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"Les biocarburants et la faim dans le monde" par le Dr. Mae-Wan Ho

Traduction et compléments de Jacques Hallard

mercredi 3 novembre 2010, par Ho Dr Mae-Wan

ISIS Energie Agriculture Alimentation
Les biocarburants et la faim dans le monde
Biofuels and World Hunger
Des rapports accablants confortent des opinions critiques selon lesquelles les biocarburants industriels sont responsables de la crise alimentaire et de la faim dans le monde.
D’après Dr. Mae-Wan Ho

Rapport ISIS 03/11/10
L’article original en anglais s’intitule Biofuels and World Hunger ; il est accessible sur le site www.i-sis.org.uk/biofuelsAndWorldHu...
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Des estimations prudentes indiquent que les biocarburants ont été responsables d’au moins 30 pour cent de la flambée mondiale des prix alimentaires en 2008 qui a poussé 100 millions de personnes dans la pauvreté et qui a conduit quelque 30 millions de plus dans une situation de famine, selon le rapport, Meals per gallon, publié en Février 2010 par l’organisation de charité ActionAid au Royaume-Uni [1].
Le nombre de personnes souffrant chroniquement de la faim dépasse maintenant un milliard d’habitants.
Le rapport accuse les objectifs fixés pour les biocarburants par l’Union européenne (UE), et concommitamment, les incitations financières énormes qui ont été attribuées aux industriels des biocarburants, et qui constituent ensemble un puissant moteur pour les biocarburants industriels. En 2006, l’industrie des biocarburants de l’UE était déjà aidée par des exemptions fiscales et des subventions agricoles pour une somme 4,4 milliards d’€. En 2008, les Etats membres de l’UE se sont engagés sur un objectif de 10 pour cent des carburants destinés au transport à partir de sources renouvelables (par exemple, les biocarburants) d’ici à 2020. Si le même niveau de subventions continue, l’industrie concernée recevrait annuellement 13,7 milliards d’€.

Si tous les objectifs mondiaux pour les biocarburants devaient être atteints, les prix alimentaires pourraient augmenter jusqu’à 76 pour cent supplémentaires d’ici à 2020, en laissant encore mourir de faim environ 600 millions de personnes supplémentaires.

  Des carburants ou bien des nourritures

Les principales cultures agricoles utilisées pour les biocarburants industriels sont des plantes oléagineuses produisant des huiles végétales comme le palmier à huile, le soja, le tournesol, le colza, ainsi que le jatropha pour le biodiesel, d’une part, et le maïs, le blé et les plantes sucrières canne à sucre et betterave à sucre pour l’éthanol, d’autre part. Sauf pour le jatropha (voir plus loin), les matières premières sont toutes des cultures vivrières.
L’effet principal et immédiat de la promotion des biocarburants industriels est d’entrer en concurrence avec les matières premières destinées aux denrées alimentaires. ce qui a comme répercussion de faire monter les prix des denrées alimentaires.

L’Organisation pour l’alimentation et l’agriculture, FAO, estime qu’en 2008-2009, 125 millions de tonnes de céréales ont été détournées vers la production de biocarburants. En 2010, plus de céréales (1.107 millions de tonnes) ont été détournées dans l’alimentation animale et dans les utilisations industrielles au lieu de nourrir les populations (1.013 millions de tonnes). Dans l’ensemble, les prix alimentaires mondiaux ont augmenté de 75 pour cent de 2006 à la mi-2008, mais les prix pour les céréales alimentaires de base (comme le blé, le riz et le maïs) ont augmenté de 126 pour cent à cette période.

Pour les 82 pays à faible revenu et déficients au plan alimentaire, la facture des importations a grimpé. Chaque augmentation de 10 pour cent dans le prix des céréales, ajoute près de 4,5 milliards de dollars au coût total d’importation des céréales dans les pays en développement qui sont importateurs nets. Des analystes indépendants ont conclu que les biocarburants industriels ont été responsables de 30 à 75 pour cent de l’augmentation mondiale des prix alimentaires en 2008. Pour rendre les choses pire encore, de vastes étendues de terres ont été retirées de la production alimentaire, ce qui exacerbe la privation de terres cultivables partout dans le monde (voir [2] ‘Land Rush’ as Threats to Food Security Intensify,SiS 46) (La version en français s’intitule "La ruée vers les terres fertiles constitue une menace pour la sécurité alimentaire qu’il faut, au contraire, consolider" par le Dr. Mae-Wan Ho, traduction et compléments de Jacques Hallard.

ActionAid rapporte que [1] dans seulement cinq pays africains, 1,1 million d’hectares ont été consacrés aux biocarburants industriels pour l’exportation, tandis que 1,4 million d’hectares ont été pris en charge simultanément pour produire des aliments destinés à l’exportation. Si les biocarburants déplacent la production des aliments provenant des terres agricoles dans les pays développés, et que les pays riches arrivent à manquer d’eau pour satisfaire les besoins de leur agriculture, la production alimentaire est de plus en plus sous-traitée vers des terres disponibles à bas prix dans les pays pauvres [2].

Les denrées alimentaires et les carburants sont en concurrence partout pour les terres cultivables. Les entreprises spécialisées de l’UE ont déjà acquis ou demandé au moins cinq millions d’hectares de terres pour produire des biocarburants industriels dans les pays en développement [1]. Juste pour répondre à l’objectif fixé par l’UE, qui est de dix pour cent des carburants à partir des biocarburants, il faudrait 17,5 millions d’hectares pour la culture de ces biocarburants dans les pays en développement.

  La privation de terres cultivables et la faim

Pendant que la hausse des prix alimentaires créée de la famine, elle conduit aussi à priver des gens de la terre qu’ils ont cultivée traditionnellement, à les priver ainsi du dernier recours pour assurer leur propre nourriture. C’est ce qui se passe un peu partout dans le monde en développement.

Au Mozambique, les fermes sont détruites pour laisser la place aux biocarburants industriels. Elisa Alimone Mongue, une mère et agricultrice a déclaré : « Je n’ai plus de ferme, je n’ai plus de jardin, … la terre que j’avais a été détruite. Nous sommes juste contraints à souffrir de la faim, … même si je vais chercher une autre ferme pour m’y installer, elle sera tout simplement détruite à nouveau ».

« En fait, ils ont pris la terre où elle était déjà cultivée ... Ils ne nous ont pas payé quoi que ce soit ... Ce que nous voulons, c’est obtenir le retour sur nos fermes, parce que c’est d’elles que nous tirons nos moyens de subsistance ... nous mourons de faim et il n’y a plus rien qui nous appartienne » dit Matilde Ngoene, une autre mère et paysanne.

Julio Ngoene se bat pour sauver sa communauté et son mode de vie. Il est le chef d’un village d’environ 100 ménages et de plus de 1.000 personnes. Une entreprise de biocarburants met en place un projet près de son village et elle a pris possession de plus de 80 pour cent des terres agricoles du village sans autorisation ; de plus, cette entreprise a détruit les récoltes. Au début du projet, la compagnie avait promis de déplacer le village, mais deux ans plus tard, Julio et les villageois n’ont toujours rien vu venir, et personne dans le village n’a reçu d’indemnité.

L’expropriation des terres est parfois violente, et elle fait souvent suite à de fausses promesses et à des ruses.

En Indonésie, dans le village d’Aruk, les gens sont entrés en confrontation directe avec les responsables des plantations d’huile de palme. Vingt-cinq parcelles ont été ‘nettoyées’ sans permission. Un villageois a perdu son terrain de 10 acres. « Je suis allé sur mon terrain un matin, et j’ai constaté qu’il avait été ‘nettoyé’. Tous mes arbres à caoutchouc, toutes mes plantes ont été détruites ... Maintenant je dois travailler en tant que constructeur en Malaisie, afin que je puisse nourrir mes trois enfants ».

En Tanzanie, où ActionAid a mené des entrevues, 175 villageois ont été déplacés. Le fermier Rashidi Omary Goboreni a déclaré : « Nous regrettons profondément d’avoir convenu de laisser [l’entreprise de biocarburants] fonctionner sur nos terres. Maintenant, nous pensons que les emplois annoncés et la possibilité d’utiliser leurs tracteurs, n’étaient qu’une stratégie visant à obtenir notre accord ... Nous avons réalisé que nous ne savions pas que nous nous étions entendus sur la vente de nos terres ou la location pour 50 ou 99 ans. Un voisin nous a dit qu’il avait loué sa terre pour 99 ans et nous nous sommes inquiétés. Qu’est-ce qui se cache derrière les 6.000 schillings [environ 3 € à titre de paiement initial], nous sommes-nous demandés ? Si nous n’obtenons pas d’emplois, alors comment allons-nous gagner notre vie ? Sans terre à notre disposition, nous ne serons pas en mesure de cultiver et nos enfants n’ont nulle part où s’installer alors qu’ils grandissent. J’ai entendu des histoires au sujet d’autres villages qui ont loué leurs terres et où les villageois ne sont même plus autorisés à y passer. S’ils prennent du bois pour le chauffage, quelqu’un de la société va leur dire de le retourner ».

Le président du Forum des Nations Unies sur les questions autochtones a estimé que 60 millions des populations indigènes locales sont globalement en situation de risque d’être déplacées à cause des biocarburants industriels.

  L’escroquerie de la plante Jatropha comme source de ‘biocarburants’

Il y a eu des mises en garde contre le biodiesel à partir de la plante jatropha qui remontent à plusieurs années [3] (Jatropha Biodiesel Fever en Inde , SiS 36). Le Jatropha a été médiatisé comme une plantes miraculeuse, non alimentaire, pour faire du biocarburant qui se contenterait de croître sur des zones marginales, qui ne conviennent pas pour les cultures vivrières. Mais il est apparu clairement que cela serait loin de fournir près des 1.300 litres d’huile par hectare, comme cela avait été promis, lorsque cette plante est cultivée sur des terres fertiles et desservies abondamment avec de l’eau pour l’irrigation, et correspondant à ce que les entreprises de biocqarburant avaient visé.
En Tanzanie, le jatropha est cultivé dans les zones des terres disponibles avec des sols fertiles et qui reçoit une pluviométrie suffisante. Dans les régions du Sahel du Sénégal, le jatropha ne pourra que survivre avec de l’irrigation, et c’est une histoire similaire que l’on trouve au Swaziland, qui souffre de sécheresses persistantes.

Le Jatropha est également promu comme offrant des emplois et des moyens de subsistance. Mais la réalité est bien loin de cela. L’emploi est souvent sporadique, avec une main-d’œuvre intensive lors de la plantation et très peu par la suite et jusqu’à la récolte. En Inde, où le jatropha s’y trouve bien établi, les promesses de rendements élevés n’ont pas été tenues, indépendamment du fait que le rendement dépend de la fertilité des sols sur lesquels la plante est installée. La prévision initiale était que ce ne serait compétitif que si les rendements atteignaient 3 à 6 tonnes de graines par hectare et par an. Les entreprises privées ont dû réviser leurs prévisions aux alentours de 1,8 à 2 tonnes par hectare, mais même cela reste encore un objectif difficile à atteindre.

Et le pire nous est venu de rapports en provenance du terrain.

« Jusqu’à présent, je n’ai pas de graines de cette jatropha. Je me sens mal. Maintenant, depuis près de quatre ans, je ne reçois aucun revenu. Il n’y a pas d’amélioration », nous raconte Wanjang Agitok Sangma en Inde.

Au Nord-Est de l’inde, les agriculteurs et les collectivités locales ont été incités à expérimenter le jatropha. Raju Sona a fait pousser le jatropha pendant un an sur les terres qu’il utilisait pour faire pousser des légumes pour nourrir sa famille. « Personne ne va acheter le jatropha. Les gens disaient que si nous avions une plantation, nous allions alors sûrement avoir un bon marché, mais nous n’avons pas vu un tel marché se faire jour. Lorsque j’ai reçu le message indiquant qu’il n’y avait pas de marché, je me suis découragé. J’étais très énervé. Je me sentais très mal. Je m’attendais à pouvoir faire des profits. Je me suis alors débarrassé des graines récoltées ». Il s’est remis à cultiver des légumes et il est retourné vers la production alimentaire, en ajoutant. « Si nous plantons du jatropha, nous aurons un problème parce que [cela signifie] que nous devrons acheter de la nourriture venant de l’extérieur …. Les légumes sont très chers et nous pouvons donc économiser de l’argent avec toutes les choses que nous cultivons, comme des pommes de terre et des choux. Si le terrain est planté professionnellement, il pourrait faire pousser et récolter de 4.000 à 6.000 choux en six mois pour les vendre sur le marché. Cette terre est bonne pour cultiver le gingembre, les oignons et l’ail ».

Un autre fermier en Inde, Parindra Gohain (alias), a déclaré : « Jusqu’à présent nous n’avons eu aucun revenu de la plantation de jatropha. Ils m’avaient dit qu’il faudrait attendre deux ans avant de récolter, puis nous aurions un revenu ; mais cela fait déjà trois ans. Les gens sont de plus en plus abattus, parce que l’ensemble du projet court déjà depuis quatre années successives et il n’y a encore aucun revenu. J’espère toujours que je vais finir par obtenir quelque bénéfice, sinon je vais arracher les plantes ».

  La sécurité alimentaire et les conditions de travail sont compromises

Certains agriculteurs ont été tentés de vendre leurs terres en échange d’un emploi, seulement pour découvrir ensuite que le niveau de rémunération promis ne s’est pas matérialisé, et les faibles gains les ont mis dans l’incapacité d’acheter suffisamment de nourriture. Un agriculteur du Sénégal, Mamadou Bah (alias) a déclaré : "J’espérais, comme tous ls autres membres de ma communauté, pouvoir augmenter mes recettes et mes revenus en travaillant sur la plantation. Notre nourriture est insuffisante, car nous avons donné nos terres. Nous devons nous battre pour nos droits et trouver des alternatives pour combler notre déficit en produits alimentaires et trouver les moyens de subsistance ».

« Au lieu de cultiver leurs terres, les gens vont travailler pour la société de biocarburant Il y a moins d’agriculteurs qui participent maintenant à la mise en culture de leurs propres terres. La nourriture est devenue un problème ... Le prix des aliments a augmenté sans cesse. L’augmentation des prix alimentaires résulte des pénuries alimentaires dans le village en raison de la baisse de production sur les fermes », nous a rapporté un fermier Tanzanien, Aailyah Nyondo (alias).

Au Ghana, Sanatu Yaw a dit à ActionAid : « La noix de karité, que je suis en mesure de récolter au cours de l’année, m’aide à envoyer mes enfants à l’école, à acheter du tissu et des vêtements, et aussi à apporter un supplément pour les besoins alimentaires de notre ménage ; mais les récoltes sur la ferme de mon mari sont épuisées : cette année, je ne pourrai pas en tirer beaucoup à cause des arbres qui ont été coupés. Maintenant, ils ont détruit les arbres, nous avons perdu pour toujours une bonne source de revenu, et nous n’avons pas encore été payés de quoi que ce soit en compensation. C’est pourquoi je me suis présentée devant l’homme blanc à la réunion ».

Le Brésil est le plus grand producteur de biocarburants industriels dans le monde en développement, où l’industrie des plantations de canne à sucre (pour faire de l’éthanol) est bien établie. Toutefois, les conditions de travail sont souvent médiocres. Sur le million de travailleurs qui sont employés dans le secteur de la canne à sucre, la moitié environ des travailleurs sont employés comme coupeurs de canne, opération qui est réalisée la plupart du temps à la main, dans une chaleur intense, pendant de longues heures, et un certain nombre de décès ont été rapportés.

Les propres enquêtes gouvernementales ont fait la découverte des conditions de travail réelles qui sont proches de l’esclavage, des systèmes de sous-traitance qui sont une forme d’exploitation, des mauvaises conditions d’hygiène et des manques de nourriture, du manque d’eau potable (l’eau y est impropre à la consommation), ainsi que le surpeuplement pour les conditions d’habitation. Au cours de l’une des enquêtes, l’équipe a sauvé 11.000 ouvriers qui travaillaient dans des conditions inacceptables.

  La politique a pris le dessus sur la science

De plus en plus de scientifiques ont pu apporter la preuve que la plupart des biocarburants utilisés actuellement aboutit à libérer plus de gaz à effet de serre, par rapport à l’utilisation des combustibles et des carburants fossiles : les biocarburants utilisent plus de carburants fossiles qu’ils ne contribuent à produire de biocarburants. [4] (voir l’article ‘Biocarburants : dévastation biologique, famines et crédits de carbone faussés’ de Mae-Wan Ho, traduction et compléments de Jacques Hallard, accessible sur le site : http://www.i-sis.org.uk/BiofuelsBio... ainsi que la publication de l’ISIS Food Futures Now : * Organic * Sustainable * Fossil Fuel Free

Malheureusement, tous les chiffres utilisés actuellement pour la législation de l’Union Européenne dans la récente directive sur les énergies renouvelables (DER) sont obsolètes, et exagérément optimistes sur les émissions de carbone et les économies d’énergie relatives aux biocarburants. Je vais examiner les preuves scientifiques sur les approches comptables complètement erronées concernant les émissions de carbone et les économies d’énergie résultant des biocarburants, et qui dissimulent l’immense contribution de ces derniers au réchauffement planétaire et aux dérèglements climatiques [5], [6] (voir ‘Scientists Expose False Accounting for Biofuels’ *, et ‘Biofuels Waste Energy ** SiS 49).
* La version en français est intitulée ‘Des scientifiques mettent en exergue les erreurs comptables concernant les biocarburants’.
** La version en français intitulée ‘Les biocarburants gaspillent l’énergie’.
Pour un moratoire sur les biocarburants industriels

Il est clair que les biocarburants sont socialement insoutenables (c’est-à-dire non durables) car ils conduisent à une concurrence pour les terres cultivables qui devraient avant tout servir à la production d’aliments. Les biocarburants conduisent à l’augmentation des prix des denrées alimentaires et au nombre de paysans sans terre, provoquant une famine généralisée, en privant des millions de pauvres de leurs moyens de subsistance.

Pendant ce temps, les preuves obtenues à partir des données réelles de production, et de nouvelles analyses, confirment ce que de nombreux scientifiques ont déjà déclaré : la plupart des biocarburants, sinon tous, ne permettent aucune économie dans les émissions de carbone ou d’énergie, en particulier lorsque les émissions indirectes dues à la déforestation et à d’autres changements dans l’utilisation des terres sont prises en compte, comme il se doit.

ActionAid a réitéré l’appel pour un moratoire mondial avec ces recommandations :

  • Mettre en place un moratoire sur l’expansion des investissements dans le secteur de la production de biocarburants industriels.
  • S’assurer que les États membres ne vont pas s’enfermer dans les biocarburants industriels dans leurs plans nationaux d’action élaborés en 2010.
  • Réduire les transports et les consommations d’énergie.
  • Mettre fin aux objectifs et aux incitations financières pour les biocarburants industriels.
  • Soutien des biocarburants produits à petite échelle et de façon durable dans l’Union Europénne et à l’étranger.

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 Définitions et compléments en français et en anglais

  Traduction, définitions et compléments :


Jacques Hallard, Ing. CNAM, consultant indépendant.
Relecture et corrections : Christiane Hallard-Lauffenburger, professeur des écoles
honoraire.
Adresse : 19 Chemin du Malpas 13940 Mollégès France
Courriel : jacques.hallard921@orange.fr
ISIS Energie Agriculture Alimentation Biofuels and World Hunger French version.2


[1Meals per gallon, The impact of industrial biofuels on people and global hunger, ActionAid, 2010,http://www.actionaid.org.uk/doc_lib...

[2Ho MW. ‘Land rush’ as threats to food security intensify. Science in Society 46, 42-45, 2010

[3Ho MW. Jatropha biodiesel fever in India. Science in Society 36, 47-48, 2007.

[4Ho MW. In Ho MW, Burcher S, Lim LC, et al. Food Futures Now, Organic, Sustainable, Fossil Fuel Free, ISIS//TWN, London/Penang, 2008. http://www.i-sis.org.uk/foodFutures.php

[5Ho MW. Scientists expose false accounting for biofuels. Science in Society 49 (to appear).

[6Ho MW. Biofuels waste energy. Science in Society 49 (to appear).