"Des aliments connus depuis longtemps constituent de nouveaux remèdes pour soigner les diabètes" par le Professeur Peter Saunders

Traduction et compléments de Jacques Hallard

ISIS Santé Alimentation
Des aliments connus depuis longtemps constituent de nouveaux remèdes pour soigner les diabètes
Diabetes New Cures from Old Foods
Nous ne pouvons toujours pas expliquer tous les cas de diabètes, mais là où le régime alimentaire et les exercices physiques échouent, certains aliments très communs et étonnants peuvent aider à soigner des cas de diabète. Prof Peter Saunders


Rapport de l’ISIS en date dut 24/10/2011
L’article original en anglais, avec toutes les références, s’intitule Diabetes New Cures from Old Foods ; elle est accessible par les members de l’ISIS sur le site suivant : http://www.i-sis.org.uk/Diabetes_Ne...
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  La glycémie et le diabète

La maladie que nous appelons le diabète a été reconnue il y a fort longtemps et dans de nombreuses sociétés humaines ; ses deux caractéristiques sont un excès de passage de l’urine et un excès de sucre dans l’urine. Les gens n’avaient aucune idée de ce qui causait ces symptômes, mais ils ont réussi à trouver des remèdes, dont certains sont encore utilisés de nos jours.

Aujourd’hui, nous avons une bien meilleure image de ce qu’est le diabète, bien que nous en sachions encore moins qu’on pourrait le penser, et nous en sommes encore essentiellement à traiter les symptômes, plutôt que de guérir la maladie.
Pour résumer birèvement, il y a toujours du sucre (glucose) dans notre sang ; c’est de cette manière que l’énergie est répartie à travers tout notre corps. Le taux de sucre devrait être à une concentration d’environ 5 mmol / litre. Si ce taux tombe bien en dessous, même pour un court moment, le cerveau est privé d’apport énergétique et cela peut causer des évanouissements. Après un repas, ce taux est nettement plus élevé, ce qui n’a pas d’importance dans la mesure où il revient à la normale en quelques heures. Cependant, si ce taux de sucre reste chroniquement élevé, les symptômes familiers du diabète vont apparaître et il y a un risque à long terme pour des dommages aux petits vaisseaux sanguins et par conséquent pour les yeux, les reins et diverses autres parties du corps.
La glycémie est largement contrôlée par deux hormones. Quand il y en a trop, les cellules bêta, situées dans le pancréas, sécrètent plus d’insuline, ce qui stimule l’absorption du glucose dans les cellules adipeuses du corps. Quand il y en a trop peu, les cellules alpha du pancréas sécrètent plus de glucagon, ce qui stimule le foie pour libérer plus de glucose dans le sang. (En fait, c’est beaucoup plus compliqué, mais c’est l’image de base des données courantes que vous trouverez dans les manuels.)

Ce système de contrôle peut mal tourner de plusieurs manières différentes ; c’est pourquoi le diabète est vraiment un état plutôt qu’une maladie. Il se peut que le pancréas ne puisse pas produire de l’insuline, généralement parce que les cellules bêta ont été détruites par une réaction auto-immunitaire. C’est le diabète de type 1, aussi connu comme ’’diabète d’apparition précoce", car il apparaît en général chez des personnes relativement jeunes. Les diabètes de type 1 doivent être gérés par des injections fréquentes d’insuline. De nombreux chercheurs travaillent sur de meilleures façons de fournir la bonne quantité d’insuline pour maintenir la glycémie autour de sa valeur optimale de 5 ​​mmol / litre. D’autres tentent de découvrir comment restaurer les cellules bêta afin qu’elles n’aient pas besoin de fournir d’insuline.

Dans le cas du diabète de type 2, en revanche, le corps peut encore produire de l’insuline, souvent dans ce qui semble être des quantités appropriées et, pourtant, le sucre sanguin « au repos » (niveau de sucre lorsque vous n’avez ni mangé, ni fait d’exercices physiques récemment) est trop élevé et son taux descend trop lentement par rapport au pic qui survient après un repas.
On ne comprend pas bien pourquoi cela arrive. La plupart du temps, on attribue cela à une « résistance à l’insuline », par laquelle il semble que les cellules adipeuses sont moins sensibles à l’insuline que ce qu’elles devraient être et qu’elles ne répondent donc pas de façon adéquate aux signaux indiquant qu’elles ont à absorber davantage de glucose.

Cependant, il est de plus en plus clair que ce n’est pas toute l’histoire de ce métabolisme. Il n’est pas tenu compte de certaines caractéristiques typiques de diabète de type 2, par exemple la tendance à avoir des taux de glucagon élevé, même quand il y a déjà trop de glucose dans le sang. Chez quelqu’un qui ne manifeste pas de diabète, le niveau de glucagon diminue fortement, comme on peut s’y attendre. Cela suggère que le problème se situe plutôt dans le pancréas, que dans les cellules adipeuses (voir [1] A reappraisal of the blood glucose homeostat, ISIS scientific publication).

  Les traitements pour soigner le diabète de type 2

Si vous avez un léger diabète de type 2, il peut être suffisant de bien surveiller l’alimentation et de faire plus d’exercices physiques. Si cela ne fonctionne pas, il y a un certain nombre de médicaments que votre médecin peut vous prescrire. Ce qui est intéressant, c’est que ces médicaments n’ont pas tous le même effet. Dans le cas de la metformine, le médicament le plus couramment prescrit, il n’existe même pas un consensus sur ce qui se passe réellement.

Différents médicaments sont censés améliorer l’absorption du glucose par les cellules adipeuses, réduire la libération de glucose par le foie, stimuler les cellules bêta pour produire plus d’insuline, inhiber la sécrétion de glucagon par les cellules alpha, ou réduire l’absorption du glucose dans l’intestin [2, 3].
Tous ces éléments constituent bien évidemment des moyens d’abaisser la glycémie, mais aucun d’eux ne guérit le diabète : on doit continuer à prendre un médicament. L’état de santé, dans ce cas, peut même se détériorer. Si l’on connaissait la cause du diabète de type 2 - plus précisément, si nous savions qu’elle est la cause la plus importante des formes communes de diabète de type 2 - alors nous pourrions être en mesure de développer des traitements plus efficaces ou, mieux encore, de découvrir comment éviter qu’elles ne se produisent dans un permier temps.

Mais nous n’en sommes pas encore là et les chercheurs sont à nouveau en quête de certains médicaments traditionnels qui ont été utilisés dans le passé pendant des siècles.

  Des remèdes traditionnels pour soigner les diabètes

Il y a beaucoup de remèdes traditionnels pour soigner le diabète. Des plantes comme le lilas français ou la ‘rue-de-chèvre’, sont à l’originedes médicaments de la classe des biguanides qui comprennent la metformine.

D’autres remèdes traditionnels comprennent le kino des Indiens (la gomme de l’arbre Pterocarpus marsupium), les feuilles de Gymnema sylvestre, les graines de fenugrec, les feuilles de myrtille et le ginseng [4]. A l’heure actuelle, deux plantes en particulier retiennent l’attention, le melon amer et la cannelle.

Le melon amer

Le melon amer (Momordica charantia) est un légume cultivé en Asie, en Afrique, aux Caraïbes et en Amérique du Sud. Il y a un certain nombre de variétés différentes : les deux les plus souvent rencontrées dans les magasins au Royaume-Uni sont une variété chinoise à gros fruits vert pâle et une variété à petits fruits vert plus foncé venant du Kérala en Inde.

En médecine traditionnelle, le melon amer est utilisé comme traitement pour un certain nombre de maladies, y compris le diabète. Récemment il y a eu une collaboration entre un groupe de recherches à l’Institut des sciences biologiques de Shanghai en Chine et l’Institut de recherche médicale Garvan à l’Université de New South Wales en Australie. Ils ont testé différentes fractions du melon amer et ils ont trouvé cinq molécules (quatre glycosides de cucurbitane et un karaviloside) qui stimulent le niveau d’une enzyme, l’adénosine monophosphate-protéine kinase (AMPK), qui est un régulateur clé de la captation du glucose [5].
Il y a déjà des médicaments qui ciblent l’AMPK, mais ils n’ont que des effets modérés et sont souvent associés à des effets secondaires graves. Un avantage particulier de triterpénoïdes de cucurbitane réside dans le fait qu’ils sont actifs à des doses très faibles : ils sont efficaces à des concentrations aussi faibles que 10 nanomolaires, alors que la plupart des médicaments anti-diabétiques d’origine végétale n’ont seulement des effets qu’à des concentrations de l’ordre du micro- ou du milli-molaire [6].

La cannelle

La cannelle a également été largement utilisée comme remède pour soigner le diabète. Des chercheurs du Département de nutrition humaine, de l’Université agricole de la NWFP, à Peshawar, au Pakistan, dirigés par Alam Khan [7] ont trouvé que des niveaux aussi bas que 1 g de cannelle par jour réduit le glucose, les triglycérides, le cholestérol LDL et le cholestérol total chez les patients souffrant de diabète de type 2.

Les chercheurs d’une autre équipe de recherche à l’Hôpital universitaire de Malmö, en Suède, dirigée par Joanna Hlebowicz [8] ont constaté que 3g de cannelle par jour n’a pas affecté significativement la glycémie, mais leur travail ne contredit pas celui du groupe Khan parce que leurs expériences étaient différentes. Ils ont utilisé des volontaires sains plutôt que des diabétiques, et ils ont pris des échantillons de sang après que leurs sujets avaient mangé un repas, alors que Khan et ses collègues ont mesuré le niveau de jeûne. Et tandis que le groupe Hlebowicz n’a pas trouvé un effet sur le glucose, ils ont constaté que la cannelle réduit le niveau d’insuline postprandiale (après un repas) et augmente le taux de glucagon-like peptide 1 (GLP-1).

Les deux expériences confirment que la cannelle a un effet bénéfique sur le système de contrôle du glucose, mais la manière dont cela fonctionne n’est pas encore connue. Hlebowicz et ses collègues émettent l’hypothèse que la cannelle peut réduire la demande en insuline en augmentant l’absorption du glucose par les cellules adipeuses.

Cela semble peu probable, car alors il se peut que moins d’insuline soit nécessaire lorsque les récepteurs de l’insuline sur les cellules adipeuses sont plus actifs ; les cellules bêta, situées dans le pancréas et loin des cellules adipeuses, n’ont aucun moyen de le savoir. Cela suggère plutôt que la cannelle peut plutôt agir au niveau du pancréas (voir ci-dessous).

  Le rôle du glucagon

Presque tous les travaux sur le diabète, d’ordre clinique, expérimental ou théorique, se concentrent sur l’insuline et sur le glucose, ainsi que sur les interactions entre eux deux. Moins d’attention est accordée à l’autre acteur majeur dans le système en question, à savoir le glucagon.

Mes collègues de l’Université de Stellenbosch en Afrique du Sud et moi-même avons souligné que les cellules alpha, productrices du glucagon, ne sont pas très sensibles à la concentration en glucose [1]. Ils ont besoin d’un autre signal pour leur signifier quand arrêter la sécrétion du glucagon, et cela se fait presque certainement par les cellules bêta situées à proximité.

Nous savons qu’il y a une communication avec les cellules bêta et que cette communication est altérée chez les personnes diabétiques. Si les cellules alpha dépendent des signaux qui sont émis par les cellules bêta, la communication est alors bloquée : elles continueront à sécréter du glucagon lorsque le niveau de glucose est trop élevé.

Même si les cellules adipeuses répondent normalement à l’insuline et absorbent le glucose à un niveau approprié, le niveau de glucose diminuera plus lentement qu’il ne devrait car le foie est stimulé pour en libérer plus dans le flux sanguin.
La cause probable d’une communication déficiente dans le pancréas est l’accumulation de fibrilles ou plaques amyloïdes. Ces dernières sont observées dans les autopsies de personnes qui avaient un diabète de type 2 : On a toujours pensé qu’elles étaient la conséquence du diabète, et non pas la cause de celui-ci [1].

L’amyloïde dans le pancréas des diabétiques est similaire, quoique non identique, à l’amyloïde dont on pense qu’il peut être une cause majeure de la maladie d’Alzheimer, où les plaques interférent avec les synapses, c’est à dire, avec une communication dans le cerveau. Il y a de nombreuses recherches actuellement, qui visent à développer des dispersants de l’amyloïde, comme traitement pour la maladie d’Alzheimer. Si cela réussit, cela peut conduire également à un traitement pour soigner le diabète de type 2.

Récemment, il y a eu une évolution fascinante : Michael Ovadia et ses collègues de l’Université de Tel-Aviv, en Israël, ont constaté que l’extrait d’écorce de cannelle peut inhiber le développement de la maladie d’Alzheimer chez la souris [9, 10]. Des expériences en laboratoire indiquent que c’est parce que l’extrait inhibe la formation des plaques amyloïdes. Il peut aussi casser les plaques après qu’elles se soient formées. Cela pourrait expliquer comment la cannelle agit pour contrer le diabète.

  Pour conclure

Le diabète de type 1 est une maladie typique, en ce sens que nous ne savons pas ce qu’elle est : nous savons ce qu’elle provoque et il y a un traitement possible qui est basé sur cette connaissance et qui est très efficace. Le problème est d’améliorer le traitement et, espérons-le, de trouver un moyen de restaurer la capacité du pancréas à produire de l’insuline.

Les choses sont beaucoup moins claires dans le cas du diabète de type 2. Nous savons que certains médicaments peuvent soulager les symptômes et nous pouvons même savoir combien d’entre eux agissent, mais cela ne nous dit pas la cause de la maladie.

Si vous avez un réservoir d’eau avec une fuite dans le fond, vous pouvez garder le niveau d’eau constant en permettant d’avoir plus d’eau qui arrive par le haut. Mais cela ne va pas réparer la fuite et, au cours du temps, cela ne peut que s’aggraver.

La régulation de la glycémie n’est pas simple et il se passe beaucoup de choses là où nous ne pouvons pas les observer directement. Nous pouvons mesurer les niveaux de glucose et de l’hormone à partir du sang récupéré à partir du bras de volontaires ou de patients, mais nous ne pouvons pas (par exemple) placer des implants capteurs pour mesurer directement ce qui se passe dans le pancréas.
Nous ne pouvons conclure sur ce qui se passe que d’après les mesures que nous pouvons faire et qui nécessitent des modèles mathématiques et des expériences spécifiquement conçues pour tester et améliorer ces mesures (voir [11,12] Integral Rein Control in Physiology and Integral Rein Control in Physiology II, ISIS scientific publications).

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 Définitions et compléments :

Des aliments connus depuis longtemps constituent de nouveaux remèdes pour soigner les diabètes

 Traduction, définitions et compléments en français :

Jacques Hallard, Ing. CNAM, consultant indépendant.
Adresse : 19 Chemin du Malpas 13940 Mollégès France
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