"Les évasions possibles de poissons provenant des élevages en mer soulèvent des inquiétudes concernant la faune : les scientifiques craignent que les fuyards nuisent aux espèces sauvages indigènes" par Roberta Kwok

Traduction et compléments de Jacques Hallard



ISIAS Poissons

Les évasions possibles de poissons provenant des élevages en mer soulèvent des inquiétudes concernant la faune : les scientifiques craignent que les fuyards nuisent aux espèces sauvages indigènes

L’article original de Roberta Kwok, publié par ‘Sciences News’ le 7 septembre 2016, s’intitule « Fish escapes from marine farms raise concerns about wildlife » et il est accessible sur le site : https://www.sciencenews.org/article/fish-escapes-marine-farms-raise-concerns-about-wildlife?utm_source=Society+for+Science+Newsletters&amp ;utm_campaign=a324a2c4a6-Latest_From_Science_News&utm_medium=email&utm_term=0_a4c415a67f-a324a2c4a6-104721209

Photo – Apparemment paisible mais carnassier. Le ‘loup de mer’ * (Dicentrarchus labrax) et d’autres poissons provenant d’élevages s’échappent souvent dans l’océan à partir des cages d’élevages installées en mer. Les chercheurs craignent que les poissons qui s’évadent, comme ce loup de mer, qui se trouve au large de la côte de l’île espagnole de Ténériffe située dans les îles Canaries, pourraient menacer les écosystèmes sauvages **.

[* Selon Wikipédia « Loup est un nom vernaculaire ambigu désignant notamment en français certains poissons prédateurs marins. Parmi ceux-ci, plusieurs appartiennent au genre Anarhichas. Mais certains « bars », comme le Bar commun (Dicentra chus l’abra) et le Bar tacheté (Dicentra chus punctatus), sont appelés « loups » dans la région méditerranéenne1… » Article à lire sur : https://fr.wikipedia.org/wiki/Loup_(poisson) ].

[** Ecosystèmes sauvages - Voir aussi l’article intitulé « En 20 ans, la planète a perdu 10% de ses écosystèmes sauvages ». ’Les espaces sauvages, qui sont importants pour la planète, sont complètement ignorés dans les politiques environnementales’, s’inquiète James Watson, de l’université de Queensland en Australie… A lire la totalité sur le site suivant : http://www.atlantico.fr/pepites/en-20-ans-planete-perdu-10-ecosystemes-sauvages-2815332.html#6acAxBzAEMUr8gbV.99 ].

Carlos Borbones - Référence de la revue : Vol. 190, No. 6, Septembre 17, 2016, p. 22

Sur le quai de Buenaventura, [une ville du département Valle del Cauca] en Colombie, le pêcheur avait besoin d’aide pour identifier ses prises. « Je n’ai aucune idée de ce qu’est ce poisson », dit-il en tenant une prise de plus ou moins 50 centimètres de long et de couleur brun grisâtre. Gustavo Castellanos-Galindo, un écologiste spécialiste des poissons, se rappelle une d’octobre dernier. « Je lui répondit : ’Eh bien, ceci est un poisson-cobra *, et il ne devrait pas se trouver là ’ ».

[* Poisson-cobra ou rascasse : selon Wikipédia, « La Rascasse volante (Pterois volitans) est une espèce de poissons très venimeux de la famille des Scorpaenidae. Il ne faut pas confondre ce poisson avec d’autres du même genre, appelés aussi des rascasses volantes : Pterois miles et Pterois antennata…. Noms vulgaires (vulgarisation scientifique) et Noms vernaculaires (langage courant), pouvant désigner aussi d’autres espèces : Rascasse volante, laffe volant, poisson scorpion, poisson volant, poisson-dindon, poisson de feu1 et encore crapaud de mer, diable de mer, rascasse-poule2, poisson-cobra, poisson-lion ou scorpène3… Cette espèce invasive a été introduite par l’homme et crée un déséquilibre écologique dans les récifs des Caraïbes. Dans son nouvel habitat, ce poisson n’a pas de prédateur naturel, et la mortalité des œufs et alevins est insuffisante. Sa prolifération est foudroyante, aux dépens des espèces naturelles de poissons de récifs… On pense que les requins peuvent être des prédateurs de Pterois volitans sans être affectés par les épines vénimeuses7. Une expérience est menée depuis 2011 au Roatan Marine Park du Honduras pour « dresser » les requins à se nourrir de rascasses volantes dans le but de maîtriser les populations invasives des caraïbes8. Cette espèce est si invasive que l’Observatoire de l’eau de Martinique a créé un site de suivi de sa prolifération9… » Lire l’article complet sur le site suivant : https://fr.wikipedia.org/wiki/Pterois_volitans ].

Le poison-cobra juvénile en question s’était probablement échappé d’une ferme qui est située au large de la côte de l’Equateur et qui a commencé à fonctionner au début de 2015, Castellanos-Galindo et ses collègues du ‘World Wildlife Fund’ à Cali, en Colombie, ont rapporté en mars 2016 dans la revue ‘BioInvasions Records’.

[Voir « Mariculture-induced introduction of cobra Rachycentron canadum (Linnaeus, 1766), a large predatory fish, in the Tropical Eastern Pacific ». Gustavo A. Castellanos-Galindo, Rodrigo Baos and Luis Alonso Zapata - (pp 55-58) – Abstract

http://www.reabic.net/files/down_tr...

http://www.reabic.net/files/pdf.gif Download article (Open Access) – Source : http://www.reabic.net/journals/bir/2016/Issue1.aspx].

Des intrus avaient probablement découpé une partie d’une une cage en filet, peut-être avec l’intention de pêcher et de vendre les poissons. Environ 1.500 poisson-cobra ont fui, selon la société d’aquaculture ‘Ocean Farm’ à Manta, sur la côte de l’Océan Pacifique en Equateur, qui gère la ferme d’élevage. Les poissons-cobra sont des prédateurs à la nage rapide qui peuvent migrer sur de longues distances et se développer jusqu’à atteindre environ 2 mètres de long. L’espèce n’est pas originaire de l’est du Pacifique, mais depuis leur évasion, les fugitifs ont été repérés depuis le Panama jusqu’au Pérou.

Les élevages dans les mers et les océans

Environ un tiers des poissons d’élevage dans le monde, ainsi que des mollusques, des crustacés et d’autres animaux aquatiques sont élevés dans les zones maritimes et côtières, principalement en Asie. Les cages sous-marines doivent résister à des tempêtes, à des attaques de prédateurs et d’autres menaces.

Pour plus de détails, se reporter à lannexe  : Documentation sur les pêches et l’aquaculture mondiales


T. Tibbitts - Source : FAO 2016.

L’escapade du poisson-cobra n’est pas un incident isolé. Les activités d’aquaculture, l’élevage de poissons et d’autres espèces aquatiques, sont en pleine expansion - à la fois en mer et dans des fermes intérieures. Elles ont commencé à dépasser la pêche sauvage et les prises accessoires qui constituent la principale source de fruits de mer pour l’alimentation.

Les poissons d’élevage dans l’océan, comme le saumon, le bar, la daurade et d’autres espèces, sont élevés dans des enclos géants construits en mer et qui peuvent être abimés par les tempêtes, les prédateurs et les poissons qui grignotent les filets, mais aussi par des erreurs des employés et des voleurs. Les dénombrements pour les évasions au niveau mondial sont difficiles à trouver, mais une étude réalisée dans six pays européens et sur trois ans, a révélé que près de 9 millions de poissons se sont échappés à partir de cages installées en mer, selon un rapport publié en 2015 dans la revue ‘Aquaculture’.

[Voir « A pan-European valuation of the extent, causes and cost of escape events from sea cage fish farming ». Dave Jackson, et al - Show more : http://dx.doi.org/10.1016/j.aquaculture.2014.10.040 - Source : http://www.sciencedirect.com/science/article/pii/S0044848614005481 ].

Les chercheurs craignent que ces rejets ne puissent nuire à la faune, mais ils ne disposent pas de beaucoup de données pour mesurer les effets à long terme. De nombreuses questions restent en suspens. Une étude publiée en 2016 sur la Norvège suggère que certains poissons domestiqués, qui se sont évadés des cages, se sont largement accouplés avec les poissons sauvages de la même espèce, ce qui pourrait affaiblir la population sauvage. Les scientifiques étudient également si les poissons échappés pourraient dévaster ou remplacer les poissons indigènes.

Le pire des scénarios est celui de la propagation de poissons échappés qui peuvent coloniser de grandes surfaces et faire des ravages sur les autres espèces. Depuis les crapauds toxiques *, probablement issus d’Asie (Duttaphrynus melanostictus) et retrouvés en Australie {{}}et àhttp://www.scidev.net/afrique-sub-s...Madagascar jusqu’aux fourmis de feu rouges, importées aux États-Unis.

[* L’Australie forme des marsupiaux à éviter les crapauds toxiques – AFP - Publié le 21 avril 2016 à 09h04 | Mis à jour le 21 avril 2016 à 09h04.

Photo - Les dasyures, mammifères également connus sous le nom de chat marsupial, sont menacés par le crapaud-buffle [Rhinella marina, autrefois parfois dénommé Bufo marinus], une espèce invasive originaire d’Amérique centrale et du Sud. GREG WOOD, ARCHIVES AFP - Agence France-Presse, SYDNEY - Des équipes de scientifiques dressent un petit marsupial carnivore d’Australie, le dasyure, pour lui apprendre à éviter de manger les crapauds toxiques qui ont dévasté des populations entières de cette espèce en danger… A lire sur le site suivant : http://www.lapresse.ca/environnement/especes-menacees/201604/21/01-4973524-laustralie-forme-des-marsupiaux-a-eviter-les-crapauds-toxiques.php ].

Les espèces envahissantes constituent l’une des plus grandes menaces pour la biodiversité de la planète et tout cela coûte des milliards de dollars de dommages et en frais de gestion. Toutes les espèces introduites n’ont pourtant pas de tels effets drastiques, mais les espèces envahissantes peuvent être difficiles à éliminer par la suite.

[* Voir « Invasive toads will probably overrun Madagascar » by Sarah Zielinski - 2:15pm, February 22, 2016. Source : https://www.sciencenews.org/blog/wild-things/invasive-toads-will-probably-overrun-madagascar ].

Alors que les chercheurs essaient d’obtenir des informations sur l’impact des poissons évadés depuis les fermes d’élevage, les éleveurs travaillent à mieux contenir les poissons et à réduire l’impact écologique des fugueurs. Certains pays ont resserré leurs règlements pour l’aquaculture (ou halieuculture, ou aquiculture, terme en usage au début du XX e siècle et préconisé par l’Académie française).

Les chercheurs proposent des stratégies allant jusqu’à de nouveaux modèles agricoles pour modifier la génétique des poissons. Comme l’aquaculture devient un moyen répandu pour nourrir et fournir en protéines les habitants de la planète, les effets écologiques doivent retenir plus d’attention.

Photo – Les élevages en mer. Au Chili, les poissons sont élevés principalement dans les milieux marins côtiers (cages en mer, vue du dessus). Ce pays sud-américain est le deuxième plus grand producteur de saumon d’élevage, après la Norvège. René Lorenz / iStock Photo.

Si les poissons évadés venaient à affaiblir la faune indigène, « nous aurions à résoudre un problème alimentaire à l’échelle mondiale et nous créerions un autre problème », explique le généticien des populations Kevin Glover de l’Institut norvégien de recherche marine de Bergen, en Norvège, un important producteur de poissons marins qui a fait beaucoup de recherches sur les évasions à partir des fermes d’élevage.

Des poissons pas nés pour vivre sauvages

La pisciculture [une des branches de l’aquaculture qui désigne l’élevage des poissons en eaux douces, saumâtres ou salées] est un secteur de grande activité. En 2014, l’industrie a travaillé 73,8 millions de tonnes d’animaux aquatiques pour une valeur d’environ 160 milliards de $, selon un rapport publié en juillet 2016 par l’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO) basée à Rome.

Près des deux tiers de cette nourriture provient de fermes d’eau douce intérieures telles que les étangs, utilisés en Asie depuis des milliers d’années. Le reste est cultivé dans les fermes marines et côtières, où les poissons d’élevage vivent dans des étangs saumâtres, les lagunes ou des cages installées dans l’océan. L’exposé se poursuit après le graphique suivant.

Le boom de l’aquaculture par rapport aux pêches dans la nature depuis 1950

https://www.sciencenews.org/sites/d...

L’industrie de l’élevage de poissons est en pleine croissance, tandis que la pêche sauvage avec captures a atteint un plateau. En 2014, les productions de l’aquaculture représentaient 44 pour cent de la production aquatique animale dans le monde et plus de la moitié de la production destinée à l’alimentation humaine.

E. Otwell - Source : FAO 2016

Les poissons d’eau douce peuvent s’échapper à partir des fermes avec des étangs lors d’événements tels que les inondations. Certains poissons échappés, comme le tilapia, ont nui à des espèces indigènes par le fait de la compétition et de s’être nourri de poissons sauvages. Mais l’agriculture dans la mer a son propre ensemble de problèmes. L’environnement physique est rude et les cages sont exposées à des vagues néfastes de l’océan et aux vents, ainsi qu’aux bateaux et aux attaques de prédateurs.

Le saumon est l’un des poissons marins qui fait le plus largement l’objet d’élevages. Dans certaines régions, le nombre de saumons d’élevage a réduit les populations sauvages de saumons. Les fermes marines de la Norvège détiennent environ 380 millions de saumons de l’Atlantique, alors que les rivières du pays concernées abritent seulement environ 500.000 individus du saumon sauvage de l’Atlantique.

380 millions – C’est le nombre de saumons de l’Atlantique dans les fermes marines de la Norvège.

500 millions – C’est le nombre de saumons atlantiques vivant dans les rivières de la Norvège.

Au cours des quatre décennies que les agriculteurs ont consacré à l’élevage du saumon atlantique, les souches d’élevage ont divergé de leurs cousins ​​sauvages. Lorsque les deux sont élevés en écloserie standard, le saumon d’élevage peut atteindre en poids environ trois à cinq fois plus élevé que le saumon sauvage, dans leur première année de vie.

Les saumons élevés dans les fermes ont également tendance à être moins prudents ; par exemple, après avoir été exposés à un prédateur artificiel, ils sortent plus rapidement de leurs cachettes que les poissons sauvages. Ce comportement à risque peut avoir surgi en partie parce que les poissons ne sont pas confrontés aux défis difficiles qui prévalent dans la nature. « L’idée d’une écloserie est que tous les individus arrivent à survivre », dit Philip McGinnity, un écologiste moléculaire travaillant à la ‘College University’ de Cork en Irlande. Les poissons d’élevage ne peuvent pas faire mieux.

Ces différences sont de mauvaises nouvelles pour la progéniture hybride et les poissons sauvages. Dans les premières expériences, la progéniture hybride de saumon d’élevage a eu tendance à mal se comporter et à réussir à l’état sauvage. Dans les années 1990, l’équipe de McGinnity avait mesuré ’les chances de se développer’ de ces poissons dans les rivières de frai et dans l’océan. En comparaison avec le saumon sauvage, la progéniture hybride avait un taux de réussite d’environ un quart à un demi au mieux.

Vers la même époque, une équipe travaillant en Norvège avait constaté que lorsque des poissons sauvages nageaient avec les poissons d’élevage au milieu d’eux, le nombre de descendants sauvages qui avaient survécu assez longtemps pour délaisser la rivière et se propager vers l’océan, était d’environ un tiers plus faible que prévu, peut-être parce que la progéniture d’élevage à une croissance rapide et avale beaucoup de nourriture ou colonise plus de territoire. « Il y avait vraiment lieu d’être inquiet », dit Ian Fleming, un écologiste évolutionniste à l’Université Memorial de Terre-Neuve à Saint-Jean, au Canada, qui faisait partie de l’équipe de chercheurs de Norvège.

Des travaux récents soutiennent l’idée que des poissons d’élevage pourraient évincer les poissons sauvages en monopolisant le territoire dans une rivière.

[Voir « Farmed Atlantic salmon Salmo salar L. parr may reduce early survival of wild fish - First published : 1 May 2015 Full publication history - DOI : 10.1111/jfb.12677View/save citation - Source : http://onlinelibrary.wiley.com/doi/10.1111/jfb.12677/abstract ].

Dans une étude publiée l’an dernier dans la revue scientifique ‘Journal of Fish Biology’, les chercheurs ont constaté que le taux de survie des jeunes saumons sauvages ont chuté de 74 à 53 pour cent, lorsque les poissons ont été élevés dans les mêmes canaux de flux confinés, par rapport aux jeunes saumons d’élevage, plutôt que dans leur milieu.

Lorsque les canaux avaient une sortie, plus de poissons sauvages ont quitté le courant lorsqu’ils étaient élevés avec des saumons d’élevage, que lorsqu’ils étaient élevés seuls. « Ce sont des poissons qui abandonnent le territoire et qui doivent partir », explique le co-auteur de l’étude Kjetil Hindar, un biologiste spécialiste des saumons à l’Institut norvégien de recherche sur la nature, basé à Trondheim.

[Voir l’article « Farmed Atlantic salmon Salmo salar L. parr may reduce early survival of wild fish - First published : 1 May 2015 Full publication history - DOI : 10.1111/jfb.12677 View/save citation - Source : http://onlinelibrary.wiley.com/doi/10.1111/jfb.12677/abstract ]..

Un mélange moins vigoureux

Pour savoir combien de poissons échappés s’étaient génétiquement mêlés avec des poissons sauvages, l’équipe de Glover a obtenu des échantillons historiques d’écailles de saumon, recueillies auprès de 20 cours d’eau en Norvège, avant que l’aquaculture ne se soit développée comme actuellement. Les chercheurs ont comparé l’ADN isolé dans les écailles avec celui des saumons sauvages, capturés de 2001 à 2010 dans ces rivières.

Dans cinq des 20 rivières analysées, le saumon sauvage était devenu plus semblable génétiquement aux poissons d’élevage sur une période d’environ une à quatre décennies, comme l’a annoncé l’équipe de chercheurs en 2013 dans la revue ‘BMC Genetics’.

[ Voir l’article « Atlantic salmon populations invaded by farmed escapees : quantifying genetic introgression with a Bayesian approach and SNPs - Kevin Alan Glover Email author, et al. - BMC Genetics 201314:74 - DOI : 10.1186/1471-2156-14-74 - © Glover et al. ; licensee BioMed Central Ltd. 2013 - Published : 23 August 2013. Source : http://bmcgenet.biomedcentral.com/articles/10.1186/1471-2156-14-74 ].

Dans la population la plus touchée, 47 pour cent du génome du poisson sauvage provient de souches d’élevage. « Nous parlons d’un envahissement plus ou moins complet du pool génétique naturel », dit Glover. « Imaginez des seaux de peinture - rouge, bleu, vert - représentant chaque rivière, dit-il, et en versant de la peinture grise dans chacun d’eux ».

Le métissage, les croisements entre les types différents, était moins un problème lorsque les poissons sauvages étaient abondants. Les poissons d’élevage ne sont pas bons pour la reproduction, de sorte qu’ils ne seront pas beaucoup accouplés si de nombreux concurrents sauvages sont présents. Mais dans les populations clairsemées, le saumon d’élevage peut être en mesure de « se renforcer », dit Glover.

Les 10 premiers pays producteurs de poissons en aquaculture marine / côtière en 2014.

Country - Pays

Production (thousand metric tons – milliers de tonnes métriques)

Norway Norvège 1,330.4
China Chine 1,189.7
Chile Chili 899.4
Indonesia Indonésie 782.3
Philippines 373.0
Japan Japon 238.7
Vietnam 208.5
United Kingdom Royaume Uni 167.3
Turkey Turquie 126.1
Taiwan République de Chine (Formose) 97.8

Source : FAO 2016

Une grande étude plus importante conduite par l’équipe de Hindar, et publiée en juillet 2016 dans la revue ‘ICES Journal of Marine Science’, a montré que le mélange génétique entre les saumons sauvages et ceux d’élevage se manifeste à une grande échelle en Norvège.

Parmi 109 populations de saumons sauvages, environ la moitié avait des quantités importantes de matériel génétique provenant de souches d’élevage qui s’étaient échappées. Dans 27 populations, plus de 10 pour cent de l’ADN des poissons provenait de poissons d’élevage.

[Voir « Widespread genetic introgression of escaped farmed Atlantic salmon in wild salmon populations » - Sten Karlsson*,, et al, Norwegian Institute for Nature Research (NINA), Sluppen, No 7485, P.O. Box 5685, Trondheim, Norway - Received March 7, 2016 - Source : http://icesjms.oxfordjournals.org/content/early/2016/07/19/icesjms.fsw121.short?rss=1 ].

Qu’est-ce que cela signifie pour la progéniture ? Chaque population de saumon est adaptée pour survivre dans son habitat particulier : dans une certaine rivière, à un niveau de gamme de température ou d’acidité spécifique. Lorsqu’un poisson d’élevage s’accouple avec un poisson sauvage, la descendance peut ne pas être aussi bien adaptée pour vivre dans cet environnement particulier. Au fil des générations, lorsque la population sauvage devient plus semblable au saumon d’élevage, les scientifiques craignent que la survie des poissons arrive à s’effondrer.

Les scientifiques de plusieurs institutions basées en Norvège explorent la situation pour déterminer si le mélange génétique modifie les taux de survie du saumon sauvage, sa croissance et d’autres traits ou caractères génétiques. Faire un lien définitif sera difficile. D’autres menaces, telles que le changement climatique et les pollutions, interviennent également sur les populations de poissons.

Si les évasions de poissons venaient à être stoppées, les populations de saumon sauvage pourraient rebondir. La sélection naturelle peut éliminer les poissons les plus faibles et laisser leur chance aux plus robustes des individus, ceux qui ont hérité de leurs parents une combinaison plus favorable grâce aux traits ou caractères génétiques de rusticité. .

Mais Glover craint que, comme une plage ne peut pas se récupérer si le pétrole est déversé chaque année, les populations sauvages ne peuvent pas se rétablir si des poissons d’élevage sont continuellement déversés. « Mère Nature ne peut pas nettoyer si vous polluez en permanence ! ».

Des conséquences incertaines

Dans les endroits où la population d’élevage n’est pas naturellement abondante, les chercheurs jettent un coup d’œil pour détecter si les évasions pourraient bouleverser les écosystèmes indigènes. Par exemple, le ‘loup de mer’ européen se propage parfois loin de fermes dans les îles Canaries, où (à l’exception de quelques petites populations sur l’extrémité orientale) les espèces ne vivent pas normalement.

En février 2010, les tempêtes ont abattu des cages à l’île de La Palma, « comme si un géant aurait déchiré tous les filets », explique Kilian Toledo-Guedes, un écologiste marin qui travaille à l’Université d’Alicante en Espagne. Environ 1,5 millions de poissons - la plupart du temps des loups de mer – se seraient enfui en liberté dans les eaux marines.

Quelques semaines plus tard, le nombre de loup de mer dans les eaux voisines était « incroyable », dit-il. « Je ne pouvais même pas voir le fond ». La densité des ‘loups de mer’ dans les eaux situées autour de la ferme d’élevage, était de 162 fois plus élevé que ce qu’il était à la même époque l’année précédente, comme son équipe l’a rapporté en 2014, dans la gestion des pêches en relation avec l’écologie. Les données des pêches montrant un pic dans les captures de ‘loups de mer’ par les pêcheurs locaux en janvier a également suggéré que de grandes évasions non déclarées avaient eu lieu avant la tempête.

[Voir « Influence of a massive aquaculture escape event on artisanal fisheries ». First published : 20 October 2013 Full publication history - DOI : 10.1111/fme.12059 View/save citation - Source : http://onlinelibrary.wiley.com/doi/10.1111/fme.12059/abstract ].

Malgré qu’ils soient élevés en captivité, où ils sont nourris avec des granulés, certains des poissons d’élevage apprennent à chasser. Les chercheurs ont constaté que les ‘loups de mer’ échappés et repris quatre mois après la rupture de 2010, avaient mangé la plupart des crabes. Les animaux des fuites antérieures de ‘loups de mer’, qui vivaient à l’état sauvage depuis plusieurs années, avait ainsi mangé beaucoup de poissons. Les résultats, publiés en 2014 dans la revue ‘Marine Environmental Research’, suggèrent que les individus évadés commencent par la capture des cibles faciles, comme les crustacés, et qu’ils apprennent ensuite à attraper des poissons qui se déplacent plus rapidement.

[Voir « Farming-up coastal fish assemblages through a massive aquaculture escape event ». Kilian Toledo-Guedesa, et al. Show more. Source : http://www.sciencedeirect.com/science/article/pii/S0141113614000580 ].

Jusqu’à présent, cependant, les scientifiques n’ont pas vu des signes clairs que les évadés avaient endommagé l’écosystème. La densité de ‘loup de mer’ autour de La Palma a chuté de manière spectaculaire en octobre 2010 et il a continué de baisser l’année suivante, probablement parce que certains poissons ne pouvaient pas trouver assez à manger dans le milieu, tandis que d’autres ont été capturés par les pêcheurs ou les prédateurs, selon une étude de 2015, écrite par une autre équipe de chercheurs dans la revue ‘Journal of Aquaculture Research & Development’.

[Voir « Monitoring a Massive Escape of European Sea Bass (Dicentrarchus Labrax) at an Oceanic Island : Potential Species Establishment ». Besay Ramírez1*, et al. Published June 15, 2015. Visit for more related articles at Journal of Aquaculture Research & Development – Source : http://www.omicsonline.org/open-access/monitoring-a-massive-escape-of-european-sea-bass-dicentrarchus-labrax-at-an-oceanic-island-potential-species-establishment-2155-9546-1000339.php?aid=52420 ].

Les captures de petits poissons qui sont mangés par les loups de mer, comme le poisson perroquet (Scaridae), n’ont pas fléchi de manière significative après l’évasion de 2010 ou après une grande évasion similaire survenue en 1999, selon une étude du co-auteur Ricardo Haroun, un chercheur de conservation marine de l’Université de Las Palmas de Gran Canaria en Espagne. Alors qu’il convient de faire en sorte que les éleveurs industriels essaient d’empêcher les évasions, il ne voit aucune preuve de la suppression des espèces sauvages du fait des poissons fugueurs.

Photos - Après une évasion des ‘loups de mer’ d’une ferme marine dans les îles Canaries en 2010, les pêcheurs ont capturé environ un quart des poissons évadés (en haut sur la photo). Les ‘loups de mer’ échappés nageaient librement (en bas sur le cliché) après la rupture de 2013 au large de l’île de Gran Canaria. Haut : Feliciano Gonzàlez ; bas : Fernando Ros ; avec l’aimable autorisation de K. Toledo-Guedes

Si les poissons échappés peuvent se reproduire et se développer, le risque de nuire aux espèces indigènes augmente. Dans une étude publiée dans la revue ‘Maine Ecology’ en 2012, Toledo-Guedes et ses collègues ont déclaré avoir trouvé des ‘loups de mer’ sexuellement matures autour de l’île centrale de Tenerife. Mais Haroun dit que l’eau est trop chaude et salée pour que les poissons puissent s’y reproduire, et son équipe n’avait pas vu d’individus juvéniles au cours de leurs enquêtes autour de La Palma, ni entendu dire que des larves avaient été vues dans la région. Toledo-Guedes dit que des études plus poussées, comme des efforts pour arriver à attraper des larves, sont nécessaires avant que la reproduction locale puise être exclue.

[Voir « Escaped introduced sea bass (Dicentrarchus labrax) infected by Sphaerospora testicularis (Myxozoa) reach in coastal habitats off Canary Islands. First published : 25 July 2011. Full publication history - DOI : 10.1111/j.1439-0485.2011.00470.x View/save citation - Source : http://onlinelibrary.wiley.com/doi/10.1111/j.1439-0485.2011.00470.x/abstract ].

De même, les chercheurs ne peuvent pas prédire les conséquences de la fuite du poisson-cobra en Equateur. L’eau est à la bonne température pour sa reproduction, et ces prédateurs mangent tout ce qu’ils trouvent : des crabes aux calmars [ou teuthides] Castellanos-Galindo estime que l’aquaculture du poisson-cobra dans la région est une erreur, car les évasions vont probablement continuer, et les poissons peuvent éventuellement former une population stable à l’état sauvage, qui pourrait avoir des effets imprévisibles sur les proies indigènes et d’autres parties de l’écosystème.

Il souligne que l’espèce invasive du poisson dénommé en anglais ‘lionfish’ [Voir sa photo] constitue un récit édifiant : ces prédateurs, probablement échappés des aquariums personnels en Floride, ont explosé à travers les Caraïbes, dans le golfe du Mexique et à l’ouest de l’Océan Atlantique et ils dévorent les petits poissons de récif.

La situation des poissons-cobras peut être différente. Les requins locaux et d’autres prédateurs vont probablement manger les individus évadés, alors que les poissons ‘lionfish’ ont peu de prédateurs naturels dans leur nouveau territoire, affirme Diego Ardila, directeur de production chez ‘Ocean Farm’, [entreprise basée en Irlande].

Milton Amour, un écologiste spécialiste des poissons marins et travaillant à l’Université de Californie, à Santa Barbara, note également que le poisson ‘lionfish’ s’installe dans une petite zone, mais les poissons-cobras continuent de se déplacer, de sorte que les populations de proies pourraient se récupérer après que les poissons-cobras auraient évolué.

Toutefois toutes les espèces introduites ne deviennent pas forcément invasives : pourtant il peut s’écouler des décennies pour que les effets deviennent apparents. « Le temps nous dira ce qui se passe », dit Andrew Sellers, un écologiste marin de l’établissement de recherche ‘Smithsonian Tropical Research Institute’’ localisé à Panama City. « Fondamentalement, cela va dépendre des poissons eux-mêmes ».

Un problème récurrent

Une fois que les poissons ont fui, les éleveurs font parfois appel aux pêcheurs pour aider à capturer les évadés. Les pêcheurs professionnels ont pris près d’un quart des ‘loups de mer’ et des daurades qui se sont échappés après la rupture des installations dans les îles Canaries. En moyenne, cependant, seulement 8 pour cent des poissons sont repris après une évasion, selon une étude publiée en juin 2016 dans les revues spécialisées en aquaculture. Compte tenu des échecs des reprises, les éleveurs et les décideurs politiques devraient se concentrer sur la prévention des évasions et maintenir les réserves de pêche autour des fermes pour créer un ’mur de bouches’ avec les prédateurs locaux qui peuvent manger les poissons en fuite, dit le co-auteur Tim Dempster, chercheur en aquaculture durable l’Université de Melbourne en Australie.

[Voir « Recapturing escaped fish from marine aquaculture is largely unsuccessful : alternatives to reduce the number of escapees in the wild ». First published : 8 June 2016 Full publication history - DOI : 10.1111/raq.12153 View/save citation - Source : http://onlinelibrary.wiley.com/doi/10.1111/raq.12153/abstract ].

Des améliorations techniques pourraient aider à solutionner le problème. Le gouvernement norvégien a déployé une norme de l’aquaculture marine en 2004 qui exigeait des améliorations, comme les réseaux d’ingénierie, les mouillages et autres équipements pour résister à des tempêtes exceptionnellement fortes. Par rapport à la période 2001-2006, le nombre moyen de saumons atlantiques qui se sont échappés chaque année de 2007-2009, a chuté de plus de la moitié.

‘Ocean Farm’ en Equateur a renforcé la sécurité, l’augmentation des inspections des cages et l’entreprise est passée à des matériaux de filets plus solides ; aucun poisson-cobra ne s’est échappé depuis la prise des mesures de l’année dernière, dit Samir Kuri, directeur des opérations de l’entreprise. L’exposé se poursuit après les graphiques.

Tendances des changements dans les évasions

La Norvège a fait des améliorations majeures dans ses fermes piscicoles après qu’une nouvelle norme de l’aquaculture ait été déployée en 2004. Le nombre de poissons évadés du saumon atlantique signalés a plongé en quelques années (à droite), alors que le nombre de saumons élevés dans des cages en mer avait augmenté (à gauche).

https://www.sciencenews.org/sites/d...

 E. Otwell - Source : Ø. Jensen et al / Aquaculture Environnement Interactions 2010/ ?

Certaines entreprises élèvent des poissons dans des réservoirs contenus sur terre pour éviter de polluer les eaux marines, pour réduire l’exposition aux maladies et avec des contrôles des conditions de croissance. Mais l’industrie est largement réticente à adopter cette option jusqu’à ce que les coûts baissent.

L’argent économisé pour réduire les évasions ne serait probablement pas compensé par la charge avec le passage aux élevages sur le milieu terrestre. Les 242 cas d’évasions analysés en 2015 dans l’étude parue dans la revue ‘Aquaculture’, fixe les coûts pour les éleveurs à environ 160 millions de dollars. Selon une estimation, la création d’un parc de fermes de production de poissons avec confinement sur la terre ferme et produisant environ 4.000 tonnes de saumon par an - une petite chose par rapport aux normes de l’industrie - coûterait 54 millions de $ ; la mise en place d’une ferme avec des cages en mer de taille similaire coûte 30 millions de $.

Une autre solution consiste à élever des poissons qui ont trois séries de chromosomes. Ces poissons triploïdes, produits en soumettant les œufs fécondés à un choc de pression, ne peuvent pas se reproduire et ils ne pourraient donc pas proliférer et polluer le pool génétique des poissons sauvages.

« La seule solution ultime est la stérilité », dit Glover depuis la Norvège. « Les accidents se produisent ». Les saumons triploïdes échappés sont moins susceptibles de perturber l’accouplement, en détournant les femelles des mâles sauvages, les chercheurs ont écrit dans la revue ‘Biological Invasions’ en mai 2016. Mais les poissons triploïdes ne croissent pas aussi bien quand la température de l’eau dépasse les 15° Celsius, et les consommateurs pourraient être réticents à accepter ces saumons en quelque sorte ‘génétiquement modifiés’.

[Voir “Genetic screening of farmed Atlantic salmon escapees demonstrates that triploid fish display reduced migration to freshwater”. Authors and affiliations - Source : http://link.springer.com/article/10.1007/s10530-016-1066-9 ].

Bien que les effets écologiques des évasions de la pisciculture puissent prendre beaucoup de temps pour se manifester, la plupart des chercheurs conviennent que nous ne devrions pas prendre de risques avec la santé et les équilibres dans les océans, qui font déjà face à des menaces telles que le changement climatique, les pollutions et la surpêche. Avec l’industrie de l’aquaculture qui est en expansion, de l’ordre d’environ 6 pour cent par an, les éleveurs de poissons devront continuer à améliorer leurs pratiques d’élevage s’ils veulent rester à la pointe, face à l’emballement pour la production et la consommation des produits de la mer.

Citations

G. Castellanos-Galindo et al. Mariculture-induced introduction of cobiaRachycentron canadum(Linnaeus, 1766), a large predatory fish, in the Tropical Eastern Pacific. BioInvasions Records. Vol. 5, March 2016, p. 55. doi : 10.3391/bir.2016.5.1.10.

T. Dempster et al. Recapturing escaped fish from marine aquaculture is largely unsuccessful : alternatives to reduce the number of escapees in the wild. Reviews in Aquaculture. Published online June 8, 2016. doi : 10.1111/raq.12153.

I. Fleming et al. Lifetime success and interactions of farm salmon invading a native population. Proceedings of the Royal Society B. Vol. 267, August 7, 2000, p. 1517. doi : 10.1098/rspb.2000.1173.

K. Glover et al. Atlantic salmon populations invaded by farmed escapees : quantifying genetic introgression with a Bayesian approach and SNPs. BMC Genetics. Vol. 14, August 23, 2013, article 74. doi : 10.1186/1471-2156-14-74.

K. Glover et al. Genetic screening of farmed Atlantic salmon escapees demonstrates that triploid fish display reduced migration to freshwater. Biological Invasions. Vol. 18, May 2016, p. 1287. doi : 10.1007/s10530-016-1066-9.

D. Jackson et al. A pan-European valuation of the extent, causes and cost of escape events from sea cage fish farming. Aquaculture. Vol. 436, January 20, 2015, p. 21. doi : 10.1016/j.aquaculture.2014.10.040.

O. Jensen et al. Escapes of fishes from Norwegian sea-cage aquaculture : causes, consequences and prevention. Aquaculture Environment Interactions. Vol. 1, August 12, 2010, p. 71. doi : 10.3354/aei00008.

S. Karlsson et al. Widespread genetic introgression of escaped farmed Atlantic salmon in wild salmon populations. ICES Journal of Marine Science. Published online July 22, 2016. doi : 10.1093/icesjms/fsw121.

Y. Liu et al. Comparative economic performance and carbon footprint of two farming models for producing Atlantic salmon (Salmo salar) : Land-based closed containment system in freshwater and open net pen in seawater. Aquacultural Engineering. Vol. 71, March 2016, p. 1. doi : 10.1016/j.aquaeng.2016.01.001.

P. McGinnity et al. Fitness reduction and potential extinction of wild populations of Atlantic salmon,Salmo salar, as a result of interactions with escaped farm salmon. Proceedings of the Royal Society B. Vol. 270, December 7, 2003, p. 2443. doi : 10.1098/rspb.2003.2520.

B. Ramirez et al. Monitoring a massive escape of European sea bass (Dicentrarchus labrax) at an oceanic island : potential species establishment. Journal of Aquaculture Research & Development. Vol. 6, June 15, 2015. doi : 10.4172/2155-9546.1000339.

L. Sundt-Hansen et al. Farmed Atlantic salmonSalmo salarL. parr may reduce early survival of wild fish. Journal of Fish Biology. Vol. 86, June 2015, p. 1699. doi : 10.1111/jfb.12677.

K. Toledo-Guedes et al. Escaped introduced sea bass (Dicentrarchus labrax) infected bySphaerospora testicularis(Myxozoa) reach maturity in coastal habitats off Canary Islands. Marine Ecology. Vol. 33, March 2012, p. 26. doi : 10.1111/j.1439-0485.2011.00470.x.

K. Toledo-Guedes et al. Influence of a massive aquaculture escape event on artisanal fisheries. Fisheries Management and Ecology. Vol. 21, April 2014, p. 113. doi : 10.1111/fme.12059.

K. Toledo-Guedes et al. Farming-up coastal fish assemblages through a massive aquaculture escape event. Marine Environmental Research. Vol. 98, July 2014, p. 86. doi : 10.1016/j.marenvres.2014.03.009.

Cet article est paru le 17 septembre 2016, dans la revue ‘Science News’ sous le titre ’Runaway fish : Escapes from marine farms raise concerns about native wildlife.’

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Annexe - Documentation sur les pêches et l’aquaculture mondiales

Voir aussi Aquablog’ : Pêcheurs, aquaculteurs, conchyliculteurs, pisciculteurs font l’actualité... Site : http://aquaculture-aquablog.blogspot.fr/2010/03/pisciculture-fuite-fugue-evasion-ou.html

Pêches – Document GreenFacts. Source FAO (2009)

Ce Dossier est un résumé fidèle du rapport scientifique de consensus produit en 2009 par l’Organisation pour l’alimentation et l’agriculture (FAO) : ’Situation mondiale des pêches et de l’aquaculture 

http://www.greenfacts.org/images/ic...Plus... « La pêche et l’aquaculture bénéficient d’une attention croissante en raison non seulement de l’importante source de moyens de subsistance et de nourriture qu’elles constituent, mais également de notre meilleure compréhension des écosystèmes aquatiques. Beaucoup de stocks de poissons sont actuellement surexploités et la nature internationale des ressources rend la gestion des stocks difficiles. L’approvisionnement actuel en poissons est-il menacé ? »
Niveau 1 :Résumé[fr] Niveau 2 :Source[en] – Source : http://www.greenfacts.org/fr/peche/#1

La situation mondiale des pêches et de l’aquaculture 2016 - Contribuer à la sécurité alimentaire et à la nutrition de tous

La présente édition du rapport sur La situation mondiale des pêches et de l’aquaculture vise à fournir des données et des informations objectives, fiables et actualisées à un large éventail de lecteurs – décideurs publics, gestionnaires, scientifiques, parties prenantes et plus généralement toute personne s’intéressant au secteur de la pêche et de l’aquaculture. Comme toujours, sa portée est mondiale et les sujets abordés sont nombreux et variés. Sur la base des statistiques officielles les plus récentes sur les pêches et l’aquaculture, on y analyse l’évolution des stocks, de la production, de la transformation, de l’utilisation, du commerce et de la consommation de poisson. On y présente également la situation des flottilles de pêche dans le monde et l’action de l’homme dans le secteur.

Dépliant Document complet Brochure E-book IPAD | KINDLE Communiqué de presse

Messages clés de la FAO sur les pêches et l’aquaculture

La production mondiale de l’aquaculture continue de croître et fournit aujourd’hui la moitié du poisson destiné à la consommation humaine.

Le Programme de développement durable à l’horizon 2030, les objectifs de développement durable et l’Accord de Paris auront une grande influence sur le secteur de la pêche et de l’aquaculture, lequel a un rôle à jouer dans la réalisation des objectifs sociétaux, économiques et environnementaux définis dans ces textes.

L’Accord de la FAO relatif aux mesures du ressort de l’État du port visant à prévenir, contrecarrer et éliminer la pêche illicite, non déclarée et non réglementée devrait permettre de progresser considérablement dans la lutte contre ces pratiques.

Vingt ans après son adoption, le Code de conduite pour une pêche responsable reste une base de référence et un cadre internationalement acceptés en ce qui concerne l’utilisation durable des ressources aquatiques.

La contribution substantielle que peuvent apporter les océans et les eaux intérieures à la sécurité alimentaire et à la nutrition adéquate de la population mondiale, qui devrait atteindre 9,7 milliards de personnes en 2050, est de plus en plus largement reconnue.

La deuxième Conférence internationale sur la nutrition a confirmé l’importance du poisson et autres produits comestibles de la mer pour de nombreuses communautés côtières, notamment durant la période des « mille jours ».

Source : http://www.fao.org/publications/sofia/2016/fr/

La consommation mondiale de poissons par habitant dépasse les 20 kilos par an

Le nouveau rapport de la FAO sur la Situation mondiale des pêches et de l’aquaculture appelle à redoubler d’efforts pour freiner la surpêche - 7 juillet 2016 - Photo - Les pêcheurs Kenyans sur le lac Victoria utilisent des filets spéciaux pour conserver. les stocks de poissons. Source : http://www.fao.org/news/story/fr/item/423152/icode/

La situation mondiale des pêches et de l’aquaculture (SOFIA) -

Liens connexes

Comité des pêches (COFI)COFI Sous Comité sur la Commercialisation du PoissonCOFI Sous-Comité de l’aquaculture...liste complète

La situation mondiale des pêches et de l’aquaculture est le premier document du Département des Pêches. Il est publié tous les deux ans dans le but de fournir aux décideurs, à la société civile et à ceux qui trouvent leurs moyens d’existence dans ce secteur une vue d’ensemble objective et globale des pêches de capture et de l’aquaculture, y compris des problèmes de politique générale.

SOFIA 2016 SOFIA 2014 SOFIA 2012 SOFIA 2010 SOFIA 2008 SOFIA 2006 Liste complète – Source : http://www.fao.org/fishery/sofia/fr

La situation mondiale des pêches et de l’aquaculture 2016 (SOFIA) - Contribuer à la sécurité alimentaire et à la nutrition de tous

Télécharger :

PDF - Titre de publication en série : The State of World Fisheries and Aquaculture - Année de publication : 2016 - Éditeur : FAO - Pages : 227 pages. Numéro de travail : I5555 - Bureau : Fisheries and Aquaculture Department - Région : Monde ;Agrovoc :Développement des pêches ;small-scale fisheries ;Pêche continentale ;Nutrition ;Sécurité alimentaire ;Production halieutique ;Sous-produit de pêche ;- Source : http://www.fao.org/documents/card/fr/c/9ba59d60-6d96-4991-b768-3509eeffc4da/

Résumé :

La présente édition du rapport sur La situation mondiale des pêches et de l’aquaculture vise à fournir des données et des informations objectives, fiables et actualisées à un large éventail de lecteurs – décideurs publics, gestionnaires, scientifiques, parties prenantes et plus généralement toute personne s’intéressant au secteur de la pêche et de l’aquaculture. Comme toujours, sa portée est mondiale et les sujets abordés sont nombreux et variés. Sur la base des statistiques officielles les plus récentes sur les pêches et l’aquaculture, on y analyse l’évolution des stocks, de la production, de la transformation, de l’utilisation, du commerce et de la consommation de poisson. On y présente également la situation des flottilles de pêche dans le monde et l’action de l’homme dans le secteur.

Des informations complémentaires sont disponibles : lire le brochure.Lire ledépliant. Disponible aussi en : Russian Chinese (Simplified) English Spanish Arabic - Source : http://www.fao.org/documents/card/fr/c/9ba59d60-6d96-4991-b768-3509eeffc4da/

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Sélection d’articles d’actualités sur pêche, aquaculture et pisciculture

’Il y a déjà 50 ans que les scientifiques ont mis en garde à propos de l’épuisement des stocks des produits de la mer’, par Bethany Brookshire. Traduction et compléments de Jacques Hallard, lundi 19 septembre 2016 - ISIAS Océans Pêches. « Il y a déjà 50 ans que les scientifiques ont mis en garde à propos de l’épuisement des stocks des produits de la mer. Même avec les limites imposées pour les pêches, certaines poissons alimentaires tels que le poisson-globe asiatique ou le thon rouge du Pacifique, restent en danger de disparition à cause de la surpêche… »
Article publié sous le titre « 50 years ago, humans could pick the oceans clean », par Bethany Brookshire le 28 juillet 2016. Oceans, Sustainability - Référence : Chris 73/Wikimedia Commons (CC BY-SA 3.0) - Magazine issue : Vol. 190, No. 3, August 6, 2016, p. 4 - Extrait d’une publication parue dans ‘Science News’ le 6 août 1966. Ajout d’annexes sur pêches, surpêche, stocks de poissons et océans – Actu - A lire en totalité sur le site : http://www.isias.lautre.net/spip.php?article541&amp ;lang=fr

La surpêche et le déclin des ressources ont été largement sous ...

Le Monde- 9 janv. 2016

Autrement dit, les pêcheurs dépensent toujours plus d’efforts et de ... la FAO, la pêche mondiale a connu un pic en 1996, avec 86 millions de tonnes ... de la pêche ont régressé trois fois plus fortement que les statistiques de la ...

Surpêche : les chiffres officiels sous-estiment la gravité du phénomène
Le Figaro- 20 janv. 2016

L’humanité vide les océans plus vite que prévu
Le Devoir (Abonnement)- 19 janv. 2016

Les quantités de poissons pêchés dans le monde sous-estimées de ...
Ouest-France- 19 janv. 2016

Pêche : des prises mondiales en déclin et pourtant largement sous ...
Exhaustif-L’Express- 19 janv. 2016

Poissons : les ravages de la surpêche dans les océans largement ...
Blog-Sud Ouest- 21 janv. 2016

Les fermes bleues ont le vent en poupe

Valeurs Actuelles-6 juin 2016

Notre pays a une tradition millénaire de pisciculture d’étang qui fournit ... L’alimentation de ces carnivores implique de recourir à la pêche ...

Ce que le monde devrait apprendre de l’aquaculture chinoise

Solidarité et Progrès-19 août 2016

Ce qui manque, c’est l’horizon prometteur d’une pêche réellement ... Selon le rapport de la FAO de 2015 qui fait le bilan de la pisciculture et la pêche mondiale, ... D’après les statistiques de la FAO de 2015, 50 % des espèces ...

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Traduction, compléments entre […], ajout d’un article sur le sujet et intégration des liens hypertextes par Jacques HALLARD, Ingénieur CNAM, consultant indépendant – 12/11/2016

Site ISIAS = Introduire les Sciences et les Intégrer dans des Alternatives Sociétales

http://www.isias.lautre.net/

Adresse : 585 Chemin du Malpas 13940 Mollégès France

Courriel : jacques.hallard921@orange.fr

Fichier : ISIAS Poissons Fish escapes from marine farms raise concerns about wildlife French version.4

Mis en ligne par Pascal Paquin de Yonne Lautre, un site d’information, associatif et solidaire(Vie du site & Liens), un site inter-associatif, coopératif, gratuit, sans publicité, indépendant de tout parti

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