision majoritairement dépassée de l’agriculture - Ce matin, les Controverses de l’agriculture et de l’alimentation 2022, organisées par le groupe de presse agricole Réussir Agra, ont invité les candidats à l’élection présidentielle ou leur expert agricole à présenter leur programme politique pour l’agriculture et l’alimentation. 

Le ton très partial de la matinée était donné : l’événement se tenait à la maison de la Chimie, soutenu par le groupe agro-industriel Avril et l’entreprise de production de semences agricoles Corteva Agriscience, et ponctué d’interventions par le groupe Avril, Corteva Agriscience ou encore la FNSEA. 

Premier à ouvrir le bal, le ministre de l’Agriculture et de l’alimentation Julien Denormandie a réaffirmé son triptyque “Robotique, génétique, numérique” et son soutien aux nouveaux OGM, défendant une fuite en avant technologique qui condamne la liberté de choix des agriculteurs, et ne pourra se faire qu’au détriment de l’environnement, à l’image de la politique agricole climaticide menée par Emmanuel Macron durant son quinquennat.

Les interventions suivantes ont également déçu, avec une incapacité partagée à saisir l’urgence de la transition agroécologique et la nécessité de transformer fondamentalement nos modèles alimentaires. 

Deux interventions sont cependant sorties du lot : celles de Benoît Biteau, expert agricole pour le candidat Yannick Jadot (EELV), et Loïc Prud’homme, expert agricole pour le candidat Jean-Luc Mélenchon (LFI). Ils se sont démarqués en prônant une nécessaire réduction de la consommation de viande et la fin des élevages industriels au profitd’élevages écologiques, et en rappelant l’urgence de la sortie des pesticides et du glyphosate. 

De manière générale, Greenpeace France regrette que les intervenants n’aient pas pris des positions plus marquées sur l’encadrement strict de tous les OGM et la mise en place de politiques publiques concrètes pour garantir le droit à l’alimentation des Français et Françaises, telles que la sécurité sociale de l’alimentation. 

Greenpeace France : Rejoignez le mouvement - Greenpeace13 rue d’Enghien 75010 Paris - Tel : 01 80 96 96 96 - © Greenpeace France 2022 -

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OXFAM

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    Le conflit en Ukraine menace d’aggraver des crises alimentaires déjà dévastatrices – Posté le 22 mars 2022 - Auteur : Oxfam - Date de parution : mars 2022 -
    La crise en Ukraine a fait exploser les prix des denrées alimentaires dans le monde entier. Alors que plus de 161 millions de personnes dans 42 pays souffrent déjà d’une faim aiguë, cette situation aggrave des crises déjà dévastatrices en raison d’une multitude de facteurs : conséquences de la pandémie de Covid-19, impacts du changement climatique ou encore conflits locaux. Il faut d’urgence soutenir les populations exposées et transformer nos systèmes alimentaires.

Lire le dossier de presse

Crise ukrainienne : une inflation fulgurante du prix des denrées agricoles

Au-delà de ses répercussions immédiates sur les populations locales et sur la paix internationale, le conflit en cours en Ukraine met en péril la sécurité alimentaire de nombreuses populations à travers le monde.

L’Ukraine et la Russie sont des acteurs importants des exportations alimentaires mondiales. Les deux pays sont des producteurs et exportateurs majeurs de denrées telles que le blé (environ 30 % des exportations mondiales), l’orge (environ 32%), le maïs (environ 17%) mais aussi des produits à base de tournesol comme les grains, les huiles ou les tourteaux (plus de 50%) (source). Par ailleurs, la Russie représente 15% des exportations mondiales d’engrais azotés et 17% des engrais potassés (source).

Dès que la crise a éclaté, les exportations en provenance de ces deux pays ont drastiquement diminué, provoquant un tarissement des denrées disponibles et surtout, par effet d’anticipation, un emballement des marchés agricoles mondiaux. Le marché à terme sur le blé de Chicago, influent dans le secteur, a augmenté de 50 % en quelques jours (source), tandis que certaines prévisions estiment que la hausse générale des denrées alimentaires pourrait atteindre 20 %.

Un impact désastreux sur la sécurité alimentaire de nombreux pays

Alors que la crise de la Covid-19 avait déjà révélé la fragilité du système alimentaire mondial face aux chocs extérieurs, la situation en Ukraine et en Russie a aujourd’hui un impact considérable sur certains pays déjà en proie à la faim.

Cette hausse soudaine liée à la situation en Ukraine intervient alors même que les prix alimentaires mondiaux étaient déjà très élevés, avec une augmentation des prix du blé de 80% entre avril 2020 et décembre 2021. Et de nouvelles hausses de prix sont probables dans les prochains mois, tant au niveau des denrées alimentaires que des engrais et de l’énergie.

Pour les personnes vivant dans des pays qui dépendent des exportations de blé, et pour l’ensemble du système alimentaire mondial, cette situation est potentiellement catastrophique. Ce niveau insoutenable des prix du marché a de grandes chances d’intensifier les crises de la faim dans les pays de la Corne de l’Afrique (Ethiopie, Somalie, Kenya), du Moyen-Orient (Yémen, Syrie) ou encore dans le Sahel (Mali, Burkina Faso). Une augmentation des prix qui risque d’être ressentie de manière plus aiguë encore par celles et ceux qui supportent déjà le plus le poids de la faim : les femmes, les enfants et les populations vulnérables.

En outre, 13 pays à faible ou moyen revenu dépendent directement des importations russes et ukrainiennes de produits alimentaires et d’engrais pour nourrir leurs populations, dont certaines sont déjà confrontées à des conditions proches de la famine. Près de 50 pays dépendent de l’Ukraine et de la Russie pour plus de 30% de leurs besoins en importations de blé.

La crise ukrainienne montre une nouvelle fois les limites du système alimentaire mondial

Ces dernières années, le monde a connu des récoltes record de production de céréales. On estime que près de 3 milliards de tonnes de céréales seront produites en 2022. L’augmentation de la production mondiale n’est donc pas la solution car les agriculteurs produisent déjà plus que nécessaire pour nourrir l’ensemble de la planète.

Oxfam a déjà mis en lumière le fait que les crises de la faim sont liées à l’impossibilité pour les populations d’accéder à de la nourriture, et non pas à un problème de quantité.

Les inégalités, la pauvreté et les conflits, couplés aux effets catastrophiques la pandémie de Covid-19 sur la stabilité des systèmes alimentaires, sont les principaux moteurs de la faim.

Ce qui doit être fait :

  • Sauver des vies immédiatement : Il est urgent que les gouvernements augmentent le financement de l’aide alimentaire et de l’agriculture pour éviter des catastrophes imminentes, notamment en répondant aux appels du Programme Alimentaire Mondial.
  • Respecter les engagements : Les gouvernements donateurs ne doivent pas rediriger l’aide, les ressources ou les engagements politiques déjà pris en faveur des crises existantes.
  • Réguler les marchés : Les gouvernements doivent éviter les restrictions aux exportations, la transparence des marchés doit être accrue et de nouvelles règles doivent être mises en œuvre pour empêcher la spéculation financière.
  • Transformer les systèmes alimentaires. Plutôt que perpétuer le modèle industriel dominant (cultures spécialisées, recours intensif aux engrais de synthèse et aux pesticides) qui rend les agricultures locales vulnérables et accentue les dégradations environnementales, il faut soutenir l’agriculture paysanne et agroécologique, et renforcer la place des femmes dans l’agriculture.
  • Garantir la sécurité alimentaire dans les politiques commerciales. Les règles du commerce international devraient soutenir le développement des systèmes alimentaires locaux et éviter la concurrence déloyale des grands conglomérats agro-industriels.
  • Développer une protection sociale universelle. Il faut que tous les Etats déploient des mesures de protection sociale pour soutenir leur population, et en priorité les plus vulnérables. Les mesures doivent inclure des transferts inconditionnels d’argent ou de nourriture de large ampleur.
    Lire le rapport - Lire le dossier de presse

Source : https://www.oxfamfrance.org/rapports/le-conflit-en-ukraine-menace-daggraver-des-crises-alimentaires-deja-devastatrices-a-travers-le-monde/

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  • Guerre en Ukraine : Oxfam alerte sur le risque de « pénuries alimentaires » en Afrique et au Moyen-Orient - Mis en ligne le 22/03/2022 à 16:46 – Document ‘lunion.fr’
    Le réseau international Oxfam, qui lutte contre la faim dans le monde, alerte sur les conséquences « potentiellement catastrophiques » de la guerre en Ukraine sur l’accès aux denrées alimentaires dans les pays déjà en proie à la famine et à la hausse des prix des importations.

Un épisode de famine au Soudan du Sud, en 2017.

Photo dramatique : un épisode de famine au Soudan du Sud, en 2017. - AFP

Alors que l’inflation est l’une des conséquences majeures de la guerre en Ukraine, le blé ayant notamment atteint un niveau record sur le marché européen, celle-ci pourrait avoir un impact « potentiellement catastrophique » sur les pays pauvres. « Cette situation aggrave des crises de la faim déjà dévastatrices et fait craindre des pénuries alimentaires », alerte actuellement dans un communiqué alarmiste le réseau Oxfam (Comité d’Oxford pour le soulagement de la famine), qui fédere 20 organisations caritatives à travers le monde.

La Russie et l’Ukraine étant respectivement le premier et troisième exportateur de blé au niveau mondial, les organisations humanitaires craignent que la guerre n’aggrave une situation déjà critique dans ces régions ultra-dependantes des importations de blé, notamment russes. « Treize pays à faible ou moyen revenu dépendent des importations russes et ukrainiennes de produits alimentaires et d’engrais pour nourrir leurs populations, dont certaines sont déjà confrontées à des conditions proches de la famine, développe Oxfam. L’Érythrée et la Somalie dépendent presque entièrement des importations de blé en provenance de Russie et d’Ukraine. En 2021, l’Érythrée a importé la totalité de son blé de Russie (53 %) et d’Ukraine (47 %). La Somalie en a importé plus de 90 %. Le Yémen s’approvisionne pour près de la moitié de ses besoins en blé auprès de ces deux pays. »

Découvrir plus de vidéos

Oxfam rappelle malgré tout que cette inflation du prix du blé ne date pas d’hier puisqu’il a déjà connu « une augmentation des prix de 80 % entre avril 2020 et décembre 2021 ». «  Le problème le plus important, toutefois, est l’accès à une nourriture abordable, et non sa disponibilité », martèle Oxfam, alors que «  plus de 161 millions de personnes dans 42 pays souffrent déjà d’une faim aiguë » et que «  plus d’un demi-million de personnes connaissent des conditions proches de la famine ».

Face à l’urgence, le réseau Oxfam appelle à une hausse immédiate du «  financement de l’aide alimentaire (…) pour sauver des vies et éviter une catastrophe alimentaire imminente ». La fédération appelle les gouvernements donateurs à ne pas « rediriger l’aide, les ressources ou les engagements politiques déjà pris en faveur des crises alimentaires existantes », à prendre des mesures pour éviter « la spéculation financière excessive » ou encore à transformer plus globalement le système alimentaire mondial en évitant «  la concurrence déloyale des grands conglomérats agricoles » et en réglementant «  afin de garantir que les exportations ne menacent pas le développement et la stabilité des marchés locaux ».

L’Union est « un quotidien régional français, dont le siège se trouve à Reims (Marne). Il est diffusé dans les départements de la Marne, de l’Aisne et des Ardennes. »

logo-union - Jean-Claude Borelly

Source : https://www.lunion.fr/id353690/article/2022-03-22/guerre-en-ukraine-oxfam-alerte-sur-le-risque-de-penuries-alimentaires

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    Crise alimentaire en Afrique de l’Ouest : la pire situation en dix ans, avec 27 millions de personnes souffrant de la faim – Posté le 5 avril 2022 - Communiqué conjoint d’Oxfam, Action Contre la Faim, Care, Handicap International, Save The Children, Tearfund, World Vision, Rescue, NRC, Mercy Corps et Alima
    11 millions de personnes supplémentaires pourraient basculer dans la faim au cours des trois prochains mois.

L’Afrique de l’Ouest connaît sa pire crise alimentaire depuis une décennie, avec 27 millions de personnes qui souffrent de la faim. Ce nombre pourrait grimper à 38 millions de personnes d’ici juin si des mesures ne sont pas prises de manière urgente ; il s’agirait d’un nouveau cap historique et d’une augmentation de plus d’un tiers par rapport à 2021. Cette alerte est lancée par onze organisations internationales réagissant aux nouvelles analyses du Cadre harmonisé de mars 2022 et à la veille de la conférence virtuelle de l’Union européenne et du Club du Sahel et de l’Afrique de l’Ouest sur la crise alimentaire et nutritionnelle au Sahel et au lac Tchad.

Depuis une décennie, loin de s’atténuer, les crises alimentaires augmentent à travers la région ouest-africaine, notamment au Burkina Faso, Niger, Tchad, Mali et Nigéria. Entre 2015 et 2022, le nombre de personnes en besoin d’assistance alimentaire d’urgence a presque quadruplé, passant de 7 à 27 millions de personnes.

« La production céréalière a chuté d’environ un tiers à certains endroits du Sahel, par rapport à l’année dernière. Les réserves de nourriture des familles touchent à leur fin. La sécheresse, les inondations, les conflits et les impacts économiques de la COVID-19 ont forcé des millions de personnes à quitter leurs terres, les poussant au bord du gouffre », déclare Assalama Dawalack Sidi, directrice régionale d’Oxfam en Afrique de l’Ouest et du Centre.

« La situation oblige des centaines de milliers de personnes à se déplacer pour vivre dans des familles d’accueil qui font déjà face à des conditions difficiles. Il n’y a pas assez de nourriture et encore moins d’aliments suffisamment nutritifs pour les enfants. Nous devons les aider en urgence car leur santé, leur avenir et même leur vie sont en danger », témoigne Philippe Adapoe, directeur de Save the Children pour l’Afrique de l’Ouest et du Centre.

Les cas de malnutrition sont en constante augmentation dans la zone sahélienne. Les Nations Unies estiment que cette année, 6,3 millions d’enfants âgés de 6 à 59 mois souffriront de malnutrition aiguë – dont plus de 1,4 million d’enfants seront en phase de malnutrition aiguë sévère – contre 4,9 millions d’enfants malnutris aigus en 2021.

« Je n’avais pratiquement plus de lait, alors je devais donner d’autres aliments à mon nourrisson. Souvent, il refusait de les manger et perdait du poids. En plus, il avait la diarrhée, ce qui a rapidement dégradé son état », raconte Safiatou, une mère qui a dû fuir son village en raison des violences au Burkina Faso.

Des impacts dramatiques pour l’avenir des enfants

L’insécurité liée aux conflits a contribué à une réduction drastique des terres ensemencées et cela, combiné aux poches de sécheresse et à la mauvaise répartition des pluies affecte les sources de nourriture des communautés surtout au Sahel central. Pour pallier les pénuries, plusieurs familles vendent leurs actifs, compromettant leurs capacités de production et l’avenir de leurs enfants. Les jeunes filles pourraient être davantage contraintes au mariage précoce et d’autres formes de violences basées sur le genre risquent d’augmenter à mesure que la nourriture se raréfie.

« Les pluies ont été rares. Il n’y a plus de nourriture. Avec le manque de pâturage, les moutons maigrissent et cela nous contraint à les vendre à perte. J’avais environ douze moutons, mais aujourd’hui il ne m’en reste plus qu’un », témoigne Ramata Sanfo, une éleveuse au Burkina Faso. « Je voudrais retrouver mon bétail d’avant pour avoir suffisamment d’argent et que les enfants puissent retourner à l’école. »

La crise en Europe empire une situation déjà désastreuse

Les prix des denrées ont augmenté de 20 à 30 % au cours des cinq dernières années en Afrique de l’Ouest. Alors que s’amenuisent les réserves alimentaires, la crise en Ukraine vient dangereusement empirer la situation. Selon l’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture, les prix des denrées pourraient encore augmenter de 20 % à l’échelle mondiale, une hausse catastrophique pour des populations en situation de vulnérabilité. La crise risque aussi de provoquer une baisse de la disponibilité du blé pour six pays de l’Afrique de l’Ouest qui importent au moins 30 % de cette denrée, voire plus de 50 % pour certains, de Russie ou d’Ukraine.

Un autre effet probable de la crise en Europe est une chute brutale de l’aide internationale pour l’Afrique. De nombreux bailleurs de fonds ont déjà indiqué qu’ils pourraient procéder à des coupes dans leurs financements en direction de l’Afrique. Par exemple, le Danemark a annoncé qu’il reporterait une partie de son aide bilatérale au développement destinée au Burkina Faso (50 % en 2022) et au Mali (40 % en 2022) plutôt que de financer avec des nouveaux fonds l’accueil des personnes qui ont fui leur foyer en Ukraine.

« Il ne doit pas y avoir de concurrence entre les crises humanitaires », affirme Mamadou Diop, représentant régional d’Action Contre la Faim. « Nous rappelons que la crise au Sahel est l’une des pires crises humanitaires à l’échelle globale et, en même temps, l’une des moins financées. Nous craignons qu’en réorientant les budgets humanitaires vers la crise ukrainienne, nous risquons d’aggraver dangereusement une crise pour répondre à une autre. »

Les organisations humanitaires exhortent les gouvernements et les bailleurs à ne pas réitérer les manquements de l’année 2021, où seulement 48 % du plan de réponse humanitaire en Afrique de l’Ouest a été financé. Ceux-ci doivent immédiatement combler le déficit de financement de 4 milliards de dollars de l’appel des Nations Unies pour l’Afrique de l’Ouest afin de sauver des vies et s’assurer que ces fonds soutiennent des interventions qui soient sensibles à l’âge, au genre et au handicap. Personne ne doit être laissé pour compte.

« La conférence sur la crise au Sahel prévue demain est une occasion unique de mobiliser l’aide d’urgence alimentaire et nutritionnelle nécessaire et de prouver que la vie des populations en Afrique ne vaut pas moins que celles en Europe », déclare Assalama Dawalack Sidi.

Notes aux rédactions

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Humanitaire et migrations Jon Cerezo 06 51 15 54 38 @abeixon

Financement du développement Robin Guittard 06 34 87 10 01 @Aboboudial

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AMIS de la TERRE

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    Crises agricole et alimentaire : une alternative est possible ! - 29 mars 2022 – Document ‘amisdelaterre.org’
    Avec 20 autres organisations, nous dénonçons l’instrumentalisation de la guerre en Ukraine par les tenants du productivisme, pour se lancer dans une fuite en avant mortifère. Pour une souveraineté alimentaire des pays du Nord comme du Sud, nous présentons des mesures permettant une véritable transition agroécologique.

Agriculture # Agroécologie paysanne # Alternatives

Campagne liée > Engrais chimiques : merci et au revoir ! - Retour vers la campagne

Si l’agression russe de l’Ukraine va avoir des conséquences massives sur la sécurité alimentaire mondiale, notamment via une flambée des prix alimentaires mondiaux, le contexte alimentaire qui préexistait va empirer les impacts de ce conflit. Avant même cette guerre, l’insécurité alimentaire dans le monde était en effet en hausse pour la sixième année consécutive : en 2020, 2,4 milliards de personnes en souffraient, que ce soit en Europe (10% de la population touchée) ou ailleurs. L’ONU avait d’ailleurs tiré le signal d’alarme quant au risque de crise alimentaire mondiale en 2022, avant même le déclenchement des hostilités russes. Cette situation a donc rendu les populations particulièrement vulnérables à de nouveaux chocs (économiques, climatiques ou conflictuels). 

Il est primordial d’avoir ce contexte à l’esprit si l’on souhaite aborder correctement les impacts agricoles et alimentaires de l’invasion russe en Ukraine. Cette guerre risque d’avoir des conséquences dramatiques car elle s’ancre dans une situation alimentaire mondiale particulièrement dégradée. 

Alors que nous n’avons que quelques mois devant nous avant que cette crise alimentaire ne révèle son ampleur, il ne faut surtout pas limiter le risque de famine aux seules craintes de pénuries sur les marchés internationaux, liées aux conséquences de la guerre en Ukraine. L’urgence à court terme est avant tout liée à la hausse des prix sur les marchés internationaux, rendant inaccessibles certaines denrées alimentaires pour les plus pauvres.

De même, face à cette urgence, il serait simpliste de penser qu’il suffit de produire davantage pour calmer la flambée des prix. D’abord parce que la corrélation entre disponibilité physique et accessibilité économique des aliments n’est pas linéaire, et ensuite parce que la production agricole dans les pays du Nord est déjà très intensive (les marges de manœuvre pour produire plus sont donc extrêmement faibles). Ensuite, il faut rappeler que les productions destinées directement à l’alimentation humaine sont aujourd’hui minoritaires en Europe : 63% des terres arables sont destinées à l’alimentation animale (hors prairies permanentes) et 5% à des cultures de céréales pour les agrocarburants. 

Avant toute fuite en avant productiviste en Europe, il conviendrait déjà de réfléchir à la régulation des prix agricoles et alimentaires, à la mobilisation et juste répartition des stocks de céréales existants et à la réorientation vers l’alimentation humaine de la culture d’immenses exploitations agricoles pour nourrir des élevages industriels et pour fournir des agrocarburants.

Enfin, les ambitions environnementales ne sont pas une entrave à la résilience et à la souveraineté alimentaires, mais sont une des conditions à ces dernières, au Nord comme au Sud. En effet, une agriculture diversifiée et autonome en ressources souffrira beaucoup moins des chocs économiques, géopolitiques et climatiques qu’une agriculture spécialisée et dépendante d’intrants étrangers, souvent issus de ressources non renouvelables. Pour plus de résilience, il est donc urgent de sortir l’agriculture des dogmes de la mondialisation, de sa dépendance aux énergies fossiles ainsi que des pratiques qui dégradent les ressources dont elle dépend (érosion des terres et gestion intensive de l’eau notamment).

Il faut tirer les leçons de cette crise, et des crises précédentes, en accompagnant financièrement les agriculteurs et les populations pour limiter les chocs économiques (mesures de court terme) et pour construire des systèmes alimentaires plus justes et territorialisés afin d’éviter de futurs chocs (mesures de long terme). L’articulation de mesures d’urgence avec des mesures de moyen terme est indispensable pour ne pas nuire aux conditions de subsistance de demain.

La paix, la transition écologique, la résilience économique et la souveraineté alimentaire de tous les peuples nous montrent une voie commune qui est celle de la transition agroécologique.

Cette transition passera par différentes mesures, les principales étant :

  • Soutien aux agriculteur·ices les plus en difficulté et accompagnement de la réduction immédiate du cheptel des élevages hors sol
  • Mise en place d’un grand plan de transition pour réduire les besoins en alimentation animale, engrais et pesticides de synthèse
  • Mandat au Comité de la Sécurité Alimentaire mondial pour coordonner des mesures d’urgence répondant aux besoins alimentaires des pays vulnérables
  • Mise en place d’un revenu minimum garanti par un relèvement des minima sociaux
  • Moratoire sur l’usage de denrées agricoles à usage non-alimentaire et sur la construction de fermes usines
  • Lancement d’une expérimentation sur la Sécurité Sociale de l’Alimentation
    Découvrir les mesures en détail

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Rubrique G – La politique agricole en Europe et en France

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    Stratégie européenne ‘Farm to fork’ ou ’De la ferme à la table’ : comment l’UE veut verdir nos assiettes - Publié le 27.10.2021 - Valentin Ledroit – Document ‘touteleurope.eu’
    Le 19 octobre 2021, le Parlement européen a voté en faveur de la stratégie de la Commission européenne qui vise un “système alimentaire équitable, sain et respectueux de l’environnement”. Cette approbation ouvre la voie à de nombreuses propositions législatives de la part de la Commission dans les mois à venir.

La stratégie de l’UE entend notamment promouvoir l’agriculture biologique

Photo - La stratégie de l’UE entend notamment promouvoir l’agriculture biologique - Crédits : Brigitte Hase / Parlement européen

16 millions d’années de vie en bonne santé perdues et près de 950 000 décès en 2017, dans l’Union européenne. Ce lourd bilan serait selon la Commission européenne imputable à des régimes alimentaires peu sains. Mettre un terme à cette situation est donc un défi de taille, alors que plus de 30 millions d’Européens n’étaient pas en mesure de s’offrir un repas de qualité un jour sur deux en 2019. Si l’impact de l’alimentation sur la santé est avéré, celui sur l’environnement n’est également pas à minorer. L’agriculture serait ainsi responsable de 10,3 % des émissions de gaz à effet de serre (GES) de l’Union et contribuerait de façon importante à l’appauvrissement de la biodiversité.

Consciente de ces enjeux, la Commission européenne a présenté le 20 mai 2020 deux stratégies conjointes, déclinaisons du Pacte vert européen, fil rouge de l’ambition environnementale de l’exécutif européen. La première vise justement à enrayer cette chute de la biodiversité à l’horizon 2030. Elle aborde ainsi des sujets tels que la protection des écosystèmes naturels, le verdissement des investissements financiers de l’UE ou encore la place des espaces verts dans les villes. La seconde, baptisée “De la ferme à la table”, a quant à elle pour but de promouvoir “un système alimentaire équitable, sain et respectueux de l’environnement”. Parfois également appelée “De la ferme à la fourchette”, en référence à son titre anglais (“Farm to Fork” ou “F2F”), la feuille de route qui sera déclinée à travers plusieurs textes législatifs a été adoptée par le Parlement européen le 19 octobre dernier avec une large majorité : 452 voix pour, 170 voix contre et 76 abstentions.

Hasard du calendrier, l’exécutif européen publiait le même jour son programme de travail pour l’année 2022. Sans surprise, la mise en œuvre de cette stratégie figure bel et bien au rang des priorités. Une proposition de révision de la directive sur l’usage des pesticides est ainsi d’ores et déjà prévue pour le premier trimestre de l’année prochaine.

Des objectifs ambitieux

Le texte adopté à Strasbourg et sur lequel le Conseil avait adopté des conclusions en octobre 2020 n’est pour l’instant qu’une feuille de route dont les projets devront être concrétisés à travers une trentaine de propositions dans les mois à venir. Ces textes viendront ainsi décliner les ambitions du Pacte vert européen au niveau de l’alimentation. En phase avec les propositions faites dans la communication de la Commission européenne, les eurodéputés ont “insisté sur la nécessité d’avoir une chaîne d’approvisionnement alimentaire plus durable à tous les niveaux et ont réaffirmé que tous les acteurs – des agriculteurs aux consommateurs – avaient un rôle à jouer”, précise un communiqué du Parlement européen.

Après d’intenses discussions, le texte adopté dans l’hémicycle reprend les principaux éléments listés par la Commission en mai 2020. Parmi eux, une mesure phare est ainsi destinée à réduire de 50 % le recours aux pesticides d’ici à 2030. Une coupe conjuguée à l’objectif de 20 % pour les engrais chimiques. L’exécutif européen souhaite aussi donner un sérieux coup de pouce à l’agriculture biologique dans les années à venir. Si les surfaces consacrées au bio ne représentaient que 8,5 % des terres exploitées dans l’UE en 2019, la Commission ambitionne que ce chiffre grimpe à 25 % à l’horizon 2030.

Les eurodéputés ont également donné leur feu vert au système d’étiquetage nutritionnel obligatoire et harmonisé au niveau européen. En France, il est utilisé depuis plusieurs années sous le nom de nutri-score, un dispositif repris par plusieurs pays à l’ouest de l’Europe. La généralisation d’un tel affichage permettrait selon ses défenseurs de réduire la surconsommation d’aliments très transformés à haute teneur en sel, en sucre et en matière grasse. La définition de niveaux de consommation maximale de ces éléments permettrait également de les limiter dans les produits alimentaires, selon le rapport du Parlement européen.

Autre sujet majeur lié à l’alimentation : le bien-être animal. Une thématique mise sur le devant de la scène en juillet dernier, lorsque la Commission a répondu favorablement à une initiative citoyenne européenne portée par des associations de défense des animaux et réunissant 1,4 million de citoyens, visant à mettre fin à l’élevage en cage à partir de 2027. Cette proposition, reprise par l’exécutif européen, devrait s’accompagner d’une révision des directives sur le bien-être animal.

L’autonomie alimentaire” de l’UE remise en cause ?

Les discussions autour du texte ont fait l’objet de vives tensions entre eurodéputés. “Les lobbies de l’agro-industrie et de l’agrochimie, qui voulaient que rien ne change, ont échoué’, s’est félicité le socialiste Éric Andrieu dans un communiqué. L’eurodéputé français vise particulièrement les protestations du Copa-Cogeca, principal syndicat agricole européen.

En amont du vote, l’organisation avait critiqué les mesures proposées ainsi que le calendrier, qui rendraient d’après elle, “l’UE dépendante des importations pour nourrir sa population”. Un argumentaire repris par certains eurodéputés des groupes Renew Europe (libéraux) et PPE (Parti populaire européen, conservateurs) comme l’Alsacienne Anne Sander. Avec sa stratégie “De la ferme à la table”, la Commission “risque de sacrifier notre autonomie alimentaire et l’avenir de nos agriculteurs”, déclarait-elle à l’issue du vote. Ces membres du Parlement dénoncent notamment un manque de transparence de la part de la Commission européenne dans une étude publiée par son Centre commun de recherche (JRC) en juillet dernier. Ils l’accusent de ne prendre en compte que certains des objectifs de la stratégie et mettent en avant une autre publiée par l’université de Wageningen aux Pays-Bas. Commandée par l’organisation représentant l’industrie des pesticides, CropLife Europe, celle-ci prévoit quant à elle une chute des rendements agricoles. “Des prédictions apocalyptiques”, fustige le groupe des Verts au Parlement européen dans une tribune sur son site.

L’adoption de la stratégie par le Parlement européen n’est qu’une première étape, s’accordent à dire les eurodéputés. Avant même les premières propositions qui en découleront début 2022, les parlementaires ont en ligne de mire le vote en deuxième lecture fin novembre de la nouvelle Politique agricole commune (PAC), dont l’entrée en vigueur doit avoir lieu en 2023. Si celle-ci doit accompagner la transition alimentaire, les écologistes dénoncent un texte qui ne prend pas en compte les objectifs de la stratégie “de la ferme à la table” et appellent à sa révision.

La version de la stratégie “De la ferme à la table” votée le 19 octobre dernier insiste toutefois pour que les plans stratégiques nationaux (PSN), déclinaisons dans chaque Etat membre de la PAC, évoquent les objectifs en matière d’alimentation. Par exemple, le texte exige que les Etats membres établissent “des objectifs de réduction[des pesticides] solides, efficaces et assortis d’échéances” lors de la révision des PSN en 2025. Pour les socialistes et les écologistes, il s’agit d’un moyen de faire pression sur la Commission européenne qui doit valider les premières versions des plans de la nouvelle PAC début 2022. Sur ce point, la commissaire européenne en charge de la Santé Stella Kyriakides a appelé les Etats membres à proposer des PSN “ambitieux”.

Lors du débat en séance plénière à la veille du vote, elle est revenue sur ces objectifs quantifiés. “Bien qu’ils ne soient pas encore des objectifs juridiquement contraignants que votre rapport appelle de ses vœux, ils indiquent la direction à suivre. Et ils deviendront juridiquement contraignants quand nous légiférerons à leur sujet, avec cette Assemblée”, a-t-elle souligné. Des déclarations qui ouvrent ainsi la voie à de futures discussions passionnées entre le Parlement et le Conseil sur les déclinaisons de la stratégie à venir.

À lire aussi :

La politique alimentaire européenne en 3 minutes

Qu’est-ce que la politique agricole commune (PAC) ?

Alimentation : à quoi sert le label bio européen ?

Bien-être animal : vers la fin de l’élevage en cage en Europe à l’horizon 2027

#Agriculture#Alimentation#Bio#Pesticides

Touteleurope.eu, le site de référence sur les questions ...- « Qui sommes-nous ? - Comprendre l’Europe -Touteleurope.eu est le site de référence sur les questions européennes, premier site francophone d’information pédagogique sur l’Union européenne. Site d’information, car Touteleurope.eu traite de l’actualité européenne, rend compte des faits, propose une analyse et un regard documenté sur les enjeux de l’Union. Site pédagogique, car Touteleurope.eu explique, décrypte, donne les clés de compréhension pour que les lecteurs se forgent leur propre opinion, par un contenu clair, non politique et non partisan. Site de référence, car Touteleurope.eu est le premier site dédié à la pédagogie sur l’Union européenne, cité par les institutions, universités et médias comme ressource pédagogique d’intérêt et fiable. Notre mission - Expliquer l’Union européenne au grand public. Au-delà des polémiques et des positions partisanes, nous avons la conviction que chaque citoyen doit avoir accès à une information synthétique lui permettant de comprendre le monde qui l’entoure ». 

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Source : https://www.touteleurope.eu/agriculture-et-peche/de-la-ferme-a-la-table-comment-l-ue-veut-verdir-nos-assiettes/

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    Le Parlement européen adopte à une large majorité la stratégie « De la ferme à la fourchette » - Par Mathilde Gérard - Publié le 21 octobre 2021 à 10h33 - Mis à jour le 21 octobre 2021 à 10h58 – Document ‘lemonde.fr’ - Article complet réservé aux abonnés
    Déclinaison du ‘Pacte vert’ pour l’Europe, les principes portés par la Commission visent notamment à réduire de 50 % le recours aux pesticides d’ici à 2030, et d’atteindre à cette date un quart de surfaces cultivées en bio.

Photo - Manifestation contre les résidus de pesticides, devant la cour d’appel de Bordeaux, le 13 octobre 2021. PHILIPPE LOPEZ / AFP

Elle aura finalement été votée largement malgré les protestations du principal syndicat agricole européen, le Copa-Cogeca, qui y voit les prémices d’un effondrement des rendements agricoles. La stratégie européenne « De la ferme à la fourchette » (en anglais, « Farm to fork » ou « F2F ») a été adoptée mardi soir 19 octobre par les eurodéputés, par 452 voix pour, 170 voix contre et 76 abstentions, selon les résultats rendus publics mercredi.

Déclinaison du pacte vert sur les questions agricoles et alimentaires, le document cadre avait été présenté en mai 2020 par la Commission européenne, en même temps que sa stratégie biodiversité. Il vise à favoriser une alimentation plus saine et plus durable, alors que la chaîne alimentaire pèse au niveau mondial pour un tiers des émissions de gaz à effet de serre et est reconnue comme un des principaux facteurs de perte de biodiversité.

Dans ses grands principes, la stratégie F2F fixe comme objectifs de réduire de moitié le recours aux pesticides dans les champs européens d’ici à 2030, et de 20 % l’usage d’engrais chimiques. Elle prévoit qu’un quart des terres agricoles soient cultivées en agriculture biologique à cet horizon (contre 8,5 % selon les dernières données disponibles pour 2019) et de réduire de moitié les ventes d’antibiotiques pour les animaux d’élevage.

La stratégie ouvre par ailleurs la voie à une révision des directives européennes sur le bien-être animal, qui feront l’objet d’une évaluation. Dans leur vote, mardi, les eurodéputés ont ainsi réitéré leur position en faveur d’une interdiction progressive des cages dans les élevages européens et ont demandé « des mesures pour réduire la surconsommation de viande et d’aliments hautement transformés ».

Débat sur la productivité

Le débat autour de la stratégie s’était enflammé ces dernières semaines sur la question des possibles baisses de productivité induites par ces principes. Plusieurs eurodéputés issus notamment du groupe PPE (Parti populaire européen, droite) ont dénoncé un « sacrifice de notre souveraineté alimentaire » et un « manque de transparence de la part de la Commission européenne ». En cause : une étude publiée le 28 juillet au cœur de l’été par un des bras techniques de la Commission, le Centre commun de recherche, qui anticipe, en fonction de quatre des objectifs de la stratégie, une baisse de la production agricole.

Des députés ont accusé la Commission d’avoir retenu plusieurs mois ce document, qui n’est pas une étude d’impact, mais qui modélise certaines conséquences possibles. Le 12 octobre, c’est une étude de l’université de Wageningen aux Pays-Bas, commandée par CropLife Europe, représentant de l’industrie des pesticides, qui prévoyait à son tourune chute des rendements agricoles en cas d’application de la stratégie F2F.

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Le Monde - Toute l’actualité en continu

Des centres d’accueil pour migrants d’un genre nouveau vont ouvrir à Calais

Source : https://www.lemonde.fr/planete/article/2021/10/21/le-parlement-europeen-adopte-a-une-large-majorite-la-strategie-de-la-ferme-a-la-fourchette_6099346_3244.html

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    Un pacte vert pour l’Europe - Notre ambition : être le premier continent neutre pour le climat – Document officiel ‘ec.europa.eu’
    Le changement climatique et la dégradation de l’environnement constituent une menace existentielle pour l’Europe et le reste du monde. Pour relever ces défis, le pacte vert pour l’Europe transformera l’UE en une économie moderne, efficace dans l’utilisation des ressources et compétitive, garantissant :
  • la fin des émissions nettes de gaz à effet de serre d’ici à 2050,
  • une croissance économique dissociée de l’utilisation des ressources,
  • où personne n’est laissé de côté.
    Le pacte vert pour l’Europe est également notre ligne de conduite pour sortir de la pandémie de COVID-19. Un tiers des 1.800 milliards d’euros d’investissements du plan de relance ‘NextGenerationEU’ et le budget septennal de l’UE financeront le pacte vert pour l’Europe.

Contenu :

•À la Une

•Les avantages du pacte vert pour l’Europe

•Actions

•Participer

•Chronologie

•Actualité

•Documents

•Autres liens

La Commission européenne a adopté une série de propositions visant à adapter les politiques de l’UE en matière de climat, d’énergie, de transport et de fiscalité en vue de réduire les émissions nettes de gaz à effet de serre d’au moins 55 % d’ici à 2030 par rapport aux niveaux de 1990. En savoir plus sur la mise en œuvre du pacte vert pour l’Europe.

À la Une

Photo - De nouvelles propositions pour faire cesser la déforestation, innover dans la gestion durable des déchets et assainir les sols

Le 17 novembre, la Commission a proposé de nouvelles règles pour enrayer la déforestation imputable à l’UE, ainsi que de nouvelles règles visant à faciliter les transferts de déchets à l’intérieur de l’Union pour promouvoir l’économie circulaire et à lutter contre l’exportation de déchets illicites vers les pays tiers. La Commission a également présenté une nouvelle stratégie en faveur des sols ayant pour objectif que tous les sols européens soient restaurés, résilients et suffisamment protégés d’ici 2050.

Les avantages du pacte vert pour l’Europe

Le pacte vert pour l’Europe améliorera le bien-être et la santé des citoyens et des générations futures en offrant :

  • treesun air pur, une eau propre, des sols sains et la biodiversité

  • buildingdes bâtiments rénovés et économes en énergie

  • vegetablesdes aliments sains et abordables

  • public transportdes services de transport public plus nombreux

  • iconune énergie plus propre et des innovations technologiques propres de pointe

  • wastedes produits plus durables pouvant être réparés, recyclés et réutilisés

  • person icondes emplois pérennes et des formations aux compétences nécessaires pour la transition

  • industry iconune industrie compétitive et résiliente à l’échelle mondiale

Actions : Climat Énergie Agriculture Industrie Environnement et océans Transports Finances et développement régional Recherche et innovation

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Participer - Vous pouvez faire bouger les choses en participant au pacte européen pour le climat, une initiative qui aide les collectivités à partager et mettre en œuvre des mesures de lutte contre le changement climatique, ou au nouveau Bauhaus européen, une initiative qui apporte une dimension culturelle et créative au pacte vert pour l’Europe.

Action de l’UE pour le climat - Pacte européen pour le climat

Initiative d’engagement en faveur de la consommation verte - Nouveau Bauhaus européen

Chronologie :

14 juillet 2021 Mise en œuvre du pacte vert pour l’Europe

17 mai 2021 Une économie bleue durable

12 mai 2021 Plan d’action « zéro pollution »

25 mars 2021 Plan d’action pour la production biologique

24 février 2021 Nouvelle stratégie de l’UE pour l’adaptation au changement climatique

18 janvier 2021 Nouveau Bauhaus européen

10 décembre 2020 Alliance européenne pour les batteries

9 décembre 2020 Pacte européen pour le climat ……..

Documents

14 Juillet 2021 Mettre en œuvre le pacte vert pour l’Europe - Fiches d’information - Mettre en œuvre le pacte vert pour l’Europe

11 décembre 2019 Fiches d’information sur le pacte vert pour l’Europe - Une présentation claire et complète des domaines thématiques du pacte vert pour l’Europe - Communication et feuille de route relatives au pacte vert pour l’Europe.

Autres langues (22)

Comment l’Europe peut-elle lutter au mieux contre le changement climatique et les défis environnementaux ?L’avenir est entre vos mains. Faites entendre votre voix

Autres liens :

Mme von der Leyen, présidente

M. Timmermans, vice-président exécutif

Conférence sur l’avenir de l’Europe

Année européenne de la jeunesse

the_european_green_deal_-_a_commitment_to_future_generations

Site web de la Commission européenne

Ce site est géré par la direction générale de la communication - Stratégie À propos de la Commission européenne Entreprises, économie et euro Vivre, travailler et voyager dans l’UE Législation Financement, appels d’offres Recherche et innovation Énergie, changement climatique, environnement Éducation Aide, coopération au développement et droits fondamentaux Alimentation, agriculture et pêche Développement régional et urbain de l’UE Travailler à la Commission européenne Statistiques Actualité Événements Publications À propos de la présence de la Commission sur le web Contacter la Commission européenne Suivre la Commission européenne sur les médias sociaux Ressources pour les partenaires Les langues sur nos sites web

Loi anti-LGBT : la Commission européenne lance des procédures d’infraction | Encrage

Source : https://ec.europa.eu/info/strategy/priorities-2019-2024/european-green-deal_fr

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    La stratégie ‘Farm to Fork’ ouvre la voie de la décroissance économique et agricole de l’UE - Écrit par Hénin Frédéric – 31 octobre 2021 – Document ‘Coceral’
    Photo - Ravitaillement de cargo sec avec du grain

Selon Coceral, l’objectif du ‘Pacte vert’ de transformer l’économie européenne pour rendre les Etats membres neutres en carbone ne doit pas être atteint aux dépens de leur souveraineté alimentaire. C’est pourtant ce à quoi aboutirait la stratégie ‘Farm to Fork’ de la Commission européenne. Et en devenant importatrice nette de céréales, l’Union européenne déstabiliserait l’ensemble des marchés mondiaux agricoles.

‘Farm to Fork’ (2F) est la version agricole du Pacte vert de la Commission européenne. Il a été adopté pour transformer l’économie des pays membres et les rendre neutres en carbone d’ici 2050.

Présentée à la fin de 2019 par Ursula Von der Leyen, présidente de la Commission européenne, cette stratégie télescope la réforme de la Pac de 2023 (Pac 2023), élaborée à la fin de l’année 2018 sur d’autres fondements. La Commission européenne était alors présidée par Jean Claude Junker.

Ce télescopage (2F et Pac 2023) désoriente le Coceral - l’Association Européenne du Commerce de Céréales, oléagineux, légumineuses, huile d’olive, graisses et intrants agricoles - dont est membre en France la Fédération du Négoce Agricole (FNA).

Selon les trois scénarios de ‘Farm to fork’ retenus par Cocéral, l’Union européenne produirait entre 221 Mt et 255 Mt de grains par an d’ici 2030. Elle importerait alors jusqu’à 40 Mt de céréales et de colza par an. 

Si ‘Farm to Fork’ n’était pas appliquée, 278 Mt de grains seraient récoltées en 2030 dans l’UE et les Vingt-sept Etats membres exporteraient plus de grains qu’actuellement car leur consommation intérieure évoluerait très peu. 

En retenant le scénario médian de ‘Farm to Fork’ (238 Mt de céréales produites à l’horizon 2030), l’Union européenne devrait importer jusqu’à 18 Mt de céréales et 10 Mt de colza (cette année, elle exporterait plus de 23 Mt de blé et elle importerait 5 Mt de colza).

Or en 2030, seuls 50 % des objectifs du ‘Pacte vert’ seraient atteints. Autrement, le déficit ne pourrait que s’accroître d’ici 2050.

Dans l’hypothèse d’une production de céréales réduite de 40 Mt d’ici 2030 (scénario médian), les Vingt-sept pays membres ne récolteraient plus que 109 Mt de blé. La production de maïs serait de 59 Mt et celle d’orges de 43,5 Mt.

Les 5 Mt de colza produites en moins dans l’Union européenne (25 Mt) d’ici 2030 pourraient difficilement être compensées par de nouvelles importations. En effet, la planète peinera à être autosuffisante en protéines végétales en 2030.

En France, ‘Farm to Fork’ s’inscrit à contre-courant du nouveau plan protéines végétales.

Une conversion bio risquée

Par ailleurs, ‘Farm to Fork’ impose la conversion de 25 % de la SAU européenne en bio. Mais les évènements récents montrent que le consommateur ne suit pas. Les producteurs ne parviennent plus à valoriser leurs récoltes. Les prix de certains produits agricoles phares s’écroulent.

Enfin, les agriculteurs ‘bio’ sont démunis lorsque les conditions de cultures sont défavorables.

Ils n’ont aucun recours pour protéger leurs cultures. Les rendements chutent et la qualité sanitaire de leurs récoltes est mauvaise. Or les consommateurs ne sont pas prêts à revoir leurs critères d’exigence.

Certes l’étude de Coceral ne prend pas en compte les mesures qui viseraient à réduire la consommation de céréales et d’oléo-protéagineux pour compenser la baisse de leur production : réduction de consommation de viande, réduction du gaspillage alimentaire, impact positif des nouvelles technologies. Mais l’Union européenne donnerait un mauvais signal au marché en affirmant qu’elle serait prête à ne plus être compétitive à l’international.

Engager le reste du monde

La Commission européenne pense que les critères de sobriété en matière d’émission de gaz à effet de serre, imposés à l’ensemble des pays de l’Union européenne, seront suivis par le reste de la planète. Or l’Union européenne n’émet que 8 % des gaz de la planète et ne représente que 6 % de la population mondiale.

En cas d’échec, la Stratégie ‘Farm to Fork’ va déséquilibrer les marchés mondiaux et va sacrifier la souveraineté alimentaire de l’Union européenne. 

Ces derniers mois, l’impact des importations chinoises de céréales sur l’évolution des cours des grains donne un avant-gout des conséquences générées par l’entrée prochaine de l’Union européenne dans le club des pays importateurs de céréales.

Les prix mondiaux seraient déterminés par un plus petit nombre de pays exportateurs, conduisant à une plus grande volatilité et donc à des risques de marché plus grands.
Les prix des céréales dans l’UE augmenteraient aux dépens des éleveurs et des consommateurs. Au sein de l’Union européenne, le risque de compétition entre marchés domestiques et exportations est grand.

Les plans stratégiques nationaux

Coceral attend avec impatience de savoir quels seront les contenus des PSN, les plans stratégiques nationaux de la réforme de la Politique agricole attendus pour 2023.

Selon l’association, l’écologisation de l’agriculture doit rester un facteur de compétitivité.

« Si la stratégie ‘Farm to Fork’ est déclinée dans les PSN, la commission européenne prend le risque de rendre l’Union européenne déficitaire en céréales », défend la FNA. L’organisation partage les objectifs du Pacte vert mais « la stratégie ‘Farm to Fork’ ne doit instiller le chemin de la décroissance de l’économie européenne et mondiale ».

A ce jour 850 Mt de grains sont échangées dans le monde. 25 % de la production mondiale de blé est exportée ! Un des facteurs de la puissance géopolitique de l’Union européenne est sa souveraineté alimentaire et sa capacité à exporter du blé. Ses échanges commerciaux avec les pays tiers sont excédentaires.

Les pays importateurs comptent en partie sur elle pour acheter des grains afin de ne pas être dépendante de pays capables d’instrumentaliser leurs échanges commerciaux.

D’ici 2050, la planète devra produire au moins 50 % de produits agricoles en plus pour faire face à la croissance démographique. La population du continent africain doublera.

A l’horizon de 2030, les pays maghrébins et l’Afrique de l’ouest importeront 7 Mt de blé en plus par an.

Autrement dit, les pays actuellement déficitaires en blé le seront encore plus d’ici 2050 et compteront plus que jamais sur les quelques pays structurellement excédentaires pour les approvisionner. Produire deviendra au fil des années un enjeu géopolitique majeur.

A propos de Cocéral - L’association représente les intérêts des commerçants, collecteurs, importateurs, exportateurs, sur les produits agricoles mentionnés ci-dessus. Les membres de Coceral sont situés dans toute l’UE, au Royaume Uni et en Suisse. UNISTOCK, l’Association Européenne représentant les silos portuaires européens pour les marchandises agricoles en vrac, est un membre associé de Coceral. Gafta est un membre extraordinaire du Coceral. Les membres du Coceral représentent quelque 3000 entreprises échangeant des matières premières agricoles destinées à l’approvisionnement des filières alimentaires et fourragères, ainsi qu’à des usages techniques et énergétiques, et intervenant à toutes les étapes des filières agro-alimentaires européennes.

Source : https://wikiagri.fr/articles/dici-2030-farm-to-fork-rendrait-lue-importatrice-de-nette-de-cereales-de-35-mt/21973

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La signature des traités de Rome, par les six États membres, s’est déroulée le 25 mars 1957 dans la salle des Horaces et des Curiaces au Capitole de Rome.

En 1962, la Politique agricole commune (PAC) entrait en vigueur. Au fil des décennies, cet outil a connu de nombreuses réformes pour s’adapter aux enjeux économiques, sociaux et environnementaux. À l’occasion de ses 60 ans, voici quelques dates clés pour retracer son évolution et ses différents objectifs.

Qu’est-ce que la PAC ?

La Politique agricole commune (PAC) est une politique déployée à l’échelle de l’Union européenne. Entrée en vigueur en 1962, c’est l’une des politiques européennes les plus anciennes. Elle est coordonnée par la Direction générale « Agriculture et développement rural » de la Commission européenne, à Bruxelles.

En favorisant la modernisation de l’agriculture et le développement de la production, la PAC a constitué l’un des fondements majeurs de la construction européenne.

Pourquoi a-t-elle été créée ?

La PAC a été créée au sortir de la Seconde Guerre mondiale par les six pays fondateurs : l’Allemagne, l’Italie, la France, la Belgique, les Pays-Bas et le Luxembourg. Produire était alors la première préoccupation afin de nourrir les populations à un prix abordable et d’assurer des revenus satisfaisants aux agriculteurs.

Les cinq objectifs de la PAC ont été définis dans le traité de Rome, signé en 1957 :

  • accroître la productivité de l’agriculture (il s’agissait d’encourager les agriculteurs à produire ces denrées en accompagnant leur modernisation) ;
  • assurer un niveau de vie équitable à la population agricole ;
  • stabiliser les marchés ;
  • garantir la sécurité des approvisionnements ;
  • assurer des prix raisonnables aux consommateurs.
    Si la PAC au début a d’abord servi à mieux structurer et à développer le marché, elle a progressivement permis d’encadrer et de soutenir la production et les producteurs, avec une exigence environnementale de plus en plus intégrée aux normes de production.

Quelles sont les dates clés de son histoire ?

1957 : Le traité de Rome pose les jalons de la future Politique agricole commune (PAC). 

Du 3 au 12 juillet 1958, les Six se réunissent à Stresa (Italie) avec Walter Hallstein, président de la Commission européenne, et Sicco Mansholt, commissaire chargé de l’Agriculture. Ils fixent les 3 principes fondateurs de la PAC : unicité des marchés, préférence communautaire et solidarité financière.

1962 : la Politique agricole commune (PAC) entre en vigueur. L’objectif est de fournir aux citoyens de l’UE des denrées alimentaires à un prix abordable et d’assurer un niveau de vie équitable aux agriculteurs. Cet objectif est aujourd’hui appelé 1er pilier de la PAC.

Le 21 décembre 1968, Sicco Mansholt, commissaire européen à l’agriculture, transmet au Conseil des ministres le ’Programme Agriculture 1980’ jetant les bases d’une nouvelle politique de l’agriculture européenne tournée vers un accompagnement des structures agricoles et des agriculteurs.

1984 : mise en place des quotas laitiers, outil de la PAC pour réguler le prix du lait et permettre aux éleveurs de vendre leur production à des prix minimums face à la surproduction européenne.

1991 : le programme Leader (Liaison entre action de développement de l’économie rurale) est mis en œuvre pour développer le potentiel des territoires ruraux. Géré sur le territoire par le Réseau rural, il initie des stratégies originales de développement rural.

1992 : le traité de Maastricht hisse la protection des consommateurs au rang de politique communautaire et introduit le principe de sécurité alimentaire. La PAC adopte un régime d’aides directes aux producteurs. Les aides sont liées à des obligations environnementales. Création des signes européens de qualité AOP (Appellation d’Origine Protégée), IGP (Indication Géographique Protégée) et STG (Spécialité Traditionnelle Garantie).

24 et 25 mars 1999 : introduction du deuxième pilier de la PAC portant sur la politique de développement rural. Le FEADER (Fonds européen agricole pour le développement rural) apparu dans l’agenda 2000, est formalisé par un règlement.

2003 : réforme de la PAC introduisant une aide au revenu pour les agriculteurs. Celle-ci est conditionnée au respect de critères environnementaux et du respect du bien-être des animaux.
Adoption par l’Union européenne du ‘codex alimentarius’, une norme internationale qui harmonise la règlementation sur les produits alimentaires.

2009 : le traité de Lisbonne consacre la notion de régions ultrapériphériques (RUP). Le programme d’options spécifiques à l’éloignement et à l’insularité (POSEI) voit le jour et devient l’outil de mise à disposition d’aides européennes et nationales au secteur agricole pour ces régions.

2010  : création du label bio européen (Eurofeuille) certifiant les produits conformes à la règlementation européenne en matière d’agriculture biologique.

2013  : réforme de la PAC promouvant l’agriculture durable et l’innovation, le soutien à l’emploi et à la croissance ainsi que l’aide financière vers une utilisation productive des terres.
Accord conclu pour une nouvelle Politique Commune de la Pêche, qui se veut durable à long terme sur les plans environnemental, économique et social.

2015 : fin des quotas laitiers.

2017 : fin du régime des quotas de production de sucre.

2021 : adoption de la nouvelle PAC qui entrera en vigueur le 1er janvier 2023. Elle poursuit les objectifs suivants : favoriser une agriculture intelligente et résiliente ; renforcer les actions favorables à l’environnement et au climat ; renforcer le tissu socio-économique des zones rurales.

Quelles sont les autres politiques européennes ?

La PAC n’est pas la seule politique déployée dans les pays de l’Union européenne. Transports, emploi, consommation… Depuis la création de l’Union européenne, de nombreuses politiques publiques communes ont été mises en place, comme la Politique commune de la Pêche (PCP). Dérivée de la Politique agricole commune (PAC), la politique européenne de la pêche (PCP) a pour objectif d’accroître la productivité de la pêche tout en préservant les ressources halieutiques via par exemple l’instauration de quotas.

Voir aussi :

Dossier 25/02/2022 Politique agricole commune Les aides de la PAC (période 2014-2022)

Info + 05/05/2021 Politique agricole commune L’histoire de la PAC racontée par ses grands acteurs

Info + 22/07/2021 Production & filières PSN PAC : pourquoi un débat public sur la PAC en France ?

Service Acceo pour les personnes sourdes et malentendantes - Plan du site …….

Ministère de l’Agriculture et de l’Alimentation

Ministère de l’Agriculture et de l’Alimentation |

Source : https://agriculture.gouv.fr/la-politique-agricole-commune-pac-60-ans-dhistoire

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    En bref — Agriculture : la politique française sévèrement jugée par la Commission européenne - 06 avril 2022 à 17h03 - Document ‘reporterre.net’
    Photo - En novembre 2021, devant le Parlement européen, après le vote de la réforme de la politique agricole commune - © Julie Zalcman/ Twitter

La critique figure dans une lettre envoyée à la France le 31 mars dernier par la Commission européenne. Les futures règles de la politique agricole commune en France (PAC) ne sont pas assez ambitieuses en matière de transition écologique.

Le contenu de cette lettre de la Commission européenne a été dévoilé par le site ‘Contexte’ samedi 2 avril 2022l. Bruxelles relève plusieurs points problématiques.

Les critères pour obtenir un bonus d’aides grâce aux « éco-régimes » par exemple. Le label bio et la certification haute valeur environnementale (HVE) (moins exigeante que le bio, elle permet notamment l’usage des pesticides et engrais de synthèse) permettraient d’obtenir le même niveau d’aides. La Commission européenne estime cela préoccupant. D’autant que les critères du label HVE sont en cours de révision.

La Commission s’inquiète également de risques de « déconversion » — soit l’arrêt de transitions vers la bio — à cause de la disparition des aides au maintien en agriculture biologique. La France est aussi pointée du doigt comme étant le pays qui investit le moins dans les mesures agroenvironnementales et climatiques (MAEC). La diversification des cultures n’est également pas assez encouragée, selon Bruxelles. Les aides à l’installation ne ciblent pas assez le bio, l’agriculture durable ou les femmes. Les mesures pour le bien-être animal manquent d’ambition.

La France a décidé de ne pas verser de bonus aux petites fermes

Autant de remarques qui ressemblent beaucoup à celles déjà faites par les organisations écologistes et paysannes. « La France perd sa place de leader de l’ambition agricole européenne », estime le collectif qui les rassemble, la plateforme Pour une autre PAC.

Pour s’en rendre compte, la plateforme a réalisé un comparateur des choix faits par les différents pays de l’Union européenne. D’après le travail de l’organisation, la France est mauvais élève sur de nombreux critères agroécologiques. Par exemple, les mesures de bien-être animal choisies par la France ne couvrent que 4 % de son cheptel, contre 10 % pour l’Allemagne ou 30 % pour l’Autriche. À l’inverse de la Belgique, de l’Espagne ou du Portugal, la France refuse de limiter le montant d’aides pouvant être reçu par les grosses exploitations. Contrairement à plusieurs de ses voisins, elle a aussi décidé de ne pas verser de bonus aux petites fermes. Sur l’écorégime, les critères de l’Allemagne, de l’Espagne ou de l’Italie sont jugés comme bien plus favorables aux pratiques pour l’environnement, etc.

« Aucun État membre ne fait pire que la France »

« La France s’est alignée sur le minimum européen pour beaucoup de mesures », observe Juliette Sainclair, de ‘Pour une autre PAC’. « C’est assez marquant sur les mesures d’aide à la bio. On peut dire qu’aucun État membre ne fait pire. »

La France a maintenant trois semaines pour répondre à la Commission européenne. Il y aura sans doute encore plusieurs allers-retours, pour une approbation du plan français, au plus tôt en septembre 2022.

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Source : https://reporterre.net/Agriculture-la-politique-francaise-severement-jugee-par-la-Commission-europeenne

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    Agriculture : offensive des ministres européens contre les projets verts de l’UE – Explications – Par Giulietta Gamberini - 08 Avril 2022, 18:10 – Document ‘latribune.fr’ réservé aux abonnés - Entreprises & FinanceTransitions Écologiques– Powered by ETX Daily Up
    Réunis jeudi à Luxembourg, les ministres de l’Agriculture des Etats membres de l’Union européenne ont remis en cause plusieurs projets de Bruxelles qui doivent contribuer à la transition écologique du secteur. Au nom de la nécessité d’assurer le ’rôle nourricier’ de l’UE, la France demande désormais la fixation de ’cibles de production’ européennes.

Photo - Depuis le début de la guerre en Ukraine, qui a chamboulé les marchés alimentaires mondiaux, le ministre français de l’Agriculture, Julien Denormandie, martèle la nécessité que l’Europe revoie sa stratégie alimentaire ’De la fourche à la fourchette’ (Farm to Fork, F2F), qui vise, à horizon 2030, à réduire de moitié les pesticides, de 20% les engrais, et à consacrer un quart des terres au bio. (Crédits : Reuters)

Les pressions des ministres de l’Agriculture des Etats membres face aux objectifs de verdissement du secteur de la Commission européenne s’intensifient. Lors d’une réunion du Conseil de l’Union européenne jeudi à Luxembourg, eux projets législatifs de Bruxelles ont été remis en cause : la révision d’une directive existante sur l’usage des sols, visant à augmenter leur absorption nette de carbone, et un durcissement de la directive sur les ’émissions industrielles’, imposant des seuils d’émissions polluantes à davantage d’élevages. Le ministre de l’Agriculture français, qui préside cette instance pendant le premier semestre 2022, a même proposé la fixation de ’cibles de production’ agricole dans l’UE, afin d’en ’assumer’ le ’rôle nourricier’.

Ces prises de position interviennent juste quelques semaines après une importante concession de Bruxelles à la demande des ministres des Agriculture d’augmenter la production agricole européenne en raison de la guerre en Ukraine, au prix d’un allègement des contraintes environnementales.

Le 23 mars 2022, la Commission a en effet décidé de mettre temporairement en production les terres laissées en jachères dans l’UE pour y préserver la biodiversité, ainsi que de repousser la présentation de deux textes législatifs relatifs à l’utilisation des pesticides et à la restauration de la nature.

L’augmentation des ’puits naturels’ de carbone source de craintes

Dans le cadre de son Pacte vert européen, Bruxelles propose d’augmenter l’absorption nette de carbone par les sols et les forêts, en passant de 268 millions de tonnes équivalents CO2 par an aujourd’hui à 310 millions avant 2030. Cela implique la restauration de tourbières et de zones humides, une simplification des aides à la reforestation ainsi qu’un soutien à l’agriculture ’bas carbone’. Une communication de la Commission présentée en décembre était soumise à l’examen des ministres des Vingt-Sept dont ’un nombre significatif’, en adoptant jeudi leurs conclusions, ont exprimé jeudi des ’craintes’ et des doutes sur l’impact attendu, a indiqué le Français Julien Denormandie, cité par l’AFP.

Les Etats membres s’inquiètent notamment de la non prise en compte des spécificités géographiques et climatiques des ’puits naturels’ de carbone de chaque pays, ainsi que des risques naturels tels que les incendies. Ils critiquent également la complexité et le poids administratif des évaluations requises par le projet, en demandant un cadre ’simple et transparent’, et en soulignant que selon les traités européens, la principale mission de l’agriculture européenne est d’assurer la sécurité alimentaire.

De nouvelles contraintes en vue pour 13% des éleveurs européens

La Commission européenne a également proposé mardi d’étendre une directive sur les ’émissions industrielles’, qui impose actuellement des règles en matière de rejets de polluants à 30.000 usines et à 20.000 élevages géants. Elle souhaite que ses obligations s’appliquent désormais aussi aux élevages de bovins, porcins et volailles comptant plus de 150 ’unités gros bétail’ (150 vaches adultes, 10.000 poules, 500 porcs ou 300 truies environ). Cela concernerait quelque 185.000 installations dans l’UE, dont environ 13% des exploitations bovines, porcines et avicoles commerciales européennes, ’responsables ensemble de 60 % des émissions d’ammoniac et de 43% de méthane du bétail de l’UE’, selon la Commission.

Bruxelles estime à 5,5 milliards d’euros par an les bénéfices pour la santé humaine de cette extension. Les obligations découlant de la directive seront toutefois adaptées aux spécificités de l’élevage, ainsi qu’à la taille des exploitations et à la densité du bétail, promet l’UE. La Commission espère ainsi ’orienter les investissements industriels nécessaires à la transformation de l’Europe vers une économie zéro pollution, compétitive et neutre pour le climat d’ici 2050’, ’stimuler l’innovation, récompenser les pionniers et uniformiser les règles du jeu sur le marché de l’UE’.

’Les changements créeront davantage d’emplois, comme l’a montré avec succès le secteur de l’éco-innovation de l’UE dans le passé’, a déclaré le commissaire Environnement, Virginijus Sinkevičius, cité dans un communiqué.

La menace d’une augmentation des importations

Le projet a toutefois été immédiatement condamné, en France, par la Fédération nationale des syndicats d’exploitants agricoles (Fnsea), pour qui ’cette ’classification’ aura pour conséquence d’imposer toujours plus de normes de charges et de contraintes bureaucratiques aux éleveurs’, en poussant, ’de fait, à accroître la taille des élevages’, et à augmenter les importations ’de pays où l’élevage est vraiment
industriel, avec des dizaines de milliers d’animaux’.

’Au même moment, on laisse entrer en Europe des viandes d’élevages utilisant des antibiotiques de croissance dans des fermes sud-américaines à 10.000 vaches. C’est une aberration’, s’est également indigné Julien Denormandie, cité par l’AFP, en rappelant la demande du gouvernement français d’imposer une ’réciprocité’ des normes dans les échanges commerciaux.

En assurant avoir le soutien de plusieurs autres Etats membres, le ministre français a promis que la France se battrait -comme le demande la Fnsea- pour ’remettre de la raison dans ce texte’, qui doit être soumis aux Etats membres et aux parlementaires européens. Et le commissaire à l’Agriculture, Janusz Wojciechowski, tout en soulignant que la Commission avait déjà renoncé à appliquer le texte à partir d’un seuil -encore plus bas- de 100 ’unités de gros bétail’, s’est déjà dit ouvert à des discussions sur ce qui détermine si une exploitation est ’industrielle’, au-delà de sa taille.

La France réclame par ailleurs aussi une dérogation temporaire sur les taxes à l’importation sur les engrais : une demande que la Commission ’s’est engagée à regarder avec attention’, selon Julien Denormandie.

A la recherche du ’niveau de production’ assurant la souveraineté de l’UE

Le ministre français voudrait, enfin, que l’UE fixe des ’cibles de production’ agricole, permettant ’d’approvisionner les citoyens européens dans des conditions satisfaisantes de prix et de sûreté et d’assurer le rôle (de l’UE) dans la sécurité alimentaire mondiale’.

’Ne pas se poser la question du niveau de production peut conduire à ne plus pouvoir assumer notre souveraineté agroalimentaire’ dans certaines régions ou secteurs, a-t-il expliqué, qualifiant d’’aberration’ la dépendance européenne aux protéines végétales sud-américaines, utilisées notamment pour l’alimentation animale.

Depuis le début de la guerre en Ukraine, qui a chamboulé les marchés alimentaires mondiaux, Julien Denormandie martèle la nécessité que l’Europe revoie sa stratégie alimentaire ’De la fourche à la fourchette’ (Farm to Fork, F2F), qui vise, à horizon 2030, à réduire de moitié les pesticides, de 20% les engrais, et à consacrer un quart des terres au bio. Jeudi, il a néanmoins admis la nécessité que les cibles de productions européens soient fixés ’sans perdre de vue la protection de l’environnement’.

Lire : Les ’labels bas carbone’, le pari du gouvernement pour décarboner l’agriculture

Actualité économique et financière, bourse - Journal quotidien ...https://www.latribune.fr -Actualité économique et financière, bourse - Journal quotidien La Tribune.

Fichier:La tribune 2010 (logo).svg — Wikipédia

Source : https://www.latribune.fr/entreprises-finance/transitions-ecologiques/agriculture-offensive-des-ministres-europeens-contre-les-projets-verts-de-l-ue-913320.html

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Image - L’alliance des technologies développées par le belge ScanWorld et l’allemand

Constellr et ScanWorld vont créer un spécialiste de l’imagerie infrarouge et hyperspectrale, deux technologies qui peuvent révolutionner la gestion de l’agriculture.

Utiliser les images des satellites pour mieux gérer l’agriculture : l’idée n’est pas neuve et, sans même parler des prévisions météorologiques, il est déjà possible aujourd’hui d’obtenir des informations, par exemple, sur l’évolution de la végétation et l’occupation du sol.

Les progrès en matière d’imagerie satellitaire et la diminution importante des coûts pour l’accès à l’espace offrent toutefois de nouvelles perspectives. C’est ce qu’ont bien compris deux start-ups européennes du secteur spatial, qui vont unir leurs compétences respectives pour proposer de nouveaux services en matière de gestion de l’agriculture, des forêts ou de la pollution. 

Satellites de nouvelle génération

L’une de ces deux sociétés est l’entreprise liégeoise ScanWorld, une filiale de Spacebel, un des fleurons de l’industrie spatiale belge, spécialisé dans le développement de systèmes IT pour ce secteur. ScanWorld, qui a été créée en juillet 2020 autour d’un projet de constellation de satellites de nouvelle génération destinés à l’observation des ressources naturelles, va être reprise par la start-up allemande Constellr, avec laquelle elle avait conclu un partenariat en septembre de l’année passée.

Constellr fait l’acquisition de la totalité de ScanWorld, dont 60% était détenu par Spacebel et le reste par l’invest régional SRIW.

Cette acquisition va se traduire, selon Guerric de Crombrugghe, qui était jusqu’ici General Manager de ScanWorld, par la création d’’un nouvel acteur pan-européen du ’New Space’’ qui proposera des images satellitaires de grande valeur, mais à un coût abordable pour la surveillance de l’agriculture et de la végétation.

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Concrètement, Constellr fait l’acquisition de la totalité de ScanWorld, dont 60% était détenu par Spacebel et le reste par l’invest régional SRIW. Dans le même temps, Spacebel montera au capital de la start-up allemande, pour y rejoindre les actionnaires actuels (FTTF, OHB VentureCapital, Amathaon Capital et Next Humanity Ventures).

Lire aussi : La société belge ScanWorld s’allie avec la start-up allemande ConstellR

Technologies complémentaires - ScanWorld travaille sur le développement d’une petite constellation d’une dizaine de satellites d’observation dits ’hyperspectraux’, une technologie qui permet la représentation d’une scène suivant un grand nombre de bandes spectrales, au-delà des trois canaux spectraux des caméras couleur standard. ’L’hyperspectral donne des informations très précises sur les actions à mener dans les champs.’ - Guerric de Crombrugghe, General Manager de ScanWorld

De son côté, Constellr, basée à Fribourg, est également une start-up de la technologie spatiale, qui a son propre projet de surveillance du terrain via une constellation avec des charges utiles infrarouges thermiques, qui est une technologie complémentaire à l’hyperspectral.

L’hyperspectral permet d’avoir accès à la nature chimique de l’objet observé, c’est-à-dire d’obtenir des informations invisibles à l’œil nu. ’La technologie donne des informations très précises sur les actions à mener dans les champs’, explique Guerric de Crombrugghe.

L’infrarouge thermique, quant à lui, nous renseigne sur la température du sol, ce qui peut être aussi très utile, car cela peut fournir des informations sur l’évapotranspiration, afin de voir si la plante évacue bien la chaleur. Cela indique quelle quantité d’eau il faut apporter et peut aussi aider à repérer le stress. Tout cela, longtemps avant que le fermier ne puisse le voir’, précise-t-il.

Aspect climatique - Quand on met les deux technologies ensemble, ’c’est vraiment le jackpot’, selon Gerric de Crombrugghe. ’Vous avez toutes les informations qu’il faut. Si vous connaissez en plus la quantité d’eau qui va tomber dans les prochaines heures, vous pouvez indiquer au système d’irrigation ce qu’il doit délivrer exactement. C’est d’une précision sans précédent. On ne sait pas encore le faire avec les moyens existants’, poursuit-il.

Constellr a déjà une caméra à bord sur la Station spatiale internationale (ISS), qui a fourni ses premières images récemment.

’Bref, ajoute Guerric de Crombrugghe, l’alliance entre les deux technologies va permettre ’une gestion intelligente de l’agriculture dans l’esprit du Green Deal européen, mais aussi du dernier rapport du Giec, qui souligne que certains leviers d’action pour maitriser le changement climatique sont aujourd’hui trop chers’.

Constellr est un peu plus avancée dans le développement de ses projets puisque la société a déjà une caméra à bord sur la Station spatiale internationale (ISS), qui a fourni ses premières images récemment. Un premier satellite infrarouge doit partir fin de l’année prochaine, tandis que le déploiement de la constellation - tant dans l’hyperspectral que dans l’infrarouge - devrait commencer vers 2025.

Une opportunité

Il existe certes déjà des satellites qui fournissent des images en infrarouge thermique, mais la fréquence n’est pas utilisable pour l’instant par le monde agricole. Les engins de Constellr viendront donc combler les vides. Même chose dans l’hyperspectral, bien que là, seul un prototype basé sur cette technologie soit déjà en orbite.

ScanWorld, qui sous-traitera la fabrication tant des satellites que des caméras, reste pour l’instant une petite structure avec sept personnes et trois ou quatre postes ouverts. Elle travaille déjà avec des sociétés belges, notamment Amos, Deltatec et Sagacify, un acteur de l’intelligence artificielle en Belgique. Elle est également dans un projet du pôle Skywin.

Pour Spacebel, cette évolution représente une opportunité de prendre pied dans l’actionnariat d’un acteur en construction du ’New Space’ européen, qui suscite de grosses attentes auprès de la Commission européenne et de l’Agence spatiale européenne, particulièrement dans tout ce qui touche à l’observation de la Terre.

Le résumé

  • La jeune société allemande Constellr reprend la start-up spatiale belge ScanWorld, une filiale de Spacebel créée il y a moins de deux ans.
  • À l’occasion de cette opération, Spacebel prend une participation dans la société allemande.
  • Les deux start-ups du ’New Space’ européen vont créer un spécialiste de l’imagerie infrarouge et hyperspectrale, deux technologies complémentaires qui peuvent révolutionner la gestion de l’agriculture.
  • L’agriculture intelligente fait partie des préoccupations du ‘Green Deal européen et des experts du Giec.
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L’expertise belge dans l’éolien offshore s’impose en mer ...

Source : https://www.lecho.be/entreprises/defense-aeronautique/des-satellites-de-nouvelle-generation-pour-mieux-gerer-l-agriculture/10379823.html

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    Le Conseil de l’Union Européenne adopte des conclusions relatives à une agriculture bas-carbone - Conseil de l’UE - Communiqué de presse - 07 avril 2022 à 15:30
    Les ministres de l’agriculture ont approuvé des conclusions sur l’agriculture ‘bas carbone’, s’appuyant sur la partie agriculture et forêt de la communication de la Commission intitulée ’Des cycles du carbone durables’, et visant à encourager les pratiques agricoles qui contribuent à capter le carbone de l’atmosphère, et à le fixer dans les sols ou la biomasse de manière durable. Ces pratiques peuvent inclure, en agriculture, l’implantation de haies ou d’arbres, la culture de légumineuses, l’utilisation de cultures dérobées et de cultures de couverture, l’agriculture de conservation, le maintien des tourbières, et, en matière forestière, le boisement ou le reboisement.

Les conclusions précisent les attentes du Conseil sur le cadre de certification pour les absorptions de carbone, qui fera l’objet d’une proposition législative en fin d’année, pour permettre de valoriser économiquement les pratiques qui augmentent les absorptions et le stockage du carbone, sur la base d’exigences de mesure confirmées scientifiquement.

Dans ses conclusions, le Conseil s’est félicité de la communication et a reconnu le rôle clé que peuvent jouer les secteurs agricole et forestier dans la lutte contre le dérèglement climatique par l’absorption du carbone de l’atmosphère. Les ministres ont également estimé qu’il importait de fournir un soutien financier suffisamment incitatif aux agriculteurs et forestiers en complément de la politique agricole commune, provenant à la fois de ressources publiques et de ressources privées, afin d’encourager ces agriculteurs et forestiers à adopter ces pratiques favorables au climat. De plus, ils ont apporté leur soutien au projet de la Commission visant à créer un groupe d’experts composé de représentants des secteurs agricole et forestier, ont estimé que ce groupe serait en mesure d’évaluer et de tenir compte des systèmes de certification carbone existants, de partager des exemples de bonnes pratiques en provenance de toute l’UE et ont invité à la Commission à examiner avec ce groupe la possibilité d’étendre la certification aux réductions de gaz à effet de serre, en particulier le méthane et le protoxyde d’azote.

Les États membres ont également souligné que la finalité première de l’agriculture de l’UE, comme le prévoient les traités, est d’assurer la sécurité alimentaire, et que cet objectif ne doit pas être compromis. Enfin, les conclusions ont souligné qu’il importait de tenir compte des spécificités régionales et d’éviter toute charge administrative inutile lors de la mise en place du cadre de certification, qui devrait être aussi simple et transparent que possible.

Contexte

Dans le cadre du pacte vert pour l’Europe, l’un des objectifs fixés au titre de la loi européenne sur le climat est la réduction des émissions de gaz à effet de serre de 55 % d’ici à 2030 par rapport aux niveaux de 1990, afin de parvenir à la neutralité climatique au niveau de l’UE d’ici à 2050. Les absorptions de carbone (c’est-à-dire la captation du CO2 de l’atmosphère et son stockage par divers moyens, par exemple par l’intermédiaire des arbres et des plantes, ainsi que par la protection des sols riches en carbone) peuvent jouer un rôle déterminant pour parvenir à la neutralité climatique. La communication de la Commission relative à des cycles du carbone durables, adoptée le 15 décembre 2021 dans le cadre du paquet ’Ajustement à l’objectif 55’, vise à contribuer à mettre en place des solutions durables en matière d’absorption du carbone. Elle constitue également un premier pas vers un cadre de certification des absorptions de carbone, qui fera l’objet d’une proposition législative.

Contacts avec la presse : Alice Antoine-Grégoiremailto:alice.antoine-gregoire@consi...Attachée de presse - +32 2 281 83 67 - +32 474 99 05 25 - Si vous n’êtes pas journaliste, veuillez adresser votre demande au service Information au public.

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Addenda – Le Conseil de l’Union Européenne

« Le Conseil, souvent appelé Conseil de l’Union européenne et parfois, officieusement, Conseil des ministres de l’Union européenne, est l’une des principales institutions de l’Union européenne (UE), avec la Commission européenne, le Conseil européen et le Parlement européen. C’est un organe institutionnel exécutif mais aussi législatif de l’UE, qui décide des actes législatifs et budgétaires. Il partage sa compétence dans les domaines soumis à la procédure législative ordinaire avec le Parlement européen avec lequel il forme un parlement bicaméral. Ainsi, le Conseil des ministres représente les gouvernements des États membres tandis que le Parlement européen représente les citoyens des États membres. Le Conseil siège au sein du bâtiment Europa, situé au 175 rue de la Loi, à Bruxelles, face au siège de la Commission européenne et à proximité du Parlement européen. Les ministres des États membres en lien avec l’ordre du jour de chaque réunion (ministres des finances, ministres de la santé, etc.) siègent au Conseil et éventuellement un ministre d’une entité fédérée (dans le cas des États fédéraux) habilité à représenter l’État fédéral dans son ensemble. Depuis la signature du traité de Rome, le Conseil est responsable de la coordination des politiques économiques des États membres. Il élabore le projet de budget avec le Parlement et l’adopte avec l’accord de celui-ci, mais décide seul des recettes. En matière monétaire, il fixe les orientations générales du régime de change sans intervention du Parlement (la politique monétaire ne faisant pas partie des domaines soumis à la codécision)… » - Source : https://fr.wikipedia.org/wiki/Conseil_de_l%27Union_europ%C3%A9enne

Conseil de l’Union européenne - En bref

Rôle : voix des États membres de l’UE, adopte la législation et coordonne les politiques de l’UE

Membres : ministres nationaux de chaque pays de l’UE, en fonction des domaines politiques traités

Président : chaque pays de l’UE exerce la présidence tournante pour une durée de 6 mois

Création : 1958 (en tant que « Conseil des Communautés européennes »)

Siège : Bruxelles (Belgique)

Site web : Conseil de l’UE

Au sein du Conseil de l’UE, également connu de manière informelle comme « le Conseil », les ministres de chaque pays de l’UE se réunissent pour examiner, modifier et adopter des actes législatifs et coordonner leurs politiques. Ils sont habilités à engager l’action de leur gouvernement sur les points convenus lors des réunions.

Il constitue, avec le Parlement européen, le principal organe de décision de l’UE. Le Conseil de l’UE ne doit pas être confondu avec :

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36bis.
Europe - Législation communautaire - Feu vert à un cadre européen de l’agriculture bas carbone – Par Sophie Bergot – ‘La France agricole’ - Réservé aux abonnés - Commission européenne Conseil européen

Législation communautaire - Feu vert à un cadre européen de l’agriculture bas carbone

Photo - La plantation de haies ou d’arbres, la culture de légumineuses ou les dérobées sont des pratiques agricoles reconnues pour capturer et stocker le carbone dans le sol ou la biomasse. © Cedric Faimali/GFA

Les ministres de l’Agriculture des Vingt-Sept ont adopté une déclaration commune sur l’agriculture décarbonée. Ils veulent un cadre commun pour certifier et valoriser les crédits carbone. La Commission a désormais le feu vert pour en dessiner le cadre législatif, avant la fin de 2022.

Réunis à Luxembourg le 7 avril 2022, les Vingt-Sept ont adopté une déclaration commune sur l’agriculture décarbonée, s’inspirant de la communication de la Commission de la mi-décembre. C’était une des priorités du ministre français Julien Denormandie, qui occupe la présidence du Conseil de l’Agriculture depuis janvier.

Il souhaitait obtenir un cadre harmonisé au niveau européen sur les pratiques « bas carbone », avec une méthode commune de certification et de valorisation des émissions évitées sous la forme de crédits carbone. Les ministres donnent maintenant mandat à la Commission européenne de proposer ce cadre réglementaire commun. Elle devrait rendre une proposition législative d’ici à la fin de 2022.

> À lire aussi : Intérêt unanime des États membres pour l’agriculture bas carbone (08/02/2022)

Les bonnes pratiques à certifier

Les pratiques agricoles reconnues devront aider à capturer le carbone de l’atmosphère et à le stocker dans le sol ou la biomasse de manière durable. Soit par exemple, la plantation de haies ou d’arbres, la culture de légumineuses, l’utilisation de cultures dérobées et de cultures de couverture ou encore l’agriculture de conservation.

La valeur économique des crédits carbone devra être liée aux pratiques qui augmentent l’élimination et le stockage du carbone, sur la base d’exigences de mesure scientifiquement prouvées, demandent les ministres.

Source : https://www.lafranceagricole.fr/actualites/legislation-communautaire-feu-vert-aun-cadre-europeen-de-lagriculture-bas-carbone-1,2,2150877851.html

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    France - Discours - Intervention de Julien Denormandie - Plan de Résilience - 16/03/2022 – Document officiel ‘agriculture.gouv.fr’
    Dossier - Seul le prononcé fait foi - Le Président de la République l’a dit lors de l’inauguration du salon international de l’agriculture, l’invasion de l’Ukraine par la Russie aura, a, des impacts importants sur l’agriculture et les filières agroalimentaires française.

1/ Tout d’abord, je le réaffirme pour nos concitoyens, il n’y a pas de risque de pénurie en France car notre agriculture et nos filières agroalimentaires sont fortes et souveraines.

Et c’est ce que nous nous attelons à renforcer depuis 5 ans. Merci à nos agriculteurs et acteurs de notre chaîne agroalimentaire d’assurer cette indépendance alimentaire.

2/ En revanche, il y a plusieurs défis qui imposent des réponses fortes. En effet, la crise a des impacts immédiats et importants sur les filières agricoles françaises à l’amont comme à l’aval :

  • L’augmentation en cours des prix de l’énergie, et par effet immédiat, celui des engrais dont certains sont importés de Russie ou Biélorussie ;
  • L’augmentation des cours mondiaux des céréales, dont 30% des exportations mondiales sont assurées par l’Ukraine et la Russie - même si nous sommes indépendants et même exportateurs en France ;
  • L’augmentation du coût de l’alimentation animale, dont l’Ukraine est un important producteur, et qui représente jusqu’à 60% du coût des intrants.
    3/ Dans ce contexte, le plan de résilience agit sur ces priorités :

i/ Face à l’augmentation importante du coût du carburant, nous apportons les mesures suivantes :

  • D’abord, la mesure annoncée par le Premier ministre de remise sur les carburants de 15 centimes hors taxe au 1er avril s’applique aussi au Gasoil Non Routier des agriculteurs.
  • À cette mesure, car nous sommes conscients de l’impact sur les trésoreries des exploitations agricoles, le gouvernement met en place le remboursement anticipé de la TICPE de 2021 et, sur demande, un acompte de 25% pour la TICPE 2022, qui seront versés après déclaration, dès le 1er mai 2022.
    Ces mesures réduisent le coût du carburant et soulagent la trésorerie des agriculteurs et des éleveurs.

ii/ Face à l’augmentation importante du coût du gaz, nous rendons éligibles les entreprises agricoles et forestières, ainsi que les entreprises agroalimentaires, à l’aide aux entreprises consommatrices de gaz et d’électricité.

Cette aide transversale, annoncée tout à l’heure par le Premier ministre, bénéficiera, je le rappelle, aux entreprises dont les dépenses de gaz et d’électricité représentent au moins 3 % des charges, et qui deviendraient déficitaires en 2022 du fait du renchérissement de leurs dépenses en énergie.

Nous prendrons en charge la moitié du surplus de dépenses énergétiques, dans la limite de leurs pertes.

Nombreuses sont les entreprises agricoles et agroalimentaires à répondre à ce critère de 3%.

Je pense par exemple aux maraîchers, aux producteurs de volaille, aux sucreries, aux entreprises laitières qui sèchent le lait et bien d’autres.

iii/ Face à l’augmentation du coût de l’alimentation animale dans les élevages, nous prenons une mesure exceptionnelle, en mettant en place une aide aux éleveurs pour prendre en charge une partie du surcoût alimentaire.

Concrètement, cette aide est ciblée sur les élevages fortement dépendants d’achats d’aliments et qui connaîtront des pertes liées à cette hausse.

Elle sera d’une durée de 4 mois, sur une période à compter du 15 mars, et les premiers versements interviendront sous 2 mois. Au maximum, 400 M euros seront alloués à cette aide. J’organiserai dans les prochains jours une consultation des représentants de l’élevage pour préciser avec eux le dispositif.

iv) Enfin, face aux difficultés supplémentaires, l’enveloppe des prises en charge des cotisations sociales sera abondée dès cette année à hauteur de 60M€ supplémentaires pour prendre en compte les exploitations confrontées à des hausses de charges, autres que celles faisant l’objet de mesures sectorielles et qui dégradent leur compte d’exploitation de manière significative.

Au-delà de ces 4 mesures fortes, nous un avons second objectif : sécuriser nos producteurs, nos transformateurs ainsi que notre production agricole et alimentaire dès 2022.

Les filières françaises doivent en effet continuer à produire, car l’Europe et la France, grande puissance agricole, ont une responsabilité : celle de nourrir son peuple et au-delà contribuer à nourrir le monde.

Or, de l’autre côté de la Méditerranée, des pays pourraient faire face à des famines, compte tenu de la situation en Ukraine, un des greniers du monde, et à cause de sécheresses qui frappent certains pays d’Afrique du Nord. Nous devons assumer notre rôle nourricier.

4/ Pour cela, nous allons aussi prendre 4 mesures :

i/ Premièrement, entamer de nouvelles négociations commerciales pour sécuriser nos producteurs et entreprises agroalimentaires

En effet, compte tenu de la modification substantielle des conditions économiques, les distributeurs doivent adapter les contrats les liant à de nombreux fournisseurs. De nouvelles négociations doivent ainsi être ouvertes sur la base d’un dialogue transparent et constructif entre les parties, avec la mise en œuvre des mécanismes d’indexation et de renégociation, ainsi que du cadrage des pénalités logistiques.

L’ensemble des acteurs de la chaîne agroalimentaire sera réuni dès vendredi par le Ministère de l’Économie, des Finances et de la Relance et le Ministère de l’Agriculture et de l’Alimentation.

L’État prendra sa part et sera exemplaire dans le cadre des contrats relevant de la commande publique.

ii/ Deuxièmement, sécuriser la campagne 2022 en engrais

Si les besoins en engrais du printemps sont couverts, un plan de sécurisation des engrais pour la prochaine campagne d’automne 2022 sera mis en œuvre, comportant :

  • La mise en place d’un groupe de travail de sécurisation des matières premières importées, et de la production d’engrais sur notre sol ;
  • L’adaptation ou le report de mesures réglementaires pouvant impacter la disponibilité des engrais en 2022 ;
  • Le développement de l’usage des engrais organiques.
    iii/ Troisièmement, produire plus de protéines végétales notamment, en 2022

Nous activons aussi des mesures européennes et françaises exceptionnelles en 2022, en particulier la valorisation des jachères que j’ai portée au niveau européen avec d’autres Etats membres, et qui devrait connaitre une issue favorable.

iv/ Enfin, il nous faut sortir plus rapidement de nos dépendances.

De manière structurelle, la France a déjà fait de la souveraineté agricole et agroalimentaire une priorité politique depuis 5 ans.

Le plan France Relance et le plan France 2030 a d’ores et déjà contribué à la reconquête de notre souveraineté agroalimentaire.

Ce plan de résilience est l’occasion d’accélérer cette transformation de long terme au service de la souveraineté agricole et agroalimentaire autour de 4 volets :

  • La mise en œuvre d’un plan souveraineté azote en privilégiant la production d’engrais vert et le développement de filières de valorisation d’engrais organiques ;
  • Le renforcement du plan protéines végétales dans le cadre de France 2030 ;
  • Le développement d’un plan de souveraineté énergétique agricole et alimentaire, pour accélérer le développement des énergies renouvelables et la décarbonation de l’amont agricole et des IAA ;
  • Enfin, l’élaboration d’un plan souveraineté français et européen « Fruits et légumes », associant étroitement les territoires ultra-marins.
    5/ En conclusion, permettez-moi simplement de dire que je sais les agriculteurs, les pêcheurs, les forestiers mobilisés, pour une nouvelle fois dans la crise, être au rendez-vous de leur rôle nourricier et je tenais à les en remercier.

À télécharger : Discours - Intervention de Julien Denormandie - Plan de Résilience (PDF, 420.9 Ko)

Contacts presse - Service de presse de Julien Denormandie - Tél : 01 49 55 59 74
cab-presse.agriculture@agriculture.gouv.fr

Service de presse du ministère - Tél : 01 49 55 60 11 - ministere.presse@agriculture.gouv.fr

Fichier:Logo du Ministère de l’agriculture et de l’alimentation (2020).svg — Wikipédia

Source : https://agriculture.gouv.fr/discours-intervention-de-julien-denormandie-plan-de-resilience

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    Le volet agricole et agroalimentaire du plan de résilience économique et sociale - 01/04/2022 – Document ‘agriculture.gouv.fr’
    Mercredi 16 mars 2022, le Premier ministre a présenté un plan de résilience économique et sociale pour faire face, notamment, aux augmentations brutales du prix de matières premières liées à la guerre en Ukraine. Jean Castex a indiqué que ce plan sera évolutif pour s’adapter au plus près des conséquences engendrées par ce conflit. Ce plan s’inscrit dans le cadre d’une réponse européenne coordonnée.

Lors de sa présentation, le Premier ministre était accompagné de Barbara Pompili, ministre de la Transition écologique, de Bruno Le Maire, ministre de l’Économie, des Finances et de la Relance, et de Julien Denormandie, ministre de l’Agriculture et de l’Alimentation.

Face à la guerre en Ukraine, le Gouvernement déploie des réponses spécifiques pour accompagner les entreprises et secteurs impactés ou susceptibles de le devenir.

Retrouvez toutes les mesures nationales sur le site du Gouvernement.

Le volet agricole et agroalimentaire du plan de résilience économique et sociale a été détaillé.

Les impacts de la guerre en Ukraine

La guerre en Ukraine a des impacts immédiats sur les filières agricoles et agroalimentaires françaises, à l’amont et à l’aval. Elles font face à trois défis :

  • L’augmentation en cours des prix de l’énergie, et par effet immédiat, celui des engrais dont certains sont importés de Russie ou Biélorussie ;
  • L’augmentation des cours mondiaux des céréales, dont 30% des exportations mondiales sont assurées par l’Ukraine et la Russie – même si la France est indépendante et exportatrice ;
  • L’augmentation du coût de l’alimentation animale, dont l’Ukraine est un important producteur, et qui représente jusqu’à 60% du coût des intrants.
    Pour autant, Julien Denormandie a rappelé qu’il n’y avait pas « de risque de pénurie en France, car notre agriculture, notre chaîne agroalimentaire est solide, forte et souveraine ».

Quatre mesures immédiates

Pour répondre à ces défis, le plan de résilience économique et sociale met en place quatre mesures immédiates :

1. Face à l’augmentation du coût de l’alimentation animale : le Gouvernement met en place une mesure exceptionnelle en prenant en charge une partie du surcoût alimentaire. Dotée d’une enveloppe s’élevant jusqu’à 400 millions d’euros, cette mesure est ciblée sur les élevages fortement dépendants d’achats d’aliments et qui connaîtront des pertes liées à cette hausse. Cette aide sera d’une durée de 4 mois à partir du 1er avril avec des premiers versements sous deux mois.

Sur ce sujet, le Premier ministre a rappelé le soutien du Gouvernement « aux éleveurs qui doivent faire face à l’envolée du coût de l’alimentation animale dans un contexte déjà marqué par des cours historiquement élevés ».

2. Face à l’augmentation du coût du carburant :

  • La mesure transversale de remise de 15 centimes hors taxes s’applique également au GNR (gaz non routier) utilisé par les agriculteurs. Avec la TVA, cette remise s’élève à 18 centimes en France métropolitaine, 17 centimes en Corse et 15 centimes en Outre-mer.
  • Le remboursement anticipé de la TICPE de 2021 et, sur demande, un acompte de 25% pour la TICPE 2022, qui seront versés après déclaration, dès le 1er mai 2022.
    « Ces mesures doivent conduire à réduire le coût du carburant et soulager la trésorerie de nos agriculteurs et éleveurs », a indiqué le ministre.

3. Face à l’augmentation du coût du gaz : les entreprises agricoles, forestières et agroalimentaires sont rendues éligibles à l’aide aux entreprises consommatrices de gaz et d’électricité. Cette aide transversale bénéficiera aux entreprises dont les dépenses de gaz et d’électricité représentent au moins 3% des charges, et qui deviendraient déficitaires en 2022 du fait du renchérissement de leurs dépenses en énergie, leur permettant ainsi de réduire leurs pertes dans la limite de 80%. Cette aide sera plafonnée à 25 millions d’euros. La moitié du surplus de dépenses énergétiques sera prise en charge, dans la limite de leurs pertes. Cette mesure exceptionnelle sera mise en œuvre dès que possible pour la période du 1er mars au 31 décembre 2022.

4. Face aux difficultés supplémentaires, l’enveloppe des prises en charge des cotisations sociales sera abondée dès cette année à hauteur de 60 millions d’euros supplémentaires pour prendre en compte les exploitations confrontées à des hausses de charges qui dégradent leur compte d’exploitation de manière significative.

Revoir sur Twitter la présentation des 4 mesures immédiates par le ministre

Quatre mesures additionnelles

1. Ouvrir de nouvelles négociations commerciales pour sécuriser les producteurs et entreprises agroalimentaires. De nouvelles négociations ont ainsi été ouvertes dès le 18 mars sur la base d’un dialogue transparent et constructif entre les parties, avec la mise en œuvre des mécanismes d’indexation et de renégociation, ainsi que du cadrage des pénalités logistiques. Dans le cadre du comité de suivi hebdomadaire des relations commerciales mis en place, enseignes de la grande distribution et fournisseurs de produits agricoles et alimentaires ont signé le 31 mars une charte d’engagements.

2. Sécuriser la campagne 2022 en engrais pour la fin de l’année :

  • Mise en place d’un groupe de travail de sécurisation des matières premières importées, et de la production nationale d’engrais ;
  • Adaptation ou report de mesures réglementaires pouvant impacter la disponibilité des engrais en 2022 ;
  • Développement de l’usage des engrais organiques produits localement.
    3. Produire plus de protéines végétales : des mesures exceptionnelles européennes et françaises ont été activées en 2022, notamment pour la valorisation des jachères.

4. Sortir de nos dépendances : la France a fait de la souveraineté alimentaire une priorité politique depuis 5 ans, notamment avec la contribution du plan France Relance et France 2030. Ce plan est l’occasion d’accélérer la transformation sur le long terme au service de la souveraineté et de l’indépendance alimentaire autour de 4 points :

  • La mise en œuvre d’un « plan souveraineté azote » en privilégiant la production d’engrais vert et le développement de filières de valorisation d’engrais organiques ;
  • Le renforcement du plan protéines végétales dans le cadre de France 2030 ;
  • Le développement d’un plan de souveraineté énergétique agricole et alimentaire, pour accélérer le développement des énergies renouvelables et la « décarbonation » de l’amont agricole et des industries agroalimentaires ;
  • Enfin, l’élaboration d’un plan souveraineté français et européen « Fruits et légumes », associant étroitement les territoires ultra-marins.
    Revoir sur Twitter la présentation des 4 mesures additionnelles par le ministre

Retrouvez l’ensemble du Plan gouvernemental de résilience économique et social ici.

À télécharger : Dossier de presse - Plan de résilience économique et sociale (PDF, 574.39 Ko)

Mots clefs : plan de résilience agroalimentaire ukraine aides France 2030 engrais plan de relance agroalimentaire forêt pêche protéines végétales

Ministère de l’Agriculture et de l’Alimentation

Fichier:Logo du Ministère de l’agriculture et de l’alimentation (2020).svg — Wikipédia

Source : https://agriculture.gouv.fr/le-volet-agricole-et-agroalimentaire-du-plan-de-resilience-economique-et-sociale

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    Sécurité alimentaire : la France cherche un soutien international à son initiative FARM - Par Mathilde Gérard - Publié aujourd’hui à 20h24, mis à jour à 22h04 – Document ‘Le Monde’ - Article complet réservé aux abonnés
    Les ministres des affaires étrangères et de l’agriculture étaient à Rome, mardi 12 avril 2022, pour évoquer avec les agences onusiennes chargées de l’alimentation et de l’agriculture les mesures possibles contre la crise alimentaire liée à la guerre en Ukraine.

Ils sont venus à Rome chercher le soutien des agences internationales sur l’agriculture et l’alimentation : une délégation de la France et de la Commission européenne a rencontré, mardi 12 avril, les représentants du Programme alimentaire mondial (PAM), de l’Organisation des Nations unies pour l’agriculture et l’alimentation (FAO) et du Fonds international de développement agricole (FIDA).

L’objectif de ces réunions : rallier ces institutions à l’initiative française FARM (pour Food and Agricultural Resilience Mission, « mission de résilience alimentaire et agricole ») visant à prévenir une crise alimentaire mondiale consécutive à la guerre en Ukraine. A défaut d’officialiser un partenariat, les agences onusiennes ont manifesté leur intérêt, le PAM se prêtant à une conférence de presse commune avec la France et la Commission européenne.

L’invasion de l’Ukraine par la Russie, deux exportateurs majeurs de céréales et d’oléoprotéagineux, en perturbant les marchés mondiaux, vient menacer la capacité à se nourrir de populations déjà fragilisées par deux ans de pandémie due au Covid-19. « C’est une tempête parfaite qui s’ajoute à une tempête parfaite », a résumé le directeur du PAM, David Beasley, alors que l’insécurité alimentaire progresse depuis plusieurs années, sous l’effet conjugué des conflits et du réchauffement climatique. « Face à cette crise dans la crise, nous devons penser en dehors des cadres, c’est pourquoi je suis heureux de voir la France et l’Union européenne prendre le leadership », a poursuivi M. Beasley.

Annoncée par Emmanuel Macron le 24 mars 2022, l’initiative FARM est encore en voie de définition. Appuyée par l’Union européenne, avec un écho favorable du G7, elle repose sur trois piliers : un axe commercial pour améliorer la transparence sur les stocks et enrayer les phénomènes spéculatifs qui poussent les prix à des niveaux record ; un volet de solidarité envers les populations vulnérables affectées par l’arrêt des exportations de grains venant d’Ukraine ; et un troisième pilier de long terme, d’aide au développement de filières agricoles dans les pays aujourd’hui importateurs, particulièrement sur le pourtour méditerranéen et en Afrique.

D’autres instances approchées

Si l’initiative est directement pilotée par l’Elysée, ce sont les ministres des affaires étrangères, Jean-Yves Le Drian, et de l’agriculture, Julien Denormandie, qui ont été dépêchés à Rome. « Notre objectif est d’aboutir à un mécanisme de coordination avant la fin du mois de juin et de la présidence française de l’Union européenne », a précisé M. Le Drian. « Chacune des agences nous a certifié de son accord pour soutenir l’initiative, assure M. Denormandie. La FAO pour soutenir la transparence sur les stocks, le FIDA pour investir dans les pays qui pourraient avoir des difficultés et enfin le PAM, fortement engagé pour empêcher une crise alimentaire, pour le volet de solidarité….. »

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Source : https://www.lemonde.fr/planete/article/2022/04/12/securite-alimentaire-la-france-cherche-un-soutien-international-a-son-initiative-farm_6121882_3244.html

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    Souveraineté alimentaire - Déclaration politique de ‘La Via Campesina’ |LVC] : 30 ans de luttes collectives, d’espoir et de solidarité - 15 AVRIL 2022 – Message de ‘La Via Campesina’ - DOCUMENTS CLEFS (SOUVERAINETÉ ALIMENTAIRE)POUR QUOI NOUS LUTTONS ?SOUVERAINETÉ ALIMENTAIRE -
    Ce 17 avril 2022, à l’occasion de la Journée internationale des luttes paysannes, nous commémorons les 26 ans du massacre des paysan·nes d’Eldorado dos Carajás au Brésil et nous résistons à la criminalisation, l’oppression et la répression de nos luttes pour la vie. En ce jour, nous lançons également la célébration de 30 ans de construction de luttes collectives, d’espoir et de solidarité au service de l’humanité.

Nous, La Via Campesina, la voix internationale qui rassemble des millions de paysan·nes, de travailleur·euses sans terre, d’indigènes, d’éleveur·euses, de pêcheur·euses, de travailleur·euses agricoles migrant·es, de petits et moyens agriculteur·rices, de femmes rurales et de jeunes – organisé·es au sein de 182 organisations locales et nationales et venant de 81 pays différents d’Afrique, d’Asie et des Amériques – nous refusons de disparaître. Et nous continuons de croître en force.

À force de persévérance et d’espoir, nous avons récolté des victoires majeures : la souveraineté alimentaire reconnue et adoptée par certains pays, l’agroécologie reconnue et soutenue par l’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO) et la Déclaration des Nations unies sur les droits des paysan·nes et autres personnes travaillant dans les zones rurales (UNDROP) adoptée par l’Assemblée générale des Nations unies. Nous continuons à occuper les espaces multilatéraux importants de la gouvernance alimentaire mondiale pour influencer le débat et contribuer à la réalisation de la souveraineté alimentaire, de l’agroécologie et de la réforme agraire populaire.

Nous sommes attentif·ves au contexte mondial actuel et à la nécessité de renforcer notre lutte. Le conflit géopolitique s’aggrave tandis que l’ordre international libéral dirigé par les États-Unis s’effondre, et que l’offensive impérialiste contre la société civile et la criminalisation des mouvements sociaux continue. Par le biais de la censure et de la surveillance, les grands groupes qui détiennent des médias participent de plus en plus à la violation des systèmes démocratiques et des droits humains.

Les multinationales ont récemment uni leurs forces pour s’emparer des espaces multilatéraux de gouvernance alimentaire et de lutte contre les changements climatiques au sein des Nations unies. Nous prêtons attention aux conflits et aux guerres en cours en Afrique, en Amérique, en Asie et en Europe. À l’aggravation de la crise climatique et de la crise sanitaire due au COVID-19. Tous ces facteurs ont intensifié les souffrances.

Ainsi, nous assistons à des niveaux record de pauvreté, de faim et d’inégalités dans le monde et à une criminalisation accrue des personnes qui réclament la justice sociale et la dignité. Par ailleurs, des millions de personnes sont contraintes d’abandonner leurs territoires et d’émigrer vers d’autres pays, où certaines sont confrontées à davantage d’injustices.

Nous rejetons le modèle néolibéral qui va à l’encontre de notre vision collective d’harmonie avec la nature, d’unité et de paix. Nous affirmons notre engagement à poursuivre la construction de sociétés démocratiques contre l’impérialisme. Au cours des 30 dernières années, avec nos allié·es, nous avons construit collectivement l’espoir et la solidarité à travers la souveraineté alimentaire en mettant l’humanité, la Terre Mère et la justice sociale au centre. Nous restons inébranlables dans notre solidarité internationale avec toutes celles et tous ceux qui luttent pour la vie, les droits et la dignité.

L’année dernière, en 2021, nous avons célébré un quart de siècle de construction et de promotion de la souveraineté alimentaire. Nous avons également lancé un débat afin de réfléchir de manière critique à nos réalisations et à nos victoires et pour proposer des actions pour l’avenir, notamment en participant au Forum mondial Nyéléni prévu en 2023.

De quoi avons-nous besoin de la part des gouvernements et des institutions pour continuer à nourrir le monde ?

  • Mettre en œuvre une réforme agraire démocratique et étendue qui permette aux peuples d’avoir la souveraineté sur leurs ressources naturelles et sur leur alimentation, tant au niveau de la production que de la distribution.
  • Reconnaître le travail que nous faisons déjà et promouvoir les exemples réussis de notre capacité à nourrir les peuples. Alors que nous produisons et échangeons la majorité des aliments à travers le monde, nos marchés sont largement ignorés dans la politique des gouvernements et des institutions. Le commerce est nécessaire, mais il doit être d’un type différent, qui n’exploite ni les personnes ni la nature, et qui profite aux communautés et non aux entreprises.
  • Développer l’agroécologie paysanne comme solution à la crise climatique, à la perte de fertilité des sols et de biodiversité. En raison des pratiques agricoles industrielles non-durables, nous voyons une opportunité unique pour l’agroécologie tandis que de nombreux pays souhaitent passer à des ’méthodes agricoles durables’ et réduire l’utilisation d’intrants agricoles toxiques.
  • Mettre en œuvre l’UNDROP en créant une procédure spéciale de l’ONU et en intégrant la déclaration à la FAO, aux autres agences basées à Rome en relation avec les politiques alimentaires et agricoles, ainsi qu’à la Décennie de l’agriculture familiale de l’ONU. Cela permettrait de référencer l’UNDROP dans des politiques visant à remodeler et à transformer nos sociétés.
    Comment faire avancer nos luttes à partir de ‘La Via Campesina’ ?
  • Former et sensibiliser massivement les membres à l’UNDROP afin qu’ils promeuvent activement dans leurs pays les composantes essentielles des politiques publiques en faveur de la souveraineté alimentaire, de l’agroécologie et de la reconnaissance et du respect des droits des paysan·nes.
  • Construire et renforcer la diversité et l’inclusion contre la violence et l’oppression. Embrasser la diversité est la clé pour Construire le mouvement pour changer le monde. Aujourd’hui, dans notre mouvement, les jeunes, les femmes, les personnes issues de la diversité culturelle et les personnes LGBTQIA+ sont majoritaires et occupent des rôles-clés au sein du mouvement.
  • Construire le féminisme paysan et populaire pour définir et façonner les relations de genre dans notre mouvement, et comme outil politique contre toutes les formes de violence.
  • Renforcer le collectif des travailleur·euses agricoles migrant·es et saisonnier·es en tant qu’espace permettant d’accroître la visibilité de leurs problèmes.
  • Faire avancer le travail contre l’impunité des sociétés transnationales (STN) et contribuer au processus de traité contraignant pour réglementer les STN.
  • Pour comprendre le monde complexe et fluide dans lequel nous vivons et adapter nos stratégies, nous :
     Construisons de nouvelles alliances et renforçons les alliances existantes pour apprendre et partager les expériences à travers l’analyse et la formation collective, et défendre un avenir basé sur la souveraineté alimentaire.

 Augmentons et renforçons la formation politique et technique. Nous allons promouvoir les méthodes et technologies paysannes populaires qui engagent les femmes et les jeunes dans la défense des moyens de subsistance ruraux. Encore une fois, nous devrions maîtriser de nouveaux moyens de communication au service de l’humanité afin d’atteindre un grand nombre de personnes qui défendent leurs droits et soutiennent la souveraineté alimentaire.

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Via Campesina - Mondialisons l’espoir, mondialisons la lutte !

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Pour mémoire – Selon Wikipédia, « La Via Campesina (La Voie paysanne » en espagnol) est un mouvement international qui coordonne des organisations de petits et moyens paysans, de travailleurs agricoles, de fermes rurales, de communautés indigènes d’Asie, des Amériques, d’Europe et d’Afrique. Ce réseau milite depuis 1993 pour le droit à la « souveraineté alimentaire » et pour le respect des petites et moyennes structures paysannes. La Via Campesina a fait du 17 avril « la Journée mondiale des luttes paysannes » en souvenir des 19 paysans sans terre assassinés en 1996 au Brésil par des milices paramilitaires. Le 10 septembre 2003, Lee Kyung Hae, un agriculteur protestant devant la réunion ministérielle de l’Organisation mondiale du commerce (OMC), au Mexique, sacrifia sa vie en se poignardant1. LVC fera du 10 septembre la « Journée internationale contre l’OMC et les accords de libre-échange » et appel à la mobilisation de masse… » - Source

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Collecte des documents et agencement, traduction, [compléments] et intégration de liens hypertextes par Jacques HALLARD, Ingénieur CNAM, consultant indépendant – 16/04/2022

Site ISIAS = Introduire les Sciences et les Intégrer dans des Alternatives Sociétales

http://www.isias.lautre.net/

Adresse : 585 Chemin du Malpas 13940 Mollégès France

Courriel : jacques.hallard921@orange.fr

Fichier : ISIAS Agriculture Politique Défis et perspectives pour les professions agricoles.4.docx

Mis en ligne par le co-rédacteur Pascal Paquin du site inter-associatif, coopératif, gratuit, sans publicité, indépendant de tout parti, géré par Yonne Lautre : https://yonnelautre.fr - Pour s’inscrire à nos lettres d’info > https://yonnelautre.fr/spip.php?breve103

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