ISIAS

"Finissons-en dès maintenant avec les OGM", par le Dr Mae-Wan Ho

Traduction et compléments de Jacques Hallard
dimanche 13 mars 2016 par Ho Dr Mae-Wan

Finissons-en dès maintenant avec les OGM

Le rejet global des OGM a plusieurs conséquences : une chute libre des profits de Monsanto ; un nombre record d’abandon des cultures des semences de plantes génétiquement modifiées (OGM) par les agriculteurs ; le reclassement de la matière active herbicide glyphosate qui est maintenant considérée comme un agent cancérigène probable, ainsi que le déclenchement d’appels récents pour son interdiction et des restrictions de son usage ; l’échec des OGM est patent alors que les marchés des produits issus de l’agriculture biologique et des denrées alimentaires qualifiées de ‘non-OGM’ sont en plein essor. Les jours des OGM sont comptés : nous allons hâter leur disparition. Dr Mae-Wan Ho

Rapport de l’ISIS en date du 21/04/2015
L’article original s’intitule Ending GMOs Now et il est accessible sur ce site : {{}}http://www.i-sis.org.uk/Ending_GMOs_Now.php
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L’année 2015 se présente sous de bons augures. Cela a commencé avec les prix du pétrole qui ont plongé à un prix qui est le plus bas depuis cinq ans, amenant une vague de réduction des effectifs dans une industrie désespérée ; cette dernière se retrouve en situation de devoir se débarrasser de ses actifs qui échouent, alors que les énergies renouvelables sont en plein essor. Les énergies renouvelables rendent le pétrole inutile et les mouvements de base de la société civile sont en train de gagner devant les grandes sociétés qui se retirent des méga-investissements dans le secteur des carburants et des combustibles fossiles et qui vont délaisser le pétrole au fond des gisements. (voir [1] Age of Oil Ending ? SiS 65) *

[* Version en français :’Est-ce la fin de l’ère du pétrole ?’ par le Dr Mae-Wan Ho. Traduction et compléments de Jacques Hallard, samedi 13 février 2016. ISIS Energie. « Les prix du pétrole ont plongé à un plus bas niveau depuis cinq ans et cela a déclenché une vague de réduction des effectifs dans une industrie morose et désespérée qui se débarrasse de ses actifs en détresse. Pendant ce temps, les marchés des énergies renouvelables sont en plein essor avec le concept ’’100% d’énergies renouvelables’’ dans le plan d’action pour le climat ; les mouvements de base de la société civile sont en train de l’emporter sur de grandes compagnies qui se retirent des méga-investissements dans le secteur des combustibles fossiles et vont délaisser le pétrole dans les gisements souterrains. Dr Mae-Wan Ho
Avec ajout d’annexes sur les énergies renouvelables et la transition énergétique – Article complet sur le site : http://www.isias.lautre.net/spip.php?article466

Simultanément, une remarquable conjonction d’événements ne laisse présager rien de bon pour les OGM (Organismes Génétiquement Modifiés). Il y a une remarquable synergie entre la fin du pétrole et la fin de la monoculture des OGM qui sont eux-mêmes fortement dépendants du pétrole, pour prendre une autre orientation, vers un monde véritablement durable face au changement climatique, dont nous avons donné clairement des exemples détaillés dans un rapport complet publié en 2008 [2] sous le titre Food Futures Now -Organic -Sustainable -Fossil Fuel Free. Donc, nous allons examiner les signes de cette prise de conscience et faire de notre mieux pour hâter la fin des OGM. 

 Rejet massif des exportations de maïs OGM américains et pertes record

Cela a commencé avec la Chine lorsqu’elle a rejeté des bateaux chargés de grains de maïs exportés par les expéditeurs américains : des maïs avaient été testés et reconnus positifs pour le maïs OGM ‘Agrisure Vipera’ de Syngenta, disséminé et non soumis à une réglementation aux États-Unis depuis 2011, mais qui n’est pas autorisé en Chine.

Entre novembre 2013 et avril 2014, 1,45 million de tonnes de maïs américain OGM ont été détruits ou refoulés [3]. Les agriculteurs et les entreprises agricoles dans 20 États des États-Unis ont déposé plus de 360 ​​plaintes contre Syngenta et des centaines d’autres sont attendues, tandis qu’un juge fédéral américain est en train d’organiser ce dossier complexe. Les demandes peuvent atteindre jusqu’à 3 milliards de dollars [4].

Bien que la Chine ait finalement autorisé le maïs Vipera en décembre 2014, les ventes ne se sont pas améliorées pour les producteurs de maïs des États-Unis [3]. Une des raisons est que la Chine a importé des grains de maïs non OGM d’origine ukrainienne, dans le cadre d’un accord de prêt accordé sur les grains. [5]. L’Ukraine a livré près de 1 million de tonnes de maïs à la Chine en 2014 ; 470.047 tonnes ont été expédiées en janvier 2015 et d’autres quantités devraient suivre.

L’autre raison plus importante est que les agriculteurs américains abandonnent les cultures de plantes OGM et font le retour vers des variétés de semences non-OGM ou passent à des cultures dans le secteur de l’agriculture biologique (voir plus loin).

 Le combat pour l’étiquetage des produits issus d’OGM atteint le niveau national aux États-Unis

Le mouvement en faveur de l’étiquetage des OGM a progressé lentement aux États-Unis, malgré le fait que 64 pays dans le monde entier pratiquent maintenant l’étiquetage des produits alimentaires contenant des OGM, y compris la Chine, le Japon, la Russie, l’Australie et tous les pays de l’Union Européenne. Aux Etats-Unis, trois Etats (le Vermont, le Maine et Rhodes Island) ont adopté jusqu’à présent des lois sur l’étiquetage des OGM, mais la Californie, le Colorado et l’Oregon n’ont pas réussi dans ce sens du fait des contre-campagnes fortement financées par les sociétés Monsanto, DuPont et le mouvement ‘Grocery Manufacturers Association’ [6].

C’est un total de 70 projets de loi en matière d’étiquetage qui ont été proposés dans 30 États au cours des deux dernières années. Maintenant, la bataille s’est déplacée vers le niveau national. Le député de l’état du Kansas, Mike Pompeo, a introduit une loi dénommée « DARK Act » ; DARK pour ‘Denying Americans the Right to Know’ (Américains ayant le droit de savoir) ; les états devraient préempter cette loi qui touche la mise en place de leurs propres systèmes d’étiquetage des OGM et l’interdiction de définir les aliments « naturels » comme ne contenant pas d’OGM. Les défenseurs de la sécurité des denrées alimentaires et des groupes de consommateurs se battent contre cela, en s’appuyant sur un projet de loi d’étiquetage obligatoire au niveau national et appelée ‘Genetically Engineered Food Right to Know Act’, qui a été réintroduite en février 2015 par un groupe de parlementaires démocrates du Congrès des Etats-Unis.

 Les produits alimentaires ‘Non-OGM’ et issus de l’agriculture biologique continuent leur trajectoire en forte croissance

Pendant ce temps, le ‘Non-GMO Project’, un projet de denrées ‘Non-OGM’ continue sa trajectoire de croissance. Au début de 2015, la démarche en cours comprenait plus de 20.000 produits alimentaires distribués à partir de plus de 1.500 entreprises et représentant un chiffre d’affaires de 8,5 milliards de dollars [7].

De même, le marché des aliments issus de l’agriculture biologique (BIO) aux États-Unis, est sur le point de dépasser 45 milliards en 2015 [8] en raison de l’augmentation des dépenses en produits BIO par habitant, de l’augmentation de la prise de conscience et de la sensibilisation aux avantages pour une bonne santé, de la nourriture biologique sans produits chimiques (et sans OGM), qui vont de pair avec une croissance dans les filières de l’agriculture biologique. De solides canaux de distribution et de fabricants sont fortement liés avec les détaillants et cela aboutit à ce que des filières de produits biologiques, tels que les fruits et légumes, les produits laitiers et les aliments emballés, soient plus accessibles et plus visibles sur les marchés

 Un nombre record d’agriculteurs américains se tournent vers le ‘Non OGM’ et les produits BIO ; les caractères génétiques des OGL échouent ; les profits de Monsanto chutent

Simultanément, un nombre record de fermiers américains reviennent à des cultures de plantes non-OGM en 2015 [9]. Mac Ehrhardt, président de la société de semences ‘Albert Lea’, basée dans l’Etat du Minnesota, rapports qu’il s’est vendu plus de semences de maïs non-OGM, c’est-à-dire de semences qualifiées de conventionnelles, à la fin de novembre 2014, que pendant toute l’année dernière.

Tim Daley, un agronome de la société Stonebridge Ltd., un acheteur de soja non-OGM de l’Etat de l’Iowa, voit également une demande marquée des agriculteurs pour les semences non-OGM. Il a dit que « certaines entreprises ont vu une augmentation de 50% des ventes de semences non-OGM, et certains ont dit qu’ils ont vendu plus de semences non-OGM cette année que pendant les cinq dernières années ».

Les arguments principaux en faveur des semences non-OGM sont les suivants : plus de profit, pas de frais liés à la technologie, une prime accordée pour le non-OGM et des rendements supérieurs. Les caractères typiques des OGM ont échoué : un accroissement de la multiplication invasive de ‘super mauvaises herbes’ qui sont devenues résistantes aux herbicides utilisés sur les OGM, d’une part, et l’apparition des insectes résistants à la toxine Bt qui est exprimée dans certains OGM, d’autre part.

Un producteur-sélectionneur de semences de maïs qui a préféré garder l’anonymat a déclaré : « Les traits génétiques de résistance à des insectes nuisibles et de tolérance aux herbicides sont en train de perdre leur efficacité avec l’apparition d’espèces de chrysomèles et l’augmentation des mauvaises herbes résistantes. Les producteurs sont fatigués de payer cher pour les coûts des intrants dont l’efficacité s’est réduite et ils préfèrent financer d’autres formes de protection des cultures ».

Une proportion importante des ventes de semences non-OGM vont aux producteurs d’aliments biologiques. Le méga entreprise, General Mills, a acheté la société de produits biologiques ‘Annie’s Homegrown’ pour près de 1 milliard de dollars. Et d’autres grandes sociétés alimentaires cherchent à engloutir les entreprises plus petites dans le secteur des aliments biologiques.

En janvier 2015, le groupe Monsanto a annoncé que ses résultats avaient chuté de 34% au premier trimestre de l’exercice, du fait que les agriculteurs sud-américains rejettent les cultures de plantes OGM [10].

Les agriculteurs américains ont fait des récoltes record de soja et de maïs l’an dernier, ce qui a entraîné une baisse des prix à leur niveau le plus bas depuis des années. Les revenus tirés des produits agricoles de Monsanto ont chuté de plus de 8%, à 2,87 milliards de $ US dans cette période, du fait de la baisse des ventes de semences de maïs et des herbicides.

Il y a eu une réaction croissante contre les cultures d’OGM en Amérique latine : depuis le Pérou qui a approuvé un moratoire de 10 ans en novembre 2012 et le Costa Rica qui a changé sa position sur la croissance des OGM [11].

En 2012, les agriculteurs brésiliens ont poursuivi Monsanto pour la collecte des redevances sur les cultures et ils ont gagné. En 2014, les agriculteurs brésiliens ont de nouveau exigé le remboursement de leur argent pour le maïs Bt résistant aux parasites de Monsanto, qui a échoué dans la protection des cultures contre l’organisme nuisible qui ravage les feuilles de maïs [12].

Le ravageur a détruit les cultures au lieu de mourir, et un supplément de 54 $ par ha a dû être dépensé pour la lutte antiparasitaire, à un moment où les prix du maïs sont très bas. Les graines de maïs Bt sont produites par Dow Agrosciences, DuPont, Monsanto et Syngenta. Les mêmes problèmes s’étaient produits aux États-Unis et ailleurs avec différentes cultures de maïs Bt et de coton Bt.

En avril 2015, Monsanto a annoncé à nouveau une perte de 15% de ses profits au cours du deuxième trimestre, ce qui est encore plus élevé que ce que la plupart des experts avaient prévu [13]. Et le vice-président de Monsanto, Kerry J. Preete a vendu 27.580 parts des actions de la société Monsanto [14], soit un peu plus de 40% de ses avoirs.

Mais d’autres nouvelles arrivent concernant le géant de la biotechnologie qui est aux abois.

 L’herbicide qui est le plus vendu au monde est reclassé comme un cancérogène probable pour les êtres humains

Le 20 mars 2015, le Centre international de Recherche sur le Cancer (CIRC) de l’Organisation mondiale de la Santé (OMS), qui est l’autorité mondiale sur les pathologies du cancer, a déclaré que l’herbicide glyphosate est « probablement cancérogène pour l’homme » [15, 16].

Un groupe de travail de 17 experts originaires de 11 pays se sont réunis au siège du CIRC à Lyon, en France, du 3 au 10 mars 2015, après presque un an d’examen et de préparation, y compris une étude complète des dernières données scientifiques disponibles. Les experts ont été sélectionnés sur la base de leur expertise et, plus important encore, sur l’absence de conflits d’intérêts réels ou apparents. Le Groupe de travail a examiné « les rapports qui ont été publiés où acceptés pour publication dans la littérature scientifique qui est disponible et ouverte », ainsi que « les données de rapports gouvernementaux qui sont accessibles au public ».

Parmi les constatations citées pour leur décision, le CIRC s’est ostensiblement référé aux preuves émanant de l’Agence américaine de protection de l’environnement (EPA), concernant le potentiel cancérogène du glyphosate, provenant d’études réalisées sur des animaux depuis les années 1980, qui a été supprimé par l’EPA (voir [17] Glyphosate and Cancer, SiS 62)* ; cela a impliqué un changement dans le classement initial du glyphosate passant de « non-cancérogène ».

  Version en français : « Le glyphosate et le cancer » par le Dr Mae Wan Ho. Traduction et complément de Jacques Hallard, jeudi 8 mai 2014 – « De nouvelles recherches ont montré que des concentrations, même faibles, de la matière active à effet herbicide glyphosate, qui ont été trouvées dans l’urine humaine, peuvent favoriser la croissance des cellules cancéreuses du sein chez les femmes, confirmant ainsi le potentiel cancérigène de cette matière active herbicide, potentiel qui est connu depuis les années 1980… » Article complet à lire sur le site : http://www.isias.lautre.net/spip.php?article400

En 2013, l’EPA a donné l’autorisation d’augmenter les limites admissibles de la contamination par le glyphosate dans les produits alimentaires destinés aux êtres humains et aux animaux de ferme. La quantité de glyphosate autorisée dans les cultures de plantes oléagineuses [sauf pour le soja (canola) et le soja] est alors passée de 20 ppm à 40 ppm, soit 100.000 fois la quantité qui est nécessaire pour induire les cellules du cancer du sein (voir [18] Glyphosate ‘Probably Carcinogenic to Humans’ Latest WHO Assessment, SiS 66) *.

[* On peut se référer à l’article suivant en français : « Le glyphosate, le pesticide le plus répandu en France, ‘probablement cancérogène’ ». agriculture, Anses, Cancer, cancer de la prostate, cancer du poumon, cancérigène, Circ, glyphosate, herbicide, lymphome non Hodgkin, OMS, pesticide, Roundup, toxicologie Article publié le 30/03/2015 et accessible sur le site suivant :http://www.science-et-vie.com/2015/03/le-glyphosate-le-pesticide-le-plus-epandu-en-france-probablement-cancerogene/ ].

Le groupe Monsanto, dont les 15,9 milliards de dollars de ventes annuelles sont étroitement liées au glyphosate [19], a immédiatement protesté du fait que les données scientifiques ne s’appuient pas sur ces conclusions et il a outrageusement appelé le CIRC à retirer son évaluation (voir [20] Elsevier Climb Down over Séralini Retraction but IARC Retraction Next for Monsanto, SiS 66) *.

[* On peut également se reporter à l’article suivant en français : « ISIS OGM - Le retrait de l’article sur les résultats des recherches du groupe Séralini est une violation de la science et de l’éthique ». Dr Mae-Wan Ho et le Professeur Peter Saunders. Traduction et compléments de Jacques Hallard. « Un géant de l’édition scientifique, renommé pour ses revues pharmaceutiques truquées, retire maintenant une publication sur des résultats de recherche qui sont accablants contre les OGM et l’herbicide Roundup, au nom de l’industrie des biotechnologies… » Lire l’article PDF complet sur le site suivant : http://www.isias.lautre.net/IMG/pdf/le_retrait_de_l_article_sur_les_resultats_des_recherches_du_groupe_seralini_est_une_violation_de_la_science_et_de_l_ethique.pdf ].

« Nous ne savons pas comment le CIRC pourrait arriver à une conclusion qui est une telle nouvelle position spectaculaire par rapport aux conclusions de tous les organismes de réglementation à travers le monde », a déclaré à la presse Philip Miller, vice-président de Monsanto, chargé des affaires réglementaires mondiales [19].

Mis à part la position de l’EPA de 2013 concernant les niveaux de glyphosate admissibles comme contamination dans les denrées alimentaire [5], le gouvernement allemand a terminé une évaluation de quatre ans sur la matière active herbicide glyphosate au nom de l’Union Européenne, en concluant que le glyphosate était « peu susceptible de présenter un risque de cancer chez les êtres humains [12].

Ce que Monsanto n’a pas révélé, c’est que la réévaluation au nom de l’Union Européenne confiée au gouvernement allemand, avait en réalité été effectué par le ‘Groupe de travail sur le glyphosate’, qui est un consortium dirigé par Monsanto, avec des entreprises chimiques dont le but est de promouvoir le glyphosate en Europe. La réévaluation a été plus restrictive sur la base des études des industriels et d’autres qui ont souscrit aux conclusions des industriels (voir [21] Scandal of Glyphosate Re-assessment in Europe, SiS 63 et [22] *.

* Version en français : « Le scandale de la réévaluation de la matière active herbicide glyphosate en Europe » par Dr. Nancy Swanson et Dr. Mae Wan Ho. Traduction et complément de Jacques Hallard, mardi 16 septembre 2014 - ISIS Pesticides. « Le scandale de la réévaluation de la matière active herbicide glyphosate en Europe
L’Allemagne, en tant que rapporteur de l’Union Européenne, recommande une nouvelle approbation pour une augmentation de 67% de l’apport quotidien de glyphosate ; sa réévaluation a été réalisée par Monsanto et un consortium d’entreprises chimiques en Europe et elle est presque entièrement basée sur des études provenant de l’industrie concernée : cette réévaluation devrait être rejetée d’emblée… » Article complet à lire sur le site : http://www.isias.lautre.net/spip.php?article428

Il est clair que nous avons a faire à une évaluation basée sur les preuves de cancers d’une autorité mondiale qui n’est pas soumise du tout à des conflits d’intérêts et qui se place en marge des autorités corrompues, qui sont sous la coupe de Monsanto et chargées des réglementations aux États-Unis et en Europe [18].

 Réactions aux Etats-Unis : le premier producteur d’OGM dans le monde

Selon le nouveau rapport annuel de l’industrie concernée, financée par le Service International pour l’Acquisition des Applications des Agri-biotechnologies (ISAAA) [23], « 18.000.000 agriculteurs répartis dans 28 pays ont mis en place plus de 181 millions d’hectares [avec des OGM] en 2014, contre 175 millions dans 27 pays en 2013 ». Le principal pays producteur est de loin les Etats-Unis avec 73,1 millions d’hectares (soit 40,3%) ; le Brésil arrive en deuxième position avec 42,2 millions d’hectares (soit 23,3%) et l’Argentine en troisième position avec 24,3 millions d’hectares (soit 13,4%). Ainsi, les trois premiers pays producteurs représentent plus de 75% des OGM cultivés et ils sont les pays qui ont réagi le plus fortement à la reclassification du glyphosate effectuée par le CIRC comme « cancérogène probable ».

L’EPA est en train de réévaluer le glyphosate, principalement pour la résistance aux mauvaises herbes [24] et il sera exigé un plan de gestion de la résistance des mauvaises herbes. Selon les données recueillies par les scientifiques, spécialistes des mauvaises herbes de l’USDA (l’administration américaine de l’agriculture), au moins 14 espèces de mauvaises herbes et biotypes ont développé aux États-Unis une résistance au glyphosate, affectant plus de 60 millions d’acres de terres agricoles des États-Unis.

L’action de l’EPA intervient à la suite de la reclassification par le CIRC. Bien que le plan de gestion des mauvaises herbes de l’EPA ne puisse pas régler les problèmes de santé humaine, l’agence analyse les données de santé publique dans le cadre de la réévaluation nécessaire de l’herbicide. L’EPA est sous la pression des écologistes, des scientifiques et des adversaires des OGM pour exercer un contrôle plus serré sur le glyphosate. Le 26 mars 2015, une coalition de groupes d’intérêt public, y compris le ‘Natural Resources Defense Council’ et le Centre pour la sécurité alimentaire, ont envoyé une lettre à l’administrateur de l’EPA Gina McCarthy, exhortant l’agence à « peser lourdement » sur les travaux de l’OMS pour son évaluation des risques.

Au moins 283,5 millions de livres de glyphosate ont été utilisées dans l’agriculture des États-Unis en 2012, l’année la plus récente pour laquelle des données sont disponibles, en partant de 110 millions de livres en 2002, selon le ‘US Geological Survey’.

Globalement, la matière active herbicide glyphosate est un ingrédient clé dans plus de 700 produits phytosanitaires et il est utilisé pour contrôler les mauvaises herbes dans les jardins, le long des routes, ainsi que sur des millions d’hectares de terres agricoles. Selon le Département américain de l’Agriculture, plus de 90% du soja et coton qui ont été cultivés dans le pays l’année dernière, et 89% du maïs, ont été réalisés avec des plantes génétiquement modifiées (OGM) pour résister à des applications d’herbicides.

Des groupes de consommateurs américains, des scientifiques et des entreprises de produits alimentaires ont déjà commencé à tester la présence de glyphosate dans des denrées du type des céréales pour le petit déjeuner et dans le lait ‘maternisé’ [25]. Les demandes de test ont été dopées après la reclassification du glyphosate publiée par le CIRC.

Ben Winkler, directeur de laboratoire au ‘Microbe Inotech Laboratories’ à St. Louis a déclaré que le laboratoire a reçu trois à quatre demandes par semaine pour tester les aliments et d’autres substances pour la présence de résidus de glyphosate, par opposition à trois à quatre demandes sur une année auparavant. Ces laboratoires ont reçu dernièrement des demandes d’analyses de résidus de glyphosate émanant de petites entreprises alimentaires, d’un groupe de défense de consommateurs pour une formule de nourriture pour bébés et d’un groupe de médecins qui veulent tester la présence de résidus de glyphosate dans l’urine des patients.

Abraxis LLC, une société de diagnostic basée à Warminster, dans l’Etat de Pennsylvanie, a également connu une « augmentation mesurable » pour les tests de glyphosate. D’après les tests effectués par Abraxis, il a été trouvé des résidus de glyphosate dans 41 des 69 échantillons de miel et dans 10 des 28 sauces de soja. Les tests réalisés par ‘Microbe Inotech Laboratories’ ont permis la détection du glyphosate dans trois des 18 échantillons de lait ‘maternisé’ et dans six des 40 échantillons de préparations pour les nourrissons.

Un agronome de la ‘North Dakota State University’, Joel Ransom a informé en février 2015, l’ ’US Wheat Quality Council’, le Conseil de la qualité du blé des États-Unis, sur les résultats des tests qu’il avait ordonné : ces tests ont montré des traces de glyphosate dans plusieurs échantillons de farines d’origines américaine et canadienne.

L’EPA a déclaré à l’Agence Reuters qu’il peut commencer à tester les produits alimentaires pour les résidus de glyphosate [26] « dans la mesure où les préoccupations du public augmentent sur des liens possibles du glyphosate avec des maladies ». Et l’organisme ‘Santé Canada’ se penche sur le ré-étiquetage de la spécialité commerciale ‘Roundup’ à la lumière de la nouvelle classification de cet herbicide ; cette organisation va entamer des consultations publiques [27].

 Les réactions au Brésil : le deuxième plus grand producteur d’OGM

Le ‘National Cancer Institute’ (INCA), l’Institut national sur le cancer auprès du Ministère de la Santé au Brésil, a publié un nouveau rapport le 6 avril 2015, qui explique comment la dissémination des cultures de plantes génétiquement modifiées (OGM) au Brésil a contribué à faire de ce pays le plus grand consommateur de produits agrochimiques dans le monde [28]. La consommation nationale actuelle des produits agrochimique est équivalente à 0,2 litres par habitant. Les ventes des produits agrochimiques ont augmenté, en passant de 2 milliards de dollars US en 2001 à 8,5 milliards de dollars en 2011. Il est à noter que les cultures de plantes OGM constituent l’une des principales causes cette tendance.

Le rapport continue ainsi [28] : « Le modèle de cultures avec l’utilisation intensive des pesticides génère des préjudices importants, y compris la pollution dans l’environnement et le monde du travail et dans les populations d’une manière générale. Les intoxications aiguës par les pesticides sont l’effet le plus connu et elles affectent en particulier ceux qui sont exposés sur leur lieu de travail (exposition professionnelle). Elles sont caractérisées par des effets tels que des irritations de la peau et des yeux, des démangeaisons, des crampes, des vomissements, des diarrhées, des spasmes, des difficultés respiratoires, des convulsions et des cas de mortalité.

« Les intoxications chroniques peuvent déjà affecter toutes les populations, car est sont dues à de multiples expositions aux pesticides, par la présence de résidus de pesticides dans les aliments et dans l’environnement, généralement à de faibles doses ... Parmi les effets qui peuvent être associés à une exposition chronique aux matières actives des pesticides, on trouve l’infertilité, l’impuissance sexuelle, les avortements, les malformations [congénitales], la neurotoxicité, les perturbations hormonales, les effets sur le système immunitaire et, bien entendu, les cancers ».

En ce qui concerne les sources d’exposition, le rapport précise ceci : « Il est à noter que les résidus de pesticides se produisent non seulement dans les aliments frais, mais aussi dans de nombreux produits alimentaires transformés, comme les biscuits, les chips, les pains, les céréales, les lasagnes, les pizza et d’autres préparations qui contiennent du blé, du maïs et du soja, par exemple. Des traces de pesticides peuvent encore être présentes dans la viande et dans le lait d’animaux nourris avec des aliments issus de plantes OGM, en raison du processus de bioaccumulation.

« Par conséquent, l’inquiétude suscitée par les pesticides ne doit pas signifier une réduction de la consommation de fruits et légumes, qui sont des aliments clés dans une alimentation saine et de grande importance dans la prévention du cancer en particulier. L’objectif principal doit être mis sur la lutte contre l’utilisation des pesticides qui contaminent toutes les ressources vitales, y compris la nourriture, les sols, les eaux, le lait maternel et l’air. En outre, les méthodes de culture qui ne font pas appel à l’utilisation de pesticides, peuvent produire des fruits, des légumes et des graines de légumineuses comme les haricots, qui ont le plus grand potentiel d’effets anticancéreux ».

En 2012, le rapport de l’INCA souligne que cet institut a organisé un séminaire sur les pesticides et les cancers en partenariat avec l’Agence nationale de surveillance de la santé (ANVISA) et la Fondation Oswaldo Cruz (Fiocruz). L’événement a réuni des professionnels de la santé, des chercheurs, des agriculteurs et des consommateurs pour discuter des risques pour la santé humaine de l’exposition aux pesticides, en particulier sa relation avec certains types de cancers. Et en 2013, avec les organisations Fiocruz et ABRASCO (Association brésilienne de la santé collective), l’Institut INCA a signé un avertissement de déclaration de mise en garde en notant les dangers que représente le marché des pesticides.

Dans ce contexte, l’INCA a signalé que le but du nouveau rapport est « de marquer la position de l’INCA contre les pratiques actuelles de l’utilisation des pesticides au Brésil et de mettre en évidence les risques pour la santé, en particulier en ce qui concerne les causes du cancer. ». Les auteurs du rapport apportent leur approbation au verdict récent de l’agence du cancer CIRC auprès de l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS), selon laquelle la matière active à effet herbicide, le glyphosate, est considérée comme « cancérogène probable ».

Le rapport appelle à une réglementation plus stricte des pesticides et au développement d’alternatives agro-écologiques *, par opposition au modèle agricole dominant qui dépend des OGM et des pesticides.

Trois jours plus tard, l’organisation ANVISA a annoncé officiellement qu’elle réévaluera les risques liés au glyphosate dans le pays, se situant dans le sillage du CIRC qui a procédé au reclassement de glyphosate comme cancérogène probable pour les êtres humains [29].

[* Concernant les alternatives agro-écologiques, nous conseillons nos articles suivants en français :

’L’agro-écologie pour concilier la nature avec nos besoins actuels et futurs’, par Jacques Hallard, vendredi 28 août 2015. ISIAS Agriculture Alimentation Santé
’L’agro-écologie pour concilier la nature avec nos besoins actuels et futurs’
Jacques HALLARD, Ingénieur CNAM – Site ISIAS – 28 août 2015. « La fourniture aux consommateurs d’une alimentation suffisante, équilibrée et saine est l’une des solutions évidentes pour garantir une bonne santé publique. D’autres modes de rapport à la nature et de judicieuses techniques alternatives de productions agricoles, alimentaires, mais aussi de génération d’énergie délocalisée, sont possibles et indispensables pour répondre à l’attente des populations actuelles et pour ne pas hypothéquer la satisfaction des besoins des générations futures dans un monde viable, vivable, équitable et solidaire… » Article à lire sur le site : http://www.isias.lautre.net/spip.php?article401

’Les groupements d’intérêt économique et environnemental (GIEE) pour la transition vers l’agro-écologie, une agriculture durable’ par Jacques Hallard, dimanche 11 octobre 2015. ISIAS - Jacques HALLARD, Ingénieur CNAM – Site ISIAS – 08/10/2015.

 Sommaire 

 Les réactions en Argentine : le troisième producteur d’OGM au monde

En Argentine, des scientifiques indépendants ont rapidement réagi pour le reclassement du glyphosate émis par le CIRC dans une série de citations qui ont été compilées par le journaliste Dario Aranda [30].

Rafael Lajmanovich est professeur au département d’éco-toxicologie, à l’Université nationale du Littoral et chercheur au CONICET (Argentina’s National Scientific and Technical Research Council), le Conseil national de la recherche technique et scientifique de l’Argentine). Il a mené plus de 85 enquêtes et recherches sur les produits agrochimiques et a déclaré : « La communauté scientifique internationale a mis en garde depuis des années, soutenue par des études approfondies, contre le glyphosate cancérogène. Il est bon que l’OMS ait reconnu ce fait ». En outre, « “The National Library of Medicine in the United States (Medline)’, la Bibliothèque nationale de médecine des États-Unis a dénombré plus de 500 articles scientifiques sur la toxicité du glyphosate ».

Fernando Manas est un membre du ‘Genetics and Environmental Mutagenesis Group (GEMA), le Groupe de génétique et de mutagénèse dans l’environnement, à l’Université nationale de Río Cuarto ; il a étudié l’effet de produits agrochimiques pendant les 9 dernières années, en publiant plus de 15 articles scientifiques et il a confirmé le lien entre le glyphosate et les dommages au niveau génétique, ce qui conduit aux cancers et à un risque plus élevé d’avortements spontanés et de malformations congénitales chez le nouveau-né. Il a dit notamment : « La récente classification par le CIRC-OMS est une conséquence des preuves scientifiques générées par de plus en plus plusieurs chercheurs indépendants. Cette preuve, délibérément ignorée jusqu’à présent, signifie que les millions de litres d’herbicides, qui ont été utilisés, présentent un potentiel cancérigène, en vertu de règlements qui ont été conçus pour une substance pratiquement inoffensive. Il a signalé que, pendant deux décennies, des populations entières ont été ’soumises’ à l’exposition chronique à des pesticides ’sur la base de critères élaborés par les entreprises qui produisent et commercialisent elles-mêmes’ les produits agrochimiques.

Raul Horacio Lucero (biologiste moléculaire et chercheur à l’Université Northeastern, située dans la province du Chaco) et Damian Verzeñassi (de la Faculté des sciences médicales de l’Université de Rosario) ont étudié l’impact des produits agrochimiques pendant plus d’une décennie. Ils ont confirmé les malformations congénitales et les cas de cancers (entre autres effets pathologiques). Ont Les deux chercheurs ont appelé à l’application ’urgente’ du principe de précaution, tel qu’il est requis par la loi générale sur l’environnement.

Medardo Avila Vazquez de l’organisation ‘Physicians Network of Fumigated Peoples’, un réseau de médecins travaillant pour les populations soumises aux pulvérisations de pesticides, a expliqué que selon la nouvelle classification, « le glyphosate est classé cancérogène comme le PCB (un composé chimique qui avait été utilisé dans les transformateurs électriques et qui est maintenant interdit) et le formaldéhyde, les deux composants du groupe 2A ».

La Fédération des professionnels de la santé en Argentine (FESPROSA), représentant plus de 30.000 médecins et professionnels de la santé, a publié une déclaration pour soutenir le reclassement publié par le CIRC [31]. L’organisation FESPROSA comprend le ‘Social Health Collective’, le Collectif de santé sociale d’Andres Carrasco, chercheur au CONICET décédé il y a un an, qui a montré que le glyphosate a causé des anomalies embryonnaires semblables à des anomalies congénitales dans les familles vivant à proximité des champs traités par des herbicides.

« Dans notre pays, le glyphosate est appliqué sur plus de 28 millions d’hectares chaque année et les sols cultivés sont pulvérisés avec plus de 320 millions de litres, ce qui met en péril 13 millions de personnes, selon le réseau des médecins travaillant pour les populations soumises aux pulvérisations avec des pesticides. Non seulement le glyphosate provoque des cancers, mais il est également associé à une augmentation des avortements spontanés, des malformations congénitales, des maladies de la peau et des voies respiratoires et les maladies neurologiques ».

« Les autorités sanitaires, y compris le Ministère national de la Santé et les pouvoirs politiques, ne peuvent plus détourner le regard. Le secteur agro-alimentaire ne peut pas continuer de croître au détriment de la santé du peuple argentin. Les 30.000 professionnels de la santé en Argentine, réunis dans le FESPROSA, demandent que le glyphosate soit désormais interdit dans leur pays et que le débat sur la nécessaire restructuration de l’industrie agroalimentaire soit ouvert, en mettant l’accent sur l’application des technologies qui ne mettent pas en danger la vie humaine ».

Un projet de loi de la province de Cordoba, en Argentine, introduit par le législateur Santiago Calivijo, vise à interdire l’épandage aérien d’herbicides à base de glyphosate, ainsi que le malathion, le diazinon, le tetrachlovinphos et le parathion [32]. En outre, l’application au sol est interdite à 1.500 mètres des zones urbaines, des rivières et des réservoirs d’eau. La loi provinciale actuelle permet la pulvérisation aérienne d’herbicides à base de glyphosate jusqu’à 500 mètres des zones urbaines.

[* OGM en Argentine : nous conseillons l’article suivant en français : ’La tragédie humaine du ‘Roundup’ en Argentine’ par Claire Robinson. Traduction et compléments de Jacques Hallard, mercredi 6 octobre 2010. ISIS OGM Santé Argentina’s Roundup Human Tragedy. « Dix ans de cultures de soja génétiquement modifié et d’intoxications au glyphosate ont multiplié par quatre les taux de malformations à la naissance et de cancers.

Sommaire : 

Article complet sur ce site : http://www.isias.lautre.net/spip.php?article50 ].

 De nouvelles cultures de plantes ont fait lamentablement défaut

Le mémoire de l’ISAAA a fièrement annoncé que 28 pays ont augmenté la superficie des cultures des OGM en 2014, soit une augmentation d’un pays sur les 27 en 2013. Il a déclaré [23] : « notamment le Bangladesh, un petit pays pauvre qui a autorisé l’aubergine Bt (OGM) pour la première fois le 30 octobre 2013, et en un temps record : moins de 100 jours après l’approbation, les petits agriculteurs ont pu commercialiser l’aubergine Bt le 22 janvier 2014 ».

Il a omis de déclarer les pertes de récoltes désastreuses (voir [33] Bangladeshi Bt Brinjal Pilot Scheme Failed, SiS 63) *.

* Version en français « Le projet pilote de culture de l’aubergine Bt au Bangladesh a échoué » 11 septembre 2014, par Yonne Lautre. « Des infestations de ravageurs, de faibles rendements, des produits indésirables auprès des consommateurs et une mise en culture sans licence, alors que l’aubergine Bt est imposée de force aux agriculteurs et citoyens d’Asie du Sud… » Article à lire à partir de ce site : http://www.isias.lautre.net/spip.php?article426

La commercialisation a été introduite au cours des protestations générales. Les souches d’aubergine Bt (OGM) ont été distribuées aux agriculteurs du Bangladesh et cultivées à nouveau en 2015 dans de nombreux districts : les cultures se sont, une fois encore, comportées lamentablement [34] Bt Brinjal Fails Two Years Running Risks Spreading Disease (SiS 66) *.

[* On peut aussi se reporter à l’article suivant en français : ’Il ne faut pas cultiver l’aubergine Bt’ par le Dr. Mae-Wan Ho. Traduction et complément de Jacques Hallard, samedi 30 mai 2015. ISIS OGM – « Cent organisations de la société civile du monde entier s’opposent à la commercialisation de l’aubergine Bt au Bangladesh…. » Article à lire sur le site : http://www.isias.lautre.net/spip.php?article353 ].

Une nouvelle maladie semble avoir frappé toutes les variétés d’aubergines Bt cultivées, tuant les plantes prématurément, présentant un risque de propagation de la maladie aux variétés indigènes dans ce centre d’origine et de biodiversité pour l’espèce aubergine.

La commercialisation de l’aubergine Bt au Bangladesh sert de leçon pour les autres pays ciblés par Monsanto et les autres entreprises de biotechnologies, vis-à-vis des cultures de plantes OGM, lorsqu’un rejet est exprimé dans le monde et que les meilleurs producteurs sont ‘mis à la retraite’, mis à l’écart, à partir d’une expérimentation massive ratée.

 Les mythes relatifs aux OGM sont exposés au grand jour

Les deux principaux arguments pour promouvoir les OGM sont, d’une part, que les OGM sont nécessaires pour nourrir le monde et, d’autre part, que les plantes génétiquement modifiées (OGM) sont fondées sur des principes scientifiques éprouvés. Ces deux arguments ont été tous les deux présentés comme des mythes [35].

Premièrement, l’industrie des OGM n’est certainement pas basée sur une approche scientifique solide. Un nouveau livre écrit par l’avocat américain Steven Druker [36] expose minutieusement la science frauduleuse du secteur des agro-technologies basées sur les OGM. Les aliments génétiquement modifiés ont été commercialisés pour la première fois en 1992, mais seulement parce que la ‘Food and Drug Administration’, l’administration américaine chargée de l’alimentation et des médicaments, avait caché les nombreux avertissements émis par ses propres scientifiques sur les dangers ; elle avait aussi menti sur les faits et violé le droit fédéral en matière de sécurité alimentaire, en permettant que ces aliments puissent être commercialisés sans avoir subi des tests standard, démontrant que les OGM étaient sûrs.

Steven Druker rapporte également comment de nombreux scientifiques bien placés ont à plusieurs reprises émis des déclarations trompeuses sur les aliments issus de plantes génétiquement modifiées (OGM), de même que les principales institutions scientifiques telles que l’Académie nationale américaine des sciences, l’Association américaine pour l’avancement des sciences et la Royal Society du Royaume-Uni.

Et puis un nouveau rapport publié par le Groupe de travail sur l’environnement, basé à Washington DC, avait accordé une place à l’argument selon lequel les OGM seraient nécessaires pour nourrir le monde [37]. Une analyse approfondie de recherches récentes, menées aux États-Unis et ailleurs dans le monde, montre que les modifications génétiques [les OGM] n’ont pas significativement amélioré les rendements des cultures de plantes telles que le maïs et le soja. Au lieu de cela, les cultures d’OGM ont augmenté l’utilisation d’herbicides toxiques et conduit à l’apparition de ‘super mauvaises herbes’, devenues résistantes aux herbicides.

Au cours des 20 dernières années, les rendements des variétés OGM des deux espèces maïs et soja n’ont pas été différents de ceux des variétés traditionnelles de maïs et de soja non-OGM cultivées en Europe. Le maïs et le soja représentent environ 80% de la superficie mondiale qui est cultivée avec des OGM, et ces deux productions sont en grande majorité utilisées pour l’alimentation animale et les biocarburants, mais pas pour la nourriture des êtres humains.

Les variétés issues des modifications génétiques (OGM) se comparent très défavorablement avec celles qui sont issues de la sélection conventionnelle, en ce qui concerne la mise au point et la production de semences de nouvelles variétés utiles (voir [38] Genetic Modification Trails Conventional Breeding By Far, SiS 64) *.

[* Nous conseillons cet article en français : ’OGM - Nul besoin des modifications génétiques : des solutions non-OGM existent !’ par GM Watch. Traduction et compléments de Jacques Hallard, jeudi 28 février 2008.

Sommaire 

Les activités de recherche et de développement réalisées par des sociétés industrielles ont permis de constater qu’il peut en coûter plus de 100 millions de dollars pour sortir une seule variété d’OGM [37]. En comparaison, il en coûte en général seulement environ 1 million de dollars pour sélectionner et développer une nouvelle variété par les méthodes et les techniques de la sélection traditionnelle.

En Afrique, les résultats des croisements traditionnels (sans génie génétique) ont jusqu’à présent dépassé ceux qui résultent du génie génétique dans l’amélioration de la tolérance à la sécheresse et pour l’efficacité dans l’utilisation des ressources.

Le rapport du groupe de travail [37] suggère plusieurs mesures simples à mettre en œuvre et qui peuvent contribuer à nourrir le monde sans variétés d’OGM. 

  • Utilisation plus intelligente des engrais, car la sur-fertilisation pollue les eaux et les aquifères et augmente les émissions de protoxyde d’azote [un puissant gaz à effet de serre] qui a un potentiel de réchauffement planétaire 310 fois plus important que celui du CO2.
  • Réduction du gaspillage alimentaire qui représente un tiers de tous les aliments produits dans le monde, exprimé en poids, et un quart des quantités exprimées en calories. Aux États-Unis environ 40% de la production alimentaire est gaspillée, soit quelque 60 millions de tonnes par an, pour une valeur estimée à 162 milliards de dollars. En outre, 31% des terres cultivées aux États-Unis, 25% de l’eau de ce grand pays sont utilisés pour produire de plus en plus de nourriture qui est gaspillée. La réduction des déchets de seulement 30% permettrait de nourrir environ 50 millions de personnes, soit le même nombre que celles qui vivent dans des ménages souffrant d’insécurité alimentaire aux États-Unis. Dans les pays en développement, environ un tiers de la nourriture est gaspillée, mais surtout à la ferme, en raison de stockage inadapté et de l’impossibilité de livrer la nourriture sur les marchés. L’amélioration des infrastructures, telles que les routes, les conditions de transports et les installations de stockage, est préconisée.
  • Inversion des incitations concernant les biocarburants : en 2010, environ 5% de toutes les calories produites à l’échelle mondiale ont été utilisés pour la fabrication des biocarburants. Aux États-Unis, environ 40% du maïs cultivé sert à la production de l’éthanol de maïs, d’après des mesures prises par un mandat fédéral qui ordonne de le mélanger avec le carburant des véhicules, en vertu de la norme stipulée sur les carburants renouvelables. En partant des cultures utilisées pour les biocarburants, un retour à une production alimentaire augmenterait l’offre mondiale en calories de 8%.
  • Réduction de la consommation de viande : la production de viande occupe environ les trois quarts des terres agricoles, et il faut en moyenne environ 10 calories dans l’alimentation animale pour produire une calorie de viande. Le passage de la nourriture de bœuf nourri aux grains, vers le poulet ou le bœuf nourris à l’herbe, pourrait réduire les superficies de terres consacrées aux cultures destinées à l’alimentation animale, tels que le maïs et le soja, et augmenter ainsi la disponibilité alimentaire de l’ordre de 54%. Réduire la consommation mondiale de viande de moitié, pourrait permettre d’accroître les approvisionnements alimentaires de 27%, avec des avantages importants pour la santé publique et pour la qualité de l’environnement.

 Pour conclure

Les cultures des plantes génétiquement modifiées (OGM) constituent une série considérable d’expérimentations ratées qui ont duré depuis plus de 20 ans, dévastant las terres cultivables, la vie et les moyens de subsistance des gens, laissant derrière elles un héritage de toxicité qui demandera des décennies pour revenir à la normale.

Le monde s’est réveillé du cauchemar des OGM. Leur rejet global a déclenché un retour record aux cultures de plantes non-OGM dans les pays qui en sont les premiers producteurs. Simultanément, la recherche scientifique, fondée sur des preuves apportées par des auteurs indépendants, a finalement triomphé dans la classification appropriée du glyphosate - utilisé sur environ 90% des cultures d’OGM – comme cancérogène possible pour le genre humain, renversant ainsi la science frauduleuse des industriels de ce secteur qui avait permis à cette matière active herbicide d’empoisonner les gens et la planète au cours des 30 dernières années. Les appels à l’interdiction du glyphosate viennent maintenant des premiers pays producteurs d’OGM dans le monde. Tous les signes nous indiquent que les jours des OGM sont désormais comptés.

Le monde est en train de changer pour se tourner vers une agriculture biologique et sans OGM, qui est véritablement durable dans un contexte sans combustibles ni carburants d’origines fossiles [2]. Hâtons-nous de favoriser l’arrivée d’un monde durable et équitable en bannissant le glyphosate et les OGM, à commencer dans nos maisons et dans nos jardins, ainsi que dans nos communautés, nos collectivités territoriales pour protéger les populations locales.

Vous aimerez aussi signer la pétition pour interdire le glyphosate ici : https://secure.avaaz.org/en/monsanto_dont_silence_science_loc/?slideshow

Références

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Sélection d’une série d’articles d’actualités concernant « Monsanto et Syngenta » (Effectuée à l’aide de Google le 08 mai 2015)

Syngenta refuse de se vendre à Monsanto

Le Monde‎ - Il y a 6 heures

Monsanto tente de profiter d’un moment de faiblesse de Syngenta, explique en substance le groupe suisse. En Bourse, malgré les rumeurs ...

Syngenta : l’offre de Monsanto rejetée.

Zonebourse.com‎ - Il y a 5 heures

Monsanto-Syngenta : le diable surgit de la muraille

AGEFI.com‎ - Il y a 2 heures

Plus d’actualités pour ’monsanto syngenta’

Monsanto et Syngenta oeuvrent à un rapprochement - Capital www.capital.fr/.../monsanto-et-syng...... Il y a 15 heures - Monsanto et le groupe suisse Syngenta travaillent avec des banques d’investissement sur un projet de rapprochement qui créerait un géant ...

Monsanto-Syngenta Mega-Merger Would Drive More Deals ... www.bloomberg.com/.../monsanto-syngenta-mega-m...  Traduire cette page Il y a 4 jours - A combination of Monsanto Co. and Syngenta AG would set the stage for even more mergers and acquisitions. Monsanto has approached ...

Syngenta : l’offre de Monsanto rejetée. www.zonebourse.com/SYNGENTA.../Syng...... Il y a 5 heures - Syngenta flambe à la Bourse de Zürich. L’action bondit de 15,3% après que le groupe a annoncé avoir rejeté une offre de Monsanto.

Monsanto and Syngenta hire U.S. banks to advise on ... finance.yahoo.com/.../monsanto-syngenta-hire-u-ban.. Il y a 16 heures - From Yahoo Finance : LONDON/FRANKFURT, May 7 (Reuters) - Agricultural companies Monsanto and Syngenta are working with investment ...

Monsanto-Syngenta : le diable surgit de la muraille www.agefi.com/.../monsanto---syngenta-le-diable-surgit-de-la-muraille-3... Il y a 2 heures - Une acquisition par Monsanto reviendrait à changer sensiblement une stratégie Syngenta certainement incomplète et criticable en soi (elle ne ...

Syngenta Rejects Monsanto Proposal - Wall Street Journal www.wsj.com/.../syngenta-rejects-un...... Il y a 2 heures - Syngenta rejected an unsolicited takeover offer valued at roughly $45 billion from U.S. rival Monsanto, saying the proposed deal undervalued ...

Agrochimie : Syngenta rejette l’offre de rachat de Monsanto ... www.tdg.ch/economie/entreprises/syngenta...monsanto/story/31683864 Il y a 6 heures – AgrochimieL Le groupe bâlois a confirmé vendredi que son concurrent américain Monsanto lui avait fait une offre de reprise. L’action Syngenta ...

Danger ! 3 multinationales contrôlent 50% des semences ... www.agoravox.tv › Actualités › International 6 sept. 2014 - Ces 3 multinationales contrôlent déjà 50% de la production des semences mondiales : Syngenta, Monsanto et Dupont-Pioneer.

Agrochimie : Monsanto et Syngenta auraient discuté d’un ... www.boursier.com › Cours en direct › Actualités 24 juin 2014 - Selon Bloomberg, les deux groupes auraient abandonné leurs négociations en mai...

Sélection d’actualités concernant Syngenta et Monsanto

Avec l‘aide de Google le 9 février 2016

Monsantoferait du lobbying contre le rachat deSyngentapar... Bilan-8 févr. 2016

Par AWP L’annonce d’une prochaine offre de rachat de l’agrochimiste Syngenta par le chinois ChemChina pourrait se heurter à une résistance ...

Syngenta :Monsantoferait du lobbying contre le rachat par... Romandie.com-7 févr. 2016

Rachat deSyngentapar ChemChina : l’effetMonsanto Le Temps-3 févr. 2016

Le conseil d’administration de Syngenta a fini par céder face à des ... L’offre hostile de rachat de Syngenta par Monsanto visait, l’an dernier, ...

le Chinois ChemChina veut racheter le SuisseSyngentapour un...
Éditorial-La Voix du Nord-3 févr. 2016

VIDÉO -Syngenta,Monsanto, Bayer, ChemChina... ’Cash... RTL.fr-3 févr. 2016

L’émission d’investigation de France 2 a enquêté sur les dangers des pesticides utilisés pour l’agriculture et la viticulture en France.

Monsantoto Focus on Technology asSyngentaMerger Slips Away Twin Falls Times-News-8 févr. 2016

Monsanto Co. wanted Syngenta so badly it pursued the pesticide producer for four years and made three separate takeover offers. Yet losing ...

Syngentapasse sous pavillon chinois ladepeche.fr-5 févr. 2016

Convoité déjà par le leader mondial américain, Monsanto, Syngenta avait jusqu’alors refusé de « céder » aux sirènes alléchantes d’un rachat.

Agro-chimie. La Chine met la main surSyngenta
Ouest France Entreprises-4 févr. 2016

Traduction en français, sélection d’articles concernant Monsanto et Syngenta, compléments entre […] et inclusion de liens hypertextes donnant accès à des informations plus détaillées

Jacques Hallard, Ing. CNAM, consultant indépendant.

Relecture et corrections : Bernard DEGIOANNI, www.auteursdumidi.fr

Adresse : 585 Chemin du Malpas 13940 Mollégès France

Courriel : jacques.hallard921@orange.fr

Fichier : ISIS OGM Finissons-en dès maintenant avec les OGM French version.4

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