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"L’herbicide Roundup, à base de glyphosate, retrouvé dans l’urine des Français, est neurotoxique, causant des convulsions chez des animaux, et perturbant les bactéries intestinales chez les êtres humains" par Jacques Hallard

jeudi 29 septembre 2022, par Hallard Jacques


ISIAS Pesticides Santé Roundup Glyphosate Neurotoxicité Microbiome

L’herbicide Roundup, à base de glyphosate, retrouvé dans l’urine des Français, est neurotoxique, causant des convulsions chez des animaux, et perturbant les bactéries intestinales chez les êtres humains

Jacques Hallard , Ingénieur CNAM, site ISIAS – 27/09/2022

Plan du document : Humour Introduction Sommaire Auteur


Humour quand même

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Source http://lepetitjardin22.canalblog.com/archives/2019/02/26/37132659.html

Pas de glyphosate dans le vin naturelSource

« La France, elle, n’a pas tenu son engagement d’interdire le glyphosate en 2021. Or, la décision d’interdire cette substance, composante du célèbre Roundup de Monsanto-Bayer, herbicide le plus vendu au monde, s’impose tant pour des raisons de santé publique qu’éthiques et environnementales… »

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Introduction

Ce dossier s’ouvre avec un page d’humour, pour rappeler ensuite qu’une étude confirme la présence de l’herbicide Roundup, à base de glyphosate, dans l’urine des Français, et dans le même temps, une autre étude sur la neurotoxicité de cet formulation d’herbicide a été soustraite aux autorités européennes !

Rappel - « La neurotoxicité est le caractère toxique d’un poison (ou substance neurotoxique) sur le système nerveux. Il peut s’agir d’éléments chimiques comme les métaux lourds, de composés chimiques ou de substances biologiques comme les neurotoxines. Une substance neurotoxique agit habituellement en perturbant ou en paralysant l’influx nerveux, en agissant notamment sur les émetteurs ou les récepteurs synaptiques. Le résultat est, en quelques minutes, voire en quelques secondes, des troubles de la vue et des autres sens, une perte du contrôle moteur (paralysie générale), éventuellement suivie d’une paralysie des muscles de la respiration, conduisant à la mort. Le cœur, lui, n’est pas sujet à une paralysie en cas de neurotoxicité étant donné sa capacité à se contracter spontanément en absence d’innervation. Cependant, l’absence de régulation du rythme cardiaque par le système nerveux autonome peut entraîner une bradycardie ou une tachycardie. Certaines molécules n’agissent que sur les animaux à sang chauds, d’autres sur les animaux à sang froid, d’autres dans les deux cas… » - Source

Par ailleurs, des résultats de recherches récemment publiées nous apportent des constats consternants :

* Pour la première fois, il est démontré que le désherbant le plus utilisé dans le monde, le ‘Roundup’, est lié à des convulsions chez des animaux, (un ver rond vivant dans le sol) d’une part, et

* Une première étude montre que la matière active à effet herbicide glyphosate et les spécialités commerciales Roundup perturbent les bactéries intestinales chez les êtres humains, d’autre part.

Pour terminer, est décrite une rétrospective de 2017 qui citaient déjà les impacts du glyphosate sur la santé et l’environnement, d’après les résultats de recherches scientifiques.

Les articles retenus pour ce dossier sont indiqués avec leurs accès dans le sommaire ci-après.

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Sommaire

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  • Au rapport - Glyphosate : une étude confirme la présence de l’herbicide dans l’urine des Français - Par Eléonore Disdero - Publié le 13 janvier 2022 à 7h06 – Document ‘liberation.fr’
    Résultats : 99,8% des 6.795 échantillons d’urines analysés sont contaminés au glyphosate, ce pesticide controversé. Bien que sa dangerosité soit encore un sujet de discorde parmi les scientifiques, cette énième étude fait désordre.

https://www.liberation.fr/resizer/3xsTWU9eyUa7li7lXPMlVBwy7Oo=/800x0/filters:format(jpg):quality(70):focal(1367x1004:1377x1014)/cloudfront-eu-central-1.images.arcpublishing.com/liberation/BM2PFFQSI5F2ZDDSN46IO7VICM.jpgPhoto - Des engrais chimiques pulvérisés dans un champ. (Leonid Eremeychuk/Getty Images)

Le glyphosate fait encore parler de lui. Le pesticide le plus utilisé dans le monde, et particulièrement en France, est au centre d’une nouvelle recherche. L’étude publiée mercredi dans la revue Environmental Science and Pollution Research et menée sur 6. 848 personnes partout en France métropolitaine et à la Réunion est sans équivoque : la quasi-totalité des urines analysées sont contaminées au glyphosate.

Les candidats aux tests, réalisés entre 2018 et 2020, ont été recrutés par l’association « Campagne Glyphosate », qui milite contre ce désherbant classé « cancérogène probable » en 2015par le Centre international de recherche sur le cancer, un organisme dépendant de l’Organisation mondiale de la santé. L’Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail (Anses), l’Autorité européenne de sécurité des aliments (EFSA) et leurs homologues partout dans le monde, eux, catégorisent le glyphosate comme non cancérogène.

Pour cette nouvelle étude, l’objectif est clair. Plus que de déterminer si oui ou non glyphosate il y a dans nos urines, il s’agit surtout de « quantifier les taux de glyphosate dans la population générale française et de rechercher une éventuelle association de ces taux avec les saisons, les caractéristiques biologiques des participants, leur mode de vie, habitudes alimentaires et profession ».

99,8% des urines contaminées

Bilan : le désherbant a été détecté dans 99,8% des 6 795 échantillons exploitables, à « un niveau moyen de 1,19 µg /L ». Un résultat à mettre en parallèle avec les recommandations de l’Anses : des quantités de glyphosate de l’ordre de 1 µg /L dans les urines correspondent à une exposition inférieure à 1% de la dose journalière admissible. Malgré tout, la contamination quasi-systématique des urines françaises reste problématique en soi.

Analysées dans le laboratoire allemand Biocheck, les urines ont été prélevées sous contrôle d’huissier en vue d’une campagne de plaintes en justice contre l’herbicide. Controversée, la méthode utilisée par Biocheck, ELISA (pour dosage d’immunoabsorption par enzyme liée, en français) s’est trouvée au cœur d’une bataille de tests ces dernières années. Celle-ci a en effet une limite de détection plus basse que la chromatographie, l’autre technique de détection du glyphosate dans les urines, mais ne permet pas d’affirmer la dangerosité de l’exposition au pesticide.

De plus, selon le protocole mis en place par les différents laboratoires, les « valeurs minimales et maximales de concentration en glyphosate pouvant être détectées varient », comme l’explique la société Abraxis, qui a mis au point la méthode ELISA. Bref, il est difficile de statuer sur les résultats, qui dépendent d’un grand nombre de facteurs, comme l’explique notre article de CheckNews sur la question.

La question - Les tests urinaires utilisés par les « pisseurs » de glyphosate sont-ils fiables ? CheckNews 14 sept. 2019

Tout du moins, les auteurs de cette dernière étude relèvent que les échantillons prélevés au printemps et en été, saison des traitements phytosanitaires, présentent des « niveaux significativement plus élevés » qu’en d’autres saisons. De même, les urines des agriculteurs qui travaillent dans un environnement viticole sont particulièrement contaminées.

Parmi les plus exposés selon l’étude : les hommes et les participants les plus jeunes, les personnes consommant régulièrement de l’eau du robinet ou de source, les fumeurs, les consommateurs de bière ou de jus de fruits. A contrario, ceux qui déclarent manger « plus de 85% d’aliments bio » présentent des niveaux inférieurs.

Par ailleurs, les auteurs soulignent que leur panel de volontaires n’est pas représentatif de la population générale, parce que plus âgé, plus féminin et surreprésentant sans doute les « citoyens sensibilisés aux enjeux des pesticides et à un mode de vie sain ». Malgré tout, l’ampleur de l’échantillonnage rend l’analyse pertinente, d’autant que les « résultats confirment la quasi-totalité des autres études internationales », tout en se situant « plutôt dans la partie haute » des niveaux trouvés, relève Denis Lairon, directeur de recherche émérite à l’Inserm et un des auteurs de l’étude.

5 800 plaintes en justice

La campagne de prélèvements s’est accompagnée de plus de 5 800 plaintes individuelles par les participants sur la base des résultats positifs, notamment pour « mise en danger de la vie d’autrui », regroupées au pôle santé publique du tribunal de Paris, selon « Campagne glyphosate ». De son côté, l’avocat accompagnant le collectif, Guillaume Tumerelle, se félicite de cette analyse extérieure par des scientifiques qui « vient faire avancer le dossier ».

En France, l’Assemblée nationale a rejeté des amendements déposés lors de l’examen de laloi agriculture et alimentationqui visaient à interdire le glyphosate après 2021. Emmanuel Macron s’était engagé en novembre 2017 à mettre en œuvre l’interdiction du glyphosate « au plus tard dans trois ans ». Il a reconnu avoir échoué, tout en plaidant un échec « collectif ».

Libération - Actualité en direct, infos en France et dans le monde

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Source : https://www.liberation.fr/environnement/glyphosate-une-etude-confirme-la-presence-de-lherbicide-dans-lurine-des-francais-20220113_5PUYU65FC5HLJDFVYDIW45YW7A/

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  • Glyphosate : une étude industrielle sur la neurotoxicité de l’herbicide soustraite aux autorités européennes - Par Stéphane Foucart - Publié le 07 septembre 2022 à 09h18 Mis à jour le 07 septembre 2022 à 14h43 - Article complet réservé aux abonnés du journal ‘Le Monde’
    L’étude de 2001 mettait en évidence de possibles effets délétères sur la construction du cerveau d’une exposition prénatale. En cause, la firme suisse agrochimique Syngenta.

Une inscription dénonçant l’usage du glyphosate en bordure d’un champ de colza à Saint-Rogatien (Charente-Maritime), en avril 2021.

Photo - Une inscription dénonçant l’usage du glyphosate en bordure d’un champ de colza à Saint-Rogatien (Charente-Maritime), en avril 2021. ANDBZ/ABACA / ANDBZ/ABACA

La procédure suscite souvent la surprise de ceux qui la découvrent : la réglementation européenne prévoit que les firmes agrochimiques qui souhaitent faire homologuer leurs pesticides procèdent elles-mêmes aux études toxicologiques requises.

Mais comment s’assurer que toutes les données dont elles disposent ont bel et bien été transmises aux autorités ? C’est la question posée par deux scientifiques suédois, lundi 5 septembre, dans la revue Environmental Health, à propos du glyphosate. Dans un bref commentaire, Axel Mie et Christina Ruden, chercheurs au département des sciences de l’environnement de l’université de Stockholm, annoncent avoir identifié une étude industrielle, terminée en 2001, et dont les résultats – embarrassants – n’ont jamais été portés à la connaissance des autorités européennes. Les auteurs ne le mentionnent pas dans leur article, mais la firme commanditaire était l’agrochimiste suisse Syngenta.

L’affaire ouvre un nouveau front dans la controverse sur le célèbre herbicide : il ne s’agit pas, cette fois, de sa cancérogénicité, mais de possibles effets délétères sur la construction du cerveau, lors d’expositions prénatales. « En lisant un article scientifique publié en 2009 [dans la revue Environmental Health Perspectives] par des toxicologues de l’Agence de protection de l’environnement américaine [EPA], j’ai vu par hasard qu’une étude industrielle recherchant la toxicité éventuelle d’un sel de glyphosate pour le neurodéveloppement était brièvement mentionnée, raconte Axel Mie. J’ai été très surpris, car j’ignorais totalement l’existence d’une telle étude. »

Sa curiosité piquée, le scientifique suédois se met à la recherche d’autres traces de ces travaux, mais n’en trouve aucune. Ni dans les données soumises au gendarme européen des pesticides, l’Autorité européenne de sécurité des aliments (EFSA), ni nulle part sur Internet. « Je suis allé chercher dans les bases de données gouvernementales américaines, raconte M. Mie. J’y ai trouvé une compilation de 3 000 pages de documents internes avec des résumés de la façon dont les scientifiques de l’EPA ont évalué de nombreuses études, dont celle-ci. »

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« Un effet sur la fonction neurocomportementale »

L’étude en question avait consisté à exposer des rates gestantes à différentes doses d’un sel de glyphosate (le glyphosate-trimésium) et à évaluer ensuite l’activité motrice de leur progéniture, comparée à celle de rates n’ayant pas été exposées. Selon l’évaluation de l’EPA, écrivent les chercheurs suédois, « cette étude montre que cette forme de glyphosate a un effet sur la fonction neurocomportementale et l’activité motrice de la progéniture [des rats de laboratoire], à une dose qui n’était jusqu’à présent pas réputée causer de dommages ». En particulier, l’activité motrice des animaux exposés in utero était réduite, selon le sexe et les doses reçues, de 45 % à 72 % par rapport à ceux dont les mères n’avaient pas été soumises au produit…

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Lire aussi : Article réservé à nos abonnés Glyphosate : des experts indépendants mettent en doute l’intégrité des travaux d’homologation

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Source : https://www.lemonde.fr/planete/article/2022/09/0
7/glyphosate-une-etude-industrielle-sur-la-neurotoxicite-de-l-herbicide-soustraite-aux-autorites-europeennes_6140508_3244.html

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Les scientifiques disent que « c’est préoccupant à quel point nous comprenons peu l’impact du glyphosate sur le système nerveux ». Image of C. elegans : Bob Goldstein, UNC Chapel Hill via Wiki Commons. Licensed under the Creative Commons Attribution-Share Alike 3.0 Unported license.

Extrait

L’équipe de chercheurs a averti que l’exposition humaine à ces produits reste sous-étudiée. Ils ont déclaré que la recherche ’fournit des preuves pour étudier plus avant comment l’exposition chronique et l’accumulation peuvent conduire à des maladies neurodégénératives telles que la maladie de Parkinson’.

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RoundUp : Le désherbant le plus populaire au monde lié pour la première fois à des convulsions chez les animaux - Harry Cockburn - The Independent, 23 août 2022 – Référence : https://www.independent.co.uk/climate-change/news/roundup-weed-killer-animals-bees-b2150704.html

* Les scientifiques disent que c’est ’préoccupant à quel point nous comprenons peu’ l’impact du glyphosate sur le système nerveux

Le désherbant le plus utilisé au monde a été associé pour la première fois à des convulsions chez les animaux, selon de nouvelles recherches surprenantes menées par des universitaires américains.

Des quantités industrielles de glyphosate - l’herbicide utilisé RoundUp - sont pulvérisées sur les terres agricoles et utilisées dans les jardins du monde entier : un rapport récent avertissant que plus de 80% des échantillons d’urine de personnes vivants aux États-Unis, contenaient désormais du glyphosate en raison de son omniprésence dans la chaîne alimentaire.

Les cultures de plantes génétiquement modifiées (OGM) résistantes au glyphosate (une matière active à effet herbicide initialement conçue par la société mère du RoundUp, Monsanto) représentent désormais plus de 80% de toutes les cultures américaines et avec les plantes OGM cultivées commercialement dans le monde entier, l’utilisation du glyphosate devrait augmenter considérablement.

Cependant, la recherche soulève maintenant de sérieuses questions sur l’impact potentiel du glyphosate sur le système nerveux.

” Il est préoccupant de voir à quel point nous comprenons peu l’impact du glyphosate sur le système nerveux’, a déclaré Akshay Naraine, chef de projet et doctorant à la ‘Florida Atlantic University’ et à l’École internationale de recherche Max Planck sur les Synapses et les circuits.

’De plus en plus de preuves s’accumulent sur la prévalence de l’exposition au glyphosate, donc ce travail, espérons-le, poussera d’autres chercheurs à approfondir ces résultats et à consolider nos préoccupations.”

L’équipe de recherche a découvert que le glyphosate et le RoundUp ’augmentaient le comportement de saisie’ des vers ronds vivant dans le sol.

Leur enquête ’fournit des preuves significatives’ que le glyphosate cible certaines fonctions essentielles du système nerveux central, notamment les récepteurs GABA-A des cellules nerveuses.

L’équipe a déclaré que les récepteurs GABA-A ’sont essentiels à la locomotion et sont fortement impliqués dans la régulation du sommeil et de l’humeur chez les êtres humains’.

’Ce qui distingue vraiment cette recherche, c’est qu’elle a été effectuée à des niveaux nettement inférieurs à ceux recommandés par l’EPA et à ceux utilisés dans les études antérieures’, ont déclaré les chercheurs.

“La concentration indiquée pour de meilleurs résultats sur l’étiquette du ‘’Super concentré RoundUp’est de 0,98% de glyphosate, soit environ 5 cuillères à soupe de RoundUp dans 1 gallon d’eau”, a déclaré M. Naraine.

“Une découverte significative de notre étude révèle que seulement 0,002% de glyphosate, une différence d’environ 300 fois moins d’herbicide que la concentration la plus faible recommandée pour l’usage des consommateurs, a eu des effets inquiétants sur le système nerveux.”

En utilisant le ver rond vivant dans le sol C. elegans, l’équipe de recherche a d’abord testé le glyphosate seul, puis les formulations commerciales américaines et britanniques de RoundUp.

Voir par exemple [Caenorhabditis elegans – Wikipédia]

Ils ont également testé le produit britannique à partir de deux périodes distinctes – avant et après l’interdiction de 2016 de la suifamine polyéthoxylée (POEA). Ces produits chimiques supplémentaires sont fabriqués à partir de graisses animales et sont conçus pour délivrer les glyphosates toxiques plus profondément dans les tissus végétaux.

Les différents produits et tests ont permis à l’équipe de déterminer quels effets sont spécifiques à l’ingrédient actif glyphosate, aux formulations de RoundUp en général, aux POEA ou à toute combinaison de ceux-ci.

L’équipe a constaté que l’ingrédient actif glyphosate exacerbait les convulsions chez les vers.

Cependant, les données indiquent également qu’il existe une distinction importante entre l’exposition au glyphosate et celle au RoundUp : l’exposition au RoundUp augmente le pourcentage de vers qui sont finalement morts à la suite des saisies causées par les produits chimiques.

Les décès et les convulsions prolongées observés chez les vers ’ont aidé à jeter les bases de la compréhension des effets physiologiques nuancés de l’herbicide qui se produisent à des concentrations exponentiellement inférieures aux niveaux neurotoxiques’, ont déclaré les chercheurs.

“Étant donné l’ampleur de l’utilisation de ces produits, nous devons en apprendre le plus possible sur les impacts négatifs potentiels qui peuvent exister”, a déclaré le Dr Ken Dawson-Scully de la ‘Nova Southeastern University’.

“Il y a eu des études menées dans le passé qui ont montré les dangers potentiels, et notre étude va encore plus loin avec des résultats assez spectaculaires.”

Avec l’appréciation croissante du rôle essentiel que jouent les vers dans le maintien des sols fertiles, l’équipe a déclaré que leurs résultats ’suscitent des inquiétudes quant à la façon dont l’utilisation d’herbicides pourrait affecter les organismes vivant dans le sol’.

Ils ont également suggéré que les impacts des herbicides comme le RoundUp pourraient mettre davantage en péril les vers déjà en difficulté en raison d’autres pressions agricoles et de l’aggravation de la crise climatique.

“Ces vers ronds subissent des convulsions sous stress thermique, et nos données impliquent fortement l’exposition au glyphosate et au RoundUp dans l’exacerbation des effets convulsifs. Cela pourrait s’avérer vital alors que nous subissons les effets du changement climatique”, a déclaré M. Naraine.

En outre, l’équipe a averti que l’exposition humaine à ces produits reste sous-étudiée. Ils ont déclaré que la recherche ’fournit des preuves pour étudier plus avant comment l’exposition chronique et l’accumulation peuvent conduire à des maladies neurodégénératives telles que la maladie de Parkinson’.

“Pour l’instant, il n’y a aucune information sur la façon dont l’exposition au glyphosate et au Roundup, peuvent affecter les êtres humains diagnostiqués avec l’épilepsie ou d’autres troubles épileptiques”, a déclaré le Dr Dawson-Scully. “Notre étude indique qu’il y a une perturbation significative de la locomotion et devrait inciter à d’autres études sur les vertébrés.”

Un porte-parole de Bayer, propriétaire de la marque Roundup, a déclaré à ‘The Independent’ : “Il est important de noter que cette recherche a été menée avec des vers. La recherche sur les vers ne répond pas aux normes scientifiques nécessaires pour prédire les effets sur les humains ou d’autres mammifères aux fins d’une évaluation de l’innocuité des pesticides.

“Les scientifiques de la sécurité des agences de réglementation du monde entier ont examiné le glyphosate et les autres ingrédients contenus dans les herbicides à base de glyphosate et ils ont spécifiquement examiné s’ils pouvaient nuire au système nerveux sur la base des données d’études à forte dose chez les mammifères, et non les vers. Les scientifiques qui ont examiné toutes les données disponibles ont conclu que ni le glyphosate ni les autres ingrédients contenus dans les herbicides à base de glyphosate ne nuiront au système nerveux à des doses bien supérieures à celles auxquelles tout être humain serait exposé.”

La recherche est publiée dans la revue ‘Scientific Reports’.

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Étude : Naraine AS et al. Roundup and glyphosate’s impact on GABA to elicit extended proconvulsant behavior in 12 Caenorhabditis elegans, Scientific Reports (2022). DOI : 10.1038/s41598-022-17537-w. https://www.nature.com/articles/s41598-022-17537-w
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Roundup : Le désherbant le plus populaire au monde lié aux convulsions chez les animaux pour la première fois

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Les résultats suggèrent que les probiotiques pourraient aider à inverser les dommages causés aux bactéries intestinales des personnes par l’exposition au Roundup. Rapport de Claire Robinson.

[Addenda – Selon Wikipédia, « Les probiotiques sont des micro-organismes vivants (bactéries ou levures) ajoutés à certains produits alimentaires comme les yaourts et vendus comme promoteurs de santé humaine. Une grande partie de leurs bienfaits allégués ne possède pourtant pas de réel fondement scientifique1. Les probiotiques représentent un marché mondial de quelque quarante milliards d’euros en 20182. Les allégations nutritionnelles et de santé portant sur les probiotiques reposent actuellement sur un nombre insuffisant d’analyses statistiques robustes et sur des études hétérogènes qui diffèrent par la durée du traitement probiotique, le modèle utilisé (humain ou animal), la souche probiotique utilisée, son conditionnement (gélule, poudre, yaourt, boisson, crème pour la peau) et son mode d’administration, ainsi que la dose3. L’adéquation entre les tests in vitro et la réalité in vivo doit encore être démontrée (en termes de prédictibilité (en)) et les études montrent que si les probiotiques semblent effectivement utiles en cas de déficit du microbiote intestinal, ils n’ont que très peu ou pas d’intérêt lorsque ce microbiote est déjà bien constitué4. Ce défaut de preuve a conduit l’Autorité européenne de sécurité des aliments à discréditer, fin 2009, toutes les allégations (« Renforce l’immunité », « Aide l’organisme à se défendre », « Active la santé », « Équilibre la flore intestinale ») mentionnées sur les produits enrichis en probiotiques5. Le concept de probiotique, redéfini en 1989 par le microbiologiste britannique Roy Fuller6, s’applique également en alimentation animale7. Il a aussi été étendu à des traitements non alimentaires, en vue de soigner ou prévenir des affections cutanées ou vaginales, en particulier8. Enfin plus récemment, le concept a été étendu aux productions végétales9.’’ » - Source ]

Le glyphosate et le Roundup ont perturbé le microbiome intestinal dans une étude menée dans un tube digestif humain simulé, mais certains des changements ont été inversés avec une formulation probiotique. Il s’agit de la première étude à prouver que le glyphosate et le Roundup perturbent le microbiome intestinal humain.

[Addenda – Selon Wikipédia, « Le microbiote intestinal humain, - du grec mikrós ’petit’, et biôtós, adjectif verbal de bióô ’vivre’1 - anciennement appelé flore intestinale humaine, est l’ensemble des microorganismes (archées, bactéries et levures — et les virus qui les infectent) du tractus digestif humain, c’est-à-dire le microbiome intestinal et de tout le système gastrointestinal (estomac, selles)[pas clair]. Il constitue le plus grand réservoir du microbiote de l’organisme humain et un réservoir d’activités enzymatiques essentiel pour la digestion et la physiologie humaines. À ce titre, il influe sur la santé.

Ce microbiote et son hôte humain sont un exemple de symbiose mutualiste (coopération entre différentes sortes d’organismes impliquant un avantage pour chacun) et de commensalisme. Le microbiote peut réguler l’expression de certains gènes de l’hôte, ce qui fait évoquer des relations symbiotiques avancées2,3.

Chez un individu en bonne santé, l’activité métabolique de ce microbiote en fait l’équivalent d’un organe à part entière dans la physiologie humaine. Il est impliqué dans la maturation du système immunitaire et de l’épithélium intestinal de l’hôte4. Il intervient dans de nombreuses voies métaboliques fondamentales comme la fermentation des sucres et des protéines ainsi que le métabolisme des acides biliaires et des xénobiotiques5.

En matière de nutrition, il permet aux systèmes digestifs de fermenter les fibres alimentaires et il synthétise des vitamines essentielles6,7.

En cas de dysbiose, c’est‐à‐dire de changement dans la composition ou la stabilité des populations bactériennes de l’intestin, le microbiote peut être associé à des maladies métaboliques telles que le diabète de type 2, l’obésité ou les maladies cardiovasculaires. Par ailleurs, certaines composantes du microbiote ont été associées aux maladies inflammatoires chroniques de l’intestin telles que la maladie de Crohn ou la rectocolite hémorragique8,9,10, mais aussi au développement d’allergies11 et au cancer colorectal12.

Bien que les recherches aient progressé depuis les années 2000, grâce aux techniques de séquençage haut débit du matériel génétique, la connaissance dans ce domaine est encore exploratoire et scientifiquement incomplète. Ces hypothèses scientifiques ouvrent des pistes prometteuses, que la vulgarisation scientifique et médiatique simplifie parfois sous le terme de « deuxième cerveau »13. Les relations de cause à effet de corrélations observées doivent toutefois être généralement mieux établies… » - Source ]

Méthode

L’étude a porté sur des bactéries intestinales infantiles prélevées sur un enfant en bonne santé de trois ans. Les bactéries ont été cultivées en présence de glyphosate ou de Roundup à des concentrations qui, selon les régulateurs, peuvent être ingérées sans danger à long terme.

L’expérience a été menée dans un tube digestif humain simulé à la pointe de la technologie connu sous le nom de SHIME, qui est apprécié par les chercheurs pour ses résultats hautement reproductibles et son étroite pertinence pour les humains vivants. Il a été utilisé dans cette expérience car il n’est pas considéré éthiquement acceptable d’expérimenter sur des humains vivants en leur faisant ingérer délibérément des pesticides.

Résultats

L’étude a révélé que le Roundup et, dans une moindre mesure, sa matière active le glyphosate, provoquaient tous deux une augmentation de l’activité de fermentation et une augmentation de la production d’acétate et de lactate par les bactéries, entraînant une acidification de l’environnement microbien.

La production d’ammonium a été considérablement augmentée par l’exposition au Roundup, mais pas par le glyphosate. Une production accrue d’ammonium est nocive car elle peut activer la prolifération cellulaire des cellules du côlon et favoriser par la suite le cancer du côlon.

L’analyse métabolomique (profilage moléculaire) a révélé des perturbations majeures dans un grand nombre de voies métaboliques. Cependant, la pertinence pour la santé de la plupart de ces changements n’est pas encore connue.

[Pour en savoir plus, voir Métabolomique : définition et explications – AquaPortail - https://www.aquaportail.com › ... › Lexique mots en M 2 févr. 2022].

L’exposition au Roundup a entraîné une abondance accrue d’acides gras polyinsaturés à longue chaîne-une découverte que les chercheurs ont qualifiée de ’surprenante’. Les changements dans la composition bactérienne suggèrent que la croissance des lactobacilles est causée par l’acidification de l’environnement intestinal.

Dans l’ensemble, les résultats suggèrent que le Roundup et le glyphosate peuvent exercer des effets sur le microbiote intestinal humain. L’effet de ces changements sur la santé humaine est encore inconnu.

Cependant, le traitement avec la formulation probiotique ‘MegaSporeBiotic a inversé certains des changements dans les niveaux d’acides gras à chaîne courte, suggérant qu’il pourrait être utile dans le traitement des personnes souffrant d’un déséquilibre des bactéries intestinales dû à l’exposition au Roundup.

Les lactobacilles ne sont-ils pas de ’bonnes bactéries’ ?

Des souches spécifiques de lactobacilles et de bifidobactéries sont actuellement utilisées comme probiotiques. Mais l’analyse dans une étude précédente de la composition des communautés bactériennes chez les patients inflammatoires de l’intestin a montré des proportions accrues de bifidobactéries et de lactobacilles, contre une diminution des bactéries productrices de butyrate.

La nouvelle étude suggère qu’un déséquilibre de ces bactéries pourrait provoquer une inflammation. Cela reflète également les résultats d’une récente étude sur des animaux de laboratoire montrant que les rats exposés au glyphosate dans l’utérus jusqu’à l’âge adulte avaient des niveaux accrus de lactobacilles.

Les acides gras à longue chaîne ne sont-ils pas bons pour la santé ?

L’augmentation des acides gras à longue chaîne s’est avérée liée à une abondance plus élevée de lactobacilles chez les rongeurs qui ont été séparés de leur mère immédiatement après la naissance, déclenchant un transit plus rapide des matières fécales à travers le côlon et un déséquilibre des bactéries intestinales. Cela suggère que ces bactéries peuvent affecter la conversion des aliments en énergie (métabolisme).

Financement - L’étude a été partiellement financée par ‘Microbiome Labs’, qui fabrique des mégasporébiotiques. Malgré cet intérêt, cependant, il ne semble y avoir aucune raison de douter des résultats de cette expérience relativement simple – et reproductible.

Les limites de l’étude - L’expérience a été réalisée sur un échantillon minuscule d’un seul individu : la culture bactérienne a été prélevée sur un seul enfant et un seul système SHIME a été impliqué. Par conséquent, les scientifiques peuvent souhaiter confirmer et étendre ces résultats avec d’autres recherches et pratiques cliniques.

En outre, les scientifiques commencent tout juste à étudier la pertinence pour la santé de différents types et le fonctionnement des bactéries intestinales. Ainsi, les implications complètes de l’exposition des bactéries intestinales aux herbicides à base de glyphosate tels que le Roundup ne sont pas encore comprises.

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La nouvelle étude : Robin Mesnage, Marta Calatayud, Cindy Duysburgh, Massimo Marzorati and Michael N. Antoniou (2022). Alterations in infant gut microbiome composition and metabolism after exposure to glyphosate and Roundup and/or a spore-based formulation using the SHIME technology. Gut Microbiome. 26 juillet 2022

Référence : https://www.cambridge.org/core/journals/gut-microbiome/article/alterations-in-infant-gut-microbiome-composition-and-metabolism-after-exposure-to-glyphosate-and-roundup-andor-a-sporebased-formulation-using-the-shime-technology/3A2DCE99E24D2498BA28D9D9E9CD8046

Source : https://www.gmwatch.org/en/106-news/latest-news/20093-study-is-first-to-show-glyphosate-and-roundup-disrupt-human-gut-bacteria

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  • Rétrospective - Impacts du glyphosate sur la santé et l’environnement, ce que dit la science – Par Noureddine Benkeblia University of the West Indies, Mona Campus - 16 Août 2017, 13:53 - La version originale de cet article a été publiée sur The Conversation
    Que nous disent les travaux scientifiques sur les effets de cet herbicide mondialement utilisé sur la flore, la faune, les sols et la santé humaine ? Par Noureddine Benkeblia,

L’avis selon lequel les glyphosates sont facilement dégradés et absorbés dans les sols - donc sans effet néfaste sur l’agriculture - est erroné. Des études ont ainsi montré que les glyphosates se trouvent facilement acheminés des tiges vers les racines ; ils peuvent de cette façon être stabilisés et affecter négativement les plantes non ciblées par le traitement.

L’avis selon lequel les glyphosates sont facilement dégradés et absorbés dans les sols - donc sans effet néfaste sur l’agriculture - est erroné. Des études ont ainsi montré que les glyphosates se trouvent facilement acheminés des tiges vers les racines ; ils peuvent de cette façon être stabilisés et affecter négativement les plantes non ciblées par le traitement. (Crédits : Reuters)

Alors que l’initiative citoyenne européenne « Stop Glyphosate » a réuni le 15 juin dernier le million de signatures nécessaire pour être étudiée par la Commission européenne, les débats se poursuivent dans l’UE au sujet du renouvellement de la licence d’utilisation de cet herbicide chimique. Au cœur des discussions, la question de la dangerosité de ce produit pour la santé et l’environnement. Ce lundi 26 juin, l’État de Californie a pour sa part tranché en décidant de classer le glyphosate-Roundup comme potentiellement cancérogène.

On connaît le glyphosate depuis le début des années 1970 lorsqu’il fut introduit par Monsanto avec la commercialisation du Roundup. Depuis, d’autres glyphosates sont apparus, portant différents noms et répondant à diverses formules chimiques en fonction des adjuvants utilisés pour les élaborer.

Ces herbicides figurent parmi les plus utilisés en agriculture. Les raisons en sont multiples : simplicité d’utilisation, coût modique, action sur certaines voies métaboliques de la croissance des végétaux qui n’existent pas chez les animaux.

Quoique la toxicité des glyphosates ne fait pas doute, de nombreuses controverses existent quant au degré de cette toxicité sur les différents organismes vivants et sur l’environnement.

Cette toxicité dépend non seulement du type de la formulation du glyphosate, mais aussi des facteurs environnementaux tels que la température, le pH, la nature et la structure du sol, ainsi que les sédiments en suspension et la concentration en algues alimentaires dans le cas des milieux aquatiques.

#Glyphosate Retour en quelques dates via @FranceAgricole pic.twitter.com/Gvbc8tj44n - — GroupeFranceAgricole (@GroupFranceAgri) June 27, 2017

Quels impacts sur la flore ?

Le mode d’action des glyphosates consiste à inhiber une voie métabolique spécifique de la croissance des plantes, voie métabolique qui n’existe pas chez les autres organismes vivants, comme les animaux ou les insectes.

Mais ces substances n’affectent pas uniquement les mauvaises herbes contre lesquelles on les utilise. Et l’avis selon lequel les glyphosates sont facilement dégradés et absorbés dans les sols - donc sans effet néfaste sur l’agriculture - est erroné. Des études ont ainsi montré que les glyphosates se trouvent facilement acheminés des tiges vers les racines ; ils peuvent de cette façon être stabilisés et affecter négativement les plantes non ciblées par le traitement.

Parmi ces effets négatifs, on note une réduction de l’absorption des éléments nutritifs du sol, comme le manganèse, le zinc, le fer et le bore, éléments connus pour leurs rôles dans les mécanismes de résistance des plantes aux maladies. Par conséquent, en réduisant l’absorption de ces éléments nutritifs, les glyphosates affectent indirectement la résistance des plantes aux maladies, ce qui induit en retour une utilisation plus intense de pesticides.

Quels impacts sur la faune ?

Les effets toxiques sur la faune s’avèrent plus importants que sur les plantes.

Des études de toxicité menées sur les rats ont démontré que si le glyphosate-Roundup (le plus connu des glyphosates) n’a pas induit d’effets toxiques visibles sur les femelles en gestation, il a eu un effet négatif sur la fertilité des mâles, notamment des anomalies au niveau des spermatozoïdes et une baisse de la fertilité.

D’autres expérimentations, conduites notamment sur des grenouilles, ont démontré que les adjuvants - c’est-à-dire les composants autres que le principe actif entrant dans la composition du Roundup - avaient des effets négatifs, notamment sur les hormones thyroïdiennes de grenouilles.

On a d’autre part noté un impact plus important des glyphosates sur les oiseaux sauvages que sur les oiseaux domestiques. Chez ces derniers, le facteur de son accumulation dans l’organisme est relativement faible car ils sont moins directement exposés à ces substances.

Du côté des organismes marins, même s’ils sont moins concernés que les espèces terrestres, de nombreuses études ont rapporté que le glyphosate avait provoqué des lésions du foie et des reins, comme chez le tilapia du Nil ; après 96 heures d’exposition à des doses relativement élevées, une mortalité accrue a été observée. D’autres études ont révélé que les glyphosates provoquaient une diminution de certaines fonctions du foie et du métabolisme général.

Quels impacts sur les sols ?

Des études ont montré que le glyphosate possède un potentiel perturbateur affectant les microbes du sol. Il faut toutefois souligner que l’absorption, la dégradation et la lixiviation (c’est-à-dire la perte des éléments minéraux par lessivage) des sols causées par les glyphosates varient selon les types de sols ; beaucoup reste encore à comprendre dans ce domaine.

Cette variabilité et cette incertitude rendent très difficile l’établissement d’un tableau clair du devenir des glyphosates dans les sols. Certaines études ont cependant montré que ce dernier varie, certains complexes minéraux du sol retenant davantage les glyphosates que d’autres.

Il faut ici souligner que la matière organique - un des éléments les plus actifs du sol - ne semble pas avoir de capacité à absorber et retenir les glyphosates ; mais elle pourrait jouer un rôle dans ce processus. Même chose pour les éléments nutritifs des sols qui semblent également jouer un rôle réel dans l’absorption des glyphosates.

L’hypothèse de l’implication du phosphate dans ce processus a été avancée, même si certaines contradictions ont été soulignées. Dans certains sols, la désorption du phosphate favoriserait la dégradation des glyphosates ; dans d’autres, on note un effet contraire, sinon aucun effet.

Ces observations ont amené à classer les sols en deux catégories : ceux qui sont sujets à une compétition entre les glyphosates et le phosphate, avec une préférence pour ce dernier ; ceux possédant des sites spécifiques d’adsorption, en faveur soit des glyphosates ou du phosphate. Par conséquent, un sol riche en phosphate pourrait retenir moins de glyphosates, induisant une plus grande contamination des couches inférieures du sol et des nappes phréatiques ; à l’inverse, la pauvreté des sols en phosphates constituerait un facteur favorisant l’accumulation des glyphosates dans les couches supérieures des sols et donc une plus grande accumulation par les plantes.

D’autres études ont montré que les glyphosates utilisés aux doses recommandées en agriculture n’avaient aucun effet négatif sur les populations microbiennes - la flore microbienne représentant l’un des principaux facteurs de dégradation des glyphosates dans les sols - et peu d’effets sur les populations fongiques ; des effets stimulants ont même été observés sur certaines espèces microbiennes.

Quels impacts pour l’homme ?

Comme toutes les études de toxicité des produits chimiques, la toxicité des glyphosates sur l’homme a fait l’objet de peu d’études, comparativement à celles menées sur les animaux ; ceci est principalement imputable aux difficultés techniques et éthiques, sans compter bien sûr les contraintes d’ordre financier et commercial.

Même si de nombreuses études ont souvent démontré que les adjuvants utilisés - notamment le polyoxyethyleneamine ou POEA - sont beaucoup plus nocifs que le principe actif des glyphosates, il n’en demeure pas moins que cette catégorie de pesticides représente un danger pour l’environnement et la santé humaine.

Tous les pesticides contiennent des adjuvants ; la toxicité de ces composés ne fait que s’ajouter à celle du principe actif.

Aujourd’hui, si les organismes de régulations considèrent les glyphosates comme non toxiques aux doses recommandées, la communauté scientifique est elle convaincue que ces substances sont toxiques et même cancérogènes, à l’image de nombreux pesticides.

À titre d’exemple, l’Agence internationale pour la recherche sur le cancer (IARC) a publié en mars 2015 un rapport classant le glyphosate comme « cause probable de cancer chez l’homme », alors que l’Agence européenne de la sécurité alimentaire (EFSA) avait pour sa part indiqué en novembre de la même année qu’il était peu probable que le Roundup représente un risque cancérogène pour l’homme.

Cette controverse a été attisée en mars 2017 par la décision de l’Agence européenne des produits chimiques (ECHA) de ne pas classer le glyphosate comme produit cancérogène ; à cela s’ajoute le revirement de l’Organisation mondiale de la santé qui en mai 2016 a déclaré le Roundup comme non potentiellement cancérogène alors qu’elle avait dit le contraire quelques mois plus tôt.

Récemment, un groupe de scientifiques a publié un commentaire à propos de cette polémique autour du caractère cancérogène ou non du glyphosate. Ces derniers considèrent qu’il est plus approprié et plus rigoureux scientifiquement de considérer ce produit comme cancérogène au vu des évaluations et des données scientifiques portant sur des cas de cancers rapportés chez l’homme et certains animaux en laboratoire.

En se basant sur cette conclusion et en absence de toute preuve du contraire, il apparaît donc raisonnable de conclure que les glyphosates, sous toutes leurs formulations chimiques, doivent être considérés comme potentiellement cancérogènes.

Il est donc urgent de mener des études beaucoup plus approfondies visant à obtenir des données fiables quant aux effets directs et indirects de ces produits sur les organismes vivants, l’environnement et l’homme. Une urgence dictée par l’utilisation massive de ces substances en agriculture... Il serait malheureux de revivre le drame du DDT, cet insecticide reconnu comme dangereux et interdit dans les années 1970.

Par Noureddine Benkeblia, Professor of Crop Science, Department of Life Sciences, University of the West Indies, Mona Campus

La version originale de cet article a été publiée sur The Conversation

Source : https://www.latribune.fr/opinions/tribunes/impacts-du-glyphosate-sur-la-sante-et-l-environnement-ce-que-dit-la-science-745633.html

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