ISIAS

"« Disparition des rats et agonie des porcs » Les OGM sont-ils en cause en Chine ?" par le Dr Mae-Wan Ho

Traduction et compléments de Jacques Hallard
dimanche 11 août 2013 par Ho Dr Mae-Wan

ISIS OGM Chine
« Disparition des rats et agonie des porcs » Les OGM sont-ils en cause en Chine ?
“Disappearing Rats and Dying Pigs” Are GMOs to Blame ?
Rapport de l’ISIS en date du 05/08/2013
Les sinistres informations qui relatent les cas de mortalité chez les porcs en Chine depuis 2006, sont-elles liées à la consommation des aliments issus d’organismes génétiquement modifiés (OGM) ? Dr Mae-Wan Ho

L’article original en anglais s’intitule “Disappearing Rats and Dying Pigs” Are GMOs to Blame ? Il est disponible sur le site suivant : http://www.i-sis.org.uk/Disappearin...
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Le 21 septembre 2010, le international Herald Leader (publication chinoise) a rapporté une information de l’agence d’actualités Xinhua sur la mystérieuse disparition des rats dans les champs et les villages situés dans les provinces du Shaanxi et du Jilin, tandis que les porcs des fermiers avaient diminué en nombre en même temps que les truies souffraient de mises bas prématurées et de petits morts-nés. Les gens ont mis en cause la nouvelle variété de maïs Xianyu 335 (XY335) qu’ils avaient mise en culture et utilisée comme aliment pour les animaux depuis plusieurs années.
XY 335 est un maïs hybride appartenant à Pioneer, filiale de DuPont. Il a été introduit sur le marché chinois en 2004 avec l’autorisation officielle du Ministère de l’Agriculture de Chine et les ventes avaient explosé en 2008-2009. XY335 avait été soupçonné d’être un Organisme Génétiquement Modifié (OGM) ou un hybride provenant du croisement entre une lignée génétiquement modifiée (OGM) et une lignée non-OGM. 
Jin Wei, journaliste d’investigation travaillant alors pour un journal qui appartient à l’agence Xinhua, avait voyagé dans les villages pour voir par lui-même si les rats étaient en effet entrain de disparaître des villages et dans les champs ensemencés avec le maïs XY 335 et, plus inquiétant encore, si les truies alimentées avec ce maïs hybride donnaient naissance à beaucoup moins de porcelets (ainsi que des morts-nés et des anomalies morphologiques) que chez les agriculteurss dont les animaux n’avaient pas consommé le nouveau maïs hybride. Ce fut le début d’une saga que Jin Wei a présentée lors de la récente conférence du ‘Forum international sur les OGM et la sécurité alimentaire’ qui s’est tenue dans la province du Yunnan, en Chine [1].

  Le maïs XY335 est-il ou non génétiquement modifié (OGM)

Jin Wei avait examiné les termes du brevet concernant le maïs PH4CV (parent mâle), et même si c’est une lignée consanguine de maïs, le brevet est extrêmement large et il couvre toute autre lignée consanguine qui en découle, ainsi que les hybrides et toute plante transgénique qui en dérive. Il rapporta ceci [2] :
« Selon l’invention décrite, il est élaboré une nouvelle lignée consanguine (inbred) de maïs désigné PH4CV. Cette invention concerne donc les graines de la lignée de maïs consanguine PH4CV, les plantes de la lignée de maïs consanguine PH4CV, jusqu’aux parties des plantes de la lignée de maïs consanguine PH4CV, ainsi que des méthodes de production d’une plante de maïs produite en croisant la lignée de maïs consanguine PH4CV avec une autre plante de maïs, y compris une plante qui fait partie d’une population synthétique ou naturelle ; kil s’agit également des procédés pour la production d’une plante de maïs contenant dans son matériel génétique un ou plusieurs transgènes et pour les plantes de maïs transgéniques ou parties de végétaux produits par cette méthode ».
Il poursuit : « La présente invention concerne également des lignées consanguines de maïs et de parties de végétaux provenant de lignée de maïs consanguine PH4CV, des procédés de production d’autres lignes consanguines de maïs issus de lignée de maïs consanguine PH4CV et de lignées consanguines de maïs et de leurs parties obtenues par l’utilisation de ces méthodes. Cette invention concerne en outre les semences hybrides de maïs, les plantes et les parties de plantes produites en croisant la lignée consanguine PH4CV avec une autre lignée de maïs ».
Le matériel végétal XY 335 pourrait-il être un OGM, ou contenir du matériel génétiquement modifié ? Jin Wei le pensait effectivement, peut-être parce qu’il avait déjà donné l’alerte sur les cas de mortalités et les malformations des animaux ayant consommé des aliments génétiquement modifiés, comme cela avat été rapporté par les agriculteurs d’autres pays et dans la littérature scientifique (voir [3] Why GMOs Can Never be Safe, SiS 59) *.
* Version en français : "Pourquoi les OGM (Organismes Génétiquement Modifiés) ne peuvent pas être fiables en termes de sécurité" par le Dr Mae-Wan Ho. Traduction et compléments de Jacques Hallard ; accessible sur le site http://isias.transition89.lautre.ne...
En fait, Jin Wei avait écrit un document important qui fut publié le 17 septembre 2010, dans l’International Herald Leader et ensuite reproduit dans un magazine hebdomadaire, Wenzhai Zhoubao. L’histoire a été reprise plusieurs fois et elle a été largement rapportée dans les médias à travers la Chine.
Cependant, Pioneer avait affirmé catégoriquement que le matériel végétal XY 335 est un hybride confectionné en croisant les lignées pures suivantes : PH4CV (parent mâle) et PH6WC (parent femelle), et qu’aucune des deux n’était génétiquement modifiée [4].
Au cours de la semaine, le Ministère de l’Environnement de Chine avait envoyé une équipe dans la province du Shaanxi pour prélever des échantillons en vue de l’analyse du maïs XY335.
Trois jours plus tard, le Ministère de l’Agriculture avait envoyé un communiqué indiquant que l’analyse n’avait révélé aucun élément génétiquement modifié.

  Le promoteur 35S du CaMV est identifié dans le maïs XY335

Mais en novembre 2010, le Ministère de l’Environnement de Chine avait révélé qu’il avait trouvé la séquence du promoteur 35S du virus de la mosaïque du chou-fleur (CaMV) dans le maïs XY335, indiquant qu’il pourrait en effet être génétiquement modifié. C’était une nouvelle potentiellement explosive. Le constat avait alors été divulgué à Jin Wei et ce dernier l’avait dit à un collègue de l’agence officielle d’information Xinhua. Le collègue avait interviewé le responsable du Ministère de l’Environnement et il avait écrit au premier ministre d’alors en Chine, Wen Jiabao.
En conséquence, en mars 2011, le Comité de la sécurité alimentaire du Conseil d’Etat chinois avait tenu une série de 9 réunions de consultation pour solliciter les opinions de tous les secteurs sur le maïs XY335 et les OGM comme le soja et le riz (qui ont également été utilisés dans l’alimentation animale), tandis que les quatre ministères avaient encore une fois enquêté sur les OGM, en se concentrant sur le matériel végétal XY335. En mai 2011, l’agence de protection de l’environnement de Nankin avait bien confirmé la présence de la séquence du promoteur 35S du virus CaMV dans le maïs XY335.
Le 30 juin 2011, le ministère de l’Agriculture avait organisé un symposium consultatif sur les OGM dont le but était de déterminer si XY335 était à considérer comme un OGM. La conclusion de l’étude conjointe des comités fut « négative ».
Lors du symposium, Tong Pingya, un expert de l’espèce maïs, avait demandé au chef du département de l’éducation du Ministère de l’agriculture chinois, devant tous les experts sur les OGM, si XY 335 était est un OGM ; il lui fut répondu : « Il n’est pas un OGM ». Tong a ensuite demandé que le rapport d’essai soit rendu public. Mais jusqu’à présent, ce rapport n’a pas été communiqué.
Dans le même temps, Jin Wei et ses collègues menaient leurs propres investigations plus poussées ; XY335 causait plus d’avortements chez les porcs dans les provinces du Henan et du Hebei. Ils ont écrit leur rapport et l’ont envoyé à l’agence Xinhua qui l’a transmise au gouvernement central de la Chine. Plusieurs mois plus tard, le 26 septembre 2011, le Ministère de l’Agriculture chinois a déclaré que XY335 n’était pas un OGM ; il a été expliqué que « si le promoteur 35S du virus CaMV se trouve dans les plantes, c’est peut-être un OGM, mais cela doit être confirmé ».
Le 9 septembre 2011, à la suite d’une pétition signée par le Ministère de l’agriculture du peuple de Beijing, un fonctionnaire du Ministère de l’agriculture a admis pour la première fois que le Ministère de l’Environnement avait trouvé le promoteur du virus CaMV 35 chez le maïs XY335.
Lors d’une discussion entre les pétitionnaires et le fonctionnaire, ce dernier a déclaré : « Oui, CaMV 35S est un promoteur et les promoteurs sont naturellement intégrés dans les plantes, et il y a beaucoup de promoteurs dans une plante, un promoteur de plus n’en fait pas un autre maïs ». Malheureusement, la réponse du fonctionnaire est tout à fait erronée (voir plus loin).
Par ailleurs, en mars 2011, le Ministère de l’Agriculture avait déjà exclu le maïs XY335 des variétés recommandées ; le 8 février 2012 le maïs XY335 a de nouveau été exclu des variétés recommandées. Mais en 2011, le maïs XY335 était déjà devenu la deuxième variété de semences de maïs la plus populaire en Chine, avec plus de 40 millions d’hectares qui avaient été mis en culture [5].
Il y avait eu plusieurs autres déclarations et annonces tout au long de l’année afin de rassurer le public et il avait été rappelé que XY335 n’était pas un OGM. Une formation nationale de journalistes scientifiques sur le sujet des OGM avait eu lieu le 23 août 2011, au cours de laquelle le chef de l’enseignement des sciences sur les OGM et de la sécurité au Ministère de l’Agriculture avait dit [1] : « XY 335 n’est fondamentalement pas un OGM, même s’il a vraiment affecté l’écosystème, et il n’a rien à voir avec un organisme génétiquement modifié (OGM) ».
Certains praticiens de l’agriculture biologique qui n’ont pas semé de maïs XY335 ni d’autres OGM, sont également sceptiques quant aux revendications radicales apportées dans l’article de Jin Wei. Ils soulignent qu’il y a toutes sortes d’additifs dans les denrées alimentaires pour les êtres humains et dans les aliments pour les animaux, qui pourraient être toxiques, et ils doutent que les OGM puissent être le seul responsable. Le manque d’hygiène peut également contribuer à la mortalité des porcs.
Un autre facteur est l’ascension fulgurante de la consommation de viande en Chine, qui a fait que les agriculteurs utilisent non seulement davantage de maïs pour nourrir un plus grand nombre de porcs, mais aussi des tourteaux de soja fabriqués à partir de soja importé en Chine.

  Les témoignages enregistrés dans les villages et dans les fermes

Le problème des porcs qui meurent n’a pas disparu. Seulement cette année, il y a eu plusieurs rapports sur Microblog (version chinoise de Twitter) provenant de la province du Henan. Un homme a écrit à partir de Zhengzhou [capitale de la province chinoise du Henan], sa ville natale, disant avoir été informé par les agriculteurs : « Il est entrain de nous tuer tous. Les truies qui ont mangé du maïs XY335 n’ont pas de chaleurs ou le nombre des porcelets de la portée diminue. Auparavant, les portées étaient de 10 ou plus ; après la consommation de XY335, elles sont de 5 ou 6. Maintenant, aucun agriculteur n’ose alimenter ses truies avec le XY335 ».
Une autre personne a écrit : « La sœur aînée de mon ami élève des porcs et depuis je l’ai mise en garde contre l’alimentation avec le maïs OGM : les quelques 100 porcs sont sains et saufs ; leur voisin n’avait pas été prévenu et il a acheté deux voitures chargées avec le maïs 335 et il a nourri ses bêtes avec : les porcs sont tous morts dans les 2 mois ». Un troisième a écrit : « J’ai semé du maïs XY335 : il donne des rendements élevés et résiste aux maladies, mais les poules qui en mangent ne pondent pas d’oeufs et les truies n’engendrent pas de portées ». .
C’était les agriculteurs eux-mêmes qui avaient observé que les animaux semblaient être affectés lorsque les porcs avaient été nourris avec du maïs XY335. Le premier cas signalé s’était produit dans le village de Doumen, Yuanyang, dans la province du Henan.
Les porcs y ont été nourris avec du maïs 335 et après un mois ou deux, plus de 10 truies n’ont pas réussi à atteindre l’oestrus. Les truies restantes ont donné naissance à des porcelets, mais ils n’étaient pas en bonne santé. Une centaine de porcs et de porcelets ont été perdus l’année précédente. Dès qu’ils ont cessé de donner du maïs XY335 aux animaux, les choses sont revenues à la normale en ce qui concerne les truies.
Une deuxième observation a été faite par trois agriculteurs dans le village de Checheng, préfecture de Jiyuan, également dans la province du Henan. Un agriculteur a nourri ses porcs avec le XY335 pendant un ou deux mois : les truies qui étaient auparavant fertiles ont mystérieusement échoué à entrer en chaleurs, tandis que d’autres ont donné naissance a beaucoup moins de porcelets. Auparavant, les portées était de 15, mais après avoir mangé du maïs 335, elles étaient tout au plus de 10 porcelets et souvent seulement 2 ou 3 (voir photos). Il y avait aussi des mort-nés et des porcelets qui sont morts un mois après la naissance. Les porcs de ses deux voisins, qui n’ont pas été nourris avec du maïs 335, sont restés aussi normaux qu’auparavant.

[Photo du haut : une truie nourrie avec du maïs XY335 a une portée réduite. Photo du bas : une truie n’ayant pas été nourrie avec du maïs XY335 a une portée normale].
Entre-temps, Jin Wei avait envoyé des dépêches à partir de 13 cantons et comtés dans les provinces du Henan, du Hebei et du Shaanxi, afin de rendre compte des résultats similaires enregistrés auprès des agriculteurs.
Jin Wei a souligné que les agriculteurs ne savaient rien au sujet des OGM : ils en ont fait la découverte par l’expérience pratique. Néanmoins, après que Jin Wei et son équipe ont fait leurs visites, un agriculteur de Yuanyang a effectué une enquête complète sur les effets de différents aliments donnés aux animaux. Un groupe de porcs a été alimenté en grande partie avec du maïs XY335, un autre groupe a été nourri avec un maïs indigène.
Les résultats observés ont été les mêmes qu’ailleurs : aussi longtemps que les porcs ont été nourris avec le maïs XY335, les truies ont avorté ou ont donné naissance à des porcelets morts, et les quelques naissances ayant donné des porcelets vivants se sont traduites par des maladies et moururent assez rapidement. « Les observations des agriculteurs n’ont-elles pas valeur de preuves ? » s’est demandé Jin Wei.
Enfin, le chercheur scientifique Jiang Gaoming de l’Académie chinoise des sciences a réalisé une expérience dans le village de Jiangjia, dans le comté du Piyi, dans la province de Shandong.
Trois groupes de poulets de la même race et du même âge - chacun avec 13 poules et un coq - ont été comparés sur une période de 263 jours. Le groupe nourri avec du maïs XY335 a donné 121 œufs, le groupe nourri avec du maïs ordinaire a donné 349 œufs et le groupe nourri avec du maïs issu de l’agriculture biologique a donné 449 œufs. Le groupe nourri avec XY335 a produit seulement 34% d’œufs, comparativement au groupe ayant consommé du maïs ordinaire et 27% d’œufs comparativement au groupe nourri avec du maïs biologique. Cela confirme ce que les agriculteurs ont trouvé. Les résultats ont été publiés dans la revue scientifique Chinese Science.

  Les morts de porcs, en grand nombre à l’échelle nationale chinoise, a atteint les médias internationaux

[Note du traducteur : une sélection d’articles en français, en rapport avec le sujet, figure à la suite de cet article sous la rubrique ‘Compléments d’informations en français’].
En mars 2013, plus de 16.O00 porcs ont été retrouvés morts dans les affluents de la rivière Huangpu, non loin de Shanghai, en Chine orientale. Dans le même temps, des dizaines de carcasses de porcs malades ont été trouvées dans la rivière Liuyang, loin de là, dans la province du Hunan, dans le centre-sud de la Chine [6].
Selon le Bureau national des statistiques, la Chine a vendu 700 millions de porcs sur le marché mondial en 2012, soit environ la moitié de la production porcine mondiale. La voie choisie par le gouvernement chinois pour la décontamination et l’élimination des carcasses d’animaux malades est d’ordonner aux agriculteurs d’enterrer les carcasses à une profondeur d’au moins 1,5 mètre, ou de les faire incinérer, puis de demander une indemnisation de 80 yuans (13 $ US) pour chaque porc.
Toutefois, dans la pratique, les carcasses de porcs morts sont le plus souvent jetées dans les rivières ou quelque part ailleurs dans une déchetterie. Un grand nombre de carcasses sont vendues sur le marché noir et se retrouvent dans les assiettes des gens. L’indemnité est fixée à une valeur trop basse : un cochon mort coûte à l’agriculteur entre 1.120 et 1.400 yuans.
Une ferme chinoise a admis le déchargement des porcs morts dans la rivière Huangpu. Les étiquettes fixées sur les oreilles des porcs indiquent l’origine : la ville de Jiaxing, au sud de Shanghai dans la province du Zhejiang. Le gouvernement de la ville a déclaré qu’un total de 70.000 porcs sont morts à cause de « techniques de sensibilisation brutales et des conditions météorologiques extrêmes », au début de l’année [2013] [7].
Un échantillon d’eau s’est révélé plus tard contenir un circovirus porcin - inoffensif pour les humains, selon l’Organisation mondiale de la santé - qui peut avoir été responsable de l’épidémie. Mais les rumeurs vont bon train, avec la grippe aviaire qui avait été soupçonnée d’avoir tué les porcs, ainsi que des dizaines de milliers de canards et des cygnes et même trois victimes humaines [8].
Depuis son rapport de 2010, Jin Wei a reçu de nombreuses lettres d’étudiants, de travailleurs, d’agriculteurs, dont une provenant d’un expert en matière d’élevage. Ils décrivent comment, depuis 2006, les troupeaux de porcs en Chine se sont mis à mourir en grand nombre, avec des avortements spontanés, des morts-nés et des toxines qui nuisent à la défense immunitaire du porc contre les infections.
Les fonctionnaires ont mené des enquêtes sur les causes de ces morts, mais en vain. Les porcs n’ont pas cessé de mourir en grand nombre. Outre l’introduction du maïs XY335, le soja OGM Roundup Ready a été importé depuis 2004. La Chine importe des dizaines de millions de tonnes de soja chaque année, dont au moins 80% sont des OGM, en provenance des Etats-Unis, du Brésil et d’Argentine. L’huile de soja est extraite pour la consommation humaine et les tourteaux sont donnés aux poulets et des porcs [5].
La lettre que Jin Wei a reçue de l’expert de l’élevage a peint un tableau effrayant des épidémies qui se propagent parmi les troupeaux de porcs en Chine : « Ces dernières années, les troupeaux de porcs, sur de vastes régions de notre pays, sont frappés par la maladie. Pour être plus précis, cela a commencé à l’été 2006 dans la province du Jiangxi. À l’époque, les troupeaux de porcs mouraient, avec des souffrances lors des mises-bas prématurées et des morts à la naissance sur une grande échelle : les symptômes pathologiques sont communément appelés "maladie de la forte fièvre".
« Quelques mois plus tard, l’histoire officielle était exprimée ainsi : « la maladie de l’oreille bleue hautement pathogène ». L’année suivante, des vaccins inactivés et vivants ont été créés contre la maladie de l’oreille bleue, avec des résultats bien en-dessous des espérences.. Jusqu’à aujourd’hui, ce problème est encore extrêmement fréquent. L’opinion générale est que, depuis la maladie de forte fièvre, il est difficile de faire de l’élevage de porcs. Personne ne sait vraiment comment contrôler cette patholiogie chez les porcs ».
« En dehors de la maladie ‘’officielle’’ de d’oreille bleue avec forte fièvre, une autre hypothèse reposait en 2006 sur les effets des mycotoxines du maïs .... »
« Jusqu’à présent, je ne peux pas comprendre les raisons qui font que les porcs succombent à la maladie depuis de nombreuses années. La seule conclusion concrète est que les troupeaux de porcs ont réduit leur immunité face à la maladie. Les porcelets souffrent de maladies respiratoires et leur taux de survie a chuté de manière dramatique. Des truies qui donnent naissance à des morts-nés, des mises-bas prématurées, et une mortalité élevée, c’est ce qui se passe dans divers territoires dans tout le pays : Jiangxi, Hubei, Hebei, Henan, Guangxi, Guangdong, Hunan, Sichuan, Chongqing, etc … »
L’auteur de la lettre conclut ainsi « Il n’y a eu aucun répit dans les maladies de porcs depuis 2006 ... ».
[Note du traducteur : pour repérer les territoires de la Chine, on peut consulter 中国一级行政区 Provinces de Chine. Lire plus sur : http://www.chine-informations.com/t... . Source : http://www.chine-informations.com/g... ].

  Un examen plus attentif du maïs XY335 et du promoteur 35S CaMV

Il n’y a pratiquement rien eu comme information sur le maïs XY335, à part celle qui est contenue dans le brevet concernant le matériel végétal PH4CV de la société DuPont. Une étude publiée en 2011 par des scientifiques de l’Université agricole du Henan a caractérisé les protéines synthétisées dans l’hybride et dans ses lignées pures parentales : PH4CV (parent mâle) et PH6WC (parent femelle), en utilisant l’électrophorèse bidimensionnelle [9].
Ces chercheurs ont trouvé 560 spots protéiques dans XY335, contre 507 et 508 points de protéines chez les lignées PH6WC et PH4CV, respectivement. Chez XY335, 81% des spots protéiques ont présenté une expression non-additive : 288 étaient régulés à la hausse par rapport aux lignées parentales, alors que seulement 15 étaient régulés à la baisse dans les comparaisons. Ils ont conclu que cette expression de gène non-additif pourrait être le facteur clé responsable de la vigueur hybride de XY335.
Notamment, 13 spots protéiques significativement différents entre l’hybride et ses parents [les lignées inbred] ont été impliqués dans la voie métabolique, le repliement des protéines, la réponse au stress, le cytosquelette et la détoxification cellulaire. Il y avait plus de 50 protéines supplémentaires dans l’hybride et qui ne sont pas présentes chez l’une ou l’autre des lignées parentales. L’étude n’a fourni aucune information quant à savoir pourquoi le maïs XY335 pourrait être toxique.
Si la présence du promoteur 35S du virus CaMV chez le maïs XY335 peut être confirmée, l’hybride pourrait en effet être un OGM, ou tout au moins, contenir de l’ADN GM (génétiquement modifié). Si c’est le cas, il pourrait être encore un autre exemple de la toxicité intrinsèque des OGM, maintenant confirmée par les agriculteurs et les scientifiques du monde entier (voir [3]).
Il existe de nombreuses causes potentielles de dommages dû aux processus intrinsèquement incontrôlables de la modification génétique, de sorte que, sans caractérisation détaillée, il est impossible de déterminer la/les cause(s) réelle(s).
Cependant, l’ADN GM lui-même pourrait être nocif, et le promoteur 35S du virus CaMV est un excellent exemple d’une pièce dangereuse de l’ADN génétiquement modifié [10] (Hazardous Virus Gene Discovered in GM Crops after 20 Years, SiS 57) *.
* Version en français : "Des gènes de virus dangereux sont découverts au bout de 20 ans dans des plantes génétiquement modifiées (OGM)" par le Dr Mae-Wan Ho. Traduction de Jacques Hallard ; accessible sur le site http://isias.transition89.lautre.ne...
Le promoteur 35S du virus CaMV dispose d’un ‘hotspot’ de recombinaison, ce qui signifie qu’il peut se détacher et se transférer à d’autres génomes, ce qui provoque des mutations ; il est aussi un promoteur agressif qui fonctionne dans toutes les espèces vivantes, y compris dans les cellules humaines et animales, provoquant ainsi l’expression inappropriée de gènes dont certains pourraient entraîner le cancer. Des recherches récentes suggèrent qu’il peut favoriser la multiplication des virus associés à des maladies comme le VIH (virus de l’immunodéficience humaine) *.
| * On peut lire sur ce sujet l’article : "De nouvelles preuves relient le Promoteur CaMV 35S [OGM] à la Transcription du VIH [SIDA] " par Dr. Mae-Wan Ho & le professeur Joe Cummins. Traduction en français, définitions et compléments de Jacques Hallard ; accessible sur le site : http://yonne.lautre.net/spip.php?ar... ]
En outre, sa séquence génétique chevauche un gène de virus (gène VI) qui inhibe la neutralisation des gènes, une défense de l’hôte contre les infections virales cruciales. Ces deux dernières caractéristiques du promoteur 35S du virus CaMV pourraient en effet compromettre la capacité du système immunitaire à se défendre contre les infections virales.
Selon les informations fournies par la base de données de l’organisation Biosafety Clearing House, le ‘Centre d’échange pour la prévention des risques biotechnologiques’, [11], le promoteur 35S du virus CaMV est présent dans presque tous les OGM qui sont autorisés en Chine, que ce soit pour les disséminations ou rejets dans l’environnement (par des mises en culture) : les cotons MON-15985-7 et MON-88913-8, ou pour des traitements dans les industries de transformation, qui comprennent les OGM suivants : parmi les maïs DAS-59122-7 et DAS-1507-1 de DuPont, MON-ØØ863-5, MON-88Ø17-3, SYN-BTØ11-1, SYN-EV176-9, ACS-ZMøø2-1/ACS-ZMøø3-2, ainsi que les sojas MON-ø4ø32-6, ACS-GMØØ5-3, le coton ACS-GHØØ1-3, enfin les colza/canolas MON-øøø73-7, ACS-BNøø8-2, ACS-BNøø7-1 et ACS-BNø11-5.
Le soja Roundup Ready, qui constitue une alimentation animale majeur en Chine, est déjà impliqué dans la mort du bétail et dans la stérilité des animaux aux États-Unis et dans de nombreuses autres formes de toxicités (voir [12] Ban GMOs Now) *.
* Version en français : "Il faut interdire les OGM dès maintenant à cause des risques sanitaires et environnementaux et surtout à la lumière des connaissances actuelles en génétique" par le Dr. Mae-Wan Ho et le Dr. Eva Sirinathsinghji. Traduction et compléments de Jacques Hallard ; accessible sur le site : http://isias.transition89.lautre.ne...
Le soja Roundup Ready contient aussi une version renforcée du promoteur 35S du virus CaMV [13].
Un pathogène considéré comme "nouveau pour la science", que l’on pense être la cause de la mortalité et de la stérilité chez les animaux d’élevage, a été isolé par le chercheur de l’USDA Don Huber et ses collègues, à partir du bétail touché et du soja Roundup Ready, comme cela a été décrit dans une présentation récente faite lors du ‘Forum international sur les OGM et la sécurité alimentaire’ qui s’est tenu à Pékin [14].
Cela a été confirmé indépendamment par des scientifiques chinois des Services des contrôles et de la quarantaine’ qui ont isolé cet agent pathogène à partir du soja Roundup Ready importé (voir [15] China’s Consumers Reject GMOs, SiS 59) *.
* Version en français : ‘Les consommateurs chinois rejetent les Organismes Génétiquement Modifiés (OGM)’, accessible sur le site ISIAS.

  Il y a un besoin urgent d’investigations sur le lien avec les OGM

Il y a un besoin urgent de procéder à des enquêtes et à des recherches en Chine sur les décès massifs qui sont observés chez les porcs et, en particulier, le rôle possible des OGM, ainsi qu’à rendre publiques les conclusions, avant qu’un énorme fléau ne se déchaîne et qui pourrait se propager dans le monde entier, non seulement dans les élevages de porcs, mais chez d’autres animaux d’élevage, dans la faune sauvage et dans les populations humaines.

  Références

1. Evidence of XY335 maize damaging farm animals. Presentation by Jin Wei at GMOs and Food Safety International Forum, 9-10 July 2013, Yunnan University of Finance Economics, Kunming, Yunnan.
2. Inbred maize line PH4CV, US6897363 B1, http://www.google.com/patents/US6897363
3. Ho MW. Why GMOs can never be safe. Science in Society 59 (to appear).
4. “Dupont states : Xianyu 335 is not GM corn” (in Chinese), Dupont, 21 September 2010, http://www2.dupont.com/China_Countr...
5. “China ploughs a new corn furrow”, Peter Lee, Asia Times, 8 October 2011, http://www.atimes.com/atimes/China/...
6. “A plague of diseased pigs is poisoning China’s rivers, and maybe your dinner”, He Linlin, Caixinmedia, Worldcrunch, 23 April 2013, http://www.worldcrunch.com/culture-...
7. “Chinese farm says it dumped dead pigs in river”, Madison Park and Dayu Zhang, CNN, 14 March 2013, http://edition.cnn.com/2013/03/13/w...
8. “Is new bird flue outbreak linked to 20 000 dead pigs ? Three die in China as scientists isolate new strain of killer virus”, Daily Mail Reporter, 3 April 2012, Mailonline, http://www.dailymail.co.uk/news/art...
9. Jin X-N, Fu Z-Y, Ding D, Liu Z-H, Li W-H and Tang J-H. Proteomic analysis of plumule in seed germination for an elite hybrid pio-neer 335 and its parental line in maize. Acta Agronomica Sinica 2011, 37, 1689-94.
10. Ho MW. Hazardous virus gene discovered in GM crops after 20 years. Science in Society 57, 2-3, 2013.
11. Biosafety clearing house, Convention on Biological Diversity, http://bch.cbd.int/database/results...
12. Ho MW and Sirinathsinghji E. Ban GMOs Now, Health and Environmental Hazards Especially in the Light of the New Genetics, ISIS Report, 2013. http://www.i-sis.org.uk/onlinestore...
13. Windels P, Taverniers I, Depicker A, Van Bockstaele E and De Loose M. Characterisation of the Roundup Ready soybean insert. Eur Food Res Technol 2001, 213, 107-112.
14. Huber D. Failed promises ; flawed science : Interactions of glyphosate and GMOs on soil, plant, animal human health. Presentation at GMOs and Food Safety International Forum, /Gloria Plaza Hotel, Beijing, China, 13 July 2013.
15. Ho MW. China’s consumers reject GMOs. Science in Society 59 (to appear).

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 Compléments d’informations en français

- CHINE - Du cochon mort dans les rivières - Courrier international 14 mars 2013. Source : http://www.courrierinternational.co...
- Après les porcs, 1.000 canards morts repêchés dans une rivière chinoise. Publié par Emmanuel Perrin, le 26 mars 2013 - En savoir plus : http://www.maxisciences.com/canard/... - Copyright © Gentside Découvertes. Source : http://www.maxisciences.com/canard/...
- Les cochons morts de Shanghai fabriqués par le système - Écrit par Heng He, Epoch Times 26.03.2013 - Source : http://www.epochtimes.fr/front/13/3...
- Chine : la liste des scandales alimentaires s’allonge - Publié le 18-04-2013.
« 410 cadavres de porcs et 122 de chiens ont été découverts en début de semaine, à Yanshi, dans l’ouest de la Chine. Un nouveau scandale sanitaire qui succède à celui de la rivière Huangpu, qui a charrié 15 000 carcasses de porc en mars dernier (2013) ».

Lawyer Gan Yuanchun - Article initialement publié le 19 mars 2013 sur terraeco.ne - Karine Le Loët pour Terra eco. © 2013 Novethic - Tous droits réservés.
Source : http://www.novethic.fr/novethic/ecologie,environnement,pollution,chine_liste_scandales_alimentaires_s_allonge,139607.jsp

 Traduction, notes, compléments d’informations en français et inclusion des liens donnant accès aux définitions

Jacques Hallard, Ing. CNAM, consultant indépendant.
Relecture et corrections : Christiane Hallard-Lauffenburger, professeur des écoles.
Adresse : 585 Chemin du Malpas 13940 Mollégès France
Courriel : jacques.hallard921@orange.fr
Fichier : ISIS OGM Chine Disappearing Rats and Dying Pigs Are GMOs to Blame French version.3


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11 août 2013
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