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"Passer des grandes migrations historiques à la crise migratoire contemporaine en Europe", dossier de Jacques Hallard

jeudi 10 novembre 2016, par Hallard Jacques



ISIAS Sociologie Politique

Passer des grandes migrations historiques à la crise migratoire contemporaine en Europe

Divergences, évolution des opinions et propositions pour traiter le défi européen et planétaire des migrations

Dossier de Jacques HALLARD, Ing. CNAM – Site ISIAS - 10
novembre 2016


En guise d’introduction

Les études archéologiques et anthropologiques, ainsi que les techniques modernes de la génomique, ont permis de démontrer l’existence de plusieurs migrations humaines dans l’histoire de l’humanité. Nous évoquons ici trois d’entre elles.

Tout d’abord le premier peuplement de l’Amérique, qui fait l’objet de débats entre les chercheurs, et se situerait entre 16.500 et 13.000 ans A.P. (avant le présent). « l’Amérique avait été peuplée depuis l’Asie par des groupes ayant migré à travers la Béringie, nom du pont terrestre qui reliait jadis l’Alaska à la Sibérie (le détroit de Béring s’y dresse aujourd’hui). Toutefois les modalités de la migration (voie terrestre ou maritime, grande navigation ou cabotage primitif), sa chronologie et le lieu d’origine en Asie des migrants demeurent discutés1. (Voir ici).

Mais il y aurait eu trois vagues migratoires successives : « Ce premier flux de migrants, venus d’Asie par la Sibérie et le détroit de Béring, alors praticable à pied sec, est arrivé il y a au moins 15.000 ans. « Ce qui est frappant, c’est que les populations [actuelles], depuis le nord du Canada jusqu’au sud de l’Amérique du Sud, sont cohérentes en tant que descendantes d’un seul flux de migration depuis l’Asie », souligne David Reich, de l’École de médecine de Harvard, exprimant ainsi l’écrasante dominance de ce premier apport. Cependant, une seconde vague migratoire, s’arrêtant aux régions arctiques, s’est mêlée aux descendants des colons de la première vague, fournissant 50 % des gènes des actuels habitants des îles Aléoutiennes (ouest) et du Groenland (est), d’ailleurs liés par l’usage de langues Eskimo-Aléoute. Une troisième arrivée, enfin, limitée elle aussi au nord du continent, est à l’origine d’environ 10 % de l’ADN des Chipewyans du Canada, qui restent donc à 90 % des descendants des tous premiers Américains. La date de ces 2 dernières migrations reste indéterminée (entre -15 000 et -5 000 ans). (Voir ici). Mais il semble aussi que ’Les êtres humains pourraient avoir pris plusieurs chemins différents pour passer en Amérique contrairement à ce que nous pensions’, par Thomas Sumner, (traduction et compléments de Jacques Hallard, posté samedi 5 novembre 2016).

Un second exemple de migrations remonte à l’époque du Néolithique, entre l’an 12.500 et l’an 7.500 avant notre ère, en Mésopotamie, dans les vallées du Tigre et de l’Euphrate, sur les états actuels de la Syrie et de l’Irak, lorsque de petites communautés humaines ont commencé, par sédentarisation, à se constituer dans des villages permanents. En complément de leurs activités de pêche, de chasse et de cueillettes, ces peuples sont passés de l’état de prédateurs, puisant leurs moyens de subsistance dans la nature, à l’état de producteurs, élevant et domestiquant des animaux utiles, s’adonnant à la reproduction des plantes vivrières par semences (céréales et légumineuses) et au semis de celles-ci sur des terres fertiles, avant de pratiquer l’irrigation des cultures. Il apparaît vraisemblable que deux populations, culturellement différentes, aient cohabité dans cet espace du Moyen-Orient, avant de transférer leurs savoir-faire et leurs pratiques par des migrations de populations : l’une d’elle à l’est, vers l’Iran et le sud de l’Asie, l’autre à l’ouest, vers l’Anatolie (dans l’actuelle Turquie) et sans doute avec un prolongement vers le continent européen. Voir l’article ’Deux groupes culturels du Croissant fertile ont disséminé l’agriculture vers l’est et vers l’ouest’ par Amy McDermott, (traduction et compléments de Jacques Hallard, posté dimanche 28 août 2016).

Le troisième exemple choisi de migrations historiques se rapporte à la civilisation phénicienne. « Les Phéniciens sont un peuple antique originaire des cités de Phénicie, région qui correspond approximativement au Liban actuel. Ces dénominations proviennent des auteurs grecs qui ont écrit à leur sujet… Les racines de la civilisation phénicienne se trouvent dans les cultures de la façade méditerranéenne du Proche-Orient du IIe millénaire av. J.‑C. Toutes les villes de la future Phénicie existaient déjà. Capitales de petits royaumes, ce sont des cités marchandes importantes, et elles partagent une culture commune dont les Phéniciens sont les héritiers directs ». (Voir ici).

A partir des restes d’un jeune homme, trouvés à Carthage en Tunisie, ainsi que toute une gamme de matériels et mobiliers funéraires, tous datant de la fin du 6ème siècle avant notre ère, un éclairage original des migrations de l’époque phénicienne a été possible à partir des marqueurs génétiques. Le génome mitochondrial complet a été récupéré : il comprend un marqueur européen rare, reliant probablement son ascendance maternelle à des endroits où les phéniciens avaient exercé leur influence quelque part sur les côtes nord de la Mer Méditerranée, sur les îles de la Méditerranée ou sur la péninsule ibérique… Il paraît évident que des phéniciens aient atteint des sites éloignés vers l’ouest, sur les côtes atlantiques de l’Espagne et du Maroc et le marqueur génétique en question se rapproche le plus de ceux des Portugais vivant aujourd’hui. Voir les détails à partir de l’article ’Un haplotype mitochondrial européen a été identifié à partir des restes d’un phénicien antique de Carthage’, (traduction et compléments de Jacques Hallard, postés dimanche 4 septembre 2016).

De nos jours, les déplacements de populations et les migrations prennent des formes très variées, impliquant principalement beaucoup d’hommes, souvent peu âgés, des familles biparentales mais aussi monoparentales, également des femmes seules, des enfants ou jeunes non mineurs, comme l’on révélé la présence dans les camps de migrants et de réfugiés en Europe. Voir notamment l’article « Exemple de la féminisation mondiale des migrations » par Claudine Blasco, Commission femmes, genre et mondialisation ATTAC France, 25 Décembre 2006 ; posté jeudi 4 janvier 2007 par ‘yonne lautre – (Extrait) - « Les femmes forment la majorité des migrants latino-américains en Allemagne, exemple de la féminisation mondiale des migrations. Les migrant-e-s sont victimes de précarité, de pauvreté et de violations de leurs droits fondamentaux dans leur pays d’origine comme dans leur pays d’accueil , la défense de leurs droits doit être une des priorités de nos luttes et notamment lors des manifestations de Juin anti-G8. Les migrations des femmes latino-américaines vers l’Allemagne ont commencé dans les années 70, pour fuir essentiellement les dictatures militaires, principalement au Chili et en Argentine, à la recherche de l’asile politique en Allemagne. Cette migration augmente aujourd’hui encore et a été très peu étudiée jusqu’à présent. Un dossier très intéressant à ce sujet a été fait par la Fondation Heinrich Boll… » Article complet à la source : http://yonnelautre.fr/spip.php?article2098&lang=fr

Des cas d’enfants isolés et d’adolescents non mineurs ont été mis en évidence , par exemple dans la‘Jungle’ de Calais ou dans le Camp de Grande-Synthe, près de Dunkerque dans la région ‘Hauts-de-France’, dans le nord de la France. Cette situation pose des problèmes de droit international des jeunes personnes comme le souligne l’article suivant : « Mineurs en exil : l’ONU tacle (encore) la France », posté le 9 février 2016, par Yonne Lautre – « Face à l’afflux des mineurs en exil, la France respecte-t-elle les engagements pris en ratifiant la Convention internationale des droits de l’enfant ? Après l’audition qui s’est tenue à Genève, les 13 et 14 janvier dernier, les Nations unies tirent un bilan très mitigé... » Voir d’autres informations ici.

Le contexte particulier des migrations actuelles est bien décrit dans le document suivant : « Les migrations internationales entre l’impossible et l’inévitable », posté dimanche 21 août 2011 par Recherches internationales, Rogalski MichelDirecteur de la revue ‘Recherches internationales’ http://www.recherches-internationales.fr/. « Subies et forcées ou voulues et espérées, les migrations ont été marquées par la dynamique inégale des rythmes de développement des différentes régions du monde. Portées par l’esclavage, le colonialisme, la conquête de continents, elles ont connu des formes variées. Mais elles s’inscrivent désormais dans le panorama d’une planète qui a rétréci, rendant leur acceptation plus délicate qu’auparavant. La part des migrants, c’est-à-dire de ceux qui résident dans un pays où ils ne sont pas nés est évaluée entre 2,5 % et 3 % de la population mondiale, soit environ 200 millions de personnes, mais sa répartition n’est pas homogène entre les pays d’accueil, ni au sein des pays. Certes, globalisé, le chiffre reste faible. Mais en se concentrant sur des pays ou des régions particulières, les migrations internationales génèrent des tensions avec des populations locales qui ne veulent pas voir leur mode de vie et leurs traditions bousculés par ces arrivées souvent sans contrôle. Il en résulte des réactions de rejet xénophobes à l’encontre de populations elles-mêmes victimes de la situation faîte à leur pays par l’ordre international dominant… » Suite à lire avec les sous-titres suivants : « Le nomadisme planétaire n’est pas la solution à la misère des peuples » et « Le double défi de la solidarité et du développement ». Accès complet sur le site : http://yonnelautre.fr/spip.php?article4956&lang=fr).

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Défi environnemental et renforcement des populations sur leurs terres



« Le motif environnemental des migrations n’est pas pris en compte » d’après François Gemenne, (posté le 30 août 2016, par Yonne Lautre) : « Les migrations et l’exil sont des aventures humaines complexes et difficiles. Dans un atlas lumineux, le chercheur à Sciences-Po raconte ces odyssées en cartes. Et dénonce la distinction entre migrants économiques et réfugiés politiques ». A lire sur le site suivant :http://www.liberation.fr/debatss/2016/08/29/francois-gemenne-le-motif-environnemental-des-migrations-n-est-pas-pris-en-compte_1475313 Source : http://yonnelautre.fr/spip.php?article3245&lang=fr

Selon ‘Bastamag.net’, ce sont bien des « Migrations forcées : ces politiques néolibérales qui chassent les paysans de leurs terres », (posté le 2 juin 2015, par Yonne Lautre) : « Face aux milliers de personnes qui se noient en Méditerranée, l’indignation côtoie l’indifférence. En France et en Europe, les évacuations de campements de migrants se succèdent, comme le 2 juin 2016 dans le quartier de La Chapelle à Paris. Mais s’intéresser aux causes de ces migrations forcées ne semble plus intéresser grand monde, alors que les dérèglements climatiques s’ajoutent à la pauvreté et à la brutalité économique néolibérale. Les petits paysans, contraints de quitter leurs terres, sont en première ligne. ‘Basta !’ a recueilli les témoignages de représentants d’organisations paysannes du Mexique, de Palestine, d’Egypte, du Maroc, du Zimbabwe et de France. Des oubliés qui tentent de s’organiser. Voir http://www.bastamag.net/Migrations-forcees-ces-politiques-neoliberales-qui-expulsent-les-paysans-de - Source : http://yonnelautre.fr/spip.php?article9012&lang=fr

On peut aussi se référer à ceci :’Les Agences des Nations Unies appellent à un changement de paradigme urgent pour mettre fin à l’agriculture industrielle et à notre système d’alimentation’ nous rappelait le Dr. Mae-Wan Ho, (posté jeudi 24 octobre 2013).

Dans une vision déjà ancienne, il apparaît aujourd’hui encore qu’il est vital et capital que les pays fragilisés par la désertification, mettent en œuvre des politiques pour freiner la dégradation des conditions de vie et pour permettre aux populations de se fixer sur leurs territoires afin qu’elles puissent y vivre dignement. Voir ’Le barrage vert algérien est un exemple de lutte contre la désertification des territoires’, (par Jacques Hallard, posté samedi 8 octobre 2016).

C’est dans le prolongement de ces réalisations en Algérie que se place un projet impliquant onze pays africains de la bande du Sahel, de Dakar à Djibouti : ’L’Initiative Africaine de la Grande Muraille Verte pour un développement rural au Sahara et au Sahel’ (par Jacques Hallard , posté lundi 31 octobre 2016 par Yonne Lautre).

Cette initiative africaine implique notamment l’Ethiopie dont « l’agriculture est le moteur de l’économie du pays : elle représente environ la moitié du produit intérieur brut (PIB), 60 % des exportations et 80 % des emplois. L’agriculture est régulièrement malmenée par la sécheresse, la régression et dégradation des sols liée au surpâturage, la déforestation, une forte densité humaine, un niveau élevé des impôts et des infrastructures très insuffisantes. Cependant, l’agriculture est la ressource la plus prometteuse du pays même si près de 5 millions de personnes ont encore besoin d’aide alimentaire chaque année alors qu’il existe un potentiel d’autosuffisance en céréales . … Les principaux produits agricoles sont le café, les gousses (par exemple les pois)), le colza, les céréales, les pommes de terre, la canne à sucre et les légumes. Les exportations de l’Éthiopie sont presque entièrement liées à des produits agricoles, le café occupant la plus grande part des échanges avec les pays étrangers. L’Éthiopie est le deuxième producteur de maïs d’Afrique 1 et possède l’un des plus grands cheptels du continent… » Voir ici.

Le 7 mars 2016, la FAO, basée à Rome, annonçait que les agriculteurs et éleveurs d’Ethiopie avaient besoin de recevoir une assistance agricole à temps pour la prochaine saison des pluies, alors qu’un des phénomènes climatiques El Niño les plus violents jamais enregistrés, continue de porter préjudice aux populations et à leurs moyens d’existence. En Ethiopie, les besoins humanitaires ont triplé depuis le début de 2015, la sécheresse ayant provoqué des pertes successives de récolte et des morts massives d’animaux. De ce fait, les taux d’insécurité alimentaire et de malnutrition sont alarmants dans ce pays de la Corne de l’Afrique qui compte quelque 10,2 millions de personnes souffrant d’insécurité alimentaire. Un quart de tous les districts en Ethiopie sont officiellement classés en « crise de sécurité alimentaire et nutritionnelle ». Voir l’article « En Ethiopie, les agriculteurs nécessitent une aide d’urgence pour nourrir le pays victime d’une grave sécheresse ». Pourtant dès 1995, une agriculture écologique pratiquée par de petits agriculteurs était proposée en Ethiopie avec les recommandations suivantes : prévention de l’érosion des sols par des moyens biologiques et physiques, arrêt du pâturage libre par les animaux domestiques, fabrication et utilisation du compost et gestion appropriée de la ressource en eau. A lire (en anglais) sur le site suivant « Ecological Agriculture with Smallholder Farmers in Ethiopia ». Et mieux encore, il était conseillé ’Une installation de biogaz pour les petits exploitants agricoles en Ethiopie’ par Sue Edwards (posté samedi 7 janvier 2012). Bas du formulaire

Autant d’améliorations qui sont possibles sur les territoires fragiles pour limiter les migrations de populations, un effort qui s’avère urgent et indispensable pour toute la ‘Corne de l’Afrique’, comme dans d’autres pays de la bande sahélienne où les conflits armés et les guerres civiles retardent toutes réalisations potentiellement faisables.

Malgré tout, une forme de coopération bilatérale en Afrique subsaharienne se met en place, par exemple avec deux accords commerciaux concernant des investissements marocains dans les secteurs de la pêche et de l’agriculture, qui ont été signés par le Roi du Maroc Mohammed VI et le Président sénégalais Macky Sall, selon une actualité du 08 novembre 2016.

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Des flux massifs et soutenus de migrants ont fait évoluer les opinions en Europe

Une brutale crise migratoire s’est mise en place dans les années 2010 en Europe et certains pays européens s’en trouvent politiquement déstabilisés. Si l’accueil des migrants a été dans un premier temps plutôt bien vu par une majorité des populations, dont en Allemagne, où la Chancelière Angela Merkel avait encouragé ses compatriotes à prendre des mesures adéquates. Depuis, le ministère allemand de l’Intérieur a proposé des mesures radicales pour arrêter l’afflux migratoire vers l’Europe : se saisir des migrants directement en mer Méditerranée et les renvoyer en Afrique, selon le journal ‘Welt am Sonntag’ paru le 6 novembre 2016. « L’Allemagne cherche une réponse aux purges menées en Turquie mais sa marge de manœuvre est limitée - Cologne, Berlin, Francfort… Depuis l’arrestation vendredi 4 novembre 2016 en Turquie des dirigeants du parti pro kurde HDP, les manifestations se succèdent en Allemagne où vivent près de 3 millions de personnes originaires de ce pays… »

La réponse des populations et des gouvernements européens s’est durcie devant l’afflux massif et soutenu des arrivants, certains après une traversée maritime périlleuse, risquée et trop souvent fatale, faisant des milliers de victimes en Mer Méditerranée (Voir l’injonction du pape François au Parlement européen, rapportée le 25 novembre 2014 : ’La Méditerranée ne doit pas devenir un grand cimetière’)..

En France, un regard rétrospectif sur les sondages des dernières mois, effectués depuis avril 2015, concernant l’adhésion à l’accueil des migrants, montre un réel durcissement des opinions, ce qui amène aussi les responsables politiques à traiter simultanément les migrations et le terrorisme, ajoutant la confusion au niveau européen à l’urgence des faits à gérer au niveau des états nations, principalement en Grèce, en Italie, en France..

D’un point de vue moral, le position d’une autorité comme le Pape François a même évolué au cours des derniers mois : alors qu’il lançait un appel solennel pour que chaque paroisse et communauté religieuse accueille des réfugiés en Europe, lors d’une déclaration du 6 septembre 2015, et qu’il indiquant encore qu’il fallait « intégrer les migrants » dans un entretien du 16 mai 2016, il apparaît que la Pape François ait « corrigé sa pensée sur la question de l’accueil des réfugiés en Europe », comme l’indique un article du 01/11/2016  ; il vient donc de « conseiller aux gouvernements de ne pas accueillir au-delà de leur possibilité, sous peine de payer « le prix politique » car les réfugiés non intégrés vont alors former des « ghettos », ce qui est « très dangereux ». Alors que le pape François, depuis le début de la crise des réfugiés en Europe avait toujours appelé les États à ouvrir généreusement, et par principe, leurs portes aux réfugiés - fustigeant « l’égoïsme » de ceux qui ne le faisaient pas et joignant lui-même le geste à la parole en avril 2016 en ramenant de l’île grecque de Lesbos, trois familles musulmanes dans son avion, il vient d’opérer une nette correction, en appelant les gouvernements européens, lors d’une conférence de presse donnée à son retour d’un voyage en Suède, à gérer le dossier des réfugiés avec « prudence ».

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Réponses à un besoin de clarification sémantique (ce dont on parle)

Dans le cas des personnes concernées par les migrations, les expressions employées pour désigner celles-ci sont aussi source de confusions et de difficultés de traitement administratif des migrants, notamment à cause de la barrière linguistique souvent liée à la précarité. Par exemple, le terme de migrant est souvent associé à celui de réfugié. Quand est-on exilé, personne déplacée, et classé « étranger en situation irrégulière », « sans papiers » ou clandestin, enfin à quoi correspond le terme de demandeur d’asile ?

La migration est « le déplacement volontaire d’individus ou de populations d’un pays dans un autre ou d’une région dans une autre, pour des raisons économiques, politiques ou culturelles », selon ‘Larousse’. Voir ici.

Un réfugié – au sens de la Convention du 24 juillet 1951 relative au statut des réfugiés – « est une personne qui se trouve hors du pays dont elle a la nationalité ou dans lequel elle a sa résidence habituelle ; qui craint avec raison d’être persécutée du fait de son appartenance communautaire, de sa religion, de sa nationalité, de son appartenance à un certain groupe social ou de ses opinions politiques, et qui ne peut ou ne veut se réclamer de la protection de ce pays ou y retourner en raison de la dite crainte1. Les personnes essayant d’obtenir le statut de réfugié sont appelées demandeurs d’asile. »Voir ici.

L’exil « est l’état (social, psychologique, politique...) d’une personne qui a quitté sa patrie volontairement ou sous la contrainte – bannissement, déportation, impossibilité de survivre ou menace d’une persécution – et qui vit dans un pays étranger avec ce que cela implique de difficultés (langue, insertion, identité...) et de sentiment d’éloignement de son pays (nostalgie, déracinement...) ». Voir ici.

Les « personnes déplacées » (aussi appelées personnes réfugiées lorsqu’elles ont quitté leur pays) « sont des personnes qui sont obligées de quitter leur lieu d’habitation pour des raisons de violence et de ce fait sont contraintes de se déplacer soit à l’intérieur de leur propre pays soit à l’étranger. Près des 3/4 des personnes déplacées sont pris en charge par le HCR, Commissariat des Nations unies pour les réfugiés ». Voir ici.

L’expression étranger en situation irrégulière (parfois nommé « sans-papiers » ou « clandestin  ») « désigne un statut juridique, qualifiant la situation d’un étranger présent sur le territoire national d’un État, tout en étant dépourvu de titre de séjour en règle. Cette situation peut intervenir de multiples façons : soit après être entré de façon clandestine sur le territoire national, soit pour être demeuré sur le territoire après expiration de la durée de validité du titre de séjour, soit encore, dans le cas d’une personne née de parents immigrés sur le territoire national, parce que la demande de naturalisation n’a pas été effectuée à l’acquisition de la majorité légale (un autre cas, rare, peut se présenter dans le cas d’une dénaturalisation). Malgré le caractère illégal de leur séjour, les étrangers en situation irrégulière bénéficient de certains droits1, comme en France, l’aide médicale d’État2 (AME) destinée à prendre en charge les dépenses médicales des étrangers en situation irrégulière et sans ressources résidant en France. En revanche, ils ne sont pas autorisés à travailler ». Voir ici.

Le cas des « personnes sans papiers » a amené des associations à s’organiser contre l’expulsion - (Que faire en cas d’arrestation ? Voir ici.

Un clandestin est « une personne cherchant à se cacher ou à cacher sa situation irrégulière. Le terme est lié à diverses situations : passager clandestin, travailleur clandestin, étranger en situation irrégulière, opposant politique dans un régime totalitaire, terroriste, résistant indépendantiste, membre d’une armée de libération nationale, etc… » Voir ici.

Le mot ’demandeur d’asile’ « ne doit pas être confondu avec de celui de ’réfugié’. Un demandeur d’asile est une personne qui dépose une demande d’asile afin de bénéficier du statut de réfugié. Un réfugié a été demandeur d’asile mais tous les demandeurs d’asile ne sont pas reconnus réfugiés. La Convention de Genève ne remet pas en cause la souveraineté des États. Chaque pays est libre d’interpréter le texte de la Convention de manière plus ou moins restrictive. Ainsi, il peut émettre des réserves quant à l’application de tel ou tel article de la convention sur son territoire et ce en fonction de sa propre législation en matière de droit au séjour, du droit du travail ou du code de nationalité. Voir ici (Musée de l’Histoire de l’Immigration) et (APARDAP) ».

Plus généralement, les termes clés de la migration ont été précisé par l’Organisation internationale pour les migrations, auprès de l’ONU, et l’Institut national des langues et civilisations orientales (INALCO), dit ‘Langues O’, a été amené a été amené à apporter son expertise unique et sa connaissance des langues et du terrain, à l’analyse des migrations, pour faire entendre la voix de ceux qui vivent l’exil.

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De nombreux articles sur le droit des migrants et des réfugiés sont à lire sur le site : http://yonnelautre.fr/spip.php?page=recherche&recherche=migrants+migrations

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Des initiatives sont prises et des mesures applicables sont préconisées

Au Maroc, « un projet a impliqué principalement les acteurs et actrices des collectivités territoriales et les migrants marocains résidant à l’étranger pour répondre aux objectifs fixés dans le renforcement de leurs capacités en termes de migration et de développement, ainsi que dans l’amélioration de la situation socio-économique de la population locale ».

En Suisse, « le montant de l’aide au développement … entre 2017 et 2020, a été adopté, après position au niveau National, par le Conseil des Etats qui a donné son feu vert, en attendant le programme d’économies. Cela a renforcé le lien entre la coopération internationale et la gestion de la migration ».

En France enfin, le présent dossier à caractère didactique, introduit le travail réalisé par la Fédération française du « Droit Humain » et qui donne des recommandations dans son ‘Plan d’action’, pour traiter des migrations, « ce nouveau défi européen et planétaire au XXIème siècle ». Ce document, facilement accessible et en français, constitue un outil exceptionnel pour les cadres politiques, les personnels des administrations, les militants et les animateurs d’associations et d’organisations non gouvernementaux, ainsi que pour tous les citoyens conscients des problèmes de notre temps - qui sont à la fois d’ordre économique, social et écologique, voir durabilité -, citoyens qui sont volontaires et actifs pour apporter leur contribution dans le but de relever ces défis humanitaires cruciaux.

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Sommaire du dossier composé d’articles séectionnés sur les migrations

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  • Notion de migration humaine dans l’Histoire selon Wikipédia
    Une migration humaine est un déplacement du lieu de vie d’individus. C’est un phénomène probablement aussi ancien que l’humanité. Les statistiques officielles évaluent entre 185 et 192 millions le nombre de migrants internationaux pour les années 20001, pour les personnes ayant quitté leur pays pour vivre et se fixer dans un autre pays pour au moins un an. Ce nombre augmente de 2 % par an[réf. nécessaire]. Il mesure un stock et comprend la migration volontaire et la migration forcée. Les migrations internes aux pays sont également en augmentation, mais on parle alors plutôt de déplacements de populations (qui sont également volontaires ou forcés).
Solde migratoire positif, stable et négatif dans le monde en 2008

Les statistiques montrent que les très grandes vagues migratoires ont récemment diminué, au profit d’une tendance à l’immigration choisie favorable à l’exode des cerveaux et compétences des pays pauvres, au détriment de ces derniers. Les caractéristiques du phénomène migratoire actuel sont la diversification des pays de provenance et de destination, ainsi que les formes prises par la migration. On estime que l’argent injecté dans les pays d’origine en provenance des pays d’accueil est au moins égal si ce n’est très supérieur à la quantité d’aides financières apportées par les pays dits « riches » aux pays plus pauvres. Les démographes considèrent que les migrations seront une importante variable d’ajustement d’ici 2050, échéance à laquelle 2 ou 3 milliards d’individus supplémentaires sont attendus sur la planète, alors que les effets des modifications climatiques se feront probablement déjà sentir et que certaines zones ne pourront plus nourrir une population supplémentaire.

Sommaire

Les données archéologiques et paléoanthropologiques indiquent que l’Homme est apparu en Afrique. La présence d’humains dans tous les endroits de la planète résulte donc de mouvements de population. Pour autant, certains auteurs considèrent que tous ces mouvements ne sont pas nécessairement des migrations. Dans le cadre d’une économie de chasseurs-cueilleurs, le nomadisme est nécessaire pour assurer sa subsistance : les groupes doivent régulièrement changer de lieu de résidence lorsque les ressources naturelles deviennent rares. De petits déplacements réguliers de l’ordre d’une vingtaine de kilomètres sur quelques centaines de générations pourraient expliquer le peuplement de l’ensemble de l’Eurasie à partir de l’Afrique sans qu’il y ait de migration au sens strict, à savoir un mouvement conscient d’un ensemble de personnes d’un point à un autre dans un but donné.

Les flux migratoires sont classés selon leurs mobiles. On distingue notamment :

  • les migrations économiques (déplacement de travailleurs)
  • les migrations contraintes (fuite de persécutions, famines résultant souvent de guerres ; on parle aussi de conquête, d’invasion, d’exode, de colonisation…).
    Pour l’ère post-industrielle, la migration correspond plutôt à un changement définitif de résidence, sauf pour le cas particulier des migrations saisonnières liées au phénomène des vacances.

On parle alors, selon le point de vue, d’émigration (sortie du pays d’origine) ou d’immigration (entrée dans le pays de destination). De la même manière, on désignera les personnes concernées sous plusieurs termes, qui permettent en outre de distinguer les étapes de migration : émigrant (celui qui quitte son pays), émigré (celui qui a quitté son pays), immigrant (celui qui entre dans son pays d’accueil), immigré (celui qui est installé dans son pays d’accueil), migrant (celui qui est en train de migrer).

Migrations préhistoriques

Selon la théorie actuellement dominante d’une origine africaine de l’homme moderne, l’histoire des migrations humaines commence avec les déplacements d’Homo erectus hors de l’Afrique à travers l’Eurasie il y a environ un million d’années.

Homo sapiens semble avoir colonisé toute l’Afrique il y a 150 000 ans, a commencé à sortir d’Afrique il y 80 000 ans puis s’est répandu à travers l’Eurasie et l’Australie il y a 40 000 ans.

Peuplement de l’Australie

Selon les estimations, on pense que les premières populations humaines, les aborigènes venus d’Asie, sont arrivées en Australie il y a environ 40 000 à 70 000 ans. Durant la dernière glaciation, le niveau de la mer était beaucoup plus bas qu’aujourd’hui. La côte australienne se situait au niveau de la mer de Timor. L’Australie et la Nouvelle-Guinée formaient un seul continent, appelé Sahul et étaient reliées par un isthme situé au niveau de la mer d’Arafura, du golfe de Carpentarie et du détroit de Torres. Selon une théorie plus récente, des hommes auraient navigué sur de petites distances à partir des îles de l’actuelle Indonésie pour atteindre le Sahul. Puis, par voie terrestre, ils se seraient dispersés sur l’ensemble du continent. Les témoignages archéologiques montrent la présence d’habitations humaines en amont de la Swan River, en Australie-Occidentale, il y a environ 40 000 ans. Il semble que la Tasmanie, elle aussi accessible par voie terrestre à l’époque, ait été atteinte vers 30 000 av. J.-C.

Article détaillé : Préhistoire de l’Australie.

Peuplement du continent américain

Pendant longtemps, on a pensé que l’Amérique a été peuplée par des groupes venus d’Asie et ayant traversé le détroit de Béring pendant la période glaciaire.

Les découvertes récentes montrent que l’histoire du peuplement de l’Amérique est plus complexe. Selon certains auteurs nord-américains, l’Homme de Kennewick, retrouvé dans le nord-ouest des États-Unis en 1996, aurait un profil « caucasien » (au sens américain du mot). Luzia ainsi que des dizaines autres squelettes découverts à Cerca grande et sur le site de Pedra Furada, tous situés au Brésil, indiquent une origine australoïde évidente. Les squelettes mis au jour dans l’État de Mexico, la Femme de Peñon et l’Homme de Tlapacoya auraient une morphologie à la fois proche du type caucasien et australoïde.

Articles détaillés : Amérindiens et Théories du premier peuplement de l’Amérique.

Peuplement de l’Asie du Sud-Est insulaire, du Pacifique et de Madagascar

Il y a 5.000 ans (3 000 av. J.-C.), des habitants du littoral de la Chine du sud commencent à traverser le détroit pour s’installer à Taïwan. Vers 2 000 av. J.-C., des migrations ont lieu de Taïwan vers les Philippines. De nouvelles migrations commencent bientôt des Philippines vers Célèbes et Timor et de là, les autres îles de l’archipel indonésien. Il y a 3 500 ans (1 500 av. J.-C.), un autre mouvement mène des Philippines en Nouvelle-Guinée et au-delà, les îles du Pacifique. Bien plus tard, du IXe au XIIIe siècle, des sources arabes notent la présence, sur la côte est de l’Afrique et aux Comores, de marchands et marins originaires des îles d’Asie du Sud-Est. Les Austronésiens sont sans doute les premiers grands navigateurs de l’histoire de l’humanité.

Articles détaillés : Peuplement de l’Asie du Sud-Est insulaire, Peuplement de l’Océanie et Madagascar.

Typologie des migrations - La migration peut prendre diverses formes.

Migration de travail (économique)

La migration de travail est par nature difficile à évaluer compte tenu du manque de chiffres pour le secteur informel et des « clandestins ». Ces flux migratoires concernent environ 100 millions de personnes. Selon de récentes statistiques les principaux foyers de migration de travail se trouveraient en Inde et au Canada qui ont des politiques d’accueil à l’égard des populations. Elle n’est en général pas volontaire.

Migration permanente

Il s’agit de migrations forcées, c’est-à-dire non volontaires. Ce sont par exemple les réfugiés politiques. Aujourd’hui, près de 45 millions de personnes (25 millions de réfugiés et 20 millions de déplacés à l’intérieur de leurs propres frontières) ont été obligés de fuir leurs lieux d’habitation pour des raisons religieuses, politiques ou ethniques. La multiplication des guerres, en particulier en Afrique noire, en Asie centrale et au Moyen-Orient, fait parfois vivre des générations entières dans des camps de réfugiés, souvent peu équipés pour accueillir ces populations.

Migration de contrainte (ou migration de réfugiés)

Photo - Fuite de Russie d’une mère et de ses enfants lors de la Guerre civile russe, environ 1921.

Il s’agit de déplacements justifiés par des mobiles de contraintes : persécutions ethniques, religieuses, régimes politiques injustes, guerres civiles. 50 % d’entre eux concerneraient l’Afrique subsaharienne. Depuis plus de 100 ans, une partie de l’exode rural peut être assimilé à une migration de contrainte, exacerbée par l’industrialisation de l’agriculture, même dans les pays riches. Pour être reconnu comme réfugié au sens de la Convention de 1951 relative au statut des réfugiés, l’individu requérant l’asile doit craindre d’être persécuté en raison de sa race, sa religion, sa nationalité, son appartenance à un certain groupe social ou en raison de ses opinions politiques, et pour ces raisons, il ne peut ou veut réclamer la protection de son pays de nationalité ou de résidence 2.

Études - Voir graphique - En 2008, plus de 50 000 personnes ont traversé le golfe d’Aden vers le Yémen, selon le HCR3, contre 29 500 en 20074. Sur ces 50 000 migrants, au moins 590 personnes se sont noyées et quelque 359 autres ont été portées disparues4.

Il s’avère aujourd’hui que les flux d’étudiants sont organisés en vastes systèmes fortement polarisés. L’essentiel des échanges s’effectue alors d’un pays du Sud vers un pays du Nord. Toutefois, cette polarisation s’accompagne d’une extension des zones de recrutement (départ) et d’un élargissement des destinations. Ces flux migratoires se diversifient et se mondialisent au détriment des relations classiques de pays à pays. Les relations privilégiées qu’entretenait la France avec ses anciennes colonies par le biais de la coopération se sont estompées et modifient le rapport d’offre et de demande dans l’espace international et/ou mondial de l’enseignement supérieur. Ainsi la relation autrefois exclusive entre le Maroc et la France est-elle en train de s’effacer au profit de relations multiples avec différents pays d’Europe occidentale et d’Amérique du Nord.

Ces flux migratoires d’étudiants sont pour 88 % en direction des pays de l’OCDE. L’unilatéralisme des flux au sein des systèmes d’enseignements supérieurs mondiaux est la caractéristique principale de ce type de migration. Elle est constituée d’environ deux tiers d’étudiants en provenance des pays du Sud (non OCDE) dont la quasi-totalité étudie dans un pays du Nord (neuf étudiants sur dix). Ces données globales traduisent les inégalités en matière d’éducation entre “pays du Nord” et “pays du Sud”. Le quelque tiers d’étudiants étrangers restant sont issus des pays du Nord et effectuent principalement une expatriation vers d’autres pays du Nord. Dans ce cadre global, pour la période 1960-2000, les effectifs d’étudiants expatriés ont crû de 7 % annuellement. On estime cette population [Unesco et OCDE] à près de 1,8 million en 2000. Cette croissance traduit bien l’émergence d’une nouvelle problématique au sein des migrations internationales. L’un des changements essentiels du paysage migratoire mondial tient au « renversement des flux migratoires », selon l’expression d’Alfred Sauvy, entre le Nord et le Sud, les pays du Sud alimentant désormais la majorité des flux de départ. Mais la mutation n’est pas seulement géographique, elle concerne aussi la composition des flux selon le sexe et l’origine sociale des étudiants, leur durée et leur signification.

Travail saisonnier

De nombreux pays (Espagne, Italie, France en particulier, pour l’Europe, les États-Unis pour l’Amérique du Nord…) utilisent une abondante main-d’œuvre saisonnière étrangère au moment de la culture ou récolte manuelle de certains fruits ou légumes. Ces employés sont parfois mal logés, mal payés et avec une couverture sociale imparfaite ou inexistante, tout en étant plus exposés aux pesticides et à diverses affections.

Migrations internationales post-industrielles

Migrations au début du XXIe siècle

En 2005, le nombre de migrants5 dans le monde est estimé entre 185 et 192 millions6, soit environ 2,9 % de la population mondiale. Ce chiffre masque les grandes disparités existantes entre les pays. 63 % des migrants résident dans les pays développés et 34 % dans les pays en développement. L’Amérique du Nord et l’Océanie comptent plus de 10 % de migrants. Alors qu’en Afrique, Amérique latine et Asie les migrants représentent moins de 2 % de la population totale de chaque région. Dans certains pays, les migrants représentent plus de 60 % de la population, c’est le cas d’Andorre, Émirats arabes unis, Guam, Macao, Monaco, Qatar et le Vatican.

48,6 % des migrants sont des femmes. La migration est concentrée sur un nombre restreint de pays d’accueil (55). 75 % des migrants internationaux sont dans 12 % des pays du monde. Les trois principaux pays d’accueil de migrants sont les États-Unis, la Russie et l’Allemagne. Les trois principaux pays d’origine des migrants sont la Chine, l’Inde et les Philippines.

En 1965, le nombre de migrants internationaux s’élevait à 75 millions. Au cours des quarante années suivantes, la croissance sera en continuelle augmentation. Rapportée à la population totale, la part des émigrés dans le monde qui était de 2,3 % en 1965 a d’abord diminué durant la première décennie pour ensuite augmenter du fait du ralentissement de la croissance démographique. En 2050, les démographes prévoient 230 millions de migrants pour une population totale de neuf milliards.

Régions

Population totale7

(milliers)

Nombre de migrants8

(milliers)

 %

Réfugiés

(milliers)

Pays développés 1 193 872 104 119 63 5 008
Pays en développement 4 876 709 70 662 40,43 13 631
(dont pays les moins avancés) (667 757) (10 458) (5,98) (6 551)
Afrique 795 671 16 277 9,31 6 060
Asie 3 679 737 49 781 28,48 8 450
Europe 727 986 56 100 32,09 5 649
Amérique latine et Caraïbes 520 229 5 944 3,40 576
Amérique du Nord 315 915 40 844 23,37 1 051
Océanie 31 043 5 835 3,34 85
Monde 7 070 581 174 781 100 21 871

Raisons de la migration

Les migrations sont souvent qualifiées d’économiques ou de politiques. Elles peuvent être dues à une quête d’identité absolue, à un déracinement profond, à un mal de vivre, causes classées sous le thème d’exil volontaire. Dans certains pays, notamment à Maurice, on peut observer un phénomène de migration matrimoniale9. Par opposition, la migration involontaire peut être due à une situation de guerre (les gens fuyant leur propre pays) ou encore, à une situation économique précaire, de famine ou d’influence politique. Voir aussi colonisation.

Théories de la migration

Ci-dessous sont présentées les théories économiques de la migration du travail.

Lois de Ravenstein

La première tentative de formalisation de la migration est à mettre au crédit de Ravenstein (1885). Il présente sept « lois » qui sont des faits stylisés tirés de l’analyse des données disponibles à l’époque :

  • La plupart des migrants n’effectuent qu’une migration de courte distance. Ceux qui effectuent une migration de longue distance vont de préférence dans des centres de commerce ou industriels.
  • Il résulte alors un déplacement progressif de la population en direction des centres.
  • Chaque flux migratoire produit un contre-flux compensatoire.
  • Les personnes du milieu urbain migrent moins que celles du milieu rural.
  • Les femmes sont mieux représentées dans les flux de courte durée.
  • La migration augmente avec le développement de la technologie.
  • Le principal motif des flux migratoires est le désir de l’homme d’améliorer son statut sur le plan matériel.
    Modèles d’économie duale

Bien que développés pour décrire le processus de développement économique des pays en développement, les modèles d’économie duale peuvent servir à l’analyse de la migration. Selon l’approche dualiste, les économies se décomposent en deux secteurs : un secteur traditionnel et un secteur moderne. Le secteur traditionnel dispose d’un surplus de main-d’œuvre à l’origine d’une offre illimitée de travail. Le secteur moderne absorbe ce surplus en attirant la main-d’œuvre en offrant un salaire légèrement supérieur à la rémunération du secteur traditionnel (Lewis 1954, Ranis et Fei 1961).

Cette théorie prévoit donc un effet positif de la migration sur le secteur de départ en contribuant à réduire le chômage déguisé qui y prévaut et à égaliser les différences de rémunérations entre les secteurs. Le déterminant de la migration est le différentiel de rémunération entre le secteur traditionnel et le secteur moderne. Le flux migratoire perdure tant que ce différentiel n’est pas résorbé. Au niveau international, la migration de la force de travail est donc un facteur de convergence économique entre les pays.

L’observation empirique de périodes d’émigration accompagnées par du chômage ont mis à mal cette théorie, ce qui a conduit à l’émergence de nouveaux modèles dans les années 1970 (Todaro (1969) et Harris et Todaro (1970)).

Approche probabiliste

Harris et Todaro, s’inspirant d’un article de Lee (1966), considère que la décision de migrer relève d’un choix rationnel qui prend en compte les avantages et les désavantages liés à la migration. La rentabilité de migrer ou non relève donc d’un calcul coûts-bénéfices. À partir d’un modèle d’économie duale, où le secteur agricole riche en main-d’œuvre s’oppose au secteur moderne relativement mieux doté en capital et bénéficiant d’une productivité plus élevée, ces deux économistes établissent les conditions de migration du secteur agricole (ou secteur traditionnel) vers le secteur moderne. Le choix de migrer dépend du différentiel de rémunération entre les deux secteurs.

Théorie de la dépendance ou théorie du système mondial

La théorie néoclassique fut remise en cause dans les années 1970 par les théoriciens de la dépendance. Les économistes néomarxistes, notamment Singer, s’intéressaient particulièrement à l’exode rural. Le centre constitué des industries exploiterait la périphérie spécialisée dans l’agriculture. La migration n’est qu’un corollaire de la domination du centre sur la périphérie.

Nouvelle économie des migrations de travail

Les analyses économiques classiques de la migration du travail souffrent de deux principales limites : l’aspect purement individuel de la migration et la présence obligatoire d’un gain espéré pour justifier la migration. Ces deux aspects ont été remis en cause par les travaux[5] qui forment désormais ce qui est appelé la nouvelle économie de la migration du travail. Pour ce courant d’analyse, la migration repose sur un choix collectif fait par un groupe d’individus, souvent le ménage, dans une situation d’imperfections des marchés en raison de problèmes notamment d’ordre économique ou climatique. La famille avance l’argent nécessaire pour payer les coûts de la migration (visa, passeport, transports, installation…). De plus, la migration peut être une des stratégies qui s’offre au ménage afin de diversifier ses sources de revenus. L’agriculture dans les pays en développement est particulièrement risquée car bien souvent les paysans ne disposent pas de moyen de s’assurer contre les risques. Par exemple, une mauvaise récolte peut entraîner une baisse des revenus. Afin de limiter les risques, un ménage peut choisir d’envoyer un membre du ménage à l’étranger. Les revenus de ce dernier dont une partie sera reversé au ménage sous forme de transferts d’argents, qui sont considérés par le gouvernement comme des revenus à l’émigration calculés dans le PIB, feront office d’assurance informelle. La migration n’est plus déterminée par les écarts de revenus comme dans les théories précédentes, mais par une logique de diversification des revenus et d’assurance afin de lutter contre les imperfections de marché et de l’incertitude.

Organisation de l’émigration

Les formes d’aides à l’émigration sont diverses et variées : famille, amis, communauté villageoise, diaspora, passeurs, agence privée de placement international, associations de migrants… Les États peuvent jouer un rôle important pour encourager ou décourager les flux migratoires, pour des raisons de nature économique et/ou politique 10.

Effets de la migration

Cette section n’est pas rédigée dans un style encyclopédique. Améliorez sa rédaction !

L’émigration : un facteur de développement ? Les aspects démographiques de la question migratoire Notion de surpeuplement relatif, en rapport avec un mode de production, de mise en valeur, et une croissance démographique. Peut être au point de départ de mouvements migratoires. (exemples historiques) Transition démographique. Théorie démographique, induisant un déséquilibre démographique liée à l’accroissement naturel. En conséquence déclenchement de migrations, notamment l’urbanisation. (La transition démographique liée historiquement à un développement industriel et une crise rurale). Le décalage historique de la transition démographique déclenche les phénomènes migratoires de manière différenciée. D’autant que même pour les pays ayant terminé leur transition démographique, ils peuvent se positionner par rapport aux flux, cette fois-ci comme pays d’accueil.

Le mouvement migratoire international, enjeux politiques et culturels La politique migratoire comme constante et élément constitutif d’un État moderne, les États-Unis. Composition et mouvement historique, politiques et évolution. Les flux et reflux migratoires en Argentine. La migration comme outil social, politique et géographique, le Brésil ou l’Indonésie.

Les réseaux migratoires et la société française Migration fonctionne en réseau, met en relation les deux pays. Kabyles, communauté montagnarde, largement étudiée par le sociologue Pierre Bourdieu, plus frappée que d’autres en Algérie par le besoin migratoire et fonctionnant de manière propre et particulière par rapport au reste de la migration algérienne. Accidents historiques, réfugiés, Arméniens, Espagnols. Une double migration les Espagnols de l’Oranie, et le ’rapatriement’. Les transformations culturelles et sociales de la France par les flux migratoire. Racisme et xénophobie, paradoxes, poids de la guerre d’Algérie.

Brain-drain : frein au développement et stimulation de l’éducation La fuite des cerveaux, c’est-à-dire des travailleurs qualifiés, a un impact négatif sur le pays de départ : baisse du potentiel de production, perte de l’investissement de formation... Cependant, il semble que l’émigration favoriserait l’éducation dans les pays d’origine. En effet, la perspective de pouvoir migrer inciterait les populations à étudier même si elles n’ont pas la certitude de pouvoir partir. Le brain-drain a donc deux effets : l’un incitatif (hausse de l’éducation) et l’autre dit de fuite (perte de travailleurs qualifiés). Du point de vue du pays d’accueil, l’arrivée de travailleurs qualifiés favorise le développement. L’effet des migrations sur le développement dépend donc aussi du point de vue dans lequel on se place (pays d’accueil, pays de départ, pays développé, pays en voie de développement...)11

Les migrations humaines ont également un effet sur les économies des pays en question, puisque les transferts financiers organisés par les migrants peuvent être de grande ampleur.

Voir graphique - Top 10 des pays les plus affectés par les transferts financiers des migrants

Effets de l’immigration - Fuite des cerveaux (brain drain)

Nouvelles formes de migration : Réfugié écologique ou réfugié climatique : hypothétique migration humaine envisagée dans le futur, due au réchauffement planétaire.

Notes et références

Bibliographie

  • Baby-Collin Virginie, Bensaâd Ali, Sintès Pierre (dir.), Migrations et territoires de la mobilité en Méditerranée, Publications de l’Université de Provence, Aix-en-Provence, 2009.
  • Bekouchi, Mohamed Hamadi, « Les Marocains d’ailleurs. Identités et diversité culturelle », éditions La Croisée des Chemins, 2010
  • Brachet, Julien, Migrations transsahariennes, Paris, Éditions du Croquant, 2009.
  • Cohen, Robin, Theories of Migration, Elgar, Cheltenham, 1996
  • Dufoulon, Serge et Maria Rostekova (sous la direct), Migrations, Mobilités, Frontières et Voisinages, Paris, L’Harmattan, 2011.
  • Guilmoto et Sandron, Migration et développement, La documentation française, 2003
  • Pierre Henry et Brigitte Martinez : « Dico atlas des Migrations », Belin 2013 , 95 p.
  • Ravenstein, Ernst Georg (1885), The laws of migration, Journal of the Statistical Society, London, 48(2), 167-227.
  • Sintès Pierre, La raison du mouvement : territoires et réseaux de migrants albanais en Grèce, Karthala, Maison Méditerranéenne des sciences de l’homme, École française d’Athènes, Paris - Aix-en-Provence - Athènes, 2010.
  • Stark, Oded, The Migration of Labour, Blackwell, Cambridge, 1991
  • Stark et Bloom, The New Economics of Labor Migration, The American Economic Review, vol. 75, no. 2, s. 173-178, 1985.
  • Terminski, Bogumil, Les migrations, les réfugiés, les droits de l’homme : Un guide bibliographique des publications parues en langue française, New Issues in Refugee Research, Working Paper no. 216, UNHCR, Geneva, 2011.
  • Todaro, Michael P. A Model of Labor Migration and Urban Unemployment in Less Developped Countries, American Economic Review, 59(1), 1969, p. 138-148
  • (fr) Serge Weber, Nouvelle Europe, nouvelles migrations. Frontières, intégration, mondialisation, préface de Catherine Wihtol de Wenden, Ed. du Félin, 2007, 120 p.,
  • Loïc Barrière, Le Voyage clandestin, roman, éditions du Seuil, 1998
  • Catherine Wihtol de Wenden, Atlas des migrations dans le monde, Paris, Autrement, 2005
  • Hommes & Migrations, « La Convention des Nations unies sur les droits des travailleurs migrants : Enjeux et perspectives », no 1271, janvier-février 2008, 173 p., Cité nationale de l’histoire de l’immigration (http://portal.unesco.org/shs/fr/ev.php-URL_ID=12071&URL_DO=DO_TOPIC&URL_SECTION=201.html)
    Articles connexes

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  • Evolutions récentes des flux et des politiques migratoires dans les pays de l’OCDE

Derniers documents de travail et chapitres parus dans les éditions de ’Perspectives des migrations internationales’ (PMI) :

Tous les documents de travail sur les migrations, par thème :

Migrations et développement  Étudiants et migrants hautement qualifiés
Intégration  Marché du travail
Gestion des migrations  Documents méthodologiques

Egalement disponible : Working papers on migration

Source : http://www.oecd.org/fr/migrations/documentsdetravail.htm

Les migrations dans le monde - Statistiques de l’Institut national d’études démographiques (INED)

Dans chaque pays, la proportion d’immigrés et la part des flux migratoires dans l’accroissement de la population.
Comment les immigrés se répartissent-ils à l’échelle de la planète ? Dans quels pays sont-ils les plus nombreux ? Cet outil donne accès aux dernières statistiques des Nations unies pour 230 pays du monde. Par cartes ou par listes de pays, choisissez votre indicateur et visualisez : le nombre d’immigrés en effectif ou en part (%) de la population totale (« stocks » d’immigrés), l’accroissement migratoire annuel en effectif ou pour 1000 habitants (« flux » d’immigrés), l’accroissement total annuel de la population (naissances + migrations), en effectif ou pour 1000 habitants.

© Institut national d’études démographiques www.ined.f. A consulter à la source : https://www.ined.fr/fr/tout-savoir-population/graphiques-cartes/migrations-monde/

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  • Revue française ‘Hommes & Mgrations’ sur les dynamiques migratoires. Document ‘Hommes et migrtions.fr’. Palais de la Porte Dorée Musée national de l’histoire de l’immigration 293, avenue Daumesnil, 75012 Paris. Les 50 ans de la revue Hommes & Migrations - Mercredi 18 Mai 2016, 14:00 – 17:30.
    A l’occasion des 50 ans de notre revue Hommes & Migrations, plutôt que de remuer les cinquante ans d’histoire passée et ressassée, notre équipe a préféré réfléchir à l’avenir des migrations (sciences politiques, géographie, sociologie…).

Cette journée a été introduite par Benjamin Stora, historien et président du comité d’orientation du Musée national de l’histoire l’immigration et animée par Marie Poinsot, rédactrice en chef de la revue en présence de plusieurs membres du comité de rédaction et de collaborateurs réguliers de la revue.

Dans un premier temps, les intervenants et le public ont réfléchi à un panorama des migrations internationales présenté par Catherine Wihtol de Wenden, directrice de recherche au CNRS (CERA-Sciences Po) et François Gemenne, chercheur en sciences politiques à l’université de Liège (CEDAM), à l’université de Versailles Saint-Quentin-en-Yvelines et dans un deuxième temps Antoine Pécoud professeur de sociologie à l’université Paris XIII et Serge Weber géographe de l’université Paris Est, nous ont présenté les frontières et les gouvernances des migrations internationales.

De l’avenir des migrations et des frontières ressort un paradoxe auquel il paraît difficile de se soustraire. Se profilent, d’un côté, une ouverture et des mobilités accrues par les phénomènes environnementaux, économiques, politiques et la globalisation de l’économie et d’un autre côté une attitude méfiante à l’égard des frontières et de la globalisation des migrations.

Les migrations : un phénomène structurel au monde

Ce paradoxe serait de prime abord lié au fait que nous avons jusqu’ici traité les migrations comme des phénomènes conjoncturelles et non comme l’une des structures de notre monde. Catherine Wihtol de Wenden explique que les « migrations sont ancrées dans les réalités structurelles du monde ». Pour François Gemenne, cette « structuralité » est « liée aux inégalités d’un monde globalisé  » qu’on « ne peut traiter comme un problème à résoudre, voir comme une crise ». Les migrations sont un phénomène inhérent au monde global, elles ne peuvent être résorbées et il serait même contre nature de vouloir les abolir complétement - ce que les politiques migratoires actuelles doivent désormais prendre en compte.

Les raisons pour lesquelles les hommes migrent diffèrent autant que le leurs lieux de déplacement. Les migrations produisent des catégories de migrants distinctes : migrants économiques, réfugiés, mineurs isolés, migrants environnementaux, demandeurs d’asile… Celles-ci « se superposent les unes aux autres  » (Catherine Wihtol de Wenden), et souvent ces typologies empêchent de considérer réellement le migrant selon ses réels besoins et demandent. Les politiques migratoires conditionnent ces classifications ainsi que les migrations tout en ne les maitrisant pas tout à fait.

Catherine Wihtol de Wenden nous rappelle par exemple que certains types de migrations sont internes à une région : « il y a de nouvelles mobilités du Sud au Sud. Les Chinois se déplacent dans toute la région d’Asie du Sud-Est, les Philippins ont fait de leur migration une économie à l’échelle du pays. Les Etats-Unis s’interrogent aussi sur leur identité, sur l’hispanisation des Etats du Sud. L’Amérique latine est un vrai continent migratoire à lui seul puisque l’essentiel des migrations sont internes et dont la plupart proviennent des pays andins  ». Elle complète son propos en expliquant que les pays du Sud, contrairement aux vieux pays d’immigration, n’ont pas de politiques migratoires définies et n’ont pas réellement les moyens de leur faire face  : « parmi ces pays du Sud, cinquante ne sont pas signataires de la convention de Genève sur l’asile. Ils sont confrontés à un nouveau type de flux : les déplacés environnementaux, qui représentent l’essentiels des déplacés du Sud au Sud  ». Ceci floute d’autant plus les catégories de migration. Les perceptions que chacun peut avoir sur les déplacements internes à un pays ou à une région diffèrent selon les personnes que l’on considère. François Gemenne dénonce le fait qu’en France, on qualifie l’acte de quitter la province pour Paris comme un « déménagement » alors qu’en Chine le même phénomène est considéré comme une migration interne.

L’erreur actuelle est d’appréhender les migrations comme des crises « dont il faudrait se débarrasser » (François Gemenne). Le monde s’organise autour des migrations, elles seront toujours essentielles à son fonctionnement. Catherine Wihtol de Wenden rapporte que le Programme des nations unies pour le développement a prouvé que les migrations étaient un « facteur essentiel pour le développement humain  ». De fait, les déplacements de populations sont créateurs de dynamiques, d’échanges de cultures, de biens…

Pour Antoine Pécoud, « il faut nuancer cette notion de crise. Il n’y a pas vraiment de changement structurel mais une nouvelle sensibilité politique à l’incapacité des Etats. Aujourd’hui on leur demande de contrôler ce qu’ils n’ont jamais contrôlé. La question tourne autours de la tolérance à l’égard de l’échec plutôt qu’à l’échec lui-même »… Or, en considérant les migrations comme des crises et non comme une structure du monde, les Etats ne se situent pas sur le bon niveau de gouvernance produisant ainsi un perpétuel sentiment d’échec à l’égard des migrations. 

Les enjeux des politiques migratoires

Le contrôle des migrations « est le principe de la souveraineté des Etats sur leurs territoires et sur l’accueil des populations » (Antoine Pécoud).

L’ordre étatique tel qu’on se le représente aujourd’hui est hérité du XVIIe siècle. Le traité de Westphalie qui met fin à la Guerre de Trente ans en 1648 définit l’Etat comme la juxtaposition d’une population et d’un territoire. Sur cette notion se « fonde les prémices du droit d’asile qui reconnaît un individu en désaccord avec son souverain le droit de quitter le territoire » (François Gemenne). Pourtant, cette perception westphalienne de l’Etat est en complète désharmonie avec le monde globalisé d’aujourd’hui. Catherine Wihtol de Wenden évoque ce déséquilibre dans l’introduction de son ouvrage « La question migratoire interne au XXIe siècle. Migrants, réfugiés et relations internationales où elle explique clairement que « les migrations sont un élément qui dérange et déconstruit l’ordre international classique  ».

Si l’on considère les politiques migratoires sur un temps plus long, on remarque pourtant que l’Etat n’a pas toujours eu la main mise sur les gouvernances des migrations internationales. « Au XIXe siècle ce sont les employeurs, les corporations qui faisaient circuler la main d’œuvre en fonction des intérêts commerciaux, économiques, industriels. L’Etat a tenté de s’imposer en choisissant les personnes ayant le droit d’immigrer en créant des passeports (…) Mais dans les faits, les Etats n’ont jamais régulé les migrations » précise Antoine Pécoud.

Depuis le XIXe siècle donc, on surestime la suprématie des Etats dans le contrôle des frontières et des migrations. Les Etats sont trop dépendants de secteurs économiques privées et du travail que les entreprises ont la capacité de créer pour être totalement maîtres des flux migratoires mondiaux. Par exemple, les Etats les plus pauvres sont dépendants du capital des pays riches et des compagnies internationales.

Au Sud, certains pays sont même devenu esclave de l’économie mondiale. Ceux-ci perdent leur souveraineté sur le territoire au profit de compagnies internationales. Ainsi, François Gemenne explique qu’un phénomène est à l’œuvre en Afrique trouvant très peu de résonnance en Europe. C’est « l’accaparement des terres ». Certains Etats vendent ou louent toute une partie de leurs territoires à d’autres Etats ou à des compagnies privées. « Ce sont, en général, des terres cultivables utilisées pour nourrir des populations ou pour produire des biocarburants. Les occupants sont dépossédés de leurs terres et leurs vies ne sont absolument pas prises en compte. Ils sont expropriés, généralement sans la moindres compensations ou accompagnements. Ces pratiques sont légales : l’Etat à le droit de vendre une partie de son territoire ». Les multinationales exercent un contrôle plus ou moins efficace sur les migrations que les organisations internationales, comme l’ONU, essaient de contrebalancer avec l’aide des pays du Sud.

Serge Weber ajoute qu’à l’avenir, la mondialisation pourrait devenir une menace pour le travail parce que « tous les travailleurs pourraient devenir précaires. L’érosion de l’Etat providence, de la politique de protection des travailleurs, à l’œuvre lentement mais sûrement dans beaucoup de pays de pays mènerait à cela ». Il précise que « la mobilité du travail est jumelle de la mobilité du capital. Certains se retrouvent dans des contextes nationaux, privés d’emploi. On oppose souvent le chômage et le travail des migrants. Mais le fait d’avoir un stock de chômeur permet de faire pression sur les autres  ».

Dans un contexte national pourtant, les migrations n’auraient pas d’effet néfaste sur le marché de l’emploi intérieur. Actuellement, la France repose sur une économie tertiaire où le stock d’emploi n’est pas fixe, favorisant ainsi l’entreprenariat, très prisé par les populations issues de l’immigration. Pour François Gemenne, « le nombre d’emploi dépend de son dynamisme et plus il y a d’entrée et de sortie sur un territoire, plus l’économie est dynamique  », auquel Serge Weber ajoute que « les entrepreneurs migrants contribuent à changer les regards sur l’immigration. Les petits, moyens ou grands entrepreneurs, qu’ils exercent dans un secteur formel ou informel, se débrouillent ».

La structuralité des migrations préexistait à la globalisation. Pourtant, cette dernière est à la fois une cause et une conséquence des déplacements humains : dans ce monde interconnecté, chaque décision pèse et a des conséquences sur d’autres populations du monde. « Ce que l’on fait sur la scène internationale (…) à des conséquences là-bas » ; « beaucoup de décision qui n’ont rien à voir avec la migration, et d’ailleurs n’ont jamais été pensé comme ayant un impact sur la migration, se répercutent sur des régions qui n’ont rien à voir avec les pays qui ont décidé d’intervenir… » explique Catherine Wihtol de Wenden. Ainsi, si les Etats se convainquent qu’ils ont la capacité de contrôler les migrations, leurs pouvoirs de décision va au-delà de leur sphère de compétence. L’exemple du Made in France est ressorti plusieurs fois des échanges : privilégier l’industrie française laisse pour compte les travailleurs étrangers.

Vers quel monde vont nous mener les migrations ?

Selon François Gemenne, « les réactions politiques du moment vont à contre-courant du sens de l’histoire ». Il semblerait que le concept de souveraineté nationale que nous avons définit plus haut, juxtaposant population et territoire ne soit plus d’actualité. Le problème viendrait du fait qu’il y a une fracture de la mondialisation : d’un côté, il y a ceux qui en profitent et ceux qui en pâtissent créant ainsi deux élans mondiaux contradictoires. « Bien sur, il y a un risque de la mondialisation, entre une partie de la population, l’élite cosmopolite qui en saisirait les opportunités, en terme de carrière, de résidence, d’amour de mariage et de filiation et une autre partie qui ne pourrait pas goûter aux opportunités de la mondialisation, la verrait comme une menace et se raccrocherait aux frontières comme le dernier rempart  ». Cette dernière logique de « xéno-défiance » trouve des résonnances dans les styles de gouvernement actuels. A gauche, on favorise « des politiques économiques de ré-industrialisation de la France » et à droite « des logiques de renforcement des frontières et de xénophobie d’Etat  ».

A ce propos, Serge Weber explique que les Etats, les entreprises multinationales et les organisations internationales se reposent sur une logique de contrôle bipolaire : d’un côté, ils favorisent les migrations tout en en gardant le contrôle. C’est ce qu’il appelle la politique de la « porte entrouverte » : « le contrôle, la surveillance ou l’entrave à la mobilité rendent le passage des migrants plus difficile mais cela ne les empêche pas pour autant de passer. L’entreprise est risquée mais l’espoir est entretenu ».

Finalement, la globalisation du travail joue en faveur de l’ouverture des frontières. Pourtant, les Etats n’en ont pas le contrôle, et contrairement aux compagnies multinationales, ils sont plus réticents à l’ouverture des frontières et contribuent aux attitudes xéno-défiantes. La politique de l’Union européenne et de la Turquie participe de ce genre de comportement. Pour Catherine Wihtol de Wenden, l’Union européenne demande à la Turquie de « filtrer les demandeurs d’asile vers l’Europe et de garder ceux qui ne peuvent pas être admis  » alors que d’après Antoine Pécoud ces « tractations n’ont rien de politique. L’Europe propose une somme d’argent pour que la Turquie contrôle les migrations à sa place. C’est une marchandisation de la politique migratoire, d’autant que cette somme d’argent dédiée à la Turquie passera aussi parmi les organisation internationale  ».

Les Etats ont tendances à vouloir contrôler les migrations au-delà de leurs frontières : les migrations doivent être gérées hors des frontières et par des acteurs autres que l’Etat. L’Australie par exemple négocie des accords de migration avec les îles de Tuvalu pour que celles-ci prennent en charge leurs demandeurs d’asile. Le gouvernement australien finance les prisons qui abriteront les individus en attente d’une réponse car toutes personnes demandant l’asile en Australie « ne peut y résider pendant la durée de l’examen de la demande  » (François Gemenne).

Antoine Pécoud explique également que l’Etat se repose beaucoup sur les entreprises privées pour réguler l’immigration. Ainsi, les compagnies aériennes exécutent le travail des douaniers en contrôlant l’identité des voyageurs en avion. Des entreprises de haute technologie conçoivent et construisent des technologies de contrôle, utiliser dans les postes frontaliers et les aéroports…

Ces logiques migratoires et les politiques qui leurs répondent rendent totalement désuètes les perception que l’on a de nos Etats-nation parce que « les migrations posent la question des liens entre nationalité et citoyenneté et celle de la juxtaposition de la population et d’un territoire  ». A l’avenir, l’Etat pourrait être dissocié de son territoire. D’après François Gemenne, aujourd’hui seule la Belgique a su se détacher du modèle étatique westphalien. Elle aurait « inventé une sorte de sous-Etat fédéral » « les communautés ne sont plus liées au territoire où les populations habitent, elles sont liés par leurs langues. Et cela ouvre une infinité de possibilité…  ».

Pour cela, il faut que notre rapport aux migrations et à l’Etat change. Ces derniers doivent se détacher du « pass dependancy » qu’ils se sont tracés. Mais les chercheurs spécialisés dans les migrations ont aussi leur rôle à jouer dans l’évolution des mentalités, « ils ont une responsabilité dans le débat public. Or, ils sont trop timides et timorés dans leurs interventions. Notre rôle est de rectifier les idées reçues, les mensonges et les préjugés mais nous sommes dans une logique défensive par rapport à un agenda médiatique qui a été confisqué par l’extrême-droite. Il faut que les chercheurs soient plus offensifs et capables de proposer les termes d’un autre débat politique et médiatique. Ils doivent être ceux qui posent les questions » (François Gemenne).

Cette journée riche en échange a été l’occasion d’évoquer de nombreuses thématiques susceptibles d’être décisives dans les années à venir. L’urbanisation croissante, les ‘villes mondes’, façonnent les migrations en tant que lieu de lieu de d’arrivée et de transit des migrations régionales et internationales. Les actions des organisations internationales pour le développement des pays du Sud peuvent être considérées à la fois « comme un changement de paradigme  » ou comme « un vernis qui recouvre des préoccupations sécuritaires » (Antoine Pécoud) alors que les migrations environnementales seront « à inscrire à l’agenda international des grandes questions de ce siècle » (Catherine Wihtol de Wenden).

Toutes ces interrogations changent nos manières classiques de considérer les migrations. A l’avenir, nous verrons notre époque « profondément anachronique, qui a tenté de résister coûte que coûte à des évolutions qui paraissent pourtant inéluctables  » (François Gemenne).

Dossiers publiés dans la revue (en libre accès) : Mondialisation et migrations internationales (Catherine Wihtol de Wenden, 2008) - La convention des Nations Unies sur les droits des migrations (Antoine Pécoud, 2008) - Migrations et environnement (François Gemenne, 2010) - Frontières (Catherine Wihtol de Wenden, 2013) -

Source : http://www.hommes-et-migrations.fr/index.php?/actualites/zoom/7814-vers-la-fin-du-paradigme-de-l-immobilite

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  • La mondialisation accélère-t-elle les migrations - État des lieux : chiffres et flux migratoiresDocument ‘Histoire & Immigration’.
    La circulation de l’information et des biens, le développement des transports, l’internationalisation du modèle occidental de consommation, tous ces effets de la mondialisation suscitent l’envie accrue des populations de partir pour réussir ailleurs.

Le nombre de migrants a rapidement augmenté : 77 millions en 1965, 111 millions en 1990, 140 millions en 1997, 175 millions en 2000. Les pays occidentaux restent attractifs, mais 60% des migrants ne quittent pas l’hémisphère Sud.

Cette croissance des flux migratoires représente néanmoins 5% de la croissance démographique mondiale. On estime les migrants à 2,8% de la population mondiale, répartis de manière égale entre migrations familiales, de travail et de réfugiés.

La mondialisation a ouvert de nouvelles voies aux migrations qui sont moins dépendantes des passés coloniaux. Si tous les continents sont concernés, l’Asie centrale et orientale, l’Europe de l’Est et l’Afrique centrale sont devenues depuis vingt ans de nouvelles zones de mobilité.

Une diversification des causes de mobilité

La surpopulation, la pauvreté, les crises politiques, les désastres environnementaux, les regroupements à caractère religieux ou ethnique, l’attraction du mode de vie occidental sont les nouvelles causes de mobilité. Ceux qui migrent disposent de réseaux transnationaux (familiaux, commerciaux, économiques et parfois mafieux) et d’argent pour franchir les frontières, même illégalement. Une seule exception, la migration forcée de réfugiés, qui se déroule pour les trois quarts dans le tiers-monde.

Le profil des migrants évolue également : les jeunes hommes ruraux et peu qualifiés sont désormais rejoints par des jeunes hommes qualifiés voire très qualifiés des classes moyennes urbaines, des femmes isolées, qualifiées, aspirant à une indépendance, et même des mineurs.

Les formes de migration

Elles sont de nos jours plus pendulaires, de courte durée, permettant des allers et retours entre pays d’origine et pays d’immigration. Les politiques de visas tendent néanmoins à provoquer l’installation durable des migrants qui craignent de ne plus pouvoir revenir et font venir leur famille.

La mondialisation des migrations va se poursuivre, compte tenu des déséquilibres mondiaux et de la meilleure connaissance des filières d’entrée, y compris dans les pays à politiques de contrôle des frontières.

Sources : Catherine Wihtol de Wenden, Atlas des migrations dans le monde, réfugiés ou migrants volontaires, Collection Atlas/Monde, éditions Autrement, 2005, p. 6-9.

Voir aussi sur notre site :

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  • Tout savoir (ou presque) sue la crise migratoire en Europe avec Wikipédia – (Extraits)
    Illustration - Demandes d’asile dans les États membres de l’Union européenne et de l’EFTA en entier 2015 selon données Eurostat. La hauteur des barres symbolise le nombre de demandes d’asile par pays. La coloration des pays représente le nombre de demandeurs d’asile rapporté à leur population.

La crise migratoire en Europe fait référence à l’augmentation, dans les années 2010, du nombre de migrants — certains étant des réfugiés — arrivant dans l’Union européenne via la mer Méditerranée et les Balkans, depuis l’Afrique, le Moyen-Orient et l’Asie du Sud. L’Europe fait alors face à la plus grave crise migratoire de son histoire contemporaine1.

Des réfugiés syriens venant de Turquie et du Liban se sont joints à ce mouvement ce qui a amplifié le phénomène et provoqué une crise à l’échelle européenne. Durant la seule année 2015, plus d’un million de personnes entrent illégalement dans l’espace Schengen2. Cette recrudescence cause des divisions et des tensions diplomatiques importantes entre les pays d’Europenote 1, qui peinent à se mettre d’accord sur l’attitude à adopter : alors que la Commission européenne cherche à imposer des quotas à chaque pays de l’Union, et qu’Angela Merkel et François Hollande poussent dans cette direction3, des pays d’Europe de l’Est s’y opposent fermement, le Premier ministre hongrois ayant notamment fait savoir qu’il considérait qu’un afflux d’immigrés musulmans constitue une menace pour l’identité chrétienne de l’Europe. En septembre 2016, Angela Merkel est finalement contrainte de reconnaître l’échec et l’abandon du mécanisme de répartition obligatoire.

Les termes employés pour qualifier les migrants sont multiples et dépendent des situations de chacun. Dans certains cas, il s’agit de demandeurs d’asile ou de réfugiés, dans d’autres de personnes qui cherchent de meilleures perspectives économiques. Comme les mots employés peuvent avoir des conséquences juridiques non négligeables, l’utilisation des termes migrants et réfugiés fait l’objet d’un débat sémantique qui cacherait un débat politique.

Sommaire

Articles détaillés : Première guerre civile libyenne, Intervention militaire de 2011 en Libye, Deuxième guerre civile libyenne, Guerre civile syrienne et Réfugiés de la guerre civile syrienne.

Photo - Demandeurs d’asile près de la frontière entre la Grèce et la Macédoine, le 24 août 2015.

Photo - Policiers bloquant un groupe de migrants essayant de passer la frontière entre la Grèce et la République de Macédoine, le 24 août 2015.

Les tentatives d’immigration en Europe ont augmenté à la suite des guerres civiles (notamment la guerre civile syrienne), des problèmes en Turquie, l’aggravation du conflit en Libye qui a contribué à l’augmentation des départs depuis ce pays, des troubles, des persécutions ou pour des raisons économiques. Elles concernent des personnes venues d’Afghanistan, Algérie, Bangladesh, Tchad, Égypte, Érythrée, Éthiopie, Gambie, Ghana, Guinée, Inde, Irak, Côte d’Ivoire, Libye, Mali, Mauritanie, Maroc, Nigeria, Pakistan, Sénégal, Somalie, Soudan, Syrie, Tunisie, et Zambie4,5,6,7,8,9,10,11,12,13,14.

Les ambassades n’offrant pas directement le statut de réfugiés, les réfugiés sont conduits à rémunérer des passeurs pour se rendre sur le territoire de l’Union européenne, en prenant des risques. Le nombre de demandeurs d’asile est ainsi passé de 435 000 en 2013 à 626 000 en 201415. Début septembre 2015, les Syriens ayant fui leur pays (environ 4,282 millions) se trouvent essentiellement au Liban (27 %) et en Turquie (42,1 %)16. Le « principal flux » de migrants syriens vers l’Europe part de ce pays qui connait des troubles et serait « quasiment en état de guerre » à la suite de fortes tensions avec les Kurdes du PKK17.

Immigration

Photo - La version adoptée pour la clôture grillagée entre Hongrie et Serbie, parmi les modèles de la section d’essai près de Mórahalom en juillet 2015.

Entre 2007 et 2011, un grand nombre de migrants sans papiers du Moyen-Orient, d’Afrique et d’Asie du Sud ont franchi la frontière entre la Turquie et la Grèce, menant la Grèce et l’agence Européenne de gestion des frontières extérieures (Frontex) à renforcer les contrôles aux frontières18. En 2012, l’afflux de migrants arrivant en Grèce par voie terrestre a baissé de 95 % à la suite de la construction d’une barrière sur une partie de la frontière gréco-turque ne suivant pas le cours du fleuve Maritsa19. En 2015, la Bulgarie a poursuivi en renforçant une barrière pour limiter l’arrivée de migrants depuis la Turquie20.

D’après l’Organisation internationale pour les migrations, environ 3 072 personnes sont mortes ou ont disparu en mer Méditerranée en 2014 en tentant d’immigrer en Europe21. Fin 2014, selon le Haut Commissariat des Nations unies pour les réfugiés, l’Union européenne accueille 6 % des réfugiés du monde entier22.

Tragédies

Articles détaillés : Naufrage du 3 octobre 2013 à Lampedusa, Naufrage du 12 avril 2015 en Méditerranée et Naufrage du 19 avril 2015 en Méditerranée.

Photo - Opération Triton, 15 juin 2015.

Le 3 octobre 2013, une embarcation transportant quelque 500 migrants clandestins africains fait naufrage près de Lampedusa. Cette catastrophe fait 366 morts.

Les accidents les plus graves ont lieu en avril 2015, avec la mort d’environ 1 200 personnes. Le premier naufrage se produit le 13 avril, suivi de plusieurs autres naufrages les 16, 19 (le plus meurtrier) et 20 avril23,24,25,26. Beaucoup de ces navires de migrants voyageaient depuis la Libye vers l’île de Lampedusa, ou le port d’Augusta (Italie)25 bien que les incidents du 20 avril se produisirent au large de l’île de Rhodes, dans l’est de la Méditerranée.

Le 27 août 2015, 71 personnes sont retrouvées mortes dans un camion en Autriche, près de Neusiedl am See. Les victimes seraient mortes asphyxiées et le chauffeur aurait pris la fuite27. Le 2 septembre 2015, Aylan Kurdi (3 ans) est retrouvé mort sur une plage de Turquie, ainsi que sa mère de 27 ans et son frère de 5 ans. Originaire de Kobané en Syrie, sa famille tentait de rejoindre l’Europe28. Le 4 septembre 2015, ils sont inhumés à Kobané. En septembre 2015, un article rapporte que la ville de Catane (Sicile) est débordée par cette crise. Les corps de victimes de naufrage y reposent dans des sépultures nues. Le gardien du cimetière souligne le manque de place pour accueil de nouveaux morts29.

La Voix de l’Amérique publie une galerie photo en octobre 2015 montrant les résultats de la cruauté des passeurs envers les migrants africains qui tentent de gagner l’Europe : des brûlures, la gale et les abus corporels et sexuels. « Outre la privation de liberté, les passeurs leur font aussi subir les pires supplices et de nombreux migrants sont brûlés par les trafiquants dans le Sahara, de la Libye jusqu’au Tchad en passant par le Soudan et l’Égypte »30. La crise actuelle est également liée aux conditions de vie des camps de réfugiés turcs et jordaniens. Sur ce point l’Europe porterait une part de responsabilité en n’ayant versé aux autorités compétentes que 50 millions d’euros sur les 4 000 promis31,32. En mai 2016, trois naufrages en Méditerranée au large de la Libye provoquent la mort de près de 700 migrants33.

Itinéraires

Photo - Migrants en Hongrie, à proximité de la frontière serbe, le 24 août 2015.

L’Organisation internationale pour les migrations (OIM) compte cinq routes de voyages privilégiées par les migrants et les réfugiés : la route de l’Afrique de l’Ouest, la route de l’Ouest méditerranéen, la route des Balkans, la route de l’Est méditerranéen et enfin la route centrale qui mène de la Tunisie et de la Libye vers l’Italie. Frontex publie une carte des trajets migratoires et schématise les trajets suivants :

Nom donné à la route par Frontex34

Point d’entrée européen concerné

Migrants décomptés (de janvier à novembre 2015)

3 premiers pays d’origine

Afrique de l’Ouest

Canaries Îles Canaries (

Drapeau de l’Espagne Espagne)

690

Drapeau de la Guinée Guinée,

Drapeau du Maroc Maroc,

Drapeau de la Gambie Gambie

Ouest méditerranéen

Drapeau de l’Espagne Espagne

14 078

Drapeau de la Syrie Syrie,

Drapeau de la Guinée Guinée,

Drapeau de la Côte d’Ivoire Côte d’Ivoire

Méditerranée centrale

Drapeau de l’Italie Italie

157 220

Drapeau de l’Érythrée Érythrée,

Drapeau du Nigeria Nigeria, divers

Est Méditerranée

Drapeau de la Grèce Grèce,

Drapeau de la Bulgarie Bulgarie,

Drapeau de Chypre Chypre

880 820

Drapeau de la Syrie Syrie,

Drapeau de l’Afghanistan Afghanistan,

Drapeau de l’Irak Irak

Pouilles et Calabre

Drapeau de l’Italie Italie

5 000

(chiffre non précisé)

Drapeau de la Syrie Syrie,

Drapeau du Pakistan Pakistan,

Drapeau de l’Égypte Égypte

Albanie et Grèce

Drapeau de la Grèce Grèce

8 645

Drapeau de l’Albanie Albanie,

Drapeau de la Géorgie Géorgie,

Drapeau de la Macédoine Macédoine

Balkans de l’Ouest

Drapeau de la Hongrie Hongrie,

Drapeau de la Croatie Croatie,

Drapeau de la Slovénie Slovénie

763 958

Drapeau de l’Afghanistan Afghanistan,

Drapeau de la Syrie Syrie,

Drapeau du Kosovo Kosovo

Balkans de l’Est

Drapeau de la Pologne Pologne,

Drapeau de la Roumanie Roumanie,

Drapeau de la Slovaquie Slovaquie,

Drapeau de l’Estonie Estonie,

Drapeau de la Lituanie Lituanie,

Drapeau de la Lettonie Lettonie

1 764

Drapeau de la République socialiste du Viêt Nam Viêt Nam,

Drapeau de l’Afghanistan Afghanistan,

Drapeau de la Géorgie Géorgie

Les itinéraires ont toutefois changé en s’adaptant aux différentes conditions locales. Ainsi, lorsque la frontière hongroise a été fermée, les populations ont migré vers la Croatie, qui les a redirigés vers la Hongrie35. Face au bagotement de l’ouverture et de la fermeture des frontières, les itinéraires sont instables, ce qui a même conduit au développement d’une application pour suivre l’ouverture et la fermeture des frontières36.

Origine des migrants – Voir le graphique commenté

D’après Frontex, les trois principaux pays d’origine des migrants au cours de l’année 2014 sont : la Syrie (27,9 %), l’Érythrée (12,2 %) et l’Afghanistan (7,8 %)40.

Pays d’origine

2011

2012

2013

2014

Drapeau de la Syrie Syrie

1,1 % 10,9 % 23,8 % 27,9 %

Drapeau de l’Érythrée Érythrée

3,6 % 10,5 % 12,2 %

Drapeau de l’Afghanistan Afghanistan

16,3 % 18,2 % 8,8 % 7,8 %
Somme des 3 18,5 % 32,7 % 43,1 % 47,9 %
Autres provenances 81,5 % 67,3 % 56,9 % 52,1 %

Six des dix plus importants pays d’où sont originaires les immigrants sont africains : Somalie, Soudan, Sud Soudan, République démocratique du Congo, République centrafricaine et Érythrée41. D’après le HCR, les cinq principaux pays d’origine des réfugiés au cours de l’année 2015 sont42 la Syrie (50 %), l’Afghanistan (20 %), l’Irak (7 %), l’Érythrée (4 %), et le Pakistan (2 %) (chiffres provisoires, décembre 2015).

Origine des passeurs

L’origine des passeurs qui viennent leur proposer leurs services est sensiblement différente de celle des migrants. Sur 880 personnes arrêtées en Italie pour ces faits entre janvier 2014 et août 201543 , il y aurait 279 Égyptiens, 182 Tunisiens, 77 Sénégalais, 74 Gambiens, 41 Syriens, 39 Érythréens, 29 Marocains, 24 Nigérians et 22 Libyens44,45.

Pays d’origine

2014 -2015

Drapeau de l’Égypte Égypte

31,70 %

Drapeau de la Tunisie Tunisie

20,68 %

Drapeau du Sénégal Sénégal

8,75 %

Drapeau de la Gambie Gambie

8,41 %

Drapeau de la Syrie Syrie

4,66 %

Drapeau de l’Érythrée Érythrée

4,43 %

Drapeau du Maroc Maroc

3,62 %

Drapeau du Nigeria Nigeria

2,73 %

Drapeau de la Libye Libye

2,5 %
Autres pays 12,84 %

Évolution

L’Europe a enregistré 210 000 demandes d’asile au deuxième trimestre 2015, le pic se trouvant en juin 2015, où 88 230 demandes d’asile ont été déposées. En juillet 2015, 25 955 Syriens ont en outre demandé l’asile46.

Graphique - Arrivées de migrants en Europe par mois en 2014 et début 2015 (via la Méditerranée)42

Gestion opérationnelle

Articles détaillés : Opération Mare Nostrum, Opération Triton, Droit d’asile dans l’Union européenne, Externalisation de l’asile et Politique sur l’immigration au sein de l’Union européenne.

Cadre juridique

Voir carte - L’espace Schengen en bleu, les pays oranges étant les membres de l’UE candidats à l’intégration dans l’espace de libre-circulation.

L’accueil des réfugiés est réglementé par le droit international : plusieurs textes dont la convention de Genève sur les réfugiés du 28 juillet 195147 (étendu par le protocole relatif au statut des réfugiés conclu à New York le 31 janvier 1967) qui engage les 145 Pays signataires à accueillir toute personne qui fuit la guerre ou toute persécution du fait de sa race, de sa religion, de sa nationalité, de son appartenance à un certain groupe social ou de ses opinions politiques. Ces pays s’engagent donc à accueillir les réfugiés sans discrimination quant à la race ou la religion des réfugiés.

À ces dispositions, s’ajoute en droit français, l’asile qui a également une valeur constitutionnelle, en vertu du préambule de la Constitution de 1946 (alinéa 4) et de la Constitution de 1958 (article 53-1). On parle alors d’’asile constitutionnel’48.

 Article 53-1. de la Constitution de 195849

L’application du droit des réfugiés et du droit d’asile est confiée à une administration spécialisée placée sous la tutelle du ministère de l’Intérieur : L’OFPRA, qui est un établissement public administratif créé par la loi du 25 juillet 1952 chargé de l’application de la Convention de Genève du 28 juillet 1951 relative au statut des réfugiés.

Application pratique

Souvent en violation de la convention de Genève de 1951[réf. nécessaire], dans l’espace Schengen, 26 États membres (dont 22 des 28 États de l’UE, et quatre États AELE) se sont unis pour former un espace où les contrôles aux frontières intérieures (c’est-à-dire entre les États membres) sont abolis, et remplacés par des contrôles approfondis aux frontières extérieures de la responsabilité des États où se trouvent ces frontières. Le Règlement Dublin II détermine l’État membre responsable de l’examen du droit d’asile afin d’éviter d’une part que les demandeurs d’asile ne puissent choisir le pays le plus laxiste dans le contrôle en multipliant les demandes dans différents États membres, et d’autre part qu’aucun État membre ne prenne la responsabilité d’examiner une telle demande. Sauf cas spécifiques, le premier État membre où entre un demandeur d’asile et où les empreintes digitales sont prises est responsable de la demande d’asile. Si le demandeur d’asile se déplace dans un autre État membre, il peut être transféré dans l’État membre où il est entré pour la première fois. L’accord de Dublin a été critiqué pour donner trop de responsabilité aux États membres situés sur les frontières extérieures (comme l’Italie, la Grèce et la Hongrie), au lieu d’un système partageant ces responsabilités entre tous les États membres50,51,52.

Dans le système Schengen, tout dépend de la façon dont les pays situés à la frontière de la zone gèrent la situation. En particulier, il s’agit de faire le tri entre les personnes qui peuvent bénéficier du droit d’asile et les autres. Théoriquement, ceux qui ne peuvent pas bénéficier du droit d’asile devraient repartir dans leur pays d’origine ou vers le pays où ils ont transité. Dans les faits, la Commission européenne reconnaît que peu repartent53. Le règlement de Dublin pose un problème clé de répartition des demandeurs d’asile reconnus comme tels dans l’Union européenne.

Institutions et coopération de support

Photo - Orion P-3 espagnol participant à la Navfor Med.

Frontex est l’Agence de l’Union européenne pour la gestion de la coopération opérationnelle aux frontières extérieures des États membres de l’Union (en abrégé « Frontières extérieures »). Son siège est installé à Varsovie (Pologne). Elle est responsable de la coordination des activités des garde-frontières dans le maintien de la sécurité des frontières de l’Union avec les États non-membresnote 2. Frontex a été créée par le règlement (CE) no 2007/2004 du Conseil du 26 octobre 200454. L’agence est opérationnelle depuis le 3 octobre 2005. Son directeur exécutif est le Français Fabrice Leggeri depuis janvier 201555.

L’EU Navfor Med est chargée de lutter contre les réseaux de trafiquants de migrants opérant à partir de la Libye. La force navale comprend cinq navires de guerres, deux sous-marins, deux drones et trois hélicoptères. Le quartier général est à Rome. Cette force est relativement limitée dans son action car en l’absence d’une résolution du conseil de sécurité des Nations Unis, elle ne peut intervenir dans les eaux territoriales libyennes56.

Gestion des institutions politiques

Article connexe : Politique sur l’immigration au sein de l’Union européenne.

Voir carte - Demandes d’asile dans les États membres de l’Union européenne et de l’EFTA au 1er janvier jusqu’au 30 juin 2015 selon données Eurostat. La hauteur des barres symbolise le nombre de demandes d’asile par pays. La coloration des pays représente le nombre de demandeurs d’asile rapporté à leur population. La présence de ces nombreux migrants et leur situation de détresse, ainsi que la difficulté dans laquelle se trouvaient les pays frontaliers (Italie, Espagne, Grèce, Hongrie) ont conduit à un changement de la donne politique et des paradigmes dominants dans l’Union européenne.

Les controverses autour des propositions de Jean-Claude Juncker

Photo - Jean-Claude Juncker, président de la Commission européenne.

Alors que la crise était à ses débuts et que certains pays à la mi-2015 faisaient face à un nombre de demandes d’asile important : 121 400 pour l’Allemagne, 49 095 pour la Hongrie, 24 875 pour l’Italie, 24 300 pour la France, 19 690 pour la Suède, 19 620 pour l’Autriche, 9 390 pour le Royaume-Uni, 6 185 pour la Belgique et 5 760 pour les Pays-Bas, Jean-Claude Juncker imagine de répartir les migrants entre pays selon un système de clé de répartition qui aurait conduit à la répartition suivante : 31 443 pour l’Allemagne, 24 031 pour la France, 14 931 pour l’Espagne, 9 287 pour la Pologne, 7 214 pour les Pays-Bas, 4 646 pour la Roumanie, 4 564 pour la Belgique, 4 469 pour la Suède, 3 640 pour l’Autriche57. C’est ainsi qu’en mai 2015, la Commission européenne propose de relocaliser 40 000 demandeurs d’asile depuis la Grèce et l’Italie vers d’autres États de l’Union européenne58, puis le 9 septembre, 120 000 supplémentaires depuis la Grèce, l’Italie et la Hongrie, selon un pourcentage de répartition calculé à partir de chiffres objectifs : population, PIB, demandes d’asile antérieures, chômage59.

Dans une lettre en marge de son discours sur l’état de l’Union de 2015, Jean-Claude Juncker plaide pour une nouvelle politique migratoire qui devrait, selon lui, offrir une réponse rapide, déterminée et globale à la crise des réfugiés. Ses propositions comprennent

  • un mécanisme de relocalisation d’urgence et un mécanisme de relocalisation permanent ;
  • des efforts renouvelés pour mieux gérer les frontières extérieures au travers d’un renforcement de Frontex, et la création de systèmes européens de garde-côtes et de gardes-frontières ;
  • un renforcement de la mise en œuvre du régime d’asile européen commun, au travers de l’évaluation globale du règlement Dublin II et de nouvelles étapes comme le renforcement du rôle du Bureau européen d’appui en matière d’asile et la mise à disposition de voies d’entrée sûres et légales pour les personnes ayant besoin de protection. À l’inverse, il faudrait adopter une approche plus efficace de la gestion des retours pour ceux qui ne remplissent pas les conditions ou ceux qui viennent de pays ’sûrs’ ;
  • un régime permanent de réinstallation, assorti de régimes de protection renforcée dans le voisinage proche de l’UE ainsi qu’une approche renouvelée de la gestion des migrations légales, comprenant la révision de la directive Carte bleue[réf. nécessaire].
    De ce fait, Juncker souhaitait que les 28 pays membres de l’UE s’accordent sur la répartition de 160 000 réfugiés dès le mois de septembre 2015. Angela Merkel souhaitait promouvoir un accord sur une répartition « contraignante » des réfugiés, avec un système de quotas sans plafond (une répartition). L’Américain John Kerry a par ailleurs indiqué que les États-Unis seront prêts à accueillir de 5 000 à 8 000 réfugiés syriens à l’automne 201660. Le système de clé de répartition proposé accorde par exemple 26 % des réfugiés à l’Allemagne, et 0,11 % à Malte61.

Les oppositions aux propositions de Juncker

L’opposition au Plan Juncker vient principalement des pays de l’Europe de l’Est où l’opinion publique est peu favorable à l’accueil de réfugiés. Alors qu’en moyenne 56 % des Européens ont des réticences à l’accueil de migrants, ce taux est de 81 % en République tchèque, de 78 en Lettonie, de 77 en Slovaquie et de 70 en Lituanie. La Pologne se situe pour sa part dans la moyenne européenne62. Entre pays de l’Ouest et pays de l’Est, les débats sont vifs. Fin août 2015, le ministre autrichien de l’Intérieur avait proposé de réduire leurs aides européennes. Angela Merkel s’y est refusée pour l’instant mais l’idée semblait toujours d’actualité début septembre 201562 avec sa remise sur table par le Premier ministre néerlandais Mark Rutte. Ce dernier a cependant accueilli avec joie l’instauration du système de quotas, ne voulant pas diviser l’UE en deux blocs.

Le président français, François Hollande, a proposé que le sommet du 23 septembre étudie les trois possibilités suivantes63 : aider la Turquie pour que les réfugiés restent sur son sol ; décider la création des « hotspots », qui sont des centres d’accueil et d’enregistrement des demandeurs d’asile avant raccompagnement respectueux des personnes déboutées ; et travailler à aider les pays où se trouvent les centres de réfugiés, pour éviter que la sortie des camps conduise à des mouvements non maîtrisables.

Accusations de manipulation du chiffre des nombres de migrants

Selon le site Politico, le chef de cabinet de Jean-Claude Juncker, Martin Selmayr, a falsifié dans un mail adressé aux dirigeants de l’UE les chiffres du nombre de migrants illégaux entrés dans l’UE par la Turquie en décembre 2015, parlant d’une baisse de 52249 migrants à fin octobre, contre 9 093 à mi-décembre. Le chiffre réel serait du triple, soit 27 069 migrants. Selon Politico, le but de cette communication, s’appuyant sur des documents inexacts fournis par Frontex, est de donner une image efficace du rôle d’État-tampon que joue la Turquie dans l’arrêt des migrations illégales, en vue de convaincre les États membres d’adopter le plan Juncker pour accueillir les réfugiés au sein de l’Europe64.

Décisions des sommets européens

Conseil des ministres de l’Intérieur

Le lundi 14 septembre 2015, un Conseil de l’Union européenne réunissant les ministres de l’Intérieur de l’Union n’a pas pu arriver à un accord sur la répartition de 120 000 migrants actuellement stationnés en Grèce, en Italie et en Hongrie. Ce pays est d’ailleurs le fer de lance des opposants (de l’Est) au projet. Pour son gouvernement, ce mécanisme est « inapplicable et néfaste à long terme car il créerait un appel d’air vers l’Europe ». Aucun accord global n’est intervenu. Malgré tout, il a été décidé de transférer ailleurs 40 000 migrants massés en Italie et en Grèce. Pour Paris et Berlin, ce dispositif doit être concomitant à « la mise en place rapide de hotspots (des centres d’accueil recensant efficacement les réfugiés) » et prenant leurs empreintes digitales. Des hotspots devraient être mis rapidement en place en Italie et en Grèce, qui recevront une aide à cet effet. Par ailleurs, la question du renvoi des migrants non acceptés (personnes ne répondant pas notamment aux critères du droit d’asile) a été abordée. Pour traiter cette question, il a été envisagé à la fois une meilleure coopération avec les pays voisins de l’Europe et l’établissement de centres de rétentions65.

Le mardi 22 septembre 2015, lors du Conseil de l’Union européenne, l’ensemble des ministres de l’Intérieur a voté à la majorité qualifiée pour un arrêt de l’immigration et pour la répartition de 120 000 demandeurs d’asile syriens, irakiens et érythréens arrivés au plus tard il y a un mois en Grèce et en Italie66. Toutefois, en raison de l’opposition des pays d’Europe centrale, cette répartition n’est ni obligatoire, ni permanente67,68,69. « Il faut empêcher que d’autres n’arrivent », a notamment déclaré le ministre allemand Thomas de Maizière. « Nous ne devons pas envoyer le signal que nous pouvons accueillir tout le monde, tout de suite. Ce ne serait pas responsable » a renchéri le Français Bernard Cazeneuve67.

Une minorité de pays a cependant voté contre ; il s’agit de la République tchèque, de la Slovaquie, de la Roumanie et de la Hongrie68. La Finlande s’est abstenue. L’opération de répartition de 120 000 personnes est prévue en deux temps. Lors du premier temps, la répartition concernera 66 000 demandeurs — 50 400 de Grèce et 15 600 d’Italie — (qui s’ajoutent aux 60 000 de juin). Une offre de 54 600 places est en réserve, la Hongrie n’ayant pas souhaité participer au mécanisme67. Les personnes concernées ne pourront pas choisir leur destination ; 17 036 d’entre elles iront en Allemagne, alors que 1 294 seront destinées à la Hongrie. Celles qui refuseront de demander l’asile dans le pays d’accueil seront refoulées en mer Méditerranée67. Des hotspots seront créés et gérés par l’Union européenne en Italie et en Grèce67. En réaction, Melissa Fleming, de l’ONU a indiqué qu’« un programme de relocalisation ne suffira pas à stabiliser la situation à ce stade de la crise », souhaitant un renforcement des capacités d’accueil permanente68. Le président de la République française, François Hollande a apprécié le fait que l’Union européenne prenne ses responsabilités70. Le lendemain, soit mercredi, les chefs d’État et de gouvernement devraient se prononcer sur une aide financière à la Turquie qui souhaite toujours entrer dans l’Union européenne68.

En décembre 2015, des recours demandant l’annulation de cette décision du Conseil de l’Union européenne sont introduits devant la Cour de justice de l’Union européenne par la Slovaquie71 et par la Hongrie72.

Réunions du Conseil européen

Les tensions entre États ont été vives. Le 23 septembre 2015, à son arrivée au Conseil européen sur les réfugiés, le président François Hollande, par exemple, a invité les pays qui, selon lui, ne partagent pas les valeurs européennes « à se poser la question de leur présence au sein de l’Union européenne ». Les débats ont surtout porté sur les solutions pour interrompre ou limiter le flux d’immigration en provenance notamment de Syrie, qui compte « huit millions de personnes déplacées à l’intérieur et 4 millions » qui ont émigré vers la Turquie, le Liban, la Jordanie, et l’Irak73. Il a été proposé deux solutions73 : donner un milliard d’euros aux organisations humanitaires de l’ONU (Programme alimentaire mondial et Unicef), pour améliorer la condition des migrants dans les actuels pays d’accueil (Turquie, Liban, entre autres) ; et renforcer les contrôles extérieurs en augmentant d’1,3 milliard les crédits des agences européennes (Frontex, Europol, Bureau européen d’appui en matière d’asile (EASO)) chargées de l’immigration illégale. Par ailleurs, il a été décidé de mettre la pression sur la Grèce afin « qu’elle fasse la preuve qu’elle peut contrôler ses frontières »73.

Les pays ont constaté que la Turquie était « devenue la porte d’entrée pour des centaines de milliers de réfugiés vers l’Europe »74. Aussi ils ont estimé qu’il était important de négocier avec ce pays. Mais, ce pays qui est en position de force dans les négociations avance un certain nombre de revendications. Tout d’abord la Turquie s’est vue allouer 1 milliard d’euros, mais elle estime que l’accueil des réfugiés lui a coûté 6,7 milliards de dollars depuis 2011. Aussi elle voudrait que l’aide soit portée à trois milliards. Par ailleurs, Ankara demande une libéralisation des visas pour ses nationaux75. François Hollande et Angela Merkel sont réticents sur ce point et ne veulent pas que les visas soient accordés sans contrôle. Enfin, la Turquie demande une accélération de son processus d’adhésion à l’Union européenne avec « l’ouverture de six nouveaux chapitres dans le processus d’adhésion … et l’inscription du pays sur la liste des pays sûrs »74. Angela Merkel doit se rendre en Turquie dimanche 18 octobre 2015 afin d’évoquer notamment ces problèmes74.

Les discussions ont également porté sur les hotspots (centres d’enregistrement et de tri des migrants). Les pays situés en première ligne (Italie et Grèce) sont assez réticents envers ces centres dont le rôle n’est pas encore clairement établi. Enfin, la France a proposé la création d’un corps européen de gardes-frontières, un projet qui heurte les pays de l’Est soucieux de leur souveraineté74.

Demande d’asile

Voir graphique - Pays d’origine et de destination des migrants.

L’actuel système de demande d’asile permet de connaître le pays d’origine et le pays de destination des demandeurs d’asile.

Débats politiques - Débats sémantiques

La chaîne qatarie Al Jazeera estime que le terme « réfugié » est plus adapté à la situation que celui de « migrant ». Le Haut Commissariat des Nations unies pour les réfugiés indique qu’un migrant part de lui-même pour chercher de meilleures conditions, alors qu’un réfugié est chassé par la guerre, un conflit ou la persécution76,77. En particulier, pour les Syriens, l’on parle souvent de réfugiés de la guerre civile syrienne. Le choix des termes, migrant, exilé ou réfugié reste délicat78.

Pour le journaliste Adrien Lelièvre, le nombre de Syriens venant chercher refuge en France aurait conduit à un changement sémantique : les personnes qui viennent en France et qui jusque là étaient décrites comme des migrants ont depuis été décrites comme des réfugiés79. Pour lui, « ce mot [de migrant] ne remplit plus son rôle quand on en vient à décrire l’horreur de ce qui se passe en Méditerranée. Loin de sa simple définition telle qu’on peut la trouver dans le dictionnaire, c’est devenu un outil visant à déshumaniser ce qui se passe et nous mettre à distance. Avec une forte connotation péjorative. ». Il ne s’agirait donc pas d’une question sémantique, mais plutôt d’un problème de flou des statuts79.

Certaines personnalités politiques françaises, notamment Nicolas Sarkozy et Marine Le Pen, continuent à utiliser le terme de migrant80.

Pour Hubert Védrine, la confusion entre les termes réfugiés, migrants, clandestins, aurait pour finalité d’éviter de reconnaître la spécificité du droit d’asile. Elle serait alimentée par deux grands courants d’idées81 : Ceux qui pensent qu’il faut accueillir tout le monde. Sont compris dans cette catégorie : une partie de la gauche, « beaucoup d’associations, d’organisations catholiques, de people sympathiques ». « L’extrême droite qui alimente délibérément cette confusion inquiétante, parce qu’elle vit de ce fonds de commerce ».

Débat sur l’accueil - Accueil des réfugiés

Parmi ces migrants se trouvent des demandeurs d’asile qui sont éligibles au statut de réfugiés. C’est notamment le cas des réfugiés syriens, qui traversent d’abord la frontière entre la Serbie et la Hongrie (bloquée), puis la Hongrie, avant d’arriver en Autriche ou en Allemagne, principal point de ralliement82.

L’Union européenne alloue aux États d’accueil 6 000 euros par personne accueillie. Cette somme peut permettre de financer six mois d’accueil83. Après les annonces de l’Australie, du Canada et des États-Unis, de leur intention de recevoir quelques milliers de réfugiés, diverses voix se font entendre pour dénoncer l’absence de soutien à ces initiatives dans la plupart des pays musulmans. En effet, le Qatar, le Koweït, Bahreïn, l’Arabie Saoudite ou les Émirats arabes unis, pays riches du Golfe, n’en veulent accueillir aucun. Les journalistes d’opposition aux régimes en place dans ces États estiment que leurs pays devraient « avoir honte » de ne pas soutenir les réfugiés syriens84.

Conduite de la relocalisation

Le plan de relocalisation de 160 000 réfugiés arrivés en Italie ou en Grèce, a été décidé en septembre 2015 par les pays de l’Union européenne ; il a pour objectif d’être accompli avant septembre 201785…..

France

Articles détaillés : Immigration en France et Réfugiés de la guerre civile syrienne en France.

Photo - Rassemblement de soutien aux réfugiés à Toulouse (5 septembre 2015).

Photo - François Hollande, président de la République française.

Le 13 mai 2015, à Bruxelles, la Commission européenne propose des quotas pour réguler l’accueil des réfugiés : « Agenda européen sur la migration ». Le gouvernement français, dans un premier temps opposé à la mesure des quotas, soutient par la suite le principe d’un « mécanisme permanent et obligatoire » pour répartir les réfugiés en Europe, en référence au système de quotas de réfugiés proposé par la Commission européenne91. Le président de la Commission européenne a proposé d’ajuster à 27 000 le nombre de réfugiés à accueillir en France, en se basant sur une clé de répartition (également connue sous le terme de méthode des quotas) qui consiste à répartir les 160 000 demandeurs d’asile de l’Union européenne92.

La mort d’Alan Kurdi, un enfant syrien retrouvé sur une plage de Turquie, entraîne des manifestations de plusieurs milliers de personnes en soutien aux migrants le 5 septembre dans plusieurs villes de France93. Le comédien Alex Lutz fait publier dans Le Journal du dimanche94 du 6 septembre 201595, « La main tendue », un appel signé par soixante-six artistes français demandant à l’Europe d’assumer le devoir d’asilenote 3. Le lendemain, le lundi 7 septembre 2015, le président François Hollande indique que la France est prête à accueillir 24 000 réfugiés sur deux ans96. La semaine suivante, dix fonctionnaires de l’OFPRA étaient en gare/foire expo de Munich, pour y préparer la venue de 1 000 réfugiés syriens et irakiens en France, dans le cadre d’un programme spécial visant à appliquer les règles qui préfigurent le futur dispositif européen. Le taux d’admission des syriens est de 97 %97. Certaines communes ont souhaité participer à l’effort d’accueil des réfugiés. L’État a promis à ces communes un accompagnement financier96.

En septembre 2015, le ministre de l’Intérieur propose une concertation avec les maires souhaitant accueillir des réfugiés98. Lors d’une réunion avec le ministre, l’Association des maires des grandes villes de France (AMGVF) a souhaité l’aide de l’État en échange de quoi elle serait prête à accueillir des réfugiés sans discrimination99. Certaines mairies sont hostiles à l’accueil des réfugiés. C’est notamment le cas de mairies dirigées par le Front national100 : « aucune mairie Front national ou du Rassemblement Bleu Marine n’accueillera le moindre immigré clandestin [...]. Le système UMPS cherche à tromper nos compatriotes en insinuant que les migrants seraient des réfugiés temporaires. Il n’en est rien. ».

La crise conduit le gouvernement français à vouloir s’impliquer plus dans le conflit syrien de façon à tarir la source principale des mouvements migratoires101. C’est dans cette optique que François Hollande a, début septembre 2015 101, annoncé que la France allait mener des frappes aériennes en Syrie contre Daesh102, alors que la France n’opérait jusque là qu’en Irak.

En France, l’opinion concernant l’accueil des réfugiés montre un fort clivage politique. Entre 75 à 80 % des sympathisants de gauche et du centre se prononcent en faveur de l’accueil, tandis que 60 % des sympathisants de droite et 85 % des sympathisants d’extrême droite y sont opposés80. Globalement, la population française reste très partagée, en 2015, sur l’accueil des migrants avec, selon les sondages, entre 37 % à 49 % de personnes opposées et entre 37 et 53 % de personnes favorables103,104. Les sondages en Europe centrale montrent un rejet beaucoup plus fort des migrants : ainsi, en septembre 2015, 80 % des Slovaques, 75 % des Polonais seraient hostiles à l’accueil des migrants105. En mai 2016, Amnesty International publie un sondage qui montre que 82% des Français interrogés sont favorable à l’accueil en France des personnes fuyant les guerres106. En septembre 2016, 62% des Français se déclarent opposés à la répartition et à l’accueil en France des migrants qui arrivent sur les cotes grecques et italiennes, un rejet en forte hausse par rapport aux sondages précédents107.

En France, le Front national considère, par la voix de sa présidente, Marine Le Pen, que les réfugiés sont ultra-minoritaires parmi les migrants. Pour elle, il s’agit d’« une immigration économique, d’une immigration d’installation, qui est la conséquence du laxisme gigantesque de nos gouvernants successifs108. » La porte-parole du Parti socialiste, Corinne Narassiguin, estime que la provenance actuelle de la majorité de ces réfugiés est connue : Syrie, Irak kurde, Érythrée108. Le maire Les Républicains de Roanne s’est prononcé en faveur d’un accueil en priorité des réfugiés chrétiens persécutés en Syrie. Il est soutenu par le président du parti, Nicolas Sarkozy, qui considère que les élus doivent pouvoir « continuer à s’exprimer librement »109.

Le 9 septembre 2015, la France accueille les 53 premiers réfugiés syriens et irakiens en provenance d’Allemagne110. Depuis le 12 septembre, le gouvernement octroie 1 000 euros aux communes par place créée111.

Le vendredi 21 octobre 2016, Michel Issert, maire UMP-LR de Saint-Bauzille-de-Putois, démissionne pour protester contre l’arrivée de 87 migrants de Calais112. Les communes situées aux alentours ont apporté officiellement leur soutien113.

Position des communautés religieuses françaises

L’accueil des migrants reste un travail nécessitant de nombreuses ressources notamment médicales, et juridiques. Les chrétiens se sont mobilisés dans un premier temps pour accueillir des chrétiens d’orient, mais aussi dans la volonté d’accueillir114. Le grand rabbin Haïm Korsia a mis en regard la situation de ces réfugiés avec celle des juifs persécutés pendant la Seconde Guerre mondiale au cours de laquelle 6 millions de juifs ont été assassinés115. Il a ainsi souhaité un « sursaut civique et humain » en faveur de « ces réfugiés qui affluent depuis des mois dans des conditions insupportables vers les terres européennes, fuyant la guerre, la pauvreté, la souffrance indicible ».

Les mosquées de l’Essonne se sont manifestées pour apporter leur contribution, des responsables de mosquées ou d’associations cultuelles se sont réunis en ce sens le mercredi 9 septembre 2015 : « L’objectif est de trouver des idées », a détaillé Djamel Riazi de l’association Fraternité interculturelle génovéfaine. Il ajoute « On pourrait par exemple profiter de l’Aïd pour demander aux fidèles de faire des dons qui reviendraient aux réfugiés syriens. Ou encore proposer aux maires de financer des nuitées dans des hébergements d’urgence. »116.

Conséquences économiques

Des analystes soulignent que l’immigration pourvoit les pays qui reçoivent les migrants à la fois en travailleurs et en consommateurs. L’afflux de population provoque une hausse de la population active qui est, selon Patrick Artus, avec la hausse de la productivité une de deux grandes sources de croissance potentielle117. Enfin, des économistes considèrent que les migrants qui ont eu « le courage et la volonté d’entreprendre ’le grand voyage’ » sont plus enclin à travailler dur que le reste de la population, les épreuves qu’ils ont dû affronter ayant en quelque sorte « sélectionné » les plus volontaires118. Philippe Wenger de l’hebdomadaire Investir avance qu’en France, le taux d’emploi des hommes immigrés est supérieur à celui des nationaux « respectivement 80 et 74,6% »119, néanmoins les taux de chômage des immigrés en France montrent que 17,2 % des immigrés actifs sont au chômage contre 9 % des Français nés en France120. En mars 2016, les représentants du patronat français et allemand demandent à la Communauté européenne de « ramener sous contrôle » le flux des réfugiés et de le réduire « sensiblement »121.

Risque terroriste

Par ailleurs, Bernard Cazeneuve, ministre de l’Intérieur français, n’exclut pas que des terroristes de Daesh utilisent les flux migratoires pour venir en Europe122, ce qui s’est d’ailleurs concrétisé par l’attentat du Bataclan123 entraînant une polémique à propos de l’objectivité de certains médias sur la question124,125. Selon Patrick Calvar, patron de la Direction générale de la Sécurité intérieure (DGSI), 500 terroristes seraient entrés en France à la faveur de la crise migratoire. Selon Europol, 3000 à 5000 « djihadistes » se seraient infiltrés en Europe et prépareraient des actes terroristes isolées ou en groupes126. Xavier Bertrand, président du Conseil Régional de Nord-Pas-de-Calais-Picardie, demande l’intervention de l’armée concernant la gestion du camp de réfugiés de Calais127.

Pour lire la totalité de ce long document, notamment la situation dans de nombreux autres pays concernés, avec toutes les notes, références, bibliographie et nombreux liens, se reporter à la source.

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  • Crise des migrants en Europe : tout comprendre en 10 questions – Document ‘sudouest.fr’. Publié le 23/09/2015 . Mis à jour à 12h24 par Cathy Lafon. S’abonner à partir de 1€]
    Photo - Le petit Aylan Kurdi, 3 ans, mort noyé le 2 septembre dans le naufrage de deux embarcations transportant des Syriens, est devenu le symbole du drame des réfugiés en Europe.

Le sommet européen extraordinaire sur la question de la répartition des réfugiés et des migrants qui se tient ce mercredi s’annonce décisif pour la crise migratoire qui secoue l’Europe. Près de 500.000 réfugiés ou migrants économiques ont frappé à la porte de l’Union européenne depuis janvier 2015. Loin de ralentir,l’afflux massif des exilésqui fuient leur pays et tentent de gagner principalement l’Allemagne et la Grande-Bretagne, s’aggrave. Ce week-end encore, 2.831 migrants ont tenté la traversée de la Méditerranée vers l’Europe depuis les côtes libyennes.Treize d’entre eux, dont six enfants, ont trouvé la mort dimanche au large des côtes turques, pendant que des milliers de réfugiés ont parcouru à pied la Hongrie, la Slovénie et la Croatie. Non pour y rester, mais pour gagner le sol des pays riches de l’Europe du Nord. Débordée et désarmée, l’Union européenne (UE) veut répartir ce mercredi les 120.000 réfugiésqu’elle s’est engagée à accueillir.

Quelle différence entre migrants et réfugiés ? Qui sont-ils ? D’où viennent-ils et où vont-ils ? Quel statut la France leur réserve-t-elle et est-elle réellement trop généreuse ? Quelle clé de répartition envisage l’Europe ? Les Etats-Unis, dont on pointe la responsabilité dans les conflits qui déchirent les pays d’origine des migrants, ne font-ils rien de leur côté ? Le point.

1. Migrants ou réfugiés ?

Photo - Les migrants africains qui fuient la pauvreté de leur pays ne bénéficient pas du même accueil que les réfugiés qui fuient la guerre ou les violences.© Photo ARchives AFP

L’UE privilégie les demandeurs d’asile mais rejette pour la plupart les candidatures des migrants économiques. Depuis ce printemps, l’Europe est confrontée à une crise inédite par son ampleur  : un afflux massif de réfugiés fuyant des persécutions, notamment celles de Daesh, ou la guerre, s’ajoute à des vagues de migrants. Tous les réfugiés sont des migrants mais tous les migrants ne sont pas des réfugiés. Un migrant se déplace d’un pays vers un autre, pour des raisons économiques, climatiques ou politiques. S’il est bien difficile de faire le distinguo sur le plan humanitaire, les uns et les autres ne sont pas considérés de la même façon par l’UE et ses 28 Etats membres.

Le statut officiel de « réfugié » est défini par le droit international, en l’occurrence la Convention de Genève de 1951 et le Protocole de New Yorkde 1967. Les pays signataire de ces textes, dont la France, considèrent comme « réfugié » toute personne qui a obtenul’asile dans un autre pays que le sien,parce qu’elle y courait un danger de mort et était contrainte de le fuir, « craignant avec raison d’être persécutée du fait de sa race, de sa religion, de sa nationalité, de son appartenance à un certain groupe social ou de ses opinions politiques. »

2. Combien de migrants et de réfugiés veulent gagner l’Europe ?

Selon les derniers chiffres de l’Organisation internationale pour les migrations (OIM) publiés le 11 septembre, 430.000 migrants et réfugiés ont traversé la Méditerranée depuis janvier 2015, contre 230.000 l’an dernier et plus de 330.000 d’entre eux sont arrivés en Europe. Parfois au péril de leur vie : au moins 2.643 d’entre eux sont mortsen essayant de franchir les frontières de l’Europe, essentiellement par la mer Méditerranée.

Photo - Les bateaux utilisés par les passeurs sont toujours surchargés, à tel point qu’il existe un risque de chavirage si quelques personnes se lèvent en même temps.© Photo AFP HO

Des chiffres qui explosent. Selon l’agence officielle de statistiques Eurostat,environ la moitié des migrants, 213.200, ont déposé des demandes de droit d’asile au deuxième semestre 2015, soit une hausse de 85% par rapport à l’année 2014. Au total, le chiffre global des demandes en cours d’examen s’élève à environ 592.000 fin juin, contre 365.000 un an auparavant.

Voir le graphique - Les migrants morts en Méditerranée en 2014 et 2015Cliquez pour agrandir l’infographie.

3. D’où viennent-ils ?

Toutes catégories confondues, la Syrie est désormais le pays qui compte le plus de départs à l’étranger. Elle a détrôné cette année le Kosovo, qui n’occupe plus que la cinquième place. Selon Eurostat, un demandeur d’asile sur cinq est originaire du pays dirigé par le dictateur Bachar El-Assad (21%), devant l’Afghanistan (13%) et l’Albanie (8%). La guerre qui fait rage en Syrie depuis mars 2011 a fait plus de 250.000 morts et forcé plus de la moitié de la population à fuir.

Photo - Un homme porte une fillette blessée après une attaque menée par les forces du régime syrien, le 3 juin 2015 au nord d’Alep. © Photo AFP

On compte 8 millions de déplacés dans ce pays et 4 millions dans les pays limitrophes (Turquie, Liban, Jordanie). Un nombre croissant d’entre eux cherche à gagner l’Europe occidentale. En Italie, en revanche la plupart des migrants viennent d’Erythrée et des pays d’Afrique sub-saharienne, en passant par la Lybie.

4. Où vont-ils ?

C’est l’Allemagne qui capte le plus de demandes d’asile. Le pays dirigé par Angela Merkelqui a reçu quelque 130.000 demandes au deuxième trimestre 2015, soit 38% de l’ensemble des demandes au niveau européen, attend cette année entre 800.000 et 1 million de demandeurs d’asile. La Bavière a accueilli durant la seule première quinzaine de septembre quelque 75.000 migrants

Photo - Accueil de migrants en Allemagne. © Photo AFP

Après l’Allemagne, vient la Hongrie (15%), puis l’Autriche (8%). Avec seulement 10 millions d’habitants (la France en compte 66,3 millions), la Hongrie a déjà figuré au deuxième plan européen en 2014 pour le nombre de demandeurs d’asile par habitant, derrière la Suède : 4,3 par habitant pour une moyenne européenne de 1,2.

Photo - Interdits d’accès aux trains, plus d’un milliers de migrants ont quitté Budapest à pied, le 4 septembre, pour gagner l’Autriche, à environ 175 km de là.© Photo AFP

Lerétablissement des contrôles aux frontières en Allemagne ou en Autriche, à la mi-septembre, avec lafermeture par la Hongrie de ses frontièrespar des barbelés, ont ralenti le flux, sans le stopper. Membre de l’UE mais pas de l’espace Schengen, la Croatie, qui demande en vain à la Serbie de la délester, a ainsi vu arriver 20.000 migrants depuis la fermeture de la frontière hongroise.

Le Danemark qui a voté, avec le soutien d’un parti de droite populiste, une réduction de moitié des allocations destinées aux réfugiés (14.792 en 2014 pour 5,6 millions d’habitants), voit arriver dans ses ports un flot grossissant de réfugiés. Le plus souvent, ils ne font que transiter pour gagner la Suède plus généreuse : depuis deux ans, Stockholm accorde automatiquement un permis de séjour aux Syriens qui déposent dans le pays leur demande d’asile.

5. Quelle clé de répartition envisage l’UE ?

Photo - Des réfugiés franchissent la frontière entre la Grèce et la Macédoine.© Photo AFP

La Commission européenne a proposé de relocaliser 160.000 réfugiés se trouvant en Hongrie, Grèce et Italie, mais les Etats membres n’ont pour l’instant trouvé l’accord que pour quelque 40.000 d’entre eux. Pour les 120.000 autres, l’UE a proposé des quotas contraignants, prenant en compte la taille de chaque pays d’accueil, l’état de son économie et les efforts déjà consentis.

La proposition qui a suscité jusqu’à présent de vives résistances, prévoit notamment l’accueil de 31.442 réfugiés par l’Allemagne, 24.031 par la France et 14.931 par l’Espagne. De son côté, la Grande-Bretagne a annoncé son intention d’accueillir 20.000 réfugiés syriens sur cinq ans. Le gouvernement danois, hostile au système de quota européen, accueillerait, sur la base du volontariat, 1.000 réfugiés. L’Irlande qui fait partie des rares pays à voir une chance dans ces réfugiés, a rejoint volontairement le plan d’accueil européen, en acceptant d’en accueillir 2.900.

6. La France est-elle attractive ?

Non. Selon les chiffres du ministère de l’Intérieur, qui souligne que les demandeurs d’asile et les migrants qui veulent venir en Europe cherchent d’abord à gagner la Grande-Bretagne et l’Allemagne, la demande d’asile en France qui a diminué en 2014,continue sur cette tendance.

L’année dernière, l’Hexagone a refusé 77,5% des 64.811 demandes qui lui ont été adressées. Depuis le début de l’année 2015 elle a reçu 34.212 demandes, soit -1% par rapport à la même période de l’année dernière. Ce sont principalement des populations en provenance du Kosovo et de Serbie (3.176) qui demandent l’asile à la France, devant la République du Congo (2.090), le Soudan (1.737) et la Syrie (1.724).

7. Quel statut la France accorde-t-elle aux personnes fuyant les zones de conflit ?

Photo - Les 53 premiers réfugiés en provenance d’Allemagne sont arrivés en France, à Champagne-sur-Seine, en Seine-et-Marne,le 9 septembre 2015. © Photo AFP PIERRE CONSTANT

En cas de guerre, il existe en France deux types de protection  :le statut de « réfugié »à proprement parler, qui donne droit à une carte de séjour de dix ans, et la « protection subsidiaire » d’un an, qui peut être accordée par transposition de règles européennes, et renouvelée, tant que les conditions pour obtenir le statut de réfugié ne sont pas remplies et que le pays n’est pas sûr.

Victimes de ’violence généralisée’ -

Créée dans les années 1990, alors que 800.000 personnes avaient fui la guerre en ex-Yougoslavie,la ’protection subsidiaire’ concerne ceux qui sont victimes de «  violence généralisée », en cas de conflit armé, sans déclarer d’engagement politique ou d’appartenance spécifique pouvant les mettre en danger. C’est aussi le cas pour les personnes exposées à la peine de mort ou à la torture.

La France dispose en outre d’une procédure exceptionnelle  : ’l’asile constitutionnel’, qui prévoit que le statut de réfugié soit reconnu « à toute personne persécutée en raison de son action en faveur de la liberté ». Cela vaut pour les journalistes, les intellectuels, les artistes ou encore les personnes victimes de leur engagement social ou politique.

8. Quels droits sociaux pour les réfugiés en France ?

Photo - Une des cinq familles syriennes installées à Jumilhac-le-Grand et La Coquille depuis le mois de mai 2014, est originaire d’Alep où sévit la guerre civile depuis plus de quatre ans.© Photo EAN-CHRISTOPHE SOUNALET

Un migrant dispose à son arrivée sur le territoire de 21 jours pour constituer un dossier de demande d’asile. Pendant l’instruction de sa demande (205 jours en moyenne en 2014), il bénéficie de 11,45 € par jour, le montant de l’allocation temporaire (324,50 €) par mois, versée par Pôle emploi, sachant qu’il n’a pas non plus le droit de travailler durant ce laps de temps. Avant de pouvoir solliciter une autorisation provisoire de travail, le demandeur d’asile doit d’ailleurs justifier d’unedurée de séjour d’1 an. Un réfugié n’obtient l’ouverture de droits sociaux qu’après 5 ans de résidence en France.

Contrairement à ce que Nicolas Sarkozy a laissé entendre, le 10 septembre, en pointant le fait que la France « garde des allocations sociales supérieures à celles de ses partenaires de Schengen », y compris pour les migrants, il n’est pas si facile pour un réfugié d’obtenir l’ouverture de droits sociaux. Il ne pourra le faire qu’après 5 ans de résidence en France. Par ailleurs, il existe une catégorie de migrants qui ne peuvent prétendre à ces aides sociales : ceux qui ont obtenu le statut de réfugié à l’extérieur du territoire de la France, à Malte ou en Italie, par exemple. Ces réfugiés « sans papiers » de l’Europe peuvent néanmoins bénéficier de l’Aide médicale d’Etat (AME) ou d’un hébergement d’urgence, comme tout autre étranger en situation irrégulière.

9. Combien coûte à la France l’accueil des réfugiés ?

Photo - La France doit accueillir près de 30.000 réfugiés.© Photo AFP

Pour accueillir les réfugiés, la France dispose de 35.910 places disponibles enCADA (Centre d’accueil de demandeurs d’asile).Devant l’afflux massif ces jours derniers des migrants, plus de 600 villes se sont portée volontaires, le 12 septembre, pour accueillir quelque 30.000 réfugiés et leur proposer un hébergement. Après les maires, les préfets ont à leur tour mobilisés. Toute personne qui souhaite solliciter la protection de notre pays doit être certaine (...) de bénéficier d’un accueil, d’un hébergement et d’une prise en charge optimaux. Site du ministère de l’Intérieur

L’Etat va doter de 1.000 euros par hébergement les communes qui créent des places pour les réfugiés, a annoncé Bernard Cazeneuve, afin que l’accueil n’occasionne pas de charge supplémentaire aux communautés locales. Une aide complémentaire du même montant sera attribuée aux bailleurs qui acceptent de louer à une association assurant l’hébergement ou le logement de réfugiés. Cette procédure exceptionnelle s’additionne au coût annuel des dépenses de santéCMU, AMEpour demandeurs d’asile et déboutés. Pour financer l’accueil des réfugiés et des demandeurs d’asile en France, Manuel Vallsa annoncé le déblocage de 613 millions d’euros supplémentaires d’ici à 2017.

10. Que font-les Etats-Unis ?

Photo - Barack Obama veut accueillir 100.000 réfugiés d’ici à 2017.© Photo AFP

L’Europe est-elle réellement seule à se débattre avec l’accueil des réfugiés, alors que les Etats-Unis, responsables de bien des conflits qui déchirent leurs pays, se contentent de compter les points ? Non. Le secrétaire d’Etat de Barack Obama, John Kerry, a annoncé que son pays allait accueillir davantage de réfugies sur leur sol d’ici à 2017, dont 10.000 Syriens. Leur nombre sera porté à 100.000 d’ici à 2017.

LE CHIFFRE : 30.000, c’est au total le nombre de réfugiés que la France (66,3 millions d’habitants) devrait accueillir sur deux ans. Soit 24.000 demandeurs d’asile dans le cadre de la répartition envisagée par ’Union européenne, 6.572 personnes que le pays a promis d’accepter en juillet, et un millier que l’Office des réfugiés et des apatrides (Ofpra) devrait avoir ramené à la fin de la semaine d’Allemagne pour soulager les arrivées massives dans ce pays. A titre de comparaison, à la suite de la guerre d’Espagne (1936-1939), la France a accueilli 650.000 réfugiés espagnols.

SCHENGEN, C’EST QUOI ?

Les accords de Schengen, signés en 1985, permettent la libre circulation des personnes au sein de vingt-six pays. Il s’agit de 22 pays de l’Union européenne et de la Norvège, la Suisse, l’Islande et le Lichtenstein. Au sein de l’UE, la Bulgarie, la Roumanie, Chypre et la Croatie n’en font pas partie, tout comme l’Irlande et le Royaume-Uni.

Même si les frontières intérieures ne devraient plus exister que sur le papier, les États membres ont toutefois la possibilité dérogatoire de rétablir des contrôles exceptionnels et temporaires, comme cela vient d’être le cas dans la crise des migrants, le 14 septembre. Ils doivent être justifiés par une « menace grave pour la sécurité » ou des « défaillances graves aux frontières extérieures, susceptibles de mettre en danger le fonctionnement global de l’espace Schengen ». Avant l’initiative de Berlin, des réintroductions temporaires de contrôles aux frontières avaient déjà eu lieu plus d’une vingtaine de fois depuis 1995.

Source : http://www.sudouest.fr/2015/09/23/crise-des-migrants-en-europe-tout-comprendre-en-10-questions-2131948-6122.php

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  • La vie dématé­ria­lisée du Prix Nobel de littéature Elfriede Jelinek, auteure de l’ouvrage « Les Suppliants » sur le drame des migrants
    LE MONDE DES LIVRES | 19.10.2016 à 17h17 • Mis à jour le 19.10.2016 à 18h54. Par Christine Lecerf (Collaboratrice du ’Monde des livres’) - Abonnez-vous au Monde.fr dès 1 €—[BARRE_OUTIL_ARTICLE_HAUT]]- Photo portrait de Elfriede Jelinek, en 1996. | JERRY BAUER/OPALE/LEEMAGE

Enfin la paix ! Depuis son obtention du prix Nobel de littérature, en 2004, Elfriede ­Jelinek a quitté Vienne et s’est totalement retirée de la vie publique. A l’occasion de son 70e anniversaire, un festival se déroule en ce moment dans toute la capitale autrichienne – sans la présence de l’écrivaine. L’auteure de La Pianiste (Jacqueline Chambon, 1988) a en effet opté pour une vie dématérialisée. La figure la plus radicale des lettres autrichiennes n’accorde plus aucune...

Vous avez lu gratuitement une partie de l’article. Pour lire les 94% restants > Abonnez-vous au Monde.fr à partir de 1 € seulement - Déjà abonné ? Abonnez-vous—[BLOC_RESTREINT_ABO]]

Source : http://mobile.lemonde.fr/livres/article/2016/10/19/elfriede-jelinek-demate-ria-lisee_5016611_3260.html?xtref=https://www.google.fr/

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  • A propos d’un film documentaire sur le migrants : ‘Exode’
    EXODE, film documentaire sur les migrants, réalisé par James Bluemel. Témoignages d’une humanité en marche - Document ‘Canal+’- 04 octobre 2016. (Avec des accès à des extraits vidéos étonnants).

« Un choc. Un coup de poing à l’estomac. » C’est ainsi que Diego Bunuel, directeur des documentaires CANAL+, présente le film EXODE, diffusé mercredi 5 octobre 2016 à 20h55 sur CANAL+. Immersive et digne, l’expérience nous plonge au cœur de l’incroyable odyssée de l’homme vers la liberté. A l’aube d’une nouvelle vie - Extraits du film Exode :

Extrait du film Exode video

Extrait du film Exode video

L’aventure de l’espoir video

A l’épreuve du monde video

Vers la forteresse Europe video

Le témoignage d’Hassan, jeune Syrien réfugié à Londres video (en anglais, sous-titrée en français)

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Filmé par une équipe de journalistes mais aussi grâce à des téléphones portables remis à des migrants, EXODE nous fait vivre de l’intérieur le plus grand drame de ce début de siècle. Nous partons à la rencontre de ces millions de personnes qui, chaque année, fuient leurs pays pour échapper à la guerre, à la pauvreté, ou aux persécutions. Cherchant à rejoindre l’Europe par tous les moyens, ils viennent gonfler les chiffres de l’une des plus importantes migrations humaines depuis soixante-quinze ans.

Ils viennent de Syrie, d’Afghanistan, du Pakistan, de Somalie, d’Érythrée ou d’Irak... Une fois la côte Nord-Africaine atteinte, ils traversent la Méditerranée illégalement dans des containers, des bateaux de pêche ou à bord de cargos. Quelques centaines de milliers vont y parvenir… Le défi ne fait alors que commencer.

Diego Bunuel salue une démarche unique, à hauteur d’hommes ’ qui pour la première fois nous fait vivre au plus près cette incroyable aventure humaine, à la fois tragique et extraordinaire, qui se déroule chaque jour, chaque semaine, chaque mois depuis des années, souvent dans l’indifférence. Et découvrir l’espoir immense, l’énergie hallucinante, le courage profond qui animent ceux qui la traversent.’

Découvrez la Création Documentaire mercredi 5 octobre à 20h55 sur CANAL+, et jeudi 6 octobre à 20h55 sur Planète+ en version longue (trois épisodes).

EXODE, un documentaire de 120 minutes réalisé par James Bluemel. Production BBC / Keo Films avec la participation de CANAL+ et Planète+

Source : http://www.canalplus.fr/infos-documentaires/cid1418576-exode-temoignages-d-une-humanite-en-marche.html

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  • Garantir l’accueil des migrants : l’Europe en a-t-elle vraiment les moyens ? Document ‘figaro ?fr/vox’ - Publié le 12/01/2016 à 19:27 – Auteur : Frédéric Saint Clair - Photo : Migrants de Grande-Synthe - Crédits photo : BENOIT TESSIER/REUTERS
    FIGAROVOX/HUMEUR - Le pape François a estimé que l’Europe avait les instruments pour accueillir les migrants. Frédéric Saint Clair trouve que ce constat est sujet à débats. Frédéric Saint Clair est mathématicien et économiste de formation. Il a été chargé de mission auprès du Premier ministre Dominique de Villepin pour la communication politique (2005-2007). Il est aujourd’hui consultant en stratégie et communication politiques.

« Je souhaite donc rappeler ma conviction que l’Europe, aidée par son grand patrimoine culturel et religieux, a les instruments pour défendre la centralité de la personne humaine et pour trouver le juste équilibre entre le double devoir moral de protéger les droits de ses propres citoyens, et celui de garantir l’assistance et l’accueil des migrants. » Ainsi s’exprimait le pape François lors de ses voeux diplomatiques le 11 janvier 2016, rappelant aux ambassadeurs présents à la fois la nécessité de l’accueil et sa « gratitude pour toutes les initiatives prises pour favoriser un accueil digne des personnes ».

S’il est difficile de rester insensible aux arguments du Saint-Père, ce petit morceau de phrase qu’il a prononcé : « L’Europe [...] a les instruments », pourrait faire l’objet de longs débats. Et force est de constater que la population est chaque jour de plus en plus convaincue que l’Europe ne dispose en réalité pas de tels instruments. Les instruments juridiques, politiques, économiques, sociaux, font défaut. Non pas pour accueillir le flux de migrants, car si l’Union européenne est au pied du mur, force est également de constater que, même au pied du mur, même la tête sous l’eau, elle ne refoule pas, elle accepte, elle accueille. On peut critiquer les conditions, les perspectives, les moyens mis en oeuvre, mais l’accueil est là. Aucun migrant ne s’est trouvé face à un fusil, sommé de rentrer chez lui. Et même dans les murs qu’elle dresse, on trouve davantage d’humanité que dans les pays d’où ces réfugiés sont issus. Le Pape en est conscient, et il le réaffirme lorsqu’il dit que l’Europe demeure « un phare d’humanité ». Si donc ces instruments font défaut, c’est que l’Europe est incapable d’accueillir, d’intégrer ce flux de migrants, et les suivants, et de conserver également « l’équilibre » évoqué par le pape. Elle est incapable de rester hors de l’eau. Incapable de se sauver elle-même. Car l’Europe, aujourd’hui, malgré tout ce que peuvent penser et dire ceux qui soutiennent de telles politiques d’accueil, arguant que l’histoire nous a montré que des flux beaucoup plus massifs avaient été absorbés à différentes époques, l’Europe est au bord du précipice. Et si rien n’est fait, elle va plonger dans le vide en quelques décennies seulement. Pourquoi ?

Nombreux sont ceux qui ne la considèrent que sous son angle économique, anticipant le profit qu’ils pourraient en tirer, et plus nombreux encore sont ceux qui, la condamnant à cause de sa dimension économique trop visible et trop imparfaite, travaillent à la détruire.

Principalement parce que ceux qui aiment l’Europe sont devenus moins nombreux et moins puissants que ceux qui, additionnés, veulent en profiter ou la détruire. Nombreux sont ceux qui ne la considèrent que sous son angle économique, anticipant le profit qu’ils pourraient en tirer, et plus nombreux encore sont ceux qui, la condamnant à cause de sa dimension économique trop visible et trop imparfaite, travaillent à la détruire. L’individualisme évoqué par le pape ne se trouve-t-il pas aussi, et d’abord, dans l’esprit de ceux qui, inconscients de l’effort que demande la mise en place de structures sociales ultra-protectrices pour les plus miséreux issus des différentes parties du monde, exigent encore davantage de sacrifices des populations et des gouvernements ? L’intérêt pour « l’humanité des autres », souci premier s’il en est en Europe, doit-il conduire les peuples européens à ne plus s’intéresser à eux-mêmes ? Doivent-ils aider les autres au prix de leur propre survie ?

L’Europe est faible. Militairement. Diplomatiquement. Economiquement. Politiquement. La fiabilité de ses structures démocratiques internes est remise en cause chaque année par la poussée répétée et renforcée des extrêmes. Ses réseaux diplomatiques ne parviennent plus à contrebalancer la brutalité russe, l’inconséquence chinoise, l’aveuglement idéologique américain. Sa puissance militaire, dépourvue de toute coordination centralisée, est à bout de souffle, et, de toute manière, elle est devenue absolument incapable de se déployer efficacement sur tous les théâtres d’opération pour y assurer le double objectif indispensable de nos jours en matière stratégique : victoire militaire et reconstruction politique et économique. Quant à la santé économique de l’Europe, difficile de ne pas remarquer les perfusions chinoises, américaines, et moyen-orientales qui pendent à ses bras. L’Europe est faible donc, mais soyons clairs : Si l’élite européenne est à l’abri des crises, le peuple lui, cette « Europe qui se lève tôt », n’a aucun recours. Elle ne peut compter ni sur ses élites financières pour favoriser une transition économique vers un modèle plus viable et plus juste, ni sur ses élites politiques pour construire un avenir plus humain et plus « commun ». Et pourtant, la seule Europe, la vraie, c’est celle-là.

Et plus le fossé entre le pays d’accueil et le pays d’origine est grand, plus l’intégration massive sera impossible. Mais on ne peut pas non plus demander aux Européens de faire plus qu’ils ne font.

Qui accueille les réfugiés ? Qui paye la facture ? Est-ce l’élite européenne ? Sont-ce nos dirigeants, qui aujourd’hui sont à Bercy et demain retournerons chez Rothschild, qui seront confrontés aux conséquences futures des inconséquences politiques présentes ? Qui verra ses enfants grandir dans des écoles où, même avec la meilleure volonté du monde, la langue française ne sera plus acquise en fin de primaire que par un tiers de la classe ? Et malgré cela, chacun sait qu’on ne peut imposer aux réfugiés de faire plus qu’ils ne font. Car on ne se familiarise pas avec une culture, une langue, un système civilisationnel, en deux coups de cuiller à pot. C’est à dire : on ne devient pas européen uniquement parce qu’on l’a décidé. Et plus le fossé entre le pays d’accueil et le pays d’origine est grand, plus l’intégration massive sera impossible. Mais on ne peut pas non plus demander aux Européens de faire plus qu’ils ne font. Car être européen aujourd’hui, c’est à dire faire partie du « peuple européen », est déjà une épreuve ; cela consiste déjà à payer un lourd tribut au principe d’humanité. La vérité, c’est que l’Europe va faire face aux problèmes qui la confronte, mais qu’elle en est incapable, et donc qu’elle échouera. La vérité, c’est que l’Europe est en train de créer du malheur, de la détresse sociale et économique, des conflits politiques, ethniques, culturels et religieux impossibles à régler. Par l’absence de réalisme de ses élites, par un défaut d’intelligence, l’Europe est entrée dans un processus irréversible qui la conduira, en l’espace d’une vie d’homme, à sa perte.

Sponsorisés par Outbrain -Source : http://www.lefigaro.fr/vox/societe/2016/01/12/31003-20160112ARTFIG00311-garantir-l-accueil-des-migrants-l-europe-en-a-t-elle-vraiment-les-moyens.php

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  • Infographie : l’intégration d’un migrant selon son pays d’accueil dans l’Union européenne Document ‘france24.com’ EUROPE. Texte par Charlotte OBERTI- Première publication : 03/02/2016 - Photo - © Angelos Tzortzinis, AFP | Une personne migrante dans un centre d’enregistrement sur l’île grecque de Samos, le 17 janvier 2016.
    En Europe, les politiques d’intégration des migrants divergent selon les pays. Suite aux agressions commises par des étrangers à Cologne le soir du Nouvel An 2016, certains États ont même mis en place des cours ’de bonne conduite’. Tour d’horizon.

Comment faciliter l’intégration d’un migrantqui a vocation à rester dans son pays d’accueil ? Doit-on lui en enseigner les valeurs ? Quels cours suivre et durant combien de temps ? Alors que l’Europe a connu en 2015 sa plus importante crise migratoire depuis la Seconde Guerre mondiale, l’Union européenne n’a pas adopté de position commune en termes d’intégration des migrants. À ce jour, chaque pays applique donc ses propres programmes en la matière, lesquels peuvent être radicalement différents.

Ces ’cours d’intégration’ contiennent généralement des formations civiques qui peuvent varier du tout au tout : simple présentation des institutions du pays (comme en France), jusqu’à l’apprentissage du droit ou des mœurs sexuelles. Les contenus de ces formations ne sont pas toujours communiqués.

Ajouté à ces politiques déjà existantes, les évènements de Cologne, en Allemagne, durant le Nouvel An [au cours desquels des centaines de femmes ont été agressées sexuellement par des hommes qui pourraient être des migrants], ont provoqué des réactions dans certains États. Plusieurs pays européens, à l’image de la Finlande, la Norvège ou la Belgique, ont jugé bon de renforcer leur dispositif à l’aide de cours de valeurs occidentales ou encore d’égalité hommes-femmes.

France 24 détaille les mesures mises en place dans quelques-uns des pays de l’Union européenne : France, Allemagne, Autriche, Espagne, Italie, Suède, Norvège, Finlande, Belgique, Danemark. Certains États ne communiquent pas de données sur ces thématiques, à l’instar de la Hongrie, ouvertement hostile aux migrants.

Cette infographie se penche uniquement sur les dispositifs en matière d’intégration des nouveaux arrivants mis en œuvre une fois que ces derniers ont été reconnus par les services d’immigration desdits pays. Elle ne prend pas en compte les mesures concernant les politiques d’accueil qui, elles aussi, varient considérablement entre les États.

Migrant, dis-moi où tu vas, je te dirai ce que tu apprendras

lors que l’Europe a connu en 2015 sa plus importante crise migratoire depuis la Seconde Guerre mondiale, l’Union européenne n’a pas défini de critères communs pour les dispositifs d’intégration des migrants. À ce jour, chaque état membre applique donc ses propres programmes, lesquels peuvent être radicalement différents.

Les ’cours d’intégration,’ pour ceux que France 24 a pu consulter, se déclinent généralement en formations civiques au contenu très variable : simple présentation des institutions du pays (comme en France par exemple), jusqu’à l’apprentissage du droit ou des mœurs sexuelles.

À la suite des évènements du Nouvel An à Cologne, en Allemagne, où des centaines de femmes ont été agressées sexuellement par des hommes dont certains pourraient être des migrants, plusieurs pays européens, dont la Finlande, la Norvège ou la Belgique, ont jugé bon de renforcer leur dispositif à l’aide de cours de valeurs occidentales ou encore d’égalité hommes-femmes. Revue de détails en tapant ci-après :.

© 2016 Copyright France 24 – Tous droits réservés - France 24 n’est pas responsable des contenus provenant de sites Internet externes – Source : http://www.france24.com/fr/20160131-infographie-integration-migrant-pays-union-europeenne-cours-langues-valeurs-moeurs

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  • Migrants : ’Il faut accroître les capacités d’accueil en Europe’ – Document avec vidéo ‘Europe1’. Par Anaïs Huet. 08h33, le 03 août 2016, modifié à 09h39, le 03 août 2016 - Pour Geneviève Garrigos, porte-parole d’Amnesty International France, l’Union européenne doit faire davantage d’efforts pour accueillir les réfugiés. INTERVIEW
    ’Ces personnes ont désespérément besoin de notre aide et il faut les aider’. Invitée d’Europe 1 mercredi, Geneviève Garrigos, porte-parole d’Amnesty International France, est venue une nouvelle fois tirer la sonnette d’alarme sur la situation des migrants. 

4.000 morts depuis janvier. Mardi, l’Organisation internationale pour les migrations (OIM) révélati que plus de 4.000 migrants et réfugiés ont perdu la vie depuis le début de l’année, un chiffre en hausse de 26% par rapport à la même période de l’an dernier. ’Ce serait essentiellement dû aux très gros naufrages’, comme celui du chalutier au large de la Libye qui a coûté la vie à 800 migrants, précise Geneviève Garrigos.

Une dangereuse habitude. L’ancienne présidente d’Amnesty International France regrette le relatif silence des médias qui s’est peu à peu imposé, à force d’habitude. ’Quand il y a eu cet accord entre l’UE et la Turquie sur les migrants, on a eu l’impression que ça avait réglé la question. Or, il y a toujours 20 millions de réfugiés dans le monde’, rappelle-t-elle. Pour Geneviève Garrigos, les pays de l’Union européenne ont aussi délaissé la question des réfugiés. ’Les pays de l’UE s’étaient engagés à relocaliser les réfugiés (répartition des réfugiés en Grèce et Italie dans les autres pays européens). On voit que c’est en panne et que seules quelques centaines ont été ainsi déplacées. Et avec une détresse très importante dans les camps. Tout ça, on n’en parle plus’, s’émeut la porte-parole.

Pour Amnesty International, une des solutions est sans nul doute ’d’accroître les capacités d’accueil en Europe’. ’On crée des conditions indignes. On le voit à Stalingrad à Paris, à Calais, à Vintimille... Ces personnes, qui sont déjà traumatisées, arrivent ici avec un espoir et sont rejetées’, décrit Geneviève Garrigos. 

’Créer des voies sécurisées’. La lutte contre les passeurs, elle, semble fonctionner. En un an, l’opération navale Sophia a permis l’arrestation de 75 passeurs et la destruction de 217 embarcations. Si l’initiative est louable, elle n’est pas suffisante pour Geneviève Garrigos. ’Ce qui explique l’existence des passeurs, c’est avant tout la nécessité absolue des personnes voulant traverser. Ce que nous demandons depuis le début et qui, selon nous, aidera le plus à lutter contre ces filières, c’est de créer des voies sécurisées, c’est-à-dire des visas’, souligne la porte-parole d’Amnesty International France. ’Il faut faire venir les personnes les plus vulnérables, et faire que celles qui doivent vraiment fuir n’aient pas besoin d’avoir recours à ces passeurs’.

Des djihadistes dans les flux de migrants ?

Une partie de l’opinion publique et des politiques veulent restreindre l’accueil des réfugiés, arguant que ces flux migratoires pourraient servir de couverture aux djihadistes pour passer facilement en Europe. Pour Geneviève Garrigos, c’est un faux-procès. ’Les djihadistes n’ont pas besoin de se déguiser pour entrer dans l’Union européenne. Je crois qu’ils l’ont prouvé depuis des années maintenant’, justifie-t-elle. Pour couper court aux fausses polémiques, la porte-parole d’Amnesty International France souligne par ailleurs que ’parmi les gens qui arrivent, il y a un nombre très important de femmes et d’enfants. Les enfants représentent à eux seuls presque 40%’. 

Sur le même sujet :

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  • Sur la route des Balkans, la fin d’un espoir - Réfugiés, l’Europe tire le rideau – Document ‘Le Monde Diplomatique’ - Avril 2016, page 8. Par Jean-Arnault Dérens, rédacteur en chef du site Le Courrier des Balkans. Dernier ouvrage paru (avec Laurent Geslin) : Voyage au pays des Gorani (Balkans, début du XXIe siècle), Cartouche, Paris, 2010, et Simon Rico, journaliste.
    Un million de réfugiés ont emprunté la route des Balkans au cours de l’année 2015. Tandis que l’Union européenne s’accorde avec la Turquie pour tenter d’endiguer les départs, les fermetures successives de frontières coupent ce corridor humanitaire informel dans lequel sont encore engagés des dizaines de milliers d’êtres humains fuyant la guerre ou la misère.

Réfugiés, l’Europe tire le rideau

Idomeni, frontière gréco-macédonienne. Au bout d’une petite route de campagne, dans une plaine battue par les vents qui descendent des montagnes, se dresse le dernier camp grec, coincé entre des champs et une petite gare de fret. Il suffit de marcher quelques centaines de mètres le long de la voie ferrée pour accéder aux grilles qui marquent l’entrée en Macédoine. Les policiers entrouvrent la porte qui donne accès au camp macédonien de Gevgelija, laissant passer les réfugiés par groupes de cinquante. Avec la fermeture progressive de la route des Balkans, la Macédoine a durci les conditions d’accès : en novembre 2015, seuls les citoyens afghans, irakiens et syriens étaient acceptés comme réfugiés, les ressortissants de tous les autres pays étant considérés comme des « migrants économiques ». Puis, en janvier, les Afghans n’ont plus été acceptés. Début mars, les Syriens originaires d’Alep pouvaient toujours passer, mais plus ceux venus de Damas.

Alors que les capacités du camp d’Idomeni ne sont que de 1 500 personnes, ils sont des milliers à s’entasser dans de petites tentes, survivant dans des conditions extrêmement précaires. Lorsque la Slovénie a annoncé à son tour la fermeture de sa frontière (voir la carte ci-dessous), le 8 mars à minuit, la même question revenait sur toutes les lèvres : comment poursuivre le voyage ? Faut-il recourir aux réseaux de passeurs, maintenant que le corridor humanitaire est complètement coupé ? Personne, en tout cas, n’envisage de revenir en arrière, vers la Turquie.

Du corridor à l’impasse

Du corridor à l’impasse Cécile Marin, avril 2016

Evzoni, sur l’autoroute de Salonique à Skopje. A quelques kilomètres d’Idomeni, la dernière station-service avant le poste-frontière est redevenue le repaire des passeurs depuis novembre 2015. « J’arrive d’Athènes. J’ai donné 700 euros à un guide pour aller jusqu’à Belgrade », explique M. Brahim T., Algérien d’une trentaine d’années. Plusieurs centaines de personnes dorment chaque nuit de part et d’autre de l’autoroute ; les plus riches à plusieurs dans une modeste chambre d’hôtel et les autres dans des bâtiments désaffectés. Tous sont connectés à Internet grâce à leurs téléphones. Ces communications sont vitales pour contacter les passeurs, étudier les itinéraires, parler avec la famille.

Ici, il n’y a que des hommes, ou presque. La plupart viennent du Maghreb ou d’Iran : ils n’ont aucune chance d’être acceptés comme réfugiés. La nuit, ils tentent par petits groupes de forcer les barbelés qui ceinturent la frontière entre la Grèce et la Macédoine. M. Larbi H., originaire du sud du Maroc, a essayé à plusieurs reprises : « Il y a des trous dans la barrière, mais il faut se méfier parce que les soldats macédoniens attendent un peu plus loin. Ils nous arrêtent, nous frappent et nous renvoient en Grèce. »

Veles, centre de la Macédoine. La maison de Mme Lenče Zdravkin surplombe la voie ferrée. Dès 2011, elle a vu passer des migrants qui marchaient le long des rails ; l’accès aux trains leur était alors interdit. Cité industrielle en déshérence, Veles se trouve presque à mi-distance des frontières de la Grèce, au sud, et de la Serbie, au nord. « J’ai commencé à leur donner de l’eau, des biscuits, des vêtements… Je leur proposais de se reposer une heure à l’ombre, de se laver les pieds. Beaucoup avaient peur, ils se cachaient de la police, mais, très vite, mon adresse a circulé sur les réseaux sociaux. » Cette mère de famille d’une cinquantaine d’années a été l’une des premières en Macédoine à se mobiliser en faveur des migrants et des réfugiés. « Certains ont pensé que j’étais folle de m’occuper ainsi des gens de passage. Puis les voisins, les habitants de la ville ont commencé à apporter de la nourriture, des couvertures. » Au printemps 2015, plusieurs dizaines de personnes faisaient halte chaque jour à Veles. Mme Zdravkin a poursuivi son engagement comme bénévole dans le camp de Gevgelija. Depuis que la route des Balkans se ferme, elle revoit passer des réfugiés à pied. « Si on leur interdit de passer légalement, ils n’ont pas d’autre choix que d’avancer en se cachant. J’avais cru que l’Europe apporterait des solutions humanitaires, permettrait aux gens de voyager dignement. Au contraire : on en est revenu aux pires moments de la clandestinité. » Depuis sa fenêtre du premier étage, elle guette à nouveau les ombres furtives qui avancent le long des rails.

Près de mille volontaires tchèques et slovaques

Lojane, sur les flancs du Kadarak, région albanaise de Macédoine. Au pied des sommets qui le séparent du Kosovo, ce village surplombe l’autoroute, la voie ferrée et le poste-frontière de Tabanovce, entre la Macédoine et la Serbie. Depuis bien longtemps, la police macédonienne n’entre plus dans ces bourgades, anciennes place fortes des guérillas albanaises, plaques tournantes de nombreux trafics. Lojane a longtemps été une étape obligée : les migrants attendaient la nuit pour tenter de passer clandestinement en Serbie, dormant dans des maisons en construction ou dans les fourrés proches de la frontière, la « jungle » locale. Avec l’organisation du corridor humanitaire, les flux se sont détournés durant plusieurs mois vers la vallée. Mais les « illégaux », les « migrants économiques » auxquels l’accès à ce corridor était refusé ont bien vite repris la route de la montagne. « Les violences ont augmenté à proportion des restrictions imposées par l’Union européenne », déplore Mme Francisca Baptista da Silva, porte-parole de Médecins sans frontières (MSF) en Serbie. En mai 2015, un réseau de preneurs d’otages dirigé par un ressortissant afghan surnommé « Ali Baba » avait été démantelé, permettant la libération de plusieurs dizaines de réfugiés. Depuis, les « affaires » ont repris.

Preševo, sud de la Serbie. L’émigration reste une soupape économique pour les cinquante mille habitants de cette ville majoritairement peuplée d’Albanais qui se niche dans le fond d’une vallée pauvre, coincée entre le Kosovo et la Macédoine. La police consigne l’identité des réfugiés et relève leurs empreintes digitales dans une usine de tabac désormais fermée, comme la quasi-totalité des entreprises de la ville. La crise des réfugiés a favorisé l’arrivée massive d’argent frais. Transport en bus vers la Croatie, alimentation, téléphonie mobile : une économie parallèle entièrement tournée vers eux s’est mise en place pendant le pic des arrivées, entre juin et novembre. M. Shkëlzen K., qui tient une supérette juste en face du centre, affirme avoir triplé son chiffre d’affaires en 2015. Le quartier de la gare était alors devenu un camp à ciel ouvert. Des milliers de personnes dormaient sur les trottoirs en attendant d’être identifiées et d’obtenir le laissez-passer de soixante-douze heures délivré par les autorités serbes, indispensable pour poursuivre la route vers la Croatie. Le centre d’enregistrement est toujours ouvert, mais les arrivées se sont raréfiées.

Dimitrovgrad, frontière serbo-bulgare. Pour certains, l’arrivée en Serbie a le goût d’une première victoire, d’une libération. Chaque jour, cent à trois cents Afghans arrivent dans cette localité déshéritée. Depuis la Turquie, ils ont traversé à pied la Bulgarie, marchant la nuit, en se cachant. Le voyage dure deux semaines pour les plus robustes et les plus chanceux. Quasiment tous les récits se ressemblent. Ils évoquent les tabassages systématiques par la police bulgare, qui dépouille les réfugiés de leurs économies et de leurs précieux téléphones. A bout de forces, Javeed, adolescent de 15 ans, titube d’épuisement près du centre d’accueil où la police serbe délivre les laissez-passer. Deux grandes tentes permettent de s’abriter du froid, mais il n’y a jamais assez de place pour tout le monde. Des bénévoles venus de Suisse distribuent de la soupe et des couvertures. « Il n’y a que les Afghans qui peuvent faire ce voyage, lâche un ami de Javeed. Nous sommes habitués à marcher dans la montagne ; les Syriens ne pourraient pas nous suivre. » Les Afghans qui traversent la Bulgarie sont aussi les plus pauvres des réfugiés, ceux qui ne peuvent pas payer des passeurs. La poursuite de leur voyage est devenue bien aléatoire depuis que les pays européens ne les acceptent plus.

Sid, frontière serbo-croate. Entre mi-septembre et fin octobre 2015, plus de 200 000 réfugiés sont passés de Serbie en Croatie en empruntant le petit poste de Berkasovo-Bapska, dans les collines qui surplombent les méandres du Danube. Durant cette période, près de mille volontaires tchèques et slovaques se sont succédé sur cette frontière, offrant nourriture et réconfort. « Nous sommes ici parce que nous avons honte de notre président, honte de notre gouvernement, expliquait M. Pavel H., chrétien évangélique d’une cinquantaine d’années qui campait à Berkasovo avec des militants anarchistes. Nous voulons montrer que tous les Tchèques ne sont pas pour la fermeture des frontières. » Par la suite, le passage s’est organisé depuis la gare de la ville voisine de Sid, où les policiers serbes et croates veillaient conjointement à l’embarquement des réfugiés en direction du centre d’accueil croate de Slavonski Brod. « Comment dit-on “s’il vous plaît” en arabe ? Tu le sais, toi, le Croate ? », lance à son collègue un fonctionnaire serbe qui tente d’orienter une famille syrienne. L’arrivée des réfugiés a contribué à rétablir des relations « fonctionnelles » entre les ennemis d’hier.

Subotica, frontière serbo-hongroise. De 1945 à 1989, cette ville, la dernière de Serbie avant la Hongrie, jouxtait le rideau de fer qui coupait l’Europe en deux. En 2011, la ville est devenue un nœud essentiel de la route des Balkans. Les migrants se regroupaient aux abords d’une ancienne briqueterie désaffectée. Des réseaux de passeurs assuraient le transfert jusqu’en Hongrie. A l’hiver 2014-2015, pas moins de cent mille Kosovars ont profité de ces réseaux lors d’un exode aussi soudain qu’éphémère. Après le blocage total de la frontière par la Hongrie, le 14 septembre, plus personne ne passait par Subotica ; mais, avec la mise en place de la distinction entre « réfugiés » et « migrants économiques », la jungle attire à nouveau les candidats à l’exil. M. Hakim T., originaire du Maroc, attend un virement de 1 200 euros pour payer le passage de la frontière. « Je dois me faire déposer en voiture, le guide me montrera une ouverture dans les barbelés et quelqu’un m’attendra de l’autre côté. Ce n’est pas si difficile. » Malgré les dangers bien réels — violences, racket et prison en cas d’arrestation —, les passages clandestins ont repris au fur et à mesure que les routes « légales » se fermaient.

Sveta Lucija, frontière croato-slovène. Une mémorable partie de volley-ball s’est déroulée à ce petit poste-frontière des confins de l’Istrie. Le 19 décembre 2015, pour protester contre la construction d’un mur de barbelés le long des frontières slovènes, les citoyens des deux pays s’étaient donné rendez-vous de part et d’autre du grillage. Les militants et les sportifs ne sont pas les seuls à s’opposer à cette barrière : les associations de chasseurs dénoncent également l’obstacle qu’elle représente pour le gibier. Ni l’éclatement de la Yougoslavie ni l’adhésion de la Slovénie à l’Union européenne, en 2004, n’avaient conduit à l’érection d’un tel rideau de fer.

L’Albanie déploie des hommes à la frontière grecque

Sentilj, frontière austro-slovène. C’est ici qu’ont éclaté les premiers affrontements des guerres yougoslaves, en juin 1991, quand la défense territoriale slovène a repris aux unités de l’Armée populaire yougoslave le contrôle des frontières avec l’Autriche. Le poste de Sentilj-Spielfeld est le principal point de passage entre les deux pays, le véritable verrou de la route des Balkans. Durant tout l’automne 2015, il est resté fermé à la circulation automobile, tandis que chaque jour des milliers de réfugiés attendaient de pouvoir passer vers le nord. Le 19 février, l’Autriche a introduit des quotas, limitant l’accès quotidien à son territoire à 80 demandeurs d’asile et à 3 200 réfugiés à même de prouver que leur destination finale était un pays tiers. Ce même jour, Vienne réunissait les chefs de la police de Slovénie, de Croatie, de Serbie et de Macédoine pour mettre en place une procédure unique d’enregistrement des réfugiés en transit. Quelques jours plus tard, l’Autriche organisait un sommet régional des chefs de gouvernement — en omettant d’inviter la Grèce, qui dénonça aussitôt une initiative « unilatérale et inamicale ». Sans véritable réaction de l’Union européenne, l’Autriche et ses alliés du groupe de Visegrád (Hongrie, République tchèque, Slovaquie et Pologne) s’affranchissaient des règles de l’espace Schengen et achevaient la fermeture de la route des Balkans (1).

Kafasan, sur les bords du lac d’Ohrid, frontière albano-macédonienne. Si les flux en provenance de Turquie ralentissent, les dizaines de milliers de personnes bloquées en Grèce recherchent de nouvelles routes. Deux semblent envisageables : l’une pourrait traverser la Roumanie et l’Ukraine, l’autre l’Albanie. Depuis ce dernier pays, les réfugiés pourraient passer au Monténégro, puis en Bosnie-Herzégovine et en Croatie, ou bien tenter de rejoindre directement l’Italie en traversant l’Adriatique. Depuis des mois, les autorités de Tirana s’attendent à leur arrivée. Début mars, elles ont commencé à déployer des unités spéciales de la police aux confins du pays, à la frontière grecque, et aux abords de la frontière avec la Macédoine, entre Pogradec et Struga. Contrôler toutes les voies de passage dans les montagnes albanaises sera cependant difficile, et le pays pourrait bien vite se transformer en nouveau cul-de-sac.

Soutenez-nous ! L’existence de notre journal ne peut pas uniquement dépendre du travail de la petite équipe qui le produit, aussi enthousiaste soit-elle. Nous savons que nous pouvons compter sur vous. Faites un don Abonnez-vous - (1) Lire Benoît Bréville, « Haro sur Schengen », Le Monde diplomatique, janvier 2016. Voir aussi : Du corridor à l’impasse par Cécile Marin

Source : https://www.monde-diplomatique.fr/2016/04/DERENS/55187

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  • Migrants : les pays européens récalcitrants à l’accueil de réfugiés mis à l’amende ? Document ‘franceinfo 20 heures’. 04 mai 2016 avec vidéo à la source
    La Commission européenne rappelle ses membres à l’ordre et brandit la menace d’amendes très lourdes. ’Europe se déchire sur la question des migrants, entre les pays prônant l’accueil et ceux rejetant les réfugiés. La Commission européenne intervient dans ce dossier et propose d’instaurer une amende de 250 000 euros par réfugié et par jour aux pays ne respectant par leurs quotas d’accueil.

En 2015, Bruxelles demandait à la Slovaquie de prendre en charge 902 migrants. Le pays n’en n’accueille aucun. Si le système fonctionnait, la Slovaquie devrait s’acquitter tous les jours de plus de 225 millions d’euros. Pour la Pologne (qui doit accueillir 6 100 migrants), l’amende atteindrait plus de 1,5 milliard d’euros.

Des amendes polémiques

Il n’y a pas de solidarité à la carte dans l’UE. (...) Je pense que c’est une manière de montrer sa solidarité’, explique Frans Timmemrans, vice-président de la Commission européenne. L’argent récolté permettrait d’aider les pays en difficulté comme l’Italie, la Grèce ou l’Allemagne. Néanmoins, ces montants font jaser : plusieurs pays d’Europe centrale sont dans l’incapacité de débourser de telles sommes.

France Info : Nous contacter Qui sommes-nous ? - Source : http://www.francetvinfo.fr/monde/europe/migrants/migrants-les-pays-europeens-recalcitrants-a-l-accueil-de-refugies-mis-a-l-amende_1435868.html

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  • Espace Schengen : ces nouveaux gardes-frontièresDocument ‘La Dépêche du Midi’ International - Union européenne – Publié le 07/10/2016 à 08:10 .

    Schengen : ces nouveaux gardes-frontières

Illustration : Espace Schengen : ces nouveaux gardes-frontières

L’Union européenne a étrenné hier son nouveau corps européen de gardes-frontières pour mieux se protéger et offrir une image d’unité sur la question migratoire. L’Union européenne a étrenné hier son nouveau corps européen de gardes-frontières avec pour objectif de mieux se protéger et offrir enfin une image d’unité sur la question migratoire toujours aiguë, un an après un afflux inédit de demandeurs d’asile. Cette force, qui remodèle l’agence Frontex, a symboliquement été inaugurée à la frontière entre la Bulgarie et la Turquie, principal point d’entrée terrestre des migrants lorsqu’ils contournent la périlleuse voie maritime via la Méditerranée.

1 500 hommes à terme

Brassard ou gilet bleu frappés du nom de la nouvelle Agence européenne de gardes-côtes et gardes-frontières (EBCG), des dizaines de gardes-frontières de plusieurs pays étaient postés au point de passage de Kapitan-Andreevo (sud) pour incarner la nouvelle force de réaction rapide voulue par l’UE.

Cette réserve pourra atteindre 1 500 hommes, dépêchés par les États membres, dont la mission sera d’assister les pays situés en première ligne des arrivées de migrants, en cas d’afflux massif. Avec plus de 850 000 arrivées par la mer en 2015, la Grèce avait connu des mois de détresse sur ses îles à quelques encablures de la Turquie, où des milliers de personnes fuyant les conflits et la misère au Moyen-Orient et en Asie débarquaient chaque jour. Les pays de l’UE avaient semblé incapables d’apporter une réponse coordonnée à cette crise inédite.

« La nouvelle agence est plus forte et mieux équipée pour faire face aux migrations et au défi sécuritaire », a assuré hier Fabrice Leggeri qui dirigeait Frontex et prend la tête de la nouvelle structure. Elle mènera un audit des frontières extérieures pour « identifier les points de vulnérabilité avant qu’une crise se produise », a-t-il ajouté.

Le Commissaire européen Dimitris Avramopoulos a salué « un jour historique » et un « symbole d’unité » pour les 28 membres qui démontrent « leur responsabilité collective dans la gestion de leur frontière extérieure commune ». « Nous n’œuvrons pas pour une Europe forteresse », a assuré le commissaire européen. Depuis le pic migratoire de l’année 2015, le pacte scellé par l’UE avec Ankara en mars et la fermeture des frontières initiée par les pays situés sur l’itinéraire migratoire des Balkans ont fait chuter les arrivées sur les îles grecques.

Les inquiétudes portent désormais sur l’Italie. Plus de 10 000 migrants ont été secourus ces derniers jours en Méditerranée et au moins 49 personnes sont mortes. M. Avramopoulos a promis « de renforcer le soutien » à ce pays, où 18 navires de Frontex et 500 agents sont à l’œuvre. « Nous serons là si l’Italie a besoin de nous », a-t-il assuré. L’agence aidera aussi aux retours volontaires des migrants et vise à permettre un retour progressif à la libre circulation dans l’espace Schengen, un des piliers de l’UE.

©ladepeche.fr – Source : http://www.ladepeche.fr/article/2016/10/07/2434495-schengen-ces-nouveaux-gardes-frontieres.html

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  • Osons le défi des migrations ! Document ‘La Libre Belgique’ - Contribution externe Publié le mardi 25 octobre 2016 à 16h27 - Mis à jour le mardi 25 octobre 2016 à 16h28. Photo de migrants le long d’une clôture grillagée Opinions
    Une opinion de Zakia Khattabi et Patrick Dupriez, coprésidents d’Ecolo.

’Le temps est aux frontières !’ Marine Le Pen jubile, à juste titre... Et avec elle, les Orban, Sarkozy, Francken et consorts ne sont pas en reste. La question des migrations, quoi qu’on en dise, reste un impensé politique et faute d’un projet proactif plutôt que réactif, cohérent et assumé par les progressistes, les réactionnaires et l’extrême droite européenne ont occupé le terrain et imposé leur agenda de telle sorte qu’aujourd’hui, le seul horizon politique est la fermeture, le repli sur soi et que toute alternative à cette approche se voit discréditée.

Cette obsession du repli sur les frontières nationales de plus en plus partagée à gauche comme à droite est la victoire la plus éclatante de l’extrême droite européenne. Oui, partout en Europe l’extrême droite a gagné, sinon dans les urnes, au moins dans les esprits, les débats publics et les réponses politiques.

Il y a là une véritable faillite des progressistes qui, paralysés par une actualité dramatique, ne cherchent pas à faire évoluer les esprits, semblent avoir renoncé à convaincre et courent derrière les sondages d’opinion. Opinion qui, alimentée exclusivement par les discours politiques de haine et de fermeture, a légitiment peur et demande à être protégée. La quadrature du cercle...

Heureusement, l’opinion publique n’est pas une chose naturelle et immuable. Elle est façonnée par les politiques et les médias. Et puis l’opinion n’est pas univoque non plus. Ils sont nombreux ceux qui, quotidiennement, s’engagent : partout en Europe, et chez nous en Flandre, à Bruxelles et en Wallonie, des citoyens se rassemblent et se mobilisent pour accueillir les migrants dans des élans de solidarité et de générosité qui devraient faire rougir de honte les responsables politiques absents…

Mais nous ne sommes pas naïfs, il est évident qu’on ne peut attendre de nos concitoyens victimes de la précarité, du chômage, d’inégalités profondes, toutes ces victimes de la mondialisation néolibérale, qu’ils acceptent de partager ce qu’ils n’ont pas, qu’ils accueillent à bras ouverts les migrants, les demandeurs d’asile… On ne pourra gagner le pari de l’ouverture en matière d’asile et de migration en dehors de la lutte contre les inégalités. Si ce n’est un préalable, c’est au moins un combat à mener de front, nous en avons la conviction profonde. On ne pourra gagner le pari de l’ouverture qu’en assainissant le terreau dans lequel la défiance, les peurs se développent : celui des inégalités...

Face à l’hégémonie de la droite la plus extrême, face aux mensonges des dirigeants européens ou de la droite au pouvoir chez nous qui transforme la réalité en faisant croire que les frontières sont ouvertes, face aux déclarations quotidiennes de notre secrétaire d’Etat qui criminalise systématiquement les demandeurs d’asile, les migrants, nous avons le devoir de dire STOP. Nous refusons de continuer à voir le débat confisqué !

Nous avons la responsabilité de rétablir la vérité : non les frontières ne sont pas ouvertes, elles sont même hermétiquement fermées. Et elles le sont à un point tel que ce sont finalement les passeurs qui donnent le ton en sélectionnant, décidant qui arrive, à quel prix et surtout dans quelles conditions.

Les migrations ont toujours existé. Elles structureront ce siècle. A ceux qui fuient la guerre s’ajoutent ceux, de plus en plus nombreux, qui veulent échapper à des conditions climatiques rendant la vie impossible. Le défi qu’elles posent aux individus et familles décidant de quitter leur lieu de vie est double. La tragédie humanitaire en cours aux frontières de l’Europe questionne nos valeurs et l’avenir des solidarités. La libération de la parole raciste interroge ensuite notre capacité à vivre ensemble dans des sociétés qui s’imposent multiculturelles, quoi qu’on en pense.

A l’heure du démantèlement à Calais, malgré les vents contraires, nous appelons à constituer un front non commun avec toutes celles et tous ceux qui comme nous sont prêts à porter l’idée d’une nouvelle régulation des flux migratoires fondée sur l’ouverture, l’intelligence, l’efficacité et l’humanisme. Notre société a la responsabilité d’accueillir, d’intégrer et de transformer les défis en opportunités.

Sur le même sujet :

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  • Accueil des migrants : Angela Merkel fait son mea culpaDocument LCI. 19 sept 2016 16:14. Virginie Fauroux. Mis à jour : le 20/09/2016.
    DESAVEU - Le mécontentement grandit en Allemagne sur la politique migratoire d’Angela Merkel. Son parti, la CDU, a enregistré dimanche un nouveau revers électoral à Berlin. Du coup, la chancelière allemande fait marche arrière. Elle a reconnu ce lundi une impréparation dans l’accueil des migrants.

Le vent tourne pour Angela Merkel, à un an des prochaines élections législatives. Son parti, la CDU, a enregistré dimanche le pire résultat de son histoire pour des élections régionales à Berlin, n’obtenant que 17,6% des suffrages. Il s’agit du deuxième revers électoral consécutif en deux semaines pour l’Union chrétienne-démocrate de la chancelière. 

Des résultats qui surviennent dans un climat de mécontentement croissant à l’égard des réfugiés. Ainsi, la droite populiste Alternative pour l’Allemagne, qui met en garde contre une islamisation du pays, a obtenu 14,2% des voix dans la capitale allemande.

Si je pouvais, je remonterais le temps de plusieurs annéesAngela Merkel.Conséquence, Angela Merkel a reconnu lundi des erreurs commises dans sa politique migratoire et promis de tout faire pour que le chaos de l’automne 2015 en Allemagne ne se reproduise pas. ’Si je pouvais, je remonterais le temps de plusieurs années en arrière afin de pouvoir, avec le gouvernement et les autres décideurs, mieux nous préparer à la situation qui nous a pris un peu de court à la fin de l’été 2015, lorsque des dizaines de milliers de réfugiés ont afflué en Allemagne’, a-t-elle déclaré à la presse.

Angela Merkel a promis de mieux expliquer sa politique en matière d’intégration

Pour autant, Angela Merkel a de nouveau défendu sa décision controversée d’ouvrir les frontières de son pays aux réfugiés fuyant en particulier la guerre civile en Syrie, notamment pour des raisons humanitaires. ’Au bout du compte, c’était totalement justifié’, a-t-elle dit.

Mais elle a promis de ’mieux expliquer’ à l’opinion sa politique en matière d’intégration. En commençant par ne plus utiliser son slogan volontariste de l’été 2015 en matière d’accueil des réfugiés : ’Nous y arriverons !’ qui lui vaut aujourd’hui les critiques de ses adversaires. Dans le même temps, elle a refusé de céder aux sirènes populistes qui demandent l’interdiction de l’immigration musulmane. Une telle mesure serait contraire à la constitution, aux obligations humanitaires de l’Allemagne et à ses ’valeurs’, a-t-elle ajouté. 

Lire aussi : Grèce : les camps de migrants surpeuplés

Vidéos à consulter à la source : http://www.lci.fr/international/migrants-angela-merkel-fait-son-mea-culpa-2003671.html

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  • Comme l’Union soviétique, l’UE bientôt dans les poubelles de l’histoire ?Document ‘RT’ en français, 16 septembre 2016 - Photo - © Ognen Teofilovski Source : Reuters - Des migrants en Macédoine, après avoir traversé la frontière grecque.
    La récente crise des migrants a fait lumière sur la « crise d’unité » de l’Union européenne. Pour le journaliste irlandais Bryan MacDonald, l’organisme européen souffre des mêmes symptômes que l’URSS dans ses dernières années d’existence.

Bryan MacDonald est journaliste. Il a travaillé à Dublin durant de nombreuses années, pour le compte de Ireland on Sunday et The Evening Herald. Il écrit également des critiques de pièces de théâtre dans les colonnes du Daily Mail. Il se consacre à présent principalement aux sujets liés à la Russie.

Mikhaïl Gorbatchev a très bien dit, il y a pas mal de temps : « Le développement le plus énigmatique de la politique moderne, c’est la détermination apparente des dirigeants européens occidentaux à recréer l’Union soviétique en Europe de l’Ouest. »

Le dernier dirigeant soviétique ne se référait pas à une aspiration de l’UE de s’étendre vers l’est, mais plutôt à la structure de gouvernance mal équilibrée, quand les petits Etats sont de plus en plus dominés par des membres plus grands. Cela est apparu de façon évidente l’année dernière, lorsqu’Angela Merkel a de façon quasiment unilatérale imposé à l’Union une politique d’immigration libérale, qui a entraîné une division très importante de ses membres.

Il y a dix ans, la Bulgarie et la Roumanie étaient à quelques mois de l’accession à l’UE, la Croatie faisant tout son possible pour les suivre. En effet, l’Union était tellement attirante que même les pays riches comme la Suisse et la Norvège avaient des débats sérieux en vue de la rejoindre. Si quelqu’un avait annoncé que dix ans plus tard, le président de la Commission européenne lancerait des avertissements concernant à la « crise existentielle » de l’UE, vous vous seriez probablement demandé ce qu’il avait bu.

Mais on est en 2016, et Jean-Claude Juncker a dit cela dans son discours annuel devant les députés. Il a reconnu que le bloc manquait d’unité en indiquant que « l’histoire ne se souviendra pas de nous. Elle se souviendra de nos erreurs et de leurs effet sur la prochaine génération ». Alors que le chef de l’exécutif européen a tardivement informé les membres du législatif des réalités actuelles, il est raisonnable de penser que le poisson était déjà ferré. C’est apparemment comme ça que les événements évoluent à pas géant sur le continent.

Lire aussi : Juncker veut un quartier général et une force de défense communs aux pays de l’UEPhoto.

L’Union européenne s’est agrandie trop vite. Et l’idéologie l’a emporté sur le pragmatisme pendant trop longtemps

Une Union divisée

Cette semaine encore, le ministre des Affaires étrangères du Luxembourg a appelé à ce que la Hongrie soit jetée hors du club pour avoir refusé d’accepter des migrants, alors que l’Autriche semble incapable d’organiser une élection présidentielle. Certains pensent que c’est le cas parce que l’establishment a peur de la victoire des nationalistes, car les sondages démontrent le large soutien du candidat d’extrême-droite Norbert Hofer, mais la raison officielle est une colle défectueuse sur les enveloppes destinées au vote par correspondance.

Entre temps, à Vienne, le représentant le plus éminent du clergé autrichien, Christoph Schönborn, avertit les catholiques que les musulmans planifient la « conquête islamique de l’Europe ». Dans un contexte global, Christoph Schönborn n’est pas une figure obscure, c’est même l’un des favoris à la succession du pape François au poste d’évêque de Rome.

En même temps, les Balkans reviennent lentement vers cette l’idée. Les Serbes de Bosnie proposent un référendum sur l’indépendance de Sarajevo et la réponse de Zagreb est de menacer d’« agir pour protéger les Croates » en Bosnie, considéré par comme un « Etat qui a failli ».

Comte tenu de tous ces discours présageant une crise, les Britanniques se sont libérés de ce pression en votant pour sortir du bloc. Et leurs voisins en Irlande, à l’époque figure emblématique de l’Union européenne, se sont tout-à-coup mis à remettre en question leur propre participation, au vu des pressions exercées par Bruxelles sur le système de fiscal mis en place par Dublin. Comme si ce n’était pas assez mauvais, des hommes politiques anti-Bruxelles montent dans les sondages en Italie et aux Pays-Bas, alors qu’en France, Marine Le Pen propose d’organiser un référendum sur le « Frexit ». Il vaut la peine de garder à l’esprit que ces trois Etats sont les piliers du projet.

Cherchez l’erreur

Les eurocrates consacrés, comme notre vieil ami Carl Bildt, sont naturellement consternés. Mais ils semblent incapables d’accepter leur part de responsabilité dans cette lente implosion de l’UE.

Autrement dit, elle s’est agrandie trop vite. Et l’idéologie l’a emporté sur le pragmatisme pendant trop longtemps. Bruxelles a, par exemple, tendu la main à l’Ukraine en 2013, en lui proposant un accord d’association, au moment où il était clair que la population de l’UE n’avait aucune envie d’accueillir de nouveaux entrants. Quand on se souvient des événements, la présence du commissaire britannique en charge des Affaires étrangères, Catherine Ashton, à Kiev, à Maïdan, était tellement ridicule, considérant la position déjà fragile du Royaume-Uni dans l’Union européenne. Pourtant, pas un seul commentateur des médias britanniques n’a jamais mentionné cette hypocrisie.

Lire aussi : Réfugiés : les capacités d’accueil de l’UE « proches de leurs limites », selon Donald Tusk Photo.

Les eurocrates peuvent détester le Premier ministre hongrois Viktor Orban, mais faire cela signifie ne pas tenir compte de son électorat

Les efforts se sont concrétisés en 2015, lors de la crise des migrants, lorsque certaines élites semblaient faire de la politique à la hâte. C’est comme ça qu’Angela Merkel, apparemment sans consulter personne, a unilatéralement ouvert les portes de l’Allemagne à de nouveaux arrivants.

En fin de compte, 1,1 million de migrants étaient arrivés avant la fin du mois de décembre de la même année. Seuls 54 d’entre eux ont jusqu’à présent obtenu des emplois au sein d’entreprises allemandes, en dépit de la rhétorique de représentants de l’économie, comme le président de Daimler, Dieter Zetsche, qui avait affirmé que la plupart des réfugiés étaient « bien formés et motivés » et que « Mercedes avait besoin d’eux ». Son entreprise a tout de même recruté 40 stagiaires.

Angela Merkel a également échoué à se mettre d’accord sur un plan concerté avec d’autres dirigeants de l’UE. Mais maintenant, elle attend qu’ils aident à soulager le fardeau de l’Allemagne et accueillent plus de migrants. Jusqu’à présent, la Pologne, la Hongrie et la Slovaquie refusent de jouer à ce jeu et certains autres pays offrent une coopération minimale. La Lettonie – où la population a baissé de 15 400 personnes rien qu’en 2014 – en a accepté 47 et la Lituanie, 26.

Ce qui est valable pour la cane…

La racine du malaise est simple. L’establishment allemand favorise largement l’immigration à grande échelle, même si, d’après les sondages, les deux tiers des citoyens ne sont actuellement pas d’accord avec le slogan « Bienvenue aux réfugiés » . Cependant, les gouvernements de nombreux autres pays de l’UE ne soutiennent pas cet afflux, notamment en raison du fait que la plupart de ces nouveaux arrivants ne sont pas issus de la tradition chrétienne. Alors que les médias libéraux et eurocrates eux-mêmes semblent être scandalisés par cette position, c’est un point de vue qui était plus ou moins général dans toute l’Europe jusqu’à très récemment.

Par exemple, les eurocrates peuvent détester le Premier ministre hongrois Viktor Orban, mais faire cela signifie ne pas tenir compte de son électorat. Viktor Orban n’est pas un dictateur et sa position reflète très probablement le point de vue des Hongrois qui l’ont élu. Ainsi, s’il se prosternait devant les exigences de Bruxelles, de telles actions seraient antidémocratiques au niveau national.

Lire aussi : Etat (providence) islamique : « Les contribuables belges payaient pour une attaque terroriste »- Photo.

L’UE a grandi trop vite et récolte maintenant la tempête car ses structures ne s’en sortent pas. Là est tout le problème. Les libéraux perçoivent l’UE comme un véhicule pour la promotion de la démocratie, mais reculent quand les politiciens élus de façon honnête poursuivent des politiques qui ne sont pas à leur goût. Nous l’avons vu en Ukraine en 2013, lorsque l’ancien président Viktor Ianoukovitch a rejeté un accord d’association avec l’UE qui consituait une très mauvaise opération financière pour son pays. Plutôt que de respecter son mandat, les eurocrates ont activement soutenu son éviction par un coup violent.

Parallèlement aux avertissements terribles lancés sur l’avenir de l’UE, le discours de Jean-Claude Juncker contenait des références à une contribution incontestable de l’alliance pour la paix et pour le travail des agriculteurs, ainsi que l’intervention de Bruxelles pour réduire les frais d’itinérance de la téléphonie mobile.

Quant à l’accord sur les migrants passé avec Ankara, qui était censé permettre aux Turcs de voyager sans visa dans l’espace Schengen dès cet automne, il n’en a pas fait mention. Le président de la Commission a également évité de s’exprimer sur les mauvaises relations avec la Russie ou sur la guerre en Ukraine, un sujet qui frémit encore.

En janvier 2004, l’UE comptait 15 membres, uniformément occidentaux, principalement progressistes et relativement riches. Une décennie plus tard, elle se vantait d’en avoir 28 et la plupart des nouveaux arrivants étaient d’anciens pays de l’Est, qui sont relativement pauvres et socialement plus conservateurs que le reste de l’Union.

C’est le problème. L’UE a grandi trop vite et récolte maintenant la tempête car ses structures ne s’en sortent pas. Les dirigeants du bloc auraient dû écouter Mikhaïl Gorbatchev. Après tout, personne ne sait mieux que lui ce qui se passe lorsqu’une grande union perd l’adhésion de ses citoyens.

Lire aussi : « Jean-Claude Juncker et les frontières »par Jacques Sapir

Les opinions, assertions et points de vue exprimés dans cette section sont le fait de leur auteur et ne peuvent en aucun cas être imputés à RT.

RT France, SAS. 2005–2016. Tous droits réservés. A propos de RTPolitique de confidentialitéContactSource : https://francais.rt.com/opinions/26447-union-sovietique-ue

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    Soixante deux % des Français opposés à l’accueil de migrants (‘Atlantico’ 15/09/2016) - Info Atlantico - Publié le 14 Septembre 2016 - Jérôme Fourquet, directeur du Département opinion publique à l’IFOP. Photo d’un bateau pneumatique chargé de migrants. ‘Politico Scanner’.
    Selon un sondage exclusif Ifop pour Atlantico, 62% des Français sont aujourd’hui opposés à l’accueil de migrants sur notre territoire. Ce taux de rejet, en nette hausse par rapport à avril dernier, se rapproche de son niveau le plus haut de l’été 2015.

Atlantico : Quel est le selon vous le principal enseignement de ce sondage ?

Jérôme Fourquet : Nous constatons dans les résultats de cette enquête un nouvel affaissement assez net de l’adhésion des Français à l’accueil de migrants (38% y sont favorables, soit une baisse de 8 points par rapport au printemps dernier). Nous sommes aujourd’hui quasiment aux niveaux les plus faibles observés, à la mi-novembre 2015. À cette époque, on savait qu’un certain nombre des membres du commando des attentats du 13 novembre avaient infiltré les flux de réfugiés et de migrants pour venir en Europe. Nous sommes donc sur une adhésion en nette baisse par rapport au mois d’avril dernier.

A lire également sur notre site : Plan sur les migrants : le gouvernement dans l’impasse intellectuelle de sa politique de ’générosité’

L’adhésion à l’accueil des migrants dans les différents pays d’Europe et en France : graphique à voir sur le site : http://www.atlantico.fr/sites/atlantico.fr/files/u82003/2016/09/premiere_question.png

Liste sur l’origine d’une dizaine de sondages réalisés entre avril 2015 et septembre 2016 à consulter sur le site : http://www.atlantico.fr/sites/atlantico.fr/files/u82003/2016/09/premiere_question_suite.png

Comment expliquer cette baisse ?

Il y a tout d’abord ce que l’on appelle en statistique un effet de base. La base de comparaison était en effet plutôt favorable (46% de Français favorables en avril 2016), notamment en raison du déplacement du Pape François à Lesbos. Les naufrages à répétition en Méditerranée avaient également eu à l’époque un effet assez net dans l’opinion publique, d’où cette remontée de la propension à accepter les migrants.

Depuis, nous avons constaté une recrudescence de l’actualité anxiogène des migrants. Il y a tout d’abord ce qu’il se passe autour de la jungle de Calais, qui apparaît plus que jamais hors de contrôle pour nos concitoyens. Jamais il n’y a eu autant de migrants à Calais, avec de nombreux problèmes sécuritaires, sanitaires et humains.

Il y a ensuite tout ce qu’il se passe en région parisienne et dans certains quartiers de l’Est parisien, où des opérations d’évacuation et de démantèlement de campements de migrants se sont succédées quasiment toutes les semaines en juillet et en août, avec en point d’orgue l’annonce par la mairie de Paris de la création d’une structure d’accueil provisoire porte de la Chapelle pour faire face à un afflux perçu comme hors de contrôle.

Enfin, la frontière franco-italienne est également touchée par le phénomène, sur un modèle inversé par rapport à la situation calaisienne : des migrants voulant rentrer en France (pas forcément pour s’y installer) sont refoulés par des policiers français et italiens. Là aussi, on constate une multiplication de franchissements de frontières et de reportages montrant que la situation humanitaire se dégrade à vue d’œil, ainsi qu’un nombre sans cesse croissant de migrants qui s’accumulent sur cette portion de la frontière.

La situation aux frontières extérieures de l’Europe apparaît relativement sous contrôle entre la Turquie et la Grèce suite aux accords du mois de mars. Mais les traversées de la Méditerranée entre la Libye et l’Italie n’ont pas cessé, avec un nombre sans cesse croissant de victimes et de naufragés. Pour autant, l’opinion publique française devient de plus en plus réfractaire à cette politique d’accueil, alors même que les drames se multiplient en mer, en raison du caractère de plus en plus ingérable de la situation dans plusieurs points du territoire national.

IQuestion posée : êtes-vous favorable ou opposé à ce que les migrants qui arrivent par dizaine de milliers sur les côtes grecques et italiennes sont répartis dans les différents pays d’Europe et à ce que la France en accueille une partie ?

Voir le graphique sur le site suivant : http://www.atlantico.fr/sites/atlantico.fr/files/u82003/2016/09/deuxieme_question.png

Site général consulté : http://www.atlantico.fr/rdv/politico-scanner/62-francais-sont-opposes-accueil-refugies-territoire-francais-plus-haut-depuis-pic-crise-migrants-ete-2015-jerome-fourquet-2819114.html

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    Nouvelles des camps de Calais er de Paris en octobre-novembre 2016
    Calais : les migrants ont dit adieu à la ’jungle’ - Franceinfo ‘Grand Soir3’ - Mis à jour le 25/10/2016 | 11:23, publié le 25/10/2016 | 11:23 – Avec vidéo à voir à la source

Les opérations de démantèlement de la ’jungle’ de Calais se déroulent sur plusieurs jours. La première journée, ce lundi 24 octobre 2016, s’est plutôt bien passée. Tôt ce lundi matin à Calais, plusieurs centaines de réfugiés patientaient aux portes du camp, patiemment. Avant d’accéder aux autocars, ils passent par un sas, un hangar désaffecté où ils sont divisés en quatre files : pour les adultes seuls, les familles, les personnes vulnérables et les mineurs. Ensuite, chaque migrant doit choisir la région où il veut aller. Ils doivent décliner leur identité, leur âge, leur nationalité. Des opérations fastidieuses qui se déroulent dans le calme.

Entre soulagement et inquiétude

Ces formalités terminées, les migrantssont répartis dans des bus. 45 ont quitté Calais lors de cette première journée en direction des centres d’accueil et d’orientation (CAO). L’évacuation laisse les riverains entre scepticisme et satisfaction. Certains sont soulagés et d’autres ont peur que des petits camps de migrants se reforment. Ce lundi, les migrants étaient tous volontaires pour partir. La ’jungle’ doit être vidée d’ici la fin de la semaine. Mais certains des 6 000 migrants veulent rester pour tenter de gagner l’Angleterre. La suite du démantèlement s’annonce plus complexe. Un millier de policiers et gendarmes sont mobilisés.

Nous contacter Qui sommes-nous ? Source : http://www.francetvinfo.fr/france/nord-pas-de-calais/migrants-a-calais/calais-les-migrants-ont-dit-adieu-a-la-jungle_1889041.html

Revivez la première journée de démantèlement de la « jungle » de Calais - Document ‘lemonde ?fr’

L’opération de démantèlement du camp de 6 000 à 8 000 personnes a commencé lundi 24 octobre. Les premiers bus ont pris la direction de centres localisés dans toute la France.

LES FAITS

  • ​Les premiers autocars devraient quitter Calais tous les quarts d’heure à partir de 8 heures. 
  • Les 1 250 policiers mobilisés en plus des 2 100 agents déjà présents à Calais auraient ordre de laisser sortir les migrants qui veulent quitter la jungle par leurs propres moyens.
  • Personne ne sait prédire si la résistance au départ sera forte ou marginale. 
    LE LIVE
  • ​Les premiers autocars devraient quitter Calais tous les quarts d’heure à partir de 8 heures. 
  • Les 1 250 policiers mobilisés en plus des 2 100 agents déjà présents à Calais auraient ordre de laisser sortir les migrants qui veulent quitter la jungle par leurs propres moyens.
  • Personne ne sait prédire si la résistance au départ sera forte ou marginale. 

Migrants : le plus grand camp évacué à Paris - Franceinfo - Mis à jour le 04/11/2016 | 20:38, publié le 04/11/2016 | 20:38 – vec vidéo à consulter à la source.

Toutes leurs affaires tiennent dans ces sacs. Ces 3 800 migrants dormaient dans la rue depuis plusieurs semaines dans un bidonville en plein coeur de Paris. Ce vendredi 4 novembre au matin, les policiers les ont fait monter dans ces bus, direction 79 centres d’urgence en Ile-de-France.

La trentième opération d’évacuation

Comme dans ce gymnase au sud de la capitale, à la hâte, les bénévoles installent des centaines de lits de camp. Pour la première fois depuis plusieurs jours, ces migrants vont dormir au chaud. Pendant ce temps, la mairie nettoie ce qu’il reste du bidonville, quelques matelas et des valises oubliés. Mais combien de temps avant un nouveau campement ? Ce matin, c’était la trentième d’évacuation dans ce quartier. 22 000 personnes ont été mises à l’abri en un an et demi. Et les migrants continuent d’affluer en France, toujours plus nombreux.

Après l’évacuation de la ’jungle’ de Calais, un autre site symbolique a été évacué ce vendredi 4 novembre 2016.. C’est le plus important camp parisien, situé dans le XIXe arrondissement, près du métro Stalingrad.

Nous contacter Qui sommes-nous ? – Source : http://www.francetvinfo.fr/monde/europe/migrants/migrants-le-plus-grand-camp-evacue-a-paris_1905337.html

Migrants à Paris : la carte des 29 camps démantelés en un an et demi - LE MONDE | 04.11.2016 à 10h14 • Mis à jour le 04.11.2016 à 17h44 - Par Sylvie Gittus, Maryline Baumard et Francesca Fattori

Image de l’évacuation du camp de migrants au métro Stalingrad, à Paris, le 4 novembre. | PHILIPPE LOPEZ / AFP

Colonnes de bus alignées, files de migrants prêts à partir. Dès 6 heures, vendredi 4 novembre, l’opération d’évacuation du plus grand campement que Paris ait connu a commencé. L’opération s’est déroulée dans le calme. Plus de 600 membres des forces de l’ordre étaient mobilisés, selon la Préfecture de police.

Les 800 Afghans du quai de Jemmapes ont été les premiers emmenés dans 16 bus, avant qu’une seconde opération, plus importante, ne s’enclenche avenue de Flandre, où dormaient encore les Africains. Là, selon les estimations de la Préfecture, il y aurait quelque 3 200 personnes à héberger. Selon le préfet de région, Jean-François Carenco, « c’est une grosse opération » qui vise à orienter ces migrants vers 74 centres d’hébergement. L’Etat a réussi à mobiliser 4 000 places, « très majoritairement en Ile-de-France », dont « un millier en gymnases ».

Carte - Les démantèlements de campements à Paris - Cette carte représente les camps démantelés depuis juin 2015 dans les 10e et 19e arrondissements de Paris. ..

Hôpital Saint-louis Hôpital Lariboisière Gare de l’Est Gare du Nord Place Raoul-Follereau Quai de Jemmapes Place de la Chapelle Place de la République La Rotonde France Terre d’Asile Square Jessaint Boulevard Magenta Rue Lafayette Bd de la Chapelle Bd de la Villette Boulevard de la Villette Canal Saint-Martin Avenue de Flandre Boulevard Magenta Bassin de la Villette JAURÈS STALINGRAD La Chapelle Riquet Château-LANDON Colonel Fabien

Source : Emmaüs Solidarité, Préfecture de Police, GISTI, Collectifs Baam et la Chapelle Debout, AFP, Le Monde

Jaurès, Stalingrad… Le Paris des migrants a sa géographie depuis qu’au printemps 2015 les premiers campements sauvages ont fait leur apparition dans les rues de la capitale. Le nord de la ville est vite devenu le rendez-vous des derniers arrivés, qu’ils soient Afghans ou Africains ; qu’ils aient emprunté la route des Balkans, comme c’était la règle majoritaire jusqu’à fin 2015, ou la Méditerranée, comme c’est désormais le cas.

Interventions dissuasives

Lire aussi : Après les polémiques, l’hébergement sans heurts des migrants de Calais dans toute la France

Alors que les Afghans débarquent encore avec en poche l’adresse du square Villemin, près de la gare de l’Est, point de ralliement des générations de demandeurs d’asile qui les ont précédés, les Africains, eux, ont rapidement privilégié une installation sous la ligne 2 du métro, non loin des quartiers de Barbès et de la Goutte-d’Or. La proximité des bureaux de France Terre d’Asile, de la gare du Nord et de ses trains pour Calais, mais aussi des distributions régulières de nourriture ont créé un « quartier des migrants ». D’autant que, très rapidement, les riverains ont pallié avec méthode l’absence de prise en charge par l’Etat.

De fil en aiguille, les communautés afghane et africaine ont fini par cohabiter là, créant des campements communs, rasés au rythme régulier des mises à l’abri ou des opérations de police. Depuis juillet 2016, les forces de l’ordre jettent en effet régulièrement les maigres biens des migrants et interpellent ceux qui n’ont pas réussi à déposer leur demande d’asile, leur délivrant des obligations de quitter le territoire (OQTF). En parallèle à ces interventions qui se veulent dissuasives, la préfecture de région, elle, organise des opérations de mise à l’abri. De juin 2015 à aujourd’hui, elle aura donc proposé quelque 23 000 places d’hébergement en une trentaine d’opérations.

Plan de quartier à Paris - Camps de migrants La Chapelle | LE MONDE

C’est pour en finir avec cet éternel recommencement à cause du flux quotidien d’une cinquantaine d’arrivées dans la capitale que la maire de Paris, Anne Hidalgo, a souhaité ouvrir un camp humanitaire. Installé boulevard Ney, dans le 18e arrondissement, ce centre de transit a pour vocation de faire éviter aux migrants les nuits à la rue. Sous dix jours, le gouvernement devra les emmener vers des centres d’accueil et d’orientation en province, où ils pourront déposer leur demande d’asile.

Ce camp humanitaire offrira 400 places de couchage à des hommes seuls à son ouverture, 600 ensuite. Les familles, elles, seront orientées vers un centre spécialement aménagé à Ivry (Val-de-Marne), dès janvier 2017, et en attendant vers une structure tampon qui leur offrira une meilleure prise en charge que les hôtels vers lesquels elles étaient jusqu’alors acheminées.

Entre le 2 juin 2015 et le 4 novembre 2016, la préfecture de police de Paris a procédé à vingt-neuf opérations d’évacuation de campement, assorties d’une « mise à l’abri » des personnes qui s’y trouvaient, pour un total de plus de 22 000 places d’hébergement proposées. Après ces opérations, les campements se reformaient rapidement ailleurs, voire au même endroit.

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Sur le même sujet

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  • Cartes pédagogiques diffusées par ARTE sur les migrations – Série « Le dessous des cartes »
    EN BREF : Les migrations sont un phénomène mondial, complexe, aux causes multiples. Qui sont les migrants ? Quels sont leurs trajets ?

La première des raisons, c’est la nécessité, la peur. Fuir la guerre, les persécutions, les massacres, la torture, c’est-à-dire toute forme d’insécurité physique. Parmi les réfugiés on compte par exemple :les Irakiens qui fuient la guerre dans leur pays, pour trouver protection en Syrie, en Jordanie, en Iran. Ou bien les Afghans qui partent vers l’Iran et le Pakistan voisins qu’ils peuvent rejoindre à pieds. Les Soudanais du Darfour qui partent pour le Tchad afin de fuir les massacres, du moins pour ceux qui peuvent franchir la frontière.

Série de cartes commentées à découvrir sur le site : http://ddc.arte.tv/nos-cartes/migrations-pourquoi-part-on-1-3

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  • Pédagogie - Termes clés de la migration selon l’OIM auprès de l’ONU
    « L’Organisation internationale pour les migrations (OIM), est une agence intergouvernementale basée à Genève qui se situait en dehors du système des Nations unies jusqu’à la signature de l’accord faisant de l’OIM une organisation liée aux Nations unies le 19 septembre 20161,2. Après la signature, William Lacy Swing, directeur-général de l’OIM, la qualifie d’« agence de la migration des Nations unies »3… Article complet sur le site : https://fr.wikipedia.org/wiki/Organisation_internationale_pour_les_migrations

Pour plus de termes de migration, voir le Glossaire de l’OIM sur la Migration


Apatride - Individu sans nationalité, soit qu’il n’en ait jamais eu, soit qu’en ayant eu une, il l’ait perdue sans en acquérir une autre. L’état d’apatridie prive l’individu des droits – et supprime les devoirs – attachés à la nationalité à savoir, notamment, le droit à la protection diplomatique et le droit de revenir dans son pays d’origine. En droit international général, la Convention relative au statut des apatrides (1954) organise la condition juridique des apatrides et leur accorde un certain nombre de droits, notamment en matière économique et sociale.


Assimilation - Processus par lequel un premier groupe social ou ethnique généralement minoritaire adopte les traits culturels (langue, traditions, valeurs, moeurs, etc.) d’un second groupe, généralement majoritaire. L’adaptation se traduit par une altération du sentiment d’appartenance. L’assimilation va audelà de l’acculturation. Il est cependant rare que l’assimilation entraîne la disparition totale de la culture d’origine.


Coopération technique - Action coordonnée par laquelle deux ou plusieurs acteurs mettent en commun des moyens matériels et humains en vue d’atteindre un résultat donné dans un domaine technique. La cooperation technique peut viser, par exemple, l’amélioration des législations et des procédures, le perfectionnement de certaines techniques, le développement d’infrastructures.


Demandeur d’asile - Personne demandant à obtenir son admission sur le territoire d’un Etat en qualité de réfugié et attendant que les autorités compétentes statuent sur sa requête. En cas de décision de rejet, le demandeur débouté doit quitter le territoire de l’Etat considéré ; il est susceptible de faire l’objet d’une mesure d’expulsion au même titre que tout étranger en situation irrégulière, à moins qu’une autorisation de séjour lui soit accordée pour des raisons humanitaires ou sur un autre fondement.


Emigration - Action de quitter son Etat de résidence pour s’installer dans un Etat étranger. Le droit international reconnaît à chacun le droit de quitter tout pays, y compris le sien, et n’admet sa restriction que dans des circonstances exceptionnelles. Ce droit au départ ne s’accompagne d’aucun droit d’entrer sur le territoire d’un Etat autre que l’Etat d’origine.


Etat d’origine - Etat que quitte un national pour effectuer une migration internationale. Au sens de la Convention internationale sur la protection des droits de tous les travailleurs migrants et des membres de leur famille (1990), « l’expression ’Etat d’origine’ s’entend de l’Etat dont la personne intéressée est ressortissante » (art. 6 a). Se dit également de l’Etat de résidence habituelle d’une personne avant que celle-ci n’effectue une migration internationale.


Facteurs d’attraction et de répulsion - Modèle explicatif des phénomènes migratoires fondé sur la combinaison d’éléments répulsifs favorisant l’émigration (tels que des problèmes économiques sociaux et politiques dans le pays d’origine) et d’éléments attractifs dans le pays de destination.


Fuite des cerveaux - Emigration permanente ou de longue durée de travailleurs qualifiés qui se réalise au detriment du développement économique et social du pays d’origine. Par extension, le terme désigne également la mobilité étudiante, fl ux potentiel de travailleurs qualifi és. L’expression « fuite des cerveaux » évoque l’existence d’un taux d’exode considéré comme excessif par le pays d’origine. Le phénomène de fuite des cerveaux n’affecte pas uniquement les pays en développement ; il touche également, dans des proportions variables, les pays développés.


Gestion des frontières - Terme désignant les mesures destinées à faciliter le mouvement autorisé des hommes d’affaires, touristes, migrants et réfugiés, et à détecter et prévenir l’entrée illégale d’étrangers dans un pays donné. Ces mesures incluent l’imposition par l’Etat de l’obtention d’un visa, de sanctions imposées aux compagnies transportant des étrangers en situation irrégulière, et l’interception en haute mer. Les standards internationaux exigent un équilibre entre la facilitation de l’entrée des voyageurs légitimes et la prévention de l’entrée de voyageurs n’ayant pas de motifs appropriés ou ne disposant pas d’une documentation valide.


Gestion de la migration - Ensemble des décisions et des moyens destinés à la réalisation d’objectifs déterminés dans le domaine de l’admission et du séjour des étrangers ainsi que dans le domaine de l’asile et de la protection des réfugiés et autres personnes ayant besoin de protection.

Liberté de circulation - The country that is a source of migratory flows (regular or irregular).


Immigration - Action de se rendre dans un Etat dont on ne possède pas la nationalité avec l’intention de s’y installer.


Liberté de circulation - Droit d’aller et venir présentant les trois aspects suivants : liberté de circulation au sein du territoire d’un Etat donné, droit de quitter tout pays et droit de retour. Aux termes de l’article 12 du Pacte international relatif aux droits civils et politiques, (1966) : « 1. Quiconque se trouve légalement sur le territoire d’un Etat a le droit d’y circuler librement et d’y choisir librement sa résidence. 2. Toute personne est libre de quitter n’importe quell pays, y compris le sien. […] 4. Nul ne peut être arbitrairement privé du droit d’entrer dans son propre pays ».


Migrant - Au niveau international, il n’existe pas de definition universellement acceptée du terme « migrant ». Ce terme s’applique habituellement lorsque la décision d’émigrer est prise librement par l’individu concerné, pour des raisons « de convenance personnelle » et sans intervention d’un facteur contraignant externe. Ce terme s’applique donc aux personnes se déplaçant vers un autre pays ou une autre région aux fi ns d’améliorer leurs conditions matérielles et sociales, leurs perspectives d’avenir ou celles de leur famille.


Migrants économiques - Migrants quittant leur pays d’origine pour s’installer sur le territoire d’un Etat étranger afi n d’améliorer leurs conditions d’existence. Ce terme peut être utilisé pour distinguer ces personnes des réfugiés fuyant les persécutions. Il s’applique également aux personnes essayant d’entrer dans un pays sans autorisation ou en usant des procédures d’asile sans motif légitime, ainsi qu’aux travailleurs saisonniers.


Migration de travail - Migrant dont l’entrée et le séjour sur le territoire d’un Etat étranger sont conformes au droit applicable.


Migrant en situation irrégulière - Migrant contrevenant à la réglementation du pays d’origine, de transit ou de destination, soit qu’il soit entré irrégulièrement sur le territoire d’un Etat, soit qu’il s’y soit maintenu au-delà de la durée de validité du titre de séjour, soit encore qu’il se soit soustrait à l’exécution d’une mesure d’éloignement.


Migrant en situation régulière - Migrant dont l’entrée et le séjour sur le territoire d’un Etat étranger sont conformes au droit applicable.


Migrant qualifié travailleur - Migrant exerçant une profession acquise par un enseignement et/ou une experience de haut niveau. Les travailleurs migrants qualifi és bénéfi cient fréquemment d’un traitement préférentiel s’agissant de l’entrée et du séjour dans l’Etat d’accueil (exigences réduites en matière de changement d’activité professionnelle, de regroupement familial, de durée du séjour).


Migration - Déplacement d’une personne ou d’un groupe de personnes, soit entre pays, soit dans un pays entre deux lieux situés sur son territoire. La notion de migration englobe tous les types de mouvements de population impliquant un changement du lieu de résidence habituelle, quelles que soient leur cause, leur composition, leur durée, incluant ainsi notamment les mouvements des travailleurs, des réfugiés, des personnes déplacées ou déracinées.


Migration facilitée - Ensemble de mesures destinées à encourager et faciliter les migrations régulières. Il s’agit notamment de mesures visant à simplifi er les conditions de voyage (par exemple, formalités réduites d’octroi de visa, procédures efficacies d’inspection des passagers), de mécanismes d’assistance préconsulaire, de séances d’orientations culturelles.


Migration de retour - Migration ramenant une personne à son lieu de départ – pays d’origine ou lieu de residence habituelle – généralement après un séjour d’une année au moins à l’étranger. La migration de retour peut être volontaire ou forcée. Elle inclut le rapatriement librement consenti.


Migration irrégulière - Migration internationale contrevenant au cadre legal du pays d’origine, de transit ou de destination. Il n’y a pas de défi nition universellement acceptée de la migration irrégulière. Dans la perspective du pays de destination, il s’agit de l’entrée, du séjour et du travail illégal dans le pays, impliquant que le migrant n’a pas les autorisations nécessaires ou les documents requis selon la loi d’immigration pour entrer, résider et travailler dans le pays en question. Dans la perspective du pays d’origine, l’irrégularité s’avère par exemple lorsqu’une personne franchit une frontière internationale sans un passeport ou document de voyage valide, ou ne remplit pas les exigences administratives pour quitter le pays. Il y a cependant une tendance à restreindre l’usage de terme « migration illégale » aux cas de traite des personnes et au trafic illicite de migrants.


Migration régulière - Migration internationale effectuée en conformité avec le cadre légal du pays d’origine, de transit et de destination.


Naturalisation - Acte d’une autorité publique nationale octroyant à un étranger, sur sa demande, la nationalité de l’Etat sollicité. Chaque Etat détermine librement les conditions selon lesquelles la naturalization est accordée. S’agissant des réfugiés, ce pouvoir est tempéré par l’obligation de faciliter leur naturalisation (Convention relative au statut des réfugiés, 1951, art. 34). A l’échelon régional, la Convention européenne sur la nationalité (1997) dispose en un article 6 : « chaque Etat Partie doit prévoir dans son droit interne, pour les personnes qui résident légalement et habituellement sur son territoire, la possibilité d’une naturalisation ».


Pays de réception - Synonyme de pays d’accueil. Dans l’hypothèse d’un retour ou d’un rapatriement, les notions de pays de réception et de pays d’origine se confondent.


Personnes déplacées à l’intérieur de leur pays - Personnes ou […] groupes de personnes qui ont été forcés ou contraints à fuir ou à quitter leur foyer ou leur lieu de résidence habituel, notamment en raison d’un confl it armé, de situations de violence généralisée, de violations des droits de l’homme ou de catastrophes naturelles ou provoquées par l’homme ou pour en éviter les effets, et qui n’ont pas franchi les frontières internationalement reconnues d’un Etat » (Principes directeurs relatifs au déplacement de personnes à l’intérieur de leur propre pays, E/CN.4/1998/53/Add.2).


Rapatriements de fonds - Dans le contexte migratoire, ensemble des transferts monétaires effectués par les migrants vers leur pays d’origine.


Rapatriement - Opération consistant à assurer le retour de réfugiés, de prisonniers de guerre et d’internés civils sur le territoire de leur Etat d’origine. Le terme de « rapatriement » est également employé pour qualifi er le retour des envoyés diplomatiques et fonctionnaires internationaux en temps de crise internationale. En droit international des confl its armés, le rapatriement des prisonniers de guerre et des internés civils sur le territoire de leur Etat d’origine est une obligation s’imposant aux parties à un conflit armé international dès la fi n des hostilités. Quoique le droit conventionnel ne contienne pas de règle générale sur ce point, il est aujourd’hui admis que le rapatriement des prisonniers de guerre et des internés civils est soumis au consentement des intéressés. Le droit international conventionnel ne contient pas de disposition relative au rapatriement des réfugiés. Il est toutefois admis que le principe de non-refoulement impose la soumission du rapatriement au consentement des intéressés.

Réfugié - Personne qui, « craignant avec raison d’être persécutée du fait de sa race, de sa religion, de sa nationalité, de son appartenance à un certain groupe social ou de ses opinions politiques, se trouve hors du pays dont elle a la nationalité et qui ne peut ou, du fait de cette crainte, ne veut se réclamer de la protection de ce pays ; ou qui, si elle n’a pas de nationalité et se trouve hors du pays dans lequel elle avait sa résidence habituelle à la suite de tells événements, ne peut ou, en raison de ladite crainte, ne veut y retourner » (Convention relative au statut des réfugiés, 1951, art. 1er a, § 2).


Réinstallation - Au sens large, terme désignant le transfert de personnes (par exemple réfugiés, personnes déplacées à l’intérieur et à l’extérieur de leur pays) à partir d’un premier lieu d’accueil vers un second lieu d’accueil et d’intégration, généralement un pays tiers. Au sens strict, une des solutions durables au problème des réfugiés par laquelle un réfugié bénéficie d’un droit de résidence stable et durable dans un pays autre que le pays de premier asile. La notion de réinstallation s’entend du processus débutant par la sélection des candidats à la réinstallation et se terminant par leur placement dans une communauté d’accueil au sein du pays de réinstallation.


Renforcement des capacités - Activités destinées à développer les connaissances, savoir-faire et attitudes au sein des administrations publiques et des instances de la société civile. Le renforcement des capacités peut prendre la forme de projets précis, conçus et mis en oeuvre en partenariat avec un gouvernement. Il peut également s’agir de faciliter l’organisation de processus de dialogue, dans un cadre bilatéral ou multilatéral. Dans tous les cas, les mécanismes de renforcement des capacities ont pour objet de développer des pratiques de gestion internationalement acceptées.


Retour volontaire assisté - Appui administratif, logistique et fi nancier au retour et à la réinsertion dans le pays d’origine fondé sur une base volontaire, au profi t de demandeurs d’asile déboutés, de migrants victimes de la traite des personnes, d’étudiants en situation de détresse, de nationaux qualifi és et autres migrants ne souhaitant pas demeurer dans l’Etat considéré ou ne pouvant s’y maintenir légalement.


Standard minimum international - Doctrine selon laquelle les étrangers bénéfi cient d’un ensemble de droits déterminés directement par le droit international, indépendamment du contenu du droit interne de l’Etat sur le territoire duquel ceux-ci se trouvent. Dans certains cas, le niveau de protection garanti par le standard minimum international peut être supérieur à celui que l’Etat considéré réserve à ses propres nationaux.


Trafic illicite de migrants - Terme désignant « le fait d’assurer, afi n d’en tirer, directement ou indirectement, un avantage financier ou un autre avantage matériel, l’entrée illégale dans un État Partie d’une personne qui n’est ni un ressortissant ni un résident permanent de cet État » (Protocole contre le trafi c illicite de migrants par terre, air et mer, additionnel à la Convention des Nations Unies contre la criminalité transnationale, 2000, art. 3 a). A la différence de la traite des personnes, la caractérisation de l’infraction de traffic illicite de migrants ne nécessite pas l’utilisation de moyens coercitifs, l’intention d’exploiter l’intéressé ou, plus généralement, une violation des droits de la personne.
Traite des personnes - Terme désignant « le recrutement, le transport, le transfert, l’hébergement ou l’accueil de personnes, par la menace de recours ou le recours à la force ou à d’autres formes de contrainte, par enlèvement, fraude, tromperie, abus d’autorité ou d’une situation de vulnérabilité, ou par l’offre ou l’acceptation de paiements ou d’avantages pour obtenir le consentement d’une personne ayant autorité sur une autre aux fi ns d’exploitation » (Protocole additionnel à la Convention des Nations Unies contre la criminalité transnationale organisée visant à prévenir, réprimer et punir la traite des personnes, en particulier des femmes et des enfants, 2000, art. 3 a). A la différence du trafic illicite de migrants qui présente par essence un caractère international (le franchissement d’une frontière internationale), la traite des personnes peut se dérouler à l’intérieur des frontières d’un seul Etat ou présenter un caractère transnational.


Travailleur migrant temporaire - Travailleur qualifié, semi-qualifié ou sans qualification séjournant dans le pays d’emploi pour une période délimitée spécifiée dans le contrat de travail ou le contrat de service conclu entre le travailleur et une entreprise.


Xénophobie - En l’absence d’une définition internationalement acceptée, la xénophobie peut être définie comme une attitude d’hostilité face à ce qui est étranger et, avant tout, aux étrangers eux-mêmes. La xénophobie se manifeste par un sentiment de peur face à la menace que ferait peser un groupe social étranger sur le groupe autochtone et par la volonté de se defender contre cette menace. Les relations sont étroites entre racisme et xénophobie, deux termes difficiles à différencier l’un de l’autre.

Sources : OIM, Glossaire de la migration, série consacrée au droit international de la migration no.9, 2007

© 2016 | Organisation internationale pour les migrations – Source : https://www.iom.int/fr/termes-cles-de-la-migration

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    Maroc - Migrations, territoires et développement à l’attention des acteurs/actrices des collectivités territoriales et des marocains émigrés – Document officiel

    Drapeau du Maroc
    Basée sur l’expérience de terrain de M&D (Migrations et Développement) et de ses partenaires, le projet impliquera principalement les acteurs et actrices des collectivités territoriales et les migrant(e)s marocains résidant à l’étranger pour répondre aux objectifs fixés dans le renforcement de leurs capacités en termes de migration et développement, ainsi que dans l’amélioration de la situation socio-économique de la population locale, notamment dans les régions du Souss Massa Drâa et de l’Oriental.

Les 3 axes du projet s’articulent autour des besoins ressortis des Plans Communaux de Développement précédemment mis en place. Les actions envisagées visent à appuyer les institutions locales dans le développement de leurs territoires en renforçant les capacités des acteurs locaux (élus, fonctionnaires, acteurs associatifs, coopératives…). Les thèmes de formations et sensibilisations répondent aux besoins exprimés par nos partenaires locaux et sont complémentaires les uns aux autres. Ils couvrent les champs de la gouvernance locale, des droits de migrants et leurs ayant droits et de l’économie sociale et solidaire.

Objectifs généraux : Renforcer les capacités et le rôle des migrant(e)s dans le développement territorial au Maroc, en lien avec les acteurs locaux

Objectifs spécifiques

  • Informer et former la société civile, les élus locaux et les fonctionnaires des collectivités territoriales sur les droits sociaux des migrant(e)s ;
  • Sensibiliser et renforcer les capacités des collectivités territoriales pour la prise en considération de l’approche migration et développement dans les Plans Communaux de Développement ;
  • Améliorer l’implication des migrant(e)s dans la dynamique du développement économique local et ce, par l’appui aux porteurs de projets d’investissement, par l’accompagnement à la gestion de coopératives locales, et l’appui à la commercialisation équitable en Europe par le biais des réseaux de l’économie sociale et solidaire.
    Résultats attendus

(1) Les droits sociaux des migrant(e)s sont mieux appréhendés :

  • 5 bureaux d’accueil et d’orientation de migrants au sein des collectivités locales sont ouverts et opérationnels
  • 100 personnes sont sensibilisées sur l’accueil des migrants subsahariens et demandeurs d’asile
    (2) La dimension migration et développement est mieux intégrée dans les Plans Communaux de Développement :
  • 5 communes ont intégré la dimension de la migration et développement dans leur approche de travail
  • L’approche Migration et développement est intégré dans l’agenda de développement de 2 conseils provinciaux et 2 conseils régionaux
  • 12 éluEs et fonctionnaires marocains ont pu échanger avec leurs homologues français et découvrir les pratiques de développement territorial des communes françaises.
    (3) L’implication des Marocain(e)s du monde dans la dynamique du développement économique local est renforcée :
  • 12 fonctionnaires ont été formés sur l’investissement des migrants
  • 1 diagnostic participatif en matière d’employabilité des jeunes dans les domaines des produits du terroir et du tourisme est réalis
  • 16 jeunes marocain(e)s et issus de la migration ont été formés sur la valorisation et la commercialisation des produits du terroir et participent à la mise en place d’une plateforme européenne.
    Durée : 22 mois (28 avril 2014 – 28 février 2016)

Budget : 355 000 €

Partenaires financiers

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  • Suisse - Le Conseil des Etats lie aide au développement et migrations – Document ‘Romandie. (ats / 15.09.2016 11h06).

    Drapeau de la Suisse
    L’aide au développement devrait disposer de 11,11 milliards de francs entre 2017 et 2020. Après le National, le Conseil des Etats a donné jeudi son feu vert, en attendant le programme d’économies. Il a renforcé le lien entre coopération internationale et migration. Dans le détail, la coopération technique devrait obtenir 6,6 milliards de francs et l’aide humanitaire 2 milliards. Le Secrétariat d’Etat à l’économie (SECO) est doté de 1,14 milliard, tandis que le crédit pour la transition des Etats d’Europe de l’Est totalise 1,04 milliard. Enfin, la promotion de la paix devrait recevoir 230 millions. L’enveloppe totale représenterait ainsi 0,48% du revenu national brut (RNB), soit moins que le but de 0,5% fixé par le Parlement il y a cinq ans. Mais il faudrait aussi tenir compte de l’aide privée au développement, qui est très forte en Suisse, a souligné Pirmin Bischof (PDC/SO) au nom de la commission.

Quel taux ? La gauche aurait souhaité s’en tenir à l’objectif de 0,5% d’ici 2020 et de parvenir à 0,7% en 2028, comme l’ONU l’a fixé pour la communauté internationale. ’Oui, cela a un coût, mais cela n’a pas de prix’, a lancé Liliane Maury Pasquier (PS/GE). Et de souligner la nécessité de combattre la pauvreté dans un monde par ailleurs ravagé par les conflits. Oeuvrer à la stabilité dans certains pays, c’est aussi une manière de lutter contre le terrorisme, a ajouté Claude Hêche (PS/JU). De son côté, l’UDC a réclamé de s’en tenir à 0,45% du RNB. On ne peut pas faire comme si l’on avait de l’argent à ne plus savoir qu’en faire, a critiqué Hannes Germann. Le Schaffhousois proposait de dépenser 430 millions de moins que ne le prévoit le Conseil fédéral : 260 millions de moins dans la coopération technique, 165 millions de moins dans l’aide à l’Europe de l’Est et 45 millions de moins au SECO. Tout au plus l’aide humanitaire aurait-elle reçu 40 millions supplémentaires. La proposition a été rejetée par 34 voix contre 9.

Programme d’économies - Les hausses prévues les prochaines années permettent à la fois d’aider de manière ciblée les personnes sur place et de contribuer à maîtriser les flux migratoires, a fait valoir Pirmin Bischof. Les moyens destinés à la formation professionnelle vont ainsi être doublés, a ajouté Christian Levrat (PS/FR). L’aide au développement paie déjà son tribut au programme de stabilisation en assumant le quart des coupes prévues, a-t-il ajouté. Cet argument pourrait ne pas suffire à convaincre la droite de ne pas raboter 100 millions de plus par année lorsqu’elle abordera le programme d’économies le 28 septembre. Sans forcément soutenir à ce stade la proposition de Hannes Germann, plusieurs orateurs bourgeois se sont en effet montrés très critiques face à la façon dont l’argent est dépensé. Et de réclamer une aide plus ciblée et un meilleur contrôle de son efficacité.

Migration - En attendant, les sénateurs ont décidé de renforcer le lien entre aide au développement et migrations. Le National s’était contenté de demander que les programmes et projets intègrent autant que possible des éléments de politique migratoire. Le Conseil des Etats a exigé un lien stratégique. Il faudrait s’intéresser aux causes des conflits et des migrations, s’il en va des intérêts de la Suisse, et encourager la conclusion d’accords et de partenariats. C’est exactement comme ça que le Conseil fédéral voit les choses, a affirmé le ministre des affaires étrangères Didier Burkhalter. Et de préciser que 20% des crédits-cadre étaient destinés à la migration.

Contrôles - La Chambre des cantons a par ailleurs complété la disposition demandant au Conseil fédéral de faire le point en 2018 et en 2020 sur l’efficacité des mesures prises. Le compte-rendu devra être réalisé avec le concours d’évaluateurs externes, au moyen de méthodes reconnues. Il mentionnera aussi les objectifs manqués et les mesures à prendre.
Les sénateurs ont profité de l’occasion pour ancrer des dispositions limitées pour l’instant à fin mai 2017. Elles portent sur le recours à des personnes morales pour atteindre les objectifs légaux ainsi que sur le traitement de données personnelles.
Enfin, le Conseil des Etats a demandé dans une motion d’accorder une importance particulière à la thématique de la montagne. Ce que le Conseil fédéral est disposé à faire. Des mesures sont notamment prévues au Népal, au Kirghizistan, au Tadjikistan, en Géorgie, en Bolivie et au Nicaragua.

Le dossier retourne au niveau National dans la Confédération suisse

http://s.romandie.com/news/nbread.php?news=736646- Source : http://www.romandie.com/news/Le-Conseil-des-Etats-lie-aide-au-developpement-et-migrations/736646.rom

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    Cycle dispensé par l’INALCO Paris sur les Migrations (2015-2016)
    D’après Wikipédia, « L’Institut national des langues et civilisations orientales (INALCO), dit Langues O’5(prononcer Langzo), est un établissement français d’enseignement supérieur et de recherche chargé d’enseigner les langues et civilisations autres que celles originaires d’Europe occidentale. Langues O’ est le nom donné par des générations d’étudiants à l’École spéciale, puis royale, puis impériale, puis nationale, des langues orientales de Paris, qui a pris son nom actuel en 1971. Parmi ces derniers, on compte de nombreux enseignants-chercheurs, linguistes et diplomates. Les étudiants des Langues O’ étaient traditionnellement appelés « silvains » ; le terme, quasiment tombé en désuétude, est dérivé du nom du premier président de l’école Antoine-Isaac Silvestre de Sacy (familièrement « Silvestre ») dont la statue trône dans la cour de l’hôtel du 2 rue de Lille. Un « ordre très haut et très secret de Silvestre de Sacy » aurait été à l’origine d’une tradition de canulars qui rendait les silvains fameux parmi les étudiants parisiens pour la sophistication de leurs gags… » Article complet à déciuvrir sur le site : . https://fr.wikipedia.org/wiki/Institut_national_des_langues_et_civilisations_orientales

Face à l’afflux des demandeurs d’asile en Europe à l’été 2015, la communauté scientifique répond par l’étude des flux migratoires, des conflits et des tensions ... L’INALCO, fort de sa communauté d’enseignants chercheurs spécialistes de l’Afrique, de l’Asie, du Moyen Orient et de la Méditerranée, de l’Eurasie et de l’Europe centrale et orientale, enfin des Amériques, apporte son expertise unique et sa connaissance des langues et du terrain à l’analyse des migrations, pour faire entendre la voix de ceux qui vivent l’exil.

Face à l’afflux des demandeurs d’asile en Europe à l’été 2015, la communauté scientifique répond par l’étude des flux migratoires, des conflits et des tensions autour des frontières. Pourtant cette actualité suppose bien plus qu’une analyse ponctuelle du présent. Elle interroge des mobilités souvent ancestrales, des déplacements qui ont recomposé les identités, des contacts de langues, des représentations culturelles de l’exil. 

Le cycle Migrations de l’INALCO : Théâtre, cinéma et exposition photographique viendront enrichir les tables rondes, débats d’experts et témoignages qui constituent ce cycle Migrations, ouvert au grand public pour un dialogue culturel riche et actuel.

Présentation du Cycle Migrations et détails des programmes à partir du site suivant : http://www.inalco.fr/actualite/cycle-migrations-0

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    « Les migrations : comment traiter ce nouveau défi européen et planétaire au XXIème siècle ? » Rapport de synthèse national – Question sociale 2016 Document ‘Le Droit Humain’La Fédération française du « Droit humain », fondée en 1901, est la première et la plus ancienne fédération de l’Ordre maçonnique mixte international « le Droit humain ». Voir sur le site suivant : https://fr.wikipedia.org/wiki/Le_Droit_humain_(France)
    « Soit nous saurons bâtir en ce siècle une civilisation commune à laquelle chacun puisse s’identifier, soudée par les mêmes valeurs universelles, guidée par une foi puissante en l’aventure humaine, et enrichie de toutes nos diversités culturelles, soit nous sombrons ensemble dans une commune barbarie « [Amin Maalouf, écrivain franco-libanais, académicien français).

Les migrations humaines ne sont pas un phénomène récent. Elles sont constitutives de l’histoire de l’Humanité. Mais elles présentent des caractéristiques nouvelles. Le nombre de personnes qui vivent dans un pays qui n’est pas le leur augmente sous l’effet de la croissance rapide de la population mondiale. Mais les mouvements de population les plus importants se font au sein des États.

La Convention de Genève de 1951 a défini ce que sont les réfugiés et leur a attribué un statut. Un réfugié est une personne « craignant avec raison d’être persécutée du fait de sa race, de sa religion, de sa nationalité, de son appartenance à un certain groupe social ou de ses opinions politiques, se trouve hors du pays dont elle a la nationalité et qui ne peut ou, du fait de cette crainte, ne veut se réclamer de la protection de ce pays. »

En revanche, il n’existe pas de définition universellement admise du terme de migrant qui recouvre des situations hétérogènes, choisies ou subies, stables ou transitoires.

Des guerres entre états et des guerres civiles répondant à des enjeux politiques, économiques, stratégiques, mafieux, souvent exprimés en termes ethniques et religieux, provoquent des déplacements soudains et massifs de populations. Leur augmentation, progressive jusque-là, s’est accélérée depuis 2005. De 19 millions en 2005, le nombre de réfugiés était passé à 53 millions fin 2014. Le plus grand nombre est accueilli dans les pays voisins.

La désertification, la montée des eaux, les catastrophes naturelles sont des causes émergentes de déplacements de populations. Alors que l’on compte aujourd’hui 230 millions de migrants au total, les réfugiés politiques et environnementaux pourraient être 1 milliard à l’horizon de 2050.

Le nouveau défi auquel l’Europe et le monde sont confrontés au XXIème siècle tient donc pour partie à l’augmentation des flux migratoires. Il résulte aussi des circonstances dans lesquelles ils se produisent.

Les personnes désireuses ou contraintes de quitter leur pays se déplacent plus aisément. Les moyens de transport et l’information sont plus accessibles. Mais les obstacles sont plus nombreux. Sous l’effet notamment de la décolonisation et de l’effondrement du bloc soviétique, le nombre d’États indépendants a plus que doublé et ils tendent à renforcer leurs frontières, allant parfois jusqu’à ériger des murs, souvent en vain. La longueur des murs existants et de ceux qui sont planifiés, pourrait égaler la circonférence de la terre.

L’Europe, rêvée comme une aire de paix et de liberté exemplaire du point de vue des Droits de l’Homme, se montre défensive et désunie face au fait migratoire. Sa législation concernant les étrangers est instable et ses évolutions orientées vers un durcissement.

Dans les pays d’accueil, les expressions de défiance à l’égard des nouveaux arrivants ainsi que de ceux qui sont perçus comme tels en raison de leur apparence, se font plus nombreuses. Elles mêlent peurs et rejet sur fond de méconnaissance, et de confusions entretenues par les médias. La question migratoire prend une importance croissante dans les processus électoraux. Un personnel politique tenant de conceptions identitaires et autoritaires accède aux responsabilités.

QUEL EST LE DEFI ?

Pour l’humanité tout entière, il est à la fois d’accueillir dignement les migrants et de prévenir les migrations subies.

Il est légitime qu’un Etat accueille dans le cadre de ses frontières les personnes qui répondent aux critères déterminés par ses lois et renvoie dans leur pays, lorsque cela est possible, les personnes en séjour irrégulier. Mais des frontières plus étanches limitent les allers-retours et suscitent un recours plus fréquent à des filières criminelles, dangereuses et parfois mortelles.

Les pays développés ne sont pas toujours innocents dans la survenance des tragédies qui jettent sur les routes des populations entières. Il est de leur responsabilité de prendre leur part dans l’accueil des migrants qui répond en outre aux besoins de sociétés vieillissantes et en déficit de compétences et contribue à la richesse culturelle du monde.

La prévention des migrations subies est en lien étroit avec les grands enjeux économiques, écologiques et diplomatiques du monde.

Le défi pour l’Europe est de ne pas s’enfermer dans la logique défensive qui a prévalu dans l’évolution de sa politique depuis les années 1980.

Pour la communauté internationale, il est de placer la question migratoire parmi les grandes priorités du monde pour ne pas assister, avec résignation et indifférence, à des catastrophes humanitaires renouvelées.

NOUS PROPOSONS UN PLAN D’ACTION POUR TRAITER LE DEFI EUROPEEN ET PLANETAIRE DES MIGRATIONS AU XXIEME SIECLE. Le consulter ici –> rapport-question-sociale-2016

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Source : http://www.droithumain-france.org/rapport-de-synthese-national-question-sociale-2016-les-migrations/

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Emis par Jacques HALLARD, Ingénieur CNAM, consultant indépendant – 10/11/2016

Site ISIAS = Introduire les Sciences et les Intégrer dans des Alternatives Sociétales

http://www.isias.lautre.net/

Adresse : 585 Chemin du Malpas 13940 Mollégès France

Courriel : jacques.hallard921@orange.fr

Fichier : ISIAS Sociologie Politique Passer des grandes migrations historiques à la crise migratoire contemporaine en Europe.5

Mis en ligne par Pascal Paquin de Yonne Lautre, un site d’information, associatif et solidaire(Vie du site & Liens), un site inter-associatif, coopératif, gratuit, sans publicité, indépendant de tout parti,

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